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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Feb 2013 à 20:28

Tout tourne autour de l’or en Afrique

par Pepe Escobar * 

Toutes les versions de cet article : [Español]

Les réserves d’or du Mali et la campagne frénétique d’achat de la matière brillante par la Chine tandis qu’elle tente de faire tomber le pétrodollar, ont probablement mené les Etats-Unis d’Amérique à accélérer leur projet AFRICOM en construisant une base de drones au Niger voisin. Mais les guerres des ombres en Afrique sont seulement une attraction secondaire, l’acte principal se joue vers l’Asie qui maintient l’exorbitant budget du Pentagone [NDLT : en achetant de bons la dette US].

Tout tourne autour de l’or

Pour citer la phrase immortelle du « Faucon Maltais » de Dashiell Hammett, filmé par John Huston : « Parlons de l’oiseau noir », parlons d’un oiseau mystérieux en or. Évidemment, parce qu’il s’agit d’un film noir digne de Dashiell Hammett qui implique le Pentagone, Pékin, guerres des ombres, retournements et beaucoup d’or.

Commençons par la position officielle de Pékin : « Nous n’avons pas assez d’or ». Cela conduit à la campagne actuelle d’achat frénétique par la Chine, que n’importe qui peut voir en direct live, en temps réel, en particulier à Hong Kong. La Chine est déjà le principal producteur d’or et la principale nation importatrice d’or au monde.

L’or représente à peu près 70 % des réserves US et de l’Allemagne, et c’est plus ou moins la même chose pour la France et l’Italie. La Russie – qui aussi achète activement – a un peu plus de 10 %. Mais le pourcentage d’or de la Chine dans ses réserves impressionnantes de 3,2 trillions de dollars, est de seulement de 2 %.

Pékin suit avec attention les espiègleries actuelles de la Réserve Fédérale de New York, qui, quand la Bundesbank lui a demandé de rendre l’or allemand qu’elle a dans ses coffres, a répondu que cela prendrait au moins sept ans.

Le journaliste financier allemand Lars Schall suivait l’histoire depuis le début et, a quasi seul fait la connexion cruciale entre l’or, le papier-monnaie, les ressources énergétiques et l’abîme qu’affronte le pétrodollar.

Chaque fois que Pékin dit qu’il a besoin de plus d’or, il le justifie comme une barrière « contre les risques des réserves en monnaie étrangère » – c’est-à-dire la fluctuation du dollar US – mais spécialement pour « promouvoir la mondialisation du yuan ». C’est comme, de façon courtoise, faire que le yuan rivalise « loyalement  » avec le dollar et l’euro sur le « marché international ».

Et ici nous avons le point (élusif) principal. Ce que veut réellement Pékin est de se débarrasser de l’emprise du dollar. Pour que cela arrive, il a besoin d’importantes réserves d’or. C’est pourquoi nous nous voyons devant un Pékin pivotant du dollar au yuan et essayant d’influer sur de vastes champs de l’économie mondiale pour suivre ce chemin. La règle d’or est le « Faucon Maltais de Pékin » : « les rêves sont ainsi faits ».

Avoir un drone, et voyager

Le Qatar aussi est entrain de tourner, mais dans le style MEAN (Moyen Orient – Afrique du Nord). Doha finançait des wahhabites et des salafistes – et même des salafistes -djihadistes – comme les rebelles de l’OTAN en Libye, les bandes de l’Armée Libre Syrienne en Syrie et la bande pan- islamique qui s’est emparée du nord du Mali.

Le Département d’État –et après le Pentagone– en ont sans doute pris conscience, comme dans l’accord négocié entre Doha et Washington, ensemble, pour engendrer une nouvelle une « coalition » syrienne plus acceptable. Mais ces relations dangereuses entre le francophile Émir du Qatar et le Quai d’Orsay à Paris continuent d’être très puissantes, après avoir déjà gagné en force pendant le règne du Roi Sarko, aussi connu comme l’ancien président français Nicolas Sarkozy.

Tout observateur géopolitique bien informé a suivi les fuites, les unes après les autres, d’ex agents français du renseignement dans le merveilleusement méchant hebdomadaire satirique Le Canard Enchainé, détaillant le modus operandi du Qatar. C’est parfaitement évident. La politique extérieure du Qatar doit être lue comme les Frères Musulmanes Ici, Là-bas et Partout (mais pas dans l’émirat néo-féodal) ; c’est le « Faucon Maltais du Qatar ». En même temps Doha –ce qui réjouit les élites françaises – est un pratiquant avide du néolibéralisme dur et un grand investisseur dans l’économie française.

De manière que ses intérêts puissent se fondre dans la promotion – réussie – du capitalisme du désastre en Libye et ensuite – sans avoir encore réussi – en Syrie. Mais le Mali, c’est autre chose ; une réaction négative classique - et c’est là où les intérêts de Doha et de Paris divergent (pour ne pas parler de Doha et de Washington ; au moins si l’un n’assume pas que le Mali a été le prétexte parfait pour une nouvelle avancée de l’AFRICOM).

Les médias algériens sont indignés, mettant en cause (en français) les plans du Qatar. Mais le prétexte – comme cela fut prédit – a parfaitement fonctionné.

AFRICOM -surprise !- est dans le coup, puisque le Pentagone est prêt à établir une base de drones au Niger. Ceci est, le résultat pratique d’une visite du commandant de l’AFRICOM, le général Carter Ham, dans la capitale du Niger, Niamey, il y a seulement quelques jours.

Oubliez ces anciens avions turbo PC -12 qui espionnaient le Mali et l’Afrique de l’Ouest pendant des années. L’heure du Prédateur est arrivée. Traduction : le chef en attente, John Brennan planifie une guerre masquée de la CIA dans tout le Sahara-Sahel. Avec la permission de Mick Jagger/Keith Richards, le temps est venu de commencer à fredonner un remix d’un grand succès : « Je vois un drone gris / et je le veux peint en noir ».

L’AFRICOM fait que le Niger est déjà plus doux qu’une tarte de cerises. Dans le nord-ouest du Niger se trouvent toutes les mines d’uranium qui approvisionnent l’industrie nucléaire française. Et c’est très près des réserves d’or du Mali. Imaginez tout cet or dans une zone « instable » tombant dans les mains … des entreprises chinoises. C’est le moment du « Faucon Maltais de Pékin », d’avoir finalement assez d’or pour en finir avec ce dollar fil à la patte.

Le Pentagone a même obtenu une permission pour que toute son équipe de surveillance se réapprovisionne – dans tous les endroits possibles – dans l’Agadez crucial. La légion française peut avoir fait la sale besogne sur le terrain au Mali, mais AFRICOM sera celui qui ramassera la mise dans tout le Sahara - Sahel.

Etes-vous au courant de l’oiseau (asiatique) ?

Et cela nous porte vers ce fameux tournant vers l’Asie, qui était supposé être le sujet géopolitique numéro un du gouvernement d’Obama 2.0. Il le sera peut être. Mais certainement, aux cotés du mouvement de drones de l’AFRICOM dans l’ensemble du Sahara/Sahel, avec une irritation croissante de Pékin ; et Doha - Washington faisant pivoté leur appui aux ex- « terroristes » devenus « des combattants pour la liberté » et vice versa.

Et nous n’avons même pas mentionné l’absence de mouvement impliqué dans ce tiret noir : le gouvernement d’Obama 2.0 en maintenant son épouvantable accolade à la Maison médiévale de Saud et « une stabilité dans la péninsule arabe », comme le recommande un suspect habituel, un médiocre – mais influent – « ancien Officier d’intelligence ».

Play it again, Sam. Dans cette scène extraordinaire du Faucon Maltais au commencement de notre trame entre Humphrey Bogart (disons qu’il a le rôle du Pentagone) et Sydney Greenstreet (disons qu’il a celui de Pékin), le fonctionnaire est le dur, le troisième rôle dans le film. Le fait de pivoter vers l’Asie est essentiellement un produit d’Andrew Marshall, un totem semblable à l’Yoda de la sécurité nationale US.

Marshall fut derrière la Révolution dans les Affaires Militaires (RMA) – tous les fanatiques de Donald Rumsfeld le savent – l’opération ratée « Choc et Effroi » (« Shock and Awe  » qui a seulement servi à détruire l’Irak jusqu’à le laisser presque irréparable, y compris avec la participation du capitalisme du désastre) ; et maintenant le concept appelé Bataille Air-Mer [comme le jeu vidéo « Air-Sea Battle »].

Les prémisses de la Bataille Air-Mer est que Pékin attaquera les forces US dans le Pacifique, ce qui est franchement, ridicule (même avec l’aide d’une opération monstrueuse de faux drapeaux). Les US lanceraient alors des représailles à travers une « campagne aveuglante », l’équivalent naval de Choc et Effroi. La Force Aérienne et la Marine de Guerre US ont adoré le concept parce qu’il implique beaucoup dépenses pour des matériels qui seront stationnés dans de nombreuses bases sophistiquées dans le Pacifique et en haute mer.

Par conséquent, comme la contre-insurrection dans le style David Petraeus a viré vers des guerres des ombres de la CIA de John Brennan, là il s’agit réellement de faire pivoter vers l’Asie, une pseudo stratégie ourdie pour maintenir le budget du Pentagone à des niveaux exorbitants, en poussant une nouvelle guerre froide avec la Chine. On a pu entendre Marshall disant : « Ils n’accumuleront jamais assez d’or pour imposer leur plans maléfiques » en parlant de la Chine (certes sans l’aplomb de Bogart ou de Greenstreet). Hammett serait épouvanté ; le « Faucon Maltais de Marshall » est ce dont sont faits les rêves (de guerre).

Pepe Escobar pour Asia Times Online

(Copyright 2013 l’Asie Escroque En ligne (Holdings) Ltd. All rights reserved.

Traducit de l‘anglais para El Correo par  : Estelle er Carlos Debiasi

(Copyright 2013 Asia Times Online (Holdings) Ltd. All rights reserved.

Asia Times, le 1 er février 2013.

El Correo. Paris, le 3 février 2013.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Feb 2013 à 16:46

La Grande-Bretagne entreprend sa propre avancée militaire en l’Afrique

 
 

La Grande-Bretagne va envoyer pas moins de 350 militaires au Mali et en Afrique occidentale dans un acte de défi direct aux efforts français pour dominer la région.

Ceci se produit tout juste quelques jours après que le premier ministre David Cameron a averti que l’accroissement de l’extrémisme islamique dans la région constituait une « lutte générationnelle. » Il a fait un parallèle avec le conflit en Afghanistan et laissé entendre que cela impliquera des décennies de guerre.

Peu de temps après l’annonce du déploiement de troupes, Cameron s’est rendu en Algérie, en Libye et au Liberia.

Dans le cadre de l’intensification de la lutte engagée par toutes les principales puissances pour dominer la région, la Grande-Bretagne entreprend une action concertée pour revendiquer une part des vastes ressources minérales et énergétiques de l’Afrique du Nord et du Sahel, région qui s’étend sur tout le désert du Sahara.

La France et le Royaume-Uni cherchent tous deux à exploiter le vide laissé par la préoccupation de Washington concernant ses aventures néocoloniales, à la limite de ses capacités, en Irak, en Afghanistan, en Libye et éventuellement en Syrie et en Iran. Mais, ce faisant, ils risquent de raviver d’anciennes rivalités et tensions entre les anciennes puissances coloniales ainsi que de nouvelles avec les Etats-Unis, la Chine et la Russie. Ces tensions sont devenues tout particulièrement aiguës maintenant que le Sahel appauvri mais riche en ressources joue un rôle clé dans l’approvisionnement des besoins énergétiques de l’Europe.

Le secrétaire à la Défense, Philip Hammond, a dit mardi 29 janvier au parlement que 200 soldats, devant être basés au Nigeria ou a Ghana, aideraient à l’entraînement des forces locales en vue du rôle qu’elles joueront au Mali après que la France aura chassé les rebelles islamistes de leurs bastions dans le Nord du pays. Les troupes britanniques ne seraient pas déployées avant qu’il y ait une protection sur place pour eux, laissant entendre que des forces additionnelles étaient nécessaires.

Il a ajouté que 40 soldats prendraient part à une mission d’entraînement de l’Union européenne au Mali, et 70 de plus piloteraient l’avion espion Sentinel basé au Sénégal pour des missions de surveillance et de renseignement tandis que 20 autres opéreraient l’avion de transport militaire C-17 pour acheminer les forces françaises et africaines. La Grande-Bretagne devrait également envoyer un ferry pour aider la France à acheminer les troupes et l’équipement vers l’Afrique.

Il y a d’ores et déjà environ 90 militaires qui effectuent des vols de transport et de surveillance à partir de Dakar, la capitale sénégalaise.

En réaction aux critiques formulées par les députés et selon lesquelles la Grande-Bretagne est en train d’être entraînée dans un conflit plus vaste, Hammond a insisté en disant qu’il n’y avait pas eu et qu’il n’y aurait pas de « dérive de la mission ». Mais, des responsables du ministère de la Défense ont reconnu que le nombre des soldats pourrait s’accroître.

Le cabinet du premier ministre a dit que le soutien de la Grande-Bretagne pour l’opération de la France découlait de l’accord de Lancaster House de 2010 par lequel les deux pays acceptaient de s’aider mutuellement militairement. La Grande-Bretagne aurait apparemment proposé d’établir des quartiers généraux conjoints de logistique pour organiser le transport des troupes et de l’équipement français au Mali. Mais, en déclinant cette offre Paris n’a pas été dupe, reconnaissant là une tentative de Londres d’avoir un pied dans l’ancienne colonie française.

Il y a à peine une semaine, Cameron avait dit clairement qu’il n’y aurait « pas de bottes anglaises sur le terrain » au Mali, que les troupes britanniques soutiendraient la France en matière de transport, mais sans avoir un rôle de combat.

Cameron a aussi indiqué que les réductions du budget de la défense de ces dernières années seront annulées et qu’il sera octroyé aux forces armées à partir de 2015 une augmentation supérieure au taux d’inflation alors que les coupes dans la santé, l’éducation, la sécurité sociale et d’autres services vitaux se poursuivent. La Grande-Bretagne va dépenser 160 milliards de livres sterling (184 milliards d’euros) au cours de ces dix prochaines années pour l’achat de véhicules neufs et d’équipements pour les soldats, 35,8 milliards de livres sterling pour des sous-marins, y compris le remplacement du système nucléaire Trident, 18,5 milliards de livres sterling pour des avions de combat et des drones et 17,4 milliards de livres sterling pour des navires et de nouveaux porte-avions. Le National Audit Office (cour des comptes) du Royaume-Uni a déjà mis en garde que ces coûts, comme le reste des achats d’armement britanniques, pourraient être bien plus élevés.

Cameron a enchaîné en se rendant en l’Algérie, autre ancienne colonie française, pour discuter de la sécurité dans la région, reportant pour ce faire une visite prévue au Ghana. L’Algérie, qui se considère comme le dirigeant naturel dans la région, perçoit la France, le Maroc (en tant qu’allié de la France), la Libye et l’Union européenne (comme étant dominée par la France) comme étant des menaces pour ses positions. Cette première visite d’un premier ministre britannique en Algérie depuis son indépendance en 1962 démontre à quel point à quel point la situation est explosive aux yeux de la France.

Cameron était accompagné par Sir Kim Darroch, conseiller à la sécurité nationale, et Lord Risby, nommé envoyé commercial, poste qui a été créé en novembre dernier. Sa visite a eu lieu deux semaines à peine après que l’armée algérienne a pris d’assaut l’installation de traitement de gaz à In Amenas, qui est gérée conjointement par BP, la compagnie norvégienne Statoil et la société algérienne Sonatrach, dans une tentative avortée de libérer des travailleurs, principalement étrangers, enlevés par des Islamistes armés qui exigeaient la libération d’un prisonnier et la fin des opérations de la France dans le Mali voisin. Trente-huit civils, dont six Britanniques et 29 Islamistes ont été tués lors de l’opération de sauvetage par l’armée.

Après la réunion avec son homologue algérien, Abdelmalek Sellal, Cameron a annoncé que les deux pays avaient convenu de sceller un partenariat de sécurité, comprenant une coopération en matière de sécurité des frontières et aérienne, ainsi qu’une action commune sur le plan commercial, de l’investissement et de l’éducation. Dans un contexte plus général, ils se sont accordés pour examiner les menaces à la sécurité en Afrique du Nord et au Sahel, et à travers tout le désert du Sahara.

Il a dit que la Grande-Bretagne avait invité l’Algérie à participer à un exercice conjoint de planification d’urgence en réaction à des situations de crise. C’est une référence à l’omission de l’Algérie d’informer la Grande-Bretagne de ses projets de libérer les otages en janvier ou d’accepter l’offre d’aide de la Grande-Bretagne. Londres y avait envoyé une force de combat pour l’aider.

Tout comme dans le cas de l’accord maintenant tristement célèbre de Tony Blair avec Mouammar Kadhafi de la Libye, Cameron n’a aucun scrupule à nouer des rapports avec l’un des régimes les plus brutaux de la région. Durant les années 1990, l’Algérie avait annulé une élection qui aurait amené un gouvernement islamiste au pouvoir et qui avait réprimé une insurrection islamiste au prix de plus de 200.000 vies.
Les sordides intérêts patronaux et stratégiques de la Grande-Bretagne en Algérie et au Sahara sont en jeu. L’Algérie détient la 10ème plus grosse réserve de gaz naturel du monde et est aussi le 10ème plus gros producteur de gaz naturel et le pays jouera un rôle clé dans les projets de l’Union européenne d’acheminer par gazoduc le gaz nigérien vers l’Europe. Ce n’est pas par hasard qu’il a le premier budget militaire d’Afrique avec 8,6 milliards de dollars en 2011.

L’usine gazière d’In Amenas dans le Sud de l’Algérie, dont BBP détient une part, est l’une des nombreuses installations de ce type qui fournissent actuellement 5 pour cent des besoins en gaz de la Grande-Bretagne, employant quelque 450 Britanniques. Ce volume pourrait augmenter étant donné que les approvisionnements de la Grande-Bretagne en provenance de la Mer du Nord continuent de diminuer. Le commerce bilatéral entre les deux pays a presque doublé pour atteindre 2 milliards de dollars en 2011. La Grande-Bretagne a signé en 2009 avec l’Algérie un accord dans le secteur de la défense, a mis en place en 2010 un Conseil d’affaires algéro-britannique et dépêché en 2011 le secrétaire à la Défense, William Hague à Alger.

Cameron a aussi effectué une visite surprise à Tripoli, la capitale libyenne, pour discuter de « sécurité. » La Grande-Bretagne se retrouve de plus en plus exclue de la Libye et les Britanniques se voient avertis d’éviter Tripoli et Benghazi d’où était parti le soulèvement contre le régime Kadhafi. Des Islamistes armés menacent les intérêts commerciaux britanniques à partir de bases situées en Libye. La Grande-Bretagne utilise la « sécurité » comme prétexte à une intervention directe de ses forces armées alors qu’une nouvelle « ruée vers l’Afrique » est engagée.

Jean Shaoul

WSWS http://wsws.org/fr/articles/2013/fev2013/bret-f05.shtml

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Feb 2013 à 18:46

Une Europe qui frappe les pauvres sur son propre sol peut-elle aider les africains ?

 
 

Nous l’avons toujours dit et répété : « l’aide aux pays africains » est un business qui rapporte gros aux donateurs qui se sont toujours présentés comme de bons samaritains ou une sorte d’envoyés de dieu chargés de prendre soin sur terre de l’homme noir. Les pays qui font le business de l’aide viennent de démontrer aux yeux du monde que si leur industrie, comme toute autre entreprise, ne génère pas de profits, elle doit fermer. Ce vendredi 8 février 2013, l’Union Européenne a décidé de réduire l’aide alimentaire qu’elle donne aux démunis sur son propre territoire. Dans le budget qu’elle vient d’adopter pour la période 2014-2020, l’enveloppe consacrée aux pauvres en Europe passe de 3,5 milliards d’euros à 2,5 milliards pour la période 2007-2013, soit une réduction de 1 milliard d’euros.

On pouvait comprendre cette décision si le nombre de pauvres en Europe baissait. Or, ce nombre n’a jamais été aussi haut, surtout avec la crise systémique qu’elle connaît depuis 2008. En France où il y a officiellement 8 millions de pauvres, sans compter les citoyens de seconde zone des DOM-TOM et de Mayotte, les Restos du Coeur, qui distribuent chaque année des millions de repas, ont enregistré cette année une explosion des demandes d’aide. Plus largement, dans tout l’espace européen, les chiffres d’Eurostat parlent d’eux-mêmes. En 2010, selon ses statistiques, Eurostat disait qu’il y a 115 millions de personnes menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale. Ces chiffres ont évidemment augmenté avec la crise qui ne cesse de provoquer quotidiennement la fermeture de centaines voire de milliers de postes de travail dans l’espace européen où les plus grands patrons licencient et s’en mettent plein les poches. Les années à venir ne sont pas faites pour renverser radicalement cette tendance surtout lorsqu’on voit que c’est plutôt l’austérité qui est choisie comme porte de sortie.

Comme on le voit, le nombre de pauvres augmente en Europe au moment même où l’Union Européenne décide de baisser les finances du programme qu’elle a institué depuis 1987 pour venir en aide aux plus démunis sur son sol. Dénommé Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD), plusieurs pays européens notamment l’Allemagne, le Royaume Uni, les Pays-Bas désirent tout simplement le supprimer alors qu’il nourrit directement 18 millions de personnes chaque année, selon les chiffres officiels. La seule concession qui a été faite aujourd’hui est de le maintenir en vie dans le nouveau budget tout en lui réduisant les moyens.

Alors, se pose la question de savoir comment cette Europe qui ne veut pas aider ses propres pauvres sur son sol pourrait-elle aller aider les africains. La charité bien ordonnée commençant par soi-même, comment réduire les aides à ses propres enfants pour aller nourrir ceux des tiers ? A présent qu’on voit ce que l’Europe décide à propos de ses propres pauvres, telle doit être la question que chaque esprit averti doit se poser. Pendant des décenies et des décenies, la propagande a fait croire sur tous les toits que l’Europe, l’Occident plus largement aide les africains. Cette propagande largement diffusée et relayée par des laquais africains appelés abusivement « dirigeants africains » a non seulement augmenté le mépris et la haine que nombre d’occidentaux ont pour les africains, car se disant privés de ressources au profit de fainéants africains, éternels assistés, mais aussi et surtout elle a distillé dans des cerveaux africains l’idée qu’il existerait quelque part de bons samaritains qui se préoccupent de leur état. Ainsi, aussi souvent que possible, on entend de la part de beaucoup d’africains des phrases telles que : « nous demandons l’assistance de l’Union Européenne », « nous demandons l’aide de la communauté internationale », « nous appelons la communauté internationale au secours ». Cette communauté internationale étant l’Europe et ses fils que sont les Etats-Unis d’Amérique et le Canada.

Or, il n’y a rien de plus faux. Car ce qu’on appelle l’aide, c’est une escroquerie, une entreprise savamment pensée et créée qui consiste à fourguer aux satrapes africains les moyens de toute sorte pour les garder au pouvoir contre la livraison des matières premières agricoles, minières et minéralières aux pays dits donateurs. Ce système de transfusion sanguine de l’Afrique vers les « pays donateurs » ne se limite pas qu’à ces matières, car elle inclut les ressources humaines. Ainsi donc, des centaines de milliers d’africains physiquement et intellectuellement outillés sont transférés gratuitement vers ces pays dits du Nord. L’Afrique se trouve donc perdante sur tous les tableaux quoiqu’une certaine école de pensée tente de compenser cette gigantesque perte par des transferts d’argent et d’autres matériels usés par les immigrés africains dans leur pays d’origine.

 
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Comme on peut donc le voir, l’Europe qui "frappe le ventre" de ses propres pauvres ne peut pas aller aider les autres, notamment les africains. Ceci n’est que pure logique. Et ce n’est pas aujourd’hui qu’on apprendra à l’Occident la rationalité mathématique qui caractérise chacun de ses faits et gestes. L’Union européenne vient de le prouver avec cette réduction d’aide à ses pauvres. Tout ce qui ne rapporte pas est à jeter, mieux tout ce qui coûte doit être réduit puis abandonné, voilà la logique occidentale. Aucun pays, aucun peuple n’aide un autre à se développer comme le fait croire la propagande de "l’Aide au développement". Il ne s’agit pas de théorie de complot. C’est bien connu depuis la nuit des temps que les Etats -les vrais- se comportent comme des Hommes. Ils ont des intérêts, ils ne peuvent pas se permettre de donner leurs ressources aux autres, ils se livrent une rivalité sans merci à l’issue de laquelle les faibles sont mangés sans remord aucun, ils sont guidés par l’intérêt national qui engendre une rationalité politique... Et ce n’est pas Hans Morgenthau pour qui la politique c’est la domination qui dira le contraire en tant qu’un des fondateurs du réalisme dans les relations internationales.

Il revient donc aux africains de saisir cette réalité une fois pour de bon au travers de cette décision et d’enfoncer définitivement dans leurs crânes qu’il n’y a plus immense illusion que la croyance en une aide extérieure. Au demeurant, cela fait des siècles que « l’Afrique est aidée ». Le bilan se passe de tout commentaire. Car, là où on parle d’aide, il n’y a qu’une gigantesque machine à escroquer l’Afrique. C’est connu de tous les décideurs européens et occidentaux qui ne se lassent d’ailleurs pas de rire de ces "africains qui ne se développent jamais malgré toute l’aide au développement reçue".

Endettés par l’argent et par des dons qu’ils n’ont jamais vus, les africains se trouvent à payer encore et encore. Piégés, ligotés, poussés à douter d’eux-mêmes, les africains sont gardés ainsi en esclavage. Situation cruelle si bien même qu’on peut, au nom de cette fantomatique aide qui reste ou retourne dans les coffres de paradis fiscaux pour ensuite financer les partis politiques européens et les pouvoirs tyranniques africains, soumettre les africains, esclaves de leur état, à n’importe quel chantage et à n’importe quelle menace. Le premier ministre britannique, David Cameron n’eut-il pas l’insolent courage de déclarer en décembre 2011 que « le Royaume Uni coupera son aide aux pays africains ayant une législation contre l’homosexualité” ? Quelle aide !!?? Cette situation doit cesser. Mais elle ne pourra l’être que si un nouvel ordre naît en Afrique à la suite d’une destruction du désordre à lui imposé comme un ordre établi. Ceci demande une masse réunie, formée, informée et structurée dans des cadres organisés pilotés par un leadership muni d’un tableau de bord bien élaboré à partir d’une parfaite connaissance de l’Afrique, de son histoire ainsi que de la parfaite maîtrise des lois qui gouvernent l’ordre mondial actuel et futur prévisible. Car, il ne va pas suffire de déconstruire cet ordre cannibale qui, nul part, ne s’est jamais laissé abattre facilement, mais il faudra savoir ce par quoi il sera remplacé et les instruments à mettre en œuvre pour sanctuariser définitivement cette nouvelle édifice africaine tournée prioritairement vers la satisfaction des besoins de ses propres enfants.

8 février 2013

KPOGLI Komla

http://lajuda.blogspot.fr/2013/02/une-europe-qui-frappe-les-...

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Feb 2013 à 18:27

Afrique : 8 questions à François Hollande

 
 
 

Depuis l’accession au pouvoir de François Hollande, beaucoup d’africains sont tentés par l’espoir d’un changement dans les relations de leurs pays avec la France. L’avalanche de publications, surtout dans la presse, le confirme. En gros, M. Hollande est propulsé nouveau sauveur, du moins quelques chances lui sont reconnues pour influer sur la terrible situation de l’Afrique, comme ce fut le cas en 1981 pour François Miterrand.

Le centre de gravité de cette effervescence tient à la promesse faite par M. Hollande de bousculer la françafrique. M. Hollande entend ainsi inscrire la relation franco-africaine dans sa promesse de normalité reposant sur la béquille « Justice et Vérité ». Vu la relation toujours « idyllique » entre la France et l’Afrique, franchement, cette béquille ne parle pas à notre continent, tout au moins à la zone considérée comme le pré-carré français, bastion de la françafrique.

En tant que système, la françafrique trouve ses origines à la conférence de Brazzaville en 1944. Depuis lors, rien, absolument rien n’a changé sur les bases relationnelles entre la France et ses anciennes colonies d’Afrique. Pour le moment à part le slogan « Le changement maintenant », et le virage à 180° vis-à-vis de la méthode Sarkozy [1] aucun signe tangible ne montre de différences fondamentales d’avec le passé françafricain. Il ne s’agit donc que d’une promesse d’un chef d’Etat français comme tous ses prédécesseurs de la 5ème république. Nul n’est donc tenu d’y accorder quelconque crédit.

