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Avec Marx, contre le travail

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Vladimir allez vers le bas
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  Citer Vladimir Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Jan 2010 à 10:45
Mais le travail est remplacé tous les jours par des machines. Il n'y a pas que le travail qui crée de la richesse. La nature aussi crée de la richesse. J'ai publié un texte de Bertrand de Jouvenel à ce propos : http://www.documents-communistes.org/upload/marx-et-la-nature%28B.de-Jouvenel%29.pdf
Ce n'est pas bien de lire le profil des autres ! Pas bien du tout !! C'est mieux de créer un autre forum dissident comme un hypocrite.
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KGB Shpion allez vers le bas
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  Citer KGB Shpion Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Jan 2010 à 21:00
Mouais.
Le but des communistes, c'est quand même qu'on se fasse le moins chier possible à travailler (sinon à quoi bon la réduction du temps de travail, les congés payés, la retraite, etc.?). Si les machines pouvaient tout accomplir à notre place ce serait très bien.
Et puis, c'est quoi cette histoire que la valeur c'est le capital? Le travail ne produit pas "naturellement" du capital comme tu sembles le supposer. Le capital, c'est surtout une histoire de rapports de production et de propriété (A-M-A'), possible uniquement par l'exploitation.


Edité par KGB Shpion - 27 Jan 2010 à 21:03
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Ecnaroui allez vers le bas
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  Citer Ecnaroui Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Jan 2010 à 22:35
Surprenant.
"La nature aussi crée de la richesse" écrit Vladimir.
La nature est une richesse. Le fait capitaliste est : comment développer plus de richesses avec LA richesse? un subterfuge redoutable d'efficacité est à l'œuvre. La toute première pierre de l'édifice à construire est la division artificielle de toute richesse directement exploitable et "rentable" immédiatement. ça c'est le capitalo qui parle.
Et quand KGB dit "Le but des communistes, c'est quand même qu'on se fasse le moins chier possible à travailler" je suis entièrement d'accord avec lui. Le communisme pourrait ressembler à celà : rien foutre. J'ai l'impression que nos "amis" capitalistes retiennent parfaitement la leçon. Ils glandent toute la journée de conseil d'administration en conseil d'administration et "touchent" le paquet. Voir ce pauvre Proglio fraichement épinglé.
Alors c'est quoi le subterfuge? l'application pleine et entière de ce que vous pouvez retrouver ici



Edité par Ecnaroui - 27 Jan 2010 à 22:40
La libération de l’homme de l’homme est si impérieuse qu’on ne doit pas la laisser à ceux qui n’ont qu’un seul et unique crédo l’exploitation de l’homme par l’homme.
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  Citer Kobayashi Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Jan 2010 à 12:17
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A toute ber-zingue !


La critique ici soutenue par Anselm Jappe, vient d’un courant que l’on appelle en Allemagne la « wertkritik » (critique de la valeur), elle s’est constituée autour des groupes Krisis (connu pour son Manifeste contre le travail) et Exit ! C’est un courant que l’on peut dire « marxien » et non « marxiste » pour répondre à Ecnaroui, car il ne reprend pas les thèses des marxismes, notamment ceux fondés sur le matérialisme historique et dialectique qui ontologise le travail pour en faire une chose suprahistorique, simple métabolisme de l’homme avec la nature. On connait tous les problèmes du recouvrement de l'oeuvre de Marx par les marxismes. Sans revenir à Korsch ou Roubine, Michel Henry écrivait par exemple que " les marxismes sont l'ensemble des contre-sens qui ont été faits sur Marx". Ce courant allemand pense le travail en lui-même de manière historiquement spécifique à la formation sociale capitaliste, comme une invention (mais il n’est plus le métabolisme de l’homme avec la nature). Des marxistes ont pensé aussi le travail comme une invention de la modernisation. Je pense aujourd'hui à Antoine Artous proche du NPA (du moins de sa revue ContreTemps), dans son livre Travail et émancipation sociale. Marx et le travail (Syllepse, 2003), même si pour moi, il va pas du tout assez loin, et malgré ses avancées, il reste par de nombreux aspects dans le marxisme traditionnel.


Cette critique du travail qui a débuté il y a 20 ans en Allemagne, est rejointe notamment par le livre de Moishe Postone récemment traduit, ainsi que par le philosophe français Jean-marie Vincent (un bref temps à la LCR) dans son livre Critique du travail. Le faire et l’agir (PUF, 1987) que vous retrouverez dans son intégralité sur le site " Palim psao ". Le travail n’a jamais été au centre des sociétés. Auparavant les produits du travail étaient déterminés non par une dépense abstraite de travail concret en elle-même, mais par des rapports sociaux directs et plus ou moins concsients. La valeur d’échange des biens échangés, dépendait de rapports de domination directe, de coutumes, et autres rapports sociaux étrangers au travail en lui-même qui n’était pas placé au centre de la société. Le travail était d’ailleurs une activité individuelle, téléologique, c’est-à-dire qu’elle répondait directement à un besoin. L’activité était le mouvement du besoin sur lui-même afin de se satisfaire. L’échange de biens, prenait la forme dont je parlais. Ici, le travail est une activité dont les produits seront médiatisés par des rapports ouvertement sociaux. Or l’accumulation primitive décrite par Marx a fait disparaître ce monde, séparant les individus des moyens de production, ce qui les place obligatoirement dans un état de dépendance sociale, d'interdépendance sociale beaucoup plus avancée. Dorénavant, le travail n’est plus un moyen direct de répondre à ses besoins, mais un moyen indirect d'y répondre au travers de l’obtention de l’argent. Le travail est d'abord une connectivité sociale. C’est-à-dire que le travail est toujours d’une part concret (valeur d’usage), mais qu’il devient aussi un moyen : le moyen pour un individu de se rapporter aux produits que d’autres auront fabriqués. Le travail devient une fonction de médiation sociale entre les êtres, ce qu’il n’avait pas auparavant. Et dans ce travail inventé, le travail est double, visible (en tant qu'activité concrète individuelle) et invisible, car dorénavant le travail particulier n'est plus l'activité d'un individu mais comme dit Marx d'un " travailleur collectif ", c'est-à-dire que son travail effectué entre les quatre murs d'un entreprise n'existe qu'en tant que appendice des processus de totalisations du travail en tant que fonction sociale, qui se passent à l'échelle du travail global dépensé par la société. Le travail qui perd toutes sa dimension individuelle concrète (comme chez l'artisan il y a trois siècle), devient donc un travail abstrait, l'individu devient le rouage d'une machinerie sociale qui dépense du travail pour créer de la valeur, et cette machinerie sociale se produit et se reproduit de manière dynamique (et auto-destructrice) au travers de la valorisation de la valeur (le capital qui lui-même dit Marx n'est pas une somme de capitaux, mais un " rapport social ") dans un cycle de métamorphose (il faudrait développer cette métamorphose en montrant que travail et capital ne sont que deux formes différentes de la valeur, et donc leur opposition est immanente au capitalisme et n'est nullement comme la'a pensé le marxisme, une contradiction fondamentale ; elle est une contradiction secondaire en tant que lutte d'intérêts au sein de la formation sociale capitaliste et de ses catégories économiques). Et là, comme dans les sociétés précapitalistes, ce sont plus les rapports sociaux externes qui viennent déterminés la valeur d’échange des produits (domination, coutumes, etc.) mais la dépense abstraite du travail en lui-même. Ici, le travail ne doit plus être pensé comme une activité (naturelle, comme beaucoup le pensent) mais un rapport social historiquement spécifique. La valeur qui en tant que forme sociale n’existait pas dans les sociétés précapitalistes, devient donc l’objectivation abstraite d’un nouveau lien social qui relie tout le monde, le travail dans sa dimension abstraite mais aussi concrète, car ces deux dimensions du travail sont aimantés l'un à l'autre : Placer au coeur du système la valeur comme richesse sociale spécifique, en tant qu'accumulation de travail abstrait, c'est placé au centre de la société le travail concret. Le travail est alors inventé, parce que comme il devient autoporteur de la valeur au sein de sa double dimension (ce qu’il n’était pas auparavant), sa dépense folle est placée au cœur de la société capitaliste, qui doit avaler toujours plus de travail pour produire de la valeur. Dès lors l’économique, c’est-à-dire la production et la circulation des biens, parce que la dépense abstraite de travail devient le porteur et le créateur de la valeur,  n’est plus enchassé dans le social comme disait Karl Polanyi, mais se désencastre, s’autonomise en une sphère séparée et particulière. Le travail s’autonomise de tous les rapports sociaux directs, et devient le centre de la société, en tant que fonction de médiation sociale et donc de la création de valeur. La valeur est donc une forme sociale ici, et la forme argent est une des forme de sa métamorphose dans le cycle de production et de reproduction du capital. La marchandise dans cette société là, a donc une double forme, valeur d’usage et valeur (et non valeur d’échange qui n’est dès lors que la forme dérivée de la valeur). Les humains en tant que prestataires de leur capacité de travail, deviennent en tant que lieux de la dépense du travail vivant, les supports de la seule dimension du travail qui compte, le travail abstrait, c’est-à-dire cette fonction de médiation sociale du travail.


