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La crise Belge

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Aug 2010 à 10:09

Scission de la Belgique : la Wallonie bientôt française ?

 

Article de Tall, citoyen belge de Bruxelles

 

Il y a 3 ans, j’écrivais sur Agoravox que la Belgique irait sans doute vers sa scission et que la Wallonie pourrait ainsi devenir française entre 2010 et 2014. Où en est-on aujourd’hui ?

 

   Et bien, depuis septembre 2007, tout s’est passé comme prévu : le processus de discorde communautaire a continué de s’amplifier de manière sociologiquement naturelle, les peuples flamands et wallons ayant chacun leur sensiblité spécifique avec leurs propres médias et leurs propres politiciens. Une différence de sensibilité de type plus ou moins germano-latine, pour faire simple.

 

Processus de discorde qui a donc abouti le 13 juin dernier à un raz-de-marée pro-séparatiste dans les urnes de Flandre, en faisant de Mr Bart De Wever l’homme fort de la Belgique avec + de 700.000 voix de préférence. Mr Bart De Wever étant le boss de la N-VA, un parti dont l’objectif final est inscrit en clair dans ses statuts : faire de la Flandre une république indépendante. Pas moins ...

 

 Et la N-VA, devenue ainsi premier parti de Flandre, n’est pas seule, loin s’en faut. Car si l’on ajoute les voix des autres partis séparatistes, on atteint 40% de l’électorat ! Et si l’on ajoute aussi les voix de ceux qui veulent une Flandre bien + autonome qu’aujourd’hui, au point de transformer l’état fédéral en coquille quasi vide, c’est 90% des voix !

Voilà la réalité socio-politique de la Flandre depuis le 13 juin 2010.

 

 

Alors, quid aujourd’hui ?

 

Depuis 2 mois que les urnes ont rendu ce verdict communautariste, il n’y a eu que des négociations empreintes tant de discrétion que de pessimisme. L’actuel négociateur principal, Mr Di Rupo, ayant parlé de "tâche titanesque visant à concilier l’inconciliable".

 

Alors, pour l’instant, c’est encore assez calme sur le front médiatique, mais ce n’est que le calme avant la tempête, et tout le monde le sait. Mr Di Rupo devra rendre son rapport de négociation au Roi la semaine prochaine, et on ne s’attend à rien de bon.

 

Car Mr Bart De Wever, l’autre négociateur incontournable, a tout à gagner à rester intransigeant pour ne pas décevoir son électorat. Et en étant un brin cynique, on peut même dire qu’il a intérêt à ce que ça échoue, de manière à prouver par l’absurde que la Belgique n’est plus gouvernable.

 

 

Et après ?

 

Alors ici, commence la partie "prévision" de ce billet. Prévision qui ne sera que la continuation logique de mon billet de 2007, puisque basée sur les mêmes leviers identitaires. Des leviers qui montrent leur fiabilité depuis au moins 40 ans déjà. Epoque à laquelle tous les partis se sont scindés en 2 ailes linguistiques séparées, ne vivant plus sous les mêmes toits. Ce qui laissait augurer de la suite, vu que le pouvoir politique en Belgique est exclusivement particratique.

Et donc, ce n’est pas un hasard si aujourd’hui, la majorité des politiciens au pouvoir n’ont pas milité dans leur jeunesse au sein des anciens partis encore bilingues. Ce qui les distingue de la génération de politiciens précédente qui a transformé la Belgique en état fédéral sans la détruire pour autant.

 

 

Le pronostic ?

 

A mon avis : impossibilité définitive de former un nouveau gouvernement fédéral. Donc, nécessité de créer une gouvernance temporaire gérant les affaires courantes avec quelques élargissements afin que l’état de droit puisse continuer de fonctionner.

 

De nouvelles élections ? Inutiles, car elles confirmeraient, voire renforceraient encore le vote séparatiste en Flandre. Sans oublier qu’elles risquent d’aggraver aussi les tensions populaires grâce aux surenchères électorales vendant de l’identitarisme à qui mieux mieux. Jeux dangereux donc. Car actuellement, il n’y a pas de haine en Belgique. Ce n’est pas dans les mœurs belges. Mais bon, il ne faudrait pas souffler indéfiniment sur les braises non plus, bien sûr.

 

Alors pendant que s’exercera une gouvernance provisoire des affaires courantes, il faudra tout de même continuer de négocier sous différentes formes la suite des événements, c’est-à-dire finalement : la scission de la Belgique, puisque Flamands et Wallons ne peuvent plus la gouverner ensemble.

 

 

L’enjeu bruxellois

 

Et c’est là qu’est l’os, hélas : Bruxelles. Une ville-région d’un bon million d’âmes, à 90% francophone, située géographiquement comme une île dans le sud de la Flandre, et générant un PIB / hab quasi double de la Flandre !

Ce qui signifie concrètement que si Bxl avait son autonomie fiscale, elle pourrait avoir un budget public par habitant égal à celui de la Flandre avec un taux d’imposition 1/2 moindre. Une fiscalité très intéressante donc, qui attirerait encore plus d’entreprises et augmenterait ainsi encore le PIB / hab. C’est donc un cercle vertueux.

 

Et d’où vient la force de Bruxelles ?

 

Elle vient du cours naturel de son histoire qui en a fait un gros carrefour de business et de politique. Avec près de 200 ambassades, le siège principal de l’UE et tous son lobbying, le siège de l’Otan, des centaines de multinationales, et située à quelques heures en tgv de Paris, Londres, Francfort et Amsterdam, Bruxelles est devenu un pool d’affaires incontournable.

 

Les rares qui tentent encore de faire croire le contraire avancent la pauvreté des finances publiques de Bruxelles. Ce qui est un argument plutôt cynique, vu que cette pauvreté est justement due au fait que Bruxelles ne jouit pas d’indépendance fiscale et que la Belgique exploite son PIB / hab largement au profit de la Flandre et de la Wallonie. En fait, avec 10% de Belges, Bruxelles fournit 20% du PIB belge.

 

Et le fait que ce PIB soit notamment dû aux nombreux navetteurs wallons et flamands venant y travailler ne change rien à l’affaire. Car les sociétés ne quitteront pas le pool pour se déplacer vers leur salariat. C’est le salariat qui continuera de se déplacer.

 

Quant au chômage bruxellois qui frise les 20%, il ne reflète aucune pauvreté fiscale, mais bien une forte fracture sociale en partie due à l’importante proportion d’allochtones provenant tant du sud que de l’est de l’Europe.

 

Et voilà pourquoi la Flandre propose actuellement aux Wallons de créer une confédération qui leur donnerait le beurre et l’argent du beurre. A savoir : la cogestion de Bruxelles + une autonomie maximale pour la Flandre dans presque tous les domaines.

Une chose que les francophones ne sont pas prêts d’accepter car cela mettrait la Wallonie dans une situation économique désastreuse.

 

 

Le plan B

 

Face à cette impossibilité d’accord, il reste alors ce qu’on appelle déjà dans les milieux politiques francophones : le plan B. Un plan dont on n’évoque guère le contenu pour l’instant, sauf qu’il serait basé sur le principe d’une scission négociée de la Belgique.

 

Et là, je reprendrai mon pronostic de 2007 où j’évoquais un arbitrage de l’UE supervisant un referendum pour les Bruxellois notamment. Lesquels devraient logiquement opter pour leur indépendance, faisant de Bruxelles une ville-état, capitale de l’UE.

 

Bruxelles qui, encerclée alors par une république de Flandre devenue indépendante, pourrait négocier son hinterland avec sa fiscalité avantageuse comme bras de levier. Tandis que la Flandre devant économiquement rester dans l’UE, se plierait aux injonctions européennes. Ce serait le prix à payer pour réaliser son très vieux rêve identitaire issu du "Vlaams gevoel" ( le sentiment flamand ).

 

Enfin, les Wallons ne devraient pas avoir de problèmes insurmontables pour négocier un partenariat sur mesure avec la France. Tandis que la communauté germanophone de Belgique réfléchit déjà à un partenariat avec l’Allemagne ou le Luxembourg.

 

Et ainsi, la Belgique devrait se scinder sans la moindre violence, et finalement, au profit de tous les ex-Belges.

 

C’est en tout cas ce que je souhaite pour tout le monde ... :-)

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Sep 2010 à 12:21

Seul 15% des flamands veulent la partition de la Belgique

BRUXELLES (Reuters) - Quatorze pour cent des Belges, dont 15% des Flamands, souhaitent une partition de leur pays, selon un sondage internet publié mardi par le quotidien La Libre Belgique.

Les Flamands ont voté à 45% pour les partis séparatistes lors des élections législatives de juin.

Une majorité des 1.905 internautes adultes interrogés (57% dont 51% en Flandre) entre vendredi et dimanche souhaitent que les partis politiques parviennent, près de trois mois après les élections, à un accord sur la formation du gouvernement.

Mais ils sont tout aussi nombreux à penser que l'impasse politique perdurera encore plusieurs mois.

Après la tentative infructueuse d'Elio di Rupo, chef de file du Parti socialiste francophone, le roi Albert II a confié aux présidents de la Chambre des députés et du Sénat, le socialiste André Flahaut et le flamand Danny Pieters, du parti séparatiste N-VA (Nouvelle alliance flamande), une nouvelle mission de médiation.

Laurette Onkelinx, figure du PS francophone, a été la première personnalité politique du pays à affirmer publiquement qu'"il faut se préparer à la fin de la Belgique", estimant qu'"une grande partie de la population flamande" fait le voeu de la scission.

Philip Blenkinsop, Pascal Liétout pour le service français

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Sep 2010 à 17:07
 Wallonie en France : 66% favorables

AP
9 juin 2010 

Deux tiers (66%) des Français se déclarent favorables au rattachement de la Wallonie, francophone, à la France en cas d'éclatement de la Belgique, selon un sondage Ifop pour le journal "France Soir" daté de jeudi.


L'idée semble faire son chemin puisque 60% des personnes interrogées la soutenaient en 2008 et 54% en 2007. L'adhésion la plus forte, à 75%, se constate dans les départements du Nord, du Pas-de-Calais, des Ardennes et de la Meuse, frontaliers de la Belgique.


Un tiers des Français s'opposent en revanche à ce que les provinces francophones belges deviennent françaises, contre 37% deux ans plus tôt et 41% en 2007.



Le sondage a été réalisé en ligne de samedi à lundi auprès d'un échantillon de 1.006 personnes représentatif de la population française âgée d'au moins 18 ans et sélectionné selon la méthode des quotas

 

Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/06/09/97001-20100609FILWWW00664-wallonie-en-france-66-favorables.php




Edité par babeuf - 08 Sep 2010 à 17:15
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Sep 2010 à 17:09
Négociations

Laurette Onkelinx: "Il faut se préparer à la fin de la Belgique"

BELGA

Mis en ligne le 5 septembre 2010

Le CD&V serait l'une des clés pour sortir de l'impasse, selon la vice-première ministre

 

"Il faut se préparer à la fin de la Belgique", déclare Laurette Onkelinx dans un entretien au journal La Dernière Heure paru dimanche. La socialiste wallonne se demande également si la N-VA est capable d'un accord.

