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Changement de constitution

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T 34 allez vers le bas
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Apr 2013 à 17:06

Que diriez-vous d’une marche pour la Sixième République le 5 mai prochain ?

du balai !
 

lenine

 
Par Jean Luc Mélenchon
 
En relisant mon précèdent  post, je me disais : on dirait que j’ai écrit tout ça dans un autre temps. C’est bien le cas. Les aveux de Cahuzac ont fait basculer le temps politique. Comme il y a un avant et un après Chypre il y aura un avant et un après Cahuzac. Moralement, même quand on n’y est pour rien, même quand au contraire on a prévenu sur tous les tons au prix de pluies d’injures et d’attaques les plus viles, on a quand même honte, parce qu’il s’agit de notre pays. Mais politiquement c’est jubilatoire de voir pris au piège de la vérité tous ces donneurs de leçon solfériniens ! Et de voir montrer madame Le Pen prise dans la chaine du mensonge qui unit les belles personnes !
 

Ensuite intellectuellement, c’est très satisfaisant. Les évènements confirment l’analyse sur la pente des évènements qui fonde notre stratégie et nos méthodes de campagne. Ce régime est vermoulu jusqu’à l’os ! L’argent qui croyait tout « fluidifier » a tout desséché. Toute secousse l’atteint dorénavant au cœur. Lequel est en pâte à modeler ! Evanescent, incohérent, même au moment de faire des propositions pour produire je ne sais quel « choc » imaginé par des communicants à deux balles, le président trouve encore le moyen de proposer quelque chose de déjà censuré par le Conseil Constitutionnel. Ce qui en dit long sur l’inconsistance des équipes en place autour de lui !

Partisan de l’agir davantage que du seul parler, mes amis, après tour de table avec mes camarades, je fais donc la proposition d’une marche pour la Sixième République. Et j’assume de proposer une date pour éviter de perdre du temps. Le 5 Mai. Jour anniversaire du second tour de l’élection présidentielle. Jour anniversaire de l’ouverture des Etats Généraux de 1789…

Notre dénonciation de l’oligarchie prend des visages, des noms, des adresses. La communauté de mœurs, de vie, d’appétits, de fréquentations qui unissent les puissants du « bipartidarisme » éclate au grand jour. Voilà ce que j’appelle « l’officialisme ». Importants « officiels », partis « officiels », experts inamovibles « officiels », et ainsi de suite. Tous ceux-là se sont garanti une circulation libre et non faussée entre les camps politiques et les comptes en banque. Ils parlent tous la même langue internationale de la finance. Si bien qu’un Chinois véreux et un boucher-libraire, trésorier de la campagne de François Hollande, peuvent ouvrir ensemble un compte offshore sans problème linguistique pour se comprendre ! Mais ce n’est pas tout.

Le filet du silence et du harcèlement qui a accablé Médiapart a aussi joué son rôle : nous faire douter, hésiter. Nous enfermer dans nos propres exigences morales. Les faits démontrent que c’était la meilleure protection dont disposait le criminel. Psychologiquement, ce fut sans doute une aide précieuse pour lui pour persister dans le mensonge. On peut même penser que c’est aussi ce qui lui a permis de croire que son subterfuge fonctionnerait jusqu’au bout ! N’empêche. Quand il est devenu de bon ton de supputer sur « le discrédit de la classe politique », j’y vois surtout un écran de fumée protecteur du naufrage d’une certaine caste médiatique. Les quatre-vingt tweet d’un Jean Michel Aphatie pour mettre en cause l’enquête de ses confrères de Médiapart ont joué un rôle aussi important dans le pourrissement de l’affaire Cahuzac que les cécités volontaires des importants du Parti Solférinien et de leur gouvernement. Maintenant un nouveau piège autobloquant est tendu par l’officialisme médiatique. Critiquer et taper sur l’oligarchie ce serait dire : « tous pourris ». Horreur ! Tant vaudrait signer une carte chez Déat et Doriot comme dirait l’infâme Attali. Je me suis fait avoir sur ce thème par Nicolas Poincaré. Peu lui importait ce que je racontais, il conclut : « vous dites « tous pourris ». Alors vous dites « tous pourris » ? Et moi comme un ballot « non, non, non, pas tous pourris ! ». Ce coup-là j’ai perdu. Mais il n’y aura pas de deuxième fois. Méfiance, la caste va se défendre.

D’ailleurs comme au temps déjà si précurseurs de l’affaire Strauss Kahn, on apprend à présent que « tout le monde savait ». Hervé Morin, ancien ministre de la défense, de droite, dans « le Parisien » révèle : « il se disait depuis longtemps dans les dîners en ville que, sur dix cheveux transplanté par monsieur Cahuzac, neuf l’étaient au noir ! » Car dans les dîners en ville, en vacances, et que sais-je encore, tous les « officiels » se voient, se parlent, échangent des adresses pour les cheveux et que sais-je encore. Tous les officiels et donc aussi le chien de garde de la maison commune du fric, la troupe Le Pen. Voyez le financier de madame Le Pen. Il savait depuis vingt ans puisque c’est lui qui a ouvert le compte de Cahuzac et n’a rien dit ! Il a prévenu la madame qui savait donc et n’a rien dit non plus. Peut-être est-ce avec cette sorte de silence qu’elle a réussi à faire avancer sa dédiabolisation médiatique ? On apprend dans « Le Parisien » que ce financier des Le Pen a rencontré récemment monsieur Cahuzac dans un bar du seizième ! Il lui aurait annoncé qu’il allait avouer. Il est certain qu’il a prévenu madame Le Pen. Mais il n’a rien dit publiquement. Normal. Ces gens-là s’appelaient entre eux le « gang des implants » (Le Monde) ! Autrefois ils dinaient ensemble en vacances ! Mais oui ! Mais oui ! Je suppose que bientôt on en apprendra d’autres. Et on nous dira « tout le monde savait ! » Tout le monde ? Vous aussi madame Michu ? Noooon ! Et toi camarade du PS qui nous fait la leçon depuis de mois sur « ceux qui aident Le Pen par leur critique du gouvernement » ! Hein ? Toi aussi, tu allais en vacances avec le responsable du Front national de ton village comme le font tes chefs ? Va savoir ! « Tout le monde le savait », qu’ils disent. « Tout le monde », ça veut dire « les officiels », les importants. Les autres n’existent pas à leurs yeux et rien ne le dit mieux que cette expression « tout le monde savait ». Les autres c’est « personne ».

Bon donc, « tout le monde savait » que les implants de cheveux chez Cahuzac « se payaient au noir » ! Ah ! Ah ! Et si c’était là que s’était construite la chaine du mensonge ? Tous ceux qui ont été se faire implanter des cheveux suaient peut-être à grosses gouttes en se demandant quand sortirait la liste des clients et le prix payé. Alors, ils regardaient ailleurs, ils croisaient les doigts, ils éteignaient les petites flammèches de l’incendie quand ils en trouvaient une à portée de main ! Hommes politiques, médiacrâtes, il doit y avoir un monde qui se tient par les cheveux et les paiements au noir de la coquetterie. Suivez les nouveaux cheveux amis, si vous êtes curieux ! De toute façon je suppose que la justice va le faire. Car l’agent caché de monsieur Cahuzac venait bien de quelque part ? La justice va vouloir savoir de d‘où et de qui ! Petits ruisseaux ou grandes rivières, le nombre des mouillés va faire tignasse ! 

Nous n’en resterons pas aux gémissements et aux commentaires. Ni même aux sarcasmes bien mérités par toute cette engeance officialiste. Il faut entrer dans l’agir. C’est de notre honneur de citoyen dont il est question. De notre dignité de peuple libre. La décomposition politique des institutions a une origine : le mépris du peuple et le règne de l’argent. C’est là qu’il faut frapper et changer de cap. Mais avant même de discuter de cela, de son bien fondé ou non, c’est la règle de la discussion civique qu’il faut changer. La règle du jeu démocratique. C’est-à-dire la Constitution. Hollande veut encore la changer trois fois. Elle l’aura été plus d’une vingtaine de fois depuis sa promulgation. Jamais par une Constituante ! Et trois fois seulement au suffrage universel. Nous vivons sous l’empire d’un bricolage de circonstance, de convenance et de connivences.

La construction pyramidale de la Vème république aggravée par l’inversion des scrutins et le raccourcissement du temps des mandats produit des effets destructeurs de grande ampleur. Le résultat de la concentration du pouvoir sur le prince éphémère on connait. On sait à présent l’effet d’isolement et le sentiment de toute-puissance nombriliste que la fonction distille dans l’organe humain qui l’occupe. Mais cette culture du sommet redescend en cascade sur tous les échelons du pouvoir qu’il soit élu ou technocratique. L’arrogance est partout, la vertu civique passe pour un défaut de communication, le débat un ennui passager. Les alternances, loin d’aérer le système l’ont durci et irresponsabilisé. Les « insubmersibles » sont les créatures nées de ce monde. Hauts fonctionnaires, experts auto-proclamés, rapporteur de commission Dugenoux et ainsi de suite, survivent à tous les changements politiques, s’entre-protègent à chaque alternance. Ils maintiennent une continuité qui n’est plus celle de l’Etat mais de la mode idéologique qui les a rassemblés, de la promotion qui les a fait se rencontrer. C’est cette chair pale et insipide qui séduit Hollande. Il s’entoure de technocrates sans idées, de condisciples de sa promotion comme d’autres des natifs de sa tribu, de politiciens sans consistance voués à lui comme autant de commensaux émerveillés de l’entre soi que crée l’absence de convictions. Ceux-là n’ont finalement plus aucun lien avec le monde qu’ils prétendent représenter. Quel est le fil de l’existence de telles créatures ? Eux-mêmes. Le contenu est venu d’ailleurs. Au bout d’un certain temps, depuis que cette évolution a commencée dans les rangs du PS, les sociaux libéraux ont trouvé la pratique de leur théorie. L’argent ce grand fleuve qui charrie déjà tant d’eaux mêlées leur a paru non seulement moins suspect mais tellement familier ! J’imagine le processus. On entendit raconter que les coups d’épuisette revenaient pleins. Certains se demandèrent où jeter des filets. D’aucuns y pourvurent. On pèche même parfois à la dynamite. Dès lors, rien jamais ne leur parait plus aussi immoral qu’il l’avaient d’abord cru. Peut-être parce qu’ils ne voulaient rien savoir de leurs propres actes privés, ils étendirent la règle aux actes publics. Une doctrine émergea qui satisfaisait tout le monde : les traitres et les lâches. Une doctrine assumée. C’est ainsi que Pierre Moscovici peut dire qu’un ministre n’est jamais un « salopard » qu’il soit de droite ou de gauche (le Parisien). La fonction exempterait de la responsabilité morale. Non seulement celle du ministre comme personne mais celle de sa politique. Voilà une pensée typique du technocrate le plus fanatisé. Il croit qu’il n’est rien de plus que l’agent zélé d’une loi de la nature.  L’accoucheur de l’histoire n’a aucune responsabilité sur la personnalité du bébé, en quelque sorte ! Cette raison « technicienne », de la politique, son absolutisme intrinsèque, est mère des pires horreurs dans l’histoire. De la sorte et au total, l’infection est partout. Le coup de balai est le meilleur remède disponible.

Qu’est-ce qu’un coup de balai en démocratie et en république ? Rien de plus qu’une décision prise par le peuple lui-même. Elle concerne les personnes mais surtout le système. Robespierre fit voter que les élus sortant de la Constituante ne pourraient être élus à la législative suivante. Plus proche de nous, Rafael Correa fut élu en Equateur la première fois avec comme programme la Constituante et la non rééligibilité des sortants. Retirer leur mandat à ceux qui l’exercent pour se donner la possibilité d’une page neuve ne doit pas être seulement un moyen réservé aux périodes d’exception comme celle que nous vivons. Ce doit être une option permanente pour le peuple souverain. C’est ce qu’ont introduit dans leur Constitution les vénézuéliens. Il existe la possibilité d’un référendum révocatoire sous condition de la collecte d’un certain nombre de signatures d’électeurs. Cette procédure a d’ailleurs été utilisée contre Hugo Chavez lui-même ! Mais le même pouvoir est reconnu au niveau municipal et même législatif ! L’usage du balai doit être un recours permanent de l’intervention populaire. Le référendum révocatoire permet d’articuler l’initiative politique du grand nombre et la stabilité institutionnelle dons a besoin toute société.

Mais bien sur l’idée de coup de balai a aussi une signification politique immédiate. Pour nous, elle concrétise l’idée « qu’ils s’en aillent tous ». C’est un acte d’éducation populaire destiné à valoriser l’idée qu’on peut se passer des puissants du jour. Que nous sommes aptes partout où nous sommes à faire bien mieux qu’eux. Et surtout c’est une préparation en profondeur de l’idée qu’il faudra tous s’en mêler pour conduire la rénovation sociale et républicaine à son terme. C’est pour cette raison que depuis les premiers moments le Front de Gauche porte l’idée d’une Constituante pour aller vers la Sixième République et l’a inscrite dans son programme « l’Humain d’abord ». Dans la version initiale cette Constituante était même le premier point du programme. Il passa en six parce que des rédacteurs expliquèrent que « c’est le social qui motive nos électeurs ». Personnellement je n’ai jamais pensé cela. Je crois que le social est en ligne directe avec le plus pur de la politique qu’est la règle du jeu démocratique dans un pays de vieille tradition parlementaire et de libertés communales comme le nôtre. Les faits se sont chargés de donner les preuves dont certains manquaient pour y croire. J’admets d’autant plus volontiers qu’ils aient douté qu’on connait bien la  vielle tradition d’indifférence aux institutions qui habite depuis longtemps notre gauche. Mais le fait est que non seulement la Constituante et la Sixième République furent au cœur du programme mais que c’est sur ce mot d’ordre qu’ont été convoqués les trois plus grands rassemblements de la campagne présidentielle, à la Bastille, au Capitole et au Prado !

C’est de cette Constituante dont il faut parler de nouveau haut et fort. Car ce n’est pas une lubie idéologique que cette idée. C’est une réponse concrète à une question concrète. C’est elle, d’ailleurs la réponse complète au large problème posé. Car du simple fait qu’il s’approprie la définition de la règle commune le peuple redevient acteur et propriétaire de la société. Le faisant il se refonde lui-même. Il s’unifie en se définissant. La seule carte d’identité rend constituant. La Constitution ne se contente donc pas de s’imposer à tous elle appartient à tous. Evidemment, il faut pour cela qu’il y ait une Constituante ! Et il faut qu’elle soit préparée par implication populaire de grande envergure. Les équatoriens fixèrent un lieu et un délai de plusieurs mois pour préparer ce qu’ils auraient pu régler à l’ancienne entre juristes en une semaine. Vers ce lieu convergèrent des délégations populaires de tout le pays. Au Venezuela on fixa aussi un délai et les articles proposés furent mis en débat dans tout le pays expliqués et critiqués quartier par quartier, imprimés sur tous les supports de communication les plus quotidiens comme l’emballage des paquets de pâtes alimentaires…

Un tel objectif ne se sollicite pas. Il s’arrache. C’est l’action populaire qui imposera la Constituante. Personne ne peut croire que « l’officialisme » va convoquer ses juges ! En tous cas pas de bon gré. Evidemment ce sont les circonstances qui commandent l’avancée des idées. Ce moment de décomposition putride est propice à une prise de conscience. Je fais le pari qu’elle dépasse largement les seuls rangs de notre Front de Gauche. C’est pourquoi cette idée doit se transformer en force matérielle large, sans accaparement du thème. L’objectif n’est pas de réussir un coup de communication mais un coup de mobilisation. Si nous sommes forts l’initiative fera peut-être le déclencheur dont nous avons besoin pour remettre le pays en marche. On pourra répliquer l’initiative avec plus de facilité. C’est la stratégie qui prévalu pour organiser le trio Bastille-Capitole-Prado. Bien sûr il faut le réussir. Il n’y a pas de date parfaite. Il n’y a pas de lieux parfaits. Il faut donc aller de l’avant avec audace en se donnant les meilleurs points d’appui. Une fois regardé le calendrier de près c’est la date du 5 mai qui semble la meilleure. Plus tard on butte sur un grand pont. Plus tôt le délai n’est pas suffisant.

09

Le 5 mai est l’anniversaire du deuxième tour de l’élection présidentielle. Le 5 mai est l’anniversaire de l’ouverture des Etats généraux de 1789 qui rendirent le peuple souverain en France. Enfin, juste pour l’humour, apprenez que le 5 Mai est la journée mondiale de l’hygiène des mains. En France cette journée mondiale est appelée journée « mains propres ». Ca ne s’invente pas. Le 5 mai me parait un jour propice. Le 5 mai nous pourrions donc rendre coup pour coup et manifester pour la VIème République, nationalement cela va de soi. Cela va de soi parce que l’expérience nous montre que les manifestations décentralisées ne produisent pas le même effet d’entrainement et ne sont pas comptabilisées de la même façon. 
 

J.-L. Mélenchon à " La Matinale" de France Info le 05/04/2013
J.-L. Mélenchon - JT de 13h de TF1 - 05/04/20

Mélenchon appelle à "une marche citoyenne le 5 mai" pour la VIème République

A la date anniversaire du second tour de l’élection présidentielle et de l'ouverture des Etats Généraux de 1789, Jean-Luc Mélenchon appelle à une grande marche citoyenne. Pour une VIème République, que le peuple passe un "grand coup de balai", sur cette république monarchique, pourrie par les intérêts financiers. Pierre Laurent "accueille favorablement l'idée de cette marche".

Mise à jour : Pour Pierre Laurent également, "l'heure est à la mobilisation".
"Jean Luc Mélenchon a proposé, ce matin sur France Info, d'organiser une marche citoyenne pour la VIe République, le 5 mai prochain. Les instances du Front de gauche auront à se prononcer sur cette proposition. Pour ma part, j'accueille favorablement l'idée de cette marche, dont les objectifs doivent être précisés. Le PCF tiendra lundi 8 avril, une réunion exceptionnelle de son comité exécutif national, à l'issue de laquelle je présenterais nos propositions dans une conférence de presse à 16 heures" a réagi le Secrétaire national du PCF dans un communiqué.

Revenant sur l'affaire Cahuzac ce matin sur France Info, le co-président du Parti de gauche estime que Hollande se trompe de diagnostique: "Non ce n'est pas une personne qui a failli. C'est un système qui révèle sa pourriture intrinsèque. Ce système qui a combiné les effets d'une monarchie quinquennale avec une irresponsabilité se diffusant à tous les étages par la concentration du pouvoir,  et le néo-libéralisme avec des flots d'argent qui circulent de tous les côtés... Une espèce d’oligarchie toute puissante s’est constituée, de tous puissants seigneurs et de leurs affidés dans le monde politique et médiatique.
La chaine des mensonges qui entoure Cahuzac commence dans le parti socialiste et finit au Front National. C’est invraisemblable, si on  nous avait dit ça il y a une semaine, ni vous ni moi on y aurait cru.
On ne peut  pas accepter que le peuple français, qui est humilié, la même semaine où on lui attaque ses acquis sociaux à l’Assemblée Nationale, il découvre ce spectacle lamentable, on ne peut pas accepter qu’il ne s'en mêle pas. C'est pourquoi je veux faire la proposition que l'on manifeste le jour anniversaire du 2ème tour de l'élection présidentielle, le 5 mai prochain dans la rue. Que l'on fasse une marche citoyenne pour la VIe République, c'est-à-dire pour que le peuple s'empare, par une Constituante, du grand coup de balai qu'il faut donner pour purifier cette atmosphère politique insupportable".

