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L' impérialisme de l'Union Européenne

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    Envoyé : 02 Oct 2009 à 01:50
Le déploiement mondial du capitalisme européen : une politique commerciale agressive


Collectif, L' idéologie européenne


Dans la mondialisation accélérée des échanges, l’Europe apparaît comme un cadre plus adapté pour l’organisation des élites capitalistes. Ceci ne tient pas tant au changement d’échelle que constitue le passage de l’étage national à l’étage continental qu’à l’accès privilégié de cette élite au pouvoir politique situé à ce niveau enfin débarrassé de la très gênante et pourtant très relative immixtion des peuples dans les affaires publiques. Entre technocrates bruxellois et golden boy londoniens, on est du même monde et on parle la même langue, celle du profit maximum. Les premiers s’efforcent de liquider les obstacles que rencontrent les seconds dans sa réalisation. Une répartition des rôles qui a fait ses preuves et qui marche aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. La question du déploiement mondial du capitalisme européen forme système avec celle des actions diplomatiques et militaires extérieures de l’UE. Le même impérialisme destructeur est à l’œuvre, défendu et dissimulé par la même panoplie idéologique de l’ « Europe puissance ».




Site : L'idéologie européenne

L’Union Européenne est la première puissance commerciale du monde grâce au contrôle de 20 % du commerce mondial (hors échanges intra-communautaires). Par ailleurs, l’originalité de la politique commerciale de l’Union réside dans le fait que c’est un représentant de la Commission qui négocie dans les organisations multilatérales comme l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Cependant, certains secteurs économiques (services, propriété intellectuelle) font l’objet de compétences partagées entre l’UE et les États-membres : le représentant de la Commission à l’OMC reste donc en contact permanent avec des plénipotentiaires nationaux. Malgré ces limites, si l’UE ne parle que d’une seule voie pour le commerce, c’est qu’elle ne constitue qu’une seule et unique entité commerciale.

L’instauration d’un tarif douanier commun [1] est à la base de la construction d’un marché commun prévu par le traité de Rome. Cette construction uniformise la protection douanière vis-à-vis des pays tiers et crée une préférence communautaire afin de détourner les flux commerciaux vers un trafic intra-zone. À partir de la réalisation complète du marché intérieur, les mesures de protection ou de libéralisation du commerce ne peuvent avoir lieu qu’en direction des pays extérieurs à la Communauté et doivent concerner au même titre tous les États-membres. L’Union Européenne est donc à la fois une zone de libre-échange, une union douanière (tarif douanier commun) et un marché commun (libre circulation des facteurs de production).

L’Union Européenne est une économie ouverte, c’est-à-dire que la valeur des échanges commerciaux extérieurs représente une part élevée de son PIB. Une grande partie de sa vie économique est donc dépendante du dynamisme de ses exportations (c‘est particulièrement vrai pour l’Allemagne). Il existe donc un intérêt évident pour l’Union, dans un contexte de libéralisation mondiale des échanges, à faire disparaître les obstacles extérieurs à son commerce pour s’assurer la pérennité de ses débouchés sur les marchés extérieurs. Dans le langage bruxellois, cette politique commerciale agressive s’appelle : « l’amélioration de l’environnement international dans lequel opèrent les entreprises européennes ». Dans les faits, l’UE exploite intégralement les possibilités offertes par les négociations au sein de l’OMC. La Commission dispose ainsi de pouvoirs inquisitoriaux de contrôle et d’enquête sur les obstacles au commerce, y compris dans des États tiers [2]. Les industries communautaires, les États membres et les entreprises peuvent demander à l’Union de réagir contre les obstacles au commerce, relevés à l’étranger, « qui provoquent ou menacent de provoquer un préjudice important sur le marché communautaire ou des effets commerciaux négatifs sur les marchés des pays tiers ».



Les négociations à l’OMC

Adoptée à la fin de l’Uruguay Round (1994), cette procédure augure bien de la nature des négociations que conduit l’UE au sein de l’OMC. S’agit-il d’une « force tranquille », respectueuse des pays les plus faibles et soucieuse de ménager leur économie et leur développement ? On peut sérieusement en douter à la lecture des témoignages que rapporte Raoul Marc Jennar [3] : « Les négociateurs des Etats-Unis et de l’Union européenne nous conduisent à l’abattoir à la fin de chaque négociation ; ces derniers sont peut-être plus subtils et plus polis, néanmoins le résultat final est le même : nous sommes écrasés. Je préfère avoir affaire avec les États-Unis… Au moins vous savez exactement où vous en êtes avec eux » [4]. De la même façon, un ambassadeur originaire d’un des Pays les Moins Avancés (PMA) déclarait, à Bruxelles en mai 2001 : « ce que je regrette le plus, c’est de ne pas avoir proposé à mon ministre qu’il demande la suppression de tous les termes faisant référence au développement des pays les plus pauvres dans la déclaration ministérielle. Cela n’aurait rien changé quant au fond, mais cela aurait empêché l’Union européenne d’user de ce texte auprès de ses médias, de ses opinions publiques et des responsables politiques pour faire croire à son prétendu attachement à l’amélioration de notre sort » [5].

En ce qui concerne la « guerre économique », autrefois chère à François Mitterrand, l’UE n’est donc pas si mal armée. Elle utilise les mêmes méthodes que les autres puissances impérialistes que sont le Japon et les Etats-Unis. Au sein de l’OMC, les 148 membres sont égaux en droit mais les décisions sont prises par ce qu’on appelle la « Quadrilatérale » ou « Quad » (UE, USA, Canada, Japon). Des réunions à quatre se tiennent en présence des plus hautes autorités de l’OMC. Il s’agit de préparer les textes à l’avance afin qu’ils expriment le point de vue et servent les intérêts communs des pays industrialisés. Bien sûr, il y a des disputes et on se souvient aisément de la « guerre de la banane » ou des luttes concernant les subventions à l’agriculture entre l’UE et les Etats-Unis. Dans ces cas-là, les Etats-Unis gagnent la plupart du temps car, vivant à crédit et profitant de leur position de superpuissance, ils absorbent une grande partie des exportations mondiales, ce dont l’UE ne peut se passer. Cela ne signifie pas que l’UE est dénuée de moyens de pression et ne peut pas engager des batailles victorieuses sur des terrains moins centraux contre son ami de 50 ans.



L’Europe, une puissance faible ?

On comprend donc mieux l’utilité et la duplicité des dénonciations incessantes concernant la prétendue « impuissance » qu’aurait l’Europe à faire respecter ses intérêts économiques dans le monde. Si elle n’est pas une « puissance forte », c’est donc une « puissance faible », incapable et peut-être même réticente à vouloir imposer sa domination économique. Dans ce sens, sa stratégie extérieure comporte un degré de subtilité supérieur à celle des Etats-Unis : elle transforme un handicap relatif dans la compétition économique mondiale – ses capacités d’interventions militaires sont en effet loin d’équivaloir celles des Etats-Unis – en une souplesse dans le style de l’intervention.


L’idéologie « Europe-puissance », qui trouve des relais très larges dans le monde politique et médiatique, démontre donc toute son efficacité à l’extérieur comme à l’intérieur de l’Union. Celle-ci montre les dents, affirme sa force et brandit des menaces lorsqu’il s’agit d’obtenir des avantages économiques extérieurs face à une nation faible. La démonstration d’une « Europe-puissance », crédible et forte, peut aussi se révéler utile à l’intérieur pour prouver l’intérêt de chaque État-membre dans la poursuite de la construction de l’Europe supranationale : l’UE se présente comme étant plus crédible que chacun des États pris séparément dans ses relations avec l’extérieur. Au contraire, la « puissance tranquille européenne » est là pour rassurer le citoyen épris de justice sociale et plein de sympathie envers le tiers-monde. Elle s’invite aussi dans les négociations extérieures comme un supplément d’âme adjoint au contenu de l’accord proposé. L’exploitation oui ! mais avec le sourire…

Cependant, l’impérialisme économique européen, s’il est loin d’être négligeable en Amérique latine où l’Espagne est devenue le second investisseur après les Etats-Unis dans les années 1980, n’est jamais aussi fort et brutal qu’avec les pays dits ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique).

Notes :

[1] Calculé au départ sur la moyenne des tarifs douaniers nationaux

[2] Règlement du Conseil 3286/94 du 22 décembre 1994, consacré aux obstacles au commerce (ROC).

