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Nigéria

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    Envoyé : 11 Jun 2009 à 18:47

5 millions de dollars de l'argent de Shell versés à un fonds pour les Ogonis

NEW YORK - Un fonds pour le peuple ogoni sera doté de 5 millions de dollars issus des 15,5 millions que Shell a accepté de payer lundi pour éviter un procès sur la mort en 1995 de l'écrivain et militant écologiste Ken Saro-Wiwa, a indiqué mardi un avocat des plaignants.

"Cinq millions seront pour le fonds" destiné à aider la population ogonie, victime de la pollution liée à l'exploitation pétrolière dans le delta du Niger, "et le reste est pour les plaignants, les descendants et les coûts liés à la procédure légale", a déclaré à l'AFP cet avocat, Marco Simons.

Le texte de l'accord approuvé lundi par Shell ne donnait pas de détails sur la répartition des 15,5 millions de dollars.

Cette répartition doit encore faire l'objet de discussions avec les plaignants, a indiqué un porte-parole de Shell. "L'ampleur de la dotation du fonds sera clarifiée quand ce sera réglé", a indiqué ce porte-parole, Shaun Wiggins, dans un courriel à l'AFP.

Shell, accusée de complicité dans l'élimination de Saro-Wiwa, fondateur en 1993 du mouvement nigérian pour la survie du peuple Ogoni (Mosop) pour dénoncer la pollution du delta du Niger par les grandes compagnies pétrolières étrangères, a accepté de payer 15,5 millions de dollars pour régler le litige devant la justice américaine.

Mort Saro-Wiwa: le mouvement Ogoni satisfait, mais critique Shell

LAGOS - Le mouvement nigérian pour la survie du peuple Ogoni (Mosop) s'est félicité mardi de l'accord financier conclu aux Etats-unis par la multinationale Shell pour éviter un procès sur la mort par pendaison en 1995 de l'écrivain et militant écologique Ken Saro-Wiwa.

Interrogé par l'AFP, un responsable du Mosop a toutefois insisté pour que la compagnie anglo-néerlandaise répare les dégâts environnementaux causés, selon lui, par Shell dans le delta du Niger.

"Nous sommes satisfaits de cette compensation de 15,5 millions de dollars pour la mort de Ken Saro-Wiwa et huit autres dirigeants Ogoni, mais Shell doit s'attaquer au problème de la pollution et de la dégradation du pays Ogoni (sud du Nigeria), a déclaré Bariara Kpalap, porte-parole du Mosop.

Lundi, les plaignants avaient annoncé que Shell, accusée de complicité dans l'élimination de Saro-Wiwa, avait accepté de payer 15,5 millions de dollars pour régler le litige devant la justice américaine.

Marco Simons, un des avocats des plaignants, a précisé qu'une partie de l'argent irait à ses clients et une autre à un fonds de soutien au peuple Ogoni, une fois les honoraires payés.

"Shell a infligé beaucoup de souffrances au peuple Ogoni. En tant que fermiers et pêcheurs, nous avons été privés de notre gagne-pain à cause de la pollution", a poursuivi Bariara Kpalap.

Shell avait été contraint de se retirer du pays Ogoni en 1993 après des émeutes. Des centaines de militants du Mosop avaient manifesté devant le siège de la multinationale à Port-Harcourt (Etat de Rivers) mais le rassemblement avait été sévèrement réprimé par les forces de l'ordre nigériane.

"Pour une paix durable en pays Ogoni, Shell doit changer d'attitude: nous traiter comme des êtres civilisés et non nous exploiter", a encore déclaré le porte-parole du Mosop.

Le mouvement non-violent avait été fondé par Ken Saro-Wiwa en 1993, du temps de la dictature du général Sani Abacha, pour dénoncer la pollution du delta du Niger par les grandes compagnies pétrolières étrangères.

L'accord financier conclu avec les plaignants, représentés par des avocats américains des droits de l'homme du Centre pour les droits constitutionnels, évite en tout cas à Shell l'embarras d'un procès.

La plainte avait été déposée par un groupe de victimes, dont le fils de Saro-Wiwa, sur la base d'une loi américaine remontant à 1789 qui exige des sociétés ayant une présence substantielle aux Etats-Unis qu'elles respectent les lois américaines partout dans le monde.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Jun 2009 à 19:43
Chevron, Shell et le vrai coût du pétrole
Amy Goodman   

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L'économie est en plein chaos, le chômage augmente, l'industrie automobile s'effondre. Et pourtant les gains des entreprises pétrolières Chevron et Shell sont plus élevés que jamais. Néanmoins, tout autour du monde- de la forêt équatorienne au delta du Niger (Nigeria), en passant par les tribunaux et les rues de New York et San Ramon (Californie) - des gens luttent contre les géants pétroliers. Shell et Chevron sont au centre de toute l'attention en raison de leurs assemblées d'actionnaires et d'un jugement historique, deux faits qui se sont déroulés cette semaine.

 

Le 30 mai 2009

Le 13 mai, les Forces Armées nigérianes ont lancé une attaque contre des villages dans le delta du Niger, une zone du pays riche en pétrole. On craint que des centaines de civils n'aient été tués lors de cette offensive. Une fête religieuse dans le village de Oporoza, dans la zone du delta, fut attaquée, selon Amnesty International. Un témoin a raconté à cette organisation : « J'ai entendu un bruit d'avion; j'ai vu deux hélicoptères militaires tirer sur des maisons, sur un palais et sur nous. Nous avons dû courir vers un endroit sûr dans la forêt. Dans les fourrés, j'ai entendu des adultes pleurer, des femmes qui ne retrouvaient plus leurs enfants ; tous courraient pour sauver leurs vies ».

chevron-shell-et-le-vrai-cout-du-petroleShell rend des comptes devant un juge dans un tribunal fédéral des Etats-Unis, le cas Wiwa contre Shell, sur base d'une collaboration supposée de la firme pétrolière à la violente répression du mouvement de base du peuple Ogoni, dans le delta du Niger, qui a provoqué des déplacements, la contamination et la déforestation. Le demandeur affirme aussi que Shell a aidé à éliminer le Mouvement pour la Survie du peuple Ogoni et son leader charismatique Ken Saro-Wiwa. Saro-Wiwa a été le scénariste d'une série télé très populaire au Nigeria, mais il avait décidé de rejoindre la lutte des Ogoni, dont le territoire près du delta du Niger avait été zébré par les oléoducs. Les enfants de Ogonilandia, comme s'appelle cette région, ne savaient pas ce qu'était une nuit noire, car ils vivaient sous les lueurs des torchères, des flammes de gaz de la taille d'un immeuble à appartements, qui étaient allumées jour et nuit, et qui sont illégales aux Etats-Unis.

J'ai rencontré Saro-Wiwa en 1994. Il m'a dit : « Les entreprises pétrolières aiment les dictatures militaires parce que, tout simplement, sous ces dictatures, elles peuvent escroquer leur monde. Les dictatures sont brutales avec les gens, et nient les droits humains tant des personnes que des communautés, très facilement et sans scrupules », et il a ajouté : « En ce qui me concerne, je suis marqué au fer rouge ».

Saro-Wiwa est revenu au Nigeria et a été arrêté par la Junte Militaire. Le 10 novembre 1995, sans jugement en bonne et due forme, il a été emprisonné avec d'autres activistes Ogoni.

En 1998, j'ai été au delta du Niger avec le journaliste Jeremy Scahill. Un cadre de Chevron présent là-bas nous a dit que l'entreprise avait transporté les troupes de la très mal réputée Force Policière Mobile nigériane- connue pour sa politique de « tuer et partir »- dans un hélicoptère qui appartenait à la compagnie, vers une plate-forme pétrolière qui avait été occupée par des manifestants non-violents. Deux manifestants ont été assassinés, beaucoup d'autres ont été arrêtés et torturés.

Oronto Douglas, un des avocats de Saro-Wiwa, nous a dit : « Il est tout-à-fait clair que Chevron, de même que Shell, utilise les Forces Armées pour protéger ses activités pétrolières. Ils forent et ils tuent ».

Chevron est le second actionnaire (après l'entreprise pétrolière française Total) du projet du champ de gaz naturel et du gazoduc de Yadana, en Birmanie (Que le Junte Militaire a rebaptisé « Myanmar »). Le gazoduc est la source principale de revenus de la Junte Militaire, et ses bénéfices se sont élevés à un total d'environ mille millions de dollars en 2007. Le Prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi, qui fut élue comme leader de la Birmanie par le peuple en 1990, a subi une arrestation domiciliaire durant 14 des 20 dernières années, et va devoir comparaître devant les tribunaux militaires de nouveau cette semaine (mardi, le gouvernement a affirmé avoir mis fin à l'arrestation domiciliaire de Suu Kyi, mais elle reste détenue jusqu'au prononcé du jugement). Le gouvernement des Etats-Unis a interdit aux entreprises étasuniennes d'investir en Birmanie depuis 1997, mais Chevron a eu une dispense, dont elle a hérité quand elle a acquis l'entreprise pétrolière Unocal.

Une longue liste reprenant des abus similaires commis par Chevron, des Philippines au Kazakhstan, au Tchad, au Cameroun, en Irak, en Equateur et en Angola, et aux Etats-Unis et Canada, est détaillée dans un « rapport annuel alternatif » préparé par un groupe d'organisations non-gouvernementales, qui a été distribué aux actionnaires de Chevron lors de leur assemblée annuelle de cette semaine, et au public sur trueCostofChevron.com

Chevron fait l'objet d'une enquête de la part du Procureur Général de l'Etat de New York, Andrew Cuomo, pour savoir si l'entreprise a été « précise et exhaustive » dans la description de ses responsabilités légales potentielles. Cependant, elle jouit d'une longue habitude de traiter avec des gens qui ont un pouvoir politique. Condoleeza Rice a été directrice de l'entreprise pendant longtemps (il y avait même un cargo à son nom), et le nouveau conseiller général engagé récemment n'est rien moins que l'avocat discrédité du Pentagone, William J. Haynes, qui a défendu l'usage des « Techniques d'interrogatoire sévères », en ce inclus le « sous-marin ». Le Général James L. Jones, Conseiller à la Sécurité Nationale du Président Barack Obama, a fait partie de l'Assemblée des Directeurs de Chevron durant la plus grande partie de 2008, jusqu'à ce qu'il reçoive sa désignation pour le poste de haut niveau à la Maison Blanche.

Saro-Wiwa a dit avant de mourir : « Nous allons exiger nos droits de façon pacifique, sans violence, et nous vaincrons ». Un mouvement populaire mondial croît pour arriver à cette fin.

Denis Moynihan a collaboré à l'enquête dans ces colonnes.

Amy Goodman est présentatrice de « Democracy now ! », un journal quotidien international d'une heure qui est diffusé par plus de 550 émetteurs de radio et de télévision en anglais et par 200 émetteurs en espagnol. Elle est la co-auteure du livre « Standing Up to the Madness : Ordinary Heroes in Extraordinary Times », récemment édité en format de poche.
 
Traduit par J-L Seillier pour Investig'Action.

Source: Democry now!

Images: trueCostofChevron.com

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Nov 2009 à 21:54

La lutte du peuple DANS LE DELTA DU NIGER

(source : http://www.josemariasison.org/ traduction Futur Rouge)

La lutte du peuple DANS LE DELTA DU NIGER
Déclaration à l’occasion de l’anniversaire de la mort
de Ken Saro-Wiwa et des Ogoni Nine, 10 Novembre 2009

Par le professeur Jose Maria Sison
Président, de l’International Coordinating Committee
International League of Peoples’ Struggle

Depuis que le pétrole a été découvert dans le delta du Niger dans les derniers jours de la domination coloniale britannique dans les années 1950, les terres du peuple Ogoni et d’autres groupes ethniques autochtones ont été arrachés pour le développement de champs pétroliers pour Royal néerlandais Shell, Chevron, Exxon -Mobil, Julius Berger et d’autres compagnies pétrolières. Depuis lors, le Nigeria est devenu de plus en plus dépendant de l’extraction du pétrole que la production agricole et la production agricole des cultures vivrières a été abandonnées. A des niveaux élevés dans les années 1960, le Nigeria a chuté dans la production de cacao de presque la moitié et la production de caoutchouc pour un tiers au début des années 2000.

Tout en provoquant la distorsion de l’économie nationale du Nigeria, la recherche de pétrole, l’extraction et le vol des terres ont engendré la corruption locale, dépossédé et déplacé des communautés locales et ethniques, détruit l’environnement et contribué au réchauffement planétaire. Pendant près de cinq décennies, Shell a été responsable de près de 2900 déversements et d’un cinquième des torchères qui dégage des gaz toxiques provoquent des maladies de la peau et des affections respiratoires, des bébés déformés et la mort de la flore et la faune. Plus de 1,5 millions de tonnes de pétrole ont été déversées et des canalisations mal entretenues ont explosé, nuisant aux communautés dans ce secteur en masse peuplé..

 

Près de la moitié de ce pétrole est exportée vers les États-Unis. Depuis qu’elle a commencé, la production de pétrole a engendré un profit de plus de 700 milliards de dollars. Plus de 80% de cette somme sert à seulement 1% de la population. La Majorité des Nigérians restent pauvres. Avec plus de 30 millions d’habitants concentrés dans la région, la région du Delta du Niger est un des endroit avec la plus forte densité de population dans le monde. Elle possède l’une des plus faible espérance de vie moyenne, le plus haut taux de corruption et des taux élevés de mortalité infantile dans le monde. L’Accès à l’eau potable est insuffisant. Environ un tiers de la population est analphabète. Le gouvernement nigérian reste dominé par une petite élite corrompue. Le Nigeria est embourbée dans la pauvreté et des conflits multiples.

Shell, Chevron et d’autres compagnies pétrolières se sont appuyés sur l’armée pour semer la terreur dans les communautés locales qui réclament une plus grande part des recettes pétrolières, et qui s’opposent à la destruction de l’environnement provoqués par ces entreprises. Ces entreprises ont aussi recruter des services de sécurité pour protéger leurs intérêts.

Les communautés locales ont résisté au pillage du pétrole depuis des décennies. En Mai 1994, neuf militants du Mouvement pour la survie du peuple Ogoni (MOSOP), les Ogoni Nine – dont Ken Saro-Wiwa, ont été arrêtés et accusés d’incitation à assassiner quatre vieillards Ogoni. Ils ont ensuite été pendu par le gouvernement militaire nigérian, le 10 Novembre, 1995 suscitant une condamnation internationale. Plus de 15 ans après l’incident, Shell a été contraint de rendre des comptes, le 9 Juin de cette année, après les procès qu’on menés contre la compagnie les parents des Ogoni Nine.

En Mai 1998, le peuple Ijaw de l’Etat de Bayelsa a exigé que les opérations de la compagnie pétrolière cesse en raison de la destruction de leurs sources d’eau potable. Des groupes de jeunes Ijaw désactivé le torchères et arrêter l’exploitation pétrolière sur plus de 20 installations appartenant à Shell et Chevron. Un massacre dans la capitale de Bayelsa le 30 Décembre 1998 a causé la mort de plusieurs dizaines de manifestants. Les soldats dans un hélicoptère Chevron ont assassiné plusieurs villageois en Janvier de l’année suvante. Cela a culminé le 20 Novembre 1999 dans la ville d’Odi, au massacre par les soldats de plus de 100 personnes et la destruction de presque tous les bâtiments de la ville.

En 2006, le Mouvement pour l’Emancipation du Delta du Niger (MEND) a émergé comme un groupe armé qui a fait une descente sur les plateformes pétrolières, les oléoducs ont été bombardé et ils ont attaqué les militaires. Les attaques de guérilla du NEDEM et d’autres groupes armés ont réussi à réduire la production de Chevron et de Shell de près de 20% leur causant des pertes de 4 milliards de dollars US par année .

Bien qu’un cessez-le nominal et l’amnistie du gouvernement a récemment été acceptée par certains dirigeants clés de la résistance armée, les causes profondes de la résistance du peuple demeurent. Il ne faudra pas attendre longtemps avant que différentes formes d’anti-impérialiste et de résistance démocratique par les communautés opprimées dans le delta du Niger se rallument. Pendant ce temps, les opérations militaires gouvernementales continuent dans d’autres domaines tels que les communautés Warri Sud-Ouest, en déplacent de 25.000 personnes et tuant plus de quelques centaines autres.

