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Ethiopie

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    Envoyé : 24 Mar 2010 à 14:14
Trafic d’enfants éthiopiens : la main qui anime le berceau brisé
 
 
Alemayehu G. Mariam   

L’Ethiopie est le lieu d’un scandaleux trafic d’enfants, note Alemayehu G. Mariam. Une pratique dans laquelle les agences et les autorités éthiopiennes conspirent afin de rassembler des enfants autochtones destinés à l’adoption à l’étranger. Les conditions dans lesquelles ces enfants sont «récoltés» en masse et soumis à la marchandisation font qu’ils sont des millions à travers le monde à pleurer d’avoir été arrachés à leurs familles et à leur pays, dénonce Mariam.




Lorsque j’ai écrit la première partie de « The hand that rocks the brocken cradle», il y a presque une année et 8 mois (1), la poignante et scandaleuse affaire du défectueux système éthiopien d’adoption se manifestait dans un crime brutal commis à l’encontre de deux enfants éthiopiens récemment adoptés par leurs parents français. L’un avait à peine deux ans et l’autre avait 4 ans. Le père a été incarcéré pour viol et violence et la mère pour n’avoir pas dénoncé le crime. L’attitude, dans ce cas, des fonctionnaires éthiopiens responsables de l’adoption qui ont été interrogés a été d’une indifférence à donner la nausée.

J’étais tellement furieux et dégoûté par la réponse de ces bureaucrates de l’adoption que j’ai écrit dans la première partie de l’ouvrage : «L’auditeur distrait pourrait facilement croire que l’entretien de ces bureaucrates ne soit rien d’autre qu’une conversation concernant des transactions de matières premières à la Bourse de Chicago, un mauvais jour, plutôt que les propos tenus par des fonctionnaires qui prennent soin des enfants les plus vulnérables d’un des pays les plus pauvres du monde’’.

Je n’imaginais pas, à l’époque, à quel point j’étais proche de la vérité. J’entendais en effet les bureaucrates impitoyables et au sang froid du Conseil éthiopien d’adoption et du commerce. Dans une vidéo qui montre l’entretien avec un enfant éthiopien adopté, celui-ci a déclaré qu’elle-même et ses deux sœurs ont été vendues pour adoption par le Christian World Adoption (CWA) qui a payé leur père.

Le point de vue officiel de la dictature en Ethiopie est que la plupart des enfants adoptés en Ethiopie par des étrangers sont des orphelins, des enfants abandonnés ou des enfants des rues sans famille et qui, s’ils n’étaient pas adoptés par des étrangers, seraient susceptible de mourir de misère et par manque de soins. Ceci n’est pas vrai. De nombreux enfants ont des parents et une famille dont certains sont même dans une situation confortable en regard du niveau local. La vérité c’est qu’en Ethiopie il y a une industrie du trafic d’enfants sous couvert d’adoption.

Le journaliste d’investigation principal de CBS News, Armen Keteyian, a accusé le système d’adoption éthiopien d’être tellement corrompu et de fonctionner de façon tellement tordue que " l'Ethiopie est devenu le terreau fertile du trafic d’enfants" (2)

"L’an dernier le nombre d’enfants adoptés aux Etats-Unis en provenance de l’Ethiopie a explosé, avec une croissance plus importante que celui d’enfants provenant d’autres pays. Les chiffres sont passé de 731 en 2006 à plus de 2200 l’an dernier. Ce qui représente presque 6 enfants pas jour. L’investigation montre que la croissance a fait de l’Ethiopie un terreau fertile pour le trafic d’enfants, un pays dans lequel des agences américaines et leur personnel s’engagent dans des conduites hautement discutables. Les allégations des familles d’adoption des enfants amenés aux Etats-Unis montrent que de nombreux enfants ne sont pas des orphelins, que les futurs parents d’adoption sont trompés sur l’état de santé de l’enfant sur son contexte d’origine et que les familles autochtones sont recrutées- et parfois payées- pour abandonner leurs enfants."

Les témoignages rassemblés par Armen Keteyian montrent trois sœurs - âgées de 4, 6 et 7 ans - adoptées par une famille américaine sur la base des dires de CWA selon lesquelles ‘’leur mère était morte, leur père mourrant du sida et qu’une vie de prostitution se dessinait devant elles, à moins d’être adoptées - sauvées- par une famille américaine aimante.’’

Katie Bradshaw, la mère adoptive des trois enfants a déclaré à Keteyian que ’’hormis le sexe des enfants, tout le reste est mensonge’’ En réalité les enfants - Journee, Maree et Mey a- étaient bien plus âgés : ils avaient respectivement 13, 11 et 6 ans. Bien que leur mère soit morte, leur père est en parfaite santé et bien vivant. Il vit la vie de la classe moyenne avec une famille étendue parfaitement à même de s’occuper de ces enfants comme l’a expliqué la sœur intermédiaire Meya’’. Le cas des Bradshaw n’est que la pointe de l’iceberg des horreurs des histoires d’adoption en Ethiopie.

CWA a été prompt à rejeter toute la faute sur le régime éthiopien, ses fonctionnaires et son système judiciaire. Dans une déclaration sur son site web, CWA décline toute responsabilité pour de fausses données et a mis toute la responsabilité sur le dos du régime. (3)

‘’Une enquête est menée par la police, le Kebele (un fonctionnaire local élu) et le ministère du travail et des affaires sociales. La police et le Kebele sont responsables de l’enquête auprès des parents… La décision de savoir si un enfant est adoptable appartient exclusivement au tribunal suite à un processus légal formel et détaillé. Ce n’est pas une décision qui appartient à une agence humanitaire, une agence d’adoption ou la communauté de l’enfant. Seul le système judiciaire éthiopien est habilité à prendre une telle décision’’.

CWA, une organisation à but non lucratif établie en 1991,’’ a encaissé 6 millions de dollars en demandant environs 15 000 dollars par enfant en 2008’’, le tarif en vigueur en Ethiopie selon l’enquête de CBS. Mais les Bradshaw et leurs trois enfants n’ont récolté rien d’autre que des pleurs et des larmes : ’’Nous avons regardé nos trois enfants crier et pleurer et s’étioler, en grand deuil pour la perte de leur famille et de leur pays’’, a déclaré Katie Bradshaw désespérée.

L’enquête de CBS n’est pas la première à révéler un trafic d’enfants par le biais du système d’adoption éthiopien corrompu. En septembre 2009, Mary Ann Jolley de l’Australian Broadcasting Corporation (Aunty ABC) avait révélé que les agences d’adoption ne vont pas dans les orphelinats afin de trouver des enfants pour l’adoption mais vont les ‘’cueillir’’ à la campagne. (4) :

‘’Il y avait quelque chose d’extrêmement perturbant dans ces adoptions internationales de masse. Tous ces enfants éthiopiens sur le point de quitter leur pays pour commencer une nouvelle vie dans des endroits lointains, sont en rupture avec leur culture et leur héritage… Les étrangers préfèrent des enfants plus jeunes, des bébés ou des enfants jusqu’à cinq ans. Des enfants plus âgés ou des enfants avec des problèmes de santé sont plus difficiles à placer. Alors que des enfants croupissent dans des orphelinats surpeuplés et sous financés, des agences internationales prospectent dans les villages et demandent aux familles de donner leurs enfants pour adoption. C’est un phénomène connu sous le non de ‘’récolte’’ et c’est choquant à voir… Il y a plus de 70 agences d’adoption privées qui opèrent en Ethiopie. Près de la moitié des agences en Ethiopie ne sont pas enregistrées, certaines faisant tout ce qu’elles peuvent pour trouver des enfants pour alimenter le marché étranger… Personne ne met en doute le besoin réel pour une adoption internationale, mais par égard pour les enfants et les parents adoptifs, il doit y avoir une protection contre les agences sans scrupule qui prétendent obéir à des impératifs humanitaires mais qui, en réalité, se remplissent les poches avec de l’argent sale.’’