[3] Témoignage rapporté de la part d’un négociateur d’un pays du sud en marge des négociations de l’OMC à Genève en 2003

[4] R. M. Jennar, Europe, la trahison des élites, Paris 2004 (édition augmentée), p. 131

[5] Ibidem, p. 144



Edité par AllXS - 02 Oct 2009 à 01:57
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Oct 2009 à 01:56
L’UE et les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) : libéraliser pour un pillage en règle


Le lancement d’une politique communautaire vis-à-vis de ces pays, prenant le relais des politiques néocoloniales des États-membres comme la France, la Belgique, les Pays-Bas ou le Royaume-Uni, peut être daté de la première convention de Lomé signée le 28 février 1975 avec 46 États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique



http://www.ideologie-europeenne.fr/L-UE-et-les-pays-ACP-Afrique.html

Celle-ci est suivie par la convention de Lomé II (31/10/1979), Lomé III (8/12/1984), Lomé IV (15/12/1989) valable 10 ans (concerne 71 États ACP). Le 27/4/1998 entre en vigueur un accord signé à Maurice le 4/11/1995 modifiant la 4e convention à mi-parcours. Il s’agit officiellement d’accorder à ces pays des régimes de préférence communautaire en matière douanière afin qu’ils puissent plus facilement exporter leurs produits en Europe, sans qu’il y ait de réciprocité [1]. Même en s’arrêtant à cette stricte interprétation, plusieurs problèmes se posent : la part de marché détenue par les États ACP dans l’ensemble des importations extracommunautaires était supérieure à 10,5 % en 1960 mais n’est plus que de 2,9 % en 2000. Il s’avère donc que les préférences douanières n’ont pas pu empêcher leur marginalisation sur le marché européen. Le principe de base de ces accords était le suivant : le simple différentiel de droits de douane appliqué aux importations dans l’UE constitue le facteur principal de compétitivité sur ce marché. Il s’agissait en gros de dire que le libre-échange est un facteur puissant de développement et d’enrichissement pour ces pays. Les faits étant têtus, il semble bien que ce ne soit pas le cas.

Alors que les premières conventions de Lomé comportaient quelques éléments réels de coopération économique (financement de travaux d’infrastructures et de programmes agricoles, prix garantis sur les produits de base [2]), les derniers accords sont basés de manière de plus en plus univoque sur la doctrine du libre-échange. Pour bénéficier de Lomé IV, les pays ACP doivent ainsi respecter les droits de l’homme … et les plans d’ajustement structurel du FMI. Les accords de Cotonou du 23 juin 2000, conclus avec 77 pays ACP, démantèlent les préférences commerciales non réciproques et le système de prix garantis, au nom de la mauvaise gouvernance de ces pays. Les quelques avantages économiques dont ils bénéficiaient sont donc supprimés sous prétexte de leur mauvaise situation … dont l’UE est en grande partie responsable : diminution des aides européennes (0,37 % du PIB en 1988 et 0,23 % 10 ans plus tard) ; impact destructeur des programmes d’ajustement structurel du FMI (ruine des secteurs publics et désorganisation de l’État) ; impact de la charge de la dette (ce sont désormais les pays du Sud qui financent ceux du Nord grâce à leurs remboursements) ; détérioration des termes de l’échange. Sans parler bien entendu de la déstabilisation politique mise en œuvre par la concurrence des différents impérialismes.

Autres exemples de la mauvaise foi européenne : dénoncer la corruption des pays du Sud sans préciser que les corrupteurs sont bien souvent les multinationales occidentales ; s’enorgueillir de l’aide au développement alors qu’elle revient pour plus des deux tiers à l’Union sous forme d’acquisition d’équipements ou d’honoraires somptueux payés à des experts européens. Pas de double langage par contre dans le texte de l’accord puisque l’article 34-2 précise que « le but ultime de la coopération économique et commerciale est la transition vers l’économie mondiale libéralisée » [3]. « En bon père de famille », l’UE s’occupe donc de « sa zone d’influence » en anticipant même sur les résultats des négociations à l’OMC. Il est vrai que l’ordre d’arrivée sur un marché est un facteur important pour assurer la pérennité et la croissance d’un débouché. Désormais, l’Europe, comme les Etats-Unis en Amérique latine, possède son backyard (« jardin » ou « pré carré »), la bonne conscience en plus.



Notes :

[1] C’est-à-dire sans que l’Europe puisse exporter avec la même facilité ses produits dans ces économies dont le caractère spécifique et fragile est reconnu.

[2] S’il faut bien reconnaître qu’il s’agit d’une forme de coopération qui peut être profitable aux pays du Sud, nous devons néanmoins signaler que cette aide de la Communauté Européenne ne s’adresse qu’au secteur des matières premières (agricoles et minières avec le STABEX). Pas question, dès cette époque, de prendre le risque de voir s’affirmer une concurrence de ces pays pour les produits manufacturés ou même pour des produits agricoles autres que des produits tropicaux. Le développement, oui, mais dans la limite des intérêts économiques de la puissance dominante qui cherche à maintenir une division du travail très étroite. Il s’agit donc d’une transition en douceur du commerce colonial à la française.

[3] Pour l’interprétation de l’accord de Cotonou, nous nous référons à R. M. Jennar – Europe, la trahison des élites, Paris, 2004 (Edition augmentée) : « Cotonou ou la recolonisation des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique », pp. 187-197

«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Oct 2012 à 16:56

Pêche : l’Europe maintient le cap sur l’Afrique

Bruxelles, qui veut réformer sa politique commune, poursuit son offensive dans la région Afrique-Caraïbes-Pacifique, où surpêche et réchauffement menacent la souveraineté alimentaire.

Au nord de la Mauritanie, dans la baie de Nouadhibou, les autorités se sont lancées dans un chantier d’ampleur inédite : enlever les épaves de chalutiers étrangers, qui, coques éventrées, se comptent par centaines à l’entrée du port de pêche. La destruction de ces carcasses dégoulinantes de rouille ne signe pas pour autant la fin de la pression exercée sur les ressources halieutiques. Quotidiennement, depuis les digues, on distingue, telles de grosses ponctuations sur la ligne d’horizon, les immenses chalutiers et thoniers senneurs battant pavillons étrangers.

Fin juillet 2012, la République islamique de Mauritanie a renouvelé avec la Commission européenne son accord de partenariat de pêche, considéré comme le plus important contrat mondial en la matière. Bruxelles verse à Nouakchott une compensation financière annuelle de 113 millions d’euros. En échange, un nombre non limité de navires européens, principalement français et espagnols, obtient le droit d’accès aux eaux territoriales, avec des prises plafonnées théoriquement à 307 400 tonnes par an. Profitant de la faiblesse des structures étatiques des pays tiers, la Commission européenne entretient depuis 1979 une longue tradition d’accords de pêche ACP. Ils concernent une quinzaine de pays – Guinée Conakry, Madagascar, Seychelles, etc. – et illustrent avec insistance les dérives de la politique commune de pêche (PCP) européenne. En juillet 2011, la commissaire grecque Maria Damanaki a présenté la réforme de la PCP, qui, débattue par le Conseil de l’Union et le Parlement européen, doit théoriquement rentrer en vigueur au 1er janvier 2013. 88 % des ressources halieutiques européennes sont surexploitées mais changer d’orientation reste un défi titanesque : dès sa création, en 1970, la PCP s’est construite sur un modèle inapplicable à la pêche, celui de l’agriculture productiviste. « Alors, au fil des années, les Européens ont délocalisé en catimini vers le sud leur surcapacité chronique », analyse Stephan Beaucher, de la coalition Ocean 2012. En Afrique de l’Ouest, où le poisson contribue à près de 50 % de la ration protéique animale, la surpêche y est devenue un enjeu crucial, au même titre que les changements climatiques. « La Commission européenne, dont la flotte entre en compétition avec la pêche artisanale mauritanienne, n’a jamais dégagé de moyens pour s’assurer que les législations locales n’étaient pas enfreintes », analyse Beatriz Gorrez, de la Coalition pour des accords de pêches équitables (Cappe). Ainsi en Mauritanie, alors que la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, en dix ans, la consommation de produits de la mer est passée de 11 kg à 9,5 kg par an et par habitant.

Depuis le coup d’État du 6 août 2008, le nouveau maître du pays est le général Mohamed Ould Abdel Aziz, longtemps non reconnu par la communauté internationale, à l’exception notable de la France. Ce sont les proches d’Aziz qui ont désormais la mainmise sur la compensation financière européenne, les licences de pêche et les droits de douane. En Mauritanie, le manque de garanties démocratiques favorise une corruption chronique, mais aussi la confiscation de la valeur ajoutée sur les produits de la pêche. Pourtant, le Conseil de l’Europe, préoccupé par la pérennité de ses marchés et sous l’influence des grands armateurs (Europêche, Cogeca, etc.), considère depuis 2009, que le « retour à l’ordre constitutionnel » autorise une coopération pleine et entière, ne laissant rien présager de bon sur les modalités de la politique commune à venir.

