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Economie : Ne demandons rien, prenons tout

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Jul 2013 à 21:22

Accord CDI intérimaire : la CGT dénonce un « marché de dupes »

Jeudi 11 juillet, trois syndicats (la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC) et le patronat ont signé un accord qui crée un CDI intérimaire. La CGT et FO, présentes lors des débats, ont refusé de signer le texte. Alain Wagmann, secrétaire de l'Union syndicale de l'intérim - CGT (USI-CGT) et  négociateur lors des discussions, revient sur les motivations de ce refus.

Pourquoi la CGT a refusé de signer l’accord sur l’intérim, qui crée un CDI intérimaire, alors que le syndicat militait pour l’instauration de ce contrat ?

Alain Wagmann. La CGT n’a pas signé parce que le compte n’y est pas. Prism’Emploi, l’organisation patronale de l’intérim, était obligé de trouver un accord avec les organisations syndicales sinon il aurait fait face à une surcotisation [une augmentation des cotisations salariales, ndlr], de l’ordre de 300 millions d’euros. Là on se retrouve avec un effort financier de la part du patronat d’environ 60 millions d’euros. Les boîtes d’intérim économisent plus de 200 millions d’euros avec cet accord !

Avec cet accord, certains intérimaires vont pouvoir bénéficier d’un CDI. C’est une avancée ?

Alain Wagmann. Le CDI intérimaire va concerner 20 000 salariés. Pas les intérimaires extrêmement précarisés, mais les travailleurs qui sont déjà à temps plein. Ces travailleurs représentent 15 à 20 % des intérimaires, soit au bas mot 300 000 personnes. Des intérimaires qui travaillent plus de 1500 heures par an, on en rencontre plein. Autant dire que le CDI intérimaire existait déjà. Sauf qu’avec cet accord, ils vont perdre les 10 % de prime de fin de mission. C’est un marché de dupes. Mais il faut bien préciser que nous ne sommes pas contre le CDI intérimaire, mais contre cet accord qui ne touche que trop peu de monde. Si l’accord avait concerné 100 000 ou 200 000 intérimaires, là ok, il y aurait eu un réel effort de la part du patronat et peut-être que nous l’aurions signé.

L’autre point, l’allongement de la durée annuelle d’emploi, va permettre à 80 000 intérimaires de travailler plus, une mesure qui ne satisfait pas la CGT.

Alain Wagmann. Pour pouvoir bénéficier de cette mesure, l’intérimaire devra se porter volontaire puis être sélectionné par les agences d’intérim. Tout le monde n’y aura donc pas accès. En plus, l’ANI – que nous n’avons pas signé – prévoyait que cet allongement atteigne 1200 heures par an, contre 800 actuellement. L’accord signé n’autorise que jusqu’à 840 heures. On n’arrive même pas aux chiffres de l’ANI !

Selon vous, les autres syndicats ont eu tort de signer ?

Alain Wagmann. Cet accord ne s’attaque en rien aux intérimaires les plus fragiles, qui sont d’une part les salariés seniors, qui se voient proposer de moins en moins de missions après 45 ans, et les salariés qui sortent de l’école. Plutôt que de signer un accord a minima, on aurait préféré que les agences d’intérim payent l’augmentation des cotisations salariales. L’argent aurait permis d’améliorer les comptes négatifs de l’assurance-chômage. On ne comprend même pas pourquoi les autres organisations ont signé.

 

Les principaux points de l’accord :

La création d’un CDI intérimaire, avec les mêmes règles que pour un CDI « classique », mais :

  • Réservé aux intérimaires convoités (par exemple, dans l’informatique) ;
  • Les agences s’engagent à signer 20 000 contrats de ce type d’ici 3 ans ;
  • Lorsqu'un intérimaire n’est pas en mission, il touche le smic ou 1,25 fois le smic s’il s’agit d’un cadre.

En échange, les intérimaires :

  • Sont tenus d’accepter toute mission dans les limites de mobilité, de poste et de salaire fixées dans leur contrat ;
  • Renoncent à leurs indemnités de fin de mission (10 % des salaires perçus).

Autre point, les agences d’intérim s’engagent à augmenter de 40 heures la durée annuelle d’emploi pour 80 000 intérimaires sélectionnés. Le coût de cette mesure (de 60 à 70 millions d’euros) sera  supporté par un fonds de sécurisation des parcours. Il sera financé par les indemnités de fin de mission des intérimaires en CDI et une cotisation de 0,5 % de la part des agences d’intérim.

  • À lire aussi :

André Fadda : « Il faut instituer un vrai CDI pour les intérimaires »

Le CDI intérimaire, victime de l'acharnement patronal

Propos recueillis par Benjamin Bultel

Accord CDI intérimaire, au bénéfice de qui ? (CGT)

La précarité dans l’emploi est un drame social et économique. L’accord de soi-disant « sécurisation de l’emploi » signée en janvier 2013 par la CFDT, la CGC et la CFTC et rejeté par la CGT et FO prévoit une taxation supplémentaire des cotisations chômage pour certains contrats de moins de 3 mois. L’idée étant de freiner le recours à une succession de contrats courts maintenant les salariés en situation précaire et pillant les ressources de l’Assurance chômage.

Le Patronat de l’Intérim, PRIMS’EMPLOI, a obtenu, à force de lobbying,  d’être exonéré de cette taxation supplémentaire à condition d’obtenir un accord, avant le 11 juillet 2013, de « sécurisation des parcours intérimaires ». Cet accord devant comporter deux volets, le premier étant la possibilité du CDI pour les intérimaires et l’autre sur l’allongement des durées d’emploi. Actuellement la durée moyenne d’une mission d’intérim est de 1,7 semaine.

Au cours de la négociation PRIMS’EMPLOI a tenté, avec insistance, une dérèglementation qui aurait facilité encore plus qu’aujourd’hui, un recours à l’intérim en  lieu et place des emplois durables et permanents dans les entreprises utilisatrices.
80% des intérimaires ne seront pas concernés par l’accord !

L’accord final ne prévoit que 20 000 CDI, soit 4% des intérimaires parmi les plus qualifiés qui n’ont pas de difficulté d’employabilité et, qui pour une grande partie, sont déjà employés à plein temps, marché de dupe. Ils vont perde leur indemnité de fin de mission égale à 10% de leur rémunération et être contraints bien souvent d’accepter une mobilité illimitée sur toute la France.

La CGT exige que les intérimaires en CDI puissent refuser les missions trop éloignées de leur domicile et ne correspondant à leur qualification, que soit précisé dans l’accord la définition d’une « offre de mission raisonnable », correspondant à des critères acceptables et justes pour les salariés.
L’engagement de l’allongement des durées d’emploi ne concerne que 80 000 intérimaires, soit 16%, effectuant déjà 800 heures par an. Ils pourraient bénéficier d’un allongement de leur durée d’emploi de 40 heures par an pendant 3 ans, soit une augmentation de 120 heures au total. Loin d’être une avancée, cet objectif est minimaliste d’autant que les intérimaires seront choisis dans les faits par le Patronat et les moyens de vérifier et de contrôler sont absents. La somme dévolue à la formation sensée améliorer l’employabilité de ce public se limite à 60 millions d’euros (750 € par salarié), une somme ridicule quand aux enjeux et besoins. La CGT porte comme exigence le double et notamment, l’allongement des durées d’emploi à partir du seuil de 400 heures par an,  et un investissement à hauteur des besoins en formation.
Hormis le peu d’ambition de ces objectifs, rien ne  les rend contraignants, aucune pénalité ne sera appliquée s’ils ne sont pas atteints contrairement à ce que demandait la CGT.

Ainsi, le « coût » pour PRIMS’EMPLOI, est bien peu au regard des 280 à 320 millions de surcotisation qui auraient dû profiter à l’assurance chômage d’autant que 40% des privés d’emploi ne sont pas indemnisés.
Dans ces conditions, un tel accord n’est pas une sécurisation de l’emploi. Il profite essentiellement au marché de l’Intérim, déjà en très bonne santé financière et aux entreprises, au détriment de la majorité des intérimaires et de la collectivité.
La CGT ne peut cautionner, ni signer un tel accord à contresens de l’intérêt des salariés.

Montreuil, le 12 juillet 2013

Rio Tinto : la CGT reste prudente après la signature de l'accord avec un groupe allemand

La reprise de l'usine d'aluminium centenaire (ex-Pechiney) de Saint-Jean-de-Maurienne, dont la signature est intervenue ce samedi, suscite un vif soulagement dans la vallée savoyarde, où elle est le principal pourvoyeur d'emplois, mais les syndicats et les salariés restent prudents face au repreneur, l'Allemand Trimet. 510 emplois vont être sauvés.

"Certes, ça va nous permettre de respirer un peu", reconnaît Yannick Bacaria, délégué syndical CGT. "Mais je veux voir le projet de Trimet et les investissements qui vont avec avant de déboucher le champagne", prévient-il. Il manque, selon lui, au moins 50 millions d'euros d'investissements depuis que Rio Tinto Alcan est propriétaire du site. La CGT, très majoritaire parmi le personnel, alerte depuis 2005 les élus locaux sur l'avenir de l'usine, que l'expiration d'un contrat d'électricité très avantageux avec EDF hypothéquait depuis de longues années. "On est content de se débarrasser de Rio Tinto Alcan". "Depuis qu'ils sont là, ils ont fait un plan social, n'ont jamais investi et se foutent des salariés", a-t-il souligné.

510 emplois sauvés

Après plus d'un an de négociation, le PDG de Trimet, Heinz-Peter Schlüter, et celui de Rio Tinto Alcan (RTA), Jacynthe Côté, ont signé samedi l'accord de reprise du site de Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie) et de Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne) par le groupe allemand. Le PDG d'EDF, Henri Proglio, dont le groupe prendra une participation de 35% dans la nouvelle société, a également paraphé l'accord qui permet de sauver 470 emplois en Savoie et une quarantaine dans le Tarn-et-Garonne. Les pourparlers s'étaient intensifiés au cours des derniers jours avec l'arrivée à Paris les PDG des deux groupes. L'accord, finalisé dans la nuit de vendredi à samedi, prévoit que Trimet détiendra 60% du capital de la nouvelle société, EDF 35% et le FSI (Fonds stratégique d'investissement) 5%, a indiqué Véronique Roche, secrétaire du comité d'entreprise européen de Rio Tinto et déléguée CFE-CGC. Les deux usines étaient menacées de fermeture par le géant minier anglo-australien RTA, qui affirme ne plus pouvoir y fabriquer d'aluminium à un prix compétitif à partir du 31 mars 2014, du fait d'une hausse de ses tarifs d'électricité. 

Au contraire de la vallée voisine de la Tarentaise aux riches stations de ski, la vallée de la Maurienne souffre depuis 20 ans des fermetures d'usines successives et peine à retenir ses habitants. Saint-Jean-de-Maurienne qui a abrité jusqu'à 11.000 habitants n'en a plus que 8.700 aujourd'hui. "Nos élus n'ont jamais pensé qu'il pouvait y avoir autre chose que l'usine. Tous les jeunes diplômés quittent la vallée pour Grenoble ou Lyon et ne reviennent pas. Qu'est-ce que vous voulez revenir faire ici?", interroge Cosimo Sicoli, le patron du bar le "Montana", dans le centre-ville de Saint-Jean. Le site de production d'aluminium est "le plus gros employeur de la vallée et un des plus gros du département", reconnaît Pierre-Marie Charvoz, maire UDI de Saint-Jean. "L'usine, c'est le poumon de la vallée", renchérit André Virjino, secrétaire du CHSCT. C'est aussi le plus gros contribuable, avec 1,7 million d'euros versés à la communauté de communes chaque année. Sans ces revenus (39% de la contribution économique territoriale locale), de nombreux projets de la commune devraient être abandonnés.

Pour fêter l'accord de reprise de l'usine, le maire a convié la population à se rassembler en soirée devant l'hôtel de ville. Le feu d'artifice du 14 juillet, prévu à 22h30, "aura une résonnance particulière cette année", selon lui.

La nouvelle société créée par le groupe allemand Trimet et EDF investira près de 200 millions d'euros sur les sites de Saint-Jean-de-Maurienne et de Castelsarrasin, ont annoncé samedi le ministère du Redressement productif et celui des affaires européennes. "Le projet industriel qui sera mis en oeuvre par un investissement de plus de 200 millions d'euros sur six ans sera accompagné dans le temps par l'Etat, notamment avec la Banque publique d'investissement", ont annoncé les deux ministères dans un communiqué conjoint.

Vive les réformes !

 
 

Il faut sortir de l’immobilisme. Notre pays a besoin de réformes profondes, sinon nos enfants sont condamnés à payer nos erreurs. Le monde bouge, il faut prendre conscience que l’on ne peut rester dans la situation actuelle. Il ne faut pas avoir peur d’aller de l’avant et de changer les choses. Qui n’a pas entendu ce discours ?

Peu à peu nous avons intériorisé les arguments que les médias et nos politiques nous servent à longueur de campagnes électorales. Le fameux « on ne peut pas faire autrement » est maintenant présent dans le subconscient de chacun d’entre nous, et devant la crise et les difficultés qu’elle engendre, beaucoup pensent que notre système social est à bout de souffle et qu’il va valoir faire des sacrifices et se serrer la ceinture. Et pourtant…

Il y a seulement 20 ans, pour 100 euros de travail fourni, 30 allaient à la rémunération des actionnaires. Actuellement ce sont 40 euros qui disparaissent dans leurs poches, et maintenant ils veulent 50 euros, ils n’en auront jamais assez ! Chaque année presque 200 milliards passent ainsi de la poche des salariés dans celle des actionnaires. A l’époque du « rêve américain », aux États-Unis, le salaire d’un PDG était en moyenne de 40 fois le salaire minimum, actuellement en France le salaire des PDG du CAC 40 est de 300 à 500 fois le smic ! Cherchez l’erreur !

Pour faire des économies, en 20 ans on a supprimé des dizaines de milliers de fonctionnaires : l’État a-t-il fait des économies ? Non, au contraire, car l’externalisation de certaines taches et les fameux PPP (partenariat/public/privé) coûtent beaucoup plus cher pour une qualité moindre. Les prétendues économies réalisées servent surtout à financer des intérêts privés. On nous culpabilise sur le déficit de l’État, mais on ne remet jamais en cause les cadeaux de certains. Ce qui coûte le plus cher à une nation, ce sont les riches, et nous n’avons plus les moyens de les entretenir !

Depuis 20 ans les « charges », pardon les cotisations et l’impôt sur les entreprises ont continuellement baissé en passant de 50 à 30 % (prochaine étape 20%) pour permettre soit disant d’augmenter les salaires et lutter contre le chômage. Échec sur toute la ligne : le chômage a explosé et les seules rémunérations qui ont augmenté sont celles des grands patrons qui se comptent en millions d’euros. Pour nous c’est la précarité, des salaires à la baisse, et un avenir incertain. Et comme cela ne suffit pas, le gouvernement de Monsieur Hollande leur a généreusement accordé une nouvelle réforme sur la flexibilisation de travail sans aucune contrepartie qui nous coûtera la bagatelle de 20 milliards d’euro !

Il faut également réformer l’éducation, la santé, mais si ce sont les mêmes qui réforment il ne restera plus rien, car ils n’emploient pas les bons termes. A la place de réforme ils devraient dire destruction : car c’est bien de cela qu’il s’agit : de la destruction et du pillage de l’État par une poignée de privilégiés. Ils ne prennent aucun risque, ils privatisent tous les services de l’État, ils ne créent rien et en cas de problème ils nationalisent les pertes. Ils sont gagnants à tous les coups, le contribuable perd à chaque fois.

Il faut effectivement des réformes en profondeur. Ne plus écouter le discours archaïque de la droite patronale qui a toujours pleuré dans le gilet de l’Etat lorsqu’il a fallu qu’elle cède une partie de l’argent et du pouvoir qu’elle a escroqués aux citoyens. Elle nous dit que ce n’est pas possible, que nous sommes des utopistes, que nous coulons le pays. Nous l’avons entendu avec les premiers congés payés, la semaine de 40 heures, … et déjà lorsqu’au début du 20ème siècle les ouvriers réclamaient des augmentations de salaires et des réductions du temps de travail, le patronat menaçait de délocaliser dans les« colonies » !!!

Le discours de cette droite archaïque, relayé par les sociaux-démocrates, reste le même, il change seulement de vocabulaire, mais il s’agit toujours de privatisation des bénéfices et nationalisation des pertes. Leurs télés, leurs radios et leurs journaux nous lavent le cerveau tous les jours, afin de nous faire croire que la seule solution c’est celle qu’ils nous proposent ; c’est faux, réfléchissons ensemble sur un autre monde possible !

Sur Conscience Citoyenne Responsable

A lire également : VIVE L’IMPOT
http://2ccr.unblog.fr/2012/03/21/vive-limpot/



Edité par T 34 - 16 Jul 2013 à 19:09
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Jul 2013 à 22:03

Cession de sites rentables: le Front de gauche veut muscler la loi

"On pense que ce texte de loi est très insuffisant dans la mesure où il n'empêche pas les fermetures de sites", a expliqué André Chassaigne ce mardi alors que le projet de "loi Florange" promise par le candidat Hollande est examiné en commission à l'Assemblée nationale.

"Il faut empêcher que les incendies se déclenchent. Or là, on n'empêche pas que l'incendie se déclenche mais on vient pour essayer de l'éteindre ou du moins d'atténuer les conséquences. On laisse brûler la maison mais on s'arrange pour que les maisons autour ne soient pas atteintes", regrette le président du groupe Front de gauche à l'Assemblée. André Chassaigne précise que le groupe FG a déposé des amendements "qui posent véritablement des questions de fond". "Si le texte apporte un plus, les députés FG pourraient le voter", a-t-il ajouté. Sinon, "on ne votera pas contre ce texte. Est-ce qu'on votera pour, est-ce qu'on s'abstiendra? On n'a pas encore pris notre décision".

"Loi Florange" oubliée

De fait, cette proposition de loi consacrée à la reprise de sites rentables ne va plus aussi loin que ce que le candidat François Hollande l'envisageait lors de sa visite à Florange en février 2012. Quelques semaines avant le premier tour de l'élection présidentielle, il avait promis un projet de loi aux salariés de Florange en lutte pour conserver leurs hauts-fourneaux. Un texte législatif fondé sur le principe suivant: «Quand une grande firme ne veut plus d'une unité de production et ne veut pas non plus la céder, nous en ferions obligation pour que les repreneurs viennent et puissent donner une activité supplémentaire».

Projet édulcoré

Un an plus tard, l'obligation faite à un groupe de plus de 1.000 salariés de céder à un tiers volontaire une unité de production rentable a été édulcorée. Fin avril dernier, le projet de loi ne retenait plus cette obligation de cession, mais un mécanisme compliqué pouvant déboucher sur des pénalités financières à l'encontre du patron désobligeant:

  1. le patron qui veut fermer son entreprise pourtant rentable doit en informer le comité d'entreprise
  2. ce même chef d'entreprise a alors "obligation de moyens" pour chercher un repreneur durant les trois mois suivants. Les salariés pourront l'aider et se faire aider par des cabinets spécialisés
  3. au bout des trois mois, un rapport est fait devant le comité d'entreprise sur la recherche de repreneur
  4. si les salariés contestent ce rapport et jugent que le patron ne s'est pas donné tous lesmoyens de chercher un repreneur, ils pourront proter le dossier devant le tribunal de commerce
  5. si le tribunal de commerce juge que le chef d'entreprise n'a pas respecté l'"obligation de moyens", il peut le condamné à une pénalité d’un montant maximum de 20 fois la valeur mensuelle du SMIC par emploi supprimé". Soit aux alentorus de 28 000 euros.

Pas vraiment de quoi effrayer les groupes désireux de fermeture de sites rentables et de restructurations à tout va. Car insidieusement, l'obligation de trouver un repreneur s'est muée en obligation de chercher un repreneur.

  • A lire aussi:

Loi Florange: la promesse du candidat Hollande fait pschitt

Hollande a tenu ses promesses: les lois ont été faites, mais dans le sens des patrons", le point de vue d'Olivier Leberquier (CGT Fralib)

La baisse du taux du Livret A inquiète

La Banque de France a recommandé de passer sa rémunération de 1,75 % à 1,25 %.

«Ça aurait pu être pire. » En substance, c’est ainsi que la Banque de France a commenté, ­vendredi, sa proposition de baisser le taux du Livret A à 1,25 %, contre 1,75 % aujourd’hui. Son gouverneur, Christian Noyer, a choisi de ne pas suivre à la lettre le calcul prévu par la loi, qui, avec une inflation de 0,8 % sur un an, aurait fait chuter ce taux à 1 %, niveau historiquement bas et politiquement délicat.

Cette baisse limitée permettra, selon la Banque de France, « de maintenir une rémunération très largement positive de l’épargne réglementée tout en diminuant d’une façon significative le coût du financement de l’économie ». De l’économie, et notamment de la construction de logements sociaux, par le biais de la Caisse des dépôts, qui centralise 65 % des sommes générées par cette épargne populaire. La recommandation du gouverneur de la Banque de France devra toutefois être validée par le ministre de l’Économie, avant d’entrer en vigueur début août. Et tout le monde ne voit pas d’un très bon œil cette nouvelle baisse du taux. Si la Confédération nationale du logement estime qu’elle « devrait permettre d’engager un vrai élan » dans la construction de logements sociaux, elle réclame aussi que « 100 % de la collecte » soit effectivement affecté à cette tâche, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Et s’inquiète du « risque de déplacement de l’épargne du Livret A vers d’autres placements ».

Plus critique encore, l’association de consommateurs CLCV s’oppose tout bonnement à cette baisse. Si l’inflation est faible aujourd’hui, selon elle, c’est du fait d’une « moindre surchauffe du prix des matières premières », phénomène qui pourrait vite s’inverser. La CLCV estime aussi que cette décision va pénaliser les ­ménages modestes, qui ont fait du Livret « une réserve de ­précaution anti-coup dur ». Enfin, l’association pense qu’avec un taux aussi faible, la collecte « va décroître » et qu’il « ne sera plus possible de financer les projets publics ».