Je reprend un petit peu par rapport à la forme argent de la valeur. Pour la " wertkritik ", l'argent dans la société marchande capitaliste, n'est pas comme l'argent du point de vue des sociétés précapitalistes. Dans ces dernières, il n'y a pas de production marchande comme base de ces sociétés, mais il peut y avoir une circulation de marchandises, celle-ci se fait au travers de l'argent, comme moyen de paiement, thésaurisation, etc. L'argent est là un moyen (cercle M-A-M), et la valeur de l'échange de marchandise est déterminée non pas par le travail, mais par des rapports conscients, des rapports de domination directe (féodalité), rapports de tradition, etc. L'argent ici appartient à la circulation des marchandises. C’est tout. Dans la société capitaliste, c'est la production elle-même qui devient marchande (et pas seulement la possibilité d'une circulation marchande comme au moyen age, etc), notamment par le positionnement du travail en tant que médiation sociale entre les êtres. C'est une nouvelle manière de produire et faire circuler les biens, sous la "forme valeur" (qui n'existe que dans cette société), ici l'argent n'est qu'une des multiples formes de métamorphose de la valeur, au sein du cycle en mouvement du capital (de la valeur donc qui se valorise). Le capital n'est là plus la somme des moyens de production ou une somme d'argent, mais une forme de vie, une socialité, un rapport social particulier et abstrait, qui capte sous une forme particulière (abstraite) les activités immédiates productrices de valeur d'usage, pour accroître la valeur. C'est alors à ce moment seulement que l'activité immédiate vient se dédoubler, vient posséder sa propre ombre qui va la déterminer (subordonner) complètement: le travail abstrait, dont l'argent va être une autre forme (cristallisée et empirique) qui apparaîtra dans la métamorphose de la valeur qui se valorise, au moment où elle a besoin de passer sous cette forme, la circulation par exemple. D'après nos théoriciens c'est parce que production et circulation sont subsumés dans le cycle du capital, que l'argent ne peut plus être penser comme seul moyen de circulation, comme il en était avant. Donc pour eux, l'argent sous le capitalisme est très particulier, et doit être distinguer de l'argent d'auparavant (l'argent facilitait les échanges à cette époque, c'est l'histoire des lettres de créance des marchands italiens qui partaient dans les foires de champagne au moyen age et qui pouvait pas se trimbaler des coffres d'or, etc), dans des formes non-marchandes de production où le travail n'est jamais médiation sociale générale. 


Dirini, il y a effectivement chez le Marx des manuscrits de 1844, une compréhension naturaliste du travail, comme autoréalisation de l’homme, etc. Et cette essence de l’homme que serait le travail serait simplement aliéné dans le capitalisme. Il faut donc libérer le travail du capital, et non pas se libérer du travail. Cependant, cette vision ontologique du travail n’est plus du tout présente dans la période des Grundrisse et du Capital. Il faut voir là les citations que donne Anselm Jappe dans son ouvrage, Les Aventures de la marchandise. Cependant, la critique du travail est souvent à tort assimilée au livre supposé très hétérodoxe de Paul Lafargue, mais qui ne dénonce le travail que comme idéologie et non comme médiation sociale entre les humains dans une société où les produits ont tous pris la forme marchandise. Paul Lafargue fait qu’opposé à l’idéologie du travail, la paresse, en privilégiant l’utopie totalitaire d’une libération du travail grâce à l’automation générale du procès de production. Là encore, les allemands de la critique de la valeur, ne voient pas du tout la critique du travail comme cela.

Tout ça, d'un coup, c'est dur à digérer, cette manière de penser le capitalisme demande un effort de réflexion plus important que s'en tenir à dénoncer les multinationales, les vilains spéculateurs et les méchants patrons. Mais pour approfondir cela et se faire une idée plus précise, voir le http://palim-psao.over-blog.fr/

Edité par Kobayashi - 31 Jan 2010 à 13:05
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  Citer Ecnaroui Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Jan 2010 à 14:45
Message posté par skum & je vous re-re-re-pète  que vous êtes cons


Tout ça, d'un coup, c'est dur à digérer, cette manière de penser le capitalisme demande un effort de réflexion plus important que s'en tenir à dénoncer les multinationales, les vilains spéculateurs et les méchants patrons. Mais pour approfondir cela et se faire une idée plus précise, voir le http://palim-psao.over-blog.fr/


Les marxiens sont de retour. Vite aux abris anti-connerie.

La libération de l’homme de l’homme est si impérieuse qu’on ne doit pas la laisser à ceux qui n’ont qu’un seul et unique crédo l’exploitation de l’homme par l’homme.
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  Citer KGB Shpion Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Jan 2010 à 17:17
Le "marxianisme"c'est juste un courant bourgeois qui accepte les (certaines) analyses de Marx, mais qui rejette ses conclusions. Surtout la lutte des classes, comme de par hasard...
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  Citer Vladimir Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Jan 2010 à 18:47
Concernant l'ouvrage de Paul Lafargue, ce n'est que l'orthodoxie marxiste par excellence, insistant sur une certaine approche du travail. Je dirais que le marxianisme peut aussi accepter certaines conclusions de Marx. Mais ce qu'il y a, c'est que le marxisme est une théorie cohérente, un système de pensée avec des éléments indissociables. Le marxianisme ne fait donc que disloquer le marxisme, et on en arrive à des conclusions stupides comme "les allemands de la critique de la valeur, ne voient pas du tout la critique du travail comme cela."(N'importe quelle personne qui aurait lu Paul Lafargue ne dirait pas qu'il ne dénonce le travail que comme idéologie. Il suffit de lire les premiers chapitres pour voir qu'il associe la critique particulière du travail "capitaliste" à la critique générale du travail)


Edité par Vladimir - 31 Jan 2010 à 18:49
Ce n'est pas bien de lire le profil des autres ! Pas bien du tout !! C'est mieux de créer un autre forum dissident comme un hypocrite.
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  Citer Ecnaroui Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Jan 2010 à 18:54
Les interventions marxiennes démontrent, entre autres choses, la véritable nature des marxiens. Ce qui aveugle (malgré l'obscurantisme des propos) c'est le mépris permanent à l'encontre des gens qu'ils cherchent, apparemment vainement, à convaincre en les "avertissant" de la "difficulté" de comprendre leurs "théories"? que j'appelle plus simplement conneries.

Cher KGB je ne dirais pas comme toi qu'ils rejettent la lutte des classes. En effet nous sommes en plein dedans, avec leurs pénibles explications de texte (pénibles pour eux puisqu'ils jugent leurs propres  salades difficiles à "digérer"). En ce qui me concerne, je les entend que trop venir avec leurs gros sabots. Ce courant totalement dépourvu de lumière est semblable à son homonyme féminin la courante. Elle (pardon) ils retrouverons la cuvette des WC assis sur leur lunette déformante, un point c'est tout.