En novembre 2009, en partie comme conséquence de l’enquête d’ABC, le procureur général d’Australie (5) ‘’a décidé que le programme Ethiopie-Australie devait être suspendu en raison du souci de l’Australie de ne pas pouvoir poursuivre les adoptions internationales en adéquation avec ses obligations découlant de Convention de La Haye sur la Protection de l’Enfant et de Coopération en ce qui concerne l’adoption entre pays’’. Dans une déclaration curieusement formulée, le procureur général explique : ‘’Une raison principale de la suspension est la requête du gouvernement éthiopien pour que le programme d’adoption entre pays entre dans un accord formel d’assistance au développement communautaire’’. En d’autres termes, un accord pour un racket d’extorsion qui alimente le trafic d’enfants dans lequel les bébés éthiopiens sont échangés contre du développement.

Les faits documentés montrent qu’il y a une industrie, qui n’est pas si cachée, de commerce et de trafic d’enfants sous le couvert d’adoption charitable. La dictature au pouvoir est consciente du problème depuis plusieurs années, mais n’a pas jugé utile de prendre la moindre mesure pour enquêter et faire la lumière sur les allégations relatées dans la presse ou les plaintes individuelles des parents adoptifs, ou d’identifier et de poursuivre en justice ceux impliqués dans la ‘’récolte’’ d’enfants, le trafic et la vente.

Il est inexplicable que cette affaire n’ait pas réussi à attirer la moindre attention officielle. Serait-ce là une manifestation de l’indifférence criminelle et dépravée aux Droits de ces enfants ? Serait-ce que le gouvernement ne pense pas avoir de responsabilité morale quant au bien-être de ces enfants ? Ou bien se pourrait-il que quelque individu puissant soit impliqué dans la ‘’récolte’’ et la marchandisation de ces enfants ?

Le fait est que la dictature éthiopienne a une obligation légale contraignante, du fait de son adhésion (14 mai 1991) à la Convention sur les Droits de l’Enfant (CDE), pour assurer leur bien-être. Au regard de l’article 21 (d) de la CDE, la dictature éthiopienne a le devoir légal de ‘’prendre toutes les mesures appropriées pour garantir que lors d’adoption entre pays, le placement n’assure pas de gain financier à ceux impliqués’’. A l’article 11 (1) le régime est requis de ‘’prendre toutes les mesures pour combattre le transfert illicite et le non retour des enfants partis à l’étranger’’ (voir aussi l’article 19) (1) (2).

L’article 13 (2) de la Constitution de la République Fédérale d’Ethiopie oblige la dictature à honorer ses obligations résultant de traités internationaux et de protéger les droits de l’enfant)

Que doit-on faire pour sauver les enfants des ‘’récoltes’’ et de la marchandisation ?


Trois choses doivent être faites immédiatement. La première est que la loi doit être appliquée. La dictature doit honorer les obligations qui découlent de la Constitution, des traités internationaux et de son propre code pénal. La dictature a, à sa disposition, tous les outils légaux nécessaires pour investiguer et poursuivre en justice les individus et organisations impliqués ou soupçonnés de trafic d’enfants. L’article 597 (1) (2) du code pénal de la dictature prévoit l’emprisonnement entre 5 et 20 ans ‘’à l’encontre de quiconque est impliqué dans le trafic de femmes ou d’enfants… par la violence, la menace, la tromperie, la fraude, l’enlèvement ou en donnant de l’argent ou autre avantage à une personne ayant le contrôle sur une femme ou un enfant’’. Des suites pénales sévères sont également prévues à l’encontre de ceux qui collaborent au trafic de femmes et d’enfants.

Il y a des preuves substantielles d’activités criminelles dans le processus d’adoption. Les parents adoptifs étrangers sont prêts à se manifester et à venir témoigner contre les pratiques frauduleuses qui consistent à leur vendre des enfants au nom de l’adoption. Les agences de presse indépendantes ont aussi accumulé des preuves d’activités criminelles par ceux impliqués dans le processus d’adoption. La dictature a l’obligation légale et morale de suspendre immédiatement toutes les adoptions et de mener une investigation afin de déterminer l’étendue et la gravité du problème du trafic d’enfants, de prendre les mesures appropriées afin de poursuivre en justice les coupables et d’établir des procédures rigoureuses qui préviennent une récurrence future.

Deuxièmement, une action doit être entreprise afin de remédier aux défauts structurels du système d’adoption en accédant (ratifier) la Convention pour la Protection des Enfants et la Coopération de la Hayes, ayant trait à l’adoption entre pays (entrée en vigueur en 1995). L’Australie a suspendu son programme d’adoption entre pays avec l’Ethiopie, parce qu’elle a conclu que le système d’adoption éthiopien n’était pas conforme avec la Convention de La Haye ou même était en violation de celle-ci.

Le but de la Convention est ‘’d’établir des sauvegardes qui garantissent que les adoptions entre pays ont lieu dans le meilleur intérêt de l’enfant et en respectant ses droits fondamentaux selon les dispositions du droit international’’ (Art 1 (A) et ‘’de prévenir les enlèvements, la vente ou le trafic d’enfants ‘’ (Préambule). La Convention a été adoptée par l’Afrique du Sud, le Kenya, le Mali, le Togo, la Guinée, le Burkina Faso, l’île Maurice et Madagascar, parmi des douzaines d’autres pays.

Troisièmement, le régime éthiopien doit aussi signer le Protocole des Nations Unies pour la Prévention, la Suppression et la Punition du trafic de personne en particulier les Femmes et les Enfants qui est le complément de la Convention des Nations Unies contre le crime organisé transnational (Palermo trafficking protocol, entré en vigueur en 2003) : Le protocole, entre autre chose, exige des signataires de criminaliser le trafic d’enfants à des fins d’exploitation sexuelle, de faciliter leur retour et d’accepter ceux qui ont été victimes du trafic transfrontalier ; et la confiscation des instruments et profits du trafic et les crimes y relatifs, afin de les utiliser en faveur des victimes du trafic. Quelque 118 pays ont adopté ce protocole, parmi lesquels le Kenya, l’Ouganda, Djibouti, le Niger, la Sierra Leone, le Cameroun, le Rwanda, le Burundi, le Congo et des douzaines d’autres.

Si cela peut réconforter Katie et Calvin Bradshaw, il faut qu’ils sachent qu’il n’y a pas que leur trois enfants ‘’qui ont crié et pleuré et se sont étiolés, en grand deuil pour la perte de leur famille et de leur pays’’. Il y a 80 millions d’autres enfants qui, avec eux, qui sont en grand deuil pour la perte de leur pays et qui pleurent et qui crient du tréfonds de leur âme.

Sauvez le futur de l’Ethiopie ! Arrêtez les "récoltes" d’enfants éthiopiens!

NOTES
[1] La première partie de cet article a été publiée sur http://www.ethiomedia.com/all/6144.html 

[2] http://www.cbsnews.com

[3] http://www.cwa.org/ethiopia-statement.htm 

[4] http://www.abc.net.au/news/stories/2009/09/15/2685853.htm 

[5]http://www.ag.gov.au/www/agd/agd.nsf/Page/IntercountryAdoption_WhatsNew_WhatNew#Interim

* Alemayehu G. Mariam est professeur de sciences politiques à la California State University, San Bernardino et avocat à Los Angeles - Cet article est d’abord paru dans le Huffington Post, il a été traduit par Elisabeth Nyffeneger

Source: Pambazuka

Dessin: Nagy

Les habitants de l'Ogaden sont affamé par le gouvernement éthiopien qui empêche l'aide d'arriver.
 


Edité par T 34 - 28 Jul 2011 à 03:01
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Cèder des terres agricoles à des compagnies étrangères

 

Toutes les versions de cet article : [Español]

L’Ethiopie cède des terres agricoles à des compagnies étrangères en pleine période de famine

Une enquête de Survival International a apporté des preuves alarmantes selon lesquelles les tribus indigènes sont spoliées de leurs terres agricoles les plus productives pour être allouées à des compagnies étrangères qui y pratiqueront une agriculture intensive d’exportation – alors que des milliers de personnes souffrent de la famine en cette grave période de sécheresse qui affecte le sud de l’Ethiopie.

