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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Feb 2011 à 18:57

Otages, AREVA, TOTAL, AFRICACOM : Les enjeux cachés d’une occupation militaire du Sahel ! par Diagne Roland Fodé

 

source : Rouge Midi

Des prises d’otages se multiplient dans le Sahel. Après la libération de P. Camatte contre de l’argent, Michel Germaneau a été tué suite à une attaque militaire franco-mauritanienne en territoire malien et dans des conditions non éclaircies si l’on en croît des journaux africains (Algérie, Mali, etc.). Sept autres ont été enlevés au Niger. Chaque enlèvement a été l’occasion d’un accroissement de la présence militaire française, laquelle est maintenant doublée d’un appui de troupes d’élites et de la technologie spatiale de surveillance US. C’est à se demander si, après avoir perdu la bataille d’Alger, les terroristes islamistes fascistes armés qui ont ensanglanté l’Algérie dans les années 90, ces « combattants de la liberté » financés, armés, entraînés par les USA contre l’Afghanistan laïque et progressiste soutenu par l’URSS, ne se sont pas repliés dans les pays du Sahel ? Mais justement la prise d’otages d’Arlit au Niger des employés du monopole capitaliste françafricain AREVA ne lève t-il pas un coin de voile sur les dessous cachés par la presse bourgeoise impérialiste ?

Niger : une néo-colonie françafricaine qui fournit 40% de l’énergie consommée en France.

1.267.000 km², soit 2,3 fois la France et 13,5 millions d’habitants dont plus de 60% vivent dans la pauvreté extrême, privée de l’accès à la nourriture, à l’eau, aux installations sanitaires, aux infrastructures et à l’instruction (71% des femmes sont analphabètes). L’espérance de vie culmine à 43 ans. Comme tous les autres peuples d’Afrique, le peuple nigérien a subi dans les années 80 les affres du diktat libéral du FMI et de la Banque Mondiale qui l’ont contraint à rembourser une dette inique et à brader toutes les entreprises nationales privatisées après une dévaluation du franc colonial cfa arrimé hier au franc et aujourd’hui à l’euro. Le Niger occupe maintenant – dans le classement de l’ONU basé sur l’IDH (Indice de Développement Humain) – la 182ème place sur les 182 pays classés, précédé de l’Afghanistan (181ème) en guerre contre l’armada agressive occidentale, de la Sierra Leone (180ème), de la République centrafricaine (179ème), du Mali (178ème) et du Burkina Faso (177ème).

Le pillage qu’exerce AREVA sur le pays est ainsi démasqué : « selon nos estimations, le Niger a produit entre 100 000 et 150 000 tonnes depuis 1960 au prix moyen de 27 300 F CFA le kilo (soit 42 euros) . Nettement en dessous du cours mondial moyen qui était de 122. 000 F CFA le kilo (187 euros) sur la période. Sur la base de ces prix moyens et d’une production oscillant entre 100. 000 et 150. 000 tonnes, l’on peut dire que la vente de l’uranium du Niger est chiffrée entre 4,2 milliards et 6,3 milliards d’euros. Si le prix international avait été appliqué, les actionnaires (Etat et partenaires) se seraient partagés entre 18,7 milliards et 28 milliards. C’est dire que depuis l’indépendance, et sur la base de ce calcul simple ne tenant pas compte de la différence de cours entre le marché spot et celui des contrats, les actionnaires de l’uranium du Niger ont perdu entre 14, 5 milliards d’euros et 21 milliards de dollars. Enorme pour un pays qui compte à peine 2 milliards de dollars de PIB et dont le modeste budget est ‘généreusement’ alimenté par l’aide publique au développement pour plus de la moitié » [1]. Le cynisme d’AREVA va encore plus loin : « Les 100% de l’électricité (225 million de kWh) proviennent d’énergie fossile et sont largement importés du Nigeria voisin. Selon Areva, en 2006, la compagnie a atteint le seuil des 100. 000 tonnes d’uranium extrait. Le gouvernement du Niger a reçu 300 milliards de CFA sur un total de 2 300 milliards de CFA de revenu des ventes » [2]. Pour en arriver là, il a fallu réprimer et écarter, à la veille de l’indépendance le 3 août 1960, le patriote panafricaniste Djibo Bakary du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) qui avait le soutien des progressistes Kwamé Nkrumah et Sékou Touré et Abdou Moumouni, l’un des fondateurs marxistes-léninistes du Parti Africain de l’Indépendance (PAI).

La stratégie d’occupation militaire du Sahel …

Comme le déclare un rapport daté de 2005 du Conseil US sur les Relations étrangères : « À la fin de la décennie, l’Afrique subsaharienne est susceptible de devenir une source d’importations énergétiques US aussi importante que le Moyen-Orient. L’Afrique de l’Ouest disposerait de quelques 60 milliards de barils de réserves pétrolières avérées. Les échecs flagrants des guerres prédatrices US et de l’UE en Afghanistan et en Irak conduisent à projeter la main mise sur le pétrole en Afrique. La part provenant du Golfe de Guinée dans les importations US passera de 15 à 20 % en 2010 et à 25% en 2015 » [3] .

Ainsi dès « 2003 a été lancé un programme de contre-terrorisme en Afrique de l’Ouest et en mars 2004, des Forces spéciales US ont été directement engagées dans une opération militaire avec des pays du Sahel contre le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC), qui figure sur la liste des organisations terroristes dressée par Washington. Le Commandement US pour l’Europe est en train de développer un programme de sécurité côtière dans le Golfe de Guinée appelé la Garde du Golfe de Guinée. Il prévoit aussi la construction d’une base militaire navale US à São Tomé et Principe qui, selon le Commandement US, pourrait rivaliser avec la base navale de Diégo Garcia dans l’Océan indien. Le Pentagone est donc est en train de se mouvoir agressivement pour établir une présence militaire dans le Golfe de Guinée qui permettra le contrôle de la partie occidentale de la route transafricaine du pétrole et des réserves vitales de pétrole qui y ont été découvertes.

L’Opération Flintlock (“Pistolet à pierre”), une manœuvre militaire de mise en route, a impliqué en 2005 1000 membres des Forces spéciales US. L’été prochain (2006), le Commandement pour l’Europe va conduire des manœuvres de sa nouvelle force de réaction rapide pour le Golfe de Guinée. En Afrique de l’Ouest, le Commandement militaire US pour l’Europe a désormais établi des postes d’opérations avancées au Sénégal, au Mali, au Ghana et au Gabon, en Namibie, à la frontière avec l’Angola, au Sud qui impliquent l’amélioration de pistes aériennes, le stockage de réserves essentielles et de carburant ainsi que des accords (avec les gouvernements locaux) permettant le déploiement rapide de troupes US » (idem). USA et UE ont mis en place un projet militaire d’intervention rapide, « l’Africacom » installé en Allemagne, dont le centre de commandement peine à trouver un QG en Afrique.

En fait, à y regarder de plus près, cette soudaine fièvre de prises d’otages n’est-elle pas tout simplement une véritable stratégie de « manipulation des masses » (pour paraphraser Noam Chomski), qui consiste à « créer des problèmes, puis offrir des solutions » afin que, dans le sillage des interventions militaires des impérialistes US et français dans le Sahel, soit étendue la mainmise des entreprises monopolistes US, européennes et françaises sur les matières premières. N’est-ce pas la nouvelle stratégie néo-coloniale françafricaine, eurafricaine et u.s.africaine ?

contre la coopération chinoise…

Il est à remarquer que la Chine devenant « l’atelier du monde » et l’Asie drainant 60% du commerce mondial, l’Etat somalien a été liquidé par une intervention militaire US… et les petits pêcheurs de la corne de l’Afrique et de la mer rouge sont ainsi devenus pour survivre des « preneurs d’otages ». Le combat pacifique d’hier du Nigérian-Ogoni Ken Saro-Wiwa (assassiné par pendaison en 1995) contre les pollueurs et destructeurs de l’environnement que sont BP, Shell, Total…. prend la forme aujourd’hui de « prises d’otages » dans le golfe de Guinée. La Chine dessert l’étau du FMI sur l’Angola, gros producteur de pétrole, en prêtant 4 milliards de dollars à des taux d’intérêts très bas…, c’est aussitôt l’attentat qui va coûter la vie à des joueurs de l’équipe de football du Togo, tentative de « réveil du mouvement du Cabinda sécessionniste ». Ces coïncidences sont-elles le simple fait du hasard ? Ou ont-elles un lien avec le fait que les matières premières et le pétrole dont manque la Chine pour son développement fulgurant l’ont amené à devenir le premier partenaire commercial et le premier investisseur en Afrique ?

Lénine disait lors de la première guerre mondiale impérialiste en 1915 que « l’impérialisme a développé les forces productives au point que l’humanité n’a plus qu’à passer au socialisme ou bien à subir pendant des années et même dizaines d’années la lutte armée des grandes puissances pour le maintien artificiel du capitalisme à l‘aide de colonies, de monopoles, de privilèges et d’oppressions nationales de toute nature » (Le socialisme et la guerre). C’est parce que la re-mondialisation capitaliste actuelle a besoin du « maintien artificiel du capitalisme à l’aide de colonies, de monopoles, de privilèges et d’oppressions nationales de toute nature » que l’impérialisme dominant USA a accompagné la défaite de l’URSS en se lançant dans un programme de conquêtes militaires pour la mainmise sur les matières premières stratégiques, notamment le pétrole dont un mémorandum du département d’état US de septembre 1950 disait déjà que « le contrôle de cette source d’énergie, le pétrole, importante dans la paix comme dans la guerre est un objectif souhaitable en soi ».

Après l’attaque militaire contre la Serbie pour parachever le démantèlement de l’ex-Yougoslavie en 1999, l’instrumentalisation médiatique et politique des attentats du 11 septembre 2001 a servi à concrétiser ce projet par les occupations militaires coloniales de l’Afghanistan puis de l’Irak en 2003 et l’installation de bases militaires dans les ex-pays de l’URSS ou les tentatives d’en intégrer dans l’OTAN. Contrôler les matières premières stratégiques, notamment le pétrole et le gaz, pour maintenir la dépendance d’éventuels rivaux, dans le but de préserver son hégémonie mondiale, c’est l’équation à laquelle est confronté l’impérialisme US. Ce que confirme le sénateur US David L. Boren, qui fut président de la commission chargée de l’espionnage : « Nous avons eu des relations étranges et symbiotiques avec l’URSS ( …). Le déclin de l’Union Soviétique … pourrait tout aussi bien entraîner le déclin des Etats-Unis (…). Les pays européens, le Japon, et d’autres pays ont volontiers accepté la direction américaine au cours des décennies passées. Pourquoi ? Parce qu’ils avaient besoin de nous (…). Seront-ils désireux, dans ce nouveau contexte, d’accepter la direction des Etats-Unis, comme c’était le cas il y quelques mois ? Je ne le pense pas » [4].

La stratégie de l’hégémonie mondiale US et les offensives militaires de l’OTAN ont commencé peu à peu à montrer leur limite face aux résistances des peuples. Les économies émergentes des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), caractérisées par le capitalisme d’état opposé au capitalisme libéral, ont continué leur croissance alors que celles libérales des pays impérialistes US et UE entraient en crise et en décadence. Les résistances nationales afghanes et irakiennes ont commencé à mettre en échec les troupes d’occupation de l’OTAN. Et les expériences anti-libérales et anti-impérialistes en Amérique du sud se sont frayées la voie en s’appuyant sur l’héroïque résistance de Cuba. Ces facteurs ont été déterminants dans l’élection de Barack Hussein Obama comme premier président noir d’une puissance capitaliste-impérialiste aussi raciste que les USA. Cette élection est au fond une tentative de préserver l’hégémonie sans partage du partenariat stratégique USA/UE en couvrant la façade odieuse de l’agressivité militariste arrogante par le vernis du ramage et du plumage charmeur du souriant Obama, premier Président noir au service des intérêts de l’impérialisme US.

Quelles que soient leurs formes, les politiques des impérialistes obéissent à la nécessité « d’assurer le maximum de profit capitaliste en exploitant, en ruinant, en appauvrissant la majeur partie de la population civile d’un pays donné, en asservissant et en dépouillant de façon systématique les peuples des autres pays, notamment des pays arriérés ; enfin en déclenchant des guerres et en militarisant l’économie nationale en vue d’assurer le maximum de profits » (JV Staline, Les problèmes économiques du socialisme, 1952).

C’est le projet du « grand moyen-orient » sous contrôle US qui s’élargit du Yémen en Asie et de l’Est de l’Afrique (la corne et la mer rouge ) au golfe de Guinée et à l’équateur (Congo RDC). C’est le même projet prédateur qui s’étend au Sahel et à l’ouest africain maintenant.

La crise capitaliste systémique, la faillite du libéralisme et la décadence des impérialismes des USA et de l’UE conduisent à la confrontation avec les pays émergents, notamment ceux d’entre eux qui ont jadis appartenu au camp socialiste vaincu par la contre-révolution bourgeoise dans les années 90 : Chine, Corée du Nord, Cuba, Vietnam auxquels il faut ajouter les pays anti-libéraux et anti-impérialistes d’Amérique du sud. C’est cela aujourd’hui qui constitue le camp progressiste contre l’impérialisme.

…et contre une solution panafricaine aux problèmes de l’Afrique

La colonisation militaire du Sahel s’est manifestée récemment par une attaque franco-mauritanienne sur le territoire malien sans que le gouvernement de ce pays n’en soit informé. Des informations font état que la Banque Africaine pour le Développement (BAD) participe au financement de l’Africacom, ce dispositif d’intervention rapide de l’Otan en Afrique dans lequel les armées africaines jouent le rôle de « tirailleurs » comme à l’époque coloniale. Les néo-colonies africaines dirigées par les bourgeoisies compradores apatrides libérales ou sociales-démocrates libérales agissent en pro-consuls de la Françafric, de l’Eurafric et de l’Usafric. La cellule panafricaine de Tamanrasset en Algérie censée mettre en place des actions coordonnées contre les groupes fascistes intégristes armés, le narcotrafic est une coquille vide et un trompe l’œil pour les masses africaines. Les pétro-dollars du bouffon Khaddafi viennent s’ajouter à la corruption des féodaux, bourgeois et chefs de clans locaux par les impérialistes. L’inexistence d’une politique panafricaine fondée sur les principes démocratiques de la libre disposition des Touaregs et l’union libre des peuples libres d’Afrique rend la situation actuelle explosive dans tout le Sahel.

C’est le contexte global dans lequel les forces patriotiques et panafricaines de gauche travaillent à élaborer un programme et à développer une action anti-libérale et anti-impérialiste. C’est aussi dans cette perspective que les Forums des peuples, notamment de Bandiagara au Mali et les Forums sociaux africains et mondiaux doivent devenir des espaces de mobilisation panafricaine et internationaliste contre les menées déstabilisatrices et colonialistes des impérialistes.

Au moment où l’Asie prend le chemin du développement économique et social, au moment où l’Amérique du sud s’engage par l’anti-libéralisme et l’anti-impérialisme dans la voie de la libération du joug étatsunien et du développement social et économique, l’Afrique doit absolument retrouver le chemin de la lutte pour l’indépendance, la souveraineté anti-libérale et anti-impérialiste. Sur ce plan, l’exemple sud-américain est à méditer : les indépendances politiques obtenus au 19éme siècle après les luttes héroïques de Haïti avec Toussaint Louverture et JJ Dessalines, de José Marti à Cuba, de Simon Bolivar ont été dévoyées par l’impérialisme US en un système néo-colonial avec des dictatures à la Pinochet durant tout le vingtième siècle. Aujourd’hui la gauche anti-libérale et anti-impérialiste impulse un nouveau cours progressiste inspiré par l’héroïque résistance de Cuba socialiste.

Les « armées battues sont à bonne école » disait Lénine. C’est ainsi que dans le combat d’aujourd’hui pour une seconde décolonisation, la Gauche révolutionnaire panafricaine, antilibérale et anti-impérialiste fera honneur aux prédécesseurs partisans de l’indépendance et de l’union panafricaine des peuples libres d’Afrique qui, lors de la première phase de la décolonisation entre 1945 et 1960, ont été assassinés et vaincus par l’impérialisme, le colonialisme et son poison fatal l’ethnicisme .

Diagne Roland Fodé

 

[1] site Mondialisation.ca

[2] idem

[3] idem

[4] Le Monde Diplomatique, avril 1991

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L’aide au développement en Afrique, ennemie de l’émancipation ?

Toutes les versions de cet article : [Español]

Présent au Forum social mondial de Dakar, l’universitaire kenyan, Firoze Manji, nous livre son analyse sur la renaissance des mouvements populaires africains. Éditeur du site pambazuka.org, il est aujourd’hui très critique vis-à-vis de « l’industrie de l’aide », qui entrave la réappropriation par les Africains de leur continent, gangrené par la corruption et le pillage des richesses.

Basta ! : Quelles sont les caractéristiques de la société civile africaine ?

Firoze Manji * : En Afrique, deux sortes de sociétés civiles ont existé historiquement : celles qui ont collaboré avec le pouvoir colonial et celles qui s’y sont opposées. Aujourd’hui nous connaissons la même situation : il y a celles qui s’associent à l’industrie de l’aide, qui en bénéficient et recourent au langage du développement. Et celles qui parlent d’émancipation. Il y a bien sûr beaucoup de nuances entre ces deux groupes, entre ceux qui travaillent dans une vision de développement charitable et ceux qui œuvrent à l’émancipation des Africains. En général, les organisations locales, les syndicats, les mouvements paysans, parce qu’ils ont un intérêt direct dans leur propre liberté, ont une dynamique très différente de ceux qui participent à l’industrie de l’aide.

Les grandes ONG seraient-elles néfastes pour l’Afrique ?

Ne parlons pas de leurs motivations, qui sont très souvent bonnes. La question n’est pas d’évaluer leurs intentions, mais plutôt les conséquences réelles de leurs actions. Dans une situation politique où les gens sont opprimés, une organisation humanitaire ne fait qu’adoucir la situation, sans que cela ne règle le problème. Si vous regardez cela dans une perspective historique, nombre d’ONG participent inconsciemment à la situation d’oppression. Vous pouvez y voir des similarités avec la France occupée. Des gens bien intentionnés ont objectivement participé au régime de Vichy. Entre la collaboration active et la résistance, il existait un large spectre de possibilités. Nous trouvons la même situation en Afrique aujourd’hui.

Qui va changer le monde ? Les citoyens africains ou des organisations paternalistes ? Et selon quels intérêts ? Faisons un parallèle avec le mouvement féministe. Il est né parce que les femmes revendiquaient leurs propres outils de lutte. Elles n’ont pas fait appel aux hommes pour résoudre le problème à leur place. C’est pareil pour les Africains. Nous ne pouvons pas dépendre des autres. Les fermiers, les ouvriers doivent être capables de s’organiser. Quand on regarde l’extraordinaire étendue des richesses en Afrique, l’un des continents les plus riches du monde, pourquoi est-ce celui qui abrite la population la plus pauvre ? Notre rôle, en tant que membre de la société civile qui avons bénéficié du privilège de recevoir une éducation, est de combattre cette situation.

L’aide au développement devrait-elle s’arrêter !?

Je suis devenu anti-développement. Ce n’était pas le cas avant. Faisons une analogie : les esclaves avaient-ils besoin de se développer, ou de s’émanciper ? Je pense que nous avons besoin d’émancipation, pas de développement. Ce concept a été créé au début des années 1950 dans un rapport du département d’État américain. Il a été inventé comme un contrepoint aux influences socialistes et à leur popularité. Cela s’est fait consciemment. Parler de développement est apolitique. Nous devons re-politiser la question de la pauvreté.

S’il y a des esclaves, qui sont les maîtres ?

Nous traitons avec un système impérialiste, une nouvelle forme de colonialisme. Ces vingt dernières années nous faisons face à un changement majeur : la financiarisation du capitalisme. Personne ne peut plus rien faire sans capital. La finance contrôle tous les secteurs de la société. Il est effectivement temps de se demander qui sont les maîtres. Poser cette question il y a dix ans signifiait se faire traiter de fou. Aujourd’hui, c’est devenu légitime. Il existe différentes interprétations, mais plus personne en Afrique ne proclame que nous sommes indépendants. Même pas la classe dirigeante.

Au moment des indépendances, tous les secteurs de la société civile africaine étaient solidement organisés. Pourquoi ces organisations ont-elles été balayées ?

Au sein des États issus des indépendances, les nouvelles classes dirigeantes se sont déclarées seules responsables du développement. Au Kenya par exemple, les syndicats de paysans ont été fermés et intégrés dans un parti politique, idem pour les mouvements de femmes. Puis les partis politiques eux-mêmes ont été fermés pour ne créer que le parti d’État. Immédiatement après l’indépendance du Kenya (1963), beaucoup d’acteurs importants de la libération ont été emprisonnés, exilés ou tués, de même que Patrice Lumumba au Congo ou Thomas Sankara au Burkina Faso. Chaque fois qu’un leader a eu le courage de se rebeller, l’Europe et les États-Unis l’ont forcé à baisser la tête. Nous avons connu une période de vide jusqu’au milieu des années 1990 où les gens ont recommencé à résister et à s’organiser. Aujourd’hui au Kenya, les espaces de discussions et de débats ne manquent pas. C’est vibrant, vivant, et c’est une tendance générale. Y compris en Europe.

Il y a donc bien une renaissance de la prise de conscience et des mobilisations ?

Les gens s’interrogent de plus en plus, se révoltent. En Grande-Bretagne, on se demande pourquoi toujours davantage d’argent est donné aux banques alors que des hôpitaux et des écoles ferment. Le nombre de gens engagés dans l’analyse et la critique progressent largement. Quelque chose de nouveau apparaît. On voit une résurgence d’actions. Bien sûr l’activisme n’est pas suffisant. Le problème que nous rencontrons au Kenya est que le capitalisme est perçu, malgré tout, comme la seule alternative. On essaie donc de l’améliorer. Alors que le capitalisme est terrifiant en soi. Les faits parlent d’eux-mêmes : l’énorme accaparement des terres, le chômage, l’appauvrissement, la mortalité infantile qui augmente, le prix de la nourriture qui monte… Dans moins de 10 ans, plus de la moitié de la population vivra autour des villes, essayant de survivre. Le questionnement actuel ne change rien à la situation, mais c’est un bon début !

Les nouvelles technologies jouent-elles un rôle dans l’émergence de nouveaux mouvements sociaux ?

Les nouvelles technologies permettent bien sûr de communiquer et de s’organiser, mais n’oublions pas que ce sont les gens qui le font. Regardez la Tunisie : on entend que cette révolution a été causée par Twitter… Ce n’est pas sérieux ! Des stylos aussi ont été utilisés comme moyen d’information et de mobilisation. Est-ce que cela signifie que les stylos ont permis la révolution ? Cela révèle une tendance au déterminisme technologique, au fétichisme high-tech. On imagine que les portables, les SMS, Twitter, Facebook ont un pouvoir. Ce genre de discours tend à sous-estimer le rôle de ceux qui l’utilisent. En Tunisie, manifester dans la rue demande beaucoup de courage. Un manifestant qui embrasse un soldat, comme on le voit sur une photo, n’est pas déterminé par la technologie. J’ai beaucoup travaillé sur l’utilisation des téléphones portables. On croit que cela peut tout résoudre mais un tiers des Africains en possède un et il n’y a pas de révolution partout.