Selon Laurette Onkelinx, il faut envisager la scission. "On ne peut plus ignorer que parmi une grande partie de la population flamande, c'est un voeu. Donc, oui, il faut se préparer à la fin de la Belgique. Sans quoi on risque d'être les dindons de la farce. Quand je vois les courriers que je reçois... Enormément de personnes imaginent que cela est possible. Les politiques doivent donc s'y préparer. Ne pas l'espérer. Mais s'y préparer", explique-t-elle.

La représentante du PS se demande également si le parti nationaliste flamand est capable d'un accord. "Je me pose une question: la N-VA est-elle en mesure d'accepter un compromis? Elle se réfugie derrière le refinancement de Bruxelles. Mais je crois que c'est beaucoup plus fondamental que ça", souligne-t-elle. "Les thèmes de désaccord étaient plus nombreux. Bart de Wever a peut-être eu peur, réellement, d'aller dans un compromis. Qui dit compromis, dit mécontenter certains. Négocier, c'est toujours un risque", poursuit Laurette Onkelinx.

Le CD&V serait l'une des clés pour sortir de l'impasse, selon la vice-première ministre. "Ce n'est pas pour rien que le Roi a d'abord vu, dès vendredi, le CD&V qui n'est pourtant pas le plus grand parti. Oui, l'une des clés réside là", conclut-elle.

Un autre responsable francophone, le ministre-président de Wallonie, Rudy Demotte, a appelé sa communauté à envisager désormais "toutes les hypothèses", dont celle de se prendre en mains toute seule sans la Flandre."Il est certain que nous devons nous prendre en mains nous-mêmes", a-t-il dit à la radio RTBF.

Il faut aujourd'hui, a-t-il estimé, réfléchir à toutes les hypothèses "qui nous imposent de pouvoir nous assumer". A ses yeux, la Wallonie et Bruxelles, la troisième région du pays, très majoritairement francophone mais enclavée à l'intérieur de la Flandre, ont des outils "pour voir ce qu'on peut faire pour soi-même et ne pas attendre demain".

Ces prises de position s'ajoutent à celle d'un autre responsable important du parti socialiste francophone, Philippe Moureaux. Ce dernier a été le premier à briser le tabou en évoquant dans une interview vendredi la scission du pays."On est jusqu'à présent dans un processus de délitement de l'Etat. On va peut-être entrer dans l'organisation progressive de la séparation", a-t-il dit.

Si les négociations pour former un gouvernement restent dans l'impasse, les Belges pourraient être à nouveau appelés aux urnes, avec un risque de radicalisation accrue de l'électorat flamand. Dimanche, plusieurs dizaines de milliers de Flamands ont participé à une manifestation annuelle consistant à faire le tour de Bruxelles à vélo ou à pied pour rappeler aux francophones qui résident dans la capitale et sa banlieue qu'ils vivent entourés de la Flandre, et pour bien marquer le caractère néerlandophone de leur territoire.

Source : http://www.lalibre.be/actu/elections-2010/article/607322/laurette-onkelinx-il-faut-se-preparer-a-la-fin-de-la-belgique.html



Edité par babeuf - 08 Sep 2010 à 17:14
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Sep 2010 à 12:16
Les Belges rêvent encore d'une Belgique unie mais se préparent à la scission

(AFP) BRUXELLES — Les Belges restent attachés à l'unité du pays, mais la communauté francophone se prépare à l'idée d'une indépendance de la Flandre et souhaite dans ce cas la création d'une fédération entre la Wallonie et la région de Bruxelles, révèlent deux sondages publiés samedi par la presse francophone.

La Libre Belgique a fait réaliser son enquête dans l'ensemble du Royaume et elle montre que 12% seulement des 2.000 personnes interrogées veulent la scission du pays (16% en Flandre, 11% en Wallonie, 7% à Bruxelles).

La capitale est une région majoritairement francophone située en Flandre.

40% des personnes interrogées (51% en Wallonie, 50% à Bruxelles et 22% en Flandres) souhaitent un retour à la Belgique unitaire, et 32% (43% en Flandres, 26% en Wallonie et 26% à Bruxelles) se prononcent pour une Belgique avec davantage de pouvoirs pour les régions et les communautés.

Cette formule est au centre des négociations engagées entre les socialistes francophones et les indépendantistes flamands de la Nouvelle alliance flamande (N-VA) de Bart De Wever, vainqueurs des élections législatives du 13 juin.

Cent jours après les élections, la Belgique est toujours sans gouvernement et le pessimisme monte en Wallonie sur l'issue des pourparlers, révèle une enquête réalisée pour le quotidien Le Soir en Wallonie et à Bruxelles et centrée sur l'hypothèse d'une scission.

38% des 1.800 électeurs interrogés par internet pensent que les négociations pour la formation d'un gouvernement fédéral vont échouer. 71% se disent très ou assez fortement attachés à la Belgique, jugeant une scission impensable (37%) ou très difficile à supporter (34%).

Si la Flandre devenait indépendante, 63% des personnes interrogées en Wallonie se prononcent en faveur d'une fédération Wallonie-Bruxelles indépendante.

Les Bruxellois sont moins enthousiastes: 33% seulement accepteraient cette fédération, 23% veulent que Bruxelles reste indépendante et 24% souhaiteraient que Bruxelles devienne un district européen. 2% seulement réclament l'annexion par la Flandre.

Le chef du parti socialiste francophone Elio Di Rupo se veut optimiste sur l'issue des négociations avec Bart De Wever. "Il y a une marge de compromis possible. Elle est extrêmement étroite et il faut maintenant que chaque parti politique fasse des efforts pour entrer dans cette marge", a-t-il déclaré à la Libre Belgique.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Oct 2010 à 16:28

200 artistes flamands contre le nationalisme borné

 


Dirk Tuypens, Lebuïn D’Haese, Lieve Franssen

 

La solidarité grandit une culture, ou en néerlandais « Soldariteit maakt een cultuur groot ». C’est le slogan de cette initiative de 200 personnalités du monde culturel, artistique et médiatique néerlandophone. Encore une preuve qu’au Nord du pays, tout le monde n’est pas pour une scission du pays et pour toujours plus de division. Oui, il existe des néerlandophones qui utilisent ouvertement le mot « solidarité », et qui s’unissent pour aller à contre-courant du discours dominant, pour défendre une autre Flandre que la Flandre de Bart De Wever et de ses amis patrons.

Le 11 juillet dernier, le président du Parlement flamand, Jan Peumans (N-VA), s’inquiétait du « manque d’identité » dont souffre la Flandre. Car c’est cette identité même qui doit « mener au devenir d’une nation ». Selon lui, l’importance de ce devenir d’une nation « n’a pas encore été suffisamment intégrée pour convaincre toute la population ». Pour lui, la mission de la Région flamande est de combler ce vide. Et à côté de cela, il n’a pas hésité à critiquer vivement ces « milieux artistiques et intellectuels qui minimisent, voire nient les sentiments identitaires flamands ».

En tant que citoyens qui, chaque jour, baignons dans la culture au sens large, nous rejetons le discours sur la culture et l’identité qu’on nous propose ici. Il vide de leur contenu les notions de culture et d’identité et les transforme en instruments de manipulation à des fins politiques. Nous avons déjà une culture et une identité. Elles sont également flamandes, mais pas « exclusivement ». Nous ne voulons pas qu’elles soient « comblées » d’un concept nationaliste flamand. Cela signifierait un appauvrissement et une attaque contre ce que nous sommes aujourd’hui.

1. Parce qu’il s’agit d’un processus d’exclusion et d’aliénation

En tant que ministre chargé entre autres des médias, Geert Bourgeois (N-VA) a fait tout un tintouin pour une chanson du groupe Clouseau : « Une chanson de propagande belgiciste, un plaidoyer en faveur d’une gouvernance malsaine. » En 2009, lorsque la VRT a retransmis le concert Belgavox, Bourgeois a réagi furieusement : « Je trouve cela absolument inadmissible. Il s’agit d’une initiative visant à renforcer l’identité belge. » Ces déclarations illustrent clairement une caractéristique condamnable de la « formation de l’identité flamande » : une identité est glorifiée, l’autre – ici, l’identité belge – est maudite. À nos yeux, c’est inacceptable.

Nous nous opposons à la création d’une image qui dresse les uns contre les autres les gens de notre pays en tant que groupes culturels inconciliables. Nous n’acceptons pas que nos compatriotes francophones soient présentés comme porteurs d’une culture caractérisée par une absence de sens des responsabilités, par la paresse et le « profitariat », par une manie du vol et une tendance à l’expansionnisme.

2. Parce que cela cache un agenda antisocial

Le nationalisme flamand qui, il y a longtemps, exprimait une résistance légitime à la discrimination s’est aujourd’hui mué en « nationalisme économique ». Il se traduit par des thèmes comme les transferts, les prétendus « chèques en blanc remis aux Wallons », le « fédéralisme de l’argent de poche », etc. Bart De Wever a donné un contenu socioéconomique à l’identité et la culture flamande. Par exemple, lors des négociations, lorsqu’il à déclaré que l’organisation patronale flamande, le Voka, était son patron et qu’il n’était satisfait que lorsque le Voka l’était aussi. Lorsqu’on lit de près le programme socioéconomique de la N-VA, on voit que De Wever a fait de l’agenda du Voka celui de son propre parti. Cela ouvre la perspective peu attrayante d’une Flandre où les bénéfices économiques primeront et où les acquis sociaux seront détruits. Les soins de santé, les pensions, les indemnités de chômage, l’aide sociale, passeront à la casserole. Les personnes qui voudront s’assurer contre la maladie ou la perte de revenu, ou qui voudront s’assurer une pension décente, devront se tourner vers le marché privé.

Le discours tel que « ce que nous faisons nous-mêmes, nous le faisons mieux » ou « la culture et l’identité flamandes », fonctionne comme un lubrifiant afin de rendre acceptable cet agenda antisocial, et cela au nom de la compétitivité et d’une « Flandre, première région d’Europe ».

3. Parce que cela affaiblit la résistance du citoyen

Outre leur drapeau jaune et noir, les nationalistes flamands agitent volontiers aussi l’étendard européen. Cela semble peut-être contradictoire, mais ce ne l’est pas du tout.

Les nationalistes flamands entendent dissocier la Flandre d’une Wallonie économiquement plus faible. Le niveau national est ce qui rattache les deux régions et qui fait obstacle à l’agenda nationaliste flamand. C’est pourquoi, on utilise le niveau supranational, l’Europe, pour « estomper » le niveau national qu’est la Belgique.

