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Afrique du Sud

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Jan 2012 à 20:33

Célébrations et critiques de l’ANC lors de son centenaire

 


Danny Schechter

 
Un groupe qui a combattu le pouvoir avant de devenir le pouvoir et, dans certains cas, d’être séduit par le pouvoir. Voilà ce qu’est l’ANC au moment de célébrer son centième anniversaire le 8 janvier dernier. Une nouvelle croisade contre la corruption, la démagogie et l’hypocrisie est requise, le concernant.

L’invitation m’est parvenue par courrier électronique, invitant "CDE Danny Schechter" à la cérémonie commémorant le centième anniversaire du Congrès National Africain d’Afrique du Sud dans le Free State (ANC). Malheureusement, en cette période déprimante j’ai dû envoyer mes regrets, l’invitation n’étant pas assortie d’un billet d’avion.

Pour les non-initiés, CDE signifie "camarade", une désignation qui dans ce pays est largement associée aux mouvements communistes, un terme souvent utilisé par les membres de l’armée américaine et même par les militants d’Occupy Wall Street.

Le dictionnaire que j’ai consulté le définit comme un terme subversif de la gauche, ce qu’il n’est évidemment pas.

"Camarade [ kämrad ; kärd] : nom. Un compagnon qui partage ses propres activités ou un membre d’une même organisation. Egalement compagnon d’armes, un autre soldat ou membre des forces armées. Un autre membre du parti socialiste ou communiste. (souvent une forme de titre comme dans Camarade Lénine)"

Les membres de l’ANC ou des membres de mouvements de libération du monde entier utilisent le terme camarade en signe de reconnaissance ou d’affection. Dans ce sens j’étais fier d’être sur la liste des invités de l’ANC, sans doute parce que pendant 30 ans j’ai bataillé contre l’Apartheid et j’ai milité en Afrique du Sud et en Amérique comme écrivain, cinéaste. J’ai également fait partie de l’équipe qui a produit Sun City, le hit anti-Apartheid faisant appel à de nombreux artistes et d’autre matériel éducationnel.

J’étais impliqué dans la lutte sud africaine jusqu’au cou depuis l’époque où je faisais partie des mouvements pour les droits civiques au début des années’ 60’, l’époque où j’étais fraîchement diplômé à Londres. Au milieu des années’ 60’ j’ai visité le pays de l’Apartheid au cours d’une "mission" soutenue par l’ANC, en tant que fondateur de l’Africa Research Group à Cambridge (MA) comme écrivain free lance et ensuite comme producteur et cinéaste indépendant. J’ai produit 5 films. En Afrique du Sud, j’ai travaillé avec une compagnie sud africaine. Ma compagnie Globalvision a produit une série télévisée, « South Africa Now », de 156 épisodes, pour la période allant de 1987 à 1991. C’est une immersion prolongée et comme me l’a dit l’écrivain et poète lauréat sud-africain, Mazisi Kunene, j’ai acquis le droit de faire entendre mes préoccupations même si je ne suis pas né " au pays bien-aimé"

Une histoire du militantisme


L’ANC, fondée en 1912 par des exilés à Harlem, New York (à peu près à la même époque où est née le National Association for the Advancement of Coloured People (NAACP)), a mené l’un des plus long combat pour l’indépendance en Afrique. Elle est passé par plusieurs étapes. D’abord comme mouvement confessionnel, une élite qui faisait du lobbying, un mouvement nationaliste non-violent qui a fait alliance avec les Indiens, les gens de couleur, les Blancs progressistes y compris des Afrikaners et des communistes. L’ANC s’est transformé en mouvement de lutte et de résistance armées dès lors que la porte aux changements non violents a été brutalement fermée par les Blancs nationalistes qui, sur la base du racisme colonial britannique, ont imposé l’Apartheid, une pratique qui consistait à déplacer des communautés, à réglementer les forces de travail avec des laissez-passer et par la répression violente.

En réaction, l’ANC a élaboré une stratégie en quatre points, centrée sur la lutte armée menée par des exilés, l’insurrection urbaine dans les townships afin de rendre le pays ingouvernable, un militantisme anti-Apartheid mondial et du lobbying agressifs auprès des Nations Unies, des fédérations de sport et autres organes internationaux. Ses défenseurs engagés et impressionnants et ses représentants ont sillonné la terre entière pour obtenir des fonds et pour faire connaître la situation en Afrique du Sud.

A l’extérieur du pays, le mouvement a été conduit par Olivier Tambo, qui était l’associé dans l’étude d’avocat de Nelson Mandela. L’ANC avait des alliances dans les pays voisins, notamment au Mozambique, au Zimbabwe et en Zambie et a travaillé de concert avec les combattants pour l’indépendance en Angola et en Namibie.

En Afrique du Sud de nombreux dirigeants importants comme Mandela ont été arrêtés et envoyés dans la prison draconienne de Robben Island où il était attendu qu’ils meurent. Des milliers d’autres ont été arrêtés lors de rudes batailles contre la police et l’armée. Des légions ont sacrifié leur vie comme le combattant de la Conscience noir, Steve Biko, ou des rivaux dans le PAC et Unity Movement. Nombreux sont ceux qui sont morts ou ont été tués, ont subi la torture, ont été séparés de leur famille et ont enduré des temps très difficiles.

Finalement, après que l’économie sud africaine ait été mise sous pression par des sanctions et après que l’armée ait subi une défaite majeure face aux Cubains et aux combattants de la solidarité africaine en Angola, Pretoria n’a eu d’autre choix que de libérer Mandela et ses camarades et de commencer un processus de négociations qui a mené aux premières élections démocratiques du pays, quatre ans plus tard. Nelson Mandela est devenu président en 1994.

Nouveau défi


C’était il y a 20 ans. L’ANC qui a promis une vie meilleure pour tous a dû faire face à un nouveau combat, encore plus difficile : celui de tenir ses promesses en fournissant des services, en construisant des maisons, en créant de l’emploi et en transformant le pays qui connaît la plus forte disparité du monde entre les riches et les pauvres. Là, les 99,9% étaient les otages du 0,1% Un groupe qui a combattu le pouvoir, qui a pris le pouvoir et qui dans certains cas a été séduit par le pouvoir et la corruption. Le résultat était prévisible et une leçon pour les révolutionnaires du monde entier.

Certains dans l’ANC ont pensé "c’est maintenant notre tour" de profiter des richesses du pays. "Si nous nous laissons éblouir par ce qui brille, m’a averti Joe Slovo, l’un des dirigeants de l’ANC lors d’un entretien le premier jour des élections, c’en est fait de nous". S’il avait vécu, il ne serait pas aujourd’hui un homme heureux en voyant les cooptations et les compromissions de ses camarades.

Regrettablement, les uns ont quitté et les autres sont venus. Le pays qui voulait être connu comme "la Nation Arc en Ciel" a révélé un aspect sombre en même temps que des progrès impressionnants et indéniables. Toutefois, l’ANC a perdu son aura bénéfique et dans certains cas, sa stature morale, après que quelques dirigeants proéminents soient devenus millionnaires et que les programmes destinés à rendre leur pouvoir aux Noirs ont été entachés de népotisme en même temps que d’une inefficience qui rappelle le temps de l’Apartheid avec sa phrase " Lets make a plan" (Faisons un plan.)

Il semble qu’un nouveau scandale surgit chaque jour. En même temps il y a de nombreux piliers de l’ANC qui restent fidèles aux valeurs du mouvement. Il faut dire à son crédit que la presse sud africaine dit les choses comme elles sont. Un certain nombre de situations sont réversibles. De nombreux militants manifestent pour des réformes de ce qu’ils appellent "le nouvel Apartheid". Les traditions de l’ANC sont vivantes bien que pas nécessairement à l’intérieur de l’ANC. Une nouvelle croisade contre la corruption, la démagogie et l’hypocrisie est nécessaire

On peut espérer que cet anniversaire soit le temps de la réflexion. Celle-ci doit commencer en reconnaissant que l’ANC n’a pas produit un ordre nouveau à elle seule. L’ANC doit reconnaître la contribution des responsables religieux comme Desmond Tutu et des dirigeants civiles de toutes les communautés. Il doit saluer les mouvements de solidarité qui ont contribué à disqualifier l’Apartheid et ses partisans, y compris des multinationales et des politiciens américains.

Bon centième anniversaire ANC ! Longue vie à tous vos dirigeants et supporters et mes remerciements sincères pour m’avoir permis, à moi, un Américain sympathisant, d’accéder à votre processus interne et pour les grandes leçons sur ce qui est requis pour effectuer le changement. J’ai reçu tellement plus que je n’ai pu donné et je suis fier d’avoir été à vos côtés chaque fois que j’ai pu.


* Danny Schechter est un analyste politique et le rédacteur de Mediachannel1.org. Il est l’auteur de "Crimes of our time" – Texte traduit de l’anglais par Elisabeth Nyffenegger

Source : Pambazuka

 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Jan 2012 à 16:26

Campagne nationale contre la corruption en Afrique du sud lancée par le syndicat de classe COSATU, lié au Parti communiste

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Campagne nationale contre la corruption en Afrique du sud lancée par le syndicat de classe COSATU, lié au Parti communiste

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

La confédération syndicale unitaire COSATU a lancé ce jeudi 26 janvier une campagne nationale contre la corruption endémique au sein de l’État sud-africain et du parti au pouvoir, l'ANC (African national congress).


La COSATU est la première confédération syndicale du pays avec 1,8 millions de syndiqués et 21 syndicats affiliés, elle fait partie de l'alliance tri-partite issue de l'apartheid avec l'ANC et avec le Parti communiste sud-africain (SACP), formation avec qui elle entretient des relations privilégiées.

