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Vers une TROISIEME Guerre Mondiale

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T 34 allez vers le bas
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: Vers une TROISIEME Guerre Mondiale
    Envoyé : 23 Mar 2008 à 15:56
Dans la catégorie : l'Iran , l'Irak , la Corée du nord et depuis peu les FARC veulent atomisés le monde :
 
 
 
Chaque année, l’Assemblée générale des Nations Unies se prononce sur diverses résolutions visant à limiter, à contrôler, à interdire les essais ou à éliminer les armes nucléaires qui peuvent donc être classées ensemble dans la rubrique « désarmement nucléaire »

L’ONG étasunienne COMMITTEE ON DISARMAMENT PEACE AND SECURITY (comité pour le désarmement, la paix et la sécurité) a procédé à une analyse des votes émis par les puissances nucléaires sur ces diverses résolutions.

En 2007, ce ne sont pas moins de 20 résolutions qui ont été présentées à l’Assemblée générale. Quinze d’entre elles ont été soumises au vote.

Les 9 puissances nucléaires se sont prononcées comme suit

  Chine Pakistan Corée du Nord Inde Russie Royaume Uni Israël France Etats-Unis
Oui 11 10 11 8 5 3 1 2 0
Non 0 0 2 3 1 9 8 10 15
Abstention 4 5 0 4 8 3 6 3 0
Total 11 10 9 5 4 - 6 - 7 - 8 -15

L’analyse de ces votes est riche d’enseignements.

En effet les 9 puissances nucléaires, outre le fait qu’elles ont des arsenaux nucléaires qui vont du très petit (Corée du Nord) au gigantesque (Etats-Unis suivis de prés par la Russie), ont des positions très diverses qui vont de l’opposition à toute action allant dans le sens du désarmement nucléaire à une approbation de principes généraux de désarmement tout en refusant d’abandonner unilatéralement l’arme nucléaire si les autres ne le font pas, cas de la Chine et du Pakistan.

Les Etats-Unis ont voté contre toutes les résolutions. Ils refusent, en cette matière comme en toute autre, tout droit international. Les pays les plus proches de la position des Etats-Unis, donc les plus hostiles à toute action allant dans le sens du désarmement sont dans l’ordre : La France, Israël et le Royaume-Uni. L’Inde et la Russie occupent une position intermédiaire et la Corée du Nord occupe une position proche de celle de la Chine et du Pakistan.

Ce classement opère donc une nette séparation entre ceux qui ne veulent pas entendre parler de désarmement nucléaire et qui n’excluent pas l’usage préventif de l’arme nucléaire soit les Etats-Unis et leurs plus fidèles alliés en tête desquels la France (pas de différence sur ce sujet entre le SARKOZY d’aujourd’hui et le CHIRAC de l’Ile longue en 2006) et ceux, les trois puissances asiatiques qui, à l’autre extrémité du spectre, considèrent l’arme nucléaire comme une arme de dissuasion.

http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6205



Edité par T 34 - 19 Jul 2008 à 20:41
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Aug 2008 à 15:55

 

Plusieurs camarades font part dans différents topics des manœuvres militaires étatsuniennes en cours. Que ce soit le positionnement de la 4e flotte US au large de l’Amérique du sud ou des concentrations en direction de l’Iran…  Cela est en effet inquiétant et doit acérer la vigilance de tous les démocrates et de tous les progressistes. Pourtant « la bête » subie des échecs en ce moment : le bourbier irakien, la victoire d’Evo Morales et l’opération Géorgie, coup sur coup.

Je ne suis pas convaincu que les USA soient capable d’agir sur tout les fronts en même temps, en tout cas pas avec une massive opération terrestre. Les risques de raids aériens sur l’Iran sont eux des plus probables.

Ces démonstrations bellicistes ne sont elles pas la démonstration des difficultés pour l’Empire à imposer son ordre international? La marque des ses échecs?

Voilà se que j’ai envie d’y voir, le monde unipolaire chéri des occidentaux n’a pas vu le jour et chaque année passe depuis quelque temps avec l’émergence de nouvelles contestations dans de grandissantes parties du monde.

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Depuis le: 21 Sep 2007
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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Aug 2008 à 18:05
Message posté par Jef.

 Ces démonstrations bellicistes ne sont elles pas la démonstration des difficultés pour l’Empire à imposer son ordre international? La marque des ses échecs?

 
Je crois que l'empire n'a plus les moyens d'imposer quoique ce soit, de l'hyper-puissance dominante, c'est devenue une grande puissance certes, mais en difficulté. Une grande puissance qui n'est même pas à la hauteur de la Chine. Par contre, leur gesticulations peuvent servir leur politique interne, ou la crise des prêts bancaires a ruiné nombre d'établissement bancaire tant prestigieux qu'important de par leur envergure financière. Un nouveau conflit peut être salutaire pour leur économie et rétablir la confiance - provisoirement - des investisseurs qui actuellement préfèrent la zone Euros. Cependant, il est évident qu'une action de ce type ne se fera que contre un ennemi fabriqué ou désigné qui sera inférieur d'un point vue militaire.
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Depuis le: 25 Jan 2008
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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Jan 2009 à 00:44
salut à tous,


La période de guerre froide que nous traversons depuis le début des années 90 et aux vues des récents développements des relations internationales, il semble que l'hypothèse d'une 3e guerre mondiale puisse se confirmer comme l'un des débouchés aux crises des puissances impérialistes en déclin converties aux économies de guerre. Le capitalisme mondial a en effet déjà vécu 17 crises dépressionnaires depuis le XIXe, mais leur fréquence a augmenté depuis les années 80 (sans compter évidemment les crises financières dites "conjoncturelles" qui se sont succédées à une vitesse sans précédents historiques).

j'ouvre ce topic pour servir d'observatoire sur les stratégies de la tension développées dans les relations internationales par les principales puissances impérialistes, voire celles développées à l'intérieur des frontières. c'est à mon avis dans toutes ces stratégies de développement des tensions qu'on trouvera les meilleurs indices pour anticiper et adapter les stratégies politiques des mouvements et partis progressistes/ communistes



                                                                                                                                                       



1er sujet sur la nouvelle doctrine Bzrezinski. Interview de l’historien américain Webster G. TARPLEY : Les hommes derrière OBAMA




Cette interview a été réalisée au début de l’automne 2008, c’est-à-dire avant l’élection de Barack Obama à la présidence de la République états-unienne le 4 novembre dernier. Donc également bien avant les attentats de Bombay (le 26 & 27 novembre 2008) qui ont marqué un regain des tensions entre l’Inde et le Pakistan. M. Tarpley est l’auteur de plusieurs livres ; seul La terreur fabriquée Made in USA est disponible en français. Elle nous semble importante, car elle apporte un éclairage sur l’actualité politique internationale à laquelle il est impossible d’accéder dans les médias grand public et même trop rarement sur l’Internet.



VIDEO 1


VIDEO 2



Retranscription écrite de l'interview:


Article reopen 911

Edité par AllXS - 20 Jan 2009 à 02:44
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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Mar 2009 à 05:29
       Une guerre mondiale au secours de l'Empire américain

Article mondialisation.ca, par Jules Dufour

De nombreux analystes et observateurs avertis de la conjoncture géopolitique mondiale actuelle s’accordent pour penser que la crise financière qui secoue les économies des pays riches risque de dégénérer en violentes explosions sociales. C’est du moins le résultat des travaux d’un groupe d’experts européens du LEAP/Europe 2020. Ceux-ci pensent que «la crise entrera, au quatrième trimestre 2009, dans une phase de "dislocation géopolitique mondiale" et prévoient un "sauve-qui-peut généralisé" dans les pays frappés par la crise. Cette débandade se conclurait ensuite par des logiques d'affrontements, autrement dit, par des semi-guerres civiles». Selon ces chercheurs les pays dans lesquels circulent librement de grandes quantités d’armes à feu tels que les États-Unis et les pays latino-américains se présenteraient comme étant les plus vulnérables.



D’autres estiment que la récession va affaiblir considérablement les États-Unis et les rendre encore plus dépendants des économies émergentes et en transition comme celles de la Chine, de l’Inde et du Brésil.

           

Compte tenu de ce contexte difficile il est vraisemblable de penser que la seule façon pour l’Empire américain de maintenir sa puissance hégémonique planétaire est de préparer un plan de guerre propre à mobiliser toute l’économie mondiale. Les guerres «irrégulières» de l’Afghanistan et de l’Irak n’ont pas apporté tous les dividendes espérés. L’unanimité qui a entouré leur déclenchement en Occident commence à se fracturer et des dates butoirs pour la mise en opération de plans de retrait des troupes sont déjà fixées. Il faut maintenant envisager sérieusement un conflit de grande ampleur et une guerre conventionnelle opposant le monde occidental et le monde musulman semble, pour les stratèges aguerris, une option prometteuse dans la mesure où elle est bien justifiée et préparée selon les règles de l’art. C’est ce qui explique peut-être le fait que les USA n’aient pas encore décidé de lancer la guerre atomique contre l’Iran qu’ils ont soigneusement préparée au cours des dernières années.




I. Des plans de guerre peu connus

Les plans de guerre des États-Unis contre l’Iran n’ont pas été diffusés dans le grand public. Tout au plus, des nouvelles ont été publiées,notamment, sur les exercices navals orchestrés en 2006 par le Pentagone dans le Golfe persique avec la participation de l’Australie, de la France, de l’Italie, de la Grande-Bretagne et de Bahreïn et les manœuvres et les manoeuvres qu'a conduites Israël au-dessus de la Méditerranée orientale et de la Grèce en juin 2008.

Cependant, il est permis de penser que les préparatifs d’une attaque nucléaire contre l’Iran sont entrés dans leur phase finale depuis plusieurs mois. La table est mise. Il ne reste plus que de décider du moment de son déclenchement.





    II. Le scénario le plus probable

Quelques scénarios d’intervention ont été exposés allant de la destruction des installations nucléaires iraniennes jusqu’à l’éradication totale de l’Iran. Il est certain que si une attaque est enclenchée elle provoquera de la part de l’Iran une riposte qualifiée de «terrible» par les autorités religieuses iraniennes, une riposte qui pourrait provoquer une vive réaction des autres puissances nucléaires qui pourraient, à leur tour, entrer en scène..



Selon Loyd Rudmin, «les États-Unis auraient retenu quelque 10 000 cibles en Iran. Les principales sont l'ensemble des installations nucléaires, y compris la centrale nucléaire de Bushehr sur la côte du Golfe Persique, près du Koweït, et les installations d'enrichissement de Natanz près d'Ispahan. Bushehr est une ville industrielle comptant près de 1 million d'habitants. Pas moins de 70 000 ingénieurs étrangers travaillent dans cette région qui comprend un grand gisement d'hydrocarbures. Natanz est le principal site d'enrichissement d'uranium de l'Iran, au nord d'Ispahan, qui comptent aussi des installations de recherches nucléaires. Ispahan est une ville du patrimoine mondial avec une population de 2 millions d'habitants


Selon les propos de Peter Symonds analysant les résultats d’une.étude publiée par des scientifiques britanniques les États-Unis préparent une attaque terrible contre l’Iran. Dans un article publié en août 2008 ces chercheurs «font une estimation à glacer le sang de la violence destructrice que les États-Unis emploieraient lors d’une attaque contre l’Iran. Ils concluent que « Les États-Unis ont fait des préparatifs dans le but de détruire les armes de destruction massive de l’Iran, son énergie nucléaire, son régime, ses forces armées, son appareil d’État et son infrastructure économique dans les quelques jours, sinon les quelques heures qui suivraient un ordre donné par le président George W. Bush». Poursuivant son analyse de l’étude Symonds croit que «la réelle motivation d’une nouvelle guerre irresponsable des États-Unis contre l’Iran réside dans la tentative de l’administration Bush d’établir une domination sans partage des États-Unis sur les régions riches en ressources minérales du Moyen-Orient et d’Asie centrale. Tout ce qui aurait pour conséquence de permettre à des rivaux européens et asiatiques de renforcer leur influence dans ces régions clés est tout simplement intolérable pour l’élite dirigeante américaine». Il termine son examen de ces travaux en faisant le constat qui fait consensus: «L’optique plutôt limitée de l’étude ne fait que rendre sa conclusion plus troublante : les préparatifs militaires qui permettraient à l’administration Bush de faire, en peu de temps, d'une grande partie de l'Iran un champ de ruines, sont déjà terminés




Conclusion

Depuis le début du siècle, les États-Unis, avec le concours de leurs alliés les plus fidèles, mettent en place tous les éléments et les ingrédients d’une guerre mondiale, une guerre qui soit de nature à sauvegarder les fondements de leur hégémonie planétaire. Ces principaux éléments sont le grand réarmement planétaire exacerbé par la guerre contre la terreur, des interventions permettant de maintenir les tensions entre plusieurs états, l’effondrement provoqué des économies des pays riches créant ainsi une turbulence majeure et une déstabilisation des activités économiques dans l’ensemble de tous les continents, une campagne de propagande contre les pays de l’axe du mal dont plusieurs pays du monde musulman, l’affaiblissement du pouvoir d’intervention de l’ONU et les difficultés d’application des règles du droit international et, enfin, la mise au point d’une stratégie d’intervention militaire massive contre l’Iran, le tout pouvant avoir un puissant effet d’entraînement dont les retombées peuvent s’avérer un atout de taille pour assurer le devenir de l’Empire et même une reprise des territoires stratégiques perdus au cours des dernières décennies.


Dans un tel contexte, une guerre nucléaire mondiale est possible et même probable. Ce scénario catastrophe semble de plus en plus celui que l’on prépare et la nouvelle administration à la Maison-Blanche pourrait difficilement le contrecarrer car ce sera vraisemblablement l’objet principal de son mandat au cours des prochaines années.   


article cité en source:

Après la crise financière, la guerre civile ? Préparez-vous à quitter votre région (Le Monde)



Edité par AllXS - 10 Mar 2009 à 05:37
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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  Citer DOXA Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Mar 2009 à 08:37
Intéréssent, on attend le 4ème trimestre 2009 alors
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  Citer comsomol Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Mar 2009 à 21:51

Pour la premiere guerre mondial, je ne m' en souvient pas. Mais la deuxieme guerre mondialest nait d'une crise. Qui a permis a Hitler d'acceder au pouvoir. La suite on la connais. Donc aujourd hui je ne serais pas étonné qu'une troisieme guerre aie lieu

"Transformar o sonho em vida" 
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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Jun 2009 à 15:36
Le Pentagone se prépare à la guerre contre l’ennemi : la Russie


Mondialisation.ca, Le 19 mai 2009

« Aujourd’hui la situation est beaucoup plus sérieuse qu’avant août 2008.
[…] Si la guerre éclate à nouveau, elle ne se limitera pas au Caucase.
[…] Le nouveau président des États-Unis n’a pas apporté de changement crucial en ce qui a trait à la Géorgie, mais en raison de son rôle dominant au sein de l’OTAN, il insiste toujours sur l’adhésion rapide de ce pays à l’alliance. Si celle-ci se concrétise, le monde fera face à une menace bien plus grave que les crises de la guerre froide.
[…] Dans ce nouveau contexte, la guerre de la Géorgie contre l’Ossétie du Sud pourrait facilement devenir la guerre de l’OTAN contre la Russie. Il s’agirait d’une troisième guerre mondiale. » (Irina Kadzhaev, politologue sud-ossète, South Ossetia Information Agency, avril 2009)

Le 12 mai, James Mattis, Commandant suprême allié Transformation (SACT) et commandant du U.S. Joint Forces Command (Commandement de la force interarmées) a prononcé un discours à un symposium de trois jours appelé Joint Warfighting 09 à Norfolk en Virginie, où se trouve la Commandement allié Transformation (ACT) de l’OTAN. « Je viens avec un sentiment d’urgence. L’ennemi aussi tient des réunions dans le même esprit », a-t-il affirmé. [1]



Un journal local a résumé son discours :

« Le Commandant Mattis a décrit un avenir où les guerres n’auront pas de débuts ni de fins précises. Une grande stratégie et un cadre politique pouvant guider la planification militaire sont nécessaires », a-t-il ajouté. [2]

Pour des raisons qui se veulent sans aucun doute diplomatiques, il a omis d’identifier qui est l’« ennemi ». Une suite d’événements récents, ou plutôt l’intensification d’événements en cours, indiquent toutefois de quelle nation il s’agit.

Le 7 mai dernier, durant un déjeuner du Defense Writers Group, le chef du US Strategic Command, le général Kevin Chilton, a déclaré aux reporters que « la Maison-Blanche maintient l’option de répondre par la force – peut-être même avec des armes nucléaires – si une entité étrangère dirige une cyberattaque neutralisant les réseaux informatiques étatsuniens […] ».

Un compte-rendu de son discours ajoute que « le général a insisté pour que toutes les options de frappe, y compris les frappes nucléaires, demeurent à la disposition du commandant en chef pour défendre la nation des cyberattaques. »

M. Chilton « a dit qu’il ne pouvait pas exclure la possibilité d’une salve militaire contre des pays comme la Chine, même si Pékin possède des armes nucléaires » [3], bien que la première cible probable de présumées représailles à des cyberattaques, elles aussi présumées, serait un autre pays déjà identifié comme tel par des officiels militaires : la Russie.

À la fin avril et au début mai 2007, le gouvernement d’Estonie, membre de l’OTAN depuis 2004 et dont le président était et demeure Toomas Hendrik Ilves, né en Suède et élevé aux États-Unis (où il a travaillé pour Radio Free Europe), rapportait des attaques sur des sites web de son pays, pour lesquelles la Russie fût blâmée.

Cela fait plus de deux ans et aucune preuve n’a été présentée pour prouver le bien-fondé de l’allégation voulant que des pirates informatiques russes, encore moins le gouvernement russe lui-même, étaient derrière ces attaques. Cette allégation demeure malgré tout un article de foi dans les médias et parmi des officiels étatsuniens et occidentaux.

La réponse des autorités étatsuniennes a d’abord été si soudaine et sévère, même avant que des enquêtes ne soient menées, pour fortement donner à penser que si les attaquent n’avaient pas été organisées, elles auraient dû être inventées.

Tout de suite après, le secrétaire de la force aérienne, Michael W. Wynne, affirmait : « La Russie, notre puissant rival de la guerre froide, semble avoir été la première à s’engager dans la conduite de la guerre informatique. »

La source d’information des Forces aériennes des États-Unis d’où est tirée cette citation ajoutait que les événements s’étant produits quelques jours plus tôt en Estonie « avaient lancé une succession de débats au sein de l’OTAN et de l’Union européenne concernant la définition d’une opération militaire autorisée et ce pourrait bien être le premier test de l’application de l’article V de la Charte de l’OTAN concernant la défense collective dans le champ non cinétique. [4]

L’article 5 de la Charte de l’OTAN est une clause de défense militaire collective, en fait une clause de guerre, utilisée pour la première et seule fois pour soutenir la guerre prolongée et progressive en Afghanistan.

La référence que l’on y a faite à l’époque n’est pas à prendre à la légère.

En visite en Estonie en novembre dernier, le chef du Pentagone Robert Gates a rencontré le premier ministre du pays, Andrus Ansip et a « discuté du comportement russe et de la nouvelle coopération sur la cybersécurité ».

On a rapporté que « M. Ansip a affirmé que l’OTAN opérera selon le principe de l’article 5 du traité de l’alliance, lequel stipule qu’une attaque visant un allié constitue une attaque visant tous les membres ». « Nous sommes convaincus que l’Estonie, en tant que membre de l’OTAN, sera très bien défendue » a-t-il ajouté. [5]

Il est révélateur que l’on continue à mentionner l’article 5 de l’OTAN à répétition un an et demi après les attaques présumées alors qu’aucune autre n’est survenue entre-temps.

Au début de ce mois-ci, le Pentagone a annoncé qu’il lançait ce qu’il appelle la « force guerrière numérique du futur » à Fort Meade au Maryland, sous le contrôle du U.S. Strategic Command, dont le chef cité plus tôt, Kevin Chilton, menace d’utiliser la force, y compris les armes nucléaires.



L’initiative a été décrite comme suit dans un reportage :

« Le lieutenant-général Keith Alexander, également commandant à la tête de la cyberguerre, a déclaré que les États-Unis sont déterminés à mener l’action mondiale d’utilisation de la technologie informatique afin de dissuader ou de vaincre des ennemis […] » [6]

Le Pentagone est une synecdoque pour le département de la Défense et tout ce qui est relié à ses activités est enveloppé dans le même euphémisme, donc lorsqu’ils seront questionnés, les États-Unis maintiendront que leur nouveau projet de guerre numérique ne servira qu’à des fins défensives. Toute nation et toute personne ayant fait les frais des actions du département étatsunien de la Défense est plus avisée. La raison d’être de ce nouveau commandement de cyberguerre étatsunien repose sur une supposée menace russe émanant d’un incident non militaire survenu dans un pays balte il y a plus de deux ans. Ce commandement sera utilisé pour paralyser les systèmes informatiques de toute nation ciblée par un assaut militaire direct, la rendant ainsi sans défense, et sera particulièrement efficace dans le cadre de la planification des premières frappes provenant de l’espace et des guerres spatiales (boucliers antimissile, missiles intercepteurs).

Le jour même où est paru le reportage sur le général Alexander, promettant de « vaincre les ennemis », une autre nouvelle mentionnait qu’« un satellite quasi-classifié a été lancé mardi [12 mai]. Il servira d’ingénierie pionnière pour la technologie de poursuite des missiles balistiques. » [7]

Il s’agissait d’un satellite de Surveillance System Advanced Technology Risk Reduction (STSS-ATRR) (système spatial de poursuite et de surveillance de technologie avancée et de réduction des risques), faisant partie d’un système spatial pour la Missile Defense Agency.



