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Ecologie-Environnement-Nature.

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  Citer Vladimir Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Jun 2008 à 21:17
Même le thé fonctionne... Ca veut dire qu'on peut aussi se soulager pour que ça roule.  En tout cas, c'est ce qu'il faut pour la Bretagne. Enfin c'est sûr que si on peut rouler à 80 km/h pendant une heure avec une bouteille d'eau, c'est une bonne nouvelle écologique.


Edité par Vladimir - 14 Jun 2008 à 21:20
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Jun 2008 à 22:32
Quel est le principe de fonctionement ?
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer Vladimir Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Jun 2008 à 23:15
Ca tire de l'hydrogène de l'eau puis ça envoie des électrons qui produisent de l'électricité. Après, je vais pas chercher à comprendre les détails scientifiques du processus. J'ai autre chose à faire... Shocked
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Jul 2008 à 19:13

Cuba a économisé 500 millions de dollars * grâce aux mesures adoptées dans le secteur de l’énergie

 
La Havane, 11.07.08 (acn) Les mesures visant à réduire le gaspillage des ressources énergétiques, adoptées en 2005 à l’initiative Fidel Castro, ont permis à la nation d’économiser 500 millions de dollars, a annoncé Carlos Lage, vice-président du Conseil d’Etat, au cours des débats de l’Assemblée nationale de Cuba.
 

« Cela ne veut pas dire que nous disposons de 500 millions de dollars mais qu’une partie de notre croissance économique a été compensée par les économies de combustible », a indiqué Carlos Lage devant les députés réunis en séance plénière au Palais des Conventions de La Havane.   

« En 2006 et 2007, le transport de marchandises et de passagers s’est accru, de même que le nombre d’usines en fonctionnement et, par la suite, les dépenses ont augmenté aussi. Mais tout cela ne s’est pas traduit par une augmentation de la consommation de combustible », a précisé Carlos Lage en parlant toujours des économies de combustible accomplies dans le cadre de ce que les Cubains appellent la « révolution énergétique », un processus visant à favoriser l’utilisation la plus rationnelle des ressources dont dispose le pays en matière d’énergie.  

Le vice-président Carlos Lage relevé que « la suppression des coupures de courant (…), l’augmentation de la génération d’électricité et la stabilisation de ce service » sont les résultats les plus concrets de ce processus pour l’ensemble de la population cubaine. 

Il a mentionné aussi l’existence de « déficiences et erreurs » dans l’application de ce programme et a estimé que « le gaspillage » et « la mauvaise utilisation du combustible » existent encore.  

Mme Yadira Garcia, ministre de l’Industrie de base, a rappelé qu’un des volets de ce programme – le remplacement des équipements électroménagers obsolètes par d’autres plus modernes et moins « gourmands » – est encore en marche. « Nous avons remplacé 90% des frigos [obsolètes] et n’avons aucune préoccupation en ce qui concerne l’achèvement de ce travail, pas plus qu’en ce qui concerne le remplacement des climatiseurs », a-t-elle assuré.  

Par contre, le remplacement des postes de télévision obsolètes a connu des retards liés à la production des nouveaux appareils, a expliqué la ministre. Elle a confirmé aussi que plus de 9 millions d’ampoules incandescentes ont été remplacées par des ampoules et des lampes fluorescentes, de manière entièrement gratuite pour la population.  

Dans le cas de l’équipement électroménager obsolète, les nouveaux appareils sont remis aux familles concernées. Ces dernières disposent ensuite de facilités de paiement dont les termes et les échéances sont fixés en fonction du revenu familial.

 
* Soit environ 1,25 % de son PIB (environ 40 milliards de $)


Edité par T 34 - 14 Jul 2008 à 19:16
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Jul 2008 à 20:49

« La vie humaine est précieuse » dit Bush  ; Moins que l’on pourrait le croire » ajoute l’EPA

Une vie humaine est infiniment précieuse, selon l’administration Bush, à moins que l’on ne se rende compte que garder un individu en vie pourrait réduire les profits.

Associated Press a révélé le 10 juillet que l’Agence de protection de l’environnement (EPA) du gouvernement américain avait réduit la « valeur d’une vie statistique » de 7,8 millions $ cinq ans plus tôt à 6,9 millions $ aujourd’hui. La « valeur d’une vie statistique » fait référence à la supposée valeur dont profite la société à sauver une vie « générique ».

Les agences fédérales, lorsqu’elles considèrent de nouvelles lois, « compare les coûts à la valeur des vies sauvées par la loi proposée », note AP, donc « moins élevée est la valeur d’une vie aux yeux du gouvernement, moins nécessaire est le besoin d’une réglementation ».

L’agence de presse en souligne ensuite les implications : « Prenons par exemple une loi hypothétique qui coûterait 18 milliards $ à faire respecter, mais qui préviendrait la mort de 2500 personnes. A 7,8 millions $ par personne (l’ancienne valeur), la valeur des vies sauvées dépasserait les coûts. Mais à 6,9 milliards $ par personne, la réglementation coûterait plus cher que les vies qu’elle sauverait et pourrait donc ne pas être adoptée. »

Les « bénéfices » discutés ici représentent la survie d’un certain nombre d’êtres humains ; les « coûts » sont la réduction des revenus corporatifs.

La réduction de la valeur d’une vie américaine déterminée par l’EPA aura pour conséquence une diminution des restrictions sur la pollution, plus de dangers pour les consommateurs et d’autres fléaux semblables des grandes compagnies. W. Kip Viscusi de l’université Vanderbilt, un expert en la matière, a affirmé au média : « Personne ne l’avait jamais réduite [la valeur d’une vie statistique]. » Il a déclaré que la plupart des chercheurs croient que la valeur devrait généralement augmenter.

Sans surprise, l’EPA n’a pas annoncé publiquement la nouvelle valeur. Seth Borenstein de AP n’a découvert le changement qu’après avoir étudié les analyses coûts-bénéfices du gouvernement sur une période de plus de douze ans.

S. William Becker, directeur exécutif de la National Association of Clean Air Agencies, a commenté : « Il semble qu’ils aient truqué les comptes en ce qui concerne la valeur d’une vie... Ces décisions sont littéralement une question de vie ou de mort. »

Et Dan Esty, un haut représentant de l’EPA dans l’administration de Gorge H.W. Bush et présentement directeur du Yale Center for Environmental Law and Policy, a déclaré à Associated Press : « On peut difficilement imaginer que le motif est autre que politique. »

L’EPA a procédé aux changements en deux étapes. En 2004, l’agence a réduit la valeur d’une vie humaine de 8 pour cent. « Ensuite », écrit AP, « dans un jugement réglementant la pollution ferroviaire et maritime de l’air rendu en mai, l’agence n’a pas ajouté l’ajustement normal pour l’inflation annuelle. Avec ces deux changements, la valeur d’une vie humaine a chuté de 11 pour cent en dollars d’aujourd’hui.

OMB Watch note aussi que « la Maison-Blanche de Bush, par exemple, est plus qu’enthousiaste de rejeter les réglementations proposées si les coûts monétaires dépassent les bénéfices monétaires », comme elle l’a fait récemment dans une affaire impliquant le recyclage de contenants de pesticides. Dans cette situation, Susan Dudley, à la tête de l’Office of Information and Regulatory Affairs de la Maison-Blanche a écrit  le 3 juillet à l’EPA, admettant « que la gestion illégale et incorrecte de ces contenants de pesticides pouvait être dangereuse. Cependant, il n’est pas certain que la mise sur pied de ce programme de recyclage entraîne une réduction significative de la gestion incorrecte de ces contenants.

 « De plus, l’analyse de l’EPA du programme proposé indique que les coûts quantifiés imposés par le programme de recyclage proposé excédera les bénéfices quantifiés par plus de deux ordres de grandeur. » Un nombre X de gens peut tomber malade ou mourir, mais une industrie est épargnée de dérangements et de coûts—un échange raisonnable.

L’Agence de protection de l’environnement, établie en 1970 par l’administration Nixon, n’a jamais été en mesure de remplir son mandat. La grande entreprise américaine dépense de grands montants d’argent, en soudoyant les politiciens des deux principaux partis et en faisant du lobbying, pour bloquer ou vicier les régulations environnementales. De plus, des coupures budgétaires à répétition ont réduit la capacité de l’EPA à enquêter sur les problèmes et le moral est apparemment à son plus bas.

Sous l’administration Bush et son équipe de fanatique du libre marché, l’agence est devenue, dans les mots d’une critique libérale : « un outil de la Maison Blanche qui est désespérément compromis et traversé par les scandales » (www.scienceprogress.org).

En avril, le Syndicat des scientifiques concernés a rapporté les résultats d’une enquête de 1600 scientifiques de l’EPA et a trouvé « une agence sous l’assaut des pressions politiques. » Soixante pour cent des répondants ont dit qu’ils avaient personnellement vécu de l’obstruction politique dans leur travail lors des cinq dernières années. Plus de la moitié ont révélé qu’ils n’avaient pas la permission de partager leurs résultats avec les médias.

Un mois plus tôt, en mars 2008, les syndicats représentants 10 000 employés de l’EPA ont envoyé une lettre à l’administrateur Stephen Johnson, alléguant qu’il use de représailles contre les personnes qui tirent la sonnette d’alarme et les représentants du syndicat, qu’il « abuse de notre bonne nature et de notre confiance » et qu’il ignore les Principes d’intégrité scientifique de l’agence. La lettre faisait suite à la décision de Johnson en décembre 2007 d’empêcher la Californie et seize autres états d’implanter de nouvelles restrictions sur l’émission de gaz à effet de serre par les automobiles et les camions.

Le magazine Nature, aussi en mars, a fait un éditorial qui disait que « L’Agence de protection environnementale des Etats-Unis perd rapidement ce qui lui reste de crédibilité. L’administration Bush a toujours montré plus de zèle à protéger les intérêts des grandes entreprises que l’environnement… Mais, l’actuel administrateur de l’agence, Stephen Johnson, un toxicologue vétéran de l’EPA qui fut promut en haut des échelons en 2005, a gradué avec un insouciant dédain pour la loi, la science et les propres règles de l’agence—ou, semble-t-il, les protestations angoissées de ses propres subordonnés. »

La décision d’abaisser la « valeur de la vie statistique » survient dans ce contexte.

La notion qu’un coût peut être posé sur la valeur de la préservation de la vie humaine est répugnante de bout en bout, quoique appropriée à un système où tout attribut ou activité humains est réduit à des termes quantitatifs, à des dollars et à des cents.

De façon notoire, en 2002 (aussi montré par Borenstein de l’AP), l’EPA en est venue à la conclusion que la valeur des personnes âgées était de 38 pour cent moindre que celle des personnes de moins de 70 ans. Les protestations du public ont fait changer d’avis l’agence.

Un officiel de l’EPA, Al McGartland, a défendu la diminution de valeur de la vie humaine par l’agence en expliquant que ce geste reflétait « les préférences du consommateur ». McGartland a commenté : « C’est notre meilleure estimation de ce que les consommateurs sont prêts à payer pour réduire des risques similaires pour eux-mêmes. » Jack Wells, économiste en chef du département américain du Transport, a dit au Washington Post que c’était une « idée bizarre » que de jauger de la vie en termes de coût, « Mais si vous y pensez, les gens font exactement cela à tout moment… Nous pourrions éliminer beaucoup des morts [sur les autoroutes] en imposant une limite de vitesse de 15 kilomètres/heure. »

Ces arguments sont fallacieux. La vie quotidienne implique certains risques, qu’on ne peut jamais complètement éliminer. Toutefois, il n’y a pas de « consommateurs » qui « préfèreraient » avoir la possibilité d’être malade à cause de la négligence d’une compagnie. Cela est un crime social qui est imposé à la population et qui peut être entièrement éliminé avec les mesures appropriées. Dans le système capitaliste, où l’être humain est subordonné à la recherche du profit, une certaine portion de la population est inévitablement sacrifiée dans des accidents industriels ou parce qu’elle est en contact avec des matériaux toxiques, que l’eau ou l’air est empoisonné, qu’il est impossible de se faire soigner, et le reste.

L’EPA fait des analyses du risque depuis le milieu des années 1970. Lisa Heinzerling, professeur de droit à Georgetown University, explique que « le rapporte coût-bénéfice n’a jamais été non biaisé. De faibles valeurs pour la vie humaine, des coûts évalués à une valeur monstrueusement élevée, la négligence de facteurs dont il ne faut pas tenir compte, un préjugé favorable pour la déréglementation, tout ceci est là depuis le début [...] Les biais de l’analyse coûts-bénéfices ne sont pas un effet pervers. Ils sont la manifestation d’une philosophie incrustrée qui est profondément hostiles aux « arguments » des environnementalistes.

Le Washington Post a présenté un exemple de la façon de penser des officiels du gouvernement sur cette question : « Ils pourraient savoir, par exemple, qu’une nouvelle mesure diminuant la pollution sauvera 50 vies par année, même s’ils ne savant pas qui seront ces 50 personnes. L’EPA décidera si les vies sauvées valent le coût du sauvetage et il aide à établir la valeur en dollars de chacune des vies sauvées. »

Il faut se rappeler que l’on parle ici de l’administration — qui lorsqu’elle tente de détourner l’attention de ses crimes et d’obtenir un appui populaire, fait appel à la religion et aux « valeurs » — qui proclame comme sa première priorité est la « vie humaine individuelle ». Le régime Bush a tout fait en son pouvoir pour que l’accès à l’avortement soit aussi difficile que possible et pour décourager l’usage des moyens contraceptifs.

