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Lutte des classes comme immanente au capitalisme

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  Citer Kobayashi Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: Lutte des classes comme immanente au capitalisme
    Envoyé : 31 Jan 2010 à 13:12
Souvent le marxisme dit que la division en classes sociologiques de propriétés, maintient maintient la logique de l’exploitation, de la hausse de la productivité et même de la concurrence...  je pense qu'il reste là  à un élément qui peut être en effet empirique, mais qu'en amont de cela, et dans la genèse même de cela, la division en classes de propriété et du division du travail moderne ne doivent pas être pensée sur un mode transhistorique (esclaves/oisifs), on a l'impression alors que nous sommes dans une sorte de domination directe et personnelle vis à vis de la classe propriétaire. La forme spécifiquement historique de division en classes sociologiques et la forme de division du travail dans la société de la forme valeur (capitaliste), doivent être il me semble ramenés en amont au double caractère du travail (à la fois concret et abstrait) et de la marchandise aujourd'hui (valeur d'usage et valeur ; et pas valeur d'échange), et c'est-à-dire à l'existence du travail en lui-même comme médiation sociale (moyen) entre les êtres, le travail abstrait, et, (au travers des éléments avec lesquels ils rentrent en relation : travail, argent, marchandise..), l'existence des processus de rapports sociaux qui vont alors circuler de manière abstraite dans le dos des gens et venir se présenter en face d'eux comme des étrangers (travail mort, marchandise, argent, etc). Les classes semblent alors être plutôt les effets sociologiques de la métamorphose de la valeur qui se valorise (capital), plutôt que l'effet d'une domination directe d'une classe sur une autre. Les classes sont alors plutôt dans leur condition d'existence spécifiquement modernes, informées par les formes de vie et de socialisation du capitalisme, au lieu d'imaginer que la classe du travail, est forcément hétérogène à la classe des propriétaires privés. La lutte des classes est ainsi plutôt une lutte d'intérêt à l'intérieur même des formes et catégories économiques, qu'une lutte qui permettrait une sortie du capitalisme (on sait le sort tragique du mouvement ouvrier, avec l'autogestion et l'actionnariat salarial, mouvement ouvrier qui à son corps défendant a très souvent accompagné le capitalisme en affirmant sans cesse de manière positive le travail). Le marxisme l'a pensé cette lutte comme la contradiction fondamentale et hétéronomisante (sans voir qu'il y avait une contradiction peut-être bien plus fondamentale dans le mécanisme même de la valorisation), alors qu'elle est peut-être bien plus secondaire et immanente au monde dont on l'avait chargé de nous arracher. La critique du communisme que semble faire Bruno Astarian en lui reprochant de conserver une " classe associée " et une " classe de propriété (collective) ", pourrait à mon sens être travailler en amont. Généralement, le marxisme ne met pas en cause l'argent, les marchandises, la valeur etc., c'est-à-dire les catégories économiques de base qui correspondent aux formes de vie et de socialisation de base de la société capitaliste qui à engendré la modernité. Les marxistes traditionnels se contentent de réclamer une distribution autre de toujours les mêmes catégories économiques : plus de salaires, plus de retraites, plus de politique, etc, dans toujours les mêmes formes sociales de vie, c'est-à-dire dans toujours la même machinerie sociale située en extériorité par rapport à ceux qui en sont les supports, et qui accumule la valeur toujours de manière aveugle. On défend ses intérêts individuels et collectifs sous leur forme économique. On sait que l'expérience du communisme en URSS comme ailleurs, fut qu'un capitalisme d'Etat, et que la politique ne s'oppose pas à l'économique, mais est sa forme immanente. Les travailleurs communistes n'étaient que les rouages de toujours la même fonction médiatisante du travail, ils n'étaient donc toujours que les supports et matériaux de la valorisation, l'exploitation du surtravail produisant la survaleur se faisait non plus aux bénéfices de quelques fonctionnaires individuels du sujet automate capital, mais au bénéfice de leur incarnation dans un Capitaliste collectif et séparé en une caste sociologique bureaucratique, l'Etat. Des formes étatiques du capitalisme (URSS, Etat-Providence, etc.), comme des formes plus libérales (marché) ne sont que des formes transitoires de la valorisation, suivant sa difficulté ou pas, à se valoriser.

