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La crise Belge

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: La crise Belge
    Envoyé : 25 Sep 2008 à 11:35
Je me permet d'ouvrir ce nouveau sujet afin d'éviter sa dispersion sur différent topic.
 

La crise belge rebondit

Le retrait du parti nationaliste, la NVA, de la coalition au pouvoir, tant en Flandre qu’au niveau fédéral, relance la crise politico-institutionnelle.

Le premier ministre belge Yves Leterme l’a annoncé mardi matin : il va s’occuper de la Belgique et ne se rendra pas comme prévu à l’ouverture de l’Assemblée générale de l’ONU à New York. La crise institutionnelle belge, qui paralyse le pays depuis plus dannée, vient d’être relancée par un tout petit parti, la NVA. Allié du premier ministre dans un cartel - le CD & V-NVA - il a décidé, lors de son congrès le week-end dernier à Gand, de quitter la coalition. Au gouvernement régional flamand, où il avait un ministre, Geert Bourgois, qui a démissionné, et au niveau fédéral où il soutenait Leterme sans participer. Sans l’appui de ses six députés à la Chambre, Yves Leterme dispose toujours d’une majorité absolue (95 sièges sur 150), mais il n’a plus la majorité des deux tiers nécessaire pour faire passer une réforme de l’État que les nationalistes flamands réclament à cors et à cris. À commencer par la NVA qui a fait de l’absence de progrès dans les négociations entre communautés la raison de sa rupture et va sans doute crier plus fort encore dans l’opposition.

Yves Leterme n’a donc plus de majorité flamande et sa famille politique - les chrétiens démocrates - passe en deuxième position derrière la famille libérale : Mouvement réformateur (francophone) et VLD (flamand) totalisent 41 députés contre 34 pour le CD & V et son pendant francophone le CDH. Ce qui réveille les appétits du vice-premier ministre, Didier Reynders, chef des libéraux francophones, qui se verrait bien dans le fauteuil de premier ministre.

Un casse-tête qu’Yves Leterme doit résoudre d’urgence. La presse de mardi énumère les possibilités qui s’offrent à lui. Elles sont limitées : élargir sa majorité en amenant dans la coalition les socialistes flamands du SPA, guère enthousiastes, ou démissionner. Ce qui replongerait le pays dans une crise sans doute fatale à la Belgique, à un moment où les problèmes économiques et sociaux s’accumulent, aggravés par le désordre du capitalisme mondial et la menace de récession. La majorité des Belges ne le souhaitent pas et l’ensemble des partis - à l’exception des nationalistes flamands - semblait s’orienter hier vers une recherche d’apaisement.

« Et maintenant, au boulot », titrait, en français et en flamand, l’éditorialiste du Soir Béatrice Delvaux. Comme la majorité des commentateurs - y compris dans la presse flamande - elle se félicite du retrait de la NVA, « ce parti minuscule au nationalisme obscurantiste qui avait fini par prendre la raison en otage ». Un avis partagé par ldes francophones et par de nombreux Flamands qui espèrent que « le dialogue nord-sud » sur une nouvelle architecture de l’État fédéral va enfin pouvoir commencer. « Sans les enquiquineurs de la NVA, on va pouvoir se parler », disait ainsi la présidente du SPA, Caroline Gennez. Yves Desmet, l’éditorialiste du Morgen, plus prudent, estime que Leterme n’en a sans doute « pas fini avec la NVA dont les idées on déteint sur le CD & V ». Ce dernier tient son congrès le week-end prochain. On saura alors si Yves Leterme le contrôle encore. Et si son gouvernement a un avenir.

Françoise Germain-Robin

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Oct 2008 à 16:51

Rudy Aernoudt, un populiste flamand pour la Wallonie

Il défraie la chronique depuis deux ans et entend bien continuer : Rudy Aernoudt vient d’annoncer son intention de créer un nouveau parti politique en Belgique et de présenter une liste aux prochaines élections régionales de 2009 en Wallonie. L’étonnant, bien sûr, c’est que cet économiste flamand de quarante-sept ans ait choisi la Wallonie pour faire son « coup » politique.

Ce n’est pas la première fois que ce libéral pur sucre joue les passe-murailles : titulaire d’un mastère d’économie européenne, il a commencé sa carrière à la Commission de Bruxelles avant d’entrer au cabinet du ministre wallon de l’Économie, Serge Kubla (libéral). Après quoi il est passé à celui (toujours libéral) de la vice-première ministre flamande, Fientje Moerman, au temps où Yves Leterme dirigeait le gouvernement flamand. Il a dénoncé les « pratiques irrégulières et le népotisme » de sa patronne, contrainte à la démission, et s’est lui-même fait virer quelques mois plus tard de l’administration flamande.

Depuis, Rudy Aernoudt a écrit un livre à succès, Flandre Wallonie, je t’aime moi non plus, et multiplié les apparitions médiatiques et les conférences pour affirmer son refus du séparatisme et dénoncer le chauvinisme nationalitaire d’une certaine Flandre. Il se proclame résolument « belgicain ». Son programme prévoit pourtant une nouvelle répartition des compétences entre le niveau fédéral et les régions. Avec, pour but, son obsession : « l’efficacité ». Il fustige « l’État qui étouffe l’économie », s’en prend à l’administration et à la bureaucratie et entend « en finir avec le modèle du non-travail qui fait qu’après trente-cinq ans de chômage, on demande sa retraite ! ». Un programme économique populiste qui ressemble comme un frère à celui de son ami Jean-Marie Dedecker, populiste de droite devenu l’homme politique le plus populaire de Flandre et dont la Liste surpasse dans les sondages le Vlaams Belang. Rudy Aernoudt ne rejette pas l’épithète. « Écouter les gens, ce n’est pas négatif », dit-il. Mais il récuse en revanche le volet séparatiste du programme du populiste flamand. Et dit espérer, en 2011, se présenter sur une liste nationale réunissant des candidats des trois régions du pays. Il lui reste à trouver un nom pour son parti.

Françoise Germain-Robin
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Dec 2008 à 12:21

La Belgique replonge dans la crise

Bruxelles . L’ancien premier ministre Wilfried Martens, un « sage » chargé en urgence par le roi de démêler l’écheveau.

Ce n’est pas une tâche facile qui attend Wilfried Martens : le roi l’a chargé, lundi soir, d’une mission « d’exploration ». Autrement dit, il doit chercher dans la jungle des partis politiques belges, tous coupés en deux branches (flamande et francophone), l’oiseau rare qui acceptera de devenir premier ministre dans un climat de crise comme la Belgique n’en a pas connu depuis « la question royale », à la fin de la Seconde Guerre mondiale (1). Le roi Albert II avait, auparavant, fini par accepter la démission remise trois jours plus tôt par Yves Leterme, accusé d’avoir tenté d’influencer la justice dans le procès intenté par les petits actionnaires de la banque Fortis contre la vente de l’établissement à BNP Paribas. Yves Leterme et son gouvernement, démissionnaires, vont continuer de fonctionner « en affaires courantes ».

L’attente risque d’être plus longue que souhaitée par une population lasse des crises à répétition qui secouent et paralysent le pays depuis les élections de juin 2007. La majorité sortante, coalition de trois partis francophones (libéraux du MR, socialistes, et sociaux-chrétiens du CDH) et deux partis flamands (libéraux, et chrétiens-démocrates du CD & V), est plus divisée que jamais, déchirée par les ambitions personnelles de ses chefs. D’où le recours à un « sage », Wilfried Martens, que le roi a appelé d’urgence lundi au palais.

Âgé de soixante-douze ans, il a dirigé neuf gouvernements belges entre 1979 et 1991, à l’époque où les chrétiens-démocrates flamands du CVP faisaient la pluie et le beau temps dans le plat pays.

Fils d’un fermier de la région de Gand, il a fait des études de droit et s’est engagé très jeune dans le mouvement flamand, participant en 1962 aux marches flamandes sur Bruxelles contre les facilités linguistiques accordées aux francophones. Il fut l’un des artisans du fédéralisme, mais aussi de politiques d’austérité à l’origine de grandes grèves dans les années 1980. Il chuta peu après ce « dimanche noir » de 1991 qui vit la percée du mouvement nationaliste d’extrême droite Vlams Belang. Il passe alors le flambeau à son poulain, Jean Luc Dehaene, qui dirigera le gouvernement jusqu’en 1999. Le même Jean Luc Dehaene dont le nom est aujourd’hui cité avec insistance comme futur premier ministre de transition, jusqu’aux élections de juin 2009. Le retour sur la scène politique de Wilfried Martens a surpris les commentateurs qui y voient un mauvais signal et la preuve d’une incapacité de la nouvelle classe politique à assumer les responsabilités.

Pour la population, l’urgence est surtout de voir à la tête de l’État une équipe capable de relancer l’économie et de régler le problème Fortis, dont la vente à BNP est désormais en suspens. Le gouvernement sortant a pourtant un bon point à son actif : l’accord conclu mardi, jour même de sa chute, entre les syndicats et le patronat sur les hausses de salaires pour la période 2009-2010.

(1) La question royale, qui a divisé Flamands et francophones et mené la Belgique au bord de la guerre civile, s’est terminée par l’abdication, en 1951, du roi Léopold III, accusé de connivence avec l’occupant pendant la guerre, en faveur de son fils Baudouin.

Françoise Germain-Robin

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Dec 2008 à 10:30

Fragile sortie de crise en Belgique

Le roi Albert II a chargé le président chrétien-démocrate de la Chambre des députés, Herman Van Rompuy, de former un gouvernement.

Le président de la Chambre des représentants de Belgique, le chrétien-démocrate flamand Herman Van Rompuy, a finalement accepté, samedi soir, la mission dont l’a chargé le roi des Belges Albert II de former un gouvernement. Il aura fallu de fortes pressions de son parti, le CD & V, qui tenait à garder la main après l’échec patent de son ex-chef Yves Leterme et n’avait pas d’autre nom crédible à mettre en avant, pour qu’il finisse par dire oui. Il y a quelques jours, interrogé par la télévision flamande, il rappelait qu’il avait toujours refusé le poste de premier ministre : « On me l’a proposé en 1993 et j’ai refusé. Quinze ans après, je suis toujours dans le même état d’esprit », disait-il, ajoutant : « Je ne suis pas indispensable. »

Apparemment, il l’était. C’est du moins la conclusion à laquelle est arrivé l’ancien premier ministre Wilfried Martens, « l’explorateur » nommé par le roi quelques jours avant Noël pour démêler la nouvelle crise provoquée par la démission d’Yves Leterme. Ce dernier est accusé d’avoir tenté d’influencer la justice dans le procès intenté par les actionnaires de la banque Fortis contre sa décision de vendre la holding belge à BNP Paribas.