Alexandre Fache



Edité par T 34 - 16 Jul 2013 à 22:40
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Une industrie de l’acier à repenser

Le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur la sidérurgie et la métallurgie pointe du doigt la financiarisation de ces secteurs et fait des propositions 
pour l’avenir.

La commission d’enquête parlementaire sur « la situation et le développement de la sidérurgie et de la métallurgie françaises et européennes », créée à l’initiative des députés Front de gauche, vient d’achever ses travaux. Une trentaine de députés ont planché sur le dossier pendant des mois, avec pour rapporteur Alain Bocquet, député PCF du Nord. Alors que les conclusions sont présentées aujourd’hui au président de l’Assemblée nationale, nous avons pu consulter ce document qui dresse un constat sans appel : depuis les années 2000, l’industrie sidérurgique et métallurgique française est passée sous contrôle de groupes étrangers. Le rapport déplore que « certains groupes étrangers puissent impunément défier les pouvoirs publics, mais aussi les salariés et l’opinion en arrêtant des décisions aux conséquences parfois dramatiques ».

Victime d’une OPA hostile

Avec les récentes fermetures du site ArcelorMittal de Liège et des hauts-fourneaux de Florange (Mittal représente 70 % des emplois dans le secteur en France), les parlementaires regrettent que, lors « de l’OPA hostile de Mittal Steel sur Arcelor en 2006, les pouvoirs publics, les milieux d’affaires et bancaires (…) n’ont pas manifesté une capacité de réaction face à ce qui constituait bien une menace majeure ». Idem pour le secteur de l’aluminium, où « force est de constater que la nationalisation, puis la privatisation de Pechiney se sont traduites par des échecs ».

Si l’activité s’est ralentie depuis la crise de 2008 et que la concurrence fait rage avec les pays émergents, la financiarisation de la sidérurgie et de la métallurgie est pointée du doigt comme l’une des causes du déclin. Comme le souligne Philippe Verbeke, délégué syndical central CGT chez ArcelorMittal, « la sidérurgie est rongée par des exigences de rentabilité démesurée et des appétits financiers qui condamnent des investissements, la recherche & développement (R&D) et le renouvellement des compétences ». Justement, interrogé par la commission sur la possibilité d’avoir un droit de regard sur la stratégie du groupe Mittal, Arnaud Montebourg, un temps partisan de la nationalisation de Florange avant que Jean-Marc Ayrault conclue un accord avec Mittal enterrant le site, remet le sujet sur le tapis : « Une nationalisation, au moins temporaire, est d’autant moins à écarter lorsqu’il s’agit pour une nation de défendre ses intérêts stratégiques. » Mais il ne remet nullement en cause le marché de dupes scellé entre la multinationale et le gouvernement.

Maintenir et moderniser

Alors que la demande d’acier devrait continuer à augmenter ces prochaines années, la commission a formulé 
26 propositions pour ne pas laisser mourir l’activité sidérurgique et métallurgique en France et en Europe. En premier lieu, elle préconise de maintenir et de moderniser une filière de fabrication sidérurgique complète en France, de garantir la pérennité des deux sites français de production d’aluminium primaire de Dunkerque et de Saint-Jean-de-Maurienne, de créer en Lorraine une nouvelle aciérie électrique au meilleur niveau de la technique, et de maintenir les centre de R&D français des grands groupes multinationaux. Autre piste intéressante, elle suggère de définir « une doctrine spécifique d’investissement de la Banque publique d’investissement (BPI) en rapport aux besoins des filières, qui puisse se traduire par des prises de capital significatives, pour rompre avec la mainmise des groupes étrangers ». Avec le Plan acier européen, lancé en juin dernier, les parlementaires espèrent que leurs préconisations seront entendues pour faire de la métallurgie un secteur d’avenir.

Cécile Rousseau

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La lutte paye à la clinique Serena

Après huit jours de conflit, les salariés de la clinique privée Serena de Draguignan ont obtenu un minimum de partage des richesses, avec les augmentations de salaire exigées.

Les quarante salariés de la clinique Serena de Draguignan, dans le Var, ont de quoi être contents. Ils ont réussi à faire plier leur direction, qui refusait toute augmentation de salaire dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO). Après huit jours de grève, ils ont obtenu gain de cause. « Du côté de la direction, c’était non sur toute la ligne, raconte Gérard Battarra, secrétaire de l’union locale CGT de Draguignan. Nous avons donc décidé de faire intervenir le cabinet d’expertise Secafi pour une brève analyse de la situation financière de l’établissement, qui, il faut le savoir, appartient à une groupe de santé international, Diaverum, lui-même adossé à un fonds de pension britannique, Bridgepoint. C’était très instructif. Nous avons découvert que la 
clinique Serena enregistrait un chiffre d’affaires croissant depuis trois ans, dépassant les 5 millions d’euros chaque année. Et que, tous les ans, elle distribuait plus de 600 000 euros à ses actionnaires ! » En 2012, le résultat net de cette clinique à but lucratif atteignait les 651 000 euros, soit 12 % du chiffre d’affaires. Des chiffres qui ont indigné les salariés, qui se sont mis en grève le 3 juillet, à 100 %. Ces derniers ont évalué que leurs revendications coûteraient 209 000 euros par an. Sachant que l’établissement bénéficie du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice), en vigueur depuis le 1er janvier dernier. « En 2013, la clinique va percevoir 44 000 euros au titre du Cice. Avec les dividendes qui sont dégagés et les fonds publics, il y a de la marge, il suffit juste de partager les richesses », ponctue Gérard Battarra.

Pour briser le mouvement, la direction a fait réquisitionner les salariés. En vain. Le 8 juillet, lors d’une ultime réunion de négociation, une trentaine de militants CGT sont venus de tout le département soutenir les salariés. Et, au final, la direction a accepté un accord : 120 euros d’augmentation mensuelle pour chacun . « Cette victoire, nous la devons d’abord à la détermination des salariés, conclut Gérard Battarra. C’est aussi une démonstration qu’il est utile de se battre. »

Alexandra Chaignon

L’automobile en berne en Europe

La baisse des immatriculations en Europe en juin, confirme la morosité du marché.

Les pertes s’accumulent et les perspectives de reprise s’éloignent pour le marché automobile. En juin, selon les chiffres de l’Association européenne des constructeurs automobiles (Acea), les immatriculations ont reculé de 6,3 % en Europe, soit une chute des ventes de près de 80 000 véhicules. Seulement 1,13 million de véhicules ont été écoulés le mois dernier dans les 27 pays de l’Union européenne, le niveau de vente le plus faible depuis 1996.

Au rang des pays les plus touchés par la contraction du marché, la France accuse une perte de 8,4 %, suivie par l’Italie et l’Allemagne, dont les ventes reculent respectivement de 5,5 % et 4,7 %. L’Espagne, relativement épargnée par un vaste plan gouvernemental d’aide à l’achat de véhicules neufs, affiche un recul de près de 1 %. En revanche, les ventes au Royaume-Uni sont en hausse de plus de 13 %. En ce qui concerne les constructeurs, PSA Peugeot-Citroën, le plus touché par la baisse des immatriculations, voit ses résultats dévisser de 13,3 % en juin.

Dans un contexte de crise profonde, les perspectives de reprises sont minces. L’austérité généralisée mise en place par les gouvernements européens continue de porter un coup fatal au pouvoir d’achat, et donc à la consommation des ménages.

Marion d’Allard

Le patronat se mobilise contre la « loi Florange »

En commission, les députés entament l’examen du texte sur les cessions des sites industriels, une promesse reportée de Hollande.

La proposition de loi dite « Florange » porte désormais très mal son surnom : quelques mois après la retraite en rase campagne du gouvernement dans le dossier des hauts-fourneaux ArcelorMittal en Moselle, les députés ont commencé à examiner en commission, hier soir, une proposition de loi socialiste « visant à redonner des perspectives à l’économie réelle et à l’emploi industriel ». Le texte pourrait être débattu à la mi-septembre en séance plénière. À l’origine, il y a la promesse que François Hollande a faite devant les ouvriers de Florange : « Quand une firme ne veut plus d’une unité de production, mais ne veut pas la céder, nous lui en ferons l’obligation pour qu’un repreneur puisse reprendre l’activité. » Mais dès la première grande conférence sociale, au mois de juillet 2012, Jean-Marc Ayrault renvoie, sous la pression du Medef, le sujet aux négociations sociales et, le 11 janvier dernier, dans le fameux accord de flexibilisation de l’emploi, le sujet est une nouvelle fois évincé.

En l’état, la proposition de loi, présentée par le groupe PS à l’Assemblée nationale, prévoit d’obliger les groupes « de plus de 1 000 salariés » souhaitant fermer un établissement en France à « rechercher un repreneur » pendant quelques mois : l’entreprise devra apporter des réponses motivées aux offres de reprise reçues et informer les représentants des salariés.

D’après le texte, si les salariés considèrent que leur patron a écarté des offres sérieuses, ils pourraient saisir le tribunal de commerce et des pénalités financières par emploi supprimé pourraient être instaurées. Chef de file des députés Front de gauche à l’Assemblée, André Chassaigne considère que la proposition est « insuffisante » en l’état actuel « dans la mesure où elle n’empêche pas les fermetures de sites ».

Pour le Medef, c’est déjà beaucoup trop, et le patronat repart en campagne pour continuer de saper l’une des promesses emblématiques du candidat Hollande pendant la campagne présidentielle. Dans un communiqué, publié hier matin, l’organisation patronale dénonce « une nouvelle contrainte sur les entreprises » et « une judiciarisation excessive, dont l’effet sera contraire à l’objectif affiché ». Selon le Medef, la loi « risque de dissuader les investisseurs de choisir d’investir en France ». Et Pierre Gattaz, son tout nouveau président, décline un discours des plus attendus : « Instaurer toujours plus d’obligations, à l’opposé de la liberté d’entreprendre, ne pourra que conduire à freiner encore plus l’investissement, et donc l’emploi. »

Thomas Lemahieu

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Jul 2013 à 22:54

Une « modernisation » d’inspiration très libérale

Les 200 mesures de « simplification » administratives annoncées, hier, par le premier ministre, s’accompagnent d’un plan de trois milliards d’économies dans les dépenses publiques en 2014, dans le but de renforcer la « compétitivité ».

Le gouvernement socialiste va « changer la vie » des Français. C’est du moins ce que titraient, hier après-midi, sur leurs sites, le Figaro et le quotidien patronal les Échos, à propos du « choc de simplification » annoncé mercredi par Jean-Marc Ayrault, à l’issue du comité interministériel de modernisation de l’action publique (Cimap). On est en effet bien loin de l’esprit qui animait le programme commun de la gauche de 1972 ou même des 110 propositions du candidat Mitterrand en 1981. La raison de l’enthousiasme du journal de Serge Dassault est ailleurs : « Le premier ministre va annoncer ce mercredi un premier plan de trois milliards de coupes claires dans les aides de l’État. » Des coupes qui s’opèrent dans des domaines aussi variés que les aides aux entreprises, le budget du Centre national du cinéma (CNC), ou encore la politique familiale, avec l’abaissement du plafond du quotient familial de 2 000 à 1 500 euros. Le premier ministre n’en a pas fait mystère : il s’agit de « faire des économies », de « réduire les déficits », en évaluant les politiques publiques en fonction de leur utilité « à la compétitivité ».

Sans nier l’intérêt pour les usagers de certaines des 200 mesures de « simplification » administrative décidées à cette occasion (lire ci-dessous), c’est surtout la philosophie d’ensemble du projet qui interroge. François Hollande l’avait annoncé sur France 2, le 28 mars : son gouvernement allait procéder à un « choc de simplification » envisagé comme moyen de « trouver la croissance ». Dimanche dernier, à l’occasion de son entretien télévisé du 14 Juillet, le président de la République a confirmé cette vision : « Pour qu’il y ait de la croissance, le premier principe, c’est la confiance », a-t-il expliqué. Le problème de l’économie française serait donc un problème de « confiance » : des investisseurs envers la compétitivité des entreprises, des entreprises envers leur environnement juridique et administratif, des consommateurs, etc. Tout l’enjeu consisterait donc à agir sur cet environnement. Exit, en revanche, de l’intervention présidentielle de dimanche comme de sa politique, l’augmentation des salaires, la lutte contre la boulimie des actionnaires et des banques. « Il a ignoré les priorités de l’emploi, de logement, de salaires du pays », relevait ainsi le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, dimanche, tandis que le chef de l’État s’était félicité que les grandes fortunes « ont bénéficié d’une hausse des cours de la Bourse » entre 2012 et 2013.

Les allégements Fillon épargnés

Dans cette optique, le « choc de simplification » pour restaurer la « confiance » va de pair avec la baisse du coût du travail. Dans son rapport sur la compétitivité de l’économie française, rendu le 5 novembre 2012, l’ex-PDG d’EADS Louis Gallois appelait d’ailleurs à un « choc de confiance » par l’allégement du coût du travail de 30 milliards d’euros, dont s’est inspiré le crédit d’impôt-compétitivité. Dans la même veine, les allégements de cotisation Fillon sont épargnés par les mesures prises hier, en dépit de leur coût exorbitant (21 milliards d’euros annuels) et de leur effet d’aubaine pour les employeurs. François Hollande se montre ainsi fidèle à une vision libérale rebaptisée « socialisme de l’offre » lors de sa conférence de presse du 13 novembre 2012 : « Il y a toujours eu deux conceptions dans le socialisme, disait-il. Une conception productive – on a même pu parler du socialisme de l’offre – et une conception plus traditionnelle. On parlait de socialisme de la demande. Aujourd’hui, nous avons à faire un effort pour que notre offre soit consolidée, plus compétitive, et je l’assume. »

le sénat prend de l’avance  Certaines des mesures présentées hier par le gouvernement avaient déjà été votées la veille au Sénat, où la ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, défendait, en première lecture, son projet de loi sur la simplification des relations entre l’administration et les citoyens. Ce texte prévoit, notamment, 
la possibilité de saisir l’administration par courriel, avec la même valeur juridique que des échanges sur papier. La disposition prévoyant que le silence de l’administration vaut accord s’y trouve également. Le projet de loi a été voté à l’unanimité des sénateurs, avec des réserves côté communiste sur la possibilité pour le gouvernement de légiférer par ordonnance.

Sébastien Crépel

Les PME rackettées par les groupes

Les grands groupes exigent des sous-traitants des remises équivalentes au crédit d’impôt.

Il devait leur procurer un peu d’oxygène, dégager des marges pour développer l’emploi, l’investissement ou améliorer les trésorerie des PME. Or, le crédit d’impôt compétitivité-emploi (Cice), après s’être avéré totalement « injuste », puisque les 20 milliards d’euros bénéficieront majoritairement aux grands groupes, devient maintenant un instrument de chantage. C’est la deuxième fois, en quelques mois, que le médiateur des relations interentreprises est saisi. D’abord en avril, par une quinzaine de PME de différents secteurs et maintenant par le syndicat patronal des entreprises de l’intérim, qui a envoyé de son côté une dizaine de plaintes anonymes. À chaque fois, « les multinationales exigent de leurs fournisseurs de déduire de leur facturation le montant du Cice auxquels ils ont droit, privant ainsi les PME d’argent qui parfois est une question de survie », s’insurge Pierre Pelouzet, le médiateur.

Arnaud Montebourg et Pierre Moscovici avaient déjà annoncé fin mai des initiatives pour lutter contre ces pratiques, a rapporté, hier, le Parisien. Les PME attendent toujours… Une médiation devrait être lancée. « C’est la meilleure façon d’agir si on veut protéger les PME victimes du chantage », se défend le médiateur. Mais, si elle se fait, ce sera dans la plus grande opacité. Quant à une remise en cause du Cice, là n’est pas la question. « Il reste un très bon outil », assure Pierre Pelouzet. Une analyse que ne partage pas Christian Eckert, député PS de Meurthe-et-Moselle et rapporteur du budget de l’Assemblée nationale. Le député fustige cet instrument qui « s’applique à toutes les entreprises, à un taux uniforme et sur une assiette égale à la masse salariale de ceux qui perçoivent moins de 2,5 Smic ». Pour autant, poursuit-il, cela va « profiter » aux entreprises « qui ne se trouvent pas dans un secteur soumis à la concurrence effrénée de nos voisins européens ».

Clotilde Mathieu

Une « loi Florange » qui loupe le coche de ses promesses

Un an et demi après une visite du candidat Hollande en Moselle, la proposition de loi sur la cession des sites que les multinationales entendent fermer ne contient plus guère d’obligation. Pas de quoi éteindre les feux sur les terres brûlées…

Après s’être engagés à les sauver pendant la campagne électorale, après avoir évoqué, puis écarté aussi vite, la perspective d’une nationalisation provisoire des hauts-fourneaux de Florange, après avoir promis d’intervenir pour empêcher les fermetures d’usines dictées par la seule logique des profits, François Hollande, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault et le groupe socialiste à l’Assemblée nationale vont-ils rajouter une pelletée de terre sur les promesses du candidat PS à la présidentielle ? Depuis mardi soir, en commission des Affaires sociales, puis en commission des Affaires économiques, les députés examinent une proposition de loi déposée par le groupe PS, avec l’appui de leurs collègues d’EELV, « visant à redonner des perspectives à l’économie réelle et à l’emploi industriel ».

 

Ce texte est-il vraiment utile ?

Pour Michel Liebgott, député socialiste de Moselle, cette loi « participera de la cogestion en France ». Selon son collègue Christian Paul, il s’agira d’un « dispositif de dissuasion musclé pour lutter contre les fermetures indignes ». Et d’après Jean-Marc Germain, le rapporteur du texte devant la commission des Affaires sociales, le projet de loi va aider à « remettre en avant les vrais entrepreneurs pour réhabiliter le capitalisme ».

Derrière ces envolées lyriques aux accents parfois étranges, ce texte peut-il être utile aux salariés qui, avec ténacité, se battent encore aujourd’hui, comme chez ArcelorMittal à Florange ou, plus encore, chez Fralib (Unilever) à Gémenos (Bouches-du-Rhône), pour sauver leurs emplois face à la politique de la terre brûlée des multinationales ? Rien n’est moins sûr. Pour l’heure, toute idée d’une « cession obligatoire des sites rentables » qu’un groupe industriel prendrait la décision de fermer a purement et simplement disparu de ce texte, un an et demi après la liesse qui avait, le 24 février 2012, accueilli l’engagement formel du candidat François Hollande.

Alors que le Medef et l’UMP font déjà mine de grimper aux rideaux devant ces « obligations » qui ne manqueront pas de « freiner la liberté d’entreprendre », la proposition de loi socialiste s’avère, en l’état, extrêmement modeste. Le texte prévoit que la direction d’un groupe de plus de 1 000 salariés voulant fermer l’un de ses établissements de plus de 50 salariés devra rechercher « pendant trois mois » un repreneur. Elle ne sera pas tenue d’obtenir un résultat positif, mais juste de fournir des « réponses motivées » à toutes les offres sérieuses déposées. Et, dans cette phase, les représentants du personnel ne gagnent guère de droits nouveaux d’intervention : les élus du comité d’entreprise devront être informés sous couvert de confidentialité, ils pourront formuler des propositions et un avis, mais sans que ceux-ci soient forcément pris en compte.

 

Pas de moyen de pression, juste des « pénalités »

C’est à l’issue de la procédure que les élus du personnel pourront, d’après la proposition de loi PS, saisir le tribunal de commerce. En cas de fermeture du site, malgré des offres de reprise « crédibles », les juges consulaires – des dirigeants d’entreprise, donc – n’auront aucun moyen de forcer la main du groupe qui refuserait de céder son site ; ils pourront juste le condamner à payer une « pénalité » d’un montant maximal égal à vingt fois la valeur du salaire minimum par emploi supprimé. Ce qui ne devrait pas arrêter des multinationales dont les profits annuels se comptent bien souvent en milliards d’euros…

À travers ce tour de passe-passe, à mille lieues du discours de François Hollande juché sur son camion devant les ouvriers de Florange, les socialistes tentent, en vérité, d’associer dans un même texte deux des promesses sociales du candidat victorieux à la présidentielle : il devait empêcher les fermetures d’usines et renchérir le coût des licenciements boursiers. Pour l’heure, alors que cette proposition, maintes fois repoussée déjà, ne sera examinée qu’à la mi-septembre en séance plénière dans l’Hémicycle, ils se tiennent encore loin des fins annoncées. Et malgré les oukases et les lazzis du Medef, fidèlement relayés par l’UMP dans les commissions de l’Assemblée nationale, plus grand monde ne s’y trompe : à Florange et à Gémenos, bien sûr, mais aussi chez Pilpa à Carcassonne (Aude) ou encore à la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne (Seine-Maritime), la montagne a accouché d’une souris.

Thomas Lemahieu

Un projet trop timoré pour le PCF

Le Front de gauche votera le texte si ses amendements pour dissuader réellement les licenciements boursiers sont pris en compte.

«Nous voulons redonner du sens au capitalisme en favorisant l’économie réelle. » C’est par ces mots que le député PS, Jean-Marc Germain, rapporteur de la proposition de loi sur l’emploi industriel déposée par le groupe socialiste pour « dissuader les licenciements boursiers », selon l’engagement numéro 35 de François Hollande durant la campagne de la présidentielle, ouvrait la discussion, mardi, de la commission des Affaires sociales sur ce texte. Texte s’inscrivant, selon l’élu socialiste, dans le même sens, par exemple que l’accord national interprofessionnel (ANI) sur la flexibilisation de l’emploi, pourtant rejeté par nombre de syndicats pour raison de remise en cause du Code du travail.

