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Vers une TROISIEME Guerre Mondiale

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Feb 2013 à 21:22

Serguei Lavrov critique la position de l’OTAN au sujet de l’Iran et des crises en Syrie, au Mali

Munich, 2 février (RHC-EFE)- Le ministre russe des Affaires étrangères,  Serguei Lavrov, a critiqué la position des pays de l’Occident et de l’OTAN vis-à-vis de la situation en Syrie, au Mali ainsi que sur les discussions au sujet du programme nucléaire en Iran.

Lors de la Conférence de Sécurité de Munich, qui a lieu depuis hier dans cette ville allemande, le chef de la diplomatie russe a signalé que la façon avec laquelle l’alliance belliciste fait face aux problèmes n’aide pas et il a ajouté que la communauté internationale devrait adopter une approche du thème plus globale qui ne soit pas centrée sur les intérêts exclusifs de l’Europe et des Etats-Unis.

Serguei Lavrov a lancé une alerte sur le risque d’armer l’opposition en Syrie. Il considère possible d’obtenir la fin de la violence au moyen d’un dialogue inclusif, avec tous les acteurs impliqués dans chaque conflit.



Edité par T 34 - 02 Mar 2013 à 19:12
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Mar 2013 à 20:08

Guerres impérialistes : des soldats sans visage

 
 

On sait tout des djihadistes ; leurs chefs, leur modus operendi, leurs origines, les noms des groupes auxquels ils appartiennent, jusqu’aux détails de leurs différences. Rien de ce qui les concerne ne nous est étranger. Leurs états d’âmes nous sont aussi familiers que ceux de nos collègues de travail. Ce qu’on appelait prudemment nébuleuse, n’en est plus une. Ses contours sont désormais bien dessinés. On sait qui est qui et qui fait quoi, au point que toutes leurs actions sont devenues prévisibles.

Il est loin le temps où le « soldat ennemi » n’était qu’une ombre lointaine, cantonnée au front lui-même lointain même quand il se trouvait à nos portes. Seuls nos soldats savaient vraiment ce que représentaient, en termes de menace et de mort, ceux qu’ils avaient en face. Et nos soldats, nous les connaissions bien. Ils étaient des nôtres, ils étaient nous. Chaque soldat avait la tête d’un frère, d’un père, d’un fils ou d’un ami, et parfois même, était le reflet (parfois nostalgique) de ce que l’on fut pendant le service militaire.

Bien sûr, l’Armée reste l’Armée. On peut utiliser et triturer les mots dans tous les sens, il n’en demeure pas moins que les militaires sont formés pour tuer. Tuer le plus efficacement possible avec un minimum de dégâts pour soi. On a bien essayé d’enrober cette dure vérité par des mots plus doux, plus acceptables. On a ainsi vu disparaître le ministère de la Guerre, remplacé par le ministère de la Défense. C’est moins agressif, et même plus noble. Quoi de plus beau que de défendre sa patrie ? L’armée devenait de fait un instrument de défense nationale. Les discours sonnaient faux, mais restaient acceptables. Il y eut bien quelques interventions extérieures et quelques « évacuations de ressortissants français », mais l’armée restait notre Armée, les soldats restaient nos soldats.

Jacques Chirac vint à passer par là et décida de transformer notre armée en armée de métier, imitant en cela beaucoup de pays. Décision lourde de conséquences, car elle entraînait la redéfinition de la nature même de l’armée telle que nous la connaissions jusqu’ici. Il a fallu tout revoir, y compris ses rapports avec les citoyens. Et, de fait, livre blanc après livre blanc, l’armée a été remaniée, restructurée, avec à chaque fois des réductions d’effectifs et des fermetures de casernes dont la présence était parfois la base de l’économie de certaines villes-garnisons. Ainsi relookée, elle est devenue une armée de spécialistes, super entrainés et hyper efficaces…mais pour des interventions extérieures. L’armée, qui aime bien les sigles et les abréviations, appelle ça Opex : opérations extérieures. Toutes ses capacités et ressources sont mobilisées dans ce sens. La défense nationale ? Oubliée. Seuls les discours y font encore référence. D’ailleurs, comment envisager de défendre le sol d’un pays comme la Frances avec une armée de seulement 120 000 hommes, dont tous les moyens sont orientés vers l’offensive ? Et se défendre contre qui ? Qui, dans le monde, a intérêt ou oserait attaquer la France ou un autre pays européen appartenant à l’OTAN ? Car la défense de la France est désormais assurée par l’OTAN, c’est-à-dire l’étranger. Qui l’eût cru ?

En plus de l’indépendance politique perdue, la France perd ses moyens de défense propres. Son armée agit et fonctionne comme l’OTAN et toujours dans le cadre de l’OTAN pour la moindre de ses Opex, sachant qu’en cas de coup dur ou de difficultés, elle peut faire appel au grand frère américain. Du coup, tous les militaires, qu’ils soient américains, français, anglais ou allemands, appartiennent tous à la même armée. Les armées nationales sont diluées dans une sorte de machin dont le commandement échappe aux pays membres et qui protège des intérêts venant d’ailleurs. Comme pour aggraver le flou, ces militaires combattent aux côtés de compagnies de sécurité privées accompagnées de leurs cohortes de brigands fanatisés, le tout formant pour le coup, une vraie nébuleuse élargie et inextricable.

Comment, alors reconnaître les siens ? Comment justifier leurs actions, connaissant le pedigree de leurs associés ? Dans aucune culture, aucune société on ne dénigre son armée. Ni en France ni ailleurs. Les commémorations, les défilés, les prises d’armes dans tous les pays permettent de maintenir cette règle. Alors on ne dénigre pas, on ne condamne pas. Mais on fait pire : on ignore. On préfèrera dire l’Armée française que « notre » armée, soldats français que « nos soldats ». La grande solidarité nationale qui existait en profondeur avec la grande muette a disparu. Il n’y a plus que des supporters, au même titre que ceux d’une équipe de football lors d’un grand match, avec la connaissance des joueurs en moins. On applaudit et vibre avec eux quand ils gagnent, on est triste quand ils perdent, mais ça ne va pas plus loin. On n’est pas vraiment concerné.

Ces soldats inconnus, qui se battent pour la France, se battent-ils pour les Français ? Personne ne peut le croire, pas même eux. D’ailleurs, ils ne se posent pas la question. Ils font leur job. Car ce n’est qu’un job, comme n’importe quel autre job. Ils font le boulot auquel ils ont été formés et pour lequel ils sont payés. Ils sont en opération parce que c’est leur métier et que leur patron le leur a commandé. Et aussi parce que c’est un bon moyen de gagner du galon et d’accumuler des points pour la retraite, ou d’arrondir les fins de mois pour continuer à payer les traites de la maison ou les études du petit dernier. Dans un contexte économique aussi incertain que celui où nous vivons, l’armée apparaît comme une sorte de nid sécurisé permettant de subvenir aux besoins de sa famille, même si, pour beaucoup, il ne s’agit que d’un CDD. On rentre dans l’armée comme on irait se faire embaucher dans n’importe quel emploi civil. Aux yeux du public, il n’y a aucune différence. Au point que l’on ne tolère plus un seul mort dans les combats, tout comme on le refuserait dans un lieu de travail ordinaire. On est même plus prêt à accepter un accident de travail mortel dans une usine que la mort d’un combattant, événement qui, même s’il est indésirable, ne peut pourtant pas être considéré comme un accident de travail.

Mais ces morts ont au moins un mérite. Celui de nous rappeler, de temps à autre, que les militaires ont un visage. Un visage d’hommes que l’on envoie tuer et se faire tuer. En mettant une vie derrière chaque visage, on peut prendre la mesure des missions qu’on leur confie en notre nom, et peut-être se poser des questions que les militaires, de par leur statut, ne peuvent pas se poser. Par exemple, pourquoi le gouvernement français les implique dans toutes les guerres étasuniennes. Ou encore, pourquoi sont-ils devenus les premiers supplétifs des américains dans leur impérialisme, détrônant la Grande Bretagne comme en avait rêvé Sarkozy. On le voit bien au Mali, où les États-Unis reprennent progressivement les rênes, reléguant la France au rôle de lieutenant dans une coalition afro-française, pour laquelle elle a déjà dépensé des dizaines de millions de dollars – 96 millions de dollars pour la seule MISMA.

Il serait intéressant de pouvoir répondre à ces questions. Mais l’idéal serait que les militaires se donnent eux-mêmes un visage en prenant conscience qu’ils sont des soldats de la nation et non de l’état, l’état n’étant qu’une structure que se donne une nation pour pouvoir vivre sa vie. Il faudra qu’un jour des constitutionnalistes, des juristes, des sociologues ou n’importe quelle autre personne autorisée arrive à nous ancrer cette idée dans la tête.

Avic

http://avicennesy.wordpress.com/

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Mar 2013 à 16:53

Le Secrétaire Général de l’ONU réclame l’approbation du traité sur le commerce des armes

Nations Unies, (RHC).- Le Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki Moon, a sommé les états membres de surmonter les différences pour adopter le Traité sur le commerce d’armes.

4 jours avant le début des négociations sur le projet de norme, le Secrétaire Général de l’ONU a rappelé la responsabilité collective pour en finir avec le manque de régulations du commerce global d’armes conventionnelles.

Ban Ki-Moon a confirmé son appui au texte qui sera discuté et qui régule les transferts d’armes et des munitions et établit des normes communes pour les pays exportateurs.

 
El nuevo telon de acero (esta vez espacial) levantado, como el anterior,
por la agresividad del imperialismo norteamericano y de la OTAN
 


Edité par T 34 - 17 Mar 2013 à 15:10
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Mar 2013 à 18:45

La Russie confirme son opposition au bouclier antimissile des Etats-Unis

Moscou, 18 mars (PL, RHC).- Le vice ministre russe des Affaires étrangères, Serguei  Ryabkov a déclaré que la Russie ne va pas changer sa position au sujet du bouclier anti-missile étasunien en Europe et cela malgré les modifications annoncées par le Pentagone au programme initial.

Nous ne voyons pas de raisons pour changer notre position, nous ne voyons pas non plus ces modifications comme des concession faites à la Russie - a déclaré le diplomate au quotidien Kommersant.

Le Pentagone a annoncé vendredi, des plans pour renforcer le bouclier dans la région d’Alaska et de la Californie, par le déploiement supplémentaire de 14 missiles  intercepteurs  et un second radar au Japon pour contrecarrer une présumée menace venant de la République Populaire de Corée.

L’OTAN nie des changements dans le programme antimissile

Bruxelles, 19 mars, (RHC).- Le Secrétaire Général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a déclaré que la décision étasunienne de suspendre la 4è partie du système antimissile régional, ne va pas affecter la sécurité de l’Europe.

Il a assuré que les 3 premières phases du bouclier nucléaire qui doivent être réalisées en Europe, restent invariables.

Le Secrétaire Général de l’OTAN a prétendu que ce système de défense n’était pas dirigé contre la Russie mais contre l’Iran et la Corée du Nord. Il a  dit qu’au contraire l’Otan cherchait à resserrer ses liens avec Moscou.




Edité par T 34 - 20 Mar 2013 à 21:59
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Mar 2013 à 14:51

La Russie somme Washington d’expliquer les changements dans son bouclier antimissile

Moscou, 27 mars, (RHC).- Le représentant permanent de la Russie auprès de l’OTAN, Alexander Grushko, a déclaré que Moscou attend toujours des explications sur les changements annoncés par les Etats-Unis au sujet du bouclier antimissile, programme qui avait été amplifié sous la première administration Obama.

Dans une vidéo conférence depuis Moscou, Alexander Grushko a dit qu’il espère que les Américains vont donner des explications dans un bref délai sur ce projet qui est la pierre angulaire des contradictions bilatérales des derniers temps.

Le diplomate a expliqué que la Russie réclame à Washington depuis l’administration  Bush, des garanties juridiques sur le fait que ce projet ne représente pas une menace au potentiel nucléaire russe.

Le programme du bouclier antimissile, modernisé en 2009 par l’administration Obama a ajouté aux enclaves de missiles et de surveillance en Pologne et République Tchèque, le déploiement d’un radar en Turquie, d’un système détecteur Aeyis dans la base espagnole de Rota et des missiles intercepteurs en Roumanie.

Cuba expose aux Nations Unies les défauts du Traité sur le Commerce d’Armes

New York, 29 mars (PL) – Cuba a relevé que le Traité échoué sur le Commerce d’Armes  est bourré d’ambiguïtés, d’inconsistances, d’indéfinitions et de vides et qu’il est loin des demandes et des besoins de la communauté internationale.

Prenant la parole à la conférence finale sur ce traité, l’Ambassadeur cubain à l’ONU Rodolfo Benítez a indiqué que les intérêts de certains États ont été privilégiés au détriment de la souffrance humaine causée par le trafic illicite et non contrôlé d’armes.

Le diplomate a ajouté que la conférence donnait une opportunité historique pour donner une réponse efficace aux graves conséquences du trafic illicite et non contrôlé d’armes, mais que l’on n’a pas profité comme il faut de cette opportunité historique.

L’Iran, la République Démocratique de Corée et la Syrie se sont opposés à l’approbation de ce traité ambigu. Le consensus nécessaire pour l’adoption du document n’a pas été obtenu.

Rodolfo Benítez a indiqué que le traité présenté a omis l’interdiction de transferts internationaux d’armes à des individus, à des groupes et à des institutions qui ne sont pas dûment autorisés par les autorités de l’État récepteur.

“Il s’agit des mêmes agents non étatiques qui figurent parmi les principaux responsables du détournement et du trafic illicite d’armes et des fléaux qui y sont associés » -a-t-il précisé-.

Il a relevé que cette omission a affaibli sensiblement le traité et qu’elle a porté atteinte à son efficacité, car il légitimerait de fait les transferts d’armes sans le consentement du gouvernement de l’État récepteur.

Rodolfo Benítez a critiqué le fait que le traité n’incluait pas l’interdiction du transfert d’armes pour réaliser des actions de recours ou de menace du recours à la force y compris des actes d’agression, ce qui va à l’encontre de la Charte de l’ONU

« Le texte a privilégié les pays exportateurs car il leur permet d’évaluer, comme ils l’entendent, le comportement des pays importateurs sur la base d’une liste de critères subjectifs et imprécis qui peuvent être l’objet d’abus et de manipulation pour des motifs politiques » -a-t-il signalé-.

« Cela peut entraver le droit des États d’acquérir et de posséder des armes pour leur légitime défense qui est reconnu dans l’article 51 de la Charte des Nations Unies » -a-t-il ajouté-.

L’Ambassadeur de Cuba a également lancé une mise en garde contre le fait que, dans sa rédaction finale, le traité pourrait devenir un nouveau système de contrôle du transfert de technologies, d’équipements et de pièces détachées pour entraver leur utilisation dans le secteur civil.

Source


Edité par T 34 - 05 Apr 2013 à 14:20
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Apr 2013 à 14:32

Course aux armements dans le Golfe

 

Mohssen Massarrat محسن مسرت

 
Le gouvernement allemand ignore que les exportations d’armes vers l’Arabie saoudite sont le ferment de guerres futures.

 
Angela Merkel und Thomas de Maizière ne se lassent pas de justifier les considérables exportations d’armes en direction de l’Arabie saoudite et autres États du Golfe : il s’agirait par là de contribuer à la stabilité du Moyen-Orient, car l’Arabie saoudite serait en définitive un facteur de stabilité. Cet argument marche bien, car l’opinion publique occidentale croit de toute façon depuis longtemps que l’Iran menace non seulement Israël, mais aussi ses voisins. Un contrepoids à la puissance militaire iranienne - en l’occurrence des blindés allemands type Léopard 2 et des frégates militaires ainsi que des Jets F-15 US-américains contribueraient donc à la stabilité régionale. Cette vision apparemment logique a malheureusement un petit défaut soigneusement dissimulé. Car cet équilibre militaire cache une course aux armements qui en guise de stabilité pourrait bien engendrer la guerre.  Dans les années 80, la guerre Iran-Irak, qui a duré huit ans et fait un million de victimes, dont 300 000 morts, et des dommages de guerre s’élevant à plusieurs centaines de milliards de dollars des deux côtés, a été précédée par une gigantesque course aux armements. Que dans le contexte actuel la Chancelière allemande et son Ministre de la défense veuillent bien s’en souvenir.
 
À l’époque les USA pourvoyaient le Shah d’Iran des armements dernier cri, tandis que l’Union soviétique livrait à Saddam Hussein une important arsenal, pour opposer à la domination des vassaux des USA au Moyen-Orient un contrepoids militaire. Certes la guerre froide est terminée, mais l’histoire semble se répéter, même si les rôles sont inversés. La Russie fournit à l’Iran les armes que celui-ci ne peut fabriquer lui-même, tandis que l’Occident arme massivement l’Arabie saoudite et autres États du Golfe, sous prétexte de contenir la domination régionale iranienne par un contrepoids militaire et de stabiliser ainsi la région. Nos hommes et femmes politiques n’ont de toute évidence rien appris de l’histoire et ignorent les conséquences dévastatrices des exportations d’armes en direction du Moyen-Orient, qui remontent à moins de quarante ans. Outre les victimes humaines et la destruction de la nature, la guerre irano-irakienne a marqué le début d’une ère de nouvelles guerres, course aux armements et conflits qui dure toujours. La mainmise rampante des Gardiens de la révolution sur l’économie et la politique de la République islamique d’Iran et l’actuel conflit autour du programme nucléaire iranien sont une conséquence directe de cette guerre, dont tous les fournisseurs d’armement, Allemagne incluse, sont coresponsables. Le traumatisme consécutif à l’emploi par Saddam Hussein, au cours de guerre Iran-Irak, d’armes chimiques allemandes, qui ont fait des dizaines de milliers de victimes, est l’une des causes principales de la décision de Téhéran en faveur d’un programme nucléaire. Les hommes et femmes politiques allemands ont-ils déjà oublié cette guerre et ne voient-ils pas que la poursuite des exportations d’armes en direction du Moyen -Orient est justement sur le point de verser de l’huile sur le feu et de favoriser l’éclatement d’une nouvelle guerre ?
 
 
De fait, sous nos yeux, une nouvelle course aux armements a commencé dans la région. L’option militaire contre les installations nucléaires iraniennes a provoqué de la part de la République islamique une course massive aux armements terrestres, aériens et navals, qu’à leur tour les États du Golfe perçoivent comme une menace - à la grande joie du complexe militaro-industriel aux USA et en UE. Les USA ont ainsi conclu en 2012 avec l’Arabie saoudite un deal à hauteur de 60 milliards de dollars US. Il comportait 84 avions de combat F-15, la modernisation de 70 appareils du même type et 70 hélicoptères de combat Apache. L’Arabie saoudite projette de devenir, avec 400 jets de combat et 18 000 soldats, la première puissance militaire aérienne du Golfe arabo-persique. Les autres monarchies du Golfe, surtout les émirats arabes (Qatar, Koweït et sultanat d’Oman) ont participé avec enthousiasme à cette course aux armements en effectuant les plus importantes importations d’armes de leur histoire. La foire aux armements organisée récemment à Abou Dhabi est l’une des plus grandes du monde.
 
Le gouvernement allemand ne devrait-il pas voir un signal d’alarme très clair dans la coïncidence entre ce réarmement des États arabes sunnites du Golfe et la demande faite par les « néocons » US-américains d’une intervention militaire contre l’Iran chiite ? En tout cas on ne peut pas ignorer que les attentats quasi-hebdomadaires d’Al Qaida contre les chiites irakiens et pakistanais excitent la haine entre les sunnites et les chiites. Le gouvernement allemand trouve-t-il sans importance que l’Arabie saoudite et les autres émirats du Golfe - tous des dictatures - œuvrent   dans le même sens que l’industrie pétrolière, le complexe militaro-industriel et les néocons états-uniens et constituent depuis longtemps une axe efficace de recyclage des pétrodollars dans l’achat d’armement ? En tout cas cette alliance invisible pourrait être à même de faire échouer la politique iranienne plus modérée d’Obama et entraîner les USA dans une nouvelle guerre. Et le gouvernement allemand a-t-il réfléchi aux motifs qui poussent les monarchies pétrolières à vouloir acquérir des blindés Léopard 2 et des navires de guerre ? Il serait en tout cas bien naïf d’imaginer que leur goût pour l’excellent travail allemand est la seule raison de ces achats d’armement. Serait-il possible que toutes ces armes allemandes servent à impliquer la RFA dans une guerre à venir ? Du moins les deux côtés sont-ils d’ores et déjà engagés militairement dans le conflit syrien.
 
Source: http://www.jungewelt.de/2013/04-02/028.php
Date de parution de l'article original: 02/04/2013
Traduit par  Michèle Mialane
 


Edité par T 34 - 10 Apr 2013 à 22:59
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USA/Otan, locomotive de la dépense militaire mondiale (Il Manifesto)

 
 

Mais quelle crise ? En 2012 l’Italie est montée à la dixième place des pays qui ont les plus grosses dépenses militaires du monde, au lieu de la onzième place en 2011. L’information vient du Sipri, le réputé institut international dont le siège est à Stockholm, qui a publié hier les dernières données sur la dépense militaire mondiale. Celle de l’Italie se monte à environ 34 milliards de dollars en base annuelle, équivalents à 26 milliards d’euros. C’est-à-dire 70 millions d’euros par jour, dépensés en argent public pour les forces armées, armements et missions militaires à l’étranger. Alors que les fonds manquent même pour payer le chômage.

