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T 34 allez vers le bas
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Depuis le: 26 Sep 2007
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Jul 2013 à 16:14

On vit une époque formidable : une invasion ne fait plus la Une et le mensonge hollywoodien vous mène en bateau

John Pilger

Une invasion à grande échelle est en train de se dérouler en Afrique. Les USA sont en train de déployer des troupes dans 35 pays africains, en commençant par la Libye, le Soudan, l’Algérie et le Niger. Signalée par l’agence de presse Associated Press le jour de Noël, cette information était absente de la plupart des médias anglo-US.

L’invasion n’a pratiquement rien à voir avec « l’Islamisme », et presque tout à voir avec la mainmise sur les ressources, notamment les minerais, et une rivalité croissante avec la Chine. Contrairement à la Chine, les USA et leurs alliés sont prêts à employer la violence, comme démontré en Irak, Afghanistan, au Pakistan, au Yémen et en Palestine. Comme lors de la Guerre Froide, une certaine division du travail stipule que c’est au journalisme occidental et à la culture populaire de fournir une justification à la guerre sainte contre « l’arc de menace » islamiste, semblable en tous points à la soi-disant « menace rouge » d’une conspiration communiste mondiale.

A l’instar de la Ruée vers l’Afrique à fin du 19ème siècle, l’Africa Command (Africom) des USA a créé un réseau de partenaires parmi les régimes africains compréhensifs et avides de pots-de-vin et d’armes US. L’année dernière, Africom a organisé l’opération African Endeavor, commandée par l’armée US, avec la participation des forces armées de 34 pays africains. La doctrine « de soldat à soldat » d’Africom consiste à placer des officiers US à tous les échelons de commandement, du général au sous-officier. Il ne manque plus que les casques coloniaux.

C’est comme si le fier passé historique de libération de l’Afrique, de Patrice Lumumba à Nelson Mandela, était condamné à l’oubli par une nouvelle élite coloniale noire dont la « mission historique », avait averti Franz Fanon il y a un demi-siècle, était de servir de courroie de transmission à « un capitalisme rampant quoique camouflé ».

Principales ressources de l'Afrique : cuivre, manganèse, fer, or, pétrole, gaz, diamants, uranium

Un exemple frappant est celui du Congo oriental, une région stratégique en minerais, contrôlé par un groupe rebelle abominable connu sous le nom de M23 et qui est lui-même contrôlé par l’Ouganda et le Rwanda, tous deux à la solde de Washington.

Planifiée depuis longtemps comme une « mission » pour l’OTAN, sans parler des zélés Français auxquels les causes perdues coloniales sont restées en travers de la gorge, la guerre en Afrique est devenue urgente en 2011 lorsque le monde arabe semblait se libérer des Moubarak et autres serviteurs de Washington et de l’Europe. L’hystérie provoquée dans les capitales impériales ne doit pas être sous-estimée. Des bombardiers de l’OTAN furent expédiés non pas à Tunis ou au Caire mais en Libye, où Kadhafi régnait sur les plus grandes réserves de pétrole en Afrique. Une fois la ville de Sirte réduite en poussière, les commandos d’élite britanniques ont dirigé les milices « rebelles » dans une opération qui depuis a été dénoncée comme « bain de sang raciste ».

http://coto2.files.wordpress.com/2011/09/africom-x-stratfor.jpg

Le peuple indigène du Sahara, les Touaregs, dont les combattants berbères étaient protégés par Kadhafi, se sont enfuis à travers l’Algérie vers le Mali, où les Touaregs réclament depuis les années 60 un É tat indépendant. Comme l’a fait remarquer Patrick Cockburn, toujours attentif, c’est ce contentieux local, et pas Al Qaïda, que l’Occident craint le plus dans le Nord-Ouest de l’Afrique… « bien que pauvres, les Touaregs sont souvent assis sur d’immenses réserves de pétrole, de gaz, d’uranium et d’autres minerais précieux ».

Comme conséquence de l’attaque franco-US contre le Mali le 13 janvier, une attaque contre un site gazier en Algérie s’est terminée dans un bain de sang, provoquant chez (le Premier ministre britannique) David Cameron des réactions aux relents de 11 Septembre. L’ancien chargé des relations publiques de la chaîne de télévision Carlton s’est emporté sur une « menace globale » qui requiert « des décennies » de violences occidentales - c’est-à -dire la mise en place du modèle économique prévu par l’Occident pour l’Afrique, ainsi que le viol d’une Syrie multi-ethnique et la conquête d’un Iran indépendant.

Cameron a envoyé des troupes britanniques au Mali, et un drone, tandis que son chef des armées, le bavard Général Sir David Richards, adressait « un message très clair aux djihadistes du monde entier : ne venez pas nous chercher des noises. Nous riposterons avec vigueur. » - exactement ce que les djihadistes avaient envie d’entendre. La trainée sanglante laissée par les victimes (toutes musulmanes) du terrorisme de l’armée britannique, et les affaires de torture « institutionnalisée » qui sont portées devant les tribunaux, apportent la touche d’ironie qui manquait aux propos du général. J’ai eu un jour à subir la « vigueur » de Sir David lorsque je lui ai demandé s’il avait lu la description faite par la courageuse féministe afghane Malalaï Joya du comportement barbare dans son pays des Occidentaux et leursaffidés . « Vous êtes un défenseur des Taliban » fut sa réponse. (Il s’en excusa plus tard)

Ces sordides personnages sortent tout droit d’un roman d’Evelyn Waugh et nous font ressentir tout le souffle de l’histoire et de l’hypocrisie. Le « terrorisme islamique » qui est leur excuse pour perpétuer le vol des richesses africaines est une de leurs propres inventions. Il n’y a plus aucune excuse pour avaler les histoires débitées par BBC/CNN et ne pas connaître la vérité. Lisez le livre de Mark Curtis, Secret Affairs : Britain’s Collusion with Radical Islam (Serpent’s Tail) [affaires secrètes : la collusion de la Grande-Bretagne avec l’islam radical - NdT] ou celui de John Cooley Unholy Wars : Afghanistan, America and International Terrorism (Pluto Press) [Guerres impies : Afghanistan, Amérique et le terrorisme international - NdT] ou The Grand Chessboard [en français « Le grand échiquier », chez Hachette - NdT] par Zbigniew Brzezinski (HarperCollins) qui fut un des accoucheurs du terrorisme fondamentaliste moderne. En effet, les moudjahidines d’Al Qaïda et des Talibans ont été créés par la CIA, son équivalent pakistanais l’ISI, et le MI6 britannique.

Brzezinski, qui fut le Conseiller à la Sécurité Nationale du Président Jimmy Carter, décrit une directive présidentielle secrète de 1979 qui devint le point de départ de ce qui est aujourd’hui présenté comme une « guerre contre le terrorisme ». Pendant 17 ans, les USA ont délibérément formé, financé, armé et lavé le cerveau de djihadistes qui « entrainèrent toute une génération dans la violence ». Sous le nom de code Operation Cyclone, c'était le « grand jeu » destiné à faire tomber l’Union Soviétique mais qui a fait tomber les tours jumelles.

Depuis, l’information que des gens intelligents et éduqués ingurgitent et régurgitent est devenue une sorte de journalisme de parc d’attraction, épaulée comme jamais par Hollywood et son permis de mentir, et de mentir encore. Il y a le film en préparation sur Wikileaks de Dreamworks, un tissu de mensonges inspiré par le livre perfide de deux journalistes du Guardian devenus riches ; et il y a le film Zero Dark Thirty, qui promeut la torture et l’assassinat, dirigé par l’Oscarisée Kathryn Bigelow, la Leni Riefenstahl des temps modernes, qui diffuse la voix de son maître comme le faisait jadis la metteure en scène chéri du Führer. Tel est le miroir sans tain qui donne à peine un aperçu de tout ce que le pouvoir commet en notre nom.

MacDo frappe l'Afrique

Source: http://www.newstatesman.com/world-affairs/world-affairs/2013/01/modern-times-are-upside-down-invasion-not-news-licence-lie-tak
Date de parution de l'article original: 03/04/2013

Traduit par  Viktor Dedaj
 
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Aug 2013 à 18:10

Les plus gros mensonges sur la coopération entre la Chine et l’Afrique

 
 

En ce mois de Juillet 2013, dans les principales villes de Grande Bretagne, il y a une curieuse campagne menée à travers les affiches, des posters géants dans les aéroports, les stations de Metro, les carrefours des grandes villes britanniques. C’est une campagne payée par l’un des principaux organes d’information, le magazine britannique The Economist. Le titre de la publicité c’est : BOOMING CHINESE INVESTMENT IN AFRICA IS BAD FOR AFRICANS (Le boom des investissements chinois en Afrique est très mauvais pour les africains). L’affiche nous explique pourquoi les investissements chinois en Afrique sont si terrifiants pour les Africains en 3 raisons : 1- Les Chinois soutiennent des gouvernements dictatoriaux en Afrique, 2- Les usines chinoises d’habillement en Afrique du Sud payent moins que le salaire minimum autorisé et 3- Les éléphants sont en train de disparaitre en Afrique de l’est à cause des Chinois. Et à la fin, le public britannique est interrogé sur le parti qu’ils vont prendre. Ce que le très célèbre magazine britannique a oublié sur ses affiches, c’est un 4- La Chine est responsable des pluies diluviennes et des moustiques en Afrique tropicale. Et même un 5- La Chine est responsable du manque d’eau dans le désert du Sahara et du Kalahari.

Cette publicité est la preuve même que dans la tête de certains Européens, les Africains sont encore des bébés à qui il faut encore enseigner à marcher. Comment ne pas leur donner raison s’il existe un seul Africain qui participe à ce lynchage d’un nouveau genre contre la Chine en Afrique sans se poser la question de savoir pourquoi c’est notre prédateur traditionnel qui souffre tant de la présence de la Chine en Afrique ?

Beaucoup d’Africains résidant en Occident sont à tel point aplatis sur les idées et opinions de leurs maîtres blancs qu’ils ne construisent leur opinion de la Chine que sur des connaissances forgées à travers la propagande des medias-mensonge de l’occident. Le plus simple pour eux serait pourtant qu’ils fassent un petit voyage et un séjour d’au moins 6 mois en Chine. Cela leur permettrait, non pas pour connaître la Chine, mais pour comprendre ce qu’est réellement l’occident : du bluff, du simple bluff qu’on entretient au quotidien par des fables dans lesquelles ils seraient toujours les guides du monde et la Chine ne serait qu’un feu de paille.

Lorsqu’ils séjourneront en Chine, ils comprendront d’eux-mêmes pourquoi l’Occident est fini. Et que tout le blabla d’Obama sur le chômage des jeunes, le bla-bla de l’Union européenne sur les dettes publiques de la zone euro à mutualiser, n’est qu’un vieux disque rayé qui récite des mots qui n’ont aucun rapport avec la dureté d’un monde qu’ils ne maîtrisent pas et qu’ils croient interpréter toujours avec l’arrogance des patrons d’hier.

Voici un florilège des mensonges sur la Coopération entre la Chine et l’Afrique, savamment entretenus par les médias occidentaux :

· LA CHINE VA ENVAHIR L’AFRIQUE PARCE QU’ELLE EST SURPEUPLEE – FAUX !

A- la Chine n’est pas surpeuplée. Avec une densité de 141 habitant au km2, la Chine est moins peuplée que la plupart des principaux pays asiatiques, mais aussi européens et africains, notamment : le Nigéria (189 habitants/km2), la Suisse (194 habitants /km2), l’Italie (204 habitants/km2), l’Allemagne (227 habitants au km2), le Pakistan (243 habitants/km2), le Royaume-Uni (260 habitants/km2), le Japon (337 habitants/km2), l’Inde (391 habitants/km2), les Pays-Bas (405 habitants/km2), la Corée du Sud (491 habitants/km2), le Bangladesh(1137 habitants au km2), Gibraltar (Grande Bretagne) : 4.159 habitants/k2, Monaco(France) : 15.250 habitants/km2.

B- Si ceux qui prétendent que la Chine va envahir l’Afrique se basent sur la densité de la population chinoise pour dire qu’il manque tellement d’espace aux Chinois qu’ils vont envahir l’Afrique, alors avec ses 141 habitants au km², et le Nigéria 189 habitants/km², il est 100% plus probable que le Nigéria envahisse son voisin le Cameroun, plutôt que la Chine, si lointaine et densément moins peuplée. Mais dans les faits, non, les Nigérians n’envahiront pas le Cameroun, parce que chacun aime rester dans son propre pays. « Home be Home » dit-on au Cameroun pour dire qu’après tout, chacun se sent à l’aise d’abord chez soi.