C’est cette ambiguïté que pointe le président du groupe de la gauche démocrate et républicaine (GDR), le député (PCF-Front de gauche) André Chassaigne, jugeant que ce texte de loi « est très insuffisant dans la mesure où il n’empêche pas la fermeture de sites ». Et d’ajouter : « Il faut empêcher que les incendies se déclenchent » et pas « seulement atténuer les conséquences ». Forts d’une proposition de loi que le groupe GDR avait lui-même déposée dès avant l’été 2012, ses députés vont déposer des amendements pour « donner plus de droits aux salariés et de devoirs aux employeurs » qu’il n’en est prévu dans la proposition du PS. Au risque, sinon, « de ne pas réellement dissuader les patrons d’avoir recours aux licenciements boursiers ». André Chassaigne précise : « Nous ne voterons pas contre (le texte). Voterons-nous pour ou nous abstiendrons-nous ? Cela dépendra de la prise en compte de nos amendements. » Sans surprise, la droite, s’opposant à tout progrès, si minime soit-il, votera contre ce texte. Il est, explique doctement Bernard Accoyer (UMP), « dangereux pour l’industrie, l’économie et l’emploi ». Pas moins.

Max Staat

Lionel Burrellio « Cette loi est tardive et vidée de son contenu »

secrétaire général de la CGT ArcelorMittal Florange.

« C’est révoltant. Cette loi sur les sites rentables, c’était une promesse de campagne de François Hollande faite ici, à Florange. Et aujourd’hui, les hauts-fourneaux sont fermés. Et dire que cette loi devait s’appeler “loi Florange” ! C’est un peu nous prendre pour des cons... Notre site était rentable, viable et fiable, comme l’a démontré le rapport Faure. Il aurait été pour le moins judicieux que cette loi arrive avant pour obliger Mittal à ne pas se séparer de la filière liquide de Florange. Et encore, il reste de grosses interrogations quant à l’applicabilité de cette loi, y compris dans le cas de Florange. Le site faisait partie intégrante de la société ArcelorMittal Atlantique et Lorraine, et la fermeture 
de la filière liquide seule ne signifie pas que l’ensemble de la société n’est pas rentable. Rétroactivement, 
je ne sais même pas si cette loi aurait pu s’appliquer 
à Florange. Maintenant, si cela peut aider à sauver d’autres usines, tant mieux. Mais pour nous, 
c’est bien trop tard.

Par ailleurs, en plus d’être tardive, cette loi a été vidée de son contenu. Elle oblige certes l’entrepreneur à ouvrir ses livres de comptes, ses carnets de commandes et ses carnets de charges, mais elle ne l’oblige pas à céder le site à un éventuel repreneur. C’est le tribunal de commerce qui statue et déclare si l’usine en question est rentable ou non, et par-dessus le marché, le montant des pénalités, 28 000 euros en cas de non-reprise, est extrêmement faible. Pour des grands groupes comme ArcelorMittal 
c’est même carrément négligeable. Cette loi n’oblige 
en rien les employeurs, elle n’est pas contraignante, 
elle n’a aucun atout... »

Propos recueillis par Marion d’Allard

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Jul 2013 à 19:47

Un été à Pau: Pas de trêve estivale pour la lutte des classes

Tout l'été, notre chroniqueur Jean Ortiz balade sa plume à travers la cité paloise. Aujourd'hui:  un syndicaliste menacé de licenciement

Christian Ploujoux , c'est la force  déterminée d'un militant tout en sérénité, délégué du personnel (DP-CE) suppléant. Mais voilà, il  travaille depuis huit ans à la Fonderie  Messier d'Arudy, une usine emblématique du Béarn (70 ans d'existence) et des luttes syndicales. La CGT y est très puissante et combative. Tous les coups sont bons pour tenter de l'intimider voire de la casser. Messier fabrique des pièces complexes pour l'aéronautique, en alliages légers.

Depuis 2010 la direction bloque les négociations salariales, fait  traîner en longueur, et tente même de rogner les acquis en dénonçant  "les accords congés payés". Les salariés et la CGT ne s'en laissent pas conter et bagarrent, bon enfant, pacifiquement. Le 9 février 2011, ils  manifestent dans la cour de l'usine. Le directeur ne supporte pas que les salariés utilisent une redoutable arme de dissuasion massive: des Klaxons à air comprimé. Il interpelle Christian qui refuse de lui remettre son cor de guerre. Un vrai musicien ne cède à personne son  instrument.

Licenciement arbitraire

Dès lors, Christian est pris comme bouc émissaire, "catalogué", et la  direction engage contre lui une procédure de licenciement. Oui, vous ne  rêvez pas: en France. Le 17 février 2011, l'un des patrons fonce sur un  piquet de grève à l'entrée de l'usine, selon de nombreux témoignages des  salariés présents, mais le procureur ne donne pas suite à la plainte de  la CGT pour agression. C'est la faute à la voiture! Ou au Paris-Dakar... Après "enquête", l'inspection du travail et le ministère du Travail (de droite) refusent le licenciement totalement arbitraire du délégué  CGT... Après mille vicissitudes, le 26 mars 2013, le tribunal administratif demande au ministère, à la stupéfaction générale, de  prononcer le licenciement du délégué klaxonneur, et 1000 euros d'amende  de surcroît... L'actuel ministre socialiste du Travail refait donc une enquête et rendra son verdict ce mardi 23 juillet. Il serait ahurissant, intolérable, qu'il tranche en faveur de la direction. Mais restons mobilisés; une fois que l'on a choisi son camp, trahi "les siens", tous les autres choix en découlent.

M. Gattaz

Le même jour où se déroulait à Oloron Sainte-Marie une manifestation pour soutenir  Christian Ploujoux, le patron des patrons, Pierre Gattaz,  paradait à 25 km de là, à Pau, avec un cynisme, une condescendance et  une arrogance plus indigestes que les beignets de plage. Il a même osé s'exclamer: "On martyrise les entreprises". M. Gattaz n'a jamais dû ouvrir un dictionnaire! Ceux que sa classe et son organisation  martyrisent, ce sont des millions de salariés, taillables et corvéables  à merci, de précaires-kleenex, de chômeurs ayant tout perdu, même l'espoir. Le ploutocrate concède que le gouvernement a donné (au Medef,  mais pas aux syndicats ouvriers combattifs) des "signaux favorables" :  il y a des hommages, comme des baisers, qui tuent. Le "plein aux as" prône moins de dépenses publiques pour le peuple, et  se définit comme un "ultra-libéral social", charmant oxymore!

Assez de  foutage de gueule, M. Gattaz, que les médias relaient sans recul, sans un minimum de pensée critique. Vous êtes pire que les vampires; vous  feignez de vous apitoyer sur les 1000 suppressions d'emplois  quotidiennes, alors que c'est vous  le saigneur. Honte à vous! Honneur à Christian et à ses camarades!

Jean Ortiz

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Jul 2013 à 17:19

Editorial Par Patrick Apel-Muller

Récit français et superstition économique

Elle nous avait été servie toute chaude, sortie des cuisines 
de M. Gallois, puis réchauffée 
à Matignon et finalement complètement rassise dans des négociations sociales tronquées. La compétitivité affaiblie par un coût du travail trop lourd serait l’explication des maux français. L’addition présentée aux Français irait donc de soi : 
blocage des salaires, baisses des cotisations des entreprises, cadeaux fiscaux au patronat, flexibilisation de l’emploi, retraites différées… Sauf que le diagnostic posé est mensonger, l’étude que nous publions le prouve. Ce qui plombe notre économie, ce sont les surcoûts du capital, l’énorme ponction opérée pour les dividendes – multipliés par treize en trente ans quand les salaires n’ont que doublé dans la même période –, les taux de marges de 18 % obtenus au détriment de l’emploi par les plus grandes entreprises quand les PME végètent… Nous 
publions les courbes qui 
situent où se trouvent les 
différences avec l’économie allemande, dans l’énorme augmentation des dividendes en France, quand ils sont limités outre-Rhin au profit des investissements dans 
la recherche-développement. Le capitalisme français s’est conformé au modèle des fonds d’investissement à l’américaine, prédateurs d’entreprises 
et ravageurs d’industries pour peu que cela rapporte très gros. Les grandes fortunes professionnelles prospèrent dans notre pays – + 25 % en 2012 – en piétinant le tissu économique et social national. Voilà où siège la « morosité » des Français que se plaît à décrire le président de la République. Et, franchement, il n’y a pas de quoi rire.

Devant la presse présidentielle jeudi, François Hollande a voulu distraire l’attention d’une opinion désenchantée par un conte pour adultes, une version sociale-libérale du « storytelling » cher aux néoconservateurs américains, baptisée, pour ce nouvel avatar, « le récit de la France de demain ». Le pays accroissant sa productivité par la baisse du coût du travail deviendrait compétitif, émancipé des marchés financiers dont il est dépendant, « solidaire » sans être cependant trop « redistributif »… Une invitation 
à prendre de la vitesse pour foncer dans le mur sur lequel 
se fracassent depuis des années les espérances des jeunes, 
des salariés et des retraités. « Un four qui toujours chauffe 
et où rien ne cuit », disait Voltaire.

L’Élysée assortit son offensive médiatique d’une dénonciation marquée des périls que fait peser 
le Front national sur « le modèle républicain » et « le vivre ensemble ». Mais où l’extrême droite trouve-t-elle son « carburant », selon la formule d’Arnaud Montebourg, sinon dans les dégâts sociaux semés par les politiques d’austérité et de réduction du coût du travail, 
dans l’indignation provoquée par les promesses oubliées ? « Mon pari, c’est le temps », a martelé le chef de l’État. Mais le pays en dispose-t-il, de temps ? La majorité gouvernementale peut-elle laisser hypothéquer le capital historique de la gauche – la liberté, l’égalité, la fraternité – au nom de fables sur la compétitivité, rédigées par 
les marchés financiers ? François Hollande a traité 
avec un mépris souverain les interrogations qui se font 
jour au sein du Parti socialiste, lâchant « dans mon camp, 
il ne se produit rien » puisque le quinquennat, 
et le calendrier électoral qui l’accompagne, fait que 
« notre sort est lié ». C’est dire pourtant tout le risque 
d’un naufrage général si les voies d’eau sont ignorées. L’étude que nous publions ici fait en tout cas litière 
d’une des plus dévastatrices superstitions économiques.

Patrick Apel-Muller

Dividendes

Économie française : le coût du capital

Systématiquement évacués des analyses de la crise, les prélèvements financiers effectués sur les entreprises au bénéfice des actionnaires, au détriment du travail, représentent entre 94 et 130 milliards d’euros, selon une étude de cinq économistes.

C’est l’obsession des libéraux depuis plus de trente ans. La France souffrirait d’un grave problème de compétitivité lié à son « coût du travail ». Face à ce nouvel emballement médiatico-politique, cinq économistes ont mené une étude, dans le cadre de l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires), en partant du principe que « si problème de coût il y a, pourquoi ne pas aller voir aussi du côté du coût du capital ». Autrement dit, il s’agit pour ces économistes d’évaluer le montant des revenus prélevés sur les entreprises – les intérêts versés aux banques et les dividendes octroyés aux actionnaires – qui n’ont « aucune justification économique ». Un pactole qui, dans le discours libéral, répondrait aux « impératifs de financement », apparenté ainsi à un coût « normal », alors qu’il s’agit en réalité d’un « surcoût du capital » qui n’est autre qu’une « rente financière », soulignent les auteurs de l’étude.

 

Une ponction directement versée en dividendes

Leur résultat dépasse les hypothèses, puisqu’ils estiment que ce surcoût correspond à un prélèvement annuel de 94 à 130 milliards d’euros réalisé sur le compte des entreprises non financières (voir infographie ci-contre), soit 10 % des richesses créées par ces sociétés, ou encore 60 % des investissements réalisés en 2011. Une ponction versée directement sous forme de dividendes et d’intérêts qui n’a cessé d’augmenter : elle représentait en moyenne 34,4 % des profits dans les années 1921-1981, avant d’exploser à 91,9 % entre 1987-2011. Et tout cela au détriment des salaires, de l’emploi et des opportunités d’investissement. Pis, en prélevant entre 80 et 90 % de la trésorerie des entreprises, ces dernières, privées de capacité d’autofinancement, se retrouvent dépendantes des banques et des marchés financiers pour investir. Au final, « le coût supporté par les travailleurs et par l’ensemble de la société, du fait de l’augmentation de la rente financière », est double, analysent les économistes. D’une part, avec la modération salariale, mais également lorsque des projets de développement d’utilité « économique, sociale et environnementale » se retrouvent mis sur la touche « du fait qu’ils ne souscrivent pas aux exigences de rendement financier du moment ».

Parue en mai 2013, cette étude a été passée sous silence par les médias de masse pourtant friands des sujets sur la compétitivité. N’en déplaise à Bruxelles, la « véritable réforme structurelle » qui permettrait de relancer la croissance et l’emploi n’est-elle pas celle du capital plutôt que celle des retraites ? La montée du chômage, le faible investissement des entreprises et les fermetures d’usines rentables ne sont donc pas la conséquence d’une explosion salariale comme l’avait prétendu Nicolas Sarkozy en défiscalisant les heures supplémentaires puis, à la fin de son mandat, en proposant la mise en place d’une TVA sociale. La victoire de François Hollande laissait planer un vent d’espoir, après que le candidat socialiste eut déclaré dans les colonnes de l’Express, en avril 2012 : « Le coût du travail est-il trop élevé en France ? Par rapport à qui ? Aux pays émergents ? Sûrement, mais notre avantage compétitif ne peut se jouer sur ce terrain. » Quelques mois plus tard, le rapport Gallois, ex-patron d’EADS, mettait l’accent sur les vieilles lunes de la droite et du patronat, même s’il reconnaissait que l’important déficit d’innovation était un autre facteur à explorer.

 

Le cadeau fiscal aux entreprises

En réponse, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a adopté un « pacte national pour la croissance », dont la mesure phare n’est autre qu’un nouveau cadeau fiscal aux entreprises de 20 milliards d’euros, représentant une baisse du coût du travail de 6 %. Pourtant, durant ces trente dernières années, si le salaire moyen a doublé, le montant des dividendes a été multiplié par treize…

Trente ans de baisse de « charges »  Depuis trente ans, les baisses de cotisations sociales patronales 
se succèdent, sans que se dessine le moindre effet significatif sur les chiffres de l’emploi. La Cour des comptes a déjà pointé, en 2006 et 2009, le coût excessif de ces exonérations, dont « l’efficacité quantitative reste trop incertaine ». En 2011, l’enveloppe s’élevait 
à 28,3 milliards d’euros, soit 9,2 % du total des cotisations sociales. L’idée que le travail coûte trop cher, serpent de mer 
de la politique de l’emploi, grève le budget de la Sécurité sociale 
en allégeant chaque année la facture sociale des entreprises. 
Le crédit d’impôt compétitivité-emploi leur offre 20 milliards d’euros de réduction d’impôt en plus. Mais, alors que l’Insee annonce 
un « nouveau recul des investissements », en juin, l’augmentation des marges qui va en résulter profitera sans doute aux actionnaires.

Clotilde Mathieu

Laurent Cordonnier « Redonner du pouvoir à la société dans l’entreprise »

L’économiste lillois Laurent Cordonnier est coauteur du rapport sur « le coût du capital et son surcoût » pour le compte de la CGT.

Pourquoi le débat économique ne s’empare-t-il pas de la question 
du coût du capital ?

Laurent Cordonnier. Dans la période actuelle, on a l’impression que toute discussion économique est abordée sous l’angle de l’austérité nécessaire 
et de l’impératif de compétitivité. 
Pour expliquer ces problèmes, on se focalise sur le coût du travail. Tant qu’on en discute, on ne remet pas en cause le coût du capital. Celui-ci est pourtant bien plus déterminant pour expliquer les transformations des sociétés capitalistes depuis les années 1980. Mais la plupart 
des dirigeants et des commentateurs 
sont souvent paresseux. Ils n’ont pas 
du tout l’intention d’affronter cette 
rente financière qui étouffe les salariés 
et les gens entreprenants.

 

Pourquoi les entreprises acceptent-elles 
cette contrainte financière ?

Laurent Cordonnier. On a aligné les intérêts du haut management avec ceux de la finance, par exemple avec les stock-options, qui rémunèrent les dirigeants en fonction des résultats de l’entreprise. Un contrôle indirect s’exerce également : si le dirigeant ne dégage pas la rentabilité exigée par 
les financiers, ces derniers peuvent vendre leurs actions et ainsi ouvrir la possibilité d’une OPA.

 

Comment transformer l’entreprise 
pour l’émanciper de la finance ?

Laurent Cordonnier. Desserrer l’étau 
de la finance, c’est redonner du pouvoir 
à la société à l’intérieur de l’entreprise. 
Il est impensable que les salariés 
ne soient pas représentés dans les conseils d’administration. Dans les entreprises allemandes de plus de 2 000 salariés, 
ces derniers occupent 50 % des sièges ! 
On peut l’illustrer par le fait que, dans 
la crise, les entreprises allemandes ont eu plus tendance que chez nous à maintenir leurs effectifs, en recourant au chômage partiel. On pourrait également faire une place à d’autres représentants de la société : pourquoi les usagers des produits d’une entreprise, les élus du territoire sur lequel 
elle est implantée ne feraient pas partie 
de son conseil d’administration ? Ces parties prenantes apporteraient des points de vue différents de celui de l’actionnaire. Cela ne modifiera pas les taux d’intérêt, 
ni ne baissera les exigences des actionnaires. Mais cela dresserait une barrière de protection entre ces exigences et la stratégie de 
la firme. Celle-ci serait plus favorable aux projets de développement de l’entreprise, donc de croissance et d’emploi.

 

Comment baisser les taux d’intérêt 
et les exigences des actionnaires ?

Laurent Cordonnier. Les autorités monétaires pourraient maintenir à très long terme 
la perspective de taux d’intérêt très bas, avec l’assurance qu’ils ne remonteraient pas tant qu’on n’aurait pas atteint le plein-emploi. Car il faut comprendre qu’une entreprise n’a pas seulement besoin de taux d’intérêt bas aujourd’hui, il faut aussi qu’elle soit assurée que dans trois, cinq ou dix ans, au moment où elle devra refinancer ses dettes, les taux d’intérêt n’aient pas doublé. Ce serait catastrophique pour elle. On pourrait même financer les entreprises uniquement par le crédit. Avec des banques partenariales, qui regrouperaient l’ensemble des parties prenantes de leur développement (actionnaires, salariés, usagers, représentants des territoires), 
et qui pourraient se refinancer auprès 
de la Banque centrale européenne, 
on disposerait d’une offre de financement 
à bas taux d’intérêt, mais surtout réellement engagée aux côtés 
de projets d’entreprises économiquement, socialement et écologiquement pertinents.

Entretien réalisé par 
Marc Bertrand

Saisonniers : au noir sous le soleil

Partie de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) début juillet, 
la caravane des saisonniers de la CGT a fini son périple ce week-end sur les bords la Côte d’Opale, où la situation 
des travailleurs 
de l’été reste 
très précaire.

Berck (Pas-de-Calais), envoyé spécial. Sous le ciel laiteux et pesant du début d’après-midi, une dizaine d’hommes et de femmes en tee-shirt rouge déambulent autour des cabanons pastel de la grande plage de Berck. Faisant concurrence aux bateleurs du cirque Zavatta et à ceux de Guignol, dont le spectacle est prévu le soir même, les caravaniers de la CGT partent à la rencontre d’un autre public. Munis d’un fascicule sur les droits du travail, de tracts et de préservatifs estampillés « Protège-toi avec Jeunes CGT », ils tentent de sensibiliser les saisonniers à leurs propres conditions de travail. À leur tête, Sabine Génisson, la trentaine, vient de passer trois semaines sur les côtes de l’ouest de la France. La jeune femme, pilote du collectif CGT saisonniers, a les traits tirés, mais elle est habitée d’un dévouement quasi religieux. « Il faut avoir la foi. Moi, c’est le catholicisme qui m’a amenée à l’engagement syndical, sourit-elle. La situation des saisonniers est dramatique. Il faut leur faire prendre conscience de leurs droits. Il y a beaucoup de jeunes gens sans contrat ou avec des contrats non respectés. D’autres sont logés chez l’employeur, parfois dans des conditions sordides. À Dieppe, une jeune fille dans la restauration m’a expliqué avoir été harcelée par son patron qui lui disait : “C’est soit par terre soit mon lit”. »

Beaucoup travaillent sans contrat

Ici, à Berck, son accent marseillais fait merveille, non seulement auprès de Moussa, Didier, Michel, Christian et consorts, les camarades du syndicat de l’union locale CGT, venus comme chaque année prêter main-forte à la caravane, mais aussi auprès de ces jeunes, femmes et hommes, que l’on croise de-ci de-là sur les bords de mer. Mickaël, trente-deux ans, est assis avec deux de ses amis sur la rampe de la corniche. « J’ai eu mon premier CDI l’an dernier après un an et demi en intérim. Je bosse dans le bâtiment, explique-t-il. Je croyais que c’était enfin parti et puis j’ai été licencié il y a une semaine. Comme c’est la saison, je vais sans doute trouver un peu de boulot au noir… » Beaucoup, parmi les saisonniers, travaillent sans contrat et il n’y a pas d’âge pour cela. Michel évoque ainsi le cas de son propre père. « Il est à la retraite depuis un an. Il touche à peine 1 100 euros par mois. Il ne peut pas s’en sortir. Il était dans la construction. Pendant la saison, il continue à bosser pour ses patrons d’avant mais au black… » En dehors du commerce et de la restauration, les jeunes de Berck trouvent du travail dans la maçonnerie et la peinture. Ludo, vingt ans, est un jeune ouvrier factotum. « Moi, ça fait quatre ans que je bosse dans la maçonnerie, la peinture, la déco pendant les saisons. Je commence en général à 8 heures, je termine vers 17 heures. Ça me fait toujours 1 000 euros par mois. C’est vrai que je ne cotise pas pour la retraite, ni pour la Sécu ; mais bon, j’ai besoin d’argent ! »

Un précieux travail de sensibilisation

Pendant que Michel et Ludo reprennent leur conversation, des touristes vont et viennent sur le bord de mer. Parmi eux, une famille venue de Lille. En passant devant le barnum de la CGT, Corine, employée à la Sécurité sociale, prend quelques prospectus : « C’est vraiment mal barré, nos jeunes travaillent dans des conditions indignes, s’insurge-t-elle. On leur fait signer des contrats de huit heures, mais ils travaillent douze heures. On a trop laissé faire les politiques. Et le pire, c’est que les jeunes ne réagissent pas. Ils ne semblent pas se rendre compte de ce qui se passe… À mon époque, les patrons respectaient les contrats que l’on signait… »

À quelques mètres de là, deux CRS en bermuda approchent de la caravane des camions floqué du sigle de la CGT. L’un d’eux demande les papiers d’autorisation préfectorale. Sabine interrompt l’interview qu’elle donne à une journaliste locale. « Il a fallu élever un peu la voix. Mais tout est rentré dans l’ordre. On a l’habitude de ce genre de petits incidents à la caravane ; et puis chez les gendarmes aussi, il nous est déjà arrivé de rencontrer des saisonniers. Alors c’était l’occasion de vérifier ! »

La caravane des saisonniers de la CGT reviendra l’an prochain pour continuer ce précieux travail de sensibilisation. D’ici là, Sabine et d’autres caravaniers reprendront la route dès cet hiver, mais cette fois-ci, dans les montagnes de France, autre haut lieu de l’emploi saisonnier.