Au Nigeria et sur le reste du continent africain, une approche renouvelée, une campagne plus vicieuse de pillage impérialiste, se poursuit. L’Afrique perd des forêts environ trois fois le taux moyen du monde – l’équivalent de plus de 4 millions d’hectares de forêts par an. Le pétrole continue d’être l’une des principales exportations de la région. Le Commerce américain avec l’Afrique subsaharienne a augmenté de 28 pour cent en 2008 dont 83% de produits pétroliers. L’exportation de métaux précieux et de pierres précieuses sont également importants.

Les peuples d’Afrique et d’autres pays du tiers monde continuent de souffrir du néocolonialisme. Ces pays ont sombré dans une profonde dépression depuis la fin des années 1970 en raison de la surproduction mondiale de matières premières. Le pillage continue et la pollution de l’environnement a fait des victimes dans les communautés pauvres à plusieurs reprises. L’Afrique reste profondément endettée alors que les revenus de ses exportations restent bien en dessous de ses paiements pour les importations et pour le service de la dette.

Les coups d’Etat militaires et les guerres civiles, décrites par les médias occidentaux comme des conflits ethniques, continuent d’éclater dans la région. Chaque fois que ceux-ci menacent la domination impérialiste des ressources pétrolières et d’autres intérêts stratégiques, les pouvoirs des États-Unis et d’autres interviennent pendant qu’ils ferment les yeux sur des massacres absurdes quand ils n’ont pas d’intérêts. En 2007, l’Afrique a dépassé le Moyen-Orient comme principale source d’importations de pétrole américain. En 2025, les États-Unis devrait importer environ un cinquième de leur pétrole d’Afrique occidentale. Cela rend la région stratégiquement importante pour les Etats-Unis.

En Octobre 2008, les États-Unis ont établi leurn premier nouveau commandement militaire américain à l’étranger depuis un quart de siècle, l’Africa Command (AFRICOM). Cette démarche témoigne d’une surélévation de la concurrence inter-impérialistes pour le contrôle des ressources sur le continent africain et de la détermination américaine d’établir une hégémonie militaire, politique et économique dans l’hémisphère Sud, en particulier face à la présence croissante de la Chine dans la région comme partenaire commercial et investisseur étranger. La zone de responsabilité d’AFRICOM comprend 53 pays avec du pétrole et des gisements de gaz naturel ainsi que des ressources minérales.

Les États-Unis ont également convoqué le Gulf of Guinea Energy Security Strategy (GGESS) conjointement avec le Nigéria et le Royaume-Uni pour concevoir et appliquer des stratégies visant à fournir des technologies militaires et aider à protéger leurs intérêts dans la région. Ils ont l’intention d’unir leurs forces pour assurer l’exploitation pétrolière stable dans la zone et de confirmer le statut du Golfe de Guinée comme la plus sûre zone exportatrice du pétrole brut du monde pour les compagnies pétrolières étrangères. Le plan couvre les régions côtières du pétrole de l’Angola, Sao-Tomé, le Cameroun et le Nigeria pour garantir militairement l’extraction de du pétrole sans entrave.

Le pillage impérialiste des forêts, des ressources minérales et énergétiques qui laisse dans son sillage des réactions sur l’environnement et l’approfondissement de la pauvreté. Ceci à entraîné une résistance intensifiée et les luttes du peuple pour défendre l’environnement et maintenir un avenir débarrassé des causes profondes du système socialement destructeur du capitalisme monopoliste.

 

Nous appelons le peuple du Delta du Niger à faire avancer la cause sacrée et noble pour laquelle Ken Saro-Wiwa et les Ogoni Nine ont été martyrisés. Nous exhortons les peuples du Delta du Niger et de l’ensemble de l’Afrique à intensifier leur lutte pour la libération nationale et sociale contre les puissances impérialistes, dirigée par les États-Unis et par les classes réactionnaires locales.

Nous, the International League of Peoples’ Struggle, manifestons notre solidarité avec le peuple d’Afrique dans sa lutte révolutionnaire et nous sommes résolus à encourager les anti-impérialistes et les forces démocratiques à se joindre ou coopérer avec nous dans un front international uni pour l’indépendance nationale, la démocratie, la justice sociale et le développement tous azimuts contre l’impérialisme et toute réaction.



Edité par T 34 - 16 Nov 2009 à 21:56
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Nov 2009 à 16:57
Deux millions d'enfants mendiants dans les rues de Kano
 
Kano (Nigeria) - Sales et débraillés, entonnant des chants religieux, quelque deux millions d'enfants font la manche dans les rues de Kano, la "capitale" du nord musulman du Nigeria. Leur nombre a presque doublé en 5 ans, selon les autorités, faisant craindre une "bombe à retardement sociale".

"C'est une génération perdue, toute une génération", diéclare à l'AFP la sénatrice Eme Ufot Ekaette, qui dirige un comité sur la protection de l'enfance au parlement fédéral. Postés à la sortie des écoles privées, des centres commerciaux ou aux carrefours de Kano, ils tendent des bols en plastique dans l'espoir d'y voir tomber argent ou nourriture.

"Ces enfants sont une bombe à retardement sociale (...) ils ne connaissent pas l'attention parentale, l'amour et l'affection et donc ils perçoivent tout le monde comme un ennemi responsable de leur dénuement", estime Abdullahi Yusuf, un résident de Kano, la deuxième ville du pays. Derrière lui, dans un centre commercial, une vingtaine de gamins dépenaillés tendent leur bols.

"Chaque jour la situation devient plus pathétique", se lamente Aminu Ismail Sagagi, en charge du dossier au gouvernement de l'Etat de Kano, éponyme de la ville. Il évalue le nombre des petits mendiants à deux millions, le double d'il y a cinq ans.

La plupart des enfants sont rattachés à des madrassas, des écoles coraniques. Traditionnellement, les parents y envoient leurs fils dès l'âge de six ans pour apprendre le Coran. L'enseignement est gratuit mais les enfants doivent subvenir à leurs propres besoins.
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Jun 2010 à 20:39

Comment le Nigeria s’est retrouvé seul face au pétrole, depuis cinquante ans ?

Depuis des décennies, le pays africain subit des marées noires à répétition, sans que rien ne soit fait pour stopper le phénomène. Ni même nettoyer la souillure.

L’émoi que provoque une marée noire est à géométrie variable. Le 1er mai dernier, alors que le monde se mobilisait contre celle survenant dans le golfe du Mexique, au large du Nigeria, un oléoduc se brisait, laissant s’échapper 4 millions de litres de brut en une semaine. Une catastrophe pour la population locale qui voyait ses côtes ravagées. Une habitude, aussi, quand cela se produit continuellement dans le delta du Niger. En juillet dernier, Amnesty International publiait un rapport qualifiant le phénomène de tragédie des droits de l’homme. « On estime que depuis cinquante ans, il y a chaque année, dans le delta, une marée noire comme celle de l’Exxon Valdez », notait le texte. La pollution se repère à vue d’œil, poursuivait-il. Trente et un million de personnes « pataugent dans le pétrole, l’air et l’eau sont pollués par le torchage, les pêcheurs capturent des poissons intoxiqués aux métaux lourds ».

N’Nimo Bassey, président des Amis de la Terre au Nigeria, ne décolère pas « Nous avons de nouvelles marées noires quasiment tous les jours », explique-t-il. « Certaines durent plusieurs mois, sans que rien ne soit fait pour les stopper ni qu’aucunes mesures ne soit prise pour nettoyer les côtes. »

Réserve maritime la plus importante du continent africain, le delta du Niger est aussi l’une des trois plus grandes zones d’exploitation offshore de la planète. Total, Exxon, Chevron et surtout Shell  : les compagnies s’y bousculent, qui mettent en cause les sabotages et les attentats perpétrés par les groupes de rebelles locaux. Cache misère, selon Amnesty, qui estime que la corrosion des oléoducs est généralement à l’origine des fuites et dénonce le non respect des règles de sécurités. « Les compagnies profitent de la faiblesse des réglementations au Nigeria », souligne ainsi l’accord.

Car foin de réglementation internationale en matière de forage offshore. « Le transport pétrolier est encadré par une convention définie par l’Organisation maritime internationale », rappelle Yann Rabuteau, juriste spécialisé. « Mais l’offshore ne dispose que de très peu d’instruments encadrant ses conditions d’exploitation. » À chaque État de fixer ses règles et de les faire respecter. Idem pour ce qui est des réparations. « Il y a trente ans, une convention, dite convention Clee, avait été élaborée par les instances de l’OMI. » Elle n’a jamais été finalisée, faute de réussir à fédérer les intérêts divers.

Marie-noelle Bertrand

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Câbles Wikileaks : l’emprise de Shell sur l’Etat nigérian révélée, par David Smith

source : The Guardian, 8 décembre 2010

D’après une fuite diplomatique étasunienne, le géant pétrolier Shell a prétendu avoir placé du personnel dans tous les principaux ministères du gouvernement nigérian, et été ainsi au courant du moindre pas des politiciens dans le delta du Niger, riche en pétrole.

La dirigeante de la compagnie au Nigeria a dit à des diplomates étasuniens que Shell avait affecté des employés dans chaque département pertinent et savait par conséquent « tout ce qui se faisait des ces ministères ». Elle s’est flattée que le gouvernement nigérian ait « oublié » l’étendue de l’infiltration de Shell et ignorait à quel point la compagine était au courant de ses délibérations.

La cache de documents diplomatiques secrets des ambassades de Washington en Afrique révélait aussi que la firme pétrolière anglo-néerlandaise a échangé des informations avec les Etats-Unis, fournissant dans un cas aux diplomates étasuniens le noms de politiciens nigérians qu’elle suspectait de soutenir des groupes militants, et demandant, dans un autre cas, des informations sur la possibilité que ces groupes militants aient acquis des missiles anti-aériens.

D’autres câbles publiés cette nuit révèlent :

Les diplomates étasuniens craignent que le Kenya soit le théâtre d’une explosion de violence pire que celle qui a suivi l’élection de 2008 à moins que la corruption rampante du gouvernement ne soit résolue.

L’Amérique a demandé à l’Ouganda de la tenir au courant si son armée prévoyait de commettre des crimes de guerre à l’aide d’informatiosn fournies par les Etats-Unis- mais n’a pas essayé de prévenir que des crimes de guerres soient perpétrés.

L’ambassadeur de Washington en Érythrée, pays africain instable, a décrit le président du pays, Isaias Afwerki, comme un « dictateur déséquilibré » et cruel dont le régime était « à un coup de feu de l’implosion ».

Les dernières révélatiosn arrivent un jour om les hackers symathisants de wikileaks s’en sotn pris à mastercard et Visa à cause de leur décision de bloquer les transactions du site lanceur d’alerte.

Le fondateur du site, Julian Assange, a passé une secodne nuit en prison après qu’un juge lui ait refusé la liberté avant une audience d’extradition pour qu’il réponde des accusations d’agressions exuelle en Suède.

Des assoications ont affirmé ce soir que els révélations à propos de Shell au Nigeria démontraient les liens enchev^trés entre la firme pétrolière et les politiciens dans un pays où, en dépit des milliards de dollars de revenu pétrolier, 70% de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Des câbles venus du Niegria montrent comment Ann Pickard, alors vice-préisdente de Shell pour l’Afrique sub-saharienne, a cherché à partager des informations avec le gouvernement étasunien sur l’activité militante et la concurrence dans le détroit instable du Niger- et comment, avec une certaine prescience, elle a semblé hésitante à parler parce qu’elle soupçonnait le gouvernement étasunien d’être sujet aux « fuites ».

Mais cela n’a pas emp^éché Pickard de dévoiler l’accès de la compagnie au gouvernement nigérian quand elle a rencontré l’ambassadeur Robin Renee Sanders, comme rapporté dans le memo confidentiel de l’ambassade étasuniennen d’Abuja daté du 20 octobre 2009.

Au meeting, Pickard a raconté comment la compagnie avaiet obtenu une lettre montrant que le gouvernement Nigérian avait lancé des enchères pour des concessions pétrolières à la Chine. Elle a dit que le Ministre des Ressources Pétrolières? Odein Ajumogobia, avait nié l’envoi de ces lettres mais que Shell savait qu’une correspondance similaire avait éexisté avec la Chine et la Russie.

L’ambassadeur a rapporté : « Elle a dit que le GON [Government Of Nigeria, Gouvernement du Nigeria, ndt] avait oublié que Shell avait placé des gens dans tous les ministères pertinents et que Shell avait par conséquent accès à tout ce qui se faisait dans ces ministères »

Le Nigeria est le premier producteur de pétrole en Afrique et le huitième exportateur mondial, représentant 8% des importations étasuniennes. Bien qu’un récent rapport de l’ONU ait largement blanchi la compagnie, des critiques accusent Shell, le plus gros exploitant du Delta, et d’autres compagnies, de provoquer une large pollution et des dégâts écologiques dans la région. Des groupes militants engagés dans les prises d’otages et le sabotages se sont multipliés.

L’indiscrétion de Wikileaks a été saisie aujourd’hui par des associations comme preuve de la main-mise vicieuse de Shell sur la richesse pétrolière de Nigeria. « Shell et le gouvernement du Nigeria sont deux faces de la même pièce » a dit Celestine AkpoBari, d’Action Sociale Nigeria. « Shell est partout. Ils ont un oeil et une oreille dans chaque ministère du Nigeria. Ils ont des agents dans chaque communauté, c’est pourquoi ils s’en tirent toujours. Ils sont plus puissants que le gouvernement nigérian. »

La critique a été reprise par Ben Amunwa de Platform, l’organisation londonienne de surveillance de l’industrie pétrolière. « Shell prétend n’avoir rien à voir avec la politique nigériane », a-t-il dit. « En réalité, Shell travaille au coeur même du système, et exploite depuis longtemps les canaux politiques nigérian à son propre avantage. »

Ce soir, le Nigeria a fermement démenti l’accusation. Levi Ajuonoma, un porte-parole de la compagnie publique nigérianne National Petroleum Coroporation, a dit : « Shell ne contrôle pas le gouvernement du Nigeria et n’a jamais controlé le gouvernement du Nigeria. Ce câble est la simple interprétation d’un individu. Il est absolument inexact, absolument faux et complètement erroné. C’est une tentative de diminuer le gouvernement et nous ne l’accepterons pas. Je ne pense pas que cela empêche qui que ce soit de dormir. »

Un autre câble publié aujourd’hui, par le consulat américain à Lagos et daté du 19 septembre 2008, prétend que Pickard a dit aux diplomates étasuniens que deux politiciens régionaux qu’elle a nommés étaient derrière les troubles dans l’Etat de Rivers. Elle a également demandé si les diplomates américains avaient des informations sur des livraisons de surface de missiles aériens à des groupes militants dans le delta du Niger.

« Elle a prétendu avoir une « information » suivant laquelle un à trois SAMS missiles aériens pourraient avoir été livrés à des groupes militants nigérians, bien qu’elle semblait quelque peu douter de cette information et se demandait si des systèmes si fragiles dureraient dans l’environnement hostile du Delta du Niger » affirme le câble.

Pickard a aussi affirmé que Shelll avait appris du gouvernement britannique des détails concernant la compagnie russe Gazprom d’entrer sur le marché nigérian. En Juin dernier, Gazprom a signé un contrat de 2,5 milliards avec la Nigerian National Petroleum Corporation pour construire des rafineries, des oléoducs et des centrales électiruqes au gaz naturel.

Shell a déposé une requête auprès du consulat étasunien en vue d’obtenir des informations sensibles sur Gazprom, un rival potentiel, qui, a-t-elle dit, a obtenu une promesse du gouvernement nigérian pour accéder à 1 570 milliards de mètres cubes de gaz naturel- grosso modo un dixième de la totalité des réserves du Nigeria. « Pickard a dit que la quantité de gaz ne serait dispoinible que si le GON devait prendre des concessions actuellement attribuées à d’autres compagnies pour les donner à Gazprom. Elle a supposé que Shell serait la première cible du GON ». Pickard a prétendu qu’une récente conversation avec un ministre du gouvernement nigérian avait été récemment enregistrée par les russes. D’après le mémo, peu après la rencontre dans le bureau du ministre, elle a ruç une transcription écrite de la réunion.

