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Changement de constitution

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Jul 2013 à 18:51

Sur le mot d’ordre de « VIe République »

 
 

La revendication d’une VIe République est de plus en plus présente dans les manifestations. Ce fut le mot d’ordre central de la manifestation massive du 5 mai dernier. Ce n’est pas un hasard si des revendications plus directement « politiques » ou « institutionnelles » commencent à occuper une place importante dans le mouvement ouvrier.

L’idée d’une VIe République a depuis longtemps été mise en avant par Mélenchon et – à un moindre degré, ou en tout cas de façon moins récurrente – par le PCF. Mais jusqu’à récemment, elle n’avait pas autant capté l’attention des militants du mouvement ouvrier. Cette évolution s’explique par le contexte social et économique actuel et par l’expérience collective de ces dernières années. La lutte « syndicale » – entendue comme une lutte contre les conséquences économiques et sociales du capitalisme – a nécessairement ses limites.

Ces limites sont une expression, en fin de compte, de celles du système capitaliste lui-même. Il fut un temps où la simple « pression de la rue » – manifestations, grèves, émeutes, etc. – pouvait arracher des concessions ou, du moins, limiter l’ampleur de la régression sociale. Mais cette époque est définitivement révolue. La situation actuelle est qualitativement différente de ce que nous avons connu par le passé. La forte contraction de l’industrie, de l’investissement et du commerce, doublée d’une crise de surendettement massif, signifie que la réduction du niveau de vie de la masse de la population est devenue la condition absolue de la protection des intérêts capitalistes. La classe dominante – celle qui possède et dirige les banques, l’industrie, le commerce et l’ensemble de l’économie – est désormais contrainte de mener une lutte incessante et implacable contre les intérêts vitaux des travailleurs, quelles qu’en soient les conséquences sociales. La défaite du mouvement pour la défense des retraites, en 2010, en était une illustration. A genoux devant la Bourse et les intérêts capitalistes, le gouvernement – et les directions syndicales « modérées » – ont imposé l’ANI aux travailleurs, ce qui se traduira par un recul sévère de leurs droits et de leurs conditions de vie, sur fond d’une augmentation très rapide du nombre de chômeurs.

Ainsi, l’expérience collective du mouvement ouvrier prouve la véracité de ce que La Riposte, avec les moyens limités à sa disposition, s’est efforcée d’expliquer : le système capitaliste signifie désormais la régression sociale permanente. Sur la base du capitalisme, des actions syndicales, des manifestions, des pétitions, des élections et des changements de gouvernement : rien n’y fait et n’y fera rien. L’impuissance des parlementaires et des « mouvements sociaux » – un constat que les dirigeants réformistes trouvent « pessimiste » – est précisément une expression de la nécessité historique incontournable d’une révolution. Les réformistes à la tête du PCF et de la CGT récusent cette idée. Ils prétendent que des modifications superficielles – une « réforme de la BCE », une « autre politique fiscale », etc. – permettraient d’inverser la « logique » du capitalisme et même, pour ce qui est de la direction du PCF, mènerait de façon inexpliquée et inexplicable à un « dépassement » graduel et paisible du système capitaliste. Dans les faits, cependant, c’est l’inverse qui se produit. Le capitalisme nous entraîne « graduellement » dans l’abîme. Il ne peut pas répondre aux besoins de la société. Il poursuivra son œuvre destructrice jusqu’à son renversement.

Si la revendication d’une nouvelle république a trouvé un certain écho dans la couche la plus politiquement active et consciente du mouvement ouvrier, c’est essentiellement parce que l’Etat actuel, depuis longtemps et indépendamment de l’étiquette politique des gouvernements, a été non seulement incapable d’empêcher la régression sociale, mais aussi une machine qui organise et impose cette régression.

D’où l’idée qu’il faut réformer les institutions et les rendre, d’une façon ou d’une autre, plus sensibles aux besoins de la majorité. Pour les réformistes au sommet du PCF, qui rejettent la nationalisation – c’est-à-dire l’expropriation – des intérêts des grands capitalistes, la revendication d’une nouvelle constitution vient en lieu et place de ce programme d’expropriations. Elle permet de présenter un projet qui évite le problème central, celui de la propriété capitaliste. Les militants, il est vrai, tendent à donner une interprétation plus radicale à la revendication d’une nouvelle république. Chez nombre d’entre eux, elle exprime l’idée d’un nouvel ordre économique et social, de la nécessité d’un changement fondamental.

Le contenu potentiellement révolutionnaire de cette aspiration est évident. En tant que marxistes, nous devons en tenir compte et la soutenir. Mais en même temps, si nous abordons la question constitutionnelle de façon incorrecte, en éludant les causes essentielles de la crise capitaliste, l’idée d’une nouvelle république pourrait devenir une source dangereuse de confusion et de désorientation. Pire encore : dans certaines conditions, cette revendication apparemment « progressiste » pourrait se transformer en une arme contre le mouvement ouvrier, au service non pas de la révolution mais, au contraire, d’une contre-révolution.

L’Élysée, le Conseil Constitutionnel, le Sénat, l’Assemblée Nationale et tous les « hauts lieux » de l’État actuel sont richement décorés. Ce sont des foyers de pompe et de cérémonie – et de dépenses considérables en ces temps d’« austérité ». Le travailleur qui aurait l’occasion de les voir de l’intérieur ne se sentirait pas chez lui. Et pour cause : il n’y serait pas. Cette république, comme toutes celles qui l’ont précédée – exception faite de la première république, forgée dans la fournaise insurrectionnelle de l’apogée de la révolution française – est une république réactionnaire, fondée par et pour les exploiteurs, un rempart pour défendre les intérêts de la minorité capitaliste contre la majorité. De Gaulle et consorts ont concocté la Ve République pour minimiser la possibilité d’un gouvernement de gauche – et, à défaut, pour restreindre le champ d’action d’un tel gouvernement au moyen d’une camisole institutionnelle. Mitterrand avait qualifié les mécanismes institutionnels gaullistes de « coup d’Etat permanent » dirigé contre les intérêts et les aspirations démocratiques des travailleurs.

Ceci étant dit, on aurait tort de donner l’impression aux travailleurs que la constitution actuelle est un obstacle sérieux à la lutte contre le capitalisme. En vérité, les arrangements constitutionnels n’ont qu’un impact marginal sur le cours des choses. En Europe (sans parler du reste du monde), il existe toutes sortes de constitutions, mais les conséquences du capitalisme sont les mêmes : chômage de masse, concentration des richesses entre les mains d’une minorité, régression sociale et incapacité manifeste de la classe capitaliste à répondre aux besoins de la société. Et puis, malgré le caractère nécessairement tronqué et trompeur de la « démocratie » capitaliste, est-ce vraiment pour cette raison que le changement promis par la gauche n’a pas lieu ?

En France, par exemple, les socialistes dirigent aujourd’hui l’Élysée, l’Assemblée Nationale, le Sénat, presque toutes les régions et une majorité des mairies. Ils dominent très largement les « institutions ». Le problème, c’est que les dirigeants du PS n’ont de « socialiste » que le nom. Ils se sont intégrés au système capitaliste au point de considérer la lutte contre ce système comme une lutte contre leurs propres intérêts en tant que politiciens – et très souvent, en tant qu’hommes et femmes d’affaires, aussi ! Quelle est l’explication de cette situation ? La constitution de la Ve République, peut-être ?

Reste que l’émancipation des travailleurs est incompatible avec de telles institutions. Il est donc compréhensible que des militants, faute d’autres perspectives de changement, soient tentés d’attraper la branche de la réforme constitutionnelle qui leur est tendue par les dirigeants du PCF et du Parti de Gauche. Son attrait réside dans le sentiment que si la tentative de résister à la régression sociale par l’action syndicale, par des protestations etc., s’avère inefficace, alors des lois plus justes et des nouveaux « droits » pourraient peut-être ouvrir une issue.

