Forum Unité Communiste Page d'accueil
  Sujets actifs Sujets actifs
  FAQ FAQ  Rechercher dans le Forum   Calendrier   Inscription Inscription  Connexion Connexion
Accueil Forum Accueil Forum > Actualités > Actualités francophones

En Belgique aussi, des patrons voyous

 Répondre Répondre
Auteur
Message
  Sujet Recherche Sujet Recherche  Options des sujets Options des sujets
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: En Belgique aussi, des patrons voyous
    Envoyé : 05 Feb 2010 à 18:36

En Belgique aussi, des patrons voyous

L’annonce de la fermeture de l’usine Opel a été la goutte d’eau faisant déborder les salariés belges, qui ont manifesté le 30 janvier dernier. Entretien avec Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB, syndicat socialiste belge.

A l’issue de la manifestation du 30 janvier, Anne Demelenne a accordé à l’Humanité un entretien dans lequel elle livre son regard sur la situation économique et sociale belge (à lire aussi, le reportage dans l’HD n°197, en kiosque à partir du 04/02/2010). En Belgique, 12,1% de la population active était au chômage en décembre 2009.

La Belgique est sous le choc de l’annonce de la fermeture du site d’Opel à Anvers. Est-ce cette annonce qui a déclenché cette manifestation ?

C’est l’accumulation de toutes les restructurations que l’on a vécues non seulement en 2009 et qui continuent en 2010. De nombreuses luttes sur le terrain ont été organisées, comme chez InBev. Ce cas est purement et simplement révoltant pour nous, syndicat belge. Inbev réalise un bénéfice avant impôt de 2,5 milliards, distribue 785 millions d’euros de dividendes aux actionnaires et veut donner de plantureux bonus aux dirigeants s’ils réduisent encore les coûts. En plus de cela, il faut savoir qu’Inbev a reçu des déductions fiscales à hauteur de 70 000 euros ! C’est un exemple imbuvable, exemplaire dans le mauvais sens du terme, de ce qu’il ne faut pas faire. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement belge de conditionner les aides publiques au maintien et à la création de l’emploi. On ne peut pas se permettre de gaspiller l’argent de la collectivité pour des entreprises qui n’en ont pas besoin. Une autre chose nous fait réagir : l’Europe est restée jusqu’à présent les bras croisés par rapport à tout ce qui se passe et laisse faire au niveau des Etats-membres. Il faut que l’Europe dégage des moyens pour financer un plan écosolidaire, pour investir dans des filières d’avenir, dans des emplois durables et faire en sorte que les emplois aient un avenir. Nous soutenons la proposition portée par la CES qui consiste à prélever 0,025% de taxe sur les transactions financières pour financer ce plan. Ce dont nous ne voulons pas, c’est que l’Europe sacrifie, dans ses budgets, les aspects sociaux. Nous voulons des moyens supplémentaires, puisés au niveau du monde financier, qui continue sa spéculation comme si de rien n’était.

On peut avoir le sentiment que les salariés sont les victimes d’une forme de concurrence entre les Etats via le versement d’aides nationales…

Le danger réel serait le réflexe protectionniste. Dans certains Etats membres, on assiste à ce retour qui va à contre-sens de ce qu’il faut faire. En tout cas, la solidarité est là au niveau syndical. IG-Metall soutient très clairement, à tout prix, le maintien de l’activité au niveau d’Opel à Anvers. La solidarité existe. Nous le démontrerons d’ailleurs très bientôt. Le problème est que l’Europe doit être aux commandes en matière d’emplois. Ces cas nous démontrent à quel point nous devons continuer notre mobilisation au niveau national et aussi, et surtout, au niveau européen. C’est un enjeu considérable.

Quelles sont les raisons de ces vagues actuelles de licenciement ?

Les deux raisons principales. La crise financière a engendré une crise économique qui est maintenant une crise sociale. Des emplois liés à la consommation et à cette baisse de consommation disparaissent. Mais au-delà, si l’on prend le cas d’Opel Anvers, par exemple, de mauvais choix en matière industrielle ont été effectués : à partir du moment où l’on continue à produire des 4x4 quand l’heure est aux automobiles peu consommatrices en carburant, la politique ne colle pas aux besoins de la consommation. Au-delà, le gros problème est la financiarisation de l’économie. Le cas Inbev est un exemple édifiant, un retour sur investissement est demandé par rapport à un bénéfice qui existe mais qui mange toute la part qui devrait être consacrée aux investissements et aux salaires. Cette financiarisation de l’économie, cette recherche du profit maximum, fait que l’on contraint les entreprises à réduire de plus en plus les coûts, à savoir aussi les coûts du facteur travail. C’est le gros souci. Cette financiarisation de l’économie met l’économie réelle à genou. Et certains profitent de la crise pour restructurer ! L’appétit des actionnaires, des dirigeants, n’est pas adaptée à la situation.

Entretien réalisé par Fabien Perrier

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Feb 2010 à 20:29
Laissez-nous travailler !
Peter Mertens (Président du PTB)   

Les patrons organisent une pétition. La dernière doit remonter à longtemps. Sous l’intitulé «Laissez-nous entreprendre », onze organisations patronales ont concocté la liste de leurs desiderata. Lors de leur conférence de presse, Pieter Timmermans, de la FEB, a déclaré: « Nous transformons la force de travail en pouvoir d’achat ! » Cette phrase est doublement mensongère(*).



 

D’abord, les grandes entreprises ne transforment pas la force de travail en augmentations de salaire, mais en bénéfices faramineux. Lesquels sont distribués sous forme de plantureux dividendes et bonus. D’année en année, de nombreuses études l’ont montré : la part des salaires baisse en proportion de la richesse produite.

Mais il y a plus. Pour garantir des rendements toujours plus hauts, une part importante de la force de travail est détruite. C’est contre ça que les travailleurs des brasseries de Jupille et de Louvain ont réagi. AB Inbev veut supprimer 800 emplois en Europe alors qu’il va donner près d’un milliard d’euros de dividendes à ses actionnaires.

Le capitalisme s’est ainsi mué en une économie de restructuration permanente. Son but est de transformer la force de travail en chômage afin de gagner la prochaine bataille concurrentielle. Qui licencie le plus vite a le plus de chances de devenir le plus grand ou de le rester. Pour préparer l’avenir, comme on dit.