Jean-Sébastien Mora

Source

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 Nov 2012 à 01:56

Région andine : un nouvel eldorado pour l’UE

Aval de la commission du Commerce international au traité de libre-échange avec le Pérou et la Colombie, en dépit des critiques sur les impacts socio-économiques et les violations des droits de l’homme dans ces deux pays.

« C’est une mauvaise décision. » C’est en ces termes qu’Helmut Scholz, député de la Gauche unitaire européenne et membre de la commission du Commerce international du Parlement européen, a qualifié, hier, l’aval de cette instance au traité de libre-échange avec le Pérou et la Colombie. Voilà plus de cinq ans que les négociateurs s’acharnent à finaliser un texte qui soulève pourtant un tollé de chaque côté de l’Atlantique. Plus de 200 organisations sociales, civiles, syndicales et politiques en dénoncent les impacts socio-économiques et environnementaux.

La « coopération » tant vantée par l’UE pour favoriser l’intégration régionale de ces pays andins est un mensonge. « L’étude d’impact commandée à des chercheurs par la Commission européenne confirme clairement que cet accord de libre-échange va accroître la pression sur la terre et les autres ressources naturelles, sur le dos des plus pauvres, détruire plus d’emplois en Espagne et dans les régions périphériques, a vivement critiqué Helmut Scholz. Il détruira également diverses activités économiques en Colombie et au Pérou, comme le secteur laitier ou les services financiers et, dans le même temps, facilitera le blanchiment de dollars. »

Au nom du libre-échange, Bruxelles veut exploser les verrous de part et d’autre, en facilitant l’accès aux marchés et la dérégulation, la flexibilité du travail mais également la libéralisation des investissements étrangers dans les secteurs stratégiques : les terres, les services, les télécommunications, la propriété intellectuelle… Cet accord asymétrique pénaliserait d’abord les économies « latinos » mais surtout les droits des travailleurs péruviens et colombiens ainsi que les communautés indigènes, déjà victimes de discriminations dans leurs pays respectifs. Mais, en Europe aussi, des secteurs de production n’y survivraient pas, par exemple celui de la banane. « Une réduction des barrières douanières à l’importation de (ce produit) va bénéficier aux multinationales telles que Chiquita, une entreprise connue pour son appui aux groupes paramilitaires » en Colombie, a rappelé Helmut Scholz.

C’est là l’autre volet inquiétant. L’UE, si prompte à donner des leçons sur le respect des droits de l’homme, ferme les yeux lorsqu’il s’agit de gros sous. « Le bilan des violences en Colombie est très préoccupant, avec 2 900 syndicalistes assassinés ces dernières années », dénonce Isabelle Hoferlin, de la Confédération européenne des syndicats (CES). « Au Pérou, le taux de conflits sociaux est également inquiétant, poursuit-elle. Le Bureau international du travail a épinglé ce pays pour non-respect de la liberté syndicale. » Le Parlement européen avait demandé à la Colombie une feuille de route concernant des droits de l’homme. Mais non contraignante, le gouvernement est passé outre, et aggrave la situation « avec la proposition d’accroître l’immunité, donc l’impunité, pour les militaires », pourtant principaux responsables des exactions, rappelle Helmut Scholz, qui demande aux eurodéputés de se prononcer contre ce traité, le 11 décembre, lors de la séance plénière.

Cathy Ceïbe

L'Union Européenne va-t-elle promouvoir le trafic de fonds illégaux provenant de Colombie et du Pérou ?

 
GUE/NGL

Une étude réalisée par le Centre de Recherche sur les Entreprises Multinationales (SOMO), et présentée aujourd’hui au Parlement Européen, révèle que si l'Accord de Libre Échange (ALE) entre l'UE, la Colombie et le Pérou était ratifié lors de la prochaine session plénière la semaine prochaine à Strasbourg, il y a de fortes chances que l’instabilité financière augmente, ainsi que l’évasion fiscale et même le blanchiment d’argent provenant du trafic de drogue.

M. Jürgen Klute, député européen du groupe de la Gauche Unitaire Européenne GUE/NGL a déclaré ce matin lors d'une conférence de presse que cet accord favoriserait la libéralisation des services financiers: "Alors qu’en Europe nous tentons de légiférer pour mieux réguler et contrôler les marchés financiers, il est absurde que nous négocions par ailleurs des accords qui sont obsolètes puisqu'ils relèvent de ces politiques néolibérales qui ont fait tant de dégâts chez nous."
 


 

Dans sa recherche, l'économiste Myriam Vander Stichele observe que d'autres accords commerciaux passés par l'Union européenne avec des pays tiers prévoient bien des mécanismes pour lutter contre le blanchiment d'argent, la lutte contre le crime organisé et les flux illicites d'argent. D’après la chercheuse, il dès lors est inconcevable que concernant cet accord commercial signé avec la Colombie et le Pérou, qui sont les deux principaux producteurs mondiaux de cocaïne, il n’ait été prévu aucune mesure spécifique pour lutter contre la criminalité financière.
 
L’Accord de libre-éhange avec la Colombie et le Pérou, qui sera soumis mardi prochain à Strasbourg à l'assemblée plénière du Parlement européen– qui ne peut le modifier d’une virgule – n'inclut aucun élément spécifique contraignant les pays signataires à adopter des mesures contre l'évasion fiscale: «Bien au contraire, l'ALE pourrait ouvrir la porte à d’importantes violations de la fiscalité ce qui, dans des pays en développement comme la Colombie et le Pérou, peut signifier la fuite de sommes d'argent indispensables pour les dépenses publiques», déclare Mme Vander Stichele.
 
À cet égard, M.Klute dénonce qu’au moment où les citoyens européens sont contraints à des efforts d'austérité considérables qui touchent surtout les familles les plus pauvres: «Il est particulièrement hypocrite de fournir de nouveaux marchés aux entreprises transnationales, qui sont caractérisées par leur pratique de l'évasion fiscale et l’utilisation des paradis fiscaux. De plus, faciliter l’entrée dans l’UE de capitaux issus de la criminalité, ne va pas aider à résoudre la crise en Europe, mais risque au contraire de l’aggraver.»
 
L'étude conclut que l'ALE ne prévoit aucune garantie de contrôle fiscal, comme, par exemple, une coopération en matière de surveillance des flux de capitaux en vue de suivre l'impact de ces nouvelles mesures de libéralisation, ou de détecter les flux d'argent illicites. Aucune mesure n’est prévue non plus pour prévenir une crise financière, des retraits massifs de capitaux, la spéculation excessive ou le blanchiment d'argent.
 
Dans son intervention, Jürgen Klute souligne que pour aucun autre accord de libre échange il n'a vu une telle levée de boucliers de la part du mouvement social et des ONG pour des motifs de droits humains et d’environnement. Cette étude sur le volet financier de l’ALE UE-Colombie-Pérou, démontre que ce dernier va aussi à l’encontre des efforts de l'UE pour réguler le secteur financier et contrôler les actifs toxiques ou d'origine criminel. «C'est un accord mal négocié qui doit être rejeté», conclut M. Klute.

L'étude est disponible ici

GUE/NGL Press Contacts:
David Lundy +32 485 50 58 12 david.lundy@europarl.europa.eu
Gay Kavanagh +32 473 84 23 20 gabrielle.kavanagh@europarl.europa.eu

Signe et envoie une lettre à tes député(e)s européen(ne)s pour exprimer ton refus face à la ratification des Accords de Libre Echange et des Accords d΄Association entre l΄Union européenne et la Colombie, le Pérou et l΄Amérique centrale.

 
Source: http://www.guengl.eu/showPage.php?ID=11165&Y=&LANG=4&GROUPTYPE=
Date de parution de l'article original: 05/12/2012
 

La libéralisation,  maître mot des échanges UE-Colombie 

L’accord de libre-échange UE-Colombie a été adopté hier par le Parlement européen malgré l’opposition des syndicalistes, militants des droits de l’homme et des partis de gauche. Selon l’eurodéputée de la Gauche unitaire Marie-Christine Vergiat, cet accord « aura des conséquences dramatiques en Colombie car il prône la libéralisation du secteur financier qui équivaut à un dramatique retour en arrière en termes de réglementation contre le blanchiment d’argent », la libéralisation des produits agricoles et « l’appropriation par les entreprises des ressources naturelles, notamment de l’eau, et l’accaparement des terres ».