Le câble se termine avec l’observation suivant laquelle la dirigeante du secteur pétrolier souhaiterait poursuivre la discussion avec les fonctionnaires étasuniens. « Pickard nous a plusieurs fois dit qu’elle n’aime pas parler avec les fonctionnaires du l’USG [le gouvernement étasunien] parce que l’USG est sujet aux « fuites ». Elle s’inquiète peut-être que […] que des informations sur les opérations nigérianes de Shell ne fassent l’objet de fuites. »

Shell a refuser de commenter ces allégations, en affirmant : « Vous cherchez notre position dans une fuite concernant de prétendues informations à propos d’une conversation privée impliquant un représentant de Shell, mais aver refusé de partager cette fuite ou de nous accorder suffisamment de temps pour obtenir des informations de la personne qui aurait pris part à la conversation au nom de Shell. Compte tenu de cela, nous ne pouvons faire de commentaire sur le prétenud câble, y compris en ce qui concerne l’exactitude des affirmations qu’il contient. »


L'impérialisme, stade suprême du capitalisme, un ouvrage capital pour comprendre les relations internationales.

Il y a peu de temps, dans The Guardian, paraissait un article, traduit ici, initulé : « Wikileaks : Shell’s grip on Nigerian state revealed ». Malgré son sérieux et sa ligne éditoriale de gauche, The Guardian, comme tout organe de presse privé, est soumis à la logique qui pousse les médias à jouer sur les effets d’annonce. En fait, l’emprise de Shell sur le pouvoir nigérian est depuis longtemps un secret de polichinelle On s’avait que Shell contrôlait et les câbles Wikileaks ne renseignent finalement le citoyen que sur la façon dont s’exerce ce contrôle.

Les câbles publiés indiquent que la multinationale a placé des hommes de mains à des postes clés des ministères clés. Autrement dit, Shell n’est jamais loin des leviers et des manettes ou, ce qui revient au même, l’entreprise est en mesure d’intervenir si le pouvoir menace de trop près ses intérêts. Quelle nouveauté! Quelle révélation!

Les données empiriques sur le fonctionnement des Etats modernes, n’ont pas attendu Wikileaks pour filtrer, surtout en ce qui concerne les pays du Sud. Ainsi, au Venezuela, en avril 2002, parce que le gouvernement bolivarien semblait près de franchir la frontière que ne pouvaient accepter les milieux d’affaires, ceux-ci, avec l’aide des Etats-Unis, ont organisé un coup d’Etat militaire, qui a fait l’objet du documentaire The Revolution Will Not be Televised. Le Honduras est encore en lutte contre la dictature installée par les élites parce que le Président de droite Zélaya a tenté des réformes progressistes, comme l’augmentation du salaire minimum. Si on revient en Afrique, il est de notoriété publique que le clan Bongo fonctionne comme une excroissance du groupe Total ou qu’Areva, le géant nucléaire français, marche main dans la main avec le pouvoir du Niger, qui ne rêve que d’écraser la résistance qu’opposent les touaregs au pillage de leur territoire.

Ce que confirme également Wikileaks c’est que la phase impérialiste du mode de production capitaliste est consubstantielle à la concurrence pour le partage du monde entre groupement capitalistes ou, pour être plus précis, le partage du monde entre trusts multinationaux. A vrai dire, la totalité du globe est déjà appropriée par les multinationales, qui ont chacune leur territoires,conquis par le marché comme par l’entente. Mais une lutte se livre encore puisque les différents groupes ont besoin de se développer et donc d’étendre leurs zones d’influence. C’est cette lutte entre trusts qu’illustrent les câbles publiés par Wikileaks, lorsqu’il y est question de la compétition entre Shell et Gazprom.

Les câbles montrent encore que la compétition qui se livre n’oppose pas à proprement parler la Russie et le Royaume-Uni. Dans la compétition entre le capital russe et le capital britannique, les multinationales agissent comme les serviteurs des intérêts de leurs actionnaires. Autrement dit, sauf à manipuler les faits, il n’y a pas de contradiction entre les intérêts du Royaume-Uni et ceux du Nigeria mais d’un côté entre la bourgeoisie russe et la bourgeoisie britannique, de l’autre entre les bourgeoisies (ou, si l’on préfère, l’actionnariat) et le prolétariat nigérian : ce ne sont pas les multinationales qui servent les Etats-nations mais les Etats-nations qui servent leurs multinationales et donc la classe sociale qui se définit par la possession des moyens de productions, des entreprises. En ce sens, les câbles Wikileaks confirment aussi ce que les marxistes savaient déjà : la lutte des classes est le moteur de l’histoire, y compris à l’époque du capitalisme impérialiste. (1)

Au-delà du Tiers-Monde, cependant, le fonctionnement des Etats n’est guère différent. La récente affaire Bettencourt le prouve, comme celle des caisses noires de l’UIMM : par tous les moyens à leur disposition, les milieux patronaux achètent un droit de regard et de veto sur ce qui se fait dans toutes les sphères de pouvoir, du pouvoir politique au pouvoir médiatique, en passant par les contre-pouvoirs qui s’exercent à l’intérieur de chacun. Et ce n’est pas nouveau. On sait qu’en Europe, le fascisme s’est imposé parce que les milieux patronaux ont abondamment financé Hitler, Mussolini ou les phalangistes espagnols. On sait que la défaite française face à l’Allemagne a été voulue et mise en oeuvre par des secteurs du grand patronat et la fameuse Synarchie. Mais avant même ce « choix de la défaite », comme dit Annie Lacroix-Riz, le capital s’était acheté des agents partout dans le champ politique et éditorial.

Avant la décolonisation, la souveraineté du capital se masquait en Afrique derrière la souveraineté de la puissance colonisatrice. Pas étonnant puisque le capital en question venait de cette puissance, dont la bourgeoisie, face à la saturation des économies nationales, se voyait forcée d’exporter ses capitaux. Dans les pays de l’Afrique indépendante, la souveraineté du capital se masque derrière la souveraineté nationale. Ce que « révèle Wikileaks », c’est donc que la théorie marxiste de l’Etat vaut aussi pour les Etats de l’Afrique indépendante : l’Etat, disait Engels, est l’instrument de la domination d’une classe contre une autre ou, ce qui revient au même (dans le mode de production capitaliste), l’Etat est l’instrument de la domination du capital sur le travail. Et il restera cet instrument qu’il est tant que nos sociétés modernes tolèreront que des hommes ou des entreprises, nationale ou étrangères, détiennent assez de richesse pour corrompre les institutions.

Comme disait Staline à propos des membres de « la classe des possédants dans les mains de laquelle la banques, les usines, les transports, les plantations dans les colonies » : « Ils ne se soumettent pas à la volonté de la collectivité, ils s’efforcent de soumettre la collectivité à leur volonté. »

En Europe comme en Afrique, il faut choisir entre la souveraineté nationale et la propriété privée.

(1) En ce qui concerne l’impérialisme français le terme de « Françafrique » me semble source de confusion, car il oppose entre eux des espaces ou des nations, comme si le travailleurs Français était responsable des actions de la bourgeoisie française! En fait, l’impérialisme français crée une contradiction entre la bourgeoisie française (et ses serviteurs, à commencer par l’Etat bourgeois) et les travailleurs africains et ne peut trouver sa solution que dans l’injonction finale du Manifeste de Marx et d’Engels : « Prolétaires de tous pays, unissez-vous! ».



Edité par T 34 - 03 Jan 2011 à 22:39
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Aug 2011 à 20:54

Shell, coupable de noyer le Nigeria sous le pétrole

Dans un rapport sans précédent, l’ONU reconnaît la responsabilité du pétrolier dans la marée noire qui sévit en pays Ogoni.

Rigoureuse, implacable et au final accablante : une étude lancée voilà plus d’un an par le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) a été rendue publique jeudi, confirmant les ravages engendrés, au Nigeria, par cinquante ans d’exploitation pétrolière négligente et hors contrôle. Attendue depuis loin par les ONG de défense de l’environnement et des droits de l’homme, elle est la première à pointer officiellement la responsabilité des industriels dans ce qui se confirme être une catastrophe majeure. Géant anglo-néerlandais largement implanté en pays Ogoni jusqu’en 1993, Shell s’affiche au premier rang des pétroliers mis en accusation. Longtemps, la compagnie a tenté de se dédouaner de toute culpabilité. L’ampleur et la solidité de l’évaluation qui vient de se conclure lui laissent aujourd’hui peu de marge pour se défiler.

L’enquête est sans précédent. Quatorze mois de prospection, menée en pays Ogoni, principale zone d’exploitation du pays. L’équipe du Pnue a ainsi exploré plus de 200 sites, étudié 122 kilomètres d’oléoducs, épluché 5 000 dossiers médicaux et s’est entretenue avec plus de 20 000 personnes lors de réunions publiques. Au total, plus de 4 000 échantillons provenant de sols et de nappes phréatiques ont été analysés, conduisant à un bilan impitoyable : les dégâts causés par les fuites quasi continues des oléoducs et autres puits sont tels qu’il faudra près de trente ans à la région pour se réparer entièrement. Le rapport préconise, pour y parvenir, la création d’un fonds pour la restauration environnementale du pays Ogoni, doté d’un capital initial de 1 milliard de dollars provenant de l’industrie pétrolière.

«L’impact du pétrole sur la végétation a été désastreux», souligne l’étude du Pnue. La pollution a laissé les mangroves dépourvus de feuilles et de tiges. Les racines des arbres et des plantes, qui servent de zone d’alevinage, ont été recouvertes d’une couche bitumée, dont l’épaisseur dépasse parfois le centimètre. «Lorsque les fuites ont lieu sur terre, poursuit le texte, les incendies se déclenchent souvent», créant une croûte défavorable au retour de la végétation, présente depuis plusieurs décennies sur certains sites.

Des couches d’huiles flottent sur les eaux de surface, de même que dans certaines nappes phréatiques. Les scientifiques en ont trouvé qui atteignaient 8 centimètres d’épaisseur. Alarmant en termes de santé publique – «sérieusement menacée dans au moins dix communautés Ogoni dans lesquelles l’eau potable a été contaminée par un important niveau d’hydrocarbure» –, le rapport l’est, enfin, en termes économiques. Selon les scientifiques, le secteur de la pêche souffre de la destruction des habitats de poisson et de nombreuses fermes piscicoles ont été ruinées.

La chose, pour les populations locales et les ONG, n’est pas une révélation. En 2009, Amnesty International lançait une campagne dénonçant les faits, tandis que la fédération internationale des Amis de la Terre, dont le président est lui-même nigérian (lire ci-après), témoigne depuis des années de la négligence meurtrière de compagnies pétrolières qui laissent pourrir les oléoducs et les puits.

Poids lourd parmi les poids lourds du pays, Shell, jusqu’ici, démentait, préférant mettre en cause les sabotages et attentats perpétrés par des groupes rebelles locaux, lesquels l’avaient poussée à fuir la région en 1993. En août dernier, alors que l’étude de la Pnue était encore en cours, des rumeurs circulaient dans la presse nigériane affirmant que l’enquête validerait cette théorie. L’ONU, aussitôt, démentait, de même que son rapport final qui n’est pas tendre avec le pétrolier. Précisant que l’analyse porte en grande part sur une pollution historique datant d’avant 1993, il relève que «le contrôle et la maintenance de l’infrastructure pétrolière en pays Ogoni ont été et demeurent inadéquats, écrivent les rapporteurs. Les propres procédures de la Shell Petroleum Development Company (SPDC) n’ont pas été appliquées.»

De fait, Shell aura du mal à se débiner sur ce coup-là. La veille de la publication, la compagnie reconnaissait sa responsabilité dans deux vastes marées noires survenues dans le delta du Niger en 2008 et 2009, et s’engageait à verser des compensations. Peut-être le début de quelque chose. Ou la poursuite de rien, quand les pétroliers ont appris à se constituer des fonds à cet effet, lesquels les autorisent à poursuivre leur activité sans se faire trop de soucis.

Marie-Noëlle Bertrand

Source


Shell « Cette pollution est un crime contre l’humanité »

Nnimmo Bassey, Président de la fédération internationale 
des Amis de la Terre.

Voilà des années que vous dénoncez les inconséquences de Shell au Nigeria. Le rapport de l’ONU rend-il justice à ce que vivent les populations du delta du Niger ?

Nnimmo Bassey. Ce rapport révèle la vraie mesure de la dévastation environnementale causée par cinquante ans d’opérations pétrolières en pays Ogoni. Il confirme nos plaintes et valide les campagnes que nous avons menées. Il sera, en ce sens, un outil pour rendre la justice. Mais elle n’est pas encore gagnée, nous devrons aller la chercher.

Le fonds de restauration d’un milliard de dollars vous paraît-il suffisant ?

Nnimmo Bassey. C’est une première étape, mais il faudra aller plus loin. Cette somme, à elle seule, ne suffira pas 
à apaiser des populations auxquelles on a retiré le droit de se développer dans un environnement sain 
et qui vivent depuis toutes ces années dans un cauchemar écologique. Les faits confirmés par le rapport sont vraiment dramatiques : dix-huit ans après l’arrêt 
de la production de pétrole dans la région, l’Ogoni continue d’en souffrir. Je vis moi-même à proximité 
de cette région. Les mangroves, les rivières, le sol, l’air, 
le gagne-pain des gens... Tout y est détruit. Nous pensons qu’à terme, 100 milliards de dollars seront nécessaires. Cette pollution est un crime contre l’humanité. Shell 
et le gouvernement nigérian doivent être contraints de réparer tout cela.

Dans quelle mesure l’État nigérian est-il responsable ?

Nnimmo Bassey. Shell et la Société nationale nigériane de pétrole ont opéré conjointement. Certes, Shell était l’opérateur. Mais l’État nigérian est profondément impliqué et partage la responsabilité. Nous voulons, aujourd’hui, qu’il fasse le nécessaire pour pousser Shell à évacuer ses installations pourries d’Ogoniland.

Entretien réalisé 
par Marie-Noelle Bertrand

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Aug 2011 à 22:50
L’Ogoniland ou Comment écrire sur un génocide/écocide en Afrique
 

On pourrait dire: „enfin“, car on (re) parle d’un vieux problème connu depuis des dizaines d’années, mais dont la solution se fait attendre: du drame de la pollution de l’Ogoniland par les multinationales pétrolières. Le fait qu’une organisation internationale (le PNUE, c’est-à-dire le Programme des Nations Unies pour l’environnement) s’en soit saisie peut donner l’impression qu’une prise de conscience de la gravité de la destruction écologique d’une partie de la planète est sur le point de se faire. S’il en est ainsi, le rapport du PNUE du 4 août 2011 concernant ce problème, mérite d’être traduit en autant de langues étrangères que possible, car par ce biais il pourrait, peut-être, agir sur les consciences et mobiliser les esprits.

Toutefois, il vaut mieux ne pas s’attendre à des miracles. Les lamentations au sujet des dégâts effectués sur le terrain ne s’y prêtent pas. Bien au contraire, c’est le sentiment d’impuissance devant la fatalité du fait accompli qu’elles éveillent. Un peu de compassion pour les victimes de la pollution, ca fait du bien. Quelques larmes (même celles de crocodile) soulagent davantage. L’Agence France Presse s’y connaît dans la matière. Dans le meilleur style des reporters modernes, elle décrit la tragédie de quelques personnes concernées pour, ensuite, donner un court résumé du rapport du PNUE mettant en cause seulement deux compagnies pétrolières : la SPDC, une filière de la NNCP nigériane, et la multinationale anglo-néerlandaise SHELL qui s’est, d’ailleurs officiellement retirée de l’Ogoniland en 1993, tout en gardant deux oléoducs qui sont régulièrement exposés aux actions de sabotage. Un constat de fait, sans plus.
 
Le rapport du PNUE va-t-il plus loin? Dans la mesure où son analyse se réfère à l’histoire de l’exploitation pétrolière de la région, certainement. Ainsi, dans ce document on trouve d’autres compagnies pétrolières et on parle plus longuement de certains conflits internes, sur la guerre du Biafra en particulier, ainsi que de l’engagement humanitaire des Médecins sans frontières. On n’oublie pas de mentionner aussi la contestation écologique et l’action de l’écrivain Ken Saro Wiwa en faveur du peuple Ogoni qu’il a payée de sa vie. Bref, voilà un travail sérieux fondé, comme le rapport l’affirme, sur 14 mois de recherches sur le terrain et sur des entretiens avec plus de 20.000 personnes concernées.
 