C’est aussi l’esprit de la pétition patronale. L’une de ses exigences centrales est que les employés doivent pouvoir être licenciés plus facilement. Karel Van Eetvelt, chef de Unizo, l’organisation des patrons de PME, a ainsi mis les points sur les i : « Le délai de préavis devrait pouvoir être très court. » Transformer la force de travail en pouvoir d’achat ? Non. La main d’oeuvre doit pouvoir être embauchée plus facilement et, ensuite, être jetée sans problème. Une fois la force de travail mise à la rue, elle doit être remise au boulot manu militari –pour n’importe quels salaires et dans n’importe quelles conditions. Pieter Timmermans de la FEB a osé déclarer au JT d’une chaîne belge néerlandophone: « Les chômeurs doivent être ramassés illico par la peau du cou. » Enrichissement scandaleux d’un côté, oppression incessante de l’autre.

Pour une loi AB InBev qui protège les travailleurs


Derrière AB InBev, on retrouve trois des familles d’actionnaires les plus riches de Belgique : les de Spoelberch, de Mévius et Vandamme, chacune à la tête d’une fortune moyenne de 4 milliards d’euros. De fortune personnelle. Leur entreprise continue à engranger des bénéfices, le flux des dividendes ne se tarit pas. Quelle est donc la sacro-sainte loi qui empêche d’intervenir ? Quelqu’un peut-il expliquer pourquoi, dans ce cas, ce sont les travailleurs qui doivent casquer afin que les familles comme les Spoelberch touchent encore plus de dividendes ?

Or les patrons laissent ces familles millionnaires hors d’atteinte. « Laissez-nous entreprendre » tire sur le monde du travail : travailler plus longtemps, licencier plus facilement et, ensuite, pointer un doigt accusateur sur les chômeurs. Les patrons veulent utiliser la crise pour imposer leurs plans (prêts depuis belle lurette) avec une thérapie de choc. C’est du hooliganisme social.

Les travailleurs ne doivent pas être facilement jetables, ils doivent être au contraire davantage protégés. Par une nouvelle loi. Une loi AB Inbev, par analogie avec la loi Renault. Une loi qui interdise aux entreprises rentables de licencier. Pour que les entreprises qui font des bénéfices, versent des dividendes ou qui ont constitué des réserves ne puissent pas réaliser de licenciements collectifs. Pour qu’en cas de non-respect de la loi, la totalité des aides publiques, des avantages fiscaux et des réductions de cotisations sociales doive être remboursée immédiatement. De cette manière, on peut protéger par une loi le tissu industriel et l’emploi.

Notre pays compte aujourd’hui plus de 800 000 chômeurs. Y-a-t-il quelqu’un qui pense réellement qu’on va pouvoir des centaines de milliers d’entre eux en affirmant qu’on va « les prendre par la peu du cou »? Blâmer la victime ne crée pas d’emplois.

Nous avons besoin d’une politique d’activation, oui, mais pour activer les plus grandes fortunes. 

La Belgique est le pays qui compte le plus grand nombre de millionnaires de l’Union européenne, en proportion de ses habitants, selon le rapport du Boston Consulting Group. Un paradis fiscal pour les grosses fortunes. Ça ne peut plus durer. Toutes les forces démocratiques doivent relever leurs manches. Activer les fortunes pour créer des emplois publics. Cela pourrait amener des dizaines de milliers de nouveaux emplois dans le secteur social, les services publics, le secteur du bien-être et l’enseignement. C’est la revendication de www.taxedesmillionnaires.be . Par laquelle  2 % des Belges les plus riches paieraient entre 2 et 3 % d’impôt de solidarité sur leur fortune. Cela existe déjà en France. Ici, il pourrait rapporter 8,7 milliards d’euros.

Nous sommes des socialistes car nous voulons une société qui ne détruit pas les sources de la prospérité, mais les respecte. Le travail est le père de la prospérité, la nature en est la mère. Une société décente ne  tue ni son père, ni sa mère.

Laissez-nous travailler !

 

Source: lalibre



Edité par T 34 - 27 Feb 2010 à 20:11
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Feb 2010 à 20:11

Belgique. Nouvelle catastrophe sociale

Par Françoise Germain-Robin, journaliste

Il y a un mois, c’est le groupe américain General Motors qui annonçait la fermeture de son usine Opel d’Anvers et la perte de 2 600 emplois. Mardi, c’est au tour du groupe français Carrefour de plonger la Belgique dans la consternation  : 21 magasins – 14 supermarchés et 7 hypers – seront fermés d’ici à juin. 1 762 emplois supprimés d’un trait de plume. Plus les 270 dus à la fermeture du dépôt de Ternat, l’un des trois qui alimentent les 117 magasins du groupe. Et comme si cela ne suffisait pas, le patron de Carrefour Belgique a annoncé dans la foulée la remise en cause des acquis sociaux pour celles et ceux qui restent  : baisses de salaires, suppressions de vacances, de pauses 
et de primes. La douche glacée au sortir de l’hiver.

Abasourdis, les salariés balancent entre peine, rage et colère. Même s’ils s’attendaient à un mauvais coup car la greffe du groupe, il y a dix ans, sur le réseau de distribution belge n’avait pas bien pris. Ils ont réagi mercredi par des grèves spontanées. Mais hier, le front commun syndical (1) a décidé une grève totale samedi. Il dénonce le chantage à l’emploi de la direction pour imposer un recul social sans précédent. « On demande aux employés d’accepter des baisses de salaires et des conditions de travail plus pénibles, faute de quoi c’est 5 000 emplois qui disparaîtraient  ! » s’indigne la secrétaire générale de la FGTB, Anne Demelenne. Elle dénonce « une politique industrielle désastreuse » qui a favorisé « la financiarisation de l’économie » et demande que les aides soient « conditionnées au maintien de l’emploi ». « Carrefour, 
dit-elle, aurait bénéficié de 130 millions d’euros en 2008 pour concentrer ses activités financières en Belgique. » 
Des négociations doivent s’ouvrir le 3 mars. Mais le ministre de l’Emploi, André Antoine (CDH), s’attend à plus de licenciements, Carrefour ayant manifesté l’intention de céder 20 autres magasins et n’excluant pas de quitter le pays.