Comme un rappel de la (re)prise de la Bastille

Un changement de Constitution, l'idée est au coeur du programme du Front de gauche. Pour enrayer la confiscation du pouvoir par les intérêts privés, sous le vernis d’une démocratie aseptisée. C'est aussi ce qu'ont appelé de leur voeux 120 000 personnes, il y a un an, le 18 mars, place de la Bastille, à Paris, pour la «marche pour la VIe République».
Portant haut sa détermination à ce que le peuple reprenne le pouvoir, le programme du Front de gauche a démontré que la question du régime politique n’est pas une affaire de juristes mais bien une condition de la révolution citoyenne. «Prenez le pouvoir», c’est le slogan du Front de gauche.
Au programme : indépendance de la justice et des médias, citoyenneté de résidence pour les étrangers, droit d’intervention dans la gestion des entreprises, nouvelle décentralisation et autonomie des collectivités…

"Les institutions de la Ve République ont fait leur temps. Leur présidentialisme a avivé la crise de la politique. Elles ne permettent pas de passer d’une logique de concentration des pouvoirs à une diffusion des responsabilités dans tout le corps social. Nous nous plaçons donc dans la perspective d’une VIe République, fondée sur une démocratie pleinement participative, dans une France débarrassée de la tutelle des marchés financiers", dans "Une VIe République solidaire et démocratique", datée de novembre 2005, document de référence du PCF.



Edité par T 34 - 06 Apr 2013 à 17:15
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Apr 2013 à 16:43

Affaire Cahuzac: Harlem Désir propose un référendum pour tout "remettre à plat"

Harlem Désir a rétorqué vendredi soir à la "marche citoyenne" du front de gauche par l'idée d'un référendum pour la moralisation de la vie politique.

Lors d'une rencontre avec des nouveaux militants à Limoges, le premier secrétaire du Parti socialiste a voulu reprendre la main après l'affaire Cahuzac. "Nous devons organiser un véritable sursaut démocratique, remettre à plat tout ce qui doit l'être pour que les électeurs retrouvent confiance", a-t-il déclaré devant environ 200 nouveaux adhérents venus à sa rencontre.

"république exemplaire"

"Je crois que les Français peuvent être saisis pour nous permettre d'aller jusqu'au bout", a-t-il estimé. Dans son idée, ce référendum pourrait appler les Français à se déterminer sur des sujets tels que le "non-cumul des mandats", le "contrôle du patrimoine des élus", ou encore l'incompatibilité entre des tâches de lobbying et la fonction d'élu. "Si le président de la République veut saisir les Français nous sommes totalement mobilisés pour faire adopter cette réforme", a-t-il ajouté.

"Je crois que les Français, s'ils sont appelés dans un référendum à s'exprimer sur ces sujets, diront qu'ils veulent une république exemplaire", a-t-il déclaré un peu plus tard à des journalistes.

Harlem Désir saisit au bond la tribune de dix députés dans Le Monde daté de samedi, dans laquelle ils plaident pour un référendum à choix multiples comprenant notamment le vote pour les étrangers ou le non-cumul des mandats. "Si ces réformes rencontraient trop d'obstacles, le président de la République pourrait mobiliser le peuple, pour concrétiser plusieurs attentes fortes et demander par référendum les avancées que la droite refuserait au Parlement", écrivent notamment le numéro 2 du PS Guillaume Bachelay, Jean-Christophe Cambadélis, Olivier Faure, ou encore la députée parisienne Seybah Dagoma, en évoquant les quatre projets de loi constitutionnelle récemment présentés.

"Ainsi l'interdiction du cumul d'un mandat parlementaire avec celui d'un exécutif local pourrait être soumise à l'arbitrage citoyen" (...) Le droit de vote des étrangers, véritable arlésienne depuis plus de trente ans, pourrait être soumis à la délibération du peuple souverain", écrivent-ils.

Faut-il passer à la VIe République?

La "grande marche citoyenne" du 5 mai prochain, à laquelle le Front de gauche devrait officiellement appeler lundi, relance la revendication du passage à la VIème République qui apparaissait dans la programme du candidat Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle 2012.

Un an après l'élection de François Hollande, les termes du débat demeurent les mêmes. Nous republions ici le débat de l'Humanité du 18 mars 2012, jour de la marche du Front de gauche de la Nation à la Bastille pour un changement de régime. Les débatteurs:

  • Paul Alliès, secrétaire national adjoint du PS à la rénovation, président de la convention 
pour la VIe République, professeur de sciences politiques à l’université de Montpellier-I
  • Christian Picquet, porte-parole de la Gauche unitaire et du Front de gauche
  • Jean-Vincent Placé, sénateur d’Europe Écologie-les Verts (EELV).

A lire: Mélenchon appelle à "une marche citoyenne pour le 5 mai" pour la VIème République

Le thème de la VIe République n’est pas nouveau dans le débat politique. Lors de la dernière présidentielle, en 2007, il figurait, avec des contenus très divers, dans les programmes de sept des douze candidats. Aujourd’hui, à l’issue du quinquennat de Sarkozy, cette revendication d’une VIe République a-t-elle pris une acuité nouvelle ?

Jean-Vincent Placé. La mise en place d’une VIe République est plus nécessaire que jamais. Le quinquennat de Nicolas Sarkozy a illustré toutes les dérives de la Ve République. Véritable président monarque, il nous a démontré les limites de la concentration des pouvoirs. Tenant à distance les représentants du peuple, les corps intermédiaires et les citoyens eux-mêmes, il n’a fait que renforcer un régime autocratique hostile à la délibération. Le manque de participation des Français et des Françaises aux élections doit nous interpeller et nous faire prendre conscience du rejet manifesté à l’égard d’un système injuste et inefficace. Nos institutions ne nous permettent pas de répondre au nouveau défi majeur du développement durable. La VIe République représente un outil indispensable pour aller vers une société plus juste et plus durable.

Paul Alliès. La référence explicite à une VIe République s’est faite discrète dans cette campagne. Seul Mélenchon fait campagne sur ce sujet ; Joly aussi, mais un peu moins. Hollande a écarté une révision de la Constitution et le référendum qui figurait dans le projet socialiste. Il centre ses propositions sur un changement significatif de la pratique présidentielle. Bayrou ne parle plus de VIe République, comme en 2007, mais d’un référendum sur la « moralisation de la vie politique ». Tout se passe comme si les acteurs de cette présidentielle étaient fatigués des cinq années de présidentialisme sarkozyste et souhaitaient revenir à une normalité constitutionnelle. On peut les comprendre. Si l’alternance se fait, elle devrait donc produire un réel changement au sein même de la Ve République: réforme du statut de chef de l’État, contrat de législature entre le Parlement et le gouvernement, retour aux pouvoirs du premier ministre selon les articles 20 et 21 de la Constitution, procédure parlementaire pour les nominations par l’exécutif, limitation du cumul des mandats, introduction de la proportionnelle dans le mode de scrutin législatif, réforme du Conseil supérieur de la magistrature, création d’une nouvelle instance indépendante de régulation de l’Audiovisuel, inscription de la « démocratie sociale » dans la loi fondamentale. Tout cela figure dans les propositions des candidats déjà cités et ce n’est pas rien!

Mais le simple rééquilibrage des pouvoirs ou leur moralisation ne permettra pas de faire l’économie d’une refonte démocratique de la République. La Ve est organiquement scellée à une présidentialisation forcée de son fonctionnement, à une tradition bonapartiste populaire mais a-démocratique. Elle entretient la confusion des pouvoirs et l’irresponsabilité générale du bas en haut de l’État. C’est pourquoi la question d’une VIe République s’imposera avant la fin du quinquennat à tous les démocrates et à la gauche en particulier, quelles que soient la bonne volonté et l’honnêteté du président. L’alternance donnera le goût de l’alternative aux citoyens et la VIe République sera son nom.

Christian Picquet. En finir avec la monarchie présidentielle et l’atrophie de la démocratie qu’elle induit, refonder la citoyenneté et permettre aux salariés de conquérir des droits nouveaux: ces exigences ont été portées, à gauche, depuis les origines de la Ve République. Le sarkozysme leur confère une actualité nouvelle en ce qu’il a poussé à leur paroxysme les dérives de ces institutions. Avec, pour facteurs aggravants, la soumission à la finance et la négation de tout ce qu’il restait de la souveraineté populaire afin de pouvoir mieux condamner toute l’Europe à l’austérité. Des mesures cosmétiques, telles que préconisées par François Hollande, sans remettre en cause l’esprit même de ces institutions, ne peuvent permettre la rupture nécessaire avec l’hyperprésidentialisme, l’exercice plébiscitaire autant qu’opaque du pouvoir, la concentration des décisions au sommet de l’État, l’osmose totale entre la politique et le monde de l’argent, l’hypertrophie des appareils répressifs associée à la volonté de criminaliser l’action sociale. Si elle veut répondre à l’attente démocratique qui monte du pays, la gauche tout entière ne peut plus faire l’économie de l’objectif d’une nouvelle République.

Face à l’ensemble des reculs démocratiques et sociaux de l’ère Sarkozy, en quoi est-il pertinent d’élaborer une réponse institutionnelle, en termes de type de République à promouvoir ? On pourrait avoir tendance à considérer, à gauche, que la réflexion sur les institutions ne peut venir qu’en couronnement d’un nouveau rapport de forces en faveur des classes populaires, appuyé sur le développement des luttes sociales…

Jean-Vincent Placé. La Ve République fait la part belle aux cercles restreints de dirigeants et à l’exercice solitaire du pouvoir. Les écologistes prônent un système différent, dans lequel le président est un justiciable ordinaire, qui ne peut désigner les dirigeant(e)s de l’audiovisuel public. La réponse institutionnelle que représente la VIe République est nécessaire pour mettre en place une République solidaire, éthique et démocratique. Elle réformera en profondeur le régime politique actuel pour permettre une meilleure représentativité des élus du peuple, la responsabilisation des dirigeants et un véritable pluralisme des acteurs de la vie publique. Pour y parvenir, la nouvelle Constitution des écologistes prévoit la mise en place d’un régime parlementaire primo-ministériel, un renforcement du rôle du Parlement, mais également la généralisation de la proportionnelle à tous les scrutins, l’obligation de parité, la fin du cumul des mandats et la reconnaissance du vote blanc. Il est essentiel que les politiques publiques soient élaborées de manière collective, permettant ainsi de valoriser les rapports de forces, les luttes sociales et les exigences environnementales.

Paul Alliès. Dans la République moderne, Pierre Mendès France écrivait: «Je mets au défi quelque homme politique, quelque parti que ce soit d’entreprendre, demain, une authentique démocratisation de l’enseignement, de modifier la répartition du revenu national au profit des classes défavorisées, d’assurer le contrôle par la puissance publique des positions dominantes de l’économie, d’assurer le respect des libertés fondamentales et des droits de l’homme (…), si les problèmes institutionnels n’ont pas d’abord reçu une solution correcte.» Cela vaut toujours, et la gauche a trop oublié, sous la Ve République, que la question démocratique est partie intégrante de la question sociale.

Christian Picquet. Historiquement, l’exigence de la République sociale se trouve au débouché du combat du mouvement ouvrier. Non dans une approche réduite à ses dimensions institutionnelles, mais, comme le disait si bien Jaurès, pour pousser la démocratie « jusqu’au bout », pour rendre les travailleurs aussi souverains dans l’ordre économique que les citoyens le sont, en théorie, dans l’ordre politique. C’est dans cette cohérence que s’inscrit aujourd’hui la bataille du Front de gauche pour la VIe République. La refondation républicaine, que nous appelons de nos vœux, a de ce point de vue une triple spécificité. Elle repose d’abord sur la réaffirmation et l’extension des droits fondamentaux du plus grand nombre, ce que la Révolution française avait, dès ses premiers moments, désigné sous le terme de « droit à l’existence ». Elle induit ensuite de nouvelles possibilités d’intervention des citoyens et des salariés à tous les échelons (par exemple, à l’entreprise, pour qu’existent des moyens de s’opposer aux plans de licenciement boursiers). Elle aboutit, ce faisant, à une démocratie étendue et libérée du présidentialisme, la clé de voûte de toute la démarche étant la réhabilitation effective de la souveraineté du peuple. Ce qui trouve son prolongement dans les propositions formulées afin qu’une gauche victorieuse, demain, en France, contribue à donner de nouvelles bases à la construction européenne.

 

Le projet d’une VIe République participe-t-il de la construction 
d’une sortie de crise, 
d’un dépassement du capitalisme?

Jean-Vincent Placé. Le modèle de développement dans lequel nous vivons est obsolète. Afin de faire le contrepoids des marchés et des grands groupes économiques, la population doit être systématiquement incluse dans les prises de décision. Ce doit être le cas dans les conseils d’administration des entreprises, mais également dans les institutions. Jurys de citoyens, conférences de consensus, budgets participatifs, référendums d’initiative populaire… les outils sont nombreux pour permettre la délibération et l’expression de toutes les revendications. Par ailleurs, le président de la République a également son rôle à jouer dans le dépassement du capitalisme. Il doit se placer au-delà des clivages et des intérêts immédiats, notamment des grands lobbys, pour assumer la fonction d’arbitre, de garant du bien commun et de protecteur de l’indépendance de la justice. Cela dit, la crise économique, sociale et environnementale ne pourra se résoudre qu’à l’échelle européenne. Dans un monde globalisé, il est indispensable de renforcer l’intégration vers une Europe fédérale solidaire et sociale qui dépasse les marchandages et les égoïsmes nationaux. En réponse à la mondialisation, pour faire face aux marchés, les écologistes proposent un nouveau mode de gouvernance, aux niveaux national et européen, reposant sur une véritable appropriation démocratique par les citoyens.

Paul Alliès. Plus que jamais, l’approfondissement de la démocratie est un élément de la réponse à la crise du capitalisme que nous traversons. Les marchés détruisent en même temps l’espace public et le bien-être social. La qualité d’un régime politique se mesurera de plus en plus à l’aune de la participation des citoyens aux décisions, donc, à son autonomie par rapport à l’économie et à la finance. La troisième révolution industrielle que nous vivons est celle de l’information généralisée et de la fin des hiérarchies verticales du savoir incorporé au pouvoir. Comment ne pas voir les ravages de la dilution de la souveraineté populaire dans le système dépolitisé de l’Union européenne? Une VIe République combinera démocratie représentative et participative. Elle sera fondée sur le principe de la responsabilité de tous et de chacun, jusqu’au sommet de l’État et de l’UE. Elle donnera ainsi dignité et autorité à la volonté sociale et politique, sans laquelle aucun dépassement ne sera possible.

Christian Picquet. Le capitalisme financier et globalisé actuel se révèle incompatible avec toute notion d’intérêt général ou de primauté du suffrage populaire sur la cupidité d’un tout petit nombre d’actionnaires et de banquiers. Confronté à une crise historique, il prétend en sortir sur le dos des populations. Pour faire basculer le rapport des forces, l’action de masse, l’implication du plus grand nombre, se révèle indispensable. Il se trouve que c’est l’esprit même du projet de VIe République, que nous associons à l’idée de révolution citoyenne. En avril et mai, il conviendra de débarrasser la France de Nicolas Sarkozy. Mais la victoire de la gauche devra se traduire par de belles avancées sociales et démocratiques. De la Commune à Mai 68, en passant par juin 1936, l’expérience prouve que rien de grand ne s’est jamais fait sans l’engagement du peuple. En avançant aujourd’hui une perspective politique fondée sur une véritable démocratie, il s’agit donc bien de dessiner une réponse globale aux exigences d’égalité et de justice mises en avant par toutes les confrontations sociales de ces dernières années.

  • A lire aussi:

Il y a un an, le Front de gauche appelait déjà à la VIème république

Entretiens croisés réalisés par Laurent Etre



Edité par T 34 - 06 Apr 2013 à 17:06
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Alsace: rejet massif contre la fusion Bas-Rhin, Haut-Rhin et région

Selon des résultats portant sur plus de 98% des bulletins dépouillés, le non a recueilli plus de 55% des suffrages exprimés dans le Haut-Rhin, dans un contexte de très faible mobilisation des électeurs.

Au contraire, dans le Bas-Rhin, le oui l'aurait emporté par près de 67% des voix, mais l'abstention a également été très forte, selon des résultats non-définitifs. Pour être validé, le projet de collectivité unique d'Alsace (CTA) aurait dû non seulement recueillir 50% des suffrages exprimés, mais surtout au moins 25% des inscrits, et ce dans chacun des deux départements. Or la participation aurait été de 36% dans le Bas-Rhin, et de 37% dans le Haut-Rhin.

Grand gâchis

Il s'agit d'un échec cuisant pour ce projet de regroupement inédit des collectivités départementales et régionale d'Alsace soutenu par une partie du Parti socialiste, les Verts et la droite, soutenu aussi par le Front national local avant de se faire remonter les bretelles par le siège du parti.

Censé, selon ses partisans, renforcer le poids de l'Alsace, le "oui" partait pourtant favori. Un sondage publié début mars donnait près de trois-quarts de "oui" pour un quart de "non", même si le camp des opposants était déjà plus fort dans le sud de l'Alsace. Dimanche, entre 55 à 60% des suffrages exprimés sont allés "au oui dans l'ensemble", a relevé dans un entretien à l'AFP le président du conseil régional Philippe Richert (UMP), principal initiateur du projet, tout en confiant éprouver "le sentiment d'un grand gâchis".

Le maire de Strasbourg, Roland Ries (PS), a révélé pour sa part sur son compte Facebook qu'il avait voté blanc. Tout en se disant favorable au principe, le maire de Strasbourg a regretté que "les intentions initiales de simplification se sont perdues".

Confiscation démocratique

Le Front de gauche avait lui appelé à faire barrage à ce projet. Lors d'un meeting mercredi soir, Jean-Luc Mélenchon, au côté de Pierre Laurent et d'Aline Parmentier, secrétaire fédérale du PCF, avait expliqué: « La question posée, à travers le rêve fou de Philippe Richert (président UMP de la région – NDLR) d’être élu prince d’Alsace, c’est que, pour la première fois en France, on propose à une partie du territoire national de se donner une identité, non pas avec tous les autres, mais à distance d’eux ». L'ex-candidat à la présidentielle en avait appelé au « patriotisme républicain ». Sur la forme comme sur le fond, c’est « une confiscation démocratique insupportable » qui est dénoncée.

Référendum: l'Alsace, 
le laboratoire décidé

Les  Alsaciens sont appelés à se prononcer ce dimanche, par un référendum initié par la droite, sur la fusion des trois entités territoriales. Un scrutin vu d’un bon œil au gouvernement.