Source

Les Accords de libre-échange UE-Amérique centrale et UE-Colombie et Pérou sont une honte!

 
Par Jean Luc Mélenchon
 

Ce mardi le Parlement européen a ratifié à une large majorité deux accords de libre-échange conclus en Mai 2010 entre l'Union européenne et l'Amérique centrale (dont le Honduras toujours sous le joug des putschistes) et entre l'Union et la Colombie et le Pérou (cassant au passage la Communauté Andine des Nations – CAN). Les deux accords, contre lesquels nous sommes en campagne notamment avec le réseau Enlanzando Alternativas depuis plusieurs années déjà, ont été signé en Juin dernier. Apprenez que l'UE n'a pas eu de scrupule à signer l'accord UE-Amérique centrale le 28 Juin 2012, date du 3ème anniversaire du coup d'Etat contre le président Manuel Zelaya et ce dans la ville même où ce coup d'Etat a lieu: Tegucigalpa! L'accord avec le Pérou et la Colombie a quant à lui été signé quelques jours à peine après que la Confédération Internationale des Syndicats a dénoncé la Colombie de Monsieur Santos comme le premier pays au monde pour la persécution et le meurtre de syndicaliste!

Le simple fait que de tels accords soient négociés avec pareils gouvernements est une honte. Le contenu de ces accords qui organisent le pillage des ressources de part et d'autre de l'Atlantique et consacre la ruine des peuples des Etats latino-américains concernés l'est tout autant.

Vous trouverez ci-dessous un retour sur le contexte et le contenu de ces accords ainsi que mes interventions en séance à leur propos.

Ces accords sont issus de la stratégie impérialiste euro-latino américaine

  • Bref aperçu historique d'une stratégie aujourd'hui remise en cause par les gouvernements progressistes d'Amérique latine et la création de la CELAC.

En 1994, le Conseil européen adopte un premier document prônant le renforcement des relations bi-régionales et invite la Commission européenne à négocier des accords de libre-échange avec le MERCOSUR et avec le Chili

En 1995, dans une communication au Conseil et au Parlement européens, la Commission européenne insiste sur les facteurs favorisant le rapprochement des deux régions (processus d’intégration régionaux ; politiques économiques rigoureuses ; mondialisation ; situation politique plus favorable)

Les 28 et 29 Juin 1999, à Rio de Janeiro, le premier sommet bi-régional des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne, de l’Amérique latine et des Caraïbes (UE-ALC) institutionnalise la stratégie euro-latino américaine : les 47 Etats représentés s’y mettent d’accord pour adopter une stratégie bi-régionale commune concernant « le dialogue politique, le libre-échange et la coopération ».

En 2006, le Parlement européen adopte une résolution proposée par José Ignacio Salafranca visant à la mise en place à l'horizon 2010 zone euro-latino-américaine de partenariat global interrégional, immense zone de libre échange.
"21. a). mise en place d'un accord de partenariat global interrégional à l'horizon 2010, qui apporte une base juridique et une couverture géographique complète aux différents volets du partenariat birégional et qui aie pour objectif ultime la libéralisation bilatérale et préférentielle, progressive et réciproque, des échanges de touts types de biens et services, avec des limitations pour les services commerciaux d'intérêt général, entre les deux régions dans leur ensemble, conformément aux règles de l'OMC;"

En Septembre 2009, La Commission européenne publiait une communication intitulée "L'UE et l'Amérique latine: un partenariat entre acteurs mondiaux" dans laquelle elle encourageait les négociations d'"accords d'association" (accords de libre-échange) avec les sous régions latino américaines mais aussi de "consolider les relations bilatérales" en tirant "pleinement parti des accords d'association déjà conclus (Chili et Mexique), de même que des accords de coopération bilatéraux". Dans sa communication la Commission prônait également le rejet du protectionnisme, la réforme des institutions financières selon l'avis du G20 (c'est-à-dire notamment renforcement du rôle du FMI), la gestion des flux migratoires " les parties assumant leurs propres responsabilité en matière de gestion des flux migratoires".

En Décembre 2009, le Conseil rendait ses conclusions sur les relations entre l'UE et l'Amérique latine insistant pour qu'on "fasse aboutir les négociations en vue d'un accord d'association qui soit équilibré et ambitieux avec l'Amérique centrale", et pour que les "négociations relatives à un accord commercial multipartite" avec "les pays de la CAN" (et non plus avec la CAN car l'Equateur et la Bolivie avaient refusé les projets d'accords de liubre échange) et avec le Mercosur soient "menées à bien".

En Février 2010, l'UE ne parlait plus d'accord d'association avec le Mercosur mais avec "les pays du Mercosur" (le Venezuela devait devenir membre à part entière du Mercosur incessamment sous peu, seule manquait alors la ratification de son adhésion par le Paraguay)

En Mai 2010, au VIème Sommet UE-ALC, les chefs d'Etats et de gouvernement annonçaient la fin des négociations des accords de libre échange entre l’UE et l’Amérique centrale et entre l'UE et la Colombie et le Pérou ainsi que le relancement des négociation d'un accord de libre échange avec le Mercosur.

A la même époque, au Parlement européen, un nouveau rapport Salafranca annonçait que "l'objectif ultime du Partenariat stratégique birégional UE-Amérique latine est la création d'une zone euro-latino-américaine de partenariat global interrégional à l'horizon de 2015"

Mais en Décembre 2011, Les gouvernements latino-américains mettaient un terme à la formation par l'extérieur des intégrations régionales du sous continent en lançant la CELAC. La CELAC devient ainsi l'interlocuteur de l'UE dans les Sommet UE-ALC qui deviennent donc des Sommet UE-CELAC.

Le premier Sommet UE-CELAC aura lieu les 26 et 27 Janvier 2013 à Santiago du Chili.

L'accord de libre échange UE-Amérique centrale: un scandale!

  • Des négociations à la faveur d'un putsch

Lors du sommet UE- ALC des 12 et 13 mai 2006 à Viennes, les chefs d’État et de  gouvernement de l'UE et de plusieurs pays d'Amérique centrale (et non pas avec tous les pays d'Amérique centrale même ceux unis dans le SICA) ont décidé de lancer des négociations en vue de la conclusion d’un accord d’association entre les deux régions, avec l’établissement d’un accord de libre-échange.

L'objectif fixé est clair: "supprimer les droits de douane élevés, lever les obstacles techniques au commerce, libéraliser les marchés des services, protéger des indications géographiques (IG) de valeur pour l’UE, ouvrir les marchés publics, prévoir des engagements sur la mise en œuvre de normes en matière de travail et d’environnement et proposer des procédures efficaces et rapides pour régler les litiges"

Il sera reprécisé dans le traité: " les parties au présent accord établissent une zone de libre-échange"

En Octobre 2007, les négociations étaient officiellement ouvertes.

Après le coup d'Etat au Honduras en 2009, l'UE ne renonçait pas à négocier avec le gouvernement putchiste du Honduras.

En Janvier 2010, le Panama demandait à intégrer les négociations. L'UE approuvait. Pourtant celui-ci venait d'annoncer son retrait du Parlement Centraméricain

(PARLACEN).

Lors du sommet UE- ALC du 18 mai 2010 à Madrid, les chefs d'Etats et de gouvernement ont annoncé la fin des négociations pour un Accord d’Association entre l’UE et l’Amérique centrale.

Le 28 Juin 2012, l'UE signait l'accord de libre échange avec six Etats d’Amérique centrale (Costa Rica, El Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua et Panama). La cérémonie de signature s'est déroulée à Tegucigalpa au Honduras le jour anniversaire du coup d'Etat! Le symbole fait froid dans le dos...

Le contenu de l'Accord

L'accord est censément basé sur 3 piliers:
-
le dialogue politique ("fondé sur des valeurs, des principes et des objectifs communs, en particulier le respect et la promotion de la démocratie et des droits de l'homme, du développement durable, de la bonne gouvernance et de l'État de droit, avec l'engagement de promouvoir et de protéger ces valeurs et ces principes sur la scène internationale, de manière à contribuer au renforcement du multilatéralisme")
-la coopération dans tous les domaines d'intérêt commun
-et le commerce ("développer et diversifier les relations commerciales birégionales entre les parties dans le respect de l'accord sur l'OMC, ainsi que des objectifs et dispositions spécifiques prévus par la partie IV du présent accord")
  • Le dialogue politique: de la poudre aux yeux

-Droits de l'Homme et Démocratie: le cynisme absolu

En préambule de l'Accord, les gouvernements signataires " RÉAFFIRMENT leur respect des principes démocratiques et des droits fondamentaux de la personne humaine inscrits dans la déclaration universelle des droits de l'homme; RAPPELLENT leur attachement aux principes de l'État de droit et de la bonne gouvernance"

Son premier article déclare: " Le respect des principes démocratiques et des droits fondamentaux de la personne humaine définis dans la déclaration universelle des droits de l'homme, ainsi que de l'État de droit, sous-tend les politiques intérieures et internationales des deux parties et constitue un aspect essentiel du présent accord"

Quel crédit apporté à de telles déclarations quand elles sont signées notamment par le gouvernement putchiste de Porfirio Lobo?

