Forum Unité Communiste Page d'accueil
  Sujets actifs Sujets actifs
  FAQ FAQ  Rechercher dans le Forum   Calendrier   Inscription Inscription  Connexion Connexion
Accueil Forum Accueil Forum > Pour s'informer, notre sélection d'articles > International

[ALBA]La République Bolivarienne du Venezuela

 Répondre Répondre Page  <1234 89>
Auteur
Message
  Sujet Recherche Sujet Recherche  Options des sujets Options des sujets
Fidelista allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 21 Sep 2007
Status actuel: Inactif
Messages: 3256
  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 12:38
Chavez avertit d'une possible catastrophe énergétique globale en cas d'invasion américaine du Venezuela

CARACAS, 1er septembre (XINHUANET) -- Le président vénézuélien Hugo Chavez a averti jeudi d'une éventuelle catastrophe énergétique globale si les Etats-Unis envahissaient son pays pour saisir ses réserves pétrolières.

Dans une interview diffusée par la télévision d'Etat VTV, M. Chavez a indiqué que le Département d'Etat américain s'intéressait à la région vénézuélienne d'Orinoco, qui possède une réserve pétrolière de 300 milliards de barils.

Il a déclaré que les services de renseignements vénézuéliens étaient au courant d'un plan américain pour envahir son pays et par conséquent saisir les champs pétrolifères.

En vertu du plan américain baptisé Balboa, bon nombre de bateaux, troupes et bombes seraient utilisés pour l'invasion des principales villes comme Caracas, Maracay et Valencia, selon le président vénézuélien.

M. Chavez a promis que les soldats américains connaîtraient " une grande défaite" s'ils envahissaient le Venezuela.

Les relations entre le Venezuela et les Etats-Unis sont devenues tendues ces dernières années, Caracas accusant Washington d'avoir soutenu un coup d'état manqué contre M. Chavez en avril 2002. Fin

Source : http://www.french.xinhuanet.com/french/2005-09/02/content_157208.htm
Haut de la page
Fidelista allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 21 Sep 2007
Status actuel: Inactif
Messages: 3256
  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 12:39
Le Vénézuela à la recherche d’un projet contre-hégémonique

par : Edgardo LANDER
[Edgardo Lander enseigne la sociologie à l’Université centrale du Venezuela à Caracas]


Dans un contexte global post-Mur de Berlin, caractérisé par l’absence d’alternatives claires au modèle capitaliste néolibéral hégémonique, il ne faut pas s’étonner de l’absence dans la Venezuela actuel d’un projet alternatif caractérisé, propre au pays. Les propositions concernant la sphère politique sont plus claires que celles qui se rapportent au modèle économique. Les valeurs qui orientent le processus ne suffisent pas à constituer un projet organique ou stratégique qui serait l’émanation de la volonté du pays. Dans le discours de Chávez comme candidat et au début de sa présidence, l’accent était mis sur le « populaire », le « national », « la souveraineté », « l’équité », « la démocratie participative », « la critique du capitalisme sauvage », et du « néolibéralisme » ainsi que sur le rejet d’un monde unipolaire et la priorité des relations avec les pays du Sud, en particulier ceux d’Amérique latine. Des questions restent cependant ouvertes : en quoi consisterait un projet contre-hégémonique viable dans le monde actuel ? Dans la recherche de plus grandes marges d’autonomie nationale ? Dans le retour à une politique de développement à outrance et de substitution aux importations ? Dans un modèle de développement endogène ? Dans un Etat providence ? Dans un projet anti-néolibéral à l’intérieur du capitalisme ou dans un projet anticapitaliste ?


Quand Chávez a remporté les élections et s’est installé à la présidence de la République, le gouvernement ne disposait ni d’un corps idéologique ou doctrinal systématique, ni de lignes directrices claires qui auraient pu constituer un projet pour le pays dans les principaux domaines, ni d’organisations politiques en mesure de suppléer de manière adéquate à ces carences. Dans la terminologie des distinctions classiques entre gauche et droite, le projet dans ses phases initiales était hétérogène et contenait des positionnements qu’on pouvait cataloguer comme l’expression du traditionnel nationalisme militaire de type conservateur. Les définitions initiales du projet de changement bolivarien, et la référence réaffirmée au dénommé « arbre aux trois racines » ont, avant tout, un contenu symbolique, destiné à donner un sens intégrateur et reconstructeur de l’histoire nationale et continentale, plutôt qu’à proprement parler des contenus au projet politique ou économique pour le pays. Le rôle prépondérant qu’ont joués les militaires dans l’ensemble du processus a associé à l’idée bolivarienne la notion de l’unité civico-militaire. Cette forte composante militaire, en plus du caractère unipersonnel du leadership, a motivé le rejet, par certains secteurs intellectuels vénézuéliens traditionnellement identifiés à gauche, d’un projet qu’ils ont caractérisé soit comme un populisme militaire de type ou à tendance autoritaire, soit comme un néopopulisme libéral.

Changements institutionnels

Au cours des deux premières années de gouvernement, la priorité a été donnée au changement institutionnel, au passage de la Quatrième à la Cinquième République. Le jour même de son entrée en fonction comme Président de la République en janvier 1999, Chávez annonça l’organisation d’un référendum de consultation de la population sur la convocation d’une assemblée constituante. Quelques mois plus tard il obtint une large majorité à la consultation référendaire puis à l’Assemblée constituante ce qui, ajouté au poids prépondérant de son leadership personnel, le plaça en situation d’influer fortement sur l’orientation de la nouvelle Constitution, qui était alors sujet à polémique, y compris au sein de ses propres supporters, en particulier sur la question du changement du nom de pays en République bolivarienne du Venezuela.

La convocation de l’Assemblée fut lancée avec quelques insuffisances notoires. L’exposé des motifs d’une nouvelle Constitution la formulait comme un acte symbolique de « refondation de la patrie », en remplaçant celle corrompue des quarante années écoulées par une nouvelle, la Cinquième République. Elle n’était pas l’aboutissement d’un projet politique, produit des luttes et confrontations préalables, à partir desquelles auraient été élaborées les lignes politiques centrales du pays que l’on prétendait construire. Il n’était pas clairement ressorti du débat politique précédant la convocation de l’Assemblée constituante, quels étaient les principaux problèmes du pays qui trouvaient leur origine dans la Constitution de 1961, ou dont la résolution passait par une nouvelle Constitution.

Les très hauts niveaux de popularité du gouvernement d’Hugo Chávez et le soutien quasi-général à la convocation d’une Assemblée constituante représentaient une opportunité exceptionnelle pour convertir cette constituante en un large processus participatif de réflexion et d’apprentissage commun sur les questions du pays : le pouvoir, la propriété, le marché, l’Etat, l’égalité, la justice et la démocratie. Cette opportunité s’est réduite à l’établissement d’une brève période de discussion et d’élaboration du nouveau texte constitutionnel, de six mois, ramenée à trois mois par la volonté expresse du Président. Bien qu’il y ait eu dans les médias une large diffusion du débat d’opinion, avec des transmissions en direct des discussions de l’Assemblée constituante à la radio et à la télévision, les possibilités d’organisation et de participation populaire sur le débat constituant ont été sévèrement restreintes par le rythme accéléré de sa réalisation.

En dépit de ces limitations, le contraste est significatif entre le projet du pays esquissé dans ce texte et l’orthodoxie néolibérale qui domine dans la majeure partie du continent. Ce contraste ressort autant de dispositions qui ratifient (ou approfondissent) des contenus de la Constitution antérieure, que de nouvelles dispositions. Le nouveau texte constituant garantit la liberté économique et la propriété privée en même temps qu’il définit les responsabilités claires et centrales de l’Etat dans la politique commerciale de défense des industries nationales. Il réserve à l’Etat l’activité pétrolière et lui assigne un rôle directeur dans le développement d’une agriculture soutenable et en matière de sécurité alimentaire. Les garanties édictées par le texte constitutionnel en ce qui concerne les droits économiques, sociaux, en particulier les droits à la santé, à l’éducation et à la sécurité sociale sont tout aussi significatives.

Les chapitres se rapportant aux droits humains ont repris toutes les principales propositions des organisations vénézuéliennes des droits humains et sont les suivantes :

Intégration dans la Constitution des traités sur les droits humains
Exclusion de la justice militaire (source historique d’impunité) pour juger des infractions en matière de droits humains ;
Imprescriptibilité des violations graves aux droits humains ;
Interdiction d’octroyer une grâce ou l’amnistie aux personnes ayant violé les droits humains ;
Obligation étatique d’enquête et de sanction des infractions aux droits humains ;
Reconnaissance de la légitimité de dénoncer l’Etat devant les instances internationales de protection des droits humains et obligation de l’Etat de faire exécuter les décisions de ces instances ;
Obligation de l’Etat de réparer les préjudices causés aux victimes de violations des droits humains ;
Progressivité en matière de droits sociaux ;
Reconnaissance des droits originaires des peuples indigènes ;
Création d’une Cour constitutionnelle comme juridiction suprême ;
Inclusion des questions fondamentales relatives aux droits humains dans les dispositions transitoires.

Les droits des populations autochtones

De la même façon, une toute aussi large couverture est attribuée aux droits des peuples et communautés indigènes :

« L’État reconnaît l’existence des peuples et communautés indigènes, leur organisation sociale, politique et économique, leurs cultures, us et coutumes, langues et religions comme leur habitat et leurs droits coutumiers, les terres ancestrales que traditionnellement ils occupent, nécessaires pour développer et garantir leur mode de vie [...] ». Article 119.

« L’exploitation des ressources naturelles sur le territoire des habitats indigènes par l’Etat se fera sans léser leur intégrité culturelle, sociale et économique, et elle est sujette préalablement à l’information et à la consultation des communautés indigènes concernées. Les bénéfices tirés de cette exploitation par les peuples indigènes sont assujettis à la Constitution et à la loi. » Article 120.

« Les peuples indigènes ont le droit de maintenir et de promouvoir leurs propres pratiques économiques basées sur la réciprocité, la solidarité et les échanges ; leurs activités productives traditionnelles, leur participation à l’économie nationale et à définir leurs priorités [...]. » Article 123.

« Les peuples indigènes ont droit à la participation politique.L’État garantit la représentation indigène à l’Assemblée nationale et dans les corps délibérants des institutions fédérales et locales ayant des populations indigènes, conformément à la loi ». Article 125.

« La langue officielle est le Castillan. Les langues indigènes sont aussi d’utilisation officielle pour les peuples indigènes et doivent être respectées dans tout le territoire de la République, afin de constituer le patrimoine culturel de la Nation et de l’humanité ». Article 9.

La politique économique

En dehors de la notoire exception de la politique pétrolière, il n’y a eu dans les premières années gouvernementales aucune proposition complète de modèle de développement ni une politique économique à la hauteur du radicalisme du discours politique.

Dans le secteur pétrolier, des réorientations fondamentales furent engagées dès le début. La politique d’augmentation de la production avait contribué significativement à l’effondrement des prix pétroliers d’ensemble, a été révisée de manière radicale. Des initiatives internationales ont été prises avec les pays exportateurs membres de l’OPEP ainsi qu’avec d’importants exportateurs non-membres de cette organisation, ce qui a eu des incidences immédiates et efficaces tant en ce qui concerne le renforcement de l’OPEP que la politique de restriction de l’offre et le redressement des prix du pétrole. Parallèlement, le processus d’ouverture pétrolière qui faisait partie de la stratégie de privatisation de la gestion de Petroleos de Venezuela, a été suspendu. Les premières mesures furent également prises pour reprendre le contrôle de la direction de la politique pétrolière et des orientations stratégiques de l’entreprise qui, au cours des années antérieures, avait acquis des niveaux croissants d’autonomie. Néanmoins, en l’absence d’un projet de réalisation global, qui servirait pour orienter de manière effective la politique économique dans différents domaines, on trouve des orientations variées, y inclus certaines qui peuvent correspondre à des propositions stratégiques divergentes.

Étant donné la profondeur de la crise économique et budgétaire, les orientations fondamentales des politiques macro-économiques sont assez orthodoxes, en donnant la priorité aux équilibres macro-économiques et au contrôle de l’inflation. Malgré le discours politique insistant sur la nécessité de réviser et de renégocier la dette extérieure, cette dernière est payée « rubis sur l’ongle ». Étant donné cette capacité de paiement, il n’y a pas eu lieu de solliciter de nouveaux prêts au FMI, évitant ainsi de nouvelles négociations avec cet organisme et les conditions et contrôles en résultant. Dans des occasions répétées le président Chávez s’est réuni avec des investisseurs étrangers, les exhortant à investir au Venezuela, leur garantissant la sécurité juridique et la stabilité politique. Les exemples les plus remarquables de décisions économiques qui expriment une continuité avec les politiques néolibérales figurent dans deux normes juridiques de la première époque gouvernementale : la Loi sur la promotion et la protection des investissements et la Loi organique des télécommunications, que les investisseurs internationaux ont cité en exemple d’ouverture et de transparence.

Un des documents dans lesquels apparaissent le plus nettement les difficultés pour formuler des directives économiques cohérentes avec les orientations politiques et sociales du processus de changement est Lineas Generales de Plan de Desarrollo Economico y Social de la Nacion 2001-2007. Dans ce document structuré autour de l’objectif d’atteindre l’équilibre dans cinq grands domaines (économique, social, politique, territorial et international), l’équilibre économique est défini comme suit :

« Dans la période 2001-2007, seront assises les bases d’un modèle productif capable de générer une croissance auto-soutenue, de promouvoir la diversification productive et d’atteindre la compétitivité internationale dans un contexte de stabilité macro-économique, ce qui facilitera une réinsertion profonde et diversifiée dans le commerce international globalisé ».

Une fois de plus l’insistance est portée sur la priorité du développement extérieur et des exportations dans le modèle qui est proposé pour le Venezuela :

« Une source additionnelle de recettes fiscales sera nécessaire, laquelle sera dérivée des nouvelles branches agricoles, industrielles et de services privés, lesquelles configureront une nouvelle économie d’exportations massives de biens et services qui, au lieu de livrer l’économie nationale à l’excessive dépendance d’exportations de produits bruts et raffinés d’origine pétrolière, augmenteront substantiellement les ressources fiscales non-pétrolières. Le soutien à la croissance économico-sociale exigera d’ajouter, au moteur du développement qui actuellement se concentre sur le produit pétrolier, de nouvelles branches de production agricole, industrielle et de services capables de générer un fort courant d’exportation sur les marchés globalisés, tout en satisfaisant les demandes essentielles du marché intérieur ».

Il n’est pas surprenant qu’à la lumière de ces politiques de nombreux analystes critiques du processus parvinrent à la conclusion que l’orientation économique était fondamentalement néolibérale. Les patrons vénézuéliens et les marchés financiers ont une autre opinion, prenant plus en compte le discours politique que les énoncés de politique économique : le risque-pays augmente, il en résulte une fuite massive de capitaux d’une ampleur historiquement inégalée. Il se produisit une sévère contraction de la formation de capital fixe dans le secteur privé, entraînant une réduction de 15% pour l’année 1999 et de 18,7% pour l’année 2002. Ces baisses ne sont pas compensées par la formation de capital fixe public qui au cours de ces deux années vont baisser encore plus, de 18% et de 26% respectivement. Durant les quatre premières années de gouvernement (1999-2002), la formation brute de capital fixe en pourcentage du produit intérieur brut baissa en moyenne de 15%, à comparer avec la moyenne de 17,5% de baisse des quatre années précédentes (1995-1998). Ces chutes de l’investissement ont contribué à celle du produit intérieur brut, de 7,4% pour l’année 1999 jusqu’à 12,6% pour l’année 2002. Le taux de chômage, qui était de 11,8% au second semestre 1998, atteignait 16,2% au second semestre 2002.

La « Loi habilitante »

Le premier fait marquant pour tenter de faire converger le discours politique et la proposition économique date du mois de novembre 2001, avec l’approbation de la Loi habilitante. De l’ensemble des 49 lois approuvées dans le cadre de la Loi habilitante ressort en premier lieu les lois dont l’objectif principal est la démocratisation de la propriété et de la production. Il y a diverses lois qui ont pour finalité le financement ou la promotion de modalités économiques alternatives aux organisations de caractère patronal. Il convient de souligner en ce sens : la recherche d’une réorientation des instruments de financement du secteur public destinés à financer le développement social ; l’aide aux petites et moyennes entreprises ; la création d’un système de micro-crédits ; le Fondo Único Social ainsi que le soutien aux formes alternatives de propriété et d’organisation de la production, comme les coopératives.

Parmi ces lois, trois d’entre elles suscitèrent de fortes polémiques et des réactions négatives de la part des milieux patronaux, et en général de l’opposition politique : la Loi sur la pêche et l’aquaculture, la Loi sur la terre et le développement agraire, et la Loi organique sur les hydrocarbures.

La Loi sur la pêche et l’aquaculture a pour intention de garantir « l’exploitation responsable et soutenable des ressources hydrobiologiques, en prenant en considération leurs aspects biologiques, technologiques, économiques, de sécurité alimentaire, sociaux, culturels, environnementaux et commerciaux appropriés ». La priorité est attribuée à la « demande du marché national » et à la protection des « installations et communautés de pêcheurs artisanaux, ainsi qu’à l’amélioration de la qualité de vie des petits pêcheurs » et à la protection des « lieux de pêche des pêcheurs artisanaux, dans les eaux continentales et à proximité de la côte maritime ». Elle définit comme "propriété de l’Etat les ressources hydrobiologiques qui se trouvent en permanence ou occasionnellement sur le territoire national et dans les zones sous la souveraineté de la République. Elle réserve en « exclusivité aux pêcheurs artisanaux traditionnels » une large gamme d’activités d’exploitation des ressources de pêche.