USA/Otan toujours en tête

Ceux qui font la locomotive de la dépense militaire mondiale, qui a grimpé en 2012 à 1753 milliards de dollars, sont encore les Etats-Unis, avec 682 milliards de dollars, équivalents à environ 40% du total mondial. Alliés compris, la dépense militaire de l’Otan se monte à plus de 1.000 milliards annuels, représentant 57% du total mondial.

Parmi les « G-10 » -USA, Chine, Russie, Grande-Bretagne, Japon, France, Arabie saoudite, Inde, Allemagne, Italie- dont la dépense militaire équivaut aux trois-quarts de la dépense mondiale, les Etats-Unis dépensent plus que les neuf autres réunis. Dans la présentation du budget du Pentagone on rappelle que les Usa possèdent « les forces armées les mieux entraînées, les mieux dirigées et les mieux équipées qui aient jamais été réalisées dans l’histoire » et qu’ils sont décidés à garder ce primat.

L’objectif du pentagone est de rendre les forces étasuniennes plus agiles, plus flexibles et prêtes à être déployées encore plus rapidement. La réduction des forces terrestres entre dans la nouvelle stratégie, testée avec la guerre de Libye : utiliser l’écrasante supériorité aérienne et navale étasunienne et faire porter la plus grosse charge aux alliés. Ça n’est pas pour autant que les guerres coûtent moins : les fonds nécessaires sont autorisés d’une fois sur l’autre par le Congrès, qui les ajoute au budget du Pentagone.

Les coupes budgétaires militaires étasuniennes annoncées de 45 milliards annuels pour la prochaine décennie restent donc entièrement à vérifier. On doit en outre tenir compte dans la dépense fédérale, en plus du budget annuel du Pentagone, d’autres postes à caractère militaire –parmi lesquels 140 milliards annuels pour les militaires à la retraite, 53 pour le « programme national de renseignement », 60 pour la « sécurité de la patrie »- qui portent la dépense réelle étasunienne à plus de 900 milliards, soit plus de la moitié de la dépense mondiale.

La compétition des autres

La stratégie des USA a aussi pour objectif d’augmenter la dépense militaire des alliés, internes ou externes à l’Otan, car c’est l’industrie guerrière étasunienne qui leur fournit la majeure partie des armements. Les résultats sont au rendez-vous : la dépense militaire de l’Europe orientale a augmenté en 2012 de plus de 15% par rapport à l’année précédente. La Pologne, en dix ans, ajoutera à son budget militaire 33,6 milliards d’euros pour potentialiser ses forces armées en réalisant (avec des technologies importées des USA) son propre « bouclier de missiles » dans le cadre de celui des USA/Otan.

Forte augmentation aussi de la dépense militaire des alliés moyen-orientaux, qui a augmenté en une année de plus de 8% : en tête se trouvent Oman, avec 51% d’augmentation et l’Arabie saoudite avec 12%. Forte croissance aussi de la dépense militaire de l’Afrique du Nord, avec une augmentation de 7,8%. En Amérique latine c’est le Paraguay qui est en tête avec une augmentation annuelle de 51% pendant que celle du Mexique a grossi de 10% environ.

Dans les estimations du Sipri, la Chine reste au deuxième rang mondial, avec une dépense estimée pour 2012 à 166 milliards de dollars, équivalents à 9,5% de la dépense mondiale. Mais son rythme de croissance (175% en 2003-2012) est supérieur à celui des autres pays. Cette accélération est due fondamentalement au fait que les Usa sont en train d’opérer une politique de « containment » de la Chine, en déplaçant de plus en plus le centre focal de leur stratégie dans la région Asie/Pacifique. En rapide augmentation aussi la dépense de la Russie qui, avec 90 milliards de dollars, se place au troisième rang mondial.

Le chœur de ceux qui ont accueilli les données du Sipri en chantant les louanges des « coupes » dans la dépense militaire étasunienne et de l’ « effondrement » de la dépense italienne se livre à une tentative grotesque de cacher la réalité : on jette dans le puits sans fond de la dépense militaire d’énormes ressources qui, au lieu d’être utilisées pour résoudre les problèmes vitaux, servent à préparer de nouvelles guerres en aggravant la condition de pauvreté où est reléguée la moitié de la population mondiale.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 16 avril 2013 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/...

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Cet article prend la place de la rubrique hebdomadaire L’art de la guerre, dont la forme réduite ne permettait pas de traiter le sujet abordé aujourd’hui par l’auteur.

Il a été publié en italien sous le titre Rapporto Sipri 2012 : l’Italia, con 34 miliardi di dollari investiti, pari a 26 miliardi di euro, sale tra i « 10 Grandi » della spesa militare. Le titre de la version française a été proposé par l’auteur. NdT.

Manlio Dinucci est géographe et journaliste.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Apr 2013 à 15:42

Coca-Cola et armes pour la « paix » (Il Manifesto)

 
 

Le secrétaire d’Etat John Kerry est désormais chez lui au Moyen-Orient, pour prouver l’ « engagement Usa pour la paix » dans cette région cruciale. A Istanbul il a demandé au premier ministre turc Erdogan, qui sera reçu par Obama en mai, de renvoyer sa visite à Gaza « pour ne pas gêner la reprise des négociations de paix israélo-palestiniennes ». En même temps, est arrivée à Istanbul une équipe de fonctionnaires israéliens pour le dédommagement des familles des pacifistes turcs tués ou blessés dans l’attaque contre la Freedom Flotilla en route pour Gaza, qui a eu lieu selon Netanyahu à cause d’ « erreurs opérationnelles ». Version acceptée par Erdogan, mais pas par les familles des victimes, qui ont refusé le dédommagement (100.000 dollars par famille) en posant comme condition qu’Israël abolisse les restrictions de mouvements des personnes et des marchandises à Gaza. Kerry a entre temps annoncé un plan pour donner une impulsion à l’économie palestinienne, auquel collabore la multinationale Coca-Cola. Résultat garanti : les Palestiniens ne pourront pas avoir le gaz de leurs gisements à Gaza, dont ils ont été expropriés, ni l’eau qui leur est enlevée par les Israéliens, mais en compensation ils pourront boire du Coca-Cola.

Pour renforcer l’engagement étasunien pour la « paix au Moyen-Orient », est arrivé le néo-secrétaire à la défense Chuck Hagel, pour une visite en Israël, en Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis : les trois alliés à qui les Usa vendront un autre « paquet » d’armements d’une valeur totale de 10 milliards de dollars. Autre gros business pour l’industrie guerrière étasunienne. A Israël vont être fournis les armements les plus avancés : des missiles de nouveau type, plus efficaces que les précédents, pour détruire les radars ennemis au moment de l’attaque ; des radars encore plus avancés pour les chasseurs bombardiers ; de nouveaux avions citernes KC-135 pour l’approvisionnement en vol ; des vélivoles pour le transport de troupes V-22 Osprey, un hélicoptère-avion hybride, qu’Israël sera le seul à posséder en plus des Usa. Israël ne les paiera qu’en petite partie, parce qu’il reçoit cette année des Usa une « aide militaire » de 3 milliards de dollars.

Ces armements sont destinés à potentialiser la capacité d’Israël à attaquer l’Iran et d’autres pays de la région. La position de Washington, qui juge « prématurée » une attaque unilatérale israélienne contre l’Iran, ne vise donc pas à empêcher cette attaque mais à mieux la préparer et la coordonner. Même objectif pour les armements fournis aux deux alliés arabes : ceux-ci recevront des bombes de précision, qui sont larguées à distance de l’objectif. Ce sont des armes adaptées aux 84 chasseurs F-15 que l’Arabie saoudite est en train d’acheter aux Usa, dans le cadre d’une maxi fourniture de 29,5 milliards de dollars décidée en 2010, et aux 26 F-16 que les Emirats arabes unis achèteront avec la nouvelle fourniture.

Enfin, Kerry et Hagel ont annoncé le redoublement de l’aide étasunienne aux « rebelles » syriens et l’envoi d’autres militaires en Jordanie pour une possible intervention dirigée contre la Syrie. Mission « de paix » réussie : guerre assurée.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 23 avril 2013 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/...

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


EE.UU. interviene en conflictos armados en 74 países


Edité par T 34 - 14 May 2013 à 15:56
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 May 2013 à 19:09

L'intervention des États-Unis dans des conflits armés dans 74 pays est dénoncée

Ottawa, 14 mai (RHC- Granma)- Le site web canadien Global Research a accusé Washington d'aider les forces favorables à ses intérêts en tant que puissance. Ce site a fait savoir que les États-Unis participent actuellement à des conflits armés dans 74 pays et maintiennent des bases militaires dans des nations des 5 continents.

Global Research a signalé que les États-Unis dédient de nombreuses ressources humaines et financières à des exercices militaires, à des programmes anti terroristes, à l'espionnage et à l'appui logistique.

Le site a signalé aussi que le gouvernement du président Barack Obama a augmenté la présence des forces d'opérations spéciales dans 60 pays et dans certains d'entre eux elles accomplissent des missions cachées sous des prétextes comme la lutte anti drogues.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 May 2013 à 00:42

Les États-Unis et leur ingérence dans le monde

Par María Josefina Arce

Le Héros National de Cuba, José Martí, avait su voir, aussi tôt qu'au 19è siècle, le danger que représentait l'impérialisme étasunien naissant. Les États-Unis ont une longue histoire d'interventions dans le monde entier et tout spécialement en Amérique Latine qu'ils ont toujours regardée avec convoitise et qui encore à l'heure actuelle, et malgré les changements enregistrés dans la région, ils continuent de considérer comme leur arrière-cour.

Le voisin du Nord a toujours cherché à étendre son hégémonie politique et économique dans le monde, pour ce faire il a envahi des nations, appuyé des groupes opposés à des gouvernements qui ne sont pas de leur grès.

Des prétextes comme la lutte contre le trafic de drogues, ou la protection de ressortissants étasuniens résidant dans des pays tiers, ou encore une prétendue croisade contre le terrorisme et bien d'autres, ont été brandis par Washington pour cacher leurs véritables objectifs : défendre leurs intérêts, s'approprier des ressources stratégiques et obtenir de la main d'œuvre bonne marché.

À l'heure actuelle les États-Unis participent de diverses façons à des conflits armés dans 74 pays.

Le site canadien Global Research a signalé que l'existence de bases militaires dans des pays des 5 continents, favorise la présence étasunienne.

Washington dispose de plus de 800 de ces enclaves distribuées un peu partout dans le monde, ce qui est en soit, un acte d'occupation d'autre nation. Des délits et des problèmes sociaux dans ces pays, découlent très souvent de la présence militaire étasunienne.

L'ingérence est un élément essentiel de la politique extérieure étasunienne. On avait cru que sous la présidence de Barack Obama, qui a reçu en 2009 le Prix Nobel de la Paix les choses changeraient un peu, mais la réalité est bien différente.

Global Research souligne que l'administration Obama a augmenté la présence des forces spéciales dans 60 pays, dans certains desquels, elles accomplissent des missions cachées, souvent sous couvert de la lutte contre le narcotrafic.

L'article signale qu'Obama a donné le feu vert à l'emploi de ces unités à des actions que l'ex président George W. Bush n'a pas approuvé durant son mandat, de telle sorte qu'il se présente comme un gouvernant beaucoup plus agressif, qui encourage de nouvelles zones de conflit dans diverses parties du monde.

Bien que de nombreux Étasuniens s'opposent aux guerres comme celle de l'Irak ou de l'Afghanistan, qui ont des coûts élevés, une chose est certaine : Beaucoup, notamment des hommes politiques bénéficient de la machine de guerre étasunienne.

Tout en garantissant aux transnationales de gros bénéfices, elle permet que des fonds astronomiques soient destinés à des projets d'infrastructure, d'assistance technique, d'entraînement entre autres, qui visent tous à préserver l'hégémonie militaire de l'empire dans le monde.

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L’Europe fait pression sur les États-Unis pour partager les drones, pas pour les supprimer (Drone Wars UK)

 
 

Les pays qui arborent le drapeau européen font de plus en plus pression sur les États-Unis pour obtenir des drones Predator armés et des drones Reaper. Comme nous l’avons déjà signalé, l’Allemagne veut acheter des drones Reaper armés aux états-Unis et la France a aussi annoncé cette semaine qu’elle "espérait" que les états-Unis accepteraient de lui vendre des Reapers non armés en attendant de lui fournir des drones armés.

L’Italie quant à elle, s’impatiente car les États-Unis ne répondent pas à sa demande d’armer les Reaper non armés qu’elle possède. Selon un article de Aviation News, l’Italie a dit qu’elle "cherchait d’autres solutions", comme par exemple de participer à un projet européen de fabrication secrète de drones. On sait que plusieurs programmes de drones sont déjà en cours de développement en Europe dont le Taranis de BAE System, le Neuron de Dassault et le Talarion de EADS (bien que l’avenir de ce dernier soit loin d’être clair). Cependant ils sont tous embryonnaires et les drones ne seront pas opérationnels avant de nombreuses années, c’est pourquoi les pays européens veulent acheter des drones Predator et Reaper.

Cette semaine l’Allemagne a annoncé qu’elle annulait le projet Euro Hawk. Inauguré en fanfare en 2011, Euro Hawk était une version allemande du drone de surveillance de Northrop Grumman, le Global Hawk. Différentes raisons ont été données à cette décision mais le ministre allemand de la Défense, Thomas de Maizière, a qualifié le projet "d’horreur sans fin" dans la déclaration qu’il a faite au Bundestag. L’annulation de ce projet, qui a déjà coûté 500 millions d’Euros à l’Allemagne, devrait lui permettre d’économiser 500 autres millions qu’elle pourra investir dans d’autres projets de développement de drones.

La Grande-Bretagne, quant à elle, continue d’utiliser les Reapers armés qu’elle a achetés aux États-Unis en 2007. La Grande Bretagne teste actuellement sur ses Reapers les missiles Brimstone fabriqués dans le pays à la place des missiles Hellfire fabriqués aux États-Unis. L’Angleterre pourra ainsi continuer plus facilement à utiliser ses drones Reapers après le "retrait" d’Afghanistan.

Des nouvelles statistiques du SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute) montrent qu’Israël a été le plus important agent de prolifération des drones au cours des dix dernières années avec 40% des drones exportés d’Israël. La plupart de ces drones non armés de petite ou de moyenne taille sont allés à des nations européennes mais des pays d’Amérique Latine et d’Afrique en ont aussi acheté. Selon YnetNews, la vente des drones rapporte 400 millions d’Euros par an à Israël.

Pendant que les autres pays essaient de rattraper leur retard dans la guerre de drones, les États-Unis ont fait cette semaine une série de tests importants sur leur nouveau drone indépendant X-47B. Pour la première fois, un drone sans pilote a décollé d’un porte-avion, effectué une mission programmée et atterri tout seul. Comme l’ont noté beaucoup de commentateurs, c’est un grand pas en avant.

Brossant un avenir inquiétant, des officiels du Pentagone ont dit, au cours de la même semaine, à une audience devant le Sénat sur les frappes de drones que la guerre contre le terrorisme était une guerre sans fin et sans limites qui durerait sans doute encore dix ou vingt ans.

Dans son éditorial, le LA Times a analysé cette semaine l’opposition dominante étasunienne aux frappes de drones qui demande à l’administration Obama de "reconsidérer l’ampleur et l’intérêt de la politique [des drones]". La demande principale de cette opposition est d’arrêter les assassinats ciblés et de remettre les drones de la CIA sous le contrôle de l’armée.

Sans doute pour répondre à ces demandes, des sources anonymes ont dit à Defense News cette semaine – en donnant par ailleurs de nouvelles informations intéressantes sur les opérations de drones de la CIA – qu’il ne serait sûrement pas possible de satisfaire la seconde demande parce que "elle serait difficile à mettre en oeuvre et que cela ne changerait pas grand chose" étant donné que ce sont déjà des officiers qui font fonctionner les drones de la CIA. Ceux qui insistent pour que l’armée reprenne le contrôle disent qu’au moins l’armée est surveillée et doit rendre des comptes ce qui n’est pas le cas des opérations de drones de la CIA, mais comme Jeremy Scahill l’a fait remarquer dans son dernier livre, un excellent ouvrage : Dirty wars : The World is a Battlefield (Sales guerres : le monde est un champ de bataille) en fait les opérations de l’armée étasunienne sont très peu contrôlées et on ne lui demande pas plus de rendre des comptes au public.

La Cour Suprême de justice de Peshawar a rendu cette semaine un jugement capital selon lequel les frappes de drones au Pakistan sont criminelles. Le président de la Cour Suprême, Dost Muhammad Khan, a ordonné au gouvernement pakistanais d’exiger des États-Unis l’arrêt des frappes de drones, en employant la force s’il le faut. Il a aussi demandé au Conseil de Sécurité de l’ONU d’intervenir.

Un groupe important d’experts, (Chris Woods de TBIJ, Jen Gibson de Reprieve et Dan Carey de Public Interest Lawyers) ont exposé les divers aspects légaux de l’utilisation des drones à l’Institute of Advanced Legal Studies à Londres cette semaine. Grâce à dieu, cette conférence a été enregistrée et on peut l’écouter ici. C’est vraiment un précieux résumé de la question et nous vous recommandons de l’écouter.

Pour consulter l’original : http://dronewarsuk.wordpress.com/2013/05/18/europe-presses-us-on-drone...

Traduction : Dominique Muselet

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Le Pentagone dit au Sénat américain que les guerres vont continuer durant des dizaines d’années

 
 

Témoignant devant la Commission du Sénat américain sur les Forces armées, jeudi, des responsables du Pentagone ont affirmé que les lois sur la « Guerre contre le terrorisme » leur accordent des pouvoirs étendus pour mener des guerres partout dans le monde, y compris aux États-Unis, sans l’autorisation du Congrès.

Le vice-ministre de la Défense Michael Sheehan, a affirmé que la loi AUMF d’Autorisation de l’usage de la force armée, votée en 2001 par le Congrès après les attentats du 11 septembre, constitue une autorisation effective du Congrès pour les prochaines guerres menées dans le cadre de la « Guerre contre le terrorisme. » De son point de vue, le Pentagone peut continuer sa campagne mondiale d’assassinats par drones et lancer de nouvelles guerres tant qu’elles sont classées dans la catégorie « guerre contre le terrorisme, » sans avoir besoin d’une nouvelle autorisation du Congrès.

« Pour le moment, tout va bien avec l’AUMF, telle qu’elle est actuellement, » a dit Sheehan. « Présentement […] cela fait l’affaire. »

Sheehan a clairement dit qu’il croyait que cette autorisation de guerre s’étendait jusqu’à un avenir indéfini. Il a dit, « De mon point de vue, cela va continuer pendant un bon moment, oui, au-delà du deuxième mandat du président […] je pense que ce sera au moins pour 10 ou 20 ans. »

La position de Sheehan représente un rejet flagrant de la constitution américaine. L’article 1, section 8, de la constitution dispose : « Le Congrès aura le pouvoir […] de déclarer la Guerre, d’accorder des lettres de marque, et d’établir des règlements s’appliquant aux captures sur terre et sur mer. » Cependant, les hauts responsables du Pentagone sont, dans les faits, en train d’affirmer que le pouvoir du Congrès sera, pour une durée indéfinie, surpassé par le président et l’armée qui pourront lancer des guerres sans limites, à volonté.

Si la question est présentée publiquement comme un débat sur la révision de l’AUMF, des sections puissantes de la classe dirigeante américaine sont en fait en train de prendre des mesures pour suspendre des dispositions essentielles de la constitution américaine et installer une dictature militaro-présidentielle. En réaction aux interrogations de sénateurs amicaux, les responsables du Pentagone ont indiqué qu’ils pensent que l’AUMF permet à l’exécutif d’envahir unilatéralement, sans y avoir été provoqué, d’autres pays et de mener une guerre sur le sol des États-Unis.
Le sénateur Lyndsey Graham a demandé si l’AUMF actuelle conférait au président américain Barack Obama l’autorité pour déployer « une présence militaire » au Yémen au Moyen-Orient, ou au Congo en Afrique. Le conseiller général en poste au Pentagone, Robert Taylor, a répondu par l’affirmative
.
« Seriez-vous d’accord avec moi si je dis que le champ de bataille se situe partout où l’ennemi choisit de l’établir ? » a demandé Graham.

Sheehan a répondu, « Oui, Monsieur, de Boston aux FATA [les Federally Administered Tribal Areas, au Pakistan], » faisant référence à ces régions qui sont une cible importante des attaques de drones américains, et à la prise de contrôle par l’armée de la ville de Boston le 15 avril lors des attentats contre le Marathon.

