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Fête de l'Huma 2010, 10/11/12 septembre

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Crépuscule allez vers le bas
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  Citer Crépuscule Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Sep 2010 à 10:21
Message posté par Benkharov

Venez boire un Ricard au stand JC 92 ! Le matin, petits déjeuners et remèdes miracles contre la gueule de bois.


Ce n'est pas ce département ( 92 ) où il y avait énormément de stands dans l'avenue menant à la Grande Scène ?

Edité par T 34 - 30 Jan 2012 à 22:17
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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Sep 2010 à 18:09
Message posté par Jef.

Les photos de la Fête : envoyez les vôtres !

 
Merci pour ces photos pour tous ceux qui n'ont pu s'y rendre, s'aurait été sympa d'avoir quelques clichés prit par les membres du FUC.
Voila un hébergeur photos pas prise de tête pour en envoyer en masse
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Sep 2010 à 08:33
Message posté par Crépuscule

Message posté par Benkharov

Venez boire un Ricard au stand JC 92 ! Le matin, petits déjeuners et remèdes miracles contre la gueule de bois.


Ce n'est pas ce département ( 92 ) où il y avait énormément de stands dans l'avenue menant à la Grande Scène ?
 
C'est sur l'avenue Gabriel Péri entre la scene Zebrock et l'avenue Missak Manoukian qui part vers la grande scène.
 
Concernant les photos, personnellement je n'en ai pas pris.
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Sep 2010 à 09:24

Pierre LAURENT, Secrétaire national du PCF

 

Meeting Fête de l'Humanité - 12 septembre 2010

 

Seul le prononcé fait foi

 

Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades,

 

Nous venons d'entendre  l'appel lancé par Florence Aubenas à cette tribune pour la libération de Stéphane Taponier, Hervé Ghesquière, et de leurs co-équipiers afghans.

Ces journalistes de France 3 sont détenus depuis maintenant 257 jours.

Dans ce haut lieu de la solidarité internationale qu'est la Fête de l'Humanité, je veux dire tout mon soutien et celui du Parti communiste à toutes celles et ceux qui mènent ce combat pour leur libération et en premier lieu à leurs familles.

Oui, il y a urgence ! Libération de Stéphane Taponier et d'Hervé Ghesquière. Libération de leurs co-équipiers afghans !

 

En renouvelant cet appel, j'ai malheureusement en mémoire les odieux commentaires  venus de l'Élysée à l'annonce de leur enlèvement qui osaient reprocher à ces hommes courageux d'avoir pris des risques « inconsidérés ».

 

Non, Monsieur le président, il n'y a rien « d'in-con-si-dé-ré » au  fait d'informer le monde de la réalité de la guerre d'Afghanistan ! Ces hommes ont fait leur métier avec courage et responsabilité.

Ce ne sont pas les journalistes qui rendent le monde dangereux. Notre devoir commun est de les sortir de là au plus vite. Notre devoir commun est de mettre fin à la guerre.

 

En cette 80e Fête de l'Humanité, rappelons-nous les mots de Paul Vaillant-Couturier :

« L'intelligence, disait-il, défend la paix. L'intelligence a horreur de la guerre ».

 

Alors oui, mes amis, mes camarades, il est temps de laisser parler l'intelligence et de crier tous ensemble : Retrait des troupes ! Retrait des troupes de l'OTAN et des troupes françaises d'Afghanistan !

 

Oui, nous le proclamons ! Il n’y aura d'avenir commun pour les peuples que dans un monde de paix, de coopération et de solidarité !

Un monde où le droit international est respecté.

Un monde où l'égalité des droits est la règle.

Un monde où les peuples sont libres.

 

Ne nous résignons jamais aux injustices qui défigurent notre planète. Je pense en particulier à celle qui maintient un peuple dans la pauvreté, l'humiliation et le désespoir : j’ai nommé l’oppression par l’Etat d’Israël du peuple palestinien.

 

Solidarité avec les Palestiniens. Solidarité avec l’ensemble des peuples opprimés !

L’impunité des dirigeants israéliens, ça suffit !

 

Oui, il faut deux Etats vivant en sécurité, avec un Etat palestinien dans les frontières de 1967 ayant Jérusalem-Est pour capitale.

Oui, nous exigeons le démantèlement des colonies et du mur d'annexion, la fin du blocus de Gaza, la libération de tous les prisonniers, la libération de Guilat Shalit et Salah Hammouri, la libération de Marwan Barghouti et des 10.000 prisonniers palestiniens !

Oui, nous appelons à amplifier la campagne internationale et non-violente de boycott et de sanctions qui grandit, y compris en Israël. Car la solidarité internationale peut avoir raison de l'injustice, pour le droit et la paix !

 

J’ai commencé par ces mots, mes amis, mes camarades, parce que voilà bien ce qui nous oppose à ce monde capitaliste. Leur logique, c’est la guerre au service des intérêts d’une minorité de nantis.

 

Notre objectif doit être la paix et la coopération au profit de toute l’humanité.

 

Depuis bientôt trois ans et demi, nous subissons, avec Nicolas Sarkozy, le pouvoir le plus rétrograde, le plus brutal, le plus autoritaire qu'il ait été permis d'imaginer.

Ce pouvoir n'a aucune espèce de respect pour le travail et les travailleurs. Il rassemble une bande, la nouvelle aristocratie financière, celle qui cherche son profit dans le casino financier du capitalisme mondialisé. Il est en guerre contre le monde du travail.  Et il faut nous, le monde du travail, leur déclarer la guerre, une guerre citoyenne et pacifique.

 

Cet été, en prononçant son discours à Grenoble, le président de la République a prétendu au nom de la sécurité déclarer la guerre aux voyous et aux trafiquants.

Mais la seule sécurité dont ce pouvoir, ces hommes de main, Sarkozy, Fillon, Hortefeux, Woerth et Besson se soient jamais occupés, c'est celle des transactions financières ; c'est celle des profits du CAC 4O et des grandes banques ; c'est celle des grosses fortunes.

 

Alors, assez d'hypocrisie et de sales manipulations !

 

Le pouvoir de Nicolas Sarkozy et du Medef, c'est la guerre aux salaires, au pouvoir d'achat populaire, aux garanties collectives, aux CDI pour faire place nette aux profits financiers !

Savez-vous que les vingt premiers groupes du CAC 40 viennent d’accumuler en pleine crise un trésor de guerre de 80 milliards d'euros !

Savez-vous que l’un des premiers d’entre eux, Sanofi-Aventis, supprime aujourd’hui des milliers d’emplois, délocalise le potentiel industriel français et se permet, dans le même temps, de réaliser une OPA de plus de 15 milliards d’euros sur une firme américaine.

 

Vous avez bien entendu, mes amis : 15 milliards d'euros !

 

Savez-vous que Total refuse toujours de redémarrer la raffinerie de Dunkerque malgré le jugement qui a donné raison aux salariés en lutte. Eh bien, vous savez, à combien se monte le rythme mensuel moyen de ses profits ? Un milliard d'euros ! Ça laisse rêveur, non ? Un milliard d'euros par mois !

Le pouvoir de Nicolas Sarkozy et du Medef, c'est la guerre aux services publics, à la Poste qu'il faut privatiser, à l'hôpital public qu'il faut dépecer pour dégager le terrain aux cliniques privées, à l'école qu'il faut désorganiser pour mieux marchandiser la formation.

La seule innovation pédagogique dont ce gouvernement se soit montré capable à la rentrée, c'est d'envoyer des milliers d'étudiants enseigner sans aucune formation. Et ce sont les mêmes, les champions du mépris pour les enseignants et leurs élèves, qui viennent s'indigner de la moindre étincelle de violence dans les établissements. De qui se moquent-ils ?

 

La légion d'honneur, Monsieur Sarkozy,  ce n'est pas au gestionnaire de la fortune Bettencourt, à monsieur Patrice de Maistre, qu’il faut la remettre, avec ou sans lettre de recommandation d’Eric Woerth ! C'est aux personnels de santé, aux enseignants, à tous les agents qui travaillent dur pour l’intérêt général et ne récoltent aujourd’hui que le mépris. En la méritant vraiment !