Les capitalistes comme les travailleurs sont des créatures des effets abstraits de formes de vie et de socialisation très spécifiques et qui n'ont pas toujours existé, à mon sens il n'y a pas grand chose à faire en s'acharnant à dénoncer la classe capitaliste comme " classe parasite ", dont on pourrait se passer si la classe exploitée prenait le pouvoir (on en met d'autres et c'est vraiment pas mieux). Les gens qui aiment l'argent, qui dans leur vie se disent, moi je veux gagner beaucoup d'argent, ou ceux qui en ont et veulent accroitre cette somme, sont aussi des créatures des " conditions muettes " (Marx) du cadre coercitif et totalitaire de la dynamique de la valeur, ils sont plutôt des " fanatiques de la valorisation de la valeur ", qui vont avec intérêt (bien sûr) et bonne volonté endosser les rôles que la métamorphose de la valeur va leur présenter sur un plateau. Comme les autres sujets du capital (y compris donc nous en tant que simples travailleurs), les sujets du capital-cadres, ont aussi ce double caractère d'être à la fois sujet d'un système et objet d'un système qui les dépasse. Il faut laisser de côté à mon sens la recherche folle d'un méchant " Dieu-architecte ", du genre des critiques altermondialistes complotistes contre les firmes, le grand vilain MONSANTO, les paradis fiscaux, "bilberderg ", la société du mont-pelerin, etc.., rendus responsables de tout, ou du genre de l'économie politique de l'antisémistime nazi ou d'une partie de l'extrême gauche historique - Proudhon, Fourier..., contre les Juifs ; quand dans les années 30, la gauche s'en prenait aux " 200 familles ". Dénoncer comme le fait Michael Moore dans " Roger et moi ", le vilain patron de General Motor, sans chercher à comprendre la mécanique intime du capitalisme, ne débouche que sous la forme d'une volonté jalouse de redistribution de toujours les mêmes catégories économiques qui sous les formes de vie qu'elles constituent, continuent à nous dominer de toute façon, que l'on ait viré " Roger Smith le patron " ou pas : le problème d'une sortie de la cage de fer de la valeur, c'est moins de dénoncer les patrons, les traders, les actionnaires, les paradis fiscaux, pour les remplacer par des " de gauche " ou " moraliser le système " - une grosse blague - que de penser un arrachement aux formes de vie et de socialisation modernes (ce qui est très loin des " petits gestes " écologistes à changer dans un " mode de vie " que l'on appréhende que du côté du consommateur, c'est-à-dire de manière complètement scotomisée et naturalisante - les décroissants sur ce plan là sont eux-aussi totalement dans le marxisme traditionnel du travail). Une simple dénonciation ou un espoir dans une " régulation politique " est illusoire dans une société fétichiste. Copenhague avait fait rêver les écologistes et l'opinion publique médiacratique et même le bon sens des populations, sa décision (son absence bien sûr) nous a enfin ramené à la dure réalité : c'est bien joli tous les doux rêves de régulation des écologistes mais nous vivons simplement dans ce qu'on appelle le capitalisme... Il y a un an, l'opinion française et mondiale s'enthousiamait hystériquement pour Barak Obama incarnant le volontarisme, mais c'est quoi la volonté politique dans un capitalisme fétichiste ? Et on pensait que plus jamais la crise de 2008 grâce à la politique et à son petit bulletin dans une urne (attention il va falloir bientôt voter ! il faut se tenir prêt...) ? Un mouvement de sortie de l'économie, c'est-à-dire un mouvement d'arrachement au travail, ne peut être en quelque sorte qu'antipolitique.

Tout ça pour dire, et pour revenir à la " classe des propriétaires", que dans notre impuissance (nous déjà, les vendeurs simples de leur force de travail physique et intellectuelle), on rencontre aussi l'impuissance des cadres (le suicide aussi est important et ils se font exploiter à mort avec des temps de travail très extensif, et la vie affective, familiale... très précaire qu'ils doivent parfois aussi accepter), du management, des patrons et des capitalistes, qui eux aussi, mais à un autre niveau, subissent aussi à mort les lois de la guerre économique de la compétitivité. Les directions d'entreprise ont des pressions énormes sur elles pour faire du fric avec du fric, il faut pas imaginer que " là haut " c'est un long fleuve tranquille. Ces individus qui endossent volontiers en en subissant les contreparties (méfaits et intérêts), sont plutôt les fonctionnaires du sujet automatique du capital, car s'ils veulent jouer à faire plus de fric ils doivent bien se courber devant les mécanismes abstraits et automates de la valorisation pour les accompagner. Se pose bien sûr la question de la responsabilité individuelle pour eux (mais aussi pour nous). Je reprend là un texte de Robert Kurz qui me semble porte à réfléchir sur cette question, et qui en même temps répond à ceux qui penseraient (comme Pascal Dumontier) qu'il y aurait là un retour d'un " déterminisme économique " (ce qui serait à mon sens déjà très étrange de toute façon quand au contraire de ce que fait l'économisme, on part des principes de constitution sociaux de la socialité) :

