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Staline. Pour ou contre ?

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  Citer Waldec Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Aug 2010 à 18:31
Je ne fais pas la liste des erreurs de l'URSS.

On ne se comprend pas.

Le temps n'attend pas.
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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Aug 2010 à 18:35
mouai.
pourrais-tu me répondre ? Vlavilov a été condamné pour sabotage ?
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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Waldec allez vers le bas
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  Citer Waldec Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Aug 2010 à 18:47
Oui par l'institut le Présidium de l’académie des
sciences qui accusa l’Institut de Vavilov de manquement à dénoncer « une position de classe
hostile sur le front théorique» puis accusé ensuite de sabotage et d’espionnage.

Il fut réhabiliter ensuite à la demande de sa famille qui rouvrira le procès.
Le temps n'attend pas.
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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Aug 2010 à 19:13
merci !

Si tu as les sources, un peu plus de doc sur cette affaire n'hésites pas à la poster dans un nouveau topic en partie document !
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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T 34 allez vers le bas
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Feb 2011 à 18:59

Note de lecture de Losurdo : Staline, histoire et critique d’une légende noire, par Gilles Questiaux

 

 


Stalin, storia e critica di une legenda nera



(Staline, histoire et critique d’une légende noire) publié à Milan en 2008 et traduction française à Bruxelles en 2011 (éditions Aden) Présentation de la traduction française ici

Domenico Losurdo est un philosophe communiste italien, né en 1941, spécialiste réputé de Hegel et de Gramsci,  professeur d’histoire de la philosophie à l’université d’Urbino, auteur en 1999 de « Fuir l’Histoire » où il critique « l’autophobie » des communistes, qui est à la fois une sorte d’aliénation psychologique qui a fait des ravages chez nous depuis le chute du mur, et une composante de l’idéologie de nos groupes dirigeants postcommunistes en France et en Italie.

Comme hégélien, il apporte deux atouts à la connaissance historique qui sont sous-représentés dans l’histoire marxiste : la réflexion rationnelle sur le rôle des grands hommes, et la critique rationnelle de la forme originaire du gauchisme moral, de la « belle âme » qui veut imposer « la loi du cœur », et l’intelligence de son retournement autoritaire inévitable. Pour Losurdo, le ferment de l’autoritarisme dans le mouvement communiste est à rechercher du coté libertaire de l’utopie communiste plus que dans la volonté réformiste de construire un état.

Il s’agit  dans Staline… , d’une histoire de l’image de Staline et non d’une biographie ni d’une histoire politique du système auquel son nom est couramment associé. Mais remettre en cause les clichés de l’antistalinisme habituel  dans nos rangs depuis 1956 nécessite aussi de revenir sur le fond de la question de l’évaluation de l’histoire soviétique de 1922 à 1953, et même au-delà, puisque les catégories de l’antistalinisme ont été généralisée à l’étude d’autres États dirigés par des PC, et d’autres personnalités, Chine et Mao, Cuba et Fidel,  Yougoslavie et Tito.

L’étude de la légende noire se mêle donc pour partie à une réhabilitation de la personnalité et de la figure d’homme d’État de Staline, qui est bien distingué du régime politique.  Le point de départ étant la constatation que l’image de Staline était plutôt positive dans le monde, propagande de part et d’autre mise à part, au moment de sa mort en mars 1953. C’est la diffusion du rapport Khrouchtchev qui a précipité « le dieu aux enfers ». Ce rapport est une des principales cibles de Losurdo, qui synthétise de manière convaincante un grand nombre de travaux contemporains qui n’en laisse pratiquement rien subsister. Il s’agit d’un document  de la lutte interne à la direction du PCUS dont la crédibilité est pratiquement nulle, et dont la plupart des assertions portant sur Staline sont tout simplement inventées. D’ailleurs la propagande antistalinienne s’est depuis assez longtemps dirigée dans d’autres directions pour étayer ses réquisitoires.

Pour reconsidérer la stature morale et intellectuelle du dirigeant principal de l’URSS,  Losurdo a utilisé le principe du « tu quoque »  (« toi aussi », phrase censée avoir été prononcée par César en reconnaissant parmi ses assassins Brutus, son fils adoptif) qui consiste à observer dans le contexte de l’époque que la plupart des critiques libéraux de Staline, et particulièrement les hommes d’État de premier plan qui peuvent lui être comparés, véhiculent dans leurs propos une conception du monde bien plus machiavélique et brutale que lui, et contrairement à lui fortement teintée de racisme.  Sur ce point Losurdo s’inscrit en faux contre les accusations d’antisémitisme concernant Staline personnellement, même à la fin de sa vie, durant sa maladie, et il défend résolument la thèse que l’antisémitisme, au moins au sommet de l’état soviétique, n’a joué aucun rôle dans l’affaire dite du « complot des blouses blanches ». Sur la paranoïa attribuée communément à Staline, Losurdo réussit aussi à faire passer de manière assez convaincante l’idée que la plupart des actions répressives et que la terreur d’État n’étaient pas le résultat d’un emballement délirant ; mais qu’ils étaient dus à la volonté de juguler, il est vrai par des moyens extrêmes,  l’action bien réelle d’ennemis du régime, parfois déterminés à utiliser le terrorisme dans la tradition des groupes révolutionnaires russes du XIXème siècle.  L’attentat contre Kirov, en décembre 1934, qui est considéré en général comme le point de départ de la grande terreur, ne peut plus être présenté sérieusement comme une provocation commanditée par Staline lui-même. Il apparaît d’ailleurs que la mentalité « complotiste » est très répandue dans l’historiographie antistalinienne.

