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Services publics à l'abandon

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Feb 2010 à 15:38

EDF dépecé

 

« Un hold-up d’État au profit de quelques profiteurs. »

 

C’est ainsi que la CGT de l’énergie a qualifié l’avant-projet de loi sur l’électricité ourdi par le gouvernement. La totale ! Comme si le scandale de la double direction d’EDF et de Veolia et du double salaire qui l’accompagne n’avait pas suffi ! Ce texte pourrait obliger l’entreprise publique à céder au moins 25 % de la production de son parc nucléaire à ses concurrents privés (GDF Suez, Poweo, Direct énergie…) à prix coûtant. Ce sont les usagers et les contribuables, qui ont financé les investissements coûteux dans les centrales, qui seraient ainsi spoliés.

 

« Si on voulait dépecer l’entreprise EDF, on ne ferait pas mieux », s’indigne Frédéric Imbrecht, au nom du syndicat. La manœuvre s’appuie sur les exigences de déréglementation formulées par la Commission de Bruxelles. Elle ne se contente pas de les accompagner, elle les amplifie en pratiquant une véritable saignée dans les ressources d’EDF pour doper ses concurrents. Voilà à quoi se résume la passion présidentielle pour le capitalisme industriel : le public fournit le capital et la production et les actionnaires privés empochent les profits. La droite profiterait de cette opération pour rendre obsolètes les tarifs réglementés, qui assurent les usagers individuels contre le yo-yo des spéculations sur l’énergie.

 

L’extrême tension qui a ébranlé la fourniture d’électricité lors des périodes de froid témoigne de la nécessité de moderniser et de développer l’outil de production, de constituer des coopérations entre les différents acteurs, plutôt que ces concurrences d’ego qui s’épanouissent dans les pages des magazines économiques. L’énergie s’affirme toujours plus comme une ressource stratégique et comme un droit dont tous devraient bénéficier. Sait-on qu’aujourd’hui, 20 % de la population mondiale consomme 80 % de la production mondiale ? L’exigence de partage et de maîtrise de la ressource pour qu’elle ne s’épuise pas, et pollue le moins possible, implique le renforcement de services publics de l’énergie – à l’échelle européenne d’abord, mais, pourquoi pas, mondiale – au service de tous, plutôt qu’à celui de quelques actionnaires.

 

Le projet de loi Nome a partie liée avec les menaces qui ont mobilisé des centaines de milliers de fonctionnaires. Réduire la dépense publique comme peau de chagrin, livrer des pans entiers de l’espace social au seul impératif du profit… ce sont les mêmes dogmes qui inspirent le traitement de l’école, de la recherche, des collectivités territoriales, de la santé ou du réseau routier. Le dire blesse les oreilles du Château, au point que ses argousins sont dépêchés au cœur de manifestations pour arrêter des syndicalistes et des élus qui se gaussent du monarque.

 

C’était le cas à Nice ou à Marseille ou un élu communiste est traîné au tribunal parce qu’il a choisi le 19 mars 1962, la date des accords d’Évian, comme symbole de la fin de la guerre d’Algérie. Ailleurs, des gaziers ou des électriciens sont frappés de sanctions pour leur activité syndicale

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Feb 2010 à 21:18

Fonctionnaires : un statut qu’il faut défendre

Le décret d’application de la loi sur la mobilité sera examiné, demain, par le Conseil supérieur de la fonction publique. Pour réduire les services publics, le gouvernement veut faire sauter le verrou du statut. Tous les citoyens sont concernés.

« C’est un mauvais procès  ! » Pour François Fillon, avec le projet de décret sur la mobilité des fonctionnaires de l’État, « les fonctionnaires auront plus de garanties que dans la législation précédente ». C’est un mensonge  ! Car ce projet de décret « relatif à la situation de réorientation professionnelle des fonctionnaires de l’État », que le conseil supérieur de la fonction publique doit examiner demain, porte atteinte à une garantie essentielle du statut des fonctionnaires. Il met en musique la loi du 3 août 2009 « relative à la mobilité et aux parcours professionnels dans la fonction publique ». Adoptée en plein cœur de l’été, cette loi prévoit, outre une possibilité de recourir à l’intérim dans la fonction publique, qu’un fonctionnaire dont le poste est supprimé pourra être mis en disponibilité d’office, c’est-à-dire licencié sans droits, s’il a refusé trois offres d’emploi public. En clair, c’en est fini de la garantie de l’emploi pour les fonctionnaires. Or, loin d’être un privilège, elle est la condition de l’existence même des services publics.

un statut pour le compte de l’intérêt général

Conçu par le ministre communiste Maurice Thorez, en 1946, le statut du fonctionnaire date de la Libération. Mais, d’une part le principe d’une protection des agents de l’administration publique est bien plus ancien que cela en France. Il n’a, d’autre part, rien de rigide et depuis 1946 le statut a été modifié, bien plus souvent même que le Code du travail. Par exemple, en 1983, quand Anicet Le Pors, alors ministre de la Fonction publique, l’a étendu aux salariés de l’hôpital et des collectivités territoriales. Mais que les évolutions viennent d’un gouvernement de gauche ou de droite, le législateur ne s’est jamais attaqué de front à ses principes fondamentaux. Jusque-là au moins… Parce qu’avec le statut, il s’agit de s’assurer qu’un agent, dans l’exercice de ses missions pour le compte de l’intérêt général, est dans une position de neutralité et d’impartialité quelle que soit la politique de ses employeurs. Il s’agit aussi d’offrir à tous les citoyens l’égalité d’accès au service public. Un salaire, une carrière et une retraite garantis, le fonctionnaire sera plus à l’abri des pressions financières et partisanes et n’obéira qu’à l’intérêt général. Pour obtenir un permis de construire, un papier d’état civil, une inscription à l’école ou un soin à l’hôpital, nul besoin en France de « graisser la patte » à l’employé de l’administration, comme dans les pays où ces garanties ne leur sont pas assurées. Le but n’est donc pas d’abord la protection du fonctionnaire, c’est la garantie d’un service public tel qu’il est conçu en France, c’est-à-dire assurant l’égalité de son accès à tous et garantissant l’intérêt général. Pour le fonctionnaire, le statut est vécu comme un équilibre entre des droits et des devoirs. Les droits sont ceux d’avoir un déroulement de carrière assuré jusqu’à la retraite et une pension civile de l’État, la garantie de l’emploi. Ses devoirs sont ceux de servir l’intérêt général, 24 heures sur 24 et 365 jours par an si cela lui est demandé, l’obligation d’accomplir ses missions pour tous les citoyens, d’obéir à sa hiérarchie non par crainte d’une sanction mais par adhésion à sa mission de service public.

le secteur marchand en embuscade

Ce coup de force contre le statut intervient dans le contexte d’une attaque contre les services publics dont témoigne la privatisation de La Poste. Cette attaque met en œuvre simultanément un double mouvement. Le premier est la réduction de la fonction publique avec l’objectif de transférer les missions au secteur marchand. Avec la révision générale des politiques publiques, on supprime 20 % des effectifs, mettant les services publics dans l’incapacité de répondre aux missions. Et devant la faillite, on privatise. Le second mouvement met la fonction publique non plus au service de l’intérêt général, mais au service des intérêts partisans et particuliers. Ils se heurtent cependant à un obstacle  : les 5 millions de fonctionnaires ont le souci de l’intérêt général et, selon un sondage BVA-La Tribune, 57% des Français sont opposés à la politique menée par Nicolas Sarkozy à l’égard des fonctionnaires. Faire sauter le verrou du statut est devenu un impératif pour les partisans de la privatisation. Il ne s’agit donc pas de défendre un intérêt corporatiste. Les salariés du public et du privé non seulement n’ont rien à gagner d’une attaque contre le statut des fonctionnaires, mais ils ont beaucoup à perdre. D’autant qu’il ne s’agit pas de défendre un quelconque privilège. Ainsi, pour les retraites, le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites montre que la retraite moyenne d’un salarié non cadre du privé s’élève à 83,6 % de la moyenne de ses revenus salariés, tandis qu’elle n’est que de 68,7 % pour un fonctionnaire.

Olivier Mayer

 

Jean-Claude Kennedy « La diminution des effectifs, un non-sens »

adjoint au maire, délégué 
aux ressources humaines de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Pour le gouvernement, il y aurait trop 
de fonctionnaires, donc trop de services publics. 
Il ne s’agit pas là d’un choix de bonne gestion, mais d’un choix de société. Son objectif vise 
à imposer des réformes aux collectivités locales, 
qui touchent à leurs moyens financiers et à 
leur autonomie de gestion, afin de contraindre les élus à des choix moins solidaires et plus inégalitaires. 
La mise en pièces du statut des fonctionnaires constituerait une atteinte aux garanties des agents mais aussi à la qualité du service rendu aux usagers. Concurrence et financiarisation obligent. 
La diminution des effectifs est un non-sens car 
elle entraîne obligatoirement une réduction 
des services publics de proximité. 
Cela signifie aussi moins de protection pour 
les familles touchées par les conséquences multiples de la crise, au risque d’une explosion sociale qui 
se trompe de cible.

C’est pourquoi notre budget 2010 se veut un acte 
de résistance. À l’écoute des habitants et des agents, qui sont en contact avec la population, nous voulons poursuivre la mise en œuvre de nos engagements municipaux. Nous souhaitons maintenir dans 
la diversité les services existants, à l’attention 
de toutes les catégories de la population, 
et développer, tout particulièrement, les aides à 
la personne, pour les tout-petits et les aînés.

Un service public de qualité ne peut être assuré que par des fonctionnaires bien formés et compétents. Nous consacrons 8% du budget du personnel 
à la formation des agents. Notre préoccupation majeure, dans le respect du dialogue social, 
en matière de santé, de prévention et d’organisation, c’est de contribuer à l’épanouissement au travail. Les campagnes de dénigrement des fonctionnaires, menées par le gouvernement, s’appuient le plus souvent sur des préjugés. La réalité est tout autre. 
La population, les usagers nous expriment leur satisfaction du travail accompli et du service rendu.

Nous recevons chaque année plus de 1 000 demandes d’embauches, dont beaucoup émanent de jeunes diplômés. C’est un vrai changement, car il y a quelques années seul le secteur privé trouvait grâce à leurs yeux. Cela montre aussi tout l’intérêt porté au service public, qui donne sans aucun doute du sens au travail 
et offre des perspectives de carrière sécurisées, 
quel que soit le diplôme. 
Tout cela participe d’une revalorisation de l’image 
des fonctionnaires. Plus que jamais, nous avons 
besoin d’une fonction publique de qualité au service de l’intérêt général.

les fonctionnaires ne creusent pas la dette

Ralentir la dépense publique. Tel est le leimotiv, dès lors qu’il est question de réduire le déficit public. À chaque fois, la fonction publique est touchée au cœur, avec des pertes d’emplois, des externalisations de services, etc. En rendant son rapport annuel, la Cour des comptes n’a pas dérogé à la règle hier. Considérant que le déficit public atteint un niveau « sans précédent », elle préconise de « donner priorité au ralentissement des dépenses publiques ». Elle reconnaît pourtant que « même si d’ambitieuses réformes allant bien au-delà de la révision générale des politiques publiques (RGPP) sont menées à bien, l’ampleur des déficits rend difficilement évitable une augmentation des ressources ». Car la Cour des comptes ne peut pas le nier, la RGPP, qui programme entre autres le non-remplacement d’un départ en retraite sur deux dans la fonction publique, n’aboutit « au plan budgétaire 
qu’à des résultats modestes ». L’économie est 
en effet chiffrée à 7,7 milliards d’euros pour 
le déficit prévisionnel du budget 2010 d’environ 149,2 milliards d’euros. Le rapport souligne aussi les manques à gagner dans le budget de l’État, citant par exemple les multiples niches fiscales, exonérations d’impôts qui représentent quelque 70,7 milliards d’euros en 2009, ou encore 
la baisse de la TVA à 5,5 % dans la restauration, cadeau royal accordé aux patrons des hôtels-cafés-restaurants, sans aucune contrepartie.
 


Edité par T 34 - 27 Sep 2010 à 17:34
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Mar 2010 à 18:37

Deux mots accolés

Les services publics sont au premier rang pour sauver des vies, déblayer les voies d’accès, rétablir l’électricité dans les zones les plus meurtries.

Par Jean-Paul Piérot

Les progrès de l’humanité n’aboliront jamais totalement les risques que font courir les dérèglements naturels, les effets des conjonctions aléatoires de phénomènes que nul ne saurait maîtriser. Nous disposons néanmoins de moyens de détection, de prévision, d’un savoir-faire des travailleurs des grands services publics, de la recherche à l’équipement. La France d’aujourd’hui, comme tous les pays développés, est infiniment mieux armée pour limiter les conséquences dramatiques des catastrophes naturelles que dans le passé. Mieux équipée aussi – signe de l’injustice de l’ordre économique mondial – que la plupart des zones de concentration humaine de la planète…

Dimanche matin, hors des régions les plus cruellement frappées de l’Ouest, nous avons découvert peu à peu que la tempête annoncée la veille dans les bulletins météorologiques avait tourné au drame. Le nombre de victimes noyées ou mortellement blessées par des chutes de pierres et d’arbres n’allait pas tarder à faire prendre conscience du caractère meurtrier et dévastateur de cette conjuration de l’eau et du vent. Les Français s’étaient couchés après avoir découvert les premières images du tremblement de terre au Chili et se réveillaient brutalement sous les bourrasques d’un vent particulièrement mauvais.

Il est indispensable de tirer les meilleures leçons du drame, une fois évidemment secourues et réconfortées les familles sinistrées et, pour certaines d’entre elles, endeuillées. Les questions portent sur la solidité des digues, sur un plan d’urbanisme qui ne tient pas toujours compte des risques d’inondation. Il faudra s’interroger pour savoir si les populations des zones les plus exposées ont été suffisamment informées des conséquences possibles d’une tempête annoncée. Ce travail d’investigation est indispensable pour réduire les risques à l’avenir et améliorer notre dispositif d’alerte. Avons-nous tiré tous les enseignements des drames d’un passé récent  ? Il y a plusieurs années, la crue meurtrière des eaux de l’Ouvèze à Vaison-la-Romaine avait révélé les énormes fautes en matière d’urbanisation. Toute catastrophe n’étant pas comparable en tout point à celles qui l’ont précédée, les services concernés doivent procéder à une analyse des causes et des effets de la tempête. De même faudra-t-il se souvenir des difficultés imposées à trop de familles, à des exploitants agricoles, l’an dernier, pour faire connaître l’ampleur des désastres face à des compagnies d’assurances souvent promptes à trouver des arguties pour baisser les remboursements des préjudices.