Strasbourg, Mulhouse, envoyé spécial. La droite met le paquet. À l’Assemblée, les députés UMP ont été priés, lors des questions d’actualité générale cette semaine, d’arborer le badge du oui au revers du veston. Sur place, pour faire avaler par référendum, ce dimanche (lire ci-dessous), la fusion des conseils généraux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, ainsi que de la région Alsace, les moyens sont tout aussi conséquents. Philippe Richert, président (UMP) du conseil régional, accumule les réunions publiques, plus d’une centaine, et se vante « d’avoir vu 25 000 personnes ». Exagéré, quand une petite centaine est à l’aise ce soir-là dans la grande salle municipale de Rixheim, dans la périphérie de Mulhouse. Philippe Richert, ancien ministre sarkozyste des Collectivités territoriales, vante une énième fois le triptyque « unité, efficacité, proximité » censé naître du rapprochement des trois institutions en une seule « collectivité territoriale d’Alsace ».

Le référendum brouille les cartes politiques

Curieusement, c’est par la crise – dont nulle responsabilité n’est rappelée – que commencent les élus de droite pour mieux faire espérer « la reprise en main de notre destin ». « Dix mille emplois ont été perdus, avance Olivier Becht, maire de Rixheim, parce que l’on parle insuffisamment allemand » dans cette région frontalière, où la droite espère des emplois grâce aux voisins rhénans du Bade-Wurtemberg allemand et au canton suisse de Bâle, et rêve d’une eurorégion.

L’Alsace qui sortirait renforcée en s’éloignant de « Paris », la tarte à la crème flatte l’électeur dans une région où la droite se plaît à dépeindre les Alsaciens comme des oubliés de la redistribution. Pernelle Richardot, l’une des élus régionaux PS à prendre son bâton de pèlerin pour le non, dénonce la reprise par l’UMP de la rhétorique des autonomistes d’extrême droite d’Alsace d’abord, dont le slogan est « Unis contre Paris ». « Et demain, ce sera quoi, unis contre Strasbourg, contre les étrangers ? On fait le lit des populistes à dire que c’est avec la collectivité unique que l’on résoudra toutes les politiques que la droite n’a pas su mettre en place depuis dix ans. »

Le référendum alsacien brouille les cartes politiques habituelles. Avec la droite, le FN régional a d’abord soutenu le projet avant de se faire remonter les bretelles par le siège du parti, et il se prononce aujourd’hui pour le non. Parce que le projet proposé est « inachevé », patauge désormais le conseiller régional FN, Patrick Binder. Au nom du régionalisme, Europe Écologie-les Verts est pour le oui, le PS s’est divisé en deux parties quasiment égales, tandis que le Front de gauche défend un « non de progrès ». Dans le Haut-Rhin, Aline Parmentier, secrétaire fédérale du PCF, ne veut pas d’un oui qui est un « chèque en blanc ». Car la particularité du scrutin est qu’il porte sur le principe d’une fusion, pas sur ses modalités concrètes, renvoyées à des consultations menées jusqu’en 2015. « Mutualiser, ajoute-t-elle, c’est réduire le service rendu. On va en réalité passer directement de la RGPP à la MAP (modernisation de l’action publique) du gouvernement socialiste », avec diminution des emplois publics.

Très chère fusion

Même le cabinet conseil KPMG conclut, dans une étude commandée par l’Assemblée des départements de France, en 2009, que la fusion coûterait plus cher qu’elle ne rapporterait. Dans un épais argumentaire de 16 pages à l’adresse des militants, l’UMP ressasse la « simplification » qui naîtra de la fusion. Dans la salle à Rixheim, un infirmier doute que de la disparition des strates administratives surgisse l’efficacité promise: «Moi, j’ai vu disparaître les hôpitaux de proximité, alors…» Philippe Richert objecte : «Les uns s’occupent de faire rouler les TER, tandis que les autres font rouler les bus… On pourra mettre en place une “Carte orange” nous aussi…» que la région Île-de-France a mis en place depuis belle lurette sans toucher à la structure administrative. Dans la dernière région que la droite gère encore, nul doute qu’elle entend au passage bétonner électoralement le territoire. À Philippe Richert, qui doit son siège de président de région au décès brutal, en 2009, d’Adrien Zeller, on prête le désir d’imprimer sa marque dans l’histoire. Toute la droite n’a pas son enthousiasme. Jean-Marie Bockel, président de l’agglomération de Mulhouse, jugeait, en décembre, le référendum précipité. « À force de promettre, on va décevoir », aurait confié en aparté le député UMP de Sélestat, Antoine Herth. L’enjeu dépasse la région, au point que la CGT s’exprime et souligne que « le projet prévoit d’adapter le droit du travail à la concurrence avec nos voisins suisses et allemands ». « Pour ne pas répondre à l’urgence sociale et économique en Alsace, Richert s’invente un cheval de bataille », juge Pernelle Richardot. Au gouvernement, on voit d’un bon œil un projet qui devance le droit à l’expérimentation prévu dans l’acte III de la décentralisation. La disparition des départements, « c’est le sens de l’histoire », explique, de son côté, l’UMP Xavier Bertrand. « Une maturation qui est forcément progressive », lui répond en écho le conseiller de François Hollande et maire PS de Quimper, Bernard Poignant. Et de faire de l’Alsace une tête de pont.

L’enjeu de la participation. Tandis qu’un sondage 
CSA réalisé le 7 mars, 
en début de campagne, 
il y a un mois, donnait 
le oui vainqueur à 75 %, c’est la participation 
qui sera déterminante 
quant à l’avenir du projet. 
La loi stipule que le oui, pour l’emporter, doit rassembler au moins 25 % des inscrits dans chaque département, soit 50 % des voix s’il y a 50 % de participants. 
Ce qui est beaucoup pour 
ce type de scrutin, quand 
les dernières élections partielles peinent à déplacer plus de 40 % du corps électoral. Et à ce niveau, le oui doit rassembler alors 62,5 % des suffrages pour l’emporter, et 83,3 % si la participation s’établit à seulement 30 % du corps électoral.

Lionel Venturini

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Du scandale Cahuzac à la crise de système

Avec la mise au jour d’un véritable système mondialisé d’évasion fiscale par des médias du monde entier et l’affaire de fraude de l’ex-ministre du Budget, la mainmise des intérêts privés sur la chose publique interpelle les politiques. Le PCF réclame une convocation extraordinaire du Parlement.

L’arbre qui révèle l’existence de la forêt : telle est la place singulière qu’occupe Jérôme Cahuzac, depuis les révélations en cascade qui se succèdent après sa mise en examen, mardi, pour blanchiment de fraude fiscale. Avec les révélations égrenées depuis jeudi par 36 médias associés via le Consortium international des journalistes d’investigation (Icij), qui a mis la main sur une masse de données sur les avoirs dans les paradis fiscaux de 122 000 sociétés reliées à 130 000 personnes à travers le monde, un véritable « système mondialisé d’évasion fiscale » est en passe d’être mis au jour, selon le journal le Monde qui a relevé, dans la liste, le nom de Jean-Jacques Augier, l’ex-trésorier de la campagne présidentielle de François Hollande, pour ses placements dans des sociétés offshore.

1 250 milliards d’euros d’évasion fiscale

L’affaire Cahuzac, à l’origine d’une véritable tempête politique en France, apparaît, dès lors, sous un nouveau jour : à la fois gigantesque scandale, de par les fonctions exercées par Jérôme Cahuzac au gouvernement, et de la taille d’une goutte d’eau à l’échelle de la fraude érigée en système qui soustrait, chaque année, 1 250 milliards d’euros aux recettes fiscales des États, dont 40 à 50 pour la France, selon le rapport du sénateur (PCF) Éric Bocquet, membre d’une commission d’enquête parlementaire sur le sujet.

Pour autant, c’est bien cette dimension systémique qui ne permet pas de parler, dans le cas Cahuzac, d’une « faute individuelle », comme veut le croire le député PS Jean-Christophe Cambadélis, mais d’une affaire d’État (68 % des Français pensent que l’affaire est grave, selon Harris Interactive), qui interpelle les politiques sur le mélange des genres entre intérêts privés et gestion de la chose publique, à tous les niveaux.

Jeudi, le secrétaire national du PCF a ainsi appelé, au micro de France Inter, à « suspendre les débats parlementaires actuels », où se discute en catimini le texte sur l’accord national interprofessionnel (ANI), pour laisser place à une « convocation extraordinaire du Parlement » afin de « consacrer du temps à débattre des mesures nécessaires » pour s’attaquer au « conflit d’intérêts entre le monde de la finance et des fractions importantes du monde politique » qui est « à l’origine de cette crise ». Une demande relayée, hier en conférence des présidents de l’Assemblée nationale, par André Chassaigne (PCF), chef de file des députés Front de gauche. « La dimension d’évasion fiscale et des paradis fiscaux est au cœur de cette crise », estime Pierre Laurent, pour lequel « il faut aller à la racine des problèmes » et non « se contenter, cette fois-ci, de belles paroles ». Le sénateur communiste estime « invraisemblable » que « le gouvernement continue de cheminer en attendant les rebondissements judiciaires et médiatiques de toutes ces affaires ».

Un rapport resté lettre morte

Le 22 janvier 2012, au Bourget, le candidat Hollande avait lui-même reconnu le caractère de système du « monde de la finance » en le désignant comme son « adversaire » –  un « monde » qui a cependant, les faits le montrent, des noms, des visages, et même, parfois, un parti. François Hollande avait alors promis de « l’affronter ». Près de quinze mois plus tard, les 60 propositions du rapport Bocquet sur la lutte contre l’évasion fiscale sont restées « lettre morte », relève Pierre Laurent.

Sur la liste des quelque 3 000 contribuables évadés fiscaux en Suisse contre lesquels le ministre UMP Éric Woerth avait menacé, sans le faire, de saisir la justice, en 2009, quelques centaines font l’objet chaque année d’un contrôle de l’administration fiscale, selon Vincent Dreuzet, du Syndicat national unifié des impôts (Snui). Mais beaucoup courent toujours, parfois le plus légalement du monde. À l’instar de ces très riches familles françaises exilées fiscales en Suisse, dont Jean-Luc Mélenchon avait cité les noms, le 6 mars 2012, dans un meeting à Rouen : Wertheimer (propriétaires de Chanel), Castel (Thonon, Saint-Yorre), Peugeot... Comme y appelait Gérard Filoche, inspecteur du travail et membre du bureau national du PS, jeudi, dans l’Humanité, le gouvernement est face à un choix : « Cesser de chercher les milliards qui manquent sur les petites retraites, sur les allocations familiales, et sur les services publics. (…) S’il faut gratter des milliards, c’est dans la fraude qu’il faut aller les chercher ! »

Le trésorier de hollande aussi  Trésorier de la campagne de François Hollande, inspecteur des finances, Jean-Jacques Augier serait lui aussi titulaire d’un compte à l’étranger, selon les fichiers du Consortium international de journalistes d’investigation, explique le Monde. Actionnaire de deux sociétés offshore aux îles Caïman, l’affairiste n’y voit aucune malice : « Il n’y a aucune incompatibilité entre ces investissements et ce que j’ai fait pour François Hollande. » En matière d’éthique, on a connu des hauts fonctionnaires plus tatillons.

Sébastien Crépel

Vérité(s): de quoi Cahuzac est-il le symptôme?

 

Le bloc-notes de Jean-Emmanuel Ducoin.

L'affaire Cahuzac ne saurait être uniquement la corruption – et de quelle ampleur! – d’un homme politique aux responsabilités majeures. Elle nous dit aussi quelque chose de l’état de notre République, de nos institutions et de la formation de nos élites...

Cahuzac. Le stade des aveux procède toujours d’une sorte de commotion. D’abord pour celui qui les consent, comme une libération intime ; mais également pour ceux qui les reçoivent, contraints. Difficile de comprendre les ressorts psychologiques qui ont poussé Jérôme Cahuzac à se dégrafer devant tous, sinon, probablement, la lecture accablante du contenu des premières investigations de la Justice, dont il savait qu’elles seront rendues publiques tôt ou tard et qu’elles parapheraient son indignité nationale et son lynchage médiatique. A l’affront programmé, fallait-il ajouter l’acharnement personnel ? Notons au passage que s’il l’avait pu, il y a tout lieu de croire que Monsieur Cahuzac aurait maintenu sa ligne de défense comme si de rien n’était, multipliant les mensonges, comme depuis des mois, avec une constance qui n'avait d'égale que sa morgue à l'encontre de ses accusateurs, significative de dérives nourries par un sentiment d’impunité insupportable. 

Evoquer la sacro-sainte «spirale du mensonge» n’y changera rien, encore moins les tentatives de certaines âmes magnanimes qui affirment – rêve-t-on? – que l’ex-ministre du Budget a trouvé les mots qui «convenaient» pour «exalter sa honte» et «formuler des regrets»… Mon dieu, qu’il est difficile de se réveiller un matin seul au creux du lit!

Morale. Nous mentons contre les autres: mais nous mentons contre nous-mêmes, à nos risques et périls. Rassurez-vous. Il ne s’agit pas, ici, de rajouter du scandale au scandale ou de l’indignation surjouée aux tombereaux d’adjectifs déjà utilisés toute la semaine. Mais à l’heure où la République s’enfonce chaque jour un peu plus dans la crise sociale, comment ne pas reconnaître, et le plus simplement du monde, que rien n’est plus grave et dangereux pour la démocratie que l’atmosphère de suspicion généralisée que provoquent les «affaires» à répétition, celle-ci étant, probablement, une de trop, puisqu’elle porte atteinte directement à la probité de la parole publique? Il s’agit donc moins d’incriminer un individu que d’interroger les conditions formelles –donc morales– qui ont présidé à la trahison du discours vrai… Seulement, en l’espèce, qui parle de morale parle de politique. Et de cette exigence (absolue et éthique) que devrait être la vertu du parler-vrai. Savoir d’où l’on s’adresse; à qui; et comment. Voilà pourquoi «l’affaire» Cahuzac ne saurait être uniquement la corruption –et de quelle ampleur!– d’un homme politique aux responsabilités majeures. Elle nous dit aussi quelque chose de l’état de notre République, de nos institutions et de la formation de nos élites, supposées nous représenter. Car tout de même! 

Crime envers la République

Qui était le ministre Cahuzac sinon celui qui, à longueur d’antenne, et depuis si longtemps, appelait aux «sacrifices» budgétaires et à la «Vérité» des marchés et de la Finance érigée comme totem? Cette même «Vérité», accablante aujourd’hui pour lui, prend une toute autre réalité pour le peuple depuis des mois: austérité, rigueur, restriction, atomisation sociale, etc. Une question brûle donc la plume: de quoi cette «affaire» est-elle le symptôme, puisqu’elle s’apparente, pour certains, à un crime envers la République? Une réponse jaillit aussitôt: celui d’un parti socialiste (du moins ses principaux responsables) dogmatique et schizophrénique, totalement coincé entre un programme social-libéral (désormais assumé) et des valeurs «morales» constamment prises en défaut par le monde de l’argent qui ruine tout et pervertit jusqu’aux coeurs des hommes… Souvenons-nous bien du crédo de la Vérité placé au coeur de l’action par Normal Ier, synonyme de «sacrifices» à tous les étages. Au nom de cette Vérité sacrée, la gauche dite «de gouvernement» disposerait dorénavant de tant et tant de «courage» qu’elle n’hésiterait plus à choisir des réponses économiques de droite à des questions sociales de gauche. Le problème? Il est limpide: l’ex-ministre du Budget était l’un partisans acharnés du changement de logiciel du Parti socialiste, jusqu’à assumer ce qu’il appelait un «nouveau centre de gravité de la gauche». Ceci a-t-il à voir avec cela?

Armstrong. On pardonnera au bloc-noteur une expérience toute personnelle, fruit de longues années d’expérimentation, sachez-le. Dans la stratégie du mensonge éhonté face caméras, Lance Armstrong vient peut-être de trouver quelqu’un pour rivaliser avec lui! Ne rigolez pas. Qui a croisé Armstrong dans sa vie sait à quoi s’attendre de paroles arrachées «les yeux dans les yeux». Un mensonge, aussi mineur soit-il, reste un mensonge. Dans le vélo, on commence toujours par se doper «petit», avant de charger la mule. Alors qu’un ministre-menteur disposant de comptes cachés à l’étranger s’occupe de l’évasion fiscale…

Jean-Emmanuel Ducoin

Affaire Cahuzac : qui entretient vraiment aujourd’hui un climat digne des années 1930?

Par Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de gauche.

"Les aveux de Jérôme Cahuzac résonnent comme un coup de tonnerre. Ils sont le visage repoussant d’une crise de régime qui va s’amplifier. Un grand coup de balai s’impose. Après la mise en examen de l’ancien président Nicolas Sarkozy, ils accélèrent la décomposition d’un régime politique. En dix mois, ce gouvernement est déjà plombé par un énorme scandale judiciaire. Toutefois, ces aveux n’étonneront que les naïfs. Le problème dans cette affaire ne vient pas seulement d’un mensonge d’un homme seul, fût-il déjà inacceptable. Là n’est pas le plus grave. François Hollande et Jean-Marc Ayrault ne peuvent s’en sortir désormais avec des condamnations faciles et des larmes de crocodile. C’est à cet homme que le président de la République avait confié la lutte contre la fraude fiscale. Quel aveuglement! C’est lui qui fut un de ses plus proches conseillers durant la campagne présidentielle. Quelle honte!

Ce lien entre argent et politique est une signature du mal qui ronge notre société. Ceux qui ont trop longtemps fermé les yeux devant l’évidence sont coupables. C’est la marque d’une arrogance de caste où, entre puissants, on tolère longuement ce que l’on reprocherait immédiatement à un modeste employé ou un chômeur.

Le dégoût que je ressens fait écho aux inacceptables attaques que nous ont lancées quelques bureaucrates solfériniens lors du congrès du Parti de gauche. Des misérables ont considéré que nos indignations, alors dirigées contre le ministre Moscovici sur l’affaire de Chypre, étaient dignes «des années 1930». Quelques minables nous ont même comparés aux ligues fascistes qui prospéraient ces années-là. Ces attaques indignes et blessantes ont déshonoré ceux qui les ont portées. Mais, précisément, je repense aujourd’hui aux années 1930 et au climat détestable qui régnait alors. Qui rappellera que ce sont des scandales judiciaires comme l’affaire Alexandre Stavisky qui accélérèrent la crise qui secoua la France des années 1930 et firent le miel de l’extrême droite ? En ce temps-là aussi, le « beau Sacha », comme on appelait Stavisky, avait berné, disait-on, beaucoup de monde par ses mensonges. Cette affaire fit éclater au grand jour les liens entre les milieux financiers et des politiques peu scrupuleux. Elle ébranla le régime. C’est donc en réaction que des ligues fascistes, mais pas seulement, manifesteront violemment vers l’Assemblée nationale, le 6 février 1934. Aujourd’hui, c’est le « beau Jérôme », pourtant l’objet hier de tant de portraits flatteurs, qui déclenche une crise dont les conséquences seront profondes.