L’autre cible principale de Losurdo est l’historiographie trotskiste à commencer par celle de Trotski lui-même, dont les témoignages et l’analyse du système sont largement à la base de la tératologie occidentale qui essaye de comprendre l’ennemi sans recourir aux catégories scientifiques de compréhension de l’histoire. Trotski avec des nuances, et voulant, comme Khrouchtchev plus tard, dissocier Staline de l’Union Soviétique et se dédouaner par la même occasion, a eu recours à des distorsions de raisonnement qui sont en fait une régression de l’analyse historique scientifique vers l’analyse psychologique. Losurdo pense que la conjecture de Malaparte, selon lequel Trotski aurait tenté un coup d’État en 1927, à l’occasion du dixième anniversaire de le Révolution d’Octobre, est probablement vraie.

Le livre de Losurdo n’étant pas une histoire de l’URSS ou de ses appareils répressifs, on y trouvera peu d’éléments pour réfuter en profondeur la légende noire connexe à celle de Staline, la légende véhiculée avec une certaine habilité par le Livre Noir du Communisme où des pamphlétaires sont cautionnés par la présence d’articles écrits par des historiens anticommunistes mais sérieux, sous l’autorité d’autres historiens, plus âgés, qui a leur tour cautionnent les exagérations des pamphlétaires de guerre froide. Mais il attaque frontalement et avec encore une fois beaucoup de crédibilité le travail de l’historien anglais influent Robert Conquest, qui avant d’être universitaire était un agent des services secrets britanniques spécialisé dans la désinformation, et qui tend à imputer à Staline la famine ukrainienne de 1933, par un double procédé d’exagération de ses effets et de sa durée et par l’attribution de cette famine à une volonté génocidaire. A l’origine, il s’agit d’une construction pro domo des séparatistes fascistes ukrainiens pour substituer un génocide à un autre, et qui devait masquer leur rôle dans l’extermination des juifs d’Ukraine, et qui a été largement diffusée par la propagande hitlérienne durant la guerre (reprise par Conquest suivant le principe suivant de l’historiographie libérale ; ne croyez jamais les nazis, sauf quand ils parlent des communistes !)

Losurdo s’attaque aussi à la théorie de la gémellité des monstres, postulant l’égalité Hitler-Staline, et particulièrement aux thèses d’Arendt, écornant au passage la théorie du totalitarisme (en remarquant que l’auteur a fait partie de thuriféraires de Staline au moment de la Libération). A l’arrivée, il ne reste qu’un seul point commun entre Hitler et Staline : ils ont été des  dictateurs contemporains. Toute idée qu’il ait pu exister une sympathie personnelle ou une complicité entre les deux ne résiste pas à l’analyse des témoignages historiques, et s’avère un mythe de plus de la Guerre Froide.

En conséquence, nombre de clichés sur Staline me semblent définitivement ruinés, et Losurdo y parvient facilement en regroupant les conclusions ou les découvertes des historiens récents, postérieurs à l’ouverture des archives soviétiques). Il est donc acquis que :

Staline n’était ni médiocre, ni stupide, ni paranoïaque

Staline ne s’est pas effondré au moment de l’invasion hitlérienne, et n’a jamais cru en la bonne foi d’Hitler. Son commandement  a joué un rôle militaire décisif, et les généraux soviétiques les plus importants l’ont confirmé.

 Staline a réprimé toute opposition en URSS. Mais cela signifie, contrairement à la légende du chef paranoïaque qu’il y avait une opposition.

Staline était totalement exempt de racisme ou d’antisémitisme et ne peut pas être accusé de génocide, ni envers les Ukrainiens, ni aucun autre peuple.

Losurdo considère au passage comme acquis par l’évolution de l’état de la question historique que les bilans avancés par Khrouchtchev comme par Courtois sont exagérés environ dix fois. Ce qui signifie que la répression politique en URSS sous toutes ses formes a causé la mort d’environ 2 millions de personnes entre 1922 (fin de la guerre civile) et 1953, et un nombre très faible de victimes depuis 1953. C’est beaucoup moins que les chiffres hyperboliques qui ont circulés sous l’influence de Conquest et de Soljenitsyne. Mais c’est encore beaucoup.

Si le pacte germano soviétique et la collectivisation des terres restent de grandes ombres sur l’histoire soviétique, il s ne peuvent plus être rapportées à la malignité de Staline en personne, ni même d’un groupe dirigeant plus vaste, ils doivent être compris comme des choix exigés par la survie pour l’État issu de la Révolution d’Octobre dans des situations où toutes les autres solutions étaient devenues impossibles. Cela semble indiscutable pour le pacte, moins certain pour la collectivisation, car la Révolution chinoise fournit un contre exemple, elle a survécu dans un environnement hostile en se gardant bien de développer son industrie et sa puissance militaire au dépens des paysans.