C- Ce qui pousse les gens à quitter leurs pays, c’est la misère et la guerre. Au moment où la Chine connait sa prospérité, pourquoi devraient-ils quitter leur pays en masse ? De même qu’en Afrique, ceux restés en Afrique sont en train de devenir plus riches que ceux qui sont partis, selon le Ministère chinois des affaires étrangères, on observe un mouvement inverse du retour des Chinois qui avaient quitté leur pays il y a des décennies. Les enfants des Chinois nés à l’étranger choisissent en majorité de poursuivre leurs études supérieures plutôt en Chine qu’en Occident. L’Université de Pékin a même un canal privilégié pour accueillir tous ces nouveaux Chinois nés à l’étranger. Ces enfants ont compris qu’ils ne seront jamais riches s’ils restent en Occident. C’est ainsi que, généralement avec les parents, ils sont en train de plier bagage pour rentrer dans leur pays. Et c’est lorsqu’ils rebondissent depuis la Chine, qu’il recolonisent leurs anciens pays de résidence ou de naissance en Occident.

D- Sur le nombre total de la population mondiale, 60% habitent en Asie, 15% en Afrique. Si on s’arrête à ces deux chiffres, il est facile de dire que dans ce cas, il est naturel que les Asiatiques envahissent l’Afrique. Mais ce qui depuis un siècle intéresse les asiatiques comme destination de peuplement, ce n’est pas l’Afrique, mais l’Amérique du nord qui ne compte aujourd’hui que les 5% de la population mondiale, c’est-à- dire le tiers de la population africaine. Et l’Océanie, 0,5% de la population mondiale, c’est-à-dire 30 fois moins peuplée que l’Afrique. Et c’est donc naturellement que les Asiatiques, qu’ils soient coréens, japonais, indiens, pakistanais, sri-lankais, indonésiens ou vietnamiens, leur destinations préférées sont 4 pays : le Canada en tête, suivi des USA, l’Australie, et la Nouvelle Zélande. Les Chinois qui sont en Afrique pour des contrats de grands travaux publics retournent généralement en Chine à la fin de l’œuvre. Les autres, pour la plupart des commerçants transfèrent presque tous leurs profits en Chine, ceci, est tout simplement la preuve qu’ils ne veulent pas s’éterniser en Afrique.

E- CHACUN CHEZ LUI

Selon les Nations Unies, depuis 100 ans, le nombre des immigrés est resté stable autour de 3%. Ainsi, en 2010, il y avait 214 millions d’immigrés dans le monde, c’est-à-dire 3,1% de la population mondiale. En 1990, ils étaient 2,9% de la population mondiale, et 2,3% en 1965. Selon la même source, en 2005, il y avait 62 millions de personnes nées au sud vivant au nord, 61 millions de personnes qui ont immigré d’un pays du sud vers un autre pays du sud et 14 millions de personnes nées au nord et vivant au sud, 53 millions de personnes qui sont passées d’un pays du nord vers un autre pays du nord. Les migrations significatives sont généralement effectuées entre deux pays voisins. Ainsi, sur les 35 millions d’immigrés que comptent Etats-Unis, plus de la moitié vient du Mexique. En Suisse, là où une journaliste a récemment fait un reportage militant au Cameroun pour influencer le vote des Suisses au référendum pour réduire le droit d’asile, ce que la population ne sait pas est que le sentiment qu’ils ont d’être envahis par des Noirs et des Arabes n’est que très subjective. Dans les faits, les statistiques officielles suisses nous montrent que sur les 25% d’immigrés que compte le pays, plus de 70% sont des Européens, provenant surtout de 3 pays, Italie en tête qui compte pour 16,7% des immigrés, l’Allemagne pour 15,5% d’immigrés en Suisse, la France et le Portugal. Aucun pays africain ne figure dans le top 10 des immigrés les plus nombreux en Suisse, tous sont européens.

Le nombre des Chinois installés au Canada et aux USA est 100 fois supérieur à leur nombre en Afrique. En plus, en Afrique, pour la plupart, ils ne résident pas. Dès qu’ils ont fait un peu d’argent, ils rentrent en Chine. Le Cameroun a fêté ses 40 ans de relations diplomatiques avec la Chine en 2011. Dans les statistiques, on n’a aucun Chinois qui séjourne au Cameroun depuis 20 ans. Pourquoi les Américains ou les Canadiens ne disent jamais qu’ils sont envahis par les Chinois ? Alors qu’il y a des Chinois qui résident aux USA depuis plus de 100 ans ? Selon Immigration-Canada, entre 2001 et 2006 il y a eu 150.000 Chinois qui ont eu l’autorisation de s’installer au Canada confirmant de fait que les Chinois sont les premiers immigrés du Canada ; Selon la même source, le Canada préfère de loin des immigrés asiatiques aux autres régions du monde. Par exemple, en 2006, les immigrés arrivés de la Chine, de l’Inde, des Philippines et du Pakistan formaient à eux seuls 40% des nouveaux arrivants au Canada. Et pour parvenir à ce chiffre, comme dans tous les pays communistes du monde, c’est la Chine qui limite le nombre de ses ressortissants en partance pour le Canada, ce dernier a dû négocier avec la Chine pour avoir ses citoyens.

Il y a un secret très bien gardé en occident, et ce secret est que c’est eux tous qui se battent pour avoir des migrants chinois, réputés « travailler comme des petites fourmis ». En Italie, l’importation des milliers d’artisans chinois dans les années 1990 a permis de ralentir la mort du secteur textile dans la zone de Prato en Toscane. Les nouveaux arrivants chinois étaient alors installés dans les anciens ateliers textiles qui n’arrivaient plus à tenir devant la rude concurrence des couturiers espagnols. En les faisant travailler de 12 à 16 heures par jour, l’Italie a vu ses carnets de commandes de chemises, robes, pantalons, costume, jupes Made in Italy, de nouveau remplis.

Le Canada a dû négocier avec la Chine et a arraché un accord en 1994, garantissant à tout Chinois que l’Etat jugerait éligible, pour partir, de devenir systématiquement résident permanent au Canada. Il n’existe à ce jour, un tel accord avec aucun pays africain et le Canada. Même la Délégation du Québec dont la mission est de faire venir au Québec un nombre significatif de migrants francophones pour briser l’hégémonie des canadiens anglophones, se garde bien de donner la priorité à des pays africains. Elle aussi, préfère les migrants chinois, dans l’espoir que travaillant comme des petites fourmis 12 heures par jour, ils vont contribuer à dynamiser l’économie du pays, alors que pour les Africains, c’est le contraire. La perception est que les Africains qui demandent à immigrer au Canada, sont des personnes qui n’aiment pas le travail et fuient leurs pays dans l’illusion de trouver où gagner beaucoup en travaillant moins.

En d’autres termes, ce sont ceux qui disent aux Africains que les Chinois vont les envahir qui vont négocier pour recevoir les Chinois chez eux en nombre, par l’assouplissement des conditions d’arrivée de ces Chinois et c’est la Chine qui ne veut pas. Si la Chine limite ses citoyens qui s’installent au Canada, pourquoi devrait-elle du jour au lendemain multiplier par 10 le nombre de vols entre la Chine et l’Afrique, juste pour se débarrasser de ses citoyens et envahir l’Afrique ? Que voudrait-elle prendre qu’elle ne prend pas déjà au Canada ? Si pour les autorités publiques en Occident, les travailleurs chinois peuvent dynamiser des secteurs entiers de leurs économies, pourquoi dès lors qu’il s’agit des mêmes Chinois en Afrique, leur présence serait plutôt catastrophique pour l’économie africaine ?

D- POURQUOI RIEN SUR L’INDE ?

Pour comprendre le degré de manipulation des Africains dressés contre la Chine, il faut aussi se demander pourquoi les Occidentaux ne nous disent jamais que les Indiens vont envahir l’Afrique alors qu’il y aurait 3 éléments probants qui pourraient être en faveur de cette thèse, même si erronée :

1- l’Inde a presque la même population que la Chine, mais sur un territoire plus 3 fois plus petit. Et la richesse du pays est, là aussi, 3 fois plus petite. Donc, si un pays avait besoin d’espace vital, ce serait l’Inde avec ses 3,2 millions de km², sa richesse de 1.873 milliards de dollars en 2011 et non la Chine, avec ses 9,7 millions de km² et ses 7.318 milliards de dollars toujours en 2011. Si les Africains croient facilement à cette fable, c’est parce qu’ils utilisent tous la carte du monde-mensonge qui fait voir la Chine plus petite que sa vraie proportion. Elle est en réalité, 3 fois plus grande que l’Europe et 1/3 de la superficie de toute l’Afrique (30 millions de km2).

2- La Chine a la politique d’enfant unique, donc tient sous contrôle sa croissance démographique, ce que ne fait pas l’Inde. La première conséquence est que la Chine a aujourd’hui, comme le Japon, un problème du vieillissement de sa population, contre lequel l’Etat chinois semble n’avoir rien prévu. Et ce ne sera certes pas les exercices physiques dans les jardins publics de toute la Chine à affronter ce sérieux problème qui vient du fait qu’un couple qui met au monde un seul enfant, ne contribue même pas à remplacer les deux composantes du couple, car 1+1 donne 1 et au final, la Chine a plutôt peur d’une réduction drastique de sa population, ce qui contracterait sa consommation interne, donc, entraverait sa croissance. Pire, un couple de jeune chinois aujourd’hui, mari et femme étant des fils et fille uniques, ont 4 parents desquels s’occuper à la vieillesse. C’est un ratio intenable. Et si ce couple doit aller s’installer à l’étranger, disons, en Afrique, pour ses 4 parents devenus vieux, c’est la catastrophe. C’est ce qui va expliquer en partie le fait que le séjour africain n’est jamais définitif. Les Indiens n’ont pas ce genre de problème.

3- Le plus gros de l’économie des pays de l’Afrique de l’Est est entre les mains des Indiens, pas uniquement le commerce comme dans quelques pays africains pour les Chinois, mais aussi l’industrie, notamment au Kenya, en Tanzanie, en Ouganda et même en Ethiopie où les secteurs entiers de l’industrie mécanique, pharmaceutique, agroalimentaire.

Conclusion : Ils ne disent pas que l’Inde va envahir l’Afrique, mais, plutôt, la Chine, parce que l’Empire du Milieu (la Chine) leur fait peur et l’Inde non. Contrairement à l’Inde qui vit avec ses contradictions sociologiques des castes, de l’analphabétisme, du contrôle des naissances non maitrisé, fragilisant la puissance économique qu’aurait pu être ce pays, la Chine a refusé d’occuper la place d’ouvrière que l’Occident lui avait assignée. La Chine a l’ambition de prendre la place du maître et comme ce scénario ne fait pas partie de l’ordre des choses, c’est elle l’ennemie à abattre et non l’Inde qui se contente de son rôle de deuxième et troisième rang. La Chine est la vraie puissance même militaire, pas l’Inde, capable de donner les moyens aux Africains pour en finir avec 500 ans de soumission. Alors on crie au loup et les victimes africaines aussi crient au loup, contre celle-là même qui pouvait leur permettre de sortir des griffes du prédateur européen.

· LA CHINE EST EN AFRIQUE POUR SES MATIERES PREMIERES – FAUX !

Aujourd’hui, les matières premières, les mines africaines en cours d’exploitation appartiennent pour plus de 90% à des entreprises occidentales. Du fait du ralentissement ou de l’effacement de certains secteurs industriels en Occident, ces entreprises minières sont souvent en très mauvaise posture parce qu’elles ne savent pas très bien à qui vendre les produits de ces mines africaines.

En d’autres termes, supposons qu’une entreprise française exploitait une mine dans un pays africain pour ses clients, des industriels français, italiens, hollandais, allemands etc. Et que maintenant, ces clients sont en train de fermer les usines à cause de la concurrence des produits chinois. Que fait l’entreprise française ? Elle va naturellement voir le seul client potentiel qui ravage tout sur son passage, c’est-à-dire, la Chine. Cette dernière sait que l’entreprise française n’a pas de choix et donc, elle joue au rabais le prix de la matière première que lui propose le français, à prendre ou à laisser. Et c’est comme cela que la Chine n’a nullement besoin de venir en Afrique pour chercher les matières premières africaines, parce que les Occidentaux se précipitent déjà en Chine pour les lui proposer et à moindre frais.