Bravo ! On ne peut que féliciter, car présenter un travail pareil sur moins de dix pages, avec deux cartes et une présentation graphique, n’est ni simple, ni facile. Mais, au moins, on a des points de repère. Quant au « dessous-des-cartes », il nécessite un effort. Faute d’explication, il ne reste qu’à se poser des questions. Par exemple, si les multinationales pétrolières ont les mains propres dans l’attisement des conflits régionaux et ethniques, si elles coexistent pacifiquement sur ce terrain miraculeux où si elles engagent des milices locales pour saboter les installations du concurrent ? Les intérêts géopolitiques sont-ils aussi présents ? Pourquoi la France et, plus discrètement l’Union Soviétique, soutenaient-elles les sécessionnistes biafrais et les Britanniques, avec les Usaméricains, les Nigérians ? Qui et comment corrompt l’élite nigériane et qui appuie les mouvements sécessionnistes des peuples Ijaw et Itsekeri dans le Delta du Niger ? Sans parler d’ailleurs du conflit religieux toujours présent entre le Nord et le Sud du pays en particulier ou, pire, de l’ajustement structurel et des effets ravageurs de la privatisation? Mais là-dessus, le rapport du PNUE et l’information de l’AFP sur ce rapport restent muets.
 
Or, c’est de cela qu’il faut parler. Non pour effectuer un constat académique des faits, mais pour dévoiler les mécanismes de leur manipulation. En agissant ainsi, on fraye la voie à la réflexion critique et on permet une prise de conscience sur la nécessité de s’engager pour changer la donne. Mais ceci implique aussi l’audace de regarder les faits en face afin d’éviter le danger de se retrouver dans le piège d’une nouvelle mystification et finir par être manipulé par une institution de pouvoir quelle qu’elle soit. Or, c’est ce qui manque aux auteurs des rapports internationaux mais aussi aux journalistes des mainstream medias. Ils ne critiquent pas, mais se lamentent. Ils exposent certains faits, mais évitent d’entrer dans le fond des problèmes. Ils n’animent pas les esprits mais les endorment avec leurs présentations ennuyeuses et grises. Pourtant, ce qu’il faut, c’est non seulement saisir le fond des problèmes, mais de chercher des issues, des solutions et des alternatives. Pourquoi une institution onusienne évite-t-elle de fustiger les élites ? Pourquoi ne pas appeler à des actions internationales d’insubordination civile contre les injustices sociales et leurs fauteurs ? Doit-on tolérer ce véritable génocide/écocide qui est en train de se produire dans l’Ogoniland ? Si la presse officieuse n’ose pas agir ainsi, c’est aux médias alternatifs de le faire, au nom de l’éthique professionnelle et humaine.
 

En pays Ogoni, les Nigérians respirent, boivent et maudissent le pétrole

De Sophie Mongalvy (AFP) – 17-08-2011 

BODO — Une odeur de pétrole étourdissante flotte sur la jetée. Les pirogues, l'eau, le sable et les mangroves sont recouverts d'une couche brunâtre visqueuse. Un tableau quotidien pour les habitants de Bodo, dans le sud du Nigeria.

Comme tant d'autres villages du royaume Ogoni, Bodo a vu son environnement se dégrader au cours de 50 années d'exploitation pétrolière marquées par des fuites.

On est en plein cœur du delta du Niger, une région pauvre et volatile, richissime en hydrocarbures, où opèrent de nombreuses multinationales.

Dans un rapport sans précédent, l'ONU a récemment établi l'ampleur et l'impact de la pollution en pays Ogoni. La contamination est telle qu'elle exigerait la plus vaste opération de nettoyage jamais entreprise dans le monde, selon l'étude.

Il y a "urgence" en raison des menaces pour la santé des quelque un million d'Ogonis, selon Henrik Slotte, du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) qui a réalisé l'enquête.

A la jetée de Bodo, des villageois foulent pieds nus le sable souillé. Certains se couvrent le nez de la main ou avec un mouchoir.

Le pétrole a beaucoup rapporté au Nigeria, premier producteur d'Afrique. Il a coûté cher à de nombreux Ogonis qui vivaient de la pêche et de l'agriculture. Ils ont vu leurs moyens de subsistance détruits au rythme des fuites.

"Les habitants ici sont des pêcheurs et des agriculteurs, ils dépendent directement des ressources de la mer (...). Avec ces fuites, on ne peut plus rien faire", résume Michael Kobah, enseignant de 49 ans.

Las d'attendre une éventuelle intervention extérieure pour décontaminer sa région, il s'est lancé dans la plantation d'arbres, dans l'espoir qu'ils purifient l'air.

"Nous devons maintenant aller à 50 milles, en haute mer, pour attraper le moindre petit poisson", se lamente Friday Gimmogho, 31 ans, bredouille sur la jetée.

Patricia Boribor, 62 ans, dit avoir abandonné ses terres qui ne produisaient plus rien.

A quelques kilomètres de Bodo, dans le village de Nisisioken Ogale, les habitants ont été sommés par le PNUE de ne plus utiliser l'eau de leurs puits.

Les prélèvements ont montré qu'elle contenait 900 fois plus de benzène, un hydrocarbure cancérigène, que la limite recommandée par l'Organisation mondiale de la santé. Une eau que les villageois boivent et avec laquelle ils cuisinent et se lavent depuis des années.

Nisisioken est traversé par un oléoduc de la compagnie nationale nigériane NNPC, dont les fuites ont contaminé les nappes phréatiques.

"L'oléoduc est très mal entretenu. Ils ne prêtent pas attention à notre communauté", dénonce Austin Kpalap, 31 ans.

Le jeune homme affirme qu'aucune fuite n'a jamais été nettoyée à Nisisioken. Impuissant, il laisse éclater sa colère contre l'industrie pétrolière.

"Ils ne nettoient pas (...) ils ne s'intéressent qu'à ce qu'ils se mettent dans les poches. Ils ne font pas face. La plupart vivent à Abuja, à Lagos, ils ne sont pas ici, ils ne ressentent pas" la pollution environnante.

Encore quelques kilomètres plus loin, à B-Dere, un chemin de terre étroit débouche sur une marre entourée de verdure. Les oiseaux chantent, mais l'air est irrespirable. Le site est recouvert de brut.

Le géant anglo-néerlandais Shell, premier opérateur au Nigeria, a été particulièrement implanté en pays Ogoni, dont il s'est retiré en 1993. Mais la zone est encore traversée par deux oléoducs que le groupe possède dans le cadre de la SPDC, une co-entreprise avec la NNPC, et compte de nombreux puits désormais inactifs.

Le rapport du PNUE critique la SPDC pour le manque de surveillance et d'entretien de ses infrastructures, ce qui a "conduit à des problèmes de santé publique et de sécurité".

L'étude note aussi que la décontamination, par la SPDC, de sites pollués a été largement insuffisante.

Shell, qui assure prendre très au sérieux le rapport et les recommandations de l'ONU, soutient que le sabotage, le vol et le raffinage clandestin de brut obtenu en perforant les oléoducs sont les principales causes de pollution.

"70% des fuites dans le delta sont dues au sabotage", affirme à l'AFP Mutiu Sunmonu, patron du groupe au Nigeria.

Le raffinage illégal et les attaques d'oléoducs par des groupes armés contribuent à la pollution et posent un véritable problème, selon tous les observateurs. Mais ce sont des phénomènes récents, soulignent Henrik Slotte du PNUE, Amnesty International et les activistes locaux.

Le rapport du PNUE a aussi épinglé le gouvernement nigérian, appelé à davantage réglementer la protection environnementale.

Pour Ledum Mitee, président du Mouvement pour la survie du peuple Ogoni (Mosop), "le gouvernement devrait retirer la licence de Shell" et la décontamination devrait démarrer "immédiatement".

Une opération que les Ogonis attendent avec impatience. Beaucoup, au chômage, espèrent être embauchés pour restaurer leur environnement.

Date de parution de l'article original: 29/08/2011
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Oct 2011 à 20:51

Nigeria : comment les contrats de Shell entretiennent les conflits armés, par Sophie Chapelle

 
 
source : Bastamag, 12 Octobre 2011

Le géant pétrolier Shell est accusé dans un rapport de l’ONG britannique Platform d’alimenter au Nigeria une « guerre des gangs ». Les milliers de contrats « de sécurité », conclus pour la surveillance des infrastructures de la multinationale, auraient attisé une compétition acharnée entre bandes rivales. Et cela dans un contexte de marées noires dévastatrices permanentes, qui nécessiteront la plus vaste opération de nettoyage jamais réalisée au monde, selon les Nations unies.

Voilà la multinationale Shell assise au banc des accusés. Selon un rapport de l’ONG britannique Platform, la multinationale pétrolière anglo-néerlandaise alimenterait le conflit armé au Nigeria. Une accusation fondée sur plusieurs contrats impliquant Shell dans la rémunération régulière de groupes armés. L’ONG pointe notamment un transfert d’un montant de 159 000 dollars en 2010 à l’un de ces groupes. En échange de ces financements, les bandes armées garantissent la protection des pipelines et le contrôle de l’accès aux infrastructures pétrolières. Une façon pour le géant pétrolier de « neutraliser » ces groupes, potentiellement acteurs d’actes de vandalisme contre les oléoducs. Shell aurait engagé 1 300 gardes armés et plus de 9 000 jeunes sous « contrats de sécurité », souligne l’ONG. Depuis ses premières opérations au Nigeria en 1958, Shell est désormais très visible dans le delta avec près de 6 000 km de pipelines, 1 000 puits de pétrole et 90 sites pétroliers à surveiller.

Des contrats « de sécurité » qui attisent les combats

L’enquête met en lumière les conséquences de ces « arrangements », qui ont conduit à une compétition acharnée entre bandes rivales pour obtenir les contrats. « Shell accordait les contrats à ceux ayant le plus de pouvoir coercitif », relève Ben Amunwa, l’auteur du rapport. Des « contrats de sécurité » rendent les gangs « riches du jour au lendemain ». Shell aurait ainsi attisé les tensions dans plusieurs localités comme à Rumuekpe. C’est là qu’en 2006 une milice dynamite des pipelines de Shell, tenus à l’époque par un groupe armé concurrent. Cet acte vaut à cette milice la signature de juteux contrats de surveillance. Car « celui qui prend le dessus gagne l’attention de la compagnie », commente Chukwu Azikwe, un ex-membre de gang. Commence alors une concurrence féroce entre les factions armées pour l’accès aux ressources de l’entreprise. Entre 2005 et 2008, une soixantaine de personnes sont tuées, et des milliers d’habitants sont contraints de fuir les combats.

Une complicité démentie par Shell

Selon Platform, « Shell était certainement conscient qu’il alimentait les conflits, puisque ses émissaires rendaient régulièrement visite aux membres de la communauté de Rumuekpe ». D’autant que « les membres de la communauté [ont] écrit à Shell pour informer l’entreprise et lui demander d’arrêter l’attribution des marchés aux chefs de gang ». Une complicité dans le cycle de la violence que Shell conteste en bloc. « Si le gouvernement du Nigeria veut faire des affaires avec Shell, c’est leur travail de créer un environnement stable et sécurisé, ce n’est pas celui de la compagnie de pétrole », rétorque Mark Courtnell, directeur de la sécurité de l’entreprise. Un autre porte-parole de Shell se veut plus nuancé : la compagnie « reconnaît que le paiement légitime des contractants, ainsi que les investissements sociaux effectués dans la région du delta de Niger peuvent causer des frictions au sein et entre les communautés ». Mais le groupe pétrolier « travaille dur pour assurer une distribution juste et équitable des bénéfices de sa présence ».

 

Le rapport révèle également l’implication du géant pétrolier dans des actes de violation des droits humains. Les communautés du delta du Niger vivant à proximité des installations pétrolières ne comptent plus les humiliations, attaques et tortures menées par les soldats armés et gardes en charge de la protection des infrastructures. La lutte menée par le Mosop – Mouvement pour la survie du peuple Ogoni – est emblématique de la résistance citoyenne face aux agissements de Shell. En janvier 1993, ce mouvement parvient à réunir 300 000 personnes en vue de bloquer les activités des compagnies pétrolières. Ils réclament 10 milliards de dollars pour les dommages accumulés, un arrêt immédiat des dégradations environnementales et des négociations sur d’éventuelles futures extractions.

La sécurité des installations avant celle des populations

Le ralentissement de l’extraction de pétrole est suivi par une forte répression militaire, qui s’accélère à partir de mai 1994. Après l’exécution du leader du Mosop, Ken Saro-Wiwa, la multinationale retourne sécuriser ses 112 puits de pétrole, escortée par une unité de soldats armés. « Shell ne s’est jamais préoccupée des gens qui mouraient. Elle n’a jamais rien fait pour appeler à un rétablissement de l’ordre. Au contraire, elle a fait appel aux forces militaires pour intimider la communauté », témoigne un représentant de la jeunesse locale, Matthew Chizi.

Aux check-points militaires disposés autour des installations vient s’ajouter la pollution des rivières et des terres cultivées, dont les communautés dépendaient. L’ampleur de la pollution pétrolière dans le sud du Nigeria pourrait nécessiter « la plus vaste opération de nettoyage jamais réalisée au monde » estime le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) dans un rapport rendu public le 4 août dernier. Trente ans seraient nécessaires pour une « restauration environnementale complète ».

Des marées noires permanentes

Shell n’est pourtant pas encore prêt à faire son mea culpa. Pour la multinationale, le fléau de la pollution en pays Ogoni est dû, pour 70 %, aux sabotages des oléoducs qu’elle possède dans la zone. Or les victimes de marées noires ne sont pas indemnisées lorsque la marée noire est causée par un sabotage, rappelle Platform. En réalité, c’est davantage le mauvais entretien des conduites qui serait la cause des marées noires quotidiennes dans le delta du Niger. Et l’augmentation du budget de Shell pour le « développement communautaire » – 200 millions de dollars investis par an – n’a rien changé aux conditions de vie des habitants, qui continuent de vivre pour la plupart sans fourniture d’eau ni d’électricité adéquate. « L’argent ne va pas dans les bonnes mains », reconnaît un officiel de Shell.

Des solutions politiques et non militaires

« L’étendue, la nature systématique des violations des droits humains par Shell appelle une réponse forte et concertée d’un large éventail de parties prenantes », conclut le rapport. Un appel a été adressé aux gouvernements des Pays-Bas et du Royaume-Uni, où se trouve le siège de la société, pour qu’ils s’assurent que des recours judiciaires soient accessibles aux victimes. Platform condamne également le gouvernement nigérian pour avoir échoué à protéger les droits de ses citoyens, et invite le Président, Jonathan Goodluck, à trouver des solutions politiques à la crise du Delta, au lieu de réponses militaires.

Pour Nnimmo Bassey, responsable de l’ONG Les Amis de la Terre, il est temps que Shell nettoie « après des décennies de marées noires dévastatrices, mette fin à la pratique illégale du torchage du gaz [1] et indemnise les victimes de violations des droits humains au Nigeria ». Autant d’exigences qui s’appliquent également aux autres compagnies pétrolières opérant dans la région. Avis aux multinationales comme Halliburton ou Daewoo, au Nigéria et ailleurs.

Sophie Chapelle

Le rapport Counting the Cost est à télécharger ici


 


Edité par T 34 - 07 Nov 2011 à 05:20
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Nov 2011 à 18:05

Geneviève Garrigos. Jusqu’à quatorze ans d’emprisonnement pour relations homosexuelles

Présidente d’Amnesty International france.

Le mariage entre personnes 
de même sexe est «une insulte à la culture et à la tradition». C’est ainsi que le président 
du Sénat nigérian, David Mark, 
a ouvert début novembre la session d’examen du projet de loi sur l’interdiction des «mariages entre personnes du même sexe». Un projet qui va bien au-delà du mariage puisqu’il inclut toute personne soupçonnée d’entretenir une relation homosexuelle. Trois ans de prison pour ceux ou celles vivant en couple, cinq pour les personnes qui seraient témoins, encourageraient ou prêteraient assistance à une telle relation. Sont également visés les participants à une cérémonie ou à un rassemblement homosexuel, réel ou présumé.

