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Sport et mercantilisme

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: Sport et mercantilisme
    Envoyé : 02 Sep 2009 à 15:50
Jeux olympiques: le pouvoir de l´argent 
 
Marcos Alfonso
 
Le principe qui a régi le mouvement olympique moderne depuis sa naissance, en 1896, avait été énoncé par son fondateur, le baron Pierre de Coubertin : « l´important, ce n´est pas de gagner, c´est de participer ».
 
Cependant, si l´on observe les multiples problèmes politiques surgis au cours des ans, on est obligé de reconnaitre que les principes énoncés par Coubertin ont été fortement secoués depuis cette date. Il est impossible de ne pas voir le rôle prépondérant que jouent actuellement les moyens massifs de communication et la croissante commercialisation des compétitions.

C´est dans cette logique que, trois ans avant les jeux olympiques organisés en 1992 dans la ville espagnole de Barcelone, on a pu voir comment Juan Antonio Saramanch a fait varier le précepte fondateur, qui est devenu : « Le plus important, c´est de gagner à tout prix. Il faut donc faire en sorte que les meilleurs athlètes du monde y participent ».

La commercialisation y a occupé des espaces inimaginables auparavant et on a vu les portes s´ouvrir au professionnalisme avec la participation du Dream Team de basket des États-Unis.

Les grands principes éducatifs qui avaient présidé aux débuts du mouvement olympiques se sont ainsi vus soumis aux exigences de la publicité et de la commercialisation. Mais posons la question : Qui a lancé la première pierre ?

C´est en 1928 que la célèbre marque Coca Cola a fait son entrée dans l´arène sportive. Cette année là, le bateau qui avait amené les athlètes nord-américains à Amsterdam transportait également dans ses cales mille caisses de la boisson gazeuse. Elle était ainsi devenue la première entreprise au monde à sponsoriser les jeux avec la bénédiction du Comité Olympique International (COI).

Lors des jeux olympiques de Beijing, la marque fêtait ses quatre vingt ans comme sponsor officiel de cette manifestation sportive. Elle continuera de l´être au moins jusqu´en 2020, car elle a rénové son accord d´association en 2005.

Un autre aspect de la question doit être souligné, ca il est également d´une grande importance. C´est celui du rôle joué par les moyens de communication massive.

Il est certain que de tout temps, les hommes ont cherché à se surpasser les uns les autres. C´est la logique de la compétition. Pourtant, au début du vingtième siècle, les jeux olympiques de Paris (1900) et de Saint Louis (1904) n´ont reçu qu´une faible divulgation. Ce sont les expositions universelles organisées dans ces villes qui ont fait les manchettes des journaux.

C´est le surgissement de la radio, puis de la télévision qui a changé les choses. La seconde guerre mondiale avait imposé une interruption des compétitions mais ensuite, à Londres, en 1948, la philosophie de l´olympisme a commencé à se transformer.

Jusqu´à la fin des années soixante, la plus part des Comités Olympiques nationaux dépendaient exclusivement d´aides gouvernementales, souvent complétées par des apports des propres athlètes et de quelques donations de particuliers.

Mais au début des années quatre vingt, le COI dépendait complètement des apports financiers des droits de télévision, ce qui représentait une menace pour l´indépendance souhaitée de tout pouvoir – économique, politique ou religieux – qui devrait être la caractéristique fondamentale du mouvement olympique. L´organisme sportif s´est alors lancé à la recherche de nouvelles sources de financement.

Le résultat en a été la naissance, en 1985, des programmes de commercialisation olympique ou TOP (The Olimpic Partners – les partenaires olympiques).

Les compagnies sélectionnées pour ce programme se sont converties en sponsors olympiques officiels à niveau mondial et se sont vus reconnaitre des facilités d´exclusivité pour la commercialisation de leurs produits.

Les accords sont signés pour quatre ans et les entreprises intéressées négocient un contrat unique avec l´agence ISL Marketing, qui dépend du COI. Cet accord est alors reconnu par les comités olympiques nationaux et les comités organisateurs des jeux olympiques.

Jusqu´à présent, ce sont six TOP qui ont été mis en place : TOP I, Calgary-Seul, 1985-88, neuf entreprises sponsors, 95 millions de dollars ; TOP II, 1989-92, Barcelone-Albertville, 12 entreprises, 175 millions de dollars ; TOP III, 1993-96, Lillehammer-Atlanta, 10 entreprises, 350 millions de dollars ; TOP IV, 1997-2000. Nagano-Sydney: 11 entreprises, 500 millions de dollars ; TOP-V, 2001-2004, Salt Lake City-Athènes, 11 entreprises, 800 millions de dollars et TOP-VI, 2005-2008, Turin- Beijing, 19 entreprises, mil millions de dollars.

Les fonds obtenus à partir de ces accords sont distribués de la manière suivante : 50% pour le Comité organisateur des jeux, environ 43% pour les comités nationaux et 7% pour le COI.

Cependant, cette commercialisation présente des dangers sérieux pour l´olympisme, celui de la perte de son indépendance face au pouvoir des grandes entreprises transnationales, celui de la possibilité, pour certaines villes candidates, d´exercer des pressions afin d´être favoriser, et enfin le poids du super-mercantilisme de certaines disciplines sportives.

La possible introduction de sports élitistes comme le football américain ou le golf en est une conséquence directe , mais c´est aussi le cas de l´achat d´athlètes par des pays puissants (qui leur facilite l´acquisition d´une nouvelle nationalité), ou la présence de sportifs professionnels dans des jeux dont le but fondamental devient non plus la compétition, mais la production d´un grand spectacle.

En résumé, actuellement, ce n´est plus le sport qui a le dernier mot, c´est l´argent.



Edité par T 34 - 15 Jun 2010 à 19:27
Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Feb 2010 à 15:32

Vancouver « Un bon skieur, c’est 250 000 euros par an »

Président de la Fédération sénégalaise de ski, Lamine Gueye veut ouvrir les JO d’hiver à l’Afrique.

Premier skieur d’Afrique noire lors des Jeux de Sarajevo en 1984, Lamine Gueye préside la fédération sénégalaise de ski. À Vancouver, il chaperonne aussi le Sénégalais Leyti Seck, un des trois skieurs alpins venus du continent africain. Entretien.

Que peut espérer sportivement le skieur Sénégalais Leyti Seck lors de ces JO  ?

Lamine Gueye. En slalom, il peut viser une place dans les cinquante premiers. Évidemment, ce n’est pas un gros objectif, mais ça ne veut pas dire qu’en Afrique il n’y a pas d’athlètes avec du talent… Après, c’est toujours pareil, c’est une question de moyens. Si vous donnez à un Africain les moyens de s’entraîner à partir de huit ans, il a parfaitement la capacité de monter, un jour, sur un podium olympique. Un bon skieur pour le former, c’est 250 000 euros par an, pendant dix ans. Nous n’en avons pas les moyens en Afrique. Et une telle somme est encore loin des budgets des Autrichiens ou des Français !

Vous aviez poussé un coup de gueule, en 2009 lors des Mondiaux de Val-d’Isère, pour que CIO et Fédération internationale viennent en aide aux petits pays, a-t-il eu des effets  ?

Lamine Gueye. Je ne sais pas si c’est la conséquence de ce coup de gueule, mais pour la première fois Leyti a touché une petite aide olympique de 1 500 dollars pendant quatre mois, ce qui lui a permis d’aller chercher sa qualification pour les JO. Soyons clairs, les skieurs africains ne demandent pas à arriver en limousine au bas des pistes, ils veulent simplement pouvoir s’aligner sur des compétitions comme les autres, que l’olympisme les aide, dans un premier temps, avec des bourses.

Au fond, est-ce que vous ne menez pas un combat un peu chimérique, peu en rapport avec la réalité  ?

Lamine Gueye. Mais si on suit ce raisonnement, les Suisses ne devraient pas s’aligner dans la Coupe de l’America parce qu’ils n’ont pas d’accès à la mer  ! Le Comité international olympique (CIO) communique sur le thème de l’universalité, de la rencontre entre les peuples et il a tout sauf une politique d’ouverture envers les Africains lors des JO d’hiver. Remarquez, ce n’est pas étonnant, lorsqu’on sait comment fonctionne le CIO qui est l’institution la plus opaque qui soit.

Entretien réalisé par Frédéric Sugnot

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Mar 2010 à 18:59

Sous la mythologie du talent, le pouvoir sans limite de la finance

Par jean gadrey, économiste, professeur émérite à l’université de Lille-I.

D’où vient l’explosion des revenus des grands patrons et des vedettes du star-système  ?

On peut expliquer de façon semblable les énormes revenus (plusieurs millions d’euros par an) d’une petite minorité de stars du sport, du cinéma ou du show-biz, mais aussi des grands patrons.

L’argent est véritablement entré dans le monde du sport à partir des années 1970, et les principes de l’amateurisme ont été progressivement abandonnés au cours des années 1980. À partir de cette époque, les salaires des sportifs les plus en vue ont commencé à grimper de façon fulgurante, mais avec de très fortes disparités, non seulement au sein d’une même discipline, mais aussi selon qu’il s’agit de disciplines faisant ou non l’objet de retransmissions télévisées jugées commercialement rentables par les « annonceurs » (la publicité des entreprises). Preuve du fait que ce ne sont pas des talents qui sont récompensés, mais seulement ceux, triés sur le volet, qui peuvent rapporter sur le plan publicitaire. Les meilleurs sportifs du monde dans un sport non retenu par de grands annonceurs ne verront pas leur mérite particulièrement récompensé en monnaie.

Cette focalisation publicitaire sur quelques « sports spectacle », qui s’accompagne de la transformation médiatiquement organisée de quelques individus en vedettes, permet de verser à ces derniers des sommes démesurées, mais ridicules par rapport à ce que la présence de ces vedettes peut rapporter aux annonceurs. Le salaire du basketteur Michael Jordan était estimé à 33 millions de dollars en 1998, et les autres revenus de ses contrats publicitaires à 45 millions de dollars. Mais ces sommes énormes représentaient une goutte d’eau dans l’ensemble de ce que le mensuel Fortune a appelé « l’effet Jordan », évalué par ce mensuel à 10 milliards de dollars pour la seule NBA (Association nationale de basket) et 350 milliards de dollars pour l’ensemble de l’économie américaine.

En remplaçant « sportifs des disciplines les plus médiatisées » par « grands patrons » et « annonceurs » par « actionnaires de contrôle », on obtient une bonne grille d’analyse de l’explosion des rémunérations des dirigeants des grands groupes au cours de la même époque. Dans ce cas, les super-revenus ne dépendent pas de recettes publicitaires associées à l’image d’une star, mais de la capacité supposée du dirigeant à maximiser le cours de l’action et le montant des dividendes distribués, donc aussi à faire des coupes claires dans l’emploi et à bien manier les délocalisations ou les menaces de délocalisations. C’est la prise du pouvoir économique par les actionnaires qui explique avant tout l’explosion des revenus des patrons stars. Si les actionnaires de Total estiment, à tort ou à raison, que leur PDG est pour quelque chose dans les gigantesques profits du groupe (14 milliards d’euros en 2008), un « salaire » de 3 millions, assorti de quelques autres millions de revenus en stock-options ou dividendes, est une goutte d’eau, ici aussi.

Il n’y a rien de naturel ni de « loyal » dans le fait que les « performances » des sportifs ou des patrons leur permettent d’accumuler des richesses aussi importantes. C’est un système particulier de pouvoirs économiques qui en décide, une compétition totalement « faussée ».

Loin d’être un système qui privilégie la concurrence générale, le capitalisme fonctionne par segments presque étanches où les normes de profit et de rémunérations ne se confrontent plus entre elles. Dans le segment des firmes globales, les actionnaires attendent des rendements de 12 % à 15 % ou plus, et les patrons ne se comparent plus aux salariés ou patrons de base mais aux autres patrons du même segment. La finance (et ses rémunérations extravagantes) est devenue un segment déconnecté de l’économie réelle et de ses besoins de financement. Dans cette dernière, les crédits aux entreprises rapportent peu aux banques, qui se ruent sur les marchés dont elles attendent des rendements plusieurs fois supérieurs, quitte à provoquer des crises majeures. Et elles sont alors prêtes à verser aux traders des bonus cent fois supérieurs à ceux des salariés qui remplissent la mission d’intérêt général du crédit aux PME. Les sportifs des rares disciplines où l’argent est roi se comparent entre eux, et pas aux sportifs des disciplines délaissées. Il en va de même pour les stars du cinéma à blockbusters (superproductions à gros budget), segment dont les recettes par film approchent ou dépassent un milliard de dollars.

Ce n’est pas un mythique libre marché des talents qui aboutit à des écarts de revenus aujourd’hui indécents, c’est un système segmenté et hyperconcentré de pouvoirs économiques. Ceux qui ont analysé, par exemple, les qualités professionnelles des salariés qui rendent des services à domicile aux personnes âgées s’accordent pour estimer qu’il s’agit d’un travail qualifié et polyvalent, associé à des responsabilités et à de l’initiative, mais que l’on paye au smic ou à peine au-dessus parce que ces compétences ne sont pas reconnues par le système actuel des rapports de pouvoir.

La quête de justice passe, ici comme ailleurs, par une distribution plus démocratique des cartes du pouvoir. Le star-système capitaliste en est l’exact opposé.



Edité par T 34 - 12 Jun 2010 à 19:59
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Jun 2010 à 19:58

Mondial. une facture salée

Deux  ? Trois  ? Quatre milliards d’euros  ? Plus  ? Pour l’instant, la facture n’a pas été dévoilée, mais elle risque d’être particulièrement salée pour un pays qui n’a pas les « reins » financiers des derniers organisateurs – que des membres du G7 depuis 1990… La Fifa n’a fait aucun cadeau au regard de la situation particulière du pays et a exigé la construction de stades neufs au Cap et à Durban, pour un coût de 800 millions. D’un autre côté, les recettes attendues seront très certainement inférieures aux prévisions, l’objectif des 500 000 visiteurs étrangers semblant hors de portée.
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Jun 2010 à 15:49
Coupe du monde de football : passion, diversion, répression
 

 
Olivier Pironet   
 
Le 11 juin s’ouvre en Afrique du Sud la dix-neuvième édition de la Coupe du monde de football, organisée sous l’égide de la FIFA (Fédération internationale de football association). Avec près de trente milliards de téléspectateurs prévus en audience cumulée (1) et environ 73 000 heures de retransmission dans 214 pays, à raison de soixante-quatre matchs, le Mondial est l’événement le plus médiatisé de la planète.
 
C’est aussi une véritable manne financière pour la FIFA. Entre les droits de retransmission, les contrats publicitaires, la billetterie et les partenariats avec des entreprises comme Coca-Cola ou McDonald’s, celle-ci espère engranger près de trois milliards d’euros de recette globale, dont une partie est destinée aux joueurs, sous forme de primes à multiples zéros, et aux clubs, dont les plus importants, comme le Real Madrid, Barcelone ou Chelsea, seront grassement « indemnisés ». L’organisation dirigée par le Suisse Joseph Blatter – dont le salaire annuel, tenu secret, est estimé à près de 4 millions de dollars – affiche par ailleurs une santé comptable des plus radieuses : son bénéfice se montait en 2009 à 147 millions d’euros, ses fonds propres atteignant 795 millions d’euros (2).


Les chaînes de télévision profiteront également de ce marché juteux. TF1, qui a payé 120 millions d’euros pour retransmettre les différentes rencontres (3), diffusera ainsi pour la finale un spot publicitaire de trente secondes dont le prix se monte à 300 000 euros bruts, lequel sera néanmoins divisé de moitié si l’équipe de France n’atteint pas le stade ultime de la compétition. Avec la libéralisation récente des paris sportifs en ligne, les annonceurs et les sponsors seront bien plus nombreux qu’en 2006, ce qui devrait permettre aux chaînes françaises de largement rentabiliser leurs investissements.
Pour la première fois de son histoire, la compétition se situe sur le continent africain, conformément au vœu du prédécesseur de M. Blatter, Joao Havelange. Dans son testament, rendu public en 1998, celui-ci portait son choix sur l’Afrique du Sud, dont il louait les « atouts » : « L’Apartheid ayant disparu, l’Afrique du Sud peut organiser une Coupe du monde. Grâce à l’or et au diamant, ce pays possède l’une des places boursières les plus importantes au monde, un système de communications parfait, de belles et grandes villes, des aéroports, des routes et des stades. (4)  ».


