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Burkina Faso / Thomas Sankara

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guillaume allez vers le bas
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  Citer guillaume Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: Burkina Faso / Thomas Sankara
    Envoyé : 07 Oct 2007 à 23:15
Commemoration de l'assassinat de Thomas Sankara, samedi 13 octobre, 14 h place Georges Lyon à Lille (MRE)
Conférence avec le philosophe Miguel Benasayag - Projection du film de Robin Shuffield "Thomas Sankara, l'homme intègre"


ttp://leblogducsp59.over-blog.com

«Dans les sociétés occidentales hyperformatées, l’idée même de conflit n’a plus de place. Les conceptions de la vie commune tendent vers l’intolérance à toute opposition. Le minoritaire doit se soumettre à la majorité et, de plus en plus, contestataires et dissidents semblent relever de l’«anormal». (…) Analysant les différentes dimensions du conflit –entre nations, dans la société ou au sein même de l’individu-, les auteurs mettent à jour les ressorts profonds de la dérive conservatrice des sociétés postmodernes. (…) Nier les conflits nés de la multiplicité, ceux dont la reconnaissance fait société, c’est mettre en danger la vie» (L’éloge du conflit de Miguel BENASAYAG et Angélique del REY, édition La Découverte, 2007).

Le grave conflit qui a opposé durant 75 jours la soixantaine de sans papiers grévistes de la faim à la préfecture du Nord n’est-il pas révélateur des enjeux démocratiques posés par cet ouvrage philosophique ? En quoi le traitement répressif de la grève de la faim par le Préfet du Nord, au delà de l’aspect résistance des étrangers qui refusent la clandestinité imposée par les lois xénophobes, est-il une illustration éloquente du rejet des néo-conservateurs libéraux de toute opposition de la société civile à leur politique anti-sociale ? « L’éloge du conflit » questionne en effet le dérapage des néo-conservateurs qui cherchent la soumission par la force des mouvements sociaux et citoyens.
Au cœur du conflit majeur de cet été, il y a aussi la question du racisme d’Etat contre l’immigration Africaine, les travailleurs africains avec ou sans papiers. Des mauvais traitements infligés aux grévistes de la faim cet été au mini incident diplomatique entre Paris et Conakry, ne retrouve t-on pas la question des rapports de soumissions, de pillage du Sud par le Nord, de l’Afrique par l’Europe ? L’assassinat de Thomas SANKARA, il y a 20 ans, le 15 octobre 1987, n’est-il pas une des conséquences de la lutte entre les forces politiques démocratiques qui s’opposent en Afrique même pour libérer les peuples africains du joug oppressif des Multinationales et des dictatures et pour développer l’Afrique, condition sine qua non de « l’arrêt de l’émigration » ?
Soyons Nombreux pour réfléchir, échanger dans l’action continue pour la régularisation de tous les sans papiers.

Premiers signataires : CSP59, Librairie l’Harmattan, Collectif Afrique, Les Indigènes de la République, Coordination Communiste 59-62, Mrap, CRI, Ldh, Cordillera, ATNF, AFPS etc

Edité par T 34 - 02 Sep 2011 à 00:00
Les trotskistes? Nous avons pris des mesures contre ces gens qui ne représentent rien (...) et continuent sur des positions d'extrême gauche à gêner le développement de notre Révolution - Che Guevara
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  Citer Ares Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Oct 2007 à 20:49

JRCF et PRCF de Grenoble ont participé ce soir à 18h à un rassemblement commémorant l'assassinat de Sankara devant la mairie de Grenoble.

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Oct 2007 à 10:01
La mémoire du premier président du Burkina Faso, assassiné en 1987, demeure vivante dans le continent africain et ailleurs.

« El Che negro », le Che noir… Expression utilisée par plusieurs titres de la presse mexicaine commentant le coup d’envoi de la caravane « Mémoires de braise et futur, Tom Sank 2007 ». Celle-ci doit, après le Mexique, passer d’un continent à l’autre pour arriver à Ouagadougou le 15 octobre prochain, date anniversaire de l’assassinat de celui qui fut le premier président du Burkina Faso de 1983 à 1987 (« pays des hommes intègres », appellation choisie pour rompre avec la vieille dénomination, Haute-Volta, héritée de l’administration coloniale).

