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GRECE

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Jun 2013 à 22:00

Écran noir et tempête politique

Dans les locaux d’ERT, occupés depuis l’annonce de la fermeture de ce groupe audiovisuel public grec, les résistants s’organisent. 
Ils ont reçu, hier, le soutien massif de la population grecque.

Athènes,  envoyé spécial. Les puissantes enceintes du groupe de radio et télévision résonnent, tonitruantes, à Aghia Paraskevi, banlieue où est situé le siège de ERT en banlieue d’Athènes. Au micro, des responsables syndicaux protestent contre une « décision aux allures de coup d’État qui vise à bâillonner l’information impartiale ». Des messages de soutien venus de toute l’Europe et des quatre coins du monde sont lus. Les citoyens affluent et envahissent la cour et l’avenue devant le siège du groupe audiovisuel public. Décidément, elle ne passe pas, cette fermeture de ERT, annoncée le 11 juin à 17 heures et effective dès 23 h 11 Depuis, plus aucune image n’est diffusée sur les canaux, plus aucun son sur les ondes. Mais des manifestations de soutien aux équipes et de protestation contre cette décision se succèdent. Une grève générale a même débuté, hier, à l’appel de tous les syndicats.

« Même les colonels n’ont pas osé faire tomber l’émetteur et présenter un écran noir », s’insurge Giorgos Korianis, ancien directeur de l’information de ERT, entre septembre 2010 et septembre 2012. Pour lui, « les citoyens voient bien que nous vivons une dictature particulière : elle a l’apparence de la démocratie ! », explique-t-il, en allusion au parti au pouvoir, Nouvelle Démocratie, « et elle est soutenue par deux partis, le Pasok et Dimar, qui disent avoir des convictions socialistes et de gauche » ajoute-t-il.

Troïka dégage

Dans le rassemblement, les drapeaux rouges aux côtés de ceux des syndicats flottent, les banderoles clamant « troïka dégage » sont soutenues par des citoyens de tous les âges. Margarita Vassiliou est venue devant ERT car, à son avis, « ce gouvernement ne s’attaque pas seulement à un des piliers fondamentaux de la démocratie, mais plus encore au cœur de la démocratie, c’est-à-dire la voix du peuple. Si le gouvernement réussit à supprimer ERT, il lui sera facile ensuite de faire passer toutes les autres politiques, c’est-à-dire de fermer les hôpitaux, privatiser les écoles… Tous les services sociaux seront dans son collimateur ». La résistance en cours est donc exemplaire.

« Cette décision est un vrai coup porté au fonctionnement démocratique et une atteinte aux droits et libertés des citoyens, y compris à la liberté d’expression et au libre accès à l’information », déclare, pour sa part, la députée Syriza Zoé Konstantopoulou. Pour cette avocate, « la procédure employée est une violation flagrante de la Constitution grecque. » Quelles seront, alors, les conséquences politiques de cet acte ?

Syriza et le Parti communiste grec (KKE) s’opposent à la fermeture de ERT. Malgré les protestations dans le pays et l’indignation internationale engendrée par son « 20e acte exécutif à caractère législatif », comme le souligne la députée, le gouvernement ne bouge pas. Si le premier ministre, Antonis Samaras (droite), a annoncé une rencontre lundi avec le chef des deux partis qui lui sont alliés, Evangelos Venizélos (Pasok) et Fotis Kouvelis (Dimar), certains parient sur un impossible accord… et des élections à venir. En attendant, dans des locaux occupés depuis trois jours, la fatigue se fait sentir. Des éléments inconnus sont entrés et ont vidé les extincteurs. Certains craignent une intervention des CRS, d’autres que l’électricité soit coupée, pour faire taire définitivement ERT. « Si nous perdons ce bras de fer, nous allons tout perdre. C’est la voix du peuple qui est muselée », conclut la manifestante.

Fabien Perrier



Edité par T 34 - 18 Jun 2013 à 16:37
Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Jun 2013 à 19:26

Grèce: le Conseil d'Etat rallume "temporairement" les écrans d'ERT

C'est un mini-camouflet pour le gouvernement Samaras. Le Conseil d'Etat grec a annulé ce lundi soir "temporairement" la décision du gouvernement de fermer la radio-télévision publique ERT, et ordonné sa réouverture jusqu'à la constitution d'un nouvel organisme audiovisuel public.

Le combat pour la pérénité du pole public d'audiovisuel grec et le pluralisme de l'information n'est pour autant pas gagné. La plus haute juridciction du pays a demandé aux ministres compétents d'oeuvrer pour assurer de nouveau la remise en service "temporaire" de la télévision publique. Elle donne raison au syndicat de l'ERT qui avait déposé un recours contre la décision de fermer les chaînes télé et radios publiques, il y a une semaine. Mais cette décision n'est que "temporaire", jusqu'à la constitution d'un nouvel organisme audiovisuel public.

Nerit, le nouvel organisme

Le Premier ministre conservateur grec, Antonis Samaras, n'a pas perdu de temps. Il a déjà proposé ce lundi à ses deux partenaires de la coalition gouvernementale la réouverture "transitoire" de la radio-télévision publique sous la houlette d'une commission tripartite, selon une source gouvernementale. Une commission composée de représentants des trois partis de la coalition sera chargée "d'embaucher un nombre de journalistes chargés de faire fonctionner de nouveau la radio-télévision publique" jusqu'à ce que soit adopté un nouveau projet de loi sur l'audiovisuel public, selon une source gouvernementale citée par l'AFP. "Des conseillers étrangers, de la BBC, ou d'autres groupes européens vont aider à la constitution du nouvel organisme", qui sera baptisée Nerit, selon cette même source.

Projet d'accord politique

Pour éviter une crise politique et la perspective d'élections anticipées dues à la fermeture sans coup férir d'ERT, Antonis Samaras a proposé un programme en "sept points". Parmi ces points, figure un prochain remaniement ministériel, d'ici à la fin juin, selon cette source. Une réunion ministérielle était en cours lundi soir entre M. Samaras et les dirigeants du Pasok (socialiste) et du Dimar (gauche démocratique), Evangélos Vénizélos et Fotis Kouvélis respectivement, pour tenter de trouver une solution et sortir de l'impasse provoquée par la fermeture de l'ERT.

Des manifestations contre la fermeture de l'ERT se poursuivaient pour la septième journée consécutive devant le siège de la télévision publique dans la banlieue nord de la capitale grecque et sur la place Syntagma en face du Parlement, où le chef de l'opposition, Alexis Tsipras a prononcé un discours pour fêter à sa manière le premier anniversaire du gouvernement Samaras, péniblement sorti vainqueur des élections du 17 juin dernier. Selon ce dernier, la fermeture d'ERT, décidée sans préavis et sans concertation, sera le "chant du cygne" du gouvernement Samaras.

S.G. (avec Fabien Perrier à Athènes)

Grèce. "Les décisions sont prises avec des conceptions fascistes"

Athènes (Grèce), envoyé spécial. Au lendemain de la décision du Conseil d'Etat de rouvrir ERT et ses chaînes de télé et radio publiques, la fébrilité demeure parmi les salariés du groupe audiovisuel. Entretien avec le chanteur grec Vasilis Lekkas, chaque jour au côté des salariés en lutte.

D’abord, ce fut une explosion de joie. Un soulagement. ERT allait rouvrir. Puis, chacun se mit à essayer d’interpréter au plus juste le rendu du Conseil d’Etat dans l’affaire du groupe de radios et télévisions public fermé, d’un seul coup, le 11 juin, sur simple décret. Alors, l’inquiétude est revenue. Alors, les gorges se sont de nouveau nouées. Et les larmes ont surgi sur les visages dépités. Dans combien de temps les salariés sauront à quel sort ils seront véritablement voués? Dans un pays qui compte 27% de chômeurs, chacun s’est mis à s’interroger de nouveau, dans une forme de schizophrénie collective: qui conservera le poste? Moi ou mon voisin? Car le Conseil dit, d’abord, qu’il faut rouvrir un petit bout de ERT, réformer et donc licencier. Qui sera licencié? Ceux qui ont été nommés abusivement, comme l’explique l’Humanité aujourd’hui? Ou ceux qui depuis longtemps font leur travail, quitte à refuser d’être aux bottes du pouvoir? L’avenir de ERT reste une inconnue, et un coup porté à la démocratie grecque.

Les salariés ont donc décidé de continuer la mobilisation. Les artistes qui les accompagnent aussi. Vasilis Lekkas est là dès le premier jour. Le chanteur grec accorde un entretien à l’Humanite.fr.

Pourquoi participez-vous, depuis le début, aux manifestations de soutien à ERT ?

Vasilis Lekkas. Je me dois d’être là en soutien. Ce qui se passe chez ERT concerne tout le peuple. Il faut se battre contre cette fermeture.

 

Quelles sont les implications de cette fermeture en Grèce ?

Vasilis Lekkas. Nous ne sommes pas ici seulement pour ERT mais pour évoquer les problèmes que rencontre l’ensemble du peuple grec. La décision immédiate cherche à nous faire fermer les yeux et la bouche; mais elle nous a obligés à arriver à un point commun de rencontre et de mettre sur la table tous les problèmes à l’occasion de ce rassemblement pour ERT. En tant que citoyen grec et qu’artiste, tout ce que je présente sur scène, et ailleurs, je le fais en direction d’une communauté du peuple grec, et de l’ensemble des citoyens parce qu’il est clair qu’en face, le gouvernement, et pas seulement lui, ont dans le viseur la donnée grecque.

 

Le décret de loi tel qu’il est rédigé étend à toutes les entreprises du domaine public la possibilité de les fermer immédiatement…

Vasilis Lekkas. C’est avec une conception fasciste, autoritariste, qui est celle du patronat, que les décisions sont prises, ordonnées. Elle n’est pas celle de ceux qui conduisent la politique réellement. Mais cette conception est celle qui a eu cours pendant plusieurs années dans notre pays – l’Histoire se répète. Les conséquences concerneront plusieurs générations à venir, si nous ne prenons pas nos responsabilités aujourd’hui.

 

La Grèce est-elle à un point de rupture ?

Vasilis Lekkas. Nous allons vivre une longue période, je crois, avec des élections continuelles car les gouvernements précédents au pouvoir ont cadenassé le système pour s’accaparer le pouvoir. Ainsi, le parti arrivé en tête aux élections a un bonus de 50 sièges à l’Assemblée, et en même temps, sont produits des partis satellites autour du pouvoir, utilisés quand ils en ont besoin. Tant que ce problème ne sera pas réglé, nous aurons des élections continuelles. Notre pays a 3000 ans d’histoire, ce qui a forgé notre conscience.

Entretien réalisé par Fabien Perrier

Solidarité avec la Grèce

Patrick Le Hyaric : "La fermeture du service de radio 
et télévision grec est un attentat contre la démocratie en Europe"

À l'occasion de la soirée de solidarité aux citoyens grecs à l'initiative de Mediapart, ce soir à 20 heures au théâtre du Châtelet, avec le soutien d'autres journaux dont l'Humanité, retrouvez l'appel de son directeur, Patrick Le Hyaric, pour qui la fermeture de la radio-télévision publique ERT a pour but "d’une part, de liquider un service public de l’information et de la création pour se débarrasser du syndicat, d’autre part, de tenter de créer une télévision à la main du pouvoir, tout en favorisant les radios et télévisions privées".

Le décret de fermeture du service public de radio 
et télévision grec est un attentat contre la démocratie en Europe. Cet oukase, décidé sous la dictée de la troïka, composée de la Commission européenne, de la Banque centrale et du Fonds monétaire international, est contraire au droit fondamental au pluralisme de l’information, reconnu par la Charte européenne des droits fondamentaux, et contraire aussi aux traités de l’Union. Ceux-ci explicitent, notamment dans le protocole sur l’audiovisuel public annexé au traité d’Amsterdam datant de 1997 : « Le système audiovisuel public dans les États membres est directement lié aux besoins démocratiques, sociaux et culturels de toute société et au besoin de préserver le pluralisme des médias. » La Commission européenne, qui ne manque jamais une occasion de nous expliquer qu’elle est « le gardien » des traités, viole ici les textes qu’elle est censée garantir. D’ailleurs, depuis vingt ans, l’existence d’un service public audiovisuel indépendant est l’une des conditions d’appartenance à l’Union européenne.

Nous parlons ici de cinq chaînes de télévision, dont deux diffusées par satellite, de vingt-cinq radios et de trois orchestres nationaux. C’est l’une des institutions démocratiques du pays que la droite grecque, soutenue par le parti d’extrême droite Aube dorée, veut mettre à bas. Depuis quelques jours, l’argumentaire que l’on nous sert est truffé de mensonges. Il ressemble en tous points à ce que, ici, une certaine presse, liée aux milieux financiers, ne cesse d’expliquer à propos des services publics, de la protection sociale, de notre radio et notre télévision publiques : pour eux, ça coûte trop cher ! Mensonge, puisque la radio et la télévision grecques, après que les salariés ont subi des baisses de leurs rémunérations, dégageaient des marges qui servaient 
à rembourser des dettes d’État.

La vérité est ailleurs. Il s’agit, d’une part, de liquider un service public de l’information et de la création pour se débarrasser du syndicat, d’autre part, de tenter de créer une télévision à la main du pouvoir, tout en favorisant les radios et télévisions privées. L’assainissement budgétaire sert de prétexte et de moyen pour une nouvelle accélération de l’asservissement du pays à la dictature des marchés financiers. Cela nous concerne au premier chef. Ici aussi, les plans « d’ajustements structurels » obligent à réduire les crédits à l’audiovisuel public et à la culture. En France, les porte-parole du capitalisme se réjouissent bruyamment de cette décision. Si on les comprend bien, ils rêvent, pour notre pays aussi, du « grand soir ultralibéral » et de l’écran noir pour France Télévisions, puisque M. Nicolas Beytout a pu barrer la une de son journal, l’Opinion, avec ce titre effrayant : 
« Et si on fermait France Télévisions ? »

Ne laissons pas faire ! Nous en appelons à l’unité 
des salariés, des retraités, des jeunes, des créateurs de tous les pays européens contre ces choix et pour défendre pied à pied la démocratie et la culture. Manifestons par tous les moyens notre indignation, 
notre protestation et notre refus de cette Europe « austéritaire ». C’est en ce sens que l’Humanité s’associe activement à la soirée de soutien au peuple grec lancée par Mediapart, ce soir, 18 juin, au Théâtre 
du Châtelet. Soyons-y nombreux.

Artistes, journalistes, intellectuels grecs et français viendront témoigner et défendre la nécessité d'un service public audiovisuel indépendant des pouvoirs :

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF
Thomais Papaïoannou, correspondante de l'ERT
Elise Lucet, France 2
Jean-Paul Philippot, président de l’Union européenne de radiodiffusion
Christophe Deloire, secrétaire général de RSF
Olivier Schrameck, président du CSA
Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris
Statis Kouvélakis, chercheur, professeur en philosophie politique
Vicky Skoumbi, rédactrice en chef de la revue de la revue αληthεια (Athènes)
Panos Angelopoulos, Collectif de solidarité des Grecs à Paris
Ariane Mnouchkine, Théâtre du Soleil

Des musiciens grecs animeront la soirée : Katerina Fotinaki, compositrice chanteuse et musicienne, avec Stamos Semsis, premier alto de l’Orchestre national de l’ERT, et Orestis Kalabalikis, guitariste.

L'entrée est gratuite. Venez nombreux !

Patrick Le Hyaric

 

Edwy Plenel : "L’information et la culture ne sont pas des marchandises"

À l’initiative de Mediapart, se déroulera, ce soir à Paris, une grande soirée de soutien aux citoyens grecs. L’Humanité et d’autres journaux se sont joints à cette initiative. Entretien avec Edwy Plenel, cofondateur de Mediapart.

Quel est votre sentiment après la fermeture brutale des télévision et radio publiques grecques ?

Edwy Plenel. Mon sentiment est celui que doit avoir tout journaliste et tout citoyen attachés aux libertés fondamentales. On ne peut pas mettre comme cela un écran noir sur la démocratie. Comme le prévoient les textes européens eux-mêmes, notamment le traité d’Amsterdam de 1997, l’existence d’un service public audiovisuel est au cœur d’une démocratie. C’est une garantie pour le pluralisme, c’est une garantie pour la culture, c’est une garantie pour l’élévation du débat public. La décision prise par le gouvernement grec au prétexte de l’exigence d’économies des bailleurs de fonds de la Commission européenne, de la Banque centrale et du Fonds monétaire international est un coup d’État contre la démocratie. C’est une évidence que tout le monde a pu constater. On ne peut pas, sous prétexte qu’apparemment, il y a une démocratie en Grèce, et que cela se passe en Europe, qui est apparemment démocratique, on ne peut pas considérer que c’est un petit événement. Les démocraties s’affaissent, s’endorment ou finissent par des renoncements sur des principes successifs. Notre réaction 
à Mediapart, comme à 
l’Humanité et chez tous ceux qui se sont joints à cette initiative, les Inrockuptibles, Marianne, Politis, Regards, c’est de dire notre solidarité et notre indignation.