Mais certains pays africains plus malins, plutôt que d’attendre que l’entreprise européenne aille vendre au rabais en Chine pour lui reverser les miettes, vont directement voir la Chine et leur font un discours à dormir debout sur la fraternité entre les peuples opprimés du monde, sur la coopération sud-sud, et souvent, la Chine cède. Et au prix des investissements colossaux, allant jusqu’à la raffinerie comme le platine au Zimbabwe, ou la première raffinerie de pétrole d’Afrique au Nigeria, débute l’exploitation de certaines mines en Afrique, souvent abandonnées par les Occidentaux faute de marché ou comme ils l’écrivent dans leurs présentations aux actionnaires « mine abandonnée pour défaut de rentabilité ».

Pour bien comprendre, prenons l’exemple du Cobalt. Ce nom vient de l’allemand Kobolt, qui signifie magique, ensorcelé, parce que sa très haute toxicité a fait dire aux mineurs allemands qu’il était ensorcelé. Le cobalt est un produit jugé stratégique qui va s’épuiser dans environ 100 ans. Il est utilisé dans plusieurs domaines industriels comme la métallurgie pour les alliages spéciaux devant résister à la chaleur, dans la fabrication d’accumulateurs pour batteries comme les piles au Lithium pour les tablettes, les ordinateurs portables, et les téléphones portables, pour fabriquer les aimants, la coloration des vitres et les colles. Force est de constater qu’aujourd’hui, la Chine a réussi à mettre en faillite presque toutes les industries concurrentes de ces secteurs en Occident. Concernant des matières premières, 4 pays contrôlent les 50% de la production mondiale : la Finlande, le Canada, la Russie et la Chine. Question : Où la Finlande, le Canada et la Russie vendent aujourd’hui leur production de cobalt ? Bien sûr à la Chine. Puisque c’est la seule qui achète.

Et le premier producteur africain qu’est la Zambie à qui vend-il son cobalt ? Officiellement, pas à la Chine, mais dans les faits, la situation est de loin pire qu’il n’y parait et la spoliation du continent africain prend des proportions insoupçonnables.

Je vais vous expliquer à travers l’exemple de la Zambie et du Cameroun, les enjeux et surtout, comment est structurée la combine des Occidentaux en Afrique et pourquoi ceux qui organisent cette combine financent les médias mensonge pour manipuler les africains pour qu’ils détestent la Chine, et donc, préfèrent leurs prédateurs occidentaux. Voici donc l’exemple de 2 pays africains pour bien comprendre le mécanisme :

· EN ZAMBIE

Alors que les 3 premiers producteurs mondiaux de cobalt cités plus haut, livrent leurs productions à la Chine sans intermédiaire, en Afrique, le système dominant a mis sur pied toute une panoplie de stratagèmes pour truander les pays africains. En Zambie, donc, la société qui exploite les mines de cobalt et de cuivre est appelée : Mopani Copper Mines, filiale zambienne de la société canadienne d’exploitation minière dénommée la First Quantum Minerals. De 2003 à 2008, on annonce que le prix du cuivre explose sur le marché international. Mais les autorités zambiennes sont surprises du fait que Mopani Copper Mines ne continue à ne leur verser que des miettes. Alors l’Etat zambien décide d’y voir plus clair. Il s’adresse, à deux cabinets distincts d’audit et d’expertises, le Grant Thornton et le Econ Pövry, pour éplucher les comptes réels de la société canadienne. Et ce qu’ils vont découvrir fait froid dans le dos : un manque à gagner de plusieurs centaines de milliards de dollars, de quoi faire sortir la Zambie du sous-développement.

Mais que s’est-il réellement passé ?

Voici les principales anomalies relevées de façon concordante par les deux cabinets d’audit : la Mopani Copper Mines n’a qu’un seul client, une entreprise suisse de négociation en matière première, la Glencore, géant suisse étant le plus grand trader au monde des matières premières.Avec cette dernière, les deux rapports tranchent et arrivent à la même conclusion : « les coûts d’exploitation sont surévalués, les volumes de production de cobalt sont inférieurs de moitié par rapport à ceux des autres producteurs de la même région, les prix de transfert à Glencore en Suisse, sont étonnamment bas » Conséquence : un manque à gagner de plusieurs milliards de dollars de recettes fiscales pour un pays que l’ONU continue de classer comme une nation où 73% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Comme si ça ne suffisait pas, en 2005, La Mopani Copper Mines, sera félicitée par l’Union Européenne pour son très bon travail pour développer la Zambie, puisqu’elle lui donne un financement de 48 millions d’Euros à travers la Banque Européenne d’Investissement. N’est-ce pas la preuve même qu’ils sont tous complices pour spolier l’Afrique ?

· AU CAMEROUN

L’Afrique a 50% des réserves du cobalt dans le monde. Et c’est la région de l’Est du Cameroun qui a le plus grand gisement du monde, à ce jour encore inexploité. Le contrat originel était, comme celui zambien, validé par le FMI en 2009, avec une entreprise occidentale, l’américaine Geovic Mining Corp., entreprise crée à peine 5 ans plus tôt, en 1994 dans le paradis fiscal qu’est le Delaware et qui annonce dans ses rapports financiers, tel que reporté par le site Mediapart, n’avoir jamais fait d’exploitation minière auparavant. Pire, elle déclare textuellement : « Nous sommes une société en phase d’exploration et n’avons pas d’antécédents d’exploitation en tant que société d’exploitation. Toutes les recettes et les bénéfices futurs sont incertains », souligne Mediapart. Comme il est fréquent pour des entreprises occidentales cotées à la Bourse de leurs pays, les accords d’exploitation minière avec les pays africains sont très souvent un simple prétexte pour faire augmenter le cours des actions à la Bourse et empocher une belle plus-value. Mais derrière, il n’y a généralement aucune intention d’investir les millions de dollars nécessaires pour démarrer le projet. Ainsi, après avoir encaissé 60 millions de dollars du gouvernement camerounais (SNI) comme sa part dans la société commune Géocam, 8 ans après, on n’avait toujours pas la moindre indication de quand le projet démarrerait. Tout cela avec la bénédiction du Fond Monétaire international qui à l’époque contrôlait toutes les entrées et sorties d’argent au Cameroun, le pays étant sous le régime d’ajustement structurel.

C’est n’est qu’hier 25 Juillet 2013 que par un communiqué daté du 23/07/2013 au Colorado aux USA et signé de la main du PDG de Geovic Mining corp, Monsieur Michael Mason, nous apprenons que finalement le projet va démarrer, parce que Geovic Mining corp vient de signer un accord pour céder la totalité de ses 60,5% de Geovic Cameroun à une entreprise publique chinoise, pour plus de précision, la Jiangxi Rare Metals Tungsten Holdings Group Company Ltd ("JXTC") de Nanchang, dans la province de Jiangxi en Chine.

A ce stade des choses, nous ne savons pas comment l’Etat du Cameroun a fait pour réussir à convaincre les Américains de lâcher prise afin de faire décoller le pays grâce au plus grand projet minier jamais débuté au Cameroun.

Mais ce que nous savons en revanche, c’est que le communiqué de Mason est l’épilogue d’un bras de fer entre Yaoundé et Washington avec les élections présidentielles d’octobre 2011 comme la pointe de l’iceberg. Où Washington a officiellement signifié au président camerounais qu’il ne devait plus se présenter aux élections présidentielles, pour avoir commis l’irréparable de mettre le cap sur Pékin. La Chine qui est habituellement très réservée pour les questions de politique étrangère, s’est montrée, dans cette circonstance, plutôt déterminée à chauffer ses muscles avec Washington, d’abord en inaugurant le premier port en eau profonde du pays (Kribi), avec un choix de la date non anodin, la veille des élections présidentielles, avec une première enveloppe de 1 milliard de dollars. Un pied de nez aux Américains avec Geovic (américaine) qui depuis 8 ans n’arrive pas à trouver quelques dizaines de millions de dollars pour faire démarrer le projet du cobalt de Nkamouna à l’est du pays. Ensuite, la Chine a montré les muscles le jour des résultats, lorsque c’est l’agence d’information chinoise Xinhua qui a donné les résultats des élections présidentielles camerounaises, 5 heures avant la proclamation par la cour suprême du Cameroun, la seule habilitée à proclamer les résultats. Les jours suivants, on assiste à un cafouillage dans le cap occidental : le Ministre Français des Affaires étrangères Alain Juppé félicite le président réélu et félicite la bonne organisation du scrutin, avant de faire marche arrière 24 heures plus tard lorsque l’Ambassadeur Américain met le pied dans le plat en critiquant les fraudes lors des élections. Mais c’était comme si le chien occidental aboyait et la caravane du Cameroun tirée par la Chine avançait à vive allure. Jusqu’à hier lorsque Mason a jeté l’éponge.

Avant d’en arriver là, l’Etat du Cameroun, après 8 ans de surplace dans ce partenariat avec une entreprise américaine, et alerté par la mésaventure zambienne, dès qu’il a pu agir en toute liberté, c’est-à-dire, sans les contraintes du Fond Monétaire International, a frappé à la porte de l’unique acheteur et après une série de voyages avec tout le gouvernement au complet en terre chinoise et une bonne dose de baratin, ils ont réussi à convaincre les Chinois à venir les sauver des griffes des prédateurs habituels. Et cette fois-ci, plutôt que de parler d’argent, on a parlé d’échange, de troc, du concret.

A la place de 30 ans d’exploitation du cobalt, la Chine s’engage à transformer le Cameroun sur le plan industriel et des infrastructures : autoroutes, hôpitaux, internats, lycées, écoles dispensaires, industries lourde (mécanique, aciérie) etc. La Chine sait qu’elle est observée par tous les pays déjà truandés. Et si l’expérience sera concluante, c’est la fermeture assurée pour toutes compagnies minières occidentales en Afrique. D’où la grande campagne médiatique contre la Chine en ce moment, sur tous les médias mêmes nationaux en Afrique, avec des invités de marque qui sont très souvent des grands intellectuels, des professeurs d’université qui, dans l’ignorance complète de la géostratégie, sont très facilement manipulés par le système qui les utilise pour expliquer aux africains pourquoi ils doivent se méfier des chinois qui envahiraient l’Afrique.

Ce qui m’a le plus surpris du communiqué de l’américain, c’est sa sincérité dans l’aveu qu’ils étaient un frein et qu’avec la Chine, c’est le peuple camerounais tout entier qui en sort gagnant. Voici ce qu’il déclare :

“This Definitive Agreement represents significant progress advancing the Nkamouna Project toward construction and into production. Construction could commence as soon as the project financing is arranged, bringing much needed jobs and economic diversity and development to Cameroon. "The biggest winners here are Geovic Cameroon, a Cameroon corporation, and the people of Cameroon, who shall experience Cameroon’s first major mining project transitioning from a vision to reality.".

Ces déclarations rendues public il y a à peine 24 heures, d’un PDG américain qui reconnait que leur retrait d’un projet minier en Afrique est une victoire pour la prospérité de ce peuple, parce que le fait de le céder à une entreprise publique chinoise va finalement permettre au projet d’avoir les fonds nécessaire pour démarrer, se passent de commentaire.

· LA CHINE S’ACCAPARE LES TERRES AGRICOLES EN AFRIQUE – FAUX

Dans l’Emission Enquête Exclusive du dimanche 14 novembre 2010, sur la chaine de télévision privée française M6, le journaliste Bernard de la Villardière nous décrit un Cameroun qui devient presqu’un enfer à cause des Chinois qui volerait le travail des Camerounais. Pire, selon son reportage qui entre en droite ligne d’une propagande anti-chinoise qui puise son élan dans les heures plus sombres du racisme colonial européen du XIXème siècle contre les Noirs et les Chinois, comme nous le verrons plus bas, ces Chinois auraient acheté des milliers d’hectares au Cameroun pour produire du riz, totalement réexpédié en Chine. Le documentaire fait dire à des Camerounais que le plus grave dans tout ça est que le meilleur riz est envoyé en Chine et seules les brisures sont laissées aux Camerounais. Bernard de la Villardière a oublié d’ajouter que ces personnes avaient raison parce que selon la tradition camerounaise, on n’expédie à l’étranger que les mauvais produits et les meilleures parties sont laissées aux Camerounais. En effet, lui-même a pu constater de ses yeux, même s’il ne l’a pas dit à l’antenne, que le cacao camerounais envoyé en France est de mauvaise qualité et que toute la bonne qualité est laissée aux Camerounais. Il a aussi oublié de dire que les meilleurs grains du café robusta et de l’arabica sont laissés au Cameroun et que seuls les déchets sont expédiés en France ; de même pour la banane, où le marché central dit marché-Lagos est inondé chaque jour de bananes exclues du tri effectué par les compagnies françaises de production de bananes au Cameroun, parce qu’elles sont trop belles, et qu’il ne faut envoyer en France que les déchets.