Bush, suivant en cela Ronald Reagan et son père, a proclamé chaque année que le troisième dimanche de janvier était « Jour national du caractère sacré de la vie humaine » dans le but de souligner l’anniversaire de la décision de la Cour suprême nommée Roe vs Wade qui a légalisé les avortements aux Etats-Unis.

Lors du « Jour national du caractère sacré de la vie humaine » de 2008, Bush a déclaré « Nous reconnaissons que chaque vie a une dignité inhérente et une valeur inestimable. Nous réaffirmons notre détermination inlassable à défendre les membres les plus faibles et les plus vulnérables de notre société. »

Le défenseur des plus faibles et des plus vulnérables a présidé à plus de 152 exécutions au Texas, se moquant publiquement des appels à la clémence d’une condamnée et a commencé une guerre et une occupation illégales qui a résulté en la mort d’un million d’Irakiens.

Bush a souvent fait du caractère sacré de la vie un thème de la « lutte mondiale contre le terrorisme ».

Par exemple,

« Nous valorisons la vie ; les terroristes la détruisent sans vergogne. » (novembre 2001)

« La ligne de division dans notre monde ne se trouve pas les nations, pas plus que les religions et les cultures. La ligne de division sépare deux visions du la justice et de la valeur de la vie. » (mars 2004)

« Je crois que c’est une force que nous valorisions chaque vie, que chaque personne est précieuse. » (avril 2006)

Peut-être que quelques ajustements pourraient être faits à l’avenir aux commentaires de Bush pour qu’ils soient plus en ligne avec les actions de EPA. Quelque chose comme : « Nous valorisons chaque vie humaine, en autant que sa préservation n’interfère avec les opérations des industries pétrochimiques et plastiques, des centrales électriques, de l’industrie automobile ou des industries de pâtes et papiers ou plus généralement qu’elle empêche le système de la libre entreprise d’être bien rodée. »



Edité par T 34 - 29 Jul 2008 à 20:50
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Nov 2008 à 14:10
L’urgence écologique balayée par la crise financière
 
 
Ces dernières années, l’Union européenne était presque parvenue à se construire une image de premier de la classe dans le domaine de la protection de l’environnement. Face à une position inflexible des Etats-Unis et de pays en développement qui refusent toujours la moindre contrainte de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, les négociateurs européens étalaient sommet après sommet leurs bonnes intentions. Le plan d’action de l’Union, appelé « paquet climat-énergie », prévoit d’atteindre un triple objectif d’ici 2020 : réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20%, gagner 20% d’efficacité énergétique et faire passer la part des renouvelables à 20% de la consommation totale. Applaudie par les médias, cette apparente conversion à l’écologie constituait un véritable tour de force : celui de masquer aux yeux du grand public la liste interminable des choix politiques de l’Union européenne contribuant à détruire la planète, qu’il s’agisse d’agriculture, de transport ou de commerce(1). Elle possédait par ailleurs l’immense avantage de redorer à peu de frais son blason. Le Président de la Commission en personne avouait en mars 2007 qu’il était possible ainsi de « réconcilier l’Europe avec les nouvelles générations qui parfois ne se reconnaissent pas dans notre action »(2). Autrement dit, nous étions les témoins d’un « green washing » digne des meilleures multinationales.

Mais, en dépit de ses atouts, cette imposture écologique a fait long feu. Il aura suffit que le système financier international tremble sur ses fondations pour que le climat redevienne le cadet des soucis de nos dirigeants européens. Même l’Allemagne, pays « vert » par excellence dans l’imaginaire collectif, préfère sauver la compétitivité de ses entreprises plutôt que réduire son empreinte écologique. Dès la fin septembre, Angela Merkel annonçait qu’elle ne cautionnerait pas « la destruction d’emplois allemands du fait d’une politique inappropriée sur le climat ». On appréciera que le programme de lutte contre le changement climatique soit d’un coup relégué au rang de « politique inappropriée » sous l’effet de la crise financière... Les polonais ont commencé par considéré qu’il n’y avait plus d’urgence à conclure un accord sur le paquet climat-énergie, avant de hausser le ton et de menacer d’opposer leur véto à ce plan. Ce chantage est particulièrement gênant, puisque la Pologne est le pays d’accueil du prochain sommet de l’ONU sur le climat, qui aura lieu en décembre à Poznan, et qui est censé permettre d’aboutir à un accord post-Kyoto dès la fin 2009. A la veille de la réunion des ministres de l’environnement des 20 et 21 octobre, les dernières discussions s’orientaient, sous la pression de l’Italie et des pays de l’Est, vers l’ajout d’une clause de révision permettant de revenir sur le paquet climat-énergie dès la fin 2009, et vers un vote à l’unanimité pour finaliser la position européenne. Des changements de nature à vider la proposition initiale du peu de substance qu’elle possédait, voire à l’enterrer si la « compétitivité européenne sur le marché mondial » se trouve menacée. Quant aux Etats qui demeurent plutôt discrets, il suffit d’observer l’actualité pour comprendre où se situent leurs vraies priorités.

Pour scandaleuse qu’elle soit, cette volte-face n’en était pas moins prévisible. Trente ans de dérégulation et de promotion du libre-échange ont organisé la mise en concurrence de pays aux niveaux de protection sociale et environnementale radicalement différents. Les grandes firmes ont pu délocaliser leurs activités, au point que 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont aujourd’hui le fait de produits fabriqués dans les pays en développement mais consommés dans les pays riches. La perte de pouvoir politique sur l’économie est très exactement proportionnelle à la progression de la « libre concurrence ». Dans ces conditions, toute contrainte environnementale au Nord devient une incitation supplémentaire à délocaliser. Angela Merkell ne dit pas autre chose lorsqu’elle oppose défense de l’emploi et protection de l’environnement.

Alors, que reste-t-il à faire, si ce n’est attendre les prochaines catastrophes ? Les événements que nous vivons ces dernières semaines rappellent à quel point il est urgent de traiter le mal à la racine. La finance, qui prétendait gérer jusqu’à la crise écologique au travers du marché des droits à polluer, montre une nouvelle fois toute sa capacité de nuisance(3). Le libre-échange apparaît chaque jour un peu plus comme une stratégie délétère, qui place les peuples en situation de concurrence permanente afin de permettre aux pouvoirs économiques de s’affranchir d’une démocratie trop encombrante. Enfin, en oubliant ses promesses écologique à la première occasion, l’Union européenne prouve que la protection de l’environnement ne résiste pas, elle non plus, à l’argument de la concurrence internationale. Le constat est clair. Il faut maintenant en tirer les conclusions politiques. La sortie du néolibéralisme est plus que jamais une priorité, et l’arrêt du libre-échange est la première des batailles à mener pour y parvenir.

Aurélien Bernier

Article paru dans l’Humanité du 22 octobre 2008
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Dec 2008 à 14:12
 
document de propositions pour le sommet sur le Changement Climatique à l’ONU (Copenhague) traduit pour changement de société , http://socio13.wordpress.com/ par Danielle Bleitrach et pedrito

Aujourd’hui notre mère la terre est malade. Depuis le début du XXI e siècle nous sommes en train de vivre les années les plus chaudes  des derniers millénaires. Le réchauffement global est en train de provoquer des changements brusques de climat: le recul des glaciers et la diminution des calottes polaires: l’augementation du niveau de la mer et l’inondation de territoires côtiers dans la proximité desquels vit 60% de la population mondiale; l’avancée du processus de désertification et la diminution des sources d’eau douce; une plus grande fréquence des désastres naturels dont souffrent les communautés de la planète  [1] ;  l’extinction des espèces animales et végétales; et la propagations de maladies dans des zones qui avant étaient saines.
Une des conséquences les plus tragiques du changement climatique est que certaines nations et territoires sont en train d’être condamnées à disparaître par élévation du niveau de la mer.
Tout a commencé avec la révolution industrielle de 1750 qui est le commencement du système capitaliste. En deux siècles et demi, les pays appelés « développés » ont consommé une grande partie des combustibles fossiles créés en 5 millions de siècles.


La concurrence et la soif de profit sans limite du système capitaliste est en train de détruire la planète. Pour le capitalisme il n’y a pas d’être humain mais des consommateurs . Pour le capitalisme il n’existe pas la mère terre mais les matières premières. Le capitalisme est la source des asymétries et déséquilibres dans le monde. Il génère luxe, ostentation et gaspillage pour une poignée pendant que des millions meurent de faim dans le monde. Dans les mains des capitalistes tout se convertit en marchandise: l’eau, la terre, le génome humain, les cultures ancestrales, la justice, l’éthique, la mort… La vie elle-même, tout absolument tout, se vend, s’achète dans le  capitalisme. Et jusqu’au « changement climatique » lui-même qui se convertit en un  négoce.


Le « changement  climatique » a placé toute l’humanité devant une grande alternative: continuer sur le chemin du capitalisme et de la mort, ou emprunter le chemin de l’harmonie avec la nature et le respect de la vie.
Dans le protocaole de Kyoto de 1997, les pays développés et d’économie en transition se proposaient de réduire leurs émission de gaz à effet de serre au moins de 5%  plus bas que le niveau de 1990, grâce à l’implication de différents instruments dans lesquels prédominaient les mécanismes du marché.


Mais en 2006, le gaz d’effets de serre, loin de se réduire, ont encore cru de 9,1% par rapport à 1990 en démontrant  aussi de cette façon l’inaccomplissement des engagements des pays développés. Les mécanismes de marché appliqués dans les pays en développement [2] n’ont pas obtenu une diminution significative des émissions de gaz à effet de serre.
De même  que le marché est incapable de régler le système financier et productif du monde, le marché n’est pas non plus capable de régler les émissions de gaz à effet de serre et seulement  générer un grand négoce pour les agents financiers et les grandes multinationales.

La Planète est beaucoup plus importante que les bourses de Wall Street et du monde

Tandis que les Etats-unis et l’Union Européenne destines 4.100 billions de dollars pour sauver les banquier d’une crise financière qu’ils ont eux mêmes provoqués ils  destinent  313 fois moins c’est-à-dire 13 billions de dollars aux programmes consacrés au changement climatique.
Les ressource pour le changement climatique sont mal distribuées. Il y a plus de ressources pour réduire les émissions (mitigation) et moins pour contrecarrer les effets du changement climatique dont nous souffrons nous les pays (adaptation)[3] . La grande majorité de ressources affluent coulent aux pays qu’ils ont plus contaminés et non aux pays que nous avons plus préservé l’environnement. 80 % des projets du Mécanisme de Développement Propre se sont concentrés dans seulement quatre pays émergents.


La logique capitaliste revient à promouvoir le paradoxe qui veut que ce sont les secteurs qui ont plus contribué à abîmer l’environnement qui bénéficient  le plus des programmes liés au changement climatique
De la même manière, le transfert de technologie et le financement pour un développement propre et soutenable des pays du sud est resté au niveau des discours.
Le prochain sommet sur le Changement climatique à Copenhague doit permettre d’accomplir un saut si nous voulons sauver la mère terre et l’humanité. Pour cela nous proposerons les propositions suivantes pour le processus qui va de Poznan à Copenhague.

Attaquer les causes structurelles du changement climatique

1) Discuter sur les causes structurelles du changement climatique. Tant que nous  ne changeons le système capitaliste pour un système basé sur la complémentarité, la solidarité et l’harmonie entre les peuples et la nature, les moyens que nous  adopterons seront palliatifs et auront un caractère limité et précaire. Pour nous, ce qui est détruit est le modèle de « vivre mieux », du développement illimité, de l’industrialisation sans frontière, de la modernité qui déprécie l’histoire, de l’accumulation croissante au dépend de l’autre et de la nature. Pour cela nous proposons le Vivre Bien,, en harmonie avec les autres êtres humains et avec notre Mère la Terre.


2) Les Pays développés ont la nécessité de contrôler leurs modèles consuméristes – de luxe et de gaspillage-spécialement la consommation excessive de combustible fossiles. Les subventions aux combustibles fossiles, qui montent à 150-250 billions de dollars, [4] doivent être progressivement éliminées. Il est fondamental de développer les énergies alternatives comme l’énergie solaire, la géothermique, l’énergie solaire, éolienne et l’hydroélectrique en petite et moyenne échelle.

3) Les agrocombustibles ne sont pas une alternative parce qu’elles opposent la production des aliments pour le transport à la production des aliments pour les être humains.  Les agrocombustibles développent les zones cultivées aux dépends des forêts et la biodiversité, elles engendrent la monoculture, promeuvent la concentration de la terre, déteriorent les sols, assèchent les sources d’eau, contribuent à la hausse du prix des aliments et, dans bien des cas consomment plus d’énergie qu’elles en créent.

Les engagements substantiels de réductions d’émission qui doivent être accomplis

4) Accomplir strictement pour  2012 l’engagement [5] des pays développés de réduire les émissions de gaz à effet de serre au moins de 5 % au-dessous des niveaux de 1990. Il n’est pas acceptable que les pays qui ont historiquement contaminé la planète parlent de plus grandes réductions pour l’avenir ne tenant pas leurs  engagements présents.