La parole politique des membres du gouvernement est désormais gravement mise en cause dans sa globalité. Toute forme de consentement à l’autorité est en miettes. Tant mieux. Il y a encore quelques mois, Jérôme Cahuzac, sur ordre de François Hollande et Jean-Marc Ayrault, était le zélé maître d’œuvre de la rigueur stupide qui fait actuellement tant de mal à notre pays. C’est maintenant à cette politique qu’il faut s’opposer aussi avec fermeté. C’est le moment opportun. Les justifications de ses décisions injustes sont jetées à terre par les mensonges de l’ex-ministre du Budget sur ses comptes personnels. Si l’exigence citoyenne d’un passage à une VIe République, où le peuple pourrait contrôler ses élus, sortait aussi renforcée de ce scandale, un bien sortirait d’un mal.

Aujourd’hui, ceux qui entretiennent véritablement un climat digne des années 1930 doivent laisser la place. Ouste! qu’ils s’en aillent! Par leur incapacité à affronter ce lien avec milieux financier et politique, ils font le jeu des adversaires de la République. Ceux qui, comme nous, dénoncent ce climat de haute corruption morale doivent être soutenus et non calomniés. La pourriture de la Ve République est à son comble. L’intimidation ne nous fera pas taire. Pourquoi nous reprocher de crier notre indignation face à ces comportements digne d’authentiques « salopards » ? Dans un tel climat, nous brisons les convenances pour nous faire entendre. Vous avez dit « années 1930 » ? Hélas, oui.

Alexis Corbière

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Editorial Par Patrick Le Hyaric

L'édito de Patrick Le Hyaric : "Séisme démocratique !"

5 Mai 2013, marchons pour la République
 
Aucun petit rafistolage ne permettra de faire face aux violentes convulsions que provoque ce qui est désormais appelé « l’affaire Cahuzac ». Aucun discours moralisateur, aucune loi, aucune promesse présidentielle répétée durant les campagnes électorales n’ont ralenti l’apparition de multiples scandales politico-financiers.

Au-delà de l’ignoble comportement personnel de l’ancien ministre, il est clair qu’un système a permis qu’il vienne s’ajouter à beaucoup trop d’autres. Une putréfaction avancée est en cours. La consanguinité et l’inceste permanent entre le pouvoir d’État, le monde des affaires et les grands médias dominants éclatent au grand jour.

Ensemble depuis des années, ces puissants, arrogants, dominateurs et méprisants vis-à-vis des gens de peu, du haut de leur compétence prétendument indiscutable, détricotent fil après fil les droits économiques et sociaux au nom d’une pensée et d’une politique uniques. Cela ne vise qu’un objectif : satisfaire les appétits de l’argent roi. Quand ils nous vantent les bienfaits de la « liberté totale de circulation du capital et des marchandises », ils savent que plus de la moitié de la valeur de ce commerce passe par ces sociétés financières installées dans les paradis fiscaux. Quand le ministre du Budget rabote les dépenses publiques et sociales, il sait que s’il faisait rapatrier la valeur annuelle de la fraude fiscale, il n’y aurait aucun déficit budgétaire. Fraudeur lui-même, il ne peut le faire. Dans un tel climat, le gouvernement devrait prendre l’initiative de suspendre le débat sur l’accord « flexibilité du travail » et consacrer le temps nécessaire à une discussion associant nos concitoyens sur l’état de la République. Il ne le fait pas. Sur ce sujet comme sur les autres, la caste de l’oligarchie ment effrontément en faisant croire que cela irait mieux si les travailleurs avaient moins de droits. Une nouvelle fois, ce n’est pas le travail qui est sécurisé, ce sont les profits à venir. Le dénoncer est l’exact contraire d’un populisme brandi désormais comme un ultime bouclier par tous ceux qui entendent, d’une manière ou d’une autre, défendre un système à bout de souffle.

L’engagement contre la politique d’austérité et de chômage et pour une nouvelle démocratie ne font donc qu’un. Toutes celles et tous ceux qui ont voulu, il y a un an, chasser M. Sarkozy du pouvoir peuvent à nouveau aujourd’hui se rassembler dans un large mouvement contre la dictature des puissances financières et pour une refondation démocratique de la République au service de l’intérêt général.

C’est le sens de la proposition du Front de gauche de lancer un processus constituant de refondation pour une véritable République sociale et démocratique. Énoncer ce seul objectif constituerait déjà une rupture. Il ne concerne pas qu’une fraction de la gauche ou une fraction du pays, mais bien l’immense majorité du peuple qui, plus ou moins confusément, ressent cet irrépressible besoin de changement démocratique et progressiste. La marche citoyenne du 5 mai doit être la plus unitaire, populaire et ouverte possible pour prétendre être un point de départ de la réappropriation souveraine par les citoyens de leur République nouvelle à construire. Préparons-la sans attendre ! Notre pays a tant besoin d’un souffle nouveau.

  • Lire aussi :

L'édito de l'Humanité du vendredi 5 avril par Michel Guilloux : "La question est posée"
5 mai: Pierre Laurent voit plus loin qu'un "coup de balai"

Mélenchon attend "une marée humaine" contre l'austérité le 5 mai

Patrick Le Hyaric

Le "coup de balai" de Mélenchon en débat à gauche

L’emploi par Jean-Luc Mélenchon de l’expression « coup de balai » fait débat à gauche. C’est une expression qui a pourtant été couramment employée contre la droite, mais qui est, quand elle est appliquée aux socialistes, jugée par certains radicale et manquant de fond.

"L'idée du coup de balai n'est pour moi ni la bonne expression, ni la bonne orientation" disait ce weekend Pierre Laurent. Critique renouvelée avec plus de vigueur encore ce lundi matin par André Chassaigne. Gênés aux entournures par la dureté du ton du co-président du PG, le PCF préfère parler du fond. "Le message que nous devons envoyer est un message de fond sur le programme du gouvernement et pas quelque chose qui peut être mal interprété".

Pourtant le « coup de balai » est une expression couramment employée à gauche. Un lecteur attentif, Claude Testanière, qui nous propose quelques exemples. Le 18 Fructidor (4 septembre) 1797, le directoire estime qu’un «coup de balai» est indispensable contre royalistes. Auguste Blanqui a lui-même utilisé cette expression dans son journal Le Père Peinard, fondé en 1880 : « Lorsque viendra par conséquent le grand coup de balai ? ». Claude Testanière défend ici l’usage de l’expression « coup de balai » comme intervention populaire pour demander la révocation d’élus.
De manière plus encore plus évidente, il y a ces deux affiches. Celle, célèbre, de l’artiste russe Victor Déni en 1920 représentant Vladimir Illitch Lénine balayant le monde des banquiers et des rois. Ou encore celle datée de 1932, où la SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière) réclamait à son tour un « coup de balai ».

Du balai à la VIè République

« Du balai ! Place au Peuple ! Passons à la 6e République ! Voilà quelques uns de nos slogans. Plus personne ne peut nier que nous sommes désormais en pleine crise de régime d’une ampleur sans précédent » écrit Alexis Corbière, du PG, sur son blog. L’appel à la VIème République restera peut-être plus fédérateur. C’est en tous cas plutôt à ce mot d’ordre qu’Eva Joly et des militants écologistes se joindront à la marche du 5 mai.
Moins étonnant, le ministre Benoît Hamon condamne aussi l’emploi du terme : "La gauche doit être collective (...) appeler à une manifestation coup de balai contre la gauche, ça rompt avec toutes les traditions, toute l'histoire de la gauche".

L'Humanite.fr avec Claude Testanière

Eva Joly: "J'irai manifester le 5 mai avec Jean-Luc Mélenchon"

L’ancienne candidate EELV à la présidentielle Eva Joly s’est personnellement associée ce matin à l’initiative lancée par Jean-Luc Mélenchon pour une VIème République et pour mettre à bas l’oligarchie financière.

"Je serai dans la rue et je pense que beaucoup de militants EELV seront aussi dans la rue" a déclaré ce matin sur  RMC Eva Joly, s’engageant personnellement et non au nom de son parti, comme le rappelait au même moment Noël Mamère sur France Inter. Si les mots d’ordres de cette marche du 5 mai sont encore à préciser, le PCF donnera son avis officiel en fin d’après-midi, les conditions d’une grande journée de mobilisation se réunissent.

Eric Coquerel, secrétaire national du PG, a immédiatement salué la déclaration de l’ancienne candidate à la présidentielle : "Eva joly appelle à manifester le 5 mai pour la 6e république. Bienvenue parmi les organisateurs Eva !".

"Nous voulons un vrai combat pour lutter contre la fraude fiscale", a insisté l’ancienne juge d’instruction, énumérant les mesures prioritaires à prendre: "la fin du cumul des mandats tout de suite, une autre loi sur la finance et que la France demande à l'Europe l'obligation pour l'ensemble des établissements financiers de la planète de transmettre les informations sur leurs comptes".

Risque sur les "mots outranciers"

Le président des députés Front de Gauche (FG), André Chassaigne, s’est de son côté quelque peu désolidarisé sur France Inter des mots qu’il juge « outranciers » de Jean-Luc Mélenchon. L’expression « coup de balai » lui déplait particulièrement : "Jamais je n'emploie ce type d'expression. Je pense que les phrases outrancières, les petites phrases, la politique spectacle, le +tous pourris+, ça n'alimente pas les solutions politiques".
Prônant des "idées nouvelles qui iront vers plus de démocratie, (...) vers le fait de prendre des mesures qui s'attaquent à la domination de l'argent", André Chassaigne a encore souligné qu'il appelait à manifester le 5 mai "si le contenu de la manifestation est celui que je développe" et non pas "pour faire monter dans le pays des idées populistes".

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Les réformes Hollande de la Constitution : bricolages et renoncements

Par Jean Luc Mélenchon

La réforme constitutionnelle voulue par François Hollande a été présentée mercredi 12 mars en Conseil des ministres. Quatre projets séparés de révision constitutionnelle ont été déposés.

I. Les promesses oubliées du candidat Hollande

Hollande a enterré plusieurs promesses de sa campagne présidentielle, parfois pour le meilleur, souvent pour le pire. Retour sur quelques promesses oubliées :

Engagement n° 50 : « J’accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans. ». Hollande a enterré également cette promesse de 30 ans. Pourtant, il y avait urgence à faire voter cette disposition pour permettre aux étrangers de voter aux municipales de 2014. Le Front de Gauche était même prêt à apporter son soutien à cette mesure qui aurait pu rassembler la gauche. François Hollande a même renoncé à mener le combat sur cette question.

 « Et c'est pourquoi je demanderai au lendemain de la présidentielle au Parlement de supprimer le mot "race" de notre Constitution. » mars 2012, lors d’un meeting consacré à l’outre-mer. François Hollande a renoncé à une promesse symbolique de sa campagne.

Engagement n° 48 : « J’augmenterai les pouvoirs d’initiative et de contrôle du Parlement, notamment sur les nominations aux plus hauts postes de l’État, afin de les rendre irréprochables. Je ferai voter une loi sur le non-cumul des mandats. Je renforcerai la parité entre les femmes et les hommes en alourdissant les sanctions financières contre les partis politiques qui ne la respectent pas. J’introduirai une part de proportionnelle à l’Assemblée nationale ». Ces propositions ne nécessite pas de révision constitutionnelle. Alors qu'elles sont facile à mettre en œuvre avec la majorité dont dispose le PS, elles ont été enterrées.

Engagement n°46 : « Je proposerai d’inscrire les principes fondamentaux de la loi de 1905 sur la laïcité dans la Constitution. » Disparu ! La proposition de François Hollande était dangereuse car elle revenait à constitutionnaliser le concordat d'Alsace-Moselle. Mais au lieu de renoncer à cette attaque anti-laïque, le président de la République a préféré renoncer carrément à la constitutionnalisation de la loi de 1905.

Engagement n°47 : « Je réformerai le statut pénal du chef de l’Etat. ». Les projets de lois proposés ne concernent que le statut "civil".

Engagement n° 56 : « Je ferai ratifier la Charte européenne des langues régionales. » Une autre promesse oubliée. Tant mieux car le Conseil d'Etat vient de confirmer que cette Charte est contraire aux principes de la République, à commencer par l'égalité des citoyens devant la loi et l'unité du peuple et de la République.

II. le replâtrage : les quatre projets de révision constitutionnelle

François Hollande a choisi de présenter 4 projets de lois différents au lieu d'un seul projet avec plusieurs dispositions. Cette méthode lui permet d'espérer trouver des majorités différentes sur chacun des 4 textes au lieu d'un seul vote. Pour être adoptés, ces projets de loi constitutionnelle doivent être adoptés dans les mêmes termes dans les deux assemblées (Sénat et Assemblée nationale) à la majorité simple. Ensuite, ils doivent être adoptés par le Congrès (réunion du Sénat et de l'Assemblée nationale) à la majorité des 3/5 des suffrages exprimés.

Parmi les quatre projets de révision constitutionnelle, les trois premiers sont faibles et ne s’attaquent pas à de vrais problèmes de fond. Le quatrième, lui, est porteur d’une grave régression démocratique qui  sape le droit d’initiative des parlementaires.

1) Réforme du statut – civil – du président de la République et suppression de la Cour de justice de la République

Le premier projet de révision constitutionnelle réforme le statut, mais seulement civil, du président de la République. Il supprime également la Cour de justice de la République (CJR), qui est chargé de juger les ministres pour des actes commis pendant l'exercice de leur fonction.

Ce premier projet de loi a deux articles.  

Son article 1er introduit l’alinéa suivant dans la Constitution :

« En matière civile, une action mettant en cause le Président de la République ne peut être engagée pendant la durée de son mandat qu'après autorisation de la commission des requêtes mentionnée à l'article 68-1, dans les conditions fixées par la loi organique. Les actions civiles engagées à son égard ne doivent être de nature ni à compromettre l'accomplissement de sa charge, ni à porter atteinte à la dignité de sa fonction. »

Et l’article 2 supprime la Cour de Justice de la République, les poursuites à l’encontre des membres du Gouvernement relevant des juridictions de droit commun, après autorisation d’une commission des requêtes chargée de "filtrer" les plaintes crédibles des plaintes fantaisistes :

« Ils ne peuvent faire l’objet de poursuite pour ces actes, durant et à l’issue de leurs fonctions, qu’après autorisation d’une commission des requêtes comprenant trois magistrats du siège à la Cour de cassation, deux membres du Conseil d’État et deux magistrats de la Cour des comptes. Ces membres, désignés pour cinq ans, élisent parmi les trois magistrats du siège à la Cour de cassation le président de la commission. Cette commission est saisie par le ministère public, la juridiction d’instruction ou par la personne qui se prétend lésée. Elle se prononce dans les six mois de sa saisine. À compter de sa saisine, tout délai de prescription est suspendu. Une loi organique précise le fonctionnement de la commission et le mode de désignation de ses membres. »

« En cas d’autorisation de la commission, les poursuites peuvent être engagées selon le droit commun, devant les juridictions de Paris compétentes, qui sont alors composées d’au moins trois juges. »

Notons que ce projet de révision constitutionnelle concerne seulement le statut civil, pas le statut pénal. Le président de la République pourra passer devant des juridictions de droit commun pour un divorce, mais pas pour un vol ou un assassinat.

2) Conseil supérieur de la magistrature

Le deuxième projet de révision constitutionnelle concerne le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et affirme l’objectif d’en renforcer l’indépendance.

La composition du CSM est modifiée. Les magistrats de l’ordre judiciaire (8) deviennent majoritaires face à des personnalités qualifiées nommées par des autorités indépendantes du pouvoir politique : « un conseiller d’État, élu par le Conseil d’État, d’un avocat, dont la loi organique précisera qu’il est désigné par le président du Conseil national des barreaux, après avis conforme de l’assemblée générale et de cinq personnalités qualifiées désormais choisies par un collège d’autorités dont l’indépendance est garantie (vice-président du Conseil d’État, président du Conseil économique, social et environnemental, Défenseur des droits, premier président de la Cour de cassation, procureur général près la Cour de cassation, premier président de la Cour des comptes, professeur des universités) ». Le Parlement se prononce dans les conditions prévues à l’article 13 de la Constitution : il peut s'opposer à la majorité des trois cinquièmes des membres  des commissions compétentes des 2 assemblées.

Le président du CSM est élu par la formation plénière, et est issu des personnalités qualifiées : « Afin d’assurer l’équilibre d’un conseil où les magistrats sont désormais majoritaires, il ne peut être choisi que parmi les personnalités qualifiées. » (On ne voit pas bien en quoi le fait que les magistrats soient majoritaires devrait interdire que le président soit issu de leurs rangs !)

L’intervention du CSM dans les nominations des magistrats est renforcée  avec un avis conforme pour la nomination de l’ensemble des magistrats du parquet (les magistrats qui poursuivent au nom de la société), y compris les procureurs généraux alors qu'il n'est aujourd'hui nécessaire que pour les magistrats du siège (les juges qui jugent).

3) Incompatibilités pour les membres du Gouvernement et composition du Conseil constitutionnel

Le troisième projet de révision constitutionnelle est celui qui illustre le plus l’aspect « demi-mesures » de la réforme constitutionnelle. On ne fait que la moitié du chemin.

L’article 1er concerne les incompatibilités pour les membres du Gouvernement. Il prévoit l’incompatibilité entre les fonctions de membre de Gouvernement et des fonctions exécutives locales. Fort bien. Mais pourquoi seulement pour les membres du Gouvernement ?

Lors de son émission sur France 2, le 28 mars, François Hollande a confirmé qu'il voulait limiter le cumul des mandats des parlementaires. Pourquoi ne pas sanctuariser dès maintenant ce principe dans la Constitution, au lieu d’évoquer une loi organique qui ne prendrait effet qu’en 2017, c'est-à-dire lorsque sera élue une nouvelle majorité qui s’empressera de l’abroger ?

Lors de son émission François Hollande a indiqué que les parlementaires ne pourront plus être membres des exécutifs locaux (maire ou adjoint, président ou vice-président d'agglomération, de conseil général ou conseil régional). Il ne propose donc pas le mandat unique des parlementaires. Ils continueront à pouvoir cumuler leur mandat avec un mandat de conseiller régional par exemple.

L’article 2 supprime les membres de droit à vie (anciens présidents de la Républiques) du Conseil constitutionnel, l’article 3 précisant que cela vaut seulement pour le futur et pas pour les membres de droit actuel.