L’Europe supranationale mène une politique à laquelle correspond parfaitement l’agenda socioéconomique des nationalistes flamands. L’opposition à cet agenda antisocial est principalement menée à un niveau national : en Grèce, au Portugal, en France. C’est à ce niveau de politique que les « conquêtes » sociales ont été réalisées et que, pour l’instant, elles peuvent être le mieux garanties. Si les citoyens entendent défendre efficacement leurs intérêts sociaux, la meilleure façon de s’y prendre passera par une solidarité réciproque. Le repli sur des « communautés culturelles » de plus en plus minuscules et strictement délimitées va à l’encontre des possibilités de développement vers une Europe sociale et vers une solidarité au niveau européen. C’est précisément en raison de son multilinguisme, de sa diversité de langues et de cultures et du cosmopolitisme de Bruxelles, capitale de l’Europe, que, sur ce plan, notre pays présente les possibilités de s’ériger en exemple d’unité et de solidarité, en modèle pour la société de demain.

L’idée sous-jacente à l’appel de Peumans est qu’un État flamand homogène sur le plan culturel constituera une meilleure société que la Belgique multilingue et interculturelle. Mais ce sera précisément le caractère cosmopolite et interculturel qui sera déterminant dans le monde de demain. Au lieu de le nier, nous devons nous demander ce qui se passera si nous mettons en avant le multiculturalisme. Cela ne se fera pas aux dépens des particularismes et de la créativité. Au contraire. Cela exigera un regard critique sur la relation entre culture et pouvoir.

« La culture et l’identité flamandes » dont nous devrions, selon Peumans, être imprégnés, est une aberration que n’espère aucun citoyen. Sans cesse, de nouvelles enquêtes confirment que la plupart des Flamands sont partisans du maintien de la Belgique et souhaitent une entente vivable entre les Régions et les Communautés. À Bruxelles, de plus en plus de francophones envoient leurs enfants dans une école néerlandophone : « Il est utile de connaître plusieurs langues », estiment-ils, quelle que soit leur origine. Ils voient dans le multilinguisme un moyen de progresser. Une éternelle « pollinisation », des contacts mutuels, une internationalité, voilà la richesse et la force de la culture.

La Belgique représente bien plus que la vieille « Belgique de papa ». La Belgique, c’est le prêtre Daens, ou Anseele, qui fut élu à Liège, ou Julien Lahaut. La Belgique, c’est la mise sur pied de la sécurité sociale. « La plus belle cathédrale du pays », disent les syndicalistes. Une cathédrale qui fut bâtie par des Flamands, des Wallons, des Bruxellois et des immigrés : le mouvement social belge.

Ce qui fait défaut dans le discours nationaliste flamand, c’est la solidarité. Cette valeur humaine est tout le contraire de l’égoïsme, de la cupidité et de l’intolérance. Aujourd’hui, au nom de notre culture et de notre identité, on tire à boulets rouges sur cette solidarité. Cela, nous ne pouvons l’accepter. Une culture riche et ouverte est une culture qui ne laisse pas de place à l’intérêt personnel et qui défend la solidarité comme principe fondamental.



Edité par T 34 - 23 Oct 2010 à 16:29
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Nov 2010 à 12:52
UN EXERCICE MILITAIRE QUI DÉPASSE LA FICTION

Un « bataillon européen » chargé de rétablir l'ordre lors de « troubles ethniques » en Belgique

Deux exercices militaires sans précédent se sont déroulés concomitamment, fin septembre et début octobre, en Belgique.

Le premier associait des paras français et belges, pour une simulation se déroulant entre des pays théoriquement fictifs (« Blueland », « Orangeland »...), mais dessinés sur la carte en Flandre et en Wallonie. Le scénario, précisent les militaires concerne « un pays avec une économie faible, gouverné par un régime nationaliste strict. Un parti libéral opposant au pouvoir a vu le jour. (...) Afin que soit organisé un scrutin démocratique, la communauté internationale met le gouvernement de Blueland sous pression. Avec succès, car le 1er décembre auront lieu des élections mettant face à face deux partis antagonistes. Les nationalistes se sentent frustrés de cette forme d'ingérence internationale, et les différences entre les deux partis provoquent des tensions et des manifestations qui s'amplifient à l'approche de l'échéance électorale. De petits mouvements de révolte et des grèves nationales ont lieu de plus en plus fréquemment »

« Régime nationaliste », « parti libéral opposant », « mouvements de révolte », « grèves nationales »... Le récit continue. Il a formé la trame de l'exercice. Naturellement, toute ressemblance avec une situation réelle ne serait que pure coïncidence...

A peu près au même moment, un exercice quasiment analogue est effectué par un « battlegroup » de l'Union européenne. Autrement dit un « groupement tactique » composé d'unités de plusieurs pays-membres. En principe, ces bataillons, de 1 500 hommes environ, sont destinés à être « projetés » aux quatre coins de la planète, avec pour mission de mener des opérations d'un à trois mois telles que des évacuations, du soutien à des interventions humanitaires, de la « prévention des conflits » ou de la « gestion de crises ».

Ici, le « bataillon saxon » agissait en quelque sorte « à la maison ». Ce dernier regroupe des soldats de cinq pays: Pays- Bas (qui fournissent la moitié des effectifs et le commandement), Autriche, Allemagne, Finlande et Lituanie. Dans l'exercice du début octobre 2010, l'infanterie blindée devait assurer des tâches d'interposition, et « gérer » les manifestations violentes dans le cadre de « troubles entre deux groupes ethniques rivaux ».

De telles manœuvres militaires révèlent tout à la fois l'idéologie de ses concepteurs, et leur état d'esprit : l'Europe militaire poursuit des objectifs géopolitiques, mais ne s'interdit pas de « maintenir l'ordre » au sein même de ses pays membres, serait-ce au nom de l'« évacuation des ressortissants étrangers ».

Qui plus est dans un contexte belge qui n'a rien d'anodin: le pays, qui n'a toujours pas formé de nouveau gouvernement depuis les élections de juin, est désormais aux prises avec un réel risque d'éclatement - pas forcément à l'amiable.

Tout cela n'a pas cependant pas attiré outre-mesure l'attention des médias, français en tout cas.

Source : BRN, n° 49




Edité par babeuf - 04 Nov 2010 à 12:52
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Dec 2010 à 22:48

Menace sur les acquis sociaux : les vrais enjeux de la réforme de l’Etat belge

 


Gregory Mauzé

En Belgique, les négociations pour réformer le fédéralisme belge piétinent, devant l’intransigeance des séparatistes flamands de la N-VA. Alors que partis et médias des deux côtés de la frontière linguistique livrent une lecture surtout communautaire de la crise, certains privilégient une analyse en termes socio-économiques et idéologiques : Derrière les revendications flamandes pour plus d’ autonomie, c'est la solidarité entre les travailleurs que l’on tenterait de briser.

Pour l’opinion publique francophone, la crise politique qui paralyse le pays depuis six mois porte un nom : Bart De Wever. Cet imposant quadragénaire au visage poupin est le président du parti qui, depuis le 13 juin dernier, est le plus puissant de Flandre : la N-VA (« Alliance Néo-Flamande », droite nationaliste). C’est lui qui, après deux mois de tractations politiques, claqua la porte des négociations, devant « l’intransigeance des francophones ». Il accuse ces derniers de vivre aux crochets de la Flandre – reprenant là une rengaine habituelle des nationalistes flamands – et de rechigner à sortir du « fédéralisme d’argent de poche ». Un point de vue généralement relayé par la presse flamande.

Si la N-VA peut être à juste titre accusée de prolonger le blocage politique, il serait réducteur d’appréhender cette crise uniquement à l’aune de l’opposition séculaire entre flamands et francophones. Les médias en offrent ainsi trop souvent une lecture exclusivement communautaire, et opposent deux communautés aux intérêts et cultures politiques divergents. Cette analyse, qui fait en partie appel à l’émotion, peut présenter pour eux quelque intérêt – notamment en termes d’audience et de lectorat, certains journaux optant volontiers pour un ton racoleur. Mais elle risque d’occulter des enjeux autrement plus fondamentaux, d’ordres sociaux et économiques, et qui transcendent le clivage linguistique.
 
Car outre le fait d’être le champion de l’autonomie flamande, la N-VA est surtout l’un des partis les plus libéraux de l’échiquier politique belge. « Le Voka (ndlr : l’union des entreprises flamandes) est mon patron », aurait ainsi affirmé Bart De Wever durant les négociations en vue de la fameuse « réforme de l’Etat ». La lecture du programme électoral de ce parti présente d’ailleurs de fortes similitudes avec les recommandations de l’organisation patronale : suppression des pré-retraites, limitation des allocations de chômage dans le temps, régionalisation de l’ impôt sur les personnes physiques (IPP), calcul du temps de travail sur base annuelle (et non plus hebdomadaire), réduction du nombre de fonctionnaires, allègement des charges patronales, etc.[1] Il convient donc de se pencher sur l’agenda social caché du parti jaune et noir qui, au-delà des divergences linguistiques, inquiète les travailleurs et le monde syndical.


« Briser la solidarité entre les travailleurs »

En Belgique comme ailleurs, la norme en termes de politiques économiques consiste, depuis la crise des années 70, à favoriser les politiques de l’offre, c’est-à-dire visant à offrir les meilleures possibilités d’investissement pour les entreprises. Au niveau européen, cette course à la compétitivité s’est notamment manifestée par la Stratégie de Lisbonne de 2000, vaste projet visant à faire de l’Union Européenne la zone la plus compétitive du monde à l’horizon 2010[2]. Dans cette perspective, les modèles sociaux des Etats membres sont souvent vus comme un frein à cette marche vers le progrès que représenterait l’ « économie de la connaissance ». Or, la tâche représente, en Belgique, un effort considérable. Le modèle social belge présente en effet certaines anomalies  qui font pâlir plus d’un artisan de la déréglementation du travail : liaison des salaires à l’indice des prix, négociations salariales institutionnalisées, un important système de sécurité sociale, etc. Des acquis sociaux obtenus chèrement par les travailleurs au fil des luttes, mais parfois vues par les élites patronales comme autant d’anachronismes qui freinent le développement économique.

Dès lors, l’une des stratégies envisagées consiste à monter les travailleurs les uns contre les autres afin de briser la synergie qui permet de lutter efficacement pour la défense de leurs droits. La xénophobie ne joue-t-elle pas un rôle historique d’arme de division massive àl’encontredes travailleurs[3] ? « N’oublions pas qu’au-delà de dissensions ponctuelles, la plupart des avancées sociales se sont faites grâce à l’union des travailleurs francophones et néerlandophones », souligne Hendrik Vermeersch, syndicaliste et initiateur de la pétition « sauvons la solidarité ».

Aidé par le discours nationaliste, le patronat de Flandre (constitué en partie d’investisseurs étrangers) entend donc affaiblir le poids des travailleurs, dans un pays où les syndicats possèdent un pouvoir non négligeable. La victoire de la N-VA aux dernières élections représente donc pour celui-ci quelque chose de providentiel,cette dernière ayant promis de mettre fin aux anomalies du modèle social belge.
 