La Loi sur la terre et le développement agraire par ailleurs a pour objet d’établir les bases du développement rural intégral et soutenable, considéré comme le moyen fondamental pour le développement humain et la croissance économique du secteur agraire dans le cadre d’une juste distribution de la richesse et d’une planification stratégique, démocratique et participative, qui élimine la grande propriété en tant que système contraire à la justice, à l’intérêt général et à la paix sociale dans les campagnes, qui assure la biodiversité, la sécurité agro-alimentaire et la validité effective des droits à la protection de l’environnement et agro-alimentaire des générations présentes et futures.

Partant de la reconnaissance de la propriété privée elle pose des limitations qui se fondent tant sur le droit des paysans à la terre que sur l’objectif constitutionnel de la sécurité alimentaire et se fixe comme but l’élimination de la grande propriété. Est déclarée d’utilité publique et d’intérêt social, par les effets du présent décret-loi, l’élimination de la grande propriété qui est contraire à l’intérêt social dans la campagne, en conformité à l’article 307 de la Constitution de la République bolivarienne du Venezuela. En ce sens, l’Institut national des terres (INTI) procédera à l’expropriation des terres privées qui seraient nécessaires à l’aménagement soutenable des terres à vocation agricole, pour assurer leur potentiel agro-alimentaire, et se trouvera subrogé dans tous les droits et obligations qui en conformité avec le présent décret-loi puissent correspondre à la République.

Les terres privées demeurent sujettes à l’accomplissement de la fonction sociale de la sécurité agro-alimentaire de la Nation. En ce sens, elles doivent soumettre leur activité aux nécessités de production de produits alimentaires en accord avec les plans de sécurité agro-alimentaire établis par l’Exécutif National.

Sur la base de ce qui était envisagé dans le texte constitutionnel, la Loi organique sur les hydrocarbures est venue préciser un ensemble de normes concernant la principale industrie du pays en définissant des orientations radicalement contraires à l’orthodoxie libérale de la majorité du continent, qui servait également de support à la politique pétrolière qui s’était imposée dans le pays sous les gouvernements précédents. De ces orientations, il en est cinq qui revêtent une importance particulière. En premier lieu, il y a la réaffirmation de la propriété de la République sur tous les gisements d’hydrocarbures :

Les gisements d’hydrocarbures existant sur le territoire national, quelle que soit leur nature, y inclus ceux qui se trouveraient sous le lit des eaux territoriales, sur la plate-forme continentale, dans la zone économique exclusive et à l’intérieur des frontières nationales, appartiennent à la République et sont des biens du domaine public, par conséquent inaliénables et imprescriptibles.

Le second aspect à souligner renvoie à un sujet qui a été extraordinairement polémique au Venezuela au cours des dernières années, à savoir la question de l’autonomie croissante qu’avait acquis Petroleos de Venezuela à l’égard de l’Etat, au point de fonctionner comme « un Etat dans l’Etat », comme une entreprise qui opérait plus dans la logique d’une transnationale énergétique, en fonction de ses intérêts corporatifs, que comme une entreprise publique de tous les Vénézuéliens. Le contrôle public sur l’entreprise s’est trouvé établi dans les termes suivants :

Il revient au ministère de l’Energie et des Mines la formulation, le contrôle et le suivi des politiques et la planification, réalisation et fiscalisation des activités en matière d’hydrocarbures, en ce inclus ce qui est relatif au développement, à la conservation, à l’exploitation et au contrôle desdites ressources ainsi que l’étude des marchés, l’analyse et la fixation des prix des hydrocarbures et de ses produits. En ce sens, le ministère de l’Energie et des Mines est l’organe national compétent pour tout ce qui est en relation avec l’administration des hydrocarbures et en conséquence il a la faculté d’inspecter les travaux et les activités inhérentes à ceux-ci, ainsi que de surveiller les opérations qui génèrent les impôts, taxes ou contributions établies par ce décret-loi, et de contrôler les comptabilités respectives.

Des volumes d’hydrocarbures extraits de tout gisement, l’Etat a droit à une participation de 30% à titre de redevance.

Confrontations

Les lois approuvées dans le cadre de la Loi habilitante, et en particulier les lois sur la pêche, la terre et les hydrocarbures furent cataloguées par le patronat et par l’opposition politique comme une atteinte à la propriété privée, et en tirèrent argument pour confirmer le caractère étatiste ou communiste du projet politique gouvernemental. Un lock-out patronal national se produisit le 10 décembre 2001 pour exiger la révision de ces lois. Les médias adoptèrent des positions de plus en plus extrêmes de dénonciation et de confrontation avec le gouvernement, assumant la part fondamentale de l’opposition à celui-ci.

Les deux plus grands moments de confrontation, qui menacèrent directement la continuité du gouvernement, furent le coup d’Etat du 11 avril 2002 et l’arrêt, principalement patronal et pétrolier, qui visait également le départ du Président. L’échec politique de ces deux tentatives de renverser Chávez eut pour conséquence des changements profonds dans les conditions politiques du pays. L’appui populaire au gouvernement se consolida, mais surtout se mobilisa et s’organisa. La menace militaire se désarticula par le limogeage des officiers putschistes des Forces armées, et une transformation en profondeur de Petroleos de Venezuela fut réalisée par le licenciement de la majeure partie des employés qui avaient participé à l’arrêt de travail putschiste.

Au cours de l’année 2003, le gouvernement, après une phase défensive pour survivre et réactiver l’industrie pétrolière, base de l’économie nationale, acquit plus de confiance et se mit à impulser des politiques de type offensif orientées à la consolidation de sa base politique et sociale, des politiques publiques concrètes, tangibles, en capacité de toucher la majorité de la population et d’influer sur ses conditions de vie.

Principaux défis

Partant de la caractérisation formulée dans ce texte, il est possible d’identifier quelques problèmes et défis à caractère général auxquels il est nécessaire de répondre afin de consolider les changements amorcés.

En premier lieu, sur le terrain productif et le modèle de développement, il y a quelques domaines dans lesquels il semble y avoir une plus grande clarté dans les objectifs et plus de cohérence dans les politiques engagées. Il s’agit de l’industrie pétrolière et autres industries essentielles, des nécessités d’investissement public dans les secteurs prioritaires de production et d’infrastructure et du large spectre de la moyenne et petite production, des coopératives et les diverses modalités de l’économie sociale. Dans chacun de ces domaines, l’Etat s’appuie sur des moyens financiers et des instruments juridiques pour définir les orientations fondamentales. Les résultats des secteurs de l’économie privée patronale sont plus problématiques. La Constitution de 1999 assume une économie capitaliste avec un poids prépondérant du secteur privé. Du fait des fortes tensions politiques existantes entre le gouvernement et la majorité du patronat, le « climat de confiance » requis pour réactiver l’investissement privé, le retour de la croissance et la création d’emplois, n’a pas été atteint. Le gouvernement a impulsé des programmes de substitution aux importations, de protection de l’industrie nationale et de développement de cette dernière grâce à des programmes systématiques d’achats gouvernementaux avec des réactions peu favorables du côté du secteur patronal. Il s’agit d’obstacles structurels qui vont bien au-delà de facteurs politiques conjoncturels. Quelles pourraient être les caractéristiques d’un modèle de développement capitaliste plus endogène, plus équitable et démocratique, en capacité de générer de l’emploi de qualité et soutenable écologiquement en l’absence d’un patronat national, d’une bourgeoisie nationale ? Est-ce une possibilité réaliste dans les conditions actuelles d’une économie largement globalisée ? Quel rôle peut jouer ici ce qu’on appelle l’économie sociale ? Le revenu pétrolier entre les mains de l’Etat a permis d’une certaine manière de reporter ce débat urgent, mais le risque principal de ne pas réussir les investissements productifs dans d’autres secteurs de l’économie serait la réaffirmation à long terme du caractère monoproducteur et rentier de l’économie vénézuélienne, avec ses lourds coûts environnementaux.

Une condition indispensable pour le succès du processus de changement est la transformation de l’Etat et le renforcement de sa capacité de régulation et de gestion.L’État vénézuélien, malgré les tentatives successives de réforme, et parfois en conséquence de celles-ci, a souffert d’un processus prolongé de détérioration institutionnelle depuis des lustres. Dans certains secteurs, il s’est approfondi avec l’actuel gouvernement du fait de la résistance aux nouvelles orientations de la politique publique des employés publics organisés en syndicats politiquement d’opposition. Le style très personnel de prise de décisions et d’attribution de ressources, qui échappe fréquemment aux structures et procédures administratives formelles, ne contribue pas à l’institutionnalisation de la capacité de gestion publique.

Il faut associer à cela les relations entre le gouvernement central et les gouvernements régionaux et municipaux. Etre conséquent avec l’élargissement et l’approfondissement de la démocratie, avec le progrès de la participation dans tous les domaines de la vie collective, et avec le contrôle ou processus de contrôle social de la gestion publique, nécessiterait de plus importants niveaux de décentralisation de celui-ci. Cependant, étant donné les relations tendues existant entre le gouvernement central et les gouverneurs et maires de l’opposition, il y a eu des chocs permanents qui se sont transformés en obstacles graves et répétés dans la gestion coordonnée des politiques publiques. Le cas le plus remarquable en ce sens a été l’expérience négative dans les politiques de santé.

Un autre sujet problématique est celui de la corruption, phénomène qui en général est considéré comme étendu, mais dont les dimensions sont difficiles à estimer. Les raisons pour lesquelles il y a corruption aujourd’hui dans l’administration publique sont nombreuses. Il suffit de voir dans les dernières périodes, avec la « naturalisaton » ou l’institutionnalisation de la corruption publique, avec l’improvisation dans laquelle ont été impulsés divers programmes, la faiblesse dans la construction de la capacité institutionnelle de l’Etat - qui complique le suivi de l’exécution budgétaire - ainsi qu’avec la méfiance du gouvernement en relation aux accusations de corruption, considérées dans la majeure partie des cas comme de la propagande oppositionnelle. L’absence d’un pouvoir de contrôle suffisamment autonome est notoire ainsi que la faiblesse et la légitimité limitée du pouvoir judiciaire. Il est probable que joue aussi le calcul politique à court terme qui conduit à chercher à conserver des appuis, ou pour le moins à éviter des ruptures publiques avec des fonctionnaires dont les pratiques illicites ont été découvertes. Bien que le thème de la corruption ait été dans le discours électoral de Chávez l’axe de délimitation fondamentale entre l’ancien Venezuela de la Quatrième République et le nouveau Venezuela qu’il fallait construire, le combat contre la corruption est passé au second plan dans les priorités gouvernementales et il n’y pas eu de développements politiques, de normes ni d’actions systématiques destinées à l’éradiquer. La légitimité du gouvernement dépend dans une bonne mesure de la formulation de politiques publiques effectives destinées à la réduction de la corruption.

En dernier lieu, le projet de changement a besoin de processus d’institutionnalisation organisationnelle, tant sociales que politiques. En l’absence d’instances collectives de débat, de confrontations d’idées et d’élaboration de politiques, c’est le leadership unipersonnel qui se renforce. Il semble que nous soyons entrés dans un cercle vicieux dans lequel, pour éviter des confrontations internes et de possibles divisions, plutôt que de générer des mécanismes de traitement institutionnel et démocratique des différences, se réaffirme le leadership unipersonnel du président. L’absence de médiations organisées entre le leader et les secteurs populaires, revendiquées par beaucoup comme une vertu, constitue une importante source de vulnérabilité de tout le processus.

Source : http://www.alternatives.ca/article2073.html
Haut de la page
Fidelista allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 21 Sep 2007
Status actuel: Inactif
Messages: 3256
  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 12:39
Gracchus - Posté le 02-09-2005 à 19:31:41
 
Haut de la page
Fidelista allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 21 Sep 2007
Status actuel: Inactif
Messages: 3256
  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 12:40
Signature des accords pour la livraison de pétrole vénézuélien aux nations caribéennes dans le cadre de Petrocaribe

La Havane, 07.09.05 (AIN) Les participants au sommet de Montego Bay, convoqué par le premier ministre jamaïquain et le président vénézuélien Hugo Chavez, ont adopté et signé une série d’accords binationaux, entre le Venezuela et les nations caribéennes membres de Petrocaribe, qui fixent les volumes des livraisons de pétrole vénézuélien à chacune de ces dernières.

Le premier ministre jamaïquain, Percival Patterson, a estimé que la Déclaration finale du sommet de Petrocaribe adoptée à Montego Bay établit les mécanismes nécessaires au ravitaillement énergétique comme garantie du développement social, de l’enseignement et de la santé pour les peuples de la Caraïbe.

Les accords énergétiques bilatéraux ont été signés par le président vénézuélien Hugo Chavez avec le premier ministre d’Antigua-et-Barbuda, Baldwin Spencer ; le président de la République Dominicaine, Leonel Fernandez ; le premier ministre de Saint-Kitts-et-Nevis, Denzell Douglas ; le président de la Guyana, Samuel Hinds, et le premier ministre de Saint Vincent et les Grenadine ; Ralph Gonsalves.

Les représentants de Belize, du Suriname, de l’île de la Grenade et de la Dominique ont également signé avec le président du Venezuela les accords énergétiques.

Cuba et la Jamaïque avaient déjà signé, dans ce même ordre, leurs accords énergétiques bilatéraux avec le Venezuela.

Dans le cas de la Jamaïque, ces accords permettront de tripler le ravitaillement en pétrole vénézuélien, qui passera de 7 300 barils par jour à 21 000, ainsi que de renforcer la capacité de raffinage de cette île anglophone.

Pour leur part, les ministres de l’Energie et d’autres ministres concernés des nations membres de Petrocaribe ont procédé à la signature de la première résolution du conseil des ministres de cette nouvelle structure régionale, résultat d’une initiative vénézuélienne visant à garantir la sécurité énergétique des nations de la Caraïbe dans le cadre d’un vaste programme d’intégration régionale.

Toujours dans le cadre du sommet, le président vénézuélien Hugo Chavez a déclaré que la marche des nations caribéennes vers l’intégration se concrétise rapidement mais sûrement et il a mentionné la possibilité de créer une société régionale, similaire à Petrocaribe, afin de favoriser et développer la génération d’électricité dans les pays de la Caraïbe.

Le président vénézuélien a également signalé que l’opération Miracle, dans le cadre de laquelle des dizaines de milliers de patients des nations caribéennes ont déjà récupéré la vue à Cuba, est un exemple qui illustre tout ce qui peut être fait grâce à l’intégration régionale.

Avant l’intervention du président du Venezuela, le président cubain Fidel Castro avait annoncé que 7 422 patients caribéens atteints de diverses affections ophtalmologiques ont déjà été opérés gratuitement à Cuba.

Source : http://www.ain.cubaweb.cu/idioma/frances/2005/sept8petrocaribe-jamaicaa.htm
Haut de la page
Fidelista allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 21 Sep 2007
Status actuel: Inactif
Messages: 3256
  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 12:40
Chávez annonce l’expropriation des usines fermées



La mise en route de la "révolution bolivarienne" passe par l’expropriation des usines fermées et la participation des ouvriers au management, à la direction et aux profits des entreprises. L’article ci-dessous témoigne du point de vue de Vénézuéliens partisans convaincus de la ligne bolivarienne. Il revêt un caractère "enthousiaste", que l’on pourra juger parfois excessif, mais non dénué d’analyses sur les "contradictions" rencontrées. Il a l’avantage de citer amplement le président Hugo Chávez s’expliquant sur sa politique dans son émission de radio hebdomadaire, et fournit d’intéressantes données sur la situation du Venezuela. Article de Jorge Martín, paru dans la revue El Militante http://www.elmilitante.org traduit par la revue A l’Encontre, revue politique mensuelle (Lausanne) http://www.alencontre.org

Dans son émission de télévision hebdomadaire Aló Presidente, le président vénézuélien Hugo Chávez a annoncé que 136 usines actuellement fermées étaient soumises à un examen en vue d’une expropriation. "C’est comme la terre non travaillée, a-t-il dit. De même que nous ne pouvons pas admettre de terres qui ne sont pas cultivées, de même nous ne pouvons pas accepter des industries qui ne fonctionnent pas"

Le programme était émis depuis Cumana [qui se situe dans l’Etat de Sucre]. Chávez participait également à l’inauguration de l’Union coopérative agro-industrielle du cacao, une entreprise qui, après avoir été fermée pendant neuf ans, vient d’être rachetée par des travailleurs pour en faire une coopérative, grâce à un prêt du gouvernement à bas taux d’intérêt. Chávez a expliqué que ce type de coopérative était un de ces projets qui « génèrent le bien-être collectif à travers le travail commun, dépassant ainsi le modèle capitaliste qui promeut l’individualisme. Nous avons identifié environ 700 entreprises fermées. Cela ne peut être admis », a affirmé Chavez, en lisant une liste des compagnies où le processus d’expropriation a déjà débuté.

Il y en a 136 autres qui sont en train d’être examinées, et il y a également de nombreuses autres compagnies qui sont partiellement paralysées. Le nombre total de compagnies ayant été passées en revue s’élève à 1 149. Il a mentionné le cas d’une entreprise de pisciculture dans le port de Guanta [près de Puerto La Cruz] qui est sur le point de commencer à produire. « Mais les employeurs ne veulent pas la faire fonctionner, nous devrons alors exproprier et la gérer nous-mêmes », a-t-il ajouté. Le président Hugo Chávez a alors passé en revue toute la liste et a mentionné un certain nombre de compagnies qui sont actuellement fermées, mais qui possèdent toutes les installations techniques et tous les actifs nécessaires pour commencer la production. Parmi divers exemples, il a cité une usine textile, une scierie, une fabrique de meubles, un hôtel, une fabrique de produits laitiers, une usine de chaussures et une aciérie.