Des grandes étendues de terres fertiles de la vallée de l’Omo, au sud-ouest de l’Ethiopie, ont été cédées à des compagnies malaisiennes, italiennes et coréennes, ou sont directement gérées par l’Etat, pour y pratiquer une agriculture d’exportation, alors que les 90 000 autochtones qui vivent dans la région dépendent étroitement de leur terre pour leur survie.

Le gouvernement projette d’étendre à 245 000 hectares la superficie des terres qu’il destine principalement à la culture de la canne à sucre. Des millions de personnes endurent la famine en cette période de sécheresse, la plus rude que connaît cette région depuis ces soixante dernières années. Les tribus de la vallée de l’Omo sont pour le moment relativement à l’abri. Mais le gouvernement les considère comme des « arriérés » et est déterminé à les « moderniser ». Il veut que, de fermiers auto-suffisants, éleveurs et chasseurs, ils se convertissent en ouvriers agricoles dans les plantations. Cependant ils pourraient tout simplement être expulsés de leurs terres.

Une partie du projet gouvernemental implique la construction d’une série de barrages le long de la rivière Omo, dont celui de Gibe III qui deviendra le plus grand barrage du continent africain. La construction de centaines de kilomètres de canaux d’irrigation suivra celle du barrage, détournant les eaux indispensables à la survie des tribus qui ne pourront plus compter sur les crues annuelles pour cultiver.

Les populations locales, qui n’ont jamais été consultées, ont été réduites au silence avec l’interdiction de s’adresser aux étrangers ou aux journalistes. Un visiteur qui s’est récemment rendu dans la région à révélé à Survival que le gouvernement et ses forces policières répriment, emprisonnent, torturent les autochtones et violent leurs femmes pour déjouer toute opposition à la spoliation de leurs terres. Un membre d’une tribu lui a déclaré : « Notre peuple vit désormais dans la peur – il craint le gouvernement. S’il vous plaît, venez au secours des peuples pastoraux du sud de l’Ethiopie, ils vivent sous une terrible menace ».

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : « Les tribus de la vallée de l’Omo ne sont pas ‘arriérées’ et n’ont pas besoin d’être ‘modernisées’ – elles sont tout autant dans le XXIe siècle que les multinationales qui cherchent à s’approprier leur terre. Le tragique de cette affaire est qu’en les forçant à devenir des ouvriers agricoles, leur qualité de vie sera réduite à néant et ils seront condamnés à la famine et à l’exclusion, comme bon nombre de leurs concitoyens ».

Survival. GuinGuinBali, 25 Juillet 2011.


L’Éthiopie achète des chars tandis que les gens meurent de faim.

L’Éthiopie s’est jetée dans une autre course d’achat d’armement, tandis que des millions d’éthiopiens ont faim à cause de la pire sécheresse subie par la région en 60 ans. Trois millions d’enfants sont mal nourris dont un demi million court « le risque imminent de mourir » comme l’a annoncé la FAO.

Selon le Premier ministre, Meles Zenawi, l’Éthiopie va acheter 200 chars de combat à l’Ukraine, pour plus de 100 millions de dollars. Cet achat coïncide avec l’annonce, un jour plus tôt, du bureau britannique d’aide extérieure d’une donation de 60 millions de dollars d’aide d’urgence alimentaire à l’Éthiopie.

Quelle excuse peut-il falloir pour ne pas se demander : l’Éthiopie a-t-elle besoin de 200 chars ? Il n’existe aucune possibilité réelle d’invasion de l’Éthiopie de la part d’aucun pays voisin, considérant que ce pays a déjà la plus grande armée et la mieux équipée d’Afrique.

L’une des raisons principales, c’est que l’Éthiopie a besoin de 200 chars pour mener la lutte pour les campagnes de contre-insurrection contre les rebellions ethniques, qui se produisent chaque fois dans plus d’endroits du pays. Depuis Ogaden, dans le sud-est, jusqu’à Tigray, au nord, en passant pour Gambella à l’ouest, et maintenant on dit que cela s’étend même sur Oromia, dans le sud-ouest, le régime de l’Éthiopie a besoin de pouvoir supprimer son propre peuple et la dernière livraison d’armement a été faite il y a longtemps. Il y a 11 ans déjà que l’Éthiopie a envahi l’Érythrée et dans cette agression a perdu ses meilleures divisions armées, au moins deux en un jour, lors d’ une grande catastrophe appelée la bataille de Tsorona.

Les chars fonctionnent bien contre des membres légèrement armés de groupe de guérilleros, encore mieux quand il s’agit de réprimer un soulèvement populaire, quelque chose dont l’ONU et les organismes d’aide internationale sont pleinement conscients. Maintenant que l’Éthiopie est un pays fournisseur « de troupes de maintien de la paix » des [bérets bleus] pour le Soudan, certains de ces chars éthiopiens pourraient être utilisés pour imposer le « Pax Americana » à la frontière soudanaise entre le nord et le sud, qui inclut des territoires riches en pétrole.

Tandis que, encore une fois, les médias occidentaux sont aveugles et sourds à la dépense militaire de l’Éthiopie, de 100 millions de dollars dans des chars, en même temps que des millions d’éthiopiens et somalis ont faim dans la région d’Ogaden.

Thomas Mountain
Afrobeat Radio, 19 juillet 2011
Fundación Sur


400 organisations contre le méga barrage de l’Éthiopie

Environ 400 organisations ont signé une pétition contre le plus haut barrage d’Afrique, qui sera remise aux ambassades éthiopiennes en Europe et aux États-Unis à l’occasion du Jour Mondial de l’Eau, qui a lieu le 22 mars. Selon une plainte de Survival Internacional, le barrage met en danger la forme de vie d’au moins huit peuples autochtones, d’environ 300.000 personnes, tandis qu’il suppose une juteuse affaire pour la Chine, l’Europe et les États-Unis, impliqués dans sa construction.

Le barrage Gibe III, qui selon le Gouvernement éthiopien est déjà fini à 40 %, détruira les schémas naturels d’inondation qui sont vitaux pour les méthodes de cultures des peuples autochtones de l’Omo. Bien que le Gouvernement assure qu’une « inondation artificielle » résoudra le problème, les constructeurs du barrage ont révélé l’année dernière leurs plans pour que les tribus « changent de l’agriculture basée sur le retrait de l’inondation à des formes plus modernes d’agriculture » après une période de transition.

Un « changement » imposé de ce type sera, selon l’ONG Survival « presque avec certitude, désastreux, et supposera la fin de l’inondation artificielle déjà inadéquate » sans aucune garantie qu’il y ait d’autres moyens de survie.

Le Gouvernement éthiopien a aussi destiné 180.000 hectares de terre dans la vallée de l’Omo pour un investissement agricole, dont une partie de celles-ci sont dans les territoires des peuples autochtones nyangatom, karo et mursi, qui n’ont pas été consultés sur la location de ses terres à des investisseurs étrangers ; comme ils le ne l’ont pas été sur la prise ou le changement de leur mode de vie, quelque chose qui , insiste l’ONG « viole la propre Constitution de l’Éthiopie ». Les terres seraient dédiées à la production à grande échelle de cultures pour l’exportation, spécialement de biocombustibles qui seront arrosés avec de l’eau du barrage.

La Banque européenne d’investissement et la banque Africaine de Développement avaient des accords pour financer les travaux et il y a quelques mois ils ont annoncé qu’ils ne pensaient pas le faire à cause de la controverse qu’a généré ce projet. L’Industrial and Commercial Bank of Chine et l’Exim Bank of Chine financent des parties du projet mais le Gouvernement a besoin de trouver plus de fonds, et l’Italie réfléchit à le rejoindre ou non, tandis que l’Éthiopie vient de devenir le récipiendaire principal de l’aide britannique au développement. On attend qu’elle reçoit deux milliards de dollars dans les quatre prochaines années.