M. Hollande ne peut pas intéresser les africains (je parle de l’Afrique qui croit en elle-même), puisque, épluchant ses déclarations, il est facile de constater qu’il s’adresse aux français, parle de leurs problèmes, s’exprime sur leur crainte face à la crise, etc. De l’Afrique ? Pas un mot, à part l’engagement d’en finir avec la Françafrique. C’est justement là qu’il ne faut pas le croire, car Hollande ne s’engage qu’à mettre fin au cercle de relations mafieuses qui lient les élites politiques françaises et africaines. Dans ce sens, il s’engage à ne pas bénéficier des financements occultes dont les chefs d’Etat africains arrosent le cœur politique français [2]. Il y a quelque mois, il a eu cette déclaration : « Avec l’Afrique, je veux établir une nouvelle donne. La France maintiendra ses engagements vis-à-vis de ce continent plein de promesses. Toutes les puissances du monde y sont, essayent de développer leur influence et les Africains eux-mêmes ne souhaitent pas que la France se désengage. Mais notre politique doit être différente du passé. Elle doit être fondée sur la transparence dans nos relations commerciales et économiques. Elle doit être fondée sur la vigilance dans l’application des règles démocratiques et le respect aussi des choix souverains. Notre vision de l’Afrique doit refléter ce qu’elle est aujourd’hui, c’est-à-dire un continent en forte croissance et qui le sait et qui ne supporte plus le discours larmoyant à son endroit. Un continent où la démocratie progresse, où l’environnement et l’énergie sont autant de sujets majeurs. Un continent avec lequel nous avons une proximité historique, culturelle, linguistique exceptionnelle. En 2050, 80% des francophones seront Africains, 700 millions de femmes et d’hommes, chacun comprend ici l’enjeu. » [3]

En clair, M. Hollande pense le plus naturellement du monde que l’Afrique est une vaste zone de commerce et en cela, son discours parle à la France et non pas à l’Afrique. Plus encore, ce discours reste dans la ligne naturelle de la Françafrique qui est d’abord et avant tout un système souterrain qui siphonne le continent noir et sur lequel aucun chef d’Etat français (gauche et droite confondues) n’a osé donner un réel coup de griffes. Et pour cause ? L’essentiel de l’économie extérieure française se développe en Afrique et ce grâce à la Françafrique aidée par le très charmant club de la francophonie. Tenez, la francophonie est plus une réalité économique que politique :

L’espace francophone c’est [4] :

- 890 millions de personnes (de consommateurs, s’entend)
- 19% du commerce mondial
- 2 pays membres du G7 (France et Canada) et 4 de l’OCDE (France, Canada, Belgique, Suisse)
- 21,19% des terres habitables de la planète
- 22% des ressources d’eau potable renouvelables mondiales

Et si on ajoutait ces propos de Mitterrand de 1988 « Un (1) franc investi rapporte 8 francs », la coupe est pleine. Alors, face à ce potentiel à disposition, pour quelle raison un chef d’Etat français, de gauche soit-il refuserait-il de s’alignerait à la doctrine gaulliste « La France n’a pas d’amis mais des intérêts »  ? M. Hollande n’a d’ailleurs pas d’autre choix que de s’y aligner sinon, il se mettrait à dos tout le milieu d’affaire français, car la relation entre la françafrique et les intérêts économiques français sont trop importants. Il fait donc tout pour ne pas fondamentalement mettre en cause cette pieuvre de françafrique. C’est pourquoi sa stratégie consiste à gommer les aspérités qui dérangent (les relations mafieuses) et à laisser en l’Etat la partie la plus intéressante pour la France, le siphonage des ressources naturelles africaines. Sa stratégie a d’ailleurs l’intelligence de ne déranger personne : les africains pourraient croire à un coup de pied dans la fourmilière, et les milieux d’affaires, malgré la transparence dont se prévaut M. Hollande, continueraient à prospérer dans les mêmes conditions qu’auparavant. François Mitterrand s’est d’ailleurs essayé au démantèlement de la Françafrique et s’est lamentablement fourvoyé pour des raisons qui peuvent aujourd’hui forcer Hollande à reculer : la très forte dépendance de la France à la Françafrique.

Hollande n’est donc pas forcément dans une meilleure position que Mitterrand pour réussir le démantèlement de la Françafrique, encore qu’il ait la ferme volonté d’agir. Il n’y a donc aucune raison de compter sur quelconque de ses engagements et voilà, ci-après huit (8) bouchons qu’il devra sauter ou se résoudre à renoncer à sa « Normalité », tout au moins sur le dossier françafricain.

Contrainte n°1 : Renoncer au parrainage du FCFA ? : Au delà de tout l’aspect caricatural, le principal intérêt qui motive jusque là les chefs d’Etat français à s’accommoder de la Françafrique tient entre autre au contrôle des réserves de changes extérieures de 16 pays africains[5] de la zone CFA qui sont déposées dans le compte d’opération crée et géré par le trésor français. Ce dernier est lié aux propriétaires de ces réserves, la B.E.A.C.[6], la B.C.E.A.O.[7] et la B.C.C.[8] par des accords économiques qui stipulent cette transaction. Par exemple, l’article 51 du Statut de la (B.E.A.C.) précise de façon claire qu’au moins 20% des ressources financières que les pays de la zone tirent de leur commerce extérieur, ne peuvent pas être utilisés par eux. Ils doivent être laissés au Trésor français, donc à la France, qui les utilise à son gré (aucun Etat africain ne peut contrôler l’usage qu’elle en fait) [9].

Pour donner un ordre de grandeur à la question, l’économiste ivoirien N. AGBOHOU auteur de « l’Euro et le FCFA contre l’Afrique », (un livre de révolte) avait mentionné dans une interview[10], que « le solde du compte d’opération en 2007 est de 12’000 milliards de Cfa soit l’équivalent de 18 milliards d’euro ». Ne serait-ce qu’à appliquer ce montant à 2012, Hollande dispose de la moitié (52%) de son déficit budgétaire de 2012 (35 milliards d’€) payable cash par les pays CFA. Je n’étonnerai personne à estimer que le solde du compte d’opération cette année devrait tout simplement exploser vu les milliards de pétrodollars engrangés entre temps chaque année par les pays de la BEAC et la Cote d’Ivoire. Ajoutez-y l’exploitation des autres ressources et vous pouvez imaginer l’ampleur du siphonnage dont nous Africains sommes victimes et qui nous manquent cruellement pour financer la lutte contre notre pauvreté et ceci avec la bénédiction de nos dirigeants et élites politiques.

M. Hollande pourra-t-il nous affirmer par souci de « justice et vérité » vis-à-vis de l’Afrique que son administration renonce à user de l’article 51 pour éponger tout ou partie du déficit budgétaire héritées de l’administration Sarkozy soit 35 milliards à combler ? S’il hésite à se servir, il doit alors nous expliquer pourquoi il ne s’attaque pas ouvertement aux accords économiques avec les pays CFA. Par contre s’il continue le manège comme ses prédécesseurs il laisse tomber le masque et adieu la normalité. D’ailleurs, on devra par ce biais comprendre la difficulté de Mitterrand qui a fait des promesses du reste moins ambitieuses que Hollande sur la Françafrique. Donc, pourquoi sérieusement Hollande se priverait-il d’une telle ressource quand la crise en Europe exerce la pression que l’on connait sur les économies de la zone Euro, et surtout que la note de la France n’est toujours pas à l’abri d’une seconde dégradation par les agences de notation ? Pour la petite histoire même la puissante économie de l’Allemagne vient d’être menacée à son tour.

Contrainte n°2  : Fermer les bases françaises et perdre l’avantage d’une présence militaire : La présence militaire française dans le territoire qui est devenu le Tchad remonte à la fin du 19ème siècle. Plus de 100 ans de présence continue donc.Cela a un coût et si cette présence perdure, c’est que la contrepartie est forcement intéressante pour la France, d’où la nécessité des bases militaires [11]. Depuis, celles-ci ont intégré le dispositif françafricain en devenant le bras armé, au sens propre du terme. Elles ont été impliquées dans toutes les opérations de coup d’Etat et barbouzeries commandées par les différents pouvoirs français chaque fois que les intérêts de la France en Afrique ont été menacés. Hollande parle tout au plus de réaménagement comme l’avait à l’époque annoncé Juppé [12] sous Sarkozy : « Nous ne souhaitons pas rester forcément dans le format actuel, nous sommes prêts à évoluer vers quelque chose qui évolue davantage vers la coopération entre le dispositif Epervier et l’armée tchadienne ». On voit bien ici qu’il reste cohérent avec ce qu’il ne dit pas de la Françafrique, puisque les bases font partie intégrantes du dispositif. Les réaménager ne bouscule donc le problème que dans la forme. Sur le fond, le pillage continu et les bases en assurent la sécurité. D’autre part, le président Idris Déby a demandé en 2010 une location de la base aérienne de Ndjamena [13]. Donc la France utilise gratuitement le territoire tchadien depuis 1960. Pas un Kopek n’a été payé. Curieusement depuis cette annonce, l’évolution du dossier semble s’éloigner progressivement de la question du payement et Monsieur le Président du Tchad n’en parle plus. Monsieur Hollande, ni un membre de son gouvernement non plus. Aucune partie n’a rendu publique quelconque proposition. Pourquoi ? M. Hollande me semble plus intéressé par l’option proposée par Juppé, c’est-à-dire procéder au réaménagement, auquel cas il aurait dû en prendre le contre-pied. On voit bien l’avantage qu’il en tire pour son intervention au Mali. En cela il est donc un digne continuateur de la politique développée par ses prédécesseurs. Réaménager c’est renforcer la Françafrique. Le silence de Hollande sur la question se comprend bien. Vive donc la Françafrique : !

Enfin pour pimenter la question je fais une digression pour insérer l’opinion d’un français sur la question et qui montre bien l’état d’esprit des citoyens français.

« Je ne suis pas sûr que ce soit au contribuable français de protéger le Tchad qui comme certains l’ont remarqué a préféré les pétroliers d’outre-atlantique (EXXON ndlr) aux Français. La France-Afrique à la papa, c’est terminé, le Tchad n’est plus une colonie, alors qu’il apprenne à se défendre seul ou qu’il paye en échange ». Par Requin on jan 12, 2011 [14]

On, voit bien que l’élite politique française se débarrasse de l’opinion publique en laissant se développer ce genre d’ignorance manifeste pour se donner libre cours aux relations mafieuses françafricaines. Hollande ne montre pas qu’il regarde dans une autre direction.

Contrainte n°3 : La plupart des entreprises du CAC 40 [15] font leur bénéfice en l’Afrique : avec la tournure que prend la mondialisation, l’économie mondiale est contrôlée par ceux que l’économiste camerounais François NDENGUE appelle les « Géants Compétitifs ». Les multinationales répondent désormais à deux objectifs : celui des profits dictés par les actionnaires, et celui de renforcer la position géostratégique de leur pays d’origine que leur demande leur gouvernement. C’est ce qu’a fait Elf à l’époque ou encore AREVA aujourd’hui. Or, justement ces mêmes entreprises réclament en contrepartie le soutien politique de leur gouvernement. En cela, la Françafrique a largement été utilisée pour ouvrir des champs d’exploitation aux géants français et garantir à la France une zone exclusive dans laquelle prospèrent ses multinationales : Bolloré, AREVA, Air-France, Bouygues, TOTAL, etc. Ce dernier par exemple, produit plus de 40% de ses bénéfices en Afrique grâce à ses implantations dans le golfe de Guinée. En 2005, TOTAL a annoncé 12 milliards d’euros de bénéfices net, soit 4,8 milliards provenant de l’Afrique. TOTAL doit ce résultat à la mafieuse françafrique grâce à laquelle il a obtenu des positions dominantes et contrats juteux. Quel diable pousserait-il Hollande à bloquer de tels retours sur investissements ? Il a quand même été élu par les Français et sur la promesse de leur offrir de l’emploi et c’est ce que font ces entreprises là !

Contrainte n°4 : Renoncer à une balance des échanges positive avec l’Afrique : Dans la profession de foi pour sa réélection en 1988, Mitterrand avait publiquement dit : « Chaque franc investi au sud rapporte 8 au nord. Il faut se rendre à l’évidence, ce sont les pauvres qui financent les riches ». Le McKinsey Global Institut (MGI) estime que les dépenses générales en consommation à travers le continent africain dépasserait la barre du trillion (1000 milliards) de dollars en 2012. L’institut cite 5 secteurs lucratifs susceptibles d’attirer les investisseurs : l’agriculture, le tourisme, les mines, les infrastructures et les biens de grandes consommations. Les annonces de la Banque mondiale confirment ceux de MGI : « Même si le continent reste confronté à d’importants problèmes de développement, le taux du retour sur investissement en Afrique est tout de même le plus élevé au monde »[16]. N’y a-t-il donc aucune entreprise française pour lorgner sur ce pactole pour que Hollande y crache ? Allons !!!! : Bouygues, Bolloré, Total, Sucre et denrées, AREVA, Air-France. Le gratin je dirai, du CAC40. M. Hollande reste muet sur tout cela. Soit, mais au fond, tous depuis De Gaule, sont dans la même logique : personne n’est disposé à priver la France de sa vache laitière, l’Afrique. Normal ! Pourquoi seraient-ils les premiers à scier la branche sur laquelle est assis leur pays ? Aucun chef d’Etat français n’a depuis 1961[17] procédé autrement. De Gaule=Pompidou=Giscard=Mitterrand=Chirac=Sarkozy=Hollande. Et vive donc la continuité !

Contrainte n°5 : La hantise de décrédibiliser le statut international de la France : La cohorte d’Etat africains francophones représente un vivier de voix fidèles à la France lors des votes au conseil de sécurité de l’ONU. Ce qui donne du crédit au statut de la France comme puissance mais également comme membre permanent Conseil de Sécurité de l’ONU. Pour quelles raisons Hollande serait-il emmener à se priver d’un tel recours, sachant que la question de la constitution du conseil de sécurité de l’ONU est maintenant contesté par les puissances montantes et que de ce fait, un des critères de représentation pourrait être le poids économique et militaire ? La France est une puissance moyenne. C’est sa véritable inquiétude. Serval est là pour le démontrer : l’armée française n’a même pas assez d’avions pour projeter ses troupes. Un minimum pour être une puissance.

Contrainte n°6 : Vaincre la tentation de l’arrogance : Tous les chefs d’Etat français (4ème et 5ème république particulièrement) ont marqué leur mandat par des propos offensant vis-à-vis de l’Afrique. Citons deux d’entre eux : Chirac : « l’Afrique n’est pas encore mûre pour la démocratie »  ; Sarkozy  : « le drame de l’homme africain, c’est qu’il n’est pas encore assez entré dans l’histoire ». De Hollande, encore rien de pareil. Mais, question quand même : comment cautionner le pillage de tout un bloc de continent et en avoir une pensée positive ? Absence de preuves n’est pas inexistence de preuves.

Contrainte n°7 : La hantise de la colonisation à rebours : Les chefs d’Etat africains aussi disposent d’une capacité de nuisance avec laquelle composer. La Françafrique n’est plus désormais ce système de contrôle de l’Afrique par l’élite politique et affairiste de la France. Elle s’est aussi depuis longtemps muée en un système symétrique et mafieux à cause des relations politico-affairistes entre Chefs d’Etat français et africains (de la zone CFA). Ainsi ces derniers ont aussi développé des leviers de contrôle sur leurs homologues français (de gauche comme de droite) en les arrosant de millions d’euros des financements occultes. Le dernier en date est Sarkozy lui-même, soupçonné d’avoir reçu pour sa campagne électorale de 2007, 50 millions d’€ de la part de Kadhafi. Le parti socialiste ne s’est pas privé de se servir à l’époque de Mitterrand. Ce faisant, Africains et Feançais trainent tous les mêmes casseroles et ainsi, chacun tient l’autre en respect. C’est ce que les sociologues appellent « les eunuques » parce que par un jeu de mot on conçoit qu’ils sont tenus par les bourses (suivez le regard). Le documentaire de Patrick BENQUET [18] sur le sujet montre bien le pouvoir de manipulation dont disposait par exemple Omar Bongo sur la droite et la gauche française le long de ses 42 ans de pouvoir. Durant cette période, Hollande fut SG du parti socialiste. Ce qui fait dire à Robert BOURGI [19] que ce sont les africains qui colonisent maintenant la France. Que pourra faire Hollande face à cela, si de plus l’Afrique prête une oreille attentive à la Chine qui n’hésite pas à bousculer la France jusque dans son pré-carré ?

Contrainte n°8 : Dernière contrainte et non des moindres ; M. Hollande a fort à faire avec les priorités de son propre pays où les difficultés s’accumulent : le déficit budgétaire de l’Etat français, la crise financière, l’augmentation du nombre des chômeurs, le risque que fait courir la faillite grecque, espagnole et italienne sur l’économie européenne, etc. Ces dossiers là sont les priorités des français, et c’est sur eux qu’ils jugeront M. Hollande. Rien que pour ça, il serait étonnant que la françafrique soit une priorité pour le nouveau président français, même s’il le prétend. D’ailleurs, comme pour tout démentir, il a déjà reçu dans les six premiers mois de son quinquennat, les principaux piliers de la Françafrique, le président gabonais Ali BONGO ONDIMBA, le Burkinabé COMPAORE, le tchadien Deby, le Camerounais Biya, l’ivoirien Ouattara, etc. Vive le changement ! Mais c’est apparemment dans la continuité.

Leçon tirée : On peut s’en tenir à ces 8 bouchons et on ne voit pas par quel tour de magie M. Hollande trouverait le tire-bouchon adéquat. Alors, son discours ressemble à s’y méprendre à de la poudre aux yeux, car vouloir s’affranchir des relations affairistes ne représente que la face apparente du problème, la face cachée étant malgré tout, l’immense potentiel de pillage de l’Afrique dont continuera à disposer la France même si son chef de l’Etat et la nouvelle élite au pouvoir prétendent ne pas en profiter personnellement. Là est la seule différence avec Sarkozy, qu’aura revendiquée tôt ou tard M. Hollande : l’absence de collusion. Encore faut-il qu’il tienne son engagement électoral sur le sujet (ce dont je doute fortement). Le président français peut fort bien être propre, la France doit son niveau de vie en partie au pillage qui appauvrit l’Afrique. Jacques Chirac l’a d’ailleurs publiquement avoué [20] « Une grande partie de l’argent dans nos poche vient de l’exploitation de l’Afrique. Alors il faut avoir du bon sens et de justice pour rendre aux africains ce qu’on leur a pris, d’autant que c’est nécessaire si on veut éviter les pires convulsions ou des difficultés dans un proche avenir ». Alors, posons l’ultime question à M. Hollande : quelle fierté tire-t-on de gouverner proprement un pays si une partie non négligeable de la richesse dont il jouit, tient des relations mafieuses ? Si le changement version Hollande est un vrai, alors vis-à-vis de l’Afrique, le potentiel de pillage représente le principal défi de ce changement, et non pas la relation personnelle avec le syndicat mafieux des chefs d’Etat africains.

Mais dans tout ce débat, le problème n’est ni Hollande, ni la France. Ce sont les africains eux-mêmes qui, en continuant à confier leur destin à d’autres peuples, se laissent dépouiller de leurs ressources et acceptent en contrepartie de vivre une effroyable misère. AGBOHOU a d’ailleurs précisé que toutes les anciennes colonies françaises qui ont développé leurs propres monnaies, ne se portent pas aujourd’hui moins bien économiquement et politiquement que les pays de la zone CFA. On y trouve entre autres l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Mauritanie, le Vietnam. Pourtant l’Euro vaut par exemple aujourd’hui 655,957 Fcfa alors qu’il vaut 28’079.13 VND [21]. Le Fcfa vaut donc 42 fois la monnaie vietnamienne et le tchadiens ou sénégalais, pour ne citer que ces deux nationalités, connaissent annuellement un déficit céréalier sans le riz vietnamien. Et Sankara a raison de dire que «  l’esclave qui ne fait rien pour s’affranchir de son maître, ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort ». Voilà un grand homme d’Etat de la trempe dont a besoin aujourd’hui l’Afrique. Faites le tour : qui parmi nos gouvernants relève encore d’une telle hauteur ? Qui même parmi l’élite croit aux chances et mérites de l’Afrique ? Pourtant l’Afrique détient 2/3 des réserves de matières premières de la planète, des terres suffisantes pour nourrir les 9 milliards d’êtres humains de 2050 composée de 2/5ème d’africains dont 50% de jeunes, etc. L’avenir du monde est en Afrique et l’élite africaine regarde ailleurs. Désolant quand même. Les africains des 16 pays de la zone Cfa liés à la France, pourraient-ils une fois comprendre que leur sauveteur n’est pas Français et que leur pauvreté est liée au train de vie d’une bonne partie de l’élite politique qui vit dans cette même France ? Mais la difficulté est compréhensible, c’est plus une question d’idéologie que de simple choix de levier de changement.

Soumaïne Adoum

Source : Investig’Action http://www.michelcollon.info/Afrique-8-questions-a-Francois....

Photo : http://www.sebastienduhamel.com/

Notes

[1] N. Sarkozy, extrait discours prononcé à Dakar en 2007 devant un parterre médusé de l’élite sénégalaise : “Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire ».

[2] Cf Procès Verschave Vs Sassou, Obiang et Déby

[3] Discours lors de la conférence des ambassadeurs de France réuni à Paris, Source :

[4] Notes du Pr Zhan Su lors du RIFE 2012 – Source : http://www.afriqueexpansion.com/la-chronique-de-serge-tchaha...

[5] Sénégal, Guinée, Bissau, Côte-d’Ivoire, Mali, Burkina-Faso, Benin, Togo, Niger, Tchad, Cameroun, Guinée Equatoriale, Congo Brazzaville, Gabon, RCA, Comores et Djibouti.

[6] Banque des Etats d’Afrique Centrale

[7] Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

[8] Banque Centrale des Comores

[9] Extrait de l’article « la zone monétaire africaine, passé présent futur » paru dans
http://www.africamaat.com/

[10] Source : Intervention télévisée du Professeur Nicolas AGBOHOUN, économiste, sur la chaîne 3ATELESUD.

[11] Celles du Tchad sont implantées depuis la fin des années 60.

[12] Conférence de presse tenue à Ndjamena lors des festivités du cinquantenaire du Tchad en janvier 2010–source : http://www.opex360.com/2011/01/12/la-france-va-revoir-son-di...

[13] Source : http://www.lefigaro.fr/international/2010/08/11/01003-201008...

[14] Source : http://www.opex360.com/2011/01/12/la-france-va-revoir-son-di...

[15] La bourse française

[16] Sources : AFP, OMC, ICTSD, Sommet Europe-Afrique, Reuters, Xinhua, lettre hebdo N°330

[17] Les accords économiques entre la France et les pays CFA ont été signés en 1961 sous De Gaule et révisé en 1973 sous Giscard.

[18] « Françafrique, 50 ans sous le sceau du secret » en vente sur http://www.pharers-balises.fr/

[19] Source : idem

[20] Cf La françafrique se porte bien - documentaire de l’Association Survie publié en 2009.

[21] Monnaie vietnamienne : la DONG

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Première tournée africaine pour Xi Jinping

Le président chinois est en visite sur le continent, où la présence de son pays est ­davantage critiquée. Mais Pékin fait valoir un modèle différent de celui des ex-puissances coloniales.

Arrivé dimanche en Tanzanie, le nouveau président chinois consacre à l’Afrique son deuxième voyage officiel. Il entame une tournée qui le mènera en Afrique du Sud pour le 5e sommet des puissances émergentes, les Brics, puis au Congo-Brazzaville, et vise à poursuivre l’orientation africaine prise par son prédécesseur, qui consacre la Chine sur la scène mondiale. Depuis 2009, la Chine est devenue le premier partenaire commercial de l’Afrique et pouvait se targuer d’un volume d’échange de 200 milliards de dollars en 2012. Le continent permet à la Chine de donner à voir sa fameuse stratégie du gagnant-gagnant et de se placer dans l’âpre compétition à laquelle se livrent les grandes puissances et les émergents en termes d’accès aux ressources énergétiques pour alimenter la croissance mais également de débouchés. Ainsi en Tanzanie, où des contrats miniers existent déjà, seize accords de réhabilitation d’infrastructures portuaires et hospitalières ont été signés ; Xi Jinping est aussi parvenu à installer un centre culturel chinois qui témoigne de la volonté de Pékin de jouer du soft power.

« La décision de Xi de se rendre d’abord en Tanzanie suggère que la Chine n’est pas seulement intéressée par les gains économiques à court terme, mais qu’elle cherche à développer des partenariats de long terme », expliquait le chercheur Frans-Paul Van der Putten. En Afrique, Xi Jinping s’emploiera à montrer que sa visée rompt avec celle des ex-puissances coloniales. Dans un entretien précédant sa visite, le dirigeant a insisté sur « l’amitié » entre Chine et Afrique. Certes, la non-ingérence reste un principe, mais la réciprocité des intérêts pèse tout autant. « La Chine les traite également et mène activement une coopération pragmatique qui bénéficie aux deux parties », juge Xi Jinping.

Pourtant, l’idylle que Pékin voudrait montrer au monde s’est vue écornée. Ce fut le cas l’an dernier lorsque le président sud-africain, Jacob Zuma, mit en garde la Chine contre le ­retour d’anciens modèles dignes du colonialisme. « L’Afrique veut être traitée d’égal à égal, et c’est ce que beaucoup de pays occidentaux ne comprennent pas, ou du moins ne sont pas disposés à faire », affirme Zhong Jinhua. Sur le continent, la Chine est critiquée pour les méthodes employées sur certains chantiers, mais aussi la migration des ouvriers et contremaîtres chinois. Selon Thembinkosi Gcoyi, conseiller économique de l’Ambassade d’Afrique du Sud en Chine, l’Afrique « veut avoir sa propre industrie, (elle a) besoin que les entreprises chinoises forment les ouvriers africains ».

Lina Sankari

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Moscou oeuvrera pour alléger les dettes de l'Afrique (Poutine)

 
 
RIA Novosti

La Russie déploiera des efforts supplémentaires pour alléger les dettes des pays africains, a annoncé mercredi le président Vladimir Poutine.

"Nous envisageons d’entreprendre des efforts supplémentaires pour alléger le fardeau de la dette. Des accords intergouvernementaux prévoyant un échange de la dette contre le développement ont été conclus avec la Tanzanie, la Zambie et le Mozambique pour un montant total de 263,6 millions de dollars", a déclaré M. Poutine lors d’une rencontre avec les chefs d’Etat et de gouvernement des pays du groupe BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).

Le président a également fait savoir que depuis des décennies, Moscou octroyait une aide directe à l’Afrique.

"Nous avons épongé plus de 20 milliards de dollars de dettes", a indiqué M. Poutine, soulignant que pour cet indice, la Russie "arrivait en première position parmi les pays du G8".

Le chef de l’Etat russe en outre a rappelé que le rythme de croissance de l’économie africaine s’élevait à environ 5% par an et que d’ici 2020, le PIB global du continent pourrait augmenter de 25%, atteignant 2.600 milliards de dollars.

Selon M. Poutine, ce facteur stimule la coopération entre les BRICS et les pays africains.

Le président a souligné que les sociétés russes réalisaient des projets d’investissement dans tous les Etats d’Afrique du nord et dans onze pays situés au sud du Sahara.

Près de 8.000 étudiants africains font leurs études dans les universités russes, a indiqué M. Poutine.

http://fr.rian.ru/world/20130327/197918243.html

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« La nouvelle ruée vers l’Afrique bat son plein » - Interview de Raf Custers

 

Tony Busselen

2 avril 2013

Article en PDF : Enregistrer%20au%20format%20PDF
 
Depuis l’époque coloniale, ceux qui cherchent des matières premières peuvent faire ce qu’ils veulent en Afrique, pratiquement sans entrave. Après la décolonisation, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont affaibli bon nombre d’États en leur imposant des réformes structurelles. Aujourd’hui, toutefois, certains gouvernements africains tentent de résister.


(Photo Anglo American Plc/ Flickr)

Au temps du colonialisme, l’Afrique était connue comme fournisseur de matières premières. Aujourd’hui, le continent semble surtout débordé par la misère, la guerre, des dictateurs corrompus ou des seigneurs de guerre. Pourtant, Raf Custers a estimé que c’était le moment idéal d’écrire un livre sur les grandes entreprises minières et les matières premières en Afrique.


Raf Custers. Ça a commencé en 2007 avec un rapport de l’UNCTAD (l’agence des Nations unies pour le commerce et le développement, NdlR) révélant l’ampleur croissante des exploitations minières. C’était une rupture car, pendant deux décennies, les prix des matières premières avaient été bas et il y avait eu peu d’investissements. Le bouleversement est surtout venu des pays émergents, le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, qui avaient de plus en plus besoin de matières premières et se sont entre autres tournés vers l’Afrique. C’est pourquoi on a également parlé d’une nouvelle ruée vers l’Afrique de la part des grandes compagnies minières, tout comme il y a cent ou cent cinquante ans.


L’Afrique doit-elle donc s’attendre à une seconde vague de colonisation ?


Raf Custers. Celle-ci est déjà en route depuis un bout de temps. Elle a commencé dans les années 1980 et 1990, avec les réformes imposées aux pays africains par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. On n’appelait pas encore ça austérité, mais ajustement structurel. Mais ça revient au même : l’État a dû dégraisser et les investisseurs privés ont pu agir en toute liberté. Nous savons depuis que ces réformes ont été un flop. C’est pourquoi on entend de plus en plus souvent, en Afrique, des voix qui réclament une seconde indépendance.


Que signifiaient alors ces réformes, en pratique ?


Raf Custers. Qu’au Mali, par exemple, des entreprises privées allaient exploiter les mines d’or, mais ç’a été carrément du pillage. Des pays comme la Zambie et le Zaïre de l’époque ont été obligés de morceler leurs grandes entreprises minières et de les transformer en dizaines de joint-ventures où les investisseurs privés occidentaux étaient les patrons. Partout, ces contrats étaient très avantageux pour les sociétés minières. Pendant des années, elles ont été exemptées d’impôt et elles ne paient que de faibles royalties (le pourcentage des recettes payé aux autorités par l’exploitant, NdlR). Et elles donnent du travail à relativement peu de monde.


