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La crise en France

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Mar 2013 à 13:47

Pas de place pour le doute !

 
 
 

Nous voulons cultiver l’optimisme et vaincre le doute qui s’installe même chez certains d’entre nous. Nous sommes actuellement à une étape cruciale de la lutte des classes, un moment politique nous attend et nous devons le saisir.

Pourtant, il n’y a pas de place pour le doute !

Dans sa « Lettre aux membres du parti Bolchévique » du 31 octobre 1917, Lénine finit comme ceci : «  Temps durs. Problème difficile. Trahison grave. Et pourtant le problème sera résolu, les ouvriers serreront les rangs, le soulèvement paysan et l’impatience extrême des soldats au front feront leur œuvre ! Serrons encore les rangs, le prolétariat doit vaincre !  »

Quant à Antonio Gramsci, il disait ceci : «  Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté  »

Voilà deux références historiques qui permettent de nous faire comprendre que tant qu’il y a volonté, il y a espoir, donc possibilité de victoire s’il y a volonté.

Et comme «  La confiance n’exclut pas le contrôle  » et «  Là ou il y a une volonté il y a un chemin  », nous devons nous organiser collectivement et dans la discipline pour combattre et vaincre ce système qui nous oppresse, nous opprime, nous saigne, et qui un jour tombera par la force des travailleurs en lutte pour eux-mêmes.

Si on reste enfermé dans sa propre bulle à écouter la télévision ou ceux qui la regardent pour répéter ce qu’ils ont entendu et qui n’a rien de réconfortant pour l’avenir, il est normal de tomber dans un sentiment d’impuissance et un fatalisme dévastateur.

Par contre, si les militants se rencontrent, qu’ils débattent et analysent collectivement les situations… pour trouver des solutions politiques et prendre des décisions politiques dans l’intérêt des masses populaires et laborieuses, l’émulation collective fait son chemin et fait sortir du sentiment d’impuissance et du fatalisme dévastateur.

Aussi on peut : admirer le socialisme cubain ou soutenir le bolivarisme vénézuélien ; s’appuyer sur les révolutions socialistes ou relire dix fois Karl Marx ; être au côté des résistances palestiniennes ou des indignés espagnols ; militer au côté des sans-papiers, des antifascistes et des anticolonialistes… notre tâche pour apporter le plus grand soutien à toutes ces causes incroyablement justes est de commencer par le commencement et d’être incroyablement optimiste.

Pour cela il faut comprendre politiquement les raisons qui nous amènent à lutter politiquement pour notre classe sociale opprimée par le capitalisme et sa politique de plus en plus ultralibérale et impérialiste.

Les militants syndicalistes de classe ont ces tâches ingrates de revendiquer face à plusieurs adversaires dedans et dehors, et dans un moment où le pessimisme est diffusé à toutes les sauces et dans tous les plats servis par les réformistes et les ultralibéraux. Certes, les militants sincères sont tenaces mais ils commencent à sentir que nombreux de leurs combats vont dans l’échec, même si revendiquer le remplacement d’un carreau d’atelier cassé est nécessaire pour paraphraser Karl Marx.

Le pire est que la misère reste relativement cachée, pourtant elle est là, ne surgissant que par moment, comme pour nous dire « attention si vous ne voulez pas finir comme eux » et nous entraîner dans une forme de culpabilité.

Quand on fait ses courses au supermarché, l’impression n’est pas à la paupérisation des masses… mais quand les factures d’électricité, de gaz ou d’eau tombent, que les impôts sur l’habitation arrivent dans les boîtes aux lettres, n’avons-nous pas l’impression de devenir pauvres ?

Beaucoup vivent sur deux mois, jonglant avec le paiement des factures, et même si certains arrivent encore à mettre quelques sous de côté au prix de sacrifices, la vie est bien dure pour les salariés. Mais alors que dire pour ceux qui vivent des minima sociaux et qui sont cloués au pilori par ceux qui travaillent et qui les considèrent comme des profiteurs assistés voire des voleurs de poules ou des trafiquants… qui n’a pas entendu de telles railleries et de telles sottises autour de soi ?

Notre tâche révolutionnaire est d’unir, d’informer, d’amener un autre discours à cette population qui ne croit plus à la politique alors que la solution pour eux est la politique.

Notre tâche suprême et révolutionnaire est d’être dans cette masse, afin qu’elle comprenne où est son intérêt, afin qu’elle s’empare des luttes pour elle-même.

«  Nous ne pourrons faire la révolution en gants blancs  » disait Lénine et «  chaque cuisinière doit être capable de gouverner un Etat  »

Ainsi, partout des luttes devraient surgir de cette colère [à la fois visible et invisible] du peuple, la colère des ménagères comme dans le Germinal de Claude Berry, avant même que la bourgeoisie n’emploie d’autres moyens beaucoup moins démocratiques ou pacifiques, pour maintenir son autorité et son pouvoir.

L’histoire n’est pas figée au capitalisme comme elle n’était pas figée à la monarchie ou avant à la féodalité. L’histoire poursuit son chemin et la chute du capitalisme est certaine, aussi il est donc important de l’accélérer, ce qui ne peut être que par un affrontement avec la classe qui nous opprime. Ce qui passe par l’unité de ceux qui veulent lutter et qui ont compris combien il est important de dépasser les sectarismes et les tactiques politicardes de compromis et de réformisme.

Le premier peut-être problème est de connaître celles et ceux qui veulent réellement lutter politiquement contre cette barbarie en marche qui finira par une boucherie guerrière si nous n’intervenons pas immédiatement dans une réelle opposition à nos ennemis de classe. Les autres problèmes à régler par les discussions collectives et l’éducation politique, sont l’opportunisme, l’entrisme, l’égocentrisme, l’intellectualisme professoral.

Depuis des mois, nous envoyons des textes/analyse, textes/critique, textes/soutien, des brèves, des articles et des informations jugées importantes dans la lutte des classes… tout ceci est parfois relayés dans les blogs… mais la seule question qui nous a été posée est : « pourquoi restez-vous masqués derrière une adresse mail, donnez-nous un nom »… comme si la Cellule créée en septembre dernier était une illusion ou un fantasme.

Ces envois sont ciblés vers des militants [environ 700], les textes/analyse, textes/critique…malgré qu’ils soient rédigés suite à des réflexions collectives, parfois longs d’autres fois courts, ne sont pas des [tracts] destinés aux masses, mais destinés à celles et ceux qui peut-être comprennent que c’est vers ces masses qu’il faut impérativement aller, vers ce point dur le plus difficile à mettre en confiance.

Aussi, soit nous inquiétons, mais alors pourquoi, soit notre Cellule Ouvrière n’est pas prise au sérieux [sauf par des petits groupes] malgré les débats nourris qui alimentent nos envois et les retours qui encouragent… quelques contacts mais dans l’esprit des camarades, il faut toujours un nom et un numéro de téléphone pour convoquer une personne choisie ou plus connue qu’une autre.

Nous avons décidé qu’il n’y aura pas une tête pour en dépasser une autre, car notre cellule n’est pas un parti mais un groupe de camarades unis dans les luttes, une union de prolétaires avancés dans la compréhension politique, des militants internationalistes et antifascistes, des ouvriers de terrain qui entendent rester sur le pont malgré les tempêtes et les creux, pour tenir le cap et ne plus naviguer à vue ou selon le vent.

Mais des camarades parmi nous doutent, même s’ils restent convaincus de la justesse de cet engagement dans cette cellule ouvrière du bassin minier ouest du pas de calais.

Notre volonté première, est d’être présents au côté des masses populaires laborieuses et avec les habitants des quartiers populaires, afin de proposer de nouvelles méthodes dans l’action politique pour sortir du marasme politicien et des griffes des fascistes qui ne cessent de les montrer.

«  Temps durs. Problème difficile. Trahison grave. Et pourtant le problème sera résolu, les ouvriers serreront les rangs, […] ! Serrons encore les rangs, le prolétariat doit vaincre !  » Que Lénine avait 1000 fois raison !

Les Cahiers communistes : comibase@gmail.com

n°40/

21/03/2013

Cellule ouvrière du bassin minier ouest du Pas-de-Calais.


La rançon de l’austérité : baisse historique du pouvoir d'achat

Baisse du pouvoir d’achat des Français pour la première fois depuis près de 30 ans, hausse en continue du chômage et casse sociale, ce sont les indicateurs d’une mauvaise politique, d’une logique d’austérité qui empêche toute forme de croissance. Et les prévisions de croissance pour 2013 et 2014 sont tout aussi sombres.

Il s'agit du "premier recul depuis 1984" du pouvoir d’achat des Français, quand il avait fléchi de 1,1%, explique l'Insee dans ses comptes nationaux trimestriels publiés mercredi. L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) estime ainsi que le pouvoir d’achat a baissé de 0,8% au quatrième trimestre 2012, et de 0,4% sur l'année.
En cause: la contribution exceptionnelle sur la fortune et les réévaluations liées au gel du barème de l'impôt sur le revenu (qui entraîne son augmentation générale). Cela reste donc pour l’instant les plus aisés qui trinquent, entrainant statistiquement un contrecoup mécanique sur les statistiques. Et encore ces chiffres de l’Insee ne prennent pas en compte la baisse de pouvoir d’achat qui frappera des millions de retraités suite à la désindexation des hausses de pensions sur l’inflation, qui adviendra le 1er avril prochain.

Concrètement, cette baisse de pouvoir d’achat se traduit par "un léger recul de la consommation en 2012" (-0,1%), assure M. Ouvrard, chef de la division synthèse conjoncturelle de l'Insee même si celle-ci se maintient car les Français puisent dans leur épargne. L’institut envisage néanmoins un rebond de 0,6% du pouvoir d’achat au premier trimestre 2013, puis un léger repli de 0,1% au deuxième trimestre.

Chômage en France 4ème trimestre 2012: 10,6% 3ème trimestre 2012: 10,3%
Variation trimestrielle du salaire mensuel de base 4ème trimestre 2012: 0,2% 3ème trimestre 2012: 0,4%
Prix à la consommation (indice) 126,47 en février 2013     100 en 1998
Indicateur de confiance 84 en mars 2013 100 en moyenne 2012

 

"Il est possible et urgent de faire autrement"

"Hausse du chômage, baisse du pouvoir d'achat, croissance nulle... Et si on changeait de politique" se demande le PCF. Et Olivier Dartigolles avance cinq propositions de directions à prendre pour inverser la spirale régressive : 

  • « Face à la « flexicurité », avançons la lutte pour une sécurisation de l'emploi et de la formation construite sur la conquête de nouveaux pouvoirs des salariés et une expansion de la dépense de formation ;
  • Face à la baisse du « coût du travail », travaillons à la baisse du coût du capital, plutôt que la baisse des « charges sociales » optons pour celle des charges financières du crédit aux entreprises, avec la lutte pour un Pôle financier public et un nouveau crédit sélectif pour les investissements créateurs d'emplois et de formations ;
  • Face au pacte budgétaire (TSCG), opposons la lutte pour le financement d'une relance massive des services publics grâce à la création monétaire de la BCE, via un Fonds social, solidaire et écologique de développement européen et une réforme radicale de fiscalité ;
  • Face à l'augmentation de la CSG, obtenons une refonte des prélèvements obligatoires notamment par une nouvelle fiscalité incitatives à l'essor de l'emploi, des qualifications, des salaires et pénalisant et placements financiers ;
  • Face aux privatisations, engageons la lutte pour une nouvelle maîtrise sociale des entreprises publiques et la promotion de Pôles publics d'impulsion et de coopération favorisant un redressement des filières industrielles et de service. »

Pour la CGT, qui insiste sur l’augmentation continue du nombre de chômeurs depuis 22 mois, il est également plus que temps de changer : "Les mêmes causes produisant les mêmes effets, seul un changement radical des politiques économiques et sociales permettra d’inverser la tendance. C’est tout le sens des propositions de la CGT pour une politique industrielle ambitieuse, le développement des services publics, la relance de l’activité et la création d’emplois."

Le moral des ménages touche le fond

Les Français n’ont jamais été aussi pessimistes sur leur niveau de vie futur. C’est surtout l’ampleur des réformes et la rigueur budgétaire qui affectent leur confiance.

Le cap des 3,2 millions de chômeurs atteint en février, la poursuite des politiques d’austérité et la croissance en rade auront eu raison du moral des ménages. Chômage, niveau de vie, consommation, inflation, les Français broient du noir, dixit l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) qui a publié hier son enquête mensuelle sur le moral des Français. Si l’indicateur qui synthétise la confiance des ménages a baissé de deux points en mars par rapport à février et s’élève désormais à 84 points, bien en dessous de sa moyenne de longue période (100 points), c’est avant tout le pessimisme des Français vis-à-vis de leur avenir qui bat désormais des records historiques. L’opinion des ménages sur leur niveau de vie futur est en net recul avec une perte de 5 points en un mois, « se situant ainsi à son minimum historique », précise l’Insee. Les ménages sont également inquiets sur leur situation financière personnelle, passée et future. Bref, ils ne voient pas leurs revenus s’améliorer à la longue. Un sentiment confirmé par la dernière note de conjoncture. Selon l’Insee, le pouvoir d’achat individuel « aurait reculé de 0,8 % en 2012, alors qu’il était quasiment stable en 2011 (- 0,1%) » et la baisse devrait se poursuivre de 0,2 % au premier semestre 2013.

Résultat, les dépenses ne sont pas d’actualité, les Français étant très nombreux à considérer qu’il est plutôt opportun d’épargner (+ 6 points en un mois), afin de se constituer un bas de laine en cas de coup dur. Seul problème : ils sont de plus en plus nombreux à penser que leur capacité d’épargne sera amputée dans les mois à venir. Si bien qu’au cours des trois derniers mois, les mises en chantier de logements neufs ont reculé de 22 % par rapport à la même période un an plus tôt, selon les statistiques du ministère du Logement publiées hier.

Cette dégradation n’est cependant pas une surprise. Car ce sont surtout les nombreuses incertitudes concernant le rythme et l’ampleur des réformes dans le cadre de la rigueur budgétaire qui affectent la confiance des ménages, explique l’économiste Hélène Baudchon. «Depuis qu’il avait atteint son plus haut niveau historique en juin 2009 (à 93) », cet 
indicateur de confiance « avait baissé de 35 points de façon quasi continue », rappelle l’Insee. Mais ce nouveau recul n’est pas de bon augure pour la consommation, principal contributeur à la croissance de l’Hexagone, qui devrait au mieux stagner.

Clotilde Mathieu



Edité par T 34 - 31 Mar 2013 à 16:52
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Apr 2013 à 18:42

De l’air, vite!

Edito, par Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité. "C’est une régénération de la démocratie qui est à l’ordre du jour. Plus la politique s’éloigne de nos concitoyens, plus ils la repoussent (...). Il est plus qu’urgent de se réapproprier la chose publique et de changer de république.

On n’a sans doute pas fini de ressentir les secousses dévastatrices de l’onde de choc provoquée par l’ignoble attitude de M. Jérôme Cahuzac. Cette affaire survient dans un climat général de putréfaction de la vie publique, où s’entremêlent dans de graves soupçons les noms de MM. Strauss-Kahn, Sarkozy, Tapie, Woerth, Guérini, de Mmes Bettencourt, Lagarde et d’autres encore, l’action politique est minée par un discrédit rampant dont il devient urgent de tirer toutes les conséquences. Le dégoût gagne nos concitoyens. Notre république a besoin d’un grand nettoyage.

Voici qu’un ministre chargé de traquer les délinquants fiscaux était lui-même un hyperfraudeur! Se réclamer des valeurs de la gauche et ouvrir un ou des comptes dans des paradis fiscaux révèle déjà une moralité politique plus que douteuse. Mais accepter d’avoir été nommé par la droite président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, puis par François Hollande ministre du Budget, relève de l’injure faite à la nation. Et qui peut certifier aujourd’hui que les premiers aveux aux juges ne dissimulent rien d’autre d’encore plus grave? D’où lui vient tout cet argent? Au-delà de la morale et de l’honnêteté d’un individu, c’est bien le système de l’argent roi, érigé en table de la loi de la réussite, de la compétitivité ou de la concurrence, qui permet l’évasion fiscale, les paradis fiscaux, les spéculations en tout genre. Le capitalisme corrompt les décideurs pour mieux se mettre à l’abri des foudres des peuples qui n’en peuvent plus de subir l’austérité, le chômage et la pauvreté qui galope en silence. Et des décideurs pour qui, comme M. Cahuzac, 
la lutte des classes n’existe pas, se laissent corrompre.