 
5) Etablir de nouveaux objectifs minimaux pour les pays développés de 40% pour 2020 et de 90% pour 2050 de réduction de gaz à effet de serre en prenant comme point de départ le niveau d’émission de 1990. Ces objectifs minmaux de réduction doivent se faire de manière interne aux pays développés et non à travers des mécanismes flexibles de marché qui permette d’acheter des certificats de réduction d’émission pour continuer à contaminer dans son propre pays. De la même manière on doit établir des mécanismes d’explication, d’information et de vérification transparentes, accessibles au public, pour garantie l’accomplissements des dits objectifs.

6)  Les pays en développement qui ne sont pas responsables de la contamination historique doivent préserver l’espace nécessaire pour implanter un développement alternatif et soutenable qui ne répète pas les erreurs des processus d’industrialisation sauvage qui nous a mené à la situation actuelle. Pour assurer ce processus, les pays en développement nécessitent avant tout, le financement et le transfert de technologie.

Un Mécanisme Financier complet, pour s’occuper de la dette écologique

 7) En reconnaissance de la   dette écologique historique qu’ils ont face à  la planète, les pays développés doivent créer un Mécanisme Financier complet pour apporter un appui aux pays en développement sur la mise en oeuvre de ses plans et de ses programmes d’adaptation et la conséquences du changement climatique; grace à  l’innovation, au  développement et au transfert de technologie; dans la conservation et l’amélioration de ses puisards et nappes phréatiques ; dans les actions de réparation des graves désastres naturels provoqués par les changements climatiques et dans l’exécution de plans de développements durables et compatiblesd avec la nature.


8) Ce mécanisme financier complet, pour être effectif, doivent compter pour le moins un apport de 1% du PIB des pays développés[6] et tabler sur d’autres ressources provenants d’impots sur les hydrocarbures, sur les transactions financières, le transport maritime et aériens, et les profits des transnationales. 
 
9) Le financement apporté par les pays développés doit s’ajouter à l’aide officielleau Développement; à l’Aide bilatérale et/ou attribuée par l’intermédiaire d’organismes qui ne dépendent pas des Nations Unies. N’importe quel financement qui ne viendrait pas de la CNMUCC(?) ne pourra être consédéré comme l’application des ententes des pays développés sous la Convention.
 
10) Le financement doit s’appliquer aux plans ou programmes nationaux des Etats, et non aux projets qui répondent à la logique du marché.

 
11) Le financement ne doit pas être destiné seulement à quelques pays développés, mais être destiné en priorité aux pays qui ont le moins contribué aux émissions de gaz à effet de serre, ceux qui prennent le plus soin de la nature et/ou qui souffrent le plus des conséquences du changement climatique.
 
12) Le mécanisme de financement soit s’effectuer intégralement sous l’égide des Nations Unies, et non du Fonds Global de l’Environnement, et ses dérivés, comme la Banque Mondiale, ou les Bannques Régionales; sa gestion doit être collective, transparente, non bureaucratique, ses décisions doivent être prises par tous les pays membres, notamment les pays émergents, et pas seulement par les donateurs et les bureaucraties administratrices.
 
Transfert des technologies aux pays émergents.
 
13) Les innovations et les technologies en relation avec le changement climatique doivent dépendre du domaine public, et non du privé, quand au monopole et aux brevets, régime privé qui fait obstacle aux pays en voie de développement et qui aggravent le coût de transfert des technologies.
 
14) Les produits qui sont le fruit du financement public, pour les innovations et le développement des technologies, doivent dépendre du domaine public, et non du privé, - brevets- de telle sorte que les pays émergents puissent accéder plus facilement à leur exploitation.
 
15) Il faut améliorer en le réformant profondément le système des licences obligatoires et volontaires, pour tous les pays puissent aquérir rapidement et à prix accessibles les inventions déjà brevetées. Les pays développés ne peuvent considérer les brevets et droits de propriété intellectuelle comme quelque chose de “sacré” que l’on pourrait vendre à n’importe quel prix. Le régime de flexibilité  qui existe pour les droits de propriété intellectuelle, quand il s’agit de graves problèmes relatifs à la santé publique, doit être adapté et notoirement étendu pour soigner notre Mère la Terre.
 
16) Faire connâître et promouvoir le mode de vie en harmonie avec la nature des peuples indigènes qui ont démontré leur efficacité tout au long des siècles, les adapter progressivement avec la participation des peuples.
 
17) Impulser des actions, programmes, et plans d’adaptation et application progressive avec la participation des populations locales et les peuples indigènes, dans le respect total des uns et des autres, sous l’égide de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Indigènes.Le meilleur atout pour faire face à la menace à la menace du changement climatique, ce n’est pas le mécanisme des marchés, mais ce sont les êtres humains, organisés, mobilisés, et conscients de leur identité.
 
18) La réduction des émissions  dûes à la déforestation et aux dégradations des forêts REDD (?) doit s’accompagner d’un mécanisme de compensation directe des pays développés envers les pays émergents, avec une large implication des populations locales et des peuples indigènes, plus  encadrement, rapports et contrôles, transparents et publics.
 
Une sorte d’ONU de l’Environnement et du Changement Climatique.
 
19) Nous avons besoin d’une Organisation Mondiale de l’Environnement et du Changement Climatique aux directives de laquelle doivent se conformer les organisations financières et commerciales multilatérales, afin de promouvoir un modèle de développement respectueux de la nature, et aussi de résoudre les graves problèmes de la pauvreté. Cette organisation doit s’appuyer sur des mécanismes capables de suivi, contrôle, et sanction, pour pouvoir faire appliquer les accords présents et futurs.
 
20) Il faut radicalement et structurellement transformer l’OMC, la Banque Mondiale, le FMI, et le  système économique international dans leur ensemble, afin de garantir un commerce juste et complémentaire, un financement sans restrictions capable d’assurer un développement équilibré qui ne gaspille pas les ressources naturelles et les combustibles fossiles, dans les processus de production , commerce, et transports des produits. Au cours du système de négociations à Copenhague, il est primordial que les instances actives s’engagent à faire  participer à tout niveau, national, régional, et mondial,  tous les peuples, en particulier les secteurs les plus touchés comme les populations indigènes, qui, depuis toujours, s’attachèrent à protéger notre Mère la Terre.
 
L’humanité est capable de sauver la planète, pour peu qu’elle veuille se réapproprier les principes de la solidarité, la complémentarité, et l’harmonie avec la nature, au lieu de poursuivre sa course vers la concurrence, l’appât du gain, et la surconsommation - le gaspillage - des ressources naturelles
 
[1] A cause du phénomène de la “Niña”, qui se produit avec une plus grande fréquence par suite des changements climatique, la Bolivie a perdu en 2007, 4% de son PIB.
[2] .Connu comme le Mécanisme de Développement Propre.
[3] Actuellement il existe seulmement un Fond d’Adaptation autour de 500 millions de dollars pour plus de 150 pays en voie de développement. Selon le Secrétariat de l'UNFCCC il faudrait 171 billions de dollars pour l’adatation et 380 pour la mitigation. .
[4] Rapport de Stern
[5] Protocolo de Kioto, Art. 3.
[6] Le pourcentage de 1 % du PIB a été  suggéré dans le rapport Stern et représente moins de 700 billions de dollars par an .
[7] Selon UNCTAD (1998) dans certains pays développé le financement public contribue a 40% des ressources pour l'innovation et le développement de la technologie. 


Edité par T 34 - 04 Apr 2009 à 18:41
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L’arctique dans le collimateur
 

(Néstor Núñez)

Les glaces polaires semblent condamnées à disparaître, victimes du réchauffement climatique, annonçant ainsi des désastres écologiques et de grands risques pour l’humanité, mais, pendant ce temps, certaines personnes peu préoccupées par la préservation de notre environnement se frottent les mains à l’idée de se voir ainsi facilité l’accès à de nouvelles réserves de matières premières auparavant enfouies sous les banquises des territoires arctiques.

 
Les États-Unis, alliés avec d’autres pays de l’organisation militariste de l’OTAN qui bénéficient d’une position géographique voisine, se préparent depuis des années pour sauter sur les richesses qui resteront à découvert une fois que les glaces auront disparu, même si leur disparition doit se solder par la disparition d’importantes variétés d’animaux et de végétaux, et si nous savons que les régimes globaux de température que nous connaissons actuellement se verront profondément altérés.

Les experts de ces nations affirment que sous les glaces arctiques se cachent probablement d’importantes réserves de pétrole ainsi que d’autres minéraux. Selon les principes de rapine traditionnellement appliqués, ces richesses finiront probablement entre les mains de ceux qui ont les moyens matériels les plus sophistiqués pour pouvoir les localiser les premiers et qui auront su, à temps, marquer les territoires correspondants à la manière des fauves marquant leurs zones de chasse en stricte application de la loi de la jungle.

 Cette logique fait bon compte des droits des autres nations sur une zone internationale, ce qui fait qu’elle n’est pas facilement acceptée par les autres pays de la région qui possèdent des capacités d’exploitation analogues. Entre autres, Moscou, dans un document qu’il a fait connaître à la fin de l’année dernière, a précisé quelles seraient les bases de sa politique nationale sur le thème de l’arctique jusqu’à la fin de l’année 2020.

D’après ce document, la Russie projette d’augmenter sa présence militaire dans la région afin de veiller à la sécurité dans cette ample zone riche en minéraux, de maintenir ses droits en tant qu’état frontalier et de se protéger contre toute violation de ceux-ci par un pays étranger.

Étant donnée l’importance de la production et de la commercialisation d’hydrocarbures et de métaux dans l’économie russe, Moscou a observé de près les activités des autres pays industrialisés dans la région arctique, car elles semblent démontrer un grand appétit et un désir d’expansion qui les pousse jusqu’aux propres portes du géant eurasien.

« La politique de l’État Russe en Arctique, a moyen terme, consiste en préserver son rôle de puissance leader de la région », précise le document publié sur le site internet du Conseil Russe de Sécurité qui ajoute que la mesure prise ne cherche pas du tout une militarisation de ces glaces dont il semble bien qu’elle ne sont plus éternelles. Il s’agirait plutôt, comme disent les cubains, de donner le médicament avant que la maladie ne se déclare.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Apr 2009 à 20:00
Evo Morales demande à l'ONu que les XXI ème siècle soit celui de la défense de la Pachamama (Terre Mère)
 

EN PRÉSENCE DU PRÉSIDENT DE LA BOLIVIE, EVO MORALES, L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE PROCLAME LE 22 AVRIL JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA TERRE NOURRICIÈRE


En présence du Président de la Bolivie, venu spécialement à New York pour l’occasion, l’Assemblée générale a, ce matin, proclamé le 22 avril Journée internationale de la Terre nourricière.


Adoptée sans vote, la résolution* portant proclamation de cette Journée s’appuie sur le constat qu’afin de « parvenir à un juste équilibre entre les besoins économiques, sociaux et environnementaux des générations présentes et futures, il faut promouvoir l’harmonie avec la nature et la Terre ».


Le Président de l’Assemblée générale, Miguel d’Escoto Brockmann, a expliqué que l’expression Terre nourricière, couramment utilisée dans de nombreux pays et régions pour désigner la planète, « illustre l’interdépendance existant entre l’être humain, les autres espèces vivantes et la planète sur laquelle nous vivons tous ».


Le Président de la Bolivie a salué cette décision de l’Assemblée générale et le fait qu’une cinquantaine d’États Membres se soient portés coauteurs de la résolution parrainée par son pays.  Il a affirmé que le XXIe siècle devait être celui de la reconnaissance des droits à la Terre nourricière comme le précédent avait été celui de la reconnaissance des droits de l’homme.


Evo Morales a spécifiquement plaidé pour le respect de quatre droits: le droit à la vie, humaine, animale et végétale; le droit à la régénération de la nature, qui doit fixer des limites au développement socioéconomique; le droit à une vie sans pollution; enfin le droit à la coexistence harmonieuse avec des millions d’autres espèces vivantes.


Le Président de l’Assemblée s’est félicité de cette résolution « historique », qui intervient selon lui « à un moment critique où les dégâts que nous infligeons à l’environnement s’avèreront irréversibles ».  Cette décision marque un pas supplémentaire vers le changement des mentalités qui nous ont tant rapprochés de l’autodestruction, a-t-il ajouté en conclusion.


En début de séance, l’Assemblée générale a pris note du fait que le Cap-Vert a versé les fonds nécessaires pour ramener ses arriérés au budget ordinaire de l’Organisation au-dessous de la limite fixée par l’Article 19 de la Charte des Nations Unies.


La prochaine séance plénière de l’Assemblée générale sera annoncée dans le Journal.

 
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 May 2009 à 16:43
 
« On peut vraiment parler de ‘sojización’ du Cône Sud parce que les OGM de Monsanto couvrent aujourd’hui 40 millions d’hectares en Bolivie, Paraguay, Brésil et Argentine. Mais cette expansion vertigineuse, qui se fait au détriment des petits paysans de la région, est plus qu’un phénomène agricole : c’est aussi un véritable projet politique hégémonique », affirme Tomas Palau, sociologue paraguayen spécialisé en thèmes agricoles, que Marie-Monique Robin * a interviewé dans les environs de Asuncion. Pour Palau, cette corporation contrôle de fait la politique agro-alimentaire et commercial de la région, et « son pouvoir dépasse de beaucoup celui des gouvernements nationaux ».
 
