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Avec Marx, contre le travail

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  Citer Emile Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: Avec Marx, contre le travail
    Envoyé : 07 Nov 2009 à 20:07
J'ai trouvé un périodique que je ne connaissais pas La Revue Internationale des Livres et des Idées (RiLi). Le premier article a attiré mon attention, je l'ai acheté. j'en ferai un résumé plus tard. Il se nomme Avec Marx, contre le travail. C'est un article résumant deux livres (ré)édités récemment : Temps, travail et domination sociale. une réinterprétation de la théorie critique de Marx (2009) de Moishe Postone, et Essais sur la théorie de la valeur de Marx (1928) de Isaac I. Roubine (1885-1937).

Pour infos Roubine avait été arrêté sous l'accusation de menchevisme puis réârreté et déporté.
En ce qui concerne Moishe Postone pour résumé birèvement sa théorie : "pour Marx, le travail ne constitue pas le point de vue à partir duquel critiquer le capitalisme : il est lui-même l'objet de la critique."


En attendant un résumé, quelqu'un a-t-il entendu parler de ces ouvrages ou lu cet article d'Anselm Jappe ?
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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Nov 2009 à 20:17
Isaac Roubine est encore mal connu des économistes et peu traduit mais c'est intéressant de lire son essai (qui fait plus office de manuel en fait). Je crois savoir qu'il a participé aux débats sur la valeur travail qui ont animé les milieux universitaires entre marxistes et néo-ricardiens depuis la fin du XIXe.

http://www.marxists.org/francais/roubine/index.htm

jamais entendu parlé de tes autres références. a priori la citation de Moishe Postone demanderait des éclaircissements, car je vois pas du tout où il veut en venir

Edité par AllXS - 07 Nov 2009 à 20:37
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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  Citer Emile Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Nov 2009 à 20:22
Peut-être ai-je mal expliqué mais Anselm Jappe est l'auteur de cet article qui parle des ouvrages de Postone (qui vient de paraître) et de Roubine (qui vient d'être réédité aux éditions de minuit). Postone a écrit des essais sur Marx, notamment Marx est-il devenu muet (c'est connu ça non ?) et Bourdieu.

Bon là je vais voir Le Ruban blanc, donc je fais un résumé de l'article demain pour rendre les choses plus claires (car c'est vrai que le postulat de Postone dit comme ça, ça m'a rien évoqué non plus au début).

Edité par Emile - 09 Nov 2009 à 22:36
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  Citer Miracle Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Nov 2009 à 16:23
"Avec marx, contre le travail?" ça part très mal, j'attends que vous m'en disiez plus cher émile
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  Citer Vladimir Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Nov 2009 à 16:37
Contre le travail bien évidemment. On ne peut pas être communiste et être pour le travail, sinon celui des exploiteurs au service de la classe révoltée. 
Ce n'est pas bien de lire le profil des autres ! Pas bien du tout !! C'est mieux de créer un autre forum dissident comme un hypocrite.
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  Citer Emile Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Nov 2009 à 22:31
Apparemment la théorie de Postone selon Postone tend à rétablir le vrai Marx mais s'opposerait à une interprétation classique des marxistes.
Je répète le postulat de base : "pour Marx, le travail ne constitue pas le point de vue à partir duquel critiquer le capitalisme : il est lui-même l'objet de la critique."
Marx n'aurait pas tenté d'établir des lois générales du devenir historique.
"L'idée que le travail constitue la société et qu'il est la source de toute richesse ne se réfère pas à la société en générale, mais à la seule société capitaliste (ou moderne)." => travail devient médiation sociale seulement dans la société capitaliste.
Là bref rappel de la différence entre travail concret particulier et travail général abstrait (pour ceux qui ne savent pas vraiment de quoi il s'agit j'ai écrit un résumé de ce que c'est sur l'encyclomarx).
Comme c'est le travail général abstrait, donc le temps de travail et le côté monétaire qui domine, les hommes sont dominés par des abstractions.
Jusque là ça se tient.
Là l'article fait mention d'un point de désaccord entre Postone et ce qu'on va appeler les marxistes traditionnels.
Pour Postone , Marx a critiqué les catégories (travail abstrait, valeur, marchandise, argent) comme critique du capitalisme, et de lui seul.
Pour les marxistes trad., ce seraient non pas une critique mais une description un fait ontologique et transhistorique, valable universellement. De ce fait, ils se sont intéressés à la distribution de ces catégories (et donc à la répartition de la survaleur). Le marché et la propriété juridique des moyens de production sont donc, avec la structure sociale inégale qui en découle, le niveau le plus profond du système capitalisme qui se cacherait derrière l'égalité apparente qui règne dans l'échange des marchandises.
Pour Postone, Marx serait plus radical : le marché et la propriété juridique des moyens de production relèvent de la sphère de la distribution. or sa critique vise la production, structurée par la double nature du travail dans le système capitaliste. Il est créateur de richesse matérielle, comme dans les sociétés précapitalistes, mais en plus créateur de valeur, d'une manière de mesurer les apports des producteurs particuliers (dans les sociétés précapitalistes, pas de réelle mesure, pas juste ou pas rationnelle). Donc la valeur est un rapport social exprimé à travers la marchandise et les relations entre les marchandises dépendent du rapport social qu'elles incarnent => fétichisme de la marchandise.