Le président Sarkozy a parlé hier d’un « drame inacceptable et incompréhensible » et s’est interrogé pour savoir « comment il est possible qu’au XXIe siècle des familles peuvent être surprises dans leur sommeil, mourir noyées dans leur maison ». Au-delà de la rhétorique de circonstance, la vraie question est de savoir avec quel esprit de suite le gouvernement va s’attaquer au plan digue annoncé. Celui-ci nous a tellement habitués à prétendre résoudre les problèmes par des déclarations et des promesses qu’il importe de rester vigilant. Mais une fois de plus, comme en décembre 1999, les services publics sont au premier rang pour sauver des vies, déblayer les voies d’accès, rétablir l’électricité dans les zones les plus meurtries. C’est dans ces circonstances les plus dramatiques que l’opinion comprend le mieux le sens profondément humaniste de ces mots accolés  : service public. Les fausses questions compassionnelles du chef de l’État ne feront pas oublier la suppression méthodique des postes de la fonction publique.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Mar 2010 à 18:43

Les agents d’EDF fortement mobilisés

222 000 foyers toujours privés d’électricité. Le sous-investissement dans le réseau pointé du doigt par la CGT.

Hier à 11 heures, 222 000 foyers étaient toujours privés d’électricité. Douze régions étaient encore touchées de l’ouest au nord-est du pays. Si dans la plupart des cas, le nombre d’usagers concernés dépassait à peine quelques milliers, trois régions concentraient l’essentiel des foyers sinistrés. 93 000 dans le Centre et 80 000 pour le Poitou-Charentes et les Pays de la Loire.

Selon ERDF, « 5 000 agents étaient à pied d’œuvre pour rétablir le courant », et le dispositif devait être encore renforcé dans la journée par l’envoi de renforts venu d’Allemagne et d’Angleterre et de départements épargnés.

Sur le littoral, en Vendée et en Charente-Maritime, plus que les fortes rafales de vents, c’est l’eau qui semble être l’origine principale des coupures. « Cela complique notre tâche, il est impossible de réparer tant que l’eau ne s’est pas retirée », explique ainsi Bernard Faucher, responsable régional de la CGT à ERDF en Poitou-Charentes. « Dans l’immédiat, nous travaillons à rétablir l’approvisionnement en déployant des groupes électrogènes. Pour ce qui est des réparations, nous sommes encore essentiellement dans une phase de diagnostic et de recensement des dommages », explique le syndicaliste. « Le dévouement des agents est précieux et d’autant plus soulignable que certains sont eux-mêmes des sinistrés. Cela dit, notre capacité de réaction a été largement diminuée. Les postes supprimés depuis des années nous font défaut aujourd’hui pour rétablir la situation au plus vite. Les renforts, c’est bien. Avoir sur place, en nombre suffisant, des agents qui connaissent bien le réseau, c’est encore mieux », poursuit Bernard Faucher.

Laurent Langlard, porte-parole de la CGT énergie, fait le même constat  : « Certes un phénomène climatique d’une telle ampleur ne peut que provoquer des dégâts. Cela dit, ceux-ci sont d’autant plus importants que le réseau de distribution est en mauvais état. ». Le syndicaliste rappelle que, lors de la tempête de l’année dernière, « les équipes d’ERDF ont retrouvé des réparations provisoires qui dataient de celle de 1999 ». Laurent Langlard estime que le réseau a été particulièrement fragilisé par « vingt années de sous-investissement ». Il souligne que des centres de proximité ont été fermés que « d’autres ont été transformés en centre de résultat » et que pour afficher de « bonnes performances économiques », certaines directions ont lésiné sur la maintenance. Et le syndicaliste de conclure  : « Il faut choisir entre verser de juteux dividendes et avoir un réseau électrique sur et fiable. »

Pierre-Henri Lab

22/03/2010

Mobilité : Éric Woerth ne respecte pas sa propre loi


Les personnels de la défense civile de Montpellier dénoncent l’incapacité de l’État 
à les reclasser.

L’intersyndicale des personnels des sites de défense de Montpellier le dit tout net  : « Il faut arrêter avec le préjugé de la soi-disant protection des fonctionnaires. » Elle dénonce, expériences à l’appui, le projet de décret du ministre Éric Woerth qui introduit le licenciement dans la fonction publique. Le décret, qui devrait tomber en avril, prévoit qu’au bout de trois refus de poste, le fonctionnaire sera mis en disponibilité d’office, sans rémunération. Ce projet de casse du statut accompagne la mise en place de la nouvelle carte militaire, qui a pour conséquence de supprimer 54 000 emplois civils et militaires d’ici à 2014. Mais, loi sur la mobilité ou pas, à Montpellier, l’administration est tout simplement dans l’incapacité de proposer des postes, dans la plupart des cas pour cause d’incompatibilité au sein même du statut de la fonction publique. Parmi les aberrations, citons le cas de ce pompier qui ne peut pas être muté car, dans la grille des métiers hors ministère de la Défense, le grade d’agent technique ne lui permet pas d’aller au feu, sauf s’il accepte d’être pompier bénévole  !

« Les oubliés de Montpellier », comme ils se nomment eux-mêmes, poursuivent leur combat pour obtenir un moratoire de deux ans sur les restructurations des sites  : l’école d’application d’infanterie (EAI), la direction interdépartementale des anciens combattants et victimes de guerre du Languedoc-Roussillon (Diac), l’école militaire supérieure d’administration et de management (Emsam). Soixante-quinze personnes sont toujours en attente de reclassement, auxquelles viendront s’ajouter bientôt soixante-cinq du génie de Montpellier. L’intersyndicale CGT, CFDT, FO, Unsa, CFTC dénonce « le non-sens de ces restructurations qui sont conduites sans cohérence politique, économique, et en l’absence de tout accompagnement social » et constate « le désarroi et le désespoir des agents ».

L’intersyndicale pointe surtout que, « contrairement aux affirmations de M. Woerth, les salariés n’ont pas reçu les trois propositions réglementaires. Ils ont pour beaucoup déjà connu la mobilité, et les incitations à la mutation se font sans aucune aide d’accompagnement (logement, transport, conjoint, scolarité des enfants)… De plus, les structures des directions des ressources humaines fermeront avant que les reclassements des agents ne soient terminés ». À la Diac, dont la fermeture a lieu fin avril, Jocelyne Sicard (CGT) rapporte l’état d’esprit des personnels, alors que certains ne savent toujours pas ce qu’ils vont devenir  : « Malgré cette situation, le premier souci des agents, c’est comment va-t-on continuer à traiter les dossiers des invalides, le tout dans un contexte d’intimidations et de très forte détresse. Les gens ont été fidélisés à une structure et, du jour au lendemain, tout s’écroule. »

Eloi Martinez



Edité par T 34 - 27 Sep 2010 à 17:47
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Mar 2010 à 20:53

La flambée des prix de l’électricité

Le gouvernement 
veut livrer la production électronucléaire 
aux groupes privés.

Le projet de loi sur la nouvelle organisation du marché de l’électricité sera examiné par l’Assemblée nationale à compter du 26 mai prochain, a déclaré à l’AFP le député UMP Jean-Claude 
Lenoir, vendredi dernier. Dénoncé par la CGT énergie, ce projet de loi vise à permettre aux concurrents d’EDF comme Poweo ou Direct Energy d’accéder directement à la production électronucléaire. Un tiers de la production serait mis à leur disposition à prix coûtant. Ce mécanisme vise à permettre aux concurrents de l’entreprise publique de se développer. Bien que la libéralisation soit totale depuis 2006, elle n’est pas parvenue à se concrétiser. Aujourd’hui, 99,7 % des usagers de l’électricité demeurent fidèles aux tarifs réglementés et à EDF. La raison de cet échec est simple. Poweo, Direct Energy et les autres fournisseurs ne possèdent pas ou peu de moyens de production. Ce sont des courtiers, qui achètent l’énergie au prix de gros et tentent de la 
revendre aux consommateurs en réalisant une marge. Malheureusement pour eux, les prix auxquels ils l’achètent restent très supérieurs aux coûts de production d’EDF. Ce qui les empêche de rivaliser avec les tarifs réglementés. En transférant une partie de la production du parc nucléaire aux opérateurs privés, le projet de loi concocté par le premier ministre, 
François Fillon, leur transférera une partie de la rente nucléaire. La CGT énergie dénonce « un hold-up » en faisant valoir que le parc nucléaire a été financé par l’usager par le biais de sa facture. Le projet de loi comporte un second volet qui modifie le mode de fixation des tarifs réglementés. Ceux-ci seront désormais fixés par la Commission de régulation de l’énergie et seront indexés sur les prix de marché. Ce dispositif devrait permettre un alignement progressif des uns sur les autres, les prix de marché étant actuellement très supérieurs aux tarifs réglementés.

Pierre-Henri Lab

 


Edité par T 34 - 23 Mar 2010 à 21:03
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GDF-Suez impose une hausse du gaz explosive

GDF-Suez en avait fait la demande ; hier, la commission de régulation de l’énergie (CRE) l’a acceptée : les prix du gaz augmenteront de 9,7 %, au 1er avril. Soit une hausse de 85 euros en moyenne sur les factures des particuliers.

Les salaires sont gelés, la consommation flanche, mais peu importe, la commission de régulation de l’énergie (CRE) a répondu favorablement à la demande d’EDF-Suez d’augmenter de 9,7 % les prix du gaz, dès le 1er avril. Et ce n’est malheureusement pas une blague… Le gaz augmentera donc en moyenne de 0,403 centimes d’euro par kilowattheure (kWh). La première hausse depuis août 2008 (+ 5,3 %) et la plus forte depuis novembre 2005, date à laquelle les prix avaient bondi de 13,7 %. Sur les cinq dernières années, la facture a flambé de 40 %. Pourtant, la déréglementation des marchés de l’électricité et du gaz, prônée par le traité de Lisbonne et signée en 2002 par le tandem Chirac-Jospin, devait faire baisser les prix  ! Pour les six millions de Français qui se chauffent au gaz, cette nouvelle envolée des prix représente en moyenne 85 euros TTC de plus sur leur facture annuelle, a précisé Philippe de Ladoucette, président de la CRE, lors d’une conférence de presse. Pour le 1,5 million de foyers qui n’utilisent le gaz que pour faire la cuisine, ils paieront 10 euros de plus par an (hors TVA) et 21 euros s’ils s’en servent aussi pour leur eau chaude.

Les réactions n’ont pas tardé. Mesure « injustifiée » pour la CGT, « tout simplement scandaleuse » pour la CFTC. Mais pour GDF, l’explication est simple  : les prix ne couvraient pas les coûts. « Le manque à gagner a atteint 700 millions d’euros en 2008 et il est encore de 177 millions en 2009. » La ficelle est un peu grosse en ces temps de crise. « Alors que le groupe annonce un bénéfice net de 4,5 milliards d’euros, c’est encore aux Français à qui on demande de piocher dans leur budget », dénonce de son côté le PCF. Au total, « 1 milliard d’euros seront ainsi ponctionnés auprès des ménages », a estimé de son côté la CGT. Pour le PS, « une telle augmentation, qui devrait améliorer de 300 millions d’euros l’excédent brut d’exploitation de GDF-Suez, est une nouvelle ponction sur les Français au profit de l’État, actionnaire majoritaire, ainsi que des actionnaires privés, alors que l’action du groupe est en berne ». Pour préserver les actionnaires de GDF-Suez, la hausse des tarifs « risque de se révéler, dans bien des cas, insupportable pour les ménages les plus modestes et les plus fragilisés par la crise », a dénoncé la CFTC. Nombre de commentaires mettent en cause le nouveau décret, publié en décembre 2009, qui a modifié la procédure de révision des prix du gaz.

DES EXPERTS SANS LÉGITIMITÉ POLITIQUE

À l’instar de la CFTC, qui estime que cette nouvelle règle « a laissé à des experts n’ayant aucune légitimité politique, le soin de fixer les prix d’une entreprise encore détenue à 35 % par l’État ». Conformément au texte de loi, la commission de régulation de l’énergie, qui n’avait jusqu’à présent qu’un avis consultatif, émet désormais une décision contraignante, tandis que le ministère de l’Économie, qui avait autrefois la haute main sur la fixation des tarifs, ne donne plus que des éléments de cadrage annuel. En clair, GDF concocte tous les trimestres, dans son coin, une révision tarifaire. Elle soumet son souhait auprès de la CRE, qui doit de son côté vérifier si ce dernier est conforme à la formule de calcul tarifaire. Celui-ci est indexé sur les prix du pétrole, qui ont en effet augmenté de plus de 50 % en un an. Or, les prix du gaz naturel sont de plus en plus déconnectés des prix du pétrole brut, en raison d’une surproduction de gaz naturel au niveau mondial. Mais pour l’instant, la formule n’est pas remise en question.

Clotilde Mathieu

Gaz. « Le gouvernement peut refuser la ponction

Laurent Langlard, porte-parole de la Fédération 
des mines et energie CGT.

Pourquoi, selon vous, cette demande de hausse 
du prix du gaz n’est pas justifiée  ?

Laurent Langlard. Le mécanisme de fixation des tarifs du gaz aux usagers mis en place par le gouvernement prévoit que ceux-ci soient désormais indexés sur les prix du pétrole. Or, si les cours de l’or noir augmentent, les prix à l’approvisionnement du gaz stagnent. Cette hausse ne peut donc pas être expliquée par un surenchérissement des coûts. Cette hausse ne vise qu’à accroître les marges financières de GDF-Suez au seul bénéfice des actionnaires. Après un résultat historique en 2008, le groupe a, malgré la crise, réalisé 4, 5 milliards d’euros de bénéfice en 2009. Ce faramineux montant a déjà été atteint grâce une augmentation de 500 millions d’euros de la marge faite sur les consommateurs. 9, 7 % de hausse, c’est un milliard d’euros de bénéfices réalisé au détriment des ménages.