 

Comment va se dérouler cette soirée au Châtelet ?

Edwy Plenel. L’idée de cette soirée, organisée par des journalistes, c’est d’abord une question de principe et, en premier lieu, de solidarité avec la Grèce. Il y aura des artistes, Reporters sans frontières, peut-être un duplex avec l’ERT. La correspondante de l’ERT en France y sera présente, de même que des intellectuels grecs, qui prendront la parole. Il y aura le responsable du réseau des télévisions européennes. Et, je peux vous l’annoncer, le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel, Olivier Schrameck. Manifestant ainsi l’indépendance qu’il revendique désormais pour le CSA, il viendra dire qu’il estime que c’est un écran noir sur la démocratie.

Edwy Plenel, vous avez l’intention de lancer un appel citoyen au cours de cette soirée…

Edwy Plenel. Un appel va être soumis à l’ensemble des journaux et organisations participants pour rappeler cet enjeu de principe qu’est la liberté d’information au service du public. Ce qui suppose évidemment l’existence de service public, et aussi pour rappeler que l’information, la culture ne sont pas des marchandises. Ce sont d’abord des piliers de la vie publique, de la vie démocratique.

C’est un événement qui résonne comme une démonstration chimiquement pure. On ne peut pas avoir des arguties techniques, technologiques, financières. On a quelque chose de stupéfiant. Un gouvernement composé de trois formations, dont deux se réclament de la gauche, même si le premier est de droite, un gouvernement de coalition, donc, a laissé prendre cette décision, qui est un vrai lock-out. Normalement, on n’imagine cela que dans des dictatures.

Pétition. La Grèce, c'est l'Europe, c'est la France... La Grèce, c'est notre affaire ! (SNJ-CGT)

Le lock-out sauvage de l’ensemble de l’audiovisuel public grec et de ses 2 700 salariés piétine l’ensemble des lois, réglementations et recommandations européennes.

Dans le protocole sur l’audiovisuel public annexé au traité européen d’Amsterdam de 1997 qui reprend des éléments de la convention européenne des droits de l’homme et plusieurs recommandations du Conseil de l’Europe, il est très explicitement écrit : «Le système de l’audiovisuel public dans les États membres est directement lié aux besoins démocratiques, sociaux et culturels de toute société et au besoin de préserver le pluralisme des médias.»

Ainsi, l’existence de l’audiovisuel public, véritable Agora contemporain, est un critère déterminant de la “santé”
démocratique d’un pays et une garantie de la liberté de l'information. Le service public d’information en Grèce a toujours été un carrefour essentiel de la vie démocratique. C’est là que les différentes forces sociales, les syndicats, l’Eglise, les jeunes, les partis, les intellectuels… pouvaient trouver un lieu d’expression, en particulier sur la crise historique que traverse le pays.

Tout régime autoritaire, toute dictature a toujours commencé par contrôler l’audiovisuel public pour mieux reprendre en main l’information. La Troïka -l’union européenne, la banque centrale européenne et le FMI- et La dictature des marchés innovent :
l’audiovisuel public est tout simplement supprimé !

COMMENT CELA A-T-IL ÉTÉ POSSIBLE EN GRÈCE?
La commission européenne a émis un communiqué dans lequel, malgré toutes les contorsions embarrassées, elle indique que «la décision des autorités grecques doit être comprise dans le contexte d’efforts nécessaires pour moderniser l’économie grecque». Elle valide les justifications données par le porte parole du gouvernement grec qui justifie le coup de force par la nécessité d’en finir avec «la bureaucratie, le gaspillage, l’inefficacité».
Ce qui se joue là est grave pour la Grèce, pour les grecs, mais aussi pour toute l’Europe. C’est aussi pour cela que la société grecque dans son ensemble proteste et s’adresse aux peuples de l’Europe toute entière pour s’opposer au coup de force autoritaire mené par le gouvernement grec avec l’aval de la troïka -la CE, la BCE et le
FMI- qui exige des plans de rigueur, mettant à genou les grecs et toute la civilisation hellénique.

En conséquence, nous, professionnels des médias décidons de nous adresser à tous nos collègues et plus largement aux citoyens, à tous les démocrates, pour que nos voix s’assemblent.
Tous ensemble, nous décidons de nous adresser aux autorités françaises, au président de la république en premier lieu, aux parlementaires, pour qu’ils fassent entendre leur voix et condamnent sans ambigüité les plans de la Troïka qui aboutissent à une remise en question de la liberté d’expression et de la vie démocratique en Grèce et dans les pays d’Europe et se prononcent pour la constitutionnalisation de l’audiovisuel public.

>>> SIGNEZ MASSIVEMENT LA PÉTITION À L'ADRESSE SUIVANTE : http://solidarite-audiovisuel-et-services-publics-grecs.net

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Jun 2013 à 18:46

Grèce : une première victoire mais il faut rester sur ses gardes !

 
 
Philippe Alcoy

Lundi 17 juin, la justice grecque a suspendu la décision d’Antonis Samaras, leader de Nouvelle Démocratie (ND) - principale composante du gouvernement de coalition au pouvoir en Grèce, de fermer la radio-télévision publique (ERT). Elle ordonne la reprise de sa programmation jusqu’à la décision définitive qui aura lieu fin septembre. C’est sans doute une première victoire des masses depuis le début de la crise en 2010 contre une attaque brutale du gouvernement et une défaite importante pour Samaras et ND. Cependant, cela ne veut pas dire qu’il faut relâcher la pression contre les plans du gouvernement, du patronat et de la Troïka. Non seulement la survie de l’ERT n’est pas encore assurée, mais d’autres attaques, non moins brutales, continuent à menacer les conditions de vie des travailleurs, de la jeunesse et des couches populaires.

Une situation difficile à tenir

Cette défaite pour ND avait en quelque sorte déjà commencé à se profiler dès mardi soir, après l’annonce de la fermeture de l’ERT par Samaras, lorsque des milliers de personnes se sont mobilisées devant le siège de l’ERT. Ensuite, les centrales syndicales avaient appelé à une grève générale de 24h, les salariés de l’ERT avaient occupé l’immeuble et une grève de solidarité de cinq jours a été déclenchée dans les médias privés. A cette pression populaire il faut ajouter celle, très hypocrites, d’institutions internationales et de responsables politiques européens, ainsi que celle de ses partenaires de gouvernement (PASOK et DIMAR -Gauche Démocratique) qui s’étaient opposés à la fermeture de l’ERT.

Ainsi, ND était dans une situation très compliquée. Samaras pouvait difficilement tenir. C’est pourquoi il avait commencé à lâcher du lest vendredi en proposant une réouverture (très partielle, certes) de l’ERT. Durant le week-end, ni DIMAR ni le PASOK n’ont accepté cette alternative car ils voyaient une opportunité d’apparaitre en opposition à ND et d’essayer de décoller un peu dans les sondages. Cependant, en adoptant cette posture ils jouaient avec le feu car ils menaçaient de faire éclater la coalition et de provoquer un appel à des élections anticipées, ce qu’aucun parti au pouvoir ne veut.

L’autre risque pour le gouvernement était une capitulation trop ouverte de ND, ce qui l’affaiblirait trop fortement, sans pour autant renforcer forcément les autres composantes de la coalition. Autrement dit, le gouvernement dans son ensemble pouvait sortir affaibli de cette crise.

Dans ce contexte, le fait que le Conseil d’Etat ait annulé la décision de Samaras est certes une défaite pour lui, mais en quelque sorte c’est une « défaite honorable » dans le sens où il n’a pas été obligé de capituler ouvertement. Au contraire, il peut même faire semblant de rester ferme dans sa position tout en « respectant les décisions de la Justice ». On peut dire que la décision de la Justice grecque a peut-être permis aussi bien à ND qu’à ses partenaires de gagner un peu de temps. Combien ? Là est toute la question.

De la « radicalité » patronale

La fermeture de l’ERT était un pari très risqué, mais nécessaire pour la bourgeoisie. Ainsi, le journal conservateur Kathimerini regrette ce matin, dans un article d’opinion, qu’après trois ans et demi de crise « le système politique [ait] échoué dans la simple tâche de se mettre d’accord sur la fermeture d’au moins une entité étatique. On déterre des arguments juridiques pour empêcher une telle chose de se produire, en s’appuyant sur le fait que le cadre constitutionnel et juridique, conçu par le système politique lui-même, laisse peu de place pour des changements radicaux (…) Certes, la fermeture de l’ERT a été effectuée de la pire façon possible du point de vue de son effet sur l’opinion publique et de sa symbolique politique. Mais le problème est encore plus évident. Quelqu’un doit rompre le tabou et prendre la décision de restructurer au moins un service public » [1].

Autrement dit, le gouvernement devait essayer d’être plus « radical » (notons que dimanche Merkel a apporté son soutien à Samaras dans ses « efforts de réforme »). Mais là, il est en train de le perdre son pari. Cela pourra même lui coûter un remaniement ministériel (un peu plus favorable au PASOK et à DIMAR ?). Certains parlent même du remplacement de Samaras, dans le but d’éviter des élections anticipées. En ce sens, mercredi 19 juin se tiendra une autre réunion entre les trois partenaires de la coalition au pouvoir pour essayer d’arriver à un accord sur la question de la restructuration de l’ERT.

Il faut noter également qu’hier, alors que les trois partenaires de la coalition se réunissaient, Syriza tenait un important meeting devant le Parlement. Tsipras parlait de Samaras comme d’un homme « politiquement fini ». Il est probable qu’il y ait un saut dans le soutien électoral à Syriza après ce faux pas du gouvernement. Alors que jusqu’à présent la relative stabilité politique des derniers mois avait permis d’appliquer des attaques en règle contre les masses et à Samaras d’être tête à tête avec Tsipras dans les sondages, on pourrait être maintenant dans un moment charnière. Il faudra voir aussi comment Aube Dorée essayera de tirer son épingle du jeu. Sans sous-estimer leur poussée électorale provoquée par la crise profonde de la société grecque, nous devons souligner le fait qu’eux aussi ont fait un faux pas : en soutenant la mesure de Samaras dès le début, ils ont révélé au grand jour leur caractère de classe.

La lutte doit continuer !

Évidemment la lutte n’est pas finie. Non seulement Samaras maintient sa volonté de fermer l’ERT, mais il pourrait même arriver à un compromis pourri avec le PASOK et DIMAR qui sont eux aussi pour « l’épuration » de l’ERT et plus en général pour la suppression de 15.000 emplois dans la fonction publique. En outre, la décision de Justice ne fait que suspendre la fermeture de l’ERT, mais ne remet pas (encore) en cause le projet de licenciement massif dans la radio-télévision publique. Il ne faut également pas écarter la possibilité de coups médiatiques pour renverser un peu l’opinion publique : Samaras menaçait hier de révéler les résultats d’une enquête sur la corruption à l’ERT, ce qui donnerait soi-disant de la « légitimité » à la fermeture de celle-ci ou au moins à sa restructuration drastique. Cette manœuvre ne serait cependant pas sans risques, car son parti a lui aussi participé à la corruption dans l’ERT.

Enfin, il faut aussi prendre en compte l’effet que cette victoire partielle peut avoir sur le moral des travailleurs et des masses pour les luttes à venir. Cette défaite du gouvernement se produit après une grande vague de solidarité populaire, une grève générale décrétée très rapidement (même si limitée à 24h comme la bureaucratie syndicale sait si bien le faire), une grève de solidarité des journalistes de cinq jours et surtout une occupation des locaux où les travailleuses et travailleurs de l’ERT ont continué à transmettre, défiant ainsi le gouvernement. Ce n’est donc pas le moment de relâcher la pression, il faut au contraire profiter de ce recul de Samaras pour aller de l’avant face l’ensemble des attaques contre les travailleurs et les couches populaires.

Philippe Alcoy

18/6/2013.

[1Ekathimerini.com, « Not dodging the tough decisions », 18/6/2013.

 

Grèce : les dessous d’un coup d’État contre l’information

Une enquête de notre envoyé spécial à Athènes. Alors que, depuis le 11 juin, les écrans des chaînes publiques sont noirs, que les ondes publiques sont silencieuses, nous avons enquêté sur les vraies raisons de cette initiative pour le moins expéditive. Il semble que au-delà des prétextes économiques et du cadeau fait au secteur audiovisuel privé, la démarche trahisse en réalité un dessein politique pour verrouiller le contrôle de l’information. 

Le 12 juin, au lendemain de la fermeture du groupe public grec ERT, Simos Kedikoglou, le porte-parole du gouvernement, et vice-ministre auprès du premier ministre, avait convoqué les journalistes étrangers pour une conférence de presse. Face au tollé suscité par la mesure, face à l’écran noir qui couvre les chaînes de la télévision et au silence qui habite les ondes, il voulait apporter une « clarification concernant la fermeture provisoire de la radiotélévision publique ». Le ministre soulignait : « Le gouvernement grec voudrait souligner qu’il ne ferme pas la radiotélévision publique, mais avance pour son redémarrage sur de nouvelles bases. » Bien que les Grecs soutiennent massivement les chaînes de radio et de télévision, les trois orchestres, les archives, le site Internet et la chaîne d’éducation dans le giron d’ERT, l’opération de communication gouvernementale continue depuis : « L’organisme qui ferme est un organisme qui fonctionnait de façon tordue et sur des bases fragiles, sans aucune marge de manœuvre pour y apporter des améliorations », selon les mots de Simos Kedikoglou ; le premier ministre, Antonis Samaras, affirme, lui, que la fermeture d’ERT, entraînant le licenciement d’environ 2 700 employés, s’inscrivait dans le cadre des engagements envers ses bailleurs de fonds internationaux, la troïka (UE, BCE et FMI) actuellement à Athènes pour contrôler les comptes publics. Et pourquoi ne pas « couper les emplois de l’indigne ERT […], l’un des bastions d’opacité et des privilèges ? », s’interrogeait-il lors d’une conférence de son parti de droite Nouvelle Démocratie (ND).

>>> Lire : Écran noir et tempête politique

Injonction de la troïka, motivation économique, arrière-pensées politiques ? Il semble bien que tout se mêle dans cette affaire devenue imbroglio politique et moteur de la contestation. Elle pourrait même déboucher sur la chute du gouvernement tant elle est, dans le fond, un démenti de la success story qu’Antonis Samaras essaye de vendre à la population.

Dans les locaux d’ERT, les 2 600 salariés ne sont pas dupes. « Nous avons travaillé durement, étions polyvalents, acceptions de présenter plusieurs sujets », explique une journaliste. Une autre : « Chez ERT, la majorité des journalistes ont été recrutés pour leurs compétences. » Pourquoi, alors, évoquer un « bastion d’opacité et de privilèges » ? Selon une liste publiée dans la presse grecque, le porte-parole du gouvernement aurait nommé des « conseillers spéciaux ». L’Humanité, qui a obtenu la liste détaillée, avec les noms et les fonctions, a pu constater qu’en effet, depuis l’entrée en fonctions du nouveau gouvernement, en juin 2012, « 13 conseillers spéciaux » et « 17 personnels à fonction spéciale » sont rémunérés par ERT, pour des salaires avoisinant le double de ceux des journalistes. Différents interlocuteurs ont confirmé que ces « conseillers » n’avaient même parfois jamais mis les pieds dans les locaux ! En outre, ils représentent, avec un total de 861 000 euros, près de la moitié de la masse salariale de l’ensemble des journalistes. Directeur de l’information de septembre 2010 à septembre 2012, puis mis au placard, Giorgos Korianis, dénonce ces nominations tout en reconnaissant qu’elles étaient une pratique courante depuis des années. Avec ce nouveau gouvernement, dans les entreprises publiques, la règle était « 4 pour ND, 2 pour le Pasok et 1 pour Dimar ». Mais malgré le « 4/2/1 », la majorité des journalistes étaient considérés honnêtes. Différentes enquêtes, menées depuis 2007, ont d’ailleurs abouti à la condamnation de différents cadres de la direction et d’un directeur, Cristos Panagopoulos, pour corruption et favoritisme dans le recrutement. Mais les équipes qui œuvrent au quotidien n’ont, elles, jamais été inquiétées.