M. Blatter, qui aime à rappeler ses liens privilégiés avec l’Afrique, «  [s]on continent », avait milité pour que Pretoria accueille l’édition 2006, mais l’Allemagne avait été désignée en juillet 2000 à l’issue de sombres arrangements dénoncés à l’époque par les Sud-Africains. Cette fois-ci c’est chose faite, à la grande satisfaction du président sud-africain Jacob Zuma, lequel voit là le plus grand événement pour le pays depuis la fin de l’apartheid et entend l’utiliser comme un vecteur de cohésion nationale, comme l’avait fait Nelson Mandela pour la Coupe du monde de Rugby, organisée par l’Afrique du Sud en 1995 (5).
Pretoria avait misé sur le Mondial pour relancer l’économie du pays, durement touchée par la crise financière. Mais la facture risque d’être lourde et le réveil difficile pour le contribuable sud-africain. Le gouvernement a entrepris de vastes efforts pour l’occasion. Des stades surdimensionnés ont été construits ou réhabilités, des autoroutes ont été élargies ou prolongées, le pays s’est doté d’un nouvel aéroport à Durban, un train luxueux et rapide desservant les quartiers chics de Johannesbourg, le Gautrain, a vu le jour, les télécommunications ont été améliorées… Au total, les pouvoirs publics ont déboursé 3,5 milliards d’euros, bien plus que les 230 millions d’euros sur lesquels le gouvernement tablait au départ. Le ministère des finances a révisé à la baisse les retombées de la compétition sur la croissance. Ces dernières étaient évaluées à 1 % ; le chiffre a été divisé par deux et pourrait bien être encore plus bas.


Le coût total des neuf stades, par exemple, était estimé à 120 millions d’euros ; la facture définitive se monte à un milliard d’euros, soit dix fois plus que celle envisagée initialement (6). Certes, le pays devrait empocher une fraction des recettes générées par le Mondial, mais certains experts prévoient que le gouvernement fera des coupes drastiques dans les comptes publics pour amortir les dépenses, dont la rentabilité à court terme sera dérisoire. L’argent économisé, qui correspond au budget affecté à la construction de logements pendant dix ans, aurait notamment permis de loger 250 000 personnes à Johannesbourg, une ville frappée par la pauvreté et où les bidonvilles et les sans-abris sont légion. Pretoria a préféré procéder à des expulsions massives à travers le pays, comme au Cap, où vingt mille personnes ont été déplacées de force pour « embellir » la ville, ainsi que le souligne un rapport de l’ONU présenté en mars dernier à l’Assemblée générale des Nations unies (7).


Pour répondre aux conditions draconiennes imposées par la FIFA en matière de sécurité, dans un pays qui compte une moyenne de 20 000 meurtres par an, le gouvernement sud-africain n’a pas lésiné non plus sur les moyens. Près de 150 millions d’euros ont été investis pour garantir l’ordre public pendant la manifestation sportive. Plus de 40 000 policiers ont été spécialement recrutés et formés – notamment par la gendarmerie française. En tout, environ 200 000 gardiens de la paix sont mobilisés pour faire face à la criminalité ainsi qu’au hooliganisme. Ils auront à leur disposition des équipements antiémeutes, des fusils d’assaut dernier cri, des hélicoptères, des véhicules blindés, des caméras de surveillance disséminées dans tout le pays, un système de protection aux frontières, et même des sous-marins et des avions de chasse (8). Sans oublier les 420 000 agents de sécurité privés présents sur tout le territoire. Une cinquantaine de tribunaux spéciaux, sous la houlette de plus de mille juges, avocats et clercs, ont en outre été installés pour traiter les affaires le plus rapidement possible. Ils fonctionneront sept jours sur sept, de 8h30 à 23 heures.


La Coupe du monde, « Une chance pour notre pays », répète à l’envi le gouvernement sud-africain. Mais il est permis d’en douter. Sur les 100 000 emplois créés sur cinq ans, par exemple, la plupart disparaîtront (9). La nation « arc-en-ciel » demeure l’une des plus inégalitaires au monde, avec vingt millions de pauvres, sur une population de 47 millions d’habitants (dont 79 % de Noirs, 9 % de métis, 2,5 % d’Indiens et 9,5 % de Blancs, ces derniers se répartissant l’essentiel des richesses avec une nouvelle classe de Noirs apparue après l’apartheid), où près de la moitié vit avec moins de 1,50 euros par jour. Les Sud-Africains ont placé de grands espoirs dans les effets positifs du Mondial, mais « ces espoirs sont restés sans suite », comme l’explique la Campagne de l’Œuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO) :« des quartiers pauvres ont été rasés ; les ouvriers ont construit les stades pour des salaires de misère ; des vendeurs de rue ont été chassés des rues et privés de leur source de revenu. Bref, la majorité de la population sud-africaine est restée hors jeu. » (10).


Loin de favoriser l’union du pays, comme le voudraient les dignitaires de l’ANC (Congrès national africain), le parti au pouvoir, la Coupe du monde sert plutôt de vitrine au capitalisme mondialisé, dont le sport en général et le football en particulier constituent un élément emblématique. L’univers du ballon rond n’a plus grand-chose à voir avec le sport inventé à la fin du dix-neuvième siècle en Angleterre. Depuis le début des années 1990, en particulier, à la faveur de l’explosion des droits de retransmission et de la déréglementation du marché des transferts, il est entré dans l’ère du « foot business », avec des clubs européens richissimes et des joueurs professionnels « starisés », aux revenus mirobolants, frisant l’« indécence » (11). Au point que de nombreux amateurs et passionnés ne s’y reconnaissent plus, comme le philosophe Jean-Claude Michéa. Selon lui, « l’Economie – qui contrôle désormais ce sport – n’a fait qu’accomplir dans le domaine du football ce qui est sa vocation universelle : noyer “dans les eaux glacées du calcul égoïste” la totalité des actions et des relations humaines, et, ce faisant, les mutiler irrémédiablement dans ce qui en faisait l’essence » (12). L’idéal de fraternité, d’égalité, de solidarité et d’honneur, auxquels étaient attachés les fondateurs de ce sport collectif, aurait-il vécu ?

 
(1) L’édition précédente, en 2006, avait rassemblé vingt-six milliards de téléspectateurs. Un milliard d’individus, soit un habitant de la planète sur six, avaient suivi la finale. Le record d’audience sera très probablement battu.
(2) Lire « Intouchables parrains du football mondial » (aperçu), par David Garcia, juin 2010 (en kiosques).
(3) La chaîne de Martin Bouygues a partagé ses droits de diffusion avec France Télévisions et Canal +, lesquelles ont versé respectivement 25 millions et 8 millions d’euros.
(4) France Football, 1er juin 2010.
(5) Lire « Les dérobades d’“Invictus” », par Mona Chollet, Le lac des cygnes, 12 janvier 2010.
(6) A titre de comparaison, la Coupe du monde accueillie par la France en 1998 avait coûté environ 1,6 milliards d’euros.
(7) Report of the Special Rapporteur on adequate housing as a component of the right to an adequate standard of living, and on the right to non-discrimination in this context, Raquel Rolnik (document PDF), Assemblée générale des Nations unies, New York, 18 décembre 2009.
(8) Lire Footafric. Coupe du monde, capitalisme et néocolonialisme, de Ronan David, Fabien Lebrun et Patrick Vassort, L’Echappée, Montreuil, 2010.
(9) L’Afrique du Sud a perdu près de 900 000 emplois en 2009, première année de récession depuis quinze ans, et la courbe continue inéxorablement de descendre. Elle compte officiellement 25 % de chômeurs, mais les syndicats avancent le chiffre de 40 %.
(10) OSEO, « Hor$jeu – Un carton jaune pour Sepp Blatter ! » (PDF), Lausanne, avril 2010.
(11) En 1971, l’ancien défenseur français Marius Trésor gagnait, en euros constants 2009, 2 500 euros par mois ; l’attaquant Thierry Henry perçoit aujourd’hui près de 1,5 millions d’euros mensuels. Lire « Pourquoi le foot business va dans le mur », Alternatives économiques, juin 2010.
(12) Jean-Claude Michéa, Les Intellectuels, le peuple et le ballon rond, Flammarion, Paris, 2010 (nouvelle édition). Paru pour la première fois en 1998, ce texte rend hommage à l’ouvrage d’Eduardo Galeano, Football, ombre et lumière (Climats, Montpellier, 1997), devenu une référence sur le sujet.
 


Edité par T 34 - 15 Jun 2010 à 15:51
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Notre football hexagonal a aussi sa Françafrique

Les clubs français se sont fait une spécialité de « l’import-export » de joueurs originaires des anciennes colonies. Mais ce business doit s’adapter à la concurrence des autres championnats et au verrouillage des frontières européennes.

Knysna, envoyé spécial.

France, terre d’Afrique ? Pour son ballon rond, la réponse est oui. Dans les années 1930, nos clubs faisaient déjà appel à des joueurs de ce continent pour renforcer leurs effectifs. Le phénomène s’est industrialisé au milieu des années 1990. Après l’arrêt Bosman de 1995, suivi de l’arrêt Malaja élargi à tous les ressortissants des pays signataires des accords de Cotonou, la libre circulation des travailleurs du foot imposée par l’Union européenne a créé un véritable marché du footballeur. Dans cet étrange business, la France est en pointe car elle dispose de trois atouts.

D’abord, elle profite de ses liens toujours étroits avec ses anciennes colonies. Les clubs professionnels ont ainsi fait appel à 131 travailleurs africains pour pousser le ballon en 2008-2009. Dans ce contingent, les Sénégalais étaient les plus nombreux (16), suivis par les Ivoiriens (10), les Maliens (9), les Camerounais (9) et les Marocains (6). Mais les recruteurs français savent aller au-delà de leur ancien pré carré en puisant par exemple au Nigeria (7). Dans tous ces pays, ils n’y cherchent pas de footballeurs confirmés. Au contraire. L’Afrique, en manque de championnat structuré, offre une main-d’œuvre jeune. Pour les Nigérians, la moyenne d’âge de leur premier recrutement dépasse à peine les dix-huit ans, autour de dix-neuf ans pour les Ivoiriens ou les Sénégalais.

Ensuite, il s’agit de transformer le « matériau footballistique » pour le faire fructifier. C’est le deuxième atout tricolore. Son système de formation, reconnu à travers le monde depuis 1998, génère de la valeur ajoutée. L’Étude démographique des footballeurs en Europe, publiée en début d’année par l’Observatoire des footballeurs professionnels, pointe la France comme premier pays formateur de joueurs étrangers. Or, les Nigérians, Camerounais et Ivoiriens sont dans le top cinq des footballeurs expatriés formés à l’étranger. Ne reste plus qu’à faire fructifier cette main-d’œuvre africaine. C’est le troisième atout français. « La Ligue 1 est un espace tremplin qui permet (aux joueurs) de rebondir vers les championnats plus rémunérateurs », note le chercheur Loïc Ravenel. Les transferts rentabilisent alors l’investissement en formation.

Mais la « Françafrique » du foot doit constamment s’adapter. D’une part, la concurrence pour découvrir de nouveaux talents s’est exacerbée. D’autre part, les règlements ont changé. Pour lutter contre la marchandisation des jeunes joueurs, surtout africains, la Fifa a imposé, il y a un an, l’interdiction des transferts de mineur. Enfin, même pour un club de L1, il est plus difficile de régulariser un footballeur recruté à l’étranger.

Les clubs français ont mis en place plusieurs parades. La première est de tirer parti du travail des clubs locaux en institutionnalisant un partenariat qui formalise les chasses gardées. L’AJ Auxerre s’est rapproché du Centre de formation des footballeurs à Brazzaville. Nancy a noué un partenariat avec le Stade d’Abidjan, Saint-Étienne avec l’ASC Yeggo Dakar… Une fois repérés, les espoirs ont le temps de mûrir sur place, jusqu’à leurs dix-huit ans. L’écrémage s’effectuant là-bas, les footballeurs à faire venir sont moins nombreux. Les papiers à leur fournir aussi. L’autre parade est d’élargir le spectre du recrutement. En France, les Sénégalais forment certes la plus importante colonie d’expatriés d’Afrique (13 en 2008-2009). Mais les Argentins sont aussi nombreux qu’eux et les Brésiliens sont les étrangers les plus prisés (23). Le business doit bien continuer.

Stéphane Guérard


La footballisation des esprits : Que reste-t-il des valeurs fondamentales ?

 

Chems Eddine CHITOUR

A un génie qui lui demande de formuler un vœu, le citoyen algérien lambda demande à ce que sa grand-mère morte soit ressuscitée. Dénégation du génie. Deuxième vœu : « Je veux que l’Equipe d’Algérie gagne la Coupe. » Après réflexion, le génie se résout à ramener à la vie, la grand-mère...

Pendant un mois, la planète est sommée de vibrer au rythme du roi football. Comment le football opère ? Cet engouement planétaire fait partie de la stratégie du néolibéralisme qui crée des besoins chez l’individu qui devient de ce fait esclave du divin marché, pour reprendre l’expression du philosophe Dany Robert Dufour. Cependant, les dégâts du néolibéralisme ne sont pas les mêmes selon que l’on soit au Nord comme au Sud. Examinons pour commencer le phénomène de société dans les pays du Sud.

Le philosophe Fabien Ollier dresse un état des lieux sans concession de cette grand-messe planétaire orchestrée par « la toute-puissante multinationale privée de la Fifa ». « Il suffit, écrit-il, de se plonger dans l’histoire des Coupes du Monde pour en extraire la longue infamie politique et la stratégie d’aliénation planétaire.(...) L’expression du capital le plus prédateur est à l’oeuvre : les multinationales partenaires de la Fifa et diverses organisations mafieuses se sont déjà abattues sur l’Afrique du Sud pour en tirer les plus gros bénéfices possibles. Un certain nombre de journalistes, qui ont travaillé en profondeur sur le système Fifa, ont mis en évidence le mode de fonctionnement plutôt crapuleux de l’organisation. (...). Le déploiement sécuritaire censé maintenir l’ordre, assurer une soi-disant paix civile, n’est autre en réalité que la construction d’un véritable état de siège.(...) Tout cela relève d’une diversion politique évidente, d’un contrôle idéologique d’une population. En temps de crise économique, le seul sujet qui devrait nous concerner est la santé de nos petits footballeurs. C’est pitoyable. Il existe en réalité une propension du plus grand nombre à réclamer sa part d’opium sportif. (...).(...) Trop d’intellectuels ont succombé aux « passions vibratoires » et aux « extases » sportives ; ce sont eux qui légitiment à présent, l’horreur sportive généralisée : violences, dopage, magouilles, crétinisme des supporters, etc. (...) A mon sens, il n’est pas seulement le reflet, le football est également producteur de violences sociales, générateur de violences nouvelles. Il impose un modèle de darwinisme social. Cela tient à sa structure même : le football est organisé en logique de compétition et d’affrontement. Jouer ce spectacle par des acteurs surpayés devant des smicards et des chômeurs est aussi une forme de violence. (...)La symbolisation de la guerre n’existe pas dans les stades, la guerre est présente. Le football exacerbe les tensions nationalistes et suscite des émotions patriotiques d’un vulgaire et d’une absurdité éclatants. (...) » (1)

Hypnose collective

Nous l’avons vu avec un certain match Algérie-Egypte, qui a failli amener la rupture des relations diplomatiques ! La même analyse, sans concession, nous est donnée par Samuel Metairie : « Aujourd’hui, écrit-il, c’est le Grand Soir tant attendu par la majorité de la population de ce Globe. Vendredi 11 juin 2010, enfin s’ouvre en Afrique du Sud la plus grosse compétition de football de la planète, où les humains de toutes les nations, du peuple aux élites politiques et économiques, vont pendant un mois de matraquage médiatique aveuglant, pouvoir, à coeur joie s’adonner à la satisfaction universelle de leurs pulsions serviles, cyniques et mercantiles. (...) Et l’institution du football fait croire à ses admirateurs qu’elle leur donne des gages de bonheur en substitut des substrats de frustrations et de déceptions, confortant la petite société dans l’hypnose collective pour la rendre malléable, corvéable à merci. (...) Bref, ainsi, va-t-on, une fois de plus, pouvoir laver nos cerveaux d’hommes rationnels en oubliant enfin la crise économique, les profits actionnariaux, le chômage volontairement entretenu, la précarité, la faim du Tiers-Monde, l’exploitation des dominés, les expropriations de terres par les trusts agroalimentaires, la crise écologique, le scandale de la marée noire en Nouvelle-Orléans, la guerre au Moyen-Orient (...) » (2)