Le syndicat a pris l'initiative d'une campagne dite « Corruption Watch », avec la constitution d'une plate-forme indépendante chargée de recevoir les plaintes de citoyens confrontés à des cas de corruption dans leurs rapports avec l'administration ou sur leurs lieux de travail.

La cible de la COSATU, une certaine caste de politiciens affairistes, utilisant leur carte à l'ANC et leurs postes dans l'administration tantôt comme un tremplin vers le privé (revolving-door), tantôt comme un moyen de favoriser leurs affaires privés et de décrocher des contrats publics (les tenderpreneurs) ou tout simplement comme un moyen de s'enrichir, en se servant sur l'Etat plutôt qu'en servant l'Etat.

Le secrétaire-général de la COSATU, Zwelinzima Vavi, souligne les conséquences dramatiques des pratiques de corruption et d'externalisation dans la prestation des services publics :

« Les malades dans les hôpitaux publics sont contraints de manger des biscuits car les entreprises privées qui s'occupent des repas n'ont pas été payés ; des écoliers doivent marcher sur des kilomètres pour rejoindre leurs écoles – traversant des velds dangereux et des autoroutes mortelles – car les prestataires de service n'ont pas été payés en temps voulu ; ou encore des jeunes enfants souffrent de la faim car certains fonctionnaires corrompus sont de mèche avec certains patrons avides pour s'engraisser sur les programmes alimentaires prévus par les écoles. Toutes ces histoires portent un même message : la corruption, c'est le vol quotidien des pauvres dans ce pays ».

Le secrétaire-général de la COSATU a également dénoncé, dans son discours d'ouverture de la campagne, la soumission de la vie politique sud-africaine à la mainmise des milieux d'affaires inhérente selon lui au système capitaliste :

« Une culture de l'individualisme et de l’égoïsme est en train de s'imposer au sein du système capitaliste, basé sur l'exploitation des travailleurs qui créent les richesses, et qui use de tous les moyens pour maximiser ses profits, y compris l'entente sur les prix et les pots-de-vin pour s'assurer des marchés.

Ce cancer se répand vite depuis le secteur privé jusqu'au service public, puisque les entreprises fonctionnent en corrompant les agents de l’État pour obtenir des marchés, tandis que certaines de ces compagnies sont dirigées par des fonctionnaires eux-mêmes ou des membres de leur famille.

Voilà pourquoi la COSATU insiste pour que ces gens choisissent entre la poursuite de leurs intérêts privés ou le service public. Ils ne peuvent faire les deux à la fois. Il y a conflit d'intérêt. »

A l'avant-garde de la campagne, certaines des fédérations à l'identité de classe la plus marquée telle que la Fédération des travailleurs du textile (SACTWU) ou encore la puissante Union des métallurgistes (NUMSA), très proche des communistes.

Ainsi, pour la NUMSA, dans une analyse inspirée par Lénine et Gramsci, et alimentée par les textes de congrès du Parti communiste sud-africain, la lutte contre la corruption est consubtantielle à la lutte contre le capitalisme, à l'hégémonie ouvrière sur le lieu de travail comme préalable à la rupture révolutionnaire :

« Pour la NUMSA, le soutien et l'implication dans 'Corruption Watch' n'est pas juste une affaire de démagogie et de populisme, mais une lutte politique et idéologique. Nous sommes tout à fait conscients et convaincus que la corruption ne peut être vaincue ou éradiquée de notre société que si nous construisons le pouvoir ouvrier depuis la base afin de renverser le capitalisme. Nous ne gagnerons jamais la bataille contre la corruption si nous ne luttons pas pour vaincre le capitalisme car le capitalisme est de façon inhérente un système corrompu. Les racines profondes et les opportunités d'accumulation privée de richesses, opposées à l'accumulation sociale de richesses appropriée socialement et également réparties, créent les conditions viciées permettant à la corruption de faire surgir sa face hideuse ».


Dix-sept ans après la chute de l'apartheid et cent ans après la naissance de l'ANC, la lutte contre la corruption endémique dans les rangs de l'Etat et du parti dominant sud-africain est plus que jamais une nécessité pour une avant-garde révolutionnaire sud-africaine menée par les communistes et ses alliées au sein de la COSATU. Avant-garde pour qui la révolution national-démocratique de 1994, encore inachevée, n'est qu'une étape dans l'objectif de construction du socialisme.

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Explosion en plein vol de Julius Malema

Le chef de file des jeunes de l’ANC, populiste et démagogue, est suspendu du parti.

L’étoile de Julius Malema, trente ans, le leader de la Ligue des jeunes de l’ANC (Ancyl), est en train de pâlir. Reconnu coupable par la commission de discipline de l’ANC en novembre, il avait été condamné à cinq ans de suspension du parti. Une condamnation confirmée samedi, en appel, pour atteinte à l’image et la cohésion de l’ANC. Malema a la possibilité de retourner devant ses accusateurs dans les quinze jours pour plaider à nouveau sa cause.

Juju, comme le surnomment ses partisans, est populiste et démagogue, voire raciste. Il prône bien la nationalisation des mines et la saisie des fermes exploitées par des Blancs. Mais son train de vie jure avec ses déclarations. 
S’il se veut le héraut des Noirs les plus pauvres et le pourfendeur de la minorité blanche, il ne vit pas dans une township mais bien au milieu de ces Blancs qu’il dit abhorrer, à Sandton, riche banlieue de Johannesburg.

Après avoir soutenu Jacob Zuma lors de la conférence de Polokwane, en 2007, Malema s’en est progressivement éloigné, dénonçant notamment l’alliance de l’ANC avec le Parti communiste sud-africain (SACP). Tentant d’échapper à l’isolement politique, Julius Malema s’est rapproché de Cassel Mathale, récemment élu à la tête de l’ANC dans la province du Limpopo contre le candidat de la direction nationale.

En dehors de l’ANC, Malema pourrait avoir des problèmes beaucoup plus sérieux. Une unité spéciale enquête sur des allégations de corruption le concernant, à propos de l’attribution de marchés dans le Limpopo. Fin novembre, il s’était dit « politiquement fini » et avait évoqué la possibilité de se retirer dans une ferme, pour se consacrer à l’élevage. Il est peut-être temps.

P. B.

Source


 
 


Edité par T 34 - 14 Feb 2012 à 22:58
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Mar 2012 à 01:29

Grogne sociale en Afrique du Sud

Des dizaines de milliers de personnes manifestaient mercredi en Afrique du Sud pour protester contre un projet de péages routiers et le recours au travail par intérim, à l'appel du Cosatu, le Congrès des syndicats sud-africains, qui considère que ces mesures affecteront principalement les pauvres.

"Nous attendons plus de 100 000 personnes. Il faut que les gens, les travailleurs, fassent entendre leur voix contre ce projet injuste", a lancé devant la presse Patrick Craven, le porte-parole du Cosatu, membre de la coalition au pouvoir. "Nous disons au gouvernement que nous restons ouverts à la discussion", a renchérit le secrétaire général du Congrès, Zwelinzima Vavi, qui estime que "le péage va affecter les pauvres", et qu'il va venir s'ajouter à l'augmentation prévue du prix de l'essence.

A Johannesburg, des dizaines de milliers de manifestants selon les médias étaient rassemblés à la mi-journée dans le centre-ville, pour cette journée d'action qui fédère le refus des péages routiers projetés autour de la ville, avec des revendications de la classe ouvrière contre les agences de travail temporaire. Au Cap, environ 7.500 protestataires selon la police avaient envahi dans la matinée les rues du centre, formant l'un des 32 cortèges organisés dans tout le pays par le Cosatu, qui espérait au total 100.000 manifestants. Le gros des troupes était formé par des habitants de l'agglomération accusant le gouvernement de racket avec son projet de péages sur les autoroutes de Johannesburg et Pretoria, mais surtout, des ouvriers dénonçant le travail par intérim comparé à de "l'esclavage moderne".

"Le 28 mars, s'ils disent qu'ils introduisent ça (le système des péages), nous allons prendre tous les gens que nous voyons ici, et encore plus, et nous les mettrons sur les autoroutes de Johannesburg", a prévenu Zwenlinzima Vavi, le leader du Cosatu. "Nous rendrons ce système inapplicable." "C'est une forme de privatisation des routes", a-t-il regretté, ajoutant que "nos impôts sont déjà payés pour que les routes soient réparées".

Les péages, dont l'arrivée est annoncée pour le 30 avril, doivent permettre de rembourser un emprunt de 20 milliards de rands (2 milliards d'euros) contracté par l'agence des routes nationales pour élargir les routes de la région. Interrogés dans la foule, des manifestants ont aussi exprimé un mécontentement plus général contre le gouvernement, comme Jabu Hlathi, un chauffeur de train du Cap, 42 ans, expliquant s'être mis en grève car "il y a beaucoup de choses qui ne vont pas dans le gouvernement", les péages, le travail intérimaire mais aussi la corruption qui est "un grand problème", a-t-il dit. "Nous payons l'essence, nous payons notre voiture, son entretien, et il faudrait payer ça en plus", expliquait, furieux, un riverain de Johannesburg Fulelo Nokwe, obligé de faire 120 km aller-retour chaque jour pour son travail. "On paye déjà des impôts conséquents", a-t-il ajouté.

Un intérimaire dans le même groupe de BTP depuis trois ans, Travis, n'avait pas de mots assez durs pour sa part contre les agences d'intérim. "Ce sont des parasites, ils exploitent les gens. Comment expliquez-vous que je sois intérimaire depuis si longtemps?", a-t-il dit. "Ces gens sont de mèche avec les grandes entreprises qui nous exploitent. Nous voulons un emploi à temps plein avec la sécurité et les avantages sociaux qui vont avec", a-t-il ajouté.