Les pays riches en matières premières restent souvent très pauvres. Les États africains ne sont-ils pas les premiers responsables de cette malédiction des matières premières ?


Raf Custers. Un pays comme le Congo est un exemple typique de ce à quoi peut aboutir un ajustement structurel. L’État y est ramené à une espèce de carcasse dotée d’un appareil d’État impuissant. Les grandes entreprises transnationales y jouissent d’une liberté énorme. L’administration n’a rien. Un exemple : dans le bassin du fleuve Congo, on peut construire des centaines de micro-barrages afin de faire de l’électricité. Dans les années 1990, on a établi un inventaire de ces endroits. Mais, à la société nationale d’électricité, ils n’ont toujours qu’un seul exemplaire de cet inventaire. Que peut faire une telle administration face aux entreprises privées ?


Les entreprises font ce qu’elles veulent. Prenons le Mali, où il y a des mines d’or. Le ministre des Finances a lui-même admis que le gouvernement ne savait pas combien d’or les entreprises minières exportaient…


Mais n’innocentez-vous pas les élites locales ?


Raf Custers. Au Congo, l’ancien dictateur Mobutu est à la base de la corruption. Il ne faut pas oublier qu’il était un ami des États-Unis, pendant la guerre froide contre l’influence de l’URSS. Au début des années 1980, il a libéralisé de grands pans de l’économie. Il avait donné comme directive littéralement : « Débrouillez-vous. » Le secteur informel s’est fortement développé. Toutes sortes de réseaux y sont actifs, qui s’infiltrent dans ce qu’il reste encore de l’État, dans l’administration, l’armée, etc. L’Occident essaie d’avoir prise là-dessus. Mais plus l’Occident exerce des pressions, plus ces réseaux se replient sur eux-mêmes. Ce qui se passe à la surface est une chose ; ce qui se passe en dessous, c’est tout à fait autre chose. Je compare ça à une partie d’échecs, mais avec un échiquier à six côtés et quatre étages. Toute une série de joueurs visibles et invisibles déplacent leurs pièces en même temps.


Au Congo, certains acteurs privés sont devenus immensément riches, alors que le peuple vit dans la misère. Les choses ont-elles fondamentalement changé depuis l’époque Mobutu ?


Raf Custers. Mobutu a été chassé par une insurrection populaire, mais le système n’a pas disparu tout d’un coup. En outre, une guerre a ensuite éclaté. Le Congo a vécu près de dix ans en guerre, avec des rébellions attisées de l’extérieur. Comment avoir emprise sur un tel chaos ? Comment s’en prendre aux réseaux corrompus ? Le président précédent, Laurent-Désiré Kabila, a essayé de le faire à la fin des années 1990. Les États-Unis étaient alors au sommet de leur puissance. Les mobutistes n’ont jamais entièrement disparu et Kabila a été assassiné. Joseph Kabila a succédé à son père. Il parvient à rester debout dans ce panier à crabes, où ont survécu en partie, forcément, les mêmes pratiques.


Mais, sous sa direction, le Congo progresse. Il se heurte au pouvoir des grandes entreprises minières, il a fait modifier les contrats miniers, il essaie d’agir en souveraineté face à la tutelle de l’Occident. Cela donne des résultats. Le Congo produit aujourd’hui trente fois plus de cuivre qu’il y a dix ans. Et l’État en tire davantage des revenus. Le dernier rapport de l’EITI, l’initiative destinée à rendre visible les flux d’argent entre les sociétés minières et l’État, en dit long à ce propos. En 2010, l’État a perçu 875 millions de dollars des entreprises, soit deux fois plus qu’en 2007. Et ce, du fait que la perception fonctionne mieux et qu’il y a moins de fuites d’argent du système. Cela reste une tâche difficile et de longue haleine. Les joueurs d’échecs invisibles continuent à saboter tout progrès, mais il y a moins de joueurs autour de l’échiquier qu’il y a dix ans. Je vois la situation progresser, et je ne suis pas le seul.


 

BIENTÔT DISPONIBLE CHEZ INVESTIG'ACTION EN FRANÇAIS :

Les chasseurs de matières premières de Raf Custers


 
 

Grondstoffenjagers, Raf Custers, Ed. EPO, 2013, 264 p., 21,50 euros (en néerlandais)

 

Source : Solidaire

 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Apr 2013 à 17:34

Boubacar Boris Diop : "Il est temps pour nous, intellectuels d’Amérique Latine, d’Asie, d’Afrique, de montrer que nous vivons dans un monde d’apparences" (Circulo de Poesia)

 
 

Dans son dernier manifeste, « Lettre à l’Afrique » (1), Hugo Chavez exprime sa conviction totale que tôt ou tard les Africains et les Latino-américains se retrouveront comme un seul et même peuple mais qu’eux seuls sont capables d’accomplir ce destin. Nous publions en ce sens une interview du romancier sénégalais Boubacar Boris Diop (Dakar, 1946), une des plumes les plus importantes de l’Afrique contemporaine. En compagnie d’autres écrivains, il s’est rendu à plusieurs reprises au Rwanda et son roman : « Murambi, le livre des ossements » est un voyage au coeur du génocide qui s’est déroulé entre avril et juin 1994 (2). Cet entretien publié originalement par la revue mexicaine « Círculo de poesía » revient sur la nécessité de l’alliance entre Afrique et Amérique Latine, l’échange entre ses intellectuels, la révolution bolivarienne et l’exemple de Chavez, le besoin d’écrire dans la langue vernaculaire ou l’interminable colonialisme de la gauche française et occidentale.

Luis Martinez Andrade : Quel est le rôle de la littérature dans le monde tel qu’il se présente à nous, avec ses abominables niveaux de pauvreté et d’exclusion, comme une situation terrible, désespérée ?

Boubacar Boris Diop : Vous avez raison, le monde va très mal, à chaque fois on a l’impression qu’il sera meilleur mais après quelques années on se rend compte qu’il est encore pire. La littérature a toujours été là, d’abord pour avertir, pour alerter : « Attention : la direction que nous prenons n’est pas la bonne« . Par conséquent, je pense que le rôle de l’écrivain est d’abord d’être à l’avant-garde pour dire à ceux qui viennent : « Attention, je vois que ça va mal tourner. » D’une certaine manière, l’écrivain est un visionnaire. Mais en annonçant le futur, il ne perd pas de vue le présent, son rôle est à la fois de faire connaître les maux de la société et de l’aider à en guérir. L’écrivain met à nu les inégalités au sein des sociétés humaines mais aussi les déséquilibres entre le Nord et le Sud, entre les pays développés et tous les pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine qui sont exploités. La poésie, comme la littérature dans son ensemble, doit être active et pas seulement contemplative, elle doit aider à changer le monde.

LMA : Pensez-vous que la meilleure poésie francophone s’écrive aujourd’hui hors de France ?

BBD : Pour moi, le plus grand poète français du XXème siècle est Aimé Césaire. Mais Aimé Césaire était noir, nous avons été obligés de reconnaître son génie, mais en le confinant à un endroit où il ne pouvait pas bouger. Si Aimé Césaire avait été un poète français blanc, son pays lui aurait construit un monument national. Aujourd’hui, en plus de la poésie, le théâtre et la prose sont plus vivants hors de France. Mais nous ne devons pas chercher à mieux écrire que les français, l’important pour nous, je crois, est de développer nos langues maternelles pour nouer un contact direct avec nos peuples. (3)

LMA : Dans votre roman « Murambi : Le livre des ossements » (2001), vous faites un travail de reconstruction de la mémoire. Quelle est votre opinion sur le phénomène de la colonisation ?

BBD : Je pense que la colonisation doit être pensée dans la relation avec le colonisateur. Et notre problème à nous est que la France a toujours refusé de réaliser la décolonisation. Voyez les pays anglophones, ils ont leurs problèmes mais d’une certaine manière ce sont des pays indépendants. Il suffit de comparer la République du Tchad, le Cameroun, le Ghana et le Kenya pour s’en rendre compte. On n’imagine pas le président du Portugal intervenir dans la vie politique interne de l’Angola. Mais si vous observez la situation au Mali, on comprend que la France refuse de quitter l’Afrique, qu’elle entend maintenir sa tutelle sur nos pays. Aujourd’hui, donc, un intellectuel sénégalais, camerounais ou ivoirien doit prendre pleinement conscience que la lutte pour la souveraineté nationale n’est pas terminée. Nous ne sommes pas vraiment indépendants et nous devons continuer à nous battre. Comme vous le savez, le fameux « discours de Dakar », c’était cela : une tentative de théoriser le contrôle des français sur leurs anciennes colonies. En résumé, la situation post-coloniale n’est pas la même dans tous les pays. Il y a une spécificité de la colonisation par la France, qui n’est pas terminée. Rappelez-vous le rôle des français dans le génocide des Tutsi au Rwanda ou, sans besoin d’aller plus loin, ces images que nous recevons du nord du Mali et qui nous ramènent presque au XIXème siècle…

LMA : Je crois même que le président François Hollande a repris le terme de « Françafrique ».

BBD : C’est vrai. Chaque fois qu’un président est élu il s’empresse d’annoncer la fin de la Françafrique. Mais le simple fait de parler ainsi est un aveu que ce système de domination est injuste et immoral : ce n’est jamais le maître qui met fin à la domination, c’est le rôle de la victime, qui doit lutter pour s’affranchir. Croire qu’un « bon » et heureux président français va entrer en contradiction avec ce système serait méconnaître l’interaction des forces économiques. La France, par exemple, contrôle l’uranium du Niger, et la compagnie AREVA ne laisserait pas faire. Il y a aussi les banques, les opérateurs des télécoms, etc. Bref, il est important pour l’économie française de garder prise sur l’Afrique et la morale n’a rien à voir avec cela. C’est idiot de penser que la Françafrique puisse disparaître sans notre propre lutte.

LMA : Nous savons que le colonisé est aussi dominé dans son imagination. Comment pouvons-nous, en tant que natifs de pays post-coloniaux, poursuivre le projet de la décolonisation tel que l’a pensé Fanon ?

BBD : Je voudrais d’abord faire une remarque : la première condition pour surmonter une situation négative est de la comprendre. Vous vous souvenez de ce que Marx a dit : « Jusqu’à présent, les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, il s’agit à présent de le transformer« . Pour moi, il y a une relation dialectique entre la compréhension et le changement. Ils ne peuvent être séparés. A chaque période historique il est nécessaire d’identifier la tâche principale et de passer à l’action. Frantz Fanon, que vous avez cité, a déclaré : « Chaque génération doit, dans un état relatif de captivité, découvrir sa mission. » Il ajoute que « cette génération a le choix entre remplir sa mission ou la trahir ». Dans un monde où les identités ont été libérées, où la conscience nationale s’est évaporée, on peut voir des peuples qui se font dominer sans même le savoir. On assassine des peuples au nom de la lutte pour la démocratie ! Finalement le mensonge tente de se convertir en vérité.

Il est temps pour nous, intellectuels d’Amérique Latine, d’Asie, d’Afrique de montrer que nous vivons dans un monde d’apparences où les fascistes se présentent comme des humanistes généreux. Qui peut croire que l’OTAN a détruit la Libye et a tué Mouammar Kadhafi rien que par amour du peuple libyen ? Ce n’est pas vrai, c’est même inconcevable. Qui peut croire que la France est intervenue dans le nord du Mali uniquement parce que les moudjaïdines terrorisaient les gens ? En fait, c’est le triomphe du mensonge, le triomphe d’une certain Occident. Le problème vient aussi du fait qu’il nous est très difficile de compter sur des forces de rupture en Occident. Pendant la guerre du Vietnam, à l’époque des guérillas latino-américaines comme celle de Che Guevara, pendant la guerre d’Algérie, les progressistes pouvaient compter sur des forces au sein de l’Occident. Aujourd’hui, ce n’est plus possible. Allez en France et on vous dira, à droite comme à l’extrême gauche, qu’Hollande a fait une bonne action pour l’Afrique en intervenant au Mali. Nous devons apprendre à nous battre. Je dis donc : que devons-nous faire ? Nous ne pouvons pas, comme votre question le laisserait entendre, refuser d’agir, en disant que la bourgeoisie nationale sera pire après l’indépendance politique. Ce risque existe, mais la souveraineté nationale est un point de départ essentiel, nous ne pouvons pas nous en remettre aux étrangers pour tout.

LMA : vous êtes sans nul doute un écrivain engagé, vous avez d’ailleurs participé au Forum Social Mondial. Que pensez-vous de la relation que nous, latino-américains, devons établir avec les africains ? Comment perçoit-on en Afrique les gouvernements progressistes d’Amérique latine ?

BBD : Vous savez, j’ai une grande amie qui est aussi notre leader dans le mouvement du FSM africain, son nom est Aminata Dramane Traoré, et elle vient de rendre un juste hommage à Hugo Chavez dans l’hebdomadaire « Jeune Afrique » (3). Un hommage très beau où elle rappelle que Chavez a démontré comment un pays peut gérer ses ressources naturelles pour qu’en bénéficie la population. Les Africains devraient suivre cet exemple.

Vous le savez bien, il y a une vingtaine d’années la CIA faisait la loi en Amérique latine, assassinant des patriotes, détruisant tous les mouvements d’insurrection, menant un travail de destruction considérable. Sans la CIA les Pinochet au Chili, les Videla en Argentine ou les Stroessner au Paraguay n’auraient pas été possibles. Mais les luttes de libération sous différentes formes, la lutte de guérilla, ou dans les organisations de masse, etc.. ont fait que progressivement les dirigeants ont pris conscience des intérêts de leurs pays respectifs. Lula da Silva doit beaucoup au Forum Social Mondial de Porto Alegre. Bien sûr, il y a aussi les luttes intérieures et le rôle du Parti des Travailleurs (PT) mais Lula doit beaucoup à cette dynamique altermondialiste. On peut également citer le cas de Rafael Correa et, bien sûr, celui de Hugo Chavez. Nos deux continents ont beaucoup de choses en commun, mais cela ne se traduit pas par le niveau requis d’échanges entre les intellectuels d’Afrique et d’Amérique latine. C’est une honte, parce que quand je lis Sabato, Garcia Marquez ou Juan Rulfo, pour moi ce sont des écrivains africains, leur univers ne diffère en rien du mien.

LMA : Par ailleurs, dans votre livre « L’Afrique au-delà du miroir » (2009), vous expliquez qu’après votre séjour au Rwanda, vous avez décidé d’écrire dans votre langue maternelle. Quelles autres raisons vous ont-elles amené à prendre cette décision ?

BBD : La carrière de l’écrivain est très complexe. Elle semble très calme, homogène, ordonnée alors qu’en fait elle est très chaotique. J’ai commencé à écrire dans mon adolescence, vers les 15 ans, parce que je lisais beaucoup Victor Hugo, Molière, etc.. On m’a dit : « Petit, c’est très bien écrit, il faut continuer ! » Je me sentais fier de ces compliments. J’ai commencé à écrire en français sans me rendre compte que la possibilité d’écrire dans une langue étrangère avait des conséquences idéologiques majeures. Les mots de l’autre véhiculaient sa culture et, même en si on s’en éloignait, sa pensée et son œuvre littéraire. La conscience restait confuse sur ce thème. Et quand un Sénégalais qui a toujours vécu dans son pays comme moi, a recours au français, il est privé de la musique intérieure de sa langue, de ses vibrations. J’ai réalisé que mes romans en français ne sont pas liés à ma vie ni aux diverses réalités du Sénégal. Les mots sont froids… ils ne peuvent apporter au récit la décharge électrique dont il a besoin et qui ne se trouve que dans notre langue. Tout cela est devenu clair pour moi à l’âge adulte. Il y a aussi des raisons politiques pour passer du français au wolof, évidemment. La France fut complice du génocide, a participé à l’assassinat d’un million de Rwandais pour défendre sa langue. En voyant tout cela, je me suis dit finalement, qu’en tant que sénégalais, j’utilisais une langue qui puait le sang et qui pourrait coûter un jour ou l’autre la vie à des centaines de milliers de Sénégalais. Donc, sans cesser de l’utiliser, j’ai pris mes distances avec le français.

Je dois ajouter que j’ai toujours été un disciple de Cheikh Anta Diop, le grand penseur africain qui a combattu toute sa vie pour la promotion de nos langues. Et puis, pourquoi écrire des romans que les gens vont lire en France ou en Belgique et jamais dans votre pays ? Dans mes romans, je mentionne que l’Afrique va mal. C’est vrai. Mais à qui dois-je le dire ? Aux étrangers ou aux Africains qui sont ceux qui doivent changer la situation ? Les Occidentaux aiment entendre des intellectuels africains dire que l’Afrique va mal. Cela justifie leurs interventions dans nos affaires. Si l’intervention française au Mali a été reçue avec tant d’enthousiasme c’est parce que tout le monde est convaincu que les Africains sont incapables de prendre leur destin en main, et que même dans les guerres, les européens doivent venir se battre à leur place. Nous, écrivains de la langue française – moi y compris, en partie – avons renvoyé au monde l’image d’une Afrique corrompue et immature. Disons que ce soit vrai … eh bien, écrivons-le dans une langue que les Africains peuvent comprendre pour qu’ils puissent changer de cap. En fin de compte, la question essentielle est : pour qui écrire ? Le français n’est compris que par cinq pour cent des Sénégalais … la réponse n’est-elle pas évidente ?

Traduction : Thierry Deronne http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/03/31/boubacar-bori...

Source (espagnol) : http://circulodepoesia.com/nueva/2013/03/entrevista-con-boub...

Notes :

1. Hugo Chavez, « Lettre à l’Afrique », 21 février 2013, http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/02/24/lettre-dhugo-...

2. Voir http://www.zulma.fr/livre-murambi-le-livre-des-ossements-572...
Aimé Césaire : Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au VietNam une tête coupée et un oeil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées. de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent. [...]

3. Aminata Traoré, « Hugo Chavez était un résistant », « Jeune Afrique », 7 mars 2013, http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130307083907/

Articles liés :

- « Le jour où le Burkina Faso fabriqua son drapeau bolivarien », http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/03/20/video-esp-fr-...

- « Pourquoi l’Afrique doit impérativement s’inspirer de Hugo Chavez », http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/03/23/pourquoi-lafr...

- « Afrique, mère patiente de la révolution bolivarienne », http://venezuelainfos.wordpress.com/2012/05/26/afrique-mere-...

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 May 2013 à 17:52

L’Occident à la reconquête de l’Afrique

 
 

Les guerres occidentales en Afrique se multiplient. En 2008, les USA créaient Africom, un centre de commandement unique pour toutes leurs opérations militaires en Afrique. Depuis, il y a eu la Côte d’Ivoire, la Libye, le Mali... Sans compter la Somalie et le Congo, théâtres de violentes guerres indirectes depuis des années. Spécialiste de l’Afrique et auteur chez Investig’Action de « La stratégie du chaos », Mohamed Hassan nous explique les raisons de ces agressions à répétition. Menées par un Occident en pleine crise, elles ont pour toile de fond la lutte contre la Chine et le contrôle des matières premières. Premier volet d’une série de trois articles sur « Les causes et conséquences de la guerre au Mali » (IGA).

Ce qui a précédé : crise et guerre

Depuis les années 70, le capitalisme est en crise. La réaction des dirigeants mondiaux du capitalisme dans les années 80 a consisté en une politique ultralibérale et une offensive idéologique acharnée contre le communisme. En Afrique, en Asie et en Amérique latine, cette politique a été formulée dans les fameux programmes d’adaptation structurelle (PAS) qui ont fortement affaibli les États et ont balayé tout ce qui restait encore des infrastructures et des services sociaux. Dans le monde capitaliste, toutes les règles ont été supprimées, surtout — et de la façon la plus radicale — dans le monde bancaire. La législation du travail, la sécurité sociale et les droits syndicaux ont été également remis en question.

En 1990, quand le socialisme s’est effondré en Union soviétique, l’euphorie s’est emparée de l’Occident : on a parlé de la fin de l’histoire et de la victoire définitive du capitalisme. Le sigle de quatre lettres, TINA (pour There is no alternative — il n’y a pas d’alternative), a été très en vogue. Mais, au milieu des années 90, cette euphorie s’est quelque peu tempérée et le capitalisme en crise s’est mis en quête d’une nouvelle image d’ennemi. À cette fin, la théorie du « choc des civilisations », de la guerre entre civilisations, de Samuel Huntington, s’est avérée utile. Et, déjà à l’époque, l’islam a été défini comme l’ennemi.

Sur le plan stratégique, il y a eu le livre influent de l’Américain d’origine polonaise, Zbigniew Brzezinski, Le grand échiquier avec, comme sous-titre, American Primacy and Its Geostrategic Imperatives (littéralement : « L’hégémonie américaine et ses impératifs stratégiques » ; c’est devenu « L’Amérique et le reste du monde », dans la version française). Pour Brzezinski, les États-Unis devaient s’appuyer sur l’Union européenne et les grands pays est-européens comme la Pologne et l’Ukraine afin de pouvoir contrôler la totalité de l’Eurasie, la plus vaste étendue de terre émergée du monde, que composent à la fois l’Europe et le continent asiatique.

À la fin de la présidence de Clinton est venu le projet PNAC (Project for a New American Century — Projet pour un nouveau siècle américain), par lequel les néoconservateurs préconisaient le remodelage du Grand Moyen-Orient. Cela allait être la politique du président américain suivant, George Bush Jr. Conséquence : la première décennie de ce siècle fut ébranlée par les guerres en Irak et en Afghanistan.

Une grossière erreur de calcul

Aussi violente et impressionnante qu’ait été la guerre en Irak lorsqu’elle débuta voici dix ans, on ne peut que constater aujourd’hui que les États-Unis ont perdu cette guerre. Après dix ans d’occupation américaine, le contrôle politique du pays est aux mains d’un gouvernement qui écoute davantage le pays voisin, l’Iran — l’ennemi de toujours de Washington — que ses maîtres américains mêmes. Si, par l’occupation de l’Irak, l’intention des États-Unis était de contrôler la production de pétrole à l’échelle mondiale, cela aussi a été un échec : une partie importante du pétrole irakien part actuellement en Chine. Et les hausses du prix de l’or noir ont également enrichi des pays producteurs de pétrole qui ne sont pas en très bons termes avec les États-Unis : l’Algérie, le Venezuela, la Libye, la Russie. Ces pays ont pu de la sorte se constituer d’importantes réserves monétaires, ce qui a accru leurs possibilités de suivre un cours indépendant.

En ce qui concerne la Russie, dans les années 90 Washington a soutenu les islamistes radicaux en Tchétchénie dans le but d’affaiblir plus encore le pays. Au cours d’une lutte sanglante, la capitale tchétchène Grozny a été réduite en ruines et on a déploré, en outre, le drame des otages à l’école de Beslan (1). Mais la Russie a tenu bon et, sous Poutine, est redevenue un pays absolument autonome et indépendant bénéficiant également d’une forte croissance économique.

Mais c’est surtout en Chine que les États-Unis se sont trompés. Leur intention, c’était de voir la poursuite de l’application du libre marché mener enfin à l’effondrement du système d’État socialiste, comme cela avait été le cas plus tôt en Union soviétique. Mais cela n’a pas eu lieu et l’économie chinoise a continué à croître. La Chine a dépassé, l’un après l’autre, les grands pays capitalistes et est devenue aujourd’hui la deuxième économie au monde, après les États-Unis, ainsi que la plus grande puissance commerciale. Si cette évolution se poursuit, ce n’est plus qu’une question de temps avant que la Chine ne dépasse aussi les États-Unis. Dans le sillage de la Chine, on trouve, par ailleurs, nombre de grands pays du tiers monde, comme l’Inde et le Brésil, tandis que quelques grands pays africains se sont mués eux aussi en pays émergents : l’Afrique du Sud, l’Angola et le Nigeria. Ensemble, les principaux pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) constituent ce qu’on appelle les BRICS.

À mesure que se développait cette évolution, on était de plus en plus désespéré, en Occident, par ce « printemps chinois » pro-occidental qui se faisait attendre et l’idée faisait alors son chemin d’approcher ouvertement la Chine en tant qu’adversaire stratégique, dans une deuxième « guerre froide » et une politique d’encerclement, d’endiguement et de confrontation. Quand, en novembre 2011, le président américain Obama effectua un vaste périple en Asie, il déclara que les États-Unis étaient et restaient une « puissance pacifique », faisant allusion à l’océan Pacifique qui sépare les États-Unis et l’Asie. « L’Asie est désormais la priorité numéro un des États-Unis », ajoutait-il. Ce n’est pas un hasard si le premier voyage à l’étranger d’Obama après les élections présidentielles de 2012 n’a pas eu pour destination l’Europe ou l’Amérique latine, mais bien la Birmanie, un pays clé dans la politique d’encerclement de la Chine.

L’importance stratégique croissante de l’Afrique

C’est dans ce nouveau cadre politique que l’Africom a été fondé en 2008. Il s’agit d’une importante réforme stratégique des centres de commandement suprême de l’armée américaine. L’Africom réunit désormais toutes les opérations de l’armée américaine en Afrique sous un commandement unique (dont le quartier général se trouve à Stuttgart), alors qu’auparavant elles dépendaient de trois commandements différents. Il ne s’agit pas d’une opération de chirurgie esthétique : cette réforme reflète la grande importance stratégique du continent africain dans la politique américaine de confrontation avec la Chine.

Les progrès rapides de la technologie font que de plus en plus de matières premières sont nécessaires pour l’industrie des pays capitalistes, mais aussi pour celle de la Chine et des autres économies émergentes. Dans le sous-sol africain se trouvent d’importantes réserves encore intactes de pétrole, de gaz et de métaux ordinaires ou rares. On estime que le continent possède 40 % des matières premières minérales du monde ce qui lui confère une grande importance stratégique.

La croissance spectaculaire de la Chine et des autres économies émergentes requiert en effet d’énormes quantités de matières premières. En outre, les BRICS ont grandement besoin de possibilités d’exportation et, pour eux aussi, l’Afrique constitue un marché d’écoulement très prometteur. Si les États-Unis veulent mettre un terme à l’ascension de la Chine (la politique de l’ « endiguement »), l’Afrique constitue un élément clé pour la décennie à venir. En attendant, depuis quelques années, la Chine est le principal partenaire commercial de l’Afrique. Les États-Unis viennent ensuite et tous deux ont dépassé les anciennes métropoles coloniales qu’étaient la France et la Grande-Bretagne.

Conquérir le contrôle de l’Afrique devient donc urgent pour Washington, et cela ne peut se faire uniquement par la concurrence des acteurs économiques au sein d’un marché « libre ». Pour le bloc impérialiste, il s’agit tout autant d’une question militaire. D’où le rôle décisif joué par les armées des États-Unis et des pays européens depuis 2011 dans les guerres en Côte d’Ivoire, en Libye et aujourd’hui au Mali. Ce qui surprend ici, c’est que les États-Unis se profilent de façon peut-être plus discrète, aux yeux de l’extérieur, tandis qu’en même temps, par leur Africom et leur énorme réseau politique et diplomatique, ils tiennent malgré tout fermement les rênes en main.

Cette intervention directe des armées des États membres de l’Otan dans les guerres africaines, avec un rôle clé pour Africom, ne fera que s’accroître au cours des années à venir. Par ailleurs, Africom est également impliqué dans un nombre spectaculairement croissant de programmes de collaboration militaire avec des armées africaines, sous la forme de formation et d’exercices en commun. Le but est de prendre pied au sein de ces armées et de faire mener le plus possible les guerres qui auront lieu en Afrique par des armées africaines — mais, naturellement, toujours en fonction des intérêts des États-Unis.

Cette stratégie, Washington l’applique depuis des années déjà dans deux pays qui sont très importants sur le plan géostratégique : la Somalie et la République démocratique du Congo. Les armées, respectivement, de l’Éthiopie, de l’Ouganda et du Rwanda se chargent sur place du boulot. Aujourd’hui, les États-Unis passent à la vitesse supérieure dans le travail préparatoire de ce genre d’interventions. En 2012, une brigade de l’armée américaine a reçu la mission de mener des activités dans pas moins de 35 pays africains, un nombre record.

Cette tentative de soumettre militairement l’Afrique afin de contrôler l’influence économique de la Chine et des autres économies émergentes s’effectue sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme. Et c’est ainsi que nous en arrivons au mouvement intégriste islamique et à ce que les médias ont appelé le « Printemps arabe ».

Mohamed Hassan

http://www.michelcollon.info/L-Occident-a-la-reconquete-de-l.html

Extrait de « Causes et conséquences de la guerre au Mali », article paru dans Études marxistes, n°101. La suite bientôt disponible sur michelcollon.info.

Notes

(1) Voir Wikipedia.

Mohamed Hassan est spécialiste du Moyen-Orient et de l’Afrique. Il est l’auteur, avec David Pestieau, de L’Irak face à l’occupation (EPO, 2004) et, avec Grégoire Lalieu et Michel Collon, de La stratégie du chaos, Investig’Action/Couleur Livres, 2012.

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  Citer Résistance Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 May 2013 à 23:08
Non, la Chine ne pille pas l’Afrique !
 



Une base de données a récemment révélé les détails de l’aide financière de la Chine à l’Afrique, contredisant l’hypothèse selon laquelle l’Empire céleste tirerait profit sans donner de contreparties à ses partenaires de l’extraction des ressources et des projets liés aux travaux d’infrastructures.