Un front ouvert contre les acquis sociaux

Symbole s’il en est de tout Etat-providence, la sécurité sociale représente le secteur par excellence que la N-VA désire régionaliser. Elle comprend notamment l’indemnisation du chômage, le financement des retraites et la prise en charge des soins de santé, et est financée par les cotisations patronales, salariales et par la fiscalité. Sans la redistribution effectuée par l’Etat à travers la sécurité sociale, le taux de pauvreté doublerait, tandis que les inégalités croîtraient de façon exponentielle[4].« La sécurité sociale est un moyen d’émancipation par rapport au travail, et, outre le fait d’assurer une sécurité d’existence, représente quelque chose de fondamental sur le plan psychique », rappelle Guy Tordeur, délégué permanent du syndicat chrétien CSC. De leur côté, les employeurs entendent contribuer le moins possible à son financement. Ils la perçoivent généralement comme un mal nécessaire à assurer la paix sociale. Depuis les années 80, on assiste ainsi à une réduction quasi-continue de la part des cotisations versées par le patronat, tandis que la part venant des salaires augmente[5] .

Dans ce cadre, le projet de la N-VA et d’une partie de la classe politique flamande de scinder de larges pans de la sécurité sociale pour les transférer aux régions bouleverserait le compromis social belge : en cas de scission, l’assiette sur laquelle les transferts sont effectués se réduirait considérablement, et on aboutirait à une solidarité à deux vitesses. « La volonté de scinder la sécurité sociale doit être comprise comme une volonté de mettre en compétition les deux communautés » Ajoute le sociologue Mateo Alaluf, qui souligne que la région qui appliquerait les standards sociaux les plus bas attirerait probablement davantage les investisseurs. Pour Hendrik Vermeersch, « Une scission de la sécurité sociale signifierait la destruction de ce que les Wallons, les Flamands et les Bruxellois ont conquis ensemble » [6] .

Face à ce démembrement, la sécurité sociale serait considérablement affaiblie. La porte serait ainsi ouverte à un recours aux assurances privées pour financer les retraites. Or, le système prôné par le secteur privé, la retraite par capitalisation, se fonde sur la faiblesse des mécanismes de solidarité, chaque adhérent cotisant pour lui-même. De plus, en recourant aux placements financiers (les fameux fonds de pension), ce modèle s’est montré à plusieurs reprises sensible aux aléas boursiers, comme l’ont notoirement démontré la crise économique argentine et l’affaire Enron aux Etats-Unis[7] .
 
Autre symbole du modèle social belge : la négociation collective. La Belgique présente en effet la particularité de voir une série de questions liées à l’emploi (salaires, durée de travail, etc.) fixées par des négociations entre syndicats et organisations d’employeurs au niveau national. Si leur rôle s’est peu à peu affaissé depuis la crise des années 70, les Conventions Collectives de Travail (CCT) restent parfois déterminantes pour le fonctionnement des relations de travail en entreprise. La scission de ce système sur une base communautaire, envisagée par la N-VA, risquerait de compliquer son fonctionnement. Guy Tordeur y voit une manœuvre destinée à affaiblir les salariés : « L’agenda caché des promoteurs d’une telle scission est de la rendre ingérable, afin qu’elle soit ramenée à son niveau le plus atomisé : l’entreprise ». En effet, en l’absence d’accord national ou sectoriel, c’est au sein des entreprises que sont conclus la plupart de ces accords, qui, en l’absence d’encadrement politique, sont souvent peu favorables aux travailleurs.

Est également envisagée la scission de l’Impôt sur les Personnes physiques. Elle aurait pour résultat que les entreprises ne seraient plus imposées au même taux dans les différentes régions du pays. Ainsi, une région imposant davantage les entreprises serait désavantagée par rapport à une autre, sauf à baisser à son tour le taux d’imposition. Cela entraînerait ainsi une surenchère à la compétitivité, accentuant par là le déficit public, qu’il sera vraisemblablement demandé aux travailleurs de combler.

Enfin, la scission des politiques de l’emploi mènerait à une course au moins-disant social entre les régions du pays. Un phénomène de dumping est déjà présent à l’échelon européen, notamment avec l’Allemagne, dont le faible coût du travail force ses voisins à la modération salariale[8] . Une scission des politiques de l’emploi induirait immanquablement la reproduction de ce phénomène à l’intérieur des frontières belges. Alors que les partisans d’une scission insistent sur la différence des marchés de l’emploi des trois régions du pays pour la justifier, le professeur Maxime Stroobant, ancien directeur général de l’ONEM (ndlr : organisme qui gère l’assurance-chômage) minimise la portée de cet argument. « Si on suit ce raisonnement, on en arrive inévitablement à se demander jusqu’où il faut aller dans la scission de la gestion du marché de l’emploi. Ici, en Brabant flamand, le chômage est de 8 % et il est d’un tout autre genre qu’à Anvers, où il est d’ailleurs de 4 ou 5 %. Faut-il pour autant créer un Onem anversois et un autre pour le Brabant flamand ? » [9] . Cette différence entre les marchés régionaux n’a par ailleurs rien d’anormal par rapport aux autres pays européens.

Tous ces projets de scission ont un point commun : ils conduiraient les régions à rivaliser d’ingéniosité pour attirer les investisseurs, ce qui les placerait dans une situation de concurrence. « On va vers la mise en place progressive d’un fédéralisme concurrentiel, qui supplante le fédéralisme coopératif actuel », analyse le professeur Michel Quévit, qui insiste sur le fait que les réformes promues par la N-VA priveraient l’Etat de mécanismes de solidarité entre régions [10] . Argument rejeté par les nationalistes flamands. Ils préfèrent y voir une responsabilisation  nécessaire des régions, qui seraient les plus à même de gérer les matières évoquées. Le professeur Stroobant attire l’attention sur la faiblesse de cet argumentaire. « Dans [un contexte mondialisé], il est absurde de se replier uniquement sur sa région ». Ce repli est particulièrement dangereux pour les travailleurs. « Les gens actifs sur le terrain syndical et qui réfléchissent à la position des travailleurs se rendent pleinement compte que collaborer et être solidaire constituent la seule issue pour pouvoir affronter les grands problèmes qui les attendent [11] ».


De part et d’autre, l’union s’organise

Pour toute réponse à cette offensive contre les acquis sociaux, le centre-gauche francophone au pouvoir dans 1es régions bruxelloises et wallonnes (La coalition dite « olivier », rassemblant chrétiens centristes, écologistes et socialistes) a décidé de former un front francophone durant les négociations. Une étude de l’argumentaire des membres de ce front montre qu’ils s’opposent à la réforme de l’Etat proposée par la N-VA pas tant en ce qu’elle menace les acquis sociaux des travailleurs belges, mais parce que cela appauvrirait les francophones [12] . Cette stratégie ne manque pas de logique électorale dans la mesure où les politiques francophones ne sont pas élus par des flamands. Mais cela accrédite d’une certaine manière la thèse d’un affrontement communautaire, relayant ainsi au second plan le clivage gauche-droite.

 
De leur côté, les syndicats ont fait le choix de créer des ponts entre les partisans flamands et francophones du maintien d’une forte protection sociale. Ainsi, les ailes flamandes des syndicats socialistes et chrétiens (qui, à la différence des partis politiques, ne sont pas divisés sur base linguistique) ne ménagent pas leurs efforts pour lutter contre le discours dominant. Sur ce point, l’aile flamande du mouvement syndical est claire : considérant que tous les travailleurs sont égaux quelle que soit leur langue, l’essentiel reste donc de sauvegarder la solidarité et de protéger le modèle social belge des assauts de la droite. En 2007 déjà, après la première poussée de la N-VA aux élections législatives, une pétition lancée par les syndicats intitulée « sauvons la solidarité » avait rapidement récolté 100 000 signatures. Le milieu culturel n’est pas en reste, puisqu’un appel a récemment été lancé par 400 artistes flamands « contre le nationalisme borné », avec pour slogan « la solidarité grandit une culture » [13] . De façon générale, les syndicats et le monde associatif multiplient les campagnes de sensibilisation, et tentent de démontrer qu’en dépit des discours de ses leaders, le programme de la N-VA est avant tout destiné à servir le grand capital [14] . « Il est important pour les flamands de résister aux discours du patronat et de bien choisir leur camp, celui de la solidarité et de l’unité des travailleurs », martèle le syndicaliste Johan Fobelets.
 
Une union d’autant plus nécessaire que la N-VA et le Voka n’ont pas attendu pour nouer des liens avec les partisans francophones d’un démembrement du modèle social belge. Bart De Wever n’a en effet jamais caché ses réticences à intégrer une « majorité de centre-gauche » [15] . Il privilégierait depuis toujours une alliance avec les libéraux, grands perdants du scrutin, mais sur la même longueur d’onde au plan socio-économique. Par ailleurs, le patronat ne s’encombre pas des querelles communautaires qui divisent le monde ouvrier : bien conscients des intérêts qu’ils partagent avec leurs homologues flamands, les patrons francophones ne voient pas forcément d’un mauvais œil les propositions radicales mises sur la table par les nationalistes flamands.
 
Ainsi, Bart De Wever était, mardi 30 novembre, invité à faire un discours devant un parterre d’entrepreneurs wallons à Liège, introduit par Didier Reynders (président du MR, libéraux francophones), les deux se montrant de plus en plus complice. « Le fait d’être là prouve que les wallons et flamands ont encore la volonté de dialoguer pour trouver une solution » commence-t-il. De fait, il est plus facile de dialoguer lorsqu’on se trouve entre pairs partageant la volonté de limiter le rôle de l’état et de rendre celui-ci plus « concurrentiel ». Car si les positions du leader nationaliste en faveur de la fin graduelle de la Belgique heurtent les plus fervents belgicains, les patrons qui assistaient à la conférence ont généralement été séduits par le programme socio-économique de la N-VA. « S’il y a une volonté de redressement chez les Wallons, le pays restera uni », constate Pierre Fortez, entrepreneur wallon et élu libéral, cette volonté devant se comprendre comme un abandon des rigidités du modèle social belge.

Lors d’une entrevue accordée au Monde en 2007, Bart De Wever interrogeait : « L’Europe peut réguler nos fonctionnements et nos solidarités. Faudrait-il s’acharner à maintenir ce toit intermédiaire qu’on appelle la Belgique ? » Posée en ces termes, la question susciterait probablement une réponse négative pour une partie de l’opinion publique, conditionnée à un discours d’affrontement entre communautés. En revanche, s’il est rappelé aux Belges qu’avant d’être Flamands, Wallons ou Bruxellois, ils sont avant tout des citoyens et des travailleurs qui partagent les mêmes intérêts à un fonctionnement efficace de l’Etat social, la réponse sera, en tout état de cause, très différente.
 