Pour redonner du pouvoir au citoyen, vous parlez de démocratisation plutôt que de démocratie. C’est-à-dire ?

Prenez par exemple l’agriculture : la plupart de ce qui est produit en Afrique est destinée à nourrir l’Europe, les multinationales, les supermarchés. Au Kenya nous produisons des millions de fleurs. Tous les jours, elles partent vers Amsterdam. La quantité d’eau et de produits chimiques utilisés détruit notre environnement. Pendant ce temps, les populations ont des difficultés d’accès à l’eau et à l’alimentation. Les champs pourraient servir à produire de la nourriture ! La question est : qui décide ? Pouvons-nous démocratiser la décision de ce qui est produit, comment cela est produit et pour qui ? Il n’y a ni procédure, ni structure de décision, il n’y a même pas de débat à ce propos. Juste une élite qui décide et décrète des subventions pour le faire. Qui devrait décider de ce qui est cultivé et de comment le cultiver ? Il faut démocratiser le processus de production agricole.

C’est la même chose pour la production industrielle. Regardez les incroyables ressources naturelles africaines : pourquoi les Africains n’en bénéficient pas ? J’ai discuté avec des Vénézuéliens. Ils nous ont dit avoir un grand pouvoir de négociation grâce à leur production pétrolière. En Afrique, nous avons du pétrole alors pourquoi nous n’avons aucun pouvoir de négociation ? C’est principalement une question politique. Je pense que l’Amérique latine est en avance d’une dizaine d’année sur nous. Les politiques d’ajustements structurels y ont commencé depuis deux décennies. Je pense qu’en Afrique, un mouvement populaire surgira d’ici à 2020. Chavez n’est pas exceptionnel, il est le produit de son histoire, du mouvement d’émancipation tout comme Lula. La question est : comment peut-on nous aussi politiser ce processus ? Ce n’est pas facile, il n’y a pas de solution technique. Il faut que les travailleurs et les fermiers s’organisent. Cela prend du temps. Le point positif c’est, qu’aujourd’hui, cette question est débattue, ce qui n’était pas le cas il y a 10 ans.

La crise de confiance actuelle envers le système capitaliste est un point de départ. Mais le meilleur est possible, comme le pire lorsqu’on voit les tentations xénophobes se répandre en Europe…

Cela peut aller dans toutes les directions. Après la crise de 1929, une crise de confiance a traversé l’Europe, et l’Allemagne est partie dans le mauvais sens. La crise de confiance est une part nécessaire du processus mais ce n’est pas suffisant. Avec le discrédit porté sur le stalinisme, c’est tout le concept de socialisme qui n’est plus attirant, nous devons donc créer une nouvelle idéologie, de nouvelles aspirations. Si cela ne se produit pas nous entrerons dans une phase très dangereuse. Sans alternative viable, n’importe qui pourra prendre l’avantage. C’est en même temps une situation terrifiante et pleine d’espoir.

Par Ivan du Roy et Jennifer Austruy (en partenariat avec Politis)
Basta. 9 février 2011.

English version : Africa development aid : Enemy of emancipation ?

* Firoze Manji est Kenyan, chercheur associé à l’université d’Oxford (Royaume-Uni). Dentiste à l’origine, il a ensuite travaillé pour plusieurs organisations non gouvernementales, comme Amnesty International ou des fondations. Il édite depuis 2001 un site d’informations altermondialiste africain, www.pambazuka.org.

Ivan du Roy




Edité par T 34 - 02 Mar 2011 à 01:22
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Apr 2011 à 19:40

L’Opération Libye et la bataille du pétrole Redessiner la carte de l’Afrique

Par Michel Chossudovsky*

L’intervention militaire menée par les États-Unis et l’OTAN contre la Libye comporte des implications géopolitiques et économiques d’une portée considérable.

La Libye est l’une des plus grandes économies pétrolières du monde : elle détient 3,5 % des réserves mondiales de pétrole, soit plus du double de celles des États-Unis.

L« Opération Libye » fait partie du programme militaire élargi au Moyen-Orient et en Asie centrale et qui consiste à prendre le contrôle et à s’approprier plus de 60 % des réserves mondiales de pétrole et de gaz naturel, y compris les tracés de pipelines et de gazoducs.

Les pays musulmans, incluant l'Arabie Saoudite, l’Irak, l’Iran, le Koweït, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Yémen, la Libye, le Nigeria, l’Algérie, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, la Malaisie, l’Indonésie et le Brunei possèdent entre 66,2 et 75,9 % de toutes les réserves pétrolières, selon la source et la méthodologie d'évaluation. (Michel Chossudovsky, La « diabolisation » des musulmans et la bataille pour le pétrole, Mondialisation.ca, 7 janvier 2007).

Avec ses 46,5 milliards de barils de réserves prouvées (10 fois plus que l’Égypte) la Libye constitue la plus grande économie pétrolière du continent africain, suivie par le Nigeria et l’Algérie (Oil and Gas Journal). À titre de comparaison, les réserves de pétrole prouvées des États-Unis sont de l’ordre de 20,6 milliards de barils (décembre 2008) selon l’Energy Information Administration ( U.S. Crude Oil, Natural Gas, and Natural Gas Liquids Reserves)

Les évaluations les plus récentes estiment les réserves pétrolières de la Libye à 60 milliards de barils et ses réserves de gaz à 1500 milliards de mètres cube (m3). Sa production de pétrole se chiffre entre 1,3 et 1,7 millions de barils par jour, bien en deçà de sa capacité de production. Son objectif à plus long terme est de produire 3 millions de barils de pétrole et 2600 millions de m3 de gaz par jour, selon les données de la Compagnie pétrolière nationale (CPN).

Le BP Statistical Energy Survey (alternatif, 2008) estimait pour sa part les réserves pétrolières prouvées de la Libye à 41,464 milliards de barils à la fin 2007, ce qui représente 3,34 % des réserves mondiales prouvées. (Mbendi Oil and Gas in Libya - Overview).

Le pétrole est le « trophée » des guerres menées par les États-Unis et l’OTAN

Une invasion de la Libye sous mandat humanitaire servirait les mêmes intérêts privés que l’invasion et l’occupation de l’Irak en 2003. L’objectif sous-jacent est de prendre possession des réserves de pétrole de la Libye, de déstabiliser la CPN et, en dernier lieu, de privatiser l’industrie pétrolière du pays, soit transférer le contrôle et la propriété de la richesse pétrolière libyenne dans des mains étrangères.

La CPN est au 25e rang des 100 compagnies pétrolières les plus importantes du monde. (The Energy Intelligence ranks NOC 25 among the world’s Top 100 companies. - Libyaonline.com)

L’invasion planifiée de la Libye, déjà en cours, fait partie d’une bataille plus vaste, la « bataille du pétrole ». Près de 80 % des réserves pétrolières de la Libye se trouvent dans le bassin du golfe de Syrte à l’est de la Libye. (Voir la carte ci-dessous)

La Libye a une économie remarquable (Prize Economy). « La guerre est bonne pour les affaires ». Le pétrole est le trophée des guerres menées par les États-Unis et l’OTAN.

Wall Street, les géants anglo-américains du pétrole et les producteurs d’armes étasuniens et européens seraient les bénéficiaires cachés d’une campagne militaire contre la Libye menée par les États-Unis et l’OTAN.

Le pétrole libyen constitue une aubaine pour les géants du pétrole anglo-américains. Alors que la valeur marchande du pétrole brut est actuellement bien au-delà des 100 dollars le baril, le coût du pétrole libyen est extrêmement bas, aussi bas que 1 dollar le baril (selon une estimation). Un expert du marché pétrolier l’a fait remarquer de manière plutôt cryptique :

« À 110 dollars [le baril] sur le marché mondial, un simple calcul mathématique donne à la Libye une marge de profit de 109 $ [le baril]. » (Libya Oil, Libya Oil One Country's $109 Profit on $110 Oil, EnergyandCapital.com, 12 mars 2008)

Intérêts pétroliers étrangers en Libye

Les compagnies pétrolières étrangères en activité en Libye avant l’insurrection comprenaient Total de France, ENI d’Italie, China National Petroleum Corp (CNPC), British Petroleum (BP), le consortium espagnol REPSOL, ExxonMobil, Chevron, Occidental Petroleum, Hess et Conoco Phillips.

Le fait que la Chine joue un rôle central dans l’industrie libyenne est significatif. La CNPC avait un effectif de quelque 400 employés. Les effectifs chinois totaux en Libye étaient de l’ordre de 30 000.

Onze pour cent (11 %) des exportations de pétrole de la Libye sont acheminées par la Chine. Alors qu’il n’existe pas de chiffres sur la taille et l’importance de la production et des activités d’exploration de la CNPC, certaines indications laissent croire qu’elles sont importantes.

De manière plus générale, Washington considère la présence de la Chine en Afrique du Nord comme une intrusion. D’un point de vue géopolitique, la Chine est un empiètement. La campagne militaire dirigée contre la Libye est destinée à exclure la Chine de l’Afrique du Nord.

Le rôle de l’Italie est également important. ENI, le consortium pétrolier italien, produit 244 000 barils de gaz et de pétrole, ce qui représentent presque 25 % des exportations totales de la Libye. ( Sky News: Foreign oil firms halt Libyan operations, 23 février 2011).

Parmi les compagnies étasuniennes en Libye, Chevron et Occidental Petroleum (Oxy) ont décidé il y a à peine six mois (octobre 2010) de ne pas renouveler leurs permis d’exploration de pétrole et de gaz en Libye. (Why are Chevron and Oxy leaving Libya?: Voice of Russia, 6 octobre 2010). En revanche, en novembre 2010, la compagnie pétrolière allemande R.W. DIA E a signé un accord de grande envergure avec la CPN libyenne, comprenant l’exploration et le partage de la production. (AfricaNews - Libya: German oil firm signs prospecting deal - The Africa News)

Les enjeux financiers et les « butins » sont extrêmement importants. L’opération militaire a pour but de démanteler les institutions financières de la Libye ainsi que de confisquer des milliards de dollars d’actifs financiers déposés dans des banques occidentales.

Il faut par ailleurs souligner que les capacités militaires de la Libye, y compris son système de défense antiaérienne, sont faibles.


Redessiner la carte de l’Afrique

La Libye détient les plus grandes réserves pétrolières de l’Afrique. Le but de l’interférence des États-Unis et de l’OTAN est stratégique : il consiste à voler purement et simplement la richesse pétrolière du pays sous le couvert d’une intervention humanitaire.

Cette opération militaire vise à établir l’hégémonie étasunienne en Afrique du Nord, une région dominée historiquement par la France et, dans une moindre mesure, par l’Italie et l’Espagne.

En ce qui concerne la Tunisie , le Maroc et l’Algérie, le plan de Washington consiste à affaiblir les liens politiques de ces pays avec la France et à faire pression pour l’installation de nouveaux régimes politiques ayant des rapports étroits avec les États-Unis. Affaiblir la France fait partie des ambitions impériales étasuniennes. Il s’agit d’un processus historique remontant aux guerres d’Indochine.

L’intervention des États-Unis et de l’OTAN, qui mènera tôt ou tard à la formation d’un régime fantoche étasunien, a également pour but d’exclure la Chine de la région et d’évincer la CNPC. Les géants du pétrole anglo-américains ayant signé un contrat d’exploration en 2007 avec le gouvernement Kadhafi, dont BP, font partie des potentiels « bénéficiaires » de la proposition d’opération militaire des États-Unis et de l’OTAN.

De manière plus générale, c’est le dessin d’une nouvelle carte de l’Afrique qui est en jeu : un autre processus de division néocoloniale, la réforme des démarcations de la Conférence de Berlin de 1884 et la conquête de l’Afrique par les États-Unis, alliés à la Grande-Bretagne, dans une opération menée par les États-Unis et l’OTAN.

La nouvelle division coloniale de l’Afrique. 1913

Libye : une porte d’entrée stratégique du Sahara vers l’Afrique centrale

La Libye a des frontières avec plusieurs pays dans la sphère d’influence de la France, dont le Tchad, le Niger, l’Algérie et la Tunisie.

Le Tchad représente potentiellement une riche économie pétrolière. ExxonMobil et Chevron ont des intérêts au sud du Tchad, y compris un projet de pipeline. Le sud du Tchad est une porte ouverte sur la région du Darfour au Soudan, lui aussi stratégique, vu sa richesse pétrolière.

La Chine a pour sa part des intérêts pétroliers à la fois au Tchad et au Soudan. La CNPC a signé un accord d’envergure avec le gouvernement tchadien en 2007.

En raison de ses vastes réserves d’uranium, le Niger est également stratégique pour les États-Unis. En ce moment, la France domine l’industrie de l’uranium par le biais de son conglomérat nucléaire Areva, autrefois connu sous le nom de Cogema. La Chine a également un intérêt dans l’industrie de l’uranium nigérien.

De façon plus générale, la frontière sud de la Libye est stratégique pour les États-Unis dans leur quête d’une plus grande sphère d’influence en Afrique francophone, un vaste territoire couvrant le nord, le centre et l’ouest du continent. Historiquement, cette région appartenait aux empires coloniaux de la France et de la Belgique et ses frontières ont été dessinées à la Conférence de Berlin en 1884.

Source www.hobotraveler.com

Les États-Unis ont joué un rôle passif à la Conférence de Berlin en 1884. Cette nouvelle division du continent africain au 21e siècle, fondée sur le contrôle du pétrole, du gaz naturel et de minéraux stratégiques (cobalt, uranium, chrome, manganèse, platine et uranium), favorise principalement des intérêts privés anglo-américains dominants.

L’interférence des États-Unis en Afrique du Nord redéfinit la géopolitique d’une région entière. Elle ébranle la Chine et fait ombrage à l’influence de l’Union européenne.

Ce nouveau découpage du continent réduit non seulement le rôle des anciens pouvoirs coloniaux en Afrique du Nord (incluant la France et l’Italie), il fait aussi partie d’un processus élargi visant à supplanter et affaiblir la France (et la Belgique) sur une vaste étendue du continent africain.

Les régimes fantoches étasuniens ont été installés dans plusieurs pays africains autrefois dans la sphère d’influence de la France (et de la Belgique), dont la République démocratique du Congo et le Rwanda. Il est planifié que plusieurs pays d’Afrique occidentale (incluant la Côte d’Ivoire) deviennent des États mandataires des États-Unis.

Par ailleurs, l’Union européenne dépend grandement du flux de pétrole libyen : 85 % de celui-ci est vendu à des pays européens. En cas de guerre avec la Libye, l’approvisionnement de pétrole en Europe de l’Ouest pourrait être perturbé davantage et affecter sérieusement l’Italie, la France et l’Allemagne. Trente pour cent du pétrole italien et 10 % de son gaz sont importés de la Libye. L ’alimentation en gaz libyen se fait par le gazoduc Greenstream en Méditerranée.

Conclusions

Par une désinformation intensive, les médias dominants sont complices dans la justification d’un programme militaire, lequel, s’il est mis en oeuvre, n’aurait pas seulement des conséquences dévastatrices pour les Libyens : le monde entier en ressentirait les effets sociaux et économiques.

À l’heure actuelle, il existe trois théâtres de guerre distincts dans le grand Moyen-Orient et en Asie centrale : la Palestine, l’Afghanistan et l’Irak. En cas d’attaque contre la Libye, un quatrième théâtre de guerre prendrait naissance en Afrique du Nord, comportant le risque d’une escalade militaire.

L’opinion publique doit prendre connaissance des intentions cachées derrière cette présumée entreprise humanitaire que les chefs d’États et de gouvernements des pays de l’OTAN proclament comme une « guerre juste ». La théorie de la guerre juste, autant dans sa version classique que contemporaine, soutient que la guerre est une « opération humanitaire ». Elle appelle à l’intervention militaire sur des bases éthiques et morales contre des « États voyous » et des « terroristes islamiques ». Cette théorie de la guerre juste diabolise le régime de Kadhafi tout en fournissant un mandat humanitaire à l’intervention militaire des États-Unis et de l’OTAN.

Les chefs d’États et de gouvernements des pays de l’OTAN sont les artisans de la guerre et de la destruction en Irak et en Afghanistan. Dans une logique complètement tordue, ils sont présentés comme les voix de la raison, comme les représentants de la « communauté internationale ».

La réalité est sens dessus dessous. Une intervention humanitaire est lancée par des criminels de guerre en haut lieu, lesquels sont les gardiens incontestés de la théorie de la guerre juste.

Abou Ghraib, Guantanamo, les pertes civiles dans des villes et des villages pakistanais dues aux attaques de drones ordonnées par le président Obama ne font pas la une des journaux, pas plus que les 2 millions de civils morts en Irak.

Il n’existe rien de tel qu’une « guerre juste ». Il faut comprendre l’histoire de l’impérialisme étasunien. Le rapport de 2000 Project for the New American Century intitulé (PNAC) « Rebuilding Americas' Defenses » réclame la mise en œuvre d’une longue guerre, d’une guerre de conquête. L’une des composantes importantes de ce programme militaire consiste à « [s]e battre et gagner de manière décisive de multiples guerres de théâtre simultanées ».

L’« Opération Libye » fait partie de ce processus. Il s’agit d’un autre théâtre dans la logique de « guerres de théâtre simultanées » du Pentagone.

Le document PNAC reflète fidèlement l’évolution de la doctrine militaire des États-Unis depuis 2001. Les États-Unis prévoient être impliqués simultanément dans plusieurs théâtres de guerre dans différentes régions du monde.

Tout en confirmant que l’objectif est la protection du pays, la « sécurité nationale » des États-Unis, le rapport PNAC explique clairement pourquoi ces multiples guerres de théâtre sont nécessaires. La justification humanitaire n’est pas mentionnée.

Quel est le but de la feuille de route militaire des États-Unis?

La Libye est ciblée parce qu’elle est l’un des quelques pays à se maintenir en dehors de la sphère d’influence des États-Unis et qu’elle ne s’est pas conformée aux demandes étasuniennes. La Libye est un pays sélectionné dans le cadre d’une « feuille de route » militaire, laquelle comporte « de multiples guerres de théâtre simultanées ». Pour reprendre l’ancien commandant en chef de l’OTAN Wesley Clark:

Au Pentagone en novembre 2001, un officier d’état-major de haut rang avait du temps pour discuter. Oui, nous nous dirigions toujours vers une confrontation avec l’Irak, a-t-il affirmé. Mais il y avait plus. Cela faisait l’objet de discussions dans la planification d’une campagne de cinq ans, disait-il, où l’on trouvait en tout sept pays, en commençant par l’Irak, ensuite la Syrie, le Liban, la Libye l’Iran, la Somalie et le Soudan. (Wesley Clark, Winning Modern Wars, p.130).

Article original en anglais : « Operation Libya" and the Battle for Oil: Redrawing the Map of Africa », publié le 9 mars 2011.

Traduction Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

* directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l'Université d'Ottawa. Il est l'auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en 12 langues).

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La longue guerre de Washington contre l’Afrique

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Par emcee le mardi 19 avril 2011, 19:28 - Continents à la dérive - Lien permanent

par James Petras

James Petras, ex-professeur de sociologie à Binghamton University, New York, militant de la lutte des classes depuis cinquante ans, conseiller pour les sans-terre et les sans-droits au Brésil et en Argentine, a coécrit "Globalization Unmasked (Zed Books).

Source : Washington’s Long War Against Africa ; Dissident Voice, 17 avril 2011.