Oui, c’est compréhensible, mais c’est une erreur tout de même. Qu’est-ce qu’une constitution, au juste ? C’est une question de la plus haute importance, une question qui s’est posée à maintes reprises dans l’histoire du mouvement ouvrier. Karl Marx, par exemple, a soumis à une critique détaillée la constitution française de novembre 1848, prétendument « démocratique », et Ferdinand Lassalle, dans son discours célèbre intitulé “ Qu’est-ce qu’une constitution ? ” (Berlin, avril 1862) nous donne des repères essentiels en la matière. « Les questions constitutionnelles, disait-il, sont premièrement non des questions de droit, mais des questions de force ; la Constitution effective d’un pays n’existe que dans les rapports réels et de fait des forces en ce pays ; les Constitutions écrites n’ont alors de valeur et de durée que si elles sont l’expression exacte des rapports effectifs de forces, tels qu’ils sont dans la société. »

Dans sa “ Critique du programme de Gotha ”, Marx s’en prend aux illusions constitutionnelles des réformistes en expliquant que « le droit ne peut jamais être plus élevé que l’état économique de la société ». Sous le capitalisme, par exemple, les capitalistes détiennent les moyens de production, tandis que la masse de la population est exploitée. Une constitution nouvelle qui, sur la base du capitalisme, prétendrait « donner le pouvoir au peuple », serait inapplicable et ne vaudrait rien. La république actuelle est subordonnée aux intérêts de la classe dominante – comme le sont toutes les constitutions, puisqu’aucune constitution n’est « plus élevée que l’état économique de la société ». Bien sûr, des phrases pompeuses se trouvent dans n’importe quel texte constitutionnel. Mais entre ce qui est écrit et les rapports réels qui existent, ce sont les derniers qui priment. La Déclaration de droits de l’homme, par exemple, proclame l’égalité des droits. Mais cet objectif est irréalisable sous le capitalisme : comment pourrait-il y avoir égalité entre exploiteurs et exploités ? Et donc « l’égalité des droits » n’est qu’une phrase, un élément décoratif destiné à masquer la réalité des rapports sociaux. Entre le droit des capitalistes et celui des travailleurs, c’est la force qui décide ! Il en serait de même sous une Sixième République dans le cadre du capitalisme. Par conséquent, une Sixième République qui ne serait pas la conséquence d’un renversement préalable de l’ordre social existant ne serait qu’un leurre.

Nous avons dit que dans certaines circonstances, la revendication d’une nouvelle république – sur des bases capitalistes – pourrait jouer un rôle contre-révolutionnaire. Dans le contexte d’une crise sociale majeure, la classe capitaliste et ses ombres politiques – qui ne se trouvent pas seulement dans les partis de droite – tenteront désespérément de gagner du temps, de dissiper le mouvement révolutionnaire et de renforcer leur position. Et l’une des façons de le faire serait de proposer une nouvelle constitution « plus démocratique ». N’oublions pas que les classes dominantes ont une très longue expérience dans ce domaine. En France, les insurgés de 1789, de 1830, de 1848 et de 1870 ont été trahis de cette façon. La Constitution de 1790, par exemple, a non seulement exclu 80 % de la population – les « citoyens passifs » – du droit de vote, mais elle a maintenu l’esclavage dans les colonies et, bien sûr, la monarchie. La même histoire s’est répétée à de nombreuses reprises, depuis. Les mouvements révolutionnaires de 1974-1975 contre la dictature de Franco, en Espagne, et contre la dictature militaire au Portugal, ont été déraillés de cette façon, préservant ainsi les intérêts fondamentaux de la classe capitaliste. Plus récemment, nous avons l’expérience des constitutions « démocratiques » en Tunisie, en Egypte et en Libye. C’est une manœuvre classique de la réaction. Le fait de poser la revendication d’une nouvelle constitution – sur la base du capitalisme – comme un objectif central du mouvement ne peut que favoriser ce genre de manœuvres.

Nous sommes pour une nouvelle république, bien évidemment. Mais au lieu de diriger la colère et la volonté de changement dans les canaux constitutionnels, il faut fixer l’attention des travailleurs sur le problème essentiel, à savoir la nécessité de mettre un terme à la propriété capitaliste des banques, de l’ensemble de l’appareil productif et de la distribution. Ceci est la tâche centrale que le mouvement ouvrier doit accomplir, s’il veut jeter les bases de son émancipation économique, sociale et politique. C’est un fait objectif. Que les dirigeants réformistes, dans leur ignorance, en rigolent. Qu’ils nous disent qu’ils « ne croient pas au grand soir », eux qui ne voient que la nuit interminable du capitalisme. Il n’empêche que cette solution révolutionnaire est la seule qui se présente à la classe ouvrière. Après le temps des actes, viendra le temps des lois et d’une nouvelle constitution. Ce sera une constitution révolutionnaire et démocratique qui incarne les intérêts d’une nouvelle classe dominante : la nôtre !

Greg Oxley

La Riposte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Jul 2013 à 19:36

Métropoles, « c’est vraiment un putsch parlementaire... »

Les parlementaires PCF sont vent debout contre le passage en force du gouvernement sur le projet de réforme des métropoles. Loin de résorber les inégalités territoriales, il remet en cause les institutions locales et l’avenir même des communes.

«Nous dénonçons le caractère antidémocratique du projet de loi sur les métropoles qui modifie la charpente de notre République en modifiant de fond en comble la réalité de nos institution territoriales ! » s’est écrié André Chassaigne, député (PCF-Front de gauche) et président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine lors d’un point de presse à l’Assemblée. Au même moment, des maires PCF manifestaient aux abords du Palais-Bourbon (lire ci-dessous).

Le président de l’Association nationale des élus communistes et républicains (Anecr), le maire (PCF) de Champigny (Val-de-Marne), Dominique Adenot, détaille les dangers de ce projet : « Ce n’est pas un projet de décentralisation, mais une centralisation forcée autour des métropoles, qui conduira à l’effacement des communes et à la fin des agglomérations. » Ainsi, explique-t-il, « le texte prévoit qu’au sein des métropoles, toutes les compétences des communes et de leurs agglomérations », tels le développement économique, les plans d’urbanisme, les programmes de l’habitat, la politique de la ville, « seraient exercées de plein droit par les métropoles ». Compétences pouvant éventuellement être rétrocédées à une nouvelle institution, les conseils de territoires (300 000 habitants, au minimum), chargée seulement de mettre en œuvre les décisions des métropoles. Pour l’élu, cela ne permettra pas de faire « reculer les inégalités sociales et territoriales ». D’ailleurs, l’objectif de ce projet « n’est pas celui-ci, mais de réduire les dépenses publiques et de favoriser la compétitivité des entreprises ».

L’exigence d’un référendum par métropole

Et de rappeler un texte de la très libérale Commission européenne du 29 mai dernier, qui recommandait à la France de profiter de sa future réforme des collectivités pour « rationaliser les différents niveaux et compétences administratifs et accroître… les économies ». Le mot est lâché. Le gouvernement s’exécute.

Le député (PCF) de Martigues (Bouches-du-Rhône), Gaby Charroux, rappelle que « le projet de la métropole marseillaise se fait non seulement avec le désaccord de 109 des 119 maires concernés, mais aussi l’opposition de 10 des 18 maires de l’actuelle communauté urbaine de Marseille ». Il rappelle qu’en 2010, « ces mêmes élus avaient adopté un projet de pôle métropolitain favorisant une coopération librement acceptée ». Il déplore que l’État ait enterré ce projet au profit d’une « métropole intégrée et rejetée » par les élus. Pour Patrick Braouezec, président (Front de gauche), de Plaine commune (Seine-Saint-Denis), « avec ce texte, on casse les dynamiques construites par les communes et les agglomérations et les populations pour nous imposer, par le haut, d’autres politiques ». Et l’élu d’interroger : « Qu’en sera-t-il demain des choix des citoyens pour leur ville, si ceux-ci sont remis en cause ensuite par la métropole qui aura, seule, le pouvoir de décision ? » Visées, les futures élections municipale en 2014. De son côté, le député (Front de gauche) de Seine-Saint-Denis, François Asensi, exige que les citoyens soit respectés et entendus via « l’organisation d’un référendum », comme le prévoit la Constitution « en cas de création d’une collectivité ».