Le travail saisonnier en quelques chiffres  La CGT estime le nombre total des emplois saisonniers entre 1,5 million et 2 millions. On trouve ces emplois dans l’agriculture, le tourisme, mais aussi dans la fonction publique. Dans la totalité des cas, il s’agit d’un travail précaire, avec des contrats dont la durée moyenne est de quinze jours. Par exemple, en 2009, dans le secteur agricole, sans compter les contrats de vendanges, la moitié des CDD ont duré moins de vingt-neuf jours. Seulement 15 % des CDD ont duré plus de cent jours. La grande majorité des saisonniers sont payés au Smic. Leur expérience n’est pas reconnue. Année après année, un saisonnier touchera toujours le Smic. D’une manière générale, leurs revenus ne sont qu’en partie déclarés. Souvent, les heures supplémentaires leur sont payées au noir… quand elles le sont. Une situation liée, en partie, à la méconnaissance du droit du travail de ces salariés, et qui aboutit à un sentiment d’insécurité lié au caractère interchangeable et innombrable des travailleurs dans ces secteurs.

Stéphane Aubouard

De nouveaux impôts en perspective

Bernard Cazeneuve proposerait de nouvelles hausses fiscales pour réduire le déficit public.

François Hollande disait vouloir éviter d’alourdir « la pression fiscale des Français »… « dans l’idéal ». La nuance, bien loin de la promesse de l’an passé, est dans toutes les bouches du gouvernement. Depuis quelques semaines, les ministres annoncent, du bout des lèvres et pas à pas, la hausse des impôts comme l’effort nécessaire pour respecter l’engagement des 3 % de PIB de déficit public. L’initiative de Bernard Cazeneuve, ministre du Budget, a fait office de cerise sur le gâteau : il aurait remis au chef de l’État des propositions pour récupérer 4 à 6 milliards d’euros supplémentaires en 2014, selon le Journal du dimanche. Parmi ces mesures, qui seront étudiées par Hollande avant la fin août, on retrouve la hausse des prélèvements obligatoires de 0,3 point de PIB l’an prochain, comme le proposait Pierre Moscovici dans le Parisien, le 7 juillet. Un nouveau rabotage des « niches » fiscales et sociales pourrait faire gagner 2 milliards d’euros. La baisse du plafond du quotient familial, confirmée par Jean-Marc Ayrault mercredi, ferait économiser 1 milliard d’euros à l’État. Le gouvernement espère aussi, grâce à la lutte contre la fraude fiscale et sociale, dégager 2 milliards d’euros. La hausse de la TVA, prévue au 1er janvier, en ferait, elle, gagner 6,5. Enfin, pour rassurer certains, la taxe à 75 % sur les hauts revenus n’est pas enterrée… comme c’était déjà annoncé. Mais elle ne devrait rapporter que 300 millions d’euros.

Audrey Loussouarn



Edité par T 34 - 23 Jul 2013 à 18:13
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Natixis veut imposer la flexibilité

La filiale d’investissement du groupe BPCE espère conclure, aujourd’hui, un accord sur l’emploi. Elle a été contrainte d’enlever le chapitre sur la mobilité forcée, disposition introduite par la loi de sécurisation de l’emploi.

Après la Société générale, qui a conclu en février dernier un accord sur la gestion de l’emploi, Natixis, la banque de grande clientèle du groupe BPCE (Banque populaire 
– Caisse d’épargne), s’apprête à conclure un accord de la même veine avec ses organisations syndicales (SNB, CFE-CGC, CGT, Unsa, CFTC, CFDT). Cette négociation s’inscrit dans la préparation du plan stratégique 2014-2017 de BPCE, qui sera dévoilé en novembre et devrait annoncer une réduction de la voilure dans un certain nombre de métiers. Sauf que, entre-temps, l’ANI (accord national interprofessionnel) et la loi de sécurisation de l’emploi sont passés par là. Une occasion inespérée pour la banque d’investissement de disposer d’un cadre pour faciliter la gestion de l’emploi. En plus de la gestion des carrières, de la formation, des seniors, Natixis avait en effet programmé un volet sur la mobilité interne entre les métiers. Un chapitre qui a mis vent debout les syndicats, à commencer par la CGT.

La première version de l’accord prévoyait que si le salarié refuse la mobilité, l’entreprise s’engage à lui proposer un nouveau poste ; mais, en cas de rejet du collaborateur ou d’échec des recherches de reclassement, « l’entreprise se verra dans l’obligation d’engager une procédure de licenciement » pour motif économique. « La direction voudrait que la mobilité soit imposée à tous les salariés sous peine de licenciement, mais la convention collective de la banque contient des dispositions contraires », s’insurge François Duchet, secrétaire général du syndicat CGT Natixis. Pour le syndicaliste, c’est « accord de flexibilité ». « c’est un chantage à l’emploi qui ne dit pas son nom. Sans compter que l’on engage un processus à l’envers. La direction veut parvenir à un accord qui mettrait en place une boîte à outils pour gérer les mouvements de personnels alors que l’on n’a aucune visibilité sur l’emploi. Le problème, c’est la nouvelle loi, qui permet des négociations à froid. C’est inacceptable. La mobilité contrainte, c’est la menace permanente du licenciement sur chacun d’entre nous. »

Farouchement opposée à cette disposition, la CGT a mené campagne pour informer les salariés. Et semble avoir obtenu gain de cause, la direction ayant fait marche arrière. Alors qu’une ultime séance de négociation a lieu aujourd’hui, Natixis a enlevé le chapitre sur la mobilité. « C’est une avancée, se félicite François Duchet, mais rien n’est gagné. » « On s’attend à ce que la direction remonte au créneau lorsqu’elle présentera le plan stratégique, qui risque de se traduire par des réorganisations. En gros, elle veut nous faire signer un chèque en blanc. »

Alexandra Chaignon

Inquiétudes dans le groupe

Au sein du groupe BPCE, les inquiétudes vont bon train. « Notre crainte, c’est que si Natixis parvient à signer un accord de mobilité contrainte, la direction veuille l’étendre à l’ensemble du groupe, avoue Jean-Christophe Duthoit, de la CGT Caisse d’épargne. 
À ce sujet, François Pérol (président du directoire de BPCE – NDLR) a laissé entendre que les directions avaient besoin d’une boîte 
à outils. BPCE veut se donner les moyens de jouer sur l’emploi 
sans dire à l’avance quelle réorganisation il compte faire. »

ADP devient « Action Air »

La direction annonce 370 départs pour la rentrée : le cours en Bourse grimpe.

En annonçant 370 départs volontaires ou congés de fin de carrière pour seulement 180 embauches d’ici à la fin de l’année, la direction d’Aéroports de Paris annonce clairement de quoi sera fait l’avenir de l’entreprise. Devant une politique austéritaire menée tambour battant et faite d’effets d’annonces dans les médias, les syndicats s’inquiètent non seulement du manque de volonté de la direction à négocier mais aussi du sens même d’une telle décision. « À l’heure où la problématique du maintien dans l’emploi des seniors est posée, où la lutte contre le chômage des jeunes est une priorité nationale (…), quelles sont la légitimité et la cohérence de ce plan soutenu par l’État actionnaire majoritaire ? » s’interroge, dans un communiqué, la CGT d’ADP. Une politique qui ne fait pas que des perdants. Au lendemain de l’annonce, l’action ADP a bondi de 1,6 %. La rentrée devrait être chaude sur le plan social. La CGT prévoit une mobilisation très suivie dès septembre.

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Projet de loi sur l'économie sociale et solidaire : une loi pour sauver le soldat Hollande

La loi-cadre sur l’économie sociale et solidaire (ESS) de Benoît Hamon, proposée hier au conseil des ministres, est présentée comme solution au chômage.

En ces temps de vaches maigres, la nouvelle loi sur l’économie sociale et solidaire présentée hier par Benoît Hamon lors du Conseil des ministres pourra, en apparence en tout cas, donner un peu d’espoir au gouvernement Ayrault. Ce secteur de l’économie qui représente environ 200 000 entreprises permettrait, selon Benoît Hamon, de créer 
100 000 emplois net. L’ESS représente aujourd’hui 10 % du produit intérieur brut (PIB) de la France et emploie 2,4 millions de salariés. Le ministre de l’Économie sociale et solidaire et de la consommation mise notamment sur le développement de Scop (sociétés coopératives et participatives associant les salariés), qui emploient aujourd’hui 50 000 personnes, dans l’espoir de doubler les embauches d’ici la fin du quinquennat. Pour aider à cela, le projet de loi prévoit un droit de préférence aux salariés, qui leur permet d’être informés de la cession de leur entreprise. Les porteurs de projets d’innovation sociale pourront désormais solliciter la Banque publique d’investissement (BPI), qui bénéficie d’une enveloppe de 500 millions d’euros de crédits. Le texte prévoit par ailleurs la création d’un statut transitoire de « Scop d’amorçage », permettant aux salariés d’être minoritaires au capital le temps de réunir les fonds pour devenir majoritaires. Pendant ce laps de temps (sept ans), « la société bénéficiera d’un système fiscal avantageux », prévoit le texte.

Les patrons redoutent tout particulièrement la possibilité donnée aux salariés d’être informés de la cession de leur entreprise. Selon eux, un tel processus n’est pas viable pour les sociétés de moins de 50 salariés. Une polémique que le ministre a balayée d’un revers de main hier matin au micro de RTL : « Aujourd’hui 50 000 emplois sont supprimés chaque année faute de repreneurs pour ces PME, affirme-t-il. Je ne comprends pas cette polémique, stupide, lancée par le patronat sur le droit à l’information car le chef d’entreprise cédera toujours à qui il veut. »

Lire aussi :

Stéphane Aubouard

Nespresso : l’accueil de Clooney énerve

La venue de l’acteur dans une boutique pour promouvoir la marque a été l’une des causes d’une grève spontanée.

La visite de George Clooney dans la boutique Nespresso des Champs-Élysées la semaine dernière est loin d’avoir provoqué l’hystérie chez les employés. Après la venue de l’acteur à une exposition dans la boutique, le mardi, une dizaine d’entre eux se sont mis en grève le samedi suivant. Ils ont en effet eu du mal à digérer les efforts menés par la direction pour la venue de la star. « Ils ont fait en une demi-journée des aménagements que l’on demandait depuis des mois », s’indigne Léo Andres, délégué du personnel CGT de la boutique, qui évoque notamment des lenteurs informatiques non résolues.

Mais selon la directrice des ressources humaines Sophie Coustaury, la direction avait déjà lancé des plans d’action pour résoudre ces problèmes dus à l’utilisation d’un nouveau système depuis quelques semaines. Samedi dernier, l’agression verbale d’une employée par un client excédé par l’attente due aux lenteurs du système informatique a certainement été l’élément qui a poussé une dizaine de salariés à se mettre en grève.

Ces deux événements la même semaine les ont fait « craquer », relève un 
communiqué de la CGT. Yasmine Cissokho, déléguée syndicale CGT, dénonce en outre les conditions de travail chez Nespresso : « Les managers et la direction mettent la pression sur les salariés. Et de plus, ces derniers sont en sous-effectif et ne peuvent par conséquent pas toujours prendre leurs pauses dues. »

Suite à la grève de samedi dernier, la CGT a obtenu une rencontre avec la direction aujourd’hui en début d’après-midi. Les deux principales revendications : résoudre les problèmes informatiques et exiger plus d’accompagnement et de soutien de la part des managers.

Camille Jourdan

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Fusion Publicis-Omnicom: la CGT craint pour l'emploi

La fusion entre le groupe français Publicis, numéro trois mondial de la publicité, et son rival américain Omnicom, actuel numéro deux, fait craindre à la CGT Info'Com des restructurations ainsi qu'une perte de savoir-faire en France. 

Le nouveau mastodonte de la publicité, dénommé Publicis Omnicom Group, codirigé par les patrons des deux entreprises, Maurice Lévy (Publicis) et John Wren (Omnicom), sera partagé à 50/50 entre les actionnaires des deux groupes et coté sur les bourses de Paris et New York. Les deux partenaires espèrent boucler la transaction fin 2013 ou début 2014.

Enthousiasme de Maurice Lévy

La CGT Info'com s'érige ce dimanche contre cette fusion. Dans un communiqué, le syndicat "représentatif et majoritaire dans ce deux groupes" ne partage pas l'enthousiasme de Maurice Lévy, patron le mieux payé du Cac 40. Ce dernier estime que grâce à cette "fusion entre égaux", "nous sommes partis pour faire un grand succès", décrivant le nouvel ensemble comme "une nouvelle compagnie pour le monde d'aujourd'hui et le monde de demain". Pour le syndicat, "les économies d'échelle, le rapprochement ou la fusion de réseaux d'agences, l'optimisation de frais de structure, la réduction de coûts... autant de principes économiques qui vont générer pour les salariés des licenciements, des restructurations, des harmonisations par le bas des statuts et des accords".

Info'Com CGT déplore aussi "une standardisation, un appauvrissement de l'offre publicitaire et un marché aseptisé". Il souligne par ailleurs la perte de contrôle par la France d'un groupe mondial, au mépris des discours du gouvernement et de certains ministres sur la nécessité de préserver des marques françaises".

  • A lire aussi:

Le communiqué d'Info'Com CGT

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"Rembourser la dette augmente la dette !", la chronique de Gérard Filoche dans l'HD

Chaque matin, les radios mentent : « Il n’y a plus d’argent dans les caisses. » « Si on ne rembourse pas la dette, nos enfants devront la payer. » « Chaque enfant qui naît, naît avec 25 000 euros de dette sur la tête. » « Un État, c’est comme un ménage, il ne doit pas dépenser plus que ce qu’il gagne. » « On dépense trop. » « Il faut faire des économies. » Comment comprendre que tout ça est de la propagande pour vous faire bosser plus en vous donnant moins ?

Comment admettre que notre gouvernement de gauche reprenne ces leitmotivs ? Et qu’incroyablement, il vienne de décider d’un budget d’austérité 2014 qui s’avère un record dans les annales. Pourtant, la preuve est faite, année après année : la dette publique de la France s’élevait à 85,9 % du PIB, fin 2011, et à 90,2 %, fin 2012. Elle a atteint 91,7 % à la fin du premier trimestre 2013, selon l’INSEE. Quelle est cette politique qui aboutit au contraire de ce qui est escompté et annoncé ? À quoi ça sert que le déficit baisse de 5,3 % en 2011, à 4,8 % en 2012, qu’il atteigne 3,9 % du PIB en 2013 ? Il est fixé à 3 % en 2014 et à 0,5 % en 2017 pour obéir aux libéraux de Bruxelles et au TSCG (« traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance » sic).

Mais au fur et à mesure, la dette publique augmente de plusieurs dizaines de milliards d’euros. Pourquoi ? Parce que cet argent qui sert à rembourser la dette, ces économies qui sont faites sur les dépenses, induisent stagnation de la croissance et récession. Le blocage du SMIC et le gel des points d’indice des fonctionnaires, la baisse des salaires et des retraites aboutissent à celle des recettes fiscales et sociales. La stagnation des salaires et des prestations sociales exigée par le MEDEF et la Commission européenne écrase la demande solvable des salariés. C’est comme un commerçant dont la banque exige de payer des traites à marche forcée au détriment de l’approvisionnement de ses stocks. Son chiffre d’affaires baisse et sa dette augmente au fur et à mesure qu’il la rembourse. C’est comme un jardinier qui arrose le fleuve pendant que son jardin dépérit.

Donner priorité à la dette et à la réduction des déficits, c’est jeter des steaks aux requins, mais c’est aussi les enlever de la bouche des passagers du navire. Sans desserrer l’étau usurier des banques privées, sans remettre en cause les dettes publiques de l’État, et investir tout de suite, de façon urgente, dans la relance, il n’y a pas d’issue.

En un mot, il faut dépenser « plus » (et non pas « moins ») pour nous en sortir. Au lieu de nous serrer la ceinture, de nous flexibiliser, il faut travailler mieux, moins, tous, et gagner plus... Tout de suite. Il va falloir être nombreux – comme au Portugal, en Turquie, en Égypte, au Brésil – à manifester à la rentrée en défendant nos retraites, pour que la gauche entende cela.

Gérard Filoche, inspecteur du travail et caution de gauche du PS

L’austérité plombe les résultats de Renault

L’activité du groupe baisse au premier trimestre. Pour la CGT, l’accord de compétitivité devrait encore accentuer ces difficultés.

Renault enregistre des résultats en baisse pour le premier semestre 2013. Son bénéfice net s’élève à 39 millions d’euros, un chiffre vingt fois inférieur aux 746 millions d’euros dégagés au premier semestre 2012. Le groupe essuie notamment les plâtres de l’arrêt de son activité en Iran avec le durcissement des sanctions internationales, mais paye aussi le prix de ses restructurations en France. Le constructeur automobile a tout de même réussi à dégager une marge opérationnelle de 583 millions d’euros, en hausse de 14,8 %. Pour la CFDT, Renault « résiste bien. La crise actuelle impacte l’automobile en Europe, et Renault n’y échappe pas. Tant dans la mise en œuvre de l’accord de compétitivité que dans la volonté de concevoir, fabriquer et vendre de meilleurs produits, les salariés réalisent des efforts ». Avant de préciser que « l’entreprise devra renvoyer l’ascenseur lorsque le cercle vertueux de la reprise économique et des résultats de Renault sera au rendez-vous ». Une façon pour le syndicat de justifier sa signature d’un accord de compétitivité, le 13 mars dernier, avec FO et la CFE-CGC. Et de faire passer la pilule aux salariés.

Sous couvert de ne fermer aucun site en France, le groupe impose un gel des salaires en 2013, une augmentation du temps de travail et une baisse des effectifs de 15 % d’ici à fin 2016. Pour la CGT, ce sont justement « ces accords dits de compétitivité en France et en Allemagne qui précarisent les salariés sur leurs emplois et confirment la baisse du pouvoir d’achat. Ce n’est pas de bon augure pour une reprise des ventes au personnel ». La fédération CGT de la métallurgie avait d’ailleurs attaqué en justice ce plan de compétitivité, estimant qu’il ne pouvait se substituer aux accords sur le temps de travail précédemment négociés et signés dans les différentes entreprises et établissements du groupe. Mais le juge des référés du tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine) a débouté le syndicat vendredi.

Cécile Rousseau

Devoirs de vacances pour les « Elba » en lutte

Pressé de fermer trois usines, le fabricant de papeterie Hamelin utilise, d’après ses salariés, les facilités offertes par la loi de flexibilisation de l’emploi. En Auvergne, les syndicats préparent la riposte.

Deux cent quarante emplois supprimés et trois sites fermés à Troyes (Aube), Villeurbanne (Rhône) et La Monnerie-le-Montel (Puy-de-Dôme) : alors que les décrets d’application issus de la loi sur la sécurisation du travail, qui découle elle-même de l’accord national interprofessionnel (ANI) ratifié le 11 janvier par le Medef et la CFDT notamment, ont été publiés au début du mois, le groupe papetier Hamelin justifie la casse annoncée par les nécessités de la « compétitivité ».

Dans le Puy-de-Dôme, à La Monnerie-le-Montel, à quelques kilomètres de Thiers, les vacances commencent ce lundi pour la plupart des 63 salariés de l’usine Elba, mais après l’annonce de la fermeture, elles promettent de ne pas être sereines. Toute l’année, sur ce site spécialisé dans la fabrication de classeurs, on leur avait dit qu’ils travaillaient très bien. La rentrée avait été préparée. Puis la nouvelle de la fermeture est tombée. Les ouvriers ont fait une dizaine de jours de grève, paralysant la production et protégeant un stock de fournitures à livrer à la grande distribution. En référé, la direction a obtenu, la semaine dernière, la levée d’un blocage jugé « abusif ». Mais, même si la direction s’est engagée, vendredi, par courrier, à ne déménager « aucune machine durant la fermeture au mois d’août », les salariés comptent bien continuer à veiller sur leur outil de travail. « Les salariés auront plus de sécurité par rapport à leur retour de vacances », explique Arnaldo Da Silva, représentant CGT.