La fixation des tarifs du gaz souffre, dites-vous, 
d’un manque de transparence…

Laurent Langlard. GDF-Suez affirme que ses coûts d’approvisionnement augmentent et nous devrions les croire sur parole  ! L’opacité la plus totale règne. Le groupe alimente les usagers domestiques avec le gaz acheté dans le cadre des contrats à long terme, incomparablement moins cher que celui acheté en plus petite quantité sur le marché. Aujourd’hui, même la commission de régulation de l’énergie (CRE), qui doit décider si elle accorde ou non cette hausse à GDF-Suez, ne bénéficie d’aucun élément lui permettant de savoir si cette demande est justifiée. GDF-Suez doit communiquer ses coûts, ceux des contrats à long terme, mais aussi d’acheminement et de distribution. Les marges des opérateurs, doivent être négociées avec le gouvernement et servir l’investissement, pas les dividendes.

Qu’attendez-vous du gouvernement  ?

Laurent Langlard. Le nouveau mécanisme de fixation des tarifs l’exonère de prendre la décision d’autoriser ou de refuser cette hausse. C’est la CRE qui décide. Cela dit, le gouvernement conserve un droit de veto et peut empêcher cette hausse. La CGT exige donc que le gouvernement s’oppose à cette ponction.

Entretien réalsié par pierre-Henri Lab

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 Mar 2010 à 20:34

C’est un scandale !

L’informatique de la SNCF sera contrôlée par IBM

La direction de l’entreprise publique et la multinationale américaine créent une filiale commune.

Chaque jour qui passe à la SNCF semble désormais devoir apporter son lot de mauvais coups contre le service public. Après le fret, c’est l’informatique, ni plus ni moins, qui est dans le collimateur de la direction. Le 11 janvier dernier, malgré l’opposition des administrateurs salariés, le conseil d’administration de la compagnie ferroviaire a adopté le projet Ulysse. Il s’agit de la création d’une filiale commune avec le géant américain de l’informatique IBM qui gérera dorénavant toute l’informatique de l’entreprise publique. À la SNCF, peut-être encore plus qu’ailleurs, l’informatique est un secteur on ne peut plus stratégique. Billetterie, gestion des circulations ferroviaires et de leur sécurité, organisation du travail… les systèmes d’information sont le cœur névralgique de l’entreprise. Il suffit d’un bug, comme on dit dans le jargon, et toute la machine peut s’en trouver paralysée. « Les systèmes sont devenus l’outil de pilotage de l’entreprise », résume Gilbert Garrel, responsable des cadres et agents de maîtrise de la CGT cheminots qui, rejointe par SUD rail, exige l’abandon du projet. « Créer cette filiale avec IBM, c’est permettre à la multinationale de faire main basse sur notre informatique. La SNCF risque de devenir un client captif d’IBM et de perdre le contrôle », poursuit Gilbert Garrel qui rappelle que « ce scénario s’est déjà produit par le passé chez BNP Paribas, à la MAIF et à CMA-CGM ». Les syndicats estiment également qu’IBM, en prenant le contrôle des systèmes de la SNCF, va « faire aussi main basse sur des compétences qui lui permettront de venir sur le marché de l’informatique ferroviaire ».

Deuxième motif d’opposition des syndicats  : les conséquences sur l’emploi. Selon la CGT, avec la création de cette filiale, la direction escompte réaliser « une réduction de ces coûts de production et d’exploitation de l’ordre de 20 à 30 % ». Les 2 100 emplois de cheminots que génère actuellement l’informatique sont menacés. Mais pas seulement  ! Les 2 000 prestataires qui travaillent dans ce domaine pour l’entreprise publique en feront aussi les frais car IBM sera tenté de délocaliser les tâches qui leur sont confiées hors du territoire. La CGT remarque ainsi que « IBM a contractualisé la charge de travail en se basant sur un coût journalier moyen estimé à 228 euros par prestataire », soit un niveau inférieur à l’actuel.

La CGT n’en finit pas de s’interroger sur « les motivations réelles » de la création d’Ulysse. « Dogmatisme de la filialisation » ou autre ? Le syndicat devient « très suspicieux » et se demande s’il ne faut pas établir un lien entre cette décision et le rachat par la SNCF, il y a moins d’un an, de la logistique d’IBM pour sa filiale Géodis.

Pierre-Henri Lab

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Mar 2010 à 20:33

Un Hôtel-Dieu à vil prix

Marseille, correspondant régional.

C’est ce qui s’appelle avoir le beurre, l’argent du beurre et… En construisant un luxueux hôtel dans le bâtiment de l’Hôtel-Dieu (XVIIIe siècle), le groupe Axa a vraiment réalisé une bonne affaire. Dans un premier temps, le bail emphytéotique signé avec la Ville de Marseille était déjà avantageux puisqu’à deux millions d’euros pour 99 ans, cela ramenait le coût du mètre carré à 55 centimes d’euro. Cela ne suffisait manifestement pas puisque, dans un deuxième temps, la majorité UMP décidait que le contribuable prendrait à sa charge une partie du coût des fouilles archéologiques (eh, oui, 2 600 ans d’histoire, cela laisse des traces) à hauteur de 500 000 euros. Pour conclure en beauté, le bail était finalement cédé gratuitement et la Ville a même décidé de prendre à sa charge pour 2,5 millions d’euros de travaux. Opposés depuis le départ à ce projet, les élus du groupe communiste, républicain et citoyen ont déposé, le 4 mars, plusieurs recours pour abus de pouvoir. Pour Frédéric Dutoit, son président, « le groupe Axa a acquis l’Hôtel-Dieu. C’était donc à lui prendre en charge la rénovation et non pas à la Ville qui a commis une erreur en vendant. Ce bâtiment aurait pu rester un hôpital de proximité, être transformé en espace vert ou devenir un outil culturel mais pas un hôtel qui ne profitera pas aux Marseillais ».

Christophe Deroubaix

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Apr 2010 à 16:51

SNCF, la direction choisit l’affrontement

Plutôt que de négocier pour tenter d’éviter une grève reconductible à compter de mardi prochain, la direction accuse la CGT de désinvolture.

Confrontée à huit préavis de grève touchant l’ensemble de l’entreprise, dont quatre reconductibles (conducteurs, contrôleurs, fret et agents du matériel) toutes les 24 heures à compter du 6 avril prochain, la direction de la SNCF semble vouloir privilégier l’affrontement avec la CGT et la CFDT. Le directeur des ressources humaines, François Nogué, s’en est ainsi violemment pris à eux. « C’est assez insupportable pour nos clients et c’est une forme de désinvolture vis-à-vis du service public », a-t-il déclaré à l’AFP.

Cette réaction était accueillie hier avec une certaine ironie par le secrétaire général de la CGT cheminots, Didier Le Reste. « Il faut la perspective d’une grève pour que 
M. Nogué se souvienne du service public. C’est plutôt fort de café de la part d’une direction qui chaque jour filialise, supprime des emplois et dégrade les conditions de transport et de travail », a-t-il réagi. Le responsable syndical met également en cause la volonté affichée par la direction de négocier pour éviter la grève. « La direction nous recevra jeudi et vendredi et ne consacrera qu’une heure de discussion à chaque préavis », précise-t-il. « Lors de la dernière grève, le 3 février dernier, nous avions dit qu’il s’agissait d’un ultimatum à la direction et au gouvernement. Depuis la démarche de concertation immédiate n’a abouti à rien. La direction fait fi du dialogue social et continue de camper sur ses positions », explique Didier Le Reste, qui rejette sur la SNCF la responsabilité de la prochaine grève.

Les sept préavis déposés par la CGT touchent à la fois aux restructurations en cours dans l’entreprise et à des revendications spécifiques à chaque métier. Côté restructurations, les agents du fret sont appelés à se mobiliser contre l’abandon du wagon isolé. « La grève a pour objectif d’obtenir un moratoire sur le démantèlement du fret », explique Didier Le Reste. Les roulants (agents de conduite et contrôleurs) sont appelés à la grève contre la réorganisation de leurs établissements. « La direction veut supprimer les établissements régionaux et créer des établissements par ligne avec des personnels dédiés. Il s’agit d’anticiper l’ouverture à la concurrence du TER et la perte éventuelle du statut d’opérateur sur certaines lignes », indique Jean-Marc Paris, des agents de conduite CGT. L’ensemble des préavis de la CGT porte aussi sur l’emploi et les salaires. « La grève a pour objectif d’obtenir une modification du budget 2010 avec l’embauche de 2 000 cheminots et nous exigeons également la réouverture des négociations salariales. Les cheminots ne peuvent pas se satisfaire de 0,9 % d’augmentation », précise Didier Le Reste.

La CFDT, qui exprime « des fortes craintes » et « des inquiétudes » en raison des restructurations, a déposé un préavis reconductible concernant les agents de conduite. De source interne à la SNCF, on s’attend à un mouvement suivi. Des taux de grévistes supérieurs à 30 % ont en effet été enregistrés lors des deux dernières mobilisations, le 3 février et le 23 mars sur les retraites.

Pierre-Henri Lab

Vous avez dit « désinvolte » ?

Une grève « insupportable », de la « désinvolture 
vis-à-vis du service public ». Le directeur des ressources humaines de la SNCF, François Nogué, a des mots peu amènes pour les syndicats, et singulièrement pour 
la CGT qui a déposé plusieurs préavis de grève à compter de mardi prochain. La ficèle est grosse et archi-usée 
à force d’être utilisée. Il s’agit de désigner les syndicats à la vindicte des usagers légitimement exaspérés par des conditions de transport de plus en plus exécrables. Gageons qu’on entendra bientôt la ritournelle habituelle des députés UMP autour du service minimum. Le droit de grève montré du doigt, afin de camoufler ses propres responsabilités et d’éviter de remettre en cause 
une gestion interne de l’entreprise publique toujours plus tournée vers le profit et la rentabilité au détriment du voyageur. Retards et annulations quotidiens de trains, billets à des tarifs prohibitifs pour les Français les plus modestes, suppressions de dessertes, politique du fret qui jette plus d’un million de camions sur les routes 
en moins d’un an… De quel côté est la « désinvolture »  ? Des salariés qui ont le courage de s’opposer à 
cette politique destructrice pour la cohésion sociale et l’environnement  ? Ou de ceux qui, à la SNCF comme à Matignon, la mettent en œuvre  ? Insupportable, c’est sûr.
 


Edité par T 34 - 02 Apr 2010 à 16:51
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Apr 2010 à 21:48

Les cheminots et The Navigators

Á maintes occasions les cheminots ont montré leur courage et leur détermination dans le combat social.

Par Jean-Paul Piérot

Jusqu’à présent, le monde entier nous enviait notre réseau ferroviaire. Les voyageurs étrangers s’émerveillaient de nos trains respectant l’horaire à la minute près, ce qui n’était nullement la règle générale dans nombre de pays européens. Nos TGV bouleversèrent à leur création, au début des années quatre-vingt, les notions de distance au point de narguer les transports aériens entre Paris et Marseille. Dans la même période, de l’autre côté de la Manche, Margaret Thatcher dépeçait les chemins de fer britanniques pour les livrer à des sociétés privées. La situation que nous avons découverte dans le film de Kenn Loach The Navigators nous apparaissait hors d’atteinte tant elle était calamiteuse. Soyons juste, grâce à la compétence des travailleurs de la SNCF, toutes professions confondues, les chemins de fer de notre pays sont encore un service public de référence, auquel les Français sont très fortement attachés.

Et pourtant les mêmes causes produisent les mêmes effets. Le poison du libéralisme et la primauté à la rentabilité financière sur l’intérêt général se font sentir. Fermetures de lignes « non rentables », politique de fret sacrifiée, pannes à répétition sur les lignes TGV, que les cheminots diagnostiquent comme les conséquences d’un vieillissement du matériel, du manque d’investissements. La SNCF, qui a perdu quelque vingt mille postes depuis 2002, souffre d’une pénurie de personnel due non pas au manque d’intérêt de la profession mais aux restrictions imposées par l’État.

L’opinion publique découvre avec indignation — ce qu’elle n’avait bien compris jusqu’alors — que le ministère des Finances signe chaque année des chèques pour rembourser une partie de leurs impôts aux huit cents familles les plus riches de notre pays. Parallèlement, le gouvernement invoque la crise économique pour sabrer les effectifs dans les services publics. Lui emboîtant le pas, la direction de la SNCF veut réduire de près de huit mille le nombre de cheminots d’ici à 2012. Didier Le Reste, qui dirige le syndicat CGT, a posé clairement la revendication de deux mille embauches en 2010 et reproche à la direction de se refuser à une vraie négociation sur les emplois, les salaires, l’organisation interne, et de jouer la division entre les syndicats. Elle a réussi à neutraliser la CFDT. Mais les cheminots, à maintes occasions dans l’histoire, ont fait montre de leur courage et de leur détermination dans le combat social. Ils portèrent les espoirs du monde du travail tout entier contre le plan Juppé, en 1995, au point que l’on parla alors d’une grève par procuration de la majorité des salariés. Dans d’autres conditions aujourd’hui, leurs revendications rencontrent à l’évidence l’intérêt de tous leurs concitoyens, usagers des transports, qui considèrent que les chemins de fer français, nationalisés dès 1936, doivent demeurer l’un des fleurons de notre secteur public. La grève qu’ils engagent aujourd’hui, et qui pourrait être reconduite si les assemblées générales des personnels le décident, devrait être puissante et accueillie avec compréhension, voire avec sympathie par les salariés du public et du privé. Ceux-ci se sont mobilisés avec force le 23 mars : 800 000 manifestants ont battu le pavé dans toute la France.

Le service public a cette singularité d’unir dans la vie quotidienne les salariés et le public, la lutte des uns épaule le combat des autres, au grand dam des diviseurs

La SNCF met en échec les négociations

La CGT accuse la direction de refuser de négocier. 
La CFDT se retire du mouvement.

À quelques heures de la fin des préavis de grève, le conflit semblait hier inévitable à la SNCF. Les négociations obligatoires n’ont visiblement pas permis de débloquer la situation. Seule la CFDT a renoncé à appeler les cheminots à cesser le travail. Son secrétaire général, Arnaud Morvan, a expliqué, vendredi à l’AFP, que son organisation estime avoir reçu des garanties sur les parcours professionnels des contrôleurs. Pour les conducteurs, elle prétend avoir obtenu une augmentation de la rémunération des heures de nuit et des promotions supplémentaires ainsi que des compensations pour ceux qui roulent à l’étranger. Pour justifier son retrait, le syndicat met aussi en avant « la nécessité de s’économiser » avant le bras de fer avec le gouvernement qui se profile sur le dossier des retraites. La CGT et SUD rail ont décidé de maintenir leur préavis. La CGT accuse la direction d’avoir mis à profit le temps des négociations rendues obligatoires par les préavis pour tenter de lui faire porter la responsabilité de la grève. Le syndicat fait valoir que la direction n’avait pas prévu de consacrer plus de trois quarts d’heure à l’examen de chacun de ses sept préavis. Aucune reprise des négociations n’est prévue aujourd’hui et, sans revirement de la direction, la grève reconductible chez les roulants (contrôleurs et conducteurs) commencera ce soir à 20 heures.