A Johannesburg, les manifestants, auxquels le président de la Ligue de jeunesse de l'ANC fraîchement exclu du parti, Julius Malema, est venu se mêler, ont ensuite déposé un mémorandum auprès du gouvernement provincial et de son département des transports.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Apr 2012 à 18:04

Le Parti communiste d'Afrique du sud et le syndicat de classe COSATU réaffirment leur soutien critique au gouvernement tout en participant à la convergence des luttes populaires

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Le Parti communiste d'Afrique du sud et le syndicat de classe COSATU réaffirment leur soutien critique au gouvernement tout en participant à la convergence des luttes populaires

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Rappel : le Parti communiste d'Afrique du sud (SACP), deuxième parti du pays avec 150 000 militants, et le Congrès des syndicats sud-africains (COSATU), première confédération syndicale avec 1,8 millions de syndiqués sont depuis la lutte pour l'apartheid des partenaires de combat de l'ANC, et soutiennent, de façon critique et sans laisser le terrain des luttes, les gouvernements menés par l'ANC depuis 1994.

Déclaration commune du SACP et de la COSATU

Le Congrès des syndicats sud-africains (COSATU) et le Parti communiste d'Afrique du sud (SACP) ont organisé une rencontre bi-latérale le lundi 2 avril 2012 à Johannesburg. Il a été discuté de très nombreuses questions sur lesquelles les deux alliés se trouvent être parfaitement d'accord et il a été convenu de la nécessité d'organiser des rencontres bi-latérales plus régulières afin de poursuivre l'échange sur d'autres sujets.

La rencontre est parti du constat partagé que nous vivons une crise majeure du système capitaliste mondial, non pas juste une crise périodique, mais bien une crise capitaliste systémique, qui place le monde devant la perspective soit d'une misère humaine de plus en plus grande ainsi que de risques de guerre de plus en plus importants dans un monde capitaliste, ou alors d'un progrès sans précédent et d'une espérance, celle d'un monde socialiste.

En Afrique du sud, la crise capitaliste mondiale se superpose à la crise néo-coloniale (d'un type particulier) qui se manifeste dans des niveaux chroniques de chômage, de pauvreté, et d'inégalités racialisées, où on estime que 81% des Africains touchent moins de 6 000 rand par mois (575 euros) tandis que 56% des Blancs touchent plus de 6 000 rand (575 euros).

Les taux actuels de chômage, de pauvreté et d'inégalité, en particulier ceux qui frappent les femmes et les jeunes constituent une bombe à retardement, et cela nécessite la mobilisation de toutes les forces progressistes, avec la classe ouvrière comme force motrice, en usant à la fois du pouvoir et des ressources de l’État pour faire face à ce défi. Nous devons construire sur la base des nombreuses avancées de notre révolution afin de trouver une réponse à ces défis.

Les deux alliés convergent dans un soutien total à la campagne de la COSATU contre la montée de la précarité au travail, l'explosion des labour-brokers (agents/agences privées de travail) et l'intensification de l'exploitation des travailleurs et notent une résistance ouvrière pleine d'enthousiasme et d'esprit militant.

Les deux partenaires se sont mis d'accord pour mener conjointement des campagnes pour un revenu primaire et socialisé permettant de vivre décemment, ce qui comprend le soutien à un Système national d'assurance-santé (NHI), en achevant la transformation des vieux dispensaires issus de l'apartheid, ainsi qu'à des transports publics abordables et à l'accès à l'éducation. De plus, les partis se sont mis d'accord pour prendre la tête de la lutte pour la transformation de la campagne sur le secteur financier, afin que les ressources de ce secteur soient utilisées pour assurer un revenu socialisé à la classe ouvrière et un fonds d'investissement destiné à la création d'infrastructures qui puisse aussi créer des emplois et garantir des revenus durables à nos travailleurs.

La bi-latérale perçoit un défi de taille dans ce qu'on appelle la « nouvelle tendance » dans notre mouvement et nos formations, la nouvelle génération des libéraux du « projet de classe 1996 », la faction néo-libérale et néo-coloniale qui avait conquis un niveau d'hégémonie relativement instable au sein de notre mouvement et de notre État jusqu'en 2007. La nouvelle tendance se nourrit d'une nouvelle vague de tenderpreneurs [patrons vivant de contrats publics et de leurs connivences avec l'Etat] et d'aspirants rentiers [dans le secteur minier], encore plus assoiffés et audacieux que les bénéficiaires déjà établis du BEE [Black economic empowerment/dispositif étatique permettant l'acquisition de capital de grandes entreprises par une bourgeoisie noire émergente], et constitue une menace sérieuse à la consolidation de la révolution national-démocratique.

La réunion a soutenu la campagne contre la marchandisation des services publics. Il a été convenu que le projet de rénovation de l'autoroute de Gauteng (GFIP) et les nouveaux péages installés sur les autoroutes constituent une très mauvaise répartition des ressources sur un projet qui n'est ni dans les intérêts des pauvres ni dans ceux de la classe ouvrière et qui laisse désormais les banlieusards de Gauteng avec tout le poids des taxes à payer pour ce projet inadapté. Les protestations exprimées contre ce projet de péages doivent désormais converger dans une campagne de plus grande ampleur pour des infrastructures de transport public, des constructions de logements sociaux pour les pauvres et une dé-racialisation générale de nos villes et de nos banlieues. Les deux parties ont condamné la diffusion massive de la corruption, tant dans le privé que dans le public, et le détournement ainsi que le gaspillage de fonds publics, qui met notre pays à sec.

La bi-latérale a réaffirmé l'engagement des deux organisations à soutenir la mise en place des politiques progressistes adoptées par la Conférence de l'ANC de Polokwane en 2007 et contenues dans le manifeste électoral de l'ANC de 2009, et son soutien à la direction collective élue à Polokwane.

Les deux alliés sont résolus à se tenir coude à coude, avec l'ANC, dans la lutte pour approfondir notre révolution national-démocratique, mettre fin à l'oppression nationale de la majorité, à la super-exploitation des travailleurs par le capitalisme monopoliste blanc, et la triple oppression subie par les femmes, afin de créer une nouvelle Afrique du sud non-raciale, non-sexiste, démocratique et prospère.

La réunion a enfin convenu que nous devons sans cesse nous rappeler que nous sommes l'axe socialiste de notre alliance et que la révolution national-démocratique est à la fois nécessaire en elle-même et qu'elle est la voie la plus courte vers le monde socialiste pour lequel nous nous battons.

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Afrique du Sud : l'ANC débat d'un plan de lutte contre les inégalités

A Johannesburg, le Congrès National  Africain (ANC) au pouvoir depuis 1994, se réunit à partir de ce mardi pour une conférence de quatre jours qui devra déterminer la politique sud-africaine de ces prochaines années. De la répartition des terres à celle des profits miniers, la lutte contre les inégalités est au centre du débat.

Dix-huit ans après l'abolition de l'appartheid, les inégalités économiques entre noirs et blancs perdurent toujours en Afrique du Sud. C'est le constat exprimé par le président de la République d'Afrique du Sud, Jacob Zuma à l'ouverture de cette conférence. "L'économie appartient en premier lieu aux hommes blancs, comme cela a toujours été" a-t-il déclaré devant les 3500 délégués venus de tout le pays. Ce congrès, présenté comme une "seconde transition", devrait donc conduire l'ANC à "démocratiser et déracialiser la propriété et le contrôle de l'économie en donnant du pouvoir à la communauté africaine et noire en général".

Une réforme agraire

En 2012, 80% des terres sont encore aux mains de la minorité blanche, car la politique de cession volontaire appliquée jusque là n'a pas permis de restituer suffisamment de terres aux Noirs dépossédés pendant la période d'apartheid. Jacob Zuma s'est dit favorable à un programme de réforme agraire plus contraignant envers les propriétaires blancs : "A notre avis, le modèle actuel sur la base du vendeur-libre acheteur-libre doit être revu [...] Ce modèle tend à distordre le marché foncier en provoquant une inflation des prix des terres destinées à la restitution. Ceci renchérit la réforme agraire et ralentit la restitution des terres aux pauvres", a-t-il expliqué. Ainsi l'option de procéder à des expropriations "dans le cadre de la loi et de la Constitution" est envisagée.

La répartition des profits miniers

"Il doit y avoir une décision sur le rôle de l'Etat dans le secteur minier", avait annoncé en prélude au discours de M. Zuma le secrétaire général de l'ANC, Gwede Mantashe. "Tout le monde constate que le secteur minier se porte très bien, mais autour de chaque mine, vous avez des zones de pauvreté abjecte, et cela doit changer", a-t-il ajouté sur la radio publique SABC. En effet, l'Afrique du Sud ne se situe qu'au 123ème rand du classement des pays (sur 187 pays enquêtés) selon l'Indice de Développement Humain publié par le Programme de Développement des Nations Unies en 2011. Pourtant la nationalisation des mines, réclamée notemment par la Ligue de jeunesse de l'ANC, est d'ores et déjà écartée des discussions par le gouvernement qui considère que le coup politique et économique à payer serait trop élevé. A la nationalisation, l'ANC préfererait une taxation plus élevée sur l'extraction des ressources minières. Il pourrait s'agir d'un impôt de 50% sur les profits des compagnies minières dont les bénéfices sont supérieurs à 15% du retour sur investissement.

A l'issue des débats, vendredi prochain, l'ANC aura déterminé le programme qui sera mis en oeuvre jusqu'aux élections générales de 2014.