· LA CHINE N’A PAS BESOIN DE SE SALIR LES MAINS EN AFRIQUE

La Chine est le pays qui sait tirer le mieux profit de l’organisation actuelle du monde. Elle a pris le temps d’étudier les mécanismes de prédation du système et a tout simplement cherché à lechapeauter. Et contrairement à ce qu’on peut penser à première vue, les accords d’état à état entre la Chine et les pays africains sont plutôt des opérations de géostratégie pour affaiblir les Occidentaux en Afrique qu’une vraie manœuvre d’accaparement des ressources. Parce que pour les ressources africaines, comme déjà expliqué plus haut, la Chine n’a nullement besoin de bouger le moindre doigt pour que les Occidentaux les lui livrent à domicile. Et aujourd’hui, aucune entreprise d’envergure ne peut prendre la moindre décision importante dans le secteur des matières premières stratégiques, sans au préalable informer la Chine et surtout, avoir son accord. Ce n’est pas de la science-fiction, c’est ce qui s’est passé le 15 Avril 2013, lorsque les agences de presse économique annoncent la bonne nouvelle avec ce titre lapidaire : « La Chine a dit Oui !!! ». En d’autres mots, « la patron a parlé et a dit oui ».

C’est depuis 15 mois qu’on attendait cette bonne nouvelle. Les 2 géants mondiaux des matières premières, le négociant suisse Glencore et le producteur anglo-sud-africain, Xstrata décident de fusionner, pour former le premier groupe mondial de production des matières premières, un géant d’une valeur de 76 milliards de dollars. Oui, mais, on a beau être un colosse mondial de 76 milliards et contrôler toutes les matières premières de la planète, si le seul acheteur n’est pas d’accord, c’est une fusion inutile. Voilà pourquoi Pékin devait être d’accord pour que la fusion se fasse. Et contrairement aux autres pays comme l’Afrique du Sud, les USA et l’Union Européenne qui avaient donné leur accord un an auparavant, la Chine avait des exigences plutôt curieuses : selon le communiqué du ministère chinois du commerce en date du 16/04/2013, elle a demandé et obtenu que ce nouveau groupe lui cède avant 2014 sa plus importante mine de cuivre de Las Bambas au Peru qui va débuter la production, à partir de 2015, de 400.000 tonne de cuivre par an. En plus, selon Pékin, le nouveau groupe s’est engagé à se débrouiller pour trouver n’importe où sur la planète (ça importe peu à Pékin) et pendant 8 ans, 900.000 tonnes de cuivre à vendre à la Chine, 900.000 tonnes de zinc et 900.000 tonnes de plomb. Et c’est tout ? Oui, selon le communiqué. Il faudra le lendemain lire le journal économique italien « Il Sole 24 ore » pour découvrir une information tenue secrète par les deux parties : la Chine a demandé et obtenu le licenciement de toute une liste de cadres et dirigeants des deux sociétés avant la fusion, à commencer par Mick Davis, le PDG de Xstrata. Pire, l’humiliation ne s’arrête pas à son directeur. La Chine a demandé et obtenu la mise à la porte du responsable de la division Cuivre, la mise à l’écart du responsable de la division Nickel et le licenciement du responsable de la stratégie.

C’est la réalité que souvent mêmes les journalistes et économistes occidentaux ignorent et même si leurs chroniques ou prises de position sont erronées, c’est souvent parfaitement en toute bonne foi. Leur principale faute est de croire qu’il suffit de séjourner en Occident pour savoir comment tourne le monde. Beaucoup d’entre eux n’ont toujours pas compris que la seule manière de mettre à jour leur logiciel de pensée économique, comme je l’ai dit plus haut, est de séjourner un minimum de 6 mois en terre chinoise.

Revenons aux matières premières africaines. La Chine a des stratégies articulées en plusieurs axes :- sécuriser son approvisionnement en devenant propriétaires des principales sociétés qui contrôlent les plus grandes mines du monde.

- Acheter les entreprises moribondes dans certaines matières stratégiques. Par exemple devant la grande crise financière en Occident, et consciente du fait que ses réserves en dollars américains risquent de se traduire en simples bouts de papiers, la Chine a décidé d’augmenter sa réserve d’or et plutôt que d’aller acheter l’or sur les marchés et enrichir ses concurrents occidentaux, elle a tout simplement décidé d’acheter les mines d’or. Ainsi, en une seule année, entre 2011 et 2012, les trois principales entreprises australiennes de production d’or : la Norton Gold Fields, la Southern Cross et la Focus Mineral, ont été achetées par les 3 principaux producteurs chinois d’or, la China Hanking Holdings, la Shandong Gold et la Zijin Mining. Elles ne s’arrêtent pas à l’Australie. En effet, le 16 Aout 2012, c’est cette dernière qui par un communiqué en chinois, nous informe qu’elle vient d’acquérir les 60% de l’entreprise étatique d’exploitation des mines d’or du Kirghizistan. 8 mois avant, c’est la Shandong Gold qui, avec 1 milliard de dollars, en achetant les actions à la bourse de New-York (New York Stock Exchange), s’offrait les 73% de la Juguar Mining qui contrôle des mines d’or dans plusieurs pays. Le bijou de ces acquisitions restant le projet Gurupi au Brésil avec une mine d’or dont les réserves sont évaluées à 2,3 millions d’onces.

· CE QUI COMPTE EN OCCIDENT EST DESORMAIS SOUS PAVILLON CHINOIS OU AVEC DES CAPITAUX CHINOIS

Le bal s’est ouvert en 2004, avec le géant américain IBM qui, sombrant sous une montagne de dettes, est obligé de céder toute sa partie PC au chinois Lenovo, pour 1,25 milliard de dollars et qui fait de Lenovo, le numéro 1 mondial des PC.

En 2008, c’est la société textile chinoise, Hembly Interational, qui s’offre la marque d’habits de sport italienne Sergio Tacchini pour 27 millions de dollars.

En 2009 c’est le premier pétrolier public chinois Sinopec qui achète la canadienne Addax Petroleum pour 7,2 milliards de dollars cash. La même année, La Chine s’offre le plus grand producteur d’or australien RIO TINTO.

Souvent la stratégie est celle de contourner les obstacles des clients occidentaux qui nourrissent de la défiance pour les produits technologiques chinois.

Avant la mise prochaine sur le marché de son premier avion de contenance moyenne, le C919, qui viendra concurrencer la A320 de Airbus et le B-737 de Boeing, pour un chèque de 3,2 milliards de dollars, la Chine a très facilement réussi à convaincre l’assureur américain AIG de lui vendre son bijou, le numéro 2 mondial de loueur d’avions, l’américain IFLC, propriétaire d’une flotte de 1000 avions, qu’elle loue à 200 compagnies aériennes, des plus petites aux plus prestigieuses. La tendance du marché est à la location d’avion. Les compagnies ont de moins en moins d’argent à investir dans l’achat d’un avion, alors elles optent pour sa location. Les spécialistes calculent qu’en 2020, la moitié des avions en vol, seront des avions de location. En mettant la main sur IFLC, la Chine a trouvé une stratégie pour contourner la méfiance des compagnies aériennes occidentales qui vont bientôt voler avec des avions chinois, beaucoup moins chers et avec pour conséquence des prix de location très attractifs pour ces compagnies. Pour évaluer la puissance qu’IFLC a aujourd’hui sur les fabricants d’avion, il faut rappeler que c’est elle qui, en critiquant l’avion A350, a réussi à obliger EADS, la maison mère d’Airbus, à changer complètement son cahier de charges techniques pour la production de cet avion. Désormais, c’est l’état chinois, concurrent d’Airbus et Boeing qui recevra en avance les plans de leurs futurs avions pour validation avant même leurs sorties, comme ils ont toujours fait avec IFLC. Sauf que cette fois-ci, les jeux sont vraiment truqués. Pendant longtemps, l’Occident truquait les cartes avec le monde entier où il était joueur et juge, joueur et Katika. Cette fois-ci, il a trouvé un Katika plus fort que lui pour truquer les cartes.

· LE RACISME ANTI-CHINOIS

Lorsque l’ancien ministre français de l’intégration du gouvernement de Dominique de Villepin, sous la présidence de Jacques Chirac, MonsieurAzouz Begag, déclare : « Dans dix ans, on sera entouré de Chinois, alors il faudra que l’on se serre les coudes, les Français, les Arabes et les Africains, afin de protéger notre identité », il n’y a aucune protestation d’organisation pseudo antiracistes comme SOS-Racisme créée par le parti socialiste français ou la LICRA. Et pourquoi devraient-ils protester puisqu’il n’officialisait là que le symbole de la victoire de la coupe du monde de football 1998 appelé : Black-Blanc-Beur, c’est-à-dire, la planète où l’on a déjà un ordre établi où les blancs seraient les patrons et les africains du nord et au sud du Sahara les esclaves. Dans cet ordre, Azouz Begag trouve que les Chinois seront un danger pour nous tous, puisqu’en remettant en question la suprématie de notre maître à tous, blanc, les Chinois risquent dans dix ans remettre en question notre propre identité de soumis, d’esclaves contents de l’être.

Mais lorsqu’on connait le degré de racisme anti-noirs dans les pays arabes, on ne peut s’empêcher de penser que le ministre français parle au fond d’un mariage à 3 dans lequel le Beur et le Blanc sont les mariés et le Black le domestique qui doit assurer le ménage et la cuisine couple. Pour le comprendre, il faut lire la page 14 du livre : L’Avenir de la science - pensées de 1848, publié par le penseur français, Ernest Renan chez Calmann-Levy en 1890. On y découvre ces mots :

« Les Arabes et les Européens, examinés au point de vue de la physiologie, ne montrent aucune différence essentielle ; ils possèdent en commun et à eux seuls le souverain caractère de la beauté [seuls les Européens et les Arabes sont beaux]. Il n’y a donc aucune raison pour établir, au point de vue de la physiologie, entre les Sémites et les Indo-Européens une distinction de l’ordre de celles qu’on établit entre les Mongols et les Nègres. Tour à tour les Juifs, les Syriens, les Arabes sont entrés dans l’œuvre de la civilisation générale, et y ont joué leur rôle comme parties intégrantes de la grande race perfectible ; ce qu’on ne peut dire ni de la race nègre, ni de la race tartare, ni même de la race chinoise. Envisagés par le côté physique, les Sémites et les Ariens ne font qu’une seule race, la race blanche ; envisagés par le côté intellectuel, ils ne font qu’une seule famille, la famille civilisée. ».

Maintenant que les maîtres sentent leur identité de patron menacée, par la race inférieure et laide des Chinois, voilà que le domestique, le Nègre, court au secours de ses patrons. Et crie même plus fort qu’eux contre les Chinois. Je connais des intellectuels africains tellement horrifiés par le seul fait que je puisse bien parler de la Chine ou imaginer un partenariat stratégique entre l’Afrique et la Chine, qu’à leurs yeux, je suis l’homme à abattre, puisque le tremblement de terre idéologique imposé par la Chine à l’Occident, ne correspond nullement aux prévisions de l’ancêtre Ernest Renan. Je deviens donc, très vite : « l’espion de la Chine », car pour eux, mon geste d’amitié et de sympathie envers la Chine est incompréhensible. Je suis donc accusé malignement et très opportunément, de vouloir faire passer l’Afrique de la colonisation européenne à celle chinoise. Pour cacher leur haine de la Chine, ces Africains, esclaves de maison, répètent à tue-tête : « L’Afrique peut et doit s’en sortir toute seule ». Ils oublient tout simplement de nous dire, si l’Afrique n’a pas pu sortir des griffes des Européens pendant 5 siècles, quel élément nouveau lui permettrait de le faire aujourd’hui. De deux choses l’une : ou ils sont naïfs, ou ils sont idiots, aucun des deux ne plaide en leur faveur.