Survival International, International Rivers, la Campagne pour la Réforme du Banque mondiale, du Counterbalance Coalition et les Amis du Lac Turkana ont uni leurs forces pour lancer la pétition. La pétition demande au Gouvernement de l’Éthiopie de « suspendre le projet du barrage Gibe III dans la rivière Omo jusqu’à ce que - et seulement dans ce cas - il obtienne le consentement préalable, libre et informé des peuples autochtones affectés par le projet ». Des copies de la pétition circuleront en France, en Allemagne, en Italie, en Belgique, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Le directeur de Survival, Stephen Corry, a déclaré que « si le Gouvernement construit le barrage sur l’eau des peuples autochtones de la Vallée de l’Omo et loue ses terres à des étrangers, il est possible que ces peuples ne survivent pas. Le Gouvernement est en train de promouvoir l’industrialisation aux dépens des personnes les plus vulnérables du pays ».

CONTRE LA LÉGALITÉ DU PAYS ET DE LA PROTECTION INTERNATIONALE

En juillet 2006 le Gouvernement de l’Éthiopie a signé un contrat avec la compagnie italienne Salini Costruttori pour construire Gibe III, le plus grand barrage hydroélectrique du pays. Selon ce qui suppose une violation de la législation éthiopienne, il n’y a pas eu d’appel d’offres publiques pour adjuger le contrat. Les travaux ont commencé en 2006 avec un budget de 1,4 milliard d’euros. Un tiers du barrage a déjà été construit et les coûts continuent de monter. Récemment le gouvernement italien a accordé à l’Éthiopie un nouveau prêt de 250 millions d’euros pour continuer ; cet argent, en plus de terminer dans les coffres des entreprises italiennes, va grossir l’énorme la dette que le pays africain a envers l’ Européen.

Le géant usaméricain, qui ne pouvait manquer, est présent à travers de l’entreprise Harsco Corporation, et apporte un équipement de dernière technologie.

Le barrage bloquera la partie sud-ouest de la rivière Omo, qui s’écoule le long de 760 kilomètres depuis les hautes terres de l’Éthiopie vers le lac Turkana au Kenya. L’aval de la vallée de la rivière Omo est déclarée Patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO, en reconnaissance de sa valeur archéologique et géologique. Dans cette zone la rivière Omo traverse les Parcs nationaux du Mage et de l’Omo, foyers de nombreux peuples autochtones.

La loi environnementale éthiopienne stipule que doit être effectuée une étude sur l’impact environnemental et social (ESIA, par ses initiales anglaises) avant d’approuver tout projet. Malgré cela, l’Agence pour la Protection Environnementale (EPA, par ses initiales anglaises) éthiopienne a approuvé l’ESIA de façon rétroactive, en juillet 2008, deux ans après qu’aient débuté les travaux.

L’ESIA a été réalisé par une compagnie italienne, CESI, et financé par l’EEPCo (la Corporation Éthiopienne pour l’Énergie électrique) et Salini elle même, ce qui pose des doutes au sujet de son indépendance et crédibilité. Le rapport correspondant, publié en janvier 2009, se prononçait en faveur du projet, en affirmant que l’impact sur l’environnement et les peuples autochtones sera « insignifiant » et même « positif ».

Selon des experts indépendants, le barrage aura un énorme impact sur le délicat écosystème de la région, après avoir modifié la crue saisonnière de la rivière Omo et après avoir radicalement réduit son débit. Cela apportera avec soi la désertification d’une grande partie de la zone riveraine et éliminera la forêt ripicole. Si, la crue naturelle disparaît avec ses dépôts riches de limons, les économies de subsistance s’écrouleront et au moins 100.000 indigènes auront à affronter une pénurie alimentaire.

L.G.
Les îles Canaries, 21 / 03/2011

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Aug 2011 à 21:25

Éthiopie « Il faut investir dans le secteur agricole »

Abdou Dieng, directeur du Programme alimentaire mondial (PAM) en Éthiopie.

« En Éthiopie, cette saison agricole 
est d’ores et déjà ratée. Il y a donc peu de choses 
à faire, dans les quatre à cinq mois qui viennent, 
à part apporter une aide alimentaire. D’autant 
que les réserves alimentaires dans le pays sont presque épuisées. Ensuite, il faudra veiller à ce que la prochaine 
saison agricole soit meilleure que celle-ci. 
C’est tout, à court terme.

Ceci dit, en Éthiopie, même si l’on parle de la plus grave sécheresse des soixante dernières années, les gens ne meurent pas de faim comme lors des dernières sécheresses que le pays a connues. Cela s’explique par les énormes efforts consentis dans des projets de développement et de résilience. Les populations ont beaucoup plus de moyens d’adaptation.

Il reste néanmoins très inquiétant de voir arriver 200 000 réfugiés concentrés dans des parties 
de l’Éthiopie déjà touchées par la sécheresse. Au Kenya, 
le camp de Dadaab concentre 400 000 réfugiés depuis plus de dix ans. Je ne vois pas comment ces gens vont retourner en Somalie. Le problème est politique : il faut stabiliser la Somalie. Avant, on disait que les gens fuyaient une guerre. Aujourd’hui, ils fuient parce qu’ils ont faim et qu’ils ne reçoivent aucune aide. Cela pose des problèmes de sécurité et de stabilité pour les pays qui les reçoivent. Au Kenya, l’opinion publique est tentée de dire “arrêtons”. Depuis 1992, la Somalie 
est en déconfiture. Ne rien faire, c’est risquer 
de déstabiliser l’Éthiopie et le Kenya.

Finalement, qui est responsable de cette crise alimentaire ? La communauté internationale et les pays concernés eux-mêmes, qui doivent investir dans le secteur agricole. Si on n’arrive pas à nourrir son peuple, il y a un problème. Il faut trois choses pour faire de l’agriculture : de la terre, de l’eau et des hommes. 
Ces conditions sont réunies dans la plupart des pays africains pour assurer une sécurité alimentaire. Manque souvent la volonté politique. »

Propos recueillis par Vincent Defait

Source




Edité par T 34 - 16 Aug 2011 à 23:09
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Aug 2011 à 21:17

Des taux « alarmants » de mortalité infantile en Éthiopie 

Dix enfants, en moyenne âgés de moins de cinq ans, meurent chaque jour de maladie et de malnutrition dans le camp de réfugiés de Dolo Ado, dans le sud 
de l’Éthiopie, a indiqué hier le haut commissariat 
pour les réfugiés. Adrian Edwards, porte-parole 
du HCR, a estimé lors d’un point de presse que 
«les taux de mortalité ont atteint des niveaux alarmants chez les nouveaux arrivants» au camp de Kobe, qui fait partie du complexe de Dolo Ado abritant plus de 120 000 Somaliens fuyant la sécheresse et la famine.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Oct 2011 à 04:27
La Maison Blanche confirme la présence de drones américains en Ethiopie

WASHINGTON (AP) — La Maison Blanche a confirmé vendredi que l'armée américaine disposait de drones en Ethiopie, tout en précisant que les appareils sans pilote n'étaient pas utilisés pour des missions d'attaque (mais bien sur !).

Le porte-parole de la présidence américaine Jay Carney a expliqué que des drones se trouvaient en Ethiopie afin de promouvoir la stabilité dans la Corne de l'Afrique et de lutter contre le terrorisme.

La présence de drones militaires américains en Ethiopie avait été rapportée pour la première fois par le "Washington Post".

Jeudi soir, le Washington Post avait affirmé, en citant des responsables américains, que les Etats-Unis utilisaient un aéroport civil éthiopien pour faire décoller des drones armés pour des opérations "antiterroristes" dans la région ciblant notamment les islamistes shebab en Somalie voisine.

Les drones sont souvent considérés comme une arme de choix au sein de l'administration du président Barack Obama. Les Etats-Unis ont multiplié par quatre leurs attaques de drones contre des objectifs liés à Al-Qaïda dans les zones tribales pakistanaises.