 Concernant la collectivisation le choix gauchiste (trotskiste !) de la collectivisation forcée et de l’élimination des Koulaks en tant que classe, ne fut pas celui de Boukharine, l’expert économique du pouvoir bolchevik, qui savait qu’elle provoquerait « une Saint Barthélémy » dans les campagnes, d’où sa rupture avec Staline alors qu’il dirigeait l’URSS quasiment sur le même rang que lui dans les années de la NEP.

La brutalité de la répression n’est pas niée mais elle est contextualisée.

 Par rapport aux effets de « brutalisation » (en suivant dans l’utilisation de ce concept Nicolas Werth, pourtant coauteur du « Livre Noir »), cette évolution généralisée des mentalités vers le pire provoquée dans le monde par la Grande Guerre,

Par rapport au moment de l’histoire mondiale (la « seconde guerre de trente ans »).

Au moment  de la longue durée de l’histoire russe (le « deuxième temps des troubles »).

Par rapport à la situation mondiale d’oppression coloniale et raciste maintenue par tous les libéraux contemporains dans leurs empires coloniaux ou sur les peuples d’origine coloniale.

Et aussi par rapport à l’état de siège permanent où la Russie a du vivre pendant 75 ans, en butte à la détermination contrerévolutionnaire sans faille de puissants ennemis : Allemagne, Grande Bretagne, France, États-Unis avant et après la seconde guerre mondiale, à laquelle s’est ajoutée l’influence de toutes les églises instituées et de tous les grands groupes de média. L’alliance entre URSS et États-Unis de 1941/45 parait dans ce contexte purement conjoncturelle.

Certains des aspects les plus terribles de l’État soviétique s’expliquent donc en dernière analyse d’abord par l’hostilité permanente du monde entier contre un pays pauvre et contre une grande nation révolutionnaire, et d’autre part, par l’héritage de despotisme de l’ancienne Russie, qui n’a pas connu de période démocratique bourgeoise.

Losurdo souligne aussi le rôle d’une dialectique immanente aux mouvements révolutionnaires qui lierait indissolublement l’exigence de la liberté absolue immédiate (et le rêve de la société communiste) à l’imposition de la Terreur, suivant le principe de la dialectique de la « loi du cœur » dans la Phénoménologie de l’Esprit de Hegel.

Losurdo invalide, en bon hégélien, toute critique de Staline et de sa pratique historique basée sur l’opposition de l’idéal au réel en les mettant sur le même plan, et donc sur l’idée d’un bon idéal communiste opposable à un monstre singulier et en définitive inexplicable qui s’appellerait Staline. Il s’agit donc pour le mouvement communiste de renoncer à la ligne hypocrite de repli tactique où il s’est piteusement abrité en Occident après le rapport Khrouchtchev, et qu’Althusser a attaqué toute sa vie sous le nom d’humanisme. Garaudy, Sève étant de bons représentants du khrouchtchevisme humaniste en France. Et du stalinisme d’appareil aussi.

Le stalinisme est aussi périodisé : il semble que Losurdo considère que le régime est devenu autocratique en 1937, dans le contexte de la préparation de la guerre. Le régime carcéral du Goulag s’est aussi considérablement aggravé à ce moment là. Il semble avoir été relativement sous contrôle légal avant cette date. Certains faits horribles, comme le cannibalisme dans l’île arctique de Nizan, paraissent davantage le résultat d’incompétence bureaucratique dénoncée par les autorités elles mêmes, que comme le reflet normal du fonctionnement d’un système de répression exterminateur et cohérent. Et si l’URSS doit être comprise en définitive comme une formation sociale qui n’a jamais réussi à sortir de l’état d’exception, les efforts pour ce faire ont été réitérés, et le principal dirigeant bolchevik à avoir essayé ce passage à la normalité est justement Staline.

Cela dit, cette réserve pour finir : il reste toujours dans l’histoire d’une incroyable grandeur de l’Union Soviétique un noyau d’excès injustifiable, et certains arguments qui consistent à produire des citations peu glorieuses de Churchill ou de Roosevelt pour les comparer à des citations de Staline sur les mêmes sujets atteignent vite leurs limites. On peut contextualiser, et il n’est pas sans signification de savoir que le Cambodge a subit un quasi génocide aérien de la part de l’USAF, de la CIA et ses supplétifs avant le génocide Khmer rouge, il n’est pas inutile de comparer l’extermination des officiers polonais internés à Katyn en URSS en 1940 avec celle de la gauche  par les Américains en Corée du Sud en 1950, mais il n’empêche que ces faits n’auraient pas dû se produire dans un pays socialiste. Il n’est pas inutile de rouvrir les dossiers Toukhatchevski ou Trotski comme ayant véritablement tentés des coups d’État ou entretenus des relations avec les ennemis étrangers de Staline. Mais ce n’est pas une justification au traitement arbitraire et cruel qu’ils ont subi.