« Les capteurs à bord du satellite STSS-ATRR et au sol communiqueront avec d’autres systèmes pour former une défense contre des missiles balistiques en approche. » [8]

Quelques jours plus tôt, dans un reportage intitulé « Ducommun Incorporé annonce la livraison de nanosatellites à l’Army Space and Missile Defense Command », le fabricant Ducommun, situé en Californie, annonçait que « sa filiale Miltec Corporation avait livré des nanosatellites prêts à être utilisés à la U.S. Army pace and Missile Defense Command/Army Forces Strategic Command (USASMDC/ARSTRAT) à Huntsville en Alabama le 28 avril 2009. »



La livraison constituait « l’aboutissement du premier programme de développement de satellite de l’armée étatsunienne depuis les satellites de télécommunications Courier 1B dans les années 1960 ». [9]

Les satellites militaires utilisés pour neutraliser le potentiel d’une nation rivale, pas vraiment pour lancer une première frappe, mais plutôt pour y répliquer, brouillent la distinction entre les soi-disant projets de bouclier de missiles nés de la Guerre des étoiles et la militarisation complète de l’espace.



Récemment, un commentateur russe le voyait exactement de cette façon :

« Le retrait du Traité sur les missiles antimissile balistique de 1972 a marqué un virage vers les tests et le déploiement d’un système de défense antimissile, dans le but de supprimer le potentiel dissuasif de la Chine et, partiellement, celui de la Russie.



Washington tente toujours d’éliminer les restrictions légales internationales sur la formation d’un système qui pourrait théoriquement le rendre invulnérable face à des représailles, même face à une frappe de riposte en cours d’attaque. » [10]



À cela s’ajoute un autre subterfuge « quasi-classifié » lié à la reprise potentielle des pourparlers entre les États-Unis et la Russie sur le Traité de réduction des armes stratégiques (START).

L’adjointe au secrétaire d’État étatsunienne Rose Gottemoeller a affirmé cette semaine que « les États-Unis ne sont pas prêts à réduire le nombre d’ogives qui ont été retirées des vecteurs de frappe et sont entreposées ». [11]

Donc, en plus des plans visant à déployer des systèmes antimissile au sol, dans les airs et dans l’espace, principalement autour et contre la Russie (en Pologne, en République tchèque, en Norvège, en Grande-Bretagne, au Japon et en Alaska jusqu’à maintenant), le Pentagone gardera des ogives nucléaires en réserve pour l’activation sans fournir de mécanisme de surveillance aux inspecteurs russes et aux négociateurs travaillant à la réduction des armes.

Le 6 mai, Euronews a interviewé le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov, qui a fait une mise en garde : « La façon dont il [le bouclier antimissile balistique étatsunien] est conçu n’a rien à voir avec le programme nucléaire iranien. Il cible les forces stratégiques russes et est déployé dans la partie européenne de la Fédération de Russie. »

La création par les États-Unis du Navy Air and Missile Defense Command (NAMDC) au Naval Support Facility à Dahlgren en Virginie le 30 avril s’ajoute aux inquiétudes de la Russie et d’autres nations.

« NAMDC est l’organisme à la tête de la marine, combinée à l’Integrated Air and Missile Defense (IAMD). NAMDC est le seul centre d’excellence pour la guerre à synchroniser et intégrer les efforts de la marine à travers le champ complet de la défense aérienne et antimissile, comprenant les défenses aérienne, antimissile de croisière et antimissile balistique. » [13]

Les deux dernières semaines regorgent d’histoires dans la même veine et pour attirer l’attention plus près de la Terre, Strategy Page, un site étatsunien, rapportait que selon une source russe, « les États-Unis ont acheté deux chasseurs à réaction Su-27 de l’Ukraine [qui] serviront à entraîner les pilotes militaires étatsuniens, lesquels pourraient faire face à des ennemis à bord de ces avions. L’armée étatsunienne les utilisera pour tester ses radars et son équipement de guerre électronique. » [14]

À ce moment même, le client des États-Unis en Ukraine, le président Viktor Iouchtchenko, dont la cote de popularité est plongée à près de 1 %, a signé une directive pour la préparation à l’adhésion complète à l’OTAN. Quelques jours plus tard, une délégation militaire étatsunienne a visité le pays pour inspecter un réservoir de stockage et planifier « une réforme du système d’entraînement au combat ». [15]

En matière d’entraînement à la guerre contre la force aérienne russe, ce qui s‘est passé en Ukraine n’est que la dernière d’un bon nombre d’actions de ce genre.

Immédiatement après la pleine adhésion du pays à l’OTAN, le 81e escadron de chasse étatsunien s’est rendu à Constanta en Roumanie (pays où le Pentagone a depuis acquis quatre nouvelles bases) afin de s’entraîner au combat contre les MiG-21 russes.

Selon un des pilotes étatsunien présent, « c’était pas mal chouette : on est assis dans un MiG-21 qui décollera dans quelques jours avec un pilote expérimenté aux commandes. C’était un bras de l’Union soviétique et ces pilotes volaient avant qu’elle n’éclate. Ils ont une bonne idée de ce que c’est. » [16]

En juillet de l’année suivante, le 492e escadron de chasse étatsunien était déployé à la base aérienne de Graf Ignatievo en Bulgarie voisine afin que « les forces aériennes de divers pays [aient l’opportunité] de connaître les tactiques et les capacités des aéronefs de l’un et de l’autre. »

« Au moment où la première semaine d’entraînement prend fin, les pilotes des F-15E Strike Eagles, des MIG-29 et des MIG-21 partagent leurs connaissances sur les aéronefs et les tactiques. »

On cite un colonel des forces aériennes étatsuniennes : « Seulement 2 des 38 membres de l’équipage d’aéronef ont eu la chance de voler aux côtés des MIG. D’ici à ce que l’exercice soit terminé, tout le monde aura eu le temps de voler dans un MIG ou à leurs côtés. [17]



Un mois plus tard, le 22e escadron de chasse expéditionnaire des États-Unis est arrivé en Roumanie pour effectuer les exercices Viper Lance, lesquels « marquaient le premier entraînement de pilotes de F-16 étatsuniens en Roumanie [et] la première fois que des pilotes de MIG-21 et de F-16 volaient en formations pour mener des manœuvres de combat élémentaires, un entraînement au combat aérien avec différents types d’aéronefs, ainsi que des missions d’attaques air-sol ». [18]



La prochaine citation est d’un pilote de F-16 Fighting Falcon :

« Mon vol dans le siège arrière d’un Lancer [MiG-21] constitue une bonne opportunité de voir un aéronef différent et c’est un honneur et un véritable privilège. Je veux voir ce qu’ils voient de leur cockpit et avoir un autre angle de compréhension face à nos adversaires. » [19]

Il y a deux semaines un escadron de combat de l’US Air Force s’est rendu à la base aérienne de Bezmer en Bulgarie. « C’est la première fois qu’un escadron de combat de l’USAFE [United States Air Forces in Europe] se déploie à cet endroit […] Ce qu’il y a de plus gratifiant dans cette expérience, est de savoir que j’aide ces pilotes à s’entraîner pour la guerre », a souligné un des militaires de l’USAFE sur les lieux. [20]

Dans le but de préparer les États-Unis pour le combat aérien contre toute la gamme d’aéronefs militaires russes, l’Inde était invité aux exercices de combat aérien annuels Red Flag en Alaska en 2007, des jeux de guerres « dont l’objectif est de former les pilotes des États-Unis, de l’OTAN et d’autres pays alliés pour de vraies situations de combat.

« Cela comprend l’utilisation d’équipement "ennemi" et de vraies munitions pour des exercices de bombardements. » [21]

L’Inde a fourni six chasseur Sukhoi SU-30MKI, « particulièrement pertinents pour cet exercice puisqu’[ils sont] fabriqués en Russie, donc traditionnellement considérés comme "hostiles" ». [22]

Le 1er mai, la patrouille aérienne tchèque de l’OTAN entamait sa rotation de six mois dans le ciel balte, au-dessus de l’Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie – à cinq minutes de la deuxième plus grande ville russe, Saint-Pétersbourg. À cette occasion, un officiel tchèque se vantait : « La zone que nous protégeons est presque trois fois plus grande que la République tchèque. C’est un avant-poste de l’OTAN. »

Le commandant de la force aérienne lithuanienne, Arturas Leita, a pour sa part annoncé que « les pays baltes demanderaient probablement la prolongation de la mission des forces aériennes au sein de l’OTAN jusqu’en 2018. » [23]

Du 8 au 16 juin, la Suède accueillera une simulation de l’OTAN appelée Loyal Arrow, décrite comme « la plus grande simulation de forces aériennes jamais vue dans la baie de Botnie, située entre la Suède et la Finlande », [24] également à proximité de Saint-Pétersbourg. Un porte-avions britannique et plus de 50 chasseurs y participeront.

Cet exercice débutera exactement une semaine après la fin des jeux de guerre Cooperative Lancer 09 de l’OTAN menés par les États-Unis en Géorgie, sur le flan sud de la Russie.

En parlant des dangers s’appliquant uniformément à tout ce qui précède, le site web du ministère de la Presse et des Médias de masse de l’Ossétie du Sud citait récemment la mise en garde de la politologue Irina Kadzhaev

« Aujourd’hui la situation est beaucoup plus sérieuse qu’avant août 2008. La menace antérieure ne mettait que l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie en danger, mais comme la Russie a reconnu l’indépendance de ces deux États et a conclu des ententes envisageant la présence de ses forces armées sur leurs territoires, si la guerre éclate à nouveau, elle ne se limitera pas au Caucase.


Le nouveau président des États-Unis n’a pas apporté de changement crucial en ce qui a trait à la Géorgie, mais en raison de son rôle dominant au sein de l’OTAN, il insiste toujours sur l’adhésion rapide de ce pays à l’alliance. Si celle-ci se concrétise, le monde fera face à une menace bien plus grave que les crises de la guerre froide.



Dans ce nouveau contexte, la guerre de la Géorgie contre l’Ossétie du Sud pourrait facilement devenir la guerre de l’OTAN contre la Russie. Il s’agirait d’une troisième guerre mondiale. » [25]




Notes



1) Virginian-Pilot, 13 mai 2009

2) Ibid

3) Global Security, 12 mai 2009

4) Air Force Link, 1er juin 2007

5) U.S. Department of Defense, 12 novembre 2008

6) Associated Press, 5 mai 2009

7) Space Flight Now, 5 mai 2009

8) Pratt & Whitney, 5 mai 2009

9) Ducommun Incorporated, 29 avril 2009

10) Russian Information Agency Novosti, 7 mai 2009

11) Russia Today, 5 mai 2009

12) Euronews, 6 mai 2009

13) Navy News, 30 avril 2009

14) Moscow News, 11 mai 2009

15) National Radio Company of Ukraine, 29 avril 2009

16) Air Force Link, 2 août 2005

17) U.S. Air Forces in Europe, 24 juillet 2006

18) Stars and Stripes 26 août 2006

19) Air Force Link, 17 août 2006

20) Air Force Link, 28 avril 2009

21) Indo-Asian News Service, 26 novembre 2007

22) Avionews (Italy) 28 novembre 2007

23) Czech News Agency, 1er mai 2009

24) Barents Observer, 7 mai 2009

25) Ministry for Press and Mass Media of the Republic of South Ossetia, 27 avril 2009

Edité par AllXS - 03 Jun 2009 à 16:01
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Jun 2009 à 18:25

Suède : Les policiers craignent la perturbation de manoeuvres militaires de l’OTAN

(source : http://www.thelocal .se/19940/ 20090608/ 08/06/09, traduction Futur Rouge)

 
- “Comme l’OTAN nous serons dans l’air, sur la terre et en mer.
Nous ferons tout notre possible pour montrer à l’OTAN que ses affaires sont
hideuses et mortelles.
“L’OTAN n’est pas une alliance défensive. C’est dans le monde le plus grand club d’armes nucléaires et de machines de guerre.”

Les policiers suédois ont demandé aux militaires leur assistance contre les activistes de la paix venus d’Europe et en tête de Suède pour manifester contre un exercice aérien de l’OTAN dans la laponie Suédoise…

La Force de Réaction de l’OTAN (NRF) sera dans le Nord de la Suède le 8 juin pour commencer un exercice de huit jours impliquant plus de 50 avions de combat et 1 000 soldats de dix pays.

La Suède n’est pas un membre d’activistes de l’OTAN et On s’attend à ce qu’à des activistes de la paix d’Allemagne, d Finlande et du Royaume-Uni descendent sur le pays pour protester contre les manœuvres qui ont pour nom « es démonstrations pour protester contre l’exercice qui a comme nom “Flèche Fidèle.”

La police a fait appel maintenant aux forces armées pour l’assister dans le faire face aux manifestations et prévenir des actions directes qui pourraient perturber les manœuvres..

Les policiers craignent que les activités antimilitaristes comprennent… de démonstrations “sérieuses” et des actions directes basées en mer avec pour cible le porte-avions britannique HMS Illustrious qui sera stationné en dehors de Lulea pendant l’exercice.

L’Ofog le réseau antimilitariste non-violent suédois, qui travaille pour un monde sans armes nucléaires et sans armée, a déclaré sa position dans une déclaration lundi.

“Comme l’OTAN nous serons dans l’air, sur la terre et en mer. Nous ferons tout notre possible pour montrer à l’OTAN que ses affaires sont hideuses et mortelles..”

Le groupe a soutenu que “l’OTAN n’est pas une alliance défensive. C’est le plus grand club du monde d’armes nucléaires et de machines de guerre.”

Alors que les forces suédoises ne participent pas à la Flèche Fidèle le pays est un pays d’accueil désigné et fournit le soutien logistique y compris l’espace aérien, les aéroports et les régions à bombarder.

Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Jun 2009 à 16:53
Les dépenses militaires ont augmentées à 1 464 milliards en 2008
 
Les dépenses militaires ont augmentées de 4% dans le monde en 2008, encomparaison de 2007, jusqu'a arriver à 1 464 milliards de dollars, malgrès la crise financière mondiale, informe l'Institut International de Stockholm d'investigation pour la paix (SIPRI), qui a présenté son rapport annuel qui reflète les tendances essentielles en matière d'armement et de sécurité internationale.
 
Durant les dix dernières années, les dépenses militaires ont cruent de 45% sur la planète, signale SIPRI.
 
Les Etats-Unis continuent à être le pays avec les plus grandes dépenses militaires et représentent 58% de l'augmentation totale des dépenses mondiales durant la dernière décade.
 


Edité par T 34 - 01 Aug 2009 à 15:17
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Aug 2009 à 15:32

OTAN
Provocations canadiennes contre la Russie dans le Grand Nord

 
par Rick Rozoff

Tandis qu’Ottawa endort l’opinion publique en dénonçant une menace russe dans le Grand Nord, l’OTAN y déploie ses troupes et les y exerce. Tandis qu’Ottawa revendique haut et fort sa souveraineté sur le Passage du Nord-Ouest, il s’accommode sans difficulté de ce que Washington le considère comme un détroit internationalisé. Pour Rick Rozoff, la mise en scène canadienne vise à exclure la Russie de l’Arctique et à compléter son encerclement.

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Le trio belliqueux canadien : (de gauche à droite) le ministre des Affaires étrangères Lawrence Cannon, le Premeir ministre Stephen Harper et le ministre de la Défense Peter MacKay, venus chercher leurs ordres au sommet de l’OTAN (Strasbourg, 3 avril 2009).

Durant l’année écoulée, de hauts responsables fédéraux canadiens ont multiplié les déclarations fermes et bravaches à propos de la Russie et de l’Arctique. Sur ce modèle, le ministre de la Défense Peter MacKay a averti que « les chasseurs Canuck décolleront pour accueillir tout appareil non autorisé » ; ce qu’explicitait moins délicatement une agence de presse canadienne bien en cour en tonnant que « les avions de chasse canadiens décolleraient pour "accueillir" tout appareil russe "approchant" l’espace aérien du Canada. » [1]

MacKay a poursuivi : « Nous allons protéger notre territoire souverain » [2]. Ce message était dirigé de façon transparente exclusivement contre la Russie, qui ne compromet d’aucune manière la souveraineté et l’intégrité territoriale du Canada, et non contre les États-Unis, qui le font.

Une autre agence de presse indique que MacKay commentait l’information selon laquelle la Russie envisage de déposer un petit détachement de parachutistes dans presque un an sur une partie de l’Arctique, sur laquelle il est reconnu internationalement qu’elle a des droits. Le ministre aurait ajouté : « Nous avons fait décoller les jets F-18 dans le passé, et ils seront toujours là pour les recevoir. » [3]

La rhétorique d’Ottawa ne correspond pas au contexte. Que signifie « protéger l’espace aérien canadien » de bombardiers à long rayon d’action russes volant dans l’espace aérien international d’une manière qui ne viole ni le territoire du Canada, ni aucun traité ni loi ? D’autant que selon la même dépêche d’agence, Mac Kay reconnaît qu’ « il n’y a pas eu d’intrusion récente de bombardiers russes ». [4]

En réalité, le dernier moulinet de sabre de MacKay s’inscrit dans une série de diatribes comparables émanant du trio qu’il forme avec le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères du Canada. Elles interviennent de manière révélatrice une année après la guerre de cinq jours entre Géorgie et la Russie.

En août dernier le Premier ministre Stephen Harper a accusé la Russie de revenir à une « mentalité de l’ère soviétique ». Le mois suivant, MacKay a continué avec : « Quand nous voyons un Bear russe [Tupolev Tu-95] approcher l’espace aérien canadien espace, nous l’accueillons avec un F-18. » On est aujourd’hui à presque un an du ministre de la Défense du Canada menaçant la Russie avec les F-18 (chasseurs polyvalents produits par la firme Boeing basée à Chicago). MacKay brandissant la menace des avions de guerre US est conforme à l’air du temps comme il est également le reflet et le représentant des visées des USA et de l’OTAN sur l’Arctique et contre les revendications et les intérêts russes dans cette région.

En février, Barack Obama a effectué sa première visite en dehors des États-Unis en tant que président, en se rendant à Ottawa voir le Premier ministre Harper. Le gouvernement de ce dernier a choisi cette occasion pour mettre en scène une machination qui dans une situation plus grave aurait signifié un départ en guerre ou qui pourrait en avoir précipité une. Le Canada a fait décoller des avions de guerre au dessus de l’océan Arctique pour intercepter des bombardiers russes engagés dans ce qu’ont été depuis 2007 des vols de routine dans un espace aérien neutre.

Utilisant la présence du nouveau président états-unien pour s’assurer le maximum d’attention des médias étrangers, le Premier ministre canadien a déclaré : « Nous défendrons notre espace aérien, nous avons également des obligations de défense continentale avec les États-Unis. Nous remplirons ces obligations pour défendre notre espace aérien continental et nous défendrons notre souveraineté et nous répondrons chaque fois que les Russes violeront la souveraineté du Canada dans l’Arctique ». [5]

Or, les avions russes en question n’ont en aucune manière fait intrusion dans l’espace aérien canadien et de ce fait n’ont pas menacé la « souveraineté » de la nation.

Harper a souligné les « obligations de la défense continentale avec les États-Unis » tout en évoquant une « menace » fantastique posée par un bombardier russe à plusieurs milliers kilomètres de la capitale canadienne où Obama se trouvait à ce moment-là. Peut-être ces déclarations étaient-elles destinées à prouver les mérites d’Ottawa à son voisin du sud. Après tout, Harper et MacKay prenaient la posture d’avoir sauvé le chef d’État US d’un raid de bombardement fictif russe. Peut-être visaient-elles aussi à démontrer que « la défense continentale » est une affaire réciproque qu’appuie la superpuissance mondiale lors de toute future confrontation avec la Russie.

Le troisième membre du triumvirat belliqueux du Canada est le ministre des Affaires étrangères Lawrence Cannon. Il s’est adressé en mars à la Russie, déclarant : « Soyons tout à fait clairs ici. Le Canada ne se laissera pas intimider ». Puis, à la fin du mois de juin, il s’est référé au Canada en tant que « superpuissance » à la fois arctique et énergétique.

Une agence de presse canadienne a écrit alors : « En minimisant la récente "chevauchée" de la Russie pour une place dans la ruée du pétrole polaire émergent, le ministre des Affaires étrangères Lawrence Cannon a déclaré que le Canada était une "superpuissance arctique" » [6]

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L’OTAN adapte et forme ses forces en vue d’une éventuelle confrontation avec la Russie dans l’Arctique (ici un sous-marin canadien participe aux exercices de l’Alliance).

L’OTAN militarise le Grand Nord

Bien que les dépêches occidentales tentent de dépeindre la concurrence accrue pour l’énergie de l’Arctique et les voies de transport comme un concours entre les cinq nations qui ont des revendications solides sur la région —États-Unis, Canada, Russie, Danemark et Norvège— toutes, sauf la Russie, sont membres de l’OTAN et obligées en vertu de l’article 5 du Traité de l’Atlantique-Nord de fournir une assistance militaire à tout membre qui la demande. La Grande-Bretagne, la Finlande et la Suède —ces deux dernières étant invitées à une rapide et complète intégration dans l’OTAN— ont également rejoint le conflit de l’Arctique. La Norvège a récemment déménagé dans le Cercle Arctique le quartier général de son commandement opérationnel et le Danemark a annoncé des plans visant à établir un Commandement Arctique inter-armées, une force de réaction arctique et un renforcement de la base aérienne de Thulé (Groenland) pour la partager avec ses alliés de l’OTAN.

« Avec le Danemark, qui devient la dernière nation à révéler de grands projets d’organisation de ses capacités militaires arctiques, l’accumulation mondiale des forces dans le Grand Nord accroît les risques de conflit et préoccupe les experts ». [7]

L’année dernière la Norvège a acheté 48 chasseurs Lockheed F-35 en raison de leur aptitude à patrouiller dans l’Arctique. En mars, ce pays a effectué un très important exercice militaire dans l’Arctique impliquant 7 000 soldats de 13 pays, dans lequel un État fictif appelé Northland s’est emparé des plateformes pétrolières offshore.