Là encore, c’est une demi-mesure. Les problèmes liés à la composition et au rôle du Conseil constitutionnel ne se limitent pas à la seule présence, à vie, des anciens présidents de la République.Les 9 membres nommés sont nommés par 3 personnes (président de la République, président du Sénat, président de l’Assemblée nationale). Lorsque ces 3 personnes sont du même camp politique, tous les membres nommés le sont par le même camp politique. Ce mode de nomination ne garantit ni la parité (seulement 3 femmes sur 12 membres, et même si on se limite aux membres nommés, ça fait encore 3 sur 9) ni le pluralisme des opinions. Certes, les membres sont censés être « neutres » politiquement ; mais ceux qui les nomment, eux, ne le sont pas. Et on peut sérieusement s’interroger sur la « neutralité » politique, par exemple, d’un ancien sénateur UMP, d’un ancien ministre, président de groupe UMP à l’Assemblée nationale et commissaire européen ou d’un ancien ministre socialiste…

C’est l’ensemble de la composition et du mode de nomination du Conseil constitutionnel qui pose problème. Et si la mesure proposée n’est pas contestable en soi, elle ne règle aucunement le problème.

De même, François Hollande ne propose pas de limiter le pouvoir exorbitant du Conseil constitutionnel qui se permet de censurer les taux d'imposition votés par les représentants du peuple au Parlement. Il n'en dit même pas un mot.

4) Constitutionnalisation du dialogue social

C’est le pire des quatre sur le plan démocratique. Dans sa campagne pour la primaire interne au PS, avait déclaré que la Constitution devrait « garantir à l'avenir une véritable autonomie normatives aux partenaires sociaux », ce qui revenait à nier la souveraineté législative du Parlement (cf. Accord "Made in Medef"), donc, au final, la démocratie politique. Ce qui est proposé ne va pas aussi loin, mais ce n’est pas tellement mieux. Le dispositif envisagé consiste à réduire le droit d’initiative des parlementaires.

Sauf cas d’urgence (définie comment ?), les « organisations syndicales représentatives de salariés et d’employeurs seront désormais mises en mesure de négocier préalablement à l’adoption de tout projet de loi ou d’ordonnance ou de toute proposition de loi portant réforme en matière de droit du travail, d’emploi ou de formation professionnelle.

« Le projet de loi ou d’ordonnance ne pourra être délibéré en conseil des ministres et la proposition de loi être inscrite à l’ordre du jour d’une des deux assemblées qu’au terme de cette procédure. »

En clair, patronat et syndicats devront avoir pu en négocier d’abord, pour qu’un projet de loi puisse être inscrit au conseil des ministres ou une proposition de loi inscrite à l’ordre du jour d’une assemblée.

Passe encore pour le Gouvernement ; lui a les moyens de convoquer les partenaires sociaux pour une négociation ; l’article 1er du code du travail prévoit une disposition en ce sens.

Mais pour les parlementaires, cela revient à tuer leur droit d’initiative. Aujourd'hui, les groupes politiques, notamment les groupes minoritaires ou d’opposition, peuvent demander l’inscription de propositions de loi de leur choix dans le cadre de leur ordre du jour réservé. Là, on leur interdit de demander l’inscription à l’ordre du jour des propositions de loi sur le travail ou l’emploi si les partenaires sociaux n’ont pas pu négocier. Comme si un groupe parlementaire, notamment minoritaire, avait les mêmes moyens que le Gouvernement pour inviter patronat et syndicats à négocier…

Le projet de révision constitutionnelle fait bien référence aux protocoles mis en place à l’Assemblée nationale et au Sénat. Mais justement, ces protocoles sont beaucoup plus souples : quand la conférence des présidents envisage d’inscrire une telle proposition de loi à l’ordre du jour, le président de la commission des affaires sociales la transmet aux partenaires sociaux, qui ont 15 jours pour faire part de leurs observations ; s’ils souhaitent plus de temps, on peut leur accorder ou pas. Et s’ils veulent engager une négociation, cela peut leur être accordé ou refusé, auquel cas la décision doit être motivée. Mais en tout état de cause, le Parlement garde une réelle latitude d’action.

A présent, si le MEDEF ne veut pas qu’une proposition de loi FDG ou EELV soit examinée au Parlement, il suffira qu’il exige une négociation, et qu’il la fasse traîner en longueur pour l'enterrer.

Bref, le projet de révision constitutionnelle constitutionnalise non pas le dialogue social, mais la capacité du MEDEF à faire obstacle à la volonté des parlementaires élus ! Elle consacre le droit de veto du MEDEF sur l'accord emploi qu'a confirmé Hollande le 28 mars en déclarant que le Parlement devait voter "tout l'accord, rien que l'accord" et que "toute modification devait recueillir l'aval des signataires" donc du MEDEF.

Conclusion :

François Hollande propose un énième replâtrage de la Ve République. Ses projets de loi constitutionnels ne sont que des modifications à la marge. Il ne propose aucun droits nouveaux pour les citoyens ou le Parlement. Il ne met pas en cause le bipartisme et la domination d'un homme sur tout le système institutionnel français.

Un an après la grande manifestation du Front de Gauche à la Bastille pour la VIe République, cette exigence est plus que jamais nécessaire. Vite l'Assemblée constituante ! Vite la VIe République !

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Le PCF propose des "assises" pour prolonger l'élan du 5 mai

Afin de prolonger la mobilisation du 5 mai, à l'appel du Front de gauche, "contre l'austérité et la finance et pour la VIe République", le conseil national du Parti communiste français (PCF), qui s'est réuni samedi, a appelé à des "assises pour une refondation sociale et démocratique", le 16 juin à Paris

"Nous faisons la proposition à tous les partis du Front de gauche et à toutes les forces qui ont voulu le changement de converger vers des assises pour une refondation sociale et démocratique", a expliqué Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. "La date de ces assises est proposée au 16 juin à Paris", a-t-il précisé.

Le conseil national du PCF, qui se réunissait à huis clos et "en urgence" en raison de l'actualité, et notamment de l'affaire Cahuzac, a "confirmé son engagement dans la mobilisation du 5 mai avec comme axes la lutte contre la finance et la refondation sociale et démocratique de la République". Si le PCF souhaite "une très forte mobilisation" pour la "marche citoyenne" du 5 mai "contre l'austérité et la finance et pour la VIe République", il propose aussi de "prolonger cette mobilisation par des assemblées, des comité citoyens" qui aboutiront aux assises du mois de juin.

Parmi les propositions du PCF pour la "refondation démocratique des institutions" vers une VIe République, figurent "une réelle indépendance de la justice, une démocratisation des élections par la proportionnelle, de nouveaux droits pour les salariés dans les entreprises ou encore la remise en chantier de l'acte III de décentralisation". "Nous continuons aussi la bataille contre l'ANI" (Accord national interprofessionnel sur l'emploi), a ajouté Pierre Laurent. "Le vote de l'Assemblée nationale confirme qu'il n'y aura pas de majorité de gauche au Sénat", a prévenu le sénateur de Paris. Lors du vote du texte transcrivant l'ANI dans la loi (250 voix contre 26), plusieurs députés PS s'étaient abstenus, ainsi que les écologistes.

Les communistes appellent également à soutenir la mobilisation du 1er mai à "l'appel des organisations syndicales qui refusent" le texte sur l'emploi.

Manifestation

Paris, le 5 mai, la VIe République nous appelle

Jugeant que le scandale Cahuzac «révèle non seulement l’absence d’honnêteté d’un homme» mais aussi la réalité « d’un système oligarchique néfaste et d’une démocratie à bout de souffle », le Front de gauche propose de faire du 5 mai un jour de mobilisation pour une nouvelle République.

«Entre deux élections, le pouvoir gouverne sans le peuple, voire contre lui, comme nous l’avons vu ces dernières années sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Dans cette situation, les intérêts privés les plus puissants s’en donnent à cœur joie. C’est l’oligarchie qui gouverne. Pour restaurer une démocratie véritable, il est temps de fonder une nouvelle République. » Plus de 120 000 personnes s’étaient rassemblées, le 18 mars 2012, à Paris, place de la Bastille, autour de cette exigence d’une VIe République portée par le programme du Front de gauche, « l’Humain d’abord », et de son candidat à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon. Ce rassemblement fut l’un des moments forts de la campagne électorale d’alors et l’ampleur de son succès, qui en étonna plus d’un, témoignait d’une aspiration profonde des Français, celle d’une vie politique et démocratique qui retrouve dans notre pays ses lettres de noblesse, à savoir celle d’agir avec, pour seul marqueur, l’intérêt général.

Un an après, cette exigence prend une nouvelle dimension et une nouvelle force depuis l’éclatement de « l’affaire Cahuzac », qui témoigne de la réalité de certaines mœurs du système politique de notre pays. Dans une déclaration rendue publique ce week-end, l’ensemble des composantes du Front de gauche, considérant que la situation est « d’une gravité extrême et révèle non seulement l’absence d’honnêteté d’un homme » mais aussi la réalité « d’un système oligarchique néfaste, d’une démocratie à bout de souffle et d’une collusion grandissante entre les hautes sphères financières et celles de l’État », appelle « toutes les forces qui ont voulu le changement en mai dernier » à se rassembler « contre la finance et l’austérité » en participant « à une grande marche pour la VIe République, le 5 mai, à Paris ».

Dès vendredi dernier, Jean-Luc Mélenchon, dénonçant « un système qui révèle sa pourriture intrinsèque », déclarait sur France Info : « On ne peut accepter que le peuple humilié… ne s’en mêle pas. » Et il ajoutait : « C’est pourquoi je veux faire la proposition que l’on manifeste le jour anniversaire du deuxième tour de la présidentielle, le 5 mai (1), que l’on fasse une marche citoyenne pour la VIe République, pour que le peuple s’empare par une Constituante du grand coup de balai qu’il faut donner pour purifier cette atmosphère politique absolument insupportable. »

l’heure est au sursaut

»Le caractère « cru et dru », selon Jean-Luc Mélenchon lui-même, de certains de ses propos a donné prétexte à quelques responsables socialistes, plutôt que d’être à la hauteur de la vague d’indignation que soulève dans l’opinion l’affaire Cahuzac et ses rebondissements quotidiens, de dénoncer « les dérives populistes » ou bien encore de déclarer à propos de Jean-Luc Mélenchon : « Son truc, c’est la rue. C’est trop court et trop dangereux, mais il faut que, nous, on propose des solutions. »

Après quelques calages entre les responsables du Front de gauche, ce week-end, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a considéré pour sa part que, « sans en faire un objet de polémique », l’idée « du coup de balai n’est ni la bonne expression, ni la bonne orientation ». D’autant, a-t-il insisté hier, invité au congrès de la Gauche unitaire (lire page 5), que « le message que nous devons envoyer est un message de fond sur le programme et pas quelque chose qui peut être mal interprété ». Précisant : « Nous devons construire les bases d’un nouveau contrat politique majoritaire qui unisse tous ceux qui ont voté pour le changement au printemps dernier. » De son côté, Christian Picquet, porte-parole de la Gauche unitaire, a estimé que « chacun s’exprime avec ses mots » mais que, selon lui, l’essentiel est de mesurer que « l’heure est au sursaut, ou alors ce sera la débâcle ». Quant à Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, tout en expliquant qu’il ne faisait pas « du coup de balai une affaire doctrinale », a insisté surtout sur le fait que « le système pyramidal, inventé en 1958, ne peut plus durer ». Pour lui, cette « marche citoyenne » du 5 mai doit être mise « à la disposition de tous » pour en faire « la manifestation de tous les appelants ».

(1) Ce sera un dimanche, 
comme le deuxième tour de l’élection présidentielle, qui s’était déroulé 
le dimanche 6 mai 2012.

Attac, lettre ouverte à hollande

Attac France, suite à « l’affaire Cahuzac », soumet cinq propositions au président de la République. La première, d’embaucher pour douze mois mille contrôleurs fiscaux, la deuxième, que les banques révèlent l’identité des détenteurs de comptes à l’étranger, la troisième, d’établir une liste « crédible » des paradis fiscaux, la quatrième de donner douze mois aux banques opérant dans ces paradis fiscaux pour fermer leurs succursales, la dernière, la transparence des comptes des multinationales implantées en France.

Max Staat

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Le NPA se joint à l’appel pour la marche citoyenne du 5 mai

Dans un courrier, le Nouveau Parti anticapitaliste annonce son choix de participer à la manifestation et propose une « réunion unitaire de toute la gauche non gouvernementale ».

Après la décision de l’ex-candidate d’Europe Écologie-les Verts (EELV) à l’élection présidentielle, Eva Joly, d’y participer, la marche citoyenne pour la VIe République s’est élargie à une nouvelle composante. Dans un courrier adressé à l’ensemble des organisations du Front de gauche et, plus largement, « à toutes les organisations politiques de gauche ne participant pas au gouvernement » (Lutte ouvrière, Alternative libertaire, etc.), le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) annonce son choix de se joindre à la marche du 5 mai, où il entend défendre ses « propres exigences sociales et démocratiques ». « Cette initiative va dans le bon sens », approuve le parti de Philippe Poutou et d’Olivier Besancenot. Mais il va plus loin, en proposant une « réunion unitaire de toute la gauche non gouvernementale » dans « les meilleurs délais » pour ouvrir « la discussion sur les réponses qu’appelle la crise à laquelle les travailleurs, la population sont confrontés ».

Pour le NPA, les « affaires » ne sont en effet pas « les simples faiblesses ou fautes morales d’individus, mais bien l’expression de la complaisance du pouvoir, de droite ou de gauche, avec les puissances de l’argent », lequel pouvoir impose « l’austérité, le chômage et la précarité au monde du travail ». Dans un contexte où « tout le système est mis en accusation », le NPA estime que « toutes les forces de gauche qui ne participent pas au gouvernement » doivent réagir « ensemble pour ouvrir une perspective qui combine l’urgence démocratique et l’urgence sociale ». Ce qui implique certes d’« en finir avec les institutions de la Ve République et de les remplacer par une démocratie réelle qui mette fin au pouvoir de l’argent », mais aussi de s’attaquer au « chômage », à « la précarité » et à « la pauvreté » qui « délitent les rapports sociaux ».

Sébastien Crépel

Editorial Par Michel Guilloux

À bout de souffle

Il est temps de permettre aux citoyens de reprendre la main.

La tragédie se répète-t-elle en farce ? La place Edmond-Rostand à Paris en avril 2013 n’est pas celle de la Concorde en février 1934. Les quelques centaines d’extrémistes et intégristes de tout poil, avec ou sans soutane, qui hurlaient ce vendredi soir leur haine de la République à l’annonce de l’adoption par le Sénat de la loi sur le mariage pour tous et son dernier passage en conséquence à l’Assemblée la semaine prochaine, y ont sans doute cru. Les images captées par les caméras de télé ont pu y faire songer un instant, tout comme l’agitation groupusculaire qui s’est déployée de Bordeaux à Nantes, amenant une ministre à annuler un déplacement. De Jean-Louis Borloo à Jean-François Copé en passant par Jean-Pierre Raffarin, la droite divisée, émiettée, explosée par ses querelles intestines de l’automne a trouvé là un piètre cheval de bataille et de bien beaux porte-parole, cheveux ras et bottes à clous. Ou quand les adeptes du droit « naturel » rejoignent ceux de l’ordre « moral ». De ce côté-là, force est de constater que hormis la « posture » du président de la République ou de son premier ministre, il n’y a guère de grain à moudre côté politique économique et sociale. Au vu de ce qu’ils ont fait pendant dix ans, on sait seulement que, de retour, ils feraient encore pire.

Quand, de par la logique du quinquennat et 
de l’inversion de calendrier, la politique ne devient, la présidentielle passée, que question de savoir qui sera candidat à la suivante. Quand l’on promet de faire la chasse aux paradis fiscaux mais que l’on étrangle Chypre plutôt que de viser le Luxembourg. Quand l’on promet l’Europe sociale mais que l’on soumet les peuples grec, espagnol ou portugais à une régression sociale sans précédent. Quand l’on met en œuvre une austérité propre à satisfaire les marchés plutôt qu’à chercher des réponses aux problèmes du pays, 
on éloigne encore un peu plus le peuple de la politique. 
Et quand arrive une affaire Cahuzac…

C’est peu de dire que cette Ve République est à bout de souffle et qu’il est temps de procéder à une « refondation démocratique des institutions », comme y a appelé le PCF samedi. On peut toujours faire de la « transparence » au Parlement, l’introduction d’une vraie proportionnelle conduirait à ce que les Français puissent avoir le sentiment d’être réellement « représentés », politiquement comme socialement. Sans parler des réformes institutionnelles, qui éloigneraient un peu plus les citoyens de leurs élus locaux au prétexte de décentralisation. Les grenouillages extrêmes auxquels on assiste sont d’autant plus spectaculaires que le peuple est muet, singulièrement celui de gauche, désemparé, choqué ou écœuré par le dos tourné à une campagne qui l’avait mobilisé comme jamais. Là encore, la démocratie sociale est à l’ordre du jour, par de nouveaux droits des salariés dans l’entreprise, plutôt que l’alignement sur les diktats du Medef via la loi traduisant sans le retoucher l’ANI du 11 janvier, qui s’attaque au Code du travail et va accroître la flexibilité et la précarité du travail. En appelant à se manifester le 5 mai, comme y invite le Front de gauche, ou à participer aux assises pour une refondation sociale 
et démocratique que lance le PCF le 16 juin, il est temps de permettre aux citoyens de reprendre la main. Oui, 
la France a vraiment besoin d’air.

Michel Guilloux



Edité par T 34 - 16 Apr 2013 à 23:56
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Par Jean Luc Mélenchon
 
La situation du pays se dégrade à grande vitesse. Toutes les hypothèses économiques qui justifiaient aux yeux de la nouvelle équipe gouvernementale sa capitulation sans condition devant la finance sont démenties. Le pays va entrer en récession selon le FMI et selon le Haut Conseil des Finances publiques. Par conséquent le chômage va encore augmenter et atteindre un niveau record depuis la fin de la guerre. Evidemment, les déficits vont se creuser, non seulement ceux de l’Etat mais surtout ceux des comptes sociaux qui reposent sur les cotisations sociales. Du coup de nouveaux trains de mesure de coupes budgétaires vont avoir lieu dans les comptes publics et sociaux. Et de nouveaux prélèvements vont être décidés en même temps que de nouvelles baisses de prestations. Evidemment, tout cela aggravera la situation pour l’année suivante, 2014. Tout un chacun va donc se trouver bientôt au pied du mur, ou bien subir en silence ou bien entrer dans l’action pour changer tout ça. Avec ou sans balai. Mais pourquoi pas avec pour faire comme dit Lordon la révolution des balais. Plutôt que d’abandonner notre pays au soit disant « printemps français » de la réaction.

La spirale dépressive est à l’œuvre dans toute l’Europe. Bientôt les Allemands seront eux aussi plus rudement frappés que cela ne se voit aujourd’hui. Evidemment, toutes ces souffrances sont aussi vaines qu’inutiles comme nous en avons eu la preuve partout où ce type de politique a été mis en place. Cette situation va pousser plus loin les logiques de braderie et de pillage comme on l’a vu partout ailleurs. C’est déjà parti fort en France comme je le relève plus loin.