Les drones sont contrôlés depuis des bases militaires qui peuvent se trouver aux Etats-Unis. Ils peuvent voler à haute altitude sans être détectés.

 


Edité par T 34 - 29 Oct 2011 à 04:28
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Dec 2011 à 04:37

Deux Suédois risquent dix-huit ans et six mois de prison en Éthiopie

Les deux journalistes suédois arrêtés en Éthiopie, en compagnie de rebelles, ont été reconnus hier coupables de «soutien au terrorisme» et d’entrée illégale dans le pays. Un verdict pour lequel l’accusation réclame dix-huit ans et six mois de prison. Arrêtés en juillet près de la frontière somalienne avec des rebelles du Front national de libération de l’Ogaden (ONLF), le reporter Martin Schibbye et le photographe Johan Persson ont reconnu être entrés illégalement en Éthiopie, mais toujours plaidé non coupables des accusations de terrorisme.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 Dec 2011 à 05:41

Onze ans de prison pour deux journalistes suédois en Éthiopie

La justice éthiopienne avait arrêté le reporter Martin Schibbye et le photographe Johan Persson début juillet, près de la frontière somalienne, avec des rebelles du Front national de libération de l’Ogaden (ONLF). Les deux prévenus ont été condamnés mardi à onze ans de prison à Addis Abeba pour une entrée illégale dans le pays et un soutien au terrorisme. Au cours du procès, les deux hommes ont admis avoir pénétré illégalement sur 
le territoire éthiopien mais pour enquêter sur les activités du groupe pétrolier suédois Lundin Petroleum.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Jul 2012 à 19:34

La majorité musulmane éthiopienne s’enflamme (Countercurrents)

 
 
Thomas C. MOUNTAIN

Pour la première fois dans l’histoire moderne, les leaders de la communauté musulmane qui est majoritaire dans le pays, se mêlent de politique et appellent au renversement du régime de Meles Zenawi à la solde des Etats-Unis. Les leaders musulmans éthiopiens n’ont jamais auparavant appelé au soulèvement contre la tyrannie, même pas à la sombre époque du régime de la Terreur Rouge de Mengistu, protégé par l’Union Soviétique, des années 1970 et 1980.

Aujourd’hui des centaines de milliers de membres de la communauté musulmane éthiopienne répondent à l’appel de leurs leaders et manifestent dans les rues des villes éthiopiennes, notamment dans la capitale, Addis Abeba pour demander le départ de Meles Zenawi, l’agent de police des Etats-Unis en Afrique de l’est.

On décrit habituellement l’Ethiopie comme un pays chrétien mais en réalité la majorité des Ethiopiens sont musulmans. Il y a d’abord le peuple Oromo qui représente au moins la moitié de la population éthiopienne sinon plus, soit 40 millions ou davantage, et qui est presque entièrement musulman, auquel s’ajoute les peuples Afar et Somali de l’Ogaden : il est donc indéniable que l’Ethiopie est un pays majoritairement musulman.

Par conséquent quand pour la première fois dans l’histoire de l’Ethiopie moderne, les leaders de la communauté islamique appellent au renversement du régime et sont rejoints dans cette démarche par les leaders de l’église chrétienne orthodoxe éthiopienne, cela ne peut signifier qu’une seule chose : la fin de régime honni de Meles Zenawi à la solde des Etats-Unis est enfin en vue.

Au regard des soulèvements qui montent en puissance dans toute l’Ethiopie, à l’est, au sud, à l’ouest et au nord, l’inflation galopante, les difficultés économiques et désormais la politisation sans précédent des leaders de la communauté musulmane, les spécialistes de la Corne de l’Afrique sont d’avis que le régime financé par l’étranger de Meles Zenawi pourra encore se maintenir au pouvoir un an et demi au plus et peut-être même moins longtemps.

Et une fois que Meles sera chassé et que son armée sera soit détruite, soit aura rejoint le soulèvement, qui restera-t-il aux Etats-Unis pour imposer la Pax Americana dans cette région cruciale sur le plan stratégique que constitue la Corne de l’Afrique ?

Thomas C. Mountain

Thomas C. Mountain est le journaliste indépendant le plus publié en Afrique. Il vit et travaille en Erythrée depuis 2006. On peut le joindre à yahoo dot com.

Pour consulter l’original :

http://www.countercurrents.org/mountain030712.htm

traducteur : Dominique Muselet

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Aug 2012 à 22:32

Décès du premier ministre éthiopien, Meles Zenawi

Le chef du gouvernement éthiopien, Meles Zenawi, au pouvoir depuis vingt ans, est décédé dans la nuit de lundi à mardi dans un hôpital à Bruxelles. Âgé de cinquante-sept ans, il n’avait plus été vu en public depuis le mois de juin. Depuis un an, son état de santé n’avait cessé de s’aggraver. C’est Hailemariam Desalegn, le vice-premier ministre, qui assurera l’intérim, après avoir prêté serment devant le Parlement. Jacob Zuma, président de l’Afrique du Sud, a rendu hommage hier à Meles Zenawi, qui « était un dirigeant fort, pas seulement pour son pays mais pour tout le continent africain, agissant comme un médiateur dans de nombreuses discussions, notamment dans la Corne d’Afrique ».

Source


Processus de succession discret en Éthiopie

Le processus de succession du premier ministre Meles Zenawi, décédé mardi dernier, se poursuit dans une totale discrétion en Éthiopie. Très peu de détails ont été donnés concernant les funérailles du leader éthiopien. La passation de pouvoir au vice-premier ministre, Hailemariam Desalegn, devrait se dérouler prochainement, dès que le deuil national sera terminé, mais aucune date n’a encore été annoncée. Le dauphin de Meles Zenawi devra alors prêter serment devant le Parlement. Il assurera l’intérim jusqu’aux prochaines élections, en 2015. L’absence de détails inquiète les Éthiopiens, qui se « demandent s’il n’y a pas un problème ».

Source


Edité par T 34 - 29 Aug 2012 à 15:09
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Sep 2012 à 14:32

Le dictateur dont vous n'avez jamais entendu parler

 

Stephen Gowans

 

C’est un dictateur virtuel, qui gouverne un pays doté d’un parti unique virtuel contrôlé par l’ethnie à laquelle il appartient. Certes il a été plusieurs fois réélu, mais il s’appuie sur la violence et l’intimidation pour remporter des élections « incroyablement monocolores ». (1) Aux dernières élections son parti a remporté 544 sièges sur les 546 que compte le Parlement. (2)

 
Lorsque des partisans de l’opposition protestèrent contre l’une de ses invraisemblables victoires électorales, il ordonna aux troupes gouvernementales d’ouvrir le feu: « Ils ont tué 193 personnes et en ont blessé des centaines. Des milliers de chefs et de partisans de l’opposition ont été regroupés et emprisonnés. »(3) Les opposants qui n’ont pas été arrêtés se sont vu refuser l’accès à l’aide alimentaire, à l’emploi et autres avantages sociaux (4) »
 
Une révolte contre le régime a été réprimée au moyen de « campagnes brutales incluant le viol et l’assassinat de membres de sa propre ethnie.(5) L’an dernier deux journalistes occidentaux ont été condamnés à 11 ans de prison pour avoir publié un reportage sur des groupes rebelles luttant pour renverser son régime tyrannique. (6) En 2006 il a envoyé ses forces militaires occuper le pays voisin, faible et dans l’incapacité de se défendre.
 
Bachar el-Assad le Syrien ?
 
Robert Mugabe au Zimbabwe ?
 
Le portrait qui précède correspond bien à l’image que donne d’eux le Secrétariat d’État aux Affaires étrangères US-américain et sa caisse de résonance, les médias occidentaux. Mais là ce n’est pas d’eux qu’il s’agit. Tous deux sont décriés par Washington - dont la presse occidentale se fait systématiquement l’écho - en raison d’une attitude estimée négative relativement à la démocratie et aux droits humains. Donc on serait tenté de croire que le chef dont il est question plus haut est l’un des deux.
 