« Les manœuvres, auxquelles environ 12 000 soldats, 50 avions et plusieurs navires de guerre ont participé, ont déclenché une protestation de la Russie. Elle a protesté à nouveau en juin après que la Suède ait tenu son plus grand exercice militaire du Nord depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. » [8]

Ces événements suivent de près les menées du secrétaire général de l’OTAN et des hauts commandants militaires réunis en Islande les 28 et 29 janvier de cette année pour procéder à un séminaire sur les perspectives de la sécurité dans le Grand Nord. A cette occasion, le secrétaire général de l’OTAN du moment, Jaap de Hoop Scheffer, a déclaré :

« Le Grand Nord va nécessiter encore plus d’attention de la part de l’Alliance dans les années à venir.
Comme la calotte glaciaire diminue, la possibilité augmente d’extraction de minéraux et d’exploitation des gisements énergétiques du Grand Nord.
A notre sommet de Bucarest de l’an dernier, nous sommes convenus de quelques principes directeurs pour le rôle de l’OTAN en matière de sécurité énergétique.... » [9]

La réunion de l’OTAN, qui, pour la première fois a ciblé explicitement le Cercle Arctique comme une zone d’opérations pour l’Alliance, s’est tenue dix-sept jours après que l’administration Bush sortante ait promulgué la Directive Présidentielle de Sécurité Nationale 66. Elle comporte l’affirmation que « les États-Unis ont des intérêts vastes et fondamentaux de sécurité nationale dans la région arctique (…) Ces intérêts incluent des questions telles que la défense anti-missiles et l’alerte avancée ; le déploiement des systèmes mer et air pour le transport maritime stratégique, la dissuasion stratégique, la présence maritime et les opérations de sécurité maritime ; et la garantie de la liberté de navigation et survol ». [10]

La Directive de Sécurité Nationale conteste ouvertement l’affirmation du Canada que le Passage Nord-Ouest, —qui, en raison de la fonte de la calotte glaciaire polaire, est maintenant entièrement navigable pour la première fois dans l’histoire connue— est son territoire exclusif et appelle à l’internationalisation de cette voie navigable stratégique.

Si la souveraineté du Canada et son intégrité territoriale sont menacées, c’est par les États-Unis et non par la Russie.

Vu la possibilité que l’opposition libérale réclame un vote de non-confiance au Parlement canadien le mois prochain et déclenche une élection anticipée, le Premier ministre en place intensifie le thème du « renforcement de la souveraineté du Canada dans l’Arctique oriental ». Il assistera aux exercices militaires annuels dans l’Arctique ce mois-ci, l’Opération Nanook, aux côtés du ministre de la Défense MacKay et du chef d’état-major Walter Natynczyk.

Afin « de voir de près ce mois-ci les efforts du Canada pour renforcer sa présence militaire dans l’Arctique », Harper sera amené par hélicoptère et déposé sur la frégate HMCS Toronto de même que pour sa visite du sous-marin HMCS Charlottetown.

« Les fonctionnaires gouvernementaux ont annoncé les détails de la tournée de Harper, du 17 au 21 août , dans le contexte de la montée des tensions avec la Russie sur les revendications territoriales arctiques. » [11].

Cette année l’Opération Nanook sera une opération de grande envergure avec la participation de l’armée de terre, de la marine et de l’armée de l’air canadiennes, ainsi que des forces spéciales engagées pour la première fois. Les exercices comprendront le débarquement amphibie d’une unité de la Compagnie de la Réserve Arctique, des exercices anti-sous-marins, des opérations de soutien aérien et un exercice d’accident de masse. [12]

Rappelant à nouveau que les États-Unis sont les rivaux principaux du Canada pour le contrôle du passage Nord-Ouest, en fin juillet, le département d’État des USA a révélé : « Aux États-Unis et au Canada, une expédition commune de 42 jours dans l’Arctique débutera en août pour examiner le plateau continental ». « La mission, programmée du 6 août au 16 septembre, poursuivra la collaboration dans la collecte des données du plateau continental étendu de l’Arctique, collecte commencée au cours de l’examen commun de l’été dernier, avec des projets pour davantage de coopération en 2010. » [13]

Fin juin, lorsque le ministre Cannon a vanté les mérites du Canada en tant que superpuissance arctique, il a révélé par défaut quelle nation était ciblée par son pays et ses alliés de l’OTAN lorsqu’il a salué « les avantages des recherches conjointes avec les scientifiques américains dans les eaux proches de la frontière Yukon-Alaska et avec les scientifiques danois près du Groenland ». Sur l’épineuse question de savoir qui détient le passage du Nord-Ouest —voie navigable à travers l’Archipel Arctique que le Canada considère comme faisant partie de ses « eaux territoriales »—, Cannon a indiqué qu’il n’existe actuellement aucun plan pour tenter de dissuader les États-Unis de considérer cet itinéraire comme un « détroit internationalisé » [14]

La dernière phrase dissipe le sérieux des revendications d’Ottawa concernant sa souveraineté et ses droits territoriaux.

Le Canada est en train de budgétiser des centaines de millions de dollars pour construire un centre d’entraînement militaire arctique à Resolute Bay, pour de « nouveaux navires de guerre et une nouvelle infrastructure militaire dans le Nord (…) et sa propre unité consacrée à l’Arctique basée à Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest » [15]. Il faut y ajouter le programme de surveillance par satellite Polar EPSILON et les drones positionnés dans l’Arctique.

Mi-juillet le commandant de l’ US Air Force, le lieutenant général Dana Atkins a évoqué « l’importance d’avoir une forte présence militaire dans l’Arctique devant la continuation des vols côtiers de la Force Aérienne Russe ».

Expliquant quels sont les véritables objectifs des États-Unis et de l’OTAN dans la région, il a ajouté « l’Arctique deviendra de plus en plus important stratégiquement dans l’avenir, non seulement en raison de la valeur estimé à des trillions de dollars de pétrole et de gaz naturel inexploités sous sa surface, mais aussi en raison des occasions de croissance pour des expéditions maritimes dans la zone », ce qui pourrait permettre « à un navire de voyager de l’Asie à l’Europe pour diminuer de moitié ses frais en passant par cet itinéraire plutôt que via le canal de Panama ». [16]

Atkins a préconisé un port en eau profonde sur le versant nord (qui borde l’Arctique) qui était « nécessaire pour mieux défendre la région » [17].

Également à la mi-juin, le Pentagone a tenu ses manœuvres de guerre Northern Edge (bordure septentrionale) en Alaska, « situées entre la Russie et le Canada et à l’intérieur d’une bonne partie du Cercle Arctique », avec plus de 9 000 soldats, des navires et des avions de guerre.

« L’Air Force, la Navy, l’Armée de terre, le Corps des Marines et les Gardes côte ont participé avec des avions à une simulation de combat aérien, souvent en volant à vitesse supersonique, alors que celle est interdite presque partout ailleurs aux États-Unis.

« Les navires de guerre et les forces terrestres se sont aussi synchronisés avec l’aviation en créant une grande force combinée » [18].

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En considérant le passage navigable du Nord-Ouest comme un détroit internationalisé, les États-Unis remettent en cause les droits des États riverains sur leurs eaux territoriales glacées. Seule puissance visée : la Russie.

L’encerclement de la Russie

Tandis que les exercices militaires U.S. ont été menés en Alaska, la Russie a organisé des exercices à grande échelle de sous-marins nucléaires sous la calotte glacière arctique, exercices qui comprenaient « le déploiement de plusieurs sous-marins nucléaires d’attaque ... dans la zone de lancement pour assurer la sécurité de … deux sous-marins stratégiques » lanceurs d’engins et qui ont aidé ces derniers à éviter d’être détectés par les défenses US. [19]

« Une source de renseignement russe a précédemment dit que la région autour du Pôle Nord est l’endroit parfait pour des lancements de missiles balistiques parce qu’elle permet aux sous-marins d’arriver sans être détectés dans une zone désignée et de raccourcir le temps de vol des missiles jusqu’à leurs cibles. » [20]

La Russie est la seule nation dans le monde ayant une triade nucléaire —bombardiers stratégiques, missiles balistiques terrestres à longue portée et missiles balistiques lancés par sous-marins— capables de se défendre contre une première attaque nucléaire venant des États-Unis et leurs alliés.

Une description en ligne standard de la nécessité d’un tel système dit, « le but d’une capacité nucléaire à trois branches est de réduire considérablement la possibilité qu’un ennemi détruise l’ensemble des forces nucléaires d’un pays dans une frappe de première attaque ; ceci, à son tour, garantit la crédibilité d’une seconde frappe et augmente ainsi la dissuasion nucléaire de la nation.

Avec le développement d’un système international de missiles intercepteurs, pour ne rien dire de la militarisation de l’espace, les États-Unis, leurs alliés de l’OTAN et ce qu’on est amené à appeler l’ OTAN asiatique sont en train de déployer des missiles intercepteurs et des bases de radar en République tchèque, en Pologne, en Norvège, en Grande-Bretagne, en Alaska (y compris les îles Aléoutiennes), au Japon, en Australie et partout ailleurs où cela pourrait rendre inutiles la dissuasion nucléaire et les capacités de représailles russes —et chinoises—. Par conséquent, ils préparent le terrain pour une possible première frappe nucléaire qui serait lancée avec une impunité présumée.

Le Cercle arctique est l’endroit où la Russie est en train de concentrer sa dernière ligne de défense contre une telle menace. Si les États-Unis et l’OTAN, utilisant le Canada comme leur avant-garde, affrontent et expulsent la Russie de l’Arctique, la possibilité d’un chantage nucléaire et d’attaques non-provoquées augmente de façon exponentielle.

Le rôle assigné au Canada est de servir soit d’appât dans un piège, soit d’agent provocateur pour déclencher une confrontation avec la Russie. Dans ce cas, les États-Unis et l’OTAN, les premiers par les accords bilatéraux de la défense et la seconde par le biais de la clause d’assistance militaire mutuelle de l’article 5 du Traité de l’Atlantique-Nord, auraient à y répondre.

Le Canada, avec une population de 33 millions d’habitants, serait alors présenté comme une petite victime sans défense de « l’impérialisme russe » renaissant. À la manière de ce qui a été dit de l’Estonie et de la Géorgie, respectivement sur la Baltique et sur la mer Noire.

Le mois dernier, après être revenu de ses visites en Ukraine et en Géorgie, toutes deux bordant la Russie et toutes deux promues par les États-Unis à une l’adhésion complète à l’OTAN, le vice président Joseph Biden a donné une interview au Wall Street Journal. Parlant de la Russie, il a déclaré : « C’est une chose très difficile à traiter que la perte d’un empire ». Voilà qui laisse songeur de la part du commandant en second de la superpuissance phare du monde, qui dispose de centaines de bases militaires partout sur la planète avec des centaines de milliers d’hommes.

Il a continué en prévoyant ce qui pourrait avoir été repris mot pour mot du Grand Echiquier de Zbigniew Brzezinski [21] : La primauté américaine et ses impératifs géostratégiques, et son affirmation que la Russie, « une entité politique artificielle » était vouée à se désintégrer, voire à disparaître.

« Ils ont une base démographique qui rétrécit, ils ont une économie en déclin, ils ont un secteur et une structure bancaires qui ne semblent pas être en mesure de résister au cours des 15 prochaines années, ils sont dans une situation où le monde évolue avant eux et ils sont en train de s’accrocher à un passé qui ne peut durer. »

« Ce pays, la Russie, est dans une circonstance très différente de ce qu’il a connu au cours des 40 dernières années, ou plus. » [22]

Le soutien de Joe Biden pour les dirigeants des « révolutions colorées » d’Ukraine et de Géorgie —l’un, Mikhaïl Saakashvili, un ancien résident U.S et l’autre, Viktor Iouchtchenko, marié à une personne née à Chicago et ancien fonctionnaire de Reagan et de George H.W.Bush— s’intègre agréablement dans ce scénario. Il a demandé que les soldats de maintien de la paix russes soient retirés de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud et a décrété que la Russie n’aurait aucune « sphère d’influence » dans l’ancienne Union soviétique, ce qui veut dire dans sa sphère historique. Les quatorze autres anciennes Républiques Soviétique sont considérées par les USA et l’OTAN comme leur territoire privé.

« Alors que nous rétablissons les relations avec la Russie, nous réaffirmons notre engagement pour une Ukraine indépendante. Nous ne reconnaissons aucune sphère d’influence, ni aucune capacité de quelque État que ce soit à opposer son veto au choix fait par une nation indépendante » a déclaré Biden dans la capitale ukrainienne de Kiev. [23]

Les choix qu’il mentionnait incluent —en fait sont centrés sur— l’intégration et l’adhésion à l’OTAN. Pourtant les urnes montrent que 80 % des Ukrainiens y sont opposés.

Biden a été la première personnalité officielle états-unienne majeure à visiter la Géorgie après l’agression géorgienne d’août dernier contre l’Ossétie du Sud et le conflit armé de cinq jours entre la Géorgie et la Russie. Il a promis 1 milliard de dollars d’aide à la reconstruction et préparé le terrain pour l’Accord États-Unis-Géorgie de Partenariat Stratégique, qui a été anoncé en décembre dernier.

En réponse à cette visite, le ministère des Affaires étrangères d’Abkhazie a déclaré que : « En ce moment, les États-Unis utilisent Saakashvili comme un instrument pour menacer la sécurité du Caucase (…) Le gouvernement géorgien continue son processus de militarisation et est en train d’élaborer des plans pour une intrusion militaire revancharde dans des territoires qui ne lui appartiennent pas » [24].

L’Ossétie du Sud a signalé la reprise par la Géorgie du bombardement de sa capitale et d’autres parties de son territoire peu après le départ de Biden de Tbilissi. Le 3 août, le président ossète Edouard Kokoïty a annoncé que les troupes russes stationnées dans son pays commenceraient des manœuvres préventives. [25]

Le même jour, le ministère russe de la Défense a communiqué : « En cas de nouvelles provocations [de part de la Géorgie] menaçant la population de la république et le contingent militaire russe stationné en Ossétie du Sud, le ministère russe de la Défense se réserve le droit d’utiliser tous les moyens et ressources disponibles pour protéger les citoyens de la République d’Ossétie du Sud et les militaires russes. [26]

Le 4 août, la Russie a placé ses troupes d’Ossétie du Sud en alerte maximale, trois jours avant la date du premier anniversaire de l’agression géorgienne (7 août 2008).

Dans l’Azerbaïdjan voisin, qui borde la Russie et la mer Caspienne, il a été annoncé le 1er août que « les spécialistes des Forces navales des États-Unis effectueront des exercices à Bakou pour les Forces Spéciales de la Marine Azerbaïdjanaise » et effectueront« des exercices, [qui] auront lieu du 15 août au 5 septembre, conformément à un plan de coopération bilatérale convenu entre les deux pays » [27].

En déplaçant leur infrastructure militaire en Ukraine (avec ses 2 300 kilomètres de frontières avec la Russie), en Géorgie et en Azerbaïdjan, les USA et l’OTAN feraient manifestement progresser l’encerclement de la Russie déjà en cours dans la Mer de Barents, la Mer Baltique, la Mer Noire et la Mer Caspienne .

Dans la région balte, les avions de l’OTAN ont mené des patrouilles continues à quelques minutes de vol de la deuxième plus grande ville de Russie, Saint-Pétersbourg, depuis 2004. En outre, l’Alliance a ouvert un centre de guerre cybernétique en Estonie, l’an dernier.

Le mois dernier, le Parlement britannique a appelé à « de robustes plans d’urgence couvrant l’éventualité d’une attaque contre les États membres baltes et à la mise au point d’une réponse militaire planifiée de l’OTAN » [28].

L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, comme la Géorgie et le Canada, sont devenus des points de ralliement pour les grandes puissances occidentales. Ils ont placé l’essentiel de la puissance militaire de l’OTAN contre la Russie sur ses frontières ouest, sud et nord.

Alors que les parlementaires britanniques étaient en train de tracer des plans pour que l’OTAN invoque l’article 5 dans la région de la mer Baltique, leurs homologues japonais ont adopté une loi reconnaissant officiellement les quatre îles Kouriles du Pacifique Nord, cédées à la Russie après la Seconde Guerre mondiale, comme « territoire historique » japonais.

Un analyste russe a commenté cette mesure : « Les îles Kouriles sont l’étape stratégique des sous-marins nucléaires russes faisant route de leurs bases de l’intérieur vers l’océan Pacifique (…) Si la Russie donne certaines îles au Japon, cela créera immédiatement un précédent pour que le Japon demande Sakhaline et d’autres îles de la ceinture des Kouriles jusqu’au Kamchatka. » [29]

Une fois ses sous-marins nucléaires délogés des océans Pacifique et Arctique, la Russie serait un objectif encore plus tentant pour une première frappe conventionnelle ou nucléaire.

Le rôle du Canada est de mener la confrontation avec la Russie dans l’Arctique. S’il réussit, intentionnellement ou par accident, à provoquer un incident au-dessus des eaux arctiques, avec ses F-18 fournis par les USA, et si cette rencontre dégénère en une crise plus grave, les États-Unis et l’OTAN sont prêts à le soutenir.


[1] « Canada will defend Arctic border », Canwest News Service, 1 août 2009

[2] bid.

[3] « Canada watching Russian Arctic moves closely », Associated Press, 1er août 2009

[4] Ibid.

[5] Canadian Broadcasting Corporation, 27 février 2009

[6] Canwest News Service, 28 juin 2009

[7] « Danish northern military plans raise fears of Arctic conflict », Canadian Press, 26 juillet 2009.

[8] Ibid.

[9] NATO International, 29 janvier 2009.

[10] National Security Presidential Directive 66, 12 janvier 2009.

[11] Canadian Press, August 1, 2009

[12] National Defence and the Canadian Forces, 10 juillet 2009

[13] Ria Novosti, 23 juillet, 2009

[14] Canwest News Service, 28 juin 2009

[15] Canadian Press, 26 juillet 2009

[16] Fairbanks Daily News-Miner, 15 juillet 2009.

[17] Ibid.

[18] The Evening Times, 17 juillet 2009.

[19] Ria Novosti, 15 juillet 2009.

[20] Ibid.

[21] « La stratégie anti-russe de Zbigniew Brzezinski », par Arthur Lepic, Réseau Voltaire, 22 octobre 2004.

[22] « Biden Says Weakened Russia Will Bend to U.S. », interview par Peter Spiegel, The Wall Street Journal, 25 juillet 2009.

[23] Azeri Press Agency, 23 juillet 2009

[24] The Messenger (Georgie), 29 juillet 2009

[25] Interfax, 3 août 2009

[26] Ibid.

[27] Azeri Press Agency, 1er août 2009.

[28] Reuters, 10 juillet 2009. Télécharger le rapport intégral : « Russia : a new confrontation ? », House of Commons, 10 juillet 2009.

[29] Russia Today, 9 juillet 2009.

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  Citer Crépuscule Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Aug 2009 à 11:32
Les choses à dire : -Une guerre nucléaire... Ont est tous foutu.
                    -Il faut se mettre en tête qu'un plan de guerre ne fonctionne jamais comme on le veux.
                    -Pour la visualisation de la vidéo; n'oublions pas que c'est un Américain qui à parler et chez eux il suffit de tendre un billet pour faire dire aux gens n'importe quoi; c'est pas que je suis raciste mais rappelons-nous tout de même que plus capitaliste qu'un Américains y a pas, donc la corruption est pour eux non un péché mais tout un art (je l'avoue c'est un préjugé)
                   -Si cela s'avère vrai sachons alors que nous entrerons surement en guerre avec ce prostitué de Sarko qui donnerais ses fesses au U.S.A pour 1,55€.
                   -Voilà ce que je pense de la victoire des Occidentaux sur la Russie et la Chine : PTDRRRRRRRRRR.

Crépuscule.
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Aug 2009 à 17:10

L’humanitaire au service du capital

 

Mohamed BELAALI

« Nous avons les meilleures relations avec les ONG, qui sont un tel multiplicateur de forces pour nous, une part si importante de notre équipe de combat. (...) Car [nous] sommes tous engagés vers le même but singulier, aider l’humanité, aider chaque homme et chaque femme dans le monde qui est dans le besoin, qui a faim (...), donner à tous la possibilité de rêver à un avenir qui sera plus radieux » disait Collin Powell (1). « Les Etats démocratiques doivent se mobiliser et exiger ce qui n’est au fond que le début de la démocratie, que des personnels humanitaires d’autres pays puissent porter secours à des populations innocentes » renchérit Nicolas Sarkozy à l’occasion du 90ème anniversaire de la Croix Rouge (2). « Ensemble pour l’humanité : 90 ans et au-delà » lui répond Juan Manuel Suárez del Toro son président. Bernard Kouchner, lui, parle de « l’idéologie occidentale des droits de l’homme » et du « droit d’ingérence humanitaire ». Mais ce droit n’est, en fait, que le droit du plus fort c’est-à-dire du non droit.

L’humanitaire, quelques soient sa forme et ses acteurs, sert de prétexte et de couverture à des visées hégémoniques et impérialistes. Il est strictement au service du capital et des classes dominantes.

Hier on envoyait les missionnaires pour civiliser les « sauvages » en leur apportant lumière et civilisation, aujourd’hui on « s’ingère humainement » pour leur offrir démocratie et liberté. L’humanitaire a remplacé le missionnaire.

Un homme comme Bernard Kouchner, principal promoteur du « droit d’ingérence humanitaire », symbolise très bien l’hypocrisie, le cynisme et la violence de cette vision « humanitaire » du monde utilisée par les pays riches. Il est l’incarnation vivante de ce que représente ce droit. Payé par Total, il rédige un rapport niant, si l’on peut dire, totalement le travail forcé et les traitements inhumains infligés par le groupe pétrolier aux ouvriers birmans. Kouchner l’humanitaire, était également un farouche partisan de la guerre contre l’Irak (3) dont le nombre de victimes dépasse le million de morts. Kouchner, après Bush et Sarkozy, préparait aussi le monde au « pire » c’est-à-dire à « la guerre » contre, cette fois, l’Iran (4). Son amour pour l’humanitaire n’a d’égal que son admiration pour la guerre !