(1) Il regroupe l’ensemble des organisations syndicales (socialiste, libérale, chrétienne) du secteur.

Source

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Mar 2010 à 00:34
Les dessous des licenciements de Carrefour en Belgique
 
 
Bernard, Ferrara & Pestieau   

Carrefour a annoncé le licenciement de 1 672 personnes et menace l’emploi d’au moins 3 000 autres. Les syndicats refusent le changement de commission paritaire, la fermeture ou la franchisation des magasins et réclament le maintien des 15 000 emplois dans un groupe intégré. Solidaire a enquêté et retrouvé les chiffres qui révèlent une stratégie et une situation financière pas si moche que ça pour les actionnaires. Avec, à la manoeuvre, Bernard Arnault « LVMH », deuxième fortune de France.



Carrefour veut-il quitter la Belgique ?


La question est sur beaucoup de lèvres depuis l’annonce du plan ce 23 février : Carrefour veut-il vraiment rester en Belgique ? Et à quelles conditions ? Les travailleurs de Carrefour retiennent leur souffle.Le pouvoir d’achat de la population diminue. Chaque semaine, vous vous en rendez compte quand vous passez à la caisse de votre supermarché. Le gâteau à partager entre les géants de la distribution est donc plus petit, et chacun y va de sa stratégie pour garder au moins sa part de marché.     Le 30 juin 2009, Carrefour a tenu à Paris une journée investisseurs consacrée à la mise en œuvre de son plan de transformation. Objectif : « être le commerçant préféré » La Belgique, avec la France, l’Italie et l’Espagne fait partie du «G4» des plans d’avenir de Carrefour. Le G4 constitue un des piliers de la stratégie de développement de Carrefour.  


Extrait de l’introduction à la journée : « A l’horizon 2012, le groupe attend des gains totalisant 4,5 milliards d’euros, principalement centrés sur la France, l’Espagne, l’Italie et la Belgique. Pour y arriver, il faut des économies pour 3,1 milliards d’euros par la refonte du modèle de fonctionnement. »  


La Belgique fait donc partie des plans d’avenir de Carrefour. Mais sous quelle forme ? Vous aurez compris que la « refonte du modèle de fonctionnement » veut dire modification des pratiques commerciales et diminution de la masse salariale.

 

Vendre « Carrefour » à toutes les étapes


Carrefour veut rester en Belgique et compte augmenter son bénéfice, notamment en agissant comme le fournisseur en titre de tous les magasins de l’enseigne et en élargissant le nombre de franchisés (magasins ayant l’enseigne Carrefour mais géré par des indépendants). C’est en analysant cette stratégie dans son ensemble qu’on découvre comment Carrefour pompe de l’argent de ses magasins en Blegique pour les rapatrier dans les coffres de ses actionnaires.


D’abord, le groupe a décidé de mettre l’accent sur la promotion de ses propres marques. C’est ce qui lui rapporte le plus. Par exemple. Carrefour fait fabriquer du beurre sous la marque “Carrefour”. Elle vend le beurre à son magasin qui le revend avec bénéfice. Tout cela est inscrit dans la comptabilité du magasin. Carrefour au niveau central comptabilise des bénéfices au niveau de la première vente et ensuite de la vente en magasin. Le profit que le magasin va pouvoir faire va largement dépendre du prix d’achat à la centrale. Si le prix d’achat à la centrale est plus cher, le magasin aura moins de marge de profit. Mais Carrefour fait du profit de toute façon. Le magasin peut même être en perte, Carrefour encaisse quand même du bénéfice grâce à ce magasin. Le problème de Carrefour n’est pas le manque de profit mais la volonté d’en faire plus. Cela peut expliquer pourquoi certains magasins font des pertes alors que les travailleurs se sont donnés à fond pour les faire marcher. Il est possible que l’écriture comptable d’un magasin affiche une perte, mais ce qui est sûr, c’est que Carrefour fait plus de 300 millions d’euros de profit. Pour le reste, il peut arranger les comptes pour mettre la pression, pour payer moins d’impôts, etc.


Autre formule, qui permet encore plus de gain, la franchise. Un indépendant investit pour ouvrir une superette et passe un contrat de franchise avec Carrefour. C’est-à-dire qu’il s’engage à vendre les produits que lui fournit Carrefour. Si son commerce marche bien, tant mieux. Si ça ne marche pas, il fait faillite, mais Carrefour est de toute façon gagnant. Dans ce genre de magasins, les conditions de salaire et de travail sont largement inférieures à celles des hypermarchés Carrefour. C’est la formule qui a la préférence du groupe en Belgique. Car si la marge générale chez Carrefour est de 4% dans la vente, la franchise tourne autour des 20% si on additionne la marge sur la vente des produits aux franchisés, la location immobilière et l’apport en capital du franchisé. C’est pas mal, et ça permet de ne pas devoir « se farcir les inconvénients » : investissements, syndicats, etc...

 

Carrefour et Mestdagh : l’œuf et la poule


Lors de l’annonce du plan de restructuration, la direction de Carrefour a parlé de l’éventualité de céder 20 magasins au groupe Mestdagh. Pourquoi ? Retournons un peu en arrière.


En 1995, le groupe familial Mestdagh s’allie au groupe français Promodes, propriétaire de la marque Champion, qui prend 25% des parts. En 1996, c’est l’ouverture du premier «  Champion » en Belgique. En 1999, Carrefour fusionne avec Promodes et reprend donc la participation de 25% dans Mestdagh. En  France, tous les Champion deviendront Carrefour Market. En Belgique, ils restent sous l’enseigne Champion. Le groupe Mestdagh-Champion développe les magasins de proximité, seul secteur encore en hausse actuellement en Belgique. Carrefour lui a confié le monopole d’exploitation de sa marque Champion pour la Belgique. Mestdagh se fournit chez Carrefour : les deux enseignes ont conclu un accord de partenariat, un millier de produits vendus chez Champion sont labellisés Carrefour. Une reprise de certains magasins Carrefour par Mestdagh est donc très intéressante pour Carrefour, c’est l’assurance de la prolongation du partenariat. Et c’est un peu l’histoire de l’œuf et de la poule : puisque Carrefour possède 25% de Mestdagh, s’il lui vend des magasins, il les vend un peu à lui-même. Opération tout bénéfice : Carrefour empoche les aides de l’état pour le plan social et continue à encaisser les bénéfices grâce à ses 25% chez Mestdagh. Carrefour est assuré de contrôler les prix des fournitures à Champion et les travailleurs qui passent chez Mestdagh se retrouvent d’office dans la commission paritaire 202, beaucoup moins avantageuse que l’actuelle commission paritaire de Carrefour.

