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[ALBA]La République Bolivarienne du Venezuela

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Oct 2012 à 03:41

Que se renforce le mouvement révolutionnaire dans toutes les colonies et pays dépendants 

Par Blogchévique
 
 


"L'impérialisme est l'expoloitation la plue impudique et l'oppression la plue inhumaine de centaines de millions d'habitants d'immenses colonies et de pays dépendants... renfort du mouvement révolutionnaire dans toutes les colonies et dans tous les pays dépendants sans exception". Joseph Staline, Les fondements du léninisme.
 

"Les inéluctables guerres sous l'impérialisme et la coalition inévitable de la révolution prolétariennne en Europe avec la révolution coloniale en Orient formant un front unique mondial de la révolution contre le front mondial de l'impérialisme" Staline, Les fondements du léninisme.
 

Le front du capital sera transpercé là où la chaine de l'impérialisme à son maillon faible, parce que la révolution prolétarienne est le résultat de la rupture de la chaine du front impérialiste mondial à son point le plus faible" Staline, Les fondements du léninisme.


"Si le prolétariat est victorieux dans les principaux pays du capitalisme et si le siège capitaliste actuel laisse place au siège socialiste, la "voie" pacifique de développement est parfaitement possible pour quelques pays capitalistes" Joseph Staline.

 

"Dans les conditions de l'oppression impérialiste, le caractère révolutionnaire du mouvement national n'implique pas nécesairement l'existance d'éléments prolétaires dans le mouvement, l'existance d'un  programme révolutionnaire ou républicain du mouvement, l'existance d'une base démocratique du mouvement. La lutte de l'émir afghzan pour l'indépendance de l'Afghanistan est objectivement une lutte révolutionnaire ... parce qu'elle affaiblit et ronge l'impérialisme" Joseph Staline, Les fondements du léninisme.
 
On s'achemine vers une participation record, plus que les 75% de 2006, il y a encore des gens qui votaient trois heures après l'horaire de fermeture des bureaux de vote. Les révolutionnaires sont enthousiastes et ont le sourire, ils font déja la fête dans la rue.
 
Jorge Rodríguez expresa a las 7:30 pm su alegría tras elecciones del 7-O
 


Edité par T 34 - 08 Oct 2012 à 04:02
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Oct 2012 à 05:04
Chávez 54,42%

 
 
Majunche 44,97%
 
Participation 80,94%
 

 
 
CAPriles reconnait le triomphe de Chávez.

"Merci à mon peuple aimé !!!"

L'annonce de la victoire du président sortant a été saluée par des tirs de feux d'artifice dans la capitale, Caracas.

"Merci à mon peuple aimé !!! Vive le Venezuela !!! Vive Bolivar !!!" et "Merci mon dieu ! Merci à tous et à toutes", a immédiatement écrit sur son compte Twitter le vainqueur, réélu pour un mandat de six ans.

Gracias Dios mío! Gracias a todos y a todas!!



Hugo Chávez gagne les élections au Venezuela

La Havane, 8 octobre (RHC) Le Président Hugo Chavez a gagné les élections présidentielles de ce dimanche au Venezuela avec 54,42 % des voix.

Tibisay Lucena, Présidente du Conseil National Electoral a  signalé que son rival le plus proche, Henrique Capriles de la Table de l’Unité Démocratique a obtenu  44,97 % des voix, ce qui veut dire qu’Hugo Chavez a eu un million de voix de plus que Capriles.

Tibisay Lucena, a expliqué que d'après les premiers résultats la participation a été de  80.94%”.

Le Ministre de l’Intérieur et de la Justice, Tareck el Aissami, a écrit sur son compte  sur  Twitter “ victoire parfaite. Vive la Patrie de Bolivar.” Pour sa part le vice ministre des Affaires étrangères, Temir Porras, a assuré que les Vénézuéliens avaient  “8,5 millions de raisons d’être contents”.

Vers 19 heures, le CNE a annoncé la fin  des élections. Il a exprimé sa satisfaction pour cette journée qu’il a qualifié de tranquille et de joyeuse.

Pour sa part le gouvernement a signalé que les présidentielles d’hier ont marqué un record de participation.

Source


Edité par T 34 - 08 Oct 2012 à 17:52
Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Oct 2012 à 16:18

Victoire de Chávez !

 

Victoire de Chavez !

Hu ! Ha ! Chavez no se va !
L’empire fait la gueule ce matin.
Quoi ? Il ne suffit plus de mentir ?
Chavez, la mine resplendissante, rien de tel qu’un petit cancer pour vous remettre sur pied, a remporté pour la troisième fois les élections Vénézuéliennes. Au pouvoir depuis 14 ans, il va remettre ça pour encore six ans. Les résultats sont clairs.
Une participation de 80%, mazette ! 54,42 % des voix devant Henrique Capriles 44,97%.( Sur 90% des bulletins)
Quelle merveilleuse nouvelle pour cette Amérique du Sud qui échappe encore aux griffes de l’Amérique du nord, l’Amérique des Morts, celle qui sacrifie son peuple aux folies assassines d’une classe qui prospère dans le pétrole, les armes, les banques, vols de vautours sur la planète entière.
Il paraît que Chavez est un « dictateur » . Vraiment pas « fut-fut » pour un dictateur ! 54, 42 % des votants ! En Afrique ils font du 90% sans problème !
Ah ! Les ennemis de Chavez !
Il faudrait que notre Hollandalo lui demande comment il fait pour avoir régulièrement entre 61% et 69% d’opinions favorables !
Le succès de Chavez, une révolution en construction, c’est son pays décrété « territoire libre d’analphabétisme » par l’Unesco en 2005, c’est près de 60 000 nouveaux établissements, 55 000 enseignants incorporés cette année, 75 000 bibliothèques, un accès gratuit à la santé avec la coopération de Cuba, la création de dispensaires et de médecins dans les banlieues et le secteur rural, la production nationale de médicaments génériques gratuits, 178 000 Vénézuéliens pauvres récupérant la vue grâce à la mission « Miracle », le traitement du Sida gratuit, 4 millions de personnes engagées dans le sport, la reconnaissance des peuples indigènes, la distribution de terres aux paysans, 3 millions d’hectares distribués, des pensions de vieillesse à plus de 20 000 agriculteurs et pêcheurs qui ont atteint l’âge de la retraite sans avoir cotisé, la nationalisation des secteurs de l’économie qui, adossée à la hausse des prix du pétrole, ont généré d’importants revenus dont bénéficie la majorité de la population.
Une véritable révolution sociale avec un bilan spectaculaire qui se consolide tous les ans.
Telle est la différence entre le socialisme et le libéralisme. Eternelle lutte des classes. D’un côté on aide le peuple, de l’autre on lui dit : « Démerde-toi et si tu n’y arrives pas, c’est que tu es un looser. Crève. Et tais-toi. » La loi des vainqueurs.
Aujourd’hui la loi des vainqueurs au Vénézuela, c’est la loi des pauvres.
Que c’est bon ! Comme on est heureux pour eux !
Et aucune CIA , aucun article bidonné, aucune propagande du « Monde » qui, ce matin, glisse un petit article « Chavez ira-t-il au bout de son mandat », n’y peut rien. Le peuple a parlé !
Quelle merveille victoire aussi pour cette Amérique du Sud qui écharpée par des coups d’Etat , des interventions armées et secrètes, un désordre agité par les cartels de la drogue, une corruption endémique, une violence qui paraît ne jamais vouloir cesser, crée les moyens de son union et de sa victoire.
Comme nous sommes gris et frileux à côté d’eux ! Comme brille le Mercosur , cinquième puissance mondiale des Caraïbes à la Patagonie ! Comme croît et embellit, échappé au laboratoire de l’expérimentation du néo-libéralisme avec son putassier FMI, tellement bien décrit par John Perkins dans ses « Mémoires d’un assassin économique », une Amérique Latine qui devient le laboratoire de la contestation.

C’est sans doute pour cela que le Front de Gauche avait organisé hier soir une soirée électorale. Les amis de l’Usine, qui est le QG du parti, avaient invité la gauche libero et avaient préparé une super ambiance de fête, guitares, chansons, tortillas, mojitos et autres délices locaux.
Pour Mélenchon qui prenait la parole après Corbières et Delapierre, cette élection revêtait une importance immense. Il rappela la venue au pouvoir de Chavez. En ces temps-là, un libéralisme pur et dur régnait sur le pays, le peuple était assommé, comme nous le sommes un peu nous-mêmes, mais un jour, le pouvoir augmenta le prix des billets de bus. Et tout partit de là. Une révolte du peuple, l’envoi de l’armée. 3000 morts. Et Chavez élu.
Or ce qui est arrivé là-bas, arrivera inéluctablement ici .
Avec le TSCG nous sommes engagés dans une voie « austéritaire » qui un jour, sur une augmentation qui sera jugée insupportable, conduira à des révoltes dont la violence est inévitable. Les libéraux veulent pousser le peuple à la lutte pour le mater, pour l’effrayer. Mais dans ce genre de combat ,on ne sait jamais ce qu’il advient. Au Vénézuela, la victoire du peuple est née de cette folie.
C’était un plaisir, hier soir, d’entendre Mélenchon jouer au professeur d’histoire, parler, tout simplement de ses émotions d’homme quand il voit cette foule de pauvres gens sauvés de l’indignité. « Oui, je pleure, je le dis ». Au dix-huitième siècle, qui ne sortait pas du théâtre en larmes était un moins que rien. A présent un homme ne pleure pas. Est-ce pour cela qu’il est moins heureux ?
Il parlait aussi des « socialistes », ses ex-copains qu’il a tant connus et qui ne connaissent strictement rien à l’Amérique du Sud. De Hollande, si grand politique, allant soutenir l’ennemi de Lula, de Moscovici lui aussi égaré dans des préférences stupides.
Je suis très amusée quand j’entends dire que Mélenchon est en fait « plus lié qu’on ne le croit au PS. » Il a vécu dans leur groupe assez longtemps pour les connaître et, ne pouvant les réformer, les a quittés en devenant ce qu’on appelle un homme d’honneur.
Mais un homme d’honneur qui prend fait et cause pour le peuple et contre le sacro-saint libéralisme, il faut le cisailler, l’attaquer de toutes les façons. Comme le fait cette presse propagandiste qui bourre le mou de lecteurs ignorants.

Hier, un des grands sujets était l’arrestation de cet islamiste (pardon « salafiste » est le mot à la mode !) , ce salafiste , donc, qui a lancé une grenade dans une épicerie juive. En plein vote du TSCG. Comme l’affaire Merah en plein vote des présidentielles. Comme l’assassinat de l’ambassadeur américain à Benghazi, en pleine élection américaine. Vous pensez bien que je ne vais pas dire que c’est voulu ! Dieu m’en garde ! Mais quels hasards qui tombent bien pour dire : « Votez pour ceux qui vous défendent contre les méchants ! Ayez peur, braves gens, mais nous sommes là ! »
Pendant ce temps le Nouvel Obs produit un superbe portrait titré : « Valls vice-président de la république. »
Arrêtez de prendre vos désirs pour des réalités les gars…
La France est encore bien endormie, mais cette histoire de TSCG, ces collectivités territoriales qui viennent, enfin, de découvrir, atterrées, ce que sera pour eux ce nouveau temps, voilà qui, peut-être va nuire à vos projets.
Quand allez-vous augmenter le prix des billets de tram ?

Mais, ce matin, soyons à la joie de tout un peuple.
Hu ! Ha ! Chavez no se va !!!!!
Chavez, président de la république du Venezuela !


Venezuela : comment peut-on voter pour Chavez ?

 

Le président sortant a été réélu avec 54,42% des suffrages contre 44,97% au candidat de l’opposition, Henrique Capriles Radonski qu’il distance de plus d’un million de voix avec une participation de 80%.

Nos médias avaient commis (et confessé après coup) une « erreur » lors de la campagne du référendum de 2005 portant sur le traité de Constitution européenne. La grande presse écrite, parlée, filmée avait en effet appelé à voter oui.

Pour rire (ou enrager), revoyons les articles de ces derniers mois et vérifions si nos médias ont tenu compte des fautes du passé et si la victoire d’Hugo Chavez est rendue par eux compréhensible.

Les masochistes qui n’en ont pas eu assez pourront visionner :« Hugo Chavez, le grand mensonge », un documentaire de Caroline du Saint et Ibar Aibar, lundi 8 octobre sur Canal + 

C’est à 23 H 05, heure symbolique pour endormir un peuple tandis que, là-bas, sous le nez de l’Oncle Sam, un autre reste éveillé au fil des élections.

Le Grand Soir.

 


Une victoire

 
Le choix fait par les vénézuéliens, le 7 octobre 2012, du programme socialiste, écologique et participatif de Hugo Chavez avec 54,5 % des voix, face au programme néo-libéral du candidat Henrique Capriles qui a obtenu 45 % des voix, est d’autant plus significatif qu’il a suscité une forte participation citoyenne (80 %). Il appelle à mon sens deux réflexions.

1. Il est temps de comprendre l’Histoire du peuple du Venezuela, qui a trop vécu, trop lutté, trop retenu ses larmes, trop appris, trop compris. Dans cette société fondée dans la violence du maître et de l’esclave, dans la castration continue du sujet, la rage de l’humiliation s’est souvent accumulée au point de faire sauter toutes les barrières. L’échec de la première république (1814) était due en grande partie au caudillisme de Boves qui transforma la rage collective en instinct de destruction. Il a fallu que Simón Bolivar (1783-1830) élimine ce danger, reprenne cette rage à zéro, et fasse de son armée d’esclaves le ferment d’une république et l’outil de l’émancipation du reste de l’Amérique Latine.

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A la fin du vingtième siècle, le Venezuela pétrolier aurait pu retomber facilement « dans les griffes de Boves ». La colère de l’immense pauvreté, l’arrogance de l’élite, tout y conduisait. Ce qui a évité au Venezuela de devenir une deuxième Colombie ou un deuxième Mexique, c’est l’élection de Hugo Chavez, militaire qui avait refusé la répression comme réponse aux problèmes sociaux, et construit un programme « bolivarien » transformant la violence en force de construction : assemblée constituante (1999) puis démocratie participative (2002-2012).

C’est tout le paradoxe de cette histoire incomprise : il a fallu au peuple élire en 1998 un leader bolivarien venu des des forces armées pour reprendre l’Histoire, exorciser la rage, la peur, pour être soi, mais surtout « être plus » comme dit Paulo Freire, c’est-à-dire dialoguer avec le reste du monde, se reconnaître peu à peu dans les autres.

Quand Chavez parle longuement à la population, en pédagogue des droits humains, de l’économie socialiste, des droits inscrits dans la nouvelle Constitution, de l’Histoire censurée du Venezuela, c’est tout le contraire d’un embrigadement. Il travaille pour que le processus ne dépende plus d’un seul homme, et il le fait inlassablement. En 2012, la sédimentation de la démocratie participative, avec ses 40.000 conseils communaux, a déjà rompu avec le paternalisme endémique et la paix sociale achetée par les régimes antérieurs.

Pour arriver à cela, Chavez ne fait que reprendre la manière du chanteur Ali Primera qui enseigna aux Vénézuéliens qu’il existait un passé et un dehors. Le chantre des casas de cartón, du haut de sa voix rauque et de ses notes blessées, racontait qu’il y a autant de morts en Haïti que le colibri bat d’ailes en un siècle. Primera refusa de vendre son chant ou d’apparaître dans une télévision qui au Venezuela n’admettait que les blancs, préférant l’abrazo de foules grandissantes, jusqu’à sa mort. En parlant avec humour à ceux à qui jamais on ne parlait, Ali Primera ou Hugo Chavez réveillent un peuple et lui communiquent le sentiment d’exister.

Exister. Dignité. Ces mots expriment le corps brun, noir, pauvre sorti de l’ombre et qui vous cherche, vous saisit par le bras, jusque sous la pluie, et ce visage trop présent soudain qui vous parle, vous parle de ce qu’il refuse à présent de perdre, dans le rire souverain, là où se dressent chaque matin les échoppes des vendeurs de rue, là où la jeune femme brune lève un bras musclé et pose sa question en reposant son enfant par terre. Mains noires plongées dans la terre noire, qui ne demandent qu’à nourrir les corps décharnés de Haiti, la république soeur : la pensée resurgit dans la lutte, dans le temps, lentement, devenant université, musique, pensée, sentiments, Petrocaribe, Alba…

On rappelle parfois que les idées de Rousseau débarquèrent ici dans les caisses de machines à imprimer traînées sur le sable par les généraux de Bolivar, on oublie qu’elles ont dû coexister très tôt avec l’imaginaire, bien enraciné dans la moëlle, du « cumbe », cette commune libre ou les esclaves en fuite réinventaient le monde. L’imprimerie allait bientôt tomber aux mains d’une élite post-bolivarienne comme outil de distinction contre la « plèbe analphabète » ? Mais la révolution bolivarienne rend deux siècles plus tard au peuple ces livres à des prix symboliques. Le Venezuela est devenu en 2012 le troisème pays d’Amérique Latine en nombre de lecteurs.

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2. Cette victoire est aussi la défaite des grands médias qui aujourd’hui « pensent » la gauche occidentale. Tête basse, celle-ci n’ose plus parler une autre langue. Elle comprendra peut-être un jour que son refus de démocratiser et de pluraliser en profondeur le champ médiatique, la condamne non seulement à ne plus comprendre le monde, mais à ne plus y être entendue et, à terme, à disparaître elle-même. Car réduire le monde à un journal télévisé, c’est finalement cesser d’exister soi-même.

Le cliché : «Ah ! quel dommage que Chavez soit trop primaire pour comprendre que les ennemis de ses ennemis ne sont pas forcément des amis » exprime la difficulté, voire le refus de s’informer et d’admettre que l’Autre est capable de penser subtilement, d’avoir une stratégie à long terme et une Histoire assez dense pour qu’on ne le définisse pas en creux.

Comment ignorer encore, en 2012, le mouvement profond d’une diplomatie qui procède en droite ligne de Simón Bolivar et de son projet de réunir “les trois quarts de l’Humanité” lors du Congrès de Panama (1826) pour bâtir «l’équilibre du Monde » ? Rêve multipolaire saboté par les grandes puissances de l’époque mais souvent repris depuis par les nations du Sud (Bandoeng  1955) ? Au-delà des contingences de qui gouverne chacun des États (combien de despotes ici ou là à l’époque de Bolivar, à l’époque de Bandoeng, aujourd’hui ?), cette multipolarité – un des cinq objectifs pour lesquels Hugo Chavez vient d’ètre réélu – consiste à préparer, par des accords d’État à État, le jour où comme en Amérique Latine, et peut-être sous son influence, l’intelligence collective des peuples permettra de démocratiser les institutions politiques et de construire des relations internationales sur les principes de souveraineté, d’égalité, de respect et de coopération. C’est dans ce sens que Caracas resserre ses liens avec l’Afrique et l’Asie, et accueillera le sommet des non-alignés en 2015.

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Thierry Deronne, Caracas, 8 octobre 2012.

Photos de l’auteur : à Caracas, le peuple vénézuélien fête la victoire du 7 octobre 2012.


Raúl Castro félicite Hugo Chávez pour sa réélection

La Havane, 8 octobre (RHC).- Le président cubain Raúl Castro Ruz,  a félicité  son homologue vénézuélien  Hugo Chavez  pour sa réélection.

Dans un message qu’il lui a adressé Raúl signale

“Au nom du gouvernement et du peuple de Cuba je te félicite pour cette victoire historique, qui démontre la force de la Révolution bolivarienne et l’appui populaire incontestable dont elle jouisse. Ta victoire décisive assure la continuité de la lutte pour la véritable intégration de Notre Amérique. Je te confirme notre solidarité et appui inconditionnels.

Raul Castro.

Source

Le Président Chavez signale que le Venezuela est un exemple de démocratie

Caracas, 7 octobre, (RHC).- Le Président Hugo Chavez a salué la tranquillité et la discipline dans laquelle se sont déroulées les élections de ce dimanche au Venezuela.

Dans des déclarations à la presse  peu avant d’exercer son droit au vote il a mis l’accent sur le fait que les Vénézuéliens se sont rendus massivement aux urnes. Il a signalé qu’il s’agit là d’une démonstration de démocratie, de maturité.

Le Président Chavez était accompagné de l’ex sénatrice colombienne Piedad Cordoba,  qui dirige la Fondation Colombiens et Colombiennes pour la Paix, de la sénatrice uruguayenne Lucía Topolansky, de la dirigeante indienne guatémaltèque Rigoberta Menchú, Prix Nobel de la Paix et de l’acteur étasunien Danny Glover.

Répondant à une question sur son éventuel successeur, Hugo Chavez a répondu: le peuple.

Hugo Chavez a déclaré qu’il reconnaîtra les résultats annoncés par le Conseil National Electoral.

Source

Hugo Chávez lance un appel à l’unité nationale après sa victoire aux présidentielles

 
Lien
 
Caracas, 8 octobre (RHC).- Le Président Hugo Chavez a lancé un appel à l’unité nationale après sa victoire électorale hier par une large marge sur le candidat de l’opposition Enrique Capriles.  

Hugo Chavez a invité toutes les forces politiques du Venezuela à travailler de concert pour le bien être et la paix de la nation sud-américaine.S’adressant depuis le balcon du Palais de Miraflores  à des milliers de personnes venues célébrer sa victoire, le chef de l’état a félicité le peuple vénézuélien pour cette journée qu’il a qualifié de mémorable.

Hugo Chavez a également félicité les opposants car Capriles et son commando de campagne ont annoncé la reconnaissance des résultats, ce que le président a considéré comme un pas important vers la construction de la paix au Venezuela.

Il a salué le fait que les opposants n’ont pas fait le jeu de  ceux qui concoctaient des plans de déstabilisation. Il a appelé l’opposition au dialogue, au débat, à travailler ensembles.

“ Jamais auparavant nous n’avions eu un pays comme celui que nous avons aujourd’hui du point de vue moral, social, politique, économique et culturel"- a déclaré le président qui a exhorté tous les Vénézuéliens à oeuvrer pour renforcer la patrie   .

Hugo Chavez a félicité les autorités électorales, tous les membres des bureaux de vote,  tous ceux qui ont contribué au succès de cette journée électorale, les soldats  qui ont garanti la sécurité durant les élections.

“ Nous avons démontré que notre démocratie est l’une des meilleures au monde et nous continuerons à le démontrer- a précisé Hugo Chavez. Il a félicité les membres de son commando de campagne Carabobo, tout spécialement le chef Jorge Rodríguez.

Hugo Chavez a expliqué que jusqu’à présent, le processus de transformations sociales s’est imposé dans 20 des 23 états et dans la capitale.

Il a signalé que dans des états gouvernés par des représentants de l’opposition comme Nueva Esparta, Zulia et Carabobo, la majorité de la population a voté pour l’option socialiste.

“ Il n’y aura pas de force impérialiste, si grande soit elle, pouvant dominer le peuple de Simón Bolívar- a déclaré Hugo Chavez qui a assuré que le Venezuela ne retournera jamais au néo libéralisme mais qu’il continuera à avancer vers le socialisme.

Le président Chavez a remercié les présidents cubain et argentin de leurs félicitations, ainsi que les visiteurs d’autres pays qui ont accompagné le processus électoral au Venezuela.

Source

Chávez : "Ta victoire est notre victoire !"

Réélu avec un taux de participation record, la victoire de Chavez est saluée en Amérique latine et par la gauche anti-impérialiste du monde entier. "Aujourd'hui, nous avons montré que la démocratie vénézuélienne était l'une des meilleures au monde et nous allons continuer à le prouver" a assuré le président, brandissant une réplique de l’épée de Bolivar, symbole de l’indépendance.

Le Parti de gauche, à la pointe du soutien français à Hugo Chavez, s’est en premier félicité de la réélection du président. « Ceci est non seulement une magnifique victoire pour le peuple Vénézuélien et latino-américain mais pour tous les peuples en lutte pour une véritable justice sociale et écologique: oui un autre monde est possible ! » dit Eduardo Meneses, Responsable Amérique latine du Parti de Gauche dans un communiqué.
Pour le PCF, "Cette victoire est un acte politique fort, face aux campagnes de dénigrement menées par la droite vénézuélienne qui a reçu tout le soutien politique et matériel des adeptes du néolibéralisme étasunien et européen. Une nouvelle étape pleine d'espoirs s'ouvre pour le peuple vénézuélien."