L’humanitaire et la guerre sont deux moyens contradictoires mais complémentaires avec un seul objectif :servir les intérêts des classes dominantes. Il est difficile de distinguer clairement l’humanitaire du militaire tellement les deux instruments sont imbriqués l’un dans l’autre. On fait la guerre au nom de l’humanitaire et on invoque l’humanitaire pour justifier la guerre. Mais l’humanitaire reste souvent subordonné au militaire comme le rappelle Stéphane Sisco membre du Conseil d’administration de Médecins du Monde, « La coopération s’opère à tous les niveaux sous la conduite du Pentagone, seul capable d’assurer le rôle de leader. Comme nous le voyons en Irak les forces armées fixent l’ordre des priorités et maîtrisent le déroulement de la mission, du pré-déploiement à la sortie de crise (exit strategy). Le contrôle est laissé au militaire, subordonnant l’acteur civil et humanitaire » (5). Idem en Afghanistan : « La militarisation de l’aide, les ERP [Equipes de reconstruction provinciales dirigées par l’Organisation du Traité de l’Atlantique nord, OTAN], le trop grand nombre de services de sécurité et la confusion croissante des rôles ont contribué à réduire l’espace humanitaire et à véhiculer de fausses images sur le travail des ONG », confiait à l’IRIN (un département d’informations humanitaires des Nations Unies) Ashley Jackson, chercheur pour Oxfam à Kaboul (6). Les mêmes raisons engendrent les mêmes comportements au-delà des convictions des militants. C’est au nom du droit d’ingérence humanitaire que les pays occidentaux (États-Unis,Union Européenne notamment) souvent avec l’aide de l’OTAN, leur bras armé, que le Kurdistan irakien fut envahi en 1991, l’opération « Restore hope » menée en Somalie en 1992, ou l’envoi d’une force d’intervention de l’OTAN au Kosovo en 1999 etc. Quant à l’opération « Turquoise » menée par la France au Rwanda en 1994, toujours au nom de l’humanitaire, après le génocide des Tutsi auquel elle a largement contribué, voilà ce qu’en pensent les prêtres catholiques rescapés de cette tragédie humaine : « Les responsables du génocide sont les soldats et les partis politiques du MRND et de la CDR, à tous les échelons, mais plus particulièrement aux échelons supérieurs, appuyés par la France qui a entraîné leurs milices. C’est pourquoi nous considérons que l’intervention soi-disant humanitaire de la France est une entreprise cynique » (7).

Ainsi le droit d’ingérence, sous des prétextes humanitaires, permet et facilite l’ingérence impérialiste. Le droit d’ingérence est le droit du plus fort. Seuls les États les plus puissants peuvent intervenir et envahir militairement les pays pauvres sous la bannière humanitaire pour mieux piller leurs richesses. C’est pourquoi les pays du sud ont rejeté ce « droit d’intervention humanitaire » à la Havane en 2000 lors du sommet du G77 (qui représente tout de même environ les 4/5 de l’humanité).

Les pays capitalistes ne font appel au droit d’ingérence humanitaire que pour mieux servir leurs propres intérêts. Dans le cas contraire, ils invoquent le droit de non ingérence dans les affaires intérieures des États souverains. Cette vision sélective de l’humanitaire conduit ces États à intervenir massivement par exemple au Kosovo et à rester passif face aux massacres perpétrés par l’armée israélienne à Gaza. C’est de l’humanitaire à géographie variable !

Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) et autres associations liées à l’humanitaire, quelque soit par ailleurs la sincérité de leurs militants, ne peuvent que se mouvoir dans les limites de ce cadre général tracées par les intérêts économiques des classes dominantes. La plupart des ONG humanitaires dépendent financièrement de leurs propres États, des instances européennes comme le service d’aide humanitaire de la Commission Européenne (DG-ECHO) ou des institutions internationales. Ainsi par exemple Save the Children USA, International Rescue Committee et World Vision ont reçu un financement de 2 millions de dollars de USAID, l’agence américaine pour la coopération et l’aide humanitaire, pour « soulager » la population irakienne (8). C’est le cas également des ONG humanitaires scandinaves, belges et hollandaises où la part du financement public reste prédominante (9). Et même lorsque ces ONG et associations sont financées essentiellement par des fonds privés comme c’est le cas de Médecins sans frontières(MSF), Médecins du monde(MDM), La Fédération internationale de la Croix-Rouge, Action contre la Faim etc (10), l’influence de l’État reste déterminante ne serait-ce qu’à travers les très généreuses exonérations d’impôts liées aux dons.

La collecte de dons justement (fundraising comme elles disent) devient, de plus plus, l’une des priorités pour ne pas dire la priorité des grandes associations humanitaires. Pour atteindre cet objectif vital pour elles, les ONG humanitaires recourent aux mêmes techniques de gestion que les entreprises privées. Pour séduire le généreux donateur, toute une panoplie de techniques est utilisée : marketing (humanitaire ?), publicité commerciale, recours aux agences spécialisées dans les techniques de communication, alliance avec les fondations comme celle du milliardaire bill Gates par exemple et surtout avec les multinationales (on dit partenariat cela fait plus moderne) qui à leur tour instrumentalisent ces associations pour améliorer leur image de marque etc. (11). Mais au-delà de ces techniques, ce qui est frappant c’est cette marchandisation croissante et sans scrupules des principes même de l’humanitaire. Celui-ci, là encore, se révèle un outil intéressant au service de l’entreprise et, partant, du capital.

Les entreprises se servent volontiers également de la loi du 4 février 1995 sur le congé de solidarité internationale qui leur permet d’envoyer leurs salariés en mission humanitaire à l’étranger. Le Crédit Agricole, le Club Méditerranée, Price Waterhouse Coopers, IBM, L’Oréal, SFR, Areva etc. (12) ont bien compris l’intérêt de cette opération de relations publiques qui leur permet, à peu de frais, de redorer leur blason bien terni par des scandales sociaux, écologiques et éthiques liés à leur recherche effrénée du profit.

L’humanitaire et les grands médias notamment la télévision entretiennent des relations intimes, voire incestueuses. La misère du monde est régulièrement projetée sur la scène médiatique non pas pour expliquer aux citoyens ses véritables causes et dénoncer ses responsables, pourtant connus, mais pour augmenter l’audimat en exploitant les bons sentiments altruistes du téléspectateur. La souffrance humaine se transforme en spectacle. Artistes, sportifs de haut niveau, hommes et femmes politiques etc. sont ainsi utilisés dans ce show médiatique. Le malheur des autres, l’émotion, la détresse humaine attirent le public et, par conséquent, augmentent les recettes publicitaires des chaînes télévisuelles.

Les acteurs de l’humanitaire, eux, avec leur rationalité capitaliste de gestion, tentent de « vendre » les souffrances des victimes, à travers les médias, aux précieux donateurs qui sont en quelque sorte leurs « clients ».

L’humanitaire ne fait que soulager, dans le meilleur des cas, très momentanément la détresse humaine. Il ne s’attaque pour ainsi dire jamais aux racines des malheurs des hommes c’est-à-dire au capitalisme et son fonctionnement. Dans ce sens, il est non seulement au service de l’ordre établi, mais il le perpétue. L’humanitaire dans un système inhumain, est donc une illusion pour ne pas dire une absurdité.

Mohamed Belaali

(1) Conférence à Washington, 26 octobre 200, cité par Rony Brauman « Mission civilisatrice, ingérence humanitaire » in Le Monde diplomatique de septembre 2005 :

(2) [http://www.francesoir.fr/politique/2009/05/04/nicolas-sarkozy-defend-l-ingerence-humanitaire.html]

(3) http://www.rue89.com/2007/08/22/kou...

(4) voir l’AFP du 16 septembre 2007.

(5) http://www.infosentinel.com/info/ar...

(6) http://www.irinnews.org/fr/ReportFr...

(7) African Rights, Death, Despair, 1142. http://www.voltairenet.org/article8056.html

(8) http://www.grip.org/bdg/g2050.html

(9) « Les organisations non gouvernementales (ONG) : un acteur incontournable de l’aide humanitaire », Philippe Ryfman

(10) Voir les sites officiel de ces ONG/Associations notamment leurs rapports financiers.

(11) Pour plus de développements sur cet aspect du sujet, voir le travail de Zsuzsa Ferenczy « Les ONG humanitaires, leur financement et les médias ». Institut Européen des Hautes études Internationales. Comme exemple de ce marketing « humanitaire », voir l’affiche d’Action contre la Faim http://www.culture-buzz.fr/blog/Str...

(12) Pour plus de détails, voir le site de Planète Urgence http://www.planete-urgence.org

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Aug 2009 à 15:33

Guerre et torture rapportent aux USA

Washington. La privatisation des tâches les plus sordides de l’armée à la société Blackwater n’a pas cessé alors que de nouvelles révélations surgissent sur ses méthodes d’interrogation.
 


En avant-première, Newsweek publie cette semaine des extraits d’un long document officiel relatant comment la CIA confiait une partie du « sale boulot » de la guerre en Irak et en Afghanistan à une armée de mercenaires. Ils se chargeaient de la torture des détenus, simulant des exécutions, appliquant des électrodes, utilisant ce manuel mode d’emploi à destination des bourreaux dont la révélation avait déjà provoqué un débat sur les méthodes employées au temps de George Bush. Sauf que cette fois, il apparaît, selon d’autres sources, que la sous-traitance d’opérations de « sécurité » se poursuit .

La semaine dernière, le directeur de la CIA, Léon Panetta, avait informé le Congrès que la société Blackwater avait été chargée par la Centrale, en 2004, de mettre en œuvre un programme secret d’exécutions de dirigeants d’Al Qaida. Les assassins ayant raté leurs cibles le programme fut annulé, mais il reste que jamais le Congrès, sauf quelques « privilégiés », n’avait été informé, alors que cette décision devait avoir son approbation.

Le rapport de Leon Panetta a déclenché une série de révélations sur les activités de cette armée privée prête à fournir assassins, bourreaux ou agents de sécurité. Deux anciens mercenaires ont confié à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel que leur compagnie avait été chargée de transférer des détenus de Guantanamo dans les prisons secrètes de la CIA au Pakistan, en Afghanistan et en Ouzbekistan. Des opérations qui se déroulaient alors que l’actuel ministre de la Défense, Robert Gates, était à la tête de la CIA. Leon Panetta n’a-t-il ouvert qu’une partie de la boîte à Pandore ?

Au lendemain de l’invasion de l’Irak, c’est à Blackwater que fut confiée la garde de la plus grande ambassade américaine du monde, celle de la zone verte à Bagdad et la sécurité des oléoducs irakiens. Blackwater est actuellement poursuivie aux États-Unis pour l’implication de ses mercenaires dans une intervention qui a fait 17morts en plein centre de la capitale irakienne. Elle est également accusée par les Irakiens de viols, de vols, de destructions…

Repliée en grande partie en Afghanistan, elle a été chargée récemment d’y remplacer, écrit le New York Times, les spécialistes de la CIA qui chargeaient les bombes et dirigeaient les avions robots en opération au Pakistan depuis des bases secrètes établies dans les deux pays. Jusqu’ici leur guidage, et les bombardements, était opérés sur des écrans d’ordinateurs depuis une base de la CIA située près de Los Angeles à partir des caméras de bords, par des opérateurs photographiés par Times magazine.

Blackwater a participé au conflit en Bosnie (début des années quatre-vingt-dix), à la « révolution des roses » en Géorgie (2003). La compagnie s’est installée dans la foulée du déploiement américain en Asie centrale, en Azerbaïdjan, au Kazakhstan, où elle veille sur l’oléoduc qui va de Bakou à Ceyhan, en Turquie.

Le PDG de cette prospère société, Erik Prince, un fondamentaliste chrétien, emploie des anciens des commandos de l’Apartheid, de l’armée de Pinochet, des ex-contras du Nicaragua, des escadrons de la mort du Honduras ou de Colombie, des anciens détenus…Tous sous la direction de cadres venus de la CIA qui font l’aller retour entre public et privé, plus rémunérateur. Le coût des opérations traités par Blackwater est bien plus élevé que celles de la CIA. Son compte a été ouvert sur le budget du Département d’État et partiellement du ministère de la Défense.

Blackwater domine un marché où les concurrents sont Triple Canopy et Dyn Corp. Les mercenaires représenteraient 27% des quelque 100000employés du renseignement, formant « l’armée privée la plus puissante du monde », selon le titre du livre que lui a consacré le journaliste américain Jérémy Scahill (Acte Sud).

Au temps de George W. Bush, le prix Nobel Joseph Stiglitz avait estimé dans son livre, Une guerre à 3000milliards de dollars (Fayard, 2008), à plus d’un milliard par an le coût de cette sous-traitance pour les contribuables. De quoi enrichir le débat sur les crédits qui devraient être affectés à une « option publique », une sorte de sécurité sociale, pour le système de santé qui fait scandale dans les rangs conservateurs et chez certains élus démocrates, au nom de la liberté d’entreprise des assurances privées et de l’industrie pharmaceutique de rançonner les malades.

Jacques Coubard

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Sep 2009 à 23:10
Blackwater, superarmée privée : 23 000 hommes dans 10 pays
 
Le titre d'un article signé de Jeremy Scahill, paru dans l'hebdo The Nation le 4 août, fournit peut-être l'épilogue d'une longue histoire assez nauséabonde : « Le fondateur de Blackwater impliqué dans un meurtre ». Même si dans le corps de l'article on en reste au conditionnel prudent, son livre dédié à la société permet de ne pas être étonné.

Jeremy Scahill connaît bien cet univers : en octobre 2008 paraissait en France son livre « Blackwater : l'ascension de l'armée privée la plus puissante du monde » (Actes Sud Collection). Dans cet ouvrage, le journaliste développe la « biographie » de cette société militaire privée (SMP) et celle de son dirigeant, Erik Prince.

Prince, l'héritier d'une famille d'industriels du Michigan, se décrit volontiers comme un croisé, un chrétien fondamentaliste chargé d'éliminer la foi musulmane.

Il participe financièrement à des associations comme Catholic Answers, organisation fondamentaliste basée à San Diego, ou Prison Fellowship, dont le but est de réformer les prisons américaines par la foi.

Il est proche de Garry Bauer, l'un des membres du « Projet pour un nouveau siècle américain » (PNAC), ainsi que de Rumsfeld ou Cheney.

« Le marécage lugubre »

En 1992, Erik Prince s'engage dans les « Sea, Air and Land » (SEAL), forces spéciales de la Navy. Le décès de son père le ramène aux affaires en 1996. Il en profite pour revendre les industries familiales et s'achète un vaste terrain en Caroline du Nord -« the great dismal swamp » (le grand marécage lugubre)- d'où naîtra le nom de sa société Blackwater (eau sombre).

Après des débuts discrets faits de concours de tirs ou de formation pour certains corps de police, c'est le 11-Septembre qui va donner le vrai départ de la société.

Plusieurs départements de sécurité ou de renseignements (et ils sont nombreux ! ) le contactent. Avec A.B. Krongard, directeur exécutif de la CIA, il signe le contrat chargeant Blackwater de la protection du premier « proconsul » d'Irak : Paul Bremer (le même Bremer qui publiera le 28 juin 2004 le fameux Ordre 17, accordant l'immunité totale aux compagnies de sécurité engagées en Irak…).

La société militaire privée à découvert

Tout est encore d'une grande discrétion. Il faudra attendre le 30 mars 2004 à Falloujah pour que le grand public découvre la présence massive de sociétés militaires privées (SMP) en Irak. Quatre hommes de Blackwater sont tués et chacun se souvient de la photo des deux cadavres suspendus aux poutrelles d'un pont.

Et puis, le 4 avril à Najaf, une tuerie contre les partisans de Moqtada al-Sadr fait de vingt à trente morts et plus de deux cents blessés. Parmi les forces responsables, huit « contractors » de Blackwater. Le même jour les Marines lancent l'opération Vigilant Resolve à Falloujah

Prince, pour défendre la cause de sa société un peu malmenée par les questions de plus en plus nombreuses, fait appel à quelques lobbyistes. Les activités doivent se diversifier et c'est ainsi que Blackwater se retrouve dans le Caucase, un peu en Georgie, un peu en Azerbaïdjan et au Kazakhstan… Le but : mettre sur pied des unités spéciales capables de protéger l'oléoduc BTC.

Un recrutement d'anciens militaires chiliens et gardes privés honduriens

Comme tout cela demande du monde, il faut recruter ! Par exemple pourquoi pas en Amérique Latine ? Des anciens militaires du Chili de Pinochet, ou bien en Colombie où la « lutte contre la drogue » bat son plein et où les Etats-Unis aident à la formation…

Ou encore au Honduras où des « gardes privés » sont formés par « Your Solution Inc. » qui s'avère être une filiale de « Triple Canopy ». Une belle base le Honduras !

Dans les années 80, le site de Lepaterique, à 60 kilomètres de la capitale hondurienne, servait au Batallion 316, unité chargée de la répression et entraînée par des militaires argentins et du personnel de la CIA, également chargés d'organiser les réseaux de soutien logistique aux « contras » (révolutionnaires) nicaraguayens en guerre contre le parti des sandinistes au pouvoir…

Les contras appelaient « chef », un certain Negroponte, ambassadeur des Etats-Unis au Honduras de 1981 à 1985. C'est lui qui succèdera à Bremer en Irak…

Le volet intérieur de Blackwater

Le livre de Scahill aborde également le volet « intérieur » de Blackwater qui fut conviée à la protection des biens des habitants de La Nouvelle-Orléans après le passage de Katrina. « Lutte anti-drogue » et contrôle de la frontière mexicaine sont aussi de ses attributions.

A la fin de l'année 2006, Prince peut compter sur 23 000 hommes répartis dans une dizaine de pays et sur une réserve à peu près équivalente. La société s'est dotée d'avions, d'hélicoptères, de navires, et se permet même d'utiliser des véhicules blindés ou des drones.

Comme pour toute société bien gérée, la diversité est vitale : sa petite filiale de renseignement « Total Intelligence Solutions » est dirigée par des anciens de la CIA qui trouvent du soutien auprès de leurs anciennes relations.

Le développement des sociétés militaires privées a été encouragé

Aussi bien documenté et précis soit-il, Scahill ne peut avoir tout appréhendé. Le foisonnement de faits, l'idée que tout ceci n'est qu'une partie visible, laissent penser que bien des événements nous sont dissimulés, non pas volontairement mais par la complexité et les ramifications que tout cela suppose.

Privatiser la guerre représente un coût financier certain. Mais le coût moral est bien supérieur. Il serait vain de penser que Blackwater est le seul problème en Irak ou ailleurs. D'autres sociétés -Triple Canopy par exemple, qui a embauché d'anciens Blackwater « interdits » en Irak- possède aussi son passif.

Les responsabilités sont aussi à rechercher du côté des administrations successives -celle d'Obama incluse- qui ont encouragé le développement de ce genre de fruit empoisonné.

Hillary Clinton à déclaré en février son désir « de réduire autant que possible » la dépendance du gouvernement américain envers ces sociétés. « Mais nous en passer complètement ne serait guère envisageable dans les circonstances actuelles ».

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  Citer Vladimir Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Sep 2009 à 23:34
Blackwater s'appelle vraisemblablement Xe depuis le 13 février 2009. 

Edité par T 34 - 06 Sep 2009 à 01:20
Ce n'est pas bien de lire le profil des autres ! Pas bien du tout !! C'est mieux de créer un autre forum dissident comme un hypocrite.
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Sep 2009 à 13:19

Les sociétés militaires privées : La mort par procuration

 

Chems Eddine CHITOUR
 
balckwater "teaser" (clip pub) sur http://observers.france24.com
 
« En temps de paix, le mercenaire dérobe ; en temps de guerre, il déserte. »
Nicolas Machiavel

Environ 90 personnes ont été tuées le 1er septembre dans un bombardement de l’OTAN en Afghanistan. L’ONU avait auparavant demandé l’ouverture d’une enquête « approfondie ». D’une façon tout à fait hypocrite l’UE fait part de son incompréhension.

Bernard Kouchner a fait valoir que les Européens devraient revoir à la hausse leurs contributions financières. « Les taliban offrent 50 dollars par famille, ce qui permet de vivre un mois entier, alors que nous payons seulement la moitié. Bien sûr que nous devons payer plus ».(1) Pour Bernard Kouchner, le sort de l’Afghanistan est une mercuriale au plus offrant, il dénie du même coup tout patriotisme aux Afghans qu’il traite indirectement de mercenaires au plus offrant même s’ils ont une façon de gouverner discutable ; il sont chez eux. Apparemment, la démocratie aéroportée est infligée au peuple afghan pris en tenaille entre les taliban et les Occidentaux. Il faut le rappeler que près de 800 personnes dont deux tiers sont des civils, notamment des enfants, sont mortes en 2008. Le vrai mercenariat est du côté de la coalition qui fait la guerre aux peuples irakien et afghan en faisant appel à des mercenaires. Il est né dans le sillage de la « guerre de l’information » et de la doctrine du « zéro mort » suite aux guerres perdues du Vietnam et du Cambodge, expérimenté notamment au Kosovo dans les années 1990 par les forces de l’OTAN. Les Etats-Unis sont aujourd’hui déployés dans plus de 50 pays. Les raisons du recours à des sociétés militaires privées sont multiples : politiques : contourner le Parlement américain et éviter la critique populaire. Contourner le contrôle administratif : ne pas irriter l’opinion publique. Les morts BW ne sont pas décomptés comme des soldats.

Qu’est-ce qu’un mercenaire ?