L’aventure transgénique dans le Cône Sud a commencé au milieu de la décennie 90 avec en pointe de mire le Brésil, aujourd’hui second producteur mondial après les Etats-Unis. Mais des obstacles légaux ont surgit : la Constitution brésilienne exige que les cultures transgéniques soient soumises à des études d’impact environnemental avant d’autoriser leur « libération », ce qui n’a pas été le cas ; et en Argentine, Mosanto n’a jamais pu breveter son OGM parce que les lois ne le permettent pas. Ce fut la politique ultralibérale de Carlos Menem –qui a supprimé les mécanismes de protection du secteur agricole pour livrer la production aux lois du marché– ce qui a facilité le lancement du projet transgénique dans la région.

Invasion imparable. A partir de 1994, Mosanto vend des licences aux principales fabriques de semences du pays, sans que ne s’élèvent de voix contre la biotechnologie. Marie-Monique Robin rappelle que l’introduction des OGM en Argentine s’est faite sans débat public, même parlementaire, et qu’il n’y a même pas de lois qui encadrent leur commercialisation. La société civile, signale-t-elle, « n’est même pas représentée dans la Commission Nationale Conseillère de Biotechnologie Agricole (CONABIA), un organisme consultatif créé par Menem pour donner une facade légale aux OGM ». Roundup Ready a été autorisé en 1996 et s’est étendu dans le pays à une vitesse unique dans son histoire : en moyenne plus d’un million d’hectares par an. Des chiffres de 2005 ont indiqué que la moitié des terres cultivables est semée avec du soja transgénique, c’est à dire 14 millions d’hectares et 37 millions de tonnes, dont 90% s’exportent, principalement en Europe et en Chine. La plantation directe –dont le cadre technique est garanti par la AAPRESID, qui regroupe 1 500 grands producteurs– en plus de  l’offre du « paquet technologique » à un coût trois fois moins élevé que sa valeur aux Etats-Unis, à la crise de la vache folle et à la hausse de la cotisation mondiale des oléagineux ont terminé par consacrer le succès de la semence transgénique.

Selon Eduardo Bussi, titulaire de la Fédération Agraire Argentine, « nous assistons à une expansion sans précédents de l’agro-business dirigé à l’exportation, au détriment de l’agriculture familiale, qui disparaît. Les paysans qui s’en vont sont remplacés par des fonds de pension ou des investisseurs de consortiums de semences lancés à la monoculture du soja en collaboration avec Cargill ou Monsanto ». Parrallèlement, a lieu une rétraction d’autres produits et cultures. Selon des chiffres officiels, de 1997 à 2002, le nombre de laiteries s’est réduit de 27% (pour la première fois le pays a du importer du lait d’Uruguay) ; la production de riz a baissé de 44% ; celle de maïs de 26% ; celle de girasol de 34% ; celle viande bovine de 36%.
Dario Gianfelci, un médecin de Cerrito (5 000 habitants), dans la province de Entre Rios, signale que comme conséquence des fumigations, les médecins de la région ont constaté des augmentations significatives d’avortements naturels, de disfonctions reinales et tiroïdales, d’endèmes pulmonaires et de maladies hépatiques, dermatologiques et occulaires parmi la population.   

Déforestation alarmante. La déforestation est un autre des phénomènes derrivés de la monoculture de soja. Des régions caractérisées historiquement par leur grande biodiversité et une économie de culture familiale (manioc, pomme de terre, un peu de riz ou de maïs) ont commencé à déboiser leurs forêts natives pour semer du soja transgénique. La province de Santiago del Estero, avec un des taux de déforestation les plus élevés (0,81% de moyenne annuelle contre 0,23% dans le monde), a littéralement brûlé 220 000 hectares de forêts pour la plantation de soja entre 1998 et 2002. Dans la même période, la province de Salta a déboisé 170 000 hectares et la province du Chaco, 118 000. « Entre 1998 et 2004, ont disparu en Argentine 800 000 hectares de forêts », affirme Jorge Menendez, directeur de la Secrétariat de l’Environnement en charge des forêts.

Le boom du soja transgénique a prit avec force dans les limitrophes Brésil et Paraguay. En une décennie, ce dernier pays est devenu le sixième producteur mondial et le quatrième exportateur avec plus de deux millions d’hectares. « Les semences  transgéniques sont entrées de manière irrégulière », admet Roberto Franco, ministre adjoint de l’Agriculture en 2007. « C’est ce que nous appelons la BOLSA blanche (‘bolsa blanca’) parce qu’elles sont arrivés dans des sacs blancs sans indication de provenance... Elles venaient directement d’Argentine mais aussi du Brésil », ajoute-t-il. De fait, aucune loi paraguayenne autorise la culture d’OGM, qui cependant couvre la moitié de ses terres cultivées. « Pour éviter de perdre nos marchés (le soja représente 10% du PNB), nous avons dû... légaliser les cultures illégales parce que nous exportons presque la totalité de nos grains, 23% à l’Union Européenne qui exige de les étiqueter s’ils contiennent des OGM ». Campos admet que le gouvernement s’est retrouvé devant un fait consumé et que la même chose est arrivée avec le coton Bt, « qui se propage sans autorisation officielle et sans une loi qui le réglemente ». Interrogé sur le fait de savoir s’il s’est agit d’un piège, il répond : « nous ne sommes pas les seuls : le Brésil a subi le même sort ».       

En 2003, année où a accédé Lula da Silva à la présidence, l’impossibilité de distinguer entre soja conventionnel ou transgénique a directement menacé les exportations brésiliennes. Lula a alors signé un décret autorisant (provisoirement) la vente de soja Roundup Ready pour la récolte de 2003 et la plantation et la commercialisation en 2004, et il a proposé aux producteurs d’OGM de déclarer leurs récoltes pour mettre en place la ségrégation. Une clameur de protestation s’est élevée de la part des organisations écologistes et paysannes qui considérènt le décret comme une abdication du nouveau gouvernement devant l’agrobusiness. En réalité, Monsanto avait déjà installé, en 2001, un pôle pétrochimique à Camacari, estado de Bahia (le plus important investissement en dehors des Etats-Unis), pour fournir les constituants de Roundup aux fabriques brésiliennes, argentines et à la belge, située à Anvers.

Une fois les cultures autorisées, la multinationale a exigé les droits de propriété sur le gène, qui pour la seule première année (2003) lui ont rapporté 160 millions de dollars. Elle a aussi signé des accords avec le Paraguay en 2004.

En Argentine, après le renoncement initial à toucher des royalties, Monsanto a changé de posture et a menacé de se retirer du pays si on ne lui payait pas le brevet, ce qui a déclenché la colère officielle. Huit ans après le débarquement transgénique, on a calculé que seulement 18% des semences sont certifiées. L’entreprise a commencé à enregistrer les bateaux arrivant en Europe et a terminé par porter le litige aux tribunaux de Bruxelles, ce qui signifie une menace pour les exportations locales.

« Ceci est le dernier maillon d’un modèle de production intensif que les multinationales du nord vendent aux pays du sud », affirme l’agronome argentin Walter Pengue, citée par Marie-Monique Robin comme une autorité mondiale en matière de soja transgénique. Pengue soutient que les monocultures menacent la sécurité alimentaire qui se soutient sur la biodiversité, car « Monsanto s’approprie des semences après de leur transformation en grains et finalement contrôle toute la chaine. Qui contrôle les semences contrôle la nourriture, et par conséquent les êtres humains... ».

 
* Ce fut d’abord un documentaire ; à partir de là, un livre : Le monde selon Monsanto. Dans les deux, la journaliste francaise Marie-Monique Robin déploit avec rigueur et minutie magistrales, la ténébreuse histoire de la transnationale agrochimique et biotechnologique Monsanto. Elle dénonce le danger extrême de ses produits et décrit les troubles manoeuvres avec lesquelles la compagnie est parvenue à controler une bonne partie du commerce mondial des semences transgéniques. Cependant, en Allemagne, le ministère de l’Agriculture et de Défense du consommateur a interdit la culture d’une variété de maïs transgénique développée par cette entreprise ; en Argentine, la ministre de la Défense a interdit la plantation de soja génétiquement modifié dans les champs appartenant aux Forces Armées, et un rapport de l’Université de Buenos Aires et du Conicet signale que l’herbicide gliphosate constitueune menace pour la santé humaine.


Adolfo Coronato, Le Monde diplomatique, édition Cône Sud, mai 2009.

Traduit par http://amerikenlutte.free.fr


Edité par T 34 - 09 May 2009 à 16:44
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Jun 2009 à 14:48
 
«Home»: un monument d’ignominie pseudo écologiste, pillant Koyaanisqatsi pour vendre sa camelote pro-capitaliste

Imaginons que la situation de la planète soit tellement catastrophique que la bourgeoisie française soit elle-même obligée de réagir. Que ferait-elle?Elle mènerait une grande opération de propagande, quelque chose qui soit visible à grande échelle, et réutilisable, comme un film.

Elle donnerait à ce film un titre général, abstrait, unificateur, comme « Home. » Elle prendrait comme réalisateur Luc Besson, le pape des superproductions à la française (que l’on pense à la série des « Taxi »).

Elle prendrait comme auteur une figure journalistique à prétention artistique, dont on peut être certain qu’il ne critiquera pas le capitalisme, comme par exemple Yann Arthus-Bertrand, qui est Chevalier de la Légion d’honneur, Peintre officiel de la Marine (en 2005), Chevalier de l’Ordre du Mérite Agricole, élu à l”Académie des beaux-arts en 2006…

Esthétiquement, elle exigerait que le film ait une apparence radicale, et la production pillerait évidemment le grand classique Koyaanisqatsi, film de 1983 montrant la destruction de la planète.

Au niveau du contenu, elle ferait en sorte que le film ne considère la planète et les animaux que comme des «ressources» (et non pas comme ayant des valeurs en soi), et ferait l’apologie de la capacité technique du capitalisme, de l’idéologie patriarcale de soumission de la nature, etc., et appellerait à assumer la modernisation du capitalisme (critique de techniques traditionnelles, apologie du mico-crédit, etc.).

La bourgeoisie demanderait également aux plus gros monopolistes de payer, comme par exemple le groupe PPR (anciennement Pinault-Printemps-Redoute), qui possède la FNAC, Gucci, Conforama, la Redoute, CFAO (le leader dans la distribution automobile et dans la distribution de produits pharmaceutiques en Afrique), etc. – le groupe, qui a un chiffre d’affaires de 20 milliards d’euros, pourrait bien se permettre d’accorder un budget de 13 millions d’euros.

Elle organiserait une soirée de projection prestigieuse, sur le Champ de Mars à paris, mais également à New York (dans le fameux Central Park), et dans autant de pays possibles (181 pays, par exemple).

Elle ferait en sorte que le service public diffuse le film en « prime time » (comme par exemple sur France 2 un vendredi à 21 heures), avec une émission de discussion après le film, où l’on expliquerait qu’il faut des réformes, que seuls les petits actes des « citoyens » compteraient, qu’il faut manger «un peu moins de viande», que tout est de la faute des «pays émergents» (comme si les pays semi coloniaux semi féodaux ne produisaient justement pour les pays capitalistes), etc.

Elle permettrait au film d’être téléchargeable gratuitement, disponible en plusieurs langues, jusque sur YouTube.

Tout cela est donc en fait la réalité, celle du film « Home», diffusé de 5 juin.

Un film du grand «hélicologiste» Yann Arthus-Bertrand, connu pour ses photos prises depuis un hélicoptère (2 300 heures à bord d”un hélicoptère, ce qui en fait de la pollution). Un ami des people, comme lorsqu’il est allé en voyage au Groenland avec le ministre de l”Ecologie Jean-Louis Borloo, le footballeur Bixente Lizarazu, la navigatrice Maud Fontenoy,… pour «vérifier la fonte de la banquise».

Son association Good- Planet va d’ailleurs devenir une fondation, avec au conseil d”administration siégeront des hommes politiques, et de grands patrons. Tout un symbole de la fausse écologie, de l’écologie comme simple moyen de réimpulser le capitalisme, au lieu d’affronter la résolution de la contradiction entre les villes et les campagnes.

Les capitalistes savent que leurs jours sont comptés, que même la planète ne veut plus d’eux. Leur culture, leur vision du monde, leurs valeurs, tout cela doit disparaître, la bourgeoisie est condamnée! D’où sa tentative désespérée de s’en sortir avec le principe de la «simplicité volontaire», du capitalisme «enraciné» à la Gandhi, etc.

Mais tout cela n’a aucune valeur, ce n’est pas ce dont ont besoin les masses populaires et tous les êtres vivants sur cette planète!

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Jul 2009 à 19:15

La taxe carbone, beaucoup de vent

Pendant deux jours, à partir de jeudi, une "Conférence des experts" réunit à Paris économistes, industriels, syndicalistes et représentants du monde associatif pour dessiner les contours de cette "contribution climat-énergie" (CCE), suivant la terminologie retenue lors du Grenelle de l’environnement. Problème, selon UFC-Que choisir, la hausse des prix de l’énergie ne fait baisser que très marginalement la consommation.