Avec la technique qui est à l'origine de l'augmentation de la productivité, la richesse matérielle est produite plus vite, donc contient moins de valeur, et aussi moins de survaleur et de profit.
Le capitalisme devient anachronique quand sa base, le travail créateur de valeur, perd son importance. (Dans une société postcapitaliste, le travail ne serait plus la mesure de la richesse sociale, donc ne structurerait plus les relations humaines; révolution possible aujourd'hui selon postone grâce à la technique, en remplaçant les hommes par les machines (=> réduction du temps de travail direct), ce qui grandit l'écart entre richesse matérielle et valeur.
Ce serait la cause profonde de la crise du capitalisme.

Donc le dépassement du capitalisme est le dépassement du travail concret effectué par le prolétariat, donc le surproduit n'est plus créé d'abord par le travail humain immédiat.
Les marxistes trad. pensent eux que le travail est dans toute société le principe qui structure la vie sociale. Ce rôle serait occulté dans le capitalisme, il appartient au socialisme de le révéler. => triomphe du travail, rapport éternel de l'homme à la nature, sur les propriétaires des moens de prod qui le parasitent. La collaboration c'est bien, il suffit d'affranchir les travailleurs de l'exploitation.

Bon je m'arrête là, je résume la suite dans les jours qui suivent morceau par morceau (l'article est un peu long). Je résume peu en fait car si on saute quelque chose on comprend plus où il veut en venir.

Jusque là on dirait un peu du Lafargue remâchouillé, non ? (les machines permettront de travailler moins, contre le travail, etc.)
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  Citer Vladimir Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Nov 2009 à 12:44
Les marxistes traditionnels mettent plutôt l'accent sur la propriété des moyens de production, les rapports de production, plus que sur le travail à proprement parler, pour déterminer ce qui "structure" vraiment la vie sociale. Car on peut posséder les moyens de production sans travailler, ou encore ne pas les posséder et ne pas travailler, et pour autant avoir sa place dans le système de production. Du coup il me semble que les marxistes "traditionnels" pouvaient parfaitement concevoir un système où celui qui produit n'est plus l'homme mais la machine. Lafargue se contente de dire que le travail est abrutissant, aliénant. Il revient donc plus ou moins à la critique marxiste de la division du travail.
Dire que le dépassement du capitalisme est le dépassement du travail concret me paraît inexact. Le dépassement du capitalisme peut se faire par le travail socialiste. Le socialisme a "dépassé" le capitalisme, mais il n'est pas encore le communisme.

Il faut lire Lénine dans l'Etat et la révolution ("phase supérieure de la société communiste"), qui cite Marx :

"Dans une phase supérieure de la société communiste, quand auront disparu l'asservissante subordination des individus à la division du travail et, avec elle, l'opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel; quand le travail ne sera pas seulement un moyen de vivre, mais deviendra lui-même le premier besoin vital; quand, avec le développement multiple des individus, les forces productives se seront accrues elles aussi et que toutes les sources de la richesse collective jailliront avec abondance, alors seulement l'horizon borné du droit bourgeois pourra être définitivement dépassé et la société pourra écrire sur ses drapeaux : "De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins".