En ce sens, la politique politicienne qui se développe depuis plusieurs heures sur les écrans de télévision et le chahut parlementaire d’hier sont une offense au monde du travail, des retraités et de la création, dont le quotidien n’est fait que de souffrances sociales. Les mêmes bretteurs au portefeuille bien garni chassent ensemble et en meute les petites retraites, les allocations familiales, augmentent la TVA, sacrifient les services publics et veulent imposer, en ce moment même, une loi étouffée par cette affaire, qui offrirait le choix entre la baisse de son salaire et un emploi précaire. Toutes les élites qui ravalent désormais toute contestation au rang de populisme, mesurent-elles bien ce qu’elles sont en train de produire? La crise économique et sociale se double d’une grave crise de confiance. Et, dès lors que la vie publique est minée par les affaires, doublées de mensonges et de tricheries, auxquels s’ajoutent le non-respect des engagements pris avant les élections, une concentration inouïe des pouvoirs au sommet de l’État, un Parlement croupion, contraint d’obéir aux ordres des institutions européennes, nous nous approchons d’une crise de régime.

Quand les mots prononcés par les responsables politiques perdent toute valeur, seuls les actes politiques forts comptent. À commencer par la confiance qui ne pourrait renaître que de la transparence. François Hollande n’a rien annoncé hier de bien significatif. C’est une régénération de la démocratie qui est à l’ordre du jour. Plus la politique s’éloigne de nos concitoyens, plus ils la repoussent. Dès lors, les puissances d’argent dominent et mènent une politique contre celles et ceux qui n’ont que leur travail ou leur retraite pour vivre. Il est plus qu’urgent de se réapproprier la chose publique et de changer de république.

Par Patrick Le Hyaric

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Apr 2013 à 18:21

Les ennemis : la bourgeoisie et sa protection étasunienne.

 
 

L’impérialisme étasunien est devenu le plus puissant et a pris en main la direction du camp impérialiste et antidémocratique. La bourgeoisie française, en tant que classe et pour ses intérêts de classe, s’est placée dans ce camp après l’échec de la tentative de création d’un premier impérialisme européen élargie à l’eurasie entre 1938 et 1945.

La création de l’impérialisme européen tel que nous le connaissons aujourd’hui, n’a été possible qu’avec l’aval des Etats-Unis car la grande bourgeoisie des pays à l’origine de cette création n’était plus assez forte pour enrayer la poussée démocratique et socialiste inspirée par l’URSS.

C’est donc pour cette raison politique que la bourgeoisie qui avait soutenu le national-socialisme allemand a du solliciter l’appui de la réaction extérieure contre les formes sociales montantes. Aussi, la France comme de nombreux pays qui furent livrés en pâture aux nazis, a dû accepter la présence sur son sol, des armées étasuniennes jusqu’au moment où l’impérialisme européen a pu voler de ses propres ailes mais toujours sous la tutelle de la maison mère à Washington.

Mais les objectifs actuels que s’emploie à faire aboutir la grande bourgeoisie sont les mêmes qu’il y a 60 ans et ils sont clairement énoncés, n’en plaise à ceux qui restent des fervents partisans de l’Europe comme espace social de paix après des siècles de conflits.

Pour la bourgeoisie, il s’agit bien de maintenir un espace capitaliste d’exploitation maximum pour des profits maximum et de poursuivre sa politique de guerres impérialistes et de recolonisation agressive des espaces perdus dans les années 60, même si la domination post coloniale sur l’Afrique a toujours été omniprésente.

Ceci veut bien dire que cette trahison de la bourgeoisie française n’est pas une nouveauté ni une découverte, c’est le renouvellement sous des constitues à peine différentes des trahisons passées quand elle voyait en Hitler, le nouveau gendarme capitaliste de l’Europe capable de mettre au pas l’Union Soviétique qui était une menace pour le capital tant national que mondial.

Aussi, force est de rappeler que les défections nationales pour trahir les intérêts de la Nation par la bourgeoisie n’est pas un hasard ni un épiphénomène. C’est bien la vérification dans les faits de cette loi de l’histoire qui dit que toute classe sociale dominante qui s’est émancipée pour ses propres intérêts opportunistes et organisées pour ses propres intérêts financiers, se détache de la Nation, elle devient un corps étranger qui fait obstacle à la souveraineté ainsi qu’au développement progressiste d’un pays.

Parler de nation aujourd’hui est classé comme tabou, pourtant c’est bien la classe ouvrière qui dans sa fonction ascendante de progrès social a fait de ses propres mains la Nation afin de devenir un jour « elle-même la Nation » comme l’écrivaient Marx et Engels dans le Manifeste du parti Communiste.

La lutte de classe pour l’intérêt collectif, la défense de la souveraineté nationale ne sont donc pas des préceptes nationalistes-chauvins et ultra droitiers quand ils s’inscrivent dans la solidarité internationaliste et la fraternité dans la classe même, surtout quand la bourgeoisie, pour défendre ses propres intérêts de classe, livre la Patrie à des puissances étrangères tant politiques que financières et pourfend les travailleurs issus de l’immigration après les avoir exploités aux pires conditions et les actes d’entraides internationales.

C’est là toute la lumière qui doit nous éclairer tant théoriquement que pratiquement avec ce qui s’est passé en Grèce puis à Chypre dernièrement. La défense corps et âmes de nos droits, de nos conquis sociaux, des acquis des luttes ouvrières depuis la création du capitalisme moderne est une tâche pour garantir notre indépendance, elle est inséparable de la bataille permanente à mener pour la sauvegarde de la Paix.

Aussi, on comprend mieux le refus de ce gouvernement social-libéral, pieds et poings liés au dogme de l’impérialisme européen ultralibéral, quand on lui demande la nationalisation des entreprises qui licencient ou qui délocalisent, pour sauver des emplois, des familles, des compétences et un outil de travail nécessaire à la Nation, ou même pour des raisons spéculatives et boursières.

On comprend mieux la haine viscérale de la bourgeoisie occidentale et de ses valets politiques, à l’encontre des expériences progressistes dans les pays d’Amérique Latine, caribéenne et centrale, qu’ils qualifient de populistes et démagogiques dans un monde re-mondialisé et sous domination du billet vert étasunien et des armées impérialistes dirigées depuis le Pentagone.

Quand les capitalistes français furent battus par le Front Populaire en 1936, c’est sans tabou qu’ils affichaient leur préférence : « Plutôt Hitler que le Front Populaire » comme les capitalistes d’aujourd’hui pensent sans tabou : « Plutôt le FN que le FdG ».

La bourgeoisie avec l’aide de ses valets politiques s’est toujours vautrée dans le sang et la répression, dans la boue de la collaboration, dans les affres du fascisme, pour défendre ses intérêts de classe.

C’est bien pour défendre leurs intérêts de classe dominante que les capitalistes français ont livré bataille en 1871 contre la Commune de Paris avec le soutien des aristo-capitalistes allemands, et que les capitalistes allemands ont été soutenus de 1918 à 1923, par les capitalistes français et anglais contre la Révolution prolétarienne possible en Allemagne après la chute de l’empire. Les capitalistes sont concurrents mais alliés quand il y a des menaces et la nécessité de défendre leurs intérêts de classe.

Aujourd’hui, ceux qui s’évertuent à nous donner des leçons de patriotisme et se droguent du « produire français » et du « patriotisme économique », se piquent aussi au chauvinisme et au nationalisme étendu à l’Europe contre des envahisseurs venus d’Asie et d’Amérique du Sud.

Ce ne sont pas les travailleurs qui ouvrent des usines dans les pays à bas coût de productions et sans droits sociaux, mais bien ces « entrepreneurs » qui ont la confiance de notre Président.

En effet comment peut-on parler de l’unité nationale pour se soustraire aux réalités de la lutte des classes et comment peut-on défendre des « entrepreneurs » qui ne sont que des capitalistes en quête de dividendes cosmopolites pour remplir leurs coffres forts ou des actionnaires que plus rien n’attache à la conception de la Patrie si chèrement défendue par les travailleurs contre toutes ingérences de puissances étrangères, politiques et financières, qui s’accaparent, pillent et fuient en laissant des champs de ruines.

Quand François Hollande ose proposer subjectivement l’ «  Union des trahis et des traîtres  » il faut savoir opposer objectivement l’ «  Union de toutes celles et ceux qui refusent la trahison pour lutter contre les organisateurs de la trahison et du pillage  »

On ne peut laisser les pilleurs de la bourgeoisie s’emparer des outils de production pour ensuite les délocaliser ou les rendre improductifs afin de monopoliser.

Notre tâche est donc de porter des coups de plus en plus rudes à cette bourgeoisie apatride pour ses profits, en expliquant aux travailleurs que leurs ennemis de classes ne sont pas les travailleurs des autres pays, mais la classe bourgeoise propriétaire des monopoles, des moyens d’échanges mondialisés et de la finance internationale, et leurs outils politiques et financiers que sont le FMI, l’OMC et la BCE sous domination extrême des USA et de la FED.

Mais l’ennemi c’est d’abord notre propre bourgeoisie nationale qui voudrait avec ses idéologues, les hypocrites du Parti Socialiste et les sournois du FN et de l’UMP, détourner la classe ouvrière, la désunir et la morceler, car à l’instar d’un Cahuzac, elle sait que la lutte des classes est une réalité et que la classe ouvrière est le véritable danger et son véritable et seul ennemi.

D’où la nécessité d’un Parti Communiste et d’un syndicalisme de classe et de masse, forts.

Les Cahiers communistes :
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n°41/29/03/2013

Cellule ouvrière du bassin minier ouest du Pas-de-Calais.


Nicolas Sarkozy, Jérôme Cahuzac et les leçons de la crise du libéralisme

«Il n’y a plus de paradis fiscaux. Les paradis fiscaux, le secret bancaire, c’est fini », déclarait Nicolas Sarkozy, le 23 septembre 2009, à la veille du sommet du G20 de Pittsburgh. Jérôme Cahuzac, alors porte-parole du groupe des députés socialistes sur les questions financières, avant d’être propulsé à la présidence de la Commission des finances de l’Assemblée nationale par le même Nicolas Sarkozy, devait en rire sous cape.

On comprend dès lors que « l’affaire Cahuzac » ne témoigne pas seulement de l’égarement d’un homme, qui plus est d’un homme politique. Après les affaires Bettencourt, Tapie, Karachi, après celle de la Mairie de Paris qui, il faut se le rappeler, a conduit à la condamnation d’un président de la République, elle témoigne que nous sommes confrontés non seulement à une crise économique, mais aussi à une crise politique, morale, culturelle, autrement dit à ce qu’il faut bien appeler une crise de civilisation. L’idéologie du capitalisme, le libéralisme, et sa variante, le social-libéralisme, sont profondément atteints dans l’ensemble de leurs dimensions.

Avec l’affaire Cahuzac, il ne s’agit pas seulement de la faute, grave, d’un homme politique, mais aussi de la dégénérescence d’un système. Si, après la crise des années trente, le capitalisme est parvenu à s’amender en 1944, aujourd’hui ses dirigeants se révèlent incapables de le réguler conformément aux intérêts de la masse des citoyens.

Les paradis fiscaux, la crise de l’euro, le chômage de masse… sont toujours là, tandis que la dette américaine ne cesse de gonfler, menaçant l’équilibre mondial davantage encore que la crise de 2007-2008. Les mesures prises par les aréopages des grands pays capitalistes ne font que prolonger et aggraver la crise.

À la crise économique et financière s’ajoute ainsi une crise du politique, de la démocratie représentative. L’une et l’autre s’alimentent, se nourrissent, se complètent. Elles ne peuvent à notre sens être surmontées sans transformations profondes du système, de chacun des éléments qui le composent et de leur totalité. On comprend dès lors que les réformes radicales nécessaires pour sortir de la crise économique ne pourront aboutir sans transformations politiques, culturelles tout aussi radicales.

Il s’agit de prolonger la démocratie représentative, de la revivifier en instituant progressivement une démocratie participative et d’intervention irriguant toutes les sphères de l’activité humaine. Aussi bien l’entreprise, la banque que les régions, l’Europe… et même les relations touchant à l’intime, telle que celles entre médecins et malades ou la sphère de la création.

Pierre Ivorra

les conséquences

 
 
Comité de Base

Suite aux affaires qui secouent notre pays sur les comptes offshores détenus par des personnalités politiques et des grands patrons, et sur les patrimoines qu’ils possèdent… les langues se délient et la peur d’être pris grandit chaque jour.

Cette fois se sont des prolétaires salariés qui dévoilent leur patrimoine au fisc : ils annoncent posséder une propriété de 90m2 habitable et chauffée avec un parc de 300 m2 où ils cultivent eux-mêmes des légumes, d’une valeur actuelle de 150 000 euro mais achetée 50 000 il y a 30 ans, une voiture à 10 000 euro fabriquée en Roumanie, une tondeuse de marque japonaise, une télévision à écran plat importée de Singapour, un téléphone produit en Chine, un canapé d’une enseigne suédoise …

Ils avouent aussi avoir bravés les interdits et être allés dans des paradis fiscaux situés au pourtour de la France pour y faire le plein en carburant qatari, et y acheter du tabac étasunien, du sucre brésilien, de la farine russe et du café cubain.

Enfin et c’est le pire, un bon nombre de ces prolétaires salariés divulguent qu’ils possèdent un compte dissimulés aux 3 Suisses.

Devant cette reconnaissance de fraudes, d’évasions fiscales et de dissimulations de patrimoines, on peut s’attendre à ce que les services du Ministre de l’Economie avec l’aide des services policiers effectuent des contrôles au faciès afin d’interpeller les arnaqueurs malveillants et récupérer des centaines de milliards.

Mais déjà la Ministre de la Justice, Garde des Sceaux se plaint de n’avoir aucun moyen supplémentaire afin d’accueillir les centaines de milliers d’escrocs qui seront jugés coupables, les prisons étant déjà surchargées après les récents durcissements judiciaires mis en place par le gouvernement.

En effet les lois risquent d’être renforcées suite au récent rapport des renseignements généraux qui prévoient des émeutes de la faim qui vont secouer le pays dans les prochains mois.

D’autre part, annonces ont étés faites par les ex Ministères du redressement productif et de la Fonction Publique, aujourd’hui dissous car inutile, que 35 % de la population n’aura bientôt plus d’emplois après l’effondrement de l’industrie et suite aux privatisations des services publics, ni aides sociales après les mesures imposées par les autorités politiques de tutelle de la Fédération des Etats-Unis d’Europe.

Enfin, le gouvernement a aujourd’hui la crainte d’une épidémie majeure suite aux carences alimentaires : les terres agricoles étant devenues stériles par l’emploi à outrance de pesticides et l’eau n’est plus potable suite à l’exploitation du gaz de schiste… Cette nouvelle pandémie pourrait faire mourir 50% d’une population qui resterait sans soin après les nombreuses fermetures d’hôpitaux et de dispensaires, jugés financièrement non rentables : aussi une question sensible se pose puisque beaucoup de personnes n’ont pu souscrire aux assurances obsèques qui permettent d’être inhumé avec dignité et que les fosses communes sont pleines.

Le Ministère du budget s’inquiète aujourd’hui de cette situation puisque les morts ne produisent plus, ne paient plus d’impôts… Quant aux investisseurs, ils craignent que l’offre immobilière dépasse les demandes, c’est-à-dire une chute des prix et des rentes locatives, il en est de même dans le tourisme où seules les plages privatisées tireront leur épingle du jeu.

A cause des prolétaires, le pays est au bord du gouffre : « salauds de pauvres et de prolos, fraudeurs et fainéants ! »

Brève de la Cellule Ouvrière du Bassin Minier Ouest du Pas de Calais :



Edité par T 34 - 16 Apr 2013 à 20:05
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Austérité

En 2014, croissance en berne, on serre encore la ceinture

La «stabilité», au menu du Conseil des ministres ce mercredi. Une nouvelle baisse des dépenses publiques pour faire face à des perspectives de récession en 2013.

En «2014, ça va être une année où il va falloir continuer à faire des efforts», a confirmé, hier, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem. Elle anticipait, sur BFM TV, le Conseil des ministres de ce matin, qui présente le « programme de stabilité » censé ramener le déficit public de la France sous la barre symbolique des 3 % de PIB. Objectif affiché: 2,9%. Ambitieux, si l’on en croit le haut conseil des finances publiques, qui prévoit « un léger recul du produit intérieur brut en 2013 », sans compter une croissance sensiblement inférieure à 1,2 % en 2014.

Le Fonds monétaire international (FMI) s'est montré tout autant pessimiste sur la situation de la France, évoquant dans ses nouvelles prévisions, une légère récession, avec une contraction de 0,1% du PIB par rapport à 2012. Si ce scénario s'avérait juste, ce serait la première récession depuis 2009.