« Trente-deux équipes, dont une vingtaine issues de pays occidentaux, vont pouvoir fouler les pelouses de leurs crampons, et servir les bas instincts pulsatifs de milliers d’hommes et de femmes peuplant les stades en jouant aux gladiateurs des temps modernes. Sauf que ces gladiateurs sont devenus des hommes d’affaires intouchables, dont le salaire mensuel (disons honoraires ou dividendes) correspond, à plusieurs années de travail d’un salarié français moyen. Juste pour pousser une balle avec ses potes jusqu’à 30 ans, pendant que de plus en plus de Français vont être obligés de travailler jusqu’à 65-70 ans. (...) Une question vient à l’esprit : si le football était vraiment un sport, ne pourrait-on pas payer ces gens raisonnablement, à hauteur du salaire minimum ? Ne pourraient-ils pas reverser ce capital vers ceux qui en ont besoin, aux pauvres oubliés par l’Occident, aux peuples d’Afrique, d’Asie, d’Amérique, au lieu de prendre l’Afrique pour une cour de récréation ? (...) Aux quatre coins du monde, surtout dans les pays plus pauvres, c’est partout la même logique du capitalisme : l’appareil économique occidental s’implante, génère des marges commerciales et des bénéfices. Il fait de l’argent sur place en exploitant la main-d’oeuvre locale, et rapatrie ses capitaux dans les grandes banques européennes. (...) »

D’après la Fifa, chaque nation présente en Afrique du Sud recevra une dotation d’au moins 8 millions de dollars, une somme qui augmente en fonction du parcours de l’équipe : un quart de finaliste gagnera par exemple plus de 11 millions d’euros, et le champion du monde, environ 25 millions d’euros. Les clubs des joueurs engagés touchent aussi des dotations, pour un total de 40 millions de dollars. 278.5 millions d’euros seraient distribués aux équipes participantes. A raison de 8,2 millions d’euros par équipe. Chaque joueur aura une indemnité de 1600 dollars par jour. Cette indemnité cessera le lendemain de l’élimination de l’équipe des joueurs. La Fifa va recevoir environ 2.1 milliards d’euros uniquement avec les droits TV auxquels il faut ajouter les nombreux sponsors qui doivent verser plus d’un milliard d’euros. (3)

Justement, pour parler de l’indécence des sommes colossales perçues, il faut savoir par exemple, que dix joueurs les mieux payés dont David Beckam, Ronaldinho Gaucho, Whyne Rooney ont reçu en une année 135 millions d’euros en salaires, primes, droits de sponsoring... soit en moyenne 20 millions de dollars par individu (55.000 $/jour, contre 2$/jour en moyenne pour un Africain) ou encore le salaire journalier du joueur est équivalent à ce que reçoivent deux Africains sur une carrière de 32 ans). C’est ça le scandale du marché du néolibéralisme, de la mondialisation laminoir qui font que ce que la société a accumulé pendant des siècles risque de disparaître sous les coups de boutoir du « Divin marché » où la valeur d’un individu, c’est de plus en plus ce qu’il peut rapporter, et ce qu’il peut consommer et non ce qu’il recèle comme culture et savoir. On comprend alors, l’illusion de l’éducation, notamment dans les pays du Sud où l’éducation est la dernière roue de la charrette.

On est loin de l’aspect noble du sport. On peut penser valablement que cette dimension du sport pour le sport avec les « magiciens » du ballon comme Di Stefano, Kopa, Pélé, Garrincha, et tant d’autres, s’est arrêtée avec, il y a une vingtaine d’années, pour laisser place au vedettariat et aux salaires démentiels. On rapporte que le mathématicien russe, Grigori Perelman, a ignoré le prix d’un million de dollars. D’après la Voix de la Russie, le mathématicien russe Grigori Perelman a ignoré le prix d’un million de dollars qui lui était attribué par l’Institut mathématique de Clay pour avoir prouvé l’hypothèse de Poincaré. Le lauréat n’est pas venu à la cérémonie de la remise du prix qui s’est passée mardi 8 juin dans le cadre d’un symposium mathématique à Paris. Le Russe s’était déjà vu décerner en 2006 la médaille Fields, considérée comme le « Nobel en mathématiques », qu’il avait refusée. Le mathématicien et directeur de l’Institut Henri-Poincaré, Michel Broué, s’est réjoui de l’attitude de Grigori Perelman en déclarant que « l’activité des mathématiques était jusqu’à maintenant, par nature, protégée de la pourriture financière et commerciale, j’emploie ce terme volontairement. Mais je pense que c’est sans doute une des raisons qui font que Perelman dit et veut dire qu’il ne veut pas travailler pour le fric ni pour les récompenses. C’est une chose, il travaille pour l’honneur de l’esprit humain. » (4)

A l’autre bout du curseur, il y a des intellectuels qui trouvent que le football joue un rôle social indéniable. Pascal Boniface, le directeur de l’Ifri (Institut français des relations internationales) écrit : « (...) À feuilleter les journaux, à regarder la télévision, écouter la radio, le football semble concentrer contre lui toutes les critiques. (...) Il déchaîne la violence, nourrit le racisme, provoque l’abrutissement des foules, fait triompher la brutalité, le dopage, la corruption, et favorise le déferlement de l’argent roi. (...) Le football ne mérite ni cet excès d’honneur ni cette indignité. (..) Le football occupe une telle place dans la société, démesurée aux yeux mêmes de nombreux responsables. (...) On attribue au football la cause de problèmes dont il n’est que le reflet. (...) Le racisme ? Le football en est plus victime que coupable (...) Il est effectivement anormal et inacceptable que des supporters lancent des injures racistes à un joueur. (...) Le football est essentiellement démocratique, il n’y a pas de raison, d’hérédité ou de réseau social. Chacun est sur la même la ligne de départ. (...) Le football, c’est le vouloir vivre ensemble. Il occupe une place indispensable dans la société où il anime la vie. (...) Une critique récurrente porte sur les dérives de l’argent. Les stars du football gagnent, en effet, des sommes considérables, des salaires mensuels qui donnent le vertige, des salaires annuels qui peuvent dépasser les gains de toute une vie. Les stars d’aujourd’hui gagnent en un mois ce que gagnaient celles d’il y a une génération en un an et celles d’il y a deux générations en une carrière, et encore. (...) Mais est-ce le football qui doit être condamné ou la loi du marché ? Les salaires qui leur sont proposés ne sont que le reflet de cette dernière (...) L’argent drainé par le football est sans comparaison par rapport à celui qui circule dans la plupart des autres sports (...) Le football écrase la concurrence. (...) Ce sont les médias, le public et les sponsors qui décident au final qu’il faut investir sur le football, qu’il faut montrer du football parce que cela attire le public. (...) » (6)

Qu’en est-il de l’opium du football en Algérie ? Pour le sociologue Zoubir Arrous, le foot n’est plus un jeu sportif, mais plutôt un enjeu politique et financier. (..) Ainsi, nous pouvons dire qu’il y a, dans le cas de l’Algérie, un véritable conflit entre le stade et la mosquée. (...) La paix sociale grâce au foot ne dure pas dans le temps. L’après-match ou l’après-foot est la période la plus dangereuse sur le plan social. Le citoyen revient à son état normal et parfois critique. (...) Le foot peut faire l’objet d’un contrat social dans les sociétés qui n’ont pas de crise et qui ne cherchent pas de changement. Le foot est aujourd’hui devenu la nouvelle religion. (6)

En Algérie, l’Ecole ne fait plus rêver. Elle ne joue plus son rôle d’ascenseur social et ne discrimine plus entre « ceux qui jaillissent du néant » et les laborieux et les sans-grade qui cumulent en une carrière ce que perçoit un joueur en une saison. Il est vrai que la contagion du jeu et du mercato a envahi l’Algérie. « Le marché des transferts de joueurs de football écrit M.Gemill, s’est enflammé cette année en Algérie ! Les prix exigés par les supposés agents de joueurs et les sommes offertes par les clubs ont doublé, voire triplé. Même si certains n’ont de footballeur que le nom qu’ils portent, loin du professionnel qu’on recherche, ils engrangent des revenus faramineux eu égard aux sommes exorbitantes exigées pour leur transfert. Ces joueurs d’un niveau juste moyen, pouvant inscrire seulement un but pendant toute une saison. Les primes de signature se négocient au minimum à 900 millions de centimes (90.000 euros) pour n’importe quel jeune joueur qui s’est distingué lors du précédent exercice et grimpent jusqu’au milliard et demi de centimes, voire deux (200.000 euros) pour les joueurs confirmés et les rares attaquants. » (7)

De ce fait, certains parents l’ont bien compris, ils cherchent pour leurs enfants la rampe de lancement la plus juteuse en termes de fortune rapide, ils ne cherchent pas la meilleure école pour leurs enfants, mais le meilleur club pour inscrire leurs enfants, il existe de véritables circuits où il faut être connu pour placer son enfant et le must consiste à suivre l’évolution de son enfant lors des entraînements. C’est un placement sûr qui peut valoir de la devise... On dit que nous allons vers le professionnalisme ! Nous n’arrêtons pas de singer et d’appliquer à la lettre les injonctions du « marché ». Quelle est la valeur ajoutée pour le pays d’un joueur par rapport à un universitaire besogneux qui doit se réincarner à titre d’exemple, plusieurs fois pour atteindre la prime donnée en une fois à un joueur lors de cette Coupe du Monde ?

Après avoir laminé le « collectif » au profit de l’individualisme le néo-libéralisme s’attaque sans résistance majeure, aux derniers bastions du vivre ensemble. Après avoir laminé les Jeux olympiques qui sont devenus des jeux marchands où l’effort passe en arrière plan de ce qu’il peut rapporter en terme d’image, après avoir créer des ersatz de divertissements , le néolibéralisme investit l’industrie du plaisir fugace et ne s’installe pas dans la durée, il vole d’opium en opium en « extrayant de la valeur » au passage, laissant l’individu sujet consommateur sous influence en pleine errance avec des réveils amers, où il retrouve la précarité, la malvie en attendant un autre hypothétique soporifique devenant définitivement l’esclave du divin marché selon le juste mot du philosophe Dany Robert Dufour

Pr Chems Eddine CHITOUR
Ecole Polytechnique enp.edu.dz

1. Fabien Ollier : « La Coupe du Monde, une aliénation planétaire » Le Monde.fr 10 06 2010

2. Samuel Metairie Quand l’Occident dissimule son colonialisme derrière un évènement sportif... Le Grand soir 12 juin 2010 http://www.legrandsoir.info/Quand-l...

3. Stephane de Satukin : LeMonde.Fr avec AFP 07.06.10

4. Le Canard Républicain Agoravox 10 juin 2010

5. Pascal Boniface www.iris-france.org/ docs/pdf/2008-livre-blanc-football.pdf

6. http://forumdesdemocrates.over-blog...

7. M. Gemmill Algérie : Le marché des transferts s’enflamme. La Tribune 5 juillet 2009.



Edité par T 34 - 18 Jun 2010 à 20:28
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Jun 2010 à 15:55

« Dans un stade c’est un moment de communion, il n’y a plus de classes sociales » !

 

Mohamed BELAALI

« Le sport est une réponse à la crise, c’est parce qu’il y a des problèmes qu’il faut mobiliser le pays vers l’organisation de grands événements. Qu’est-ce qu’il y a de plus fort que le sport, et à l’intérieur du sport qu’est-ce qu’il y a de plus fort que le football » ? s’exclamait Nicolas Sarkozy. « Dans un stade c’est un moment de communion, il n’y a plus de classes sociales » déclarait Roselyne Bachelot (1).

Le sport et plus particulièrement le football, voilà les remèdes miracles de la bourgeoisie et de ses serviteurs contre la crise du capitalisme. Ils permettent de surcroît d’abolir les classes et la lutte des classes ! Belle manière pour anesthésier la population et faire passer ainsi, sans trop de difficultés, des « réformes » douloureuses et réaliser des bénéfices fabuleux. Sauf que le football, tel qu’il est organisé aujourd’hui, est l’expression, le miroir d’une société capitaliste malade avec ses tares et sa brutalité : compétition à outrance, haine de l’autre, corruption, tricheries, racisme, chauvinisme, machisme, dopage, violence etc. etc.*

En plus de la propagande quotidienne habituelle, faits divers, météo, burqa, sécurité, etc. l’annonce de l’Euro 2016 et la coupe du monde de football constituent une véritable aubaine pour les riches en ces temps de rigueur et d’austérité. Les luttes sociales deviennent difficiles à mener durant le Mondial. Ils savent que le foot fascine et tétanise les pauvres. Il leur procure, à l’instar d’une drogue dure, des moments de plaisir en oubliant un instant leur triste sort. Le foot les fait sortir massivement dans la rue crier la victoire de leur équipe : « on a gagné ! ... on a gagné ! ». Dans ce sens il leur sert d’exutoire aux multiples privations et frustrations. En les soulageant, le football les détourne en même temps de leurs vrais problèmes.

Les grands médias, jour et nuit, vont se charger de gaver le peuple d’images, de débats, d’interview et de commentaires liés au foot. Dans les foyers, les cafés, les restaurants, dans certains établissements scolaires, les stades, sur les places publiques... des écrans de télévision, petits et grands, transmettent en direct tous les matchs de la coupe du monde. Concerts, tournois, jeux, films, expositions et autres animations sont également prévus pour célébrer cet événement sportif qui se répète inlassablement tous les quatre ans. Tout est prêt pour que les pauvres « vibrent » ensemble et oublient les luttes sociales.

Pendant ce temps là, les grandes multinationales, elles, gèrent et comptent tranquillement leurs milliards de dollars gagnés grâce à cette hystérie collective que représente la coupe du monde de football.

Profitant, lui aussi, de cette anesthésie générale, le président de la République Nicolas Sarkozy annonce solennellement le 16 juin 2010 en pleine coupe du monde la destruction de ce qui reste encore du système de retraite par répartition.

« Panem et circenses », voilà ce que les empereurs de la Rome antique offraient au peuple afin qu’il ne songe plus à sa misère.

Mais aujourd’hui ni les jeux ni le pain ne sont gratuits et les joueurs ne sont plus des gladiateurs. Le sport, comme la plupart des activités, est une vulgaire marchandise qui se vend et s’achète. Le sport, dans le cadre du capitalisme, est d’abord un marché, et un marché fabuleux. La dernière coupe du monde organisée en Allemagne en 2006 a enregistré plus de 26 milliards de téléspectateurs en audience cumulée à travers le monde. La liste des sponsors est interminable. Le chiffre d’affaire (ensemble des ventes) de la Fédération internationale de football (FIFA), l’une des organisations les plus corrompues au monde(2), a progressé de 60 % entre 2006 et 2010 (3). Les fabricants et les vendeurs de téléviseurs se frottent les mains. Sur seulement deux mois (mai/juin), leurs ventes peuvent atteindre les 200 000 postes. Les équipementiers sportifs comme Adidas, Nike et Puma s’arrachent à coup de millions de dollars des contrats avec les équipes nationales pour qu’elles portent leurs couleurs. Ils espèrent ainsi doper leurs ventes, en berne en 2009, de ballons, chaussures et autres maillots de foot. Les chaînes de télévision achètent à prix d’or les droits de diffuser les matchs afin d’ augmenter leur audience et vendre ainsi leurs spots publicitaires de trente secondes le plus cher possible.

Les corps des sportifs ne sont que des machines à sous. Les compétitions sont poussées à l’extrême afin que le spectacle soit rentable. Car seule la victoire, par tous les moyens, compte. Le dopage généralisé, dans ces conditions, devient indispensable. Le sport, paradoxalement, constitue ainsi la négation des qualités physiques des sportifs !

La bourgeoisie est donc gagnante sur les deux tableaux : endormir le peuple et faire des bénéfices.