En fait, quand le travail sera devenu le "premier besoin vital", il ne sera plus le travail mais un loisir. L'abondance, créée par l'utilisation de la machine, entraînant l'abolition du travail, aidera à passer de la société socialiste à la société communiste. 

Je ne crois pas que le capitalisme pourrait s'auto-dépasser par sa tendance à remplacer le travail par la machine. Tendance d'ailleurs pas du tout vérifiée en général vu qu'il crée de nouveaux besoins, de nouveaux métiers, du travail supplémentaire. L'abolition du capitalisme ne se fera pas d'elle-même, elle sera politique.

Je déplace ce débat en partie philosophie où il a plus sa place, même si cela implique des considérations théoriques.



Edité par Vladimir - 03 Aug 2010 à 01:47
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  Citer Emile Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Nov 2009 à 14:44
Message posté par Vladimir

Je ne crois pas que le capitalisme pourrait s'auto-dépasser par sa tendance à remplacer le travail par la machine. Tendance d'ailleurs pas du tout vérifiée en général vu qu'il crée de nouveaux besoins, de nouveaux métiers, du travail supplémentaire. L'abolition du capitalisme ne se fera pas d'elle-même, elle sera politique.


Je ne pense pas que Postone considère que l'abolition du capitalisme se fera d'elle-même. Il reprend plutôt le postulat que le capitalisme contient ses propres contradictions, et tend à l'appliquer à l'actuelle croissance de la technique.
Lorsque tu dis que le capitalisme génère sans cesse de nouveaux besoins, donc des métiers et du travail, cela se vérifie aisément. Mais n'y aurait-il pas une différence à faire ? Postone parle en effet du dépassement du travail concret du prolétariat. Or lorsque le capitalisme génère de nouveaux besoins, et par conséquent du travail, ne génère-t-il pas du "travail complexe ou de niveau supérieur" (pour reprendre la définition de Marx), que seuls des personnes qualifiées peuvent accomplir (et en général aujourd'hui ce ne sont pas les prolétaires), dont l'équivalent en travail uniforme, simple, est de plus en plus accompli par les machines ?
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  Citer Vladimir Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Nov 2009 à 14:51
En effet, le travail "concret" a été victime de la crise des années 70, et aussi des suivantes, notamment celle de cette année. Mais est-ce qu'on déprolétarise pour autant ? J'ai des doutes à ce sujet. Il me semble qu'on peut faire un travail qui ne soit pas "concret", mais un travail aussi très dur, et surtout on n'est pas forcément en meilleure posture dans le système. Il n'y a qu'a voir comme ça se passe à France Telecom...
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  Citer Miracle Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Nov 2009 à 15:32
Lafargue admet tout de même, avec Marx, que le travail est le lieu (et non pas le moyen) de l'émancipation du travailleur (le travailleur socialiste profite de la valeur qu'il produit, la femme est libérée et accède au travail donc a l'autonomie) même si bien évidemment il s'agit la d'un des tous premiers stades de la transition. Cela dit, le travail reste bien un objet de la critique.
 
ce que je ne comprend pas c'est comment Postone sépare travail (au sens moderne du terme) et capitalisme. Critiquer l'un revient a critiquer l'autre non?
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  Citer Emile Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Nov 2009 à 16:06
ce que je ne comprend pas c'est comment Postone sépare travail (au sens moderne du terme) et capitalisme. Critiquer l'un revient a critiquer l'autre non?


Il ne les sépare pas. Il dit bien que la critique du capitalisme est portée par la critique contre le travail lui-même.
"Pour Marx, le travail ne constitue pas le point de vue à partir duquel critiquer le capitalisme : il est lui-même l'objet de la critique." On ne critique pas le capitalisme, selon Postone, en l'abordant depuis une valeur positive de la structuration des relations sociales qu'opère le travail, mais en critiquant le travail lui-même, envisagé sous sa forme générale abstraite spécifique à la société capitaliste.