Lorsque l’hebdomadaire économique britannique The Economist, paye cher, en ce moment d’été 2013, une campagne en Grande Bretagne de dénigrement anti-chinoise sur l’Afrique, elle sait bien qu’elle ne s’adresse pas au public britannique, qui a bien d’autres chats à fouetter contre les délocalisations des entreprises britanniques vers la Chine ou la politique chinoise des prix bas ; mais il cible sur le sol britannique, ces esclaves africains contents de l’être qui doivent juste relayer la haine du maître pour préserver leur identité d’esclave.

Le penseur français André Gide a écrit : "Moins le blanc est intelligent, plus le noir lui paraît bête". En d’autres termes, plus un Blanc est intelligent et moins il est raciste. Et c’est ce que répètent les antiracistes pour se consoler. Ce qui est faux évidemment. Je crois plutôt que l’histoire nous enseigne que ce sont les Blancs les plus intelligents qui sont le plus racistes. Il y a plusieurs exemples, pour cela.

Le 19 Octobre 2007, je reçois un appel téléphonique de la part d’un journaliste de LA STAMPA de Turin, un des 3 principaux quotidiens de la péninsule italienne. Pour leur publication du lendemain 20/10/2007, il voulait urgemment de moi le commentaire à chaud d’un penseur africain, à propos des déclarations du prix Nobel de Médecine 1962, le découvreur de l’ADN, James Watson. Ce généticien de 79 ans dans une interview à l’hebdomadaire britannique Sunday Time, avait dit que l’Afrique n’avait aucune chance de s’en sortir parce que même avec l’ADN, il avait été prouvé que les Africains étaient stupides. Watson en tournée en Grande Bretagne pour la promotion de son dernier livre avait déclaré plus précisément au journaliste :

« Je suis foncièrement pessimiste sur l’avenir de l’Afrique : tous nos programmes d’aide au développement se basent sur l’hypothèse d’une égalité intellectuelle entre les Noirs et les Blancs, alors que toutes les recherches concluent que ce n’est pas vraiment le cas »

Et dans son livre même pour lequel il était à Londres pour sa promotion, il écrit :

"Il n’y a aucune raison de s’attendre à ce que les capacités intellectuelles de peuples séparés géographiquement dans leur évolution aient évolué de manière identique. Notre volonté de distribuer des pouvoirs intellectuels égaux, comme une sorte de dotation universelle, cette volonté ne sera pas suffisante pour qu’il en soit ainsi."

Je répondis au journaliste que cela ne me surprenait pas du tout puisqu’en règle générale, ce sont les intellectuels qui fournissent au bas peuple les raisons pseudo-scientifiques justifiant la haine des autres peuples. Hitler ne s’était-il pas entouré des meilleurs scientifiques pour sa fameuse « solution finale » ? Je complétais alors avec la liste des plus connus d’entre eux comme :

· Emmanuel Kant qui disait que « la capacité intellectuelle d’un Noir ne dépasse pas le niveau de la stupidité » ou Montesquieu qui disait qu’il ne croit pas « que Dieu qui est si intelligent a pu commettre l’erreur de mettre une âme dans un corps si noir ». En faisant l’analogie avec la haine des Chinois, Montesquieu avait mis au point sa fameuse théorie climatique de l’intelligence. Pour lui, plus il fait froid, plus on est intelligent et plus on vit là où le climat est chaud et plus on est idiot. Il va plus loin. Il dit que c’est ce qui justifie qu’en Chine, c’est le nord froid qui est appelé à devenir riche et le sud, plutôt pauvre. Aujourd’hui, en 2013, l’ultra-industrialisation du sud de la Chine dément les propos de Montesquieu.
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· William Shockley, américain, né à Londres le 13 février 1910 et mort aux USA en 1989, Inventeur du transistor, Prix Nobel de physique en 1956, disait que génétiquement, les Noirs étaient moins intelligents que les Blancs et qu’il fallait tout simplement trouver un subterfuge pour les convaincre et les payer afin qu’ils fassent moins d’enfants pour ne pas peupler le monde d’êtres sans cerveau. Et payer les Blancs pour qu’ils en fassent plus, car si l’humanité veut connaitre une vraie évolution, seuls les Blancs doivent peupler la Terre. Cela ne va pas dissuader le Time Magazine, qui évidemment partage les idées de Shockley, de lui conférer la médaille des 100 personnes les plus importantes du XXème siècle. On comprend aussi ce que pensent ceux qui sont convaincus que les Chinois vont envahir la planète et la peupler d’anormalités, parce que ce n’est pas la race idéale.
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· Alexis Carrel (1850-1935), Prix Nobel de Médecine 1912, disait : "L’Europe et les Etats-Unis subissent un affaiblissement qualitatif alors que les races africaines, s’accroissent trop vite. La suppression de la sélection naturelle a permis la survie d’êtres dont les tissus et la conscience sont de mauvaise qualité. La race [blanche] a été affaiblie par la conservation de tels reproducteurs."

· Charles Richet, Prix Nobel de médecine 1913 va plus loin, dans son livre intitulé « Sélection humaine » publié en 1919, il propose ni plus ni moins, l’élimination des Noirs et des Chinois, jugés des races anormales, tarées. Il écrit : « Après l’élimination des races inférieures, le premier pas dans la voie de la sélection, c’est l’élimination des anormaux. On va me traiter de monstre parce que je préfère les enfants sains aux enfants tarés. Ce qui fait l’homme c’est l’intelligence. Une masse de chair humaine, sans intelligence, ce n’est rien ».

· Ernest Renan penseur français écrit le 14 décembre 1871 dans « Réforme intellectuelle et morale » ceci : « Une nation qui ne colonise pas est irrévocablement vouée au déclin et à la guerre civile. La régénération des races inférieures ou abâtardies par les races supérieures est dans l’ordre providentiel de l’humanité. L’homme du peuple est presque toujours, chez nous, un noble déclassé, sa lourde main est bien mieux faite pour manier l’épée que l’outil servile. Plutôt que de travailler, il choisit de se battre, c’est-à-dire qu’il revient à son premier état. Regere imperio populos, voilà notre vocation. Versez cette dévorante activité sur des pays qui, comme la Chine, appellent la conquête étrangère. Des aventuriers qui troublent la société européenne, faites un ver sacrum, un essaim comme ceux des Francs, des Lombards, des Normands, chacun sera dans son rôle. La nature a fait une race d’ouvriers, c’est la race chinoise, d’une dextérité de main merveilleuse sans presque aucun sentiment d’honneur ; gouvernez-la avec justice, en prélevant d’elle, pour le bienfait d’un tel gouvernement, un ample impôt au profit de la race conquérante, elle sera satisfaite ; une race de travailleurs de la terre, c’est le nègre ; soyez bon pour lui et humain, et il va sauter et danser de joie ; une race de maîtres et de soldats, c’est la race européenne. Réduisez cette noble race à travailler dans l’ergastule comme des nègres et des Chinois, elle se révolte. Tout révolté est, chez nous, plus ou moins, un soldat qui a manqué sa vocation, un être fait pour la vie héroïque, et que vous appliquez à une besogne contraire à sa race, mauvais ouvrier, trop bon soldat. Or, la vie qui révolte nos travailleurs rendrait heureux un Chinois, un fellah (paysan arabe), des êtres qui ne sont nullement militaires, donc, conquérants. Que chacun fasse ce pour quoi il est fait, et tout ira bien. »

· Et c’est dans ce contexte que la Chine débarque pour mettre à zéro une idée reçue depuis 2 siècles, véhiculées par les plus grands scientifiques selon laquelle, les Blancs sont naturellement et génétiquement supérieurs aux autres races, parce que plus intelligents. C’est la justification même de la mission dite civilisatrice du 18ème siècle pour dompter et civiliser les autres peuples. La croisade anti-chinoise d’aujourd’hui a donc la saveur d’un vrai désenchantement idéologique raciste.

C’est du racisme dit scientifique, parce les intellectuels, contrairement à l’homme de la rue, savent souvent identifier les intérêts précis qu’ils veulent défendre et l’argument du racisme n’est là que pour faire diversion et protéger ces intérêts. Lorsque The Economist met en avant sa haine des Chinois parce qu’ils sont venus en Afrique, c’est un racisme d’intérêt qui au fond, cherche à utiliser les Africains pour se battre contre les Chinois afin de préserver la suprématie des Européens sur les ressources africaines.

· LES MEDIAS OCCIDENTAUX TRES ACTIFS DANS LE RACISME ANTI-CHINOIS

Louis Haushalter, journaliste à Slate dans un article très fourni du 18 décembre 2010 intitulé :
« Le racisme anti-chinois est-il politiquement correct ? » se demande pourquoi finalement le racisme contre les Chinois est accepté comme quelque chose de normal ? Il fait remarquer qu’un mot mal placé contre les Noirs, Magrébins ou Juifs et c’est 5 jours de tumultes et de messages de solidarité de la part des politiciens. Avec les Chinois, on peut tout faire, blaguer, les voler, les agresser. Rien à faire, personne ne bouge le moindre doigt. Et c’est à la conclusion que l’interview que lui donne le président de l’une des principales associations anti-racistes la LICRA, un certain Alain Jakubowicz qui nous donne la vérité. Il dit que le racisme contre les Chinois ne les intéresse pas parce que c’est un racisme de jalousie, un racisme contre les nouveaux riches. Ils s’intéressent du racisme résultant de l’ignorance que subisse les autres communautés, alors que les Chinois subissent un racisme résultant du contraire de l’ignorance, de la connaissance. C’est un racisme des intellectuels français qui savent et voient la place de la France surtout condamnée à pâlir sur le continent africain à cause de la Chine. Et c’est comme cela qu’on va importer en France, une défiance de la géostratégie internationale pour contrer les chinois. En voici quelques exemples :

Le 16 Mars 2010, dans sa rubrique de Chronique économique sur la radio généraliste française RTL, Jean-Louis Gombeau parle du nouveau TGV chinois qui sera aussi exporté en France, sans aucune force pour le TGV français de réagir. Et conclut sa chronique par ces mots racistes : « Rien à faire, les Chinois ne se sentent plus bridés ». Plutôt que les présents soient indignés, c’est un rire généralisé dans les studios de RTL à Paris.

Le 20 juin 2010, une manifestation monstre réunit les Chinois dans le quartier Belleville à l’est de Paris, pour dénoncer la police française qui selon les manifestants est complètement passive sur les très nombreuses agressions souvent gratuites dont sont victimes les Chinois de Paris, qu’ils soient touristes, étudiants ou commerçants. Les médias français ont tenu l’évènement sous silence. Et même l’Agence France Presse (AFP) dans sa dépêche du 21/06/2010 à 9h36 oublie de communiquer le chiffre de participants donné par les organisateurs, se limitant à nous donner uniquement les données de la police.

En 2004, les restaurants français battent de l’aile, trop nombreux, trop chers, réchauffant juste des plats surgelés. Ils n’arrivent plus à attirer grand monde, alors que les restaurants chinois ne cessent de se remplir. Aux journalistes de la chaine publique France 2 vient une idée brillante pour venir en aide à leurs concitoyens : animer le racisme anti-chinois. C’est l’émission Envoyé Spécial conduite par la présentatrice Guilaine Chenu qui va mettre la main à la pâte, à travers un reportage intitulé : « Manger chinois en France » assomme les restaurateurs chinois à Paris en créant un vrai terrorisme culinaire. Résultat chute de la fréquentation des restaurants chinois de France de 30%. L’élément le plus choquant de ces kamikazes journalistiques est la construction d’un sentiment raciste sur des personnes qui n’y avaient même pas pensé. La preuve vient du fait que selon les chiffres fournis par la brigade française de la répression des fraudes qui s’occupe de la restauration publique, il n’y a pas plus de condamnation contre les restaurateurs chinois que les italiens des pizzerias, les français des brasseries ou les magrébins des kebabs. Le choix donc de la cible chinoise à détruire était donc, intentionnel. Et comme cela a bien marché, France2 va répéter l’expérience 2 ans plus tard, en 2006.