Paraphrasant un dicton populaire vénézuélien, Chávez a déclaré que "celui qui a un commerce doit le garder ouvert ou alors le vendre, s’il ne le garde pas ouvert ni ne le vend, alors nous l’exproprierons" Mais il est clair que ce dernier ne faisait pas allusion aux petits magasins, puisque les compagnies qu’il venait de citer pourraient employer entre 100 et 500 ouvriers.

Il a ajouté que, pour tous les employeurs voulant garder leurs entreprises ouvertes, l’Etat était prêt à les aider en leur octroyant des prêts à taux d’intérêt réduit, mais à la condition que « les employeurs accordent aux ouvriers une participation au management, à la direction, aux profits de la compagnie ». Maria Cristina Iglesias, la ministre du travail, est également intervenue dans l’émission en lançant un appel "aux syndicats, aux travailleurs, aux anciens travailleurs de ces compagnies pour qu’ils les récupèrent". Et d’ajouter : "C’est avec la force des travailleurs que nous pourrons vaincre cet ennemi interne qu’est la dépendance qui nous garde éloignés de nos buts dans la lutte contre la pauvreté"

"Ceci est la révolution"

"Ceci est la révolution. Ceci est le socialisme", a ajouté Chávez qui a également dit que « la démocratie révolutionnaire constitue la transition, le pont, le chemin vers le socialisme du XXIe siècle, un socialisme qui sera bolivarien, vénézuélien, latino-américain ». Et il a appelé la population à « laisser de côté les fantômes avec lesquels l’idée de socialisme a été associée ». Précédemment, le président avait divulgué les résultats d’un sondage d’opinion selon lequel la majorité des Vénézuéliens préfèrent le socialisme. L’enquête, faite par une compagnie privée à la fin du mois de mai et au début de juin, révèle que 47,9% des Vénézuéliens préfèrent un « gouvernement socialiste » alors que 27% seulement défendent le capitalisme.

Mais Chávez a expliqué qu’il restait encore 25% de gens à n’avoir pas répondu à la question et que l’offensive idéologique devait donc être renforcée. Depuis que Hugo Chávez a déclaré que le chemin vers la révolution vénézuélienne passait par l’instauration du socialisme, c’est devenu le débat principal à l’intérieur du mouvement révolutionnaire bolivarien, et dans la société en général. Même le président de la fédération patronale Fedecamaras a été obligé de déclarer, il y a quelques mois, qu’il n’était pas question de choisir entre le socialisme et le capitalisme, mais plutôt de « prendre les meilleurs aspects de deux systèmes ».

Plus récemment, le général de division à la retraite Muller Rojas, dans son discours devant l’Assemblée nationale du 5 juillet 2005, réunie en session spéciale à l’occasion du jour de l’Indépendance, a lancé un appel pour créer une nouvelle Société patriotique (l’organisation qui avait mené la lutte pour l’indépendance il y a presque 200 ans), précisant toutefois que cela devrait être aujourd’hui « une société patriotique pour le socialisme ». Quant à Chávez, dans un discours devant les officiers de l’armée, il les a invités à faire entrer le débat sur le socialisme « dans les baraquements » et de mettre au rebut les vieilles idées et les préjugés qui leur avaient été enseignés dans le passé au sujet du socialisme.

Au sein du mouvement des travailleurs, ces idées ont été reçues avec enthousiasme. La discussion principale est maintenant de savoir ce qu’on entend par socialisme, comment appliquer la cogestion et quel est le rôle des travailleurs dans le processus révolutionnaire et dans l’économie. Il est clair qu’il existe encore de nombreuses interprétations de ce que l’on entend par socialisme. Pour les sections plus modérées dans le mouvement bolivarien, le socialisme signifie fondamentalement la démocratie sociale, ou, comme ils le disent eux-mêmes, « le socialisme de Zapatero », se référant au président social-démocrate espagnol.

Mais pour les travailleurs et pour les pauvres, il est clair que le socialisme signifie une rupture radicale avec le capitalisme. Chávez lui-même a expliqué que « à l’intérieur des limites du capitalisme les problèmes de la misère, de la pauvreté, de l’injustice, auxquels les Vénézuéliens doivent faire face ne peuvent pas être résolus ».

Dans l’immense manufacture d’aluminium ALCASA qui est propriété de l’Etat et où l’expérience la plus avant-gardiste de ce que l’on appelle « la cogestion » est mise en place, il est assez clair que pour les travailleurs le mot « cogestion » signifie précisément le contrôle et le management par les travailleurs. De ce fait, une affiche imprimée par ALCASA met en avant le « contrôle ouvrier » comme slogan principal.

Cela a été expliqué clairement par Edgar Caldera, l’un des dirigeants syndicaux d’ALCASA dans un article du 29 mai 2005 : « S’il y a une chose que les travailleurs doivent comprendre clairement, c’est que notre cogestion ne doit pas devenir une arme pour renforcer le mode de production capitaliste qui exploite. Nous ne pouvons répéter la triste histoire de l’Europe, où le système de cogestion a été utilisé pour se débarrasser des droits et des acquis des travailleurs. »

A ALCASA, ce sont les travailleurs eux-mêmes qui élisent leurs managers. Ces managers conservent le même niveau de salaire qu’ils avaient avant d’être élus et sont soumis au droit de révocation par les travailleurs. Dans le même article, Edgar Caldera donne un exemple de la façon dont le contrôle par les ouvriers signifie en même temps une production plus efficace et une élimination de la bureaucratie, du mauvais management et de la corruption. Il explique comment dans la Ligne de Réduction III [segment du procès de production de l’aluminium], une compagnie de l’extérieur avait été chargée de la maintenance et des réparations. Mais c’était en fait une source de corruption et, dans la pratique, cela signifia que, pendant environ sept ans, 10% des cellules de la ligne de réduction restèrent au repos. Lors d’un meeting de masse, les travailleurs ont donc décidé de renvoyer le contractant externe et d’engager le nombre nécessaire de travailleurs pour faire le même travail dans l’entreprise. Le résultat fut que les pannes diminuèrent dans un temps record et que maintenant la ligne de production travaille à pleine capacité.

Cette expérience a énormément élevé le niveau de conscience politique des travailleurs concernés. Du 16 au 18 juin a eu lieu un meeting de travailleurs impliqués dans des expériences de contrôle ouvrier et les conclusions qui ont été tirées sont très pointues. Tout au long du meeting, il y a eu une compréhension claire du fait que ce qui est connu au Venezuela comme « cogestion » constitue en fait une marche vers la construction d’une société socialiste. Un des points sur lesquels il y a eu accord est très clair : « Il faut inclure dans les propositions pour une cogestion révolutionnaire le fait que les compagnies doivent être propriété de l’Etat, sans distribution de parts pour les travailleurs, et que tous les profits doivent être distribués en fonction des besoins de la société à travers des conseils de planification socialiste. Ces conseils de planification socialiste doivent être compris comme des organes qui mettent en œuvre les décisions prises par les citoyens en assemblées. »

Contradictions

Tout ce processus de discussion politique et d’action par les travailleurs et les pauvres n’est pas exempt de contradictions. Par exemple, dans l’ancienne fabrique de papier VENEPALl, maintenant INVEPAL, la première firme à avoir été expropriée par le gouvernement bolivarien, les responsables syndicaux ont fait le pas de se séparer du syndicat. Ils espèrent racheter la part de l’Etat dans la compagnie afin d’être les seuls propriétaires et de pouvoir garder tous les profits de la production. D’autres responsables syndicaux les ont mis en garde contre ce projet, en insistant sur le fait que cette façon d’agir maintenait en place le capitalisme et que cela pourrait même les mettre en conflit avec d’autres travailleurs dans le futur.

A INVEVAL, l’ancienne Compagnie nationale de fabrication de soupapes, CNV, qui a été expropriée par le gouvernement le 1er mai 2005, les difficultés ne sont pas le fait des travailleurs eux-mêmes, mais plutôt de la bureaucratie de l’Etat. Au cours de la signature du décret d’expropriation, Chávez a dit clairement que les travailleurs devaient avoir une majorité de représentants dans les conseils de direction et que l’organe décisionnel suprême devait être l’Assemblée générale des travailleurs. Mais lorsqu’en date du 27 juin un représentant du ministère de l’économie populaire a lu aux travailleurs les statuts proposés pour la compagnie, ceux-ci ne faisaient aucune mention de la participation des travailleurs. L’assemblée présente a donc rejeté cette proposition et a commencé un processus de mobilisation pour exiger le contrôle ouvrier. Afin d’élargir leur lutte au-delà d’INVEVAL, les travailleurs sont maintenant en train de tisser des liens avec des travailleurs d’autres compagnies où des expériences semblables sont menées.

Et comme dernier exemple, dans la compagnie d’Etat de production et de distribution d’électricité CADAFE, il y a eu toutes sortes de tensions avec la direction de l’entreprise, dès le tout début de la mise en œuvre de la cogestion (à l’époque où les travailleurs exerçaient le contrôle ouvrier pour prévenir le sabotage durant le lock-out des patrons de décembre 2003). La direction voulait d’abord limiter le pouvoir des travailleurs à la prise de décisions sur des aspects secondaires comme, par exemple, le genre de décorations de Noël dans le bâtiment de la compagnie à Valencia ! Les travailleurs et leur syndicat ont donc dû lutter pour chaque pouce de contrôle ouvrier qu’ils détiennent maintenant dans la compagnie. La direction doit alors avancer un autre argument : « Il ne peut y avoir de participation ouvrière dans les usines stratégiques. »

L’argument tombe face à la réalité, puisque c’est précisément pendant le lock-out patronal de 2003 que les travailleurs du pétrole ont rétabli la production à PDVSA [compagnie nationale pétrolière] et que les travailleurs de l’aluminium et de la sidérurgie des immenses sites de Guayana se sont battus physiquement pour se frayer un chemin vers les installations de gaz et pouvoir ainsi réactiver l’approvisionnement de leurs usines. C’est aussi à ce moment que les travailleurs du métro de Caracas ont maintenu le métro ouvert et que les travailleurs de l’électricité de CADAFE ont maintenu l’approvisionnement de l’électricité empêchant ainsi le sabotage de l’industrie.

Le mouvement des travailleurs vénézuélien est en train de vivre une transformation massive et de devenir conscient de sa propre force. C’est là que réside l’espoir pour le futur de la révolution bolivarienne.

Une chose dont les travailleurs ont une conscience très claire, comme Chávez l’a dit dans son programme Aló Presidente, une révolution est un processus dans lequel de nouvelles idées et de nouveaux modèles naissent, alors que de vieilles idées meurent et « dans la révolution bolivarienne, c’est le capitalisme qui va être éliminé » .

DIAL • 38 rue du Doyenné - 69005 LYON • Tél. 04 72 77 00 26 • Fax 04 72 40 96 70 • E-mail : dial@globenet.org
Haut de la page
Fidelista allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 21 Sep 2007
Status actuel: Inactif
Messages: 3256
  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 12:40
Chavez accuse les Etats-Unis d'avoir un plan pour envahir le Venezuela

Le président vénézuélien Hugo Chavez a accusé les Etats-Unis d'avoir un plan, appelé " Balboa", pour envahir son pays, dans une interview à la chaîne de télévision américaine ABC qui sera diffusée vendredi soir, a rapporté l'AFP.

"Je dis que j'ai des preuves sur les plans d'une invasion du Venezuela".

"En plus, nous avons des documents", a déclaré Hugo Chavez qui est est arrivé jeudi matin à New York pour prendre part au sommet de l'Onu.

"Le plan s'appelle 'Balboa' et son "objectif est le Venezuela", a poursuivi M. Chavez, cité par l'AFP.

Source : http://fr.chinabroadcast.cn/1/2005/09/17/55@79566.htm
Haut de la page
Fidelista allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 21 Sep 2007
Status actuel: Inactif
Messages: 3256
  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 12:42
Le Venezuela déploie davantage de troupes le long de sa frontière avec la Colombie

CARACAS, 16 septembre (XINHUANET) -- Le Venezuela déploiera davantage de troupes dans l'Etat d'Apure, dans le sud-ouest du pays, limitrophe de la Colombie, a annoncé le commandant de l'armée vénézuélienne Raul Baduel vendredi.

Le journal local "El Nacional" a cité le commandant, rapportant que la négligence du gouvernement colombien de la garde de sa frontière et de la prévention du mouvement de trafiquants de drogue et de groupes subversifs avait fait en sorte que le Venezuela n'avait d'autre option que de déployer une nouvelle division de cavaliers légère, dénommée "Théâtre d'opérations No 2" dans cette zone.

Le gouvernement vénézuélien augmentera le nombre de ses soldats déployés le long de la frontière colombo-vénézuélienne longue de 2219 kilomètres, passant de 15 000 à 22 000.

Le général Melvin Lopez, inspecteur général des Forces armées vénézuéliennes, a souligné le manque de la volonté politique de la part de la Colombie de mettre en ordre la situation le long de la frontière commune.

Le Venezuela a déposé une plainte auprès de son pays voisin pour le manque de sécurité le long de la frontière. La situation est devenue compliquée ces dernières années suite à la détérioration des relations bilatérales provoquée par les prétendus liens du président vénézuélien Hugo Chavez avec des groupes armés d'opposition colombiens.

Source : http://www.french.xinhuanet.com/french/2005-09/17/content_162768.htm

XINHUANET est l'agenge de presse chinoise : http://www.french.xinhuanet.com/french/index.htm
Haut de la page
Fidelista allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 21 Sep 2007
Status actuel: Inactif
Messages: 3256
  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 12:42
Discours du Président Hugo Chavez à l’ONU le 15 septembre 2005. « Nous proposons que le siège des Nations Unies quitte un pays qui ne respecte par les résolutions de l’Assemblée »

Excellences, amies et amis, bonjour :

L’objet original de cette réunion a été totalement détourné. On nous à imposé au centre du débat un bien mal nommé processus de réformes qui relègue à l’arrière plan le plus urgent ; ce que les peuples du monde revendiquent avec urgence, comme l’adoption de mesures capables d’affronter les véritables problèmes qui font obstacle à nos pays dans leur développement et pour la vie.

Cinq années après le Sommet du Millénaire, la cruelle réalité est que la grande majorité des objectifs assignés, malgré le fait qu’ils étaient déjà forts modestes, ne seront pas atteints.

Nous avions prétendu réduire de moitié les 842 millions de personnes affamées dans le monde pour l’année 2015. Au rythme actuel, cet objectif se réaliserait en l’an 2215, allez savoir qui d’entre nous sera encore là pour le célébrer, si tant est que l’espèce humaine parviendra à survivre à la destruction qui menace notre environnement.

Nous avions proclamé notre intention de parvenir en 2015 à l’enseignement primaire universel. Au rythme actuel, l’objectif serait atteint après l’année 2100, préparons-nous donc à le célébrer...

Ceci, amies et amis du monde, nous amène de manière irréversible à une bien amère conclusion : les Nations Unies ont épuisé leur modèle, et il ne s’agit plus simplement de procéder à une réforme. Le XXIe siècle exige des changements profonds qui ne seront seulement possibles qu’avec une refondation de cette organisation. Tout le reste ne sert à rien, il faut le dire car c’est la pure vérité.

Ces transformations, auxquelles nous faisons référence au Venezuela, doivent être menées, selon nous, en deux temps : dans l’immédiat actuel et dans celui des rêves et de l’utopie. Le premier est marqué par les accords dérivés du vieux schéma, nous ne le rejetons pas, nous apportons y compris des propositions concrètes à court terme à l’intérieur de ce modèle. Mais le rêve de la paix mondiale, le rêve d’un monde débarrassé de la honte de la faim, de la maladie, de l’analphabétisme et l’extrême misère a besoin - en plus de racines - d’ailes qui lui permettent de s’envoler. Nous avons besoins d’ailes pour voler, nous savons qu’il y a une terrible globalisation néolibérale, mais il existe également la réalité d’un monde interconnecté que nous devons affronter non comme un problème, mais comme un défi. Nous pouvons, sur base des réalités nationales, échanger nos connaissances, les compléter, intégrer des marchés, mais il nous faut en même temps comprendre qu’il y a des problèmes qui n’ont plus de solution nationale : un nuage radioactif, les prix mondiaux, les pandémies, le réchauffement climatique, le trou dans la couche d’ozone ne sont pas des problèmes nationaux.

Afin d’avancer vers un nouveau modèle de Nations Unies qui fasse réalité et sien le « Nous » des peuples, il y a quatre réformes urgentes et vitales que nous présentons à cette Assemblée. La première est l’élargissement du Conseil de sécurité, tant pour les membres permanents que non-permanents, en y intégrant de nouveaux pays développés et en voie de développement. La seconde est la nécessaire amélioration des méthodes de travail afin d’augmenter la transparence et non la diminuer, afin d’augmenter le respect et non le diminuer, afin d’augmenter l’inclusion. La troisième est la suppression immédiate - nous le répétons depuis 6 ans - du droit de veto dans les décisions du Conseil de sécurité, ce vestige élitiste est incompatible avec la démocratie, il est incompatible avec l’idée même d’égalité et de démocratie. En quatrième lieu, il faut renforcer le rôle du Secrétaire générale, ses fonctions politiques dans le cadre de la démocratie préventive doivent êtres consolidés. La gravité des problèmes appelle à des transformations profondes, les réformettes sont insuffisantes pour atteindre ce « Nous » qu’espèrent les peuples du monde. Au-delà de ces quelques réformes, nous appelons, au Venezuela, à une refondation des Nations Unies, pour reprendre les paroles de Simon Rodriguez, le Robinson de Caracas : « Il faut inventer ou errer ».