Dans le témoignage qu’il avait préparé, Sheehan a de plus écrit que « Etre citoyen américain n’immunise pas un membre de l’ennemi contre des attaques » de la part des forces américaines. Avec ce commentaire, Sheehan a encore une fois indiqué que le Pentagone approuve l’assassinat par les drones américains d’Anwar al-Awlaqi, un citoyen américain, le 30 septembre 2011. Washington n’a donné aucune preuve qu’Awlaki préparait ou menait un quelconque attentat contre les États-Unis, avant de l’assassiner avec un missile Hellfire.

Cela fait suite aux spéculations publiques, au début de l’année, du procureur général Eric Holder sur la possibilité d’assassinats extrajudiciaires contre des citoyens américains sur le sol américain, au cours d’opérations antiterroristes.

Tout le cadre des auditions au Sénat témoigne du profond déclin de la démocratie américaine. L’AUMF elle-même est un document antidémocratique, autorisant le président à utiliser la force contre toute « nation, organisation, ou personne, qui d’après lui a planifié, autorisé, commis ou contribué aux attentats terroristes qui ont eu lieu le 11 septembre 2001, ou abrité de telles organisations. »

Alors que l’AUMF était cyniquement présentée comme visant Al Quaïda et les Talibans afghans, Washington l’a pris comme un chèque en blanc pour mener des guerres impopulaires et commander des assassinats sur toute la planète.

Le prétexte était fondamentalement frauduleux, en ce que cette politique ne visait pas en premier lieu Al Quaïda. Elle visait à installer un pouvoir néo-colonial au Moyen-Orient, où la plupart des pays n’ont joué aucun rôle dans le lancement des attentats du 11 septembre, afin de prendre le contrôle de ressources pétrolières essentielles et de renforcer la position géostratégique de Washington vis-à-vis des autres grandes puissances étrangères. Elles visaient également à supprimer l’opposition populaire à une telle politique parmi la classe ouvrière américaine en installant un climat de peur et d’intimidation.

Les besoins changeants de la politique impérialiste américaine au cours des 12 dernières années ont complètement démenti le prétexte que ses guerres sont justifiées par l’AUMF. De nombreux groupes affiliés à Al Quaïda que Washington est en train d’attaquer, comme Al Quaïda au Maghreb islamique et Al Quaïda dans la Péninsule arabique, n’existaient pas en 2001 et n’ont joué aucun rôle dans les attentats du 11 septembre. Washington se sert même d’autres groupes, comme le Groupe islamique combattant en Libye ou le Front Al Nusra en Syrie, comme d’alliés de circonstance dans ses guerres pour un changement de régime dans ces pays.

Le Pentagone a réagi en affirmant que l’AUMF lui accorde également la possibilité de mener une guerre contre des « forces associées, »bien que ce terme n’apparaisse pas dans le texte de l’AUMF. Cela a provoqué des questions et même certaines critiques de la part des sénateurs.

Le sénateur Angus King a noté, « Vous avez pour l’essentiel réécrit la Constitution, là […] vous avez inventé ce terme, forces associées, et il annule les pouvoirs du Congrès sur la Guerre. » Il a ajouté, « Je ne suis qu’un vieux petit juriste de Brunswick, dans le Maine, mais je ne vois pas comment vous pouvez sérieusement lire ceci comme étant conforme à la Constitution. »

Le Sénateur John McCain a dit que, lorsque le Sénat avait voté l’AUMF en 2001, « Aucun d’entre-nous n’aurait pu envisager [d’accorder] l’autorité [pour déclencher une guerre] au Yémen ou en Somalie […] Que vous veniez ici nous dire que nous n’avons pas besoin de changer l’AUMF ou de la réviser, est, je pense, plutôt déconcertant. »

Le Sénateur Joe Donnelly a soulevé la question d’Al Nusra lors de l’audition au Sénat, et a demandé si en s’affiliant à Al Quaïda – comme l’a fait Al Nusra – un groupe devenait automatiquement une menace envers les États-Unis.

Sheehan a répondu, « Oui monsieur, même si je dois bien le reconnaître, on entre ici dans des zones un peu troubles, parce qu’il y a des groupes qui ont ouvertement affirmé leur soutien à Al Quaïda et pourtant, en fait ,en tant que gouvernement, nous n’avons pas complètement tiré toutes les conséquences de cela. »

Néanmoins, tous les sénateurs ont insisté sur leur accord fondamental concernant ce cadre frauduleux de la « guerre contre le terrorisme. » King a insisté, « je ne suis pas en désaccord sur le fait qu’il nous faut lutter contre le terrorisme. »

McCain a déclaré aux responsables du Pentagone, « Je ne vous le reproche pas, parce qu’en fin de compte vous avez carte blanche sur ce que vous allez faire de par le monde. »

Ces commentaires révèlent clairement la réalité politique que l’unique base sociale pour la démocratie aux États-Unis est la classe ouvrière. Même si l’AUMF et la « guerre contre le terrorisme » sont publiquement exposées comme des prétextes utiles à l’armée américaine pour s’emparer de pouvoirs immenses en violation de la Constitution, l’establishment politique officiel continue de soutenir le Pentagone, afin de faire progresser les intérêts stratégiques de l’impérialisme américain.

Alex Lantier

http://www.wsws.org/fr/articles/2013/mai2013/pent-m21.shtml 


La Russie réitère sa proposition d'un système anti- missiles unifié européen

Moscou, 25 mai (RHC-PL)- Le vice ministre russe de la Défense,Anatoli Antonov , a déclaré lors de la Conférence Internationale de Sécurité Europénne, que La Russie ne laissera aucun missile provenant du Sud traverser son territoire.

Anatoli Antonov a réitéré la proposition de créer un système unifié de défense anti- missiles et a écarté le retour de Moscou au Traité des Forces conventionnelles en Europe car la Russie considère qu'il est inopérant lorsqu'il y a des divergences sur le contrôle de l'Armement de l'OTAN et des États-Unis.

Il a rappelé que la Russie a décrété le moratoire de l'application de ses obligations dans le Traité en réponse au déploiement du bouclier anti-missiles promu par Washington.



Edité par T 34 - 26 May 2013 à 17:50
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Les Etats-Unis font de l’Europe une poudrière nucléaire

Les Etats-Unis ont décidé de moderniser leurs armes nucléaires tactiques déployées en Europe et sur le continent américain. Cette décision est loin de faire l’unanimité parmi les experts dans la mesure où elle menace l’équilibre des forces sur le continent. Ce qui clair, c’est que ce n’est pas une bonne nouvelle pour la Russie.

Barack Obama a proposé à Vladimir Poutine d’élaborer un accord bilatéral qui porterait sur la transparence des systèmes antimissiles balistiques (ABM) des deux Etats. Il s’agirait également de poursuivre la réduction des arsenaux nucléaires. Le président américain a invité son homologue russe à laisser dans le passé le concept nucléaire de la guerre froide. Cependant, quelque temps auparavant, le 20 avril dernier, le lancement du programme du Pentagone de modernisation des armes nucléaires tactiques (TNW) des bases américaines d’Europe et des Etats-Unis avait été rendu public.

Comme l’a rapporté le journal britannique The Guardian, 11 milliards de dollars ont été alloués à ce programme qui prévoit d’équiper les deux cents bombes nucléaires tactiques B-61, stationnées en Europe, de systèmes de guidage de précision, et de les adapter aux avions de combat F-35. Ainsi, une fois le projet mené à bien en 2019-2020, l’arsenal nucléaire américain en Europe aura fait peau neuve avec des bombes atomiques dotées d’un guidage de haute précision et un ensemble de moyens modernes de largage avec des avions indétectables. Le « virage nucléaire à 180 degrés » effectué par Barack Obama, que plusieurs analystes occidentaux ont commenté est évident. Mais une question demeure : pourquoi ?

Les Etats-Unis ont besoin des armes nucléaires tactiques déployées en Europe pour plusieurs raisons, estime Vladimir Evseev, directeur du Centre de recherche politique et sociale. Selon lui, les Américains s’assurent pour l’avenir. En cas de détérioration des relations avec la Russie, les États-Unis pourront s’appuyer sur la présence d’armes nucléaires en Europe. Pour les Etats-Unis, il s’agit d’armes nucléaires tactiques. Pour la Russie, il s’agit en fait d’armements stratégiques, car ils peuvent atteindre la quasi-totalité du territoire de la Fédération de Russie, grâce aux véhicules dont l’OTAN dispose en Europe. Vladimir Evseeva déclaré a déclaré à La Voix de la Russie que :

« Les Etats-Unis font manifestement pression sur la Russie afin de réduire les armements nucléaires tactiques russes, qui dépassent ceux des Américains. Mais, ces armements nucléaires tactiques compensent la faiblesse de nos forces conventionnelles, de nos armes de haute précision, ainsi que l’absence, côté russe, de défense antimissile. De ce point de vue, les États-Unis proposent la chose suivante : ne faisons plus de différence entre armes tactiques et stratégiques, et passons un accord en vertu duquel il sera possible de réduire les armements nucléaires de façon globale. Cette approche dessert la Russie. »

Les armes nucléaires tactiques russes ne menacent pas le territoire des Etats-Unis, mais elles pourraient, en théorie, être utilisées contre les bases militaires américaines en Europe, y compris contre le système de défense anti-missile en cours de création. Et, bien sûr, ces armes menacent potentiellement les alliés européens des États-Unis. Ainsi, pour les Etats-Unis et certains de leurs alliés européens restés à l’heure de la Guerre froide, les 200 bombes B-61 constituent un symbole important de la volonté américaine de venir, si besoin, au secours de l’Europe. C’est un symbole de l’unité de l’OTAN, selon l’analyste militaire Alexandre Goltz. Toutefois, selon lui, tous les Etats de l’OTAN sont loin de soutenir ce système – y compris parmi les pays où les bombes sont déployées. La Belgique et l’Allemagne ont, par exemple, soulevé à plusieurs reprises la question du retrait de ces bombes de leur territoire.

Ce faisant, la Russie n’est pas opposée aux négociations portant sur la réduction des armes nucléaires tactiques, explique Alexandre Goltz :

« Elle pose comme condition préalable de rapatrier l’ensemble des armes nucléaires tactiques sur le territoire national. On peut supposer que les armes nucléaires tactiques sont une carte que la Russie souhaite jouer dans le futur. L’idée même d’une réduction des armes nucléaires tactiques est extrêmement difficile à mettre en œuvre. Nous nous souvenons que des décennies de négociations se sont écoulées avant qu’un plan de réduction des armes stratégiques offensives ne soit adopté. Pourtant cela présentait beaucoup moins de difficultés. La réduction des armes pouvait s’effectuer par le biais d’une réduction des véhicules permettant leur lancement . »

Selon Alexandre Goltz, une réduction des armes nucléaires tactiques requiert un niveau de confiance tout autre que celui que celui qui existe actuellement entre la Russie et les Etats-Unis. Jusqu’à présent, à l’exclusion de la Russie et des Etats-Unis, personne ne connaît le nombre exact d’armes nucléaires tactiques dont ces deux Etats disposent. Les calculs des experts sont très variables. Ainsi, les arsenaux russes sont estimés dans une fourchette allant de trois à dix mille bombes aériennes, têtes de missiles et obus d’artillerie ; l’arsenal américain de 1 500 à 5 000 armes.

Depuis la Guerre froide, le concept de parité dans le domaine nucléaire a fortement évolué. On peut difficilement imaginer aujourd’hui une attaque nucléaire croisée entre les Etats-Unis et la Russie. La course aux armements et la rivalité militaire entre la Russie et les Etats-Unis sont largement virtuelles. Toutefois, la décision américaine de moderniser ses armements nucléaires en Europe a ramené cette rivalité virtuelle dans le domaine du réel.

http://french.ruvr.ru/2013_05_22/Les-Etats-Unis-font-de-l-Europe-une-p...

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L’humanité en péril - sur le chemin du désastre (Tom Dispatch)

 
 

Quel est l’avenir ? Une attitude raisonnable serait d’essayer d’observer l’espèce humaine de l’extérieur. Alors, imaginez que vous êtes un observateur extraterrestre qui essaie de comprendre ce qui se passe ici ou, mieux encore, imaginez que vous êtes un historien du futur, dans 100 ans - en supposant qu’il y ait des historiens dans 100 ans, ce qui n’est pas évident - et que vous étudiez les événements présents. Vous verriez quelque chose de tout à fait remarquable.

Pour la première fois dans l’histoire de l’espèce humaine, nous avons clairement développé la capacité de nous détruire. C’est vrai depuis 1945. Il est maintenant finalement reconnu qu’il existe des processus à plus long terme, comme la destruction de l’environnement, qui nous entraîne dans la même direction, peut-être pas vers une destruction totale, mais au moins vers la destruction des moyens pour mener une vie décente.

Et il y a d’autres dangers, comme les pandémies, qui ont un rapport avec la mondialisation et l’interaction. Il y a donc des processus en cours et des institutions en place, comme des systèmes d’armes nucléaires, qui pourraient porter un sérieux coup à, ou peut-être détruire, toute vie organisée.

Comment détruire une planète sans vraiment le faire exprès

La question est celle-ci : que faisons-nous à ce sujet ? Rien de tout cela n’est un secret. Tout est parfaitement connu. En fait, il faut faire un effort pour ne pas le voir.

Il y a eu toute une série de réactions. Il y a ceux qui s’efforcent de faire quelque chose au sujet de ces menaces, et d’autres qui agissent pour les renforcer. Si on les examine, cet historien du futur ou cet observateur extraterrestre verraient quelque chose d’étrange. Ceux qui tentent d’atténuer ou de remédier à ces menaces sont les sociétés les moins développées, les populations autochtones, ou ce qu’il en reste, les sociétés tribales et les premières nations au Canada. Ils ne parlent pas de guerre nucléaire, mais de désastre environnemental, et ils sont vraiment en train d’essayer de faire quelque chose à ce sujet.

En fait, partout dans le monde – en Australie, en Inde, en Amérique du Sud - il y a des batailles en cours, et parfois des guerres. En Inde, c’est une guerre majeure par rapport à la destruction directe de l’environnement, avec les sociétés tribales qui tentent de résister à des opérations d’extraction de ressources qui sont extrêmement nuisibles au niveau local et aussi général. Dans les sociétés où les populations autochtones ont une influence, beaucoup prennent une position ferme. Le plus ferme de tous les pays en ce qui concerne le réchauffement climatique est la Bolivie, qui a une majorité indigène et des contraintes constitutionnelles qui protègent les « droits de la nature. »

L’Équateur, qui a également une importante population autochtone, est à ma connaissance le seul pays exportateur de pétrole où le gouvernement cherche de l’aide pour maintenir le pétrole dans le sol, au lieu de le produire et de l’exporter - et le sol est bien l’endroit où il devrait être .

Le président vénézuélien Hugo Chavez, qui est décédé récemment et a fait l’objet de moqueries, d’insultes, et de haines dans le monde occidental, a assisté à une session de l’Assemblée générale de l’ONU il y a quelques années où il a suscité toutes sortes de moqueries pour avoir appelé George W. Bush le diable. Il y a également prononcé un discours qui était très intéressant. Bien sûr, le Venezuela est un important producteur de pétrole. Le pétrole représente à lui tout seul pratiquement tout leur produit intérieur brut. Dans ce discours, il a mis en garde contre les dangers de la surconsommation de combustibles fossiles et a exhorté les pays producteurs et consommateurs à se réunir et essayer de trouver des moyens de réduire l’utilisation de combustibles fossiles. C’était assez étonnant de la part d’un producteur de pétrole. Hugo Chavez était un métisse, en partie indienne, d’origine indigène. Contrairement aux choses bizarres qu’il a faites, cet aspect de ses actions à l’ONU n’a jamais été rapporté par les médias.

Ainsi, à un extrême, vous avez les sociétés autochtones, tribaux qui tentent d’endiguer la course vers la catastrophe. À l’autre extrême, vous avez les sociétés les plus riches, les plus puissantes de l’histoire du monde, comme les États-Unis et le Canada, qui sont lancées dans une course à pleine vitesse pour détruire l’environnement le plus rapidement possible. Contrairement à l’Equateur, et les sociétés indigènes à travers le monde, ils veulent extraire le plus vite possible jusqu’à la dernière goutte d’hydrocarbure dans le sol.

Les deux partis politiques, le président Obama, les médias et la presse internationale semble être impatients et enthousiastes pour ce qu’ils appellent « un siècle d’indépendance énergétique » pour les Etats-Unis. L’indépendance énergétique est un concept pratiquement vide de sens, mais mettons cela de côté. Ce qu’ils veulent réellement dire c’est : nous avons un siècle devant nous pour maximiser le recours aux combustibles fossiles et contribuer à la destruction de la planète.

Et c’est à peu près le cas partout. Certes, lorsqu’il s’agit de développer des énergies alternatives, l’Europe fait quelque chose. Pendant ce temps, aux États-Unis, le pays le plus riche et le plus puissant dans l’histoire du monde, sont le seul pays parmi les peut-être 100 qui comptent qui ne dispose pas d’une politique nationale de restriction de l’utilisation de combustibles fossiles, qui n’a même pas d’objectifs en matière d’énergies renouvelables. Ce n’est pas parce que la population n’en veut pas. Les Américains sont assez proches de la norme internationale pour leur préoccupation au sujet du réchauffement climatique. Ce sont les structures institutionnelles qui empêchent le changement. Les intérêts économiques n’en veulent pas et ils sont extrêmement influents sur la détermination de la politique, de sorte que vous avez un grand écart entre l’opinion publique et les politiques appliquées, sur beaucoup de questions, y compris celle-ci.

Donc, c’est ce que le futur historien - s’il existe - verrait. Il peut également lire des revues scientifiques d’aujourd’hui. Vous pouvez ouvrir pratiquement n’importe laquelle et vous y trouverez un prédiction plus sombre que la précédente.

« Le moment le plus dangereux de l’histoire »

L’autre problème est la guerre nucléaire. Il est connu depuis longtemps que s’il devait y avoir une première attaque par une grande puissance, même sans représailles, le résultat serait probablement la destruction de la civilisation ne serait qu’en raison de l’hiver nucléaire qui suivraient. Vous pouvez lire à ce sujet dans le Bulletin of Atomic Scientists. C’est sans ambiguïté. Le danger a donc toujours été bien pire que ce que nous pensions.

Nous venons de commémorer le 50e anniversaire de la crise des missiles à Cuba, qui a été qualifié de « le moment le plus dangereux de l’histoire » par l’historien Arthur Schlesinger, conseiller du président John F. Kennedy. Ce qui était le cas. Nous avons frôlé la catastrophe, et à d’autres occasions aussi. Cependant, à certains égards, le pire aspect de ces événements tristes, c’est que les leçons n’ont pas été tirées.

Les événements de la crise des missiles d’Octobre 1962 a été embellis pour faire croire qu’ils étaient marqués par actes de courage et de réflexion. La vérité est que toute cette histoire était pratiquement une folie. A un moment donné, alors que la crise des missiles atteignait son apogée, le Premier ministre soviétique Nikita Khrouchtchev a écrit à Kennedy en offrant de régler la crise par une annonce publique d’un retrait des missiles russes de Cuba ainsi que des missiles américains de Turquie. En fait, Kennedy ne savait même pas que les Etats-Unis avait des missiles en Turquie à l’époque. De toute façon, ils étaient en train d’être retirés et remplacés par des sous-marins nucléaires Polaris plus meurtriers et invulnérables.

C’était donc l’offre. Kennedy et ses conseillers l’ont jugé - et rejeté. À l’époque, Kennedy lui-même estimait que la probabilité d’une guerre nucléaire était entre une chance sur trois et une chance sur deux. Kennedy était donc prêt à accepter un risque très élevé de destruction massive afin d’établir le principe que nous - et nous seuls - avons le droit d’avoir des missiles offensifs au-delà de nos frontières, en fait, partout où nous en avons envie, quels que soient les risques pour les autres - et pour nous-mêmes, si les événements échappent à tout contrôle. Nous avons ce droit, mais personne d’autre ne l’a.

Kennedy a toutefois accepté un accord secret de retirer les missiles que les États-Unis étaient déjà en train de retirer, à condition que l’accord ne soit jamais rendu public. En d’autres termes, Khrouchtchev a du retirer ouvertement les missiles russes tandis que les Etats-Unis ont secrètement retiré ses missiles obsolètes ; c’est-à-dire que Khrouchtchev devait être humilié et Kennedy préserver son image de macho. Son nom est grandement loué pour cela : son courage et son sang-froid sous la menace, et ainsi de suite. L’horreur de ses décisions n’est jamais mentionnée - essayez d’en trouver trace.

Et pour en rajouter, quelques mois avant que la crise n’éclate, les Etats-Unis avaient envoyé des missiles équipés d’ogives nucléaires à Okinawa. Ceux-là visaient la Chine, en pleine période de grande tension régionale.

Qui s’en soucie ? Nous avons le droit de faire ce que nous voulons, n’importe où dans le monde. C’est une des tristes leçons de cette époque, mais il y en aura d’autres à venir.

Dix ans plus tard, en 1973, le secrétaire d’État Henry Kissinger a déclenché une alerte nucléaire. C’était sa manière à lui de mettre en garde les Russes de ne pas interférer dans la guerre israélo-arabe en cours et, plus précisément, de ne pas interférer après avoir informé les Israéliens qu’ils pouvaient violer un cessez-le-feu sur lequel les Etats-Unis et la Russie venaient tout juste de convenir. Heureusement, il ne s’est rien passé.