Simon Puech

Source

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Le Parti communiste sud-africain (SACP) souhaite un joyeux 94ème anniversaire au camarade Nelson Mandela

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Le Parti communiste sud-africain (SACP) souhaite un joyeux 94ème anniversaire au camarade Nelson Mandela

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Joyeux anniversaire Madiba!



Le SACP se joint aux millions de Sud-africains et au reste du monde en souhaitant au camarade Nelson Mandela un joyeux 94ème anniversaire. En ce jour, les cadres communistes dans nos organisations mais aussi dans les autres structures dans lesquelles ils travaillent participeront au 67 minutes symboliques de travail désintéressé en hommage au nombre d'années que le camarade Madiba a consacré à la lutte.

Il est cependant important pour le SACP, l'Alliance, et toutes les forces progressistes que, tout en appréciant que le camarade Madiba soit une figure respectée dans le monde entier, ses faits d'armes en tant que révolutionnaire ne soient jamais oubliés. Madiba était un révolutionnaire qui a lutté contre un système oppressif, Madiba le Commandant du MK [NdT: branche armée de l'ANC] était un militant, et Madiba leader de l'ANC était un démocrate révolutionnaire et un héros dans la lutte contre l'oppression.

En rendant hommage à Madiba, nous devons rejeter avec la plus grande fermeté les entreprises des libéraux et réactionnaires, nombre d’être eux ayant été complices de son incarcération tandis que les autres n'ont jamais levé le petit doigt contre le système d'apartheid, cherchant à s'approprier le nom de Madiba afin de condamner la direction actuelle de notre mouvement.

Nous devons rendre hommage à Madiba en affrontant la triple crise du chômage, de la pauvreté, et des inégalités. Pour nous, rendre hommage à Madiba, cela suppose de prendre des décisions radicales afin de traiter les causes systémiques de la crise actuelle à laquelle le monde et notre pays sont confrontés. Nous avons encore beaucoup de travail à faire pour offrir une éducation, des opportunités de formation, en particulier pour notre jeunesse, ainsi que l'opportunité d'un travail décent.

La tâche de construire une Afrique sud vraiment démocratique, non-sexiste et non-raciale, en l'honneur de Madiba, continue !

Joyeux anniversaire Tata!

Patria socialismo o muerte

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XIII ème Congrès du Parti communiste sud-africain : un parti de masse et de classe confronté à la question du pouvoir et de l'unité

sacpflag.JPEG

XIII ème Congrès du Parti communiste sud-africain : un parti de masse et de classe confronté à la question du pouvoir et de l'unité

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Du 11 au 15 juillet, se déroulait à l'Université de Zoulouland, dans la province de Moses Mabhida, le XIII ème Congrès du Parti communiste sud-africain (SACP) sous le thème « Développer et approfondir le pouvoir et l'hégémonie de la classe ouvrière sur tous les terrains de lutte ».

Un congrès qui fut l'occasion de constater la spectaculaire progression du Parti en termes de nombre d'adhérents. De 50 000 au dernier congrès de 2007, le Parti compte désormais 160 000 adhérents. Le petit parti d'avant-garde de la lutte contre l'apartheid est désormais devenu un parti de masse.

Un parti de masse confronté à des questions délicates pour son avenir et celui d'un pays où dominent encore, dix-huit ans après la fin du régime d'apartheid, la pauvreté, le chômage et les inégalités.

Un parti de masse de 160 000 adhérents qui se pose la question du pouvoir

Le congrès a réaffirmé l'engagement du Parti dans l'Alliance tri-partite avec son partenaire syndical privilégié, la COSATU, ainsi qu'avec le parti au pouvoir, l'ANC, dans le processus d'approfondissement de la révolution national-démocratique que le Parti analyse comme la phase précédant la construction du socialisme.

Cet engagement a néanmoins fait l'objet d'un débat virulent sur le soutien mais aussi la participation du Parti communiste au gouvernement dirigé par l'ANC.

En effet, si les liens entre le SACP, l'ANC et le COSATU furent historiquement tissés dans la lutte contre le régime d'apartheid, le tournant libéral de l'ANC après 1994, amplifié sous la présidence de Thabo Mbeki a conduit à une critique de plus en plus nette dans les rangs communistes et syndicalistes du gouvernement mené par l'ANC.

Si l'arrivée au pouvoir de Jacob Zuma en 2007 a soulevé l'espoir d'un virage à gauche, depuis les organisations représentatives de la classe ouvrière ne cachent pas leur déception. Les transformations structurelles attendues n'ont pas eu lieu, le pouvoir du capital reste intact en Afrique du sud, les travailleurs subissant précarité, chômage et bas salaires.

Or, le soutien du Parti communiste en 2007 au courant de Zuma a conduit aussi à l'entrée d'un communiste au gouvernement, Blade Nzimande, secrétaire du Parti, devenu ministre de l’Éducation supérieure. Les communistes comptent par ailleurs 62 députés au Parlement national.

Les débats les plus vigoureux, bien que fraternels, ont porté sur la question du maintien ou non des communistes au gouvernement.

Des liens forts avec les syndicats de classe, des débats fraternels sur la question de l'unité

La critique est venue des rangs syndicaux alors que le lien entre SACP et COSATU reste plus fort que jamais.

Selon le secrétaire du Syndicat national des métallurgistes (NUMSA) Irvin Jim, la participation au gouvernement de communistes prive ces derniers de l'expression d'une voix plus critique vis-à-vis du gouvernement dans les luttes que mènent les travailleurs sud-africains, notamment dans les mines et la métallurgie.

L'intervention du secrétaire-général de la COSATU Zwelinzima Vavi reflète ces préoccupations mais aussi l'engagement sincère et profond de la direction du syndicat aux côtés du Parti communiste :

Vavi a d'abord salué la croissance irrésistible du Parti : « C'est bien la preuve que le communisme, le communisme révolutionnaire dans les meilleures traditions marxistes-léninistes sont bien debout et vivantes ».

Il a ensuite, dans le contexte d'une Afrique du sud toujours plus inégalitaire, posé la question nécessaire de la politique d'unité avec l'ANC : « Nous voulons conserver l'unité de l'Alliance. Mais l'unité dont nous parlons, c'est une unité véritablement révolutionnaire, c'est-à-dire l'unité autour d'un programme révolutionnaire d'action en faveur de la classe ouvrière et des pauvres ! »

Ce qui mène le dirigeant syndical à questionner la stratégie de participation du SACP au pouvoir : « Nous craignons que cette stratégie conduise à un affaiblissement du parti, et à atténuer ses caractéristiques de parti luttant pour le socialisme ».

« Il doit y avoir un équilibre entre la nécessité de construire un SACP fort et indépendant, capable d'offrir une direction à la classe ouvrière, et la nécessité pour les communistes de prendre le pouvoir et de l'influence dans chaque sphère de transformation. »

Zwelinzima Vavi conclut en réaffirmant la nécessité de renforcer le parti dans les luttes :

« Le Parti communiste est confronté à la tâche difficile de s'immerger dans les luttes populaires et dresser ces luttes comme une arme potentielle pour faire tomber cette bête qu'est le capitalisme ».

« Le socialisme est l'avenir, construisons-le maintenant ! »

En dépit de ces débats animés sur la question du pouvoir, le lien entre le Parti et les syndicats de classe sort renforcé de ce congrès avec l'élection notamment du secrétaire du Syndicat national des mineurs (NUM) comme président du Parti.

Les principes généraux de l'action du Parti firent l'objet d'un certain consensus : la réaffirmation de l'engagement du Parti à construire le Socialisme, la nécessité d'approfondir la phase transitoire constituée par la Révolution démocratique et national, enfin le besoin de renforcer le Parti communiste, parti d'avant-garde de la révolution, pour mener à bien ce processus.

Le mot d'ordre « Le socialisme est l'avenir, construisons-le maintenant ! » conclut ainsi la réalisation finale du plus grand Congrès qu'ait connu le Parti communiste sud-africain en 91 années d'existence.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Aug 2012 à 22:14

Afrique du Sud : plus de 30 mineurs grévistes tués par la police

 
agences

Plus de 30 personnes ont été tuées dans les affrontements jeudi entre grévistes et policiers à la mine de platine Lonmin de Marikana, dans le nord-ouest de l’Afrique du Sud, a annoncé vendredi le ministre de la Police. Le bilan pourrait encore augmenter.

Ces décès s’ajoutent aux dix survenus dans les violences entre syndicats survenues depuis dimanche sur ce site minier, où plusieurs centaines de grévistes exigent d’importantes augmentations de salaires.

La police a ouvert le feu jeudi après-midi sur un groupe de mineurs armés de machettes, de gourdins et de barres de fer, qui refusaient de se disperser après avoir rejeté un ultimatum de la direction de la mine. Cette dernière leur intimait l’ordre de reprendre le travail sous peine de licenciement.
"Pas le choix"

Le ministre a déploré cette explosion de violence, rappelant que les forces de l’ordre avaient négocié pendant trois jours avec les grévistes.

"Ceci ne devait pas arriver, a-t-il dit, nous avons toujours insisté sur le fait que nous avons des lois dans ce pays, qui permettent aux gens de faire grève, de se rassembler pour manifester, et nous pensons que les gens ne doivent pas ignorer ces piliers de notre système (...) c’est une situation terrible pour tout le monde".

Le porte-parole de la police a affirmé que les forces de l’ordre n’avaient pas eu le choix. "La police a été attaquée lâchement par le groupe, qui a fait usage d’armes variées, dont des armes à feu".

"Les policiers, pour protéger leur vie et en situation de légitime défense, ont été obligés de répondre par la force", a-t-il ajouté.

(ats / 17.08.2012 09h38)

http://www.romandie.com/news/n/Afrique_du_Sud_plus_de_30_min...