Le Sénat a justifié l’adoption de ce projet en comparant les relations entre personnes du même sexe à l’inceste ; en qualifiant les rapports homosexuels de «criminels», «impies» et «contre-nature». Cette référence à des relations «contre nature» n’est pas anodine. Selon l’article 214 du Code pénal nigérian, les «relations charnelles contraires à l’ordre de la nature» sont passibles d’une peine pouvant atteindre quatorze ans d’emprisonnement.

Un héritage de l’ère victorienne qui a perduré après la fin de l’Empire colonial britannique. Au nord du pays, depuis 1999, c’est la charia (droit islamique), qui érige en infraction la sodomie punie par la lapidation. Le projet de loi est actuellement présenté à l’Assemblée nationale et, s’il était adopté, il élargirait l’éventail des personnes susceptibles d’être prises dans les mailles du filet.

De fait, les droits de tous les Nigérians seraient menacés. Droit à la vie privée, à l’égalité, à la liberté d’expression 
et d’association. Droit de ne pas subir de discrimination. Une régression inadmissible dans un pays qui revendique une place de leader mondial émergent. Une régression que seuls 
les préjugés, les idéologies religieuses 
et politiques permettent de justifier. 
Des préjugés, des idéologies 
à combattre inlassablement.

Geneviève Garrigos

Source

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Nov 2011 à 22:19
Pollution pétrolière au Nigeria : Shell doit payer 1 milliard de dollars
 

Depuis des années, la pollution pétrolière n'est pas nettoyée et les habitants du delta du Niger demandent réparation. Shell doit s'engager à effectuer un paiement initial d’1 milliard de dollars afin de commencer le nettoyage de la pollution causée par les déversements de pétrole.

La pollution pétrolière massive a un effet dévastateur sur la vie des habitants du delta du Niger, au Nigeria.  La compagnie pétrolière Shell est le principal exploitant sur le terrain.  Contrairement à l’image publique de Shell, les recherches menées par Amnesty International démontrent que les activités de l'entreprise aboutissent à des atteintes aux droits humains dans la région.

Un nouveau rapport d’Amnesty International et du Centre nigérian pour l’environnement, les droits humains et le développement (CEHRD), intitulé : "Nigeria. La vraie «tragédie». Retards et incapacité à stopper à stopper les fuites de pétrole dans le delta du Niger ", souligne que de graves irrégularités institutionnelles et réglementaires ont suivi les deux grands déversements d’hydrocarbures survenus en 2008 près de la ville de Bodo, dans l’Ogoniland.  Trois ans plus tard, Shell n’a toujours pas nettoyé les dégâts causés par la pollution et la population continue à souffrir.

En août 2011, une évaluation scientifique décisive du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a révélé qu’une contamination par hydrocarbures grave et généralisée polluait l’Ogoniland.  Dans son rapport, le PNUE a conclu que Shell néglige de nettoyer correctement cette pollution depuis des années.
Alors que Shell a été contrainte de mettre fin à ses activités d’exploitation en Ogoniland en 1993, après des manifestations d’habitants qui dénonçaient les conséquences néfastes de l’industrie pétrolière, des oléoducs sont toujours en fonctionnement dans la région et les déversements restent un grave problème.
La contamination de l'Ogoniland est si grave que le PNUE estime qu'il faudra certainement plus de vingt-cinq ans pour dépolluer entièrement la zone et qu'il a proposé la création d'un fonds spécial doté d'un montant initial d'un milliard de dollars pour commencer le nettoyage.
Amnesty International demande à Shell de fournir en totalité le milliard de dollars permettant d’établir le fonds spécial.

Des droits bafoués

L’incapacité de Shell à remédier aux déversements d'hydrocarbures de manière rapide et efficace et l'absence de mise en œuvre de la réglementation par le gouvernement nigérian ont nui gravement aux droits économiques, sociaux et culturels de centaines de milliers de personnes dans le delta du Niger, à commencer par les plus démunies.

Par exemple, la pollution provoquée par les déversements de Bodo a mis en danger la santé des habitants, détruit leurs moyens de subsistance et compromis leur accès à une eau et à une nourriture saines.  Shell n’a apporté une aide alimentaire que plusieurs mois après le premier déversement, et elle était tout à fait inadaptée. 
Les personnes affectées par la pollution reçoivent rarement justice pour les atteintes dont elles sont victimes.  Plus de trois ans après le premier déversement de Bodo, la population attend toujours d’obtenir une réparation qui comporterait, entre autres, le nettoyage de la zone.
Shell affirme que la plupart des déversements d’hydrocarbures sont provoqués par des actes de sabotage ; néanmoins cette affirmation repose sur une procédure d'enquête déficiente.  En outre, Shell est dans l’obligation de nettoyer les déversements, quelles qu'en soient les causes.  Les déversements d’hydrocarbures constatés à Bodo en 2008 avaient été provoqués par des équipements défectueux.

Shell, au-delà des apparences

Shell se décrit comme une entreprise "responsable" qui fait de son mieux dans le delta du Niger,  mais les recherches d’Amnesty International et du CEHRD, ainsi que le rapport du PNUE, donnent une autre vision des choses. 

La différence est souvent grande entre les déclarations de Shell et la réalité sur le terrain :

  • DECLARATION : Shell "réagit immédiatement" lorsqu'un déversement d'hydrocarbures est constaté.

    RÉALITÉ : Le PNUE a constaté qu’il y avait toujours un délai de réaction après les déversements d’hydrocarbures.  Après le constat des déversements à Bodo en 2008, les hydrocarbures ont jailli pendant des semaines dans les deux cas, et le nettoyage n'a toujours pas commencé
  • DECLARATION : Lorsque Shell nettoie les déversements d’hydrocarbures, elle "rend au terrain son état initial".

    RÉALITÉ : le PNUE a remarqué que, bien souvent, le nettoyage de la contamination par hydrocarbures qu'effectue Shell ne respecte même pas les propres normes de la compagnie.  Les Nations unies ont conclu que, dans plusieurs cas, la différence entre les sites décrits comme "nettoyés" et ceux décrits comme "en attente de nettoyage" n’était pas toujours claire.


Shell n’est pas le seul acteur responsable de la pollution du delta du Niger.  Néanmoins, l’entreprise omet depuis des dizaines d’années de prévenir et de réparer convenablement les problèmes de pollution.  L’heure est venue pour Shell admettre ses responsabilités, les assumer et de nettoyer. 

Comment joindre les deux bouts ?

Le%20pasteur%20Christian%20Lekoya%20Kpandei%20dans%20son%20exploitation%20piscicole%20de%20Bodo,%20mai%202011%20©%20Amnesty%20InternationalLe pasteur Christian Lekoya Kpandei dans son exploitation piscicole de Bodo, mai 2011 © Amnesty InternationalChristian Lekoya Kpandei, 50 ans, est un pasteur de Bodo. Avant les déversements de 2008, il avait une exploitation piscicole florissante et employait une dizaine de personnes.
"Le 28 août, on m’a prévenu qu’il y avait un déversement d’hydrocarbures.  Quand je suis arrivé sur les lieux, j'ai vu que l’ampleur des dégâts dépassait mon imagination.  Au fur et à mesure que le pétrole brut était apporté par la marée, il entrait et recouvrait tous les bassins.  J’ai vu tous mes poissons mourir en une journée.  Tout ce que nous avions investi, tout notre travail de longue haleine, tout a disparu en un instant."

 Christian Lekoya Kpandei a perdu son entreprise.  Il dit qu’il a demandé à Shell de l’indemniser, mais s’est heurté à un mur de silence.  "Shell n'a pas communiqué avec nous.  Oui, nous avons adressé une demande.  Depuis, rien.  Shell ne m’a jamais répondu. »
Maintenant, il se démène pour joindre les deux bouts.  « Ici, il n’y a pas d’autre travail, car il n’y a pas d’industrie qui fournisse des emplois en Ogoniland.  Tous les poissons et toute la mer sont pollués, il est impossible de pêcher.
"

 

 


Edité par T 34 - 26 Dec 2011 à 20:00
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 Dec 2011 à 04:56
Shell responsable de la pire marée noire du Nigéria en 13 ans 
 
Le Nigéria est confronté à sa pire marée noire depuis la catastrophe d’Exxon Mobil en 1998, suite à une fuite lors d’un chargement de pétrole sur un tanker de la compagnie Shell.
 

Les autorités du Nigéria ont mis en place des mesures d’urgence jeudi pour prévenir une marée noire de la compagnie Royal Dutch Shell, la plus grande fuite de pétrole que le Nigéria ait connue depuis plus de 13 ans, et qui pollue sa côte très peuplée.

 

La marée noire de mardi, qui d’après Shell s’est produite lorsqu’un tanker chargeait du pétrole, a conduit à la fermeture totale de l’usine de Bonga de la compagnie, qui se trouve à environ 120 kilomètres au large de la côte du Nigéria.

 
Les pipelines de Shell sur les rives du delta du Niger au Nigéria ont fui plusieurs fois, la compagnie accusant habituellement des sabotages ou des vols de pétrole.

« C’est comparable à ce qui s’est produit en 1998 avec la marée noire Exxon Mobil, en termes de quantités, c’est la plus importante depuis lors » a déclaré Peter Idabor, directeur de l’Agence Nationale de Réponse et de Détection des Marées Noires du Nigéria (NOSDRA).

En 1998, près de 40 000 barils de pétrole avaient fui d’un pipeline fissuré d’Exxon Mobil au large de la côte du Nigéria.

 

« Nous avons dans la région 20 000 barils qui se sont propagés dans l’environnement… et cela se déplace très clairement vers notre côte » a déclaré Peter Idabor.

 

Il a ajouté que 210 tonnes de dispersants étaient en cours d’acheminement et que des containers en plastique avaient été déployés pour bloquer le pétrole et l’empêche d’atteindre le rivage.

 

« Nous sommes beaucoup mieux préparés qu’en 1998 » a-t-il déclaré.

 

Mais il a ajouté que l’on avait conseillé aux pêcheurs locaux vivant le long de la côte de s’éloigner.

 

« Pour les pêcheurs qui sont là, il y a beaucoup de vagues. Bien sûr, notre conseil serait de s’éloigner de ces régions pour se rendre dans des zones d’eau moins affectées ».

 

La compagnie Shell a déclaré que « moins de 40 000 barils de pétrole » avaient fui dans l’océan pour cette dernière marée noire. Le flux de pétrole a désormais cessé, d’après ce qu’a déclaré un porte-parole de la compagnie mercredi.

 

Près de la moitié du pétrole s’étant écoulé est désormais dissipé du fait de la dispersion naturelle et de l’évaporation, d’après ce qu’a indiqué Shell dans un communiqué jeudi.

 

L’usine de Bonga représente près de 10% de la production de pétrole mensuelle du Nigéria, le principal exportateur de pétrole brut du continent.

 

Un porte-parole de Shell a déclaré jeudi qu’il n’y avait pas encore de date de redémarrage des activités prévue pour le gisement de pétrole et que la production ne reprendrait qu’après que les enquêtes et les réparations nécessaires aient été effectuées.

 

« Pour accélérer la dépollution en mer, nous déployons des navires avec des dispersants pour casser les nappes de pétrole en mer. Nous mobilisons des avions qui soutiendrons les navires dans cette opération » a déclaré Mutiu Sunmonu, président de Shell au Nigéria, après s’être excusé pour la marée noire le jour précédent.

 

Le site internet de la compagnie a diffusé une série de photos prises sur le site, montrant une nappe de pétrole multicolore à la surface de l’océan.

 

Un rapport des Nations Unies publié en Août critiquait la compagnie Shell et le gouvernement du Nigéria en disant qu’ils avaient contribué à 50 ans de pollution dans une région du Delta du Niger qui selon l’ONU aurait besoin de la plus grande opération de dépollution jamais connue, qui pourrait coûter 1 milliards de dollars initiaux et durer jusqu’à 30 ans.

 

Nigeria. Boko Haram, un mouvement terroriste sectaire

Créée en janvier 2004, l’organisation extrémiste veut instaurer au Nigeria, pays pluriconfessionnel, un État islamique régi par la charia. D’abord active dans le nord, la secte frappe désormais sur tout le territoire.

« Nous sommes responsables de toutes les attaques de ces derniers jours, y compris celle à la bombe contre l’église de Madalla. Nous continuerons à lancer de telles attaques dans le nord du pays dans les prochains jours. » La revendication, recueillie au téléphone par l’AFP, émane de l’un des porte-parole de la secte islamiste nigériane Boko Haram, Abul Qaqa. Elle en dit long sur l’assurance acquise, au fil des attentats, par cette organisation, dont les attaques sont de plus en plus fréquentes depuis 2010. D’abord active dans le seul nord, celle-ci frappe désormais sur tout le territoire, jusque dans la capitale, Abuja, où elle a pris pour cible le quartier général de la police, en juin dernier, puis le siège des Nations unies, en août, faisant 24 morts.

Autre mutation, ce mouvement se réclamant des talibans afghans privilégiait, au départ, les attaques contre les symboles de l’État, de la police et de l’armée, ou encore les bars et les débits de boissons alcoolisées. La dernière vague d’attentats, elle, ciblait des symboles chrétiens, églises ou commerces appartenant à des Nigérians d’obédience catholique. Le programme de ce groupe islamiste radical aux contours flous, essentiellement porté par des étudiants, tient dans cette simple phrase : « Nettoyer le système nigérian pollué par l’éducation occidentale et appliquer la charia dans tout le pays. » Le nom « Boko Haram » lui-même signifie, en langue haoussa, « l’éducation occidentale est un péché ».

En juillet 2009, Boko Haram a déclenché, dans plusieurs États du nord du pays, un véritable mouvement insurrectionnel, violemment réprimé par l’armée. Les combats avaient alors fait 800 morts, dont le chef et fondateur de la secte, Mohammed Yusuf. Son quartier général de Maiduguri, dans l’État de Borno, avait été détruit. Affaiblie par cet épisode, l’organisation terroriste est revenue un an plus tard seulement sur le devant de la scène, avec une nouvelle série d’attaques meurtrières. Face à ce regain d’activisme, la stratégie sécuritaire des autorités nigérianes semble sans effet. Pire : la répression a conduit à « écarter beaucoup de gens des forces de sécurité et à les rapprocher des fauteurs de troubles », affirme à l’AFP Chidi Odinkalu, de l’ONG Open Society Justice Initiative. « C’est comme si une guerre interne avait été lancée contre le pays », déclarait dimanche, en forme d’aveu d’échec, le ministre chargé de la police, Caleb Olubolade, sur les lieux de l’un des sanglants attentats de Noël. Prospérant sur le terreau du chômage, de la misère, des inégalités qui frappent durement le nord du Nigeria, Boko Haram, idéologiquement proche des chebabs somaliens, affirme entretenir des liens avec ces milices, qui auraient contribué à former et à entraîner certains de ses membres. « Très bientôt, nous lancerons le djihad… », menaçait la secte, en juin dernier, dans un communiqué. Les interrogations demeurent, en revanche, sur d’éventuels liens opérationnels avec la nébuleuse al-Qaida. « Les liens entre ces deux organisations étaient très faibles au départ mais, depuis deux ans environ, on peut penser qu’il y a davantage de ramifications, notamment sur le plan logistique », analysait dimanche, sur France 24, Philippe Hugon, directeur de recherches à l’Iris. Une thèse que semble accréditer la sophistication croissante des attaques revendiquées par ces « talibans nigérians ».

Rosa Moussaoui

Le spectre de la division au Nigeria

Loin de mettre fin aux attaques terroristes, de plus en plus fréquentes et sophistiquées, la stratégie répressive du gouvernement nigérian semble au contraire attiser la violence.

C’est dans un édifice aux murs encore maculés de sang que les fidèles de l’église Sainte-Theresa, à Madalla, sont venus lundi entendre la messe célébrée en souvenir des victimes de l’attentat de Noël. Des attaques revendiquées par la secte islamiste Boko Haram qui ont endeuillé le Nigeria, celle de Madalla, dans la périphérie d’Abuja, fut la plus meurtrière. Ici, au moins trente-cinq personnes ont péri, emportées par des explosions, en sortant de la messe de la nativité. « C’est une tragédie nationale. Aucun d’entre nous n’est en sécurité. Ce ne sont pas que les catholiques. Aujourd’hui, c’est nous. Demain, nous ne savons pas qui ce sera », a lancé, lundi, l’archevêque d’Abuja, John Onaiyekan. En écho, hier, le Conseil suprême pour les affaires islamiques a appelé les autorités à « prendre des mesures pour empêcher la répétition de tels actes lâches afin de créer un climat de sécurité pour tous les citoyens ».