Si un train déraille en Espagne, en France ou au Canada pour le seul mois de Juillet 2013, en faisant de nombreuses victimes, pour les journalistes occidentaux, c’est forcément la faute du conducteur, d’un morceau de rail mal fixé. Et bien sûr, pas de panne technique, rien qui puisse mettre en doute le génie occidental. Si un avion de la Air France reliant Rio à Paris disparait des radars et sombre dans la mer avec tous ses passagers, c’est la faute d’un sous-traitant qui a fourni une pièce peu adaptée, et bien sûr, pas la faute du constructeur de ce symbole de la puissance et de l’intelligence occidentale. Mais lorsque c’est le TGV chinois qui a déraillé, que n’a-t-on pas entendu sur l’incapacité des Chinois à construire des trains fiables ? Si un hélicoptère chinois tombe quelque part, c’est plutôt son avion MA60 qui st directement mis en doute, alors qu’il ne s’agit pas du même fabriquant, et surtout que ce n’est pas le même principe physique qui fait voler un hélicoptère et un avion. Lorsqu’un nuage se pointe dans le ciel de Pékin, les journalistes occidentaux sur place, qui ont reçu l’ordre de ne jamais rien dire de positif de la Chine, en manque de l’énième scoop pour salir la Chine vont tous s’y engouffrer et nous expliquer comment il est impossible de respirer à Pékin. Je me suis souvent trouvé dans cette ville, au moment où ils ont fait ce genre de service et me suis demandé si on parlait du même endroit. A l’opposé, aucun journaliste ne fera de service sur la pollution phénoménale des villes américaines où souvent comme à Los Angeles, plus de la moitié des personnes habitant le centre sont asthmatiques à cause de la pollution.

· CONCLUSION : LA LECON DE BRUCE LEE ET LE RACISME ANTI-CHINOIS

Le philosophe autodidacte et acteur de cinéma chinois Bruce Lee disait en 1969, qu’aucun Chinois vivant en Occident ne pouvait faire fortune, parce que, disait-il : « les Blancs sont à tel point saoulés de leur complexe de supériorité vis-à-vis des autres races qu’ils sont prêts à vous casser si vous connaissez la gloire chez eux, juste pour éviter que votre succès ne mette en doute leur supériorité. » Il dit toujours en 1969 avant de quitter définitivement les USA : « à Hollywood, dans les films, il y a un standard de beauté et de succès, c’est le Blanc et rien d’autre. Jamais un Chinois n’aura le premier rôle dans leur cinéma, jamais un Chinois n’aura le rôle de séducteur. » Plus de 40 ans après, les choses sont restées figées comme il les dénonçait et aujourd’hui en 2013, il n’y a jamais eu de Chinois jouant le premier rôle dans un film de Hollywood, encore moins, jouer le rôle de séducteur. Jacky Chen joue le premier rôle parce que c’est lui-même qui produit ses films. Un Chinois dans un film américain doit forcément être un épicier ou un magouilleur. Bruce Lee, ce visionnaire autodidacte et sans diplôme, qui avait sa maison pleine de livres des philosophes de tous les temps, arrive à cette constatation, parce qu’il a passé de nombreuses années à lire beaucoup, à beaucoup réfléchir pour comprendre le système et chercher l’originalité qui lui aurait permis d’avoir sa place au soleil. Mais ce ne sera pas suffisant. Il passe des nombreuses heures à visionner les vidéos des combats de boxes et il invente un nouveau genre de combat qui est un mixe entre le karaté chinois et la boxe américaine. Ce nouveau style rencontre très vite le succès à l’écran à Hollywood. Il crée alors une école où il forme les meilleurs acteurs du cinéma américains, tous blancs, qui sont très vite recrutés dans des premiers rôles de combat au cinéma, mais jamais lui qui était pourtant leur maître. Et c’est après cette phrase d’amertume qu’il rentre dans son pays. Hong-Kong est alors une colonie britannique. Il ne comprend pas pourquoi les Britanniques peuvent se vanter d’être champion de la démocratie et les droits de l’homme et ne pas les appliquer à Hong-Kong. Jamais du temps des Britanniques, personne ne saura ce que c’est que d’aller voter à Hong-Kong. Bruce Lee ne comprend pas comment son pays la Grande Chine a pu à ce point être faible et céder en location une partie de son territoire (Hong-Kong) aux Britanniques et Macao aux Portugais, c’est-à-dire avec un minuscule pays européen d’à peine 91.900 km2. Et sa population plus petite que celle de Shanghai. Il va traduire toute cette frustration dans ses films à travers un constant patriotisme chinois. Et c’est le succès dans son pays. Il enchaine les tournages, non sans se venger des Blancs, en utilisant leurs propres méthodes, parce qu’il a compris que le cinéma américain est tout d’abord l’expression de la propagande du patriotisme américain. C’est ainsi que dans le film : « La Fureur du dragon », c’est-à-dire la fureur de sa chère Chine, contre l’Occident, il montre un Chinois à Rome, en Italie (lui-même) qui défie la mafia et tous ses stratèges. Ces derniers ne sachant quoi faire, font appel à un américain, un blond, très imposant (symbole de ce standard de beauté décrié par Bruce Lee avant) pour battre Bruce Lee dans le Colisée. Même le choix du Colisée de Rome n’est pas un hasard. C’est en effet, le symbole de la technicité et de la gloire passée occidentale : l’Empire Romain. Et c’est là où le petit Chinois, tout maigre, juste en utilisant la ruse et l’intelligence, va battre Chuck Norris, le Blanc, et sa supériorité raciale. Bruce Lee touche là une corde très sensible. Mais il n’en a cure. Avant l’heure, à travers ce film, il a dit que la gloire de l’Occident était dans le passé et que cet Occident serait très vite balayé par cette Chine qu’ils maitrisent tant, lui qui ne cessait de répéter qu’il faut aller au-delà du karaté pour comprendre le message politique de ses films. En 2013, on peut dire sans risque de se tromper qu’il était un visionnaire. Dans le subconscient des populations des pays dits opprimés du monde de l’époque, Bruce Lee devient un symbole. Même si la traduction anglaise de ses films change l’esprit du patriotisme chinois qu’il ne cesse d’afficher dans tous ses films, pour le relativiser. Si vous parlez chinois, je vous conseille de regarder plutôt la version chinoise du film : vous serez éblouis par la force des mots aux vues des sujets d’actualité de ce 21ème siècle. Il va mourir mystérieusement et aux jours d’aujourd’hui, l’administration coloniale britannique n’a jamais fournie les preuves convaincantes des raisons de sa mort. Son fils sera lui aussi tué quelque temps après dans des circonstances aussi bizarres que son père.

Faire taire Bruce Lee ou son fils, au lieu de l’écouter pour anticiper les évènements, c’était comme nier l’évidence des choses qu’il dénonçait et surtout, oublier comme il disait que le « Chine n’est qu’un géant endormi, mais elle reste un géant ». Multiplier la haine anti-chinoise en Afrique ou en Occident ne changera pas la donne d’une communauté qui sait se retrousser les manches pour retourner les humiliations de l’histoire.

L’Afrique est divisée aujourd’hui en deux parties : d’un côté les dirigeants qui ont compris le système et savent qu’il vaut mieux aller voir directement le patron du moment pour négocier l’exploitation de ses mines, plutôt que d’attendre les sirènes des intermédiaires occidentaux, qui de toutes les façons iront toujours en Chine pour négocier l’exploitation des mêmes mines. En 2011, l’Afrique, avec seulement 3% des investissements chinois à l’étranger, contre 6% pour l’Europe et 71% pour l’Asie, reste malheureusement le continent qui attire le moins les capitaux chinois. Les Africains croient par erreur que c’est eux qu’on courtise. Ce qui est faux bien entendu. C’est la Chine que tout le monde courtise aujourd’hui. Et croire que les Chinois vont prendre l’initiative d’aller voir un pays africain pour lui proposer la moindre affaire est une erreur stratégique qui va couter très cher à plusieurs pays africains, surtout si des gens ont le luxe de relayer le racisme anti-chinois en vogue en occident.

En Asie où le plus gros des investissements chinois sont mis, on ne verra jamais un Indonésien, un Malaisien ou un Philippin relayer la haine des Occidentaux contre la Chine. Au contraire, les ambassades de ces pays à Pékin sont réunies autour d’un collectif qui revendique à haute voix, le fait que la Chine doit d’abord penser à ses frères d’Asie, de même que les américains avec le Plan Marshall ont pensé à leurs frères blancs d’Europe, avant d’aller ailleurs mettre son argent. Et ça marche. Les délocalisations des entreprises chinoises profitent d’abord aux pays asiatiques. L’Afrique doit se rendre compte qu’elle n’est pas une priorité dans ce scénario. La Chine pour ses approvisionnements énergétiques en pétrole et en gaz, a mis le paquet sur son voisin, la Russie, qui lui livre avec des gazoducs et des oléoducs, car elle ne peut pas courir le risque d’un ralentissement de sa production à cause de quelques rebelles financés par l’Occident pour déstabiliser tel ou tel autre pays africain. Il revient donc aux Africains de le comprendre.

Lorsque des Africains participent à la haine de la Chine, qu’ils camouflent par la phrase « l’Afrique doit s’en sortir toute seule », ils sont dangereux pour la libération du continent africain, parce qu’ils participent à faire la diversion, comme le veut leur maître. Et comme la quasi-totalité de ceux qui tiennent ce discours sont résidents en Occident, où ils ont fait le choix de travailler pour servir le maître et le rendre plus fort dans l’écrasement de l’Afrique. S’ils sont en Occident, c’était certainement pour fuir une situation jugée désagréable en Afrique, et où probablement, ils n’arrivaient pas à s’en sortir tous seuls. Aujourd’hui, toujours seuls, même étant en Occident, ils ne s’en sortent toujours pas. Comment donc, partant de leur propre vie d’esclave du système, peuvent-ils prétendre que l’Afrique doit s’en sortir toute seule. Qu’ils nous donnent l’exemple des recettes à suivre pour y parvenir en partant de leur propre vie professionnelle et nous serons très nombreux à faire la queue pour les suivre. D’ici là, qu’ils aient la gentillesse de se taire. Au moins ils éviteront de frôler le ridicule.

En comparant le Chinois sans diplôme Bruce Lee, aux intellectuels africains bardés de diplômes de nos jours. On ne peut s’empêcher de constater que là où Bruce Lee a eu le courage de dénoncer un système, ce sont les africains qui l’intériorisent et l’enseignent même aux enfants en Afrique. Je suis souvent effaré de regarder les chaines de télévisions africaines où il y a des débats avec des politologues africains, qui nous parlent une langue que seuls comprennent, certainement pas pour les téléspectateurs africains à qui ils sont supposés s’adresser. Ils n’ont de référence que la chère hautement démocratique France, présentée comme le stade ultime du bonheur sur terre. Et ils concluent presque tous avec un mot à la mode récemment : « pour développer l’Afrique, il faut la renaissance africaine ». C’est comme si, il y a 40 ans, plutôt que d’agit même dans le domaine du cinéma pour affirmer dans l’action la fierté chinoise, même sous colonie britannique, Bruce Lee, enchainait les conférences pour expliquer que le Royaume Uni est le paradis sur terre et que pour arriver à leur cheville, il faut la renaissance chinoise. La jeunesse africaine doit savoir écouter ces personnages qui n’ont rien d’autre à offrir à l’Afrique le titre ronflant de leurs diplômes obtenus en occident. S’ils détestent la Chine, ce n’est pas seulement pour plaire aux maîtres, c’est aussi de leur survie, comme expression de la médiocrité africaine qu’il s’agit. Les chinois nous montrent que pour plier nos prédateurs, il n’y a pas mieux que la sueur de notre front, il n’y a pas mieux que le résultat de nos actions mises ensemble pour construire nos pays africains. Avoir un partenaire stratégique comme la Chine ne veut signifier nullement que c’est elle qui viendra faire le travail à notre place, mais que nous ayons l’intelligence de saisir toutes les ouvertures que cette relation nous offre et de travailler très dur pour sortir la tête hors de l’eau et le plus vite possible, au cas où elle viendrait à changer d’idée. Les relations entre les nations ce qu’elles sont, on ne sait jamais. A vos marques !

Jean-Paul Pougala

Douala, 26/07/2013

Source : Pougala.org

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Aug 2013 à 21:07

L'Afrique combat la piraterie dans le Golfe de Guinée

Malabo, 12 août, (RHC).- Le sommet des chefs d'état ou de gouvernement de la Commission du Golfe de Guinée, a décidé à Malabo, la capitale de la Guinée Équatoriale, de concerter des efforts pour combattre la piraterie.