Mais la vraie raison pour laquelle le Secrétariat d’État US-américain et ses séides, les médias occidentaux - présente ces hommes comme des criminels, c’est leur attitude face à la liberté d’installation des firmes occidentales et la domination étrangère. Aucun des deux n’est disposé à laisser des étrangers (ou dans le cas de Mugabe, les descendants des colons) exploiter leur pays sans aucun obstacle.
 
Mais Meles Zenawi, le dictateur dont je parlais et que vous ne connaissiez pas, était, lui, disposé à faire tout cela.
 
Meles, Premier ministre éthiopien, est mort le 20 août 2012. C’était un anticommuniste qui a interrompu en 1970 ses études de médecine pour combattre le régime marxiste-léniniste alors en place en Éthiopie. Sous sa conduite, l’Éthiopie s’est convertie à la libre entreprise et à l’économie de marché et ouverte aux investisseurs étrangers.(7) Lorsque Meles - inconditionnel agent local des intérêts US - fut invité en 2006 à envahir son voisin, la Somalie, il accepta bien volontiers.
 
En échange de ses services le despote éthiopien fut couvert de subsides - recevant de Washington, en 2010, un milliard de dollars et l’an dernier presque autant.(8)En raison de ses « prestations militaires et sécuritaires », il est encensé à Washington comme « l’un des partenaires préférés de la Central Intelligence Agency(CIA) [...] en Afrique » (9)
 
Washington affirme certes mépriser les dirigeants du genre de Meles, mais le Secrétariat d’État aux Affaires étrangères US n’a lancé aucune campagne en faveur de la destitution de celui-ci, qui aurait pu être ensuite reprise par les médias dociles, la gauche molle, les militants pacifiques pour la démocratie et les trotskistes partisans de « zones d’exclusion aérienne et de livraison d’armes aux rebelles ». Tous ceux-là étaient trop occupés à faire de la surenchère entre eux dans la dénonciation des vils socialistes et des nationalistes économiques que Washington cloue au pilori - sous prétexte de leur haine de la démocratie et des droits humains, en réalité celle de la domination étrangère. Meles n’a jamais été inscrit sur la liste des États-voyous, établie par Washington et donc pas celle des médias occidentaux et de la gauche précitée.
 
Dans sa nécrologie publiée dans le New York Times le reporter Jeffrey Gettleman fut amené à expliquer l’écart entre la rhétorique washingtonienne en faveur de la démocratie et des droits humains et la pratique consistant à soutenir les ennemis de ceux-ci.
 
Gettleman écrit: « En Éthiopie les USA ont beaucoup de peine à concilier leurs principes et leurs intérêts, et ce n’est pas la première fois. » Le problème, c’est qu’en l’occurrence, et contrairement à ce que dit Gettleman, intérêts et principes ne sont pas traités à égalité. Les intérêts des USA - c’est à dire de 1% de sa population - passent bien avant leurs principes, et c’est pourquoi Washington continue à soutenir des dirigeants tels que Meles ou les tyrans du Golfe. Les principes ne sont que pure rhétorique, servant à masquer le viol infligé à d’autres pays dans le cadre de la course au profit.
 
« L’Arabie saoudite est un exemple éclatant [de principes sacrifiés aux intérêts] ; c’est un pays où les femmes sont privées de nombreux droits et où la liberté religieuse est quasiment inexistante. Pourtant ce pays reste un des alliés les plus proches des USA au Moyen Orient - et ceci pour une raison bien simple : le pétrole » poursuit Gettleman.
 
Exact, mais pas le pétrole en tant que ressource indispensable aux consommateurs et à l’industrie des USA. Puisqu’en réalité ce pays est l’un des plus gros producteurs de pétrole mondiaux et que la production nationale couvre plus de la moitié de ses besoins. Son voisin le Canada lui en fournit à lui seul plus que tous les pays pétroliers d’Afrique du Nord et du Moyen Orient réunis. (10) Si l’Arabie saoudite cessait d’être l’alliée des USA, ceux-ci ne connaîtraient pas une pénurie de pétrole, car le pétrole saoudien ne représente qu’une faible part de leur consommation. Mais ce pays est la source de gigantesques profits pour les firmes pétrolières US-américaines, directement mais aussi grâce au recyclage des pétrodollars par les banques US. Si l’Arabie saoudite reste l’un des alliés les plus proches des USA au Moyen Orient, c’est pour une raison bien simple : pas pour le pétrole en tant que tel, mais pour les immenses profits qu’il engendre. 
 
Gettleman faisait ensuite remarquer que « les USA, en dépit de leurs professions de foi en faveur de la démocratie, coopèrent avec plusieurs gouvernements africains, qui à y regarder de près sont des États à parti unique sous la coupe d’un seul homme. (11) Mais il ne dit pas pourquoi. Si en Arabie saoudite il s’agit de profits pétroliers, qu’en est-il de l’Afrique ? On en apprend davantage à ce sujet dans le Wall Street Journal. Meles a transformé une économie planifiée de type communiste en « assouplissant les industries lucratives » et en favorisant « les investissements dans l’agriculture et l’industrie manufacturière ». (12) Autrement dit : il a aidé les investisseurs américains - le 1% - à s’enrichir.
 
Pendant ce temps des gouvernants qui se sont défendus contre l’exploitation de leur pays par les 1% occidentaux ont été déstabilisés, soumis à des sanctions, bombardés, et - avec le soutien d’une foule de gens de gauche- sont devenus la cible des pires campagnes de dénigrement.
 

NdlT : Bien que partageant l’opinion de l’auteur en ce qui concerne la politique et les médias occidentaux, je suis moins optimiste que lui au sujet des régimes qu’ils combattent. La vieille anarchiste que je suis a tendance à penser que tout n’est (plus ?) qu’affaire de luttes géostratégiques et géoéconomiques, sans grand souci des peuples, et que le pouvoir est en soi corrupteur, surtout quand il reste de manière prolongée aux mains d’un même homme et/ou d’un même clan.

 

(1)    Jeffrey Gettleman (a), “Ethiopian leader’s death highlights gap between U.S. interests and ideals”, The New York Times, 21/08/2012.

(2)    Peter Wonacott, “Ethiopia in flux after leader dies”, The Wall Street Journal, August 21/08/ 2012.

(3)    Wonacott

(4)    Gettleman (a)

(5)   Jeffrey Gettleman (b), “Ethiopian leader’s death highlights gap between U.S. interests and ideals”, The New York Times, August 21/08/2012.

(6)    Gettleman (a)

(7)    Wonacott

(8)    Wonacott

(9)    Gettleman (a)

(10) Danile Yergin, “America’s new energy security”, The Wall Street Journal,12/12/ 2011; Juliet Eilperin, “Canadian government overhauling environmental rules to aid oil extraction”, The Washington Post, 03/06/ 2012; Sheila McNulty and Ed Crooks, “US groups unlock secret recipe for oil”, The Financial Times, March 03/03/2011.

(11)  Gettleman (a)

(12)  Wonacott

Source: http://gowans.wordpress.com/2012/08/23/the-dictator-you-didnt-know-about/
Date de parution de l'article original: 23/08/2012

Traduit par  Michèle Mialane
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Oct 2012 à 12:58

En la personne de Meles Zenawi, Angela Merkel a perdu "un ami"

German-Foreign-Policy.com

ADDIS-ABBEBA/ BERLIN - C’est avec beaucoup d’appréhension que les politiciens spécialistes des Affaires étrangères berlinois et occidentaux en général observent l’évolution en Éthiopie après la mort de Meles Zenawi. La Chancelière Angela Merkel a déclaré: « En la personne de Meles Zenawi, longtemps premier Ministre d’Éthiopie, l’Allemagne a perdu ‘un ami’.»