Le bombardement de la Libye au printemps 2011 par les Etats-Unis pour soutenir les clients-rebelles fait partie d’une politique d’interventions militaires en Afrique ininterrompue depuis au moins le milieu des années 1950. Selon un rapport rédigé par le service de la Recherche du Congrès US (US Congressional Research Service) publié en novembre 2010, Washington a déployé pratiquement tous les ans entre des centaines et plusieurs milliers de troupes, des dizaines d’avions de combat et de navires de guerre pour mettre en place des dictatures clientes ou pour renverser des régimes hostiles dans des dizaines de pays.
Ce rapport montre que les forces armées US sont intervenues 46 fois avant la guerre actuelle en Libye. Les pays qui ont subi une ou plusieurs interventions sont, entre autres : le Congo, le Zaïre, la Libye, le Tchad, la Sierra Leone, la Somalie, le Rwanda, le Liberia, la République Centre-Africaine, le Gabon, la Guinée-Bissau, le Kenya, la Tanzanie, le Soudan, la Côte d’Ivoire, l’Ethiopie, Djibouti et l’Erythrée. La seule intervention progressiste a eu lieu en Egypte sous la présidence d’Eisenhower qui avait obligé les forces armées israéliennes- françaises et anglaises à se retirer du canal de Suez en 1956.
Entre le milieu des années 1950 jusqu’à la fin des années 1970, il n’y a eu que 4 opérations militaires officielles, même si les opérations militaires de grande envergure menées par procuration et clandestinement étaient pléthore.
Sous la présidence de Reagan-Bush Sr. (1980-1991) les interventions militaires officielles ont nettement augmenté, passant à 8, sans compter les guerres menées à grande échelle par les « forces spéciales » clandestines et les guerres par procuration dans le sud de l’Afrique.
C’est lors de la présidence de Clinton que l’impérialisme militarisé US a pris de l’ampleur en Afrique. Entre 1992 et 2000, il y a eu 17 agressions armées, parmi lesquelles une invasion d’envergure en Somalie et l’aide militaire au régime génocidaire du Rwanda. Clinton est intervenu au Liberia, au Gabon, au Congo et en Sierra Leone pour maintenir au pouvoir les régimes fantoches au pouvoir depuis des lustres.
Il a fait bombarder le Soudan et envoyé des militaires au Kenya et en Ethiopie pour aider les états-clients à attaquer la Somalie.
Avec Bush Jr., il y a eu 15 interventions militaires US, principalement en Afrique Centrale et en Afrique de l’est.
L’invasion et le bombardement de la Libye par le gouvernement Obama n’est que la continuation des méthodes impériales pérennes destinées à consolider le pouvoir des Etats-Unis grâce à l’instauration de régimes clients, l’établissement de bases militaires et la formation et l’endoctrinement d’armées de mercenaires appelés « partenaires de coopération ». Il est indéniable qu’il existe depuis plusieurs décennies une vague montante de militarisme impérial aux Etats-Unis.
La majorité de l’empire africain des Etats-Unis est construite disproportionnellement sur les rapports militaires avec les chefs militaires de leurs clients. Le Pentagone a des liens militaires avec 53 pays africains (y compris en Libye avant l’agression actuelle).
Les efforts de Washington pour militariser l’Afrique et transformer leur armée en une armée de mercenaires qui servent à étouffer les révoltes et les régimes anti-empire sont multipliés après le 11 sept.
L’Administration Bush avait annoncé en 2002 que l’Afrique était une « priorité stratégique de la lutte contre le terrorisme”.
Et de là, les stratèges impériaux, soutenus par les élus du congrès, progressistes et néoconservateurs, ont commencé à centraliser et à coordonner une politique militaire sur tout le continent africain en créant le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (l’AFRICOM). Ce dernier est chargé de l’organisation des armées, appelée par euphémisme, “partenariats de coopération” pour mener les guerres néo-coloniales fondées sur des accords bilatéraux (en Ouganda, au Burundi, etc.) et créer également des liens « multilatéraux » avec l’Organisation de l’Unité Africaine.
L’AFRICOM, malgré le rôle qu’on lui avait assigné de servir d’instrument pour propager l’influence impériale, a été plus efficace pour dévaster des pays qu’à s’emparer de ressources et asseoir son pouvoir. La guerre en Somalie, qui a déplacé et tué des millions de personnes et coûté des centaines de millions de dollars, entre dans sa vingtième année, et sans espoir d’issue victorieuse en vue.
A part la plus ancienne néo-colonie US, le Liberia, aucun autre pays n’a accepté qu’AFRICOM installe sa base sur son sol.
Ce qui est très significatif, c’est qu’AFRICOM n’était pas préparé au renversement des régimes de clients importants en Tunisie et en Egypte – des « partenaires » importants qui surveillaient le sud de la Méditerranée, les côtes des pays arabes et la mer Rouge. Malgré la collaboration de la Libye avec AFRICOM, surtout pour les opérations des services secrets “anti-terroristes”, Washington a cru à tort qu’une victoire facile de ses clients « rebelles » pourrait conduire à un régime plus docile, qui offrirait davantage en matière de base militaire, de QG et de source pétrolière bon marché. Aujourd’hui, les Etats-Unis dépendent autant du pétrole africain que leurs fournisseurs du Moyen-Orient.
La présence d’AFRICOM sur tout le continent africain se solde par son incapacité à transformer ces « partenariats » en installation effective de leaders fantoches.
Les mesures prises pour encourager des programmes « civils-militaires » n’ont pas permis d’assurer une base populaire à des régimes de collaborateurs corrompus, très appréciés pour leur disposition à fournir de la chair à canon à l’empire.
La révolte en Afrique du Nord a renversé les figures emblématiques des dictatures soutenues par l’empire. Alors que les révoltes populaires dans les pays arabes se propagent vers le Golfe et intensifient leurs revendications de changements socio-économiques ainsi que politiques, l’empire a contre-attaqué.
AFRICOM a soutenu l’agression en Libye, l’attaque contre le mouvement pour la démocratie menée par la junte militaire au pouvoir en Egypte et compte sur ses « partenaires » autocrates dans le Golfe et la Péninsule Arabique pour noyer dans un bain de sang les mouvements de la société civile.
La militarisation croissante de la politique de l’empire US en Afrique du Nord et dans le Golfe donne lieu à des affrontements historiques entre la révolution arabe pour la démocratie et les satrapes soutenus par l’empire; entre les Libyens qui luttent pour leur indépendance et les forces navales et aériennes euro-américaines qui dévastent le pays pour le compte de leurs clients locaux incompétents.

Traduction emcee, des bassines et du zèle



Edité par T 34 - 12 May 2011 à 23:54
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Le travail de millions d’enfants en Afrique subsaharienne est dénoncé

Par Tania Hernández

Luanda, 18 mai (RHC-PL).- L’OIT, Organisation Internationale du Travail a dénoncé le fait qu’en Afrique subsaharienne,  près de 58 millions d’enfants travaillent, ce qui affecte leur développement.

Lors d’une réunion en Angola sur le Travail des Enfants dans les Pays de Langue Portugaise, le représentant de l’OIT, Tomas Vera, a souligné que l’exploitation des mineurs dans le marché du travail n’est pas un phénomène exclusif de cette région du continent africain car 215 millions d’enfants travaillent dans le monde, la moitié d’entre eux dans des conditions dégradantes.

Tomas Vera a appelé à concrétiser et à faire  un  suivi des plans d’action engagés par les Etats pour éviter le travail chez les enfants et éviter ainsi d’hypothéquer le futur des nouvelles générations.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 May 2011 à 17:57
Africains, levez-vous ! c’est vous que visent les bombes qui pleuvent sur la Libye
 
Einar Schlereth
 
mercredi 25 mai 2011

Vous, les femmes et les jeunes, c’est à vous que je m’adresse. Unissez-vous ! Qu’attendez-vous ? Les jeunes du monde entier se lèvent et vous attendent. L’Afrique est en guerre. La Libye n’est qu’un début. Une fois ce pays vaincu, et Kadhafi assassiné, ce sera votre tour. Toute l’Afrique jusqu’au Cap.

L’AFRIQUE OU L’AFRICOM ?

L’AFRICOM, c’est l’Occident, c’est Washington, l’OTAN, l’Europe - tous veulent s’approprier l’Afrique. Ses richesses, ses cerveaux, son sang. L’Occident lutte pour sa survie. S’il emporte l’Afrique, il peut durer encore un siècle. Mais pour l’Afrique, cela signifiera une fois de plus l’esclavage.

L’AFRIQUE DU CAP JUSQU’AU CAIRE

L’Afrique est le berceau de l’humanité. L’homme est né en Afrique et la culture humaine en Égypte et en Nubie. L’humanité, et l’Afrique elle-même, l’ont oublié. L’Afrique a oublié ses grands maîtres - Cheikh Anta Diop et Kwame N’Krumah. Ils avaient appelé l’Afrique à reconquérir sa grandiose culture et à s’unir. Ils avaient mis en garde contre le risque d’une reconquête par les colonialistes et néocolonialistes.

LA RECONQUÊTE DE L’AFRIQUE A COMMENCÉ

L’instrument en est l’AFRICOM. Créé sous l’égide des USA qui avaient le mieux perçu l’intérêt de l’Afrique pour leurs visées impérialistes. La plupart des gouvernements africains sont au service de ces visées. Et ceux qui refusent de se soumettre sont éliminés. Kadhafi figure désormais en tête de liste. Mais c’est moins sa personne qui importe que sa vision d’une Afrique forte et unie. Il s’en est donné les moyens concrets, qui désormais vont être volés par les Yankees. Ce ne serait pas le premier leader et ami des Africains à être assassiné. Pensons à Toussaint Louverture, lâchement assassiné par Napoléon ; de nos jours encore USA continuent à exercer leur vengeance contre sa patrie haïtienne. Ou à Martin Luther King ou Malcolm X ou Lumumba ou Cabral ou Mondlane.

AFRICAINS, LEVEZ-VOUS !

Vous, femmes et jeunes d’Afrique - c’est vous que visent les bombes qui pleuvent sur la Libye. Elles doivent vous inspirer terreur et panique. Mais les Libyens combattent pour leur liberté. Ne les soutiendrez-vous pas ? C’est toute l’Afrique qui est en jeu. Elle a le choix entre la liberté et la dictature de l’AFRICOM.

Source : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=4865

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L’Inde se déploie en Afrique

Le premier ministre Singh a promis de débloquer une aide de 5 milliards de dollars pour le continent africain, « une priorité stratégique » pour New Delhi, relève la presse.

Tout comme la Chine, l’Inde s’impose économiquement et diplomatiquement sur le continent africain. Certes, plus discrètement. Mais l’annonce de débloquer une aide de 5 milliards de dollars pour l’Afrique, faite par le Premier ministre indien, Manmohan Singh, lors du deuxième sommet Afrique-Inde qui s’est tenu à Addis-Abeba, rappelle les fortes intentions de New Delhi. « Plus que n’importe quelle région dans le monde, l’Afrique doit être une priorité stratégique pour l’Inde », écrit le quotidien The Hindu. Sur le plan diplomatique, les convergences entre les deux parties pointent l’« urgence » d’une « réforme globale » de l’ONU, partageant l’avis selon lequel l’institution internationale doit fonctionner d’une manière « transparente » et que « la composition de ses principaux organes doit refléter les réalités contemporaines ».

Sur le plan commercial et économique, les Indiens insistent pour replacer le partenariat avec l’Afrique dans le cadre d’une politique de « solidarité Sud-Sud » fondée sur le développement local et les transferts de technologies, dans des secteurs comme l’informatique ou la santé. En retour, l’Inde, qui prévoit une croissance de près de 9 % pour 2011 cette année, a besoin de matières premières. Obligée d’importer jusqu’à 80 % de son pétrole, elle veut sécuriser ses sources d’approvisionnement en les diversifiant. Au cours des dix dernières années, elle s’est donc tournée vers l’Afrique et l’Amérique latine. New Delhi a ainsi signé des accords de collaboration avec des pays producteurs pour l’importation de charbon, d’uranium et plus particulièrement de pétrole.

La plus grande différence entre les politiques africaines de la Chine et de l’Inde réside dans la nature de leurs stratégies respectives en matière d’investissement. « L’engagement de la Chine est une affaire d’État, tandis que c’est le secteur privé qui est à l’avant-garde dans le cas indien », explique le politologue indien Raja Mohan dans les colonnes du quotidien The Indian Express. Les entreprises indiennes ont pris d’assaut quasiment tous les grands secteurs de l’économie africaine, des matières premières à l’industrie automobile, en passant par les infrastructures.

Dominique Bari



Edité par T 34 - 02 Jul 2011 à 02:43
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Rubrique L’art de la guerre
 

Les missionnaires de l’Africom

 

Manlio DINUCCI

A première vue on dirait des missionnaires comboniens (1). Mais ce sont les militaires de l’Africom, le Commandement Africa des Etats-Unis. A Djibouti ils soignent les pauvres, tandis qu’en Ethiopie ils construisent des écoles et au Malawi ils font face à une urgence humanitaire. Ces bonnes actions et bien d’autres sont l’œuvre de l’Africom. « L’Amérique a la responsabilité de travailler avec vous comme partenaire », a dit le président Obama dans son discours « historique » du 11 juillet 2009 au Ghana, en garantissant que le Commandement Africa allait avant tout contribuer à « résoudre pacifiquement les conflits ». Et en assurant que « l’Amérique (Etats-Unis, NdT) n’essaiera d’imposer aucun système de gouvernement à aucune autre nation », parce que « la vérité essentielle de la démocratie est que chaque nation détermine son propre destin ».

Vingt mois plus tard, le 19 mars 2011, l’Africom a lancé l’opération Odyssey Dawn, la première phase de la guerre dont le but réel est de renverser le gouvernement de Tripoli pour imposer à la Libye (pays qui a les plus grandes réserves pétrolifères d’Afrique) un gouvernement qui plaise à Washington.

Obama a aussi dit que les Etats-Unis s’emploient à soutenir en Afrique des « démocraties fortes et durables », parce que « le développement dépend du bon gouvernement ». Mission que l’Africom réalise en formant en Afrique des « forces militaires partenaires, professionnelles et compétentes, pour créer une situation stable et sûre en soutien de la politique extérieure USA ».

L’Africom contribue donc au bon gouvernement en Afrique en s’appuyant sur ces sommets militaires que Washington juge fiables ou pouvant être conquis. De nombreux officiers sont formés au Centre d’études stratégiques pour l’Afrique et dans divers programmes, surtout l’Acota à travers lequel ont été entraînés environ 50mille instructeurs et soldats africains.

Même objectif pour les manœuvres militaires conjointes, comme l’Africa Lion actuellement en cours au Maroc, où ont débarqué 2 mille marines. La manœuvre, à laquelle participent 900 militaires marocains, est dirigée par un commandement conjoint mobile (Djc2) envoyé par la US Army Africa, le quartier général de Vicence (région Frioul Vénétie Julie, NdT) des forces terrestres Africom, relié à celui des forces navales basé à Naples. Le Djc2, explique un officier, peut être déployé « dans n’importe quelle condition, dans n’importe quelle partie du continent ».

Même si le quartier général du Commandement Africa reste à Stuttgart, étant donnée la réticence de quasiment tous les pays africains à l’accueillir, et si Obama assure que ce dernier « n’a pas pour objectif d’avoir un point d’appui en Afrique », l’Africom a déjà là une force permanente : la Task force conjointe de la Corne d’Afrique, environ 2 mille hommes basés à Djibouti, qui mène des opérations (en grande partie secrètes) dans divers pays.

L’Africom a aussi diverses « Stations pour le partenariat en Afrique » : des navires de guerre qui vont de port en port, fonctionnant comme bases mobiles où sont entraînés les militaires africains. Les escales préférées sont celle d’Afrique occidentale, région riche en pétrole et autres ressources précieuses, où la frégate lance-missiles Robert G. Bradley a visité en avril le Cap Vert et le Sénégal. Pour l’entraînement (et pour des opérations secrètes), l’Africom se sert aussi de compagnies militaires privées, comme les tristement célèbres DynCorp et Xe Services, payées avec les fonds d’un milliard de dollars institués par le Département d’Etat pour « le maintien de la paix en Afrique ».

Manlio Dinucci

Edition de mardi 24 mai 2011 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbo...

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

(1) Congrégation missionnaire connue en Italie pour ses œuvres en Afrique ; le père A. Zanotelli, en particulier, très engagé dans le mouvement italien anti-guerre, en fait partie. NdT.




Edité par T 34 - 20 Jun 2011 à 01:13
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Les pays de l’Union Africaine se doivent de lutter contre la pauvreté, la faim et le sous- développement

Par Reynaldo Henquen
 
Malabo, 2 juillet (RHC-PL).- Lors du XVIIè Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine, qui se tient à Malabo en Guinée Equatoriale le président  Sud- Africain.  Jacob Zuma, a signalé que les pays du  continent doivent lutter contre la pauvreté, la faim et le sous- développement et il a appelé les Etats de la région à s’unir à cette fin et à employer leurs  ressources pour contribuer à une progression de la zone.

La réunion a aussi analysé le rôle des jeunes et leur formation pour contribuer à un meilleur développement de la région.

 Auparavant les participants avaient centré leurs discussions sur le conflit en Libye et le président de la Commission de cette entité Jean Ping, avait exhorté l’Afrique à s’unir pour lui trouver une solution.

Source
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Lettre adressée aux Chefs d’états à l’occasion du 17 ème sommet de l’Union Africaine

 
African-Libyan Action Committee (ALAC)

À l’attention de

- Monsieur Teodoro OBIANG NGUEMA, Président en Exercice de l’Union Africaine

- Mesdames, Messieurs les Chefs d’états et Chefs de Gouvernements

- Monsieur Jean PING Président de la Commission de l’Union Africaine

Excellences,

À l’occasion de la tenue du 17ème sommet de l’Union africaine (UA) du 30 juin au 1er juillet 2011 à Malabo, l’African-Libyan Action Committees (ALAC), vient par la présente interpeler votre conscience, votre dignité et votre honneur de dirigeants africains, lesquels sont constamment bafoués par les puissances impérialistes occidentales. Votre manque de réactivité énergique collective face aux agressions des puissances occidentales en Côte d’Ivoire (par la France) et en Libye (par l’Otan), feraient de vous de facto les responsables de ces humiliations, de cette domination et exploitation dont l’Afrique et les générations futures subiraient les gravissimes préjudices et conséquences.

Excellences, quelle Afrique auriez-vous souhaité léguer aux générations futures ? Celle tenue en esclavage par les puissances occidentales ou un continent prospère, véritablement indépendant, où les peuples seraient maîtres de leur destin ? Le mépris dont le seul continent, l’Afrique et ses populations sont victimes, l’inexistence de votre voix dans les décisions internationales y compris celles concernant les peuples, n’heurteraient-ils pas votre conscience et celle des victimes ? Continuerez-vous à ignorer l’opinion des masses populaires africaines remontées en bloc contre ces expéditions coloniales punitives, préludes à une recolonisation en règle de notre continent ? Quand oseriez-vous prendre vos responsabilités historiques face à ces vagues déferlantes d’expéditions coloniales punitives et d’occupation ?

En ce début du 21ème siècle, notre continent mère, l’Afrique est victime d’une croisade sans précédent des puissances impérialistes occidentales. De la Côte d’Ivoire à la Libye, nous assistons impuissants à la volonté de la prétendue « Communauté internationale » laquelle est constituée notamment du trio France-Usa-Royaume uni. Cette minorité belliqueuse et agressive par ailleurs membre du Conseil de sécurité de l’Onu, impose son diktat par le truchement des résolutions rédigées par ses bons soins pour cette institution.

Excellences, l’Otan fait fi des appels réitérés de l’Union africaine (UA) demandant l’arrêt immédiat et inconditionnel de la campagne de bombardement de la Libye. Une organisation panafricaine qui regroupe 53 états mais qui se fait méprisée par une poignée de puissances occidentales impérialiste, cela est inadmissible et insupportable pour la dignité et l’honneur des Africains. C’est un blasphème à la mémoire des milliers d’héros tombés sur le champ de bataille contre les colonisateurs et pour la libération du Continent.

Le comportement de la « Communauté internationale » démontre si besoin en est, son manque profond voire congénital de considération à l’égard de l’Afrique. Excellences, cela devrait heurter votre conscience de dirigeants. Ce mépris de l’Afrique par les puissances occidentales, est d’autant plus révoltant que les membres du Comité des médiateurs de l’Union africaine(UA), composé de cinq chefs d’Etat (Afrique du Sud, Congo, Mali, Ouganda, Mauritanie), étaient contraints de demander expressément l’autorisation une sorte de « visa » à l’Otan avant d’effectuer un voyage en Libye. Quelle humiliation ! Ce fait gravissime jette incontestablement de l’opprobre sur vous-mêmes et consacrerait de facto votre reconnaissance de la mise sous tutelle de l’Afrique par l’Occident. Excellences, en votre qualité de Chefs d’états africains, seriez-vous devenus étrangers sur le sol de vos ancêtres ? Au nom de la solidarité africaine avec le peuple libyen et son Guide Kadhafi, victimes d’agression militaire impérialiste, pourquoi aviez-vous accepté de demander un « visa collectif » de voyage et de séjour dans une région du continent qui est la vôtre ? Aux yeux des peuples africains, aucun dirigeant d’autres continents, n’aurait accepté ou subi un tel affront, ni un traitement dégradant et humiliant comme vous l’êtes en permanence de la part des puissances occidentales. Cette spécificité africaine instituée par les impérialistes, ne serait-elle pas assimilée à cette vision d’un continent et ses populations qui seraient maintenus dans une « réserve de sauvages et de matières premières » grâce aux bombardements ?

Excellences, nous souhaiterions que accordiez plus d’écoute aux cris de colère et de désespoir des peuples africains, ces citoyens d’en bas pour qui les bombardements de la Libye est une guerre coloniale d’occupation et de rapine. Nous osons encore espérer que vous ayez encore le sens du nationalisme, de l’honneur et de dignité, qui avait caractérisé les Grands Hommes africains (Patrice Lumumba, Houari Boumediene, Sékou Touré, Kouamé Nkrumah, Nelson Mandela , Thomas Sankara, Amilcar Cabral Gamal Abdel Nasser, Agostino Neto, Samora Machel, Marien Ngouabi, Robert Mugabé, Mouammar Kadhafi, Laurent Gbagbo, Laurent Kabila, Sylvanus Olympio, Ruben Um Nyombé, Félix Moumié, Barthélemy Boganda, Chizano, Sam Nujoma, …) qui ont lutté ou qui continuent le combat pour l’indépendance totale, le respect , la dignité , l’honneur et la prospérité de l’Afrique et de ses populations. Ces Grands Hommes ont été ou sont des insoumis aux diktats des puissances impérialistes.

Excellences, nous osons encore espérer que vous feriez preuve d’un sursaut panafricaniste anti impérialiste qui vous conduirait à vous opposer collectivement, concomitamment et avec fermeté à ces bombardements de la Libye. De quel droit et de quelle légitimité les puissances occidentales devraient-elles tuer les peuples africains afin d’imposer par la force militaire leur modèle politique et les dirigeants à leur dévotion ? Quels mandats du Conseil de sécurité autoriseraient l’assassinat politique en cours du Colonel Kadhafi par l’Otan ou le kidnapping par les troupes françaises du président Laurent Gbagbo, dirigeant d’un état africain souverain après bombardement du palais présidentiel ? Les Africains seraient-ils immatures, handicapés ou sauvages, qu’il faille les civiliser, leur dénier le droit de choisir librement leurs dirigeants, leurs systèmes politiques et économiques ?

Excellences, vous avez le devoir et le droit de vous opposez comme un seul homme contre l’asservissement total du continent. Dans le cas échéant, vous prépariez consciemment ou inconsciemment à léguer aux générations futures un continent où elles seraient étrangères et esclaves à l’instar de nos aïeux déportés pendant cinq siècles qu’a duré la traite négrière. Excellences, nous osons encore espérer que vous n’accepteriez pas de porter cette lourde et criminelle responsabilité en hypothéquant l’avenir du continent et celui des générations futures. Nous refusons la primauté du droit de la force brutale des puissants contre la force du droit international. La faiblesse militaire de l’Afrique face à l’armada des puissances impérialistes, ne justifierait nullement l’inaction de l’Union africaine et de vous-mêmes, en assistant en qualité de spectateurs médusés au déluge infernal de feu de l’Otan contre la Libye, un pays africain et un peuple frère.

Le Colonel Kadhafi a toujours été la bête noire des puissances impérialistes qui voudraient le liquider physiquement. En effet, la résolution 1973 du conseil de sécurité de l’Onu a été un excellent prétexte pour ces dernières de procéder à son assassinat politique. Au demeurant, rappelons que le héro africain Patrice Lumumba, a subi le même cheminement tragique en 1961 via la résolution de l’Onu.

Excellences, nous vous conjurons de ne pas laisser se banaliser les assassinats politiques « certifiés » par les résolutions du Conseil de sécurité. En effet, à qui demain le tour de l’un d’entre vous, qui prendrait des mesures nationalistes en faveur de son peuple, portant ainsi préjudices aux intérêts de la puissante « Communauté internationale » ou contre les mesures criminelles du FMI à l’encontre des masses populaires ?

S’opposant au referendum de la France qui maintiendrait sa domination coloniale sur les pays africains au sein de la « Communauté française », le premier président de Guinée, Ahmed Sékou Touré avait eu le courage politique de prononcer ce discours historique du 26 août 1958 : « Nous préférons la pauvreté dans la liberté à l’opulence dans l’esclavage ». Cinquante ans après les indépendances nominales, Excellences, pourquoi ne seriez-vous pas capables d’avoir cette volonté audacieuse, ce courage politique qui a caractérisé le président Sékou Touré, en vous vous opposant efficacement aux bombardements de la Libye ? En remontant plus loin dans l’histoire africaine, les exemples de courage et de volonté politique abondent : des peuples est la vôtre ? Aux yeux des peuples africains, aucun dirigeant d’autres continents, n’aurait accepté ou subi un tel affront, ni un traitement dégradant et humiliant comme vous l’êtes en permanence de la part des puissances occidentales. Cette spécificité africaine instituée par les impérialistes, ne serait-elle pas assimilée à cette vision d’un continent et ses populations qui seraient maintenus dans une « réserve de sauvages et de matières premières » grâce aux bombardements ?