Marges de manoeuvre

Le gouvernement ne change pour autant pas de prévisions (une croissance de 0,1% en 2013 puis de 1,2% en 2014 avant un retour à une croissance de 2% par an jusqu'en 2017) et espère se donner des marges de manœuvre. En 2013, « les efforts se sont répartis aux deux tiers sur les recettes et un tiers sur les économies de dépenses », estime la ministre. La veille, Pierre Moscovici avait déclaré sur France Inter que l’effort de redressement structurel en 2014 proviendrait à 70 % d’économies sur les dépenses publiques, rappelaient les Échos hier. Le tiers restant sera constitué de hausses de prélèvements « de l’ordre de 6 milliards d’euros », a expliqué le ministre de l’Économie. Les Français seraient perdants-perdants?

Grégory Marin avec S.G.



Edité par T 34 - 18 Apr 2013 à 17:51
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Consommation: les Français face à la fracture du pouvoir d'achat

Une grande majorité des Français se prépare à réduire ses dépenses cette année plus encore qu'en 2012, selon 60 millions de consommateurs. Les plus modestes ne sont plus les seuls en première ligne face à la perte de pouvoir d'achat.

Le sondage 60 millions de consommateurs/Mediaprism publié ce lundi montre les conséquences au quotidien de la crise économique couplée à des politiques austéritaires. Selon cette étude d'opinion, 79% des Français estiment que leur pouvoir d'achat a baissé en 2012 et 77% s'attendent à ce que celui-ci diminue encore en 2013. Une bien mauvaise nouvelle pour le gouvernement, qui espère toujours 0,1% de croissance en 2013 quand tous les autres prévisionnistes tablent sur une année de récession.

Remises en cause drastiques

"L'heure n'est plus aux petits ajustements, elle est aux remises en cause plus drastiques. Les Français ont déjà réduit leurs achats plaisir, leurs dépenses inutiles, en 2013, ils vont resserrer leur ceinture d'un nouveau cran et taper dans l'essentiel", souligne Thomas Laurenceau, rédacteur en chef de 60 millions de consommateurs.

En cause: l'augmentation des impôts et taxes, citée par 71,6%, mais également la hausse de prix de plusieurs dépenses contraintes comme l'énergie (85,6%), les produits de grande consommation (72,9%) et le carburant (69,5%). Résultat: près d'un quart des Français déclare avoir désormais "de plus en plus de mal à joindre les deux bouts en fin de mois" (48,4% chez les personnes gagnant moins de 1.500 euros), et plus de quatre sur dix annoncent "avoir supprimé certaines dépenses et se priver plus qu'avant".

Pacte social rogné

Ce sentiment de devoir rogner sur tout devrait particulièrement se faire sentir chez les plus modestes. "Il y a désormais une vraie fracture entre ceux qui ont encore un peu de marge de manoeuvre, et les autres qui ont déjà réduit tout ce qu'ils pouvaient et qui vont désormais devoir tailler dans les besoins de base", souligne Thomas  Laurenceau.

Parmi les personnes gagnant moins de 1.500 euros par mois, 91% déclarent avoir déjà profondément modifié leurs habitudes de consommation, réduisant aussi bien leurs dépenses d'alimentation (65,3%) que celles de santé (33,4%). En 2013, elles vont encore accentuer cette tendance. Alors que seules 5% des ménages gagnant plus de 3.000 euros envisagent de réduire ses dépenses de santé, elles sont 32% chez celles en dessous du Smic.

"Dans les ménages les moins aisés, une personne sur deux (52%) renonce à préserver sa santé: elle n'en a pas les moyens", remarque Thomas Laurenceau. "On est loin de la chasse aux dépenses futiles. Derrière la question du pouvoir d'achat, ce sont désormais des éléments constitutifs de notre pacte social qui se jouent", conclut-il.

Les solutions face à la perte de pouvoir d'achat:

  • Plus de la moitié des Français a globalement réduit sa consommation, tandis que 67,7% ont repoussé certains achats. Ces comportements vont se poursuivre voire s'accentuer en 2013, notamment la réduction de la consommation (58,4%) ou le fait de casser sa tirelire pour équilibrer son budget (61%).
  • plus d'un Français sur deux se trouve ainsi contraint de mettre moins d'argent de côté (54,5%), voire de puiser dans son épargne (52,9%)
  • près de huit Français sur dix (76,4%) déclarent également avoir modifié leurs habitudes de consommation. C'est ainsi que 70% des sondés font plus attention aux gestes simples de la vie quotidienne qui leur permettent de faire des économies, comme limiter leur consommation d'électricité ou adopter une conduite automobile moins gourmande en énergie. La comparaison des prix des produits (67,4%) ou la recherche effrénée de promotions (61,9%) sont également devenus courants.
  • les loisirs (65,9%), les vacances (62,9%) ou l'habillement (64,9%) sont les postes les plus impactés par les réductions de consommation. Mais les dépenses automobile, d'énergie ou de télécommunications, relativement préservées jusqu'à maintenant, feront à leur tour l'objet de coupes sévères en 2013.

Seule l'alimentation, que 50% des Français avait limitée en 2012, sera un peu plus préservée (39,6%). "Il est possible que l'affaire de la viande de cheval ait agi comme le signal qu'un plancher a été atteint", note l'association.

  • A lire aussi:

réduction des déficits et croissance: il faut d'abord semer pour pouvoir récolter

La récession est là mais Hollande ne la voit pas

Edito: Côté cour, côté jardin

"La loi du bâillon imposé aux parlementaires est aussi un très mauvais signal adressé au monde du travail", estime Jean-Paul Piérot dans l'éditorial de l'Humanité de ce lundi.

Dans la rue, sous les projecteurs des médias, la droite, toutes chapelles confondues, s’agite, s’époumone contre le droit au mariage pour tous. Cette démonstration, dont Paris fut hier une fois de plus le théâtre, présente pour elle deux avantages. En premier lieu, elle permet de fédérer, sur un sujet qui fait consensus dans la partie la plus rétrograde de la société, l’UMP, le FN et les satellites plus ou moins contrôlés gravitant à leur périphérie. Que la majorité des Français soit favorable à ce nouveau droit, à ce progrès de la société, n’est finalement pas l’essentiel pour les stratèges de la droite : cette grand-messe de la réaction prépare l’opinion à d’autres alliances lors des prochaines échéances politiques, en premier lieu les élections municipales de 2014.

Mais le second avantage de cette excitation printanière consiste à mettre en scène le spectacle d’une opposition se présentant comme radicale et identitaire contre le gouvernement et le Parti socialiste. Des manifestations répétées, avec si possible quelques images d’affrontements avec la police, donnent à peu de frais l’image d’une opposition mobilisée. Cette radicalisation surjouée, qui encourage dans son sillage des actes de haine et de violences, fait passer au second plan d’autres questions qui ne font pas controverse avec le gouvernement. Et cela pour une raison simple, c’est que la droite n’a rien ou si peu à redire aux orientations de l’exécutif en matière de politique économique et sociale. Ainsi va la droite, côté cour, côté jardin. 

Le coup de force commis dans la nuit de samedi à dimanche par le gouvernement contre le débat sénatorial sur le projet de loi de flexibilisation de l’emploi pour couper court à la discussion des amendements déposés par le groupe communiste et par une partie des sénateurs socialistes et écologistes a été traité pour le moins discrètement par les médias. Tout aussi discrètement, les sénateurs de l’UMP ont pu s’abstenir, pour permettre son adoption, sur le texte du projet de loi inspiré et soutenu par le Medef. L’utilisation par le gouvernement Ayrault de l’article 44.3, une mesure d’exception qui met fin à toute discussion, non pas contre l’opposition, mais contre une composante de la majorité sénatoriale, n’est pas un acte anodin. C’est un geste qui laissera des traces dans les relations entre l’exécutif et la partie la plus à gauche de la représentation parlementaire.

La loi du bâillon imposé aux parlementaires est aussi un très mauvais signal adressé au monde du travail. Comment un projet de loi sur la réforme du droit du travail, critiqué dans ses fondements par de grandes organisations syndicales, peut-il être imposé à la hussarde par un gouvernement se réclamant de la gauche? Cette question suscite le malaise au sein même du parti principal de la gauche et au gouvernement, où l’on voit réapparaître à l’égard de plusieurs ministres la célèbre mise en garde, formulée en l’occurrence par Alain Vidalies : « Quand on est au gouvernement, on la ferme ou on démissionne... »

Il y a tout juste un an, le premier tour de l’élection présidentielle posait l’équation qui allait dessiner la victoire de François Hollande, le 6 mai 2012, arrivé en tête au premier tour, talonné par un Nicolas Sarkozy suivi par la candidate du FN à un haut niveau. L’apport des 4 millions de voix du Front de gauche fut décisif au second tour pour donner ses chances au changement. Douze mois ont passé et la déception populaire est à la mesure du renoncement présidentiel. 
Le 5 mai, de la Bastille à la Nation, la gauche qui ne renonce ni ne se renie fera entendre une autre voix.

Par Jean-Paul Piérot

Les détrousseurs des peuples

 
 
 

Si vous croyez que les pays européens sont des pays démocratiques parce que les élections y sont libres, la presse indépendante et qu’on ne jette pas les opposants en prison, lisez d’urgence L’oligarchie, ça suffit, vive la démocratie (1) le petit livre – accablant, effrayant – d’un journaliste essayiste, Hervé Kempf, qui, faits et chiffres à l’appui, nous démontre que ces pays ne sont que des « théâtres de marionnettes dont nombre de fils sont tirés en dehors de la vue du public ».

Ni démocratiques ni dictatoriaux, les pays européens et, ceux qui, hors d’Europe, fonctionnent selon leur modèle, sont en réalité des pays qui glissent vers un régime oligarchique, c’est-à-dire « un système d’organisation politique dans lequel un petit nombre de personnes concentrent et se partagent les pouvoirs économique, politique et médiatique et discutent entre eux des décisions à prendre pour la collectivité ».

Se rencontrant régulièrement dans quelques clubs très sélectifs – la Trilatérale, le groupe Bilderberg, le Forum économique mondial, le Siècle – les oligarques appartiennent à la catégorie la plus fortunée de la population, qui elle-même se divise en « riches » – en France, 10% des citoyens, + de 7500 euros par mois pour un couple avec deux enfants —, « très riches » – I%, + de 17 600 euros par mois et par couple —, « hyper-riches » enfin, 0,1%, avec 142 500 euros mensuels par couple. C’est dans les deux dernières catégories (très riches, hyper-riches) que se recrutent les décideurs politiques – ministres, conseillers, députés, sénateurs, PDG des grandes entreprises publiques – qui naviguent entre les secteurs public et privé. Sortis des grandes écoles, ils commencent généralement leur carrière dans l’appareil d’État, la poursuivent à la direction d’une banque ou d’une grande entreprise, puis reprennent une fonction politique. Le va-et-vient est permanent et permet aux principaux centres de pouvoir d’agir de façon complémentaire : tel PDG, devenu ministre, mènera une politique qui favorisera le secteur d’où il vient ; tel autre où il envisage de siéger. Ces oligarques n’ont qu’un objectif : l’accroissement de leur pouvoir, de leur visibilité et de leur fortune.

« Toutes les descriptions des milieux financiers, écrit Hervé Kempf, décrivent une obsession : gagner, gagner toujours plus, pour dépasser les rivaux dans la course au prestige matériel. » Se moquant de l’intérêt général, ils n’ont qu’un souci : des revenus toujours plus élevés, dans une société où « l’argent est le principal signifiant de la réussite sociale ». N’hésitant pas à augmenter eux-mêmes leur salaire lorsqu’ils entrent en fonction, ils subissent dès le début les assauts des lobbyistes qui s’efforcent d’orienter leurs choix politiques. Les 15 000 lobbyistes établis à Bruxelles et qui « représentent 2600 groupes privés » influencent considérablement la législation. Souvent, ils rédigent eux-mêmes résolutions et projets de loi. Toutes n’ont qu’un but : servir les intérêts des dirigeants. C’est pourquoi, dans tous les pays européens, les décideurs privatisent les entreprises détenues par l’État, démantèlent le service public – fermeture d’hôpitaux, de bureaux de poste, de commissariats –, vendent ou louent des biens nationaux (on peut s’offrir le toit de l’Arc de triomphe pour y célébrer un mariage, organiser bals et festins), réduisent les budgets sociaux (enseignement, santé, justice…), bloquent les salaires, diminuent le montant des allocations familiales et baissent indirectement les pensions de retraite.

Obtenus autrefois à la suite de longues luttes ouvrières, tous les acquis sociaux sont progressivement bradés et de plus en plus de citoyens, faute de moyens, renoncent par exemple à consulter un médecin ou un avocat. Seuls les riches ont les moyens de se soigner et d’offrir à leurs enfants la possibilité de fréquenter l’université. La reproduction des castes dirigeantes est ainsi assurée et d’autant plus paisiblement qu’à dose homéopathique, quelques jeunes des classes « défavorisés » sont admis à l’ENA ou à Sciences-po. Ce qui, en donnant aux autres de faux espoirs, évite qu’ils ne s’insurgent et confère au pouvoir un air de démocratie.

Beaucoup de citoyens ne sont pas dupes et si leur passivité est stupéfiante, elle s’explique aisément. Car tout est fait pour les rendre amorphes : lorsqu’on passe en moyenne 4 heures par jour devant une télévision qui endort tout esprit critique, lorsqu’on absorbe, entre deux émissions stupides, message publicitaire sur message publicitaire, lorsque l’attention ne s’éveille qu’à la diffusion d’un match, lorsqu’on est dépourvu, car l’école n’en donne pas, de tout outillage intellectuel pour décrypter valablement ce qu’on voit et entend, le cerveau est dans un état tel qu’abruti ou hypnotisé, on n’a plus les moyens de réagir.

D’où ce désintérêt quasi général pour la « politique », la résignation (« tous pourris ! »), le repli sur soi et l’attente du prochain loto. Par crainte, malgré tout, qu’un jour le peuple ne se réveille, « l’oligarchie, estime Hervé Kempf, prépare un régime d’exception. Une bonne moitié du programme présidentiel de Jean-Marie Le Pen est depuis passée au Journal officiel ». Le reste de ce programme s’y inscrira bientôt si, mal logés, mal soignés, mal payés ou sans travail, les damnés de la Terre n’ont plus la force de se lever. -

- 1) Hervé Kempf, L’oligarchie, ça suffit, vive la démocratie (essai, collection Points -
Le Seuil, 2011 et 2013).

ELWATAN.COM



Edité par T 34 - 25 Apr 2013 à 17:02
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L’endettement qui précarise

Près de la moitié de la population déclare avoir un crédit en cours. Un endettement qui asphyxie en particulier les jeunes.

Environ 621 euros. C’est en moyenne ce que les ménages endettés remboursent en mensualités. Selon une étude que l’Insee publie aujourd’hui et qui concerne l’endettement privé des ménages en 2010, 46 % des ménages en France ont déclaré rembourser un crédit immobilier ou à la consommation.

Si le crédit immobilier concerne en majorité des personnes d’âge moyen et de niveau de vie plutôt élevé, le crédit à la consommation, dont la moyenne des échéances est plus faible que pour le crédit immobilier (225 euros, contre 775 euros), touche une population plus jeune et plus précaire. Cependant, si plus de la moitié des ménages déclarent n’avoir aucun crédit en cours, c’est bien souvent parce que celui-ci leur est tout simplement refusé. Ainsi, l’étude pointe que, entre 2006 et 2009, 35 % des ménages ont envisagé le recours au crédit, quel qu’en soit le motif, et qu’ils ont abandonné l’idée face au refus des établissements de prêt, pour 16 % d’entre eux, ou de leur plein gré, anticipant une réponse négative des banques.

Étranglés par les mensualités ou pris dans la spirale du surendettement, « 18 % des ménages endettés remboursent chaque mois plus de 30 % de leur revenu mensuel » et « 9 % doivent rembourser plus qu’ils ne possèdent en actifs », révèle l’Insee. Une situation préoccupante de très fort endettement qui touche particulièrement les jeunes, « avec un patrimoine financier plutôt faible et qui se sont endettés pour un motif de consommation », précise l’institut.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Apr 2013 à 19:13

Les mots, les actes. L'éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin

Au moins une chose est sûre : 
le pouvoir des mots reste 
l’une des forces d’attraction 
de la politique. Passons sur l’ego-histoire, allons à l’essentiel. Depuis deux jours, 
le petit-monde politico-médiacratique s’indigne 
de la nature des débats internes au Parti socialiste concernant les logiques austéritaires en général 
et de l’Allemagne en particulier. En cause : l’utilisation de certains mots, jugés trop crus par la classe dominante.

Ces messieurs de la haute supportent mal qu’on puisse envisager une « confrontation » directe avec le pays d’Angela Merkel pour combattre l’austérité en Europe, comme vient de l’exprimer Claude Bartolone, et comme le propose un projet de résolution du PS. Quelques poids lourds du gouvernement sont ainsi sortis du bois 
pour délivrer la bonne-parole élyséenne et tenter d’apaiser, paraît-il, le courroux de la chancelière.