Dernier point : Losurdo apparaît par certain coté comme un adversaire de l’utopie et de sa poésie, comme un défenseur du socialisme réel, sans guillemets. Le marxisme de Marx pour lui n’est pas un très bon guide pour comprendre la politique réelle et prosaïque, du point de vue de la gestion du réel qui résiste au rêve révolutionnaire, à l’exception sans doute du marxisme de Gramsci… et de Staline. Nous ne comprendrions bien ni les grands hommes, ni la normalité quotidienne de la vie des hommes simples, nos leaders charismatiques sont pourrait-on dire au point aveugle de notre pensée, et nous ne séparerions pas bien l’état d’exception de l’État de droit. Mais le dilemme est là, et n’est pas résolu par Losurdo, car quitte à rester prosaïque à quoi bon s’aventurer dans l’espace sans limites de la Révolution ?

Note critique additionelle :

Réflexion de GQ 


Je comprends ainsi l’entreprise de D. Losurdo : la figure historique de Staline a été investie par une mythologie et considérablement déformée. La mythologie stalinienne d’origine, construite par la propagande officielle du parti communiste soviétique et relayée dans le monde par les partis issus de la Troisième Internationale a été remplacée par une mythologie antistalinienne de différentes origines (partis communistes ayant révisé leurs discours après 1956, trotskystes et gauchistes divers, officines de propagande de la guerre froide et historiens, journalistes, transfuges et renégats à leur service, propagande hitlérienne et ses héritiers d’extrême droite, etc.) qui correspond à une conception tératologique de l’histoire comme collection de monstres. Losurdo est donc préoccupé de vérité historique. Mais aussi comme communiste, il s’agit pour lui de contre-attaquer sur un terrain où l’adversaire semble très fort : car le mythe monstrueux sert en définitive à discréditer le mouvement communiste, ouvrier et révolutionnaire dans son ensemble. La reconsidération de la Révolution française au cours du XIXème siècle s’est faite aussi en cassant l’image sanguinaire et monstrueuse qui collait aux protagonistes le plus radicaux de la Montagne, Danton, Robespierre, Marat, Hébert, etc. A y regarder de près, certains traits de personnalité de ces héros révolutionnaires ne sont guère sympathiques, mais nul historien sérieux ne s’égarerait dans un jugement moralisant sur ces acteurs historiques pour essayer de comprendre la Révolution, même en partant d’une prise de parti carrément hostile. Ce n’est pas le cas pour la Révolution russe, et surtout pour l’État qu’elle a créé.

Et il nous reste à comprendre en tant que communistes pourquoi notre histoire a connu ces dérives brutales. Nous sommes mieux placés pour ça que ceux qui ont toujours  évité de se mouiller dans la pratique du pouvoir d’État. Et Losurdo, en éliminant les scories de la mythologie contre-révolutionnaire nous aide à comprendre le réel et à nous comprendre nous mêmes.  Ces scories représentent 90% du dossier (et du bilan). Reste un résidu de violence irrationnel qu’il faut assumer rationnellement. Nous ne serons définitivement plus « staliniens » le jour où nous auront assumé le fait que Staline n’était pas le pire d’entre nous mais au contraire l’un des meilleurs praticiens de la théorie marxiste. Et qu’il nous faut donc inventer maintenant suite à cette expérience une nouvelle forme de démocratie  dans la lutte des classes qui n’existe encore qu’entre les lignes, chez Lénine, et certainement pas dans la régression vers la psychologie de l’analyse trotskyste. Et comme Althusser l’avait compris, Freud est aussi notre allié dans cette recherche.

Les lois de la connaissance historique développées dans le matérialisme historique, qui restent valides, rendent plus que probable, si le capitalisme ne détruit pas l’humanité auparavant, le passage au socialisme, et ce passage devra bien commencer quelque part dans le monde, et donc le problème crucial de la coexistence interne et internationale avec le capitalisme se posera dans les mêmes termes qu’au XXème siècle il s’est posé en URSS (et se pose déjà, en Chine, à Cuba). Notre tâche à nous communistes au XXIème siècle est donc d’inventer le socialisme démocratique, vraiment socialiste et vraiment démocratique, qui sera la forme de stabilisation de la société post-capitaliste que l’URSS n’a pu atteindre. Ce socialisme démocratique sera comme toute démocratie réellement existante dotée de médias indépendants, d’organes représentatifs qui ne seront plus l’expression des fractions de la bourgeoisie mais des fractions autonomes du prolétariat.

La gauche communiste  anarchisante a pu involontairement renforcer les tendances autoritaires du sommet en dirigeant surtout sa critique sur les dirigeants intermédiaires susceptible d’opposition efficace et les « bureaucrates » (qui forment, soit dit en passant, le groupe qui a proportionnellement sans doute le plus souffert de la répression stalinienne), il n’empêche que la plupart des critiques de l’autoritarisme de l’appareil d’État soviétique provenant de ce coté là étaient justifiées. Lénine et Trotski se sont lourdement trompés en subordonnant les syndicats au parti, et en empêchant ainsi l’existence de contre-pouvoirs et la formation d’une légalité socialiste.