Injonction de la troïka, motivation économique, arrières-pensées politiques ? Tout se mêle dans cette affaire

Avec son message, le gouvernement espérait mettre la population de son côté selon la technique bien connue : faire passer une minorité pour la majorité et dénoncer des privilégiés imaginés afin de mieux faire avaler la pilule. En oubliant même qu’il avait, lui-même, versé son eau à ce moulin qu’Antonis Samaras a qualifié de « foyer de privilèges, d’opacité et de gaspillage ». Ironie du sort, ce sont ceux qui dénoncent ces « privilégiés »… qui les ont nommés. Ironie du sort, encore, le 13 juin, le ministre des Finances, Yannis Stournaras, a envoyé une lettre au procureur pour voir si ont été commises « des infractions pénales relatives à la fourniture d’équipements, les nominations, et les contrats de projets ».

La ficelle est un peu grosse. Il semble que le premier ministre et son équipe cherchent, en réalité, à donner des gages à la troïka. La veille de l’annonce concernant ERT, les négociations visant à privatiser Depa, la compagnie publique de gaz, avaient échoué. Il fallait trouver une solution de rechange. Si le projet ERT était dans les tuyaux depuis longtemps, comme le révèle le site Okeanews, en novembre 2011, « l’Europe avait demandé à la Grèce des mesures impliquant notamment “d’initier la fermeture, la fusion ou la réduction substantielle d’entités. Cela affecte KED, […] et ERT” ». Or, depuis, une loi cassant les conventions collectives au profit de contrats individuels est passée. L’avantage pour le gouvernement ? Une seule chaîne devrait être rouverte, dans laquelle les salariés seront bien moins nombreux, et, surtout, recrutés en contrat individuel, donc à des coûts encore moindres. Les orchestres, eux, devraient être supprimés.

>>> Lire : les salariés de l'audiovisuel public se battent contre l'écran noir

 Quant à l’argument du gaspillage, il ne tient pas non plus. Comme l’a expliqué le président de l’Union européenne de radiotélévision (UER), Jean-Paul Philippot, venu spécialement à Athènes pour demander au gouvernement grec « de rétablir le signal » de la télévision publique, il n’est pas possible de comparer le coût de fonctionnement d’un organisme de la sorte dans un petit pays comme la Grèce, à la géographie ardue (montagnes, îles…) avec celui de pays plus grands comme l’Allemagne, la France… « Le peuple grec, en payant sa facture d’électricité, s’acquittait d’une redevance : à peu près 300 millions d’euros par an ! ERT avait un coût de fonctionnement trois à sept fois plus élevé que les autres chaînes de télévision et employait quatre à six fois plus de personnel pour une très petite audience », s’insurgeait pourtant le porte-parole, le 12 juin. Même les chiffres contredisent cette argumentation. Si tant est qu’un service public doive être « rentable » pour exister, ERT l’était comme l’a révélé l’humanite.fr en publiant un courrier de la direction des finances du groupe.

Privatiser ERT est surtout un moyen de poursuivre un peu plus la grande braderie en cours actuellement en Grèce. Sur plusieurs plans. Les archives radio et télévisuelles devraient être privatisées. Cette richesse, témoin de l’histoire et de la mémoire du pays, est difficilement estimable. Le patrimoine immobilier, ensuite. Selon le budget 2011 que l’Humanité s’est procuré, il est valorisé à un peu plus de 182,8 millions d’euros pour les terrains et 55,8 millions d’euros pour les bâtiments. Ce patrimoine est désormais dans les mains de Taiped, l’agence qui gère la privatisation des biens publics grecs. Une manne financière infime au regard du coût de cette crise que paye la population grecque, mais importante pour un gouvernement qui doit fournir des gages à la troïka.

Privatiser ERT est surtout un moyen de poursuivre un pau plus la grande braderie en cours actuellement en Grèce

La logique du « gaspillage » tombe donc elle aussi peu à peu. Il s’agit bien plus de servir des intérêts bien sentis. Jusqu’alors, ERT passait par OTE, la compagnie des télécommunications, pour la diffusion. Or, la Grèce est en train de passer au numérique. Si l’attribution des fréquences reste une compétence exclusive de l’État, « un appel d’offres est lancé pour désigner ceux qui pourront louer les fréquences numériques », explique Nikos Michalitzis, directeur général des services techniques d’ERT jusqu’en septembre 2012. ERT dispose actuellement de huit fréquences. « L’enjeu politique est de savoir celui qui aura les bouquets », poursuit le directeur général. Or, l’appel d’offres est rédigé de telle sorte que seul Digea puisse être choisi, selon différentes sources. Digea, c’est un consortium de six chaînes privées grecques, dans les mains de magnats de la finance, armateurs, entrepreneurs de travaux publics (Mega appartient à Bobolas, Antenna et Macedonia TV à Kyriakou, Sky à Alafouzos, Star à Vardinoyannis, Alfa à Kondominas). Dans une quasi-unanimité, les Grecs l’affirment de surcroît : ces chaînes privées sont très proches de ND, le parti au pouvoir, qui applique sans coup férir la politique négociée avec la troïka. Le problème se corse au regard de l’avenir. Le nombre de salariés qui devraient être recrutés pour faire fonctionner la prochaine chaîne ne permettra pas que le signal de la future nouvelle ERT (Nerit) soit transmis par ERT. Ainsi ERT est en train d’être jeté dans les mains de Digea. Les six chaînes privées, qui contrôlent actuellement le contenu audiovisuel du pays puisque ERT est fermé, contrôleront à l’ouverture de Nerit la majorité du contenu et sa distribution. Ce qui enfreint les règles de l’Union européenne selon lesquelles le fournisseur de contenu ne peut être le même que le diffuseur.

« Après la fermeture d’ERT, les médias privés deviennent dominants dans toute la Grèce. Cette question touche d’autant plus à la démocratie qu’un monopole se constitue qui aura entre ses mains tout ce qui est diffusé en Grèce », souligne Panayotis Kalfayannis, le responsable syndical d’ERT. Tel est bien l’enjeu essentiel : la mainmise du privé sur l’information et, au final, le contrôle de l’information. Un contrôle d’autant plus facile qu’ERT n’existe plus et que 902, la chaîne du KKE (PC grec) rencontre d’énormes difficultés financières et risque d’être fermée. Demain, une information pluraliste sera-t-elle diffusée en Grèce ? L’information se confondra-t-elle avec la propagande ?

Tout, en tout cas, est mis en œuvre pour formater l’opinion publique. Le réalisateur Marco Gastine a mis en ligne l’extrait glaçant d’un documentaire, qu’il a intitulé Prophecy for ERT, montrant un candidat du parti néonazi Aube dorée, Yorgos Germenis, lors de la campagne électorale législative de mai 2012. Dans un discours, il prédit que s’il est victorieux, son parti va éteindre les émetteurs de la télévision publique ERT (vidéo à voir ci-dessous). Aube dorée en rêvait, Samaras l’a fait. Chaque jour, la Grèce perd un peu de sa démocratie.

 

Et si des élections avaient lieu demain…

La fermeture d’ERT semble fonctionner comme un piège en train de se refermer sur celui qui l’a posé, le premier ministre Antonis Samaras.

Envoyé spécial. Le gouvernement alliant la Nouvelle Démocratie (droite), le Pasok (social-démocrate) et Dimar (centre gauche) est en mauvaise posture. Selon un sondage réalisé par VPRC, si des élections avaient lieu demain, Syriza arriverait en tête, avec 29 % des voix, suivi de Nouvelle Démocratie (26,5 %) et des néonazis d’Aube dorée. Le Pasok et Dimar, qui passent avec peine la barre des 3 % nécessaire pour entrer au Parlement, jouent donc, dans cette affaire d’ERT, leur survie. D’autant qu’aux élections professionnelles, à ERT, la liste syndicale proche du Pasok a longtemps été en tête.

Il semble surtout que chacun dévoile peu à peu ses intentions. En imposant la fermeture d’ERT, Antonis Samaras tente de se positionner en gardien de l’ordre et de la loi, et cherche à éliminer ses deux partenaires gouvernementaux. Il tente aussi, et avant tout, de siphonner une part de son électorat, qui a basculé vers l’Aube dorée aux dernières élections.

La Grèce est suspendue à un fil, et à l’issue de différents événements. À l’heure où ces lignes sont écrites, les trois responsables des partis gouvernementaux se rencontraient ; chacun semblait camper sur ses positions, Samaras refusant la réouverture d’ERT dans sa structure d’avant le 11 juin, quand Dimar et le Pasok en faisaient une condition pour négocier une restructuration de l’entreprise. Le parti de gauche, Syriza, avait organisé, hier soir, un meeting sur la place de la Constitution au cours duquel le chef de file, Alexis Tsipras, devait prendre la parole. Enfin, aujourd’hui, le Conseil d’État doit rendre son avis sur le décret-loi ordonnant la fermeture de la radiotélévision publique.

Le salut du trio gouvernemental viendra-t-il de cette institution offrant une porte de sortie à tous… et permettant surtout, à ses yeux, d’éviter les élections anticipées ? Ce serait, sans doute, reculer pour mieux sauter. Car, au sein de la coalition, les tensions se multiplient. Surtout, dans la population, le ras-le-bol est palpable. Et pour cause : en trois ans, le chômage a été multiplié par trois, la pauvreté grimpe. Mais si des élections avaient lieu demain, plus aucune radio ou télévision publique ne garantira la pluralité de l’information. Est-ce la carte ultime qu’Antonis Samaras cherche à jouer, pour se maintenir en poste et garantir à la troïka qu’il prolongera la politiques des mémorandums ? Possible, mais ce serait agir, une fois encore, contre les cris qui s’élèvent de la population, devant ERT, dans les rues, ou dans les entreprises.



Edité par T 34 - 25 Jun 2013 à 22:19
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Jun 2013 à 21:45

Samaras et les enfants du Pirée  

L’Europe n’est pas condamnée à poursuivre la descente aux enfers où la pousse l’eurolibéralisme.

Le peuple grec a eu raison du putsch cathodique. Antonis Samaras, 
le chef du gouvernement de 
la Sainte Alliance qui réunit la droite de Nea Demokratia, les socialistes du Pasok et le parti de centre gauche Dimar, a finalement dû rallumer la télé et la radio devant le tollé qu’avait provoqué une atteinte inouïe à la démocratie. La crise politique qui menaçait d’entraîner la coalition dans 
le précipice et de provoquer des élections anticipées 
se trouve pour le moment écartée. Mais jusqu’à quand ? En réalité, il n’y avait plus d’autre issue pour sauver cette funeste trinité gouvernementale que cette censure du Conseil d’État qui a annulé le décret-loi scélérat. Paradoxe : ce gouvernement adepte du coup de force peut rester provisoirement en place alors que la juridiction suprême déclare illégal son oukase liberticide. L’intervention du Conseil d’État sauve surtout la mise au Pasok et au Dimar qui s’étaient contentés de pâles rodomontades, faisant preuve, pour le moins, d’une lâcheté complice face à la forfaiture.

Il y a une semaine, la décision d’interrompre les programmes de la
radiotélévision de Grèce (ERT) avait provoqué la stupéfaction. Comment un gouvernement d’un pays membre de l’UE pouvait-il s’aveugler au point de penser possible de dissoudre sans dommage l’audiovisuel public au motif de satisfaire 
aux demandes de réduction des dépenses publiques de 
la troïka (Commission européenne, Banque centrale 
et FMI) ? Mais pour spectaculaire et lourde de symbole qu’elle fût, c’était là une mesure de plus dans l’enfoncement que fait subir à la Grèce 
la politique d’austérité imposée par l’eurogroupe sous la prégnance de l’Allemagne d’Angela Merkel. Agissant en proconsul de la Commission européenne, Antonis Samaras ne s’est guère embarrassé de la souveraineté populaire et nationale, et il n’a pas hésité à museler l’information et à jeter à la rue des milliers de journalistes. « On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs », osait Samaras dans les colonnes du journal Kathimerini. Et de justifier sa décision d’en finir avec ERT par un aveu de taille au milieu d’un réquisitoire contre les journalistes qualifiés « de planqués qu’il faut déloger » : « Le peuple grec doit soutenir 
les réformes pour qu’elles aboutissent » !

L’exemple grec nous montre que nombre de dirigeants européens sont tentés d’engager  l’UE dans une voie « post-démocratique » ; la concurrence libre et non faussée a besoin d’avoir les coudées franches. Mais, même si la partie est loin d’être gagnée par le camp de la démocratie, la résistance du peuple grec, de ses syndicats, de la gauche qui n’a pas renoncé, montre qu’il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Et que l’Europe n’est pas condamnée fatalement à poursuivre la descente aux enfers où la pousse l’eurolibéralisme. Des signes très inquiétants de l’impact des politiques d’austérité sur le développement des enfants sont relevés dans un rapport de l’Agence européenne pour la protection des droits fondamentaux. Des écoliers grecs affamés qui s’évanouissent en classe, enfants mendiant dans les rues, petits vendeurs des rues, conséquences de l’explosion du chômage des parents et des réductions dramatiques des services de l’État, notamment en matière de santé publique et de protection sociale. Voilà où ont conduit 
les politiques dictées par la troïka. « La recapitalisation des banques vient de s’achever », affirme un Samaras, 
sur un ton de triomphe. Les enfants du Pirée pourraient lui répondre : « merci pour elles ».

Jean-Paul Piérot

à  Athènes, la lutte continue pour ERT

Le Conseil d’État a annulé la fermeture de la radiotélévision grecque. Une première victoire populaire. Mais l’inquiétude reste de mise dans les locaux d’ERT. Le signal sera réémis, mais que signifie la réforme promise à l’automne par le gouvernement ?

Athènes, envoyé spécial. À peine Alexis Tsipras, le chef de file de Syriza, a-t-il terminé, le 17 juin, son meeting sur la place Syntagma, à Athènes, que la nouvelle tombe : le Conseil d’État annule la décision du gouvernement dirigé par Antonis Samaras (Nouvelle Démocratie – ND –, droite) de fermer ERT, le groupe public de la radiotélévision grecque. Les deux alliés gouvernementaux, par la voix de leur chef de parti, s’expriment comme d’un seul homme : le Conseil d’État a pris une décision correspondant aux demandes de leur parti, affirment d’abord Evangelos Venizelos, le chef du Pasok (parti social-démocrate), puis Fotis Kouvelis, de Dimar (centre gauche). Ils demandent aussitôt une nouvelle loi sur laquelle les trois partenaires gouvernementaux s’accorderaient, une réorganisation d’ERT et un nouvel accord gouvernemental.

La joie explose à 22heures

À Aghia Paraskevi, en banlieue de la capitale, dans les locaux et sur le parvis du siège d’ERT, la joie explose à 22 heures. Après des jours et des nuits d’occupation des lieux, de poursuite de leur travail pour diffuser les émissions de façon « pirate », les équipes d’ERT voient leur lutte couronnée de succès. La copie gouvernementale est retoquée par la plus haute instance juridique, le Conseil d’État.

Puis l’angoisse surgit. À 23 heures, le cœur n’est plus à la fête. ERT renaît, les problèmes restent. ERT rouvre, les salariés ne savent pas ce qu’il adviendra d’eux. « Tout le monde était content au début, mais maintenant, les gens ne savent plus quoi penser », explique, les cernes aux yeux, ce jeune journaliste, tout en demandant au cameraman de filmer quelques scènes. « Il faut décoder pour comprendre ce que la décision comporte réellement », poursuit-il. Quelques journalistes étrangers commentent : « ERT va être fermée, plus lentement. »

Une présentatrice est à son poste. Elle lance : « L’orchestre va être licencié. » L’orchestre qui, pourtant, a arraché des larmes dans l’assistance, le 15 juin, lors de son ultime prestation. Elle ajoute : « Et les archives, rien n’est dit sur ce qu’elles vont devenir ! » En petits groupes, les équipes se concertent. Les téléphones sonnent. Puis les salles se vident. Épuisés, les résistants éprouvent le besoin de rentrer. D’autres préfèrent rester. « Qui va être réembauché ? Combien de postes seront maintenus ? », s’inquiète la présentatrice. Mais déjà quelque chose a changé. La parole, qui semblait s’être libérée, redevient maîtrisée. Pas un mot plus haut que l’autre. Et avant de parler, les yeux furètent aux alentours, comme pour s’assurer que nul ne surveille.

