Forum Unité Communiste Page d'accueil
  Sujets actifs Sujets actifs
  FAQ FAQ  Rechercher dans le Forum   Calendrier   Inscription Inscription  Connexion Connexion
Accueil Forum Accueil Forum > Pour s'informer, notre sélection d'articles > International

Afrique du Sud

 Répondre Répondre Page  <1 2345>
Auteur
Message
  Sujet Recherche Sujet Recherche  Options des sujets Options des sujets
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Sep 2012 à 00:32

Les mineurs sud-africains chantent : "Nous souffrons, mais personne ne nous écoute!"

La crise sociale qui secoue les mines sud-africaines s'est étendue encore et touche le numéro un mondial du platine Anglo American Platinum (Amplats). Des milliers d'employés convergent ce jeudi matin pour un meeting dans un stade. Les employés ont déjà annoncé le gel de toutes les activités.

La mine de platine de la région de Rustenburg, dans le nord du pays reste silencieuse. Les grilles des puits sont fermées de puis mercredi, gardées par des vigiles. "On est contents, c'est ce qu'on voulait", a assuré à l'AFP l'un des mineurs, Victor Mogale, 46 ans. "Ca nous va bien", renchérissait son collègue Thebe Maswave, 36 ans, "la mine peut fermer. Quand ils ouvriront de nouveau, ils sauront combien il faut nous payer. Pour le moment ils ne savent pas. Ils pensent qu'on s'amusent quand on est au fond de la mine". "Nous voulons une augmentation, une vie meilleure. Entre 10.000 et 12.000 rands" (920 à 1.100 euros) par mois. Il affirme gagner actuellement 7.000 rands, avantages compris.
"Nous sommes en grève pour de l'argent", renchérit une chef d'équipe. "Nous demandons 14.500" rands (1.350 euros) par mois, a-t-elle dit, précisant n'en gagner que 5.500 rands net.

C’est avec des revendications comparables qu’avait commencé la grève à Marika, qui a lancé le mouvement. Pour étendre le mouvement dans les mines d’Amplats, une troupe d'environ 1.500 manifestants se déplaçait hier de puits en puits pour appeler les mineurs à cesser le travail. Ce jeudi matin, ils convergent par milliers, à pied ou en minibus, parfois armés de bâtons ou d'armes traditionnelles, vers un stade situé sur le territoire de la mine. Aux abords du stade, un petit groupe chante en zoulou: "Nous souffrons, mais personne ne nous écoute!"

Source

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Sep 2012 à 19:51

Anglo American suspend son activité

Touché par les grèves minières en Afrique du Sud, le groupe nie tout mouvement social.

Ils étaient des milliers à converger hier en direction d’un meeting aux abords des mines de platine détenues par le géant minier anglo-sud-africain, Anglo American. La veille, ce numéro un mondial avait décidé de suspendre ses activités dans le nord de l’Afrique du Sud, alors que des mineurs en grève bloquaient l’accès aux puits et que des barricades se dressaient sur les routes menant à la mine.

L’entreprise assure vouloir protéger ses ouvriers qui – loin d’avoir engagé un rapport de forces avec la direction – seraient en proie à des « intimidations extérieures », selon Chris Griffith, directeur général d’Anglo American Platinum (Amplats), filiale à 80 % d’Anglo American. Pourtant, interrogé par l’AFP, un ouvrier confirmait qu’un mouvement pour l’augmentation des salaires était bien né dans les mines d’Amplats : « Quand ils ouvriront de nouveau, ils sauront combien il faut nous payer. Pour le moment, ils ne savent pas. Ils pensent qu’on s’amuse quand on est au fond de la mine ! » Le groupe, quant à lui, s’est ému des conséquences du mouvement social sur l’économie du platine. À elles seules, les mines d’Amplats représentent 17 % de la production de la compagnie et, depuis le début du mouvement des mineurs de Marikana, le cours de ce métal précieux a pris 17 %.

Lina Sankari

Source

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Sep 2012 à 20:42

Marikana : fin de la grève après la signature d’un accord salarial

Plus d’un mois après le début d’une grève très meurtrière, les ouvriers miniers de Marikana ont mis fin au mouvement après un accord avec le producteur britannique Lonmin prévoyant des hausses salariales.

Avec les 11 000 rands obtenus, l’objectif des 12.500 rands (1.170 euros) nets revendiqués dès le départ du mouvement par les grévistes n’a pas été atteint. Le bilan reste amer pour les ouvriers qui ont été arrêtés le 16 août et ont passé deux semaines en prison. 45 personnes au total avaient trouvé la mort au cours de cette grève, dont 34 personnes tuées par la police lors d’une fusillade le 16 août. L'accord salarial a par ailleurs été dédié "à tous les employés décédés qu'il a fallu enterrer".

Mais c'est toutefois en dansant et chantant qu’environ 5 000 grévistes  ont quitté mardi soir le stade dans lequel ils étaient réunis pour écouter l’accord présenté par l'évêque Jo Seoka, principal médiateur religieux dans les négociations. Entre 11 et 22 % d’augmentation salariale ont été promis par la direction à partir du 1er octobre, selon le grade de l’ouvrier (22 % pour les foreurs à l’initiative du mouvement, 15 pour les mineurs de base). Une prime correspondant environ à 190 euros a également été promise aux travailleurs qui reprendront leur poste jeudi matin. Les représentants des ouvriers de la mine qui emploie 28 000 personnes, se sont félicités de cet accord et clôturant "de difficiles négociations".

La production a également repris dans les mines du premier producteur mondial de platine Anglo American Platinum où le mouvement s’était propagé la semaine dernière, suite à la promesse salarial d'un accord prochain. Mardi, la grève continuait cependant dans la mine d'or de KDC West, exploitée par le groupe Gold Fields au sud-ouest de Johannesburg et dont la direction menaçait les grévistes de licenciement.

Des conséquences socio-économiques lourdes

Ces multiples grèves ayant également touché la production d’or et de chrome, auraient coûté selon le président Joseph Zuma plus de 500 millions de dollars à l’économie la plus prospère du continent africain, et ont mis en lumière le favoritisme politique règnant dans l'industrie minière. En effet, le statut de la puissante fédération minière NUM (Syndicat National des Mineurs) très proche du Congrès National Africain au pouvoir, a été largement contesté au profit de l'Association du syndicat des mineurs et des ouvriers du bâtiment (AMCU) à laquelle appartiennent les foreurs grévistes.

Clémence Mary

Source



Edité par T 34 - 21 Sep 2012 à 21:08
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Sep 2012 à 21:08

Unité syndicale préservée

Le Cosatu a tenu son congrès alors que la situation sociale, économique et politique n’a jamais été aussi tendue. Au sein des débats, les liens avec l’ANC et le Parti communiste.

Le Congrès de la confédération sud-africaine des syndicats (Cosatu), qui se clôt aujourd’hui après quatre jours d’intenses débats, s’est tenu dans un contexte social, économique et politique bien particulier. À tel point que beaucoup craignaient, si ce n’est un éclatement, en tout cas une aggravation des dissensions pouvant exister au sein de la direction, voire entre les unions elles-mêmes.

Depuis plusieurs semaines, des grèves sauvages ont éclaté dans le secteur des mines, notamment de platine. Ce fut le cas à Marikana (lire ci-dessous). Des actions souvent violentes qui traduisent le mal-être d’une partie des travailleurs sud-africains alors que la pauvreté ne régresse pas et que les profits des grandes compagnies minières ne cessent de grimper. Comme ils illustrent aussi la volonté de certains d’exploiter cette misère à des fins politiques, notamment en contestant les capacités du syndicat des mineurs, la NUM, à défendre les salariés. Pourquoi ? Parce que, historiquement, la NUM, alliée de l’ANC, a été l’un des leviers de la lutte anti-apartheid, de la lutte de libération nationale, tout en s’inscrivant dans un combat syndical de classe. À ce titre, nombre de dirigeants du Parti communiste sud-africain (SACP) sont issus des rangs et de la direction de la NUM.

Des questions politiques majeures

Parce que le Cosatu est membre de la Triple Alliance, cette construction politique originale qui réunit, outre la confédération syndicale, le Congrès national africain (ANC) et le Parti communiste (SACP), des questions politiques majeures le traversent. Elles concernent l’attitude syndicale vis-à-vis du pouvoir, de la façon de mener les luttes, de son intrusion au sein du débat propre à l’ANC… Depuis la conférence de Polokwane, en décembre 2007, qui avait vu l’élection d’une nouvelle direction de l’ANC (Thabo Mbeki avait été évincé au profit de Jacob Zuma) – et bien que l’Alliance ait retrouvé une certaine vitalité –, les critiques se faisaient plus pressantes, notamment de la part du secrétaire général du Cosatu, Zwelinzima Vavi, au contraire du président du syndicat, Sidumo Dlamini.

Un rendez-vous décisif en décembre

Président de l’ANC et de l’Afrique du Sud, Jacob Zuma est venu s’adresser aux congressistes du Cosatu. « Le syndicalisme est le seul bouclier des travailleurs pour les protéger et les défendre », a-t-il dit, en soulignant que les travailleurs non syndiqués finissaient toujours par être « victimes ». Il a aussi longuement appelé les délégués du congrès à resserrer les rangs, célébrant « une alliance toujours plus forte face aux difficultés » et le rôle des syndicats, concluant son discours par un chant de lutte. Il semble avoir été entendu. Mais le rendez-vous décisif aura lieu en décembre, pour la conférence de l’ANC. Là, aucune question politique ne pourra être éludée.

Pierre Barbancey

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Sep 2012 à 14:11
A propos de la lutte héroïque des mineurs d’Afrique du Sud
 

Du sang, de la sueur… et des balles !

 
 
Philippe Alcoy

Haine de classe. Voilà ce que l’on ressent en voyant et revoyant les images terribles du lâche et sauvage massacre de 34 mineurs grévistes à Marikana en Afrique du Sud. C’est un crime contre tous les mineurs, contre tou-te-s les travailleur-euse-s d’Afrique du Sud. L’ensemble du mouvement ouvrier mondial est concerné aussi. Mais alors que cette brutale attaque cherchait à entamer le moral et la lutte de l’un des secteurs les plus exploités et opprimés du prolétariat, elle n’a fait que renforcer leur détermination en déclenchant même des grève similaires dans d’autres mines.

Haine et mépris de classe, c’est aussi ce qu’exprime la direction de la multinationale britannique Lonmin, où travaillaient les grévistes assassinés, qui deux jours après le bain de sang envoyait des télégrammes sommant les ouvriers de reprendre le travail au risque d’être licenciés ! Le gouvernement sud-africain n’est pas en reste. En effet, même s’il a fait pression sur la direction de Lonmin, qui emploie 38000 salariés, pour qu’elle retire son « ultimatum », sa police n’a de fait pas arrêté d’intimider et de harceler les grévistes, aussi bien avant qu’après la tuerie. C’est ainsi que le 16 août dernier plus de 500 membres des forces de répression de l’Etat, équipés d’armes automatiques, avec des hélicoptères et des véhicules lance-eau à l’appui, ont été envoyés pour briser la grève de plus de 3000 mineurs, ce qui a débouché sur l’assassinat des 34 ouvriers [1].