A noter:
Le Système communautaire de Préférences Généralisées (SPG+) conditionne l’application de préférences commerciales à la ratification et à la mise en œuvre effective de 27 des principaux instruments en matière de droits humains, de droit du travail, de normes environnementales et de principes de gouvernance. Cet Accord d’Association inclue moins de normes que le SPG+ et aucun mécanisme contraignant qui puisse garantir l’application efficace de ces normes.
De plus la clause de droits de l'Homme (article 1) n'est pas soumise au mécanisme de règlement des différends… rien n'est donc prévu pour la faire appliquer!

-Quelle lutte contre le terrorisme?
Le texte appelle les Etats parties à "l'échange d'informations sur les groupes terroristes et leurs réseaux de soutien" et à " l'échange d'expériences dans le domaine de la prévention du terrorisme, ainsi que de la protection et de la lutte contre le terrorisme". Sachant la répression sous ce prétexte existant notamment au Panama et au Guatemala, sans parler évidemment du Honduras on est en droit de s'inquiéter!

Outre un chapitre concernant la coopération au développement et un autre relatif au dialogue politique, l’Accord d’association contient également un accord de libre échange. L’objectif de l’UE est de s’assurer une bonne position concurrentielle vis-à-vis des autres acteurs, comme par exemple les États-Unis, ayant déjà conclu des accords commerciaux avec ces pays.

-Quelle lutte contre les paradis fiscaux?
L'article 22 précise " En vue de renforcer et de développer les activités économiques tout en tenant compte de la nécessité d'élaborer un cadre réglementaire approprié, les parties reconnaissent et s'engagent à appliquer les principes communs et reconnus à l'échelle internationale de bonne gouvernance dans le domaine fiscal."

Quand on connaît le nombre de zones franches existant au Costa Rica? et que dire du Panama et sa zone franche de Colon?

-et les syndicats?
Mis à part une référence au "dialogue sociale", rien sur les syndicats. Malheureusement pas étonnant vu la répression dont ils sont victimes notamment au Honduras, au Guatemala et au Panama…

-et la société civile?
Le texte annonce qu'elle participera à la mise en œuvre de l'accord sans définir toutefois les modalités de cette participation. Evidemment…Car là encore: tout au long des négociations, les propositions et recommandations des différentes organisations et mouvements sociaux ont été niées. Ce qui laisse présager aisément de la suite!

  • Coopération: pour soutenir cet accord, pas pour l'intérêt général, bien entendu!

-La chose est entendue dès le premier article: " La coopération vise essentiellement à soutenir la mise en œuvre du présent accord"

-Et en plus la possibilité est évolutive!
" Le fait qu'un domaine ou qu'une activité de coopération n'ait pas été inclus dans le présent accord ne peut être interprété comme un obstacle empêchant les parties de décider, conformément à leurs législations respectives, de coopérer dans ce domaine ou à cette activité"

-A qui cela va-t-il bénéficier?
"Les parties encouragent et facilitent le financement privé et les investissements directs étrangers, notamment par les financements que la Banque européenne d'investissement accorde en Amérique centrale selon ses propres procédures et critères financiers"

Rappel:
La BEI mène une politique aux antipodes de la nécessaire transition écologique
: entre 1996 et 2005, elle aurait ainsi investi 26,5 milliards dans la construction d'autoroutes et 16 milliards d'euros pour l'industrie aéronautique (extensions d'aéroports, construction du grand aéroport de Berlin par exemple, et construction ou achat d'avions). Il est par ailleurs très rares que les banques avec lesquelles la BEI collabore investissent les prêts de la BEI dans des projets de développement des énergies renouvelables.
La BEI brille aussi… par son opacité. Un quart de ses investissements sont des " prêts globaux " accordés à des intermédiaires financiers. Ceux-ci prêtent à leur tour à des organismes privés ou publics.
Mais ce n'est pas tout: entre 2004 et 2009, la BEI a prêté 5,66 milliards d'euros aux banques européennes les plus présentes dans des paradis fiscaux : Barclays Bank, la Royal Bank of Scotland, BNP Paribas, la Société Générale et ING.

-et les migrants?
Là encore, si le texte assure un retour dans de bonnes conditions et prétend assurer le non refoulement, il précise surtout: " Dans le cadre de la coopération visant à prévenir et à maîtriser l'immigration allant à l'encontre du cadre juridique du pays de destination, les parties conviennent également de réadmettre sur leur territoire ceux de leurs ressortissants dont le séjour sur le territoire de l'autre partie est contraire au cadre juridique concerné". Bref: il avalise la directive de la honte!

  • Politique commerciale: le cœur de l'affaire

-Des objectifs clairs

a) expansion et diversification du commerce des marchandises entre les parties, par la réduction ou la suppression des obstacles tarifaires et non tarifaires aux échanges;

b) facilitation du commerce des marchandises, en appliquant notamment les dispositions convenues en ce qui concerne les douanes et la facilitation des échanges, les normes, les règlements techniques et les procédures d'évaluation de la conformité, ainsi que les mesures sanitaires et phytosanitaires;

c) libéralisation du commerce des services, conformément à l'article V de l'AGCS;

d) promotion de l'intégration économique régionale dans le domaine des procédures douanières, des règlements techniques et des mesures sanitaires et phytosanitaires, afin de faciliter la circulation des marchandises entre les parties et au sein de celles-ci;

e) création d'un environnement propice à l'accroissement des flux d'investissement, amélioration des conditions d'établissement applicables entre les parties, sur la base du principe de non-discrimination, et facilitation des échanges et des investissements entre les parties par la libéralisation des paiements courants et des mouvements de capitaux liés aux investissements directs;

f) ouverture effective, réciproque et progressive des marchés publics des parties;

g) protection adéquate et efficace des droits de propriété intellectuelle, conformément aux obligations internationales en vigueur entre les parties, de manière à assurer l'équilibre entre les droits des titulaires de droits de propriété intellectuelle et l'intérêt public en prenant en considération les divergences existant entre les parties, et promotion des transferts de technologies entre les régions;

h) promotion d'une concurrence libre et non faussée dans les relations économiques et commerciales entre les parties;

i) mise en place d'un mécanisme efficace, équitable et prévisible de règlement des litiges;

j) promotion des échanges et des investissements internationaux entre les parties d'une manière qui contribue à l'objectif de développement durable par un travail en collaboration.

-Le calendrier de l'élimination des barrières douanières.
Ouverture à 91 % du marché européen, pour l'Amérique centrale et ouverture à 48 % du marché centraméricain pour l'UE (puis progressivement libéralisation totale en 3 à 15 ans seuls 4% des produits et services étant préservés).

A noter: l'effort de libéralisation se situe du côté centraméricain et pas européen, car le marché européen est déjà ouvert dans les mêmes proportions aux produits centraméricains via le Système Général de Préférences (SGP)… Les conditions démocratiques et de respect des droits de l'Homme en plus.

-Impossible de revenir en arrière
La clause de statu quo de l'accord interdit l’instauration de nouvelles taxes douanières et la hausse de celles déjà existantes. Une fois éliminées, les taxes ne pourront plus être rétablies.

-aucune garantie contre les subventions européennes aux produits agricoles
Le texte se contente de préciser que " Les parties partagent l'objectif de travailler conjointement dans le cadre de l'OMC pour assurer l'élimination parallèle de toutes les formes de subventions à l'exportation et la mise en place de disciplines à l'égard de l'ensemble des mesures à l'exportation d'effet équivalent"

A qui profite le crime?
-Côté "centraméricain", il assure à Chiquita etc la pérennité de leurs exportations de bananes
-Côté "européen", il bénéficie principalement aux exportateurs dans l'industrie automobile et le secteur de pièces de voiture (jusqu'à 31 millions € de frais de douanes en moins par an), de l'industrie pharmaceutique (près de 8 millions € en moins par an), de la fabrication de produits chimiques (environ 10 millions € par an) et de l'industrie textile et habillement (environ 4 millions € par an).