Le député (PS) de Paris, Jean-Marie Le Guen, qui a contribué au durcissement de ce texte en faveur des métropoles, déclarait (début juillet dans Libération), fier de lui : « C’est vraiment un putsch parlementaire… » Dur, dur pour la démocratie.

Front contre les « monstres »  Six fédérations du Parti communiste français, issues de départements concernés par la réforme (Bouches-du-Rhône, Rhône, Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne), condamnent ces « montres appelés métropoles ». Selon elles, la réforme « poursuit des objectifs inacceptables d’austérité et de mise en compétition des territoires et de leurs habitantes et habitants entre eux ». Outre la disparition des départements, le projet menace, selon elles, « la libre administration et la clause de compétence générale » avec en ligne de mire les services publics locaux. Elles appellent à valider le projet par « la consultation des populations concernées pouvant aller jusqu’à des référendums ».

Max Staat

Projet de loi métropoles : " Des monstres appelés métropoles " (PCF)

L’examen du projet de loi d’affirmation des métropoles porté par le gouvernement a commencé hier à l’Assemblée nationale, après un parcours chaotique au Sénat. L’ensemble de ce projet de casse de la démocratie locale poursuit des objectifs inacceptables d’austérité et de mise en compétition des territoires et de leurs habitants entre eux.

C’est pour satisfaire à ces objectifs qu’il organise le dessaisissement massif des citoyens. Afin que les décideurs économiques puissent avoir les coudées franches, il tente de dépouiller les communes de leurs responsabilités et balaye les solidarités existantes dans les établissements publics de coopération intercommunale. Il vise la disparition des départements - et pour le Rhône son éclatement -, dont on connaît l’importance, par leur proximité avec les populations, dans l’action sociale et la solidarité territoriale. Il met en cause la libre administration et la clause de compétence générale qu’il prétend restaurer, par l’organisation de conférences territoriales, débouchant sur des schémas directeurs. A travers ce projet en trois volets, ce sont également les services publics locaux qui sont visés, avec une pression accrue sur les dépenses, utiles, des collectivités locales. A aucun moment il n’aborde le sujet des désengagements successifs de l’Etat qui laissent les collectivités exsangues. Enfin, il provoque une cassure institutionnelle entre territoires urbains et territoires ruraux, créant des disparités territoriales et une République à la carte, complètement illisible et inégalitaire, qui ne manquera pas de renforcer le sentiment de déclassement des populations péri-urbaines avec ses conséquences.
Dans les aires métropolitaines de Paris, Lyon et Marseille, particulièrement, le projet de loi fabrique des monstres, appelés métropoles, ayant à leur tête une sorte de manager trustant les pouvoirs des communes, des départements, des régions, et une partie des compétences de l’Etat. Or, autant que d’une décentralisation citoyenne véritable, il y a besoin d’un Etat qui favorise l’égalité Républicaine de nos territoires et qui lutte contre les inégalités.

Les communistes portent l’ambition d’un développement partagé de nos territoires, s’appuyant sur un nouvel élan démocratique. Pour relever les défis qui se posent à l’échelle « métropolitaine », nous proposons de mettre en place des institutions de type nouveau, de nature profondément coopérative et démocratique. Les projets qui portent le plus loin sont ceux qui sont empoignés par les hommes et les femmes eux-mêmes.
La crise de la politique, qui est galopante dans notre pays, ne peut souffrir que l’on s’en prenne aux espaces dans lesquels les citoyennes et les citoyens ont le sentiment d’avoir le plus de possibilités d’intervenir et de décider.
Les secrétaires départementaux du PCF des Bouches-du-Rhône, du Rhône, de Paris, des Hauts-de-Seine, de Seine-saint-Denis et du Val-de-Marne se sont réunis pour évoquer ce projet et ses conséquences spécifiques dans les régions de Paris, Lyon et Marseille.
Ils ont dressé ensemble un constat partagé, celui de la gravité de ce projet pour la démocratie et pour l’avenir de nos territoires. Ils refusent clairement le passage en force qui cible particulièrement nos trois territoires et leurs populations.

Ils appellent les populations des trois territoires à refuser ces projets autoritaires auxquels ils n’ont pas été associés, qui veulent limiter la capacité d’intervention des citoyens et de leurs élus locaux. Ils appellent toutes les forces citoyennes disponibles, avec les syndicats, associations, élus, à prendre la main dans un large rassemblement pour exiger le retrait de cette réforme inacceptable et ouvrir un véritable débat sur le développement de nos territoires, les projets dont ils ont besoin et la meilleure manière de les faire grandir. Toute réforme de la démocratie doit être validée par la consultation des populations concernées, pouvant aller jusqu’à des référendums.

Pour le Parti communistes français :
Pierre Dharréville, secrétaire départemental du PCF Bouches-du-Rhône,
Danielle Lebail, secrétaire départementale du PCF Rhône,
Igor Zamichiei, secrétaire départemental du PCF Paris,
Hervé Bramy, secrétaire départemental du PCF Seine-Saint-Denis,
Fabien Guillaud-Bataille, secrétaire départemental du PCF Val-de-Marne,
Elsa Faucillon, secrétaire départementale du PCF Hauts-de-Seine

Gaby Charroux: «Avec les métropoles, nous allons vers une centralisation forcée »

député maire (PCF-Front de gauche) de Martigues (Bouches-du-Rhône).

"Ce sont des technocrates qui décideront pour les habitants et les élus", estimait le député maire PCF-Front de gauche de Martigues Gaby Charroux, avant l'adoption ce vendredi  par l'Assemblée nationale de la création d'une métropole du Grand Paris regroupant la capitale et la petite couronne, puis celles de Lyon et Marseille, dans le cadre du projet de loi sur la décentralisation dont elle achevait l'examen.

Pourquoi êtes-vous très critique 
sur le projet de métropole qui vient en débat 
à l’Assemblée nationale?

Gaby Charroux. Il est prévu un débat très important sur 
un délai très court, avec peu de temps de parole pour ceux qui se réclament opposés à ce projet. C’est regrettable. Nous sommes dans une procédure du temps législatif partagé. Le groupe Front de gauche ne dispose que d’une heure cinquante, ce qui est insuffisant. 
De plus, nous voulons que les populations soient consultées, via un référendum, car elles verront leurs communes réaffectées sur un autre territoire. Nous aurions une meilleure transparence des débats.

 

Qu’est-ce qui fédère les 109 maires, sur 119 concernés, opposés au projet de métropole Aix-Marseille-Provence ?

Gaby Charroux. L’opposition est quasi unanime à ce sujet. Pour nous, les propositions ne sont pas les bonnes et la position alternative que nous proposons depuis des mois n’est pas entendue. Elle prévoit des coopérations, notamment dans quatre domaines que sont les transports, le développement économique, l’environnement et l’aménagement local.

 

Mais l’évolution urbaine n’implique-t-elle 
pas le phénomène de regroupement ?

Gaby Charroux. Non, c’est l’inverse. Nous allons vers une centralisation forcée autour d’un grand dispositif ne répondant pas aux besoins de la population en matière de santé, d’emploi ou de logement. On nous cite souvent les exemples de Barcelone et de Gênes, mais on omet de dire que l’on a 27 % de chômeurs à Barcelone et une seule ligne de métro pour les transports à Gênes. On veut plus de libéralisme, moins de services publics pour la population, donc centraliser et recréer à l’échelon des métropoles marseillaise et parisienne ce qu’on a fait entre l’Europe et les États. Comme la Commission européenne, ce sont des technocrates qui décideront pour les habitants et les élus. Cette orientation politique qui ne nous convient pas renforce notre détermination.