P.H.L.

L’emploi public sacrifié

La CGT cheminots
accuse la direction 
de vouloir supprimer 
7 657 emplois 
d’ici à 2012.

La carte que nous publions ici a été réalisée sur la base de chiffres rendus publics par la CGT cheminots. Le syndicat a recensé « les suppressions d’emploi prévues par chacune des 18 directions régionales de la SNCF et communiquées, par elles, en comités d’établissements régionaux ». Au total, ce sont « 7 657 suppressions d’emplois qui sont programmés dans le cadre de la mise en œuvre de Destination 2012 ». Ce projet vise, selon la direction de la SNCF, à doubler les résultats financiers de l’entreprise publique d’ici là. « L’emploi est clairement considéré comme une variable d’ajustement pour accroître la rentabilité du groupe et réaliser des profits », dénonce la CGT cheminots. Pour le syndicat, « une telle saignée dans les effectifs ne peut se traduire que par une nouvelle dégradation du service public et des conditions de transport des usagers ». La CGT cheminots rappelle aussi que, depuis 2002, près de 22 000 emplois cheminots ont été supprimés (pour l’essentiel dans le fret) et que 3 700 sont prévus de l’être cette année dans le cadre du budget 2010, à la faveur du non-remplacement des départs en retraites des agents.

P.H.L.

Les cheminots veulent stopper la casse de la SNCF

Fret, concurrence, externalisation de l’informatique, emplois et salaires sont au cœur du mouvement de grève qui débute ce soir, à 20 heures. La CGT accuse la SNCF d’avoir fait sciemment échouer les négociations prévues dans les préavis.

La grève à la SNCF commence ce soir, à 20 heures. À l’heure où ces lignes étaient écrites, l’entreprise n’avait pas communiqué ses prévisions de trafic mais celui-ci s’annonce d’ores et déjà perturbé. SUD Rail a déposé un préavis reconductible pour l’ensemble des services. La CGT en a déposé sept. Trois sont reconductibles toutes les vingt-quatre heures. Ils concernent les agents de conduite, les contrôleurs et les agents du fret quel que soit leur métier. Les quatre autres sont de vingt-quatre heures et concernent les autres activités de l’entreprise publique.

Réduction des capacités de Fret

Les cheminots sont appelés à faire grève pour obtenir « un moratoire » sur la restructuration du fret. Rendu public le 29 janvier dernier par l’Humanité, ce plan table sur des pertes de trafic d’un volume de 616 000 wagons à l’horizon 2011, soit un tiers du total transporté en 2009 par Fret SNCF. 255 000 wagons seront purement et simplement abandonnés par la l’entreprise, qui a décidé de ne plus assumer le wagon isolé (trains comprenant des wagons affrétés par plusieurs expéditeurs pour plusieurs destinataires) mais aussi de renoncer à certains trains entiers (un seul expéditeur et seul destinataire pour l’ensemble du convoi) car jugés insuffisamment rentables en raison d’une faible fréquence de circulation. Ce plan prévoit aussi la réduction des capacités de Fret SNCF. Sur onze grands triages existants, seulement trois seraient maintenus, dont un seul en région parisienne. La CGT dénonce un projet contraire aux objectifs de report du transport de marchandises de la route vers le rail fixés par le Grenelle de l’environnement. En 2007, le président de la République fixait pour objectif d’augmenter de 25 %, d’ici à 2012, la part du ferroviaire dans le fret. Or avec ce plan, ce sont 500 000 camions supplémentaires qui seront jetés sur les routes de France. Ainsi, selon une étude interne baptisée Carbone 4, 300 000 tonnes supplémentaires de gaz à effet de serre équivalent CO2 seraient rejetées chaque année. La CGT accuse enfin la SNCF de transférer l’activité fret ferroviaire vers ses filiales privées de transport routier. Après avoir racheté Géodis, l’entreprise s’apprête en effet à acquérir les transports Giraud.

Agents de conduite et contrôleurs sont appelés à se mobiliser spécifiquement sur la réorganisation de leurs métiers qui visent à dédier ces personnels à l’exploitation d’une ligne en particulier. La direction prépare ainsi la mise en œuvre de la concurrence dans le transport de voyageurs. En cas de perte d’exploitation d’une ligne, elle souhaite pouvoir transférer à son concurrent l’ensemble des personnels roulants y étant attachés. Pour la CGT, ce projet est inacceptable car il préfigure « l’éclatement de l’entreprise publique ».

Avec cette grève, la CGT veut essayer également de contrer le projet d’externalisation de l’informatique de la SNCF. Le 11 janvier dernier, malgré l’opposition des élus salariés, le conseil d’administration a examiné et adopté la création d’une filiale commune avec le géant américain IBM. Billetterie, gestion des circulations et de leur sécurité, organisation du travail. La CGT dénonce « une perte de contrôle » de l’entreprise. En outre, elle craint que cette décision ne permette à la multinationale de l’informatique de faire « main basse » sur les données confidentielles des clients et le savoir-faire des équipes de la SNCF. Enfin, le syndicat estime que 2 100 emplois directs et 2 000 emplois indirects dans la sous-traitance sont menacés par « des délocalisations offshore (hors du territoire national – NDLR) ».

L’emploi est une revendication transverse à l’ensemble des préavis. La CGT, qui accuse la direction de vouloir supprimer 7 657 emplois d’ici à 2012, espère que cette grève permettra d’infléchir cette politique. Elle revendique ainsi l’embauche au statut de 2 000 cheminots en 2010 (voir carte page 3).

Création d’un véritable 13e mois

Côté salaire, le torchon brûle également avec la direction. Celle-ci a concédé une hausse de 0, 9 % en 2010 alors que l’inflation, selon l’Insee, devrait atteindre 1, 3 % pour le seul premier semestre. La CGT revendique une hausse de 6 % « pour rattraper les pertes de pouvoir d’achat enregistrées ces dernières années ». Elle exige aussi la transformation de la prime de fin d’année en véritable 13e mois et une revalorisation du salaire d’embauche pour le porter à 1 600 euros brut par mois. Pour les retraités, elle réclame également un retour à l’indexation des pensions sur les salaires des actifs.

Pierre-Heri Lab

Grève SNCF : "Si on laisse faire les restructurations, ce sera pire pour les usagers"


Le secrétaire général de la CGT revient sur l’échec des négociations et appelle le gouvernement à prendre ses responsabilités dans le conflit.

Pourquoi les négociations dans le cadre des préavis de grève ont-elles échoué ?
Didier Le Reste. Il n’y a pas eu de véritables négociations. Ce sont au mieux des bavardages, au pire de petits arrangements entre amis. Aucune des revendications formulées dans chacun des préavis n’a fait l’objet de réponses sérieuses et adaptées. La plupart des annonces de la direction présentées comme des acquis de la discussion sont en fait des mesures qui ont déjà été actées en 2009. Rien sur le fret. Rien sur les salaires alors que l’augmentation de 0,9 % chichement concédée est en dessous de l’inflation prévisible. Rien sur les réorganisations. Rien non plus sur les revendications propres à chaque métier. Au lieu de vraiment négocier, la direction a mis à profit le préavis pour s’employer à diviser les syndicats.

Pour expliquer le retrait de son préavis, la CFDT dit qu’il est nécessaire d’économiser ses forces pour les retraites…
Didier Le Reste. Le retrait de la Fgaac-CFDT du conflit était cousu de fil blanc. Ce syndicat a fait valider son préavis par la direction de manière à ce que celle-ci puisse y apporter des réponses. La direction a même communiqué en interne la levée du préavis de la Fgaac-CFDT avant celle-ci. L’histoire se répète. La direction cherche à fragiliser l’unité syndicale et sans doute à préparer les élections professionnelles de 2011. Quand à l’argument selon lequel il faut en garder « sous la pédale pour les retraites », les cheminots ne sont pas dupes et savent à quoi sans tenir. Par le passé, en 1995, en 2003 et 2007, ils ont pu apprécier « la combativité » de la CFDT sur ce dossier.

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de pénaliser les usagers au nom de la concurrence avec SUD rail ?
Didier Le Reste. Toujours cette vieille rengaine de la concurrence entre syndicats. Encore une fois, il s’agit d’un rideau de fumée pour ne pas parler des vrais problèmes et des véritables responsabilités dans la dégradation du service public. La CGT ne se détermine pas par rapport aux autres organisations mais en fonction des revendications des cheminots. Rappelons que le 23 mars dernier, lors de la mobilisation sur les retraites, SUD rail appelait à une grève reconductible et pas la CGT. Quant aux usagers, nous entendons leurs mécontentements et nous le comprenons. Annulations de trains, retards, pannes, leur quotidien est devenu de plus en plus difficile. Si nous laissons la direction mener à bien ses restructurations et singulièrement les 8 000 suppressions d’emplois qu’elle projette de réaliser d’ici à 2012, alors le service public sera encore plus dégradé. Se rendre à son travail ou sur son lieu d’étude deviendra un parcours du combattant. Il y a convergence d’intérêt entre cheminots et usagers. Améliorer les conditions de travail des uns, c’est améliorer les conditions de transport des autres.

Qu’attendez-vous de la direction ?
Didier Le reste. Les déclarations préalables de participation à la grève faites par les cheminots nous indiquent que la mobilisation devrait être nettement supérieure aux dernières mobilisations du 3 février et du 23 mars derniers. La direction serait bien inspirée de passer du bavardage à de véritables négociations. Concrètement, la direction doit accepter une révision à la hausse du budget 2010 en matière d’emplois. Nous revendiquons le recrutement de 2 000 agents et la résorption de l’emploi précaire. En matière de salaires, il faut les revaloriser et travailler par exemple à la création d’un véritable 13e mois. Sur les restructurations, au-delà des retours d’expériences qui vont durer plusieurs mois, des carences sont identifiées. La SNCF doit accepter de s’asseoir autour de la table de négociation pour les résorber. En ce qui concerne le fret, nous exigeons un moratoire sur la stratégie mortifère mise en œuvre actuellement. Non seulement la direction transfert des trafics vers la route mais, en fermant des triages, elle est en train de casser l’outil interdisant à l’avenir toute reconquête. Le gouvernement doit aussi prendre ses responsabilités. Il ne peut pas se désintéresser d’une crise sociale à la SNCF ni d’une gestion de l’entreprise qui tourne le dos aux mesures du Grenelle de l’environnement, qui plus est en pleine semaine durable.

Entretien réalisé par Pierre-Henri Lab

SNCF. Témoignages de cheminots

«  La SNCF fait des marges sur le dos de l’usager et du contribuable  »

Muriel agent de circulation.

« Je suis entrée à la SNCF en 2002. Je travaille en trois-huit. Je suis agent de circulation. C’est un peu l’équivalent d’un contrôleur aérien pour le rail. Avec mes collègues, nous surveillons la sécurité du trafic et sa fluidité. Depuis des années, nous constatons une dégradation du trafic. Celle-ci est due au mauvais état du réseau et à la baisse des dépenses de maintenance. Mais pas seulement. Si les annulations de trains sont de plus en plus fréquentes, c’est aussi pour des raisons de rentabilité. En cas de retard trop important pour un RER, la SNCF paie des pénalités à la région. Pour éviter de le faire, elle préfère ne pas faire circuler le train. L’usager est pénalisé. Il devra attendre le suivant, parfois une heure durant suivant sa destination. Je trouve cela écœurant. Le RER est un service public financé par le contribuable et encore épargné par la concurrence. Et pourtant la SNCF tente par tous les moyens de réaliser une marge bénéficiaire. »

«  Le quotidien des usagers, c’est la galère  »

Philippe, agent de conduite sur la ligne D du RER.

« Je travaille à la SNCF depuis vingt-neuf ans, je gagne 3 000 euros par mois dont un tiers de primes. Je n’ai pas d’horaires fixes. Un jour du matin, le lendemain de l’après-midi ou du soir. Et souvent le week-end. C’est une vie difficile à laquelle je consens parce que je crois au service public. 
Or aujourd’hui, la direction n’en veut plus du service public. Sur la ligne D, il ne se passe pas un jour sans que le trafic soit perturbé. Annulations de trains, retards fréquents, 
le quotidien des 500 000 usagers c’est la galère. 
La direction a lancé « D maintenant », un programme 
de rénovation de certaines gares que l’on repeint, ou dans lesquelles on installe des bancs neufs sur les quais. Mais les usagers ont surtout besoin d’un transport fiable. Plutôt que 
de dépenser sans doute plusieurs dizaines de millions d’euros dans le rachat du transporteur routier Giraud, la direction serait mieux inspirée d’utiliser cet argent pour améliorer la ligne D. »

«  On joue avec la sécurité 
des cheminots  »

Fabrice, agent de maintenance à l’Infra Secteur Paris-Sud-Est.

« À la SNCF depuis 1997, je travaille en trois-huit. Je gagne 1 700 euros par mois dont un tiers de primes. Depuis dix ans, les moyens dont nous disposons pour la maintenance des voies sont sans cesse réduits. Les brigades de cheminots ont des territoires de plus en plus grands à couvrir. Les cycles de maintenance sont sans cesse allongés. Résultat  : les pannes se multiplient. Cela contribue fortement à dégrader le trafic. Depuis plusieurs années, la direction fait plus en plus appel à la sous-traitance. Les entreprises qui interviennent connaissent mal le travail et nous devons souvent repasser derrière. Quelle perte d’argent et de temps  ! Sans compter que cela pèse sur la sécurité. Pour parvenir à accomplir leur travail, les cheminots sont tentés de jouer de plus en plus avec les règles de sécurité. Or, on ne joue pas impunément avec les règles de sécurité quand on travaille sur les voies sans que le trafic soit interrompu. »

« Les wagons perdus par Fret SNCF sont devenus des camions »

Laurent, agent du fret à Villeneuve-Saint-Georges 
(Val-de-Marne).