En janvier de cette année 2005, nous avons été au Forum social mondial à Porto Alegre où différentes personnalités ont demandé que le siège des Nations Unies quitte les Etats-Unis si les violations de la légalité internationale par ce pays se poursuivaient. Aujourd’hui, nous savons que les armes de destruction massive en Irak n’ont jamais existé. Le peuple étatsuniens a toujours été très rigoureux avec l’exigence de la vérité pour ses gouvernants, les peuples du monde aussi. Or, il n’y a jamais eu d’armes de destruction massive et cependant, et par-dessus les Nations Unies, l’Irak a été bombardé, occupé et il continue à être occupé. C’est pour cette raison que nous proposons à cette Assemblée que les Nations Unies quittent un pays qui ne respecte pas les résolutions de cette Assemblée.

(...)

Nous pensons qu’il est temps de penser à la création d’une ville internationale en dehors de la souveraineté d’aucun Etat et disposant de la force morale de représenter les Nations du monde. Mais cette cité internationale devra rééquilibrer cinq siècles de déséquilibre. Le nouveau siège des Nations Unies doit être dans le Sud. « Le Sud existe aussi ! » a dit Mario Benedetti. Cette ville, qui pourrait déjà exister ou que nous devrons inventer, pourrait se situer au croisement entre différentes frontières ou sur un territoire qui symbolise le monde. Notre continent est disposé à offrir ce sol sur lequel édifier l’équilibre de l’univers dont a parlé Bolivar en 1825.

Mesdames et messieurs, nous affrontons aujourd’hui dans le monde une crise énergétique sans précédent dans laquelle se combinent dangereusement la croissance de la consommation énergétique, l’incapacité d’augmenter l’offre d’hydrocarbures et la perspective d’une réduction des réserves probables de combustibles fossiles. Le pétrole a commencé à s’épuiser.

En l’an 2020, la demande quotidienne de pétrole sera de 120 millions de barils, un niveau qui, même en ne tenant pas en compte une future croissance, fera que l’ont consommera en 20 années tout le pétrole que l’humanité a utilisé jusqu’à aujourd’hui, ce qui signifiera, inévitablement, une augmentation des émissions de CO2 qui, comme on le sait, augmentent la température de notre planète.

Katrina été un douloureux exemple des conséquences pour l’Homme d’ignorer ces réalités. Le réchauffement des océans est, en effet, un facteur fondamental dans la croissance et la force des ouragans que nous avons pu observer ces dernières années. Nous profitons de l’occasion pour transmettre à nouveau notre douleur et nos condoléances au peuple des Etats-Unis, qui est un peuple frère des peuples d’Amérique et des peuples du monde.

Il est pratiquement et éthiquement inadmissible de sacrifier l’espèce humaine au nom du maintien démentiel d’un modèle socio-économique aux capacités destructives sans cesse croissantes. Il est suicidaire d’étendre et d’imposer ce modèle comme un remède infaillible aux maux dont il est, précisément, la principale cause.

Il y a peu, Monsieur le président des Etats-Unis a assisté à une réunion de l’Organisation des Etats Américains afin de proposer à l’Amérique latine et aux Caraïbes d’augmenter leurs politiques de marché, l’ouverture de leurs marchés, c’est à dire le néolibéralisme, alors que ce dernier est justement la cause fondamentale des grands maux et des grandes tragédies que vivent nos peuples : le capitalisme néolibéral, le Consensus de Washington, qui ont généré un degré de misère, d’inégalité et de tragédie infinie aux peuples de ce continent.

Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin, Monsieur le Président, d’un nouvel ordre international. Souvenons-nous de l’Assemblée générale des Nations en 1974 - certains qui sont ici n’étaient pas encore nés ou étaient encore très jeunes.

En 1974, il y a 31 ans, furent adopté une déclaration et un programme d’action sur le Nouvel ordre économique international, ensemble avec un plan d’action de l’Assemblée générale le 14 décembre 1974 : la Charte des droits et des devoirs économiques des Etats et qui fut approuvée par une majorité écrasante de 120 votes pour, 6 contre et 10 abstentions - c’était au temps où l’on votait aux Nations Unies car aujourd’hui on ne vote pas, on approuve des documents comme celui-ci, que je dénonce au nom du Venezuela, comme nul, non avenu et illégal car il a été approuvé en violant les normes des Nations Unies. Ce document n’est pas valide ! Il faudra le discuter, le gouvernement du Venezuela va le faire connaître au monde, car nous ne pouvons pas accepter la dictature ouverte et effrontée au sein des Nations Unies, ces choses doivent êtres discutées et c’est pour cela que je fais un appel très respectueux à mes collègues chefs d’Etats et de gouvernements.

Je viens de me réunir avec le président Nestor Kirchner et ce document nous été remis cinq minutes avant - seulement en anglais ! - à nos délégués et il a été approuvé avec une massue dictatoriale que je dénonce à la face du monde comme illégale, nulle et illégitime.

Ecoutez-moi bien, Monsieur le Président, si nous acceptons cela, alors nous sommes perdus. Eteignons la lumière et fermons les portes et les fenêtres ! Ce serait un comble : accepter la dictature ici, dans cette assemblée.

Aujourd’hui plus que jamais, disions-nous, nous devons reprendre les choses qui sont resté en chemin, comme la proposition approuvée dans cette Assemblée en 1974 d’un Nouvel ordre économique international. Pour rafraîchir les mémoires, citons simplement l’article 2 du texte de cette charte qui confirme le droit des Etats à nationaliser les propriétés et les ressources naturelles qui se trouvent entre les mains d’investisseurs étrangers et qui propose également la création de cartels des producteurs de matières premières. La Résolution 3.102 de mai 1974 exprimait la détermination de travailler de manière urgente afin d’établir un Nouvel ordre économique international basé : - écoutez-moi bien, je vous le demande - « sur l’équité, l’égalité, la souveraineté, l’interdépendance, l’intérêt commun et la coopération entre tous les Etats, quels que soient leurs systèmes économiques et sociaux, afin de corriger les inégalités et les injustices entre les pays développés et les pays en voie de développement et qui assure aux générations présentes et futures la paix, la justice et un développement économique et social accéléré à un rythme soutenu ».

L’objectif du Nouvel ordre économique international était de modifier le vieil ordre économique conçu à Bretton Woods...

Je crois que le Président des Etats-Unis a parlé ici pendant quelques 20 minutes hier, d’après ce que l’on m’a dit, je demande donc, Excellence, l’autorisation de terminer mon allocution.

(...)

Aujourd’hui, nous, les peuples, et dans notre cas le peuple du Venezuela, nous réclamons un nouvel ordre économique international, mais un nouvel ordre politique international est également nécessaire. Nous ne permettons pas qu’une poignée de pays tentent de réinterpréter impunément les principes du Droit International afin d’épauler des doctrines comme la « Guerre préventive ». Quelle menace que cette guerre préventive ! Et aujourd’hui on parle de la « Responsabilité de protéger ». Mais il faut se poser la question : qui va nous protéger et comment on a va le faire ?

Je crois que l’un des peuples qui a le plus besoin de protection est le peuple des Etats-Unis, comme cela a été douloureusement démontré avec la tragédie de Katrina, car ce peuple n’a pas de gouvernement capable de le protéger des désastres annoncés de la nature.

A moins de nous protéger les uns les autres, ces concepts sont très dangereux, ils sont marqués du sceaux de l’impérialisme, de l’interventionnisme, et ils tentent de légaliser le non-respect de la souveraineté des peuples, le respect plein et entier des principes du Droit international et de la Charte des Nations Unies qui doivent constituer, Monsieur le Président, la pierre angulaire des relations internationales dans le monde d’aujourd’hui et la base du nouvel ordre que nous souhaitons.

(...)

Il est certes urgent d’affronter de manière efficace le terrorisme international, mais certainement pas en l’utilisant comme prétexte pour déclencher des agressions militaires injustifiées et qui violent le Droit international, de telles méthodes ont été intronisées après le 11 septembre. Seules une étroite et véritable coopération et la fin du double langage, comme certains pays du Nord le pratiquent avec la question du terrorisme, pourront en finir avec ce terrible fléau.

Monsieur le Président :

En à peine 7 années de Révolution bolivarienne, le peuple vénézuélien peut exhiber d’importantes conquêtes sociales et économiques.

Un million 406 mille Vénézuéliens ont appris à lire et à écrire en une année et demie. Nous sommes plus ou moins 25 millions et dans quelques semaines notre pays pourra se déclarer libre de l’analphabétisme. Trois millions de Vénézuéliens étaient auparavant exclus de l’éducation pour cause de misère, ils ont depuis lors été incorporé dans l’enseignement primaire, secondaire et universitaire.

17 millions de Vénézuéliens et de Vénézuéliennes - presque 70% de la population - reçoivent, pour la première fois dans l’histoire, une assistance médicale gratuite, y compris des médicaments et, dans quelques années, tous les Vénézuéliens auront un accès gratuit à une attention médicale digne de ce nom.

On fournit aujourd’hui plus de 1 million 700 mille tonnes d’aliments à prix modiques à quelques 12 millions de personnes, presque la moitié de la population. Un million d’entre eux en reçoivent gratuitement, de manière transitoire. Ces mesures ont généré un haut niveau de sécurité alimentaire pour les plus nécessiteux.

Monsieur le Président, on a créé plus de 700 mille postes de travail qui ont réduit le taux de chômage de 9%, tout cela au beau milieu d’agressions internes et externes, y compris un coup d’Etat militaire concocté à Washington, et un coup d’Etat pétrolier également conçu à Washington. Tout cela a été obtenu malgré les conspirations, les calomnies du pouvoir médiatique, et la menace permanente de l’Empire et de ses alliés, qui va jusqu’à encourager l’assassinat présidentiel. Le seul pays au monde où quelqu’un peut s’offrir le luxe de promouvoir l’assassinat d’un chef d’Etat sont les Etats-Unis, comme cela s’est passé il y a peu avec un révérend appelé Patt Robertson, très ami de la Maison Blanche, qui a demandé publiquement mon assassinat sans être inquiété. Ceci est un délit international ! Du terrorisme international !

Nous allons lutter pour le Venezuela, pour l’intégration latino-américaine et mondiale.

Nous réaffirmons ici dans cette assemblée notre foi infinie en l’Homme, aujourd’hui assoiffé de paix et de justice afin de survivre comme espèce. Simon Bolivar, le père de notre patrie et notre guide dans notre révolution, a juré de ne jamais donner de repos à son bras, à son âme, tant qu’il ne verrait pas une Amérique libre. Ne donnons pas de repos à nos bras, à nos âmes, tant que nous n’aurons pas sauvé l’humanité.

Discours du Président vénézuélien Hugo Chavez lors de la 60e Assemblée générale de l’ONU à New-York, le 15 septembre 2005.

Traduction de l’espagnol : Ataulfo Riera

Source : http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2678
Haut de la page
Fidelista allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 21 Sep 2007
Status actuel: Inactif
Messages: 3256
  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 12:42
Chavez assure que les peuples n’acceptent plus l’imposition ni les abus

CARACAS.- Le président Hugo Chavez a assuré que la planète n’acceptera pas la légalisation de l’impérialisme aux Nations Unie. Les peuples n’acceptent plus l’imposition ni les abus, a indiqué le chef de l’Etat vénézuélien, s’adressant à la foule massée aux alentours du palais de Miraflores.

Le Vénézuéliens sont fiers de la manière dont leur président a exalté le sentiment patriotique durant son intervention à l’ONU, un discours qui a suscité beaucoup de commentaires dans le monde.

Chavez a réitéré ses critiques à propos de la déclaration finale de la 60e Assemblée générale de l’ONU et entre autres choses il a indiqué que la proposition d’une commission de reconstruction de la paix et la dite responsabilité de protéger ne relèvent de rien d’autre que de la logique éhontée et immorale de l’impérialisme pour essayer de dominer le monde.

Par contre, a-t-il dit, le sujet central, celui de la lutte contre la pauvreté, n’a pas été débattu. Le président a ajouté que rien qu’aux Etats-Unis il existe quelque 40 millions de pauvres et d’exclus. Le tiers monde se trouve aussi à l’intérieur de ce grand pays, a-t-il dit.

Ce dimanche, des milliers de Vénézuéliens ont souhaité la bienvenue au leader de la Révolution bolivarienne après son voyage aux Etats-Unis et son courageux et historique discours à l’ONU.

Le président a déclaré à la foule qu’il n’avait fait qu’essayer de transmettre le sentiment et l’essence du peuple vénézuélien, se placer à la hauteur de l’espérance et de la dignité de la patrie de Bolivar.

«J’ai dit ce que j’avais à dire. Je parle toujours au nom de mon peuple et dis la vérité sans aucune réserve», a dit Chavez après avoir rappelé que les propositions formulées par le Venezuela à d’autres forums se sont consolidées avec le temps. «Nous avons dit des centaines de vérités et nous continuerons à le faire», a-t-il assuré.

Le chef de l’Etat a évoqué ces trois jours passés à New York, qui lui ont permis, a-t-il dit, de connaître l’âme des Nord-Américains, «qui admirent le peuple vénézuélien».

Ce sont les grandes vérités que la planète veut entendre. Nous sommes fiers et heureux de pouvoir compter sur le leadership d’un homme qui est le reflet de la conscience des Vénézuéliens et incarne l’esprit de justice, a indiqué Nicolas Maduro, président de l’Assemblée nationale du Venezuela.

Hugo Chavez a rappelé que le gouvernement de W. Bush a tenté par tous les moyens d’empêcher sa participation à l’Assemblée de l’ONU en refusant les visas au chef de la Maison militaire et au personnel médical qui accompagnait le président. Mais, a dit Chavez, rien n’a pu éviter qu’il soit présent et qu’il prenne contact avec le peuple nord-américain, d’où surgira «la force pour libérer l’humanité de la guerre».

Source : http://www.granma.cu/frances/2005/septiembre/lun19/39ase.html
Haut de la page
Fidelista allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 21 Sep 2007
Status actuel: Inactif
Messages: 3256
  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 12:43
La diplomatie pétrolière du Venezuela

Une première cargaison de produits pétroliers en provenance du Venezuela est attendue aujourd’hui au Nicaragua. Une livraison qui tombe à point nommé : les transports de la capitale Managua sont paralysés par un mouvement de protestation contre la cherté du pétrole. Le Nicaragua comme nombre de pays émergents étant durement touché par la flambée du brut. L’accord négocié entre le président Chavez et le leader des sandinistes Daniel Ortega prévoit une réduction de 40% sur le prix du marché pour approvisionner en priorité les villes dirigées par les sandinistes. Le premier exportateur latino américain confirme son statut de fournisseur providentiel auprès des pays amis. Cuba, mais aussi l’Argentine et l’Uruguay profitent déjà de ce régime de faveur. Les pays de la Caraïbe bénéficieront également des largesses de Caracas : 190 000 barils par jour sont destinés aux 13 pays signataires de l’accord, ils paieront leur facture en denrées agricoles, banane, sucre ou riz selon leur capacités. Un prêt à long terme financera le reste. Pour les opposants au président Chavez, cette solidarité régionale a surtout l’avantage d’étendre l’influence de Caracas sur une région traditionnellement acquise à l’administration américaine. Une diplomatie coûteuse pour la compagnie nationale : pour 2005 le manque à gagner est estimé à 1 milliard 600 millions de dollars. Le volume de brut exporté sous ce régime préférentiel a triplé en un an et représente cette année 10% de l’ensemble des exportations de pétrole du Venezuela. Les Etats-Unis les deux tiers. Ce partenaire que le président Chavez ne cesse de vilipender souffrira t’il de cette politique en terme d’approvisionnement de brut ? Rien n’est moins sûr, car si Washington est voué aux gémonies à Caracas, sur le plan commercial les Etats-Unis restent un partenaire commercial apprécié. Ce qui n’empêche le cinquième exportateur mondial de brut de chercher à tout prix de nouveaux débouchés. Et Katrina y contribue indirectement : avec la paralysie des installations du Golfe de nombreux contrats ont été annulés et un cargo initialement destiné aux majors américaines a été détourné vers l’Asie. Il fait route actuellement vers l’Inde où il cherche à trouver preneur.

Source : http://www.rfi.fr/actufr/articles/069/edito_chro_38667.asp
Haut de la page
Fidelista allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 21 Sep 2007
Status actuel: Inactif
Messages: 3256
  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 12:43
Tel un scénario de guerre au Venezuela

La découverte d'un jeu de guerre de l'armée nommé "Plan Balboa" inquiète particulièrement le président vénézuélien Hugo Chavez qui accuse les États-Unis d'élaborer la prochaine attaque de son pays.



Future stratégie d'invasion du Venezuela ou "simple exercice de simulation d'opérations par la terre, la mer et l'air". Si les États-Unis n'ont de cesse d'envisager tous les scenarii inimaginables dans le monde, Hugo Chavez ne prend pas à la légère le dernier "jeu de guerre" lancé par Washington. Le plan Balboa réalisé par le Commandement de Base Major de l'État espagnol entre le 3 et le 18 mai 2001, soit moins d'un an avant le coup d'État manqué contre le gouvernement vénézuélien. Un exercice qui propose une tactique d'invasion de la partie occidentale du pays par les forces nord-américaines et par ses alliés de l'Otan.