La sinistre décision de justice qui a suivi constitue une preuve de plus de la servilité du gouvernement de l’African National Congress (ANC) vis-à-vis du capital impérialiste. Appuyée sur une loi datant du temps de l’Apartheid, elle inculpait les deux cent soixante-dix mineurs arrêtés lors de la fusillade policière à Marikana du meurtre de leurs trente-quatre camarades ! Finalement, face au scandale et aux réactions d’indignation que cela a provoqué, l’inculpation a été « suspendue ».

Ce qui est certain c’est que malgré la fin officielle de l’Apartheid en 1994, le régime de mépris, d’exploitation et de violence contre les travailleurs et les masses, dans l’écrasante majorité Noires, s’est maintenu tout au long de ces années de domination de l’ANC. L’Afrique du Sud continue essentiellement à être une semi-colonie dominée par le capital impérialiste associé à la bourgeoisie Blanche et à une naissante mais toute aussi réactionnaire bourgeoisie Noire. La lutte héroïque et déterminée des mineurs de Marikana, qui s’est soldée par la mort de 43 ouvriers au total, en est une preuve irréfutable.

Le travail dans les mines : un massacre permanent… organisé pour le profit des multinationales

Le secteur minier est stratégique pour l’économie sud-africaine, dont il représente entre 5% et 8% du PIB. Dans la dernière période, l’augmentation de la demande des matières premières au niveau mondial, notamment dans les pays industrialisés, a accéléré l’exploitation des ressources minières du pays. Ainsi, on compte autour de six cent mille travailleurs dans le secteur, les principaux groupes au niveau mondial étant implantés en Afrique du Sud. Le profit moyen des neuf compagnies minières qui y sont présentes, après le payement des salaires et des impôts et des coûts fixes, est estimé à 3,6 milliards d’euros par an !

Dans le même temps, les travailleurs du secteur sont parmi les plus exploités et ont les conditions de travail et de vie les plus dures. En effet, « les mineurs travaillent dans des mines très profondes, où la chaleur est souvent intenable, la poussière très importante – qui se fixe aux poumons – et le sol glissant. Pour huit ou neuf heures de travail par jour, ils touchent en moyenne 4 000 rands (390 euros) par mois, ce qui est insuffisant par rapport à la dureté de leur labeur. La plupart d’entre eux vivent dans des taudis, parfois sans eau courante ni électricité » [2].

Cette situation ne constitue pas, en outre, une exclusivité sud-africaine, mais la norme du secteur au niveau mondial. Ainsi, « la grande visibilité des morts à Marikana et une série d’accidents industriels survenus récemment ont mis en évidence le coût humain de l’extraction et jusqu’à quel point plusieurs secteurs de l’industrie mondiale sont dépendants du travail des ouvriers des régions pauvres du monde. (…) Par exemple, au moins 60 mineurs ont été tués après l’effondrement d’un puits dans une mine d’or au nord-est de la République Démocratique du Congo (…) Et bien sûr, les 33 mineurs chiliens bloqués sous terre pendant 69 jours en 2010 qui ont attiré l’attention au niveau mondial. (…) La géographie des endroits où ces mines sont basées est en général à haut risque » [3]. En effet, les métaux extraits dans les pays pauvres sont fondamentaux pour les pays industrialisés : par exemple le platine, dont l’Afrique du Sud assure 80% de la production mondiale, est utilisé entre autres dans l’industrie automobile et dans la production de matériel informatique.

Cependant, la crise mondiale qui est focalisée, pour le moment, dans les pays impérialistes centraux, rend ce secteur très vulnérable. Ainsi les multinationales exportatrices de platine, « avec la chute des prix dans l’industrie automobile européenne, doivent réduire la production et licencier des milliers de travailleurs pour rendre rentable leur affaire -ce qui est tout simplement impossible dans le climat politique actuel » [4]. Il s’agit sans doute de l’un des facteurs qui expliquent la ligne dure adoptée par la direction de Lonmin face à la demande d’augmentation des salaires de la part des mineurs.

Des fissures dans le régime de l’ANC

« La tension se répand dans toute l’Afrique du Sud. Marikana n’est pas simplement un conflit local, ce n’est pas une tragique aberration. On a ouvert une boîte de Pandore et ce qui est en jeu n’est ni plus ni moins que la grande et indiscutable réussite depuis la prise du pouvoir par Nelson Mandela en 1994 : la paix. Les héritiers de Mandela dans le gouvernement de l’African National Congress (ANC) perdent le contrôle et leur crédibilité ; le risque que les révoltes sociales s’étendent dans tout le pays augmente » [5]. Autrement dit, les conditions misérables et humiliantes de vie et de travail des masses d’Afrique du Sud, entretenues et approfondies depuis 18 ans par l’ANC, ces conditions mêmes qui ont poussé les mineurs à la lutte, commencent à remettre en cause le « consensus social » imposé durant la période de « transition négociée ».

En effet, vers la fin des années 1980 la lutte de la population Noire contre le régime d’apartheid se développait et risquait de devenir une révolution ouvrière et populaire. Pour désactiver cette dynamique, l’impérialisme et la minorité Blanche au pouvoir ont mis en route une transition ordonnée et négociée avec l’ANC. Celui-ci était à la tête de la lutte anti-apartheid et, avec le Parti Communiste, constituait la médiation réformiste entre les masses et le régime. C’est l’alliance de ces deux forces, dont Mandela était la figure emblématique, qui a garanti l’impunité des responsables des crimes contre les masses Noires et surtout permis que les intérêts économiques de la bourgeoisie Blanche et de l’impérialisme ne soient pas touchés. En ce sens, la fin de l’apartheid et l’obtention des droits civiques pour l’écrasante majorité Noire, c’est la forme qu’a pris la déviation de la révolution prolétarienne en Afrique du Sud, une déviation en grande partie mise en musique par l’ANC.

Cependant, après presque deux décennies de politiques néolibérales et antipopulaires, de corruption, d’augmentation des inégalités et d’espérances populaires déçues, le mécontentement parmi les masses Noires commence à se faire sentir, ce qui montre le caractère purement formel des concessions faites à l’époque par les classes dominantes et l’impérialisme. Marikana n’est donc qu’un exemple paradigmatique de cette situation. Et cette fois la rage n’est pas seulement dirigée contre la bourgeoisie Blanche raciste, mais aussi contre une certaine élite Noire, dans une grande mesure liée à l’appareil d’Etat, qui a profité de la fin de l’apartheid pour s’enrichir. Plusieurs journaux citent ainsi l’exemple de Cyril Ramaphosa, fondateur du Syndicat National de Mineurs (NUM en anglais) en 1982 et principal négociateur de l’ANC « durant la période de transition à la démocratie au début des années 1990, devenu un magnat dont la fortune s’élève à des centaines de millions d’euros (…). Ramaphosa continue d’être une figure emblématique non seulement au NUM, mais un des barons les plus influents de l’ANC » [6]. Un autre exemple : le ministre de la Justice et haut dirigeant du Parti Communiste, Jeff Radebe (qui a joué un rôle central dans la répression des mineurs), est marié à Bridgette Radebe, la femme la plus riche d’Afrique du Sud, et propriétaire de la compagnie minière Mmakau Mining. Le beau-frère de Radebe est d’ailleurs l’homme le plus riche du pays.

Ce que l’on observe ici ne constitue évidemment qu’une tendance, qui en se développant pourrait approfondir la crise politique qui semble commencer à ébranler le régime « post-transition » en Afrique du Sud. En effet, « l’ANC est encore de loin le parti le plus puissant et populaire [du pays] (…) Aux dernières élections générales, en 2009, il a obtenu 66% des voix (…) contre seulement 17% pour le plus grand parti d’opposition, le libéral Democratic Alliance (DA) qui est encore perçu par la plupart des Noirs comme une organisation essentiellement dirigée par des Blancs. (…) Le DA est encore à des [kilomètres] de distance d’avoir une chance réelle de prendre le pouvoir. A long terme, l’ANC pourrait perdre le pouvoir s’il subissait une importante scission » [7]. L’exclusion en avril de cette année de l’ancien leader de la jeunesse de l’ANC, Julius Malema, est peut-être l’exemple le plus visible de ces tensions qui traversent le parti au pouvoir. Malema d’ailleurs n’a pas hésité à rendre visite aux mineurs de Marikana après le massacre en les exhortant à déclencher une « révolution minière » et en demandant « la nationalisation de la mine » ainsi que « la démission du président Jacob Zuma » [8]. Cependant, « en même temps qu’il dénonce Zuma et d’autres figures ponctuellement, Malema se garde d’accuser l’ANC elle-même, cherchant à laisser la porte ouverte à une possible réintégration dans l’organisation. Se référant à l’agitation populaire, Malema a déclaré au Mail and Globe qu’« il y avait un vide politique et nous avons occupé cet espace. Si nous n’avions pas réussi à le faire, de mauvais élément auraient pris cet espace » [9].

L’exemple des grévistes de Marikana fait tâche d’huile !

La principale revendication des mineurs de Marikana consistait en la demande d’augmentation des salaires. Comme on l’a vu, la rémunération moyenne actuelle des ouvriers et ouvrières de Lonmin se situe autour de 4000 rands (environ 400 euros) et les grévistes exigent un salaire de 12500 rands (1200 euros). Le courage et la détermination de ces travailleurs qui, même après la sauvage répression, ont continué et amplifié leur mouvement gréviste, ont servi d’exemple pour les mineurs d’autres compagnies dans tout le pays, qui se sont mis en grève aux cris de « nous aussi nous voulons 12500 rands » ! Ainsi, des mineurs de la Gold Fields, de la Royal Bafokeng Platinum, de l’AngloGold Ashanti et de l’Anglo American Platinium se sont mis en grève et ont commencé à revendiquer des augmentations de salaire. La direction de l’Anglo American Platinium a dû même faire un lockout pour soi-disant « protéger les salariés qui ne sont pas en grève des intimidations extérieures ».

La plupart de ces grèves sont menées contre l’avis de la bureaucratie syndicale. Chez Lonmin comme dans d’autres mouvements antérieurs similaires s’est en effet révélé un autre élément de crise dans le régime : le discrédit de la bureaucratie syndicale parmi certains secteurs du mouvement ouvrier. Ceci est un grave problème pour le gouvernement et les classes dominantes sud-africaines car la cooptation de l’appareil syndical est un élément fondamental du pouvoir de l’ANC depuis 1994. L’alliance avec la puissante confédération syndicale COSATU (Congress of South African Trade Unions) et le Parti Communiste a ainsi été une façon de contenir, de contrôler et de dévier le mouvement ouvrier sud-africain.