Aussi ce groupuscule apparaît car il y a une demande, une soif d'apprendre et de comprendre le Marxisme. Surtout en période de crise exacerbée du capitalisme comme en ce moment.
Sur le net, nos chères têtes pensantes à la solde des capitalistes, ne peuvent laisser seuls à s'exprimer, les marxistes de tous poils, ça fait désordre dans le paysage médiacratique et c'est bien connu que l'ordre (le leur) est l'un de leur crédo favori.

Dans ce cas il s'agit de faire diversion. Ils y parviendraient petitement que ce serait déjà trop.




Edité par Ecnaroui - 31 Jan 2010 à 18:56
La libération de l’homme de l’homme est si impérieuse qu’on ne doit pas la laisser à ceux qui n’ont qu’un seul et unique crédo l’exploitation de l’homme par l’homme.
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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Feb 2010 à 05:09
Pour compléter le sujet, même si on dévie du courant de "philosophique politique" qui est évoqué ici (et dont je n'ai toujours pas compris l'apport académique ni l'intérêt politique), on ne peut pas ne pas évoquer Charles Bettleheim dans un tout autre registre. Ce dernier, économiste et expert conseil de l'ex-camps socialiste, s'est opposé au concept de "développement des forces productives", a défendu des modèles de développement mixtes de socialisme de marchés indépendants du marché mondial pour les ex-pays colonisés et conçoit que "le problème crucial de la planification socialiste est le remplacement de la forme-valeur par le développement d'une méthode de mesure rendant compte de l'utilité sociale de la production (wikipedia), et aussi d' une "désutilité du travail". plus récemment il a été réssucité par les mouvements écolos-décroissants au même titre qu'un Georgescu-Rögen


Sa critique hétérodoxe du "développement des forces productives" est particulièrement faible, et idéologiquement marquée par son trosko-maoïsme puisqu'il assimile le socialisme soviétique et sa division du travail à une forme de capitalisme. je souligne au passage qu'il a fait parti des experts du monde socialiste / tiers-mondiste qui ont soutenu des mesures de décentralisations des Plans, qui dans le cas de l' URSS ont permis de faire passer plus facilement des mesures capitalistiques sans qu'il n'y ait plus aucun contrôle politique (cela dit je ne dis pas que le socialisme de planification centralisée n'avait pas ses problèmes évidemment). L'assimilation qu'il fait du socialisme soviétisque à un capitalisme d'Etat est fallacieuse et contre-factuelle car c'est précisément l'affaiblissement de la capacité de l'Etat à organiser et planifier la production, les désétatisations successives des Plans, qui ont permis à certains marchés d'émerger de façon non-nécessaire pour l'économie soviétique, avant de généraliser les rapports de production capitalistes en URSS.


J'évoque cet auteur car toutes ces "marxologies" et "hétérodoxies marxistes" intempestives ont déjà par trop engendré des aberrations d'analyses politiques et des dogmatismes sous couvert de renouveler un stock de concepts, ce qui se révèle n'être finalement que de piètres opportunismes académiques et des postures intellectualistes pleines d'une fausse hauteur conceptuelle vis-à-vis du militant politique. (pour l'anecdote Bettleheim n'aura jamais réussi à convaincre Cuba, situé à 300 miles des côtes de l' Empire, qu'ils pouvaient se développer de manière "indépendante" en dehors du giron soviétique, phare du "capitalisme d'Etat" qu'il était de bon ton de vouloir "dépasser" )


Bref, je ne pense pas qu'il soit besoin de faire la démonstration que tous ces petits intellectuels du monde bourgeois sont politiquement limités : Bettleheim, si apprécié du monde capitaliste et des universitaires bourgeois en son temps avant de tomber dans l'oubli, et Postone, si insignifiant tant son opportunisme académique (critique de la valeur) est abstrait et politiquement intraduisible


Économie marxiste, militantisme intellectuel et expertise politique chez Charles Bettelheim, par François Denord et Xavier Zunigo


Edité par AllXS - 01 Feb 2010 à 05:22
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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  Citer Kobayashi Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Feb 2010 à 10:17
Vladimir, je suis d'accord avec toi, pour dire que Lafargue malgré l'image d'hétérodoxe qu'il a (puisque au lieu d'affirmer de manière positive le travail, il fait l'éloge de la paresse permise par la tyrannie de l'automation technologique intégrale, donc du devenir scientifique de la production, où l'individu n'est plus qu'un appendice des machines), est totalement un auteur du marxisme. C'est à tort que le " droit à la paresse " a été rapproché dans les années 70 du " Ne travaillez jamais ! " des situationnistes. Toutefois je suis pas d'accord pour dire que Lafargue dénonce le travail dans ce texte que comme une simple idéologie, à l'intérieur de sa conception ontologique et naturelle du travail. Mais tu as peut-être raison, j'avais pas précisé que pour lui aussi cette conception marxiste traditionnelle (c'est-à-dire qui vient en partie de Marx mais qui s'est fossilisé comme dogme dans le marxisme-léninisme stalinien) est présente, ce qui justifie sa croyance dans la libération du travail par les machines capitalistes à se réapproprier. J'ai pas en ce moment son livre sous la main, mais j'essayerai de revenir pour montrer en le citant qu'au moins son discours sur l'éloge de la paresse prend sa source dans la dénonciation du discours idéologique sur le travail, au nom d'une libération du travail par les machines capitalistes.

Sinon, il y a en effet de lourdes ambiguités de Marx lui-même sur le travail, c'est pour cela que plusieurs auteurs ont cerné des évolutions dans l'oeuvre-continent de Marx. Robert Kurz, dans son livre " Lire Marx. Textes choisis et commentés de Karl Marx pour le XXIe siècle ", La balustrade, 2002, parle de " Marx Janus ", c'est-à-dire d'un double Marx, un " Marx exotérique " qui correspond au Marx connu et qui est revendiqué en effet comme on le voit par la folle capacité argumentative de certains, au marxisme traditionnel, et un " Marx ésotérique ", inconnu et qui correspond au socle à partir duquel la critique de la valeur comme critique radicale du travail en lui-même, va se déployer aujourd'hui en Allemagne, en Autriche, en Italie, au Brésil, etc.Ainsi on peut retrouver chez Marx, des citations qui montrent qu'il a évolué dans sa compréhension du travail qu'il ne voit plus comme naturel et supra-historique mais comme une invention historiquement spécifique au capitalisme, sans pour autant vraiment clarifier sa position là-dessus, il est vrai. Mais il vaut mieux le souligner, que donner une image fossilisée et monolithique de ce riche et extraordinaire penseur qu'est Marx. Cette évolution, au regard de la compréhension anthropologique du travail qu'il déploie dans les Manuscrits de 1844, se fait particulièrement sentir dans ce que l'on appelle les oeuvres de la maturité (Grundrisse, Le Capital..). Mais c'est parfois aussi au détour de quelques lignes des oeuvres de jeunesse qu'on le voit développer une radicalité contre le travail.Pour ceux qui ne considèrent pas Marx comme un chien crevé, et qui ne se contentent pas du devenir fossile de la pensée marxiste accompagnatrice du mouvement du capital, comme l'a été à son corps défendant le mouvement ouvrier qui ne réclame des choses que sous les formes catégorielles immanentes à la société fétichiste de la valeur (plus d'argent, plus de salaires, plus de retraites, etc.), sans mettre en cause ces catégories économiques en elles-mêmes (argent, salaire, prix, travail, etc.), c'est-à-dire passer d'un discours voulant libérer le travail du capital, à l'idée de se libérer du travail, on peut voir notamment le livre du philosophe Jean-marie Vincent, " Critique du travail. Le faire et l'agir ", PUF, 1987 http://palim-psao.over-blog.fr/article-integralite-du-livre-critique-du-travail-le-faire-et-l-agir-de-jean-marie-vincent--43952714.html . De quoi passer peut-être d'une économie politique critique (ce qu'a été et est encore le marxisme traditionnel qui reste à utiliser toujours les mêmes catégories économiques pour en faire simplement une distribution autre), à une critique de l'économie, une anti-économie, une sortie de l'économie, où on ne critique pas seulement la plus-value, la sur-valeur comme relevant d'une exploitation (et bien sûr il faut critiquer cela, mais ce n'est pas suffisant), mais la valeur elle même, en tant que forme de vie et de socialisation historiquement spécifique au capitalisme, à abattre totalement.