 

Guerre, encore, contre les libertés, la République et ses valeurs, guerre aux Roms, aux pauvres, aux jeunes, aux « Français d'origine étrangère » !

En prononçant le discours de Grenoble, vous avez sali la France, Monsieur Sarkozy. Vous avez trahi ses idéaux républicains. Le 4 septembre, le pays vous a adressé le carton rouge que cette politique indigne méritait.

 

Non, la France ne se reconnaît plus dans votre politique, Monsieur Sarkozy et le monde, non plus, n'y reconnaît plus la France !

 

Je veux ici rendre hommage, une nouvelle fois, à tous ces militants de la solidarité, qui ne se plient pas à vos lois liberticides, qui poursuivent, obstinément, sans relâche, leur travail de solidarité !

 

Je veux ici rendre hommage, une nouvelle fois, aux travailleurs sans papiers qui, avec un incroyable courage ont fait reculer l'arbitraire et l'exploitation après huit mois d'une grève exemplaire ! Et nous serons tous je l’espère au rendez-vous du concert rock sans-papiers samedi prochain à Bercy.

 

Voilà la France dans  laquelle nous nous reconnaissons, celle qui mêle ses couleurs pour s'unir autour d'une seule et même devise « Liberté, Ega-li-té, Fraternité » !

 

Le pouvoir de Nicolas Sarkozy et du Medef, c'est la guerre, encore et toujours, contre les droits des femmes, premières visées par les inégalités salariales, le temps partiel subi, la réforme des retraites.

C’est la guerre contre les  jeunes, condamnés à la précarité, assimilés à une classe dangereuse, suspectés de délinquance uniquement parce qu’ils vivent dans des quartiers populaires...

Et bien, nous, nous pensons qu'il est grand temps d'en finir avec ce monde, avec ce régime despotique et archaïque.

 

A l'opposé de ce monde machiste et anti-jeunes, nous croyons que le temps est venu d'une nouvelle ère d'égalité, où l'émancipation des femmes et l'épanouissement des jeunes libéreront l'humanité toute entière de ses dominations !

 

A l'opposé de ce monde du fric à tout prix, nous croyons au contraire que le temps est venu d'une nouvelle ère démocratique où la puissance du peuple primera sur celle de l'argent, où la reconnaissance et la libération du travail humain primeront sur son exploitation !

 

A l'opposé de ce monde du tout concurrentiel, nous croyons que le temps est venu d'une nouvelle ère du bien commun et du service public.

 

A l'opposé de ce monde de la peur et de la stigmatisation, nous croyons que le temps est venu d'une nouvelle ère de fraternité où la libre circulation des femmes et des hommes prendrait le pas sur la libre circulation des capitaux !

 

Oui, nous voulons une révolution sociale contre le pouvoir des marchés financiers, une révolution citoyenne et démocratique contre la monarchie sarkozyste, une révolution de nos modes de vie contre les logiques de profit qui nous aliènent.

 

Voilà le monde pour lequel nous combattons !

 

Je suppose que vous n’avez pas eu le temps de suivre les travaux de l’université du Medef… Laurence et ses petits camarades ont soigneusement évité de dire un mot de trop sur les retraites et

ont préféré deviser sur, devinez quoi ? L’ « Étrangeté du monde » et son « mode d'emploi »...

Eh bien, on peut le leur accorder, leur monde est effectivement bien étrange.

Quand on sait que 3% de la fortune personnelle de Madame Bettencourt, c’est-à-dire 460 millions d'euros, suffirait à l’ONU pour secourir le Pakistan après  les dramatiques  inondations qui l’ont ravagé et que le peuple pakistanais attend toujours cette aide, oui, nous avons la nausée !

 

Quand on sait que le géant pétrolier BP a déversé 780 millions de litres de pétrole dans la mer, souillant l’un des écosystèmes les plus riches de la planète, et tout cela pour faire une économie de quelques dizaines de milliers de dollars sur des valves de sécurité… oui, nous avons la nausée.

 

Alors quand le Medef parle d’« Étrangeté du monde » et de son « mode d'emploi », il faut décidément comprendre : « Étrangler le monde, mode d’emploi » !

Et, franchement, cette mondialisation capitaliste qui pollue, qui tue, qui exploite et asservit fait désormais peser une grave menace sur l’avenir de l’humanité et de la planète.

 

Nous avons changé d’époque. C’est terminé le XXe siècle à la fin duquel le capitalisme prétendait être l’horizon indépassable de l’histoire ! C’est d’une autre civilisation dont nous avons besoin !

 

Et, c'est parce que – j’en suis convaincu – nous sommes aujourd’hui de plus en plus nombreux à penser que le temps est venu de penser l'avenir autrement, c'est parce que nous sommes des millions à penser  que  les  factures de  la crise capitaliste nous mènent à la catastrophe, c’est parce que nous sommes des millions à refuser d’embarquer dans  la machine à remonter le temps de Nicolas Sarkozy, oui, c’est pour cela que le combat sur les retraites a pris, en quelques mois, l’ampleur que nous connaissons aujourd’hui. Et rien, nous ne lâcherons rien, nous allons vous battre Monsieur Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy en a fait une bataille majeure mais le pays aussi : chacun l'a peu à peu compris, c'est d'un choix de société essentiel dont il est question.

 

D'un côté, ceux qui ignorent la souffrance au travail, le repos mérité, la solidarité partagée et qui sont prêts à sacrifier cette conquête majeure du droit à la retraite à 60 ans, qu'ils ne considèrent que comme un coût, sur l'autel de la relance des profits financiers.

De l'autre, ceux qui, comme nous, pensent que le temps est venu d'une nouvelle ère de civilisation où le temps travaillé et le temps de repos sont réconciliés, une ère de formation et de culture, une ère d'emplois utiles pour tous, une ère où la solidarité entre les générations garantit l'accès de tous à une vie décente et aux mêmes droits.

 

Et qu’on ne vienne pas nous dire que l’espérance de vie permettrait de travailler jusqu’à 67 ans. Une étude qui vient d’être publiée indique que l’espérance de vie en bonne santé est de 63 ans pour les hommes et de 64 pour les femmes. La souffrance au travail,  messieurs du gouvernement et du patronat, vous ne connaissez peut-être pas mais cela existe ! Et je dis aux travailleurs de ce pays : soyez fiers, relevez la tête car c’est vous la richesse de la France !

 

Nous vivons une mobilisation sociale phénoménale. Le peuple est en train de reprendre la main. Des millions de femmes et d'hommes ont uni leurs forces et sont parvenus à enrayer la mécanique gouvernementale.

 

Nous étions plus de 2 700 000 le 7 septembre ! Et ce n’est pas fini !

 

Le pouvoir a peur et se braque parce que cette mobilisation sociale lui pose LA question qu'il évite constamment : pourquoi protéger le capital au détriment des hommes ?

Ce pouvoir est démasqué ! Et, quoi qu'il arrive, rien ne sera comme avant. Dans ce quinquennat Sarkozy, il y aura un avant et un après 7 septembre !

 

Cet après-7 septembre, il nous faut maintenant l’écrire ensemble. Nous devons nous donner tous les moyens de gagner et de battre Sarkozy. Investissons toutes les assemblées électives, envahissons les places publiques, rassemblons-nous et donnons de la voix.

 

Amplifions la campagne de pétitions lancée par le Front de Gauche – le Parti communiste et le Parti de gauche.

 

Faisons connaître à ce pouvoir notre détermination. J’ai dans la main une très belle carte postale sur laquelle on peut lire : « Assez Sarkozy,  nous ne lâcherons rien ! ». Eh bien cher amis, cette carte postale, je vous propose d’en envoyer des millions d’exemplaires à l’Elysée. Puisque c’est gratuit d’écrire à notre cher Président, nous n’allons pas nous en priver !