En fait, le nom d’Hermann Van Rompuy est le seul qui ait été accepté par les cinq partis membres de la coalition au pouvoir sortante, qui allie chrétiens-démocrates et libéraux des deux régions du pays plus les socialistes francophones. Il pourrait donc, théoriquement, diriger le pays jusqu’aux élections législatives de 2011, terme normal de l’actuelle législature. À condition de ne pas chuter sur un nouvel écueil dans un système fédéral belge dont l’année et demi qui vient de s’écouler a montré la très grande fragilité. Les difficultés ne vont pas manquer de se présenter très rapidement avec la reprise du dialogue entre Flamands et francophones sur la réforme de l’État et le retour du serpent de mer de l’arrondissement bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvorde, dont les partis flamands continuent de réclamer la scission avant les élections régionales de juin prochain. La campagne électorale qui va commencer risque d’être l’occasion de nouvelles surenchères et on peut compter sur l’opposition, qui réclame des élections anticipées, pour tenter de mettre de l’huile sur le feu.

Pour l’instant, le « formateur » doit s’atteler à sa tâche prioritaire : former son gouvernement. On sait déjà qu’il devra remplacer le ministre de la Justice, Joe Vandeurzen, sur qui pèsent les mêmes accusations que sur son ami Yves Leterme. Ce dernier, appuyé en cela par les socialistes des deux parties du pays, a réclamé la formation d’une commission d’enquête parlementaire dont il espère qu’elle les lavera de la grave accusation d’avoir attenté au principe de la séparation des pouvoirs.

Âgé de soixante et un ans, le futur premier ministre belge est un économiste réputé pour son sérieux et son austérité. Il appartient à l’aile la plus conservatrice du CD & V, ce qui ne fera pas l’affaire des syndicats qui réclament toujours un plan de relance de l’économie et des mesures en faveur du pouvoir d’achat. Il a été ministre du Budget sous le gouvernement Dehaene, de 1993 à 1999.

Françoise Germain-Robin

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Jun 2009 à 15:10

Toute la Belgique a les yeux tournés sur les… régionales

Les élections dans les régions, qui ont lieu en même temps que le scrutin européen, polarisent toute l’attention outre-Quiévrain. Sur fond de craintes d’une nouvelle radicalisation du débat communautaire.

En Belgique, que l’on soit Flamand, Wallon ou Bruxellois, c’est à peine si l’on sait qu’il y a un scrutin européen le 7 juin. Toute l’attention des médias, toute la campagne, tous les panneaux d’affichage sont occupés par l’autre élection : celle des assemblées régionales, qui aura lieu le même jour, dimanche. Quant à l’Europe, si le sujet est parfois effleuré, c’est pour affirmer un fédéralisme de bon ton dans un pays dont la capitale, Bruxelles, est aussi celle de l’UE. Ce qui rend le désintérêt pour l’élection du Parlement européen paradoxal.

L’autre paradoxe, c’est que, dans ce pays où le vote est obligatoire, à cinq jours du vote, plus de 20 % des électeurs déclarent ne pas savoir pour qui voter. Et ils sont deux fois plus à se dire « dégoûtés » de la politique.

Il faut dire que le pays va de crise en crise depuis deux ans. Après les déchirements communautaires entre Flamands et francophones qui ont failli faire éclater le pays, il y a eu l’effondrement des banques - chute de la maison Fortis, rachetée par BNP-Paribas et renflouement de la KBC, la grande banque flamande, prise la main dans le sac des actifs douteux. Viennent s’y ajouter des milliers de pertes d’emplois - ArcelorMittal à Liège, Volswagen à Bruxelles, et depuis hier, Opel à Anvers - qui plombent le climat social et rendent l’avenir incertain.

Le fait que la Belgique possède l’économie la plus globalisée au monde (selon l’Institut suisse EPFZ) ne la protège pas du chômage, dont on prévoit qu’il dépassera les 15 % d’ici à la fin de l’année. Avec de grandes distorsions régionales : 20 % dans la région de Bruxelles-capitale, 16 % en Wallonie et 8 % en Flandre. Les trois régions dont on va renouveler les Parlements (avec, en plus, celui de la petite communauté germanophone).

Dans ce contexte, la tentation du repli communautaire revient au galop. Les partis nationalistes flamands, un moment douchés par le tsunami bancaire, repartent à l’assaut de la Belgique. On a vu, dans la région de Bruxelles, des panneaux électoraux détruits par des commandos parce que des affiches en français y avaient été collées ! Les partis flamingants, qu’ils soient d’extrême-droite comme le Vlaams Belang, libéral comme la NVA ou populiste comme la Liste Dedecker, ont à nouveau le vent en poupe et pourraient, ensemble, dépasser les 40 %. Avec au programme de détruire ce qui reste de solidarité entre les régions.

Côté francophone, les sondages laissent présager un changement du rapport de forces entre les partis, à Bruxelles comme en Wallonie. Les écologistes sont en pleine ascension, triplant leurs voix à Bruxelles, au détriment du PS d’Elio di Rupo, plombé par des scandales à répétition - corruption, prébendes et même affaire de moeurs. Il pourrait perdre la moitié de ses voix à Bruxelles et un tiers en Wallonie - deux régions qu’il gouverne l’une avec les écolos, l’autre avec le CDH (Centre démocrate humaniste) de Joëlle Milquet. Il est aussi au gouvernement fédéral avec le CDH et le MR (libéral) de Didier Reynders, où des voix s’élèvent pour déclarer le PS « infréquentable ». Le risque de changement de majorité dans deux régions menace déjà la coalition du gouvernement fédéral, prévu pour durer jusqu’en 2011… Avec aussi le risque du retour au chaos communautaire.

Dans ce grand désarroi des Belges, des petits partis pourraient tirer leur épingle du jeu : à gauche du PS, le PTB - dernier parti unitariste du pays - rencontre un certain succès, au nord comme au sud, en dénonçant le « cirque politique », affublant de nez rouges les politiciens traditionnels. Il a réussi à attirer sur ses listes des personnalités comme la soeur du premier ministre, Tine Van Rompuy, ou le professeur Robert Haleux, de l’université de Liège. La LCR locale s’est trouvé une jeune « besancenote », Cécile Caudron. Elle est alliée, à Bruxelles, avec le Parti communiste-Gauche européenne, revenu dans le circuit avec un nouveau porte-parole, Pierre Eyben, qui s’appuie résolument sur le programme antilibéral de la Gauche européenne.

Françoise Germain-Robin

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  Citer DOXA Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Jun 2009 à 18:39
le Parti du Travail peut faire un bon score je pense
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Jun 2009 à 10:06
Une poussée des autonomistes flamands est enregistrée aux régionales.

La Flandre à droite toute, avec prime aux autonomistes, percée écologiste chez les francophones, où le PS recule moins que prévu. La dissymétrie entre la région flamande et les régions francophones (Wallonie et Bruxelles) s’est encore accentuée à l’occasion du scrutin dimanche en Belgique, où l’on votait à la fois pour le Parlement européen et pour les parlements régionaux. Ce double scrutin, ajouté au fait que le vote est obligatoire en Belgique sous peine d’amende, explique que l’abstention y soit moindre qu’ailleurs en Europe, même si elle atteint un record historique avec 25 % des électeurs ayant boudé les urnes.

Pour les européennes, où l’on élisait au total 22 députés, la dissymétrie entre les deux parties du pays se manifeste de la même manière que pour les régionales. Les socialistes et les libéraux reculent des deux côtés de la frontière linguistique. Mais, tandis que ce recul se fait au profit des écologistes chez les francophones (le parti écolo double ses voix à l’Europe et les triple en Wallonie), c’est la droite chrétienne-démocrate (CD&V) et les autonomistes flamands du NVA et de la Liste Dedecker qui ramassent la mise en Flandre.

L’extrême droite nationaliste du Vlaams Belang perd un siège, mais c’est au profit de Dedecker, à la fois ultralibéral, populiste et tout aussi nationaliste. Même chose au niveau régional, où le Vlaams Belang est certes en recul à 16 % (-7,8) mais reste le deuxième parti après le CD&V, dont l’ancien allié nationaliste de la NVA double ses voix à 14,1 %, tandis que la Liste Dedecker fait une percée à 6,8 %. Une configuration lourde de menaces pour la cohésion du pays.

Françoise Germain-Robin 9/06/2009

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Jun 2009 à 17:51

Le retour du casse-tête belge

Les résultats des élections régionales belges montrent un paysage politique éclaté avec une divergence croissante entre le Nord, flamand, et le Sud, wallon.

« La Belgique, c’est deux pays. » C’est la conclusion de l’éditorialiste du journal flamand de Standaard après les élections régionales du 7 juin. Les seules qui ont vraiment compté, partis et médias s’étant désintéressés du scrutin européen. De la composition des parlements wallon, bruxellois et flamand dépendra la couleur des gouvernements régionaux qui doivent entamer, à l’automne, la grande négociation sur la réforme d’un Etat fédéral de plus en plus instable.

Or, les résultats montrent une divergence radicale entre les deux grandes communautés de la Belgique : Flamands au nord, Francophones en Wallonie et à Bruxelles. Libéraux et socialistes reculent partout. Mais en Wallonie et à Bruxelles, c’est au profit des écolos, alors qu’en Flandre, les autonomistes ramassent la mise, ceux que Jacques Brel appelait les « flamingants ».

Le grand vainqueur du scrutin flamand est le parti de Bart De Wever, la NVA (Nouvelle Alliance flamande). Une revanche pour ce parti éjecté du cartel qu’il formait avec le CDV (1) à l’époque du gouvernement Leterme, son intransigeance bloquant tout le système. Il passe de 5 à 16 sièges avec 13 % des voix, talonnant le SPA (socialiste) et le VLD (libéral), en recul à 15,3 % et 15,1 %.

C’est que la NVA a ramassé une partie des voix du Vlaams Belang. Le parti d’extrême droite ultranationaliste est tombé de 24 % à 16 %. Le reste est allé au populiste et tout aussi nationaliste Jean-Marie Dedeker. Pas de quoi se réjouir trop, donc, du recul de l’ancien Vlaams Blok.