La base de données en question a été rendue publique par le Center for global Development and AidData de Washington. Elle recense pas moins de 1.673 projets financiers chinois dans une cinquantaine de pays africains pour la période allant de 2000 à 2011, le tout pour un montant avoisinant les 75 milliards de dollars. Le centre a également produit différents documents comportant même une carte interactive apportant toutes les informations sur les différents projets chinois en Afrique.

« La Chine affirme que ses activités relèvent du secret d’État, et ce projet est une tentative de lever un peu le voile sur ce qui se passe réellement », a déclaré le créateur de la base de données, Andreas Fuchs, sur Reuters.

Pékin a souvent été l’objet de critiques de la part de l’opinion publique mondiale et a plus d’une fois été accusé d’exploiter l’Afrique en raison de ses ressources naturelles tout en apportant son soutien aux régimes corrompus… des tactiques que l’Occident a du reste utilisées à maintes reprises aux cours des dernières décennies. Mais la Chine a répondu à ses détracteurs en mettant en avant que ses relations avec l’Afrique étaient systématiquement basées sur des rapports d’égal à égal. La base de données du Center for global Development and AidData apporte un nouvel éclairage sur l’aide économique chinoise : la Chine a largement contribué à développer sur le continent africain le secteur de la santé ou celui de la société civile. On dénombre ainsi 149 projets dans le secteur sanitaire pour un montant de 674 millions de dollars et 133 projets d’aides directes au développement pour un montant de 70 millions de dollars.

La coopération économique entre la Chine et l’Afrique a contribué à plus de 20 % de la croissance des pays africains au cours des treize dernières années, a annoncé le 19 avril 2013 la porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, madame Hua Chunying.

M. Yang Jiechi, ministre chinois des affaires étrangères, a appelé quant à lui le 9 mars 2013 à davantage d’échanges et moins de soupçons et d’accusations vis-à-vis de la coopération entre la Chine et les pays africains. « Si tu veux marcher vite, marche seul ; si tu veux marcher loin, marchons ensemble », a cité M. Yang Jiechi en rappelant un proverbe africain pour souligner l’importance de la coopération avec l’Afrique.

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-non-la-chine-ne-pille-pas-l-afrique-117524575.html

Edité par T 34 - 03 May 2013 à 00:21
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Le lièvre USA et la tortue chinoise, une fable à l’échelle planétaire.

par René Naba * 

Toutes les versions de cet article : [Español]

Première partie

Chine-Afrique : Le lièvre USA et la tortue chinoise, une fable à l’échelle planétaire.

Paris le 6 avril 2013

Le nouveau président chinois Xi Jinping chinois a réservé à l’Afrique son premier déplacement officiel, dans une démarche symbolique qui illustre la vivacité de la rivalité sino occidentale sur le continent noir et la prépondérance que la Chine y a prise au détriment de ses deux anciens maitres, le Royaume Uni et la France, qu’elle a supplantée en deux décennies.

Autre message codé, à valeur hautement significative, le dirigeant chinois s’est rendu le 26 Mars en Afrique du Sud pour une visite d’Etat au pays vainqueur de l’apartheid, avant le sommet des pays émergents des BRICS tenu le lendemain à Durban.

Pretoria a constitué la première étape d‘une tournée en Afrique comprenant notamment le Congo-Brazzaville, fief français de l’Afrique centrale ou il s’est rendu les 29 et 30 mars pour des entretiens avec son homologue Denis Sassou Nguesso.

Les paramètres de départ : La « théorie de anneaux maritimes » des Etats-Unis et la « stratégie du collier de perles » de la Chine

« La théorie des anneaux maritimes »

Les grands bouleversements de l’histoire ont rarement une date d’anniversaire exacte. Ce n’est qu’arbitrairement que l’on peut fixer à la fin de la deuxième Guerre mondiale (1939-1945) le début du déploiement planétaire de l’empire US et de sa compétition feutrée avec la Chine, dont le point de percussion majeur aura pour théâtre l’Afrique à l’entame du XXI me siècle, particulièrement le Maghreb, le Ponant du Monde arabe, le flanc méridional de l’Europe et son point de jonction vers l’Afrique et, au-delà, l’Amérique Latine.

Premier continent au Monde pendant cinq siècles, l’Europe de la seconde moitié du XXe siècle, a subi, sanction de son bellicisme, la division en deux blocs, hermétiquement verrouillés par un rideau de fer. Saignée et ruinée par deux guerres mondiales, son volet occidental placé sous perfusion financière américaine du Plan Marshall, menant un combat d’arrière-garde face à la révolte des peuples coloniaux d’Asie, du Monde arabe et d’Afrique. Ce combat d’arrière garde face à l’Inde et le Pakistan, les futures puissances nucléaires, le Monde arabe, le principal réservoir énergétique de la planète, le continent africain, vaste gisement minier, ont signé sa relégation de la magistrature suprême de gestion des affaires du Monde.

Une conjoncture idéale pour les Etats Unis, qui s’engouffreront dans la brèche, sur les débris du colonialisme anglais et français en Asie occidentale et en Afrique, à la faveur de l’ostracisation de la Chine continentale communiste de Mao Tsé Toung au bénéfice de la Chine insulaire capitaliste de Taiwan de Tchang Kai Check, le vaincu du Kominterm.

En application de la « théorie des anneaux maritimes », ils vont procéder, dès la fin de la 2me Guerre mondiale, à leur déploiement géostratégique selon la configuration de la carte de l’Amiral William Harrison, conçue en 1942 par la marine US, en vue de prendre en tenaille la totalité du monde eurasiatique, articulant leur présence sur un axe reposant sur trois positions charnières : Le détroit de Behring, le Golfe arabo-persique et le détroit de Gibraltar.

Avec pour objectif de provoquer une marginalisation totale de l’Afrique, une marginalisation relative de l’Europe et à confiner dans un cordon de sécurité un « périmètre insalubre » constitué par Moscou-Pékin-Delhi-Islamabad, contenant la moitié de l’humanité, trois milliards de personnes, mais aussi la plus forte densité de misère humaine et la plus forte concentration de drogue de la planète.

Héritiers de l’Europe et témoins privilégiés de ses déboires, les Etats-Unis se sont certes portés à deux reprises au XX me siècle au cours des deux guerres mondiales (1914-1918/1939-1945), au secours des grandes démocraties européennes avant de les supplanter en tant que puissance planétaire, sans toutefois- là réside le Hic- tirer profit des égarements coloniaux de leurs ancêtres européens.

Sur les débris du colonialisme français et anglais, l’Amérique, soutenant les indépendances du Maroc et de l’Algérie dans la foulée de la folle équipée tripartite (anglo-franco-israélienne) de Suez, en 1956, a été accueillie en héros par les peuples arabes. Mais, au mépris des enseignements de l’Histoire, elle va fonder son hégémonie sur une collusion avec les forces arabes les plus conservatrices et des alliances contre nature avec les principaux ennemis du monde arabe, dilapidant ainsi son capital de sympathie par une politique erratique illustrée par le combat implacable qu’elle a menée contre le nationalisme arabe renaissant. Deuxième erreur fatale qui permettra à la Chine, dans la décennie 1960, d’en tirer profit en y prenant pied, en Asie occidentale et en Afrique du Nord, notamment l’Algérie, son plus ancien et plus loyal allié dans la zone.

  • La stratégie du collier de perles

Pris en tenaille entre l’Inde, sa grande rivale en Asie, les Etats-Unis, maitre d’œuvre du blocus de la chine maoïste et le Japon, le géant économique de l’Asie, et les Etats-Unis, maitre d’œuvre du blocus de la chine maoïste, la Chine va chercher à se dégager de ce nœud coulant en développant «  la stratégie dite du collier de perles ». Le terme a été utilisé pour la première fois au début de 2005 dans un rapport interne du Département d’Etat titré « Energy Futures in Asia ».

Cette stratégie, mise au point dans le but de garantir la sécurité de ses voies d’approvisionnement maritimes jusqu’au Moyen-Orient, ainsi que sa liberté d’action commerciale et militaire, consistait dans le rachat ou la location pour une durée limitée d’installations portuaires et aériennes échelonnées des ports de Gwadar (Pakistan), Hambantoa (Sri Lanka), Chittagong (Bangladesh), jusqu’à Port Soudan, via l’Iran et le périmètre du golfe d’Aden pour escorter ses navires à travers cette zone infestée de pirates, ainsi que dans la zone sahélo-saharienne, l’Algérie et la Libye, à tout le moins sous le régime du Colonel Mouammar Kadhafi (1969-2012), soit pendant 43 ans.

Les enjeux de puissance : Pétrole et surpopulation sur fond de militarisation des voies maritimes.

  • Du bon usage des principes universels. Le principe de la Liberté de navigation où les océans nouveau monde du XXIème siècle. [1]

Les grands principes universalistes répondent rarement à des considérations altruistes et obéissent plutôt à des impératifs matériels. Il a en a été ainsi du principe de la liberté de la navigation brandie par l’Angleterre au XVII me et XVIIIe siècles pour assurer sa suprématie maritime et partant son hégémonie commerciale à l’ensemble de la planète. Il en a été de même du mot d’ordre du principe de la Liberté du commerce et du libre-échange décrété par les pays occidentaux au XIXe et XXe siècles pour contraindre la Chine à écouler les marchandises occidentales sur son marché intérieur au nom de la « politique de la porte ouverte ». Il en sera de même du « principe de la liberté d’information » fermement défendu par les États-Unis, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale pour asseoir leur suprématie idéologique dans les quatre domaines qui conditionnent la puissance : politique, militaire, économique et culturel.

Le principe de la liberté de navigation, principe en apparence anodin, masque de redoutables enjeux géostratégique, résumé il y a deux siècles par le contre-amiral Alfred Thayus Mahan (1840-1914) : « Quiconque atteindra la suprématie maritime dans l’océan Indien serait un joueur important sur la scène internationale », soutenait-il déjà au siècle dernier ce géo stratège de la Marine des Etats-Unis.

Le surpeuplement prévisible de la terre, dont la population va pratiquement doubler en un siècle passant de six milliards d’humains, en l’an 2000, à onze milliards en l’an 2100 c’est-à-dire davantage qu’au cours de toute l’histoire de l’humanité, va faire de la quête de nouveaux espaces, un nouvel enjeu de la compétition mondial, l’enjeu de survie de l’espèce humaine.

La conquête de l’espace en est une illustration spectaculaire. La mer est plus familière à l’Homme que l’espace, plus intimement liée à l’histoire de l’humanité. La conquête des espaces maritimes, moins spectaculaire, n’en est pas moins méthodique. Omniprésents à la surface du globe, les Océans représentent 71 % de la surface de la planète, avec une mention spéciale pour le Pacifique qui occupe, à lui seul, 50 % de la superficie océanique mondiale. Si, depuis la haute antiquité, la mer a constitué un espace de jonction et de rapprochement entre les peuples, elle a aussi servi de théâtre à de retentissants combats navals (Trafalgar, Sawari), surtout appréciée par les stratèges en tant que lieu idéal de projection des forces à distance.

Le développement de prospection pétrolière off-shore, du câblage sous-marin et de la surexploitation de la pêche ont fait des océans un gigantesque gisement de ressources naturelles et animales.

Cinquante pour cent de la population mondiale vit sur une mince bande côtière de 50 kms le long des rivages et 75 % du commerce mondial en poids, et 66 pour cent en valeur est assuré par le transit maritime, près de dix milliards de tonnes par an.

L’exploitation des ressources maritimes à, elle, quadruplé en 40 ans, passant de 20 millions de tonnes en 1950 à 80 millions de tonnes en 1990. La FAO estime, quant à elle, à quarante millions le nombre de personnes dans le monde vivant de l’économie du poisson, la filière pêche remployant, à elle seule, douze millions de personnes réparties entre pêcheurs, techniciens, artisans et commerçants.

La militarisation des voies maritimes figure d’ailleurs parmi les objectifs de Washington dans cette zone de non droit absolu qui relie la Méditerranée à l’Asie du Sud-est et à l’Extrême-Orient par le canal de Suez, la mer Rouge et le golfe d’Aden. Dans ce périmètre hautement stratégique, les Etats Unis ont procédé au plus important déploiement militaire hors du territoire national, en temps de paix.

Le Monde arabe regroupe trois des principales voies de navigation transocéaniques, mais n’en contrôle aucune. Le détroit de Gibraltar, qui assure la jonction entre l’Océan Atlantique et la Mer Méditerranée, est sous observation de la base anglaise située sur le promontoire de Gibraltar, une enclave située sur le territoire de l’Espagne. La jonction Méditerranée-Mer Rouge est sous le contrôle des bases anglaises situées aux deux extrémités du Canal de Suez, les bases de Dekhélia et d’Akrotiri à Chypre, à l’entrée du canal par la Méditerranée et la base de Massirah au Sultanat d’Oman, à sa sortie.

Enfin, le passage golfe arabo persique Océan indien est sous l’étroit contrôle du chapelet de bases de l’Otan : le camp franco-américain de Djibouti, la base aéronavale française d’Abou Dhabi, le QG du Centcom du Qatar, et la base aéronavale américaine de Diego Garcia.

En vertu du principe de la liberté de navigation, la totalité des voies de passage transocéaniques, à l’exception du Détroit de Behring, sont sous contrôle de l’Occident. Du Détroit de Gibraltar au Détroit du Bosphore, au Détroit des Dardanelles, au Détroit de Malacca, au détroit d’Ormuz. La Chine a d’ailleurs réussira à contourner ce goulot d’étranglement en ce que sa « stratégie du collier de perles » lui a permis d’aménage d’un chapelet de ports amis le long de ses voies de ravitaillement, atteignant le cœur de l’Europe, avec la zone franche du Pirée.

« Usine du monde », la Chine importe aujourd’hui environ 30% de son pétrole. Selon les estimations de l’Agence pour l’Energie, elle importera 85% de son pétrole en 2025. L’équation énergétique chinoise place la Chine en situation « d’état d’urgence » d’approvisionnement énergétique qui explique son offensive à triple nouveau.

La recherche de bases-relais et de fournisseurs s’est accompagnée, parallèlement, de la modernisation significative de sa marine afin de contrôler les routes maritimes assurant son approvisionnement (sécuriser la route maritime vitale reliant les champs pétrolifères du Golfe persique à Shanghai en passant par le détroit d’Ormuz, le détroit de Malacca et le détroit de Formose, zone caractérisée par une forte présence des marines US et britanniques).

Dexième partie

Endiguement euro-US de la Chine en Afrique et guerre psychologique.

Paris,12 avr 2013

L’endiguement

Grand vainqueur de la Guerre froide, le lièvre US va alors bénéficier d’un état de grâce exceptionnel dans l’histoire des relations internationales contemporaines, à la faveur de l’implosion du bloc soviétique, une décennie prodigieuse d’unilatéralisme à l’effet d’accélérer sa mainmise sur les zones rétives à son Hégémon, au point que des laudateurs intéressés en viendront à voir dans le XXI me siècle « Le siècle américain » pour célébrer « Le destin manifeste » des Etats Unis.

Certes la guerre du Golfe en 1990-1991 a permis aux Usaméricains de prendre pied au cœur des principaux gisements pétroliers de la planète, la guerre du Kosovo en 1999 de s’implanter au cœur de l’Europe centrale, particulièrement en Albanie, longtemps considérée comme un bastion de l’orthodoxie communiste.

Certes aussi, dans le droit fil de leurs objectifs, la guerre d’Afghanistan (2001), puis la guerre d’Irak (2003) devaient leur permettre de parachever leur mission en prenant pied, pour la première fois de leur histoire, dans le Caucase, plaçant l’USA au cœur du dispositif énergétique mondial par sa mainmise sur le Golfe et son contrôle des voies de ravitaillement du brut transcaucasien.

Sauf que le schéma parfait a souffert de fortes turbulences, dénaturant le projet initial. La guerre du Vietnam (1960-1975-52 000 morts), se superposant aux couts des deux premiers conflits majeurs du XXI me siècle (Afghanistan-Irak), de l’ordre de trois mille milliards de dollars (3 trillions), à la crise du système bancaire, une perte de capitalisation boursière de l’ordre de 25 000 milliards de dollars, enfin à la crise de l’endettement européen, ont considérablement réduit la marge de manœuvre du duo atlantiste, saigné son économie atlantiste et réduit la capacité de projection de la puissance américaine. La première puissance militaire de tous les temps a ainsi emprunté, sans y prendre garde, un schéma similaire à celui de l’Europe au XX me siècle.

Face à ce premier conflit majeur du XXI me siècle, l’Europe, qui se voulait un des pivots du troisième millénaire, s’est retrouvée prestement marginalisée par le duo anglo-américain, discrète préfiguration de l’« Anglo-sphère », l’alliance Wasp (White Anglo-Saxon Protestant), dont la mise sur pied est préconisée par les disciples de Samuel Huntington, l’auteur du « clash des civilisations », en vue de constituer sous égide anglo-saxon un directoire des pays relevant de la civilisation occidentale, de race blanche (29 % de la population mondiale) pour la direction du « Monde libre ».

La refondation de la doctrine stratégique de l’OTAN à l’occasion du 50ème anniversaire de l’alliance atlantique, en mai 1999, par l’adjonction des anciens pays du bloc soviétique, est apparue à cet égard comme un signe précurseur pour les tenants de cette thèse.

Apportant sa caution militaire et diplomatique aux Etats-Unis, sous estimant sa capacité d’influence, l’Europe est ainsi apparue au regard de la communauté internationale comme l’appendice de l’Amérique. Au point que bon nombre d’ observateurs en ont conclu que l’Europe a abdiqué son indépendance pour se résoudre au rôle de promontoire outre-Atlantique de l’Amérique, renonçant à sa vocation ancienne de foyer de civilisation et à sa propre autonomie face aux Etats-Unis pour en faire une roue dentée de la stratégie américain, une « île au large des rives de l’Eurasie », pour reprendre l’expression du géographe Michel Fournier.

En tandem, et sous couvert de grands principes, l’ingérence humanitaire et la guerre contre le terrorisme, à l’aide de sigles abscons, d’Africom au Maghreb, de « Recamp » dans l’Afrique francophone ou d’Eufor, dans le centre du continent, le quadrillage occidental de l’Afrique s’est fait en douceur, à l’arrière-plan d’une féroce bataille engagée pour la maîtrise des réserves stratégiques sur le flanc méridional de l’Europe, face aux bouleversements géostratégiques induits par l’émergence de la Chine dans l’ancienne chasse gardée coloniale, notamment en Afrique du Nord et sur continent noir.

Au prétexte de la « guerre contre le terrorisme », les Etats-Unis se sont même employés à mettre sur pied spécialement pour le continent noir un corps d’armée qui portant le nom de « VIII me corps d’armée » US afin d’achever le maillage militaire de la planète par une présence physique opérationnelle sur l’ensemble des continents. L’AFRICOM dont la création a été décidée en 2007 devait avoir compétence sur les 50 Etats membres de l’Union Africaine, à l’exception de l’Egypte.

Le redéploiement diplomatique et stratégique euro-usaméricain est intervenu sur fond d’exacerbation de la controverse publique sur les bienfaits et les méfaits de la colonisation, son « rôle positif  » et ses séquelles, les « test ADN » et les « charters de la honte » en France, l’« immigration choisie » en Europe, alors qu’en contrechamps, la percée chinoise se faisait d’une manière pacifique propulsée par le déficit américain, un consistant matelas financier constitué de plusieurs milliards de dollars de bons de trésor américains sur un continent que n’obère aucun passif colonial de la Chine.

Par son impact psychologique et ses conséquences à long terme, la pénétration chinoise a été comparable à la conquête arabe de la rive méridionale de la Méditerranée qui a brisé le monopole de la navigation et du commerce dans l’ancien « Mare Nostrum » et l’Atlantique sud, déclenchant en retour les Croisades et la colonisation du continent africain en vue de rétablir le statut quo ante. Une percée qui a donné lieu à une féroce guerre psychologique entre Occidentaux et Chinois.

La guerre psychologique sino-occidentale

Toute conscience se pose en s’opposant. L’Occident a constamment forgé des concepts pour assurer sa domination sur le reste du Monde. Il en a été de la théorie du « Res Nullus » et du « Fardeau de l’Homme blanc » justifiant les conquêtes coloniales. Au principe de la liberté du commerce et de l’industrie, allant jusqu’à infliger une pernicieuse Guerre de l’Opium à la Chine pour la contraindre à s’ouvrir au marché européen.

Depuis la fin de la II me Guerre mondiale (1939-1945), toute une littérature belliqueuse a développé les thèmes sur le péril rouge (contre le communisme), avant de se rabattre après l’implosion de l’Empire soviétique (1989) sur le péril vert (l’Islam), jalon intermédiaire préludant à la naissance du « péril jaune » (Chine, Inde, Japon) d’actualité avec la montée en puissance des trois pays majeurs d’Asie, qu’ils parachèveront en 2025.

A cette date, l’Occident aura perdu le monopole de la puissance et partant son rôle prescripteur. Il devra, par la force des choses, composer. Dur métier pour celui qui a constamment imposé, dur apprentissage de la diversité. Composer avec les autres composantes de la planète. Cette échéance explique sa frénésie d’acquisition de gages territoriaux et énergétiques (Irak, Afghanistan, Darfour, Balkan) en vue d’aborder la prochaine étape en position de force dans une « stratégie de transformation du réel », qui se réduit en une quête désespérée visant à enrayer un déclin prévisible par le maintien de « Droits acquis » aux faîtes de la puissance.

Accablée de tous les maux, la Chine a été accusée, simultanément et cumulativement, d’avoir contaminé l’Afrique de pathologies potentielles avec la commercialisation de médicaments avariés et d’avoir transformé le continent noir en dépotoir de déchets toxiques, Ce faisant, l’Occident a oublié son rôle néfaste dans la dépossession de l’Afrique de ses richesses pendant cinq siècles, sa dépopulation par la traite négrière, de l’ordre de quinze millions de personnes, dans la modification de son écosystème. En témoignent le film « Le Cauchemar de Darwin  » [2] sur transformation écologique des lacs de l’Ouganda par l’introduction de la « perche du Nil » pour la satisfaction des besoins alimentaires des consommateurs européens au détriment de la faune et de la flore ougandaise, et le film anglais « The constant Gardner  » tiré du roman de l’espion en chef britannique John Le Carré [3] dans le choix de l’Afrique dans sa fonction de lieu d’expérimentation de ses produits pharmaceutiques et de point d’évacuation des surplus toxiques de l’industrie occidentale.

En écho, un journaliste algérien s’est mis au diapason des critiques occidentales, dénonçant les turpitudes des Chinois en Algérie, la prévarication de la classe politique pour l’acquisition de ses marchés en Algérie, le recours abusif à la contrefaçon et au dumping. Devant ce qu’il considère comme une présence envahissante, Kamal Daoud, chroniqueur du Quotidien d’Oran, a mis en garde contre la transformation de « L’Algérie en province chinoise », à la faveur de rixes entre Algériens et Chinois. « La Chine devient un empire en Algérie ». Elle a déjà des sous-traitants politiques et financiers. Des agents, honorables correspondants et trop de clients d’ailleurs. « L’Algérie, une province chinoise ? » Près de 95% des contrefaçons saisies en Algérie, en 2011, sont d’origine chinoise. « Un chiffre qui souligne la mainmise croissante de l’empire du Milieu sur l’économie algérienne, du dentifrice à la construction de la Grande Mosquée. Un raz de marée. Les saisies de produits contrefaits ont enregistré une hausse de 84,5% en Algérie l’an dernier, passant de 379.774 produits saisis en 2010 à 700 000 en 2011 », assurent les services des douanes algériennes. Selon les chiffres des douanes algériens justement, « les produits contrefaits proviennent principalement de Chine (94,44%) et de Turquie (3,56%). Au pays de l’hyper nationalisme anti-français, 95% de produits contrefaits viennent de Chine », conclut-t-il dans un éditorial 12 novembre 2012.

La botte secrète de la Chine : absence de passif colonial et non-ingérence.

Menant une diplomatie commerciale agressive, sans ingérence politique, la Chine est parvenue à redessiner la carte des influences traditionnelles « occidentales » sur fond de lutte pour le contrôle des gisements pétroliers avérés ou potentiels.

Un « Nouveau Partenariat Stratégique Afrique‐Asie » a été scellé lors du dernier sommet Chine‐Afrique tenu du 3 au 5 novembre 2006, couronnement d’une coopération amorcée dans la décennie 1970 et dont le projet phare aura été le chemin de fer Tanzanie‐Zambie, le célèbre « chemin de la liberté » (TAZARA, 1976) qui fonctionne depuis 30 ans et qui permettait de contourner les positions racistes de l’Afrique du Sud qui rendait impossible l’exportation de cuivre de Zambie.

Près de 200 000 Chinois seraient actuellement installés en Afrique et près d’un millier d’entreprises chinoises investissent dans 43 pays africains réalisant ainsi 900 projets d’infrastructures. Trente et un pays ont vu leur dette envers la Chine annulée pour une valeur d’environ 1,33 milliards de dollars.

Face à ce stress énergétique, Pékin a mis en place une nouvelle diplomatie « dite du sortir » (« Zouchuqu ») se traduisant par « une participation dans l’amont et dans l’aval pétroliers internationaux et à l’acquisition de gisements par le biais de prises de participation dans des sociétés locales pour l’établissement de bases pétrolières à l’étranger pour assurer son ravitaillement énergétique régulier.

Les Chinois sont impliqués dans une cinquantaine de projets pétroliers sur tout le continent. En 2006, le continent africain représente 25% de l’approvisionnement chinois en pétrole (principalement le Soudan (6% du pétrole importé par la Chine provient du site de Muglad), l’Angola (30% des importations pétrolières d’Afrique), l’Algérie et l’Afrique du Sud) contre 15 % au milieu des années 1980.

Dans ce contexte, l’Afrique sub‐saharienne, comme le Maghreb, est devenue un théâtre hautement convoité, car depuis leur intervention en Irak, les USA ont renforcé leur contrôle sur l’ensemble des pays du Moyen‐Orient à l’exception de l’Iran. Recelant 8,9% des réserves mondiales de pétrole et offrant 11 % de la production mondiale, l’Afrique permet à Pékin de limiter sa dépendance énergétique (politique dite de déconcentration des risques : Asie Centrale et Sibérie offrant un contournement du Détroit de Malacca jugé vulnérable à une intervention américaine et Afrique.

Il convient néanmoins de s’abstenir de tout angélisme. Le positionnement chinois obéit à des calculs stratégiques sur le long terme. Tous les pays d’Afrique du Nord déplorent un déficit commercial avec la Chine, les produits chinois se situent à des prix 50 à 60% moins chers qu’au Maroc ou en Tunisie. Toutefois, le Maroc, et accessoirement la Tunisie, sont perçus par les autorités chinoises comme des places d’investissement privilégié sur le flanc sud de l’Europe et la Chine, pour ces deux pays du Maghreb, comme un véritable partenaire alternatif à l’ancien pouvoir colonial plus interventionniste.

En parallèle, les Etats-Unis ont multiplié les initiatives diplomatiques et militaires en vue de sceller les pays africains à la stratégie globale américaine. Des points d’intervention favorisant le déploiement rapide des forces américaines ont été aménagés dans la zone sahélienne sénégalo-malienne, ainsi qu’en Namibie à la frontière avec l’Angola.

Des opérations conjointes avec les pays du Sahel ont été lancées en 2003-2004 contre le Groupe Salafiste pour la prédication et le combat (GPS) dans le cadre du « programme de contre-terrorisme en Afrique ». Les attaques contre les touristes français en Mauritanie en décembre 2007, entraînant l’annulation du rallye automobile Paris-Dakar et son transfert vers l’Amérique latine, de même que l’attentat contre l’ambassade israélienne à Nouakchott témoignent des réticences locales et régionales au déploiement américain en Afrique.

La Chine est depuis 2010 le premier partenaire commercial de l’Afrique avec des échanges de l’ordre de 166,3 milliards de dollars, en augmentation de 83% par rapport à 2009. Les Chinois viennent d’annoncer un doublement à 20 milliards de dollars leurs crédits à l’Afrique, qui fait partie de la réserve stratégique des multinationales.

Soixante ans après l’indépendance de l’Afrique, Américains et Européens, sur fond de lourd contentieux post colonial non purgé, continuent de gérer l’Afrique à travers leurs réseaux politico-affairistes et les institutions multilatérales (FMI et Banque mondiale). Le Mali a été ainsi contraint de se spécialiser dans la production du coton par la Banque mondiale, se plaçant en concurrence avec les producteurs de coton nord-américains qui bénéficient de subventions de la première puissance libérale.

En contrechamp, la Chine, nullement philanthrope, mais infiniment plus perspicace, se présente aux Africains sans passif colonial, sans les criantes pratiques de la corruption des Djembés et des Mallettes, la marque de fabrique de la Françafrique. En l’absence de passif colonial, parangon de la non-ingérence, un vice occidental, pratiquant une politique de dumping ou de nivellement en fonction du pouvoir d’achat local, résultante de la paupérisation croissante de la population du tiers monde, la Chine poursuit sa progression. Et les déboires enregistrés par ses alliés au Soudan, en Libye et au Mali, ne paraissent avoir affectés ses intérêts ni ses positions.

Auparavant, les Etats-Unis surveillaient l’Afrique à travers trois commandements : Central Command (CENTCOM) dont la zone de responsabilité s’étendait sur 27 pays dont sept sont africains, le commandement européen (EUCOM), sa zone couvrant 91 Etats dont 42 sont africains, le commandement pacifique enfin (PACOM) qui a autorité sur une zone couvrant Madagascar et les îles en périphérie de l’est du continent africain.