A Marikana la grève a été menée par un syndicat parallèle issu d’une scission du NUM (le syndicat le plus important de la COSATU), l’AMCU (Association of Mineworkers and Construction Union). Ce n’est pas un hasard si la direction de la multinationale, le gouvernement et la bureaucratie syndicale condamnaient à l’unisson cette grève en la qualifiant « d’illégale », terme qui a été repris par tous les médias impérialistes. En effet, « la rage des mineurs (…) trouve sa source non seulement dans le fait qu’ils touchent des salaires de misère mais aussi dans cette réalité que les leaders syndicaux vivent (…) comme des rois. Le président du NUM gagne par mois 25 fois plus que les mineurs qui ont rejoint l’AMCU. Lorsqu’il est allé à la mine de Marikana après le massacre, il n’a pas pu sortir de la voiture de police qui le transportait de peur qu’on le tue » [10].

Un accord qui mettra fin aux luttes et aux grèves ?

On apprenait finalement mercredi 19 septembre qu’un accord avait été trouvé entre les grévistes et Lonmin. Celui-ci, loin de satisfaire la demande de 12500 rands exigés par les mineurs et pour laquelle 43 travailleurs ont donné leur vie, stipule une augmentation d’entre 11% et 22% selon les catégories ainsi qu’une prime unique de 2000 rands. Toute une faune réactionnaire a participé aux négociations pour faire plier les mineurs : du clergé regroupé dans le South African Council of Churches (SACC) à la bureaucratie syndicale de la NUM, en passant par les “chefs traditionnels” du Congress of Traditional Leaders (Controlesa).

Avant la grève, on l’a dit, un mineur gagnait environ 6 700 rands bruts, c’est-à-dire 4600 rands nets. Après l’augmentation offerte par Lonmin, il faut compter 1800 rands de plus. Comme on le voit, on est très loin des 12500 rands revendiqués ! En effet, l’entreprise a essayé de tromper le monde et de discréditer la lutte des salariés en présentant des chiffres en brut, qui effectivement avec l’augmentation approchent des 11000 rands pour certaines catégories. Mais il est très clair que quand les ouvriers exigent le triplement de leur rémunération ils parlent du salaire net. Appuyés sur ces chiffres magouillés de l’entreprise, les médias ont parlé de « victoire ». Le comble du cynisme a été la déclaration d’Abey Kgotle, directeur exécutif pour les affaires générales de Lonmin, qui a dédié l’accord à « tous les employés décédés qu’il a fallu enterrer » !

On pourrait alors se demander pourquoi les mineurs ont accepté l’accord. Le fait est qu’ils ont subi beaucoup de pressions, qui se sont ajoutées à un mois de grève qui commençait à peser économiquement sur des travailleurs qui connaissent des conditions d’existance très précaires. La bureaucratie syndicale a lourdement pesé en ce sens. Un jeune mineur déclarait par exemple, qu’« il a accepté l’offre, non parce que cela lui semblait satisfaisant mais parce que ses dirigeants [syndicaux] lui avaient dit que la mine pourrait fermer » [11]. En effet, « dans un caucus qui excluait l’AMCU, les syndicats officiels ont essayé d’expliquer la facilité avec laquelle les travailleurs impliqués dans une grève non protégée pourraient être licenciés, à quel point Lonmin s’en sortait mal, comment une offre supérieure pourrait impliquer la perte de postes de travail… » [12].

Un autre facteur important pour comprendre le retour au travail à Marikana est la répression des forces de police qui depuis le 14 septembre avaient imposé un couvre-feu non avoué : « un mineur qui ne voulait pas être identifié a déclaré que la police avait imposé un couvre-feu dans les campements d’Ikineng, de Marikana et de Wonderkop samedi dernier et ‘qu’aucun homme n’avait le droit de sortir, seulement les femmes’. Il a dit que la police avait empêché les travailleurs d’organiser des meetings et les a prévenu que s’ils voyaient quatre ou plus mineurs ensemble ils seraient battus (…) Brian Mongale, un autre mineur, a déclaré que les mineurs avaient peur d’être réprimés par la police et sont retournés au travail. A la question de pourquoi ils avaient accepté l’offre de l’entreprise, Mongale répond sans hésiter : à cause de l’Etat d’urgence. C’est évident… » [13].

Même si pour l’instant cet accord a réussi à faire reprendre le travail aux mineurs de Marikana, d’autres mines à travers le pays continuent leur lutte pour les augmentations de salaires. Le jour même où les mineurs de Lonmin reprenaient le travail, ceux d’AngloGold Ashanti se mettaient en grève, une propagation qui effraie la bureaucratie syndicale : « notre plus grand souci c’est que si on est rentrés dans une voie où l’on aura des demandes sporadiques dans différents secteurs de l’industrie, les négociations collectives seront sapées et ce sera le chaos » [14], déclarait Lesiba Seshoka, porte-paroles de la NUM.

Ce qui s’est passé à Marikana pose bien plus qu’une question salariale !

Il serait erroné de penser que la lutte des mineurs de Marikana peut être réduite à la revendication salariale, et même à celle concernant l’amélioration des conditions de travail. A travers la demande de 12500 rands par mois s’exprimait un ras-le-bol des conditions humiliantes de vie. A côté des sites d’extraction, de production ou des chantiers s’entassent des millions de travailleuses et de travailleurs avec leur famille, dans des bidonvilles sans eau potable ni électricité, ni infrastructures de base comme le système d’évacuation des eaux usées, entre autres. Marikana remet sur le tapis la question de la lutte pour l’égalité, mais non simplement « l’égalité civique » mais aussi l’égalité sociale. Les travailleurs et les masses populaires Noires exigent des solutions à leur situation de misère structurelle. Ce n’est pas un hasard si des centaines de mineurs reprenaient les paroles de Malema quand il évoquait la question de la nationalisation des mines.

Le niveau de sauvagerie de la répression de l’Etat est proportionnel à la peur que la bourgeoisie locale, Blanche et Noire, et l’impérialisme ressentent face au mouvement ouvrier en lutte, même lorsque celui-ci n’exige qu’une partie infime de ce à quoi les masses ont droit. A présent que la crise entre dans une phase où les pays dits « émergents » seront de plus en plus durement touchés, il faut s’attendre à ce qu’il s’y développe une conflictualité sociale toujours intense. Il faut donc que le mouvement ouvrier soit prêt à faire face à de grandes luttes.

Dans le cas de l’Afrique du Sud il est clair qu’il faudra aller au-delà des limites imposées par le régime de l’ANC pour satisfaire les demandes fondamentales des travailleurs et des couches populaires. Il faut que le mouvement ouvrier et populaire s’organise indépendamment de la bourgeoisie nationale, de l’impérialisme et de la bureaucratie syndicale, pour exiger la nationalisation des mines et des richesses naturelles du pays ainsi que des secteurs stratégiques de l’économie nationale, sous contrôle et gestion des travailleurs et des masses populaires. Il faut également exproprier les grands propriétaires fonciers et partager la terre entre les paysans pauvres qui n’en possèdent pas. Cela permettrait de résoudre la question du chômage structurel (plus de 30% aujourd’hui), du développement du pays et de l’amélioration du niveau de vie de la population. Il est évident que pour mener à bien ces mesures les travailleurs doivent poser la question de la construction de leur propre pourvoir et de leur propre armement, contre le terrorisme de classe de la bourgeoisie Blanche et de ses laquais de l’ANC. Le changement bidon dirigé par l’ANC démontre que seulement le prolétariat, à la tête des masses opprimées et à travers son propre pouvoir, peut résoudre intégralement et effectivement les énormes problèmes démocratiques structurels qui pèsent sur les masses sud-africaines.

Dans l’immédiat, Il faut exiger la punition des responsables matériels et politiques du massacre de Marikana, qui jusqu’aujourd’hui jouissent d’une impunité totale, comme le montrent les intimidations qu’ils continuent à exercer sur les grévistes. La lutte des mineurs doit dépasser la sphère syndicale et prendre un caractère plus ouvertement politique. Ce serait la meilleure façon de venger nos frères de classe abattus pour avoir lutté pour leurs droits !

Philippe Alcoy

Source : http://www.ccr4.org/Du-sang-de-la-sueur-et-des-balles

23/9/2012.

[1Voir : Yann Le Bras, « Assassins » (http://www.ccr4.org/Assassins).

[2Le Monde, « Afrique du Sud : "D’autres mines de platine pourraient connaître des violences" », 20/8/2012.

[3BBC News, « Mining investors take stock after Marikana deaths  », 20/8/2012.

[4Financial Times, « South Africa’s seam of discontent », 20/8/2012.

[5El País, « Sudáfrica y el fantasma mexicano », 24/8/2012.

[6Idem.

[7The Economist, “The rainbow nation and its ruling party are failing to live up to their ideals”, 8/9/2012.

[8A l’heure où nous écrivons un mandat d’arrestation a été lancé contre Julius Malema pour cause de corruption, détournement de fonds de l’Etat et blanchissement d’argent.

[9WSWS.org, « South Africa : ANC orders security clampdown against miners’ revolt », 17/9/2012.

[10Idem.

[11Mail Guardian, “Lonmin miners crack under pressure”, 21/9/2012.

[12Mail Guardian, “Marikana : How the wage war was won”, 21/9/2012.

[13Mail Guardian, “Lonmin miners crack…”, article déjà cité.

[14Financial Times, « Workers strike at S Africa AngloGold mine », 21/9/2012.


Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Sep 2012 à 22:59

La répression continue contre les grévistes sud-africains

Le groupe Amplats, leader mondial du platine, a annoncé ce jeudi dans un communiqué l'ouverture de procédures disciplinaires pouvant aller jusqu'au licenciement à l’encontre des mineurs en grève depuis deux semaines réclamant une hausse des salaires.

Cette annonce a lieu deux jours après le début des pourparlers entre la direction du groupe et les grévistes des cinq mines du bassin de Rustenburg au nord du pays. L’entreprise, qui menaçait depuis quelques jours déjà d’entamer des poursuites judiciaires en cas de non reprise du travail, précise que moins de 20 % du personnel gréviste aurait rejoint son poste ce jeudi matin. Il y a quelques jours, le coordinateur du mouvement Siphamandla Makhanya avait assuré à la radio que « personne ne retournerait au travail » et un représentant des salariés à la table des négociations avait confirmé que la grève continuerait si la direction n'était pas capable de répondre correctement aux revendications salariales.

Entamée il y a plus de deux semaines, la grève est considérée comme illégale au regard du droit du travail sud-africain et n'est pas soutenue par le principal syndicat minier (NUM) accusé de collusion avec l'ANC au pouvoir et de ne pas défendre les droits des travailleurs. Les mineurs d'Amplats réclament 16 000 rands nets mensuels (1 500 euros) et refusent de céder aux ultimatums de la direction.