Le rapport Salafranca: un rapport emblématique de l'impérialisme européen

Le rapport Salafranca est une ode au traité de libre échange

Pas un mot sur les putschistes du Honduras et leur régime ulltra répressif, pas un mot sur les répressions syndicales au Guatemala et à Panama.

Pire: a le culot de dire que ce traité respecte l'article 21 du Traité de Lisbonne (promotion de la démocratie et des droits de l'Homme dans l'action extérieure de l'UE)

Seul mot sur les droits de l'Homme: "souligne que l'article 1 de l'AA consacre le respect des principes démocratiques, des droits fondamentaux de la personne humaine ainsi que du principe de l'état de droit comme un "élément essentiel" de ce dernier, de sorte qu'une non-observation de ces règles par l'une ou l'autre des parties donnerait lieu à l'adoption de mesures pouvant aller jusqu'à la suspension de l'accord; estime néanmoins que des mécanismes concrets doivent être élaborés afin de garantir le respect de la clause relative aux droits de l'homme contenue dans l'AA"

Pas un mot, bien sûr, sur la CELAC.

Je suis intervenu en séance contre ce texte lors du vote:

"Ce rapport fait l'apologie d'un accord de libre-échange négocié notamment avec un régime putschiste et signé dans la capitale même et le jour anniversaire même du coup d'Etat contre Manuel Zelaya, à Tegucigalpa le 28 Juin. C'est en soi tout un symbole de ce que l'Union européenne est prête à faire pour défendre les intérêts commerciaux de certaines multinationales. La ratification de cet accord ruineux pour les peuples et pour la démocratie par le Parlement européen est fidèle à la tradition de celui-ci. Rappelons que la majorité de cet hémicycle n'a jamais jugé bon de dénoncer ni le coup d'Etat au Honduras ni le coup d'Etat au Paraguay et qui à la veille du soulèvement populaire en Libye se félicitait des négociations de libre échange entre l'UE et la Kadhafi. Je vote contre ce texte qui est une honte."

L'accord de libre échange UE-Pérou et Colombie: une honte!

Des négociations en forme de chantage

Un accord de coopération et de dialogue politique excluant tout accord de libre-échange avait été signé en 2003 entre l'UE et la Communauté Andine des Nations (CAN: Bolivie, Colombie, Equateur, Pérou). Il n’est jamais entré en vigueur.

Lors du sommet UE- ALC des 12 et 13 mai 2006 à Viennes, les chefs d’État et de gouvernement de l'UE et de la CAN ont décidé de relancer des négociations en vue de la conclusion d'un accord comportant un dialogue politique, des programmes de coopération et un accord commercial.

En Avril 2007, les négociations entre l'UE et la CAN débutaient officiellement.

Le but de l'UE était déjà clair: " supprimer les droits de douane élevés, à lever les obstacles techniques aux échanges, à libéraliser les marchés des services, à protéger des indications géographiques (IG) de valeur pour l’UE, à ouvrir les marchés publics, à prévoir des engagements sur la mise en œuvre de normes en matière de travail et d’environnement et à proposer des procédures efficaces et rapides pour régler les litiges. L’objectif consistant à aller au-delà des engagements de l’OMC et à obtenir des conditions similaires à celles dont bénéficient les autres concurrents dans la région, notamment les États-Unis"

En Juin 2008, la Bolivie et l'Equateur suspendait les négociations refusant toute mise en place d'une zone de libre échange d'ailleurs contraire à leurs Constitutions respectives.

En Janvier 2009, le Conseil européen approuvait la proposition de la Commission européenne de "poursuivre des négociations d’accord commercial avec les pays de la Communauté andine disposés à aller de l’avant", autrement dit de rompre sciemment une intégration régionale pour mieux faire valoir la vision néolibérale de la politique, la coopération et le commerce internationaux qui prévaut à la tête de l'Ue actuellement.

Lors du sommet UE- ALC du 18 mai 2010 à Madrid, les chefs d'Etats et de gouvernement ont annoncé la fin des négociations pour un Accord d’Association entre l’UE et la Colombie et le Pérou.

Le 26 Juin 2012, l'UE signait l'accord de libre échange avec Les gouvernements de la Colombie et du Pérou.

Le contenu de l'accord

Sachez que pour obtenir une version de l'accord, il faut se lever de bonne heure! Sur le site de la Commission européenne, le texte est seulement disponible en anglais et en espagnol! La version espagnole n'est elle même pas une version permettant la moindre recherche ou le moindre copier-coller de son contenu: c'est un scan de la version papier! Notez au passage que la Commission européenne ne se donne plus la peine de traduire une large partie de ses publications!
  • Cynisme vis-à-vis de la CAN

L'accord se permet en préambule de se revendiquer de la CAN qu'il casse:  "DÉTERMINÉS à renforcer ces liens en se fondant sur les mécanismes existants qui régissent les relations entre l'Union européenne et ses États membres et les pays andins signataires, en particulier l'Accord de dialogue politique et de coopération entre la Communauté européenne et ses États membres, d'une part, et la Communauté andine et ses pays membres, d'autre part" ; " Les parties reconnaissent et réaffirment l'importance des processus respectifs d'intégration régionale entre les États membres de l'Union européenne et entre les pays membres de la Communauté andine en tant que mécanismes permettant d'exploiter de plus grandes opportunités commerciales et de favoriser la bonne intégration de ces pays dans l'économie mondiale"; "Les parties reconnaissent que les progrès relatifs à l'intégration régionale andine seront déterminés par les pays membres de la Communauté andine"

Pire: l'accord contient une clause visant à l'adhésion des autres pays de la CAN (vu comme le seul horizon possible) pour mettre en place une zone de libre échange euro-andine:
" Vu l'aspiration des parties à parvenir à une association entre les deux régions, lorsque tous les pays membres de la Communauté andine seront parties au présent accord, le comité "Commerce" réexaminera les dispositions pertinentes, notamment le présent article et l'article 105, en vue de leur adaptation à la nouvelle situation et du soutien aux processus d'intégration régionale"

Ce n'est rien d'autre que du chantage, cet accord permettant de nuire aux exportations des Etats non parties à l'accord (la Bolivie et l'Equateur) par ailleurs déjà affectés par l'utilisation de la même technique de casse et de concurrence par les Etats-Unis.

  • Cynisme vis-à-vis des droits de l'Homme

L'article 1 déclare: " le respect des principes démocratiques et des droits fondamentaux de l'homme, tels qu'inscrits dans la déclaration universelle des droits de l'homme, ainsi que des principes de l'État de droit, sous-tend les politiques intérieures et internationales des parties. Le respect de ces principes constitue un élément essentiel du présent accord"

Quelle valeur peut-on accorder à une telle déclaration, dépourvue par ailleurs de tout mécanisme contraignant y compris celui de règlement des litiges quand on sait que la Colombie de Monsieur Santos reste l'un des pays où le plus de militants syndicalistes et des droits de l'Homme sont tués quotidiennement? Rappelons que la CIS (Confédération Internationale des Syndicats) a déclaré la Colombie le pays le plus dangereux au monde pour les syndicalistes en Juin dernier!

  • Le but est clair

Article 3 :"les parties établissent une zone de libre-échange"

Article 4: détail des objectifs poursuivis:

a)libéraliser progressivement et graduellement le commerce des biens
b) encourager le commerce de marchandises
c) libéraliser progressivement le commerce de services
d) créer un environnement propice à l'augmentation des flux d'investissement et, en particulier, à l'amélioration des conditions d'établissement applicables entre les parties, sur la base du principe de non-discrimination
e) faciliter les échanges et les investissements entre les parties en libéralisant les paiements courants et les mouvements de capitaux liés aux investissements directs
f) ouvrir efficacement et réciproquement les marchés publics des parties
g) protéger adéquatement et efficacement les droits de propriété intellectuelle
h) réaliser des activités économiques, en particulier celles concernant les relations entre les parties, en conformité avec le principe de libre concurrence
i) mettre en place un mécanisme rapide, efficace et prévisible pour le règlement des litiges
j) favoriser les échanges internationaux d'une manière qui contribue à l'objectif de développement durable et travailler à l'intégration et à la prise en compte de cet objectif dans les relations commerciales des parties
k) veiller à ce que la coopération en matière d'assistance technique et le renforcement des capacités commerciales des parties contribuent à la mise en œuvre du présent accord et à l'utilisation optimale des possibilités offertes par celui-ci en conformité avec le cadre juridique et institutionnel existant.