Si le souci proclamé des Etats-Unis est de mener une guerre planétaire contre le terrorisme, la création d’un commandement spécifique pour l’Afrique marquait d’une manière sous-jacente l’implication plus marquée de l’Amérique dans la compétition que se livrent les grandes puissances pour la conquête des marchés africains particulièrement le pétrole qui fournit 30 pour cent de la consommation mondiale.

Dans l’intervalle, l’administration USA a aménagé, en 2006-2007, dans le Golfe de Guinée une base flottante, constituée de navires à très grande vitesse (swift ship) servis par un équipage de 300-400 marins pour la surveillance côtière le long des pays riverains : Angola, Cameroun, Gabon, Ghana, Guinée équatoriale, Liberia, Sao-Tomé et Principe, Sénégal et Nigeria. Et des bases de drones, dans la décennie 2010, au Burkina-Faso pour la surveillance et le repérage des mouvements djihadistes en Afrique occidentale. Elle se propose de partager avec Alger les données récoltées par ses drones dans le septentrion malien à la faveur de l’intervention française dans cette région frontalière de l’Algérie.

Le dispositif US en Afrique est complété en Afrique orientale par la colocation de la base française de Djibouti « Le camp Lemonnier », ainsi que de la base aéronavale de Diego Garcia dans l’Océan indien, et par le nouveau rôle de gendarme confié à l’Ethiopie dans sa répression des mouvements islamistes dans la zone, notamment en Somalie.

Le positionnement américain à Djibouti, face au Golfe, permet en outre le contrôle stratégique de la route maritime qu’emprunte un quart de la production pétrolière mondiale et, ce faisant, de dominer l’extrémité orientale de la vaste bande pétrolière traversant l’Afrique considérée désormais comme vitale pour leurs intérêts stratégiques, une bande allant de l’oléoduc Higleg-Port Soudan (1600 km) dans le sud-est à l’oléoduc Tchad-Cameroun (100 km) et au Golfe de Guinée dans l’Ouest. Un poste d’opération américain en Ouganda donne en outre aux Etats-Unis la possibilité de contrôler le sud-Soudan où se trouve le gros des réserves soudanaises de brut.

Troisième partie

Le jeu de la France : Défense du pré-carré en tandem avec Israël ?

Paris,19 avr 2013

L’intervention de la France au Mali, en janvier 2013, relève d’une stratégie de défense du pré carré africain, face à la politique de grignotage menée tant par la Chine que par le wahhabisme via les finances islamiques (Qatar et Arabie Saoudite).

Première opération militaire en solitaire sur un théâtre extérieur depuis la fin de la Guerre d’Algérie, en 1962, la France, via Serval, y joue son rang de puissance.

Une cible idéale en ce que Le Mali constitue le plus grand pays musulman d’Afrique occidentale, où la finance islamique y prospère, alors que les Maliens depuis une décennie se détournaient progressivement de la France vers les pétromonarchies et que la Chine jouit d’un prestige certain du fait de sa restauration du centre de documentation islamique de Tombouctou.

Il en avait été de même avec la mise en place de l’Eufor [4], le corps expéditionnaire européen chargé de s’interposer entre les belligérants aux confins soudano-tchadiens qui répondait autant à des considérations humanitaires qu’au souci des Occidentaux de créer un glacis stratégique au centre de l’Afrique, à proximité de la plateforme opérationnelle de la Chine dans la zone. Un cordon sanitaire identique à celui que les pays occidentaux veulent établir autour de l’Iran, l’autre grand fournisseur d’énergie de la Chine.

Dans ce contexte, le redéploiement militaire français en Afrique a constitué une opération à double détente visant à associer des pays tiers (Afrique, Europe, ONU) aux opérations militaires françaises en Afrique dans le but de partager les coûts et de diluer les responsabilités, tout en conservant la maîtrise des opérations.

Un chef d’œuvre de ravalement cosmétique d’un repositionnement militaire identique au dispositif américain dans le Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Qatar, Koweït et Irak), face à l’Iran.

Lointaines réminiscences de ses déboires coloniaux, l’activisme de la France au Soudan, puis en Libye, en Syrie et au Mali, vise à sécuriser son ravitaillement énergétique, ses exportations militaires et ses centrales nucléaires. D’une manière sous-jacente, répondre à son souci de purger son « complexe de Fachoda » [5], le désastre militaire et diplomatique français subi dans ce pays contre les Anglais au XIX me siècle durant la phase de conquête coloniale écartant durablement la France des eaux du Nil.

Le Mali, la porte d’entrée d’Israël en Afrique, via la France ?

Dans un mouvement de fuite en avant destiné à occulter les responsabilités de la classe politico-militaire malienne dans le désastre national qui frappe le Mali depuis un an, l’intention est prêtée à l’équipe dirigeante transitoire du Mali de mettre à profit l’expédition militaire française pour faire du Mali, la porte d’entrée d’Israël en Afrique.

Un coup de bluff ? Un chantage ? Une volonté réelle d’amorcer une nouvelle politique en contradiction avec la ligne traditionnelle du Mali, premier pays africain à avoir dépêché dès son indépendance, en 1960, un contingent en Algérie pour sceller dans l’ordre symbolique la fraternité d’armes des peuples opprimés ?

Sur les conseils de la France, qui s’est méthodiquement appliquée à travers ses porte-voix médiatiques, Bernard Kouchner et Bernard Henri Lévy, à favoriser la sécession du Sud Soudan, pour en faire une plateforme opérationnelle d’Israël sur le cours du Nil ?

Pour rééditer l’ancien scenario français de relier les deux anciens Soudan de l’époque coloniale, le Soudan français et le Soudan anglais, via le sud Soudan précisément et qui valut à la France l’une de ses plus cuisantes défaites militaires à Fachoda (1898) ?

L’instrumentalisation de la justice internationale à des fins politiques plaiderait en ce sens. CF. à ce propos le cas du général Omar al Bachir.

Une alliance avec Israël ? L’allié indéfectible du régime d’Apartheid d’Afrique du sud ? La garde prétorienne de tous les dictateurs francophones qui ont pillé l’Afrique. De Joseph Désiré Mobutu (Zaïre-RDC), à Omar Bongo (Gabon), à Gnassingbé Eyadema (Togo), à Paul Biya, le président off-shore du Cameroun), le vacancier privilégie des pâturages suisse, et, même Félix Houphouët-Boigny (Côte d’Ivoire), le prétendu sage de l’Afrique qui n’était sage que par ce qu’il était le meilleur serviteur de ses anciens colonisateurs et de ses alliés israéliens.

Israël dont l’expérience de la colonisation de la Palestine l’a conduite à coloniser des terres à travers le Monde représentant vingt fois sa superficie au détriment des populations et de l’environnement des pays pauvres. En République Démocratique du Congo pour la culture de la canne à sucre ; au Gabon pour la culture du Jatropha, nécessaire à la production de biocarburants ; en Sierra Leone où la colonisation israélienne représente 6,9 pour cent du territoire de ce pays de l’Afrique de l’Ouest [6].

La bataille des eaux du Nil et Le Canal Ben Gourion [7].

- La nomination à la tête de l’Agence française pour le développement de M. Dov Zerah, pourrait donner un début de crédit à cette hypothèse en ce que la propulsion du président du consistoire israélite de Paris et secrétaire général de la Fondation France Israël au poste stratégique de dispensateur de l’aide financière française à l’Afrique est intervenue, le 2 Juin 2010, six mois avant l’indépendance du sud Soudan, alors que « la bataille du Nil » sur la répartition des quotas des eaux de ce fleuve africain battait son plein entre l’Egypte et les alliés africains d’Israël : l’Ethiopie et le Kenya notamment. Il pose en filigrane la question de savoir si le verrouillage du pré-carré se fera en tandem avec Israël, face à « l’expansionnisme wahhabite », selon la formule consacrée en usage dans les cercles dirigeants.

L’épisode de la répartition des eaux du Nil et de la sécession du Sud Soudan auront constitué la plus grosse pantalonnade de l’histoire égyptienne contemporaine. Pour atteindre cet objectif, Israël avait mené une stratégie à double détente qui révélera la cupidité des investisseurs égyptiens et coutera le pouvoir à Moubarak et sa place dans l’histoire.

Israël avait négocié avec l’Egypte, tout en faisant des pressions indirectes sur lui, incitant les états africains à réclamer une majoration de leur quote-part dans la répartition hydraulique du cours d’eau, alléchant les Africains par des projets économiques et les investisseurs égyptiens par des promesses d’intéressement aux projets israéliens. En Ethiopie, Israël a financé la construction de dizaines de projets pour l’exploitation des eaux du Nil Bleu. Le Mali avant son indépendance, en 1962, portait le nom de Soudan français, par opposition au Soudan anglais, le Soudan actuel.

La revendication par la secte dissidente nigériane BOKO HARAM de l’enlèvement de sept français au Cameroun, le 18 février 2013, un mois après le début de l’opération Serval plaide aussi en faveur de cette hypothèse en ce que le mouvement a voulu adresser un message subliminal aux Français en assumant son action au nom de « Jama’atu Ansarul Musilimina fi Biladi Al Soudan », littéralement le Groupement des partisans de l’Islam au Soudan (au-delà en Afrique noire) ».

- Pour en savoir plus sur ce sujet : « Le quadrillage en douceur de l’Afrique » A l’intention des lecteurs arabophones, ce lien du journal transarabe de Londres « Al Qods Al-Arabi » : Le Mali porte d’entrée d’Israël ?

Le Canal Ben Gourion.

L’accès d’Israël au périmètre du bassin du Nil, via le sud Soudan avec le concours français et usaméricain, s’est doublé de la mise en route de la construction d’un Canal reliant la Mer Rouge à la Mer Méditerranée, depuis Eilat. Disposant de deux voies de navigation, l’un pour l’aller, l’autre pour le retour, le canal israélien, contrairement à l’Egyptien concurrencera fortement le Canal de Suez et entrainera une perte de 50 pour cent des recettes égyptiennes de 8 milliards de dollars par an à 4 milliards.

D’un cout de 14 milliards de dollars, il sera financé par un prêt de trois banques américaines, à faible taux d’intérêt (1%) sur trente ans. 150 000 ouvriers majoritairement d’Asie, principalement de Corée du Sud, participeront aux travaux de construction qui dureront trois ans. Plus long de 50 mètres que son rival égyptien, le canal israélien pourra absorber les plus grands bateaux du monde (longueur 300 mètres, largeur 110 mètres).

Sur fond de guerre de religion de l’Islam wahhabite contre la dissidence musulmane, sous couvert de « Printemps arabe », (Syrie, Mord Mali), un tel projet pourrait constituer, à n’en pas douter, un casus belli pour l’Egypte et entrainer sinon une rupture des relations diplomatiques, à tout le moins une glaciation durable des rapports entre les deux pays.

L’enjeu essentiel de la question saharo-sahélienne ne se joue pas à l’échelle locale. Il concerne l’économie mondiale et le redécoupage des zones d’influence entre les puissances internationales avec l’entrée en scène de nouveaux acteurs (usaméricains, chinois, indiens) qui bousculent l’ancien paysage colonial.

L’accès convoité aux richesses minières (pétrole, gaz, uranium, or, phosphates) dont regorgent le Niger, la Libye, l’Algérie, et le Mali d’après des prospections plus récentes, est au centre de la bataille invisible qui se déroule dans le désert.

Exclue du Traité de Partenariat transpacifique en voie de constitution sous l’égide des Etats-Unis, la Chine est en outre en butte à une offensive visant à contrecarrer son expansion, dont le signe le plus manifeste aura été le gel du financement des importants projets miniers chinois par la Banque Mondiale, doublé d’une manœuvre de contournement visant à accentuer la présence des firmes américaines en République Démocratique du Congo, considéré comme le plus riche en matières premières stratégiques du continent africain.

Dans un livre blanc de 2010, « Stratégie pour les minéraux indispensables aux Etats-Unis », Washington plaidait, conjointement avec l’Union européenne, pour l’urgente nécessité de constituer des réserves de cobalt, du niobium, du tungstène et naturellement le Coltàn, indispensables pour la composition de matières de haute technologie.

Quatre-vingt pour cent (80%) des réserves mondiales du Coltàn se trouvent en République Démocratique du Congo (RDC-Kinshasa). Ressource stratégique essentielle au développement des nouvelles technologies, le Coltàn (par fusion des termes Columbio et Tantalio) entre dans la production des écrans plasma, des téléphones portables, des GPS, des missiles, des fusées spéciales, des appareils photos et des jeux Nintendo), dont les principaux bénéficiaires sont les grandes firmes électroniques et informatiques (Appel, Nokia, Siemens, Samsung).

Dans ce grand jeu des puissances, l’Afrique émerge comme champ de bataille stratégique, dont la Chine en a fait sa ligne de front dans sa recherche d’une plus grande influence mondiale, triplant son commerce avec le continent, verrouillant ses ressources énergétiques, et, fait plus grave pour l’avenir des Occidentaux, assurant l’éducation des futures élites africaines dans les universités chinoises.

Le nouvel humanitarisme sélectif des anciennes puissances coloniales, qui fustigent le Soudan mais couvrent de mansuétude d’aussi redoutables autocrates que le tchadien Idriss Deby, de même que son prédécesseur Hissène Habré, parait sans consistance face au poids d’une Chine, sans passif colonial avec l’Afrique, dispensant de surcroît un important flot de liquidités, sans contrepartie politique.

Objectif sous-jacent, Serval vise à préserver l’espace francophone, dernier réduit de la puissance française, de tout nouveau grignotage arabophone ou sinophone, alors que la Francophonie est désormais reléguée au 12 rang mondial par le nombre de ses locuteurs (120 millions de locuteurs), que le chinois occupe le premier rang avec près d’un milliard de locuteurs, et l’arabe, le 6me rang mondial avec 400 millions de locuteurs.

En blanchissant la France de ses turpitudes coloniales, Serval au Mali apparaît rétrospectivement comme une opération de verrouillage de la porte arrière du Maghreb, l’ultime digue francophone avant le débordement chinois vers l’Europe.

Quatrième partie

Le franchissement du Rubicon sur l’Ifriqiya.

La Chine et le Maghreb central

L’Algérie, le navire amiral e la flotte chinoise dans la zone sahélo saharienne

Des trois pays du Maghreb central (Algérie, Maroc, Tunisie), l’Algérie occupe et de loin la position de partenaire privilégié de la Chine, tant pour des raisons historiques que pour des affinités politiques. Un partenariat scellé du temps des guerres de libération post coloniales, quand la Chine s’appliquait à briser le blocus occidental dont elle était l’objet et l’Algérie menait sa guerre d’indépendance contre le pouvoir colonial français. Le Maroc, d’une manière affirmée, la Tunisie, d’une manière plus ductile se rangeant dans le camp pro atlantiste.

Un quatrième, la Libye, passerelle entre la Machreq (Levant) et le Maghreb (le ponant du Monde arabe), faisait figure d’un des principaux tankers pétroliers de la Chine, au même titre que le Soudan, deux pays soustraits à la prépondérance chinoise lors de la contre révolution arabe qui a suivi le « printemps arabe », avec la sécession du sud Soudan, en 2011, acte déclencheur de la révolte populaire de la Place Tarir au Caire, et la Libye, par l’intervention faussement humanitaire de l’Otan, Mars 2011.

Pays le plus riche, le plus développé économiquement, doté de l’armée la plus puissante à égalité avec l’Afrique du sud, son partenaire et frère d’armes dans le combat pour la libération de l’Afrique, le plus grand par sa superficie, de surcroit frontalier de sept pays (Maroc, Tunisie, Libye, Mali, Mauritanie, Niger et RASD), l’Algérie occupe une position centrale au Sahara et ambitionne d’être au centre du jeu d’autant plus impérieusement qu’elle est chez elle au Sahara et dispose d’une frontière commune de 1.800 km avec le Mali soit infiniment plus que la totalité du métrage de la France avec ses pays limitrophes (Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, Suisse).

De surcroit, l‘Algérie est avec la Russie l’un des deux principaux ravitailleurs en gaz de l’Europe occidentale, laquelle veut réduire sa dépendance de ces deux pays situés hors de la sphère atlantiste. Ultime survivant de l’ancien « front du refus arabe », flanquée désormais de deux régimes néo-islamistes, la Libye et la Tunisie, l’Algérie est ainsi rivée au sol par le dossier du séparatisme du Nord du Mali.

Elle dispose toutefois a une expertise reconnue dans le domaine de la guérilla acquise durant sa guerre de libération nationale, doublée d’une expertise dans la lutte contre le terrorisme acquise durant la décennie noire 1990-2000), mais aussi et surtout, mais cela les initiés en conviennent, sous la houlette soviétique lors de la guerre d’Afghanistan (1980-1990). De ce fait, l’Algérie n’est redevable à aucun état occidental du moindre soutien logistique ou financier dans sa guerre contre le terrorisme et apparait de ce fait comme le pays arabe le moins dépendant.

Avec 250 milliards de dollars de réserve, l’Algérie est le 2 me arabe par l’importance de ses devises, derrière l’Arabie saoudite. Elle constitue de ce fait le point d’articulation majeur de la Chine dans la zone. Leur partenariat est à l’image de la qualité de leurs relations politiques :

Revue de détails :

  • Grande Mosquée d’Alger, la plus grande d’Afrique,
  • L’aéroport international d’Alger (Houari Boumediene)
  • Le tronçon Centre et Ouest de l’autoroute Est-Ouest en 2006, (11,4 milliards de dollars)
  • Opéra d’Alger, à Ouled Fayet, 15 km au sud-ouest d’Alger, superficie 17.900 m2
  • Construction de l’hôtel Sheraton à Alger, du centre hospitalier d’Oran
  • et des dizaines de projets de loge Logements sociaux à Alger, Sétif, Annaba, Constantine, Oran et Rouïba.

Le montant des marchés accordés aux Chinois dépassent 20 milliards de dollars dont la grande mosquée d’Alger au milliard d’euros. Trente mille chinois vivent en Algérie, dont 3 600 commerçants et 567 entreprises.

Sur le plan pétrolier, un contrat de 420 millions d’euros pas été alloué au développement du gisement de Zarzaitine au Sahara. Une raffinerie doit également être construite dans la région d’Adrar à proximité du bassin de Sbaâ. Selon les prévisions des stratèges occidentaux, l’Afrique subsaharienne risque de supplanter le Moyen-Orient, en tant que principal fournisseur énergétique des Etats-Unis. L’Afrique occidentale dispose de près de soixante milliards de barils de réserves pétrolières avérées. Son pétrole à faible teneur en soufre, est un brut doux, fort apprécié par les pétroliers américains.

Parallèlement à ces découvertes, les Etats-Unis ont multiplié les initiatives diplomatiques et militaires en vue de sceller les pays africains à la stratégie globale américaine. Des points d’intervention favorisant le déploiement rapide des forces américaines ont été aménagés dans la zone sahélienne sénégalo-malienne, ainsi qu’en Namibie à la frontière avec l’Angola.

Des opérations conjointes avec les pays du Sahel ont été lancées en 2003-2004 contre le groupe Salafiste pour la prédication et le combat (GPS) dans le cadre du « programme de contre-terrorisme en Afrique ». Les attaques contre les touristes français en Mauritanie en décembre 2007, entraînant l’annulation du rallye automobile Paris-Dakar et son transfert vers l’Amérique Latine, de même que l’attentat contre l’ambassade israélienne à Nouakchott témoignent des réticences locales et régionales au déploiement US en Afrique.

Porte de l’Afrique via le Sahara, deux pays du Maghreb, l’Algérie et le Maroc avaient été sollicités pour abriter le Quartier général de l’AFRICOM. Désireux de l’abriter, le Maroc y voyait un moyen pour le Royaume chérifien de pérenniser sa souveraineté sur le Sahara occidental face aux revendications indépendantistes de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) soutenue par Alger. Une hantise du trône chérifien. A tout prendre, les Etats-Unis vouaient toutefois une secrète préférence pour l’Algérie, pays au nationalisme chatouilleux, dont l’adhésion au projet aurait renforcé sa crédibilité.

Maroc et Tunisie : deux flotteurs d’escorte du navire amiral Algérie.

Deux pays résolument pro occidentaux, le Maroc et la Tunisie apparaissent dans le dispositif chinois comme des flotteurs d’escorte du navire amiral Algérie, leur principale place forte en Méditerranée occidentale.

Chine-Tunisie : Pendant 23 ans sous le joug du dictateur Zine el Abidine Ben Ali, ancien Overseas officer des services de renseignements américains, la Tunisie est réduite à la portion congrue dans ses rapports avec la Chine.

Seul fait notable, la coopération nouée dans le domaine ferroviaire avec la fourniture par la Chine de 20 rames de trains d’une valeur de 133 millions de dinars (environ 85 millions de dollars) en vue de relier la capitale Tunis à dix villes de l’intérieur : Béja, Jendouba, Ghardimaou, Gaafour, Dahmani, le Kef (vers le Nord-ouest), Mateur et Bizerte vers l’extrême Nord et Sousse et Sfax.

La Chine pourrait se voir confier le grand projet de construction d’un deuxième aéroport international à Tunis. La ratification d’un accord économique et technique entre la Chine et la Tunisie a donné lieu à une donation de 80 millions de yuans soit 19 MD. Cette opération qui a eu lieu sous le nouveau régime néo islamiste a donné lieu à des supputations sur une possible évaporation de recettes, l’expression pudique pour désigner un détournement, de l’ordre d’un million de dollars.

Sur fond de sourde tension entre la France et la Tunisie, résultant du soutien inconditionnel de Paris à la dictature Ben Ali et des interférences de Manuel Valls, ministre socialiste de l’intérieur dans les affaires tunisiennes, toute éventuelle maladresse française pourrait conduire la Tunisie à s’adosser davantage sur la Chine au détriment des intérêts français.

Chine Maroc : Deux pays de vieilles civilisations.

Deux pays de vieilles civilisations, la Chine et le Maroc, contrairement aux apparences, entretiennent des relations cinquantenaires, établies en 1958 dans la foulée de l’accession du Maroc à l’Indépendance. Longtemps limitées, les échanges se sont amplifiées du fait de l’accession de la Chine au de 5eme fournisseur du Maroc devant les Etats-Unis et l’Allemagne. 5eme puissance économique d’Afrique, premier producteur et exportateur de phosphates du Monde, à la jonction de l’Océan Atlantique et de la Mer Méditerranée, le Maroc offre des perspectives attrayantes à la Chine qui lui importe, depuis 2011, 750 000 tonnes d’engrais phosphatés par an.

En dehors de tout contentieux, les rapports Chine-Maroc paraissent toutefois devoir rester limiter en raison du rôle du Maroc sur le continent africain. Partenaire occulte de la diplomatie souterraine israélo-arabe, voltigeur de pointe de la stratégie atlantiste en Afrique, le positionnement marocain se situe dans le prolongement de la coopération stratégique des Etats-Unis avec les pétromonarchies du Golfe. Dans le droit fil de cette coopération, le Royaume chérifien s’est toujours situé en pointe du combat pour la défense des intérêts occidentaux sur le continent africain, un combat qu’il confond d’ailleurs avec la survie du régime monarchique.

Membre du « Safary club » au paroxysme de la guerre froide soviéto-américaine (1948-1989), le Maroc a assuré la protection et la survie des régimes pro-occidentaux africains, notamment le Zaïre de Mobutu et le Togo de Eyadema au sein d’une alliance secrète conclue avec les encouragements des Etats-Unis, entre l’Arabie saoudite, qui en était le financier, la France, son stratège, et le Maroc, son exécutant.

Base de repli du commandement stratégique français du temps de la guerre froide, ce rôle souterrain s’est d’ailleurs manifesté de manière éclatante par les complicités françaises dans la disparition de Mehdi Ben Barka, chef de l’opposition marocaine, de même que par le rôle dépotoir assumé par le Maroc pour les tyrans déchus pro occidentaux et décrétés ipso facto indésirables par leur ancien protecteur malgré leur état de service patenté. Cela a été le cas avec l’asile accordé au Président zaïrois Mobutu, répudié par la France dont il a pourtant été un zélé serviteur pendant près de trente ans.

Les Etats Unis d’Amérique avaient d’ailleurs caressé le projet d’aménager au Maroc le Quartier général de l’AFRICOM, le nouveau corps d’armée affecté à l’Afrique. Un choix par défaut, après le refus de l’Algérie et du Nigéria, deux acteurs majeurs du continent d’accueillir le QG du 7eme corps d’armée US. Soucieux de diversifier leurs alliances, les Etats-Unis s’étaient d’abord tournés vers ces deux puissances émergentes d’Afrique, bien que la première soit en butte à des actions de type terroriste (Boko Haram) et le second à des opérations de déstabilisation cycliques.

La région de Tan Tan, à l’extrême sud du Maroc, à la limite des frontières du Sahara Occidental, à proximité de la bourgade de Ras Dari, a vocation à abriter ce projet ou d’éventuels projets futurs similaires. Du fait de sa proximité des côtes atlantiques marocaines, le site offre des facilités pour l’US Navy. Outre la base de Tan Tan, les Etats-Unis disposent au Maroc de la base aérienne de Ben Jarir, à une soixantaine de kilomètres de Marrakech ainsi que du site-relais de VOA (Voice of America) à Tanger.

Survivance d’une tradition coloniale, l’Africom était auparavant rattaché au commandement européen à Stuttgart auprès de l’USEUCOM (United States European Command). La région du Sahel, notamment le Mali et la Mauritanie, constituent une base de repli pour les groupements djihadistes. Auparavant, les Etats-Unis surveillaient l’Afrique à travers trois commandements : Central Command (CENTCOM) dont la zone de responsabilité s’étendait sur 27 pays dont sept sont africains, le Commandement Européen (EUCOM), sa zone couvrant 91 Etats dont 42 sont africains, enfin le Commandement pacifique (PACOM) qui a autorité sur une zone couvrant Madagascar et les îles en périphérie de l’est du continent africain.

Pur hasard ou fâcheuse coïncidence ? Les trois pays de la zone sahélo saharienne, le Soudan, la Libye, le Nord Mali, situés dans la sphère d’influence chinoise, ont en effet été la cible d’une opération déstabilisation à la faveur de la contre révolution arabe menée par le camp atlantiste. Le Mali, curieusement, par le mouvement islamiste pro qatariote, « Ansar Ed Dine », les partisans de la religion, l’un des affluents d’Al-Qaida.

Symbole de la coopération saoudo américaine dans la sphère arabo musulmane à l’apogée de la guerre froide soviéto-américaine, le mouvement d’Oussama Ben Laden avait vocation à une dimension planétaire, à l’échelle de l’Islam, à la mesure des capacités financières du Royaume d’Arabie.

Le Djihad a pris une dimension planétaire conforme à la dimension d‘une économie mondialisée par substitution des pétromonarchies aux caïds de la drogue dans le financement de la contre révolution mondiale. Dans la décennie 1990 -2000, comme dans la décennie 2010 pour contrer le printemps arabe. Si la Guerre du Vietnam (1955-1975), la contre-révolution en Amérique latine, notamment la répression anti castriste, de même que la guerre anti soviétique d’Afghanistan (1980-1989) ont pu être largement financés par le trafic de drogue, l’irruption des islamistes sur la scène politique algérienne signera la première concrétisation du financement pétro monarchique de la contestation populaire de grande ampleur dans les pays arabes.

Dommage collatéral des rapports de puissance, l’Algérie en paiera le prix en ce que ce pays révolutionnaire, allié de l’Iran et de la Syrie, le noyau central du front de refus arabe, évoluait en électron libre de la diplomatie arabe du fait de la neutralisation de l’Egypte par son traité de paix avec Israël et de la fixation de la Syrie dans la guerre du Liban.

Les Islamistes algériens joueront toutefois de la malchance en ce que le déploiement de troupes occidentales, -dont soixante mille soldats juifs américains-, à proximité des Lieux Saints de l’Islam, dans la région occidentale du royaume, à l’occasion de la première guerre anti irakienne du Golfe, en 1990, les placera en porte à faux avec leurs bailleurs de fonds, contraignant leur chef Abassi Madani à prendre ses distances avec les Saoudiens. Au titre de dommage collatéral, le débarquement des « forces impies » sur la terre de la prophétie constituera le motif de rupture entre Oussama Ben Laden et la dynastie wahhabite.

L’instrumentalisation de l’Islam comme arme de combat politique, en tant qu’anti dote au nationalisme arabe anti américain, dans la foulée de l’incendie de la Mosquée d’Al Asa (1969), a entrainé un basculement du centre de gravité du Monde arabe de la rive méditerranéenne vers le golfe, c’est-à-dire des pays du champ de bataille vers la zone pétrolifère sous protectorat anglo-américaine. Avec pour conséquence, la substitution du mot d’ordre de solidarité islamique à celui mobilisateur d’unité arabe ainsi que le dévoiement de la cause arabe, particulièrement la question palestinienne, vers des combats périphériques (guerre d’Afghanistan, guerre des contras du Nicaragua contre les sandinistes), à des milliers de km de la Palestine, et dans l’époque contemporaine à des guerres contre les pays arabes eux-mêmes (Libye, Syrie) ou des pays africains (Nord Mali).