Pendant les congés, les syndicalistes d’Elba vont continuer de fourbir leurs armes… « La loi sur la sécurisation de l’emploi ne facilite pas les choses », regrette Rui Ribeiro, délégué CFDT. Un délai de négociations réduit à deux mois, l’avis du comité d’entreprise qui n’a guère de poids, ou encore l’impossibilité de saisir le juge des référés, voilà quelques-unes des dispositions que fustige l’intersyndicale CFDT-CGT-FO de l’usine. « On a beaucoup moins 
de marges de manœuvre, explique Rui Ribeiro. Avant, on pouvait agir immédiatement, en nommant un expert ; aujourd’hui, on doit attendre l’ouverture des négociations. Il n’a ensuite pas assez de temps pour mener une expertise sérieuse. » Selon Jean-Louis Borie, l’avocat du comité d’entreprise, la direction « a sauté sur l’ANI pour boucler sa procédure rapidement ».

Aux côtés des salariés depuis le début du conflit, André Chassaigne, député Front de gauche de la circonscription, alerte le gouvernement: «Dès sa première application, la loi dite de sécurisation de l’emploi amplifie les reculs sociaux et les atteintes aux droits des salariés, créant désillusion et colère», écrit-il dans un courrier adressé à Michel Sapin. Malgré ce contexte juridique plus favorable aujourd’hui aux patrons, les salariés de La Monnerie-le-Montel ont toutefois déjà réussi à gagner du temps. Sous leur pression, conjuguée à celle de la direction régionale du travail (Direccte), l’ouverture officielle des négociations, initialement fixée jeudi dernier – soit à l’avant-veille de la trêve estivale –, a été repoussée au 2 septembre. « Ce qu’ils nous proposent, c’est le minimum des minima », s’indignent en chœur Rui Ribeiro et Bouchaib Zaim-Sassi, son collègue de FO. En l’état actuel, le plan prévoit un congé de reclassement entre quatre et cinq mois, soit au ras des pâquerettes. L’intersyndicale, qui réclame un an de congé de reclassement, semble proche d’arracher une amélioration. « Mais il n’y a rien d’écrit », se méfie Rui Ribeiro. Les salariés, à qui l’on propose des indemnités « dérisoires », selon l’intersyndicale, sont en colère, et plus encore quand ils apprennent que le groupe Hamelin a reçu près de 5 millions d’euros d’aides publiques en avril dernier. Pour les syndicalistes, c’est proprement incompréhensible : « Si l’État prête de l’argent pour fermer des usines, alors où va-t-on ? »

Camille Jourdan



Edité par T 34 - 30 Jul 2013 à 18:44
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Report de la fusion RSA-prime pour l'emploi : double peine pour les travailleurs pauvres

 
Documents à télécharger : L'intégralité du rapport Sirugue -

La prime pour l’emploi, versée aux personnes gagnant moins de 1,3 Smic, sera gelée et sa fusion avec le RSA est reportée. Une perte d’argent pour les sept millions de salariés modestes.

«L’État fait des économies sur le dos des travailleurs pauvres. C’est scandaleux ! » Florent Guéguen, directeur de la Fnars, qui fédère des associations de réinsertion sociale, ne mâche pas ses mots sur le report d’une fusion entre le RSA et la prime pour l’emploi. Cette mesure, préconisée par le rapport du député socialiste Christophe Sirugue (voir ci-dessous), était aussi l’un des grands engagements de Jean-Marc Ayrault, lors du plan quinquennal de lutte contre la pauvreté. Mais elle ne figurera pas dans le projet de loi de finances 2014, a révélé hier les Échos.

Cette réforme « n’est pas abandonnée », tente de rassurer Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée chargée de la lutte contre l’exclusion. Reste qu’un report sine die condamne encore un peu plus une fusion qui n’avait pas les faveurs de Bercy, car elle n’avait aucun objectif d’économies.

Le rapport Sirugue propose de créer une « prime d’activité », versée mensuellement par les caisses d’allocations familiales, qui se substituerait aux dispositifs actuels d’aide aux travailleurs pauvres, jugés peu efficaces. La prime pour l’emploi (PPE), versée une seule fois chaque année, « n’était pas assez ciblée et réactive ». Quant au RSA activité, seul un tiers des personnes qui peuvent en bénéficier en font la demande, soit une non-dépense de 1,6 milliard d’euros envers les salariés précaires.

« En retardant cette réforme, dénonce Florent Guéguen, l’État fait des économies sur le dos des sept millions de salariés pauvres, qui vont continuer de perdre de l’argent. » Car le projet de loi de finances prévoit aussi le maintien du gel du barème de la prime pour l’emploi, décidé par la droite en 2009. Une véritable double peine pour les salariés modestes. Le nombre de bénéficiaires s’effondre chaque année en raison de la diminution du seuil (passé de 1,4 Smic à moins de 1,3 Smic), qui s’ajoute à une diminution des montants distribués. Son enveloppe est passée de 4,5 milliards à 2,5 milliards entre 2008 et 2013. Pour sa défense, le gouvernement rappelle qu’il a augmenté le RSA socle de 10 % sur cinq ans. Soit exactement le montant de l’économie réalisée par le maintien d’un gel de la PPE. « On renforce l’aide des plus démunis en sucrant des aides aux smicards », résume Florent Guéguen.

Les familles ont bon dos. Pour s’opposer à la mise 
en œuvre du rapport Sirugue, Matignon dénonce le mode de calcul de la nouvelle « prime d’activité », qui pénaliserait 
les familles monoparentales. 
Or, le député PS préconise 
des mesures complémentaires pour ce public. Un effort 
de 500 millions d’euros auquel le gouvernement ne souhaite visiblement pas consentir. Dommage. Avec ces aides supplémentaires, la fusion 
RSA-PPE permettrait de 
réduire le taux de pauvreté 
de 0,5 point.

Pierre Duquesne

Air France: une nouvelle saignée pour l'emploi

 

Un nouveau plan de départs volontaires au niveau Air France a été annoncé ce mercredi par le PDG de la compagnie Frédéric Gagey. 2500 postes seront supprimés d'ici 2014, aggravant la facture sociale pour les salariés de l'entreprise déjà confrontés au plan "transform 2015" qui visait en 2012 à réduire de 10% les effectifs.

Une deuxième purge en perspective pour les salariés d'Air France. Après l'annonce du plan Transform 2015 qui, en 2012, prévoyait 5 122 départs soit 10% des effectifs, la facture sociale s'alourdit avec le lancement d'un nouveau plan de départs volontaires officialisé par Frédéric Gagey, PDG d'Air France, et Xavier Broseta, directeur des ressources humaines du groupe, lors d'un comité central d'entreprise (CCE), ce mercredi.

La CGT a indiqué à l'issue du CCE que ce seront ainsi 2 500 postes qui seront supprimés d'ici à 2014. "Mais il n'y aura aucun départ contraint", assure-t-on au niveau de la direction de la compagnie, qui n'a pas souhaité confirmer ou infirmer ces chiffres.

"Crash pour l'emploi"

Dans un communiqué, le parti communiste français s'alarme et dénonce la casse sociale d'Air France. "Au nom de la rentabilité de la compagnie, la direction d'Air France, pour réaliser les 2 milliards d'économies s'apprête à restructurer plusieurs secteurs(…) le PDG d'Air France peut employer tous les termes pour minimiser l'impact des mesures, rien n'y change : plus de 2500 personnes sont à nouveau concernées et autant de postes qui vont être détruits. Un vrai crash pour l'emploi dans une période de chômage de masse".

Le PCF réitère ainsi son soutien aux syndicats opposés à ce plan de restructuration massif. " Le PCF se place résolument au coté des syndicats et des salariés qui s'opposent au dépeçage d'Air France. Il réaffirme que les solutions ne sont ni dans les politiques d'austérité, ni dans les politiques ultralibérales imposées au nom de la politique européenne". Le communiqué ajoute "qu'une grande entreprise aérienne nationale dont l'Etat est actionnaire ne peut être gérée aux seuls critères de rentabilité et de concurrence au risque de mettre la sécurité des usagers en danger

Les courts et moyens courriers dans le viseur

De son coté, Air France justifie ce nouveau plan par la chute vertigineuse de son activité dans le court et le moyen-courrier. Celle-ci aurait généré une perte de 800 millions d'euros l'an dernier (plus de 600 millions imputables à Air France, le reste à KLM), contre 700 millions d'euros en 2011. Son activité cargo (transport de fret) serait elle aussi en perte de vitesse.

"Nous devons accélérer notre restructuration" assure-t-on au ainsi sein de la direction, faisant fit de l'avenir des salariés au nom du retour à l'équilibre budgétaire, prévu initialement  pour la fin de 2014 dans le cadre du plan "Transform 2015", mais " ça sera plus compliqué que prévu" assure-t-on au niveau d'Air France. La direction envisage également de transférer des lignes Air France vers ses filiales low cost Hop! et Transavia, à l'image de ce qu'a fait Lufthansa avec sa compagnie à bas coût Germanwings. Des fermetures de lignes déficitaires ne sont pas non plus à exclure.

En revanche, aucune des trois bases de province d'Air France (situées à Toulouse, Nice et Marseille) ne devrait fermer, assure Alexandre de Juniac, le PDG d'Air France-KLM, contrairement à ce qu'avaient un temps présagé les syndicats.

Réduction de la flotte

Air France compte également réduire sa flotte court et moyen-courrier. Celle-ci devrait passer de 146 appareils à la mi-2012 à 127 à l'été 2014. Sur la même période, la flotte régionale devrait également passer de 150 à 118 appareils. Au premier semestre, Air France-KLM a enregistré une perte nette de 793 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 12,3 milliards d'euros.

Différentes mesures de départs volontaires, de temps partiel et de congés sans solde devraient donc être examinées lors d'un prochain CCE, prévu le 12 septembre, avant d'être finalisées le 4 octobre.

  • A lire aussi :

Air France restructure encore

Air France: "Nouveau crash sur l'emploi" (PCF) 

Samir Hamma



Edité par T 34 - 02 Aug 2013 à 18:30
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Hécatombe dans l’agroalimentaire breton

 

Gad, Marine Harvest, Doux… Les menaces sur les entreprises du secteur se multiplient dans toute la région. Victimes des stratégies douteuses des actionnaires ou des licenciements boursiers, les salariés grossissent les rangs de Pôle emploi.

Près de 70 000 personnes travaillent dans l’industrie agroalimentaire en Bretagne. Avec la crise du secteur, les suppressions d’emplois se chiffrent en milliers depuis le début de l’année. Tour d’horizon au cœur de l’hécatombe.

Gad Sas, les actionnaires dans le viseur

L’imposant abattoir de porcs Gad Sas s’élève à l’entrée de Lampaul-Guimiliau (Finistère). Si les mouettes virevoltent au-dessus des entrepôts, la menace de l’arrêt du site plane sur les ouvriers. Placée en redressement judiciaire depuis février, l’entreprise est sous le coup d’un plan de continuation jusqu’au 21 août. Près de 900 emplois seraient supprimés et l’abattoir fermé. La crise porcine est pointée du doigt, mais les ouvriers balancent surtout sur la stratégie de la Cecab. La coopérative agroalimentaire, entrée dans le capital en 2008, est devenue actionnaire majoritaire en 2011.

Pour Olivier Le Bras, délégué syndical central FO, « depuis 2008, nous perdons de l’argent, on n’oublie que, cette année-là, la Cecab s’est octroyé 10 millions de dividendes et n’a jamais investi ». La concurrence accrue de l’Allemagne en rajoute une couche. « Gad ne gagne plus d’argent depuis trois ans à l’export », poursuit-il. Yvon, chef tripier et père de deux enfants, travaille depuis vingt ans chez Gad. Il s’inquiète pour l’avenir. « Si ça continue, le Finistère ne sera plus bientôt qu’une région touristique. Je me voyais bien travailler ici jusqu’à la retraite, on est soudé, il y a une ambiance bon enfant. Et puis, de toute façon, qu’est ce qu’on va faire d’autre ? » Depuis l’annonce, les ouvriers ont multiplié les actions coup de poing. En parallèle, un projet de reprise de l’abattoir sous la forme d’une coopérative ouvrière est en train de mûrir. Pour Gérard, pas de doute : « Gad à une âme, on continuera à se battre ! »

Marine Harvest, un licenciement boursier à la clé

À une quarantaine de kilomètres de là, la colère gronde à Poullaouen (Finistère). Le géant norvégien du saumon Marine Harvest a décidé, début juin, de couler son site finistérien et de vider celui de Châteaugiron (Ille-et-Vilaine). 405 emplois passeront à la trappe. Nichée en pleine campagne depuis 1970, accessible par une seule route, l’usine de Poullaouen est spécialisée dans le fumage et la découpe du poisson. Michel Crespin, secrétaire CGT du comité d’entreprise, explique que, « l’année dernière, pour la première fois, nous avons perdu 2,4 millions d’euros, c’est le prétexte fallacieux qui a été avancé pour fermer ».

En réalité, le groupe norvégien avait déjà mis la barre à tribord. Il est en train de racheter Morpol, une entreprise basée en Pologne, qui fabriquerait du saumon premier prix. Ce qui est précisément un des produits phares du site. En attendant, l’usine finistérienne tourne à plein régime. Et l’arête de la fermeture reste en travers de la gorge des 185 salariés et de la centaine d’intérimaires. En salle de pause, Robert, plus de vingt ans de boîte au compteur, encaisse sous sa blouse bleue : « Elle est où, l’Europe sociale ? Ce n’est pas logique que notre activité se retrouve dans les pays à bas coût ! » Michel Crespin se dit « écœuré » : « Nous sommes victimes de la stratégie de cette multinationale qui a réalisé 63 millions de résultat net au premier trimestre 2013 et distribué 3 millions de dividendes en 2012. S’ils n’avaient pas été versés, notre perte aurait été comblée ! »

Doux, après 
la fermeture, 
la précarité

À Pleucadeuc (Morbihan), les herbes folles ont envahi l’usine Doux. Les 147 derniers salariés de l’usine de dindes ont plié bagage en juin dernier. Quelques mois avant, 270 personnes avaient été jetées dehors. Le géant de la volaille, plombé par ses investissements inconsidérés au Brésil, la concurrence européenne et le versement de dividendes en cascade, a dégraissé en masse. Pour la commune de 1 800 habitants, c’est le coup de grâce. En face de l’église, dans le bar-tabac-presse Chez Émilienne, il n’y a plus un chat. Laurent, le gérant, dont la famille tient le café depuis plus de soixante ans, soupire. « On a l’impression d’être après un bombardement, commente-
t-il en se versant une menthe à l’eau. Avant, tous les vendredis, les ouvriers de Doux venaient fêter leur fin de semaine. Là, il n’y a même plus un camion qui passe. »

En ce moment, la plupart des ex-Doux sont inscrits en contrat de sécurisation professionnelle (CSP), ce qui leur permet de bénéficier de leur salaire pendant un an. Mais avec une hausse annuelle de 10,9 % du chômage dans la région, la recherche d’un travail s’annonce compliquée. Raymond Gouiffès, délégué syndical central CGT, explique que « ce sont des hommes et surtout des femmes entre cinquante et cinquante-cinq ans, certains ont des troubles musculo-squelettiques (TMS). Beaucoup ont fait toute leur carrière dans la volaille et n’ont jamais mis un pied à Pôle emploi ». Michel Hamonet, délégué syndical CGT, embraye : « Ils trouvent des missions de remplacement pour l’été comme aides à domicile. Mais que va-t-il se passer à la rentrée ? »

La Volaille menacée. La CGT de Doux et de Tilly-Sabco appelle les salariés et les acteurs de la filière avicole à manifester le 2 août à 10 h 30 à Quimper (Finistère), devant la préfecture, pour préserver les emplois menacés dans ces deux entreprises exportatrices de volailles congelées, à la suite 
de l’arrêt des aides européennes à l’export.

Cécile Rousseau

Le dumping social allemand sur le banc des accusés

Les abattoirs d’outre-Rhin détournent massivement la directive sur les travailleurs détachés pour accentuer leur compétitivité.

L’Allemagne pointée du doigt dans la crise de l’agroalimentaire. Le dumping social exercé outre-Rhin est considéré comme un des problèmes majeurs par les professionnels du secteur. En effet, la directive européenne de 1996, relative aux travailleurs détachés, permettant de faire appel temporairement à du personnel européen pour des missions précises, est détournée par le pays. Souhaitant monter en puissance dans l’agroalimentaire, l’Allemagne s’est engouffrée dans la brèche au début des années 2000. Résultat, dans un millier d’abattoirs, 80 à 90 % des ouvriers viennent de Roumanie, de Pologne ou même d’Ukraine. L’absence de salaire minimum outre-Rhin, combiné au rattachement des travailleurs au régime social de leur pays d’origine, fait baisser l’addition. Ainsi, le coût du travail est trois fois inférieur en Allemagne, soit de 6 à 7 euros contre 20 ou 21 euros dans les abattoirs bretons.

Pour Pierre Halliez, président du Syndicat national des industriels des viandes (Sniv), « c’est de l’intérim déguisé et non pas de la prestation de services. Différentes enquêtes ont montré que les conditions de vie et de travail de ces ouvriers étaient très précaires, voire proches de l’esclavage moderne ». Un rapport d’information parlementaire sur la directive relative aux travailleurs détachés, remis en juin dernier par les députés Michel Piron (UDI), Gilles Savary et Chantal Guittet (PS), confirme ces dérives. « L’Allemagne est en effet en train de prendre tout le marché européen de l’abattage, au détriment des abattoirs belges, danois, hollandais et bretons, en utilisant dans ses abattoirs des travailleurs détachés des ex-pays de l’Est payés à des coûts bien inférieurs à ceux des autres pays présents sur ce marché. »

Dans ces industries demandant beaucoup de main-d’œuvre, le différentiel de coût avec l’Allemagne pèse lourd dans la balance. Il est de 5 centimes d’euro au kilo sur le porc, « soit cinq fois la marge nette d’une entreprise performante d’abattage et de découpe », selon le rapport parlementaire. Comme le souligne Pierre Halliez : « C’est le détournement de cette directive qui a, entre autres, permis à des grands groupes allemands de monter à l’export jusqu’à faire du pays le leader européen du porc et de la volaille. » Pour Jean-Luc Bindel, secrétaire général de la Fédération nationale de l’agroalimentaire et forestière (Fnaf-CGT), « c’est un vrai problème, mais il ne faut pas occulter la financiarisation accrue du secteur, le coût du capital est plus élevé en France qu’en Allemagne ». Face aux dérives, la Commission européenne a présenté, en mars 2012, un projet de modification minimale de la directive de 1996. De son côté, le Sniv a porté plainte pour « défaut d’État » en janvier 2011 auprès de la Commission européenne. La Belgique lui a emboîté le pas en mars 2013. Pour mettre un frein à ce phénomène, le rapport parlementaire conseille à l’Europe d’introduire la notion de salaire minimum de référence.

Gérard Lahellec « Nous ne voulons plus de cette concurrence »

vice-président PCF 
de la région Bretagne.

Comment analysez-vous la crise 
du secteur de l’agroalimentaire ?

Gérard Lahellec. Toutes les filières sont touchées par 
une concurrence mondiale exacerbée. Pour le porc, 
la compétition est forte, notamment avec l’Allemagne, 
qui a baissé ses coûts de production de 25 à 30 %. L’Europe n’est pas du tout protectrice, elle devient 
au contraire de plus en plus libérale. On le voit avec 
les réformes de la politique agricole commune (PAC), elle ne s’embarrasse plus de mécanismes de régulation, ne contrôle pas les prix et les productions. Nous ne voulons plus de cette concurrence au coup par coup, qui s’ajuste en fonction des marchés. En France, 50 % des volailles sont importées. Pour la filière avicole, il y a aussi besoin de régulation et de rétablir les restitutions européennes (les aides à l’exportation – NDLR), supprimées cet été 
par Bruxelles. Chez Doux, l’autre problème c’est la mauvaise stratégie du patronat. L’aventure brésilienne 
du groupe, avec l’investissement dans l’élevage de poulet, a coûté beaucoup d’argent et entraîné des milliers de suppressions de postes. Pourtant, la justice a validé 
cette stratégie, en permettant à Charles Doux de conserver son activité. Nous sommes prisonniers à 
la fois d’une manœuvre personnelle, d’un modèle unique et d’une Europe libérale.

Quelles solutions pour redresser la barre ?

Gérard Lahellec. La crise de l’agroalimentaire en appelle à la responsabilité politique et publique. Si on attend que l’Union européenne change, ça risque de prendre du temps. La gravité de la situation exige des réponses rapides pour conforter le potentiel de production industrielle de la Bretagne. Les hommes politiques, du premier ministre au ministre de l’Agriculture, doivent se mobiliser. Il y aurait tout lieu d’engager un appel à projets au niveau de l’Europe pour le développement agricole de la région. On pourrait faire émerger des alternatives de production, en prenant mieux en compte le bien-être animal, les contingences environnementales… 
Il faudrait un système à plus forte valeur ajoutée, que 
la transformation des animaux se fasse en Bretagne. C’est une véritable hérésie économique et environnementale de voir certains cochons partir à l’abattoir en Allemagne. De nouveaux modèles sont donc à inventer. 70 000 actifs dépendent de cette industrie dans la région. Ce qui se passe chez nous s’apparente à la crise de la sidérurgie en Lorraine.


Air France: la lourde addition de la privatisation

Depuis la fusion avec KLM, en 2003, puis la privatisation totale de la compagnie, en 2004, les salariés d’Air France paient cher la politique de financiarisation de la direction.

Externalisations, coupes claires, réductions d’effectifs, gel des salaires et des embauches, casse des acquis sociaux, la fusion avec la compagnie hollandaise KLM, en 2003, puis la privatisation totale de la compagnie aérienne, en 2004, ont fait payer aux salariés d’Air France le lourd tribut de la libéralisation. L’acte II du plan Transform 2015 (lancé progressivement depuis janvier 2012), qui prévoit la liquidation de quelque 2 500 postes supplémentaires d’ici à 2014, fait suite à une longue série de suppressions d’effectifs.