Dans la langue de Goethe, Jean-Marc Ayrault a ouvert le bal, soulignant que l’amitié franco-allemande
 était « indispensable ». Hier, Michel Sapin et Manuel Valls ont poursuivi la valse au pas cadencé. Pour le premier, l’expression « confrontation » est un « contre-sens ». Pour 
le second, c’est « irresponsable », « démagogique » et « nocif ». Bref, nous pouvons parler de fraternité (et heureusement) mais surtout pas des perspectives sociales ! Circulez, 
plus rien à dire ! Le 17 avril, Angela Merkel félicitait 
le premier ministre français d’avoir déclaré qu’il 
n’y avait « pas d’alternative à (notre) politique » 
et souhaitait à la France le « succès » pour réduire ses déficits. Et il faudrait applaudir ? À ce propos : vous avez voté Hollande ou Merkel au second tour de la présidentielle ? L’hypocrisie a assez duré. La question ne concerne évidemment pas l’amitié avec nos voisins – le mythe du modèle allemand ne résiste d’ailleurs pas à l’examen critique –, mais du rapport de forces, donc du devenir des citoyens de tout un continent enrôlés de force dans des politiques d’austérité qui conduisent à la catastrophe et pour lesquelles l’Allemagne 
a joué un rôle primordial. Le débat traverse désormais le PS ? Réjouissons-nous ! Mais sans naïveté. Il est en effet facile de critiquer Merkel, tout en appliquant les mêmes recettes…

Et pendant ce temps-là ? Non seulement nous sommes invités à ménager notre langage – autrement dit à fermer nos gueules – mais nous devrions, en plus, nous agenouiller devant la perspective d’une union nationale… Selon un sondage, les Français seraient « pour » à 78 %. Mais ne cherchez pas l’erreur. Hier, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, 
a « félicité chaleureusement » Enrico Letta, qui venait 
de prêter serment à la tête du nouveau gouvernement italien de coalition, dont le grand vainqueur n’est autre que le parti de Berlusconi. Voilà à quoi rêvent les libéraux : une union nationale avec François Bayrou à Matignon. Un hold-up démocratique assumé jusqu’au bout ; un vote de gauche avec des solutions de droite. Tant qu’on y est, supprimons les partis politiques, la gauche et la droite, remplaçons tout cela par des « techniciens » de la finance, qui – on leur accordera au moins cette qualité – savent piloter le train-fou de l’économie libéralo-globalisée…

Franchement, il est plus que temps de dire stop au chômage de  masse, à l’atomisation sociale 
et à l’impuissance caractérisée – donc coupable. Le 1er mai comme le 5 mai seront deux moments citoyens pour l’exprimer. Avec des mots : « Changeons de politique ! » Mais aussi par des actes : « Changeons de pied ! » Vite.

Jean-Emmanuel Ducoin

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 May 2013 à 19:13

Les ménages dépensent le minimum

Depuis janvier, et pour le deuxième trimestre consécutif, la consommation des ménages a reculé. Seules les dépenses en produits alimentaires et en énergie restent à la hausse.

C’est la crise et les Français dépensent le minimum. Les vacances, les sorties et même... les dépenses en habillement sont rationnées. Après avoir rogné un temps sur leur épargne avec la perte de leur pouvoir d’achat, angoissés devant la montée incessante de la courbe du chômage et ne voyant pas venir la moindre embellie à l’horizon, les ménages sont contraints de jouer aux fourmis. Et dépensent uniquement pour contenter leurs besoins élémentaires. « On n’est pas du tout dans l’achat plaisir, on le voit bien sur le textile qui est en recul de 10 % sur un an », affirme Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis. Les dépenses de consommation des ménages dans leur ensemble ont reculé de 0,4 %, au premier trimestre, a annoncé l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Une baisse plus prononcée que les trois derniers mois de 2012 (– 0,1%). À l’image des dépenses d’automobile qui ont chuté de près de 7 %, ou, dans une moindre mesure, les dépenses en biens d’équipement du logement qui ont décliné sur l’ensemble du trimestre (– 0,7%).

Au final, seules les dépenses en produits alimentaires et d’énergie ont été en hausse depuis janvier. Avec + 0,9 % pour l’alimentaire, après un recul équivalent au dernier trimestre 2012.

Cependant, le mois de mars aura fourni une bulle d’oxygène, puisque la consommation a rebondi de 1,3 %. Une reprise en trompe-l’œil qui n’est due qu’à un effet météorologique, le froid ayant fait grimper les dépenses en énergie. Or, même sur ces dépenses courantes, les ménages n’y arrivent plus. Selon le baromètre Powermetrix-AFP, près de 11 % des Français, soit plus de 3 millions de foyers, reconnaissent avoir récemment eu des difficultés à payer leur facture d’électricité.

« Le revenu des ménages va ralentir encore en 2013, les prix ralentissent aussi mais pas aussi fortement ; donc, en termes réels, on va avoir une baisse très probable du pouvoir d’achat des ménages en 2013 », après déjà une baisse historique de 0,4 % en 2012, prévient Jean-Christophe Caffet, de Natixis. Sur les dix dernières années, la consommation avait progressé en moyenne de 2 à 2,5 % par an.

Pour les économistes, la tendance qui s’est exprimée ce premier trimestre annonce une baisse de la consommation sur l’année, surtout avec la récession qui s’affirme. Il faut remonter à 1993 pour voir ce moteur de croissance lâcher.

Clotilde Mathieu

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 May 2013 à 18:51

France : le dualisme des « saigneurs »

 
 

Le dualisme sociétal a longtemps été l’apanage du Tiers-monde. Il se caractérise notamment par la polarisation riches-pauvres de la société et la grande faiblesse de la classe moyenne. La dynamique néolibérale impose un ajustement structurel qui tend à généraliser au monde entier le dualisme des sociétés sous-développées.

C’est ce que je nomme la Tiers-mondialisation de la planète(1).

Cette Tiers-mondialisation atteint maintenant les pays du Nord, dits développés, sans épargner le pays « central » : les États-Unis. Des auteurs, de plus en plus nombreux (2), décrivent le phénomène à travers la désindustrialisation, la montée du chômage, la dégradation des services publics, l’euthanasie des classes moyennes, la paupérisation des masses, la trahison des élites… La manifestation la plus flagrante s’observe dans les villes qui, industrieuses au cours de la période des Trente glorieuses, déclinent depuis le début de la mondialisation néolibérale. Par exemple, des cités comme Détroit, autrefois fleuron de la construction automobile nord-américaine, en viennent à « ressembler aux enfers du Tiers-monde ».

La pandémie touche aussi l’Europe – Grèce, Portugal, Espagne, Irlande… - mais aussi notre pays : la France. Chez nous aussi, les pauvres deviennent plus nombreux et plus pauvres, les riches plus riches, la classe moyenne s’effiloche, amplifiant le dualisme de la société française. Le déséquilibre de la structure sociale est porteur d’instabilité et de conflits qui peuvent devenir violents comme en atteste l’expérience de certains pays du Tiers-monde.

La France est menacée, car elle est atteinte du syndrome de polarisation-dualisme-destruction des classes moyennes qui peut engendrer la tyrannie comme l’écrivait Aristote. Devant cette menace, la résistance doit s’organiser et réagir, mais aussi réfléchir à l’après.

La pauvreté s’étend et s’intensifie

« Le seuil de pauvreté monétaire est défini par convention à 60% du niveau de vie médian » (3) , (c’est-à-dire 964 euros par mois en 2010). Selon cette définition (4), entre 2005 et 2010, le nombre de pauvres (dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté) est passé de 7,766 à 8,617 millions, en hausse de 851 000 individus. Le taux de pauvreté s’est accru de 13,1% en 2005 à 13,5% en 2009 et à 14,1% en 2010. L’INSEE note qu’en 2010 « le taux de pauvreté s’élève à son plus haut niveau depuis 1997 »(5).

Il y a aussi des pauvres parmi les pauvres. La France compte 2,1 millions de personnes vivant avec moins de 642 euros par mois, 3,6 millions de mal-logés et 3,5 millions de bénéficiaires de l’aide alimentaire (6). Comme le note un rapport du gouvernement, pour l’année 2010 : « les situations d’extrême pauvreté s’étendent depuis plusieurs années : la proportion de la population avec un niveau de vie inférieur à 50% du niveau de vie médian a augmenté de 0,7 point en deux ans, poursuivant une hausse entamée en 2003 ; la part de la population vivant avec moins de 40% du niveau de vie médian (642 euros en 2010) progresse depuis 2001 pour atteindre 3,5 % de la population française » (7).

La dynamique de paupérisation est ralentie par « le système sociofiscal [qui] joue très nettement un rôle d’amortisseur pour les ménages les plus modestes » (8). Mais ces amortisseurs sociaux, maigres vestiges de l’État providence, subissent depuis trente ans les coups de boutoir du néolibéralisme portés par les gouvernements successifs, quelle que soit leur « orientation » politique. L’accord national interprofessionel (ANI) représente la dernière en date de ces attaques. Il est évident que, dans un contexte de réduction des déficits (9), le gouvernement n’aura de cesse de poursuivre la destruction des ruines de l’État providence.

Ainsi, la base de la pyramide sociale s’élargit et s’enfonce inexorablement dans les tréfonds de l’abîme de la misère. Par contre, comme dans un jeu à somme nulle - non plus « gagnant-gagnant », mais « gagnant-perdant » - les plus riches ne cessent de s’enrichir malgré la crise.

Pendant que le sommet de la pyramide sociale se détache

« Si le niveau de vie baisse ou stagne en 2010 pour la majorité de la population, il se redresse dans le haut de la distribution. Le niveau de vie plancher des 5 %de personnes les plus aisées repart à la hausse (+ 1,3 % en euros constants [c.-à-d. corrigé de l’inflation]) après avoir stagné en 2009 (+ 0,2 %) » (10).

Mais ce sont les « en haut d’en haut » (11), ceux qui sont situés au sommet de la pyramide qui voient leur niveau de vie repartir franchement à la hausse en 2010, après avoir été ponctuellement impacté à la baisse en 2009. « Si le seuil plancher du dernier centième de la population augmente de 1,6 % en euros constants, ceux du dernier millième et du dernier dix millième augmentent bien plus, de respectivement 5,6 % et 11,3 % »(12). En d’autres termes, en 2010, les 0,1% les plus riches ont vu leur revenu minimum (plancher) croître de 5,6% (environ 66 000 personnes), tandis que les 0,01 % les plus privilégiés parmi les plus riches (6 000 personnes environ) ont enregistré une augmentation de leur revenu minimum de 11,3%. Si l’on se réfère à la période 2004 – 2010, « les 0,01 % les plus riches ont vu leur revenu annuel (salaires et revenus du patrimoine compris) s’accroître de 32,3 %, soit de 178 900 euros (données avant impôts), passant de 556 100 à 735 000 euros : une augmentation équivalente à plus de treize années de Smic... Et encore, il s’agit de la frontière (revenu minimum) des 0,01 % et non du revenu moyen de cette tranche, encore bien supérieur... À noter tout de même qu’il s’agit de données avant imposition »(13).

À titre d’exemple, la rémunération totale des dirigeants du CAC 40, options et actions comprises, a connu une hausse moyenne de 33% en 2010 et de 4% en 2011 (14) et ce, dans un contexte économique morose ne pouvant justifier un tel accroissement. Malgré l’austérité, cette tendance se poursuit. Par exemple, « les rémunérations des dirigeants des banques françaises sont reparties à la hausse en 2012 »(15).

La capacité de résilience à la crise de ceux que l’INSEE nomme les « plus aisés (16) » apparaît à la fois rapide et de grande ampleur. Dans ces conditions, l’extrême sommet de la pyramide semble se détacher du reste du corps dans une dynamique inexorable.

Le corps social s’étire, sa base s’enfonce et son sommet s’envole.

Ce qui renforce les inégalités

« Plus personne ne peut contester la hausse des inégalités dans les années récentes. Principalement parce que les revenus des très riches se sont envolés. Avec retard et avec moins d’ampleur, la France suit le chemin emprunté par les Etats-Unis dès le milieu des années 1970 et la Grande-Bretagne quelques années après. Les baisses d’impôts effectuées depuis dix ans ont accompagné ce mouvement »(17).

« Entre 2000 et 2010, le niveau de vie moyen annuel des 10 % les plus pauvres a progressé de 5,3 % soit 400 euros, une fois l’inflation déduite. Le niveau de vie moyen des 10 % les plus riches a augmenté de 18,9 % soit 8 950 euros. L’écart relatif entre ces deux catégories a augmenté : en 2010, les plus modestes touchent 7 fois moins que les plus aisés, contre 6,3 fois en 2000. En valeur absolue, l’écart est passé de 39 700 euros en 2000 à 48 250 euros en 2010 » (18) .

Depuis le déclenchement de la crise en 2008, le creusement des inégalités s’accélère. Par exemple, la valeur de l’indice de Gini est passée de 0,289 en 2008 à 0,290 en 2009 pour se fixer à hauteur de 0,299 en 2010 (19).

Les trajectoires des extrêmes de la structure sociale divergent radicalement, ce qui a pour conséquence d’accroître les inégalités. Qu’en est-il du cœur de ladite structure, des classes moyennes ?

Alors que les classes moyennes se délitent

Définir les classes moyennes n’est pas une démarche aisée. Une définition générale, un brin provocatrice, pourrait être la suivante : les classes moyennes, en France, rassemblent les personnes qui contribuent à l’effort fiscal de façon « normale », qui sont trop « riches » pour percevoir des « aides » et trop « pauvres » pour défiscaliser.

Louis Chauvel propose « un cadastre des classes moyennes qui permet de comprendre les diversités et pluralités des groupes sociaux se reconnaissant dans cette appellation de « classes moyennes », plutôt que de suivre une approche réductionniste qui identifierait les classes moyennes aux seules Professions intermédiaires (PI) : techniciens, infirmières, instituteurs, catégories B de la fonction publique, contremaîtres, etc. et en exclurait les autres. Ici, « les » classes moyennes sont plurielles, avec plusieurs modalités : un haut et un bas, entre les Cadres et professions intellectuelles supérieures (CPIS) qui présentent une modalité évidente des « classes moyennes supérieures » et de l’autre les « classes moyennes inférieures » que sont les ouvriers intégrés et qualifiés tels que les cheminots et les conducteurs de la RATP, les plombiers salariés, les travailleurs d’EDF et de GDF, la fraction supérieure et qualifiée des employés tels que les agents de la Poste, les employés des services comptables »(20).

Pour Louis Chauvel, jusque dans les années 1980, les classes moyennes inférieures connaissaient une « dynamique collective de promotion sociale » (l’ascenseur social). Depuis, elles « font face à des difficultés croissantes ». Les classes moyennes intermédiaires ne sont pas « épargnées par les problèmes sociaux et économiques » (21). On peut penser que la crise actuelle, dont la violence ne s’est pas encore réellement manifestée en France, n’épargnera pas ceux qui se croient à l’abri du tsunami économique et social simplement parce qu’ils appartiennent aux classes moyennes supérieures.

Par l’extension planétaire de la mise en concurrence des individus, des entreprises, des institutions…, la mondialisation néolibérale impose un nivellement par le bas des conditions sociales. Ce faisant, elle provoque l’euthanasie des classes moyennes (22) qui s’étaient beaucoup densifiées au cours des Trente glorieuses(23). Ce faisant, le corps social se polarise, sa structure pyramidale stable se transforme en une sorte de sablier asymétrique à l’équilibre instable. Le dualisme sociétal, caractéristique du Tiers-monde, s’installe progressivement.

Ce qui déséquilibre la pyramide sociale et engendre des conflits
Le dualisme, généré par la paupérisation du grand nombre, par l’enrichissement indu d’une minorité et par la dégénérescence programmée des classes moyennes, menace la stabilité de l’édifice social. La structure se creuse en son milieu, s’élargit et s’approfondit à sa base, tandis que la cime ultime s’élance toujours plus haut. Un tel édifice ne peut perdurer, il finira par s’écrouler. Il est inconcevable que les acteurs majeurs, les « en haut d’en haut » n’aient pas conscience de cette issue fatale, mais la dynamique du système fondée sur l’accélération néolibérale - le toujours plus – ne peut être ralentie, encore moins stoppée.