Excellences, nous souhaiterions que accordiez plus d’écoute aux cris de colère et de désespoir des peuples africains, ces citoyens d’en bas pour qui les bombardements de la Libye est une guerre coloniale d’occupation et de rapine. Nous osons encore espérer que vous ayez encore le sens du nationalisme, de l’honneur et de dignité, qui avait caractérisé les Grands Hommes africains (Patrice Lumumba, Houari Boumediene, Sékou Touré, Kouamé Nkrumah, Nelson Mandela , Thomas Sankara, Amilcar Cabral Gamal Abdel Nasser, Agostino Neto, Samora Machel, Marien Ngouabi, Robert Mugabé, Mouammar Kadhafi, Laurent Gbagbo, Laurent Kabila, Sylvanus Olympio, Ruben Um Nyombé, Félix Moumié, Barthélemy Boganda, Chizano, Sam Nujoma, …) qui ont lutté ou qui continuent le combat pour l’indépendance totale, le respect , la dignité , l’honneur et la prospérité de l’Afrique et de ses populations. Ces Grands Hommes ont été ou sont des insoumis aux diktats des puissances impérialistes.

Excellences, nous osons encore espérer que vous feriez preuve d’un sursaut panafricaniste anti impérialiste qui vous conduirait à vous opposer collectivement, concomitamment et avec fermeté à ces bombardements de la Libye. De quel droit et de quelle légitimité les puissances occidentales devraient-elles tuer les peuples africains afin d’imposer par la force militaire leur modèle politique et les dirigeants à leur dévotion ? Quels mandats du Conseil de sécurité autoriseraient l’assassinat politique en cours du Colonel Kadhafi par l’Otan ou le kidnapping par les troupes françaises du président Laurent Gbagbo, dirigeant d’un état africain souverain après bombardement du palais présidentiel ? Les Africains seraient-ils immatures, handicapés ou sauvages, qu’il faille les civiliser, leur dénier le droit de choisir librement leurs dirigeants, leurs systèmes politiques et économiques ?

Excellences, vous avez le devoir et le droit de vous opposez comme un seul homme contre l’asservissement total du continent. Dans le cas échéant, vous prépariez consciemment ou inconsciemment à léguer aux générations futures un continent où elles seraient étrangères et esclaves à l’instar de nos aïeux déportés pendant cinq siècles qu’a duré la traite négrière. Excellences, nous osons encore espérer que vous n’accepteriez pas de porter cette lourde et criminelle responsabilité en hypothéquant l’avenir du continent et celui des générations futures. Nous refusons la primauté du droit de la force brutale des puissants contre la force du droit international. La faiblesse militaire de l’Afrique face à l’armada des puissances impérialistes, ne justifierait nullement l’inaction de l’Union africaine et de vous-mêmes, en assistant en qualité de spectateurs médusés au déluge infernal de feu de l’Otan contre la Libye, un pays africain et un peuple frère.

Le Colonel Kadhafi a toujours été la bête noire des puissances impérialistes qui voudraient le liquider physiquement. En effet, la résolution 1973 du conseil de sécurité de l’Onu a été un excellent prétexte pour ces dernières de procéder à son assassinat politique. Au demeurant, rappelons que le héro africain Patrice Lumumba, a subi le même cheminement tragique en 1961 via la résolution de l’Onu. Excellences, nous vous conjurons de ne pas laisser se banaliser les assassinats politiques « certifiés » par les résolutions du Conseil de sécurité. En effet, à qui demain le tour de l’un d’entre vous, qui prendrait des mesures nationalistes en faveur de son peuple, portant ainsi préjudices aux intérêts de la puissante « Communauté internationale » ou contre les mesures criminelles du FMI à l’encontre des masses populaires ?

S’opposant au referendum de la France qui maintiendrait sa domination coloniale sur les pays africains au sein de la « Communauté française », le premier président de Guinée, Ahmed Sékou Touré avait eu le courage politique de prononcer ce discours historique du 26 août 1958 : « Nous préférons la pauvreté dans la liberté à l’opulence dans l’esclavage ».

Cinquante ans après les indépendances nominales, Excellences, pourquoi ne seriez-vous pas capables d’avoir cette volonté audacieuse, ce courage politique qui a caractérisé le président Sékou Touré, en vous vous opposant efficacement aux bombardements de la Libye ? En remontant plus loin dans l’histoire africaine, les exemples de courage et de volonté politique abondent : des peuples dont se réclament aujourd’hui les rebelles de Benghazi, soutenus par les puissances occidentales, ne fait plus de doute. Le précédent irakien est édifiant à plus d’un titre. La ruée des entreprises des pays agresseurs vers le marché de la reconstruction, la mainmise sur le pétrole, sur les revenus du pétrole de l’Etat libyen, placés dans les banques occidentales, la position géostratégique de la Jamahiriya…sont autant les objectifs poursuivis par les puissances impérialistes. Ce qui les permettrait d’atténuer les effets de la crise économique issue de la crise financière de 2008 et les colossaux déficits de leurs budgets. Selon le quotidien français Le Monde du 16 juin 2011, les revenus du pétrole de l’état libyen, placés dans les banques occidentales sont estimés à 100 milliards d’euros de quoi à faire pâlir de jalousie nombre de pays mêmes puissants en ces temps de crise économique. Excellences, la dernière humiliation et le mépris du Comité des médiateurs de l’Union africaine (UA) par conséquent de toute l’Afrique et des peuples, ont été infligés au cours du dernier voyage du président Sud africain, Jacob Zuma à Tripoli le 30 mai 2011.

Malgré sa déclaration réitérée, préconisé par l’UA pour l’arrêt immédiat des bombardements, nous avons assisté au contraire à un pied de nez de l’Otan qui a répondu quelques heures seulement après son départ, par des bombardements de Tripoli avec une rare intensité. En présence de tels actes de terrorisme et de guerre contre un état souverain africain par des puissances étrangères, ne serait-il pas idoine d’opposer une résistance collective de l’UA ? Pourquoi s’étonner que les agresseurs, ne se voyant pas opposer la riposte adéquate, puisse se moquer impunément de l’Afrique en écoutant vos pieuses lamentations et appels verbaux, voire la litanie sur l’arrêt de bombardements ? Accepter de voir sans réagir un pays africain, la Libye et son peuple se faire assassiner sous les bombes par les agresseurs impérialistes, ne serait pas une est une lâcheté ? Assister en spectateur aux bombardements de l’Otan des résidences et bureaux du Colonel Kadhafi dans l’intention de l’assassiner, ne serait-il pas une haute trahison de l’UA ? Pourquoi refuser de voler au secours de ce digne fils d’Afrique, qui a apporté une aide importante aux mouvements africains de libération pendant leurs luttes de libération ? Pourquoi l’abandonner en ce moment crucial, seul, face aux impérialistes et colonisateurs ? Cette inaction ne serait-elle pas une complicité insidieuse d’assassinat du Guide ? L’histoire jugera ces africains collabos des agresseurs impérialistes contre un de leurs frères et contre l’indépendance d’un état africain.Cette ingratitude manifestée face à l’agression de la Libye par les puissances occidentales, laisserait incontestablement des profondes cicatrices sur le continent.

Le plan de l’UA du 10 mars 2011 pour une résolution pacifique de la crise libyenne, est rejeté à maintes reprises par les puissances occidentales, leurs alliés et collabos rebelles du CNT de Benghazi. En revanche le Guide Kadhafi et le gouvernement légal et légitime libyen ont toujours accepté cette proposition. L’Otan est déterminée à torpiller le plan de paix de l’UA. Une coïncidence troublante qui corrobore un autre exemple de la provocation et sabotage de l’Otan, est la publication le lundi 27 juin, la décision de la Cour pénale internationale(CPI), lançant un mandat d’arrêt contre le Colonel Kadhafi et ses proches. Curieusement, en l’espace d’une semaine, les vraies-fausses enquêtes des crimes du colonel Kadhafi sont terminées et la décision prise. Alors que les enquêtes de la CPI sur les responsabilités des dirigeants israéliens dans le blocus de Gaza pourrait durer encore des années et probablement resteraient sans suites. La CPI gagnerait en crédibilité si elle enquête sur les crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis par le président Georges Bush en Irak en 2003, ceux des présidents Sarkozy, Obama, du premier ministre Cameron et de l’Otan en Libye en cours 2011 et enfin ceux commis par le président Sarkozy en Côte d’Ivoire cette même année. La partialité de la CPI, plutôt spécialisée dans le jugement des dirigeants africains, n’est plus à démontrer car elle absout de la justice les dirigeants des puissances occidentales malgré les crimes contre l’humanité qu’ils commettent contre dans les pays du sud.

L’acharnement de l’Otan contre le Guide Kadhafi et le peuple libyen ne connaît pas de répit. Ce qui correspond à sa volonté manifeste d’humilier davantage l’Afrique. En effet, le 1er juin 2011, l’Otan a prolongé unilatéralement son mandat de trois mois sans que le conseil de sécurité ne soit saisi. Il conviendrait de souligner qu’à peine la résolution 1973 adoptée, les bombardements intensifs de l’Otan du peuple libyen, ont commencé par les airs et mer. Dans les deux cas cités, l’UA n’a jamais été consultée car les puissances impérialistes n’ont aucune considération pour l’institution africaine et les africains. Comment accepter que des décisions qui concernent au premier chef un pays africain, soient traitées sans tenir compte de l’avis de l’organisation panafricaine ?

Drôle de « protection » des populations civiles, invoquée par les puissances impérialistes pour justifier cette lâche agression caractérisée. Les bombes otaniennes auraient-elles l’intelligence sélective d’identifier biologiquement les libyens pro Kadhafi et pro rebelles du CNT ? Dans l’affirmatif, nous serions en présence d’une innovation dangereuse, une sophistication criminelle des armes de guerre capables de chercher, de débusquer et enfin de tuer tous ceux qui s’opposeraient en Afrique et ailleurs à la recolonisation de notre continent. La volonté manifeste des puissances occidentales de commettre l’assassinat politique du Colonel Kadhafi, ne fait aucun doute comme en témoignent leurs actes criminels perpétrés en Jamahiriya depuis trois mois. Cependant, contrairement à leur désir, le Guide a bien le soutien de la majorité de son peuple pour qui, il a utilisé judicieusement les revenus du pétrole pour élever son bien-être social et construire des lourdes infrastructures d’un état moderne. Selon le rapport 2010 de l’Indice de développement Humain(IDH), la Libye a un IDH le plus élevé d’Afrique 0,84, rivalisant ceux de certains pays du nord.

Si le colonel Kadhafi ne vit pas en parfaite osmose avec la majorité de son peuple, il serait déjà évincé du pays dès les premières heures de bombardements de l’Otan, lesquels seraient appuyés par des soulèvements hostiles dans tout le pays. Nous assistons plutôt au contraire car il ne se passe pas un seul jour où des manifestations de soutien au Guide ne se déroulent dans les villes libyennes. Selon le journaliste Lizzie Phelan à la presse TV, le 24 juin 2011, une marche de soutien au Colonel Kadhafi a rassemblé un million de libyen sur une population de 6 millions d’habitants. Si on ramenait cette proportion au niveau de la France et des Usa, ce qui donnerait respectivement 10 millions et 50 millions de manifestants. La majorité du peuple libyen soutient incontestablement le Colonel Kadhafi mais l’Otan n’entend pas de cette oreille en outrepassant la résolution 1973 du conseil de sécurité. Cette gigantesque marche est occultée par la majorité de la grande presse occidentale qui suit la ligne officielle des dirigeants bellicistes.

La question fondamentale qui hante les esprits des populations africaines, est celle de savoir pourquoi l’UA est elle incapable de défendre un des états membres, agressé par les puissances étrangères ?

L’organisation panafricaine est-elle souveraine ? Mesure t-elle les conséquences dramatiques de son inaction sur le comportement agressif et de relation de maître à esclave que les puissances occidentales voudraient pérenniser ?

Excellences Mesdames, Messieurs les Chefs d’états, Présidents en exercice et de la Commission de l’UA, la situation est gravissime car l’avenir radieux de notre continent et des peuples africains risquerait d’être dangereusement compromis par la volonté des puissances occidentales de recoloniser l’Afrique. Cette situation exceptionnelle mérite par conséquent une réponse exceptionnelle, forte et collective de l’UA.

L’African-Libyan Action Committee (ALAC), constitué des citoyens et patriotes africains vous conjure de prendre toutes vos responsabilités historiques face la domination coloniale, l’humiliation, l’infantilisation, la marginalisation, les pillages des ressources de l’Afrique par les puissances impérialistes occidentales. À cet effet, nous soumettons à l’appréciation du 17ème sommet de l’UA les propositions ci-dessous :

1- D’exiger l’arrêt immédiat et inconditionnel des bombardements de la Libye par l’Otan.

2- Dans le cas échéant, l’Union Africaine se réserve le droit de prendre des mesures adéquates de réciprocité et de rompre les relations diplomatiques, économiques, militaires avec tous pays dont les avions bombardent la Libye, un état africain souverain.

3- Conformément à la résolution de l’UA d’Alger sur l’ordre constitutionnel, l’organisation continentale ne doit pas reconnaitre les rebelles du CNT de Benghazi, alliés et collabos des puissances impérialistes occidentales qui cherchent à prendre le pouvoir par un coup d’état militaire.

4- Rétablissement de la Jamahiriya Arabe libyenne populaire et Socialiste dans ses frontières d’avant le coup d’état armé du CNT soutenu par l’agression militaire de l’Otan.

5- Réaffirmation de la Reconnaissance du gouvernement légitime de Libye et de son Guide Kadhafi, comme uniques et légitimes représentants du peuple libyen 6- Ouverture des négociations politiques entre le gouvernement jamahirien et le CNT sous l’égide de l’Union Africaine.

7- Solidarité et soutien de l’UA au Colonel Kadhafi et au peuple libyen suite à l’agression impérialiste de l’Otan.

8- Ferme condamnation des crimes contre l’humanité commis par l’Otan en Libye. 9- Exiger réparations de guerre pour les victimes libyennes, l’état libyen et les travailleurs africains et étrangers.

10- Saisine des instances judiciaires compétentes contre l’Otan et les principaux dirigeants occidentaux (Sarkozy, Obama et Cameron) pour crimes contre l’humanité.

11- Exiger la restitution intégrale des avoirs de l’état libyen, bloqués dans les comptes bancaires occidentaux.

12- Accélérer la création des Etats-Unis d’Afrique (EUA), du Fond Monétaire Africain (FMA), de la Monnaie africaine unique, d’une Banque centrale africaine(BCA), et d’un organisme africain commun de recherches scientifiques et techniques.

13- Création d’une politique de Défense Africaine commune (DAC) avec une Armée africaine, dotée d’armes nucléaires, afin de garantir la souveraineté et l’intégrité du continent. L’Afrique doit combattre fermement la volonté des puissances impérialistes d’agresser les pays, suivant leurs humeurs et leurs états d’âmes. Ces armes nucléaires seront uniquement défensives. Elles permettraient d’empêcher tout potentiel agresseur de s’y aventurer aux risques de recevoir la foudroyante riposte. L’Afrique doit tirer les leçons de l’Iran et de la Corée du nord. En effet, ces deux états du sud imposent le respect et la crainte aux puissances impérialistes nucléaires. Le continent africain doit sa domination au poids de la pression et des menaces militaires des puissances impérialistes qui utilisent la détention d’armes nucléaires pour imposer leur volonté dans les relations internationales.

14- Création d’un système de santé et d’éducatif africain intégré commun répondant aux besoins du continent.

15- Création d’une Cour Pénale Africaine(CPA) qui sera chargée de juger les crimes commis contre l’Afrique et les peuples africains par les individus et/ou institutions d’origine africaine et étrangère.

16- L’Afrique, un continent injustement banni des rangs des décideurs dans les relations internationales, se doit d’exiger une réforme du conseil de sécurité et réclamer deux sièges permanents au Conseil de sécurité de l’Onu. Dans le contexte présent de sa structure et de son fonctionnement, l’Onu ne sert pas les intérêts de l’Afrique. Les états membres de l’Union Africaine ne devraient-ils pas revoir leur participation aux nations unies ? Pourquoi les états africains devraient-ils continuer d’être membres d’une institution internationale, en l’occurrence l’Onu, dont la spécialité dûment prouvée serait d’humilier et d’adopter des scélérates résolutions pour agresser militairement et « certifier » la récolonisation du continent par les impérialistes occidentaux ?

Excellences Mesdames, Messieurs les Chefs d’états, Présidents en exercice et de la Commission de l’UA, dans l’espoir que nos inquiétudes, notre interpellation et nos propositions puissent attirer votre bienveillance, nous souhaitons plein succès aux travaux du 17ème sommet de l’UA, et vous prions de recevoir l’expression de notre considération distinguée.

Le 28 Juin 2011

Pour l’African-Libyan Action Committee (ALAC)

Le Secrétaire Général

Dr LEY-NGARDIGAL Djimadoum


Thomas Sankara, Patrice Lumumba : Vérité, justice et réparations !, par Pauline Imbach, Renaud Vivien

 
source : CADTM

La France et la Belgique vont-elles enfin reconnaître leurs responsabilités historiques ? C’est en tout cas un des objectifs des actions menées en France autour de l’assassinat de Thomas Sankara et en Belgique autour de celui de Patrice Lumumba.

En France, une demande d’enquête sur l’assassinat de Thomas Sankara a été déposée le 10 juin 2011. Les 21 députés signataires demandent la création d’une Commission d’enquête parlementaire pour « faire le point sur le rôle des services de renseignement français, sur la mise en cause de la responsabilité de l’État et de ses services  ». Le 15 octobre 1987, le Président Sankara était assassiné par un commando de militaires de la sécurité présidentielle. Si les faits sont aujourd’hui connus, les responsables n’ont toujours pas été inquiétés. Pire, ils ont été dans bien des cas promus.

Plusieurs témoignages confortent également la thèse d’une ingérence étrangère du Liberia, de la France et des États-Unis. Selon un proche de l’ancien président libérien Charles Taylor dans le documentaire Ombre africaine de Silvestro Montanaro : «  Le piano fut accordé par les Américains et les Français. Il y avait un homme de la CIA à l’ambassade des États-Unis au Burkina qui travailla en étroit contact avec le chef des services secrets de l’ambassade française, eux ont pris les décisions les plus importantes. »

L’enquête devra donc faire éclater la vérité, en particulier sur l’hypothèse accréditant la mise en cause des services secrets français. Selon les députés signataires, «  il est maintenant nécessaire de tout faire pour savoir si oui ou non nous avons affaire à un scandale d’État qui nuirait gravement à l’image de la France, déjà malmenée dans cette région du monde pour son soutien aux dictatures  ».

En Belgique, la famille Lumumba a déposé, le 23 janvier 2011, une plainte auprès du Tribunal de première instance de Bruxelles contre 10 agents de l’État belge accusés de crimes de guerre et de torture sur la personne de Patrice Lumumba. Comme le souligne l’avocat de la famille, Christophe Marchand, cité par la RTBF le 23 juin 2011 «  les principaux commanditaires sont morts aujourd’hui (…) mais d’anciens conseillers et attachés de cabinet du ministère des Affaires étrangères sont toujours vivants.  » D’ici deux semaines, un juge d’instruction sera désigné pour examiner la plainte et dire si elle est recevable.

Cette plainte s’appuie notamment sur l’enquête parlementaire menée en 2001, suite à la parution du livre de Ludo De Witte L’Assassinat de Lumumba, qui visait à déterminer les circonstances exactes de l’assassinat du leader indépendantiste congolais et l’implication éventuelle des responsables politiques belges dans cette opération. Pour rappel, en mai 1960, Lumumba remporte les élections et devient premier ministre le 23 juin. Quelques mois plus tard, Joseph Désiré Mobutu (avec l’aide de l’ambassade des États-Unis, des officiers belges et onusiens) le fait arrêter. Le 17 janvier 1961, Patrice Lumumba et ses camarades sont torturés et fusillés. En dépit de nombreux documents attestant du rôle joué par la Belgique, la commission parlementaire décide de ne pas retenir la responsabilité de la Belgique, constatant « qu’à aucun moment le gouvernement belge ou un de ses membres n’a donné l’ordre d’éliminer physiquement le premier ministre congolais et conclut donc que certains membres du gouvernement belge de l’époque ont une « responsabilité morale » dans les circonstances qui ont conduit à l’assassinat de Lumumba. »

Aujourd’hui, la famille Lumumba dépose plainte contre les responsables présumés afin que ce crime d’État ne reste pas impuni. La famille demande dans un communiqué de presse signé de François, Patrice, Roland et Pauline Lumumba « que soit utilisé dans cette affaire, le terme « responsabilité » tout court, au lieu de « responsabilité morale » ; la nuance entre les deux [étant] très claire » et précise que « l’implication des responsables politiques belges résulte, entre autres, du quart de milliard des francs belges (de l’époque) et des moyens logistiques mis à la disposition des adversaires du Premier Ministre Lumumba, dans le projet de son élimination. En effet, dans ce contexte, la lutte de la Belgique contre le Premier Ministre Lumumba était préméditée, agencée, calculée visant son élimination politique et physique.  »

Le CADTM soutient ces initiatives en France et en Belgique qui contribuent à faire la lumière sur ces assassinats politiques et souhaite que la justice soit enfin rendue. Des réparations doivent également être envisagées. Cette question sera d’ailleurs au cœur de l’atelier « Lumumba et Sankara : révolutions d’hier et mouvement social d’aujourd’hui  » qui se tiendra lors de l’Université d’été du CADTM (du 1er au 3 juillet à Wépion).

Cette affaire est l’occasion de rappeler que le droit à la vérité est reconnu au niveau international, que ces crimes graves sont imprescriptibles et que la lutte contre l’impunité s’impose à tous. Les institutions financières internationales n’échappent pas à cette règle. La Banque mondiale et le FMI ont soutenu activement la dictature de Mobutu jusqu’à la fin de la guerre froide et continuent à soutenir le régime autoritaire de Blaise Compaoré au Burkina Faso. Leur impunité a elle aussi assez duré !


Message de l’ex-président Lula à ses homologues Africains : Cessez de baisser votre pantalon devant les occidentaux.

 
afrohistorama

L’EX PRESIDENT BRESILIEN LULA HUMILIE LES PRESIDENTS AFRICAINS AU SOMMET DE L’UNION AFRICAINE

Suivant l’exemple de l’amerique Latine , l’Afrique devrait decider de prendre sa vrai independance qui est aux mains des occidentaux , Le continent Africain qui est riche de gisement mineral et de terre fertile , aurait en effet toutes le potentialités pour devenir le première puissance economique planetaire , mais elle est encore opprimée sous la coupole coloniale des grandes puissances de la terre. ce sont les parole de l’ex -president bresilien LULA DA SILVA ,qui etait la semaine dernière en Guinée equatoriale pour la reunion des chef d’etats Africains .