L’UFC-Que choisir s’est livré hier à une démonstration convaincante sur l’impact prévisible de la création d’une taxe carbone sur le niveau de consommation d’énergie. Graphiques et tableaux à l’appui, l’association de consommateurs remet en question « l’évidence » d’un lien entre hausse des prix des carburants, du fuel et du gaz et baisse de la consommation. L’étude réalisée révèle par exemple que, pour les carburants, l’augmentation de 33 % de leur prix enregistrée entre 1995 et 2000 n’a pas empêché une hausse de la consommation de 10,5 %.

Seule la période 2003-2006 fait apparaître une coïncidence entre flambée des prix (+ 28 %) et recul de la consommation (- 2,8). Mais, relève l’association, le rapport entre baisse et hausse est de 1 à 10, c’est-à-dire que, pour obtenir une chute de 10 % de la demande, il faudrait une hausse de 100 %. UFC-Que choisir estime aussi que le recul de la consommation enregistré à l’été 2008 est sans doute plus imputable à l’amorce de la récession économique qu’au record de 150 dollars enregistré par le prix du baril de pétrole.

Pour Alain Bazot, le président de l’association, la hausse des prix de l’énergie ne peut avoir qu’un effet marginal sur la consommation. « Les consommateurs sont captifs. S’ils utilisent une voiture, c’est que, dans la très grande majorité des cas, aucun autre mode alternatif ne s’offre à eux », explique-t-il. Ainsi, la dépense moyenne annuelle et par ménage en carburants est de 1 243 euros pour les ruraux contre 924 euros pour les habitants des villes moyennes et 708 euros pour les résidents de l’agglomération parisienne.

Dans ce contexte, instaurer une taxe carbone reviendrait à « pénaliser » des consommateurs qui le sont déjà par l’insuffisance des infrastructures de transports collectifs ou la faible densité de l’habitat. UFC-Que choisir, qui jusqu’à hier était écarté de la réunion des experts sur la taxe carbone, entend se mobiliser contre ce qu’elle soupçonne être « un retour de la TVA sociale ».

Pierre-Henri Lab

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Un symbole du capitalisme vert

Par Paul Ariès, directeur du Sarkophage, journal des gauches antiproductivistes et des écologistes antilibéraux (*).

Les ambiguités du film "Home"

Le film Home, de Yann Arthus-Bertrand est un très mauvais coup contre l’écologie politique, c’est-à-dire contre une écologie de rupture avec le capitalisme et tout productivisme. YAB est le chantre des mascarades vertes : ex-photographe du Paris-Dakar au moment même où cette course était le symbole du néocolonialisme (de la domination des uns sur les autres et de tous sur la planète), le photojournaliste n’est certes pas crédible en tant qu’individu, mais il aurait pu cependant faire un bon travail, un film pédagogique. Ce n’est pas le cas : si le constat est juste, le diagnostic est faux et les solutions mauvaises.

Ce film est donc dangereux politiquement pour au moins trois raisons. La beauté des paysages masque la laideur des thèses mais aussi la part du non-dit. Ce choix esthétique est en effet un choix idéologique et politique contestable.

C’est celui d’une nature sauvage qui serait polluée par les humains, c’est la conception nord-américaine de l’écologie où l’humanité apparaît comme « en trop ». L’écologie européenne est née de la critique de l’aliénation, de l’exigence, notamment, de conditions de travail et de vie qui assurent une vie plus belle. Ces paysages splendides n’évoquent rien pour l’immense majorité des humains et ne peuvent donc que renforcer un sentiment d’impuissance et de culpabilité. Il faut être riche pour voir cette nature-là : les pauvres n’y accèdent jamais. YAB reprend la représentation de Dame nature alors qu’il faudrait justement la combattre.

Nous ne devons ni dominer ni être dominés par la nature mais l’accompagner, comme le montrent merveilleusement les laboratoires du futur du jardinier Gilles Clément. YAB montre aussi que les lois qui valent pour la société seraient ces lois naturelles couplées aux lois économiques, bref tout autre chose que des lois politiques au service des plus petits. Les films de Jean-Michel Carré (J’ai mal au travail) ou ceux de Marie-Monique Robin (Monsanto) ont fait un autre choix : celui de l’intelligence collective, celui d’une interpellation qui permette aux spectateurs de (re)devenir des citoyens agissant pour leur émancipation. YAB évacue la responsabilité du système, celle des logiques économiques et politiques dominantes. Le saccage de la planète serait la faute à pas de chance… Ah, si nous n’avions pas découvert le pétrole ! Ce parti pris esthétique exonère de toute responsabilité les grandes firmes à l’origine de l’exploitation et de la domination des humains mais aussi (on le sait désormais) de la destruction de la planète. Le cas Pinault est exemplaire : première fortune européenne, symbole de ces riches qui saccagent la planète, YAB le métamorphose en super-héros vert, en champion de l’écologie, d’une nouvelle « croissance verte ». Ce film n’ouvre enfin aucune perspective, sinon celle de culpabiliser plus encore les pauvres propriétaires de vieux logements, de vieilles voitures, beaucoup moins « écolos » que ceux des riches… Ce film ne nous dit rien sur la nécessité de faire décroître les inégalités pour sauver la planète. Il ne nous dit pas qu’il faudrait assurer à chacun les moyens de vivre frugalement et dignement, c’est-à-dire partager tout autrement un autre gâteau beaucoup plus comestible socialement et écologiquement. Ce film ne dit pas non plus (et pour cause !) qu’il faudrait démanteler les sociétés transnationales (STN) responsables de la faillite planétaire, il ne souffle pas un mot des dangers de la technoscience (irradiation des aliments, nucléaire, nanotechnologies…). Il ne dit (surtout pas) qu’il faudrait détruire l’appareil publicitaire responsable de ces modes de vie destructeurs. YAB signe un film qui est le symbole même de l’impérialisme culturel nouveau, c’est-à-dire celui du « capitalisme vert » avec son projet d’adapter la planète, les humains et l’écologie aux besoins du productivisme capitaliste. Ce film recycle tous les poncifs d’une écologie de marché, avec le principe des droits à polluer, avec le mécanisme de compensation (je pollue mais je paie…), à l’instar des vieilles indulgences. Ce film pollue l’écologie en y important les thèses des écologistes de marché. Ce film participe de cette idéologie qui veut enseigner aux pauvres à se serrer la ceinture.

Ne faut-il pas leur faire payer la crise écologique comme ils paient déjà la crise financière ? Ce film de YAB lave plus vert le capitalisme et le productivisme : il prépare de mauvais jours.

(*) Auteur d’Apprendre à faire

le vide, Édition Milan.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Jul 2009 à 20:19

Marx, le premier véritable mondialiste


AUTEUR:  William BOWLES

Traduit par  Pedro da Nóbrega. Édité par Fausto Giudice


À défaut de lui trouver quelque mérite, le pillage systématique des ressources naturelles de la planète aura eu au moins celui de mettre à l’ordre du jour le besoin d’une sorte de régulation globale (et qui soit globalement applicable) pour ce qui subsiste de la précieuse matière vivante de la planète. Mais le capitalisme peut-il être à même de répondre à cet enjeu ? Et plus que cela, le souhaite-t-il vraiment et même un type  de capitalisme ‘réformé’ est-il capable de le faire, sachant que la nature profonde du capitalisme est de croître ou mourir ?

Le cri de ralliement de Marx et des socialistes du XIXème siècle aura été l’internationalisme, ‘Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !’, prévoyant que, de par la nature globalisante du capitalisme industriel, il chercherait à étendre le marché capitaliste au moindre recoin de la planète susceptible de générer des profits. Et ce faisant, Marx a prédit avec justesse que le capitalisme industriel engendrerait l’émergence d’une classe laborieuse organisée et politiquement consciente partout où il s’installerait, constituant à l’époque la section la plus avancée de la classe des travailleurs, et que ce serait cette classe ouvrière organisée, « conduite » par une organisation révolutionnaire qui en finirait avec le capitalisme pour le remplacer par une économie socialiste rationnelle et planifiée.


J'arrive - Nizar Outhman

Ainsi en était-il de la théorie. La pratique aura permis á quelques-uns d’entre nous de tirer de précieux enseignements sur la difficulté à construire une économie socialiste, pas seulement parce que nous ne disposions que de la théorie, mais aussi parce que les États capitalistes dominants étaient fermement déterminés à ce que toute alternative au capitalisme non seulement échoue, mais que, d’un point de vue stratégique, soit montré le spectacle de son échec.

Ceci dit, il est évident que l’échelle du pillage atteint de telles proportions qu’elle en vient à remettre en cause la survie même de la planète, isolant toute possibilité de socialisme. Ceci est particulièrement flagrant pour ce qui concerne les océans de la planète, quand certaines projections estiment que dans moins de 40 ans, 90% des réserves de poisson auront été épuisées. Avec un milliard de personnes dépendant entièrement du poisson comme seule source de protéines, cette crise prend des proportions effarantes. Et l’image de nos océans vidés de toute vie est tout simplement insoutenable ! L’océan est avant toute chose notre berceau et même les larmes que nous pleurons sont salées.

La raison majeure de l’épuisement des ressources provient, non pas de la croissance démographique (Malthus peut toujours retourner sa vilaine face dans sa tombe), mais des insatiables appétits des nations prétendument développées, peut-être 10% de la population mondiale, qui sont responsables du carnage.

Près de 10 millions de requins sont massacrés chaque année juste à cause des ailerons de ces malheureuses créatures et afin de satisfaire les désirs d’une poignée de riches Japonais. Les carcasses sont ensuite rejetées dans l’océan.

Des millions de tonnes de thon sont pompées de l’océan chaque année simplement pour nous permettre de manger ces satanés sandwichs au thon, qui ne relèvent pas des nécessités premières mais constituent un luxe dont nous pourrions très bien nous passer. Mais comment réguler 70% de la planète quand notre économie ‘globale’ c’est le « chacun pour soi » ?

Le problème est simple : Le capitalisme peut-il résoudre la crise que nous affrontons sans signer sa propre sentence de mort et le souhaite-t-il seulement ? L’histoire nous a montré que la réponse est un non retentissant aux deux questions.


Alfons Kiefer

Cuba nous montre-t-elle la voie à suivre ?

Le fait que Cuba, par la force des circonstances, ait du s’engager dans la construction  d’une économie durable n’est pas dénué d’ironie. Mais ce n’est certainement pas par le simple hasard que la seule économie socialiste du monde s’est engagée dans cette voie révolutionnaire mais parce qu’elle est littéralement le seul pays de la planète capable d’accomplir une telle tâche. Cela a été du en partie au blocus des U.S.A., qui dure depuis des décennies, allié à l’effondrement de l’Union Soviétique, mais cela n’enlève rien à la prouesse réalisée. Quelles qu’en soient les raisons, Cuba ne nous a pas seulement montré que c’était possible, mais aussi que c’était impossible sans une économie planifiée socialiste.

Imaginez par exemple une autre nation insulaire, le Royaume-Uni, s’engageant dans une telle voie pour l’avenir ? Cuba reste, en fin de compte, un pays pauvre qui a souffert pendant des décennies d’un pillage délibéré de ses ressources et qui souffre, à l’image d’autres pays ayant tenté de construire le socialisme, d’un manque d’infrastructures développées. En résumé, c’était le moins équipé pour affronter un chantier aussi colossal et il a du s’y employer tout seul sous l’ombre portée ‘del Norte’.

Tout ce que Marx  a pu écrire il y a 150 ans indiquait la direction que nous nous voyons aujourd’hui contraints de prendre en compte. Mais faudra-t-il une catastrophe écologique pour que nous affrontions la question et sera-t-il alors trop tard ??

Ceci n’est pas une question académique mais une simple question de survie. Mais notre population suralimentée et sous-informée ne prendra-t-elle conscience de cette situation que quand il n’y aura plus de boîtes de thon sur les étagères ni de poisson dans l’assiette ?

Dans le passé, la lutte pour le socialisme se fondait sur la justice économique et politique pour tous les travailleurs et cela n’a pas changé ; ce qui s’est modifié ce sont les effets de cette infinie « croissance », c’est-à-dire que l’expansion du « marché » capitaliste a fini par atteindre ses limites, celles de notre propre planète.

Mais si vous pensez que tout cela pourrait provoquer une sorte de prise de conscience de nos leaders auto-proclamés, mieux vaut y penser à deux fois. Un léopard peut-il changer les taches de son pelage ? Ils voient cette occurrence plutôt comme une nouvelle occasion de faire de l’argent ! Pire encore, la responsabilité d’une telle aberration est jetée sur nos épaules sans que nous disposions de quelque pouvoir conséquent pour pouvoir agir de façon significative sur cette situation. Nous voilà de ce fait sommés de serrer nos ceintures et même criminalisés pour produire trop de déchets! Des déchets que nous n’avons pas créés mais que nous sommes contraints d’acheter lorsque nous allons dans les supermarchés. Nous supportons la culpabilité pendant que les actionnaires de Tesco* encaissent les dividendes.

