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Nigéria

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Feb 2013 à 20:13

Shell remporte le droit de polluer librement au Niger

Un tribunal de La Haye rejette la plainte de fermiers contre le groupe pétrolier, jugeant que la société mère n’a pas pour obligation d’empêcher ses filiales de « nuire à des tiers ».

Déboutés, en dépit des évidences mais en vertu de la règle. La plainte de fermiers nigérians contre le pétrolier Shell a été rejetée, hier, par un tribunal de La Haye. Celui-ci a estimé que la société mère n’a pas pour obligation d’empêcher ses filiales de « nuire à des tiers ». Tout est dit, ou presque, à travers cette sentence, tombée comme un couperet après cinq années de procédure. Soutenus par l’ONG Les Amis de la Terre, trois villages avaient déposé plainte, en 2008, contre le géant anglo-néerlandais pour les dommages sociaux et environnementaux. Très attendu, le procès s’était ouvert en octobre.

Largement implanté en pays ogoni, au sud du Nigeria, jusqu’en 1993, Shell arrive en tête des compagnies pétrolières accusées d’avoir pollué, pendant près de cinquante ans, nappes d’eau, sols et mangroves. En cause : l’absence d’entretien de ses oléoducs, dont les fuites régulières continuent de faire souffrir la région, vingt ans après l’arrêt de la production. Longtemps, Shell a accusé des groupes rebelles locaux de saboter ses installations. Mais plusieurs rapports se sont succédé, accablants pour la transnationale. Entre autres celui publié en 2011 par le Pnue (1), qui spécifie que « le contrôle et la maintenance de l’infrastructure pétrolière ont été et demeurent inadéquats », relevant que Shell n’y respecte pas ses propres procédures. Ça aurait dû être un point d’appui pour les plaignants de La Haye. C’était sans compter la réglementation internationale, qui tend à déresponsabiliser les maisons mères des transnationales des nuisances commises par leurs filiales à l’étranger. Sur cinq plaintes déposées, une seule a été retenue. Elle vise la filiale Shell Nigeria, condamnée à verser des indemnités pour la pollution survenue dans le village de Ikot Ada Udo en 2006 et 2007.

 

(1) Programme national des Nations unies pour l’environnement, lire l’Humanité du 9 août 2011.

Marie-Noëlle Bertrand

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Apr 2013 à 21:50

Boko Haram: secte islamiste sanglante convertie à la prise d'otages

Les 7 otages français libérés ce vendredi étaient aux mains de Boko Haram. Cette prise d'otage marque un tournant stratégique pour ce mouvement terroriste islamiste, jusqu'alors connu pour ses attaques sanglantes contre l'Etat nigérian et les chrétiens qui ont fait plus de 1.000 morts au Nigeria depuis 2009. Rappel des faits.

Boko Haram a déjà eu deux vies. Le groupe, fondé en 2002 à Maiduguri, au nord-est du Nigeria, est, dans son premier souffle, un mouvement social, qui bénéficie, à l’époque, d’une certaine sympathie au sein de la population locale puisqu’il n’a recours que ponctuellement à la violence.

Chômage, corruption, désordre

L’organisation s’est développée sur le terreau des inégalités territoriales qui marquent le Nigeria. Le nord, délaissé par Abuja, subsiste grâce à l’agriculture et à l’élevage, tandis que le sud, poussé par Lagos, la capitale économique, bénéficie de la rente pétrolière. La population subit de plein fouet la faiblesse de l’État, entre un taux de chômage record, une corruption ­endémique, l’absence d’ordre public et d’infrastructures.

Ce contexte permet la diffusion de l’idéologie du groupe, qui tient une place singulière dans la nébuleuse salafiste internationale. Selon Marc-Antoine Pérouse de Montclos, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement, « Boko Haram n’est pas issu du modèle wahhabite et sa doctrine est assez différente de celle des autres groupes djihadistes dans le monde ». Boko Haram entend imposer un État islamique sur l’ensemble du territoire nigérian. L’organisation ­estime que seule la charia mettrait fin à la domination du sud chrétien sur le nord musulman. Souvent caricaturée comme antichrétienne, l’organisation salafiste cible en premier lieu l’État central et les musulmans modérés, qu’elle accuse d’être corrompus par « l’éducation occidentale », et l’élite politique chrétienne du sud, symbolisée par le président, Goodluck Jonathan.