Des échoppes de chrétiens brûlées

Loin de ce climat de sécurité espéré, la situation semble au contraire se détériorer. Après les attentats de Noël, qui ont tué au moins quarante personnes, une trentaine de commerces tenus par des chrétiens ont été incendiés dimanche, à Potiskum, dans le nord-est du pays. À Damaturu, toujours dans le nord-est, des centaines d’habitants tentaient, lundi, de fuir, par crainte d’une nouvelle vague de violences. Cette même localité avait été le théâtre, jeudi et vendredi, de violents affrontements entre des membres de Boko Haram et les forces de sécurité. Des combats qui auraient fait une centaine de morts. Les autorités nigérianes semblent en fait impuissantes à endiguer le développement de cette secte qui prétend instaurer un État islamique dans ce pays de 160 millions d’habitants se partageant entre un nord majoritairement musulman et un sud dominé par les chrétiens.

Les inégalités, un terreau fertile pour l’extrémisme

À Noël 2010, déjà, Boko Haram était à l’origine de sanglantes attaques contre des églises. En août dernier, 24 personnes périssaient dans un attentat suicide contre le quartier général des Nations unies, à Abuja, revendiqué par la secte. Loin de mettre fin aux attaques, de plus en plus fréquentes et sophistiquées, la stratégie répressive du gouvernement semble au contraire alimenter le cycle des violences. La secte bénéficierait en outre de la complaisance d’une partie de l’élite musulmane du nord, qui s’estime tenue à l’écart du pouvoir. Plus fondamentalement, la situation sociale, politique et les profondes inégalités entre un nord pauvre et un sud concentrant les ressources pétrolières offrent un terreau fertile aux extrémistes. « L’exclusion sociale systémique et le monopole affiché du pouvoir restent endémiques » depuis la transition vers un régime civil, souligne le chercheur Ukoha Ukiwo, dans la revue Alternatives Sud. La majorité de la population vit avec moins de deux dollars par jour. Plus qu’une fracture religieuse, ce sont bien les inégalités, la pauvreté et le manque d’infrastructures qui attisent les divisions, menaçant aujourd’hui le géant économique d’Afrique de l’Ouest.

Rosa Moussaoui

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Edité par T 34 - 04 Jan 2012 à 01:26
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Jan 2012 à 18:15

Nigeria : la tension monte encore

La situation dégénère vite au Nigeria. Après les débordements de l’armée et les attentats religieux, de nombreux Nigérians bloquent les rues de Lagos et brûlent des pneus pour protester contre la hausse des prix du pétrole.

Les Nigérians protestent contre les prix du pétrole, qui ont plus que doublé depuis le 1er janvier, passant de 0,30 € le litre à 0,66 €. En effet le président Goodluck Jonathan a décidé d’arrêter de subventionner le pétrole pour sa population, ce qui permettra selon lui de libérer plus de 6 milliards d’euros. Une somme qu’il promet d’investir pour améliorer les conditions de vie des Nigérians. Ceux-ci protestent,  cette subvention était le seul avantage qu’ils avaient de vivre dans l’un des plus grand pays producteurs de pétrole du monde. Le pays est ruiné par la corruption, seule une petite minorité profite de la rente pétrolière, la majorité des Nigérians vit avec moins de 2 dollars par jour.

Des manifestations ont donc éclaté dans plusieurs villes, la police a tiré des grenades lacrymogènes pour les disperser et procédé à plusieurs arrestations. Les principaux syndicats du pays ont menacé de grèves dans les prochains jours.

Une situation qui se tend, alors que depuis 2 jours, l’état d’urgence est déclenché dans le pays, à cause des attentats de la secte islamiste Boko Haram, qui ont fait une cinquantaine de morts autour de Noël. Les militaires ont depuis carte blanche et des témoignages inquiétants rapportent de nombreuses exactions. Une unité militaire spéciale formée pour combattre Boko Haram dans son fief de l'Etat de Borno a été accusée à plusieurs reprisesde tuer des civils et brûler des maisons après des attentats, affirmant que les habitants collaboraient avec les islamistes. Des soldats et des policiers ont également été accusés dans le passé d'avoir tiré sur des civils et procédé à des exécutions sommaires dans l'Etat central du Plateau.

Le président du Nigeria décrète l’état d’urgence

Des affrontements intercommunautaires ont fait 50 morts ce week-end au moment où le président Goodluck Jonathan passait à l’offensive contre la secte islamiste Boko Haram.

Un état d’urgence en guise de vœux de bonne année. En guerre contre la secte islamiste Boko Haram, qui a revendiqué l’attentat à la bombe dans une église chrétienne près de la capitale lors de la messe de Noël (44 morts), le président du Nigeria, Goodluck Jonathan, a décidé de décréter l’état d’urgence ce week-end dans plusieurs zones du pays.

Cette annonce est intervenue alors que des violences intercommunautaires ont fait une cinquantaine de morts entre un groupe d’habitants de la communauté d’Ezza et celle d’Ezilo. Ces affrontements seraient liés à un litige foncier remontant à 2008. Au Nigeria, les heurts sont fréquents, surtout entre éleveurs et cultivateurs. Il n’y aurait donc pas, a priori, de lien avec les dernières violences interconfessionnelles entre chrétiens et musulmans qui ont frappé le pays après l’attentat perpétré dans l’église Sainte-Thérèse à Madalla. Mais cela traduit un climat d’insécurité presque généralisé.

« Alors que la recherche de solutions durables est en cours, il est devenu impératif de prendre les mesures nécessaires au retour à la normale dans le pays et en particulier dans les zones affectées. En conséquence, j’ai déclaré l’état d’urgence dans certaines zones des États de Yobe, de Borno, du Plateau et du Niger », a indiqué le président Goodluck Jonathan. Il a également annoncé la fermeture d’une partie des frontières avec le Niger, le Cameroun et le Tchad. Le chef d’état-major des armées a reçu l’ordre de mettre sur pied une force spéciale de lutte antiterroriste et de prendre toutes les mesures « appropriées ». 
Hier, l’armée était déployée dans les rues de Maiduguri, fief de Boko Haram.

L’instauration de cet état d’urgence partiel a suscité des craintes chez les défenseurs des libertés. « La déclaration est un chèque en blanc aux agents de sécurité pour violer les droits de l’homme », a dit à l’AFP Shehu Sani, un militant du Nord-Est. Pour lui, 
« le dialogue reste la bonne option pour en finir avec l’effusion de sang ».

Damien Roustel

Source


Edité par T 34 - 04 Jan 2012 à 23:22
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Jan 2012 à 23:26

Les syndicats nigérians mobilisent

Ils ont décidé d’une grève nationale pour protester contre la hausse du carburant dans leur pays, premier producteur de pétrole brut en Afrique.

Le président nigérian Goodluck Jonathan a décrété l’état d’urgence ce week-end dans plusieurs zones du Nigeria, où la secte islamiste Boko Haram a multiplié les attaques meurtrières ces dernières semaines. Sans parvenir à mettre fin aux violences. Mardi soir, des hommes armés ont attaqué un commissariat dans l’État de Jigawa (Nord), tuant une adolescente. Alors que le climat sécuritaire se dégrade et que la communauté chrétienne menace de recourir à l’autodéfense, l’administration Jonathan doit faire face à un autre front, social celui-là. À l’origine de la colère des Nigérians : la brusque hausse des prix de l’essence, prétexte de manifestations spontanées durement réprimées par la police à Lagos. Les syndicats devaient se réunir hier pour décider d’une grève nationale contre cette hausse du carburant. Dans une déclaration commune, les centrales syndicales Nigeria Labour Congress (NLC) et Trade Union Congress of Nigeria (TUC) accusent le gouvernement de profiter du climat de confusion, d’inquiétude et d’insécurité dû aux récents attentats pour cesser de subventionner le carburant et « imposer à la population des hausses astronomiques des prix » en guise « d’étrennes pour la nouvelle année ». « Il est tragique de constater que le gouvernement Jonathan est devenu le pire fauteur d’insécurité dans notre pays et la source d’un grand danger pour la nation nigériane », accusent ces confédérations. Lesquelles appellent la population à participer à des « protestations de masse » dans les jours qui viennent.

Rosa Moussaoui

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Nigeria. Des centaines de déplacés après des violences

 

Des centaines d'habitants ont fui samedi leurs habitations, dans la ville de Potiskum, dans le nord-est du Nigeria, après des affrontements entre forces de sécurité et islamistes dans la nuit de vendredi à samedi, ont indiqué des habitants et la police.

"Il y a eu des échanges de tirs entre nos hommes et les combattants de Boko Haram pendant une grande partie de la nuit et cela a fait des morts et des blessés", a indiqué à l'AFP le chef de la police de l'Etat de Yobe Lawan Tanko, sans pouvoir dans l'immédiat donner un bilan plus précis.

"Il est trop tôt pour donner des chiffres car nous sommes toujours en train d'enquêter et faire le bilan de la situation", a-t-il ajouté.

Les habitants des quartiers proches du commissariat de la police attaqué par les islamistes dans la nuit de vendredi à samedi ont expliqué avoir quitté leurs domiciles par crainte de raids des militaires dans la zone. Ils ont trouvé refuge chez des proches et des amis.

La ville de Potiskum est une des zones placées sous état d'urgence par le président Goodluck Jonathan le 31 décembre.

"Presque tous les habitants des quartiers de Dogo Tebo et de Dogo Nini ont fui leurs habitations par crainte d'une attaque de la part des soldats qui sont arrivés en ville ce (samedi) matin de Damaturu", une ville voisine, a précisé Idris Bakanike, un habitant du quartier de Dogo Tebo.

Des dizaines de militaires se sont déployés samedi et ont pris position autour du commissariat de la police.

"Nous avons peur que les soldats attaquent et incendient nos habitations comme ils le font à Maiduguri (ville du nord-est) à chaque attaque de Boko Haram," a souligné Amiru Umar, un habitant du quartier de Dogo Nini.

Des dizaines d'islamistes armés avaient attaqué la ville de Potiskum vendredi, notamment le commissariat de la ville. Deux banques avaient été cambriolés et incendiés par les islamistes, selon des habitants.

un commerçant, Kabiru Muazu avait déclaré : "Des hommes armés, sans nul doute des membres de Boko Haram sont arrivés en grand nombre de partout et ont encerclé le commissariat. Ils criaient "allah akbar+"(Dieu est grand) et ont ouvert le feu de façon indiscriminée"

Situé au coeur du Nord musulman du pays, la ville de Potiskum est régulièrement la cible des attaques de Boko Haram.

Un ultimatum fixé par un porte-parole de la secte islamiste Boko Haram aux chrétiens pour qu'ils quittent le nord majoritairement musulman du pays a expiré mercredi soir.

Le sud du Nigeria, une nation de 160 millions d'habitants, est lui à dominante chrétienne. Cependant, des millions de musulmans vivent dans le sud et des millions de chrétiens dans le nord.

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Six personnes ont été tuées et dix autres blessées au Nigeria lors de l’attaque d’une église

Par Michele Claverie
 
Abuja, 7 janvier (RHC-PL) – Six personnes sont mortes et 10 autres ont été blessées au Nigeria lors d’une attaque contre une église dans le nord est du pays perpétrée par la secte islamique Boko Haram.

 Des sources officielles ont signalé que cet attentat et d’autres perpétrés la veille, sont le résultat  d’un délai qu’ont donné les attaquants aux chrétiens afin qu’ils abandonnent cette région, où  sont concentrées majoritairement les communautés musulmanes.

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Edité par T 34 - 08 Jan 2012 à 15:35
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Jan 2012 à 19:04

Grève générale au Nigeria sur fond de violences religieuses

 

Les syndicats de travailleurs ont lancé  ce lundi une grève générale contre l'augmentation des prix du carburant, alors que le groupe islamiste musulman Boko Haram poursuit les raids contre les chrétiens et réclame l’application de la charia.

Des centaines de Nigérians ont manifesté lundi dans les rues de Lagos, dans le quartier du marché de la capitale économique du pays, pour protester contre la suppression d'une subvention sur le carburant. Suite à l'appel à une grève dans l'ensemble du pays par les syndicats, des magasins, banques et stations-service sont restées fermées, et les grands axes de Lagos, d'ordinaire embouteillés à l'heure de pointe, étaient déserts. Les styndicats promettent de poursuivre leur action tant que leurs revendications n'auront pas été entendues même si la justice a déclaré la grève illégale.

Le litre d'essence à la pompe est passé dès lundi de 65 nairas (0,30 euro) à au moins 140 nairas (0,66 euro). Cela fait suite à la suppression d’une subvention au 1er janvier, que beaucoup de Nigérians considéraient comme l'un des rares bénéfices jusque-là accordés par l'Etat, dans ce grand pays producteur de pétrole. Le gouvernement a expliqué cette décision par sa volonté de réduire les dépenses publiques et d'encourager l'investissement dans le raffinage.

La chambre basse du Parlement nigérian a adopté une motion pour demander au gouvernement de faire marche arrière sur sa décision d'augmenter les prix du carburant pour permettre une évolution du dialogue lors d'une session d'urgence dimanche. Les parlementaires ont également demandé aux syndicats de "suspendre leur projet de grève générale et de participer à un dialogue approfondi sur cette question". Le président Goodluck Jonathan a fait une tentative de dernière minute samedi soir dans une adresse télévisée pour défendre la politique de son gouvernement dans l'espoir que les syndicats annulent leur projet de grève.

Ces tensions sociales s'ajoutent aux violences religieuses devenues vives depuis une série d'attaques meurtrières lancées pendant la période de Noël par la secte islamiste Boko Haram.  Depuis, six nouvelles attaques contre des chrétiens du Nord musulman ont fait plus de 80 morts. La majorité de ces raids ont été revendiqués par Boko Haram, qui réclame l'application de la charia (loi islamique) dans l'ensemble du pays. Dimanche, M. Jonathan a estimé que Boko Haram disposait de soutiens et de sympathisants au sein de tout l'appareil d'Etat et que les violences anti-chrétiennes actuelles étaient "pires" que la guerre civile des années 60.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Jan 2012 à 03:17

Goodluck Jonathan sous pression

Les syndicats ont lancé une grève générale illimitée pour protester contre le doublement des prix des carburants dans le premier pays producteur de pétrole brut d’Afrique.

Le mot d’ordre de grève générale lancé par les syndicats nigérians pour protester contre la brusque hausse des prix des carburants semblait, hier après-midi, très suivi dans tout le pays. Dans les rues de Lagos désertées par les véhicules, des milliers de manifestants ont défilé, réclamant le rétablissement des subventions aux carburants, dont la suppression, le 1er janvier, a entraîné le doublement du prix du litre à la pompe ainsi qu’une hausse généralisée des prix. Facétieux, de jeunes contestataires bloquant un axe routier ont rebaptisé le président Goodluck Jonathan : « Bad Luck Jonathan ! » (« Jonathan la malchance ! »), scandaient-ils, en jetant des pierres sur des policiers. Dans la plus grande ville du pays, au moins un manifestant a été abattu par les forces de l’ordre.