VIDÉOS. Plus de 30 morts dans les affrontements entre grévistes et policiers à la mine de Marikana en Afrique du Sud

http://www.huffingtonpost.fr/2012/08/17/morts-afrique-du-sud...

Afrique du sud : la police tue trente-quatre mineurs en grève

 
 
 
Capitaine Martin

L’Afrique du Sud était sous le choc hier du pire massacre jamais survenu dans une opération policière depuis la chute de l’apartheid en 1994, avec la mort de trente-quatre mineurs grévistes jeudi à la mine Lonmin de Marikana (100 km de Johannesburg). Des violences liées à un conflit social y avaient déjà fait dix morts dimanche (12 août, NDLR).

La mine qui est la troisième productrice mondiale de platine, menace de licenciement les quelque 3.000 travailleurs en grève s’ils ne reprennent pas le travail au plus tôt. Les revendications portent sur le salaire des mineurs, qui est actuellement de l’ordre de 400 euros mensuels. Le syndicat AMCU (Association of Mineworkers and Construction Union) réclame qu’il soit triplé.

Après la rupture des négociations, un chef de file de l’AMCU a juré au mégaphone : « on ne bougera pas, et si nécessaire, nous sommes prêts à mourir ».

Les mineurs vivent dans des structures adjacentes à la mine, sans eau courante : « nous sommes exploités, et ni le gouvernement, ni les syndicats ne nous sont venus à nous en aide. Les sociétés minières font de juteux profits grâce à notre travail ; en échange de quoi, elles ne nous rétribuent quasiment rien ».

Le communiqué en date du 15 août (soit après les premiers affrontements qui avaient fait dix morts) du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ou ANC en anglais, pour African National Congress), est tout simplement stupéfiant. On peut lire : « l’ANC se félicite de la police sud-africaine (le SAPS) et de l’armée (SANDF) pour leur intervention rapide et le déploiement d’environ 3.000 policiers lourdement armés (sic) dans et autour de l’enceinte de la mine. La présence policière a en effet supprimé les tensions et nous sommes ravis que le calme soit revenu. Nous demandons à la police que les coupables responsables de ces meurtres soient arrêtés ».

Rappelons, pour la pette histoire, que le Congrès national africain est membre de plein droit de l’Internationale socialiste. À bon entendeur, salut !

Capitaine Martin

Résistance http://www.resistance-politique.fr/article-afrique-du-sud-la...



Edité par T 34 - 19 Aug 2012 à 17:56
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Aug 2012 à 17:57

Une enquête est ouverte en Afrique du Sud sur les heurts des mineurs et de la police

Pretoria, 18 août (RHC- PL)- Le président sud-africain, Jacob Zuma, a ordonné la création d’une commission d’enquête pour avoir des éclaircissements sur l’affrontement entre des policiers et des travailleurs de la mine  Marikana, qui a causé la mort de 34 personnes et des blessures à 78.

Lors d’une visite au gisement de platine, Jacob Zuma a indiqué qu’il a pris cette décision pour connaître les causes réelles de l’incident et en tirer les leçons nécessaires.

Le président sud- africain a exprimé sa tristesse et sa consternation devant les faits et il a déploré la perte de vies dans le tragique évènement.

Les affrontements ont eu lieu entre la police et des ouvriers du Syndicat National des Mineurs, de l’Association des Mineurs et du  Syndicat de la Construction, ce dernier sous le contrôle de l’entreprise britannique Lonmin.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Aug 2012 à 02:31

Afrique du Sud : après la mort de 34 grévistes, des mineurs reprennent le travail sous la menace

Sur le site de la mine de platine de Marikana, en Afrique du Sud, la police est omniprésente ce lundi. Après avoir abattu 34 grévistes à l’arme automatique, les forces de l’ordre encadrent le progressif retour au travail des mineurs, menacés de licenciement.

"Les salariés arrivent peu à peu et actuellement le taux de présence s'établit à 27%. Mais c'est difficile de savoir si les grévistes sont vraiment revenus", a déclaré un porte-parole de l'exploitant de la mine, Lonmin. La direction avait prévenu samedi que les grévistes qui ne se présenteraient pas lundi seraient licenciés, mais a repoussé à mardi son ultimatum. "Après des consultations avec plusieurs représentants syndicaux aujourd'hui (lundi), l'entreprise peut annoncer que les mineurs en grève illégale qui n'ont pas repris le travail ce matin ne seront pas licenciés, et qu'il leur a été accordé un jour de plus, à la lumière des circonstances actuelles" a expliqué le porte parole de la direction.

Massacre contre légitime défense

Et les circonstances en question sont dramatiques. 34 des 3000 ouvriers grévistes ont trouvé la mort jeudi lorsque la police a fait usage d'armes automatiques contre des mineurs armés de machettes et barres de fer. 78 autres ont été gravement blessés et 10 de plus avaient déjà trouvé la mort plus tôt dans la semaine. Si la police explique timidement que les forces de l’ordre ont du se protéger, le bilan fait plutôt penser à un massacre. Ce weekend encore, plusieurs centaines de grévistes se rassemblaient dans le calme à quelques mètres du carnage. Le mouvement de grève se fonde sur une rivalité syndicale. Les mineurs qui réclament des hausses de salaire, appartiennent à l'Association du syndicat des mineurs et des ouvriers du bâtiment, un mouvement récent qui se pose en concurrent du NUM, syndicat majoritaire en Afrique du Sud et lié à l'ANC.

Le président Jacob Zuma a annoncé très tôt l’ouverture d’une enquête officielle. Plus de 250 personnes ont commencé lundi à comparaître devant un tribunal des environs de la mine pour répondre de chefs d'inculpation tels que meurtre, tentative de meurtre et voies de fait.

Réaction du PCF : Le massacre de 34 mineurs grévistes par la police en Afrique du Sud suscite une profonde émotion. Le Parti communiste français exprime son indignation et son horreur devant une telle violence contre des salariés vivant dans la misère et revendiquant pour leurs salaires et leurs conditions de travail. […]Le PCF réaffirme sa solidarité avec l'ensemble des forces politiques et syndicales d'Afrique du Sud dans leur lutte pour réduire les inégalités, pour le progrès et la justice sociales dans un véritable Etat de droit. Lire l’intégralité du communiqué

Source

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Aug 2012 à 00:32

Marikana. Terrible illustration d’un climat politique et social détérioré

Le drame de Marikana projette une terrible lumière sur le climat politique, économique et social qui règne en Afrique du Sud. Les tensions sont exacerbées sur un fond de chômage et d’une incapacité du pouvoir à résoudre les problèmes majeurs auxquels doit faire face la majorité des Sud-Africains. Le chômage frôle les 25 % et la pauvreté est grandissante, malgré les avancées incontestées et incontestables qui ont suivi l’arrivée de Mandela au pouvoir. Mais aux premières années d’un gouvernement ANC encore marqué par sa culture socialisante, a vite succédé une orientation économique aux relents libéraux, basée sur la baisse des déficits, la privatisation des services publics et un appel du pied au monde de la finance internationale.

La spécificité sud-africaine tient dans une alliance politique entre l’ANC, le Parti communiste sud-africain (SACP) et le syndicat Cosatu. Une Triple Alliance que certains au sein de l’ANC rêvaient et rêvent toujours de faire éclater. Si l’élection de Jacob Zuma à la tête de l’ANC puis du pays a requinqué le partenariat, les forces progressistes ont encore du mal à dépasser la contradiction que représente une participation au gouvernement et l’action de masse, voire se heurtent à ceux qui ne voudraient voir dans les syndicats qu’une courroie de transmission de la seule ANC. C’est cet antagonisme, perceptible y compris au sein des directions syndicales des branches de la Cosatu, qu’utilisent les adversaires déclarés de la Triple Alliance pour créer de nouvelles unions aux revendications maximalistes, voire populistes.

Que des structures comme l’Acmu soient adoubées par les patrons des mines n’a rien d’étonnant. Mais à persévérer dans une politique qui n’a toujours pas redistribué les terres agricoles, n’appuie pas les revendications salariales, n’agit pas pour « une meilleure vie pour tous » et laisse se développer la pauvreté alors qu’une bourgeoisie noire s’est enrichie à outrance, le pouvoir fait le lit de la réaction. Celle-ci est déjà en embuscade, sachant que l’aura de l’ANC dépend de moins en moins de sa lutte contre l’apartheid et de plus en plus de ses résultats sociaux et économiques. Voilà ce qu’a mis en exergue le drame insupportable de Marikana et qui devrait être au centre des débats de l’ANC 
en décembre prochain.

P. B.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Aug 2012 à 23:05

La colère des mineurs sud-africains

Les grévistes de la mine de Marikana, dont une trentaine viennent d’être massacrés par la police, sont ulcérés par le chantage de la direction qui a posé un ultimatum expirant aujourd’hui pour la reprise du travail.

Environ un millier d’hommes se sont regroupés, hier matin, près de la mine de Marikana, sur le terrain vague ayant accueilli de grands rassemblements ces derniers jours. Ils refusaient toujours de reprendre le travail. « Ils peuvent nous virer s’ils veulent, nous ne retournons pas au travail. Zuma doit fermer cette mine », a dit l’un des mineurs présents, s’adressant à ses collègues. Un ton grave et ferme. Mais l’ambiance au cours de ce meeting n’avait plus rien à voir avec celle des jours précédents. La colère était retombée, les hommes ne portaient plus d’armes blanches et le ton était moins virulent. Un peu plus d’un mineur sur quatre seulement était à son poste lundi matin, les autres bravant un ultimatum de la direction, qui menaçait de les licencier de ce site d’où Lonmin – dont le siège est à Londres – extrait du platine, métal précieux utilisé dans l’automobile.