Ces derniers temps des phénomènes liés à ce fléau s'y sont renforcés tels que le trafic de drogues, d'armes, d'organes d'êtres humains, tout comme les assauts à main armée.

Le président de l'Angola, José Eduardo Dos Santos, a déclaré que les pays de la Commission doivent renforcer le contrôle dans leurs frontières maritimes et terrestres, car les délits commis en mer ont un support en terre, où ils doivent être combattus aussi.



Edité par T 34 - 31 Aug 2013 à 22:33
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  Citer Résistance Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Sep 2013 à 23:22



Oubliés l’Amérique du sud, le Proche-Orient et l’Asie du sud-est : les sociétés d’armement s’attaquent désormais au continent africain. Les marchands de mort, toujours plus dépendants des exportations en raison des coupes claires dans les budgets de la défense des pays occidentaux, se sont créés un nouvel horizon là où les guerres sont légions… et où de nouvelles ressources sont régulièrement découvertes. Selon l’hebdomadaire Defense News, les dépenses militaires en Afrique dépasseront les vingt milliards de dollars durant la prochaine décennie.

Les raisons d’un tel boom sont multiples. En premier lieu, le potentiel offert par les armées du continent noir, qui représente 20 % des terres émergées. Depuis le processus de décolonisation qui a connu son point culminant dans les années soixante, l’Afrique a connu plus de rébellions, de coups d’État et de guerres civiles que n’importe quelle autre région du monde. Selon le programme de recherches étasunien Correlates of War, on y a dénombré au cours des soixante dernières années vingt-cinq conflits armés et cent-vingt-sept guerres civiles qui ont coûté la vie à quelque vingt millions d’êtres humains. Les personnes déplacées se comptent quant à elles par milliers… et les blessés par dizaines de millions. Nombre de ces conflits, appelés « guerres oubliées » car inconnues du grand public, se déroulent encore aujourd’hui en Afrique.

Depuis soixante ans, les ex-puissances coloniales ont aidé telle ou telle guérilla dans l’espoir bien évidemment d’un retour sur investissement. La situation semble avoir connu un tournant après le 11 Septembre : les efforts des Occidentaux se sont alors portés sur le renforcement des armées nationales africaines pour lutter contre le terrorisme international qu’ils avaient par ailleurs contribué à faire naître en Asie. Cette politique fit l’effet d’une véritable étincelle en Afrique. Mais le chaos semé sur le continent le plus riche en ressources naturelles constitua paradoxalement un terrain fertile pour leurs actions. La corne de l’Afrique et le Sahel, où s’est implanté al-Qaïda, sont les zones de prédilection des États-Unis et de l’Europe dans leur « stratégie antiterroriste ». Des études ont révélé que ce terrain sensible recélait d’importants gisements de gaz et de pétrole.

Les Nations africaines, explique un analyste du marché des armes cité par Defense News, disent avoir besoin de moyens modernes et d’une forte puissance de feu pour lutter contre les milices de toutes sortes qui constituent désormais un fléau de part et d’autre de l’Afrique. Dans un article de la revue Oxford Analytica, on note que les armées sub-sahariennes connaissent une période de croissance extraordinaire, malgré une propagation continue de la pauvreté dans la société civile. Selon cette même revue, la cause est à chercher dans les opérations de maintien de la paix financées par de riches donateurs étrangers : « depuis 2001, les armées africaines ont profité d’un apport extérieur à un niveau jamais vu depuis la Guerre froide ». Sont particulièrement concernés l’Éthiopie, le Kenya, l’Ouganda et le Nigéria. « Les programmes européens et étasuniens, peut-on encore lire dans la revue, ont financé plusieurs initiatives visant à stabiliser et consolider la démocratie, mais les résultats sont malheureusement très mitigés sur le terrain ».

Le besoin pour les pays africains d’être mieux formés et armés jusqu’aux dents est né, selon l’analyse, par « la perception des risques élevés pour la sécurité ». La raison réside principalement, on peut s’en douter, dans les ressources récemment découvertes. « La ruée vers le marché de la défense africain vient tout juste de commencer », explique le colonel Joseph Sibanda, officier en retraite de l’armée du Zimbabwe. Il estime que des pays comme le Mozambique, ancienne colonie portugaise en plein boom gazier comme la Tanzanie voisine, l’Ouganda et le Kenya, devront rediriger leurs besoins de défense vers la protection de leurs gisements de pétrole et leurs infrastructures de gaz on-shore et off-shore. « Les avions militaires, les véhicules blindés et les systèmes d’artillerie devront être modernisés afin de répondre aux nouvelles menaces qui planent sur leur sécurité », poursuit-il.

L’Afrique du sud, un des rares pays africains à disposer d’une industrie de défense, est aux anges. La survie du pays mais aussi sa force étaient dus à d’étroites collaborations entretenues avec l’État juif. Mais les relations entre les deux pays se sont faites plus lâches depuis la fin de la politique d’apartheid. Aujourd’hui, la plus grande économie d’Afrique pourrait bien être l’une des bénéficiaires de la mise à niveau majeure de l’équipement des forces armées du continent. Et les bénéfices tirés de ce sombre commerce se feront à l’encontre des populations civiles que les guerres décimeront, appauvriront, exileront… comme d’habitude.

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-l-afrique-toujours-plus-armee-120251577.html
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  Citer Résistance Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Dec 2013 à 22:32



L’Afrique traverse des moments difficiles où la guerre ne connaît pas de trêve. La République centrafricaine et le Soudan du sud le savent bien, et Noël n’a décidément pas empêché les conflits de s’y dérouler. Deux guerres différentes, tout du moins en apparence, car quelque chose les unit malgré tout : l’ingérence de l’Occident. D’un côté, on trouve en effet la France, qui protège ses intérêts en Centrafrique (riche en diamants, en pétrole et en uranium) ; et de l’autre, les États-Unis, dont les manœuvres avaient permis la partition du Soudan sur fond de gisements pétroliers en 2011.

Quasiment un an a passé depuis que la France a refusé, à la fin de décembre 2012, de venir en aide au président aujourd’hui déchu François Bozizé, alors en proie aux rebelles de la Seleka. Et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts : il y a eu un coup d’État et les rebelles ont pris le pouvoir tout en semant l’anarchie dans le pays. Des villages entiers ont été détruits, des milliers de personnes ont fui leur maison, laissant tout derrière elles. La population a vécu dans un climat de terreur.

La France s’est réveillée il y a un mois en décidant d’arrêter le « génocide » en envoyant, avec l’aval de l’ONU, l’armée se déployer en République centrafricaine. Selon Paris et les media, on est désormais en présence d’un conflit ethnico-religieux. Après la mort de deux soldats, François Hollande a réaffirmé le principe d’impartialité de ses troupes. Quelques jours auparavant, le président français soulignait que « la mission est dangereuse mais nécessaire si on veut que ne se produise ici (en RCA, NDLR) un carnage ». Que ce soit pour la Libye, pour la Côte d’Ivoire et tout récemment pour le Mali, la propagande de la France est décidément toujours la même.

Sur place, on ne peut cependant que constater le chaos. La population est barricadée à domicile et ne sort que pour assurer son approvisionnement. Les rues sont désertes, abandonnés aux militaires français et africains de la MISCA. Il y a quelques jours, les soldats tchadiens de la force africaine en RCA ont ouvert le feu sur un groupe de manifestants qui s’étaient rassemblés autour de l’aéroport de Bangui pour exiger la démission du président putschiste Michel Djotodia et le départ de ses combattants, accusés de complicité avec la Seleka. Les troupes tchadiennes ont tiré sur la foule, causant la mort d’une personne.

Dans le même temps, plusieurs milliers de manifestants protestaient contre la présence de l’armée française. « Non à la France ! », « Hollande criminel !», scandaient notamment ceux qui entendaient dénoncer la partialité des militaires déployés depuis début décembre en RCA. Les soldats français sont en effet accusés d’œuvrer en faveur des chrétiens et des groupes anti-balaka, formés en grande partie par d’anciens membres des forces armées centrafricaines.

Cette situation attise le fort sentiment anti-français qui est en train de naître au sein de la minorité musulmane. Cette dernière accuse les forces militaires de Paris de complicité de génocide en n’arrêtant pas les représailles des chrétiens contre les ex-rebelles désarmés mais aussi contre les commerçants dont les magasins ont été pillés.

L’épouvantail du conflit interreligieux créé de toutes pièces n’échappe à personne. En une semaine, les affrontements ont fait quelque 450 victimes. « Nous nous sommes révoltés afin que Djotobia et se combattants s’en aillent et que le pays puisse vivre dans la paix », a déclaré Richard Benjouane, le chef des milices d’auto-défense anti-balaka dans un des rares entretiens publiés dans la presse. Alfred Rombhot, chef d’un groupe de miliciens, nie que ses hommes puissent s’en prendre aux musulmans, tout en reconnaissant qu’il y a des meurtres : « nous savons qu’il y a des Centrafricains musulmans. Ils ont le droit d’être là. Les étrangers, c’est différent. Tout ça est très clair ».

Ce conflit a provoqué le déplacement de plus d’un demi-million de personnes. Plusieurs agences des Nations-Unies ont exprimé dernièrement leur préoccupation devant la situation du pays ; des millions de civils sont menacés par l’insécurité alimentaire et la violence qui se poursuit sans relâche.

La situation est elle aussi chaotique au Soudan du sud, où un coup d’État a été dernièrement déjoué. Né en 2011 de la partition du Soudan, le plus jeune État du monde a rapidement plongé dans la violence. Depuis le 15 décembre, il est déchiré par d’intenses combats qui menacent de dégénérer en guerre civile. Au cœur du conflit : une rivalité entre le président Kiir et son ex-vice-président, limogé en juillet. En une semaine, les combats ont fait plusieurs centaines de victimes et touchent maintenant la moitié du pays. Les civils tentent de se réfugier par milliers dans les complexes de l’ONU totalement débordés, notamment dans la capitale Juba, au sud. Des témoignages font état de massacres et de viols à grande échelle.

Le secrétaire d’État étasunien, John Kerry, a téléphoné le week-end dernier au président Salva Kiir pour lui dire que les violences sapaient ce qui avait été imaginé lors de l’indépendance du 9 juillet 2011. L’administration Obama a aussi dépêché son émissaire Donald Booth et envoyé quarante-cinq militaires pour assurer la sécurité de leurs ressortissants restés sur place. Les États-Unis se défendent d’agir par intérêts stratégiques ou économiques, et mettent en avant l’urgence humanitaire. Pour l’opinion, la vérité est faite : le long conflit qui a abouti à la partition du Soudan était une guerre entre chrétiens et musulmans. « Complètement faux », rétorque Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France sur place. Il s’agissait avant tout, pour les Occidentaux et Israël, de démanteler le plus grand pays arabe et africain riche en pétrole (l’or noir représentant 95 % de l’économie nationale du Soudan du sud).  

Le regard que tout observateur peut porter sur l’Afrique permet de constater que le continent évolue avec frayeur vers la balkanisation. Cette dernière tend aujourd’hui à scinder en deux (ou plusieurs) parties les pays. Le cas de la Libye est révélateur de ce qui attend peut-être d’autres États. Actuellement, Européens et Américains sont en train d’imposer dans l’ex-Jamahiriya libyenne un nouveau système fédéral où désormais il existe deux administrations : une à Tripoli, l’autre à Benghazi. Dans ce schéma, l’important pour les puissances occidentales est d’avoir la mainmise sur le « pays utile ». Il est dans leur intérêt de contrôler les pôles stratégiques, de contrôler l’ensemble des  ressources pour assurer leur sécurité énergétique. Mais le risque d’insécurité permanente est à craindre…

Pour Kwame Nkrumah, homme politique indépendantiste et panafricaniste ghanéen qui dirigea ce pays en tant que président de 1960 à 1966, « l’essence du néo-colonialisme, c’est que l’État qui y est assujetti est théoriquement indépendant, possède tous les insignes de la souveraineté sur le plan international. Mais en réalité, son économie, et par conséquent sa politique, sont manipulées depuis l’extérieur ». La République centrafricaine et le Soudan du sud connaissent bien les mêmes maux dont les causes ont un nom : le néo-colonialisme.