Dans le cadre d’un capitalisme mondialisé, le sport en général et le football en particulier ne peuvent que servir la classe dominante qui les utilise comme un marché planétaire pour ses marchandises. Le football dans cette optique n’est, pour elle, qu’un instrument efficace pour faire des bénéfices. A cette fin, elle mobilise d’une manière hystérique tout son appareil idéologique et médiatique. La classe dirigeante exploite et exacerbe à l’extrême les passions et les comportements les plus grégaires et dressent les individus et les nations les uns contre les autres, les détournant ainsi des vrais responsables de leurs malheurs c’est à dire le capitalisme et la classe sociale qui le porte, la bourgeoisie.

Mohamed Belaali

(1) http://www.france-info.com

(2) Voir, entre autres, « Carton rouge, les dessous troublants de la FIFA » d’Andrew Jennings, Presses De La Cité.

(3) Les Echos.fr



Edité par T 34 - 12 Jul 2010 à 20:31
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Jul 2010 à 20:30

Le Tour s’exporte : le classique devient multinational

Ce n’est pas la première fois que le Tour de France s’élancera de l’étranger ce samedi 3 juillet. La Grande Boucle a toujours passionné le public européen en général et elle séduit aujourd’hui plus loin encore.

En 1954 déjà, le peloton s’élançait d’Amsterdam. Si le Tour reste aujourd’hui un événement sportif incontournable, le milieu cycliste n’échappe pas à une implication économique croissante. Tour de France rime donc avec profit pour une partie des concernés. Evidemment le dopage reste l’obsession principale des amoureux du vélo. Mais chaque course résulte d’une organisation particulière qui n’exclut pas une certaine stratégie économique. A l’ombre de la fête du sport le Tour s’exporte aussi par appât du gain. 

 

L’organisation du Tour de France appartient à Amaury Sports Organisation (ASO). La société anonyme est en plein développement et ne cesse de récupérer l’organisation d’événements sportifs. Le Paris-Dakar, le marathon de Paris, les classiques cyclistes de Paris-Nice, Paris-Roubaix sont aussi la chasse gardée d’ASO. Dernière conquête en date le Critérium du Dauphiné version 2010. Véritablement rien n’arrête l’expansion d’ASO. Filiale du groupe Amaury, l’entreprise créée en 1992 possède un chiffre d’affaires annuel avoisinant les 150 millions d’euros avec notamment 30 millions d’euros de bénéfices. La puissance d’ASO résulte aussi de son investissement dans la presse. En effet, les journaux Le Parisien, Aujourd’hui en France, L’Equipe, France Football et Vélo Magazine lui appartiennent. De cette façon le groupe contrôle à la fois l’organisation sportive en elle-même et sa couverture médiatique. Par conséquent le groupe Amaury s’érige chaque jour un peu plus comme un empire. On peut donc légitimement craindre un monopole sur l’événementiel sportif. Par exemple, le groupe assure aujourd’hui quasi-totalité des courses cyclistes françaises.

Après avoir annulé le Paris Dakar en 2008, ASO délocalisait la course mythique en Amérique du Sud où la course automobile est une véritable passion. Si cette épreuve a perdu de son importance en Europe ou en Afrique elle connait désormais un succès incroyable en Argentine ou au Chili. L’internationalisation du Paris Dakar a permis  d’élargir sa popularité mondiale et les retombées économiques s’en ressentent du même coup. Le groupe Amaury applique la même stratégie avec le Tour de France. En décidant de faire partir le peloton à Rotterdam ce ne sont pas seulement les coureurs qui gagnent en visibilité. Le sport -particulièrement lorsqu’il est massivement médiatisé ce qui est le cas pour  le Tour de France ou la coupe du monde- s’élabore à présent comme un marché. Ce sont aussi les sponsors et la publicité, toujours plus présents dans la route du Tour, qui paradent sous les yeux de millions de spectateurs. Le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, rappelait à juste titre la teneur des demandes pour le passage du Tour à l’étranger. L’épreuve, toujours aussi attractive, a attirée pas moins de cinquante candidatures venant de l’étranger. Cette année on a parlé de la Pologne, du Qatar mais aussi du Japon pour accueillir le Tour. Cependant on sait bien qu’il n’est pas seulement question d’image ou de prestige pour une épreuve vieille de 107 ans. Son exportation engendre aussi des bénéfices économiques.

Les étapes à l’étranger attirent public comme sponsors.  Les marques et les entreprises partenaires profitent du Tour comme d’une vitrine publicitaire exceptionnelle. Aussi ces dernières années les étapes hors hexagone se font de plus en plus fréquentes et l’on peut comprendre pourquoi. Par ailleurs la Grande Boucle reste une fête populaire mais il faut s’inquiéter de la confusion croissante entre sport et argent. L’esprit et les valeurs d’autres disciplines ont volé en éclat depuis cette dangereuse association. Au cours du mois de juillet la compétition sera retransmise dans environ 170 pays. Elle sera au cœur de l’actualité médiatique et sportive étrangère. Il ne faut pas oublier que le succès international du Tour de France est fortement lié à son esprit et à sa culture traditionnelle, aux paysages qui dévoilent la France dans sa plus grande intimité. Le Tour ne peut pas perdre de son caractère et la tendance actuelle à la mondialisation sportive n’est pas compatible avec son histoire. Ici les hommes comptent autant que les routes et les ascensions mythiques.

 

Le Tour de France conserve toujours autant de sa magie et de son esprit populaire. On ne peut que se réjouir de l’engouement qu’il suscite aussi à l’étranger. Mais il est victime de son propre succès. Quand le sport devient l’otage d’une instrumentalisation économique la fête est gâchée.  Il semble aussi que les institutions perdent progressivement la main face au privé. Les disputes récurrentes entre l’Union Cycliste internationale et l’ASO peuvent alimenter cette crainte. Il serait temps de comprendre que c’est la dimension lucrative du professionnalisme qui entraine la perte de l’éthique sportive. Le vélo ne mérite pas ça.

Matthieu Windey

Faut-il relancer la lutte contre le dopage ?

Le 97e Tour de France s'élance samedi de Rotterdam au Pays-Bas. Si Contador est le favori pour gagner un troisième Tour avec le Luxembourgeois Andy Schleck en embuscade, côté coulisse, l'éviction de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) de l'épreuve reine du cyclisme en dit long sur la bataille autour du dopage.

Dans un entretien à lire dans l'Humanité des débats, le président de l'AFLD Pierre Bordry, assure que les contrôleurs de l'Agence seront présents sur la Grande boucle.

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Jul 2010 à 20:45

La propagande ne doit pas être vraiment adaptée aux enfants...

Un de mes fils, âgé de 7 ans (et qui pratique le football) a dit chez ses grands-parents "J'en ai marre de ces messieurs qui discutent. Moi, ce qui m'intéresse, c'est les matchs !"Smile
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Jul 2010 à 14:58

Comment TF1 a vendu « sa » Coupe du Monde de football

Publié le 12 juillet 2010 par Mathias Reymond

La dure loi du sport, sur TF1, se confond avec la dure loi du profit… Comment ramasser la mise d’un investissement pharaonique ? En ne plaçant sous les projecteurs que les matchs diffusés sur sa chaîne, et en incitant constamment les téléspectateurs à aller parier en ligne sur son site Internet…

« A ne pas manquer »… sur TF1

La première chaîne a, dans un premier temps, obtenu les droits de diffusion de tous les matchs de la Coupe du Monde en Afrique du Sud. Compte tenu des sommes astronomiques qu’ils ont dû débourser (120 millions d’euros), les dirigeants de TF1 ont fait le choix de rétrocéder les affiches les moins alléchantes à France Télévisions et à Canal Plus pour 33 millions d’euros (25 millions d’euros pour le groupe public – « une très bonne affaire » selon Daniel Bilalian le directeur des Sports de France Télévisions – et 8 millions pour la chaîne cryptée) [1]. La situation est ensuite devenue complètement grotesque : les journalistes de la chaîne se sont empressés d’« oublier » d’évoquer les matchs diffusés chez leurs concurrents…

Les exemples sont nombreux. Ainsi dans le journal de 13 heures du 15 juin 2010, Jean-Pierre Pernaut insiste plusieurs fois sur les matchs du groupe G diffusés le jour-même sur TF1 : « A 16h Côte d’Ivoire – Portugal, c’est un match superbe. A 20h Laurence Ferrari et à 20h20 le Brésil. » Mais il n’évoque à aucun moment l’autre match de la journée (Slovaquie – Nouvelle Zélande) diffusé sur France 2 à 13h30…

Autre séquence burlesque dans « Le Mag » du même jour sur TF1 lorsque Denis Brogniart annonce le programme du lendemain : « Avant de se séparer le programme de demain avec un match à ne surtout pas manquer, regardez [un panneau avec l’horaire des 3 matches de la journée du mercredi 16 juin s’affiche] Espagne-Suisse sur TF1, prise d’antenne 15h50, coup d’envoi 16h (…). Le Champion d’Europe [l’Espagne], l’un des favoris de cette compétition, entre en lice. Il y aura deux autres matches également demain. » Les deux autres matchs (Afrique du Sud – Uruguay et Chili – Honduras) sont-ils, eux, « à manquer » ?

Et lorsque le match du soir (à 20h30) n’est pas diffusé sur TF1, il n’est jamais question pour Laurence Ferrari de l’annoncer…

De la Coupe du Monde, TF1 attend un retour sur investissement. Si l’Equipe de France était arrivée en finale, la publicité auraient été facturée 300 000 euros pour trente secondes, en définitive, elle n’a été « que » de 260 000 euros. Il y a donc un manque a gagner réel avec l’élimination des Bleus. Comment le compenser ? En ne parlant que de leur élimination !

Raymond Domenech, Nicolas Anelka et Jean-Pierre Escalettes (président de la Fédération Française de Football) ont bon dos, et leur casser du sucre dessus ne relèverait que du commentaire sportif. À moins que… En effet, il est plutôt consternant de constater que l’émission dominicale « Télé Foot » a consacré l’essentiel de ses programmes à ne parler que des mésaventures de l’Équipe de France, oubliant de diffuser les résumés des matchs du Mondial et omettant même parfois de signaler quelles étaient les nations qualifiées pour les huitièmes de finale… Est-ce vraiment innocent ? [2]

Il faut dire que l’animateur de « Téléfoot », et du magazine quotidien de la Coupe du Monde « Le Mag » n’était autre que Denis Brogniart, le présentateur de « La Ferme Célébrités, spéciale Afrique » : un spécialiste quand il s’agit d’agiter des polémique subalternes et d’attiser les conflits. « En pleine Coupe du monde, souligne le site des Cahiers du footbal, une infime partie de « Téléfoot » a été consacrée au jeu. À croire que le Mondial est fini... ou que les télés aiment de moins en moins le football. » En effet, sur une émission qui dure trois quarts d’heure (celle du 4 juillet, par exemple), on ne compte seulement que deux minutes et trente cinq secondes d’images de football… Le reste étant consacré au « foot français dans la tourmente », aux interviews, aux commentaires d’experts et anciens footballeurs… [3]

Les paris de TF1

C’est un leitmotiv sur TF1 : à chaque match, sa cote. Avec la nouvelle loi autorisant les jeux d’argent en ligne (et a fortiori les paris sportifs en ligne), la première chaîne s’est engouffrée dans la brèche.

Pendant le match Côte d’Ivoire – Portugal (15 juin), après 5min 15s de jeu, David Astorga « commente » : « Alors le Portugal qui est logiquement favori de cette rencontre avec une cote de 2 et c’est logique puisque les Portugais sont sur une série de 14 matchs sans défaite et sont invaincus contre les équipes africaines depuis 24 ans. Plus d’analyses et de statistiques sur tf1.fr ». En faisant un saut sur le site, on constate que la page Coupe du Monde s’ouvre sur des publicités pour FDJ.fr (le site de la Française des jeux) ainsi que pour Eurosportbet.fr, une société créée par TF1 avec sa filiale Eurosport [4].

Le soir même, lors du match Brésil – Corée du Nord, après 3min 39s de jeu, Christian Jeanpierre « informe » : « Alors que le Brésil évidemment est favori pour cette rencontre. La cote est de 1,05. C’est pas vraiment étonnant car ces joueurs n’ont jamais perdu lors d’une phase finale contre une équipe asiatique. Retrouvez toutes les infos, toutes les stats sur tf1.fr. » Plus tard, il relance le « suspense » après 40min 20s : « Et pour l’instant on assiste à une vraie surprise : le Brésil tenu en échec par la Corée du Nord. La cote du Brésil au début du match laissait supposer qu’ils allaient faire qu’une bouchée de ces asiatiques eh bien que nenni. »

Le même journaliste sportif (journaliste ou croupier ? [5]), lors du match Italie – Paraguay (14 juin) attend 5min 14s de jeu pour vendre la cote : « Alors qu’évidemment pour ce match l’Italie est favorite avec une côte de 1,8 c’est normal puisqu’ils sont champions du monde en titre. Pour info, si vous voulez plus de statistiques, vous pouvez allez sur tf1.fr ». Et de redonner cette information éminemment sportive après la mi-temps (52min 52s de jeu) : « la cote s’est inversée, elle est maintenant de 1,9 en faveur du Paraguay. Et vous pouvez bien sûr retrouvez toutes les statistiques sur tf1.fr ».

Surprenants commentaires ? La surprise ne pouvait pas être totale pour ceux qui s’étaient tenus informés, notamment auprès du site Boursier.com qui, le 2 février 2010 annonçait un « partenariat entre TF1 et la Française des jeux », que LCI (la cousine de TF1) détaillait ainsi : « L’accord, d’une durée de 3 ans, permettra de mettre à disposition des internautes un espace dédié aux jeux sur le site tf1.fr. Cet espace sera opéré par La Française des Jeux et reprendra l’offre de jeux de cette dernière (jeux de loterie, paris sportifs, poker). Il intègrera également des contenus exclusifs TF1 ainsi que des pronostics des "figures" de la chaîne, a précisé TF1. Ce partenariat global prévoit également le sponsoring de programmes courts sur l’antenne de TF1 en lien avec l’actualité sportive et la Coupe du monde de football. Il prévoit aussi la possibilité d’exploiter des licences de marque TF1 pour des jeux de grattage dans le réseau de la Française des Jeux. Le site de TF1 enregistre chaque mois 15 millions de visiteurs uniques. »

* * *

C’est ce que l’on appelle les « valeurs du sport » dont on fit grand cas sur TF1, la chaîne de la conscience morale la plus affûtée, quand l’équipe de France de football fut gagnée par le syndrome de la défaite…

Mathias Reymond (avec Laurent L. et Henri Maler)

Notes

[1] TF1 a également donné le droit à Canal Plus de diffuser les matchs de la première chaîne en différé.

[2] Les journalistes de TF1 ne sont pas les seuls à se passionner pour les aléas des Bleus… La plupart des commentateurs « vedettes » de l’actualité footballistique ont profité de la situation pour publier des ouvrages à la pelle. Voir une recension sur le site football.fr.

[3] Voir l’article 6% Foot sur le site des Cahiers du Football.

[4] Voir l’article sur ce sujet sur le site de nouvelobs.com.

[5] Voir à ce sujet l’article publié sur le site LePost.fr.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Jul 2010 à 18:39
Insolite Mondial de football
OPINION : Le royaume magique

Eduardo Galeano

Traduit par  Esteban G.
Edité par  Fausto Giudice

 

 

Pacho Maturana, ce Colombien d’une très grande expérience en la matière, dit que le football est un royaume magique où tout peut arriver. Le Mondial 2010 a confirmé ses dires : ce fut un Mondial insolite.

 
Insolites, les dix stades où les matches se sont déroulés. Ils étaient magnifiques et immenses et ont coûté une fortune. On ne sait pas comment fera l’Afrique du Sud pour entretenir ces géants de béton, un gaspillage de milliards facile à expliquer mais difficile à justifier dans l’un des pays les plus injustes du monde.
 
Insolite, ce ballon savonneux d’Adidas, à moitié fou, qui glissait des mains et n’obéissait pas aux pieds. Le fameux Jabulani* a été imposé malgré la grogne des joueurs. De leur château à Zurich les patrons du football imposent, ils ne proposent pas. Ils ont l’habitude.
 
Insolite, que la toute-puissante bureaucratie de la FIFA reconnaisse enfin, au moins, au bout de tant d’années, qu’il fallait étudier la façon d’aider les arbitres lors d’actions décisives. Ce n’est pas beaucoup, mais c’est toujours ça, il était temps. Même ces sourds parmi les pires – ceux qui ne veulent pas entendre - ont été obligés d’entendre les cris déchaînés par les erreurs de certains arbitres, qui dans le dernier match sont devenues des horreurs. Pourquoi devons-nous voir sur les écrans de télévision ce que les arbitres n’ont pas vu ou peut-être n’ont pas pu voir ? Des cris de bon sens : presque tous les sports, le basketball, le tennis, le baseball et même l’escrime et le sport automobile utilisent la technologie moderne pour qu’il n’y ait pas de doute. Le football, non.
 