 Les syndicats dénoncent la violence répressive

À Abuja, la capitale fédérale, les manifestants sont également descendus nombreux dans la rue. Un important dispositif sécuritaire était déployé pour tenter d’entraver leur marche vers le centre-ville. Dans le Nord, à Kano, de violents heurts ont opposé policiers et protestataires qui tentaient d’accéder au bureau du gouverneur. Bilan : au moins deux morts, trente blessés, dont dix-huit par balles, selon un responsable local de la Croix-Rouge. Les responsables syndicaux ont vivement condamné ce déchaînement de violence répressive. « C’est très triste que, dans une démocratie, les gens qui sortent sans armes pour exprimer leurs doléances soient confrontés à des policiers armés », s’est indigné Abdul-wahed Omar, président du Nigerian Labour Congress (NLC), l’une des principales centrales. Dans le premier pays producteur de pétrole brut en Afrique, la cristallisation de la contestation sociale sur le dossier des prix des carburants embarrasse le président, Goodluck Jonathan, et son administration. Dimanche, l’Assemblée nationale a adopté une motion exhortant le gouvernement à reculer en rétablissant les subventions. La veille, le président nigérian, dans une allocution télévisée, était apparu fébrile, prétendant « défendre l’intérêt national » avec sa politique de dérégulation. « De rudes choix doivent être faits, a-t-il plaidé. (…) Ou nous dérégulons et nous survivons économiquement, ou nous poursuivons avec un régime de subventions qui continuera à saper notre économie et notre potentiel de croissance, et nous ferons face à de graves conséquences. »

En difficulté sur le front social, Goodluck Jonathan est aussi confronté à l’échec de sa politique sécuritaire qui, loin de contenir l’activisme de la secte islamiste Boko Haram, a contribué à sa radicalisation et à la recrudescence de la violence terroriste. L’état d’urgence décrété le 31 décembre n’a pas mis fin aux attaques meurtrières dirigées contre des chrétiens. Depuis les sanglants attentats de Noël, qui avaient tué 49 personnes, six nouvelles attaques ont fait plus de 80 morts dans le nord du pays. Et de l’aveu même du président nigérian, Boko Haram disposerait de soutiens dans la police, l’armée et l’appareil d’État, jusque « dans la branche exécutive du gouvernement ». De quoi nourrir une dangereuse instabilité.

Rosa Moussaoui

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Marc-Antoine de Montclos « Au départ, Boko Haram ne visait pas les chrétiens »

Chercheur à l’IRD, spécialiste du Nigeria, Marc-Antoine de Montclos analyse les mutations de la secte islamiste Boko Haram, dont la dérive vers la violence terroriste s’est nourrie d’un discours religieux et djihadiste.

Comment expliquer la recrudescence, au Nigeria, d’attaques attribuées à la secte islamiste Boko Haram ?

Marc-Antoine de Montclos. Au départ, Boko Haram n’était pas un mouvement terroriste armé, ce groupe s’est radicalisé en réaction à la répression. En 2009, les opérations militaires dans la ville de Maiduguri ont marqué un tournant avec l’exécution du leader spirituel de la secte par la police et la fuite de ses cadres à l’étranger, où certains d’entre eux sont entrés en relation avec la mouvance djihadiste internationale. Aujourd’hui, Boko Haram ne constitue plus un mouvement uniforme, mais plutôt une nébuleuse de fractions plus ou moins radicales. Cette évolution est allée de pair avec un phénomène de fuite en avant. À ses origines, ce mouvement ne s’en prenait pas du tout aux chrétiens. Il ciblait les représentants d’un État laïque, vu comme un obstacle à la stricte application de la charia, qu’il revendique.

Comment expliquer ce changement dans les cibles et le mode opératoire ?

Marc-Antoine de Montclos. Il existe aujourd’hui des convergences au moins tactiques entre certaines fractions de Boko Haram et la mouvance djihadiste internationale pour former des artificiers, s’approvisionner en armes. D’autre part, ce mouvement, devenu terroriste dans le cadre d’une guerre asymétrique, s’en prend désormais à des symboles. Et quoi de plus symbolique et médiatique que d’attaquer des chrétiens pendant les fêtes de Noël ? Il s’agit, pour ce mouvement, 
de mettre en difficulté un gouvernement dirigé par un chrétien et de démontrer que Boko Haram est toujours opérationnel, en dépit de la répression. D’où cette fuite en avant dans la violence terroriste. S’il s’en prend aux chrétiens, c’est aussi que certains membres du mouvement ont épousé l’idée d’al-Qaida selon laquelle il faudrait « chasser les croisés de la terre d’islam ».

 La grille de lecture religieuse ou communautaire ne dissimule-t-elle pas des enjeux économiques 
et politiques ?

Marc-Antoine de Montclos. Il faut s’entendre sur ce que l’on désigne par « violences religieuses ». Prenons l’exemple des affrontements communautaires autour de la ville de Jos, symbolique de la ligne de fracture entre 
le Nord à dominante musulmane et le Sud majoritairement chrétien. Ces affrontements relèvent d’abord d’enjeux économiques, politiques, fonciers. Les « natives », les autochtones de Jos sont des chrétiens, alors que les « settlers », les migrants du Nord, sont des musulmans. Mais ils ne s’affrontent pas du tout pour des motifs religieux. La problématique est différente pour Boko Haram. La genèse de ce mouvement, sa dérive vers la violence se sont nourries d’un discours religieux et djihadiste. Les militants de Boko Haram se battent pour des raisons religieuses, avec pour projet l’établissement d’un État islamique régi par la charia. Ce qui ne signifie pas que ce mouvement n’a pas prospéré sur un terreau de problèmes sociaux, économiques, politiques.

Entretien réalisé par 
R. M.

Le pétrole visé par les grévistes

Au Nigeria, huitième exportateur mondial d’or noir, les syndicats du secteur pétrolier vont bloquer la production à partir de dimanche prochain, en soutien à la grève générale contre la hausse des prix des carburants.

«Nous allons bloquer la production pétrolière. » Au quatrième jour de la grève lancée par les syndicats nigérians pour protester contre le doublement des prix des carburants, qui ne sont plus subventionnés depuis le 1er janvier, Abdul Waheed Omar, président de l’une des principales centrales, le Nigerian Labour Congress (NLC), a confirmé la volonté d’étendre dès dimanche le mouvement au secteur pétrolier, stratégique pour l’économie du pays. « Nous savons que le pétrole est le nœud vital du Nigeria, qui produit 2,4 millions de barils par jour. Du fait de la nature des installations, si vous arrêtez un puits de pétrole qui produit environ 200 000 barils par jour, il faut ensuite au moins quatre mois avant de pouvoir revenir à une production normale. Nous engageons cette action car nous arrivons à un point extrême, avec un gouvernement qui refuse d’écouter », fait valoir le dirigeant syndical dans les colonnes du quotidien nigérian The Nation.

En annonçant leur volonté d’étendre la grève au secteur pétrolier, les syndicats nigérians, engagés dans un dur bras de fer avec le président Goodluck Jonathan, frappent là où ça fait mal. Premier pays producteur de pétrole brut en Afrique et huitième exportateur mondial, le Nigeria tire principalement ses ressources de l’or noir, dont la manne – une confortable rente – n’a pour ainsi dire jamais profité au peuple, plongé dans la misère et privé des infrastructures les plus élémentaires.

Le conflit s’est durci, depuis le lancement de la grève générale illimitée, lundi, après la violente répression qui a coûté la vie à plusieurs manifestants et fait de nombreux blessés.

Mercredi, à Lagos, plus de 10 000 personnes se sont de nouveau rassemblées. Alors que le mouvement, très suivi, se poursuit, les centrales syndicales conditionnent toute négociation au rétablissement des subventions aux carburants, seuls subsides que les Nigérians tirent de la rente pétrolière. « Malheureusement, il semble que le gouvernement, malgré les aspirations des Nigérians, ne soit pas prêt à revenir en arrière, déplore Abdul Waheed Omar. Si nous sommes vraiment dans une démocratie, ce gouvernement devrait écouter (...) et s’en remettre au peuple avec un référendum à l’occasion duquel les Nigérians décideront si les subventions doivent être supprimées ou non. » Dès mercredi, l’un des syndicats des travailleurs du pétrole a demandé à « toutes les plates-formes de production de se mettre en alerte rouge, en prévision d’un arrêt total de la production ». Conjuguée à la crise iranienne, cette crise sociale affecte, déjà, les cours mondiaux de l’or noir.

Boko Haram inquiète l’onu 

La haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Navi Pillay, a indiqué, jeudi, que la secte islamiste Boko Haram, qui s’attaque aux chrétiens, pourrait être déclarée coupable de crimes contre l’humanité : « Les membres de Boko Haram et d’autres groupes et entités, si la justice estime qu’ils ont commis des attaques systématiques et généralisées contre la population civile – y compris sur la base de la religion ou de l’ethnie –, pourraient être déclarés coupables de crimes contre l’humanité », a-t-elle affirmé

Rosa Moussaoui

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Edité par T 34 - 15 Jan 2012 à 23:42
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Jan 2012 à 22:46

Nigeria : suspension de la grève générale pour une semaine

Les syndicats nigérians ont annoncé lundi la "suspension" de la grève générale provoquée par la hausse du prix de l'essence qui a paralysé le pays, après le renforcement de mesures policières.

"Les syndicats et leurs partenaires annoncent formellement la suspension de la grève, des rassemblements et des manifestations à travers le pays", a déclaré au cours d'une conférence de presse à Abuja le chef de la puissante centrale syndicale nigériane, le Nigeria Labour Congress.

Une décision qui surprend puisque ce matin, les syndicats entendaient poursuivre les protestations malgré l'annonce quelques heures plus tôt par le président Jonathan d'une baisse de 30% du prix de l'essence. Le président Jonathan a toutefois refusé de céder sur le fond, affirmant que "le gouvernement allait continuer de poursuivre une déréglementation complète du secteur pétrolier".

Des centaines de manifestants s’étaient réunis à Lagos contre l’avis des syndicats qui craignaient des violences policières. Des soldats armés étaient de fait déployés dans Lagos et ont érigé des barrages aux points stratégiques de la capitale économique. A bord de blindés légers, ils tentaient de disperser la foule qui essayait de se regrouper à proximité. Les forces de sécurité ont procédé à des tirs de sommation et utilisé des gaz lacrymogènes pour tenter de disperser les manifestants.

La suspension, au moins temporaire, de la grève intervient donc dans ce contexte menaçant, alors que les autorités prenaient des mesures pour empêcher les rassemblements dans tout le pays. Ce mouvement national, avait commencé lundi 9 janvier, après la fin des subventions aux carburants qui a provoqué une flambée des prix à la pompe.

Nigeria : reprise de la grève générale

Les syndicats nigérians, le NLC et le TUC, ont annoncé la reprise ce lundi d’une grève nationale « illimitée » après l’échec des négociations avec le gouvernement sur le prix du carburant. Le syndicat du secteur pétrolier a cependant annoncé qu’il ne se joignait pas au mouvement dans l’immédiat et que la production du Nigeria, premier producteur d’Afrique, ne serait pas arrêtée. Des dizaines de 
milliers de personnes ont participé toute la semaine dernière 
à une grève nationale et à des manifestations pour protester contre la suppression d’une subvention ayant entraîné le doublement du prix de l’essence à la pompe.

Source

Jonathan recule mais dérégule

Jusque-là inflexible, le président nigérian Goodluck Jonathan a annoncé hier une baisse de 30 % des prix de l’essence pour tenter d’endiguer la grève générale qui paralyse le pays.

Les menaces de blocage de la production pétrolière proférées la semaine dernière semblent avoir porté leurs fruits. Le président nigérian Goodluck Jonathan, sous pression depuis une semaine d’une forte mobilisation sociale, est contraint de reculer sur les prix des carburants, qui ont doublé à la suite de la brutale suppression des subventions le 1er janvier.

«Compte tenu des difficultés rencontrées par les Nigérians (…), le gouvernement a approuvé une baisse du prix du carburant à 97 nairas le litre », soit environ 30 %, a-t-il annoncé hier à la télévision, pour tenter de mettre fin à la grève générale qui paralyse le pays. « Je demande instamment aux dirigeants syndicaux d’appeler à la fin de la grève et à la reprise du travail », a-t-il imploré dans ce discours.

En réponse à ce premier recul gouvernemental, les principales centrales syndicales, le Nigeria Labour Congress (NLC) et le Trade Union Congress (TUC) ont décidé une « suspension » de la grève et des manifestations, « dans l’intérêt du pays et pour préserver des vies humaines », alors qu’une quinzaine de manifestants, depuis une semaine, ont succombé à la répression. Sans toutefois crier victoire. Hier, à la Bourse du travail d’Abuja, le président du NLC, Abdulwahed Omar, a tenu à affirmer que le nouveau prix du carburant « a été fixé unilatéralement par le gouvernement ». Les Nigérians devront en effet supporter, selon la nouvelle configuration dessinée par l’allocution présidentielle, une hausse de 20 % des prix des carburants, avec de lourds effets sur les prix des transports en commun.

Sur le fond, en outre, le gouvernement ne cède rien, puisque le président Jonathan a prévenu que « le gouvernement allait continuer de poursuivre une déréglementation complète du secteur pétrolier ». Goodluck Jonathan promet de réorienter les sommes jusque-là allouées au subventionnement des carburants vers le développement des infrastructures, quasi inexistantes dans le pays le plus peuplé d’Afrique, premier producteur de pétrole brut sur le continent. Mais les effets indirects de cette hausse des prix de l’essence, même atténuée, frappent durement la population qui, dans sa majorité, vit dans la misère et ne voit pas les fruits de la rente pétrolière.

Au moment même où le président nigérian s’exprimait à la télévision, des militaires se déployaient dans les rues de Lagos, la capitale économique et principale ville du pays. Signe d’une fébrilité des autorités et d’une tension sociale persistante.

Rosa Moussaoui

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Edité par T 34 - 20 Jan 2012 à 03:34
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Jan 2012 à 19:01

Chika Unigwe : « Les protestations au Nigeria ne cesseront pas »

 

David Van Peteghem

 
Au Nigeria, on assiste à une vague de protestations jamais vue. Le peuple en a assez de la pauvreté, de la corruption et de l’exploitation du gouvernement et des compagnies pétrolières. À Bruxelles, la romancière Chika Unigwe a organisé une manifestation. Nous l’avons rencontrée pour une interview.

Chika Unigwe (1974) est originaire du Nigeria. Aujourd’hui, depuis plus de 10 ans, elle vit avec son mari belge et ses quatre enfants à Turnhout. Elle écrit des romans, de la poésie et des livres éducatifs. En 2003, elle publiait son premier roman, De Feniks. Elle a déjà remporté plusieurs prix littéraires importants. Avec son deuxième roman, Fata Morgana, elle livre l’histoire captivante de quatre prostituées nigérianes dans le quartier chaud d’Anvers. D’ici peu, elle compte sortir un roman sur la vie de l’ancien esclave Olaudah Equiano, actif dans le mouvement pour l’abolition de l’esclavage. Les livres de Chika Unigwe ne sont pas encore traduits en français.

Depuis le 2 janvier, des centaines de milliers de Nigérians ont commencé à protester. Quelle en est la raison ?

Chika Unigwe. Le 1er janvier 2012, le président Jonathan Goodluck a brusquement supprimé les subsides aux carburants. Ainsi, le prix du litre de pétrole est passé de 65 à 141 naira. Aujourd’hui, l’économie du Nigeria tourne en grande partie autour du pétrole et, du fait des nombreuses coupures de courant, les familles utilisent des générateurs fonctionnant au diesel.
  Par ailleurs, les gens sont en colère parce que le président Goodluck a à peine réagi aux attentats à la bombe, à Noël dernier, à Abuja, au cours desquels plus de 20 personnes ont perdu la vie.



Le gouvernement prétend qu’avec cet argent libéré, il veut investir dans les équipements sociaux. N’est-ce pas une bonne chose ?
  Chika Unigwe.
Ce sont de belles promesses, mais on ne voit rien venir, et elles ne proposent pas grand-chose. Le gouvernement a aussi promis d’acheter 1 600 cars de transit. Mais, dans un pays de 167 millions d’habitants, c’est une goutte d’eau dans la mer !
  Les gens n’ont plus confiance dans le président. Il ferait mieux de regagner d’abord la confiance de la population en lançant de grandes rénovations. Ensuite seulement, le gouvernement pourra supprimer progressivement les subsides aux carburants.

Le gouvernement entend aussi rogner sur ses propres dépenses.

  Chika Unigwe. Il faut en effet faire quelque chose contre les excès du gouvernement. Pour 2012, il y a un budget national de près de 24 milliards d’euros. Mais rien que le service de restauration présidentiel coûte près de 4,8 millions d’euros. Un quart du budget va à la sécurité du gouvernement. Celui-ci n’a pas mérité qu’on fasse preuve de bonne volonté. Les salaires au Nigeria sont déjà extrêmement bas. On ne peut pas demander aux gens de payer deux ou trois fois plus cher pour leur essence.

Récemment, le gouvernement n’a-t-il pas augmenté le salaire minimal de 36,2 à 87 euros ?
  