Un mercenaire, du mot latin merces qui signifie salaire, est un combattant étranger aux parties en conflit, « spécialement recruté dans le pays ou à l’étranger » et qui « prend une part directe aux hostilités ». Ce combattant doit également avoir un « avantage personnel » à participer à ce conflit, qui prend souvent la forme d’une rémunération « nettement supérieure à celle » de ses homologues de l’armée régulière. On peut citer la Légion étrangère française ou les Gurkhas anglais. Si, après un procès régulier, le soldat capturé est jugé coupable d’être un mercenaire, il peut s’attendre à être traité comme un simple criminel et peut aussi faire face à la peine de mort. Au cours de la Première guerre punique, les Carthaginois firent amplement appel à des mercenaires. Les républiques italiennes de la Renaissance firent souvent appel à des mercenaires, nommés condottieres, pour leur défense. (1) Les Britanniques ont utilisé des mercenaires suisses et allemands plus particulièrement dans leurs colonies d’Amérique. Depuis 1859, la Garde suisse pontificale est la seule force mercenaire autorisée par le droit suisse. Elle a pour mission de protéger le pape au Vatican. A partir des années 1960, des mercenaires sont présents dans plusieurs conflits en Afrique, comme au Katanga en République démocratique du Congo (RDC) (Bob Denard spécialiste français des coups d’Etat dans les républiques bananières) ainsi qu’au Yémen. A partir des années 2000, parallèlement à la disparition progressive du mercenariat traditionnel, se sont développées les sociétés militaires privées (SMP) anglo-saxonnes, parfois en renfort d’une milice. Afghanistan (DynCorp) et surtout en Irak (Military Professionnal Ressources Inc, Blackwater, Erinys, Aegis) depuis 2003.Ils fournissent différents services comme la protection d’installations, l’entraînement des troupes, la maintenance du matériel militaire et participent même, dans certains cas, aux combats armés. (2)

La contribution suivante nous permet de comprendre le mécanisme de recrutement.

« Londres, septembre 2004. Les locaux d’une société de sécurité, dirigée par un ancien officier d’infanterie français, sont le théâtre d’auditions un peu particulières. (...) La société de sécurité, qui recrute au nom de commanditaires souvent américains ou britanniques, leur propose une mission de 45 jours, rémunérée 7000 livres (10.200 euros), afin de protéger des sites sensibles en Irak. (...) Selon la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) [française Ndlt], qui a rédigé plusieurs rapports sur le sujet à la mi-novembre, « 37 ressortissants français seraient actuellement employés par sept sociétés de sécurité privée en Irak ». (...) En octobre 2005, c’est la société américaine Executive Security and Aviation Solutions (Esas) qui lançait une campagne de recrutement en France, afin de dénicher une cinquantaine de gardes de sécurité. (..) Il suffisait, pour s’inscrire, d’envoyer par e-mail son CV à l’adresse électronique de Glenn F. (...) Les mercenaires français travaillent donc pour une demi-douzaine de sociétés, essentiellement anglo-saxonnes. (...) Depuis le début des activités des sociétés de sécurité privées (SSP) en Irak, la DGSE a recensé quatre morts de nationalité française. Selon une estimation réalisée par les services secrets en juin 2005, les pertes des sociétés de sécurité, toutes nationalités confondues, atteindraient le chiffre de 238 personnes, pour un effectif global de 50.000 hommes, employés par quelque 400 sociétés. (...) » (3)

« La seule société française à évoluer sur le marché irakien s’appelle Allied International Consultants and Services (Aics). (...) « On ne peut pas concurrencer les boîtes anglo-saxonnes, remarque Jean-Philippe L., on ne ramasse que les miettes. Jamais une société américaine ne fera appel à nous (....) Autre SSP en pointe, Aegis, qui compte d’anciens militaires et diplomates de haut rang dans son conseil de surveillance, a "gagné", elle, un contrat de 293 millions de dollars lancé par le Pentagone ».(3)

En Irak, plus de 180.000 salariés de sociétés privées assurent de nombreuses missions qui, dans d’autres conflits, auraient été confiées à des soldats. Cette véritable armée parallèle agit en toute impunité. Les armées occidentales n’arrivent plus à mobiliser assez d’hommes pour maintenir la paix ou mener des guerres (exemple : le conflit irakien). La guerre en Irak nécessite selon les experts 400.000 hommes sur le terrain. La coalition n’a réussi à réunir que 160.000 soldats (dont 130.000 américains) Les militaires manquants ont été remplacés par des contractants privés : 180.000 civils travaillent en Irak pour les armées occidentales. La CIA avait secrètement sous-traité à Blackwater la traque et la capture du chef d’Al Qaîda. Bien que le ministère des Affaires étrangères ait publiquement rompu avec Blackwater, cette société de sécurité privée bénéficie toujours de 400 millions de dollars de contrats avec le gouvernement américain. (...) Ces contrats illustrent la dépendance des autorités américaines à l’égard d’entreprises privées comme Blackwater. Derniers exemples en date, des projets d’assassinat contre des chefs d’Al Qaîda qui lui auraient été confiés par la CIA ont récemment été révélés, soulevant de vives réactions au Congrès le 21 août.(4)

Blackwater est une multinationale rentable...1 milliard de dollars de contrats avec l’Etat américain. En 2006, le nombre de soldats de Blackwater déployés dans le monde était estimé à 23.000. Le chiffre d’affaires de Blackwater a augmenté de 80.000% entre 2001 et 2006.Premier contrat majeur : la protection de Paul Bremer en Irak (20 hommes de BW sont employés à 600 dollars par jour pour protéger le représentant US). On la trouve sous contrat en Irak, Afghanistan, Azerbaïdjan, Afrique orientale, Moyen-Orient, USA, 90% des revenus de Blackwater. Entre 2000 et 2007 Blackwater se vante que toutes les personnes ayant été sous sa protection n’ont jamais eu aucun problème. Entre 2005 et octobre 2007 on a dénombré plus de 195 incidents impliquant Blackwater. Dans 80% des cas les hommes de Blackwater ont tiré les premiers.

« Que s’était-il passé lors de cette bavure de Blackwater ? s’interroge le New York Times. Une fusillade au coeur de Baghdad impliquant la société de sécurité privée Blackwater, le 16 septembre, a soulevé la question de la responsabilité des mercenaires en Irak. Le New York Times, pour sa part, se base sur de récents témoignages pour revoir à la hausse les conditions et le bilan de cet incident meurtrier (...). D’après le quotidien américain, dix-sept personnes ont été tuées et vingt-quatre blessées lorsque les gardes privés ont "traité" ce qu’ils pensaient être une attaque-suicide. Le véhicule visé transportait en fait un jeune médecin et sa mère en route vers l’hôpital, qui allaient chercher le père de famille. Lorsqu’un garde a ouvert le feu dans leur direction, le médecin a été atteint mortellement à la tête, perdant ainsi le contrôle du véhicule, qui a continué de progresser vers le convoi de Blackwater. Les mercenaires ont réagi immédiatement en tirant des dizaines de balles qui ont tué la mère ainsi que de nombreux Irakiens qui tentaient de fuir. » (5)

L’impunité des mercenaires

Jusqu’à ce jour, aucun homme de Blackwater n’a été inculpé car en juin 2004, Paul Bremer, peu avant son départ d’Irak, signe un décret qui empêche la justice irakienne de juger des contractants privés de l’armée américaine Cette situation leur accorde de fait une immunité quasi-totale. Quand les Etats-Unis ont envahi le pays en 2003 sans l’accord de l’ONU, la question juridique de l’occupation a été immédiatement posée, mais, dès la fin des combats, les principales puissances ont avalisé cette invasion par la résolution 1483 de mai 2003. Le 27 octobre 2008, le « Parlement » irakien a approuvé « l’accord de sécurité » entre Baghdad et Washington. L’occupation fut légalisée jusqu’au 31 décembre 2008. Ce texte prévoit un retrait des forces combattantes américaines d’ici 2011. (...) Au mieux, « l’accord de sécurité » fait revenir l’Irak aux années 1930 quand les Britanniques dirigeaient en sous-main le pays. Au pire, la Mésopotamie restera cette zone grise où soldats et mercenaires occidentaux agissent impunément au nom des multinationales...De plus, l’accord garantit une impunité totale aux Occidentaux armés qui ont agi en Irak depuis 2003 (article 12), or, mercenaires et soldats sont déjà soupçonnés ou coupables de multiples exactions rarement poursuivies aux Etats-Unis comme ailleurs...Les mercenaires sont donc assurés qu’ils n’encourent rien.

Par la suite, les gouvernements américain et irakien ont cherché à résoudre le problème de la responsabilité des gardes privés en Irak. « Selon le New York Times, un projet de loi qui annule l’immunité dont bénéficient les sociétés de protection privées en Irak a reçu l’accord du gouvernement irakien mardi 30 octobre, et doit maintenant être approuvé par le Parlement. (...) Le journal new-yorkais établit un parallèle entre le projet de loi irakien et l’annonce, lundi 29 octobre dans la presse, de l’échec possible des poursuites aux Etats-Unis contre les gardes responsables de la fusillade du 16 septembre : « La décision du gouvernement irakien fait suite à des rapports indiquant que, pendant son enquête, le département d’Etat a promis aux gardes de Blackwater l’immunité contre d’éventuelles poursuites. Le 30 octobre, ce dernier a confirmé que des employés de Blackwater impliqués dans la fusillade s’étaient vu offrir une certaine forme d’immunité en échange de leurs dépositions. » (6)

Mais, bien que Baghdad ait interdit à Blackwater d’opérer sur le territoire irakien après la fusillade de 2007, dans l’espoir de faire oublier son passé, Blackwater a d’ailleurs changé son nom, en février 2009, pour « Xe Services LLC ». Xe assure toujours le transport aérien des diplomates américains qui y sont envoyés. Son contrat de deux ans, d’un montant de 217 millions de dollars, arrive à expiration le 3 septembre. « Mais nous en passer complètement ne serait guère envisageable dans les circonstances actuelles », avait déclaré la secrétaire d’Etat. D’ailleurs, le 3 septembre 2009, le département d’Etat américain a fait part de la prolongation du contrat de la société américaine Blackwater pour protéger la vie des diplomates américains en Irak, selon certaines sources d’information. Pourtant, le gouvernement de Nouri al-Maliki a interdit d’activité en Irak la société de sécurité Blackwater. C’est dire si la souveraineté de l’Irak est limitée...

« Si l’on croit la théologie catholique "une guerre juste" doit obéir à trois conditions, (...) La première des trois conditions énoncées par saint Thomas est que la guerre ne peut être légitimement décidée que par l’autorité politique souveraine qui a pour fin principale de connaître et de promouvoir le bien commun de la cité ou société politique parfaite. (...) La deuxième condition de la guerre juste est que la guerre soit entreprise pour une cause juste (..°) La troisième condition de la guerre juste est ainsi la rectitude de l’intention de celui qui fait la guerre. L’autorité politique suprême peut entreprendre une guerre pour une cause juste mais en étant mue principalement par une intention mauvaise. (...) On pourrait ajouter une condition que saint Thomas n’affirme pas explicitement : il faut que le belligérant use de moyens militaires légitimes. Il n’est donc pas permis d’user de n’importe quel moyen militaire pour vaincre son ennemi. Il y a des actes qui sont toujours mauvais en eux-mêmes et il n’est jamais permis de les poser. L’intervention des armées américaines et anglaises en Irak, décidée sans l’assentiment du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies »(7)

Les guerres que mène l’Occident ne sont pas justes et partant pas morales. Quand Bush avait envahi l’Afghanistan, c’était pour délivrer les Afghanes, maintenant c’est pour combattre le terrorisme. Et demain ? Cette guerre dissymétrique de 1 pour 1000 est encore plus amorale quand on utilise les satellites, les drones et les robots. On tue son adversaire sans le connaître à des milliers de kilomètres, à partir d’une salle climatisée du fin fond des Etats-Unis...

Chems Eddine Chitour
professeur à l’Ecole Polytechnique Alger

1. Un raid de l’OTAN fait 90 morts en Afghanistan : Le Monde.fr AFP, Reuters et AP 04.09.09

2. Les mercenaires Encyclopédie libre Wikipédia

3. Gérard Davet, Fabrice Lhomme, Profession : mercenaire français en Irak. Le Monde 25 112005

4. M.Landler, M.Mazzetti Washington a du mal à rompre avec Blackwater. NYTimes 24.08.09

5. Affaire BW : Que s’est-il vraiment passé le 16 septembre ? Courrier international 03.10.2007.

6. Barnabé Chaix. Quelle responsabilité pour les mercenaires américains ? Courrier International 31.10.2007

7.Qu’est-ce qu’une guerre juste ? http://www.etudesfda.com/SPIP/spip.php?article48

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Oct 2009 à 16:47
Un responsable pakistanais accuse Blackwater de l’assassinat de Buto et Hariri

Article Mondialisation.ca

Selon le quotidien saoudien ‘'Alwatan'', l'ancien chef de l'état-major de l'armée pakistanaise, le général Mirza Aslam Beik, a accusé la société de sécurité privée américaine de l’assassinat de Buto et Hariri de sur les ondes de la Chaîne pakistanaise "Wakt".


Selon le général Aslam Beik, le gouvernement pakistanais avait permis à Blackwater utilisée par la CIA pour exécuter divers attentats, de s'installer dans les villes principales comme Islamabad, Rawalpindi, Peshawar et Quetta. L'ancien chef d'état- major explique que les Américains prétendent que l'ambassade et les consulats américains au Pakistan sont menacés par des opérations suicides afin de justifier la présence de cette société.


Aslam Beik ajoute que la présence de Blackwater au Pakistan est une violation des règles diplomatiques et des lois internationales, comme il accuse la société américaine de l'assassinat de l'ancienne Premier ministre Benazir Buto, à Rawalpindi et de l'ancien premier ministre Rafic Hariri à Beyrouth via des attentats-suicides.

‘'Alwatan'' mentionne que l'ancien ministre de l'intérieur, le général Hamid Nawaz, avait déclaré que la societé ‘'Blackwater'' assume la sécurité de l'ambassade américaine au Pakistan et elle compte acheter un hôtel à Peshawar.

L'ambassadeur américain arefusé de commenter ces informations.

                                                                                                                                                                                                                         

Barack Obama, prix Nobel de la Paix, part en guerre contre l’ALBA (extraits)


Article complet sur Mondialisation.ca


La diplomatie de la nouvelle Amérique

On le voit, Washington n’a nullement l’intention de renoncer à ses actes d’agression et à ses ambitions de conquêtes. Mais l’innovation, qui a motivé l’attribution de ce Prix Nobel à Obama, réside surtout dans la forme diplomatique. Pour redorer l’image des États-Unis, ternie par l’unilatéralisme agressif de l’administration Bush, l’administration Obama change juste son fusil d’épaule et se propose d’atteindre les objectifs impérialistes de toujours, mais de manière plus raffinée. En quelque sorte, une main de fer dans un gant de velours...

Au Honduras, par exemple, l’administration d’Obama ne peut ignorer la légitimité du président Zelaya, mais elle ne peut pas non plus condamner catégoriquement le putsch car il mettrait en danger ses intérêts économiques et géopolitiques, ses relations avec l’oligarchie hondurienne, et anéantirait tous ses efforts communicationnels. Washington nie d’emblée toute implication dans le Coup d’Etat et se rallie aux condamnations internationales. Puis, pour enterrer l’esprit des résolutions de l’OEA et de l’ONU visant le retour « immédiat et sans conditions » du président Zelaya, elle réussit à imposer la ’médiation’ du président costaricain Oscar Arias, fidèle allié de Washington, et, sans renoncer d’un pouce à la défense de ses intérêts, parvient à entretenir l’illusion d’un discours légaliste.

Résultat de cette stratégie made in USA : presque quatre mois après le Coup d’Etat, Manuel Zelaya n’a toujours pas pu regagner la présidence. La police et les militaires au service des putschistes répriment, emprisonnent, torturent et assassinent les manifestants, censurent et détruisent les installations des rares médias indépendants. Le 22 septembre, 36 ans après les stades du Chili sous Pinochet, plusieurs centaines de personnes sont enfermées dans le stade Chochy Sosa à Tegucigalpa.

Manuel Zelaya a réussi à regagner le Honduras le 21 septembre et se trouve depuis lors en exil dans son propre pays, au sein de l’ambassade du Brésil assiégée. Depuis ce coup de théâtre, la « communauté internationale » s’agite pour que le dénouement s’accélère, brandissant à nouveau l’étendard des Accords ’Arias’. Dans cette ambiance de terreur à l’encontre du peuple hondurien qui se mobilise pacifiquement contre l’ordre putschiste, les négociations se poursuivent, sous l’égide de l’OEA, entre les représentants du président légitime Zelaya et ceux de la dictature, considérés depuis lors comme des interlocuteurs fréquentables au lieu de criminels qui violent de façon continue les droits humains et les libertés fondamentales. L’issue est incertaine : les négociateurs des deux camps sont tombés d’accord le 14 octobre sur des points inacceptables tels que la formation d’un gouvernement d’unité nationale et le renoncement de Zelaya à convoquer une assemblée constituante, et pour l’heure, Michelleti ne semble toujours pas disposé à descendre de son cheval et à accepter le point concernant la restitution de Zelaya à la présidence.

Quoi qu’il en soit, cette sortie de crise, en partie victorieuse pour les putschistes, est un blanc-seing pour de futurs coups et "dictablandas" (dictatures militaires avec des façades "légales") et constitue un précédent grave et dangereux pour tout le continent latino-américain.


Déstabilisations et ingérences "démocratiques"

Exceptée cette diplomatie en trompe l’oeil, pour écarter le président devenu gênant, Washington continue à activer ses différents leviers. Washington met à disposition des putschistes ses traditionnels « faucons » qui ont fait leurs armes dans les efforts de déstabilisation et autres mauvais coups en Amérique latine |6|. Les firmes de lobby américaines - Cormac Group, Herrington and Sutcliffe LLP, Vision Américas, etc - s’activent auprès du Congrès américain et des autres structures de décisions pour populariser l’aventure putschiste. Plus accablant encore, l’avocat Lanny Davis, conseiller spécial de l’ex-président Bill Clinton et actuel conseiller de la secrétaire d’État Hillary Clinton, a été embauché par le Conseil des entreprises de l’Amérique latine (CEAL), un véritable concentré de l’oligarchie régionale, pour faire pression en faveur du régime putschiste à Washington |7|.

Soulignons qu’au préalable Washington avait soigneusement préparé le terrain au putsch en apportant un financement massif aux différents mouvements d’opposition dans le cadre de sa politique de "renforcement de la démocratie". Un mois et demi avant le coup, différentes organisations, groupes d’affaires, partis politiques, haut-placés de l’Église catholique et médias privés, en opposition aux politiques de Manuel Zelaya, se sont réunis au sein de la coalition « Union civile démocratique du Honduras |8| » afin de « réfléchir à comment en finir |9| ». La majorité de ces groupes ont bénéficié de plus de 50 millions de dollars annuel de l’USAID (Agence des États-Unis pour le développement international) et de la NED (Fondation nationale pour la démocratie) pour la ’promotion de la démocratie’ au Honduras.

Le renforcement des opérations de propagande et de subversion en Amérique latine par le biais des programmes de « promotion de la démocratie » est vraisemblablement le cheval de bataille de la politique extérieure de l’administration Obama pour parfaire celle son prédécesseur. L’avocate et chercheuse nord-américaine Eva Golinger précise : « Le ’smart power’ [le maître-mot de la diplomatie américaine sous l’ère Clinton |10] met l’accent sur l’utilisation d’agences comme USAID et la National Endowment for Democracy (NED) pour faire le « sale travail » de pénétrer et d’infiltrer silencieusement les organisations de la société civile pour faire la promotion des politiques des États-Unis. Cela explique pourquoi Obama a demandé 320 millions de dollars de plus pour un fonds de « promotion de la démocratie » dans le budget 2010 uniquement pour l’Amérique latine. Il s’agit d’une somme considérablement plus élevée que celle demandée et utilisée pour la « promotion de la démocratie » en Amérique latine durant les huit années combinées de l’administration Bush » |11| !

Créée pour lutter contre le communisme, la NED ne s’est jamais mieux portée depuis que l’URSS a disparue. Aujourd’hui, ce Prix Nobel décerné à Obama vient cautionner ces opérations silencieuses...

Légitimant la guerre et les conflits, ce prix Nobel, nouvel outil de propagande, ne saurait cacher l’horreur de l’ordre socioéconomique inique et belliciste promu par les Etats-Unis et les autres puissances mondiales.

Notes :


|1| Le budget de la Défense a augmenté sous l’administration Obama, passant de 606,4 milliards de dollars sous Bush en fin 2008 à 680 milliards de dollars au cours de l’année 2009 sous Obama.

|7| Lire "Washington et le coup d’État au Honduras : Voici la preuve", par Eva Golinger, http://www.mondialisation.ca/PrintArticle.php?articleId=14451

|10| Mariage entre les notions de hard power (pouvoir de coercition par la force ou la menace) et de soft power (capacité d’attraction par la persuasion). La secrétaire d’Etat Hillary Clinton résumait en ces termes sa conception de la politique étrangère à Séoul le 21 février dernier « Je veux utiliser une diplomatie robuste et le développement pour renforcer nos partenariats avec d’autres gouvernements et créer des réseaux collaboratifs d’individus et d’ONG, pour trouver des solutions innovantes aux problèmes globaux. C’est cela que nous appelons le smart power ». « Pour faire face à un monde où les crises s’accumulent, disait Hillary Clinton lors de son audition devant la commission sénatoriale en février 2009, nous devons avoir recours à ce qui a été appelé ‘le pouvoir de l’intelligence’ (smart power), l’ensemble des outils à notre disposition : diplomatiques, économiques, militaires, politiques, légaux, et culturels - il faut choisir le bon outil, ou la bonne combinaison d’outils, la mieux adaptée à chaque situation », http://www.infoguerre.fr/france-europe-puissances/le-«-smart-power-»-et-l’europe/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=rss


                                                                                                                                                                                                                         

Casques bleus au HONDURAS: quand on a intérêt à faire durer la guerre...