Est-ce un simple exercice théorique ? Un de ces jeux de guerre avec lequel l'armée s'entraîne ? Pour peu qu'il soit un simple entraînement, il contient de nombreuses informations secrètes sur les défenses militaires du Venezuela, du Panama, de la Colombie… Le président vénézuélien lui l'a pris très au sérieux. Dans son émission hebdomadaire "Alo Présidente", il a annoncé qu'il disposait de documents "fournis par des renseignements militaires" prouvant l'intention américaine d'envahir son pays. Puis interviewé, vendredi, lors de l'émission "Nightline" de ABC, il a précisé que le plan baptisé "Balboa" implique "porte-avions et avions de chasse". "Ils ont tout calculé le nombre de jours de bombardements, le nombre d'avions, de munitions" a-t-il ajouté.

Contexte

La simulation met en scène quatre pays protagonistes codés par des couleurs, mais si on se place du point de vue politique de Washington, ils sont facilement identifiables. Ces pays sont nommés Bleu, Marron (avec une zone à envahir en noir), Blanc et Cyan (un mélange de bleu-vert).

Le pays Bleu (États-Unis) "a prêté appui a Marron (Venezuela), matériel et techniques qualifiées, pour qu'il puisse développer son industrie pétrolifère, car bien que nationalisée, il ne dispose pas de personnel capable de l'exploiter". Bleu soutient que ce pays nécessite la venue de personnel étranger, notamment de sa région, "afin de maintenir le rythme de la production et l'activité des installations". Pour justifier une possible intervention dans le pays ennemi, une zone de conflit est placée dans la partie occidentale du pays Marron et le scénario est envisagé où un radical et nationaliste parti du Peuple Libre "propose des actions contre les intérêts du gouvernement légalement construit" et contre les biens et les intérêts du pays Bleu.

Dans la zone noire de Marron, "une force révolutionnaire VFL contrôle pratiquement toute la région avec l'appui des guérilleros de Blanc (Colombie), des secteurs populaires et des forces armées". Notons que ce sigle VFL n'est pas sans rappeler celui des FBL, les Forces bolivariennes de libération, un petit groupe de rebelles qui opère à la frontière de la Colombie. Enfin, vient l'allusion au FARC et à l'ingérence militaire américaine en Colombie. Le pays Cyan (Panama), lui, est élégamment comparé à une colonie des États-Unis, un pays qui maintient avec Bleu "d'étroites relations aussi bien économiques que commerciales".

Prétexte d'une intervention

Le prétexte à une intervention dans la zone occidentale de Marron prend la forme de la lutte contre le terrorisme. Le plan Balboa avance la théorie que le gouvernement vénézuélien fomente des groupes terroristes contre les États-Unis. "L'affrontement entre les deux partis politiques majoritaires de Marron s'est accru de façon notable. La situation politique a dévié vers une radicalisation du Parti du Peuple Libre. Celui-ci propose des actions contre les intérêts du gouvernement légalement constitué et contre Bleu". Le texte se poursuit sur une description des activités les plus incroyables de cette VLF contre BLeu.

Le déroulement de la guerre

Naturellement l'intervention armée est sous couvert de L'ONU. L'intervention contre Marron interviendrait sous le mandat d'une supposée résolution 1580 du Conseil de sécurité. "Devant cette situation, le Conseil de sécurité des Nations unis, par sa résolution 1580, a autorisé la création d'une force alliée commune (...) Il autorise, alors, sans condition, les actions aériennes nécessaires contre le pouvoir et le potentiel aérien des VLF".

Blanc s'est déclaré neutre dans le conflit, craignant que celui-ci s'étende à l'intérieur de ses frontières, mais il offre aux forces alliées l'utilisation de son térritoire et de ses bases aériennes, Cartagène, Soledad et Simon Bolivar au cas où elles seraient nécessaires pour les opérations". Cyan offre sa base de Howard dans le cadre des accords militaires de défense.

Les acteurs de Bleu et de la force alliée "respecteront les moyens de production importants de la zone contrôlée par les VLF". Une allusion claire qu'ils prendront soin de ne pas endommager les puits de pétrole de Zulia au Venezuela, dans la zone noire. C'est certainement celui-ci le véritable objectif du Plan Balboa, outre celui dans finir avec la Révolution, le contrôle du pétrole.

Le plan inclue aussi un grand nombre de détails techniques, de règles bélliqueuses, de descriptions des forces alliés et des ennemis. Comment tant d'informations classées ont-elles pu transparaître ? Chavez, lui, a d'ores et déjà annoncé un "contre-plan Balboa". "Cela signifie que si le gouvernement des États-Unis tente imprudemment de nous attaquer, il sera embarqué dans une guerre de 100 ans. Nous sommes prêts", a-t-il déclaré.
Haut de la page
Fidelista allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 21 Sep 2007
Status actuel: Inactif
Messages: 3256
  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 12:43
Le pétrole au cœur de la diplomatie

« Rendre le pétrole au peuple » ! L’objectif du gouvernement bolivarien est clair et clairement affiché. « Depuis l’arrivée au pouvoir du président Chávez, constate M. Antonio José Gonzalez, coordinateur de recherche à Provea, une association de défense des droits humains, malgré la corruption persistante et l’absence de contrôle de l’Etat, il y a effectivement eu une redistribution de la dépense publique en faveur des secteurs populaires. » Pour ce faire, l’équipe au pouvoir s’appuie sur une très ferme reprise en main de la compagnie pétrolière nationale PDVSA, qu’illustre la manière dont M. Rafael Ramírez Carreño cumule les mandats de ministre de l’énergie et du pétrole (depuis juillet 2002) et de président de PDVSA (depuis novembre 2004).

La politique d’ouverture et d’internationalisation du groupe dans les années 1980-1990 s’était traduite par un très beau succès d’entreprise, mais aussi par une déconnexion croissante entre le groupe pétrolier et la société vénézuélienne. Selon Luis Lander, professeur à la faculté de sciences économiques et sociales de l’Université centrale du Venezuela, à Caracas, un chiffre le montre : la part des recettes perçues sur les exportations et versée par PDVSA à l’Etat s’était constamment amenuisée, passant de 70,6 % en 1981 à 38,6 % en 2000.

Les temps ont changé. En 2004, sur un chiffre d’affaires de 60 milliards de dollars, la contribution de PDVSA au budget national (sous la forme d’impôts, de redevances et de dividendes) s’est élevée à 11,4 milliards de dollars (environ 50 % des recettes fiscales). Quelque 3,7 milliards sont allés au financement d’infrastructures et des « missions » créées au bénéfice des catégories défavorisées (contre 600 millions de dollars en 2003) : alphabétisation, soins (avec l’envoi de médecins cubains dans les quartiers périphériques), création d’une chaîne de supermarchés populaires, accès au baccalauréat ou reprise d’études supérieures...

« Au Venezuela, il n’y a pas de bons ou de mauvais politicien, avertit cependant un adage populaire. Il n’y a qu’un prix élevé ou bas du pétrole. » « En dessous de 29 dollars le baril, PDVSA ne pourra plus fournir un tel effort financier », confesse, en privé, un cadre du groupe (mais, compte tenu de la conjoncture, un prix aussi bas est peu probable dans les prochaines années). De fait, un conseiller du président Hugo Chavez, M. Maximilien Arvelaíz, rétorque : « C’est vrai ! Mais il y a en outre un souci de diversification des revenus nationaux avec, notamment, la mise en place d’une politique fiscale. »

L’opposition entre le modèle promu par les anciens responsables de PDVSA – qui ont fait entrer leur groupe dans la cour des grands du pétrole, tout en faisant de l’entreprise un Etat dans l’Etat – et le pouvoir chaviste – plus soucieux de politique sociale que de stratégie d’entreprise – tourne vite au dialogue de sourds. Exemplaire est, à cet égard, la discussion relative au sort de Citgo, filiale américaine de PDVSA placée parmi les premiers réseaux de distribution et de raffinage aux Etats-Unis. Caracas a annoncé vouloir la vendre (pour une valeur estimée à 6 milliards de dollars).

Pour les opposants, Citgo, qui fournit 30 % des recettes de PDVSA, obéit à une puissante logique économique d’intégration verticale (de la tête de puits jusqu’à la commercialisation des produits raffinés). Pour les stratèges gouvernementaux, ces actifs constituent une « subvention » au grand voisin du nord via les importants investissements vénézuéliens qu’ils ont absorbés, les impôts versés et les rabais consentis sur le prix du brut. Le 17 avril, sur la chaîne de télévision Televen, M. Ramírez optait pour une solution intermédiaire : tout en cédant les actifs les moins rentables, déclarait-il, « nous maintiendrons notre présence sur le marché nord-américain, qui est l’un de nos marchés les plus importants ».

Il n’en demeure pas moins que l’évolution de PDVSA est l’un des principaux débats qui agitent le pays. Le licenciement de 18 000 employés sur un total de 42 000 (dont 80 % de ses cadres), début 2003, puis l’interdiction faite à l’industrie d’embaucher les anciens grévistes sont évidemment – c’est une litote que de le dire – diversement appréciés. Ceci expliquant cela, fer de lance d’une opposition très peu démocratique, ils avaient participé à l’arrêt de la production préludant à l’éphémère coup d’Etat du 11 avril 2002 (1), puis à celle accompagnant le lock-out qui, en décembre 2002-janvier 2003, a eu pour objectif de déstabiliser le pays et a effectivement provoqué une catastrophe économique en lui faisant perdre 9 % de son produit intérieur brut (PIB). Sans toutefois parvenir, objectif annoncé, à faire « tomber » le président...

Licencié à l’issue de la grève, l’ancien directeur de la planification Luis Pacheco craint que le groupe, privé d’une partie de ses forces vives (et de ses capacités d’investissement) devienne une banale société d’exploitation pétrolière, contrainte de se reposer sur les opérateurs étrangers pour les projets délicats (2). Aujourd’hui député de l’opposition, M. Alberto Jordán Hernández souligne ce qu’il considère comme un paradoxe : des milliers de cadres de PDVSA ont été embauchés par des universités et des compagnies pétrolières du monde entier, ce qui équivaut à une « fuite de cerveaux que nous avons toujours critiquée » ! Toutefois, pour l’un des dirigeants d’une major présente dans le pays, « l’essentiel du personnel technicien est resté en place, ce qui préserve l’avenir du groupe ». Par ailleurs, la restructuration de PDVSA, en début d’année, a visé à lui donner un nouvel élan.

C’est une diplomatie pétrolière tous azimuts qu’a déployée le président Hugo Chávez ces derniers mois. Argentine, Brésil, Chine, Espagne, Inde, Iran, Libye, Nigeria, Qatar, Russie, Uruguay : la liste est longue des pays avec lesquels il a signé des accords-cadres de coopération, enrichis, selon les interlocuteurs, de projets de coopération économique ou commerciale. Suivant, en cela, quelques principes simples.

Premier principe : faire de l’or noir un instrument essentiel des relations extérieures du Venezuela. En novembre 2004, la nomination au poste de ministre des affaires étrangères de M. Alí Rodríguez Araque, ex-ministre du pétrole et des mines (1999-2000), ancien secrétaire général de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) (2001-2002) et ex-président de PDVSA (2002-2004), en offre le symbole le plus éloquent. M. Rodríguez a inauguré son mandat par cette phrase : « La politique internationale du Venezuela a une composante très forte en matière d’hydrocarbures. »

De fait, les ressources du pays sont impressionnantes : 100 à 270 milliards de barils pour le seul brut extra-lourd de la ceinture de l’Orénoque, un pétrole très visqueux, difficile à extraire, mais pour lequel de nouvelles technologies sont en voie d’élaboration (le Venezuela produit déjà 600 000 barils par jour de ce brut). « C’est dans ces réserves de brut extra-lourd que réside l’enjeu stratégique de l’avenir, explique M. Georges Buresi, directeur général de la filiale vénézuélienne de Total. Selon les hypothèses de récupération, elles pourraient être comparables à celles de l’Arabie saoudite. »

Le deuxième principe de la diplomatie bolivarienne – accorder la priorité à la coopération Sud-Sud – correspond à un objectif politique de promotion d’un monde « multipolaire » et à la réduction de la dépendance vis-à-vis des Etats-Unis, principal marché d’exportation du brut vénézuélien. « Nous ne voulons pas dépendre d’un seul pays, explique M. Arvelaíz. Nous utilisons notre pétrole pour ouvrir des marchés et nouer de nouvelles alliances. »

Tout en réaffirmant régulièrement qu’il n’interrompra ni ne réduira ses exportations vers les Etats-Unis, Caracas s’efforce néanmoins de diversifier ses débouchés pétroliers, avec une prédilection pour l’Inde et la Chine, gros pays consommateurs invités à participer au développement du Venezuela (3). Néanmoins, cette diversification prendra du temps, car elle implique, d’une part, la construction de nouvelles infrastructures de transport, comme un oléoduc traversant le Panamá pour ouvrir une voie vers la côte pacifique et, d’autre part, l’adaptation des raffineries destinataires, chinoises ou indiennes, aux spécifications du brut lourd vénézuélien. Inquiet de l’évolution de la situation au Venezuela, le grand voisin américain s’efforce, de son côté, de diversifier ses sources d’approvisionnement en Afrique et en Asie centrale.

Le pétrole offre également un point d’appui privilégié à la politique d’« intégration latino-américaine » promue par M. Chávez, excellente monnaie d’échange sur le modèle de l’accord conclu avec Cuba, qui reçoit 80 000 barils de brut par jour à prix préférentiel (comme d’autres pays de la Caraïbe et de l’Amérique centrale). Cette diplomatie multilatérale prévoit la création d’une banque du Sud, d’une télévision du Sud et... d’une compagnie pétrolière du Sud, Petrosur. Encore à l’état de projet, Petrosur doit rassembler l’Argentine, la Bolivie, le Brésil et l’Uruguay, voire la Colombie (lire « Par et pour les Latino-Américains »).

Troisième principe de la politique étrangère du chef de l’Etat, une constante depuis son élection en 1998, un ardent plaidoyer en faveur d’une remontée du prix du pétrole. En allant, en mars dernier, jusqu’à s’opposer à une augmentation des quotas de l’OPEP contribuant au reflux du prix, M. Chávez s’est fait le défenseur infatigable d’une redistribution en faveur des Etats producteurs (4).

Par le biais de la fiscalité, les Etats consommateurs sont en effet les « vrais bénéficiaires de la rente pétrolière », explique Pierre Terzian, rédacteur en chef de l’hebdomadaire spécialisé Petrostrategies. Entre 1999 et 2003, la valeur totale des impôts et taxes liés au pétrole s’est élevée à 1 363 milliards pour les pays du G7, contre 770 milliards pour l’OPEP (5). L’envolée des cours en termes réels ne doit pas faire oublier – comme M. Chávez l’a rappelé, lors de son passage à Paris, le 9 mars 2005 – qu’en dollars constants (c’est-à-dire en valeur réelle), le baril de 1973 vaudrait 90 dollars en 2004 !

Le mélange de la rhétorique « bolivarienne » et du réalisme pragmatique est une autre caractéristique de la politique pétrolière vénézuélienne. Les objectifs en sont clairs : « Indépendance vis-à-vis des entreprises transnationales, autonomie, souveraineté, lutte contre la pauvreté, revitalisation de l’OPEP », résume M. Tarek William Saab, gouverneur d’Anzoátegui, une des principales provinces pétrolières du pays. Leur application est plus nuancée, comme le révèlent les relations que le pays entretient avec les sociétés étrangères – même si le chef de l’Etat vénézuélien aime à pourfendre les majors qui exploitent sans vergogne les ressources naturelles de son pays. Ainsi, lors de son émission télévisée dominicale « Alo Presidente ! » du 15 mai 2005, leur a-t-il envoyé un avertissement en leur réclamant 1,55 milliard d’euros d’arriérés d’impôts et en contestant les contrats signés avant son arrivée au pouvoir.

Certes, le niveau de la redevance pétrolière est élevé par rapport aux autres pays de l’OPEP (30 % contre 20 % en moyenne) et la loi sur les hydrocarbures de 2001 prévoit une participation majoritaire de PDVSA dans tout nouveau projet pétrolier. Cependant, l’imposition sur le revenu a été réduite à 50 % et, pour le gaz, la loi de 1999 fixe la redevance à 20 % (contre 0 % précédemment !) et autorise la propriété étrangère d’un projet à 100 % ! Dans l’ensemble, ce dispositif ouvre donc l’amont vénézuélien aux capitaux étrangers – ce qui n’est le cas ni en Russie ni en Arabie saoudite (sauf pour le gaz), par exemple. Néanmoins, aucun décret d’application n’a encore été adopté, aucun contrat ferme signé depuis 2001 (seulement des lettres d’intention et des projets de coopération) ni aucun investissement nouveau engagé depuis cette date...

Si le Venezuela veut réaliser son objectif de production de 5 millions de barils par jour en 2009 (contre 3 millions aujourd’hui) (6), il lui faut relancer l’activité très rapidement. A l’exception de la britannique BP, assez peu présente, toutes les majors sont engagées au Venezuela et bien déterminées à l’être davantage. Elles ont proposé de colossaux projets (ou extensions) et n’attendent qu’un feu vert du gouvernement : « Le pétrole facile a été produit. Il faut désormais produire le pétrole difficile » de la ceinture de l’Orénoque, explique M. Buresi. Caracas n’ignore pas que les compagnies internationales ont un besoin impératif de nouvelles ressources à exploiter, sauf à voir leur production ralentir, et par conséquent leurs résultats se dégrader.