Dans le domaine politique ce contexte va aggraver considérablement les tensions. D’abord entre les gouvernants et les gouvernés. Les huées à la raffinerie de Petroplus quand l’hyper-solférinien Guillaume Bachelay a parlé devant les salariés floués et désespérés, l’intrusion des ouvriers de PSA dans le conseil national du PS, tandis que le premier ministre s’enfuit et que le ministre des finances va se cacher au fond de la salle, ne sont qu’un début. Mais de l’autre côté de l’échiquier aussi la rage face à un pouvoir ressenti comme faible et sans appui populaire pousse à une radicalisation qui va aggraver la déstabilisation. En décidant d’annuler leurs réunions publiques sur le thème et en décidant de rester cachés, les officiels socialistes ont affiché une pusillanimité qui est un encouragement aux pires débordements.

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Ce n’est pas tout. Les jeux entre les partis de l’officialisme UMP et PS vont se durcir dans des logiques de surenchères politiciennes. Et naturellement tout cela va tendre aussi les relations à l’intérieur de ces partis à mesure que les uns auront l’impression que le pouvoir est à portée de main et que les autres auront le sentiment de le perdre. Bien sur il n’y a plus de courroie de transmission entre les mobilisations sociales d’un côté ou de l’autre et l’officialisme UMP et PS. Sur le terrain, aucune des deux séries de mobilisations ne se sent représentée à présent par ces politiciens. C’est évident à gauche. Même à la CFDT. Mais c’est vrai aussi de l’autre côté, dans une moindre mesure certes. C’est ce que l’UMP découvre avec les manifestations de la Frigide Barjot et autres exaltés contre « le mariage pour tous ». Il y a là une radicalité difficile à reprendre en main par la droite traditionnelle assez largement démonétisée dans ces secteurs. De son côté, l’extrême droite officielle Lepéniste a elle aussi beaucoup de mal face à des secteurs qui la débordent, compte tenu de la désertion de Marine Le Pen. Au total, si la droite et l’extrême droite de base s’homogénéise idéologiquement, il n’en va pas de même de sa représentation politique. A nous de prendre toute la mesure de l’incertitude du moment. « Qu’ils s’en aillent tous » est un phénomène qui envahit toujours la totalité du champ politique. Il s’étend à mesure que le mouvement d’en bas percute une structure officielle qui prétend le réintégrer dans le cadre qu’il juge illégitime.

En fait il ne faut pas perdre de vue que le  « Qu’ils s’en aillent tous » est un processus qui répond à la délégitimation de tous les pouvoirs, toutes les autorités. Tous, quelle qu’en soit la nature ! En soi ce processus est assez largement informel et assez incapable de se donner de lui-même une perspective générale. Tout l’enjeu est de savoir qui va l’incarner dans un sens ou dans l’autre. La stratégie de la révolution citoyenne vise à conquérir l’autorité et la confiance suffisante pour ouvrir une perspective qui devienne majoritaire. Pour cela deux conditions doivent être réunies dans l’action. D’un côté, un décrochage clair et tranché à l’égard de l’officialisme et du système politique dominant. Et secondement donner en permanence un contenu et des objectifs concrets de haut niveau à la protestation. C’est sur cette ligne que le Parti de gauche construit son action quotidienne. Pour nous, ces deux conditions se réunissent dans l’action et par elle. Là, c’est la vielle règle du leader Krasucki : « la force se renforce en se voyant forte »… Comme on le sait, la marche du 5 Mai est dédiée à la sixième République. Elle fait le lien entre le refus de l’austérité et la finance, avec la question d’un changement radical des institutions. Ce sont des thèmes de haut niveau de contenu. Cette exigence n’empêche nullement de bien fédérer comme le montrent, non seulement les mobilisations de terrain qui préparent la manifestation, mais le nombre et la diversité de ceux qui y appellent, nationalement et localement.

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En fait une partie de la manifestation viendra sur ses propres mots d’ordre et analyses. Par exemple il y aura un ample cortège en faveur du « mariage pour tous » puisque précisément l’égalité de tous les couples fait partie des bases de la Sixième République, si l’on se souvient de mon discours à la Bastille en mars 2012. Nous assumons ainsi fièrement le rapport de force avec les amis de Frigide Barjot. Mais ce ne sera pas le seul cas. Il y aura des cortèges des usines martyrs, qui pour la nationalisation, qui pour la coopérative. En ce qui concerne les forces politiques la diversité n’est pas non plus un obstacle. Le NPA a décidé de s’associer à cette manifestation. Il participe totalement au comité de coordination. Mais il défilera sur ses propres mots d’ordre. Même scénario pour Eva Joly et ses amis qui viennent sur leurs mots d’ordre eux aussi. Tous se retrouvent sur l’idée de changer le régime politique et les moyens de la démocratie dans notre pays. Tous viennent s’opposer à la finance et à l’austérité.

En décidant de coller à cette journée du 5 Mai après que nous l’ayons préemptée, la droite et les anti « mariage pour tous » trahissent leur anxiété. Il s’agit pour eux d’empêcher que la société exprime sa colère sur la gauche. Ce qu’ils ont mis en route avec la lutte contre « le mariage pour tous » est pour eux fondateur d’un « printemps français » comme ils disent. Cette saison serait censée jeter la société sous les bannières de la droite la plus traditionnelle et donc la plus réactionnaire. Vu de haut et de loin on peut dire que c’est la suite du courant « droite décomplexée » que portait Nicolas Sarkozy. Ce faisant, bien-sur, ils nous mettent au défi. Faut-il s’en plaindre ? Je ne crois pas qu’une seule personne de bonne foi confonde les deux manifestations. Et cela en dépit des efforts que vont faire pour cela les solfériniens, leurs divers bagages accompagnés et les « journalistes » qui leur servent la soupe. Mais acceptons le défi. De quel côté aller ? Ou bien s’effaroucher et abandonner le terrain à la droite manifestante comme y poussent le PS et les officiels d’EELV ? Ce serait reconnaitre notre défaite. Pas celle de nos partis et groupements. Celle du courant que nous incarnons dans l’histoire face aux réactionnaires. Mais nous pouvons au contraire puiser de l’énergie dans le défi et relever d’autant plus haut le gant ? C’est évidemment cela notre choix collectif au front de gauche.

Mais je demande qu’on y réfléchisse. Le PS et EELV préfèrent abandonner le rapport de force populaire à la droite plutôt que de se tenir au moins en silence par rapport à notre mobilisation. Nous sommes donc tous seuls cette fois ci en face de la droite. Et les gouvernementaux nous tirent dans le dos. C’est cela le symbole qui se met en place le 5 Mai. Du coup, nous commençons à incarner sur le terrain tout ce qu’est notre camp politique du fait de la désertion des gouvernementaux. Pour moi c’est le début d’un élargissement de notre rôle dans la société et dans la période politique.

Une autre partie se joue aussi sous nos yeux en sens inverse. C’est en effet un paramètre intéressant que la dédiabolisation de Le Pen. Elle peut fonctionner comme une intégration au système des officiels. Vu de cette façon, Marine Le Pen et sa stratégie a ceci de bon qu’elle est en train de défaire la synthèse politique qu’avait réussi Jean-Marie Le Pen entre bandes et factions qui forment le socle historique du Front National. La course aux apparences « à gauche » quelle entreprend sous la houlette de Philipot, va à rebours du mouvement de ses bases qui vont, elles, dans l’autre sens. Il va devenir envisageable de la cueillir en rase campagne, politiquement isolée de ce qui se rassemble et se radicalise contre « le mariage pour tous ». Par exemple, je ne crois pas que la vieille base réactionnaire chouanne et royaliste ait envie de s’identifier à Madame Le Pen quand elle est assimilée à la sans culotterie, et, qui plus est, à mes côtés, à la une du journal « Le Point ».

Je clos ce chapitre en vous expliquant le changement de fonctionnement de ce blog. Mes lignes vont se répartir en deux endroits. Ici, en note plus brève. Et dans le pavé à droite de l’écran où des chapitres supplémentaires, des communiqués et des liens viendront au fur et à mesure se renouveler sur des cycles variables, entre une journée pour un communiqué et une grosse semaine pour des documents d’analyse. Par une astuce de publication quand vous cliquez un titre de « chapitre » du pavé, il apparait en premier mais le reste de mes textes est lisible comme dans un tout.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Apr 2013 à 23:07

Pierre Laurent « Le 5 mai, venez, avec vos pancartes, dire à votre manière : la finance dehors, l’humain d’abord ! »

« L’affaire Cahuzac a provoqué une onde de choc dans le pays. (...) Mais si la colère est si profonde, cette seule raison 
ne peut pas tout expliquer. 
Le cœur de la crise est ailleurs, dans l’emprise de la finance croissante à l’époque de la droite et de Sarkozy, étouffante aujourd’hui. Une emprise qui interdit toutes décisions sociales, économiques, politiques hors de ses exigences de rentabilité. Avec l’affaire Cahuzac, c’est ce fossé devenu béant entre l’intérêt populaire, l’intérêt général, l’intérêt de la France et celui de la finance qui a une fois de plus éclaté à la face du pays. (...) Voilà le sens du désaveu populaire qui est en train de monter à l’égard de la politique d’austérité du gouvernement. (...) Notre ambition est très claire : il faut sauver la France du désastre politique qui s’annonce si rien ne change dans le cap actuel du gouvernement. (...) Des millions de Français se demandent comment agir, comment il est possible de sortir de cette situation infernale 
où l’on a parfois l’impression de n’avoir 
le choix qu’entre le pire, le retour de la droite, 
et la politique du gouvernement, qui n’est en rien celle souhaitée par la majorité de ceux qui ont voulu le changement. (...) La marche du 5 mai tombe à pic, un an après l’élection de François Hollande, pour permettre à toutes ces forces 
de transformations sociales de se remettre 
en mouvement. N’y venez pas les bras ballants, ni pour acclamer les leaders du Front de gauche. Venez-y avec vos idées, vos pancartes, 
vos mots d’ordre, pour décliner à votre manière cette idée : la finance dehors, l’humain d’abord ! (…) Le 5 mai n’est pas une manifestation pour tout balayer, c’est une manifestation pour franchir un pas décisif dans la construction 
d’une nouvelle politique à gauche ! »

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français

 

 


Edité par T 34 - 20 Apr 2013 à 20:39
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Apr 2013 à 18:36

700 écologistes appellent à se mobiliser le 5 mai pour la VIème République

Après le ralliement d’Eva Joly, 700 écologistes de tous horizons signent à leur tour un texte appelant à marcher aux côtés du Front de gauche, pour une VIème République, le 5 mai prochain. "Pour faire rimer écologie et démocratie"!

« Que nous l’appelions écosocialiste, alterdéveloppement, objection de croissance,   6e République ou autrement, tou-te-s nous voulons un système démocratique écologique et social au service des citoyen-ne-s. » 700 écologistes de tous horizons ont ainsi signé un appel à manifester aux côtés du Front de gauche le 5 mai.
Ces écologistes viennent du monde politique, mais aussi du civil. Ils déplorent qu’ « aujourd’hui les grandes décisions en matière d’énergie et d’aménagement du territoire n’impliquent pas ou peu les citoyen-ne-s. Pire, elles s’élaborent souvent dans l’opacité la plus totale ou en refusant d’entendre les mobilisations populaires. » Pour cette raison, ils appellent à « faire rimer écologie et démocratie », et donnent également rendez-vous à grande marche citoyenne pour la 6e République le 5 mai 2013 à Paris.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Apr 2013 à 16:23

Sénat: communistes et écologistes contre "la méthode forte"

Les présidents des groupes communiste (CRC) et écologiste au Sénat, Eliane Assassi et Jean-Vincent Placé, ont demandé mardi une réunion de la conférence des présidents pour éviter que le gouvernement n'utilise à nouveau la procédure du vote unique, comme il l'a fait sur le texte de "sécurisation" de l'emploi. Un véritable passage en force qui a empêché le débat.

Dans un courrier séparé au président du Sénat Jean-Pierre Bel (PS), Mme Assassi et M. Placé lui demandent chacun, dans les mêmes termes, de réunir "dans les meilleurs délais" la conférence des présidents, qui fixe le programme de travail des séances plénières du Sénat, "pour examiner les conditions des débats à venir sur les projets de loi importants inscrits à l'ordre du jour d'ici le mois de juillet". Ils font état en particulier du projet de loi sur l'école, prévu du 21 au 24 mai, et celui sur les métropoles, les 30 et 31 mai.
Les sénateurs craignent en effet que le gouvernement ne passe à nouveau en force, imposant un vote unique. Ce qu’il avait décidé d'utiliser ce weekend. Cette procédure consiste à ne plus débattre ni voter chaque amendement séparément, mais tous ensembles à la fin de l'examen du texte, afin d'accélérer les discutions. Les sénateurs CRC étaient en train de défendre pied à pied quelques 400 amendements qu'ils avaient déposés.

Et les prochains débats sur l’école comme sur le futur des collectivités territoriales risquent également d’être animés. "Notre groupe, et nous ne serons pas les seuls, déposera de très nombreux amendements et approfondira cette discussion qui engage l'avenir de l'architecture institutionnelle de notre pays ainsi que l'avenir des collectivités territoriales", prévient Mme Assassi, qui demande: "Le gouvernement a-t-il déjà décidé d'avoir recours au vote bloqué sur ce texte?".
Eliane Assassi reproche à nouveau au gouvernement d'avoir agi à "marche forcée" avec le texte sur l'emploi, affirmant que "la volonté d'imposer un accord social à la représentation nationale sans débat réel est contraire à la Constitution et à l'article 3 de la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen".
Pour Jean-Vincent Placé, le gouvernement "a eu recours à la méthode forte, au mépris de la majorité sénatoriale". "Nous souhaitons que cette manœuvre soit la dernière infligée par l'exécutif au Sénat et que le temps nécessaire pour mener un débat approfondi soit prévu pour tous les projets de loi".

A l’inverse, un amendement UMP a été voté qui est lui dénoncé par la CGT. Amendement qui supprime la "clause de désignation" permettant aux partenaires sociaux de désigner l'organisme assureur qui prendra en charge la complémentaire santé que le texte prévoit de généraliser à tous les salariés. "Il faut rétablir les clauses de désignation", affirme la CGT pour laquelle "le Sénat a cédé aux pressions des assureurs privés".

  • Lire aussi

Éliane Assassi sur l'ANI: "Ce coup de force crée un précédent"

Marie-Noelle Lienemann: le vote bloqué sur l'ANI, «un aveu de faiblesse»

Sénat: le gouvernement fait passer l'ANI en force

Le 5 mai, dans la rue pour changer de politique et de système

Par Roger Martelli, historien, codirecteur de Regards.

La France, comme l’Union européenne, va mal, très mal. La crise financière et le naufrage social auraient suffi à nous désespérer ; nous voilà désormais submergés par le marasme politique et la fracture morale. Nous sommes dans un de ces moments qui découragent les demi-mesures : on choisit le sursaut ou on se résout à l’enlisement. Il reste à dire si ce sursaut vient de la gauche, ou s’il est réservé à la droite.

Pour l’instant, c’est la droite qui a le vent en poupe. Elle se radicalise, dans son contenu et dans ses formes. Elle a ses réseaux de mobilisation et ses think tanks. Elle pense, se transforme et agit. Elle occupe la rue. Elle se rapproche d’un Front national à l’affût, qui attend son heure, conscient que la désespérance et le ressentiment travaillent pour lui, en France comme dans toute l’Europe. Quant à la gauche, le Parti socialiste la conduit dans le mur. Il avait à choisir entre la gauche et le centre. Comme partout ailleurs, il a choisi le centre. Depuis Tony Blair, sa « modernisation » est celle du social-libéralisme : puisque le capitalisme financier est indépassable, il ne reste plus qu’à en conforter les mécanismes (l’assainissement budgétaire et la compression accrue de la masse salariale) et à éviter l’explosion sociale.

Pour cela, il faut de la redistribution à la marge (de plus en plus à la marge…), de la mise au travail (mieux vaut payer des petits boulots que des allocations chômage) et de l’ordre social (le choix du sécuritaire). Cahuzac et Valls : c’était le couple gagnant. Jérôme Cahuzac s’en est allé ; il nous reste Manuel Valls. La balle est au centre. François Bayrou est le plus lucide quand il met en garde François Hollande face à « l’alerte rouge ».

Une crise est favorable à toutes les recompositions. Dans une situation comme la nôtre, les exemples ne manquent pas. Ceux des années trente du siècle dernier sont les plus vivaces. Il y en a d’autres, plus proches encore. En 1958, la crise sur fond de guerre coloniale a précipité l’agonie de la IVe République et lancé la grande machine présidentialiste de la Ve. En Italie, la crise morale des années quatre-vingt a entraîné la chute de la Ire République et ouvert la voie au berlusconisme et à l’intégration de l’extrême droite fascisante. Dans tous les cas, la démocratie en a pris un coup. Pourquoi ? Parce que la gauche, tétanisée, n’était pas au rendez-vous.

En France, aujourd’hui, on ne peut pas écarter l’hypothèse d’une régression, par des voies et sous des formes hélas bien multiples. Le pire, alors, est de ne rien faire. Car, au fond, le pire est déjà là. Il est dans l’accumulation constante des choix opérés depuis si longtemps. Voilà plus de trente ans que le mouvement de nos sociétés est fondé sur un couple indissociable, celui de l’ultralibéralisme et de la « gouvernance ».

À la base de son expansion, on trouve une double conviction : que « l’État providence » est la source de tous les dysfonctionnements économiques et que les « excès de la démocratie » (Commission trilatérale, 1975) rendent impossible la reprise de la croissance par le jeu de la nécessaire austérité. Il y a désormais une cohérence du fonctionnement institutionnel qui conjugue l’imposition d’une norme économique, la confusion du public et du privé, le reflux de la loi, l’affaiblissement de la représentation, l’expansion de l’expertise et l’alternance au pouvoir réel d’une caste, séparée par le clivage de la droite et de la gauche mais partageant les mêmes codes gestionnaires.

Le choix est désormais d’une grande simplicité : ou bien on reproduit à l’infini cette cohérence ou bien on la brise. Ou bien on accepte d’être corseté par les logiques en place ou bien on décide de trouver les ressources d’inventivité dans un cadre différent. Il se trouve que le réalisme a aujourd’hui changé de camp. Il n’y a pas d’amélioration pensable si l’on en reste au couple infernal du libéralisme et de la gouvernance ; l’avenir est au couple vertueux du développement des capacités humaines et de l’implication citoyenne.

Un nouveau cadre pour l’allocation et l’emploi des ressources disponibles, un nouveau cadre pour la démocratie. Une autre façon de penser le développement : l’efficacité économe par la justice et le partage, au lieu de la croissance par l’inégalité et la concurrence. Une autre architecture des institutions : non pas la gouvernance, mais l’élargissement des droits et de la citoyenneté, partout, de l’entreprise et de la localité jusqu’aux espaces supranationaux. La Ve République est forclose. Le temps est venu d’un nouveau processus constituant. C’est le sens, à mes yeux, de la marche du 5 mai. Son mot d’ordre ne peut être « sortez les hommes », mais « changeons de politique, changeons de système ». Quand la colère se confond avec la désespérance, elle tourne au ressentiment : on ne s’en prend plus aux causes du mal, on se contente de désigner le bouc émissaire.