Le socialisme doit être construit comme un mode de production et d’organisation de la société durable (peut être séculaire) et non comme une courte transition vers le communisme.  Mais il ne faut lâcher l’utopie à aucun prix, et c’est certainement son abandon qui est au cœur des contradictions réelles qui ont ruiné le socialisme réel, pas seulement en URSS mais aussi sous sa forme platement redistributive « d’État providence » dont Mélenchon est un représentant attardé. Sans l’utopie pourrait-on dire que « la mort n’éblouit pas les yeux des partisans » ? A ce titre là malgré leur méconnaissance ridicule du socialisme et des partis communistes, et du réel pratique en général, les situationnistes d’avant 1968, implacables avec les autres gauchistes, tenaient fermement l’autre bout de la chaine, et ce sont leurs idées (non les nôtres) qui ébranlèrent le monde capitaliste développé, dans sa métropole,  entre 1950 et 1980 (et qui connurent elles aussi, à l’échelle de ces groupuscules, une dérive violente et autodestructrice où de nombreux camarades de la jeunesse restèrent sur le carreau, à ce sujet : United Red Army : un film à voir ).

Cette démocratie socialiste à inventer, et en cours d’invention timide dans les pays socialistes actuels, ne peut pas être le résultat d’une transition à rebours comme celle qui à eu lieu en URSS de 1985 à 1993, ni se développer dans la continuité de la pseudo-démocratie de marché actuelle des métropoles. Il y a donc une part d’inconnu et de risque historique à prendre.

GQ 28 avril 2009

PS du 3 février 2011 : l’incapacité de beaucoup de camarades à envisager un retour critique sur les mythes de l’antistalinisme maison (Rapport Khrouchtchev, et influences trotskystes) tient  au fait qu’ils croient en hurlant avec les loups se refaire une virginité qui les dispensera d’avoir à assumer la mauvaise réputation qui colle à nous autres, les sales bolchos. Sans voir que cette mauvaise réputation est un gage d’authenticité. Mais on voit bien aujourd’hui que la critique de Staline n’a pour but que de dévider la pelote et d’entrainer avec soi celle de Lénine, Octobre, et la Révolution elle même en commençant par celle de 1789. Et on doit stopper à la racine car les anticommunistes ont raison sur un point, Staline et son système sont solidaires de toute l’histoire des Révolutions depuis Cromwell au moins.


 


Edité par T 34 - 22 Dec 2011 à 06:21
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Dec 2011 à 01:44

Résolution adoptée par le Comité Politique National du P.R.C.F. (20 février 2011) à propos du débat sur « l’URSS à l’époque de Staline » (paru dans les n° 16, 17 et 18 d’Étincelles)

sources : Réveil Communiste/PRCF

Le CPN se félicite de la qualité et de la sérénité du débat organisé par ÉtincelleS sur le bilan historique de l’URSS à l’époque de Staline.

Sur cette base, la présente résolution a pour but d’unir le PRCF dans le respect des sensibilités qui se sont exprimées sur cette question; il s’agit à la fois pour le PRCF de combattre fermement la criminalisation du communisme et de montrer qu’il est soucieux de porter la perspective d’avenir du socialisme en partant du principe léniniste de l’ «  assimilation crique de l’héritage historique ».

En effet comme le disait Elsa Triolet : «  une barricade n’a que deux côtés » ! cela signifie que le PRCF assume TOUTE l’histoire du mouvement communiste international, qu’il la défend sans concession contre le négationnisme anticommuniste dont l’ « antistalinisme » est l’emblème ostentatoire et le prétexte indigent.. Mais en même temps, la solidarité de principe avec notre passé, comme notre solidarité de classe inflexible avec les pays qui continuent de construire le socialisme, ne signifie nullement l’alignement systématique et a priori sur toute décision prise par tel ou tel dirigeant dans le passé comme aujourd’hui. Comme l’écrivait Clara Zetkin, fondatrice de l’Internationale Communiste et envoyée du Komintern au Congrès de Tours: « discipline révolutionnaire et solidarité internationale, ne sont pas synonymes d’obéissance aveugle, d’applaudissements automatiques, de renoncement à un jugement personnel. Plus un militant a conscience de son devoir révolutionnaire, et moins il se considère comme un stipendié, qui du jour au lendemain, sur ordre, cesse d’avoir du caractère et perd toute faculté d’appréhension. ».

Sur ces bases, le CPN observe:

1°) que considérables sont les mérites historiques de l’URSS et de l’ensemble des militants et dirigeants bolcheviks à l’époque où Staline était secrétaire général du PCUS. De grands choix politiques comme la construction du socialisme dans un seul pays, la mise en place et l’exécution de plans quinquennaux audacieux qui firent en quelques décennies de la Russie arriérée des tsars, cette « prison des peuples », un grand pays multinational moderne débarrassé de l’exploitation capitaliste et féodale et du colonialisme, la collectivisation de l’agriculture, la signature du « pacte de non agression » avec l’Allemagne pour diviser le front antisoviétique des « Munichois » ont été validés par l’histoire dans leur principe sinon toujours dans les moyens trop souvent brutaux qui dans des conditions particulièrement difficiles furent mis en œuvre.
Reste que sur le fond les choix stratégiques défendus par Boukharine ou par Trotski contre Staline et la majorité des militants bolcheviks de l’époque eussent conduits à la stagnation et à la défaite rapide du socialisme en URSS.