Dans la cour, quelques prises de parole se succèdent. Des députés sont là, essentiellement de Syriza. L’avocate Zoe Konstantopoulou répond aux manifestants qui l’interpellent et lui demandent des explications sur la décision du Conseil d’État. La musique reprend sur scène. À minuit et demi, c’est décidé : l’occupation continue. Les salariés d’ERT, les manifestants qui les soutiennent en masse depuis une semaine n’arrêteront pas en chemin. Le gouvernement Samaras est sur la sellette. ERT continue de concentrer les mécontentements. « Nous n’allons pas sortir de cette crise en poursuivant les politiques menées depuis 2010 », affirme Despina pour qui « ce qui se passe chez ERT n’est qu’une première reprise en main ; ils veulent tout contrôler ».

Face au mécontentement suscité, il semble que la décision du Conseil d’État offre une porte de sortie honorable à chacun des partis de la coalition gouvernementale. Mais les tensions entre les alliés se multiplient. Des élections auront-elles lieu ? ND, Pasok, et Dimar se retrouvent aujourd’hui.

Dans le centre d’Athènes, Yannis, journaliste dans une autre radio, n’est pas allé à ERT hier soir, une première depuis une semaine. Il discute avec un confrère, devant une bière : « La crise politique ne fait que commencer. Mais ce soir, je suis vraiment trop fatigué pour en parler. » Ils sont nombreux à savoir qu’il faut des forces pour continuer à lutter.

Fabien Perrier

Zoe Konstantopoulou « Une première victoire du peuple grec »

Zoe Konstantopoulou est avocate et députée Syriza. Elle livre son analyse de la décision rendue par le Conseil d’État sur la fermeture d’ERT, lundi dans la soirée.

Quelle est votre analyse de 
la décision du Conseil d’État ?

Zoe Konstantopoulou. Elle représente une première victoire du peuple grec et des employés de la radio et télévision qui ont manifesté leur volonté de protéger collectivement la démocratie. Ils ont résisté avec dynamisme à l’acte totalitaire du gouvernement qui, lui, a voulu supprimer la voix d’ERT. En même temps, cette première décision ne représente pas la victoire finale puisqu’elle démontre une tendance à maintenir des équilibres politiques là où la justice devrait se prononcer beaucoup plus clairement sur la protection des droits et libertés fondamentales et sur les procédures démocratiques. Tout en rappelant l’obligation constitutionnelle de garantir l’information, l’éducation et le divertissement culturel, le président de la Cour a quand même renvoyé le sujet de l’émission d’ERT aux deux ministres « coupables » de violation de la Constitution. Cela nous inquiète et nous oblige à la vigilance.

Faut-il maintenir la pression sur 
le gouvernement ?

Zoe Konstantopoulou. Absolument ! 
La victoire du peuple grec est le fruit d’une lutte collective qui ne doit pas cesser. Sans cette révolte de la société contre ce coup du gouvernement, nous n’aurions pas connu ce recul de deux des trois partis de la coalition gouvernementale. Il est aussi important, et même vital, que l’opinion publique internationale poursuive sa mobilisation aiguë.

Le gouvernement est-il délégitimé ?

Zoe Konstantopoulou. Il l’a tout d’abord été par le peuple et ensuite par 
la Justice. Il agit hors des cadres de la Constitution et contre la volonté populaire. Son temps politique a expiré depuis longtemps. Il est impératif que la démocratie soit restituée et que le peuple grec s’exprime de nouveau sur cette politique criminelle menée contre lui cette dernière année, qui a aggravé 
la dimension illégale et anti-européenne des memoranda.

Entretien réalisé par F. P.

Échec des privatisations

La troïka et le fonds grec chargé des privatisations ont conclu, lundi, que le pays ne serait pas capable de remplir son objectif
de lever 2,6 milliards d’euros au moyen de privatisations. 
Les investisseurs internationaux font défaut. La privatisation 
de l’entreprise de gaz public (Depa) a échoué. Celle du monopole des jeux de hasard, Opap, pourrait être remise en cause. Pour pallier ces échecs, l’entreprise publique de l’énergie pourrait être vendue dès 2013 et non en 2015, comme prévu initialement.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Jun 2013 à 22:42

Selon Attac, seulement 23% des fonds destinés au "sauvetage" de la Grèce sont allés à la population

Depuis 2010, le FMI et l'Union européenne ont attribué 207 milliards d’euros dans le cadre des "plans de sauvetage" de la Grèce. Mais qui a vraiment bénéficié de ces sommes, provenant de fonds publics ? Certainement pas la population grecque, affirme Attac Autriche qui s'est penché sur ces versements. Résultat : au moins au moins 77% de l’argent est allé au secteur de la finance.

Selon l'association altermondialiste seuls 46 milliards sur les 207, parmi les prêts accordés par l’Union européenne et le FMI, validés le 2 mai 2010 et le 21 février 2012, ont servi à renflouer les comptes publics de la Grèce, les principaux destinataires sont les banques grecques (à hauteur de 58 milliards d’euros) et les créanciers de l’État grec (pour 101 milliards), principalement des banques et fonds d’investissement.

Les résultats en détail :

  • 58,2 milliards d’Euros (28,13%) ont servi à recapitaliser les banques grecques —au lieu de restructurer ce secteur trop grand et moribond de manière durable et de laisser les propriétaires des banques payer pour leurs pertes.
  • 101,331 milliards d’Euros (48,98%) sont allés aux créanciers de l’État grec. Parmi lesquels 55,44 milliards d’Euros ont été utilisés pour rembourser des bons du Trésor arrivés à échéance —au lieu de laisser les créanciers assumer le risque pour lequel ils avaient préalablement perçu des intérêts. 34,6 autres milliards d’Euros ont servi de prime d’incitation pour obtenir l’accord des créanciers sur le prétendu « allègement » en mars 2012. 11,3 milliards d’Euros ont été affectés au rachat de la dette en décembre 2012, lorsque l’État grec a racheté des bons presque sans valeur à ses créanciers.
  • 43,7 milliards d’Euros (22,46%) ont alimenté le budget de l’État ou n’ont pu être clairement affectés.
  • 0,9 milliard d’Euros (0,43%) ont constitué la contribution de la Grèce au financement du nouveau fonds de sauvetage, le MES.

Pendant la même période, l’État grec a payé 34 milliards d’euros, rien que pour les intérêts de sa dette.

Selon Simon O’Connor, porte-parole de la Commission européenne aux affaires économiques et monétaires qui se prononçait, jeudi sur Arte sur le rapport d'Attac qui pointe le manque de transparence dans le détail des moyens financiers mis à disposition de la Grèce "ce rapport comporte un certain nombre d’affirmations trompeuses et de malentendus." "L’utilisation qui a été faite des moyens financiers déployés dans le cadre du plan d’aide à la Grèce est exposée de façon extrêmement claire dans chaque rapport de gestion. En ce qui concerne les banques, certes elles ont obtenu une part non négligeable des fonds. Mais il s’agissait avant tout de recapitaliser le secteur bancaire en Grèce. Le but n’était pas de sauver les banques, mais de stabiliser le pays et de contribuer à la relance de l’emploi."

Le gouvernement allemand a lui aussi rejeté les conclusions de cette étude, expliquant que tous les Grecs ont profité du fait que les créanciers du pays n’aient pas fait faillite. Grâce aux plans européens, la Grèce a eu plus de temps pour mettre en œuvre des réformes, ce qui a profité à l’ensemble de sa population, selon Berlin.

« Le but des élites politiques n’est pas de secourir la population grecque mais de sauver le secteur financier » conclut Lisa Mittendrein d’Attac. « Ils ont utilisé des centaines de milliards d’argent public pour sauver les banques et autres acteurs financiers —en particulier leurs propriétaires— de la crise qu’ils ont provoquée. »

Grèce: Bruxelles prescrit une nouvelle cure d'austérité pour 2015 et 2016

Dans un rapport publié ce lundi, la Commission européenne appelle Athènes à réaliser de nouvelles économies de 1,8% du PIB en 2015 et 2,2% en 2016.

Les Grecs n'en ont pas fini avec la saignée austéritaire. Bruxelles appelle ce lundi Athènes à une nouvelle cure sévère pour 2015 et 2016, après celle imposée pour les trois années écoulées. Pourtant, la Commission européenne est très satisafite de la purge suivie par la coalition au pouvoir. Selon le rapport publié ce lundi, la Grèce a même dépassé ses objectifs pour 2012 en termes de réduction budgétaire imposée par la troika (UE, Banque centrale européenne et FMI). Le budget primaire (hors intérêts de la dette) devrait être à l'équilibre cette année et dégagé un léger excédent à 1,5% du produit intérieur brut en 2014. Sous la pression de ses créanciers internationaux, Athènes a réduit son déficit budgétaire des deux tiers depuis 2009, à environ 6% du produit intérieur brut cette année.

27% de chômeurs

Mais la Grèce doit trouver de nouvelles économies pour atteindre les objectifs plus ambitieux d'un excédent primaire de 3% du PIB en 2015 et de 4,5% en 2016, précise le rapport. Le pays doit ainsi réaliser de nouvelles économies de 1,8% du PIB en 2015 et 2,2% en 2016 pour répondre à ces exigences, dit-il. Les conséquences d'un tel second programme d'austérité fait de réduction drastique des dépenses de l'Etat et des salaires sont bien connues. Les trois dernières années de saignée ont porté le taux de chômage à 27% et entraîné des baisses d'un tiers du revenu moyen disponible et de près d'un quart du PIB grec entre 2008 et 2013.

La troïka demande aussi l'accélération des privatisations, l'objectif de revenus pour cette année ayant été ramené de 2,6 à 2,0 milliards d'euros. Le FMI, Bruxelles et la BCE en profite au passage pour porter un coup au pouvoir en place. Ce dernier espérait pouvoir échapper à la tutelle de l'UE, de la BCE et du FMI en se finançant directement auprès des marchés après les derniers versements d'aide prévu en 2014. Pas avant plusieurs années, a répondu la troika.

Grèce: "ERT donne une excuse à Samaras pour convoquer des élections"

Ancienne du Pasok, Louka Katselli décrypte le jeu politique derrière la décision du gouvernement de fermer le groupe audiovisuel grec public. "A mon avis, le premier ministre Samaras cherche un prétexte pour des élections car en septembre, la situation politique ne lui sera plus favorable avec la montée de Syriza."

Désormais, les jours se suivent et semblent se ressembler, en Grèce. Malgré l’injonction du Conseil d’Etat à rouvrir ERT, l’écran des télévisions publiques reste noir et les ondes silencieuses. Chaque jour, les trois chefs de parti se réunissent, et campent sur leur décision. Chaque soir, ils annoncent que la rencontre fut vaine, qu’aucun accord n’a été trouvé. Mascarade politique car aucun ne veut porter la responsabilité d’avoir provoqué des élections anticipées quand la troïka fait pression pour poursuivre les politiques d’ajustement structurel et quand Syriza, la gauche, arrive en tête des sondages? Possible. Mais si les jours se ressemblent, c’est aussi parce qu’ils révèlent toujours un peu plus à quel point la rupture, au sein de la coalition gouvernementale, semble consommée. Si les partenaires trouvent un accord sur ERT, ils ne font que repousser la crise menant, fort probablement, à l’éclatement. Et si le piège s’était refermé sur ceux qui l’ont tendu?

Dimar et Pasok sur le gril

La pression monte. Dimar, le parti de centre gauche, tente de se sauver alors qu’il est en chute libre dans les sondages. Il annoncera ce vendredi s’il compte rester dans le gouvernement. Le groupe du Pasok, lui, est convoqué en urgence. Chaque jour augmente la dose d’incertitude en Grèce.

Louka Katselli a été ministre à deux reprises sous le gouvernement de Giorgos Papandreou. En désaccord avec la politique menée, elle a quitté le gouvernement et démissionné du Pasok, avant de créer sa formation politique. Elle livre à l’Humanite.fr son analyse de la crise que traverse le pays avec « l’affaire ERT ».

Comment expliquez-vous la fermeture de ERT ?

Louka Katselli. C’est une décision sans précédente qui sape un droit élémentaire à une information publique indépendante. C’est particulièrement vrai en Grèce car ERT fournissait des services d’information à des îles qui n’avaient accès à un aucun autre service d’informations. Le groupe audiovisuel public fournissait aussi un service culturel et éducatif pour les Grecs à l’étranger. Or, la diaspora grecque est importante dans de nombreux pays. En outre, ERT servait de réseau pour l’armée et pour la défense nationale. Elle avait aussi un rôle éducatif. Fermer ERT est donc un coup porté à la démocratie. Pour justifier sa décision, le gouvernement a usé de l'argument des coûts, du gaspillage et de la mauvaise gestion d'ERT, de la nécessité de restructurer la compagnie. Même si certaines de ces accusations ne sont pas totalement fausses, il y a toujours un espace pour réorganiser une société et pour améliorer son management plutôt que de la fermer!

Pourquoi, alors, ont-ils pris cette décision ?

Louka Katselli. Pour plusieurs raisons:

  1. Le gouvernement voulait montrer qu’il était en capacité de prendre des mesures «difficiles» et de licencier en une seule nuit 2500 salariés, ce qu’ils avaient pour objectif de faire mais qu’ils ne voulaient pas faire en cherchant dans différents ministères. D’ailleurs, ils s’étaient mis d’accord avec la troïka et la Commission européenne sur le fait qu’ils licencieraient. Dans ces conditions, ERT était le parfait candidat, spécialement parce que cela convenait au ministre en charge du dossier.
  2. En fermant ERT, et en créant une compagnie semi-publique et, de ce que nous savons, de nombreux services seront privatisés, le gouvernement offre un énorme cadeau aux intérêts privés du secteur de l’information, secteur privé qui est aussi frappé par la récession profonde et la crise économique grecque, qui est à la recherche de nouveaux services et qu’ils obtiendront par cette forme étrange de privatisation du service public de l’information.
  3. ERT a un certain nombre d’actifs qui ont été transférés au ministère de l’économie, en une seule nuit, celle du 11 juin! Je ne serais pas surprise qu’ils soient ensuite transférés au fonds de privatisation pour être vendus.
  4. ERT est la seule société qui a une licence officielle pour diffuser. Donner une licence à une compagnie privée a toujours été utilisé comme une ruse politique pour garder l’information sous son contrôle. Avec cette forme d’abrogation de la seule licence de ERT qui lui assurait son indépendance, toute l’information devient plus regroupée autour de sociétés plus vulnérables à la propagande et contrôlée par une partie du gouvernement.
  5. Enfin, si les deux autres partis qui soutiennent ce gouvernement n’acceptent pas cette mesure anticonstitutionnelle, alors le premier ministre Samaras pourra convoquer des élections. Je crois que c’est pour ça qu’il a pris cette décision, comme un prétexte pour convoquer des élections. Car il sait qu’en septembre, la situation se sera détériorée. Après son congrès, Syriza sera dans une nouvelle dynamique. Avec ERT, Samaras s'offre là une bonne occasion de convoquer des élections, probablement en juillet et de prendre tout le monde par surprise. Voilà pourquoi il veut mettre en œuvre un agenda de réformes spécialement envers une société qui a été diffamée depuis longtemps, qui connaît de vrais problèmes, mais qui pourraient être résolus d’une autre façon.

 

Et la décision de fermer ERT est anticonstitutionnelle…

Louka Katselli. Oui! Le Président de la République n’aurait jamais dû la signer. Il aurait fallu que tous les ministres concernés signent ce décret pour qu’il soit valable; or, celui de la Justice et celui de l’Intérieur ne l’ont pas signé. Le Président a signé sans l’accord de deux ministres, c’est anticonstitutionnel. Ensuite, le Pasok, qui est un élément essentiel de la coalition, a dit qu’il ne soutenait pas cet acte législatif. Quand le décret a été signé, le gouvernement n’avait donc pas les preuves de détenir la majorité au sein du Parlement.

 

S’il y a des élections, cette affaire autour de ERT est-elle un moyen de « casser » la campagne électorale?

