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On vit dans une belle démocratie, chez les Belges

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    Envoyé : 19 Nov 2009 à 19:50
Des faits “extrêmement graves, intolérables ” se sont déroulés en septembre et en octobre à la prison de Bruxelles-Forest, ont affirmé, dans un rapport officiel, les membres d’une commission de surveillance. Cette instance officielle comporte un magistrat, un médecin et un avocat. Elle a dénoncé, lundi 16 novembre, des scènes d’une très grande brutalité orchestrées par des policiers de la zone Bruxelles-Midi lors de deux jours de grève des gardiens, le 22 septembre et le 30 octobre.

Les membres des forces de l’ordre chargés de suppléer les gardiens auraient instauré à cette occasion un véritable régime de terreur et de menace. Ce fut “Abou Ghraib à Forest”, résume le quotidien flamand De Standaard, faisant allusion au scandale, révélé en 2004, des violences infligées par des soldats américains sur des détenus irakiens à la prison d’Abou Ghraib, près de Bagdad.

Le 30 octobre, “quatre ou cinq” policiers encagoulés ont frappé un détenu, l’ont emmené au cachot et l’ont forcé à se déshabiller, avant de lui matraquer le dos et les testicules. Le prisonnier a alors dû réciter : “Le prophète Mahomet est un pédophile” et “Ma mère est une putain”, détaille le rapport de la commission de surveillance. Le même jour, des policiers frappent un détenu au visage avec une bouteille et arrachent l’oreille d’un troisième.

Ils s’en prennent ensuite à l’un de leurs anciens collègues, incarcéré dans le cadre d’une enquête sur une affaire de moeurs. L’homme est harcelé durant plusieurs heures et menacé de se voir livré en pâture à ses codétenus avec l’étiquette de “pédophile”. Il finit par se trancher les veines et sera sauvé in extremis par les gardiens qui ont repris le travail au petit matin.

Le 20 septembre, c’est un prisonnier décrit comme psychologiquement fragile qui a été pris pour cible. Le jeune homme demande aux policiers l’autorisation de téléphoner à sa mère handicapée, domiciliée à 60 kilomètres de Forest. Il veut la prévenir que la visite au parloir du lendemain est supprimée. Les policiers disent non et lui intiment l’ordre de regagner sa cellule, ce qu’il refuse. Il est alors roué de coups, son sang gicle sur les murs. Seule l’intervention d’un médecin le sauve, il est admis à l’hôpital, dans un état critique.

Pour les deux journées, le rapport de la commission de surveillance évoque encore les menaces exercées sur la direction, le personnel et les surveillants habituels afin qu’ils se taisent. “Le personnel présent a tenté d’intervenir, mais il était impossible de défendre les détenus”, a expliqué un membre de la direction.

Des informations ont cependant été transmises à diverses instances et la publication du rapport de la commission de surveillance a déclenché plusieurs enquêtes : au sein de la zone de police Bruxelles-Midi, au “Comité P”, qui chapeaute les services policiers et au parquet de Bruxelles, où un juge d’instruction a été désigné.

Ces révélations interviennent alors qu’un syndicat policier s’est interrogé récemment sur les méthodes de recrutement de la police. Selon ce syndicat, le niveau de certaines jeunes recrues est très insuffisant et il faut s’interroger sur leurs qualités professionnelles et morales. Le PS francophone réclame une amélioration du recrutement et de la formation.

Les incidents de Forest relancent, en tout cas, la polémique sur les prisons belges, parfois vétustes et souvent surpeuplées. Quelque 8 300 places y sont disponibles, mais on compte déjà 10 600 détenus. Stefaan de Clerck, le ministre de la justice, a lancé un plan de rénovation et de construction, couplé à la location de cellules aux Pays-Bas.

Sans défendre leurs collègues, des syndicalistes de la police soulignent les difficultés auxquelles se heurtent les policiers lorsqu’ils doivent pénétrer dans le milieu carcéral, face à des prisonniers rendus furieux tant par les grèves de gardiens que par leurs conditions de détention.

Jean-Pierre Stroobants

Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Dec 2009 à 11:23
Arrêtez la chasse aux Roms!
Jean-Marie Dermagne   


Mendier n’est pas un crime et pourtant les malheureux qui croupissent sur nos trottoirs et dans les couloirs du métro n’ont pas la cote, c’est le moins qu’on puisse dire ! Le temps où, grâce à Coluche et à ses restos du cœur notamment, la charité était devenue ‘trendy’  est bien révolu. Les règlements anti-mendicité fleurissent partout, que ce soit dans les transports bruxellois, dans certains quartiers de Liège ou ailleurs.

L’année dernière, on a même mis hors la loi les mendiants à Assise ! Le bon saint-François, fondateur des moines mendiants, a dû se retourner dans sa tombe…   Pour le moment, on en est aux « vous ne pouvez pas rester ici » ou aux « vous êtes obligé de quitter cet endroit » parfois suivis de « si tu ne dégages pas, on t’embarque ! ». Mais on sent venir le kärcher  urbain et pointer  le retour des rafles et des mandats de dépôt comme au temps du  vagabondage hors la loi. A moins qu’avant cela, un chercheur tordu n’atteigne son  heure de gloire en trouvant un répulsif qui éloigne à la fois les pauvres et les chiens ou un diffuseur d’ultra-sons insupportables seulement pour les gens assis à même le sol ou appuyés contre un mur…

Un poncif éculé sert d’excuse à ceux qui font la chasse aux mendiants : c’est la traque aux bandes organisées et la lutte contre la traite des êtres humains. Certes, il serait naïf de croire que les Oliver Twist ou les Cosette, d’une part, et les Fagin ou les Thénardier, d’autre part, ont disparu. Il doit même encore exister des  « cours des miracles » où, jadis, les mendiants parisiens se débarrassaient le soir de leurs fausses infirmités de la journée.  Mais soyons lucides : l’alibi de l’éradication des faux mendiants - dont tout le monde connait quelqu’un qui connait quelqu’un qui les a vu débarquer de belles limousines - a de forts relents xénophobes : comme par hasard,  les « bandes » à qui on veut damer le pion sont, à 99 % ou presque,  d’origine rom,  tzigane ou manouche.

Comme les préjugés ont la vie dure, les Roms, Gitans ou Tziganes sont censés faire de la mendicité une activité commerciale, voire une industrie, et tous les moyens leur sont bon pour « faire du chiffre », même utiliser les gosses. On ne sait pas assez que, si les mères traînent dans les rues avec des enfants en bas-âge, c’est surtout pour se protéger contre les arrestations et les expulsions. En dépit des croyances, la mendicité des enfants ne fait pas du tout partie de la culture Rom . Et, lorsqu’ils ont le choix,  les Roms préfèrent suivre les traces de Django Reihnardt, de Manitas de Plata,  de Stéphan Eicher,  ou encore des Zapata et Bouglione que de faire la manche, croyez moi ! Le flamenco, le jazz, les arts de la rue, le cirque, et tous les métiers ordinaires, les branchent plus que l’humiliation de la main tendue et des regards réprobateurs. Quant au nomadisme qui sert d’excuse à ceux qui pensent que leur destin est fatal,  il  est moins la cause de leurs difficultés d’intégration que la conséquence de leur statut de parias ou d’intouchables universels. En Europe orientale, ils sont toujours l’objet d’ostracismes, de ségrégation, d’apartheid. En France, en Espagne, en Italie ou en Belgique, ils fournissent de gros contingents aux cohortes des sans-papiers indésirables, expulsables et expulsés... 

Malgré les grandes déclarations d’intention qui reviennent régulièrement dans le landernau européen pour éradiquer les discriminations que subissent les Gitans, Roms et autres « voyageurs », rien n’a changé depuis le dépôt d’immondice de Moulinsart des premières pages des "Bijoux de la Castafiore", si ce n’est que les « voleurs de poules » sont devenus, dans l’imaginaire policier, des « bandes organisées » et que, dans l’inconscient collectif,  les montreurs d’ours et les diseuses de bonne aventure ont été remplacés par les « dresseurs d’enfants à la main tendue » et les escrocs à la charité.  Que faire, pourtant,  quand on n’a accès ni au logement, ni à l’école, ni au travail, ni aux aides sociales, ni à la santé, si ce n’est mendier ? Ou voler ! Et si la mendicité prend un tour professionnel et même si elle s’organise, c’est plutôt un signe d’émancipation sociale et la marque d’un certain orgueil collectif qu'une délinquance déguisée. Si je dois faire la manche un jour, ce qu’à dieu ne plaise, bien sûr, je préférerai me dire que c’est une profession plutôt qu’une sujétion. Question d’amour propre…

Sous prétexte d’entraver  les émules des Thénardier, quand ce n’est pas simplement pour la tranquillité (voire, la salubrité) publique, les règlements ou décrets anti-mendiants  ont souvent comme ressort - inconscient, on l’espère-  ou, en tout cas comme conséquence, un vrai « nettoyage ethnique » !  De surcroît, ils pèchent par deux très gros défauts  qui devraient les faire bannir à tout jamais : leur légalité est plus que douteuse et leur efficacité est encore plus incertaine. Question légalité, on ne voit pas ce qui justifie une atteinte au droit fondamental d’aller et de venir librement dans l’espace public. Et à celui de s’asseoir où bon semble à chacun, la main tendue ou pas ! Côté utilité : nécessité faisant loi, celui qui ne peut pas mendier dans le métro ira mendier à la gare. Et si on le chasse de la gare, puis de partout ailleurs, il n’aura plus qu’une issue : la délinquance !

Quant aux Roms, ce qu’ils ont eu à subir dans l’histoire, sous le régime nazi mais aussi avant et même après, justifierait qu’ils bénéficient d’un traitement de faveur, d’une discrimination positive, comme l’on dit maintenant, vu la dette de l’humanité à leur égard. Citoyens de seconde zone dans les pays qui ne peuvent pas leur refuser leur nationalité et parias partout ailleurs, ils n’ont même pas droit à un statut compassionnel et mémoriel que leur vaudrait, doloris causa, l’extermination dont ils ont fait l’objet, à l’instar du peuple juif, de 1933 à 1945. Pour eux, malheureusement, pas de « terre promise » et la discrimination ethnique a survécu à la chute du régime hitlérien. Alors faute de leur fournir asile et dignité, le moins qu’on puisse faire, vraiment le moins, est de les laisser exiger  la charité.

Source: La Libre Belgique, tribune du 2 décembre 2009

Image: Antoine Durand 

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Jun 2010 à 14:28
Big Brother et le discours de la peur
 
David Pestieau
 
Effroi face aux meurtriers en série. Angoisse de l’attentat. Peur de la neige. Terreur du lendemain. Globalisation de la peur. Les médias dominants et les gouvernants font de la sécurité une obsession.


Prenez ce jeune Nigérian qui a visiblement tenté de se faire exploser à l’atterrissage le soir de Noël aux Etats-Unis. Il ne s’est finalement rien passé. Mais pourtant la psychose a été poussée au maximum. On nous dit que tout le monde devra venir des heures à l’avance pour passer devant des scanners corporels.


Pas que l’insécurité n’existe pas. Pas que les attentats et les tempêtes sont des fantasmes sans fondement. Mais certains jouent avec les peurs avec d’autres intentions.


Prenez ce jeune Nigérian qui a visiblement tenté de se faire exploser à l’atterrissage le soir de Noël aux Etats-Unis. Son père avait averti la CIA. Il a pu passer tous les contrôles, visiblement sans passeport, avec un aller simple. Son amateurisme est tellement criant que sa tentative devait échouer. Il ne s’est rien passé. Mais pourtant la psychose a été poussée au maximum. On nous dit qu’il est nécessaire de bombarder le Yémen et que dans les aéroports, tout le monde devra venir des heures à l’avance pour passer devant des scanners corporels.


La disproportion est énorme entre les faits vrais et supposés et les mesures prises. Et l’addition de ce genre de mesures démontre de graves atteintes à la liberté d’expression et au droit d’organisation.


En Belgique, Greenpeace Belgique a été poursuivi pour association de malfaiteurs pour une action contre Electrabel. Même chose pour le journaliste Douglas De Coninck du Morgen. Quatre altermondialistes dont le porte parole du PTB, Raoul Hedebouw, ont été poursuivis et acquittés pour appartenance à une organisation criminelle pour avoir été co-organisateurs d’une manifestation altermondialiste. Et dans l’affaire DHKP-C, sur laquelle nous revenons dans cette édition, la législation anti-terroriste a été utilisé contre des prises de position politiques de militants.


Et bientôt, le Parlement belge examinera un nouveau projet de loi parlant d’incitation au terrorisme. Or avec la définition vague de la loi, des travailleurs qui s’opposeraient à des plans de restrictions votées au Parlement ou les producteurs de lait qui ont mené des actions pour ajuster les prix du lait pourraient être poursuivis pour terrorisme.
Un sondage montre que la proportion de ceux qui ne voient aucun avenir dans le système actuel est de 23 % en moyenne. Oui, il y a de la résistance dans l’air. Et nos gouvernants veulent agir préventivement.


Le chemin est court entre ce discours de la peur et l’érosion de la démocratie. Alors qui en profite ? Nos puissants qui savent que la contestation de leur pouvoir guette en temps de crise. Et qu’il faut prévenir en enlevant, comme le disait Marx dans sa critique de l’Etat, les moyens de résistance aux mains des travailleurs et des jeunes. On le voit aussi avec les astreintes contre les piquets de grève, comme cette semaine à Inbev.
Exagéré ? Un sondage réalisé pour la chaîne de télévision BBC réalisé dans 27 pays du monde montre que la proportion de ceux qui ne voient aucun avenir dans le système actuel est de 23 % en moyenne. En France, le pourcentage monte même à 43 %. Oui, il y a de la résistance dans l’air. Et nos gouvernants veulent agir préventivement.
Le discours de la peur ne peut pas noyer nos droits démocratiques élémentaires. Et encore moins notre droit à contester le système dans lequel nous vivons.

Sourc: PTB
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Oct 2010 à 13:04

Mères acharnées pour Belges oubliés.

 

Luk VERVAET

Le jeudi 7 octobre, les sœurs et la mère d’Ali Aarrass organisent une conférence de presse et une conférence publique pour obtenir la libération de leur frère et fils1. Le samedi 9 octobre, les sœurs et la mère d’Oussama Atar appellent à un rassemblement pacifique devant le palais de Justice à Bruxelles pour obtenir son rapatriement vers la Belgique2.

Les mères et les sœurs d’Ali et d’Oussama ont quelque chose d’universel.

Elles me rappellent Carine Russo, Tinny Mast ou Elisabeth Brichet, qui, il y a quinze ans, se sont battues avec l’acharnement maternel et tous les moyens en leur pouvoir pour leurs enfants disparus. Elles me rappellent les « folles de la Plaza de Mayo » à Buenos Aires, manifestant pendant des années avec les photos de leurs enfants, disparus sous la dictature. Lorsque Farida ou Asma me disent : "Chaque nuit, je vais dormir en larmes", je pense à cet océan de tristesse chez Tinny Mast, quand elle me parlait de ses enfants disparus, Kim et Ken.

La famille Atar se bat pour la vie d’Oussama. Il a 27 ans et se trouve depuis presque sept ans dans l’enfer des prisons irakiennes. Il a été arrêté par les forces d’occupation américaines dans la zone dite sunnite en Irak pour avoir franchi illégalement la frontière syro-irakienne. Il a été condamné à dix ans de prison. Selon des rapports médicaux officiels, Oussama est gravement malade. Oui, Oussama a fait presque toutes les prisons irakiennes. D’Abou Ghraib, la tristement célèbre prison de la torture, à la prison de Rusufa, tout aussi notoire.

La famille Aarrass se bat pour Ali (48 ans). Depuis deux ans et demi, il se trouve en isolement dans la section de haute sécurité de la prison espagnole de Botafuegos à Algeciras. Pour les tribunaux espagnols, il peut être libéré. Parce que les accusations de « terrorisme » à son égard ne tiennent pas. Mais en raison d’une demande d’extradition du Maroc dans l’affaire Belliraj, Ali reste en prison. Presque toutes les organisations internationales des droits de l’homme ont cloué au pilori le procès Belliraj comme une farce et comme le procès de la torture. Amnesty International Espagne a lancé un appel contre l’extradition d’Ali vers le Maroc. Ali lui-même a mené deux grèves de la faim, au péril de sa vie, contre son incarcération. Pourtant, Ali reste en cellule.