Chika Unigwe. C’était encore une des promesses électorales de Jonathan. Mais l’augmentation du salaire minimal dans l’économie formelle n’est pas encore effective. Et 87 euros, c’est encore trop peu. Le salaire minimal doit être porté à 145 euros.
  Avec la hausse du prix des carburants, le citoyen va devoir économiser sur son générateur. Ainsi, il va toujours devoir faire le choix entre repasser, regarder la TV ou recharger son GSM. De même, le prix de l’électricité et des denrées alimentaires comme l’eau, la viande, la farine de manioc et le pain ont augmenté. Généralement, le salaire ne dépasse pas 48 euros. La vie va donc devenir plus dure. Il n’y a pas non plus de distribution d’eau convenable. Les gens doivent acheter des sacs d’eau qui leur coûtent environ 1 euro. Mais c’est trop cher, et les gens préfèrent tirer l’eau du sol. Pour une famille de trois personnes, la farine de manioc coûte 3,8 euros par semaine. Le prix de la viande est passé de 1,9 euro à 4,8. Un pain coûte 2 euros. Et, au Nigeria, il n’est pas question de sécurité sociale.

Les grands syndicats n’ont pas encore trouvé d’accord avec le gouvernement. Comment voyez-vous évoluer les protestations ?

  Chika Unigwe.
Même si un accord est trouvé, les protestations continueront. La population veut plus que le simple rétablissement des subsides aux carburants. On proteste aussi contre la corruption du gouvernement et contre la terreur de Boko Haram (mouvement terroriste islamiste). En fait, on proteste contre tout ce qui va mal. Maintenant, les manifestants exigent aussi la démission du président Jonathan et de ses ministres de l’Information, des Finances et des Affaires pétrolières.

En dehors des syndicats, y a-t-il encore d’autres forces qui organisent les protestations ?

  Chika Unigwe.
Les grands syndicats, comme le National Labour Congress et le petit Labour Party (social-démocrate) ne portent qu’en partie les protestations. De nombreux militants des Droits de l’homme et de mouvements religieux jouent un rôle prépondérant. Mais les protestations ont surtout éclaté de façon spontanée. Les syndicats au Nigeria ne sont pas en état de mobiliser des centaines de milliers de personnes. En fait, le mouvement s’est maintenant donné le nom de « Occupy Nigeria » et il est porté par de larges masses. À l’étranger, les Nigérians organisent aussi des manifestations Occupy. C’est surtout via Facebook que la mobilisation se fait. C’est ainsi qu’avec quelques dirigeants de la communauté nigériane, j’ai organisé une protestation devant l’ambassade du Nigeria à Bruxelles.

Existe-t-il une chance de voir naître un autre Nigeria ?

Chika Unigwe. Il y a beaucoup d’espoir. Mais il y a également des menaces. L’ancien ministre Mallam Nasir Ahmad El-Rufai (appelé aussi « le tsar des privatisations » et accusé d’avoir détourné 250 millions de dollars, NdlR) se profile comme alternative sur les chaînes de TV nigérianes.
  Si les syndicats arrivent à un accord avec le gouvernement, ils pourront également atténuer en partie les protestations. Mais, tant que le peuple voudra protester, Occupy Nigeria continuera. Ils ont des perspectives claires pour un autre Nigeria, mais ne sont pas acceptés dans les négociations. On ne peut tout de même pas envoyer des centaines de milliers de personnes à Abuja pour négocier avec le président Jonathan.

Source : Solidaire


Nigeria: 162 morts dans une nouvelle vague d'attentats

Au moins 162 cadavres ont été comptabilisés ce samedi à Kano, la deuxième ville du Nigeria, où les corps des victimes jonchaient les rues au lendemain d'une spectaculaire série d'attaques revendiquée par le groupe islamiste Boko Haram.

Selon un responsable à la principale morgue de Kano cité par l'AFP, "ce chiffre peut changer car on continue à nous en apporter". Les autorités ont décrété un couvre-feu dans cette ville, la principale localité du nord. Selon la police ce sont huit sites qui ont été visés vendredi soir par ces assauts "coordonnés": des bureaux de la police et des services de l'immigration ainsi que la résidence d'un responsable de la police.

Une vingtaine de déflagrations ont été entendues en l'espace de quelques minutes, selon le correspondant de l'AFP. Des tirs ont aussi retenti et pris de panique, des habitants ont fui. L'une des attaques a été menée par un kamikaze qui a visé un QG régional de la police et fait au moins trois morts, selon une source policière.

Représailles sanglantes

Le premier quotidien dans le nord, le Daily Trust, a rapporté qu'un porte-parole du groupe Boko Haram avait revendiqué les assauts, expliquant que le groupe avait agi en représailles après le refus du gouvernement de libérer plusieurs de ses membres actuellement emprisonnés. Ces violences surviennent dans un contexte de multiplication d'attaques attribuées à ce groupe qui a notamment revendiqué des attentats meurtriers le jour de Noël.

Un correspondant de la chaîne de télévision privée nigériane Channels a été tué par balle en couvrant ces évènements. Un "meurtre" dénoncé par le Comité pour la protection des journalistes, basé à New York.

Le président Goodluck Jonathan a décrété l'état d'urgence dans des parties de quatre Etats le 31 décembre, après une vague d'attentats attribués à Boko Haram qui ont fait plusieurs dizaines de morts. Kano n'était jusqu'à présent pas concerné par la mesure.

Source 


Edité par T 34 - 02 Feb 2012 à 04:16
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Mar 2012 à 18:17

Grève générale historique au Nigéria

 
 
Romain Kosellek

Le Nigeria est le cinquième plus gros producteur de pétrole de l’OPEP. Son PIB est le deuxième plus important d’Afrique. Il exportait 34 milliards d’euros de pétrole en 2006. En avril de la même année, il devenait le premier pays africain à rembourser intégralement sa dette, estimée à 30 millions de dollars. Quel beau modèle de développement économique pour le FMI et la Banque Mondiale ! Il faut aussi préciser que 70 % de sa population vit sous le seuil de pauvreté, que 5 000 enfants de 1 à 5 ans meurent chaque année, que l’espérance de vie est de 45 ans ou encore qu’il produit moins de 3500 mégawatts d’électricité sur les 75 000 nécessaires. En 2012, le pays le plus peuplé d’Afrique possède à nouveau une dette de 37 millions de dollars. Cet endettement n’a en rien servi à développer les infrastructures routières, de santé, d’éducation... Moins de 6 % des clients des banques possèdent 88 % des dépôts et le revenu par habitant est plus bas que dans les années 60 ! Cet endettement n’a servi qu’à enrichir l’élite nigériane corrompue.

Mais ce n’était pas suffisant : début janvier, 3 semaines après une visite de Christine Lagarde, le gouvernement de Goodluck Jonathan – arrivé au pouvoir avec l’aide des puissances occidentales en 2010 – a supprimé la subvention au secteur pétrolier, faisant passer du jour au lendemain le prix à la pompe de 0,31 à 0,68 euro.

Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. La réaction ne s’est pas fait attendre. Dès le 3 janvier, des manifestations massives eurent lieu dans plusieurs villes du pays. Le 9 janvier, à l’appel des deux grandes confédérations syndicales, une grève générale illimitée débuta. 200 000 personnes manifestèrent à Lagos, la capitale économique. La grève générale fut suivie dans les 36 états du pays. Jour après jour, les manifestations étaient de plus en plus importantes. Après une semaine de grève, les dirigeants syndicaux ont signé avec le gouvernement un soi-disant compromis fixant le prix du pétrole à 0,47 cent d’euro le litre – ce qui représente encore une augmentation de plus de 50 % – et ont appelé à cesser la grève.

Nos camarades nigérians, réunis autour du journal The workers’alternative, nous font part d’un changement profond dans la mentalité des jeunes. Inspirés par les révolutions tunisiennes et égyptiennes, ils sont décidés à occuper les places et à ne plus se laisser diviser. En effet, depuis des années, les élites corrompues du Nigeria jouent sur l’opposition entre le nord musulman et le sud chrétien pour diviser le peuple. Mais lors de ces manifestations, dans de nombreuses villes du Nigeria, des chrétiens ont protégé des musulmans lors de leurs prières. Inversement, des musulmans ont monté la garde devant les églises pendant la messe (en particulier à Minna où la secte Boko Haram avait fait exploser une bombe à Noël, tuant de nombreux chrétiens).

Même si la victoire est très relative, plus rien ne sera comme avant. La conscience des Nigérians a fait un bond. Le peuple est entré dans l’arène politique. Il est déterminé à se faire entendre. Cette grande grève n’est que le début d’une intensification de la lutte des classes.

Le député travailliste britannique John Robertson, président d’une mission parlementaire sur la région, y a mené une visite en août 2005. Il expliquait : « Le peuple du delta sait que le pétrole génère une énorme richesse dont il ne profite pas. [...] [Cette situation] crée aussi des ressentiments, tant à l’égard des entreprises qui produisent cette richesse (principalement étrangères  : 40 % du pétrole nigérian est raffiné par la compagnie Shell) qu’à l’encontre des chefs de communauté, accusés de collusion avec celles-ci ». Et M. Robertson s’interrogeait : « Si une révolution survient au Nigeria, quelles en seront les conséquences pour l’Afrique ? » Une chose est sûre : tôt ou tard, une révolution éclatera au Nigeria. Si le peuple en sort victorieux et parvient à exproprier son élite corrompue et les vampires du FMI et de la Banque Mondiale, d’autres pays africains se soulèveront.

Romain Kosellek (PCF Paris 18e)

SOURCE : La Riposte


Pâques sanglantes au Nigeria : près de trente morts

Sept personnes, dont trois membres présumés du groupe islamiste Boko Haram, ont été tuées hier dans le nord-est du Nigeria au cours de deux attaques imputées à ce mouvement islamiste. Ces violences sont intervenues au lendemain d’un attentat à la bombe qui a fait 20 morts et une trentaine de blessés, le jour de Pâques, près d’une église de Kaduna (nord). Il n’a pas été revendiqué mais rappelle un attentat contre une église du centre du pays le jour de Noël, qui avait fait 44 morts et avait été revendiqué par Boko Haram.



Edité par T 34 - 12 Apr 2012 à 02:13
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Jun 2012 à 17:44

Boko Haram La secte islamiste qui ébranle le géant nigérian

Depuis 2009, les attaques du mouvement terroriste ont fait plus de 1 000 morts au Nigeria, dont une majorité de musulmans. Qui est ce groupe qui déstabilise le fragile équilibre du pays ?

Boko Haram a déjà eu deux vies. Le groupe, fondé en 2002 à Maiduguri, au nord-est du Nigeria, est, dans son premier souffle, un mouvement social, qui bénéficie, à l’époque, d’une certaine sympathie au sein de la population locale puisqu’il n’a recours que ponctuellement à la violence.

L’organisation s’est développée sur le terreau des inégalités territoriales qui marquent le Nigeria. Le nord, délaissé par Abuja, subsiste grâce à l’agriculture et à l’élevage, tandis que le sud, poussé par Lagos, la capitale économique, bénéficie de la rente pétrolière. La population subit de plein fouet la faiblesse de l’État, entre un taux de chômage record, une corruption ­endémique, l’absence d’ordre public et d’infrastructures. Ce contexte permet la diffusion de l’idéologie du groupe, qui tient une place singulière dans la nébuleuse salafiste internationale. Selon Marc-Antoine Pérouse de Montclos, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement, « Boko Haram n’est pas issu du modèle wahhabite et sa doctrine est assez différente de celle des autres groupes djihadistes dans le monde ». Boko Haram entend imposer un État islamique sur l’ensemble du territoire nigérian. L’organisation ­estime que seule la charia mettrait fin à la domination du sud chrétien sur le nord musulman. Souvent caricaturée comme antichrétienne, l’organisation salafiste cible en premier lieu l’État central et les musulmans modérés, qu’elle accuse d’être corrompus par « l’éducation occidentale », et l’élite politique chrétienne du sud, symbolisée par le président, Goodluck Jonathan.

Le groupe s’est construit comme une secte. Son gourou, Mohamed ­Yusuf, a aimanté ses partisans par le culte de la personnalité. Le cœur de la secte est composé de « talibés » des villes du nord du pays. Maltraités dans leurs écoles coraniques, ces étudiants, errant à la marge de la société, trouvent dans Boko Haram une structure sociale stable. Cet endoctrinement a permis à l’organisation de constituer un ­potentiel conséquent de déstabilisation de l’État fédéral.

Pourtant, au début des années 2000, les autorités ne s’inquiètent pas outre mesure de l’essor de Boko Haram et demeurent absorbées par le conflit avec le Mend (Movement of Emancipation of the Niger Delta) dans la région pétrolière du delta du Niger. Le revirement s’opère en juillet 2009, à la suite d’une attaque de Boko Haram contre des postes de police dans quatre États du nord-est. Abuja lance une opération de répression sanglante dans le bastion du mouvement islamiste, à Maiduguri. Près de huit cents personnes sont tuées, et quelques heures après son arrestation, Mohamed Yusuf est exécuté sans procès. Abuja pense avoir exterminé la secte. En réalité, il signe l’acte de naissance de l’organisation djihadiste dans sa forme actuelle. La répression fait basculer le groupe dans le « djihad armé » pour venger ses « martyrs ». Il élargit son champ d’action à toute la moitié nord du Nigeria. Les attaques quasi journalières sont ponctuées de carnages toujours plus « sophistiqués », comme les attentats de Noël dernier (149 morts), de Kano, le 20 janvier 2012 (185 morts), et contre le siège de l’ONU à Abuja, le 26 août 2011 (25 morts). Après sa décapitation à l’été 2009, la secte se restructure. « L’organisation est devenue un monstre », observe Kunle Amuwo, chercheur de l’International Crisis Group. Elle s’est fragmentée entre « le canal historique » de Maiduguri, dirigé par Abubakar Shekau, et les fractions constituées autour des cadres partis au Niger et au Tchad lors de la répression. Marc-Antoine Pérouse de Montclos voit dans ces dernières « les tendances les plus dures du mouvement ». Chaque sous-groupe dispose de ses propres ­circuits de financement, de formation et d’approvisionnement en armes. « Certaines de ces fractions disent être en contact avec Aqmi, présent dans le Sahel, et avec les shebabs somaliens », affirme le chercheur. La branche de Maiduguri ne semble pas, elle, avoir tissé de liens avec l’étranger. Elle se finance en multipliant les attaques de banques. Malgré cette régionalisation partielle, « Boko Haram reste focalisé sur des objectifs locaux », tempère ­Valentina Soria, chercheuse britannique au Royal United Services Institute. Il n’existe donc pas d’alliance stratégique entre la secte, Aqmi et les shebabs, pour un « al-Qaida au Nigeria ».

Sur le plan intérieur, « le mouvement entretient des liens informels avec des responsables politiques des États du nord du pays, qui appliquent la charia, des membres de la police et de l’armée », explique Kunle Amuwo. Ces relais gangrènent même « la branche exécutive du gouvernement », admet le président Jonathan, dépassé. Les autorités sont incapables d’apporter une réponse efficace contre la secte. La politique de répression s’avère un échec total. Marc-Antoine Pérouse de Montclos rapporte que « le gouvernement et l’état-major sont conscients de leurs erreurs stratégiques, mais aucune politique alternative crédible n’est envisagée ».

En trois ans de violences, Boko Haram n’a pas conduit le pays dans la guerre civile, mais « il a réussi à faire l’unanimité contre lui. Paradoxalement, l’action du groupe pourrait avoir un rôle unificateur dans le pays », assure le chercheur. Le nord ne peut pas se couper des puits de pétrole du sud, et le sud n’entend pas se priver des débouchés commerciaux qu’offre le nord. Chrétiens et musulmans sont épuisés par les attentats, la militarisation, les exécutions sommaires et le co­uvre-feu. Kunle Amuwo juge que « la population pourrait chasser les membres de Boko Haram de la communauté et aider les autorités ». Marc-Antoine Pérouse de Montclos entrevoit deux scénarios. « Soit le mouvement, coupé de sa base ­sociale, choisit de se professionnaliser en groupe terroriste mafieux, soit ses membres seront contraints de s’insérer dans le circuit politique. » Dans les deux cas, Boko Haram entamerait une troisième vie.

Nathan Sautreuil



Edité par T 34 - 28 Oct 2012 à 17:32
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