PS : il a sa page wiki Moishe Postone

Edité par Emile - 10 Nov 2009 à 16:11
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  Citer KGB Shpion Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Nov 2009 à 16:10
C'est quoi cette histoire de dépasser le travail concret? Le travail concret, c'est le travail créateur de valeur d'usage, le seul travail qui intéresse vraiment l'humanité (et le travail réellement palpable). Le travail dont on peut se passer, c'est le travail abstrait (créateur de valeur d'échange).
A moins qu''il ne s'agisse que d'une confusion entre les 2 termes.
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  Citer Emile Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Nov 2009 à 16:14
"travail concret du prolétariat" remplacé par le travail concret des machines, toujours créateur de valeur d'échange.
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  Citer KGB Shpion Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Nov 2009 à 16:20
Ok, mais alors créateur de valeur d'usages^^.
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  Citer Emile Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Nov 2009 à 16:27
Oui. S'il n'y en avait pas, il n'y aurait même pas de production.
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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Nov 2009 à 18:15
Message posté par Emile


Le capitalisme devient anachronique quand sa base, le travail créateur de valeur, perd son importance. (Dans une société postcapitaliste, le travail ne serait plus la mesure de la richesse sociale, donc ne structurerait plus les relations humaines; révolution possible aujourd'hui selon postone grâce à la technique, en remplaçant les hommes par les machines (=> réduction du temps de travail direct), ce qui grandit l'écart entre richesse matérielle et valeur.
Ce serait la cause profonde de la crise du capitalisme.


C'est aussi l'idée développée par les économistes du (ou proche du) PCF type Boutang, Aglietta qu'il faudrait un "revenu universel" parce que la valeur-travail se raréfierait avec les gains de productivité des secteurs de pointe qui feraient de l'économie contemporaine une économie "de la connaissance", connaissance qui deviendrait donc la principale source de plus-value. L'idée de "revenu universel" débattue au PCF était en vogue vers la fin des années 90 début 2000. Toutefois ça reste un cadre très théorique, pas du tout confirmé par les mesures de l'économie (ex: ils continuent d'expliquer le chômage comme le résultat mécanique des gains de productivité alors que les chiffres de l'OCDE montre sans ambiguité possible qu'une hausse du chômage résulte surtout de la non-redistribution des gains de productivité en gains de pouvoir d'achats ou de baisse du temps de travail). En plus toutes ces théories qu'on résume souvent en termes d'analyses de "capitalisme cognitif" n'expliquent rétrospectivement pas comment il est possible d'avoir une "économie de la connaissance" et une baisse du chômage comme dans les années 95-2001

désolé mon intervention cadre pas trop avec la section du topic

Débat en video sur le "capitalisme cognitif" au PCF

Je crois qu'on retrouve aussi ce débat chez les politiques du PCF qui proposaient les revenus de la "pleine activité" , ça découle directement de ce type d'analyse.

Edité par AllXS - 10 Nov 2009 à 18:21
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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  Citer KGB Shpion Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Nov 2009 à 20:08
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  Citer KGB Shpion Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Nov 2009 à 20:22
"Dans les sociétés précapitalistes, le travail est création de richesse matérielle [9] par l’action de l’homme sur la nature, et cette richesse est ensuite redistribuées selon des relations sociales établies sur d’autres bases que le travail (ces bases n’étant cependant pas nécessairement justes, ou rationnelles : elles peuvent par exemple être issues de la tradition ou de hiérarchies établies elles-mêmes par la force)." (Provient du site que j'ai cité.)

LOL. N'importe quoi. C'est une énième répétition de la théorie de la violence déjà réfutée 36 millions de fois par Marx, Engels, etc.
C'est une négation du matérialisme historique. Genre le matérialisme historique ne s'applique en fait qu'au capitalisme.
Voici une longue citation du Capital de Marx où il réfute déjà l'illusion comme quoi l'économie n'est déterminante que dans la société capitaliste et pas dans les sociétés antique et féodale.