Les arbitres sont autorisés à se servir de cette ancienne invention qu’est la montre, pour contrôler la durée des matches et le décompte des arrêts de jeu, et c’est tout, le reste est interdit. La justification officielle serait comique si elle n’était pas tout simplement suspecte : l’erreur fait partie du jeu, disent-ils, et ils nous laissent là, plantés, bouche bée, découvrir que errare humanum est [il est humain de se tromper]
 
Insolite, que pour le premier Mondial africain de toute l’histoire du football, aucun pays africain y compris le pays organisateur n’ait pu franchir les premières phases de qualification. Il n’y a que le Ghana qui ait surnagé, jusqu’à ce que l’Uruguay élimine cette sélection dans le match le plus passionnant de toute la compétition.
 
Insolite, que presque toutes les sélections africaines aient gardé toute leur agilité, mais perdu leur naturel et leur fantaisie. Ils ont beaucoup couru, mais ils n’ont guère dansé. Certains pensent que les directeurs techniques de ces sélections, presque tous européens, ont contribué à cette apathie. Si c’est cela, alors ils n’ont guère aidé un football qui promettait tant de gaité. L’Afrique a sacrifié ses vertus au nom de l’efficacité, et l’efficacité a brillé par son absence.
 
Insolite, que si certains joueurs africains ont pu briller, ils l’aient fait dans des sélections européennes. Lorsque le Ghana a joué contre l’Allemagne, deux frères noirs ont été confrontés, les frères Boateng : l’un portait le maillot du Ghana et l’autre celui de l’Allemagne.
 
Aucun joueur de la sélection ghanéenne ne jouait dans une quelconque équipe du championnat ghanéen. Par contre, tous les joueurs de la sélection allemande jouaient dans des équipes du championnat allemand. Comme l’Amérique latine, l’Afrique exporte main et…pied d’œuvre.
 
Insolite, le meilleur arrêt du tournoi. Il n’a pas été réalisé par un gardien de but, mais par un buteur. L’attaquant uruguayen Luis Suárez bloquant à deux mains, sur la ligne de but, un ballon qui aurait éliminé son pays de la Coupe. Par son geste de folie patriotique, lui, il fut expulsé, mais pas l’Uruguay.
 
Insolite, l’ascension de l’Uruguay, parti de si bas et arrivé si haut.
 
Notre pays, qui à grand peine était entré au Mondial au tout dernier moment, après s’être qualifié difficilement, a joué dignement, et sans jamais abdiquer il est parvenu à être un des meilleurs. Certains cardiologues nous avaient prévenus par voie de presse que l’excès de joie pouvait être dangereux pour la santé. De nombreux Uruguayens, comme nous, qui semblions être condamnés à mourir d’ennui, avons fêté ce risque, et toutes les rues du pays ont été en liesse. En fin de compte, il vaut toujours mieux fêter ses propres mérites qu’éprouver du plaisir au malheur des autres.
 
Nous avons fini en quatrième position, ce qui n’est pas si mal pour le seul pays qui a pu éviter que ce Mondial ne soit rien de plus qu’une Coupe d’Europe. D’ailleurs l’élection de Diego Forlán au titre de meilleur joueur de la compétition n’est pas un hasard.
 
Insolite, que le champion et le vice-champion du précédent Mondial soient retournés chez eux sans ouvrir les valises. En 2006, l’Italie et la France s’étaient rencontrées en finale. Aujourd’hui, elles se sont rencontrées à la porte de sortie de l’aéroport. En Italie, nombreuses sont les voix qui ont critiqué un football qui fait obstacle au jeu de l’adversaire.
 
En France, le désastre a provoqué une crise politique et a ravivé les furies racistes, car ce sont presque tous les joueurs noirs qui ont chanté la Marseillaise en Afrique du Sud. D’autres favoris, comme l’Angleterre, n’ont pas duré longtemps. Le Brésil et l’Argentine ont cruellement manqué d’une grande humilité. Il y a un demi-siècle, au retour d’un Mondial désastreux**, les supporters argentins avaient reçu la sélection argentine par une pluie de pièces de monnaie, mais cette fois-ci elle a été accueillie par une foule en liesse qui croit en des choses plus importantes que la réussite ou l’échec.
 
Insolite, le rendez-vous manqué des superstars annoncées à grands articles et tant attendues. Lionel Messi avait voulu être de la partie, il a fait ce qu’il a pu, nous en avons vu quelque chose. On dit que Cristiano Ronaldo était présent, mais personne ne l’a vu : peut-être était-il trop occupé à se regarder.
 
Insolite, qu’une nouvelle star, inattendue, apparaisse depuis les profondeurs marines et s’élève au plus haut du firmament footballistique. Il s’agit d’un poulpe qui vit dans un aquarium en Allemagne d’où il formule ses prophéties. Il s’appelle Paul, mais il pourrait aussi bien s’appeler Poulpadamus.
 
Au début de chaque match du Mondial, on lui demandait de choisir entre deux mollusques dont chacun portait les couleurs d’un adversaire. À chaque fois, il mangeait celle aux couleurs du vainqueur. Et il ne se trompait pas.
 
L’octopode oraculaire a influé décisivement sur les paris, le monde entier l’a religieusement écouté, il a été haï et aimé et même calomnié par des jaloux, comme moi, qui en sommes arrivés, sans aucune preuve, à suspecter le poulpe de corruption.
 
Insolite, qu’à la fin de la compétition, il y ait une justice, ce qui n’est pas fréquent au football ni dans la vie. Pour la première fois, l’Espagne a gagné la Coupe du Monde de football. Elle attendait ce trophée depuis presque un siècle.
 
Le poulpe l’avait annoncé, et l’Espagne a démenti mes soupçons : elle a gagné avec brio et a été la meilleure équipe de la compétition, par son engagement et grâce à son jeu d’équipe, un pour tous et tous pour un, et même grâce à l’étonnante dextérité de ce petit magicien d’Andrés Iniesta. Il prouve ainsi que, quelquefois, la justice existe au royaume du football
 
Lorsque le Mondial a débuté, J’ai suspendu un panneau à la porte de ma maison : “Fermé pour cause de football”. Quand, un mois après, je l’ai décroché, j’avais disputé 64 rencontres, bière à la main et sans bouger de mon fauteuil préféré.
 
Cette prouesse m’a laissé à plat, les muscles endoloris et les cordes vocales rayées ; mais je sens déjà monter la nostalgie.
 
L’insupportable litanie des vuvuzelas commence déjà à manquer, l’émotion des buts qui ne convient pas aux cardiaques, le ralenti répété de la beauté des meilleures actions de jeu. La fête et le deuil, car quelquefois le football est une joie qui fait mal, et la musique qui honore la victoire comme celles qui font danser les morts, résonne presque comme le silence bruyant du stade vide, sur lequel la nuit est tombée et où reste encore assis, un vaincu, seul, incapable de bouger, au milieu des immenses gradins vides.
 
 

 

La face cachée de la gloire, par Allan McDonald, Tlaxcala
Sur le T-shirt : Crimes franquistes-Espagne championne-L’impunité aussi

 

*Jabulani, le ballon officiel de la Coupe du monde 2010, conçu à l’Université britannique de Loughborough, et produit par Adidas, était composé de onze couleurs symbolisant  les onze joueurs d'une équipe, les onze langues et les onze peuples de l'Afrique du Sud. Adidas a utilisé de nouvelles technologies pour sa fabrication avec notamment la texture Grip'n'Groove censée «  assurer un meilleur contrôle, une excellente stabilité en vol et une accroche parfaite ». Jabulani est un verbe zoulou qui signifie se réjouir, être joyeux, célébrer. Utilisé comme prénom, il est alors souvent raccourci en Jabu. Jabu Moleketiest un politicien sud-africain Jabulani Maluleke, un footballeur sud-africain. [NdE]

**Le 15 juin 1958, lors de la Coupe du Monde organisée en Suède, la sélection argentine perd contre la sélection tchécoslovaque par 1 – 6. Elle est ainsi éliminée au premier tour des épreuves qualificatives ; les supporters argentins accueilleront à l’aéroport la sélection en leur jetant à la figure des joueurs des pièces de monnaie pour leur signifier qu’il leur fallait peut-être plus d’argent pour « transpirer » sur le terrain.[NdT]

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Mar 2012 à 23:20

Les Jeux Olympiques et paralympiques de Londres sous le spectre de Bhopal, la vision du Napalm, et le fantôme de l’Agent Orange

 
 
André BOUNY
 
Deux victimes de l’accident de Bhopal, en Inde, 1984

L’affaire couva durant l’année 2011. Les Jeux Olympiques et paralympiques (handisport) aspirent à l’épanouissement des corps et des esprits… Sponsor officiel majeur de l’idéal olympique : Dow Chemical, fabricant du Napalm*, de l’Agent Orange** (principal fournisseur des agents utilisés lors de la guerre chimique américaine au Viêt Nam), devenu juridiquement responsable de la catastrophe de Bhopal*** suite à l’acquisition d’Union Carbide.

Les Jeux olympiques de Londres et la catastrophe de Bhopal font des étincelles, avec en fond l’histoire entre l’Inde et l’Empire britannique.

Durant l’année 2011, les journaux anglais en parlèrent puis, plus largement, les médias anglophones. En France, la nouvelle était loin de faire la une. Cependant, elle restait accessible à quelques initiés, tels les visiteurs du site d’Amnesty International, par exemple. Contrairement au discours de la diplomatie – activité lige du commerce mondial – il semblerait même que notre Histoire ne soit en rien liée à celle du Viêt Nam, pas plus que la Guerre américaine qui s’en suivit aurait un quelconque rapport avec la perle de l’Empire colonial français d’alors… Londres est si loin de Paris.

Les J O ont une telle importance pour l’image du pays organisateur et la finance internationale qui gravite autour qu’ils se sont dotés d’un pare-feu : le Comité d’éthique olympique. Mais heureusement qu’existent des associations et des guetteurs, des lanceurs d’alertes fouteurs de sable dans les rouages.

Tout d’abord, l’Association des victimes de Bhopal, vent debout, demande au gouvernement indien et aux athlètes de leur pays de ne pas participer aux Jeux de Londres ayant pour sponsor officiel le géant de la chimie Dow Chemical (Dow). Avec l’achat d’Union Carbide, cette multinationale est devenue (malgré un premier règlement) juridiquement responsable de la mort de 35 000 des leurs, et de 100 mille contaminés développant des maladies atroces.

Dans le même temps, le président de l’Association des victimes vietnamiennes de l’Agent Orange/Dioxine (VAVA) écrit une lettre à l’attention de son homologue du Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et paralympiques de Londres (The London Organizing Committee for the Olympic Games and parolympic games Ltd (LOCOG) ) pour lui rappeler qu’à l’heure actuelle le Viêt Nam compte 3 millions de victimes de l’Agent Orange dont Dow fut, avec Monsanto, le principal fabricant et fournisseur.

Elle restera lettre morte.

Une nouvelle missive d’indignation du président de VAVA, Nguyen Van Ring, datée du 30 novembre est expédiée à Len Aldis (secrétaire général de l’Association d’amitié britannique avec le Viêt Nam, et membre du CIS) qui la remet en main propre au bureau du président du Comité olympique, Lord Sebastian Coe, au n° 100 de la Place Churchill. En voici copie :

THE VIETNAM ASSOCIATION FOR VICTIMS OF AGENT ORANGE/DIOXIN (VAVA)

35 Ho Me Tri Road
Nhan Chinh Ward
Thanh Xuan District
Hanoi. Vietnam

To : The Olympic Organising Committee
and the London Paralympics Games 2012 (LOCOG)
Unit 2A, St Pancras International
Pancras Road
London. NW1 2QP

Hanoi, November 30 th 2011

Dear Olympics and Paralympics Organisers,

On behalf of more than 300,000 members of the Vietnam Association for the Victims of Agent Orange/Dioxin (VAVA) and three millions of victims of Agent Orange in Vietnam, I write to ask that you drop Dow Chemical Company as a sponsor of the Games to be held in London in 2012.

The Olympics and Paralympics games stand for the triumph of the human mind and body as athletes engage in competition. Dow Chemical, however, has and continues to violate this spirit by manufacturing deadly chemicals that destroy the human body and mind.

Despite public outcry from people in many countries around the world, Dow refuses to compensate its victims and clean up the lands it despoils. We feel it is incumbent upon the organisers to refuse a sponsor responsible for such misery and environmental devastation.

In our country, during the Vietnam War, from 1961 to 1971, Dow was one of the main chemical companies that produced and supplied toxic chemicals to the U.S. military for use in South Vietnam. These herbicides collectively called Agent Orange contain Dioxin, one of the most toxic poisons known to science. Dow and the other companies deliberately made Agent Orange with high levels of Dioxin to maximise its profits, even though it knew it could seriously devastate the ecology and environment in Vietnam, and harmed many Vietnamese people. Millions have died and many others left writhing in pain from lethal diseases. Several hundred thousand children have been born with serious birth defects.

It is ironic that Dow is allowed to sponsor sporting events including Paralympics athletes when it is responsible fro creating three generations of severely disabled children and refuses to do anything to help them.

For decades, American, European and international public opinion have denounced Dow’s immoral actions and their violations of international law demanding that it and the other companies compensate the victims of Agent Orange, not only in Vietnam but also in the USA, Canada, Australia, New Zealand and Korea.

Allowing such a company to sponsor the Olympics/Paralympics – a cultural event of global magnitude, is an affront to the conscience of humankind. Such sponsorship offers an incentive to commit other misconducts.

For the sake of the Olympic ideal, we urge you to drop Dow Chemical as a sponsor of these events.

Respectfully

Nguyen Van Rinh
Member of National Assembly. Vietnam
President.
VAVA

Et toujours pas de réponse.

Car maintenant il est urgent pour la LOCOG de limiter les choses à l’affaire Bhopal et de la circonscrire au plus vite, ignorant à tout prix le tonneau percé des Danaïdes.

Il ne vous a pas échappé que la LOCOG est une société privée, donc maîtresse de ses décisions. Ce contrat avec le sponsor majeur Dow porte sur 336 panneaux publicitaires géants faisant partie du revêtement extérieur du Stade olympique sur son périmètre de 900 m (décision prise à Genève en 2010).

Mais les activistes ont jeté le trouble, et probablement attaqué l’ignorance crasse de la société privée organisatrice. Cependant, elle s’entête et se range au côté de Dow, déclarant qu’il s’agit d’une entreprise de « bonne gouvernance », et que Dow n’est impliquée en aucune façon dans la catastrophe de Bhopal.

L’Association olympique indienne (IOA) demande alors au Comité international olympique (CIO) la rupture du contrat de parrainage avec Dow. Le CIO rejette cette demande et affirme à son tour « la bonne gouvernance d’entreprise » du sponsor Dow. Visiblement les victimes comptent peu face aux intérêts considérables qu’engendrent les J O.

Mais le gouvernement indien enfonce le clou et annonce que, si Dow est maintenu parrain, ses athlètes boycotteront les Jeux olympiques de Londres. De son côté, le gouvernement vietnamien qui effectue un rapprochement sans précédent avec les USA pour contenir l’expansionnisme chinois (îles Paracels, et Spratley), garde un silence gêné, et gênant. L’ombre d’un boycott plane et s’étend sur les futurs Jeux, car si les victimes de Bhopal incombent juridiquement à Dow depuis l’achat d’Union Carbide, l’acquéreur a aussi ses victimes en propre de par le monde. Et voici que celles du Viêt Nam sortent le fantôme bien réel de l’Agent Orange, invitant de fait celles du Laos à en faire autant, comme celles du Cambodge, de Nouvelle-Zélande, de Corée du Sud, d’Australie, du Canada, et des États-Unis…. Des pays importants dont l’absence enlèverait l’intérêt même de ces olympiades, car bien que Dow soit une transnationale étasunienne, l’affaire des vétérans US victimes de l’Agent Orange n’est jamais complètement réglée et rebondit périodiquement. De plus, ces anciens du Viêt Nam se déclarent solidaires des victimes des autres pays, alliés comme ancien ennemi. La crainte de propagation est évidente, et la récente menace de boycott de l’Inde risque de générer une montée de contestation dans les pays, et ils sont légion à être concernés par une contamination aux produits toxiques du sponsor majeur de ces JO. Le prochain qui emboîterait le pas de l’Inde pourrait faire tomber tous les dominos…

Voici un lien permettant de se faire une idée du nombre de pollutions générées par Dow dans le monde : http://fr.transnationale.org/entreprises/dow_chemical.php (cliquer en bas de la page sur l’onglet vert Impact environnemental qui ouvre pas moins de 46 600 occurrences)

Si bien qu’à la mi-décembre 2011, la LOCOG annonce renoncer à Dow. Par la suite, le géant de la chimie dira que c’est lui qui s’est retiré. Ainsi la face de chacune des parties est sauve.