Pourtant, dans ce domaine, l’expérience du Tiers-monde peut fournir un aperçu des scénarii possibles. En effet, après les « miracles » économiques, les programmes d’ajustement structurel néolibéraux ont imposé, à partir des années 1980, la réduction du périmètre de l’État, la privatisation, le libre-échange des biens et des capitaux, le pillage des rentes nationales… Ces programmes ont réduit drastiquement la taille du gâteau à répartir sur le plan domestique (la majeure part étant « exportée » via le remboursement de la dette, ou les profits réalisés par les « vautours » de la privatisation). Ils ont aussi détruit les embryons de classes moyennes qui s’étaient constitués au cours des « miracles » (24).

Avec la re-polarisation du corps social et le retour du dualisme, le mécontentement des nombreux laissés pour compte a grandi et les luttes pour le partage des dépouilles se sont progressivement radicalisées. Bien sûr, la plupart des gouvernements complices ont « divisé et opposé, pour imposer » (25). Cette démarche a pu être réalisée par des régimes « forts », mais elle a souvent dégénéré comme l’attestent les conflits menés par les « saigneurs de la guerre » du golfe de Guinée : Liberia, Sierra Leone, Guinée, Côte d’Ivoire… Quels enseignements dégager pour la France ?

La France est menacée

La France se Tiers-mondialise (26) car elle est atteinte du syndrome de polarisation-dualisme-destruction des classes moyennes. Or, « ce sont les classes moyennes qui ont bâti l’économie française du XXème siècle ; elles en ont été les plus grandes bénéficiaires (27) », jusqu’à la fin des années 1970. Depuis, le laminage des classes moyennes n’a pas cessé, insidieux au début (28), il s’est progressivement dévoilé au fur et à mesure de la diffusion de la vulgate néolibérale individualiste, de concurrence et de compétitivité impératives, dans le cadre de la mondialisation. Avec la crise actuelle, le phénomène devient patent.

Déjà, Aristote avait souligné l’importance des classes moyennes. Pour lui, « tout État renferme trois classes distinctes, les citoyens très riches, les citoyens très pauvres et les citoyens aisés, dont la position tient le milieu entre ces deux extrêmes. Puis donc que l’on convient que la modération et le milieu en toutes choses sont ce qu’il y a de mieux, il s’ensuit évidemment qu’en fait de fortunes, la moyenne propriété sera aussi la plus convenable de toutes » (29). Il poursuit : « il est évident que l’association politique est surtout la meilleure, quand elle est formée par des citoyens de fortune moyenne ; les États bien administrés sont ceux où la classe moyenne est plus nombreuse et plus puissante que les deux autres réunies, ou du moins que chacune d’elles séparément »(30) .

L’euthanasie des classes moyennes par le néolibéralisme (porté par l’ensemble des partis politiques qui se sont succédés au pouvoir depuis les années 1980), en renforçant le dualisme de la société française, présente un risque majeur : celui de la dissolution de la nation.

De plus, la porte s’ouvre à la « tyrannie ». « Partout où la fortune extrême est à côté de l’extrême indigence, ces deux excès amènent ou la démagogie absolue, ou l’oligarchie pure, ou la tyrannie ; la tyrannie sort du sein d’une démagogie effrénée, ou d’une oligarchie extrême, bien plus souvent que du sein des classes moyennes, et des classes voisines de celles-là » (31).

Chez nous, dans un avenir proche, les classes moyennes, malgré tout encore vivaces, pourraient se tourner, lors des prochaines échéances électorales, vers des forces politiques qui se disent « hors système », mais qui, en réalité, sont instrumentalisées et pleinement intégrées au dit système, malgré une rhétorique de « rupture ». Cela pourrait générer de nouvelles configurations du type élections présidentielles de 2002 (Chirac – Le Pen au second tour) débouchant sur de nouveaux « quasi plébiscites » pour l’une des composantes de notre bipartisme de fait. Mais, cela ne résoudrait en aucun cas les problèmes de fond, ils seraient simplement, à nouveau, reportés dans le temps sans écarter l’éventualité de la survenance de la tyrannie.

En effet, depuis le début de la crise en 2008, l’accélération néolibérale, imposée sous la contrainte de la dette, intensifie la « guerre » économique (32) et sociale dont les « saigneurs » se cachent derrière des sigles : FMI, FED, BCE, S&P, MES, OMC… La consolidation de la dynamique de prédation du capitalisme financiarisé pourrait déboucher sur une sorte de tyrannie « douce » dans sa forme (c’est-à-dire bien « vendue » par le système médiatico-politique) mais « dure » dans sa réalité de paupérisation destructrice de la cohésion nationale.

Résistons et proposons !

Nous devons résister à cette guerre et à l’éventuelle tyrannie qui se profile. Dans un premier temps au moins, cette résistance doit s’exprimer sur une base nationale qui apparaît l’échelon le plus approprié. Cette résistance pourra, par exemple, se concrétiser par le dépôt de grains de sable dans les engrenages bien huilés du rouleau compresseur néolibéral.

Ce n’est pas la fin de l’histoire (33), le système a des faiblesses qu’il faut exploiter. À l’instar des résistants de la deuxième guerre mondiale, nous devons mettre en commun nos savoirs et nos expériences pour mettre à bas l’éléphant aux pieds d’argile qu’est le capitalisme financiarisé.

Il s’agira ensuite de reconstruire. Un retour au fordisme de la production et de la consommation de masse des Trente glorieuses est impossible, ne serait-ce que pour des raisons écologiques. Il faut réorienter, de façon radicale, le processus de développement.

Dans cette optique, il est possible de s’inspirer, d’une part, du programme du Conseil national de la résistance (34) et, d’autre part, des propositions émises, au cours des années 1960-1970 par les théoriciens (35) du développement du Tiers-monde, tout en considérant que les conditions actuelles de l’environnement économique, social, écologique, politique et humain sont loin d’être similaires.

(1) Bernard Conte, La Tiers-Mondialisation de la planète, (2ème édition), Presses universitaires de Bordeaux, Bordeaux, 2013.
(2) Cf. par exemple, Arianna Huffington, Third World America. How our Politicians are Abandoning the Middle-Class and Betraying the American Dream, New York, Crown Publishers, 2011 et Robert Reich, After-Shock. The Next Economy and America’s Future, New York, Random House, 2010.
(3) Cédric Houdré, Nathalie Missègue, Juliette Ponceau, Insee, Vue d’ensemble - Inégalités de niveau de vie et pauvreté, http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/REVPMEN13b_VE_pauvre.pdf p. 17.
(4) Un individu est considéré comme pauvre quand son niveau de vie (après impôts et prestations sociales) est inférieur au seuil de pauvreté.
(5) Cédric Houdré… op. cit. p. 18.
(6) http://www.inegalites.fr/spip.php?article1648&id_mot=76
(7) https://www.onpes.gouv.fr/IMG/pdf/rapport-pauvrete_gouvernement-decembre2012.pdf , p.4.
(8) http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/REVPMEN13b_VE_pauvre.pdf p.12.
(9) « Le retour à l’équilibre des comptes sociaux est indispensable », écrit la Cour des comptes, La situation et les perspectives des finances publiques, juillet 2012, p.130. http://www.ccomptes.fr/content/download/44948/776337/version/2/file/rapport_situation_perspectives_finances_publiques_2012.pdf
(10) Cédric Houdré… op. cit. p. 14.
(11) Expression africaine.
(12) Cédric Houdré… op. cit. p. 15.
(13) http://www.inegalites.fr/spip.php?article1456&id_mot=164
(14) http://www.proxinvest.com/index.php/fr/news/read/208.html
(15) Titre d’un article dans Les Echos du 30 avril 2013.
(16) « Les « plus aisés » sont les 0,01 % de personnes aux plus hauts revenus déclarés par unité de consommation (UC) (au moins 735 500 euros en 2010) », Cédric Houdré… op. cit. p. 14-15.
(17) http://www.inegalites.fr/spip.php?article632&id_mot=130
(18) Ibidem.
(19) Cédric Houdré… op. cit. p. 10. Plus la valeur de l’indice de Gini est forte (0 (20) Louis Chauvel, Les raisons de la peur : Les classes moyennes sont-elles protégées de la crise ? OFCE, Les Notes, N° 18 / 26 avril 2012, p. 3.
(21) Idem, p. 3-4.
(22) Bernard Conte, « Néolibéralisme et euthanasie des classes moyennes », Mecanopolis, 13/10/2010,
(23) Voir : Xavier Théry, « Comment les classes moyennes ont divorcé des élites », 27/09/2009, http://www.marianne.net/Comment-les-classes-moyennes-ont-divorce-des-elites_a182194.html
(24) Bernard Conte, « Néolibéralisme et euthanasie des classes moyennes », art ; cit.
(25) Bernard Conte, « La Grèce préfigure la Tiers-mondialisation de l’Europe », http://www.comite-valmy.org/spip.php?article767
(26) Bernard Conte, « La France se Tiers-mondialise ? », http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/la-france-se-tiers-mondialise-132575
(27) http://www.marianne.net/Comment-les-classes-moyennes-ont-divorce-des-elites_a182194.html
(28) Sur la période 1979 – 2009, le revenu moyen des classes moyennes a progressé de 40%, celui des « bas revenus » de 47% et celui des « hauts revenus » de 53%. Cf. Credoc, Les classes moyennes en Europe, http://www.credoc.fr/pdf/Rech/C282.pdf
(29) La politique, livre VI, http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/politique6.htm
(30) Ibidem.
(31) Ibidem.
(32) Michael Hudson, « Reniements européens : la prise de pouvoir par la finance », ContreInfo.info, http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3140
(33) Cf. Francis Fukuyama.
(34) Voir le texte du programme du CNR : http://fr.wikisource.org/wiki/Programme_du_Conseil_national_de_la_R%C3%A9sistance
(35) Par exemple, Samir Amin, François Perroux…


Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 May 2013 à 20:16

La France en récession: le gouvernement garde le cap de l'austérité

La France entre en récession, après un second trimestre de croissance négative, comme la majorité des pays de la Zone Euro. Une situation engendrée par les politiques économiques européennes  d'austérité.

Ce n'est pas "une surprise" selon le ministre de l'économie, Pierre Moscovici, qui a assuré ce matin que c'était "largement due à l'environnement de la zone euro". La France rejoint ainsi neuf pays de la zone euro dans la spirale de la récession et dans la morosité économique globale en Europe. En effet, en marge de la publication des chiffres par l'Insee, l'office européen des statistiques Eurostat a annoncé que la récession s'est poursuivie en zone euro au premier trimestre, avec un recul du PIB de 0,2%. Pour l'ensemble de l'Union Européenne, le PIB a lui reculé de 0,1% par rapport au trimestre de précédent. Voir : L'austérité en chiffres: les PIB des pays européens

Pour autant, Pierre Moscovici a assuré ce matin que les objectifs économiques de la France en 2013 restaient inchangés avec une prévision de croissance à 0,1%. "Nous maintenons à la fois l'objectif de croissance 2013 et la perspective d'inversion de la courbe du chômage" a certifié le ministre de l'économie à l'issue du conseil des ministres.

Hollande maintient les objectifs

François Hollande a aussi réagi à ces chiffres. Par l'intermédiaire de la porte parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem, le Président de la République a admis que la "situation économique était grave" mais "moins profonde que celle connue en 2008-2009". De même François Hollande a pointé du doigt la situation économique en Europe, soulignant notamment "la chute de la demande européenne" et assurant que la France n'était pas un cas isolée.

Pour la première fois depuis quatre ans, la France entre en récession. Les chiffres publiés par L'Insee ce matin montrent que le produit intérieur brut a reculé de 0,2% au premier trimestre 2013. C'est le deuxième trimestre consécutif que la croissance française est négative. En effet, les trois derniers mois de 2012 s'étaient aussi soldés par un recul de 0,2% du PIB.

"Là, c'est le pays qui va dans le mur"

Pour Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, "preuve est faite que cette politique de rigueur conduit le pays à la catastrophe. Toutes les économies de la zone euro qui font le choix de subir les règles stupides et récessives de la commission européenne obtiennent ce même résultat : la ruine de leur économie. Le réel, c'est quand on se cogne disait Lacan. Là, c'est le pays qui va dans le mur. Plus que jamais, il est urgent de changer de cap et de politique. Urgent d'engager le changement."

Constatant que "pour la première fois depuis 1984, le pouvoir d'achat des Français est en baisse", avec un recul de 0,9% en 2012, le Parti de gauche considère aussi qu'il est "temps de changer de cap". Le parti propose pour ce faire "une augmentation de la demande basée sur des investissements massifs dans l'économie réelle et la transition écologique, la création d'un pôle public bancaire, une hausse générale des salaires et des pensions, la création de centaines de milliers d'emplois publics et privés et l'abolition du précariat".

  • A lire aussi:

« L’austérité est en l’état contraire au bon sens et dangereuse »

Un danger pour l’Europe

La récession se généralise en Europe

Céline Agostini


Pouvoir d’achat et consommation en berne en France

Le pouvoir d'achat des ménages français a enregistré une baisse record de 0,9% en 2012. L'institut a également revu la baisse de 0,4% l’indice de la consommation des ménages l'an dernier.

En 2012, le revenu disponible brut des ménages augmente seulement de 0,9 % en valeur, contre 2,7 % l’année précédente. Parallèlement, les prix à la consommation (s’accroissent de 1,9 % (contre + 2,1 % en 2011). Les prix de l’énergie ont augmenté plus modérément. Le pouvoir d’achat du revenu disponible recule donc de - 0,9 %, après une légère hausse de + 0,7 % l’année précédente.
La baisse de pouvoir d’achat de chaque ménage français est en fait pire que cela, puisque les chiffres brutes de l’INSEE mensure l’ensemble des ménages. Compte tenu de la croissance de la population, le pouvoir d’achat au niveau individuel se replie en fait de 1,5 %, alors qu’il était stable en 2011. C’est la plus forte baisse enregistrée depuis 1984 (- 1,9 %).

Pour la CGT, « c’est le coût excessif du capital, la sous-rémunération du travail et la précarité des salariés qui sont la cause de la dérive récessive de notre économie. » Pour sortir de la spirale austéritaire, la centrale syndicale appelle un changement de cap politique qui passe par : « une hausse immédiate des salaires, des pensions et des minima sociaux, par la création d’emplois stables, par la mise en place d’une véritable sécurité sociale professionnelle. »

Editorial Par Maurice Ulrich

Que d’eau, que d’eau !

Peut-être faudra-t-il mettre 
les commentaires hier de François Hollande sur la situation économique au rang de ces grandes phrases de l’Histoire telle celle de 
Mac-Mahon devant les inondations de la Garonne : « Que d’eau, que d’eau ! » Ces chiffres, a dit hier le président de la République, soulignent que « la priorité à l’emploi est la bonne ». Sûr, plus le chômage augmente et plus l’emploi est la réponse.

Mais l’ironie n’est pas de mise dans cette situation où la France est entrée en récession. On pourrait même éprouver une certaine amertume en voyant se vérifier ce qu’ont annoncé déjà nombre d’économistes, de forces syndicales et politiques comme la CGT, le PCF, le Parti de gauche, une partie des écologistes et même certains experts du FMI, outre ce que nous avons écrit ici même. À savoir que les politiques d’austérité étaient antinomiques de la croissance. Nous ne pouvons même pas en tirer la satisfaction d’avoir eu raison tant cette « fuite en arrière » pèse et ne peut que peser de plus en plus, à en rester là, sur les plus modestes, les salariés, les services publics. 
Les chiffres sont une chose, la réalité est humaine.

Au reste la phrase de François Hollande n’est pas seulement une lapalissade mais une contre-vérité. Quand bien même il continue, comme il devrait le faire aujourd’hui lors de sa conférence de presse, à tenir que la fin de l’année verra l’inversion de la courbe du chômage, la réalité, c’est que la récession c’est de l’emploi en moins, des fermetures d’entreprises en plus. Moins d’activité, c’est moins de travail, et ceci non seulement en France mais partout dans une Europe elle aussi en récession. L’Allemagne elle-même, dont nos savants théoriciens libéraux ne cessent de nous rebattre les oreilles, n’en est pas loin. L’Allemagne des bas salaires, de la flexibilité, l’Allemagne des réformes Schroeder que l’on presse François Hollande de calquer bat à son tour de l’aile. Et pour cause. L’économie européenne, quoi qu’il en soit de ses exportations hors de sa zone géographique, reste pour une très large part fondée sur son marché intérieur. Et quand les salaires sont bas, quand la consommation fléchit, le marché intérieur rétrécit et la spirale se poursuit.