 

Qu’est-ce qui devrait caractériser une nouvelle étape 
de la décentralisation ?

Gaby Charroux. Il y a eu la création des communautés d’agglomération. Les Bouches-du-Rhône sont particulièrement intégrées puisque la quasi-totalité 
des communes sont intégrées dans un établissement public de coopération intercommunale (Epci). On a fait 
des avancées remarquables en termes de délégation 
des compétences. On risque, demain, de reculer 
dans ce domaine. La démocratie locale, c’est rendre 
le pouvoir aux communes et permettre des coopérations volontaires. Chose que nous avons déjà engagée 
dans notre département depuis des années.

Le Grand Paris ou la naissance d’un monstre technocratique

Au cœur de la création de la métropole parisienne, comme des treize autres prévues en France, l’existence même de la commune comme noyau de la démocratie locale.

Il semble loin le temps où, dans le cadre de la « conférence métropolitaine », des élus de toutes sensibilités, maires, conseillers généraux et régionaux de l’Île-de-France, travaillaient à inventer de nouvelles coopérations pour faire face aux défis de la région parisienne. Cela a-t-il été, pour quelques-unes, notamment PS, qu’un enfumage ? Le fait est que, vendredi dernier, le gouvernement et la majorité socialiste de l’Assemblée nationale sont passés en force pour imposer la création de la Métropole du Grand Paris, intégrant la capitale, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et les 124 communes qui les composent.

En lieu et place de toute idée de coopération entre collectivités territoriales, c’est d’une véritable intégration dont il s’agit. La Métropole du Grand Paris récupérerait des compétences de l’aménagement, de l’habitat, de l’environnement (plus d’autres que pourrait, par décret, lui confier l’État). Les communautés d’agglomération existantes seraient dissoutes au profit de « conseils de territoires » – minimum 300 000 habitants – chargés de mettre en œuvre la politique décidée par la métropole. Délestées de compétences essentielles, les communes verraient leur avenir mis en jeu, de même pour celui des départements concernés, phagocytés par une métropole de 6,5 millions d’habitants aux larges prérogatives. Métropole dont les élus – un quart de Parisiens – seraient choisis en 2020 au suffrage universel. Cela contribuerait à faire de celle-ci non plus un établissement public de coopération intercommunale (Epci) mais une véritable collectivité territoriale, au détriment de toutes celles qui la composent. « Un monstre technocratique », pour le député (Front de gauche) François Asensi, dont le groupe a voté contre, de même que l’UMP et l’UDI, les écologistes et les radicaux s’étant abstenus.

Max Staat



Edité par T 34 - 23 Jul 2013 à 17:35
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Jul 2013 à 20:31

Métropoles. "Parler de décentralisation, c'est mentir aux élus et aux populations"

L'Assemblée nationale a adopté mardi en première lecture le premier des trois projets de loi sur la décentralisation, qui consacre la création des métropoles, notamment à Paris, Lyon et Marseille. Cécile Cukierman, sénatrice communiste de la Loire, a dénoncé, pendant le débat sur les métropoles à la Haute Assemblée, un projet de loi qui se détourne de la réponse aux besoins des populations au nom de la rationalisation des dépenses.

Le projet de loi semble apparaître à vos yeux davantage comme un outil de réduction des dépenses que comme un réel acte de décentralisation. Pourquoi?

Cécile Cukierman. Aujourd'hui, parler d'un acte III de décentralisation, c'est mentir tant aux élus locaux qu'aux populations concernées. Il ne s'agit pas d'acter l'essor depuis trente ans des collectivités territoriales en leur permettant de réfléchir à la façon de mieux travailler ensemble, mais de rationalisation, de politiques visant la baisse des dépenses en augmentant le rendement. À celles qui pourront, on dira: «Rassemblez-vous et avancez» Et aux autres: «Subsistez.» C'est la transcription de ce que nous dénonçons sur les problématiques de services publics. On est passé de la question: «Comment rendre plus et mieux service aux gens» à «Comment faire plus vite, plus rentable et plus visible» On voit bien que l'objectif de ce texte est de rationaliser, de rendre certains territoires plus compétitifs. Mais être compétitif se fait au détriment des autres. C'est le principe même de la compétition.

 

Qu'est-ce qui vous fait dire que ce projet de loi éloigne les citoyens de la décision politique dans leur ville ou leur agglomération?

Cécile Cukierman. Nous sommes face à une double question démocratique. Si, demain, les élections dans les intercommunalités se font au fléchage directement sur la liste le jour de l'élection municipale, on entérinera le fait que ce ne sera plus une équipe municipale avec son projet politique qui désignera en son sein qui portera son projet à l'intercommunalité. Premièrement, cela veut dire que l'on entérine le fait que ces élus qui siégeront à l'intercommunalité n'auront plus de comptes à rendre au conseil municipal et a fortiori à la population. Le second risque que l'on voit arriver, c'est la possibilité dans l'avenir, en 2020, de voir présenter deux listes. Le conseiller intercommunal ne serait plus du tout lié au conseil municipal. Cela pose une question: avons-nous vraiment trop d'élus locaux en France? Nous avons toujours dit le contraire: il n'y en a pas assez. La démocratie a un coût.

 

Voyez-vous un risque de disparition de la commune telle qu'on  la connaît aujourd'hui, comme lieu de souveraineté local?

Cécile Cukierman. Nous avons tenu à réaffirmer le rôle fondamental de la commune et celui de l'intercommunalité comme outil de coopération. Nous ne sommes pas contre les intercommunalités. Vivre avec notre temps, c'est répondre aux besoins des populations, pas répondre aux impératifs de Bruxelles. Dans la construction démocratique de notre société, la commune est le premier échelon de proximité et donc de lieu de vie de la démocratie. Dans n'importe quelle commune, quelle que soit sa taille, quand quelqu'un a un problème, il va d'abord voir son maire. La crainte, aujourd'hui, c'est que la commune reste comme un pis-aller avec des élus qui auront perdu leur légitimité et leurs pouvoirs sur les territoires. La question de l'organisation des compétences relève de l'intelligence des territoires, l'organisation de chaque collectivité. On n'a pas à s'y ingérer. Par contre, en tant que parlementaires, nous pouvons avertir que ces changements peuvent avoir des conséquences graves d'ici dix ans.

La métropole supplante 
la commune

Le gouvernement a fait adopter son projet de métropole par l’Assemblée. Dénonçant les dangers pour l’avenir des communes, le Front de gauche donne rendez-vous en septembre.

«Nous considérons que ce projet de loi sur les métropoles est d’une extrême gravité car il porte en lui, par le remodelage de nos institutions territoriales, la remise en cause des fondements même de notre République, en premier lieu la commune, base de notre démocratie.» C’est le jugement sans appel lancé hier par le député (PCF-Front de gauche) André Chassaigne, alors que l’Assemblée nationale procédait au vote solennel sur le projet de loi gouvernemental.

Au cœur de l’été et en quatre jours de débat à peine, le gouvernement et sa majorité auront réussi à imposer un texte de loi des plus controversés. Quelques semaines en arrière, le Sénat l’avait déjà profondément amendé avant de le voter. De ces amendements, il ne reste pratiquement rien, le gouvernement ayant rétabli le projet initial en allant parfois plus loin encore.