Mais qu’en est-il en sous-main ?

Parallèlement à la LOCOG, existe une organisation indépendante : la « Commission Londres durable » (CSL). Ses pouvoirs sont limités. Mais à l’intérieur de celle-ci se trouve une femme, écologiste (en partie bénévole), Meredith Alexander. Or, le jeudi 26 janvier 2012, elle démissionne publiquement de son poste de commissaire. Pourquoi ? Nommée par le maire de Londres, Boris Johnson : la presse fait donc un large écho à cette initiative.

« J’ai le sentiment que la Commission et les organisateurs des JO se risquent à faire l’apologie de Dow Chemical. Ils répètent et rendent légitimes les affirmations de Dow qui nie toute responsabilité dans la tragédie de Bhopal », déclare Meredith Alexander. Et ajoute qu’il lui était devenu « inacceptable de faire partie d’un comité qui soutenait publiquement Dow ».

Et si toute cette affaire était sortie trop tôt… ?

Le véritable bénéfice de Jeux olympiques et paralympiques parrainés par Dow n’aurait-il pas été de laisser le diable se brûler à son fourneau, avec des manifestations de victimes venues des quatre points cardinaux de la planète pour révéler, sur site et en direct devant les médias du monde entier, ces drames civils et ces crimes de guerre, permettant d’alerter l’opinion publique internationale afin que justice soit rendue ?

Nous ne le saurons peut-être jamais… mais travaillons-y !

Simultanément, le procès collectif intenté par les habitants de la ville de Nitro (État de Virginie-Occidentale, USA) contre Monsanto, trouvait un dénouement. Une entente à l’amiable qui n’est pas sans rappeler celle de 1984 entre les chimistes et les vétérans étasuniens victimes de l’Agent Orange durant la guerre du Viêt Nam. En effet, l’accord de Nitro prévoit que Monsanto créera un fonds de 84 millions de dollars pour couvrir les soins médicaux des plaignants durant 30 ans. Puis, 9 autres millions de dollars s’ajouteront pour assainir les habitations situées dans les zones exposées et contaminées (provoquant des cancers) par l’usine de fabrication d’Agent Orange entre 1949 et 1971, fournissant l’Armée étasunienne pendant la guerre du Viêt Nam. Encore une façon d’éviter la condamnation, c’est à dire d’établir un précédent (un « standard »), empêchant ainsi une jurisprudence pouvant bénéficier aux autres victimes. Une occasion aussi de remarquer la différence des sommes allouées à l’amiable aux Étasuniens comparativement à celles accouchées aux forceps pour les Vietnamiens…

André Bouny

André Bouny constitue et conduit le Comité International de Soutien aux victimes vietnamiennes de l’Agent Orange (CIS), auteur de « Agent Orange, Apocalypse Viêt Nam », Éditions Demi-Lune, Paris, 2010. http://www.editionsdemilune.com/agent-orange-apocalypse-viet...

* Nom dérivé de la contraction de naphtalène et de palmitate : essence solidifiée au moyen du palmitate de sodium (ou d’aluminium), développée pour les lance-flammes et les bombes incendiaires au cours de la seconde guerre mondiale. Au contact de l’air, le napalm (NP) se liquéfie en un gel qui adhère aux surfaces sur lesquelles il est projeté en brûlant à une température de 900 à 1300°C pour le NP1 utilisé en Allemagne et au Japon. Le NP2, additionné de magnésium et de phosphore et utilisé plus tard en Corée et au Viêt Nam, atteint une température supérieure, de 1500 à 2000°C.

**Mélange liposoluble contenant une part d’esters n-butyl d’acide 2,4-dichlorophénoxyacétique (2,4-D) pour une part d’acide 2,4,5-trichlorophénoxyacétique (2,4,5-T), ce dernier étant contaminé par la 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-p-dioxine (TCDD). Il fut utilisé de janvier 1965 à avril 1970 (officiellement). L’Agent Orange II (dit Super Orange), utilisé en 1968 et 1969 est lui aussi contaminé par la dioxine TCDD.

*** Ville indienne où survint l’accident industriel du 3 décembre 1984. L’explosion d’une usine Union Carbide (rachetée par Dow Chemical) de pesticides libérant de l’isocyanate de méthyle (CH3-N=C=O) dans l’atmosphère. Cette catastrophe tua officiellement 3500 personnes, mais fit en réalité 20 à 25 000 morts et environ 100 mille personnes furent contaminées, développant des pathologies.



Edité par T 34 - 10 May 2012 à 22:07
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Doit-on laisser l’entreprise Dow Chemical sponsoriser les JO ?

Lettre ouverte aux organisateurs des jeux Olympiques de Londres

Par Hélène Luc, présidente de l’Association d’Amitié Franco-Vietnamienne.

Mesdames, Messieurs,

C’est avec une grande perplexité que nous avons appris que Dow Chemical fait partie des sponsors des jeux Olympiques d’été et des Paralympiques 2012 et que, de ce fait, le stade olympique sera flanqué de gigantesques panneaux publicitaires de cette entreprise.

Dow Chemical n’est pas n’importe quelle firme : Dow Chemical a apporté mort, dévastations et d’indicibles souffrances à des millions d’êtres humains, un comportement en profonde contradiction avec l’idée olympique.

Dow Chemical est l’un des fabricants du produit défoliant agent orange : 80 millions de litres ont été épandus par l’armée des États-Unis de 1961 à 1971 sur le sud du Vietnam, au Laos et au Cambodge. Cette quantité énorme contenait 400 kg de dioxine. Les études du groupe de chercheurs dirigé par le professeur Jeanne M. Stellman de la Columbia University apportent la preuve que 4,8 millions de personnes ont été contaminées par cette substance hautement toxique. Des centaines de milliers en sont mortes.

Pour 3 millions de personnes, ce contact a eu des effets graves, comme des maladies cancéreuses et des malformations à la naissance. Ces dernières persistent jusqu’à ce jour (troisième génération de victimes contaminées). Les atteintes causées à l’environnement sont gigantesques.

Dow Chemical était également le producteur du Napalm. Les tapis de feu déployés par les bombes incendiaires ont produit mort, dévastations et d’horribles brûlures au Vietnam, au Laos, au Cambodge, ainsi que dans les autres pays ayant souffert de la guerre. Nombreux sont ceux parmi nous qui se souviennent toujours avec horreur de ces images.

Enfin, la société Union Carbide, responsable de la catastrophe monstre de 1984 
à Bhopal, en Inde, a été rachetée par Dow 
Chemical et fait partie depuis 2001 de ce groupe industriel.

Dow Chemical persiste dans son refus de prendre ses responsabilités : ni les victimes des guerres ni les victimes de la catastrophe chimique n’ont été indemnisées. Rien n’a été entrepris pour décontaminer leur terre.

Des millions de personnes de par le monde sont indignées de l’absence totale de scrupules de Dow Chemical et des autres entreprises complices (par exemple Monsanto). Elles réclament enfin justice pour les victimes. C’est aussi ce qu’exigent les organisations signataires.

En conséquence, nous attendons des porte-flambeaux de l’idéal olympique qu’ils manifestent aux victimes un minimum d’égards et leur témoignent respect et compassion. Nous vous invitons à vous joindre à ceux qui s’engagent en faveur des revendications justifiées des personnes contaminées. Il s’agit aussi de ne pas offrir une plate-forme publicitaire à Dow Chemical aussi longtemps que cette société se dérobe devant ses responsabilités envers les victimes.

Hélène Luc

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 May 2012 à 18:29

Quand les poubelles font la nique au pétrole

 
 
Chien Guevara

Football : dimanche soir, le Montpellier Hérault Sporting Club a été sacré champion de France, après une saison exemplaire, juste devant le PSG qui y avait pourtant crû jusqu’au bout.
Cette victoire, la première pour ce jeune club, représente tout un symbole, car c’est la victoire du sport et de la volonté qu’il génère, sur le marketting et l’argent de la gloire.

Pourquoi ce titre pour l’article ?

Le MHSC (Montpellier Hérault Sporting Club), c’est le club de Louis Nicollin ; et Louis Nicollin, c’est le prince de la poubelle. En effet, "Le groupe Nicollin est un ensemble d’entreprises de nettoyage urbain, de ramassage et de retraitement des déchets ménagers et industriels. Il est dirigé par l’entrepreneur français Louis Nicollin. Il est aujourd’hui le 3e opérateur français dans son secteur." (source wikipedia). Le club de Montpellier Hérault est financé en majeure partie par le fameux Loulou !

Le PSG, c’est le club des stars, des contrats, du marketting, des transferts honéreux, et surtout, c’est un club financé depuis le début de la saison, à 70 % par Qatar Investment Authority (fond d’investissement souverain de l’émirat du Qatar, présidé par le cheikh Tamin ben Hamad-al-Thani), et depuis le 6 mars dernier, à 100 % , le QIA ayant racheté les 30 % de part restantes !

Pourquoi ce résultat est surprenant ?

Pour mieux apprécier les différences entre ces deux clubs, je vous propose d’étudier celà sous forme de tableau :

Président (saison 2011-2012) :

Montpellier : Louis Nicollin (pur produit local) , président depuis 38 ans.

PSG : Benoit Rousseau (ancien d’HEC) de juillet à novembre 2011 Puis Nasser Al-Khelafi (tennisman de haut niveau et homme d’affaire qatarien, proche du cheikh)

Entraineur (saison 2011-2012) :

Montpellier : René Girard (pur produit régional -il est gardois-), depuis 2009.

PSG : Antoine Kambouaré (ancien footballeur calédonien) de 2009 à l’inter-saison de cette année, où il a été remercié, après avoir remporté le titre honorifique de champion d’automne.
Remplacé depuis par Carlo Ancelloti (ancien foootballeur), ayant déjà été entraineur de l’équipe nationale d’Italie, de Parme, de la Juventus, du Milan AC et de Chelsea.

Budget (saison 2011-2012) :

Montpellier : 33 millions d’euros (14 ème budget de la ligue 1).
Budget identique à celui de la saison précédente.
Si on écarte les clubs promus de L2 (à budget obligatoirement plus faible), seuls Valenciennes (12ème) et Brest (15ème) fonctionnent avec un budget inférieur au MHSC.

PSG : 150 millions d’euros (1er budget de la ligue 1, ex-aequo avec l’Olympique Lyonnais).
Ce budget de 150 millions d’euros représente quand même une hausse de 70 millions d’euros par rapport à la saison dernière...

Effectif (saison 2011-2012) :

Montpellier : 25 joueurs 11 formés au club (soit 44 %) 5 proviennent de l’étranger (soit 20 %)

PSG : 32 joueurs 9 formés au club (soit 28 %) 15 proviennent de l’étranger (soit 47 %)

Recrutements (saison 2011-2012) :

Montpellier : 8 joueurs, soit : 2 nouveaux contrats pros 1 joueur de ligue 1 (pour 2 millions d’euros) 3 joueurs de ligue 2 1 joueur de CFA 1 joueur de CFA 2 Total coût recrutements : 2 millions d’euros "vente" d’1 joueur pour 2 millions d’euros Bilan investissement transferts sur la saison = 0 euro

PSG : 10 joueurs,soit : 1 joueur de ligue 2 5 joueurs de ligue 1 (pour 23,2 millions d’euros) 4 joueurs du championnat italien (pour 60,5 millions d’euros) Total coût recrutements : 83,7 millions d’euros "Vente" d’1 joueur pour 1,8 millions d’euros Bilan investissement transferts sur la saison = 81,9 millions d’euros

Fonctionnement du club :

Montpellier : Le Montpellier Hérault Sport Club est une société anonyme sportive professionnelle (SASP) au capital de 610 000 euros.
Cette société est liée par convention à l’association loi de 1901 de l’Association sportive Montpellier Hérault Sport Club qui gère le centre de formation et les équipes amateurs du club.
L’association est titulaire du numéro d’affiliation de la Fédération française de football, la SASP possède 100 % du capital.
Le Montpellier HSC est dirigé par un conseil d’administration dont le président est, depuis 1974 Louis Nicollin.

PSG : 1973-1978, l’ère Hechter : Daniel Hechter est un créateur de mode français de renommée mondiale.
1978-1991, l’ère Borelli : Francis Borelli est un éditeur et publicitaire français.
1991-2006, l’ère Canal+ : En 1991, Canal+ investit dans le PSG et Michel Denisot devient président-délégué du club.
2006-2011, l’ère Colony Capital : En juin 2006, Canal+ revend le club à des fonds d’investissement américain (Colony Capital). Alain Cayzac est nommé président du club le 20 juin 2006.
Colony Capital est une firme internationale de fonds d’investissement privés basée à Los Angeles (Californie, É.-U.). Son fondateur est le milliardaire Henry Sturgis Morgan Diplômé d’HEC. Alain Cayzac débute sa carrière de publicitaire en 1969 puis co-fonde en 1972 l’agence RSCG avec Bernard Roux (R), Jacques Séguéla (S) et Jean-Michel Goudard (G). Il en devient le président en 1984. Après la fusion avec Eurocom en 1991, il garde la présidence. Il devient ensuite vice-président d’Havas en 1997 qu’il quitte en décembre 2005.
Depuis 2011, l’ère Qatar Investment Authority : En 2011, Qatar Investment Authority rachète 70 % des parts du club. Le 6 mars 2012, QIA rachète les 30 % restants à Colony Capital et devient donc propriétaire à 100 % du PSG.

En guise de conclusion...

Extraits de l’article "Montpellier et Loulou Nicollin : le triomphe des iconoclastes du foot" (nouvelobs.com) :

Montpellier,c’est l’équipe surprise de la saison. Le club de Loulou Nicollin, a remporté dimanche dernier le titre de champion de France de Ligue 1, damant ainsi le pion au favori, le PSG. En football, un vainqueur ne l’est jamais fortuitement. Analyse des raisons de ce succès par Philippe Verneaux,chroniqueur sportif du nouvel observateur : Si trente-huit journées ne suffisaient pas à établir une hiérarchie des valeurs, ce serait à désespérer. Et tant pis pour les râleurs, ratiocineurs, supporters à œillères et autres petits jaloux, l’ex-La Paillade a damé le pion aux grands, ou présumés grands, du football de l’hexagone. Tout, sauf un miracle.
Le Montpellier-Hérault avance depuis des années avec ses moyens limités (33 millions d’euros de budget soit le 14e de Ligue 1) mais qu’il optimise incontestablement mieux que d’autres...
En termes de ressources humaines, le "rendement" est sans doute imbattable, dans toute l’Europe comprise, exception peut-être des extra-terrestres chypriotes de Nicosie, tombeurs de Lyon en huitième de finale de Ligue des champions.

Un président omnipotent

La méthode montpelliéraine procède plus du bon sens que des techniques modernes du foot-business. La notion du temps compte plus qu’ailleurs et l’exemple vient du haut.
Louis Nicollin, président ô combien iconoclaste depuis trois décennies, a fini par privilégier l’aspect du long terme au fonctionnement bling-bling de ses débuts (transferts record de Cantona et Paille en 1989).