Egalement ce texte récent de Franz Schandl de la revue autrichienne Streifzuege, " Antiéconomie. André Gorz et la critique de la valeur ". http://palim-psao.over-blog.fr/article--antieconomie-andre-gorz-et-la-critique-de-la-valeur-par-franz-schandl-44011656.html  Intéressant pour voir les évolutions de Gorz dans les derniers moments de sa vie .


Edité par Kobayashi - 01 Feb 2010 à 10:23
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  Citer Vladimir Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Feb 2010 à 11:11
De quoi passer peut-être d'une économie politique critique (ce qu'a été et est encore le marxisme traditionnel qui reste à utiliser toujours les mêmes catégories économiques pour en faire simplement une distribution autre), à une critique de l'économie, une anti-économie, une sortie de l'économie, où on ne critique pas seulement la plus-value, la sur-valeur comme relevant d'une exploitation (et bien sûr il faut critiquer cela, mais ce n'est pas suffisant), mais la valeur elle même, en tant que forme de vie et de socialisation historiquement spécifique au capitalisme, à abattre totalement.

Mais je suis tout à fait d'accord avec ça. Seulement ça ne me semble pas spécifiquement "hétérodoxe". Si l'on veut penser le communisme, la société communiste et le mouvement communiste, il faut effectivement faire ce que tu appelles cette "critique de la valeur", et pourquoi pas retourner au "jeune Marx". Mais en quoi cette critique s'opposerait-elle à celle dite "orthodoxe" de l'économie politique ? On peut enrichir et approfondir le marxisme, comme le voulait Althusser. Mais le remplacer par le "marxianisme", ça jamais.
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  Citer Kobayashi Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Feb 2010 à 09:55
La critique de la valeur se fonde surtout sur le marx de la maturité, des Grundrisse et du Capital, entre autres le chapitre 1 section 1 de la marchandise (cf. le livre de Jappe. Les Aventures de la marchandise).

Ce courant est hétérodoxe car une traditionnelle discussion critique n'est possible que pour ce qui est du capital, de la plus-value, des salaires, des prix, des classes, c'est-à-dire discussion autour de simples catégories de distribution de ce qui n'est jamais mis en cause en elle-même, c'est-à-dire de ce qui est distribué : l'argent et la valeur, le travail en lui-même. En cela la prétendue critique de l'économie politique puisque qu'elle ne met pas en question ces catégories là, n'est qu'une économie politique critique. De plus, dans la théorie classique de l'économie comme dans le marxisme, on naturalise ces catégories économiques en expliquant qu'elles existent depuis toujours. Que le travail actuel est le simple métabolisme de la nature, et qu'il est simplement capté par des rapports de propriété au bénéfice de quelques uns, mais on pense que c'est naturellement que le travail donne de la valeur. On ne fait pas du travail quelque chose de foncièrement immanent au capitalisme, on pense comme il est naturel, qu'il est extérieur au capitalisme, qu'il s'oppose donc forcément au capital, et donc qu'on doit l'affirmer plus encore pour supposément sortir du capitalisme.  On veut simplement libérer le travail du capital, et pas se libérer du travail en voyant le travail dans son existence comme quelque chose de totalement lié au capitalisme. Ainsi, le mouvement ouvrier a été un mouvement profondément affirmateur du travail, et le marxisme qui l'a porté a toujours fait une critique du point de vue travail, sans voir que tout travail est profondément dans ses deux déterminations conjointes (travail concret et travail abstrait) historiquement spécifique au capitalisme, et à aucune autres sociétés. La critique de la valeur rejoint d'ailleurs sur ce point là certaines résultats de réflexion d'historiens ou d'anthropologues (Polanyi, Godelier, Vernant, etc.) qui ont montré que dans les sociétés précapitalistes le travail n'a jamais existé. la critique de la valeur va considéré que parlé de " valeur d'usage " ou de " travail concret ", c'est déjà se placer au sein du fétichisme. De plus, la critique de la valeur, ne va pas du tout comprendre l'existence des classes dans la société capitaliste, comme le fait le marxisme qui lui se représente parce qu'il pense que le travail est naturel (et donc le marxisme accentue sa critique seulement sur l'exploitation du surtravail), imagine une sorte de domination directe et physique de la classe capitaliste sur la classe prolétaire. La critique de la valeur est elle au contraire une critique catégorielle, c'est-à-dire de toutes les catégories économiques existantes, qui démontrent elles ne son pas naturelles et tranhistoriques mais sont toutes (donc y compris le travail concret et la valeur d'usage), inventées socialement, elles sont les marques de formes de vie et de socialisation historiquement spécifique au capitalisme. Elle va comprendre donc autrement les classes sociologiques, en utilisant toute la thématique qu'utilisé Marx quand il parlait des masques de théatres, des masques de caractères, des capitalistes comme fonctionnaires du capital. Là c'est évidemment Isaac Roubine dans son fameux livre, " La théorie de la valeur de Marx " (réédité en 2009 chez Syllepse) qui corrige le marxisme et qui explique cela. Finalement, il n'y a aucun sujet libre, conscient et de volonté dans le capitaliste, pas même un méchant patron ou capitaliste, ils ne sont que des créatures, des supports, des appendies de leurs propres rapports sociaux abstraits et autonomisés et qui circulent dans leur dos et se présentent dans les choses comme leurs maitres et gouvernants. Tous les individus jouent des rôles comme les autres en personnifiant des formes successives de la métamorphose de la valeur. Dans dans cette danse de l'abstraction réelle de la valeur, la classe ouvrière en tant qu'un des représentant du capital, le capital variable, est aussi immanente au système que la classe capitaliste. La lutte que la classe ouvrière est une lutte d'intérêt à l'intérieur du monde commun des mêmes catégories économiques. Dans ce monde, le seul sujet qui existe, c'est une abstraction devenue réalité, le capital. Car, ce n’est pas ‘je’ qui agit réellement, c’est la logique automatisée des agencements sociaux qui agit à travers moi en tant qu’Autre, me fait concourir à la production et reproduction de la mégamachine sociale. C’est elle le véritable sujet. Comme disait Marx, " ils ne savent pas, mais ils le font ".

Dans la critique de la valeur, c'est-à-dire un courant de pensée qui a une 20aine d'années, et qui s'est constitué autour des pensées de l'américain Moishe Postone (son fameux bouquin : Temps, travail et domination sociale : Une réinterprétation de la théorie critique de Marx, Mille et une nuits, 2009), des groupes allemands et autrichiens Krisis (le " Manifeste contre le travail " qui s'inscrit dans le dépassement du Manifeste communiste et du " De la misère en milieu étudiant " situationniste), Exit ! et Steifzuge, mais aussi du philosophe français Jean-Marie Vincent (" Critique du travail. Le faire et l'agir ", PUF, 1987). Même si la critique de la valeur connaît un certain retentissement, hormis en Allemagne, en Amérique du sud au Brésil notamment.

Mais je renvoi sur le site http://palim-psao.over-blog.fr/

Et particulièrement pour prendre connaissance de cette critique sur le texte " Pourquoi critique radicalement le travail " http://palim-psao.over-blog.fr/article-pourquoi-critiquer-radicalement-le-travail-conference-d-anselm-jappe-34933038.html

Après, j'imagine que certains vont s'arracher les cheveux en lisant ce message, bon voilà si vous avez pas envie de réfléchir à partir de Marx sur le capitalisme autrement que ce que vous faites, on va pas s'envoyer des noms d'oiseaux, moi vous dire que le marxisme est une forme à l'intérieur du capitalisme (capitalisme d'Etat) et que la lutte des classes n'a rien de révolutionnaire mais qu'elle cherche à distribuer pour le plus grand nombre toujours les mêmes catégorie de la même société fétichiste, et à l'inverse certains dire que c'est là de la haute trahison, du jaune, du " marxianisme ", ou que sais-je. C'est pas intéressant.