« Je gagne 2 100 euros par mois dont un tiers de prime pour un travail en trois-huit. J’ai été embauché en 1997. La direction a dépensé des millions d’euros dans une campagne de publicité pour faire croire qu’elle travaillait à mettre les camions sur des trains. C’est purement scandaleux car elle fait l’inverse. Elle a décidé d’abandonner le wagon isolé. À Villeneuve, la capacité du triage est de 2 000 wagons. Il y a quelques années encore, on en traitait quotidiennement 1 300. Nous sommes tombés à 800. Les wagons perdus sont devenus des camions. Malgré cette baisse de l’activité, la qualité du service se dégrade car nous ne parvenons que très difficilement à effectuer notre tache. Nos moyens sont sans cesse restreints. En six mois, une vingtaine de postes ont été supprimés. La direction emploie des méthodes peu reluisantes. Elle essaie de nous mettre en concurrence avec les collègues du Bourget en disant que l’un des deux triages devra fermer. »

« Seul le profit intéresse 
nos dirigeants »

Sébastien, contrôleur.

« Je travaille à la SNCF depuis dix ans. J’interviens autant sur les trains de banlieue que sur les grandes lignes ou les TGV. Le mécontentement des usagers nous le vivons quotidiennement. Récemment, un collègue a été victime d’une agression. Un voyageur excédé par un retard lui a mis un coup de poing dans le visage. Les autres voyageurs ne sont pas intervenus. Certains ont même dit que c’était bien fait pour lui. Je suis révolté. Je ne suis pas entré à la SNCF pour ça. Je crois au service public mais comment continuer à y croire quand seul le profit intéresse nos dirigeants. Un exemple quand un TGV en panne doit être remorqué, une locomotive doit théoriquement intervenir dans les deux heures. Sur chaque ligne, il en y a deux prévus à cet effet. Si aucune n’est disponible, la régulation fait appel à d’autres services. Mais cette aide n’est pas gratuite. Alors s’engagent des négociations sur le prix, qui peuvent durer des heures. »

« Dans mon service, quarante postes sont non pourvus »

Frédéric,

agent d’escale à la gare de Lyon (Paris).

« Je suis à la SNCF depuis vingt-sept ans. Je travaille 
en deux-huit pour 1 600 euros par mois. Mon travail recouvre plusieurs missions, comme informer les voyageurs 
ou assurer la sécurité au départ d’un train. Gare de Lyon, 
il y a quarante postes non pourvus. C’est très difficile 
dans les heures de pointe de renseigner les usagers. 
On est souvent seul pour faire face à plusieurs demandes en même temps. Parfois, je n’ai même pas l’information. Quand il y a des incidents, les usagers, avec leurs téléphones portables reliés à Internet, savent souvent mieux que nous ce qu’il se passe. Résultat : nous essuyons le mécontentement des voyageurs. Au moment du départ d’un train, nous sommes censés veiller à ce qu’aucune personne ne tente 
de monter en marche ou qu’un usager n’est pas resté coincé dans une porte. Avec de moins en moins d’effectifs, cette mission de sécurité est de moins en moins bien assurée. 
- Un jour, il y aura un drame. »

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Apr 2010 à 22:37

95 % de français n’envisagent pas de quitter EDF

Seuls 2 % de Français souhaitent changer de fournisseur d’électricité ou de gaz même s’ils déplorent de plus 
en plus la qualité des réseaux, selon un sondage Ifop pour la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), publié samedi. 
Environ un Français sur quatre voulait pourtant changer de fournisseur d’énergie en 2006, un an avant l’arrivée de la concurrence (1er juillet 2007).

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Apr 2010 à 19:05

Quand la SNCF donne un avenir au fret qu'elle condamne…

Révélation. Dans une note interne sur la Deutsche Bahn, l’entreprise publique reconnaît que le fret dit du wagon isolé qu’elle a pourtant décidé d’abandonner est un service d’avenir.

Quels sont les objectifs poursuivis par la SNCF avec son plan fret ? La lecture d’un document interne que l’Humanité s’est procuré laisse en effet perplexe. Ce «  point sur la Deutsche Bahn » vante la politique en matière de transport de marchandises poursuivie par le principal concurrent de la SNCF.

Or, cette note de 7 pages qui analyse la situation récente du leader européen du rail décrit une stratégie rigoureusement contraire à celle de l’entreprise publique. À l’heure où la SNCF décide d’abandonner le wagon isolé, la Deutsche Bahn fait du développement de ce service sa priorité.

UNE VOIE À CONTRE-SENS

La note évoque d’abord « les performances » de DB Schenker, la filiale de la Deutsche Bahn, en charge du fret. Elle constate que l’activité est « fortement contributrice aux résultats du groupe » même si en 2009 en raison de la crise économique son chiffre d’affaires a fortement reculé. Cette précision a d’autant de sens qu’à l’inverse, les résultats de fret SNCF ne cessent de se dégrader depuis 2002 et sont responsables à eux seuls de près de la moitié du milliard d’euros de perte enregistré par l’entreprise publique en 2009. Coté « performance » en volume de marchandises transportées, l’écart est le même. En 2009, DB Schenker a convoyé 93,07 milliards de tonnes / kilomètre contre seulement 30,22 milliards de tonnes / kilomètre pour son rival français. Selon la note, les meilleurs résultats enregistrés par l’entreprise allemande s’expliquent par sa capacité à mieux remplir ces trains.

LA SNCF NE RÉPOND PAS !

Le document interne explique enfin que DB Schenker a décidé de « remanier totalement sa structure de production pour diminuer la part des trains massifs (un seul expéditeur et un seul destinataire pour un train de 20 à 22 wagons – NDLR) et de basculer près de 60 % de ses flux dans une production multi-lots (équivalent du wagon isolé c’est-à-dire plusieurs expéditeurs et plusieurs destinataires pour un train de 20 à 22 wagons – NDLR)  ». En clair, cela veut dire que l’entreprise allemande change radicalement de stratégie.

Jusqu’à présent, elle attendait que chacun de ses clients ait réuni suffisamment de wagons pour composer un train massif, avant d’effectuer le transport. Dorénavant, elle enlèvera plus régulièrement les wagons même s’ils ne sont pas en nombre suffisant pour composer un train massif. « Cette méthode de production, qui a fait ses preuves, est susceptible de donner un avantage décisif à DB Schenker », reconnait la note interne de la SNCF. En effet, l’industrie ferroviaire génère d’importants coûts fixes. Plus on fait circuler de trains, plus ces coûts fixes sont marginalisés et plus le coût de circulation de chaque train est abaissé. Donc, plus compétitif dans un marché concurrentiel.

Dans ce document interne, la SNCF reconnaît donc que le wagon isolé est une méthode de production d’avenir. Alors pourquoi a-t-elle décidé de l’abandonner ? Sollicité par l’Humanité, la SNCF n’a pas donné suite.

PIERRE-HENRI LAB


Et vous, comment vivez-vous les transports avec la SNCF ?

La direction opte pour le bras de fer

La grève a débuté hier pour une partie des personnels. Le président, Guillaume Pépy, a rejeté les appels syndicaux à ouvrir « de véritables négociations ».

La direction de la SNCF a visiblement opté pour le rapport de forces avec les syndicats et singulièrement la CGT alors que la grève chez les agents de conduite, les contrôleurs et les agents du fret a débuté hier soir à 20 heures. Son président Guillaume Pépy a en effet affirmé hier : « On ne peut pas, tout en faisant grève, vouloir négocier et penser obtenir plus. Soit on négocie soit on fait grève. » Cette déclaration apparaît comme une fin de non-recevoir aux appels syndicaux à ouvrir « de véritables discussions » sur les revendications portées par les cheminots. Elle corrobore également les accusations formulées hier par le secrétaire général de la CGT, Didier Le Reste, qui a affirmé, dans le Parisien-Aujourd’hui en France, que le dirigeant de l’entreprise publique veut « constituer un pôle de syndicats dit réformistes afin de faire valider les accords quand bon lui semble ». Dans l’épreuve de force qu’elle a choisi d’engager, la direction a reçu le soutien du gouvernement. Resté étrangement silencieux jusqu’à présent, le secrétaire d’État aux Transports, Dominique Bussereau, s’en est pris aux syndicats. « C’est une grève incompréhensible et affligeante  », a-t-il lancé sur RMC, essayant d’instiller l’idée maintes fois reprise par la direction de la SNCF, selon laquelle le conflit aurait pour origine la rivalité entre la CGT et SUD rail.

De son côté, la CGT a mis en garde la direction qu’elle soupçonne de tenter de minimiser la mobilisation des cheminots en calculant le taux de grévistes recensés ce mercredi sur la base de l’ensemble des salariés, alors que les préavis concernant l’ensemble des activités de la SNCF n’arrivent à échéance que ce soir à 20 heures. Concernant les prévisions de trafic pour aujourd’hui, l’entreprise publique a annoncé que sept TGV sur dix devraient circuler. Dans les transports régionaux, elle prévoit que six TER sur dix circuleront. En revanche, le trafic devrait être plus perturbé en région parisienne avec un TER sur deux sur la ligne C et D et deux RER sur trois sur la ligne B.

PIERRE-HENRI LAB

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Apr 2010 à 20:21

Grève pour l’emploi à l’Urssaf de Paris

Les syndicats protestent contre la 
suppression de 390 postes d’ici à 2013.

Toujours plus de missions, toujours moins de personnel, c’est ainsi que peut se résumer la situation pour les employés de l’Urssaf, l’organisme chargé de la collecte des cotisations de la Sécurité sociale. Aujourd’hui, l’ensemble des syndicats de l’Urssaf de Paris, qui couvre toute l’Île-de-France sauf la Seine-et-Marne, appellent à la grève pour protester contre de nouvelles suppressions d’emplois.

Début avril, l’État et l’Acoss – la caisse nationale des Urssaf – ont signé une convention d’objectif et de gestion (COG) qui se traduirait par la suppression de 390 postes au niveau national sur un effectif de 13 700. « Mais la direction a précisé que l’essentiel des suppressions concernerait l’Urssaf de Paris, qui emploie 2 700 personnes », précise Marie-Martine Salvignac, secrétaire générale de l’UGICT-CGT à l’Urssaf de Paris, basée à Montreuil. « Cela représente plus de 10 % de nos effectifs, alors que déjà nous n’arrivons pas à effectuer la totalité de nos missions. » Sur dix ans, par non-remplacement des départs en retraite, l’Urssaf de Paris a déjà perdu 300 postes, tandis que les missions s’alourdissaient avec la création du RSI (le régime social des indépendants) et de l’autoentrepreneur.

Au 1er janvier 2011, les Urssaf vont aussi se charger de la collecte des cotisations d’assurance-chômage, jusque-là effectuée par Pôle emploi. Alors que 1 200 agents s’en occupaient à Pôle emploi, l’Accos a prévu seulement 220 embauches au niveau national. « Les conditions de travail sont déjà très difficiles du fait du sous-effectif, explique Marie-Martine Salvignac. Il arrive régulièrement que des collègues pleurent pendant le travail. » Le CHSCT de l’Urssaf de Paris a obtenu une enquête sur les risques psycho-sociaux qui devrait démarrer en mai.

Fanny Doumayrou

Source

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Apr 2010 à 20:33

À l’ONF, le métier des forestiers est tronçonné par la RGPP

Même les forestiers, qui travaillent pourtant sur du très long terme, sont soumis aux impératifs de rentabilité imposés par la révision générale des politiques publiques. Pour les syndicats, 
le discours tenu au Grenelle de l’environnement est en contradiction avec la réalité du terrain.

Une zone boisée, ça ne sert pas seulement à se promener le dimanche. Les forêts ont une fonction économique de production de bois et une fonction écologique essentielle, car elles servent à fixer le carbone. « Mais, pour autant, tout cela n’a rien de naturel », souligne Bruno Rubagotti, forestier et secrétaire national du Snupfen-Solidaires. Au milieu de la forêt d’Ermenonville, il désigne les arbres autour de lui  : « Tout est artificiel  : les essences ont été choisies, ainsi que l’endroit où les arbres ont été plantés. » Tout cela demande du temps. Beaucoup de temps. Les forestiers prennent soin du travail de leurs prédécesseurs et eux-mêmes ne verront pas les résultats du leur. Cette œuvre de très longue haleine, jusqu’à deux cents ans pour certains arbres, se marie mal avec les contraintes de la rentabilité à court terme imposées par la révision générale des politiques publiques (RGPP). À l’Office national des forêts (ONF), la tempête de 2002 a donné le coup d’envoi de la dégradation du service public. « En fait, nous servons fréquemment de cobaye à l’évolution des politiques publiques. On y passe en premier car, l’ONF étant un établissement public à caractère industriel et commercial (Epic) en partie autofinancé par la vente de bois, c’est plus facile pour l’État de s’en désengager. Nous sommes aussi une structure pas trop grosse et relativement discrète. »

Pour Bruno Rubagotti, « il y a un écart entre les discours tenus au Grenelle de l’environnement et la réalité du terrain ». Le syndicaliste ne mâche pas ses mots  : « La gestion de la direction est complètement incohérente et les objectifs qu’on nous fixe sont disproportionnés par rapport à nos effectifs. Si les agents respectaient la procédure à la lettre, ils ne s’en sortiraient pas. » La forêt française représente 10 % de la surface boisée de l’Union européenne. L’ONF gère 4,6 millions d’hectares de forêts appartenant à l’État ou aux collectivités locales, soit 27 % de cette surface. Pour prendre soin de cette superficie plus vaste que la région Paca, 10 000 personnes, contre 12 000 en 2002, c’est peu. Logés dans des maisons forestières, les agents de l’ONF assurent une présence continue en forêt. « Nous sommes tout le temps en service. Même en congé ou en vacances. Mais, soyons clairs, nous n’avons plus le temps d’assurer une présence effective », explique 
Philippe Froideval, secrétaire territorial du Snaf-Unsa forêt.