Gregory Mauzé

Source : www.michelcollon.info


[1] Programme de la NVA – économie, travail et entreprises
[2] La stratégie de Lisbonne fut renouvelée en 2010, poursuivant grosso-modo les mêmes objectifs. Pour plus de détavails voir HOUBEN, H, Stratégie de Lisbonne : attention, chute d’emplois !
[3] Collectif Manouchian, « OUVRONS LES YEUX, CAMARADE ! N°2, l’actualité des dominations, Septembre 2010 », in, Les Figures de la Domination [En ligne]
[4] NAGELS, J, « Eléments d'économie politique : critique de la pensée unique », p.171, Bruxelles : Editions de l'Université de Bruxelles, 2006.
[7] BULARD, M, « Les retraités trahis par les fonds de pension », Le Monde Diplomatique, mai 2003
[8] il n’existe pas de salaire minimum en Allemagne
[10] DEMONTY,B., « Vers le fédéralisme de concurrence », Le Soir, 25 août 2010
[11] VAN DYCK,G., loc.cit.
[12] Les trois partis ont notamment affirmé dans un communiqué commun qu’ils resteront unis « Dans l’intérêt supérieur du pays en général et des Wallons et des Bruxellois en particulier ». "Communiqué conjoint du PS, du CDH et d’Ecolo" – le 4 octobre 2010.
[14] LEROUGE,H., "La pensée unique de Bart contestée en Flandre ?", Solidaire, 27 octobre 2010
 
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Belgique: l'appel "au poil" de Benoît Poelvoorde

L'acteur belge Benoît Poelvoorde a suggéré mardi à ses compatriotes de ne plus se raser "jusqu'à ce que la Belgique se relève" et soit dotée d'un gouvernement, alors que le royaume traverse la plus longue crise politique de son histoire.

"Ne soyez pas surpris par cette pilosité. Nous avons décidé de ne plus nous raser tant que nous n'aurons pas de gouvernement en Belgique", a déclaré à la télévision belge RTL-TVI l'acteur vedette, arborant une barbe de quelques jours. Le comédien explique dans un petit clip de 30 secondes qu'il s'agit d'une idée "formidable" du "Monsieur Cinéma" de la chaîne privée et de ses amis. "Si tout les gens qui disent comme nous qu'il est grand temps que nous ayons un gouvernement et qu'il faut faire un petit effort chacun de son côté veulent se joindre à nous...", déclare Benoît Poelvoorde. "Laissez pousser votre barbe et nous saurons que nous sommes tous solidaires d'une Belgique unie et qui s'en sort, une Belgique au poil", ajoute l'acteur né à Namur (sud). "Gardons nos barbes jusqu'à ce que la Belgique se relève", conclut le comédien, connu pour ses propos parfois à l'emporte-pièce et qui sera prochainement à l'affiche du dernier film de Dany Boon "Rien à déclarer".

Sept mois après les élections législatives du 13 juin, les partis flamands et francophones n'ont toujours pas réussi à former un nouveau gouvernement, faute d'accord sur une réforme des institutions du royaume accordant plus de pouvoirs aux régions que réclame la Flandre.

Cette situation de blocage cause un sentiment de plus en plus grand de lassitude dans la population belge.

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Les Belges crient leur ras-le-bol dans la rue

 
Au moins 15.000 Belges ont défilé dimanche à Bruxelles dans le cadre d'une marche de "la honte" inédite visant à dénoncer la crise politique dans le pays, privé de véritable gouvernement depuis un record européen de sept mois et demi.

C'est la première fois depuis les dernières élections législatives belges de juin 2010, qui ont débouché sur l'impasse politique actuelle, que les citoyens expriment ainsi bruyamment leur exaspération, dans un pays où les divisions se creusent entre Flamands et francophones.

"Qu'est qu'on veut ? On veut un gouvernement", scandaient les protestataires, jeunes pour la plupart et habillés pour certains de combinaisons blanches. Une manière pour les organisateurs, qui ont donné à la manifestation le nom de marche de la "honte", de rappeler la célèbre "Marche blanche" belge: elle avait rassemblé quelque 300.000 personnes en 1996 pour protester contre les crimes du meurtrier pédophile Marc Dutroux. Partis du nord de la capitale, les manifestants devaient rejoindre un grand parc royal proche du centre, le parc du Cinquantenaire, pour y entendre des discours exhortant les partis politiques à mettre fin au blocage que connaît le pays. "Un gouvernement et vite !", pouvait-on lire sur des calicots dans le cortège, ou encore "Se diviser ? pas en notre nom !".

La Belgique en était dimanche à son 224e jour sans véritable gouvernement. Elle a battu en janvier le record d'Europe en la matière détenu depuis 1977 par son voisin néerlandais (208 jours) et se dirige vers un triste record du monde, détenu par l'Irak, à qui il avait fallu 289 jours pour former un cabinet en 2009.

"Pas de gouvernement, un pays formidable !", clamait à ce sujet sur le mode ironique une banderole de la manifestation dimanche.

 

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Jan 2011 à 17:14

Plus de 34 000 Belges ont défilé hier à Bruxelles dans le cadre d’une marche de « la honte » pour dénoncer la crise politique dans le pays, privé de gouvernement depuis 224 jours.

 

Pour la première fois depuis les élections législatives belges du 13 juin 2010, des citoyens belges ont exprimé massivement, hier, leur exaspération face à l’impasse politique. Ils répondaient à l’appel de cinq étudiants « politiquement neutres », largement popularisé via internet.

 

« Qu’est ce qu’on veut ? On veut un gouvernement », scandaient les protestataires, jeunes souvent, et habillés pour certains de combinaisons blanches, au 224 e jour de la crise politique qui prive le pays de gouvernement, un record d’Europe.

 

Nombre de manifestants arboraient une affichette avec le slogan « Se diviser ? pas en notre nom ! », mot d’ordre d’une réunion d’artistes et intellectuels organisée à Bruxelles vendredi soir, qui a fait grand bruit. Les participants, flamands et francophones mêlés, y ont dénoncé la ligne nationaliste défendue par le parti indépendantiste sorti vainqueur des législatives, la Nouvelle Alliance flamande (N-VA), qui contribue à l’actuel blocage politique.

 

Sur le ton de l’humour, le francophone Philippe Geluck, célèbre dessinateur du « Chat », a appelé à une « révolution des moules et des frites » sur le modèle de la « révolution de jasmin » tunisienne.

 

Autre slogan à succès, « Une barbe pour la Belgique », s’affichait sur des autocollants arborés dimanche par certains des 34 000 manifestants répertoriés par la police, suite à un appel de l’acteur belge Benoît Poelvoorde à ne plus se raser jusqu’à ce que la crise soit dénouée.

 

« On veut une solution. Pas cette guerre de tranchées entre partis politiques », a renchéri un autre manifestant, Christophe, 27 ans, chercheur en sociologie de l’université d’Anvers, en Flandre. De nombreux Flamands s’étaient joints aux francophones pour la manifestation, point d’orgue d’un appel à la mobilisation citoyenne.

 

La marche reflète un début de fracture entre Flamands, depuis que la droite néerlandophone — la N-VA et les chrétiens-démocrates du CDV — a rejeté le 6 janvier une énième base de compromis pour former un gouvernement.

 

Ce texte a été en revanche appuyé par la gauche flamande — socialistes du SPA et écologistes de Groën — comme par les trois partis francophones — socialistes du PS, centristes du CDH, et Écolo — participant depuis plus de sept mois aux interminables négociations à sept.

 

Sentant le danger, le chef de la N-VA, Bart de Wever, a adressé une mise en garde samedi soir : « Que ceux qui veulent se débarrasser de nous n’ont qu’à le dire clairement ! »

 

Seul incident du rassemblement de hier, cinq extrémistes flamands ont été interpellés par la police alors qu’ils tentaient de détruire des tracts destinés aux manifestants.

 

L’un des organisateurs de la marche, Simon Vandereecken, un graphiste de 23 ans, s’est réjoui d’un succès «qui a dépassé nos espérances». «Nos hommes politiques vont devoir réagir après une telle mobilisation. Dans le cas contraire, on verra quelles initiatives prendre», a-t-il souligné.

 

La Belgique est administrée depuis l’été 2010 par un cabinet chargé d’expédier les affaires courantes faute d’accord sur une nouvelle réforme de ses institutions.

 

Les francophones de Wallonie et Bruxelles veulent limiter l’autonomie renforcée que réclament les Flamands (60% des onze millions de Belges), notamment dans le domaine fiscal, de peur que ce soit le début de la fin pour le pays.

 

le 24/01/2011 à 00:00 L’Alsace.fr

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Jan 2011 à 11:58

Francophones et Flamands dans la rue

Environ 50 000 personnes ont défilé hier à Bruxelles pour dire leur ras-le-bol du blocage politique et leur attachement à la Belgique. Bruxelles, en.voyée spéciale

 «Belgique on t’aime», «Samen», «Tous ensemble» scandés dans les deux langues… Les Belges étaient nombreux, venus de Flandre comme de Wallonie, par ce dimanche froid et pluvieux, pour dire aux politiques de «trouver une solution, et vite». Car plus de sept mois après les élections, c’est toujours un gouvernement transitoire qui expédie les affaires courantes. Il aura fallu l’appel lancé par un groupe d’étudiants des universités flamandes de Gand, Leuwen et Bruxelles et démultiplié par Internet pour que les citoyens se décident à descendre dans la rue. Mais ils l’ont fait en masse (35 000 selon la police, plus de 50 000 selon les manifestants). Et cette manifestation qui se voulait à l’origine « apolitique », par peur de la voir récupérée par certains partis, est devenue très politique, puisque largement « pro-belge ». Les drapeaux « noir jaune rouge » étaient nombreux et beaucoup de manifestants arboraient un autocollant bilingue proclamant : « Scinder ? Pas en notre nom.»

C’est, très nettement, le nationalisme flamand et sa prétention séparatiste qui étaient visés. Le seul incident du parcours eut lieu quand un petit groupe de la NVA (le parti de Bart De Wever) agita des lions de Flandre et des slogans scissionnistes. Hués, poursuivis, ils prirent la poudre d’escampette. Cette manifestation d’une volonté de rester belge influencera-
t-elle les négociateurs ? Elle vient juste après la soirée très animée organisée vendredi au Théâtre royal flamand par des artistes de toutes disciplines du Nord comme du Sud qui, eux, ont dénoncé le nationalisme. Dans les deux cas, les organisateurs ont promis de continuer le combat jusqu’à ce qu’on les entende.

Françoise Germain-Robin http://www.humanite.fr/23_01_2011-francophones-et-flamands-dans-la-rue-463125

Avec les heures le chiffre des manifestants augmente. 35 000 selon la police et 50 000 selon les organisateurs, il n'y a que les journalistes bourgeois et décadents de France pour ne rien remarquer.


Edité par Jef. - 26 Jan 2011 à 12:00
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Feb 2011 à 11:46
Interview de Manu Abramovicz dans télémoustique (130.000 exemplaires) avec une bonne analyse de la manifestation Shame et du rôle qu'y a joué le PTB.

http://www.telemoustique.be/tm/magazine/12766/dire-non-cela-commence-dans-sa-rue.html

Dire non, cela commence dans sa rue


Actu-Société
Professeur en travail social et communication (HELB-Prigogine) et coordinateur du web-média antifasciste RésistanceS.be, Manuel Abramowicz étudie les diverses formes et courants de mobilisation actifs en Belgique.

Toutes les grandes mobilisations populaires ont été déclenchées pour des motifs très terre à terre..

Dans Rebelles et subversifs de nos régions, le livre à paraître mi-février et dirigé par Anne Morelli aux éditions Couleur Livres, il signe le chapitre Des rebelles en Belgique, encore aujourd'hui?