Edité par Kobayashi - 04 Feb 2010 à 10:06
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  Citer Vladimir Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Feb 2010 à 11:49
De plus, dans la théorie classique de l'économie comme dans le marxisme, on naturalise ces catégories économiques en expliquant qu'elles existent depuis toujours.

Où ça ?

On veut simplement libérer le travail du capital, et pas se libérer du travail en voyant le travail dans son existence comme quelque chose de totalement lié au capitalisme.

On n'a pas attendu le capitalisme pour travailler.

dans les sociétés précapitalistes le travail n'a jamais existé

T'as d'autres blagues comme ça ?

qui corrige le marxisme

C'est le marxisme, les marxistes et les ouvriers, qui vont corriger toute cette clique d'intellectuels décadents.

Dans dans cette danse de l'abstraction réelle de la valeur, la classe ouvrière en tant qu'un des représentant du capital, le capital variable, est aussi immanente au système que la classe capitaliste.

C'est une négation de la dialectique.

c'est une abstraction devenue réalité, le capital

C'est une négation du matérialisme.

Car, ce n’est pas ‘je’ qui agit réellement, c’est la logique automatisée des agencements sociaux qui agit à travers moi en tant qu’Autre, me fait concourir à la production et reproduction de la mégamachine sociale.

Sauf que t'as pas compris que "je" n'existe pas. Je est constitué comme sujet par l'idéologie... disait Althusser.


Edité par Vladimir - 04 Feb 2010 à 11:51
Ce n'est pas bien de lire le profil des autres ! Pas bien du tout !! C'est mieux de créer un autre forum dissident comme un hypocrite.
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  Citer Ecnaroui Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Feb 2010 à 12:16
Kobayashi
Tu as un homonyme au japon qui avale allègrement toutes les saloperies imaginable en produits alimentaaires de masse. Tu as ce point commun avec lui : tu avales n'importe quelle idéologie de pacotille.

On croirait lire du Bachelot tentant désespérément de fourguer les vaccins de ses amis des labos pharmaceutiques et, accessoirement, empoisonneurs planétaire.

Ah! et puis je fais partie de ces "certains (qui) vont s'arracher les cheveux en lisant ce message" sauf que moi (je n'ai) pas envie de réfléchir à partir de Marx car cela fait belle lurette que je réfléchi avec Marx comment lutter contre toute pseudo théorie de comptoir de café du commerce.

La libération de l’homme de l’homme est si impérieuse qu’on ne doit pas la laisser à ceux qui n’ont qu’un seul et unique crédo l’exploitation de l’homme par l’homme.
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  Citer Kobayashi Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Feb 2010 à 13:04
Nom de dieu ! Pas ça ! Bigre j'ai été pris en flagrant délit de " négation " de matérialisme !  Vite le fouet car j'ai péché et je vous demande à tous deux mille fois pardon.

Mais les garçons il se pourrait toutefois que votre virtuosité théorique argumentative n'ait d'égale que l'insondable inculture théorique des directions ouvrières. Bon d'accord, plus un pour vous, je l'avais oublié...


Si l’on feuillette la littérature marxiste et antimarxiste des XIXe et XXe siècles, on retrouve tout au long, avec une lassante régularité, la même réduction : qu’il soit question du capitalisme de façon positive ou négative c’est presque exclusivement en catégories sociologiques de « classes » ou « couches » sociales, tandis que les formes sociales sur lequel il est fondé restent en quelques sortes neutres (ou bien l’on ne discute que de leur regroupement et de leur nouvelle configuration, par exemple dans le rapport marché Etat). Il s’agit de la relation de classes sociales à l’intérieur de l’enveloppe capitaliste. En prétendant que le capitalisme est une société de classes, les marxistes – qui se réclamaient toujours du seul Marx exotérique – croyaient avoir dit l’essentiel. Et les apologistes [du capitalisme] essayaient de relativiser cette constatation en répondant que le capitalisme avait largement eu raison de la société de classe grâce à l’Etat providence et à l’amélioration des conditions de travail.

            Dans ce débat, on ne pose pas la question, en tout cas pas sérieusement, bien qu’on prétende à la réflexion théorique : comment sont apparues les classes sociales, comment se reproduit jour après jour leur constitution en société. La raison de ce désintérêt est simple : dans cette perspective sociologique réduite, les conditions sociales sont finalement ramenées à de pures questions de libre arbitre. Le capitalisme existe parce que ses acteurs le « veulent ». Donc le capitalisme se confond pour ainsi dire avec les capitalistes (propriétaires privés d’un capital-argent, mais aussi les managers) qui se veulent en tant que tels ou avec le collectif social de la classe capitaliste. C’est cette volonté des sujets capitalistes qui a soumis à sa loi la majorité de la société en tant que travailleurs salariés.

            En conséquence, la propriété privée des moyens de production apparaît comme l’institution centrale de cette volonté capitaliste. Selon la formule consacrée, la monopolisation sociale des potentiels productifs donne aux capitalistes seuls le droit de décider de leur utilisation. L’assujettissement ou comme l’appelle Marx, « l’exploitation de l’homme par l’homme », semble ainsi s’accomplir dans un rapport de domination par le biais de la propriété privée, dans le rapport social entre les capitalistes et les salariés. Dans la mesure où il s’agit alors d’un rapport social, ce ne peut être qu’un rapport de classe. Selon cette version, la seule différence avec une société où règnent des rapports de dépendance personnelle entre seigneurs et serfs est que la dépendance a pris un caractère collectif, donc que chaque individu salarié ne dépend plus d’un maître propre (comme dans la féodalité et l’esclavage), mais de la classe capitaliste toute entière.

            En réduisant de la sorte la notion non seulement du mode de production et de formation sociale à des rapports de volonté entre classes sociales, codifiés et institutionnalisés sous forme juridique (propriété des moyens de production sociaux), l’aspect négatif et destructeur du capitalisme semble en quelque sorte revenir au caractère  de classe dominante des acteurs capitalistes. Alors, la notion de capital peut soudain tout bonnement coïncider avec celle de moyens de production matériels (machines, bâtiments et autres), même dans la formulation marxiste et en matière d’économie politique bourgeoise. Dans ce cas, le capital en tant que tel n’est plus un rapport social, mais il devient un objet concret, tandis que la relation sociale imposée par le capital fait figure d’opposition de classe, sur le plan sociologique apparent.

            Si l’on va jusqu’au bout de cette perspective, en mettant en œuvre et en « utilisant » la classe assujettie des travailleurs salariés à des fins personnelles, la classe dominante des propriétaires capitalistes poursuit un intérêt particulier propre, qui est l’intérêt subjectif de sa classe. A quoi s’oppose un autre intérêt, l’intérêt contraire de la classe des ouvriers salariés. Cette opposition d’intérêts a naturellement pour résultat une lutte d’intérêts, en fait, la bonne vieille lutte des classes. Extrême conséquence de la critique du capitalisme, cette quintessence du marxisme du mouvement ouvrier suggère implicitement (et souvent explicitement) de se débarrasser des capitalistes d’une manière ou d’une autre, si possible de les enfermer ou de les raccourcir d’une tête – pour reprendre l’idée et la pratique de la Révolution française bourgeoise. En tout cas, il faut leur retirer leur jouet, donc les déposséder, afin que la glorieuse classe ouvrière puisse ensuite faire fonctionner le capital matériel sous sa propre direction et dans son propre intérêt.