"La victoire de l'Amérique du Sud et des Antilles"

Mais les premières félicitations qu’a reçues Chavez viennent des autres pays d’Amérique Latine, Cuba, Argentine, Bolivie, et Equateur en tête. Les présidents équatorien Rafael Correa et bolivien Evo Morales ont très tôt appelé Chavez pour le féliciter.
"Ta victoire est notre victoire! Et la victoire de l'Amérique du Sud et des Antilles" s’est réjouie la présidente argentine Cristina Fernandez. Raul Castro l’a de son côté félicité ainsi : "Au nom du gouvernement et du peuple de Cuba, je te félicite pour ce triomphe historique, qui démontre la force de la révolution bolivarienne et son incontestable appui populaire". Et les journaux de la Havane de titrer : "Notre Amérique triomphe".

Les Etats d’Amérique Latine sont réaffirmés dans "la décision de continuer à travailler à l'approfondissement de l'intégration sud-américaine ainsi qu'au renforcement des mécanismes qui ont contribué avec succès à faire progresser l'emploi, l'éducation et la santé dans des segments de la société historiquement négligés" a assuré la chef de l’Etat argentin à Chavez.

Aux Etats-Unis, l’ambiance était moins à la fête, leur champion étant amplement battu et aucun moyen d’accuser le camp de Chavez de fraude. Le porte-parole du Département d'Etat, William Ostick, a félicité le peuple vénézuélien pour sa participation massive au scrutin et le calme qui a prévalu. "Nous sommes convaincus que l'opinion des plus de six millions de personnes qui ont voté pour l'opposition doit être prise en compte à l'avenir", a-t-il ajouté.

Source


Edité par T 34 - 09 Oct 2012 à 11:55
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Oct 2012 à 21:14
Le PCV a obtenu un bon résultat, il prévoyait d'apporter 500 000 votes à Chávez et en a obtenu 481 051. (Quand on vote on choisit une case avec le nom et la photo du candidat et le parti qui le soutien comme ça on peut voter pour Chávez en soutenant un parti en particulier)
 
 

D'après les derniers résultats l'avantage de Chávez augmente : 55,05% contre 44,97% pour majunche.
 

 

 
 
 

Ici vous pouvez voir le rapport de force dans chacun des états du Vénézuéla :
 
 



Edité par T 34 - 09 Oct 2012 à 16:55
Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Oct 2012 à 11:24

Victoire capitale pour la révolution bolivarienne et renforcement significatif des communistes qui apportent un demi-million de voix (3,5%) au président Hugo Chavez

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Victoire capitale pour la révolution bolivarienne et renforcement significatif des communistes qui apportent un demi-million de voix (3,5%) au président Hugo Chavez

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

« La victoire de Chavez est également la victoire de tous les peuples d'Amérique latine ».

Ce commentaire du président bolivien Evo Morales souligne l'enjeu du scrutin présidentiel vénézuelien du 7 octobre, dépassant le sort même de la seule République bolivarienne du Vénézuela.

Avec 54,8% des voix, soit 7,8 millions de suffrages exprimés, Hugo Chavez devance assez nettement le candidat unitaire de l'opposition, Henrique Capriles Radonski qui obtient 44,55% des voix, soit 6,3 millions de votes.

Jamais élection n'a été aussi polarisée, réduite à deux blocs antagonistes. Chacun des partis se positionnant dans les coalitions formées par les deux principaux candidats. Le « Pôle patriotique » autour d'Hugo Chavez face à la Coalition pour l'unité démocratique (Mesa de la unidad democratica/MUD)

La défaite d'une coalition contre-révolutionnaire et libérale, rassemblant de l'extrême-gauche à l'extrême-droite

Comme lors des législatives 2010, l'opposition est parvenue à rassembler sous la bannière du MUD une coalition hétérogène mais unie dans un même objectif contre-révolutionnaire, et une volonté commune de faire tomber Chavez.

Une coalition d'une vingtaine de partis, allant de forces gauchistes anti-communistes (LCR-La causa radical, Bandera roja) jusqu'à la droite dure (La Justice d'abord).

Néanmoins, le centre de gravité de cette coalition se retrouve, paradoxe apparent, au centre-gauche avec des partis sociaux-démocrates, parfois anciens alliés de Chavez, présents en masse parmi les forces dirigeantes de la coalition (Action démocratique/Un nuevo tiempo/Mouvement vers le socialisme).

Derrière cette façade de centre-gauche, que le candidat Capriles a tenté de cultiver pendant la campagne, un programme de droite libérale classique (le « paquetazo ») porté par celui qui est l’héritier d'une des plus grandes fortunes du pays :

libéralisations et privatisations dans les secteurs-clés de l'économie, en premier lieu le pétrole ; décentralisation des services publics pour mieux les privatiser ; remise en cause des programmes sociaux gouvernementaux de lutte contre la pauvreté et la faim.

Si la droite a encore une fois été vaincue, l'écart se resserre. La preuve d'une résistance de plus en plus organisée de la bourgeoisie vénézuelienne, aidée par le parrain nord-américain, et de sa puissance sociale toujours intacte.

Les communistes en progression constante

Les électeurs avaient également, sur leur bulletin électoral, la possibilité de choisir non seulement leur candidat mais aussi leur « parti de préférence », engagé dans l'un des deux camps en présence.

Parmi les partis du camp révolutionnaire, si le PSUV reste très largement en tête avec 42,80%, la bonne surprise est venue du Parti communiste du Vénézuela (PCV) qui s'installe comme deuxième force de gauche, avec 3,5% des voix et près de 500 000 votes apportés au président Chavez.

En 2000, le PCV ne récoltait que 0,8% des voix. En 2006, il connaissait une progression importante avec 2,9% des voix et 340 000 voix, alors que la coalition chaviste avait obtenu, dans son ensemble, 9 points de plus qu'en 2012.

La carte électorale du Parti est relativement homogène, les meilleurs scores se trouvant dans les régions du Nord-ouest du pays : les États de Yaracuy (6,1%), Trujillo (6,2%) et Portuguesa (6,3%).

Une victoire pour la révolution bolivarienne et ses succès...

La progression du Parti communiste est autant la reconnaissance du travail réalisé sur le terrain par les 40 000 militants du Parti que celle de la justesse de la ligne proposée par le Parti.

Depuis quatorze ans, le PCV s'est affirmé comme le soutien le plus résolu de la révolution bolivarienne menée par Hugo Chavez. En 2010, au plus fort des défections des partis sociaux-démocrates, le président Chavez avait affirmé que le PCV était « le seul allié qui nous reste ».

Le Parti communiste apporte son soutien à toutes les mesures dans les intérêts des travailleurs : missions sociales, augmentations du salaire minimum, nationalisations.

Les communistes se réjouissent de la baisse drastique de la pauvreté depuis l'arrivée au pouvoir d'Hugo Chavez, de 49,4% de la population en 1999 à 27,6% en 2008 ainsi que de la réduction massive des inégalités dans la même période.

qui ne fait pas taire les critiques constructives des communistes envers un processus révolutionnaire inachevé

Néanmoins, les communistes ne peuvent se satisfaire de ces progrès accomplis depuis treize ans. Le Vénézuela reste un pays capitaliste, où les principaux leviers de l'économie restent entre les mains du privé (65% de l'économie est entre les mains du privé en 2010, le même chiffre qu'en 1999).

Le PCV met en garde depuis plusieurs années contre cette puissance économique et sociale du capital privé domestique. La progression de la droite contre-révolutionnaire ne s'appuie pas que sur le soutien international de Washington mais aussi sur cette bourgeoisie encore puissante.

Le Parti communiste ne cache pas ses critiques constructives.

Tout d'abord la nécessité de mettre en place une véritable direction collective révolutionnaire, pour dépasser un leadership personnel, ou encore les tentatives de constituer un parti unique de la gauche.

Ensuite, la nécessité d'approfondir la révolution bolivarienne, et de passer d'une révolution démocratique-nationale à la phase de transition vers le socialisme. Un programme qui passe pour le PCV par la nationalisation des grands moyens de production, gérés par les travailleurs eux-mêmes, par l'instauration d'un système national de Sécurité sociale, et enfin par une politique nationale d'industrialisation.

Les communistes se sont toutefois réjouit des pas réalisés par le président dans ce sens, notamment avec la formation du « Pôle patriotique » en 2010, embryon d'une direction collective.

Toutefois, la route est encore plus longue sur la voie du socialisme, affirmé dans les discours et les textes officiels du président mais qui peine encore à se matérialiser dans la transformation radicale de l'économie et de la société vénézuelienne.

Dans ce parcours vers le socialisme, plus que jamais, les communistes vénézueliens restent le meilleur allié du président Chavez et de la force dirigeante de la révolution, mais ce sans mettre leur drapeau dans leur poche et sans taire leurs critiques sur un processus révolutionnaire encore inachevé.

 
 

Evo Morales et Rafael Correa saluent la victoire d’Hugo Chávez aux présidentielles au Venezuela

La Paz, 8 octobre, (RHC).- Les présidents de la Bolivie et de l’Equateur ont félicité le peuple vénézuélien et le président Chavez de sa réélection.

« Le triomphe du président Chavez est celui de la démocratie, ce n’est pas seulement le triomphe du peuple du Venezuela, mais des pays de l’ALBA et de l’Amérique Latine »- a déclaré Evo Morales.

 Pour sa part le président de l’Equateur, Rafael Correa a écrit sur son compte sur Twitter : « Chavez a gagné avec presque 10 points de différence. Vive le Venezuela, Vive la Patrie Grande, Vive la Révolution Bolivarienne! »

Les autorités chinoises ont, elles aussi,  salué la réélection d’Hugo Chavez.

Source
Le dicours de victoire complet de Chávez :
 

 

L'opposition recommence des guarimbas
 
 

 

Miles celebran el triunfo de Hugo Chávez


Edité par T 34 - 09 Oct 2012 à 21:29
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Une victoire saluée par le Front de gauche

 
Le PCF et le Parti 
de gauche se réjouissent 
de la réélection 
d’Hugo Chávez.

«Le Parti communiste français salue la très belle victoire d’Hugo Chavez à l’élection présidentielle, qui a obtenu le meilleur de ses résultats en rassemblant presque 8 millions de voix. Avec une participation historique, le peuple vénézuélien s’est mobilisé massivement pour affirmer son choix d’aller plus loin sur la voie de la transformation sociale et démocratique. Cette victoire est un acte politique fort face aux campagnes de dénigrement menées par la droite vénézuélienne, qui a reçu tout le soutien politique et matériel des adeptes du néolibéralisme états-unien et européen. Une nouvelle étape pleine d’espoirs s’ouvre pour le peuple vénézuélien. Le PCF se réjouit des résultats de cette présidentielle et réaffirme toute sa solidarité avec le peuple vénézuélien, qui construit son avenir d’indépendance et progrès. »

« Le Parti de gauche se réjouit de la victoire d’Hugo Chavez à l’élection présidentielle. Le résultat est clair et sans appel, le candidat de la révolution bolivarienne a obtenu 54,4 % des voix, ce qui représente un million de voix et presque 10 points de plus que son adversaire, le représentant de la droite vénézuélienne, Henrique Capriles. Avec un taux de participation de 80,94 %, c’est environ 8 millions de Vénézuéliens et Vénézuéliennes qui ont voté ce dimanche pour la poursuite et l’approfondissement de la révolution bolivarienne. (...). Ceci est non seulement une magnifique victoire pour le peuple vénézuélien et latino-américain, mais aussi pour tous les peuples en lutte pour une véritable justice sociale et écologique : oui, un autre monde est possible ! Le Parti de gauche se joint aux chefs d’État de Cuba, Argentine, Bolivie et d’Équateur ayant déjà salué la victoire de la révolution bolivarienne, tous avec le même message : félicitations, companero Hugo Chavez, ta victoire est la nôtre ! »

 

Talia Ruiz « Il faut transformer le système productif et faire reculer corruption et insécurité »

L’historienne Talia Ruiz évoque les réformes et les évolutions les plus urgentes à opérer pour le nouvel exécutif. Elle pointe la portée d’une victoire égale à la taille des nouveaux défis à affronter.

Hugo Chavez a remporté 
largement l’élection présidentielle. 
Quelle est la portée de cette victoire ?

Talia Ruiz. Il s’agit de la consolidation du processus depuis son démarrage avec la première élection de Chavez en 1998. En dépit de contradictions existantes notables, cette consolidation devra se faire sur une orientation sociale et politique très claire : le modèle socialiste. Ce modèle s’est confronté de manière ouverte au le modèle néolibéral défendu par le candidat Henrique Capriles. Plus généralement, le leadership d’Hugo Chavez et le processus vénézuélien sont devenus des référents mondiaux dans le cadre du débat international sur la construction d’une alternative au pouvoir capitaliste.

Quels défis attendent le président et le nouveau gouvernement ?

Talia Ruiz. En premier lieu, ils devront s’attaquer aux fléaux de la corruption et de l’insécurité, mais également aux graves dysfonctionnements du système judiciaire. Il y prévaut encore une trop grande impunité qui, in fine, porte préjudice à l’avancée de la révolution. Ce n’est pas seulement une question de crédibilité du processus : l’impunité renvoie également à l’idée que nous nous faisons du pays. On ne peut laisser violer les principes démocratiques. Cela fragilise et les institutions et le peuple. D’autre part, le gouvernement devra consolider le modèle socioproductif. C’est un modèle sui generis, c’est-à-dire très vénézuélien. Il est déterminé par deux principes : la volonté de mener le processus en cours de manière pacifique et celle visant à nous délester de la dépendance au système rentier pétrolier. Ce système est la cause de tous les biens mais également des maux dont souffre notre pays. Lors du prochain mandat, il conviendra de mettre le système pétrolier au service du développement socio-économique, de définir avec plus de clarté le type d’économie et de propriété désiré. D’un point de vue militant, le Parti socialiste unifié du Venezuela (Psuv) reste encore une grande machine électorale. Il doit se consolider en parti, en véritable espace de débats et de construction politique. C’est vrai du Psuv, mais également du bloc des mouvements et des partis de gauche qui soutiennent le président Chavez. Enfin, il faut rouvrir la nécessaire discussion avec l’opposition.

Justement, comment mener à bien les réformes à venir dans un contexte national divisé et polarisé ?

Talia Ruiz. Le gouvernement a toujours ouvert les portes du dialogue. L’opposition y a répondu par la violence. Malgré cela, l’exécutif devra continuer à chercher les canaux de discussions. Il faut par ailleurs que le gouvernement et le Psuv approfondissent l’autocritique pour dépasser les vieux et les nouveaux vices.

Quelles seront les prochaines étapes de l’intégration régionale ?

Talia Ruiz. Le président Chavez a été très clair dans sa posture en faveur de l’intégration régionale en direction de l’Amérique latine, en ébauchant le dessein d’une dynamique régionale sur la scène mondiale. Tout comme à l’interne, ce processus d’intégration se doit d’évoluer pour dépasser le schéma mercantiliste qui prévaut encore. Mais, il faut le reconnaître, le processus vénézuélien a jeté des ponts avec le continent et également en direction de l’Afrique pour bâtir des rapports Sud-Sud dans le cadre d’un modèle de coopération commerciale et solidaire.

Entretien réalisé par C. Ce.

Une victoire sans appel pour Hugo Chávez

Le président vénézuélien a été largement réélu, dimanche, 
au terme 
d’une campagne disputée. D’immenses chantiers attendent le nouvel exécutif, au plan social comme à celui de l’intégration régionale.

Caracas (Venezuela), envoyée spéciale. C’est d’abord une image. En 2002, les militaires s’étaient emparés des toits du palais de Miraflores pour célébrer la retour du président vénézuélien, Hugo Chavez, à la suite du coup d’État avorté orchestré par le patronat, les médias privés et les États-Unis. Dimanche soir, ils sont de nouveau remontés sur les hauteurs du siège présidentiel pour consacrer la réélection d’Hugo Chavez. « La bataille a été parfaite sur toute la ligne ! » a lancé le Comandante depuis le balcon du peuple. « Une bataille démocratique grâce à la conscience de notre peuple. La voix majoritaire s’impose sur la voix minoritaire en la respectant. » Il s’agit là de la quatorzième victoire du « chavisme » sur quinze scrutins depuis la première élection du candidat du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), en 1998.

Au terme d’une journée cruciale pour la poursuite du processus de changement, le président sortant a été réélu, pour la troisième fois, en totalisant 54,84 %, des voix, selon le premier décompte du Conseil national électoral (CNE). Avec 7 860 982 voix, le leader de la révolution bolivarienne devance très nettement son principal rival de droite de la Table unitaire démocratique (MUD), Henrique Capriles Radonski, qui obtient, lui, 44,55 %, soit 6 386 155 des voix.

Chavez progresse en voix

En pourcentage, Chavez est loin de son score de la présidentielle de 2006, qu’il avait remportée avec 63 % face à Manuel Rosales, son rival de droite de l’époque. Mais il progresse en voix – près d’un demi-million de suffrages supplémentaires –, au terme d’une élection marquée par une participation exceptionnelle de 80,85 %. Fait notable : il arrive en tête dans le riche État pétrolier de Zulia, pourtant bastion de l’opposition, ainsi qu’à Caracas, après des années de reculs électoraux dans la capitale.

Durant toute la campagne, le candidat socialiste comme ses partenaires avaient martelé le message selon lequel le retour de la droite aux affaires mettrait un terme aux réformes sociales qui ont permis d’extraire de la pauvreté des millions de Vénézuéliens. Aux yeux du grand pôle patriotique, la coalition de gauche qui regroupe l’ensemble des formations politiques de la majorité présidentielle, une victoire de l’opposition aurait renvoyé la patrie de Bolivar aux pires années, lorsque les néolibéraux imposaient, dans la violence, les plans d’ajustements structurels du FMI.

« Il y a vingt ans, ce pays était au bord de la guerre civile, a rappelé Hugo Chavez au moment de voter lui même dans le quartier populaire du “23 janvier”. Ils ont utilisé les militaires pour massacrer un peuple désarmé », a-t-il insisté, en référence au Caracazo de 1989, lorsque la révolte du petit peuple contre la libéralisation des prix avait été réprimée dans le sang. Autre enjeu du scrutin : la dimension régionale. « Nous allons dynamiser, dans un nouveau cycle, la puissance du Venezuela au sein même de la puissance latino-américaine », a relevé Hugo Chavez qui, cette dernière décennie, a été l’un des artisans de la coopération et des échanges continentaux. « Le gouvernement commence à travailler dès aujourd’hui. Nous entamons un nouveau cycle (…) au cours duquel nous avons l’obligation de répondre par une plus grande efficacité et un meilleur rendement aux besoins de notre peuple (…) Chaque jour nous oblige à être meilleurs. Le Venezuela poursuivra sur la voie du socialisme démocratique bolivarien du XXIe siècle », a-t-il promis devant une foule venue en masse fêter ce nouveau succès.

L’opposition a très vite reconnu le verdict des urnes, contrairement à ce que la majorité présidentielle redoutait. « Pour savoir gagner, il faut savoir perdre, a déclaré doctement Henrique Capriles Radonski. La parole du peuple est sacrée. » La droite avait pourtant placé beaucoup d’espoir en la figure de ce jeune avocat qui a su mener sa campagne électorale avec dynamisme et une certaine finesse démagogique en vue de séduire l’électorat populaire, plutôt favorable à son adversaire. Au point même que la presse, surtout étrangère, le voyait déjà à Miraflores. « Nous avons semé beaucoup d’arbres et ces arbres donneront beaucoup de fruits », a-t-il dit, en allusion aux prochaines élections des gouverneurs en décembre, mais, surtout, dans la perspective des municipales d’avril 2013. Manière aussi pour le gouverneur de l’État de Miranda de placer ses pions face à certains de ses partenaires de la MUD, dont « l’unité » pourrait souffrir de tensions internes dans la prochaine période.

Les feux d’artifice, qui ont retenti à l’annonce des résultats, ont fait écho à ceux qui ont réveillé le centre de Caracas dès trois heures du matin. À l’ouverture du scrutin, de longues files d’électeurs s’étaient formées aux abords des bureaux de vote. « La pauvreté et la mortalité infantile ont fortement diminué, rappelle Silfredo Otamendi, un militant du Psuv, en réponse aux détracteurs du processus. Les Vénézuéliens ont accès à la nourriture. Le gouvernement construit des centaines de milliers de logements. Tout le monde a profité de cette politique d’inclusion sociale, même les couches moyennes. » Toutefois, pour ce retraité, le nouvel exécutif doit s’attaquer au grave problème de la violence qui mine la société vénézuélienne.

« Ces treize dernières années, nous avons remué ciel et terre, pour défendre “la bataille” pour le socialisme », estime Oscar Sotillo, collaborateur à La Mancha, un journal alternatif. « Désormais, il faut se confronter aux problèmes persistants, à savoir un appareil bureaucratique excessif. Il a toujours existé, mais le nouvel État que nous voulons construire doit se défaire des vieilles pratiques. » C’est vrai également de la question de la corruption. La majorité présidentielle est aussi attendue sur le terrain du social afin de réduire les inégalités encore existantes. C’est donc peu dire que d’autres « batailles » attendent le nouvel exécutif dans un pays toujours aussi divisé et polarisé.

une presse polarisée 

La presse offrait, hier, un regard divisé sur les résultats : enthousiasme de la part des journaux favorables à la révolution bolivarienne, dépit de la part des médias privés. Ciudad Caracas, « la révolution au quotidien », célèbre ainsi la victoire sur sa une. El Nacional, un titre privé, a pointé uniquement les propos de Chavez sur « le talent démocratique de l’opposition ». El Universal, fidèle à sa ligne antichaviste, s’est borné à un titre de quatre mots : « Six ans de plus. »

 

Cathy Ceïbe

Source
Des médias en mercenaires de l’anti-chavisme

« Après treize ans de pouvoir le pays compte de nombreux déçus du chavisme », on a affaire à « un président sortant autoritaire » dont le régime est « un anti-modèle ». Quant à « la corruption endémique et l’inflation qui s’envole », elles sont « de plus en plus mal ressenties ». Ces thèmes ont été martelés par les médias hexagonaux durant les jours qui ont précédé le scrutin présidentiel vénézuélien. Pour le Monde, Libération, France Inter, France 2, TF1, France 24 dont est extrait ce florilège, la chose était entendue, à tout le moins la qualification d’un régime vénézuélien condamné, en fait, comme son leader, même si lui « se dit guéri du cancer ». L’essayiste Marc Saint-Upéry, auteur d’un ouvrage sur la révolution bolivarienne, fournissait aux petits soldats du monde libre qui le souhaitaient des thèmes de référence. Le 4 octobre sur le Monde.fr il commettait ainsi une longue analyse dénonçant un système, illustration « du conservatisme le plus rance qui se maintient au pouvoir ». Et de comparer le régime d’Hugo Chavez à celui de Viktor Orban en Hongrie. « Un jour noir pour l’Amérique latine », fulminait hier encore le site Internet Atlantico, après la victoire sans appel de Chavez. Le lecteur, l’auditeur ou le téléspectateur qui auraient souhaité comprendre les raisons de fond de la formidable popularité du président vénézuélien en seront pour leurs frais. Ainsi va la pratique d’un certain « journalisme unique » comme il existe une pensée du même nom.

Bruno Odent

 



Edité par T 34 - 10 Oct 2012 à 19:16
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Hugo Chávez déclare qu’un nouveau cycle commence pour le Venezuela

Caracas, 10 octobre, (RHC).- Le président Hugo Chavez déclaré qu’un nouveau cycle commence pour le Venezuela,  au cours duquel le pays continuera  à avancer et à rénover les programmes économiques et sociaux.

Au cours d’une conférence de presse, il a fait savoir que le Second Plan Socialiste sera rendu public en janvier 2013. Ce plan recueillera des propositionsdes différents secteurs populaires.

Au sujet de la situation en Syrie, le président vénézuélien a exhorté son homologue étasunien a réfléchir, s’il est réélu, à la position de Washington vis-à-vis de ce pays arabe, appel qu’il a lancé aussi aux pays européens qui appuient la politique d’intervention dans ce pays.

Hugo Chavez a accusé les États-Unis d’être l’un des principaux responsables de la crise que vit actuellement la Syrie. Il a confirmé l’appui du Venezuela au gouvernement présidé par Bashar Al Assad.

 

Caricatura de Pinto: Venezuela a Votar!!!

 

 

Des messages de félicitations continuent à parvenir au président Chávez pour sa réélection

Caracas, 9 octobre, (RHC).- Le président Chavez a remercié les amis du monde des messages qu’ils lui ont fait parvenir après sa victoire électorale de dimanche.

Hugo Chavez a fait référence à ses conversations téléphoniques avec, entre autres, la présidente brésilienne Dilma Roussef et le président russe Vladimir Poutine.

Par ailleurs, les félicitations continuent d’arriver de partout dans le monde.

"Ta victoire est la nôtre, celle de l’Amérique du Sud et de la Caraïbe,  parce que le Venezuela est le MERCOSUR et l’ UNASUR"- a écrit la présidente argentine Cristina Fernandez sur son  compte sur Twitter.