Dit-on encore souvent non, aujourd'hui, en Belgique?
Manuel Abramowicz. - Contrairement à ce qu'on pense, oui! Dire non, cela commence dans sa rue ou son immeuble, dans le quotidien le plus immédiat, dès qu'une injustice apparaît. Les manifestations les plus discrètes sont la signification d'un engagement essentiel: intervenir lors d'une agression en pleine rue, protester contre des propos racistes tenus par un voisin, c'est déjà résister et s'opposer. C'est un comportement de citoyen actif. Et il n'y en a pas moins en Belgique qu'ailleurs. Il existe de nombreuses associations citoyennes de base dans lesquelles des Belges sont actifs. L'engagement n'est pas si marginal que cela.

Pourtant, on entend souvent que, chez nous, on ne descend dans la rue que pour commémorer des enfants disparus. Ou, au mieux, pour émettre de vagues protestations bien-pensantes.
C'est la vision parfois émise par des intellectuels méfiants vis-à-vis de mouvements populaires autonomes, du type Marche blanche, dans lesquels il n'y aurait qu'une effusion collective de bons sentiments. Toutes les grandes mobilisations populaires ont été déclenchées pour des motifs très "terre à terre". Rappelons cependant quelques observations. Au-delà de l'émotion, la Marche blanche d'octobre 1996 illustrait aussi la "Belgique d'en bas" où le caractère social était perceptible. Que dénonçait-elle? L'absence de sanctions envers des enquêteurs chargés de retrouver les enfants enlevés. Le sentiment prévalait alors que, si un ouvrier commettait une faute, il était aussitôt viré de son boulot, à l'inverse de policiers qui avaient manifestement "dysfonctionné" pour retrouver vivantes Julie et Mélissa. Bien qu'elle ait pu sembler à la limite du "poujadisme", la manifestation SHAME du 23 janvier a aussi exprimé des revendications plus idéologiques. On a pu ainsi voir des calicots scandant "Vite un gouvernement pour faire payer les banques!". Le Parti du Travail de Belgique (PTB), la plus importante formation de la gauche contestataire, forte d'une quinzaine d'élus communaux et de résultats électoraux proches des 10 % dans des communes populaires, avait "mobilisé en masse" ses militants pour soutenir cette manifestation.

On pourrait vous répondre que le PTB n'était là que pour tenter de teinter d'idéologie une mobilisation qui n'en voulait pas.
Il faudrait en finir avec la vision romantique des grandes révolutions de l'histoire. Certes, les révolutions française et russe ou Mai 68 ont été initiés par des avant-gardes révolutionnaires engagées dans un long processus de rébellion. Mais elles n'ont eu d'effet qu'après avoir réussi à mobiliser une part suffisante de la population. Pour finir, c'est toujours la majorité jusqu'alors silencieuse - et faiblement "idéologisée" - qui décide du succès ou non des grandes mobilisations historiques. Le clash final pour abattre tout régime réside dans le rapport de force existant entre les "gardiens de l'ordre" et le peuple en lutte. Pour la grande masse, l'adhésion idéologique est parallèle au déclic révolutionnaire.

Les 35.000 qui ont manifesté le 23 janvier ne forment pas encore un grand mouvement populaire. On peut même se demander si, en Belgique, ce ne sont pas toujours les mêmes qui descendent dans la rue.
Une manifestation, un dimanche, cela reste une "promenade" prise sur le temps de loisir. Il faut multiplier par au moins trois ou quatre le nombre des participants pour savoir combien étaient susceptibles d'aller manifester. Faites le compte: la très grande majorité des Belges ne sont jamais descendus dans la rue. Et puis, qui voyait-on à cette manifestation? Beaucoup de sensibilités proches du CDH. Cela ne m'étonnerait pas que nombre de ces manifestants soient déjà engagés dans des groupes citoyens, ne fût-ce que des comités de quartier, par exemple. En tout état de cause, c'était des gens conscientisés, qui avaient déjà mis le pied à l'étrier de l'action citoyenne d'une façon ou d'une autre. Cela s'est déjà vu lors des grandes manifestations contre les implantations de missiles dans les années 80, avec la participation active de nombreux mouvements scouts flamands, extrêmement bien organisés au préalable.

A l'époque, aussi, on manifestait encore dans un contexte belgo-belge: on adressait directement à l'Etat des griefs imputés à l'Etat. Aujourd'hui, dans le contexte d'une économie mondialisée, manifester à Bruxelles, même massivement, ne doit pas émouvoir le trader londonien ou le banquier d'affaires new-yorkais qu'on tient pour responsables de la crise.
Oui, mais on ne descend pas dans la rue uniquement pour obtenir un résultat concret. On veut également partager son indignation avec d'autres. Si vous réduisez la manifestation SHAME à sa seule revendication - forcer la constitution d'un gouvernement -, c'est un échec, vu la démission de Johan Vande Lanotte à peine trois jours plus tard. Mais c'est une erreur de croire que, dans les périodes d'incertitude, les manifestations sont les uniques événements clés. Ce sont surtout des lieux où l'action citoyenne se forme, où des réseaux se construisent, où des compétences s'acquièrent, qui prendront leur véritable dimension bien plus tard. En dépit de tout ce qu'on lui reproche, SHAME n'était peut-être pas la conclusion d'un mouvement, mais la confirmation de la survie de l'auto-organisation de franges de l'opinion publique. Des noyaux de résistance qui pourront peut-être un jour agir efficacement pour contrer les diktats des traders et mettre ainsi au tapis le système véritablement colonialiste du pouvoir financier.

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Feb 2011 à 11:39
Dans l'Humanité du 1er février.

Des artistes flamands en résistance

Face aux menaces de division de la Belgique, des artistes se mobilisent. Liège (Belgique), correspondance.

«Diviser ? Pas en notre nom !» Ce slogan, crié et porté en badges par nombre des manifestants qui battaient le pavé de Bruxelles le 23 janvier, est celui adopté par un groupe d’artistes flamands qui mobilisent contre le séparatisme du parti nationaliste de Bart de Wever, la NVA. Devenu en juin dernier le premier parti de Flandre, ce dernier bloque depuis six mois toute formation d’un nouveau gouvernement belge.

Le comédien Dirk Tuypens est l’un d’entre eux. Héros de plusieurs séries policières de la VRT, la télévision flamande, il recevait vendredi 28 à Liège le pavé d’or du militantisme, décerné par le PTB (Parti du travail de Belgique), dernier parti unitaire et bilingue du pays. En le lui remettant, le professeur Robert Halleux (1) n’a pas manqué de rappeler que « ce slogan magnifique est aussi celui des soldats israéliens qui refusent de servir en Palestine occupée ».

« Au départ, souligne Dirk Tuypens, nous étions un petit groupe d’une vingtaine d’artistes et de créateurs anversois à nous réunir en disant : il faut faire quelque chose contre le nationalisme, c’est trop grave. Bart de Wever parle de guerre entre l’identité flamande et l’identité belge et affirme qu’il faut choisir entre les deux. Pour nous, c’est intolérable. En tant que créateurs, il nous fallait réagir, car la culture a pour objet d’unir les gens, pas de les diviser. Refuser la division, c’est le sens de notre appel. » Non contents de recueillir des signatures au bas de l’appel « Pas en notre nom » qu’ils portent, ces artistes ont organisé une première manifestation culturelle de résistance au nationalisme au KVS (Théâtre royal flamand). « Le succès de cette soirée, pointe Tuypens, prouve qu’il est faux de considérer la fin du pays comme inéluctable. Nous allons continuer la résistance. »



(1) Professeur à l’université de Liège.

Françoise Germain-Robin

http://www.humanite.fr/01_02_2011-des-artistes-flamands-en-résistance-463835
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Feb 2011 à 17:00
Dans l'Huma de ce 3 février (heureusement qu'elle est là, FGR).


Les libéraux belges appelés à la manœuvre

Le roi demande, dans une ultime tentative, aux représentants du Parti libéral de sortir le pays de la crise la plus longue de son histoire, dans un climat social marqué par une série de grèves.

Bruxelles, correspondance. Le roi Albert II a chargé le vice-premier ministre et ministre des Finances, Didier Reynders (1), d’explorer à nouveau les possibilités d’un accord institutionnel sur la réforme de l’État fédéral. Il a aussi demandé au premier ministre en fonction, le chrétien-démocrate Yves Leterme, de prendre des mesures au plan économique et social afin de faire face à un climat social tendu, marqué par une multiplication des grèves sectorielles. Celles-ci ont touché, mardi, les services publics à Bruxelles, où une manifestation a eu lieu à l’appel des syndicats socialiste et libéral.



Une véritable attente

S’estimant « pris en otages » par l’absence de décisions gouvernementales, les grévistes réclament des hausses de salaire, mais surtout davantage de personnel statutaire. « Aujourd’hui, s’indigne un gréviste, les statutaires représentent moins de 14 % dans le secteur public qui a de plus en plus recours à des précaires. »

Lundi, déjà, le syndicat des cadres, employés et techniciens (Setca), affilié à la FGTB (Fédération générale des travailleurs de Belgique), avait lancé un mot d’ordre de grève très suivi à Charleroi et Mons, où de nombreuses grandes surfaces ont été fermées. Le mouvement s’est poursuivi mardi dans le Hainaut et en Flandre. Il exprime la colère de la base face à un accord interprofessionnel entre patronat et centrales syndicales, signé en janvier et déjà rejeté par le Setca, car il limite les augmentations de salaire au strict respect de l’indexation automatique sur l’inflation.

« Il y a une véritable attente des salariés en matière de pouvoir d’achat, car les entreprises, elles, ont renoué avec les bénéfices », explique Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB, qui se prononcera vendredi sur l’accord, déjà approuvé par le syndicat chrétien (CSC) et le patronat.



Grève générale annoncée

D’autres mouvements sont prévus avec, le 11 février, une grève générale de B. Post (le service postal privatisé où le statut des postiers est gravement remis en cause).

Pour Raoul Hedebow, porte-parole du PTB (Parti du travail de Belgique), « le retour des libéraux n’est pas une bonne nouvelle : le patronat réclame un gouvernement à tout prix pour couper dans les crédits sociaux et appliquer une cure d’austérité. Selon les directives du FMI, il faut économiser 22 milliards d’euros, soit 18 fois plus que les coupes qui ont provoqué les grandes grèves de 1960. Ces milliards, ils comptent aller les prendre dans les poches des travailleurs. On sait qu’il y a déjà, tout prêt, un plan pour reculer de quatre ans l’âge de départ effectif à la retraite, qui est aujourd’hui de 59 ans. Cela alors que le pays compte déjà 700 000 chômeurs. Et de nouvelles attaques contre les services publics se préparent. Seule une mobilisation syndicale et sociale peut les arrêter ».



(1) Didier Reynders est encore, jusqu’au 13 février, président du Mouvement réformateur (Parti libéral et Front des francophones). Charles Michel a été élu pour lui succéder.