M. Chávez ayant procédé à des révisions de contrats, en particulier de leurs aspects fiscaux, des heurts ont opposé son gouvernement aux entreprises pétrolières, américaines notamment. C’est d’ailleurs le numéro un mondial, l’américain ExxonMobil, qui s’est le plus vigoureusement élevé contre la décision unilatérale de Caracas de supprimer la « période de grâce fiscale » dont bénéficiaient les projets de brut extra-lourd (plus risqués et plus gourmands en capitaux que les projets conventionnels) afin de tenir compte de l’envolée des prix du brut. Mais, volontiers pragmatiques, les dirigeants des autres sociétés ont tendance à relativiser les soubresauts politiques nationaux : « Comparé aux autres grands pays pétroliers comme l’Irak, l’Iran, l’Arabie saoudite ou la Russie, le Venezuela est accessible et relativement stable », commente un diplomate étranger basé à Caracas.

Alors que l’offre mondiale peine à suivre une demande en plein essor, le Venezuela dispose donc d’un atout maître : une prodigieuse richesse en or noir. A lui de jouer.

(1) Lire Maurice Lemoine, « Chávez sauvé par le peuple », Le Monde diplomatique, mai 2002.

(2) Depuis 2002, PDVSA n’a investi, en moyenne annuelle, que 2 milliards de dollars sur les 5 milliards budgétés (3 milliards seraient nécessaires pour maintenir le niveau de la production). Aussi la part des opérateurs étrangers dans la production pétrolière vénézuélienne a-t-elle progressé, passant de 30-35 % en 2002 à 40-45 % en 2004.

(3) L’association Gens du pétrole (opposition) dénonce l’« opacité » des accords signés avec ces pays, qui procèdent directement de M. Chávez et court-circuitent toute procédure d’appel d’offres.

(4) Toutefois, s’il estime que « le temps du pétrole bon marché est révolu », il se prononce pour un prix se stabilisant entre 30 et 38 dollars le baril.

(5) Christophe-Alexandre Paillard, Cédric de Lestrange et Pierre Zelenko, auteurs de Géopolitique du pétrole. Un nouveau marché, de nouveaux risques, un nouveau monde (éditions Technip, Paris, 2005), indiquent que, certaines années, la France reçoit du pétrole des revenus plus élevés que ceux de l’Arabie saoudite !

(6) Le gouvernement attribue cette production inférieure aux prévisions à une « grève silencieuse », voire à des « sabotages ».
Haut de la page
Fidelista allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 21 Sep 2007
Status actuel: Inactif
Messages: 3256
  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 12:43
 
Syndicaliste au Venezuela


Propos recueillis par Fabrice Thomas, Yannick Lacoste *

Stalin Perez Borges, dirigeant syndical et militant trotskyste de longue date, est au cœur du processus révolutionnaire au Venezuela. Il est l’un des quatre « coordonnateurs nationaux » de la nouvelle - et aujourd’hui majoritaire - centrale syndicale, l’UNT. Il est aussi membre du « comité impulseur» du nouveau parti en formation, le Parti de la révolution et du socialisme. En 2003, il a participé au Forum international organisé par le MPS (Mouvement pour le socialisme) à Lausanne.

Stalin Perez Borges, au centre



Peux-tu nous donner ton appréciation sur l’étape actuelle du processus au Venezuela ?

Stalin Perez Borges - Le processus révolutionnaire continue, mais les contradictions sont à l’œuvre, la corruption et l’inefficacité le minent. À l’occasion des récentes élections des conseils municipaux et conseils de quartiers, on a vu des affrontements entre les bases des partis chavistes et des secteurs dirigeants qui ont imposé bureaucratiquement leurs candidats. Pour l’instant, l’affrontement au sein du processus révolutionnaire avec ces secteurs conservateurs bureaucratiques gouvernementaux est surtout verbal. Mais nous pensons qu’il peut à l’avenir devenir beaucoup plus aigu et impliquer, surtout si l’affrontement avec l’impérialisme devient plus tendu, un approfondissement considérable de la situation révolutionnaire.

Quelle est la situation au niveau syndical ?

S. Perez Borges - Avec les crises du coup d’État contre Chavez, en avril 2002, le blocage pétrolier patronal de fin 2002-début 2003 et la trahison ouverte de la vieille centrale, la CTV, les travailleurs ont compris la nécessité de prendre eux-mêmes en mains leurs organisations syndicales. C’est sur ce phénomène, à l’échelle de tout le pays, qu’une nouvelle centrale syndicale, l’Union nationale des travailleurs (UNT), s’est constituée. L’UNT s’est considérablement renforcée. C’est maintenant la centrale qui compte la majorité des organisations syndicales dans le pays. Il est difficile de chiffrer sa force réelle pour l’instant, mais nous pouvons estimer que nous sommes au-delà du million d’affiliés et que l’immense majorité des grands syndicats est affiliée à l’UNT. Au sein de la direction de l’UNT, il y a quatre tendances. Nous attendons le prochain congrès pour savoir si le secteur bureaucratique - un courant réformiste avec beaucoup de dirigeants corrompus et incompétents - est majoritaire. Il y existe aussi le courant de la « Force bolivarienne des travailleurs », qui est proche du pouvoir et qui est aussi un courant réformiste. Et puis, il y a le « courant classiste », dont beaucoup de cadres sont à l’origine de la fraîche création du Parti de la révolution et du socialisme (PRS).

Peux-tu nous en dire un peu plus sur le PRS ?

S. Perez Borges - La création du PRS est une conséquence de cette bataille dans l’UNT. Dans la plupart des rencontres organisées dans tout le pays, la majorité des intervenants demandait la création d’une force distincte de celles qui, aujourd’hui, se réclament de Chavez, c’est-à-dire le MVR, le PPT, Podemos, le Parti communiste et quelques autres. Voyant cette nécessité, nous avons décidé de créer le PRS. Nous pensons que, dans la situation actuelle, les travailleurs ont besoin d’une organisation politique qui défende leurs intérêts, qui soit pour l’indépendance de classe et qui ait un projet anti-impérialiste bien défini. Au sein de notre courant syndical, certains nous reprochent ce projet. Il faut accomplir les deux tâches : la construction de l’UNT, comme centrale syndicale indépendante des partis politiques et du gouvernement, et celle d’un parti politique pour les travailleurs. La discussion de la création du PRS est actuellement menée conjointement par cinq groupes politiques distincts. D’autres organisations pourront élargir notre plateforme politique, et nous espérons pouvoir annoncer la création officielle du PRS au début de l’année prochaine. Nous voulons programmer un congrès de fondation. Nous avons déjà un journal, Opcion socialista (« Option socialiste »).

Ce projet nous a amenés à réaliser certains événements : le 9 juillet dernier, nous avons tenu un meeting national qui a rassemblé près de 450 personnes à Caracas. Nous avons fait, et nous allons faire, dans tout le pays d’autres meetings pour proclamer la nécessité d’une nouvelle organisation. Nous avons élaboré une plateforme politique pour servir de base à la discussion [1].

Quelle différence y a-t-il entre le PRS et les partis chavistes officiels qui existent actuellement ?

S. Perez Borges - Les organisations aux commandes du processus sont réformistes, staliniennes ou ultragauchistes, et elles ne permettent pas de lutter contre le caractère bureaucratique de l’État. Il est nécessaire d’assurer la transformation que demandent les masses populaires qui exigent une plus grande participation des gens. La population assume - c’est une caractéristique de ce processus - un certain pouvoir. On ne peut plus rien lui imposer, ni les dirigeants, ni les ministres, ni les patrons. Ce combat contre la bureaucratie, contre la corruption et contre le réformisme, commence à donner des résultats significatifs pour l’avenir du pays. Un exemple : la cogestion, c’est-à-dire le contrôle ouvrier et la participation directe des ouvriers dans l’entreprise d’État ou dans une entreprise privée. Des membres du gouvernement pensent que la cogestion est un risque, parce qu’une entreprise stratégique, comme par exemple PDVSA [l’entreprise nationalisée du pétrole, NDLR], doit rester sous le contrôle des dirigeants de l’État.

En réalité, ils ont peur de la participation des gens. Nous travaillons beaucoup sur ces expériences de contrôle ouvrier. Donner le pouvoir aux gens, cela peut être le saut en avant nécessaire à la poursuite du processus révolutionnaire. Chavez dit qu’il faut donner le pouvoir aux gens, eh bien le pouvoir, c’est contrôler son usine, contrôler sa communauté et contrôler ceux que l’on élit. C’est pourquoi nous pensons que le PRS peut avoir une forte influence sur les travailleurs. Nous fondons de grands espoirs sur la construction de notre organisation, afin de permettre au Venezuela de passer rapidement de pures déclarations d’intention à de véritables mesures anti-impérialistes.

* Article paru dans Rouge n° 2126

Source : http://www.alencontre.org/page/Venezuela/VeneBorges09_05.htm
Haut de la page
Fidelista allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 21 Sep 2007
Status actuel: Inactif
Messages: 3256
  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 12:44
Chavez réitère que les Etats-Unis «protègent des terroristes»

BRASILIA, 29 septembre.- Le président vénézuélien, Hugo Chavez, a affirmé ici que la «décision» des Etats-Unis de ne pas extrader à Caracas Luis Posada Carriles «prouve que Washington est résolu à protéger des terroristes».

Chavez, qui est arrivé aujourd’hui à Brasilia pour assister au 1er Sommet de la Communauté sud-américaine de Nations, a indiqué que la décision d’un juge nord-américain d’ajourner la déportation de Posada Carriles sous le prétexte qu’il pourrait être torturé au Venezuela «ne fait que corroborer la réalité: les Etats-Unis protègent le terrorisme».

Le président vénézuélien a assuré qu’il s’agit d’une décision «cynique» qui «découvre au monde les crocs de Dracula incarné par le gouvernement des Etats-Unis».

A ce sujet, le ministre des Affaires étrangères du Venezuela, Ali Rodriguez Araque, a déclaré à EFE que le refus d’extrader Posada est un «exemple emblématique de double discours et de double morale».

Selon Rodriguez, le président des Etats-Unis se dit «un ardent combattant contre le terrorisme mais permet qu’un personnage qui est l’équivalent de Ben Laden reçoive la protection de son pays».

Le ministère vénézuélien de l’Extérieur a d’autre part exigé du Département d’Etat nord-américain qu’il transmette à un juge fédéral la demande d’extradition présentée par Caracas en juin dernier.

Le Ministère public du Venezuela s’est prononcé dans le même sens.

Pour sa part, l’ambassadeur nord-américain au Venezuela, William Brownfield, submergé par les critiques, semble-t-il, a reconnu aujourd’hui que l’extradition du terroriste Luis Posada Carriles en territoire vénézuélien devra être analysée par la justice nord-américaine.

Interrogé par la presse, le diplomate s’est limité à signaler que le système légal nord-américain statuera «au moment adéquat» sur la demande de Caracas.

Source : http://www.granma.cu/frances/2005/septiembre/vier30/41chavef.html
Haut de la page
Fidelista allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 21 Sep 2007
Status actuel: Inactif
Messages: 3256
  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 12:44
 
Venezuela - Dans le laboratoire d’une révolution : le nouveau modèle humaniste et coopérativiste, interview avec Marta Harnecker - Venezuelanalysis .


« La force se trouve dans l’unité et que l’unité se construit en respectant les différences »

http://www.venezuelanalysis.com

Ignacio Cirio : A quel moment considérez-vous que se trouve la Révolution Bolivarienne ?

Marta Harnecker * : Dans une phase d’intensification, dans une phase d’effort pour rendre l’appareil d’Etat plus efficace, pour combattre la corruption, pour purifier la police et les forces de sécurité de l’Etat, pour généraliser la démocratie participative, et pour préparer l’organisation d’une logique économique différente, une logique humaniste et coopérativiste.

Ignacio Cirio : Quels ont été les mouvements les plus importants pour le Processus depuis que Chávez a signalé la voie socialiste pour la Révolution Bolivarienne ?

Marta Harnecker : Cela vous surprendra peut-être si je vous dis qu’il n’y a eu aucun mouvement important depuis que le président Chávez a donné cette consigne. Ce qui s’est produit c’est qu’en pratique les leaders du Processus ont constaté que la logique humaniste et coopérativiste qu’ils avaient commencée à mettre en oeuvre à tous les niveaux se heurtait à tout moment avec la logique capitaliste du profit.
Par exemple, il n’était pas possible de créer des coopératives agricoles ou industrielles si l’Etat ne garantissait pas le marché et la distribution des produits. Il n’était pas possible de contrôler les effets de l’excédent de liquidités, résultat des énormes prêts concédés par le gouvernement à tous les Vénézuéliens qui étudient dans les différentes Missions, sans un mécanisme de contrôle des prix pour les produits alimentaires de base des secteurs modestes. Comment de tels problèmes peuvent-ils être réglés dans le cadre de la logique capitaliste, où le moteur du système est le profit et non la satisfaction des besoins humains ? Une mesure qui avait été adoptée en urgence pour garantir la sécurité alimentaire de la population lors de la grève patronale à la fin de l’année 2002, quand l’opposition avait essayé d’interrompre le Processus révolutionnaire en affamant le peuple vénézuélien -l’achat massif d’aliments à l’extérieur afin de fournir des marchés improvisés- a éclairé la voie à suivre. Aujourd’hui des centaines de marchés populaires, répartis sur tout le territoire, couvrent 40% de la consommation. Ils offrent les produits à des prix beaucoup plus bas que dans les supermarchés privés. Ces prix sont soutenus par des subsides publics depuis le début. De plus ces marchés stimulent les agriculteurs pour qu’ils produisent ce qui était jusque lors importé. L’Etat garantit la vente des produits et élimine les intermédiaires.

Comme vous voyez, le « socialisme » n’a pas commencé au Venezuela lorsque Chávez l’a déclaré -au début de l’année 2005-, mais beaucoup plus tôt. Et je parle de « socialisme » entre guillemets, parce qu’en réalité se qui se produit au Venezuela ce n’est pas le socialisme, mais une voie qui peut conduire vers une société régie par une logique humaniste et coopérativiste, où tous les êtres humains pourraient parvenir à leur plein développement.

Chávez ne nie pas qu’au départ il considérait possible de régler les graves problèmes économiques et sociaux du Venezuela par une troisième voie ; il pensait qu’il était possible d’humaniser le capitalisme, mais l’expérience lui a montré que cela est impossible.

Ignacio Cirio : Cette insistance à présenter le socialisme comme la seule voie possible apparaît paradoxalement au moment où des efforts sont faits pour incorporer le secteur privé dans les plans économiques du gouvernement. N’est-ce pas contradictoire ?

Marta Harnecker : C’est un peu contradictoire dans une vision du socialisme comme une société où tous les moyens de production doivent être aux mains de l’Etat, et la propriété privée éliminée. Cette perception classique met l’accent sur la propriété et non sur le contrôle des moyens de production. Lorsque Chávez parle du socialisme qu’il souhaite pour le Venezuela il précise toujours qu’il pense au « socialisme du XXIème siècle » et non à une copie de modèles socialistes antérieurs. L’objectif aujourd’hui au Venezuela c’est de sortir de la pauvreté. Il y a peu j’entendais un gauchiste critiquer le vice-président de la République [José Vicente Rangel], le qualifiant de réformiste, parce qu’il avait dit que la pauvreté était l’ennemi principal qui devait être éliminé, au lieu de dire que c’est la bourgeoisie qui doit être éliminée. Quel aveuglement ! Quel dogmatisme ! Quel est l’intérêt d’attaquer les entreprises privées actuellement ? Ce n’est que de la rhétorique radicale qui n’a guère à voir avec une analyse de la situation réelle. Comment ce jeune ne peut-il pas comprendre que pour sortir de la pauvreté, parmi d’autres choses, des emplois productifs doivent être créés et que la réactivation du secteur privé a été la principale source d’emplois dans le pays ces derniers mois ? Pourquoi ne se demande-t-il pas pourquoi la bourgeoisie vénézuélienne, qui a dans le passé a essayé de détruire Chávez, est maintenant prête à collaborer avec lui ?
Lénine lui-même n’a jamais pensé qu’il était nécessaire d’éliminer la propriété privée pour commencer à construire le socialisme. Peu de gens ont lu l’un des premiers décrets du gouvernement soviétique : ce décret indique que les capitalistes prêts à collaborer avec le gouvernement devraient être autorisés à faire des annonces. Ce ne sont pas les socialistes qui ont marginalisé les capitalistes russes, ce sont les capitalistes qui se sont marginalisés eux-mêmes en refusant de collaborer avec le gouvernement soviétique et en faisant le choix de la guerre civile.

A tout cela s’ajoute la question du rapport de force. Lorsque la bourgeoisie se sent forte et considère qu’elle dispose des moyens de prendre le contrôle de la situation, par les urnes ou par les armes, on peut comprendre qu’elle ne soit pas encline à collaborer avec un projet révolutionnaire qui s’oppose à la logique du capital. Mais que peut faire la bourgeoisie vénézuélienne après avoir été vaincue à trois reprises : un coup d’Etat manqué en avril 2002 ; une grève patronale ratée à la fin de la même année ; et un échec lors du referendum d’août 2004 ? Ils n’ont pas d’autre alternative, quitter le pays ou collaborer avec le gouvernement qui offre des facilités de crédit et garantit un marché.

Ignacio Cirio : Mais la coexistence avec la bourgeoisie ne représente-t-elle pas un danger ?