Article Mondialisation.ca

La crise au Honduras n’est toujours pas résolue et pourrait mener à un conflit majeur qui pourra coûter cher à l’oligarchie de ce pays. Il n’est donc pas surprenant que dans les cercles les plus réactionnaires de cette nation d’Amérique Centrale, ainsi qu’aux USA, on pense déjà à faire appel à un des moyens les plus efficaces pour rompre la montée au pouvoir des secteurs populaires ; imposer l’envoi de troupes « pacificatrices », les casques bleus de l’ONU.

Quelques ingénus penseront que ces troupes, qu’elles soient de l’ONU ou sous le drapeau d’autres organisations multilatérales, interviennent de façon juste et équitable avec la participation de tous les pays membres et que leur rôle est d’installer et maintenir la paix. En fait, dans la majorité des cas, si pas tous, la présence de forces étrangères aggrave le conflit et ce que ces troupes maintiennent c’est un statu quo, toujours en faveur des classes privilégiées. Les missions dites de paix de l’ONU sont financées principalement par les USA et les pays européens de l’OTAN, tandis que les simples soldats proviennent des pays du Tiers-Monde. Il y a ceux qui paient et il y a ceux qui meurent. Celui qui paie décide.

Selon des données officielles, les cinq pays qui ont apporté, en 2008, le plus grand nombre de soldats aux missions de l’ONU sont : Pakistan, Bangladesh, Inde, Nigeria et Népal. Les trois premiers couvrent le tiers des 100.000 casques bleus déployés dans les zones de conflit dans le monde. Du dernier proviennent les féroces gurkhas.

L’ONU paie mensuellement aux gouvernements respectifs 1.101$ par soldat et 1.404$ s’il a une qualification militaire. Ensuite chaque gouvernement paie aux troupes la somme qu’il estime correspondre (toujours une infime partie de la somme reçue). Ces salaires, plus l’armement, équipements et entraînements fournis par l’ONU, permettent à des pays pauvres de maintenir une modernité dans leurs armées qu’ils ne pourraient s’offrir autrement. Le paradoxe est là, un militarisme alimenté par les missions de paix. De plus, la participation à ces missions étant lucrative pour les gouvernements et assurant leur emploi aux soldats, les uns comme les autres ont tout intérêt, économiquement et militairement, à ce que ces conflits se prolongent.

L’ONU manque d’une logistique propre, elle dépend entièrement des pays développés. Un fonctionnaire de l’ONU le « Chief Administrative Officer » assure seulement le rôle de coordinateur. Les pays donateurs, les USA en particulier, déterminent le flux de ravitaillement et donc, le contrôle de toutes les missions sont entre leurs mains, même si leurs citoyens n’y participent pas. Et ne pensez pas que cela soit une charge économique pour les USA et ses alliés. L’intervention des troupes de l’ONU évite jusqu’à un certain point, leur présence directe dans les conflits. Si l’ONU n’assurait pas ce rôle, dans combien d’endroits du monde les troupes nord-américaines devraient-elles combattre ou assurer le rôle de gendarmes ? Susan Rice, la nouvelle ambassadrice des USA à l’ONU, citée par Jack Curry (1), affirme que l’ONU effectue ses interventions pour le 1/8 de ce que cela coûterai t aux USA s’ils intervenaient directement. « C’est une bonne affaire - dit-elle - tant du point de vue de la sécurité que du point de vue financier ».

Ces soldats du Tiers Monde, ont souvent un niveau scolaire très bas. Ils ignorent complètement l’histoire, la culture et les coutumes du pays où ils sont envoyés. Ils parlent une autre langue, ne comprennent pas les racines et caractéristiques du conflit et leur unique ou principale motivation est le salaire. En réalité ce sont des mercenaires, mais comme ils agissent sous couvert d’une organisation internationale on ne peut les répertorier comme tels.

Dans une étude réalisée par l’ONU en 1996 (rapport Machel), Graça Machel, alors première dame du Mozambique, informa : « dans 6 des 12 enquêtes sur les camps réalisées pour faire ce rapport sur l’exploitation sexuelle des enfants dans des situations de conflit armé, l’arrivée des troupes des forces de paix est en relation avec une rapide croissance de la prostitution infantile ». Pendant le conflit en Bosnie, ces forces de paix ont été impliquées dans un scandale dû au fait qu’ils enlevaient des enfants pour les faire travailler comme esclaves sexuels dans des bordels. Plusieurs années après, le problème de l’abus sexuel d’enfants par les casques bleus n’est toujours pas résolu. Un nouveau rapport, fait par « Save the Children », publié en mai 2008 dénonça que « l’abus sexuel d’enfants par des travailleurs humanitaires et des forces de paix est fréquent et les efforts faits pour protéger les mineurs de ces agressions ne sont pas adéquats ». « Save the Children » a basé son rapport sur les visites faites en 2007 à Haïti, au sud du Soudan et en Côte d’Ivoire. L’étude montre un large spectre d’abus et exploitations : enfants échangeant du sexe pour de la nourriture, sexe forcé, prostitution et pornographie infantile, trafic d’enfants. L’étude donne le récit d’un jeune de 14 ans travaillant dans le camp des forces de paix en Côte d’Ivoire : « Ils nous demandent spécialement des filles de notre âge. En général de huit à dix hommes se partagent deux ou trois filles. Quand je propose une fille plus grande, ils me disent qu’ils préfèrent les petites filles. »

Dans un article publié le premier octobre 2009 (2), le Washington Times signale que « le Congo est amphitryon du MONUC, acronyme de la plus grande et plus coûteuse opération pour maintenir la paix dans l’histoire des Nations Unies. Malgré la présence de 18.000 soldats et un budget annuel de plus de 1.2 milliard de dollars, les forces de paix ont été incapables de protéger la population des groupes rebelles et des soldats du gouvernement ». Citant l’ambassadeur d’Autriche, Thomas Mayr-Harting, il est dit que c’est « absolument impardonnable » que les civils doivent vivre sous la menace de violences là où sont déployées les forces de paix de l’ONU. Au Congo, selon le Fond de Développement pour la Femme, chaque jour une moyenne de 36 femmes et filles sont violées ou torturées sexuellement.

Plusieurs pays latino-américains font partie de la MINUSTAH, acronyme de la Mission des Nations Unies de Stabilisation à Haïti. L’ambassade du Brésil à Tegucigalpa accueille le président Zelaya mais n’oublions pas que c’est ce pays qui est à la tête de la MINUSTAH et dont les soldats ont massacré, au moins à deux occasions, le peuple rebelle mais sans défenses de la Cité Soleil. A quoi servit la MINUSTAH ? A consacrer le coup d’état de George W. Bush, en 2004 contre le président légitime Jean Bertrand Aristide; à soutenir la brutalité du régime ignoble de Gérard Latortue; a appuyer la persécution de Lavalas; à semer la terreur dans les quartiers considérés pro-Aristide de Bel-Air, Martissant, Grand Ravin, Pele et bien sûr la Cité Soleil. La MINUSTAH n’est rien d’autre qu’une armée d’occupation qui répond aux intérêts de l’élite haïtienne et de l’administration des USA.

Dans une récente et habile initiative de l’oligarchie du Honduras, Adolfo Facussé, président de l’Association Nationale des Industries, a présenté au journal La Jornada un nouveau plan pour sortir de la crise. Une des propositions du « plan Facussé » est la création d’une force multinationale qui se chargerait de faire respecter d’éventuels accords. Cette force externe - propose -t-il - se composerait de trois milles soldats du Panama, de Colombie et du Canada. Caramba ! Mais n’est-ce pas le Panama l’unique pays qui anticipe sa reconnaissance au régime qui sortirait des élections de novembre ? N’est-ce pas l’armée colombienne qui a bombardé récemment le territoire souverain d’Équateur pour assassiner le comandant des FARC Raúl Reyes ? Le Canada n’est-il pas le fidèle allié des USA ? Une force multilatérale formée par des amis des putschistes serait comme engager un renard pour veiller sur le poulailler. J’aimerais savoir comment réagirait l’oligarchie du Honduras face à une force de paix composée d’un contingent majoritairement vénézuélien avec un général bolivarien à sa tête.

Si le peuple du Honduras permet l’entrée dans son pays de l’une des dites « force de paix », qu’elle soit ou pas de l’ONU, vous pouvez être sûrs que ces forces ne se retireront pas avant que l’oligarchie du pays ne considère ses intérêts garantis pendant les trente ou quarante années à venir. Il n’y a pas d’autre attitude digne que d’exiger la restitution immédiate et sans conditions du président Manuel Zelaya; il n’y a pas d’autre chemin valable que la résistance.


(1) « Does the U.N serve american interests ? », Jack Curry, PARADE, The New York Herald, 4 oct 2009
(2) « U.N rebues nations over rape, torture », Betsy Pisik, The Washington Times, 1 oct 2009


                                                                                                                                                                                                                         

Menace d'un nouveau conflit en Europe: Une Grande Albanie parrainée par l'Occident

Article Mondialisation.ca

L'Europe peut être perchée au-dessus du précipice de son premier conflit armé depuis les 78 jours de bombardement de la guerre de l'OTAN contre la Yougoslavie en 1999 et l'invasion armée de la Macédoine qui a suivi, lancée à partir du Kosovo occupé par l'OTAN deux ans plus tard.

Avec l'accession formelle de l'Albanie à l'OTAN en avril, comme membre à part entière, et la victoire de la réélection (au moins formellement) du premier ministre de la nation Sali Berisha par la suite, le théâtre est prêt pour la réalisation du projet de nouveau retraçage des frontières de l'Europe du Sud-est, à la recherche d'une grande Albanie.

Les étapes précédentes dans cette direction ont été la guerre menée par les États-Unis et l'OTAN contre la République Fédérale de Yougoslavie il y a dix ans pour le compte de l'ainsi dite Armée de Libération du Kosovo (AKL, en albanais UÇK), et de connivence avec elle, une violation criminelle du droit international qui s'est terminée par l'arrachage de la province serbe du Kosovo en même temps à la Serbie et à la Yougoslavie.

50 000 soldats de l'OTAN ont afflué au Kosovo en juin 1999, accompagnés par les dirigeants et les combattants de l'ALK basés en Albanie, sous les auspices de la Résolution 1244 des Nations Unies. Celle-ci condamnait, entre autres, les "actes terroristes commis par l'une ou l'autre partie "et" [réaffirmait] l'engagement de tous les états membres pour la souveraineté et l'intégrité territoriale de la République Fédérale de Yougoslavie et des autres états de la région, conformément à l'acte final d'Helsinki et à l'annexe 2".

Les États-Unis et leurs alliés de l'OTAN n'avaient pas l'intention de respecter les dispositions de la résolution 1244 de l'ONU et ils ont montré leur mépris pour un document qu'eux-mêmes avaient signé en réarmant les combattants de l'ALK, qui pendant des années avaient attaqué, enlevé et assassiné des civils de toutes provenances ethniques et en transformant l'ancien groupe armé sécessionniste en Corps de Protection du Kosovo.

La Résolution 1244 de l'ONU ordonnait expressément que l'ALK et ses gangsters affiliés soient désarmés, alors les puissances de l'OTAN ont contourné cette exigence par un tour de passe-passe en fournissant à l'ALK de nouveaux uniformes, de nouvelles armes et un nouveau nom. Mais pas un nouveau commandant. Celui qui a été choisi pour ce rôle a été Agim Ceku, commandant de l'armée croate durant la brutale campagne Opération Tempête de 1995 -- "la plus grande offensive terrestre européenne depuis la seconde guerre mondiale" [1] -- et chef d'état-major de l'ALK au cours de sa guerre commune avec l'OTAN contre la Yougoslavie quatre ans plus tard.

Encouragée par le soutien militaire de l'Occident dans la réalisation de son programme séparatiste, l'ALK a lâché ses groupes affiliés contre la Serbie du Sud et la Macédoine : l'Armée de Libération de Presevo, Medveda et Bujanovac dans le premier cas, à partir de 1999, et l'Armée de Libération Nationale dans le second, qui a commencé les attaques à l'intérieur de la Macédoine à partir de sa base au Kosovo en 2001.

Seule la capitulation du gouvernement de la Serbie après octobre 2000 et un semblable fléchissement sous la pression - pression occidentale – du gouvernement de la Macédoine en 2001 ont satisfait les longues attentes des extrémistes armés pan-albanais des deux pays pour une éventuelle unification, au-delà des différentes frontières nationales et avec le soutien des États-Unis et de leurs alliés de l'OTAN.

La confirmation décisive du soutien occidental est arrivée en février 2008 avec la déclaration unilatérale d'indépendance des forces séparatistes du Kosovo. L'ancien chef de l'ALK et protégé de l'Amérique Hashim Thaci, alors premier ministre en titre, a proclamé la sécession d'avec la Serbie et la plupart des nations de l'OTAN se sont précipitées pour gratifier l'entité illégale d'une reconnaissance diplomatique.

Vingt mois après, plus des deux-tiers des pays du monde, y compris la Russie, la Chine et l'Inde, n'ont pas légitimé cette abomination par la reconnaissance, mais l'Occident est resté inébranlable dans son mépris pour le droit international et dans le soutien apporté aux extrémistes violents au Kosovo, qui ont des ambitions plus vastes pour l'ensemble de la région, ambitions encouragées par l'appui consistant des États-Unis et de l'OTAN et la conviction que l'Occident poursuivra ce soutien à l'avenir.

L'Albanie étant maintenant un état membre à part entière de l'OTAN et, comme tel, sous la protection de la clause d'assistance militaire mutuelle de l'article 5 de l'Alliance, les appels à une Grande Albanie au détriment du territoire de plusieurs autres pays européens sont devenus plus forts et plus acharnés.

En réponse à la campagne grandissante pour étendre le modèle du Kosovo au sud de la Serbie à la Macédoine, au Monténégro et même en Grèce (Épire), il y a deux mois le Ministre des Affaires étrangères russe Sergei Lavrov a admonesté les nations qui envisagent de reconnaître le statut d'État du Kosovo en leur conseillant de "réfléchir très attentivement avant de prendre cette décision très dangereuse qui aurait un résultat imprévisible et qui n'est pas bonne pour la stabilité de l'Europe.» [2]

Neuf jours plus tard le premier ministre albanais Berisha a déclaré sans détours que «le projet de l'unité nationale de tous les Albanais devrait être un phare pour les politiciens en Albanie et au Kosovo.» Il a dit avec insistance que «l'Albanie et le Kosovo ne doivent en aucun cas se considérer mutuellement comme des États étrangers.» [3]

Un commentateur russe a répondu à cette déclaration en avertissant que "toute tentative de mise en œuvre de l'idée d'une Grande Albanie est similaire à la réouverture d'une boîte de Pandore. Cela pourrait déstabiliser la situation dans les Balkans et déclencher une guerre sur le continent, semblable à celle de la fin des années 1990." [4]

Parlant du " projet d'une soi-disant Grande Albanie qui embrasse tous les territoires des Balkans où vivent des Albanais ethniques, y compris le Kosovo, certaines régions de la Macédoine, le Monténégro et plusieurs autres pays ", l'analyste politique russe Pyotr Iskenderov a dit que « la déclaration de l'indépendance du Kosovo et la reconnaissance de cet acte illicite par les États-Unis et les principaux membres de l'Union Européenne ont stimulé la mise en œuvre de l'idée d'une soi-disant Grande Albanie.» [5]

Le reste de la Serbie est également affecté - la vallée de Presevo dans le sud du pays où la Serbie proprement dite, le Kosovo et la Macédoine se rejoignent - et pareillement la Grèce, si l'on doit croire un rapport de 2001. À l'époque Ali Ahmeti, fondateur et commandant de l'ALK, puis chef de l'Armée Nationale de Libération (ANL) qui avait commencé à lancer des attaques meurtrières contre la Macédoine depuis sa base dans la ville de Prizren au Kosovo, a été signalé comme ayant glorifié une Armée de Libération de Chameria dans la région d'Epire du Nord-Ouest de la Grèce, une armée équipée d'un arsenal d'armes impressionnant.

Le drapeau national introduit après février 2008 contient une esquisse du Kosovo avec six étoiles blanches au-dessus de lui. Alors qu'il n'a pas été reconnu pour des raisons évidentes, les étoiles sont supposées représenter les nations ayant des populations ethniques albanaises : le Kosovo, l'Albanie, la Serbie, la Macédoine, le Monténégro et la Grèce.

L'entraînement militaire et l'aptitude au combat des groupes séparatistes et irrédentistes pan-Albanais sont en train d'être augmentés à un niveau plus élevé que jamais auparavant par les principaux pays de l'OTAN. En mars la Force du Kosovo dirigée par l'OTAN (KFOR) a commencé à remanier le Corps de Protection du Kosovo, lui-même un avatar de l'Armée de Libération du Kosovo, en une armée nationale embryonnaire, la Force de Sécurité du Kosovo, dont le chef d'état-major est le Lieutenant General [[général de corps d'armée]] Sylejman Selimi, venu directement du poste de commandant du Corps de Protection du Kosovo. Un sympathique reportage de décembre dernier a décrit plus précisément son nouveau poste comme Chef d'Etat-major de l'Armée de la République du Kosovo. [6]

La Force de Sécurité du Kosovo (FSK), tout comme le Corps de Protection du Kosovo avant elle, est vantée dans les cercles occidentaux comme une prétendue force de police multiethnique; elle n'est ni multiethnique, ni une force de police, mais une armée naissante, une armée que l'autoproclamé président du Kosovo, le président Fatmir Sejdiu en juin dernier a caractérisée comme étant "une force moderne qui se construit en conformité avec les standards de l'OTAN". [7]

Dans le même mois l'OTAN a annoncé que l'armée du Kosovo prototype serait prête en septembre et "que l'OTAN devrait augmenter ses capacités de contrôle au sein de la FSK afin d'assurer le meilleur renforcement des capacités de la FSK ". [8]

Un rapport antérieur du Kosovo a également démontré que les nouvelles forces armées de l'entité illégitime ne seraient rien d'autre qu'un accessoire militaire de l'OTAN : «La force de sécurité doit être entraînée par des officiers de l'armée britannique, les uniformes ont été fournis par les États-Unis et les véhicules par L'Allemagne.

«La Force de Sécurité du Kosovo doit être conforme aux standards de l'OTAN.» [9]

En février l'Italie a annoncé qu'elle ferait un don de 2 millions d'euros et l' Allemagne qu'elle donnerait 200 véhicules militaires pour l'armée dans le processus. Le Commandant suprême allié de l'OTAN en Europe de l'époque, le général John Craddock, s'est rendu au Kosovo pour lancer la création de la Force de Sécurité du Kosovo et il a visité le Camp d'Entrainement National de la FSK à Vucitrn, voyage au cours duquel il a dit "Je suis satisfaits de l'état d'avancement à ce jour. À la fin de la première phase de recrutement nous avons quelque 4.900 candidats pour environ 300 postes dans la FSK dans cette première tranche de recrutement ". [10]

En mai de cette année, le Ministère de la Défense britannique a signé un accord avec la Force de Sécurité du Kosovo balbutiante pour "donner une formation aux membres de la FSK en différents domaines conformément aux standards de l'OTAN."

L'Ambassadeur britannique au Kosovo Andrew Sparks a été cité comme disant "Nous espérons qu'après la signature de cet accord et l'expansion de notre coopération, le Kosovo parviendra à devenir un membre de l'OTAN." [11]

Comme les soldats d'Albanie auxquels l'OTAN a apporté une expérience des zones de combat en Irak et en Afghanistan, la nouvelle armée du Kosovo sera, comme les forces armées des autres nouvelles nations membres de l'OTAN, utilisée pour les guerres à l'étranger. Un exemple récent, en août le chef du Quartier Général de la Macédoine, le General Lieutenant Colonel Miroslav Stojanovski, "a souligné que plus d' un quart de la composition des unités du service combattant de l'AMR (Forces Armées Macédoniennes), soit 1,746 soldats ont participé aux missions de paix," ce qui signifie les déploiements de l'OTAN. [12] Cependant plus de soldats macédoniens ont été tués en 2001 par l'Armée de Libération Nationale avatar de l'ALK qu'il y en a de morts à ce jour en Afghanistan et en Irak.

Un reportage de mai dernier a apporté davantage de détails sur l'envergure initiale et l'objectif à long terme de la nouvelle armée du Kosovo: "Selon la Constitution de la République du Kosovo, la FSK est censée avoir 3 000 soldats actifs et 2 000 réservistes. Ils sont organisés conformément aux standards de l'OTAN. Il est également possibile qu'ils soient déployés à l'étranger, si la situation mondiale le justifie dans l'avenir." [13]

Lorsque Anders Fogh Rasmussen a rendu sa première visite au Kosovo en août, à titre de nouveau Secrétaire général de l'OTAN, pour rencontrer le Commandant de la KFOR Giuseppe Emilio Gai, le Président du Kosovo Fatmir Sejdiu, le premier ministre Hashim Thaci et le Ministre des Forces de Sécurité du Kosovo Fehmi Mujota, "le Président du Kosovo Fatmir Sejdiu a déclaré qu'il espère que l'État participera aux opérations de maintien de la paix de l'OTAN à l'étranger.» [14] L'Afghanistan est le premier déploiement apparent.

Six ans plus tôt Agim Ceku avait offert les troupes du Corps de Protection du Kosovo aux États-Unis en vue de la guerre et de l'occupation en Irak comme contrepartie du maintien des troupes de l'OTAN au Kosovo.

L'OTAN a déployé en Afghanistan des soldats venant de pays comme la Géorgie, l'Azerbaïdjan, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et la Finlande pour qu'ils s'entraînement dans des conditions réelles, afin de les utiliser plus près de chez eux lorsqu'ils seront revenus, comme l'ont reconnu ouvertement des officiers des armées des nations combat mentionnés ci-dessus. Plusieurs milliers de soldats d'Albanie et du Kosovo, endurcis par les opérations dans la zone de guerre afghane, seront de formidables forces combattantes pour de futurs conflits dans les Balkans.