Le ressentiment, au XXe siècle, a été le ressort majeur des fascismes ; il est aujourd’hui encore le vecteur de tous les dévoiements. Il nous faut donc, tout à la fois, exprimer la colère et tout faire pour qu’elle se mue en combativité et non pas en ressentiment. Une seule solution : adosser la colère à l’espérance, lui donner l’élan d’un projet à l’échelle humaine. Rompre avec la logique libérale et ouvrir la voie à une République nouvelle : telle est la clé, la seule.

Il est impensable, dans cette phase délétère, de laisser le champ libre à la droite radicalisée et à sa composante extrême. Il n’est pas question de laisser la rue aux rétrogrades, aux homophobes et aux fascistoïdes. On ne peut pas courir le risque d’un mouvement qui, de la crise d’un système, conduirait à une nouvelle capitulation républicaine. Là encore, l’histoire a déjà parlé : bien des sursauts démocratiques ont commencé par l’occupation de la rue. La marche du 5 mai devrait être ce commencement. Ce jour-là, la rue ne sera pas le terrain de l’aventure, mais le support du renouveau civique.

Roger Martelli

Derrière l’apparente résignation, une colère profonde…

 

"Un Mai 68 à froid?" par François Asensi

Par François Asensi, député (Front de gauche) de Seine-Saint-Denis.

"Fixons le cap pour sortir de la crise. Imposons tout de suite le non-cumul et la limitation du nombre de mandats, une véritable proportionnelle aux élections, le droit de vote des étrangers, l’implication des citoyens à tous les niveaux", affirme François Asensi, député (Front de gauche) de Seine-Saint-Denis, dans une tribune publiée dans l'Humanité.

« Il y a crise de régime quand le système institutionnel est incapable de répondre à la perte de confiance », a déclaré Arnaud Montebourg. Nous y sommes, précisément! Et depuis trop longtemps. La crise de régime touche l’Europe austéritaire, certes, mais aussi la France, avec une défiance enracinée des citoyens envers les institutions et le politique.

Face au renoncement démocratique et économique, la question de la souveraineté populaire est posée. Renoncement économique, car l’arbre Cahuzac cache une forêt: les 2 000 familles françaises cachant 60 milliards d’euros en Suisse, les centaines de filiales d’entreprises et de banques françaises rompues au dumping fiscal, comme le soulignait-il y a quelques jours à l’Assemblée nationale le député communiste Alain Bocquet. Loin d’être une perversion du système, ces zones sont le cœur battant du capitalisme financiarisé. L’Europe et les États-Unis les ont sciemment tolérés à leur porte. Défendre leurs multinationales, ou défendre l’action publique au service des citoyens? Les États ont fait le choix d’un capitalisme in fine prédateur de ces mêmes États! Comment croire que morale et transparence pourraient venir à bout de ce système miné par l’argent roi?

Renoncement démocratique, car nous assistons depuis trop longtemps à une déconnexion totale entre la représentation politique et les citoyens. Le bipartisme a perverti la démocratie, laissant des courants de pensée en dehors des institutions. La Ve République a lentement affaibli le pluralisme politique. Notre République étouffe sous le corset de sa concentration des pouvoirs, de sa monarchie présidentielle. Depuis le référendum de 2005 et la mobilisation contre l’Europe libérale, le fossé entre les élites tirant profit de la mondialisation et le peuple qui la subit ne cesse de s’élargir. Le camouflet du récent référendum en Alsace n’en est qu’une énième illustration. Que dire de l’autisme du système politique face à une abstention devenue le premier parti de France ? Derrière l’apparente résignation, une colère populaire profonde. Toute chose égale par ailleurs, n’est-ce pas un Mai 68 à froid?

Fixons le cap pour sortir de la crise. Imposons tout de suite le non-cumul et la limitation du nombre de mandats, une véritable proportionnelle aux élections, le droit de vote des étrangers, l’implication des citoyens à tous les niveaux. Souvenons-nous que le mot « crise » était chargé d’un sens positif dans la Grèce antique: «l’heure de la décision». De la décision à l’alternative, il n’y a qu’un pas. Vite, inventons cette VIe République !

François asensi



Edité par T 34 - 24 Apr 2013 à 18:45
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Des centaines de syndicalistes appellent à la marche unitaire du 5 mai pour la 6ème République

Nous, syndicalistes du privé comme du public, appelons les salariés, les privés d’emploi, les précaires, les retraités à manifester le 5 mai pour une VIème République, l’exigence de démocratie et d’égalité des droits, l’urgence d’une véritable sécurisation de l’emploi et du travail qui doivent être entendus dans l’entreprise comme dans la cité. L'appel a été signé par près de 800 syndicalistes en 3 jours.

Il faut reprendre l’initiative pour mettre un coup d’arrêt à la politique néolibérale de ce gouvernement.

Nous refusons le recul historique qu’est l’ANI, accord prétendu de sécurisation de l’emploi qui est un leurre. Ce n’est que la copie conforme des exigences du MEDEF qui va faciliter les licenciements et offrir au patronat la possibilité de baisser les salaires et d’augmenter le temps de travail. Sur le plan de la démocratie dans les entreprises, il rogne gravement les droits des CE et des représentants du personnel alors que l’exigence de pouvoirs aux salariés grandit face à l’appétit des actionnaires. Cet accord transformé en loi à l’initiative du gouvernement est une attaque contre le code du travail, au profit de négociations par entreprises plaçant les salariés en position de faiblesse.

Nous refusons l’orthodoxie budgétaire et son dérivé, la rigueur, utilisés pour casser les services publics et livrer des pans entiers de l’économie au privé, comme dans de nombreux pays européens. La loi dite de refondation de l’école qui maintient les inégalités, les pressions sur les hôpitaux publics et leur mise en concurrence avec le privé sont 2 exemples de la nocivité pour l’ensemble des services publics du pacte de compétitivité et des diktats de Bruxelles.

Après avoir grandement contribué à la victoire de François Hollande, nous ne reconnaissons pas, dans la politique actuelle du gouvernement une politique de gauche qui rompt clairement avec les politiques d’austérité et de reculs sociaux du gouvernement Sarkozy. Pour preuve, nous attendons encore la loi d’interdiction des licenciements boursiers pourtant promise pendant la campagne présidentielle, alors que Florange ferme les hauts fourneaux, que Petroplus, PSA, Fralib et bien d’autres sont abandonnés. Nous exigeons dès le 16 mai un signe fort des parlementaires : le vote la loi d’amnistie des syndicalistes et des militants sociaux, suite à la première victoire arrachée au Sénat le 27 février dernier.

Nous refusons l’emprise toujours plus étouffante des logiques de l’argent, des marchés financiers sur la vie sociale économique et politique dont le scandale d’un ministre du budget pris à frauder contre l’intérêt de la République n’est qu’une illustration.

Il est urgent d’en finir avec ces institutions issues d’une époque révolue qui assurent la domination des marchés financiers.

Face à la gravité de cette situation où la droite arrogante flanquée d’une extrême droite menaçante, veulent leur revanche, l’intervention populaire et le rassemblement citoyen le plus large sont nécessaires pour construire une Vie république qui élargisse les droits, étende la souveraineté populaire et favorise la démocratie sociale.

Tout sur la marche citoyenne du 5 mai pour une VIème République

Alors que le gouvernement est déterminer à maintenir le cap sur l’austérité et face à la crise crise politique ouverte par l’affaire Cahuzac, le Front de gauche se mobilise et propose à toutes les forces et les personnes qui ont voulu le changement en mai 2012 et plus largement au peuple, contre la finance et l'austérité, de participer à une grande marche citoyenne pour la 6ème République le 5 mai à Paris, place de la Bastille.

 

 

  • Comment venir à Paris, où dormir ?

Le site www.marchepourla6eme.fr recense tous les cars et trains afretés pour se rendre à Paris ce jour là. Vous pouvez aussi y signaler les vôtres.

Les fédérations du Parti communiste organisent aussi les transports pour Paris ou peuvent vous renseigner. Pour contacter la fédération de votre département : http://www.pcf.fr/7511

Consulter le forum dédié aux offres d’hébergement et de covoiturage.

 

  • La marche citoyenne sur les réseaux sociaux :

Sur Facebook :
L'événement
La page

Sur Twitter :
- hashtags #5mai #6eRepublique
- compte @5mai2013



Edité par T 34 - 26 Apr 2013 à 19:42
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Apr 2013 à 21:31

Ces élus qui ont le lobby comme hobby

À la suite de l’affaire du trésor caché de Jérôme Cahuzac, fruit des largesses de labos pharmaceutiques, des voix s’élèvent pour juger incompatibles les tâches de lobbying et la fonction d’élu. Comprenez qu’il apparaît de plus en plus inacceptable qu’un élu puisse user d’un mandat destiné à servir l’intérêt général, pour servir des intérêts particuliers en se laissant graisser la patte. Voyages, bonnes bouteilles, pots-de-vin comptent parmi les armes que le lobbyiste emploie pour obtenir subventions, arrangements législatifs et autres dispositions profitables.

Au diable l’engagement politique sur la base de convictions ! En France, quelques personnages de la sphère politique font même mieux ! Ils donnent eux-mêmes des cours de lobbying en toute transparence ! De quoi arrondir les fins de mois en toute impunité.

Ainsi, moyennant 6 740 euros par an (finançables via le droit individuel à la formation), il est, par exemple, possible de s’inscrire à l’Institut supérieur européen du lobbying (Isel), enregistré depuis plus de dix ans, tout à fait officiellement, comme prestataire de formation sous le n° 11 75 44 657 75. Le cursus ouvre à un diplôme de niveau bac + 5. Un certain Bruno Gosselin, enseignant à l’ENA, notamment très engagé pour sauver « les cafés français » et surtout très en cheville avec les brasseurs, en est l’intervenant principal.

L’Institut affiche fièrement ses contenus d’enseignement : l’usage des rumeurs et déstabilisations dites « nouvelles armes de la sphère concurrentielle », les actions virales (e-mailing, photomontages satiriques, intervention sur les forums de discussion…), « la pratique des couloirs bruxellois »… Une liste de « conférenciers » figure fièrement sur le site Internet de l’Isel. Parmi eux, Franck Allisio, président des jeunes actifs UMP, ancien conseiller de presse de Pierre Lellouche, secrétaire d’État aux Affaires européennes sous la présidence de Nicolas Sarkozy, qui enseigne le fonctionnement des cabinets ministériels. Jacques Breillat, maire adjoint UMP de Castillon-la-Bataille, en Gironde, délégué aux finances et à l’urbanisme, féru d’intelligence économique et d’e-réputation. Guillaume Mascarin, conseiller parlementaire au cabinet de l’actuel ministre délégué aux Anciens Combattants. Élodie Massé (PS), adjointe au maire de Choisy-le-Roi… La liste est longue. Y figurent également quelques journalistes, mais aussi Guilhem Armanet, directeur adjoint du service communication au sein du groupe GDF Suez, ou Emmanuelle Garault, directrice des affaires institutionnelles d’eBay France… Comme quoi un simple site de vente entre particuliers a besoin de s’insérer entre les bancs parlementaires, comme en témoigne l’opération de lobbying que mène eBay actuellement aux États-Unis.

On y trouve aussi un assidu, Nicolas Bays, député socialiste, tombeur surprise du tout aussi socialiste Jean-Pierre Kucheida dans le Pas-de-Calais. Nicolas Bays ayant comme particularité d’être lui-même directeur d’une « école » à Paris dont les valeurs n’ont rien à voir avec l’éducation populaire : l’Institut supérieur des élus (ISE), « agréé par le ministère de l’Intérieur ». Son siège social est basé à Liévin, dans le bassin minier du Pas-de-Calais. Y enseignent beaucoup d’intervenants communs à l’Isel, prêts à vous initier à l’art de remplir les boîtes mails de personnes influentes et aux rouages de la République… Très, très, très actif sur Twitter, ancien président du club Bourbon, un think tank qui se veut « indépendant », le député PS s’est marié en 2009 avec Aurore Bergé, conseillère politique de l’UMP dans les Yvelines. Le couple avait pour témoins Pierre Moscovici et Roselyne Bachelot. Le mariage de tous les bords, en quelque sorte. Rien d’illégal. Certes.

Que des lobbyistes fassent pression de multiples manières sur les élus de tous bords, c’est notoire. Mais saviez-vous que des personnalités politiques enseignent elles-mêmes comment hanter les couloirs de la démocratie ?

Laurence Mauriaucourt

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 May 2013 à 14:41

Des élus EELV appellent à manifester le 5 mai

Des élus EELV, dont Eva Joly, Sergio Coronado, Francine Bavay et Julien Bayou, entendent "construire un nouveau rapport de force au sein des institutions". Critiques sur la politique du gouvernement, ils manifesteront le 5 mai "pour que François Hollande se souvienne vraiment que -son adversaire, c’est la finance-".

  • Le texte de l'appel : "Nous, écologistes, appelons à manifester le 5 mai"

L’affaire Cahuzac est une affaire d'Etat. Elle a mis en lumière les liens étroits qui unissent depuis des années la haute finance, l’industrie et certains responsables politiques, autour des enjeux de pouvoir et d’argent.

Cette collusion ne tient pas du hasard. Depuis les années 80, sous prétexte de compétitivité économique internationale, les gouvernements successifs ont mis en œuvre des politiques publiques productivistes au service de la libéralisation, de la dérégulation de l'économie et de la mondialisation financière.

Ces politiques, dictées par les firmes multinationales et la finance, ont entraîné des dérives insoutenables. La mise sous tutelle du pouvoir politique par la dictature de l’argent roi nous conduit à subir une crise économique, sociale et morale sans précédent. Elle mène à la prédation sans fin des ressources naturelles, à l’exploitation de la main d’œuvre salariée, à l’individualisme forcené, à l’affaiblissement des solidarités et à la corruption.

Il ne s'agit pas d'une simple histoire de morale, c'est bien notre système politique et notre modèle de développement qui sont en cause. Au-delà d'un responsable politique qui a failli, c'est tout un mécanisme de reproduction des dominations sociales. En nous focalisant sur le mensonge d’un homme, nous ne faisons que protéger l’immoralité du système lui-même.

Pour en finir avec ce système, une renaissance de notre République ainsi qu'une réorientation de la politique actuelle passant par l’adoption d’une feuille de route pour la transition démocratique, sociale et écologique deviennent indispensables.

Il s'agit désormais de prendre des actes de rupture lisibles par l’opinion et de faire preuve d'un réel volontarisme pour transformer en profondeur notre pays. Dans l’immédiat, nous souhaitons que soient réellement mises en œuvre les propositions du président de la République concernant l’interdiction pour les banques françaises comme pour les entreprises multinationales de disposer de fonds dans les paradis fiscaux, une vraie séparation entre banques de dépôts et banques d’affaires, que la France demande à ce que l'Europe oblige l'ensemble des établissements financiers de la planète à transmettre les informations sur leurs comptes. Nous souhaitons que François Hollande se souvienne vraiment que « [son] adversaire, c’est la finance », et qu'il a promis de rétablir la justice sociale.

Le sursaut démocratique que nous connaissons aujourd'hui doit aussi nous conduire à remettre en cause la Ve République, à bout de souffle plus de cinquante ans après son avènement. Les écologistes plaident pour une véritable démocratie participative et un rééquilibrage des pouvoirs au profit du Parlement qui a été dépossédé de la plupart de ses prérogatives par un pouvoir exécutif concentré autour de la seule présidence de la République. Nous sommes pour une Constituante européenne, seule à même de répondre également au déficit démocratique qui gangrène l'Union européenne, et à laquelle nous ne pouvons répondre que par plus et mieux d'Europe.

Nous avons, en tant qu’écologistes, contribué à la victoire du 6 mai de François Hollande et à la victoire aux législatives de juin 2012. Mais nous ne voulons pas que, comme en 1981, comme en 1997, la gauche au pouvoir finisse par perdre les élections parce qu’elle a fait le contraire de ce qu’attendaient ses électeurs. Parce qu’elle a appliqué les recettes de l’austérité et de la précarité à coups de chocs budgétaires (TSCG et réduction des dépenses publiques), de crédits d’impôts (CICE) et de chocs sociaux (ANI et flexibilisation du contrat de travail). Parce qu’elle a failli sur le plan éthique, parce qu’elle n’a remis en cause ni le nucléaire ni les grands projets inutiles comme Notre-Dame-des-Landes, parce qu’elle a renoncé à ses promesses sur le droit de vote des étrangers, le contrôle au faciès ou la rupture avec la Françafrique. Parce qu'enfin, elle refuse d'adopter une loi d'amnistie dans un moment où l'apaisement et la réconciliation entre les Français sont une urgence absolue.

En tant que membres d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), en tant qu’écologistes, nous ne voulons pas cette fois attendre la fin du quinquennat pour tirer le bilan de notre participation au gouvernement. Nous voulons aider nos élu-e-s et nos ministres à construire un nouveau rapport de force au sein des institutions, en s’appuyant sur une société mobilisée.

Nous, écologistes, n'avons pas d'adversaires à gauche mais voulons résolument peser pour une refondation des politiques menées par la majorité issue des élections de 2012.

C’est pour dire cela que nous serons présents dans la rue le 5 mai, en tant qu’écologistes, aux côtés d’autres forces de gauche, de la Bastille à la Nation, pour ne pas laisser le monopole de l'action de rue à une seule composante de la gauche, pour maintenir les passerelles entre toutes les gauches. Si nous pouvons diverger sur leurs objectifs, leurs méthodes, voire leur style, nous partageons en l’occurrence la même préoccupation ; nous refusons que la déception et la colère des citoyens soient canalisées par Marine Le Pen et la droite extrême.

Il faut maintenant que la gauche de gouvernement prenne ses responsabilités. Nous ne voulons ni d’un Mai 68 à l’envers comme le prônent Copé, Guaino et Boutin, ni d’un nouveau mai 2002. Une partie de la droite mime le 6 février 1934 et appelle à descendre dans la rue contre le mariage pour tous le 5 mai. Nous ne laisserons pas la rue aux homophobes, aux racistes, sexistes, fascistes et à la droite extrême. Le 5 mai, nous défendrons aussi les institutions républicaines menacées par les nostalgiques de Pétain et de l’OAS.

La gauche et l’écologie ont besoin d’un sursaut démocratique, et nous vous invitons à y contribuer. C’est comme militants EELV que nous serons présents dans la rue le 5 mai pour porter notre projet et parole écologiste et nous invitons toutes celles et ceux qui se retrouvent dans cette démarche unitaire contre la droite extrême et le FN à nous rejoindre.