Louka Katselli. Oui. C’est une excuse de Monsieur Samaras pour appeler à des élections mais aussi, quand, le dimanche précédent, il a averti le Pasok et Dimar, tous les deux ont dit qu’ils étaient contre cette décision. C’est la raison pour laquelle ils n’ont pas signé le décret. Malgré leur opposition, il a demandé la fermeture par décret. Il a forcé leurs mains. Ainsi, il a l’excuse qu’il a besoin d’élections. A mon avis, nous sommes dans un jeu politique car ni Monsieur Venizelos (Pasok), ni Monsieur Kouvelis (Gauche démocrate) ne veulent donner l’impression qu’ils sont responsables des élections anticipées. Personne ne veut prendre la responsabilité de provoquer les élections. A mon avis, Monsieur Samaras cherche un prétexte pour des élections. Celui invoqué est la « réforme » d’une société. Mais dans les faits, il a agi de cette façon afin de restreindre les procédures démocratiques et la liberté d’information.

Entretien réalisé par Fabien Perrier



Edité par T 34 - 22 Jun 2013 à 02:35
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Remaniement sans surprise en Grèce

Le Premier ministre grec a été contraint à un remaniement suite au départ du Dimar de la coalition gouvernementale. Le nouveau gouvernement s’appuie d’avantage sur le Pasok. La majorité composée de l’alliance entre conservateurs et socio-libéraux ne tient plus qu’à 3 sièges à l’Assemblée.

Le Premier ministre conservateur Samaras reste lui à la tête de ce gouvernement composé de la droite de Nouvelle démocratie et des socio-libéraux du Pasok. "L'objectif du gouvernement reste d'épuiser son mandat de quatre ans", entamé après les législatives de juin 2012 afin de garantir "la stabilité (...), de faire sortir le pays de la crise et de réaliser toutes les réformes adéquates", a déclaré Antonis Samaras lors de la première réunion de son cabinet ministériel après la prestation de serment du nouvel exécutif.
Un remaniement était nécessaire, suite au départ du troisième partenaire de la coalition, le parti de gauche Dimar, qui a refusé de cautionner la fermeture brutale de la radiotélévision publique le 11 juin. Le départ du Dimar a aussi entraîné la réduction de la majorité parlementaire à 153 députés sur 300, contre 167 auparavant. Un niveau de fragilité tel, qu’une ancienne du Pasok expliquait à l’humanite.fr : "A mon avis, le premier ministre Samaras cherche un prétexte pour des élections car en septembre, la situation politique ne lui sera plus favorable avec la montée de Syriza."

Le retour de Vénizélos

Samaras prétend lui vouloir tenir 4 ans avec sa majorité de 3 députés. Il a été contraint de renforcer la position des socialistes du Pasok, chargés dorénavant de quatre ministères au lieu de deux. La nomination du dirigeant du Pasok, Evangélos Vénizélos, numéro deux du gouvernement, à la fois comme chef de la diplomatie et vice-président de l'exécutif, était un imposé à Samaras. C’est ce même Vénizélos qui s’est chargé l’an dernier de la restructuration de la dette grecque détenue par les banques privées lorsqu'il était le ministre des Finances du gouvernement de Lucas Papademos. Il sera notamment chargé de piloter la présidence grecque de l'Union européenne prévue au premier semestre 2014, une période qui sera "cruciale" pour toute l'Europe en raison du scrutin européen sur fond de montée du chômage et de contestation des politiques d'austérité.

Le premier parti d'opposition, Syriza, a ironisé sur ce nouvel exécutif qui n'est qu'un "recyclage de personnes" (...) répondant aux "exigences" des créanciers du pays pour la poursuite des "politiques d'austérité" et "l'accélération du bradage de biens publics".

« Le révélateur grec » Jacques Sapir

par Jacques Sapir *

La fermeture décidée par le gouvernement grec des chaînes de radio et de télévision publiques (ERT) a provoqué une énorme émotion, tant en Grèce qu’à l’étranger. Les chaînes publiques italiennes ont inséré le logo de la compagnie d’État grecque et des mouvements de solidarité se sont produits dans toute l’Europe. D’importantes manifestations ont eu lieu à Athènes, et l’émotion légitime provoquée par ce geste n’est pas prête de s’éteindre. Cet acte, qui est en réalité en contravention avec les règles de l’Union européennes stipulant que chaque pays doit avoir une radio et une télévision publiques, n’est que la réaction de panique du gouvernement devant l’effondrement des ressources fiscales.
« Grèce, comparaison des recettes fiscales et du chomage »
 
  Photo Source  : FMI, World Economic Report, Avril 2013, Washington DC.

La Grèce est en réalité sur la voie fatale de toutes les économies où l’on essaye d’imposer une austérité brutale. Le gouvernement cherche à réduire un déficit budgétaire qu’il estime excessif. Il commence par supprimer des dépenses et augmenter les impôts, mais, le multiplicateur des dépenses publiques, cette relation entre les dépenses et la croissance, est en réalité très supérieur à 1 [1], comme l’a reconnu au début de cette année l’économiste en chef du FMI [2]. Il en résulte une baisse de l’activité, qui se traduit par une baisse des recettes fiscales. Tout cela est bien connu des économistes [3], même si l’Union Européenne continue de prétendre, contre toutes les évidences, que le multiplicateur est inférieur à 1 et que la contraction tant budgétaire que fiscale n’a pas d’impact sur l’activité économique.

Face à la reconduction du déficit, le gouvernement s’affole et procède à un nouvel ajustement budgétaire (réductions des dépenses) et fiscal (augmentation des impôts). Ce faisant, il ne fait qu’accélérer la chute de la production et de la richesse, et donc des recettes. Le déficit n’a donc pas diminué en pourcentage, même si en valeur absolue il s’est réduit. Le gouvernement persiste donc, et l’économie entre dans un cycle mortifère de réduction des dépenses, d’accroissement des impôts et de contraction de l’activité.

Investissments en milliards d’euros   Photo Source  : FMI, World Economic Report, Avril 2013, Washington DC.

Mais, au bout de quelque temps, d’autres mécanismes se mettent en place qui vont aggraver la situation. D’une part, quand des politiques d’austérité sont menées simultanément dans plusieurs pays voisins, leurs effets s’additionnent [4]. Mais, de plus, la fiscalité elle-même pose problème. Les entreprises, surchargées par une fiscalité excessive, entrent dans ce que l’on appelle « l’économie grise » et ne facturent plus leurs services ni ce qu’elles payent. Les recettes d’un impôt comme la TVA en diminuent d’autant.

Ou bien, n’étant plus payées par l’État, en raison de la compression des dépenses, elles accumulent lesretards de paiements des impôts. Quant aux ménages, qui ont vu leurs impôts directs augmenter de manière considérable en Grèc e alors que les revenus baissaient, ils sont dans l’impossibilité de s’acquitter de leurs impôts. Au bout du compte, l’effondrement de la fiscalité est encore plus dramatique que celui de la production, tandis que, dans le même temps, le chômage explose. C’est ce que l’on constate en Grèce.

Mais ceci n’est pas tout. Dans le même temps, les investissements s’effondrent dans tous les pays soumis à ces politiques assassines. La chute est particulièrement forte en ce qui concerne la Grèce, bien sûr, mais aussi l’Espagne et l’Irlande. Elle est importante au Portugal et en Italie. Or, sans investissement, non seulement il ne peut pas y avoir de modernisation de l’appareil productif, mais ce dernier en réalité se dégrade rapidement. Ceci touche en premier lieu l’industrie manufacturière.

Investissments en milliards d’euros
  Photo Source : FMI, World Economic Report, Avril 2013, Washington DC.

La productivité horaire du travail va donc baisser en valeur absolue et, ce qui est encore plus grave, en valeur relative par rapport aux autres pays. Cela signifie que tous les efforts réalisés, tous les sacrifices consentis en particulier sur la baisse des salaires, pour accroître la compétitivité de ces économies vont être réduits à peu de chose si ce n’est à rien. Les pays concernés voient leurs chances de sortir de la crise diminuées à mesure même qu’ils appliquent des politiques censées porter remède à leurs problèmes. Ici encore, il y a une dimension cumulative dans cette situation. Avec plusieurs pays entraînés dans une dépression de longue durée, c’est toute l’Europe qui est désormais tirée vers la bas par les politiques imposées par l’Union Européenne et la Banque Centrale Européenne.

En fait, si l’on compare le total des investissements exprimés à prix constants dans les 9 pays représentants 95% du PIB de la Zone Euro, on constate que l’on est en 2012 à 79% du niveau de 2007. C’est dire l’ampleur et la gravité de cette crise, dont les événements de Grèce ne sont que la pointe avancée. De fait, le poids exprimé en pourcentage du PIB de la dette publique ne fait que monter, en dépit des politiques mises en œuvre pour le diminuer.

« Dette publique en pourcentage du PIB »
  Photo Source : FMI, World Economic Report, Avril 2013, Washington DC.

Ceci est bien le plus terrible aveu d’échec d’une politique dont les effets contreproductifs sont désormais évidents. Dans ces conditions, le répit constaté actuellement de la crise de l’Euro ne saurait durer éternellement. Il pourrait bien ne pas aller au-delà de cet été.

Jacques Sapir pour RiaNovosti.

RiaNovosti. Moscú, le 15 juin 2013.

*Jacques Sapir est un économiste français, il enseigne à l’EHESS-Paris et au Collège d’économie de Moscou (MSE-MGU). Spécialiste des problèmes de la transition en Russie, il est aussi un expert reconnu des problèmes financiers et commerciaux internationaux.Il est l’auteur de nombreux livres dont le plus récent est La Démondialisation (Paris, Le Seuil, 2011).

Notes

[1] Hall, Robert E., 2009, « By How Much Does GDP Rise If the Government Buys More Output ? » Brookings Papers on Economic Activity, Fall, pp. 183–249. Christiano, Lawrence, Martin Eichenbaum, and Sergio Rebelo, 2011, « When Is the Government Spending Multiplier Large ? » Journal of Political Economy, Vol. 119, pp. 78–121

[2] Blanchard O., et D. Leigh, « Growth Forecast Errors and Fiscal Multipliers » IMF, Working Paper, WP/13/1, Washington DC, janvier 2013.

[3] Auerbach, Alan, and Yuriy Gorodnichenko, 2012, « Fiscal Multipliers in Recession and Expansion », in Fiscal Policy after the Financial Crisis, edited by Alberto Alesina and Francesco Giavazzi (Chicago : University of Chicago Press) ; Auerbach, Alan, and Yuriy Gorodnichenko, 2012, « Measuring the Output Responses to Fiscal Policy », American Economic Journal – Economic Policy, Vol. 4, pp. 1–27.

[4] Artus, P. D’où vient le multiplicateur fiscal anormalement élevé de l’Espagne et de l’Italie ? FLASH-Economie n° 686, NATIXIS, 10 octobre 2012, p. 7.



Edité par T 34 - 27 Jun 2013 à 19:26
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Grèce: l’antisémitisme fait-il la loi?

Michael Löwy

Un marxiste juif est traîné devant les tribunaux, accusé par les nazis de les avoir « calomniés ». Sommes-nous en Allemagne en 1933? Pas du tout: il s’agit de la Grèce « démocratique »  (avec beaucoup de guillemets) de 2013… L’accusé en question s’appelle Savas Mikhail, brillant intellectuel et dirigeant d’une des organisations de la gauche marxiste-révolutionnaire grecque.

Savas%20MikhailSavas Mikhail   est un  penseur  a-typique et parfaitement « hors normes » :    juif grec anti-sioniste et internationaliste,   il est l’ auteur d’une œuvre considérable,  inclassable,  quelque part entre littérature,  philosophie et lutte de classes,  qui se distingue par l’originalité et le dynamisme de sa démarche.  La première chose qui impressionne le lecteur de ses écrits c’est son immense culture :  l’auteur connaît de près la Bible,  le Talmud,  la Kabbale,  le théatre grec ancien,  la littérature européenne, la philosophie française contemporaine,  la poésie grecque moderne,  Hegel et  Marx  -  sans parler de Trotsky,  sa principale boussole politique -   on pourrait allonger la liste.

Une des caractéristiques  les plus singulières de sa pensée est la tentative de ré-interpreter le marxisme et la théorie révolutionnaire à la lumière du messianisme et de la mystique juive -  et inversement.  Il s’agit d’une démarche paradoxale et inventive,  qui relève – comme celle d’Ernst Bloch ou de Walter Benjamin, deux de ses auteurs préférés - de l’athéisme réligieux,  ou,  si l’on veut,  du messianisme profane.

Cette problématique est abordée,  pour la prémière fois de forme centrale,  dans un remarquable recueil d’essais publié en 1999, Figures du Messianique.  Le dernier  ouvrage de Savas Mikhail,  Golem. A  propos du sujet et d’autres fantômes  (2010),  est un autre exemple de cette approche  athée réligieuse,  judéo-marxiste.  Il s’agit d’un  recueil d’essais,  concernant non seulement le Golem,  mais aussi Kafka,  Hölderlin,  Lacan, Philippe Lacoue-Labarthe,  Hegel,  Marx et certains poétes grecs modernes comme Andreas Embirikos.  La cohérence du livre est donnée par la façon,  tout à fait  singulière, dont l’auteur associe,  articule et fusionne la mystique juive,  la littérature –grecque et universelle - et le marxisme révolutionnaire.

Savas Mikhail n’a jamais caché ses convictions anti-fascistes,  et n’a pas cessé,  ces dernières années,  de dénoncer les activités néfastes de l’organisation néo-nazie « Aube Dorée » (Chryssi Avghi) - qui aurait dû s’appeler plutôt  « Crépuscule Sanglant ».  Or,  en 2009,  cette organisation qui se réclame avec insistance de l’héritage du Troisième Reich,  a présenté,  devant la Justice grecque,  un protocole d’accusation contre un grand nombre de personnalités de différents courants de la gauche et l’extrême-gauche grecque.  Par décision du Procureur -  nommé par le gouvernement hégemonisé par la droite néo-libérale – la police a convoqué en 2012 ces personnalités pour un interrogatoire.  D’un commun accord ils ont tous refusé,  mais ont envoyé des déclarations légale réfutant les accusations. Après examen de ses documents,  le Procureur a décidé de traîner devant les tribunaux deux de ces personnes :  Savas Mikhail et l’ancien doyen de l’Ecole Polytechnique,   Constantin Moutzouri,  accusé d’avoir permis à Indymedia,  un media social alternatif,  d’utiliser les installations de l’Ecole pour ses émissions.   Savas Mikhail a été pour sa part accusé de « diffamation » envers les néo-nazis – pour les avoir traité de criminels -  d’ « incitation à la violence » - pour avoir appelé à combattre le fascisme -  et de « atteinte à la paix civile »,  pour avoir appelle,  dans un tract,  à manifester contre Chryssi Avghi.  Pendant ce temps,  les néo-nazis grecs menaient une campagne antisémite forcenée contre Savas Mikhail,  en le dénonçant dans leurs moyens de communication comme  « un agent de la conspiration juive mondiale contre la Nation grecque,  pour provoquer une guerre civile et établir un régime judéo-bolchévique ».  Sinistre impression de déjà-vu…

Cette affaire a bien entendu suscité des nombreuses protestations en Grèce et en Europe,  mais il n’empêche :  le jugement aura lieu,  et la date prévue est le 3 septembre 2013.    L’enjeu est important :  au délà des personnes inculpées,  il s’agit de savoir s’il pourra ou non exister en Grèce,  à l’avenir,  une liberté d’expression pour des idées antifascistes.   L’affaire  illustre non seulement l’extraordinaire culot des Messieurs de l’« Aube Dorée »,  mais aussi la complicité,  de plus en plus évidente,  de l’actuel gouvernement grec,  présidé par Antonis Samaras,  avec les fascistes grecs.  Plusieurs Ministres de ce gouvernement de plus en plus autoritaire et répressif,  sont originaires de l’extrême droite ;  le secretaire d’Etat à l’immigration,  Kostoulas,  est l’auteur d’un ouvrage négationniste à la gloire du Troisième Reich,    et son porte parole au Parlement,  le député Makis Voridis,  est un ami de Jean-Marie Le Pen et un ancien dirigeant du mouvement de jeunesse nationaliste promu par la dictature du Colonel Papadopoulos (1967-1974).  Par ailleurs,  la récente décision d’Antonis Samaras de fermer pure et simplement  l’ERT,  la radiotélévision publique grecque,  en coupant le courant à ses antennes - décision qui a provoqué un crise gouvernementale,  avec le départ du parti Gauche Démocratique -   a été chaleureusement soutenue  par Chryssi Avghi.  

On saura,  le 3 septembre,  si les antisémites font la loi en Grèce ou si un minimum de garanties démocratiques subsistent encore.  