Ali et Oussama ont tous les deux la nationalité belge.

Pendant des années, les autorités belges ont joué l’impuissance face aux demandes d’aide et aux questions des familles. Cette attitude n’a pas changé depuis que la Belgique préside le Conseil de l’Union européenne et que le président de l’Union européenne est belge. On dit aux familles que la Belgique ne peut rien ou presque rien. Et qu’elles ne doivent pas faire trop de publicité autour de ces cas, parce que cela risquerait d’entraver une évolution positive.

Je me souviens du cas du Dr Jan Cools, qui était un bon ami à moi. Le 21 mai 1988, un groupe de terroristes islamistes l’a kidnappé à Rashidiye, un camp de réfugiés palestiniens au Liban, où il travaillait en tant que médecin. A ce moment-là, le ministre belge des Affaires étrangères était Leo Tindemans (CD&V). Je peux vous garantir que Jan n’était pas populaire dans les milieux gouvernementaux, qui estimaient que ce militant maoïste avait lui-même cherché les ennuis et que la situation au Liban était extrêmement compliquée et difficile. Le chargé d’affaires belge à Beyrouth ne bougeait pas. Mais Tindemans n’est pas resté sourd aux appels à l’aide. Il a chargé un haut fonctionnaire, Jan Hollants van Loocke, de s’occuper de ce cas. Et tout a changé. Hollants van Loocke était un diplomate compétent et intelligent, qui entretenait une très bonne relation avec le mouvement de solidarité belge et la famille Cools. Les médias s’y sont mis aussi. Un journaliste de la télévision belge flamande, Johan Depoorter, a accompagné les parents de Jan Cools à Beyrouth. Le ministre Urbain (PS) s’est rendu en Libye pour négocier avec le président Kadhafi et lui demander d’intervenir auprès des ravisseurs. Jan Cools a finalement été libéré sain et sauf en juin 1989. Le gouvernement belge a même mis un avion à la disposition de la famille Cools pour aller chercher Jan lors de sa libération.

Bien sûr, l’enlèvement de Jan n’est pas l’incarcération d’Ali ou d’Oussama. Mais l’affaire de Jan interpelle le gouvernement belge actuel quant à sa passivité écrasante dans les cas d’Ali et d’Oussama.

Pourquoi pas la même fermeté dans la prise en main des cas d’Ali et d’Oussama que celle manifestée dans le cas de Jan ? Serait-ce parce que Ali et Oussama ne se prénomment pas "Jan" et que la famille Atar ou Aarrass ne se nomment pas "Cools" ? Ou a-t-on atteint un tel degré d’islamophobie qu’un gouvernement se sente plus concerné par une famille catholique que par des familles musulmanes ? En bref, existe-t-il deux catégories de citoyens belges ? Ou le gouvernement belge est-il prêt à intervenir lors d’un enlèvement par un groupe terroriste islamiste mais pas face au terrorisme d’Etat des nations et régimes amis ?

Les questions sont posées.

Vu la situation dramatique d’Oussama et d’Ali, elles exigent une réponse claire et urgente.

Luk Vervaet
enseignant en milieu carcéral

(1) Conférence de presse sur « l’Affaire Ali Aarrass » : le jeudi 7 octobre 2010 de 10.30 à 12.30 heures dans les locaux de la Ligue des droits de l’Homme, Rue du Boulet 22, 1000 Bruxelles avec maître Mohamed Ali Nayim, l’avocat espagnol d’Ali Aarrass, Aberrahman Benyahya, président et porte-parole de la CIM, Mustafa et Farida Aarrass, père et sœur d’Ali, maîtres Alamat Dounia et Christophe Marchand, ses avocats belges, Amnesty International Belgique (invité). Conférence publique le jeudi 7 octobre de 19 à 22 heures avec les mêmes intervenants au Centre Communautaire Maritime, Rue Vandenbogarde, 93 à 1080 Bruxelles.

(2) Rassemblement " Sauvons Oussama" Samedi 9 octobre à 14.30 h Palais de Justice Place Poelaert Bruxelles (Métro Louise).

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Oct 2010 à 17:07

La police belge attaque... préventivement

 

 

Delphine

Depuis le 25 septembre, un camp No Border a été établi à Bruxelles pour une semaine. Des citoyens venus de toute l'Europe se sont installés pour signaler leur opposition à la politique européenne sur les migrations. Beaucoup sont anarchistes, beaucoup d'idées fusent. On peut être d'accord ou pas avec leurs positions. Mais depuis que je suis petite, on m'a toujours dit qu'ici en Belgique, la liberté d'expression était respectée et qu'on était dans une société de droits.

J'ai souvent eu des doutes sur cette croyance, mais cette semaine j'ai ressenti une profonde injustice et tristesse en voyant comment réagissaient les autorités face à une étiquette.

Je vous livre donc ici mon témoignage, j'essaie de le rendre aussi fidèle que possible même si les émotions étaient et sont encore présentes.

Le dimanche 26 septembre, j'ai participé à la manifestation en face du centre fermé 127 bis, prison des sans papiers. Nous étions là en mémoire de la mort de Semira Adamu, nigériane décédée suite à son expulsion brutale par la police belge. De la Belgique, elle n'avait connu que ce centre fermé du 127 bis, l'aéroport et l'hôpital où elle nous a quittés.

Ils nous ont foutu sur le dos les flics les plus coriaces. Ce ne sont pas tous les policiers que j'accuse, mais leurs patrons qui les encouragent à bafouer nos droits les plus importants.

Les policiers sont montés en nombre, avec nous, dans le train à la gare du Nord. Ils étaient déjà assez agressifs, mais rien de grave. Une fois arrivés à la gare de Nossegem, une centaine de policiers nous attendaient sur un quai désert. Ils nous filmaient en descendant. Ils nous ont ensuite amenés dans l'escalier ; alors que nous avancions, ils nous ont poussés avec leurs boucliers anti-émeutes. J'étais tout derrière et ils m'ont coincée contre une boîte électrique, je criais au policier derrière moi d'arrêter, qu'il m'écrasait, qu'il me faisait mal et que je ne pouvais plus avancer. Il a continué... en souriant.


Puis ils ont relâché la pression et nous ont fait attendre deux heures dans un cagibi. Nous étions une petite centaine absolument pacifiques, on chantait, jouait...


Les manifestants qui étaient venus en voiture ont essayé de nous rejoindre pour nous soutenir, mais les policiers les ont bloqués. On se sentait vraiment dans une cage à rat.

Nous sommes restés deux heures coincés car les policiers. Ils nous ont d'abords annoncé qu'ils ne nous laisseraient pas sortir sans nous fouiller et contrôler notre identité. Comme certains n'avaient pas de papiers avec eux, nous avons décidé d'être solidaire et de ne pas partir sous ces conditions. Ils nous ont alors dit qu'ils nous laisseraient partir à condition qu'on ne se masque pas (j'avais moi-même mis mon écharpe jusqu'à mon nez vu qu'ils nous filmaient en permanence). Nous avons accepté, mais les premiers passés, ils ont voulu vérifier l'identité. Ils nous avaient menti. On a de nouveau refusé d'avancer. Finalement nous avons "juste" été fouillés et filmés un à un.

Le début de la manif a été calme, mais après vingt minutes les flics ont commencé à nous chasser en nous chargeant avec les chevaux. J'étais là, à deux mètres d'eux, je les ai vu se mettre d'accord pour charger. Plusieurs personnes se sont faites écrasées. Premières réelles violences. Ils ont alors arrêté une dizaine de manifestants qui se défendaient.


Ils nous ont ensuite raccompagnés jusqu'à la gare. Nous étions totalement encerclés par les policiers en cosmonautes avec leurs boucliers. Ils ont frappé plusieurs manifestants (parfois en les emmenant derrière des murs). Ils ont ensuite ramené les chevaux qui ont à nouveau écrasé des manifestants et... des flics dans leur violence maladroite. Ils ont renvoyé les chevaux derrière (avaient-ils enfin compris que ça fait mal un cheval qui écrase ?). Puis ils ont ramené l'auto tamponneuse : espèce d'énorme camion de quatre mètres de haut avec des jets d'eau disposés au-dessus. Les policiers se sont montrés agressifs. L'un d'eux s'est même douteusement rapproché de moi avec sa matraque en me regardant d'un air assassin, je lui ai échappé.

Finalement, on a repris le train une fois tous les manifestants relâchés. On s'est fait encadrer dans le train comme des bestiaux, on ne pouvait pas aller aux toilettes librement et ils ont voulu nous obliger de descendre gare du Nord. J'ai réussi à rester dans le wagon, et j'ai bien fait. Une fois tous les manifestants à Bruxelles, ils en ont à nouveau profiter pour procéder à des arrestations.

Cela aurait pu s'arrêter là, mais mercredi, le jour grande manif européenne des syndicats, la police est revenu agresser les militants du camp.

Au début, je comptais rejoindre certains amis du camp, mais je ne les ai pas trouvé, j'ai donc fait un bout de la manif avec un autre groupe de gens. J'ai été choqué par l'état des manifestants. Certains étaient soûls, d'autres lançaient des pétards aux pieds des gens, tout ça sur une musique techno particulièrement désagréable. Alors l'austérité, je suis contre, mais c'est pas avec des gens comme ça que j'ai envie d'avancer.


J'ai finalement croisé des gens du camp et ils m'ont raconté ce qui venait de se passer : des dizaines de policiers avaient attendu les manifestants dans les environs du camp et au métro Ribeaucourt (celui à côté du camp), ils ont arrêté « préventivement » une centaine de personne et quarante clowns (!) absolument pacifiques dans le métro...


Une fois les rescapés arrivés à la manif, ils se sont faits mettre en queue de cortège par les flics et au moment propice, ils se sont fait encerclés, certains tabassés puis arrêtés. Plusieurs personnes ont fini à l'hôpital. Beaucoup de policiers étaient en civil, ceux-ci étaient les plus violents, ils tapaient avec des matraques et beaucoup ne portaient même pas de brassard. Il y a eu plus de 200 arrestations à ce moment-là.

Certains syndicalistes ont voulu se montrer solidaires contre cette violence illégitime face à des jeunes qui n'avaient rien fait. Mais un leader du syndicat socialiste FGTB répétait : « Les policiers sont des travailleurs comme les autres, laissez tomber ! » Choquant !

Puis c'est par la médiocrité de nos médias que j'ai été choqué. Le Soir était encore assez correcte (1) mais Rtl info est juste nul... J'ai essayé de commenter leur article, sur leur site Internet, paru sur la manif de dimanche, en disant qu'on se devait de souligner que la police avait été violente, qu'une femme avait fini à l'hôpital, etc. Mon commentaire n'est tout simplement pas apparu.

J'ai également été choquée de voir que la ministre Turtelboom se félicitait du bon déroulement de la manif de mercredi sur Rtl car il était « important dans nos démocraties que la liberté d'expression soit respectée ». Pourquoi alors empêcher de manifester un groupe qui n'a commis aucune violence ?
Les gens du No Border sont présentés comme de violents anarchistes qui voudraient détruire le système. C'est plutôt limité comme description et ils se taisent juste sur les torts de la police. Cela créée une image faussée de la situation et encourage les mentalités à se braquer face aux gens qui pensent autrement, qui ne ressemblent pas au citoyen modèle, qui refusent l'emprisonnement des sans papiers.

Voir également les excuses des policiers pour arrêter les manifestants : ils ont arrêté préventivement cent personnes parce qu'elles possédaient des objets illégitime comme des bombes de peinture et des lunettes de plongée  ! Ils disaient également qu'on ne pouvait être masqué alors que les vedettes de la manif l'étaient ! Bref, ils nous empêchent de manifester pour notre apparence, des objets totalement légaux qu'on pourrait avoir ou encore notre nez de clown... Des excuses ! Alors que les manifestants autorisés étaient soûls et peloteurs.


Je suis triste de me souvenir que les dictatures commencent souvent par des violations de liberté d'expression. La petite « Amnestyenne » que j'étais en reste abasourdie. 

Malgré mon sentimentalisme, j'espère que mon propos reste clair et que je vous aurai offert une autre vision que celle qu'on nous livre traditionnellement. Je continue de croire que c'est par la conscience de ce qui nous entoure réellement et par l'éducation qu'on rendra notre société meilleure. 

Notes :

1- « On arrête pas les gens préventivement » 

Voir aussi le communiqué de la Ligue des droits de l'homme

Source : michelcollon.info



Edité par T 34 - 08 Oct 2010 à 17:11
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Oct 2010 à 16:08

La curiosité devient un acte de rébellion en Belgique

 

Myriam De Ly

Samedi 16 octobre. Nous nous trouvons avec quelques membres de la Plate-forme Charleroi-Palestine avec un stand au marché de Châtelineau. Tout se passe bien, nous avons de multiples discussions avec les gens, très réceptifs à nos arguments sur le boycott des produits israéliens.

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Vers midi, un hélicoptère tourne sans arrêt au-dessus de la place. Nous nous demandons ce qui se passe. Un peu plus tard, une camionnette de la police se fraie un chemin le long du marché, passant à proximité de notre stand.

Puis un ami de la Plate-forme vient nous dire : « Ils sont en train d'arrêter plein de sans-papiers, là-bas. » Cela se passe dans une rue donnant sur le marché, tout près de notre emplacement.

Je décide d'aller voir. Là, derrière une camionnette de police, je vois quatre ou cinq personnes alignées contre une grille, les mains menottées dans le dos. Je m'en vais un peu plus loin, puis je reviens sur mes pas et je prends deux photos. Un policier me dit, calmement, que je dois laisser la police faire son travail et que je ne peux pas prendre de photos. Je demande pourquoi on arrête tous ces gens. Il me répond qu'ils vendent des produits de contrefaçon.

Je m'éloigne, je retourne au stand, la rage au cœur. Pourquoi s’en prend-on aux petits vendeurs, souvent des sans-papiers n'ayant pas la possibilité de faire un autre boulot, alors que ce ne sont pas eux qui font écouler la marchandise sur le marché.

On discute un peu au stand, et voilà qu'un commissaire de la police s'amène.

« Vous pouvez venir une minute avec moi ? » Je le suis, un membre de la Plate-forme le suit aussi. Le commissaire me dit : « Vous avez posé une question au policier. Vous n'avez pas le droit de poser des questions. » « Vous avez pris des photos aussi. On va vous entendre au commissariat. » Il appelle son « team d'arrestation ». Trois ou quatre policiers en civil s'amènent très rapidement. Ils me prennent de force, me soulèvent des deux côtés à la fois.

On me pousse dans la camionnette, on me prend mon GSM, mon appareil photo et on met tout cela dans un sac en plastic. Dans la camionnette, il y a trois personnes arrêtées, menottées. J'apprends que deux d'entre elles n'ont pas de papiers de séjour, le troisième n'a pas de permis de travail.

J'entends par la radio de la camionnette que l'opération d'arrestation se poursuit. Des policiers en civil passent régulièrement près de la camionnette.Mon GSM sonne tout le temps. Je demande de pouvoir répondre. « Vous n'en avez pas le droit, vous êtes en détention administrative. »On ne part toujours pas. En fait, le chauffeur attend du renfort...

Une des personnes arrêtées supplie : « S'il vous plaît, éloignez-nous d’ici : les gens du marché vont nous prendre pour des criminels... » Le policier du marché propose d'accompagner la camionnette pour qu'enfin celle-ci puisse partir.

Nous arrivons au commissariat de Châtelet. On nous amène dans un couloir. À gauche, il y a le bureau d'« accueil ». À droite, des cellules où des jeunes d'origine étrangère se trouvent par deux, les mains liées, derrière les barreaux. Il y a un va-et-vient impressionnant, dans ce couloir. De nouveaux « arrivages » de personnes arrêtées, de policiers en civil.

Un policier particulièrement excité et très autoritaire (et je reste polie) donne les ordres et décide qui va où.

Je suis « appelée » dans ce bureau. Le policier hyper-excité se met à m'aboyer dessus. Je lui réponds que je ne suis pas son chien. Vu que mon comportement n'est pas assez collaborant, il m'accuse de « trouble de l'ordre public », « rébellion », « outrage à policiers en fonction ». « Maintenant vous avez deux dossier judicaires et vous êtes en détention judiciaire." 