Etudiants errants

Le groupe s’est construit comme une secte. Son gourou, Mohamed ­Yusuf, a aimanté ses partisans par le culte de la personnalité. Le cœur de la secte est composé de « talibés » des villes du nord du pays. Maltraités dans leurs écoles coraniques, ces étudiants, errant à la marge de la société, trouvent dans Boko Haram une structure sociale stable. Cet endoctrinement a permis à l’organisation de constituer un ­potentiel conséquent de déstabilisation de l’État fédéral.

Pourtant, au début des années 2000, les autorités ne s’inquiètent pas outre mesure de l’essor de Boko Haram et demeurent absorbées par le conflit avec le Mend (Movement of Emancipation of the Niger Delta) dans la région pétrolière du delta du Niger. Le revirement s’opère en juillet 2009, à la suite d’une attaque de Boko Haram contre des postes de police dans quatre États du nord-est. Abuja lance une opération de répression sanglante dans le bastion du mouvement islamiste, à Maiduguri. Près de huit cents personnes sont tuées, et quelques heures après son arrestation, Mohamed Yusuf est exécuté sans procès.

Djihad armé

Abuja pense avoir exterminé la secte. En réalité, il signe l’acte de naissance de l’organisation djihadiste dans sa forme actuelle. La répression fait basculer le groupe dans le « djihad armé » pour venger ses « martyrs ». Il élargit son champ d’action à toute la moitié nord du Nigeria. Les attaques quasi journalières sont ponctuées de carnages toujours plus « sophistiqués », comme les attentats de Noël dernier (149 morts), de Kano, le 20 janvier 2012 (185 morts), et contre le siège de l’ONU à Abuja, le 26 août 2011 (25 morts). Après sa décapitation à l’été 2009, la secte se restructure. « L’organisation est devenue un monstre », observe Kunle Amuwo, chercheur de l’International Crisis Group. Elle s’est fragmentée entre « le canal historique » de Maiduguri, dirigé par Abubakar Shekau, et les fractions constituées autour des cadres partis au Niger et au Tchad lors de la répression.

Marc-Antoine Pérouse de Montclos voit dans ces dernières « les tendances les plus dures du mouvement ». Chaque sous-groupe dispose de ses propres ­circuits de financement, de formation et d’approvisionnement en armes. « Certaines de ces fractions disent être en contact avec Aqmi, présent dans le Sahel, et avec les shebabs somaliens », affirme le chercheur. La branche de Maiduguri ne semble pas, elle, avoir tissé de liens avec l’étranger. Elle se finance en multipliant les attaques de banques. Malgré cette régionalisation partielle, « Boko Haram reste focalisé sur des objectifs locaux », tempère ­Valentina Soria, chercheuse britannique au Royal United Services Institute. Il n’existe donc pas d’alliance stratégique entre la secte, Aqmi et les shebabs, pour un « al-Qaida au Nigeria ».

Echec de la répression

Sur le plan intérieur, « le mouvement entretient des liens informels avec des responsables politiques des États du nord du pays, qui appliquent la charia, des membres de la police et de l’armée », explique Kunle Amuwo. Ces relais gangrènent même « la branche exécutive du gouvernement », admet le président Jonathan, dépassé. Les autorités sont incapables d’apporter une réponse efficace contre la secte. La politique de répression s’avère un échec total. Marc-Antoine Pérouse de Montclos rapporte que « le gouvernement et l’état-major sont conscients de leurs erreurs stratégiques, mais aucune politique alternative crédible n’est envisagée ».

En quatre ans de violences, Boko Haram n’a pas conduit le pays dans la guerre civile, mais « il a réussi à faire l’unanimité contre lui. Paradoxalement, l’action du groupe pourrait avoir un rôle unificateur dans le pays », assure le chercheur. Le nord ne peut pas se couper des puits de pétrole du sud, et le sud n’entend pas se priver des débouchés commerciaux qu’offre le nord. Chrétiens et musulmans sont épuisés par les attentats, la militarisation, les exécutions sommaires et le co­uvre-feu. Kunle Amuwo juge que « la population pourrait chasser les membres de Boko Haram de la communauté et aider les autorités ». Marc-Antoine Pérouse de Montclos entrevoit deux scénarios. « Soit le mouvement, coupé de sa base ­sociale, choisit de se professionnaliser en groupe terroriste mafieux, soit ses membres seront contraints de s’insérer dans le circuit politique. » Dans les deux cas, Boko Haram entamerait une troisième vie.