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-les-dernieres-manoeuvres-de-la-france-et-des-etats-unis-en-afrique-121816210.html
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  Citer Résistance Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Aug 2014 à 23:12
Le Sahel, nouvelle cible économique de la France





L’industrie nucléaire a été mise en place en France dès le début des années soixante, avec la création du centre de Cadarache. L’électricité d’origine nucléaire représente aujourd’hui la principale énergie produite (73,3 %) et consommée ; elle provient de cinquante-huit réacteurs répartis sur l’ensemble du territoire. Le groupe Areva, dont les activités sont historiquement liées à l’énergie nucléaire, intervient sur l’ensemble des activités du cycle du combustible : en amont avec la conversion et l’enrichissement de l’uranium et en aval avec le recyclage des combustibles usés. Enfin, il participe activement à la conception et la construction des réacteurs nucléaires. EDF est son principal client.

Le choix du nucléaire a des racines profondes. La France a étendu durant la colonisation son empire sur la zone aride et inhospitalière du Sahel. Cette région a longtemps formé dans l’imaginaire colonial une Afrique « inutile » dont le développement semblait impossible, à l’exception notable du Sénégal. Après leur accession à l’indépendance à partir de 1960, la Mauritanie, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad ont été largement délaissés par les grandes puissances dont l’engagement y fut orienté par deux tropismes : l’un francophone, les pays concernés formant une zone d’influence naturelle pour l’ancienne puissance coloniale ; l’autre saharien, hérité lui aussi des temps de la colonisation, synonyme pour les grandes puissances d’espace vide et incontrôlable, pouvant servir de zone tampon aux velléités d’influence des pays du Maghreb et du Machrek, en particulier l’Algérie et la Libye.

Depuis les années 2000, une évolution majeure marque la région : le Sahel est perçu comme un espace dont l’instabilité menacerait la sécurité du monde. Une situation qui a conduit de nouveaux acteurs à s’y engager, comme les États-Unis et l’Union européenne. Et pour cause : les besoins exponentiels en énergie ce territoire en terrain de course pour les ressources naturelles.

Les sites miniers les plus importants se situent à Bakouma en République centrafricaine, ainsi qu’à Akokan et Arlit au Niger. Ces derniers produisent à eux seuls pas moins du tiers des besoins énergétiques français. Présent depuis quarante ans au Niger, Areva exploite l’uranium du nord du pays par le biais de deux filiales, la Somaïr et la Cominak, pour une production de 4.240 tonnes en 2013.

Les choses ont suivi un cours plus ou moins tranquille durant des décennies. Certes, Paris a envoyé plus d’une fois ses paras et ses légionnaires pour protéger ses intérêts (cf. l’opération Barracuda pour renverser Bokassa en Centrafrique ou les opérations Manta et Épervier au Tchad dans les années quatre-vingt pour repousser Kadhafi dans le désert), et la situation était rapidement normalisée… Areva jouait dans ces conditions quasiment à domicile, extrayant l’uranium du continent africain à un prix défiant toute concurrence, quitte à user du pot-de-vin avec les potentats locaux. Et peu importe si des ex employés d’Areva se plaignent de diverses maladies qu’ils imputent aux activités d’extraction. Les profits passent avant tout.

Mais depuis quelques années, deux facteurs sont en train de remettre en cause l’hégémonie de la France au Sahel et partant, l’approvisionnement en uranium à bas coûts. Le premier est la déstabilisation progressive de l’ensemble de la zone sahélienne par les activités des bandes criminelles et des groupes djihadistes de plus en plus agressifs. Le démantèlement de la Jamahiriya libyenne y est (en partie) pour quelque chose. L’incapacité absolue des dirigeants locaux à enrayer le processus n’a d’égale que leur impuissance à satisfaire les exigences fondamentales de leurs populations. L’effondrement de l’un de ces États se traduirait irrémédiablement par un effet domino immédiat sur les autres. Ce contexte extrêmement fragile contraint Paris à recourir de plus en plus souvent à des interventions de stabilisation et à engager de coûteuses opérations militaires : Épervier au Tchad, Licorne en Côte d’Ivoire, Serval puis Barkhane au Mali, Boali hier et Sangaris aujourd’hui en Afrique centrale.

À cet engagement toujours plus lourd, en particulier dans un contexte de crise qui oblige à réduire les dépenses militaires, s’ajoute un deuxième facteur. En effet, la France n’est plus toute seule à mener la partie en Afrique. L’Inde, la Corée et surtout la Chine se font de plus en plus présentes. Le livre blanc publié l’an dernier par cette dernière regorge de chiffres assez éloquents sur la transformation des liens commerciaux entre les deux régions, tout en insistant sur le caractère bilatéral de ces échanges. De fait, la balance commerciale entre la Chine et l’Afrique penche en faveur de cette dernière : sur les 198,49 milliards de dollars d’échanges commerciaux réalisés en 2012, 85,319 étaient constitués d’exportations de la Chine vers l’Afrique contre 113,17 milliards d’exportations africaines. La présence de cette forte concurrence a considérablement réduit le pouvoir de négociation de Paris, obligeant Areva à céder du terrain lors du renouvellement des licences d’exploitation d’Arlit et d’Ako kan : augmentation de 5,5 % à 12 % de la valeur des ressources extraites en faveur du Niger par exemple.

De plus, l’augmentation significative du coût d’extraction de l’uranium ainsi que l’effondrement du prix du minerai,  passé de 140 $ / kg il y a cinq ans à 70  $ / kg aujourd’hui (effet Fukushima), sont loin de faire les affaires d’Areva. Si on y ajoute le poids toujours plus prohibitif des interventions militaires, la position de Paris est en passe de devenir difficilement tenable. L’image de la France est de surcroît en train de se détériorer au Sahel. Bloquée dans un premier temps par l’opération Serval, l’insurrection est aujourd’hui en train de reprendre son souffle et de nombreuses bandes djihadistes se sont installées au nord du Mali. En outre, l’activisme de Paris en Afrique a fait des objectifs français les cibles privilégiées de la galaxie fondamentaliste et des tribus touarègues, traditionnelles ennemies des pouvoirs centraux. Au sud, on assiste à une tentative de pénétration de Boko Haram, notamment dans les zones les plus pauvres et autour du lac Tchad, où la secte terroriste a établi sa base arrière et commencé à y installer des structures paraétatiques de contrôle du territoire en vue d’accroître sa zone d’influence. En République centrafricaine, l’opération Sangaris, si elle a réussi à mettre en sécurité les gisements de Bakouna, ne peut pas faire grand-chose pour stopper les tueries qui s’étendent aujourd’hui à l’ensemble du pays où les milices chrétiennes (anti balaka) et les différentes factions du Séléka s’affrontent de plus belle sous les yeux impuissants de la MINUSCA (mission internationale de soutien à la Centrafrique sous contrôle africain).

La France vit un véritable paradoxe : d’un côté l’ex puissance coloniale doit contrôler la zone pour préserver ses intérêts économiques et de l’autre, elle est financièrement acculée. Paris tente donc de s’appuyer sur des acteurs locaux, tels que le Tchad et son président Déby. Ce dernier, fort du soutien français, a d’ailleurs l’intention d’étendre le pouvoir de sa propre ethnie Zaghawa. On voit déjà les premiers résultats de l’opération : à part sa participation au bourbier centrafricain, c’est au Darfour que N’Djamena veut jouer un rôle en s’alliant aux Janjawid de Moussa Hilal (beau-père de Déby), et ce au détriment de Khartoum. C’est un grand service que le président tchadien rend aux Français. L’Élysée a en effet plusieurs objectifs dans la région en plus de ne pas vouloir voir un autre foyer d’instabilité se former : étendre son influence sur le Soudan et le Soudan du sud avec en point de mire le pétrole qui s’y trouve, mais surtout contrebalancer l’influence de la Chine dont la présence en Afrique fait l’effet d’un véritable pavé dans la mare.

Officiellement décolonisée, l’Afrique n’en reste pas le terrain de jeu de la France. Cette dernière ne pouvant desserrer l’étau sur les pays du Sahel, elle y déplace les chefs d’État selon ce qu’elle a à gagner : pétrole, uranium ou toutes autres richesses présentes dans le sol africain. Les peuples pèsent bien peu dans la balance : qu’importent les guerres, les massacres, les famines, les viols et toutes les autres formes de violence à partir du moment où les affaires continuent. Mais ces dernières sont justement remises en cause, contraignant Paris à conserver par tous les moyens une relation de type colonial avec l’Afrique. Il n’y a pas d’autre explication au redéploiement des forces militaires françaises sur le continent noir.

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-le-sahel-nouvelle-cible-economique-de-la-france-124307266.html



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  Citer Résistance Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Sep 2014 à 19:14
L’extermination silencieuse des éléphants d’Afrique





L’ivoire est la cause du funeste destin qui menace la plupart des éléphants d’Afrique. C’est ce qui ressort d’une étude menée par la National Academy of Sciences (académie nationale des sciences) selon laquelle au moins 7 % des spécimens encore existants ont été tués chaque année depuis 2010. Les défenses des pachydermes servent à nourrir le marché illégal et très florissant de l’ivoire dont Hong-Kong est la plaque tournante.

La situation n’est pas partout la même sur le continent noir. Si un relatif équilibre avait été trouvé dans les savanes de l’Est et du Sud de l’Afrique entre 2002 et 2009 (avant le récent infléchissement de la population d’éléphants), il n’en est pas de même en Afrique centrale où le nombre des pachydermes n’a cessé de diminuer de façon dramatique. Le respect de la vie animale n’a jamais été là-bas une priorité. Ebola n’a été qu’une énième catastrophe dans une partie du monde plombée par les guerres, les pénuries et la famine. L'ivoire est dans ce contexte une source de financement idéale pour les trafiquants, les gangs criminels et les terroristes. Les Shebab somaliens se financeraient ainsi en grande partie grâce au trafic d’ivoire généré par le braconnage en Afrique de l’ouest, affirme l'ONG Elephant Action League. Selon cette dernière, entre une et trois tonnes d’ivoire transiteraient chaque mois par les ports du sud de la Somalie.

La communauté internationale a tenté de réagir face à cette tragédie. Les principaux pays impliqués dans le commerce de l’ivoire se sont engagés l’an dernier à pénaliser le trafic d’animaux sauvages lors d’un sommet sur la protection des éléphants au Botswana. Hong-Kong a effectué dernièrement des saisies significatives tout en procédant à la destruction des stocks. C’est un signe certes encourageant qui ne cache malheureusement pas les causes du problème.

La pauvreté et les insuffisances de la gouvernance dans les pays où vivent les éléphants, associées à une demande croissante d’ivoire illégal dans les pays consommateurs, notamment asiatiques, expliquent la présente situation. En juillet 2013, environ trois cents éléphants sont morts empoisonnés au cyanure à Hwange au Zimbabwe. Ce jour-là, il fallait ajouter de nombreuses autres victimes collatérales au massacre : des lions, des vautours, des hyènes, etc., ont péri après avoir dépecé les carcasses d’éléphants. Selon Johnny Rodrigues, le président de l’ONG Zimbabwe Conservation Task Force, les autorités minimisent sciemment les pertes. « On cache beaucoup de choses », a-t-il affirmé. « Ceux qui ont été arrêtés sont du menu fretin sacrifié par des gros poissons qui eux restent intouchables. Il y a parmi eux des hommes politiques et des hommes d’affaires importants ».

On ne compte plus qu’un demi-million d’éléphants sur le continent africain, contre 1,2 million en 1980, et leur nombre pourrait baisser de 20 % ces dix dernières années si l’hémorragie n’était pas stoppée. Fin août, la douane vietnamienne a saisi plus d’une tonne de défense d’éléphants qui étaient dissimulées dans un container en provenance du Nigéria. L’ivoire, d’un poids de 1.266 kilos, était caché sous des paquets de cacahuètes.

L’ivoire récolté et exporté clandestinement est essentiellement destiné au marché asiatique. Les défenses finissent comme objets d’ornement ou de sculptures d’objets d’art. Il est malgré tout encore tout à fait légal aujourd’hui de chasser l’éléphant en dépit de l’avenir menacé de l’espèce. Le roi Juan Carlos avait défrayé en 2012 la chronique en se blessant lors d’un safari au Botswana. Ce spectacle d’un monarque chassant les éléphants d’Afrique alors que la crise économique frappe de plein fouet les Espagnols avait provoqué à l’époque un véritable malaise dans la péninsule ibérique. Ironie du sort, Juan Carlos était alors le président d’honneur de WWF Espagne.


Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-l-extermination-silencieuse-des-elephants-d-afrique-124570964.html
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