Je dois enlever mon bonnet, mon manteau, mes châles, mes sacs... Le policier donne l’ordre à une collègue de me fouiller et envoie une deuxième policière pour l’accompagner car « elle (moi, en fait) se rebelle ».

Je laisse faire la fouille. (Je dois enlever les chaussures, les chaussettes, le jeans, le T-shirt, le pull. Me mettre de face, me mettre de dos. Soulever le soutien-gorge). Après, je dis aux policières qu'il n'est pas normal qu'on me traite ainsi, uniquement parce que je pose une question et que je prends des photos.

On m'amène dans un bureau pour que je fasse une déclaration. Je le refuse. C'est mon droit. Les policiers à qui j’ai à faire ne sont pas contraires. Je dis que je voudrais déposer plainte. Ils me disent que j'ai le droit de déposer plainte au comité P.

De retour à « l'accueil », le policier hyper-excité ordonne qu'on m'emmène dans une cellule en bas. Je vois de nouveaux visages de personnes arrêtées derrière les barreaux. Il y a de nouveau plein de monde dans le couloir.

On m'emmène dans les caves. Je dois enlever mes chaussures, on me fait entrer dans une cellule, je dois enlever mon soutien-gorge. Le froid me tombe dessus. Je demande d'avoir ma veste. « Vous n'avez pas le droit, il y a une couverture. »

Cette cellule ressemble plus à un cachot qu'à autre chose. Il n'y a pas de lumière de jour, elle est à demi éclairée par un spot placé au-dessus de la porte d'acier. Un banc, une toilette. 2 m sur 2 m 30. Il y fait très froid. Je ne peux pas mettre les pieds à terre car le carrelage est très froid lui aussi. Je mets la couverture autour de moi, des épaules jusqu'aux pieds et j'attends sur le banc.

A un certain moment, j'entends qu'un policier vient dans le couloir. Je tape avec mon coude contre la porte d'acier : « Je veux téléphoner à mon mari et à un avocat. » « Vous n'avez pas le droit, vous êtes en détention judiciaire. »

Je reste au moins deux heures dans cette cellule froide. Heureusement, en élevant la voix, je peux échanger quelques mots avec la personne qui se trouve à côté. J'apprends que c'est la personne qui était assise avec moi dans la camionnette. « Madame, vous êtes là ? »... « Oui. »... « Putain !... ».

Je lui demande s'il ne craint pas d'être expulsé. Il me dit que, la fois précédente, on l'a relâché après quelques heures. J'espère pour lui que ce sera pareil maintenant. « Patience, Madame, quelques heures... »

A nouveau, des pas dans le couloir. Le commissaire qui a ordonné la détention administrative ouvre la porte, accompagné de deux autres policiers. Il me dit que je peux sortir. Je récupère mes affaires à « l'accueil ».

Mais je suis encore amenée dans un autre bureau. Avec le commissaire, encore les deux mêmes policiers qui sont venus jusqu'à la cellule, et un nouveau, en civil.

Le commissaire précise qu'il m'a mise en détention administrative, mais que cela n'a rien à voir avec mes activités sur le marché. « Je ne vous ai pas non plus parlé de photos. » Ce qui est manifestement faux. « Il y a trois dossiers contre vous : celui du marché, rébellion, trouble de l'ordre public. »

Le « civil » dit que son rôle est de protéger les policiers en fonction. Il me demande de voir les photos pour constater s'il y a des policiers reconnaissables. Apparemment, il faut protéger les indicateurs.

Il montre une photo que j'ai prise du stand de la Plate-forme. « Vous vendiez des objets à votre échoppe ? » Je lui réponds que je n'ai rien à dire là-dessus. « Moi, je suis passé à 8 h 35, vous vendiez de la marchandise. » « Alors cela, c'est votre quatrième dossier. » Je lui ai répondu que c'est un grossier mensonge. En réalité, nous étions sur place à 10 h 30. Il me rend l'appareil.

Les photos des arrestations ne sont pas enlevées. Il faut dire qu'elles n'étaient pas très réussies non plus.

Je m'adresse au commissaire. « Je voudrais connaître votre identité. Je vais déposer plainte contre vous. » Réponse : « Votre avocat n'a qu'à faire son travail. »

Je suis reconduite à la sortie. Il est 16 h 50. J'ai été arrêtée pendant 3 h 30.Je demande qu'on me reconduise à Châtelineau, ma voiture se trouve trois ou quatre kilomètres plus loin. Cela, c'est rêver, évidemment.

Ce n'est qu'une fois chez moi, que j'apprends que des amis ont averti un avocat, lequel a téléphoné au commissariat, et qu'un camarade est venu voir le commissaire pour connaître la raison de ma détention. Ce sont probablement ces interventions qui ont fait que j’ai été libérée plus tôt.

Tout au long de mon « séjour », j'ai pu constater que certains policiers, en particulier ceux qui sont responsables du marché, semblaient plus qu'embarrassés et n’étaient visiblement pas d'accord avec les méthodes utilisées.

J'estime que ces faits, me concernant, sont très graves, c’est une réelle atteinte aux droits démocratiques (au même moment se déroulait une manifestation à Bruxelles sur le même sujet) et je ne resterai pas les bras croisés.

Mais évidemment les personnes arrêtées et qui sont d'origine étrangères ont subi un sort bien plus dur que moi.

Je n'ai pas été menottée (alors qu'on m'a dit que c'était la procédure). Je n'ai pas dû m'inquiéter si j'allais être amenée dans un centre fermé et expulsée du pays. J'ai encore pu répliquer aux aboiements de certains policiers, sans qu'on me frappe. D'ailleurs, un policier m'a dit : « Vous avez vu qu'on a mis des gants, lorsqu'on vous a amenée à la camionette. « Je n'allais pas vous frapper, vous avez l'âge de ma mère. »

Il a oublié de dire aussi que je suis « blanche » et que j'ai la nationalité belge.

Source : http://www.michelcollon.info/La-curiosite-devient-un-acte-de.html

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Nov 2010 à 19:18

Fini de cuisiner dans les commissariats

 

Jean-Marie Dermagne

Si, en France, et depuis belle lurette, la loi autorise un contact avec un avocat au cours de la garde à vue et si la présence de l'avocat aux côtés de son client chez le juge d'instruction va de soi, en Belgique, l’avocat reste encore tenu à l’écart de l’enquête et n’a, jusqu’au procès, qu’un rôle de mouche du coche !

En dépit de la réforme dite Franchimont., il est à la traîne de la police et du parquet aux moments pourtant les plus cruciaux pour ceux qu’il est chargé de défendre : le premier choc avec la police et la privation de liberté. Houspillé par la cour européenne des droits de l’homme, Stefaan De Clerck, actuel ministre belge de la justice, songe à importer le dispositif français au moment même où ce dispositif est jugé obsolète tant par le Conseil constitutionnel et par la cour de cassation de France ! Une guerre de retard ! Pour garantir les droits fondamentaux proclamés notamment par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l’assistance de l’avocat doit être immédiate et son rôle le plus large possible, a décidé la plus haute juridiction française le 19 octobre dernier (dans la ligne de l’avis du Conseil constitutionnel du 30 juillet) ! Rien de semblable du côté de la justice belge qui patauge, temporise et attend que le législateur se mouille, en faisant mine de ne pas bien comprendre ce qu’exige la cour de Strasbourg... Pourtant, spécialement, depuis son célèbre arrêt Salduz (du nom d'un adolescent condamné, en Turquie, pour avoir participé à une manifestation de soutien au PKK et qui s'était plaint d'avoir été mis sur le grill par la police sans avoir pu obtenir l'aide d'un avocat parce que la loi turque de l'époque l'interdisait pour les délits politiques) la cour européenne des droits de l’homme ne cesse de clamer que l’assistance d’un avocat dès l’interpellation par la police est un droit fondamental dont la violation gangrène tout le procès !

Une pluie de condamnations par la cour des droits de l’homme 

 
Si certains juges belges ont compris la leçon et ont ouvert les cabinets d’instruction aux avocats, la cour de cassation, les parquets et les autorités policières renâclent et font la sourde oreille. Voire, l’autruche ! Notre vielle façon de faire serait bonne et les juges européens de Strasbourg de doux rêveurs, voire de dangereux laxistes faisant fausse route ! Et la patate serait tellement brûlante que seul le législateur serait apte à y toucher 8 A lui de fixer des limites (car c’est ça qu’attendent les policiers et juges conservateurs) au rôle des avocats dans les enquêtes pénales et les arrestations. Mais le gouvernement belge démissionnaire (et dans un pays à l’avenir incertain) est tout à fait dépassé par la pression strasbourgeoise où les coups de semonces se multiplient et ne sait comment agir ! Si la hiérarchie judiciaire et policière s’obstine à freiner des quatre fers, comme elle le fait, pour écarter les avocats des gardes à vue et des mises en détention préventive, la Belgique (certes moribonde, mais dont on peut espérer qu’elle reste démocratique) collectionnera les condamnations à Strasbourg. La honte d'être montrés du doigt pour avoir violés les droits de l'homme ne paraît pas effrayer grand monde. Il en irait peut-être autrement si les répercussions financières des condamnations à Strasbourg pesaient sur les responsables et non sur les finances de la collectivité… 


Pourtant pas la mer à boire !
 
Pourquoi des droits et des usages en vigueur quasiment partout paraissent-ils impraticables, voire funestes, en Belgique ? Il y a des lustres, on le sait grâce aucinéma, qu’aux Etats-Unis, par exemple, un suspect peut rétorquer à un policier qu'il ne parlera qu'en présence de son avocat ! Pour ses détracteurs, la consultation d'un avocat et, a fortiori, sa présence lors des interrogatoires vont freiner l'enquête et le délai de garde à vue de 24 h deviendra trop étriqué. C’est perdre de vue qu’en conseillant à son client de ne pas s’empêtrer dans des mensonges, ne fut-ce que parce qu’ils lui seront fatals par la suite, l’avocat facilitera souvent le travail du policier ou du juge ! Et, dans bien des cas, la personne interpellée se satisfera d’un rapide contact téléphonique avec son avocat avant ou pendant son interrogatoire. Ce n’est donc pas la mer à boire, pour les enquêteurs, de mettre Saldüz en pratique, même en 24h !

Un secret de Polichinelle !
 
Aucun texte légal n'interdit la présence de l'avocat dès la garde à vue et devant le procureur ou le juge ! Pourquoi attendre que le législateur l’organise ? Certains invoquent le secret de l’instruction. C’est de l’hypocrisie et du cynisme ! Tout le monde sait que le prétendu secret de l’instruction appartient à Polichinelle  à une époque où il n’ya plus une arrestation, plus une déclaration et plus un fait divers qui ne soient connus de la presse avant même que l'encre des procès-verbaux ne soit sèche ! D’autres, dans les palais de justice, craignent des couacs  dans les procès en cours ? Des aveux écartés, des procédures à recommencer et des relaxes dites techniques, c’est parfois le prix à payer quand on n’a pas été prévoyant ! Comme l’énorme majorité des personnes poursuivies « plaident coupables » dès les premiers pas de l’enquête et restent tête basse jusqu’au jugement, les cas où cela pourrait se produire ne sont pas légion ! 

Une petite révolution culturelle…
 
Saldüz doit, en réalité, entraîner une petite révolution culturelle chez les policiers et les procureurs, habitués à travailler sans avoir personne ‘dans les pieds’ A l’avenir,   Plus question de cuisiner un suspect jour et nuit pour l'amener à « cracher lemorceau ». Terminés les aveux extorqués contre une fallacieuse promesse d'indulgence. Fini le mandat d'arrêt agité sous le nez d'un suspect qui aurait le toupet de garder le silence. Aux oubliettes (on l’espère !), l'interrogatoire musclé ou l'audition-marathon ! Moins de risques, enfin, de dossiers qui partent en quenouille à cause du flair incontrôlé d’un policier La conviction forcenée d’un seul policier fut pour beaucoup, dit-on, dans la récente la condamnation (sans preuves) de la parachutiste limbourgeoise, Els Clottemans, par les assises de Tongres : qui sait si, contredit dès le départ par un avocat, ce policier n’aurait pas changé de cap ? Chez nombre de policiers et de magistrats, une métamorphose était déjà en marche depuis longtemps grâce à la science et à la technique. Sans attendre Saldüz et ses conséquences, la religion de l'aveu et la traque obsessionnelle du mensonge avaient déjà, chez les plus avisés, cédé la place à la culture de la preuve matérielle ou scientifique. A quoi bon, il est vrai, vouloir à tout prix forcer quelqu'un à parler en le cuisinant jusqu'à qu'il "craque" alors que son ADN ou son téléphone ont déjà tout révélé ?

Jean-Marie Dermagne, Avocat, ancien bâtonnier et membre de la commission pénale de l'ordre des Barreaux. 

Envoyé par l'auteur pour Investig'Action

Dessin originale de Sakoch

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 May 2011 à 16:30
Les lois antiterroristes donnent un sentiment d’impunité lors de violences policières.
 

Un seul fruit pourri peut ruiner toute une récolte.

 

Pierre CAPOUE
 
Alors que le monde libre fait la fête à « Times Square - NY » pour la mort de Ben Laden, n’est-il pas temps d’avoir quelques considérations pour la liberté d’expression, d’association et sur ce que nous avons perdu avec l’établissement des lois antiterroristes depuis 2001.

On nous a bien expliqué qu’avec la disparition de l’épouvantail d’Al-quaïda, le terrorisme n’est pas mort. Il faut comprendre que les lois comme le « patriot act. », aux États-Unis, ne seront pas abrogées prochainement. Il en va de même pour nos législations antiterroristes en France, en Belgique et en Europe en générale.

Ces lois destinées à nous protéger tirent tous azimuts, mais souvent à blanc. Cet arsenal législatif a été beaucoup utilisé depuis 2001, mais à quelques exceptions près, ces lois antiterroristes n’ont jamais permis d’inculper des terroristes et encore moins des terroristes islamistes. Par contre, ces lois s’avèrent très pratiques contre les mouvements gauchistes, anti-capitalistes, altermondialistes et contre les mouvements syndicaux trop revendicatifs.

Quatre camarades belges d’une organisation de défense des prisonniers politiques (le Secoure Rouge) ont font d’ailleurs encore les frais aujourd’hui. Alerté en 2008 par ces collègues italiens, la justice belge a interpelé et incarcéré ces quatre militants de Secoure Rouge dont une journaliste. Mais l’enquête n’ayant rien donné, ils durent être libérés dans les semaines qui suivirent. Toutefois, la justice, montrant un entêtement confinant à la bêtise, poursuit encore sa procédure. C’est ainsi que mercredi 11 mai 2011, soit trois ans après l’ouverture du dossier, on s’interroge encore à la Chambre du Conseil du palais de justice de Bruxelles sur la pertinence d’un procès. Cette affaire, si vide soit-elle, n’a pu être montée que grâce aux lois antiterroristes en vigueur en Belgique et en Italie. Des dizaines de personnes ont été mises sur écoute. Des cafés et d’autres lieux publics ont aussi donné lieux à ce que la police italienne appelle des « écoutes d’ambiance ». La vie privée des inculpés à été fouillée dans tous les sens et pour aucun résultat.

Bien sûr, ils n’avaient rien à cacher, ce qui ne les a pas empêchés de passer par la case prison et pour la journaliste de voir sa carrière mise au placard, comme une sanction extra-légale en quelque sorte.

Si la justice est bornée, ce n’est pas une nouveauté pourtant, mais une conséquence plus inquiétante se fait jour dernièrement. Avec des pouvoirs de police élargis, certains fonctionnaires de la loi commencent à jouer les Rambo de quartier, convaincus probablement de l’impunité de leurs actions.

Le 07 mai dernier, Richard Henriquez, un jeune homme pas bien grand, pas bien gras, s’est fait casser les dents à coups de matraque par un agent de police de Zaventem. Ce dernier s’est acharné sur sa victime avec une rage peu commune. S’il s’agit là de l’acte isolé d’un policier mentalement instable, gageons que la justice fera preuve d’autant de célérité et de sévérité à le poursuivre qu’elle peut en mettre à l’encontre de quelques gauchistes.

Mais déjà le lundi 11 avril à Steenokkerzeel (commune voisine de Zazentem), un sexagénaire faisait aussi les frais du sentiment d’impunité entourant la police. Il a été roué de coup par quatre représentants de la loi. Il s’en tira avec une chemise déchirée, quatre côtes cassées et de multiples contusions.