L’impartialité commande également de réexaminer sans a priori les conceptions théoriques de Staline dans différents domaines.

Aussi le PRCF affirme-t-il clairement que l’URSS était un pays socialiste quand le PCUS était dirigé par Staline, et qu’elle l’est demeurée, malgré des déviations  droitières qui sous le prétexte de corriger les erreurs de Staline, furent de plus en plus dommageables, de 1956 à la victoire de la contre-révolution menée par Eltsine et Gorbatchev.

A plus forte raison, le PRCF continuera de rejeter l’infâme amalgame « Staline=Hitler » en rappelant que c’est à Stalingrad, et grâce à l’héroïsme de l’Armée Rouge, de ses soldats venus de toutes les républiques d’URSS et de ses chefs forgés par la Révolution d’Octobre, comme à l’abnégation de ses travailleurs produisant dans les usines surgies des plans quinquennaux un armement de haute qualité, que la bête nazie a pu être terrassée et que la France a pu être libérée, comme même de Gaulle l’a reconnu en 1966 : « A Stalingrad il n’y avait pas trois camps mais deux, et tout honnête homme qui voulait battre Hitler luttait nécessairement dans le même camp que Staline, Joukov, Tchouikov » etc….

Le PRCF combat donc avec détermination toute tentative d’assimiler l’URSS libératrice et l’Allemagne nazie tortionnaire des peuples comme deux « états totalitaires » en faisant abstraction de leur nature de classe diamétralement antagonique; en occultant le soutien des « démocraties occidentales » à Hitler (politique de Munich, espoir que les nazis allaient vite attaquer l’URSS, « choix de la défaite » par les gouvernements bourgeois français, collaboration,  etc.) et en passant sous silence le rôle de la social-démocratie occidentale qui n’a cessé de s’allier aux pires réactionnaires et même d’être en première ligne pour combattre les communistes (non intervention en Espagne,  « lâche soulagement » de Blum après Munich, soutien de la guerre antisoviétique en Finlande, décret Sérol punissant de mort les communistes français,  etc.).

Toute attaque criminalisant l’URSS y compris à l’époque de Staline, doit aussitôt entraîner une riposte cinglante de la part des communistes fidèles à leurs principes, qui  face au prétendu « livre noir du communisme » doivent opposer la bibliothèque noire du capitalisme, de l’anticommunisme et de la contre révolution. De même tout dénigrement du bilan positif de la première expérience socialiste de l’histoire doit susciter une riposte foudroyante sur le bilan catastrophique de la destruction contre révolutionnaire du socialisme.

Il est certainement nécessaire de pousser la critique de la manière dont Khrouchtchev et son équipe, prétextant l’indispensable remise en cause du dogmatisme et du culte de la personnalité, ont instrumenté la critique de Staline pour promouvoir des conceptions révisionnistes et droitières en matière idéologique, politique, économique, géostratégique et militaire.

Cela ne signifie pas que cette critique n’était pas nécessaire car le culte de la personnalité et les répressions aveugles furent à certaines périodes  une tragique réalité, découlant de mesures policières utilisées pour résoudre les contradictions politiques dans le parti. Mais comme l’avait demandé la direction du PCF en 1956, une telle critique devait se faire sur des bases constructives, à partir d’une réflexion marxiste, en respectant la réalité des conditions historiques de la construction socialiste dans un seul pays, en reconnaissant les mérites de Staline dans cette construction – quelle honte d’avoir débaptisé Stalingrad ! -, sans tomber dans la caricature du nihilisme historique,  sans dévaloriser ses apports théoriques (par exemple l’approfondissement de la lutte de classe à l’étape socialiste) et sans nourrir les conceptions social-démocrates et trotskistes.

2°) Reconnaître les mérites de Staline, ne signifie pas que l’analyse marxiste critique du bilan de son action soit assimilable à une déviation droitière ou a un alignement sur des conceptions réformistes..
D’incontestables marxistes, à commencer par Lénine, mais aussi Thorez ou Castro, ont parfois émis des critiques contre Staline, dont l’existence n’exclut pas leurs auteurs du mouvement communiste. La pensée communiste ne saurait se passer de la critique pourvu que celle-ci soit fondée sur la volonté de corriger les erreurs et de faire avancer la cause du communisme.

La principale des critiques politiques vise les méthodes brutales de Staline, et la propension sous sa direction à considérer les opinions divergentes comme des trahisons au risque de diaboliser toute divergence politique au sein du camp communiste et prolétarien et d’en faire un motif de répression.

A l’inverse, la discipline révolutionnaire du parti bolchevik quand Lénine le dirigeait, n’a jamais empêché l’exposé libre des divergences à l’occasion des congrès ou dans la presse du parti.

Il était juste également de critiquer radicalement, la pesante dogmatisation du marxisme et des sciences – notamment l’absurde théorie jdanovienne des « deux sciences » – l’attitude religieuse frisant l’idolâtrie envers « le Parti »  et les dirigeants soviétiques (et aussi français à la même époque !) qui prévalut longtemps à partir de la fin des années 1930 dans les partis communistes.