Cherchez la complémentarité des échanges ou le bien-être des populations ou encore le respect contraignant des droits des travailleurs et des normes environnementales…

  • Un démantèlement douanier rapide et irréversible

-99 % des exportations de l’UE sont couvertes par l'accord (100 % des produits industriels en 10 ans et 85 % des produits agricoles au bout de 17 ans)
-"Nouveaux accès substantiels" aux marchés de l’UE pour les principales exportations agricoles colombiennes et péruviennes: bananes, sucre et rhum et 100 % de franchise de droit pour leurs produits industriels et produits de la pêche dès l’entrée en vigueur de l’accord.

  • L'interdiction de tout protectionnisme même constitutionnel

Article 23: " Aucune partie n'adopte ni ne maintient des interdictions ou des restrictions à l'importation de biens en provenance d'une autre partie ou encore des interdictions ou des restrictions à l'exportation, ou à la vente à l'exportation, de biens à destination d'une autre partie"

Article 27: " Chaque partie s'assure, en particulier, que les entreprises commerciales d'État se conforment, dans leurs achats ou leurs ventes, ou dans l'exercice de tout pouvoir, y compris législatif ou constitutionnel, qu'une partie leur a délégué au niveau central ou au niveau des collectivités locales et régionales, aux engagements pris par chaque partie dans le cadre du présent accord"

  • Une clause favorisant le dumping entre l'UE et la Colombie

Article 40:" Sans préjudice de leurs droits dans le cadre de l'accord antidumping et de l'accord sur les subventions en ce qui concerne l'application de droits antidumping et de droits compensatoires, la partie UE et la Colombie jugent souhaitable que le droit appliqué soit inférieur à la marge correspondante de dumping ou de subvention, le cas échéant, si le droit moindre suffit à éliminer le préjudice causé à l'industrie nationale.

Le Contexte actuel en Colombie

Une étude a dénoncé récemment le fait qu'il n'y avait dans l'accord aucune disposition permettant de contrôler les flux financiers la Colombie et le Pérou (les deux plus grands exportateurs de cocaïne pour rappel) alors que de telles dispositions existent dans d'autres accords de libre-échange.

Le président colombien Santos vient de lancer une réforme constitutionnelle permettant de faire juger les crimes de guerre, détentions arbitraires etc par les tribunaux militaires! Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a appelé le président à revenir sur cette réforme qui intervient en pleine négociations de pais avec les FARC. La réforme n'en n'est pas moins en cours de validation au Sénat…

Dernières nouvelles de Colombie: La CIDH a dénoncé la semaine dernière l'assassinat du journaliste Guillermo Quiroz dans la ville colombienne de Sincelejo. Il y a deux semaines, un militant écologiste, M. Miguel Pabon Pabon, a été victime d'une disparition forcée.

Le rapport David donne approbation à l'accord.

Je suis intervenu en séance contre ce texte lors du vote:

" Ce rapport valide l'accord de libre-échange négocié avec la Colombie et le Pérou au détriment des autres Etats membres de la CAN, la Bolivie et l'Equateur, et au mépris de tout respect de cette organisation régionale. En plus d'être nuisible pour les peuples colombien, péruvien et européen et pour l'environnement, il constitue une agression contre les peuples boliviens et équatoriens et leurs gouvernements. Je dénonce le fait qu'un tel texte puisse être approuvé alors même que le président Santos met en place une loi garantissant l'impunité à ses militaires que la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU dénonce. en matière de droits de l'Homme, la seule boussole de l'UE reste la garantie de la concurrence libre et non faussée dans l'échange de tous les biens et services. Je vote contre ce texte emblématique de l'agressivité amorale de l'UE."

Vous avez dit bananes?

La banane est le fruit le plus vendu dans le monde. L'Amérique centrale et les pays andins en sont les principaux exportateurs (environ 60%) L'UE est le principal consommateur de bananes: 40% des exportations mondiales sont destinées au marché européen.

La répartition des exportations de banane
Moyenne sur la période 2002 – 2006

Les importations de bananes
Moyenne sur la période 2002-2006

Les productions de bananes pour l'exportation, majoritairement situées en Amérique latine, sont très majoritairement contrôlées par 3 multinationales: Chiquita Brands International (ancienne United Fruit. USA), Dole (ancienne Hawaiian Pineapple Company. USA), Del Monte (ancienne California Corporation. USA). Elles se partagent près de 80% de la production mondiale à elles seules e depuis plus d'un siècle.
Elles détiennent 100% du marché nord-américain (5 millions de tonnes) de la banane, 100% du marché russe (1 million de tonnes) et 80% du marché européen (6 millions de tonnes).
Elles sont régulièrement dénoncées pour les mauvaises conditions de travail et salariales imposées à leurs employés et pour le financement de groupes paramilitaires au service de leurs intérêts. C'est notamment de cas de Chiquita et Dole.
  • Ouvrir le marché européen au profit de Chiquita et Dole, première étape: L'accord de Genève (Décembre 2009)

Cet accord permet la baisse progressive des droits de douanes imposés par l'UE aux importations de bananes

Cet accord a été conclu et paraphé par l'UE et le Brésil, la Colombie, le Costa Rica, l'Équateur, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, le Nicaragua, le Panama, le Pérou et le Venezuela en Décembre 2009.

Il permet la baisse progressive des droits de douanes imposés par l'UE aux importations de bananes des pays concernés de 176 euros par tonne aujourd'hui à 114 euros par tonne en 2017.
Les phases prévues sont les suivantes (appliqués rétroactivement pour les baisses prévues à des dates précédant la signature):

- 15 décembre 2009 au 31 décembre 2010 148 euros/tonne métrique
- 1er janvier 2011 143 euros/tonne métrique
- 1er janvier 2012 136 euros/tonne métrique
- 1er janvier 2013 132 euros/tonne métrique
- 1er janvier 2014 127 euros/tonne métrique
- 1er janvier 2015 122 euros/tonne métrique
- 1er janvier 2016 117 euros/tonne métrique
- 1er janvier 2017 114 euros/tonne métrique

En échange de cet abaissement des droits de douanes, les Etats concernés s'engagent à ne pas exiger d'autres abaissements tarifaires.

Pendant ce temps les multinationales comme Chiquita se frottent les mains:

Un représentant de Chiquita pouvait ainsi déclarer dans les colonnes du Wall Street Journal lors de la conclusion des négociations de l'accord de Genève qu'à chaque baisse de 10 euros des droits de douanes européens la multinationale pourrait empocher pas moins de 112 millions de dollars.

Et le pillage orchestré via les accords de libre échange négociés par la Commission européenne continue

  • Ouvrir le marché européen au profit de Chiquita et Dole, deuxième étape: les accords de libre échange ratifiés aujourd'hui par le Parlement européen…


Edité par T 34 - 27 Dec 2012 à 23:41
Patria socialismo o muerte

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  Citer Résistance Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Feb 2014 à 00:26



L’Europe, c’est la paix ? C’est en tout cas ce que l’on veut absolument nous faire croire. Parce qu’être contre l’Europe, c’est être pour la guerre !

Certes, depuis près de 70 ans, il n’y a pas eu d’affrontement militaire entre pays européens. Mais il y a de bonnes raisons à cela, et qui n’ont rien à voir avec un quelconque désir de paix, bien au contraire ! Car qui viendrait prétendre que nous vivons dans un monde pacifique ?

Depuis l’invention de l’industrie et l’apparition de la classe ouvrière, trois guerres ont vu s’affronter les pays européens : la guerre de 1870, et les première et deuxième guerres mondiales. Lors du dernier conflit, l’enthousiasme du capital à enrôler le peuple sous sa bannière égoïste au motif de « la défense de la patrie » et de « la civilisation » a faibli. Et pour deux raisons. La première est que l’issue de la guerre se montre capricieuse. En 39, l’affaire était réglée pour le capital français : l’Allemagne devait gagner, comme le montre Annie Lacroix-Riz dans son livre « le choix de la défaite ». Patatras ! L’intrusion des peuples dans la bataille (les résistances intérieures et la contre-offensive de l’URSS) contrarie tous les plans et l’Allemagne est finalement écrasée !

Mais la deuxième raison, pour la bourgeoisie, est encore plus grave. En 1870, la Commune de Paris, directement issue de la guerre, dessine les contours d’un monde nouveau. Marx, enthousiaste, y voit le premier exemple concret de la Révolution prolétarienne. Bien sûr, l’expérience ne dure que soixante-douze jours, mais le capital en a encore des hoquets d’horreur !

La guerre de 14-18 donne naissance à l’URSS, et la seconde guerre mondiale voit l’extension du bloc soviétique et l’apparition de la Chine rouge ! Pour le capital, le bilan est terrifiant ! Remettre le couvert une nouvelle fois lui paraît tout à fait déraisonnable ! Donc, plus question d’armer les peuples et de les voir s’affronter les uns les autres. Le risque d’une opposition de leur part et d’un possible retournement contre leurs maîtres est bien trop fort !