 

Bernard Arnault, l’homme qui se cache derrière les licenciements


Il y a deux ans, Bernard Arnault, la deuxième fortune de France, ami intime de Sarkozy, débarque dans l’actionnariat de Carrefour. Pour ce milliardaire, Carrefour doit rapporter plus. Quitte à sabrer dans l’emploi.L’actionnaire principal de Carrefour, Bernard Arnault possède 14,5 milliards d’euros. C’est la deuxième fortune de France. Combien d’années doit travailler une caissière pour posséder autant ? Plus de 800 000 années de travail en laissant 1500 euros de côté chaque mois!


Dans la distribution, le rendement est en général faible mais stable. Autrement dit, si l’action rapporte peu, elle rapporte sûrement, car les gens devront toujours faire leurs achats de base (alimentation, vêtements,…). Cela intéresse donc beaucoup de petits actionnaires. Mais on rencontre aussi quelques requins de la finance chez Carrefour. Solidaire (25 février) vous a déjà présenté Robert Halley, 11e fortune de France et Jacques Badin, domicilié en Belgique pour échapper à l’impôt français sur la fortune. Depuis mars 2008, le premier actionnaire est le groupe de Bernard Arnault, qui, à travers les fonds Blue Capital et Colony Capital, détient 11 % des parts. Arnault c’est aussi, pour ceux qui ne le savent pas, le groupe LVMH, leader mondial de l’industrie du luxe (Luis Vuitton, champagne Moet et Chandon, parfums Christian Dior,…). Personnellement, il possède 14,5 milliards d’euros. D’après le magazine Challenges, il est la deuxième fortune de France, juste derrière les Mulliez, propriétaires du groupe Auchan (tiens, aussi la grande distribution). Le Monde diplomatique (août 2008) révèle que son salaire chez Carrefour est de 3 millions d’euros, et qu’il a touché 335 millions d’euros de dividendes en 2007. De plus, il a perçu en tant que dirigeant de LVMH 4 millions d’euros en 2008, ce qui fait de lui le deuxième patron le mieux payé de France.

    Un investisseur comme Arnault espère un rendement beaucoup plus élevé et rapide. Ce qui explique la nouvelle stratégie de Carrefour, axée sur une diminution des coûts, d’une part, et une expansion là où ça rapporte le plus d’autre part. C’est pourquoi ils ont engagé comme PDG Lars Olofsson, ancien dirigeant du groupe agroalimentaire suisse Nestlé, le qualifiant de « professionnel ayant une connaissance intime du marketing, des produits de marques » (La Libre, 25 février).

 

Deuxième au monde, derrière Wal-Mart


« Malgré une grosse restructuration en 2007, Carrefour continue à perdre de l’argent », affirme la direction pour justifier la fermeture de 21 magasins. Mais le groupe Carrefour est-il si mal en point qu’il le prétend ?

En quarante ans, le groupe Carrefour est en fait devenu un leader de la distribution dans le monde. Il est le deuxième mondial, derrière le groupe nord-américain Wal-Mart, et premier en Europe. Actuellement, près de la moitié du chiffre d’affaire (44%) se fait en France, 37% en Europe (hors France), 12% en Amérique et 7% en Asie.


Il a fait 1,2 milliard d’euros de bénéfice net en 2008 et 327 millions d’euros en 2009. Même s’il diminue, le profit est toujours bien là. Le groupe est bien sûr coté en Bourse. Les comptes d’une multinationale (comme dans l’automobile) sont établis en fonction des objectifs du groupe. Les seuls chiffres qui sont « réels » sont ceux du groupe. Ce sont donc les chiffres de l’ensemble qu’il faut bien examiner pour pouvoir en tirer des conclusions. Car comme on l’a vu avec l’exemple du beurre (voir ci-dessus) il y a bien souvent des transferts de profits des filiales vers le groupe...

    Dans le monde entier, presque 500 000 personnes travaillent pour Carrefour, ce qui fait du groupe le 7e employeur mondial. Dans notre pays, le groupe représente 15 000 emplois ce qui fait de Carrefour le 4e employeur belge, derrière La Poste, la SNCB et Randstad. Les 15 000 travailleurs de Belgique ont réalisé ensemble un chiffre d’affaires commercial de 5,2 milliards d’euros en 2008 et 66 millions de bénéfice. Mais le centre de coordination de Carrefour a fait 391 millions d’euros de profit.

 

Source: Solidaire (1 et 2)



Edité par T 34 - 19 Mar 2010 à 00:35
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Jun 2010 à 20:27

Belgique. Une grève qui a su brasser au-delà des frontières

À Liège, les salariés du producteur de bière Inbev ont méné leur mouvement vers la victoire malgré les barrières linguistiques.

Liège, correspondance.

Délégué principal FGTB (1) de l’usine de bière Inbev de Jupille, Nino Militello, attablé à une terrasse avec quelques camarades, raconte le combat qu’ils mènent depuis le début de l’année. « Il y avait 300 emplois menacés sur les 3 000 du groupe en Belgique, précise-t-il. Il faut savoir que le groupe AB-Inbev est le plus grand brasseur du monde et fait des bénéfices colossaux. Et en plus, il bénéficie d’aides de l’État  : 70 millions d’euros au nom des intérêts notionnels en 2009  ! Nous avons, avec les collègues de Flandre, activé “la loi Renault”, qui oblige les patrons à consulter les syndicats avant de pouvoir fermer une usine. Ils ont refusé. Résultat, tous ensemble, Wallons, Flamands et Bruxellois, nous avons déclenché une grève avec blocus de l’entreprise  : les travailleurs passaient, mais pas les marchandises. Cela a duré dix-sept jours ici, seize jours à Louvain. Le patron a jeté l’éponge. Il n’y a eu aucun licenciement. Et le tribunal du travail de Liège nous a donné raison en estimant que le patron avait eu une attitude immorale  ! » Un jugement dont Nino et ses camarades espèrent qu’il fera jurisprudence. Pour eux, il est clair que l’unité d’action a été pour beaucoup dans ce succès. « Il n’y a pas clivages linguistiques chez les travailleurs. Nous avons les mêmes problèmes, nous sommes solidaires et cela doit rester ainsi. Ce sont les partis qui montent le problème communautaire. Cela sert de tremplin à des politiciens comme ce De Croo, que personne ne connaissait. »