Sous couvert de guerre « préemptive » contre la « terreur », les Etats Unis mènent en fait, dans l’ordre subliminal, une guerre « préventive » contre une menace chinoise autrement plus terrible. « C’est en poursuivant un islamisme radical humilié avec constance pour en faire un méchant présentable, que les Américains mettent en place le dispositif militaire et stratégique nécessaire à l’affrontement inévitable avec la Chine », soutient Jean‐François Susbielle, dans son ouvrage « Chine-Etats Unis, la guerre programmée »-First Edition- 2006. « L’installation de bases militaires permanentes au pourtour de la Chine et les initiatives géopolitiques usaméricaines à l’égard du Moyen-Orient s’inscrivent dans les préparatifs d’une logistique de guerre contre Pékin. Les Etats Unis et la Chine ont bientôt rendez-vous avec l’histoire », prédit Jean‐François Susbielle.

La déstabilisation de l’Algérie a figuré, à nouveau, à l’ordre du jour du « printemps arabe des pays occidentaux » en ce qu’elle était prévue dans la foulée de la mainmise occidentale sur la Libye, à en juger par les prédictions de Nicolas Sarkozy, avant son trépassement politique, s’exclamant par répétition ponctuée de sauts de cabri « dans un an l’Algérie, et dans trois ans l‘Iran ». L’Algérie, tout comme l’Iran et la Syrie, figurent dans le nouvel axe du mal profilé par les stratèges occidentaux pour maintenir sous pression les pays émergents, situés hors de l’orbite occidentale. Mais le positionnement algérien vis-à-vis de l’opération Serval, l’expédition française au Mali, pourrait avoir infléchi la donne.

Qui tient l’Afrique tient l’Europe, disait Karl Marx.

L’axe Chine Europe constitue les deux extrémités de la vaste étendue continentale euro asiatique, le centre de gravité pérenne de la géostratégie de l’Histoire de la planète, matérialisée par la route de la soie, du parfum, de l’encens et tout dernièrement de la route de la drogue. L’Afrique du Nord en constitue le segment sud. Terre d’élection de la sous-traitance de l’industrie européenne, la Tunisie abrite près de deux mille entreprises délocalisées dans le domaine de l’industrie mécanique et électronique, le textile et l’habillement. Employant deux cent mille ouvriers et ouvrières, il exporte 97% de sa production vers l’Union européenne. Une situation identique pour le Maroc.

Le Maghreb central constitue un ensemble régional de plus de trois millions de kilomètres, avec quatre- vingt millions d’habitants, avec en perspective une projection d’une augmentation de sa population d’un tiers pour atteindre les cent vingt millions à l’horizon de l’an 2020. Ce partenaire de premier plan de l’Europe, dont il borde le flanc méridional, à la jonction du monde arabo-berbère et africain, a vu son économie sinistrée par la Kleptocratie, le népotisme, la prédation de son économie, les tares propres aux dictatures, et, dans un contexte de mondialisation accélérée et de concurrence exacerbée, par la prépondérance des échanges avec l’ancienne métropole sur la coopération Sud-Sud et les échanges interarabes et arabo-africains.

A l’instar des autres pays arabes, le Maghreb souffre de l’absence d’un projet viable de société, d’une déperdition d’énergie et d’un autoritarisme bureaucratique. Un quart de siècle après le vent de fronde qui a soufflé sur le Maghreb (1984), alimenté par un mécontentement populaire diffus et par le marasme économique mondial, dans un monde arabo-musulman en crise d’identité, un nouvel élan populaire est en train de mettre à bas le savant édifice mis sur pied sur la rive sud de la Méditerranée en vue d’y pérenniser l’hégémonie occidentale sur la zone. En contrecoup, cet édifice a maintenu le Maghreb en situation de marché captif, pour en faire un défouloir de la société occidentale pour son tourisme de masse, son atelier au rabais pour le maintien de la compétitivité internationale de l’Europe, le refuge de ses retraités en fin de vie, le glacis stratégique du pacte atlantique face à la percée chinoise en Afrique et son arrière-cour économique et sa basse-cour politique.

Ce Maghreb-là constitue précisément la dernière digue avant le contournement complet de l’Europe par l’Afrique, selon le vieux principe maoïste d’encercler les villes par les campagnes. Si la Chine sortait vainqueur de son jeu de go, la France, le maillon faible du dispositif du bloc atlantiste dans le secteur, sera immanquablement vouée au rôle de maillon manquant du directoire mondial de la planète en ce que le Maghreb, longtemps sa zone d’influence privilégiée, représente le principal gisement de la francophonie et la zone de sous-traitance de l’économie française, gage du maintien de sa compétitivité.

« Pour gagner une guerre, il s’agit de ne pas la faire et, si possible, d’en mener en réalité une autre, dissimulée et farouchement niée. L’art de la guerre est de mener dans le brouillard l’adversaire au point où, à la limite du déclenchement du conflit, il s’aperçoit que le combat est devenu inutile parce qu’il a déjà perdu. Le vrai stratège construit sa politique (car c’est de politique qu’il s’agit) par tous les moyens, en fonction du traité qu’il imposera à son adversaire, en lui laissant la « face sauve » et même en allant jusqu’à lui représenter qu’il y trouve son compte, recommandait Sun Tzu, le grand stratège chinois du IV siècle avant notre ère dans son célèbre livre « L’art de la guerre ».

Une spirale paranoïde : La Chine plus important créancier des Etats-Unis d’Amérique, détentrice d’un consistant matelas de bons de trésor de l’ordre de 1 800 milliards de dollars, perçoit annuellement près de 50 milliards de dollars au titre des intérêts de la dette, qu’elle s’empresse de réinvestir en Afrique en une spirale paranoïde qui aboutit à ce que l’Amérique finance l’expansion chinoise en Afrique, qu’elle entend combattre. Même pulsion paranoïde de la part de la France qui s’acquitte annuellement de 50 milliards d’euros au titre des intérêts de la dette colossale, tout en se refusant à effacer le fardeau de la dette africaine.

Au terme d’une navigation centenaire, réplique lointaine de la « Guerre de l’Opium », en 1840, qui a contraint la Chine à s’ouvrir au commerce européen, la flotte du Grand Timonier, bravant tempêtes et écueils, est parvenue enfin à bon port. Abordant victorieusement les « Marches de l’Empire ». A la vitesse d’une tortue.

Six siècles après Vasco de Gama, parvenu en Chine grâce au concours de son guide, le navigateur arabe Ahmad Ibn Majid, six siècles après le débarquement de Marco Polo, qui força la Chine à adopter les normes occidentales, l’empire du Milieu se vit et se veut désormais comme le centre du Monde. Ses descendants, en moins de deux décennies, ont lavé l’humiliation nationale délogeant les anciennes puissances coloniales de leur marché captif de l’Afrique, faisant de la Chine la 2me puissance économique du continent. La façon chinoise de rendre la monnaie de leur pièce à ses rivaux occidentaux.

Aux extrémités du Mare Nostrum, une ligne médiane va d’Alger au port grec du Pirée, la place forte chinoise pour le commerce européen. Une ligne perçue par l’ensemble de la planète comme la nouvelle ligne de démarcation des nouveaux rapports de forces mondiaux. Une ligne tracée à l’encre de Chine. Une encre indélébile. A quelques encablures du Colosse de Rhodes.

« Hic Rhodus Hic Salta » : Le passage du Rubicon se fera aussi par la Méditerranée occidentale, l’Afrique du Nord, le Maghreb, le ponant du Monde arabe, l’ancienne Ifriqiya de l’époque romaine.

Rene Naba pour En point de Mire

Notes

[1] Du Bon usage des principes universels, notamment du principe de la liberté de navigation, Cf. « Golfe : les enjeux sous-jacents du détroit d’Ormuz »

[2] Le Cauchemar de Darwin (Darwin’s Nightmare) est un film documentaire de Hubert Sauper de 2004 sur les conséquences de la mondialisation, prenant argument les trafics autour de l’aéroport de Mwanza, en Tanzanie, sur les bords du lac Victoria. Un poisson introduit dans les années 1960, la perche du Nil (Lates niloticus) a remplacé une grande partie des 200 espèces différentes de poissons endémiques (entraînant une modification du biotope et l’extinction de nombreuses espèces) Son commerce, devenu florissant, alimente depuis près de vingt ans les tables et les restaurants des pays du Nord, avec des exportations qui peuvent dépasser 500 tonnes de filets de poissons par jour. La perche est préparée sur place dans des usines financées aussi par des organisations internationales et 40 %, la population se contentait de se nourrir des carcasses des poissons séchées Autour de cette exportation massive se développent tous les trafics liés à une urbanisation intense et brutale (prostitution, sida, drogue). L’auteur suggère que les avions cargo (russes ou ukrainiens) ne reviennent pas à vide et alimentent le trafic d’armes à destination de la région des Grands Lacs.

[3] « The Constant Gardner » est un film britannique (2005) adapté du best-seller éponyme de John le Carré, le maitre espion britannique. Traduit en français sous le nom La Constance du jardinier, le film est le récit des manipulations de l’industrie pharmaceutique britannique et leur usage de la population africaine à titre de cobaye pour tester leurs produits nouveaux et d’écoulement de leurs produits avariés.

[4] A propos des enjeux sous-jacents de l’opération Serval. CF. « Au Mali, La France joue son rang de puissance »
Et pour EUFO Cf. « Le quadrillage en douceur de l’Afrique » Eu for-Tchad/RCA est une opération militaire de transition chargée notamment de la protection de la population en proie à la guerre civile dans l’Est du Tchad et dans le Nord-Est de la République centrafricaine. Sa mise en place a été décidée par l’Union Européenne le 28 janvier 2008, dans le cadre de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD), en vue de faire face à la crise du Darfour dans la zone frontalière soudano-tchadienne. Forte de trois membres, le contingent français en constituait l’ossature (1 700 membres).

[5] La crise de Fachoda : Dans l’imaginaire collectif français, l’épreuve de force qui opposa Paris et Londres, en 1898, demeure comme le plus important revers militaire et diplomatique, une profonde humiliation infligée par le Royaume uni à la France sur le continent africain. Ce sérieux incident diplomatique au retentissement considérable en pleine phase d’expansion coloniale entraîna la fin des ambitions françaises sur l’Egypte et la zone nilotique (Egypte, Soudan, Ouganda), alors qu’elle avait été le maître d’œuvre du percement du Canal de Suez. Le site de Fachoda (ou Kodok) est situé à 650 km au sud de la capitale soudanaise.

[6] « Israel et le contrôle des terres dans le Monde » Cf. Golias Hebdo N° 275 - semaine du 14 au 20 Février 2013, se référant à une étude de The Journal of the National Academy of Sciences of the United States, étude intitulée « Global Land and Water Grabbing » (accaparement mondial de la terre et des eaux). Israël est à la tête des pays qui contrôlent les terrer dans les pays pauvres, avec les Etats Unis, la Grande Bretagne et la Chine. Selon l’étude 90 % de ces terres se trouvent dans 24 pays situées pour la plupart en Afrique, en Asie et en Amérique latine. En Colombie, Israël a pris le contrôle d’immense superficie pour cultiver la canne à sucre. Aux Philippines, la proportion des terres confisquées atteint 17,2 % de la surface des terres agricoles. Depuis la crise alimentaire de 2007-2008, les sociétés étrangères s’emparent de dix millions d’hectares annuellement de terres arables. Les nouvelles cultures se font souvent au détriment des jungles et des zones d’importance environnementales, menacées ans leur biodiversité. Elles utilisent engrais et pesticides et libèrent d’importantes quantités de gaz à effet de serre. Au final, le phénomène sape les bases de la souveraineté alimentaire et détourne en particulier les ressources en eau.

[7] Canal Ben Gourion : Cf. Le journal transarabe de Londres « Al Qods Al Arabi », 19 Mars 2013. Israël proposerait à la Jordanie d’aménager des sites touristiques sur la voie d’eau afin de neutraliser une éventuelle réaction de la part du deuxième pays arabe signataire d’un traité de paix avec Israël. Sur les berges du canal israélien seront aménagées des sites touristiques avec hôtels de luxe, lieux de distraction en vue d’en faire un gigantesque complexe touristique dont le périmètre sera placé sous haute surveillance électronique avec détection Laser.
Le Qatar avait auparavant proposé à l’Egypte de lui louer le Canal de Suez pour cinquante ans pour la somme de cinquante milliards de dollars afin de renflouer l’économie égyptienne, à charge pour le Qatar d’assurer la sécurité de la navigation, notamment la péninsule de Sinaï des attaques terroristes et de rassurer ainsi les israéliens.
La protection du Canal et de la Péninsule du Sinaï devait être assurée par des compagnies militaires privées. Le Qatar se proposait de déployer Black Water, les mercenaires américains qui se sont illustrés en Irak, pour cette tâche. En fait l’Egypte perdrait sa souveraineté. L’idée en a été soufflée par les israélo américains et viserait à empêcher l’Egypte de déployer des troupes supplémentaires, notamment une aviation dans le Sinaï.
Mais le projet battait de l’aile car depuis la 2ème attaque israélienne contre Gaza (Novembre 2012) et le rôle joué par l’Egypte, les Américains étaient satisfaits du rôle de prestataire de service du président égyptien Mohamad Morsi. Youssef Al-Qaradawi, le prédicateur médiatique, avait d’ailleurs menacé l’Egypte de lui couper une aide de 20 milliards de dollars promise en cas de mise en échec de Morsi par le protestataire anti constitution.
Sur le plan du camp palestinien de Yarmouk, dans la banlieue de Damas : Le Hamas qui avait bénéficié de l’hospitalité active de Hafez et de Bachar pendant seize ans, s’est allié avec Al Qaida (alliance sunnite) pour s’emparer du contrôle de camp et en faire un sanctuaire de l’opposition et un vivier de combattants anti-régime. Le Hamas a ainsi troqué une alliance stratégique pour une nouvelle alliance sur une base sectaire, le sunnisme, le seul point commun aux deux organisations, qui n’ont pas d’autres points communs. Le saoudien transnational ‘un est purement terroriste, c’est à dire pratiquant une politique de nuisance par la terreur, alors que le palestinien se veut un mouvement de libération nationale.



Edité par T 34 - 23 May 2013 à 17:20
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 May 2013 à 00:46

Le Namibien SAM NUJOMA se prononce pour une force unique pour défendre l'intégrité de l'Afrique

Addis Abeba, 21 mai (RHC-PL)- L'ex président namibien, Sam Nujoma s'est prononcé en faveur du renforcement de l'unité par la création d'une force défensive unique qui garantisse l'intégrité de l'Afrique.

Il a appelé les pays du continent à consolider les structures de l'Union Africaine, afin d'appliquer des mécanismes politiques et militaires de défense des eaux juridictionnelles et l'espace aérien des menaces étrangères.

L'ex président namibien a insisté sur la nécessité d'une monnaie et d'un passeport uniques africains pour avancer dans les idéaux du Panafricanisme et de la Résistance Africaine, devise du jubilé à l'occasion des 50 ans de l'organisation régionale.



Edité par T 34 - 25 May 2013 à 20:49
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 May 2013 à 15:54

L’UA face à un problème de fonds

Créée en 1963 pour libérer le continent du joug colonial, l’organisation africaine, avec un budget représentant 2 % de celui de l’UE, dépend encore largement de donateurs extérieurs.

Correspondance. «Ça n’est pas une situation
durable. » Fin avril, alors qu’elle se tenait aux côtés de son homologue européen, José Manuel Barosso, en visite dans la « capitale africaine », la présidente de la commission de l’Union africaine (UA), Nkosazana Dlamini-Zuma, l’admettait sans peine : « L’Afrique doit trouver des sources alternatives de financement. »

C’est le principal problème de l’institution, un demi-siècle après la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), devenue UA en 2002, sur la base d’une libération du joug colonial : sa dépendance financière à des donateurs extérieurs au continent. L’Europe en tête.

Seulement 40 % du budget de l’UA sont en effet assurés par les pays africains. Et encore, cinq géants du continent abondent l’essentiel de ces fonds : le Nigeria, l’Algérie, la Libye, l’Afrique du Sud et l’Égypte. Le reste du budget, correspondant aux programmes de développement de l’UA, est financé en majorité par l’Union européenne et ses États membres, en moindre partie par la Banque mondiale, le Japon, l’Inde, la Chine… Un rien embarrassant, d’autant plus qu’avec 278,2 millions de dollars pour 2013, le budget total de l’UA et ses cinquante-quatre membres représente moins de 2 % de celui de l’UE et ses vingt-sept États membres.

« Cela pose plusieurs défis », expliquait jeudi dernier le Kényan Erastus Mwencha, vice-président de la commission de l’UA. « Il n’est pas toujours possible que nos partenaires tiennent compte de nos priorités. Ils ont leurs propres intérêts. » Ensuite, « aucun partenaire ne peut assurer son aide sur cinq ans. Nous ne pouvons donc pas nous projeter très loin ».

L’ancien président du Nigeria Olusegun Obasanjo a donc été chargé d’explorer de nouvelles pistes de financement. Sur sa liste figurent une taxe sur les nuitées d’hôtel et sur les billets d’avion entrant ou sortant d’Afrique, l’augmentation des droits de douane… Côté européen, on pointe certaines insuffisances. « Le budget de fonctionnement est approuvé et assuré à 100 % par les États membres, mais la réalité est que ceux-ci ne versent pas les sommes sur lesquelles ils se sont engagés », affirme Gary Quince, représentant spécial de l’UE auprès de l’UA. Pis, « le budget est établi sans relation avec l’argent disponible. L’année dernière, par exemple, l’UA n’a mis en œuvre que la moitié du budget parce que l’argent n’était pas là ». Un problème de fonds sur lequel les chefs d’État africains ne semblent pas près de se pencher.


La doctrine sécuritaire
 de Hollande

Invité aux célébrations du cinquantenaire de l’Union africaine, samedi, à Addis-Abeba, le président français a déroulé une doctrine très focalisée sur la lutte antiterroriste.

Addis-Abeba (Éthiopie), correspondance. Le contraste fut saisissant. Samedi, dans la capitale éthiopienne, siège de l’Union africaine (UA) qui y célébrait son cinquantenaire, le président français est venu… pour inviter les Africains à Paris. Le but : une « conférence sur la paix et la sécurité en Afrique », prévue pour les 6 et 7 décembre prochains. Plus tôt, son homologue brésilienne Dilma Rousseff annonçait l’annulation ou la restructuration de 900 millions de dollars de dettes de pays africains vis-à-vis de Brasilia « pour repartir de zéro », d’après son porte-parole. Deux mondes, deux approches.

L’Afrique enregistre une croissance de plus de 5 %

Invité par l’Éthiopie, qui préside l’Union africaine cette année, le président français a donc insisté sur « la sécurité, le développement et l’environnement ». Sans rien annoncer de concret, si ce n’est ce sommet parisien. Une réunion où les pays africains francophones se rendront sans doute, le Mali et ses voisins en tête, où l’armée française combat les rebelles islamistes. Mais en sera-t-il autant des anglophones et des lusophones, soit plus de la moitié du continent, avec lesquels la France a des liens nettement plus ténus ?

Cette invitation à plancher sur la sécurité du continent africain intervient deux jours après l’attaque d’une base militaire française et d’un site d’Areva au Niger, où les forces spéciales de l’Hexagone sont intervenues. Un événement qui donne, en apparence, raison à François Hollande, qui fait de la sécurité sa priorité numéro un pour le continent africain. Au grand dam, sans doute, de la présidente de la Commission de l’UA, la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, qui ne cesse de répéter que l’organisation doit voir plus loin que le prochain conflit et se consacrer, enfin, à développer une agriculture, une industrie et un commerce dignes de ce nom. L’Afrique enregistre en effet une croissance de plus de 5 %, certains pays flirtent même avec les 10 % et nombreux sont ceux qui lorgnent du côté des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).

Lors d’une conférence de presse au lycée français, tenue en grande partie face à la quinzaine de journalistes venus de Paris avec lui, François Hollande s’est expliqué sur sa ligne : il s’agit de fournir aux Africains les moyens d’« assurer eux-mêmes leur sécurité », en « formant, en
entraînant, en appuyant » leurs armées. Deuxième volet de la politique française en Afrique : le développement. Qui passe, pour Paris, par une poursuite de l’aide financière, mais aussi « l’ouverture du marché européen » à ses voisins du Sud. Puis vient « la préservation de l’environnement », dont François Hollande aimerait que l’Afrique prenne sa part lors de la conférence sur le climat qui se tiendra à Paris en 2015, mais aussi en accueillant le siège d’une organisation mondiale de l’environnement à Nairobi, la capitale du Kenya.

« L’Afrique est le continent de demain, donc il convient de l’aborder avec d’autres rapports qu’hier », a insisté le chef d’État français. Une bonne idée qu’il reste encore à mettre tout à fait en pratique.

Opposition africaine à la CPI ?  Uhuru Kenyatta, élu président du Kenya en mars, est venu au sommet de l’Union africaine (UA) avec une idée fixe : obtenir 
de l’organisation qu’elle s’oppose à son procès par la Cour pénale internationale (CPI). Le Kényan a le soutien de son homologue soudanais, Omar Al Bachir, lui aussi poursuivi par la Cour. 
Les ministres des Affaires étrangères se sont entendus pour appeler à « clore le dossier au niveau de la CPI et à s’en remettre 
à la justice nationale (kényane) en cours de réforme ». 
Tous les pays africains ne reconnaissent pas de légitimité à la CPI, souvent perçue comme un instrument d’intrusion occidentale 
sur le continent. C’est le cas, entre autres, de l’Éthiopie, 
où siège l’Union africaine…

Vincent Defait

L’OUA/UA a 50 ans.
 

Afrique : 50 ans et la route est encore longue

 
 

Beaucoup de choses se sont passées depuis ce 25 mai 1963. Des bonnes et des moins bonnes. Les colons, d’abord, sont partis et l’apartheid a été vaincu. Mais les guerres ethniques, les conflits de frontières, les génocides, sur fond de convoitises sur les richesses africaines, ont endeuillé le continent. L’occupation alaouite du Sahara occidental, sous protection de la France et des États-Unis, la partition du Soudan, la décomposition de la Somalie, la destruction atlantiste de la Libye, initiatrice de l’idée d’Union africaine, le retour des militaires français en Côte d’Ivoire et au Mali, autant de désastres que n’auront pas prévu les rédacteurs de la Charte fondatrice de l’Organisation de l’unité africaine, l’OUA qui devait « éliminer, sous toutes ses formes, le colonialisme de l’Afrique » et, pour les peuples d’Afrique, « défendre leur souveraineté, leur intégrité territoriale et leur indépendance ».

Aujourd’hui, nous sommes loin de ces principes qui se voulaient intangibles, eu égard à l’atrocité du passé colonial avec ses massacres, la déportation, la réduction en esclavage de millions d’hommes et de femmes, le pillage des ressources naturelles et le démantèlement du tissu économique et socioculturel des sociétés africaines.

Aujourd’hui, le colonialisme sous le visage avenant de la « démocratie » et de la « lutte contre le terrorisme » est le bienvenu. Il est même invité aux festivités pour commémorer ce qui devait présider à son extirpation. Renforcé par les allégeances multiformes et par des satrapes qu’il a lui-même installés à la tête de certains pays, tels la Côte d’Ivoire et la Libye, dont il assure la protection, il se permet de donner des directives. « Ce sont les Africains qui demain devront assurer la sécurité de leur continent », a déclaré le président français à Addis-Abeba. Nous pourrions même lui dire merci de nous rappeler à l’ordre. Il va même convoquer nos dirigeants chez lui, à Paris, où il organisera en décembre un sommet consacré « à la paix et à la sécurité ». Il nous fait aussi l’honneur d’un « appui que la France va donner aux armées africaines pour qu’elles se défendent elles-mêmes, y compris contre le fléau du terrorisme ».

Tant de sollicitude pourrait faire fondre la défiance du plus revêche des anti-impérialistes, s’il n’y avait pas ce cynisme qui enrobe la démarche. C’est qu’il n’est pas seul, M. Hollande qui doit sérieusement s’inquiéter de la présence de John Kerry, le chef de la diplomatie des États-Unis, qui préfère donner des ordres, comme il l’a fait pour le Nigeria et pour le Soudan, auxquels il a signifié de calmer leurs ardeurs guerrières. Mais il n’est pas là que pour jouer de la menace et il ne se cache pas de déclarer ce qui l’anime au plus profond : « L’Afrique change profondément, incitant de nombreux pays, Russie, Chine, Brésil, Japon et autres, à y investir pour profiter des possibilités économiques. Les États-Unis ont été en retard dans ce domaine et nous devons changer cela. »

Sachant que la présidente brésilienne a annulé 900 millions de dollars de dettes de pays africains et que la Chine a été le seul pays remercié pour avoir massivement investi dans les infrastructures au profit de l’Afrique, connaissant les méthodes étatsuniennes pour « changer » les choses, nous sommes en droit, à notre tour, d’appréhender le pire. Devant ces présages, le cinquantenaire africain a un goût amer, mais peut-être nous éveillerons nous et rien ne fera plus qu’on vienne piétiner notre jardin.

Ahmed Halfaoui



Edité par T 34 - 15 Jun 2013 à 14:46
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Jun 2013 à 22:37

Première tournée africaine pour Obama

Plus que les menaces terroristes, c’est l’avance prise par les firmes chinoises sur le marché africain qui inquiète les États-Unis. Pékin est déjà le premier partenaire économique et commercial du continent.

Le président Barack Obama s’est envolé hier vers l’Afrique. À part une visite éclair au Ghana, en juillet 2009, le président américain ne s’est jamais rendu en visite officielle sur le continent africain. Première étape de son périple, le Sénégal où il est arrivé hier, en fin d’après-midi, et où il a été reçu par le président sénégalais, Macky Sall, avant de visiter l’île de Gorée, symbole de la traite négrière et la Maison des esclaves située sur cette même île. Et ce, avant de se rendre, le 29 juin, en Afrique du Sud, pays ayant marqué sa différence avec les États-Unis, notamment en politique étrangère. Sur le dossier palestinien, les divergences sont nettes : le pays de Mandela a été un acteur actif pour la reconnaissance de l’État de Palestine à l’ONU.

Après s’être opposée à l’intervention américaine en Irak en 2003, l’Afrique du Sud, où une partie de la famille de Kadhafi, son épouse et sa fille notamment, a trouvé refuge, a dénoncé l’intervention de l’Otan en Libye. Il en est de même pour la Syrie, où Pretoria, opposé à toute intervention occidentale, prône une solution politique à la crise. En Afrique du Sud, le chef de la Maison-Blanche ne pourra pas rendre visite à Nelson Mandela, dans un état très grave à l’heure où ces lignes étaient écrites. La dernière étape du périple africain d’Obama sera la Tanzanie, où il discutera avec le chef de l’État, Jakaya Kikwete, et visitera la centrale électrique d’Ubungo.

Opportunités économiques

Plus que les menaces djihadistes d’Aqmi, c’est l’offensive économique et financière chinoise sur le continent africain qui préoccupe les États-Unis. En avril dernier, le nouveau président chinois, Xi Jinping, a visité la Tanzanie, l’Afrique du Sud et la République du Congo, assurant offrir aux Africains une aide « sans contraintes politiques à la clef ». Pékin a accordé une ligne de crédit de 20 milliards de dollars aux pays africains pour la période 2013-2015. Et, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), avec un volume d’échanges approchant les 200 milliards de dollars, la Chine est devenue, en 2009, le premier partenaire du continent et le premier partenaire commercial de l’Afrique du Sud dont le président, Jacob Zuma, ne cesse de louer la coopération. De quoi donner des soucis à Washington et à ses alliés qui ont, de tout temps, considéré l’Afrique comme une chasse gardée.

Conscient des opportunités économiques et des ressources énergétiques du continent africain, et de l’avance prise par les entreprises chinoises, Barack Obama veut rattraper « le temps perdu », afin de faire pièce au concurrent chinois. En 2012, il avait élaboré « la stratégie pour l’Afrique subsaharienne » visant la promotion d’un environnement favorisant le commerce et l’investissement, l’amélioration de la gouvernance économique, l’intégration régionale et l’encouragement des entreprises américaines à investir en Afrique. Car, en 2012, le volume d’échanges entre les États-Unis et l’Afrique n’a été que de 72 milliards de dollars !

Hassane Zerrouky

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Le saccage impérialiste des richesses de l’Afrique 

 



L’agression de l’OTAN contre la Libye (productrice de pétrole), l’intervention de la France au Mali (or et uranium), la construction d'une base militaire étasunienne au Niger (uranium) et l’encerclement de l’Algérie (pétrole et gaz) sont des chaînons de la stratégie qui vise, devant la crise du capitalisme mondial, à intensifier l’exploitation des travailleurs et le pillage des ressources naturelles de l’Afrique.

Le journaliste Dan Glazebrook, qui écrit dans des journaux comme The Guardian, The Independent et The Morning Star, a publié un article dans l’hebdomadaire cairote Al-Ahram Weekly dans lequel il dénonce cette conspiration.

Dan Glazebrook commence par rappeler que l’Occident draine chaque année des milliers de millions de dollars provenant du service de la dette, des bénéfices provenant des investissements et des prêts liés au régime de la corruption des secteurs des bourgeoisies compradores.

Une autre façon de dominer l’Afrique consiste à mettre à sac ses richesses naturelles. On peut citer le cas connu du Congo, où des bandes armées contrôlées par ses voisins ougandais, rwandais et burundais pratiquent à l’est du pays le vol de minéraux pour revendre ces derniers à des entreprises étrangères… qui sont elles-mêmes complices du forfait.

L’Afrique finance également les classes dominantes occidentales en fixant le prix de ses matières premières à des tarifs défiant toute concurrence, mais aussi en versant des salaires misérables aux travailleurs qui s’échinent dans les mines ou aux champs.