Une centralisation à marche forcée

Ainsi, non seulement le projet prévoit la création de métropoles à Paris, Lyon et Marseille, de même que dans une dizaine d’autres grandes villes (Toulouse, Lille, Bordeaux, Nantes, Strasbourg, Rennes, Rouen, Grenoble, Montpellier, Brest et Nice), mais les «conseils de territoire» qui les dirigeront seront, selon un amendement de dernière minute du gouvernement, élus au suffrage universel à partir de 2020. En conséquence, les métropoles prendront rang de véritables collectivités territoriales et supplanteront l’ensemble des communes qui les composent. C’est ce que dénonce le président (UMP) de l’Association des maires de France, Jacques Pélissard, qui déclare : «S’il y a un suffrage universel dans une métropole, c’est la mort de la commune.» D’autant que ces métropoles, selon la loi, accapareront nombre de compétences, comme l’aménagement du territoire, le développement urbain, le logement…, hier dévolues aux communes ou à leurs communautés d’agglomérations appelées à disparaître.

Economie d'échelle

Cette centralisation à marche forcée autour des métropoles risque de faire d’autres victimes : les départements, comme ceux de la petite couronne en concurrence avec le Grand Paris, ou celui du Rhône avec le Grand Lyon ; mais également les communes rurales se trouvant en dehors des aires métropolitaines, qui risquent de souffrir en termes de développement, de moyens, d’investissements. D’autant que cette réforme s’inscrit dans un objectif précis affirmé en tête du projet : «Cette nouvelle catégorie – la métropole – vise à améliorer la compétitivité à l’échelle nationale et européenne.» Traduire, favoriser l’économie d’échelle et la réduction des dépenses publiques. Un organisme, la «conférence territoriale de l’action publique», sera chargé de ce travail en région avec, notamment, la réduction, déjà programmée pour les deux ans à venir, de 4,5 milliards de dotations d’État aux collectivités territoriales. Si le texte a été adopté par 294 voix (PS, écologistes et radicaux de gauche) contre 235 (Front de gauche, UMP et UDI), l’affaire n’est pas terminée. Le Front de gauche, qui demande que, pour chaque métropole, les citoyens puissent s’exprimer par référendum, donne rendez-vous en septembre, quand le projet repassera au Sénat.

 

François Asensi « Un projet réactionnaire, un retour en arrière »

Le député et maire (Front de gauche) de Tremblay-en-France, François Asensi, explique pourquoi le groupe gauche démocratique et républicaine a voté contre le projet de loi sur les métropoles, hier, à l’Assemblée nationale.

Quel regard portez-vous 
sur le projet de métropole parisienne ?

François Asensi. La commune 
de Paris perdra son statut, 
car elle deviendra conseil 
de territoire, comme la plupart des communautés d’agglomération qui disparaissent. On met à la place des conseils de territoire qui n’ont aucune compétence : ils n’ont même pas de budget propre, car ce sont des budgets annexés à la métropole. En fait, en banlieue, on aura des mairies d’arrondissement classiques, comme celles que l’on connaît aujourd’hui. Le statut de la Ville de Paris va changer aussi, parce que la commune de Paris n’existera plus. Je vois les choses comme ça. C’est symbolique de faire disparaître la commune de Paris. C’est un projet réactionnaire et un gros retour en arrière. On en vient aujourd’hui aux provinces de l’Ancien Régime avec ce projet. C’est un bouleversement considérable, un projet bureaucratique, hypercentralisé, où la métropole va être dirigée par de grands élus, de grands notables, avec une armée de technocrates à leur disposition. 
On va créer de la distance entre le citoyen et l’élu, qui prendra toutes les décisions fondamentales à l’échelle de la métropole.

 

Dans ce cadre-là, le maire aura-t-il 
toujours un rôle à jouer ?

François Asensi. La plupart des compétences stratégiques iront à la métropole. Donc les communes seront complètement dépouillées de leurs principales prérogatives. Les maires seront, au mieux, chargés d’écouter la plainte sociale. 
Ils deviendront de simples rouages de l’État.

 

Quel bilan tirez-vous des débats 
à l’Assemblée nationale sur ce projet de loi ?

François Asensi. Cela s’apparente à un coup de force, avec des discussions qui ont été limitées à quatre jours. Sur la méthode, le Parlement est maltraité. Ce n’est pas admissible qu’une formation de gauche, le Parti socialiste au pouvoir, maltraite ainsi la représentation nationale. Ensuite, il s’agit d’un changement radical des institutions en France, avec la disparition des communautés d agglomération, construites patiemment sur les enjeux de territoire avec des élus de sensibilité différentes mais qui ont su travailler ensemble, passer au-delà des différences et des clivages politiques.

 

Un référendum sur ce sujet, comme 
vous le préconisiez, est-il encore d’actualité ?

François Asensi. Quand on bouleverse de cette façon-là les institutions et quand on procède à une radicalisation de la politique, d’Île-de-France et d’ailleurs, il faut que les citoyens soient absolument consultés. Sachez que ce sont 43 pétitionnaires socialistes qui ont décidé du sort de l’Île-de-France. Et cela fait force de loi ? Ça paraît inouï. Sur un projet d’une si grande importance, il aurait fallu consulter l’article 72.1 de la Constitution, consulter les électeurs en leur demandant leur opinion.

Entretien réalisé par Al Mamoun Bourit



Edité par T 34 - 25 Jul 2013 à 14:55
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Aug 2013 à 01:03
L’UMP et le PS suppriment discrètement le référendum obligatoire
 
Posté par Raquel Garrido
 

J'apprends dans les DNA que l'UMP et le PS ont voté en toute discrétion la suppression du référendum en cas regroupement de départements, de changement de limites d’une région, de regroupement de régions et de fusion d’une région et des départements qui la composent.

Dans les quatre cas, la loi impose un vote au suffrage universel, et pour une fois l'exigeance démocratique est forte puisqu'il faut l’accord de la majorité absolue des suffrages exprimés représentant au moins le quart des électeurs inscrits, ce qui détonne à une époque où la majorité des édiles se satisfait, sans mot piper, d'être élu dans un océan d'abstention.

Au creux de l'été, comme sont faites les meilleures réformes anti-démocratiques, Hervé Gaymard (UMP) et Olivier Dussopt (PS) ont ainsi fait voter un amendement au Code Général des Collectivités Territoriales.

Cela pourrait avoir pour conséquence de refaire voter les alsaciens qui avaient voté NON à la création d'une Collectivité Territoriale d'Alsace. Procès d'intention? Pas du tout.

Rappellons-nous du précédent européen, où l'habitude a été prise de refaire le suffrage lorsque les peuples ne votent pas selon les desideratas oligarchiques. En France, c'est le vote NON de 2005 qui a été contourné sans vergogne.

Pour une fois que le peuple avait le dernier mot.. on lui supprime! La réforme doit maintenant être étudiée au Sénat. Je m'attends au pire. Dans cette 5ème République où la souveraineté est concentrée entre les seules mains du Président de la République, la suppression d'un référendum populaire c'est une broutille. En fait, ces fous rêvent de supprimer le peuple!

LA VIDEO de la forfaiture! Il n’aura pas fallu plus de 3 minutes à Hervé Gaymard et Olivier Dussopt pour retirer le pouvoir aux citoyens.

 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Aug 2013 à 03:36

Il était une fois l’oligarchie

 
 

L’oligarchie est un régime politique dans lequel le pouvoir est concentré par un petit groupe d’individus qui forment ainsi une classe dominante.

Des complicités douteuses

A en croire les médias de masse, l’oligarchie est à la Russie ce que la dissidence est à la Chine ou les droits de l’homme à la France. Lors des élections présidentielles de 2007, la "soirée du Fouquets" a pourtant mis en lumière des liens étroits entre le monde de la politique et celui des grandes entreprises, de la finance et des médias. Sarkozy a par la suite suffisamment été qualifié de "Bling Bling" ou encore de "président pour les riches" à l’opposé du "président normal" Hollande, pour que l’on puisse penser que son cas est exceptionnel et justement pourfendu par les contre-pouvoirs démocratiques. Mais en critiquant à tout va "le style présidentiel", les commentateurs de presse ont pris soin d’éviter le problème de fond, celui de l’atteinte à l’intérêt général.