Enfin dans la nuit du 10 au 11 mai, le zèle de la police de Zaventem s’est encore illustré. Lors d’un autre contrôle de police, un autre agent à sorti son arme et fait feu sur un taxi et son passager. Heureusement, le chauffeur n’a été que légèrement blessé. Ni une, ni deux, un juge d’instruction a placé le chauffeur sous mandat d’arrestation.[CITATION]« Sans attendre les résultats de l’enquête, la ministre en charge de la politique des taxis a d’ores et déjà décidé de prendre ’les mesures disciplinaires nécessaires à l’encontre du chauffeur de taxi’.Via un communiqué de son cabinet, Brigitte Grouwels (CD&V) ». - Le juge d’instruction place le chauffeur de taxi sous mandat d’arrêt - http://www.rtbf.be/info/societe/detail_le-parquet-demande-l-arrestation-du-chauffeur-de-taxi-pour-tentative-de-meurtre?id=6085223

Trois affaires qui n’ont rien en commun, si ce n’est quelles mettent évidence une violence policière inacceptable aux alentours de l’aéroport de Zaventem. Ces violences ne sont en réalité possibles que parce que les policiers qui y sont mêlés avaient déjà préalablement une propension à la violence et que certainement ils devaient montrer des signes d’instabilité. Mais, ces violences sont aussi le résultat d’une formation policière insuffisante, d’une sélection et d’un recrutement du personnel hasardeux. Enfin, les lois antiterroristes et l’indulgence, dont la justice peut faire preuve vis-à-vis de ses policiers, finirent de créer un sentiment d’impunité libérant ces pulsions de violence.

Pierre Capoue


Le Cauchemar, lettre de prison http://www.legrandsoir.info/Le-Cauchemar-lettre-de-prison.html

Le fantasme terroriste en Belgique. http://www.legrandsoir.info/Le-fantasme-terroriste-en-Belgique.html

Dans quel État j’erre http://www.legrandsoir.info/Dans-quel-Etat-j-erre.html


Journaliste ET communiste http://molenews.hautetfort.com/tag/wahoub%20fayoumi

Un nouveau procès pour terrorisme http://mobile.lesoir.be/belgique/article_838498.shtml

Le juge d’instruction place le chauffeur de taxi sous mandat d’arrêt http://www.rtbf.be/info/societe/detail_le-parquet-demande-l-arrestation-du-chauffeur-de-taxi-pour-tentative-de-meurtre?id=6085223

Steenrock 7 mai 2011 : violences policières contre un festivalier ! http://www.youtube.com/watch?v=ziSpIh5Sb70 Homme tabassé lors d’un contôle de police à Steenokkerzeel http://www.rtbf.be/video/v_un-homme-tabasse-par-la-police-a-steenokkerzeel?id=997133&category=info

Un homme tabassé par quatre policiers à Steenokkerzeel http://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/1250115/2011/04/13/Un-homme-tabasse-par-quatre-policiers-a-Steenokkerzeel.dhtml

Bruxelles : Chambre du Conseil reportée sine die http://www.secoursrouge.org/Bruxelles-Chambre-du-Conseil

Stop ! Pas de procès contre les 4 du Secours Rouge http://noproces.wordpress.com/

Le CLEA http://www.leclea.be/

L’Etat condamné à verser deux mille euros aux quatre altermondialistes. http://missurecoute.be/

10000000000001E300000067C29D1435EN SOLIDARITE AVEC RICARDO, RASSEMBLEMENT CONTRE LES VIOLENCES POLICIERES

LUNDI 16 MAI DE 13 A 14H MARCHES DU PALAIS DE JUSTICE DE BRUXELLES http://www.liguedh.be/actions-en-cours/autres-actions/1127-rassemblement-contre-les-violences-policieres

http://missurecoute.be/

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 May 2011 à 04:55

La Belgique est-elle encore une démocratie ? Inquiétude des institutions internationales




Collectif


Des femmes renvoyées en Iran alors qu’elles risquent d’y être condamnées pour avoir fui le pays, pas d’accès systématique à un avocat pour des manifestants arrêtés abusivement, manque de sanctions à l’égard d’agents de police ayant fait un usage excessif de la force, un manifestant pacifiste tabassé par un policier au Steenrock 2011. L’ONU, Amnesty International et la Cour européenne des droits de l’Homme s’inquiètent.

La démocratie parfaite est probablement une utopie inatteignable. Il y a cependant des seuils à ne pas franchir et au-delà desquels la qualité démocratique d’une nation peut être sérieusement remise en doute. Serait-ce le cas de la Belgique ? Ce pays serait-il encore une démocratie qui respecte les droits fondamentaux de ses résidents ? Trois événements concomitants nous amènent à nous poser cette question.

 


Le premier concerne le traitement des femmes iraniennes. Alors que la situation en Iran apparaît très instable et que le pays est secoué par la contestation, alors que le régime des mollahs n’a jamais été aussi dur, la Belgique décide de renvoyer vers Téhéran le 20 mai 2011, deux femmes ayant demandé l’asile. A notre connaissance, cela n’avait jamais été décidé jusqu’à présent. La Cour européenne des droits de l’Homme a pourtant condamné la Suède pour avoir voulu renvoyer des migrants vers Téhéran. Il faut savoir que le régime iranien apprécie peu les demandeurs d’asile déboutés. Une Cour spéciale existe à l’aéroport de Mehrabad à Téhéran pour les réceptionner. Ceux-ci sont alors détenus et longuement interrogés. En Iran, il n’est pas permis de sortir du pays sans autorisation du régime. Un citoyen peut donc être condamné pour avoir quitté le pays sans permission et pour avoir « insulté » le régime à l’étranger (Cour européenne des droits de l’Homme, 2010).

Pour ne pas se salir les mains, la Belgique s’appuie sur la Convention de Chicago pour demander à la Turkish Airlines de renvoyer les demandeurs d’asile iraniens à sa place. Dans une déclaration à un journaliste, l’office des étrangers (l’institution en charge de l’expulsion des sans-papiers en Belgique) a d’ailleurs nié sa responsabilité en affirmant que les migrants ne seraient pas renvoyés vers l’Iran mais bien vers Istanbul. Nous avons néanmoins la preuve qu’il s’agit d’un vol à destination de Téhéran via Istanbul. Cependant, la Belgique ne s’estime pas responsable au-delà d’Istanbul. Ce même type de procédé a déjà été utilisé en mai 2011 pour renvoyer une famille afghane à Kaboul via Moscou.

 


Un deuxième événement vient confirmer nos craintes de dérives antidémocratiques. Le Comité des droits de l’Homme de l’ONU s’inquiète de l’usage excessif de la force par la police belge :

« Le Comité des Droits de l’homme [...] reste préoccupé concernant l'usage excessif de la force par la police Belge […] et le manque de garantie d'accès à un avocat pour les détenus dans les premières heures de détention. […] Le Comité s’inquiète également du manque de sanctions contre les violences excessives perpétrées par des agents de police ». (Traduction de l’anglais sur base du communiqué des Nations Unies, 2010).

Les craintes exprimées par l’ONU proviennent des dérapages policiers du type de ceux des arrestations massives non justifiées s’étant produit lors des manifestations du 29 septembre et du 1er octobre 2010 à Bruxelles. Ces arrestations abusives ont été dénoncées par Zoé Genot (2010) au Parlement fédéral de Belgique mais aussi par Amnesty international (Le Soir, 2011) ainsi que par l’ONU (Nations Unies, 2010). Il y a eu des insultes de la part des policiers tel que « sales chômeurs » ou « wallons ». Le pantalon de certaines manifestantes a été baissé de force. Des policiers les ont ensuite menacées de les violer en affirmant qu’ils allaient « se la faire ». Certaines arrestations furent extrêmement violentes. Des manifestants qui se sont livrés les mains en l’air à la police ont été agressés, tandis que d’autres, au sol et/ou menottés, ont été roués de coups de pied. Plusieurs enregistrements en témoignent. Et pourtant, les policiers ont tout fait pour empêcher que ces scènes soient filmées ou photographiées, en menaçant des journalistes. Deux films diffusés sur You Tube témoignent de cette atteinte à la liberté de la presse ainsi qu’au droit de manifestation.




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Et comme si cela ne suffisait pas, huit mois plus tard, un autre dérapage impressionnant se déroule en Belgique. Le samedi 7 mai, Ricardo se rend au "Steenrock", un festival en soutien aux étrangers détenus dans le centre fermé de Steenokkerzeel. Alors qu’il arrive à proximité du centre devant lequel le festival se déroule, ce jeune chilien fait l’objet d’un contrôle d’identité qui va déraper de manière incompréhensible. Ricardo ne comprend pas le néerlandais et le policier ne s’adresse pas à lui en français. Il s’en suit une remarque désobligeante de la part du festivalier. Ricardo aurait demandé, non sans humour, s’il pouvait avoir des sous-titres. Les deux policiers se mettent alors à discuter en néerlandais. L’un deux répond « ja ja » calmement. Puis soudainement, survient une inattendue explosion de violence envers le jeune homme.

Gilles, qui a assisté à toute la scène nous l’a décrite : « C’était d’une violence terrible, le premier coup semblait prévu pour tuer ou briser ! J’ai cru qu’il allait lui casser la tête tant il lui donnait de coups… Le sang a véritablement giclé… Pourtant, à aucun moment le jeune homme ne s’est montré menaçant, il demandait plutôt grâce ! Ensuite, alors qu’il était ensanglanté, effondré à terre, les policiers ne lui ont apporté aucun soin ! Au contraire, celui qui l’avait frappé s’est encore assis sur lui pour le menotter… Le jeune homme hurlait, le policier lui a alors gueulé de se calmer, alors qu’il venait de lui arracher un bout de lèvre, ou de joue, qui pendait de la mâchoire… C’était effroyable ! ». L’autre policier, présent et actif sur les lieux, n’a pas pris la peine de retenir son collègue. Il est resté posément sur le côté, à assister tranquillement à ce déchaînement de violence.

La victime s’est vu poser une vingtaine de points de suture, avant qu’un scanner ne révèle de multiples fractures aux mâchoires et la perte de plusieurs dents, nécessitant une opération immédiate. Son immobilisation et sa rééducation vont durer plusieurs mois. Personne ne peut dire dans combien de temps il pourra, simplement, se remettre à manger et à parler comme avant. 

Le témoignage de Ricardo :




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Rien ne peut excuser cette agression de la part des forces de l’ordre. Tout policier qui cède à la colère pour des mots qu’on aurait pu lui proférer ne possède pas une maitrise suffisante de soi pour assurer l’ordre public. Une telle responsabilité est au-delà de ses capacités.


Qu’adviendra-t-il des victimes de ces trois événements. Bien qu’elles soient suivies par des avocats, les décisions de justice satisferont-elles aux exigences de la démocratie ? En attendant, une soirée est organisée en soutien à Ricardo. Elle aura lieu le 3 juin à 18h au théâtre de Poche (Bois de la Cambre à Bruxelles). Concerts, débats et projections sont au programme. Les bénéfices de la soirée seront entièrement reversés à Ricardo pour assurer les frais de réparation de sa dentition détruite par les coups de matraque au Steenrock 2011.

Plus d’infos sur  http://regularisation.canalblog.com/


Signataires : La CRER, Zoé Genot (députée fédérale ECOLO), l’Union des Progressistes Juifs de Belgique, le CRACPE, le SIREAS et JAVVA. 25 mai 2011.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Jul 2011 à 16:12

Le Conseil d’Etat constate l’illégalité de la décision privant le professeur Luk Vervaet de son accès aux prisons belges

 
 
Luk VERVAET

COMMUNIQUE DE PRESSE CABINET D’AVOCATS JUS COGENS 12 juillet : L’affaire « LUK VERVAET » - Le Conseil d’Etat confirme sa décision prise en extrême urgence et constate, à nouveau, l’illégalité de la décision privant le professeur de son accès aux établissements pénitentiaires

Luk VERVAET était un enseignant au comportement exemplaire, très apprécié dans son milieu professionnel. Il travaillait en tant que professeur de néerlandais en prison, à la pleine satisfaction de son employeur, lorsqu’il a été, soudainement, interdit d’entrer dans les établissements pénitentiaires belges pour « raisons de sécurité », sans autre précision.

Depuis août 2009, Luk VERVAET luttait contre les décisions arbitraires lui ayant subitement interdit l’accès aux établissements pénitentiaires et, par conséquent, lui ayant fait perdre son emploi.

Ces décisions se fondaient sur le fait que Luk VERVAET est un militant, actif mais non violent. Il lui était en effet reproché, en dernière analyse, des « activités [qui] se limitent à des questions de droit de la défense et à une opposition – active mais non violente – aux lois antiterroristes ».

Dès le 27 janvier 2010, la Cour d’appel de Bruxelles considéra que la décision du Ministre de la Justice, de priver Luk VERVAET de son accès aux prisons était illégale. Cette juridiction estima qu’il aurait fallu laisser Luk VERVAET se défendre des accusations indirectement portées contre lui.

Toutefois, le Ministre de la Justice ne tint pas compte de cette décision judiciaire et confirma son refus de laisser Luk VERVAET poursuivre sa profession d’enseignant en prison.

Le Conseil d’Etat fut alors saisi en extrême urgence, d’un recours contre cette seconde décision illégale. Le 16 mars 2010, la plus haute juridiction administrative du pays suspendit d’extrême urgence cette décision illégale.

Le Conseil d’Etat dit pour droit que « le dossier administratif ne contient aucun élément permettant au requérant – ni au Conseil d’Etat – de comprendre les motifs pour lesquels la demande d’autorisation d’entrée en prison lui a été refusée » et que « le rejet de la demande d’entrée en prison est une mesure grave, incontestablement prise en raison du comportement personnel du requérant ; que l’administration, avant de prendre une telle décision, aurait donc dû entendre le requérant ».

Le Conseil d’Etat précisa que la suspension de la décision attaquée « empêcherait néanmoins l’autorité compétente de reprendre une décision en méconnaissance des motifs dudit arrêt de suspension ».

Malgré cet arrêt, le Ministre de la Justice a refusé de se repositionner, arguant que la procédure en annulation était toujours en cours de traitement. Ce faisant, le Ministre de la Justice savait pertinemment que le préavis de Luk VERVAET arriverait à son terme et qu’il perdrait son travail. Le Ministre espérait également qu’après qu’il ait perdu son emploi, le Conseil d’Etat considèrerait que Luk VERVAET n’avait plus d’intérêt à son recours en annulation.

Tel n’a pas été le cas.

Ce 22 juin 2011, le Conseil d’Etat a confirmé que la décision opposée à Luk VERVAET était illégale. La haute juridiction administrative a estimé que la décision de refus d’entrer en prison pouvait porter atteinte à l’honneur et à la réputation de Luk VERVAET et qu’il avait donc intérêt à faire annuler ladite décision. Elle a également rappelé, comme la Cour d’appel de Bruxelles en janvier 2010, que le Ministre de la Justice devait permettre la contradiction et respecter les droits de la défense

Après pratiquement deux ans de lutte judiciaire, Luk VERVAET voit donc reconnaître, de manière définitive, l’illégalité des décisions l’empêchant d’entrer en prison. Malheureusement, cet arrêt arrive après son licenciement. En toute illicéité, le Ministre est parvenu à écarter Luk VERVAET de son activité professionnelle. Le préjudice du professeur est énorme.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Oct 2011 à 07:42
Comment la police belge traite les indignés ?
 
Réponse :
 
Le flic a été suspendu.
 
 


Edité par T 34 - 16 Oct 2011 à 03:19
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Jan 2012 à 19:41

L’extradition de Nizar Trabelsi aux Etats-Unis (part one) : Le tournant pro-américain de Stefaan De Clerck

 
Luk VERVAET
 
photo : Stefaan De Clerck (c) Belga

La Belgique allait-elle accepter la demande du juge fédéral américain, Alan Kaye, d’extrader le Tunésien Nizar Trabelsi aux Etats Unis ? Depuis le 11 avril 2008, date de l’arrivée de cette demande en Belgique, la question a préoccupé la justice belge, le ministre de la Justice, le gouvernement et les médias pendant presque quatre ans.