Du coup, Nino a accepté d’être « candidat d’ouverture » sur la liste PTB à Liège, ville du chef du MR (libéral), Didier Reynders, inventeur des fameux intérêts notionnels, version belge du bouclier fiscal, et où un bourgmestre socialiste n’empêche pas le service public d’être mis à mal. « Il y a eu l’annonce de la fermeture de deux bureaux dans le quartier de Sainte-Marguerite, mon quartier, dit François Ferrara, qui travaille aussi chez Jupiler. Petit-fils d’un Sicilien « importé » après guerre pour travailler à la mine, c’est un personnage haut en couleur avec sa casquette à la Che Guevara, qui « explique la loi de la valeur en wallon ». « On a pu garder un bureau de poste grâce à la démocratie participative, en faisant des assemblées populaires auxquelles les gens, ici, ne sont plus habitués. On va continuer. »

Françoise Germain-Robin

(1) Fédération générale des travailleurs de Belgique.

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Dec 2010 à 22:45

50 sociétés, 14,3 milliards de ristournes fiscales

 


Marco Van Hees

 

Entreprises belges ou filiales belges de multinationales étrangères, elles réalisent des bénéfices gigantesques. Mais, dans notre paradis fiscal pour riches, elles ne payent en moyenne que… 0,57 % d’impôts.

Après nos révélations de ces dernières semaines sur le peu d’impôts payés par ArcelorMittal, Janssen Pharmaceutica ou Electrabel, nous pensions être au bout de nos surprises. Pourtant, le classement exclusif que nous vous livrons ici montre que ces cas ne sont pas exceptionnels parmi les grandes entreprises de notre pays.

Ce classement se base sur un calcul assez simple. Dans notre pays, le taux de l’impôt des sociétés est officiellement de 33,99 %. Mais c’est sans compter avec les nombreuses déductions fiscales qui sont autant de cadeaux grevant les recettes de l’État. Nous avons donc comparé l’impôt réel payé par ces sociétés à l’impôt qu’elles auraient payé si elles avaient été vraiment soumises au taux de 33,99 %. La différence entre ces deux montants, c’est ce que nous appelons la ristourne fiscale. Nous avons ainsi retenu les cinquante sociétés belges ayant obtenu les plus grosses ristournes fiscales.

Ces sociétés affichent ensemble un bénéfice total de 42,7 milliards d’euros, sur lequel elles payent à peine 0,2 milliard d’impôts. Soit un taux d’imposition de 0,57 %. Si elles avaient payé le taux normal de 33,99 %, les caisses de l’état se seraient alourdies de 14,3 milliards.

Et même si l’on maintenait la déduction des « revenus définitivement taxés », pourtant discutables (lire Le catalogue de Saint-Nicolas) et celle des pertes antérieures, mais en supprimant les autres déductions, l’Etat gagnerait encore 9,9 milliards.

9,9 ou 14,3 milliards, ces montants ne vous disent peut-être pas grand-chose, à part qu’ils sont énormes. Voici un point de repère éclairant : en 2009, l’impôt payé par toutes les sociétés du pays a atteint 8,1 milliards d’euros.

Pour l’exprimer autrement : en contraignant cinquante grosses sociétés à payer… l’impôt normal, on aurait déjà trouvé une partie substantielle des 22 milliards nécessaires pour combler le déficit belge d’ici 2015.

Si certains estiment, pour l'une ou l'autre raison, qu'il faut maintenir les cadeaux à ces entreprises, ils peuvent verser le montant de leur choix sur le compte de Saint Nicolas 271-2345569-24 avec la mention « Une Saint-Nicolas pour les multinationales ». Attention, ce versement n'est pas fiscalement déductible.

Consultez ici le dossier complet en pdf.

Top 50 des plus grosses ristournes fiscales

(Voir tableau sur le site de Michel Collon)
 
Source : Solidaire
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Oct 2011 à 19:25

À Liège, Mittal veut rayer la sidérurgie de la carte

En Belgique, la multinationale ArcelorMittal prétend fermer ses deux derniers hauts-fourneaux. Ecœurés, les ouvriers ont une solution : que l’État ou la région wallonne rachète !

Pourquoi Dexia et pas nous ?» Chez ArcelorMittal, à Liège (Belgique), les ouvriers sidérurgistes ont une solution pour empêcher la fermeture des deux hauts-fourneaux, annoncée officieusement depuis jeudi matin, et la destruction de près de 2 000 emplois directs et indirects dans l’un des berceaux européens de l’industrie de l’acier : avec leur front commun syndical FGTB et CSC, ils proposent de «nationaliser» ou plus exactement de «régionaliser» les sites menacés. Selon eux, alors que l’État belge vient de débloquer plus de 4 milliards d’euros pour nationaliser la branche Crédit communal de Dexia, l’État ou la région wallonne pourrait débourser un milliard d’euros afin de protéger l’activité et les emplois dans le Bassin liégeois.