 Premier scénario

La prise d'otage des sept français, une première pour Boko Haram, semble avoir poussé le mouvement vers le premier scénario. La revendication de cet enlèvement d’étrangers pourrait ainsi marquer un tournant dans sa stratégie, voire la volonté d’endiguer l’influence d’un autre groupe nigérian, Ansaru, issu d’une scission avec Boko Haram. Le quotidien camerounais le Jour confirme pour sa part que « le temps politique mondial est favorable à de tels actes ».

  • A lire aussi:

Boko Haram, la secte islamiste qui ébranle le géant nigérian

Un tournant stratégique de Boko Haram?

Textes: Nathan Sautreuil et Lina Sankari

La famille française otage "saine et sauve" au Cameroun

La famille française de sept personnes, dont quatre enfants, enlevée en février dans le nord du Cameroun par le groupe islamiste nigérian Boko Haram a été libéré, "saine et sauve" et remise aux autorités camerounaises.

L'information émise par la présidence camerounaise ce vendredi matin a été confirmée par Paris une heure plus tard. Les otages français, enlevés il y a deux mois jour pour jour, sont "tous en bonne santé", a précisé la présidence française. Depuis, Laurent Fabius, en route pour le Cameroun, a affirmé à l'AFP: "J'ai eu la famille au téléphone. Ils sont extrêmement heureux et en forme."

Libérés dans la nuit

Les sept otages, une famille dont le père est expatrié au Cameroun pour le groupe GDF-Suez, avec quatre enfants de 5 à 12 ans accompagnés de leur oncle, se trouvent "actuellement à l'aéroport de Yaoundé avec l'ambassadeur de France au Cameroun" et devrait se rendre à l'ambassade, selon une source diplomatique. Ils ont été libérés dans la nuit de jeudi à vendredi "dans une zone entre le Nigeria et le Cameroun", selon Laurent Fabius.

De son côté, le président français François Hollande a remercié "les autorités camerounaises et nigérianes qui ont travaillé à cette issue heureuse, et notamment le président (camerounais Paul) Biya, en étroite collaboration avec la France", selon l'Elysée.

Boko Haram

Tous avaient été enlevés dans le nord du Cameroun où ils étaient allés visiter un parc national. Leurs ravisseurs se réclamaient de la secte islamique Boko Haram, active dans le nord du Nigeria, une zone troublée depuis plusieurs années par des attentats et des assassinats, réprimés dans le sang par les forces de sécurité nigérianes.

Dans deux vidéos, diffusées les 25 février et 18 mars, les ravisseurs exigeaient, en échange de la libération des Français, celle de membres de leur groupe, prisonniers au Nigeria et au Cameroun. Ces revendications avaient été jugée "hors de portée de la France", par le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui avait toutefois effectué un voyage au Cameroun à la mi-mars, et avait rencontré le président Paul Biya ainsi que la communauté française.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Apr 2013 à 19:35

Bain de sang à Baga, au nord du Nigeria

De sanglants affrontements ont encore opposé l’armée à la secte Boko Haram.

Baga, un village de pêcheurs sur les rives du lac Tchad, s’est transformé vendredi et samedi en enfer. Dans cette localité de l’État de Borno, au nord-est du Nigeria, de violents affrontements entre l’armée et des membres de la secte islamiste Boko Haram ont donné lieu à un véritable massacre. La moitié du village a été réduite en cendres et, selon le premier bilan établi par la Croix-Rouge, 187 personnes ont été tuées et 77 autres hospitalisées. « Les soldats ont agi aveuglément, ils ont tué des gens et brûlé nos maisons, ils ont chassé tout le monde dans la brousse, y compris les femmes et les enfants. Jusqu’à présent, nous avons enterré 185 cadavres. Certains sont tellement brûlés qu’ils en sont méconnaissables, d’autres sont hospitalisés avec divers degrés de brûlures », témoigne un habitant dans le Nigerian Tribune.