La distinction entre les forces armées de l'Albanie et du Kosovo, devient en grande partie académique. En août le premier ministre albanais Berisha a publié un déclaration sans équivoque selon laquelle "l'idée d'unité nationale est fondée sur les principes et les idéaux européens.... De ce fait le Premier ministre du Kosovo Hashim Thaci, et moi-même travaillerons en vue de la suppression de tous les obstacles qui empêchent les Albanais de de sentir unis quel que soit l'endroit où ils vivent," ajoutant que " il ne doit pas y avoir d'administration des douanes et l'Albanie et le Kosovo ne devraient pas se considérer mutuellement comme des pays étrangers...." [15]

L'Albanie est maintenant un membre à part entière de l'OTAN et comme l'Alliance elle-même pourrait être appelée à réagir si les autorités du Kosovo provoquaient une confrontation avec des voisins comme la Serbie. La Macédoine et l'Albanie insistent pour affirmer qu'elles et le Kosovo ne sont pas des "pays étrangers." Si l'Albanie intervient au nom de sa «nation frère» dans un conflit militaire avec un adversaire non membre de l'Alliance, l'OTAN deviendra impliquée ipso facto.

En septembre, les ministères des Affaires étrangères de la Russie et de la Roumanie ont exprimé leurs graves préoccupations concernant l'évolution du Kosovo et ce qu'il implique. La Roumanie est un des trois seuls pays membres de l'OTAN qui n'ont pas reconnu l'indépendance du Kosovo, les deux autres étant l'Espagne et la Slovaquie. Ces trois États craignent que le précédent du Kosovo contribue à l'éclatement forcé de leurs propres pays.

Le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Andrei Nesterenko, a déclaré qu'un " conflit potentiel considérable " persistait au Kosovo et qu'il attendait des représentants de la communauté internationale qu'ils agissent avec impartialité pour empêcher de "nouvelles provocations anti-serbes".

Il a ajouté que "les événements dans la province montrent que les risques de conflit considérables" demeurent et que les plus récent affrontements interethniques ont été un résultat du désir des Albanais du Kosovo de compresser à tout prix le territoire ethnique serbe" et que "dans l'ensemble, le problème du Kosovo reste un des plus sérieux problèmes posés à la sécurité de la région.» [16]

Nullement découragée, l'OTAN a annoncé le 16 septembre sur son site web de la KFOR que «la Force de Sécurité du Kosovo (FSK) a acquis la capacité opérationnelle initiale (COI). La décision a été rendue après l'exercice Lion Agile, qui était le point d'aboutissement d'un peu plus de sept mois de dur labeur de la KFOR et de la FSK pour recruter, former et équiper la force. Le prochain objectif de la FSK est de parvenir à la pleine capacité opérationnelle. La KFOR va encadrer et soutenir ce processus qui devrait prendre 2 à 5 ans». [17]

Le jour précédent le nouvel ambassadeur U.S. au Kosovo, Christopher Dell, avait signé le premier accord interétat des États-Unis avec l'entité dissidente, démontrant "l'engagement de l'Amérique pour un Kosovo indépendant," avec Fatmir Sejdiu et Hashim Thaci. Le président putatif Sejdiu a déclaré à l'occasion: "Cet accord élève cela au niveau de la coopération d'État entre les États-Unis et le Kosovo, pas seulement par le biais des divers organismes des USA et du Kosovo, comme ce fut le cas jusqu'à maintenant.» [18]

Ce que l'extension du "Kosovo indépendant" laisse présager a été indiqué fin septembre lorsque les policiers serbes ont découvert une importante cache d'armes dans la Vallée de Presevo près des frontières Serbie-Macédoine-Kosovo qui comportait " des mitrailleuses, des bombes, des lance-fusées, 16 grenades à main et plus de 20 mines, ainsi qu'un grand contingent de munitions"[19] et plus tard au début du mois d'octobre lorsque la police des frontières macédonienne a été "attaquée avec des armes automatiques alors qu'elle menait une patrouille de routine le long de la frontière du Kosovo...." [20].

Ce que l'avenir peut nous réserver a été révélé tardivement le mois dernier lorsque l'Allemagne a déporté les premiers des 12 000 Roms (gitans) qu'elle renvoie de force au Kosovo. Vers l'exclusion, la persécution, les attentats et la mort. Les Roms qui restent sont en train de mourir dans les abris où la mission intérimaire d'administration des Nations Unies au Kosovo (MINUK) les abandonne après la prise de la province par l'OTAN et l'ALK en juin 1999.

«Les camps, près d'un complexe fermé de mine et de fonderie, qui comprend un monceau de scories de 100 millions de tonnes de matières toxiques, ont été envisagés comme mesure temporaire après qu'un quartier qui avait été un foyer pour 9 000 tsiganes a été détruit par la communauté albanaise, lorsque les forces de sécurité serbes avaient quitté la zone dans les derniers jours du conflit du Kosovo en juin 1999.» [21]

Quelques semaines avant la Russie avait averti qu'elle considérait inacceptable "l'arrêt de la mission de l'OSCE [Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe] au Kosovo, instituée pour protéger les droits des communautés ethniques."

L'ambassadeur de Russie à l'OSCE, Anvar Azimov, a déclaré « De telles mesures, que personne n'a sanctionnées, sont unilatérales et affectent toutes les activités sous le mandat de cette mission ». [22]

Le 5 septembre une source d'information serbe a signalé que plus de 200 000 réfugiés du Kosovo ont été enregistrés en Serbie, comprenant des ethnies serbe, rom, goran et autres non albanaises. Ce nombre excluait ceux qui n'étaient pas inscrits, ceux qui avaient fui vers d'autres pays comme la Macédoine et ceux chassés de leurs foyers mais restés au Kosovo.

Au cours des dix dernières années des centaines de milliers de résidents du Kosovo, y compris Albanais ethniques, ont été assassinés et chassés de la province. Des organisations de Roms ont estimé que le nombre des Roms, des Ashkalis et des Egyptiens ainsi touchés se comptent avec six chiffres. Des Serbes, des Gorans, des Turcs, des Bosniaques, des Monténégrins et autres victimes de la terreur raciale et de l'extermination au Kosovo se comptent également par centaines de milliers.

Les médias occidentaux ont affirmé régulièrement depuis dix ans maintenant que le Kosovo était à 90 pour cent albanais. Il pourrait bien en être ainsi maintenant après de telles expulsions à grande échelle, mais les chiffres ci-dessus réfutent que c'était auparavant le cas dans une province de pas plus de deux millions d'habitants.

Après la première déclaration du Premier ministre albanais, affirmant que son pays et son peuple ne font qu'un avec le Kosovo et sa population, le ministre des Affaires étrangères russe Sergei Lavrov a publié une condamnation de cette déclaration et, par déduction, de l'Ouest :

«Nous sommes très préoccupés par la déclaration du Premier ministre albanais. Nous sommes convaincus qu'il devrait y avoir des réactions appropriées à la déclaration - tout d'abord, de l'UE et également de l'OTAN. Nous n'avons pas encore eu ces réactions. Nous espérons que, malgré le fait qu'aucune des déclarations publiques ne sont venues des capitales européennes, les négociations avec les autorités albanaises sont en route». [23]

"Moscou est préoccupée par les déclarations de Tirana sur « l'indispensable unification de tous les Albanais » "[24]

À moins que les commentaires de Lavrov n'aient été que strictement rhétoriques, il lui faudra attendre longtemps avant que les responsables des USA, de l'OTAN et de l'Union européenne ne fassent quelques déclarations, beaucoup moins critiques, sur les demandes de Berisha et de ses homologues du Kosovo et de Macédoine pour une grande Albanie unifié (ou un Grand Kosovo). Les pays de l'OTAN ont armé, entraîné et doté d' un soutien logistique l'Armée de Libération du Kosovo dans sa guerre contre les forces de sécurité serbes et yougoslaves à la fin des années 1990 ; ils entrèrent en marchant côte à côte avec l'ALK dans le Kosovo et l'ont institutionnalisée comme Corps de Protection du Kosovo la même année ; ils ont tiré son Armée de Libération Nationale d'une cuisante défaite de la part de l'Armée Macédonienne en 2001 ; Ils l'ont recréée à nouveau cette année en tant que noyau d'une future armée nationale du Kosovo, la Force de Sécurité du Kosovo ; et ils ont reconnu la déclaration unilatérale de l'indépendance d'un Kosovo dirigé par l' ex chef de l'ALK Hashim Thaci l'an dernier.

Il n'y a aucune raison de croire que Washington et Bruxelles abandonneront maintenant leurs clients et leur projet de subversion et de mutilation de quatre pays voisins pour créer un super-État élargi Albanie-Kosovo ethniquement purifié, en proie au crime, alors que ce dernier est près de se réaliser.

Le 6 octobre Berisha a été à Pristina, la capitale du Kosovo, "pour signer un certain nombre d'accords. Selon [Berisha], son gouvernement travaillera pour mener à bien les projets d'infrastructure qui prévoient une unification des systèmes économiques de l'Albanie et du Kosovo, la création de voies de communications pour expédier des marchandises et pourvoir à la migration économique de la population. [25]

Un compte-rendu de nouvelles italien de la visite a signalé que "l'Albanie a également cédé au Kosovo le port adriatique de Shendjin (Shengjin), donnant ainsi à l'État nouvellement indépendant une issue vers la mer." [26]

Selon les propres termes de Berisha, "le port de Shengjin est maintenant l'accès à la mer du Kosovo ".[27] Accès à l'Adriatique que la Serbie n'a plus depuis l'éclatement de l'Union de la Serbie et du Monténégro il y a trois ans.

Son homologue, l'ancien chef de bande Hashim Thaci, s'est fait l'écho de la déclaration précédente de son invité en disant "Les Albanais vivent dans de nombreux pays, mais nous sommes une seule nation. Les pays de la région ont deux pays amis au Kosovo et en Albanie, pays partenaires, pour la coopération, la paix et stabilité, pour l'investissement dans la région et pour l'intégration européenne." [28]

Le premier ministre albanais a été cité sur le site web du président du Kosovo le 7 octobre promettant que "l'Albanie aidera le Kosovo de toutes les manières possibles. L'Albanie est résolue à renouveler, de la manière la plus rapide possible, tous ses liens infrastructurels avec le Kosovo. Dans les quatre prochaines années, la construction de l'autoroute Qafe Morine–Shkoder sera terminée et cela donnera au Kosovo occidental un accès rapide à la mer. L'année prochaine, mon gouvernement mettra en œuvre une étude de faisabilité et élaborera le projet d'un chemin de fer Albanie-Kosovo. De nombreuses autres lignes infrastructurelles sont et seront construites. [29]

Berisha a également rencontré le commandant de la Force du Kosovo de l'OTAN (KFOR), le Lieutenant général allemand Markus Bentler et il a dit : "Les troupes albanaises pourraient faire partie de la KFOR", avant de déposer une couronne sur la tombe d' Adem Jashari, le premier commandant de l'ALK. [30]

Le jour précédent de la réunion Berisha-Thaci à Pristina, l'accommodant gouvernement serbe du Président Boris Tadic et du Ministre des affaires étrangères Vuk Jeremic se sont mis d'accord sur les raisons pour lesquelles les intentions de l'OTAN et les intentions pan-albanaises dans la région ont rencontré peu d'opposition. Jeremic, tout en déclarant pour la forme que son pays n'adhérerait pas à l'OTAN dans l'avenir immédiat (bien qu'il ait rejoint le programme transitoire de Partenariat pour la Paix), a déclaré : «Nous poursuivons une étroite coopération parce que l'OTAN est le facteur le plus important pour assurer la sécurité dans le monde.»

Un site d'actualités russe informant de cette affirmation a rappelé à ses lecteurs que " en 1999 les forces aériennes de l'OTAN ont bombardé Belgrade et d'autres villes serbes en soutenant les séparatistes albanais du Kosovo. Puis plus de 3 000 Serbes sont morts et des dizaines de milliers de personnes ont été blessées. L'OTAN a également fait la promotion de la séparation du Kosovo de la Serbie...." [31]

A la fin du mois dernier l'amiral américain James Stavridis, chef du Commandement Européen des USA et Commandant Suprême Allié en Europe de l'OTAN, ont assisté à une réunion de Charte de l'Adriatique que Washington a signé avec l'Albanie, la Macédoine, la Croatie, la Bosnie et le Monténégro en 2003 pour les préparer eux et, en réalité, l'ensemble des Balkans à l'adhésion à l'OTAN. Stavridis est ensuite parti pour la Croatie pour superviser les manœuvres de guerre multinationales Jackal Stone 09 dont l'objectif était "d'améliorer avec succès la capacité des participants à mener des opérations de contre-insurrection."

Co-organisé par le Commandement des Opérations Spéciales Europe des États-Unis , le commandant de ce dernier, le Major General Frank Kisner a vanté le succès de l'exercice : «Cette planification ininterrompue a réuni les représentants de 10 pays et leur a permis d'exécuter efficacement une multitude de tâches dans les airs, sur terre et sur mer. [32]

Jackal Stone 09 a été le premier exercice militaire mené en Croatie depuis son entrée dans l'OTAN au début de cette année. Des responsables des États-Unis et l'OTAN ont à maintes reprises affirmé qu'après la Croatie et l'Albanie, la Macédoine, la Bosnie et le Monténégro allaient devenir les premiers membres à part entière et que la Serbie et le Kosovo le seraient ensuite.

Le 2 octobre la Bosnie a présenté au Secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen une demande formelle d'un plan d'action pour l'adhésion, à l'OTAN une demande de facto d'adhésion à part entière. Rasmussen a déclaré, «je crois que cette demande est la meilleure voie pour une stabilité durable dans la région euro-atlantique. C'est ma vision pour que tous les pays des Balkans occidentaux soient intégrés dans l'OTAN.» [33]

L'OTAN a utilisé plusieurs prétextes pour une intervention militaire dans les Balkans au cours des quinze dernières années, bon nombre de ces prétextes étant contradictoires comme celui du Kosovo contre la République serbe de Bosnie et du Kosovo dans son ensemble contre le Nord Kosovska Mitrovica. Son intention, cependant, n'a pas varié et elle persiste : absorber chaque pays et pseudo-pays de la région dans ses rangs et recruter parmi ses nouveaux membres et partenaires pour des guerres plus lointaines.

Le séparatisme armé a été l'outil utilisé pour commencer l'éclatement de la République fédérale socialiste de Yougoslavie en 1992, un processus qui a maintenant fragmenté ce pays en ses six républiques fédérales constitutives et, dans le cas du Kosovo, arraché une province à une ancienne république.

Mais la refonte des frontières nationales, avec les perturbations et la violence qu'elle implique inévitablement, n'est pas terminée.

Le Kosovo est indiscutablement une boîte de Pandore au fond de laquelle l'espoir n'attend pas nécessairement. Il reste une étincelle potentielle, capable d'augmenter le danger, comme on l'a vu précédemment, pour "déstabiliser la situation dans les Balkans et déclencher une guerre sur le continent, similaire à celle de la fin des années 1990."


Notes

1) Wikipedia
2) Black Sea Press, August 6, 2009
3) Voice of Russia, August 20, 2009
4) Ibid
5) Ibid
6) New Kosova Report, December 20, 2009
7) Kosovo Times, June 9, 2009
8) Kosovo Times, June 8, 2009
9) Kosovo Times, May 27, 2009
10) NATO, Supreme Headquarters Allied Powers Europe, February 18, 2009
11) Southeast European Times, May 21, 2009
12) Makfax, August 17, 2009
13) New Kosova Report, May 20, 2009
14) Focus News Agency, August 13, 2009
15) Sofia News Agency. August 16, 2009
16) Tanjug News Agency, September 4, 2009
17) NATO, Kosovo Force, September 16, 2009
18) Beta News Agency, September 15, 2009
19) Tanjug News Agency, September 23, 2009
20) Makfax, October 2, 2009
21) Washington Times, May 3, 2009
22) FoNet, September 11, 2009
23) Russia Today, October 5, 2009
24) Voice of Russia, October 6, 2009
25) Ibid
26) ADN Kronos International, October 6, 2009
27) B92, October 6, 2009
28) B92, Beta News Agency, Tanjug News Agency, October 6, 2009
29) President of the Republic of Kosovo, October 7, 2009
30) Beta News Agency, October 7, 2009
31) Voice of Russia, October 5, 2009
32) United States European Command, September 28, 2009
33) NATO, October 2, 2009



                                                                                                                                                                                                                         

Israël mènerait une guerre secrète contre l'Iran

Article Mondialisation.ca

Même si sa progression inquiète l'Occident, le projet nucléaire iranien accumule les tuiles depuis quatre ans. Disparition de scientifiques de haut niveau, écrasement de deux avions cargo transportant de précieux équipements, explosions dans des laboratoires... Selon un journaliste israélien réputé, ce ne sont pas des accidents. Il s'agit d'une guerre secrète menée par le Mossad, l'agence d'espionnage israélienne.

«Le Mossad s'est complètement réorganisé depuis 2002 et a redirigé ses efforts sur un objectif unique, l'Iran», explique en entrevue téléphonique Ronen Bergman, journaliste au quotidien israélien Yedioth Ahronoth, qui a publié le livre The Secret War With Iran. «Il y a énormément de pression pour que des opérations de sabotage et d'assassinats soient effectuées contre le programme nucléaire et le soutien iranien au Hamas et au Hezbollah.»

Ce printemps, le journaliste ajoutait, dans un essai publié par le Wall Street Journal, une deuxième conclusion à son livre: l'espionnage israélien est revenu aux plus hauts niveaux et accumule les succès, mais ne parvient pas à diminuer le niveau de danger pour Israël.

«La réalité sur le terrain n'a pas changé. Le Hamas et le Hezbollah sont encore populaires et l'Iran pourrait avoir sa première bombe en 2010. L'espionnage est très important, mais seules les décisions diplomatiques et militaires permettront d'assurer la sécurité d'Israël. De la même façon que les attentats terroristes ne peuvent pas vaincre Israël, l'Iran ne pourra pas être vaincu par le travail de sape du Mossad.»

La renaissance du Mossad a été l'oeuvre du général Meir Dagan, placé à sa tête en 2002 par Ariel Sharon. «Dagan dirigeait dans les années 1970 une unité secrète qui assassinait des hauts dirigeants du Fatah, dit M. Bergman. Il a reçu le mandat de transformer le Mossad, qui était devenu allergique aux risques opérationnels. Sharon voulait «un Mossad avec un couteau entre les dents». Dagan a mis l'accent sur les opérations contre l'Iran et a développé un réseau très étoffé de collaborations avec les agences d'espionnage européennes et du Moyen-Orient, pour compléter la collaboration avec la CIA.»

                                                                                                                                                                                                                         

La crise de la mer Noire s’enlise; l’Iran fait face à la menace grandissante des États-Unis et de l’OTAN (extraits)

Article complet sur Mondialisation.ca


Alors que Washington annonce, en paroles et en gestes, qu’il planifie d’éventuelles frappes militaires contre l’Iran, la tension monte sur la mer Noire avec la menace d’un autre conflit entre les États-Unis, la Géorgie, État client de l’OTAN, et la Russie.

Le 9 septembre on pouvait lire dans le New York Times qu’« un an à peine après qu’ils sont allés en guerre, la tension croissante entre la Russie et la Géorgie concernant des droits de visite dans une région séparatiste de la Géorgie a créé un nouveau théâtre potentiel pour un conflit [1] ». L’article faisait référence à la récente saisie de plusieurs navires par la Géorgie au large des côtes abkhazes de la mer Noire, apparemment 23 au total cette année.

Le président de l’Abkhazie Sergei Bagapsh a ordonné à la marine de son pays de confronter et, si cela s’avère nécessaire, de couler les navires de la marine et de la garde côtière de la Géorgie en réaction à la saisie forcée de navires civils en eaux neutres par cette dernière, en appelant ces actions par leur nom – piraterie. La marine et la garde côtière géorgiennes sont entraînées par les États-Unis et l’OTAN.

Le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a souligné les dangers inhérents aux récentes provocations de la Géorgie en prévenant « [q]u’elles risquent d’aggraver la situation militaire et politique dans la région et pourraient résulter en de sérieux incidents armés [2]. »

Le 15 septembre la Russie annonçait que ses gardes frontaliers détiendront tous les navires violant les frontières maritimes de l’Abkhazie […] [3] »

La Russie aurait non seulement le droit, mais serait dans l’obligation de fournir une telle aide à l’Abkhazie voisine puisque « [s]elon les traités d’assistance mutuelle signés en novembre dernier, la Russie s’est engagée aider l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud à protéger leurs frontières et les signataires se sont accordé le droit d’établir des bases militaires sur leurs territoires respectifs [4] ».

En tentant d’exécuter un blocus maritime contre l’Abkhazie, l’actuel régime géorgien de Mikheil Saakashvili est tout à fait conscient que la Russie est tenue de réagir en raison du traité et de ses intérêts nationaux – la Cour pénale internationale prévoit inclure cette année les blocus des ports et des côtes dans sa liste d’actes de guerre [5]. Ayant subi une cuisante défaite lors de sa dernière escarmouche avec la Russie, la guerre de cinq jours en août l’an dernier, Tbilissi ne risquerait jamais de poser des gestes comme elle le fait actuellement sans le soutien des États-Unis et de l’OTAN.

Des jours après la fin de la guerre de 2008, l’ancien sénateur étatsunien et actuel vice-président Joseph Biden a pris un vol pour la capitale géorgienne afin de promettre 1 milliard de dollars d’aide au pays, faisant de la Géorgie le troisième plus important bénéficiaire de l’aide étrangère étatsunienne après l’Égypte et Israël.