"« Les économistes ont une singulière manière de procéder. Il n'y a pour eux que deux sortes d'institutions, celles de l'art et celles de la nature. Les institutions de la féodalité sont des institutions artificielles, celles de la bourgeoisie sont des institutions naturelles. Ils ressemblent en cela aux théologiens, qui, eux aussi, établissent deux sortes de religions. Toute religion qui n'est pas la leur est une invention des hommes, tandis que leur propre religion est une émanation de Dieu... Ainsi il y a eu de l'histoire, mais il n'y en a plus. » (Karl MARX, Misère de la philosophie. Réponse à la Philosophie de la misère de M. Proudhon, 1847, p. 113.) Le plus drôle est Bastiat, qui se figure que les Grecs et les Romains n'ont vécu que de rapine. Mais quand on vit de rapine pendant plusieurs siècles, il faut pourtant qu'il y ait toujours quelque chose à prendre ou que l'objet des rapines continuelles se renouvelle constamment. Il faut donc croire que les Grecs et les Romains avaient leur genre de production à eux, conséquemment une économie, qui formait la base matérielle de leur société, tout comme l'économie bourgeoise forme la base de la nôtre. Ou bien Bastiat penserait-il qu'un mode de production fondé sur le travail des esclaves est un système de vol ? Il se place alors sur un terrain dangereux. Quand un géant de la pensée, tel qu'Aristote, a pu se tromper dans son appréciation du travail esclave, pourquoi un nain comme Bastiat serait-il infaillible dans son appréciation du travail salarié? — Je saisis cette occasion pour dire quelques mots d'une objection qui m'a été faite par un journal allemand-américain à propos de mon ouvrage : Contribution à la critique de l'économie politique, paru en 1859. Suivant lui, mon opinion que le mode déterminé de production et les rapports sociaux qui en découlent, en un mot que la structure économique de la société est la base réelle sur laquelle s'élève ensuite l'édifice juridique et politique, de telle sorte que le mode de production de la vie matérielle domine en général le développement de la vie sociale, politique et intellectuelle — suivant lui, cette opinion est juste pour le monde moderne dominé par les intérêts matériels mais non pour le Moyen Age où régnait le catholicisme, ni pour Athènes et Rome où régnait la politique. Tout d'abord, il est étrange qu'il plaise à certaines gens de supposer que quelqu'un ignore ces manières de parler vieillies et usées sur le Moyen Age et l'Antiquité. Ce qui est clair, c'est que ni le premier ne pouvait vivre du catholicisme, ni la seconde de la politique. Les conditions économiques d'alors expliquent au contraire pourquoi là le catholicisme et ici la politique jouaient le rôle principal. La moindre connaissance de l'histoire de la République romaine, par exemple, fait voir que le secret de cette histoire, c'est l'histoire de la propriété foncière. D'un autre côté, personne n'ignore que déjà don Quichotte a eu à se repentir pour avoir cru que la chevalerie errante était compatible avec toutes les formes économiques de la société."


Edité par KGB Shpion - 10 Nov 2009 à 20:23
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  Citer Emile Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Nov 2009 à 23:01
C'est cet article ?


Oui exactement, on voit la couverture du périodique en question.
Tant mieux, je n'ai plus à le résumer :D

En ce qui concerne ta réfutation Shpion, je ne vois pas bien le rapport entre le postulat de Postone et ta citation de Marx. Postone ne dit pas que l'assertion selon laquelle les relations sociales découlent des rapports de production n'est juste que pour le système capitaliste, ou que le travail ne structure pas les relations sociales dans les sociétés pré-capitalistes, mais seulement que le travail dans le système capitaliste (et seulement dans ce système) est devenu la mesure rationnelle des relations sociales entre les individus dans la distribution des richesses.
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  Citer Kobayashi Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Nov 2009 à 08:52
Salut,

Le livre de Postone est pour moi un véritable évènement dans la reprise et la réinterprétation de la théorie critique de Marx, du capitalisme. On appelle généralement son courant de réinterprétation, la " critique de la valeur " comme il a été dit. En fait, c'est un courant un peu multiforme et international qui est né autour de la charnière 1986/1987.

A cette date, Postone qui a étudié avec quelques maitres de l'Ecole de Francfort (marxisme hétérodoxe), publie un article de réinterprétation sur la signification profonde de l'antisémitisme nazi et moderne(que je trouve très stimulant), parce que justement il est différent de l'antisémitisme chrétien traditionnel (le peuple déicide). Ce qui est très intéressant dans ce texte, c'est justement, qu'il va interpréter la forme moderne de l'antisémitisme, au regard d'une analyse singulière  de la théorie critique de Marx. Voir texte de Postone " Antisémitisme et national-socialisme "

A la même, en 1987, le philosophe français Jean-Marie Vincent (proche un temps de la LCR) publie son amitre ouvrage " Critique du travail. Le faire et l'agir " (PUF), qui lui aussi fait à peu près la même interprétation de Marx que Postone.