Ce monolithisme de commande ne pouvait conduire à long terme qu’à dépolitiser le parti, qu’à affaiblir l’esprit critique du prolétariat, qu’à cultiver la passivité politique du peuple et la délégation de pouvoir au chef omniscient en oubliant le principe dialectique selon lequel « la contradiction est la racine de toute vie et de tout mouvement ».

Ce culte du monolithisme et du suivisme politique  eut des conséquences lourdes, même quand la direction du parti fut exercée par des communistes sincères comme Staline, il est devenu redoutable


 


Edité par T 34 - 19 Dec 2012 à 21:44
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Jan 2013 à 17:43

GÉORGIE Staline revient au goût du jour

 
 
21/12/2012
 
Le 21 décembre, le 133e anniversaire de Joseph Staline a été célébré en Géorgie, son pays d’origine, par la réinstallation d’un momument en mémoire du dirigeant soviétique dans le village d’Alvani, dans la région de Touchétie. L’idée de faire revenir ce monument démonté en 2011 a été soutenue par les 1500 familles que compte le village. En l'espace de quelques jours, elles ont rassemblé l’argent nécessaire pour le réinstaller, rapporte le journal Georgia Times.

Le même jour, l’administration de la ville de Gori, où Staline est né, a annoncé que le monument installé en son honneur au centre ville en 1952 et démonté sur ordre du président Saakachvili en 2010, sera installé sur le territoire de la maison-musée Staline à Gori, et que "les moyens financiers y ont été affectés dans le budget local pour 2013", rapporte le journal russe Vzgliad.

"En dépit des efforts de Saakachvili pour anéantir l’héritage de l’époque soviétique, les gens n’ont pas oublié Staline, et son culte est bien vivace en Géorgie", constate Georgia Times. "Demandez au hasard à dix personnes ce qu’elles pensent de Staline, et neuf sur dix vous répondront que c’était un grand homme, dit-on en Géorgie".
 

Un village de Géorgie retrouve sa statue de Staline

EMO ALVANI, Géorgie (Reuters) - Le petit village de Zemo Alvani, dans les montagnes de Géorgie, à 200 km au nord-est de Tbilissi, a retrouvé sa statue de Staline vendredi, pour le 133e anniversaire de la naissance de l'ancien dirigeant soviétique.

Une trentaine de personnes se sont rassemblées pour assister à la nouvelle inauguration de la statue de pierre de trois mètres de haut, qui avait été retirée il y a un an par les autorités locales.

"J'avais douze ans quand Staline est mort, je me rappelle que ma grand-mère pleurait... Je suis venue ici parce que j'aime Staline et que j'aime mon peuple", a raconté lors de l'inauguration une habitante, Phatima Patichvili.

Joseph Staline est officiellement né le 21 décembre 1879 dans la ville géorgienne de Gori. L'an dernier, le président géorgien Mikheïl Saakachvili avait demandé le démantèlement de tous les monuments à sa mémoire, estimant que son souvenir était lié à "l'occupation soviétique de la Géorgie".

En 2010, une statue de six mètres de haut de l'ancien "petit père des peuples" avait été enlevée de sa ville natale. Un monument à la mémoire des victimes du stalinisme devait être érigé à la place mais le projet n'a pas abouti.

Le nouveau gouvernement de Tbilissi, dirigé depuis les élections d'octobre par l'homme d'affaires Bidzina Ivanichvili, veut améliorer les relations avec Moscou et ne s'est pas opposé au retour de la statue de Staline à Zemo Alvani.

Margarita Antidze et David Mdzinarishvili, Guy Kerivel pour le service français

 
Le musée Staline à Gori, en Géorgie, ville natale de l'ancien dirigeant soviétique
 

 
Haïs à mort par la bourgoisie, pleurés par le peuple travailleur 
 
 


Edité par T 34 - 07 Mar 2013 à 19:17
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  Citer Résistance Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Mar 2013 à 17:27

Russie. La nostalgie de Staline soixante ans après sa mort

 
 

Le 5 mars n’était pas un jour comme les autres, particulièrement en Russie où on commémorait la disparition de Joseph Staline, l’homme qui a été à la tête de l’Union soviétique pendant vingt-neuf ans, de la mort de Lénine en 1924 jusqu’à la sienne, en 1953. Staline est un personnage controversé, exalté avant d’être condamné, admiré avant d’être méprisé, un personnage d’ombre et de lumière à qui nous devons tous pourtant d’avoir pu arrêter la folie meurtrière des troupes nazies d’Adolphe Hitler durant la Seconde guerre mondiale.