Le vice-président d’Écolo, Jean Michel Javaux, grand vainqueur du côté francophone, y voit un « transfert d’un parti non démocratique vers des partis démocratiques au profil communautaire affirmé ». Il estime qu’il faudra « inscrire la NVA dans le dialogue communautaire afin de mettre tout le monde dans le bain et d’éviter d’avoir des tireurs embusqués ».

La chose ne sera pas facile. Bart De Wever est bien décidé à pousser les feux du séparatisme. Il avance des exigences inacceptables par les francophones : augmenter les allocations familiales pour les seules familles flamandes, scinder la Sécurité sociale et mettre le gouvernement fédéral sous curatelle ! Une « tentative de pustch institutionnel » dénoncée au sud comme au nord. Le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht (VLD), y voit « une stratégie du pourrissement » visant à « rendre tout dialogue impossible ».

Côté francophone, la donne a aussi changé, mais en sens inverse, avec la poussée spectaculaire d’Écolo, l’un des derniers partis unitaristes avec le PTB (2). Écolo, qui a doublé ses sièges à Bruxelles et les a triplé en Wallonie, a bénéficié du transfert de voix des déçus du PS d’Elio Di Rupo, plombé par une succession « d’affaires », mais qui reste le premier parti en Wallonie avec 33 %. La déconvenue est cuisante pour le Parti libéral de Didier Reynders qui avait tablé sur l’effondrement total du PS. D’autant qu’au sein de l’alliance MR (3), le Front des francophones lui taille des croupières à Bruxelles et conteste le « libéralisme antisocial » de ce grand ami de Sarkozy.

Le PS, loin d’être hors jeu, risque pourtant de ne plus être le centre de gravité de la Belgique francophone si les écolos et les « humanistes » de Joëlle Milquet (CDH) réussissent à conclure le « programme commun » de gouvernement auquel ils se sont attelés.

(1) Parti chrétien-démocrate du ministre-président flamand Kris Peeters et du premier ministre fédéral Herman Van Rompuy.

(2) Le Parti du travail de Belgique.

(3) Le Mouvement réformateur comprend le Parti libéral de Didier Reynders, vice-premier ministre et ministre des finances, le Front des francophones (FDF) d’Olivier Maingain et le MCC (social-chrétien) de Gérard Deprez.

Françoise Germain-Robin

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Apr 2010 à 22:01
La Belgique s’est enfoncée dans une profonde crise politique. Le gouvernement a présenté sa démission. Le Roi a suspendu sa décision et a commencé à consulter les partis de la majorité.
Les fachos du Belang entonnent le "Vlaams Leeuw" (Littéralement "Lion des Flandres", chant nationaliste) à la tribune de la chambre sous un calicot proclamant en neerlandais : "Il est temps pour l'indépendance".

http://www.rtbf.be/video/v_les-deputes-du-vlaams-belang-chanent-le-vlaams-leeuw-a-la-chambre?id=43592&category=info

Edité par Camarondeplata - 23 Apr 2010 à 12:57
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Apr 2010 à 23:48

Chute du gouvernement 
et crise de régime à Bruxelles

Le premier ministre du royaume, Yves Leterme, lâché hier par les libéraux flamands sur une question touchant au litige linguistique, a démissionné. L’extrême droite séparatiste tente un coup de force à la Chambre des représentants.

Belgique, correspondance.

« L’inadmissible » s’est donc produit jeudi matin  : l’un des partis de la coalition au pouvoir, l’Open VLD (Parti libéral flamand) a annoncé son départ du gouvernement, entraînant immédiatement la démission d’Yves Leterme. Le premier ministre social-chrétien (CD & V) a dû se résoudre, pour la cinquième fois depuis son triomphe aux législatives de 2007, à prendre le chemin du château de Laeken pour porter sa démission au roi. Albert II a aussitôt entamé des consultations pour trouver une solution à une crise qui, cette fois-ci, menace sérieusement le régime. Car les séparatistes flamands ont immédiatement profité de la situation pour tenter de faire passer en force une loi de scission du dernier arrondissement électoral bilingue de Belgique, celui de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV). Une région située en territoire flamand mais qui compte 150 000 habitants francophones bénéficiant jusqu’ici de « facilités » linguistiques, judiciaires et électorales qui leur permettent d’être éduqués et jugés dans leur langue et de voter pour des candidats francophones. La région flamande veut supprimer ces exceptions pour obliger les francophones de BHV à se « flamandiser » ou à partir. Ce que refusent évidemment les partis francophones. Les négociations engagées à plusieurs reprises ces dernières années pour trouver un compromis ont échoué. La dernière tentative et le dernier échec se sont produits mercredi soir, quand l’esquisse de solution présentée par l’ancien premier ministre Jean-Luc Dehaene, missionné par le roi il y a quelques mois, a été jugée insatisfaisante par les francophones. Alors que les juristes s’interrogeaient pour savoir si une loi de scission votée par la Chambre alors que le gouvernement est démissionnaire serait applicable, les extrémistes du Vlaams Belang ont profité du désarroi général pour investir les lieux au cris de « Que la Belgique crève  ! ». Ils ont ensuite entonné des chants nationalistes et déployé une banderole réclamant « l’indépendance immédiate de la Flandre ». Une scène jamais vue et d’une rare violence qui a profondément choqué et impressionné de nombreux Belges.

Car pour la majorité de la population, la préoccupation principale du moment n’est pas BHV et les querelles communautaires, mais bien les répercussions de la crise économique en matière d’emploi, de pouvoir d’achat et de sécurité. Le chômage atteint des sommets, notamment à Bruxelles, où il touche près du quart de la population active. L’insécurité y augmente en flèche, comme l’ont montré ces dernières semaines des faits divers sanglants. Et les syndicats font valoir que la Belgique est de plus en plus lourdement endettée et qu’une scission mettrait en péril un équilibre social déjà instable.

« Qui donc, quel citoyen pourrait accepter et comprendre qu’un gouvernement tombe sur la non-scission d’un arrondissement électoral quand la crise continue à faire rage, tant en Flandre et en Wallonie qu’à Bruxelles », demande l’éditorialiste du Soir, qui juge cette chute « inadmissible, inacceptable et irresponsable ».

Un argument repris par l’ensemble des organisations syndicales et patronales du pays, réunies dans le « Groupe des Dix », pour une fois unanimes à lancer un « appel au bon sens » qui n’a visiblement pas été entendu. « La préoccupation première de la population n’est pas BHV, mais les problèmes sociaux et économiques », écrivent-elles, en estimant que « la crise et l’approche de la présidence belge de l’UE ne permettent pas que la Belgique tombe dans un chaos institutionnel ». Cela d’autant plus que les vraies raisons du coup d’éclat de l’Open VLD sont purement électoralistes  : le tout jeune président du parti, Alexandre de Croo, trente-quatre ans, espère sans doute, en provoquant des élections anticipées sur le dossier sensible de BHV, regagner des voix sur les partis flamingants et renvoyer dans l’opposition les sociaux-chrétiens, éternels ennemis des libéraux. À l’heure où ces lignes sont écrites, on ignore toujours quelle décision prendra le roi et si les partis flamands, majoritaires à la Chambre, iront jusqu’au bout d’un coup de force lourd de dangers pour l’avenir du pays.

Françoise Germain-Robin

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 May 2010 à 17:43
Elections anticipées à haut risque
 
Après la chute du gouvernement Leterme, lâché par les libéraux flamands, en fin 
de semaine dernière, la Belgique traverse l’une des plus graves crises de son histoire.

Belgique, correspondance.

L’impasse est si profonde que beaucoup se demandent s’il y a un moyen d’en sortir  : le journal la Dernière Heure est paru hier avec une dernière page noire, comme si les Francophones portaient déjà le deuil d’une Belgique défunte.

On n’en est pas encore là, mais la question de la durée du sursis accordé au pays tel qu’il est – une Fédération entre Flandre, Wallonie et Bruxelles – est posée. Revenir en arrière est impossible, comme l’a montré l’ultime tentative faite lundi par le vice-premier ministre Didier Reynders, chef des libéraux francophones, de ramener son homologue flamand du VLD à des négociations sur BHV (1). Il s’est heurté au refus d’Alexander de Croo, ce jeune loup aux dents longues qui a tout cassé pour affirmer son autorité et provoquer des élections  : il s’avère que le coup était prémédité puisqu’il avait loué dès la semaine dernière des panneaux publicitaires  !

Les efforts des partis francophones pour éviter des élections anticipées en juin ont échoué. Ils n’ont trouvé personne pour remplacer le VLD dans la majorité. Caroline Genez, patronne du SPA (Parti socialiste flamand) s’est montrée cinglante  : « C’est non  ! Ce gouvernement est en sinistre total, il est impossible à dépanner. » Seuls les Groën (Verts flamands) étaient prêts à dire oui, mais ils ne font pas le poids. La grande question est celle que posait lundi soir Didier Reynders  : « Est-ce que les deux parties du pays sont encore prêtes à travailler ensemble  ? » La réponse ne va pas de soi. Elle est positive en Wallonie et à Bruxelles, nuancée en Flandre. Près de la moitié des partis flamands appellent ouvertement à une réforme de l’État fédéral qu’ils jugent inopérant. Tous ne veulent pas forcément l’indépendance de la Flandre comme le plus extrémiste, le Vlaams Belang, qui a appelé hier à la « dissolution immédiate » de la Belgique. La Liste Dedecker, du nom de son chef populiste, et la NVA de Bart Dewever réclament la création d’une Belgique confédérale. L’appellation Belgique ne serait qu’une coquille à peu près vide, les compétences résiduelles – Affaires étrangères et Défense – étant dévolues à l’UE, aux termes du traité de Lisbonne, dont les partis belges en général sont d’ardents partisans. L’évolution de la Belgique vers une séparation s’accélère. La crise de BHV n’en est qu’un symptôme. Le plus grave est que la population ne se mobilise plus pour l’empêcher. L’appel des syndicats du nord et du sud à stopper la marche au chaos n’a pas été entendu. Hugo Camps, du Morgen, notait hier  : « Désormais, la gauche et la droite sont devenues des notions bantoues. »

Françoise Germain-Robin http://www.humanite.fr/2010-04-28_International_Belgique-des-elections-anticipees-a-haut-risque

(1) Bruxelles, Halle, Vilvorde, dernier arrondissement électoral bilingue du pays. Les partis flamands, unanimes, réclament la fin de cette exception à la « loi du sol ». Majoritaires dans les deux Chambres, ils pourraient l’imposer jeudi, avant la dissolution.