Des navires de guerre des États-Unis et de l’OTAN ont afflué sur la mer Noire en août 2008 et des navires étatsuniens ont visité les villes portuaires géorgiennes de Batoumi et Poti pour livrer ce que Washington a décrit comme étant de l’aide civile. Des sources russes soupçonnaient toutefois que ces navires contenaient de l’équipement militaire destiné à remplacer celui perdu dans le conflit.

Moins d’un mois après la fin de la guerre, l’OTAN a envoyé une délégation en Géorgie pour « évaluer les dommages faits aux infrastructures militaires à la suite d’une guerre de cinq jours entre Moscou et Tbilissi […] [6] ».

Lors d’une rencontre en décembre, les ministres des affaires étrangères de l’OTAN ont convenu d’un Programme national annuel pour la Géorgie et au cours du même mois Washington a annoncé la création de la Charte de partenariat stratégique américano-géorgienne.

Cette semaine, une délégation d’importants experts de l’OTAN en défense et en logistique s’est rendue en Géorgie le 9 septembre « pour promouvoir le développement des Forces armées géorgiennes [7] ». Le 14 septembre, des représentants officiels de haut rang du George C. Marshall European Center for Security Studies des États-Unis sont arrivés aux quartier général du ministère de la Défense géorgien « afin d’étudier des questions de coordination interdépartementale dans la gestion du secteur de la sécurité et de la révision de la sécurité nationale [8]. »

L’intégration militaire continue par le Pentagone et l’OTAN de la Géorgie et l’Azerbaïdjan voisin, qui a également une frontière avec l’Iran, est intégralement liée aux plans militaires d’ensemble en mer Noire et dans tout le Caucase et, de manière encore plus sinistre, aux projets conjoints de guerre contre l’Iran. Par ailleurs l’Université Georgetown de Washington sera l’hôte d’une conférence le 18 septembre sur le partenariat stratégique entre les États-Unis et l’Azerbaïdjan : Les critères bilatéraux et régionaux.

Déjà en 2007, des reportages à ce sujet ont fait surface dans les réseaux d’information bulgare et roumain. Novinite (Sofia News Agency) rapportait que le Pentagone « pourrait utiliser ses deux bases aériennes en Bulgarie ainsi qu’une base aérienne sur la côte roumaine de la mer Noire pour lancer une attaque contre l’Iran […] [9].

Il s’agit des bases aériennes de Bezmer et de Graf Ignitievo en Bulgarie et de celle de Mihail Kogalniceanu près de la ville roumaine de Constanza sur le mer Noire.

Le Pentagone a en tout sept nouvelles bases en Bulgarie et en Roumanie, et en plus du stationnement d’avions de guerre, F-15, F-16 et A-10 Thunderbolts, il a de 3000 à 5000 troupes déployées dans les deux pays en tout temps. Washington a également établi les quartiers généraux permanents de sa Force opérationnelle interarmées Est (FOIE) à la base aérienne de Mihail Kogalniceanu en Roumanie.

Un site web du gouvernement étatsunien donne les détails suivants à propos de la Force opérationnelle interarmées Est :

« Toutes les opérations d’entraînement de l’Armée et des Forces aériennes des États-Unis en Roumanie et en Bulgarie seront sous le commandement de la FOIE, laquelle est commandée par le USEUCOM [Commandement des forces des États-Unis en Europe]. Située en Roumanie et en Bulgarie, la FOIE comprendra un petit quartier général permanent (en Roumanie) composé d’environ 100 à 300 employés qui superviseront les rotations des unités de l’Armée étatsunienne de la taille d’une brigade, ainsi que les déploiements de troupes dédiées au maniement d'armes des Forces armées étatsuniennes (Weapons Training Deployments, WTD). L’accès aux installations de formation aériennes et terrestres roumaines et bulgares donnera l’opportunité aux forces de la FOIE de s’entraîner et d’interagir avec les forces militaires à travers la zone entière de 92 pays sous la responsabilité de l’USEUCOM. Les Forces terrestres des États-Unis en Europe (USAREUR) et les Forces de l’armée de l’air des États-Unis en Europe (USAFE) sont impliquées activement dans l’établissement de la FOIE [10]. »

Les quatre bases militaires en Roumanie et les trois bases en Bulgarie auxquelles le Pentagone et l’OTAN ont obtenu un accès indéterminé depuis que les deux pays ont été incorporés à l’OTAN en 2004 permettent des opérations d’ensemble : des déploiements d’infanterie dans la zone et en direction des cibles afghane et irakienne, des pistes pour les bombardiers et les avions de combat à réaction, des convenances de carénage pour les navires de guerre des États-Unis et de l’OTAN incluant des croiseurs Aegis équipés de missiles intercepteurs, des terrains d’entraînement pour les forces spéciales occidentales et les forces armées étrangères s’intégrant à l’OTAN.

S’ajoutant aux bases et aux troupes fournies par la Turquie et la Géorgie – et dans le futur par l’Ukraine – les sites bulgares et roumains sont une composante intégrante des projets des États-Unis et de leurs alliés de transformer la mer Noire en territoire de l’OTAN. Seul le littoral russe ne serait pas contrôlé par l’Alliance, ainsi que celui de l’Abkhazie récemment indépendante, ce qui rend le contrôle de ce pays si essentiel.

La semaine dernière le ministre roumain de la Défense a annoncé l’intention de son pays d’acquérir entre 48 et 54 avions de combat à réaction de nouvelle génération – des F-16 et des F-35 étatsunien ont été mentionnés – dans le cadre d’« une nouvelle stratégie d’acquisition d’avions polyvalents, ce qui signifie d’abord l’achat d’avions pour procéder à la transition vers la cinquième génération d’équipement, dans les 10 à 12 prochaines années [11] ».

Avec le récent changement de gouvernement dans l’ancienne république soviétique de Moldavie, dans la foulée de la violente « révolution Twitter » en avril, le nouveau speaker parlementaire Mihai Ghimpu a parlé ouvertement de la fusion du pays avec la Roumanie voisine, c’est-à-dire de son absorption par cette dernière. La Transnistrie [République moldave de Transnistrie] s’est séparée de la Moldavie en 1990 justement en raison du danger d’être intégrée à la Roumanie. Des combats ont suivi, lesquels ont coûté la vie à quelque 1500 personnes.

La Roumanie est maintenant membre de l’OTAN. Si une guerre civile éclatait en Moldavie et/ou que le combat s’intensifiait entre la Moldavie et la Transnistrie, et que la Roumanie envoyait des troupes -- ce qui presque certain – l’OTAN peut invoquer la clause militaire de son Traité, l’Article 5, pour intervenir. La Transnistrie compte1200 Gardiens de la paix russes.

Le voisin de la Transnistrie à l’est est l’Ukraine, liée à la Moldavie par l’alliance GUAM concoctée par les États-Unis (Géorgie, Ukraine, Azerbaïdjan, Moldavie), laquelle collabore à l’exécution d’un blocus contre la Transnistrie. Le président ukrainien Viktor Yushchenko, dont la popularité est actuellement dans les monochiffres, est déterminé à entraîner son pays dans l’OTAN à l’encontre d’une opposition nationale massive et l’on peut compter sur lui pour attaquer la Transnistrie à l’est si un conflit éclatait.

Une source d’information moldave a cité la semaine dernière un leader de l’opposition émettant ce terrible avertissement :

« Les minorités ethniques de Moldavie sont formellement contre une union avec la Roumanie.

Si nous, qui ne sommes pas d’ethnie moldave, devons défendre le statut d’État de la Moldavie, nous trouverons alors de puissants alliés en dehors de la Moldavie, incluant la Russie. Avec elle, l’Ukraine, la Turquie et la Bulgarie seraient impliquées dans cette bataille. L’année dernière nous avons tous été témoins de la façon dont la Russie a défendu les intérêts de ses ressortissants en Ossétie du Sud et en Abkhazie. Pourquoi croirait-on qu’en cas de guerre civile en Moldavie, la Russie regarderait tout bonnement ses ressortissants mourir? Notre tâche est de prévenir de tels développements [12]. »

En effet, toutes les régions de la mer Noire et du Caucase pourraient s’enflammer si les mandataires occidentaux du GUAM lançaient une attaque sur n’importe quel des soi-disant pays des conflits gelés, soit la Géorgie sur l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, l’Azerbaïdjan sur le Nagorny-Karabagh et la Moldavie et l’Ukraine sur la Transnistrie. Il se pourrait que les quatre pays soient attaqués simultanément et à l’unisson.

Une attaque contre l’Iran, qui possède une frontière commune avec l’Azerbaïdjan et l’Arménie, offrirait cette opportunité. Cette dernière étant la protectrice du Nagorny-Karabagh deviendrait immédiatement belligérante si l’Azerbaïdjan entamait des hostilités militaires contre le Karabagh.

Le 15 septembre les reportages révélaient que le Bipartisan Policy Center à Washington, DC, fondé en 2007 par l’ancien leader de la majorité au Sénat Howard Baker, Tom Daschle, Bob Dole et George Mitchell, a publié un rapport indiquant en partie que « si des sanctions rigoureuses ne poussent pas la République islamique à démontrer de la sincérité dans les négociations et à abandonner ses activités d’enrichissement [d’uranium], la Maison-Blanche devra commencer à envisager sérieusement l’option d’une frappe militaire menée par les États-Unis contre les installations nucléaires iraniennes [13] ».

Les auteurs du rapport sont Charles Robb, ancien sénateur démocrate de Virginie, Daniel Coats, ancien sénateur républicain de l’Indiana et le général à la retraite Charles Wald, ancien commandant adjoint du Commandement des forces des États-Unis en Europe.

L’Iran aurait 60 jours pour essentiellement abandonner son programme électronucléaire civil. S’il ne capitule pas, l’administration Obama devrait « se préparer de façon manifeste à toute option militaire [incluant] le déploiement d’un groupe aéronaval additionnel au large des eaux iraniennes et à la conduite d’exercices conjoints avec les alliés des États-Unis [14] ».

Le principal réacteur nucléaire iranien est en construction à Bushehr et serait une cible principale de toute attaque de missile ou de tout bombardement de la part des États-Unis et d’Israël. En 2006, 3700 experts et techniciens russes, et leurs familles, vivaient dans les environs de ces installations.

Depuis les huit dernières années, on présume que les États-Unis lanceraient une attaque militaire contre l’Iran d’un porte-avion stationné dans le golfe Persique et qu’Israël le ferait à l’aide de bombardiers à longue portée en survolant l’Irak et la Turquie.

Durant cette période, les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN ont également gagné l’accès aux bases aériennes en Irak, en Afghanistan et au Pakistan (au Baloutchistan, aux frontières de l’Iran) au Kirghizstan et au Tadjikistan, en plus des bases qu’ils possèdent déjà en Turquie.

Washington et Bruxelles ont aussi étendu leur présence militaire en Bulgarie, en Géorgie et en Roumanie sur la mer Noire, ainsi qu’en Azerbaïdjan sur la mer Caspienne, au long de la frontière nord-est de l’Iran.

Des plans d’agression militaire massive contre l’Iran pourraient alors comprendre des frappes aériennes et des frappes de missiles provenant d’endroits bien plus près du pays que ce que l’on soupçonnait auparavant.

La American Defense Security Cooperation Agency a annoncé la semaine dernières qu’elle prévoyait fournir à la Turquie, le seul pays membre de l’OTAN à avoir une frontière commune avec l’Iran, des missiles intercepteurs de théâtre, à savoir la version améliorée à plus grande portée des PAC-3 (Patriot Advance Capability-3), d’une valeur de près de 8 milliards de dollars. Le projet comprend la livraison de presque 300 missiles Patriot destinés à être déployés dans 12 postes de commande en Turquie.

En juin, le gouvernement turc a confirmé que les avions AWACS (système aéroporté d'alerte et de contrôle) de l’OTAN seraient déployés dans la province turque de Konya.

La dernière fois que des missiles Patriot et des AWACS ont été envoyés en Turquie, c’était à la fin de 2002 et au début de 2003, pour la préparation de l’invasion de l’Irak.

Le 15 septembre, le journal des Forces armées étatsuniennes, le Stars and Stripes, a fait paraître un article intitulé « Les forces étatsuniennes et israéliennes testeront la défense antimissiles pendant que l’Iran est dans la tourmente » (U.S., Israeli forces to test missile defense while Iran simmers). L’article comprenait ces détails sur les jeux de guerre biannuels Juniper Cobra :

« Quelque 1000 troupes du Commandement des forces des États-Unis en Europe seront bientôt déployées en Israël pour un exercice de défense antimissiles de grande échelle avec les forces israéliennes.

Cette année, Juniper Cobra se tient en même temps que des préoccupations constantes sur le programme nucléaire iranien, qui fera l’objet de discussions en octobre.

Les troupes étatsuniennes des quatre agences travailleront conjointement avec le même nombre de troupes des forces de la Défense israélienne et participeront à des jeux de guerre simulés par ordinateur […] Pendant l’exercice Juniper Cobra du mois prochain, diverses technologies de défense antimissiles et de défense aérienne seront testées, y compris la bande x contrôlée par les États-Unis [15]. »

Le même article nous informait que cet exercice était l’aboutissement d’une montée en puissance qui avait lieu depuis des mois.

« En avril une centaine de troupes basées en Europe ont pris part à un exercice de défense antimissiles incorporant pour la première fois le système de radar étatsunien déployé au pays en octobre 2008. La bande x étatsunienne est destinée à donner à Israël une alerte rapide advenant un lancement de missile de l’Iran.

Depuis près d’un an, une alliance de troupes et d’entrepreneurs étatsuniens gèrent une opération quotidienne de la bande x sur la base aérienne de Nevatim dans le désert de Néguev [16]. »

La même publication révélait deux jours auparavant que le Pentagone a mené la semaine dernière en Allemagne un exercice de contre-insurrection à grande échelle avec la 173e brigade aéroportée et le 12e Combat Aviation Brigade, « le plus important exercice de la sorte jamais effectué par les militaires étatsuniens à l’extérieur des États-Unis […] [17] ». Les deux unités doivent être déployées respectivement en Afghanistan et en Irak, mais pourraient être déplacées en Iran, si cela s’avérait nécessaire.

Le rôle que les États et clients de l’OTAN situés sur les côtes de la mer Noire pourraient jouer dans un assaut multinational et multi-vectoriel sur l’Iran a été démontré dans la foulée de la guerre russo-géorgienne l’an dernier.

Lors d’une conférence de presse aux quartiers généraux de l’OTAN à Bruxelles il y a un an, l’ambassadeur russe à l’OTAN Dmitry Rogozin « a dit que le renseignement russe avait obtenu de l’information indiquant que l’infrastructure militaire géorgienne pourrait être utilisée pour un soutien logistique des troupes étatsuniennes si elles lançaient une attaque contre l’Iran [18] ».

Rogozin aurait également dit qu’« actuellement l’OTAN s’affaire en Géorgie à restituer sa capacité à surveiller son espace aérien, en d’autres mots, à reconstituer tout le système de localisation et de défense antimissiles détruit par l’artillerie russe ».

« [La restitution des systèmes de surveillance et des bases aériennes en Géorgie] est destinée à un soutien logistique de certaines opérations aériennes de l’Alliance en entier ou des États-Unis en particulier dans cette région. La reconstruction rapide du champ d’aviation et de tous les systèmes prouve qu’une opération aérienne est planifiée contre un autre pays situé non loin de la Géorgie [19]. »

Au début d’octobre l’an dernier, Nikolai Patrushev, secrétaire du Conseil de sécurité russe « a décrit la politique d’augmentation de la présence militaire des États-Unis et de l’OTAN en Europe de l’Est comme une quête de supériorité militaire stratégique sur la Russie.

Le représentant officiel a ajouté que les États-Unis auraient besoin d’alliés dans la région si le pays décidait d’attaquer l’Iran [20] ».

Patrushev a affirmé : « S’ils décident d’attaquer l’Iran avec des missiles et des bombes, les États-Unis auront besoin d’alliés loyaux. Et si la Géorgie est impliquée dans cette guerre, cela représentera une menace additionnelle pour la sécurité nationale de la Russie [21]. »

Plus tard en octobre dernier, un site web azerbaïdjanais rapportait que 100 avions à réaction de l’Armée de l’air iranienne faisaient des exercices près de la frontière du pays et que « des sources militaires des États-Unis avaient signalé que des territoires en Azerbaïdjan et en Géorgie pourraient servir à attaquer l’Iran […] [22] ».

Le journaliste indien Atul Aneja écrivait le même mois dans The Hindu à propos des effets de la guerre russo-géorgienne d’août l’an dernier et donnait cette information :

« Les assertions militaires de la Russie en Géorgie et une démonstration de puissance dans certaines parties de l’Asie de l’Ouest [Moyen-Orient], combinées aux préoccupations politiques et économiques de Washington, semblent avoir anticipé les chances d’une frappe prochaine contre l’Iran.

À la suite des actions de la Russie en Ossétie du Sud et en Abkhazie, le président russe Dimitri Medvedev a reconnu que Moscou était conscient que de sérieux plans d’attaque contre l’Iran étaient sur la table. "Nous savons que certains joueurs prévoient d’attaquer l’Iran. Mais nous nous opposons à toute étape unilatérale et à [une] solution militaire à la crise nucléaire".

La Russie a pris le contrôle de deux champs aériens en Géorgie d’où étaient prévues des frappes contre l’Iran. Les forces russes ont aussi vraisemblablement récupéré des armes et des drones espions israéliens qui auraient été utiles à la surveillance de cibles iraniennes potentielles [23] ».

Le même journal, citant Dmitry Rogozin affirmant que le renseignement militaire russe avait saisi des documents prouvant que Washington avait entamé « des préparations militaires actives sur le territoire géorgien » pour des frappes aériennes contre l’Iran, a ajouté des informations concernant l’implication israélienne :

« Israël avait fournit à la Géorgie des drones sophistiqués Hermes 450 UAV, de multiples lance-roquettes et d’autre équipement militaire que la Géorgie a utilisé, avec des chars d’assaut géorgiens modernisés fabriqués par les soviétiques, dans son attaque contre l’Ossétie du Sud. Des instructeurs israéliens ont par ailleurs aidé à entraîner des troupes géorgiennes [24] ».

Au lieu de voir les guerres de la dernière décennie – contre la Yougoslavie, l’Afghanistan et l’Irak – et l’expansion concomitante de la présence militaire des États-Unis et de l’OTAN dans ces trois pays et dans plusieurs autres dans leur périphérie comme une série d’événements sans liens, on doit voir la tendance pour ce qu’elle est : une stratégie constante et calculée employant chaque zone de guerre successive comme une rampe de lancement pour une nouvelle agression.

Le Pentagone possède d’importantes bases militaires au Kosovo, en Afghanistan et en Irak qu’il n’a pas l’intention d’abandonner. Les États-Unis et ses alliés de l’OTAN ont des bases en Bulgarie, en Roumanie, au Kirghizstan, au Tadjikistan, en Ouzbékistan, au Koweït, au Bahreïn (où se trouve le quartier général de la 5e flotte de la Marine étatsunienne) et dans d’autre pays à proximité des zones de guerres des dix dernières années qui peuvent servir aux conflits des dix, vingt ou trente prochaines années.
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Dec 2009 à 16:55
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 Dec 2009 à 14:59

Les outils de l’impérialisme  

 
COMAGUER

Qu’importe le chômage, la malnutrition, la dégradation des infrastructures publiques (routes, ponts, chemins de fer) à l’abandon sur le sol des Etats-Unis eux-mêmes, l’armée impériale continue à s’équiper pour agresser, envahir, mater les révolutions et les vraies indépendances (pas celle des pantins impérialistes à Kaboul, Bagdad, Manille, Pristina, Tegucigalpa, Bogota, Panama… (liste non exhaustive)

Le nouvel outil est un navire de guerre permettant de forts coups de poing locaux. Il s’agit du LCS, en anglais « landing combat ship ».

Ce navire navigue à plus de 40 nœuds, est porteur d’hélicoptères, de drones, d’engins de débarquement et de commandos. Il est la plus exacte représentation contemporaine du BIG STICK (gros bâton) de la doctrine Monroe. Il est conçu pour intervenir dans les guerres dites asymétriques, c’est à dire dans tous les conflits contemporains où une menace anonyme, mal identifiée (terrorisme, piraterie..) ou faussement identifiée (« false flag operations ») contre les intérêts des Etats-Unis et de leurs multinationales est détectée

L’US NAVY qui a déjà acquis 4 LCS pendant l’ère BUSH, doit choisir entre deux modèles : le premier serait construit par General Dynamics (images1 et 1 bis)

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le second (2) par un groupement composé de Lockheed-Martin, Gibbe and Cox et les chantiers italiens Fincantieri

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L’Image ci-dessous fait apparaitre (triangles bleus) les contributions de l’industrie d’armement israélienne à l’équipement du navire.

Ceci permet de souligner que s’ajoutent à l’aide US budgétaire directe à l’armée israélienne qu’OBAMA vient de faire reconduire pour une période de 10 ans au niveau de 3 milliards de $ par an , les contrats industriels passés par les industriels US aux équipementiers israéliens.

Subsidiairement, on imagine assez bien l’usage que la marine israélienne pourrait faire de cet engin sur les côtes libanaise ou syrienne.

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Quel que soit le constructeur choisi, le nouveau programme prévu porte sur l’achat de 55 navires pour un prix voisin de 500 millions de $ pièce soit un total compris entre 25 et 30 milliards de dollars et il est connu, même dans les couloirs du Congrès à Washington, que les devis militaires sont le plus souvent dépassés. Le prix des quatre premiers LCS en service a été multiplié par deux entre la commande et la livraison.

Avec 55 navires, l’US NAVY se donne les moyens d’intervenir à tout moment sur tous les littoraux de la planète et l’administration OBAMA donne une nouvelle démonstration de sa politique agressive et de sa totale soumission au complexe militaro-industriel.

COMAGUER

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Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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