Autre impact de la RGPP  : la modification de l’organisation territoriale. Auparavant, l’unité de base était 
le triage. Un chef de triage s’occupait d’une zone comprise en 1 000 et 
2 000 hectares. À présent, l’unité de base est l’unité territoriale (UT), qui recouvre entre 10 000 et 15 000 hectares et mobilise entre 8 et 15 forestiers. Au passage, la mission a changé. Le chef de triage était polyvalent et en charge des trois missions de l’ONF (la production, l’accueil du public et la protection de l’environnement). En revanche, les nouveaux agents patrimoniaux sont spécialisés. Pour Bruno Rubagotti, cette séparation des tâches est contre-productive. « Tout est lié. Planter des essences, c’est à la fois une question de paysage, de protection des espèces et de production de bois, car il faut veiller à la régénération des sols. » Autre exemple  : « Si on repère une mare avec une faune et une flore intéressantes, il faut la laisser dégagée, ne pas planter d’arbres juste à côté, comme des résineux qui pourraient l’étouffer ou l’acidifier. »

En plus du redécoupage territorial, l’ONF a éclaté en différentes filiales, comme Bois énergie, Investissement ou International. Autrement dit, l’ONF est passé d’un fonctionnement pyramidal à un fonctionnement horizontal croisé. « Les services sont cloisonnés, on se sait plus qui fait quoi. Des agents se déplacent dans des zones sans être au courant de l’emplacement des espèces protégées replantées par d’autres agents, au risque de marcher dessus », poursuit Bruno Rubagotti. La confusion devient parfois ubuesque, affirme-t-il  : « Maintenant, la première question que l’on pose est  : c’est bien toi qui t’occupes de ça  ? » Autre charge modifiée  : la mission de police qui vise à faire respecter le très répressif Code forestier. Jusqu’ici, tous les agents forestiers étaient chargés des missions de surveillance, donc équipés de pistolets. La RGPP risque de mener à leur désarmement et à la création de brigades spéciales, autrement dit des policiers de la forêt. Finie la proximité avec les usagers de la forêt  : « Le petit vieux qui habite à côté, que je connais bien, et que je laisse prendre un peu de bois pour sa cheminée, risque à présent de se faire verbaliser pour coupe de bois sans autorisation », raconte Bruno Rubagotti.

« Mais le plus grave, estime Bruno Derouane, de la CGT forêt, c’est qu’à présent, on ne doit plus coûter de l’argent, on doit en rapporter. » Car même la forêt se voit assigner des objectifs de profitabilité. Pas facile, quand il faut assurer la diversité biologique, là où les propriétaires privés peuvent se contenter de planter des taillis à rotation rapide (moins d’une vingtaine d’années), pour gonfler la production. Du coup, tous les moyens sont devenus bons pour faire entrer du cash, de l’installation d’antennes de téléphonie mobile à la location de parcelles pour y planter des éoliennes. L’accueil aussi en fait les frais. « Avant, nous accueillions les groupes d’enfants gratuitement. Maintenant, les sorties sont payantes. La somme forfaitaire est de 250 euros, alors forcément, cela devient plus rare. » Mais, pour l’instant, le compte n’y est pas. « On se demande où veut en venir la direction. La perte de confiance est totale », explique Bruno Rubagotti. La crainte principale des syndicats est la privatisation à terme. « On nous dit que pour l’ONF ne sera pas le cas, mais c’est exactement ce que Sarkozy avait dit pour EDF », explique Bruno Derouane. Et, de fait, la filialisation de l’ONF a un air louche de déjà-vu.

Medhi Fikri

« Nous demandons 
des assises de la forêt »

Bruno Derouane, secrétaire territorial Île-de-France Nord-Ouest de la CGT forêts, craint une privatisation à terme de l’ONF.

Le dialogue est coupé. « Depuis que Hervé Gaymard est arrivé à la tête de l’Office national des forêts, il n’y a eu aucune avancée, aucune remise en cause des aspects nocifs et inefficients de la RGPP, estime Bruno 
Derouane. La tension est telle que les instances représentatives des employés sont boycottées par les syndicats depuis plusieurs mois. L’intersyndicale CGT forêt, Snap-Unsa forêt, Snupfen-Solidaires demande l’intervention d’un médiateur et des assises régionales des forêts, en présence de tous les acteurs concernés, sur le thème : quelle forêt pour nos enfants  ? » Car, entre filialisation des services et coupes dans les effectifs, les syndicats craignent avant tout la privatisation à terme de l’ONF.

En attendant, Bruno 
Derouane veut continuer à faire son travail comme il l’entend. À l’instar de nombreux forestiers, il freine des quatre fers. Partout en France, les agents résistent en persistant à rester polyvalents. Ils boycottent aussi les « tableaux de comptabilité analytique » utilisés pour jauger le travail des agents de l’ONF, expliquant qu’ils ne le feront pas tant qu’ils ne seront pas utilisés de « manière honnête et sincère ». Autrement dit, quand ces tableaux ne serviront pas à estimer la rentabilité immédiate des agents opérationnels. Bruno Derouane et ses collègues refusent aussi le mode de gestion de la direction  : « Maintenant, c’est du management par objectif, avec entretien individuel d’évaluation et primes sur objectif », poursuit le cégétiste. Au fond, le dilemme est simple. L’État veut une gestion à court terme, là où les forestiers estiment que leur métier s’inscrit dans le très long terme.

Repères.

Forêts domaniales

L’Office national des forêts n’est pas 
une administration, c’est un établissement public à caractère industriel et commercial (Epic) créé en 1965 pour assurer la gestion des forêts domaniales, qui s’autofinancent 
en partie grâce aux recettes issues 
des coupes de bois. Il est en charge des forêts possédées par l’État ou les collectivités locales. Pour ces dernières, l’État paye la différence, le « versement compensateur », entre les frais de garderie acquittés par les collectivités et les frais réels de fonctionnement.

« Je suis partisan du régime forestier, du maintien de notre établissement, de son statut d’Epic. J’ai subordonné l’acceptation de ma nomination à ce poste de président au respect de ces conditions, il faut reprendre le dialogue social. »

HERVÉ GAYMARD, PRÉSIDENT DE L’ONF.

1,5%

c’est la diminution chaque année des effectifs de l’ONF, en ne remplaçant qu’un départ à la retraite sur deux. Ce sont les objectifs fi xés par le contrat État-ONF 2001- 2011, qui précise que l’ONF doit développer ses gains de productivité…

1,8 million d’hectares, c’est la surface des forêts de l’État gérées par l’ONF, dites forêts domaniales. .. 2,8 millions d’hectares, c’est la surface des forêts des collectivités locales gérées par l’ONF. .. 33 %, c’est la hausse de volume de bois récolté depuis 1978, alors que la recette provenant de ces ventes a baissé de 35 % en euros constants, en raison de la chute du cours du bois. .. 26 %, contre 17 % en 1975, c’est le pourcentage des activités de diversifi cations de l’ONF pour trouver de nouveaux fi nancements. .. 5 800, soit près de 37 % des effectifs, c’est le nombre d’emplois qui ont été détruits par l’ONF depuis 1985. .. 122 millions d’euros, c’est le montant du « versement compensateur » donné par l’État à l’ONF en 2007

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 May 2010 à 21:47

La SNCF bientôt en vente à la découpe

L’ouverture à la concurrence du TER 
devrait aboutir à terme au morcellement 
de l’entreprise publique.

Le démantèlement de la SNCF est programmé. C’est ce que révèle l’hebdomadaire la Vie du rail qui a publié, dans sa dernière édition du 5 mai dernier, des extraits de la dernière version du rapport Grignon sur l’ouverture à la concurrence du TER. Mis en place en avril 2009, le comité des parties prenantes, présidé par le sénateur UMP Francis Grignon, et qui réunit les opérateurs ferroviaires et des représentants des régions, doit proposer « les modalités » de cette libéralisation du transport régional. Selon l’hebdomadaire, le rapport Grignon préconise « le principe du transfert des contrats de travail des salariés, en cas d’arrivée d’un nouvel opérateur ». Autrement dit, si la SNCF était amenée à perdre l’exploitation du TER dans une région, les agents affectés à cette activité seraient transférés au nouvel opérateur. Le transfert serait obligatoire pour l’agent concerné. Le rapport Grignon préconiserait également la négociation d’un accord de branche pour définir « les modalités du transfert des contrats de travail et les principes communs de la durée du travail applicables à l’activité de transport ferroviaire de voyageurs ». Sous couvert d’harmoniser les règles sociales entre la SNCF et ses concurrents, cette disposition pourrait conduire à une remise en cause de la réglementation du travail actuelle des agents de l’entreprise publique. Initialement prévue avant les élections régionales, la remise du rapport Grignon a été repoussée au mois de septembre prochain.

Pierre-henri Lab


L’Union Européenne nous expose à une catastrophe ferroviaire (Morning Star)

 

Brian DENNY

Ce matin du 15 février, il faisait froid et il neigeait en Belgique, plus précisément à Hal-Buizingen, une banlieue tranquille de Bruxelles. Des passagers étaient montés dans le train juste après 8 heures pour se rendre à leur travail. Vers 8 heures 30, leur train entra en collision avec un express. Il y eut 18 morts et 152 blessés. Le lendemain, les cheminots belges organisèrent une marche de protestation car ils savaient pourquoi cette catastrophe avait pu se produire. Gérard Gelmini, secrétaire général de la FGTB (Fédération Générale du Travail de Belgique), expliqua que des réductions budgétaires et des offensives contre les conditions de travail n’avaient cessé depuis que la Commission européenne avait déréglementé le trafic ferroviaire en 2005. Cette année-là, se conformant aux directives de la Commission européenne en matière de politique ferroviaire, le gouvernement belge divisa le réseau national unique (vieux de 170 ans) en trois filiales distinctes. Gelmini critiqua violemment « une augmentation démentielle en matière de productivité » qui, à ses yeux, mettait en péril les cheminots et les usagers : « Vous pouvez envisager toutes les mesures de sécurité que vous voulez mais cela n’a aucun sens sans investissements pour la formation et des conditions de travail décentes », ajouta-t-il.

Cette catastrophe est la dernière d’une longue série qui a frappé le continent européen après les mesures aberrantes de déréglementation décidées par Bruxelles. De nombreux accidents graves ont concerné des trains de marchandises depuis la “ libéralisation ” de 2006.

Le 26 avril 2008, une locomotive incontrôlée de Veolia a parcouru la gare de Montauban à plus de 60 kilomètres à l’heure. Sans la présence d’esprit des employés de la SNCF, elle aurait percuté un train régional de passagers bondé. En mai 2009, sous le tunnel du Livernan, en Charentes, une cargaison de tracteurs, transportée par la société Euro Cargo Rail, filiale de DB Schenker (multinationale d’origine allemande) heurta un train de marchandises de la SNCF. Le conducteur dut être hospitalisé (un an auparavant, un accident fictif avait été organisé sur les lieux mêmes par la gendarmerie et la SNCF, ndt). « Que se serait-il produit s’il s’était agi d’un train de voyageurs », demanda Didier Le Reste, secrétaire général du syndicat des cheminots CGT ? « On peut craindre qu’il y aurait eu des blessés ou pire ! . » Le 29 juin 2009, à Viareggio en Toscane, le déraillement d’un train de marchandises, suivi de l’explosion de deux de ses wagons remplis de GPL, a causé la mort de 32 personnes et en a blessé 34 autres. Selon la fédération Sud-Rail, « La recherche du profit conduit les entreprises à économiser sur les organisations du travail, les conditions sociales, les procédures réglementaires et les formations » Pour Le Reste, la libéralisation du transport de marchandises est responsable de cette série d’accidents. « La sécurité ferroviaire ne peut pas devenir une variable d’ajustement des politiques libérales au nom de la concurrence et de la libéralisation telles qu’elles sont impulsées par l’Union européenne », prévient le responsable CGT.

Il y a un certain temps, des responsables politiques ont pu prendre à la légère ces avertissements concernant les directives de Bruxelles. D’où la manifestation de début avril à Lille, rassemblant 1000 travailleurs européens contre les mesures de privatisation des chemins de fer mises en place par Bruxelles. Des syndiqués de Belgique, du Portugal, de Hongrie et de nombreux autres pays se sont rassemblés devant le quartier général de l’Agence ferroviaire européenne, une institution qui fait appliquer les diverses directives de Bruxelles et permet l’ouverture des réseaux publics à l’entreprise privée. Ils ont été rejoints par des cheminots de SUD qui en étaient à leur septième jour de grève contre la privatisation des activités ferroviaires en France.

Bob Crow, le secrétaire général du RMT (le syndicat national du rail, des transports maritimes et routiers), a déclaré à des manifestants qui exprimaient bruyamment leur présence que les travailleurs étaient unis contre la destruction systématique des réseaux ferrés et l’abandon des normes en matière d’emplois et de sécurité imposées par les diktats de l’Europe. « La libéralisation peut sembler inoffensive, mais nous avons assisté à des accidents mortels, comme celui de Hal-Buizingen, et les autorités exigent à présent la disparition des règles de sécurité en vigueur dans le tunnel sous la Manche au nom de la concurrence », a-t-il déclaré. « Des millions d’Européens estiment que les chemins de fer doivent rester un service public, pas une denrée de consommation écrabouillée et exploitée par des pirates uniquement motivés par le profit. Les grands milieux d’affaires et les eurocrates anonymes se livrent à ces expériences dangereuses sans aucun mandat démocratique », a-t-il ajouté.

Les premières mesures de 2001 découlèrent de la directive européenne 91/440, imposée en 1991 pour faire entrer les méthodes du marché dans l’activité ferroviaire en séparant la gestion des infrastructures du trafic proprement dit. Ce processus se fit selon un modèle identique à celui de la privatisation de British Rail et au démembrement du métro londonien. Le deuxième train de mesures de 2004 accéléra la prétendue libéralisation du transport de marchandises en avançant la date de l’ouverture complète de tous les réseaux européens pour tout type de transports de marchandises. Le troisième ensemble de mesures de 2007 permit la libéralisation du transport passagers international, en exigeant un accès total aux infrastructures de tous les pays membres de l’Union Européenne pour janvier 2010 au plus tard.

Hans Gerd Ofinger, responsable du groupe de pression allemand Le Chemin de fer vu d’en bas (Bahn von Unten) a récemment brossé un très sombre tableau des conséquences de toutes ces mesures : « Le processus de privatisation commença en 1994 quand les chemins de fer nationaux allemands furent démembrés en 300 filiales et transformés en un holding privé. La recherche de la rentabilité a signifié moins d’investissements en termes d’infrastructures et de sécurité. Au final, les trains express en direction de Berlin connurent des problèmes de roues et d’essieu. Le nombre d’emplois a diminué de moitié depuis la privatisation, et les employés travaillent maintenant comme des forçats. Nous venons de connaître un hiver très rude et nous avons appris qu’un sous-traitant avait recruté des travailleurs bulgares à deux euros de l’heure pour dégager la neige des voies. »

Ofinger a également remarqué que Deutsche Bahn s’efforçait désormais de provoquer un sentiment de compétition entre cheminots allemands et français au moment où les deux pays luttent pour la mainmise sur les réseaux ferrés européens : « Ils tentent de faire croire aux travailleurs allemands que les Français sont leurs ennemis, alors que nous avons besoin de réseaux ferrés gérés de manière démocratique et fonctionnant sur des bases de coopération et non de concurrence. »

Le syndicat RMT a produit un DVD sur la privatisation du rail en Europe, disponible à Unity House ou par email (bdenny@rmt.org.uk)

Brian Denny (Morning Star).