Le président de l’Equateur Rafael Correa, a salué la victoire du candidat du Parti Socialiste Unifié du Venezuela. Il a signalé que lorsque 94% des bulletins avaient été dépouillés, Hugo Chavez avait déjà 54,85 % des voix valables, soit  plus de 7 444 000 voix en sa faveur.

Le Président de la Bolivie a déclaré que ce résultat est le triomphe des pays de l’Alba et de l’Amérique Latine qui luttent pour leur dignité, leur souveraineté et leur propre modèle.

Le gouvernement colombien lui aussi a souhaité du succès au président Chavez durant son nouveau mandat et a fait des voeux pour le renforcement des relations entre les deux pays.

Le président uruguayen a félicité son homologue vénézuélien et il a qualifié de très propice l’occasion pour renforcer les relations bilatérales.

Le chef de l’état de Belarus Alexander Lukashenko, a applaudit la victoire d’Hugo Chávez. Il a donné l’ordre à son gouvernement d’accorder la priorité au renforcement de la coopération bilatérale  dans tous les domaines.

Le gouvernement britannique lui aussi a félicité le président Chavez et a mis l’accent sur la participation populaire aux élections.

Pour sa part le ministre brésilien des Affaires étrangères Antonio Patriota a signalé que les élections au Venezuela ont été “un moment de célébration de la démocratie ».

Le ministre des Affaires étrangères du Chili, Alfredo Moreno, a déclaré que les élections au Venezuela ont été un pas en avant  sur le chemin de la démocratie.

Source

L’UNASUR signale que le Venezuela a donné une leçon de démocratie

Caracas, 9 octobre (RHC).- Carlos Álvarez, le chef de la mission d’accompagnement électoral de l’UNASUR, qui a assisté à toutes les étapes du processus électoral au Venezuela a déclaré que ce pays a donné une leçon extraordinaire de démocratie au monde avec les élections de dimanche.

La transparence des élections, au terme desquels Hugo Chavez a été réélu, a jeté par terre les doutes lancés sur le processus électoral dans ce pays et qui répondaient essentiellement à des intérêts politiques.

Il s’agit d’une leçon pour la communauté internationale qui renforce sans doutes, la démocratie latino-américaine, a déclaré l’ex vice président argentin,  dressant un bilan du travail de la mission.

Carlos Alvarez qui est l’actuel Secrétaire Général de l’Association Latino-américaine d’Intégration a signalé que dans des pays où le vote est obligatoire, entre 70 y 75 % des électeurs se rendent aux urnes, alors qu’au Venezuela où le vote est volontaire la participation a été de 81 %.

"Cela prouve la force du système électoral vénézuélien, sa légitimité- a t-il précisé avant d’ajouter que la mission a pu constater trois choses essentielles : que le système électoral vénézuélien est hautement fiable, qu’il a une  excellence technologique, que les parties ont reconnu les résultats des élections et que les représentants de l’Unasur ont été déployés dans tout le pays.

Source

René Gonzalez salue la victoire d’Hugo Chávez

La Havane, 9 octobre, (RHC).-René Gonzalez, antiterroriste cubain qui après avoir purgé la totalité de sa peine de prison, est contraint de rester aux Etats-Unis pendant 3 ans, sous un régime  de liberté surveillée a salué dans des déclarations à Radio Rebelde, la victoire aux urnes du président Chavez.

 “Notre emprisonnement a coïncidé avec le triomphe d’Hugo Chavez en 1998. Nous l’avons accompagné  durant ces 14 ans. Je pense à la joie que sa victoire nous avait causée alors. L’espoir du peuple vénézuélien a été une lueur dans nos cellules, nous avons accompagné aussi chacune des batailles du peuple vénézuélien contre le coup d’état, contre le coup pétrolier.

L’épopée du peuple vénézuélien a été une source de joie durant ces années. Je me sens comme chaque fois que nous avions suivi la situation dans ce pays et que le peuple a triomphé. Nous sautons de joie, nous sommes contents et cela nous aide à mieux résister. Pour moi c’est incroyable. Ce moment a une grande importante pour l’histoire latino-américaine.

Il faut continuer à lutter avec la même force, mais cette victoire à un goût spécial, elle remplit d’espoir beaucoup de personnes. L’impérialisme traverse une situation très complexe. L’Amérique Latine a besoin plus que jamais de l’Alba, de l’exemple du Venezuela. Hugo Chavez represente le triomphe du peuple vénézuélien. Nos félicitations au peuple d’Hugo Chavez.

Source


Edité par T 34 - 12 Oct 2012 à 00:53
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Les candidats de la Révolution bolivarienne aux régionales sont annoncés

Caracas, 11 octobre (RHC).- Le premier vice président du Parti Socialiste Unifié du Venezuela,  Diosdado Cabello, a rendu public les noms des candidats de la Révolution Bolivarienne aux élections régionales du 16 décembre prochain.

Les gouverneurs des 23 états vénézuéliens seront élus ce jour-là.

Diosdado Cabello a expliqué qu’il s’agit d’une lutte pour le pouvoir populaire, pour donner au peuple le pouvoir qu’il a voulu toujours avoir.

Le CNE proclame Hugo Chávez gagnant des présidentielles

Caracas, 11 octobre (RHC).- Le président vénézuélien,Hugo Chavez a été proclamé par le Conseil National Electoral comme le gagnant des élections de dimanche.

 La Présidente du Conseil National Electoral, Tibisay Lucena, a fait savoir qu’au terme du dépouillement de tous les bulletins de vote, Hugo Chavez a obtenu 8 136  637 voix, soit 55,26 % et Henrique Capriles a remporté 6 499 575 voix ce qui équivaut à 44,13%. Hugo Chavez s’est imposé dans 21 des 23 états vénézuéliens à l’exception de Mérida et de Tachira.

Le chef d’état a désigné l’actuel ministre des Affaires étrangères, Nicolas Maduro au poste de vice président.

Hugo Chavez a mis en exergue les vertus d’Elias Jaua qui a occupé ce poste jusqu’à maintenant et qui inscrira sa candidature comme gouverneur de l’état de Miranda pour les élections régionales.

 "Merci Elías, tu es noble, travailleur, honnête, dévoué, intelligent et humble par dessus tout- a signalé Hugo Chavez.

Hugo Chávez a appelé les Vénézuéliens à corriger les erreurs du projet socialiste, à le rénover pour lui donner davantage de force et de vie.

Hugo Chavez s’est engagé à résoudre tous les problèmes qui persistent encore. Il a rappelé qu’il s’agit là d’un travail à longue halène, car il est impossible de résoudre à court terme des problèmes dérivés des années d’application du modèle capitaliste.

Hugo Chavez a exprimé sa disposition de favoriser le dialogue avec l’opposition mais sans impositions de la part de ces secteurs.

Il a félicité le CNE de l’organisation et de la transparence des élections, ainsi que la Force Armée Nationale Bolivarienne et  tous ceux qui ont participé à cette journée qu’il a qualifiée de mémorable.

Source

Pas de chance pour les ennemis de Chávez

 
 

Ils ont tout dit sur Hugo Chavez. Un « dictateur », un « populiste », une « marionnette cubaine ». Bref, un chef d’Etat peu fréquentable dont les Vénézuéliens allaient se débarrasser sans coup férir. L’affaire était dans le sac. Et voilà que Chavez remporte confortablement l’élection présidentielle avec un score à faire pâlir de jalousie les présidents occidentaux à l’issue d’un scrutin à participation record.

Hugo Chavez a surmonté une tentative de coup d’Etat, une séquestration, le sabotage économique, des coups tordus à la pelle. Il est sorti vainqueur de trois élections présidentielles et d’un référendum révocatoire. Rien que çà. Chavez réélu à la régulière provoque de l’urticaire dans les cercles comme on dit « avertis ». En vérité, c’est la politique de Chavez qui entraîne hystérie et haine celle qui, par exemple, consacre l’essentiel de la manne pétrolière au logement, à l’éducation, à la santé et à la coopération régionale au grand dam des multinationales US et de l’oligarchie locale.

Voici Chavez aux manettes pour six ans alors que ses principaux ennemis ont sombré dans la disgrâce. L’ancien président colombien, le pervers Alvaro Uribe, aux liens connus avec les para militaires, suit un traitement psychiatrique depuis le rétablissement des relations diplomatiques et économiques entre Bogota et Caracas et alors que s’ouvrent des négociations avec les FARC. Le sinistre et ancien alcoolique George W. Bush responsable de tant de coups foireux contre Chavez verse à nouveau, dit-on, dans la bouteille et restera dans l’histoire comme le pire président nord-américain. Le roi d’Espagne qui avait voulu faire taire Chavez lors d’un sommet ibéro-latino américain encombre l’actualité espagnole avec son retour d’accident de chasse en Afrique payé par les contribuables, les frasques de sa famille et les détournements de fonds publics de son gendre. La chance ne sourit pas aux ennemis de Chavez.

José Fort

Source


Edité par T 34 - 14 Oct 2012 à 23:10
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Chávez, ce loser

Par emcee le vendredi 12 octobre 2012, 00:38 - Dans l'enfer de l'Ultralibéralie - Lien permanent

Pas de chance pour Chavez, il gagne les élections pratiquement à l'arraché, à seulement 10 points d'écart de son sémillant adversaire.
A peine remis d'une grave maladie, dont il se dit guéri, il s'apprête, malgré les "incertitudes" et la "stagnation", à diriger le Venezuela à nouveau, d'une main de fer socialiste, et six ans durant, comme il le fait depuis 14 ans déjà.
Avec deux épées de Damoclès au dessus de sa tête: ses problèmes de santé et une opposition forte et unie.
Si Dieu lui prête vie, comme il dit, il aura été à la tête du pays pendant … 20 ans! Une longévité de dictateur.
Vous ne me croyez pas? C'est pourtant à peu près ce que nous disent les médias occidentaux.
Voici, par exemple, l'article qu'écrit Laurent Thomet et qui a été publié sur Alternet, un site progressiste (voui!) USaméricain.
Un journaliste qui fera sans doute une belle carrière dans la presse mainstream.
Il en a le style.
Analyse de texte.

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Chavez et son VP, Maduro Ariana Cubillos

Chavez remporte un nouveau mandat de six ans au Venezuela

Capriles, le rival de Chavez, âgé de 40 ans, admettant sa défaite avec élégance, a déclaré: " "j'accepte et je respecte la décision du peuple".

Le président du Venezuela, Hugo Chavez, faisait fi du cancer et d'une opposition unie pour triompher une fois de plus dans les urnes et briguer un mandat de six ans afin de poursuivre sa révolution socialiste financée par la rente pétrolière.

De toute évidence, le pétrole appartient aux gros capitalistes: utiliser les profits pour faire du social est carrément une scandaleuse usurpation de biens.

Le test de dimanche dernier s'est avéré plus sévère que les élections précédentes au cours des 14 années de mandats de Chavez, mais le gauchiste antiaméricain grandiloquent est sorti à nouveau victorieux des urnes, malgré les problèmes de santé, le mécontentement et de vives critiques de l'opposition.

Donc, si on suit le raisonnement, Chavez était sacrément gonflé de se représenter, alors qu'il partait avec d'énormes handicaps au départ – d'une part, à cause de ses problèmes de santé, un thème récurrent dans le texte, et d'autre part parce qu'il devait affronter une opposition "unie", qui ne pouvait que l'emporter, donc – sans compter qu'au bout de 14 ans de mandat - encore un thème qui revient sans cesse - il était temps de passer la main.
Drôle de conception de la démocratie.
L'auteur laisse, ainsi, entendre que la longévité d'un dirigeant légitimement élu est inacceptable, voire illégale, et se garde de mettre en parallèle le système USaméricain et européen qui consiste à élire un dirigeant après l'autre qui ne fera que pérenniser la "révolution capitaliste" financée par le pétrole des autres.
C'est bien plus moral, il est vrai.
Quant à la "sévérité" du verdict, bien des présidents s'en contenteraient: 54,66% des voix et 10 points d'écart avec "l'opposition unie".

Pour rappel, parmi les plus hauts scores obtenus en France:
Mitterrand, en 1981: 51,76% (après des années de présidence de droite - bon, il y en a qui avaient peur des chars russes, on les comprend), en 1988: 54,2%;
Giscard en 1974: 50,81%;
Chirac, 1995: 52,64% (la "fracture sociale" et "mangez de pommes");
Sarkozy, 2007: 53,07 (après une litanie de promesses qu'il n'avait nulle intention de tenir. Et il a tenu bon sur ce point);
Et le dernier arrivé, malgré le ras-le-bol général: Hollande, poussif, en 2012: 51,64%.
Tout cela avec un taux d'abstention autour de 20%, comme au Venezuela.

Concernant le vote populaire aux US:

Bill Clinton (D), en 1992: 42,93% (PR: 37,38%); en 1996: 49,24%/ PR: 40,71% (les deux fois, avec Ross Perot, ultraconservateur, en troisième homme, c.-à-d. que ce sont des voix qui avaient manqué aux Républicains);
Bush, 2000: 47,89%; Gore : 49,44%.
Bon, là, vous allez me dire: "c'est donc Gore qui a gagné? Je ne m'en souviens pourtant pas de celui-là".
En effet, et c'est "normal", puisque c'est bien Bush qui a été déclaré vainqueur par la Cour Suprême. (Voir note en bas de page)
Bush, 2004: 50,77%; Perry (D) :48,31% (le reste des voix exprimées étant des poussières).
Rappelons-nous, l'animosité contre Bush était grande, pourtant, comme celle contre Sarkozy, disons.
Malgré cela, c'est Bush qui a remporté les élections. Bizarre, non? (voir au bas de la page).
Obama, 2008: 52,92%; Mc Cain: 46,66% (ensemble des autres candidats: moins de 2%).
Un score qui s'explique par une forte mobilisation populaire (parmi les minorités, en particulier) et un militantisme des syndicats et de la base du parti Démocrate et autres gauchos débridés sauce américaine.
Ah, et j'allais oublier: huit ans à écouter les discours de Bush.
L’abstention pour cette élection qualifiée d’historique a atteint 43,2%, bien loin des 16,93% du second tour de la dernière élection présidentielle française, en 2007.
C'est fou, l'engouement pour la présidentielle aux Etats-Unis.
Incroyable, ils ont le droit de vote,et ils ne sont même pas contents.
Putain de pauvres. Parce que c'est eux qui ne vont pas voter. Les riches, eux, ils la respectent, la démocratie.
Pourtant, ils pourraient s'en désintéresser: ils connaissent le gagnant d'avance. C'est eux qui le choisissent.
Remarque: cependant, le décompte des abstentions se fait différemment (voir note en bas de page).

Un peu avant la fin du dépouillement, Chavez recueillait 7.731.972 des voix, c'est-à-dire 54,66%, contre 6.327.429, à savoir 44,3%, pour son jeune rival, l'ancien gouverneur de l'état de Miranda, Henrique Capriles.
Des milliers de personnes se rassemblaient devant le palais présidentiel de Miraflores en apprenant les résultats des élections qui donnaient à Chavez une nette victoire après près de 14 ans de pouvoir. "On ne peut pas arrêter la révolution", dit Maria Bermudez, une enseignante de l'état de Guarico au nord du pays, vêtue d'une chemise rouge, la couleur des partisans de Chavez. "Chavez n'a jamais perdu ma voix pour poursuivre la révolution".
Lors du discours depuis le balcon de sa résidence, Chavez chantait l'hymne national et promettait d'être un meilleur président.
"Viva Venezuela! Viva la patria!" exultait le leader gauchiste. "La lutte a été parfaite et la victoire a été parfaite".
"Je veux inclure tout le monde y compris certains secteurs de l'opposition," annonçait Chavez, 58 ans, en chemise rouge, reconnaissant tacitement que c'était la meilleure performance électorale qu'il ait connue de la part de ses adversaires.
Mais, brandissant l'épée de son idole du XIX°s, le héros de l'Indépendance, Simon Bolivar, il a promis d'aller de l'avant pour poursuivre une révolution socialiste qui suscite l'hostilité de ses adversaires à la fois dans le pays et à l'étranger.
"Le Venezuela poursuivra sa marche vers le socialisme démocratique du XXI°s", a-t-il-dit.
Chavez s'est déclaré guéri du cancer en juillet et a intensifié sa campagne cette dernière semaine, tenant des meetings dans tout le pays, dansant et chantant sous la pluie, jeudi dernier, devant des centaines de milliers de partisans.
Dans son discours pour annoncer sa victoire, il a mentionné brièvement une seule fois sa lutte contre le cancer.
"C'est une journée mémorable aujourd'hui" a-t-il dit. "Je remercie Dieu, et lui demande de préserver ma vie et ma santé pour continuer à servir le peuple vénézuélien ".
Capriles, 40 ans, le rival de Chavez, admettant sa défaite avec élégance, a déclaré: " "j'accepte et je respecte la décision du peuple".
Mais la pilule était amère pour beaucoup de gens dans le pays divisé. Quelque 200 partisans de Capriles, dont beaucoup étaient en larmes et frappés d'incrédulité, s'étaient rassemblés devant son QG de campagne.

Le pays divisé: cette expression plait beaucoup à ce cher Laurent - tellement qu'il la reprend à nouveau plus bas – évoquant également l'"opposition unie". C'est vrai que c'est tellement rare que, lors d'élections où deux candidats s'opposent, les partisans de l'un ne soient pas d'accord avec ceux de l'autre.
Il est vrai qu'aux Etats-Unis, ils sont tout à fait d'accord les uns avec les autres, c'est bien connu, et le pays n'est pas "divisé", et encore moins en de multiples ghettos.
Mais il est vrai aussi que les électeurs US pourraient avoir des raisons: ils ont deux fois le même, avec le même programme: faire payer les pauvres et les classes moyennes, renflouer les banques, donner un coup de pouce aux multinationales aux abois et poursuivre leur mission de civilisation à l'étranger. Eh bien, ça ne plait pas à tout le monde. Jamais contents.

"Je suis déçue, catastrophée", a dit à l'AFP Daniela Torrealba, 33 ans. La victoire de Chavez signifie que nous allons subir encore six ans d'incertitude et de stagnation".
Les spécialistes chargés de suivre le bon déroulement des élections ont déclaré que le système de vote électronique était fiable, mais on craignait que le perdant, quel qu'il soit, conteste les résultats. Capriles a, semble-t-il, écarté ces craintes, acceptant les résultats de bonne foi après avoir, un peu avant, appelé au calme.
"Pour savoir gagner, il faut savoir perdre", avait-il dit à son QG de campagne. Pour moi, ce que dit le peuple est sacré".
Le sort de Chavez, critique féroce des Etats-Unis et voix prédominante de la gauche latino-américaine, a été suivi de près par l'alliée communiste Cuba, qui dépend fortement du pétrole vénézuélien et par d'autres partenaires de la région.

Oui, Cuba (ah, Cuba, l'île "communiste"! Aucun cliché ne vous sera épargné) reçoit du pétrole du Venezuela, en échange d'autres services, comme l'envoi de médecins et d'enseignants pour soigner et alphabétiser les populations pauvres.
Quelque chose à redire, là-dessus?
Bon, il est vrai que c'est un truc de dingue. Les Etats-Unis, eux, ont une autre méthode: quand ils ont besoin de pétrole, ils envahissent un pays et le dévastent pour s'en emparer.
Mais ce n'est pas pour ça qu'il faut critiquer Cuba, non? Ils font comme ils peuvent.

"Que viva Venezuela!, que Viva La Patria!, viva La revolución Bolivariana!”, tweetait le président de gauche de l'Equateur, Rafael Correa, des termes repris par le dirigeant bolivien Evo Morales et Cristina Kirchner, la présidente de l'Argentine.
Mais à Washington, la dirigeante de la commission aux Affaires Etrangères de la chambre des représentants, l'élue républicaine Ileana Ros-Lehtinen, accusait Chavez d'avoir manipulé les résultats.
"Chavez ne doit pas être autorisé à continuer à exporter sa haine et son despotisme à l'étranger comme ses camarades dictateurs en Iran et à Cuba en opprimant la presse et en violant les droits humains", a-t-elle déclaré.

L'auteur omet de signaler, toutefois, que cette femme est une fanatique de droite, qu'elle est connue pour ses propos hystériques et mensongers.
Il n'ajoute pas non plus que ses affirmations ne sont fondées sur aucune preuve tangible et qu'elle accuse Chavez d'être un dictateur alors qu'il a remporté de nombreuses élections démocratiques qui sont bien plus ouvertes et plus justes que celles qui sont organisées aux Etats-Unis (voir note).
Au lieu de cela, il présente cette déclaration unique venant des US comme si c'était une vision fiable et éclairée d'une élue de Washington.
S'il avait été soucieux d'informer les lecteurs, il aurait pu, par exemple, citer les propos de l'ancien président Jimmy Carter, dont la mission d'observation internationale de la Fondation Carter, qu'il dirige, est chargée de contrôler le déroulement démocratique des élections dans le monde entier.
Or, Carter déclarait, le 11 septembre dernier: ''"En fait, sur les 92 élections que nous avons observées, je dirais que c'est le système électoral du Venezuela qui est le meilleur au monde".
Concernant les élections controversées de 2006, il avait également précisé que Chavez avait gagné "honnêtement et clairement".''
Sacré Carter. Sacré menteur.

Capriles a fait un bond dans les sondages au cours de la campagne en attirant les foules à ses meetings grâce aux promesses de réduire la criminalité galopante et d'unir le pays sud-américain divisé. L'opposition a accusé Chavez d'avoir utilisé des fonds publics pour sa campagne et d'avoir mobilisé les ondes et forcé les agents de l'Etat à assister à des meetings en leur faisant du chantage.

Les fonds publics? Ma foi, cela prouve eu moins qu'il ne s'est pas enrichi pendant ses quatorze années au pouvoir, et quand on n'est pas riche, comme son opposant, et soutenu par la caste des riches, difficile de faire campagne.
En revanche, on constate que cela ne le choque pas du tout que les deux candidats US reçoivent des milliards de dollars pour payer des campagnes démesurées et exorbitantes de la part des grands groupes privés, qui achètent, ainsi, leurs services.
Quant aux médias vénézuéliens soi-disant accaparés par Chavez, c'est fatigant de lire toujours les mêmes âneries. Voir ici.

L'infatigable Chavez s'était fait connaitre en 1992 lors d'un putsch avorté qu'il avait dirigé contre le président de l'époque, Carlos Andres Perez.
En quittant la prison, deux ans plus tard, il s'était lancé dans une carrière politique, truffant ses discours galvanisants d'allusions à la bible et de citations de Bolivar.
Devenu, en 1998, le plus jeune président du Venezuela, à 44 ans à peine, Chavez entreprenait de réformer la Constitution et de réduire les pouvoirs du Congrès, et gagnait ensuite facilement les élections suivantes en 2000.
Bien qu'il ait consolidé son pouvoir, redistribué les terres et nationalisé le géant du pétrole PDVSA (Petróleos de Venezuela, S.A.) pour promouvoir ses programmes sociaux, l'économie était en plein chaos et Chavez était brièvement évincé lors d'un coup d'état réalisé par les dirigeants d'entreprises. Il était rétabli dans ses fonctions, deux jours plus tard, grâce au soutien populaire.
En 2004, une tentative de l'opposition de destituer Chavez lors d'un referendum révocatoire échouait grâce au vote populaire (58,91%, NDT).
Elu pour un nouveau mandat de 6 ans, en 2006, Chavez remportait ensuite un referendum en 2009 dont l'objectif était l'abolition de la limite constitutionnelle à deux mandats et lui permettait de se présenter indéfiniment.
S'il tient jusqu'à la fin de son mandat, Chavez aura dirigé le Venezuela pendant 20 ans.

On constate à nouveau, ici, le point de vue adopté par l'auteur (dont on ne sait rien, d'ailleurs): Chavez s'était fait connaitre en 1992 lors d'un "putsch", alors que les dirigeants d'entreprises, eux, l'avaient "évincé"
Evidemment, il ne signale pas que c'était un coup d'état soutenu par les Etats-Unis et que le chaos économique avait été provoqué par les dirigeants d'entreprise de l'opposition eux-mêmes afin de faire tomber le gouvernement de Chavez élu démocratiquement.
D'autre part, le rival de Chavez est décrit le plus positivement possible: "il montre de l'"élégance" dans la défaite, il est "juvénile", il "restaure le calme". Il cherche à rassembler un pays "divisé".
Alors que Chavez, lui, est un ancien malade (la question de son cancer revient inlassablement, insinuant le doute sur sa guérison et laissant entendre qu'une rechute serait préjudiciable à la bonne marche des affaires, voire pourrait ruiner le pays. Quelle imp(r)udence, en effet);
Il est "âgé" (pareil: 58 ans v 40, comme si l'âge était un critère de qualité pour diriger un pays, sans compter que 58 ans, ce n'est pas le 4° âge, surtout pour un élu) ;
Enfin, il est " grandiloquent" – autant dire vulgaire. Comme un latino, quoi. Et socialiste, en plus!