Source: http://blogs.mediapart.fr/blog/michael-lowy/020713/grece-l-antisemitisme-fait-il-la-loi
Date de parution de l'article original: 02/07/2013

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Grèce : grève massive de la fonction publique pour sauver des emplois

Des dizaines de milliers de fonctionnaires grecs sont en grève ce lundi pour protester contre les nouvelles mesures d'austérité négociées entre le gouvernement et la Troïka. Les représentants des bailleurs de fonds étaient justement présents à Athènes pour exiger de nouvelles coupes dans la fonction publique grecque.

Plusieurs milliers de fonctionnaires manifestaient devant le ministère de la Réforme administrative, dans le centre d'Athènes, au moment où la troïka des bailleurs de fonds de la Grèce imposait une nouvelle coupe dans la fonction publique avant de  se prononcer en faveur du versement de l'aide. Le rassemblement comptait de nombreux agents de la police municipale, particulièrement ciblés par la restructuration de la fonction publique qui est au cœur des discussions actuelles avec Bruxelles. Athènes s'est engagée à supprimer 4000 emplois publics d'ici à la fin de l'année et à imposer des mutations à 25 000 agents administratifs. Parmi les mutations concernées figurent 3500 agents de police municipale qui doivent rejoindre les forces de la police nationale.

"Dans un pays où le taux de chômage frôle les 30% et celui des jeunes les 60%, ces nouvelles mesures vont dans le sens d'un accroissement de la pauvreté", a dénoncé dans un communiqué le syndicat ADEDY, principale organisation de la fonction publique. La coalition de gauche Syriza, première force d'opposition, soutient le mouvement, et dénonce la spirale infernale des mesures d’austérité et des perspectives toujours plus mauvaises de l’économie grecque, qui entrainent de nouveaux plans de rigueur. Ce gouvernement a fait « des jeunes et des travailleurs ses ennemis, empêchant toute aspiration à un avenir meilleur. Un changement radical de politique est le seul moyen de sortir de la crise et de garantir la démocratie » conclue le communiqué de Syriza.

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Turkish-PM-Erdogan-and-US-President-Barack-Obama.jpg

Quand SYRIZA faisait l'apologie du régime réactionnaire d'Erdogan et du « modèle turc » !

Commentaire de la section des Relations internationales du CC du KKE  

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

La « formation intensive » que le parti de l'« opposition officielle » a subi ces derniers mois continue à un rythme frénétique, au nom de la « gauche gouvernementale »ils promettent de sortir la Grèce de la crise capitaliste, sans perturber la participation du pays à l'Euro, l'UE, l'OTAN, sans perturber les monopoles et leur pouvoir.

C'est une ligne qui nous rappelle celui qui avait promis de faire une omelette sans casser les œufs ! Dur pour les apprentis sorciers de la « gauche » gouvernementale ! SYRIZA a intensifié ses « contacts » non seulement avec des cercles du patronat, de la SEB (Fédération des entreprises hélléniques) mais aussi avec les « think tanks » basés aux Etats-unis. Dans une récente conférence sur l'énergie, le représentant de SYRIZA demandait : « Il est curieux que les entreprises américaines soient plus intéressées par l'indépendance de l'Europe vis-à-vis du gaz naturel russe que l'Europe elle-même ». Dans le fond, il a pris le parti des Américains contre le capital Russe-Allemand-Italien sur l'oléoduc qui va être construit dans la région. En d'autres termes, plus SYRIZA sent l'odeur du pouvoir, plus il remue la queue.

Mais l'histoire même, bien plus riche que l'imagination humaine ne peut l'être, cause ses propres … événements « imprévus ». C'est ce qui s'est produit dans le cas de la position des partis grecs face aux grandes mobilisations populaires organisées en Turquie contre le gouvernement Erdogan.

Qu'est-ce que disait SYRIZA jusqu'alors ? Regardons certaines des déclarations de Rena Dourou, un des cadres de SYRIZA, responsables à la politique étrangère :

« Grâce au premier ministre Erdofan, qui a beaucoup avancé dans la constitution d'un nouveau modèle politique, il n'est pas surprenant que le peuple en Egypte, en Tunisie et en Libye rêvent du modèle turc » (interview l'an dernier à « Zaman »).

« Le parti gouvernemental a remporté une victoire importante, la troisième d'affilée, en obtenant 50% des voix : l'absence d'usure du parti au pouvoir est impressionnante. Pour résumer, les éléments de cette performance exceptionnelle sont liés à la démocratisation promue par le gouvernement, sa performance économique (croissance à deux chiffres), ainsi que par sa politique étrangère audacieuse et aux multiples facettes, qui établit des ponts avec le monde arabe, qui en retour après le printemps des soulèvements démocratiques, prend la Turquie comme un modèle à imiter » (journal « Epohi » du 20 juin 2011).

« La Turquie possède aujourd'hui toutes les conditions préalables pour constituer un modèle pour les peuples du Printemps arabe » (journal « Modern diplomacy », 30 décembre 2011).

Bien entendu, les mobilisations populaires massives et militantes en Turquie, tout comme la position du KKE, qui a pris immédiatement le parti du peuple turc en lutte et des communistes de Turquie, ont fait quelque peu bouger SYRIZA de sa position admirative, dans la période précédente, sur le « miracle turc » et son premier ministre Erdogan.

SYRIZA a donc condamné la violence de la part du gouvernement d'Erdogan, alors que Mme DOUROU a exprimé « des questions légitimes sur ses véritables intentions quant au modèle de société que le Premier ministre turc veut imposer », c'est-à-dire qu'avec tout ce qui s'est passé ces dernières semaines, la « gauche gouvernementale » est toujours à la recherche des intentions et du « modèle » d'Erdogan et l'appelle à remplir les « critères d'adhésion à l'UE » … comme une solution. L'UE, qui est une union du capital, une union qui s'est révélée être une « fosse aux lions » pour les droits et les libertés des travailleurs.

En Grèce, nous disons « vous ne pouvez cacher ni votre toux ni votre amour », et l'amour de SYRIZA pour l'Union européenne et pour Erdogan, elle ne peut vraiment pas le cacher ...

 
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GRECE. Un anarchiste emprisonné mobilise les foules
 
En détention provisoire depuis deux ans, le jeune homme de 29 ans attend toujours son procès. Il a entamé une grève de la faim il y a un mois.
 

Dans une quasi indifférence Kostas Sakkas est emprisonné dans les geôles grecs depuis plus de deux ans. Lundi 8 juillet, la machine Twitter s'emballe autour du nom de cet homme dont la notoriété n'a que très peu franchi les frontières grecques et le fait apparaître en haut de ses suggestions de mots-clés. Ce militant anarchiste a entamé une grève de la faim il y a plus d'un mois pour protester contre sa détention sans procès. Son état de santé critique -il aurait perdu 15% de sa masse corporelle, ne peut pas de se déplacer et risque un arrêt cardiaque - a poussé des milliers de personnes dans les rues d'Athènes le 29 juin pour afficher sa solidarité et réclamer la remise en liberté du jeune homme de 29 ans, en attendant un éventuel jugement.

Prolongement de la détention provisoire

Kostas Sakkas a été arrêté le 4 décembre 2010 avec cinq autres personnes, alors qu'il sortait d'un appartement utilisé comme cache d'armes de la cellule anarchiste CCF. Dans une lettre publique, il avoue sans détour : "Depuis le début, j'ai reconnu mon lien avec cet endroit tout comme je connaissais l'existence de ces armes. J'ai déclaré depuis le début que j'étais anarchiste et que ma présence à cet endroit était liée à mon identité politique et aux choix qu'elle implique," tout en précisant que les armes ne lui appartenaient pas et qu'il n'était pas membre du CCF. Le 7 décembre, il est placé en détention provisoire pour "participation à une organisation terroriste" et "possession aggravée d'armes". Dans cette même lettre, Kostas Sakkas raconte : "Le 6 avril, toujours inculpé et ayant atteint la limite maximale des 18 mois de détention provisoire, je suis de nouveau placé en détention accusé d'avoir commis 160 actes terroristes revendiqués par le CCF" sans aucune preuve, ajoute-t-il. Cette nouvelle détention provisoire n'aurait pas dû excéder les 12 mois, ce qui a amené les juges à la prolonger de six mois. "J'ai décidé de mener une grève de la faim à partir du mardi 4 juin, jour où, selon les lois actuelles, ma détention provisoire aurait dû prendre fin. Je voudrais clarifier le fait que le choix d'entamer une grève de la faim n'est pas un geste de désespoir mais une action pour continuer le combat. Un combat que mes compagnons et moi avons mené depuis le début de notre captivité".

Le 25 juin, les juges ont de nouveau rejeté son appel pour une remise en liberté.

Affaire politique

L'affaire est devenue un enjeu de débat public. La coalition de gauche Syriza a pris fait et cause pour Kostas Sakkas. Le parti au pouvoir, Nouvelle Démocratie a elle, accusé Syriza de soutenir ceux qui sont accusés "d'anarchie et de terrorisme".

Un conseil judiciaire demandera la semaine prochaine la libération conditionnelle du jeune homme pour la troisième fois, mais selon certains médias le procureur a demandé au Conseil de la refuser. Il reste à craindre que cette affaire plonge la Grèce dans un nouvel épisode d'affrontements.

Le 4 juillet, le "Guardian" a publié la tribune de deux chercheurs grecs, Hara Kouki et Antonis Vradis, titré "En Grèce, les choses vont vite, sauf la justice pour Kostas Sakkas". Ils rappellent que la Grèce a été condamnée à de nombreuses reprises en 1996 par la Cour européenne des droits de l'Homme pour ce type d'abus. Ils accusent la justice grecque d'être à deux vitesses en mettant en comparaison l'affaire du policier Epaminondas Korkoneas, reconnu coupable de la mort d'un adolescent Alexandros Grigoropoulos qui avait déclenché les émeutes de décembre 2008. Le policier avait été libéré provisoirement jusqu'à son jugement. "Le cas de Sakkas porte la nature de l'injustice qui règne sur la vie quotidienne en Grèce -et au-delà", écrivent-ils.

Seconde mort pour la télévision publique grecque

Brutalement fermée par les autorités à la mi-juin en raison de sévères restrictions budgétaires, la télévision publique grec (ERT) s'est remise à émettre ce mercredi, annonçant la mise en oeuvre des restructurations imposées par le gouvernement Samaras.

La télévision publique grecque est momentanément de retour. Une mire affichant Télévision publique grecque (EDT) représentant un globe et des vagues colorées a en effet surgi sur les écrans helléniques ce mercredi matin. La chaine émettra sur la même fréquence que la désormais ex-ERT. «Il s’agit là d’une phase transitoire. Très bientôt une nouvelle télévision publique transmettra ses programmes», a déclaré à cet effet Pantelis Kapsis, le ministre adjoint chargé de la télévision publique, à la chaîne privée Mega.

2700 emplois supprimés

Pas de quoi pavoiser. Cette réouverture imposée par une décision du Conseil d'Etat grec, le 18 juin dernier, ne remet pas en cause la fermeture sans préavis de la télévision imposée il y a un mois par le Premier ministre Antonis Samaras pour complaire aux coupes claires budgétaires imposées par la Troika à la Grèce. Le FMI, l'Union européenne et la Banque centrale européenne ont en effet appelé au démantèlement, à la fusion ou à la réduction substantielle d’entités publique comme l'ERT.

Le nouveau canal diffusera ainsi un programme temporaire, le temps de restructurer les équipes nécessaires. La fermeture d’ERT a entraîné le licenciement d’environ 2700 employés.

Samir Hamma



Edité par T 34 - 10 Jul 2013 à 18:38
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La coalition Syriza se transforme en parti

Les délégués de toutes les formations composant Syriza, la deuxième force politique du pays, sont rassemblés à Athènes jusqu’au 14 juillet pour un congrès fondateur.

Du 10 au 14 juillet, Syriza tient son congrès… fondateur. Alors que la Coalition de la gauche radicale, selon l’acronyme grec Syriza (Synaspismos rhizospastikis aristeras), est bien implantée dans le paysage politique grec, elle n’existe en tant que parti que depuis mai 2012. Sur le papier essentiellement : Syriza est encore en construction et doit définir ses structures.

Son histoire colle avec l’actualité grecque. Illustration ? Les statuts d’un parti nommé Syriza avaient été déposés en mai 2012, juste après des élections qui avaient débouché… sur d’autres élections en juin 2012, aucun gouvernement n’ayant pu être formé avec les résultats sortis des urnes. Syriza, en pleine ascension, avait alors un espoir de remporter les élections de juin 2012. Mais, selon le droit grec, seul un parti peut remporter cette prime de 50 sièges à la Vouli, l’Assemblée grecque ; une coalition ne peut profiter de ce bonus électoral.

Coalition, donc ; parti en devenir, surtout. Car si Syriza regroupe actuellement différents partis, la coalition a le vent en poupe… et il semble souffler plus encore depuis juin 2012 (27 % dans les sondages en juin dernier). S’ils sont devenus la deuxième force politique du pays, c’est grâce à l’alliance entre une kyrielle de petits partis et un autre plus important, Synaspismos, scission du Parti communiste ; cette alliance s’est réalisée sous l’impulsion de son leader, Alexis Tsipras, et de Manolis Glezos, figure emblématique de la résistance grecque. Ensemble hétérogène, au goût de ses détracteurs. Il est en effet composé d’Akoa, Andarsia, Koe et d’autres issus de mouvances maoïstes, léninistes ou trotskistes. Ils se sont peu à peu alliés, au fur et à mesure d’élections, pour former Syriza. La coalition a ainsi remporté 4,6 % aux élections d’octobre 2009, celles-là même qui allaient mener Giorgos Papandréou, le chef du Pasok (parti social-démocrate), à la tête du pays, élu essentiellement sur le rejet du pouvoir précédent, dirigé par Nouvelle Démocratie. Papandréou, à peine devenu premier ministre, dévoile la réalité des comptes publics grecs. La spéculation entraîne le pays dans une crise de la dette. Le gouvernement choisit alors de faire appel à la troïka (BCE, UE, FMI) pour sauver ses banques. En échange, il applique une austérité sans faille : baisse des salaires et des pensions, casse du droit social, privatisations… Et tous les gouvernements qui, depuis, se suivent à la tête du pays poursuivent dans la même direction. C’est sur le rejet de ces politiques que Syriza a grandi. C’est aussi par les engagements incessants de ses leaders aux côtés du mouvement social. Qu’ils s’agissent d’Alexis Tsipras, de Manolis Glezos, de Rena Dourou… tous continuent de mener des batailles politiques dans la Vouli, les manifestations ou les meetings. Ils fédèrent à gauche. Hétérogène, alors, Syriza ? Assurément, en tout cas, le parti s’est forgé sur un double mouvement : rejet de l’austérité et des politiques « mémorandaires », contestation sociale et proposition d’alternatives. Ces deux thèmes seront au cœur des discussions de ces quatre jours de congrès.

Encore du sang et des larmes  

 
6,8 milliards… contre toujours plus de sacrifices. Telle est
la conclusion qui peut être tirée de l’accord de principe scellé 
le 8 juillet à Bruxelles, entre l’eurogroupe et le FMI. 
La Grèce percevra cette somme par étapes, entre juillet et octobre. En échange de cette tranche de prêts, le gouvernement 
Samaras doit préciser, d’ici au 19 juillet, ses plans de licenciement de milliers de fonctionnaires. 4 000 postes devraient ainsi être supprimés d’ici à la fin de l’année. Cette nouvelle vague de mesures suscite d’importantes protestations : 
les fonctionnaires municipaux grecs étaient en grève hier pour le deuxième jour consécutif ; une manifestation a eu lieu dans le centre d’Athènes, après le rassemblement, lundi, notamment d’officiers de police municipaux à moto.

Fabien Perrier

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22 ème camp anti-impérialiste de la JC grecque (KNE)

Traduction AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ (repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/)

Plusieurs milliers de jeunes communistes de toute la Grèce ont participé à ce 22 ème week-end anti-impérialiste de la KNE, qui se tenait cette année en Crète (près de la ville de Chania) et qui fut articulé à une réaction énergique et massive de la KBE aux guerres impérialistes dans lesquelles la Grèce est impliquée.

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Un moment important du week-end fut donc la grande manifestation organisée par les militants et sympathisants de la KNE devant la base aérienne et navale des Etats-unis et de l'OTAN à Suda, le samedi matin, une base qui joue un rôle important dans les projets des impérialistes en Méditerranée.