Dix ans plus tard, le président Ronald Reagan était au pouvoir. Peu de temps après son accession à la Maison Blanche, lui et ses conseillers ont demandé à l’Armée de l’Air de commencer à violer l’espace aérien russe pour tenter d’obtenir des informations sur leurs systèmes d’alerte, Operation Able Archer. Il s’agissait en grande partie de procéder à des simulations d’attaques. Les Russes étaient hésitants, certains hauts fonctionnaires craignant qu’il s’agissait d’une étape vers une véritable première frappe. Heureusement, ils n’ont pas réagi, mais nous l’avons échappé belle. Et ça continue comme ça.

Que penser de la crise nucléaire iranienne et nord-coréenne

À l’heure actuelle, la question nucléaire est régulièrement en première page s’agissant de la Corée du Nord et de l’Iran. Il existe des moyens pour faire face à ce genre de crise. Peut-être ne seraient-ils pas efficaces, mais au moins on pourrait les essayer. Mais ils ne sont même pas envisagés, encore moins signalés.

Prenez le cas de l’Iran, qui est considéré en Occident - pas dans le monde arabe, ni en Asie – comme la plus grande menace pour la paix mondiale. C’est une obsession occidentale, et il serait intéressant de se pencher sur les raisons de cette obsession, mais je vais mettre cela de côté pour le moment. Y a-t-il un moyen de faire face à la présumée plus grande menace pour la paix mondiale ? En fait, il y en a un certain nombre. Un, assez sensé, a été proposé il y a quelques mois lors d’une réunion des pays non alignés à Téhéran. En fait, ils ont tout simplement réitéré une proposition qui circule depuis des décennies, appuyée notamment par l’Egypte, et qui a été approuvée par l’Assemblée générale des Nations Unies.

La proposition est d’aller vers la création d’une zone exempte d’armes nucléaires dans la région. Ce qui ne résoudrait pas tout, mais ce serait un pas très important. Et la façon de procéder était proposée aussi. Sous les auspices de l’ONU, il devait y avoir une conférence internationale en Finlande au mois de Décembre dernier pour tenter de mettre en œuvre des plans pour avancer dans ce sens. Qu’est-il arrivé ?

Vous ne pourrez pas lire dans les journaux parce qu’ils n’en ont pas parlé – à l’exception des revues spécialisées. Au début du mois de novembre, l’Iran a accepté d’assister à la réunion. Quelques jours plus tard, Obama a annulé la réunion, affirmant que le moment n’était pas propice. Le Parlement européen, a publié une déclaration appelant au maintien de la réunion, tout comme les pays arabes. Aucun résultat. Nous allons donc vers des sanctions encore plus sévères contre la population iranienne – les sanctions n’atteignent pas le régime - et peut-être vers la guerre. Qui sait ce qui arrivera ?

Dans l’Asie du Nord-Est, c’est la même chose. La Corée du Nord est peut-être le pays le plus fou du monde. C’est en tout cas un bon candidat au titre. Mais il est logique d’essayer de comprendre ce qui se passe dans l’esprit des gens quand ils agissent d’une manière folle. Pourquoi se comportent comme ils le font ? Il suffit de s’imaginer dans leur situation. Imaginez ce que cela signifie, dans les années de guerre en Corée, au début des années 1950, pour votre pays d’être totalement rasé, totalement détruit par un énorme superpuissance qui par ailleurs s’en vantait. Imaginez la marque que ça vous laisse.

Gardez à l’esprit que les dirigeants nord-coréens ont pu prendre connaissance des revues militaires publics de cette superpuissance à l’époque qui expliquaient que, puisque tout le reste de la Corée du Nord avait été détruite, l’armée de l’air avait été envoyée pour détruire les barrages de la Corée du Nord, d’énormes barrages qui contrôlent l’approvisionnement en eau - un crime de guerre, soit-dit en passant, pour lequel des gens ont été pendus à Nuremberg. Et ces journaux officiels parlaient avec enthousiasme de comment il était merveilleux de voir l’eau s’écouler, en ravageant les vallées, pendant que les Asiatiques couraient dans tous les sens pour sauver leur peau. Les journaux se réjouissaient de ce que cela signifiait pour ces « Asiatiques », des horreurs au-delà de notre imagination. Cela signifiait la destruction de leurs récoltes de riz, ce qui signifiait la famine et la mort. Comme c’est magnifique ! Nous avons oublié tout ça, mais pas eux.

Revenons au présent. Il y a une histoire récente qui est intéressante. En 1993, Israël et la Corée du Nord se dirigeaient vers un accord dans lequel la Corée du Nord cesserait d’envoyer des missiles ou des technologies militaires au Moyen-Orient et Israël reconnaîtrait ce pays. Le président Clinton est intervenu et a l’a bloqué. Peu de temps après, en guise de représailles, la Corée du Nord effectué un petit test de missile, Les États-Unis et la Corée du Nord sont ensuite parvenus à un accord-cadre en 1994 qui mit fin à son programme nucléaire et qui était plus ou moins respecté par les deux parties. Quand George W. Bush est arrivé au pouvoir, la Corée du Nord avait peut-être une seule arme nucléaire et sans aucun doute n’en fabriquait pas.

Bush s’est immédiatement lancé dans un militarisme agressif, menaçant la Corée du Nord – l"axe du mal" et tout ça - alors la Corée du Nord s’est remis au travail sur son programme nucléaire. Lorsque Bush a quitté ses fonctions, ils avaient entre huit et dix armes nucléaires et un système de missiles. Voilà une autre grande réussite des néoconservateurs. Entre-temps, d’autres choses se sont produites. En 2005, les Etats-Unis et la Corée du Nord sont en fait parvenus à un accord selon lequel la Corée du Nord devait mettre fin au développement de toutes les armes nucléaires et missiles. En échange, l’Occident, mais principalement les Etats-Unis, devait fournir un réacteur à eau légère pour ses besoins médicaux et mettre une fin aux déclarations agressives. Ils concluraient ensuite un pacte de non-agression et progresseraient vers la réconciliation.

C’était assez prometteur, mais presque immédiatement Bush l’a saboté. Il a retiré l’offre du réacteur à eau légère et lancé des programmes visant à contraindre les banques à cesser de manipuler des transactions nord-coréens, même celles qui étaient parfaitement légales. Les Nord-Coréens ont réagi en relançant leur programme d’armes nucléaires. Et c’est ainsi que les choses sont.

Ces bien connu. Vous pouvez le lire directement dans les grands médias américains. Ce qu’ils disent, c’est : c’est un régime assez fou, mais c’est aussi un régime qui pratique le donnant-donnant. Vous faites un geste hostile et nous répondons avec un geste un peu fou. Vous faites un geste réconciliant et nous allons rendre la pareille en quelque sorte.

Récemment, par exemple, il y a eu des exercices militaires sud-coréens-américaines sur la péninsule coréenne qui, du point de vue du Nord, ont obligatoirement un air menaçant. Nous aussi nous penserions qu’ils sont menaçants s’ils se déroulaient par exemple au Canada et qu’ils nous visaient. Au cours de ces manœuvres, les bombardiers les plus sophistiqués de l’histoire, des B-2 furtifs et des B-52, simulent des attaques nucléaires sur les frontières de la Corée du Nord.

Ce qui doit certainement rappeler des souvenirs du passé. Ils se souviennent de ce passé, ils ont donc réagi de façon très agressive, extrême. Eh bien, la seule chose qui vient à l’esprit de l’Occident c’est que ces dirigeants nord-coréens sont vraiment fous. Oui, ils le sont. Mais ce n’est qu’un aspect de l’histoire, et c’est ainsi que les choses sont.

Ce n’est pas qu’il n’y a pas d’alternatives. Les alternatives ne sont tout simplement pas prises. Ce qui est dangereux. Alors, si vous vous demandez à quoi ressemblera le monde, ce n’est pas vraiment joli. Sauf si nous faisons quelque chose. Et nous pouvons toujours faire quelque chose.

Noam Chomsky

Source http://www.tomdispatch.com/blog/175707/tomgram%3A_noam_chomsky%2C_the_...

Traduction "si un jour ils te chassent, Noam, il y aura toujours un lit et un bol de soupe pour toi à la maison" par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles


Rusia prueba con éxito nuevo misil


Edité par T 34 - 08 Jun 2013 à 19:34
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Jun 2013 à 18:18

USA – Russie : drogue, pétrole et guerre

 
 

Les USA ont émergé comme la grande puissance mondiale suite à la chute de l’Union soviétique. Imposer leur suprématie sur l’ex-URSS est devenu une de leurs priorités. Coups d’état, pressions, guerres : ils n’ont renoncé à rien pour y parvenir. Lors d’une conférence à Moscou, Peter Dale Scott a analysé cette stratégie de domination et son financement par les drogues et le pétrole. (IGA)

J’ai prononcé le discours suivant à une conférence anti-OTAN, qui fut organisée à Moscou l’année dernière. J’étais le seul intervenant états-unien lors de cet événement. On m’y avait convié suite à la parution en russe de mon livre Drugs, Oil, and War – un ouvrage jamais traduit en français, contrairement à La Route vers le nouveau désordre mondial et à mon dernier livre, La Machine de guerre américaine –. [1] En tant qu’ancien diplomate préoccupé par la paix, j’étais heureux d’y participer. En effet, il me semble que le dialogue entre les intellectuels états-uniens et russes soit moins sérieux aujourd’hui qu’il ne l’était au paroxysme de la guerre froide. Pourtant, les dangers d’une guerre impliquant les deux principales puissances nucléaires n’ont visiblement pas disparu.

En réponse au problème des crises interconnectées que sont la production de drogue afghane et le jihadisme salafiste narco-financé, mon discours exhortait les Russes à coopérer dans un cadre multilatéral avec les États-uniens partageant cette volonté —malgré les activités agressives de la CIA, de l’OTAN et du SOCOM (pour US Special Operations Command) en Asie centrale—. Cette position divergeait de celles des autres intervenants.

Depuis cette conférence, j’ai continué de réfléchir en profondeur sur l’état dégradé des relations entre la Russie et les États-Unis, et sur mes espoirs légèrement utopiques de les restaurer. Malgré les différents points de vue des conférenciers, ils avaient tendance à partager une grande inquiétude sur les intentions états-uniennes envers la Russie et les anciens États de l’URSS. Cette anxiété commune se fondait sur ce qu’ils savaient des actions antérieures des États-Unis, et de leurs engagements non tenus. En effet, contrairement à la plupart des citoyens de ce pays, ils étaient bien informés sur ces questions.

L’assurance que l’OTAN ne profiterait pas de la détente pour s’étendre en Europe de l’Est est un important exemple de promesse non tenue. Évidemment, la Pologne et d’autres anciens membres du Pacte de Varsovie sont aujourd’hui intégrés au sein de l’Alliance atlantique, tout comme les anciennes Républiques socialistes soviétiques de la Baltique. Par ailleurs, des propositions visant à faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN sont toujours d’actualité, ce pays étant le véritable cœur de l’ancienne Union soviétique. Ce mouvement d’extension vers l’Est fut accompagné d’activités et d’opérations conjointes alliant les troupes US aux forces armées et sécuritaires de l’Ouzbékistan —dont certaines furent organisées par l’OTAN—. (Ces deux initiatives commencèrent en 1997, sous l’administration Clinton.)

Nous pouvons citer d’autres ruptures d’engagements, comme la conversion non autorisée d’une force des Nations Unies en Afghanistan (approuvée en 2001 par la Russie) en une coalition militaire dirigée par l’OTAN. Deux intervenants critiquèrent la détermination des États-Unis à installer en Europe de l’Est un bouclier antimissile contre l’Iran, refusant les suggestions russes de le déployer en Asie. Selon eux, cette intransigeance constituait « une menace pour la paix mondiale ».

Les conférenciers percevaient ces mesures comme des extensions agressives du mouvement qui, depuis Washington, visait à détruire l’URSS sous Reagan. Certains des orateurs avec qui j’ai pu échanger considéraient que, pendant les deux décennies suivant la Seconde Guerre mondiale, la Russie avait été menacée par des plans opérationnels des États-Unis et de l’OTAN pour une première frappe nucléaire contre l’URSS. Ils auraient pu être exécutés avant que la parité nucléaire ne soit atteinte, mais ils ne furent évidemment jamais mis en œuvre. Malgré tout, mes interlocuteurs étaient persuadés que les faucons ayant voulu ces plans n’avaient jamais abandonné leur désir d’humilier la Russie, et de la réduire au rang de tierce puissance. Je ne peux réfuter cette inquiétude. En effet, mon dernier livre, intitulé La Machine de guerre américaine , décrit également des pressions continuelles visant à établir et à maintenir la suprématie des États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les discours prononcés à cette conférence ne se limitaient en aucun cas à critiquer les politiques menées par les États-Unis et l’Alliance atlantique. En effet, les intervenants s’opposaient avec une certaine amertume au soutien de Vladimir Poutine pour la campagne militaire de l’OTAN en Afghanistan, qu’il avait exprimé le 11 avril 2012. Ils étaient particulièrement révoltés par le fait que Poutine ait approuvé l’installation d’une base de l’Alliance atlantique à Oulianovsk, située à 900 kilomètres à l’est de Moscou. Bien que cette base ait été « vendue » à l’opinion publique russe comme un moyen de faciliter le retrait états-unien d’Afghanistan, l’un des conférenciers nous assura que l’avant-poste d’Oulianovsk était présenté dans les documents de l’OTAN comme une base militaire. Enfin, les intervenants se montraient hostiles aux sanctions onusiennes contre l’Iran, qui étaient inspirées par les États-Unis. Au contraire, ils considéraient ce pays comme un allié naturel contre les tentatives états-uniennes de concrétiser le projet de domination globale de Washington.

Mis à part le discours suivant, je suis resté silencieux durant la majeure partie de cette conférence. Cependant mon esprit, voire ma conscience, sont perturbés lorsque je songe aux récentes révélations sur Donald Rumsfeld et Dick Cheney. En effet, immédiatement après le 11-Septembre, ces derniers ont mis en œuvre un projet visant à faire tomber de nombreux gouvernements amis de la Russie —dont l’Irak, la Libye, la Syrie et l’Iran—. [2] (Dix ans plus tôt, au Pentagone, le néoconservateur Paul Wolfowitz avait déclaré au général Wesley Clark que les États-Unis disposaient d’une fenêtre d’opportunité pour se débarrasser de ces clients de la Russie, dans la période de restructuration de ce pays suite à l’effondrement de l’URSS. [3]) Ce projet n’a toujours pas été finalisé en Syrie et en Iran.

Ce que nous avons pu observer sous Obama ressemble beaucoup à la mise en œuvre progressive de ce plan. Toutefois, il faut admettre qu’en Libye, et à présent en Syrie, Obama a montré de plus grandes réticences que son prédécesseur à envoyer des soldats sur le terrain. (Il a tout de même été rapporté que, sous sa présidence, un nombre restreint de forces spéciales US ont opéré dans ces deux pays, afin d’attiser la résistance contre Kadhafi puis contre Assad.)

Plus particulièrement, l’absence de réaction des citoyens des États-Unis face au militarisme agressif et hégémoniste de leur pays me préoccupe. Ce bellicisme permanent, que j’appellerais le « dominationisme », est prévu sur le long terme dans les plans du Pentagone et de la CIA. [4] Sans aucun doute, de nombreux États-uniens pourraient penser qu’une Pax Americana globale assurerait une ère de paix, à l’image de la Pax Romana deux millénaires auparavant. Je suis persuadé du contraire. En effet, à l’instar de la Pax Britannica du XIXe siècle, ce dominationisme conduira inévitablement à un conflit majeur, potentiellement à une guerre nucléaire. En vérité, la clé de la Pax Romana résidait dans le fait que Rome, sous le règne d’Hadrien, s’était retirée de la Mésopotamie. De plus, elle avait accepté de strictes limitations de son pouvoir dans les régions sur lesquelles elle exerçait son hégémonie. La Grande-Bretagne fit preuve d’une sagesse comparable, mais trop tard. Jusqu’à présent, les États-Unis ne se sont jamais montrés aussi raisonnables.

Par ailleurs, dans ce pays, très peu de monde semble s’intéresser au projet de domination globale de Washington, du moins depuis l’échec des manifestations de masse visant à empêcher la guerre d’Irak. Nous avons pu constater une abondance d’études critiques sur les raisons de l’engagement militaire des États-Unis au Vietnam, et même sur l’implication états-unienne dans des atrocités telles que le massacre indonésien de 1965. Des auteurs comme Noam Chomsky et William Blum [5] ont analysé les actes criminels des États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale. Cependant, ils ont peu étudié la récente accélération de l’expansionnisme militaire états-unien. Seule une minorité d’auteurs, comme Chalmers Johnson et Andrew Bacevich, ont analysé le renforcement progressif de la Machine de guerre américaine qui domine aujourd’hui les processus politiques des États-Unis.

De plus, il est frappant de constater que le jeune mouvement Occupy se soit si peu exprimé sur les guerres d’agression que mène ce pays. Je doute qu’il ait même dénoncé la militarisation de la surveillance et du maintien de l’ordre, ainsi que les camps de détention. Or, ces mesures sont au cœur du dispositif de répression intérieure qui menace sa propre survie. [6] Je fais ici référence à ce que l’on appelle le programme de « continuité du gouvernement » (COG pour « Continuity of Government »), à travers lequel les planificateurs militaires US ont développé des moyens de neutraliser définitivement tout mouvement antiguerre efficace aux États-Unis. [7]

En tant qu’ancien diplomate canadien, si je devais retourner en Russie, j’en appellerais de nouveau à une collaboration entre les États-Unis et ce pays afin d’affronter les problèmes mondiaux les plus urgents. Notre défi est de dépasser ce compromis rudimentaire qu’est la détente, cette soi-disant « coexistence pacifique » entre les superpuissances. En réalité, cette entente vieille d’un demi-siècle a permis —et même encouragé— les atrocités violentes de dictateurs clients, comme Suharto en Indonésie ou Mahamed Siyaad Barre en Somalie. Il est probable que l’alternative à la détente, qui serait une rupture complète de celle-ci, mène à des confrontations de plus en plus dangereuses en Asie —très certainement en Iran—.

Néanmoins, cette rupture peut-elle être évitée ? Voilà que je me demande si je n’ai pas minimisé l’intransigeance hégémoniste des États-Unis. [8] À Londres, j’ai récemment discuté avec un vieil ami, que j’avais rencontré durant ma carrière diplomatique. Il s’agit d’un diplomate britannique de haut rang, qui est un expert de la Russie. J’espérais qu’il aurait modéré mon évaluation négative des intentions des États-Unis et de l’OTAN contre ce pays. Or, il n’a fait que la renforcer.

Ainsi, j’ai décidé de publier mon discours agrémenté de cette préface, qui est destinée aussi bien aux citoyens US qu’au public international. Je pense qu’aujourd’hui, le plus urgent pour préserver la paix mondiale est de restreindre le mouvement des États-Unis vers l’hégémonie incontestée. Au nom de la coexistence dans un monde pacifié et multilatéral, il faut donc raviver l’interdiction par l’ONU des guerres préemptives et unilatérales.

Dans cet objectif, j’espère que les citoyens des États-Unis se mobiliseront contre le dominationisme de leur pays, et qu’ils en appelleront à une déclaration politique de l’administration ou du Congrès. Cette déclaration :

1) renoncerait explicitement aux appels antérieurs du Pentagone faisant de la « suprématie totale » (« full spectrum dominance ») un objectif militaire central dans la politique étrangère des États-Unis ; [9]

2) rejetterait comme étant inacceptable la pratique des guerres préventives, aujourd’hui profondément enracinée ;

3) renoncerait catégoriquement à tout projet états-unien d’utilisation permanente de bases militaires en Irak, en Afghanistan ou au Kirghizstan ;

4) réengagerait les États-Unis à mener leurs futures opérations militaires en accord avec les procédures établies par la Charte des Nations Unies.

J’encourage mes concitoyens à me rejoindre afin d’exhorter le Congrès à introduire une résolution dans ce but. Initialement, une telle démarche pourrait ne pas aboutir. Cependant, il est possible qu’elle contribue à recentrer le débat politique US vers un sujet qui est selon moi urgent et peu débattu : l’expansionnisme des États-Unis, et la menace contre la paix globale qui en découle aujourd’hui.

Discours à la conférence d’Invissin sur l’OTAN (Moscou, 15 mai 2012)

Avant tout, je remercie les organisateurs de cette conférence de me permettre de parler du grave problème qu’est le narcotrafic d’Afghanistan. Aujourd’hui, il constitue une menace aussi bien pour la Russie que pour les relations entre ce pays et les États-Unis. Je vais donc discuter de politique profonde selon les perspectives de mon livre Drugs, Oil, and War, mais aussi de mon dernier ouvrage (La Machine de guerre américaine ) et du précédent (La Route vers le nouveau désordre mondial ). Ces livres analysent notamment les facteurs sous-tendant le trafic de drogue international ainsi que les interventions US, deux phénomènes préjudiciables à la fois au peuple russe et au peuple états-unien. Je parlerai également du rôle de l’OTAN dans la facilitation des stratégies visant à établir la suprématie des États-Unis sur le continent asiatique. Mais d’abord, je voudrais analyser le trafic de drogue à l’aune d’un important facteur, qui s’avère déterminant dans mes livres. Il s’agit du rôle du pétrole dans les politiques asiatiques des États-Unis, et également de l’influence d’importantes compagnies pétrolières alignées sur les intérêts de ce pays, dont British Petroleum (BP).