            Ce n’est que pure logique : si le capitalisme revient à un pouvoir de disposition juridique en faveur d’une classe dominante, il cesse d’exister par un changement formel de propriété entre deux classes. On trouve un témoignage presque touchant de naïveté et vraiment comique de cette pensée marxiste dans les « certificats d’expropriation » officiels qui, lors de la fondation de l’ex-RDA, entérinèrent le passage des entreprises aux mains du peuple, signifiant ainsi qu’elles seraient désormais des entreprises collectivisées (« Volkseigene Betriebe » ou VEB)

            Ici transparaît assez bien le champ notionnel de ce marxisme sur lequel s’appuya le mouvement ouvrier historique pour légitimer sa lutte des classes, qui n’avait, en réalité, d’autre but que d’être reconnue dans le capitalisme. Il est indéniable que cette version se retrouve aussi tout au long de l’œuvre de Marx. C’est justement dans le contexte de ce champ notionnel que le Marx exotérique se révèle n’être qu’un pur théoricien de la modernisation. Il y a deux problèmes surtout auxquels se heurte cette notion réduite du capitalisme donnée par le marxisme courant et où se fait le passage de l’argumentation et de la critique exotérique à l’argumentation et la critique ésotérique au sein de la critique marxiste.

            D’une part, la réduction de la notion de capitalisme à des rapports de volonté est totalement incompatible avec l’objectivité « d’airain » (reprise de Hegel) du processus historique avec ses étapes du développement nécessaire et ses formation sociales. Visiblement la volonté subjective propre à la classe et conduite par l’intérêt n’est pas ce qui constitue le capitalisme, cette volonté sociale est englobée dans autre chose qui est une objectivité qui la dépasse.

            Ceci est encore plus net quand Marx et le marxisme ne cessent de parler, avec la plus grande évidence, des « lois » du mode de production capitaliste, voire de ses « lois naturelles ». Du point de vue positiviste, on se rapproche ici aussi, comme pour la notion matérialisée du capital, de la pensée de l’économie bourgeoise pour qui, comme on sait, les lois du capitalisme sont identiques aux lois prétendument naturelles de la reproduction sociale en général. Mais même si on reconnaît que ces « lois économiques naturelles » ne sont que des lois historiques, limitées au mode de production spécifiquement capitaliste, il reste un problème : le caractère objectivé et propre aux lois « naturelles » des structures de reproduction et des formes de mouvement et de développement capitalistes sont en profonde contradiction avec leur notion réduite à des rapports de classes sociologiques et des rapports de volonté juridiques. Le marxisme a simplement renoncé à faire connaître et à résoudre cette contradiction, d’ailleurs il ne l’a même pas vue.

            C’est pour cette raison que la théorisation marxiste s’est forcément toujours dissociée en une théorie de la société, « objectiviste », et « économiste » (quasi-scientifique) d’une part et une théorie de l’action « subjectiviste » (politique et juridique) d’autre part. Cette schizophrénie reproduit le dédoublement de la pensée bourgeoise moderne en général. Depuis la philosophie des Lumières, celle-ci ne cesse de dissocier en proclamant d’une part, une société humaine qui, telle un rouage d’horlogerie, fonctionne quasi automatiquement, selon les lois d’un système (la « main invisible » des marchés et des mécanismes de régulation cybernétiques qui mettent l’homme sur le même plan que les insectes ou les pièces détachées) et, d’autre part, le « libre arbitre », « l’autonomie de l’individu », la « responsabilité de soi » et la « liberté politique » (démocratie).

            Le marxisme  du mouvement ouvrier n’a pas brisé ce dilemme de la pensée bourgeoise, il s’en est accommodé et (dans le cas du rattrapage de modernisation du XXe siècle) l’a intégré à son socialisme. Ce dernier devait également fonctionner selon les lois économique objectivées et naturelles (notamment de la production de marchandises non supprimée), mais en même temps incarner la volonté du prolétariat et de son parti devenu Etat.

            D’un autre côté, l’argumentation marxiste s’embrouille quand se pose la question du sens de ce système. Certes, la pensée bien sage de la lutte des classes a vite fait  de trouver une réponse : pour elle, le but du capitalisme consiste naturellement à faire exploiter les travailleurs salariés par les capitalistes. Si ceux-ci désirent si ardemment le capitalisme, c’est parce qu’il leur rapporte cette fameuse « plus-value » qu’ils extorquent à la partie besogneuse de l’humanité. Evidemment, on peut interpréter exactement dans ce sens des pages entières du Marx exotérique où il parle de « travail non rémunéré », grâce auquel les salariés produisent cette valeur supplémentaire, qui dépasse la contre-valeur de leurs propres coûts de reproduction (perçue sous forme de salaire) et que les propriétaires capitalistes s’approprient pour s’enrichir.

            La conséquence semblerait être que la vaillante classe ouvrière s’approprie elle-même la plus-value retenue, après avoir mis les exploiteurs à la porte, qu’elle reçoive la totalité du produit de son travail et que la partie non rémunérée de son travail lui soit payée. Le marxisme aussi fut obligé de reconnaître, bien sûr, que toute société nécessite des réinvestissements, destinés à renouveler les moyens matériels de production, et de constituer des réserves. Ces retenues nécessaires sur le produit du travail seraient alors employées au bénéfice de la communauté par les institutions propres à la classe ouvrière (ou bien par son parti-Etat).

            Cette réponse apparemment si simple et si claire qui arrive à brûle-pourpoint n’est pourtant pas sans poser problème. En effet, elle donne l’impression que les propriétaires capitalistes qui s’approprient la plus-value dilapident ce profit surtout à titre de richesse personnelle. Le rapport capitalise semble donc n’être qu’une variante du rapport en quelque sorte intemporel entre pauvreté et richesse. Les notions marxistes de plus-value (sous forme argent) et de surproduit (sous forme biens matériels) sont pratiquement utilisées comme synonymes. Sur ce point, les formes d’appropriation féodale et capitaliste ne semblent différer que par le genre de propriété (propriété foncière pour l’une et propriété privée des moyens de production pour l’autre).

            Le fait est qu’effectivement les seigneurs féodaux classiques ont littéralement englouti le surproduit matériel sous forme d’impôts en nature ; mais même cette débauche était toujours liée à différents modes de répartition permettant aux serfs, vilains et autres, de recevoir des miettes d’une façon ou d’une autre. Même pour les richesses pré-capitalistes, les seigneurs n’avaient pas d’estomacs assez grands. Dans sa manifestation capitaliste, la production de richesses devenue exorbitante échappe totalement à l’appropriation subjective et sensible par les processus de moyens de production. Entrepreneurs et managers ne peuvent ni consommer personnellement l’énorme surproduit, c’est-à-dire ce qui sort de leurs usines en cirage, grenades à mains, poulets rôtis ou livres de poche excédant la contre-valeur des salaires. Même en faisant de gros efforts, ils ne peuvent pas non plus transformer leurs gains en produits de luxe pour leur propre usage, d’ailleurs il y a longtemps qu’ils n’en ont, de toute façon, plus le temps. Au contraire, sous peine de sombrer, ils sont obligés de réinvestir une grande part du surproduit (donc de la plus-value) retransformée en argent dans le processus de reproduction capitaliste sur une échelle élargie.

            Donc personne ne tire véritablement bénéfice de la plus grande partie du « travail non payé », si l’on entend par là la jouissance réelle de la richesse produite. Par conséquent, une grande masse de produits n’est pas vouée à beaucoup de jouissance. Il s’agit d’une augmentation de la production pour la production – une fin en soi irrationnelle. Voilà exactement ce que le Marx ésotérique a appelé le fétichisme de ce mode de production, tout comme les fétiches oeuvraient déjà dans les sociétés pré-modernes. Marx a aussi un nom pour le mécanisme spécifique de la divinité fétiche capitaliste : le « sujet automatique » [automate]. Bien que ce terme apparaisse dès le début du « Capital », les marxistes biens instruits du capital sont interloqués par ce qu’ils ressentent comme un non-sens relativement bizarre. En effet, Marx désigne sous ce terme le cœur même du paradoxe du rapport social capitaliste, que l’on ne peut absolument pas expliquer par le rapport de classe et d’exploitation entre travailleurs salariés et capitalistes.