 

Que le gouvernement ne rêve pas d’une pause sociale, nous serons encore mobilisés le 15 septembre dans tout le pays, et je vous appelle à être nombreux ce jour-là à 12h place de la Concorde devant l’Assemblée nationale à l’appel de l’intersyndicale Ile-de-France !

 

Et nous serons encore plus nombreux le 23 septembre à faire grève et à battre le pavé ! Et nous les battrons !

 

Je veux ici saluer le combat des parlementaires communistes à l’Assemblée nationale. Bravo ! Le contre-projet de loi qu’ils ont élaboré avec leurs partenaires du PG démontre qu’une autre réforme des retraites est nécessaire et possible. Bravo à eux. Je crois qu’on peut les applaudir.

 

L’annonce de l’adoption à l’Assemblée de l’article qui recule l’âge du départ à la retraite à 62 ans ne doit pas nous arrêter. Ce qui a été fait peut être défait. Nous y sommes déjà parvenus en 2006 quand nous avons obligé le pouvoir à reculer sur le contrat première embauche après son adoption par l’Assemblée nationale. Nous pouvons encore réussir cette fois-ci.

Et je veux le dire, c’est le devoir de toutes les forces de gauche d’être à la hauteur. Les salariés sont unis, ils ont besoin d’un engagement sans faille en faveur du maintien de la retraite à 60 ans à taux plein et sans rallongement de la durée de cotisation ! L’argent existe, faisons payer les revenus financiers. C’est, soyez-en sûrs, l’engagement que prend le PCF !

Et je veux y insister aujourd’hui devant vous, dans cette bataille, c’est déjà l’après-Sarkozy qui s’écrit.

 

Nous devons construire ensemble les engagements clairs et sans ambiguïté que les forces de gauche devraient porter : des engagements clairs sur les services publics,  sur l’emploi, sur l’éducation…

 

Oui, clairs et sans ambiguïté dans tous les domaines.

 

Je le dis tout net : nous le savons tous, la gauche n'est toujours pas à la hauteur de ce défi.

 

C’est pour cette raison que le Parti communiste, le Parti de gauche, la Gauche unitaire ont engagé la construction d’un Front de gauche.

Un front de lutte, de rassemblement et d’élaboration politique qui,  du cœur de la gauche, a déjà ouvert un chemin d'espoir et où toutes celles et tous ceux qui le veulent peuvent se retrouver.

Nous allons mettre toute notre énergie à lui donner un élan nouveau car le temps est venu de remettre au centre de gravité de la gauche les défis dont elle n'aurait jamais dû se détourner !

 

Nous ne voulons plus d’une société qui déshumanise notre vie.

Nous ne voulons plus d’une politique à la solde des marchés financiers.

Contre le pacte de l'argent qu’ils ont scellé au Fouquet’s en 2007, le temps est venu de construire, ensemble,  un pacte d'union populaire. Contre  la  solidarité du Fouquet’s doit grandir une autre solidarité, la solidarité du peuple !

 

Oui, union populaire pour satisfaire les besoins humains en prenant l’argent là où il est !

Union populaire pour une société de nouvelles libertés dans les entreprises comme les institutions !

 

Union populaire pour une société d’égalité des droits et de redistribution équitable des richesses, une société fraternelle, solidaire et de partage au service du bien commun.

Oui mes amis, construisons ensemble un pacte d’union populaire pour une société où l’épanouissement de chacun est la condition de l’émancipation de tous !

 

Ce projet partagé, je peux vous l’assurer, nous le porterons unis et rassemblés quand viendront les échéances politiques de 2012.

 

Au Front de gauche, la guerre des ego n’aura pas lieu. La politique spectacle c’est ce qui tue la politique. Ne vous laisser pas confisquer le débat politique. Je vous lance un appel, à vous toutes et tous qui êtes engagés dans les mobilisations sociales : mettez autant d’énergie à vous mêler de ce débat. Faites-en votre affaire. Vous pouvez compter sur nous, vous pouvez compter sur moi, pour mettre le parti communiste au service de cette ambition.

 

En parcourant les allées de la fête, des milliers d’entre vous ont déjà laissé leurs coordonnées pour participer à l’élaboration de ce pacte. Vous êtes très nombreux à vouloir en être tout de suite ! Et, quand je vois le climat de mobilisation sociale qui règne dans ce pays, je me dis que dans quelques mois, nous pouvons être des centaines de milliers de citoyens, de salariés, de militants syndicaux, associatifs, à nous retrouver dans cette démarche. Les communistes feront tout pour atteindre ce résultat !

 

Chers amis, chers camarades,  quelques mots justement sur le parti communiste lui-même.

 

Depuis mon élection au secrétariat national de ce parti, j’ai eu droit à tous les poncifs possibles et imaginables : nous allions mourir à petit feu ou bien être avalés tout cru. Je veux le dire ici, celui qui enterrera ou avalera le parti communiste n’est pas encore né !

 

Je sais le travail qui est devant nous pour conduire avec succès le chantier du renouveau du parti communiste. Les premiers mois que je viens de passer à la tête de ce parti me confirment l’immense potentiel de notre collectif militant et la disponibilité nouvelle de beaucoup d’entre vous à l’égard de nos idées et de nos combats.

 

La gauche a besoin du parti communiste et c’est aussi votre affaire.

 

Chers amis, chers camarades,

 

Les 4 et 7 septembre derniers dans les rues du pays et puis, ici à La Courneuve, durant tout ce week-end, c'est la vie qui a parlé ! C'est la vie qui reprend le dessus !

La vie est du côté de tous ceux qui se sont levés pour une réforme juste et solidaire des retraites,

La vie est du côté des salariés courageux de Total Dunkerque, de ceux de Manpower Nanterre, ceux de Continental-Foix, des enseignants et des personnels des hôpitaux publics,

 

La vie est du côté des militants des réseaux Education sans frontières, et des travailleurs Sans-Papiers !

 

La vie est du côté de tous ceux qui  résistent, se rassemblent, s'unissent et refusent de se laisser sacrifier et sacrifier leurs enfants !

 

Le temps est venu pour le peuple de reprendre le pouvoir. Unissons nos forces car le temps est venu de changer d’ère !

 

Oui ! Mes amis, mes camarades, unissons nos forces. Oui, comme nous y appelait Ferrat, « il est temps que le malheur succombe » !

 

http://www.pcf-bourges.org/spip.php?article65

 

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Vladimir allez vers le bas
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  Citer Vladimir Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Sep 2010 à 10:53
Ce n'est pas ce département ( 92 ) où il y avait énormément de stands dans l'avenue menant à la Grande Scène ?

Non, c'est 94, le Val de Marne, où le PC est très implanté.

Sur le discours de Pierre Laurent, il y a des points intéressants (sur l'enterrement du PC, la Palestine, les sans-papiers etc.), et c'est vrai qu'il s'est un peu amélioré dans le forme. Par contre la guerre oui, mais "citoyenne et pacifique" non.


Edité par Vladimir - 16 Sep 2010 à 12:10
Ce n'est pas bien de lire le profil des autres ! Pas bien du tout !! C'est mieux de créer un autre forum dissident comme un hypocrite.
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guillaume allez vers le bas
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  Citer guillaume Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Sep 2010 à 15:59
Message posté par Vladimir

L'an prochain il faudra organiser un rendez-vous des militants du FUC. A part ça, j'ai croisé quelqu'un avec un très beau T-Shirt. 