Voilà; il y a certainement des points qui m'ont échappé. Mais tout le monde peut jouer.

NOTES

Élections aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, le président n'est pas élu au suffrage direct mais indirect. Ce sont les 538 Grands électeurs qui l'élisent, au mois de janvier, en s'appuyant sur le vote populaire. Le candidat qui remporte ce scrutin à la majorité relative dans un Etat remporte tous les grands électeurs de cet Etat. Le candidat doit obtenir la majorité absolue pour être élu.
L'enjeu est donc très important, en particulier dans les Etats les plus peuplés qui comptent le plus de grands électeurs : la Californie, New York, le Texas et la Floride ...

Ce qui s'est passé en 2000 lors des élections Bush v Gore: Histoire de la fraude

D'abord, au cours de l'année précédant les élections, le gouverneur de Floride, Jeb Bush, frère de l'autre, avait fait voter une loi qui supprimait le droit de vote pour des dizaines de milliers de petits délinquants. Or, ces gens, souvent issus de milieux pauvres, votent en majorité pour le Parti Démocrate.
Le jour-même de l'élection, sur ordre de Bush, la police de Floride arrêtait et fouillait tous les véhicules qui circulaient sur les voies entre les quartiers noirs et les bureaux de vote, en espérant que les embouteillages et les longues attentes décourageraient les électeurs de s'y rendre.
Ensuite, 36000 nouveaux électeurs n'avaient pas pu voter parce qu'ils n'avaient pas été inscrits sur les listes électorales par la Secrétaire d'état de Floride, chargée d'organiser les élections (une copine de J.Bush);
Certains électeurs se voyaient interdits de vote, sous le prétexte, souvent fallacieux, qu'ils avaient été condamnés à la prison; Dans certains bureaux de vote, il était exigé deux pièces d'identité avec photo (alors que la loi n'en demande qu'une) – ce que les populations pauvres n'ont pas, en général (comme, par ex, le permis de conduire).
Dans plusieurs bureaux de vote, où les électeurs votent en majorité démocrate, les autorités ont fermé les bureaux plus tôt, alors qu'il y avait encore la queue pour voter (pendant ce temps-là, le jour de l'élection au Venezuela: une heure après l'horaire officiel de clôture du vote, à 18 heures, le Conseil national électoral (CNE) a rappelé que les bureaux devant lesquels se trouvaient encore des électeurs n'ayant pas accompli leur devoir civique devaient rester ouverts);
Le soir de l'élection, un nombre indéterminé d'urnes bourrées de bulletins ont été retrouvées dans divers endroits insolites (église, école, etc.);
Ensuite, des machines à voter se sont avérées défectueuses voire truquées, et les bulletins de vote étaient délibérément confus aux dépens de Gore.
Pendant que les bulletins étaient recomptés, les Républicains avaient réussi à interrompre le processus quand Gore menaçait de passer en tête.
Le résultat de l'élection a finalement été décidé par la Cour Suprême, présidée par un juge républicain, ami du père de George Bush Jr., et qui comprenait cinq républicains contre quatre démocrates.

Elections 2004: les fraudes (plus réparties) ont également empêché Kerry de remporter les élections. Voir ici,en anglais

Décompte des abstentions

En France, il s'agit de ceux qui sont inscrits sur les listes électorales et ne se sont pas déplacés pour voter.
Aux Etats-Unis, il s'agit de la «population en âge de voter». Or la «population en âge de voter» comprend, outre les électeurs inscrits, les citoyens non inscrits sur les listes électorales, les immigrants non citoyens (tels les résidents permanents, qui n'ont pas le droit de voter) ainsi que les criminels déchus de leurs droits civiques.
La question est donc, bien complexe. Toutefois, je pense que le taux d'abstention pour les présidentielles doit être tout de même bien plus élevé qu'en France.
D'autant que les listes électorales sont fluctuantes aux US et que les prétextes sont nombreux pour dissuader, voire empêcher, les citoyens de voter.
En effet, aux Etats-Unis, les inscriptions sur les listes ne se font pas automatiquement et les Républicains s'efforcent de trouver des moyens de priver les minorités et les pauvres en général de leur droit de vote.

Les sales combines des Républicains

Dans certains états, la population non-blanche augmente régulièrement.
Les élus républicains cherchent, donc, aujourd'hui, à faire adopter des lois pour réglementer plus sévèrement le droit de vote.
Le prétexte avoué: éliminer la fraude électorale. Or, la fraude est infime.
En fait, ce que constatent les Républicains, c'est que, dans certains états, où la population vote pour eux majoritairement, la population non-blanche s'accroît peu à peu.
Chaque année, cette population augmente de 0.5%, ce qui fait 2% de plus tous les quatre ans pour les présidentielles. Or, c'est une population qui vote traditionnellement pour les démocrates. C'est la raison pour laquelle dans des états traditionnellement républicains comme le Colorado, le Nevada, et l'Arizona, le vote démocrate gagne de plus en plus de terrain.
Ainsi, en 2020, dans 8 ans, donc, l'électorat non-blanc passerait d'un quart à un tiers de la population US et d'ici une trentaine d'années, les non-Blancs seraient plus nombreux que la population blanche. C'est dire l'inquiétude de la droite, dont l'électorat est majoritairement blanc, que ce soit parmi les classes moyennes et riches ou la population pauvre (bien que ce soit très minoritaire).
Et c'est dire s'il devient urgent pour eux de trouver des solutions pour priver du droit de vote les Latinos, et les autres minorités, ainsi que les pauvres toutes catégories.
Une des mesures proposées dans les états "républicains" (qu'on appelle "red states", mais ce ne serait confus en français), c'est d'imposer des pièces d'identité officielles avec une photo (passeport, permis de conduire ou autre document officiel qui serait délivré par les antennes du Department of Public Safety –DPS).
Le problème, c'est que les pauvres (et parmi eux, les Hispaniques) n'ont pas toujours ces documents (entre 45 et 120% de chances qu'ils n'en aient pas par rapport aux autres) et que les bureaux qui délivrent les permis de conduire ne sont pas forcément accessibles (trop loin et horaires inadaptés pour des personnes qui travaillent).
11 % des citoyens US ne possèdent pas de pièce d'identité officielle avec photo : cela correspond à plus de 21 millions de personnes.
D'autres pistes sont également explorées:
produire un certificat de citoyenneté lors du vote, ne plus autoriser les inscriptions sur les listes électorales le jour de l'élection (comme il est possible de le faire actuellement), compliquer les formalités pour ceux qui ont déménagé, limiter les campagnes d'inscriptions sur les listes électorales, instaurer une interdiction de voter pour des citoyens condamnés à des délits mineurs, faire traîner la procédure pour récupérer ses droits civiques, etc.
Si nombre de ces décisions n'ont pas encore toutes été suivies d'effet, il n'en reste pas moins qu'elles sont dans l'air et que les républicains ne lâcheront pas. Il en va de leur survie. A moins qu'ils se mettent à promettre des mesures sociales, eux aussi? (non pas qu'ils seraient obligés de les tenir, mais, tout de même, cela ferait désordre: il y a déjà les Démocrates dans le créneau).
La loi sur le Droit de vote (Voting Rights Act) de 1965 avait fini par permettre aux Noirs de voter après des dizaines d'années de ségrégation où ils étaient privés du droit de vote. Aujourd'hui, on revient en arrière, progressivement, mais sûrement, en tentant de contourner la loi pour évincer les minorités et les pauvres.

De leur côté, Chavez et son gouvernement avaient tout fait pour inciter les citoyens vénézuéliens à s'inscrire sur les listes électorales (aboutissant à une inscription record d’environ 97 %).
Il est vraiment ballot, ce Chavez. Il fait tout le contraire des Etats-Unis.
Alors, évidemment, ça finit par les énerver.
Ca ne vous énerverait pas vous, si vous faites tout bien?

Liens :

(Déjà cité plus haut) Pourquoi les Etats-Unis diabolisent le Venezuela
(Article original: Why the US demonises Venezuela's democracy (Mark Weisbot, Le Guardian, 3 oct 2012)
Pour plus d'infos sur les restrictions de vote (en anglais)






Edité par T 34 - 12 Oct 2012 à 22:09
Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Oct 2012 à 13:29

Au Venezuela, les électeurs ont « confisqué » la démocratie

 
 

Dimanche 7 octobre, le président vénézuélien Hugo Chávez a été réélu pour la troisième fois, avec 55,14 % des suffrages, contre 44,24 % en faveur de son principal adversaire, M. Henrique Capriles Radonski (1). Le camp « chaviste » progresse d’environ 700 000 voix par rapport à 2006 mais, le nombre d’inscrits ayant augmenté de plus de 3 millions de personnes (pour atteindre 18 903 937 votants), en pourcentage, il régresse de sept points. Il n’en s’agit pas moins d’une nouvelle victoire — large — pour M. Chávez, dans un scrutin (le quinzième depuis son arrivée au pouvoir) décrit comme transparent par tous les observateurs et ayant bénéficié d’une participation de plus de 80 %. Si la population marque ainsi son refus d’un retour de la droite au pouvoir, elle espère sans doute également que la bataille électorale aura aiguillonné le camp du président en l’incitant à s’attaquer plus efficacement aux problèmes, réels, que rencontre la « révolution bolivarienne » : personnalisation du pouvoir, corruption, faiblesse de l’appareil productif, insécurité...

Présent sur place lors du vote, l’ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique raconte une campagne qui, comme bien souvent lorsqu’il s’agit du Venezuela, a conduit de nombreux « observateurs » internationaux à s’alarmer de la « dérive dictatoriale » (2) ou « despotique » (3) de M. Chávez plutôt qu’à s’intéresser à ce qui, dans son action, pouvait séduire les électeurs.

* * *

Au pouvoir depuis l’élection de décembre 1998, le président Hugo Chávez paraît imbattable : c’est ce qu’affirment tous les sondages depuis le début de la campagne électorale. Certains des instituts les plus connus — Grupo de Investigación Social Siglo XXI (proche du pouvoir), Instituto Venezolano de Datos (IVAD), International Consulting Services, Datanalisis — donnent au chef de l’Etat en quête d’un nouveau mandat entre dix et dix-huit points d’avance sur son principal adversaire Henrique Capriles Radonski. Pourtant, curieusement, alors que le jour du scrutin se rapproche, et que rien ne semble justifier un tel revirement, quelques officines, s’abstenant de révéler la fiche technique et la méthodologie utilisées dans leurs enquêtes, parlent d’« égalité » (Varianzas) ou vont même jusqu’à promettre la victoire au représentant de l’opposition (Institut Hernández Hercón). Dès le 7 août, sans avancer d’éléments tangibles, M. Capriles avait assuré qu’il faisait la course en tête, que son avantage augmentait et qu’il gagnerait la présidentielle avec un écart conséquent.

Le camp bolivarien continuant néanmoins à envisager sa permanence au pouvoir, le quotidien d’opposition El Universal, le 25 septembre, sonne le tocsin dans un article signé Yon Goicoechea : « Chávez a des partisans et Capriles en a encore plus. Les effets politiques de l’élection du 7 octobre ne seront pas déterminés par le fait, aujourd’hui connu, que Henrique gagnera cette confrontation. (...) Si le CNE [Conseil national électoral] commet une fraude, ce qui suivra sera horrible. En quelques minutes, les rues du centre de Caracas se rempliront de gens célébrant le triomphe de Chávez. De l’autre côté de la ville, Capriles tiendra une conférence de presse et convoquera les Vénézuéliens dans la rue. En quelques heures, on aura deux masses humaines opposées et radicalisées dans chaque ville du Venezuela. Le 7 octobre sera un défi pour les Forces armées nationales, car la sécurité sera sérieusement compromise. » En clair : comme à l’occasion de chaque scrutin, la droite entonne le grand air de « la fraude ».

On se souviendra que le 16 août 2004, au lendemain du référendum révocatoire largement gagné par M. Chávez, le dirigeant d’Action démocratique (AD) Henry Ramos Allup avait contesté ce triomphe et promis d’apporter les preuves de la falsification des résultats. Huit années ont passé. Si M. Ramos Allup a eu l’insigne honneur d’être récemment élu vice-président de l’Internationale socialiste (4), on attend toujours les preuves en question...

Une gauche... de gauche

Quatorze ans de « chavisme » ont profondément transformé le Venezuela. A la différence de ce qui se passait sous les gouvernements précédents, une grande part de la rente pétrolière a été utilisée pour financer la politique sociale. Les humbles (nombreux) qui crient « Viva Chávez ! » se réfèrent sans doute aux millions de personnes qui, chaque jour, accourent dans les différents programmes — Mercal, Pdval, Bicentenario, Farmapatría — où ils peuvent acheter les produits de première nécessité à prix subventionnés. Les jeunes qui s’enthousiasment — « Chávez va gagner ! » — songent d’évidence à la politique d’inclusion et d’éducation menée à tous les niveaux, aux livres et aux ordinateurs (les canaimitas) gratuits qui leur sont distribués. Les vieux qui se vêtent de t-shirts rouges, le font probablement parce que les 200 000 retraités touchant une pension à la fin de la IVe république ont fait des petits et sont devenus 2 300 000 aujourd’hui. Quand les mères de familles parlent avec émotion du « comandante », c’est parce que les différentes « missions » mises en place leur ont donné accès à la santé, c’est parce que deux millions d’entre elles et de leurs proches bénéficient désormais du régime de la sécurité sociale. Que les mal logés prennent parti n’a rien de surprenant non plus : la Grande mission logement Venezuela, certes trop tardivement créée, a bâti des dizaines de milliers d’habitations depuis sa naissance voici dix-huit mois et entend continuer à les multiplier. Depuis leurs coopératives, les paysans aussi lèvent le poing : grâce à la réforme agraire, le pays est passé de 17 160 577 tonnes d’aliments produits en 1998 à 24 686 018 tonnes en 2010, soit une augmentation de 44 % (ce qui n’a rien d’exceptionnel, mais n’en représente pas moins une sérieuse progression). Allons à l’essentiel : malgré les erreurs ou les échecs (en particulier en matière de sécurité), la pauvreté a régressé entre 2002 et 2010, passant de 48,6 % a 27,8 %, tandis que l’extrême pauvreté suivait la même courbe — de 22,2 % a 10,7 % (5). Le Venezuela affiche par ailleurs le niveau d’inégalités le plus faible de la région : l’antithèse du néolibéralisme sauvage qui étrangle les Européens.

Une droite... de gauche aussi !

Face à un tel bilan, aucun opposant ne peut espérer l’emporter en affirmant représenter « la droite » (les souvenirs du passé hantent encore pas mal de Vénézuéliens). C’est donc en homme de « centre gauche », en admirateur du social démocrate espagnol Felipe González ou des chefs d’Etat brésiliens Fernando Henrique Cardoso, Inãcio Lula da Silva et Dilma Roussef que M. Capriles Radonski se lance à l’assaut du « castro-chavisme ». De quoi éclater de rire ! D’ailleurs l’ex-président Lula ne s’y trompe pas qui, dans une vidéo diffusée lors de la cérémonie de clôture du Forum de São Paulo (6), le 6 juillet, à Caracas, appuie sans équivoque M. Chavez : « Ta victoire sera notre victoire. » Dans cette partie du monde, on connaît la trajectoire de M. Capriles Radonski.

Issu d’une des familles les plus riches du pays, celui-ci a milité dans l’organisation d’extrême droite Tradition, famille et propriété, fondée par un illuminé brésilien, Plinio Correa de Oliveira, qui prétendait recevoir des messages célestes de la Vierge de Fatima, a frayé avec l’un des deux grands partis traditionnels, le Copei, avant de fonder, avec la droite dure, Primero Justicia (Justice d’abord). Sa participation au coup d’Etat du 11 avril 2002, à l’assaut contre l’ambassade cubaine (le 12 avril) et à la tentative de déstabilisation économique de décembre 2002-janvier 2003 sont ici autant présents dans les esprits que sa carrière de député, puis de maire du quartier chic de Baruta, à Caracas, puis de gouverneur de l’Etat de Miranda depuis 2008. Toutefois, il est jeune, il est beau, il sent bon le renouveau ; le voilà donc de centre gauche. C’est que, entre deux blocs « durs », irréductibles et inconditionnels, de taille presque similaire — celui des partisans de la révolution bolivarienne et celui d’une droite prête à élire n’importe qui pourvu qu’il les « débarrasse de Chávez » —, existe une frange d’indécis, voire de déçus relatifs du « chavisme » qu’il s’agit de faire basculer à droite par le charme d’un discours modéré, exempt de radicalisme et d’agressivité.

Le « paquetazo »

C’est au terme d’une primaire organisée le 12 février par la Mesa de Unidad Democrática (Table d’unité démocratique [MUD] ; coalition d’une vingtaine de partis) que M. Capriles Radonski, choisi par 62,5 % des trois millions de votants, est devenu le candidat unique de l’opposition. Toutefois, cette primaire a laissé quelques traces d’amertume et un malaise certain au sein des vieux partis traditionnels — Copei et AD —, le scrutin ayant été entaché de quelques « anomalies », particulièrement dans l’Etat de Miranda. Après avoir hésité à provoquer une crise, les mécontents sont rentrés dans le rang pour ne pas se suicider politiquement en « cassant » la droite à la veille de l’élection.

Mais c’est un problème d’une toute autre ampleur qui va provoquer un mal de tête tout puissant à M. Capriles Radonski. Au sein de son camp, les désertions commencent à se multiplier lorsqu’est révélé le programme commun de gouvernement, un document occulte, élaboré par les conseillers de la MUD et signé par les cinq participants aux primaires. Sans jamais avoir été mentionné, ni par le candidat ni par les dirigeants de l’opposition, ce programme à mettre en application en cas de victoire a tout des hideux plans d’ajustement structurel du passé et remet en cause l’ensemble des acquis de la révolution !

Rendu public par le jeune chercheur français Romain Mingus (7), ce « paquetazo » (paquet de mesures) repose sur le triptyque « décentralisation-autonomie-privatisations ». Une décentralisation « qui veut transformer le Venezuela en vingt-trois féodalités ayant la liberté de décider des politiques de santé, d’éducation, d’énergie, d’environnement, de transports, etc. (8) » Une autonomie ayant pour objet de refaire de la compagnie pétrolière PDVSA un Etat dans l’Etat, exempté de toute responsabilité sociale, et de la Banque centrale du Venezuela (BCV) une entité échappant au pouvoir politique. Le texte prévoit une élimination des « missions » si chères aux plus pauvres, mais qui représentent « une lourde charge fiscale », la fin des subventions agricoles, le gel des retraites et des augmentations de salaire, l’augmentation progressive des tarifs de l’électricité, de l’eau, du métro, du téléphone et des autres services subventionnés par le gouvernement. Tout est écrit noir sur blanc. Tandis que le député William Ojeda est expulsé de son parti, Un Nuevo Tiempo (Un nouveau temps), pour avoir dénoncé le danger de ce « paquetazo » néolibéral, d’autres dirigeants, comme David de Lima (ex-gouverneur d’Anzoátegui) ou l’avocat constitutionnaliste Hermann Escarrá sautent dans les canots de sauvetage et abandonnent le navire de l’opposition. En revanche, les trois partis membres de l’Internationale socialiste — AD, Podemos et Alianza Bravo Pueblo — ne pipent mot. Quant à M. Capriles Radonski, pris la main dans le pot de confiture, il nie — centre gauche oblige — avoir signé ce document. Sans convaincre personne, évidemment.

La plus grande marche du monde

Le 30 septembre, la bataille se déplace sur le terrain des symboles. Démonstration de force, une très imposante marche de l’opposition emplit en totalité l’Avenue Bolivar (l’équivalent des Champs-Elysées parisiens). Tandis que, dans une atmosphère de kermesse, les vendeurs à la sauvette font leur miel en proposant rafraîchissements, sandwichs et drapeaux vénézuéliens, cette foule de plusieurs centaines de milliers de personnes, de peau majoritairement très blanche, ovationne son candidat et crie ses certitudes : « Chávez, mon ami, il ne te reste plus qu’une semaine !  » ; « Ça se voit, ça se sent, Capriles président !  »

« Je crois que c’est sans aucun doute la plus grande concentration de personnes dans l’histoire de Caracas », leur lance leur candidat, sous les acclamations. Dès le lendemain, les médias privés — qui, d’après certains fantaisistes, n’existent plus ! — s’enthousiasment, relaient et amplifient le message, annonçant qu’après cette manifestation, « la plus importante qu’on ait jamais vue », l’histoire de l’Amérique latine ne sera plus la même. Un discours récurrent, dans la bouche ou sous la plume des mêmes, lors de chaque élection, depuis 2002.

La prise de Caracas

Infatigable (selon l’adjectif repris en boucle par l’ensemble des médias), M. Capriles Radonski a visité en deux mois plus de trois cents villes et villages — « parce qu’il n’y avait jamais mis les pieds !  », gouaillent les chavistes. Le président en exercice, lui, du fait de son état de santé, en a fait beaucoup moins. C’est le 30 juin 2011 qu’il a annoncé au pays avoir été opéré d’une tumeur maligne à l’abdomen et, lorsqu’a commencé la campagne, il terminait son second traitement (une radiothérapie). «  Il s’est préservé le plus possible, confie l’un de ses proches, pour pouvoir affronter la durée. » Placé dans une situation très favorable par les résultats visibles de sa politique sociale, il a géré cet avantage sans s’exposer intensément en public — ce qui a fait jaser ceux qui, jusque-là, lui reprochaient une trop grande présence — et en se concentrant sur les priorités.

Le 1er octobre néanmoins, à une semaine du scrutin, il sort de sa réserve et entreprend une dernière ligne droite baptisée « De Sabaneta à Miraflores » (Sabaneta étant son village natal et Miraflores le palais présidentiel). Pour compenser ce qu’il n’a pu faire auparavant, il visite deux ou trois Etats par jour : le 1er octobre, Barinas, Cojedes et Portuguesa ; le 2, Lara et Yaracuy ; le 3, Carabobo et Aragua. Une constante revient dans les discours prononcés par un homme apparemment en forme et qui a retrouvé toute sa pugnacité : « Je veux, pour la prochaine période, donner davantage de pouvoir au peuple, pour que lui-même solutionne ses problèmes » (le 3 octobre, à Valencia). Et aussi : « Nous devons gagner avec une majorité écrasante » (sous entendu : pour donner un signal très fort à la droite de la droite et éviter toute contestation des résultats).

Comme il se doit, la clôture de campagne a lieu à Caracas. A l’évocation de « la plus grande marche du monde » de l’opposition ont répondu des haussements d’épaules narquois : « L’Avenue Bolivar ? On l’a déjà remplie plusieurs fois... On va faire beaucoup mieux !  » Cette fois, on occupera les sept principales avenues du centre de la ville — Urdaneta, Lecuna, Baralt, Universidad, Fuerzas Armadas, México, Bolivar. Objectif annoncé : cinq cent mille militants.

Ce 4 octobre, effectivement, « l’avalanche patriotique » s’abat sur la capitale (impossible à dénombrer avec précision, pas plus d’ailleurs que celles des opposants). Tandis que, dans une atmosphère de kermesse, les (mêmes) camelots font leur miel en vendant rafraîchissements, sandwichs, T-shirts, casquettes et symboles bolivariens, une marée rouge que ne parvient même pas à décourager la pluie diluvienne qui s’abat brutalement pendant deux longues heures « prend Caracas » au sens propre et au sens figuré. L’enthousiasme n’a de pair que la motivation et, sous les formes les plus diverses — affiches, pancartes, calicots, drapeaux, etc. —, tous les ingrédients de la révolution bolivarienne sont présents : le libertador Simón Bolivar, le comandante, Hugo Chávez, ainsi que les « missions » et programmes sociaux. Quand l’imaginaire, la volonté et le concret sont en accord, l’un ne s’ajoute pas aux autres, mais les multiplie. Beaucoup trop d’observateurs octroient toute la dynamique de la « révolution bolivarienne » au seul charisme (bien réel) du leader en reléguant « le peuple » au rôle de simple spectateur, ou, pire encore, de marée aveugle, prisonnière de l’émotionnel et de l’irrationnel. Il n’en est rien. Même si une relation affective étonnante les lie à leur comandante, les Vénézuéliens — ou pour le moins ceux qui jusque-là avaient été niés et oubliés — ont, depuis 1998, à travers une démocratie qui se veut participative, pris leur destin et celui du pays en main. Même si beaucoup reste à faire, nul n’en disconvient, à commencer par le président.