Redistribuer le pouvoir sans détruire le pays  : nouveau casse-tête belge

Un vote à la Chambre visant la scission de l’arrondissement bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvorde a été bloqué par les francophones. Les partis préparent les élections anticipées de juin. La Belgique se cherche un nouvel avenir institutionnel.

Bruxelles, correspondance.

Les partis francophones ont bloqué jeudi à la Chambre le vote de la scission de l’arrondissement bilingue BHV (Bruxelles-Hal-Vilvorde) par les partis flamands les plus nationalistes. Ces derniers avaient annoncé leur intention de passer en force et d’imposer deux projets de loi déjà approuvés il y a deux ans en Commission, et qui suppriment les droits acquis de 150 000 francophones vivant dans ce dernier arrondissement bilingue.

Le roi comme arbitre

Pour éviter un nouveau psychodrame traumatisant pour la majorité des Belges et néfaste pour l’image de la Belgique, les partis francophones ont activé « la sonnette d’alarme ». Cette procédure exceptionnelle prévue permet d’empêcher le vote de lois qui « mettraient en péril l’équilibre entre communautés ». Les projets de loi sont alors renvoyés au gouvernement, qui dispose d’un délai de trente jours pour remédier au problème. Le gouvernement étant démissionnaire, on ignore quand le dossier empoisonné reviendra à la Chambre. Mais on sait déjà qu’il polluera la campagne électorale, les partis « flamingants » en ayant fait leur principal fonds de commerce. La NVA (Nouvelle Alliance flamande) de Bart De Wever a introduit hier après-midi un texte de résolution qu’il espère faire voter en urgence pour que le gouvernement redécoupe la circonscription de BHV avant les élections anticipées.

Leur date n’est pas encore fixée. Le gouvernement en affaires courantes d’Yves Leterme n’a pas eu le temps de préparer la liste des articles de la Constitution à réviser lors de la prochaine législature. C’est l’adoption de cette liste qui déclenche la dissolution automatique des chambres et la convocation d’élections dans les quarante jours. Le vice-premier ministre libéral Didier Reynders a demandé que la liste « ne soit pas adoptée à la hâte et soit établie avec soin », ce qui pourrait se faire la semaine prochaine. Les partis francophones ont également exigé qu’on ne touche pas aux pouvoirs du roi, ce à quoi s’est engagé Yves Leterme. Il faut savoir que les partis nationalistes flamands, comme le Vlams Belang, mais aussi la frange « rattachiste » wallonne (qui veut rattacher la Wallonie à la France) sont ouvertement antimonarchistes. Un débat avait lieu juste avant la crise sur l’opportunité de limiter le pouvoir royal avant la fin du règne d’Albert II, son fils Philippe ne faisant pas l’unanimité dans le pays.

Mais ce qu’on attend surtout côté flamand, tous partis confondus, c’est une profonde réforme de l’État, avec redistribution de compétences fédérales au profit des régions. Les partis francophones ont fait savoir qu’ils ne s’y opposeraient pas, à condition que soit préservée la solidarité entre les communautés. C’est d’ailleurs l’un des arguments avancés par le texte de la « sonnette d’alarme » qui considère que la scission « porte atteinte à la solidarité entre Bruxelles, la Wallonie et les francophones de Hal-Vilvorde, (risque) d’isoler ces derniers et de fragiliser leurs droits ».

La question peut s’étendre à toute la Belgique. Aux cris de « Sauvons la solidarité » entre tous les Belges, en 2007 et 2008, lors de la dernière grande crise où l’on craignit l’éclatement du pays, les syndicalistes du nord et du sud étaient descendus dans la rue. Cette fois, ils ont encore lancé un « appel à raison » en ce sens, cosigné par le patronat.

la dette pour tout le monde

C’est que la plupart des domaines qui régissent la vie quotidienne relèvent de l’État fédéral, qui a en charge l’intérêt général de tous les Belges. C’est lui qui gère la sécurité sociale, mais aussi les finances publiques et le financement des régions (à 90 %), la justice, la défense et les affaires étrangères. Il a également à charge une grande partie de la santé publique et des transports (sauf les transports régionaux et les routes), la politique d’immigration, la recherche. Aux régions reviennent la culture, l’enseignement, les langues, les travaux publics, mais aussi, en partie, l’emploi.

Restent enfin deux puissants liens qui font dire que la Belgique n’est pas morte  : la dette qui, selon les derniers chiffres, atteindra cette année 102 %, et la capitale, Bruxelles, impossible à partager.

Françoise Germain-Robin

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 May 2010 à 02:05
BHV - burqa, même combat
 

La Belgique selon TF1
 
Henri Goldman   
 
 
Mercredi 21 avril 2010, toute la planète médiatique s’était donné rendez-vous en Belgique, plus précisément à la Chambre des représentants où siègent les députés. Au menu : l’interdiction du voile intégral dans tous les lieux publics, qui aurait dû y être votée à l’unanimité, tous les partis s’étant prononcés pour. Ce vote aurait dû faire de la Belgique le premier État européen  à légiférer sur la « burqa », ce qui valait à coup sûr le déplacement. Mais ce vote n’eut pas lieu. Car le jour même, un parti de la majorité, l’Open VLD (libéraux flamands), retira sa confiance au gouvernement de coalition dirigé par le social-chrétien Yves Leterme qui du coup perdait sa majorité dans le groupe linguistique néerlandophone (vous suivez ?). La crise qui s’ouvrait renvoya le vote sur la « burqa » à plus tard. Les journalistes venus couvrir l’événement furent obligés de se reconvertir sur le tas pour comprendre les raisons de la chute du gouvernement . Ces raisons tiennent en trois lettres : BHV.


Non, ce n’est pas le Bazar de l’Hôtel de Ville. En Belgique, BHV = Bruxelles-Hal-Vilvorde. Un triangle de villes qui désignent un arrondissement électoral. Celui-ci englobe en même temps la région bilingue de Bruxelles-capitale et une partie de l’ancien Brabant qui est unilingue flamande, à la réserve près qu’on y trouve six communes à statut spécial, limitrophes de Bruxelles et où les francophones sont en majorité. (Vous suivez toujours ? Sinon faites-moi signe.) L’existence de cet arrondissement est une anomalie constitutionnelle et il est plus ou moins acquis qu’il devra être scindé pour se conformer à la logique du fédéralisme territorial. Mais cette scission, qui aura notamment pour effet d’empêcher les francophones d’Hal-Vilvorde de mêler leurs votes à ceux des francophones bruxellois, nécessitera une contrepartie. Laquelle ? C’est là-dessus que les partis du Nord et du Sud s’étripent depuis des années, et c’est là-dessus que le gouvernement vient de tomber et que de nouvelles élections fédérales sont annoncées pour le mois prochain (13 ou 20 juin).

Il y a pourtant un point commun entre la « burqa » et BHV. La « burqa », en Belgique, tout le monde s’en tamponne. Ça ne fait même pas débat. Il y a bien des tensions aiguës autour du « simple » voile islamique entre des courants fascinés par le modèle français radicalement éradicateur et d’autres plus soucieux, dans la tradition belge qui n’est pas assimilationniste, d’organiser une coexistence respectueuse du droit des minorités. Mais tous se sont réconciliés pour promouvoir au pas de charge l’interdiction de la « burqa », les uns pour confirmer leur leadership dans la lutte résolue contre l’« islam réac », les autres pour se dédouaner d’une accusation de faiblesse dans un climat pourri où l’islam et les musulmans font l’objet d’une suspicion qui devient vraiment pesante.


BHV, c’est pareil. À part dans quelques villages de la deuxième couronne autour de Bruxelles où des bourgmestres flamands en ont fait l’affaire de leur vie, l’immense majorité de la population des trois Régions s’en contrefiche de BHV. Une solution serait trouvée à cet imbroglio institutionnel que ça ne changerait rien au quotidien de 99% des habitants du pays. Le temps et l’énergie consacrés à traiter de ce qui n’aurait dû être qu’une question technique mineure, son importance démesurée dans l’agenda au détriment des « vrais problèmes » relégués à l’arrière-plan sont pour beaucoup dans le discrédit général du monde politique, tous acteurs confondus. Ceux-ci l’admettent d’ailleurs volontiers : c’est malheureux de perdre son temps à de telles vétilles. Mais chacun ajoute : si l’autre communauté n’avait pas des exigences insupportables, l’affaire serait déjà réglée depuis longtemps. Et le cirque est ainsi perpétuellement relancé…

Bref, dans le cas de BHV comme pour le voile intégral, deux « problèmes » ont été montés en épingle par le système politico-médiatique et se sont auto-alimentés en boucle, entraînant le personnel politique dans une folle surenchère. Dans un premier temps, il fallait convaincre l’opinion publique qu’il s’agissait là de questions primordiales pour pouvoir, dans un second temps, feindre de se mettre à l’écoute de l’opinion induite. Mais personne n’est dupe. Si chacun soutient bien sa propre équipe de façon pavlovienne, qui peut affirmer avoir compris l’enjeu du match ou même les règles du jeu? j’ai fait le test dans mon entourage :  pas une personne sur dix.


Le second point commun tient à l’absence d’un acteur important dans l’espace de la délibération. BHV renvoie à deux espaces séparés, l’espace francophone et l’espace flamand. On délibère, oui, mais « entre soi », en absence de l’autre, celui qui parle l’autre langue et qui est courageusement rendu responsable du problème sans disposer d’un espace proportionnel pour se défendre (1). Le front ethnique francophone s’oppose au front ethnique flamand. Dans chaque camp, c’est la prime aux rouleurs de mécanique tandis que ceux qui font l’exercice élémentaire d’essayer de se mettre à la place de l’autre passent pour des Munichois en puissance. (2) Pour ce qui est de la « burqa », le « débat » (qui n’a même pas réellement eu lieu) s’est déroulé dans l’absence quasi totale des musulmans.