En 1986 encore, mais cette fois ci en Allemagne, le premier numéro de la revue Krisis autour de Robert Kurz, apparait et va développer jusqu'à aujourd'hui une reprise de Marx qui va dans le même sens (peut-être connaissez vous d'eux le célèbre Manifeste contre le travail). Aujourd'hui en Allemagne il y a 2 revues sur la critique de la valeur, Krisis et Exit !

Ce courant a pour origine la lecture du marxisme hétérodoxe de Roubine, Lukacs, Coletti, Sohn-Rethel, Backhaus, par exemple.

C'est en effet le travail, qui est la principale cible de la critique. En fait, on peut penser qu'on a plutôt tendance à naturaliser et tranhistorisicer les catégories capitalistes, de travail, capital, valeur, etc, pour les projeter sur toutes les sociétés. Or chacune de ces choses ne sont en rien naturelles et évidentes, mais sont d'abord des choses sociales, car générées par des modes de socialisation des êtres, particulièrement abstraits et pervers.

Postone, s'appuyant notamment sur Marx et Polanyi, montre que le travail tel que nous le connaissons (dans le capitalisme comme d'ailleurs en URSS, qui n'est qu'une forme étatisé de toujours les mêmes catégories capitalistes, car le marxisme traditionnel a pensé que la critique de Marx n'était qu'une critique du mode de distribution de la valeur et pas une critique de la valeur en elle-même, comme forme de socialisation) n'existait pas auparavant. Dans les formes précapitalistes de sociétés, l'activité vitale et la circulation dans le groupe ou vers d'autres groupes des valeurs d'usage qu'elle produit, ne sont pas déterminés par cette même activité, comme portion de travail donnée à un travail collectif. Cette activité et ses produits sont " enchassés " dans le reste des relations sociales qui sont structurées par autre chose que le travail : l'imaginaire religieux, la tradition, la hiérarchie du groupe, des rapports de réciprocité et de largesse, des rapports conscients aussi, etc... Le travail n'existe pas du tout comme dans les sociétés capitalistes (au sens large donc)

Pour Postone, dans la société capitaliste, en réalité la socialisation structurante de cette société est radicalement différente, le travail pour la première fois, certes reste d'un côté un " travail concret " (je produits une valeur d'usage), mais le travail est aussi un moyen d'obtenir par l'entremise de sa dépense temporelle (au travers d'un " temps abstrait "), les produits que d'autres auront fabriqué. Désormais le travail vient posséder un rôle qu'il n'avait pas auparavant, il devient en lui-même une médiation sociale entre les êtres, c'est par son moyen que je me rapporte aux autres, il devient une sorte d'auto-médiation sociale. Et c'est lui qui va structurer un nouvel être social. Ce travail qui est à la fois travail concret et moyen rapporté à l'ensemble du travail global, est alors dans sa deuxième caractéristique, un " travail abstrait ". C'est à dire, que ce qui va être important et qui va dévorer tout le reste, c'est sa fonction de médiation sociale, qui va faire dépendre le travail de l'individu de son extériorisation/projection/objectivation sur le travail global abstrait de tous les individus pour qui eux aussi, le travail est un moyen d'obtenir les produits que d'autres auront fabriqué. Et cette dimension du travail comme mode de socialisation, qu'est le " travail abstrait ", va devenir alors une forme spécifique de richesse sociale, la valeur. Une marchandise va avoir pour valeur d'échange, l'expression en elle de la valeur ( "travail abstrait "). Mais cette " valeur " (économique bien sûr) n'existe comme nous la connaissons, que sous le capitalisme, puisqu'il n'y a que sous le capitalisme que le travail est placé dans cette position de médiation sociale ( donc pour Postone, le marxisme se trompe en disant que Marx adhère à la théorie de la valeur-travail de l'économie politique classique, au contraire, Marx pense de manière très différnte).

Auparavant, la valeur des produits dans l'échange, est déterminée par l'usage, la tradition, la bonne entente, la réciprocité, la hiérarchie sociale et symbolique, des rapports conscients, ou le vol et le pillage etc..., qui viennent déterminer le rapport d'équivalence  des objets (ceci n'est évidemment pas un gage de justice et d'égalité), mais pas par cette auto-positionnement du travail sur lui-même, qu'il ne connait que dans la formation sociale capitaliste (et " socialiste réelle ").