Les mineurs d'Amplats de plus en plus isolés

Ce durcissement du ton de la direction intervient quelques jours après que les grévistes de la mine de Marikana ont réussi à obtenir entre 11 à 22 % d’augmentation, après un conflit social de plus de cinq semaines marqué par la mort de 45 personnes, dont 35 tuées par la police le 16 août.

La situation à Rustenburg, où les violences s'accentuent de la part des deux camps, risque d’être difficilement tenable pour les ouvriers grévistes qui ont vu les mines voisines de platine ou de chrome rouvrir les unes après les autres, le plus souvent sans avoir obtenu gain de cause. Et cela malgré les appels à la grève générale lancés par Julius Malema, principal opposant au président Jacob Zuma et récemment accusé de malversations.

Source

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Sep 2012 à 20:21

Le syndicat de classe sud-africain COSATU quitte la Confédération syndicale internationale (CSI) et rejoint la Fédération syndicale mondiale (FSM)

cosatu.jpg 

Le syndicat de classe sud-africain COSATU quitte la Confédération syndicale internationale (CSI) et rejoint la Fédération syndicale mondiale (FSM)

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Le 11 ème Congrès national de la confédération syndicale de classe sud-africaine, la COSATU, se tenait du 17 au 20 septembre 2012.

Avec le spectre du massacre de Marikana planant sur le Congrès, le débat a tourné essentiellement autour de la position à adopter vis-à-vis de l' « alliance tri-partite » formée avec le Parti communiste, allié historique de la COSATU, et surtout l'ANC, force dirigeante du processus de libération nationale.

L'unité réaffirmée mais sur des engagements à des « transformations radicales »

Le Congrès a finalement opté par une solution de compromis, réaffirmant la nécessité de l'unité du syndicat derrière le soutien à la coalition gouvernementale menée par l'ANC mais aussi l'urgence de luttes pour l'augmentation des salaires et pour des « transformations radicales » dans le pays.

Ainsi le discours de clôture du président réélu de la COSATU, Sdumo Dlamini, a mis l'accent avant tout sur l'unité :

« Dans les trois prochaines années, l'Afrique du sud connaîtra l'unité dans l'action. Les rues sud-africaines seront couvertes de tee-shirts rouges, ceux de la COSATU et du Parti communiste, ceux noir, vert et or de l'ANC ».

Mais le président a mis en garde contre les paroles qui ne sont pas suivies d'actes révolutionnaires conséquents, et a appelé à regarder vers les processus révolutionnaires latino-américains

« Nous voulons une action résolue et non juste des paroles en l'air ; nous voulons des transformations radicales concrètes en faveur de la classe ouvrière comme trait saillant de la seconde phase de la transition.

La seconde phase radicale de la transition nécessite un engagement ferme à rendre le pouvoir économique au peuple. Les progrès que l'on observe au Brésil, à Cuba, au Vénézuela et dans d'autres pays d'Amérique latine et du monde sont une conséquence à la fois de luttes de plus en plus aiguës et de la détermination d'une direction révolutionnaire ».

Quand la COSATU quitte la CSI pour rejoindre la FSM

Moment fort du Congrès, le débat autour du retrait de la COSATU de la Confédération syndicale internationale (CSI), issue de la filiation avec les « syndicats libres » anti-communistes, et de son adhésion à la Fédération syndicale mondiale (FSM), héritière de la tradition d'un syndicalisme de classe et révolutionnaire.

L'adhésion à la FSM avait déjà été préparée ses dernières années par la décision de quatre syndicats influents : celui de la chimie (CEPPWAWU), de l'éducation et de la santé (NEHAWU) et surtout de la métallurgie (NUMSA) qui avaient tous rejoint la FSM. La procédure d'adhésion du syndicat des mineurs (NUM) était elle en cours.

Confrontés à une joute verbale entre les discours du secrétaire-général de la FSM, George Mavrikos, et celui de la secrétaire-générale de la CSI, Susan Barrow, les délégués de la COSATU, avec le poids décisif joué par les cadres du Parti communiste ont finalement décidé de quitter la CSI et de se rallier à la FSM.

Une décision qualifiée par la résolution de la FSM d'un retour à la maison : la « COSATU revient dans sa famille, cette grande famille qui lutte contre l'exploitation de classe et la barbarie impérialiste ».

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Oct 2012 à 20:15

Après Marikana Un orage social et politique

Le drame qui 
s’est produit autour de la mine de Marikana (plus 
de 40 morts) et les grèves violentes qui éclatent témoignent du malaise existant. Le pays de Nelson Mandela vit sans doute sa crise la plus importante depuis la chute de l’apartheid. Quelles en sont 
les conséquences 
au sein de l’ANC ?

Marikana (Afrique du Sud), envoyé spécial. Le printemps austral n’a pas encore chassé l’hiver. Les nuages sont gros comme le chagrin de ces milliers de mineurs, dont une poignée a été fauchée par la mitraille policière, un jour d’août. Il y a quelques semaines à peine. Une grève illégale et violente, certes. Mais fallait-il que le pouvoir fasse donner la troupe comme il l’a fait ? Que demandaient-ils, ces mineurs ? La dignité ! Une dignité quantifiable, sur la fiche de paie comme dans le logement. « C’est vrai, on n’a plus de gros Blancs racistes sur le dos qui nous bousculent en nous traitant de “kafirs” (nègres – NDLR) », témoigne Chaete, un mineur sans âge, au visage marqué par le travail au fond des puits depuis des décennies. « Mais pour le reste, pas grand-chose n’a changé », explique-t-il en désignant les alentours d’un geste circulaire.

Le printemps austral pourra-t-il chasser l’hiver à Marikana ? Chaete montre, au-delà des installations minières, les bidonvilles constitués de shacks – ces maisons de tôle, brûlantes en été, glaciales en hiver – et, plus loin derrière, un bush arasé où semblent pousser des sacs en plastique, tant ils s’accrochent aux moindres arbustes. Un sentiment de désolation. Une impression d’abandon. Une peur qui vous prend soudain. Un no man’s land entre la vie et la mort. La mort, justement. C’est elle qui se rappelle à la mémoire des mineurs avec ces blocs de pierres, énormes, où périrent plus d’une trentaine d’entre eux.

L’Association des travailleurs des mines et de la construction (Amcu) avait encouragé une grève illégale pour revendiquer 12 500 rands par mois (1 250 euros), soit un triplement du salaire. Une surenchère voulue par cette organisation qui tente depuis plusieurs années d’affaiblir la puissante Union nationale des mineurs (NUM), affiliée à la centrale syndicale Cosatu, alliée à l’ANC et au Parti communiste sud-africain (SACP). Joseph Mathunjwa, le président de l’Amcu, par ailleurs membre de l’Armée du salut, ne le cache pas. Il dénonce ce qu’il appelle le « comportement monopolistique » de la NUM, alors que, selon lui, la compétition syndicale est saine, aussi bien pour le monde du travail que pour celui des affaires. Les patrons des mines l’ont bien compris, qui facilitent l’implantation d’Amcu et aiguisent les rivalités avec la NUM. Il est vrai que Mathunjwa décrit Amcu comme « apolitique et non communiste » !

Après plusieurs semaines d’une grève harassante, les mineurs ont repris le travail. Ils ont arraché des augmentations substantielles à Lonmin, une compagnie dont le siège est à Londres et qui s’accommode de cette Afrique du Sud là, comme elle et d’autres s’accommodaient de l’apartheid. Pourtant, ce qui s’est passé à Marikana a non seulement profondément marqué la conscience collective du pays mais provoqué un questionnement social et politique sur l’état de l’Afrique du Sud, dix-huit ans après les premières élections libres et démocratiques qui avaient porté Nelson Mandela à la présidence. Un questionnement qui touche le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC) – qui a fêté en début d’année ses cent ans d’existence et qui tiendra sa conférence au mois de décembre –, aussi bien que ses alliés qui constituent la Triple Alliance, la Cosatu et le Parti communiste sud-africain (SACP).

« L’industrie des mines a toujours été brutale avec les travailleurs. Mais ce qui s’est passé montre aussi la faiblesse du mouvement syndical en Afrique du Sud, ainsi que celle de l’État qui n’est pas intervenu comme il aurait dû », estime Leslie Dikeni, chercheur associé à l’université de Pretoria, auteurs de nombreux ouvrages dont South African Democracy and the Retreat of Intellectuals, en collaboration avec William Gumede. « Cette situation révèle bien l’héritage de l’apartheid et du colonialisme avec lequel nous avons encore affaire », souligne-t-il. De fait, les chiffres sont accablants. En 1995, le chômage touchant les Noirs était de 38 %. Il est passé à 45 % en 2005, alors que le taux de sans-emploi pour l’ensemble de la population était de 31 % en 1995 et de 39 % en 2005. En moyenne, un Noir gagne 2 400 rands par mois (environ 240 euros), alors que pour un Blanc, cette moyenne atteint les 19 000 rands. Soit un écart de 16 800 rands ! Quant à la condition salariale des femmes noires, c’est pire ! Le salaire moyen des Blanches est de 9 600 rands, contre 1 200 rands pour les Noires.

Cette persistance du passé est particulièrement prégnante dans l’éducation. En 2010, 63 % des élèves noirs ont eu le baccalauréat, contre 79 % de leurs camarades blancs et, en 2008, seulement 13 % des lycéens noirs ont eu des notes suffisantes pour entrer à l’université. Le nombre de diplômés noirs de l’université commence à peine à dépasser le nombre de diplômés blancs, alors que le pays compte 80 % de Noirs et à peine 10 % de Blancs, selon l’institut sud-africain pour les relations entre les races (Sairr). L’éducation est le premier budget de l’État en Afrique du Sud, mais l’enseignement public reste de piètre qualité pour la majorité noire, qui n’a pas les moyens de s’offrir l’excellence des écoles privées (4 % des élèves). Il y a quelques mois, en pleine polémique sur le manque de manuels scolaires dans les établissements publics de régions rurales comme le Limpopo (Nord), Desmond Tutu, prix Nobel de la paix, a saisi l’occasion de l’anniversaire de Mandela pour exprimer son mécontentement : « S’il (Nelson Mandela) savait ce qui se passe, il en pleurerait. C’est totalement inacceptable. »

Kwazi, l’une des responsables du syndicat des enseignants Sadtu (affilié à la Cosatu), dans la province du Cap-Occidental, est encore plus explicite. « On s’est battus pour la démocratie, on l’a eue. Mais maintenant, la majorité des Sud-Africains ont besoin d’être libres économiquement. » Elle montre comment les inégalités se perpétuent. « Dans les zones désavantagées, les parents ne paient pas de droits d’inscription. Mais les classes sont surchargées car il n’y a pas assez d’argent pour recruter des profs supplémentaires. En revanche, dans les écoles qu’on appelait “modèles”, les parents ont de l’argent et il y a plus d’enseignants, plus d’ordinateurs, des terrains de sport… Moi-même, je n’ai jamais eu de classes de moins de 
45 élèves. » Cerise sur le gâteau, dans cette province du Cap-Occidental, la seule dirigée par le parti de l’Alliance démocratique (DA, opposition de droite), est programmée la fermeture de 27 écoles en 2013, notamment pour cause de… manque de performances scolaires !