Derrière chaque offensive récente des États-Unis et de l’OTAN, l’industrie pétrolière fut une force profonde déterminante. Pour l’illustrer, songeons simplement aux interventions en Afghanistan (2001), en Irak (2003) et en Libye (2011). [10]

J’ai donc étudié le rôle des compagnies pétrolières et de leurs représentants à Washington —dont les lobbies—, dans chacune des grandes interventions des États-Unis depuis le Vietnam dans les années 1960. [11] Le pouvoir des compagnies pétrolières US nécessiterait quelques explications à un public venant de Russie, où l’État contrôle l’industrie des hydrocarbures. Aux États-Unis, c’est pratiquement l’inverse. En effet, les compagnies pétrolières tendent à dominer aussi bien la politique étrangère de ce pays que le Congrès. [12] Ceci explique pourquoi les présidents successifs, de Kennedy à Obama en passant par Reagan, ont été incapables de limiter les avantages fiscaux des compagnies pétrolières garantis par la « oil depletion allowance » —y compris dans le contexte actuel, où la plupart des États-uniens sombrent dans la pauvreté—. [13]

Les activités US en Asie centrale, dans des zones d’influence traditionnelles de la Russie telles que le Kazakhstan, ont un fondement commun. En effet, depuis une trentaine d’années (voire plus), les compagnies pétrolières et leurs représentants à Washington ont montré un grand intérêt dans le développement, et surtout dans le contrôle des ressources gazières et pétrolières sous-exploitées du bassin Caspien. [14] Dans cet objectif, Washington a développé des politiques ayant eu comme résultat la mise en place de bases avancées au Kirghizstan et, pendant quatre ans, en Ouzbékistan (2001-2005). [15] Le but affiché de ces bases était de soutenir les opérations militaires des États-Unis en Afghanistan. Néanmoins, la présence états-unienne encourage aussi les gouvernements des nations avoisinantes à agir plus indépendamment de la volonté russe. Nous pouvons citer comme exemple le Kazakhstan et le Turkménistan, ces deux pays étant des zones d’investissements gaziers et pétroliers pour les compagnies US.

Washington sert les intérêts des compagnies pétrolières occidentales, pas seulement du fait leur influence corruptrice sur l’administration, mais parce que la survie de l’actuelle pétro-économie US dépend de la domination occidentale du commerce mondial du pétrole. Dans l’un de mes livres, j’analyse cette politique, en expliquant comment elle a contribué aux récentes interventions des États-Unis, mais aussi à l’appauvrissement du Tiers-Monde depuis 1980. En substance, les États-Unis ont géré le quadruplement des prix du pétrole dans les années 1970 en organisant le recyclage des pétrodollars dans l’économie états-unienne, au moyen d’accords secrets avec les Saoudiens. Le premier de ces accords assurait une participation spéciale et continuelle de l’Arabie saoudite dans la santé du dollar US ; le second sécurisait le soutien permanent de ce pays dans la tarification intégrale du pétrole de l’OPEP en dollars. [16] Ces deux accords garantissaient que l’économie des États-Unis ne serait pas affaiblie par les hausses de prix du pétrole de l’OPEP. Le plus lourd fardeau pèserait au contraire sur les économies des pays les moins développés. [17]

Le dollar US, bien qu’étant en cours d’affaiblissement, dépend encore en grande partie de la politique de l’OPEP imposant cette monnaie pour régler le pétrole de cette organisation. Nous pouvons mesurer avec quelle force les États-Unis sont capables d’imposer cette politique en observant le destin des pays ayant décidé de la remettre en cause. « En 2000, Saddam Hussein insista pour que le pétrole irakien soit vendu en euros. Ce fut une manœuvre politique, mais qui augmenta les revenus récents de l’Irak grâce la hausse de la valeur de l’euro par rapport au dollar. » [18] Trois ans plus tard, en mars 2003, les États-Unis envahirent ce pays. Deux mois après, le 22 mai 2003, Bush décréta par un ordre exécutif que les ventes de pétrole irakien devaient s’effectuer de nouveau en dollars, et non en euros. [19]

Selon un article russe, peu avant l’intervention de l’OTAN en Libye début 2011, Mouammar Kadhafi avait manœuvré pour refuser le dollar comme monnaie de règlement du pétrole libyen, à l’instar de Saddam Hussein. [20] En février 2009, l’Iran annonça avoir « complètement cessé de conduire les transactions pétrolières en dollars US. » [21] Les véritables conséquences de cette audacieuse décision iranienne n’ont pas encore été observées. [22]

J’insiste sur le point suivant : chaque intervention récente des États-Unis et de l’OTAN a permis de soutenir la suprématie déclinante des compagnies pétrolières occidentales sur le système pétrolier global, donc celui des pétrodollars. Néanmoins, je pense que les compagnies pétrolières elles-mêmes sont capables d’initier, ou au moins de contribuer à des interventions politiques. Comme je l’ai mentionné dans mon livre Drugs, Oil, and Wars (p.8) :

« De façon récurrente, les compagnies pétrolières US sont accusées de se lancer dans des opérations clandestines, soit directement, soit par le biais d’intermédiaires. En Colombie (comme nous le verrons), une entreprise de sécurité états-unienne travaillant pour Occidental Petroleum participa à une opération militaire de l’armée colombienne, ‘qui tua 18 civils par erreur.’ »

Pour citer un exemple plus proche de la Russie, j’évoquerais une opération clandestine de 1991 en Azerbaïdjan, qui est un exemple classique de politique profonde. Dans ce pays, d’anciens collaborateurs de la CIA, qui étaient employés par une entreprise pétrolière douteuse (MEGA Oil), « se lancèrent dans des entraînements militaires, distribuèrent des ‘sacs remplis d’argent liquide’ à des membres du gouvernement, et mirent en place une compagnie aérienne […] qui permit bientôt à des centaines de mercenaires moudjahidines d’être acheminés dans ce pays depuis l’Afghanistan. » [23] À l’origine ces mercenaires, finalement estimés à environ 2 000, furent employés pour combattre les forces arméniennes soutenues par la Russie dans la région disputée du Haut-Karabagh. Mais ils appuyèrent aussi les combattants islamistes en Tchétchénie et au Daguestan. Ils contribuèrent également à faire de Bakou un point de transbordement de l’héroïne afghane à la fois vers le marché urbain de Russie et vers la mafia tchétchène. [24]

En 1993, ils participèrent au renversement d’Abulfaz Elchibey, le premier président élu de l’Azerbaïdjan, et à son remplacement par Heydar Aliyev. Ce dernier signa ensuite un important contrat pétrolier avec BP, incluant ce qui devint finalement l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan reliant ce pays à la Turquie. Il faut souligner que les origines états-uniennes des agents de MEGA Oil sont indiscutables. En revanche, nous ne savons pas exactement qui a financé cette entreprise. Il aurait pu s’agir des majors pétrolières, la plupart d’entre elles disposant (ou ayant disposé) de leurs propres services clandestins. [25] Certaines entreprises pétrolières importantes, incluant Exxon, Mobil et BP, ont été accusées d’être « derrière le coup d’État » ayant conduit au remplacement d’Elchibey par Aliyev. [26]

De toute évidence, Washington et les majors pétrolières pensent que leur survie dépend du maintien de leur actuelle suprématie sur les marchés pétroliers internationaux. Dans les années 1990, alors que l’on localisait généralement les plus grandes réserves non prouvées d’hydrocarbures dans le bassin Caspien, cette région devint centrale à la fois pour les investissements pétroliers des entreprises US et pour l’expansion sécuritaire des États-Unis. [27]

S’exprimant en tant que secrétaire d’État adjoint, Strobe Talbott, un proche ami de Bill Clinton, tenta de mettre en avant une stratégie raisonnable pour assurer cette expansion. Dans un important discours prononcé le 21 juillet 1997,

« Talbott exposa les quatre aspects d’un [potentiel] soutien des États-Unis pour les pays du Caucase et de l’Asie centrale : 1) la promotion de la démocratie ; 2) la création d’économies de marché ; 3) le parrainage de la paix et de la coopération, au sein et parmi les pays de la région et 4) leur intégration dans la plus vaste communauté internationale. […] Critiquant avec virulence ce qu’il considère être une conception dépassée de la compétition dans le Caucase et en Asie centrale, M. Talbott mit en garde quiconque envisagerait le ‘Grand Jeu’ comme grille de lecture de la région. Au contraire, il proposa une entente dans laquelle chacun sortirait gagnant de la coopération. » [28]

Mais cette approche multilatérale fut immédiatement attaquée par des membres des deux partis. Seulement trois jours plus tard, Heritage Foundation, le cercle de réflexion droitisant du Parti républicain, répondit que « ’administration Clinton, désireuse d’apaiser Moscou, rechignait à exploiter l’opportunité stratégique de sécuriser les intérêts des États-Unis dans le Caucase. » [29] En octobre 1997, cette critique trouva son écho dans Le Grand Échiquier, un important ouvrage écrit par l’ancien conseiller à la Sécurité nationale Zbigniew Brzezinski. Ce dernier est certainement le principal opposant à la Russie au sein du Parti démocrate. Admettant que « la politique étrangère [états-unienne devrait] […] favoriser les liens nécessaires à une vraie coopération mondiale », il défendait toutefois dans son livre la notion de « Grand Jeu » rejetée par Talbott. Selon Brzezinski, il était impératif d’empêcher « ’apparition d’un concurrent en Eurasie, capable de dominer ce continent et de défier [les États-Unis] ». [30]

En arrière-plan de ce débat, la CIA et le Pentagone développaient à travers l’Alliance atlantique une « stratégie de projection » contraire aux propositions de Talbott. En 1997, dans le cadre du programme « Partenariat pour la Paix » de l’OTAN, le Pentagone démarra des exercices militaires avec l’Ouzbékistan, le Kazakhstan et le Kirghizstan. Ce programme constituait « l’embryon d’une force militaire dirigée par l’OTAN dans cette région ». [31] Baptisés CENTRAZBAT, ces exercices envisageaient de potentiels déploiements de forces combattantes états-uniennes. Catherine Kelleher, une assistante du secrétaire adjoint à la Défense, cita « la présence d’énormes ressources énergétiques » comme justification de l’engagement militaire des États-Unis dans cette région. [32] L’Ouzbékistan, que Brzezinski distingua pour son importance géopolitique, devint un pivot pour les exercices militaires états-uniens, bien que ce pays ait l’un des pires bilans en matière de respect des droits de l’Homme dans cette région. [33]

De toute évidence, la « révolution des tulipes » de mars 2005 au Kirghizstan constitua une autre étape de la doctrine de projection stratégique du Pentagone et de la CIA. Elle s’est déroulée à une époque où George W. Bush parlait fréquemment de « stratégie de projection de la liberté ». Plus tard, alors qu’il visitait la Géorgie, ce dernier approuva ce changement de régime en le présentant comme un exemple de « démocratie et de liberté en pleine expansion ». [34] (En réalité, il ressemblait plus à un coup d’État sanglant qu’à une « révolution ».) Cependant, le régime de Bakiyev « dirigea le pays comme un syndicat du crime », pour reprendre les termes d’Alexander Cooley, un professeur à l’Université de Columbia. En particulier, de nombreux observateurs accusèrent Bakiyev d’avoir pris le contrôle du trafic de drogue local et de le gérer comme une entreprise familiale. [35]

Dans une certaine mesure, l’administration Obama s’est éloignée de cette rhétorique hégémoniste que le Pentagone appelle la « suprématie totale » (« full-spectrum dominance »). [36] Toutefois, il n’est pas surprenant de constater que sous sa présidence, les pressions visant à réduire l’influence de la Russie se soient maintenues, comme par exemple en Syrie. En réalité, pendant un demi-siècle, Washington a été divisée en deux camps. D’un côté, une minorité évoluant principalement au Département d’État (comme Strobe Talbott), qui avait envisagé un avenir de coopération avec l’Union soviétique. De l’autre, les faucons hégémonistes, travaillant principalement à la CIA et au Pentagone (comme William Casey, Dick Cheney et Donald Rumsfeld). Ces derniers ont continuellement fait pression pour instaurer aux États-Unis une stratégie unipolaire de domination globale. [37] Dans la poursuite de cet objectif inatteignable, ils n’ont pas hésité à s’allier avec des trafiquants de drogue, notamment en Indochine, en Colombie et à présent en Afghanistan. [38]

Par ailleurs, ces faucons ont massivement employé les stratégies d’éradication narcotique de la DEA (Drug Enforcement Administration). [39] Comme je l’ai écrit dans La Machine de guerre américaine (p.43),

« Le véritable objectif de la plupart de ces campagnes […] n’a jamais été l’idéal sans espoir de l’éradication de la drogue. Il a plutôt consisté à modifier la répartition du marché, c’est-à-dire à cibler des ennemis spécifiques pour s’assurer que le trafic de drogue reste sous le contrôle des trafiquants alliés à l’appareil de la sécurité d’État en Colombie et/ou à la CIA. » [40]

De manière flagrante, cette tendance s’est vérifiée en Afghanistan, où les États-Unis recrutèrent d’anciens trafiquants de drogue pour qu’ils soutiennent leur invasion de 2001. [41] Plus tard, Washington annonça une stratégie de lutte contre la drogue qui se limitait explicitement à attaquer les trafiquants de drogue qui appuyaient les insurgés. [42]

Ainsi, ceux qui comme moi se préoccupent de la réduction des flux de drogue venant d’Afghanistan se retrouvent face à un dilemme. En effet, pour être efficaces, les stratégies de lutte contre le trafic de drogue international doivent être multilatérales. En Asie centrale, elles nécessiteront une plus grande coopération entre les États-Unis et la Russie. Mais au contraire, les efforts des principales forces pro-US présentes dans cette région —notamment la CIA, l’US Army, l’OTAN et la DEA—, ont été jusqu’à présent concentrés non pas sur la coopération mais sur l’hégémonie états-unienne.

Selon moi, la réponse à ce problème résidera dans l’utilisation conjointe de l’expertise et des ressources des deux pays, dans le cadre d’agences bilatérales ou multilatérales qu’aucune partie ne dominera. Une stratégie anti-drogue réussie devra être pluridimensionnelle, comme la campagne qui a été menée avec succès en Thaïlande. De plus, elle nécessitera probablement que les deux pays envisagent la mise en œuvre de stratégies favorables à la population, ce que ni l’un ni l’autre n’a encore concrétisé. [43]

La Russie et les États-Unis ont beaucoup de caractéristiques communes, et ils partagent de nombreux problèmes. Tous deux sont des super-États, bien que leur prééminence s’affaiblisse face à la Chine émergente. En tant que superpuissances, ces nations cédèrent toutes deux à la tentation de l’aventure afghane, que de nombreux esprits mieux avisés regrettent aujourd’hui. Dans le même temps, ce pays ravagé qu’est devenu l’Afghanistan doit faire face à des problèmes urgents, qui le sont aussi pour ces trois superpuissances. Il s’agit de la menace que constitue la drogue, et du danger correspondant qu’est le terrorisme.

Il est dans l’intérêt du monde entier de voir la Russie et les États-Unis affronter ces périls de façon constructive et désintéressée. Et espérons que chaque progrès dans la réduction de ces menaces communes sera une nouvelle étape dans le difficile processus de renforcement de la paix.

Le siècle dernier fut le théâtre d’une guerre froide entre les États-Unis et la Russie, deux superpuissances qui se sont lourdement armées au nom de la défense de leurs peuples respectifs. L’Union soviétique a perdu, ce qui aboutit à une Pax Americana instable, à l’image de la Pax Britannica du XIXe siècle : un dangereux mélange de globalisation commerciale, d’accroissement des disparités de revenus et de richesses, et d’un militarisme brutalement excessif et expansif. Celui-ci provoque de plus en plus de conflits armés (Somalie, Irak, Yémen, Libye), tout en accentuant la menace d’une possible guerre mondiale (Iran).

Aujourd’hui, afin de préserver leur dangereuse suprématie, les États-Unis sont en train de s’armer contre leur propre population, et plus seulement pour la défendre. [44] Tous les peuples du monde, y compris aux États-Unis, ont comme intérêt l’affaiblissement de cette suprématie en faveur d’un monde plus multipolaire et moins militariste.

Peter Dale Scott

Source : Peter Dale Scott http://www.peterdalescott.net/
Traduction : Maxime Chaix

Notes :

[1] Le chercheur suisse Daniele Ganser – auteur du livre intitulé Les Armées Secrètes de l’OTAN : Réseaux Stay Behind, Opération Gladio et Terrorisme en Europe de l’Ouest (Éditions Demi-Lune, Plogastel-Saint-Germain, 2011 [seconde édition]) –, et l’homme politique italien Pino Arlacchi, ancien directeur de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC), étaient également invités à cette conférence.

[2] Initialement, Donald Rumsfeld voulait répondre au 11-Septembre en attaquant non pas l’Afghanistan, mais l’Irak. Selon lui, il n’y avait « pas de cibles convenables en Afghanistan » (Richard Clarke, Against All Enemies, p.31).

[3] Paul Wolfowitz déclara à Wesley Clark que « nous avons environ cinq ou dix ans devant nous pour nettoyer ces vieux régimes clients des Soviétiques —la Syrie, l’Iran, l’Irak— avant que la prochaine superpuissance ne vienne nous défier » (Wesley Clark, discours au San Francisco Commonwealth Club, 3 octobre 2007). Dix ans plus tard, en novembre 2001, Clark entendit au Pentagone que des plans pour attaquer l’Irak étaient « en discussion dans le cadre d’un plan quinquennal, […] débutant avec l’Irak, puis la Syrie, le Liban, la Libye, l’Iran, la Somalie et le Soudan » (Wesley Clark, Winning Modern Wars [Public Affairs, New York, 2003], p.130).

[4] Le terme « hégémonie » peut avoir un sens léger, connotant une relation amicale dans une confédération, ou un sens hostile. Le mouvement des États-Unis vers l’hégémonie globale, inébranlable et unipolaire est sans précédent, et il mérite d’avoir sa propre appellation. « Dominationisme » est un terme hideux, ayant une forte connotation sexuelle et perverse. C’est pourquoi je l’ai choisi.

[5] Les livres les plus récents de William Blum sont Killing Hope : U.S. Military and CIA Interventions Since World War II (2003) et Freeing the World to Death : Essays on the American Empire (2004).

[6] Paul Joseph Watson, « Leaked U.S. Army Document Outlines Plan For Re-Education Camps In America », 3 mai 2012 : « Le manuel énonce clairement que ces mesures s’appliquent également ‘sur le territoire des États-Unis’, sous la direction du [Département de la Sécurité intérieure] et de la FEMA. Ce document ajoute que ‘es opérations de réinstallation peuvent nécessiter l’internement temporaire (moins de 6 mois) ou semi-permanent (plus de 6 mois) d’importants groupes de civils. »

[7] Voir Peter Dale Scott, « La continuité du gouvernement étasunien : L’état d’urgence supplante-t-il la Constitution ? » ; Peter Dale Scott, « Continuity of Government’ Planning : War, Terror and the Supplanting of the U.S. Constitution ».

[8] Il y a deux nuits, j’ai fait un rêve intense et troublant. À la fin de celui-ci, j’observai l’ouverture d’une conférence où j’allais m’exprimer de nouveau, comme à Moscou. Immédiatement après mon discours, le programme de cet événement appelait à discuter de la possibilité que « Peter Dale Scott » soit une fiction servant de sombres objectifs clandestins et qu’en réalité, aucun « Peter Dale Scott » n’existait.

[9] « La ‘suprématie totale’ (‘full-spectrum dominance’) signifie la capacité des forces US, agissant seules ou avec des alliés, de battre n’importe quel adversaire et de contrôler n’importe quelle situation entrant dans la catégorie des opérations militaires. » (Joint Vision 2020, Département de la Défense, 30 mai 2000 ; cf. « Joint Vision 2020 Emphasizes Full-spectrum Dominance », Département de la Défense).

[10] De façon indiscutable mais moins évidente, le pétrole —ou plutôt un oléoduc— fut également un facteur conditionnant l’intervention de l’OTAN au Kosovo en 1998. Voir Peter Dale Scott, Drugs, Oil, and War : The United States in Afghanistan, Colombia, and Indochina (Rowman & Littlefield Publishers, Lanham, MD), p.29 ; Peter Dale Scott, « La Bosnie, le Kosovo et à présent la Libye : les coûts humains de la collusion perpétuelle entre Washington et les terroristes », Mondialisation.ca, 17 octobre 2011.

[11] Scott, Drugs, Oil, and War, pp.8-9, p.11.