D’abord, il y a eu trois années de procédures judiciaires menées par les avocats de Trabelsi, Maîtres Marc Neve, Chantal Moreau et Fernande Motte-Deraedt, pour s’opposer à son extradition. Ils ne sont pas parvenus à convaincre la justice belge de refuser la demande américaine. En juin 2010, les tribunaux belges relayaient leur avis final au ministre de la Justice, stipulant qu’il n’y avait pas d’objection à son extradition.

En tant que ministre de la Justice d’un gouvernement démissionnaire, qui ne pouvait s’occuper que des affaires courantes, et avec Nizar Trabelsi toujours en prison, Stefaan De Clerck n’avait aucune obligation, légale ou autre, de régler ce dossier avant son départ. Il aurait pu le transmettre à la nouvelle ministre de la Justice, madame Turtelboom, qui se pressait déjà devant sa porte. En plus, selon ses dires, ses pensées étaient déjà dans les campagnes paisibles de la Flandre. Tout ce qui le préoccupait personnellement, disait-il, était de reprendre au plus vite son poste en tant que bourgmestre de Courtrai : « J’ai été ministre fédéral pendant presque trois ans, mais ce chapitre est maintenant terminé. Redevenir bourgmestre, je trouve que c’est une belle perspective" (1).

Après coup, on se rend compte que ce petit théâtre sur « les belles perspectives en vue » ne servait qu’à cacher d’autres ambitions. Une semaine avant de quitter son poste de ministre, Stefaan De Clerck a décidé de laisser des traces. Le 23 novembre 2011, il a mis sa signature, approuvant la demande d’extradition de Nizar Trabelsi. De toute évidence, ce geste, à la fin de son mandat, dans les derniers jours d’une crise gouvernementale qui en a duré 535, n’a plus rien à voir avec rendre justice. C’est un geste politique qui indique que la Belgique, après une décennie de guerre antiterroriste et de crise, est devenue ni plus ni moins une station service pour les Américains. C’est aussi l’histoire et la consécration de la transformation d’un homme politique : de réformiste en ami américain.

De Clerck : de la réforme pénitentiaire à une politique d’incarcération à l’américaine

Quand Stefaan De Clerck occupe pour la première fois le poste de ministre de la Justice en 1995 dans le gouvernement de Dehaene, il suscite beaucoup d’espoirs. Le 12 juin 1996 déjà, il rédige une Note d’orientation en matière de politique pénale et d’exécution des peines. Cette note fut considérée comme un renouveau de la politique pénitentiaire en Belgique. De Clerck y plaide pour des peines alternatives au lieu de l’incarcération. Il s’attaque à l’inefficacité de la prison en matière de récidive. On peut y trouver un plaidoyer en faveur d’ « un usage sélectif de la peine d’emprisonnement », ce qui suppose : « – une détention préventive moins rapide et d’une durée plus courte. La liberté sous conditions paraît plus adéquate ; – la priorité doit être accordée aux mesures autonomes répressives visant la réparation et la réinsertion ; – une politique de mise en liberté individualisée ; - une évaluation des effets néfastes d’une privation de liberté trop longue par rapport à l’intérêt de la société. » (2)

En septembre 1996, De Clerck confie au professeur Lieven Dupont la tâche de rédiger un avant-projet de loi de principes relative à la politique pénitentiaire.
En 1997, il publie un livre intitulé « Les arbres et la forêt, réformer la Justice ». Dans sa motivation, il déclare : « Depuis des décennies, la Justice a été laissée pour compte. Jusqu’il y a peu, le régime pénitentiaire belge était un aspect peu connu de notre société. Cette matière ne suscitait guère l’intérêt des politiques et du public. Il s’agissait probablement d’un monde que l’on préférait ignorer, ce qui a contribué à faire de la détention un isolement non seulement physique mais également social. » (3)

La Note De Clerck de 96 sera suivi par la Note d’orientation du Ministère de la Justice pour 2000 de Marc Verwilghen. Sur les politiques proposées par De Clerck et Verwilghen, le CRISP écrit : « Les positions développées par les deux ministres en matière de politique pénitentiaire rejoignent, au delà de leur appartenance politique, un courant existant en criminologie qui prend ses distances vis-à-vis d’une politique purement répressive destructrice des droits fondamentaux reconnus aux détenus » (4). Une approche clairement à l’opposé de la politique américaine d’enfermement massive avec des peines toujours plus longues et sans fin.

Mais l’affaire Dutroux éclate.

Ce dossier des enfants disparus et assassinés va provoquer une rupture avec une politique de réforme et de recherche d’alternatives au niveau carcéral, si prudente soit-elle. L’affaire Dutroux fait remonter plusieurs questions à la surface : un appareil de police et une justice de classe qui ne s’intéressent pas, ou à peine, au sort d’un enfant disparu quand celui-ci est d’origine populaire. Une concurrence entre les services de police se dissimulant des pistes, ce qui a couté la vie à certains de ces enfants. L’existence de réseaux pédophiles qui achètent des enfants pour les abuser. L’affaire Dutroux va mettre la poursuite d’abus sexuels des enfants à l’ordre du jour, aussi bien en Belgique qu’au niveau international. On peut dire que l’affaire Dutroux a eu un effet global et négatif sur le monde carcéral : la libération conditionnelle de tous les détenus est dès lors plus difficile. Un climat plus répressif s’installe à tous les niveaux. Les mots « récidive » et « sécurité » deviendront les mots-clé, qui guideront la politique et les médias. Les délinquants sexuels seront plus présents parmi la population carcérale. Rares sont ceux qui ont soulevés que cette affaire ne pose pas uniquement un problème pénal. Elle aurait dû nous rendre conscient qu’il n’y a pas seulement une misère sociale dans ce pays, mais aussi une misère sexuelle. Et que dans les deux cas, la prison ne peut être la (seule) réponse.

De Clerck va payer les frais de l’affaire Dutroux en direct : après l’évasion ratée de Dutroux, il démissionne de son poste de ministre en 1998. De Clerck se lancera ensuite en tant que président du CVP, qu’il transforme en CD&V. Nouvel échec : sous sa direction, son parti connaît une sérieuse défaite électorale en 2003.

Quand De Clerck redevient ministre de la justice 10 ans après, en décembre 2008, tout a changé. Lui-même n’a plus la fibre de la réforme. Mais surtout, à l’affaire Dutroux se sont ajoutées depuis 2001 la guerre internationale contre le terrorisme et une explosion carcérale qui atteint tous les records, non seulement aux États-Unis, mais aussi en Europe.

L’explosion carcérale

Ainsi, aux États Unis, selon le Bureau de Statistiques fin 2010, 2.266.832 personnes se trouvaient en prison.

Fin 2011 (5), on compte 86.131 prisonniers en Grande Bretagne (seulement pour l’Angleterre et le Pays de Galles), 73.149 prisonniers en France, 70.491 en Espagne. En Belgique aussi, le nombre de personnes derrière les barreaux atteint son zénith. En 2008, la Belgique comptait 9.871 détenus pour une capacité carcérale de 8.422. Cette capacité carcérale passe à 8 949 en 2010. Mais en novembre 2010, il y avait déjà 1000 prisonniers en plus par rapport à 2008 : 10.846 personnes se trouvaient en prison. A cela on peut ajouter 1.106 personnes qui portent un bracelet électronique et 1.914 qui bénéficient d’une interruption de peine.

En février 2011, la limite historique de 11.044 détenus est atteinte, selon les dires du porte-parole de l’administration pénitentiaire (6). Ce qui donne lieu à des situations où il y a 679 détenus pour 400 places dans une maison d’arrêt comme Forest. Des cris d’alarme sont lancés : « Les aumôniers, les conseillers islamiques et les conseillers laïques sont amenés à rendre visite aux détenus dans leurs cellules et sont confrontés à des situations de plus en plus alarmantes. De nombreux détenus ne disposent que d’un simple matelas à côté d’autres détenus qui ont un lit, dans des cellules beaucoup trop étroites...Ils souhaitent exprimer leur sérieuse inquiétude de voir le mécontentement des détenus par rapport au traitement inhumain dont ils sont l’objet, maintes fois refoulé, conduire immanquablement à une explosion de violences sans précédent avec toutes les conséquences préjudiciables qui en découleraient. » (7)

« Le problème de surpopulation carcérale est particulièrement aigu en Belgique, où on affiche un détestable score de 128,4 détenus pour 100 places, contre 98,4 % en moyenne dans les prisons européennes », écrit la Cour des comptes, qui a examiné les mesures prises depuis quinze ans (8). La Cour constate : « Entre 1991 et 2009, on relève aussi que le nombre de condamnations à des peines supérieures à cinq ans est passé de 39 % à 65 % … Autre constat édifiant : en 2010, la part des condamnés dans la population carcérale était de 53 % pour 35 % de détenus en détention préventive et 10 % d’internés. L’augmentation de ces trois catégories est considérable depuis 1990, indique le prérapport de la Cour des comptes. On relève plus 109 % d’internés, plus 90 % de condamnés et plus 69 % d’inculpés en préventive... Entre 1991 et 2009, on relève aussi que le nombre de condamnations à des peines supérieures à cinq ans est passé de 39 % à 65 %. » On pourrait y ajouter le nombre de 328 personnes de plus de soixante ans qui se retrouvent en prison. Une augmentation de 180 % en douze ans de temps (il y a 59 prisonniers qui ont entre 70 et 80 ans, et 9 ont 80 ans ou plus). (9)

Dans l’impasse, le gouvernement avait le choix : soit radicalement changer de cap, soit continuer à glisser sur la piste américaine et essayer de rattraper « le retard » au niveau de la surpopulation carcérale. Le gouvernement choisit la dernière option.

En avril 2008, le ministre de la justice Van Deurzen présente son Masterplan 2008-2012 qui prétend faire face à l’explosion carcérale et aux conditions inhumaines de nos prisons. De Clerck succède à son collègue Van Deurzen qui, comme lui, a démissionné de son poste de ministre de la Justice, et il ne prendra plus de risques. Il ne va rien inventer d’autre que le Masterplan, qui deviendra son plan. Il dira : « J’ai eu l’occasion de pouvoir construire sept ponts à Courtrai, maintenant, au niveau fédéral, je pourrai construire sept nouvelles prisons. » (10). Ce plan veut dire en chiffres : la construction de 2500 nouvelles cellules à 100.000 euros la cellule (au prix coutant des années 90) pour une somme totale de 250.000.000 euros. A payer par les contribuables et à encaisser par le privé selon la formule DBFM : « Design, Build, Finance, Maintain ». Dans les faits, de ministre de la Justice, De Clerck se transforme en technocrate et en ministre des bâtiments et de l’immobilier carcéral. Le Masterplan, qui vise « une extension de la capacité carcérale et une infrastructure carcérale plus humaine », devient la réponse et la solution miracle à tous les maux.

Le 31 octobre 2009, première européenne, De Clerck réalise une convention entre la Belgique et les Pays-Bas qui consacre le transfert de 500 détenus des prisons surpeuplées belges vers la prison de Tilburg aux Pays-Bas. Coût : 10 millions par an. En février 2010, le transfert commence. Moins d’un an plus tard, cela ne suffit déjà plus : fin 2010, le gouvernement annonce la location de « 150 places de détention supplémentaires à la prison de Tilburg ».

Le 14 décembre 2010, le Conseil des Ministres approuve, dans le cadre du Masterplan, la fermeture pour 2016 des « prisons très vétustes à Forest, Saint-Gilles et Berkendael, qui seront remplacées par une nouvelle institution à Haren ». Cette super-prison bruxelloise aura une capacité de 1190 places, c’est-à-dire une augmentation de 200 cellules comparée à la capacité actuelle de ces trois prisons réunies.

Ce qu’on aurait attendu du réformateur De Clerck, c’est la déclaration d’un moratoire au niveau de la construction de prisons. On aurait voulu entendre : la construction de nouvelles prisons n’est pas une solution. Il lui suffisait de s’appuyer sur l’Europe pour justifier cette position. Dans le rapport du Comité pour la Prévention de la Torture du Conseil de l’Europe (CPT), après sa visite de contrôle des prisons belges en 2009, on peut lire : “Le Comité de Prévention de la Torture tient à souligner que l’augmentation des capacités carcérales ne peut pas résoudre en soi le problème de la surpopulation. Dans de nombreux pays – Belgique comprise – on constate que la population carcérale augmente au fur et à mesure de l’augmentation des capacités carcérales. » (11) De la part de De Clerck on s’attendait à des grâces (par voie royale ou autre), des libérations conditionnelles accélérées de personnes libérables, de personnes malades, de vieilles personnes, de femmes... pour dégorger immédiatement les prisons. Tout simplement parce que les conditions inhumaines créées par la surpopulation carcérale étaient et sont toujours inacceptables. On aurait dû entendre : au niveau carcéral, la Belgique s’est trompée, on est allé trop loin, on ne peut pas continuer sur ce chemin de l’incarcération massive et de longue durée, il nous faut rompre avec une évolution qui nous mène tout droit dans le mur. Tous les acteurs concernés par les prisons auraient dû être mobilisés pour trouver des solutions au niveau de la société, de l’école, de l’emploi, du logement, de peines alternatives. Dans le but de retourner au plus bas niveau d’incarcération possible . Mais rien de tout ça.

De Clerck : de l’auteur de l’abolition de la peine de mort en Belgique à celui qui signe l’extradition vers un pays pratiquant la torture et la peine de mort.

La peine de mort n’était plus appliquée en Belgique depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Mais son abolition formelle, le 13 juin 1996, est l’œuvre de De Clerck. C’est son projet de loi qui a abouti à un vote au parlement (120 députés pour et 13 députés contre) consacrant l’abolition de la peine de mort en Belgique. Amnesty Belgique écrivait : « Pour le Ministre de la Justice de l’époque, Stefaan De Clerck, la peine de mort est un acte de vengeance et son abolition doit être considérée comme un premier maillon dans la rénovation de la politique pénale de la Belgique. D’autre part, puisque ce châtiment n’était plus appliqué, il était devenu inutile. Enfin, il était devenu la cause de difficultés judiciaires avec d’autres pays à qui l’on réclamait l’extradition de criminels. » (12) Vous avez bien lu la dernière phrase : un pays qui a toujours la peine de mort dans ses textes, même si elle ne l’applique plus, ne peut pas ou difficilement réclamer l’extradition de criminels, détenus dans d’autres pays. 15 ans plus tard, le même De Clerck signe l’extradition de Nizar Trabelsi, un détenu en Belgique, vers un pays, qui non seulement prévoit la peine de mort dans ses textes, mais qui l’applique avec la régularité d’une montre !

A peine deux mois avant, le 20 septembre 2011, De Clerck a signé encore un contrat d’extradition avec les États-Unis « Sur proposition du Ministre des Affaires étrangères Steven Vanackere, actuellement en déplacement à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies, le Ministre de la Justice Stefaan De Clerck, la Ministre de l’Intérieur Annemie Turtelboom et le US Attorney General Eric H. Holder ont signé aujourd’hui au Palais d’Egmont à Bruxelles un accord en vue de la Prévention et de la Lutte contre la Criminalité Grave .. Cet accord permettra aux enquêteurs belges et américains d’échanger, dans le cadre d’enquêtes judiciaires et policières, des données comme les empreintes digitales et génétiques (ADN) afin d’accélérer et d’améliorer l’identification d’éventuels terroristes et suspects de crimes graves. » (13) Dans cet accord, la Belgique s’engage donc à transmettre aux États Unis « toutes les données ADN, empreintes digitales, données biométriques et biographiques de criminels et de terroristes potentiels dans notre pays » (14), faisant ainsi de la Belgique le vingtième pays au monde qui signe un tel accord avec les États-Unis.

Pour comprendre cette soumission belge aux États Unis, du jamais vu auparavant, il faut considérer différents éléments.

D’abord, il y a la pression de la guerre anti-terroriste, qui a changé toutes les mentalités et qui a fait basculer même les plus hésitants des Européens dans le camp américain et les a amenés sur le front de la guerre. « Qui n’est pas avec nous, est contre nous », disait Bush. Et le personnel politique de la Belgique a choisi son camp.