Citation:
" Tout ceci soulève naturellement le problème de la responsabilité. La conception simple du monde du marxisme du mouvement ouvrier distinguait encore nettement entre le " nous " et les " autres ", le " bien " a priori et le " mal " a priori dans ce que voulaient les classes sociales. Mais si le complexe commun constitué par le travail abstrait, la forme marchandise, la citoyenneté, etc., entre dans le champ de la critique, où se trouve alors la responsabilité ? Peut-on rendre un complexe de structure aveugle, peut-on rendre le sujet automatique responsable de quoi que ce soit, même s'il s'agit des pires crimes ? Inversement : si finalement la barbarie capitaliste est présente dans les contraintes silencieuses de la concurrence, les exactions des méchants managers, du sale politicien, du bureaucrate affecté à la gestion de crises, du boucher entaché de sang de l'état d'exception ne sont-elles pas excusées d'une certaine façon, parce que toujours conditionnées et causées par les lois structurelles de la " seconde nature " [la socialisation abstraite par le travail] ?

Une telle argumentation oublie que la notion de sujet automatique [du capital, seul sujet qui anime ses créatures les individus qui eux sont plongés dans l'impuissance] est une métaphore paradoxale pour un rapport social paradoxal. Le sujet automatique n'est pas une existence à part se cachant quelque part dehors, mais il est la sphère d'influence sociale qui oblige les hommes à subordonner leurs propres agissements à l'automatisme de l'argent capitalisé. Mais ne sont-ce pas toujours les individus qui agissent ? La concurrence, la lutte pour une survie artificiellement suscitée, les crises, etc, font apparaitre la force de la barbarie. Cependant en pratique, il faut bien que cette barbarie soit le fait d'acteurs humains, donc elle passe à travers leur conscience. Voilà pouquoi les individus sont subjectivement responsables de leurs actes, autant le méchant manager et le sale politicien que, de l'autre coté, le chomeur raciste et la mère célibataire antisémite.

Tous les jours il faut que soit surmonté l'énorme potentiel de peur et de menace qui pèse sur cette société. A chaque instant, les individus prennent des décisions qui ne sont jamais complètement dénuées d'alternative - ni à la petite échelle de la vie quotidienne ni à la grande échelle de la société et de l'histoire. Personne n'est qu'une marionnette sans volonté, tout le monde doit se libérer des effarantes contradictions, des angoisses et des souffrances de cette emprise de la peur. Il n'y a rien d'absurde à concentre l'indispensable critique de la société sur le niveau des structures sociales générales, sur le travail abstrait et le sujet automatique, mais, en même temps, à rendre les individus agissants responsables de leurs actes, même si leur statut social leur vaut l'état d'irresponsabilité.

Marx a évoqué tous les niveaux de la barbarie capitaliste. Mais que ce soit justement le Marx ésotérique qui associe la critique catégorique des formes sociales capitalistes à l'indignation provoquée par les actes de barbarie et accuse les responsables avec une rare violence, est ce qui rend sa lecture aussi alarmante. En effet, on se rend compte là, avec inquiétude, que c'est le capital, parce qu'il n'est justement pas un simple rapport subjectif de volonté, qui, par son caractère fétiche irrationnel, engendre la mauvaise volonté - l'irresponsabilité des responsables et la responsabilité des irresponsables.

dans Robert Kurz, Lire Marx, La Balustrade, 2002, épuisé, p. 213-214.


Sur notre " seconde nature " produite par la société elle-même fétichiste (du fait du statut de l'abstraction en tant qu' " abstraction réelle ") et " seconde nature " qui n'existe que dans les conditions modernes :

Citation:

Article Wikipedia sur " Guy Debord " :

Lukács décrit ainsi cette nouvelle situation : « Car, d'une part, les hommes brisent, dissolvent et abandonnent toujours plus les liens simplement « naturels », irrationnels et « effectifs », mais, d'autre part et simultanément, ils élèvent autour d'eux, dans cette réalité créée par eux-mêmes, « produites par eux-mêmes », une sorte de seconde nature dont le déroulement s'oppose à eux avec la même impitoyable conformité à des lois que le faisaient autrefois les puissances naturelles irrationnelles (plus précisément : les rapports sociaux qui leur apparaissaient sous cette forme). « Leur propre mouvement social, dit Marx, possède pour eux la forme d'un mouvement des choses, sous le contrôle desquelles ils se trouvent au lieu de les contrôler » Histoire et conscience de classe (1923), éditions de minuit (1960) page 163.



Edité par Kobayashi - 31 Jan 2010 à 13:39
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