            Au contraire, on a soudain l’impression que, dans le capitalisme, toutes les classes et les catégories en général ne sont pareillement que catégories de fonction de ce sujet automatique [automate] auquel elles sont subordonnées et qui, de ce fait, devrait constituer l’objet proprement dit de la critique du capitalisme. Pas plus que les travailleurs du bas de l’échelle capitaliste, les propriétaires capitalistes et les managers ne sont les acteurs souverains de l’organisation capitaliste. Ils ne sont eux-mêmes que des permanents [fonctionnaires] de l’accumulation de capital en tant que fin en soi. Le comble du paradoxe est que le véritable sujet dominateur est un objet mort : l’argent, qui, par rétroaction sur lui-même, devient le moteur fantasmagorique de la reproduction sociale.

            Il en résulte une absurdité inouïe : les hommes se sont transformés en simples annexes [supports, porteurs…] d’une économie devenue autonome, dont les mouvements les tiennent à sa merci, comme les lémures sont à la merci de leur «  obscur instinct ». Leur propre activité sociale les affronte comme une puissance étrangère et extérieure appartenant à un système aveugle ; leur propre sociabilité s’est glissée dans les produits morts et l’argent qu’ils représentent, tandis qu’eux-mêmes se comportent en êtres non sociaux sous l’apparence d’une concurrence anonyme. Cette concurrence constitue à son tour la forme de relation commune à toutes les classes capitalistes et catégories de fonction : non seulement les travailleurs salariés se trouvent en concurrence avec les propriétaires du capital, mais les propriétaires du capital et les ouvriers se font également concurrence entre eux. Et comme les intérêts de chacun en tant que producteur sont en conflit avec ses intérêts contraires de consommateur, tout homme est d’une certaine façon son propre concurrent !

            Si cet empire complètement dément d’un sujet automatique [automate] concrétisé est aussi difficile à comprendre, c’est parce que, « l’argent » et le « marché » semblant exister depuis la nuit des temps, l’entendement ordinaire capitaliste ne conçoit le système qui le commande que dans la sphère de la circulation, de l’échange et, donc, développe des intérêts de marché ou de répartition  dans des catégories qu’on ne met pas en question, apparemment impossibles à analyser. Jamais non plus la pensée du marxisme du mouvement ouvrier n’a pu aller plus loin. En réalité – dit le Marx ésotérique en renvoyant au sujet automatique [automate] irrationnel – dans toutes les sociétés pré-capitalistes, argent et marché n’ont été que des phénomènes marginaux et sporadiques, alors que la plus grande partie de la reproduction reposait sur une « économie en nature » et s’accomplissait sous d’autres formes. Une économie monétaire et une économie de marché étendue n’apparaît que par la rétroaction capitaliste de l’argent sur lui-même. Dans ce cas, la production de marchandises [ici dans le sens de « biens »] n’est plus un but final ; elle n’est plus qu’un moyen de valorisation de l’argent comme fin en soi, un moyen d’accumulation infinie de capital-argent pour lui-même.

            Dans ces conditions, les producteurs indépendants ne peuvent plus se rencontrer sur un marché : la masse des travailleurs salariés est un « sujet argent-sujet marché » du simple fait qu’ils se livrent eux-mêmes aux marchés du travail, tandis que les propriétaires de capital font figure de simples représentants du sujet automatique [automate]. Selon Marx, tous les individus impliqués sont rabaissés au rang de « masques de caractère » caractérisant des catégories économiques. Le marché n’est plus une sphère de libre-échange, mais uniquement la sphère de la réalisation de la plus-value, donc rien d’autre qu’une station [étape] dans le processus de la vie  [sociale], dans la métamorphose perpétuelle du sujet automatique [automate].   

            Les apologistes du capitalisme n’ont cessé de tenter de justifier avec emphase le caractère paranoïde de cette construction sociale en déclarant que, liée à elle, l’augmentation des forces productives imposée par la concurrence anonyme conduisait automatiquement à une augmentation du bien-être. L’expérience pratique vécue par l’écrasante majorité de l’humanité au cours de l’histoire capitaliste montre exactement le contraire. La production de biens n’étant pas le but, mais un simple moyen de valoriser l’argent, le bien-être ne peut pas être une fin non plus, il est tout au plus un résidu temporaire du capital.

            Pendant que, dans les sociétés agraires basées sur l’économie en nature qui précédèrent l’époque moderne, indigence et pauvreté étaient avant tout déterminées par le fait que les hommes étaient livrés à la « nature première » et au bas niveau des forces productives, le capitalisme engendre une pauvreté secondaire, d’origine purement sociale. La production ayant pour seul but une maximalisation abstraite de l’unité argent, pour la première fois dans l’histoire, on ne produit pas pour subvenir à des besoins. Ceci explique que, lorsqu’il n’est pas possible d’atteindre au moins un taux de profit moyen, l’on immobilise ou l’on réduise les moyens de production, intacts, quand, à côté, des gens sont privés du nécessaire. Et quand la loi du mouvement du sujet automatique [automate] l’exige, la force productive accrue de façon exorbitante s’écoule en voitures, en échangeurs d’autoroute ou en fusées, pendant que des foules de gens sont sans abris et qu’il y a des enfants affamés même dans les pays riches.

            Cependant, la dissociation systématique du but de la production et de la satisfaction des besoins, qui contraint à un détournement grotesque des ressources, ne peut-être résolue ni par un simple changement de pouvoir ou de forme au sein des catégories capitalistes ni par un changement de propriété uniquement juridique d’une classe sociale à l’autre ou le passage d’un sujet occupant une fonction à l’autre : il faut supprimer le sujet automatique [automate] irrationnel lui-même et les lois qui le régissent devenues chez lui une seconde nature. En ce début du XXIe siècle, maintenant que le marxisme exotérique de l’ancien mouvement ouvrier ainsi que la modernisation de rattrapage de la périphérie capitaliste sont épuisés, la notion de capitalisme réduite sociologiquement se trouve également épuisée. Désormais, est à l’ordre du jour de la théorie critique l’autre notion de capital du Marx ésotérique, qui prend pour objet la domination concrète du sujet automatique [automate] – en tant que forme théorique d’un mouvement social pratique qui ne défend plus la forme commune de la concurrence anonyme, mais la critique et en triomphe.

            Le choix de textes de Marx qui suit se concentre sur cette notion de capital dépassant la compréhension du marxisme du mouvement ouvrier et sur ses paradoxes. Il inclut l’analyse – quoique limitée au strict nécessaire – des mécanismes de fonctionnement capitaliste. Ce n’est qu’en comprenant le capital dans le sens de « sujet automatique » [automate] que l’on pourra se faire une idée de ses mécanismes de fonctionnement, une idée qui ne se méprenne pas sur l’analyse de Marx en y voyant une exposition positiviste purement objective, mais qui la comprenne comme étant ce qu’elle veut dire, c’est-à-dire une critique radicale d’une objectivation erronée et destructrice des rapports sociaux.


Robert Kurz, dans " Lire Marx. Textes choisis et commentés de Karl Marx pour le XXIe siècle ", La balustrade, 2002.




Edité par Kobayashi - 04 Feb 2010 à 16:47
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  Citer KGB Shpion Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Feb 2010 à 20:17
Je sais pas quel Marx tu as lu, mais certainement pas le même que moi.
Surtout pour sortir des âneries pareilles :
- "sans voir que tout travail est profondément dans ses deux déterminations conjointes (travail concret et travail abstrait) historiquement spécifique au capitalisme, et à aucune autres sociétés"
- "qui ont montré que dans les sociétés précapitalistes le travail n'a jamais existé. la critique de la valeur va considéré que parlé de " valeur d'usage " ou de " travail concret ", c'est déjà se placer au sein du fétichisme."

Tu m'expliques alors d'où venaient les objets qu'on consommait? (Et ils avaient pas d'utilité  - de valeur d'usage - peut-être?) Du ciel?  Bah ouais, personne ne travaillait! C'est bien connu! Les esclaves ne travaillaient pas, les serfs ne travaillaient pas, les artisans et compagnons ne travaillaient pas, les paysans ne travaillaient pas, jusqu'à ce que le capital sorte de nulle part et crée une classe de capitaliste et une classe de prolétaires qui travaillent. Et donc, l'économie n'est plus du tout déterminante. Va-t-on encore avoir droit à la super "théorie de la violence"?
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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Feb 2010 à 20:19
Message posté par Kobayashi

Mais les garçons il se pourrait toutefois que votre virtuosité théorique argumentative n'ait d'égale que l'insondable inculture théorique des directions ouvrières.