D’accord ou pas avec le syndicat Acmu et sa surenchère, personne ne peut oublier les morts de la semaine dernière. Au total, 44 personnes sont mortes à Marikana, en comptant les dix hommes, dont deux policiers, tués entre le 10 et le 12 août dans des affrontements intersyndicaux. La fusillade de jeudi a fait ensuite 34 morts et 78 blessés, alors que 259 personnes ont été arrêtées. « Lonmin s’intéresse plus aux investisseurs qu’à nous », a lancé l’un des orateurs. « Nous sommes traités comme des esclaves », a ajouté un autre. « Unissons-nous, personne ne va travailler, a dit un troisième, si nous parlons d’une seule voix, nous serons plus forts. » Une semaine de deuil national a été décrétée à compter de ce lundi, après ces événements qui constituent le pire massacre policier depuis la fin de l’apartheid. Un débat extraordinaire aura lieu mardi à l’Assemblée nationale, au Cap.

« Après des consultations avec plusieurs représentants syndicaux aujourd’hui (lundi), l’entreprise peut annoncer que les mineurs en grève illégale qui n’ont pas repris le travail ce matin ne seront pas licenciés, et qu’il leur a été accordé un jour de plus, à la lumière des circonstances actuelles », a expliqué la direction de la mine dans un communiqué. Mais elle n’a pas évoqué les revendications salariales à l’origine de la grève sauvage qui a dégénéré en violences. En revanche, elle rappelle que son ultimatum n’est pas levé, menaçant les récalcitrants de « mesures disciplinaires ». Elle a fixé à ce mardi matin l’heure limite de reprise du travail pour les grévistes de la mine. « Ensuite, Lonmin a le droit de les licencier », a menacé Mark Munroe, vice-président de la société minière. Une morgue qui, loin de calmer les esprits, risque fort d’attiser la colère des mineurs.

un des leaders du platine Le groupe minier Lonmin est le troisième producteur mondial de platine, avec une production de 754 000 onces en 2011. Fondé en 1909 sous le nom de The London and Rhodesian Mining Company, Lonmin a son siège légal à Londres. Le principal actif du groupe est la mine de Marikana (nord de l’Afrique du Sud), qui représente 96 % de sa production annuelle. Son chiffre d’affaires s’est établi à 1,99 milliard de dollars sur l’exercice décalé 2010-2011. Il compte 27 800 employés.

Pierre Barbancey

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Le Parti communiste sud-africain dénonce les pratiques d'exploitation du grand groupe minier Lonmin derrière la tragédie de la mine de Marikana

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Le Parti communiste sud-africain dénonce les pratiques d'exploitation du grand groupe minier Lonmin derrière la tragédie de la mine de Marikana

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Le Comité central a commencé sa première session après le Congrès de juin en observant une minute de silence et en exprimant ses condoléances à ceux qui ont perdu des proches et des collègues dans les événements tragiques de la semaine dernière, et nos meilleurs vœux de rétablissement à ceux qui ont été blessés, du côté des travailleurs et du côté de la police. Le Comité central salue l'annonce du président Zuma de lancer une commission d'enquête. Il est important que le mandat de l'enquête ait une portée générale. Il est impossible de comprendre la tragédie sans comprendre ses causes sous-jacentes.

L'enquête devrait, entre autres, se baser sur le rapport de 167 pages de la Fondation Bench Marks parrainée par une association religieuse, « Les communautés dans les mines de platine », qui a été publié la semaine dernière. Ce rapport dresse un tableau sombre de la façon dont les grands groupes miniers ont dégagé des milliards de rands de profit grâce à l'extraction des plus importants gisements de platine au monde dans le district de Bojanala dans la province du Nord-ouest, tout en ne laissant dans son sillage que la misère, la mort, la pauvreté, la maladie et la pollution environnementale dans les communautés environnantes. Le rapport constate que les opérations de Lonmin, par exemple « impliquent des taux élevés de décès » et des « conditions déplorables de logement des employés de Lonmin ». Le rapport attribue par ailleurs le niveau élevé de décès à Lonmin et dans d'autres mines de platine de l'entreprise dans le district au recours massif aux contrats précaires (près d'un tiers de la main d’œuvre dans le cas des opérations de Lonmin à Marikana). « Les emplois sont généralement assortis de bas salaires, avec des salariés mal formés, mal éduqués et mal logés », note le rapport, ajoutant : « Par conséquent, le sort des travailleurs précaires met en danger la santé et la sécurité des autres travailleurs ».

Nos propres membres du SACP dans le district, la plupart d'entre eux mineurs, ont bien sûr averti le parti sur ces réalités, ce depuis des années, et nous avons soulevé ces problèmes publiquement, mais nous faisons référence au rapport de la fondation Bench Marks pour éviter que l'on nous accuse d'esprit partisan. Point important, le rapport souligne que la pratique de l'embauche en contrats précaires par les compagnies minières remonte à la période immédiatement postérieure à 1994, une mesure de réduction des coûts et une tentative de « casser la force du NUM » [Syndicat national des mineurs – sous influence communiste], de revenir sur les droits à la négociation collective que la classe ouvrière organisée avait finalement obtenu après des décennies de lutte. En outre, le rapport fait remarquer que le recours massif aux travailleurs précaires venant d'autres régions, y compris du Cap oriental, a créé des tensions dans les communautés entre « locaux » et « étrangers ». L'an dernier, il y eut des manifestations violentes au sein des jeunes chômeurs locaux originaires de Marikana, furieux que les emplois des mines soient pris par des « étrangers ».

La Commission d'enquête présidentielle doit aussi prendre en compte le cycle de la violence alimenté par le pseudo-syndicat AMCU, qui cherche à s'implanter localement. Lancé à Witbank par deux anciens membres du NUM, exclus pour comportement anarchique, l'AMCU a été financé par BHP Billiton [Grand groupe minier concurrent de Lonmin] dans une tentative délibérée de saper l'influence du NUM. La commission devrait tout particulièrement enquêter sur son leader, Joseph Mathunjwa.

La violence associée à l'AMCU s'est étendue aux mines de platine du Rustenburg l'an dernier lorsque de la direction d'Impala Platinum a délibérément remis en cause les conventions collectives signées avec le NUM, en cherchant d'attirer, avec des salaires plus élevés, les mineurs d'autres entreprise spécialisés dans le dynamitage ; cela a naturellement suscité des griefs chez les piocheurs moins qualifiés. Des griefs utilisés de façon démagogique par l'AMCU, ce qui a conduit finalement au licenciement de milliers de travailleurs.

A Marikana, la semaine passée, la direction de l'AMCU a encore une fois profité de la crédulité et du désespoir des couches les plus marginalisées de la main d'oeuvre de Lonmin, de ces travailleurs précaires « étrangers », la plupart venant du Pondoland oriental. Les membres du SACP de la région confirment les compte-rendus des journaux selon lesquels les travailleurs armés qui se sont rassemblés sur la colline ont été induits en erreur, imaginant être invulnérable aux balles de la police après avoir ingurgité de l' « intelezi » [plante psychotrope], sous condition qu'ils laisseraient de côté leurs femmes et qu'ils ne reculeraient pas devant la police.

En bref, il est impossible de comprendre la tragédie de la semaine dernière sans une compréhension de la façon dont les grands groupes miniers, faisant main basse sur plus de 80% des ressources mondiale de platine, ont suscité une pauvreté communautaire source de désespoir, des tensions créant des divisions, et une attitude fataliste face au danger et à la mort. Il n'est pas possible de comprendre la tragédie sans comprendre comment l'avidité d'entreprises guidées par leur soif de profit a délibérément cherché à ébranler l'influence d'un puissant syndicat ainsi que les conventions collectives, de connivence avec des forces démagogiques. Cette stratégie s'est désormais retournée contre les grandes compagnies minières elles-mêmes, et leurs profits.

Pour toutes ces raisons, le SACP rejette fermement la tentative de dépeindre les événements de la semaine dernière comme étant une manifestation d'une rivalité entre syndicats. Ce récit n'est guère différent de celui élaboré dans les dernières années de l'apartheid, lorsque des vigiles fomentés, entraînés et escortés par le régime d'apartheid se sont déchaînés sur les communautés qui soutenaient le Front démocratique unitaire (FDU), la COSATU et l'ANC, et ce qui était rapporté dans les médias comme étant une « violence des noirs contre des noirs ».

On peut apprendre beaucoup de leçons de cette tragédie. Une bonne compréhension de ses causes sous-jacentes devraient couvrir de honte tous ceux qui cherchent à saper nos conventions collectives en appelant à un « marché du travail plus flexible », en défendant la pratique des intermédiaires de travail (labour-brokers) et le recours massif à toute autre forme de travail « atypique », et en cherchant à dépeindre la COSATU et ses syndicats affiliés comme la source de tous les maux.


Afrique du Sud : le temps des questions

Le Parlement a ouvert un débat sur les circonstances du drame de la mine de Marikana.