[12] Par exemple, l’entreprise Exxon n’aurait payé aucun impôt fédéral sur le revenu en 2009, à une période de bénéfices presque record pour cette compagnie (Washington Post, 11 mai 2011). Cf. Steve Coll, Private Empire : ExxonMobil and American Power (Penguin Press, New York, 2012), pp.19-20 : « Dans certains pays lointains où elle a fait des affaires, […] l’emprise d’Exxon sur les politiques civiles et sécuritaires locales dépassait celle de l’ambassade des États-Unis. »

[13] Charles J. Lewis, « Obama again urges end to oil industry tax breaks », Houston Chronicle, 27 avril 2011 ; « Politics News : Obama Urges Congress to End Oil Subsidies », Newsy.com, 2 mars 2012.

[14] Cf. un article publié en 2001 par le Foreign Military Studies Office de Fort Leavenworth : « La mer Caspienne semble reposer elle-même sur une autre mer —une mer d’hydrocarbures—. […] La présence de ces réserves de pétrole et la possibilité de les exporter fait [sic] naître de nouvelles préoccupations stratégiques pour les États-Unis et les autres puissances occidentales industrialisées. Alors que les compagnies pétrolières construisent un oléoduc du Caucase vers l’Asie centrale pour fournir le Japon et l’Occident, ces préoccupations stratégiques revêtent des implications militaires. » (Lester W. Grau, « Hydrocarbons and a New Strategic Region : The Caspian Sea and Central Asia » (Military Review [May-Juin 2001], p.96) ; cité dans Peter Dale Scott, La Route vers le Nouveau Désordre Mondial (50 ans d’ambitions secrètes des États-Unis) [Éditions Demi-Lune, Paris, 2010], p.51).

[15] Discussion dans Peter Dale Scott, « Le ‘Projet Jugement dernier’ et les événements profonds : JFK, le Watergate, l’Irangate et le 11-Septembre », Réseau Voltaire, 4 janvier 2012. Des tractations diplomatiques visant à établir une base US au Tadjikistan ont également eu lieu : voir Joshua Kucera, « U.S. : Tajikistan Wants to Host an American Air Base », Eurasia.net, 14 décembre 2010.

[16] David E. Spiro, The Hidden Hand of American Hegemony : Petrodollar Recycling and International Markets (Ithaca, Cornell UP, 1999), x : « En 1974, [le secrétaire au Trésor William] Simon négocia un accord secret pour que la banque centrale saoudienne puisse acheter des titres du Trésor US en dehors du processus de vente habituel. Quelques années plus tard, le secrétaire au Trésor Michael Blumenthal noua un accord secret avec les Saoudiens, assurant que l’OPEP continuerait de vendre le pétrole en dollars. Ces accords étaient confidentiels car les États-Unis avaient promis aux autres démocraties industrialisées de ne pas poursuivre des politiques unilatérales de ce genre. » Cf. pp.103-12.

[17] « Aussi longtemps que le pétrole de l’OPEP était vendu en dollars, et que cette organisation les investissait dans des obligations du gouvernement US, ce dernier bénéficiait d’un double prêt. La première part de ce prêt concernait le pétrole. En effet, le gouvernement des États-Unis pouvait imprimer des dollars pour acheter son pétrole. En échange, l’économie US n’avait donc pas à produire de biens et services, jusqu’à leur achat par l’OPEP avec ces dollars. Évidemment, cette stratégie ne pouvait fonctionner si cette monnaie n’avait pas constitué un moyen de régler le pétrole. La seconde part de ce prêt venait des autres économies nationales, qui devaient acquérir des dollars pour acheter leur pétrole, mais qui ne pouvaient imprimer cette monnaie. Celles-ci devaient vendre leurs biens et services afin de posséder les dollars requis pour payer l’OPEP. » (Spiro, Hidden Hand, p.121).

[18] Carola Hoyos et Kevin Morrison, « Iraq returns to the international oil market », Financial Times, 5 juin 2003. Cf. Coll, Private Empire, p.232 : « À la fin de son règne, un Saddam Hussein désespéré avait signé des contrats de partage de la production [pétrolière] avec des entreprises russes et chinoises, mais ces accords n’ont jamais été mis en œuvre. »

[19] Scott, La Route vers le nouveau désordre mondial , pp.265-66. Voir également William Clark, « The Real Reasons Why Iran is the Next Target : The Emerging Euro-denominated International Oil Marker », Global Research, 27 octobre 2004.

[20] Scott, La Route vers le nouveau désordre mondial , pp.265-66. Voir également William Clark, « The Real Reasons Why Iran is the Next Target : The Emerging Euro-denominated International Oil Marker », Global Research, 27 octobre 2004.

[21] « Iran Ends Oil Transactions In U.S. Dollars », CBS News, 11 février 2009.

[22] En mars 2012, SWIFT, la société qui gère les transactions financières globales, a exclu les banques iraniennes de ce système, conformément aux sanctions de l’ONU et des États-Unis (BBC News, 15 mars 2012). Le 28 février 2012, Business Week déclara que cet acte « pourrait perturber les marchés pétroliers [,] inquiets de la possibilité que les acheteurs ne puissent plus payer les 2,2 millions de barils de pétrole quotidiens du second pays exportateur de l’OPEP. »

[23] Peter Dale Scott, La Route vers le nouveau désordre mondial , pp.229-31 ; cf. Scott, Drugs, Oil, and War, p.7.

[24] Scott, La Route vers le nouveau désordre mondial , p.231.

[25] L’Office of Strategic Services (OSS), l’agence d’opérations clandestines des États-Unis durant la Seconde Guerre mondiale, fut hâtivement mise sur pied en recrutant notamment des employés de certaines compagnies pétrolières présentes en Asie, comme Standard Oil of New Jersey (Esso). Voir Smith, OSS, p.15, p.211.

[26] « BP oiled coup with cash, Turks claim », Sunday Times (Londres), 26 mars 2000 ; cité dans Scott, La Route vers le nouveau désordre mondial , pp.231-33.

[27] En 1998, Dick Cheney, qui était alors le PDG de l’entreprise de services pétroliers Halliburton, fit la remarque suivante : « Je ne me souviens pas avoir vu émerger si soudainement une région en tant que zone de grande importance stratégique comme c’est le cas aujourd’hui pour [le bassin] Caspien. » (George Monbiot, « America’s pipe dream », The Guardian [Londres], 23 octobre 2001).

[28] R. Craig Nation, « Russia, the United States, and the Caucasus », US Army War College, Strategic Studies Institute. Les paroles de Talbott méritent d’être amplement citées : « Depuis de nombreuses années, il a été en vogue de proclamer, ou du moins de prédire une répétition du ‘Grand Jeu’ dans le Caucase et en Asie centrale. Bien entendu, ceci implique que la dynamique motrice dans cette région – alimentée et encouragée par le pétrole – serait la compétition entre les grandes puissances. Celle-ci serait défavorable aux populations locales. Notre objectif est d’éviter cette issue régressive, et d’agir afin d’en décourager les promoteurs. […] Le Grand Jeu, au cœur [des romans] Kim de Kipling et Flashman de Fraser, s’est conclu par une somme nulle. Ce que nous voulons apporter est tout simplement le contraire. Nous désirons voir tous les acteurs responsables d’Asie centrale et du Caucase sortir gagnants. » (M.K. Bhadrakumar, « Foul Play in the Great Game », Asia Times, 13 juillet 2005).

[29] James MacDougall, « A New Stage in U.S.-Caspian Sea Basin Relations », Central Asia, 5 (11), 1997 ; citant Ariel Cohen, « U.S. Policy in the Caucasus and Central Asia : Building A New ‘Silk Road’ to Economic Prosperity », Heritage Foundation, 24 juillet 1997. En octobre 1997, le Sénateur Sam Brownback introduisit une loi, le Silk Road Strategy Act of 1997 (S. 1344), destinée à encourager les nouveaux États d’Asie centrale à coopérer avec les États-Unis plutôt qu’avec la Russie ou l’Iran.

[30] Zbigniew Brzezinski, Le Grand Échiquier (L’Amérique et le reste du monde), (Bayard Éditions, Paris, 1997), pp.24-25.

[31] Ariel Cohen, Eurasia In Balance : The US And The Regional Power Shift, p.107.

[32] Michael Klare, Blood and Oil (Metropolitan Books/Henry Holt, New York, 2004), pp.135-36 ; citant R. Jeffrey Smith, « U.S. Leads Peacekeeping Drill in Kazakhstan », Washington Post, 15 septembre 1997. Cf. Kenley Butler, « U.S. Military Cooperation with the Central Asian States », 17 septembre 2001.

[33] Zbigniew Brzezinski, Le Grand Échiquier, p.172.

[34] Peter Dale Scott, « Kyrgyzstan, the U.S. and the Global Drug Problem : Deep Forces and the Syndrome of Coups, Drugs, and Terror », Asia-Pacific Journal : Japan Focus ; citant le Président Bush, Discours sur l’état de l’Union, 20 janvier 2004 ; « Bush : Georgia’s Example a Huge Contribution to Democracy », Civil Georgia, 10 mai 2005. De la même manière, Zbigniew Brzezinski fut cité dans un article de presse kirghiz déclarant : « Je pense que les révolutions en Géorgie, en Ukraine et au Kirghizstan furent l’expression sincère et soudaine de la volonté politique prédominante. » ( 27 mars 2008).

[35] Scott, « Kyrgyzstan, the U.S. and the Global Drug Problem : Deep Forces and the Syndrome of Coups, Drugs, and Terror », citant Owen Matthews, « Despotism Doesn’t Equal Stability », Newsweek, 7 avril 2010 (Cooley) ; Peter Leonard, « Heroin trade a backdrop to Kyrgyz violence », Associated Press, 24 juin 2010 ; « Kyrgyzstan Relaxes Control Over Drug Trafficking », Jamestown Foundation, Eurasia Daily Monitor, vol. 7, issue 24, 4 février 2010, etc.

[36] Département de la Défense, Joint Vision 2020, 30 mai 2000 ; discussion dans Scott, La Route vers le nouveau désordre mondial , pp.50-51.

[37] Wesley Clark rapporta que Paul Wolfowitz, l’un des principaux néoconservateurs au Pentagone, lui annonça en 1991 que « [les États-Unis avaient] environ cinq ou dix ans devant [eux] pour nettoyer ces vieux régimes clients des soviétiques – la Syrie, l’Iran, l’Irak – avant que la prochaine superpuissance ne vienne nous défier » (Wesley Clark, discours au San Francisco Commonwealth Club, 3 octobre 2007). Dix ans plus tard, en novembre 2001, Clark entendit au Pentagone que des plans pour attaquer l’Irak étaient « en discussion dans le cadre d’un plan quinquennal, […] débutant avec l’Irak, puis la Syrie, le Liban, la Libye, l’Iran, la Somalie et le Soudan » (Wesley Clark, Winning Modern Wars [Public Affairs, New York, 2003], p.130).

[38] Voir Scott, La Machine de guerre américaine : La politique profonde, la CIA, la drogue, l’Afghanistan, … , (Éditions Demi-Lune, Plogastel-Saint-Germain, 2012).

[39] Concernant la dérive hégémoniste de la « guerre contre la drogue » menée par la DEA en Asie, voir Scott, La Machine de guerre américaine , pp.187-212.

[40] Scott, La Machine de guerre américaine , p.43.

[41] Par exemple, nous pouvons citer Haji Zaman Ghamsharik, qui s’était retiré à Dijon (France), où des responsables britanniques et états-uniens l’ont rencontré et l’ont persuadé de retourner en Afghanistan (Peter Dale Scott, La Route vers le nouveau désordre mondial, p.181 ; citant Philip Smucker, Al Qaeda’s Great Escape : The Military and the Media on Terror’s Trail [Brassey’s, Washington, 2004], p.9.

[42] Scott, La Machine de guerre américaine , pp.340-41 (insurgés) ; James Risen, « U.S. to Hunt Down Afghan Lords Tied to Taliban », New York Times, 10 août 2009 : « Les commandants militaires des États-Unis ont déclaré au Congrès que […] seuls ces [trafiquants de drogue] apportant leur soutien à l’insurrection seraient ciblés. »

[43] La Russie s’est légitimement indignée de l’échec des États-Unis et de l’OTAN à combattre sérieusement les immenses cultures d’opium en Afghanistan depuis une dizaine d’années (voir par exemple : « Russia lashes out at NATO for not fighting Afghan drug production », Russia Today, 28 février 2010). Cependant, la solution simpliste proposée par la Russie —la destruction des cultures dans les champs—, précipiterait certainement les paysans dans les bras des islamistes, ce qui menace autant les États-Unis que la Russie. De nombreux observateurs ont remarqué que l’éradication des champs de pavot endette les petits fermiers vis-à-vis des propriétaires terriens et des trafiquants. Ainsi, ils doivent souvent rembourser leurs dettes « en argent liquide, en terrain, en bétail ou en donnant une fille —ce qui est fréquent—. […] L’éradication du pavot les a simplement précipités davantage dans la pauvreté qui les avait initialement conduits à cultiver de l’opium. » (Joel Hafvenstein, Opium Season : A Year on the Afghan Frontier, p.214) ; cf. « Opium Brides », PBS Frontline). L’éradication de l’opium en Thaïlande —souvent citée comme le programme le plus réussi depuis celui qui fut appliqué en Chine dans les années 1950—, fut accomplie en associant la coercition militaire à des programmes très complets de développement alternatif. Voir William Byrd et Christopher Ward, « Drugs and Development in Afghanistan », Banque Mondiale, Conflict Prevention and Reconstruction Unit, Working paper series, vol. 18 (décembre 2004) ; voir également « Secret of Thai success in opium war », BBC News, 10 février 2009.

[44] Voir par exemple Peter Dale Scott, « La continuité du gouvernement étasunien : L’état d’urgence supplante-t-il la Constitution ? », Mondialisation.ca, 6 décembre 2010.


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Le double jeu et l’insanité de Washington mènent le monde à la 3ème guerre mondiale

 
 

Au XXIème siècle, la propagande vieille de plus de 200 ans qui dit que le peuple étasunien contrôle son gouvernement a été complètement pulvérisée. Les deux régimes de Bush et d’Obama ont rendu parfaitement clair que ce peuple n’a aucune influence, encore moins de contrôle, sur le gouvernement. Pour ce qui est de Washington, le peuple n’est rien d’autre que fétus de paille dans le vent.

Les sondages récents montrent que 65% de la population étasunienne est opposée à une intervention en Syrie. Malgré cette claire indication de la volonté du peuple, le régime Obama pousse sa propagande pour plus d’armement des mercenaires de Washington envoyés en Syrie pour renverser le gouvernement séculier syrien et pour établir une “zone d’exclusion aérienne” au dessus de la Syrie qui, si nous nous fions à l’exemple libyen, veut dire des attaques de l’aviation étasunienne ou de l’OTAN sur l’armée syrienne au sol, servant ainsi de force d’appui aérien pour les mercenaires importés de Washington, nommés par doux euphémisme “les rebelles syriens”.

Washington a récemment déclaré que la “ligne rouge” qui provoquerait une action des EU serait que le gouvernement d’Assad utilise des armes chimiques de destruction massive contre les mercenaires de Washington. Une fois cette annonce faite, tout ceux ayant encore un cerveau, ont immédiatement su que Washington allait fabriquer de faux rapports de renseignement disant qu’Assad avait utilisé des armes chimiques, tout comme Washington avait présenté aux Nations-Unies le mensonge intentionnel, via le ministre des affaires étrangères de l’époque Colin Powell, selon lequel Saddam Hussein en Irak avait des armes de destruction massive. Vous rappelez-vous l’image utilisée par la conseillère à la sécurité Condoleeza Rice du “champignon au dessus des villes étasuniennes” ? Les mensonges propagandistes étaient à l’ordre du jour de Washington.

Et ils le sont toujours. Maintenant Washington a fabriqué de fausses preuves et le président obama a annoncé sans sourciller que la Syrie d’Al-Assad avait utilisé du gaz sarin en plusieurs occasions et qu’entre 100 et 150 personnes “de son propre peuple”, doux euphémisme pour les mercenaires soutenus par les États-Unis, avaient été tuées par l’arme de destruction massive.

Pensez-y une minute. Aussi malencontreuse que soit la mort due à la guerre, est-ce que la mort de 100-150 personnes est une “destruction massive” ? D’après des estimations très prudentes, l’invasion de la Syrie par des mercenaires à la solde des États-Unis, a coûté environ 93 000 vies. Ces 150 vies représentent donc 0,0016 d’entre elles.

En d’autres termes : 92 850 vies perdues n’ont pas franchi la “ligne rouge”, mais ces 150 supposées là.. oui…

Oui je sais… La position de Washington n’a aucun sens. Mais a-t-elle jamais eu un sens ?

Poussons le bouchon un peu plus loin. Assad sait au sujet de la “ligne rouge” de Washington. Ceci a été rabâché encore et toujours plus afin de marteler dans les esprits du public étasunien distrait qu’il y avait une raison véritable et valide d’attaquer la Syrie. Pourquoi donc Assad utiliserait-il des armes de destruction massive prohibées pour tuer quelques 150 mercenaires alors que son armée balaie ces mercenaires étasuniens sans l’utilisation de gaz et alors qu’Assad sait très bien que l’utilisation d’une telle arme amènerait l’armée américaine contre lui ?

Comme le gouvernement russe l’a clairement exprimé, les accusations de Washington ne sont pas crédibles. Aucune personne informée ne peut y croire. Pas de doute, quelques Étasuniens portant leur patriotisme à fleur de peau seront convaincus du dernier mensonge de Washington, mais personne d’autre dans le monde ne le sera. Même les marionnettes de l’OTAN alliées de Washington, appelant à une attaque de la Syrie, savent que la justification de celle-ci est un mensonge. Pour les marionnettes de l’OTAN, l’argent de Washington dépasse leur intégrité, qualité qui rapporte peu.

Les Russes savent très certainement que Washington ment. Le ministre des affaires étrangères russe Sergueï Lavrov a déclaré : “Le gouvernement Assad, comme l’opposition le dit ouvertement, a obtenu de grands succès militaires sur le terrain. Le régime Assad n’est pas le dos au mur. Quel sens cela a-t-il pour lui d’utiliser des armes chimiques, de surcroi en si petite quantité.”

Lavrov est une personne relativement civilisée dans le rôle du diplomate principal russe. Mais d’autres officiels russes peuvent être plus acerbes dans leur réfutation des derniers mensonges flagrants de Washington. Youri Ouchakov, aide du président Poutine a déclaré : “Les Étasuniens ont essayé de nous présenter des informations sur l’utilisation d’armes chimiques par le régime du président Al-Assad, mais franchement nous avons pensé que tout cela n’était pas convaincant. Nous ne voudrions pas invoquer le tristement célèbre mensonge de Colin Powell (à l’ONU, expliquant l’existence des ADM irakiennes), mais les faits ne paraissent pas convaincants à nos yeux.” Alexeï Pouchkov, le président du comité des affaires étrangères de la Douma (parlement russe) a lui coupé court : “Les données concernant l’utilisation par Assad d’armes chimiques sont fabriquées par la même entreprise qui avait fabriquée les mensonges à propos des ADM de Saddam Hussein. Obama marche sur le chemin de George W. Bush.”

Ici aux États-Unis, personne ne tiendrait une telle ligne de parole et de pensée au sein de la “ pressetituée ” [jeu de mot sur press et prostituée].

Le double langage orwellien est dorénavant le langage du gouvernement des États-Unis. Le ministre des affaires étrangères John Kerry a, d’un côté, condamné Assad pour avoir torpillé “les discussions de paix”, tandis que les États-Unis arment de l’autre côté les mercenaires en Syrie.

Le double-langage de Washington est maintenant évident pour tout le monde. Non seulement Assad, mais aussi les Russes, les Chinois, les Iraniens et tous les États marionnettes à la solde des États-Unis incluant les nations de l’OTAN et le Japon, sont parfaitement au courant que Washington est en train de mentir une fois de plus comme un arracheur de dents. Les Russes, les Chinois et les Iraniens essaient d’éviter la confrontation avec Washington, car la guerre avec les armes modernes nucléaires voudrait dire la destruction de toute vie sur terre. Ce qui est stupéfiant, c’est que malgré le lavage de cerveaux s’opérant 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 par les prostituées, une grande majorité de la population américaine est opposée à la guerre d’obama en Syrie.

Ceci est une bonne nouvelle. Cela veut dire que plus d’Américains développent une capacité de penser indépendamment des mensonges dont Washington les gave quotidiennement.

Ce que les nazis néo-conservateurs, les régimes Bush/Obama assistés de leur “ pressetituée ” ont clairement exprimé, c’est que Washington va pousser l’agenda de son hégémonie mondiale jusqu’au point de commencer la Troisième Guerre mondiale, ce qui veut bien sûr dire, la fin de la vie sur terre.

La Russie et la Chine, chacune ayant la capacité de détruire les États-Unis, ont appris que le gouvernement étasunien ment et ne peut en aucun cas être cru, ceci impliquant un niveau de confiance zéro. La politique de “L’exclusion aérienne” au dessus de la Libye avec laquelle les Russes et les Chinois avaient été d’accords, s’est transformée en une attaque aérienne de l’OTAN sur l’armée libyenne de façon à ce que les mercenaires de la CIA au sol puissent l’emporter.