Ce sanglant épisode met en cause le fragile processus initié par Abuja, qui espérait une trêve des insurgés islamistes en contrepartie d’une amnistie. Le président nigérian Good-
luck Jonathan a « ordonné une enquête approfondie au sujet du bilan élevé de morts dans les affrontements entre soldats et insurgés à Baga ». Jusqu’ici, les violentes méthodes répressives des forces de sécurité n’ont abouti qu’à une radicalisation et à une extension de l’insurrection islamiste dans le nord déshérité du pays, à majorité musulmane. Allié d’Abuja dans la lutte antiterroriste, Washington critique désormais ouvertement cette stratégie de contre-insurrection qui n’épargne pas les civils. « L’extrémisme violent nécessite plus que la simple réponse sécuritaire » et les autorités doivent « répondre aux problèmes des communautés vulnérables », a fait valoir Patrick Ventrell, porte-parole du département d’État, au lendemain de ce massacre.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 May 2013 à 20:18

Abuja en guerre contre la secte Boko Haram  

Depuis le 15 mai, de violents combats opposent les insurgés islamistes aux forces de sécurité. L’état d’urgence se prolonge dans le nord-est du pays. Les civils se réfugient au Cameroun et au Niger.

C’est la plus vaste opération militaire depuis 2009, lorsque l’armée nigériane avait investi la ville de Maiduguri, berceau de la secte islamiste Boko Haram, pour y déclencher une sanglante répression. Depuis le 15 mai, de violents combats opposent les insurgés islamistes aux forces de sécurité dans le nord-est du pays. Le 14 mai, le président nigérian, Goodluck Jonathan, avait décrété l’état d’urgence dans les États de Borno, Yobe et Adamawa, en réponse à l’attaque par la secte de plusieurs cibles gouvernementales.

aucune aide humanitaire

Depuis, pas de trêve. Dans les localités soupçonnées d’abriter des insurgés islamistes, l’aveuglement répressif de l’armée n’épargne pas les populations civiles. Avant même le début de cette offensive, fin avril, le village de Baga, sur les rives du lac Tchad, a été littéralement réduit en cendres par les forces de sécurité. Plus de 180 personnes ont péri dans ce sanglant épisode. Prises entre deux feux, les populations fuient les zones d’affrontement, où l’armée n’hésite pas à procéder à des bombardements aériens. Des milliers de Nigérians affluent ainsi vers le nord du Cameroun pour se mettre à l’abri de ce déchaînement de violence. Aucune infrastructure, aucune aide humanitaire n’est prévue, pour l’instant, pour les accueillir. Le Niger compte pour sa part déjà 2 400 réfugiés en provenance du Nigeria, selon la Croix-Rouge. L’armée nigériane se flatte d’avoir procédé à des dizaines d’arrestations et affirme avoir repris plusieurs localités jusque-là aux mains des islamistes de Boko Haram. Mais à quel prix ? Dans cette guerre où Abuja ne s’embarrasse guère de considérations humanitaires, le gouvernement a reconnu la semaine dernière détenir des enfants et des femmes, soupçonnés de collusion avec le « terrorisme ». La secte en tire argument, et fait désormais dans le rapt de femmes et d’enfants en guise de représailles.

pays miné par la pauvreté

L’option ultra-répressive d’Abuja est d’autant plus critiquée qu’elle n’a abouti jusqu’ici qu’au renforcement et à la radicalisation de Boko Haram, sur fond de graves inégalités sociales et régionales. Depuis 2009, la secte de Maiduguri revendiquant l’instauration d’un État islamique s’est peu à peu muée en groupe armé capable de spectaculaires actions terroristes, comme l’attentat-suicide meurtrier contre le siège des Nations unies à Abuja, en août 2011. Aujourd’hui, ce groupe armé, qui entretient des connexions avec la nébuleuse djihadiste au Sahel, est à la tête d’une véritable insurrection, capable de déstabiliser le géant nigérian. Dans une vidéo transmise à l’AFP, un chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, appelle les djihadistes du monde entier à venir prêter main-forte à leurs « frères » nigérians.