Une telle initiative ne manque pas de créer la surprise dans notre pays, où tout est fait pour effacer le souvenir d’un révolutionnaire africain qui osa dénoncer les liens de dépendance pérennisés parce qu’il est désormais convenu d’appeler la « Françafrique », ce que l’Élysée et ses premiers lieutenants africains - les chefs d’État marocain, ivoirien ou gabonais - ne lui pardonneront pas. Vingt ans après sa mort, Thomas Sankara demeure chez nous un homme à marginaliser, quand on ne choisit pas la calomnie pure et simple afin de mieux le diaboliser.

« Sankara ne figure pas à la lettre S dans le dictionnaire Larousse, où l’on rencontre presque tous ceux qui ont marqué le monde de leur oeuvre, bonne ou mauvaise », observe Koulsy Lamko, coorganisateur avec la famille Sankara de « Mémoires de braise et futur ». Comme s’il y avait volonté de gommer de la mémoire collective celui qui fut « le précurseur du mouvement altermondialiste qui se développe aujourd’hui », poursuit le dramaturge tchadien. « L’Afrique doit se souvenir et non se couler dans l’amnésie. Se rappeler est plus que jamais nécessaire, maintenant que nos fossoyeurs nous invitent à oublier que nous avons longtemps été esclaves, colonisés, que nous sommes néocolonisés et exploités dans nos esprits, nos chairs et la chair de nos terres. Réécoutez le discours de Sarkozy à Dakar si vous n’êtes pas convaincu » (1)…

Assigné à résidence en 1983 par le président alors en place, Thomas Sankara est libéré par une insurrection à laquelle prirent une part active les officiers du Roc (Rassemblement des officiers communistes), groupe bien évidemment clandestin qu’il avait contribué à créer (« sans formation politique, un militaire n’est qu’un criminel en puissance », a un jour déclaré celui qui avait grade de capitaine). Placé à la tête du CNR (Conseil national de la révolution), il accède à la tête de l’État en août de la même année. Il met aussitôt en place une politique de projets ponctuels multiples visant le développement à la base et l’autosuffisance alimentaire (l’aide n’est que « calvaire pour les peuples », déclare-t-il à un François Mitterrand ulcéré de tant d’insolence).

Cette volonté de promouvoir la consommation de produits locaux au détriment des importations est parfois symbolisée par l’expression « Faso Dan Fani », une mode vestimentaire valorisant le coton produit localement au lieu de l’exporter à l’état brut. Une orientation qui lui vaut beaucoup d’ennemis puissants à l’échelle internationale. Simultanément, son gouvernement met l’accent sur les problèmes de santé (vaccinations), de l’école et l’exigence d’une réforme foncière. Autre priorité affirmée, la condition des femmes avec, notamment, l’interdiction de l’excision. Sur le plan diplomatique, le Burkina affiche des sympathies qui finissent d’exaspérer les capitales occidentales. Envers Cuba, la Libye ou la Chine, en particulier.

15 octobre 1987, un putsch dirigé par l’un de ses proches, Blaise Compaoré qui lui succédera à la tête de l’État, met fin à cette expérience radicalement nouvelle sur le continent africain. Sankara subit le sort du Congolais Lumumba, qui, lui aussi, était entré en dissidence contre l’ancienne puissance tutélaire (Belgique) et s’était rapproché de ce que l’on appelait alors le camp socialiste. « Mais l’avenir reste ouvert, juge l’économiste Samir Amin, évoquant d’autres tentatives progressistes dans la sous-région. Le Burkina Faso est, comme le Mali et le Ghana, en état d’attente » (2). À l’instar de Guevara, Sankara est toujours chanté en Afrique : « Le coq dressé sur ses ergots, annonçant l’aube, le réveil du village. » (3)

(1 et 2) Cf « Avec lui, nous ne ramperions pas ! », interview de Koulsy Lamko publiée par la revue Afrique-Asie, dans son numéro d’octobre 2007.

(3) Bir ki mbo (le démiurge), chanson écrite et interprétée par Koulsy Lamko en 1997, pour un CD rendant hommage à Thomas Sankara.

http://www.chez.com/birkimbo

Jean Chatain
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Apr 2009 à 19:37
 
(source : AFP 29/04/09)
 
Une grève “illimitée” déclenchée en fin de semaine dernière au Burkina Faso par les salariés de la branche locale de Total a entraîné, ces derniers jours, la formation de longues files d’attente dans les stations-services encore fonctionnelles à Ouagadougou.