La Russie et la Chine, ayant retenu la leçon, protestent contre l’attaque de Washington contre la Syrie, attaque qualifiée par Washington de “guerre civile”. Si la Syrie tombe, la Russie et la Chine savent que l’Iran est le prochain pays sur la liste.

L’Iran est une partie sensible pour la Russie et pour la Chine. L’Iran représente plus de 20% de ses importations énergétiques. Les gouvernements russe et chinois savent également que si l’Iran tombe, alors tous deux sont les suivants sur la liste. On ne saurait expliquer autrement pourquoi Washington encercle la Russie avec des bases de missiles et la Chine avec des bases navales et aériennes.

La Russie et la Chine se préparent toutes deux à une guerre qu’elles perçoivent comme inévitable. La folle poussée, la démence de Washington vers une hégémonie mondiale est en train d’amener les citoyens américains insouciants contre deux pays qui ont une capacité thermo-nucléaire et dont les populations combinées représentent cinq fois la population étasunienne. Dans un tel conflit… tout le monde meurt.

Considérant l’insanité avérée des gouvernants de Washington, si la vie humaine existe toujours au delà de l’année 2020, ce sera un vrai miracle. Tous les soucis au sujet du Medicare, de la sécurité sociale, des retraites etc. n’ont plus aucun sens, ni intérêt.

Il n’y aura plus personne pour toucher la moindre prestation...

Paul Craig Roberts

Addendum : Si le rapport de RT ci-dessous est correct, il paraît évident que les imbéciles ignorants et malfaisants de Washington emmènent le monde vers la 3ème guerre mondiale. http://rt.com/news/iran-troop-deployment-syria-782/

Addendum : La Russie dit qu’elle ne permettra pas de “zone d’exclusion aérienne” au-dessus de la Syrie.

http://www.informationclearinghouse.info/article35318.htm

Addendum : Une fois de plus, Washington démontre qu’il est l’endroit des plus gros idiots sur terre

http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/iran-to-send-4000-...

 Traduit de l’anglais par Résistance 71 

url de l’article original :

http://www.paulcraigroberts.org/2013/06/17/washington-is-insane-paul-c...

http://resistance71.wordpress.com/2013/06/18/resistance-politique-le-d...

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Le festin de l’araignée : Africom tisse sa toile

 
 

Depuis sa création AFRICOM n’a réussi à convaincre aucun gouvernement africain de lui ouvrir son territoire pour y installer son quartier général. Ce symbole d’une nouvelle vassalisation du continent aurait été trop visible et certainement impopulaire. Le QG reste donc en Allemagne où depuis l’épisode de la Fraction Armée Rouge, et malgré la disparition du bloc soviétique aucune action de protestation politique contre la forte présence militaire étasunienne n’a eu lieu.

Mais cette prudence diplomatique n’entrave en rien l’action permanente d’Africom sur le terrain et nombre de gouvernements africains font participer leur armée à des manœuvres avec les troupes US, font assurer la formation de leurs troupes par l’armée US (dans ce cas : Niger, Tchad Mauritanie Nigeria, Sénégal, Maroc, Algérie et Tunisie Ouganda, Burundi, Kenya, Lesotho et Botswana).

Inutile de préciser qu’il n’est jamais question de favoriser le renforcement d’armées nationales stratégiquement autonomes qui seraient des instruments de souveraineté. Les régiments africains formés sont des troupes coloniales fournissant la chair à canon utile aux projets de l’empire et fournies en matériel et munitions made in USA.

A cette pénétration de l’armée Us à l’intérieur même des armées africaines s’ajoute une installation permanente de troupes US dans des divers lieux. Là encore une relative discrétion est de mise et il n‘est officiellement jamais question de bases militaires étasuniennes massives comme il en existe par exemple en Italie en Allemagne et au Kosovo.

Le journal étasunien en ligne TOMDISPATCH vient sous la plume de son directeur NICK TURSE de faire le point sur cette présence militaire US permanente dans divers pays africains.

La plus grosse présence militaire est à Djibouti dans le camp Lemonnier jadis base de l’armée française et on peut dans ce cas parler d’une véritable base étrangère dont la création en 2002 est d’ailleurs antérieure à AFRICOM

Avec des effectifs plus légers l’armée Us est par ailleurs installée :

  • Au Kenya à Garissa, Manda Baya et Mombasa Louma point de départ de ses interventions dans la Somalie voisine où elle apporte un soutien logistique permanent aux forces de l’Amisom de l’Union Africaine
  • En République Centrafricaine à Bangui
  • Au Niger à Niamey
  • Au Mali à Bamako
  • Au Sud Soudan pour bien montrer que la toute nouvelle l’indépendance de ce pays est un nouvel asservissement
  • Au Sénégal où l’aéroport de Dakar est ouvert à l’aviation de reconnaissance de l’armée Us
  • Au Burkina Faso à Ouagadougou où se trouve une base des forces spéciales d’où ont décollé 193 vols militaires au premier trimestre 2013
  • En Ethiopie à l’aéroport d’Arba Minch
  • En Ouganda à Entebbe Rien que pour les besoins de ravitaillement en carburant l’AFRICOM a accès à pas moins de 29 aéroports de pays africains

Bien sûr le prétexte à cette intervention de plus en plus intense est la « guerre contre le terrorisme » sous ses divers avatars régionaux (AQMI, BOKO HARAM etç…) mais le nouveau commandant en chef d’AFRICOM le général David Rodrigues admet que l’arrivée massive d’héroïne afghane sur le continent africain via l’océan indien est un facteur d’aggravation de l’instabilité régionale. Il est vrai qu’avec la cocaïne colombienne qui arrive par l’ouest le territoire africain l’Afrique est désormais au cœur des trafics mondiaux.de drogue.

Pour bien illustrer les influences militaires US il faut noter que la nouvelle mission de l’ONU au Mali qui se met en place à compter du mois de Juillet comportera douze mille hommes et que les deux plus gros contingents seront fournis par le Rwanda et le Nigeria deux armées sous étroite influence US.

Quant à la piraterie dans le Golfe de Guinée qui connait une croissance très spectaculaire et va dépasser en intensité la piraterie au large de la Somalie elle ne tardera pas engendrer une riposte internationale probablement conduite par les marines de l’OTAN, Etats-Unis en tête. L’ONU a jeté les bases de cette action par la résolution 20-39. Pour commencer AFRICOM avance à pas mesurés en proposant aux Etats de la CEDEAO, comme elle l’a fait à l’occasion d’un séminaire tenu à Abidjan (qui pourrait accueillir l’Etat-major de cette future force) en Février 2013, une assistance pour la mise en place d’une police maritime commune. Cette prudence ne peut faire oublier que les maigres forces maritimes de ces états ne sauraient être opérationnelles sans la couverture électronique (GPS, radars ,…) et aérienne des Etats-Unis.

Carte : Les bases de drones US en Afrique (y compris aux Seychelles !)

http://comaguer.over-blog.com


Guerras del futuro: más cortas… pero más sangrientas
Une société sans guerre(s) est peu probable. Une société capitaliste sans guerres est impossible.
 

Pourquoi la guerre ?

 

Une société sans guerre(s) est peu probable. Une société capitaliste sans guerres est impossible.On peut le montrer très facilement en systématisant les éléments d’analyses parfois épars que l’on retrouve chez Orwell et Mumford, mais également chez des auteurs contemporains comme Noam Chomsky, Jacques Pauwels et Annie Lacroix-Riz. (Afin de proposer une démonstration courte, je n’examine pas la définition du capitalisme par la "croissance".)

Le pourquoi de la croissance, c’est la possibilité de mettre en œuvre une politique d’obsolescence sous ses formes cardinales. Force est cependant de constater que l’obsolescence ne parviendrait pas, à elle seule, à rencontrer le défi de la surproduction — qui est énorme et qui demande un moyen bien plus radical, un moyen qui travaillera à la fois en amont et en aval, un moyen qui formatera et le producteur et le consommateur. Ce moyen, c’est la guerre.

Je ne parle pas de la guerre économique que tous les acteurs sont censés se livrer en permanence ; je ne parle pas non plus de la guerre sociale larvée dans laquelle vivent les individus conformes et atomisés (à la Machiavel ou à la Hobbes) ou de la guerre des classes (de Marx et Engels) ; je parle de la guerre en tant que production industrielle capitaliste. On ne trouvera rien de métaphorique ici.

La stricte corrélation qui existe entre capitalisme et guerre a été pressentie entre autres par Karl Marx, Jean Jaurès, Georges Sorel et William James avant d’être analysée par Werner Sombart et Vladimir Lénine, mais surtout par Lewis Mumford (1932) et George Orwell (1949). Du point de vue de ces analyses, justifier la croissance équivaut à légitimer la guerre. On distinguera à leur suite trois types de fonction martiales, étagées selon leur degré d’évidence. Remarquons que chaque degré est directement corrélé à l’importance factuelle de la fonction, la moins évidente étant la plus fondamentale.

Primo, les fonctions visibles sont stratégiques et tactiques. Il s’agit bien sûr de la défense nationale, mais cette notion simple est en fait susceptible de subir certains aménagements cosmétiques. S’agit-il de défendre son territoire stricto sensu (à la suisse) ou ses intérêts stratégiques (sur le mode us-américain) ? Le premier est clairement défini et la mission des armées de même ; les seconds peuvent porter sur des enjeux très éloignés dans l’espace et dans le temps, au point qu’une guerre sans fin contre « l’empire du mal », « la drogue » ou « la terreur » est tout à fait concevable.

Ensuite, l’attaque préventive pour des motifs oiseux ou simplement fictifs est maintenant pratiquée en dehors de tout cadre juridique international – à moins que celui-ci ne s’avère manipulable sans efforts.

Enfin, depuis 1971, l’attaque délibérée pour des motifs « politiques » peut être baptisée « guerre humanitaire » sans soulever aucun tollé chez les observateurs avertis. La guerre c’est la paix.

Secundo, les fonctions liminales nous mettent en présence de trois grands archétypes. Par définition transhistoriques, on les retrouve dans toutes les sociétés et quasiment dans toutes les communautés.

La religiosité renvoie au sacrifice tragique du guerrier et aux mythes primitifs ; mourir et donner la mort mettent en contact avec l’Ultime. La pratique de la guerre est proprement sacramentelle (cf. Eliade).

Ensuite, les vertus martiales nous renvoient à un ensemble de valeurs mâles, soi-disant morales, fondatrices de l’État : la discipline de fer, l’intrépidité, le mépris de la douceur et de l’intérêt personnel, l’obéissance aveugle, etc.

Enfin, cette abnégation assure la cohérence sociale (cf. Girard) et constitue une réponse efficace, à défaut d’être élégante, au danger malthusien (sous forme d’eugénisme de sa population et de génocide de l’adversaire). La liberté, c’est l’esclavage.

Tertio, les fonctions invisibles portent plus directement encore sur les mécanismes de contrôle et de stabilisation de la société capitaliste.

Il y a d’abord les fonctions politiques : créer l’unanimité par la distraction et, surtout, préserver les inégalités en exigeant la subordination en face de la menace extérieure, réelle ou imaginaire, immédiate ou annoncée.

Ensuite viennent les fonctions économiques : la guerre permet bien sûr d’assurer l’accès aux matières premières et d’ouvrir de nouveaux marchés si les « partenaires commerciaux » s’avèrent peu sensibles aux arguments purement mercantiles (à la Ricardo) . Elle permet aussi d’écouler la surproduction de tout une série de biens et de services qui n’améliorent pas le sort des masses : il serait impossible de préserver le statu quo politique si les investissements portaient sur des biens socialement utiles (soins de santé pour tous, école démocratisée, infrastructures culturelles et sportives accessibles, autonomie énergétique, …) en lieu et place du socialement inutile.

Enfin, il y a le keynésianisme militaire en tant que tel (que Chomsky a baptisé le « Pentagon system ») : en investissant massivement dans la recherche, le développement et la commercialisation de produits militaires, de leurs précurseurs et dérivés, l’État capitaliste stimule l’innovation technologique, l’emploi et la production industrielle. De plus, il offre des débouchés sûrs : le gigantesque marché militaire est garanti par l’État et financé par les impôts (payés par les pauvres) et les prêts (bénéficiant aux « marchés financiers »). La réticularité de cette pratique digne de la Russie soviétique (qui, soulignons-le, n’a fait que s’adapter, par la force des choses, au militarisme occidental) est tellement profonde et puissante que sa quantification est virtuellement impossible. Un exemple suffira : en 1955, lorsque Chomsky est titularisé comme professeur de linguistique au MIT (Massachussetts Institute of Technology), l’Institut était financé à 100% par trois corps d’armée. Le lecteur naïf s’étonnera d’abord que des travaux aussi abscons que la grammaire générative et transformationnelle soient entièrement financés par le Pentagone. Il ajoutera peut-être que le MIT était à l’époque le centre principal de résistance du mouvement anti-guerre et que, de fait, Chomsky n’a jamais épargné ses efforts pour dénoncer le militarisme impérial des USA. On admettra en effet que certaines recherches semblent fort éloignées d’une application militaire directe, mais dans le cas de la linguistique, il n’en n’est rien : comprendre la structure fondamentale du langage permettrait en effet de formaliser toutes les langues et de créer des logiciels de traduction universelle (et donc panoptiques) ; du reste, la programmation d’ordinateurs complexes, d’automates performants, de drones et de droïdes passe également par la création de nouveaux algorithmes. Que le MIT soit au surplus un nid de contestataires importe peu — à la condition expresse que ces universitaires contribuent par leurs travaux à alimenter la machine militaire et qu’en tant que contestataires leurs voix se noient dans le bruit médiatique. Si d’aventure elle se faisait entendre très brièvement, l’oligarchie s’empresserait d’y voir la preuve de la liberté d’expression qu’elle autorise avec la bienveillance qui la caractérise.

En dernier lieu, on doit épingler les fonctions psychologiques : la militarisation de la vie sociale renforce l’infantilisation en exigeant l’obéissance – et la confiance – aveugles ; la guerre, lorsqu’elle éclate, brise l’ennui de la vie dans une société mécanisée qui ne propose plus aucun sens à l’existence. Le choc de la réalité est alors vécu comme libérateur. Vivre sur le pied de guerre, c’est vivre vraiment, c’est vivre aux extrêmes. Tout ceci ne présage en rien de la fonction dernière de l’entraînement militaire en général et de la guerre en particulier : prédation, agression et violence constituent des jouissances primitives (au sens de Lorenz, pas de Lacan). La libération du sadisme des oligarques, qui implique la possibilité d’enlever, de violer, de torturer et d’assassiner en dehors de tout cadre culturel (les mots manquent pour nommer cette logique qui n’est rationnelle qu’au sens pervers) sont l’alpha et l’oméga du fondement guerrier de nos sociétés. L’ignorance, c’est la force.

Dernier ouvrage paru : De quelle révolution avons-nous besoin ? (Sang de la Terre, 2013)

Echantillon de publications : http://chromatika.academia.edu/MichelWeber



Edité par T 34 - 01 Jul 2013 à 00:12
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Espionnage

Derrière l’espionnite, la doctrine Obama du retour de l’hyperpuissance

Après l’échec des invasions de George W. Bush, la stratégie de domination des États-Unis a été redéfinie. Elle passe par un usage massif de drones à vocation militaro-économique.

L’espionnage massif des données ou des communications échangées dans le monde entier s’inscrit dans la stratégie déployée par la Maison-Blanche pour réinstaller la domination de l’hyperpuissance états-unienne sur le reste de la planète. En parallèle avec les efforts entrepris en matière d’exploitation pétrolière et gazière (via une extraction grand format des couches de schiste du pays) afin de positionner les États-Unis comme l’un des plus gros producteurs d’hydrocarbures de la planète. Cette stratégie de domination économique et politique revisitée constitue une des pièces essentielles du recadrage impulsé par l’administration Obama après les échecs des aventures guerrières moyen-orientales déclenchées sous le mandat de George W. Bush. L’usage de la puissance militaire est loin d’être ramené au second rang. Seulement des interventions plus ciblées sont privilégiées avec une volonté de procéder à des actes de guerre, plus économes en matériel et moins lourds à gérer sur le plan intérieur lorsque surviennent d’inévitables pertes humaines dans des opérations impliquant l’engagement direct de soldats.

L’espionnage des télécommunications et l’utilisation massive de drones constituent les deux faces d’une même pièce. Des milliards de dollars sont investis pour surveiller le moindre fait et geste qui pourrait attenter à la domination de l’Oncle Sam. Avec les drones, Washington s’arroge, sous couvert de lutte contre le terrorisme, un pouvoir de vie et de mort sur des individus vivant parfois à l’autre bout de la planète dans des pays avec lesquels les États-Unis ne sont pas officiellement en guerre. Selon un rapport établi par le sénateur républicain de Caroline du Sud Lindsey Graham, les frappes des drones états-uniens, décidées sur la base d’écoutes et de renseignements divers, ont fait quelque 4 700 morts. Parmi les victimes, l’immense majorité est constituée de civils, voire d’enfants, qui n’ont généralement eu d’autre tort que de croiser des personnages soupçonnés d’activités terroristes sur les chemins du Pakistan, du Yémen ou d’autres contrées, ciblées à l’aide des grandes oreilles du Pentagone et liquidés sans autre forme de procès.

Aux États-Unis mêmes, cette politique révulse une partie de l’opinion. Des manifestations ont lieu régulièrement devant le siège de la CIA, en Virginie, afin de protester contre les massacres de civils par les avions sans pilote. L’Association de défense des droits (American Civil Liberties Union) dénonce, de longue date, la drôle d’éthique (sic) de ce dispositif. Elle vient d’obtenir que toute opération effectuée par le biais d’un drone soit au moins déclarée. Une opération de transparence qui ne vise pas uniquement à répertorier les « exécutions » extra-judicaires et leur cortège de bavures, mais aussi l’usage désormais possible des avions sans pilote pour toutes sortes de missions de surveillance, jusqu’à celle du territoire états-unien par le FBI, décidée en juin. Et comment ne pas écarter d’autres glissements de l’usage des drones ? Comme leur intervention au service de telle ou telle multinationale afin de démasquer des concurrents étrangers, soupçonnés d’avoir acquis « indûment » un avantage de compétitivité dans la guerre économique.

Bruno Odent

Poutine, le Rambo de moscou

On savait qu’il n’aurait pas le Nobel de 
la paix, mais le tsar Poutine arrive encore 
à nous surprendre. Selon l’agence publique ­
Ria-Novosti et le journal
Vedomosti, qui citent un projet d’orientations budgétaires sur les années 2014 à 2016, le budget de la défense russe devrait passer de 2 098 milliards 
de roubles (48,7 milliards d’euros) en 2013 
à 3 418 milliards de roubles (79,3 milliards d’euros). Soit un bond de 60 % des dépenses militaires sur la période. Comme un malheur n’arrive jamais tout seul, côté coupes claires, 
le gouvernement prévoit de réduire les dépenses d’éducation de 682 milliards de roubles 
en 2013 (15,8 milliards d’euros) à 601 milliards 
de roubles en 2016 (13,9 milliards d’euros), 
soit une baisse de 12 %. Quant aux dépenses de santé, elles dégringolent de 515 milliards de roubles (12 milliards d’euros) à 340 milliards de roubles (7,9 milliards d’euros). Le tout pour  « stimuler la croissance de la consommation » !
On croit rêver. Vu que les États-Unis battent des records avec un budget militaire de 406 milliards d’euros, Gérard Depardieu ne sera pas à court d’argument, pour défendre son mentor.



Edité par T 34 - 05 Jul 2013 à 22:35
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Jul 2013 à 00:16

Les stratégies de la suprématie

 
 

Chaque Etat impérialiste vise à établir sa suprématie planétaire, lui permettant de disposer des richesses mondiales assurant sa prééminence sur les autres pays impérialistes. Les puissances impérialistes sont donc des adversaires inconciliables - ce que le marxisme a appelé « les contradictions internes de l’impérialisme ».

Les rivalités ne peuvent engendrer que l’agressivité. Mais il est primordial pour la puissance visant à imposer sa suprématie de se placer au préalable en position de force, afin de limiter les possibilités de ses rivales à réagir à l’agressivité entreprise. Ses moyens politiques, économiques ou militaires doivent réduire les marges de manœuvre de l’adversaire (ainsi aujourd’hui, les Etats-Unis proclament "assurer la paix à travers la force", faisant du chantage par la menace).

A la fin du 18e siècle, la France combat l’Angleterre sans l’attaquer. A cette époque, la France est une nouvelle puissance industrielle et elle "doit" détrôner la puissance en titre, pour "le bien de la France". Comme moyen pour combattre l’Angleterre, Napoléon choisit le blocus économique, en interdisant le commerce avec l’Angleterre. Le blocus économique n’avait de sens pour lui qu’à condition que toute l’Europe se trouvât sous le pouvoir de Napoléon, car le contrôle rigoureux de l’application complète du "blocus économique continental" de l’Angleterre exigeait la soumission absolue de toute l’Europe et de la Russie à la volonté de Napoléon. Durant vingt ans de guerres en Europe, Napoléon suit sa logique d’imposer le blocus économique de l’Angleterre.