Un t-shirt comme celui là?
Les trotskistes? Nous avons pris des mesures contre ces gens qui ne représentent rien (...) et continuent sur des positions d'extrême gauche à gêner le développement de notre Révolution - Che Guevara
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Crépuscule allez vers le bas
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  Citer Crépuscule Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Sep 2010 à 16:13
Message posté par Vladimir


Ce n'est pas ce département ( 92 ) où il y avait énormément de stands dans l'avenue menant à la Grande Scène ?
Non, c'est 94, le Val de Marne, où le PC est très implanté.<div style="text-align: justify;">Sur le discours de Pierre Laurent, il y a des points intéressants (sur l'enterrement du PC, la Palestine, les sans-papiers etc.), et c'est vrai qu'il s'est un peu amélioré dans le forme. Par contre la guerre oui, mais "citoyenne et pacifique" non.<span style="font-family: Arial;"></span>


Oui ! C'était le Val de Marne ! Trompé de chiffre départementale... (^_^) En effet j'ai pu entendre des discours fort bien intéressant. A l'Agora aussi d'ailleurs mais dont j'avoue j'ai raté des paroles...

Crépuscule.
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Benkharov allez vers le bas
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  Citer Benkharov Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Sep 2010 à 21:52
Comme d'habitude, j'ai assisté au discours, et franchement, Pierre Laurent a vraiment progressé depuis celui qu'il avait fait au congrès du MJCF. Offensif, rassurant sur la question du PCF (même si on aurait aimé en entendre parler un peu plus...) Pour la guerre "pacifique et citoyenne" la formule est pas géniale mais je pense qu'il voulait juste dire par là qu'il ne comptait pas implanter un maquis à La Courneuve.

Vladimir, tu es bien du 62 ? J'ai demandé à un camarade si il te connaissait, mais en fait non. Par contre j'ai vu Jef et Ecnaroui.

Sur le stand de St Quentin, un très bon débat sur la JC, avec des camarades des Bouches du Rhône et de la KNE. Par contre, je n'ai vu aucun autre débat. Comment c'était ?

(Et je maintiens que mon T Shirt KGB is watching you était encore plus classe)
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Oct 2010 à 11:12
La Fête de l’Humanité : un miroir du mouvement populaire
Par Pedro Da Nobrega
 
À l’heure où la Fête de l’Humanité célèbre son 80ème anniversaire, s’interroger sur les raisons qui font qu’elle reste aujourd’hui la plus grande fête populaire de France avec une ambiance à nulle autre pareille, alors que le contexte politique depuis sa création a considérablement évolué, c’est aussi se pencher sur son histoire. Et c’est aussi constater à quel point son évolution illustre les différentes phases du mouvement populaire de ce pays, à quel point elle peut, dans une sorte de dialogue constant, en constituer le miroir. Tout autant qu’un balcon sur le monde avec une dimension internationaliste dès la première heure. L’ouvrage de Valère Staraselski La Fête de l’Humanité, 80 ans de solidarité offre à cet égard une mine d’informations et un regard empli d’humanité justement sur ce grand-rendez vous politique. Il a choisi un découpage sur cinq grandes périodes en partant de la perception qu’il avait de la dynamique propre à chaque période historique. Sans garder la même segmentation, mais riche de la somme d’informations qu’il divulgue, nous allons essayer de revenir sur ces 80 ans.

La première Fête, qui se tient le 7 septembre 1930 au parc Sacco-et-Vanzetti, à Bezons, est le prolongement de la conférence des Comités de Défense de l’Humanité ( ces CDH si familiers à des générations de militants) de la région parisienne à l’heure où le pouvoir cherche à étrangler financièrement le journal, en déclarant en faillite un des principaux créanciers du journal, la Banque Ouvrière et Paysanne. Un gouvernement fruit d’une alliance entre la droite et les Radicaux-Socialistes, dirigé par un représentant de la droite André Tardieu et dont fait partie, comme ministre du Travail, un certain Pierre Laval. Le PCF est en butte à une répression féroce, notamment due à la lutte menée contre la guerre du Rif. Nombre de dirigeants communistes dont Pierre Sémard, syndicaliste cheminot et secrétaire général de 1924 à 1928, Benoît Frachon et un mineur du Pas-de-Calais devenu après libération en 1930, le secrétaire général, Maurice Thorez, ont connu la prison et les effets de la crise de 1929 se font durement sentir. C’est donc un esprit de résistance qui anime cette première fête, marquée aussi par le débat qui anime le PCF et l’Internationale Communiste à l’époque, entre les tenants de la ligne « classe contre classe » qui refusent toute alliance avec les organisations socialistes et ceux qui défendent la nécessité de l’unité d’action pour les batailles qui s’annoncent. Marcel Cachin est alors directeur du journal et on ne trouve, lors de cette première fête, qu’un seul stand de province, celui d’Alès. La présence des derniers communards constitue un des faits marquants de cette fête.

Cette fête va, au long des années 30, d’un acte initial de résistance, se muer en rendez-vous majeur politique, social et culturel dont la spécificité et le succès tiennent certainement à l’imbrication de toutes ces dimensions, d’une ambition sociale, culturelle et politique qui s’exprime dans la convivialité. Son évolution traduit aussi celle d’un mouvement populaire qui a grandi, mûri dans les luttes contre la montée du fascisme, et a investi les terrains de la culture dans son espoir d’un nouvel idéal. Le sport également y prendre une place privilégiée dès le départ.

Si la ligne du « Front Unique » l’a emporté, la montée des fascismes européens et les menaces de guerre seront au cœur de son évolution. Dans la ligne de la bataille anticolonialiste, un stand indochinois sera présent dès 1933. Elle s’installe en 1932 à la clairière des Quatre-Cèdres, à Garches, où elle restera jusqu’en 1938, pour la dernière Fête avant la deuxième guerre mondiale. Dans cette période deux thèmes dominent : l’unité d’action face au fascisme qui s’avance et la guerre d’Espagne, premier terrain d’affrontement avec les puissances de l’axe.

La Fête de 1936 est à ce titre exemplaire de ces années, marquée évidemment par la victoire du Front Populaire car elle illustre tout le bouillonnement créatif de la culture ouvrière dans cette période en prenant une ampleur inégalée avec 300 000 participants ainsi qu’une présence beaucoup plus large des organisations régionales (dix régions françaises représentées). On peut même y assister à un défilé des provinces françaises avec 400 participants en costumes régionaux. La guerre d’Espagne est donc au cœur de cette édition avec une grande collecte pour les républicains espagnols et l’apparition du cinéma avec la projection du film La Lutte héroïque du peuple espagnol . Les concerts se multiplient, les bals durent jusqu’à la nuit, les ballets se produisent sur la scène de la Fête et l’on verra même dix avions de la Fédération populaire des sports aéronautiques survoler la Fête. Un parc de culture pour enfants est dressé dans une fête populaire pour la première fois en France. La multiplicité des spectacles traduit toute l’ambition sociale et tout l’appétit de culture de la classe ouvrière.

Il y a dans cette fête simultanément toute l’allégresse et l’enthousiasme nés de cette nouvelle période et de ses conquêtes comme pour évacuer aussi l’angoisse que font planer sur l’avenir les menaces du fascisme et de la guerre.

Elle prendra l’année suivante une dimension internationale avec, pour la première fois, la venue de délégations étrangères anglaise, belge et suisse à la Fête et la présence de l’Union soviétique avec la reproduction de son pavillon à l’Exposition universelle de Paris.

L’édition de 1938, dernière fête avant le déclenchement du conflit mondial, sera la somme de tous ces sentiments contradictoires, dans un climat de désenchantement que renforcent les mesures anti-sociales prises par le nouveau Président du Conseil, le radical Daladier. La poursuite de la politique de non-intervention en Espagne à l’heure où le camp républicain est en grande difficulté face à l’avancée des troupes franquistes, la passivité de la France et des gouvernements occidentaux à l’égard des menées belliqueuses de Hitler qui a annexé l’Autriche en mars (l’Anschluss) et menace la Tchécoslovaquie contribue à ce climat. La fête se tient le 4 septembre et les accords de Munich, scellant la démission de la France et de la Grande-Bretagne face aux appétits nazis seront signés à la fin du même mois. Les députés communistes seront les seuls à s’opposer à la ratification de ces accords qui signeront l’éclatement d’un Front Populaire déjà bien mal en point. Elle sera marquée par la disparition de Paul Vaillant-Couturier, rédacteur en chef de l’Humanité, mort d’un infarctus en octobre 1937, encore dans toutes les têtes et un hommage lui est rendu.