Le travail abstrait, comme forme de socialisation, est alors une forme de richesse sociale (celle que nous connaissons), mais c'est aussi une forme de domination abstraite, impersonnelle et indirecte. Dans le travail nous sommes consommés par le travail abstrait, seul moyen d'obtenir par son intermédiaire des produits qui satisferont nos besoins. Or, le rapport social que nous instituons entre nous, par son caractère abstrait qui sort de toute maîtrise par l'individu qui le fait, va le dominer d'une manière très particulière. Ce rapport social de médiation sociale du travail et de ses produits, va s'extérioriser par son caractère d'abstraction en face de nous et circuler dans notre dos, de manière autonome aux individus concrets, car désormais nous n'en sommes que les appendices, les prolongements, mais en rien les maîtres ou les sujets. " Ils ne le savent pas, mais ils le font " (Marx)

Cette forme de socialisation devient aussi une forme dynamique, temporelle et directionnelle : le capital en tant que rapport social (et non possession d'une somme d'argent). Dans cette machine de travail abstrait, les individus qui s'insèrent dans ces modes de socialisations, peuvent retirer davantage de valeur, en donnant comme valeur d'échange à la force de travail qui se vend, une valeur inférieure à ce qu'elle vaut comme " travail abstrait ". C'est là l'origine de la survaleur, qui elle-même va être réinvesti pour produire encore plus d'argent, en circulant dans un cercle sans fin A-M-A', où l'argent qui vient acheter de la force de travail n'a qu'une fonction dégager dans une telle situation, davantage d'argent.

Le capital devient alors un " sujet automate ", et c'est le seul sujet (de volonté) dans cette formation sociale. Les classes sociologiques ne sont pas des sujets (pas plus les bourgeois que les prolétaires), ils sont simplement les fonctionnaires des éléments sociaux de cette machinerie automate, car les individus dans une formation sociale capitaliste, ne rentrent en relation les uns aves les autres qu'en tant que possesseurs de choses sociales (marchandises) qui sont autant d'éléments sociaux du fonctionnement du sujet automate : les uns rentrent en relation en tant que possesseurs de la marchandise-capital, d'autres viennent se connecter aux autres en tant que possesseurs de la marchandise-force de travail, d'autres en tant que possesseurs de la marchandise-terre, etc. Chacun n'est que l'agent, le fonctionnaire, l'élite de fonction pour la classe sociologique bourgeoise, des éléments sociaux nécessaires au fonctionnement du sujet automate capital. Il y a en quelque sorte personnification des éléments sociaux de la production (force de travail, capital, etc) et réification des rapports sociaux entre les individus réduits à être des agents de logiques abstraites et piégeantes dont ils ne sont que les porteurs dominés (autant un capitaliste qu'un ouvrier). Le fétichisme de la marchandise et des formes sociales ici décrit, provoque donc la naissance d'une forme de domination sociale, indirecte, impersonnelle et abstraite, particulièrement puissante. Capitalistes et prolétaires ne sont que les incarnations de deux moments nécessaires à la métamorphose de la valeur au tarvers de différentes étapes, ce que le marxisme a appellé la "lutte de classes", n'est alors qu'un conflit d'intérêt (et bien réel), mais à l'intérieur des formes sociales abstraites capitalistes, donc de manière complètement immanente au fonctionnement capitaliste, et sur laquelle on ne peut pas s'appuyer en soi.

Il ne faut donc pas libérer le travail (que beaucoup naturalisent et transhistoricisent) du capital, mais comprendre que la catégorie de travail est elle-même capitaliste : il ne faut donc pas libérer le travail (du capital), mais se libérer du travail, pour trouver d'autres formes de médiation qui soient moins pervers et mutilantes. Il ne sert à rien de  distribuer autrement toujours les mêmes catégories capitalistes (travail, argent, capital...), il ne faut en rien un partage différent de toujours le même gâteau du travail abstrait, mais il faut sortir et détruire ces mêmes catégories capitalistes, pour peut-être pas sortir de tout fétichisme, mais trouver des manières de se rapporter les uns aux autres, moins destructrices.

Pour une plus ample explication de la critique du travail que cette présentation très incomplète, voir le texte d' Anselm Jappe " Pourquoi critique radicalement le travail ? " ou " Qu'est-ce que la valeur ? De l'essence du capitalisme "

Quelques interviews de Postone :

" Repenser la théorie critique du capitalisme "

Interview par Salik Celuk




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