Cependant, au mois de juillet dernier, lors du congrès du Parti communiste sud-africain, le secrétaire général de la Cosatu, Zwelinzima Vavi, posait une question redoutable : « Est-il possible que l’aube de la démocratie ait fourni aux capitalistes en Afrique du Sud une opportunité en or, celle d’aggraver l’exploitation de classe sans l’inconvénient politique d’être lié à un ordre officiellement raciste ? » Aux premières années d’un gouvernement ANC encore marqué par sa culture socialisante a vite succédé une orientation économique aux relents libéraux, basée sur la baisse des déficits, la privatisation des services publics et un appel du pied au monde de la finance internationale. Le désarroi politique est d’autant plus grand qu’après l’élection de Jacob Zuma à la tête de l’ANC, en 2007, lors de la conférence de Polokwane, puis à celle du pays deux ans plus tard, beaucoup d’espoirs (ruinés par les années Mbeki) avaient ressurgi. Las, le changement tarde à se produire. La société sud-africaine reste l’une des plus inégalitaires au monde. Si une classe d’entrepreneurs noirs a bien été créée avec le Black Economic Empowerment (BEE), seule une élite en profite. « Le BEE n’a pas aidé et n’a aucun impact sur les conditions de vie et de travail des mineurs », assène Khaya Magaxa, secrétaire du Sacp pour le Cap-Occidental et député provincial ANC. En réalité, à quelques semaines de la conférence de l’ANC, les tensions politiques sont fortes à l’intérieur comme à l’extérieur de l’organisation.

« L’ANC est une grande église », ironise Leslie Dikeni. « Des forces gagnent, d’autres perdent. L’aile gauche est très faible en termes d’influence. Et le Parti communiste ne pèse pas comme il le devrait. » Dans le fond, le drame de Marikana pose la question d’un changement d’orientation politique. « La principale raison de la colère est que la vaste majorité des Sud-Africains se dit qu’elle ne bénéficie pas des fruits de la croissance », estime Patrick Craven, porte-parole de la Cosatu. « Les gens sentent que nous ne sommes pas un pays pauvre et pourtant ils sont des millions à vivre dans la pauvreté. Idéalement, il faut une solution de type socialiste. Mais même dans un cadre capitaliste, il peut y avoir une répartition plus équitable des richesses. » Le gouvernement de Jacob Zuma s’était engagé à changer de cap. C’est aussi pour cela qu’il avait reçu le soutien de la Cosatu et du Parti communiste. Mais au sein de l’ANC, des forces s’affrontent. « Numériquement, le secteur du business est plus faible que la gauche, mais il a beaucoup d’influence, justement à cause de l’argent et de sa capacité à pratiquer le clientélisme », prévient Craven. Khaya Magaxa, du Sacp, affirme que son parti « bataille sur les orientations de l’ANC, mais en interne. On ne peut pas abandonner l’ANC ».

Certains, au contraire, dénoncent cette incapacité de l’ANC à promouvoir une politique révolutionnaire, en lien avec la Charte de la liberté (Freedom Charter), ce document de 1952 constitutif de la vision d’une Afrique du Sud non raciale et réaffirmant les droits du peuple sud-africain. C’est le cas de Vishwas Satgar, chercheur en relations internationales à l’université du Witwatersrand, ancien membre du Sacp et animateur de la Gauche démocratique, qui a vu le jour en 2008. Selon lui, « dans l’idéologie de la libération nationale, la classe ouvrière dirige le changement démocratique national et l’ANC (et donc l’État-ANC) est lié sans compromission à cette classe ouvrière. Avec le drame de Marikana, tout cela s’est désintégré ». Pour Satgar, qui défendait une autonomie électorale du Parti communiste (depuis 1994, tous les membres de la Triple Alliance se présentent sous l’étiquette de l’ANC), « le Sacp a choisi Jacob Zuma plutôt que la stratégie d’une politique de gauche. Mais Zuma est une impasse pour la gauche à l’intérieur de l’ANC ». Parce qu’« il faut reconnaître que le projet de libération national est en crise, qu’il faut repenser une politique de gauche démocratique et regagner le terrain perdu, il y a la nécessité de créer un front de gauche » à l’extérieur de l’ANC, « impliquant les mouvements sociaux, les associations de chômeurs, les syndicats indépendants, les mouvements gays et lesbiens… » explique-t-il.

Pour Jay Naidoo, ancien secrétaire général de la Cosatu durant la lutte contre l’apartheid, ex-ministre du gouvernement Mandela (1994-1999) et actuel président de la Banque de développement de l’Afrique australe, « les politiques doivent aller parler au peuple au lieu d’envoyer la police, car les manifestations sont de nature politique ». Ce n’est sans doute qu’à cette condition que la nation arc-en-ciel connaîtra un nouveau printemps apte à chasser les gros nuages qui se sont accumulés au-dessus des mines de Marikana et ont envahi le ciel sud-africain. Pour l’ANC, le pire serait de faire comme si de rien n’était, de poursuivre une bataille des chefs, loin, très loin des préoccupations du peuple sud-africain, et qui ne ferait qu’aggraver les violences sociales.

Qui a intérêt aux divisions syndicales ? 

Le drame de Marikana aura été comme un déclic pour la Cosatu. «Désormais, la confédération sera en première ligne dans votre bataille», a promis le secrétaire général de l’organisation, Zwelinzima Vavi, qui a pris la parole à la fin du mois de septembre devant une assemblée générale des travailleurs en grève de la mine d’or Gold Fields. La confédération veut pousser les patrons de tout le secteur de l’or et du charbon à négocier une nouvelle grille de salaires et de meilleures conditions de travail.

« Il existe des tentatives claires de créer des scissions dans les syndicats existants en utilisant d’abord la violence et l’intimidation », souligne Patrick Craven, porte-parole de la Cosatu. Il reconnaît que parfois « les attentes et les colères contre ces mêmes syndicats sont justifiées ». C’est d’abord le syndicat des mineurs (NUM) qui a été dans la ligne de mire, puis la Cosatu elle-même. « Après le drame de Marikana, on a vu l’opposition, particulièrement celle de droite comme l’Alliance démocratique (DA), essayer de récupérer politiquement l’affaire. Le DA découvre que les travailleurs sont exploités et mal payés ! » ironise Craven.

 

Pierre Barbancey

Source

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Oct 2012 à 15:56

Négociation dans les mines d’or sud-africaines

Après deux mois d’une grève paralysante et meurtrière, le syndicat majoritaire dans le pays, NUM, soumettait les propositions du patronat en termes de hausses des salaires aux salariés des mines d’or.

Il aura fallu deux mois de grèves, 46 morts et 50 000 ouvriers qui refusent toujours de reprendre le travail pour que le patronat sud-africain des mines consente à faire un pas. Hier, le syndicat majoritaire, l’Union nationale des mineurs (NUM), soumettait ainsi aux employés des mines d’or des propositions de promotions et d’allocations. S’oriente-t-on pour autant vers une plus juste répartition des bénéfices record enregistrés par l’industrie minière ? «Il n’y a pas d’accord, c’est encore une proposition », juge prudemment Lesiba Seshoka, un porte-parole du NUM. La chambre des mines dit reconnaître « des anomalies qui méritent d’être traitées » sans pour autant bouleverser la convention salariale.

Le patronat propose de supprimer la catégorie 3 afin que « le premier niveau de la grille salariale dans les mines d’or (soit) la catégorie 4, constituant un ajustement conséquent au salaire de base ». La chambre suggère également « une allocation pour les foreurs » ainsi qu’une « amélioration de la rémunération » pour toute une série d’employés. Aucun chiffre n’a pourtant été communiqué.

À l’origine du mouvement de grèves sans préavis, et donc illégal, l’Association des travailleurs des mines et de la construction (Acmu) demandait un triplement du salaire qui aurait porté le revenu des mineurs à 1 250 euros au lieu des 450 euros actuels. Une surenchère qui visait également à ébranler l’influence du NUM, allié à l’ANC au pouvoir et au Parti communiste sud-africain (SACP). Si des hausses de salaires pour plusieurs catégories de salariés constituent une victoire incontestable, le patronat aiguiserait également, dans un second temps, des rivalités syndicales déjà prégnantes. Acmu, qui représente actuellement 30 % des adhésions, sortirait sans aucun doute renforcé de ce bras de fer sanglant engagé sur la base de conditions sociales désastreuses et d’accusations d’abandon des plus pauvres par le pouvoir. À la fin de l’apartheid en 1994, les grandes compagnies minières avaient également signé une charte les contraignant à lutter contre les inégalités, à œuvrer pour la qualification des salariés et à monter des projets de développement.

les rivalités s’aiguisent

Des milliers de grévistes licenciés par le producteur de platine Amplats manifestaient, hier, à Rustenburg, dans le nord de l’Afrique du Sud. Illustrant les rivalités entre le syndicat majoritaire, NUM, et l’Acmu, à l’origine de la grève des mineurs, Gaddafhi Mdoda, l’un des meneurs du mouvement, affirmait : « Nous ne voulons pas que NUM nous représente, ils sont 
ceux qui empêchent la réouverture des négociations salariales. 
Ils doivent reculer. » Vendredi, 12 000 mineurs, soit 40 %, 
ont été licenciés par Amplats, numéro un mondial du platine.

Lina Sankari

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Oct 2012 à 21:51

Le président Zuma tente de sortir l’Afrique du Sud de la crise sociale

Hier, le président sud-africain, Jacob Zuma, entamait un nouveau cycle de négociations avec les partenaires sociaux dans un contexte de grave crise sociale. Pour l’heure, la piste évoquée d’un gel des rémunérations patronales pendant un an ne répond pas aux demandes d’augmentation salariale qui ont poussé plusieurs exploitations minières a entamé un vaste mouvement 
de grève. À quelques semaines du Congrès de l’ANC, l’enjeu des inégalités sociales reste de taille. Hier, 
la situation demeurait tendue par endroits. Le groupe Gold Fields exhortait les grévistes à reprendre le travail dans les mines d’or sous peine de licenciements. Des violences ont également eu lieu près de la mine d’or d’AngloGold Ashanti à Moab Khotsong.

Source

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Oct 2012 à 19:02

Afrique du Sud : 8500 mineurs grévistes licenciés

Le groupe sud-africain Gold Fields a envoyé de 8500 lettres de licenciement aux grévistes de la mine d'or de KDC East, son dernier site encore en grève, au sud-ouest de Johannesburg. L’ultimatum exigeant un retour au travail arrivait à échéance ce mardi.