Marta Harnecker : Assurément, cela représente un danger. La logique du capital tentera toujours de s’imposer. Il y aura une bagarre constante pour que l’un ou l’autre l’emporte. Nous sommes au début d’un long processus. Le contrôle du pouvoir politique, le contrôle des changes, une modification de la politique en matière de crédit, les capitalistes recevant des prêts sous certaines conditions posées par les gouvernement -produire pour le marché national, créer des emplois, payer les impôts, collaborer avec les communautés locales, etc.-, telles sont les formules utilisées par les gouvernement bolivarien pour les petites et moyennes entreprises qui contribuent au projet gouvernemental d’élimination de la pauvreté. Mais il ne faut pas oublier qu’ils proviennent d’une société où prédomine la logique du capital, avec une culture qui encourage les propriétaires des entreprises, ainsi que les ouvriers qu’ils emploient, à poursuivre des objectifs individualistes. C’est pour cette raison que le socialisme vaincra le capitalisme, non pas seulement par des transformations économiques, mais aussi avec une transformation culturelle du peuple. Lorsque le peuple commencera à percevoir les effets positifs du nouveau modèle économique, humaniste et coopérativiste, lorsque le peuple commencera à vaincre l’individualisme, le consumérisme, et les tendances pour le profit immédiat, il en arrivera à la même conclusion que Chávez : la seule alternative aux terribles conséquences du capitalisme néolibéral c’est le socialisme. Il est symptomatique que dernièrement les sondages indiquent qu’aujourd’hui 40% de la population considère le socialisme de façon positive. C’est un grand pas en avant si on prend en compte le grand bombardement idéologique que les gens ont dû subir. Les résultats pratiques des mesures humanistes et coopérativistes du gouvernement sont des armes beaucoup plus puissantes que tous les missiles médiatiques lancés par l’opposition.

Conscients qu’il s’agit de deux modèles économiques antagoniques, il est fondamental qu’une part importante des ressources de l’Etat soient destinées au financement du secteur de l’économie d’Etat. Le contrôle des industries stratégiques est le meilleur moyen de garantir le triomphe de la nouvelle logique humaniste et coopérativiste et d’accomplir le plan de développement national visant à l’élimination de la pauvreté.
La collaboration avec le capital privé ne devrait être recherchée que dans la mesure où elle permet d’avancer vers les objectifs de la Révolution.

Ignacio Cirio : Cette définition implique un changement conceptuel. Que signifie « inventer le socialisme » dans l’Amérique latine du XXIème siècle, dans le cadre de la forte hégémonie nord-américaine ? Quelles sont les innovations théoriques qui vous semblent les plus urgentes ?

Marta Harnecker : Plus que des innovations théoriques, je pense que beaucoup d’éléments existent déjà dans les oeuvres classiques des penseurs socialistes, mais qui sont méconnus ou qui ont été oubliés. Le socialisme du XXIème siècle devra les ressusciter et dans le même temps il devra inventer de nouvelles solutions à de nouveaux problèmes apportés par les changements globaux plus récents. Un concept important : le socialisme comme la société la plus démocratique. Lénine avait dit « le capitalisme c’est la démocratie pour l’élite, le socialisme c’est la démocratie pour la grande majorité du peuple ». Un autre concept important : le contrôle ouvrier. La production peut être issue d’une propriété d’Etat, mais sans contrôle ouvrier il ne s’agit pas d’une propriété socialiste ; par contre la propriété privée avec contrôle ouvrier est peut-être plus proche du socialisme. De plus, tout pays doit avoir sa propre transition vers le socialisme. Ce qui peut et ne peut pas être réalisé pour aller vers le socialisme dépendra dans une bonne mesure du rapport de force dans ce pays et dans le monde.

Si nous voulons vraiment être radicaux, et pas seulement des radicaux par la parole, nous devons nous immerger dans le travail quotidien de la construction d’une force sociale et politique que nous permette de mener les changements que nous voulons. Comme il serait plus fructueux de voir protester ceux qui sont impliqués dans la vie militante quotidienne et non pas ceux qui militent à partir d’un bureau.

Ignacio Cirio : Après tant d’années à vivre et à travailler à Cuba, pourquoi êtes-vous venue vivre au Venezuela ?

Marta Harnecker : Pour accompagner de près ce laboratoire représenté par la Révolution Bolivarienne et pour l’éclairer au monde, pour apporter mon soutien dans la mesure de mes possibilités -particulièrement en ce qui concerne la participation, le protagonisme, du peuple, ce qui est ma passion.

Ignacio Cirio : Bien que Chávez soit de plus en plus présent en Amérique latine, certaines forces de gauche regardent encore son leadership avec prudence. Pensez-vous que la gauche latino-américaine évalue correctement le Processus vénézuélien ?

Marta Harnecker : Je pense qu’ils l’évaluent de mieux en mieux. Les faits ne peuvent pas être niés. Mais il y a encore ceux, pas très nombreux, autant à l’extérieur que dans le pays, qui ne comprennent pas l’importance de pouvoir disposer d’un gouvernement populaire pour faire avancer les luttes des peuples.

Ignacio Cirio : Quelles sont les implications du fait qu’aujourd’hui en Amérique latine, 15 ans après la chute de l’Union soviétique, le thème de la construction d’une alternative au capitalisme ait été rénové avec tant d’enthousiasme ?

Marta Harnecker : Nous sommes au début d’un nouveau cycle d’avancées révolutionnaires et nous devons accélérer la construction des facteurs subjectifs qui nous préservent de nouvelles frustrations historiques. Malheureusement il n’y a pas beaucoup de pays où les forces sociales et politiques de gauche travaillent dans l’harmonie en se renforçant mutuellement. L’égoïsme et l’ambition politique s’impose généralement parmi les leaders. Ils n’ont pas suffisamment bien compris que la force se trouve dans l’unité et que l’unité se construit en respectant les différences. Ils n’ont pas suffisamment compris que l’art de la politique c’est de construire une force sociale et politique capable de rendre possible dans un futur proche, ce qui aujourd’hui semble impossible ; et que pour construire une force politique il faut construire une force sociale.

Source : Venezuelanalysis
www.venezuelanalysis.com/articles.php ?artno=1562
Source originale : Siete sobre Siete

Traduction M Poggi Numancia

* Marta Harnecker est originaire du Chili. Journaliste, chercheuse et militante très connue en Amérique latine, aprés avoir habité Cuba depuis le coup d’État de Pinochet, en 1973.

Beaucoup de gens, surtout ceux qui accompagnent les transformations en Amérique latine, connaissent le nom de la scientifique politique Marta Harnecker. Il y a quelques années, ses analyses ont été indispensables pour comprendre ce qui se passe sur le continent. Cette penseuse en phase avec le mouvement ouvrier, a parcouru d’innombrables pays, dont le Brésil, pour connaître de près la réalité du mouvement social et populaire. Actuellement, elle se penche sur la révolution bolivarienne menée par le président Hugo Chávez Frias. Marta Harnecker était récemment à Rio de Janeiro, pour accompagner la délégation du gouvernement du Venezuela, venue participer au Sommet de Rio de Janeiro. Elle vit maintenant à Caracas.


http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2726
Haut de la page
Fidelista allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 21 Sep 2007
Status actuel: Inactif
Messages: 3256
  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 12:44
Chavez: le Venezuela a "un atout pétrole" à jouer contre les Etats- Unis

BUENOS AIRES, 2 octobre (XINHUANET) -- Le Venezuela a une "carte du pétrole puissante" à jouer sur la scène géopolitique mondiale et ce contre les Etats-Unis, a déclaré le président Hugo Chavez dans une interview publiée dimanche.

"C'est une carte que nous utiliserons dans un jeu difficile contre le rival le plus dur dans le monde -- les Etats-Unis. Mais nos actions seront dirigées par la transparence et le respect", a déclaré M. Chavez au journal argentin "El Clarin".

Il a estimé que la carte serait même plus puissante si d'autres pays d'Amérique latine rejoignaient le Venezuela dans une alliance économique régionale.

A la première réunion de la Communauté des pays d'Amérique du Sud tenue la semaine dernière à Brasilia, la capitale brésilienne, la compagnie pétrolière d'Etat du Venezuela, PDVSA, a abouti à un accord avec son homologue brésilien Petrobras sur la construction conjointe d'une raffinerie avec un investissement total de 2,5 milliards de dollars.

Les deux compagnies sont également d'accord sur l'élargissement de leur coopération dans le secteur énergétique.

M. Chavez a estimé que "les accords énergétiques ont une force intrinsèque" et "influenceront le redressement économique de la région".

Le Venezuela est le cinquième grand exporteur de pétrole du monde et le principal fournisseur des Etats-Unis en pétrole, approvisionnant ces derniers d'1,5 million de barils de brut par jour.

Source : http://www.french.xinhuanet.com/french/2005-10/04/content_167887.htm

[Il y a une coquille dans cet article : Le Venezuela n'est pas le premier fournisseur des USA, mais le 2eme après le Canada]
Haut de la page
Fidelista allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 21 Sep 2007
Status actuel: Inactif
Messages: 3256
  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 12:44
Le Venezuela retire ses capitaux des USA , par Philippe Grasset.

7 octobre 2005

Chavez est diablement sérieux

De defensa, 6 octobre 2005.

L’annonce par le président vénézuélien Hugo de sa décision de transférer
les placements à l’étranger du Venezuela des USA en Europe est passée inaperçue.
(Cette annonce publique date du 1er octobre.) Ces réserves sont estimées à
$25-$30 milliards, en constante augmentation à cause des revenus des ventes de
pétrole. Le but ultime de Chavez est un transfert d’une importante partie de ces
investissements vers l’Amérique Latine, en même temps qu’on constituerait une
banque centrale continentale dont l’objet serait de fournir des fonds de
développement aux pays de la région.

Voici le développement de cette information :

Le Venezuela retire ses réserves de devises étrangères des USA

venezuelanalysis.com, 1er octobre 2005.

Le président vénézuelien Chávez a annoncé hier [30 septembre 2005],
pendant sa visite au Brésil, que le Vénézuéla a vendu ses réserves de devises
étrangères, qui se présentaient sous forme de bons du Trésor américain pour les
placer en dépôt dans des banques en Europe. « Nous avons dû retirer nos réserves
internationales des banques américaines, à cause des menaces dont nous sommes
victimes, » a déclaré Chávez, selon l’Associated Press.

Chávez a ajouté que son gouvernement envisage de déposer une partie de ces
réserves monétaires en Amérique Latine. « Tout comme nous les avons transférées
en Europe, nous pouvons les transférer vers une banque sud-américaine. Seigneur,
ne me dites pas que c’est là chose impossible, » s’est exclamé Chávez. Chávez a
fait ces remarques dans le contexte d’un sommet réunissant des dirigeants
sud-américains à Brasilia, capitale du Brésil.

Au cours de ce sommet, auquel participaient les dirigeants du Chili, de la
Bolivie, du Pérou, du Paraguay, de l’Équateur, du Vénézuéla, du Brésil et de
l’Argentine, Chávez a proposé qu’ils déposent tous une partie de leurs réserves
de devises auprès d’une nouvelle banque sud-américaine de développement. Le
Vénézuela se déclare prêt à lancer une telle banque avec un premier dépôt de 5
milliards de dollars. D’après Chávez, cette banque sud-américaine pour le
développement pourrait par la suite s’ouvrir aux pays asiatiques et africains,
et devenir une banque mondiale. « La majorité de nos réserves monétaires
internationales sont dans des banques du Nord et c’est une absurdité, » a
déclaré Chávez à l’assemblée des dirigeants.

Dernièrement l’Assemblée Nationale vénézuélienne a modifié la législation
régissant la banque centrale du pays, de manière à ce que les réserves de
devises « excédentaires » puissent être affectées au remboursement de la dette
extérieure du Vénézuéla ou pour payer des aquisitions à l’étranger. La Banque
Centrale doit calculer le montant idéal de la réserve de devises vénézuélienne,
et l’excédent doit être tansféré vers un fonds spécial destiné au développement.
Jusqu’à une date récente, la Banque Centrale du Vénézuéla avait 32 milliards de
dollars à son actif, dont 2 milliards ont déjà été transférés au fonds de
développement. D’après Chávez, la réserve de devises idéale est de 25 milliards
de dollars, ce qui signifie que le gouvernement pourrait avoir accès à 5
milliards de dollars supplémentaire.

Les réserves de devises du Vénézuéla ont atteint au cours de cette année
des niveaux historiques sous l’action conjointe d’importants revenus pétroliers
et de contrôles monétaires, dont le but principal est d’empêcher la fuite des
devises.

Bernardo Delgado
www.venezuelanalysis.com/news.php ?newsno=1773

Il importe moins ici de discuter de la validité financière des projets de
Chavez, - dans tous les cas, de tous les projets financiers de Chavez : certains
sont immédiatement possibles, d’autres beaucoup moins. L’essentiel est
l’intention et ce que signifie cette intention.

Chavez attaque l’Amérique là où l’Amérique est la plus sensible.
L’Amérique aujourd’hui est un océan de dettes à la merci d’un mouvement de
contagion de retrait des investisseurs étrangers. La seule logique qui interdit
ces retraits est celle, implicite et non manipulée, du chantage paradoxal, et
elle vaut parce que nombre d’investisseurs sont des entités publiques de pays
étrangers (cas du Venezuela, cas de la Chine, etc.) : c’est la crainte qu’un
retrait brutal porte un coup fatal à l’Amérique et conduise à son effondrement
économique, avec des conséquences internationales colossales. C’est, notamment,
le calcul que font les Chinois, - mais pas Chavez, comme on le voit.

L’important dans l’acte de Chavez n’est ni le montant retiré (assez maigre
en comparaison du volume général), ni les orientations qu’il désigne pour les
avoirs vénézuéliens. L’important est d’abord l’acte lui-même : une décision
politique de retrait de ses investissements. C’est une décision politique
hostile aux USA (lorsqu’il fait passer l’argent des USA à l’Europe), même si la
finalité est constructive (constitution d’institutions financières continentales
en Amérique Latine, éventuellement pour l’Afrique en plus). Chavez pose un acte
de guerre économique et de guerre financière contre les USA dans le domaine le
plus sensible qui soit. Cela représente une innovation audacieuse, qui peut
effectivement mettre en cause le tabou du “chantage paradoxal” (effet
d’entraînement de sa décision ?).

D’autre part, la chronologie de cette décision, après l’ouragan Katrina,
n’est pas innocente. Cela sera compris par certains de cette façon. L’ouragan
Katrina et ses suites ont montré l’état réel de la puissance américaine et
contribué fortement à la dégradation de l’appréciation de la puissance
américaine. L’annonce fin septembre de la décision de retrait, après un retrait
effectué courant septembre (quelle que soit la chronologie de l’origine de la
décision), représente une marque de défiance justifiée à cette lumière de la
puissance US et de la capacité américaine à assurer une bonne rente aux
investisseurs. La décision de Chavez sera acceptée comme quelque chose de
cohérent et de défendable par nombre d’investisseurs ; elle ne sera pas
considérée seulement comme un acte de guerre économique selon des motifs
idéologiques, mais comme une décision financière qui a sa justification.

Ces différents facteurs font que l’effet d’entraînement de la décision de
Chavez est possible. On mesurera sa réalité d’abord du côté des autres pays
d’Amérique Latine, s’ils suivent. On la verra aussi dans une éventuelle
accélération du mouvement de passage du dollar à l’euro pour le règlement de
certaines transactions importantes. Dans tous les cas, Chavez s’avère comme un
adversaire avisé et coriace des USA, surtout par la dimension internationale
qu’il veut donner à sa lutte anti-américaine. (Son habileté se mesure aussi à sa
capacité de distinguer entre le système américaniste et les Américains : on l’a
vu, fin août lorsqu’il accueille Jesse Jackson pour fêter l’anniversaire du
discours de Martin Luther King de 1963 ou début septembre, lorsque le Venezuela
propose de livrer du pétrole et une aide financière aux victimes de Katrina.)

Philippe Grasset

Source www.dedefensa.org/article.php ?art_id=2037

Traduction venezuelanalysis.com pour LGS par CF Karaguezian.

http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2743
Haut de la page
Fidelista allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 21 Sep 2007
Status actuel: Inactif
Messages: 3256
  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 12:45
Venezuela: Chavez ordonne l'expulsion d'évangélistes américains

CARACAS - Le président vénézuelien Hugo Chavez a ordonné mercredi l'expulsion d'évangélistes américains. Il les a accusés d'"infiltration impérialiste" et d'espionnage.

M. Chavez avait déjà brièvement suspendu les permis de séjour des missionnaires en août car l'évangéliste américain Pat Robertson avait appelé Washington à assassiner le dirigeant de gauche. Le chrétien extrémiste avait par la suite présenté ses excuses.

"C'est une véritable infiltration impérialiste, c'est la CIA, ils récoltent des informations sensibles et stratégiques et en plus, ils exploitent nos populations indigènes", a déclaré Hugo Chavez à propos de cette mission des "nouvelles tribus".

Basé en Floride, le groupe évangéliste chrétien a 160 missionnaires au Venezuela qui travaillent avec douze groupes indigènes, selon son site internet. Le président Chavez n'a pas donné de date pour leur départ.

Sa décision intervient alors que Pat Robertson, l'un des chefs de file des chrétiens conservateurs qui soutiennent George Bush, s'en est de nouveau pris il y a quelques jours au président vénézuelien, en l'accusant de financer Al Qaïda et de chercher à se procurer de l'équipement nucléaire auprès de l'Iran.

M. Chavez accuse régulièrement les Etats-Unis de chercher à le renverser ou à l'assassiner. Washington rétorque en présentant l'ancien officier parachutiste comme un dirigeant populiste et incontrôlable, tout en l'accusant de saper avec le président cubain Fidel Castro la démocratie régionale.

Ces échanges verbaux n'empêchent pas le Venezuela, cinquième exportateur mondial de pétrole, de continuer à vendre l'essentiel de son pétrole aux Etats-Unis.