*Tesco est un réseau britannique international de grande distribution. C’est le premier réseau britannique en la matière par son volume de ventes et ses parts de marché national  avec des bénéfices dépassant les 3 milliards. C’est aujourd’hui le troisième réseau mondial dans ce secteur en chiffres d’affaires, derrière l’US Wal Mart et le français Carrefour, mais le deuxième pour ce qui est des profits devant Carrefour. (source Wikipédia)


Source : Marx, the first real globalist 

 Article original publié le 17/6/2009

Sur l’auteur

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Edité par T 34 - 06 Jul 2009 à 20:20
Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Aug 2009 à 16:17
 
À 2 700 mètres d’altitude, même au Chiapas, les nuits sont souvent fraîches. Emmitouflés dans leurs vieux anoraks, le visage protégé par le traditionnel passe-montagne, ou roulés dans une ou deux couvertures, une dizaine de "bases d’appui" zapatistes montent pourtant la garde jour et nuit, depuis deux ans. Leur campement est précaire, mais la chaleur qui s’en dégage est réelle. Malgré la fumée qui pique les yeux, le café brûlant et les paroles échangées, à grands coups d’incompréhensions et de quiproquos débouchant sur de grands éclats de rire, s’apprécient comme un vrai luxe.
 

L’enjeu de cette présence, renforcée par celle d’observateurs [1] venant par intermittence loger un peu plus bas, un peu mieux à l’abri, est la protection de la Réserve naturelle écologique zapatiste du cerro de Huitepec. La montagne, couverte d’une superbe forêt, surmontée d’immenses antennes de télécommunication, constitue un important réservoir d’eau pure pour la ville de Jobel [2]. Une partie de son territoire est déjà gérée, avec plus ou moins de zèle, par la réserve officielle de Pronatura. Une autre partie, entourée de barbelés, appartient à un gros propriétaire vivant à Monterrey, dans le nord du pays. Quand le maire de Jobel a rendu publique sa décision de convertir le reste en un parc zoologique (dissimulant un projet d’urbanisation de luxe), les habitants des communautés vivant sur les flancs de Huitepec ont réagi. Depuis des temps immémoriaux, ils parcourent et entretiennent la forêt et les multiples ressources qu’elle leur fournit : eau, bois mort pour la cuisine, fruits sauvages, fleurs et plantes médicinales. Malgré le harcèlement des autorités municipales, l’arrestation et la condamnation pour des motifs préfabriqués de plusieurs d’entre eux, ils ont résisté, et fait appel à l’arbitrage de la Junta de Buen Gobierno [3] d’Oventik. Celle-ci a déclaré "réserve écologique" toute la zone encore préservée, quelque 102 hectares, et décidé, malgré les menaces répétées des politiques officiels, d’organiser la présence permanente d’un campement, et d’assurer des rondes régulières dans la forêt.

Manuel nous accompagne, avec son jeune fils, dans l’une de ces rondes presque quotidiennes. Il s’agit de parcourir un dénivelé de 400 mètres environ, sur d’étroits sentiers, parfois glissants, qui se faufilent entre les troncs immenses, tapissés de mousse, franchissent sous les lianes des ruisseaux, des ravins, des clairières et des prairies couvertes de fleurs blanches, jaunes ou bleues. Tout en cheminant, à un rythme un peu rapide pour nous, Manuel nous montre les traces laissées par un tatou, nous indique le nid d’un écureuil, et nomme les arbres et les plantes. Beaucoup d’entre elles ont des vertus médicinales, qu’il nous explique en détaillant la préparation et l’administration des remèdes. Pour la "fleur de saint Jean", par exemple, qui ressemble un peu à l’arnica, la racine est broyée, afin d’obtenir une infusion destinée à la nouvelle accouchée. Celle-ci en boira trois tasses, avant de faire une séance de temascal [4]. Le traitement suffira à la remettre sur pieds. Une autre fleur, la pom bonon, sert à combattre la dysenterie rouge, d’autres encore font tomber la fièvre...

La descente est magnifique, et dévoile de temps à autre une vue plongeante sur la cuvette où s’étale, tentaculaire, la ville de Jobel.

Un peu plus loin, Manuel nous montre l’endroit où un des compañeros, récemment décédé, a été enterré. Sur la terre, les autres ont planté une fleur. Il aimait beaucoup la forêt.

Plus bas, nous constatons avec notre guide que quelqu’un s’est branché sur une des sources, sans l’autorisation de la Junta (qui l’accorde généralement aux particuliers). Comme c’est la deuxième fois en trois jours, il emporte le bout de tuyau qui permettait la captation. Enfin, arrivé près de la limite inférieure de la réserve, nous tombons sur une coupe sauvage de jeunes arbres (des tulan, une variété de chêne très courante et appréciée pour ses qualités comme combustible). Une trentaine au total ont été abattus, et la plupart des troncs ont été laissés sur place. Les zapatistes feront le rapport à la Junta, et tenteront de découvrir les auteurs du méfait. Un acte d’autant plus incompréhensible que la coupe des arbres morts, qui ne manquent pas, est tout à fait autorisée. Depuis des siècles, les communautés indigènes ont élaboré et respecté des règlements précis quant à l’utilisation des ressources naturelles, la protection des rivières, des sources et des plantes. Cette culture perd du terrain dans les communautés où l’argent a semé sa gangrène.

Le lendemain, nous aurons l’occasion de surprendre trois cavaliers (dont deux Français : l’un s’avère être le propriétaire d’un ranch dans les environs de Jobel), qui ont eux aussi volontairement méprisé les jolies pancartes apposées par la Junta de Buen Gobierno. Nos accompagnateurs, qui ont rapidement enfilé le passe-montagne qu’ils portaient attaché à la ceinture, les avertissent : "la prochaine fois, nous ne vous laisserons pas partir comme cela". Aucune menace dans leur attitude, ni agressivité. Seulement la calme détermination de faire respecter un territoire dont ils sont collectivement responsables. Même si certains parmi les bases d’appui zapatistes viennent parfois de loin, d’une autre région des Altos.

Au cours de cette semaine, nous n’aurons pas l’occasion d’apercevoir un seul des tigres (peut-être des ocelots), des chevreuils, des singes ou des sangliers qui habitent, d’après nos compañeros, la réserve de Huitepec. Mais tous ces moments de pause sous les arbres, les baignades ou le rafraîchissement dans le bassin qu’ils ont aménagé, nous ont rapprochés des zapatistes. Ces hommes et ces femmes, tous âges confondus (la "relève" de la rébellion semble largement assurée), qui se parlent longuement, exprimant ouvertement leur curiosité et leur sympathie à l’égard des internationaux venus leur rendre visite et les soutenir dans la défense de cette terre. Ces "indios" que les mauvais gouvernements se sont juré d’expulser ou d’éliminer... par l’assimilation ou par la force.

Nous repartirons les bras chargés de carmelitas (la culture des fleurs et leur vente sur le marché de Jobel constitue l’une des activités des habitants de la communauté de Huitepec).

Au sud de Jobel, une autre montagne, le cerro de Santa Cruz, agonise, les flancs dévastés par les énormes Caterpillar d’une entreprise locale. Dont le patron est le frère, le hasard faisant bien les choses, du président municipal PRI [5] de la ville. Tant pis si le cerro alimentait une immense zone humide [6]. Ou tant mieux, car le même entrepreneur y construit à tour de bras des lotissements de cages à lapins. Le PRI, après avoir saigné à blanc le pays pendant plusieurs décennies, a été battu en 2000 par un parti concurrent [7], aussi corrompu, dont la seule originalité sont ses liens avec l’extrême droite et les catholiques intégristes. Aux dernières élections, le PRI a fait un retour en force. Son principal allié, le Parti Verde Écologiste, a fait campagne sur le thème du rétablissement de la peine de mort, pour les auteurs d’enlèvements et les meurtriers. "Au nom de la vie", proclamaient ses affiches. Quand au gouverneur PRD [8] de l’État, Juan Sabines, il poursuit une politique de harcèlement contre les communautés zapatistes, lance des mégaprojets, des autoroutes et du pseudo écotourisme au sein des territoires indigènes, offre d’impressionnantes concessions aux entreprises minières canadiennes.

Il se trouve encore des gens, au Mexique comme ailleurs, pour penser que la défense de l’environnement peut être déléguée, et réglée simplement par "le bon choix" dans les urnes...

L’exemple zapatiste est pourtant à méditer : l’écologie est l’affaire de tous. Accepter que la terre (et les forêts, les rivières et les mers) appartienne à l’État, à des autorités régionales ou locales, ou encore à des propriétaires privés, c’est à plus ou moins long terme la condamner. Et nous avec, qui vivons dessus.

Paysans, organisés dans des communautés qui à leur tour coordonnent leurs efforts, les zapatistes se permettent ce luxe inouï : consacrer une part non négligeable de leur temps à préserver et récupérer un territoire, à reconstruire leur autonomie afin, comme ils disent, de pouvoir rêver d’un "monde qui contienne beaucoup de mondes".


[1] Une association locale, le Centre des Droits Humains Fray Bartolomé de Las Casas, prépare à ce travail d’observation.

[2] Nom en langue bats’i k’op de San Cristóbal de Las Casas.

[3] Il existe cinq Juntas de Buen Gobierno au Chiapas. Un pour chacun des Caracoles, les lieux où siègent ces institutions de l’autogouvernement indigène zapatiste. Leurs membres, rappelons-le, sont désignés par leurs communautés pour un temps limité. Ils ne siègent que pendant des périodes de 10 jours, et ne sont pas rémunérés.

[4] Le temascal, pus en langue tsotsil, est la "hutte de sudation" que les premiers habitants de l’Amérique connaissent depuis des millénaires.

[5] Le Parti révolutionnaire institutionnel. Corrompu et violent, il "tient" une grande partie du pays grâce à la démagogie et au clientélisme. Au pouvoir entre la fin des années 1920 et l’an 2000, il a été responsable, entre autres, du massacre de la place des Trois-Cultures, en octobre 1968, de la guerre sale des années 70, et de l’abandon des ressources naturelles et humaines du pays face aux intérêts nord-américains.

[6] La Convention de Ramsar protège pourtant, théoriquement, ce type de zones humides à grand importance écologique. Mais la défense de l’environnement n’en est pas à un scandale près.

[7] Le PAN, Parti d’action nationale. L’actuel président de la République Mexicaine, Felipe Calderón, a été élu grâce à ce parti, et à une fraude monumentale.

[8] Le Parti de la révolution démocratique est le troisième "grand" parti mexicain à vocation gouvernementale.
 
 
J.P. le 4 août 2009.
 
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Aug 2009 à 14:53

Ne soyons pas des altermondialistes benêts !

 
Aurélien BERNIER

Du 1er au 9 août 2009, à Notre-Dame-des-Landes (44), la « Semaine de résistance » visait à mobiliser les organisations militantes et les citoyens contre un projet local de nouvel aéroport, et plus largement, à débattre des politiques de lutte contre le changement climatique. A cette occasion, un débat politique intitulé « Comment les politiques prennent en compte l’écologie » a été organisé le 7 août. Il a rassemblé 500 personnes. Les intervenants étaient Yannick Jadot et François Dufour (Europe Ecologie), Jean-François Pélissier (Alternatifs), Corinne Morel-Darleux (Parti de Gauche), Aurélien Bernier (M’PEP), Vincent Liegey (Europe Décroissance), Christine Poupin (NPA), et Bernard Frot (Mouvement écologiste indépendant).

Vous trouverez ci-dessous l’intervention d’Aurélien Bernier pour le M’PEP.

Dans son avant-dernier livre, Comment les riches détruisent la planète (Seuil), Hervé Kempf s’en prend à juste titre aux « écologistes benêts ». Qu’ils soient militants associatifs ou politiques, les écologistes benêts sont ceux qui ne voient le monde qu’à travers la crise écologique en oubliant la crise sociale. Ceux qui défendent une écologie qui ne serait « ni de droite ni de gauche ». Ceux qui prétendent sauver les écosystèmes sans mettre fin au capitalisme.

Depuis la parution de ce livre en 2007, les écologistes benêt n’ont pas disparu, bien au contraire. Les choses se sont même aggravées. A présent, certains vont jusqu’à assumer sans le moindre complexe un capitalisme vert qui nous promet des éoliennes et des centrales photovoltaïques par milliers, mais sans la moindre remise en cause de l’ordre économique mondial qui tente même d’y puiser une seconde jeunesse.

Aller au fond des choses

Face à cette offensive extrêmement dangereuse, nous ne devons pas être nous aussi des militants politiques ou des altermondialistes benêts. Pour cela, il faut bien-sûr promouvoir une écologie clairement antilibérale, mais surtout, il faut aller au fond des choses. Ce qui n’est actuellement pas le cas. Nous avons travaillé pour imaginer le monde idéal que nous aimerions construite. Mais le mouvement altermondialiste ne dit jamais comment sortir concrètement et rapidement du néolibéralisme. Pour illustrer cette forme d’autocensure, prenons trois exemples.

Premièrement, l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Dix ans après le contre-sommet de Seattle, le mouvement altermondialiste n’a toujours pas de discours clair au sujet de cette institution. Nous entendons parler de réformer l’OMC, de limiter ses pouvoirs. Nous entendons dire qu’il faut « sortir l’agriculture des compétences de l’OMC ». Mais que faut-il comprendre ? Qu’il faut y laisser les services et l’industrie ? Qu’il faut laisser l’OMC empêcher toute mesure ambitieuse de protection de l’environnement au nom de la libre-concurrence ? Soyons clairs. L’OMC est un rassemblement de fanatiques ultralibéraux. Elle n’est pas réformable, et il faut tout simplement en sortir.