La capitale burkinabè est confrontée depuis vendredi à des difficultés d’approvisionnement en carburant, consécutives à la grève “illimitée” des travailleurs de Total Burkina SA, filiale du groupe pétrolier français Total, qui exigent la “réintégration” de leur porte-parole licencié suite à un sit-in.

Globalement, les travailleurs réclament le paiement d’une “prime de bilan” pour les résultats de Total au Burkina et l’adoption d’une “nouvelle grille salariale”.

Les 75 stations-services Total sont restées fermées depuis vendredi à travers le pays. La presse locale faisait état mercredi de pénurie de carburant notamment dans deux villes de l’ouest, Dédougou et Banfora.

“Je suis tombé en panne d’essence depuis Goughin (quartier est de Ouagadougou), il a fallu pousser mon +char+ jusqu’ici pour avoir du +jus+” se plaignait mercredi un habitant de la capitale interrogé par l’AFP, Boubacar Ouédraogo.

Total, installé au Burkina depuis 50 ans, a publié des résultats nets de 1,6 milliard de francs CFA en 2008 (2,4 millions d’euros), contre 2,4 milliards en 2007 (3,6 millions d’euros), selon le directeur commercial de Total Burkina SA.

Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Nov 2010 à 00:05
 

” Il faut proclamer qu’il ne peut y avoir de salut pour nos peuples que si nous tournons radicalement le dos à tous les modèles que tous les charlatans de même acabit ont essayé de nous vendre 20 années durant. Il ne saurait y avoir pour nous de salut en dehors de ce refus là. Pas de développement en dehors de cette rupture là. Il faut ranimer la confiance du peuple en lui-même en lui rappelant qu’il a été grand hier et donc, peut-être aujourd’hui et demain. Fonder l’espoir ". Thomas Sankara

Quinze octobre 1987, qui se souvient qu’il a fait un peu plus froid même sous les tropiques ? Comme si une main glaciale avait étreint nos souffles. Qui remémore le fait que le monde a semblé s’arrêter ? Qui se rappelle le fait que beaucoup sont descendus du train de l’espoir croyant le message mort avec le messager ?

Le quinze octobre 1987, le héros est tombé. Nos vingt ans se sont pétrifiés comme se figeaient nos espoirs.

Etait-il possible que l’Afrique n’ait pas d’autre solution que l’acceptation servile de définitions d’elle-même et de sa destinée par d’autres ? Etait-il possible que la seule possibilité qui nous soit accessible soit celle d’accepter le mépris et l’offense faite à l’Afrique sans réagir ?

Etait-il possible que notre Thomas n’ait été qu’un combattant contre des moulins à vents le temps d’être arrêté ?

Etait-il possible que la funeste et tentaculaire Françafrique ait eu à toujours le dernier mot sur nos destinées d’Afrique ?

Il a soufflé sur nos cœurs un vent paralysant.

Isidore Noël Thomas SANKARA était devenu en quelques années le visage de nos rêves d’Afrique. Orateur exceptionnel il savait nous toucher dans ce que nous avions d’essentiel : notre africanité, notre dignité, notre humanité, notre appartenance pour une partie de la jeunesse à la gente féminine. Nous avions vingt ans et voici qu’un homme nous offrait par son regard, son action et ses mots des lendemains autres que le fait de marcher sur les sentiers largement battus de l’Afrique aux ordres.

Isidore Noël Thomas SANKARA, figure de la liberté, de la dignité, de l’audace, d’une jeunesse autrement. Les François Mitterrand et autres Félix Houphouet Boigny auraient voulu le réduire au rôle du jeune agité utopiste et incontrôlable. Ils auraient voulu que l’on ne voie en lui que cela. Mais voilà, Sankara était porté par un feu qui parlait aux braises de nos désirs de liberté et, en nous se levait un feu pour la terre mère, pour nos nations.

Il est une jeunesse en Afrique, jeunesse d’hier ou d’aujourd’hui qui n’a pas pour ambition de revêtir le costume de l’oncle Tom en singeant l’occident et ses valeurs. Cette jeunesse n’a pas pour fin l’entrée dans les schémas allogènes de la réussite au point de ne plus se soucier des intérêts du pays ou du continent. La force de la jeunesse c’est sa capacité à embrasser avec passion des idéaux élevés. Que communiquons-nous à notre jeunesse, laissons passer le souffle de Thomas.