Si ce dernier est aussi populaire, c’est parce qu’il est le premier à critiquer les faiblesses du gouvernement, des députés, ou à prendre ses distances avec les gouverneurs du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) souvent très contestés par les militants. En effet, si personne, dans le camp bolivarien, ne remet en question la volonté politique et la direction du mouvement, beaucoup en critiquent le manque d’efficacité — ce qu’exploite, et c’est normal, l’opposition. Mais, en tout état de cause, le lendemain de la « prise de Caracas », ce type d’analyse politique n’est pas la préoccupation première du quotidien El Universal qui, après avoir porté aux nues la « somptueuse » manifestation de l’opposition, se déchaîne contre celle des bolivariens : « Anarchie et abus de pouvoir ont régné hier dans les rues de Caracas du fait de la fermeture des sept avenues principales durant toute la journée, en raison de l’acte de campagne du président Hugo Chávez, qui s’est converti en un cauchemar pour les caraqueños accourus à leurs postes de travail dans le centre. »

La dernière ligne droite

Dans un entretien accordé à la chaine Venevisión, le 2 octobre, M. Capriles Radonski, nerveux, agité, sourire fabriqué aux lèvres, taille en pièces la gestion du chef de l’Etat sortant. « Il prétend avoir construit vingt nouveaux hôpitaux... On ne sait même pas si c’est vrai ! Il faudrait vérifier... » (à cinq jours du scrutin, il serait en effet temps de se livrer à une enquête aussi compliquée pour découvrir que... c’est vrai !). La veille, il a annoncé que, dès sa prise de pouvoir, il se réunira avec le président cubain Raúl Castro pour revoir les accords qui, en échange de pétrole, permettent au Venezuela de bénéficier de l’assistance de l’île en matière de santé, de sport et d’éducation.

Nul ne l’ignore, le résultat de ce scrutin concerne bien plus que le seul Venezuela. Un retour de la droite au pouvoir à Caracas porterait un coup très dur à la dynamique qui voit l’Amérique latine s’émanciper des politiques impérialistes des Etats-Unis et... de l’Union européenne, et choisir son propre chemin. Les rumeurs de l’ahurissante campagne médiatico-politique qui se déchaîne à l’étranger, en particulier en Espagne et en France, contre le président Chávez, parviennent en effet jusqu’à Caracas et laissent pantois (voir l’encadré). Le « socialisme du XXIe siècle » inquiète décidément beaucoup. Pourtant, le camp du président sortant demeure serein : « On connaît nos forces, nos faiblesses, confie le vice-ministre des affaires étrangères Temir Porras, ainsi que la réalité politique du pays. Malgré tout ce chahut, on va gagner. »

Dans son dernier entretien accordé, le 5 octobre, à la télévision publique Venezola de Televisión (VTV), depuis le palais présidentiel de Miraflores, M. Chávez, après avoir admis que « l’une des principales failles de la révolution bolivarienne est le manque de suivi » des réformes, et qu’il entend y remédier, précise que jamais il ne renoncera à la bannière du socialisme. Un socialisme rénové, reposant sur une souveraineté définitive, irréversible, sur l’exploitation des ressources naturelles, la consolidation de la doctrine militaire (9), l’approfondissement de la démocratie, la participation populaire, une politique d’industrialisation reposant sur une économie mixte, avec un secteur privé national et transnational, mais sous le contrôle de l’Etat — c’est-à-dire, s’esclaffe M. Porras, « que le mythe du castro-communisme autocratique s’effondre totalement ».

Pourtant, les observateurs supputent, s’interrogent, se grattent le front. La campagne médiatique internationale, avec ses formules toutes faites — « populisme », « autoritarisme », « désastre économique », « fraude possible », « confiscation de la démocratie » — recoupe de trop près les éléments de langage de l’opposition (un véritable copier-coller) pour que ne s’installe pas une certaine appréhension. Certes, le 15 septembre, l’argentin Carlos Álvarez, chef de la Mission d’observation électorale de l’Union des nations sud-américaines (Unasur) (10), a déclaré : « Il est intéressant de souligner un élément que très peu connaissent, je parle surtout de ceux qui analysent la réalité depuis la désinformation ou les préjugés, c’est que le Venezuela possède aujourd’hui un des systèmes électoraux les plus vigoureux et les plus avancés technologiquement de l’Amérique Latine, ce qui garantit la transparence, le contrôle et la surveillance du scrutin (11). » Certes, le 5 octobre, il persiste, signe, et (message subliminal à destination de l’Union européenne et des Etats-Unis) précise que cette confrontation électorale offre l’occasion de démontrer que les pays de la région sont capables d’organiser et de garantir la transparence des élections. La semaine précédente, l’ancien président américain James Carter, dirigeant du centre éponyme, a déclaré : « En réalité, sur les quatre-vingt-douze élections dont nous avons surveillé le déroulement, je dirais que le processus électoral du Venezuela est le meilleur du monde. (12) »

Il n’en demeure pas moins que, à l’instar de Rafael Poleo, directeur du quotidien El Nuevo País, qui écrit « ignorer que le gouvernement prépare une fraude est une idiotie (13) », l’opposition ne cesse de mettre en cause l’impartialité du CNE et M. Capriles Radonski, chaque fois qu’on le lui demande, se refuse à préciser si, dans l’hypothèse où ils lui seraient défavorables, il acceptera les résultats. De quoi provoquer, dans ce pays qui a déjà connu un coup d’Etat (manqué) et une tentative de déstabilisation économique (également ratée, mais dévastatrice pour le pays) l’émergence d’une inquiétude. Nul ne doute que, si au jour J, leurs dirigeants claquent dans leurs doigts, les électeurs de droite, bombardés depuis des mois par la thèse de la manipulation du vote, mis en condition, et donc convaincus, descendront dans la rue. Le lendemain du scrutin, « si Chávez gagne », Caracas s’éveillera-t-elle dans les lumières bleues des gyrophares et la furie des émeutiers ?

L’entourage du président n’en demeure pas moins serein. Séquelle des primaires, il existe une certaine dissidence au sein de l’opposition. Des éléments de la vieille sociale démocratie, quelques démocrates chrétiens, des dirigeants d’Un Nuevo Tiempo qui ont intégré l’idée de la défaite, savent que M . Capriles Radonski sera battu et qui, par ailleurs, haïssent les « princes caraqueños » qu’il représente, ont discrètement fait savoir qu’ils accepteraient le verdict des urnes. Que M. Capriles perde ! Eux attendent le 8 octobre pour commencer à reconstruire l’opposition selon leurs vues. D’autre part, les déclarations d’Unasur et des observateurs indépendants ne laissent guère d’espace pour dénoncer une fraude avec un minimum de crédibilité. Qu’on y rajoute que tous les dirigeants de droite ne sont pas partants pour se lancer dans une « aventure » insurrectionnelle, à l’image de celles qui ont déjà échoué : pour les bolivariens, si M. Chávez gagne avec une avance suffisante, « l’affaire est pliée ».

Un certain 7 octobre

Très tôt — « comme l’a dit notre comandante » — bien avant l’ouverture du scrutin, des files interminables s’étirent devant les bureaux de vote des quartiers populaires. Aucune angoisse, on discute, on s’amuse — « C’est un jour important ! » — « Important ? N’exagère pas ! Le jour important c’est le 11... Le championnat de baseball recommence ! » —, on s’installe avec parapluies (pour se protéger... du soleil) chaises pliantes et provisions car, vu l’affluence exceptionnelle, l’attente sera longue (80,9 % de participation).

Même si elle n’en fait pas un usage intensif et permanent, l’espèce humaine se caractérise par une certaine rationalité : lorsque, à 22 h 05, la présidente du CNE Tibisay Lucena annonce la victoire de M. Chávez, son adversaire reconnaît immédiatement son échec. Avec 54,42 % des voix et quasiment dix points d’avance sur le candidat de l’opposition (44,97 %), le président en exercice repart pour un nouveau de mandat de six ans.

La défaite a au moins trois visages : celui de la droite vénézuélienne et latino-américaine ; celui des Etats-Unis ; celui des médias dominants nationaux et internationaux, qui vont devoir se contorsionner pour expliquer à leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs comment celui qu’ils ont présenté comme un caudillo populiste, inefficace, archaïque et autoritaire, l’a une nouvelle fois emporté. On peut leur faire confiance pour trouver une explication — du genre : « Au Venezuela, les électeurs ont confisqué la démocratie ».

Maurice Lemoine

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2012-10-11-Venezuela

Campagne électorale à Paris

Le 1er octobre, la revue Building et l’association Dialogo por Venezuela, Justicia y Democracia organisaient à Paris une conférence consacrée aux « Enjeux des élections présidentielles au Venezuela ». Invités à s’exprimer, la chercheuse Renée Fregosi (membre de l’Internationale socialiste), la sociologue Mercedes Vivas, le chroniqueur d’Europe 1 Alexandre Adler (14) et le député européen d’Europe-Ecologie-Les Verts Daniel Cohn-Bendit (dans l’impossibilité de se déplacer, ce dernier avait enregistré un message vidéo « pour dire tout le mal qu[‘il] pense de Chávez »). Au fil de leurs exposés — qui présentaient le Venezuela comme une dictature (bien que « pas classique ») et M. Chávez comme un personnage « grotesque » et « dégoûtant » —, les intervenants insistèrent sur l’angoisse qui les travaillait (et dont l’exposé semblait fournir sa véritable raison d’être à la soirée) : la probabilité d’une guerre civile déclenchée par le camp chaviste en cas de victoire de M. Capriles. Près d’une heure et demie et quatre interventions plus tard, le clou n’avait semble-t-il pas été suffisamment enfoncé. Une personne visiblement proche des organisateurs se leva donc, depuis la salle, pour poser la question qui lui brûlait les lèvres : « A-t-on envisagé le fait que le Venezuela puisse sombrer dans un guerre civile si M. Capriles l’emportait ? » Réaction du modérateur de la soirée : « Voilà une question très intéressante ! »

R.L.

(1) Chiffres alors que 97,65 % des votes avaient été décomptés. Mme Reina Sequera obtient 0,47 % des suffrages, M. Luis Reyes 0,05 %, Mme Maria Bolivar 0,04 % et M. Orlando Chirino 0,02 %.

(2) Lire Renaud Lambert, « Législatives au Venezuela, une défaite à l’envers », La valise diplomatique, 1er octobre 2010.

(3) Parfois au prix d’erreurs factuelles grossières, comme au journal télévisé de France 2, le 3 octobre 2012 : lire Nils Solari, « Venezuela : France 2 se plante et se corrige… un peu », 11 octobre 2012, Acrimed.org.

(4) Lire Maurice Lemoine, « Internationale socialiste ou les Pieds Nickelés en Amérique latine », Le Monde diplomatique, janvier 2012.

(5) Commission économique pour l’Amérique latine (Cepal), « Panorama Social de América Latina 2011 », Santiago (Chili), 2012.

(6) Organisation regroupant toute la gauche latino-américaine.

(7) Romain Mingus, « El Nuevo Paquetazo » (PDF).

(8) Ibid.

(9) La doctrine militaire vénézuélienne repose sur la préparation à une guerre asymétrique pour repousser une éventuelle agression.

(10) Organisation qui rassemble les douze pays de l’Amérique du Sud.

(11) Venezuela Infos, « L’unité latino-américaine pour défendre le vote des vénézuéliens relègue au passé la désinformation et la “vigilance” de l’Europe et des Etats-Unis », Caracas.

(12) « Carter affirme que le processus électoral du Venezuela est le “meilleur du monde” », Business Wire, Agence France Presse, 22 septembre 2012.

(13) El Nuevo Herald, Miami, 7 août 2012.

(14) Lire Mathias Reymond, « Alexandre Adler, portrait d’un omniscient », Le Monde diplomatique, juin 2006.


"Hitler était grand et intelligent" - Etudiants anti-chavez (Video en espanol)

 
 
Nous sommes le 8 octobre, le lendemain de la victoire de Chavez à l’élection présidentielle ( 55,25 % des voix). La scène se déroule dans le quartier huppé d’Altamira. Des manifestants issus du mouvement de jeunes pro-Capriles dénoncent... des fraudes pendant les élections. Ils sont présentés comme des "étudiants universitaires".

Une jeune fille s’emporte et demande le micro au journaliste de la chaîne en espagnol de Miami "Univision23.com", diffusée sur internet : " *attendez, attendez, je veux dire quelque chose. Même Adolf Hitler n’a pu faire ceci. Chavez se prend pour la Grande cause. Hitler était une personne grande et intelligente (...). Chavez, lui, ne l’est pas !*". (à partir de la minute 0’55)

Ces propos ne semblent pourtant pas déranger le "journaliste" qui ne réagit pas. Ou plutôt si, en donnant la parole aux autres manifestants/étudiants qui continuent de déverser leur flot de haine contre le président élu. Quelques secondes plus tard ( minute 1,12), une autre manifestante, coiffée de la casquette de campagne Capriles, reprend à son tour la comparaison avec le dirigeant nazi.

http://univision23.univision.com/noticias/americalatina/vide...

 

Des hommes d’affaires vénézuéliens appuient la Mission MERCOSUR pour encourager l’économie

Caracas, 11 octobre (RHC) Des hommes d’affaires du Venezuela ont salué et appuyé la Mission MERCOSUR. Une initiative lancée par le Président Chavez pour favoriser l’insertion de ce pays à ce bloc régional.

Le directeur de l’EMPREVEN qui regroupe les hommes d’affaire du Venezuela, Alejandro Uzcátegui, a salué ce programme qui sera lancée prochainement. Il prévoit la création d’un fonds stratégique pour appuyer avec des crédits, les entités qui voudront exporter leurs produits vers des pays appartenant à ce mécanisme.

Il a fait savoir que les membres de l’EMPREVEN se préparent depuis un an pour l’entrée à ce pacte commercial.

Source
 
Situation mondiale en 2012 : Nous voulons Chávez !
 


Edité par T 34 - 13 Oct 2012 à 20:00
Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Oct 2012 à 16:58

Elias Jaua inscrit sa candidature à gouverneur de Miranda

Caracas, 13 octobre (RHC).- L’ex vice-président vénézuélien Elías Jaua a inscrit hier sa candidature à gouverneur de l’état de Miranda.

Le vice président du Parti Socialiste Unifié du Venezuela sera donc l’un des rivaux d’Henrique Capriles, ex candidat à la présidence du Venezuela qui a été gouverneur de Miranda de 2008 à 2012 et qui lui aussi brigue ce poste de nouveau.

Elias Jaua a expliqué que le PSUV est une force qui prend de l’ampleur dans cet état, alors que le Parti Primero Justicia, dans lequel milite  Capriles, perd l’appui populaire.

Elias Jaua a salué la victoire remportée par le candidat du PSUV, le président Hugo Chavez dans cet état lors des présidentielles de dimanche.

Le candidat socialiste, qui est appuyé par 13 partis, a fait savoir que le but est d’insérer cet état dans le projet national que dirige le président Chavez pour garantir le développement et l’égalité des conditions dans l’accès à des services comme la santé et l’éducation.

Préalablement à l’inscription de sa candidature Elias Jaua a réalisé un parcours d’environ un kilomètre depuis la place Guaicaipuro, pour saluer la Journée de la Résistance indienne face à l’arrivée des conquistadors espagnols en Amérique le 12 octobre.




Edité par T 34 - 15 Oct 2012 à 18:34
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Aloha Nuñez : « continuer la lutte des peuples indigènes au Venezuela »

Bien que la population indigène du Venezuela soit relativement réduite (environ 6 % de la population) si on la compare à des pays où elle est largement majoritaire comme le Guatemala ou l’Equateur, le processus bolivarien cherche à réparer la « dette historique » que représente l’extermination des populations et l’anéantissement de leur culture. Le décompte d’octobre 2012 montre que 1,8 millions d’hectares du territoire vénézuélien ont été démarqués comme territoires ancestraux appartenant aux communautés indigènes. Il reste cependant un grand travail à faire dans les États d’Anzoategui, de Monagas, de Sucre, de Bolívar, d’Amazonas et du Zulia, à savoir au moins 40 titres supplémentaires à octroyer, les surfaces étant déjà connues. Dans le cas de l’État du Zulia, il ne reste qu’une communauté à laquelle doit être octroyée le titre de propriété (Japrería, municipalité Villa de Rosario de Perija).
 

Localisation des communautés indigènes sur le territoire vénézuélien.

 
 
L’annonce faite en septembre 2012 par l’ONG britannique Survival d’un « massacre d’indigènes Yanomami au Venezuela », largement reprise par les grands médias et par les réseaux sociaux avant d’être démentie par cette même ONG, rappelle que la lutte indigène, par son caractère « victimaire », est un thème médiatiquement « sensible ». Pour certains médias, elle constitue d’ailleurs une « ligne de travail » servant à discréditer les gouvernements progressistes élus ces dernières années en Amérique Latine (1). L’évolution récente montre cependant une montée en puissance des peuples indigènes eux-mêmes. Le samedi 13 octobre 2012 se sont réunis à Caracas les porte-paroles d’organisations indigènes venues de l’ensemble de Abya-Yala (terme indigène désignant le continent latino-américain) : de l’Équateur, du Pérou, de la Colombie, d’Argentine, de Bolivie, et du Venezuela. La rencontre, organisée dans le cadre de la Journée de la Résistance Indigène (12 octobre) visait à échanger les expériences respectives en matière de politiques publiques.

Le délégué indigène équatorien Milton Galo Llasag Fernández a souligné la participation croissante des communautés indigènes dans la construction des politques publiques. “L’idée est d’enrichir ces processus, de faire valoir nos propositions pour donner un saut qualitatif en Amérique Latine en ce qui concerne les thèmes de l’interculturalité et de la pluralité. Il s’agit de dépasser le simple fait de la reconnaissance. Ce thème ne concerne pas seulement les communautés indigènes mais aussi les États latino-américains ».  Le délégué a salué la volonté politique de l’État vénézuélien car “souvent dans nos pays nous avons un appareillage juridique, constitutionnel excellent qui garantit les droits collectifs mais s’il n’y a pas de volonté politique de la part des gouvernants, il ne se révèle pas très efficace”. Gregorio Alcón, indigène Aymara de Bolivie qui a réalisé une visite dans l’État vénézuélien d’Amazonas, a signalé que « les peuples indigènes disposent de projets de santé, d’unités éducatives et socio-productives« .

Par ailleurs, ce 13 octobre, le président Chavez a nommé la jeune indigène Wayuu Aloha Nuñez, 28 ans, Ministre des Peuples Indigènes. Celle-ci a déclaré :  »Nous sommes ici pour continuer à défendre chaque jour la lutte et l’unification des mouvements indigènes, nous sommes plus de 3.000 communautés et 41 peuples dans tout le Venezuela« 

 

Aloha Nuñez, Ministre des Peuples Indigènes du Venezuela.

C’est l’occasion de publier l’interview qu’elle accordait il y a quelques mois au journal brésilien Brasil de Fato lors de son passage au Brésil pour une réunion de l’Organisation du Traité de Coopération Amazonienne (OTCA). Elle était alors vice-ministre.

Par : Vinicius Mansur de Brasília (DF)

Q/ A combien s’élève la population indigène au Venezuela ?

R/ Selon le recensement effectué en 2001, nous sommes entre 2 et 3 pour cent de la population, c’est à dire un peu plus de 500 mille indigènes. Mais ces chiffres ne correspondent pas à la réalité car ce recensement ne parvient pas à rendre compte de toutes les communautés. Le fait est qu’il n’était pas facile de s’avouer indigène ; c’était les débuts de la révolution et avant celle-ci, pas question de droit ni de reconnaissance pour les peuples indigènes. Dire que l’on était indigène provoquait le rejet. Aujourd’hui les choses sont différentes. Il existe une Loi Organique pour les Peuples Originaires. Nous avons des droits. En 2001, le recensement faisait état de l’existence de 36 peuples indigènes . A présent, 44 ont été reconnus ainsi que 2800 communautés indigènes contre 2400 à l’époque.

Q/ Y a-t-il un mouvement indigène organisé au Venezuela ?

R/ Oui, il existe plusieurs organisations indigènes tant au niveau régional que national. Chaque peuple ou tout du moins chaque région compte des organisations représentant leur état respectif. Au niveau national, nous comptons des organisations comme le Conseil National Indigène du Venezuela, le Front Indigène Waike’puru ou la Confédération Bolivarienne Indigène du Venezuela.

Q/ Comment décrire la relation de ces mouvement avec la révolution bolivarienne ?

R/ La lutte des peuples indigènes a commencé il y a très longtemps. C’est à travers notre mobilisation sur tout le continent américain, quand commença la lutte pour les droits des peuples originaires à l’ONU, quand la convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail fut obtenue, que les organisations indigènes ont acquis une certaine visibilité. Ensuite vint la révolution. Avant d’être élu à la présidence, le président Chavez s’était engagé auprès des peuples originaires afin de faire tout ce qui était possible afin d’arriver au règlement de la dette historique accumulée. L’ouverture du président vis-à-vis des communautés indigènes date des débuts de la révolution. Elle se manifesta à travers cet engagement et ensuite, dès son arrivée au pouvoir, quand il convoqua l’assemblée constituante et y impliqua la population indigène.

Q/ Parlez nous de ce processus.

R/ Des députés indigènes prirent part à la constituante et la nouvelle constitution contient un chapitre spécial pour les peuples et communautés indigènes. C’est un droit dont ils n’ont jamais joui auparavant. Précédemment n’existait qu’un article qui promettait… « l’incorporation progressive des indigènes à la vie de la Nation ». Ils n’étaient même pas reconnus comme faisant partie de la société ! Par conséquent, la Constitution bolivarienne de 1999 ouvrit toute grande la porte. Il y est établi que 3 députés indigènes doivent être élus à l’Assemblée Nationale pour les régions sud, orient et occident. En outre, dans chaque municipalité indigène il y a des conseillers municipaux indigènes et dans chaque état où vivent des communautés indigènes, il y a des législateurs indigènes.

Les peuples originaires ont la garantie de disposer d’un poste au moins dans chacun de ces espaces. Ensuite, vint la création de la loi de démarcation et de garantie de l’habitat et des territoires indigènes. Suivirent la mission Guaicaipuro destinée à la prise en charge des besoin sociaux des ces populations ainsi que la promulgation de la Loi Organique des peuples et des communautés indigènes. Je ne connais pas d’autre pays ayant des lois établissant autant de droits à ces populations, dépassant de fait les exigences de la convention 169 de l’OIT.

Par la suite a été créé le Ministère du Pouvoir Populaire pour les peuples indigènes avec à sa tête Nicia Maldonado, une indigène Yekuana de l’Amazonie. Ceci démontre sans aucun doute, une réelle volonté politique. Dans les autres pays, il n’y pas de ministères indigènes. Tout au plus des fondations dépendantes de l’État et qui bien souvent ne sont même pas dirigées par des indigènes. Par conséquent, on ne peut que constater la fidélité du président Chavez dans sa politique envers les peuples originaires et la réalité des avancées obtenues par les indigènes fruit de cette lutte commune.

 

Femme indigène, oeuvre de Roger Bastardo (Venezuela 2012)

Q/ Où en est-on avec la délimitation des terres ?

R/ Elle se poursuit. Au Venezuela, la délimitation des terres est organisée à partir d’une demande des communautés ou à l’initiative de la Commission Présidentielle Nationale de Délimitation qui se charge conjointement avec une commission régionale de l’étude des dossiers. Nous avons déjà remis 40 titres de propriété collective mais il y a encore beaucoup à faire. Ces titres sont accompagnés d’un plan d’appui afin de pourvoir tous les outils nécessaires pour arriver à l’autosuffisance de ses communautés qui par la suite pourront, à leur tour, aider le pays.

Q/ Existe-t-il une politique de promotion de la culture indigène ?

R/ La Loi reconnait les langues indigènes comme langues officielles. Dans les écoles des communautés originaires, les cours sont données dans les langues indigènes. Avant, tout était donné en espagnol. Dans les villes où réside une population indigène, il doit y avoir au moins un enseignant chargé d’impartir soit les cours en langue indigène ou alors ce qu’on appelle l’éducation interculturelle bilingue. Par ailleurs, nous comptons également une Loi pour l’artisanat indigène.

Q/ Aujourd’hui, quelles sont les principales revendications des peuples originaires ?