Lula a invité les chef d’etat à ouvrir les yeux sur ce qui se passe en Afrique ces derniers mois , en libye et en cote d’ivoire : l’interference de la France et des etats unis constitue un sérieux danger pour la souveraineté Africaine et pour les futures générations.

durant l’assemblée generale sur le role des jeunes africains, une session detachées de la reunion avec theme la crise libyenne, Lula a accusé les chefs Africains d’ètre avides , d’assoifés de pouvoir , de trahir leurs propres pays et surtout d’ètre des servants de l’occident ! qui saccagent le continent noir et déciment sa souveraineté. La devise de ces chefs d’etats étant : "chacun pour soi , Dieu pour tous" ne portera loin l’Afrique,Il faut le sens de responsabilité, d’humilité,de dignité et d’Unité pour bien gouverner ! critiquant le fait que les leaders africains qui sont arrivés au pouvoir par un coup d’état ou pour le vouloir des puissances occidentales .Il a ensuite critiqué et denoncé le monopole des 5 pays du monde. ajoutant que : L’UNION AFRICAINE a 1,4 milliard d’habitants, l’AMERIQUE LATINE 400 000 d’habitants et que c’est inconcevable que les USA, LA FRANCE,LA CHINE,LA RUSSIE ET LA GRANDE BRETAGNE dictent la loi au conseil de securité de l’ONU !!!! surtout que la crise ecomìnomique mondiale provient des etats unis .

et il a deploré le fait que l’UNION AFRICAINE soit financé seulement par 5 pays africains et le reste par des dons occidentaux.Par consequent, Pour cela , L’UA ne peut pas faire les interéts de l’Afrique et avoir un poids au niveau international . C’est cette mème U.A qui legitime les coups d’ètats,les rebellions ou actions illegales pour l’obtention du pouvoir en Afrique, ignorant la volonté du peuple et la finalité des élections .Beaucoup de chefs d’etats presents avaient la tète basse à qui il a réitéré l’invasion Francaise dans le continent noir ! LA FRANCE nourrit et arme les rebelles dans les pays qui ont cessé d’ètre leurs colonies . avec des interferences dans les affaires internes des pays africains ! c’est clair la reference avec le cas de la Cote d’Ivoire, où Paris avec l’utilisation de la force a enlevé le president GBAGBO pour mettre à son poste ouattara.

Si pour la Cote d’Ivoire ,rien a été fait pour arréter le coup d’état ,l’union Africaine peut demander le cessez le feu immediat en LIbye. en soutien s’est ajouté le president Jacob zuma, un des chefs opposants qui tient tète à l’occident disant qu’ils n’ont pas le droit d’assassiner KADAFI.

Un silence d’ombre dans la salle de l’UA où les présidents qui sont les talons de l’occident étaient nombreux en occurence ABDOULAYE WADE du Senegal qui a sejourné à Benghasi pour reconnaitre le gouvernement des rebelles , BLAISE COMPAORE du Burkina Faso qui ha soutenu la rebellion de OUATTARA en Coted’Ivoire contre GBAGBO, YOWERI MUSEVENI de l’Uganda qui combat les AL Shabaab en Somalie , PAUL KAGAME du Rwanda qui saccage pour le compte de l’occident et puis SASSOU N’GUESSO du Congo Brazzaville , IDRISS DEBY du TCHAD,PAUL BIYA du Cameroun, FAURE GNASSINGBE du togo,ODINBA ALI BONGO du Gabon et le dernier récruté qui s’est ajouté à la dependance des des puissances de l’oppression est ALLASSANE OUATTARA de la cote d’ivoire !

http://afrohistorama.over-blog.com/article-message-du-presid...



Edité par T 34 - 10 Jul 2011 à 15:06
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La guerre de l’OTAN contre la Libye est une guerre contre le développement de l’Afrique (Countercurrents)

 
Rebel Griot

"L’Afrique est la clé du développement économique mondial" ; ce récent titre du Washington Post est d’une honnêteté rafraîchissante, mais pas vraiment un scoop. La main d’oeuvre et les ressources africaines —comme vous le dirait n’importe quel historien économique décent— sont la clé du développement économique mondial depuis des siècles.

Quand les Européens ont découvert l’Amérique il y a 500 ans, leur système économique s’est disséminé à vive allure. Les puissances européennes ont pris de plus en plus conscience que l’équilibre des pouvoirs dans leur pays dépendrait de la force qu’ils pourraient tirer de leur colonies. l’impérialisme (c’est à dire le capitalisme) a été la caractéristique essentielle de la structure économique mondiale depuis lors.

Pour l’Afrique cela s’est traduit par le pillage systématique et continu de sa main d’oeuvre et de ses ressources qui n’a pas faibli à ce jour. D’abord ça a été l’enlèvement brutal de dizaines de milliers d’Africains pour remplacer la force de travail native d’Amérique que les Européens avaient décimée. Le commerce des esclaves a été dévastateur pour les économies africaines qui étaient rarement capables de supporter l’effondrement de leur population ; mais les capitaux ainsi accumulés par les propriétaires de plantation dans les Caraïbes ont financé la révolution industrielle. Tout au long des 18 et 19ièmes siècles de plus en plus de matières précieuses ont été découverts en Afrique (spécialement du fer, du caoutchouc, de l’or et de l’argent) et le vol des terres et des ressources a finalement abouti à ce qu’on a appelé "La ruée vers l’Afrique" quand, en l’espace de quelques années, les Européens se sont partagés le continent tout entier (sauf l’Ethiopie). A ce stade, l’économie s’était largement mondialisée et l’Afrique continuait à fournir la base du développement industriel européen, les Africains étant, pour ce faire, dépouillés de leurs terres et de leurs ressources et forcés de travailler dans les mines d’or et dans les plantations de caoutchouc.

Après la seconde guerre mondiale, les puissances européennes, affaiblies par des années de guerre industrielle les unes contre les autres, se sont efforcées d’adapter le colonialisme à leur nouvelle situation. Les mouvements de libération se renforçaient et les puissances européennes étaient confrontées à une nouvelle réalité économique —le coût de la répression "de l’agitation des natifs" devenait proche du niveau de richesse qu’ils extrayaient de leurs pays. La solution qu’ils ont choisie a été baptisée "néocolonialisme" par Kwame Nkrumah ; elle consistait à confier les attributs formels du pouvoir à un groupe d’hommes de paille triés sur le volet pour qu’ils les laissent continuer à exploiter leurs pays comme auparavant. En d’autres termes, l’adaptation du colonialisme permet de faire supporter aux Africains eux-mêmes les coûts et le fardeau de la répression de leurs propres populations.

En pratique ça n’a pas été aussi simple. Partout en Asie, en Afrique et en Amérique Latine, il y a eu des mouvements de masse qui réclamaient le contrôle de leurs propres ressources et dans beaucoup d’endroits, ces mouvements ont réussi à prendre du pouvoir —parfois par la guérilla, parfois par les urnes. Les puissances européennes —désormais conduites par leur dernier rejeton et protégé, les USA— ont mené des guerres impitoyables pour venir à bout de ces mouvements. Cette lutte, et non la soi-disant "guerre froide", est ce qui caractérise l’histoire des relations internationales de l’après-guerre.

Jusqu’à aujourd’hui, le néocolonialisme a été un succès pour les Européens et les USA. Le rôle de l’Afrique comme fournisseur de main d’oeuvre bon marché, pour ne pas dire esclavagisée, et de minéraux n’a pas faibli. La pauvreté et la désunion ont souvent été les principaux facteurs qui ont permis à cette exploitation de se maintenir. Cependant de sérieuses menaces pèsent désormais sur ces deux facteurs.

Les investissements chinois en Afrique pendant ces dix dernières années ont contribué à mettre en place une industrie et des infrastructures africaines qui commencent à avoir des effets bénéfiques sur le niveau de vie des populations. En Chine, grâce à cette politique, il y a eu une réduction drastique de la pauvreté et le pays est en passe de devenir la première puissance économique du monde. Si l’Afrique suit cet exemple, ou un autre du même genre, cela mettra probablement fin aux 500 années de pillage des richesses de l’Afrique par l’occident.

Pour empêcher cette "menace sur le développement de l’Afrique" les Européens et les USA ont employé la seule chose qu’ils connaissent —les armes. Il y a quatre ans, les USA ont mis en place un nouveau "centre de contrôle et de commande" pour soumettre militairement l’Afrique qui porte le nom d’AFRICOM. Le problème pour les Etasuniens était qu’aucun pays d’Afrique ne voulait les accueillir ; De fait jusqu’à encore tout récemment, l’Afrique se distinguait en étant le seul continent qui ne comportait pas de base américaine. Et en vérité c’était en grande partie grâce aux efforts du gouvernement libyen.

Avant que la révolution de Kadhafi ne chasse en 1969 le roi Idris qui était soutenu par les Anglais, la Libye abritait un des plus grandes bases américaines, la base aérienne Wheelus ; mais au cours de la première année de la révolution elle a été fermée et tout le personnel militaire a été expulsé.

Ces dernières années, Kadhafi travaillait activement à saboter AFRICOM. Quand les USA offraient de l’argent à un pays d’Afrique pour qu’il accueille une base étasunienne, Kadhafi lui offrait le double pour qu’il refuse et en 2008 cette opposition s’est cristallisée sous la forme d’un rejet formel de AFRICOM par l’Union Africaine

Et ce qui était peut-être encore plus inquiétant pour l’hégémonie européo-étasunienne sur le continent c’était les énormes montants d’argent que Kadhafi consacrait au développement de l’Afrique. Le gouvernement libyen a été sans nul doute le plus gros investisseur du premier satellite africain lancé en 2007 qui a fait économiser à l’Afrique les 500 millions de dollars que lui coûtait précédemment l’utilisation des satellites européens. Pire encore pour les puissances coloniales, la Libye avait alloué 30 milliards de dollars à l’Union Africaine pour trois projets financiers destinés à mettre un terme à la dépendance africaine vis à vis de la finance occidentale. La Banque d’Investissement Africaine, -qui a son siège en Libye- devait investir dans le développement de l’Afrique sans intérêt ce qui aurait sérieusement menacé la domination du Fond Monétaire International sur l’Afrique —un instrument capital pour maintenir l’Afrique dans la pauvreté. Et Kadhafi dirigeait la mise en place par l’Union Africaine d’une nouvelle monnaie africaine indexée sur l’or qui aurait sectionné encore une autre des ficelles qui tiennent l’Afrique à la merci de l’Occident, 42 milliards de dollars ayant déjà été consacrés à ce projet — et à nouveau la majeure partie par la Libye.

La guerre de l’OTAN a pour but de mettre un terme au projet socialiste, anti-impérialiste, et panafricain de la Libye qui était le fer de lance d’un mouvement destiné à renforcer l’unité et l’indépendance de l’Afrique. Les rebelles ont clairement exprimé leur racisme virulent depuis le début de leur soulèvement en arrêtant et en exécutant des milliers de travailleurs et d’étudiants africains noirs. Tous les fonds de développement africains pour les projets décrits ci-dessus ont été "gelés" par les pays de l’OTAN et vont être remis à leur copains du Conseil de transition pour acheter des armes et faciliter la guerre.

Pour l’Afrique la guerre est loin d’être terminée. le continent africain doit se rendre compte que l’agression de l’OTAN est un signe de désespoir, d’impuissance et d’incapacité à empêcher l’inévitable montée en puissance de l’Afrique sur la scène internationale. L’Afrique doit retenir les leçons de la Libye et continuer à consolider l’unité panafricaine et à résister à AFRICOM. Il y aura encore beaucoup de Libyens qui les soutiendront dans cette tâche.

Pour consulter l’original : http://countercurrents.org/griot030911.htm

Traduction : Dominique Muselet


Photos África debe organizar con carácter un frente antiimperialista si quiere sobrevivir a la acometida imperialista

Edité par T 34 - 20 Sep 2011 à 18:01
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L’Afrique ne perd pas son Nord

Sur l’ensemble du continent, une génération entière aspire à la démocratie, 
à la justice sociale.

L’Afrique a les yeux tournés vers les événements qui refaçonnent le nord du continent. Au village du monde aussi, le vent de révolte venu du Maghreb et du Machrek a soufflé sur l’Afrique au sud du Sahara. Venus nombreux, les Sénégalais du Parti de l’indépendance et du travail (PIT) ont ainsi témoigné de l’extraordinaire mobilisation populaire qui secoue ce pays contre les dérives autoritaires du président Wade, déterminé à briguer un troisième mandat en 2012 au mépris de la Constitution. «Tous les ingrédients sont réunis, en Afrique au sud du Sahara, pour un large mouvement populaire exigeant la démocratisation de nos sociétés et la réponse aux besoins urgents des populations», analyse Magatte Thiam, secrétaire général du parti.

Sur l’ensemble du continent en effet, une génération entière aspire au respect, à la dignité, à la démocratie, à la justice sociale. Un désir d’émancipation qui se heurte aux logiques néocoloniales de pillage des ressources du continent avec la complicité de dirigeants dociles et souvent corrompus. «Ces mouvements ont en commun la mise en cause de l’ordre impérialiste, des politiques de prédation des richesses du continent par les multinationales et les grandes puissances», constate Michèle Decaster au stand de l’Afaspa. Comme en écho aux appels de Frantz Fanon – «un auteur qui rajeunit avec le temps», a fait remarquer Samir Amin lors du débat consacré au chantre de la révolution africaine –, la jeunesse africaine veut sortir de la longue nuit néocoloniale.

Rosa Moussaoui

Source

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Recolonisation de l’Afrique : Mbeki appelle à des protestations de masse sur tout le continent

 

 
 
Thabo Mbeki, ancien président de l’Afrique du sud, appelle les Africains à une union véritable pour défendre leurs intérêts face à l’Occident. Il est formel : « L’Afrique doit se dresser contre l’Occident ».

Dans une interview au Sunday Times, Thabo Mbeki s’indigne du comportement des Occidentaux en Libye et en Côte d’Ivoire. Et estime que le centenaire de l’ANC doit être une occasion pour relancer le combat de libération du continent.

Ex-chef de l’Etat et figure centrale de l’ANC, Thabo Mbeki est en colère. Et il est décidé à lancer sa nouvelle croisade : celui du nécessaire combat contre un Occident de plus en plus agressif contre l’Afrique. Alors qu’il était très en retrait de l’activité de son parti politique, il revient au devant de la scène à l’occasion des célébrations du centenaire du parti. « Nous ferons de notre mieux pour que l’anniversaire soit célébré comme il se doit. Un centenaire, ça arrive une seule fois par siècle et je suis sûr que c’est une occasion de réflexion pour le peuple », a-t-il dit lors d’une interview avec le Sunday Time. « Je sais que les camarades de l’ANC préparent activement la célébration du centenaire l’année prochaine. Cela doit être un jour important pour réfléchir sur le passé mais, plus particulièrement, pour regarder le présent et le futur. Où en est le processus qui a abouti sur l’indépendance du continent africain et sur la fin de l’apartheid ? Où en sommes-nous aujourd’hui et où en serons-nous demain ? »

Evoquant les bombardements aériens de l’OTAN en Libye, mais aussi l’implication française dans le conflit ivoirien, Mbeki a appelé à des protestations de masse sur tout le continent, rapporte le Sunday Times. Il a aussi appelé les gouvernements à condamner ce type d’actes. Choqué, Thabo Mbeki n’a pas manqué de s’indi-gner.

« En tant qu’Africains, nous avons besoin de faire notre introspection et de nous dire ce que nous devons faire pour défendre nos intérêts. La question que nous devons nous poser est : pourquoi sommes-nous si silencieux ? Ce qui est arrivé en Libye peut très bien être un signe précurseur de ce qui peut arriver dans un autre pays. Je pense que nous devons tous examiner ce problème, parce que c’est un grand désastre », a-t-il dénoncé.

« Un grand désastre »

Thabo Mbeki compte donc faire du centenaire de l’ANC un moment-clé pour nos luttes communes. Ses propos interviennent à un moment de violence extrême sur l’Afrique et de prise de conscience de certains milieux, jusque-là plutôt conservateurs et complaisants avec les Occidentaux. Ainsi, l’on a entendu Jean Ping, le secrétaire général de l’Union africaine charger Louis Moreno Ocampo, Procureur près la Cour pénale internationale, le qualifiant de « plaisantin » après ses manœuvres politico-judiciaires contre Muammar Kadhafi. Il l’a invité à dire le droit au lieu de faire de la politique et s’est demandé pourquoi il n’y avait que des Africains qui étaient poursuivis devant la « Cour pénale internationale ».

Source : nerrati-press

http://news.abidjan.net/h/411300.html


Los ghaneanos con Gadafi
Solidaridad con Libia, rostro del gran revolucionario Franz Fanon y llamada al África para que se una
Fuera la OTAN asesina de África
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Edité par T 34 - 19 Oct 2011 à 08:18
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« L’art de la guerre »

 

Le grand jeu africain
 
 
par Manlio Dinucci

Washington multiplie les opérations militaires humanitaires en Afrique : ici, il s’agit d’éviter la circulation des armes, là de lutter contre une secte criminelle. Tous les prétextes sont bons pour prendre le contrôle du continent noir et de ses fabuleuses richesses. À y regarder de plus près, observe le géographe Manlio Dinucci, la pénétration états-unienne en Afrique reproduit les schémas de l’ancien colonialisme européen.

Réseau Voltaire | Rome (Italie)
 
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Pour éviter un choc frontal avec les actuelles grandes puissances européennes, les États-Unis pénètrent en Afrique via les anciennes colonies italiennes et belges.

Après que le « Protecteur unifié » a démoli l’État libyen, avec au moins 40 000 bombes larguées en plus de 10 000 missions d’attaque, et fourni des armes même à des groupes islamiques classés jusque hier comme de dangereux terroristes, à Washington on se dit préoccupé que les armes des dépôts gouvernementaux finissent « dans de mauvaises mains ».

Le Département d’État a donc couru aux abris, en envoyant en Libye des escadrons de sous-traitants militaires qui, financés jusqu’à présent avec 30 millions de dollars, devraient « sécuriser » l’arsenal libyen. Mais derrière la mission officielle, il y a certainement celle de prendre tacitement le contrôle des bases militaires libyennes. Malgré l’engagement proclamé de ne pas envoyer de « boots on the ground » (troupes au sol), depuis pas mal de temps des agents secrets et des forces spéciales des États-Unis, Grande-Bretagne, France, Italie, Qatar et autres, opèrent sur le terrain. Ils ont guidé les attaques aériennes et dirigé les opérations terrestres. Leur mission, maintenant, est d’assurer que la Libye « pacifiée » reste sous le contrôle des puissances qui sont allées la « libérer ».

Le 14 octobre, le jour même où le Département d’État annonçait l’envoi de sous-traitants en Libye, le président Obama annonçait l’envoi de forces spéciales en Afrique centrale : au début, une centaine de militaires. Leur tâche officielle est celle de « conseillers » des forces armées locales, engagées contre l’ « Armée de résistance du Seigneur ». Opération financée par le Département d’État avec, jusqu’à présent, 40 millions de dollars.

La mission réelle de ces corps d’élite, envoyés par Washington, est de créer un réseau de contrôle militaire de l’aire comprenant Ouganda, Sud Soudan, Burundi, République centrafricaine et République démocratique du Congo. Et pendant que les États-Unis envoient leurs propres forces en Ouganda et au Burundi, officiellement pour les protéger des atrocités commises par l’ « Armée du Seigneur » qui se dit inspirée par le mysticisme chrétien, Ouganda et Burundi se battent en Somalie pour le compte des États-Unis, avec des milliers de soldats, contre le groupe islamiste al-Shabab.

Ces soldats sont soutenus par le Pentagone qui, en juin dernier, leur a fourni pour 45 millions de dollars d’armes, y compris des petits drones et des viseurs nocturnes.

Le 16 octobre, deux jours après l’annonce de l’opération étasunienne en Afrique centrale, le Kenya a envoyé des troupes en Somalie. Une initiative officiellement motivée par la nécessité de se protéger des bandits et pirates somaliens ; en réalité promue par les États-Unis pour leurs propres objectifs stratégiques, après l’échec de l’intervention militaire éthiopienne, elle aussi promue par les États-Unis. Et en Somalie, où le « gouvernement » soutenu par Washington contrôle à peine un quartier de Mogadiscio, la CIA est à l’œuvre depuis longtemps, avec des commandos locaux dûment entraînés et armés et des sous-traitants de compagnies militaires privées.

Les États-Unis visent donc le contrôle militaire des aires stratégiques du continent : la Libye, à l’intersection entre Méditerranée, Afrique et Moyen-Orient ; l’Afrique orientale et centrale, à cheval sur l’Océan Indien et l’Atlantique. Le jeu, apparemment compliqué, devient clair en regardant une carte géographique. Mieux encore sur un atlas historique, pour voir comment le néo-colonialisme ressemble de façon impressionnante au vieux colonialisme.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)



Edité par T 34 - 20 Oct 2011 à 21:48
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Israël en Libye: Préparer l'Afrique au "choc des civilisations”

Par emcee le vendredi 21 octobre 2011, 09:50 - Moyen Orient - Lien permanent

 
Par Mahdi Darius Nazemroaya / 13 octobre 2011
Source: Israel in Libya: Preparing Africa for the “Clash of Civilizations”
 
Sous l'administration Obama, les Etats-Unis ont étendu la "longue guerre" à l'Afrique. Barack Hussein Obama, le soi-disant "fils de l'Afrique" est devenu en réalité un des pires ennemis de l'Afrique.
Outre son soutien infaillible aux dictateurs en Afrique, c'est sous sa responsabilité que la République de Côte d’Ivoire a été déstabilisée. Le découpage du Soudan a été soutenu publiquement par la Maison Blanche avant le referendum, la Somalie a été davantage déstabilisée, la Libye a été agressée de façon brutale par l'Otan, et le commandement US unifié pour l'Afrique (AFRICOM) est en plein essor.
La guerre en Libye n'est que le début d'un nouveau cycle d'aventurisme militaire au sein de l'Afrique. Les Etats-Unis veulent installer maintenant davantage de bases militaires en Afrique. La France a également annoncé qu'elle avait le droit d'intervenir militairement partout en Afrique où des citoyens français et ses intérêts étaient en danger. L'Otan renforce aussi ses positions dans la Mer Rouge et au large de la Somalie. Alors que le désordre et le chaos déracinent une fois de plus l'Afrique avec les interventions extérieures, Israël reste dans l'ombre sans se manifester. Tel-Aviv a, en réalité, largement participé à ce nouveau cycle de bouleversements, lié au projet Yinon pour reconfigurer son environnement stratégique. Ce processus de reconfiguration s'appuie sur la technique éprouvée qui est de créer des divisions sectaires qui permettront en fin de compte de neutraliser les états visés ou se solderont par leur dissolution.
De nombreux problèmes qui affectent les régions actuelles en Europe de l'est, en Asie Centrale, en Asie du sud, du sud-est, de l'est, en Afrique et en Amérique Latine sont en fait le résultat du déclenchement délibéré de tensions régionales par des puissances extérieures.
Les divisions sectaires, les tensions ethnolinguistiques, les différences de religion, et les violences internes ont été de tous temps exploitées par les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la France dans diverses parties du monde. L'Irak, le Soudan, le Rwanda et la Yougoslavie ne sont que quelques exemples récents de cette stratégie de "diviser pour régner" qui est utilisée pour faire plier les pays concernés.