À l’image des combattants des Brigades Internationales, beaucoup de ce qui a été semé et construit dans ces années, servira dans la terrible bataille de la résistance contre l’occupation. Cette chape de plomb et de terreur qui s’abat pour de longues années ne verra la Fête ressusciter qu’après la fin du conflit, où elle s’installe en 1945 pour de longues années à la clairière de Reuilly, à Vincennes. Elle garde comme date le début du mois de septembre. La Fête de cette année-là est une édition particulière, marquée par l’enthousiasme de la victoire et de la paix reconquise, et, après tant d’années noires, les espoirs plus fous en l’avenir, symbolisés par le Programme du Conseil National de la Résistance et les premières grandes mesures sociales et politiques comme les nationalisations et la Sécurité Sociale qui sera mise en œuvre par l’ordonnance du 4 octobre de cette année. Le droit de vote conquis par les femmes le 21 avril 1944, aux termes de l’article 17 de l’ordonnance d’Alger, leur a permis de voter pour la première fois aux élections municipales des 29 avril et 13 mai 1945.

Fête particulière car encore empreinte d’une certaine dynamique unitaire venue des années 30 et des combats communs menés contre le fascisme, sans la menace qui pesait alors sur l’avenir. La guerre froide n’est pas encore à l’ordre du jour, le Parti Communiste est au gouvernement et son influence sur la société française peut se mesurer à deux chiffres : le Parti communiste français célèbre son millionième adhérent sur une Fête où se presse un million de visiteurs. Les enjeux de la reconstruction du pays sont illustrés par un éloge de Maurice Thorez aux travailleurs et particulièrement aux mineurs, dont il est issu, qui ont fourni un effort considérable pour approvisionner le pays en charbon nécessaire à sa renaissance. Les stands se comptent par centaines et, grande première, la Fête est filmée pour les actualités cinématographiques et radiodiffusée le soir même.

La période suivante, jusqu’en 1958, est marquée par le contexte de guerre froide et par l’internationalisation des enjeux. Par le biais des luttes pour l’indépendance des peuples colonisés et des guerres coloniales qu’elles vont engendrer en Indochine et en Algérie notamment. Avec la mise en œuvre du Plan Marshall et l’exclusion des communistes du gouvernement en 47 commence à se creuser le fossé avec la composante socialiste. Mais la Fête se développe et trente départements sont présents en 1948. En avril 49, la création de l’Otan accentue la fracture Est-Ouest.

Les tensions mondiales, marquées par le déclenchement en 1950 de la guerre de Corée, après la victoire des communistes chinois en 1949, mais aussi par le durcissement du conflit colonial en Indochine imprègnent ces premières années, avec des figures comme le militant communiste Henri Martin, arrêté le 13 mars 1950 pour s’être opposé à la guerre contre le peuple vietnamien et qui ne sera libéré qu’en 1953, année de la mort de Staline en mars, événement qui ne manquera pas de marquer cette Fête. 54 voit la création de la Cité Internationale et la victoire du peuple vietnamien ainsi que le déclenchement le 1er novembre de la guerre d’indépendance en Algérie. De très violents conflits sociaux, notamment celui des mineurs durement éprouvés par la terrible répression incarnée par le Ministre de l’Intérieur socialiste Jules Moch, sont aussi l’occasion de grands moments de solidarité. La vignette est arrivée en 1952 et la programmation artistique s’étoffe d’année en année.

La conférence de Bandoeng en avril 1955 signe le lancement du mouvement des pays non-alignés, qui milite contre l’impérialisme pour la reconnaissance des droits des pays émergents mais refuse de s’enfermer dans la logique des blocs. Les grandes figures en sont l’égyptien Nasser, l’indien Nehru et l’indonésien Soekarno. Le PCF réagit violemment contre la revendication du Mouvement du Planning Familial pour le contrôle des naissances et 1955 voit l’implantation de la première Cité Commerciale regroupant les annonceurs.

1956 année charnière où les élections de janvier ont permis au PCF de redevenir le premier groupe parlementaire. Le PCF veut y voir un espoir de changer le cours des choses en Algérie. Il formule une proposition de gouvernement de gauche à Guy Mollet qui la rejette. Mais toujours accroché à cet espoir de paix, il vote les pleins pouvoirs que demande Guy Mollet. Ce vote se révèlera une tragique erreur et un marché de dupes dont Guy Mollet profitera pour accentuer la répression. D’autre part, la déstalinisation entamée en Union Soviétique, suite au rapport Khrouchtchev publié en février entraine un certain désarroi et soulève nombre d’interrogations. Des documents émanant de la Pravda sont exposés au stand de l’Humanité mais la frilosité reste de mise. L’Humanité va jusqu’à mettre en doute la véracité du contenu du rapport Khrouchtchev.

La Fête connaît pour la première fois un recul de sa fréquentation. Les évènements de la fin de l’année en Pologne et en Hongrie ne vont que creuser le malaise.

1957 marque aussi une rupture quand, à quelques semaines de la Fête, l’Humanité apprend que le conseil municipal de Paris lui refuse la clairière de Reuilly à Vincennes. Elle doit donc en catastrophe se rabattre sur le parc Montreau, à Montreuil. Les événements de Pologne en octobre 56 suivi du soulèvement hongrois ont été l’occasion du déclenchement d’une très violente campagne anticommuniste (les sièges de l’Humanité et du PCF ont été attaqués), que son combat anticolonial contre la Guerre d’Algérie n’a fait qu’accentuer. La Bataille d’Alger est l’illustration d’un durcissement du conflit avec l’utilisation de la torture comme arme systématique. L’arrestation d’Henri Alleg, qui sera torturé et publiera l’année suivante La Question pour dénoncer ces pratiques et l’assassinat de Maurice Audin, enseignant communiste anticolonialiste en sont d’autres exemples et l’Humanité voit plusieurs fois sa parution interdite.

La Fête 57, malgré un espace divisé par trois et des trombes d’eau qui la transforment en bourbier, connaît cependant un franc succès avec de nombreuses expositions (Fernand Léger, Jean Lurçat, Marc Saint-Saëns, Boris Taslitzky, André Fougeron…). Et des spectacles où se produisent entre autres Sidney Bechet, Line Renaud, Francis Lemarque et Mick Micheyl.

Celle de 1958 se déroule un mois avant le référendum sur la nouvelle Constitution, faisant suite au putsch du 13 mai 1958 qui a sonné le glas de la VIème République. C’est donc sous le slogan du « Non au plébiscite » qu’elle se tient. Elle est aussi marquée par la disparition de deux grandes figures communistes : Marcel Cachin, directeur historique de l’Humanité, décédé en février, et Frédéric Joliot-Curie, prix Nobel de chimie.