R/ Mener à bout le processus de démarcation des terres. Ceci est une revendication qui existe sur tout le continent. Pour nous, il s’agit d’une priorité et le président Chavez a beaucoup insisté pour qu’elle soit satisfaite. D’autre part, nous ne pouvons nier que nous avons encore des communautés en grande précarité qui demandent une assistance gouvernementale permanente. À cet effet, nous avons créé un système de co-responsabilité entre les communautés et l’État afin que les peuples soient pleinement les acteurs de leur décisions et des solutions à leurs difficultés, en se libérant eux-mêmes de la misère et de l’analphabétisme pour arriver à jouir de « la plus grande somme de bonheur possible » comme le préconisait notre libérateur Simon Bolivar. Une grande quantité de nos communautés indigènes n’a pas encore réussi à obtenir cette libération. Quelques unes y sont arrivées. Nous vivons un processus révolutionnaire mais nous ne pouvons pas réparer miraculeusement le mal causé par 500 ans d’invasion et d’extermination, d’éducation perverse qui imposa l’image de l’indigène idiot, alcoolique et dangereux. Nous nous trouvons dans cette phase ou il nous faut remplacer l’ancienne vision par une nouvelle.

Q/ Existe-t-il des conflits entre les communautés indigènes et l’État au sujet de grands projets gouvernementaux d’exploitation des ressources naturelles ?

R/ Oui. Mais au Venezuela nous respectons la convention 169 de l’OIT qui prévoit le consentement libre des communautés. Par conséquent, chaque fois qu’un projet doit être réalisé dans une communauté indigène, celle-ci doit être consultée et informée au préalable. Si les communautés émettent des doutes, il est nécessaire de dialoguer afin de les éclaircir et de renoncer à la réalisation d’un projet si celle-ci s’y oppose.

Q/ L’État a-t-il déjà renoncé à la réalisation d un projet ?

R/ Une fois, Il y a quelque temps déjà. Il s’agissait de concessions pour l’exploitation du charbon en territoire yukpa. Les indigènes étaient contre le projet et cela est arrivé aux oreilles du président Chavez qui organisa un meeting avec plus de 2 mille travailleurs du secteur pétrolier et il y annonça qu’il n’y aurait pas de concessions. Et en effet il n’y a pas eu de concessions. Cette histoire fut très manipulée car certaines ONGs disaient que nous ne voulions pas délimiter les territoires yukpa. Ils espéraient gagner une certaine autonomie après la délimitation. Ces ONGs ont utilisé un dirigeant appelé Sabino Romero comme porte-parole des indigènes, transformant la lutte de toute un communauté en lutte personnelle. Ces ONGs disaient de Sabino Romero qu’il était le cacique des caciques, le plus combatif de tous. Mais, quand vous parlez avec les membres de la communauté, il vous disent que ce n’est pas vraiment comme cela. Lors d’une de leur assemblée, la communauté en est arrivé au point de déclaré cette ONG « persona non grata ».

Q/ Quelle est la situation de ce cacique aujourd’hui ?

R/ Une des conséquence du conflit fut l’affrontement entre deux communautés indigènes et leur leader Sabino Romero et un autre camarade. Il y a eu un échange de coup de feu entre les deux camps et 3 personnes ont perdu la vie. À la suite de ses assassinats , Sabino et Alexander Romero furent arrêtés. C’est alors que les ONGs commencèrent à les qualifier de « prisonniers politiques ». Un procès est en cours. Il est important de souligner que ce sont les propres yupka qui ont décidé que Sabino Romero devait être jugé par la justice ordinaire. Sous la loi yukpa, l’assassinat d’un membre de la communauté est puni de mort. Nous nous trouvons dans un processus de transformation pour ne plus en arriver à de telles extrêmes. C’est pourquoi la communauté décida qu’il fallait le livrer a la justice ordinaire. Ceci aida à la compréhension de la situation car tout le monde avait tendance à victimiser Sabino Romero. Aujourd’hui il est en liberté conditionnelle. La communauté dit qu’elle ne veut plus de Sabino, lui réplique qu’il pourrait y avoir des morts si on lui interdit de revenir. Ceci préoccupe le gouvernement car nous ne voulons pas d’affrontement entre yukpa.

Q/ L’État reconnait-il la justice indigène ?

R/ Oui. La constitution et la loi organique des peuples et communautés indigènes reconnaissent la justice traditionnelle. Mais il y reste des zones d’ombre. Les lois indigènes sont faites à travers l’assemblée communautaire. Certaine choses doivent être normalisées : la peine de mort n’existe pas au Venezuela et jamais nous ne l’appuirons. Chaque communauté a ses particularités et nous les étudions afin de garantir qu’aucune n’applique des peines qui violent les droits de l’homme.

 

Aloha Nuñez (alors vice-ministre) accueillie par la communauté Sioux (Dakota) dans le cadre de l’aide en gasoile de chauffage attribuée par le gouvernement de Hugo Chavez à plusieurs communautés indigènes des Etats-Unis.

Source : [Brasil de Fato – edição 428 - de 12 a 18 de maio de 2011]. ADITAL, http://www.adital.com.br/site/notic…

(1) Voir de Maurice et Alexis Lemoine, « Voyage en pays indien », http://www.monde-diplomatique.fr/2007/07/LEMOINE/14908

Traduction française : Yerko Ivan

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Oct 2012 à 21:24

Tout ce que vous vouliez savoir sur le Venezuela, par Luis Britto García

 

 

Luis Britto García

Qu’est-ce qui est le plus intéressant, les conférences ou les questions qu’on vous pose ensuite ? Je mentionne quelques unes de celles qu’on m’a faites durant un récent voyage à travers l’Europe, avec leurs réponses.

Partout on m’interroge :

- Et la santé du président ?

- Je le vois en plein possession de ses facultés physiques et mentales.

Quand on me questionne sur le système électoral vénézuélien, je lis la déclaration de l’ex-président Carter qui affirme que c’est un des plus parfaits du monde alors que celui des États-Unis est un des moins parfaits de la planète.

A Francfort, capitale financière de l’Europe, je parcours des rues où se succèdent des commerces en faillite. Dans la Maison Syndicale DGB Haus un syndicaliste interroge :

- Le Venezuela a-t-il fait quelque chose pour briser sa dépendance des hydrocarbures ?

- Il a achevé une campagne pour substituer les ampoules photovoltaïques par des fluorescentes. Nous avons deux barrages hydro-électriques gigantesques, ceux du Guri et de Caroachi, et depuis 2002 nous construisons le Manuel Piar, qui nous permettra d’économiser quelques 25 millions de barils de pétrole par an. Comme dans le reste du monde nous entamons à peine la conversion aux énergies renouvelables, mais nous avons bien commencé.

A l’aéroport de Stockholm un portrait mural glorifie Ingmar Bergman, que les autorités suédoises ont poursuivi, humilié publiquement, raillé pour une insignifiante dette fiscale. Lors du IIème Séminaire Nordique sur « Les Médias et l’Amérique Latine » à l’ABF-Huset, on me questionne sur les mesures pour freiner l’agression des monopoles médiatiques contre les démocraties.

- Législation pour obliger à informer de manière véridique, impartiale et opportune, limiter la transmission de publicité, éviter l’incitation au racisme et établir la responsabilité des communicateurs. Médias alternatifs, de service public ou communautaires, pour équilibrer l’écrasante domination numérique des médias privés. Éducation du public pour enseigner à déchiffrer les codes médiatiques et à détecter ses mensonges.

Au Centrum fur Marxistica Samballstudien un provocateur à l’accent antillais me demande si je suis d’accord avec l’implantation d’un modèle de type cubain à Stockholm.

- Je suis d’accord avec l’existence d’un système de type cubain à Cuba.

Á Belgrade je parcours des avenues oú des édifices publics restent encore à l’état d’amas calcinés de ferrailles et de gravats, jusqu’à l’Académie Megatrends, où un étudiant se plaint :

- On nous fait payer des taux d’inscription très élevés.

- Au Venezuela bien plus que les 80% des étudiants suivent les cours dans des instituts publics gratuits à tous les niveaux, sauf pour quelques masters. Nous consacrons beaucoup plus que les 6% du Produit Interne Brut à l’Éducation; entre 2009 et 2011 l’investissement éducatif a augmenté jusqu’à 1800 %. Dans la dernière décennie le gouvernement a créé 20 centres d’éducation universitaire, quatre instituts universitaires de technologie, 6 universités polytechniques et 10 nouvelles universités; le taux d’inscription en éducation supérieure a été doublé : de 894.418 étudiants en 2000 à 2.109.331 en 2009. Aujourd’hui 9.329.703 personnes étudient: soit un vénézuélien sur trois.

A Belgrade on m’interroge  :

- Certains mouvements de droite qui ont opéré en Serbie exportent-ils leurs tactiques au Venezuela ?

- Notre droite importe autant son idéologie que ses symboles. Certains étudiants riches ont utilisé des déguisements de mains blanches, porté des tee-shirts où est imprimé le poing d’OTPOR, baissé leur pantalon pour montrer le postérieur. Mais l’habit ne fait pas le gouvernant.

Lors du Forum organisé par notre Mission à La Haye, un diplomate interroge :

- L’opposition reçoit-elle des financements externes ?

- La chercheuse Eva Golinger a démontré que des fonds de l’USAID, du National Endowment for Democracy (NED) et d’ONGs étrangères alimentent l’opposition. Wikileaks a publié l’information de réunions d’opposants qui ont demandé de l’argent à l’ambassade des États-Unis, et comme on ne leur a pas répondu immédiatement, ont refait la demande en anglais.

Quelqu’un se dit préoccupé par le retrait du Venezuela de la Commission et de la Cour Inter-Américaine des Droits de l’Homme de l’Organisation des États Américains.

- L’OEA a légitimé toutes les interventions armées des États-Unis contre l’Amérique Latine et les Caraïbes; sa Commission des Droits de l’Homme a reconnu de facto la dictature surgie du coup d’État de 2002 au Venezuela et n’a pris aucune mesure en faveur du président légitime qu’on venait d’enlever. Ni les États-Unis ni le Canada ne se sont jamais soumis à ces organismes. Nous n’avons pas à nous soumettre non plus, surtout lorsqu’ils tentent de supplanter nos tribunaux et de dicter des sentences dans des affaires qui touchent à l’ordre constitutionnel interne.

Je passe un long moment à convaincre une journaliste que non, le Conseil d’État ne décidera pas de la succession présidentielle, l’ordre de succession est prévu dans la Constitution Bolivarienne, qui a été approuvée par une écrasante majorité de la population.

À Hambourg, qui fut durant un siècle la destination de nos exportations de café et de  cacao, je passe des heures enivrantes dans le Musée Naval à photographier des modèles de caravelles, de navires de ligne, de cuirassés : toutes les flottes avec lesquelles l’Europe s’est lancée à l’assaut du monde. Au Spanisches Kulturinstitut Cervantes une dame s’inquiète pour l’insécurité.

- Jusqu’en 2008 l’Institut National de Statistiques enregistrait mille homicides par an. L’année antérieure l’INE a réalisé une enquête sur la perception citoyenne de l’insécurité auprès de 5000 personnes. Celles-ci considèrent qu’au Venezuela il y a environ 19.000 homicides annuels. Mais une opinion n’est pas un homicide. Au contraire, le total des délits est passé de 155.080 en 2009, à 143.774 en 2010 et à 129.210 en 2012. Tous les délinquants actuels se sont formés quand l’opposition gouvernait. A cette époque on pouvait envoyer un citoyen aux travaux forcés pendant des années sur la base d’un simple mémorandum l’accusant de n’avoir pas de métier ou de profession connue. De même on arrêtait illégalement des quartiers complets pour ne les libérer que par caprice. Les taux les plus élevés de délinquance s’observent dans des états où gouverne l’opposition : Zulia, Táchira, Carabobo, Miranda. Le processus bolivarien a créé une Police Nationale, une Université Expérimentale de la Sécurité et un Ministère des Affaires Pénitenciaires.

Un ouvrier évoque le chômage généralisé, le manque de logements et le non-respect des droits du travailleur en Europe, qui se manifeste notamment par la sous-traitance du travail.

- Au Venezuela est en marche un plan ambitieux de construction de deux millions de logements pour les travailleurs. En 2011 les pluies ont laissé cent mille compatriotes sans foyer : on les a logés dans des ministères, dans des édifices publics, et même dans des hôtels de luxe pendant qu’on leur trouvait un toit. Au milieu des années quatre-vingt-dix, un accord entre le patronat, les dirigeants syndicaux et le gouvernement a privé les travailleurs de leurs droits sociaux, que la nouvelle Loi du Travail leur a rendus. Cette norme interdit aussi catégoriquement la sous-traitance, c’est-a-dire l’embauche de travailleurs via des entités fictives pour mieux leur refuser le paiement de leurs droits. Le taux de chômage au Venezuela est de 6%, par contraste avec le taux de 25% en Espagne.

A l’Université Friedrich Schiller de Iéna un étudiant me pose la question :

- Les latino-américains sentent-ils vraiment le besoin de s’unir ?

- L’Allemagne fut jusqu’au XIXème siècle une diversité de principats antagoniques. Les allemands ont-ils senti le besoin de s’unir en une seule nation ? L’Allemagne fut jusqu’à la fin du XXème siècle deux Allemagne. Serait-ce que les allemands ont senti la nécessité de s’unifier ? Pourquoi pas les latino-américains?

Combien d’autres choses ne m’a-t-on demandées partout ? A propos des répercussions de la décision électorale au Venezuela sur le processus d’intégration latino-américaine, qui seraient significatives. Sur le socialisme du XXIème siècle. Sur l’achat d’armements, explicable alors que les États-Unis a augmenté à 47 le nombre de ses bases dans la région et qu’un pays voisin possède un demi-million d’hommes dans son budget militaire. Et sur un supposé massacre d’indigènes par des mineurs illégaux, qui parcourt les médias du monde entier bien qu’aucune preuve ne soit avancée nulle part de ce qu’il se soit produit, ni que soit apporté le moindre démenti à la suite du manque de preuves. Ou sur les ressemblances et les différences entre les mouvements sociaux du Venezuela et d’Amérique Latine et ceux d’Europe. Nous aussi les latino-américains avons posé beaucoup de questions avant de comprendre que nous seuls pouvions donner nos propres réponses.

Un saut jusqu’à Weimar, oú j’évite la maison du courtisan Goethe et j’entreprends une longue marche jusqu’aux archives de Nietzsche le récalcitrant. Son masque mortuaire de marbre me demande si le Règne de la Liberté ne serait pas l’étape nécessaire à la transmutation de toutes les valeurs.

Dans le crépuscule glacé de Francfort, parmi les édifices qui ressemblent à des flacons de parfum, les grues achèvent le gratte-ciel de la Banque Européenne tandis que l’Euro s’effondre. Une dame me demande s’il est vrai que les bolivariens préparent une loi pour interdire la minijupe.

- oui, mais seulement pour les dames assez naïves pour le croire.

Luis Britto García  (Caracas, 9 octobre 1940) est un écrivain vénézuélien. Professeur universitaire, essayiste, dramaturge, scénariste, dessinateur et explorateur sous-marin. Parmi une soixantaine de titres, on lui doit  “Rajatabla” (Prix « Casa de las Américas » 1970) et “Abrapalabra” (Prix « Casa de las Américas » 1969).

Source : http://www.cubadebate.cu/especiales/2012/10/04/todo-lo-que-queria-saber-sobre-venezuela/

Traduction de l’espagnol : Thierry Deronne




Edité par T 34 - 16 Oct 2012 à 00:00
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Nicolas Maduro prête serment comme vice président du Venezuela

Caracas, 15 octobre, (RHC).- Nicolas Maduro a prêté serment comme nouveau vice président du Venezuela au cours d’une cérémonie au Palais de Miraflores qui a été présidée par le chef de l’état, Hugo Chavez.

Nicolas Maduro qui continuera à occuper le portefeuille des Affaires étrangères, a déclaré qu’au Venezuela il y  un peuple éveillé, conscient et organisé.

Plusieurs nouveaux membres du cabinet d’Hugo Chavez ont, eux aussi prêté serment.

Le président Chavez les a exhorté à lutter pour transformer le vieux  État capitaliste et bourgeois en un état socialiste qui revendique les droits constitutionnels des Vénézuéliens.

Vidéo Resumen de acto de juramentación del vicepresidente Ejecutivo y nuevos ministros

Des jeunes vénézuéliens débattent des nouveaux défis à relever après la victoire d’Hugo Chávez

Caracas, 15 octobre (RHC-PL)- Des jeunes du Parti Socialiste Unifié du Venezuela, débattent des résultats des récentes élections présidentielles et  définissent les prochains défis à relever.

Le coordonnateur national de cette organisation politique, Héctor Rodríguez, a expliqué le rôle joué par la jeunesse durant le processus électoral dans le pays. Il s’est référé aux nouveaux défis qui se présentent à la société vénézuélienne  après ces résultats.

« Hugo Chávez a été réélu pour que  la nation sud-américaine réussisse à construire une société plus juste, indépendante et égalitaire », a-t-il a souligné. 

Il s’est ensuite référé au travail que la jeunesse effectuera en vue des élections régionales du 16 décembre prochain et il a annoncé que les jeunes vont déployer toutes leurs forces  avec créativité et énergie  pour soutenir  les candidats de la révolution bolivarienne.

Source
Vidéo El pueblo celebró, junto al comandante Chávez, la victoria perfecta
 

 





Edité par T 34 - 18 Oct 2012 à 00:41
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Oct 2012 à 17:41

Le Parti communiste vénézuelien salue dans la victoire de Chavez « une défaite stratégique de l’impérialisme »

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Le Parti communiste vénézuelien salue dans la victoire de Chavez « une défaite stratégique de l’impérialisme »

Communiqué du Parti communiste vénézuelien

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Le Bureau politique du Comité central du Parti communiste vénézuelien (PCV) a livré son analyse de l'élection présidentielle, soulignant que le peuple et les forces révolutionnaires menées par le président ré-élu Hugo Chavez, ont infligé une défaite stratégique à l'impérialisme et au sionisme avec le triomphe populaire du 7 octobre :

« Comme nous l'avions dit, ce qui était en jeu ce n'était pas seulement la présidence de Hugo Chavez mais le destin de la patrie vénézuelienne, latino-américaine et la possibilité de continuer à accumuler des forces au niveau national et international, dans les intérêts des peuples de notre continent », a insisté le secrétaire-général du PCV Oscar Figuera.

Le dirigeant communiste, au nom du PCV, a salué l'ensemble du peuple vénézuelien, tous ceux qui ont voté, quelle que soit leur position politique :

« Nous souhaitons saluer l'ensemble du peuple vénézuelien sans exception, qui a participé de façon massive à ce moment de prise de pouvoir par le peuple, moment qui s'intègre dans le processus qu'on est en train de se construire, yb moment où le peuple a exercé son droit à décider de la personne qui devait diriger les affaires du pays », a souligné Figuera.

Le PCV inclut dans son analyse également les messages de solidarité avec le processus bolivarien exprimés du monde entier, voilà pourquoi « nous pouvons affirmer que nous avons obtenu une grande victoire populaire et, dans le même temps, que nous avons infligé une défaite stratégique aux forces de l'impérialisme qui, de connivence avec le sionisme international, ont tenté de faire tourner en arrière la roue de l'histoire » a-t-il ajouté.

Les résultats expriment à la fois un soutien à la révolution et un message critique

Le PCV a exprimé sa satisfaction avec la victoire que constitue la ré-élection du président Chavez pour le prochain mandat présidentiel, mais « nous ne nous satisfaisons pas de la situation ».

Le dirigeant ajoute : « C'est une belle victoire populaire, qui de notre point de vue, exprime avant tout un message de soutien et de participation à ce processus, mais en même temps, la façon même dont se répartissent les voix de l'alliance anti-impérialiste indiquent qu'il y a un message critique ».

Figuera a appelé les forces impliquées dans le processus à réaliser une évaluation profondément critique qui permette de fixer où sont nos forces, nombreuses et capitales, pour les renforcer encore et les approfondir, mais aussi pour identifier où sont les erreurs.

Ces erreurs « méritent, une fois identifiées, d'être corrigées par les travailleurs et les travailleurs, avec la participation active des communautés et peuples indigènes ; avec les courants populaires chrétiens qui se reconnaissent dans ce processus de transformation. Les corriger à partir des positions de la classe ouvrière et du mouvement général des travailleurs et des travailleurs qui exigent que le discours sur la construction d'une société socialiste soit mis en accord avec les formes, manières et modes, non seulement de production mais aussi de direction des centres de production », a exigé le dirigeant communiste.

Un autre message que nous transmettent ces résultats électoraux, c'est la nécessité réaffirmée d'avancer dans la construction d'une direction collective du processus bolivarien, qui avec le président Chavez, dirigera l'étape supérieure à venir. « Voilà un autre message porté par ces élections », dit-il.

Le Parti communiste pleinement engagé dans la révolution vénézuelienne tout en conservant son identité

Le Parti communiste du Vénézuela a réaffirmé son engagement historique avec la révolution vénézuelienne, continentale et mondiale, en lien permanent avec la lutte anti-impérialiste et la perspective du socialisme, « et en même temps, comme organisation politique et révolutionnaire, marxiste-léniniste et bolivarienne, elle est obligée de conserver son identité de force de proposition, critique, en autonomie totale », insiste Figuera.

« C'est ce que nous avons toujours été et nous continuerons à être. Une force engagée dans les transformations révolutionnaires au Vénézuela, sur le continent et dans le monde, solidaire, communiste et nous sommes disposés à faire tous les efforts nécessaires pour faire avancer la révolution. Cela nous oblige à porter une démarche de construction collective de notre ligne politique et de son expression, de façon souveraine, critique et en restant une force de proposition »,a-t-il souligné.

Cette ligne politique s'articule à une politique d'unité la plus large, anti-impérialiste, qui s'exprime dans le Grand pôle patriotique et dans la construction d'un Bloc populaire révolutionnaire plus avancé qui permette de lutter pour la construction du socialisme.

Le vote PCV est un vote qualitativement supérieur

Le PCV a analysé le résultat obtenu par le Parti comme un grand bond électoral, avec une progression de 37% par rapport à 2006.

« Nous apprécions à sa juste valeur le fait que les travailleurs et les travailleuses, la classe ouvrière, les paysans, les intellectuels révolutionnaires, les jeunes rebelles, les secteurs religieux progressistes de la Théologie de la Libération et, en général, les communautés organisées aient choisi de soutenir le président Hugo Chavez, avec un vote qualitatif pour le Parti communiste du Vénézuela », a jugé le dirigeant.

Le Parti communiste du Vénézuela, avec les chiffres publiés par la Commission électorale, a obtenu près de 500 000 voix dans tout le pays, avec 3,3% des voix. « C'est notre juste politique d'alliance reposant l'unité populaire anti-impérialiste la plus large qui a mené au renforcement de notre Parti », a-t-il indiqué.

Il a ajouté qu'il ne suffisait pas d'avoir des directions collectives pour fixer les grandes lignes du processus, mais qu'il doit y en avoir dans les ministères, les entreprises qui gèrent l'Etat, etc.

« Il faut rompre avec la conception d'une direction uni-latérale, par en haut, qui est la façon de diriger imposé par le capitalisme et l'impérialisme, pour pouvoir véritablement avancer vers de nouveaux rapports sociaux de production qui expriment un bond qualitatif dans le processus politique vénézuelien », a souligné Figuera.

Dans son évaluation du résultat, le PCV reconnaît que le résultat obtenu par le Parti, et au-delà des voix gagnés par le PCV seul, est la conséquence de l'expression de divers courants du mouvement ouvrier et du mouvement populaire en un vote qualitatif lors de cette élection.

« Nous voulons dire que cela ne s'arrête pas aux élections du 7 octobre, mais que cela s'intègre dans un projet politique qu'il faut continuer à construire, dans l'unité révolutionnaire », a-t-il exprimé.

Dans l'analyse réalisée par le PCV des dernières élections présidentielles, en 2000 le PCV n'a apporté à la candidature de Chavez qu'1 voix sur 67. En 2012, le PCV a apporté 1 voix sur 17.

« C'est une forme de reconnaissance de la part de vastes couches de la société qui voient dans le Parti communiste l'expression d'une ligne révolutionnaire conséquente, une ligne militante fidèle à la perspective révolutionnaire, une fidélité qui ne prive pas de dire les choses qu'il faut corriger, ou de dire où sont les erreurs. Car la fidélité révolutionnaire, ce n'est pas de dire Oui de façon inconditionnelle. Qui est fidèle dans la perspective révolutionnaire, doit être critique et auto-critique », a-t-il conclu.


Venezuela : France 2 se plante et se corrige… un peu

par Nils Solari, le 11 octobre 2012

C’est suffisamment rare pour être souligné : France 2, après avoir diffusé un « sujet » éclair et truffé d’erreurs factuelles - avant la tenue du scrutin présidentiel au Venezuela - a diffusé un correctif – au lendemain des élections - suite à de nombreuses plaintes de téléspectateurs et à l’intervention des « Indignés du PAF » auprès de son médiateur. Un correctif qui, malgré tout, reste incomplet.