S'adressant aux manifestants qui avaient littéralement encerclé l'immense base militaire, Thodoris Chionis, secrétaire du Comité central de la KNE, a déclaré : « Avec ce type d'actions, la jeunesse ouvrière et populaire lutte contre les projets impérialistes qui pourraient, dans la phase suivante, les toucher encore plus directement ». Il a fait remarquer que, au moment même où ils imposent à la jeunesse des emplois sous-payés et le chômage, on nous engage dans ces desseins impérialistes. Il a appelé, en parallèle à l'organisation de la lutte, au retrait des organisations impérialistes, à lutter avec le mot d'ordre « Ni terre, ni mer pour les assassins des peuples ».

A leur retour du camping, la jeunesse de la KNE a traversé le centre de la ville de Chania, où ils ont manifesté avec des slogans anti-capitalistes, des slogans soutenant la ligne politique du KKE, contre la guerre impérialiste.

Le discours politique du secrétaire-général du PC Grec (KKE)

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« Le choix de la Jeunesse communiste de Grèce d'organiser ce 22 ème week-end anti-impérialiste ici à Chania, sur la base de Suda, est absolument justifié par les derniers événements internationaux, en particulier dans notre région, la Méditerranée orientale, le Proche et le Moyen-orient. Il ne serait pas exagéré de dire que la situation dans la région 'sent la poudre'.

L'intervention impérialiste en Syrie, avec le soutien apporté aux forces anti-régime par les Etats-unis, l'OTAN et l'UE, les menaces contre l'Iran, les derniers événements en Egypte, où l'affrontement entre les diverses fractions de la classe bourgeoise sont intimement liés aux objectifs des centres impérialistes pour le contrôle de la région, démontre que cette analyse est correcte.

Les contradictions dans la région se concentrent toutes sur qui, quel Etat, quelle fraction du capital, quelle puissance et quelle alliance impérialiste prendra le contrôle des ressources naturelles, les voies de ravitaillement énergétique, en pétrole et en gaz (…)

La participation des gouvernements grecs à ces projets sert les intérêts du capital grec afin qu'il puisse récupérer sa part du partage des marchés, du pillage aux dépens des peuples (…)

Le système capitaliste, tout particulièrement aujourd'hui à son stade suprême, l'impérialisme, ne peut rien offrir de positif aux travailleurs, aux peuples, si ce n'est l'intensification de l'exploitation de classe, de l'oppression, la barbarie à visage découvert, les crises économiques et les guerres.

Tout cela porte une grande vérité pour les peuples du monde entier : que crises capitalistes et guerres impérialistes vont de pair.

C'est la raison pour laquelle les revendications suivantes revêtent une telle importance aujourd'hui :

La base de Suda et toutes les bases de l'OTAN dans le pays doivent être fermées, maintenant.

Les soldats grecs doivent être retirés des missions impérialistes à l'étranger.

L'implication du pays dans les interventions et les plans impérialistes doit cesser.

La coopération militaire et les exercices communs avec Israël doivent s'arrêter immédiatement.

Voilà pourquoi le slogan : « Le peuple, et en particulier la jeunesse, ne doit pas verser son sang pour les intérêts du capital et des exploiteurs » acquiert une si grande importance.

Et ce n'est pas garanti par la participation de la Grèce aux organisations impérialistes, l'UE et l'OTAN, qui est accepté par tous les autres partis, Nouvelle démocratie, SYRIZA et les nazis de l'Aube dorée (…)

Cela n'est pas garanti par la « politique étrangère à plusieurs niveaux » de SYRIZA, qui revient au même, comme cela est démontré par les rencontres de son leader avec le président d'Israel, Shimon Peres, par les propos rapprotés par le NewYork Times, que « SYRIZA peut sauver la Grèce », car « elle n'a pas une ligne anti-américaine », que c'est un « parti pro-américain ».

Le peuple et la jeunesse n'ont qu'une chose à faire : en finir avec ce système qui ne conduit qu'à l'exploitation, aux crises et aux guerres. Renverser le capitalisme et construire une nouvelle société socialiste. »

D.Koutsoumpas mentionne ensuite le déroulement de la crise capitaliste en Grèce, les problèmes que rencontre la jeunesse, issue des couches ouvrières et populaires, ainsi que l'objectif de la classe bourgeoise de recomposer la scène politique et enfin aux propositions politiques du KKE :

« Les 'progrès' de la ND ou de SYRIZA, qui à son tour défend la vache sacrée du système, la libre entreprise, « saine » comme ils disent, la cohésion sociale de l'UE, alimentant l'esprit de résignation, disant que le socialisme est quelque chose de très lointain et que donc le peuple n'a pas à se battre pour cela. Il doit choisir le moindre mal, le meilleur gestionnaire de la barbarie capitaliste et de l'UE. Qu'il doit attendre dans un coin, ou dans le meilleur des cas, lutter pour qu'un gouvernement ou tel autre soit élu. Afin qu'ils puissent voir à l’œuvre à nouveau les « nouveaux sauveurs et les grandes désillusions », dont certains gouvernements ont toujours eu le premier rôle, mais dont le metteur en scène et le producteur sont le capital et son pouvoir. Nous le disons clairement : la « Nouvelle Grèce » n'est pas la Grèce de M.Samaras, ni la Grèce de M.Tsipras, faite de ces vieux ingrédients pourris. La nouvelle Grèce sera la Grèce du socialisme, du communisme (…)

Voilà ce que nécessite la situation actuelle, et les jeunes doivent être mobilisés dans cette lutte, renforçant le KKE et la KNE, l'Alliance populaire afin que le pays puisse être libéré et que les travailleurs puissent devenir les vrais maîtres. Libérés de la propriété capitaliste, des parasites et des exploiteurs. La jeunesse gagnera de l'expérience, de l'optimisme, de l'espoir dans cette lutte. Ils placeront des obstacles, affrontent ses difficultés sans confusion, avec plus de courage, de solidarité, d'esprit collectif.

En tout cas, c'est aussi un point essentiel, le principal dans le programme du parti : la lutte pour le socialisme, la révolution socialiste.

Ce n'est pas qu'une vision générale du KKE et de la KNE, une déclaration générale, un rêve inatteignable. C'est sa raison d'être, sa lutte. C'est la seule alternative à la barbarie capitaliste.

Le socialisme est plus actuel et nécessaire que jamais. La nécessité et le réalisme du socialisme sont basés sur des méthodes scientifiques, l'analyse du capitalisme actuel (…)

Aujourd'hui, sur la base de cette énorme expérience que nous avons accumulé, nous devons aller de l'avant.

Aujourd'hui, quand les fausses promesses, les beaux discours, les fausses espérances s'effilochent tant du côté des partis traditionnels de la coalition gouvernementale (ND-PASOK, auparavant Gauche démocratique), que aussi des étoiles montantes de SYRIZA, de la « gauche gouvernementale ».

Maintenant que l' « œuf du serpent » du nazisme, l'Aube dorée, a cassé sa coquille, alimenté par ce système capitalisme corrompu, décadent et criminel, il y a une alternative :

Mettons en échec, mettons un terme une fois pour toutes à ce système qui nourrit la pauvreté, le chômage, l'exploitation, l'oppression, la répression, le fascisme, qui nourrit les mesures anti-populaires pour le peuple, et remplit les coffres des riches.

Ouvrons la perspective d'un véritable pouvoir populaire. Dans ce pouvoir, les monopoles, les richesses seraient entre nos mains ; on briserait les liens de l'UE, en s'en retirant tout comme de toute alliance prédatrice ; on serait en mesure de mettre en place la planification centralisée et scientifique de l'économie pour la satisfaction de tous les besoins actuels du peuple ; les travailleurs et le peuple exerceraient un contrôle par en bas ».

Un programme politique et culturel varié

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Pendant leur séjour au camping, des milliers de jeunes communistes, qui campaient dans des tentes, ont organisé de multiples événements politiques et culturels. Le vendredi après-midi, ils ont organisé un débat sur l'évolution de la situation dans la région de la Méditerranée orientale, l'aiguisement des rivalités impérialistes et les tâches des communistes, avec la participation de cadres de la KNE et de la Jeunesse du Parti communiste de Turquie (TKP).

Une leçon de vie : le souvenir des martyrs communistes

Il est important d'évoquer enfin la visite de lycéens de la KNE dans un lieu où des communistes et des militants ont été torturés.

Le vendredi après-midi, dans la prison d'Itzedin les lycéens, adhérents et sympathisants de la KNE, qui participaient au 22 ème week-end impérialiste de la KNE, ont pu observer l'histoire faite de dures luttes de notre peuple, où les communistes ont été à l'avant-garde, ont vu cette histoire vivante de leurs propres yeux.

Le vieux château, construit par les Ottomans, a été transformé par les gouvernements bourgeois dans déjà dans les années 1920 ainsi que dans la période de la guerre civile en lieu pour le martyr de milliers de communistes.



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Les mots d'ordre : « 9 décennies de luttes et de sacrifices, le KKE a toujours été en première ligne » - « les communistes n'ont jamais plié, ni en exil ni en prison » ont trouvé un écho dans la cour de la prison cernée de lourdes portes de fer et de fenêtres sans barreaux. Deux vétérans communistes qui ont été emprisonnés à Itzedin ont assisté à l'événement et se sont adressés aux jeunes.

Les jeunes de la KNE, au départ de Chania, vont à nouveau se retrouver dans les luttes qui commencent par les manifestations du Front militant des travailleurs (PAME) prévus dans tout le pays le 11 juilllet.

 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Jul 2013 à 23:00

Les maires grecs dénoncent les grands licenciements du gouvernement dans les mairies

Athènes, 13 juillet (RHC-PL)- Les maires ont condamné le plan gouvernemental de grands licenciements dans les mairies et les membres de la Confédération des Communes de Grèce ont annoncé une démission massive si la loi est approuvée.

Les nouvelles exigences des créanciers internationaux ont été mal reçues par des milliers de travailleurs qui pour le troisième jour ont manifesté contre l'élimination de leurs postes de travail.

La Confédération a annoncé aussi trois jours de grève du 15 au 17 juillet dans les communes grecques ; elle a exigé une commission pour évaluer les besoins du personnel dans les ministères, les institutions et les organismes locaux et régionaux.

Grèce: une ONG s'inquiète de l'instauration de tests VIH forcés

 
 
La décision du ministre de la Santé grec de réintroduire une mesure permettant à la police de faire procéder à des tests VIH forcés et des examens de santé obligatoires sur des populations jugées à risque, a ému l'organisation non gouvernementale HRW qui demande son abrogation.

"Il est profondément inquiétant qu'il n'ait fallu qu'un jour au nouveau ministre de la Santé pour réintroduire une mesure qui viole les droits de l'Homme, stigmatise les groupes à risques, et qui s'est avérée contre-productive pour protéger la santé publique" a déclaré Judith Sunderland
, une analyste de HRW spécialisée sur l'Europe occidentale.

"Faire face aux maladies infectieuses telles que le VIH, l'hépatite, ou la tuberculose demande des investissements accrus dans les services de santé publique, pas dans la police" a-t-elle ajouté.
Le nouveau ministre Adonis Georgiadis, qui vient de l'extrême-droite, a été nommé lors du remaniement gouvernemental du 25 juin dernier. Le 26 juin, il a réintroduit une mesure sur la lutte contre la transmission des maladies infectieuses, initialement prise en avril 2012 par le socialiste Andreas Loverdos, puis annulée en avril dernier par son successeur du parti de gauche Dimar.
Infections au VIH positif sont en forte augmentation

Durant l'année où elle a été appliquée, cette mesure a permis à la police de procéder à des arrestations de prostitués, drogués, et immigrants sans papiers pour procéder à des tests VIH et autres mesures de dépistages de maladies, a souligné HRW.

En mai 2012, Amnesty International avait appelé le gouvernement grec à mettre fin à cette mesure qui stigmatise les prostitués.
La prostitution est légale en Grèce à condition qu'elle se pratique dans des établissements spécialisés, qui, en théorie, sont soumis à des règles strictes.

Selon le centre pour le contrôle des maladies et la prévention (Keelpno), les infections au VIH positif sont en forte augmentation en Grèce depuis 2000, et particulièrement depuis le début de la crise.
Dans son rapport 2012, le centre note que la prévalence du VIH a augmenté de 22% entre 2011 et 2012, et de 58% entre 2010 et 2011.

"Au total, 1.180 cas d'infection au virus de l'immunodéficience humaine (VIH) ont été rapportés en 2012, soit 10,9 cas pour 100.000 habitants, ce qui est le chiffre le plus élevé jamais enregistré dans le système statistique VIH/Sida" a estimé HRW.
 


Edité par T 34 - 15 Jul 2013 à 21:56
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Jul 2013 à 16:12

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Conférence fondatrice de SYRIZA : un nouveau « parti unique » ... mais avec les anciens du PASOK !

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Ce week-end, du 10 au 14 juillet, avait lieu la Conférence fondatrice de SYRIZA : sa mutation d'un « mouvement » de gauche radicale en un « parti » unique à vocation gouvernementale.

Que et qui représente SYRIZA ? Les sondages à 27% donnent la folie des grandeurs à ses dirigeants, qui ne rêvent que de majorité parlementaire et de gouvernement de gauche. Il suscite certaines craintes dans les milieux conservateurs : ne sont-ce pas d'anciens communistes ?

M.Tsipras est là pour les rassurer : « nous ne sommes pas dangereux ». Il est venu porter ce message au FMI à Washington, à la Chancellerie à Berlin, à la Commission à Bruxelles … et bien sûr à la Fédération des industriels à Athènes.

« Seule SYRIZA peut sauver la Grèce et l'Europe » : c'est le message que porte Tsipras, se faisant le meilleur défenseur de l'Euro et de l'Europe. Une opinion relayée même par le « New York Times » qui tenait à rappeler les positions « pro-européennes » et « pro-américaines » du parti !

Cette conférence devait donc marquer le point final de cette mutation en un « parti de gestion » du système, sa « grande transformation » en un « parti unique ».

 

SYRIZA et le « parti unique de la gauche »

C'était l'enjeu de cette Conférence fondatrice : faire accepter le passage d'un « mouvement » (dés-)organisé en tendances à un « parti » unique, centralisé.

On sait combien le tournant « mouvementiste » des ex-Partis communistes, comme Refondation communiste en Italie a pu, derrière une façade démocratique et pluraliste, contribuer à noyer (noyauter) le débat démocratique et favoriser les arrangements politiciens entre clans dirigeants.

Pendant plus d'une décennie, cela a conduit SYNASISMOS puis SYRIZA au bord de l'implosion en 2008, miné par ses dissensions internes, sans pour autant prémunir d'une orientation de plus en plus politicienne, parlementaire et modérée.

SYRIZA a décidé, lors de sa Conférence fondatrice, de rompre avec cet héritage. Un retour au centralisme le plus pur : une seule organisation, une seule ligne politique, une seule action.

Le coup de force a suscité un front commun des diverses tendances gauchistes, trotskistes, maoistes, refondateurs ou « alternatifs ». Unies par leur stratégie entriste, ces courants avaient été introduits dans l'organisation au début des années 90 pour rompre avec la filiation communiste historique.

Les dirigeants de SYRIZA ont néanmoins été confrontés à un feu nourri, venant y compris du vétéran Manolis Glezos, indigné par ces méthodes. La conférence a laissé trois mois supplémentaires pour exiger la dissolution des tendances.

Entre-temps, ces « tendances » en voie d'extinction ont bien négocié leurs places au Comité central. La direction de SYRIZA est fermée au débat démocratique même frelatée sous la forme des courants … mais reste ouverte aux petits arrangements politiciens entre amis !

 

Est-ce le retour au « centralisme démocratique » ? Que nenni, loin ce mot honni !

Pour Rena Dourou, figure montante et députée de SYRIZA : « Ce n'est pas le centralisme démocratique » … mais l'unité, l'assurance qu'on ne « coulera pas le navire SYRIZA pour des luttes de tendance ». Un centralisme anti-démocratique, c'est le terme ?

 

Alors pourquoi ce passage du « mouvement arc-en-ciel » au « parti unique » ?

Giannis Dragazakis, député de SYRIZA, qui faisait partie des liquidateurs du KKE en 1991, est un des artisans de la « grande transformation », il évoque un raisonnement simple, faire agir ce corps hétérogène dans la même direction :

1 – L'objectif, c'est faire un « gouvernement de gauche » pour mettre en place des « réformes radicales ». Une « gauche de gouvernement » ouverte à toute la gauche, « loin de toute position maximaliste » ;

2 – Le moyen, c'est un « Parti ». C'est nouveau dit Dragazakis qui fait la critique du mouvementisme et de l'économisme, « qui ont négligé la dimension politique » (réduite au parlement et au gouvernement!), qui ne se conçoit pas seulement à l'échelle de la Grèce mais … « européenne » bien sûr. Dragazakis finit par faire l'apologie de la forme-parti, « force de cohésion et d'orientation du mouvement » … vers un gouvernement de gauche responsable !