Deuxième exemple : le protectionnisme. Depuis des années, nous observons et dénonçons les ravages que produit la mondialisation néolibérale sur le plan social et sur le terrain de l’écologie. Le libre-échange, qui met en concurrence les pays à bas coûts de main d’œuvre et les pays développés et qui produit de façon inévitable un alignement vers le pire, est le véritable cœur de cette mondialisation néolibérale. Il faut donc en finir, et le seul moyen d’y parvenir rapidement est d’instaurer un protectionnisme écologique et social sur des bases universalistes. Taxer aux frontières les productions qui polluent et qui ne respectent pas un certain nombre de critères sociaux ne signifie pas se replier sur notre petit territoire national, mais vise au contraire à jeter les bases d’un commerce réellement équitable à l’échelle de la planète.

Enfin, le dernier exemple constitue le principal tabou des mouvements sociaux, et il s’agit bien évidemment de la question européenne. Si un gouvernement de gauche ‒ la vraie gauche antilibérale, cela va de soi ‒ arrivait au pouvoir en France, la quasi-totalité de ses propositions se heurterait aux traités, aux directives et aux règlements européens. Nous le savons tous. Interdire les OGM, développer les services publics, mettre en place une fiscalité de justice sociale... Tout cela est interdit par le droit communautaire. Nous savons pertinemment qu’une fois au pouvoir, nous devrions pratiquer la désobéissance européenne et construire du droit national qui, parce qu’il serait socialement juste et soucieux de l’écologie, serait contraire au droit européen. Nous le savons tous, mais seul le M’PEP ose le dire et le revendiquer. Pourquoi ? Ce silence est incompréhensible, alors même que l’abstention atteint des sommets, que l’altermondialisme s’essouffle et que le fatalisme n’a jamais été aussi présent.

Organiser la contre-offensive

L’enjeu de cette clarification, qui concerne tous les militants de la gauche et de l’écologie politique, est énorme. Nous ne pouvons plus l’éviter, sauf à nous contenter de luttes de résistance (contre un projet d’aéroport, contre une fermeture d’hôpital, contre une parcelle d’OGM...) sans jamais passer à la contre-offensive. Or, nous devons reprendre la main. C’est en étant cohérents et crédibles que nous redonnerons aux citoyens l’espoir de changer le cours des choses et, qu’au final, nous gagnerons.

Aurélien Bernier
http://abernier.vefblog.net/

secrétaire national du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP), auteur du livre « Le climat, otage de la finance », 2008, Mille-et-une-Nuits.

Le 9 août 2009

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Aug 2009 à 14:46
Les écologistes viennent de se trouver une alliée de choix LOL :
 
La croisade anti-écolo ressuscite Sarah Palin
 
On la croyait finie car elle renonçait à son poste de gouverneure, mais le plan climat d'Obama lui inspire un nouveau combat.

La%20gouverneure%20de%20lAlaska%20républicaine%20Sarah%20Palin%20en%202008%20%28Hans%20Deryk/Reuters%29.

Ancienne candidate républicaine à la vice-présidence américaine, la spectaculaire Sarah Palin tente de revenir sur le devant de la scène politique. Après avoir annoncé sa démission imminente du poste de gouverneur de l'Alaska, elle attaque violemment le plan climat de l'administration Obama.

Depuis quelque mois, Palin était reléguée dans les pages people en tant que maman de sa fille. Celle-ci était tombée enceinte à 17 ans pendant sa terminale, alors que sa mère, chantre farouche de l'abstinence sexuelle avant le mariage, défendait les valeurs chrétiennes de l'Amérique pendant la campagne présidentielle.

« La personne la plus qualifiée dans ce pays pour parler d'énergie »

Depuis, le bébé est né, le fiancé ado a été jeté, la fille s'est beaucoup exprimée à la télé, promouvant une chasteté qu'elle n'avait pas su garder. Sarah Palin, dont les compétences n'avaient pas ébloui les électeurs malgré d'évidentes qualités de bête de scène, a eu plein de temps pour mijoter les conditions de sa résurrection politique.

O surprise, elle commence par annoncer, le 3 juillet, qu'elle ne briguera pas un nouveau mandat de gouverneur. Mais elle ne dit pas pourquoi. Envisage-t-elle de se préparer à briguer l'investiture républicaine pour la prochaine élection ? Pure supputation.

Dix jours plus tard, le 14 juillet, paraît sa tribune en une du Washington Post, intitulée « The “cap-and-tax” dead-end » (jeu de mot intraduisible autour du « cap and trade system », du marché des permis d'émission des gaz à effet de serre, lequel serait une « tax », un impôt ; « dead-end » signifiant l'impasse).

L'énergie et l'environnement comme angle d'attaque politique, pourquoi pas ? Palin a dû se souvenir qu'un jour, pendant la campagne, son co-listier John McCain avait dit qu'elle était « la personne la plus qualifiée dans ce pays pour parler d'énergie ».

« La solution ne réside pas dans l'instauration d'une énergie plus rare et plus chère »

L'Alaska, « son » Etat, ne recèle-t-il pas d'importantes réserves de gaz et de pétrole dans son sous-sol, réserves à même d'assurer à l'Amérique tout l'approvisionnement en énergie dont elle a besoin, sans avoir recours aux vilains Chinois et autres pays du Golfe ? Comme l'écrit madame Palin :

« Nous sommes mûrs pour la croissance économique et l'indépendance énergétique si nous puisons raisonnablement dans les ressources que Dieu a placées dans le sol américain, exactement sous nos pieds. »

En gros, Sarah Palin accuse le gouvernement Obama et les démocrates de tout faire pour augmenter le prix de l'énergie, des produits manufacturés, bref, du coût de la vie, sans parler du chômage et de la dette publique.

« Je ne nie pas que, à mesure que le monde s'industrialise, nous devions réformer nos politiques énergétiques et diminuer notre dépendance envers les énergies étrangères. Mais la solution ne réside pas dans l'instauration d'une énergie plus rare et plus chère.

Ceux qui comprennent le problème savent bien que nous pouvons assouvir nos besoins énergétiques et faire face au défi environnemental sans détruire l'économie américaine. »

Sarah Palin s'attaque ici à la récente loi sur l'énergie adoptée par la Chambre des représentants (qui doit encore passer la barrière du Sénat), laquelle instaure, comme en Europe, le système du « cap and trade » pour les entreprises émettrices de gaz à effet de serre.

Un déni quasi religieux d'un phénomène scientifique

Des quotas d'émission seront attribués aux producteurs de carbone, à charge pour eux de se les échanger pour ne pas dépasser la limite maximale que se fixent les Etats-Unis. Le principe est complexe, certes, et Sarah Palin semble patiner dans les détails. Sa tribune est truffée de très grosses bêtises techniques, dont se gaussent depuis deux jours les spécialistes.

Par exemple, sur le site de la sérieuse revue Atlantic Monthly :

« Palin ne comprend rien au “cap and trade”. Son article dénote une ignorance si profonde du sujet que sa prise de position en devient presque audacieuse. »

Le formidable site d'actualité environnementale Grist explose de rire en démontant un à un les arguments :

« La thèse de Palin est truffée de rhétorique et vide de faits. Elle se contente d'asséner des positions partisanes à propos de la loi, ignorant les investissements énergétiques et les provisions effectuées pour les emplois verts. »

Palin n'a pas lésiné sur la fibre populiste en dénonçant sournoisement les idiots d'écolos qui continuent à vouloir protéger l'intégrité de l'océan et une banquise inutile :

« On pourrait tranquillement forer du pétrole américain si on attaquait en off-shore, et aussi dans un minuscule morceau 900 hectares à l'intérieur du Arctic National Wildlife Refuge (Refuge national arctique de la faune et la flore)… si seulement les bureaucrates de Washington voulait bien donner leur feu vert. »

Non seulement Palin rend des fonctionnaires responsables de ce qui a été une décision plusieurs fois renouvelée du Congrès des Etats-Unis, mais jamais, dans son article, elle ne mentionne le problème des changements climatiques.

Outre le pétrole et le charbon, « chaque Etat peut envisager de se lancer dans le nucléaire »

Sans doute parce qu'elle n'y « croit » pas, ce qu'elle a plusieurs fois répété durant la campagne présidentielle. Ce déni quasi religieux d'un phénomène scientifique désormais largement admis par les Américains entache un peu la croisade de la gouverneure. Mais ses opposants se marrent, finalement, comme ici, dans un autre article de Grist :

« On devrait lui être reconnaissant. C'est sans doute la meilleure chose qui pouvait arriver à cette législation sur l'énergie et le climat : voir Sarah Palin prendre la tête du combat contre son adoption. »

Ah, j'ai oublié une dernière chose : Palin rappelle qu'outre le pétrole et le charbon, « chaque Etat peut envisager de se lancer dans le nucléaire ». Sûr, on entend ça partout et tout le temps, même en France ! Voici la réponse du type de Grist, déjà cité :

« La plupart des Américains n'ont pas envie de vivre à côté d'un réacteur nucléaire ou d'une décharge de résidus hautement radioactifs. La France est un pays où les bureaucrates ont un pouvoir énorme, ce qui explique en partie pourquoi le gouvernement central a pu pousser le nucléaire aussi loin. Heureusement, notre système américain est plus démocratique ! »

Vous savez quoi ? C'est vrai !

Photo : la gouverneure de l'Alaska républicaine Sarah Palin en 2008 (Hans Deryk/Reuters).

 
 



Edité par T 34 - 23 Sep 2009 à 11:49
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La Havane. 22 Septembre 2009

Réflexions de Fidel
Une  espèce en danger d’extinction

J’aurais aimé parler aujourd’hui de ce concert extraordinaire, Paix sans frontières, qui s’est déroulé sur la place de la Révolution voilà vingt-quatre heures, mais la réalité, cette entêtée, m’oblige à écrire au sujet d’un péril qui menace non seulement la paix, mais la survie de notre espèce.

La prochaine Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies dont la tâche est de veiller sur la paix, la sécurité et les droits de presque deux cents États qui y représentent plus de 6,5 milliards d’habitants de notre planète, s’ouvrira mercredi prochain en présence de chefs d’Etat. Compte tenu de l’importance exceptionnelle de ce point, elle tiendra le mardi 23 septembre une Table ronde internationale de haut niveau sur les changements climatiques, en guise de préparation à la Conférence de Copenhague (Danemark), prévue du 7 au 18 décembre courants.

J’avais affirmé –en tant que chef de l’Etat cubain– à la Conférence mondiale sur l’environnement et le développement que l’ONU avait organisée à Rio de Janeiro: «Une espèce est en danger d’extinction: l’homme.» Quand j’avais avancé et justifié cette assertion, les chefs d’Etat alors présents –dont le président des États-Unis, un Bush moins sinistre que son fils George W.– qui y avaient applaudi croyaient disposer d’encore plusieurs siècles avant de se colleter avec ce problème. Moi-même, je ne pensais pas à une date aussi proche que soixante ou quatre-vingts ans.

Or, il s’agit d’un danger vraiment imminent, et ses effets sont déjà visibles. Je me bornerai à quelques détails, que notre ministre des Relations extérieures abordera plus amplement à New York dans son intervention au nom de Cuba.

Selon l’Institut d’études spatiales de la NASA, la température moyenne s’est élevée de 0,8ºC depuis 1980. Les deux dernières décennies du XXe siècle ont été les plus chaudes depuis des centaines d’années. La température en Alaska, dans l’Ouest du Canada et dans l’Est de la Russie s’est élevée à un rythme deux fois plus rapide que celui de la moyenne mondiale. Les glaces de l’Arctique sont en train de disparaître rapidement et la région risque de connaître son premier été totalement dépourvu de glace dès 2040. Les effets en sont visibles sur les masses de glace de plus de deux kilomètres de haut qui fondent au Groenland, sur les glaciers sud-américains, depuis l’Equateur jusqu’au cap Horn, sources d’eau fondamentales, et sur la gigantesque banquise qui couvre la grande zone antarctique.

Les concentrations de dioxyde de carbone ont atteint l’équivalent de 380 parties par million, ce qui dépasse le niveau naturel des cent cinquante mille dernières années. Le réchauffement touche déjà les systèmes naturels du monde entier. S’il se poursuivait, ce serait catastrophique pour tous les peuples.

Les scientifiques ont découvert que les premières formes de vie élémentaire sont apparues sur notre planète Terre voilà non moins de trois millions d’années. Elles ne cessèrent depuis d’évoluer continuellement vers des formes supérieures et complexes sous l’effet de lois biologiques inexorables. Notre espèce à nous, l’Homo sapiens, compte à peine cent cinquante mille ans, un laps de temps insignifiant depuis l’apparition de la vie. Bien que les Grecs, des centaines d’années avant notre ère, aient possédé déjà des connaissances astronomiques, c’est à peine depuis un peu plus de cinq cents ans, au sortir de la longue nuit médiévale, que l’Homme a fini  par découvrir que la Terre était ronde, et non plate. Un audacieux navigateur aux origines génoises et aux solides connaissances se proposa de naviguer vers l’Est en quête des Indes sans passer par le sud de l’Afrique. C’est alors que l’Europe commença à coloniser ce continent-ci et le reste de la planète.

L’espèce humaine put mesurer avec assez de précision que la Terre tournait sur elle-même en vingt-quatre heures et autour de l’énorme masse incandescente du Soleil en environ trois cent soixante-cinq jours. Ces circonstances-là et d’autres aussi singulières étaient en rapport avec la vie de toutes les espèces alors existantes.