"Aucune des 8.500 personnes qui étaient en grève n'est revenue (...), nous avons donc envoyé des lettres de licenciement à tous. Personne n'est revenu aujourd'hui. Ils ont ignoré l'ultimatum, et du coup ils sont licenciés", a indiqué à l'AFP le porte-parole du groupe. Les mineurs avaient 24 heures pour faire appel.

Le site de KDC East, qui emploie 12.500 personnes, est paralysé par une grève depuis le 14 octobre. Les grévistes demandent essentiellement des augmentations, et contestent les structures locales du Syndicat national des mineurs (NUM), le syndicat majoritaire allié du pouvoir. Sur le site voisin de KDC West, qui était paralysé depuis le 9 septembre, 90% du personnel avait repris le travail après un ultimatum similaire, ce qui fait 1500 licenciements tout de même.

Le numéro quatre mondial de l'or, qui recensait à la mi-octobre 25.000 grévistes sur 36.000 mineurs en Afrique du Sud, a également réussi à mettre fin à la grève sur son troisième site de Beatrix (centre) en employant la même menace, imité depuis par ses concurrents AngolGold Ashanti et Harmony, les numéros trois et cinq du secteur dans le monde.

Source

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Oct 2012 à 19:49

Les mines sud-africaines en pleine effervescence

Le mouvement de grève se poursuit. Les compagnies minières ont bloqué les négociations et menacent de licenciement des milliers de mineurs. La tension sociale est forte.

«Fondamentalement, je crois en ce pays et mes interlocuteurs ministériels sont excellents. » Les membres du gouvernement sud-africain ont sans doute été transportés dans le temps en lisant ces déclarations de la directrice générale du groupe minier anglo-américain, Cynthia Carroll. En réalité, elle veut le rétablissement « de la loi et de l’ordre ». L’extraction dans les mines sud-africaines est effectivement perturbée depuis des semaines par des grèves sauvages qui prennent une tournure de plus en plus dramatique. Mais Cynthia Carroll et les autres patrons des mines oublient que la colère qui a émergé est d’abord issue des scandaleuses conditions de vie et de travail.

Des grèves qui ont éclaté sur un fond politique complexe et difficile dans le pays de Mandela et sur un affaiblissement du syndicat national des mines (NUM), affilié à la confédération des syndicats sud-africains, la Cosatu. Ce que savent bien les compagnies minières, opposées à toute mesure de justice sociale, et qui jettent de l’huile sur le feu en bloquant les négociations. Les mineurs du producteur d’or Gold Fields ont mis fin à leur grève vendredi. En revanche, la grève en cours depuis un mois à l’Anglo American Platinum, plus gros producteur mondial de platine, ne montre aucun signe d’apaisement et les employés de la mine d’or de Kusasalethu, exploitée par Harmony Gold, n’ont pas davantage repris le travail. Environ 24 000 mineurs ont progressivement débrayé chez AngloGold Ashanti depuis le 21 septembre, encouragés par l’exemple de ceux des mines de platine, où les premières perturbations ont démarré en août autour de Rustenburg (nord), les mineurs exigeant des salaires supérieurs à ceux négociés par leur syndicat national, le NUM. Environ 15 000 travailleurs ont été licenciés ces deux dernières semaines. D’où ce commentaire de Zwelinzima Vavi, secrétaire général de la Cosatu : « Les grèves sauvages servent de prétexte aux compagnies minières pour réduire les effectifs. » Des compagnies qui, en sous-main, pratiquent la manipulation et attisent la colère contre les représentants du NUM. « Une campagne de violence et d’intimidation bien orchestrée, qui ne vise pas seulement à affaiblir la Cosatu, mais aussi l’Alliance (constituée de la confédération syndicale, de l’ANC et du Parti communiste sud-africain – NDLR) et la révolution elle-même », prévient Vavi. 
La Cosatu organise une marche de protestation le 27 octobre, à Rustenberg.

 

Alexander Joe/AFP

Pierre Barbancey

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Oct 2012 à 17:36

Afrique du Sud: reprise du travail dans plusieurs mines d'or

Des milliers de grévistes dans les mines d'or des groupes AngloGold Ashanti et Harmony Gold ont repris le travail ce vendredi après la conclusion d'un accord sur les salaires. Une augmentation moins importante que souhaitée mais qui peut aller jusque 20 %.

Les groupes miniers AngloGold Ashanti et Harmony Gold ont indiqué qu'un grand nombre de mineurs avaient repris leur travail ce vendredi. AngloGold Ashanti annonce dans un communiqué "que la majorité des travailleurs ont commencé à retourner à leurs postes ce matin aux mines de West Wits". Harmony a pour sa part précisé que 98% des ouvriers étaient revenus à leurs postes dès jeudi en fin de journée. En ce qui concerne les mineurs qui ne se sont pas présentés à leur poste, AngloGold Ashanti a souligné que des procédures de licenciement sont en cours, sans en préciser le nombre.

La production ne pourra toutefois redémarrer avant plusieurs jours en raison des procédures de sécurité qui doivent être mises en place. "Nous n'atteindrons le plein régime de production que vers la fin de semaine. Le démarrage commencera dans la matinée de dimanche", a précisé une porte-parole de Harmony Marian van der Walt.

Le Syndicat national sud-africain des mineurs (NUM) et la Chambre des mines (patronat) ont signé jeudi un accord relevant la grille des rémunérations pour mettre fin à près de sept semaines de grèves, ce qui représente un manque à gagner de près d’un milliard d’euros pour l’industrie minière, selon le chef-économiste de la Chambre des mines. Sept semaines d’un bras de fer terrible, sanglant, qui a couté la vie à plusieurs dizaines de grévistes. L’essentiel des revendications portaient sur le salaire.  
L'augmentation de salaire cumulée perçue cette année par les ouvriers de mines d'or d'Afrique du Sud va de 11% à 20,8%. Les grévistes de Marikana, à l’origine du mouvement, avaient repris le travail il y a un mois après avoir obtenu des augmentations comparables.

Source

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Nov 2012 à 21:47
Jamais l’apartheid n’a disparu en Afrique du Sud : il a été la matrice d’un ordre mondial fondé sur la violence et l’illusion
 

L’assassinat de 34 mineurs, la plupart tués d’une balle dans le dos, par la police sud-africaine, a mis fin à l’illusion d’une démocratie post-apartheid. Il éclaire le nouvel apartheid mondial, auquel l’Afrique du Sud sert de modèle aussi bien historique qu’actuel.

 
En 1894, longtemps avant que cet infâme vocable afrikaans ne prédise à la majorité du peuple sud-africain « un développement séparé », un Anglais, Cecil Rhodes, surveillait l’application du Gren Gley Act dans ce qui était alors la colonie du Cap. Cette loi avait pour but de contraindre les agriculteurs noirs à rejoindre l’armée de main d’œuvre à bon marché essentiellement destinée à exploiter les mines d’or et autres minéraux précieux qu’on venait de découvrir. Grâce à ce darwinisme social, la société de Rhodes, la De Beers, acquit rapidement un monopole mondial, enrichissant fabuleusement son propriétaire. Fonctionnant en accord avec le libéralisme britannique et US-américain, celui-ci devint un philanthrope adulé, un mécène de nobles causes .
 
Aujourd’hui encore, les bourses de Rhodes destinées aux étudiants d’Oxford sont très appréciées des élites libérales. Leurs bénéficiaires doivent faire preuve de « force de caractère morale » et montrer « sympathie et soutien aux faibles, abnégation, amabilité et sens de la camaraderie. »L’ex-Président Clinton est l'un d'eux, de même que le général Wesley Clark, qui commanda l’attaque de la Yougoslavie par l’OTAN. Le mur que l’on désigne comme mur de l’apartheid a été érigé pour le profit du petit nombre, avec en tête les membres les plus ambitieux de la bourgeoisie.
 
Ce fut une sorte de tabou durant les années de l’apartheid racial. Les Sud-Africains d’origine britannique pouvaient ainsi se targuer d’une opposition apparente à l’obsession raciste des Boers qui leur permettait de mépriser ces derniers, tout en leur servant de façade pour maintenir un système inhumain de privilèges fondés sur la race, mais plus encore sur la classe.
 
Les nouvelles élites noires sud-africaines, dont le nombre et l’influence avaient crû  sans cesse durant les dernières années de l’apartheid, ont bien compris le rôle qu’elles allaient jouer après la « libération ». Leur « mission historique », comme l'écrivait Frantz Fanon dans son classique prophétique, Les damnés de la terre , n’est pas « une vocation à transformer la nation, mais prosaïquement de servir de courroie de transmission à un capitalisme acculé au camouflage et qui se pare aujourd’hui du masque néocolonialiste» (texte des Éditions Maspéro, 1968, p.98)
 
Voilà qui allait comme un gant aux figures dominantes de l’ANC (African National Congress), telles Cyril Ramaphosa, le patron du syndicat « National Union of Mineworkers» et maintenant entrepreneur et multimillionnaire, qui a négocié personnellement le « deal » de partage des pouvoirs avec le régime de F. W. Klerk, et Nelson Mandela lui-même, qui a accepté ce « compromis historique » impliquant que la majorité attendrait longtemps l’égalité en droits et les pauvres d’être délivrés de l’indigence. Ce fut manifeste dès 1985: un groupe d’industriels sud-africains, sous la conduite de Gavin Reilly, Président de l’Anglo-American Mining Company, rencontra en Zambie des personnalités de premier plan de l’ANC. Les deux parties se mirent d’accord pour remplacer l’apartheid racial par un apartheid économique, connu sous le nom de « liberté du marché ».
 
Par la suite, des rencontres secrètes eurent lieu dans une superbe demeure anglaise, la Mells Park House, où un futur Président d’Afrique du Sud but du whisky pur malt en compagnie de chefs d’entreprises qui avaient soutenu l’apartheid. C’est le géant britannique Consolidated Goldfields qui fournit le lieu de rencontre et le whisky. Le but était de couper les « modérés » - comme Mbeki et Mandela - des masses de plus en plus révolutionnaires des townships, où l’atmosphère rappelait les émeutes qui avaient suivi les massacres de Sharpeville en 1960 et Soweto en 1976 - sans l’aide de l’ANC.
 
En 1990, dès que Mandela fut libéré, la«  promesse infrangible » de nationaliser les monopoles ne se fit plus guère entendre. À New York, au cours de sa tournée triomphale aux USA, Mandela déclara : « L’ANC réintroduira le marché en Afrique du Sud. » Lorsqu’en 1997 - il était alors Président - je lui rappelai  cette promesse au cours d’une interview, il me fut clairement répondu : « La politique de l’ANC, c’est la privatisation.»
 
Bercés par le doux jargon de l’entreprise, les gouvernements de Mandela et Mbeki empruntèrent leurs mots d’ordre au FMI et à la Banque mondiale. Tandis que le fossé entre la majorité vivant sans eau courante sous des toitures de zinc et la nouvelle élite aisée dans ses propriétés gardiennées se creusait jusqu’à devenir un abîme, Washington félicitait le Premier ministre Trevor Manuel pour ses « succès macro-économiques ». En 2001 Georges Soros remarquait que l’Afrique du Sud avait été livrée « aux mains du capital international ».
 