3 – Ce « parti » sera un « parti unique » : unique, continue Dragazakis, car il « faut une seule SYRIZA à l'extérieur, face aux médias et dans l'action, mais aussi à l'intérieur, capable de faire des choix difficiles, prendre des décisions cruciales sans menacer son existence ». Couper toute pluralité, débat pour mieux faire passer la pilule gouvernementale ! « Jusqu'à présent, la gauche a connu tant de divisions, souvent futiles, comment se prémunier à l'avenir contre cela ? » … Dragazakis poursuit : « par un parti de gauche, ouvert aux idées neuves mais assurant une expression uniforme, et l'unité d'action », capable de porter le projet de SYRIZA : « la résurgence de la démocratie, la réforme éthique de la société ».

 

La section grecque du PGE pour sauver l'Euro et l'Union européenne

Un aperçu du « parti de demain » : les débats de la Conférence, les interventions du cacique du parti ont sciemment esquivé les questions brûlantes. Celles qu'évoque Tsipras avec les représentants du patronat, du FMI ou de l'UE : point de « Plan Marshall » ou « New Deal » pour la Grèce ici.

Les ambiguïtés fondamentales de SYRIZA persistent. En premier lieu sur la dette. La Conférence a acté la « re-négociation de la dette » avec la Troïka, ainsi que la convocation d'un audit pour décider … quelle partie de la Grèce le peuple devait payer !

Dans un domaine, le « parti nouveau » a levé toute ambiguïté : sur la question européenne. Les tensions se sont cristallisées autour de l'Euro, alimentées par des tendances « gauchistes » de la formation dite de « gauche radicale ».

Contrairement à ce qui a pu être rapporté, la motion proposée au vote par la « Plate-forme de gauche » était fort modérée : « laisser ouverte la question du maintien dans la monnaie unique ».

La réponse de la direction est sans appel, la question est close, SYRIZA est pour l'Euro et l'Union européenne. La motion a été rejetée à 70%.

Si le « projet de résolution politique » est clair sur un point, c'est sur son européisme.

Se plaçant dès l'introduction sous le patronage du PGE (Parti de la gauche européenne), SYRIZA analyse la crise comme un péril, la politique d'austérité « fragilisant les liens entre Etats européens, alimentant l'euro-scepticisme, l'anti-européisme, les conflits ethniques et la renaissance du fascisme » (article 4).

Dans le monde multi-polaire, il faut que l'Europe pèse et la « perspective de la Grèce est liée à celle de l'Europe » (article 7).

La lettre d'allégeance d'Alexis Tsipras, envoyée l'an dernier aux dirigeants de l'UE, était éclairante : SYRIZA se présente comme la roue de secours de l'Europe, en échange d'un allègement du fardeau, la restauration de la « stabilité » en Grèce, et la canalisation du mouvement vers la défense de l'UE.

Le projet de transformation de SYRIZA en « parti unique de la gauche » est lui aussi révélateur du projet du PGE : le « but » est bien de faire dans chaque pays des « sections nationales » du PGE, donc des « partis de gauche ».

Les « coalitions », « fédérations », « blocs », « fronts » de gauche n'en sont que des phases transitoires, admettant une pluralité temporaire d'organisations pour mieux détruire le parti communiste originel.

 

Un « parti nouveau » avec les anciens du PASOK !

Enfin, le plus frappant dans le projet de SYRIZA est sa transformation de plus en plus nette en PASOK de substitution. Tsipras évoque cette « jeune SYRIZA » qui prend la place du « vieux PASOK ». Une image finalement assez fidèle.

Cela se remarque dans la mutation superficielle des positions de SYRIZA vers un gouvernement de gauche ou de « salut populaire », de collaboration entre forces de gauche parlementaire (avec PASOK, Gauche démocratique et même certains partis de droite ?), entre patronat et syndicats pour « relancer l'économie » et « sauver l'Europe ».

Un programme nettement en-dessous de Papandreou-père en 1981 comme le fait remarquer le PASOK dans un communiqué cinglant. On pourrait rajouter, même en-dessous de Papandreou-fils version 2009 !

Mais la transformation est peut-être plus frappante dans le ralliement massif d'anciens caciques du PASOK au parti de demain, sa transformation organisationnelle.

La liste est longue : certains ont déjà rejoint le parti, d'autres flirtent avec lui publiquement.

Parmi les ralliés, le couple détonant Louka Katseli et Gerasimos Arsenis.

Elle, c'était la Ministre du Travail de Papandreou-fils : adepte de l'austérité première mouture, co-responsable de la casse du Code du travail, elle vire casaque … quand elle réalise que cette politique saborde le PASOK et fait le jeu des communistes !

Lui a été soutenu l'an dernier par SYRIZA pour le poste de premier ministre. Un ancien de Papandreou-père. Gouverneur de la Banque de Grèce dans les années 80, où il impulse la libéralisation du secteur financier, ministre de l'Education fin des années 90, où il subit une fronde étudiante sans précédent, contre les premières contre-réformes cassant l'éducation publique.

Parmi les ex-députés du PASOK séduits par le projet SYRIZA, les enfants de Papandreou : on peut penser à Marilisa Xenogiannakopoulos, Harris Kastanidis, Spyros Kouvelis ou Lambros Michos.

Tous ou presque étaient au gouvernement Papandreou. Pas à n'importe quel poste : affaires européennes, affaires étrangères, justice, intérieur, santé, économie et travail (si on rajoute Katseli!).

Depuis, tous ont démissionné du PASOK et cherchent un nouveau port d'attache. Soit directement SYRIZA, soit des petites formations de gauche prêtes à s'allier avec SYRIZA. Imaginons le gouvernement de gauche d'après avec les anciens de Papandreou !

On pourrait ajouter, pour clore le tableau de cette gigantesque recomposition, les anciens syndicalistes réformistes liés au vieux PASOK et qui regardent désormais vers le nouveau SYRIZA.

Parmi ceux qui ont participé à la grand-messe de ce week-end :

Themis Balasopoulos, secrétaire du syndicat des municipaux d'Athènes, Panagiotis Kalfagiannis, secrétaire du syndicat de l'ERT ou Nikos Fotopoulos, secrétaire du syndicat de l'énergie.

Ce dernier était membre du PASKE (tendance syndicale du PASOK), lui-même fut adhérent pendant trois décennies du parti socialiste !

Tous ces dirigeants syndicaux et politiques ont été les cadres supérieurs du « système PASOK » : une organisation non seulement réformiste, de collaboration mais aussi corrompue et clientéliste. Les rats quittent maintenant le navire PASOK … et rejoignent le vaisseau SYRIZA.

Le secrétaire-général du Parti communiste grec (KKE), Dimitris Koutsoubas a résumé récemment les choses clairement : « SYRIZA est devenu un clône du PASOK ».

Pas de social-démocratie de substitution, pas de « gouvernement de gauche » pour gérer loyalement les affaires de capital, pas de « parti unique de la gauche » : les positions des communistes grecs doivent aussi être les nôtres.

 


Edité par T 34 - 18 Jul 2013 à 03:38
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Jul 2013 à 16:06

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La grève du PAME du 16 juillet – un point de départ pour de nouvelles luttes

Communiqué du Parti communiste grec (KKE)

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

La grève du 16 juillet, avec les manifestations contre l'attaque sur tous les fronts annoncée par le projet de loi du gouvernement de la Nouvelle démocratie et du PASOK, dans 65 villes de Grèce, marque le point de départ pour de nouvelles luttes.

Ce projet de loi menace de remettre en cause ce qu'il restait des droits des travailleurs dans le secteur privé comme public, en supprimant l'Accord national sur les conventions collectives et en fixant le salaire minimum en fonction des besoins de la profitabilité des entreprises, licenciant des milliers d'employés du secteur public et des municipalités, imposant de nouvelles coupes dans la santé et la sécurité sociale, introduisant de nouveaux impôts qui représenteront un pillage fiscal encore plus brutal avec la suppression de la barre minimale d'imposition sur le revenu, ce qui aura des conséquences dramatiques dans la ville quotidienne des familles ouvrières ou populaires.

Les forces sur des positions de classe ont lutté pour cette grève dans des conditions difficiles, subissant l'offensive conjuguée du gouvernement et du patronat, du syndicalisme pro-patronal sapant la lutte des travailleurs. Elles ont montré que les travailleurs, public comme privé, doivent mener une lutte ensemble avec les travailleurs indépendants et les petits paysans.

A Athènes, la place Omonia était remplie de grévistes et de manifestants, arrivés à 10 h 30, rassemblés aux points de rendez-vous. Ce fut une manifestation particulièrement massive. Il y a eu également une participation importante des travailleurs qui organisent habituellement la lutte sur leur lieu de travail.

Dimitris Koutoumpas, secrétaire-général du Comité central du KKE, a participé à la manifestation, il s'est exprimé devant les manifestants : « ce projet de loi, avec son attaque sur tous les fronts, est une monstruosité. Avec les licenciements massifs, il y a aussi le pillage fiscal, les coupes dans l'organisation publique de la santé, nous aimerions dénoncer en particulier l'effort de généralisation des contrats de travail individuels avec la diminution du salaire minimum, qui est actuellement un salaire de misère, en-dessous de 500 euros. Le sentiment d'étouffement que vit notre peuple doit se transformer maintenant en une riposte populaire massive. Le peuple doit prendre son avenir entre ses mains, sans rien attendre des solutions qui viennent d'en haut, afin de tourner le dos au nouveau système bi-polaire qui est sur le point d'être créé ».

Giannis Tasioulas, cadre du PAME et président de la Fédération des travailleurs du bâtiment en Grèce s'est lui aussi adressé à la foule des manifestants :

« l'idée selon laquelle ces nouvelles mesures que le gouvernement propose ne toucheront que certaines catégories de fonctionnaires ou « les mieux payés » se diffuse ou parfois l'emporte dans des parties importantes des travailleurs, des secteurs public comme privé.

Cette vision est fallacieuse, trompeuse et dangereuse. C'est un poison. Elle sert ceux qui veulent diviser les travailleurs, monter une partie de la population contre une autre. Elle masque la nature unique de l'offensive menée contre tous les travailleurs, dans tous les secteurs. L'offensive concerne les travailleurs, les chômeurs, les travailleurs indépendants, les petits et moyens agriculteurs, les femmes, les jeunes. Personne n'est épargné. Seuls le capital et les monopoles restent intacts et voient leurs intérêts défendus. La lutte n'est pas finie avec l'adoption de ce projet de loi.

Nous avons la responsabilité d'éclairer les travailleurs sur les lieux de travail, dans les usines, dans les quartiers, de les mobiliser pour s'engager dans une lutte pour la rupture, dans une lutte pour inverser cette politique contraire au peuple, au monde du travail, pour renverser le pouvoir du capital. Nous sommes conscients du fait que la participation à la grève d'aujourd'hui ne correspond pas à l'ampleur de l'offensive subie par les travailleurs et les couches populaires.

Nous savons bien que de nombreux travailleurs dans les usines et sur d'autres lieux de travail, sous pression des intimidations ainsi que des illusions selon lesquelles ils pourront éviter le pire ou qu'ils sont en sécurité ou qu'ils peuvent espérer l'amélioration de la situation avec un nouveau gouvernement, ne sont pas partis en grève aujourd'hui, bien qu'ils voient que leur vie se dégrade.

Nous le disons clairement : il ne peut y avoir aucune perspective ni de victoire pour la classe ouvrière et les couches populaires à moins d'un changement de situation, à moins que le niveau d'organisation dans les lieux de travail, les usines, les grands commerces ne monte d'un cran », souligne le syndicaliste du PAME.

Après le rassemblement du PAME, les syndicats sur des positions de classe ont marché jusqu'à la place Syntagma dans une manifestation particulièrement massive.


Grève générale en Grèce : « Nous ne sommes pas des numéros »

Des dizaines de milliers de Grecs ont manifesté dans les rues d’Athènes, hier, à l’appel de syndicats, pour protester contre la mutation forcée de très nombreux fonctionnaires.

«Nous ne sommes pas des numéros, nous sommes des travailleurs. » 
Le slogan brandi par les deux principaux syndicats grecs, GSEE et Adedy, qui ont appelé hier à une grève générale de vingt-quatre heures, en dit long. 4 000 emplois seront supprimés dans la fonction publique d’ici à la fin de l’année. 12 500 fonctionnaires seront soumis à des mutations forcées. Premiers visés : les gardiens d’école ou encore les policiers. À terme, quelque 3 500 agents municipaux devront intégrer le corps de la police nationale. Sirènes hurlantes, ceux-ci n’ont pas hésité à manifester dès lundi devant les permanences des partis au pouvoir. Les protestations ont reçu les soutiens de nombreux élus locaux. Deux cents maires ont fait fermer les services municipaux, lundi.

Des dizaines de milliers de personnes ont participé à des rassemblements hier à Athènes et dans d’autres villes du pays. Les manifestants s’adressaient principalement aux parlementaires qui votent aujourd’hui le projet de loi comprenant le redéploiement des fonctionnaires. De ce vote dépend une partie de la tranche d’aide internationale à la Grèce : un prêt de 4 milliards d’euros en provenance des fonds de secours européens.

Devant le Parlement à Athènes, les députés de la Coalition de la gauche radicale (Syriza) ont déployé une banderole de soutien aux manifestants : « Gouvernement, démission. Non au pillage du secteur public et privé. » Syriza, qui n’était qu’une coalition, s’est transformée en parti lors d’un congrès qui s’est tenu cette fin de semaine. Il occupe la deuxième position dans les sondages, avec 27 % d’intentions de vote.

De son côté, le premier ministre, Antonis Samaras, a déclaré cette fin de semaine qu’il excluait l’adoption de nouvelles mesures d’austérité en septembre. Le temps de faire passer la pilule.

Caroline Chauvet



Edité par T 34 - 18 Jul 2013 à 19:10
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Jul 2013 à 19:55

Les fonctionnaires grecs sur le gril

La loi, votée hier et contestée, mènera au licenciement des milliers de fonctionnaires.

Malgré la grève générale du 16 juillet un vaste sit-in le 17 devant l’Assemblée et l’opposition de nombreux députés, le projet de loi prévoyant des mesures d’austérité dans la fiscalité et la fonction publique a été voté, jeudi matin, au Parlement grec. De justesse : à 153 voix sur 300 pour la grande coalition au pouvoir qui réunit Nouvelle Démocratie (droite) et Pasok (social-démocrate). Éternelle marionnettiste de ce genre de décisions, la troïka (UE, BCE, FMI) avait notamment conditionné sa nouvelle tranche d’aide à la Grèce à des coupes palpables dans le secteur public. Outre un nouveau Code des impôts, 25 000 fonctionnaires, surtout des enseignants, des gardiens d’école, des employés de mairie, ou encore des officiers de police municipaux, seront placés dans un « pool de mobilité » dès la fin de l’année. Huit mois avec un salaire réduit leur seront accordés pour trouver un travail ailleurs, ou… ils seront licenciés. Peu d’espoir de trouver un emploi dans un pays en crise avec 27 % de chômage. Un « sacrifice humain », se désole le leader de l’opposition de gauche radicale, Alexis Tsipras. Hier, à l’occasion de la visite du ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, qui s’est cependant dit « très impressionné » par les progrès du pays, le centre-ville d’Athènes a été interdit à toute manifestation.

Caroline Chauvet




Edité par T 34 - 27 Jul 2013 à 18:12
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  Citer Cayan Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Jul 2013 à 23:51
Est-ce que je peux trouver quelque part le programme du KKE par hasard ? 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Jul 2013 à 23:54
Cherche ici : http://fr.kke.gr/

Edité par T 34 - 31 Jul 2013 à 21:21
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  Citer Cayan Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Jul 2013 à 01:50
Je l'ai trouvé en anglais sur le même site version anglophone, merci quand même.
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  Citer Cayan Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Jul 2013 à 12:15
Je viens de voir le programme du KKE, ils sont trop radicaux, apres avoir trouvé Syriza beaucoup trop mou (c'est ça la fameuse gauche radicale ? c'est même pas, ou à peine, le PS d'il y a 30-35 ans) je pensais que le KKE me correspondrait. Ils demandent la socialisation des moyens de production, l'abolition du salariat, la Planification centrale et l'autarcie.
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