Les soulèvements en Europe centrale et orientale et le projet pour un "nouveau Moyen-Orient"

Le Moyen-Orient, à certains égards, présente des analogies frappantes avec les Balkans et l'Europe centrale et orientale au cours des années qui ont précédé la Première Guerre mondiale. A la suite de la guerre, les frontières des états multiethniques des Balkans et d’Europe centrale et orientale avaient été retracées par les puissances extérieures, avec l'appui des forces d'opposition locales. Depuis la Première Guerre mondiale jusqu'à la période après la Guerre Froide, les Balkans et l'Europe centrale et orientale ont encore connu une période de soulèvements, de violences et de conflits qui ont constamment divisé la région.
Il y a depuis des années des activistes qui réclament un "nouveau Moyen-Orient" avec des frontières redéfinies dans cette région du monde à la croisée de l'Europe, de l'Asie du sud-ouest et de l'Afrique du nord. On trouve essentiellement ces partisans dans les capitales de Washington, Londres, Paris et Tel-Aviv. Ils demandent que la région soit constituée d'états ethno-religieux homogènes. La formation de ces états signifierait le démantèlement des grands pays existant dans la région. Cette transition aurait pour but d'établir des états plus petits du genre du Kuwait ou de Bahreïn, qui pourraient être facilement contrôlés et manipulés par les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la France, Israël, et leurs alliés.

Manipulation du premier "printemps arabe" au cours de la Première Guerre mondiale

Les projets pour reconfigurer le Moyen Orient avaient commencé plusieurs années avant la Première Guerre mondiale. Toutefois, c’est au cours de la Première Guerre mondiale qu'on avait pu constater la manifestation de ces desseins coloniaux avec la "Grande Révolte Arabe"» contre l’ Empire Ottoman.
Alors que les Britanniques, les Français et les Italiens étaient des puissances coloniales qui avaient empêché les Arabes de jouir de libertés dans des pays comme l’Algérie, la Libye, l’Egypte et le Soudan, ces puissances coloniales parvenaient à se faire passer pour des amis et des alliés de la libération arabe. Durant la "Grande Révolte Arabe" les Britanniques et les Français utilisaient, en fait, les Arabes comme fantassins contre les Ottomans pour servir leurs propres desseins géopolitiques.
Les accords secrets Sykes–Picot entre Londres et Paris en sont une bonne illustration. La Grande Bretagne et la France s'étaient débrouillés pour utiliser et manipuler les Arabes en leur faisant gober l'idée que de la soi-disant "répression" des Ottomans résulterait la libération arabe.
En réalité, l'Empire Ottoman était un empire multiethnique. Il donnait une autonomie locale et culturelle à toutes ses populations, mais avait été manipulé pour se diriger vers la création d'une entité turque. Même le génocide arménien qui s'en est suivi dans l'Anatolie ottomane doit être analysé dans la même perspective que les attaques actuelles dirigées contre les chrétiens d'Irak comme faisant partie d'un plan sectaire mis en œuvre par des acteurs externes pour diviser l'Empire ottoman, l'Anatolie et les citoyens de l'Empire ottoman.
Après l'effondrement de l'Empire ottoman, c'est Londres et Paris qui ont refusé la liberté aux Arabes tout en semant les germes de la discorde parmi les différents peuples arabes. Les dirigeants arabes locaux corrompus étaient également associés au projet et beaucoup d'entre eux étaient bien contents de devenir des clients de la Grande Bretagne et de la France. De même qu'aujourd'hui le "printemps arabe " est manipulé. Les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la France et d'autres sont à l'œuvre actuellement pour restructurer le monde arabe et l'Afrique avec l'aide de dirigeants et de personnalités arabes corrompus.

Le projet Yinon (cf. note complémentaire en fin d'article, NDT)

Le projet Yinon, qui est le prolongement du stratagème britannique au Moyen-Orient, est un projet stratégique israélien destiné à assurer la supériorité d'Israël. Il stipule qu'Israël doit reconfigurer son environnement géopolitique grâce à la balkanisation des états du Moyen-Orient et des pays arabes pour former des états plus petits et moins puissants. Les stratèges israéliens considéraient l'Irak comme leur plus grand défi stratégique. C'est la raison pour laquelle l'Irak avait été défini comme étant la pièce maîtresse de la balkanisation du Moyen-Orient et du monde arabe. En Irak, en s'appuyant sur la théorie du projet Yinon, les stratèges israéliens réclament la partition de l'Irak, avec un état kurde et deux états arabes, un pour les musulmans chiites, l'autre pour les sunnites. La première étape pour atteindre cet objectif a été la guerre entre l'Irak et l'Iran, qu’évoque le projet Yinon.
L'"Atlantic", en 2008, et l'"Armed Forces Journal", périodique de l'armée US, en 2006, ont tous deux publié des cartes largement diffusées qui reprenaient les grandes lignes du projet Yinon. En plus de la partition de l'Irak, ce que propose également le projet Biden (publié en 2006, NDT), le projet Yinon préconise le démembrement du Liban, de l'Egypte et de la Syrie.
Le morcellement de l'Iran, de la Turquie, de la Somalie et du Pakistan fait également partie de ces objectifs. Le projet Yinon réclame également la dissolution de l'Afrique du Nord et prévoit de commencer par l'Egypte, puis de l'étendre au Soudan, à la Libye et au reste de la région.

Map_The-Project-for-the-New-Middle-East.jpg
(carte élaborée par le colonel Ralph Peters et publiée dans "the Armed Forces Journal, Juin 2006. Map  Ralph Peters 2006).

L'élimination des Communautés chrétiennes du Moyen-Orient

Ce n'est pas un hasard si les chrétiens égyptiens ont été agressés en même temps que se déroulait le référendum au Sud Soudan et avant la crise en Libye. Ce n'est pas non plus une coïncidence si les chrétiens d'Irak, une des communautés chrétiennes les plus anciennes, ont été poussés à l'exil, contraints de quitter leurs terres ancestrales d'Irak. En même temps que l'exode des chrétiens irakiens, qui a eu lieu sous le regard attentif des forces armées US et britanniques, les quartiers de Bagdad sont devenus sectaires, les musulmans chiites et sunnites ayant été contraints à cause des violences et des escadrons de la mort de créer des enclaves sectaires. Tout cela est lié au projet Yinon et la reconfiguration de la région fait partie d'un dessein plus ambitieux.
En Iran, les Israéliens ont tenté en vain de pousser la communauté juive iranienne à quitter le pays. La population juive en Iran est en fait la deuxième la plus importante au Moyen-Orient et peut-être la plus ancienne communauté juive au monde à ne pas avoir été perturbée. Les Juifs iraniens se considèrent comme des Iraniens, attachés à l'Iran, qu'ils considèrent comme leur patrie, tout comme les iraniens musulmans et chrétiens, et pour eux, l'idée qu'il faut qu'il se délocalisent en Israël parce qu'ils sont juifs est absurde.
Au Liban, Israël cherche à exacerber les tensions sectaires entre les différentes factions chrétiennes et musulmanes ainsi que les druzes. Le Liban est un tremplin pour atteindre la Syrie et la division du Liban en plusieurs états est également considérée comme un moyen de balkaniser la Syrie en créant plusieurs petits états arabes sectaires. Les objectifs du projet Yinon sont de diviser le Liban et la Syrie en plusieurs états selon les identités sectaires et religieux pour les sunnites, les chiites, les chrétiens et les druzes. Il n'est pas impossible qu'un exode des chrétiens de Syrie soit également prévu.
Le nouveau patriarche maronite d’Antioche, la plus grande des églises catholiques orientales autonomes, a exprimé ses craintes d'une purge des chrétiens arabes. Le patriarche Mar Beshara Boutros Al-Rahi et bien d'autres chefs chrétiens au Liban et en Syrie craignent que les Frères Musulmans prennent le pouvoir en Syrie. Comme en Irak, des groupes non identifiés s'en prennent aux communautés chrétiennes en Syrie.
Les chefs de l'église orthodoxe orientale chrétienne, parmi lesquels le patriarche de l'église orthodoxe de Jérusalem, ont également exprimé publiquement leurs vives inquiétudes. Outre les Arabes chrétiens, ces craintes sont également partagées par les communautés assyriennes et arméniennes qui sont en majorité chrétiennes.
Bechara Boutros Rahi était récemment en visite à Paris où il a rencontré le président Nicolas Sarkozy. Le patriarche maronite et Sarkozy auraient eu des désaccords sur la Syrie, ce qui a incité Sarkozy à déclarer que le régime syrien allait tomber. La position du patriarche était qu'il fallait oublier la Syrie et lui permettre d'engager des réformes. Le chef maronite a également déclaré à Sarkozy qu'il fallait traiter Israël comme un danger si la France voulait légitimement que le Hezbollah dépose les armes.
A cause de ses prises de position en France, Al-Rahi était aussitôt remercié par les chefs religieux chrétiens et musulmans de la république arabe de Syrie qui étaient allés lui rendre visite au Liban. Le Hezbollah et ses alliés politiques au Liban, parmi lesquels la majorité des parlementaires chrétiens au parlement libanais, ont également félicité le patriarche maronite qui s'est ensuite rendu en tournée au Sud Liban.
Le Sheikh Al-Rahi subit actuellement les critiques de l'Alliance du 14-mars, dirigée par Hariri – à cause de sa position vis-à-vis du Hezbollah et de son refus de soutenir le renversement du régime syrien.
En fait, Hariri projette d'organiser une conférence de personnalités chrétiennes pour s'opposer au patriarche Al-Rahi et à la position de l'église maronite.
Depuis qu'Al-Rahi a annoncé sa position, le parti Tahrir, présent à la fois au Liban et en Syrie, l'a également pris pour cible.
On a dit également que de hauts responsables US avaient annulé leur rencontre avec le patriarche maronite pour montrer leur désapprobation concernant ses prises de position en faveur du Hezbollah et de la Syrie. L'Alliance du 14-mars d'Hariri au Liban, qui a toujours été une minorité populaire (même quand elle avait la majorité parlementaire), travaille main dans la main avec les Etats-Unis, Israël, l'Arabie saoudite et les factions qui utilisent la violence et se livrent à des actes terroristes en Syrie.
Les Frères Musulmans et d'autres soi-disant groupes salafistes de Syrie ont établi une stratégie commune et ont mené des discussions secrètes avec Hariri et les partis politiques de l'Alliance du 14-mars. C'est la raison pour laquelle Hariri et ses alliés s'en sont pris à Al-Rahi. C'est également Hariri et l'Alliance du 14-mars qui ont fait venir le mouvement islamiste Fatah Al-Islam au Liban et qui ont aidé certains de ses membres à quitter le pays pour aller combattre en Syrie aujourd'hui.
L'exode chrétien est programmé pour le Moyen-Orient par Washington, Tel-Aviv et Bruxelles. On nous apprend aujourd'hui que le Sheikh Al-Rahi a été informé par Nicolas Sarkozy lors de son passage à Paris que les communautés chrétiennes du Levant et du Moyen-Orient pourront venir s’installer dans l'UE.
Cela n'a rien d'une offre bienveillante. C'est une gifle donnée par ces mêmes puissances qui ont créé délibérément les conditions pour éliminer les communautés chrétiennes anciennes du Moyen-Orient. L'objectif semble être la réinstallation des communautés chrétiennes à l'extérieur de la région de façon à délimiter les pays arabes afin que ces pays deviennent exclusivement musulmans.
Cet objectif est en adéquation avec le projet Yinon.

Re-diviser l'Afrique: le projet Yinon est bel et bien vivant et à l'œuvre

Dans le même contexte que les divisions au Moyen-Orient, les Israéliens ont dressé les plans pour reconfigurer l'Afrique. Le projet Yinon veut établir les frontières des pays africains selon trois critères:
La couleur de peau
La religion
Les particularités ethnolinguistiques
Il veut tracer des lignes de démarcation en Afrique entre une soi-disant "Afrique Noire" et une prétendue Afrique du Nord "non noire". Cela fait partie d'un projet destiné à créer un schisme en Afrique entre ceux qui sont qualifiés d'"Arabes" et les soi-disant "Noirs".

Une tentative de séparer les points de convergence d'une identité arabe et africaine est en cours.

Cet objectif explique pourquoi l'identité absurde d'un "Sud Soudan africain" et d'un "Soudan du Nord arabe" a été entretenue et véhiculée. C'est également la raison pour laquelle les Libyens de couleur noire ont été pris pour cible dans une campagne destinée à "épurer la Libye de ses populations noires".
L'identité arabe en Afrique du Nord est actuellement dissociée de son identité africaine. Parallèlement, il y a une tentative d'éradiquer les importantes populations d'"Arabes à la peau noire" de façon à ce qu'il y ait une démarcation nette entre l'"Afrique noire" et une nouvelle Afrique du Nord "non noire", qui sera transformée en un terrain d'affrontements entre les Berbères "non noirs" et les Arabes.
Dans cette même perspective, les tensions sont entretenues actuellement entre les musulmans et les chrétiens en Afrique, dans des endroits comme le Soudan et le Nigeria, pour créer davantage de lignes et de points de fracture.
Le fait d'entretenir ces divisions sur la base de la couleur de la peau, de l'appartenance ethnique, de la religion et de la langue a pour but d'alimenter la dissociation et la désunion en Afrique. Ceci fait partie d'une stratégie plus large destinée à séparer l'Afrique du nord du reste du continent africain.

Israël et le Continent Africain

Les Israéliens sont engagés discrètement sur le Continent Africain depuis des années. Dans le Sahara occidental, occupé par le Maroc, les Israéliens ont participé à la construction d'un mur de séparation comme celui de la Cisjordanie occupée par Israël.
Au Soudan, Tel-Aviv a armé les mouvements et les insurgés séparatistes. En Afrique du sud, les Israéliens ont soutenu le régime d'apartheid et son occupation de la Namibie. En 2009, le ministre des affaires étrangères israélien annonçait que l'Afrique serait le nouveau centre d'intérêt de Tel-Aviv.
Les deux principaux objectifs d'Israël en Afrique sont d'imposer le projet Yinon, qui est en conformité avec ses propres intérêts, et de seconder Washington pour que les Etats-Unis deviennent les maîtres de l'Afrique. A cet égard, les Israéliens ont également vivement encouragé la création d'AFRICOM. L'"Institute for Advanced Strategic and Political Studies (IASPS)" en est un exemple.
Washington a sous-traité à Tel-Aviv le travail des services secrets en Afrique. Tel-Aviv est effectivement engagé en tant qu'une des parties en lice dans une guerre plus étendue non pas seulement "à l'intérieur" de l'Afrique, mais "sur" toute l'Afrique. Dans cette guerre, Tel-Aviv œuvre aux côtés de Washington et de l'UE contre la Chine et ses alliés, dont l'Iran.
Téhéran travaille aux côtés de Beijing comme Tel-Aviv avec Washington. L'Iran aide les Chinois en Afrique grâce aux réseaux iraniens. Ces liens comprennent également les liens de Téhéran avec les intérêts commerciaux privés du Liban et de la Syrie en Afrique. Et c'est ainsi que, au sein de la rivalité entre Washington et Beijing, s'est également développé une rivalité entre Israël et l'Iran en Afrique. Le Soudan est le troisième producteur d'armes en Afrique, cela grâce à l'aide de l'Iran à la production d'armes.
Parallèlement, alors que l'Iran fournit des aides militaires à Khartoum, parmi lesquelles plusieurs accords de coopération militaire, Israël est impliqué dans diverses actions dirigées contre les Soudanais.

Israël et la Libye

La Libye avait été considérée comme l’"empêcheur de tourner en rond" qui avait sapé les intérêts des anciennes puissances coloniales en Afrique. A cet égard, la Libye avait élaboré des projets de développement panafricain destinés à industrialiser l'Afrique et à la transformer en une puissante entité politique intégrée et sûre d'elle.
Ces initiatives entraient en conflit avec les intérêts des puissances extérieures qui rivalisaient les unes avec les autres en Afrique, mais c'était particulièrement inacceptable pour Washington et les principaux pays de l'UE. Et c'est pourquoi la Libye, qui soutenait les progrès en Afrique et l'unité panafricaine, devait être paralysée et neutralisée. Israël et le lobby pro-israélien ont joué un rôle essentiel en ouvrant la voie à l'intervention militaire de l'Otan en Libye. Selon les sources israéliennes, c'est "U.N. Watch" qui a effectivement orchestré les événements à Genève pour exclure la Libye du Conseil des Droits de l'homme et demander au Conseil de sécurité de l'ONU d'intervenir.
L'ONG U.N. Watch est officiellement affiliée à l'American Jewish Committee (AJC), qui a de l'influence sur l'élaboration de la politique étrangère des U.S. et fait partie du lobby pro-israélien aux Etats-Unis. La Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH), qui a contribué à lancer les affirmations non vérifiées selon lesquelles environ 6000 personnes avaient été massacrées par Kadhafi, est également liée au lobby pro-israélien en France.
Tel-Aviv avait été en contact simultanément avec le Conseil de Transition et le gouvernement libyen à Tripoli. Des agents du Mossad se trouvaient également à Tripoli. A peu près en même temps, des membres français du lobby pro-israélien se rendaient à Benghazi. Ironie du sort, le Conseil de Transition allait prétendre que le colonel Kadhafi collaborait avec Israël, tout en promettant de reconnaître Israël à l'envoyé spécial du président Sarkozy, Bernard-Henri Lévy, qui devait alors transmettre le message aux dirigeants israéliens. C'est le même cas de figure (les liens d'Israël avec le CNT, NDT) qu'au Sud Soudan, qui avait été armé par Israël.
Malgré la position du CNT vis-à-vis d'Israël, ses partisans ont encore tenté de diaboliser Kadhafi en prétendant qu'il était juif. Non seulement c'était faux, mais c'était raciste. Ces accusations, destinées à salir sa réputation, impliquaient qu'être juif était une tare. En réalité, Israël et l'Otan sont dans le même camp. Israël est membre de facto de l'Otan. Si Kadhafi avait été de connivence avec Israël alors que le CNT collaborait avec l'Otan, cela aurait signifié qu'on ridiculisait les deux camps en les dressant l'un contre l'autre.

Préparer l'échiquier pour le "choc des civilisations"

C'est à ce stade que toutes les pièces doivent être rassemblées et les points reliés. L'échiquier est préparé pour un "Choc des Civilisations” et tous les pions sont actuellement mis en en place.
On est actuellement en train d'enfermer le Monde Arabe et de créer des lignes de démarcation. Ces lignes remplacent les lignes souples de transition existantes entre les différents groupes ethnolinguistiques, raciaux et religieux.
Avec ce plan, il ne peut plus y avoir de situation intermédiaire permettant de créer des rapprochements entre sociétés et entre pays. C'est la raison pour laquelle les chrétiens du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, tels que les coptes, sont en ligne de mire actuellement. C'est aussi pourquoi les Arabes à la peau noire et les Berbères à la peau noire, ainsi que les groupes d'Afrique du nord qui sont noirs, risquent d'être victimes de génocide en Afrique du nord.
Ce qui se met en place, c'est la création d'un Moyen-Orient exclusivement musulman" (à l'exception d'Israël) qui sera dévasté par les affrontements entre chiites et sunnites. Un scenario similaire est élaboré pour créer une Afrique du Nord "non noire" qui sera caractérisée par les affrontements entre Arabes et Berbères.
Parallèlement, selon le modèle du "choc des Civilisations", le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord sont destinés à être simultanément en conflit avec les soi-disant "occident" et Afrique noire".
C'est la raison pour laquelle à la fois Nicolas Sarzoky, en France, et David Cameron, en Grande Bretagne, ont fait des déclarations successives lors du début du conflit en Libye, annonçant que le multiculturalisme était mort dans leurs sociétés respectives d'Europe occidentale.
Le véritable multiculturalisme menace la légitimité du programme belliqueux de l'Otan. Il représente également un obstacle pour la mise en place du "choc des civilisations”, qui constitue la pierre angulaire de la politique étrangère US. A ce propos, Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la sécurité Nationale des US, explique pourquoi le multiculturalisme est une menace pour Washington et ses alliés:

“L'Amérique devenant de plus en plus une société multiculturelle, elle pourrait trouver qu'il est plus difficile de fabriquer un consensus sur les questions de politique étrangère (ex: la guerre contre le monde arabe, la Chine, l'Iran, ou la Russie et les anciens pays du bloc soviétique), sauf dans les cas d'une menace externe véritablement de grande envergure et majoritairement perçue comme visant directement le pays. Ce consensus a existé, en général, pendant toute la Seconde Guerre Mondiale et même pendant la Guerre Froide (et existe actuellement à cause de la Guerre Mondiale contre Terrorisme").

Brzezinski explique ensuite pourquoi les populations s'opposeraient aux guerres ou les soutiendraient:

Ce consensus provenait, toutefois, non seulement de valeurs dûment partagées, et que la population pensait être menacée, mais également d'une affinité culturelle et ethnique pour les victimes essentiellement européennes de totalitarismes hostiles.

Au risque de me répéter, il me faut rappeler que c'est précisément parce l'objectif est de rompre les affinités culturelles entre la région Moyen-Orient-Afrique du Nord (MENA) avec le prétendu "Monde Occidental" et l'Afrique sub-saharienne que les chrétiens et les populations noires sont visés actuellement.

Ethnocentrisme et Idéologie: Justifier les "guerres justes" actuelles

Autrefois, les puissances coloniales endoctrinaient leurs peuples. Leur objectif était d'obtenir le soutien populaire pour se livrer aux conquêtes coloniales. Il s’agissait, donc, de répandre la chrétienté et de faire de la propagande pour les valeurs chrétiennes avec l'aide de navires marchands armés et d'armées coloniales. Parallèlement, étaient mises en avant les idéologies racistes. Les peuples dont les terres étaient colonisées étaient dépeints comme des "sous-hommes", des êtres "inférieurs" ou "sans âme". Et, pour finir, était utilisée l'expression: "fardeau de l'Homme Blanc" , qui devait se charger de la mission de civiliser les soi-disant "peuples du monde non civilisés".
Ce cadre idéologique cohérent servait à présenter le colonialisme comme une "cause juste" – qui, pour sa part, servait à donner une légitimité aux "guerres justes" comme étant un moyen de conquérir et de "civiliser" des territoires étrangers.
Aujourd'hui, les visées impérialistes des Etats-Unis, de la Grande Bretagne, de la France et de l'Allemagne n'ont pas changé. Ce qui a changé, c'est le prétexte et les justifications invoqués pour mener leurs guerres de conquêtes néo-coloniales. Au cours de la période coloniale, les discours et les justifications pour déclarer la guerre étaient approuvés par l'opinion publique dans les pays coloniaux comme la Grande Bretagne et la France. Les "guerres "justes" actuelles sont livrées au nom des droits des femmes, des droits humains, de principes humanitaires et de la démocratie.