Ton sursaut de haine de classe et ta morale faussement aristocratique n'est pas justifiée historiquement. Le mouvement communiste a eu et a toujours dans ses rangs de brillants scientifiques ainsi que des écoles de formations de qualité pour les travailleurs. Ensuite tes textes n'apprendraient strictement rien à un membre d'une direction ouvrière vu que ce ne sont que des enchaînements de concepts sans contenus politiques explicites (mais bien avec un agenda idéologique "anti-marxiste"). A la prochaine provocation, prière de nous montrer ton brio argumentatif, merci.



Ensuite les textes que tu as postés et tes propres interventions n'ont aucun sens d'un point de vue politique et économique. Je te mets au défi de me traduire tes salmigondis conceptuels en programme politique cohérent susceptible d'être porté par une majorité de travailleurs, ou même en programme politique en fonction de tes propres objectifs politiques Une connaissance plus concrète de l'économie et de la politique t'amènerait à voir que ce n'est pas en changeant un système de concepts qu'on modifie des rapports de force (idéalisme). Je reprends tes arguments récurrents qui vont dans ce sens :



    1- Le travailleur collectif est une forme historique propre au capitalisme qui se distingue du travailleur individuel. Super, rien de nouveau depuis le livre 1 du Capital.

    2- La reproduction de "valeur" et le travail abstrait sur les marchés feraient que le travailleur est définitivement aliéné. Conséquence politique : le travailleur serait incapable d'avoir une conscience idéologique alternative ni même capable de comprendre où sont ses intérêts. je te conseillerais bien d'aller prophétiser la résignation chez les travailleurs en lutte pour leur expliquer que le capital et le travail ne peuvent pas s'opposer puisqu'ils participent du même processus historique de la formation de valeur, mais je crains qu'au vu de ta méconnaissance du fonctionnement concret d'une lutte de classe tu n'en restes à psalmodier les versets de tes auteurs "fétiches" dans ton salon.

    3- Les expériences socialistes ne seraient jamais parvenues à supprimer le processus de valorisation du capital. C'est ici un deficit à la fois théorique et historique. Comment concevoir une "sur-valeur" dans le cadre d'économies socialistes qui n'ont jamais crééer de marchés financiers et ont centralisé les incitations économiques dans le cadre de Plans de production et de Développement. Je rappelle que le "profit socialiste" ne sera réintroduit qu'après Khrouchtchev en URSS




Kobayashi semble coller à la catégorie des petits intellectuels (au sens de "limité politiquement") dont je dénonçais l'opportunisme académique dans un post précédent. Il le prouve massivement à travers plusieurs symptômes : méconnaissances et apriori idéologiques sur les apports théoriques-politiques du mouvement "marxiste-léiniste" au XXe siècle, et reconstitution a posteriori d'un Marx "prophétique" complètement détaché de son travail politique de terrain et de ses ambitions militantes (puisque je le rappelle, le prophète de Kobayashi, Marx, était communiste)



Edité par AllXS - 04 Feb 2010 à 20:26
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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  Citer skum Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Feb 2010 à 23:25
Message posté par Vladimir


dans les sociétés précapitalistes le travail n'a jamais existé
T'as d'autres blagues comme ça ?


Message posté par Kobayashi


La critique de la valeur rejoint d'ailleurs sur ce point là certaines résultats de réflexion d'historiens ou d'anthropologues (Polanyi, Godelier, Vernant, etc.) qui ont montré que dans les sociétés précapitalistes le travail n'a jamais existé.


Je ne sais pas, le travail reste pour moi une énigme. Certains dictionnaires nous disent que les traces les plus lointaines du mot se trouve dans La Bible (IVe siècle, Livre de Job je crois), d'autres disent chez Guillaume de Machaut (XIVe)... Gorz, s'appuyant sur les travaux de Arendt et Vernant dit que le "travail" est une "invention de la modernité", spécifique au "désencastrement total de l'économie des rapports sociaux". Latouche, s'appuyant notamment sur Dumont, Sahlins, etc., reprend aussi ces "définitions" lorsqu'il parle "d'imaginaire social" propre aux temps modernes, différent du "miracle grec" ou de la fin du Moyen Age (passage à la modernité). J'ai lu parfois difficilement la quasi totalité des livres de ce "courant marxiste", Le Capital de Marx, Lafargue aussi, et le travail reste encore une énigme. La seule chose que je peut affirmer c'est que je suis pas seul à le conspuer - quel scoop !

« Aspects psychologiques du travail dans la Grèce ancienne », par Jean-Pierre Vernant.

Sinon, à titre d'info, si vous voulez discuter avec ces auteurs "bourgeois", il y a dans votre patrie chérie , deux rencontres prévues d'ici peu -> http://palim-psao.over-blog.fr/article-rencontres-de-bourges-et-lyon-autour-de-la-critique-de-la-valeur--43700233.html

Edité par skum - 05 Feb 2010 à 23:27
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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Feb 2010 à 01:31
Message posté par skum

Sinon, à titre d'info, si vous voulez discuter avec ces auteurs "bourgeois", il y a dans votre patrie chérie , deux rencontres prévues d'ici peu -> http://palim-psao.over-blog.fr/article-rencontres-de-bourges-et-lyon-autour-de-la-critique-de-la-valeur--43700233.html



Auteurs bourgeois parfaitement, nul besoin de guillemets ni de ton condescendant, ces auteurs n'étant pas impliqués aux côtés des travailleurs dans les luttes pour le socialisme.

Titre de la conférence référencé par l'intervenant Skum :
De l’importance de repenser une théorie critique radicale du capitalisme   au-delà de la pensée socialiste, altermondialiste et du marxisme traditionnel.


Heureusement que ces philosophes sont là pour forger de nouvelles utopies à usage des petits bourgeois en mal de radicalités et d'un nouveau trip "intellectuel", mais je les laisse expliquer aux travailleurs qu'il faut dépasser le capitalisme en s'achetant une paire de chèvre pour ne plus gagner sa vie sur le marché capitaliste du travail.

Plus sérieusement, je ne vois pas ce que ces petits intellectuels auraient à apporter à des militants politiques bien formés qui connaissent les théories et pratiques de terrain. merci quand même.




Au fait Skum, ta signature m'interpelle : Réhabiliter le travail c'est réhabiliter le Goulag . Certain que tu es historiquement informé sur le Goulag, peux-tu dire publiquement ce qu'il y aurait à réhabiliter (ou non) sur la question du goulag. Merci d'avance pour ton éclairage.
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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  Citer skum Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Feb 2010 à 02:27
Si réhabiliter moralement une activité pénible, aliénante, débilisante comme le fait un Sarkozy voire un Christophe Dejours, autant réhabiliter moralement les camps destinés aux récalcitrants d'un régime, qu'il soit national-socialiste ou stalinien, bref, autoritaire. Si c'est le combat des travailleurs que de bosser "comme des bêtes à des boulots idiots", ce n'est pas le mien, moins j'en fais (je travaille), mieux je me porte.

Concernant le bourgeoistisme sus-nommé, Jappe et consorts n'ont pas une vision "quantificatrice", utilitariste de l'existence. Dire que les travailleurs ne sont pas bourgeois est il me semble un peu ridicule. Il suffit de voir, par exemple, les licenciés contemporains aux vacances écourtées : "les vilains spéculateurs parasitent notre travail productif et volent encore plus notre temps à passer devant la télé!" - à peine caricatural, à peine... Libres à eux mais militer au nom du sacro-saint Emploi, du pouvoir d'achat, etc., alors que c'est ceux-là qui (m')enchaînent, non merci, je suis altruiste, je leur laisse.

C'est bien simple (et la dessus je rejoins Lafargue) : je vomis le travail et les travailleurs aux bouches cadavéreuses me dégoûtent.

Ps : je peux remplacer Goulag par Auschwitz.

Edité par skum - 06 Feb 2010 à 02:29
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