Ensuite, il y a la position fragilisée de la Belgique au niveau international. Comme d’autres pays, la Belgique est confrontée à une crise économique sans précédent. Mais elle est aussi confrontée à une crise institutionnelle sans précédent. Faute de réponses réelles à la crise économique, ou à un avenir institutionnel garanti à plus long terme (la crise gouvernementale de 2010 à 2011 a été la plus longue connue au monde), la participation à la guerre anti-terroriste et l’utilisation des terroristes comme monnaie d’échange sont devenues des moyens parmi d’autres pour se racheter au niveau international. Des États-Unis d’abord, dont on dépend quasi entièrement. Le moyen pour sauver le rôle de la Belgique au niveau international et se racheter une confiance internationale. Le moyen pour garder la position de Bruxelles en tant que capitale européenne et siège de l’OTAN. Qu’il s’agisse de la participation à la guerre en Afghanistan (15), en Somalie, en Libye (16)... ces dernières années, le trio Van Ackere, De Crem, De Clerck, tous les trois CD&V, chrétiens-démocrates néerlandophones, occupant les postes-clé des Affaires Étrangères, de la Défense et de la Justice, ont dit « oui » à toutes les demandes américaines et de l’Otan. De la demande de renforcer les effectifs de guerre belges en Afghanistan, bien au-dessus de ses capacités réelles, jusqu’à la demande d’extradition de Trabelsi, ce trio a effacé toute trace d’opposition de la part du gouvernement belge, si faible soit-elle, à la politique guerrière américaine ou de l’Otan.

Enfin, De Clerck est membre et ex-président du CD&V, un parti qui est en chute libre au niveau électoral depuis 10 ans. Ce parti est rongé par une opposition d’extrême droite, la NVA- nationaliste et pro-américaine et le parti d’extrême droite Vlaams Belang, qui, ensemble, constituent la majorité absolue en Flandre. Le CD&V, parti de droite traditionnel, utilise la scène internationale pour se refaire une image. Ainsi, le CD&V a déjà fourni le président du Conseil de l’Europe, Herman Van Rompuy. Les américains appellent De Crem « one of the United States’ strongest friends in the Belgian government » (le meilleur ami des États Unis au sein du gouvernement belge). (17) Et c’est un « secret publique » que De Clerck a, lui aussi, des ambitions au niveau international, bien loin des paisibles prairies courtraisiennes.

Luk Vervaet

1 Belga, 5 décembre 2011

2 Le monde pénitentiaire : des propositions à la réalité, CRISP/CH 1766-1767

3 http://www.cairn.info/revue-courrier-hebdomadaire-du-crisp-2...

4 ibidem

5 http://www.prisonstudies.org/

6 http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/644664/nombre-re...

7 Les aumôniers, les conseillers islamiques et laïques des prisons lancent un cri d’alarme devant la surpopulation des prisons belges dans http://aumonerie-catholique-des-prisons.be

8 Un audit très critique sur la surpopulation carcérale, La Libre Belgique Annick Hovine, le 20/12/2011 ; http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/707811/les-priso...

9 De Standaard 29 novembre 2010

10 http://www.stefaandeclerck.be/nl/na-een-pijnlijke-start-wach...

11 http://www.cpt.coe.int/documents/bel/2011-07-inf-fra.htm

12 http://www.amnesty.be/doc/s-informer/notre-magazine-le-fil/l...,343/La-Belgique-et-la-peine-de-mort

13 http://diplomatie.belgium.be/fr/Newsroom/actualites/communiq...

14 Belga, 20 septembre 2011

15 « En trois ans, entre l’ère Flahaut et l’ère De Crem, le nombre total de militaires belges en Afghanistan est passé de 360 à un maximum de 626 hommes » Le Soir, 28 janvier 2011

16 « Selon des sources militaires, les F-16 belges engagés dans l’opération « Unified Protector » ont largué depuis le début de l’opération « plus de 500 bombes » – soit environ deux fois plus que les avions britanniques, alors que la Grande-Bretagne est présentée comme l’un des pays en pointe dans l’intervention en Libye » Le Soir, 12 octobre 2011

17 « Pieter De Crem is Amerika’s vriend in de regering », De Standaard 28 janvier 2011


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Déclaration commune des partis communistes du Bénélux et d'Allemagne contre l'utilisation de milices criminelles privées pour réprimer une grève de métallurgistes en Belgique

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Déclaration commune des partis communistes du Bénélux et d'Allemagne contre l'utilisation de milices criminelles privées pour réprimer une grève de métallurgistes en Belgique

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Le Parti communiste allemand, le Parti communiste du Luxembourg, le Nouveau parti communiste des Pays-Bas et le Parti du travail de Belgique condamnent l'agression brutale réalisée par une bande armée, sur ordre de l'entreprise allemandePoppe und Potthoff, contre des travailleurs en grève dans leur filière Belge, Meister Benelux, à Spirimont, en Belgique.

spirmont.jpg

Les travailleurs s'étaient mis en grève pour protester contre une menace de délocalisation. A partir du moment où les négociations avec la direction ont débouché sur une impasse, les travailleurs ont bloqué l'entrée de plusieurs véhicules. Dimanche 26 février, ils ont été attaqués par une vingtaine d'agents de sécurité Allemands. Vêtus de noir, sans l'insigne de la compagnie mais avec pour certains d'entre eux avec des capuches Lonsdale (populaires dans certains groupes néo-nazis), ils étaient armés de bâtons, de battes de base-ball et de gaz lacrymogènes et portaient des cagoules ainsi que des gilets pare-balles. Ils devaient emporter une partie du matériel de l'usine sur ordre de la direction. Pour y parvenir, ils n'ont pas hésité à frapper plusieurs travailleurs et à saccager des bureaux et des salles informatiques de l'entreprise. Certains travailleurs ont vu leurs téléphones portables confisqués, et certains des grévistes ont été séquestrés dans un des bureaux de l'usine.

A la suite d'un appel lancé par le syndicat, ils ont été enfermés dans l'usine par près de deux-cents travailleurs et syndicalistes de toute la région. Dans la nuit de dimanche à lundi, la bande armée a été expulsée de l'usine sous protection policière.

Dans un communiqué, le syndicat métallurgiste allemand IG Metall de Bielefeld a protesté « énergiquement contre l'offensive brutale lancée par une bande de voyous envers des syndicalistes en grève ».

Nous condamnons ce recours à une milice privée, et nous exigeons l'application des lois Belges contre des milices privées. Nous demandons que des sanctions sérieuses et des poursuites soient lancées contre la police de Spirimont. La police était présente dès le départ, juste après l'assaut, mais n'a ni désarmé ni arrêté la bande armée. Ils n'ont pas vérifié leurs identités et les ont ramenés en Allemagne dans un car de police, sans le moindre interrogatoire. Ils ont refusé d'écouter les plaintes d'un des travailleurs bastonnés et lui ont conseillé de tirer les conclusions qui s'imposent par lui-même.

Il s'agit de graves défaillances du système policier Belge. Le ministre de l'Intérieur, Turtelboom, l'a admis au Parlement Belge.

Nous exigeons que la plainte enregistrée par les syndicats soit entendue et prise en compte dans les plus brefs délais. Cet incident avec une milice privée, plus ou moins sous la protection de la police, ravive le souvenir d'épisodes sombres dans l'histoire Européenne. Cette action doit être lue à la lumière de campagnes menées à l'échelle européenne, parrainées par les cercles patronaux, contre les syndicats ouvriers. L'objectif est clair : casser les droits sociaux et l'opposition aux coupes budgétaires draconiennes, y compris par des moyens anti-démocratiques.

Avec cet assaut, un nouveau chapitre dangereux s'ouvre. Nous ferons les efforts nécessaires, partout, afin de défendre le droit de grève et de renforcer les syndicats dans leur juste lutte.

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Un entretien avec Oum Maryam, la femme de Nizar Trabelsi
 

« Madame la Ministre, ne prenez pas mon mari en otage... »

 
 
Luk VERVAET

Oum Maryam est Bruxelloise de naissance. Elle est mère de cinq enfants, dont l’ainée a 15 ans. C’est en assistant à ses procès et en le visitant en prison, qu’elle a connu Nizar Trabelsi. Le couple a décidé de se marier. Nadia, l’amie de toujours d’Oum Maryam, et moi-même ont été sollicités et ont accepté d’être les témoins légaux. Mais jusqu’à présent, les autorités belges ont tout fait pour que ce mariage ne puisse avoir lieu.

Si je vous en parle, c’est parce que ça illustre ce que vivent des personnes auxquelles l’état belge a déclaré une guerre sans fin et a quasiment ôté les droits les plus élémentaires.

Nizar Trabelsi est-il devenu un rat dans un laboratoire ? Bientôt il aura fait onze ans de prison. Soit un an de plus que la peine maximale de dix ans à laquelle il avait été condamné pour avoir eu le plan d’un attentat contre la base militaire belgo-américaine de Kleine Brogel.

Un attentat qui n’a jamais eu lieu.

Voici le récit d’une femme qui l’attend depuis des mois.

Aujourd’hui elle a décidé de briser le silence.

Attendre

J’attends sa libération depuis septembre 2011.

A ce moment là, il avait fait ses dix ans de prison ferme, fond de peine, jusqu’au dernier jour.

Une assistante sociale envoyée par le tribunal a inspecté ma maison pour voir si tout était en ordre. Si je pouvais bien l’accueillir quand il sortirait. Ils m’ont dit que c’était positif. Que c’était bien.

Et puis, il y a eu la décision d’ajouter six mois de prison supplémentaires, une punition pour un incident en prison.

Puis, ils ont ajouté trois mois de prison parce qu’il n’avait pas payé une amende. Enfermer quelqu’un pour trois mois pour une amende de 5550 euros non-payée, c’est une peine qu’on n’applique pour personne en Belgique. Sauf pour Nizar Trabelsi.

Le 10 mars 2012, Nizar avait purgé toutes ses peines, y compris les neufs mois de prison supplémentaires.

La maison était prête pour l’accueillir. Nous avons tout repeint, tout arrangé. Nizar et moi avions déjà le projet d’amener les enfants ensemble à l’école. Psychologiquement, c’est dur. Il y a eu le stress. J’avais peur que des journalistes se pointent devant ma porte quand il sortirait de la prison. Pendant longtemps, j’ai eu peur pour mes enfants, ma famille, mes frères et sœurs qu’ils auraient à supporter des conséquences de tout ça.

A partir du 10 mars, les autorités ont commencé à dire qu’elles allaient maintenir Nizar en détention en attendant le jugement sur l’extradition de la Cour européenne. En novembre 2011, cette Cour a bloqué la décision de la Belgique de l’extrader vers les Etats-Unis. La ministre de la Justice avait alors dit qu’elle respecterait la décision de la Cour européenne. Mais dans les faits la Belgique se venge de cette décision en maintenant Nizar en prison. Pour justifier l’injustifiable, ils mentent. Un procureur comme Bernard Michel ment quand il dit que la décision de la Cour peut arriver d’ici quelques mois. C’est un mensonge et il le sait. Un jugement peut prendre un an ou même plusieurs années. Ca m’inquiète, qu’ils peuvent mentir à tel point.

Nous n’avons pas accepté cette décision et nous avons saisi le tribunal. Quand début juin, la Chambre du Conseil de Nivelles a décidé de rejeter la demande de Maitre Marc Nève de mettre Nizar en liberté, sous conditions et sous surveillance s’il le faut, j’ai craqué face à tant d’injustice.

J’ai pleuré... j’attendais tellement sa libération.

J’ai eu l’impression que les procès de Nizar sont devenus des pièces de théâtre. Quoi qu’on dise, le scénario est là, ils ont déjà pris leurs décisions.
Mais c’est quoi la justice alors. Où est-elle ?

Il doit rentrer à la maison. Je veux qu’il sorte. Je veux dire à la Ministre : arrêtez de le prendre en otage, laissez nous vivre en paix, il a payé, il a assumé, il a fait ses 10 ans de prison et plus que ça. Sa place est à la maison, pas dans une prison de haute sécurité. Ne vous comportez pas comme les dictateurs dans les pays arabes. Vous avez lu l’article de l’ancien procureur du Roi Christian De Valkeneer de Charleroi sur Nizar ? Il a dit plein de bonnes choses sur lui.

Oui, je veux parler à la Ministre Turtelboom.

Je suis citoyenne de ce pays. Je suis née ici. Je veux qu’elle soit accessible et qu’elle m’écoute. Je veux lui parler de la pression américaine sur notre pays. Lui demander si la Belgique est toujours un pays libre. Si on a toujours notre indépendance par rapport aux Américains ? Pour moi, la réponse est non. Avant, je ne le voyais pas comme ça, mais je l’ai constaté, je l’ai vécu, je veux qu’elle m’explique.

Dix ans de transferts et d’isolement

Ça fait des années que je vis cette injustice.

Je me lève le matin et j’attends un coup de fil, qui m’annonce qu’il va encore une fois être transféré. Jamais il n’a pu rester dans la même prison plus de 5 ou 6 mois. Sur la seule dernière année, il a connu la prison d’Ittre, celle de Bruges, celle de Nivelles, celle de Bruges, celle d’Ittre, et aujourd’hui le voilà à nouveau à Bruges.

C’est épuisant. D’abord ils ont justifié les transferts parce qu’il y avait le risque d’évasion. Maintenant , ce n’est plus ça. Maintenant c’est au nom de la haute sécurité.

Durant 10 ans, Nizar n’a jamais eu un régime normal. Toujours un régime spécial ou en isolement. Il est ou bien en section spéciale ou en section haute sécurité. Dans les prisons où il y a plusieurs fois par jour une sortie au préo.. lui il n’y a pas droit. Il est seul. Il sort seul pour faire son sport, ou ce sont eux qui choisissent qui peut aller avec lui. Dès qu’il établit un bon contact avec un co-détenu, celui ci est déplacé vers une autre cellule.

Les effets de l’isolement pendant si longtemps sont graves. Différents psychiatres qui l’ont examiné se sont opposés à ce qu’on continue à l’enfermer en isolement. Personne ne les a écoutés.

J’ai vu trembler Nizar pour la première fois à Ittre. Il avait perdu beaucoup de poids à ce moment là. Il était cerné, ne dormait pas, il avait besoin de soins pour sa tête, rien ne se faisait. Il a un ulcer à l’estomac. Il manque de vitamine D. Sa vue a baissée. Maintenant, à Bruges, ils veulent bien l’amener à l’hôpital dans la prison, mais à condition qu’il accepte d’être menotté les bras dans le dos et de porter des entraves. Mais vous imaginez-vous d’être examiné pour votre estomac les mains et pieds menottés ?

Il ne reçoit pas les soins dont il a besoin. Mais la semaine passée, le procureur a envoyé un médecin légiste pour l’examiner dans sa cellule, voir sa condition, et voir s’il était capable de se présenter devant la Cour. Or, il y a un rapport du psychiatre de Bruges qui dit clairement que Nizar a besoin de soins médicaux psychologiques après tant d’années d’enfermement en isolement, et donc pas d’un examen par un médecin. Le médecin était accompagné de quatre gardiens. Nizar a dit qu’il voulait bien passer l’examen, mais sans la présence des quatre gardiens. Ils ont refusé sa demande, et l’examen n’a pas eu lieu. Résultat : le procureur a dit que Nizar Trabelsi a refusé de se faire examiner par un médecin.

Visite à un prisonnier en isolement à Bruges

Il en est maintenant à sa onzième année de détention, pourtant il n’a été condamné qu’à dix ans. Pendant ces dix années il n’a pas eu droit à un jour de congé pénitentiaire pour le préparer à sa libération. Il n’a pas eu droit à une libération conditionnelle.

Quand il est Bruges, ça me prend une bonne partie de la journée pour aller le visiter pendant une heure. Il faut être là à temps. Une fois, j’avais un rendez-vous avec lui fixé à 16.15 h. J’avais 5 minutes de retard à cause des embouteillages. Ils m’ont refusé l’accès. « C’est le règlement madame ».

Quand j’entre à la prison, un gardien m’amène à la salle de visite du quartier de haute sécurité. Il faut passer des couloirs et des couloirs. C’est un labyrinthe très impressionnant. C’est menaçant aussi. Quand j’arrive au quartier de haute sécurité en sous-sol, cinq, six gardiens me dirigent directement vers le lieu de la visite. Mais je passe quand-même devant les quelques cellules à gauche et à droite. J’entends des cris. La fenêtre dans la salle de visite est très haute. Il y a un banc, une table, ils sont fixés, on ne peut pas les déplacer ; je ne peux pas m’asseoir à côté de lui, ni lui à côté de moi.