Ceux-ci, si opposés à l’usage du voile intégral qu’ils puissent être, ont bien compris que l’argumentaire utilisé pourrait s’appliquer sans difficultés au « simple » foulard islamique. Mais on leur a fait bien sentir que s’ils ne veulent pas être assimilés aux salafistes et aux talibans, ils n’avaient pas intérêt à s’offusquer publiquement. À part les associations défenderesses des droits de l’Homme dont les avis ont été souverainement ignorés (Amnesty international, Human Rights Watch, Ligue des droits de l’Homme, Mrax…), rien n’est venu troubler la belle et courageuse unanimité obtenue à si bon compte sur le dos d’une poignée de semi-cloîtrées silencieuses qui du coup le seront encore un peu plus.


Il y a un troisième point commun qui est plus pathétique. Sur BHV et la « burqa », un gouvernement a facilement prise. Sur la crise financière, les fermetures d’entreprises, le réchauffement climatique ou toute question dont le cadre est au minimum européen, c’est plus difficile de faire croire qu’on maîtrise la situation. Le vote anti-burqa, intervenu finalement le 28 avril et qui aura été un des derniers gestes d’un parlement miraculeusement réconcilié avant d’être dissous, sera paradoxalement l’aveu de l’échec d’un système médiatico-politique déconnecté du réel.

Si la démocratie politique veut inverser cette tendance suicidaire qui pourrait nourrir, lors des élections à venir, un refus de vote sans précédent, elle devra commencer à en finir avec le double discours et se conformer dans les frontières de la Belgique à ce qu’elle prône dans les frontières de l’Europe : des partis politiques de plus en plus européens et non leur fractionnement perpétuel, des frontières de moins en moins étanches et non l’obsession d’en dessiner de nouvelles, des droits fondamentaux de plus en plus universels, des systèmes de solidarité de plus en plus élargis dans le temps et l’espace.


Preuve de cette contradiction : la Belgique vient de fournir à l’Europe un président du Conseil réputé pour sa sagesse (Herman Van Rompuy) et un chef du groupe libéral au Parlement européen considéré comme visionnaire et connu pour son hostilité à toute démagogie nationaliste (Guy Verhofstadt), alors que c’est le parti du premier qui a piloté le pays depuis trois ans en exacerbant ses tensions internes et que c’est le parti du second qui a précipité la chute du gouvernement pour des raisons de basse cuisine électorale .

Notes:

|1| Ni même qu’il y ait spécialement intérêt, puisque, dans le système électoral actuel, chacun ne peut obtenir que les suffrages des électeurs sa propre communauté linguistique, à l’exception de Bruxelles.

|2| Il faut reconnaître que, sur ce point et depuis quelques années, les principaux journaux ont donné régulièrement la parole à des représentants de l’autre communauté. Mais au moment d’« éditorialiser », aucun quotidien ne peut se permettre de « décoller » de l’opinion postulée majoritaire de son lectorat.

Source:  Le blog d'Henri Goldman

 

Prendre BHV dans l'autre sens
 
Henri Goldman   
 
Même si l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde est scindé, même si les circulaires Peeters et Martens sont confirmées et même si les facilités sont complètement supprimées, même si la Flandre se déclare indépendante et que les limites de Bruxelles deviennent des frontières d’État… Même alors, les francophones bruxellois continueront à s’installer dans  la périphérie flamande et auront toutes les possibilités d’y organiser une véritable guérilla contre les autorités si on s’obstine à vouloir leur pourrir la vie.

Ils s’y installeront pour la même raison que les Français et les Hollandais viennent s’installer en Belgique : parce que le régime fiscal y est plus favorable. La Flandre libérale impose déjà aujourd’hui ses habitants nettement moins que la pauvre Région bruxelloise, et cet écart s’accentuerait si elle pouvait totalement s’émanciper du cadre fédéral belge. Avec l’argent économisé, les francophones installés en Flandre n’auront aucune difficulté à scolariser leurs enfants sur place, dans  des écoles privées sur le modèle des écoles internationales qui pullulent dans le grand Bruxelles, ou en Wallonie-Bruxelles qui formeraient une Belgique résiduaire où ils pourront compter sur la solidarité des autres francophones. Face à toutes les entorses aux droits individuels qu’ils rencontreront, ils pourront directement s’adresser à la Cour de Strasbourg sans que les compromis belgo-belges ne viennent faire écran. Enfin, ils auront les droits politiques que le Traité de Maastricht accorde à tous les Européens : ils auront droit de vote et d’éligibilité aux élections communales (et pourront donc faire valoir leurs majorités là où elles se manifestent déjà) ainsi qu’aux élections européennes où ils auront le choix de voter (et d’être candidat) en Flandre ou dans leur région d’origine. Ils pourront également voter aux élections « fédérales » au même titre que tous les Belges établis à l’étranger. D’ailleurs, si on suit la tendance actuelle, ils devraient même pouvoir acquérir aisément la double nationalité flamando-belge, et pouvoir ainsi voter des deux côtés.

Prendre BHV dans  l’autre sens, c’est changer la question et donc les réponses. Au lieu de se demander : comment dissuader les francophones de s’installer dans la périphérie flamande de Bruxelles – ce qui, on vient de le voir, est illusoire –, il faut plutôt se demander comment les dissuader de quitter Bruxelles, comment leur donner envie d’y rester.

Car il y a bien une tendance de fond : malgré toutes les incertitudes qui pèsent sur l’avenir institutionnel de la région métropolitaine de Bruxelles, la classe moyenne « blanche » continue à fuir la capitale dont le dynamisme démographique tient uniquement à l’immigration (l’équivalent de la commune de Saint-Josse chaque année), à la fécondité des femmes d’origine immigrée et à l’allongement de l’espérance de vie. Soit trois catégories de personnes en croissance qui émargent largement aux budgets sociaux dont l’équilibre est de plus en plus problématique, les recettes reposant chaque année sur un nombre de plus en plus restreint de ménages.

Il n’y a pas que l’aspect fiscal. Les jeunes Bruxellois restent en ville et participent à son dynamisme culturel entre le moment où ils quittent leurs parents et celui où ils décident de fonder une famille. Dès ce moment-là, de façon pavlovienne, ils leur faut absolument « un bout de jardin ». Aux premières chaleurs du printemps, la folie du barbecue les prend. Et comme ledit « bout de jardin » est impayable à Bruxelles, on se résout à l’exode. Pas trop cher, pas trop loin : donc dans le « Rand ».

Il faut impérativement inverser la tendance. Rendre l’espace urbain beaucoup plus accueillant. Transformer la plupart des rues habitées en « salons collectifs » en subordonnant la place de la voiture à la convivialité du voisinage. Multiplier les stewards urbains et les policiers d’îlot et associer les habitants à la lutte contre l’insécurité et le sentiment qu’elle génère. Enfin, soutenir massivement l’associatif de terrain, et pas seulement par du saupoudrage de subsides sans évaluation.

Oui, tout ceci à un coût. La Flandre est une région prospère. Elle s’en vante même avec une pointe d’arrogance. Mais au lieu de punir les Bruxellois parce que les Flamands ou leur langue seraient maltraités dans la capitale, elle ferait bien mieux d’y investir massivement, non dans le but de donner à leur culture une place disproportionnée, mais en vue de faire de cette ville un endroit tellement attractif pour, notamment, les « jeunes-ménages-à-deux-revenus », qu’ils s’expriment en français, en néerlandais, en letton ou en kirundi, afin que pour rien au monde ils ne veuillent échanger le privilège de vivre dans une ville aussi captivante contre une villa standardisée à quatre façades dans un lotissement sans âme à Dilbeek.

La tache d’huile bruxelloise a commencé à s’étendre dans les années soixante et septante, quand cette ville fut massacrée à coup de pénétrantes autoroutières, faisant fuir ceux de ses habitants qui en avaient les moyens. La seule façon de l’empêcher de s’étendre encore aujourd’hui, c’est d’utiliser cette huile pour redonner du goût à la salade bruxelloise au lieu de s’obstiner à la rendre immangeable à force d’absurdités bureaucratiques et de petits chantages contreproductifs.

Source: Le blog d'Henri Goldman



Edité par T 34 - 06 May 2010 à 02:07
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 May 2010 à 11:26

Belgique : du risque d’éclatement aux graves effets domino possibles

Par Georges Gastaud, professeur de philosophie.

Quelles peuvent être les conséquences de la création d’une Flandre « indépendante » ?

On peut rire irresponsablement des rebondissements de la crise politique récurrente qui opposent les partis bourgeois belges, de la droite à la social-démocratie et aux écolos, profondément divisés entre « Flamands » et « Wallons ». Comme si ce n’était pas une richesse pour un pays de posséder deux langues et deux cultures… à condition que chacun étudie la langue de l’autre et que les deux langues, le néerlandais et le français, ne se laissent pas rapidement phagocyter par le Raminagrobis de l’anglo-américain, qui aura tôt fait, en les avalant toutes les deux, de « mettre d’accord » Dame Belette néerlandophone et le Jeannot Lapin wallon. Mais, en réalité, ces querelles ont un autre but, dénoncé par le Parti du travail de Belgique  : celui de diviser profondément la classe ouvrière belge en proie à de lourdes régressions sociales et aux suppressions d’emplois à répétition (par exemple Opel Anvers après Renault Vilvoorde), de désosser la Sécu belge au profit du grand patronat. Et cela alors qu’une majorité de Belges reste très attachée à la Belgique. Mais, au-delà du barnum politicien, l’ingouvernabilité belge est lourde de menaces pour la Belgique, pour la France et pour l’Europe. Pour la Belgique  : si le patronat flamand, qui est derrière les partis indépendantistes et semi-indépendantistes, finit par l’emporter en transformant l’État fédéral belge en coquille vide, la situation deviendra explosive à Bruxelles (francophone, mais dont la périphérie est néerlandophone).