Mardi, c’est l’ancien président Olusegun Obasanjo qui s’interrogeait sur l’option militaire : « Ces problèmes ne peuvent pas être résolus avec le seul bâton. Il faut trouver des solutions au problème de la pauvreté, du chômage. (…) Boko Haram n’existait pas il y a dix ans, alors comment s’est-il développé ? Nous devons identifier les causes profondes. »

Rosa Moussaoui

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  Citer Résistance Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Apr 2014 à 20:05
On construit au Nigéria une île destinée aux riches






Au Nigéria, on voit les choses en grand, ébloui probablement par les projets pharaoniques de Dubaï. On est ainsi en train de construire au large de Lagos une presqu’île artificielle de dix kilomètres carrés d’où surgira une ville nouvelle, croisement étrange d’un Disneyland et d’une City. Appelé à devenir le nouveau centre financier de l’Afrique de l’ouest, ce projet fou, baptisé Eko Atlantic, accueillera également de nombreux appartements de luxe. « Le futur Hong-Kong de l’Afrique », selon le directeur de la banque mondiale du Nigeria, est présenté sous les traits d’une ville durable et économe en énergie. Ce qui est loin d’être un standard au Nigéria…

Lagos est une capitale chaotique dans laquelle s’agglutinent quelque treize millions de personnes dans des conditions pour le moins précaires. Des conditions qui s’étendent à l’ensemble du pays… En 2011, 63 % de la population nigériane vivait avec moins de un dollar par jour. S’ajoutent à ces conditions de dénuement extrême les conflits religieux : depuis 1999, les violences entre chrétiens et musulmans ont causé la mort de plus de 14.000 personnes. Au niveau de l’environnement, la situation n’est pas plus brillante : depuis les années cinquante, les entreprises pétrolières polluent le delta du Niger, privant les populations de pêcheurs et d’agriculteurs de leurs moyens de subsistance.

Le projet pose bien évidemment question. Le fait qu’Eko Atlantic sera administré par le secteur privé laisse peu d’espoirs aux habitants des bidonvilles de voir leur situation améliorée. Les conditions d’accès à la propriété ou à la location devraient au contraire aggraver la ségrégation sociale. Pis, il ne serait pas écologiquement viable, contrairement aux annonces qui ont été faites jusque-là : « les milliers de personnes qui vivent près du site s’attendent à ce que la ville entraîne leur déplacement plutôt que la prospérité », assure le défenseur de l’environnement Nnimmo Bassey. « Eko Atlantic est contraire à tout ce qu’il fallait faire pour lutter contre le changement climatique et l’épuisement des ressources ». Pour le Guardian, il s’agit rien moins que d’un pas vers l’« apartheid climatique ».

Derrière ce projet inauguré en son temps par Bill Clinton, on trouve deux frères : Gilbert et Ronald Chagoury. Originaires de Miziara, dans le nord du Liban, ils ont grandi au Nigéria où leurs parents avaient émigré dans les années quarante. Ils ont gardé depuis des liens très étroits avec le pays du Cèdre. Gilbert est à la tête d’une fortune estimée à 4,2 milliards de dollars, ce qui le classe au septième rang des hommes les plus riches du continent noir. Il a été honoré à plusieurs reprises par le Vatican pour ses contributions en faveur de la communauté chrétienne. Mais il a surtout été au milieu des années quatre-vingt-dix un très proche conseiller de la dictature nigériane et de son chef aujourd’hui disparu Sani Abacha, qui a détourné et placé une fortune colossale sur des comptes à l’étranger.

La polémique commence sérieusement à enfler. Martin Lukacs, du Guardian, n’y va pas par quatre chemins. Pour lui, Eko Atlantic est « une insulte architecturale aux conditions de vie des Nigérians ». Ce qui ne manquera pas d’étonner, c’est comment les indigents du Nigeria peuvent encore laisser prospérer une clique d’hommes corrompus qui vivent à des années lumières des préoccupations de leurs compatriotes. En France, nos dirigeants se parent encore d’un discours de circonstance. Mais la situation est-elle si différente sur le fond ? Poser la question, c’est malheureusement déjà y répondre.

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-on-construit-au-nigeria-une-ile-destinee-aux-riches-123428515.html
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