Texte Original
http://www.morningstaronline.co.uk/...

Traduction : Bernard Gensane pour Le Grand Soir.



Edité par T 34 - 13 May 2010 à 16:17
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C’est un scandale !

Électricité : la concurrence fait flamber les prix…

L’obligation pour EDF de céder un quart de sa production va provoquer une hausse de 11, 4 % des tarifs.

Après 9 % d’augmentation du prix du gaz, le 1er avril dernier, pour gonfler les dividendes des actionnaires de GDF Suez, les Français devront faire face, cette fois-ci, à une envolée des tarifs d’électricité. Selon des projections réalisées par Commission de régulation de l’énergie (CRE), ceux-ci pourraient bondir de 7,1 % à 11,4 % dès cette année, puis être augmentés de 3,1 % à 3,5 % par an entre 2011 et 2025. Cette hausse sera la conséquence directe de la loi sur la nouvelle organisation du marché de l’électricité (Nome) que veut faire adopter le gouvernement dans les prochains mois et qui obligera EDF à céder un quart de sa production électronucléaire à ses concurrents. Bien qu’hostile à ce projet de loi, EDF a fini par s’y résigner et tente d’obtenir que chaque mégawattheure qui sera cédé, le soit au prix minimal de 42 euros en dessous duquel, selon son PDG, Henri Proglio, « ce serait du pillage ».

Permettre aux opérateurs privés de se développer est la raison d’être de la loi Nome. En effet, bien que la France ait transposé l’ensemble des directives de libéralisation du marché de l’électricité et que ce dernier soit totalement ouvert depuis 2006, Poweo, Direct Énergie et consorts peinent à gagner des parts de marché. Et pour cause : ces groupes privés ne sont pas en mesure de faire des offres compétitives avec les tarifs réglementés. Peu ou pas producteurs d’électricité, ces entreprises sont de simples fournisseurs dont l’essentiel de l’activité s’apparente à du courtage. Elles achètent de l’électricité sur le marché de gros ou dans le cadre de contrats passés avec des producteurs et tentent de la revendre, en réalisant une marge, à leurs clients particuliers ou entreprises. Malheureusement pour ces fournisseurs, en France, en raison de l’importance du parc nucléaire qui fournit près de 80 % de l’électricité consommée, les tarifs réglementés restent très inférieurs à ceux du marché, qui ont pour référence le prix du pétrole.

Les tarifs de l’électricité sont trop faibles pour que la concurrence se développe. Le projet de loi Nome a donc pour objectif de les relever de manière artificielle. Il prévoit qu’EDF devra céder 25 % de sa production nucléaire à ses concurrents. Cette disposition est scandaleuse en soi. Selon la CGT, elle constitue même « un véritable hold-up ». En effet, l’élaboration et la construction du parc électronucléaire n’ont été ni subventionnées par l’État ni financées par des investissements privés. Ce sont les usagers, en s’acquittant de leur facture, qui ont permis de l’édifier. Le gouvernement s’apprête donc à mettre des outils de production appartenant à la nation à la disposition de groupes privés pour le seul intérêt de leurs actionnaires et au détriment des usagers.

Pierre-Henri Lab


21/05/2010

L’électricité va augmenter

Le médiateur de l’énergie, Denis Merville, s’attend à une hausse des tarifs de l’électricité en raison de la loi Nome, qui vise 
à permettre à la concurrence d’EDF de se développer. 
« La question n’est pas de savoir si le prix va augmenter mais quand et comment », a-t-il déclaré au Figaro, souhaitant 
« des hausses moins importantes pour les particuliers et pour 
ceux qui font des efforts pour maîtriser leur consommation ».
 

Énergie, de plus en plus de litiges

De 2008 à 2009, les réclamations auprès du médiateur de l’énergie ont plus que doublé. La précarité énergétique augmente.

Les réclamations et saisines du médiateur national de l’énergie par des consommateurs ont explosé en 2009. Le rapport annuel de l’organisme chargé « de recommander des solutions aux litiges relatifs à l’exécution des contrats de fourniture d’électricité ou de gaz naturel » et d’informer les consommateurs de leurs droits, présenté hier au cours d’une conférence de presse par Denis Merville, fait état de 14 000 réclamations enregistrées l’année dernière contre 6 500 en 2008. Les saisines par écrit ont, elles, été multipliées par quatre et atteignent le nombre de 5 111.

Selon le médiateur, les réclamations portent principalement sur « des problèmes de changement de fournisseur ». Ainsi les contestations de souscription, les dénonciations de pratiques commerciales et les résiliations non demandées ont progressé de 20 % en 2009 et représentent 4 900 des 14 000 réclamations. Une forte hausse en rien étonnante puisque, ces dernières années, les nouveaux opérateurs du marché de l’électricité ou du gaz font l’objet régulièrement de mises en cause de la part des associations de défense des consommateurs. Pour gagner des parts de marché au détriment des opérateurs historiques du secteur que sont EDF et GDF, leurs concurrents recourent à des pratiques commerciales particulièrement agressives. Ainsi certains usagers de l’électricité affirment que les commerciaux de ces entreprises n’ont pas hésité à se présenter comme des agents d’EDF pour tenter d’arracher une signature en bas d’un contrat.

Autre fait significatif relevé par le médiateur national de l’énergie  : « la montée de la précarité énergétique ». Ainsi les saisines déposées par des personnes en situation financière difficile sont en hausse et ont représenté en 2009 10 % des dossiers enregistrés par l’organisme. Didier Merville s’est prononcé en faveur de « la mise en place d’un Observatoire de la précarité énergétique ». Dans un entretien au Figaro, il a estimé également qu’« en période de crise, il faudrait aussi réfléchir à augmenter les aides » aux foyers qui peinent à payer leur facture en raison de difficultés financières.

Pierre-Henri Lab



Edité par T 34 - 27 Sep 2010 à 18:07
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Mobilisés contre la désertification du Pas-de-Calais

L’État ferme les services publics, les bassins d’emploi souffrent. La CGT propose aux habitants de l’arrondissement de Béthune d’en débattre le 4 juin.

Correspondance.

« Maintenir et développer un service public dans le Pas-de-Calais », tel est le mot d’ordre de la journée que proposent, vendredi 4 juin (1), les unions locales CGT de l’arrondissement de Béthune. Elles appellent « usagers, simples 
citoyens, syndicats, associations, élus, partis politiques à échanger ensemble sur la question des services publics pour ensuite proposer des initiatives ». Suppressions de postes dans l’enseignement, problèmes rencontrés par les agents territoriaux liés à la réforme des collectivités, notamment, France Télécom et les services pénitenciers… la CGT décline localement constats et propositions. En ce qui concerne les transports, par exemple, il s’agit d’exiger de la SNCF et de la région d’autres choix, en particulier au niveau de l’emploi, « pour améliorer la qualité et l’efficacité du service ». Et de proposer l’ouverture des guichets du premier au dernier train afin de faciliter l’utilisation du rail dans des villes comme Lillers, Béthune, Nœux-les-Mines… Pour relever le « défi environnemental », il est proposé d’imposer aux grandes entreprises locales (Sucreries de Lillers, Ugine à Isbergues, Auchan à Béthune, Plastic Omnium à Ruitz…) de privilégier le ferroviaire pour le transport de fret.

La diminution du nombre de lits en structure d’hospitalisation psychiatrique est par ailleurs alarmante. L’hôpital de Saint-Venant est engorgé. En cause, l’arrivée de patients venus d’autres départements, dépecés, et les nouvelles orientations concernant la population carcérale. Surcharge de travail, risques accrus pour les personnels : les besoins en emplois et en formations sont criants. Henri Tobo (CGT EDF-GDF) « déplore la déshumanisation des services » : « Bientôt, plus aucun point d’accueil physique pour le gaz dans l’arrondissement ! » tempête-t-il en pointant une marchandisation asphyxiante des services pour les usagers. « Une mise en service du gaz était facturée 11,72 euros avant 2007, et depuis, nous atteignons 60 euros, et même 119 euros quand il y a urgence. Un changement de tableau était gratuit, il en coûte aujourd’hui 250 euros à l’usager ! » Ouvrir le capital d’EDF et GDF pour améliorer le service, qu’ils disaient ! Et le syndicaliste de s’indigner encore : « Pour éviter des opérations multiples, et pallier ainsi le manque de personnel, il n’est plus rare, chez nous, de voir des distributeurs de La Poste qui imposent un retrait minimal de 50 euros ! » Ici, le lien est fait : « Moins d’emplois, c’est moins de revenus pour les collectivités locales. » Les budgets des communes ne permettent plus d’embauche à la hauteur des besoins. Les contrats précaires se multiplient. « Le Pas-de-Calais est le département français qui compte le plus de communes, il est pertinent d’espérer une mobilisation massive des élus », commente Henri Tobo. Hervé Merlin, agent territorial CGT, souligne que « le maire est souvent celui que la population accuse, lui qui prend tous les coups », et il insiste : « Les maires pourraient présenter des budgets en déséquilibre pour rendre compte des besoins et des carences financières de manière chiffrée ! »

Jacques Leroux (de l’association de salariés-consommateurs Indecosa CGT) relève « les incroyables difficultés » à trouver des interlocuteurs pour régler litiges et problèmes, et pointe l’isolement de « salariés pauvres, de plus en plus nombreux » qui n’ont pas l’habitude, « qui ont honte surtout », de recourir à l’aide extérieure en cas de soucis. Le débat organisé à Béthune doit permettre aux langues de se délier. (1) Au foyer François-Albert de Béthune, 
à 18 heures.

L.M.

une histoire de la casse des services

2002  : première tentative de fermeture de la gendarmerie. Échec grâce à la mobilisation, première sortie des tracteurs avec blocage, pétition, référendum, opération ville en colère… 2003  : fermeture du point de police de proximité. 2005  : tentative de fermeture de la permanence de la Sécurité sociale. Échec dû à la sortie des tracteurs. 2006  : tentative de fermeture du centre de tri de La Poste. Échec. Fermeture de la DDE. Tentative de fermeture du Trésor public. Échec dû à la sortie des tracteurs. En 2007 et 2008, nouvelles tentatives. 2011  : Échec, mais nouvelle menace. 2007  : fermeture de la permanence de la Sécurité sociale. 2009  : fermeture du tribunal d’instance. 2010  : nouvelle menace de fermeture de la gendarmerie. Mobilisation populaire le 4 février.
 

Houdain. Daniel Dewalle a pris le risque de la démocratie

Le maire communiste d’Houdain a adressé une lettre de démission à ses administrés et au préfet. Il « demeure conseiller municipal et militant communiste convaincu » qui se bat pour le service public.

Houdain (Pas-de-Calais), correspondance.

Pas question de durer pour durer. À soixante-quatre ans, Daniel Dewalle, maire d’Houdain (7 800 habitants), petite commune de l’ex-bassin minier du Pas-de-Calais, a démissionné, après deux mandats, le 1er avril. L’ancien éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse a souhaité passer la main à Marc Kopaczyk, cinquante ans, cheminot à l’origine de la révolte des propriétaires des maisons Carpi, dans les années 1990. Des subprimes avant l’heure. Après plusieurs années de grève des loyers, les familles avaient obtenu gain de cause devant les tribunaux face à des taux d’emprunts usuriers. Pour Daniel Dewalle, pas de doute, le nouveau maire, « avec son expérience et son style à lui », saura à son tour s’opposer aux injustices chaque fois qu’il le faudra. Coupures de presse et tracts jaunis en main, l’ancien maire (également conseiller régional jusqu’en mars dernier) n’a de cesse de relater comment il a mobilisé population, médias, élus locaux pour des « affaires » qui l’ont conduit au moins une quinzaine de fois devant le tribunal administratif de Lille. Expulsions locatives, coupures de gaz, d’eau et d’électricité, démarchage forcé de Poweo, fermeture de services publics, expulsion de sans-papiers… Il en a fait voter dans sa mairie, des motions et des arrêtés, y compris par la droite, et qui ont fait grand bruit  ! « Jamais condamné, et le juge a souvent admis que si j’étais en faute au regard de la loi, la raison l’emportait dans une démarche en faveur de l’équité entre les citoyens », explique-t-il, entamant haut et fort dans le salon de son petit appartement des couplets de chansons en patois écrits de sa main et repris en chœur plus d’une fois devant micros et caméras.

« Voilà l’homme qui rit  ! » C’est ainsi qu’un habitant d’Houdain salue celui qui restera encore longtemps « Monsieur le maire » dans les têtes. Celui qui a si souvent ameuté les Houdinois pour sauver ou tenter de sauver la gendarmerie, le centre de tri postal, la DDE, le Trésor public, le tribunal d’instance… À peine remis d’une opération de la hanche, il nous accompagne dans un rapide tour de la ville en compagnie de syndicalistes CGT qui préparent la journée d’action du 4 juin en faveur des services publics (lire ci-contre).

« Chaque semaine depuis que je suis élu (en mars 1983 – NDLR), de dix à vingt-cinq personnes me sollicitent pour un emploi, pour un logement ou en raison de difficultés financières. Et ces dernières années le constat s’aggrave, souvent dramatiquement. Un homme de cinquante-trois ans vient de m’écrire  : “Monsieur le maire, je n’attends plus que la mort.” Qu’a dû subir un être humain pour en arriver là  ? » Cette question, Daniel Dewalle la pose dans sa lettre de démission. Avant de dénoncer les lois répressives contre les jeunes et les étrangers, qui ne véhiculent que « des mensonges de plus ».