Dans le pire des cas, si la Belgique éclate, si la Flandre « indépendante » devient un nouveau confetti d’empire de la RFA, qui plus est dominé par des partis franchement xénophobes (rappelons que depuis que l’Allemagne s’est réunifiée sur des bases contre-révolutionnaires en absorbant la RDA, ses voisins proches ou moins proches ont bizarrement été presque tous démantelés  : Tchécoslovaquie, Yougoslavie, partie balte de l’URSS  ; et la Ligue du Nord italienne regarde plus vers les grands voisins nordiques que vers le « pouilleux » (sic) Mezzogiorno…). Resterait-il alors d’autres ressources à la Wallonie que d’être satellisée par la France ou rattachée au voisin francophone  ? Paradoxalement, une telle annexion pourrait accélérer le démembrement de notre pays. Il est évident que la Wallonie négocierait son entrée dans la République en obtenant un statut spécial de type alsacien mosellan. Mais, plus gravement encore, ce rattachement « linguistique » activerait les revendications séparatistes ou ulra-régionalistes dans les régions françaises dont la langue d’origine n’était pas le français. Et comme la pression de l’Europe des régions, relayée par l’UMPS, est très forte, la République « une et indivisible », déjà très affaiblie par les « décentralisations » successives, n’y résisterait sans doute pas. Ajoutons que la France aurait immédiatement des problèmes avec Strasbourg, l’autre « capitale » européenne, car une partie de la bourgeoisie alsacienne ne cache pas son vœu de transformer cette ville, jadis « ville d’empire », en ville européenne découplée du territoire français. Bref, c’est l’Europe issue de la Révolution française qui se détricote, pendant que réapparaît l’Europe impériale et vaticane d’avant 1789… au nom de la « modernité »  ! Quant à Bruxelles, que deviendrait-elle  ? Un territoire « indépendant » où la guerre entre francophones et néerlandophones serait de moins en moins larvée  ? Et, cerise sur ce gâteau maastrichien, le territoire bruxellois ne serait-il pas « idéal » pour devenir la capitale… anglophone du nouvel État fédéral et supranational maastrichien, sur le modèle du district fédéral de Mexico ou de Washington DC  ? Bref, les peuples ont tout à perdre, en Flandre, en Wallonie, en France et en Europe, à un éclatement belge, car la mise en place d’un État européen serait une avancée majeure pour l’impérialisme, y compris pour l’impérialisme US qui, avec son acolyte allemand, domine le port d’Anvers. Certes, ce scénario reste aujourd’hui de l’ordre des hypothèses, car la crise de l’UE et de l’euro est éclatante. Mais ces gens ont l’habitude de régler leurs problèmes par la fuite en avant… et la devise de Gramsci doit nous préoccuper  : « pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté ». C’est pourquoi nous sommes solidaires de ceux qui, sur des bases de classe, par exemple en demandant une circonscription électorale unique pour la Belgique (pour casser le monopole des partis pseudo-« linguistiques »), veulent sauver l’unité belge, et nous invitons les Français frontaliers qui travaillent en Belgique à soutenir nos camarades belges, tout en prenant très au sérieux le danger euro-séparatiste, car il se pourrait qu’un jour la « blague belge » finisse par tourner très mal  !

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Jun 2010 à 18:26

Belgique : une crise politique symptôme

C’est une Belgique brinquebalante qui va prendre les rênes d’une UE, prise en otage par les marchés financiers. Á Bruxelles et à Bruxelles, les symptômes sont les mêmes.

Par Bruno Odent

L’Europe va mal, et la crise qui menace de s’approfondir en Belgique à l’occasion du scrutin de ce dimanche en est l’un des symptômes les plus apparents. Une querelle linguistique autour de trois communes périphériques de Bruxelles a fait chuter le gouvernement Leterme et rendu les élections anticipées à hauts risques de ce dimanche incontournables. Les nationalistes flamands y ont le vent en poupe et entendent imposer un nouveau statut confédéral au pays, qui accorderait la plus grande autonomie à la région flamande, en attendant, espèrent-ils, une indépendance en bonne et due forme.

L’Europe, telle qu’elle se construit, est en bonne partie responsable du mal qui ronge aujourd’hui le pays. Pour une raison essentielle : cette Union européenne-là tire sa référence-clé du principe de compétition. Elle sape en son nom tout ce qui a pu ressembler à des filets de solidarité. Qu’ils aient été tendus au niveau local, régional ou national, ils sont à chaque fois vilipendés puis allégrement tailladés. Car, présentés comme autant de charges insupportables pour des patrons d’entreprise obsédés par la diminution des coûts sociaux et salariaux. Aux yeux des nationalistes flamands, le sud du pays, désindustrialisé et appauvri, est devenu une région assistée. Les transferts publics de la Flandre vers la Wallonie sont donc, estiment-ils, injustes et contre-productifs. La logique de l’Europe du traité de Lisbonne qui entend faire jouer au maximum la concurrence entre États, entre régions, entre salariés, ne dit pas autre chose. Les nationalistes surfent sur cette logique.

Comment s’étonner dès lors qu’ils aient aujourd’hui le vent en poupe ? Comme les séparatistes de la Ligue du Nord, en Italie, qui n’entendent plus payer pour le sud du pays « tire-au-flanc ». Comme le Pays basque ou la Catalogne espagnols qui ne veulent plus des péréquations de Madrid pour ces « paresseux » d’Andalousie, de Castille ou d’Estrémadure. L’Europe de la concurrence libre et non faussée est une aubaine pour les populistes de tout poil. On vient aussi d’en avoir la confirmation à la faveur des législatives néerlandaises de dimanche dernier.

La Belgique, elle, ne tient plus aujourd’hui que par le fil de la sécurité sociale. Insupportable, disent les nationalistes et le patronat flamand qui revendiquent en cour une régionalisation des caisses sociales. Les premiers espèrent qu’elle leur permettra de dissoudre l’un de ces ultimes ciments qui maintiennent encore les briques de l’édifice belge, menacé de s’écrouler. Quand les seconds en attendent simplement une baisse de leurs prélèvements obligatoires pour doper leurs profits. Si l’on veut échapper à ces forces centrifuges qui prospèrent aujourd’hui dans toute l’Europe, il serait plus que temps de réagir.

Au niveau des États comme au niveau européen. Le symbole est terrible en effet : c’est une Belgique brinquebalante qui va prendre dans quelques jours les rênes d’une UE prise en otage par les agences de notation des marchés financiers et minée par la crise de l’euro. Á Bruxelles et à Bruxelles, les symptômes sont les mêmes. Et un vrai traitement, celui qui préserve la Belgique et l’UE de l’éclatement, passe à chaque fois par la réhabilitation et le développement du principe de solidarité. Et donc par une refondation sociale de la construction européenne.

Bart de Wever, l'homme qui veut débrancher la Belgique

Élections législatives anticipées à haut risque outre-Quiévrain dimanche. Entraîné depuis des années par les forces centrifuges du libéralisme, le pays est sous la menace nouvelle d’une poussée des nationalistes et de l’extrême droite flamande.

Belgique, correspondance.

Il s’appelle Bart de Wever, il est professeur d’histoire, il est aussi enveloppé qu’Obelix et certains, en Belgique, le comparent à Kabila. Il est le nouvel homme fort qui fait trembler le pays à la veille des élections de dimanche. Comme le fut un temps, Dewinter et son Vlaams Blok, qui n’a d’ailleurs pas disparu. Au total, les partis « anti-belges » feraient 40 % en Flandre alors que seulement 15 % des Flamands se disent ouvertement séparatistes.

Ce n’est pas « Bart » qui les a provoquées, ces élections. C’est un parti traditionnel, l’Open VLD (libéral) qui a précipité la chute d’Yves Leterme en rompant les négociations sur l’éternel problème de la scission de l’arrondissement bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Mais il ne fait aucun doute qu’en agissant ainsi, son jeune chef, Alexander de Croo, s’inspirait de la méthode qui a si bien réussi à de Wever : taper du poing sur la table et partir. Comme ce dernier l’avait fait entre 2007 et 2008, quand, en cartel avec le CD&V d’Yves Leterme, il avait empêché tout accord de gouvernement par son intransigeance sur la réforme de l’État. Le problème, c’est que les idées de Bart de Wever - un ancien de la très nationaliste Volksunie [1] - ont contaminé à peu près tous les partis flamands. Ils s’affirment désormais confédéralistes et exigent une réforme en profondeur de l’État belge. « Cela voudrait dire, explique le politologue Jean Faniel, que les régions exerceraient toutes les compétences, à l’exception de celles laissée à l’État fédéral, alors qu’aujourd’hui, c’est le contraire. »

Bart de Wever va encore plus loin. Cette semaine, il s’est prononcé pour « l’autonomie totale des deux régions, la Wallonie et la Flandre, qui seraient liées par un traité » et pour « la disparition de la région de Bruxelles » qui deviendrait un « condominium géré par les deux communautés ». « En fait, commente un ancien haut dirigeant du VLD, il veut débrancher la Belgique ! »

La levée de boucliers est générale chez les Francophones. « Si la Flandre veut partir, ce sera sans Bruxelles », a tonné Joëlle Milquet, présidente du Parti démocrate humaniste (CDH) que les Flamands surnomment « Madame Non ». Hier, elle a assuré qu’on pouvait éviter à la Belgique un nouveau chaos. « Il y a un moyen ! » dit-elle, proposant un « dialogue entre gens raisonnables pour un compromis sur la réforme de l’État ». Et d’appeler les électeurs à « ne pas avoir peur » d’une NVA qu’elle ne tient visiblement pas pour raisonnable.

La solution pourrait être un gouvernement de coalition mené par le chef du Parti socialiste, Elio Di Rupo. Une petite révolution car il n’y a pas eu de premier ministre francophone depuis des lustres. Mais il semble que les partis flamands « raisonnables » l’accepteraient avec, à la clé, ce paradoxe : la réforme de l’État - dont l’opinion francophone ne veut pas - se ferait sous la responsabilité d’un francophone qui, par la loi du nombre et le poids de la Flandre, serait sous étroite tutelle flamande ! Ce scénario peut marcher à condition que Bart de Wever ne joue pas les trouble-fête en bloquant les institutions sous prétexte que l’arrondissement bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvorde n’étant pas scindé, ce scrutin soit illégal ! Il a bien promis, devant la presse internationale, qu’il ne ferait rien pour déstabiliser le pays - alors que ses menaces sur son unité font déjà peur aux « marchés ». Mais le comportement de ses affidés dans les communes flamandes de la périphérie bruxelloise - où 16 maires sur 24 refusent d’organiser les élections - laisse craindre le pire. Á moins d’un sursaut de dernière minute dans les urnes.

Françoise Germain-Robin

Notes :

[1] Issu du VNV (Vlams National Verbond), qui collabora largement avec l’occupant nazi pendant la guerre, ce parti indépendantiste, aujourd’hui disparu, a essaimé dans tous les partis flamands.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Jun 2010 à 20:23

Belgique. Le sursaut des « petits » partis

Nouveau venu en Belgique, le Front des gauches présente une liste bilingue à Bruxelles.