A la fin du 19e siècle, l’Allemagne unifiée par la Prusse - encore sous régime féodal - fait des bonds économiques spectaculaires. Sa tactique pour réduire la puissance de ses concurrents se présente sous deux tendances : 1. - Celle des grands propriétaires terriens qui prônaient une politique d’annexion à grande échelle : annexer des pays avoisinants (la France, la Belgique) pour augmenter le potentiel industriel allemand ; annexer des terres agricoles (des pays baltes et de la Pologne) ; pénétration vers l’Adriatique en annexant la Serbie et le Monténégro, etc. Evidemment, ils veulent aussi s’emparer de certaines colonies françaises et belges, pour unifier l’empire colonial allemand disséminé à travers toute l’Afrique. Ces desseins ne peuvent être réalisés que par la force. 2. - Une autre tactique optait pour une politique mondiale expansionniste, fondée sur le libre commerce, estimant que la force industrielle allemande suffit pour l’emporter par une concurrence ouverte, avec l’avantage d’éviter la riposte que provoqueraient les annexions. Cette tendance, que représentaient les monopoles allemands, était pour une communauté économique européenne, sans l’Angleterre et la Russie (pour ne pas perdre leurs marchés), mais avec la France et la Belgique, qui seraient soumises au contrôle économique allemand… (L’idée d’"Etats-Unis d’Europe" était déjà en l’air depuis un certain temps, considérant cette solution comme un rempart contre les guerres (1). Face aux espoirs que la Première guerre mondiale mènerait à l’unification de l’Europe, Lénine écrira en 1915 que "les Etats-Unis d’Europe n’auront comme but que de s’opposer à la montée économique de l’Amérique et du Japon" ; que "sous le capitalisme, les Etats-Unis d’Europe sont impossibles, ou seront réactionnaires".)

Les Etats-Unis d’Amérique, qui à cette époque développent leur industrie exclusivement sur leur territoire, évitent les conflits majeurs, mais profitent des besoins d’approvisionnement des belligérants.

La Russie tsariste, dont les relations commerciales et productives sont surtout avec l’Allemagne, est la cinquième puissance mondiale. Elle ne vise pas à sortir de sa vaste étendue de la Pologne à la Sibérie, mais elle est confrontée aux appétits de l’Allemagne voisine (2).

Pendant la guerre franco-prussienne Marx fait une analyse très intéressante :

"L’influence prépondérante du tsar (russe) sur l’Europe prend racine dans son autorité traditionnelle sur l’Allemagne. […] Du fait de l’épuisement réciproque de l’Allemagne et de la France (dans la guerre de 1870), Alexandre se flattait qu’il deviendrait l’arbitre suprême de l’Ouest européen. Telle est la loi du système politique vieillissant : le gain de l’un est la perte de l’autre. (Mais) la Russie autocratique doit se considérer en péril du fait d’un empire allemand sous direction prussienne […], au moment où en Russie-même des forces sociales volcaniques menacent de secouer les bases les plus profondes de l’autocratie. Le tsar pourrait-il supporter une telle perte de prestige à l’étranger ? (3) […] Si l’arrogance de l’Allemagne du succès (sur la France) et les intrigues dynastiques la conduisent à une spoliation de territoires français (l’Alsace et la Lorraine), il ne lui restera alors que deux partis possibles. Ou bien elle doit, à tout risque, devenir l’instrument direct de l’expansion russe, ou bien, après un court répit, elle devra se préparer à nouveau à une autre guerre "défensive", non pas une de ces guerres "localisées" d’invention nouvelle, mais une guerre de races, une guerre contre les races latines et slaves coalisées." (le souligné est dans le texte original : "Seconde adresse du Conseil Général de l’Association Internationale des Travailleurs /la I Internationale/ sur la guerre franco-allemande", aux membres en Europe et aux USA – Londres, le 9 sept. 1870 – texte écrit par Marx)

Nous voyons là l’engrenage qui mènera l’Allemagne aux deux guerres mondiales où elle vise à détrôner l’Angleterre, sa position de force préalable étant sa puissance militaire.

Au lendemain de la Deuxième guerre mondiale, les Etats-Unis arrivent à s’imposer sur les autres pays impérialistes, ravagés et affaiblis par la guerre. Ils imposeront un dictat époustouflant, qui s’appuie sur la position du dollar comme monnaie internationale, qu’ils ont pu obtenir face à la proposition anglaise de monnaie internationale fictive, présentée par John Meynard Keynes à la conférence de Bretton Woods (USA) en 1944, à laquelle ont participé quarante-quatre pays.

Mais, comme le dit si bien Samir Amin, "le capitalisme engendrant en permanence une tendance à la surproduction, la crise est alors, la forme normale de son état, tandis que la prospérité est, elle, l’exception"(4).

Aux Etats-Unis, la crise économique commence dès les années 1960.

Mais s’étant assuré leur suprématie sur les autres puissances impérialistes par le dollar-monnaie internationale, ils s’engagent dans des guerres en Asie et dans des interventions en Afrique, dont le but est de déloger les anciennes puissances. Le coût de leurs efforts militaires aggrave leurs crises économiques… qu’ils font payer au monde entier, ayant supprimé la convertibilité du dollar en 1971.

Un demi-siècle de répit s’était imposé après la Deuxième guerre mondiale avec la victoire de l’URSS sur le fascisme, suivie des révolutions socialistes des pays de l’Europe de l’Est et de la Chine et des luttes de libération nationale des pays colonisés, qui a pu nourrir l’illusion qu’enfin le capitalisme, contraint de s’y ajuster, parvenait à se civiliser. Mais, se trouvant sans contrepoids politique depuis la désagrégation de l’URSS en 1991, l’offensive des Etats-Unis s’est amplifiée.

Les Américains sont moins convaincus que ne le sont en apparence leurs alliés européens, des vertus de la concurrence. Dans la conjoncture actuelle de crise générale - économique, politique et militaire - ils ont repris l’offensive, pour organiser leur hégémonie planétaire en système mondial dans toutes ses dimensions.

Les médias sont, sans doute, suffisamment contrôlés pour que les objectifs stratégiques du pouvoir américain ne soient jamais objet de débat. Ce qui est plus étonnant, c’est le silence des pouvoirs européens, qui ne souhaitent pas même évoquer l’existence d’une stratégie globale américaine. Orchestrant la manipulation médiatique, d’une efficacité redoutable, les forces impérialistes ont provoqué une véritable crise de l’idée et de la pratique démocratiques. Le système néolibéral exclut toute avancée de la démocratie.

La notion de "démocratie" est mobilisée de façon cynique pour abattre un adversaire socialiste ou populaire, qui défend une démocratie authentique allant au-delà des simples élections pluralistes, mais plutôt une démocratie de justice sociale, défendant son indépendance - avec une dimension anti-impérialiste qui ne soit pas alignée sur la stratégie régionale ou mondiale des Etats-Unis.

L’offensive de l’impérialisme américain est déployée dans toutes les directions : - dénigrement des grands combats portant sur les choix de société ; - émiettement maximal des forces potentielles anti-impérialistes ; - éclatement des formes étatiques d’organisation de la société (dénommé "démolition contrôlée") ; - impuissance de l’Etat capitaliste, voulue et organisée par la bourgeoisie monopoliste qui a instauré l’hégémonie des monopoles ; - limiter au maximum la démocratie dans des pays souverains à soumettre, en alliance avec les forces réactionnaires locales.

L’offensive ciblée pays par pays, vise à imposer ou à conserver des systèmes non démocratiques, parce qu’ils sont la condition de leur soumission aux exigences économiques de la mondialisation impérialiste. Le "grand bandit" - l’impérialisme - ne peut se passer des services terroristes de "voyous" (fascistes en politique et extrémistes en religion) qu’il a excités et exaltés sur des thèmes qui font naître le fanatisme religieux et le chauvinisme national. Et… des armes modernes leur sont fournies ! Les puissances occidentales ne veulent pas de la démocratie. L’impérialisme n’est pas démocratique, par nature.

Le projet structuré de domination mondiale, que les Etats-Unis ont développé, est appelé "gouvernance globale". Il est construit sur deux volets :

- volet économique : en marginalisant l’ONU, transférer le pouvoir de décision aux "institutions économiques internationales", directement à la botte des Etats-Unis et de leurs transnationales ; et

- volet militaire : substituer l’OTAN à direction américaine, à toute autre organisation internationale, s’inscrivant dans le cadre de l’ONU. La force est érigée en principe suprême, en dépit du droit international, auquel le discours officiel fait référence. La réalisation des objectifs de domination mondiale s’appuie sur l’intervention militaire, dont la force est fondée sur - d’une part, l’alignement de l’Union européenne sur les objectifs stratégiques des Etats-Unis ; et - d’autre part, sur le choix américain de leurs méthodes militaires, renforçant leur suprématie : bombardements américains sans risque, et utilisation de troupes européennes supplétives pour l’intervention sur le terrain.

Quels sont les pays impérialistes qui risquent d’entrainer les peuples dans une nouvelle guerre mondiale ? Dès l’entrée définitive du capitalisme dans sa phase monopoliste/impérialiste au début du 20e s., les pays qui se sont affirmés comme impérialistes sont quatre : l’Angleterre, la France, l’Allemagne et les Etats-Unis d’Amérique. D’autres puissances capitalistes (comme le Japon ou l’Italie) ont eu des visées de domination et ont mené des agressions militaires d’envergure. Mais, à chaque fois, leurs conquêtes sont accaparées par une des quatre premières. Quelle est la raison de l’incapacité des autres puissances capitalistes à s’imposer comme puissances impérialistes ? Même si elle n’est pas formulée explicitement, Lénine en donne la réponse ("L’impérialisme, stade suprême du capitalisme") dans la grille de classification qu’il dresse concernant les avoirs bancaires des principaux pays capitalistes. On constate que les avoirs des quatre pays impérialistes indiqués ci-dessus sont de trois à quatre fois supérieurs à ceux des pays qui les suivent, et ensemble ils possèdent 80% des réserves d’argent dans le monde. Ils se détachent des autres pays par la puissance de leurs banques !

Dans le langage écrit, les puissances impérialistes sont désignées par : "Nord/Sud" (opposition évidente) ; chez certains auteurs : "le Centre" - "la périphérie" (comme le "Sud") étant le reste du monde ; ou bien "l’Occident". Ces "géographismes" permettent de ne pas mettre en avant la principale caractéristique qui leur est commune : la possibilité de leurs banques d’enfermer les pays faibles dans le système du crédit, s’assurant ainsi leur soumission financière. Ce sont aussi leurs banques qui décident des firmes à privilégier ou à saboter, des pays à sanctionner ou à favoriser, gérant ainsi leurs décisions politiques.

Tout au long de l’histoire de l’accumulation du capital - entamée sous le féodalisme - les centres du capital en expansion ont été les pouvoirs hégémoniques du système mondial (au 15e s. – la ville-Etat de Gênes, aux 16e et 17e s. – les Pays-Bas, aux 18e et 19e s. – l’Angleterre, au 20e s. – les Etats-Unis). Durant la dernière étape du cycle, les capitalistes transfèrent leurs capitaux dans d’autres endroits, et finalement, dans le nouveau centre qui s’est affirmé comme capital en expansion. Dès le début du 21e s., le centre de l’argent est sur le point de sortir des Etats-Unis. La Russie et la Chine sont les endroits privilégiés du transfert. Or, la Chine n’a pas utilisé la dette extérieure américaine pour dévaster l’économie des Etats-Unis… Une telle chute aurait provoqué la riposte nucléaire américaine.

Etant en voie d’affaiblissement, les Etats-Unis essaient de maintenir leur position de centre du système mondial par la force brutale, en impliquant leurs alliés et vassaux dans leurs opérations impérialistes. Les Américains vont de plus en plus déléguer leurs missions à d’autres pays, comme déjà à la France - en Libye et au Mali (5). C’est une décentralisation visant à renforcer l’hégémonie du système mondial et à maintenir l’Empire américain par délégation. La France et l’Allemagne feront des compromis. Mais déjà, leurs classes politiques (de gauche et de droite) se battent pour mieux servir le centre impérialiste américain, parce qu’elles profitent du système mondial corrompu : l’élite de l’Europe occidentale a ses intérêts propres dans ce système.

En cas d’attaque américaine, les Etats-Unis privilégient les armes nucléaires tactiques. Les ennemis potentiels ne croyant pas à la menace nucléaire avec les armes actuelles - trop destructrices pour être employées -, il est donc plus concevable "l’usage de mini-bombes nucléaires, comme instrument de paix" (6). Néanmoins, celles-ci possèdent une capacité d’explosion dépassant de trois à six fois la bombe d’Hiroshima. Les analystes de l’OTAN ne prennent pas en compte les retombées radioactives et la contamination, qui seraient dévastatrices sur une très vaste zone, entraînant un nombre extrêmement élevé de victimes civiles.

Dans le scénario de la guerre contre l’Iran, il est prévu l’emploi combiné d’armes nucléaires tactiques et de bombes conventionnelles (7), provoquant des nuages en champignon (!). D’autres armes pourraient être également utilisées, comme les systèmes électromagnétiques permettant de déstabiliser les infrastructures gouvernementales, les systèmes de communication, le commandement, etc.

Les techniques de modification de l’environnement (guerre météorologique), développées dans le cadre du programme HAARP, sont totalement opérationnelles et pourraient également être employées comme "élément de la sécurité intérieure et internationale". Leurs applications pourraient être offensives, défensives ou dissuasives. La capacité de générer des précipitations, du brouillard, des tempêtes ou de modifier les conditions climatiques, produisant des conditions climatiques artificielles (comme la pluie diluvienne avec éclairage éblouissant sur Bruxelles en août 2011, au décollage de nuit des bombardiers partant pour la Libye) ; le rayonnement électromagnétique permettant de "détériorer la santé à distance" ; les armes biologiques capables de "cibler des génotypes spécifiques" provoquant la terreur, font partie d’un ensemble de technologies intégrées pour augmenter la portée de la puissance américaine, ou diminuer celle d’un adversaire. Les demandes du Département de la Défense des Etats-Unis sont approuvées par le Commandement du Pacifique (responsable de la Corée du Nord) et le Commandement central (responsable de l’Iran), coordonnés par le Commandement Stratégique des Etats-Unis.

La stratégie de suprématie de l’impérialisme américain est aujourd’hui la principale menace pour le progrès social, la démocratie et la paix.

Et le ralliement des gouvernements européens, de l’opinion publique et des forces de gauche occidentales au projet américain de suprématie mondiale et au sentiment de "supériorité de l’Occident" vis-à-vis des peuples de "la périphérie", constitue une grave entrave aux luttes pour le progrès, dont les conséquences ne peuvent être que tragiques.

Mais les arguments idéologiques médiatiques, utilisés pour camoufler les objectifs du capital monopoliste de contrôle et de pillage des ressources naturelles de la planète et de surexploitation de la main-d’œuvre des pays dominés, ne rallient que l’opinion occidentale (ravie de la bonne conscience qu’ils lui donnent).

Déjà l’Amérique Latine relève un défi à la suprématie. L’association de coopération latino-américaine, l’ALBA, ainsi que le mouvement bolivarien de Hugo Chavez, constituent un pôle de résistance qui peut se développer. Une nouvelle société, celle des classes travailleuses, perce le jour.

Face à une classe bourgeoise qui s’était formée en trois siècles d’activités marchandes et d’accumulation du capital, quand les classes dirigeantes aristocratiques n’avaient plus d’argent, les révolutions bourgeoises qui éclatèrent dans les centres de l’accumulation capitalistique purent réussir à renverser le féodalisme, pour asseoir la domination de la bourgeoisie dans le nouveau système sociopolitique capitaliste !... Nous sommes en train d’assister à son essoufflement.

Lênsta Petit

Paris, avril-mai 2013

Notes :

(1) La notion d’"Etats-Unis d’Europe" est formulée par Victor Hugo à la conférence internationale pour la paix qu’il organise à Paris en août 1849, suite aux révolutions de 1848 en Europe.

(2) Il est à remarquer que la Russie n’a jamais pratiqué la colonisation, ni l’esclavagisme. Enfin, en 1899, la Russie convie à la Haye les Etats du monde entier et propose (et fait adopter) d’interdire dans les guerres les gaz asphyxiants, les balles explosives, les bombardements aériens et l’agression des populations civiles… C’est exactement l’inverse que pratiquent les USA depuis leurs bombardements de cibles civiles en Europe durant la Deuxième guerre mondiale. Depuis 1944… et jusqu’à nos jours.

(3) Dans les nouvelles versions de l’Histoire, on lit que Marx n’avait pas vu les luttes en Russie, et qu’il était en général, méprisant pour les Russes !

(4) S. Amin – L’hégémonisme des Etats-Unis et l’effacement du projet européen – Paris, 2002

(5) Mahdi Darius Nazemroaya – The globalisation of NATO – Canada, 2012, in "L’Etoile du Nord" – Montréal, févr.-mars 2013

(6) Michel Chossudovsky (site électronique) – Le rôle du Commandement Stratégique des Etats-Unis (USSTRATCOM).

(7) La MOAB, "l’arme monstre, la plus puissante jamais conçue", testée en 2003 et utilisée en Irak.


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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Jul 2013 à 20:58

L’Otan en stand-by prête à l’attaque (Il Manifesto)

 
Photo : Base militaire de Lago Patria, Italie

Comme un dispositif électronique en mode d’attente, le Commandement de la force conjointe alliée à Naples (Jfc Naples) est tenu officiellement en « stand-by », c’est-à-dire prêt à tout moment à entrer en guerre. Il a reçu du Commandant suprême allié en Europe (qui est toujours un général étasunien nommé par le Président) la charge de garder en efficience maximale la Force de riposte Otan –composée des unités terrestres, aériennes et navales les plus avancées technologiquement- en mesure d’effectuer en 48 heures « n’importe quelle mission en n’importe quel lieu ». Le nouveau quartier général du Jfc Naples à Lago Patria, construit pour un staff de plus de 2mille militaires et expansible pour la « future croissance de l’Otan », est en pleine activité. Des membres de tous les pays Otan sont en train d’arriver, venant s’ajouter au staff, pour une série de manœuvres qui permettent au Jfc de Naples d’être « prêt à des opérations militaires comme celle d’Unified Protector », la guerre de 2011 contre la Libye.

Aujourd’hui, dans le viseur du Jfc Naples il y a la Syrie. Contre qui l’Otan, sans apparaître officiellement, conduit par l’intermédiaire de forces infiltrées une opération militaire couverte, qui peut d’un moment à l’autre devenir découverte en imposant une « no-fly zone » comme pour la Libye. L’avant-poste de l’opération militaire contre la Syrie est la Turquie, où l’Otan a plus de vingt bases aériennes, navales et d’espionnage électronique. A celles-ci s’ajoute à présent un des plus importants commandements Otan : le Landcom, responsable de toutes les forces terrestres des 28 pays membres, activé à Izmir (Smyrne).

Le déplacement du commandement des forces terrestres de l’Europe à la Turquie –adossée au Moyen-Orient (en particulier Syrie et Iran) et à la Caspienne- indique que, dans les plans USA/Otan, on prévoit l’utilisation aussi de forces terrestres, surtout européennes, dans cette aire de première importance stratégique. Confirmé par le fait que le général étasunien Philip Breedlove, récemment nommé par le président Obama commandant suprême allié en Europe, s’est rendu en juillet à Izmir pour accélérer les délais dans lesquels le Landcom rejoindra sa « pleine capacité opérationnelle ». Immédiatement après, le général étasunien Frederick Hodges, responsable du commandement d’Izmir, est allé à Naples pour coordonner l’activité du Landcom avec celle du Jfc Naples. Il y a été accueilli par l’amiral étasunien Bruce Clingan, qui est en même temps commandant de la Force conjointe alliée à Naples, des Forces navales USA en Europe et des Forces navales du Commandement Africa. Un jeu stratégique des trois cartes, qui permet au Pentagone de toujours garder le commandement : par exemple, en 2011 il a dirigé la guerre en Libye d’abord à travers le Commandement Africa, puis le Jfc Naples, appuyés par les forces navales USA en Europe. Et l’Europe ? Elle est importante pour les Etats-Unis géographiquement, a précisé le Commandant suprême allié à une commission du Congrès : les bases en Europe ne sont pas de résiduels « bastions de la guerre froide », mais « des bases opérationnelles avancées » qui permettent aux USA de soutenir à la fois le Commandement Africa et le Commandement central dans l’aire duquel se trouve le Moyen-Orient. Elles sont, ensuite, essentielles pour « la sécurité du 21ème siècle », garantie par une « alliance puissante et efficiente » dirigée par les USA, qui possède « 24 mille avions de combat, 800 navires militaires océaniques, 50 avions radars Awacs ».

Une alliance (cela on ne le dit pas) dont la dépense militaire se monte à plus de 1 000 milliards de dollars annuels. Pour garder toujours prêts à la guerre les commandements, comme celui de Naples, ville qui a un nombre record de chômeurs, gardés en « stand-by » dans l’attente vaine d’un poste de travail.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 16 juillet 2013 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20130716/m...

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio



Edité par T 34 - 20 Jul 2013 à 00:02
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