Source : http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200002&sid=6158578&cKey=1129172480000
Haut de la page
Fidelista allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 21 Sep 2007
Status actuel: Inactif
Messages: 3256
  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 12:45
Discours du Président vénézuélien Hugo Chavez,
lors de la 60e Assemblée générale de l’ONU à New-York


"Nous proposons que le siège des Nations Unies quitte un pays qui ne respecte par les résolutions de l’Assemblée"
Hugo Chávez Frías

Excellences, amies et amis, bonjour.

L’objet original de cette réunion a été totalement détourné. On nous à imposé au centre du débat, un bien mal nommé "processus de réformes", qui relègue à l’arrière plan le plus important : ce que les peuples du monde revendiquent avec urgence, l’adoption de mesures capables d’affronter les véritables problèmes qui font obstacle à nos pays pour leur développement et pour la vie.

Cinq années après le Sommet du Millénaire, la cruelle réalité est que la grande majorité des objectifs assignés (malgré le fait qu’ils étaient déjà forts modestes), ne seront pas atteints.

Nous avions prétendu réduire de moitié les 842 millions de personnes affamées dans le monde pour l’année 2015. Au rythme actuel, cet objectif se réaliserait en l’an 2215, allez savoir qui sera encore là pour le célébrer, si tant est que l’espèce humaine parvienne à survivre à la destruction qui menace notre environnement.

Nous avions proclamé notre intention de parvenir en 2015 à l’enseignement primaire universel. Au rythme actuel, l’objectif serait atteint après l’année 2100, préparons-nous donc à le célébrer.

Ceci, amies et amis du monde, nous amène de manière irréversible à une bien amère conclusion : les Nations Unies ont épuisé leur modèle, et il ne s’agit plus simplement de procéder à une réforme. Le XXIe siècle exige des changements profonds qui ne seront possibles qu’avec une refondation de cette organisation. Tout le reste ne sert à rien, il faut le dire car c’est la pure vérité.

Ces transformations, auxquelles nous faisons référence au Venezuela, doivent être menées, selon nous, en deux temps : dans l’immédiat actuel et dans celui des rêves et de l’utopie. Le premier est marqué par les accords dérivés du vieux schéma, nous ne le rejetons pas, nous y apportons des propositions concrètes à court terme. Mais le rêve de la paix mondiale, le rêve d’un monde débarrassé de la honte de la faim, de la maladie, de l’analphabétisme et de l’extrême misère, a besoin (en plus de racines) d’ailes qui lui permettent de s’envoler. Nous savons qu’il y a une terrible globalisation néolibérale, mais il existe également la réalité d’un monde interconnecté que nous devons affronter non comme un problème, mais comme un défi. Nous pouvons, sur base des réalités nationales, échanger nos connaissances, les compléter, intégrer des marchés, mais il nous faut en même temps comprendre qu’il y a des problèmes qui n’ont plus de solution nationale : un nuage radioactif, les prix mondiaux, les pandémies, le réchauffement climatique, le trou dans la couche d’ozone ne sont pas des problèmes nationaux.

Afin d’avancer vers un nouveau modèle de Nations Unies qui fasse réalité et sien le « Nous » des peuples, il y a quatre réformes urgentes et vitales que nous présentons à cette Assemblée.
La première est l’élargissement du Conseil de sécurité, tant pour les membres permanents que non-permanents, en y intégrant de nouveaux pays développés et en voie de développement.
La seconde est la nécessaire amélioration des méthodes de travail afin d’augmenter la transparence et non la diminuer, afin d’augmenter le respect et non le diminuer, afin d’augmenter l’inclusion.
La troisième est la suppression immédiate (nous le répétons depuis 6 ans) du droit de veto dans les décisions du Conseil de sécurité, ce vestige élitiste est incompatible avec la démocratie, il est incompatible avec l’idée même d’égalité et de démocratie.
En quatrième lieu, il faut renforcer le rôle du Secrétaire général, ses fonctions politiques dans le cadre de la démocratie préventive doivent êtres consolidés.

La gravité des problèmes appelle à des transformations profondes, les réformettes sont insuffisantes pour atteindre ce « Nous » qu’espèrent les peuples du monde. Au-delà de ces quelques réformes, nous appelons, au Venezuela, à une refondation des Nations Unies, et pour reprendre les paroles de Simon Rodriguez, le Robinson de Caracas : « Il faut inventer ou errer ».

En janvier de cette année 2005, nous avons été au Forum social mondial à Porto Alegre où différentes personnalités ont demandé que le siège des Nations Unies quitte les Etats-Unis si les violations de la légalité internationale par ce pays se poursuivaient. Aujourd’hui, nous savons que les armes de destruction massive en Irak n’ont jamais existé. Le peuple étatsuniens a toujours été très rigoureux avec l’exigence de la vérité pour ses gouvernants, les peuples du monde aussi. Or, il n’y a jamais eu d’armes de destruction massive et cependant, et par-dessus les Nations Unies, l’Irak a été bombardé, occupé et il continue à être occupé. C’est pour cette raison que nous proposons à cette Assemblée que les Nations Unies quittent un pays qui ne respecte pas les résolutions de cette Assemblée. (...)

Nous pensons qu’il est temps de penser à la création d’une ville internationale en dehors de la souveraineté d’un quelconque Etat et disposant de la force morale de représenter les Nations du monde. Cette cité internationale devra rééquilibrer cinq siècles de déséquilibre. Le nouveau siège des Nations Unies doit être dans le Sud. « Le Sud existe aussi ! » a dit Mario Benedetti. Cette ville, qui pourrait déjà exister ou que nous devrons inventer, pourrait se situer au croisement entre différentes frontières ou sur un territoire qui symbolise le monde. Notre continent est disposé à offrir ce sol sur lequel édifier l’équilibre de l’univers dont a parlé Bolivar en 1825.

Mesdames et messieurs, nous affrontons aujourd’hui dans le monde une crise énergétique sans précédent dans laquelle se combinent dangereusement la croissance de la consommation énergétique, l’incapacité d’augmenter l’offre d’hydrocarbures et la perspective d’une réduction des réserves probables de combustibles fossiles. Le pétrole a commencé à s’épuiser.

En l’an 2020, la demande quotidienne de pétrole sera de 120 millions de barils, un niveau qui, même en ne tenant pas en compte une future croissance, fera que l’ont consommera en 20 années tout le pétrole que l’humanité a utilisé jusqu’à aujourd’hui, ce qui signifiera, inévitablement, une augmentation des émissions de CO2 qui, comme on le sait, augmentent la température de notre planète.
(...)
Il est pratiquement et éthiquement inadmissible de sacrifier l’espèce humaine au nom du maintien démentiel d’un modèle socio-économique aux capacités destructives sans cesse croissantes. Il est suicidaire d’étendre et d’imposer ce modèle comme un remède infaillible aux maux dont il est, précisément, la principale cause.

Il y a peu, Monsieur le président des Etats-Unis a assisté à une réunion de l’Organisation des Etats Américains afin de proposer à l’Amérique latine et aux Caraïbes d’augmenter leurs politiques de marché, l’ouverture de leurs marchés, donc, d’imposer le néolibéralisme, alors que c’est justement la cause fondamentale des grands maux et des grandes tragédies que vivent nos peuples : c’est le capitalisme néolibéral, le Consensus de Washington, qui ont généré un degré de misère, d’inégalité et de tragédie infinie aux peuples de ce continent.

Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin, Monsieur le Président, d’un nouvel ordre international. Souvenons-nous de l’Assemblée générale des Nations en 1974 - certains qui sont ici n’étaient pas encore nés ou étaient encore très jeunes.
Le 14 décembre 1974, furent adopté une déclaration, un programme d’action sur le Nouvel ordre économique international et un plan d’action de l’Assemblée générale : la Charte des droits et des devoirs économiques des Etats, qui fut approuvée par une majorité écrasante de 120 votes pour, 6 contre et 10 abstentions.

C’était au temps où l’on votait encore aux Nations Unies, car aujourd’hui on ne vote plus, on approuve des documents comme celui présenté ici. Un texte que je dénonce au nom du Venezuela, comme nul, non avenu et illégal car il a été approuvé en violant les normes des Nations Unies. Ce document n’est pas valide ! Il faudra le discuter. Le gouvernement du Venezuela va le faire connaître au monde, car nous ne pouvons pas accepter de dictature ouverte et effrontée au sein des Nations Unies, ces choses doivent êtres discutées et c’est pour cela que je fais un appel très respectueux à mes collègues chefs d’Etats et de gouvernements.

Je viens de me réunir avec le président Nestor Kirchner et ce document a été remis cinq minutes avant ( seulement en anglais ! ) à nos délégués et il a été approuvé avec une massue dictatoriale que je dénonce à la face du monde comme illégale, nulle et illégitime.
Monsieur le Président, si nous acceptons cela, alors nous sommes perdus. Eteignons la lumière et fermons les portes et les fenêtres ! Ce serait un comble : accepter la dictature ici, dans cette assemblée.

Aujourd’hui plus que jamais, disions-nous, nous devons reprendre les choses qui sont resté en chemin, comme la proposition approuvée dans cette Assemblée en 1974 d’un Nouvel ordre économique international. Pour rafraîchir les mémoires, citons simplement l’article 2 du texte de cette charte qui confirme le droit des Etats à nationaliser les propriétés et les ressources naturelles qui se trouvent entre les mains d’investisseurs étrangers et qui propose également la création de cartels des producteurs de matières premières. La Résolution 3.102 de mai 1974 exprimait la détermination de travailler de manière urgente afin d’établir un Nouvel ordre économique international basé - écoutez-moi bien, je vous le demande - « sur l’équité, l’égalité, la souveraineté, l’interdépendance, l’intérêt commun et la coopération entre tous les Etats, quels que soient leurs systèmes économiques et sociaux, afin de corriger les inégalités et les injustices entre les pays développés et les pays en voie de développement et qui assure aux générations présentes et futures la paix, la justice et un développement économique et social accéléré à un rythme soutenu ».

L’objectif du Nouvel ordre économique international était de modifier le vieil ordre économique conçu à Bretton Woods.
(...)
Aujourd’hui, nous, les peuples, et dans notre cas le peuple du Venezuela, nous réclamons un nouvel ordre économique international, mais un nouvel ordre politique international est également nécessaire. Nous ne permettons pas qu’une poignée de pays tentent de réinterpréter impunément les principes du Droit International afin d’épauler des doctrines comme la « Guerre préventive ». Quelle menace que cette guerre préventive ! Et aujourd’hui on parle de la « Responsabilité de protéger ». Mais il faut se poser la question : qui va nous protéger et comment on a va le faire ?

Je crois que l’un des peuples qui a le plus besoin de protection est le peuple des Etats-Unis, comme cela a été douloureusement démontré avec la tragédie de Katrina, car ce peuple n’a pas de gouvernement capable de le protéger des désastres annoncés de la nature.

A moins de nous protéger les uns les autres, ces concepts sont très dangereux, ils sont marqués du sceaux de l’impérialisme, de l’interventionnisme, et ils tentent de légaliser le non-respect de la souveraineté des peuples. Le respect plein et entier des principes du Droit international et de la Charte des Nations Unies doivent constituer, Monsieur le Président, la pierre angulaire des relations internationales dans le monde d’aujourd’hui et la base du nouvel ordre que nous souhaitons. (...)

Il est certes urgent d’affronter de manière efficace le terrorisme international, mais certainement pas en l’utilisant comme prétexte pour déclencher des agressions militaires injustifiées et qui violent le Droit international, les méthodes qui ont été intronisées après le 11 septembre. Seules une étroite et véritable coopération et la fin du double langage (comme certains pays du Nord le pratiquent avec la question du terrorisme), pourront en finir avec ce terrible fléau.

Monsieur le Président :

En seulement sept années de Révolution bolivarienne, le peuple vénézuélien peut aujourd’hui, exhiber d’importantes conquêtes sociales et économiques.

Un million quatre cent et six mille Vénézuéliens ont appris à lire et à écrire en une année et demie. Nous sommes plus ou moins 25 millions et dans quelques semaines notre pays pourra se déclarer libre de l’analphabétisme. Trois millions de Vénézuéliens étaient auparavant exclus de l’éducation pour cause de misère, ils ont depuis lors été incorporé dans l’enseignement primaire, secondaire et universitaire.

17 millions de Vénézuéliens et de Vénézuéliennes ( presque 70% de la population ) reçoivent, pour la première fois dans l’histoire, une assistance médicale gratuite, y compris des médicaments et, dans quelques années, tous les Vénézuéliens auront un accès gratuit à une attention médicale digne de ce nom.

On fournit aujourd’hui plus de 1 million 700 mille tonnes d’aliments à prix modiques à quelques 12 millions de personnes, presque la moitié de la population. Un million d’entre eux en reçoivent gratuitement, de manière transitoire. Ces mesures ont généré un haut niveau de sécurité alimentaire pour les plus nécessiteux.

Monsieur le Président, nous avons créé plus de 700 mille postes de travail qui ont réduit le taux de chômage de 9%, tout cela au beau milieu d’agressions internes et externes, y compris un coup d’Etat militaire concocté à Washington, et un coup d’Etat pétrolier également conçu à Washington. Tout cela a été obtenu malgré les conspirations, les calomnies du pouvoir médiatique, et la menace permanente de l’Empire et de ses alliés, qui va jusqu’à encourager l’assassinat présidentiel. Le seul pays au monde où quelqu’un peut s’offrir le luxe de promouvoir l’assassinat d’un chef d’Etat sont les Etats-Unis, comme cela s’est passé il y a peu, lorsqu’un révérend appelé Patt Robertson, très ami de la Maison Blanche, a demandé publiquement mon assassinat sans être inquiété. Ceci est un délit international ! Du terrorisme international !

Nous allons lutter pour le Venezuela, pour l’intégration latino-américaine et mondiale.

Nous réaffirmons ici dans cette assemblée notre foi infinie en l’Homme, aujourd’hui assoiffé de paix et de justice afin de survivre comme espèce.

Simon Bolivar, le père de notre patrie et notre guide dans notre révolution, a juré de ne jamais donner de repos à son bras, à son âme, tant qu’il ne verrait pas une Amérique libre. Ne donnons pas de repos à nos bras, à nos âmes, tant que nous n’aurons pas sauvé l’humanité.

Hugo Chávez Frías

Source : http://www.radioairlibre.be/infos/discours-chavez-onu.htm
Haut de la page
Fidelista allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 21 Sep 2007
Status actuel: Inactif
Messages: 3256
  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Sep 2007 à 12:47
Hugo Chavez reçu en "companero" de la gauche radicale

Un petit meeting improvisé à la mairie du 11e arrondissement de Paris et une rencontre à l'hôtel Hilton après les réceptions officielles. Le président vénézuélien, Hugo Chavez, en visite en France, mercredi 19 et jeudi 20 octobre à Paris, a tenu à afficher ses sympathies politiques. Après un déjeuner "chaleureux" avec le premier ministre et un entretien avec Jacques Chirac, le leader de la République bolivarienne, a été accueilli par ses soutiens français. C'est donc chez son "compañero" Georges Sarre qu'il a voulu recevoir les "amis du Vénézuela" ­ comme le précisait le carton d'invitation ­ personnalités de gauche, intellectuels et artistes.


Devant quelque 250 sympathisants des cercles bolivariens de Paris, le président Chavez a raconté la situation de son pays, "l'hostilité répétée" des Etats-Unis à l'égard de son gouvernement et les réformes qu'il a lancées. Le maire (MRC) du 11e arrondissement, aux côtés de Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur de son mouvement, a réaffirmé sa "sympathie" avec l'action politique de M. Chavez. "Donnez-nous la recette pour gagner sept fois de suite les élections", a-t-il demandé à son invité, faisant allusion aux multiples consultations organisées au Vénézuela depuis son élection à la présidence en 1998.

Dans la salle, Danielle Mitterrand côtoyait Bernard Cassen et Jacques Nikonoff d'Attac. Michel Dufour, ancien secrétaire d'Etat au patrimoine du gouvernement Jospin, était venu au nom du Parti communiste et le maire du 2e arrondissement, Jacques Boutault, pour les Verts. On pouvait apercevoir également Jean-François Kahn, président du conseil d'administration de l'hebdomadaire Marianne, Ignacio Ramonet directeur du Monde diplomatique, et le psychanalyste Gérard Miller. Annick Coupé, porte-parole de l'union syndicale Solidaires, est passée "par curiosité". Les socialistes, eux, s'étaient excusés : "Ils étaient tous en meeting de congrès", explique le cabinet de M. Sarre, qui assure avoir eu des coups de fil d'"excuses". "A chaque visite, malgré les médias, le cercle de vos amis s'élargit", a cependant assuré M. Cassen à l'ancien colonel.

Une nouvelle rencontre, plus officielle, avec les représentants de la gauche ­ notamment Alain Krivine pour la LCR et Marie-George Buffet pour le PCF ­ était organisée, jeudi, à l'hôtel Hilton. "Le président Chavez a voulu revoir ses amis du rassemblement de la gauche", précise l'ambassade à Paris. "C'est une des expériences les plus progressistes en Amérique latine", s'enthousiasme M. Krivine. Dominique de Villepin semble, lui aussi, avoir été séduit : mercredi soir, il a tenu à revoir le président vénézuélien et l'inviter à souper.


@ lemonde.fr
Haut de la page
 Répondre Répondre Page  <1234 89>

Aller au Forum Permissions du forum allez vers le bas

Powered by Flex Design® version v8m6r15
Copyright © 2001-2011 Flex Design

Cette page a été affichée en 0,289 secondes.