La période qui s’ouvre en 59, avec la victoire de la Révolution cubaine qui a chassé le dictateur Batista, sera marquée par l’accélération du processus des indépendances, la fin du conflit en Algérie avec des soubresauts tragiques, les référendums africains du Général de Gaulle en 1960, qui voient deux pays, la Guinée-Conakry et le Mali refuser le statut néo-colonial « d’indépendance association ». Sur la Fête 59, célébration du 100e anniversaire de la naissance de Jean Jaurès avec une exposition au stand de l’Humanité et du Comité Central. C’est l’année du premier passage de Paul Robeson, qui sera tellement ému de cette rencontre avec le public de la Fête qu’il promet de revenir et le fera. C’est aussi le début des nombreux concerts de Léo Ferré. 1960 voit l’arrivée de la Fête à La Courneuve, au Parc des Sports, où l’on salue les 40 ans du PCF. En novembre, élection de JF Kennedy comme Président des U.S.A.. En 1961, Youri Gagarine devient en avril le premier cosmonaute de l’histoire et en août débute la construction du Mur de Berlin. L’année est marquée par le putsch des Généraux à Alger et une montée de la violence qui voit l’OAS multiplier les attentats sur le territoire français et la répression policière s’accentuer avec notamment les dramatiques évènements du 17 octobre où des milliers d’algériens sont massacrés à Paris. Cette répression, avec Papon, Préfet de police de Paris, conduira à l’assassinat de neufs militants communistes à Charonne le 8 février 1962. La Fête de 1962 est évidemment marquée d’abord par l’accession à l’indépendance du peuple algérien. Un grand hommage est rendu aux neuf communistes tombés au métro Charonne le 8 février 1962 et l’on note pour la première fois la présence du stand Al Houriya et du Parti communiste algérien. Une campagne de solidarité en faveur des antifascistes enfermés dans les prisons de Franco et Salazar est lancée par le Secours populaire. Premier spectacle de Jean Ferrat sur la grande scène, avec aussi au programme Philippe Clay, Raymond Devos, François Deguelt, Pia Colombo, Francesca Solleville. C’est l’année de la « crise des missiles » à Cuba, après l’agression états-unienne de la Baie des Cochons en 1961, où le risque d’un conflit mondial et nucléaire plane sur la planète. Les communistes de la Snecma dénoncent lors de la Fête le sacrifice de l’aéronautique civile sur l’autel de la force de frappe gaulliste.

Si cette crise est dépassée, 1963 voit l’escalade de l’agression états-unienne au Vietnam où les troupes US s’engagent massivement. Après les années difficiles ayant suivi la période de 1956 à 1958, le PCF se renforce et se rajeunit avec une participation très forte de la jeunesse à la Fête de 1963. L’aspiration à l’unité d’action, qui demeure un référent historique fait de la nécessité d’un « programme démocratique commun » le thème central de cette fête. Sur la scène, Jacques Brel revient avec les nouvelles « idoles », Claude François, qui fait un tabac, et les Chaussettes noires.

En novembre 1963 JF Kennedy est assassiné à Dallas mais la guerre au Vietnam s’étend, les bombardiers US pilonnant le Nord. Rupture entre l’URSS et la Chine et destitution de Khrouchtchev au profit de Brejnev. Coup d’état militaire fasciste au Brésil. Fondation en mai 1964 de L’Organisation de Libération de la Palestine. La mort de Maurice Thorez en juillet 64, remplacé au poste de secrétaire-général par Waldeck Rochet, plonge le PCF dans le deuil. Un hommage émouvant lui est rendu à la Fête de 64. C’est aussi le 60e anniversaire de l’Humanité qui a lancé une campagne en faveur des prisonniers de l’apartheid, notamment Nelson Mandela.

En avril 65, intervention US à Saint-Domingue contre le gouvernement progressiste de Bosch et en juin, coup d’état en Algérie où Boumediene remplace Ben Bella. Le leader noir-américain Malcom X est assassiné en février. Sur la fête, la paix au Vietnam est, avec la prochaine élection présidentielle, un des axes majeurs. La délégation du Vietnam, conduite par Le Duc Tho, y reçoit un accueil exceptionnel. Sur la scène triomphent Eddy Mitchell, Charles Trenet, Annie Cordy, Francis Lemarque ainsi que le Grand Music-hall de Cuba. Création de la Cité du Livre. En octobre enlèvement de l’opposant marocain et leader tiers-mondiste Ben Barka qui sera assassiné avec la complicité des services secrets français. En novembre, coup d’état anticommuniste en Indonésie où la répression fera entre 500 000 à 1 million de victimes. En décembre, aux élections présidentielles, l’aspiration unitaire amène le PCF à s’inscrire dans la logique majoritaire de la 5ème République en soutenant François Mitterrand comme candidat unique de la gauche. Le Général de Gaulle est réélu, non sans avoir été mis en ballotage au premier tour. Première protestation signée Aragon publiée en janvier 1966 dans l’Humanité contre la condamnation à de lourdes peines de deux écrivains soviétiques, Youli Daniel et Andreï Siniavski. Signature d’un accord de désistement électoral entre le PCF et la FGDS. Début de la Révolution Culturelle en Chine. Série de coups d’états en Afrique qui installent des dictatures militaires favorables à l’Occident contre les dirigeants progressistes comme Nkrumah au Ghana. Le Général de Gaulle annonce la sortie de la France du Commandement militaire intégré de l’OTAN. En 66, le Congrès d’Argenteuil prône la rupture avec les théories staliniennes en matière culturelle. En octobre, création des Black Panthers aux U.S.A. La Fête retrouve en 1966 le pré de Vincennes, signe de l’ampleur qu’elle a prise. Si la grande scène est devenue le grand rendez-vous de toutes les vedettes de la chanson française - Johnny Hallyday, Gilbert Bécaud, Mireille Mathieu, Hugues Aufray cette année là- elle subit aussi l’influence de l’évolution de la société française où la course à la consommation fait florès. La Cité internationale s’est également densifiée et pour la première fois sont présents des représentants des cinq continents. Si la solidarité avec le Vietnam y tient une grande place, les prochaines élections législatives occupent les esprits. 1967 sera marquée par deux conflits : la Guerre des Six-Jours qui voit Israël s’accaparer de vastes territoires et la guerre du Biafra, qui ne s’achèvera qu’en 1970, fomentée par les appétits des multinationales du pétrole aux dépens des souffrances des peuples du Nigéria. C’est aussi en avril le coup d’état des colonels en Grèce qui instaure une dictature fasciste. Les élections législatives de mars 1967 donnent une très courte victoire à la droite qui frôle la défaite, les communistes passant de 41 à 73 députés. L’exposition Picasso crée l’événement à la Fête de 1967. On y commémore les 50 ans de la révolution d’Octobre et s’y affirme la solidarité avec le peuple vietnamien. Nino Ferrer, Juliette Gréco, Guy Béart sont les têtes d’affiche. Che Guevara est assassiné en octobre en Bolivie.

68 c’est d’abord l’offensive du Têt lancée par la résistance vietnamienne puis le meurtre de Marin Luther King, leader du mouvement pour les droits civiques aux USA. C’est aussi le début du Printemps de Prague et en France, un mai 68 qui débute par la contestation estudiantine dans les universités pour se transformer dans le plus grand mouvement social depuis 1936. Le parlement dissous le 30 mai les élections de juin donnent une nette victoire à la droite. Pendant l’été, le 21 août l’intervention des troupes du Pacte de Varsovie pour mettre au pas le Printemps de Prague est condamnée en une de l’Humanité. Au Portugal le dictateur historique Salazar quitte le pouvoir mais le fascisme perdure. Coup d’état au Mali qui met fin au gouvernement de Modibo Keita. La fête, au cœur de la tourmente d’une année riche en bouleversements majeurs, est simultanément la traduction de ce bouillonnement mais aussi des interrogations nées de mai 68 et du Printemps de Prague. Une radio Huma va y émettre pour la première fois et l’Opéra de Paris dirigé par Michel Descombey s’y produit en hommage aux victimes d’Hiroshima.

En octobre, aux Jeux Olympiques de Mexico, les poings gantés de noir des athlètes noirs américains dénoncent le système racial des U.S.A.. La répression sanglante du pouvoir mexicain contre les étudiants est passée sous silence. Nixon est élu Président des USA. Dubcek, l’incarnation du Printemps de Prague est limogé en avril 69. Le 27 avril, l’échec du référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation entraîne la démission du Général de Gaulle et la convocation d’élections présidentielles anticipées au mois de juin. Le PCF propose la candidature de Jacques Duclos que la SFIO refuse de soutenir. Cette division verra, malgré l’excellent résultat du candidat communiste (21,27%), deux candidats de droite – Pompidou et Poher – s’affronter au deuxième tour inspirant la célèbre formule de Duclos « Bonnet blanc et blanc bonnet » pour la victoire de Pompidou. Le 21 juillet, Neil Armstrong est le premier terrien à marcher sur la lune et le festival de Woodstock anime le mois d’août. La Fête est marquée par le décès quelques jours auparavant du père de l’indépendance vietnamienne, délégué au Congrès de Tours, Ho Chi Minh. Le programme illustre la dimension qu’a pris la Fête où se mêle aux militants et sympathisants un public beaucoup plus large : Jacques Dutronc, les Aphrodite’s Child, Michel Fugain, Pia Colombo, Georges Moustaki, Bill Coleman, Memphis Slim, Claude Nougaro, etc. le 50ème anniversaire du PCF marque l’édition de 1970. Victoire de l’Unidad Popular avec l’élection de Salvador Allende au Chili. Si la solidarité avec les peuples du Vietnam, du Cambodge et du Laos, où le conflit s’élargit, est au cœur de la Fête, celle-ci est devenue une institution incontournable même dans les grands médias. Mort de Nasser et en novembre du Général De Gaulle.