Dès l’Antiquité, les philosophes et les penseurs les plus avancés ont cherché la justice sociale. Il n’empêche que l’esclavage physique n’a disparu juridiquement que voilà à peine cent vingt-neuf ans, quand il fut aboli dans la colonie espagnole de Cuba.

La théorie de l’évolution, énoncée par Darwin dans son ouvrage L’Origine des espèces, a été, de mon point de vue, l’une des deux découvertes scientifiques les plus importantes. Bien que certains y aient vu un déni des croyances religieuses, aucun scientifique ne la refuse  plus de nos jours, et beaucoup d’entre eux, qui professent sincèrement des convictions religieuses, voient dans l’évolution l’expression de la volonté divine.

L’autre contribution décisive a été la théorie générale de la relativité exposée en 1915 par Albert Einstein, source de nombreuses recherches après la mort de son auteur en avril 1955. Peu de personnes ont influé autant que lui sur les destinées du monde. Einstein persuada Roosevelt d’engager des recherches pour fabriquer la bombe atomique parce qu’il redoutait que les nazis ne prennent les devants dans sa mise au point. Quand Truman fit larguer des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, deux villes japonaises non militaires, ceci le bouleversa à tel point qu’il se transforma en un pacifiste convaincu. Les États-Unis possèdent aujourd’hui des milliers d’armes atomiques plus puissantes que celles-là, capables  d’exterminer plusieurs fois la population du monde, et ils sont aussi les plus gros fabricants et exportateurs d’armes de toutes sortes.

Le rythme accéléré des recherches scientifiques dans tous les domaines de la production matérielle et des services, sous la pression de l’ordre économique imposé au monde après la Deuxième Guerre mondiale, a conduit l’humanité à une situation intenable.

Notre devoir est d’exiger la vérité. La population de tous les pays a le droit de savoir quels sont les facteurs qui provoquent les changements climatiques et quelles sont les possibilités actuelles de la science d’inverser cette tendance, si tant est qu’elle soit encore vraiment en mesure de le faire.

Le peuple cubain, en particulier sa magnifique jeunesse, a prouvé hier que, même au milieu d’un blocus économique brutal, il était possible de vaincre des obstacles inimaginables.

 

Fidel Castro Ruz

Le 21 septembre 2009

17 h 44

DISCOURS PRONNOCÉ À RIO DE JANEIRO, À LA CONFÉRÉNCE DE NATIONS UNIES SUR L’ENVIRONNEMENT ET LE DÉVELOPPEMENT, LE 12 JUIN 1992

Monsieur le Président du Brésil, Fernando Collor de Mello ;

Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies, Butros Ghali ;

Excellences :

Une espèce biologique importante court le risque de disparaître, et ce, à cause de la suppression rapide et progressive de ses conditions naturelles de vie. Cette espèce, est l’homme.

Nous ne prenons conscience que maintenant du problème, lorsqu’il est presque trop tard pour l’empêcher.

Il faut souligner, que ce sont les sociétés de consommation les responsables principales de l’atroce destruction de l’environnement. Elles ont leurs origines dans les anciennes métropoles coloniales et les politiques impériales, lesquelles du coup, ont engendré le retard et la pauvreté, dont souffrent à présent l’immense majorité de l’humanité. Elles consomment les deux tiers de métaux et les trois quarts de l’énergie produits dans le monde, alors qu’elles ne concentrent que 20 pour 100 de la population mondiale. Elles ont empoisonné les mers et les fleuves, contaminé l’air, épuisé et percé la couche d’ozone ; elles ont saturé l’atmosphère de gazes, qui modifient les conditions climatiques, dont nous commençons déjà à subir les effets catastrophiques.

Les forêts disparaissent, les déserts s’étendent, des milliers de tonnes de terre fertile chaque année se jettent dans la mer. De nombreuses espèces disparaissent. L’accroissement de la population et la pauvreté, nous mènent à déployer des efforts désespérés pour survivre, même au détriment de la nature. Les pays du tiers monde ne peuvent pas en être responsables. Jadis colonies, nations exploitées et pillées, aujourd’hui, par un ordre économique mondial injuste.

Interdire le développement à ceux qui en ont plus besoin, ne peut pas être la solution. En effet, tout ce qui favorise le sous-développement et la pauvreté, constitue aujourd’hui une violation flagrante à l’écologie. Des dizaines d’hommes, de femmes, et d’enfants, en meurent chaque année au tiers monde, plus qu’au cours de chacune de deux guerres mondiales. L’échange inégal, le protectionnisme et la dette extérieure, attaquent l’écologie et poussent la destruction de l’environnement.

Si l’on veut épargner l’humanité de cette autodestruction, il faut mieux distribuer les richesses et les technologies disponibles dans le monde. Moins de luxe et moins de gaspillage dans une poignée de pays, afin qu’il y ait moins de pauvreté et moins de faim dans une grande partie de la Terre. Il est nécessaire de mettre fin au transfert au tiers monde, de mode de vies et d’habitudes de consommation, qui ruinent l’environnement. La vie humaine doit être plus rationnelle. Il est indispensable d’instaurer un ordre économique international plus juste. Les sciences doivent être mise au service du développement soutenu sans pollution. C’est la dette écologique qui doit être payée et non la dette extérieure. C’est la faim qui doit disparaître et non l’homme.

Puisque les dites menaces du communisme sont disparues, il n’y a plus de prétextes pour la guerre froide, pour des courses aux armements, ni des dépenses militaires. Qu’empêche-t-il donc d’allouer, dans l’immédiat, ces ressources, pour promouvoir le développement du tiers monde et lutter contre la menace de destruction écologique de la Planète ?

Les égoïsmes doivent cesser, les hégémonismes doivent cesser, l’insensibilité, l’irresponsabilité et le mensonge doivent cesser. Demain il sera trop tard pour faire ce qu’on aurait du faire il y a longtemps.

Merci (Ovation)



Edité par T 34 - 23 Sep 2009 à 11:54
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Sep 2009 à 14:01
Changement climatique : Morales accuse la capitalisme
 


    New York, 22 sep (ABI).- Le président bolivien, Evo Morales, responsabilise le capitalisme comme la principale cause du changement climatique.

     En conférence de presse au siège de l'ONU, Morales signale que le fénomène est le résultat direct de la façon de vivre  qu'implique ce système.

    "Le changement climatique n'est pas une cause, mais un effet, c'est un produit du système capitaliste qui poursuit l'obtention du profit mùaximal possible, sans prendre en compte  la vie des autres", a t'il dit ".

    Le dirigeant bolivien signale que quand se négocie le nouveau traité sur le changement climatique en décembre, son pays demandera aux nation industrialisées de payer la dette climatique et la création d'un tribunal de justice pour juger et sanctionner les pays qui ne respectent pas leurs compromis et continuent à détruire la planète.

    De même manière il demandera l'approbation d'une déclaration des Nations Unies, sur les droits de la Pachamama (Terre mère).



Edité par T 34 - 09 Oct 2009 à 18:39
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La Havane. 23 Septembre 2009

Réflexions du compañero Fidel

Obama le sérieux

LE président vénézuélien Hugo Chavez a été tout à fait original quand il a parlé de «l’énigme des deux  Obama».

Aujourd’hui, c’est Obama le sérieux qui a parlé. J’ai reconnu récemment deux aspects positifs de sa conduite : sa tentative d’apporter la santé à quarante-sept millions d’Étasuniens qui en sont privés et son inquiétude pour les changements climatiques.

Ce que j’ai affirmé hier sur la menace imminente qui pèse sur l’espèce humaine pourrait sembler pessimiste, mais n’est guère éloigné de la réalité. Reste à connaître maintenant les vues de nombreux chefs d’État sur la question ignorée et oubliée des changements climatiques.

Obama a été le premier à donner son avis comme président du pays siège de la Réunion de haut niveau des Nations Unis sur cette question.

Qu’a-t-il dit ? Je transcris l’essentiel de ses prises de position :

«Le fait que beaucoup de vous soient présents ici aujourd’hui constitue une reconnaissance que la menace émanant des changements climatiques est sérieuse, urgente et croissante.

«La réponse de notre génération à ce défi environnemental sera jugée par l’Histoire.

«Aucune nation, qu’elle soit grande ou petite, qu’elle soit fortunée ou pauvre, ne peut échapper aux effets des changements climatiques.

«L’élévation du niveau de la mer menace chaque littoral. Des tempêtes et des inondations toujours plus puissantes menacent chaque continent.

«La sécurité et la stabilité de chaque nation et de tous les peuples… sont menacées.

«Et nous avons mis le climat au sommet de notre ordre du jour diplomatique dans le cadre de nos relations avec des pays aussi variés que la Chine et le Brésil, l’Inde et le Mexique, du continent africain au continent européen.

«Pris ensemble, ces pas représentent une reconnaissance historique au nom du peuple étasunien et de son gouvernement. Nous saisissons la gravité de la menace climatique. Nous sommes décidés à agir.

«…nous ne venons pas ici pour célébrer des progrès aujourd’hui. […] Nous sommes venus ici parce qu’il y a encore beaucoup plus à faire.

«C’est un travail qui ne sera pas facile.

«…nous ne devons pas nous bercer d’illusions : la partie la plus difficile de notre voyage nous attend.

«Nous cherchons ce changement radical mais nécessaire en pleine récession mondiale, alors que la priorité la plus immédiate de chaque nation est de relancer son économie. Ainsi, nous nous heurtons tous à des doutes et à des difficultés dans nos propres capitales tout en cherchant à atteindre une solution durable aux défis climatiques.

«Mais je suis venu dire ici que les difficultés ne sont pas une excuse au contentement de soi. Que le malaise n’est pas une excuse à l’inaction.

«Chacun de nous doit faire ce qu’il peut quand il peut pour que nos économies croissent sans mettre en danger notre planète… Nous devons saisir l’occasion pour faire de Copenhague un pas en avant significatif dans la bataille mondiale contre les changements climatiques.

«Nous ne devons pas non plus permettre que les vieilles divisions qui ont caractérisé le débat sur le climat pendant tant d’années bloquent nos progrès. Oui, les nations développées qui ont causé beaucoup des dommages infligés à notre climat au siècle dernier ont encore une responsabilité à exercer.

«Nous ne pourrons relever ce défi à moins que tous les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre n’agissent ensemble.

«Nous devons redoubler d’effort pour mettre d’autres nations en développement – en particulier les plus pauvres et les plus vulnérables – sur la voie de la croissance durable. Ces nations n’ont pas les mêmes ressources pour combattre les changements climatiques

«Leur avenir n’est plus désormais un choix entre croissance économique et planète plus propre, parce que leur survie dépend de l’une et l’autre.

«Et voilà pourquoi nous sommes responsables de fournir l’aide financière et technique requise à ces nations…

«Nous cherchons un arrangement qui permettra à toutes les nations de croître et d’atteindre des niveaux de vie sans mettre en danger la planète.

«Nous savons que l’avenir de notre planète dépend d’un engagement global…

«Mais le trajet est long et le trajet est dur. Et nous n’avons plus trop de temps pour le faire.»

Le problème, toutefois, c’est que tout ce qu’affirme Obama entre en contradiction avec ce que les États-Unis font depuis cent cinquante ans, en particulier depuis qu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, ils imposèrent au monde l’accord de Bretton Woods et se convertirent en patron de l’économie mondiale.

Leurs centaines de bases militaires installées dans des dizaines de pays de tous les continents, leurs porte-avions et leurs flottes navales, leurs milliers d’armes nucléaires, leurs guerres de conquête, leur complexe militaro-industriel et leur commerce d’armes, sont incompatibles avec la survie de notre espèce. Les sociétés de consommation et le gaspillage des ressources naturelles sont tout aussi incompatibles avec l’idée de croissance économique et de planète propre. Le gaspillage illimité de ressources naturelles non renouvelables, surtout le pétrole et le gaz accumulés durant des centaines de millions d’années et qui seront épuisés en deux siècles à peine au rythme de consommation actuel, a été la cause fondamentale des changements climatiques. Même si les pays industrialisés réduisaient leurs émissions de gaz polluants, ce qui serait louable, il n’en reste pas moins que 5,2 milliards d’habitants de la planète Terre, soit les trois quarts de la population mondiale,  vivent dans les pays qui, dans une plus ou moins grande mesure, ont encore à se développer et qui devront donc utiliser d’énormes quantités de charbon, de pétrole, de gaz naturel et d’autres ressources non renouvelables, ce qui, selon les modèles de consommation créés par la société capitaliste, est incompatible avec l’objectif de sauver l’espèce humaine.

Il ne serait pas juste d’accuser Obama le sérieux – selon l’énigme susmentionnée – de ce qu’il s’est passé à ce jour, mais il est encore moins juste que l’autre Obama  nous fasse croire que l’Humanité pourra être préservée si l’on suit les normes en vigueur aujourd’hui dans l’économie mondiale.

Le président des Etats-Unis a admis que les nations développées avaient causé l’essentiel des dommages et qu’elles devaient en assumer la responsabilité. C’est là sans doute une prise de position courageuse.

Il serait juste aussi de reconnaître qu’aucun autre président des Etats-Unis n’aurait eu le courage de dire ce qu’il a dit.

 

Fidel Castro Ruz

Le 22 septiembre 2009

18 h 14

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