Un recrutement intelligent

L’effectif du MHSC fait aujourd’hui pâlir d’envie les grosses écuries, Paris, Lyon ou Marseille, sidérées que l’on puisse disposer de talents venus de "nulle part", en tout cas pas achetés à coups de dizaines de millions.
Comme Olivier Giroud, inconnu il y a dix-huit mois et enrôlé pour trois euros et six sous alors qu’il jouait à Tours, ou Younes Belhanda, pur produit du centre de formation local, à l’instar de plus de la moitié du groupe champion de France.
Toujours le même refrain pour l’entraîneur, René Girard, bourru parmi les bourrus et quasiment mis au ban du milieu en 2008 à l’issue d’un bras de fer avec la Fédération française de football (FFF), puis convaincu par Nicollin un an plus tard de prendre en main une équipe remontant alors de Ligue 2.
L’ancien joueur (Nîmes et Bordeaux) le plus fruste et le plus rude de Division 1 est cette semaine devenu le plus inspiré et le "meilleur" entraîneur de Ligue 1…

Extraits de l’article " Le projet pharaonique du Qatar pour le PSG" (France 24.com)

Alors que le Qatar a racheté la participation de 30% qu’il restait à Colony Capital dans le Paris Saint-Germain, le président du PSG, Nasser Al-Khelaifi, confie vouloir investir une centaine de millions d’euros par saison pendant plusieurs années.
Rien ne semble pouvoir arrêter la volonté d’investir du Qatar dans le PSG.
Voilà donc désormais le Qatar propriétaire à 100% du Paris Saint-Germain : "Nous sommes vraiment heureux de finaliser cette opération, qui confirme notre volonté de nous investir à long terme au PSG et de continuer sur notre lancée pour faire du club un des grands de France et d’Europe", a ainsi déclaré le président Nasser Al-Khelaifi.

Portrait du cheikh Tamim ben Hamad al-Thani

Agé de 31 ans, le cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani est devenu le prince héritier du Qatar en 2003 quand son frère aîné, le cheikh Jassem, a renoncé à ses droits. Il a été éduqué au Royaume-Uni, terminant son cursus à l’Académie militaire de Sandhurst, où sont passés le roi Abdallah II de Jordanie, les princes William et Harry ou encore le chanteur James Blunt. On le dit proche de Nicolas Sarkozy, qui l’a élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur en 2010. Les deux hommes partagent une passion prononcée pour le sport. Ils ont désormais en commun un profond attachement pour le PSG. Selon certaines estimations, la fortune personnelle de l’émir Hamad ben Khalifa Al-Thani, le père de Tamim, serait de 1,7 milliard d’euros.
L’homme fort du PSG en a profité pour expliquer sa stratégie pour l’avenir du club parisien. Force est de constater que ce proche du prince héritier du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani a une idée très simple : investir, encore investir.

"Nous préférons investir beaucoup et tout de suite"

Après avoir déjà investi plus de 105 millions d’euros cette saison, Nasser Al-Khelaifi prévoit de continuer sur sa lancée et d’injecter une centaine de millions d’euros lors du prochain marché des transferts. Et ceci pendant encore "cinq ou six ans pour construire une équipe forte"

J’aurais sans doute moins "percuté" si j’étais de Lorient, de Clermont-Ferrand, ou de Savigny sur orge, mais bon, moi, ça me plait, cette victoire d’un "petit poucet" face aux grands ogres. C’est preuve que l’argent ne fait pas toujours la réussite dans tous les domaines, et aussi que le football français, l’air de rien, n’est pas encore totalement corrompu.

Pour une meilleure visualisation (tableau comparatif) et les illustrations, voir l’article chez lui : Foot poubelle ou foot pétrole ?

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Jun 2012 à 17:30

Armstrong, enfin entre les mailles du filet ?

 
L’agence américaine anti-dopage (USADA) a officiellement accusé l’ancien coureur cycliste américain, Lance Armstrong, de dopage a révélé le quotidien The Washington Post. Après les multiples soupçons qui ont pesé sur le septuple vainqueur du Tour de France (record absolu), Armstrong est formellement accusé.

Autant dire qu’on n’y croyait plus après l’arrêt de l’enquête menée par la justice fédérale américaine en février dernier. Mais l’agence anti-dopage a continué ses recherches. Elle explique dans une lettre envoyée au coureur que les échantillons de son sang prélevé lors de son retour à la compétition entre 2009 et 2010 sont « totalement compatibles avec une manipulation sanguine, incluant l'utilisation d'EPO et/ou des transfusions sanguines ». De ce fait, Lance Armstrong, qui s’est reconverti depuis sa seconde retraite au triathlon (avec succès), est suspendu de toute compétition sportive. Le document de l’USADA révèle aussi que l’agence dispose de témoins pouvant démontrer que « The Boss » et l’équipe qui l’entourait, dont son directeur sportif Johan Bruynnel, ont pratiqué le dopage durant l’ensemble de la période qui couvre les victoires de Lance Armstrong, soit de 1999 et 2005.

L’américain, comme à son habitude, s’est empressé de nier les accusations. Il a à nouveau souligné pour sa défense que pendant toutes ses années de coureur professionnel, il n’avait jamais été contrôlé positif en plus de 500 tests anti dopage subis. Une ritournelle familière et bien rodée qu’Armstrong ressort à chaque nouvelle interrogation à propos de ses performances sur un vélo. Il faut dire qu’entre les accusations exprimés par Floyd Landis, Georges Hincapie, Tyler Hamilton, tous d’ex coéquipiers d’Armstrong à l’US Postal, le cycliste a plutôt intérêt à avoir du répondant. On se souvient par exemple des mots de Tyler Hamilton : « Il y avait de l’EPO… testostérone… transfusions sanguines. Il a pris ce que nous prenions tous… », balayé bien sur par le coureur. Mais cette fois ci, c’est l’agence américaine anti dopage qui accuse et la donne pourrait être différente. La suspension d’Armstrong prouve déjà que l’agence est prête à aller jusqu’au bout.

Si le dopage est confirmé, l’image du Tour de France prendrait un nouveau coup. Rappelons ainsi que Bjarne Riis, Jan Ullrich, Marco Pantani, ont tous deux points communs : ils ont précédés Armstrong au palmarès (dans l’ordre, en 1996, 1997, 1998) et leur victoire est lourdement sous la coupe du soupçon. Ils ont soit avoué s’être dopés, soit ont été reconnu coupable de dopage. Et que dire de certains successeurs d’Armstrong au palmarès ? Floyd Landis, rayé du palmarès de 2006, Alberto Contador, rayé également en 2010 (mais toujours détenteur des Tour de France 2007 et 2009…). Si Armstrong tombe, ce serait sept trophées « remis en jeu » entre 1999 et 2005, pour la plupart d’entre eux au profit de … Jan Ullrich !

Lire aussi :

Amstrong en termine avec le cyclisme mais pas avec les soupçons

Le Tour 2011 pris en otage

Bruno Roussel : « Il reste une fourchette de personnes qui continuent à se doper »

Lucile Alard

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Les jeux Olympiques de Rio seront-ils durables ?

Dans un article publié en mai dans 
le Monde diplomatique brésilien, l’urbaniste Fernanda Sanchez s’interroge sur 
la « durabilité » des jeux Olympiques de Rio. Selon cette chercheuse au sein du Conseil national de développement scientifique et technologique brésilien, les villes ayant accueilli les JO n’en tirent la plupart
 du temps aucun bénéfice social.

Alors que Rio accueille les JO en 2016 (et la Coupe 
du monde en 2014), elle laisse entrevoir son inquiétude quant au caractère environnemental de ces méga-événements sportifs. Fernanda Sanchez cite en exemple la Barra de Tijuca, un quartier situé à l’ouest de Rio 
qui a accueilli les jeux panaméricains en 2007, présenté par le gouvernement comme le signe de l’effet positif des Jeux sur la ville. « Le principal effet que cela a provoqué sur l’urbanisme a été d’alimenter le processus spéculatif via la valorisation des terres », regrette-t-elle. Elle nuance cependant et cite en exemple le parc de Flamengo (où a lieu le sommet des peuples), qui 
est finalement resté dans le domaine public alors 
qu’il était menacé par un rachat par des entreprises 
privées, et donc, à terme, de disparition. Fernanda Sanchez explique que cette victoire est à attribuer 
à la recherche de consensus des autorités, 
au moment où les changements urbains provoqués 
par les jeux Olympiques sont source de conflits importants avec les populations.

Pour l’urbaniste, les promoteurs de méga-événements sportifs sont motivés par une « politique spectacle », déconnectée des habitants des quartiers concernés 
par les changements urbains. « L’“urbanisme 
de résultat” de la ville olympique amplifie l’inégalité en rénovant la ville à un rythme effréné. Les recettes publiques et les politiques sociales sont directement compromises par le rythme de la ville olympique », conclut la chercheuse.

M. R.

Source

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Jun 2012 à 18:33

Des sportifs étasuniens cherchent du financement pour participer aux JO

Washington, 20 juin, (RHC).- Certains sportifs étasuniens ont du mal à trouver du financement pour participer aux JO de Londres. Le Comité Olympique étasunien ne couvrant qu’une petite partie des frais des équipes des sports minoritaires, ils sont obligés de chercher des voies alternatives et de faire appel à leur créativité pour collecter l’argent nécessaire pour couvrir leurs frais.

C’est le cas de l’équipe de natation synchronisée qui chaque année organise un bingo pour collecter 2 millions de dollars, fonds elle utilise pour la location des piscines pour les entraînements, les frais des championnats, les assurances de santé et les frais de voyage.

John Nunn, un militaire qui fait de la marche, élabore des biscuits que lui et sa fille vendent sur Internet.

John Nunn a expliqué à la revue de l’association d’Athlétisme que “que tout a commencé comme un passe temps pour aider sa fille et offrir les biscuits aux parents, mais qu’à l’heure actuelle, ils reçoivent des commandes de plusieurs villes des États-Unis et que l’argent sert à financer l’équipe olympique qui ira à Londres.

Le contraire arrive avec des étoiles médiatiques comme Michael Phelps et Tyson Gay qui, moyennant des contrats millionnaires de publicité, se voient accorder toutes les ressources nécessaires pour leur entraînement et séjour a Londres.

Il y a des sportifs qui ont recours à des méthodes un peu moins usuelles. Nick Symmonds, a  vendu aux enchères sur  eBay un espace de son bras pour se tatouer le nom de la  compagnie  qui accepterait de le sponsoriser.

Sous le mot d’ordre: Ton nom de Twitter sur un Olympique, Nick Symmonds a obtenu que 11 compagnies soient attirées par cette campagne très particulière.

C’est finalement la firme de publicité Hanson Dodge Creative qui a gagné en offrant 1100 dollars. De telle sorte que son nom sera présent à Londres, sur le bras de ce coureur de 800 mètres.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Jul 2012 à 19:53

DOW CHEMICAL, SERIAL KILLER, HORS DES JO et du CIO

 
ASSOCIATION FRONT SOLIDAIRE

parce qu’en 2012, c’est encore 110 victimes par jour

POUR EXIGER LA SORTIE DE LA FIRME DOW CHEMICAL DU COMITÉ INTERNATIONAL OLYMPIQUE ET DES JO DE LONDRES 2012.

De 1961 à 1971, les avions spécialement aménagés de l’armée des États Unis d’Amérique ont déversé plus 80 000 m3 de pesticide sur le Sud Vietnam : « l’Agent Orange ». Ce poison était produit pas la firme DOW CHEMICAL. Le nombre des victimes durant les 10 années de pulvérisation à grande échelle, se monte à plus d’un millions de décès directs et autant en personnes handicapées et malades à vie.

Depuis l’arrêt des déversements, il y a maintenant plus de 40 ans, les autorités sanitaires vietnamiennes soutenues par des organisations indépendantes estiment à 1 million supplémentaire le nombre de victimes (cancer - handicaps profonds –infirmités - maladies incurables) des effets de l’Agent Orange.

C’est-à-dire que depuis plus de 50 ans, le peuple vietnamien est touché par les effets de ce poison mortel, tant physiquement que dans son environnement.

DOW CHEMICAL, une firme multinationale fait partie des sponsors officiels des Jeux Olympiques d’Eté de Londres 2012, mais elle a aussi décroché le titre de mécène du Comité International Olympique, jusqu’en 2020.

Ceci est une erreur grave de la part du C.I.O. qui n’a pas mené l’enquête éthique nécessaire sur ce mécène controversé. Ceci ne peut donc rester sous silence à quelques semaines de l’ouverture des JO 2012 de Londres.

Par notre signature, nous exigeons du C.I.O. et des organisateurs britanniques, que toutes les références, les publicités, les affichages où figure la marque DOW CHEMICAL soient écartés et bannis des Jeux Olympiques de Londres et de tous les suivants.

Nous ne pouvons cautionner qu’une telle firme multinationale, qui par sa production de guerre d’une arme de destruction massive a détruit tant de vies et de familles et polluée tant de terres et de lacs, puisse être compatible avec l’esprit de Fraternité, de Solidarité et de Paix des Jeux Olympiques.

Nous ne pouvons cautionner que DOW CHEMICAL puisse s’acheter une bonne image à coup de dollars issus de la tentative de génocide sur le peuple du Vietnam, sans oublier que l’Agent Orange a aussi empoisonné des dizaines de milliers de soldats de l’armée des Etats-Unis d’Amérique.

Cette pétition sera remise à Monsieur Jacques ROGGE, Président Exécutif du Comité International Olympique ainsi qu’aux autorités politiques françaises (et d’ailleurs).

http://www.petitionduweb.com/Petition_dow_chemical_hors_des_...


Transferts : la démesure des dépenses du PSG

100 millions d’euros, c’est le montant qu’aura dépensé en quelques semaines le Paris Saint-Germain, pour s’attacher les services de quatre joueurs. Le club de la capitale devrait finaliser ce mardi ou mercredi la venue de l’attaquant suédois Zlatan Ibrahimovic pour 20 à 30 millions d’euros et un salaire mensuel de 14 millions. Une somme qui indigne jusqu’à la classe politique.

Pas (encore) de crise de la dette, de défaut de paiement ou de manque de liquidités au Paris Saint Germain. Depuis l’arrivée à tête du club des dirigeants Qataris, il y a un peu plus d’un an, le club roule sur l’or et affiche pour la saison à venir un budget avoisinant les 200 millions d’euros. La moitié de cette somme aura été dépensée d’ici à l’entame du championnat, samedi 11 août prochain, avec les montants astronomiques des transferts effectués.

Ibrahimovic deviendrait le second joueur le mieux payé au monde

Après Thiago Silva pour un montant, non communiqué, qui avoisinerait les 40 millions d’euros, Ezequiel Lavezzi (30 millions) et avant Marco Verrati (probablement 12 millions), le PSG attend l’arrivée cet après-midi ou demain de l’international suédois Zlatan Ibrahimovic. Un transfert qui se négocierait autour de 30 millions d’euros selon l’AFP, sans compter les bonus. Le salaire du nouveau numéro 9 parisien (qui en dépossèderait le réunionnais Guillaume Hoarau) s’élèverait à 14 millions d’euros par an nets, soit plus d’un million par mois. Il deviendrait le deuxième joueur le mieux payé au monde, derrière le madrilène Cristiano Ronaldo.

La stratégie des actionnaires Qataris pour le PSG vise à construire une marque tout autant qu’une équipe, afin de récupérer, avec des joueurs d’envergure mondiale, des contrats de sponsoring encore plus juteux que par le passé. La notoriété de Zlatan Ibrahimovic en fait un atout de choix dans ce cadre, alors que l’attaquant est lui-même l'un des meilleurs exemples de réussite commerciale en tant que joueur.

Un gestionnaire hors-pair

Zlatan Ibrahimovic est déjà le joueur le plus cher de l’histoire du football tous transferts cumulés, pour un montant – avant son arrivée à Paris – de 152,6 millions d’euros, avec quatre transferts au-dessus de la barre des 20 millions. Le cinquième semble approcher à grand pas. Son prénom, « Zlatan », est également une marque déposée depuis le mois de mai 2003, ce qui signifie que le joueur détient les droits exclusifs sur son emploi pour certains produits, et empoche grâce à cela des royalties. Sa biographie « Moi, Zlatan », publiée fin 2011, a quant à elle été vendue à plus de 500 000 exemplaires, dépassant la trilogie Millenium ou le best-seller Da Vinci Code.

Des sommes qui choquent

Le montant du transfert du suédois ainsi que les sommes investies par le PSG cet été défrayent donc la chronique, et ne laissent pas les politiques indifférents. L’ancienne Ministre des Sports Roselyne Bachelot a ainsi fait part de son « indignation, presque du dégoût » devant la somme mise sur la table par les investisseurs Qataris, quand le président François Hollande rappelle le dispositif de régulation mis en place : « J'ai fait en sorte qu'il y ait des règles fiscales concernant les salaires mirobolants et cela s'appliquera partout, même dans les clubs ». Et d’ajouter : « Et puis, Montpellier, qui n'est pas le plus grand budget de la Ligue 1, a bien réussi à être champion de France. Il y a des équipes qui arrivent à gagner, y compris dans le sport professionnel, sans avoir nécessairement des rémunérations très importantes ».