Françoise Germain-Robin
http://www.humanite.fr/02_02_2011-les-libéraux-belges-appelés-à-la-manœuvre-464190

Edité par Erve - 04 Feb 2011 à 17:02
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Feb 2011 à 02:16

En Belgique, la "révolution des frites"

 
 
La Belgique égale ce 17 février le record du monde de la plus longue crise politique : 249 jours sans gouvernement après les législatives du 13 juin 2010. Seul l'Irak a connu un tel marasme jusqu'à présent. Les étudiants, wallons comme flamands, sont ceux qui s’en émeuvent le plus.

A l’appel d’une trentaine d’associations étudiantes de la plateforme nationale «Niet in onze naam/Pas en notre nom», bilinguisme à la belge oblige, il y a ce jeudi 17 février des manifestations dans plusieurs villes étudiantes de Belgique. Elles doivent toutes se dérouler sur un mode ludique ou festif.

"Nous en avons assez des jeux politiciens. Il faut rapidement un gouvernement et une réforme des institutions qui profitent à tous les Belges", a déclaré Kliment Kostadinov, un étudiant gantois à l'origine d'un appel à la mobilisation.

Avec des étudiants d'autres universités flamandes et francophones, il a mis sur pied une série d'actions labellisées "révolution des frites" -- clin d'œil à la "révolution du jasmin" tunisienne -- qui se dérouleront dans plusieurs grandes villes.

Des "DJ" animeront le centre d'Anvers (nord), tandis qu'à Liège (sud-est), les étudiants organiseront une "flash-mob", un rassemblement très prisé sur l'internet.

A Louvain (centre), quelque 300 cornets de frites seront distribués gratuitement. A Bruxelles, un rassemblement est prévu devant le palais de justice.

A Gand (ouest), "249 personnes personnes se mettront en petite tenue", explique M. Kostadinov, en référence au record irakien.

Ces initiatives ont reçu le soutien des cinq jeunes qui avaient organisé le 23 janvier une "manifestation de la honte" ayant rassemblé quelque 35.000 personnes à Bruxelles pour appeler les partis à sortir le pays de l'ornière.

Chacun y va de sa proposition. Le comédien Benoît Poelvoorde a invité les Belges à ne plus se raser jusqu'à la formation d'un gouvernement, une sénatrice a, elle, demandé à ses compatriotes de faire la "grève du sexe".

Plus précis dans leurs revendications, les personnes à l'origine de la "révolution des frites" s'opposent au nationalisme et au séparatisme, alors que les indépendantistes flamands ne cessent de grimper dans les sondages.

Huit mois après les élections, toutes les tentatives pour former une coalition ont échoué.

En vain, le roi continu à envoyer dans l'arène les uns après les autres des médiateurs pour tenter de combler le fossé entre partis flamands et francophones.

Les divisions restent énormes sur la réforme institutionnelle réclamée comme préalable à la constitution d'un gouvernement par les partis néerlandophones. En attendant, le pays reste gouverné par un cabinet chargé d'expédier les affaires courantes.

Aiguillonnés par les indépendantistes de la N-VA, les Flamands revendiquent une très large autonomie pour leur région, la plus prospère du pays. Les francophones, quant à eux, craignent l'appauvrissement de Bruxelles et de la Wallonie, voire l'éclatement du pays.

Les étudiants ont en particulier décidé de réclamer le maintien du système actuel de sécurité sociale, menacé par les velléités d’autonomie fiscale de la Flandre. Ils préconisent aussi la création d’une circonscription législative unique pour l’ensemble du pays.

Patria socialismo o muerte

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Feb 2011 à 10:57
Je vais faire un article sur le sujet de discussion "Que se passe-t-il en Belgique ?" pour aller plus en précision et en analyse sur ce mouvement, dont je suis très fier. :-)
Je vous propose de réagir sur l'autre sujet (pour ne pas que les commentaires soient noyés par les articles, si j'ai bien compris).

J'ajoute que je trouve très bien l'article de l'Huma ci-dessus, il a très bien saisi les enjeux économiques qui se cachent derrière tous ces débats communautaires.

Edité par Erve - 18 Feb 2011 à 14:33
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Apr 2011 à 04:06

Belgique: un an sans gouvernement

La presse belge se désole ce vendredi de l'absence de nouveau gouvernement, un an jour pour jour après la démission du Premier ministre Yves Leterme, relevant que si le pays "tourne" encore, le fossé n'a jamais été aussi grand entre Flamands et francophones.

"Pendant ces douze mois, c'est un pourrissement lent, souterrain et donc pervers de l'idée d'Etat belge qui s'est produit", estime le journal francophone Le Soir. "Une nouvelle Belgique plus efficace, structurée, pacifiée, aurait pu, aurait dû naître de ce chaos. Constater qu'il n'en est rien aujourd'hui suscite le dépit, la déception, et une forme, oui, de dégoût", ajoute son éditorialiste. (à lire: Les libéraux appelés à la manoeuvre)

  • La Belgique fonctionne quand même

Le 22 avril 2010, le Premier ministre Yves Leterme, un chrétien-démocrate flamand, avait dû jeter l'éponge à la suite du départ d'un parti clé de sa coalition, les libéraux flamands, mécontents d'un blocage sur les droits linguistiques des francophones de la banlieue néerlandophone de Bruxelles. Le roi Albert II avait accepté la démission du gouvernement le 26 avril. La poussée des indépendantistes flamands de la N-VA, arrivés en tête côté néerlandophone lors des élections anticipées du 13 juin qui ont suivi, a encore compliqué la situation.

"Je ne regrette rien", assure pourtant vendredi dans le quotidien économique L'Echo Alexander De Croo, le jeune chef des libéraux flamands. Comme Le Soir, qui titre "Et pourtant elle tourne", M. De Croo souligne dans le quotidien économique que la Belgique a, malgré le régime des "affaires courantes" de son gouvernement depuis un an, réussi sa présidence de l'Union européenne et que le pays s'est doté d'un budget solide.

  • Difficultés en vue en économie

L'agence de notation Standard & Poor's a toutefois menacé, rappelle Alexander De Croo, d'abaisser la note de la dette belge s'il n'y a pas de gouvernement d'ici à l'été pour entreprendre les réformes économiques nécessaires, notamment en matière de retraites. "L'été approche, nous prenons de véritables risques", avertit-il. "Penser que l'on peut continuer à vivre dans cette sorte de ''quatrième dimension'' est une dangereuse illusion", estime aussi le quotidien flamand De Standaard.

  • Profondes divergences entre communautés linguistiques

L'attitude qu'adoptera la N-VA reste déterminante. Son chef, Bart De Wever, qui réclame avant la formation d'un gouvernement une très large régionalisation des pouvoirs pour accroître l'autonomie financière de la Flandre, estime encore insuffisantes les concessions faites ces derniers mois par les francophones. "Tout le monde connaît les contours d'un accord. Si un parti, la N-VA ou un autre, décide de ne pas y aller, qu'il laisse les autres avancer et essayer de conclure", a lancé vendredi dans le journal La Libre Belgique la présidente du parti centriste francophone CDH, Joëlle Milquet. (à lire: Francophones et flamands dans la rue)

Le quotidien flamand De Morgen fête l'anniversaire de la chute du gouvernement à sa manière, en refusant de publier la moindre information politique belge dans son édition de vendredi.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 May 2011 à 00:13

La crise belge vue par les médias



Daniel Zamora


Pour le lecteur français, la « crise » belge est un casse-tête dont le sens dépasse largement les infos que l’on peut glaner dans la presse. Cependant, est-ce bien la complexité de la crise qui rend sa compréhension impossible ? Ou plutôt la manière dont en parlent les médias ?


Cet article ne visera pas à revenir sur les raisons de cette crise. Après plus de 300 jours sans gouvernement, et une crise qui dépasse largement ce cadre (on pourrait remonter facilement à 2007), il serait difficile d’en expliquer clairement les fondements en quelques lignes. Cependant, son traitement médiatique nous offre l’occasion de revenir sur certaines de ses caractéristiques fondamentales souvent mises de côté par les éditorialistes et les « experts ».

 

Une crise ? Quelle crise ?

Aujourd’hui, la grande majorité des médias et des analyses sur la situation belge parlent d’une « crise institutionnelle  », d’une « crise communautaire », d’un « conflit entre flamands et francophones  ». On peut ainsi lire ces termes dans l’ensemble de la presse belge, mais également française et internationale. L’immense majorité des médias traduisent cette crise comme un conflit linguistique et institutionnel (autour d’une réforme de l’État) entre flamands et francophones.

À la lecture de la presse, il existerait deux « Belgiques » : celle du Nord et celle du Sud. Ces deux « Belgiques », n’ayant rien en commun, c’est dans leur différences qu’il convient de chercher l’origine du conflit. [1]. Cette vision renforce ainsi l’interprétation communautarisée du problème au détriment de ses aspects sociaux et économiques largement occultés dans l’ensemble du débat public.

En ce sens, si cette dénomination pour la situation belge n’est pas totalement fausse, elle est cependant largement incomplète car elle masque les conflits sociaux sous-jacents et notamment une opposition entre le patronat et l’ensemble du monde du travail belge. En effet, bien qu’en apparence bloquée dans une crise d’une « réforme institutionnelle », la Belgique est loin d’être un îlot isolé des plans d’austérité et de la crise économique qui touche aujourd’hui toute l’Europe. Si l’on aime présenter une Belgique « divisée » et se questionner sur ses identités régionales, aucun média n’a pourtant relevé que les organisations syndicales, elles, sont bel et bien unitaires, et se sont largement mobilisées contre le nationalisme.

Cependant, loin d’expliquer aux citoyens les enjeux énormes d’une telle scission, la réforme institutionnelle proposée est toujours présentée comme un dossier assez technique, ou les intérêts opposent « flamands et francophones ». Le Nouvel Observateur (29 mars 2011) parle de « discussions byzantines entre Flamands et francophones », Libération (25 février 2011) de «  fracture entre Francophones et Néerlandophones », recopiant ainsi pieusement ce que disent les quotidiens belges. Les journaux belges parlent ainsi d’un accord qui devrait être « acceptable pour les francophones » [Le Soir, La Libre Belgique, La Dernière Heure,…], ne franchissant pas la « ligne rouge pour les francophones » (Le Soir, 10 janvier 2011), ou « équilibré pour les flamands » [De Morgen, De Standaart, Het Nieuwsblad,…]… Nous pourrions ainsi établir une liste sans fin du vocabulaire utilisé afin de réduire cette crise au conflit de communautés ayant des intérêts divergents.

Cette façon de transcrire ce qui se passe en Belgique est presque sans exception, aucun article dans la presse dominante n’a trouvé pertinent d’expliquer que la réforme discutée allait à l’encontre des travailleurs de l’ensemble du pays comme l’ont fait remarquer les syndicats. Très rares ont été les articles où l’on a pu lire les paroles du président du syndicat FGTB [Fédération générale du travail de Belgique] : « On nous chante sur tous les tons qu’une sixième réforme de l’État est absolument nécessaire. Que les régions ont besoin d’autonomie fiscale. Mais quel est le véritable agenda de Bart De Wever et consorts ? C’est le démantèlement de notre modèle social. […] Et cela, la FGTB ne peut l’accepter  ».