La question principale n’est pas de savoir si le président aime les Mannequins, les Rolex ou les Yatchs, mais plutôt d’estimer les possibles conflits d’intérêts lorsque quatre de ses amis proches (Lagardère, Dassault, Bouygues et Bolloré) détiennent à eux seuls l’écrasante majorité des médias. Quand on sait de plus que Dassault est aussi un groupe d’armement, Bouygues de BTP et que Bolloré dispose du premier réseau de logistique en Afrique, on peut alors imaginer du copinage dans la commande publique, la politique néocoloniale ou les marchés obtenus à l’étranger grâce à l’aide publique au développement. Dans tous les cas, de l’argent prélevé de la poche du contribuable pour finir dans celle des grandes entreprises ...

Le financement des élections

Dans l’autre sens, les politiques lorgnent sur l’argent du privé pour financer leur parti politique (surtout en période électorale). Depuis 1988, la législation a évolué au rythme de nombreux scandales politico-financiers qui ont éclaboussé la droite comme la gauche : marchés publics truqués (Urba, marchés publics d’Ile de France), rétrocommissions (frégates de Taïwan, Karachi), emplois fictifs (mairie de Paris), valises de billets des dictateurs Africains ... Et qu’il s’agisse d’argent liquide ou de versement sur des comptes offshore, la dépense ne se limite pas toujours aux stricts besoins du parti politique (billets d’avion de Chirac payés en liquide ...). Actuellement, la mode est aux micro-partis : "Association de soutien à l’action de Nicolas Sarkozy", "France.9" (François Fillon), "Association nationale des amis de Nicolas Sarkozy", "Nouvel oxygène" (Laurent Wauquiez), "Besoin d’optimisme" (Manuel Valls), "Association de soutien à l’action d’Eric Woerth" (évoquée dans l’affaire Woerth Bettencourt) ... Au nombre de 28 en 1990, ils sont presque 300 aujourd’hui. Alors que les dons de personnes physiques sont maintenant limités à 7.500 euros par an et par parti, ces micro-partis offrent un contournement "légal" de l’esprit de cette loi. Les généreux donateurs peuvent ainsi verser ces 7500 Euros non seulement au parti principal mais aussi à l’ensemble des micro-partis affiliés qui font ensuite remonter l’argent au besoin.

Le consulting et le lobbying

"Je fais ça [président] pendant cinq ans, et ensuite, je pars faire du fric comme Clinton, 150.000 euros la conférence." Sarkozy (cité par Le Point) a tenu sa promesse : 100.000 Euros pour sa participation à une conférence pour la banque Goldman Sachs, 250.000 euros les 45 minutes de conférence pour la banque Morgan Stanley. Puis la Russie, la Chine, le Brésil, la Libye, le Qatar, le Canada, la Grande-Bretagne, Israël, etc ... La presse évoque le "tour du monde des conférences". D’une manière générale, le recyclage du politique en consultant semble lucratif, au point que certains créent leur propre cabinet. Citons par exemple les députés et anciens ministres : François Fillon qui a créé sa société "2F Conseil", Rachida Dati qui a créé "La Bourdonnais Consultants" et Christian Jacob qui possède "CJCSE". D’après un rapport de la commission des lois, 60 députés disposaient de leur propre cabinet de Consulting en 2011. Le conflit d’intérêt n’est pas très loin. Citons Kouchner et ses missions de conseils auprès des dictatures Gabonaises et Congolaises alors qu’il présidait le réseau public de solidarité internationale ESTHER, Longuet et ses missions de conseils auprès de GDF-SUEZ alors qu’il défendait au Sénat des positions favorables à ce groupe ... C’est d’ailleurs ce même groupe qui avait invité des parlementaires UMP et PS à la finale de la coupe du monde à Berlin dans un voyage en avion. Si le lobbying ne va pas forcément jusqu’à la corruption, il reste quand même une dérive oligarchique. Où est l’intérêt général quand le privé (qui a ses entrées à l’assemblée nationale) peut influencer les commissions ou les votes parlementaires ? A Paris comme à Bruxelles, certains excès remontent parfois à la surface : complicités politiques de Servier dans l’affaire du médiator, retour des farines animales ...

Le pantouflage

D’autres politiciens (ou hauts fonctionnaires) obtiennent un poste dans la grande entreprise, c’est ce qu’on appelle le "pantouflage". Le carnet d’adresse semble souvent un atout essentiel. Bernadette Chirac (épouse d’un ancien Président de la république), Hubert Védrine (ancien ministre et membre du parti Socialiste) ou Renaud Dutreil (ancien ministre et membre de l’UMP) sont par exemple tous les trois administrateurs à LVMH, le groupe d’Arnaud Lagardère (première fortune de France). Et lorsqu’il s’agit de postes de direction (Christine Albanel chez France Télécom, Michel Pebereau à la BNP), c’est généralement que l’état a pris part au capital de l’entreprise ; Chef de l’état ou ministres peuvent alors fortement influer sur les nominations (Stéphane Richard, PDG d’Orange récemment ...). Il n’est donc pas étonnant de compter des PDG de banques aussi bien de gauche que de droite. L’esprit de corps des grandes écoles est par contre toujours manifeste (ENA, Polytechnique ...). Et Lorsque hommes politiques, grands entrepreneurs et banquiers appartiennent à la même caste, on peut se poser beaucoup de questions, à commencer par la faramineuse dette de l’état (presque 1900 milliard d’euros).

La convergence des politiques de droite et de gauche

Si on ne vit pas en dictature, c’est à priori que nous sommes en démocratie. En pratique, il s’agit plutôt d’une "démocratie accompagnée". Depuis des décennies, chaque élection nous ressert les mêmes partis avec ses mêmes représentants. In fine, cela revient souvent à choisir entre un candidat du géant de gauche (PS) et un autre du géant de droite (RPR puis UMP). Cette binarité pourrait être acceptable si elle conduisait à une véritable alternance politique. Malheureusement, il ne s’agit que d’une façade. Les valeurs traditionnelles de la gauche et de la droite deviennent complètement galvaudées quand on constate la convergence de leur politique réelle. Qu’en est-il de la gauche quand ses gouvernements successifs privatisent à tour de bras (le gouvernement Jospin est un de ceux qui a compté le plus de privatisations) ou quand un Président Socialiste a maintenu en Afrique la politique néocoloniale de ses prédécesseurs (Mitterand a une responsabilité directe dans le génocide au Rwanda) ? Qu’en est-il de la droite quand elle renfloue par milliards des entreprises qui auraient dû disparaître dans une logique de libéralisme économique ou quand elle favorise l’immigration pour maintenir une pression basse sur les salaires alors que ses leitmotivs restent l’identité nationale et les problèmes d’immigration ? Jusque dans les idées, gauche et droite sont devenues les deux faces d’une même pièce. Que l’état relance l’économie par la création d’emplois stables donc favorisant la consommation, ou bien par une diminution des charges aux entreprises donc favorisant l’embauche, le modèle économique reste toujours celui d’une croissance illimitée (produire plus, consommer plus) dans un monde où les ressources naturelles sont pourtant limitées.