En somme, le capitalisme impose au continent africain le rôle de fournisseur de matières premières et de main d’œuvre à bas coûts. Mais, afin que cette situation se perpétue, il fait en sorte que l’Afrique continue d’être pauvre et divisée, les coups d’État et des guerres contribuant largement à cette situation.

Selon Dan Glazebrook, la création en 2002 de l’Union africaine, animée par Mouammar Kadhafi, a soulevé les préoccupations des stratèges occidentaux. Pour Washington, Londres et Paris, le plan de l’Union de créer une banque centrale africaine et une monnaie unique était tout bonnement inacceptable. Pis, il était inconcevable de voir cette même Union développer une charte de défense et de sécurité communes pouvant déboucher sur une force militaire unifiée.

En outre, les États-Unis, face à la récession économique et à la « menace » que constituait déjà à l’époque la Chine, avaient échafaudé les plans pour recoloniser l’Afrique. La création en 2008 de l’Africom, le commandement militaire que le président Bush voulait installer sur le territoire africain, s’inscrit naturellement dans cette démarche. Mais l’Union africaine s’est fermement opposée à ce projet et l’Africom a dû finalement établir son état-major en Allemagne.

La plus grande humiliation pour les États-Unis était de voir Kadhafi élu président de l’Union africaine en 2009 et la Libye devenir le principal soutien de l’organisation panafricaine.

L’Empire ne tolérait bien évidemment pas les propos de l’Union qui vont dans le sens d’un processus d’intégration africaine. Après avoir justifié l’agression contre la Libye avec « un paquet de mensonges encore plus grands que ceux qui ont servi de prétexte à l’invasion de l’Irak », comme l’écrit Glazebrook, l’OTAN a détruit le pays, l’a placé dans les conditions d’autres États africains en faillite, se libérant au passage de son adversaire bien trop fier à son goût en l’assassinant. La guerre contre le colonel Kadhafi a détruit son régime. Mais la paix et la sécurité se trouvent depuis menacées dans toute l’Afrique du nord.

Le dirigeant libyen avait organisé depuis 1998 la communauté des États sahélo-sahariens, centrée sur la sécurité régionale, en bloquant l’influence des milices salafistes et en essayant de pacifier les chefs de tribus touaregs. Avec la chute de Kadhafi, les islamistes radicaux de la région ont fait main basse sur les arsenaux d’armes - avec l’aimable autorisation de l’OTAN - et les frontières méridionales de la Libye se sont disloquées. La première victime de la déstabilisation régionale a été le Mali. L’avancée islamiste, concomitante de l’agression de la Libye, a servi de prétexte à l’intervention militaire française.

L’Algérie se trouve désormais dans le collimateur de l’impérialisme. Elle est aujourd’hui entourée par les islamistes radicaux à l’est (frontière libyenne) et au sud (frontière malienne), où se sont également installées les troupes françaises.

L’impérialisme a des raisons de ne pas pactiser avec l’Algérie, le seul pays d’Afrique du nord encore gouverné par le parti qui a lutté pour l’indépendance (FLN). Alger soutient l’Union africaine, a assumé des positions internationales dignes et, comme l’Iran et le Venezuela, vend son pétrole et son gaz à des tarifs « normaux ».

Ce « nationalisme des ressources » pousse les géants pétroliers occidentaux à ne plus cacher le fait qu’ils « en ont marre de l’Algérie », comme l’écrit le Financial Times. Ce même journal avait, un an avant l’agression de l’OTAN, accusé la Libye du « crime » de protéger ses ressources naturelles.

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-le-saccage-imperialiste-des-richesses-de-l-afrique-118770854.html



Edité par T 34 - 06 Jul 2013 à 20:27
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Jun 2013 à 19:32

Le festin de l’araignée : Africom tisse sa toile

 
 

Depuis sa création AFRICOM n’a réussi à convaincre aucun gouvernement africain de lui ouvrir son territoire pour y installer son quartier général. Ce symbole d’une nouvelle vassalisation du continent aurait été trop visible et certainement impopulaire. Le QG reste donc en Allemagne où depuis l’épisode de la Fraction Armée Rouge, et malgré la disparition du bloc soviétique aucune action de protestation politique contre la forte présence militaire étasunienne n’a eu lieu.

Mais cette prudence diplomatique n’entrave en rien l’action permanente d’Africom sur le terrain et nombre de gouvernements africains font participer leur armée à des manœuvres avec les troupes US, font assurer la formation de leurs troupes par l’armée US (dans ce cas : Niger, Tchad Mauritanie Nigeria, Sénégal, Maroc, Algérie et Tunisie Ouganda, Burundi, Kenya, Lesotho et Botswana).

Inutile de préciser qu’il n’est jamais question de favoriser le renforcement d’armées nationales stratégiquement autonomes qui seraient des instruments de souveraineté. Les régiments africains formés sont des troupes coloniales fournissant la chair à canon utile aux projets de l’empire et fournies en matériel et munitions made in USA.

A cette pénétration de l’armée Us à l’intérieur même des armées africaines s’ajoute une installation permanente de troupes US dans des divers lieux. Là encore une relative discrétion est de mise et il n‘est officiellement jamais question de bases militaires étasuniennes massives comme il en existe par exemple en Italie en Allemagne et au Kosovo.

Le journal étasunien en ligne TOMDISPATCH vient sous la plume de son directeur NICK TURSE de faire le point sur cette présence militaire US permanente dans divers pays africains.

La plus grosse présence militaire est à Djibouti dans le camp Lemonnier jadis base de l’armée française et on peut dans ce cas parler d’une véritable base étrangère dont la création en 2002 est d’ailleurs antérieure à AFRICOM

Avec des effectifs plus légers l’armée Us est par ailleurs installée :

  • Au Kenya à Garissa, Manda Baya et Mombasa Louma point de départ de ses interventions dans la Somalie voisine où elle apporte un soutien logistique permanent aux forces de l’Amisom de l’Union Africaine
  • En République Centrafricaine à Bangui
  • Au Niger à Niamey
  • Au Mali à Bamako
  • Au Sud Soudan pour bien montrer que la toute nouvelle l’indépendance de ce pays est un nouvel asservissement
  • Au Sénégal où l’aéroport de Dakar est ouvert à l’aviation de reconnaissance de l’armée Us
  • Au Burkina Faso à Ouagadougou où se trouve une base des forces spéciales d’où ont décollé 193 vols militaires au premier trimestre 2013
  • En Ethiopie à l’aéroport d’Arba Minch
  • En Ouganda à Entebbe Rien que pour les besoins de ravitaillement en carburant l’AFRICOM a accès à pas moins de 29 aéroports de pays africains

Bien sûr le prétexte à cette intervention de plus en plus intense est la « guerre contre le terrorisme » sous ses divers avatars régionaux (AQMI, BOKO HARAM etç…) mais le nouveau commandant en chef d’AFRICOM le général David Rodrigues admet que l’arrivée massive d’héroïne afghane sur le continent africain via l’océan indien est un facteur d’aggravation de l’instabilité régionale. Il est vrai qu’avec la cocaïne colombienne qui arrive par l’ouest le territoire africain l’Afrique est désormais au cœur des trafics mondiaux.de drogue.

Pour bien illustrer les influences militaires US il faut noter que la nouvelle mission de l’ONU au Mali qui se met en place à compter du mois de Juillet comportera douze mille hommes et que les deux plus gros contingents seront fournis par le Rwanda et le Nigeria deux armées sous étroite influence US.

Quant à la piraterie dans le Golfe de Guinée qui connait une croissance très spectaculaire et va dépasser en intensité la piraterie au large de la Somalie elle ne tardera pas engendrer une riposte internationale probablement conduite par les marines de l’OTAN, Etats-Unis en tête. L’ONU a jeté les bases de cette action par la résolution 20-39. Pour commencer AFRICOM avance à pas mesurés en proposant aux Etats de la CEDEAO, comme elle l’a fait à l’occasion d’un séminaire tenu à Abidjan (qui pourrait accueillir l’Etat-major de cette future force) en Février 2013, une assistance pour la mise en place d’une police maritime commune. Cette prudence ne peut faire oublier que les maigres forces maritimes de ces états ne sauraient être opérationnelles sans la couverture électronique (GPS, radars ,…) et aérienne des Etats-Unis.

Carte : Les bases de drones US en Afrique (y compris aux Seychelles !)

http://comaguer.over-blog.com 

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Cartes chinoises en Afrique (Rebelión)

 

La récente célébration dans la ville sud-africaine de Durban, du cinquième sommet d’un groupe de pays appelé groupe BRICS a ouvert une nouvelle étape où ses membres ont clairement annoncé leur intention d’œuvrer en faveur d’un nouvel ordre international. La réunion visait à discuter du développement et de l’industrialisation, dans le même temps se tenait le rendez-vous avec les pays de l’Union africaine. La conférence s’est tenue sous le thème de "la coopération avec l’Afrique". Étaient présents le pdt Jacob Zuma, Dilma Rousseff du Brésil, Vladimir Poutine, le nouveau président chinois Xi Jinping et Manmohan Singh pour l’Inde.

Beaucoup de choses ont changé depuis le premier sommet (qui s’est tenu dans la ville russe d’Ekaterinbourg en 2009) dans ces pays qui, s’ils ont de grandes différences, partagent essentiellement le rejet du système financier international actuel, la domination américaine dans les institutions qui ont émergé dans l’après-guerre, et les relations économiques qui les obligeaient à utiliser le dollar américain comme monnaie de paiement et de réserve internationale et, enfin, soutiennent le rôle des Nations Unies en tant que garant de la paix et l’arbitre de différends, face à la politique de la force de Washington et certains pays européens comme la Grande-Bretagne et la France. En somme, les cinq pays de Durban postulent un système multilatéral qui brise l’inertie du passé et un meilleur équilibre entre les puissances anciennes et nouvelles. Son importance croissante lui a valu une demande d’ adhésion de l’Égypte, mais les BRICS ne souhaitent pas créer une nouvelle organisation classique, une nouvelle structure internationale ajoutée à celles déjà existantes, mais générer des accords de développement entre entre les cinq pays à partir de leurs différences.

Il ne manque pourtant pas de voix pour qualifier les BRICS de "complices du néolibéralisme » censés, bien sur, renforcer la puissance américaine et la construction des infrastructures qu’ils réalisent en Afrique est considérée comme la condition sine qua non pour une nouvelle « exploitation néocoloniale » des ressources minières et des hydrocarbures, dans une espèce de nouvelle Conférence de Berlin (en référence à celle qui s’est tenue dans la capitale de la Prusse en 1885). Curieusement, la plupart de ces critiques de gauche coïncident avec celles publiées par les grands médias internationaux et amplifiées par les discours de Washington à Bruxelles, sans que cette gauche prenne en compte le fait que la plupart des BRICS ne parient pas, aujourd’hui, pour un modèle économique alternatif au capitalisme, à l’exception de la Chine, qui maintient sa propre voie vers le socialisme. C’est ce qui explique la politique des entreprises de ces pays qui cherchent à renforcer leurs économies nationales, et agissent de façon générale sur des critères de rentabilité. Poutine tient le rôle de nouveau porte-parole de la bourgeoisie russe, Jacob Zuma défend la nouvelle identité de l’African National Congress, un conglomérat complexe de forces où l’on trouve aussi bien la nouvelle bourgeoisie noire enrichie que Cyril Ramaphosa, vice-président de L’ANC, représentant la gauche de la lutte contre la ségrégation raciale. Le Parti du Congrès indien défend également la vision néolibérale, partagée entre l’ancienne relation avec Moscou, l’attraction exercée par le développement rapide de la Chine malgré sa méfiance historique envers Pékin et le chant des sirènes de Washington, enfin, le Brésil de Lula et Dilma Rousseff (cette dernière avec un passé dans la guérilla) engagé dans le développement national et qui voient leur pays comme puissance régionale avec des intérêts mondiaux, une caractéristique qui l’éloigne et l’oppose aux États-Unis. La Chine continue à défendre son statut de pays socialiste.

A Durban, la Chine et le Brésil ont signé un accord pour l’utilisation de leurs propres monnaies dans leurs échanges commerciaux, un accord qui peut stimuler des relations économiques similaires avec d’autres pays, au détriment du dollar américain. La Chine est devenue le plus grand partenaire commercial du Brésil. Ce sommet africain a décidé de la création d’une banque de développement qui aura un capital initial de 50.000 millions de dollars, bien que sa mise en œuvre a été laissée à une date ultérieure après des d’études plus approfondies, et que l’idée de créer un fonds anti-crise doté de 100.000 millions de dollars a été reportée, ce qui montre le large éventail de relations complexes entre les BRICS. La Banque de développement (une idée du gouvernement indien) impulsée par le Forum de Durban vise à devenir une alternative à la Banque mondiale et au FMI, a déclaré le ministre brésilien des Finances, Guido Mantega, et visent à développer les infrastructures. Il a également été abordé la création d’une d’agence de notation pour échapper au monopole américain dans ce domaine : bien que la Chine a la Dagong Global Credit Rating, ce sont les trois agences américaines (Standard & Poors, Moody et Fitch Rating) qui contrôlent plus quatre-vingt dix pour cent de l’activité, avec des répercussion économiques et financières énormes.

Les possibilités du groupe BRICS ont été mises en évidence par Poutine : quarante pour cent de la population mondiale, près de trente pour cent de la production mondiale, une croissance significative, tandis que les pays de l’ancien G-7 restent englués dans la crise. Il augmente également les initiatives de collaboration scientifiques, technologiques et de recherche et de développement pour le cosmos, des projets médicaux (l’Inde, par exemple, produit des médicaments bon marché et de bonne qualité), et le groupe a décidé de promouvoir la croissance en Afrique, le transfert de technologie, et les crédits pour le développement. De même, l’expansion du commerce entre les pays membres, en utilisant leurs monnaies et pas le dollar, contribuera de manière décisive à l’affaiblissement du dollar, sans oublier de mentionner, par exemple, que la Chine peut apporter une contribution décisive à la construction urgente de l’infrastructure indienne, l’une des principales faiblesses de l’Inde.

Ces intérêts communs ne doivent pas occulter le groupe BRICS se compose de pays très différents et qui ont des faiblesses évidentes pour ne pas dire des contradictions flagrantes. L’Afrique du Sud, par exemple, a voté en 2011 aux côtés des États-Unis au Conseil de sécurité de l’ONU pour autoriser les bombardements de l’OTAN sur la Libye. Néanmoins, l’articulation des BRICS et l’offre conjointe d’une nouvelle architecture politique et économique mondiale sont d’excellentes nouvelles, et même la Russie, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud ne discutent pas la plupart des aspects de la mondialisation imposés par l’Occident, et maintiennent des rapports de dépendance économiques avec les principaux pays capitalistes, tout en maintenant une certaine autonomie financière dans un système mondial contrôlé par Washington, Londres et Bruxelles. Ce n’est pas le cas pour la Chine, dont le système financier et bancaire est entièrement public, et a été en mesure de construire une structure industrielle qui est pratiquement aux mains de l’État chinois. Le système né à Bretton Woods reçoit clairement le message que son temps est écoulé : tant la Banque mondiale que le Fonds monétaire international, le rôle du dollar, et l’hégémonie même des États-Unis et de l’ Europe, sont ouvertement remis en question.

L’ordre du jour de la réunion des BRICS en Afrique s’imposait de lui-même parce que les problèmes africains ne tolèrent pas d’attendre et que l’intérêt de ces puissances émergentes pour le continent noir ouvre de nouvelles possibilités, mais aussi de nombreux risques. Le Cycle de Doha ne progresse pas dans la solution des problèmes agricoles, et, cinquante ans après l’indépendance, les richesses du continent n’ont pas réussi à modifier substantiellement la pauvreté en Afrique, malgré des améliorations partielles et un recul de la faim. Néanmoins, au cours des dernières années, le taux de croissance africain a atteint cinq pour cent, même si le point de départ modeste, limite le développement.

Il est évident que la Chine, principale puissance de cette réunion à Durban, a un rôle important à jouer dans l’avenir de l’Afrique. Le premier voyage à l’étranger de Xi Jinping a été révélateur : Russie, Afrique (Tanzanie, le Congo-Brazzaville et Afrique du Sud). En outre, le partenariat stratégique entre Moscou et Pékin s’est renforcé. Andrey Denisov, adjoint russe des Affaires étrangères, a souligné que toutes les forces politiques russes s’accordent à renforcer les relations avec la Chine, laissant loin les prophéties apocalyptiques occidentales intéressées sur une "invasion jaune » en Sibérie. Xi Jinping, qui commence son mandat, a été critiqué dans les médias internationaux et les ministères des affaires étrangères occidentaux pour avoir exprimé son regret de la disparition de l’Union soviétique, et pour ses citations fréquentes de Mao.

Les relations africaines avec Pékin ont commencé dans les années de Bandung, et aujourd’hui la Chine est devenue le plus grand partenaire commercial de l’Afrique : en 2011, la valeur des échanges a atteint près de 170.000 millions de dollars, avec une croissance spectaculaire : il a été multiplié par 20 dans la première décennie du siècle. Globalement, l’Afrique du Sud comptabilise près d’un tiers des échanges commerciaux avec Pékin. La Chine est désormais présente dans pratiquement tous les pays africains, même si la taille des projets et des investissements dépend de nombreux facteurs, et elle offre des prêts à faible taux d’intérêts pour le développement économique. Plus de deux mille entreprises chinoises travaillent dans l’infrastructure, la construction, l’exploitation minière, l’énergie. La Chine est, depuis 2009, le principal partenaire du continent africain, et ce n’est pas par hasard que l’incorporation de l’Afrique du Sud (l’économie africaine plus dynamique) aux BRICS a été proposée par Pékin. L’Inde et le Brésil ont également une présence significative et en croissance sur le continent noir : le Brésil, par exemple, exploite l’un des plus grands gisements de charbon dans le monde (à Tete, au Mozambique) par la multinationale carioca Vale, l’une des sociétés les plus grandes d’exploitation minière, et les communautés indiennes résidant en Afrique sont une incitation croissante pour les entreprises indiennes. Les échanges économiques entre la Chine et l’Afrique sont plus élevés chaque année : en 2012, le commerce entre les deux a déjà atteint 200,000 millions de dollars, et le programme de prêts chinois aux pays africains, prévoit jusqu’en 2015, plus de 20.000 millions d’euros.

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L’Afrique est la scène de la concurrence impitoyable entre les grandes puissances, ce qui explique les guerres et les conflits, bien que des intérêts locaux, le rôle des dirigeants, des chefs de guerre et des dictateurs, jouent également un rôle majeur. Ainsi, la division du Soudan en deux pays ne peut être expliquée sans les intérêts pétroliers américains et la situation au Nigeria et en Angola, grands producteurs de pétrole, n’est pas étrangère à l’action des multinationales occidentales. Dans ce contexte, la politique suivie par les puissances des BRICS, et, en particulier, par la Chine, c’est le pragmatisme et la non-ingérence dans les affaires intérieures, dans un équilibre complexe, même si cela nécessite le maintien des relations avec des présidents comme Yoweri Museveni (auteur des rébellions contre Idi Amin, avec Nyerere, et contre Milton Obote), réélu dans des élections frauduleuses, ou le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, leader de l’indépendance impliqué aujourd’hui dans les cas flagrants de corruption, sans oublier l’Afrique du Sud libre de Mandela, Mbeki et Zuma qui n’en a pas terminé avec la corruption, les massacres (comme celui de trente-quatre mineurs à la mine de platine Marikana, en Août 2012) et de la torture.

Xi Jinping a rencontré Museveni, président de l’Ouganda, ainsi que Armando Guebuza (leader du FRELIMO et président du Mozambique), et Hailemariam Desalegn, Premier ministre éthiopien et président en exercice de l’Union africaine. Renforcer la coopération chinoise avec l’Éthiopie, le Mozambique et l’Ouganda faisait partie des objectifs de la visite du président chinois. Le Premier ministre éthiopien a souligné que son pays attend l’aide de la Chine pour stimuler son développement et la coopération de la Chine au Mozambique a de grands projets dans les infrastructures, l’agriculture et l’énergie. Le président chinois a annoncé que son pays va former des techniciens et trente mille professionnels africains, et que l’éducation doit être accompagnée par des transferts de technologie. Pendant la visite de Xi Jinping en Tanzanie ont signé des accords pour la construction de ports, d’hôpitaux et de centres culturels, et le président tanzanien Jakaya Kikwete a déclaré : « Nul doute que la Chine continuera à travailler avec les peuples africains », tout en décrivant ceux qui critiquent l’action chinoise en Afrique comme condamnés à être ancrée dans les années de la guerre froide.

La Tanzanie joue un rôle très important dans la stratégie de la Chine en Afrique. En Septembre 2011, le gouvernement tanzanien à Pékin a proposé la construction d’un pipeline de cinq cent quarante kilomètres entre les villes de Mtwara et Dar es-Salaam, le long de la côte de l’océan Indien, un projet qui implique un investissement de plus de 1200 millions de dollars payés par un prêt bancaire chinois. L’accord de développement signé avec la Tanzanie prévoit des investissements de 10,000 millions de dollars. Les ministères des affaires étrangères occidentaux insinuaient aux médias que l’intérêt de Pékin réside dans le futur militaire du port tanzanien. En fait, la construction du port de Bagamoyo, en face de l’île de Zanzibar, est une initiative civile qui vise le développement commercial. Partout sur le continent, la Chine construit des routes, des centaines de kilomètres de chemins de fer, des ports, des écoles et des hôpitaux. La Chine exploite des gisement miniers, contribue au développement agricole et forme des dizaines de milliers de nouveaux techniciens de pays africains, la Chine envoie de nombreuses missions médicales dans un schéma de coopération met l’accent sur la recherche de l’intérêt mutuel, comme le soulignent les fonctionnaires du gouvernement chinois.

Après le sommet BRICS, Xi a rencontré Denis Sassou Nguesso, le président congolais qui espère bien développer son infrastructure ferroviaire et les routes avec l’aide chinoise : Beijing est également devenu le plus grand partenaire commercial du Congo-Brazzaville. Sassou Nguesso (un président marxiste à l’origine, chef du Parti congolais du travail) a rejeté les accusations occidentales sur le prétendu « colonialisme » chinois, affirmant que les Africains connaissent parfaitement le colonialisme de par leur expérience historique. Le président chinois a déclaré que son pays poursuivra son partenariat avec l’Afrique, la promotion de la paix et du développement, pour un plus grand protagonisme du continent dans les institutions internationales, au lieu de la marginalisation à laquelle les Africains de l’Ouest ont étés soumis par l’occident. À cette fin, la Chine dispose de réserves supérieures à 3’3 milliards de dollars : plus que l’ensemble de l’Europe, et le nouveau président chinois a montré ne pas être partisan d’un monde gouverné par un G-2, Washington et Pékin , comme cela plairait à la Maison Blanche.

Helen Clark, qui était président du gouvernement de Nouvelle-Zélande, et, aujourd’hui, est l’administrateur du PNUD, Programme des Nations Unies pour le développement, soutient que le sommet des BRICS est une opportunité pour l’Afrique et des changements rapides dans les équilibres planétaires. Pendant ce temps, Donald Kaberuka, un économiste rwandais, président de la Banque africaine de développement, voit dans la collaboration des BRICS une grande opportunité de croissance pour l’Afrique, bien que Lamido Sanusi, gouverneur de la banque centrale du Nigeria et homme lié aux intérêts occidentaux, critique ainsi (dans un article récent publié dans le numéro de Mars 2013 du Financial Times) l’attitude de la Chine : "La Chine prend nos matières premières et nous vend des produits manufacturés. Ce fut aussi l’essence du colonialisme ". Néanmoins, il reconnaît que la Chine crée d’importantes infrastructures en Afrique, et n’est pas partisan de l’arrêt des relations africaines avec Pékin. Tout en critiquant le supposé « colonialisme » chinois, Sanusi a délibérément ignoré les différences d’attitude entre le colonialisme occidental et l’action de Beijing en Afrique : la Chine n’a pas un seul soldat sur le continent, n’a pas intégré un territoire comme une colonie, et achète également des matières premières et de produits africains, contrairement au pillage historique de l’Ouest, et elle est devenue la principale source de crédits au monde accordés aux pays en développement, sans revendications économiques et politiques telles que celles imposées par la Banque mondiale, le FMI ou aux États-Unis. En revanche, nous ne devons pas oublier que l’Occident a envahi l’Afrique, a repris des pays entiers, les colonies ont été soumises à la puissance de leur métropole, et ont volé des matières premières du continent durant des décennies en imposant des formes de comportement régies par la corruption, sans parler de l’intervention militaire qui se poursuivent et que les États-Unis ont forcé au cours des dernières années plus d’une douzaine de pays africains (Égypte, Maroc, Algérie, Kenya, Gambie, Somalie et Afrique du Sud) pour travailler avec votre programme d’enlèvements et de prisons secrètes et de meurtres au nom de la politique « antiterroriste ». Les différences entre Washington et Pékin sont évidentes.

Le consensus de Washington est mort, bien que son cadavre fumant empeste toujours les institutions internationales avec son fanatisme du marché et l’accent mis sur la déréglementation et l’attaque sur les droits civils et les acquis sociaux des travailleurs. Face à cela, le nouveau consensus de Pékin se révèle attrayant pour beaucoup de pays en développement, et en particulier pour l’Afrique, avec ses idées de planification centralisée et le développement rapide, mais il est inévitablement hypothéqué par le passé colonial du continent qui veut malgré tout parier sur de nouvelles relations internationales ; un autre système financier, un autre modèle de conduite qui renonce à la menace et à l’usage de la force, des interventions militaires. La vieille et douloureuse réflexion de Julius Nyerere (« Nous n’avons pas besoin de l’aide de l’Occident. Il suffit de soulever la botte qui écrase notre corps ») illustre encore comment l’Afrique est à la recherche de son avenir, sans aucune confiance dans les anciennes puissances coloniales et Washington, et en s’aidant des nouvelles cartes chinoises.

Higinio Polo
El Viejo Topo

traduction via alfare

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LObamania%20retombe



« L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions ». C’est la phrase célèbre que prononça en 2009 le président des États-Unis, Barack Obama, devant le Parlement du Ghana, lors de son premier voyage en terre africaine. Quatre ans plus tard, les espoirs des Africains dans le nouveau président américain, considéré au début de son mandat comme le messie en passe d’apporter la démocratie, la paix et le développement sur le continent noir, ont cédé la place à une grande déception. Obama a trahi ses origines africaines en poursuivant la politique impérialiste de son prédécesseur, George Bush. Ces deux-là ont finalement pour point commun d’avoir défendu bec et ongles les intérêts étasuniens.

Cette tournée africaine de Barack Obama suscite dans ce contexte peu d’enthousiasme. La fièvre de l’obamania, qui a secoué le monde en 2008 et 2009, est retombée. Les dernières affaires (Wikileaks et Snowden) ont écorné un peu plus l’image d’Obama et démontré les limites de l’attachement des États-Unis à la démocratie et aux libertés fondamentales dont ils se font pourtant les chantres.

Le choix de se rendre au Sénégal, en Tanzanie et en Afrique du sud n’est évidemment pas un hasard. Obama veut rendre hommage aux trois grandes démocraties africaines. À Pretoria, le locataire de la Maison blanche devait rencontrer Nelson Mandela, mais la faiblesse actuelle du plus célèbre dirigeant noir de l’ère moderne a rendu impossible la rencontre entre les deux hommes.

En Afrique, les « institutions fortes » vantées par le président étasunien au Ghana ont été foulées aux pieds. La Libye en est le meilleur exemple. L’Oncle Sam a réussi à évincer son grand rival Mouammar Kadhafi qui avait suscité la crainte des occidentaux en prenant la tête de l’Union africaine en 2002. Il faut dire que son projet de créer une banque centrale africaine, une monnaie unique et, crime de lèse-majesté, une force militaire unifiée, n’allait pas vraiment dans le sens des intérêts étasuniens.

Pendant qu’Obama tente de reconquérir le cœur des Africains, son déplacement fait l’objet d’une immense polémique aux États-Unis. Son coût est estimé entre soixante et cent millions de dollars. Une fourchette parfaitement crédible quand on sait que la dernière virée européenne du vice-président Joe Biden avait coûté un million de dollars pour deux nuits. De l’argent bien dépensé pour la presse locale. Selon le Fonds monétaire international, les pays de l’Afrique subsaharienne vont maintenir leur croissance estimée à 5,5 % jusqu’à la fin de l’année 2013. En 2014, elle devrait être en légère progression dans la région pour atteindre 5,7 %. La Maison blanche a dans un communiqué souligné la nécessité de renforcer l’investissement et le commerce.

En 2011, les exportations des États-Unis vers l’Afrique ont été évaluées à 21,1 milliards de dollars. Une augmentation de 23 % en un an. Selon le bureau du représentant du commerce étasunien, les principaux produits à l’exportation sont les machines (4.000 millions de dollars, soit une augmentation de 15 % par rapport à l’année précédente), les véhicules (3,5 milliards de dollars, soit une augmentation de 42 %), le pétrole brut (1,8 milliards d’euros, soit une augmentation de 30 %) et les céréales (1,7 milliards de dollars, soit une augmentation de 31 %). Le commerce avec l’Afrique se porte bien.

À la veille de l’arrivée du président Obama au Sénégal, le Premier ministre sénégalais, Abdoul Mbaye, espère que « cette nouvelle alliance entre Dakar et Washington pourra avoir des retombées sur plusieurs aspects », citant entre autres l’agriculture, l’énergie et la sécurité. Lors d’un entretien donné à une station radio locale, il s’est dit convaincu que « la visite d’Obama sera l’occasion pour les États-Unis de consacrer le Sénégal comme modèle démocratique pour l’Afrique tout entière ».