Peu avant le massacre des mineurs, qui travaillent pour un salaire de misère dans une mine de platine dangereuse appartenant aux Anglais, l’érosion de l’indépendance économique de l’Afrique du Sud avait été clairement démontrée par la décision du Président Jacob Zuma de stopper l’importation du pétrole iranien, soit 42%, sous la pression de Washington. Le pétrole a déjà subi une forte hausse et le peuple s’est encore appauvri.
 
Cet apartheid économique est maintenant imité dans le monde entier, puisque les pays pauvres se plient aux exigences des « intérêts » occidentaux au lieu d’obéir aux leurs. L’arrivée du concurrent chinois pour l’acquisition des ressources africaines, bien qu’il s’abstienne des menaces militaires et économiques dont sont coutumiers les USA, a fourni un nouveau prétexte pour accroître l’expansion militaire US-américaine et envisager une nouvelle guerre mondiale, ainsi que le prouve le budget militaire et d’armement d’Obama: avec ses 737,5 milliards de dollars, c'est  le plus élevé de tous les temps. Le premier Président afro-américain au pays de l’esclavage préside à une économie de guerre permanente, à un chômage de masse et à l’abandon des droits civiques: un système qui n’a rien contre les Noirs et les basanés, tant qu’ils sont au service de la bonne classe sociale. Mais ceux qui ne se soumettent pas ont toutes les chances de finir sous les verrous.
 
Voilà la voie sud-africaine et américaine qu’incarne Obama, le fils de l’Afrique. L’hystérie des libéraux, exposant que le candidat républicain Mitt Romney est plus extrémiste qu’Obama, n’est rien d’autre que l’éternel choix du « moindre mal » et ne change rien au problème. Ironie de l’histoire, l’élection de Romney à la Maison Blanche réveillera sans doute aux USA une contestation massive que le seul succès d’Obama était d’avoir fait taire.
 
Bien qu’on ne puisse comparer Mandela et Obama - l’un étant une icône de la solidité personnelle et du courage, l’autre un artefact pseudo-politique - l’un comme l’autre ont créé l’illusion qu’ils allaient faire naître un monde nouveau où règnerait la justice sociale, et qui constitue un élément de la vaste illusion, selon laquelle tout effort humain doit être marchandisable, et qui confond médias avec information et conquête militaire avec buts humanitaires. Ce n’est qu’en abandonnant ces fantasmes que nous pourrons vaincre l’apartheid dans le monde entier.

Merci à John Pilger
Source: http://johnpilger.com/articles/apartheid-never-died-in-south-africa-it-inspired-a-world-order-upheld-by-force-and-illusion
Date de parution de l'article original: 19/09/2012

Traduit par  Michèle Mialane
 

La Banque Centrale d’Afrique du Sud met en circulation des billets avec l’image de Nelson Mandela

Johannesburg, 6 novembre (RHC-PL)- La Banque Centrale d’Afrique du Sud  a mis en circulation aujourd’hui de nouveaux billets de Rand, la monnaie du pays, à  l’effigie de Nelson Mandela, icône de la lutte contre l’Apartheid.

Les autorités bancaires se sont dites fières d’avoir pu honorer de cette forme Nelson Mandela, âgé de 94 ans. Il a été le premier président élu démocratiquement après  la fin du système ségrégationniste en 1991.

Les autres billets représentent les traditionnelles images des animaux préférés en Afrique du Sud.

Source


Edité par T 34 - 08 Nov 2012 à 20:09
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Dec 2012 à 21:00

Jacob Zuma est réélu à la tête du Conseil National Africain

Bloemfontein 18 décembre (RHC-AFP)- Le chef de l’Etat d’Afrique du Sud, Jacob Zuma, a été réélu aujourd’hui à la tête du Congrès National Africain , ce qui lui permet de briguer un nouveau mandat présidentiel en 2014.

Les résultats officiels, signalent que  le président sud-africain a obtenu presque 3 000 voix de celles  exprimées par les délégués du congrès de cette organisation politique réunis depuis dimanche à Bloemfontein, au centre du pays.

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Dec 2012 à 23:10

La Cosatu de plus en plus critique

Membre de l’alliance avec l’ANC et le Parti communiste, le syndicat veut des changements.

Envoyé spécial. Si la nécessité de la triple alliance, associant l’ANC, le Parti communiste sud-africain (SACP) et la centrale syndicale Cosatu, a été réaffirmée lors du congrès de Mangaung, les tensions demeurent vives. Le drame de Marikana, au mois d’août, où plus de quarante mineurs ont été tués par la police, a mis en lumière les carences politiques aussi bien que le double jeu des compagnies minières dont les bénéfices augmentent mais qui maintiennent leurs salariés dans une situation sociale inhumaine.

Le secrétaire général de la Cosatu, 
Zwelinzima Vavi, a refusé de siéger au comité exécutif de l’ANC, de même que les responsables du syndicat des mineurs (NUM) et de la métallurgie (Numsa). La confédération a d’ores et déjà annoncé qu’elle lancerait, dès le début 2013, de grandes grèves pour obtenir une transformation radicale de la politique économique du gouvernement. Alors que 1994 (date des premières élections démocratiques – NDLR) a marqué une importante rupture et un virage crucial dans les luttes des travailleurs en Afrique du Sud, « la démocratie qui en a découlé tarde encore à fournir des bénéfices matériels tangibles pour la vaste majorité de ces travailleurs », dénonce la Cosatu qui cite même la Charte de la liberté, rédigée en 1955 et document de référence de l’ANC qui inscrit « le droit et le devoir de travailler pour tous ». Pour Vavi, le gouvernement ne peut pas se contenter de créer un environnement favorable pour les investissements financiers. Ce qui lui a valu, depuis la tribune du congrès, des remarques cinglantes des dirigeants de l’ANC, notamment de Gwede Mantashe, le secrétaire général. La Cosatu réclame notamment de l’ANC une plus stricte régulation du travail, une intervention plus grande de l’État dans l’économie, notamment par un contrôle étatique du système bancaire.

Afrique du Sud : L’ANC veut « transformer radicalement » la société

Mangaung 
(Afrique du Sud), envoyé spécial. Le 53e congrès du parti de Nelson Mandela s’est achevé avec la volonté de s’attaquer à la pauvreté, au chômage 
et aux inégalités. Jacob Zuma a été réélu président de l’ANC, Cyril Ramaphosa accède à la vice-présidence.

Jacob Zuma, réélu à la tête du Congrès national africain (ANC), est sorti sans conteste renforcé de cette 53e conférence nationale placée sous le signe de « l’unité dans l’action vers la libération socio-économique ». On peut d’ailleurs dire qu’il n’a, maintenant, plus le droit à l’erreur. Il a, autour de lui, des alliés fidèles et le Comité exécutif national (NEC) a été profondément renouvelé. Certains, comme Jeremy Cronin, membre du gouvernement et secrétaire général adjoint du Parti communiste (SACP), Trevor Manuel, ancien ministre des Finances, ont délibérément laissé leur place. D’autres, au contraire, comme le ministre de l’Urbanisation, Tokyo Sexwale, ou le trésorier sortant, Mathews Phosa, ont été écartés par les congressistes. Le cas de Kgalema Motlanthe – largement battu pour la présidence face à Zuma – est à part. Il ne sera plus membre du NEC mais aura en charge tout le travail d’éducation politique. Une décision annoncée par Zuma lui-même, largement applaudi par le congrès.

éviter les conflits

Mais sans doute la nomination la plus importante a été celle de Cyril Ramaphosa au poste de vice-président de l’ANC. Outre son charisme et une popularité restée intacte au sein de l’organisation, il siège dans de nombreux conseils d’administration de banques, de mines et de sociétés 
commerciales. Pour certains commentateurs, son retour sur le devant de la scène vise à rassurer les milieux financiers. Cela sera-t-il suffisant pour « transformer radicalement » la société sud-africaine, pour passer « à la seconde phase de notre longue transition d’un colonialisme de type spécial à une société nationale démocratique », comme l’a annoncé 
Jacob Zuma lors de son discours de clôture ? Ramaphosa jouera vraisemblablement le rôle de premier ministre (s’il arrive à éviter les conflits d’intérêts !). Et l’ANC a décidé, lors de son congrès, d’abandonner toute idée de nationalisation, notamment du secteur minier, préférant l’idée d’une taxe 
exceptionnelle sur les bénéfices obtenus grâce à l’exploitation des mines. L’État s’engagerait cependant beaucoup plus dans le développement industriel.

Impatience grandissante

En assurant dès lors que l’ANC et son gouvernement basent leur politique sur l’éradication du triptyque « chômage-inégalités-pauvreté » et en annonçant une véritable lutte contre la corruption – fléau qui gangrène autant l’ANC que la société sud-africaine – Jacob Zuma a pris un engagement qu’il se doit maintenant de respecter. Dix-huit ans après l’arrivée au pouvoir de l’ANC, et si bien des choses ont changé, les Sud-Africains dans leur grande majorité attendent avec une impatience grandissante que leur vie quotidienne ne soit plus une course d’obstacles, voire de survie. D’autant que la richesse existe et que, pour l’instant, seule une petite caste de la bourgeoisie noire en profite en s’associant à des Blancs toujours aussi nombreux à occuper les postes de responsabilité dans les entreprises et les services.

Une phase délicate

L’Afrique du Sud entre dans une nouvelle phase de son histoire. Peut-être la plus délicate. Les pressions des milieux financiers sont énormes. Les campagnes menées contre Zuma – loin d’être exempt de tout reproche notamment pour les dossiers de corruption – visent aussi à diminuer l’influence de la gauche sud-africaine, du Parti communiste et du syndicat Cosatu, qui, avec l’ANC, forment la triple alliance et connaissent, depuis le drame de Marikana, quelques turbulences.

La police face aux mineurs

 Dix mineurs ont été blessés jeudi – dont huit par des balles en caoutchouc – dans des affrontements avec la police et des agents de sécurité dans la mine d’or de Kusasalethu appartenant au groupe sud-africain Harmony, au sud-ouest de Johannesburg. Ces violences font suite à la mise à pied de 578 salariés après leur participation à un mouvement de grève le 15 décembre. Mille sept cents mineurs ont observé un sit-in au fond, avant de remonter en fin de journée. Une vague de grèves sauvages dans les mines d’Afrique du Sud, qui a pris fin à la mi-novembre après trois mois de révolte pour de meilleurs salaires, avait fait une soixantaine de morts. Le site de Kusasalethu avait été paralysé par une grève sauvage.

Pierre Barbancey

Source

Buti Manamela « Il faut se battre pour bâtir le socialisme »

Entretien avec le secrétaire général de la Ligue des jeunes communistes d’Afrique du Sud, Buti Manamela.