Mahdi Darius Nazemroaya est sociologue et assistant à la recherche au “Centre for Research on Globalization (CRG), Montréal. Il est spécialiste du MO et de l’Asie Centrale. Il a passé plus de deux mois sur le terrain en Libye et a également été Correspondent Spécial de Flashpoints. Il a publié des articles sur la Libye et en même temps participait à des débats avec Cynthia McKinney sur Freedom Now, une émission de radio.

Note complémentaire

Projet d’Yinon : "En 1982, paraissait dans la revue Kivunim un article de l’Organisation Sioniste Mondiale (World Zionist Organisation) sous la plume d’Oded Yinon, un journaliste israélien très lié au ministère israélien des Affaires étrangères.
(…) La stratégie de Yinon était fondée sur l'hypothèse suivante : pour survivre, Israël doit devenir une superpuissance impériale régionale et il doit aussi s’assurer de l’éclatement de tous les pays arabes, afin que la région puisse être dépecée en petits pays impuissants et incapable de faire face à la puissance militaire israélienne. 22 avril 2006".
Lire ici:
La prophétie d’Oded Yinon : Les USA font-ils les guerres d’Israël à sa place ?

Source en anglais: The Prophecy of Oded Yinon /Is the US Waging Israel’s Wars?, April 25, 2006 , by LINDA S. HEARD

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Note perso :

Voilà une version des desseins de l’occident qui semble fort plausible. On peut seulement espérer qu’elle est très pessimiste.
Toutefois, des faits réels montrent la détermination de démanteler des pays entiers en dressant les citoyens les uns contre les autres, en particulier selon leur appartenance religieuse.
On a vu cela au Kosovo, au Soudan, en Somalie, en Irak, en Afghanistan, j’en oublie, et on le constate maintenant en Libye, en Syrie et ailleurs.

Afghanistan

Pourquoi les talibans ont-ils repris du poil de la bête après l’invasion de la coalition, pourquoi les femmes, un des prétextes « humanitaires » à l’invasion, sont-elles encore plus assujetties, pourquoi la production de drogue a-elle grimpé en flèche, et pourquoi après la « capture » et la « mort de Ben Laden », autre prétexte à l’invasion, la coalition est-elle toujours en Afghanistan ?

Propagande occidentale

Et pourquoi donc retrouve-t-on immanquablement BHL sur les barricades, aux frontières de pays agressés ou dans les médias, débitant sa propagande pour la Bosnie, le Darfour, Israël, la Géorgie, contre l’Iran, etc. Pire encore : en interlocuteur privilégié, à défaut d’être mandaté, dans les salons de l’Elysée, se proclamant porte-parole d’un CNT nébuleux, à peine formé, sans aucune garantie de la part de ce dernier ?
Drôle de pays « démocratique », où ce sont les citoyens lambda qui décident des guerres et où les élus et les ministres concernés ne sont même pas consultés.

Libye

La résolution 1973 de l’ONU autorisait la coalition à mettre en place une zone d’exclusion aérienne afin d’assurer la « protection des civils » et à faire respecter l'embargo sur les fournitures d'armes au régime libyen.
Quelques jours plus tard, le commandement de l'opération passait à l'Otan. Les frappes aériennes devaient initialement prendre fin le 27 juin, mais le 1er juin, l'Alliance atlantique a décidé de les prolonger jusqu'à fin septembre. Et au-delà, apparemment …
On sait maintenant que l’Otan ouvrait la route aux rebelles pour qu’ils puissent avancer, ce qu’ils auraient été incapables de faire, malgré l’armada dont ils disposaient.
On sait que l’Otan bombardait des habitations privées et les populations civiles qu’elle était censée « protéger ».
Et, aujourd’hui, on sait que c’est l’Otan qui a bombardé le convoi où se trouvait Kadhafi, le livrant ainsi aux « rebelles ». Comme ils avaient livré Saddam Hussein à la vindicte populaire et à une justice expéditive.

Ingérences et Assassinats

Le président français a désormais deux dirigeants de pays souverains à son tableau de chasse : Laurent Ghagbo, qu’il a contribué à faire arrêter, sur ordre de Washington, et Mouammar Kadhafi dont il se vante d’avoir bombardé le convoi, le blessant et le livrant, de fait, au lynchage. Belles prises. Belle image de la France. Les Français réagiront-ils à ce qu’on commet en leur nom ? Ou bien sommes tous des monstres assoiffés de sang, qui avons perdu toute notion de légalité, de justice et de droits des pays à disposer d’eux-mêmes ?

Quant à Obama, lui, il n’hésite plus en rien.
Après avoir fait capturer un nommé Ben Laden de façon tout à fait illégitime, il a fait jeter son corps à la mer. (Notons que personne n’a vu de photo de Ben Laden avant ou après sa mort, les US ayant décrété que ce n’était pas joli à voir, mais que les photos et vidéos insoutenables de Kadhafi abondent sur internet et s’étalent à la une des journaux. Comme pour Saddam Hussein. Vous avez dit « bizarre » ?).
Puis, il a ordonné l’assassinat au Yémen d’un citoyen américain, l’imam radical Anwar Al-Awlaki. En toute illégalité, bien sûr.
Aujourd’hui, c’est au tour de Kadhafi, dont les US revendiquent également l’assassinat. Un assassinat, complètement illégal, évidemment, puisqu’il viole les termes de la résolution 1973 de l’ONU cités plus haut, et où il n’était pas question de renverser le régime, et encore moins de tuer son dirigeant.

Mort de Kadhafi: reportages, 20 oct. 2011 (ang) : banalisation de l’horreur et de l’assassinat. D’ailleurs, Obama confirme : « La mort de Kadhafi constitue un avertissement sans appel pour les gouvernements non-démocratiques ». Ce qui veut bien dire qu’ils ne s’embarrasseront plus de procédures fastidieuses pour assassiner les dirigeants rebelles à leurs ordres. Voir ici Alors, on va me dire : c’étaient des dictateurs sanguinaires. Oui ? À leurs populations d’en juger et de s’en débarrasser. De quoi je me mêle.
D’autant que les dictateurs sanguinaires, il y en a plein la planète, contrairement aux démocrates pacifiques et soucieux du bien-être de leurs concitoyens. Alors, on n’aurait pas fini de faire le ménage. Et, puis, il y a le ménage à faire chez nous, aussi.
Quant à Obama, pareil à lui-même, fourbe et menteur, il a déclaré :

« C’est la fin d'un chapitre long et douloureux pour les Libyens qui ont, désormais, la responsabilité de construire un pays tolérant et démocratique»» ;
C’est la réussite de «l'action collective» contre Kadhafi;
«Sans déployer un seul militaire américain au sol, nous sommes parvenus à nos objectifs, et la mission de l'Otan touchera bientôt à sa fin» ;
« Nous attendons avec impatience l'annonce de la libération du pays, la formation rapide d'un gouvernement intérimaire et une transition stable de la Libye vers des élections libres et justes » ;
«Vous avez gagné votre révolution, et nous serons vos partenaires».

« Révolution » ? « Action collective » ? « Mission de l'Otan » ? « Élections libres et justes » ? «Sans déployer un seul militaire américain au sol »?
Mais de quoi il parle ?
 

Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Oct 2011 à 23:27

Le fils de l’Afrique veut faire main basse sur les joyaux de la couronne du continent

 
 
John Pilger
 

Le 14 Octobre, le président Obama a annoncé que les Etats-Unis allaient envoyer des forces spéciales américaines en Ouganda pour prendre part à la guerre civile. Dans les mois à venir, des troupes de combat américaines vont être envoyées au sud-Soudan, au Congo et en Centrafrique. Elles n’engageront le combat qu’en cas de “légitime défense” a dit Obama de manière satirique. Avec la Libye tombée dans l’escarcelle, une invasion américaine du continent africain prend forme.

 
La décision d’Obama est décrite par la presse comme étant “hautement inhabituelle” et “surprenante” et même “bizarre”. Il n’en n’est rien. Ceci n’est que la logique de la politique américaine depuis 1945. Prenez le Vietnam. La priorité était d’arrêter l’influence de la Chine, un rival impérialiste et “protéger” l’Indonésie, que le président Nixon appela “le plus gros magot en ressources naturelles de la région.. La plus grande des récompenses”. Le Vietnam était simplement sur le chemin et le massacre de plus de trois millions de Vietnamiens, la dévastation et l’empoisonnement de leur pays étaient le prix de la réalisation des objectifs de l’Amérique. Comme toutes les invasions américains suivantes, un sentier de sang qui s’étend de l’Amérique latine à l’Afghanistan en passant par l’Irak, le leitmotiv était toujours la “légitime défense” ou “la cause humanitaire”, des mots vidés depuis longtemps de leur sens propre.
 
En Afrique, dit Obama, “la mission humanitiare” est d’assister le gouvernement de l’Ouganda à se défaire de l’armée de résistance de dieu (LRA) qui a “tuée, violée et kidnappée des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants en Afrique centrale”. Ceci est une description juste de la LRA, évoquant de mulitples atrocités administrées par les Etats-Unis, tel le bain de sang des années 1960 suite à l’assassinat arrangé par la CIA de Patrice Lumumba, le leader congolais indépendant et premier ministre légalement élu pour la première fois au Congo, ainsi que le coup d’état perpétré par la CIA, installant au pouvoir Mobutu Sese Seko, vu comme le plus vénal des tyrans africains.
 
L’autre justification d’Obama invite également la moquerie. Ceci est du ressort de “la sécurité nationale américaine”. La LRA a fait son sale boulot depuis 24 ans, sans intérêt particulier des Etats-Unis. Aujourd’hui, elle se compose de quelques 400 membres armés et n’a jamais été aussi faible. Quoi qu’il en soit, la “sécurité nationale américaine” veut en général dire l’achat d’un régime corrompu et veule, qui possède quelque chose que Washington veut. Le “président à vie” ougandais Yoweri Museveni a déjà reçu la plus grande part des 45 millions de dollars d’aide militaire des Etats-Unis, incluant les drones favoris d’Obama. Ceci est son pourboire pour combattre une autre guerre par proxy contre l’ennemi islamiste fantôme de l’Amérique, le groupe Shabaab basé en Somalie.La LRA jouera son rôle imparti de diversion par relation publique, en distrayant les journalistes occidentaux avec ses histoires d’horreur habituelles.
 
Quoi qu’il en soit, la raison principale pour laquelle les Etats-Unis envahissent l’Afrique n’est pas différente de celle qui enflamma la guerre du Vietnam. C’est la Chine. Dans le monde de la paranoïa institutionalisée auto-infligée, qui justifie ce que le général David Petraeus, l’ancien chef d’état major maintenant à la tête de la CIA, suppose être un état de guerre permanent, la Chine est en train de remplacer Al Qaïda comme la “menace” officielle contre l’Amérique. Quand j’ai interviewé Bryan Whitman, un secrétaire d’état adjoint du ministère de la défense, l’an dernier, je lui ai demandé de décrire le danger courant auquel l’Amérique fait face en ce moment. Il répéta visiblement embarassé, “les menaces asymétriques, les menaces asymétriques”. Ces menaces justifient le blanchiment d’argent sale que l’état effectue avec les conglomérats d’armes et le plus gros budget militaire de l’histoire. Avec Oussama Ben Laden hors service, la Chine reprend le flambeau.
 
L’Afrique est l’histoire à succès de la Chine. Là où les Américains amènent leurs drones et la destabilisation, les Chinois amènent des réseaux routiers, des ponts, des barrages. Ce qu’ils veulent ce sont les ressources, spécifiquement les hydrocarbures.  Avec les plus grosses réserves de pétrole du continent africain, la Libye de Mouammar Kadhafi était une des sources les plus importantes de la Chine. Lorsque la guerre civile éclata et que les “rebelles” furent soutenus par l’OTAN sous couvert d’une histoire fabriquée de toute pièce à propos de Kadhafi planifiant un “génocide” à Benghazi, la Chine évacua ses 30 000 ouvriers de Libye. La résolution du conseil de sécurité de l’ONU qui autorisa une “intervention humanitaire” de l’occident fut expliquée succintement par le conseil transitoire au gouvernement français, ce qui fut publié le mois dernier par le journal Libération et dans lequel le conseil national de transition libyen offrait 35% de la production nationale de pétrole à la France “en échange” (le terme utilisé) d’un soutien “total et permanent” de la France au conseil de transition. Portant la bannière étoilée dans un Tripoli “libéré” le mois dernier, l’ambassadeur américain Gene Cretz laissa échapper: “Nous savons que le pétrole est le joyau de la couronne des ressources naturelles libyennes !”
 
La conquête de facto de la Libye par les Etats-Unis et ses partenaires impérialistes annonce la version moderne de la “ruée sur l’Afrique” de la fin du XIXème siècle. Tout comme la “victoire” en Irak, les journalisres ont joué un rôle essentiel et critique en divisant les Libyens entre de bonnes victimes et de mauvaises victimes. Une une récente du journal Guardian illustra une photo d’un combattant “pro-Kadhafi” effrayé aux mains de ses geôliers aux yeux élargis avec la mention “célébrez”. D’après le général Petraeus, il y a maintenant une guerre de la “perception… qui est continuellement conduite à travers les médias”.
 
Depuis plus de dix ans, les Etats-Unis ont essayé d’établir un commandement militaire sur le continent africain, AFRICOM, mais ont été repoussés par les gouvernements, appréhensifs des tensions régionales que cela impliquerait. La Libye et maintenant l’Ouganda, le sud-Soudan et le Congo leur donnent une autre bonne chance. Comme le révèlent les câbles fuités par Wikileaks du bureau national stratégique pour le contre-terrorisme, les plans américains pour l’Afrique font partie d’un schéma global qui verra 60 000 forces spéciales, incluant des escadrons de la mort, opérant dans 75 pays, de bientôt opérer dans 120 pays. Dick Cheney le dît dans son plan de “stratégie de défense) des années 1990, l’Amérique désire simplement dominer le monde.
 
Que ceci soit maintenant le cadeau de Barack Obama, le “fils de l’Afrique”, est d’une ironie suprême. Où cela l’est-il vraiment ? Comme Frantz Fanon l’a expliqué dans “Black Skin, White Masks”, ce qui importe en fait n’est pas tant la couleur de votre peau, mais le pouvoir que vous servez et les millions que vous trahissez.

 
Date de parution de l'article original: 20/10/2011
 

Obama, el rey de África



Edité par T 34 - 04 Nov 2011 à 16:24
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Africom : la nouvelle stratégie militaire américaine de conquête de l'Afrique
 

Depuis 2008 et sous l'administration Bush, les Etats-Unis tentent un déploiement militaire sur le continent africain à travers le Commandement américain pour l'Afrique (Africom), une démarche très originale mais surtout audacieuse.

Son objectif officiel est de lutter contre le terrorisme et contre tout acte criminel comme la piraterie, le trafic de drogues, la circulation des armes, etc. dans le continent africain.

L'Africom, dont le commandement est aujourd'hui basé à Stuttgart en Allemagne sous la direction du Général William Ward, a d'abord tenté d'asseoir une base territoriale en Afrique, initiative qui a échoué du fait de la réticence des Etats africains à accepter ce qui apparaît pour beaucoup comme une invasion militaire du continent.

Néanmoins, les Américains, malgré les critiques acerbes d' hommes politiques, surtout de l'Afrique australe et d' intellectuels du continent, ont tenu à mettre à exécution leur idée et de différentes manières.

Ils ont certes abandonné l'idée d'implanter une base d'Africom en Afrique. Mais, ils ont réussi à faire adhérer nombre d'Etats européens à leur démarche.

C'est pourquoi, dans le cadre de la Station maritime du partenariat africain (African Partnership Station - APS), des navires de guerre ont été positionnés dans le Golfe de Guinée, surtout entre novembre 2007 et avril 2008, avec l'implication des marines de pays européens comme la France, l'Allemagne, la Grande Bretagne, l'Espagne, etc.

C'est dire qu'Africom a réussi à convaincre les pays européens de son utilité et de la nécessité de participer à son opérationnalité.

Cependant, une initiative aussi importante a été préparée sans l'aval des Nations Unies, les Américains et leurs allés ayant tenu à écarter un certain nombre de pays y compris les Etats africains, les premiers concernés, font remarquer des observateurs.

C'est seulement lorsque le Fort Mac Henry, principale plateforme, avec les sous-marin Annapolis et Swift, est arrivé dans le Golfe de Guinée pour "y assurer la sécurité" que les marines des pays africains ont été associées avec un objectif principal de formation.

Or, une telle entreprise qui snobe les Nations Unies ne pouvait pas ne pas être dangereuse, à court, moyen ou long terme, estiment certains analystes, pour qui, la guerre en Libye a été le premier terrain d'expérimentation militaire d'Africom.

Les enjeux actuels sont liés aux ressources naturelles, indiquent les analystes, affirmant que ce n'est pas un hasard si le Golfe de Guinée et la Libye sont devenus des zones d'attraction d'Africom.

 
Agence de presse Xinhua     2011/10/28
 
 


Edité par T 34 - 30 Oct 2011 à 02:54
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Selon le vice-ministre pour l’ Afrique de la Chancellerie vénézuelienne, Reinaldo Bolívar

 

“Si L’Europe ne se mélange pas avec l’Afrique, sa disparition commencera »

samedi 29 octobre 2011

26 octobre 2011

Si L’ Europe ne se mélange pas à l’ Afrique sa disparition commencera. Il y a des écoles sans enfants dans beaucoup de pays européens, pas parce qu’ils ne veulent pas y aller mais parce qu’il n’y a pas d’enfants.”. La prédiction, qui s’appuie sur des statistiques, appartient au vice-ministre pour l’ Afrique de la Chancellerie vénézuelienne, Reinaldo Bolívar, qui ce mardi s’est entretenu brièvement lors de l’inauguration du premier cycle d’étude sur les savoirs africains, offert par L’Institut de Recherches Stratégiques sur l’Afrique et sa Diaspora (connue sous le nom de Centre de Savoirs Africains), qui s’est donnée au siège de l’institut des Hautes Etudes Diplomatiques Pedro Gual, Caracas.

Bolívar appuie ses affirmations sur le taux de natalité des pays européens. De fait, les africains en Europe déjà atteignent un chiffre décisif de 8% d’ habitants de provenance subsaharienne. “Ce chiffre va croître encore plus, malgré les limites que mettent l’Europe », présage à nouveau le vice ministre.. “Les lois migratoires de l’Europe sont discriminatoires”, ajoute-t-il. Il a rapporté qu’en septembre 2006, le président de l’Union Africaine était au Vénézuela, et qu’il y avait signalé que d’ici 2020 l’Europe initierait sa disparition de manière accélérée. “Grâce à la migration forcée de l’Afrique jusqu’en Amérique, de nombreux pays en Amérique latine existent. Sans les africains il n’y aurait pas eu de population dans les îles Caraïbes.” a assuré Bolívar.

COMPTE COURANT DE LA PLANETE

Pendant sa prise de parole le vice ministre Bolívar a rappelé que l’initiative du cycle d’étude s’inscrivait dans la déclaration de Nueva Esparta du second sommet Amérique du Sud et Afrique, dans le plan de mise en place ASA 2010-2015. Après investigation, il lui est apparu qu’il existe des expériences similaires à Cuba et au Brésil, et que le Mexique et Haïti offraient des spécialisations en études africaines.

« Depuis 2005 nous rêvons d’une institution comme celle là », a déclaré le porte parole de la Chancellerie. “ Pourvu que nous puissions faire de ce centre une référence internationale valide et productive”. A l’heure actuelle elle fonctionne à l´école Pedro Gual, pendant que se terminent les ajustements et l’obtention des quelques dernières autorisations du Ministère de l’Education Universitaire. Sur la question du pourquoi étudier l’Afrique, Bolívar a explique qu´“il est tellement important, que toutes les puissances étudient l’Afrique pour faire de la politique ». Il a ajouté que les Etats Unis maintiennent d’énormes budgets destinés à la recherche sur l’Afrique, de la même manière que la Chine, l’Iran, l’ Inde, l’Allemagne, la France et l’ Espagne. “L’Afrique est le compte courant des ressources naturelles de la planète terre, d’où l’intérêt des grandes puissances ». “Nous devons enquêter sur l’Afrique pour avancer vers une coopération solidaire. Nous devons former des africanistes”, a déclaré Bolívar. Il s’est aussi fait l’avocat de la revalorisation des apports africains dans la médecine naturelle, ainsi que du savoir-faire à construire des maisons de torchis et bambou, point qui fût repris par le vice-ministre Jorge Arreaza au moment de sa prise de parole. “Nous pourrions construire des milliers de maisons dans la province vénézuelienne », a dit Bolívar, en référence à la technique africaine du torchis et bambou.

“Quand l’Afrique était en train de se réunifier, les coups d’Etats sont apparus », a commenté le vice-chancelier, en référence aux évènements récents. Lors de l’allocution était également présent les ambassadeurs du Brésil et Equateur en poste au Vénézuela, ainsi que des vénézueliens accrédités dans différents pays africains.

MAISON DE TORCHIS ET BAMBOU

Jorge Arreaza, vice ministre du développement Scientifique et Technologique du Ministère du Pouvoir populaire pour la Sciences, technologie et Industrie Intermédiaire, a aussi souligné la valeur du torchis et bambou pour la construction de logements. “Cela fait des mois que le président Chávez nous a donné l’ordre d’enquêter et nous sommes allés à la bibliographie et nous sommes allés aux origines : l’Afrique ». Il a informé que Funvisis est en train de créer des études sismologique et que cela fait plusieurs jours ils ont tenus une réunion consacrée à ce thème. “Avec peu de technologie moderne, le torchis et bambou est viable et c’est une matière première disponible dans les rives des rivières et villages ». Au sujet de ce cycle d’étude, Arreaza a mis en relief la volonté du président Chávez d’inviter des étudiants d’Afrique et des Caraïbes. Il a dit que depuis qu’il assume ses responsabilités à Fundayacucho il s’est établi une fluidité des échanges entre les étudiants africains et ceux du Vénézuela. Beatriz Aifil, représentante des professeurs du cycle d ’études, s’est exprimée en leur nom et a fait la présentation de ceux qui étaient présents. Finalement, la première classe du cycle d’étude a accordé son doctorat à Asia Villegas Poljak, dotée d’une large expérience professionnelle en Haiti.