Les années suivantes sont d’abord celles des victoires des peuples mais aussi très vite celle de la réaction impérialiste. La fête revient à La Courneuve en 1971 et ne la quittera plus. Elle s’institutionnalise en quelque sorte, se divise en espaces régionaux et sur la grande scène se produisent tous les grands noms de la musique française et internationale - Les Pink Floyd, Michel Polnareff, Joan Baez, Soft Machine, Paco Ibanez, Mikis Theodorakis, Pierre Henri, Magma, Leny Escudero The Who, Miriam Makeba, Country Joe, Gilles Servat, Gilles Vigneault, Jerry Lee Lewis, Chuck Berry, Mouloudji, Robert Charlebois Leonard Cohen, The Kinks, Claude Nougaro Tom Paxton, Jacques Higelin, Moustaki, Serge Reggiani, François Béranger, Alan Stivell, Dick Annegarn, Colette Magny, Julien Clerc, Bernard Lavilliers, Maxime Le Forestier, Quilapayun, Peter Gabriel -. Les télévisions nationales réalisent des directs depuis la fête et les débats se multiplient. La lutte pour les droits des femmes, du manifeste des 343 « salopes » à l’adoption de la loi Weill en 1975, prend aussi toute sa place à la Fête. En 1971, la Jeunesse Communiste mobilise pour Angela Davis et l’on y célèbre le 100ème anniversaire de la Commune de Paris. Tous ces évènements traversent et irriguent une fête devenue un rendez-vous politique, social et culturel majeur dans le pays.

Comme la situation internationale qui voit l’embrasement de la péninsule indochinoise avec l’extension du conflit au Laos et au Cambodge pour aboutir à la défaite des USA en 1975. La mort de Mao en 76, le début de l’effroyable période « khmer rouge » au Cambodge, le conflit sino-vietnamien qui en découle, la fin de la Révolution Culturelle en Chine et la chute des khmers rouges suite à l’intervention vietnamienne. En Europe, le fascisme recule avec la Révolution des Œillets de 74 qui met fin à 48 ans de dictature fasciste au Portugal et aux guerres coloniales en permettant l’accession à l’indépendance de ses colonies africaines. C’est le début de la fin pour l’apartheid qui voit sauter le verrou occidental sur l’Afrique Australe. Fin de la dictature des colonels en Grèce la même année et plus tard du franquisme. Ces victoires sont largement saluées sur la Fête. Aggravation du conflit en Irlande avec le « bloody Sunday » en 1972 et début des « années de plomb » en Italie avec l’assassinat d’Aldo Moro en 1978. Début du processus d’élargissement de la Communauté Européenne. Guerre du « kippour » en 73 et choc pétrolier. Débats à la fête sur le devenir de l’industrie nucléaire dans une nouvelle politique de l’énergie. En Amérique Latine par contre, les coups d’état militaires fascistes s’enchaînent : Le 11 septembre 73 où Pinochet, avec le soutien des USA met fin dans le sang à l’expérience de l’Unidad Popular. En 1974, sur la scène de la Fête, cantate sur le Chant général de Pablo Neruda, par Mikis Theodorakis. Putschs aussi en Bolivie, en Uruguay, au Pérou, au Paraguay et en Argentine où la junte militaire massacre à tour de bras. C’est l’amorce de la contre-offensive impérialiste avec le règne des « Chicago Boys », inspirateurs des programmes économiques ultra-libéraux. Poursuite néanmoins de la politique de détente Est-Ouest avec la mise en œuvre du traité de limitation des armements stratégiques (SALT I), un thème souvent présent dans les fêtes de ces années-là.

En 1977, la Fête se tient quatre jours avant l’ouverture des négociations sur la réactualisation du programme commun. Toute la presse souligne son importance supérieure à l’ordinaire et Georges Marchais est interviewé en direct de la Fête pour la première fois par une chaîne de télévision (Antenne 2). Victoire nette de la gauche lors des municipales de 1977 après l’échec de François Mitterrand aux présidentielles de 74 mais changement du rapport de forces à gauche où le PS dépasse le PCF.

C’est aussi la décennie de la casse industrielle avec des conflits très durs, notamment chez les mineurs et dans la sidérurgie. Toujours en 77, présentation à l’Espace Midi d’une maquette de 5 mètres de long de l’avion A-200 (l‘ancêtre des Airbus) pour lequel les travailleurs de la SNIAS (Aérospatiale Toulouse) demandent la mise en construction immédiate. C’est l’épopée des Verts de Saint-Étienne et le chant du cygne pour Manufrance. En 1978 se tiendra d’ailleurs la 1re randonnée cyclotouriste, au départ de Saint-Étienne et Manufrance le mercredi matin pour une arrivée à Aulnay-sous-Bois le vendredi en fin d’après-midi (600 partants). 1979 accueille l’exposition Le rail, c’est la vie : moments de lutte des cheminots français contre la fermeture envisagée de 3 000 à 4 000 kilomètres de voies ferrées et la diminution prévue des effectifs de la SNCF.

Chute du Shah d’Iran en 1979 et instauration d’une « république islamique » dirigée par l’Ayatollah Khomeyni. Début de l’intervention soviétique en Afghanistan. La fête demeure cette formidable vitrine sur le monde qui donne à voir et à débattre sur toutes ces questions et reste un grand moment de solidarité.

Si les années 80 débutent dans un climat d’euphorie avec la victoire de François Mitterrand en 1981 et l’entrée de ministres communistes au gouvernement, cet enthousiasme va vite laisser la place aux désillusions. La culture de la délégation de pouvoir induit une confiance en l’exécutif qui bride le mouvement social à la différence de 1936. La présence pour la première fois en 1982 d’un stand de l’Association Nationale des Élus Communistes et Républicains témoigne de cette confiance mais dès 1984, après la sortie des ministres communistes du premier gouvernement Fabius, le désenchantement prévaut et les nombreuses luttes sociales - Talbot, Renault-Flins, Le Mans, Cléon, « Citroën » Rennes, Aulnay, SKF d’Ivry, Creusot-Loire, mineurs de Carmaux, sidérurgistes de Sacilor – vont reprendre le devant de la scène. Car la fête continue, ainsi qu’elle l’avait entamé dès les années soixante, à valoriser les savoirs-faires industriels de la France.

Sur le plan international, la reprise de la course aux armements symbolise la contre-offensive capitaliste incarnée par deux figures emblématiques, Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Dérégulation massive, casse des droits sociaux, soumission aux diktats financiers du capital, politiques de régression sociale impulsées par le FMI et la Banque Mondiale, les ravages sont nombreux. Le bloc soviétique se trouve sur la défensive, la contestation qui monte en Pologne autour de Solidarnosc, après les mouvements en Tchécoslovaquie à la fin des années 70, ne trouve pas de réponse politique. L’Armée Rouge s’enlise en Afghanistan et les oppositions s‘agitent dans plusieurs pays. C’est aussi pendant les années 80, toute la campagne de solidarité pour la libération de Nelson Mandela qui se déploiera sur plusieurs éditions. La bataille de Cuito-Cuanavale en janvier 88 voit l’armée angolaise soutenue par le corps expéditionnaire cubain mettre en échec l’offensive de l’UNITA appuyée par l’armée sud-africaine. Cette défaite majeure accentue la pression pour la fin de l’apartheid. En 1985, Soirée « Libérez Mandela » avec Manu Dibango, Salif Keita, Bernard Lubat, Max Roach et l’année suivante, célébration du 50e anniversaire du Front Populaire et des Brigades Internationales .