Pour l’heure, la décision de fermeture des hauts-fourneaux, mis à l’arrêt depuis des mois, comme ceux de Florange (Moselle), n’a pas encore été annoncée en bonne et due forme aux représentants syndicaux. Le conseil d’entreprise extraordinaire, prévu jeudi matin, a été reporté, 200 à 300 ouvriers ayant décidé de se rassembler devant le lieu de la réunion. « Ils ne se sentaient pas en sécurité, les patrons, ricane Geoffrey Schenk, délégué FGTB à Chertal. Évidemment, quand les salariés ont compris ce qui se préparait, ils ont débrayé… On sort d’un conflit au terme duquel on avait obtenu quelques avancées sociales, on ne s’attendait pas à une attaque ! Bien sûr, la direction avait refusé de s’engager sur la pérennité du bassin, mais là, tout s’éclaire : ils veulent tout détruire et ils avaient un plan, derrière notre accord, avec deux haches pour couper les têtes…» Ministre PS de l’Économie de la région wallonne, Jean-Claude Marcourt dit craindre qu’ArcelorMittal ne refuse de vendre les sites qui sont pourtant rentables : «Si un repreneur venait, ce serait viable, mais ce n’est pas dans la tradition d’ArcelorMittal de vendre à des concurrents !» Sur les sites d’ArcelorMittal, en amont et en aval de Liège, les ouvriers préparent la riposte. «Ce vendredi, on repart, on va continuer les travaux de mise sous cocon pour passer l’hiver, promet Geoffrey Schenk. On veut démontrer qu’on n’a pas besoin de Mittal pour s’en sortir. Qu’il parte, s’il veut, mais qu’il nous laisse reprendre la boîte ! Nous, on va la faire vivre !»

A lire :
La stratégie spéculative de Mittal
Première riposte syndicale au plan d’austérité

Thomas Lemahieu

Source

On pourrait le renommer Haut Fourneaux sans Patron.
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Oct 2011 à 00:59

Robert Halleux : « L’avenir d'ArcelorMittal passe par une re-nationalisation »

universitaire, directeur du centre 
des sciences et des techniques 
de l’université de liège.

Avez-vous été surpris par l’annonce de fermeture 
des hauts-fourneaux ?

Robert Halleux. Ce fut un coup de massue pour tous 
les Liégeois. Mais d’un homme comme Mittal, on pouvait s’attendre à tout. Sa logique n’est pas industrielle, mais purement financière. Il a engrangé des bénéfices énormes, et maintenant, il ferme. Ce qui nous arrive, c’est l’archétype de la logique capitaliste. On est parti d’un conglomérat privé en difficulté –Cockerill, Ougrée et Espérance-Longdoz– repris en 1983 par la région wallonne 
avec le plan Gandois : une restructuration douloureuse qui 
avait abouti à Cockerill Sambre, entreprise publique 
de sidérurgie intégrée qui sortait des produits de très haute 
technologie. Après quinze ans de prospérité, dans 
la logique du capitalisme ambiant, Gandois et Delaunois 
ont persuadé la région wallonne qu’elle ne pouvait faire face aux investissements nécessaires. D’où la vente à Usinor, devenu Arcelor. On est alors entré dans une autre logique, celle de la segmentation des activités. Les décisions 
se prenaient à Luxembourg. En 2006, la région a vendu 
ses parts à Mittal, qui a fait des promesses qu’il n’a pas tenues. Les décisions se prennent à Londres ou en Inde.

Que faire maintenant ?

Robert Halleux. Il y a deux réponses : celle des socialistes au pouvoir à la région wallonne, qui cherchent un repreneur pour mettre la sidérurgie en soins palliatifs et les citoyens sous anxiolytiques en attendant les prochaines élections. Et la vraie solution : recréer une sidérurgie publique intégrée adossée aux laboratoires de haute technologie des universités. C’est celle que soutiennent les syndicats.

Delaunois, l’ex-patron, dit qu’il faut «tourner la page 
de la sidérurgie»…

Robert Halleux. Il devrait se taire : c’est lui qui nous a vendus à Usinor. Je ne crois pas du tout que la sidérurgie soit finie si on fait des produits à très haute valeur ajoutée, comme on sait les faire à Liège. On a le savoir-faire, des outils 
et des travailleurs de qualité. Quant à l’argent, il suffit que la région fasse rendre gorge à Mittal de tout ce qu’il a touché.

Entretien réalisé par F. G.-R.

Source
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Oct 2011 à 00:42

ArcelorMittal : grosse mobilisation à Liège

Au moins 10000 personnes étaient dans les rues de Liège ce mercredi matin, à l’appel des syndicats, pour protester contre la fermeture d’usines. Des Belges des Français et des Allemands ont fait le chemin.

Grosse mobilisation, et encore, de nombreux cars venus d’Allemagne, du Luxembourg et de Moselle (Florange) n’ont pas pu rejoindre de lieu de la manifestation, du fait de problèmes de circulation. Pour le premier syndicat de la métallurgie belge, la FGTB, cela reste un succès : « c’est plus que lors de nos dernières mobilisations de cette envergure ». Les manifestants se sont rassemblés sur plusieurs sites (Tilleur, Flémalle et Ougrée) pour rallier la place devant l’Hôtel de Ville. C’est là que se sont tenus de nombreux discours.

La multinationale ArcelorMittal prétend fermer ses deux derniers hauts-fourneaux de Belgique. Les ouvriers ont une solution et réclament que l’État ou la région wallonne rachète les moyens de production.

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Oct 2011 à 02:24

Les métallos dans la rue contre le pillage de Mittal

Plus de 8 000 personnes ont manifesté à Seraing près de Liège contre la fermeture annoncée des hauts fourneaux d’ArcelorMittal. Les syndicats demandent l’intervention des pouvoirs publics au niveau belge et européen.

Seraing (Belgique), envoyée spéciale. «Mittal, menteur», «Mittal, terreur» ! Les oreilles du géant de la sidérurgie ont dû siffler, hier, et même être assourdies par les milliers de voix qui s’élevaient de la place de Seraing, où s’élève la statue du fondateur des premiers hauts fourneaux liégeois, John Cockerill. Impassible sur son socle, regardant la Meuse, l’ancêtre arbore une écharpe rouge et un drapeau de la FGTB, tandis que la foule s’agglutine, rouge, verte et bleue, les couleurs des trois centrales syndicales belges (1) qui ont appelé à cette première manifestation.

 Mobilisation et solidarité

Les cortèges sont partis tôt le matin des trois autres sites de cette vallée du fer, Flemmale, Ougrée, Tilleur pour converger vers le lieu symbolique d’une activité qui, comme, le dit le président de la FGTB wallonne, Marc Goblet «est l’épine dorsale non seulement de Liège et de la Wallonie, mais de la Belgique tout entière».