5600 postes liquidés

Depuis 2004, 6 430 départs n’ont pas été renouvelés, auxquels il convient d’ajouter le plan de 1 800 départs volontaires organisé en 2010. La première phase de Transform 2015 a liquidé, depuis 2012, près de 5 600 postes au sein de la compagnie aérienne. Une saignée qui touche particulièrement le personnel au sol, mais également le personnel navigant commercial (PNC) et les pilotes. « En l’espace de quatre ans, on va avoir perdu entre 12 000 et 15 000 personnes. Ça commence à faire beaucoup », s’alarme Didier Fauverte, secrétaire général de la CGT Air France.

Pour faire face à l’endettement d’Air France-KLM, aggravé par la crise de 2008, et qui atteignait en janvier 2012, 6,5 milliards d’euros, la direction mise donc sur un vaste plan de restructurations, entre autres, de ses activités court et moyen-courriers, et de son activité cargo, qu’elle compte marginaliser de plus en plus au profit du fret en soute. En début d’année, les salariés de la zone cargo de 
Roissy-Charles-de-Gaulle se sont mobilisés pendant près d’un mois contre le plan Transform 2015. Ce plan prévoyait, dans leur branche, la surpression de plusieurs jours de RTT au nom de la rentabilité. Dont les effets ont été ressentis aussi bien par les salariés d’Air France que par ceux des dizaines d’entreprises sous-traitantes.

Mauvais choix stratégiques

Pourtant, la situation financière du groupe est largement imputable à de mauvais choix stratégiques. Privilégier les long-courriers, très rentables jusqu’en 2008, au détriment des court et moyen-courriers, cumulé au développement des vols low cost sur petites distances, a par exemple contribué à creuser le déficit des vols courts. Déficit qui atteint 700 millions d’euros en 2011. Les suppressions de postes, notamment dans les escales en province, ont par ailleurs fragilisé l’activité des court et moyen-courriers. 
« Au point de vue opérationnel, ça devient plus que tendu. Il y a de moins en moins de personnes en contact avec les passagers », explique Didier Fauverte.

Editorial par Claude Baudry

Edito: Les précarisés de l’audiovisuel

L'intermittence et l'abus des contrats à durée déterminée d'usage sont devenus un mode de gestion en même temps qu’une machine de guerre à déguiser les plans sociaux.

En rendant le rapport de la mission d’information sur les conditions d’emploi dans les métiers artistiques, le 17 avril dernier, le député socialiste Jean-Patrick Gille avait eu ces mots: «C’est bien la précarité que les métiers artistiques ont en partage: pour les auteurs, on peut parler d’isolement et de vulnérabilité, tandis que le travail salarié se caractérise par l’irrégularité et la flexibilité. Derrière les “vedettes” que l’on peut retrouver dans chaque discipline, on trouve de nombreux travailleurs qui peinent à joindre les deux bouts.» On était loin des habituelles diatribes contre ces intermittents «privilégiés» voire ces « fraudeurs » à l’assurance chômage.

Le recours à la «permittence», c’est-à-dire la dire la pratique selon laquelle des intermittents sont employés de manière permanente ou quasi permanente, se banalise. Par exemple, France Télévisions emploie, de par la multiplicité de ses productions, 100.000 intermittents, et les cas d’abus du contrat à durée déterminée d’usage (CDDU), en particulier pour ses techniciens, se multiplient. Comme ce machiniste, dont l’exemple est cité dans le rapport parlementaire qui en a effectué 700 en huit ans, cette maquilleuse embauchée à la semaine depuis quatorze ans ou ce chef monteur qui cumule près de 1000 contrats depuis vingt et un ans. C’est devenu un mode de gestion en même temps qu’une machine de guerre à déguiser les plans sociaux. Il y a ceux qu’on appelle au téléphone pour une mission, puis une autre à l’envi et ceux que l’on n’appelle plus du jour au lendemain. Dans le public comme dans le privé, dans les chaînes comme dans les sociétés de production, la dégradation est forte.

En parallèle, au nom de l’austérité, le gouvernement portugais a envisagé au début de l’année de vendre son audiovisuel public à la découpe avant finalement d’y renoncer. Au nom de l’austérité, le gouvernement grec a fermé sa télé et sa radio publiques. Au nom de l’austérité, la France peine à trouver un financement pérenne de son audiovisuel public soumis à des contraintes budgétaires drastiques. Quand le chômage augmente, le temps passé devant la télévision croît. La question posée est de savoir ce que la télévision donne à voir. Pour l’essentiel, ce n’est pas l’offre des chaînes privées qui permet de comprendre le monde et la société dans tous leurs états, de se nourrir de culture dans sa diversité. Pour répondre à ses missions autant qu’à ses ambitions affichées, notre télévision publique a besoin de moyens. Et de personnel. Or un nouveau plan social portant sur 650 postes est lancé. La marmite bout. Cinq organisations syndicales de France Télévisions CGT, SNJ, CFDT, FO et CGC, ont publié le 12 juillet une motion à l’occasion du comité d’établissement du groupe public, à la suite du rapport annuel d’activité des médecins du travail au titre de 2012. «Les médecins ont clairement exprimé que le mal-être des salariés résultait bien souvent de l’organisation du travail, des dépassements horaires importants et réguliers, de la désappropriation du sens de leur travail et de la finalité de leurs missions.» Avec pour conséquences l’appauvrissement des programmes et celui de salariés précarisés.

Claude Baudry



Edité par T 34 - 02 Aug 2013 à 22:58
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Aug 2013 à 22:54

Documentaire : Le commerce de l’équitable

Diffusé sur Arte ce soir, 6 août 2013, à 22h25, le documentaire « Le business du commerce équitable » révèle les failles éthiques d’un secteur dont le succès économique ne se dément pas.

Acheter des produits issus du commerce équitable, c’est payer plus cher, certes, mais cela permet d’assurer une juste rémunération des petits producteurs des pays du Sud, croyez-vous. C’est bien dans cette optique qu’est créé dans les années 1980 le label Max Havelaar. Aujourd’hui, le commerce équitable pèse 5 milliards d’euros par an. Les trois-quarts des produits vendus le sont sous l’étiquette Max Havelaar, qui a fait le pari de travailler aussi avec la grande distribution. Le but affiché : changer le système de l’intérieur. Mais à qui profite ce business ? Tous les acteurs de la chaine de production bénéficient-ils de meilleures conditions de travail et de salaires ?

Sans grande surprise, le business se révèle très rentable pour la grande distribution : les produits « équitables » lui permettraient d’augmenter ses marges : jusqu’à 45% au total sur un paquet de café. Le constat ne s’arrête pas là : dans les plantations de bananes de République Dominicaine, les ouvriers agricoles sont, pour la plupart, des immigrés clandestins payés au salaire minimum, sans jours de repos, contrairement au cahier des charges.

L’organisme de certification du label, qui partage ses locaux avec ceux de Max Havelaar Allemagne, n’a rien vu : manque d’indépendance ? Manque de moyens ? L’une de ses responsables propose de mieux former les producteurs à la rédaction des contrats de travail.

Pour couronner le tout, on découvre que le label Max Havelaar est aussi accordé à certaines grandes plantations, contre des conditions de travail et de salaire des ouvriers agricoles cette fois-ci étroitement contrôlées. De quoi, pour eux, vivre à sept dans un cabanon de bric et de broc avec sanitaires collectifs de fortune. Pour la propriétaire de la plantation, c’est maison coloniale gigantesque avec piscine.

Enfin, le documentaire se penche aussi sur le cas du label Rainforest Alliance. Ce dernier ne se dit pas « équitable », mais a doublé ses ambitions écologiques initiales d’un côté « éthique », et a pour ambition de s’appliquer aussi aux multinationales. Une rapide visite dans une plantation certifiée par le label s’avère instructive : l’exploitation, gérée par l’énorme multinationale Unilever, ne remplit pas les critères d’amélioration des conditions de travail (ouvriers payés au poids de la récolte, discriminations, intimidations…). La raison ? Le non-respect des critères éthiques du cahier des charges de Rainforest Alliance ne sont pas un motif d’exclusion du label, nous explique, contrit, l’un de ses responsables.

Justine Fontaine

Rapport du FMI : les œillères de Moscovici

Pierre Moscovici s’estime en accord avec le Fonds monétaire international (FMI), qui dans son rapport annuel sur l’économie française, incite la France à ne pas freiner une éventuelle reprise économique par une austérité trop brutale. Mais le ministre de l'Economie passe sous silence toutes les dérives libérales et la casse sociale contenues dans ce rapport.

Dans les conclusions de sa revue annuelle de l'économie française parue ce lundi, le FMI incite la France à ralentir en 2014 le rythme de l’austérité, tout en poursuivant les coupes budgétaires, mais  en renonçant aux hausses d'impôts. Ce que compte suivre Pierre Moscovici, qui dans un communiqué" rappelle à cet égard que le projet de loi de finances pour 2014, qui sera présenté en septembre, poursuivra l'effort de remise en ordre des finances publiques tout en soutenant la croissance. Il privilégiera les économies de dépenses par rapport aux hausses de prélèvements obligatoires". Pierre Moscovici relève ainsi "une grande convergence de vues avec le FMI sur le diagnostic et l'analyse des risques qui pèsent sur l'activité en Europe et en France".

"Entre aveuglement libéral et contradictions"

Pierre Moscovici se félicite aussi de l'évolution du FMI et des institutions européennes, qui tournent selon lui le dos aux "politiques d'austérité généralisée". C’est très mal lire les conclusions du FMI. Ainsi il incite le gouvernement à "poursuivre voire à accélérer les réformes structurelles" pour mettre un terme aux "rigidités du marché du travail, freins pour la croissance et la compétitivité des entreprises". En tête de liste des réformes prioritaires selon le FMI : les retraites (sans hausse des cotisations) et le démantèlement du SMIC.

La CGT ne s’y trompe pas. "Une fois de plus, le Fonds Monétaire International agit en avocat du libéralisme et des politiques d’austérité qui ont conduit de nombreux pays à des crises sociales sans précédent" a réagit la centrale syndicale. "Le FMI, qui a d’ailleurs fini par reconnaître l’échec de ses préconisations pour le plan de sauvetage de la Grèce en 2010, préconise les mêmes recettes pour la France ! " Pour la CGT, "le gouvernement français serait bien inspiré de ne pas suivre les recommandations du FMI et de changer de cap, notamment en stoppant les cadeaux fiscaux faits aux entreprises sans contrepartie…"

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Aug 2013 à 21:11

Les profits flambent, mais pas la solidarité

Le CAC 40 retrouve son niveau d’avant la crise des dettes souveraines de 2011. Le gouvernement ira-t-il regarder de ce côté ?

De l’argent, il y en a dans les caisses… du CAC 40 !
Le patronat ne cesse de se plaindre : les « prélèvements obligatoires » sont trop élevés, les « charges » écrasent les entreprises, le « coût du travail » empêche la France d’être compétitive, etc. Mais, sur les marchés financiers, tout ne va pas si mal, loin de là, pour les grandes entreprises françaises. Le CAC 40 est repassé au-dessus des 4 000 points depuis la fin de la semaine dernière, soit à son niveau d’avant la crise des dettes souveraines de l’été 2011. Ce sont les profits des banques, en particulier, qui permettent cette embellie boursière.

La semaine dernière, BNP Paribas puis la Société générale ont publié leurs résultats financiers pour le premier semestre 2013. La première a dégagé un profit net semestriel à 3,3 milliards d’euros et la seconde engrange, elle, un bénéfice de 1,3 milliard d’euros (+ 12,6 % par rapport à l’année dernière). D’après le consensus des analystes financiers établi par Factset, les profits des 40 sociétés de l’indice vedette de la Bourse de Paris devraient croître de 17 % en moyenne cette année. Selon l’expression fleurie de Christian Parisot, chef économiste à Aurel BGC cité dans le Figaro, les marchés touchent aujourd’hui « le beurre et l’argent du beurre ».

Dans les cas des banques françaises, ce sont les revenus tirés des activités actions qui affichent des progressions très spectaculaires : pour certaines, elles culminent à des taux de progression entre 38 et 50 %. L’année dernière, le gouvernement, qui envisage aujourd’hui d’augmenter la CSG pour tous, à commencer par les salariés, avait instauré une « taxe sur les transactions financières » de 0,2 point de CSG, mais les marchés se sont vite adaptés pour y échapper… Et cette participation du capital au « redressement des finances publiques » a rapporté deux fois moins que prévu… Pour financer les retraites, il ne reste au gouvernement ­Ayrault qu’à trouver le moyen de faire ­participer enfin les méga-profits financiers !

Thomas Lemahieu

Euriware en appelle au gouvernement

Les syndicalistes de la filiale informatique du géant du nucléaire Areva ont interpellé l’État sur la vente de leur entreprise.

Pas de pause estivale pour les 2 100 salariés d’Euriware. La semaine dernière, les représentants syndicaux ont été reçus au ministère du Redressement productif pour évoquer le projet de cession de leur entreprise, filiale informatique d’Areva. Comme le raconte Thierry Achaintre, secrétaire de la CGT d’Euriware, « nous leur avons expliqué qu’il n’y avait aucune raison de vendre cette société qui va très bien. Nous leur avons fait part de notre inquiétude sur l’avancement du calendrier, la cession serait prévue au 1er janvier 2014, et sur le fait qu’Areva ne nous communique pas les conditions sociales du maintien des emplois… Le cabinet d’Arnaud Montebourg avait l’air très surpris d’apprendre qu’il n’y avait pas que deux sites, Cherbourg et Paris, qui étaient menacés ! En cas de reprise, les autres sites qui ne travaillent pas avec Areva sont encore plus sur la sellette car jugés moins intéressants ! » Près de 1 200 emplois seraient très sérieusement menacés. Et l’entreprise de Chambéry, qui compte 230 emplois, serait nota mment en première ligne pour une fermeture.

Avec la vente d’Euriware, la question de sécurité du traitement des données informatiques du géant du nucléaire est également posée. Mais ce point n’inquiète pas plus que cela l’État, pourtant actionnaire d’Areva à hauteur de 87 %. Thierry Achaintre soupire : « On nous a rétorqué que les services informatiques étaient déjà externalisés chez Dassault, EADS… Nous avons plus de 300 applications qui gèrent les matières premières dangereuses, le transport, le stockage… Si cette activité est transférée dans un pays à bas coûts, il y a des risques que les secrets industriels soient moins bien gardés. » Dans la course à la reprise, le groupe Capgemini semble pour l’heure le mieux placé. Mais l’arrivée de cette entreprise qui a installé une partie de ces activités en Pologne ou en Inde n’est pas pour rassurer les salariés. Le nom d’un futur repreneur sera connu mi-septembre.

Cécile Rousseau

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Aug 2013 à 00:48

Remue-ménage chez Adagio

Pour la chaîne hôtelière Adagio, spécialisée dans la location d’apparts-hôtels, la croissance du groupe est paradoxalement liée à un sous-effectif chronique et le recours systématique à la sous-traitance.

« Chez Adagio, bientôt il y aura plus d’étoiles que de salariés ! » ironise Philippe San José, employé du groupe et délégué syndical (FO), pour alerter sur les pratiques, gestionnaires et « managériales », de la chaîne hôtelière. Malgré une situation financière « florissante » selon les délégués syndicaux du groupe, Adagio SAS fait de plus en plus appel à des entreprises extérieures pour déléguer certaines des missions dont elle avait jusqu’alors la charge. S’ensuit, pour les salariés, l’obligation d’accepter des contrats plus précaires imposés par les entreprises sous-traitantes.

C’est le sort qui a été réservé à cinq femmes de chambre salariées de l’établissement quatre étoiles d’Adagio Marseille République, renommé Adagio Marseille Vieux-Port. Suite à la sous-traitance partielle du ménage sur ce site, les salariées doivent accepter les conditions salariales posées par la nouvelle société externe, TFN (groupe spécialisé dans le nettoyage et la propreté), ou prendre la porte.

Des cadences infernales

Une salariée du site Adagio Vieux-Port, « poussée à l’arrêt maladie » par sa hiérarchie, explique que sa directrice l’a contactée pour s’assurer de sa présence le 1er août, date à laquelle était organisée une réunion au cours de laquelle plusieurs femmes de ménage, salariées jusqu’ici d’Adagio par l’entreprise Prestige, devaient se voir signifier leur changement de contrat – et le licenciement consécutif – à la suite du transfert de l’activité ménagère. « Une fois qu’on aura signé le contrat, cette société fera ce qu’elle veut de nous, s’inquiète cette salariée. Je connais des agents travaillant pour TFN. Les heures supplémentaires ne sont ni déclarées ni payées. Cette boîte exige de ses salariés d’effectuer le ménage de trois apparts-hôtels en une heure ! » Pour FO, la direction tirerait parti de la sous-traitance par le fait d’« être commanditaire de coups de fouet sans avoir à rendre des comptes ». L’Adagio Vieux-Port, dont les murs appartiennent au groupe, aurait réalisé plus de 2 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2012. « Les attentes de la direction sont très fortes sur ce site, dont elle espère une rentabilité, en termes d’occupation des chambres, maximale », explique Philippe San José.

À quoi s’ajoute un impératif d’efficience dont une des méthodes consiste, pour les femmes de chambre, à chronométrer leur temps passé à « faire une chambre à blanc » (ménage complet et changement de la literie). L’an dernier, les salariés de ce site ont souffert d’un défaut d’encadrement. Ils ont ainsi vu se succéder trois directions. Agitation qui aura été jalonnée de mises au placard, évictions insidieuses… jusqu’à ce que la nécessité d’un audit social s’impose, ainsi que la rédaction d’une lettre collective adressée à l’inspection du travail par les salariés, exaspérés par des problèmes internes, persistants, de communication et d’organisation du travail. « La politique d’externalisation du groupe, au motif que la concurrence est aujourd’hui plus accrue que par le passé, ne saurait justifier de tels agissements », dénonce Fabrice Irat, délégué CGT. « Le recours à la sous-traitance est d’autant plus contre-productif qu’en pleine croissance la société n’a pas intérêt à faire du low cost », renchérit-il. Cette incurie est compliquée par un manque d’effectif chronique pour les salariés d’Adagio. Une salariée d’un site de province indique « travailler parfois huit week-ends d’affilée, parfois sans responsable, ce qui nous prive de pause déjeuner.

Les débordements de la journée de travail sont aussi fréquents ». « Le surmenage est tel que mon chef de réception a récemment été licencié suite à un abandon de poste », insiste-t-elle. Illustration typique, à l’Adagio tour Eiffel, un des établissements les plus rentables, qui compte 372 appartements, un seul réceptionniste est maître à bord la nuit. En comparaison, chez la chaîne d’hôtels Ibis, deux réceptionnistes sont en poste dès le seuil de 150 chambres atteint par établissement. La situation perdure car, sitôt la gronde venue, les sanctions disciplinaires tombent. Cette polyvalence forcée est la résultante, selon Fabrice Irat, d’une logique qui impose aux salariés « d’être capables d’être partout tout le temps à moindre coût ». Art du bricolage poussé à l’extrême entraînant qu’un réceptionniste, faute de technicien disponible en soirée, peut régulièrement s’improviser électricien. Malgré cette situation ubuesque, « l’embauche reste un gros mot pour notre direction », accuse le syndicaliste.

croissance contre emplois
Le groupe Adagio, créé en 2008, est une chaîne d’apparts-hôtels répartis sur environ 80 sites (pour un peu plus de 800 salariés) sur le territoire. L’entreprise dépend, à égalité (50/50), du groupe Accord, premier opérateur hôtelier mondial, et du groupe Pierre & Vacances Center Parcs, leader européen du tourisme de proximité. Adagio SAS a réalisé, en 2012, 64 399 127 d’euros de chiffre d’affaires. Une croissance en nette évolution par rapport à 2011, alors que la masse salariale du groupe stagne, lorsqu’elle ne réduit pas, du fait de l’externalisation.

    Nicolas Dutent

    Amazon sème sa zone en France et dans le monde

    Évasion fiscale, chantage à l’emploi, subventions publiques pour des contrats précaires, fragilisation des librairies de proximité… Des États-Unis à la France, la révolte gronde contre la multinationale de vente par Internet.