 
Et de fait Meles, dont le régime était bien connu ses pratiques répressives brutales, a, ces dernières années, fidèlement soutenu les projets germano-US en Afrique de l’Est, par exemple en effectuant des opérations militaires en Somalie ou en jouant les médiateurs entre le Soudan et le Sud-Soudan. En conséquence il a joui d’un soutien tout aussi fidèle de la part des puissances occidentales, en dépit de protestations indignées de diverses organisations de défense des droits humains. Le règne autoritaire et personnel de Meles fait place après sa mort à un vide politique qui menace de précipiter l’Éthiopie dans une spirale infernale où l’escalade de la répression répondra à l’aggravation des troubles d’après une mise en garde de l’International Crisis Group, un think tank occidental aux ramifications multinationales. Seraient également concernées les interventions éthiopiennes en Afrique de l’Est et donc le rôle de relais régional des intérêts occidentaux que joue ce pays.
 

Des intérêts régionaux

En la personne de Meles Zenawi, dont les instances gouvernementales d’Addis-Abeba ont confirmé le décès lundi dernier, l’Allemagne a perdu ‘un ami’, si l’on en croit les condoléances de la Chancelière Merkel au dauphin de Meles, Hailemariam Dessalegn. Il aurait éminemment contribué « à approfondir l’amitié germano-éthiopienne et à intensifier les échanges entre nos deux pays » écrit la Chancelière. « Et nous lui en sommes reconnaissants. » Sa mort serait « une grande perte pour le peuple éthiopien. » (1) La raison de tous ces éloges ? les importants services qu’a rendus le défunt en intervenant plusieurs fois dans la Corne de l’Afrique dans le sens des intérêts américano-allemands. Il envoyé à plusieurs reprises des troupes en Somalie pour y combattre des forces issues de divers courants islamistes ; et à l’heure actuelle des troupes éthiopiennes sont toujours stationnées dans ce pays. (2) En outre Meles a joué les médiateurs pour faciliter les négociations avec Khartoum relatives à la sécession du Sud-Soudan et fourni des troupes pour éviter une guerre entre le Nord et le Sud-Soudan. (3) C’est pourquoi depuis des années Berlin considère l’Éthiopie de Meles, hautement coopérative avec l’Occident, comme la «puissance régionale hégémonique » en Afrique de l’Est. (4)
 



Victime de la torture sous Meles Zenawi

Contreparties

Le régime de Meles, à qui Berlin accorde en échange de ses services une aide au développement considérable et quelques autres avantages incluant même un soutien militaire, (5) s’attire depuis longtemps les critiques des défenseurs des droits humains. Par exemple, la répression sanglante de la contestation, en 2005, d’élections sans doute truquées, a fait la une des journaux du monde entier ; il y eut environ 200 morts, et 20 000 opposants réels ou prétendus au régime furent envoyés en camp. Aux élections de 2010 le régime prit les devants - il réussit à obtenir 99,6% des sièges au Parlement. La répression ne touche pas seulement les organisations politiques, mais aussi les médias du pays : des journalistes récalcitrants  sont régulièrement condamnés à plusieurs années de prison. Les troubles provoqués par des couches marginalisées de la population, dont quelques minorités linguistiques, sont sans cesse brutalement réprimés. Parfois Berlin, pour conserver ses apparences de défenseur des droits humains, réagit verbalement à la répression en Éthiopie, mais sans en tirer ma moindre conséquence. « L’Éthiopie doit garantir la liberté de la presse et le droit à la libre expression » (6) a déclaré début janvier le chargé des droits humains au sein du gouvernement fédéral après une sentence particulièrement sévère contre des journalistes. Quelques semaines auparavant, Berlin avait accordé à Addis-Abeba une augmentation de 14 millions d’euros d’aide au développement - la portant ainsi à 122, 75 millions d’euros sur 3 ans.
 

Escalade à l’intérieur du pays

La coopération sans problème avec le régime répressif de Meles menace maintenant d’avoir un effet boomerang, selon la mise en garde de l’International Crisis Group, un think tank occidental ux ramifications internationales. Le régime de Meles était complètement personnel, il ne s’était pas préparé de successeur. Ce qui implique que le futur régime risque d’être beaucoup plus faible. La majorité des opposants politiques est certes en prison ou en exil ; cependant il faudrait compter avec des luttes de pouvoirs internes à l’establishment ou sans doute des troubles sociaux. Le régime a montré des signes de nervosité croissante depuis que Meles, à partir du début de l’été, a été de plus en plus souvent empêché par sa maladie. Par exemple la répression brutale de la contestation musulmane, avec des attaques contre des mosquées ou l’assassinat de personnes venues prier, ou encore l’interdiction du dernier journal privé en langue amharique qui avait voulu parler de la contestation islamique. D’après l’International Crisis Group, le danger d’une escalade des tensions, éventuellement entre confessions diverses, est tout à fait « réel ». (7)

Escalade à l’extérieur

Selon l’International Crisis Group, l’éventualité qu’à l’avenir les tensions, voire les troubles intérieurs restreignent fortement l’aide que l’Éthiopie apporte à l’Occident est elle aussi bien réelle. On ne peut exclure tout à fait qu’en cas de montée de la contestation, le régime d’Addis-Abeba joue l’escalade dans le conflit touchant la frontière avec l’Érythrée, afin de détourner les tensions internes vers un ennemi extérieur ; durant les six premiers mois de l’année il y a eu des signes dans cette direction. À l’inverse il est possible que l’Érythrée mette à profit la faiblesse de l’Éthiopie pour engager elle-même de nouvelles opérations militaires sur la frontière, ou accentue son soutien aux rebelles chez sa voisine. Dans les deux cas l’Occident doit compter qu’Addis-Abeba retire ses troupes de Somalie ou du Soudan, voire des deux pays. C’est surtout la paix au Soudan qui serait alors encore davantage fragilisée. Il n’est pas exclu en outre, si les troubles s’accentuaient, que des rebelles éthiopiens concluent des alliances avec des milices somaliennes ou autres regroupements du même type, capables de faire basculer l’Afrique de l’Est dans une escalade parfaitement incalculable. (8)
 

Un champ de ruines

Si l’on ne réussit pas à stabiliser le plus vite possible le régime qui succédera à Meles, Berlin et ses alliés occidentaux en Afrique de l’Est pourraient se trouver devant un gigantesque champ de ruines : les projets d’hégémonie - depuis les efforts pour placer la Somalie sous un contrôle favorable aux intérêts occidentaux (9) jusqu’à la sécession du Sud-Soudan (10) pourraient, si l’Éthiopie lâchait l’Occident en raison de troubles intérieurs, être complètement ébranlés. L’International Crisis Group conseille donc un rapide changement de cap: il faudrait abolir les lois les plus répressives, pour canaliser les troubles sociaux vers des contestations contrôlables, et implique l’opposition pour éviter sa radicalisation. Malheureusement personne, dans les cercles dirigeants éthiopiens, ne semble prêt à s’engager en faveur d’un tel projet. (11) Il faudrait plutôt s’attendre à une aggravation de la répression - d’autant plus que les puissances occidentales l’ont jusqu’ici tolérée sans problème.
 

 Notes:

[1] La Chancelière Angela Merkel a envoyé au Premier Ministre par intérim de la République Démocratique d’Éthiopie, Hailemariam Dessalegn, le message de condoléances suivant: bundespresseportal.de 22.08.2012
[2] Cf.Interessen der Supermächte (Intérêts des superpuissances et Ordnungsmächte (Puissances de l’ordre (établi)?
[3] Cf. Statthalter des Westens   (Les valets de l’Occident)
[4] Cf. Regionale Hegemonialmacht  (Grande puissance régionale)
[5] Cf. Militär für Afrika (I)  Des militaires pour l’Afrique et  Diktatorenhilfe (Aider les dictateurs)
[6] Le chargé des droits humains est sidéré par la sentence
[7], [8] International Crisis Group: Ethiopia After Meles, Africa Briefing No 89, 22.08.2012
[9] Cf. StrandkriegMit U-Booten gegen Piraten  (Guerre du littoral, des sous-marins contre les pirates et  Strandkrieg (II) (Guerre littorale II)
[10] Cf. Englisch statt Arabisch (Parler anglais au lieu d’arabe) et Am Rande des Krieges (La      guerre menace)
[11] International Crisis Group: Ethiopia After Meles, Africa Briefing No 89, 22.08.2012

 
Source: http://www.german-foreign-policy.com/de/fulltext/58408
Date de parution de l'article original: 24/08/2012

Traduit par  Michèle Mialane

 
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Le Président de l’Éthiopie remercie Cuba de former des professionnels de ce pays

Adis Abbeba, 1er novembre, (RHC).- Le Président de l’Ethiopie, Girma Wolde-Giorgis-Lucha,  a remercié Cuba de l’appui qu’elle donne à ce pays africain pour la formation de professionnels.