D’ailleurs, des délégations de travailleurs et de syndica listes sont venues de toutes les régions de Belgique en solidarité avec ceux et celles dont l’emploi est menacé. Des sidérurgistes de Sidmar à Gand, de Genk, Charleroi, Mons et, par-delà des frontières, une forte délégation CGT et CFDT de Florange, où, comme à Liège, le prédateur Mittal sévit et menace. «On est dans la même galère», résume un de ses membres. Présents aussi en nombre, les travailleurs d’autres secteurs – la Fabrique nationale d’armes d’Herstal, la brasserie Inbev, la SNCB, les conducteurs de Bus de Liège, en lutte pour la sécurité, ceux de plusieurs hôpitaux de la région et de très nombreux enseignants.

C’est que les 581 suppressions d’emplois annoncées avec la fermeture de deux hauts fourneaux menacent bien au-delà de la sidérurgie. Elle pourrait entraîner la perte d’au moins 10 000 emplois (2). Tout le tissu social régional est menacé. D’où ce sentiment fort, palpable, de solidarité, d’appartenance à un ensemble humain qu’il n’est pas question de laisser dissoudre. Les journaux l’exprimaient clairement hier matin : la Meuse titrant : «Nous sommes tous des enfants de Cockerill», et Solidaire, journal du PTB : «Cockerill est à nous», un tract ajoutant : «Mittal nous rendra tout.»

 Vers la nationalisation

« Pas une famille dont un ou plusieurs membres n’aient travaillé pour Arcelor, ou avant, pour Cockerill», explique Jordan Atanasov, responsable régional CSC, qui, lui-même, fils d’un mineur de charbon, a commencé comme ouvrier chez Cockerill. «C’est notre histoire à tous, ici, la sidérurgie et les combats que nous et nos parents ont menés. C’est nos tripes, notre cœur. On ne va pas tout laisser saccager.» Lui aussi est pour la nationalisation, «mais, ajoute-t-il, il faut que ce soit dans un contexte européen car on est tous dans le même bateau».

Les pouvoirs publics belges n’ont pas encore réagi, mais le ministre wallon de l’Économie, Jean-Claude Marcourt, fortement interpellé, n’écarte plus l’hypothèse de la nationalisation, qu’il jugeait impossible il y a une semaine. Preuve que la mobilisation porte déjà ses fruits. Elle va continuer avec une manifestation nationale le 15 novembre et une journée d’action européenne, avec des grèves sur tous les sites d’Arcelor, le 7 décembre.

1) FGTB (socialiste) ; 
CSC (chrétienne) ; CGSLB (libérale)

2)  Voir l’Humanité du 18 octobre

Françoise Germain-Robin

Source


ArcelorMittal « Un long combat est lancé contre la fermeture »

Francis Gomez, président des métallos au sein de la FGTB, souligne la détermination du mouvement.

Cette journée est-elle importante pour vous ?

Francis Gomez. C’est 
le lancement d’un long combat. C’est important 
que cette première mobilisation soit forte, pour montrer que 
la population est aux côtés des sidérurgistes, pour faire pression sur Arcelor, mais aussi sur les pouvoirs publics. Nous voulons le retrait de la décision de fermeture prise par Mittal. Ou alors qu’il cède Arcelor et que les pouvoirs publics le reprennent. Car il y a une contradiction : il dit que le site n’est pas rentable, mais il refuse de le céder à un concurrent. En fait, son seul objectif, c’est de tirer de ses entreprises un profit maximum qu’il utilise pour racheter 
des mines de fer, car c’est là 
que se développe aujourd’hui 
une spéculation effrénée : 
le minerai représente 80% du coût de production d’une tonne d’acier. Comme toujours, le capitalisme se déplace là où il peut récolter 
le plus de profits. Sans se soucier des gens qu’il laisse sur le carreau.

 Comment faire face 
à cette stratégie destructrice ?

Francis Gomez. Par la réappropriation publique 
des moyens de production 
de la sidérurgie. Ici, on fait 
de l’acier depuis des siècles 
et on a besoin de personnes 
pour continuer. L’entreprise est viable, elle fait chaque année 
des bénéfices. La sidérurgie est l’épine dorsale de toute cette région où le chômage est déjà bien assez important, 18%. 
Pour nous, syndicats, la sidérurgie peut être maintenue et même développée, à condition 
qu’elle soit totalement intégrée : 
le chaud, le froid, la commercialisation mais aussi la recherche et développement, avec notre centre de recherche liégeois dans lequel il faut encore investir pour qu’il reste de pointe.

Vous demandez la nationalisation ?

Francis Gomez. Oui. Nous pensons que les décisions doivent être politiques, au niveau national et européen. Liège est la première touchée, mais d’autres sites suivront, en France, avec Florange, Fos, en Pologne, en Allemagne. La sidérurgie est à la base de la construction européenne, avec la CECA (comité européen du charbon et de l’acier). Comment cette même Europe peut-elle permettre à un Mittal de piller ses ressources pour se redéployer ailleurs ? L’Europe doit changer de stratégie et préserver une industrie qui est structurante pour son économie et pour son avenir.

Entretien réalisé par F. G.-R.

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Dec 2011 à 19:04

Le Parti du travail de Belgique et le Parti communiste luxembourgeois portent la revendication de la nationalisation de la sidérurgie face aux plans sociaux d'Arcelor-Mittal

arton2540-08c33 

Le Parti du travail de Belgique et le PC luxembourgeois ensemble pour la nationalisation de la sidérurgie


Communiqué repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


Gilbert Simonelli et Ali Ruckert pour le parti communiste luxembourgeois (KPL) et Hubert Hedebouw et Daniel Limbouil pour le PTB ont présenté une déclaration commune de leurs partis à la presse ce mardi matin à Esch-sur-Alzette (Luxembourg).

Un jour avant la grève d’avertissement dans la sidérurgie, qui a lieu le 7 décembre 2011 dans les usines d’ArcelorMittal en Belgique, au Luxembourg et dans d’autres pays de l’Union européenne, le Parti communiste luxembourgeois (KPL) et le Parti du Travail de Belgique (PTB) se sont rencontrés ce 6 décembre à Esch-sur-Alzette, afin de témoigner leur solidarité avec les travailleurs et leurs syndicats dans leur lutte pour le maintien des sites de production et des places de travail.