Il ne faut pas attendre de la part du président aujourd’hui l’annonce d’un changement de cap mais sans doute un nouvel exercice de pédagogie, comme 
on dit, pour expliquer que « sérieux budgétaire » 
et croissance iraient de pair, voire que moins plus moins font plus. C’est faux et c’est déjà inscrit dans les faits. Mais, de surcroît, tout ce qui a été mis en œuvre depuis un an, du plan de compétitivité à l’accord national interprofessionnel, l’ANI, va au contraire dans 
le sens de la baisse du coût du travail, de la course 
à la rentabilité financière en lieu et place de la croissance réelle. Et ce ne sont pas des nouvelles annonces qui seraient faites aujourd’hui concernant des secteurs « d’avenir » que l’on peut attendre une autre logique. François Hollande persiste, Jean-Marc Ayrault défend 
un bilan « globalement positif » avec une langue de bois polie comme des marches usées. Au sein du PS 
lui-même, toutefois, des doutes s’expriment toujours plus clairement. La manif du 5 mai a redonné 
un élan aux forces du changement. Lundi soir, à Lyon, 
28 organisations s’engageaient avec le PCF dans 
la préparation des assises auxquelles invite ce dernier 
le 16 juin pour une alternative politique. L’annonce 
de l’entrée de la France en récession confirme à la fois que la politique suivie n’est pas la bonne et qu’il y a urgence à en changer.

Maurice Ulrich



Edité par T 34 - 18 May 2013 à 16:27
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 May 2013 à 18:41

Où chacun en prend pour son grade

 

Un récent article de P. Jorion* titre : "La crise est politique". A quoi un commentaire objecte que la crise est civile. Ce qui réconforte, car l’auteur des lignes qui suivent se sentait un peu seul à voir ce qu’il croyait avoir vu.

La crise politique est encore dissimulée non sans mal par l’establishment, mais la crise sociale est évidente quoique longue, douloureuse et loin de son terme.

C’est ce qui paraissait évident dans la tenue de la conférence de presse de l’AN II, qui suivait de près le vote de l’ANI. Cet indigeste "évènement" a montré que le pédalo s’enfonce, que la crise politique est cachée sous le mascara, la poudre de riz et les perruques.

Malgré le bombement de torse du Chef de l’Etat à l’évocation de son rôle historique à venir en tant que leader européen. Sans doute pour continuer à dissimuler les tractations menées dans les coulisses pour établir le Traité Transatlantique, si cher aux USA, à la Troîka et à Mme Merkel.

"... le sentiment amer d’avoir été trompés n’a malheureusement pas été dissipé", énonçait malencontreusement un édito de l’Humanité.fr, qui aujourd’hui publie un éditorial de P. Le Hyaric* dans La Terre visant à mobiliser contre le TT, mais en oubliant de mentionner explicitement le rôle de la France, c’est-à-dire de F. Hollande dans les négociations actuelles.

Encore heureux, si cela pouvait être vrai au contraire, que ce "sentiment amer" n’ait pas été dissipé : ce serait le comble !

D’ailleurs ne se sentent floués que ceux qui affectaient de prendre des vessies pour des lanternes, un dirigeant socialiste pour un homme de progrès et le PS pour un parti de gauche. Ils y sont allés si fort depuis des années, qu’ils avaient vidé de toute substance l’expression être "de gauche", ou mieux : qu’elle ne pouvait plus seulement être employée, car elle rendait la bouche pâteuse.

Il a fallu la campagne du représentant du Front de gauche à la présidentielle pour qu’elle retrouve quelque sens.

Donc discordance flagrante entre la distance affichée du monarque à l’égard de son impopularité dans l’opinion publique, ce qu’il faut appeler en langage soft sa clairvoyance, son courage et sa détermination, et le temps qu’il a mis pour essayer de se faire valoir sous les lambris et devant des gens propres (ils étaient 400) dans leur mise. C’est qu’on va chercher son réconfort et sa légitimité morale où l’on peut : une fois du côté de l’Europe, l’autre fois du côté d’un parterre sélectionné, mais difficilement du côté de son bon peuple

Parce qu’on traîne quelques casseroles plutôt de fonte que d’aluminium. Le TSCG faussement renégocié, les 20 milliards de crédit d’impôt accordés les yeux fermés aux entreprises, et tout récemment l’ANI qui remet en cause le Code du travail, si chèrement conquis par les travailleurs au cours de 170 ans de luttes parfois féroces. Ou encore l’annonce de la poursuite de la liquidation des bijoux de famille avec la diminution de la part de l’Etat dans de grandes entreprises. Processus qui a d’ailleurs déjà été enclenché avec Safran (450 millions d’euros) et EADS (707 millions d’euros). Il reste ainsi à céder sur ce qui n’a pas été dilapidé, au cours de précédentes décennies, et massivement sous L. Jospin et J-L Mélenchon et les communistes au gouvernement, chez : la SNCF, les Aéroports de Paris, Air France et Renault. Ceci au titre fallacieux de réinvestissement dans des secteurs productifs et au nom de la fameuse politique de "création d’emplois".

Autre remarque : la future réduction des droits lors de l’accès à la retraite n’est plus faite pour répondre aux exigences apatrides de réduction des intérêts de la dette, non ! quelle erreur de la part de ceux qui le croiraient ! ... Mais maintenant, selon F. Hollande, pour préparer l’avenir de nos jeunes. Voyez comme au détour apparaît quand même la natte du philistin : la jouissance masochiste dans l’impopularité trouverait-elle donc ici ses limites ? Et voyez aussi la mine rayonnante de Mme L. Parisot : elle a tout de la femme comblée. Avec F. Hollande et sa clique qu’ils ont sur les bras, beaucoup se demandent quel peut bien être cet avenir des générations futures : c’est cela que disent les sondages calamiteux.

Et contrairement à ce que veut y comprendre P. Laurent, ce n’est ni "aveuglement", ni "obstination" de la part d’un Président : c’est une orientation politique élaborée de longue date et appliquée avec détermination. L’aveuglement ou l’obstination relèveraient de l’erreur faite par un homme de gauche qui agirait mais avec maladresse pour le bien du peuple ; homme de gauche que le monarque n’est pas.

D’où aussi cette permanente "confirmation" ( pour J-L Mélenchon, lui qui tombe de confirmation en confirmation) de cette évidence antédiluvienne que les socialistes sont des néolibéraux honteux.

Pour revenir à une image de la navigation, plutôt que le pédalo, n’avons-nous pas plutôt revu une scène de Titanic, dans le luxe et l’apparat, sous les ors et les éclairages des salons de la classe des gens bien, tout à l’écoute et au questionnement du commandant de bord qui, comme eux, ignore le choc imminent ?

Parce qu’au pire peut très bien succéder le pire encore.

* http://bellaciao.org/fr/spip.php?article135505

* http://www.humanite.fr/monde/marche-transatlantique-refusons-leurope-n...


La France en récession : surprise ou évolution logique ?


Edité par T 34 - 28 May 2013 à 14:17
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Jun 2013 à 20:21

Baisse historique, en 2012, de la consommation des ménages

Selon l’Insee, pour la deuxième fois en 60 ans, les dépenses de consommation
ont reculé l’an dernier. Rançon de la baisse sensible du pouvoir d’achat.

Pour la deuxième fois, seulement, depuis 1949, la dépense de consommation des ménages a baissé, en volume, l’an dernier (- 0,4 %), annonçait hier l’Insee. L’unique précédent remonte à 1993 (- 0,2 %). La panne de ce qui demeure le principal moteur de l’activité économique est ainsi hélas ! spectaculairement confirmée. Selon la dernière livraison de l’institut de la statistique, elle s’explique par le net recul du pouvoir d’achat (- 0,9 %). Même en 2008, dernier pic de la crise, son évolution était restée positive (+ 0,4 %). En effet, tandis que les prix de la dépense de consommation continuaient de progresser, le revenu disponible brut des ménages, lui, ralentissait fortement. Un effet ciseau implacable. « Gel » ou diète imposée aux salaires, hausse de la fiscalité, et chômage impactent lourdement le revenu.

De l’analyse par poste de dépenses, il ressort en particulier, signale l’Insee, que les achats d’automobiles ont très nettement reculé, de plus de 10 %, soit une contraction sans précédent depuis 1997. Toutefois « le principal poste de dépenses à pâtir de la baisse du pouvoir d’achat » concerne la culture et les loisirs. L’institut pointe notamment la désaffection envers la presse et les livres qui « s’accentue en 2012 », une fréquentation des salles de cinéma qui s’essouffle, et la baisse continue des ventes physiques de disques et de vidéos.

En revanche, et sans surprise, les dépenses dites « pré-engagées », incontournables, que les ménages consacrent principalement à leur logement, son chauffage et son éclairage, et qui représentent près de 28 % du revenu disponible, poursuivent leur progression (+ 1,7 %).

La consommation de produits alimentaires (hors boissons alcoolisées et tabac), elle, « se maintient en volume (+ 0,7 %), malgré une nouvelle accélération des prix (+ 3,1 %). Les dépenses de tabac décroissent nettement (- 3,8 %), sous l’effet de la flambée des prix. » De même que le budget consacré à l’habillement et aux chaussures, qui s’est contracté de 2,3 % l’an dernier.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Jun 2013 à 00:33

Le sentiment de solitude progresse

De plus en plus de Français sont touchés par l’isolement. Ce phénomène s’aggrave avec la faiblesse des revenus et le chômage.

Les conséquences de la crise ne se mesurent pas seulement pas des ratios économiques. Une enquête menée auprès de 5 000 personnes a été publiée, hier, par la Fondation de France. Ce baromètre montre que les Français en situation d’isolement social, c’est-à-dire n’ayant aucun réseau relationnel actif, sont de plus en plus nombreux.

Cinq millions de Français n’auraient pas ou peu de relations sociales au sein des cinq réseaux de sociabilité : familiale, professionnelle, amicale, associative ou de voisinage. Soit 3 % de plus depuis la dernière enquête datant de 2010. Dans le même temps, le sentiment de solitude, donnée plus subjective, progresse aussi de 9 % à 12 %. « Entretenir des relations demande de l’énergie, de la volonté mais aussi de l’argent pour sortir, aller au spectacle, dîner dehors ou inviter à dîner. Or, la crise a frappé de plein fouet les budgets loisirs des Français », explique le sociologue Alain Mergier, dans les colonnes de la Croix.

Autre enseignement de cette enquête : la solitude s’aggrave chez les plus jeunes et les plus âgés. Chez les moins de 40 ans, la solitude a ainsi doublé en trois ans et, pour la première fois, le phénomène touche les 18-29 ans (6 % d’entre eux), jusque-là préservés. Selon l’étude, les difficultés d’entrée et de maintien dans l’emploi constituent l’une des principales explications à cette extension du phénomène.

À l’autre extrémité, 24 % des 75 ans et plus sont touchés par l’isolement, contre seulement 16 % en 2010. L’augmentation de la part des personnes âgées en situation de handicap, la baisse relative des pratiques associatives et le relâchement sensible des relations familiales sont les explications avancées par la Fondation de France. La pauvreté et le chômage sont un autre terreau pour la solitude. Environ 15 % des personnes en recherche d’emploi sont seules.

Raphaël Laurent

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Jul 2013 à 17:01

La machinerie derrière le décor. L'éditorial de Patrick Apel-Muller

Le rideau trop usé s’est fendu
 brutalement et les grosses ficelles,
les filets en eau trouble, les rouages
 du pouvoir sarkozyste se découvrent
 aux yeux du public. Fini le récit
héroïque du Petit Chose de Neuilly, venu bouleverser 
les sales combines de l’État RPR, de la Françafrique, des réseaux Foccard ou Pasqua. L’ancien président avait recyclé les mauvaises habitudes pour son compte, y ajoutant le vertige d’une toute-puissance.

Les limitations des dépenses et les avertissements de la Commission nationale ? Il n’en avait cure. Les turpitudes de Kadhafi ? Il les effaçait comme une ardoise payée rubis sur l’ongle. Les mécomptes de son ami Tapie et du Crédit lyonnais ? Dix donnés pour un soutien rendu ! Le spectacle sinistre des noces d’argent du CAC 40 et de la politique revient
tous les jours. La droite y a le premier rôle, mais la distribution s’enrichit d’acteurs socialistes qu’égarent le culte du marché et ses Veaux d’or. La galerie médiatique s’est amusée hier du Conseil national de l’UMP, 
les dévots libéraux y voyant un nouvel épisode de la Cène, avec un Christ qui adorerait les marchands des temples, de bons apôtres prêchant l’austérité et quelques Judas en bout de table. Mais la cellule d’urgence est ailleurs, disposée autour du Premier Cercle, les richissimes donateurs de la droite qui utilisent les micropartis comme des pompes 
à financement bien au-delà
des 7 500 euros légaux. 
Ce pouvoir-là copilote 
le pays à son entier profit.

Les intermèdes de ce show sont assurés par Marine Le Pen. Juchée sur la grande fortune paternelle, convaincue qu’il faut abolir toutes les frontières de la législation sociale mais en établir entre les peuples et les individus, elle entonne cycliquement le grand air du « tous pourris » et, de l’espérance faisant table rase, elle prospère sur le ressentiment. À droite, sous l’influence de Nicolas Sarkozy, on rechigne de moins en moins à faire de la surenchère. Tandis que du côté du PS, quelques apprentis sorciers la manient comme un amplificateur du vote utile, faute de susciter l’enthousiasme de l’électorat.

Et c’est bien là que le bât blesse à gauche. Ni François Hollande ni Jean-Marc Ayrault n’ont le courage ou la lucidité de s’opposer au pouvoir des marchés, aux destructions aveugles – sociales, économiques, humaines et morales – qu’ils engendrent. Ils capitulent devant les actionnaires et instaurent l’austérité, devant le Medef pour différer la retraite, devant la rapacité de Washington pour accepter l’accord transatlantique, devant les espions de la NSA et de la CIA et pourchassent Snowden. À renoncer sur l’essentiel, on risque de se soumettre à tout. Et de préparer la voie au pire, comme le relevait Delphine Batho. Des personnalités de gauche quittent leur réserve en plus grand nombre pour crier casse-cou et exiger un changement de cap. Des syndicats font front commun contre des régressions sociales. Des intellectuels veulent être utiles à leur peuple. D’accord sur tout ? Sans doute pas. Mais résolus à d’utiles échanges, à des controverses fécondes, à des actions convergentes. Le Front de gauche cherche à en être le catalyseur. Et l’Humanité donne à tous rendez-vous à sa fête, à la mi-septembre.

Patrick Apel-Muller

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Jul 2013 à 21:35

La majorité des Français ne cessent de s’appauvrir

Jamais notre pays n’a été aussi inégalitaire. Les 1 % des personnes les plus riches se gavent, « avec des revenus repartis à la hausse depuis 2009 », selon le très officiel Insee, alors que le reste des Français ne cesse de s’appauvrir. Le niveau de vie médian a baissé de 0,5 % en euros constants en une seule année, pour s’établir à 1 610 euros, d’après les dernières statistiques… qui datent de 2010. Tous les ménages situés sous cette barre ont connu une chute de leurs revenus. Pour les 10 % les moins fortunés, ils ont même diminué de 3,2 % par an entre 2008 et 2010, portant à 14,1 % la part de pauvres en France. En deux ans, ils sont passés de 7,8 millions à 8,6 millions. Nul doute que la barre des 10 millions a depuis été longtemps dépassée, sous le double effet de l’explosion du chômage et des politiques austéritaires. Premières victimes, les retraités, mais surtout les enfants. « En 2010, 19,6 % de la population des moins de 18 ans vivent dans une famille en situation de pauvreté, alarmait, lundi, un avis du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Tout laisse à penser que la hausse s’est poursuivie en 2011 et 2012 : on peut craindre que le nombre d’enfants pauvres en France ne soit aujourd’hui proche de 3 millions. » Un chiffre vertigineux, à ajouter à la hausse de 50 % du nombre de personnes sans domicile depuis 2001, avec 141 500 SDF recensés en 2012.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Jul 2013 à 20:49

Editorial Par Patrick Apel-Muller

Un chiffre parmi d’autres…

Un chiffre chasse l’autre. Hier, l’envolée des grandes fortunes qui ont augmenté de 25 % en 2012. Aujourd’hui, cette enquête « Budget des familles », où l’Insee montre que, désormais, si les ressources des familles modestes augmentaient de 10 %, c’est à l’épargne et à l’alimentation que serait consacrée cette hausse. En 2005, à la même question, les sondés répondaient les loisirs. Depuis, l’insécurité sociale est devenue la règle et il faut tenter de s’en prévenir par une épargne de précaution, tandis qu’il a fallu rogner sur la nourriture au point que le nécessaire n’est plus au rendez-vous. L’Insee remarque d’ailleurs que les 20 % de ménages les plus modestes consomment 38 % de moins que la moyenne. Pas des plus riches, mais de ceux qui, tirant le diable par la queue, finissent par s’en sortir à peu près. La moitié de la population, note encore l’Institut, se restreint sur l’alimentation.