I. Avant le scrutin

Quelques jours avant les élections au Venezuela, quelques médias - en général peu prolixes sur la question – se sont tout de même bien sentis obligés de s’y intéresser … ou de feindre de le faire. France 2, à la différence de ceux qui ont carrément préféré occulter la chose, s’y est risqué. Sauf que…

En ouverture des titres du journal télévisé du 3 octobre 2012 [1], David Pujadas, avec la grandiloquence qu’on lui connaît, annonce : « Dans l’actualité également : modèle ou contre-modèle ? Le Venezuela, cité en référence par la gauche radicale du monde entier s’apprête à voter. Pour la première fois, Hugo Chávez, au pouvoir depuis 14 ans, n’est pas assuré d’être réélu [2] ». Grandiloquence : une « référence » planétaire ! Et une alternative sans nuance qui sera suivie de quelques autres : « modèle ou contre-modèle ». Mais puisque Pujadas le dit : nous allons voir ce que nous allons voir !

«  Despote ou visionnaire ?  », «  Ange ou démon ?  »…

Il faut attendre plus de 20 minutes pour que le sujet annoncé en sommaire soit enfin traité à une place de choix : après le « mea culpa de Valérie Trierweiler » à propos de son « tweet » [3], suivi d’un insert aguicheur sur les reportages « à suivre » (les mesures destinées à favoriser le recours aux voitures électriques, la grande fatigue des élèves, et… la zumba). Pujadas relance alors : « Mais avant cela, l’élection qui suscite l’intérêt du monde entier  ». Un intérêt qui est si fort à France 2 que la chaîne y consacrera, en tout et pour tout… 2 minutes et 38 secondes tout compris : présentation et reportage, durée proportionnée à l’importance accordée à l’événement !

Le bouillonnant Pujadas est un connaisseur : « On vote au Venezuela dimanche, où le bouillonnant président Hugo Chávez, 58 ans, défenseur d’une révolution socialiste, brigue un nouveau mandat après 14 ans au pouvoir. On le voit ici en campagne. Et pour la première fois, il est bousculé dans les sondages par un jeune gouverneur de 40 ans, Henrique Capriles ». Et de poursuivre en ressassant : « Mais si ce scrutin passionne - poursuit Pujadas - c’est parce que le Venezuela incarne pour la gauche radicale européenne et mondiale, l’alternative au capitalisme ».

Suit alors une question prometteuse : « Alors, quelle est vraiment la nature du régime ? » Réponse à suivre… en une minute et 54 secondes ! Une première question sans rapport apparent avec la seconde, beaucoup plus … passionnante, puisqu’elle nous offre une nouvelle alternative dénuée de sens : « Chávez qui invoque Dieu et Marx, est-il un despote ou un visionnaire ? ». Or, Chávez qui d’ailleurs, invoque Dieu beaucoup plus souvent que Marx, n’est évidemment ni un despote ni un visionnaire.

Fin du suspense, puisque Pujadas livre alors « quelques points de repères », dit-il, d’une utile banalité : « Le pays, grand comme une fois et demie la France, est peuplé de 28 millions d’habitants, il vit en grande partie grâce à ses gisements de pétrole ». En somme, rien de nouveau !

Le « sujet » proprement dit est alors servi.

1 minute et 54 secondes… bourrées d’erreurs

En un temps record, il prétend donc « informer » sur la situation du Venezuela à la veille des élections… en 1 minute et 54 secondes dont on retrouvera la transcription en « Annexe ».

Son titre, racoleur à souhait, offre alors une troisième alternative. Nous avions déjà « modèle ou contre-modèle », suivi de « Chávez, despote ou visionnaire ? ». Nous avons désormais, dure loi de l’objectivité du néant : « Venezuela : Chávez, ange ou démon ? ». Un titre « bouillonnant ». Pour répondre à l’intérêt planétaire que susciterait cette élection, n’aurait-il pas été plus simple et plus sobre de parler d’un chef d’État dont la politique économique et sociale donne matière à controverse et divise, souvent de manière virulente, les « pros » et les « antis » ?

Qu’importe. Tout bon reportage sur la « gauche radicale latino-américaine » qui se respecte, doit commencer par l’évocation des bruits de bottes, comme nous l’avions déjà mentionné ici même à propos du Nicaragua [4]. Cette fois encore, France 2 ne déroge pas à la règle : « L’ancien colonel des commandos parachutistes vénézuéliens, 58 ans, aime toujours porter l’uniforme. Il fut en 1992 l’auteur d’un coup d’État ». Une présentation qui serait anecdotique, si le commentaire prenait soin de préciser qu’il s’agissait d’un coup d’État raté qui a valu à son instigateur d’être incarcéré pendant deux ans. Mais la mention du port de l’uniforme est ponctuée par cette explication bouleversante : «  Manière virile de rassurer, lui qui l’an dernier fut transfiguré par la chimiothérapie, frappé d’un violent cancer et soigné… à Cuba. » A-t-on bien compris ? Chávez porterait l’uniforme pour rassurer sur son état de santé ?

À moins qu’il ne s’agisse d’une transition mal fichue avec la phrase suivante : « Socialiste et nationaliste bolivarien, Hugo Chávez, élu pour la première fois Président de la République en 1994 […] ». Première erreur, qui n’est peut être pas fortuite tant elle renforce l’impression de longévité au pouvoir : Chávez sort de prison en 1994 et n’accèdera au pouvoir qu’en 1998 !

Mais poursuivons : « […] ami de Fidel Castro, [Chávez] prétend aujourd’hui à un troisième mandat de 6 ans. Il est donné en tête dans les sondages. 10 points devant le candidat unique de l’opposition, ce jeune avocat et gouverneur de 40 ans, Henrique Capriles Radonski  ». Deuxième erreur ou approximation : si Capriles est à la tête d’une coalition d’opposition, la « Mesa Unitaria Democrática » (MUD), la table unitaire démocratique, il n’est en revanche pas le seul à disputer la présidence, puisque quatre autres candidats n’ont rejoint ni l’une, ni l’autre des deux principales coalitions [5].

« Sur quoi repose le système Chávez ? », s’interroge ensuite le journaliste, qui ne trouve rien de mieux pour illustrer sa réponse qu’une troisième erreur (assortie d’une nouvelle approximation) : « Cinquième pays producteur de pétrole au monde, le Venezuela tire toute sa richesse de l’or noir, devenu le nerf de la guerre de la politique sociale… du président. Exemple ? Voici l’unique train du pays, un train de banlieue, qui transporte les habitants des barrios, les bidonvilles, au cœur de la capitale ». Un seul train ? Comme s’il n’en existait pas d’autres au Venezuela, comme à Maracaibo, à Valencia, etc. ? Ajoutons que, s’il est vrai que le vocable « barrio » est souvent associé chez les Vénézuéliens aux quartiers populaires, il désigne globalement les « quartiers ». Et donc pas uniquement les « bidonvilles ».

Après l’unique train, un autre exemple des effets bénéfiques de l’or noir : « Ou encore, ce jeune chef d’orchestre, Gustavo Dudamel, enfant des bidonvilles, un prodige du cru, qui dirige désormais l’Orchestre philarmonique de Los Angeles ». Heureusement, comme on peut l’entendre (et le lire ici) peu après, ce ne seront pas les seuls effets des politiques sociales favorisées par le pétrole à être fugitivement mentionnées !

Le sujet s’achève en effet sur un « bilan » tenant en deux phrases qui, prononcées sur un fond sonore tonitruant, comportent une erreur tellement improbable que l’on se demande dans quel état d’inconscience ou d’épuisement se trouvait celui qui a cru l’avoir collectée : « Un bilan, après 14 années d’un pouvoir sans partage : 78 % des habitants du Venezuela vont à l’école, et la gale et la tuberculose ont été vaincues. En revanche, 80 % de la population vit toujours sous le seuil… de pauvreté  ». Alors que ces pauvres qui représentaient 43,7 % de la population en 2005, n’en représentaient plus que 28,5 % en 2009 selon les chiffres de la Banque Mondiale.

II. Après le scrutin

Au lendemain du scrutin, le JT du lundi 8 octobre, dont la transcription peut être également consultée en « Annexe » [6], informe… David Pujadas, fidèle à lui-même, rappelle la victoire de Chávez et nous gratifie d’une nouvelle présentation, à peine moins grandiloquente que la précédente : « L’actualité à l’étranger. Et d’abord la victoire de celui qui veut incarner la révolution socialiste en Amérique du Sud : Hugo Chávez a été réélu avec un peu plus de 54 % des voix au Venezuela ».

Un correctif qui ne corrige pas tout

Mais, comme ils ont été interpellés par de nombreux téléspectateurs, les journalistes de France 2 reviennent, pour les corriger, sur les erreurs factuelles les plus grossières de la semaine précédente. Au passage, le commentaire précise, sans dire qu’il s’agit d’une rectification que « Quatre autres petits candidats de l’opposition se sont partagé 0,6 % des suffrages », et que Capriles constituait donc « le candidat unique de la droite », et non le « candidat unique de l’opposition », comme il avait été dit précédemment.

Mais explicitement :
« Par ailleurs, contrairement à ce que nous affirmions la semaine dernière par erreur, le taux de la population vivant sous le taux de pauvreté au Venezuela n’est pas de 80 %. Selon l’Organisation des Nations Unies, il est passé de 49,04 % à l’arrivée de Chávez au pouvoir il y a 14 ans à 27,8 % l’année dernière. Enfin, concernant le réseau ferroviaire du pays, il était faux de dire qu’il y a une unique ligne de train pour voyageurs au Venezuela, mais bel et bien plusieurs autour des grandes villes ».

Et Pujadas, puisque l’on est jamais si bien servi que par soi même, de se féliciter aussitôt de ce louable mea culpa : « Voilà qui est dit ».

Louable, mais incomplet, puisque l’erreur selon laquelle Hugo Chávez aurait été « élu pour la première fois Président de la République en 1994 », comme cela avait également été avancé précédemment, n’est pas corrigée.

Louable, mais partiel, puisqu’il ne sera pas mentionné, au sujet des images illustrant le taux de population sous le seuil de pauvreté ou encore celle du train de banlieue [7], que celles-ci ne datent pas d’hier, puisqu’elles ont été tournées… en 2006, à l’occasion de la réalisation d’une autre émission du service public [8] !

D’ailleurs, la rectification des erreurs ne suffit pas à corriger la désinvolture repérable dans ces précisions savoureuses : « 54,66 % des suffrages, cela valait bien un feu d’artifice, tant en raison d’une participation de 80 %, que de la présence d’observateurs neutres et conquis. Le Venezuela serait-il en passe de se pacifier ?  ». Des observateurs conquis par quoi ? On croit deviner – mais est-ce certain ? – qu’ils ont été conquis par le caractère démocratique du scrutin. Un Venezuela pacifié ? Comme si le pays souffrait de la même situation interne que le voisin colombien…

On attend la suite !

Nous l’avons dit, il est rare qu’une rédaction d’une chaîne de télévision accepte de reconnaître ses erreurs en direct. Des erreurs qui en disent peut-être long sur les difficultés des journalistes à informer sur un pays lointain : exigence de l’urgence, contraintes financières qui interdisent le déplacement, etc. On peut, par ailleurs, légitimement se demander si un tel mea culpa serait survenu sans la protestation de téléspectateurs attentifs.

Informer, de loin en loin, en moins de 2 minutes sur la situation d’un pays comme le Venezuela est une gageure quasiment intenable. De quoi méditer sur la composition des JT, qui se prétendent de service public ! Nul doute que la rédaction de France 2 prendra acte de cet épisode et ne tardera pas à nous proposer, prochainement, un reportage digne de ce nom sur la situation économique, sociale et politique au Venezuela, au lieu de simuler une impossible exhaustivité et de gaver les téléspectateurs d’informations sans importance.

Nils Solari, grâce à une correspondante française ayant vécu à Caracas (avec Henri Maler, ainsi que Benjamin Accardo pour l‘une des transcriptions)


Annexes : transcriptions

I. France 2 JT 20h du 3 octobre 2012

Consultable sur Pluzz.fr (Attention ce lien peut ne pas être durablement actif.)

Timecode : 25’14 à 27’08, soit 1min. 54 secondes, et 2 minutes 38 avec l’introduction de Pujadas à 24’32 : http://www.pluzz.fr/jt-20h-2012-10-...

Transcription : Nils Solari

Annonce des Titres :

« Dans l’actualité également : modèle ou contre-modèle ? Le Venezuela, cité en référence par la gauche radicale du monde entier s’apprête à voter. Pour la première fois, Hugo Chávez, au pouvoir depuis 14 ans, n’est pas assuré d’être réélu. »

25e minute du JT :

David Pujadas : « Mais avant cela, l’élection qui suscite l’intérêt du monde entier. On vote au Venezuela dimanche, où le bouillonnant président Hugo Chávez, 58 ans, défenseur d’une révolution socialiste, brigue un nouveau mandat après 14 ans au pouvoir. On le voit ici en campagne. Et pour la première fois, il est bousculé dans les sondages par un jeune gouverneur de 40 ans, Henrique Capriles. Mais si ce scrutin passionne, c’est parce que le Venezuela incarne pour la gauche radicale européenne et mondiale, l’alternative au capitalisme. Alors quelle est vraiment la nature du régime ? Chávez qui invoque Dieu et Marx, est-il un despote ou un visionnaire ? Quelques points de repères d’abord. Le pays, grand comme une fois et demie la France, est peuplé de 28 millions d’habitants, il vit en grande partie grâce à ses gisements de pétrole. Bernard Lebrun ».

[Le sujet est sous-titré : Venezuela : Chávez, ange ou démon ? ]

« L’ancien colonel des commandos parachutistes vénézuéliens, 58 ans, aime toujours porter l’uniforme. Il fut en 1992 l’auteur d’un coup d’État. Manière virile de rassurer. Lui qui l’an dernier fut transfiguré par la chimiothérapie, frappé d’un violent cancer et soigné… à Cuba. Socialiste et nationaliste bolivarien, Hugo Chávez, élu pour la première fois Président de la République en 1994, ami de Fidel Castro, prétend aujourd’hui à un troisième mandat de six ans. Il est donné en tête dans les sondages. 10 points devant le candidat unique de l’opposition, ce jeune avocat et gouverneur de quaranteI. ans, Henrique Capriles Radonski, descendant d’une famille d’émigrés polonaise.

Sur quoi repose le système Chávez ? cinquième pays producteur de pétrole au monde, le Venezuela tire toute sa richesse de l’or noir, devenu le nerf de la guerre de la politique sociale… du président. Exemple ? Voici l’unique train du pays : un train de banlieue, qui transporte les habitants des barrios, les bidonvilles, au cœur de la capitale. Ou encore, ce jeune chef d’orchestre, Gustavo Dudamel, enfant des bidonvilles, un prodige du cru, qui dirige désormais l’Orchestre philarmonique de Los Angeles.

Mais cette politique a un prix et un revers. Le secteur pétrolier nationalisé embauche à tour de bras et épuise les recettes. Idem pour les fonctionnaires. Le clientélisme politique se paye en embauches. Pourtant, grand bénéficiaire du bond du prix du baril, le Venezuela de Chávez n’investit pas assez dans le secteur, d’où cette incroyable baisse… de la production du pétrole.

Un bilan, après 14 années d’un pouvoir sans partage : 78 % des habitants du Venezuela vont à l’école, et la gale et la tuberculose ont été vaincues. En revanche, 80 % de la population vit toujours sous le seuil… de pauvreté ». [avec une musique classique de fond d’un ton assez dramatique]

II. France 2 JT 20h du 8 octobre 2012

Transcription : Benjamin Accardo

[24’44] David Pujadas :

« L’actualité à l’étranger. Et d’abord la victoire de celui qui veut incarner la révolution socialiste en Amérique du sud : Hugo Chávez a été réélu avec un peu plus de 54 % des voix au Venezuela. Bernard Lebrun ».

[Images de manifestants en liesse] L’un d’entre eux : « Ici, nous avons une vraie démocratie et nous avons gagné dans la légalité. Au revoir les perdants ! ». La liesse après la victoire dans le camp des militants du parti socialiste bolivarien d’Hugo Chávez. 54,66 % des suffrages, cela valait bien un feu d’artifice, tant en raison d’une participation de 80 %, que de la présence d’observateurs neutres et conquis. Le Venezuela serait-il en passe de se pacifier ? Hier soir, le candidat unique de la droite, issu des primaires, Henrique Capriles Radonski, a lui-même annoncé sa défaite. Il progresse tout de même de deux millions de voix. Quatre autres petits candidats de l’opposition se sont partagé 0,6 % des suffrages. Qu’importe, au balcon de son palais, « El Comandante », au pouvoir depuis 1998, triomphait avec une copie du sabre de Bolivar. [Hugo Chávez à l’image] : « Vous avez voté pour le socialisme, pour l’indépendance et la grandeur du Venezuela ! » Par ailleurs, contrairement à ce que nous affirmions la semaine dernière par erreur, le taux de la population vivant sous le taux de pauvreté au Venezuela n’est pas de 80%. Selon l’organisation des Nations unies, il est passé de 49,04 % à l’arrivée de Chávez au pouvoir il y a 14 ans à 27,8 % l’année dernière. Enfin, concernant le réseau ferroviaire du pays, il était faux de dire qu’il y a une unique ligne de train pour voyageurs au Venezuela, mais bel et bien plusieurs autour des grandes villes.

David Pujadas : « Voilà qui est dit ».

Notes

[1] Que l’on peut revoir ici.

[2] C’est nous qui soulignons, ici et par la suite.

[3] Voir ici même « Un tweet s’est abattu sur la France », 25 juin 2012.

[4] Lire : « Loin du Nicaragua… où l’on informe d’une seule voix (ou presque) » Nils Solari, 19 janvier 2012.

[5] Il s’agit de Luis Reyes, Orlando Chirino, Maria Bolivar, Reina Sequera, comme on peut le vérifier sur le site dédié aux éléctions ou dans cet article… des Echos : « Venezuela : derrière Chavez et Capriles, quatre candidats en quête de lumière ».

[6] Et que l’on peut revoir ici.

[7] Présentes dans les deux sujets.

[8] Un œil sur la planète, « Chávez : Viva la revolución ? », diffusée le 18 décembre 2006 (on les retrouve à la soixantième minute environ).

Source
 





Edité par T 34 - 19 Oct 2012 à 03:38
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Oct 2012 à 20:49

Le Venezuela après la bataille électorale

Juana Carrasco Martin

QUELQUES semaines se sont écoulées, mais cela ne veut pas dire que tout est calme, car le Venezuela est et restera l’immense fourmilière que porte en son sein toute Révolution. Aujourd’hui, avec le recul, on peut mieux comprendre la signification de la victoire large, transparente, et publiquement reconnue par les adversaires du président Hugo Chavez Frias.


Hugo Chavez lors de l’annonce des résultats des élections.

Le chavisme l’a emporté avec une marge beaucoup plus importante que ne l’avaient anticipé les médias de droite jusqu’au dernier jour, lorsqu’ils n’en avaient que pour Henrique Capriles qui, d’après eux, avaient rempli les rues, et ils se prononçaient pour un retour du « puntofijisme » – le Pacte de Punto Fijo de 1958, qui voulait que l’alternance se joue entre les deux partis principaux, l’AD (action démocratique) et le COPEI (parti social chrétien). Une illusion qui était loin de répondre aux attentes et aux aspirations des foules rassemblées autour de Chavez. Et bien qu’ils aient eu recours à toutes les tricheries possibles, malgré les 20 millions de dollars investis dans la campagne, malgré le soutien des États-Unis, des médias espagnols et ceux qui ont servi de caisse de résonance sur notre continent, les ennemis de la Révolution bolivarienne ont dû se rendre à l’évidence.

Le discours périphérique de l’opposition vénézuélienne, comme l’a qualifié le journaliste et essayiste Ignacio Ramonet, aurait pu semer la confusion chez beaucoup de gens, mais on savait aussi ce qu’il cachait : le jeu traditionnel des promesses électorales non tenues et, une fois au pouvoir, l’application de leur programme.

À présent, plein cap sur l’ALBA, participant actif au Mercosur, l’un des traités d’intégration qui pourrait donner une des plus importantes impulsions au monde au fur et à mesure qu’il se consolide. Rappelons qu’à sa première conférence internationale après sa réélection, Hugo Chavez a annoncé la Mission Mercosur, destinée à soutenir les producteurs vénézuéliens en vue de leur intégration économique à cet important groupe latino-américain.


Chavez a annoncé la nomination du ministre des Affaires étrangères Nicolas Maduro comme premier vice-président, en remplacement d’Elias Jaua, qui sera candidat au poste de gouverneur de l’État de Miranda, contre Henrique Capriles.

Le Venezuela est bien plus qu’un espoir pour son peuple et pour l’ensemble de l’Amérique latine, au regard de tout ce qu’ont représenté les missions sociales dans les domaines de la santé, de l’éducation, du logement, de la culture, de l’emploi… le commencement d’un développement qui va au-delà de ses richesses en hydrocarbures – l’ « ensemencement de pétrole », comme l’a appelé un penseur vénézuélien de la première moitié du XXe siècle –, la diminution de la pauvreté.

Tous ces efforts se poursuivront, afin de consolider le socialisme et d’améliorer la qualité de vie des gens.

Comme l’a souligné le président Chavez, le 2e Plan socialiste de la nation sera soumis à l’Assemblée nationale le 10 janvier prochain, lors de la prise de fonction officielle, « pour qu’il soit discuté et adopté » (…). « Il ne faut pas perdre un seul jour », a-t-il souligné.

Tel est le mot d’ordre lancé à cette première étape. Le président a rappelé que « le manque de suivi a été l’un de nos grands problèmes ». D’où la transformation du Secrétariat de la présidence en un ministère puissant qui, entre autres, sera chargé de superviser le travail du Gouvernement bolivarien afin d’améliorer la qualité de sa gestion « sur tous les front et à tous les niveaux ».

Dans leur manie de mélanger allègrement mensonges et vérités pour cacher leur vraie nature, au Venezuela les médias et les penseurs de la droite ont procédé à une classification des classes sociales selon les lettres de l’alphabet. A et B pour désigner l’élite du pouvoir et la classe moyenne haute. Viennent ensuite les C, D et E. Mais ce sont ces trois dernières lettres qui ont fait la différence. Les couches populaires ont fait valoir leur vote, et leurs aspirations.

Soit dit en passant, les dirigeants de la droite défaite et la machine bien huilée de la grande presse mondiale – malgré leurs campagnes de discrédit contre le chavisme et son leader – sont vite passés de l’euphorie triomphaliste à la déception. Ils font maintenant appel à un langage plus mesuré pour prétendre qu’ils représentent la moitié de la population et que leurs revendications doivent être prises en compte…

Bien entendu, les écarter serait une erreur. Hugo Chavez en est conscient, et il a rappelé plus d’une fois un commentaire que lui avait fait le commandant en chef Fidel Castro lors d’une de ces élections prouvant l’esprit démocratique d’une Révolution qui s’impose aussi sur le front des urnes : ces millions de Vénézuéliens qui ont voté contre ne sont pas tous des oligarques. Aussi, il est important que le leader bolivarien ait lancé un appel à l’unité du pays pour garantir, entre tous, la construction d’un grand Venezuela sur les plans économique et social, tout en invitant l’opposition à présenter ses propositions économiques, sociales et politiques pour concevoir un projet cohérent et viable qu’il entend présenter en janvier afin d’entamer le nouveau cycle de son gouvernement jusqu’à 2019.

L’insécurité, par exemple, est un sujet amplifié et exploité par la propagande électorale réactionnaire pour créer un climat de méfiance et de terreur quant au déroulement des élections. Mais indépendamment du caractère conflictuel et politisé du débat lancé par la droite, la question sécuritaire est un phénomène qui ne saurait être ignoré et qui mérite une attention particulière, comme l’a relevé le président Hugo Chavez, lorsqu’il a annoncé la Grande mission A toda vida Venezuela, qui travaillera de manière systématique sur les manifestations de la criminalité, les problèmes d’accidents de la route et le manque de lien social à l’intérieur des communautés.

L’appel téléphonique du président Hugo Chavez à son adversaire Henrique Capriles – il avait lui aussi promis devant la presse d’appeler Chavez au moment d’exercer son droite de vote, mais ne l’a pas fait – se veut une invitation au dialogue et à la réflexion. Puisse l’opposition être animée de ce même esprit de concorde, de travail et de respect, ce qui ne signifie pas, dans le camp de la Révolution, de faire un pas en arrière. Au contraire, c’est prouver que le socialisme se fait pour tous et pour le bien du pays, d’où la nécessité de le consolider sur les plans économique, social et politique.

C’est un chemin compliqué, mais c’est la voie correcte pour que soit respectée la première autorité de la nation, le pouvoir populaire consacré par la Constitution bolivarienne, et dans la défense de la souveraineté et de l’indépendance du pays face à toute velléité étrangère d’immixtion, ou de brader les intérêts du pays.