T/Douglas Bolívar
 F/Héctor Rattia

Source : http://www.correodelorinoco.gob.ve/...

Traduction ZIN.TV

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Près de 8 millions d’enfants de moins de 5 ans sont morts en Afrique sub-saharienne en 2010

Par Tania Hernández
 
Luanda, 2 décembre (RHC-PL) - La représentante de l’OMS l’Organisation Mondiale de la Santé en Angola,    a affirmé que près de 8 millions d’enfants de moins de 5 ans sont morts en Afrique sub- saharienne en 2010 des suites de  maladies qui peuvent être prévenues soit par des vaccins soit par des mesures d’hygiène.

Lors d’un Symposium dans la province angolaise d’Huila, elle a indiqué que 37% de ces décès  ont été provoqués par des diarrhées et des pneumonies.

75% des morts durant l’accouchement sont dues à des complications obstétriques comme conséquence  du retard mis pour recourir à un médecin, du manque de moyens de transport  et de la lenteur dans les soins.

La représentante de l’OMS, a indiqué que des entités sanitaires se sont prononcées pour améliorer les conditions d’hygiène en Afrique, pour obtenir un environnement plus sain et renforcer les systèmes de santé dans chaque pays.

Source

Deux sur trois malades atteints de SIDA sont Africains

Par Tania Hernández
 
Johannesburg, 2 décembre (RHC-PL) - Des organismes internationaux ont signalé que deux malades sur trois atteints du VIH- SIDA sont Africains. Dans ce continent on enregistre le plus grand nombre de morts et d’enfants orphelins à cause de cette maladie.

Le professeur Leigh Johnson, de l’Université de la ville du Cap  a précisé qu’un dixième de la population mondiale, vit dans cette région  où se présentent  9 cas sur  dix de VIH.

Le Botswana, le Lesotho, le Swaziland et l’Afrique du Sud sont les  pays les plus touchés par ce fléau.   

Source
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La Chine, meilleure alliée stratégique de l’Afrique ? Les cas camerounais et ivoirien

 

Jean-Paul Pougala

 
La Chine commence à bousculer l’Occident pour imposer de nouvelles tendances dans les rapports stratégiques avec l’Afrique. Dans cette dualité qui se dessine, comme au temps de la guerre froide Est-Ouest, Jean-Paul Pougala note des dissidences qui se font jour de la part de certains pays pour tendre vers Pékin, là où d’autres restent dans leur ancrage traditionnel. D’un côté il salue la mutation camerounaise, de l’autre il déplore le statu quo ivoirien.

Les douze derniers mois ont été très intenses sur le continent africain avec d'importantes élections qui ont suscité beaucoup d'intérêts même hors d'Afrique, parce que l'issu de chacune d'elle marquait les nouvelles frontières du partage des zones d'influence qui sont en train de se renégocier entre les anciens maîtres du monde, l'Occident et le nouveau, la Chine. En paraphrasant un classement qu'on a vu en Ukraine, ont peut dire qu'en Côte d'Ivoire, en Zambie ou au Libéria, ce sont les Pro-Occident qui ont gagné la partie. Au Cameroun ou République Démocratique du Congo, ce sont les pro-Chine qui ont gagné.

Depuis les indépendances africaines, il y a environ 50 ans, dans la logique de la guerre froide, les pays africains étaient tous sous l'une des deux bannières : pro-occident ou pro-Union Soviétique. A la chute du Mur de Berlin en 1989 et la conséquente fin de la période de la guerre froide, toute l'Afrique était devenue, de gré ou de force pro-Occident. Le tandem Fond Monétaire International et Banque Mondiale avait de fait pris le pouvoir en Afrique, décidant de tout ou partie de la politique économique, financière, sociale et même juridique de bon nombre de pays africains. Après ces 20-30 ans de ce pouvoir en Afrique, il n'existe à ce jour aucune exception de pays qui aurait réussi grâce à ces recettes venues tout droit de Washington. Ce qui a amené certains pays à entrer en dissidence, à entrer en rébellion contre ce pouvoir ultralibéral FMI-BM qui a une particularité et c'est que lorsqu'il échoue, le chapeau n'est porté que par le dirigeant africain rebaptisé pour la circonstance en "dictateur africain" afin de détourner l'attention de la vraie paternité de l'échec : l'ultralibéralisme occidental. Cette tragi-comédie continue de nos jours, puisque ce sont ces mêmes recettes qu'on prescrit aujourd'hui à la Grèce, au Portugal et à l'Italie qui ont toutes échoué il y a 20 ans en Afrique.

Ces dissidents africains ont regardé ailleurs vers l'Orient, vers la Chine. Ils ne sont pas très nombreux, parce qu'il fallait du courage pour braver les pressions occidentales, lorsque cela ne se terminait pas par des coups d'Etat bien pilotés par l'entremise des rebelles qui n'ont jamais expliqué comment et par qui ils avaient été financés. Et c'est dans ce contexte que s'inscrit désormais tous les rendez-vous électoraux sur le continent africain, où le seul vrai projet de société est de savoir si le pays se contente du statu quo habituel avec le niveau de misère qu'on connait depuis 50 ans au service de l'Occident ou alors s'il fera le saut dans le vide en choisissant la Chine, pour émerger avec elle, sans savoir où on va atterrir.

Aujourd'hui, je vais prendre en examen deux pays africains qui ont fait deux choix opposés, l'un, la Côte d'ivoire, a choisi de rester comme avant, sous l'Occident et l'autre, le Cameroun, qui a fait le choix de se jeter dans le vide avec la Chine. Lequel des deux pays a fait le bon choix ? pour répondre à cette question, je me garderai bien de donner des jugements de valeur à une élection ou à une autre. Je ne vais pas refaire l'histoire ici. Mais il me plait de revoir les événements sous la loupe purement géostratégique.

Le Cameroun et la Côte d'Ivoire sont deux pays africains qui ont récemment connu des élections et le point commun des deux élections c'est que les deux géants mondiaux, la Chine et l'Occident avaient fait leur choix et apporté leur soutien. En Côte d'Ivoire, on peut être d'accord ou pas d'accord sur les méthodes utilisées, mais chaque contemporain a pu assister en direct à l'intronisation par la France et les Etats-Unis d'une administration africaine. Il n'est donc pas erroné d'affirmer que le pouvoir en place est pro-Occident.

Au Cameroun, M. Biya a été le chouchou de Pékin, cette ville étant devenue au cours des années sa seule destination officielle hors des frontières camerounaises. Lors du dernier congrès de son parti, le RDPC, le parti de Sarkozy, l'UMP, n'était pas invité comme d'habitude. A sa place, c'est le Parti Communiste Chinois qui a été convié et désigné comme le "meilleur parti ami" du Cameroun. Et que dire du fait que les résultats des élections présidentielles au Cameroun ont été rendus publiques à Pékin, 4 heures avant la proclamation par la Cour Suprême du Cameroun. Ce qui nous amène à dire, sans nous tromper, que le positionnement du Cameroun est pro-Chine.

Etait-ce un simple hasard, la décision conjointe de Pékin et Yaoundé, de choisir la date du 8 octobre 2011, un jour avant les élections, pour la cérémonie présidée par Biya et le représentant chinois pour poser ensemble la première pierre du chantier du port en eau profonde de Kribi avec une première enveloppe de 1 milliard de dollars versés par la Chine ? N'était-ce pas un vrai défi lancé aux Occidentaux qui eux sont dans une profonde crise financière ? Dans tous les cas, l'électorat camerounais a approuvé ce choix de ses dirigeants, le lendemain, dans les urnes, en élisant Biya avec 78% des voix. En comparaison, on est très loin de la gestion calamiteuse des Occidentaux de la situation ivoirienne quelques mois auparavant.

QUI DU CAMEROUN ET DE LA COTE D'IVOIRE A EU RAISON DE SON CHOIX ?

S'il est encore trop tôt pour parler du Cameroun on peut déjà tirer les premières conclusions sur la Cote d'ivoire et constater que la situation aujourd'hui est de loin pire que celle qui prévalait durant la crise sous Laurent Gbagbo. Le FMI vient d'avancer un chiffre de -7,5 % de croissance du pays pour l'année 2011, faisant ainsi de la Côte d'Ivoire le seul pays en récession de tout le continent africain, c'est-à-dire, pire que la Somalie où même sans gouvernement stable il y aura eu 1% de croissance pour 2011, c'est-à-dire une croissance somme toute positive. Les mêmes sources nous informent des contre-performances de toute l'économie ivoirienne où l'Etat doit aux entreprises la rondelette somme de 900 milliards de FCFA. Et la totalité du budget 2012 à peine voté ne pourra être financé que de l'étranger.

Prenons au hasard une date commune dans les deux pays, la date du 23 novembre 2011. Quelle est l'actualité principale en Côte d'Ivoire ? C'est le porte-parole du président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso qui nous annonce qu’Alassane Drame Ouattara se trouve a Bruxelles où il va rencontrer, dans la journée, Karel de Gucht, commissaire Européen chargé du Commerce, pour parler des exportations du cacao ivoirien vers les pays de l'Union européenne.

Au même moment, au Cameroun, c'est Martin Yankwa, Inspecteur général du ministère camerounais de l'Industrie, des Mines et du Développement Technologique qui annonce la signature d'un accord pour la création d'une usine, la SITRACO, d'une valeur de 1,6 milliard de FCFA pour la transformation à Douala de 40% du coton camerounais pour alimenter les nombreux hôpitaux que la Chine construit un peu partout au Cameroun, avec des consommables comme les compresses médicales et des rouleaux de gaze hydrophile de coton.

Dans le premier cas, il s'agit de l'énième visite en Occident depuis la prise de pouvoir au mois de mai 2011 dernier. La première visite était le 26 mai 2011 au sommet du G8 à Deauville en France, où l'ami Sarkozy, président de la France l'a présenté comme un trophée, il avait une grande envie de célébrer la victoire militaire de sa présidence mais avait oublié d'informer son protégé Monsieur Ouattara que lui-même se trouvait en pleine tempête financière avec les 3 principales banques qui venaient de perdre en bourse près de 40% de leur valeur, ce qui atteindra très vite les jours suivants, 65% pour la plus grande. Il y a eu le 27/07/2011 la visite à Washington pour demander de l'argent. Malheureusement ici aussi, Monsieur Obama était en pleine querelle avec la nouvelle majorité républicaine au Congrès qui ne voulait pas lui octroyer une rallonge pour de nouvelles dettes ; et du coup, accompagné des autres Présidents Africains qui semblaient tous à la Maison Blanche comme des écoliers dans le bureau du Directeur d'école, les photos que la Maison Blanche a publiées de cette rencontre donnent l'amère impression de se trouver à une cérémonie de funérailles.

COMMENT LIRE CES DEUX EVENEMENTS ?

EN COTE D'IVOIRE
La démarche ivoirienne est erronée. A mon avis, le cacao et le café, comme la malaria, doivent tout simplement être éradiqués du continent africain. C'est la seule certitude de mettre fin à la sombre époque de la soumission coloniale avec toute son économie, comme la culture de certaines plantes que les principaux journaux financiers en Occident continuent de classer en cette fin de l'année 2011 comme "produits coloniaux". Plus de 50 ans après l'indépendance, ce n'est pas normal qu'un dirigeant africain se rende en Europe pour négocier en faveur d'un produit colonial, c'est-à-dire pour continuer volontairement à cultiver ce produit qui correspondait à la vision et aux intérêts européens de cette Afrique coloniale. C'est une faute politique, historique et surtout, économique, car aucun pays du monde ne s'est jamais enrichi en continuant la production d'un produit colonial. Même le Brésil a été obligé de renoncer à sa place de premier producteur mondial du café pour passer à la production de viande qu'elle exporte désormais vers Europe parce qu'elle est 100 fois plus rentable et sa production est hebdomadaire et non annuelle comme le café.

En d'autres termes, la Côte d'Ivoire doit se spécialiser en "Intelligence" pour compter et pour commander en Afrique et non plus retourner aux sombres heures des travaux champêtres de la période coloniale, aux heures du travail manuel pour remettre le vieux tablier de domestique et reprendre, comme le veut le maître européen, sa place dans les plantations de cacao et café du pays tropical.

AU CAMEROUN
La démarche camerounaise est à encourager, parce la décision de créer une usine de transformation du coton camerounais présente deux avantages : d'abord parce que la vraie plus-value d'un produit agricole réside dans sa transformation en produit fini, ensuite parce que le produire pour satisfaire un besoin national permet de dynamiser une demande locale et mettre sur pied le cercle vertueux de la création de la richesse. Il est prévu que dans les prochains dix ans le Cameroun passera du pays importateur de coton, à pays exportateur, du même coton pour satisfaire la demande des hôpitaux camerounais et ensuite africains.

Ce que les dirigeants Camerounais ont compris c'est la leçon même de Laurent Gbagbo. C'est-à-dire que désormais c'est en Afrique même qu'il faut aller chercher l'argent. La SITRACO est l'arbre qui cache la forêt du vaste projet de développement du business de la santé au Cameroun pour attirer les malades non plus uniquement des pays voisins, mais venant de beaucoup plus loin. A travers ses hôpitaux, le Cameroun veut récupérer le très lucratif pactole des évacuations sanitaires vers la France depuis les pays d'Afrique francophone notamment pour des spécialités bien précises : cardiovasculaire, traumatologique, neurochirurgical, ontologique, ophtalmologique. Selon les incroyables chiffres fournis par Monsieur le ministre Burkinabé de la Santé, Bedouma Alain Yoda, le gouvernement d'un petit pays comme le Burkina Faso règle à la France la bagatelle de 900 millions de FCFA (1,372 million d'euros) chaque année pour évacuer une cinquantaine de patients par an. cette information a été rendue publique par le quotidien burkinabé Le Pays, dans son édition du 19 septembre 2007. Yaoundé veut une partie de ce gâteau. L'histoire ne nous dit pas si Paris est très content de l'activisme de ce nouveau concurrent inattendu.

Un autre domaine dans lequel les dirigeants de Yaoundé cherchent des palabres avec la France de Sarkozy, reste celui de la formation. On peut facilement imaginer la scène à l'intérieur du Palais d'Etoudi (demeure du président camerounais) où son hôte prend un stylo et sa calculette pour voir combien l'Europe encaisse chaque année des étudiants africains qui y affluent. Un vrai magot, se serait-il exclamé. Et toutes les réflexions successives ont dû porter sur le fait de savoir comment intercepter une partie de cette somme. Les universités publiques et privées sont en train de sortir de terre comme des champignons avec des cités universitaires et son lot de chantiers chinois pour livrer les œuvres dans les plus brefs délais afin, non seulement d'éviter que les Camerounais quittent le pays, mais aussi pour attirer les autres étudiants africains qu'ils soient francophones ou anglophones, profitant au passage de sa position privilégiée d'être le seul pays bilingue français/anglais du continent africain.

Alors que l'hôte de l'Elysée (demeure du président français) compte sur la stigmatisation de ces étudiants africains pour remonter dans les sondages, on peut parier que lui enlever un tel alibi sera vécu comme un crime. Déjà depuis le mois de mai 2011, un décret intime à ces étudiants Africains de laisser la France le lendemain de leur soutenance de thèse.

QUE FAIRE LORSQU'ON S'EST TROMPE DANS LE CHOIX DES ALLIANCES ?

Aujourd'hui, le développement de l'Afrique est une question de choix décisif dans le positionnement géostratégique de chaque pays. L'alliance avec l'Occident sur le point de déposer le bilan me semble un choix suicidaire, parce que le résultat est connu d'avance : misère garantie comme plat de résistance et dettes pour dessert. Le Guide libyen Kadhafi est l'exemple de ce choix suicidaire. Il avait opté pour l'alliance avec l'Occident, en snobant autant la Chine que la Russie et en mettant ses Services Secrets sous le contrôle de la CIA dès 2006. Ce qui lui sera fatal, puisque ce sont ces mêmes Services Secrets devenus américains qui feront qu'il ne soit plus en sécurité nulle part sur le sol libyen, encore moins son dauphin. Dans la nature, les mammifères cherchent les males jeunes et forts pour s'accoupler et assurer la descendance, garantir l'avenir. Parce que les males vieux sont faibles, souvent aigris et génèrent d'autres faiblesses qui ne laissent pas beaucoup de chance à la race de survivre longtemps, ne présageant aucun futur.

En ce moment, l'Occident est cet animal devenu vieux et faible et pour cette raison, devenu plus dangereux pour lui-même et pour ses alliés. Sa faiblesse le rend aigri. Un jour arrivera, lorsqu'ils comprendront que leur trophée de la victoire ivoirienne n'était qu'une pure illusion et qu'ils ne seront pas sauvés de leur profonde crise financière et sociétale par la Côte d'Ivoire, qu’ils n'auront plus besoin de Ouattara. Ce jour là, il sera très vite rebaptisé en "Dictateur Africain". Dès lors on n'a pas besoin d'être un magicien pour prédire que des ONG prétendument expertes de l'Afrique sortiront de partout pour nous expliquer comment il est méchant et s'enrichit sur le dos du peuple. On trouvera très vite un autre Africain pour le remplacer. Et ce jour là, nous serons présents pour le soutenir avec toutes nos forces, exactement comme nous l'avons fait pour son prédécesseur, exactement comme nous l'avons fait pour le Guide libyen, Kadhafi. Parce que la tradition africaine veut que nous n'abandonnions jamais les nôtres, quoi qu'ils aient fait dès lors qu'ils sont en mauvaise posture avec nos bourreaux de toujours.

Nicolas Machiavel (1469-1527) ne dit-il pas que "pour prévoir l'avenir, il faut connaître le passé, car les événements de ce monde ont en tout temps des liens aux temps qui les ont précédés. Créés par les hommes animés des mêmes passions, ces événements doivent nécessairement avoir les mêmes résultats" ?

Combien serons-nous pour répondre "présent" au soutient de Ouattara lorsque son heure de disgrâce sera arrivée ? Qu'est-ce que l'histoire retiendra de lui au delà de la page peu glorieuse qu'il a écrite avec sa fameuse "Communauté Internationale" ? Lui seul et son équipe pourront répondre à ces questions, à travers les actes et les décisions qu'ils pourront mener en utilisant leur cerveau pour ne pas insister avec des recettes qui ont démontré leurs limites. Le plus grave n'est pas de commettre des erreurs, mais de persister dans l'erreur. Et le geste le plus sage à mes yeux est celui d'avoir le courage et la force d'aller contre ceux qui l'ont mis au pouvoir et de libérer son frère Laurent Gbagbo. Il sortirait alors ainsi de "l'Afrique de la traitrise et des sous-préfets" pour entrer dans l'Afrique du courage et de la défense de la dignité humaine.

Nous sommes différents des Européens. Pour construire l'Union Européenne, ils ont recouru à un catalogue de conditions à être toutes satisfaites avant d'entrer dans l'Union et des pays comme la Turquie, depuis 1993, n'ont toujours pas réussi à satisfaire à ces conditions. En Afrique nous privilégions d'autres valeurs que l'argent. C'est pour cela qu'il n'y a jamais eu un quelconque catalogue de conditions pour adhérer à l'OUA hier ou à l'UA aujourd'hui et demain dans les Etats-Unis d'Afrique en construction. Ce qui nous unit est avant tout est un idéal, celui de soustraire l'Africain de l'esclavage européen, à travers la lutte contre l'humiliation que l'Occident continue de nous infliger depuis 5 siècles. Le Tribunal Pénal International (TPI) n'est-il pas la preuve évidente de cet acharnement contre la dignité humaine en Afrique ?

Comment expliquer sinon qu'avec les 3 millions de morts au Cambodge, pour le génocide perpétré par les 'Khmers rouge', le tribunal spécial se passe en terre cambodgienne pour juger ses auteur 30 ans après les faits, alors que pour l'Afrique le TPI devient l'énième instrument de domination et de la xénophobie contre l'Afrique ?

Le dénominateur commun du peuple africain est l'anticolonialisme. C'était même le fondement de l'OUA. Et nous ne pourrons pas construire les Etats-Unis d'Afrique sans associer tout le monde, sans prendre conscience de la capacité de nuisance de ceux qui veulent nous diviser jusqu'à chasser nos chefs d'Etat du pouvoir, jusqu'à tuer nos Présidents. Nous sommes très indignés de ces actes de barbarie et si ceux qui ont le pouvoir en Afrique n'ont pas conscience de cela, nous devons être doublement indignés.

CONCLUSION

Le déclin de l'Occident est paradoxalement une chance pour l'Afrique, à condition que nous soyons conscients de l'importance de la place que nous pouvons occuper dans cette nouvelle ère avec la redistribution des places. L'Occident ne peut pas nous aider parce qu'il ne peut pas s'aider lui-même. Obama a visité le Ghana et présenté ce pays comme la vitrine d'un allié de l'Occident qui réussit, mais la vérité est plus amère. C'est que ce pays pour sa croissance s'est tourné vers la Chine et a reçu 10 milliards de dollars, montant qu'aucun pays occidental ne pouvait lui offrir. Pour l'histoire, le 23 novembre 2011, pour la première fois, même l'Allemagne, le pays européen le plus vertueux et le plus riche n'a pas pu emprunter l'argent sur les marchés, leurs propres opérateurs étant les premiers à parier sur leur chute inexorable.

Au 21ème siècle c'est la fin des Etats-Nations et le triomphe des Etats-continent. Je ne me réjouis pas pour le début de la prospérité de mon pays, le Cameroun, tant que l'économie d'un autre pays africain comme la Côte d'Ivoire est en berne, parce que la Côte d'Ivoire comme la Somalie, c'est aussi mon pays et le comprendre c'est avoir la force pour résister à nos agresseurs et pour construire la base d'une prospérité stable, continentale. Et pour le faire, nous avons besoin des alliances, nous avons besoin de compter nos amis, nos vrais amis. Pour l'instant, le meilleur ami de l'Afrique est la Chine et nous devons tous nous indigner lorsque l'Europe va à Pékin parler de l'Afrique, parler de nous sans nous. Ne sommes-nous pas suffisamment sortis de l'adolescence ?

Toujours plus de chefs d'Etats Africains seront encore humiliés, d'autres seront encore assassinés. Mais le pire qu'un Africain puisse faire c'est qu'il soit de près ou de loin complice des ces actes tous dirigés contre les nôtres, tous orientés contre nous. Parce que chaque président africain qu'on humilie, c'est nous tous qu'on humilie, chaque chef d'Etat africain qu'on tue, c'est nous tous qu'on tue. Défendre les nôtres, c'est défendre nous-mêmes aujourd'hui, c'est défendre nos enfants demain. Et identifier avec précision contre qui, nous avons à nous défendre en priorité, nous aidera à mieux choisir nos alliances. A ce jour, aucun Africain n'est mort tombé sous les balles de l'armée chinoise.


* Jean-Paul Pougala est Economiste, Sociologue, Politologue et Professeur l’Université de la Diplomatie de Genève.

 

Source : Pambazuka

Patria socialismo o muerte

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