Correspondance.

Les « petits partis », ceux qui ne sont pas représentés au Parlement et ne participent pas à ces fameux « compromis à la belge » qui permettent, avec de plus en plus de difficulté, de composer un gouvernement et une majorité, semblent avoir le vent en poupe. La presse en parle et ils sont invités dans les médias. Soit qu’ils aient des candidats dont le nom est connu (voir ci-contre Tine Van Rompuy), soit qu’ils proposent une offre politique nouvelle. C’est le cas du Front des gauches, récemment créé, et qui regroupe six petites formations  : le Parti communiste, la Ligue communiste révolutionnaire, le Parti socialiste de lutte, le Parti humaniste, le Comité pour une autre politique et Vélorution. Ce nouveau Front, qui a pour ambition d’offrir une alternative de gauche et antilibérale à la Belgique, se prononce contre la dérive actuelle vers le confédéralisme et pour le maintien de la solidarité entre le Nord et le Sud, notamment en matière d’emploi et de sécurité sociale. Le Front des gauches, qui ose présenter une liste bilingue dans l’arrondissement de BHV (Bruxelles- Halle-Vilvorde) a reçu jeudi le soutien de personnalités comme l’ancien député écolo Vincent Decroly ou l’artiste Claude Semal ou encore le fondateur du Forum social mondial, François Houtard. À l’autre extrémité de l’échiquier politique, un nouveau venu de droite ultralibéral et populiste, mais opposé à la scission de la Belgique, est le Parti populaire. Créé par l’avocat Modrikamen, il est devenu célèbre en défendant les actionnaires de Fortis lors de la crise financière de 2008. Moins nouveau, mais en hausse, le parti « rattachiste » du Rassemblement Wallonie-France qui prône l’intégration de la Wallonie à la France. Il profite de la crainte d’un éclatement de la Belgique si les séparatistes flamands réussissaient à bloquer durablement les institutions du pays.

Françoise Germain-Robin

Belgique. « Il faut rendre les deux langues obligatoires »

Tine Van Rompuy, présidente du Parti du travail 
et sœur du président du Conseil européen.

Sourire chaleureux, chevelure rousse, Tine Van Rompuy nous a reçus dans sa petite maison de la banlieue de Louvain, où elle travaille comme infirmière-chef à l’hôpital de la ville. Tine est la sœur du président de Conseil européen, Hermann Van Rompuy. Mais alors que sa famille est chrétienne démocrate, conservatrice et plus ou moins flamingante, Tine est tête de liste pour le Sénat du Parti du travail de Belgique. Un parti marxiste qui a longtemps senti le souffre, mais a fini par s’imposer dans le paysage en rejetant ses oripeaux maoïstes. Comment Tine a-t-elle rejoint le PTB  ? « J’ai toujours été révoltée par l’injustice, dit-elle. Toute petite, déjà, je cherchais le contact avec ceux qui la combattent. Par mon métier, je suis près des gens, je vois leurs difficultés, leurs besoins de santé, de logement, de travail. Je vois les infirmières dont on veut remettre en cause le droit à la prépension, alors qu’à cinquante-cinq ans elles sont déjà épuisées, complètement usées. Le programme du PTB répond à ces besoins. Je me suis dit qu’en mettant mon nom à son service, je pourrais l’aider à progresser. Je me suis engagée avec enthousiasme dans sa campagne pour taxer les millionnaires. Cela rapporterait 8 milliards d’euros  ! De quoi créer des emplois dont la Belgique a grand besoin. » Il y a une autre raison. « C’est le dernier parti national du pays, dit-elle. Flamands et francophones y travaillent ensemble. Pour moi, c’est essentiel. Il faut contrer la montée du nationalisme flamand. De Wever me fait peur. Je crains un nouveau dimanche noir, le 13, comme avec le Vlaams Blok. Je pense qu’il faut que les deux langues soient obligatoires dans toutes les écoles. Avec une circonscription nationale pour que le choix soit réellement démocratique, cela mettrait fin au conflit communautaire qui nous empoisonne. »

Françoise Germain-Robin



Edité par T 34 - 13 Jun 2010 à 20:24
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Jun 2010 à 11:36

Triomphe des séparatistes flamands aux élections belges

 

Législatives%20en%20Belgique:%20Victoire%20des%20séparatistes%20flamands

 

France Info - 07:13

 

Les séparatistes flamands ont remporté hier une victoire historique aux élections législatives de Belgique, mais ils devront rechercher des compromis avec les autres partis pour réformer l’Etat belge et assainir les finances publiques.

 Bart De Wever de la N-VA (Nouvelle alliance flamande) remporte les législatives en Belgique.

 

Selon les dernières projections en sièges diffusées par le ministère belge de l’Intérieur, après dépouillement des suffrages dans la totalité des bureaux de vote, la N-VA (Nouvelle alliance flamande) de Bart de Wever obtient 27 sièges sur 150 à la Chambre des représentants.

Le Parti socialiste wallon arrive en seconde position, avec 26 sièges, devant les libéraux francophones du Mouvement réformateur (18 sièges) et les démocrates-chrétiens flamands du CD&V (17 sièges).

Le parti d’extrême droite flamand Vlaams Belang perd cinq sièges par rapport aux élections de 2007, à 12 sièges. Bart de Wever a revendiqué la victoire en fin d’après-midi devant ses sympathisants réunis à Bruxelles. “La N-VA a gagné les élections aujourd’hui. Nous avons obtenu 30% des voix (en Flandre). Nous sommes le plus grand parti de Flandre”, a-t-il déclaré. “Je tends la main aux francophones. Personne n’a intérêt à ce que le pays reste bloqué”, a-t-il ajouté.

 



Edité par T 34 - 14 Jun 2010 à 20:43
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Jun 2010 à 17:49

L'unité belge est-elle plus menacée que jamais ?

La percée sans précédent des nationalistes flamands fait planer le spectre du démantèlement sur le pays, dans un scrutin où la Flandre a penché fortement à droite et la Wallonie plutôt à gauche.

La Belgique s’est réveillée avec la gueule de bois. Celle des partisans du triomphateur de ce scrutin, le séparatiste flamand Bart de Wever, qui ont fêté la conquête par la NVA du premier groupe à la Chambre. C’est lui qui a été appelé le premier en consultation par le roi Albert II hier, avant le socialiste Elio di Rupo, grand vainqueur en Wallonie. Le PS talonne la NVA avec 26 députés contre 27. Avec les 13 députés socialistes flamands du SPA, la famille socialiste devient la première du pays, ce qui pourrait présager d’un gouvernement dirigé par Elio di Rupo. Cadeau empoisonné, car il ne sera pas facile de s’entendre avec celui qu’un journal flamand, Het Last Neews, qualifiait hier de « Kannibal ». Surnom donné à Eddy Merckx quand il gagnait toutes les courses, mais aussi allusion à la manière dont ce nouvel Obélix, tombé dès sa naissance dans la marmite du nationalisme pur et dur [1] , a dévoré l’électorat des autres partis : de la droite classique en déroute à l’extrême droite raciste du Vlaams Belang qui chute, certes, mais reste fort avec 12 députés. Soit, avec la List Dedecker, 50 sièges sur 150 pour les nationalistes.

C’est pourquoi il y avait hier une autre sorte de gueule de bois : celle de l’immense majorité des Francophones, qui savent que la Belgique ne sera plus jamais comme avant. Car Bart de Wever, même s’il adopte un langage plus conciliant qu’en campagne, est décidé à aller jusqu’au bout de son programme. Il s’est donné deux buts hier à la télévision : « Nous allons réformer l’État et assainir les finances publiques. » Assainir les finances, c’est, clairement, une cure d’austérité qu’il annonce. Réformer l’État, c’est transférer aux régions des compétences dévolues à l’État fédéral, qui deviendrait une coquille vide chapeautant deux États, l’un wallon l’autre flamand. Le nouveau « lion de Flandre » l’a dit : « Il y a deux pays, deux sociétés, deux opinions, il faut adapter les institutions à cette réalité. » Mais il se dit « raisonnable » et veut le faire par la négociation avec les francophones.

Ces derniers, assommés par les résultats, n’y sont plus opposés. Elio di Rupo s’est dit « prêt à accepter la main tendue » et à « prendre ses responsabilités ». Tous les partis francophones se sont déjà résignés à une « grande réforme de l’État » mais ils mettent une ligne rouge : « pas touche à la sécurité sociale ni à Bruxelles ».

Parviendront-ils à tenir cette ligne ? Beaucoup dépendra de l’attitude des autres partis flamands. La présidente du SPA - seul avec les Groen (Verts) à avoir tenu face à la vague nationaliste - affirme sa solidarité avec le PS, en tout cas sur le maintien d’une sécurité sociale et d’une politique d’emploi unifiées pour toute la Belgique. Mais si un « front flamand » appuie les exigences de la NVA, on ne donne pas cher de l’avenir de la Belgique.

Françoise Germain-Robin

 

Sauvegarder les solidarités belges

Partis de gauche et syndicats tentent de résister à l’aspiration flamande à devenir « région d’Europe », livrée à la loi des marchés et à la Commission de Bruxelles.

Correspondance.

Une image a frappé tout le monde dimanche soir  : le leader de la NVA a fait son discours, bras levés en un V qui était autant celui de la victoire que de la Flandre, devant un curieux drapeau européen  : l’une des étoiles avait été remplacée par le lion de Flandre, jaune et noir, symbole du nationalisme flamand. Signe très clair d’une conception de l’Europe qui n’est pas seulement celle de Bart De Wever  : une Europe des régions, qui, ayant brisé les solidarités nationales construites au fil de siècles de luttes par les peuples, serait totalement livrée à la loi des marchés et aux décisions de la Commission de Bruxelles, devenue une sorte de gouvernement supranational.