L’illusion démocratique

Essentielle au bon fonctionnement de la démocratie, la séparation des pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire) ne semble plus très nette aujourd’hui. Qu’en est-il de la représentation nationale quand deux partis seulement se partagent les deux premiers pouvoirs. Qu’en est-il de l’indépendance de la justice quand le parquet, soumis au politique, passe son temps a étouffer les scandales (le Procureur Courroye a par exemple été mis en cause pour son attitude dans les affaires Chirac ou Woerth-Sarkozy-Bettencourt) ? Avec la mondialisation et au sein d’une Union européenne dictant ses règles en matière de concurrence économique sous la pression des lobbies, l’état-nation s’en trouve encore plus affaibli. Mis à l’écart de cette collusion économico-politique, le peuple reste pourtant maintenu dans l’illusion démocratique grâce à la complicité des médias de masse. Les responsables politiques y sont régulièrement invités pour déverser leurs effets d’annonce (une gauche qui va diminuer les avantages des patrons et aider les gens en difficulté, une droite qui va récompenser le travail et augmenter la sécurité ...), mettre la pression sur le "vote utile" ou évoquer le danger des extrêmes devant des journalistes qui évitent les questions gênantes ou les sujets trop profonds. En 2005, lorsque le traité de Lisbonne est venu contredire des référendums souverrains, ce "hold-up démocratique" fût pratiquement ignoré par les médias.

Le dictat de l’économie et de la finance

La souveraineté populaire est devenu un mythe à une époque où la France est endettée à hauteur de 1900 milliards d’Euros, soit à peu près l’équivalent de son PIB. Des créanciers tels que le FMI et le FESF conditionnent d’ailleurs leurs prêts à des politiques publiques (la Grèce, pays le plus endetté de l’UE, a dû augmenter la TVA, geler les salaires ou augmenter des cotisations retraites etc ... ). Quand des agences de notation (Standard & Poor’s, Moody’s ...) estiment la capacité des états à rembourser leur dette, celle-ci devient alors un objet de spéculation (entre fin 2009 et fin 2011, le taux des obligations Grecques a été muliplié par dix) et les conseils Européens ou sommets mondiaux (G8, ...) ont ensuite la vocation de "rassurer les marchés". Le célèbre "There Is No Alternative" de Thatcher semble désormais planer autours de chaque nouvelle fuite en avant (le "Grand emprunt de 2010" en est un exemple récent). Plus besoin d’évoquer une quelconque théorie du complot, la gouvernance politico-économico-financière affiche même sa complicité avec les médias. Symbole de l’oligarchie Française, le Think Tank "le Siècle", compte ainsi des politiciens de gauche comme de droite, des dirigeants d’entreprises et d’établissements financiers, des éditeurs, des journalistes, des syndicalistes (CGT, Medef)... Et ce n’est qu’une composante de la gouvernance mondiale dont le groupe Bildeberg, la Commission trilatérale et le Sommet de Davos constituent le sommet de l’iceberg...

Des masses malléables

"Nous sommes les 99%", scandaient les activistes du mouvement Occupy Wall Street. Puisqu’une minorité de personnes compose l’oligarchie, pourquoi la majorité se laisse t-elle faire ? La question n’est pas récente. Dans son "discours de la servitude volontaire" Etienne de La Boétie, soulevait en 1549 la question suivante : comment un peuple peut-il accepter la domination d’un tyran, lequel n’a de puissance que celle qu’on lui concède ? Il avance alors plusieurs explications. La première est l’habitude : "les hommes servent volontairement parce qu’ils naissent serfs et sont élevés dans la servitude" ... "on ne regrette jamais ce que l’on n’a jamais eu". Vient ensuite l’engourdissement du peuple par des drogueries : "Les théâtres, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes curieuses, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, la compensation de leur liberté ravie, les instruments de la tyrannie." Mais ces passe-temps ludiques ne peuvent pas endormir les hommes bien nés et cultivés : "il faut alors par la cupidité et le désir d’honneurs rendre ces gens complices du tyran, les asservir en leur donnant l’occasion de dominer d’autres à leur tour". Ainsi se dessine la pyramide sociale qui permet au tyran d’"asservir ses sujets, les uns par le moyen des autres". Ce discours étonne encore aujourd’hui par sa pertinence, même il faut l’adapter au monde moderne.

Le pouvoir des médias

Ainsi, la notion d’"habitude" évoquée par La Boétie pourrait correspondre aujourd’hui au phénomène de "reproduction sociale" (bien décrit par Pierre Bourdieu). Quant à l’"engourdissement du peuple", ce sont les médias qui jouent aujourd’hui un rôle prépondérant. Quand l’immense majorité des chaînes de télé et des journaux appartiennent à quelques grands groupes industriels, peut-on encore imaginer une information impartiale ? Dans le documentaire "la fabrique du consentement", Noam Chomsky décrit ainsi comment les médias de masses sont devenus des outils de propagandes : en écartant l’opinion publique de certaines informations importantes (les massacres de l’Indonésie pro-américaine au Timor oriental ont par exemple été considérablement moins évoqués que ceux des Khmers rouges au Cambodge communiste) ou au contraire en la mobilisant par des informations orientées (l’absence de débats sur les solutions de paix est manifeste à l’approche des guerres), en encadrant les sujets traités (l’impérialisme des puissances occidentales n’est par exemple jamais remis en cause), en imposant la concision des explications (les opinions se fabriquent et s’entretiennent ainsi avec des raccourcis) et enfin en canalisant les esprits sur des sujets sans importances (les jeux, les fêtes, le sport, les faits divers).

Ne pensez plus, consommez

La dépendance accrue des médias (chaînes télé ou presse écrite) sur les revenus publicitaires favorise cet abrutissement. Patrick Le Lay, ancien PDG de TF1 expliquait ainsi : "à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. (...) Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible". En gros, il s’agit de remplacer l’instruction par la consommation. On consomme pour se faire accepter, on consomme pour se démarquer, on consomme pour s’affirmer socialement. La mode du moment ? Ma coupe de cheveu et mes fringues. Mon statut social ? Cette voiture. Ma personnalité ? Les applications de mon Iphone. Mon passé ? Mes tatouages. Quand la mode change chaque année, que le yaourt se réinvente tous les trois mois et que les magasins de café ressemblent à des bijouteries il faut comprendre que la consommation est devenue un grand projet société. C’est bon pour l’économie. Quant à la démocratie, il vaut mieux éteindre sa télé et commencer à s’instruire ...

Jérôme Henriques

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Aug 2013 à 22:15
Sommes-nous en démocratie ? - Conférence théâtralisée
 
« Sommes-nous en démocratie ? » se présente sous la forme d'une conférence théâtralisée dans la veine de l'éducation populaire.

Un dialogue socratique d'aujourd'hui, pour la scène.

Un patient, qui incarne le peuple, est en visite chez son médecin psychanalyste et philosophe.
Comme tous les patients, il cherche à comprendre et à soigner sa pathologie.

C'est le prétexte pour nous interroger, ensemble, sur le régime politique dans lequel nous vivons.

Un régime de gouvernement représentatif oligarchique où le pouvoir des citoyens est confisqué par une minorité ou bien, une démocratie, comme on l'entend constamment ?
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Sep 2013 à 22:06

Le Sénat rejette la loi sur le non-cumul des mandats

La commission des Lois du Sénat a rejeté le projet de loi interdisant le cumul d'un mandat parlementaire avec un mandat d'exécutif local. Loi organique oblige, l’Assemblée ne peut  avoir le dernier mot qu’avec une majorité absolue.

Vingt-quatre sénateurs ont voté contre les deux textes du gouvernement, 16 ont voté pour, tandis que trois se sont abstenus. L'ensemble des parlementaires de droite, UMP et UDI-UC ont voté contre, que le groupe RDSE composé dans l’ensemble du parti radical de gauche. En revanche, une grande partie des socialistes, le groupe CRC (communistes) et les écologistes ont voté pour. Les trois abstentions sont celles de socialistes.
Le groupe socialiste au Sénat s'est montré très partagé sur ce projet, son président, François Rebsamen, demandant notamment une exception à la règle du non-cumul pour les sénateurs, en tant que représentants des collectivités territoriales. Cette solution avait été explicitement exclue mardi par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, entendu par la commission des Lois sénatoriale. Par ailleurs, la commission a voté un amendement du socialiste Gaëtan Gorce prévoyant que le montant des indemnités des élus serait de toute façon limité à l'indemnité parlementaire, afin de déconnecter le débat entre cumul des mandats et indemnités des élus.