Ils introduisent leur communiqué commun par ces mots : « Qu’on en finisse avec le démontage. Pour la distribution de la production sur les différents sites. Pour de nouveaux investissements et la nationalisation de la sidérurgie ! »

« La fermeture, respectivement  «fermeture provisoire», annoncée par Mittal, de plusieurs usines de production sur plusieurs sites en Belgique, France, Espagne, Allemagne et au Luxembourg, dont la phase liquide de Cockerill à Liège et un haut-fourneau à Florange (France), ainsi que l’arrêt «provisoire» de l’usine de Schifflange et d’un laminoir à Rodange, montrent clairement que les capitalistes procèdent sans scrupules quand il s’agit de maximiser les prix et leur profit par la réduction des capacités de production, par des rationalisations et des fermeture d’usines.

Malgré les milliards d’euros de bénéfice engrangés par ArcelorMittal les années passées, les états capitalistes accompagnent le démontage des usines sidérurgiques de cadeaux massifs. ArcelorMittal n’a pas payé un cent d’impôts sur le bénéfice en Belgique, et au Luxembourg l’état va jusqu’à payer une grande partie des salaires de centaines de travailleurs sidérurgistes de la «Cellule de reclassement», pendant que des millions d’euros affluent dans les poches de la famille de milliardaires Mittal et d’une minorité de gros actionnaires.

Le KPL et le PTB constatent que cette évolution va dans la mauvaise direction et menace l’existence des usines, ainsi que de milliers d’emplois et de familles.

Ils appellent les travailleurs de la sidérurgie et leurs familles, ainsi que toute la population des régions concernées, de s’engager afin que…

soit mis un terme aux fermetures d’unités de production et au démontage de places de travail,

en cas de baisse conjoncturelle du carnet des commandes, la production soit repartie sur les divers sites de production,

soient effectués de nouveaux investissements dans la modernisation et le développement des usines,

la nationalisation de la sidérurgie soit mise à l’ordre du jour.

Parti Communiste Luxembourgeois (KPL)

Parti du Travail de Belgique (PTB)

Esch-sur-Alzette, le 6 décembre 2011

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Oct 2012 à 18:30

Ford au point mort à Genk

La firme automobile américaine veut fermer son usine en Belgique.

Quinze ans après la disparition de l’usine Renault à Vilvorde, et deux ans après celle d’Opel à Anvers, le constructeur automobile américain Ford veut fermer son site d’assemblage à Genk, dans la partie flamande, près de la frontière allemande (à ne pas confondre avec Gent, Gand en français). C’est un véritable séisme social. Ford est le premier employeur de la province du Limbourg. Environ 4 300 travailleurs devraient perdre leur emploi, 10 000 en comptant ceux qui sont employés par des sous-traitants. La surprise est d’autant plus grande que les syndicats pensaient obtenir la production du nouveau modèle de la Mondeo et qu’ils avaient convaincu les salariés d’accepter il y a deux ans des baisses de salaires et des augmentations des cadences de travail. La direction a expliqué qu’elle devait réorganiser ses activités en raison de la baisse des ventes en Europe. La fermeture de l’usine pourrait intervenir fin 2014.

Damien Roustel

Source


Ford : la Belgique sous le choc

Les syndicats cherchent une parade après l’annonce de la fermeture de l’usine automobile à Genk. Le gouvernement est désemparé.

Les titres de la presse belge reflètent jeudi le choc provoqué par l’annonce de la fermeture, d’ici à 2014, de l’usine Ford de Genk, dans le Limbourg flamand. « 10 000 emplois détruits en deux minutes » titre Het Laatste Nieuws, sur une photo d’ouvrières en larmes. Pour le Soir, c’est : « Sinistre total pour 10 000 victimes ».

Car le licenciement des 4 300 travailleurs de l’usine Ford va entraîner la fermeture de plusieurs entreprises de sous-traitance. La colère est d’autant plus grande que les travailleurs se sentent trahis et méprisés. « Le patron n’a même pas eu le courage de venir annoncer la nouvelle. Il a envoyé un fax. C’est de la lâcheté », dit un syndicaliste.

Alors que le patronat en profite pour ressortir le refrain du « coût du travail trop élevé », le président de la CSC (1), Marc Leemans, met en cause l’UE. « C’est l’Europe la première responsable de ce désastre, dit-il. En particulier la Commission européenne, qui n’a pas fait d’harmonisation sociale et fiscale, ce qui permet aux multinationales de jouer la concurrence entre les pays pour augmenter leurs profits. La seconde, c’est Ford, qui a menti en promettant de maintenir l’emploi pour empocher des aides publiques et qui trahit ses promesses. »

Sur place, les travailleurs désemparés, en attendant la riposte des organisations syndicales qui se concertent, montent la garde à l’usine. Il s’agit d’empêcher la sortie des véhicules prêts à la vente mais aussi de camions qui devaient livrer des pièces détachées aux usines Ford d’Allemagne et d’Espagne. Là où la direction a annoncé qu’elle allait délocaliser la production de la Mondeo, promise il y a encore moins d’un mois aux ouvriers de Genk et au gouvernement flamand, qui semble tomber des nues. « C’est notre trésor de guerre, on ne va pas le lâcher », dit un ouvrier.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, le groupe sidérurgique Iferco a annoncé hier son intention de licencier la moitié de son personnel de l’usine de La Louvière, soit 600 personnes.

 

(1) Confédération des syndicats chrétiens.

Deux usines anglaises fermées 

Ford a annoncé, jeudi, la fermeture, en 2013, de deux usines de production en Grande-Bretagne, ce qui entraînerait la suppression de 1 400 postes de travail, s’ajoutant aux 4 300 dans son usine belge de Genk. Sont visés le site d’assemblage de Southampton et l’usine d’emboutissage sur le site géant de Dagenham, à l’est de Londres. Le constructeur américain emploie 11 400 personnes au Royaume-Uni et possède des sites à Southampton, Dagenham, Halewood et Bridgend, au pays de Galles.

Françoise Germain-Robin



Edité par T 34 - 28 Oct 2012 à 19:20
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
 Répondre Répondre

Aller au Forum Permissions du forum allez vers le bas

Powered by Flex Design® version v8m6r15
Copyright © 2001-2011 Flex Design

Cette page a été affichée en 2,289 secondes.