    Géant du commerce en ligne, Amazon n’a pas son pareil pour mettre des étoiles dans les yeux et éblouir les chefs d’État ou les membres de gouvernement. À la fin du mois dernier, l’entreprise fondée par Jeff Bezos, lui-même héros des fables que les ultralibéraux adorent raconter aux enfants et à leurs parents (lire ci-contre), a annoncé un plan d’embauche de 7 000 salariés pour ses plates-formes logistiques et ses centres de service à la clientèle aux États-Unis. Le 30 juillet, Barack Obama s’est déplacé sur l’un des sites de la multinationale à Chattanooga, dans le Tennessee : « Quand les gars ont de l’argent dans leurs poches, c’est une bonne affaire pour Amazon », a lancé « Mister Cool » devant la petite foule d’ouvriers non qualifiés et de cadres. Selon les éléments de langage diffusés par la Maison-Blanche, il s’agissait de saluer « un parfait exemple d’entreprise qui investit dans les travailleurs américains et la création d’emplois stables avec un salaire élevé ». Un an auparavant, à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), c’est Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif et longtemps chantre de la démondialisation, qui voyait dans l’ouverture d’un centre de distribution du géant mondial du commerce en ligne « un message d’espoir pour les Français ». Interrogé sur la nature des emplois proposés par Amazon, il avait haussé les épaules : « Il y aura des emplois saisonniers, oui, comme il en existe aussi pour les vendanges, mais, en cette période d’urgence, un emploi gagné a beaucoup de valeur… »

    42 000 emplois perdus aux États-Unis en 2012

    Qualité des emplois proposés, nature précaire des contrats de travail, cadences infernales dans les entrepôts logistiques, évasion fiscale à l’échelle planétaire (lire page 3), saccage du secteur de la librairie traditionnelle et de sa mission de quasi-service public pour le livre… Aux États-Unis, l’Association des libraires américains (ABA) a été ulcérée par les ronds de jambe de Barack Obama. Dans une lettre ouverte au président, les libraires décryptent les 7 000 créations d’emplois promises par le mastodonte du Web : « Beaucoup de ces emplois ne seront que temporaires, et cela alors que l’on sous-estime systématiquement le nombre d’emplois que les pratiques déloyales d’Amazon coûtent à notre économie… » Selon l’ABA, chaque fois que la multinationale prend 10 millions de chiffre d’affaires aux librairies traditionnelles, cela conduit à 33 suppressions d’emplois ; ce qui, d’après elle, permet de chiffrer à 42 000 le nombre d’emplois perdus aux États-Unis pour la seule année 2012. Chez les libraires français, la colère est du même ordre devant les subventions publiques (3 000 à 4 000 euros par emploi annoncé, 1,4 million d’euros) versées à Amazon pour ses implantations à Montélimar (Drôme) et Chalon-sur-Saône : le Syndicat de la librairie français (SLF) avait, l’année dernière, dénoncé une « concurrence déloyale au détriment de commerces 
indépendants et de proximité qui génèrent bien plus d’emplois tout en s’acquittant de leurs obligations légales ». Selon l’organisation professionnelle, « face aux 150 à 250 emplois permanents réellement créés par Amazon (à Chalon-sur-Saône – NDLR), la vente de livres génère en France plus de 20 000 emplois dont 14 000 dans les seules librairies indépendantes ».

    des subventions sous conditions

    Face à l’avidité sans limite et aux prétentions monopolistiques d’Amazon, la pression citoyenne monte encore depuis quelques mois. En France, le livre du journaliste Jean-Baptiste Malet, En Amazonie, infiltré dans le meilleur des mondes (Fayard), a connu un franc succès dans les librairies indépendantes (lire aussi l’Humanité du 2 mai). En Grande-Bretagne, une campagne de boycott a été lancée au motif que l’« optimisation fiscale » d’Amazon ne peut que provoquer une « réduction des services publics ». Dans diverses plates-formes logistiques en Allemagne, puis dans celle de Saran (Loiret), des grèves ont éclaté pour les salaires, les conditions de travail, le respect du droit syndical, et « contre la surveillance permanente des employés ». De son côté, le conseil régional du Nord-Pas-de-Calais a conditionné toute aide publique pour l’ouverture du quatrième centre de distribution en France, à Lauwin-Planque, au règlement préalable du contentieux fiscal d’Amazon avec la France. Au niveau national, Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture, a multiplié les déclarations de soutien aux librairies indépendantes mais, pour l’heure, le gouvernement n’engage pas franchement le bras de fer. Loin, très loin, aux yeux des libraires aujourd’hui en danger, du courage qu’avaient montré François Mitterrand et la gauche lors de l’instauration du prix unique du livre en France, en 1981…

    Thomas Lemahieu

    Avec ses montages financiers, le cador du commerce se moque des États

    Aux États-Unis, Amazon ne verse pas 3,3 milliards de dollars par an au titre d’une taxe sur ses ventes. Et, en Europe, il délocalise tous ses profits vers le havre fiscal luxembourgeois.

    « Amazon paye tous les impôts et toutes les taxes applicables dans les États où il opère. » C’est la phrase passe-partout que délivrent systématiquement les dirigeants du groupe quand ils sont interrogés sur l’« optimisation fiscale » à très grande échelle à laquelle se livre le supermarché en ligne. Et quand certains États finissent par avoir l’outrecuidance de leur signifier un redressement, les mêmes patrons hurlent à la mort devant la douloureuse et promettent toujours de la « contester vigoureusement ». Alors que son chiffre d’affaires comme sa capitalisation boursière crèvent chaque année les plafonds, Amazon dépense des dizaines de millions de dollars pour échapper à l’impôt.

    Pour le roi de l’Internet marchand, les casseroles s’accumulent. Au niveau fédéral aux États-Unis, le fisc réclame désormais 1,5 milliard de dollars d’arriérés d’impôts à Amazon. Mais Amazon continue de profiter des failles du système et, dans de nombreux États fédérés, s’affranchit encore d’une taxe sur la vente (« sales tax »), théoriquement reversée à l’État par le commerçant : par le biais de quelques accords bilatéraux avec des États fédérés, la multinationale a obtenu de renvoyer à bien plus tard le versement de cette taxe. Et quand les autorités du Texas, par exemple, se mettent en tête d’exiger 269 millions de dollars de taxes non versées en 2011, Amazon menace de fermer purement et simplement son entrepôt logistique implanté sur le territoire pour cause d’« environnement administratif défavorable »… D’après une estimation réalisée par le Sénat en France, Amazon ferait, par ce seul biais, perdre aux États fédérés entre 1,9 et 3,3 milliards de dollars par an.

    Dans un mémo interne cité par la presse américaine, l’entreprise incite ses cadres dirigeants à se montrer « plus agressifs » et « plus concentrés » face aux impôts qui pourraient « exposer nos affaires à des coûts significatifs ». Au sein de l’UE, la multinationale profite allègrement de l’absence d’harmonisation fiscale entre les États membres. Le système mis en place joue sur les taux d’impôt sur les sociétés ainsi que sur la TVA : Amazon a choisi d’implanter une holding au Luxembourg qui possède les stocks de produits et à qui le client paie ses commandes, les centres de distribution installés en France, en Allemagne ou en Grande-Bretagne étant simplement chargés des envois… Ce qui permet à la multinationale, via les prix de transfert, d’afficher en France un chiffre d’affaires dérisoire, diminuant d’autant son assiette d’imposition. D’après une étude réalisée par Greenwich Consulting, Amazon a déclaré un chiffre d’affaires de 110 millions d’euros en 2011 (pour un chiffre d’affaires réel estimé à 890 millions d’euros) et n’aurait versé que 3,3 millions d’euros en France au titre de l’impôt sur les sociétés. C’est au Luxembourg que le groupe concentre tous les profits, se contentant d’indemniser au prix coûtant ses filiales française, anglaise ou allemande pour leurs « prestations » sans valeur ajoutée… En début d’année, Reuters a évalué à plus de 2 milliards d’euros les économies d’impôts réalisées par Amazon grâce à son « bouclier fiscal » luxembourgeois. De quoi financer l’implantation de nouveaux entrepôts Amazon sur d’autres territoires en butte à la désindustrialisation, avec quelques centaines d’emplois précaires à la clé…

    Thomas Lemahieu

    Jeff Bezos, un patron de combat qui ne nous fait pas rire

    D’après les portraits plus énamourés les uns que les autres que publient les gazettes économiques, les éclats de rire de Jeff Bezos sont légendaires. Et on peut la comprendre, la 19e fortune mondiale, avec ses 25,2 milliards de dollars ! Il y a vraiment de quoi se bidonner quand l’homme qui vient de racheter le Washington Post est présenté comme un patron « se moquant des marges » ou un prophète qui « va toujours là où personne n’est jamais allé »… En vérité, l’ex-financier de Wall Street, bien plus spécialiste des trucs et des astuces de l’optimisation fiscale que libraire, a, dès le départ, bâti Amazon en profitant de la concurrence entre États fédérés des États-Unis et en tablant sur les déserts syndicaux, avant d’étendre à la planète sa quête effrénée du dumping. Libertarien vindicatif, Bezos est l’un des gros donateurs de la Reason Foundation, un lobby anarcho-capitaliste, adoubé par Milton Friedman, qui voit dans l’étranglement de l’État et les marchés totalement dérégulés une promesse de bonheur ultime pour toute l’humanité. Pour ce grand philanthrope à la tête d’Amazon, salué par les chefs de gouvernement et les petites frappes de la nouvelle économie, il suffit, bien sûr, que les riches poursuivent avec frénésie leurs intérêts particuliers pour que la société tout entière se porte mieux… Assis sur ses milliards, l’ogre Bezos peut bien continuer de rire seul, mais on n’est pas obligé de se laisser emporter par la folie, aux accents un brin totalitaires, de son monopole cauchemardesque et de sa politique de la terre brûlée…

    Les libraires sonnent l’alarme

    Sous les coups de boutoir d’Amazon, les ventes s’effondrent dans les librairies traditionnelles.

    Assiste-t-on à une saignée irréversible sur le marché du livre sous les coups de boutoir d’Amazon ? Ces derniers mois, les mauvaises nouvelles pleuvent sur la librairie en France : liquidation judiciaire des magasins Virgin, hémorragie dans le conglomérat d’enseignes souvent séculaires et prestigieuses de centres-villes rassemblées sous la coupole de Chapitre, fermetures de plusieurs librairies emblématiques comme Camponovo à Besançon et Castela à Toulouse. À la Fnac, où le livre est désormais réduit à la portion congrue, des menaces planent.

    Réalisée par Xerfi pour le Syndicat de la librairie française (SLF) et publiée en juin dernier, l’étude sur « la situation économique et financière des librairies » s’avère particulièrement alarmante. Selon ce document, sur les trois dernières années, les ventes de livres baissent en France : – 3 % par an en valeur cumulée et jusqu’à – 9 % en volume. « Le marché aurait davantage décliné sans le dynamisme de la vente en ligne », observent les auteurs du rapport. Et d’ajouter : « Internet prend régulièrement des parts de marché aux réseaux physiques et notamment aux librairies indépendantes. » D’après un chiffrage établi par Livres Hebdo et le Cercle de la librairie, les marchands en ligne, détiennent 17 % des parts de marché, face aux libraires indépendants (23 %) et aux chaînes (23 %).

    Face à la concurrence extrêmement agressive de la multinationale, de grandes librairies indépendantes ont tenté de riposter en mettant en place un portail coopératif, 1001libraires.com, mais le site a été fermé en mai 2012. Dans un autre registre, l’association de librairies Initiales demande à bénéficier de remises commerciales de l’ordre de 40 à 50 % (contre 33 % en moyenne) comme celles accordées par les éditeurs à Amazon.



    Edité par T 34 - 10 Aug 2013 à 01:40
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      Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Aug 2013 à 21:56

    Reprise : Moscovici joue sur les chiffres

    Se défendant, sous les feux de la droite, d’avoir revu à la baisse les prévisions de croissance pour 2013, le ministre de l’Économie affiche un optimisme de façade tout en maintenant le cap de l’austérité.

    Les chiffres de la croissance ont encore fait couler beaucoup d’encre. « Nous connaissons les tendances et, cette année, la croissance sera faible, voire étale, entre moins 0,1 et plus 0,1 % », a déclaré Pierre Moscovici, dans un entretien paru samedi, dans Nice-Matin, alors que l’objectif affiché jusqu’alors était de 0,1 %. Un chiffre qui, d’ailleurs, ne permet pas plus d’inverser la courbe du chômage.

    marteler un message qui se veut positif

    S’il s’est défendu de toute révision de la croissance qui, après cet entretien, a occupé la presse, le ministre, à l’instar du président, n’en a que plus martelé un message qui se voulait positif : « Il faut que les Français sachent que nous sommes vraiment sortis de la récession, qu’il y a une croissance qui s’annonce dans le pays », a-t-il déclaré, hier, ajoutant que de nouvelles prévisions pourraient accompagner la présentation du projet de loi de finances 2014 prévue le 25 septembre.

    La droite, amatrice de polémique, n’en a pas perdu une miette. « Pierre Moscovici n’annonce que des mauvaises nouvelles et en tire une conclusion que nous sommes sortis de la récession », a jugé Éric Woerth, dès samedi, diagnostiquant « une légère insolation » au ministre de l’Économie. C’est Gilles Carrez, président UMP de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, qui a pris le relais hier, voyant, dans « les augmentations d’impôts encore plus importantes de cette majorité », le ministre ayant évoqué une hausse de 0,3 % du PIB pour 2014, « le meilleur moyen d’étouffer l’économie ». Au fond, une idée fixe sous-tend les critiques à droite : stop à la dépense publique comme à l’augmentation de la « pression fiscale ». Quitte à se servir de la casse du pouvoir d’achat pour amalgamer tous les types de prélèvements et éviter le débat sur la contribution des entreprises ou encore des grandes fortunes à la reprise. « Comment voulez-vous que la consommation reparte si le pouvoir d’achat des ménages, en particulier des classes moyennes, est encore altéré, diminué, par, par exemple, une hausse de CSG », a ainsi argué Gilles Carrez. Un débat qui a également du mal à prendre à gauche, comme en témoignent les pistes étudiées par le gouvernement pour la future réforme des retraites. Le patron de Bercy a cependant annoncé que « les arbitrages fiscaux seront rendus fin août », tout en confirmant sa « convergence de vue » avec le FMI : « Nous le ferons d’abord (réduire les déficits – NDLR), comme le recommande le Fonds monétaire international, par des économies sur les dépenses publiques et, ensuite, par une hausse limitée des prélèvements obligatoires. » Or, c’est là que le bât blesse. Car, en réalité, même avec 0,1 % de croissance, si la récession, dans sa stricte définition (deux semestres consécutifs de « croissance négative »), peut être évitée, la stagnation de l’économie n’en serait pas moins une réalité. Ces prévisions sont ainsi le fruit d’une politique qui partout en Europe conduit à plus de chômage et de pauvreté : l’austérité. Une spirale infernale, sans cesse alimentée par la baisse du « coût du travail », qui pourrait conduire le pays au pire.

    Julia Hamlaoui

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      Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Aug 2013 à 18:35

    Bernard Friot «  Le salariat, c’est la classe révolutionnaire en train de se construire  »

    Le sociologue, auteur de l’Enjeu des retraites 
et de l’Enjeu du salaire, propose une alternative offensive pour le travail ainsi que pour le financement des retraites et de la Sécurité sociale.

    Spécialiste des politiques du salaire et de l’emploi, 
Bernard Friot a commencé sa carrière en 1971 comme assistant puis maître 
de conférences en économie à l’IUT de l’université 
de Lorraine. En 2001, 
il est élu professeur 
de sociologie à l’université de Paris-Ouest Nanterre, avant de devenir professeur émérite en 2009. 
Sa thèse d’État d’économie porte sur la construction 
de la Sécurité sociale 
en France de 1920 à 1980. Il y conteste l’interprétation de 1945 qui fait de 
« la Sécurité sociale 
un élément nécessaire 
à la période fordiste 
du capitalisme ». Il insiste au contraire sur « le caractère anticapitaliste des institutions de socialisation 
du salaire ». Au moment 
où la souveraineté populaire est mise à mal par les banques et le patronat, 
ses réflexions l’amènent 
à développer « une approche du salariat comme voie de sortie du capitalisme ». Chercheur à l’IDHE (Institutions et dynamiques historiques de l’économie), 
il participe aux travaux 
de l’Institut européen 
du salariat. Son parcours universitaire se double 
d’un engagement politique, 
il est militant du PCF 
depuis près de quarante-
cinq ans. En 2010, 
alors que la réforme 
des retraites Fillon est très contestée, il propose 
une autre issue, en publiant, à La Dispute, l’Enjeu 
des retraites, puis, 
en 2012, l’Enjeu du salaire et Puissances du salariat. En 2013 est paru chez Peter Lang, avec Bernadette Clasquin, The Wage Under Attack : Employment Policies in Europe. Il fonde 
en 2011 une association d’éducation populaire, Réseau Salariat (reseausalariat.info). C. R.

    Avec plus de 10 % de chômeurs 
en France, un marché du travail 
en crise, vous préconisez « la révolution par le salaire », alors que le salariat est considéré par beaucoup comme une aliénation…

    Bernard Friot. Le salaire implique bien davantage qu’un lien de subordination et du pouvoir d’achat. S’en tenir là nous empêche de lire les dimensions anticapitalistes conquises dans le salaire entre les années 1930 et 1970, à savoir la qualification de la personne dans la fonction publique et la cotisation qui socialise déjà 45 % du salaire. Ces conquêtes, gagnées sous l’impulsion de la CGT et des communistes, sont des tremplins considérables pour une autre définition de la valeur économique et donc du travail. 40 % du PIB sont déjà produits dans le cadre des services publics et de la Sécurité sociale par les fonctionnaires, les retraités, les soignants, les parents et les chômeurs. Autant de personnes qui ne relèvent ni du marché du travail ni de la valorisation de la propriété lucrative par la production de marchandises. Cela ouvre un possible pour sortir du capitalisme. Le salariat, c’est la classe révolutionnaire en train de se construire en assumant ses conquêtes, en poussant plus loin l’affirmation de cette alternative. Une alternative au marché du travail par la généralisation du salaire à vie des fonctionnaires et des retraités. Mais aussi une alternative à la propriété lucrative et au crédit par la généralisation de la cotisation, pour financer l’investissement, et de la copropriété d’usage de tous les outils de travail. Enfin, une alternative à la mesure de la valeur par le temps de travail, par la généralisation de sa mesure, par la qualification des producteurs, comme c’est déjà le cas pour l’administration et la Sécurité sociale.

     

    Pourquoi mettre la cotisation au cœur 
de ce système ?

    Bernard Friot. La cotisation, grande invention révolutionnaire de la classe ouvrière, ne ponctionne pas le profit ni la rémunération de la force de travail, ces deux institutions du capital. Elle les remplace pour financer une croissance non capitaliste. L’augmentation des cotisations sociales est une revendication constante de la Libération aux années 1980 : elles passent alors de 16 à 66 % du salaire brut. Cette augmentation du taux de cotisation induit une création monétaire qui anticipe la valeur économique produite par des personnes qui n’ont ni employeurs ni actionnaires. La cotisation, c’est la légitimation de ce que nie le capital : nous sommes les seuls producteurs de la valeur. Cela doit être reconnu par un droit à un salaire attaché à la personne et non pas à l’emploi. Dans la convention du salariat, ce salaire, socialisé à 100 %, sera garanti à vie de dix-huit ans jusqu’à la mort, sur une échelle allant par exemple de 1 500 à 6 000 euros net mensuels, en fonction de la qualification. Par généralisation de la cotisation sociale, le salaire ne sera pas versé par l’entreprise : elle cotisera à une caisse qui, par mutualisation des valeurs ajoutées, pourra garantir les salaires. De même, une cotisation économique financera l’investissement et mettra fin à la propriété lucrative en laissant la place à une propriété d’usage des lieux de production par tous les salariés. Les caisses d’investissements et de salaires seront gérées par les salariés, comme l’ont été les caisses de Sécurité sociale jusqu’en 1960. La cotisation se substitue donc au marché du travail et au profit. Mais si elle continue à être présentée à tort comme de la solidarité, assez vite elle pourrait être menacée par la contribution sociale généralisée (CSG) et disparaître.

     

    Justement, comment combattre cette montée en puissance de la CSG, notamment dans 
le financement des retraites ?

    Bernard Friot. Il faut revenir aux fondamentaux, à Ambroise Croizat. En 1946, ministre du Travail communiste, il crée la Sécurité sociale. Il ne fait pas du passé table rase mais part des caisses d’assurances sociales existant depuis les années 1930. Son acte révolutionnaire, c’est de doubler le taux de cotisation (de 16 à 32 % du salaire brut) et de tripler le montant des allocations familiales qui sont alors le cœur de la Sécurité sociale. La moitié du salaire des familles populaires, ouvrières ou employées, va ainsi être constitué par ces allocations indexées sur le salaire. Est-ce qu’Ambroise Croizat ponctionne la valeur capitaliste pour financer l’activité des parents ? Pas du tout ! La hausse formidable du taux signifie qu’on attribue de la valeur économique au travail des parents. Et cela va être un élément déterminant de la croissance. Dans les années 1960, la chose se renouvelle, avec une augmentation considérable du taux de cotisation maladie qui finance la création des centres hospitaliers universitaires et le conventionnement de la médecine de ville. Le mouvement se poursuit dans les années 1970, avec la hausse du taux de cotisation vieillesse, qui reconnaît la valeur économique produite par les retraités. Généraliser la CSG en taxant les revenus financiers des entreprises pour financer les retraites, c’est s’inscrire dans la lecture capitaliste de la Sécurité sociale comme institution utile mais non productive. C’est surtout ce qu’il faut éviter. Au contraire, il faut augmenter le taux de cotisation pour financer les retraites.

     

    Une nouvelle réforme des retraites drastique s’annonce à la rentrée, n’est-ce pas l’occasion de faire émerger d’autres idées ?

    Bernard Friot. Oui, cette occasion doit être saisie pour avancer les mots d’ordre suivants : retraite à 55 ans avec 100 % du meilleur salaire net, sans tenir compte des annuités (ou des points). Le financement sera assuré à la fois par la hausse des salaires et par la hausse du taux de cotisation (qui doit passer de 26 à au moins 34 % du brut) : c’est le cœur de la revendication. Si on dit retraite à 55 ans, ça oblige à expliquer que les retraités travaillent, sinon les gens vont s’étonner : « Attendez, on ne fait plus rien à 55 ans ? » La retraite, ce n’est pas la revendication du loisir après une longue vie de travail, c’est une seconde carrière libérée de l’emploi et de la mise en valeur du capital. Si l’on dit 100 % du meilleur salaire net sans tenir compte des annuités, ça oblige à expliquer que la pension s’est construite comme salaire continué et non pas comme contrepartie des cotisations passées, que justement la contrepartie des pensions est dans le travail actuel des retraités. C’est ça le salariat, être défini par le salaire comme droit politique, pas par le marché du travail, ni par les actionnaires.

     

    Dans la convention du salariat, 
vous déconnectez l’emploi du salaire, 
vous distinguez la propriété lucrative 
de la propriété d’usage. C’est un moyen 
de se prémunir contre les dérives 
de certains patrons ?