Le gouvernement appelle « crise » un processus d’enrichissement des uns engendrant l’appauvrissement des autres, dénonce-t-il. Dans son courrier, tous en prennent pour leur grade  : Sarkozy, Fillon, le Medef, la centaine de PDG, dont les patrons du CAC 40, qui « se croient sortis de la cuisse de Jupiter, croient mériter leurs super-salaires alors qu’aucun d’entre eux ne devrait gagner plus de dix fois le salaire de base de leurs salariés, peut-être même pas plus de cinq fois, à l’image de la “Cité idéale” de Platon, et qui nous ont plongés eux-mêmes dans la crise dont ils prétendent vouloir nous sortir »  ! Platon, Socrate…

La forme du dialogue a souvent inspiré le maire d’Houdain. « Je ne supporte pas les discours longs et sans saveur de la majorité des hommes politiques. Pour les vœux de cette année 2010, j’avais écrit un dialogue, naïf en apparence, à la manière du renard échangeant avec le Petit Prince  : “– Moi sur ma planète, on supprime des postes d’enseignants. – Quoi  ? Mais sur ma planète à moi, les enfants sont une priorité  !” »

À Houdain, c’est désormais une tradition  : micro ouvert aux habitants pendant la première demi-heure de la réunion du conseil municipal. En période électorale, jamais de salle avec tribune. Ici, on échange en cercle. « Le risque de la démocratie », que Daniel Dewalle n’a jamais regretté de prendre (en 2008, la liste PC-PS conduite par Daniel Dewalle fut réélue au premier tour avec 66,23 % des voix – NDLR) et que Marc Kopaczyk, qui lui a succédé officiellement le 18 avril dernier, continuera de prendre.

« À l’époque de la Révolution française, Houdain était la plus grosse ville des environs, c’est pourquoi nous disposions de tous les services. S’il était question de les déplacer des services, là où la population est plus nombreuse, on pourrait discuter, mais chaque fois ce sont des fermetures pures et simples qui sont infligées et sans concertation  ! s’insurge Daniel Dewalle. Lors de la réunion annuelle des maires du Pas-de-Calais devant le préfet, j’ai dénoncé publiquement les mensonges qui consistent à dire que la concentration permet de rendre de meilleurs services  ! » Il prend l’exemple du bureau de la direction départementale de l’équipement, où la population pouvait notamment effectuer les démarches de permis de construire  : « Le bureau d’Houdain était ouvert tous les jours de la semaine matin et après-midi. Maintenant il faut se rendre à Béthune, à 14 km, où l’accueil se fait seulement de 9 heures à 11 heures  ! Où est l’amélioration du service  ? »

Dans sa lettre au préfet et à la population, qu’il a fait distribuer dans toutes les boîtes aux lettres de la ville, Daniel Dewalle reprend les propos du premier ministre à propos du redéploiement des services publics  : « Il ne faut pas accabler les zones les plus fragiles, les plus éprouvées… et leur imposer un cumul d’épreuves injustes. » « Ici, le cumul ressemble à un massacre à la tronçonneuse  ! » lui rétorque-t-il. Après quatorze années en tant que premier adjoint et treize autres comme maire, Daniel est redevenu simple conseiller municipal. Il trouvera ainsi le temps de partager sa passion pour l’astronomie au sein d’un club qu’il a créé, notamment auprès des enfants des écoles et du collège. « Ne confondez pas avec l’astrologie  ! » sourit-il, même s’il est déjà écrit qu’il sera dans les rues de Béthune le 4 juin prochain, à l’appel de la CGT, pour poursuivre son combat contre les injustices. Un combat qui passe, bien sûr, par la défense et le retour aux services publics de proximité, qui passe par l’information et la mobilisation de tous. « Je suis d’ailleurs persuadé, qu’à l’image des propriétaires des maisons Carpi, nous devrions faire la grève des factures EDF. À compter du 1er novembre 2010, si nous étions des centaines de milliers à refuser de payer et que ceux qui en ont les moyens pouvaient mettre l’argent des factures sur un compte bloqué pour prouver leur bonne foi, nous pourrions empêcher de nouvelles augmentations destinées à enrichir les actionnaires et avancer vers la renationalisation d’EDF et GDF. » De quoi débattre, en large cercle…

Laurence Mauriaucourt


Les services publics locaux plébiscités

Les services publics locaux sont plébiscités par 
les Français : 83 % d’entre eux se disent satisfaits de leurs services publics locaux, contre 17 % d’insatisfaits, selon un baromètre BVA publié lundi. En revanche, seuls 39 % considèrent que ces services publics locaux se sont améliorés depuis ces dernières années (– 19 points depuis 1997), alors que l’État a transféré de nouvelles missions aux collectivités sans les moyens financiers.



Edité par T 34 - 27 Sep 2010 à 18:05
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 May 2010 à 20:34

C’est un scandale !

Les profits explosent, 
le gaz également

Sous la pression des entreprises, le gouvernement est sur le point de renoncer à instaurer de nouvelles mesures de surveillance du réseau de gaz.

La sécurité du réseau gazier, variable d’ajustement pour réaliser des profits  ? C’est en tout cas ce qu’affirme la CGT énergie, qui accuse le gouvernement d’être sur le point de renoncer à une mesure phare pour prévenir les risques d’explosion. Dans le collimateur du syndicat, un projet de décret qui doit être publié le mois prochain. Ce texte gouvernemental, censé accroître la vigilance vis-à-vis de la sécurité du réseau de transport et de distribution de gaz naturel, devait contraindre les opérateurs à effectuer une visite sur site lors de travaux à proximité de canalisations fonctionnant sous une pression égale à quatre bars afin de s’assurer que le chantier ne présente aucun risque de rupture accidentelle. Cette mesure découle des préconisations du rapport du colonel Fleury commandé au lendemain d’une succession d’explosion à Bondy, Lyon, Niort et Noisy-le-Sec qui, fin 2007 et début 2008, ont coûté la vie à deux personnes et en ont blessé plusieurs autres. Or, cette obligation de visite ne figure plus dans le projet de décret que s’est procuré le syndicat. Animatrice du secteur gaz de la CGT énergie, Martine Feuillerat accuse le gouvernement de « céder au lobbying des opérateurs, pour qui la sécurité est avant tout un coût ». La responsable syndicale rappelle que les canalisations sous pression de quatre bars représente 89 % du réseau (170 000 km sur un total de près de 190 000 km). « Les opérateurs ne veulent pas être contraints de visiter systématiquement les travaux à proximité des infrastructures gazières. Car cela sous-entend de créer de nombreux postes, embaucher et former des personnels qualifiés. Bref, cela va à l’encontre de leur stratégie de remise en cause du service public pour accroître le profit », s’insurge la syndicaliste, qui précise que cette obligation de visite figure de longue date parmi les revendications que la CGT énergie défend au sein des CHSCT.

Joint par l’Humanité, le ministère de l’Écologie et de l’Énergie n’a pas donné suite. Il n’a, pour l’heure, pas non plus répondu au courrier adressé à Jean-Louis Borloo, le 4 mai dernier, par le secrétaire général adjoint de la CGT énergie, Claude Pommery. Dans cette lettre, le responsable syndical demande au ministre de réintroduire l’obligation de visite dans le texte du décret. « Il est temps de clore les dérives d’une gestion financière de l’entreprise de service public au détriment de la sécurité qui a déjà coûté la vie à plus de 50 personnes avec l’épisode de la gestion catastrophique de la fonte cassante », affirme le syndicat, qui rappelle que la gestion du remplacement de ces conduites particulièrement fragiles a conduit à ce que GDF soit condamné après les explosions de Dijon en 1999 et Mulhouse en 2004.

Pierre-Henri Lab

Le ministère défend son décret

Le ministère de l’Énergie se défend de sacrifier 
la sécurité du réseau 
de distribution de gaz.

Le ministère de l’Écologie et de l’Énergie a réagi hier au communiqué de la CGT Énergie qui l’accuse d’avoir renoncé à une mesure phare de prévention des risques d’explosion accidentelle sur le réseau de gaz. Selon le syndicat, le ministère n’instaurera pas de visite obligatoire des chantiers se déroulant à proximité de canalisations sous pression de quatre bars (voir l’Humanité d’hier mardi 25mai 2010). « Nous ne sommes pas en train de sacrifier la sécurité. Bien au contraire. Depuis les explosions qui se sont déroulées fin 2007 et début 2008 à Bondy, Noisy-le-Sec et Lyon, nous travaillons à renforcer la prévention », affirme Stéphane Noël chef du BSEI (Bureau de la sécurité des établissements industriels). « Ce travail va déboucher notamment sur la création d’un observatoire national regroupant les opérateurs de distribution. Il facilitera le retour d’expérience et permettra d’améliorer les procédures. » Concernant le projet de décret pointé du doigt par la CGT Énergie, Stéphane Noël rappelle qu’il fait toujours l’objet d’une concertation et qu’à ce titre le Conseil supérieur de prévention des risques technologiques, au sein duquel siègent les syndicats, l’examinera le 25 juin prochain. Il conteste aussi tout « affadissement des procédures de sécurité ». Ainsi, contrairement au texte qu’il va remplacer, ce décret instaurerait « un repérage préalable des canalisations » avant tous travaux à proximité. Stéphane Noël reconnaît néanmoins que le projet de décret, en l’état, n’instaure pas de visite obligatoire et systématique pour les canalisations sous pression de quatre bars. Outre le « rapport coût-bénéfice », il estime qu’ « une telle obligation banaliserait la visite de chantier » qui perdrait de ce fait de « son efficacité ». Le chef du BSEI tient aussi à préciser que d’autres critères comme la densité urbaine ou la difficulté d’accès du lieu où se déroulent les travaux suffiront à obliger l’opérateur du réseau à visiter le chantier.

Pierre-Henri Lab

Source


Grève des informaticiens de la SNCF

Les fédérations syndicales CGT, Unsa, Sud rail, 
CFDT appellent tous les informaticiens 
à un rassemblement national au siège de la SNCF, 
le 26 mai. En 2009, la direction de la SNCF a bouclé 
le montage d’une co-entreprise avec IBM en charge 
de la sous-traitance informatique. Depuis, des délocalisations d’emplois sont à la clé et 1 000 postes de prestataires, techniciens et ingénieurs sont menacés de suppression d’après les syndicats, qui jugent inacceptable cette politique libérale. La députée PS du Calvados, Laurence Dumont, s’inquiète de « dysfonctionnements budgétaires » quant à « l’utilisation de l’argent récolté par la journée de solidarité du lundi de Pentecôte ».


Mauvaise gestion 
des revenus du lundi de Pentecôte

Dans le Parisien d’hier, la présidente de la commission d’enquête 
sur l’utilisation de l’argent récolté par la journée 
de solidarité avec les personnes âgées affirme 
que sur les 2 milliards collectés annuellement, « 150 millions d’euros ont servi à colmater le trou de la Sécu ». Cette journée de solidarité avait été instaurée après la canicule de 2003, qui avait fait près de 15 000 morts, dont une majorité de personnes âgées.



Edité par T 34 - 27 Sep 2010 à 18:09
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Les cheminots veulent 
faire boguer le projet Ulysse

Trois cents informaticiens de la SNCF ont manifesté hier à l’appel de la CGT, de l’Unsa, de SUD rail et de la CFDT contre le projet d’externalisation de l’informatique de l’entreprise publique qui doit être cédée à IBM.

Les informaticiens de la SNCF ne sont pas heureux comme Ulysse. Car, en guise de beau voyage, le projet d’externalisation de l’informatique de la SNCF, baptisé du nom du héros mythologique grec, leur promet surtout des délocalisations. Hier, quelque trois cents agents, venus de toute la France, ont donc fait le voyage à Paris pour exiger l’abandon de cette restructuration qui doit permettre à IBM de « faire main basse sur l’ensemble des systèmes d’information » de l’entreprise publique. Rassemblés devant le siège de la SNCF, près de la gare Montparnasse, à l’appel de la CGT, de l’Unsa, de SUD rail et de la CFDT, les cheminots ont appuyé une délégation venue interpeller la direction et les administrateurs de l’entreprise publique, en particulier les représentants de l’État. « C’est n’importe quoi, ce projet. Externaliser l’informatique, c’est perdre son contrôle. Cela aura des conséquences sur la qualité du service, voire sur la sécurité. Cela revient à confier les manettes de l’entreprise à une autre », s’agace Frédéric, venu de Lyon. Jacques, un collègue lillois, acquiesce et pointe les conséquences sociales de ce plan. « Que vont devenir les 2 000 informaticiens de la SNCF  ? Que vont devenir les 1 500 prestataires directs  ? » fait-il mine de s’interroger avant de rappeler qu’IBM s’est fait « une spécialité de délocaliser ce genre de service vers les pays à main-d’œuvre à moindre coût ». Même tonalité du côté des organisations syndicales qui s’inquiètent également de « la perte de contrôle de son informatique par la SNCF » et dénoncent aussi les délocalisations à venir. La délégation n’est pas ressortie les mains vides du siège de l’entreprise. « Une table ronde est convoquée le 14 juin prochain », explique Gilbert Garrel, des cadres et agents de maîtrise CGT, qui a rappelé la détermination de son syndicat à faire échec à cette restructuration.

Pierre-Henri Lab

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 May 2010 à 00:09

Un nouvel outil pour 
le service public local

La création des sociétés publiques locales, au capital 100 % public détenu par plusieurs collectivités, déchaîne la colère du Medef.

La nouvelle est passée quelque peu inaperçue dans une actualité marquée par la crise et les retraites. Mais pour les défenseurs des services publics locaux, elle est d’importance. Le 19 mai dernier, le Sénat a adopté définitivement la proposition de loi qui entérine la création des sociétés publiques locales (SPL), nouvel outil juridique à disposition des collectivités à côté de celui des sociétés d’économie mixte (SEM) pour la gestion de leurs services publics. Si les SEM se caractérisent par la mixité public-privé de leur capital, obligeant les collectivités à passer des appels d’offres auprès des prestataires privés, la nouvelle entité échappera aux logiques concurrentielles, puisque la nouveauté est dans le caractère entièrement public de son capital, détenu par au moins deux collectivités. Fait assez rare pour être souligné, la proposition de loi, qui a fédéré les différents groupes politiques, a été adoptée à l’unanimité par les deux assemblées. Un consensus qui est le résultat d’une mobilisation de longue haleine de la part de la Fédération des entreprises publiques locales. Son actuel président, le maire communiste de Givors (Rhône), Martial Passi, se félicite de ce vote  : « Au moment où on casse le service public national, les SPL complètent la gamme des outils à disposition des élus locaux pour répondre aux besoins des habitants. » Seule voix dissidente, celle de… Laurence Parisot. La patronne du Medef promettant de se battre contre une « provocation » et « une atteinte grave à la liberté du commerce et de l’entreprise », voire « à la Constitution »…

Sébastien Crépel

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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