Loin de constituer une vue de l’esprit, cette vision de l’Europe n’est pas défendue qu’en Flandre mais dans d’autres régions séparatistes à l’intérieur des Vingt-Sept, celles du nord de l’Espagne ou de l’Italie notamment. Elle est encouragée par la politique régionale de l’UE, dont un haut fonctionnaire (qui a conservé l’anonymat) déclarait à la veille du scrutin, alors qu’on lui demandait si le fait que la Belgique prenne la présidence de l’UE avec un gouvernement démissionnaire n’était pas gênant  : « Au contraire, c’est une opportunité pour l’Europe. Cela va permettre aux institutions du traité de Lisbonne de fonctionner à plein, sans se heurter à la susceptibilité des États. » Voilà qui est clair. Face à cette conception, la gauche en Belgique affirme sa volonté de sauvegarder une solidarité nationale tant en matière économique et fiscale que sociale. « La NVA, explique Pierre Eyben, du Parti communiste, veut régionaliser la fiscalité afin de concurrencer les entreprises wallonnes, mais aussi la sécurité sociale pour mettre en concurrence les travailleurs du Nord et du Sud. »

Conscients du danger d’une telle déréglementation, les socialistes, tant au Nord qu’au Sud, exigent « le maintien d’une sécurité sociale et d’une politique d’emploi unitaire ».

Les syndicats sont sur la même longueur d’onde. Ainsi ont-ils publié avant les élections un appel à voter pour les partis qui entendent « maintenir une sécurité sociale, une concertation et un droit du travail forts, au niveau fédéral ». Ils peuvent constituer une force de résistance sérieuse à toute tentative de scission, d’autant qu’ils considèrent que le problème numéro un du pays n’est pas la réforme de l’État mais la réponse à donner à la crise économique.

F. G.-R.



Edité par T 34 - 15 Jun 2010 à 20:02
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Jun 2010 à 11:49
Belgique : vers la fin du royaume

Victoire des indépendantistes flamands : la dissolution de la Belgique parait inévitable. Quel sera l'avenir de ce jeune royaume ?
 
Les 6,5 millions de Flamands vont rompre avec les 4 millions de Wallons. Les élections du 13 juin ont vu la victoire des  nationalistes flamands. La NVA de Bart De Wever (petit-fils d'un responsable du parti pronazi VNV), devient le premier parti chez les Flamands. Son objectif est simple : l'indépendance de la Flandre.

Tout gouvernement belge est forcément une coalition bilingue. Mais comment en former une avec un partenaire comme Bart de Wever ? Le 14 juin, le roi Albert a entamé les habituels entretiens en tête-à-tête avec les chefs des partis. Ce processus devient un peu plus difficile à chaque élection : en 2007,  il avait duré six mois. Pour n'accoucher que d'une formule éphémère…
Ces formules politiciennes “nationales belges” ont en effet de moins en moins prise sur la réalité sociologique du pays. Les deux communautés linguistiques vivent déjà en apartheid : télévision, presse, syndicats, médecine, associations et même religion (sauf l'islam arabophone), toute la vie sociale belge est dédoublée en version néerlandophone et version francophone.
De Wever, gros quadragénaire retors, veut maintenant aller plus loin : jusqu'à la rupture radicale. Cette volonté est l'expression du  ras-le-bol de la riche population flamande,  qui n'accepte plus de financer le chômage (“la fainéantise”) de la Wallonie désindustrialisée : 11,3 milliards d'euros par an “au profit de Wallons corrompus et mauvais gestionnaires”, accusent les Flamands – dont le mépris envers ces Wallons “fransquillons” (“sous-Français”) est sans limites.

Langue de bois
Comme pour défier les reproches de la droite flamande, la Wallonie a voté dimanche pour les socialistes d'Elio di Rupo. Si aucune coalition ne se dessine lors des entretiens au palais royal, di Rupo, l'homme à la mèche et au nœud papillon, risque désormais de se retrouver Premier ministre d'une assemblée ingouvernable, sous l'œil sarcastique des Flamingants qui le regarderont s'enliser comme ses prédécesseurs.
Dans l'immédiat, di Rupo a commencé par une déclaration en langue de bois : “De nombreux Flamands”, a-t-il dit, “souhaitent une réforme des institutions du pays. Nous devons les écouter.” A ceci près que la réforme souhaitée en Flandre est maintenant la disparition de ce pays, et que “les écouter” va mener loin…
La Belgique doit prendre, le 1er juillet, la présidence de l'Union européenne. Ce hasard du calendrier a suscité une autre déclaration en langue de bois, cette fois par le président de la Commission, José Manuel Barroso : celui-ci a déclaré sa “totale confiance” dans une future présidence belge “efficace et ambitieuse”. Même si la Belgique n'a toujours pas de gouvernement dans un mois…
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Jul 2010 à 10:44

La Belgique en piste, deux fois

Leader de la délégation belge, le francophone Jonathan Borlée part favori du 400 mètres des championnats d’Europe. Il est la figure de proue d’un pays divisé aussi sur le plan athlétique.

Beaucoup l’imaginent déjà sur 
le podium du 
400 mètres, vendredi. D’ailleurs, pour Jonathan Borlée, le premier tour de piste qualificatif pour les demi-finales n’a été, hier, qu’une formalité. Premier des séries en 45’’91, certes encore loin de son meilleur temps européen de l’année, réalisé le 16 juillet au Stade de France (44’’77, record de Belgique). Mais le premier tour n’était qu’un rodage pour le jeune athlète de vingt-deux ans. «J’espère faire encore mieux», soufflait-il, hier matin, dans les corridors du stade barcelonais.

En Catalogne, trente-deux athlètes belges représenteront le royaume. Sur ce total, on compte neuf francophones, dont trois Borlée : Jonathan donc, son jumeau Kevin (premier également de sa série des 400 mètres, hier) et sa sœur aînée Olivia (200 mètres). Tous trois sont coachés par leur père. Et puis, il y a vingt-trois néerlandophones venant de Flandre. Comme d’habitude, les deux communautés linguistiques disposeront chacune de leur propre staff. Car, depuis 1978, l’athlé belge voit double. Au quotidien, son organisation repose sur deux fédérations distinctes qui siègent à Bruxelles dans le même bâtiment : la Ligue belge francophone (LBFA) et son pendant flamand (VAL). « Les budgets, les subventions, les dirigeants et même les ministres qui s’en occupent… presque tout diffère entre elles », détaille Christian Maigret, directeur technique de la branche francophone. LBFA et VAL se retrouvent toutefois dans la Ligue royale belge d’athlétisme (LRBA), organisatrice des courses nationales et représentante du pays à l’étranger. « Je ne sais pas si un jour les ligues communautaires finiront par disparaître », s’interroge Jonathan Borlée. On le comprend tant la Belgique, née en 1830, traverse des jours difficiles.

Pas de barrière entre les sportifs

Entre ses 6,2 millions de Flamands et ses 4,2 millions de francophones, l’équilibre paraît de plus en plus instable, surtout depuis que les séparatistes de la Nouvelle Alliance (N-VA) ont triomphé en Flandre, aux dernières législatives de juin. Du jamais-vu pour un parti indépendantiste. «En athlétisme aussi, il existe une petite rivalité entre dirigeants francophones et flamands, concède Christian Maigret. C’est toujours à qui aura le plus d’athlètes qualifiés en équipe nationale.» Chez les sportifs, en revanche, le courant semble mieux passer. «Heureusement, dans notre groupe, beaucoup de Flamands savent le français. Malgré la barrière de la langue, on s’entend donc tous vraiment bien et on ne partage pas du tout les idées des séparatistes, insiste Jonathan Borlée. D’ailleurs, nos équipes de relais montrent que l’union des deux communautés peut s’avérer positive. Si seulement les hommes politiques belges s’en inspiraient pour faire avancer le pays…»

Dès samedi, les frères Borlée disputeront ensemble le relais 4 x 400 mètres. Réservistes compris, quatre francophones et deux Flamands composent le groupe des relayeurs. Vice-champions du monde en salle cet hiver, ils quitteront peut-être le Tartan catalan, dimanche, avec une nouvelle médaille autour du cou. Comme une seconde fête nationale pour les Belges, après celle qu’ils commémorent tous les ans, le 21 juillet.

Adrien Pécout

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Aug 2010 à 22:00

La Belgique toujours en stand-by

Un nouveau gouvernement n’a pas encore vu le jour. Le roi Albert II demande au chef du Parti socialiste de poursuivre ses efforts de conciliation afin de négocier une réforme de l’État avec les nationalistes flamands.

Plus de deux mois après les élections législatives anticipées du 13 juin – avec les résultats que l’on sait : triomphe des nationalistes en Flandre, victoire des socialistes en Wallonie –, la visite faite au roi par Elio Di Rupo a permis d’en savoir un peu plus sur l’état des négociations que le dirigeant socialiste, qualifié ici de « pré-formateur », a entamées depuis plus d’un mois, dans une totale discrétion (1).

Ainsi a-t-il confirmé que la réforme de l’État qu’il négocie serait « la plus importante qu’ait connue la Belgique depuis 1988, avec un transfert des compétences vers les régions dans quatorze matières, ce qui représente près de seize milliards d’euros. Quarante-neuf pour cent des recettes de l’État fédéral passeraient sous la responsabilité des régions. »

Parmi les matières énumérées figurent les allocations familiales, les soins de santé, l’emploi, la justice, la recherche scientifique ou le commerce extérieur. Autant dire qu’une bonne part de l’État belge sera vidé de sa substance au profit des régions – Flandre, Wallonie et Bruxelles – si un accord est finalement conclu selon cette orientation.

On en est loin. Car les concessions énormes consenties par les francophones sont toujours loin de satisfaire la partie flamande, notamment la NVA (Nieuw-Vlaamse Alliantie, Nouvelle Alliance flamande). Cette formation entend bien imposer une autonomie fiscale et financière totale des régions et la scission de la sécurité sociale. Elle souhaite aussi – prélude à une scission à venir ? un changement du statut de Bruxelles. La dernière région bilingue perdrait son statut de région et serait gérée conjointement par la Flandre et la Wallonie, ses habitants devant choisir leur « sous-nationalité ». Une perspective qui a provoqué une telle levée de boucliers qu’elle semble, pour l’instant, écartée.

Reste que la tâche confiée à Elio Di Rupo – « concilier l’inconciliable », dit-il lui-même – est si ardue qu’il a dû s’en remettre au palais. Car le roi reste, comme le soulignait l’éditorial du quotidien Morgen, « l’instance neutre qu’on appelle au secours quand rien ne va plus ». Albert II aura donc appelé à la raison tous les partis engagés dans ces âpres négociations avant que le « pré-formateur » ne reprenne, samedi, sa « mission impossible ».

(1) Sept partis participent à ces négociations dont sont exclus les libéraux, tant flamands que francophones, et les Groen (Verts).

Françoise Germain-Robin

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