Premiers signataires :
Eva Joly
, députée européenne
Sergio Coronado, député, conseiller fédéral EELV
Francine Bavay, conseillère régionale et conseillère fédérale EELV
Jérôme Gleizes, membre du bureau exécutif d'EELV
Annie Lahmer, conseillère fédérale EELV
Julien Bayou, conseiller régional Ile-de-France
Françoise Alamartine, membre du bureau exécutif d'EELV

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 May 2013 à 22:11

Dans l’unité, marchons ! L'éditorial de Patrick Le Hyaric

Quand, semaine après semaine, remonte à la surface du terreau politique et médiatique le mauvais fumet de la putréfaction avancée, avec une multitude d’affaires politico-financières, dans lesquelles apparaît au grand jour un système où les puissants profitent, pendant que le peuple trime sous l’effet de politiques décidées par les premiers, il est de salut public de se lever et d’appeler à sortir de ce système. Quand on découvre que, dans de curieuses combinaisons, des responsables politiques, comme ici avec l’autorisation donnée à des médicaments qui tuent, là à des prothèses qui handicapent, ailleurs à des pesticides qui polluent et infusent le mal, permettent à quelques oligopoles d’amasser le pactole, il convient d’appeler les citoyens à reprendre leur destin en main.

La finance au pas, 
l’humain 
d’abord.

Quand l’élection d’un président de la République portée par l’espérance du changement se transforme à ce point en tant de désillusions, parce qu’il choisit de servir prioritairement et continûment depuis des mois les puissances industrielles et financières, le peuple de gauche, le salariat, les retraités comme les jeunes, dans leur diversité, ne peuvent plus rester sans réaction face au déluge du chômage et de la mal-vie provoqué. Quand les droites, tenant la main de l’extrême droite, occupent la rue, la gauche unie, les progressistes doivent se manifester. Se taire reviendrait à ouvrir encore plus la diabolique porte dans laquelle s’engouffre une extrême droite, curieusement promotionnée le jour du 1er Mai, par tous les médias de la bien-pensance en contrepoint de l’affaire Guéant. Qui a décidé de jouer ainsi avec le feu ?

Voilà des raisons de l’urgence à réussir dans quelques heures une belle et puissante marche citoyenne unitaire pour changer de République en extirpant de son sein ce qui la mine aujourd’hui : 
la pénétration du virus de l’argent roi qui la violente, la ronge et déchire sa promesse de pacte social 
et démocratique. Les milieux d’affaires féodalisent le système institutionnel. La souveraineté républicaine est avalée par le boa d’institutions supranationales qui vont de la Commission de Bruxelles à la BCE et du Fonds monétaire international à l’Otan. Cela n’est évidemment possible que parce que des forces politiques, différentes certes, mais s’accommodant du système, monopolisent à tour de rôle le pouvoir.

Et voici qu’une nouvelle étape est projetée avec le projet de marché transatlantique, cheval de Troie supplémentaire du capital transnational, souvent à base nord-américaine. Le lien est évident entre l’urgence de l’action contre la finance internationale, qui pressure, surexploite, domine, dépossède l’être humain, saccage la nature, et l’austérité qu’elle impose aux peuples pour mieux les piller ; qu’accompagne la dislocation des principes républicains et de la démocratie.

République sociale et République démocratique ne font qu’une. Elle n’adviendra qu’en bifurquant vers une VIe République à construire. Tel est le sens profond de la marche citoyenne dimanche, qui concerne toutes celles et tous ceux, socialistes, écologistes, communistes, républicains de progrès, démocrates, syndicalistes, qui, ensemble, il y a un an, ont rejeté la droite et voulu le changement à gauche. Tous veulent ardemment contribuer à rallumer un processus de co-élaboration d’un nouveau contrat social et démocratique national 
et européen. Avec leurs différences, la marche 
du 5 mai est la leur.

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  Citer Ecnaroui Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Jun 2013 à 16:24

Après l’adoption par le Sénat du premier volet de la réforme territoriale

lundi 10 juin 2013

Le Sénat a adopté en première lecture le projet de loi gouvernemental relatif à « la modernisation de l’action publique et l’affirmation des métropoles » par 182 voix contre 38.

Le texte a bénéficié de l’appui « bienveillant » du groupe UMP (32 pour, 92 abstentions, 7 contre). Le vote dans les autres groupes se décline comme suit : Groupe socialiste : 122 pour, 4 contre.

Groupe Communiste, Républicain et Citoyen : 19 contre. Groupe écologiste : 12 abstentions, Groupe Union des Démocrates et Indépendants : 10 pour, 2 contre, 20 abstentions. Groupe RDSE : 17 pour, une abstention. Sénateurs ne figurant sur aucun groupe : 1 pour, 6 contre.

La Haute Assemblée a donc validé un texte visant à ancrer dans les institutions françaises une entité nouvelle –la métropole- conduisant à une régression démocratique en éloignant les citoyens et en réduisant leur souveraineté.

Cette entité, sans financement propre mais dotée de vrais pouvoirs stratégiques au détriment des autres collectivités, constitue le cheval de Troie d’une austérité renforcée dans les territoires, et suscite une large opposition chez les élus locaux et les citoyens dès lors que le projet de loi est connu.

Cette opposition a pu trouver un large écho en séance plénière du Sénat, grâce notamment à l’action offensive et déterminée des sénateurs du groupe CRC, mais également celle de nombreux autres sénateurs qui se sont fait le relais des nombreux élus locaux, des agents territoriaux, en état de résistance et porteurs d’alternatives sérieuses dans les territoires.

Ceux-ci étaient en manifestation le 30 mai devant le Sénat à l’ouverture des débats.

L’article de loi visant à créer la métropole du Grand Paris a ainsi été rejeté (à cinq voix près), de même que l’amendement de la Ministre Lebranchu destiné à rétablir dans la loi la nouvelle tutelle que constitue le pacte de gouvernance que la commission des lois avait retiré du texte gouvernemental.

Il s’agit d’un avertissement qui résonne comme un désaveu d’une démarche précipitée et d’une volonté de passage en force, en lieu et place du débat citoyen que mérite un enjeu de cette importance. Après le résultat négatif du référendum en Alsace, ce rejet partiel dévoile ce que la mise à l’écart volontaire des citoyens et la surdité face aux élus locaux peuvent avoir de préjudiciable pour la prise en compte par la loi de l’intérêt général, pour la réponse aux besoins des habitants et aux grands défis d’aujourd’hui.

Il montre le fossé entre des orientations décidées par le haut et les réalités du terrain, marquées en particulier par un attachement important et légitime à la commune.

Le processus législatif en cours prend les choses à l’envers et vise à changer la République : le premier des trois volets de la loi commence par installer la métropole en clef de voute de nos institutions, au détriment de l’Etat et de son rôle de garant de l’égalité territoriale, et au détriment de la commune, foyer de démocratie et de citoyenneté. Puis, second étage de la fusée, la réforme abordera cet automne le rôle rétréci dévolu aux régions et aux départements. Et enfin, en troisième lieu sera abordé le véritable impact pour la vie des gens : les modifications des compétences du fait que la réforme impose des regroupements en vastes intercommunalités.

Cela sans doute après les élections municipales de mars 2014…Une République « chapeautée par les métropoles », telle est le fruit d’une logique perverse, loin de toute préoccupation urbaine et humaine. Ce choix est porté par le Président de la République comme un gage apporté à la « rigueur » budgétaire attendue de la France par la Commission de Bruxelles, puisqu’il y a quelques semaines, François Hollande donnait à Monsieur Barroso des contreparties au sursis accordé pour atteindre les 3% de déficit : la relance d’un débat sur les retraites et le fait qu’il allait « s’occuper des collectivités »…

Seul un grand débat citoyen peut permettre d’ouvrir le chemin vers les avancées nécessaires s’agissant de l’avenir de nos institutions, sur d’autres orientations que celles engagées par le gouvernement, en particulier la question cruciale de leur démocratisation et du développement des services publics sur tout le territoire.

C’est pourquoi nous continuons à exiger la suspension du processus décisionnel en cours.

La bataille est loin d’être terminée, elle sera menée pied à pied avec un débat parlementaire qui va se prolonger avant et après les élections municipales et la rencontre des besoins concrets de nos concitoyens au fil du calendrier législatif.

L’ANECR appelle élu-e-s, citoyen-ne-s, agents territoriaux, organisations syndicales et associatives, à ne rien lâcher, à se mobiliser, à s’approprier plus encore ce débat dans tous les territoires, à le déployer en grand dans les semaines et les mois qui vont suivre.

SOURCE

La libération de l’homme de l’homme est si impérieuse qu’on ne doit pas la laisser à ceux qui n’ont qu’un seul et unique crédo l’exploitation de l’homme par l’homme.
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La VIe République comme enjeu d’une rupture démocratique

Face à la crise politique et démocratique, les participants de cet atelier dénoncent la présidentialisation du régime et appellent à une mobilisation citoyenne.

Sans surprise, l’atelier sur la VIe République avait fait le plein. Cette revendication portée par le Front de gauche rassemble désormais des forces progressistes, tant politiques que sociales, de plus en plus larges, ayant en commun la conviction qu’il faut une rupture démocratique avec la Ve République pour sortir de la crise politique que connaît notre pays. Pour Edwy Plenel, fondateur de Mediapart, qui se revendique « journaliste et citoyen », nous sommes « dans une démocratie de basse intensité ».

Il appelle à en finir avec « la présidentialisation de notre République », la « démocratie réduite au seul vote des électeurs tous les cinq ans », et la « professionnalisation de la politique ». De son côté, Jean-Pierre Dubois, président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme, affirme que cette « monarchie élective n’est plus supportable pour les individus informés que nous sommes ». Il préconise de « mettre tous les pouvoirs sous contrôle citoyen » et d’instaurer « le référendum abrogatoire » pour changer les lois et la possibilité, pour les électeurs, « de révoquer leurs élus avant le terme de leur mandat ». Il ne s’agit donc pas, comme le souligne Myriam Martin (Gauche anticapitaliste) « de replâtrer la Ve République » mais de la changer profondément. Cependant, Raquel Garrido (Parti de gauche) prévient, « aucun corps n’est légitime pour changer les règles du jeu de notre République autre que le peuple lui-même », et de proposer, au nom du Front de gauche, « une constituante pour la VIe République ».

Plus d’une heure de débat avec la salle témoigne de toutes les dimensions à prendre en compte pour faire vivre réellement une « République démocratique et sociale ». Liens entre « politique d’austérité et recul démocratique », nécessité 
« de droits nouveaux des salariés dans les entreprises », droits « à l’information et liberté de la presse », « démocratisation des institutions européennes »... Dominique Adenot, président de l’Anecr, l’association des élus PCF, pointe l’urgence de mobilisation pour empêcher que l’acte III de la décentralisation et les projets de métropoles du gouvernement ne se traduisent par des reculs de la démocratie locale, ainsi que de la capacité à répondre aux besoins des citoyens.

Max Staat

Conseil constitutionnel : l'amendement Sarkozy adopté
 

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Les parlementaires ont adopté, mercredi 19 juin, un amendement au projet de loi sur la transparence, débattu depuis lundi à l'Assemblée, qui vise à "interdire aux membres du Conseil constitutionnel toute activité, rémunérée ou non, durant l'exercice de leur mandat".

L'auteur de l'amendement, le député PS de Saône-et-Loire Thomas Thévenoud, a assuré  que le texte ne visait "personne en particulier et tous les membres en général". Pourtant, la loi de séparation bancaire risque de créer un "cas d'école" qui pourrait faire jurisprudence.

Thomas Thévenoud précisait que, "si le texte est présenté au Conseil constitutionnel, cela voudrait dire que l'un de ses membres, qui a fait savoir qu'il avait été rémunéré par une grande banque pour une conférence [Nicolas Sarkozy, rémunéré environ 100 000 dollars par la banque Goldman Sachs pour donner une conférence à Londres], pourrait être amené à juger de la conformité de cette loi".



Edité par T 34 - 20 Jun 2013 à 19:32
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Jun 2013 à 22:28

Editorial par Claude Cabanes

L’irrespirable, l'édito par Claude Cabanes

"Ces «intouchables» cyniques vont et viennent d’un cabinet ministériel aux alcôves du CAC 40 – et retour… – sans état d’âme. Ils pourrissent la République de l’intérieur. Ils sont à la fois les enfants de la décomposition générale et la décomposition elle-même", estime Claude Cabanes dans l'édito de l'Humanité, ce vendredi.

Autrefois, l’écrivain François Mauriac se plaignait amèrement un jour, dans son célèbre Bloc-Notes, de « l’atmosphère irrespirable dans laquelle il nous faut pourtant respirer ». C’était peu de temps avant l’effondrement de la IVe République. Eh bien aujourd’hui aussi, il nous faut pourtant respirer…

Chaque jour les événements, les hommes, les mots, les choses, ici ou là, les uns ou les autres, polluent lourdement l’air dont nous avons besoin. Les affaires Tapie et Cahuzac, après d’autres, n’en finissent pas ainsi de soulever le cœur. Et l’on découvre, stupéfait, grâce au courage, à la ténacité et à la lucidité de certains magistrats, les reptations d’une véritable caste qui occupe certains centres de décision de la société. Oh certes, nous ne sommes pas saisis d’un coup par la révélation fulgurante de la domination de classe à l’œuvre dans notre société: nous connaissons la musique…

Mais, à l’intérieur même de ce dispositif, c’est comme si tous les chiens étaient lâchés: une «bande organisée» navigue d’un palais de la République à un consortium bancaire, fait son nid sans scrupule dans les états-majors politiques des partis de pouvoir (remarquable émulation de cette voyoucratie en costard-cravate, immatriculée PS ou UMP, c’est égal…), a ses antennes dans les enceintes parlementaires, se protège et s’informe auprès de troupes aguerries de juristes internationaux, jouit sans entraves de ses privilèges, touche, dîne et couche en horde. Ces «intouchables» cyniques vont et viennent d’un cabinet ministériel aux alcôves du CAC 40 – et retour… – sans état d’âme. Ils pourrissent la République de l’intérieur. Ils sont à la fois les enfants de la décomposition générale et la décomposition elle-même. L’ennui, c’est que dans l’histoire, ces castes de vaches sacrées entraînent des catastrophes…

Certes, le phénomène est caractéristique de toutes les sociétés bourgeoises. Mais il est encore plus saisissant dans le cadre de la financiarisation mondialisée, qui a fait sauter tous les verrous. Et il est d’autant plus inquiétant chez nous, que «la caste» colonise le haut appareil d’État sans difficulté: comme tout mène vers le sommet, ses manœuvres sont beaucoup plus faciles et efficaces. La monarchie de basse intensité qu’est devenu le système, à l’abri des contre-pouvoirs, est pain bénit pour les affairistes politico-financiers… Monarchie? Mais oui… Ainsi, en quelques jours – l’épisode est plutôt ordinaire –, le chef de l’État a à la fois refusé le coup de pouce au Smic, confirmé Stéphane Richard (de la conspiration pro-Tapie…) à la tête de l’entreprise Orange (malgré sa mise en examen pour «escroquerie en bande organisée» après une sévère garde à vue…), décidé de l’esprit de l’anniversaire de la guerre de 14 (lequel ?), plombé la «conférence sociale» de son choix sur les retraites… Bref, un monarque qui décide de tout… On a même appris, hier, qu’il avait été informé, dès la mi-décembre 2012, du forfait fiscal du ministre du Budget, Jérôme Cahuzac… Rideau.

Évidemment, cela ne nous rassure pas pour autant, tandis qu’à droite, chacun des leaders se fraye un chemin, un couteau à la main. De ce côté-là, on a laissé de détestables souvenirs de l’exercice du pouvoir. Et même une des rares mesures, qui aurait pu s’avérer à la longue positive, tourne en eau de boudin… Près de 70% des personnes en difficulté qui peuvent prétendre au revenu de solidarité active ne l’ont pas réclamé… La demande exige de remplir un questionnaire de 6 pages… Pour en comprendre les bases de calcul, un document de 152 pages… Quelle misère ! Il faut pourtant respirer dans l’irrespirable. 

Claude Cabanes

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Jul 2013 à 18:53

"Sortir de l’entre-soi", l'éditorial de Paule Masson

Costume bleu, chemise blanche, cravate, ceinturon et chaussures noires… Sur la photo de famille des parlementaires, l’uniformité guette. Le député type est un homme, blanc, 
de 60 ans, issu d’une profession de cadre supérieur, qui cumule au moins deux mandats électifs. Exagéré ce tableau ? Pas le moins du monde.

Les chiffres suffisent à dire l’urgence d’une régénérescence : seulement un quart des parlementaires sont des femmes, 3 % des députés proviennent des rangs des ouvriers ou employés et 82 % exercent à la fois un mandat national et local. C’est à l’UMP que l’on est le plus sexiste (12 % d’élues), le plus médecin ou avocat, et aussi le plus opposé à la loi contre le cumul des mandats.

Une fois de plus, hier, à l’Assemblée nationale, la droite s’est déchaînée contre ce projet de loi qui va interdire aux députés et sénateurs d’exercer un mandat exécutif local, maire, conseiller général ou régional, ou président d’une communauté d’agglomération. La date de mise à exécution a pourtant été reportée à 2017, bien après les prochaines élections municipales. Les amendements de commission qui proposaient d’aller plus loin dans le renouvellement, en suggérant par exemple de limiter à 3 le nombre de mandats possibles, ont été retoqués. Alors qu’il s’agit d’une vieille revendication de la gauche, incarné dans le 48e engagement du candidat Hollande, beaucoup de socialistes ont tenté d’y faire barrage. Ce n’est pas le cas des députés du Front de gauche, favorable à « une avancée réelle », tout comme Europe Écologie-les Verts, très opposés 
au cumul des mandats. Cette loi est un premier pas, 
une impulsion pour avancer.

Dans une mise en scène digne des shows 
à la Berlusconi, Nicolas Sarkozy, en guest star de la politique, a parfaitement incarné, lundi, devant ses amis de l’UMP, ce avec quoi il faut rompre : une personnalisation à outrance de la responsabilité politique et une conception de la légitimité centrée sur l’élection, qui plus est, l’élection sacrée, celle dont on nous dit maintenant qu’elle incarne la rencontre d’un homme avec un peuple, la présidentielle. Durant tout son mandat, l’ancien chef de l’État a usé l’argument jusqu’à la corde pour refuser d’entendre les revendications exprimées 
par les syndicats (sur les retraites par exemple), 
les mouvements sociaux, l’opposition. Cette dérive 
de la démocratie représentative n’est pas propre 
à la France. En Turquie, Erdogan avance le même argument pour mater les occupants de la place Taksim. 
En Égypte, Mohamed Morsi s’est drapé dans 
sa légitimité électorale pour refuser d’entendre 
la contestation de presque tout un peuple.

Le principe qui consiste à gouverner sans 
les citoyens entre deux élections participe de la grave crise de confiance qui s’exprime vis-à-vis de la politique. Elle favorise l’entre-soi, le clientélisme, et laisse les commandes du pouvoir à l’oligarchie. Mais elle engendre aussi un souffle contestataire qui traverse les continents. Voilà pourquoi la loi contre le cumul des mandats est un bon début. Même si elle n’est qu’un début. La suite appelle à déprofessionnaliser la politique avec la mise en place d’un véritable statut de l’élu. Elle nécessite de résister au bipartisme et d’accepter le pluralisme en instaurant un scrutin à la proportionnelle. Elle implique de défricher résolument les chemins 
de la démocratie directe pour redonner à tout un chacun le goût de s’occuper des affaires de la cité.

Paule Masson

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