Cependant, certains journaux ont publié des articles arrogants et manipulateurs présentant le perdant comme « vainqueur », et vice-versa. Ils sont experts en la matière, mais la réalité est sans appel. La branche la plus réactionnaire de l’opposition se berce d’illusions. Elle a du mal a digérer sa défaite et ne restera probablement pas les bras croisés.

Les élections de décembre marqueront l’introduction de changements tactiques au sein du Gouvernement. À cet égard, Hugo Chavez a annoncé deux nouvelles qui ont été bien accueillies : le ministre des Affaires étrangères Nicolas Maduro a été nommé Premier vice-président, en remplacement d’Elias Jaua. Ils sont tous deux considérés comme de fidèles collaborateurs du président, et je dirais même du peuple chaviste car Jaua sera candidat au poste de gouverneur de l’État de Miranda, l’un des plus influents du pays, et devra affronter Capriles, afin de tenter de briser la mainmise des représentants de la bourgeoisie sur ce territoire, qui soit dit en passant, a été remporté par le Pôle patriotique aux dernières élections du 7 octobre.

La victoire de Hugo Chavez dans 22 des 23 États et à Caracas devrait se confirmer également lors des élections régionales, qui constituent l’épine dorsale de la nation, ce qui requiert un grand effort de mobilisation et de sensibilisation auprès du peuple chaviste, et une bonne sélection de candidats réputés pour leur parcours révolutionnaire. La Révolution se doit d’apprendre de ses erreurs et de grandir.

 


Edité par T 34 - 19 Oct 2012 à 04:17
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Oct 2012 à 19:25

La réduction de la vulnérabilité des peuples indiens est un sujet prioritaire au Venezuela

Caracas, 18 octobre (RHC-PL)- Aloha Nuñez ministre vénézuélienne pour les Peuples Indiens, a déclaré que réduire la vulnérabilité des groupes autochtones est l’un des principaux objectifs de son ministère.

Dans des déclarations à la presse elle a expliqué que le gouvernement du pays sud-américain impulse  des projets pour que les habitants de ces communautés aient une meilleure qualité de vie et des logements dignes, qu’ils aient accès aux services de santé et puissent cultiver un plus grand nombre  de produits alimentaires.

Ahola Nuñez a expliqué que 500 des 1150 maisons qui sont en construction pour résoudre le déficit dans la nation, dans le cadre de la Grande Mission Logement, seront données à des indiens.

Elle a mis l’accent sur l’aide qu’ils reçoivent de Cuba pour diversifier les cultures dans les territoires indiens et améliorer l’alimentation de ces communautés.

Par ailleurs, le ministre vénézuélien du Logement et de l’Habitat,  Ricardo Molina, a signalé que le gouvernement  a fait construire plus de 260 000 immeubles depuis avril 2011. Cette initiative représente 76% des 350 000 prévus pour décembre de cette année.

Il a déclaré que  des communautés organisées, des brigades de travailleurs, des entreprises privées sérieuses et des responsables spécialisés participent à cette Grande mission pour garantir l’accomplissement de l’objectif



Edité par T 34 - 20 Oct 2012 à 03:31
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Réélection d’Hugo Chávez : et après ?

 
19 octobre

Réponse de Christophe Ventura, intervenant à IRIS Sup’, délégué invité au Venezuela par le Conseil national électoral dans le cadre du Programme national d’accompagnement des élections*, lors de l’élection présidentielle du 7 octobre dernier.

Quels sont les principaux défis auxquels doit faire face Hugo Chávez, notamment en termes de sécurité ?

Il est clair qu’il s’agit d’un défi majeur pour Hugo Chávez et le gouvernement vénézuélien. Et ce, depuis maintenant plusieurs années puisque le Venezuela vit avec une insécurité structurelle qui n’est pas jugulée et qui évidemment pose des problèmes au pays.

On estime qu’entre 14 000 et 19 000 homicides sont commis au Venezuela chaque année –les chiffres sont discutés et divergent selon les sources–, ce qui en fait l’un des pays les plus touchés, juste derrière le Honduras.

Pendant assez longtemps, le gouvernement a misé sur la lutte contre la pauvreté – domaine où il a atteint d’importants résultats – comme moyen de contrer l’insécurité mais il n’avait pas pris la mesure de la mutation de la nature de cette dernière. L’insécurité est évidemment liée à la pauvreté mais également au développement des trafics et des gangs prenant part au commerce de la drogue. Le Venezuela est devenu l’un des théâtres d’opération de ce commerce dans la région. Il est victime, du fait de sa proximité avec la Colombie (principal producteur de cocaïne), de l’utilisation de son territoire par les narcotrafics comme voie de passage pour la production et l’intermédiation de la vente.

C’est bien sûr une lourde tâche de régler tout cela mais depuis maintenant un peu plus d’un an, le Venezuela a décidé de mettre en place une police nationale. C’est une première. Cela n’a jamais existé auparavant dans le pays. Quand on est en France, il est difficile d’imaginer une telle chose, mais jusqu’à présent, le Venezuela était un pays dans lequel la sécurité publique était assurée par des polices locales au nombre de 110 à 120 sur tout le territoire. Sans coordination nationale, elles constituaient autant de fiefs autonomes. Cette situation ne répondait pas du tout au défi de l’insécurité. De plus, l’existence d’une telle multiplicité de polices locales est très propice à la corruption. Le gouvernement vénézuélien a changé d’axe et a décidé de créer et de former une police nationale. Il a mis en place plusieurs structures : le Centre de formation policière (Cefopol), l’Université nationale expérimentale de la sécurité (UNES) et la Police nationale bolivarienne (PNB).

Les policiers devront à la fois répondre aux exigences des métiers de la police mais aussi à celles consistant à établir une certaine proximité avec les communautés, avec les quartiers. Il s’agit de construire un accompagnement social des politiques répressives, un travail préventif important. Les policiers ont également accès à une formation scolaire et universitaire en sciences sociales qui leur permet d’avoir une vision élargie des problèmes sociaux auxquels sont confrontés le Venezuela et, en particulier, les populations concernées par le crime, les trafics et les violences.

C’est une expérience assez novatrice qui débute, il est donc un peu tôt pour en tirer un bilan. En 2012, une première promotion de cette police nationale a émergé. Elle est constituée de 8 000 policiers répartis sur l’ensemble du pays. Ils sont en grande partie concentrés dans la capitale, Caracas.
Cependant, on en trouve également dans cinq Etats (le Venezuela est composé de 24 Etats) où se concentrent précisément de nombreux problèmes de trafics, comme par exemple dans l’Etat de Tachira qui est à la frontière colombienne. Un effectif de 8 000 agents est un bon début mais c’est encore peu pour couvrir l’immensité de ce territoire et gérer tous les problèmes de sécurité. Cette réforme structurelle va demander du temps. A cette étape, on peut confirmer qu’un processus est amorcé, qu’une impulsion est donnée. Il faudra suivre cela de près pour observer les résultats.

Il n’y a aucun doute sur le fait qu’il s’agit d’une priorité absolue pour le gouvernement vénézuélien. Ce dernier a d’ailleurs indiqué que des résultats ont été obtenus sur cette année et demi dans des quartiers test où la police nationale a quasiment remplacé les polices locales. Plus précisément, ces dernières doivent pouvoir, à terme, être intégrées au sein de la police nationale, par la formation des agents aux nouvelles méthodes et approches.

Quid de la succession de Chávez ? Pensez-vous que l’on voit émerger la constitution d’un parti chaviste et l’institutionnalisation de la révolution bolivarienne ?

Tout d’abord, il faut rappeler que le président vénézuélien est là et bien là pour le moment. Il affirme d’ailleurs être guéri de son cancer. Mais cette question de l’après Chavez est désormais posée objectivement. Il est d’ailleurs le premier à en parler.

Il s’agit de savoir s’il est possible de succéder à Hugo Chávez. Cela me paraît difficile car je pense qu’il a eu un rôle particulièrement singulier ces dix dernières années. Ce type de dirigeant politique, indépendamment de ce qu’on pense de son action, ne se reproduit pas à chaque génération. Ce qui arrivera après lui sera une continuité, tout en étant également quelque chose de différent par rapport à la période précédente.

Aujourd’hui, on remarque clairement qu’il y a un certain nombre de cadres du Parti socialiste uni du Venezuela (parti de la majorité présidentielle) qui ont émergé et occupent des fonctions très importantes au sein de l’appareil d’Etat ou au sein de la vie économique ou médiatique vénézuélienne. En cas de nécessité, ils pourront assurer une continuité.

Mais il est impossible de dire pour le moment comment cela va se passer : est-ce Chávez lui-même qui va en quelque sorte désigner celui qu’il pense pouvoir voir candidater aux prochaines élections présidentielles ? Est-ce le parti qui va faire une proposition ? Nous n’en savons rien mais il est probable que Chávez ait un rôle prépondérant dans ce processus.

Concernant l’institutionnalisation du processus de la « révolution bolivarienne », je pense qu’elle s’amorce lentement. Ce processus repose sur une articulation entre la construction de l’Etat vénézuélien et la mise en place d’une démocratie beaucoup plus locale qui se bâtit, elle, au travers de ce que l’on appelle là-bas « les Conseils communaux ». Ils constituent une expérience de démocratie localisée, de type participative, et construisent peu à peu une génération de citoyens engagés, responsabilisés qui s’articulent autour du pouvoir d’Etat. L’institutionnalisation se construira dans la dialectique qui opère entre ces deux dynamiques-là.

Lorsqu’on parle du Venezuela, il faut toujours se souvenir que ce pays n’est pas la France ou un pays européen. Il faut savoir qu’il dispose d’un Etat embryonnaire qui n’existe même pas sur certaines zones du territoire. L’ambition de cette « Révolution bolivarienne » est justement de construire cet Etat et de lui donner une forte dimension sociale, de redistribution des richesses.

En réalité, cette ambition s’affirme depuis ces dix dernières années, en particulier depuis 2003, lorsqu’ Hugo Chavez est sorti du coup d’Etat qu’il avait subi, puis de la grève pétrolière organisée par le patronat vénézuélien. C’est à partir de ce moment-là que Chávez a réellement mis en place les politiques dont on discute aujourd’hui.

Mais de nouvelles doivent s’organiser. Elles concernent l’amélioration de la gestion concrète des politiques publiques et le contrôle de cette gestion pour lutter notamment contre les phénomènes de corruption. Chavez vient de nommer une nouvelle ministre de la présidence, Carmen Meléndez, dont la tâche sera de superviser le suivi et le contrôle des programmes du gouvernement.

La vie politique du Venezuela s’intensifie et ce processus voit un nombre d’acteurs de plus en plus nombreux s’y associer. Il est difficile de dire exactement ce que ces derniers vont écrire comme futur pour leur pays, mais nous pouvons d’ores et déjà affirmer qu’ils vont l’écrire pendant et après Chávez.

Le voyage d’observation que j’ai pu faire récemment sur place indique bien que l’on est dans un processus irréversible.

La réélection d’Hugo Chávez est-elle symbolique de la dynamique de la gauche en Amérique latine ?

Absolument. Elle est non seulement symbolique de la dynamique de cette gauche latino-américaine mais elle est aussi nécessaire à sa consolidation et à l’approfondissement de ses actions.
C’est d’ailleurs pour cela qu’avant l’élection, le fait que l’ancien président brésilien Lula ait prononcé cette phrase forte « Ta victoire sera la nôtre » a bien indiqué le sens et la place du Venezuela dans le dispositif latino-américain aujourd’hui.

Le pays est central dans le développement des gauches latino-américaines et dans celui des politiques économiques, sociales et internationales qui sont aujourd’hui mises en place dans la région. Le Venezuela est un élément clé dans la marche de cette dernière vers son indépendance et son autonomisation par rapport à la tutelle nord-américaine et dans la diversification de ses alliances vers le Sud, avec la Chine notamment.

*A chaque élection, le Conseil national électoral vénézuélien invite des délégués internationaux issus de la société civile, des élus politiques, des dirigeants d’organisations syndicales et politiques à venir au Venezuela observer le processus électoral et attester de sa bonne conduite.

Plus de la moitié des Vénézuéliens bénéficient d’aliments à des prix subventionnés

Caracas, 19 octobre  (RHC-PL)- Le Ministre vénézuélien de l’Alimentation,  Carlos Osorio, a fait savoir que plus de 16 millions de personnes ont bénéficié du réseau de production et de distribution d’aliments à des prix subventionnés, créé par le gouvernement du président Hugo Chavez.

Lors du forum placé sous le mot d’ordre Acquis du Gouvernement Bolivarien dans le secteur alimentaire, qui s’est déroulé à Caracas, le ministre a signalé que le chiffre correspond à presque 58% de la population, d’après les données de l’Institut National de la Statistique.

Ce réseau alimentaire est composé des Marchés d’Aliments, de l’entreprise de production et de distribution d’aliments, des entreprises d’approvisionnement,  des sortes de crêperies et des boulangeries. 

Carlos Osorio a souligné que le principal acquis a été de garantir les aliments de base pour que les citoyens puissent avoir une meilleure qualité de vie.

Lors du forum, le représentant par intérim de  la FAO, l’Organisation de l’ONU pour l’Agriculture et l’Alimentation dans ce pays, Alfredo Missair, a déclaré que le Venezuela est considéré comme un pays ayant une souveraineté alimentaire pleine, compte tenue des diverses initiatives appliquées par l’exécutif.

Source




Edité par T 34 - 21 Oct 2012 à 04:12
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Oct 2012 à 19:26

Le gouvernement du Venezuela renforce la lutte contre la violence

Caracas, 20 octobre (RHC-PL)- Le gouvernement du  Venezuela a déployé 3 000 effectifs de l’ordre public à Caracas, la capitale dans le cadre des efforts pour obtenir une baisse du taux de délits dans le pays.

L’initiative  fait partie de la Grande Mission,   A Toda Vida Venezuela, un programme présenté par le président Hugo Chavez le 20 juin dernier,dont font partie tous les pouvoirs de l’Etat qui interviennent dans la lutte contre la violence.

Cette initiative a permis la création de mécanismes alternatifs de solution de conflits, un système national d’attention aux victimes, le renforcement des organes de sécurité citoyenne et la transformation du système judiciaire, pénitentiaire et pénal.

Le Mouvement des Pays Non Alignés félicite Hugo Chávez pour sa victoire électorale

ONU, 20 octobre (RHC)- Le  Mouvement des Pays Non Alignés, a félicité hier le président du Venezuela, Hugo Chávez, pour sa victoire aux élections du 7 octobre dernier, dans ce pays sud-américain.

Dans une déclaration diffusée au siège de l’ONU à New York, cette organisation formée de 120 Etats a mis l’accent sur la transparence et la participation populaire large qui ont marqué la journée électorale.

Les Vénézuéliens ont donné une nouvelle preuve de leur profonde volonté pacifique et démocratique, indique la missive envoyée à Caracas.

Lors des élections, Hugo Chavez a obtenu 8 136 637 voix ce qui équivaut à 55,26 % des suffrages exprimés, avec une participation des électeurs de plus de 80%.

Les Non alignés ont tenu leur plus récent sommet en Iran au mois d’août, où il a été décidé que le prochain sommet aura lieu au Venezuela dans 3 ans.

Source

Vidéo Resumen de acto de juramentación del vicepresidente Ejecutivo y nuevos ministros
 


 
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Edité par T 34 - 22 Oct 2012 à 21:41
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Oct 2012 à 22:09

Le président Chávez exige d’avancer vers une communication plus profonde et plus populaire « avec les travailleurs, depuis les usines », et critique l’incapacité du gouvernement à mettre en place l’État communal.

 

Au Venezuela, les médias privés dominent de manière écrasante (1). Télénovélas, films d’action importés, shows, manière de traiter les luttes sociales, etc.. constituent, avec leurs 80 % d’audience nationale, une hégémonie culturelle quotidienne, assez efficace pour freiner la construction de la démocratie participative. Le gouvernement bolivarien n’a pas encore osé démocratiser le spectre radio-électrique en profondeur comme l’a fait l’Argentine de Cristina Fernandez : un tiers des ondes radio et TV pour le service public, un tiers pour l’entreprise privée, un tiers pour le secteur associatif ou populaire (2). Il a cependant légalisé depuis 12 ans les médias communautaires ( = populaires) alors que ceux-ci restent réprimés, illégaux ou inexistants dans la plupart des pays. On en compte à peu près 300 à l’heure actuelle, des radios essentiellement, qui émettent librement sur une échelle locale (3).

 

Grand succès populaire au Venezuela : la télénovéla colombienne et son héros sympa, le trafiquant de drogue « El capo ».

AFP:%20Miedo%20en%20la%20TV%20venezolana%20tras%20salida%20del%20aire%20de%20programas%20

Depuis la victoire de Hugo Chavez aux présidentielles du 7 octobre 2012 s’est ouvert un débat intense sur « les tâches urgentes de la révolution ». Pour le dramaturge Luis Britto García « il est impossible de concurrencer la programmation importée par les médias privés. Mais il est inconcevable que tout l’appareil communicationnel public soit incapable de transmettre une télénovéla ou un programme humoristique de qualité, quand on considère la remarquable légion de talents qui appuient le bolivarianisme. Les médias de service public peuvent conquérir l’audience des médias privés sans répéter leurs lourdeurs : les incessantes interruptions de la publicité ou de campagnes publiques, la permanente pollution de l’écran par des logos, des messages de texte et des pubs par insertion, l’anarchie dans la programmation. »

Pour l’anthropologue et historienne Iraida Vargas-Arenas : « nos médias, y compris la télévision d’État, copient le modèle états-unien : décoration des plateaux, couleurs, mobilier et sa disposition, ainsi que le ton, l’habillement, la gestuelle, le langage et la cadence des présentateurs(trices), les intervalles calculés en fonction des interruptions pour passer des pubs (..) Persiste une sous-estimation des esthétiques et des goûts populaires considérés comme de mauvais goût. En tout cas il n’existe pas dans les médias d’État d’adéquation entre la forme et les contenus nouveaux que ces chaînes veulent offrir, sans parler du fait que ceux-ci mimétisent les modèles qui nous viennent du nord.

« Par ailleurs l’hyperconcentration du contrôle de l’information par les médias privés constitue une vraie menace et jusqu’à présent l’État vénézuélien n’agit que de manière réactive: à chaque attaque, une réponse défensive, sans qu’il existe, semble-t-il d’agenda communicationnel propre et parallèle, que ce soit sur le plan national ou international. Il serait nécessaire d’investir dans une amélioration qualitative des médias d’État, des médias populaires (radio, TV, documentalisme, maisons d’édition socialistes, écoles de formation de personnel, création de chaînes ou de systèmes de médias communautaires, etc..) »

Ce samedi 20 octobre le président Chavez, qui a nommé le journaliste Ernesto Villegas au poste de ministre de l’information et de la communication en remplacement d’Andrés Izarra, a exigé du gouvernement une offensive communicationnelle de grande ampleur, en suggérant par exemple de « réaliser des programmes avec les travailleurs des usines inaugurées « où s’expriment la critique et l’autocritique, cela nous alimente et cela nous manque. (..) Nous n’avons pas de système national de médias publics, c’est pourquoi nous devons le créer. Ce système doit être interconnecté avec d’autres systèmes comme celui des médias communautaires et populaires, en plus des médias régionaux et internationaux » a-t-il affirmé en conseil des ministres. 

Chavez a demandé combien, parmi l’équipe, avaient passé une nuit dans un quartier populaire, s’ils avaient lu le livre qu’il leur avait offert sur le processus de construction de la commune populaire, et il a demandé aux ministres de se souvenir de leur responsabilité dans l’Histoire, de se regarder tous les jours dans la glace. Tout en leur rappelant le besoin de faire un effort supplémentaire dans leur propre formation sur le processus de la construction du socialisme, il a lu un fragment d’un livre de l’intellectuel hongrois István Meszaros (4), pour appuyer son appel à connecter en profondeur les processus productifs avec les nouvelles unités productives urbaines et l’installation d’usines et de complexes industriels. Il a également exprimé des doutes sur l’utilisation de l’étiquette “socialiste” à tout bout de champ. « Je suis opposé à ce que nous disions « socialiste » à tout. Avenue socialiste, stade socialiste, boulangerie socialiste. Miraflores (palais présidentiel NdT) socialiste… cela en devient suspect. Celui qui le fait croit qu’il a réussi quelque chose en le baptisant “socialiste”. Ce n’est pas possible.”

Fortes critiques sur l’incapacité du gouvernement à construire des communes.

Tout en informant en direct la population sur la mise en route de nouveaux chantiers publics et de nouveaux projets sociaux tels que la participation de 27 conseils communaux du secteur Las Mayas, dans la zone de Coche (Caracas), dans la construction de 630 nouveaux logements qui font partie du projet Tazón-Las Mayas-El Valle, il a fortement critiqué l’incapacité du gouvernement à créer des communes (regroupement de conseils communaux, la commune est une organisation du pouvoir citoyen qui organise le développement sur les plans local et régional, NdT) : « Je vais devoir éliminer le Ministère des Communes parce que nous avons fini par croire que le problème des communes est celui d’un ministère et c’est une très grave erreur que nous commettons”. (5)

Le président vénézuélien a critiqué de manière directe le retard mis par les Ministres de l’Industrie, Ricardo Menéndez, ou Farruco (Ministre responsable de la Grande Mission Logement) dans l’aménagement de la ville nouvelle Ciudad Caribia, où était programmée la formation d’un complexe industriel communal, rappelant que l’objectif des travaux publics n’est pas la construction en soi mais l’amélioration des conditions de vie de la population et la construction d’une alternative au capital. “Nous ne pouvons continuer à inaugurer des usines qui sont comme des îles encerclées par la mer du capitalisme, parce que la mer les avale”.

« L’État communal ! L’esprit de la commune qui est encore plus important que la commune elle-même ! Nous avons construit depuis des années une architecture de lois communales, nous avons accumulé des ressources pour ces projets, et nous sommes le premiers à ne pas utiliser ces lois ! Ramírez (Ministre du Pétrole et de l’Énergie, NdT) devrait déjà avoir installé vingt communes dans la frange de l’Orénoque, mais on croit que le problème incombe à d’autres. Nicolas (Maduro, actuel vice-président de la République NdT), je te donne la responsabilité des communes comme si je te donnais celle de ma vie (…) Lors d’une visite à la cité nouvelle de Caribia j’ai demandé où étaient les communes. Nous continuons à remettre les logements mais les communes je ne les vois nulle part. Nicolas, qu’en penses-tu, dois-je continuer à crier dans le désert à propos de choses comme celles-ci ? Permettez-moi d’être le plus dur possible dans ces autocritiques (…)  Indépendance ou rien, commune ou rien ! »

Notes

(1)  Lire à ce sujet: « Vénézuéla, qui étouffe qui ? »  http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-12-14-Medias-et-Venezuela

(2) La SIP, organisation de patrons de médias réunie à Sao Paulo (Brésil) le 16 octobre 2012, a dénoncé la loi argentine comme une « grave menace pour la liberté d’expression ».

(3) Voir la liste détaillée des médias populaires légalisés (auxquelles l’État a octroyé une fréquence hertzienne 24 heures sur 24): http://www.conatel.gob.ve/files/solicitudes/habilitaciones/Medios_Comunitarios_Habilitados_actualizado.pdf

(4) Professeur émérite de l´Université du Sussex, né en Hongrie (1930), assistant du philosphe György Lukács, exilé en Italie lors de l´invasion soviétique de 1956, Istvan Meszaros est un des plus importants penseurs marxistes actuels, auteur de “La théorie de l´aliénation chez Marx” (1970), de “Le pouvoir de l´idéologie” (1989) et de “Au-delá du capital, vers une théorie de la transition » (1995), oeuvre considérée comme la suite du “Capital” de Karl Marx. Son oeuvre « Le défi et le poids du temps historique », publiée au Venezuela par Vadell Hermanos, a remporté le Prix “Libertador” à la pensée critique. http://venezuelainfos.wordpress.com/2012/01/30/meszaros-une-revolution-socialiste-se-doit-de-planifier-le-temps-necessaire-pour-sortir-du-metabolisme-social-du-capital/

(5) Lire à ce sujet : « Au Venezuela les communes restent à construire », juillet 2012, http://venezuelainfos.wordpress.com/2012/07/01/au-venezuela-les-communes-restent-a-construire/

 


Le député Fernando Soto Rojas avu son entré refusé au Canada au motif qu'il a participé à la lutte armée contre la dictature il y a plus de 50 ans.
 


Les médias et le monde
 

Pluies aux Etats-Unis : c'est de la faute de la nature
 
Pluies au Vénézuéla : c'est de la faute de Chávez
 


Edité par T 34 - 24 Oct 2012 à 16:23
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