Plus de 3 000 jeunes éthiopiens ont fait leurs études supérieures dans des universités cubaines.

Le chef de l’État éthiopien, qui a reçu les lettres de créance du nouvel ambassadeur de Cuba, Juan Manuel Rodriguez a exprimé sa satisfaction pour la coopération cubaine.

Tous deux ont échangé des thèmes concernant les relations bilatérales et les perspectives de coopération s’ouvrant entre Cuba et l’Ethiopie.

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Éthiopie. Des chaussures dans les soutes du porte-avions de Pékin

Un milliard de dollars. C’est le montant du contrat signé, fin avril, à Addis-Abeba, entre le gouvernement éthiopien et une entreprise chinoise pour deux lignes à haute tension entre un énorme barrage 
en construction 
sur le Nil et le réseau électrique du pays. 
Le projet est financé via un prêt de la banque Export-Import de Chine. Un de plus… Car l’Éthiopie devient peu à peu l’un des pays africains les plus liés financièrement 
à Pékin.

Addis-Abeba (Éthiopie), correspondance.  Dans son tailleur rouge, Hélène Hai est l’un des exemples les plus parlants du partenariat économique et politique qui lie de plus en plus étroitement Pékin et Addis-Abeba. Au milieu des chaînes de montage, le long desquelles 1 600 ouvriers éthiopiens fabriquent des paires de chaussures en partance pour les États-Unis et l’Europe, la vice-présidente du groupe Huajian mène la visite au pas de charge. « Nous ne produisons pas pour le marché africain, donc les chaussures doivent être parfaites », explique dans un sourire vermillon, la numéro deux du géant industriel de la chaussure. Début 2013, Huajian exportait un million de chaussures par mois depuis l’Éthiopie.

Le groupe Huajian a installé une partie de sa production en Éthiopie début 2012 en promettant d’édifier aux abords de la capitale éthiopienne une « ville de la chaussure » qui devrait, d’ici dix ans, employer 100 000 personnes et en loger le double. Un pari osé pour une entreprise qui emploie 25 000 personnes en Chine. Coût total de l’investissement : 2 milliards de dollars… via le Fonds de développement sino-africain (CADFund). Une arme financière à laquelle pourrait s’ajouter une nouvelle banque. C’est du moins ce qu’ont annoncé les cinq pays des Brics (Brésil, Russie, Chine, Inde, Afrique du Sud) lors d’un sommet tenu fin mars à Durban, en Afrique du Sud.

« Cette banque, si elle voit le jour, pourrait concurrencer la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) », qui conditionnent leurs prêts à des réformes politiques, constate, un sourire en coin, le professeur Kay Mathews, dans son bureau de l’université d’Addis-Abeba. Lui-même est indien et s’est pris de passion pour l’intérêt chinois porté au continent africain ces dernières décennies.

Huajian n’est pas la première entreprise chinoise à s’installer en Éthiopie. Loin de là. Mais le groupe est sans doute celui qui a le plus misé sur ce pays de la Corne de l’Afrique grand comme deux fois la France, crédité d’une croissance à deux chiffres ces dix dernières années et qui s’inspire largement du modèle chinois pour développer ses infrastructures à marche forcée. Résultat, « la Chine figure parmi les principaux investisseurs en Éthiopie avec 5 milliards de dollars sur la dernière décennie », chiffre Gedion Gamora, auteur d’une étude sur les relations entre les deux pays à l’université d’Addis-Abeba. Un montant confirmé par des chercheurs américains à l’origine d’AidData, « la plus large base de données » sur l’engagement financier de la Chine en Afrique.

Pékin accorde aussi beaucoup de prêts bancaires, poursuit Gedion Gamora : 52,28 millions de dollars en 2011. Et signe des contrats à tour de bras : l’équivalent de 3,3 milliards de dollars la même année, dans la construction de routes, de barrages, de voies ferrées… Aucune entreprise chinoise ne figure parmi les étrangers qui investissent dans les terres agricoles, louées à bas prix par le gouvernement. Et l’Éthiopie n’a pas de pétrole ni de minerais, récurrents prétextes à investissements pour les chinois.

Alors pourquoi un tel intérêt de l’empire du Milieu pour l’Éthiopie ? Vu de l’Occident, le géant de la Corne de l’Afrique reste une terre de crises alimentaires qui justifie d’en faire l’un des principaux récipiendaires de l’aide humanitaire en Afrique. Côté diplomatique, l’Éthiopie affiche une stabilité politique rare au cœur d’une région à la paix précaire, ce qui lui vaut un silence poli sur son manque de respect des droits de l’homme. Vu de Chine, l’Éthiopie est une terre d’opportunités commerciales où tout ou presque est à faire, avec une population de plus de 85 millions de clients potentiels. De plus, « la Chine perçoit l’Éthiopie comme un futur acteur clé sur le continent. Au-delà de l’économie, être en Éthiopie a un intérêt politique stratégique : le pays offre un accès à la Corne de l’Afrique et Addis-Abeba abrite la plus importante présence diplomatique du continent avec le siège de l’Union africaine (financé et construit par la Chine – NDLR), l’ONU et toutes les ambassades. C’est une plate-forme politique, un tremplin sur le continent », soutien Kay Mathews.

Autre signe de l’intérêt chinois pour ce coin du continent : l’installation dans la capitale éthiopienne, depuis plus d’un an, de deux équipes de correspondants – l’une chinoise, l’autre anglophone – de la chaîne de télévision d’information en continu CCTV. À Addis-Abeba, CNN, BBC et France 24 sont absentes.

Côté business, le gouvernement a fixé des règles strictes : pas question de priver les Éthiopiens d’emplois au profit d’étrangers, qu’ils soient chinois ou pas. Pékin envoie donc ses cadres et ses machines, l’Éthiopie met à sa disposition une main-d’œuvre pas chère mais à former. « Les Éthiopiens ont réussi à faire évoluer leurs relations avec la Chine de façon à permettre le début d’une industrialisation, analyse Carlos Lopes, le secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (Uneca). L’Éthiopie négocie avec plus de tact, avec une vision stratégique de transformation de la structure de son économie. Les Éthiopiens n’ont pas peur de faire venir des investisseurs étrangers sur leurs terres, mais ils contrôlent dans quel domaine, à quel endroit, les obligent à s’allier à des entreprises locales… » Prise à son jeu de la différence par rapport à l’Occident, Pékin accepte. « On pourrait aussi citer le Rwanda, la Tanzanie, l’Afrique du Sud, le Cap-Vert… », poursuit Carlos Lopes. Ce qui, hélas, fait encore bien peu.

Vincent Defait

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Jul 2013 à 17:21

Cuba et l'Éthiopie signent un nouvel accord en matière de santé publique

La Havane, 6 juillet (RHC)- Les gouvernements de l'Éthiopie et de Cuba ont signé un nouvel accord en matière de santé publique qui renforce la coopération historique entre nos deux pays.

Le ministre éthiopien de la santé, Amir Aman et l'Ambassadeur de Cuba à Addis Abeba, Juan Manuel Rodríguez, ont paraphé le document qui prévoit une augmentation du nombre de coopérants cubains de la santé en Éthiopie.

Amir Aman a remercié notre pays de l'appui reçu et il a mis en exergue le travail du personnel cubain de la santé qui -a-t-il souligné- a une vaste expérience et des sentiments profonds de solidarité.

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