 

Les détracteurs du communisme l’accusent d’avoir liquidé ses opposants, et sa figure en a largement pâti à l’Ouest. Mais il n’en est pas de même en Russie. La fondation Carnegie a récemment publié un sondage très intéressant portant sur la perception du dirigeant soviétique auprès des Russes d’aujourd’hui. Il ressort que 45 % d’entre eux pensent que Staline a joué un rôle positif dans l’histoire de leur pays (seulement 35 % estiment le contraire …). Et presque 50 % reconnaissent en lui un leader sage qui a apporté à l’URSS sa puissance et sa prospérité et près de deux tiers pensent que la victoire de la guerre par le peuple soviétique sous son égide est le fait le plus important de son ère. Maria Lipman, l’auteure du rapport, soulève un paradoxe : « si on voyage en Russie, on ne devine pas que les Russes considèrent Staline comme leur plus grand compatriote : on ne voit nulle part des monuments ou des portraits de Staline ». Alors qu’on voit partout ceux de Lénine. « Mais on oublie peu à peu Lénine : sa popularité a chuté de 72 % à 37 % entre 1989 et 2012 », écrit Lipman.

Et la presse russe du jour semblait accréditer la présence du personnage dans le cœur des Russes, puisque pas un seul quotidien d’information n’a passé sous silence cet événement. L’Église orthodoxe avait quant à elle décidé de rappeler la brutalité du régime stalinien sans toutefois basculer dans le révisionnisme historique qui tendrait à montrer de l’URSS qu’un côté négatif.

Il apparaît au vu de l’enquête menée par la fondation Carnegie que l’image de Staline n’a pas été démonisée en Russie en dépit d’années d’histoire partiale qui le présente comme un dictateur impitoyable. Rappelons que du temps de son vivant, le Père des peuples jouissait d’un prestige inégalé. Marie Lipman explique que les deux images de Staline – celle d’un dictateur et d’un dirigeant puissant – fusionnent souvent dans la conscience de beaucoup de Russes  « Après tout, écrit-elle, c’est à l’époque de Staline que la Russie soviétique était au faîte de sa puissance ».

 

Capitaine Martin  


http://www.resistance-politique.fr/article-russie-la-nostalgie-de-staline-soixante-ans-apres-sa-mort-115975104.html

PS : le lien du sondage se trouve ci-après : http://www.carnegieendowment.org/2013/03/01/stalin-puzzle-deciphering-post-soviet-public-opinion/fmz8#



Edité par T 34 - 13 Mar 2013 à 23:51
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Jun 2013 à 21:12
Russie: un monument en l'honneur de Staline
 

Un monument à l'effigie du dirigeant soviétique Joseph Staline a été inauguré mercredi à Iakoutsk (Extrême-Orient russe), la veille des célébrations du 9 mai en Russie pour commémorer la fin de la Seconde Guerre mondiale, rapporte l'agence Interfax.

«Les actions des personnages historiques doivent être jugées en fonction des résultats et non des émotions», a déclaré le secrétaire du Parti communiste local, Kazbek Taïssaev, soulignant au cours d'une cérémonie d'inauguration du monument, le rôle important joué par Staline pour vaincre le régime nazi.

Les communistes de Iakoutie, une république grande comme deux fois l'Allemagne qui s'étend au-delà du cercle Arctique, avait effectué une première demande en 2007 pour l'érection d'un tel monument, mais l'ancien maire de Iakoutsk avait refusé. Son successeur n'y a vu, en revanche, aucune objection.

Depuis le milieu des années 1990, son image s'est progressivement améliorée, les réformes libérales provoquant une montée de la nostalgie pour l'époque soviétique. Et avec l'arrivée de Vladimir Poutine à la tête de l'État en 2000, le processus de réhabilitation du dirigeant s'est poursuivi, la position du président russe sur le sujet n'étant pas sans équivoque.

Russie: des bustes de Staline vendus dans l'enceinte de la Douma
 

 

Des bustes en bronze et des statuettes à l'effigie du dirigeant soviétique Joseph Staline sont en vente au magasin de souvenirs de la chambre basse du Parlement russe (Douma) à Moscou, a rapporté lundi l'agence Interfax.

Dans l'un des halls, au rez-de-chaussée de la Douma, les bustes en bronze de Staline se vendent de 6000 à 30 000 roubles pièce (194 à 420 $CAN) et les statuettes de 8000 à 18 000 roubles (257 à 580 $CAN).

Interrogés par l'agence sur le succès et la demande de ces souvenirs, les vendeurs se sont refusés à tout commentaire.

Des responsables de trois des quatre groupes parlementaires de la Douma - le parti Russie unie de Vladimir Poutine, le parti libéral-démocrate de l'ultra-nationaliste Vladimir Jirinovski et le Parti communiste - ont indiqué qu'ils ne voyaient rien d'étrange à la vente de ces objets, selon Interfax.

Le chef du quatrième groupe parlementaire (Russie juste), Sergueï Mironov, a en revanche estimé que ces «souvenirs» n'avaient rien à faire dans les murs de la Douma.


 

http://red-sovet.su/wp-content/uploads/2014/12/q6130.jpg



Calendrier 2015
 
 
 


Edité par T 34 - 02 May 2015 à 02:02
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 May 2015 à 19:22
Aujourd'hui c'est le 9 mai, 70ème anniversaire de la victoire sur le fascisme. Et il est bon de faire un rappel historique.
 
 
 
 










































 


Edité par T 34 - 04 Sep 2015 à 03:12
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