La direction de Lonmin a bien tenté de maintenir son ultimatum contre les mineurs grévistes mais a vite compris que l’émotion suscitée par la fusillade policière qui a fait 34 morts ne plaidait pas en sa faveur. La présidence sud-africaine avait d’ailleurs demandé à l’opérateur de la mine de Marikana de suspendre son ultimatum fixé à hier matin pour la reprise du travail. « Cela n’aidera personne si Lonmin décide de licencier un grand nombre de personnes pour ne pas être venues travailler aujourd’hui », a reconnu Mark Munroe, le vice-président de Lonmin chargé des opérations minières, tout en maintenant la pression de manière à peine voilée : « Nous n’allons pas tenter de licencier de manière active mais il y a des conséquences pour ceux qui ne viennent pas travailler. »

La tension a semblé retomber ce mardi. 33 % des mineurs avaient repris le travail, selon Lonmin. À l’extérieur du site, comme chaque jour, quelques centaines d’hommes étaient rassemblés pour répéter leur refus de reprendre le travail. « Notre position n’a pas changé, nous ne bougeons pas, nous refusons d’être intimidés par Lonmin », lançait Litha Mpula, qui se décrit comme un « survivant » de la fusillade du 16 août. La branche régionale de la confédération syndicale Cosatu estime que « le retour au travail doit se faire seulement après que tous les travailleurs concernés ont été consultés ». Lundi, Lonmin avait discuté avec le syndicat majoritaire NUM (membre de la Cosatu), mais n’avait pas convié le petit syndicat Amcu, qui a soutenu et encouragé le mouvement spontané – et illégal au regard du droit du travail – des mineurs de fond. Hier après midi, un débat extraordinaire s’est déroulé à l’Assemblée nationale, au Cap, pour évoquer ce massacre policier, le pire depuis la fin de l’apartheid en 1994.

Pierre Barbancey


Afrique du Sud : hommage national aux 44 tués

L'Afrique du Sud a rendu plusieurs hommages ce jeudi aux 44 tués, pour la plupart lors de la violente répression policière de la semaine dernière. Entre colère et émotion, les mineurs n'oublient pas leurs revendications.

C’est à proximité du site où la police a ouvert le feu à l’arme automatique contre les grévistes, faisant 34 morts et 78 blessés, il y a tout juste une semaine, que s’est tenu la cérémonie. La célébration se déroulait sous une vaste tente blanche. Des milliers de personnes y ont afflué, dont des mineurs des mines voisines de Marikana qui avaient obtenu leur journée pour l’occasion. Les corps des grévistes tués avaient été rapatriés dans leurs familles, la plupart du temps dans des régions très éloignées de la mine. En plus des 34 grévistes abattus par la police, dix autres personnes, dont 2 policiers, avaient été tués les jours précédents au cours d'échauffourées entres syndicats rivaux.

Pendant la cérémonie nationale, la police faisait profil bas, se tenant à distance. Le président Jacob Zuma, était à Marikana ce mercredi pour s'adresser aux mineurs, mais n'était pas présent à la cérémonie. D'autres hommages étaient prévus, notamment au Cap et à Johannesburg. Le petit syndicat radical AMCU, moteur du mouvement de grève des mineurs, avait organisé sa propre commémoration plus tôt dans la matinée. A Mthatha, la plus grande ville du Transkei, une région rurale du Cap oriental (sud-est) d'où de nombreux mineurs sont originaires, quelque 2.500 personnes se sont réunies dans une église méthodiste à la mémoire des 28 victimes locales des violences.

Les drapeaux sont en berne depuis lundi dans tout le pays à la demande du président Jacob Zuma. La question des revendications des grévistes de Marikana restait toujours en suspens. Plusieurs centaines de foreurs ont débrayé mercredi pour réclamer des augmentations dans une autre mine de platine, qui appartient au groupe sud-africain Royal Bafokeng Platinum.



Edité par T 34 - 27 Aug 2012 à 04:34
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Aug 2012 à 00:59

Après Marikana, la grève s’étend  à une autre mine en Afrique du Sud

La grève qui a eu lieu sur le site minier de Marikana, 
en Afrique du Sud, il y a quelques jours s’est propagée dans une autre mine de platine. Hier, près 
de 600 personnes ont manifesté dans le calme près 
de Rustenburg. Dans la même région, à Thembelani, 
les salariés d’une autre mine sont sur le point 
de se mettre en grève. Comme à Marikana, les mineurs revendiquent une hausse de salaire. Ils ont donné jusqu’à vendredi à l’entreprise Anglo American Platinium pour leur répondre. À Marikana, la grève avait dégénéré, causant 
la mort de quarante-quatre personnes.

Source


Coup de grisou social en Afrique du Sud

La grève des mineurs s’étend à d’autres mines de platine des environs de Marikana,
au moment où le pays rend hommage aux quarante-quatre travailleurs tués par la police.

Hier, alors que la grève commençait à s’étendre à d’autres mines de platine, l’Afrique du Sud rendait hommage aux quarante-quatre morts de Marikana, dans le nord du pays. La nation ne devrait pas connaître d’obsèques collectives, les familles des victimes ayant récupéré les corps. Deux cérémonies se sont ainsi déroulées afin de célébrer les grévistes tombés sous les balles de la police, le 16 août. La première était organisée par le gouvernement quand la seconde s’est déroulée à l’initiative du syndicat Amcu, avec le soutien de la Ligue de jeunesse de l’ANC. « Les travailleurs nous ont demandé d’organiser un service à la mémoire de leurs collègues tués », témoigne l’ancien porte-parole des jeunes de l’ANC, Floyd Shivambu. D’autres hommages devraient également être rendus à travers le pays : de Johannesburg au Cap… et une commission d’enquête a été ordonnée par le président, Jacob Zuma.

À leur tour, plusieurs mines voisines, appartenant à d’autres sociétés, ont été confrontées au débrayage de centaines de foreurs ou à la présentation de cahier de doléances, comme dans la mine détenue par le groupe anglo-sud-africain, Anglo American Platinum. « Nous tentons encore d’établir ce qui se passe, la situation est calme, ils chantaient, et évidemment nous surveillons la situation », a affirmé une porte-parole d’un autre groupe, Royal Bafokeng Platinum, où des mineurs ont également arrêté le travail. À l’heure où nous écrivions ces lignes, le climat semblait plus calme qu’à Marikana où les grévistes étaient armés de machettes et de barre de fer.

Si, mercredi, Jacob Zuma s’est rendu à Marikana, la revendication des mineurs de l’Amcu de voir leur salaire mensuel tripler (1 250 euros) est restée sans réponse. Le débat ancien sur la nationalisation de ces importantes mines, refusé par le président, et la répartition des richesses refont par ailleurs surface à l’occasion de la tuerie de ­Marikana. Zuma a toutefois évoqué l’augmentation éventuelle des taxes pour les compagnies minières. Le pouvoir devra ainsi faire face aux accusations d’abandon des plus pauvres sur lequel s’appuie l’Acmu, à l’origine de la grève. Sur fond de rivalités syndicales entre ce syndicat fraîchement créé (30 % d’adhésions) et le NUM (union nationale des mineurs, représentant 50 % de salariés), lié à l’ANC, le pouvoir est désormais attendu au tournant sur le social et l’économie. Des questions qui ne devraient pas manquer d’être au centre du congrès de l’ANC, en décembre, avant que Jacob Zuma ne brigue un second mandat, en 2014.

La solidarité de la CGT Dans un communiqué la CGT condamne avec la plus grande fermeté le massacre perpétré par la police à Marikana. « On ne répond pas, souligne le syndicat français, à des revendications sociales en assassinant des salariés en grève ! » La CGT appelle 
à l’ouverture « immédiate et sans condition » de négociations 
et exprime sa « pleine solidarité aux travailleurs sud-africains ».

Lina Sankari

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Edité par T 34 - 28 Aug 2012 à 03:37
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Aug 2012 à 15:12

Les mineurs de Marikana poursuivent leur grève

Des milliers de salariés sud-africains de la mine de platine refusent toujours de redescendre dans les puits tant que leurs revendications ne sont pas prises en compte. Ils dénoncent bas salaires et mauvaises conditions de travail.

Marikana (Afrique 
du Sud), envoyé spécial. Trente ans ! Trente ans que Masunya s’épuise au fond de cette mine de platine. Trente ans qu’il n’a rien vu changer, ou si peu. Aujourd’hui âgé de cinquante ans, il est, comme nombre de ses camarades, épuisé par l’effort et épuisé par cette vie qui n’en est pas une. Originaire du Lesotho, il ne voit sa famille qu’une fois par mois. Il vit seul le reste du temps dans un shack, ces baraques en tôle, pas plus grande qu’une boîte à chaussures et caractéristiques des camps de squatteurs. Masunya ne squatte pourtant rien. « Ce qu’on veut, c’est nos droits, tranche-t-il. Avant ou après l’apartheid, pour nous, c’est pareil. » Après tant d’années données à la compagnie minière, il ne gagne que 7 000 rands par mois (environ 700 euros). Et encore parce qu’il a réussi à passer chef d’équipe !

Cette injustice que la 
compagnie refuse de reconnaître l’a poussé, avec des milliers d’autres, à demander un salaire conséquent. Pour toute réponse, le manager a appelé la police. La suite, on la connaît : des affrontements intersyndicaux dans un premier temps, puis un massacre policier qui a réveillé les pires cauchemars des Sud-Africains, faisant 34 morts, des dizaines de blessés, alors que près de deux cents mineurs étaient arrêtés et emmenés. « Si la direction avait commencé à discuter, nous aurions pu trouver un arrangement, dit Masunya. Maintenant ce n’est plus possible. C’est tout ou rien. » Un autre mineur ajoute : « Des gens sont morts pour cette revendication de 12 500 rands par mois. Si on ne tient pas, c’est être un traître à leur mémoire. »

Hier matin, la mine de Longmin et toutes les activités y afférentes étaient silencieuses. Les mineurs de fond refusant de reprendre le travail, plus rien ne fonctionnait. La police était présente, procédant aux contrôles des véhicules entrant dans la zone et surveillant, avec des véhicules blindés, le rassemblement qui se tenait non loin de là. « Ces gens-là sont dangereux », dit un garde en uniforme, comme pour dissuader d’aller parler aux travailleurs. Les mineurs sont déterminés mais méfiants et prudents. Loin des querelles syndicales, ils ont désigné cinq des leurs pour les représenter. La compagnie a accepté de commencer les discussions ce lundi. Est-ce pour gagner du temps ? La ministre du Travail, Mildred Oliphant, a affirmé que les discussions entamées la semaine dernière entre les partenaires sociaux reprendraient mercredi. Demain, un nouveau rassemblement est programmé. Les délégués sont censés faire un compte rendu des négociations. « Si la direction répond à nos revendications, nous sommes prêts à reprendre le travail dans la nuit, immédiatement ! » certifie Masunya.