D’un côté, l’Oncle Sam célèbre les pays démocratiques… et de l’autre il continue de sceller les plus obscures alliances. Comme celle avec le président rwandais Paul Kagamé, qui est accusé par les Nations-Unies de piller le sol de la République démocratique du Congo… Ou avec le président ougandais Yoweri Musenevi, un dictateur au pouvoir depuis 1986 qui compte faire assassiner ceux qui s’opposeraient à sa volonté de désigner son fils, Muhoozi Kainerugaba, comme successeur. Le 20 mai, la police avait interdit de publication deux journaux indépendants, le Daily Monitor et le Red Pepper, et empêché la radiodiffusion de deux stations qui avaient publié une lettre du général David Sejusa Tinyefuza, aujourd’hui en exil au Royaume-Uni. Il dénonçait la tentative de transfert de pouvoir.

Le 30 mai 2011, le New York Times attirait l’attention sur le cas du président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema, au pouvoir depuis 1989 avec la complicité active des diplomates et hommes d’affaires étasuniens. Comme le formule joliment le quotidien new-yorkais, « le fait qu’il soit très critiqué en matière de libertés élémentaires n’a pas fait obstacle à un large et diplomatique engagement américain ». La Guinée est le quatrième exportateur africain de pétrole, grâce notamment aux investissements des compagnies étasuniennes Chevron, Marathon Oil et Noble Energy. Deux ans ont passé et Nguema est toujours au pouvoir.

Barack Obama n’a pas manqué lors de son passage au Sénégal de visiter l’île de Gorée. « En tant qu’Africain-Américain et président africain-américain, la visite de ce site me donne des motivations plus fortes pour lutter en faveur des droits de l’homme dans le monde », a-t-il déclaré, reprenant ses esprits après « ce moment très puissant ». Mais les faits sont décidément têtus et nous montrent qu’aux États-Unis, il n’existe qu’un seul parti - celui du business – composé de deux factions, les « démocrates » et les « républicains », dont Obama et Bush ont été respectivement jusque-là les meilleurs représentants.

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-afrique-l-obamania-est-retombee-118855706.html



Edité par T 34 - 03 Jul 2013 à 17:02
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Jul 2013 à 03:25

Derrière l’ « Africa Trip » d’Obama

 
 

Il s’est fait photographier dans la Maison des esclaves, sur l’île de Gorée au Sénégal, le regard pensif sur cet Atlantique à travers lequel des millions d’Africains furent transportés, enchaînés, aux Amériques. Il s’est déclaré inspiré, en tant que « président afro-américain », par ce lieu qui « me donne des motivations encore plus grandes pour défendre les droits humains dans le monde entier ». C’est dans cette tonalité que le président a commencé son voyage en Afrique. Mais, en Afrique du Sud, il a été accueilli par des milliers de travailleurs et d’étudiants qui l’ont qualifié d’ « esclavagiste », en l’accusant de trahison de ses promesses électorales et de crimes de guerre.

Obama n’est même pas arrivé à se faire photographier au chevet de Nelson Mandela, image-symbole à laquelle il tenait beaucoup. Tout ne s’est donc pas déroulé pour le mieux dans l’ « Africa Trip 2013 ». Tour de propagande qui a coûté une centaine de millions de dollars : avec le président sont arrivés des USA des centaines d’agents des services secrets, avec 56 véhicules spéciaux dont 14 limousines blindées et trois camions chargés de vitres pare-balles, et un porte-avions dont les chasseurs ont pris le contrôle de l’espace aérien le long du parcours présidentiel.

La véritable raison du voyage est apparue quand Obama a déclaré que « la Chine porte beaucoup d’attention à l’Afrique » et que c’est l’ « intérêt des Etats-Unis d’approfondir et d’élargir les partenariats avec les pays africains ». Il y a pourtant un problème : les USA n’arrivent pas à rivaliser avec la Chine, dont les investissements sont pour les pays africains beaucoup plus utiles et avantageux que les étasuniens, qui, eux, visent le profit maximal en se concentrant sur l’exploitation des ressources énergétiques et minérales. Pour parer à l’influence chinoise et renforcer celle des Etats-Unis en Afrique, l’administration Obama a surtout recours à des instruments politiques et militaires. Parmi ceux-ci, « l’Initiative pour les jeunes leaders africains », dont l’objectif est de « développer un réseau prestigieux de jeunes leaders dans des secteurs fondamentaux et de cimenter des liens encore plus forts avec les Etats-Unis ». A travers des « forums de haut niveau » et plus de 2mille « programmes pour la jeunesse » financés par des millions de dollars, Washington essaie de créer en Afrique de nouvelles élites dirigeantes pro-USA.

En même temps, par le biais du Commandement Africa, on renforce la présence militaire étasunienne sur le continent. La principale base pour cette opération est Sigonella (Sicile). C’est là qu’a été déployée la Special-Purpose Marine Air-Ground Task Force (Magtf) du Corps des marines, qui, dotée de convertibles (rotors basculants, Ndt) MV-22 Ospreys et d’avions-citernes C-130, envoie des escadrilles en Afrique, par roulement. Depuis janvier, partant de Sigonella, elle a entraîné des forces spéciales africaines en Ouganda, Burundi, Cameroun, Ghana, Burkina Faso, Seychelles, Mozambique, Tanzanie, Sénégal et Libéria. La task force de Sigonella collabore aussi au Military Intelligence Basic Officer Course-Africa, dans lequel sont formés des officiers des services secrets africains au Kenya, en Ethiopie, Soudan du Sud, Nigeria et autres pays. Le cours Miboc-A est défini comme « une des centaines d’activités pour la sécurité réalisées par les militaires USA en Afrique ». Ainsi s’étend sur l’Afrique le réseau militaire étasunien, qui à travers de multiples liens recrute officiers et forces spéciales locales. Opération dirigée par le Commandement Africa, qui a installé il y a quelques jours, auprès de la Task force conjointe pour la Corne d’Afrique et Djibouti, son premier « poste de commandement avancé » sur le continent. Nouvelle version des vieux instruments de domination coloniale.

Mais qu’Obama fasse attention : comme il l’a lui-même dit, « l’Afrique est en train de se soulever ».

Manlio Dinucci

Edition de mardi 2 juillet 2013 de il manifesto http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20130702/m...

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Manlio Dinucci est géographe et journaliste.

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Jul 2013 à 00:22

Ressources naturelles : aubaine ou malheur ?

 
 

L’Afrique Australe regorge de richesses naturelles. Cela devrait contribuer significativement au développement économique, faciliter la sortie de la misère pour des millions de gens au-dessous du seuil de pauvreté. En est-il ainsi ?

Depuis des décennies, les ressources naturelles – eau, terres fertiles, charbon, gaz, pétrole, cuivre, or, diamants, etc. – n’ont cessé d’être exploitées, mais force est de constater qu’elles ont peu profité à la majorité des gens. Ces ressources, y compris humaines, ont déclenché la convoitise depuis toujours. D’abord la traite des esclaves, puis l’occupation des terres par les colons, enfin, le déferlement des entreprises minières des pays colonisateurs et de leurs alliés. Cela n’a pas été une aubaine pour les peuples concernés, au contraire : elles leur ont infligé beaucoup de malheurs et souffrances.

Les luttes politiques et les armées de libération nationale ont abouti à la conquête des indépendances. Mais la présence d’importantes ressources minières a souvent été un obstacle pour y arriver. Ainsi, la France a retardé l’indépendance algérienne à cause du pétrole. Les intérêts belges sur les mines de la richissime province du Katanga ont provoqué une succession de soubresauts et l’ignoble assassinat de Lumumba et de ses compagnons.

Ce n’est pas un hasard si les indépendances des pays membres de l’ancienne Fédération de la Rhodésie et du Nyassaland, de la Namibie, des colonies de l’Angola et du Mozambique, voire la fin du régime d’apartheid en Afrique du Sud, ont été acquises bien plus tard que dans le reste de l’Afrique, et souvent après des longues luttes armées de libération.

L’appétit étranger pour les richesses de ces pays explique ces blocages. Qui plus est, pendant la guerre froide, le colonialisme et l’apartheid étaient perçus en Occident comme des alliés contre le prétendu danger soviétique. Après les indépendances de l’Afrique australe et la chute de l’apartheid, qu’est-il arrivé ?

Le gouvernement du Mozambique a pu signer à Rome un accord de paix avec la Renamo, parti instrument de la Rhodésie de Ian Smith et du renseignement militaire du Sud-Africain Piether Botha. Les vingt-huit années de guerre ont contraint le pays à se soumettre aux diktats de Bretton Woods et à chasser toute idée de socialisme. L’Angola a également dû affronter une longue et destructrice guerre contre les alliés de l’apartheid, soutenus ouvertement par la première puissance mondiale, les États-Unis. Cependant, les bonnes relations de ce pays avec les compagnies pétrolières occidentales ont finalement pesé sur l’issue du conflit, qui a vu la disparition de Savimbi, le leader de l’Unita.

Il faut reconnaître aujourd’hui que la misère dans laquelle était plongée la majorité de la population a bien diminué. Dans les campagnes, les gens bâtissent de plus en plus souvent des maisons en briques, l’électricité couvre presque tous les districts du pays, et des antennes de télévision surgissent comme des champignons. Quelque dix millions de Mozambicains, sur un total de vingt-trois millions, possèdent un mobile, les gens s’habillent et sont chaussés. À présent, la pauvreté en ville est plus frappante qu’à la campagne. Toutefois, le mieux-être rural n’est pas la conséquence de l’exploitation du sous-sol, mais du simple fait qu’avec la paix retrouvée le paysan a pu reprendre le travail. Enfin, un nouveau scandale a récemment éclaté dans le pays : une compagnie qui exploite le gaz a voulu vendre une partie de ses actions à l’extérieur, de façon à ne pas payer les impôts au pays ! Une bagatelle de quelques centaines de millions de dollars, voire des milliards !

Tout n’est pas sombre, bien entendu. En Angola, grâce aux rendements du pétrole et des diamants, on a pu reconstruire les villes du Centre et du Sud, détruites pendant la guerre, de même que les infrastructures indispensables au développement économique. Les ressources minières et l’exportation de viande bovine ont permis au Botswana de redistribuer suffisamment pour que sa population vive dans une certaine aisance. De progrès sont également visibles en Tanzanie et en Zambie, ainsi qu’au Zimbabwe où la levée des sanctions européennes et britanniques s’impose désormais.

Moins réjouissante, la situation au Swaziland où le charbon est épuisé – tout est parti au Japon – et où le pays n’a même pas profité de sa valeur ajoutée. En Afrique du Sud, un apartheid économique demeure pour la majorité des non-Blancs et même des petits Blancs. Nul ne voit la lumière au bout du tunnel. Conséquence, les conflits sociaux et la violence ne font qu’augmenter. Où s’arrêteront-ils ? Les massacres des mineurs de platine et des paysans qui occupent des terres sont plus qu’inquiétants.

En l’état actuel des choses, on ne peut avoir qu’une conclusion : les populations d’Afrique australe souffrent encore trop des malheurs induits par la convoitise sur les ressources naturelles pour se réjouir de leur abondance.

La lutte continue !


L’affaire Snowden bouleverse les relations diplomatiques et le monde du renseignement
 

Un regard africain sur l’affaire Snowden : l’Amérique du Sud face à la France

 
 

Qui n’a pas entendu parler de l’affaire Snowden ? La saga du jeune espion qui dévoile l’étendue d’un vaste réseau d’écoute du gouvernement américain. Son pays enregistre toutes les communications électroniques et espionne même ses alliés. Il n’y a rien de nouveau dans ses révélations autre le fait que les États-Unis semblent espionner les communications de tous les particuliers des pays alliés. Il est à noter que le pays le plus espionné est l’Allemagne qui détient l’économie la plus dynamique du continent européen. Cette révélation relègue au rang de chimère la croyance selon laquelle l’appareil de surveillance américain s’est construit en réaction à la menace Al-Qaeda. L’œil du Léviathan surveille avant tout les alliés à des fins de guerre économique. Les derniers développements de l’affaire Snowden nous permettent aussi de confirmer un autre constat sur le statut de l’Hexagone. La France tardivement et contrairement à l’Allemagne ne protesta que faiblement les intrusions illégales du programme PRISM (programme d’espionnage américain). On pouvait s’attendre de la présidence française qu’elle refuse l’asile au dissident américan. Ce qui peut surprendre c’est le larbinisme avec lequel ce pays s’exécute pour appréhender Edward Snowden en bloquant son espace aérien au président bolivien. De par ce geste, l’Élysée montre que la France accepte tacitement l’illégalité du programme PRISM. Bref, La France est un pays totalement vassalisé par l’oncle Sam. En tant qu’africains quels conclusions pouvons-nous tirer de ce constat et pouvons-nous trouver inspiration dans la réaction des pays de l’Amérique du sud ?

Bien qu’ils soient dans l’arrière-cour de l’oncle Sam, les pays sud américains sont déterminés à s’affranchir de la domination des États-Unis d’Amérique. Ces pays ne font pour la plupart aucun cas des multiples avantages que pourraient rapporter l’alignement sur le pays le plus puissant du monde. L’adoption de cette politique d’indépendance demande courage et peut aller jusqu’à couter la vie aux élites concernées. A l’instar du défunt Hugo Chavez, ils vous diront tous, comment cette ligne politique est gratifiante puisqu’elle rend à des populations entières la dignité humaine. C’est ainsi que l’on peut voir se succéder à Moscou le bolivien Evo Morales et Nicolas Maduro du Venezuela. En agissant de la sorte ses dirigeants prouvent qu’ils sont de vrais visionnaires qui comptent tirer profit de la géopolitique multipolaire de ce monde.

Maintenant contrastons cette politique d’indépendence à celle des chefaillons africains de l’espace "franco-faune" qui adorent se prostrer à plat-ventre face à une France vassalisée et en déclin. Ils acceptent et continuent à supporter le viol à répétition de leur continent par une puissance coloniale venu d’ailleurs. Les sous-préfets de l’enclos colonial "franco-faune" ne manquent pas une occasion de recevoir leurs ordres aux sempiternels sommets France-Afrique. Lesquels sommets qui débouchent plus souvent qu’autrement sur des nouveaux stratagèmes pour pérenniser le pillage et l’appauvrissement des populations de cette zone "franco-faune". Les habitants de l’enclos colonial "franco-faune" vivent depuis des décennies sous le joug d’une monnaie d’origine nazie le franc CFA, mais les chefaillons souffrant d’un mutisme pathologique semblent ignorer les effets mortifères de cette monnaie CFA comparables à ceux du fascisme hitlérien.

Bizarrement les chefaillons "franco-faunes" aiment inviter chez eux les présidents français. Lors d’une de ses visites, le nabot présidentiel français pour remercier ses hôtes leur lancera un discours crachat du type : l’Afrique n’est pas encore entrée dans l’histoire. Une fois de plus les chefaillons ne réagirent que mollement aux insultes faites à leurs ancêtres qui donnèrent autrefois au monde la cognition, la parole, l’écriture et toutes les sciences. Pire encore, dans certains cas les sous-préfets africains vont jusqu’à financer des partis politiques français racistes qui stigmatisent et persécutent leurs ressortissants vivant dans l’Hexagone. Ses réalités de la relation France-Afrique contrastent avec l’image que certains peuvent avoir d’un pays qui se réclame hypocritement ad-nauseam des "droits de l’homme". Les chefaillons africains vivant comme des Sybarites ne semblent pas voir ce flagrant contraste et cette dissonance. D’ailleurs pas plus, qu’ils n’ont d’empathie pour la souffrance et les privations de leurs populations.

Suite au détournement de l’avion d’Evo Morales, il fut surprenant de voir la rapidité et la fermeté avec laquelle réagirent les leaders sud-américains. On peut attribuer cette réponse à la qualité des hommes impliqués qui se réclament volontairement héritiers d’une longue histoire de lutte et de combat. A l’avant garde de cette lutte et prise de conscience on trouve des pays se réclamant de la révolution Bolivarienne. Or, l’indépendance de la grande Colombie est en partie due à la bravoure des guerriers africains qui ont jadis arraché leur liberté à la couronne espagnole en payant le fort prix du sang. Aux heures sombres de leur naissante révolution (lorsque celle-ci pouvait à tout moment basculer vers l’échec) les pères fondateurs de l’Amérique du Sud Simon Bolivar et Miranda obtinrent de la république d’Haïti refuge, hommes et armes pour poursuivre leur combat. Les liens historiques sont excessivement forts dans le cas de Simon Bolivar "El libertador" puisque celui-ci passa toute l’année 1816 à la nouvelle république nègre d’Haïti. Aujourd’hui les liens de fraternité qui unissent les africains de la caraïbe et leurs frères de l’Amérique du sud sont toujours bien vivants. A l’instigation du grand Hugo Chavez l’état vénézuélien fournit gratuitement du pétrole à l’état haïtien. De son vivant, le défunt chef d’état vénézuélien se plaisait à rappeler que tout l’argent du monde ne pourrait jamais repayer la dette des pays de l’espace bolivarien envers la république d’Haïti. A titre posthume Haïti vient récemment de rebaptiser l’aéroport du Cap-Haïtien, l’aéroport international Hugo Chavez.

A ne pas en douter, voilà comment se comportent les membres d’une même famille. On peut mesurer la profonde filiation qui unit les populations afro-descendantes de l’Amérique avec leurs frères du continent africain aux propos du défunt Hugo Chavez :

" Quand nous étions enfants. On nous disait que nous avions une mère-patrie, l’Espagne. Pourtant nous avons découvert plus tard qu’une de nos plus grandes mères patries était l’Afrique. Nous aimons l’Afrique et chaque jour nous sommes un peu plus au courant de nos racines africaines."

"J’avais une grand-mère, on l’appelait Inès la Noire. Elle était une femme Noire magnifique, célèbre dans toute la plaine. Inès la Noire, ma grand-mère, était la fille d’un Africain qui a traversé les plaines. Elle était la fille d’un Africain et ils disent que cet Africain était originaire du Peuple Mandingue." (Soninkés empire du Ghana, Mali)

"Le racisme est très caractéristique de l’impérialisme et du capitalisme. La haine contre moi a beaucoup à voir avec le racisme. Parce que j’ai une grosse bouche et des cheveux crépus. Je suis si fier d’avoir cette bouche et ces cheveux, car ils sont africains. Je suis un mélange d’indien et de noir dont je suis très fier."
Les afro-descendants des Amériques sont bien au fait du racisme et de l’impérialisme de la France et des États-Unis. La France parasitaire refuse de payer à Haïti la dette de 40 milliards de dollars issus de la guerre d’Independence. Cette France continue régulièrement à s’ingérer dans les affaires internes de la petite ile, allant jusqu’a y fomenter des coups d’états. Quant aux États-Unis, c’est cette victoire de descendants d’esclaves sur l’armée de Napoléon Bonaparte qui lui permit de doubler la superficie de son territoire par l’achat de la Louisiane. Tous les historiens États-Uniens sont sans équivoque sur le rôle déterminant d’Haïti dans l’achat de la Louisiane qui permit aux États Unis de devenir une puissance continentale. Pour remercier Haïti l’oncle Sam persiste dans la tradition européenne en envahissant Haïti à plusieurs reprises. C’est dans cette même tradition de brigandage que la France puise en refusant sans raison valable son espace aérien à l’avion d’Evo Morales.

Dans la nuit du 3 au 4 juillet 2013, on apprenait ainsi que, l’un après l’autre, ce sont tous les pays d’Amérique du Sud qui ont fait part de leur indignation et de leur mépris devant l’attitude méprisante de la France

- Le gouvernement du Chili a lancé un appel pour clarifier ce qui s’est passé. Le gouvernement chilien a demandé en outre que les normes du droit international soient respectées, ainsi que le traitement dû à l’avion d’un chef d’État.

- Buenos Aires, la présidente argentine Cristina Kirchner a estimé qu’ « un avion disposant d’une immunité absolue a été illégalement détenu dans la vieille Europe, ce qui constitue un vestige du colonialisme que nous pensions totalement dépassé. Ca n’a pas été seulement une humiliation pour la Bolivie, mais pour toute l’Amérique du Sud », a-t-elle déclaré lors d’une cérémonie officielle.

- Au Brésil, la présidente Dilma Rousseff a signalé dans un communiqué l’indignation de son gouvernement. Réclamant avec force des excuses des pays concernés, particulièrement la France, elle a estimé que cet incident compromettait le dialogue entre les deux continents et les possibles négociations entre eux.

- L’Union des nations sud-américaines (Unasur, qui regroupe 12 pays), a fait part de « sa solidarité et de son indignation face à des actes qui ont mis en danger la sécurité de M. Morales et de son entourage », voila ce qu’ indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères du Pérou, qui exerce actuellement la présidence tournante de l’organisation.

- À Caracas, l’Alba (Alliance bolivarienne pour les peuples, qui compte huit membres autour du Venezuela) a critiqué « une situation grave due à l’impérialisme nord-américain et ses alliés européens. »

- Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Elias Jaua a dénoncé « un attentat contre la vie du président Morales et son homologue équatorien Ricardo Patiño, une terrible offense ».

- Le vice-président bolivien Alvaro Garcia a annoncé lors d’une conférence de presse que plusieurs présidents latino-américains se réuniraient jeudi sur ce sujet à Cochabamba (centre).Cette affaire ira t’elle jusqu’a l’ONU ?

Les sous-préfets africains serviles sont une plaie pour le continent et une disgrâce face à la mémoire des ancêtres. Nous n’avons rien à espérer d’eux. Au regard de la microbiologie politique le parasite le plus dangereux, reste le parasite en déclin. Les populations Libyennes et celles de l’espace "franco-faune" en portent l’éloquent témoignage des stigmates.

La dignité de l’Amérique du Sud et une lecture attentive de l’affaire Snowden nous démontrent comment il faut se comporter avec des pays impérialistes et racistes. Nous avons avec les pays du sud une histoire commune, nous avons une longue histoire de lutte (la plus vieille de l’humanité). Tout africain qui puise dans cette histoire sait que nos sociétés savent incuber de grands leaders. C’est au sein de ce corps social immémorial que vont émerger les futurs visionnaires africains qui pourront collaborer avec l’Amérique du Sud pour édifier ce nouveau monde multipolaire.

Notre but l’unité, la victoire notre destinée. Vie, sante et force !

Imhotep Lesage

Les bons enfants noirs de la République française.

 
 

Il est dans l’ordre des choses que, pour éviter que la Métropole perde la maîtrise des colonies, il soit placés à la tête de celles-ci des Enfants de "La République". En voici quelques-uns des plus grands et des plus fidèles.

 

Toi, Gnassingbè II, tu es mis au pouvoir dans le territoire du Togo après 39 ans de règne de ton père, fidèle des fidèles enfants de la République. Grâce à ton père et à toi-même, la République conserve sa mainmise sur ce territoire et ses richesses après les "foucades indépendantistes" de Sylvanus Olympio et ses amis. Grâce à toi, le Port Autonome de Lomé, le seul port en eau profonde de l’Afrique Occidentale Française vivifie Bolloré et alimente l’économie de la République. Grand Enfant de la République, peu importe le nombre de morts et de perclus à vie que tu fais pour contrer les Africains du Togo. Tant que c’est pour la bonne cause : la survie de tutelle française, ça passe et passera. Les portes de la République te sont ouvertes le jour comme la nuit, comme ce fut le cas pour ton feu père Etienne Gnassingbè.

Enfant de la République Ali Bongo, le chemin de la longévité au pouvoir est par ici. François Hollande te l’indique, comme le montre la photo ci-dessous. Toi qui, comme ton feu père, finance la vie politique française de la Gauche à la Droite, tu seras toujours le bienvenu dans la maison de ton père ou de ta mère, la République. La fidélité dans la servitude est une vertu rare. Pour cela, et qu’il pleuve ou qu’il neige au Gabon, reçois les hommages appuyés de la République.

Allons ! Enfant de la République, Mamadou Issoufou, les jours d’Aréva au Niger se comptent en milliards d’euros. Merci de continuer à faire d’Aréva et de la France, grâce à l’uranium nigérien, 1er producteur mondial de l’énergie nucléaire ! Au nom d’Aréva, François le socialiste vous salue et la France vous bénit. Quelle fidélité ! Quelle régularité ! Toi, enfant de la République, tu es reçu déjà 3 fois par Hollande, le président de la République, depuis son élection. Longue vie à toi, Issoufou, enfant chéri de la République !

Grand enfant de la République, Idriss Déby, plus tu es obéissant, plus ton règne durera dans le territoire du Tchad. La République te dit merci pour ton indéfectible fidélité. Tu as parfaitement compris que plus on s’abaisse devant le maître, plus on monte dans la chaîne des serviteurs ! Attention tout de même au mal de dos, M. Déby.

Enfant Officier de la Légion d’honneur de la République, Macky Sall, tu seras toujours parmi les meilleurs élèves. Ta Légion d’honneur reçue des mains de Jean Christophe Ruffin, ambassade de La République dans le territoire du Sénégal le 25 mars 2008, tu l’avais bien méritée car tu maintiens l’un des tout premiers territoires colonisés en Afrique par la France dans le giron de la République. Bravo !

Ô, fier enfant de la République, Blaise Compaoré, grâce à toi la République a pu se débarrasser de Thomas Sankara qui eut la folie de tenter de construire un Etat indépendant au Burkina Faso. Ton apport à la République est énorme de ce point de vue. Compaoré, l’incomparable ! Ce n’est donc pour rien que la République a fait de toi le Sage, le Grand Médiateur en Afrique de l’Ouest où tu pilotes guerres et coups d’Etat en faveur de la République et de ses alliés. Reconnaissance et Fidélité de la République !

Maître Franc-maçon, Grand Enfant, Grand guerrier de la République, Denis Sassou Nguesso, toi qui a ensanglanté le Congo durant des années pour revenir au pouvoir perdu contre Lissouba, la République te remercie vivement. Le pétrole, le bois et toutes les autres richesses du Congo livrées gracieusement à la République font de toi un de ses serviteurs qui trouvent toujours les portes de l’Elysée ouvertes : en été comme en hiver ! La République te salue et te garantit son soutien indéfectible. Franc-maçonniquement !

Grand Enfant de la République, Dioncounda Traoré, giflé et humilié à Bamako, soigné et cajolé à Paris. Homme silencieux du sérail, ton heure a sonné. A force de servir dans l’obscurité, on finit par apparaître au grand jour : histoire de fidélité. La République te caresse et t’embrasse chaleureusement, car grâce à toi, elle se redéploie joyeusement en force au Mali en disant que c’est toi qui le lui a demandé. Sans toi, Grand et fidèle enfant de la République, les islamistes auraient coupé tous les pieds et les bras aux africains du Mali. Grâce à toi, la République a acquis un galon supplémentaire dans son oeuvre de "colonisation humanitaire". Accessoirement, tu as offert un chameau à François Hollande en guise de remerciement. La République te chérit et te seras éternellement reconnaissante.

Enfant de la République, Alpha Condé, grâce à toi, l’ère Lassana Conté est toujours en cours. La République te laisse faire ce que tu veux en Guinée, en tout cas pour le moment. Tu seras toujours aux rendez-vous du Palais tant que tu ne bousculeras pas les intérêts de la République dans ce territoire que Sekou Touré a appelé "un scandale géologique", car insolemment doté de richesses fabuleuses. La République te gratifie d’un sourire à couper la faim et la soif du peuple africain de Guinée.

Paul Mvondo Biya, Grand enfant de "La République" placé au pouvoir depuis 31 ans maintenant, tu as fait et continues de faire le bonheur de Total, de Perenco, de Bolloré, d’Air France, de Vilgrain, d’Orange, de Bouygues...Grâce à toi, le Cameroun est maintenu dans le juron de la République qui, de président en président, manifeste à ton égard une fidélité à toute épreuve. A l’été 2011, pour un séjour d’environ 3 semaines à La Baule où tu t’étais bien reposé avec une forte délégation, Paul Biya, tu as dépensé environ 1 million d’euros. Tu fais aussi partie des meilleurs financiers de la vie politique de la République. Qui est fidèle récolte fidélité ! C’est pourquoi, Grand enfant de la République, tu seras toujours le bienvenu sur les terres de celle-ci.

Alassane Ouattara, fils de la République, grâce à toi, la République a pu se débarrasser du président Laurent Gbagbo. Tu pilotes en parfaite harmonie avec des bandits de grands chemins le Nouvel Ordre français dans le territoire de Côte d’Ivoire qui a tenté de tenir tête à la République. Grâce à toi, la République est en printemps continu dans ce territoire où le pillage à grande échelle s’opère joyeusement. Chacun prend sa part : 150.000 tonnes de cacao par-ci, 200.000 tonnes de noix de cajoux par là en récompense aux criminels de guerre qui ont accompagné l’armée française dans sa reconquête du pays. La République, te trouvant tellement obséquieux, a dit par la voix de Gérard Longuet, ministre de la défense sous Sarkozy, que si tu étais arrivé au pouvoir un peu plus tôt, elle aurait délocalisé sa base militaire au Gabon en Côte d’Ivoire. Grâce à toi, toutes les institutions de la République ont de l’avenir dans la région, à commencer par le Franc CFA. Tu seras toujours le bienvenu à l’Elysée, digne fils de la République.

KPOGLI Komla

Web : http://lajuda.blogspot.com



Edité par T 34 - 21 Jul 2013 à 19:05
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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