Quand j’allais le visiter avec mon plus petit enfant d’un an, je ne pouvais emporter ni lingettes, ni biscuits, ni biberon d’eau. Ce dernier était fourni par la prison. Une fois, ma fille de huit ans devait absolument aller aux toilettes. Nous avons demandé si elle pouvait aller aux toilettes au rez-de -chaussée, elle était tellement pressée. Nizar et moi ont assuré les gardiens qu’on ne demandait pas de l’accompagner, mais qu’elle pouvait y aller toute seule. Ils n’ont pas voulu la laisser aller. Ils ont dit que la petite devait refaire tout le chemin et aller aux toilettes à l’entrée de la prison. Elle avait huit ans. Et là, j’ai vu la peur dans ses yeux. Elle doit avoir ressenti ça comme quelque chose de tellement injuste. Et d’un coup elle s’est renfermée. Elle a dit qu’elle ne voulait plus aller à la toilette. C’est comme si elle se réalisait soudainement dans quel monde elle avait atterri. Depuis ce moment là, je ne prends plus jamais les enfants avec moi en prison.

La vie, la foi et la mort

Ma maman est décédée quand j’avais 17 ans. Je me suis occupée de mes frères et sœurs. Maintenant, j’ai 5 enfants. L’ainée a 15 ans, le cadet aura bientôt 3 ans.

Je me dis qu’on va tous mourir un jour. Ce qu’on vît est une épreuve. Le destin est entre les mains de Dieu. Je lui fais confiance à 100 %. Dieu est au-dessus de la justice humaine. Pour le reste, rien n’est définitif. J’ai entendu l’histoire d’une femme palestinienne condamnée à perpétuité. Elle a été libérée en échange du prisonnier israélien.

Nizar est l’homme au plus grand cœur que j’ai jamais rencontré. Il n’a jamais tué ni blessé personne. Je l’aime beaucoup. Je souffre en sachant qu’il n’est pas soigné comme il le faut. Il préparait un attentat contre une base militaire, pas contre des civils. Au dernier moment il a même abandonné ce plan et a voulu refaire ses bagages et repartir.

Maintenant, ils bafouent leurs propres lois. Quand il n’a pas voulu collaborer avec les Américains et qu’il n’a pas cédé à leurs chantages, ils lui ont dit : « on va te montrer ce que c’est Guantanamo ». Un des agents américains lui a dit : « tu ne verras plus jamais le ciel. »

Ils font la guerre contre nous, mais le peuple lui n’est pas en guerre. Il veut vivre en paix.

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Une loi soumise à la subjectivité

Par Jean-Claude Paye, sociologue, auteur de l’ESSAI De Guantanamo à Tarnac. L’Emprise de l’image.

Le 7 février 2013, le Sénat belge a voté, par 48 voix pour et 8 abstentions, le nouveau projet de loi antiterroriste déposé par la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom. Cette loi est présentée comme une transposition en droit belge de la décision-cadre de 2008 du Conseil de l’UE relative à la lutte contre le terrorisme, cependant ce projet apporte de nouveaux éléments par rapport à celle-ci. Le texte introduit dans le Code pénal une nouvelle incrimination : « l’incitation indirecte » au terrorisme. Cette notion élargit considérablement le champ des poursuites par rapport aux exigences européennes. L’UE a demandé aux États membres de poursuivre différents actes intentionnels, tels la provocation publique à commettre une infraction terroriste, le recrutement et l’entraînement pour le terrorisme. La France, par l’adoption, en décembre 2012, de la loi sur la sécurité et le terrorisme, a transposé cette décision-cadre dans le Code hexagonal. La loi a créé un nouveau délit : celui de se rendre dans un camp d’entraînement. Mais la loi de 1986 sur la « notion d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » permettait déjà de criminaliser de tels comportements et plusieurs procès ont déjà permis de condamner des prévenus.

La transposition de la décision-cadre européenne du 28 novembre 2008 n’a donc pas bouleversé l’ordre juridique hexagonal. Il n’en est pas de même pour la Belgique qui, en introduisant l’incrimination d’incitation indirecte au terrorisme, s’aligne sur les pays européens les plus liberticides en cette matière, telle l’Espagne. Le nouvel article 140 quater permet de poursuivre toute personne qui diffuse un message avec l’intention d’inciter à perpétrer une infraction « lorsqu’un tel comportement, qu’il préconise directement ou non la commission d’infractions terroristes, crée le risque réel qu’une ou plusieurs de ces infractions puissent être commises ».

Cet article imprécis ne respecte pas le principe de légalité qui impose que toute infraction doit être clairement définie. Il construit un double niveau d’interprétation permettant au juge de libérer son interprétation de la matérialité de l’acte. Le magistrat devra d’abord déterminer l’intention qui a été à la base de la diffusion du message incriminé. Il devra dire si celle-ci était bien « d’inciter à la commission d’un délit terroriste ». Ensuite, le juge devra déceler si la diffusion du message « crée le risque qu’une ou plusieurs de ces infractions puissent être commises ». Il n’est donc pas nécessaire qu’un délit ait été perpétré. Il suffit que le tribunal estime que les personnes, qui ont reçu le message, auraient pu passer à l’acte ou seraient incitées à passer à l’acte ultérieurement. Il s’agit donc de l’évaluation d’un risque, abstrait de toute condition matérielle.

Ce double niveau d’interprétation permet de supprimer tout lien direct entre le contenu du message diffusé et le danger qui lui est attribué. Ainsi, il sera possible de poursuivre une personne critiquant l’engagement militaire en Irak ou au Mali, en considérant que ses propos pourraient inciter à commettre des attentats dans les pays engagés dans le conflit. Des appels de soutien à la cause palestinienne ou même simplement des écrits, considérant que la résistance de ce peuple est compréhensible, pourraient suffire pour tomber sous le coup de la loi, puisque ces propos pourraient être lus comme une incitation indirecte produisant un risque d’attentats. Cet article s’attaque ainsi à la liberté d’expression et pourrait constituer une entrave à l’organisation de mouvements sociaux.

Le délit d’intention, développé dans ce projet de loi, s’inscrit dans le cadre tracé par la précédente décision-cadre de juin 2002 relative au terrorisme. C’était déjà l’élément subjectif, le caractère politique attribué, « l’intention de faire pression sur un gouvernement ou une organisation internationale » qui spécifiait l’acte délictueux, par exemple une destruction d’infrastructure, comme relevant du terrorisme et non du droit commun. Cependant, un délit matériel est ici nécessaire pour qu’une intention terroriste puisse lui être attribuée. Dans la nouvelle loi belge, il n’est pas utile qu’une infraction soit commise, préparée ou même simplement envisagée, l’intention conférée à des déclarations suffit pour être poursuivi.

Le caractère subjectif de la notion d’incitation indirecte au terrorisme n’est dépassé que par loi anglaise de mars 2006, The Terrorism Bill of 2006. La matérialité des faits n’est plus nécessaire pour poursuivre des individus ni même leur intention. Il s’agit là de l’apport spécifique de cette loi. La personne qui parle ou qui écrit est responsable de la manière dont ses déclarations peuvent être reçues, quel que soit son objectif. Pour être poursuivi, il suffit qu’un tribunal estime que ces paroles ont créé un « climat », une « atmosphère » favorable au terrorisme. La loi suggère ainsi que, en toutes circonstances, il est plus prudent de se taire.

Jean-Claude Paye

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Perquisition de la police belge au domicile d’un journaliste algérien...

 
 

Inédit. Le domicile du journaliste algérien installé à Bruxelles, Mohsen Abdelmoumen, correspondant du quotidien La Nouvelle République, a été étrangement perquisitionné par la police belge. Aucune raison n’a été avancée pour justifier cette intrusion dans la maison de ce journaliste, connu pour ses positions clairement affichées contre l’intégrisme islamiste, le sionisme et l’impérialisme. Trois courants qui ont le vent en poupe dans ce pays au bord de l’implosion, de plus en plus attiré par les pétrodollars des monarchies du Golfe. Choqué et surpris notamment par l’illégalité de la démarche policière, ce journaliste, qui se sent persécuté et menacé, interpelle vivement l’Etat algérien pour un sursaut d’orgueil afin de protéger ses patriotes qui vivent à l’étranger. « Je viens de subir une perquisition de la police judiciaire belge diligentée par le Parquet du procureur du Roi, à mon domicile (...). Je pense que mes écrits dans le journal La Nouvelle République en sont la cause car la perquisition policière n’a pas lieu d’être et ne correspond à aucune procédure, puisque je ne relève d’aucun délit pénal auquel s’associent les perquisitions ».

Un Etat fascisant

Le journaliste dit avoir été menacé d’être emmené au commissariat en cas de refus de laisser les policiers visiter son appartement. « Mon seul délit, c’est mon patriotisme, je le revendique et je l’assume, ma plume s’aiguisant contre les mercenaires de l’Otan et les responsables pourris qui alimentent la contestation interne téléguidée par les forces impérialistes. Les sionistes, le Qatar et le royaume de l’émir des débauchés du Maroc, le vendeur de croissants Zitout et ses clients sont-ils derrière cette perquisition ? Qui a intérêt à me faire taire en me mettant la pression ? S’agit-il des criminels sionistes ainsi que leurs valets saoudiens et qataris ? », s’interroge-t-il. Et d’ajouter : « Est-ce que quand je défends l’intérêt de mon pays contre les charognards qui veulent le voir à feu et à sang, je dois subir une perquisition dans le pays des Schtroumpfs ? ». Mohsen Abdelmoumen exprime vivement sa colère quant à ce grave précédent. « A ceux qui ouvrent souvent leurs gueules en Algérie en parlant de dictature, je les invite à visiter les centres fermés abominables du royaume de Belgique, cela va calmer les ardeurs des faux prophètes du Canvas et de Freedom House au sud comme au nord de ma patrie », assène-t-il, affirmant que ce petit pays européen « est devenu un Etat fascisant ». Il fait état, dans ce contexte inquiétant, du « mauvais traitement » que subissent les étrangers en Belgique. Témoignant de la terrible persécution des Algériens dans ce royaume, il appelle le gouvernement algérien à revoir ses relations notamment économiques avec ce pays.

Sursaut patriotique

« J’attends un sursaut des autorités algériennes. J’interpelle le président de la République, le ministre des Affaires étrangères ainsi que le secrétaire d’Etat à l’Emigration en lançant cet appel sans concession, car je n’ai commis aucun meurtre ni délit ! », clame-t-il. Ce journaliste algérien, aux convictions démocratiques avérées, n’a jamais manqué d’audace dans ses écrits pour faire éclore la vérité, notamment sur les rapports troublants des pays du Golfe, le Qatar en tête, avec l’Occident. « L’Algérie et son peuple doivent savoir que les Occidentaux et les traîtres qui ont vendu leur patrie pour un titre de séjour ont commandité une perquisition contre moi, Mohsen Abdelmoumen, militant pour les droits des sans-papiers en Belgique où j’ai encadré l’une des plus grandes mobilisations en Europe et dans le monde », soutient-il. Cette attaque contre un journaliste dont le seul tort est d’avoir refusé de servir la cause déjà perdue en Algérie des salafo-sionistes du FIS, en dit long sur la situation des droits de l’Homme dans ce pays censé être le cœur palpitant de l’Europe.

Sonia B.

Note du Grand Soir - Titre original : "Perquisition de la police belge au domicile d’un journaliste algérien en raison de ses écrits antisionistes"

http://www.algeriepatriotique.com/article/perquisition-de-la...

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Apr 2013 à 19:54

Mohsen Abdelmoumen explique à Algeriepatriotique pourquoi les autorités belges veulent l’intimider

 
 

Algeriepatriotique : Comment s’est déroulée la perquisition de votre domicile ?

Mohsen Abdelmoumen : Deux inspecteurs se sont présentés samedi à 8h30 disant qu’ils étaient chargés par le Parquet d’effectuer une perquisition. L’un des deux était particulièrement provocateur, et pendant que l’autre parlait, il ne cessait d’examiner les lieux avec insistance, y compris en regardant de près les photos du grand-père de mon épouse - résistant fusillé par les nazis -, laquelle lui a dit d’un ton cinglant que cet homme était mort pour son pays. Ma femme manifestant son désaccord face à cette intrusion, nous nous sommes vus menacés d’être embarqués au commissariat. La menace était précise : « Ou ça se passe bien et ça ne durera pas longtemps, ou ça se passe mal », a dit un inspecteur. L’autre s’agitait dans tous les sens et ne disait pas un mot. Il s’est même approché très près de moi et je suis persuadé qu’il cherchait à me faire réagir agressivement. J’ai deviné leur jeu et j’ai demandé à ma femme de se calmer pour éviter les complications. Sachant que nous n’avons aucune procédure en cours, que nous n’avons commis aucun délit, nous étions sous le choc et nous le sommes toujours. Quand ils sont sortis, ma femme s’est rendue chez le libraire voisin qui est un ami et a appris que les policiers étaient passés chez lui et lui avaient dit qu’ils avaient effectué une perquisition chez des gens « qui n’étaient pas contents ». Le libraire, croyant que cette perquisition avait eu lieu chez des dealers ou des malfrats, a été abasourdi d’apprendre qu’il s’agissait de nous. Ainsi, cette perquisition indigne et injustifiée avait même été divulguée aux voisins.

Comment la police belge a-t-elle justifié cette perquisition ?

Les policiers sont entrés en disant d’un air arrogant : « Nous venons voir si vous habitez bien ensemble ». Ce qui nous a intrigués, c’est qu’à aucun moment, ils n’ont demandé nos papiers d’identité, j’aurais donc pu être n’importe qui, même le roi de Prusse. Nous sommes un couple mixte belgo-algérien, marié depuis un long moment et vivant ensemble depuis encore plus longtemps, en toute légalité, d’autant plus que l’inspecteur du quartier nous connaît très bien et sait que j’écris pour La Nouvelle République d’Alger. Comme par hasard, cet inspecteur a été évincé au profit de la police judiciaire. Nous restons persuadés, ma femme et moi, que cette démarche est une mesure d’intimidation, car comment peut-on effectuer ce genre d’intrusion sous un prétexte fallacieux, hors tout contexte, toute procédure, chez des gens qui n’ont commis aucun délit et qui n’ont aucun antécédent judiciaire ? Les policiers ont donc exigé de visiter les différentes pièces de l’appartement, y compris la chambre et la salle de bain, pénétrant ainsi dans notre intimité sans aucune gêne. Directement, j’ai pensé que la véritable raison de cette prétendue perquisition était à chercher dans mes écrits qui dérangent.
e précise que le document type qu’ils nous ont laissé ne comporte aucun cachet, n’est même pas rempli, et laisse croire que cette mascarade n’était qu’un coup monté destiné à nous impressionner et à provoquer un incident qui me vise directement. On dérange des citoyens honnêtes sans raison valable, mais on laisse courir de vrais criminels. Symptôme d’un système judiciaire incohérent, je peux citer le cas d’Ayachi, un terroriste belge parti faire le « djihad » à la tête de cinq bataillons en Syrie (source avérée) et celui de Nordine Amrani, d’origine marocaine et acoquiné avec l’extrême-droite, qui détenait un véritable arsenal de guerre, qui avait une plantation de cannabis et faisait un trafic de drogue juteux dans notre ville, mais que la justice laissait en liberté jusqu’à ce qu’il provoque une tuerie à coups de grenades et d’armes de guerre l’année dernière en plein centre de Liège.

Allez-vous saisir la justice pour violation de domicile ?

Notre tort est d’avoir laissé entrer ces policiers, mais nous avons été pris de court. Un samedi matin, début du week-end, et ayant passé une partie de la nuit à rédiger un article pour mon journal, je ne m’attendais pas à cette surprise désagréable et nous dormions encore quand les policiers se sont présentés, ce qui fait que nous n’avons pas eu la présence d’esprit de réagir en toute lucidité et de leur interdire l’accès à notre logement. Par rapport à la justice belge, je n’écarte pas l’éventualité de porter plainte.

Vous avez interpellé les autorités algériennes. Allez-vous les saisir officiellement ?

J’ai effectivement alerté les autorités algériennes immédiatement via mon journal et je n’exclus aucune action. Je vais rédiger un courrier officiel interpellant le président de la République, le ministre des Affaires étrangères et le secrétaire d’Etat chargé de la communauté algérienne établie à l’étranger, étant donné la gravité de cette persécution inqualifiable. Je me sens touché au plus profond de moi-même, et ma femme également.