En 1986 catastrophe de Tchernobyl. L’impulsion de la glasnost et de la perestroïka à partir de 1985 sous l’égide de Gorbatchev est accueillie avec sympathie et intérêt sur la Fête, avec l’espoir d’une évolution qui redonne du sens au socialisme dans les pays de l’est européen. Les renoncements successifs de la gauche ont ramené la droite en 1986 au pouvoir en initiant les périodes de cohabitation. Cette même année, premières élections régionales de l’histoire. En novembre, grand mouvement étudiant contre les lois Devaquet, un jeune, Malik Oussekine, est tué par la police de Pasqua, sa sœur est présente sur la fête en 87. C’est en 1988 la célébration du bicentenaire de la Révolution Française avec aussi le premier défilé de mode Yves Saint Laurent sur la grande scène. Réélection de Mitterrand en 1988. Au Moyen-Orient, déclenchement de la première Intifada en Palestine et nombreuses initiatives de solidarité sur la Fête avec le peuple palestinien.

Les années 90 sont d’abord bien sûr celles de la chute du Mur de Berlin et de l’effondrement du bloc soviétique. La Guerre du Golfe en 1991 témoigne de cette nouvelle donne internationale. C’est en Europe l’éclatement de la Yougoslavie, où le rôle de l’OTAN sera fortement dénoncé sur la Fête, avec aussi le processus d’élargissement de la Communauté Européenne. Sommet de la Terre à Rio en 1992 et protocole de Kyoto en 1997. En 1991, présences à La Courneuve d’Angela Davis et Leïla Shahid, d’Abraham Serfaty (libéré le vendredi précédant la Fête, après dix-sept ans de captivité dans les geôles marocaines).

C’est la perspective d’un règlement négocié de la question palestinienne avec les accords d’Oslo en 1993 entre Israël et l’OLP qui soulèvent un grand espoir sur la Fête.

Explosion de la révolution informationnelle et des nouveaux médias (Internet, téléphones portables, images numériques, etc.). Création sur la Fête d’un Espace multimédia. Aboutissement d’un long combat avec la chute de l’apartheid en 91 et l’accession plus tard de Nelson Mandela à la Présidence. Johnny Clegg sur scène et concert antiapartheid avec Manu Dibango, Salif Keita, Michel Portal. L’Humanité fête ses 90 ans en 94. En 95, élection de Jacques Chirac à la Présidence et grand conflit social en France sur la question des retraites qui aboutit à la victoire de la gauche plurielle lors des législatives de 1997 et au retour des communistes au gouvernement. Message télévisé de Nelson Mandela adressé à la Fête 1996, depuis Pretoria. Les doutes de militants du PCF sur la participation gouvernementale et l’ouverture du capital d’entreprises publiques s’expriment à la Fête. Solidarité avec l’Algérie et la Palestine En 1998 la France « Black Blanc Beur » avec la victoire de l’équipe de France de football à la Coupe du Monde en 1998 à Paris. Clôture de la Fête par le passage sur l’écran de la grande scène des meilleurs moments du Mondial de football. L’Humanité n’est plus en 99 l’organe central du PCF. En 2000, dans la lignée du Congrès de Martigues, la Fête est l’occasion de vifs débats sur le sens de la « mutation ».

La première décennie du 21ème siècle est marquée par les attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center à New-York que l’administration Bush utilise pour, sous couvert de « lutte contre le terrorisme », mettre à mal les libertés publiques et accentuer sa politique d’agression interventionniste, dans une entreprise impérialiste de recolonisation. Guerre en Afghanistan contre les Talibans et Al-Qaïda, pourtant armés et financés au départ par les USA. Agression contre l’Irak où la France se distingue en refusant de suivre le diktat états-unien. De nombreux débats et rencontres sur la Fête notamment en 2003 lors d’une rencontre avec les envoyés spéciaux de l’Humanité en Irak, Palestine, Afghanistan, Algérie.

Campagne pour Mumia-Abu-Jamal. Déclenchement de la deuxième Intifada (Al-Aqsa) en 2000, après l’impasse née du non respect par Israël des accords d’Oslo. Mobilisation pour la libération de Marwan Barghouti. Émergence en Amérique Latine d’une vague progressiste entamée en 1998 avec l’élection de Hugo Chavez au Venezuela. Le mouvement alter-mondialiste se structure (forums sociaux mondiaux et régionaux) à partir de la contestation du rôle des institutions financières internationales (OMC, FMI, Banque Mondiale). Ces deux questions vont animer nombre de débats sur la Fête, et nourrir aussi les initiatives et échanges suscités par le projet de Constitution Européenne, qui voit de nombreuses voix, dont les communistes, réclamer la tenue d’un référendum à ce sujet. En 2002, l’onde de choc de la présidentielle, qui voit Le Pen accéder au second tour et le très mauvais score de Robert Hue marquent la fête. 2004 une exposition marquante : « Cent peintres pour un siècle d’Humanité. » En 2005 en France, victoire du Non lors du référendum sur la Constitution Européenne, qui anime la fête de cette année, mais ne trouve pas, faute de dynamique unitaire, de traduction politique. 70e anniversaire du Front populaire en 2006 dans une fête où l’on célèbre la victoire sur le CPE.

Le mouvement des sans-papiers prend de l’ampleur et marque une présence régulière à la Fête, y faisant une étape de leur Tour de France en 2001 avec l’appui de 131 écrivains. Ce sera aussi le cas du mouvement des intermittents du spectacle. La nouvelle scène, le rap et les musiques « actuelles » se font plus présentes sur scène : IAM, les précurseurs en 94, Manu Chao, Zebda, Sanseverino, MAP, Keny Arkana, Grand Corps Malade, Kery James, etc.. 2007 voit l’élection de Sarkozy et le très faible score de Marie-Georges Buffet. Après les grands traités signés à Rio et Kyoto la décennie précédente, les enjeux écologiques et le codéveloppement durable entre les peuples vont prendre une place croissante dans la Fête. Car cette décennie voit la multiplication des dérèglements climatiques et des catastrophes naturelles (ouragans, tremblements de terre, tsunami, etc.). D’innombrables initiatives porteront sur ces thèmes, notamment sur la question des OGM, comment nourrir la planète, la mondialisation ou comment concilier écologie et développement. 

Hommages à Mahmoud Darwich et Aimé Césaire et création d’un village de l’emploi à la Fête. Fin 2008, agression israélienne meurtrière contre la Bande de Gaza. Élection d’Obama, premier Président noir des USA. En 2009 sur la Fête, célébration du 150e anniversaire de Jean Jaurès et hommage au grand mouvement social des Antilles sous l’égide du LKP. Campagne pour la libération de Salah Hamouri. 70e anniversaire de la Retirada et présentation du film L’Armée du crime sur la grande scène avec Robert Guédiguian pour une Fête qui revient à ses sources.

Car la Fête de l’Humanité demeure, au-delà des évolutions de l’influence du PCF, un grand rendez-vous politique, social, artistique et culturel unique en France dont le succès ne se dément pas. Elle reste aussi un grand forum international où des générations de visiteurs ont pu parcourir le monde au gré des stands de la Cité internationale comme jamais ils n’auraient pu le faire autrement. Il en va de même pour l’accès à la culture, des grands noms de la musique aux remarquables expositions, en passant par le Village du Livre où chacun peut aller à la rencontre des auteurs. Une oasis de convivialité et de fraternité dans un monde sans pitié, c’est peut-être tout cela qui a inscrit la Fête de l’Humanité dans l’imaginaire collectif et lui permet de perdurer au-delà des vicissitudes des évolutions politiques et institutionnelles.

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