Signer un accord de paix 

La ministre sud-africaine du Travail a indiqué qu’«une réunion aura lieu, mercredi, pour que chacun s’engage, notamment les syndicats, à ce qu’il n’y ait pas de violence chaque fois qu’il y a une grève. Vendredi, j’ai rencontré Lonmin, NUM et l’Amcu pour essayer de résoudre les problèmes, et nous sommes tombés d’accord sur le fait que tout le monde doit s’engager à une solution pacifique » et que nous devons « tous signer un accord de paix ».

Pierre Barbancey

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Sep 2012 à 19:39

Afrique du Sud : vers une extension des luttes

Le mouvement des mineurs, parti de Marikana, pourrait faire tache d’huile. 
La grève se poursuivait hier dans la mine d’or de Kloof, malgré 
les menaces 
de la direction.

Westonaria (sud-ouest de Johannesburg),  envoyé spécial. Les 12 000 mineurs du champ d’or de Kloof n’entendent pas laisser tomber. En grève depuis mercredi soir, ils veulent faire revenir la direction de la mine sur ce qu’ils estiment être un véritable hold-up sur leurs salaires : une ponction de 69 rands (environ 7 euros) pour une assurance déduite de leur fonds de pension. « C’est inacceptable », explique Msami, trente-six ans, en sortant sa fiche de paie. Son salaire mensuel est de 4 400 rands (440 euros), auxquels s’ajoute une allocation de transport et de logement d’environ 150 euros. « Je n’ai qu’un enfant, ma femme est au chômage et je dois subvenir aux besoins de ma mère. Je n’y arrive pas. » Même son de cloche chez Sihle, les cheveux déjà blancs, le visage buriné. « Il n’y a vraiment pas de changement pour nous depuis la fin de l’apartheid, assure-t-il. On travaille encore pour les Blancs. Et un mineur blanc qui fait le même travail que moi gagne plus. »

Hier, Msami était dans cette foule nombreuse, rassemblée pour tester sa force. Ils ont élu de nouveaux représentants car ils remettent en cause l’attitude de la direction locale du syndicat des mineurs (NUM) et pas spécialement le syndicat lui-même. D’ailleurs, Mandla, qui vient d’avoir la confiance de ses camarades, ne cache pas son appartenance syndicale. « Ici, nous sommes tous à la NUM. Mais la direction syndicale ne se comporte pas comme il faut, dit-il. Nous représenter, cela signifie prendre des décisions avec nous, pas dans une pièce seuls avec le manager de la mine. » Depuis quelques jours, les dirigeants de la mine, relayés par la presse sud-africaine, laissaient entendre qu’une division syndicale était à l’origine de cette grève qualifiée « d’illégale ».

Ces milliers de mineurs, certains revêtus d’un tee-shirt de l’ANC ou de la NUM, étaient évidemment une cible de choix pour Julius Malema, l’ancien leader des jeunes de l’ANC et exclu de l’organisation. Portant beau comme à son habitude – un béret qu’il veut guévariste et un polo blanc aux liserés jaune, vert, noir –, il est arrivé dans un van Mercedes entouré de quelques gardes du corps. Seule personnalité connue à avoir fait le déplacement, il se trouvait en terrain conquis. C’est sans doute pour cela que, tout en fustigeant les directions syndicales – à l’exception du secrétaire général de la Cosatu, Zwelinzima Vavi, qu’il a appelé à soutenir –, coupables de ne pas consulter les salariés, il a défini lui-même les revendications salariales des mineurs (qui n’en avaient pas débattu) calquées sur celles des mineurs de Marikana, soit 12 500 rands, « car c’est rendre hommage à leurs morts ». Pour Mandla, élu par ses camarades, « Malema profite du moment. Il est juste venu parler ».

Pierre Barbancey

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Edité par T 34 - 06 Sep 2012 à 17:56
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Sep 2012 à 20:49

Les mineurs de Marikana n’entendent pas céder

Les représentants des salariés ont refusé de signer un « accord de paix » et veulent discuter de leur revendication salariale. La direction des mines ne daigne pas engager de discussions avec les grévistes.

Les mineurs de Marikana poursuivent leur mouvement. Mercredi, près de 3 000 d’entre eux, essentiellement des foreurs, ont défilé à proximité de la mine où, selon les chiffres mêmes de la direction, moins de 5 % du personnel s’était présenté pour reprendre le travail. Après les événements dramatiques du 16 août qui ont fait 34 morts parmi les mineurs et ceux de la semaine précédente (10 morts), il convient de restaurer la confiance.

Un confiance difficile à restaurer

C’était le but des discussions entamées en présence de 
représentants des grévistes, du Syndicat national des mineurs (NUM), affilié à la Cosatu et l’Association des mineurs et des salariés du bâtiment (Amcu) et d’autres syndicats. Un « accord de paix » a finalement été signé notamment par la NUM mais refusé par les représentants des mineurs et l’Amcu. « On s’est senti comme si on s’était trompé de réunion parce qu’ils n’ont pas cessé d’insister pour qu’on signe cet accord de paix, a insisté Zolisa Bodlwana, l’un des mineurs présents lors de la réunion. Nous sommes partis parce qu’en aucun cas un tel accord ne nous aide. »

Xolani Nzuza, lui aussi mandaté par ses camarades, était sur une position tout aussi dure. « Nous ne voulons absolument pas entendre parler d’un accord de paix. Nous voulons 12 500 rands et la fermeture du puits », où se déroulent les principales extractions, rappelait-il aux mineurs réunis.

mépris AFFICHé de la direction

La direction des mines, tout en s’affirmant pour le dialogue et mettant en garde contre toute violence, agit pourtant dans le sens contraire, affichant toujours un certain mépris pour les grévistes. Mercredi, alors que les mineurs défilaient en brandissant les photos des salariés tués par la police, il aura fallu l’intervention d’un évêque, Paul Verryn, pour que la police laisse passer une délégation de mineurs. Mais, comme le déplore l’homme d’église, la direction n’a daigné discuter qu’à travers une porte. Une attitude jugée « obscène » par l’évêque pour qui « il n’y aura de toute façon pas de paix tant que leur situation n’aura pas changé ». Chez les mineurs, la colère ne cesse de monter. Ils ont menacé d’incendier le puits qu’ils veulent voir fermer tant que de véritables négociations n’ont pas commencé. Et la venue prévue de Julius Malema, l’ancien leader de la branche jeunesse de l’ANC, exclu de l’organisation, risque de jeter de l’huile sur le feu. En revanche, à la mine d’or de Kloof, près de Johannesburg, les mineurs ont accepté de reprendre le travail après avoir reçu des garanties selon lesquelles leurs demandes seront examinées. Le climat est néanmoins tendu, dû aux conditions de travail, de logement et aux bas salaires, mais également à un climat politique exacerbé alors que la confédération syndicale Cosatu doit tenir son congrès à partir du 17 septembre et l’ANC au pouvoir, le sien en décembre prochain.

Pierre Barbancey

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Sep 2012 à 21:31

Nouvelle grève sauvage de mineurs en Afrique du Sud

Un bon tiers des mineurs de Gold Fields, soit 15000 salariés, ont entamé une grève sauvage ce lundi. Les mouvements sociaux s’étendent, de nouvelles violences sont à craindre.

Gold Fields avait pourtant trouvé un accord la semaine dernière pour mettre fin à une précédente grève sauvage, rassemblant 12000 employés dans sa principale mine de l'est du pays. La contestation s'est désormais déplacée dans un site aurifère exploité par le quatrième producteur d’or mondial, cette fois dans l'Ouest. La société a précisé ne pas connaître l'origine exacte de la grève ce lundi. C’est surtout que la direction des mines refuse d’entamer les discutions avec les représentants des grévistes.

La semaine dernière, dans la mine de platine de Marikana, épicentre du mouvement où sont déroulés les évènements dramatiques du 16août qui ont fait 34 morts parmi les mineurs et 10 de plus la semaine précédente, la direction n’avait finalement daigné discuter avec des représentants du personnel qu’à travers une porte close. Dans les mines de Gold Fields et de Marikana, le mouvement se durcit. La police sud-africaine craint des violences à la suite de l'expiration du délai prévu pour la reprise du travail dans la mine de platine de Marikana, exploitée par Lonmin. . En revanche, à la mine d’or de Kloof, près de Johannesburg, les mineurs ont accepté de reprendre le travail après avoir reçu des garanties selon lesquelles leurs demandes seront examinées.

Source

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Sep 2012 à 00:30

Afrique du Sud : le bras de fer se poursuit à Marikana

Près de 15 000 mineurs sud-africains ont à nouveau débrayé hier dans une mine d’or proche de Johannesburg. L’équipe de nuit a cessé le travail à la mine KDC, exploitée à plus de 3 000 mètres de profondeur par le groupe Gold Fields. À Marikana (extraction et traitement du platine), théâtre d’une sanglante fusillade policière le 16 août, seulement 6 % des mineurs ont embauché hier. 
4 000 grévistes réclamant une hausse de leurs salaires ont continué d’occuper le terrain, à une cinquantaine 
de mètres à peine d’unités lourdement armées 
de la police anti-émeute.

Source

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