Deux textes étaient soumis au vote. Un projet de loi organique et un projet de loi ordinaire. Ces deux textes ont été votés par les députés au mois de juillet, par 300 voix sur 577. Un projet de loi organique est  un texte qui se situe dans la hiérarchie des normes entre la Constitution et la loi ordinaire.  Ce pourquoi il lui fallait obtenir la majorité absolue des 577 députés, soit au minimum 289 voix. En même temps que le projet de loi organique interdisant aux députés et sénateurs de détenir un mandat exécutif local, un autre projet de loi, ordinaire celui-là, a été rejeté par le Sénat. Il prévoit d’élargir aux députés français au Parlement européen les incompatibilités entre mandats applicables aux parlementaires nationaux.

Le débat en séance commencera mercredi prochain. Les deux projets de loi retourneront ensuite devant l’Assemblée Nationale qui aura le dernier mot.

Dans cumulard, il y a lard.

 

Moi, maire de Trifouilly- Lez Engelure, je suis sénateur (ou député) pour mieux défendre mes administrés au parlement.

Moi, sénateur (ou député), je suis maire pour garder le contact avec mes électeurs, sur le terrain.

Moi, sénateur (ou député), je suis souvent absent du Sénat (ou de l’Assemblée nationale) pour pouvoir rencontrer mes administrés-électeurs, sur le terrain.

Moi, maire et sénateur, ou maire et député, ou maire et sénateur et président de la communauté des communes, ou maire et député et président de la communauté des communes, je ne peux être vraiment utile sans être à l’écoute de mes administrés-électeurs. C’est pourquoi je suis hostile à la loi contre le cumul des mandats.

Par contre, je renonce au cumul des indemnités. Une seule suffira (1).

Théophraste R. (Cette affaire réglée, on passera à celle du cumul des prestations par quelques journaleux qui émargent dans plusieurs quotidiens, hebdo, radios et télés).

(1) Je répète : « Une seule suffira ».



Edité par T 34 - 19 Sep 2013 à 18:59
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Sep 2013 à 20:56

Refus du non-cumul des mandats: "déplorable" pour Jean-Vincent Placé

Les sénateurs ont refusé de se voir appliquer le projet de non-cumul des mandats. Trois amendements ont été adoptés, leur laissant la possibilité de garder un mandat local. Un spectacle "ringard et déplorable" dénoncent le chef de file des sénateurs EELV.

"Le spectacle qui a été donné, y compris par M. Mézard", qui "donne une vision d'une France ringarde rétrograde, repliée sous les avantages parlementaires, qui est déplorable et qui nuit énormément à l'image de la rénovation politique que, pour le coup, cherche le gouvernement" a déploré Jean-Vincent Placé, chef de fil des sénateurs EELV. Les sénateurs ont en effet adopté trois amendements similaires déposés par le groupe RDSE (PRG) de Jacques Mézard, l'UMP, et l'UDI-UC par 211 voix pour et 83 contre et qui laisse, expressément, aux sénateurs la possibilité d'exercer, en plus de leur mandat de parlementaire, un mandat exécutif local: maire, président ou vice-président de conseil général ou de conseil régional.

Au sein même du groupe PS, 51 sénateurs ont voté contre ces amendements, suivant l'avis du gouvernement, et 25 pour, conformément à la position de leur président François Rebsamen qui a toujours défendu une différenciation pour les sénateurs. "Le Sénat est, selon les termes de l'article 24 de la Constitution, le représentant des collectivités territoriales de la République, c'est sa raison d'être", s’est justifié Jacques Mézart. "On ne peut donc concevoir un Sénat de plein exercice si le lien organique qui l'unit aux responsabilités locales était rompu".

"Le cumul fait barrage aux femmes, aux jeunes et à la diversité d'origine"

Pour le groupe CRC (communiste), Eliane Assassi a soutenu le projet, notamment parce que "le cumul fait barrage aux femmes, aux jeunes et à la diversité d'origine". Chez les écologistes, "le non-cumul est inscrit dans nos gênes et dans nos statuts", a souligné Hélène Lipietz. "Nous voterons ce texte en ayant conscience qu'il s'agit d'un nouveau coup de couteau" donné à la Ve République, "une outre qui se vide peu à peu de son contenu", a-t-elle conclu.

Après le vote de l'ensemble du projet de loi au Sénat, d'ici vendredi, le texte reviendra devant les députés. La constitution prévoit que les lois organiques relatives au Sénat doivent être votées dans les mêmes termes par les deux assemblées. "Vous ne rendez pas service au Sénat parce que ce texte sera adopté in fine", a déclaré Manuel Valls. "Et il n'est pas certain que le Conseil constitutionnel admette une telle différence entre sénateurs et députés alors que l'article 24 de la constitution leur donne les mêmes missions".

Thomas Coutrot « La Cour des comptes outrepasse ses pouvoirs »

coprésident d’Attac.

D’où vient le fait que la Cour des comptes appuie les recommandations du FMI 
et de la troïka ?

Thomas Coutrot. Les hauts fonctionnaires 
de l’État français raisonnent avec une vision du monde 
de l’ultralibéralisme le plus primitif, dont ils sont 
des zélateurs. Cette catégorie ne se trouve pas seulement à Bercy. La Cour des comptes est même plus radicale 
et plus dogmatique que le FMI ! Ce dernier conseille 
à la France de ne pas trop réduire ses dépenses publiques pour éviter d’aggraver la récession. Eux ont compris certaines choses, tandis que la Cour des comptes reste bloquée sur une vision vieille de vingt ans. Elle continue de prôner la réduction systématique et générale des impôts et des dépenses publiques, que ce soit pour la Sécurité sociale ou pour d’autres sujets 
comme celui des retraites.

 

Avec ces recommandations, la Cour des comptes 
ne sort-elle pas de son rôle ?

Thomas Coutrot. Depuis quelques années, effectivement, la Cour adopte un point de vue de plus en plus, et clairement, idéologique, en prônant une politique économique ultralibérale. On peut donc dire qu’elle outrepasse complètement ses pouvoirs avec un détournement de finalité et de l’objet social de la Cour des comptes. Ceux-ci ne sont pas de recommander mais d’évaluer les politiques menées et la qualité des comptes. C’est une sorte d’abus de pouvoir. Désormais, elle se croit même autoriser à donner des conseils, voire des orientations politiques, alors qu’elle n’a aucune légitimité pour le faire.

 

Pourquoi, même quand ces recommandations sont appliquées, les problèmes de déficit demeurent-ils ?

Thomas Coutrot. Couper dans les dépenses publiques, dans une économie qui est en récession, creuse davantage le déficit. La Cour des comptes le sait très bien, mais pense probablement que c’est le bon moment pour profiter d’une crise, pour remettre en cause l’architecture de l’État social et le niveau des protections sociales. C’est le bon moment, même si cela doit provoquer l’aggravation de la crise.

 

Ces interventions de la Cour des comptes 
ne permettent-elles pas au gouvernement 
de se dédouaner de ses prises de décision ?

Thomas Coutrot. Si, bien sûr. Il appuie ses décisions sur des soi-disant magistrats indépendants qui sont supposés être au-dessus des querelles politiques. Au final, on tombe toujours sur la même idée qu’il n’y a que la politique que prêche la Cour des comptes qui est possible, parce que ce sont des magistrats respectables. S’ils disent quelque chose, c’est que cela doit être vrai. Leur statut leur permet de disposer d’une aura qui devrait leur donner une crédibilité. Pourtant, ils sont en train 
d’en abuser. Ils vont l’user.

Entretien réalisé par Audrey Loussouarn



Edité par T 34 - 19 Sep 2013 à 21:28
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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