Les bourgeoisies de chacune des métropoles impérialistes décident donc de passer par la négociation : ce sera l’ONU. Les rapports de forces sont hiérarchisés au sortir de la guerre. Les Étasuniens occupent la toute première place. Ils s’adjugent le privilège de la monnaie et de la force militaire en créant l’OTAN. On trouve au second rang l’Allemagne : elle devait gagner la guerre. Faisons comme si c’était vrai ! Les autres pays européens ne sont finalement que les satellites des premiers nommés : ce sera l’Union Européenne et la Grande-Bretagne y jouera le rôle de surveillant général pour le compte de l’Empire.

L’heure est à la « coexistence pacifique ». Il n’est plus question de voir les peuples européens s’affronter. Quant à s’affronter frontalement à l’URSS, c’est bien trop risqué. Alors, cette nouvelle politique libère de l’énergie pour d’autres guerres. En fait, c’est la guerre générale aux peuples du monde. D’abord en Corée. Le pays du matin calme semble être la porte d’entrée idéale pour s’en prendre à la Chine. L’attaque par l’Est finit par échouer. Alors, on tente par l’Ouest. Ce sera le Vietnam. Et ce sera un nouvel échec !

On fait donc se déplacer la guerre en Afrique, en Amérique Latine, puis actuellement au Proche- Orient. Pourquoi ces guerres ? Pour chercher à détruire le mauvais exemple du socialisme et s’accaparer, par le vol, les matières premières.

On constate que cette soi-disant politique pacifique est, dans les faits, une réelle guerre mondiale, puisque toutes les régions du monde sont effroyablement touchées. On constate aussi la différence entre colonialisme et néo-colonialisme. Le colonialisme du 19ème siècle était une horreur : soumettre le peuple d’un pays, y exporter marchandises et capitaux pour exploiter la population au bénéfice de la bourgeoisie dominatrice. Le néo-colonialisme est pire encore ! Il ne s’agit plus de soumettre un pays, mais de le détruire, de n’y exporter que bombes et missiles, de voler tout ce qu’il y a à voler et de ne laisser après son passage que chaos et désolation !

C’est ce que ces bourreaux appellent « droit de l’homme » et « démocratie » : voyez la Yougoslavie, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, et ce qu’il voudrait faire en Syrie ! Mais ces désastres nous mettent-ils vraiment à l’abri de la guerre ? Rien n’est moins sûr !

En effet, dans la situation actuelle, ce qu’on appelle l’Occident, loin de se renforcer malgré ses pillages, s’est terriblement affaibli. Le capital y a gaspillé l’essentiel de ses propres matières premières et regarde d’un œil toujours plus avide les ressources des autres. Et des pays obstinément hostiles à ce pillage disposent d’immenses ressources en matières premières et en matériels. Ce sont, pour l’essentiel (mais pas seulement) la Chine, la Russie et l’Iran. Chacun remarquera, de surcroît, que le poids démographique leur est nettement favorable !

Jusqu’où ces pays qui, dans la période moderne, n’ont jamais fait la guerre à personne (mais qui s’y préparent raisonnablement…) pourront-ils accepter des négociations et des compromis ? Il arrivera un moment où leur existence même sera en cause.

Les deux points chauds du moment, la Syrie et l’Ukraine, ne le sont que par la seule volonté agressive de l’Occident. Va-t-on y trouver une issue pacifique ? Chacun sait que c’est la seule solution qui vaille. Il faut que les agresseurs se retirent de la Syrie et laissent les Syriens régler eux-mêmes leurs affaires. Il faut reconnaître que « les gentils militant pro-européens d’Ukraine » ne sont que des milices antirusses (et largement antisémites, mais là, étonnamment, il semble que ce ne soit pas le problème !). Ces va-t-en-guerre du capital international n’ont pas le sens des limites. Ils portent en eux les gènes de la mort. Tout est à craindre !

Voilà donc la situation : l’Europe, c’est la paix…mais la guerre est devant nous !

D.R.

http://www.resistance-politique.fr/article-l-europe-c-est-la-paix-122404906.html

Edité par Résistance - 05 Feb 2014 à 00:26
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  Citer Résistance Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Nov 2015 à 19:31
Il nous faudrait plus d’Europe ? Sans blague !







Problèmes de démocratie ? « Il faut plus d’Europe ». Problèmes d’intégration ? « Il faut plus d’Europe ». Problèmes économiques ? « Il faut plus d’Europe ». Problèmes sociaux ? « Il faut plus d’Europe ». Le mot Europe est devenu un vrai joker. Lorsqu’on manque de quelque chose, il suffit d’ajouter le mot Europe et le discours devient subitement cohérent.

Chacun d’entre nous peut donner le sens qu’il souhaite au mot Europe. De toute manière, aucun dictionnaire ne peut en donner une signification exacte si ce n’est la définition géographique.

Qu’est-ce que l’Europe ? Évitons, faute de temps, de retracer les derniers millénaires d’histoire et limitons-nous uniquement au XXème siècle et aux premières années de ce XXIème siècle.

Dans la seule première moitié du XXème siècle, l’Europe du capital a déclenché les deux pires guerres que notre planète n’ait jamais connues : la Première et la Seconde Guerre mondiale. Au cours des années suivantes, sans nous arrêter sur les politiques coloniales menées et encore appliquées par certains pays européens, l’Europe a été le terrain d’affrontements entre deux pays non européens, les États-Unis et l’Union soviétique. Les États-Unis ont lancé le plan Marshall puis la machine militaire de l’OTAN pour placer l’Europe de l’ouest dans leur sphère d’influence, obligeant l’URSS (qui souhaitait à l’origine une zone-tampon constituée d’États neutres et démilitarisés entre elle et la France) à créer un glacis de pays socialistes, puis le pacte de Varsovie.

Avec la chute de l’Union Soviétique, l’Union européenne a pris un malin plaisir à faire exploser un des États européens les plus complexes, la Yougoslavie. Les bombardements et les massacres commis avec l’assentiment voire la collaboration active de nos « amis étasuniens » ont créé les bases culturelles d’une Europe qui se rapproche de celle du XXIème siècle.

La déstabilisation concomitante de toute une région a engendré le processus de balkanisation de toute une région et attisé les haines, ethnique et religieuse. Une « victoire » à mettre au crédit de l’Europe du capital…

Derniers exemples en date : la Libye et les bombardements qui ont mis fin aux progrès économiques initiés par la Jamahiriya, la tentative de déstabilisation de la Syrie (à des fins humanitaires, cela va de soi…) ou encore l’appui des nazis et des fascistes ukrainiens qui massacrent leur propres concitoyens dans l’est du pays pour rendre service à quelques fanatiques occidentaux.

Dans les moments de grande difficulté interne, le comportement européen est encore plus embarrassant. Un pays (par exemple la Grèce) souffre économiquement ? Ce sera le moment de se présenter sur place en position de force et de le contraindre à brader son propre patrimoine. Un pays est en difficulté face à l’afflux de migrants qui fuient « l’arrivée de la démocratie » apportée par les États-Unis et l’Union européenne ? Laissons-le se débrouiller. Et, depuis une quelconque conférence de presse dans un quelconque palais de verre à Strasbourg ou Bruxelles, nous l’accuserons de nazisme et de fascisme puisqu’il doit affronter seul un problème plus grand que lui.

Honnêtement, quelle Europe souhaitons-nous maintenant ? Une Union Européenne supranationale « sociale » qui n’existe pas à l’évidence, ou une construction internationaliste qui laisse à chaque Nation sa souveraineté (comme le fait l’ALBA en Amérique Latine !) en poursuivant l’œuvre des  humanistes, du refus de la guerre impérialiste porté par Jaurès et les bolcheviks, de la Révolution russe (que Lénine lui-même présentait comme une sortie de l’Asie, à l’époque totalement arriérée, et une entrée dans l’Europe  des Lumières), de la résistance antifasciste et de l’anticolonialisme.

Imaginez si un Australien se réveillait demain avec l’idée saugrenue qu’il faille plus d’Océanie… Tout le monde se demanderait à quoi cela servirait. Il serait peut-être temps, lorsqu’on entend la fameuse ritournelle selon laquelle « il faudrait plus d’Europe », de se demander de quelle Europe il s’agit au juste.

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/archives/2849

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  Citer Maraud Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Nov 2015 à 00:01
Non mais ton texte il lui manque un truc. Je dirais qu'il lui faut plus d'europe.
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