Qu’attendez-vous après ce congrès de l’ANC ?

Buti Manamela. Ce congrès se tient à une période où beaucoup de mouvements de libération nationale font face à des difficultés, à des luttes internes pour le pouvoir. Ce qui se traduit par un manque de confiance de la part des populations. L’exemple du parti de Mugabe, au Zimbabwe, la Zanu-PF, est patent avec des décisions qui n’ont rien à voir avec les intérêts politiques ou économiques des Zimbabwéens mais seulement avec des raisons électorales. Au Mozambique, le Frelimo fait un certain nombre d’expériences électorales difficiles. Il est donc important pour l’ANC de faire une introspection sur les dix-huit dernières années et ce qu’elle a fait pour changer la vie des gens. Donc, il faut analyser la façon dont l’ANC se construit pour être capable de gouverner et, dans le même temps, de se comporter comme un parti politique. Oui, il faut augmenter le nombre d’adhérents, avoir des branches qui fonctionnent, renforcer l’alliance entre l’ANC, la Cosatu et le SACP… Mais le problème le plus important auquel il faut s’affronter est le sentiment de corruption qui entoure l’ANC, le sentiment que l’ANC fonctionne pour elle-même et pas pour le peuple… Pour le Parti communiste, le plus important maintenant est de construire une organisation capable de promouvoir la lutte pour le socialisme. Dans le cadre de la crise actuelle, il faut bien sûr renforcer l’Alliance. Mais il faut se battre pour bâtir le socialisme en Afrique du Sud. C’est le rôle le plus important que doit jouer le Parti communiste dans cette période, tout en faisant attention de ne pas être marginalisé et alors que la participation des cadres du Parti au gouvernement peut créer des confusions.

De nombreux membres du Parti communiste 
ne sont pas membres de l’ANC. 
Qu’est-ce que cela signifie ?

Buti Manamela. Parmi les 4 500 délégués au congrès de l’ANC, 266 étaient membres 
de la Ligue des jeunes communistes. 
Ce qui montre la confiance en l’Alliance. Mais cela ne signifie pas que le travail des communistes doit se situer à 100 % au sein 
de l’ANC. L’avenir du SACP, l’avenir 
du communisme, n’est pas là mais parmi nos communautés, dans les universités, dans les lycées, dans les villages. C’est là qu’il faut construire le Parti.

Quelles sont vos relations avec la Ligue 
des jeunes de l’ANC (Ancyl) ?

Buti Manamela. C’est une des plus mauvaises périodes jamais connues entre la Ligue des jeunes communistes et la Ligue des jeunes de l’ANC. L’Ancyl est néanmoins l’une des organisations les plus progressistes parmi la jeunesse sud-africaine. Nous avons décidé de relancer nos relations, de les renforcer. Nous avons bien sûr des divergences, mais nous avons aussi de nombreuses convergences qui doivent nous pousser à aller de l’avant, ensemble.

Entretien réalisé par 
P. B.

Source
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Jan 2013 à 18:46

Afrique du Sud : grève des ouvriers agricoles

Dans la province du Cap, productrice de vin, de fruits et de légumes, les salariés dénoncent leur condition d’esclave et exigent de meilleurs salaires.

Les ouvriers agricoles de la province du Cap oriental sont en colère. Soutenus par la Confédération des syndicats sud-africains (Cosatu), ils exigent de leurs employeurs – souvent blancs – des augmentations de salaire substantielles, et du gouvernement la mise en place d’une véritable réforme de la terre. La plupart d’entre eux gagnent 70 rands (environ 7 euros) par jour. Ils demandent que la paye journalière soit de 130 rands (environ 13 euros).

La grève avait éclaté au mois de décembre. Les discussions entamées entre la Cosatu et l’organisation des fermiers Agri SA n’ayant rien donné, les salariés agricoles ont décidé d’arrêter à nouveau le travail hier, alors qu’en cette période d’été austral c’est la pleine saison pour la cueillette et les récoltes. La région du Cap est productrice de vin, de fruits et de légumes, largement exportés, y compris vers l’Europe.

Le constat social et économique dramatique dressé par de nombreux délégués lors du récent congrès de l’ANC, le parti au pouvoir en Afrique du Sud, n’a pas tardé à se concrétiser. Les revendications sont d’autant plus pressantes qu’aux difficultés quotidiennes s’ajoute le sentiment que, dans le fond, les conditions de travail n’ont guère changé depuis la chute de l’apartheid. « Esclaves nous étions, esclaves nous restons », résumait un salarié. Et cette colère débouche sur de la violence souvent attisée par quelques bataillons de policiers trop heureux d’en découdre. Hier matin, plus de 3 000 grévistes se sont regroupés aux abords de la localité de De Doorns, sur la principale voie rapide. Au gaz lacrymogène et aux balles en caoutchouc de la police, les ouvriers agricoles ont répondu par des jets de pierres. Une voiture appartenant à des reporters sud-africains a été retournée et incendiée. Au moins 44 manifestants ont été arrêtés.

Pierre Barbancey



Edité par T 34 - 26 Jan 2013 à 19:09
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Apr 2013 à 17:31

Jacob Zuma : "Les dégâts de l'apartheid ne peuvent être réparés en 20 ans"

Le président sud-africain Jacob Zuma a qualifié mercredi d'"erreur" les déclarations d'un ministre qui demandait de ne plus invoquer l'héritage de l'apartheid pour justifier la mauvaise qualité des services publics, et a affirmé que les "dégâts" du régime de discrimination raciale ne pouvaient être réparés en 20 ans.

"Suggérer que nous ne pouvons pas rendre l'apartheid responsable de ce que nous faisons maintenant ou de ce qui se passe dans notre pays, je pense que c'est, pour le moins, une erreur", a déclaré Jacob Zuma. Il faisait référence à des propos tenus la semaine dernière par un poids-lourd du Congrès national africain (ANC, au pouvoir), Trevor Manuel, ancien ministre des Finances de Nelson Mandela et aujourd'hui ministre à la présidence sud-africaine.

Trevor Manuel avait appelé le gouvernement à cesser de se défausser sur l'apartheid, qui a pris fin il y a 19 ans, pour justifier la mauvaise qualité des services publics, une déclaration critique rare dans les rangs du parti gouvernant l'Afrique du Sud depuis 1994. "Le gouvernement ne devrait pas continuer à dire que c'est la faute de l'apartheid", avait-il déclaré. En réponse, le président sud-africain a estimé que réparer les dégâts provoqués par l'apartheid en seulement vingt ans de démocratie s'était révélé impossible. "L'héritage de l'apartheid est trop profondément ancré et remonte à trop loin pour qu'un régime démocratique puisse en venir à bout dans une période aussi courte, à moins d'être un magicien", a-t-il dit. Il est "impossible de réparer en 20 ans les dégâts de plusieurs siècles", a insisté le président Zuma.

 Le président sud-africain s'exprimait au cours d'une cérémonie en hommage au militant anti-apartheid Chris Hani dont l'assassinat par un homme armé d'extrême droite, il y a exactement 20 ans, avait plongé le pays dans la crise. Dans un avertissement destiné aux responsables de l'ANC, il a lancé: "Vous ne pouvez pas être imprudents dans votre comportement et vos déclarations".

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 May 2013 à 19:40

Marikana en mode mineurs

En Afrique du Sud, les salariés des mines commencent à obtenir des augmentations de salaires. Les syndicats n’arrivent pourtant pas à s’entendre.

Les grèves et les drames meurtriers de la mine Marikana pourraient, enfin, aboutir. Une victoire pour les salariés empreinte de résonance politique. « Travailleurs, je vous le dis, retournez au travail », a lancé à des grévistes approbateurs le président d’Amcu, un syndicat créé par des anciens responsables du Syndicat des mineurs (NUM), Joseph Mathunjwa, dans un stade proche de la mine, exploitée par le groupe britannique Lonmin. « Il y a des procédures à suivre. Retournez au travail, de sorte que vos ennemis ne tirent pas avantage de la situation », a-t-il ajouté. Les mineurs avaient cessé le travail mardi matin.

Alors que les négociations sur les modalités de la reconnaissance du nouveau syndicat majoritaire s’enlisent depuis plusieurs mois, ils demandent la fermeture de la permanence du NUM, ce qui selon la direction est impossible avant le 3 juillet. Mathunjwa a précisé qu’il allait porter l’affaire devant la Commission pour la conciliation, la médiation et l’arbitrage (CCMA), un organisme indépendant chargé de régler les conflits du travail. « J’irai demain (jeudi) à la CCMA, où une décision finale sera prise pour dire qui est le patron chez Lonmin ! » a-t-il expliqué aux mineurs qui l’acclamaient, selon l’agence Sapa.

La direction d’Amcu n’a officiellement pas appelé à cette grève sauvage, mais elle ne l’a pas désavouée, et des responsables disaient sur place suivre les mineurs en colère. Des employés de Lonmin avaient déjà débrayé pour les mêmes raisons début mars. La situation est d’autant plus tendue dans la « ceinture du platine », la région minière située à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Johannesburg où le groupe Amplats vient aussi d’annoncer 6 000 suppressions d’emplois, que Mawethu Steven, un responsable régional d’Amcu, a été tué par des inconnus samedi.

«Nous aimions Steven. Il s’est battu pour nos droits. Retournons au travail pour lui rendre hommage ! » a relevé Joseph Mathunjwa.

La mine de Marikana avait été le théâtre au second semestre 2012 d’une longue et sanglante grève sauvage qui a fait en tout une cinquantaine de morts, dont 34 mineurs abattus par la police le 16 août. Le conflit, qui a duré plus de deux mois, avait abouti à obtenir des augmentations de salaires non négligeables. Reste l’antagonisme syndical qui risque de s’exacerber dans les mois qui viennent.

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Jun 2013 à 23:07

En Afrique du Sud, 1 000 mineurs licenciés pour grève sauvage 

 
En Afrique du Sud, 1 000 mineurs licenciés pour grève sauvageMille salariés en grève d’une mine de chrome au nord du pays ont été licenciés, le week-end dernier, par le groupe minier Xstrata, propriété de la multinationale suisse Glencore. Le mouvement fait suite à la plainte d’un mineur contre son supérieur. « Ils s’étaient mis en grève illégalement », a expliqué un porte-parole du groupe, qui précise que les mille licenciés ont jusqu’à aujourd’hui pour faire appel. Le secteur minier, majeur dans l’économie sud-africaine, est sous tension depuis l’automne 2012. À l’époque, les grands groupes avaient déjà licencié des milliers de salariés dans des conditions similaires. La grande majorité d’entre eux avaient été réembauchés ensuite dans des conditions imposées par les directions.
 
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
 Répondre Répondre Page  <1 2345>

Aller au Forum Permissions du forum allez vers le bas

Powered by Flex Design® version v8m6r15
Copyright © 2001-2011 Flex Design

Cette page a été affichée en 7,262 secondes.