Or, en reproduisant constamment une vision « communautarisée » du conflit, les médias participent activement à l’occultation de son aspect social et du mouvement qui se construit.

 

Flamands nationalistes contre Wallons socialistes ?

Reste l’idée bien implantée selon laquelle le Nord est « de droite » et « nationaliste », et le Sud est plutôt « de gauche » et « social »… Les demandes séparatistes ne seraient que « flamandes ». On pouvait ainsi lire dans Le Nouvel Observateur que « cette dérive nationaliste et extrémiste de la Flandre affole et hérisse Bruxelles et la Wallonie, les deux régions francophones où la gauche est majoritaire et l’extrême droite inexistante » (25 février 2011). Dans le Monde du 27 janvier 2011, on parle de « radicalisation de l’opinion flamande » et du « succès du courant nationaliste ou indépendantiste. » Parallèlement au refus de «  la plupart des francophones  » concernant les grandes réformes de l’État. Libération (10 février 2011) écrit qu’« aucun accord de majorité n’a été trouvé entre les Néerlandophones (entre 55% et 60% de la population), travaillés par des velléités indépendantistes, et la minorité francophone, attachée à l’unité belge. » Idem pour le Figaro (23 janvier 2011) qui fait dans l’originalité : « Les Flamands (60% des quelque 11 millions de Belges) réclament une autonomie nettement renforcée pour leur région septentrionale, notamment dans le domaine fiscal et social. Les francophones cherchent à limiter cette décentralisation de crainte de perdre les transferts financiers qu’ils perçoivent de la Flandre et parce qu’ils y voient le début de l’éclatement du pays. » Cette manière de dépeindre les communautés repose essentiellement sur des stéréotypes et ne correspond pas vraiment à la réalité.

Ainsi, la presse, est souvent dans un discours qui semble réduire la crise Belge à une crise communautaire et linguistique sans parler des conflits sociaux sortant totalement du cadre linguistique.. Jean Quatremer de Libération (29 mars 2011) s’aventure ainsi à poser une question sortant des sentiers battus : «  Reste une question que personne n’ose poser : est-ce l’intérêt des Francophones d’assister à cette lente agonie de la Belgique ? »

Ainsi, aucun média n’ose poser cette autre question : La logique de division n’est-elle pas contre l’intérêt de l’ensemble les travailleurs belges ? Contre l’intérêt des travailleurs francophones, néerlandophones, germanophones,… Cette question, est totalement absente du traitement médiatique de la question communautaire en Belgique.

Le politologue Dave Sinardet de l’Université d’Anvers avait ainsi répété de nombreuses fois que « toutes les études sur le comportement électoral des Flamands montrent que le communautaire est au bas de leurs priorités. Et que les séparatistes ne représentent que 10 % de la population flamande.  » Ainsi, ni en Wallonie, ni en Flandre, la majorité de la population ne veut du scénario séparatiste. Mais les éditorialistes aiment enfermer le débat dans un cadre communautaire évacuant tout autre clivage permettant de poser d’autres questions, des questions qui fâchent. « L’opinion publique » flamande ou francophone est de ce point de vue une construction médiatique permettant plus que jamais de problématiser et de définir les termes du débat.

 

Des mouvements « belgicains » ?

Le traitement médiatique et politique des nombreuses manifestations citoyennes unitaires contre le séparatisme est également à souligner. Ainsi, la grande manifestation « SHAME » du 23 janvier à Bruxelles ayant mobilisé entre 30.000 et 45.000 personnes (évènement assez rare en Belgique) est révélateur d’un certain déni du versant social et progressiste du mouvement. Le principal quotidien francophone (Le Soir) s’empressa de réaliser une enquête pour connaître la composition linguistique de la manifestation. Ainsi, on y apprenait assez naturellement qu’il y avait plus de francophones que de néerlandophones (résultat logique puisque Bruxelles est une ville majoritairement francophone). Cependant, ce type de « résultats » ne sert évidemment que les partis nationalistes du nord du pays s’offrant une occasion unique de discréditer une forte mobilisation car étant «  essentiellement francophone  ».

Cette manifestation, comme tous les autres mouvements depuis le début de l’année (notamment étudiants), sont également présentés comme apolitiques, « pour » la Belgique, c’est-à-dire « belgicains ». Ainsi, le mouvement lancé par les étudiants de tout le pays est présenté très platement par les médias français. Le Nouvel Observateur (29 mars 2011) - comme la plupart des autres médias - s’extasie sur le surréalisme et les « frites » : « En Belgique, où le surréalisme fait toujours florès, certains avaient "célébré" dès le 17 février le franchissement de la barre symbolique des 249 jours en organisant une "révolution de la frite" au cours de laquelle des dégustations du célèbre plat national avaient rassemblé plus de 5.000 personnes aux quatre coins du pays. »

Or loin de « célébrer » le record, des étudiants de tout le pays se sont mobilisés pour protester contre la situation actuelle et pour mettre en avant des revendications bien peu relayées par les médias. Loin d’avoir fidèlement expliqué le pourquoi des mobilisations, les médias ont avant tout photographié les drapeaux belges et des étudiants mangeant des frites.

 

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TF1 brille particulièrement en la matière puisque son reportage diffusé dans le JT du 17 février 2011, reproduit tous les lieux communs éculés sur les Belges sans même dire un mot du fond politique des mouvements étudiants : « Surréalisme », « Frites », « Humour »,… Mais où sont passées les revendications ? Disparues évidemment…. « Aucun vrai mouvement de fond » déclare la « reporter » de TF1 très sûre d’elle. Peut-être aurait-elle du écouter le discours des organisateurs, ou lire les grandes banderoles affichant clairement les revendications politiques… Mais il est évidemment plus simple de conserver l’image du belge bon vivant dévorant ses frites plutôt que mobilisé et surtout politisé.

Pourtant, le mouvement était loin de se résumer à un cornet de frites. Les étudiants flamands et francophones réclamaient le maintien d’une sécurité sociale fédérale, le refinancement de l’enseignement à 7% du PIB, l’investissement sérieux dans le bilinguisme,… Cette « voix », s’est faite entendre autant en Flandre qu’en Wallonie et à Bruxelles, par des appels et actions du monde artistique, scientifique et syndical. Une « voix » manifestant une volonté de défendre les grands acquis sociaux du mouvement ouvrier belge… et peu relayée par les médias.

 

Le mouvement « s’effrite »…

Depuis la deuxième grande mobilisation, un nouveau mot d’ordre sévit : le mouvement perd du terrain ! On peut ainsi lire dans Le Nouvel Observateur [29 mars 2011] : « De nouvelles distributions de frites et des concerts sont au programme, mais le cœur ne semble plus y être, l’appel à manifester ayant cette fois été peu relayé par la presse et sur les réseaux sociaux. […] Dans un climat morose que tenteront d’égayer des distributions gratuites de frites dans les villes universitaires  ». Ou dans Libération [17 février 2011] : « Le pari a largement échoué : seuls quelques centaines de jeunes se sont déplacés pour dénoncer le nationalisme flamingant... » Le correspondant de Libération, Jean Quatremer écrivait déjà lors de la première mobilisation «  Une révolution de la frite qui fait pschiiiiiiiiittttttttt  ». La presse belge ne fait évidemment pas exception à la règle. Le Soir titrant « les frites font moins recette » expliquant la perte de vitesse par rapport au début du mouvement. Le journal télévisé belge de la RTBF [29 mars 2011] était également très doué en la matière puisqu’il parle de « succès mitigé », « le mouvement à l’air de s’effriter », « il y a moins de monde qu’attendu  », « résultat moyen », « plutôt clairsemé ». Le reporter se permet de conclure ainsi : « les étudiants ont promis de continuer le combat après les vacances de Pâques. Avec quel succès ? Ça, on verra ! ». Pourtant le mouvement est assez exceptionnel et plutôt étonnant dans les universités belges. Loin de tout pessimisme, du côté de la plate-forme étudiante le mouvement est plutôt vu comme une réussite.

Cependant, un rapide passage en revue des journaux précédents nous indique que ce pessimisme médiatique n’est pas vraiment nouveau. Ainsi, début janvier au début de la constitution de la plate-forme étudiante, des « spécialistes » analysaient qu’ils « ne croyaient pas à la naissance d’un mouvement social durable  », que « personnellement j’ai des doutes sur leurs succès car je ne vois pas en quoi ces mouvements parviendraient à capter l’attention de la population  ». Ou encore « ce n’est pas encore suffisamment dramatique pour descendre dans la rue  » [Le Soir, 12 janvier 2011]. Dix jours après, plus de 40.000 personnes, y étaient, dans la rue !

Outre ces commentaires défaitistes, on n’oubliera pas les nombreux qualificatifs pour caractériser les citoyens mobilisés de « simplistes », ou de « récupération populiste », … Bref, les experts belges font aussi bien que leurs confrères français pour délégitimer toute implication de la « plèbe » dans la politique.

Notes

[1] À ce sujet, même le supplément au Monde Diplomatique de décembre 2010 dépeint l’image d’une Flandre à l’identité « flamingante » et plutôt nationaliste et une Wallonie plutôt « socialiste » laissant transparaître l’idée d’un conflit de communautés, d’identités.

Source : Acrimed

Photographie : Cédric Rutter pour Investig'Action


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Belgique : ultime médiation

Le socialiste Di Rupo propose un programme censé permettre 
de sauver l’unité du pays.

Après plus d’un an sans gouvernement, la Belgique serait-elle enfin proche d’une sortie de crise ? La presse flamande et francophone semble vouloir y croire. Selon elle, le programme du socialiste Elio Di Rupo serait audacieux et concéderait des compromis à toutes les parties.

Le cas épineux de la région Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV) serait traité par un moyen terme : sa scission en deux circonscriptions électorales. En accord avec le statut de région «à facilités», les administrations enverraient leur documentation en français à leurs administrés qui le solliciteraient.

En contrepartie, une revendication de longue date de la NV-A serait satisfaite : les régions de la Belgique fédérale verraient leurs compétences s’élargir. Sur le plan fiscal elles auraient une plus grande marge de manœuvre, et seraient dotées de 17,3 milliards d’euros supplémentaires pour la question de l’emploi notamment.

L’austérité budgétaire est également de rigueur, avec une réduction notable des dépenses de santé, et d’indemnisation chômage. Les salaires des ministres seraient diminués de 5%, tandis que la famille royale verrait son budget gelé.

Selon le formateur nommé par le roi Albert II, il s’agit d’un «équilibre raisonnable». Les neuf principaux partis politiques doivent maintenant négocier l’adoption de ce programme, dans la perspective de la formation d’un gouvernement. Alors que les socialistes affirment qu’aucun plan n’est allé aussi loin jusqu’à présent, tous les autres responsables devront donner une réponse d’ici à demain soir.

Julien Sartre

Source


Bélgica no controla ni su deuda ni su déficit



Edité par T 34 - 14 Jul 2011 à 00:17
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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