Comment expliquez-vous ce comportement ? Les autorités belges sont-elles de connivence avec ces deux entités extrémistes (salafistes et sionistes) ou ont-t-elles été manipulées, selon vous ?

Pour moi, ce comportement est de la voyoucratie en uniforme de police. Il s’agit d’une véritable inquisition s’introduisant dans ma vie privée sans aucune légitimité, ni justification. Je me sens blessé dans mon droit et ma liberté d’individu et de citoyen. Concernant les connivences, je suppose que vous faites certainement allusion aux milieux sionistes et salafistes, à ce stade très grave d’atteinte aux droits élémentaires de tout individu de la part d’un Etat qui se targue d’être un chantre en matière de démocratie, je n’écarte aucune hypothèse. Je suis face probablement à un tir croisé des sionistes et des milieux salafistes d’Algérie et d’ailleurs, voire le Qatar qui a des intérêts en Belgique, notamment avec une forte participation dans une chocolaterie wallonne voisine, des clubs de foot et des medias. En me localisant, ils essaient de m’intimider et de me faire taire. Je pense que j’ai été victime d’une machination englobant plusieurs éléments qui agissent à travers un simulacre de justice. Il faut savoir que j’ai également visé le Maroc dans plusieurs de mes articles se basant sur des informations très précises qui ont certainement attiré l’attention sur moi. Sachant que la plus grande communauté immigrée en Belgique est marocaine, y compris parmi les élus locaux et la police et que la présence du Makhzen est effective dans le contrôle de leurs ressortissants à l’étranger, cette piste n’est pas négligeable non plus. Je crois que tous ceux que j’ai ciblés dans mes articles ont intérêt à me créer des problèmes en me mettant une pression allant jusqu’au harcèlement, et si je ne prends pas le taureau par les cornes, je risque de connaître ce genre d’agissements en permanence. En réagissant de cette façon, je leur montre que je ne suis pas disposé à me laisser faire. Mon long parcours de lutte en Belgique prouve que je suis capable de soulever des montagnes et leurs tentatives d’intimidation ne m’impressionnent pas.

Vous accusez plusieurs milieux d’être derrière cette action d’intimidation. Avez-vous déjà reçu des menaces avant cela ?

Ma boîte e-mail a été piratée, mon ancien compte Facebook (fermé depuis) a été épluché par la police. Je pense que cette fois, un nouveau type d’action a été inauguré en instrumentalisant le pouvoir judiciaire, ce qui n’est pas nouveau dans ce pays, sachant que des militants antifascistes se font tabasser alors que l’extrême-droite est protégée par la police et que les militants du Secours Rouge que j’ai interviewés pour le journal à l’occasion de leur manifestation de soutien à Georges Ibrahim Abdallah à Bruxelles sont englués dans un procès interminable et dont tout le monde sait que c’est une façon de vouloir les bâillonner. Rappelons aussi que les militants pro-palestiniens ont été empêchés de partir à Gaza et tabassés au su et au vu de tout le monde. Ici, Israël fait la loi et tout ce qui est antisioniste ou contraire au langage admis est poursuivi sans relâche. Je n’ai pas reçu de menace directe, mais ils agissent avec finesse en utilisant des mesures répressives et en instrumentalisant la police pour éviter que je n’alerte mes nombreux contacts, y compris dans le milieu politique. Cette manière d’opérer me ramène vers la seule piste, celle de gens structurés, organisés qui savent ce qu’ils veulent et comment procéder. Donc je pense à une cabale contre moi à cause de mes articles, dans lesquels mes ennemis se reconnaissent.

Vous sentez-vous en sécurité dans ce pays, désormais ?

Bien sûr que non. Ni moi ni ma femme qui pourtant est originaire de ce pays et qui a travaillé pour lui, à travers son métier de restauratrice du patrimoine. Nous avons donc pris des mesures de sécurité, comme être attentifs à chaque fois que nous mettons le nez dehors. Je suis en train de former ma femme afin qu’elle puisse se protéger lorsqu’elle rentre du travail le soir et lui conseille de privilégier les lieux fréquentés. Quant à moi, je suis prêt à toutes les éventualités, que ce soit dans la rue ou chez moi, et ce, depuis très longtemps. Cette perquisition a confirmé que mon option d’être vigilant à tout mouvement suspect n’était pas illusoire et pouvait provenir de n’importe qui. Cela dit, je peux garantir que ce n’est pas de tout repos pour nous de vivre cette situation dans un pays qui donne l’illusion d’être un petit paradis bien peinard. Derrière cette image idyllique se cache bien de l’hypocrisie. J’ai même dit à ma femme que si l’irréparable arrive, elle avertit ma famille et me fait rapatrier au pays, car je veux être enterré près de mon père.

Comme partout en Europe, les anciens du parti intégriste du FIS et ses relais de Rachad et autres, s’agitent pour provoquer de émeutes en Algérie. Qui les finance en Belgique ?

Je pense que le Qatar est la principale source de financement les gens du FIS qui sont en Belgique ou ailleurs, comme en Suisse avec le criminel Dehina, à Londres avec Zitout le diplomate-boulanger, etc. Avec quel argent financent-ils des journaux, des bulletins, des chaînes de télévision ? Dans le cadre du soulèvement au sud algérien, ils ont édité un manuel pour soulever les masses en cinq phases. Tout est clair, ce sont les méthodes initiées par Otpor, Canvas, etc. Mais les bailleurs de fonds exclusifs c’est le Qatar très présent ici par ses investissements et qui vise autre chose que le seul intérêt financier. Nos sources dans le renseignement nous confirment que le Qatar a pris la place de l’Arabie Saoudite dans l’exportation et l’expansion du wahhabisme.

La ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet, a confirmé hier qu’il existait une filière qui envoie des Belges se battre en Syrie aux côtés des mercenaires. L’OCAM (Organisme de coordination pour l’Analyse de la menace) dont le responsable est André Vandoren, a confirmé hier dans le journal de la RTBF, que la filière existe bel et bien et que ces gens-là constituent une menace à prendre très au sérieux.

Ainsi, toute la presse belge fait état pour le moment d’une centaine de jeunes (les plus jeunes à 15 ans, des enfants soldats) partis se battre en Syrie via la Turquie où ils sont attendus par des agents de liaison qui les intègrent dans les bataillons de takfiristes.

Pourquoi la Belgique et plusieurs autres pays européens entretiennent-ils encore ces résidus du FIS alors qu’ils connaissent leur capacité de nuisance y compris pour eux ? Quel est leur intérêt ?

Dans cette question très complexe, il faut aborder le problème suivant : comment se fait-il que l’Algérie ait demandé l’extradition de Mourad Dehina, qui a revendiqué l’assassinat des journalistes et intellectuels algériens (la vidéo est sur Youtube), et qu’elle lui a été refusée ?

L’exemple effarant d’Anouar Hadam qui a revendiqué lui aussi l’attentat meurtrier contre le commissariat central du boulevard Amirouche et dont l’Algérie demande en vain l’extradition. Nous voulons les juger pour leurs crimes, mais l’Occident ne nous a jamais livré ces criminels qui s’assument. Et il n’y a pas que ces deux-là.

En Belgique, il y a aussi des fanatiques logés, nourris, blanchis, que les Occidentaux croient contrôler. Ces gens sont les idiots utiles afin de déstabiliser les pays arabes à moindre coût.

L’Occident a opté pour un investissement à long terme qui consiste à les manipuler dans des opérations qui visent à déstabiliser des Etats puis les proposer comme alternative pour ensuite intervenir dans nos pays. Ce qui se passe en Tunisie, en Egypte et en Libye, où les islamistes sont au pouvoir et sèment le chaos, et où les Occidentaux mènent la danse. Il se pourrait que ceux-ci interviennent un jour ou l’autre, sous prétexte de protection des minorités et des droits de l’Homme. Le cas de la Syrie est explicite dans le sens où les djihadistes dits sunnites ont été instrumentalisés face au alaouites d’obédience chiite. En Irak, c’était l’inverse puisque la majorité était chiite. L’intervention contre Saddam le sunnite, en soulevant les populations chiites, sous couvert de recherche des ADM mais visant plutôt à s’approprier les richesses et le pétrole, a fait reculer cet Etat à l’âge de pierre. L’impérialisme alimente une guerre confessionnelle entre les chiites et les sunnites et l’une de nos sources, spécialiste belge du renseignement, nous a évoqué un plan d’extermination des chiites au Moyen-Orient. Qui fait le travail ? Les djihadistes takfiristes. En Algérie, les islamistes ayant échoué dans leur projet qu’ils ont voulu imposer à la population par les armes, les Occidentaux ont opté pour la méthode du soulèvement pacifique. Le Rachad, Zeraoui, Belladj préconisent le soulèvement pacifique comme ce fut le cas pour ces pays dévastés par cette catastrophe appelée « printemps arabe ». Voilà pourquoi ils s’investissent au sud. La donne est toujours la même : faire tomber l’Etat et imposer les islamistes au pouvoir.

Une autre lecture qui se recoupe avec la précédente, les Occidentaux en pactisant avec les islamistes via ce deal macabre essaient d’acheter un simulacre de paix chez eux, d’où par exemple, les gesticulations d’une organisation « sharia for Belgium » qui fait des vagues et qui est tolérée par les autorités belges qui croient pouvoir la contrôler, alors même qu’elle a envoyé des mineurs en Syrie. Un jour, ces jeunes-là vont revenir et l’on devine la suite.

Pensez-vous, comme beaucoup d’analystes, qu’il existe des relations d’intérêts entre les salafistes et les sionistes ?

Il existe une relation stratégique entre les sionistes et les djihadistes takfiristes, qui paraît contre-nature à ceux qui ne sont pas avertis. Nous avons travaillé ce sujet avec des responsables du renseignement ici en Belgique qui nous ont informés de certains détails de cette alliance, notamment lors de l’assassinat de l’ingénieur iranien Houssam Khosh Navis, tué la nuit du 13 février dernier sur la route entre Damas et Beyrouth, alias le général Hassan Shateri. Cette alliance se traduit par un axe antichiite, anti-Iran et anti-Hezbollah, alliance dont la main armée est représentée par les djihadistes takfiristes. L’intérêt des sionistes dans ce cas de figure est quasiment vital, car cette alliance maintient la survie d’Israël au moment où les Arabes s’entretuent. Pour illuster mon propos, les pays qui sont issus de ce faux printemps arabe ont tourné le dos à la cause palestinienne et l’ont reléguée aux oubliettes, alors que lorsqu’ils étaient dans l’opposition, les islamistes faisaient de la cause palestinienne le fer de lance de leur combat. Donc, connaissant la sensibilité des peuples arabes à ce sujet, ils ont fait un commerce électoraliste avec cette cause, et montrent à présent leur vrai visage.

Pour démontrer à quel point le sionisme et l’intégrisme islamiste sont stratégiquement liés et où l’alternative islamiste est imposée dans le monde arabe, évoquons par exemple cet éventail de personnalités qui gravitent autour de Barak Obama.

Commençons par le nouveau chef de la CIA, John O.Brennan, converti au wahhabisme lorsqu’il était chef de station en Arabie Saoudite. Arif Ali-Khan : avocat musulman et professeur à l’Université de la Défense nationale, spécialisé dans la lutte antiterroriste. Après avoir été élu maire adjoint de Los Angeles, il a été nommé secrétaire adjoint à la Sécurité intérieure en 2009 par Obama. Il a été conseiller d’Obama et chargé du dossier des Etats musulmans. Fondateur de l’Organisation mondiale islamique (ramification de l’Organisation mondiale des Frères musulmans), c’est lui qui a assuré les liens et les négociations avec les mouvements islamistes avant et après le « printemps arabe ».

Mohamed Elibiary (alias le « qutbiste » pour son fanatisme à l’égard des idées de Sayed Qutb) est un membre éminent des Frères musulmans aux Etats-Unis. Diplômé en management et en ingénierie réseau, il a été directeur de la section de Houston au Council on American Islamic Relations (CAIR), vitrine des Frères musulmans aux USA. Il a rédigé le discours d’Obama appelant Hosni Moubarak à quitter le pouvoir.

Rached Hussein, né en 1978 dans le Wyoming, est un avocat d’origine indo-pakistanaise et un membre secret des Frères musulmans. En juin 2002, il a participé à la Conférence annuelle de l’American Muslim Council, anciennement dirigée par Abdurrahmane Alamoudi, qui a été condamné pour financement de terrorisme. Il a aussi participé au comité organisateur du Critical Islamic Reflection, aux côtés de grandes figures des Frères musulmans aux Etats-Unis, telles que Jamal Barzinji, Hichem Al-Talib et Yacoub Mirza. Après avoir rejoint l’équipe électorale d’Obama, ce dernier l’a nommé en janvier 2009 conseiller juridique à la Maison-Blanche. Barak Hussein Obama l’a chargé de la rédaction de ses discours sur la politique étrangère. En 2009, c’est Rached Hussein qui a rédigé le discours d’Obama au Caire.

Salem El-Marayati est un américain d’adoption né en Irak. Il est actuellement directeur exécutif de la Muslim Public Affairs Council (MPAC), une organisation islamique créée en 1986 par des Frères musulmans. Il a été nominé en 2002 pour travailler avec la National Security Agency. Les soupçons qui ont pesé sur la MPAC dans la campagne sécuritaire post-11 septembre 2001, n’ont pas empêché El-Marayati de s’approcher des néoconservateurs, puis des démocrates au sein de l’équipe d’Obama.

Mohamed Majid, né dans le nord du Soudan en 1965, est le fils de l’ancien mufti du Soudan. Il a émigré aux Etats-Unis en 1987. Après des études complémentaires, il a été enseignant à l’Université de Howard en 1997, spécialiste de l’exégèse coranique. Membre des Frères musulmans, il a été très influent auprès des communautés musulmanes nord américaines. En tant qu’avocat occasionnel, il a été un militant farouche pour la criminalisation de toute diffamation de l’islam. Ayant soutenu la candidature d’Obama aux élections présidentielles, ce dernier lui a confié plusieurs missions associatives de type communautaristes. En 2011, il l’a nommé conseiller au Department of Homeland Security (DHS) pour lutter contre l’extrémisme et le terrorisme. Il est actuellement conseiller du Federal Bureau of Investigation (FBI) ainsi que d’autres organismes fédéraux.

Eboo Patel est musulman américain d’origine indienne. Il a fait ses études en sociologie dans l’Illinois à Urbana-Champaign. Etudiant, il a été activiste islamiste auprès des musulmans originaires de l’Inde, de Sri Lanka et d’Afrique du Sud. Grâce à des fonds de la Fondation Ford, il est l’initiateur de IFYC en 2002. Frère musulman et ami très proche de Hani Ramadan, il est membre du Comité consultatif religieux du Council on Foreign Relations. Il a été aussi très proche de Siraj Wahhaj, un Frère musulman américain célèbre. Il est actuellement consultant au Département de la Sécurité Intérieure américaine et membre du conseil Barak Obama’s Advisory.

Huma Mahmoud Abidin a joué un rôle majeur auprès de Hillary Clinton au début du « printemps arabe ». Avant de rejoindre l’équipe électorale de Madame Clinton, elle était dans l’ancien entourage associatif et communautariste de Barak Obama. Pour montrer patte blanche au président, Hillary Clinton l’a intégrée parmi ses plus proches collaborateurs. Née en 1976, de père indien et de mère pakistanaise, elle a grandi et fait ses études au pays du wahhabisme, l’Arabie Saoudite, où ses parents travaillaient. Lors des primaires démocrates de 2008, elle a été l’assistante personnelle d’Hillary Clinton. Elle est mariée à Anthony David Weiner, membre du Parti Démocrate et élu de New York.

Comment peut-on appréhender le fait que des wahhabites déclarés occupent des postes-clé dans l’administration américaine ? Le sionisme se nourrit des salafistes et vice-versa. Ils sont leur alibi d’existence. L’influence de l’organisation sioniste AIPAC sur toutes les administrations américaines n’est un secret pour personne, donc l’alliance incontournable entre l’islamisme et le sionisme et les répercussions qu’elle entraîne, se font sentir dans le monde arabe actuellement sous la botte des islamistes, dans un chaos quasi-total.

Aït Amara

http://www.algeriepatriotique.com/article/mohsen-abdelmoumen...


La voix des enterrés vivants (partie 2)


Edité par T 34 - 21 Jul 2013 à 01:42
Patria socialismo o muerte

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