Certains supporters s’indignent eux aussi de voir l’argent couler à flot au Paris-Saint-Germain alors que la crise n’en finit pas. Sur Twitter, certains dénoncent : « #AParis pendant que des gens dorment dehors, Les joueurs du PsG demandent 14,5 million d'euros au club pour s'engager ... #viveLeSport ».

  • À lire aussi :

PSG : l’argent coule à flot, l’âme coule à pic

Des pétrodollars pour conquérir l’Europe

Après le PSG, le Qatar investit en banlieue

Théo Maneval

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Edité par T 34 - 17 Jul 2012 à 23:27
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La Grande-Bretagne, zone de guerre: Bienvenue aux Jeux Olympiques

Par emcee le vendredi 20 juillet 2012, 09:14 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent

Article de Felicity Arbuthnot.
Source : War Zone Britain Welcome to the Olympics
July 13th, 2012

Mais je ne veux pas aller chez les fous, dit Alice
Oh, mais tu ne peux rien y faire, répondit le Chat: nous sommes tous fous ici: tu es folle, je suis fou.
Comment savez-vous que je suis folle ? Dit Alice.
Tu dois l'être, répondit le Chat, sinon, tu ne serais pas venue ici.

- Alice au Pays des Merveilles, Lewis Carroll, 1832-1898

JO-NOOON-www.jpg



Quand Londres avait coiffé Paris sur le poteau pour l'organisation des Jeux Olympiques remportée par 4 voix d'avance, le 6 juillet 2005, le triomphalisme chauvin à la "Rule Britannia" était omniprésent – et, pour beaucoup, agaçant et extrêmement préoccupant. Le Royaume-Uni s'était joint aux Etats-Unis pour mener l’invasion et la quasi-destruction de zones entières de l'Afghanistan et de l'Irak. L'attribution de ce grand événement sportif international ne cadrait pas avec la vision d'ensemble que donnait la GB.
Le premier ministre de l'époque, Tony Blair — dont les services avaient fourni le document historiquement mensonger sur les "armes de destruction massive" de l'Irak qui avait servi à justifier la décision d'envahir le pays – était partie intégrante de la demande pour organiser les JO. Sir Steve Redgrave, l'un des membres de la délégation britannique à Singapour avait dit, à l'époque: "s'il vous faut attribuer (l’obtention de l’organisation des Jeux) à une seule personne, c'est Tony Blair qui se détache du lot …”.
Ce triomphalisme n'avait pas duré longtemps. 15 heures après l'annonce, des bombes, placées aux heures de pointe de la matinée dans les transports en commun londoniens, dans des rames de métro et un autobus, explosaient, tuant 52 personnes et en blessant 770.
La cérémonie d'ouverture des JO est prévue le 27 juillet, jour anniversaire de l'attentat du Parc du Centenaire au cours des JO d'Atlanta (27 juillet 1996), faisant 2 morts et 111 blessés.
Le Ministère de la Défense ne croit probablement pas aux mauvais présages, cependant, la réalité est à des années-lumière de l'engagement de la délégation britannique de faire des JO de 2012 des jeux "verts et durables".
Le groupe US, Dow Chemical, devenu "grand sponsor mondial" à la suite d'un accord de partenariat de dix ans avec le CIO, et pendant lesquels il peut apposer le logo des JO contre la somme de 100 millions de dollars (tous les quatre ans, pour les JO et les Paralympiques, NDT) n'offre guère une image "verte" ou "durable". Dow a racheté Union Carbide (en 1999, NDT), responsable en décembre 1984 de la catastrophe de Bhopal en Inde, l'accident le plus meurtrier au monde, qui a fait au moins 11.000 morts. En 2006, une déclaration officielle du gouvernement indien concernant les poursuites judiciaires encore en cours, affirmait qu'il y avait eu, à la suite de l'explosion, 558.125 blessés.
Les associations de défense des victimes, les survivants et le gouvernement indien se sont élevés contre ce partenariat avec Dow. On ne sait toujours pas à ce jour si la délégation d'athlètes indiens pendra part aux JO ou si elle les boycottera.
Le 30 avril, il est devenu clair que les Londoniens pouvaient intégrer l'idée d'un éventuel attentat chimique ou biologique ou des tirs de missiles. On avait annoncé l'opération "Exercise Olympic Guardian", vaste série d'exercices militaires (NDT) http://www.bbc.co.uk/news/uk-17934042 " – le Royaume Uni s'était à nouveau joint aux Etats-Unis pour menacer deux autres pays : la Syrie et l'Iran. Londres est également devenue une zone de guerre.
"Nous les combattons là-bas pour ne pas avoir à les combattre ici", c’est désormais, le leitmotiv politique des Etats-Unis et du Royaume-Uni pour justifier leurs invasions illégales. Ironiquement, la mobilisation pour les JO de Londres est actuellement comparée par les responsables politiques au blitz de la Seconde Guerre Mondiale – où la zone la plus détruite par les bombardements allemands avait été le quartier est de Londres – là où vont se dérouler la plupart des rencontres sportives. Le général Sir Nick Parker, qui commande les opérations de terreur totalitaire envers les Londoniens et les habitants autour d'autres sites des JO, explique:

"Il y a une menace aérienne de deux sortes, une, du type 11/9 … et une autre, constituée par une attaque de missile plus lent qui descend plus bas, et qui pourrait exploser près du Parc Olympique, qui nécessiterait notre intervention.

batteries_de_missiles_sol_air.JPG
''Batterie de missiles sol air''

Et donc, dans cette zone à très forte densité de population, des batteries de missiles sol-air Rapier (qui voyagent à jusqu'à trois fois la vitesse du son) ont été placées sur des immeubles résidentiels, à portée de tir du stade olympique. Les "redoutables" Rapier dont la "tête nucléaire permet de tuer à coup sûr" (…) sont actuellement déployés sur six différents sites à Londres (pour l'instant).
Le souci de Parker est de protéger les sites Olympiques de "menaces très sérieuses". Si les avions ou les missiles s'écrasent sur les habitants, leurs vies et leurs maisons seront, de toute évidence, un sacrifice qui en vaudra la peine. "Des drones tourneront constamment au-dessus du Parc Olympique, barricadé derrière une clôture électrifiée d'une quinzaine de kilomètres et protégé par des canons à son et 55 équipes de chiens d'attaque "(Guardian, 11 juillet 2012.).
Les canons à son peuvent faire voler les vitres en éclat et briser les tympans dans un rayon de 3 kms - de parents, d'enfants, de gens qui, dans leur propre maison, sont tranquillement en train de vaquer à leurs occupations routinières.
Les avions de chasse et les hélicoptères Typhoon, ainsi que des tireurs d'élite sont stationnés à quelques minutes de là sur la base RAF de Northolt dans l'ouest de Londres (premier déploiement de forces de cette envergure depuis WWII) . Les hélicoptères Puma de la RAF à l'est de Londres, armés de "mitrailleuses en sabord", font partie du "triste bilan" des catastrophes aériennes de l'armée britannique, selon le Daily Telegraph expert en questions militaires ( 3 juillet 2012).
Des navires de guerre équipés d'hélicoptères Lynx de la Royal Navy "maintenant avec une puissance de feu supérieure", sont stationnés sur la Tamise et sur les sites des épreuves d'aviron à Weymouth Bay et Portland Harbour. Le Plan de remplacement du général Parker, toutefois, ne prend pas en compte les déluges quasiment bibliques qui immergent les véhicules garés au parc relais du site de Weymouth.
Portland, qui surplombe les compétitions d'aviron, a été entouré de hauts murs, semblables à ces murs construits par les Etats-Unis à Bagdad, pour empêcher les habitants victimes d'énormes désagréments de bénéficier d'un petit dédommagement en leur permettant d’assister aux épreuves gratuitement. L'armée patrouille les rues, environ 13.500 soldats y sont déployés, plus qu'en Afghanistan – 12.000 policiers, plus, 20.000 agents de sécurité divers avec au moins un millier d'agents et de policiers USaméricains — davantage, peut-être, les chiffres changeant constamment.
Mais, malgré tout cela, l'information la plus inquiétante, peut–être, nous a été donnée par un journaliste infiltré, expérimenté dans ce genre de travail, employé comme agent de sécurité pour G4S, l'agence de sécurité privée engagée pour la protection durant les jeux. Son compte rendu véritablement terrifiant comprend un plan d'évacuation de Londres (11 millions d'habitants) et l'importation of 200.000 sacs mortuaires, chacun pouvant contenir 4 ou 5 corps.
Donc, si vous comptez faire un tour aux Jeux Olympiques (vous arrivez de l'étranger et, après avoir attendu jusqu'à cinq heures pour les formalités d'immigration à l'aéroport d'Heathrow, vous empruntez l'autoroute pour Londres, en partie effondrée actuellement, mais il y a toujours les transports en commun), profitez bien de votre séjour.

Mise à jour: après la publication de cet article, on a appris que 3.500 soldats supplémentaires, parmi lesquels nombre d'entre eux "reviennent tout juste d'Afghanistan” ont été engagés autour du site principal des Jeux. Espérons qu'ils n'oublieront pas où ils sont.
Prévisions météo; "froid, pluie, vent"

Felicity Arbuthnot est une journaliste spécialiste de l'Irak. Auteure avec Nikki van der Gaag, de "Bagdad" dans la collection "Great Cities", sur les grandes villes du monde, publiée par World Almanac books, elle a également collaboré à deux documentaires sur l'Irak qui ont été primés : "Paying the Price: Killing the Children of Iraq" de John Pilger, et "Denis Halliday Returns" réalisé pour la télévision irlandaise.

Traduction emcee, des bassines et du zèle

Informations complémentaires

12/07/2012 – Dépêche
Le ministre britannique de la Défense Philip Hammond a annoncé aujourd'hui la mobilisation de 3500 soldats supplémentaires pour boucler le positif de sécurité des JO de Londres, après la défaillance d'une société de gardiennage privée.
Le ministre a indiqué que la décision de porter à 17.000 le nombre de militaires impliqués dans le dispositif général de 40.000 hommes avait été prise en raison de l'impossibilité d'obtenir "le nombre de gardiens requis pour tous les sites dans le calendrier imparti". La société G4S s'était engagée à fournir 10.000 gardiens. Elle a reconnu rencontrer des difficultés à honorer son contrat.
Des soldats rentrés d'Afghanistan M. Hammond a fait son annonce dans une lettre aux parlementaires.

"Les chefs d'état-major des trois armes (terre/air/mer) sont conscients de l'importance des jeux Olympiques, a-t-il souligné. Ils soutiennent le déploiement supplémentaire et confirment qu'il est réalisable sans impact négatif sur les autres opérations".

L'essentiel des renforts sera constitué de fantassins, notamment des soldats fraîchement rentrés d'Afghanistan ou en passe de rejoindre ce théâtre d'opérations. Theresa May, du ministère de l'Intérieur, a remercié l'armée pour sa contribution supplémentaire en précisant que 10.000 billets seront alloués à titre de compensation pour les jeux Olympiques et les Paralympiques qui s'ensuivront, dans le souci d'apaiser quelque peu les vacances gâchées et permissions suspendues pour les militaires et leurs familles.

Liens

En français:
Jeux olympiques : to be green (or not to be). (En fr).

Olympic Games run £2bn over budget

Les Londoniens craignent le revers de la médaille

Londres 2012, les sales petits jeux des sponsors ...

Dow Chemical, le gênant sponsor des J.O. 2012

En anglais:
Olympic Games run £2bn over budget (2 milliards de dollars de dépassement budgétaire pour les organisateurs des Jeux)

La pub Durex pour les JO. Elégante.




Edité par T 34 - 25 Jul 2012 à 03:16
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Jul 2012 à 01:35

Jeux Olympiques : business et excès de zèle autour du logo

Les inspecteurs britanniques traquent toute utilisation sans contrat officiel du logo des J.O, afin d’en garantir l’exclusivité aux sponsors qui ont payé très cher pour obtenir les droits. Le zèle a été poussé  jusqu’à faire décrocher de la vitrine d’une boucherie anglaise des saucisses arrangées en cinq anneaux. En arrière plan, comme souvent, des affaires de gros sous.

« Je ne vois vraiment pas le problème. Je pensais que ça serait une manière inoffensive de commencer à mettre les gens dans l’ambiance… ». Alors qu’il avait arrangé au milieu de sa devanture un chapelet de saucisses en anneaux olympiques, ce boucher de Weymouth, dans le Sud de l’Angleterre, a été contraint par les inspecteurs de le retirer faute d’avoir payé les droits d’utilisation du symbole olympique. Une boutique de lingerie a également du remiser les cerceaux colorés qu’elle avait disposés entre les culottes et les soutiens-gorge de sa vitrine, comme l’explique la vendeuse Dorothy Weston : « Ils ont dit que cela contrevenait aux règles de protection du logo olympique, et que je risquais une amende ou même la prison ». « Complètement choquée », elle s’est insurgée : « On ne fait rien de plus que vendre des soutiens-gorge ! ».

Derrière l’ « esprit olympique », le business des jeux au TOP

Pas question donc, de représenter des anneaux olympiques – fussent-ils en saucisses – sans contrat officiel. Sans payer donc. La charte olympique établit en effet que le logo des J.O ainsi que les mascottes, sont la « propriété exclusive du Comité International Olympique », qui les protège par des lois donnant l’exclusivité de leur utilisation aux sponsors qui alimentent les caisses des jeux : le CIO a inventé en 1988 le programme TOP (The Olympic Partner), qui réunit 12 sponsors principaux payant à prix d’or le droit d’utiliser les cinq anneaux pendant quatre ans.  

Coca-Cola, McDonald’s, Samsung ou encore Panasonic ont ainsi déboursé un total de 866 millions de dollars pour les droits couvrant les Olympiades de Turin (2006) et Pékin (2008). Le porte-parole de l’organisation des J.O. de Londres explique quant à lui que « pour organiser les jeux, nous avons du lever quelque 700 millions de livres auprès des sponsors ». « Cela ne peut pas fonctionner si nous n'offrons pas une protection en terme de marque à nos partenaires », ajoute-t-il. Paul Jordan, représentant de deux grands partenaires olympiques, recommande donc – non sans cynisme – aux commerçants qui veulent participer à la fête des jeux de « jouer la carte du patriotisme », avec les drapeaux et autres calicots aux couleurs britanniques plutôt qu’à celles de l’olympisme.

Des sommes astronomiques en jeu (olympique)

Ces contrats exclusifs font de chaque édition des J.O. une véritable marque, autour de laquelle des milliards sont en jeu. Le mouvement olympique avait ainsi perçu 4,5 milliards de dollars en droits divers sur l’olympiade 2004-2008, dont 34% étaient liés aux parrainages (pour la seule année des jeux de Pékin, 35 sponsors avaient investi pour un montant d’1 milliard de dollars). Cette année, les recettes « merchandising » autour de la marque "London 2012" devraient représenter  un milliard de livres (1,24 milliards d'euros).

La charte olympique rejette pourtant dans sa règle 50 la présence sur les jeux de toute marque, puisque « aucune forme d’annonce publicitaire ou autre publicité ne sera admise » dans les sites olympiques, et que « les installations commerciales […] ne seront pas admises dans les stades ». À quand alors le bannissement de l’appellation déposée "London 2012", des mascottes olympiques – produits commerciaux vendus en dizaines de milliers d’exemplaires – et du logo aux cinq anneaux ? Celui-ci pourrait presque être considéré, à la lumière des contrats dont il est l’objet, comme un symbole publicitaire portant à voir une oxymore dans le point de la charte rappelant que « les dossards portés par les concurrents ne pourront comporter aucune sorte de publicité et doivent porter l’emblème olympique ». L’esprit olympique semble avoir bien changé.

  • À lire aussi :

Londres 2012, les sales petits jeux des sponsors...

JO 2012 : un sponsor qui fâche et fait tache

 Londres 2012 touché par la crise

Théo Maneval

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Edité par T 34 - 24 Jul 2012 à 00:26
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