Mais nos commentateurs de cour s’empressent de chasser ce chiffre. Il faut continuer la rengaine sur le coût du travail qui menacerait la vie des entreprises, répéter que le Smic est trop élevé, que l’austérité est justifiée, que les efforts sont partagés. Tous les jours, le village Potemkine de la crise est repeint pour frapper de culpabilité ceux qui sont déjà accablés de difficultés. Comment les Français ne seraient-ils pas moroses devant la dureté croissante de la vie pour une majorité ? Comment le fossé entre le pays réel et l’oligarchie qui le gouverne pourrait-il ne pas se creuser ? Comment les médias qui entonnent ce refrain et prêchent doctement les sacrifices pour les plus modestes pourraient-ils échapper au discrédit ? Chaque jour, du moule aux idées toutes faites, sortent les imprécateurs de commande qui qualifient de « populistes » ceux qui dévoilent l’envers du décor et l’hypocrisie des élites. Ils fortifient sans le voir 
des colères semblables à celle qui tenait la plume de Maupassant écrivant à son ami Flaubert, le 10 septembre 1877, trouvant que « 1793 a été doux » : « Puisque les vieilles classes dirigeantes sont aussi inintelligentes aujourd’hui qu’alors ; aussi incapables de diriger aujourd’hui qu’alors ; aussi viles, trompeuses aujourd’hui qu’alors, il faut supprimer les classes dirigeantes aujourd’hui comme alors ; et noyer les beaux messieurs crétins avec les belles dames catins. »

Les noyades n’ont plus cours. Tant mieux. Mais l’arrogance des grands actionnaires, l’aveuglement de ceux qui les servent, l’opulence où baignent ces 500 grandes fortunes, leurs connivences secrètes et leurs inavouables commerces, leurs modes éphémères et leurs engouements tarifés ont quelque chose d’un Versailles avant l’orage. On sent bien dans ce feu qui couve une bataille de tisons. L’extrême droite espère du désespoir. Il devient temps qu’à gauche, on se mobilise contre les ravages de l’austérité et pour écrire une nouvelle 
page de progrès. Tous ensemble, il le faudra bien.

NB : parmi les chiffres chassés, celui-là, venu d’une Italie pressurée de  toutes parts : le pays compte, selon les statistiques officielles, 9,56 millions de pauvres, dont 4,81 vivent dans une « pauvreté absolue », 537 euros au maximum pour un adulte dans une petite ville du sud. Ce destin nous est assigné par les gouvernants à Paris et à Bruxelles.

Patrick Apel-Muller

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Jul 2013 à 02:19

Crise, quelle crise ?

 
 

Il paraît qu’il y a une crise, mais soyons réaliste, si la crise ne profitait à personne il n’y aurait pas de crise. D’ailleurs, Stéphane Bailly, propriétaire d’un groupe de location et de vente de voitures (453e du classement de Challenges) ne nous le cache pas : « La crise, ce sont des difficultés pour les petits, mais ce sont aussi, souvent, des opportunités pour les gros. » Et, jamais, depuis 1996, année où Challenges a lancé son classement des “500”, leur fortune globale n’avait atteint de tels sommets.

En vrac dans ce classement on retrouve sans surprise Bernard Arnault (LVMH, 24,3 milliards) ; Liliane Bettencourt (L’Oréal, 23,2 milliards) ; Gérard Mulliez (Auchan, 19 milliards) ; Serge Dassault (12,8 milliards) ou encore Vincent Bolloré (8 milliards). Parallèlement, dans le classement de décembre 2011 des 300 plus riches en Suisse on retrouve 44 Français, parmi lesquels les familles Wertheimer, 7 milliards de fortune, ou encore Peugeot avec 1,3 milliards. Vous savez Peugeot celui qui licencie et touche des subventions de l’Etat !

Pendant ce temps, on demande aux français de se serrer la ceinture, en bloquant les salaires, en exigeant toujours plus de sacrifices, en leur demandant de renoncer à leurs droits fondamentaux, comme le droit à la retraite à 60 ans. Les salaires stagnent, les fonctionnaires voient leur rémunération gelée et les Smicards n’ont eu droit à aucun « coup de pouce », et, à l’autre bout de la chaîne, d’autres Français se gavent…bonjour la solidarité !

Ces fortunes sont le résultat du véritable hold-up de la rente sur le travail, et les bénéficiaires en sont conscients. Un milliardaire anglais, Simon Cawkwell, a eu des propos forts explicites sur le sujet : « si les gens savaient ce que l’on gagne on rétablirait la guillotine et les têtes valseraient sur les piques ! ». La richesse cumulée des 500 premières fortunes de France s’établit donc à 330 milliards d’euros, alors imaginez que l’on ponctionne ou taxe de 10% minimum ces fortunes soient 33 milliards. D’un seul coup le déficit prévu des retraites et de la sécu est presque comblé. Et cela juste en taxant 500 contribuables ! C’est dire le niveau de concentration de la fortune. A 20%, ce sont des écoles, des hôpitaux, de l’emploi, la relance de l’économie, et à 50%, on ne les mettrait pas pour autant sur la paille, il pourrait continuer à ne pas travailler pendant plusieurs générations. Et après les yeux dans les yeux, on a le culot de nous dire qu’il n’y a pas d’argent ! Et dire que parmi la population il y a des BDB pour plaindre ces pauvres riches !

Il n’y a jamais eu de crise, il n’y a qu’un pouvoir de la richesse et de l’autoritarisme, avec pour dogme la supériorité, les privilèges et les inégalités, qui s’exerce jour après jour, de plus en plus durement, et qui amasse avec ce système d’exploitation férocement anti-social des profits de plus en plus larges. Ces gens là ne créent aucun emploi et même le détruisent, ils surfent sur notre peur qu’ils alimentent via les médias qui leur appartiennent.

N’oublions pas que la fameuse valeur travail dont on nous casse les oreilles, c’est la référence de ceux qui ne bossent pas et encaissent les bénéfices, car eux, se contentent de vivre de notre travail et de la financiarisation croissante de l’économie au détriment de la reprise de l’économie réelle ; il faut savoir que la part des revenus financiers dans les richesses créées en France a doublé depuis 1982. Gageons que les politiques d’austérité réclamées par le Medef et mises en place par le gouvernement vont avoir pour seul effet d’alimenter cette économie de casinos, et faisons le pari que la fortune des 500 premières fortunes de France aura encore augmenté l’année prochaine, et que la crise sera toujours là pour leur plus grand plaisir !

Sur Conscience Citoyenne Responsable

http://2ccr.unblog.fr/2013/07/16/crise-quelle-crise/

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Jul 2013 à 20:08

Mohammed Mechmache d'ACLefeu : "L’exclusion sera à l’origine de nouvelles explosions"

Mohammed Mechmache est président d’ACLefeu et auteur d’un récent rapport sur les banlieues. Suite aux événements de Trappes, il revient sur la montée de l’islamophobie, la répression policière et la relégation sociale dont souffrent ces quartiers.

Comment expliquez-vous la colère des habitants 
de Trappes ?

 Mohammed Mechmache. Il y a avant tout une véritable exclusion qui touche les populations musulmanes, avec une forte hausse de l’islamophobie en France. La parole s’est libérée, notamment à droite. Et une partie de la population est exclue parce qu’elle porte une barbe ou un voile, alors que ce sont des Français à part entière. Nous attendons de la gauche qu’elle ne suive pas le mouvement mais qu’elle condamne fermement toute agression raciste, quelle qu’elle soit.

 

A qui profite une crise comme celle qui s’est déroulée 
à Trappes ?

Mohammed Mechmache. Ce type de crise profite aux extrêmes. Au Front national, d’une part, qui observe la situation et en récolte les fruits. En effet, quand on parle d’« affrontements entre la police et les jeunes », l’opprobre est immédiatement jetée sur les jeunes arabes et les jeunes noirs de banlieue. La crise profite aussi aux extrémistes religieux. Car, quand la République exclue des personnes, eux se targuent de pouvoir les accueillir.

 

Quel regard portez-vous 
sur ces jeunes ?

Mohammed Mechmache. Ce sont des jeunes qui grandissent dans une violence sociale permanente. Ils sont exclus de fait de certaines parties de la société. Avec la pression policière quotidienne, ils ne peuvent pas se déplacer où ils le désirent. Cette exclusion sera forcément à l’origine de nouvelles explosions. Et, j’ai peur que nous autres, acteurs de terrain, nous ne soyons bientôt plus en phase avec ces jeunes, que nous n’ayons bientôt plus les codes pour communiquer avec eux. Je ne crie pas au loup, je tire un signal d’alarme. La situation est grave. Dans ce cadre, la police a une responsabilité. Une partie des policiers participe activement à la montée du racisme et de l’exclusion. Et la répression ne touche pas seulement les jeunes, mais toute la population. Le ministre de l’Intérieur doit rappeler à l’ordre cette frange de la police.

 

La situation a-t-elle évolué dans les quartiers populaires depuis les révoltes de 2005 
et 2007 ?

Mohammed Mechmache. Les banlieues restent des territoires de relégation. Il y a toujours autant de chômage, de jeunes qui sortent du système scolaire, de gens qui n’arrivent pas à se soigner et de familles qui vont chercher des colis au Secours populaire. Mais, il y a eu un réveil des consciences dans les quartiers, les gens s’organisent. Il faut comprendre que nous avons une véritable expertise sur la situation et que nous ne sommes pas le problème mais une partie de la solution.

 

Qu’attendez-vous de la gauche au pouvoir ?

Mohammed Mechmache. Nous sommes déçus car le renouveau à gauche se fait attendre, d’autant que la population des quartiers a voté en masse pour le changement. Nous ne voyons pas grand-chose venir. Le gouvernement devrait faire plus appel aux personnes de terrain, aux personnes du monde associatif et ouvrier. Actuellement, il n’y a pas assez de gens issus de la société civile dans les cabinets ministériels. Enfin, nous avons urgemment besoin de paroles apaisantes. Les gens des quartiers essayent de vivre dans la dignité. Et il ne faut surtout pas qu’on leur retire cette dignité.

Un jeune condamné hier   Un jeune homme de dix-neuf ans a été condamné hier 
à une peine de six mois de prison ferme mais est ressorti 
libre du tribunal correctionnel de Versailles, où il était poursuivi pour rébellion et jets de projectiles sur des policiers, vendredi 
soir, à Trappes (Yvelines). « Le jeune homme condamné 
devrait être convoqué devant un juge dans le cadre 
d’un aménagement de peine », a précisé la présidente à l’audience. 
Par ailleurs, deux hommes de vingt et vingt-quatre ans, 
contre lesquels le tribunal avait requis six mois de prison 
ferme avec mandat de dépôt dans le cadre de ces violences 
à Trappes, ont été relaxés.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Jul 2013 à 15:55

Editorial par Jean-Emmanuel Ducoin

Choc de dignité !

Ne sous-estimons jamais la difficulté qui est la nôtre de braver l’opinion dominante dans une démocratie d’opinion aussi conditionnée par 
les discours formatés des éditocrates sélectifs. Depuis plusieurs jours, 
des commentaires nauséeux voudraient ainsi nous inciter 
à croire que la France aurait sombré dans un « climat avancé de libanisation » ; ici, on détrousserait les cadavres dans 
les wagons ; là, on imposerait le niqab en refusant 
les prérogatives de la police républicaine. Pour un peu, 
nous ne serions plus capables de distinguer le vrai du faux 
et le sens des priorités, au point d’imaginer qu’un bout 
de chiffon – loin d’être innocent – serait à l’origine de tous 
les maux, en particulier ceux de Trappes…

Un élu de la banlieue parisienne vient nous rappeler à nos devoirs  élémentaires de compréhension de la réalité. Il s’appelle Alain Hajjaj. Il est maire de 
La Verrière, ville limitrophe de Trappes, et vice-président 
de la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-
en-Yvelines. À ce double titre, il vient d’adresser une lettre ouverte au premier ministre, Jean-Marc Ayrault, pour réagir aux événements qui ont embrasé Trappes. Alain Hajjaj y dépeint la vraie vie de ses administrés, de ceux qui souffrent comme de ceux qui refusent la fatalité. « Jamais, écrit-il, le nombre de jeunes ou de jeunes adultes n’a été aussi faible, que ce soit en termes d’emplois, de stages ou 
de logements » ; « jamais 
les trafics de drogues n’ont été aussi nombreux » ; « pour autant, jamais nous n’avons été aussi actifs en termes 
de moyens mobilisés, de dispositifs d’écoute et d’appui » ; mais « les jeunes connaissent mieux les policiers locaux que leur correspondant de la mission locale » ; « on nous dit sans cesse que les quartiers s’éloignent de la République, n’est-ce pas plutôt la République qui s’éloigne des quartiers ? » L’élu réclame ce qu’il appelle un « choc 
de la dignité pour nos quartiers ». Son cri d’alarme n’est pas un geste de désespoir, mais un acte d’espérance pour réveiller les consciences. Alain Hajjaj est l’honneur de la République.

Sans angélisme aucun, réaffirmons haut et fort que le problème des quartiers  populaires n’est pas l’islam mais la crise sociale. Combien de fois faudra-t-il l’écrire pour que cette élémentaire vérité pénètre les esprits et les cœurs ? Les Manuel Valls et autres Jean-François Copé auront beau donner du talon, rien ne changera cette donnée fondamentale. Pour le dire autrement : refuser toute forme 
de complaisance vis-à-vis des petites frappes qui pourrissent le quotidien des habitants ne peut être synonyme d’aveuglement devant l’aggravation des conditions de survie de zones urbaines entières. Quand les souffrances se transforment en « sous-France », c’est la République qui vacille – et, avec elle, son idéal originel d’égalité. Chômage de masse, précarité, paupérisation, destruction des services publics : la crise économique paraît hors sol, mais la misère, elle, a des racines si profondes qu’elles labourent et laminent les entrailles des quartiers, des familles, des individus. Non ! il ne s’agit pas d’un fantasme né dans l’esprit de sociologues à l’âme sombre : le chômage des moins de vingt-cinq ans dépasse désormais les 40 % dans ce qu’on nomme communément les « zones urbaines sensibles ». Nos jeunes, qu’ils soient héritiers de l’immigration ou non, aspirent à l’égalité pleine et entière. Mais ils sont les principales victimes d’une époque frappée 
de déréalisation, où seul est glorifié le culte du fric et de 
la réussite télémarchandisée. Nombre d’entre eux ont voté François Hollande en 2012, ils attendaient – et attendent toujours – beaucoup après une décennie de stigmatisations. Qu’on se le dise, il n’y aura pas d’horizon républicain 
digne de ce nom sans la fin de toutes les ségrégations 
sociales dont sont victimes nos quartiers populaires.

Le problème des quartiers populaires n’est pas l’islam mais la crise sociale. Combien de fois faudra-t-il l’écrire pour que cette élémentaire vérité pénètre les esprits et les cœurs ?


Jean-Emmanuel Ducoin

Un ministre de la ville bien transparent

Le ministre délégué à la Ville, François Lamy, 
a appelé, mardi, les acteurs de la vie publique 
de Trappes (Yvelines) à « ne pas baisser les bras » après les violences du week-end, soulignant 
que le « combat à mener » dans les quartiers 
était « structurel », et faisant l’éloge de la rénovation urbaine « réussie » du quartier des Merisiers. 
La ville de Trappes est « symptomatique » de 
ce qui se passe dans les zones sensibles, a déclaré le ministre en charge de la Ville. « Comme toutes violences urbaines, ça fait mal, a-t-il commenté. Ça remet en cause l’image de ces quartiers : une petite minorité cache le travail mené sur la ville. » Le ministre doit se rendre à Trappes aujourd’hui, soit quatre jours après la visite du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls. « Je réunirai les élus, les services de l’État, 
les associations, pour voir quoi renforcer et pour leur dire de ne pas se démobiliser », a-t-il annoncé. Des mots qui ne suffiront pas à calmer les esprits, s’ils ne sont pas suivis de mesures concrètes. De son côté, Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, a mis en garde hier contre toute volonté d’« amalgame », dénonçant au passage une « pratique de l’ancien gouvernement ». « Il faut bien faire la part des choses entre quelques individus – 
qui se sont comportés ou pas de telle façon ou pas, c’est à la justice de le dire – et la population, et l’immense majorité des musulmans qui, eux, veulent simplement vivre tranquillement », a fait valoir 
la ministre des Droits des femmes.



Edité par T 34 - 28 Jul 2013 à 16:11
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Jul 2013 à 20:03

Editorial Par Paule Masson

Cocktail dangereux

Un couple royal fait un bébé qui envahit nos écrans et offre au bon peuple une part de rêve éphémère. Un grand banquier loue une île privative en Espagne à 150 000 euros la semaine. C’est l’été. Les stars batifolent à Saint-Tropez. Tout est calme, luxe, volupté. Même les ministres s’octroient quelques jours de repos, une parenthèse qu’ils peuvent savourer puisque la France serait sur le chemin du retour de la croissance économique. La reprise est là, a asséné François Hollande juste avant la trêve estivale. Les sorciers prévisionnistes mettent aussi l’Angleterre, l’Espagne ou la Pologne sur cette voie. Leur preuve ? Les résultats de la Bourse. Rien qu’en France, sur les huit derniers mois, l’indice des 40 entreprises françaises cotées a progressé de 15 %. Ouf !