    Bernard Friot. C’est une garantie contre tout patron : nous devons être les copropriétaires d’usage de nos outils de travail. La propriété lucrative, elle, est totalement parasitaire, il faut s’en passer. Ici, il importe de mettre de notre côté nombre de patrons de PME, contre les actionnaires des marchés financiers que nous ne convaincrons évidemment jamais, eux. Je discutais récemment avec un chef d’entreprise du bâtiment. Il constitue la cinquième génération de patrons, il a dû assumer cet héritage, engager son patrimoine… Cette pratique de la propriété est désuète. La condition de la responsabilité, c’est la propriété, et c’est pourquoi il faut la diffuser à tous les producteurs. Nombre de patrons gagneront à être libérés de l’obsession de trouver des marchés pour payer les salaires, libérés aussi de leur patrimoine lucratif qui pèse souvent sur leur trajectoire. Ils deviendraient copropriétaires d’usage de l’entreprise avec les autres salariés. Le tissu économique, ce n’est pas que le CAC 40 ! Ce sont des libraires, des experts-comptables, des artisans, de petits industriels que nous pouvons mettre de notre côté. Reste aussi, bien sûr, à convaincre les salariés qu’ils peuvent être copropriétaires de leur entreprise.

     

    Les salariés ne seront donc plus, par essence, obligés de travailler. Que répondez-vous 
aux critiques sur une supposée oisiveté généralisée, discours qu’on entend parfois 
pour parler des chômeurs ?

    Bernard Friot. C’est le discours aliéné de ceux qui ont intégré cet incroyable appauvrissement de soi qu’est le marché du travail. Cela démarre dès la classe de sixième, on emmène nos gamins dans des salons d’orientation pour les conditionner progressivement, on fait des cours de CV pour inscrire leurs ambitions dans ce carcan. L’appauvrissement, c’est le fait de se conformer aux attentes des offreurs d’emplois. De plus en plus de trentenaires, de quadragénaires refusent le marché du travail et la valorisation d’un capital. Ils s’organisent pour en sortir en montant des sociétés coopératives (Scop), en s’investissant sur Internet. Certes, c’est encore du bricolage. Et pas toujours facile à vivre, notamment quand on utilise l’indemnisation du chômage pour créer de la valeur économique alternative. Ces expérimentations sont encore fragiles, faute d’un cadre légal. De même, les retraités doivent être encouragés dans la production de valeur économique. Les salariés des entreprises menacées de délocalisation ou de fermeture doivent être soutenus dans la reprise de leur outil de travail. Lorsque le mouvement ouvrier, notamment la CGT et le Parti communiste dont je fais partie, pourra faire le lien avec tous les collectifs sensibles à cette question, ce sera un progrès !

     

    Comment créer ce déclic pour sortir 
du capitalisme ?

    Bernard Friot. En nous appropriant notre histoire. La classe dirigeante tente de nous convaincre que la Sécu est simplement une ponction sur la valeur capitaliste pour financer de la solidarité. Or, au contraire, ça fait un siècle que le capitalisme est contesté de manière centrale par la socialisation du salaire. Je le répète, 800 milliards d’euros, soit 40 % du PIB, relèvent d’une production non capitaliste. Il s’agit d’assumer ces conquêtes de la classe ouvrière. Le Conseil national de la Résistance (CNR) et la Sécurité sociale doivent être abordés comme une actualité, et pas avec nostalgie. Des centaines de milliers de militants ont pris des risques considérables pour créer ces tremplins pour sortir du capitalisme. Il est temps que nous décidions qu’à leur suite nous avons à faire l’histoire. En face de nous, nous avons une classe dirigeante qui, elle, est organisée, se bat tout le temps, parce qu’elle est aux abois. Faute d’être capable de diriger la production de valeur économique de façon positive, elle met en place un appareil militaire et policier, elle habitue la population à la mise en cause des libertés publiques sous prétexte de lutte contre le terrorisme ou de guerre économique. Tant que nous ne serons pas explicitement candidats à la direction de la production de la valeur économique et organisés à la hauteur de cette ambition, nous nous battrons sur la défensive. Un retour à l’offensive suppose que nous nous appuyions sur les conquêtes de la classe ouvrière en les poussant plus loin à l’occasion de tous les conflits sociaux, concernant les retraites, les fermetures d’entreprises… Nous avons vu comment aborder dans cet esprit la question des pensions, salaire à vie à généraliser, et le caractère central de la mobilisation pour la hausse des salaires et du taux de cotisation sociale. Il y a aussi beaucoup à réfléchir sur la façon de mettre sur le tapis la question de la généralisation de la propriété d’usage de l’outil de travail et du logement. De même, les attaques contre la fonction publique doivent être contrées par la proposition de généralisation à tout travailleur de la logique du grade, c’est-à-dire de la qualification de la personne, contre celle de l’emploi qui qualifie le poste ou, aujourd’hui, les parcours professionnels. Sur ce point précisément de la « sécurisation des parcours professionnels », projet réformateur qui tente de faire du support des droits non plus le poste de travail mais le parcours professionnel, la revendication de Sécurité sociale professionnelle, portée par la CGT, en attribuant la qualification à la personne, peut nous faire avancer vers le salaire à vie et la suppression du marché du travail. Le tour de France que je fais pour des débats ou des formations avec l’association d’éducation populaire Réseau Salariat confirme l’énorme intérêt que rencontrent ces thématiques.

    Entretien réalisé par Cécile Rousseau

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      Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Aug 2013 à 16:59

    Sauver et créer des emplois… tout de suite !

     

    François Hollande, depuis plusieurs décennies, la Commission Européenne et les Gouvernements français successifs ont encouragé la délocalisation de l’industrie manufacturière de nos biens de consommation vers les pays à bas coûts.

    L’innovation, les hautes technologies, les produits à haute valeur ajoutée, les produits dits de « transition énergétique et écologique » et les services, devaient et doivent toujours, selon eux et selon vous, nous assurer des emplois en nombre suffisant en dépit de la destruction de pans entiers de notre industrie manufacturière. Le domaine des énergies renouvelables, pressenti pour créer des centaines de milliers d’emplois, ne crée finalement que quelques milliers de postes par an. Son nombre de créations est passé de 58 460 en 2006 à seulement 83 260 emplois en 2012.

    Ce dogmatique et récurrent discours est pourtant inlassablement réitéré par la plupart des personnalités politiques qui ont participé ou participent au gouvernement de la France.

    Pourtant, l’échec est avéré et rares sont les produits qui échappent à la délocalisation.

    Tous les indicateurs économiques sont au rouge, le chômage a plombé les comptes de tous les régimes de protection sociale et touche bon nombre d’entre-nous. Aussi, conformément au souhait de la grande majorité des français, peut-être convient-il de rompre avec la politique dictée par l’idéologie.

    La relance d’une part importante de l’industrie manufacturière des biens de consommation est possible et pourrait permettre la création d’un nombre significatif d’emplois et une revitalisation de régions françaises très appauvries.

    Changer un modéle economique paupérisant

    Le financement de l’industrie nécessite généralement l’apport financier d’actionnaires, qui, en retour, exigent le plus souvent un rendement ne pouvant être obtenu qu’en délocalisant la production.

    Ce mode de fonctionnement met fin à la complémentarité de l’entreprise potentiellement créatrice d’emploi et de la collectivité riche en infrastructures et généreuse en subventions.

    La plupart des plus grandes entreprises remplissent de moins en moins un rôle social et économique en termes de création d’emploi, de financement des régimes de protection sociale, de contribution à l’augmentation de la croissance productive et de baisse du déficit commercial.

    Aujourd’hui, ce modèle ne semble plus adapté. Peut-être est-il indispensable de le repenser afin de créer de nouvelles perspectives d’emploi en France, notamment dans l’industrie manufacturière des biens de consommation.

    Pallier le manque d’investisseurs

    Les investisseurs s’intéressent surtout aux pays à bas coûts et qui peut croire que ceux-ci vont revenir financer l’industrie manufacturière française et investir massivement dans un pays au coût de main d’œuvre élevé ?

    La relocalisation demeure un épiphénomène. Les cinq ou six groupes industriels régulièrement cités en exemple pour avoir relocalisé en France une part de leur production, ne totalisent actuellement que 300 à 350 maintiens ou créations d’emplois internes et externes. Déjà en 2005, Jean-Pierre Raffarin avait mis en place un crédit d’impôts à la relocalisation doté d’1 milliard d’euros, qui n’avait rencontré aucun succès. Puis Christian Estrosi avait créé en 2010 une prime à la relocalisation créditée de 200 millions d’euros dont un peu plus d’un tiers seulement a été utilisé.

    Peut-on escompter que des entreprises qui ne sont plus habituées aux négociations, conflits sociaux et grèves syndicales, consentent également à renouer avec des salaires et charges sociales plus élevées ainsi qu’une baisse de leurs bénéfices ?

    Il est bien peu probable que cela se produise et peut-être devrions-nous cesser de soumettre l’économie de la France, l’avenir de l’industrie et de millions de nos concitoyens, au bon vouloir de spéculateurs et décideurs d’entreprises souvent déjà délocalisées.

    Aujourd’hui, usines et ateliers de fabrication de biens de consommations ne disposent plus de circuits pour distribuer leurs produits et disparaissent parce que les marques, les enseignes de la distribution et les boutiques multimarques préfèrent vendre des produits provenant des pays à bas coûts pour réaliser des marges plus importantes.

    Afin de juguler la disparition de cette industrie et de ses savoir-faire, il conviendrait de créer des structures mutualisant les moyens de commercialisation et de distribution. Ainsi, nous pourrions rapidement rouvrir des usines dans des bassins d’emploi dont les activités délocalisées étaient rentables ou pourraient parfois le devenir en rationalisant la gestion et en modernisant les processus de production. De même, des usines risquant de disparaitre faute de repreneurs pourraient être reprises. Le gouvernement déclarait récemment que 50 000 à 300 000 emplois disparaissent chaque année parce que de nombreuses entreprises pourtant rentables ne trouvent pas d’acquéreurs.

    Le coût exponentiel des dépenses pour l’emploi

    Les dépenses pour l’emploi (DPE) s’élevaient en 2009 à 87 milliards d’euros (source DARES). Celles-ci pourraient représenter en 2013, si l’on ajoute les dépenses connexes, 120 à 130 milliards d’euros soit 6 à 6.5 % du PIB. Cette somme pourraient également constituer plus de 70 % des 170 milliards d’euros que la France va devoir emprunter en 2013 sur les marchés financiers.

    Notre pays n’a plus le choix et doit maintenant mettre en œuvre un modèle économique susceptible d’alléger la charge de la collectivité. En l’absence d’investisseurs, il est nécessaire de réorienter les aides aux entreprises qui se sont avérées inopérantes pour l’emploi ainsi qu’une part des dépenses « passives » pour l’emploi vers des dépenses « actives ». Cela permettrait de repenser notre industrie et contribuerait au financement des nouveaux outils de fabrication et de distribution.

    Pour relancer la croissance et faire baisser le chômage, nous devons favoriser l’émergence de grands projets manufacturiers qui contribueront à recréer un tissu industriel au lieu de financer à fonds perdus, la précarité ou de grandes entreprises qui délocalisent la production.

    Réinventer l’entreprise manufacturière de biens de consommation

    L’industrie manufacturière des biens de consommation pourrait bien constituer l’un des rares leviers majeurs dont nous disposons pour recréer à terme plusieurs centaines de milliers d’emplois, auxquels s’ajouteraient par effet mécanique, deux à trois fois plus d’emplois indirects et induits.

    De plus, l’implantation d’usines dans des régions exsangues redonnerait vie à des territoires entiers.

    Certes, face au dumping salarial, fiscal, social, environnemental ou monétaire des pays à bas coûts, la fabrication française est souvent peu compétitive.

    Néanmoins, en se limitant le plus souvent à la fabrication de produits moyen/haut de gamme, avec un outil de production plus automatisé qui corrigerait les coûts de produits exigeant parfois davantage de main d’œuvre, un circuit de distribution court avec une réduction des intermédiaires, de la fabrication à la vente au consommateur et une limitation des dividendes versés à l’actionnariat, la compétitivité serait considérablement augmentée.

    Ce mode de gestion pourrait accroître les capacités de financement et permettre également le versement aux salariés d’un intéressement motivant qui contribuerait à assurer le développement dans un climat social paisible.

    Par ailleurs, le postulat selon lequel il n’existe pas d’alternative au financement de l’industrie par des actionnaires, qui le plus souvent, cherchent la rente et prônent la délocalisation des productions, mérite une remise en question. L’économie française s’appuie depuis toujours sur un financement hybride privé et subventions.

    Une réaffectation de subventions inefficaces pour l’emploi parmi les 120 à 130 milliards d’euros de DPE (Dépenses pour l’emploi) qui seront dispensés en 2013 ou les 100 milliards d’euros annuels d’aide aux entreprises, pourrait permettre le financement de projets industriels manufacturiers de biens de consommation, réellement créateurs d’emploi.

    Un accord de partenariat État/entreprise pourrait être conclu lors de la mise en œuvre de projets incluant l’objectif commun de préserver l’emploi et les savoir-faire. Afin de compléter leurs prêts bancaires ou apports, les porteurs de ce type de projet d’intérêt public, s’engageraient en retour d’avances remboursables, prêts et subventions européennes, nationales ou régionales, à limiter leur perception de dividendes à une quote-part raisonnable et déterminée, et une obligation, en cas de revente des parts, de cession uniquement à des salariés de la société. Celle-ci n’aurait pas vocation à s’introduire en bourse et pourrait être une société par action simplifiées. Elle ne compterait pour actionnaires que les porteurs du projet et l’État, par l’intermédiaire de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Une participation minoritaire même symbolique de la CDC au capital permettrait à l’État d’être cosignataire d’un pacte d’actionnaires régissant les obligations des parties, mais dont le faible nombre de parts écarterait pour l’entreprise et ses salariés, le danger d’être un jour revendus à un Fonds d’investissement par la CDC, aujourd’hui acteur majeur du capital investissement.L’entreprise pourrait réunir des femmes et des hommes partageant une même volonté de développer un grand projet industriel manufacturier et commercial qui redistribuerait les fruits de sa réussite sans pour autant demander d’apport financier à ceux-ci.

    Ce modèle à mi-chemin entre entreprise classique et coopérative, susceptible de générer combativité et réactivité mais aussi partage de réussite, pourrait avantageusement succéder à un modèle trop capitaliste dont les intérêts vont de plus en plus souvent à l’encontre de ceux de notre collectivité dans un contexte de mondialisation et de libre échange trop peu régulé.

    La société ne disposerait pas d’un conseil d’administration protégeant la rente actionnariale mais serait dirigée par un directeur général qui animerait un comité exécutif composé d’un collège de cadres dirigeants soucieux du maintien de l’emploi et agissant pour la pérennité de l’activité.

    Ce type de gouvernance exclusivement professionnelle conférerait à l’entreprise, une agilité industrielle et une réactivité décisionnelle car non soumise à des intérêts particuliers extérieurs.

    Compatibilité avec les règles européennes

    Bien que l’avenir de l’Union Européenne semble chaque jour un peu plus incertain nous devons encore compter avec les règles européennes aujourd’hui en vigueur.

    L’article 107 du traité de fonctionnement de l’Union Européenne http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=CELEX:12008E107:FR:NOT interdit « les aides accordées par les États sous quelque forme que ce soit, qui faussent ou qui menace de fausser la concurrence en favorisant certaines entreprises ou certaines productions ».

    L’article 107 est peu cohérent car par essence, toute aide accordée par un État à une entreprise, fausse évidement la concurrence à des degrés divers. Par ailleurs, il serait tout à fait déraisonnable d’imaginer que notre système économique puisse être viable sans intervention de l’État mais les recommandations de l’article ne semblent guère faire obstacle au versement annuel de 100 milliards d’euros d’aides de l’État aux entreprises françaises. Depuis toujours, le financement de notre économie repose partiellement sur l’aide de la collectivité. Pour exemple, le premier groupe mondial du luxe LVMH n’existerait probablement pas si, en 1984, l’État n’avait pas donné près de 2 milliards de francs à Bernard Arnault pour reprendre Boussac. Bon nombre d’entreprises, petites, moyennes, grandes ou figurant au CAC 40, n’auraient pu voir le jour, prospéré ou survécu sans subventions.

    Les cas compatibles avec le marché intérieur, prévus dans le traité :

    2b) « Les aides destinées à remédier aux dommages causés par les calamités naturelles ou par d’autres événements extraordinaires »

    Les séquelles de la crise de 2008, le coût du sauvetage de l’euro, des banques, des États européens en difficulté, l’explosion du chômage avec l’équivalent certains mois, de la population d’une ville comme Bobigny ou Quimper, qui grossit les rangs des chômeurs, pourraient constituer un contexte extraordinaire compatible.

    3a) « Les aides destinées à favoriser le développement économique de régions dans lesquelles le niveau est anormalement bas ou dans lesquelles sévit un grave sous-emploi, ainsi que celui des régions visées à l’article 349, compte tenu de leur situation structurelle, économique et sociale, »

    Les régions ultrapériphériques (RUP) visées par l’article 349 comptent en moyenne 23 % de chômeurs en Martinique, Guadeloupe et Guyane, plus de 30 % à la Réunion, et sont habilitées à recevoir des aides européennes, notamment en raison du chômage massif.

    Aujourd’hui, de nombreuses régions de métropole ont perdu la plupart de leurs industries et parfois la population de territoires entiers, vit majoritairement du chômage et de minimas sociaux. Le taux national de chômage chez les jeunes approche 26 % et il n’est plus rare de voir des territoires dont le taux de jeunes demandeurs d’emploi avoisine 40 %. Il convient d’interpréter cela comme un grave sous-emploi.

    3b) « Les aides destinées à promouvoir la réalisation d’un projet important d’intérêt européen commun ou à remédier à une perturbation grave de l’économie d’un État membre, »

    Un grand projet de relance de l’industrie manufacturière des biens de consommations très orienté vers l’exportation hors Europe contribuerait à un rééquilibrage de la balance commerciale française ainsi qu’à l’augmentation de la croissance européenne.

    De plus, la hausse exponentielle du chômage fragilise considérablement l’économie du 2e contributeur financier de l’Europe.

    Il ne manque que la volonté politique

    Certes, de nombreux articles ne peuvent plus être produits en France en raison de la perte de savoir-faire, du manque de fournitures ou parce qu’ils ne satisfont pas aux critères de viabilité économique.

    Cependant, nous sommes parfaitement capables de nous adapter à notre nouvel environnement économique et pourrions fabriquer à nouveau en France, la plupart de nos biens de consommations.

    Par ailleurs, il est quelque peu vain de demander aux français de consommer du « made in France » au moment où la fabrication française est devenue anecdotique.

    Il convient donc maintenant de produire en usant de processus visant à offrir des articles compétitifs aux consommateurs.

    Un concept de base viable et jugé « complet et convaincant » par le ministère du Redressement productif, un modèle économique approprié, des solutions de financement, un projet compatible avec les règles européennes, des savoir-faire et de grandes compétences, pourraient constituer de sérieux atouts.

    Francis JOURNOT

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      Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Aug 2013 à 23:14

    Renault Trucks: un coup de pub gros comme un camion

    Alors que le constructeur de poids lourds s’est vanté partout de relocaliser sa production de Turquie, la CGT dénonce une campagne de communication à mille lieues de la réalité sociale de l’entreprise. 

    Au milieu du marasme de la production automobile, Volvo a voulu taper un grand coup. En annonçant mardi dans tous les médias la relocalisation d’une partie des activités de sa filiale Renault Trucks de la Turquie vers la France, le groupe suédois s’est accordé une formidable campagne de publicité à peu de frais. « Un simple coup de com ‘ », pour Frédéric Panetié, secrétaire général de la CGT chez Renault Trucks, qui précise que le volume de production prévu ne concerne que cinq véhicules par jour. « Cela épargnera peut-être deux semaines de chômage partiel à Bourg et Blainville » [les deux sites d’assemblage du groupe en France, Ndlr], précise le syndicaliste.

    Eviter un coûteux investissement en Turquie

    Derrière ce sublime élan de générosité pour les ouvriers français se cache un simple calcul comptable: l’ensemble des lignes de production du groupe en France a déjà été modernisé en vue d’accueillir les modèles de la nouvelle gamme aux normes anti-pollution Euro 6. Orienter la production des quelques 1900 camions Renault Trucks à destination du marché turc vers les lignes d’assemblage françaises permet donc à Volvo de s’éviter un coûteux investissement chez son sous-traitant turc Karsan. «Pour le groupe Volvo, cela générera un effet positif à long terme grâce à une meilleure utilisation des usines existantes, une démarche se conformant et contribuant ainsi à la stratégie du Groupe en améliorant des performances industrielles et de compétitivité», rappelle le constructeur lui-même dans son communiqué de presse.

    Une mise en concurrence des sites

    Ce bel exercice de communication passe d’autant plus mal auprès des syndicalistes que Volvo n’est pas le dernier à laisser planer les menaces de délocalisation pour tenter d’augmenter la productivité de chaque usine. «Le groupe ne souhaite plus qu’une seule ligne pour la production des véhicules Renault Trucks et Volvo Trucks, assemblés à l’heure actuelle dans deux usines : à Blainville [Calvados] et à Gand [Belgique]. Il y a une mise en concurrence des sites, avec 300 suppressions d’emplois en jeu», rappelle Anne Couturier, secrétaire adjointe UGICT au comité central d’entreprise.

    «Il y a un chantage à la baisse des acquis sociaux et à la modération salariale entre les usines», dénonce pour sa part Frédéric Panetié, qui explique que la direction cherche à négocier des mesures de compétitivité qui signent un «retour au servage». Baisse de l’indemnisation du chômage partiel et des heures supplémentaires, allongement de la durée du temps de travail par la mise en place de l’"overtime" déjà pratiqué chez d’autres constructeurs comme PSA (Il s’agit d’un rattrapage de production en fin de journée de travail décidé au dernier moment par la direction), suppression de certains avantages concédés aux mères de famille au nom de l’égalité hommes-femmes… les cégétistes de Renault Trucks égrènent les mesures anti-sociales que tentent de faire passer Volvo, tout en rappelant que près de 900 postes ont été supprimés dans les usines françaises en moins de cinq ans.

    Loan Nguyen

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