Ça, c’est pour l’illusion du bout du tunnel imaginée par des fauteurs
de crise. Mais, depuis 2008, le temps se fait long. Et pendant que la crise enrichit 
les riches – Challenges a révélé mi-juillet que 
les 500 premières fortunes françaises ont vu leur patrimoine quadruplé en dix ans –, elle terrasse 
les familles, les salariés, les jeunes, les retraités… Année après année, l’austérité a creusé son sillon et provoque une explosion de la pauvreté partout sur le continent. L’Institut syndical européen en a dévoilé la carte hier. Éloquent. 
En France, près de 20 % de la population serait touchée par ce risque. 
Le chiffre grimpe à 24,4 % au Portugal, 27 % en Espagne, 31 % en Grèce et même à 49 % en Bulgarie. 
Les pays à fort modèle social comme le Danemark (18,9 %) ne sont plus épargnés. Même une contrée aussi prospère que le Luxembourg compte près de 17 % 
de personnes en grande difficulté.

Cette carte d’Europe est terriblement accusatrice. Elle place les responsables politiques devant un cocktail très dangereux : un chômage qui augmente et des revenus qui diminuent. « Les salaires sont la première cible des mesures d’austérité partout en Europe. Ils sont à l’évidence devenus le mécanisme d’ajustement d’une politique de dévaluation interne », accuse Bernadette Segol, secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats. En France, l’accord de flexibilisation de l’emploi, le fameux ANI, a introduit dans le Code du travail le droit de baisser les salaires en cas de passage à vide pour une entreprise. Une pure potion libérale qui ne soignera en rien le « problème de compétitivité » mais que les salariés vont à coup sûr sentir passer.

Or l’alarme est déjà là. L’Insee révélait il y a peu que  16 % des ménages les plus modestes sont contraints de restreindre leurs dépenses d’alimentation, un bond de 5 points en cinq ans ! 
Hier, Superman Manuel Valls tendait dans le Parisien un doigt vengeur contre « les voyous » qui ont « agressé » les policiers à Trappes. Pas un mot de la part du ministre de l’Intérieur, dit socialiste, sur le drame social qui se noue dans ces quartiers. Le cabinet de Jean-Marc Ayrault aurait pu lui faire passer les résultats de l’étude du CNLE, Conseil national qui assiste le gouvernement dans les politiques de lutte contre la pauvreté, publiée elle aussi en juillet. On y apprend que 49 % des moins de 18 ans résidant en zone urbaine sensible vivent en dessous du seuil de pauvreté. Cela n’excuse pas tout. 
Mais explique beaucoup.

Les responsables politiques sont devant un cocktail très dangereux : 
un chômage 
qui augmente 
et des revenus 
qui diminuent.

paule masson

Quand la crise vide les frigos

Avec l’érosion des revenus, l’alimentation pèse de plus en plus lourd dans le budget des ménages français les plus pauvres. Les familles en difficulté doivent se serrer la ceinture et se privent fréquemment de certains types de produits.

L’alimentation, un dégât collatéral de la crise. « Faire ses courses au supermarché est devenu un luxe », confie Rachida, mère de deux enfants de dix-neuf et douze ans. Cette ancienne femme de ménage, aujourd’hui au RSA, peine à remplir son réfrigérateur. Comme beaucoup d’autres, de plus en plus même. Après cinq ans de crise et d’austérité, les budgets des familles les plus modestes sont sur l’os. C’est ce qu’a révélé l’Insee, dans une étude parue en juillet. À la question : « Si vos ressources naturelles augmentaient de 10 % que feriez-vous en priorité avec cet argent ? », les familles les plus modestes en 2011 étaient 16 % à répondre : « dans l’alimentation », contre 11 % en 2005.

Habitation et nourriture représentent aujourd’hui 41 % du budget des plus pauvres. Pour Gaëtan Lasalle, chargé des relations institutionnelles à la Banque alimentaire, « l’alimentation est devenue une variable d’ajustement dans le budget familial. On fait la concession d’abord sur les dépenses alimentaires ». Dans son étude, l’Insee fait le rapprochement entre ce phénomène et le recul du niveau de vie de la moitié la moins aisée de la population.

« S’acheter à manger, c’est la galère »

Comment expliquer cette montée de l’« insécurité alimentaire » ? Mark Castille, chargé des relations extérieures du Secours populaire, explique : « C’est une des conséquences de la crise : les familles les plus modestes ont des revenus qui s’érodent. En parallèle, avec l’inflation, les prix des produits alimentaire ont augmenté. » Sabrina et son neveu Salah le confirment : « Le plus dur, ce sont les débuts de mois, quand il faut payer le loyer, et les fins de mois quand il ne reste plus d’argent. S’acheter à manger, c’est la galère. On a complètement arrêté la viande, c’est beaucoup trop cher. »

Du coup, de plus en plus de familles, en proie à l’« insécurité alimentaire », frappent aux portes des associations. Au total, 437 millions de repas sont distribués chaque année à 3,4 millions de personnes, toutes associations confondues. Marc Castille, du Secours populaire, souligne que « 9 personnes sur 10 viennent pour l’aide alimentaire ».

Michel, bénévole, explique que le public est « essentiellement constitué de personnes venues d’Afrique ou d’Europe de l’Est, en situation de grande précarité ». Nadia attend son tour, dans la salle de l’antenne du Secours populaire de la rue Montcalm, à Paris. Elle raconte : « Ma fille est très malade et c’est moi qui m’occupe de sa fille, qui a huit ans. Les temps sont durs, surtout pour nos enfants : plus de lait, pas de goûters à 16 heures Tout est devenu trop cher. » Certains bénéficiaires vont encore au supermarché, même si le choix des produits est vite fait : « Je vais chez Lidl ou Leader Price. J’achète toujours les produits de premier prix, je n’ai pas le choix », explique Sabrina, mère de deux enfants.

L’austérité pèse sur toute la consommation

Les problèmes d’alimentation s’insèrent souvent dans une précarité plus générale. La hausse du chômage et l’austérité pèsent sur toute la consommation des familles les plus pauvres. Selon l’Insee, les 20 % de ménages les plus modestes consomment 2,5 fois moins que les ménages les plus aisés. Pour Angelica, arrivée d’Azerbaïdjan avec son mari et son fils il y a cinq ans, l’alimentation est un problème parmi d’autres. « Il faut trouver où dormir, obtenir des papiers. Mais se nourrir est une chose à laquelle on pense chaque seconde. »

Dans un rapport de juin 2012, le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale montre que le manque chronique d’argent pousse à rogner sur tout. Près de 48 % des personnes interrogées admettent avoir repoussé ou abandonné l’achat de lunettes ou de prothèses dentaires. Tandis que 35 % des mêmes sondés ont déjà repoussé ou renoncé à une consultation chez le médecin pour des raisons financières. Plus que jamais, la lutte pour le pouvoir d’achat est nécessaire.

Un nouveau restaurant solidaire à paris  « N’importe qui peut venir, il n’y a aucune restriction », explique Dominique Gloriès, directeur du bénévolat à l’Armée du salut. Dans le 9e arrondissement de Paris, l’Armée du salut a transformé une ancienne caserne des pompiers en réfectoire. Entre 300 et 500 repas seront distribués cet été. Des tables de huit places permettent à 70 personnes de manger en même temps. Au menu : une entrée, un plat chaud (steak haché et riz), fromage et dessert. Avec l’ouverture de ce sixième restaurant solidaire dans la capitale, « un millier de personnes peuvent bénéficier de repas chaque soir dans le dispositif d’aide alimentaire de la Ville de Paris », a précisé Olga Trostiansky, adjointe au maire chargée de la solidarité.

Manon Barthod

Très chère bouchée de pain

Les prix des denrées s’envolent. Les familles populaires sont pénalisées.

Depuis un an, les prix des produits alimentaires augmentent deux fois plus vite que l’inflation. De juillet 2012 à juin 2013, les produits qui finissent dans nos assiettes et nos verres ont vu leurs prix s’élever de 1,8 %, pour une inflation de 0,9 %. Si on ne prend en compte que les produits frais, c’est pire : 8 % de plus pour les légumes, 8,3 % pour les fruits. Les prix des viandes, quant à eux, sont en hausse de 3,1 %. Hors produits frais, l’augmentation est de 1 %.

Les fortes pluies et le manque d’ensoleillement du printemps 2013 contribuent à cette valse des étiquettes mais ce phénomène n’est pas seulement conjoncturel, il s’inscrit dans une tendance lourde. Au cours de l’exercice précédent (juillet 2011 à juin 2012), les prix des produits alimentaires avaient déjà augmenté de 1,8 %. Lors des quatre derniers exercices (juillet 2009 à juin 2013), l’inflation s’élève à 7,4 % et le coût des produits alimentaires encore davantage, 8,8 %.

Le prix des produits frais dissuade aussi certaines familles, même si d’autres facteurs interviennent, d’adopter une alimentation équilibrée.

Bruno Vincens

Jean-Pierre Poulain « Le statut social peut aussi orienter le comportement alimentaire »

Le sociologue anthropologue Jean-Pierre Poulain analyse les conséquences des privations alimentaires, en termes de carences nutritives et de propension à l’obésité.

Les familles à faibles revenus n’ont plus les moyens d’investir dans l’alimentaire. Quelles en sont les conséquences ?

Jean-Pierre Poulain. Les privations alimentaires ont des conséquences sur la santé. Il y a d’une part le problème des carences. Les carences surviennent dans des situations de sous-nutrition où les aliments que l’on consomme ne sont pas suffisants pour apporter les nutriments dont le corps a besoin. D’autre part, les classes modestes qui se privent sont touchées par les problèmes de poids, notamment l’obésité. De fait, plus on regarde en bas de l’échelle sociale où les personnes font face à l’exclusion et à la précarisation, plus l’obésité est présente. Son taux atteint 39,3 % chez les ouvriers contre 33 %
 chez les cadres supérieurs et 24,7 % parmi les cadres moyens.

Peut-on ainsi systématiquement associer la pauvreté avec l’obésité ?

Jean-Pierre Poulain. On trouve plus d’obésité en bas de l’échelle sociale, c’est un fait. Pour les personnes qui ont un capital économique faible et un capital culturel faible, le taux d’obésité avoisine les 35 %. Pour les personnes qui ont un capital économique faible et un capital culturel fort, ce taux descend à 25 %. Et les prévalences sont les plus faibles, pour ceux qui ont à la fois un capital économique et culturel fort. Plus largement, on distingue des individus en phase « ascendante » et « descendante ». Une personne en phase « ascendante » est quelqu’un qui réussit socialement via une promotion par exemple. C’est une personne qui grimpe l’échelle sociale, à la différence d’une personne en phase « descendante » qui fait face à un certains nombres « d’échecs » et de déclassements, comme par exemple le chômage ou le divorce. On constate que les personnes en surpoids sont en phase « descendante ». Autrement dit, le statut social peut aussi orienter le comportement alimentaire d’une personne. On peut donc associer l’obésité à une dynamique de dégradation sociale.

La précarité conditionne donc les comportements alimentaires ?

Jean-Pierre Poulain. L’argent est un premier déterminisme. Il suffit de déambuler dans les supermarchés pour le constater : les produits alimentaires les plus gras et les plus sucrés sont les moins chers. La calorie est peu chère. Les aliments à forte concentration calorique et énergétique sont moins chers que les produits faiblement dosés en calories. Ce n’est donc pas un hasard si les franges les plus précaires sont tout particulièrement exposées à l’obésité. D’autre part, il y a également des facteurs psychologiques qui découlent du statut social. La peur du futur conduit les plus fragiles à consommer des produits qui font grossir. On peut interpréter cela comme un réflexe « archaïque » : on mange trop pour « stocker » par peur de ne pas pouvoir se nourrir demain. On remarque aussi un effet de « frustration » : on consomme des produits sucrés, souvent très caloriques, car leur goût apporte du réconfort.

Les campagnes menées 
par l’Institut national 
de santé publique sont-elles efficaces ?

Jean-Pierre Poulain. Malheureusement, les franges de la population qui sont réceptives au message « mangez cinq fruits et légumes par jour » savent déjà comment manger équilibré et sont déjà perméables à ce type d’informations. En effet, le haut de l’échelle sociale a une sensibilité au corps : manger bien est synonyme de beauté, d’esthétique. À l’inverse, lorsqu’on vit dans la contrainte budgétaire, on n’a pas le temps de bien se nourrir car c’est un investissement sur le long terme. Certaines associations ou épiceries solidaires savent mieux délivrer ce type de messages préventifs puisqu’ils ciblent une population particulière à un moment donné.

Propos recueillis par M. Ba.

Une politique de la ville à petits pas

François Lamy présentait ce vendredi une réforme technique qui laissera des villes sur le carreau et ne restaurera pas le droit commun.

Mercredi, le chef de l’État François Hollande a fait halte à Clichy-sous-Bois, pèlerinage obligé de tout politique depuis l’embrasement de la ville, en 2005. Un coup de com sous le signe de l’emploi des jeunes, alors que François Lamy présente aujourd’hui son projet de loi de réforme de la politique de la ville. Clou du spectacle: la signature du CDI d’un Clichois de vingt et un ans avec une entreprise locale d’électricité. Un unique «contrat franc», aidé à hauteur de 5 000 euros. Une dizaine de contrats de ce type ont été signés et le gouvernement espère atteindre les 2 000 à la fin de l’année. Manière de faire oublier l’échec relatif des «emplois d’avenir», promesse phare du candidat Hollande, qui peinent à démarrer.

Moitié moins de quartiers prioritaires

Avec sa réforme de la politique de la Ville, François Lamy entend mettre de l’ordre dans l’empilement des dispositif «politique de la ville», en les remplaçant par des « quartiers prioritaires ». Pour éviter un saupoudrage des crédits, il ne devrait y avoir que 1200 contrats urbains de solidarité, contre 2500 actuellement.

La sélection des 1200 quartiers prioritaires se fera sur le seul critère de la pauvreté. Et se concentrera sur les zones où la moitié de la population perçoit moins de 60% du revenu fiscal médian, soit moins de 11000 euros. La présence de grands ensembles ou d’autres indicateurs sociaux (taux de propriétaires, de familles monoparentales, chômage, etc.) ne sera plus prise en compte. Une méthode qui risque de soulever de vives protestations dans les villes qui seront éjectées du dispositif « politique de la ville ».

Rénovation urbaine

Autre volet de la loi: un nouveau programme de rénovation urbaine (PNRU). Il devrait porter sur 230 nouveaux quartiers, avec un concours de l’Anru porté à 5 milliards d’euros, « ce qui devrait permettre de lever deux à trois fois plus de fonds », selon François Lamy. Mais, derrière ces mesures très techniques, l’objectif de fond – faire des quartiers des zones de «droit commun» – n’est toujours pas rempli. Certains ministères ne jouent pas le jeu. Et surtout, le ministère de la Ville ne dispose toujours pas de réelle marge de manœuvre budgétaire. Son budget annuel, en baisse de 4% pour 2013, à 504 millions d'euros pour 2013, n'est pas épargné par la rigueur.

Rigueur budgétaire

"La politique de la Ville ne relève pas uniquement du ministère de la Ville", a répondu ce vendredi la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem, argument qu'elle avait déjà brandi pour défendre le budget du ministère de l'Ecologie, alors que l'ex-ministre Delphine Batho dénonçait la rigueur budgétaire pour 2014. Pour fonder son propos, la porte-parole du gouvernement a cité l'exemple des écoles primaires des quartiers sensibles qui sont prioritaires pour le développement de l'accueil des enfants de moins de trois ans. Elle a aussi rappelé que 30% des 100.000 emplois d'avenir prévus sont réservés aux quartiers difficiles dont les jeunes bénéficient aussi par ailleurs des "emplois francs". Dont un seul contrat vient d'être parrainé par François Hollande. La boucle est bouclée.

Et l’empowerment ? Au début du mois, la sociologue Marie-Hélène Bacqué et Mohamed Mechmache, président du collectif AClefeu, ont remis à François Lamy un rapport sur la participation des habitants des quartiers à la vie politique. Le texte insiste sur le renforcement de l’indépendance des associations, pour créer un contre-pouvoir. Autre préalable indispensable : le droit de vote des étrangers. Autant de points qui ne sont toujours pas examinés.

Mehdi Fikri



Edité par T 34 - 02 Aug 2013 à 22:13
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