Thomas Sankara a été une voix quasi prophétique pour réveiller nos esprits en somnolence pour les inviter à repenser l’Afrique autrement et avec espérance. «  La plus grande difficulté rencontrée est constituée par l’esprit de néo-colonisé qu’il y a dans ce pays. Nous avons été colonisés par un pays, la France, qui nous a donné certaines habitudes. Et pour nous, réussir dans la vie, avoir le bonheur, c’est essayer de vivre comme en France, comme le plus riche des Français. Si bien que les transformations que nous voulons opérer rencontrent des obstacles, des freins  » Thomas Sankara
Oh il ne caressait pas l’auditoire dans le sens du poil. Il lançait des défis par les mots. « Ces aides alimentaires (…) qui installent dans nos esprits (…) ces réflexes de mendiant, d’assisté, nous n’en voulons vraiment plus ! Il faut produire, produire plus parce qu’il est normal que celui qui vous donne à manger vous dicte également ses volontés. » 1ère conférence nationale des CDR, 4 avril 1986.

Les « aînés » africains et autres gouvernants français auraient aimé réduire sa passion et sa fougue en une exaltation de quelque illuminé, mais l’homme avait sur le monde plus qu’une œillade, il avait un regard, une vision.

Il a osé parler de et à l’occident avec fermeté : « Le pillage colonial a décimé nos forêts sans la moindre pensée réparatrice pour nos lendemains” 1983, Paris, Conférence Internationale sur l’arbre et la forêt.

Il s’est arrogé le droit de dénoncer et de s’attaquer aux fondations de la Françafrique. « Le système néocolonial tremble quand le peuple devenu maître de sa destinée veut rendre sa justice ! » (T. Sankara)

La pieuvre ne pouvait rester inerte elle avait un tentacule prénommé Blaise qui a opportunément oublié que Thomas et lui avaient été amis. Le tentacule osera nier cette amitié après le crime odieux. Thomas est tombé, Compaoré peut régner. Oui mais voilà après la tétanie, après la pétrification, après les colères et autres désespoirs, la voix et le souffle de Thomas éveillent encore et toujours nos esprits. Compaoré et ses comparses gouvernent (si l’on peut dire) des pays, mais ils ne règnent pas sur nos libertés de penser et d’envisager l’Afrique. Thomas et ceux qui l’on précédé ont frayé des chemins de liberté dans nos conscience. Ils ont tué un homme, ils ne l’ont pas vaincu pour autant.

Le message de Thomas Sankara était plus grand que les limites de sa peau, il continue à rappeler aux jeunes et moins jeunes qu’une Afrique autrement est possible. Les meurtriers coupables et ou complices de son assassinat n’ont pas tué le rêve ils en ont différé juste la réalisation. Un homme est mort mais il a semé des pousses d’espoir et par toute l’Afrique se lèvent et se lèveront des femmes et des hommes animés de cette sainte jalousie pour l’Afrique et qu’elle le veuille ou non la pieuvre lâchera prise et ira étendre ses ignobles tentacules ailleurs.

« Tuez Sankara, des milliers de Sankara naîtront ! » disait Thomas Sankara.
Nous sommes des Thomas Sankara en puissance. Pour la cause de l’Afrique panafricaine et libre nous devons laisser passer le souffle qu’il portait.
Respects profonds et reconnaissants à ta mémoire Isidore Noel Thomas SANKARA. Que le souffle qui animait tes combats se ranime avec force ce jour et pour la suite des temps afin que l’Afrique notre Afrique se lève comme un seul homme pour refuser désormais pour refuser toute cession sur les terrains de la liberté et de la dignité.
Aussi imparfait qu’il ait été, sa fougue et ses erreurs ne l’avaient pas changé dans sa passion pour une Afrique libre et digne. Il avait rêvé l’Afrique autrement, le nom de son pays aujourd’hui est un écho de son rêve : le pays des hommes intègres.

Sommes-nous prêts à reprendre le flambeau. Le choc brutal de l’annonce de sa mort est passé, l’Afrique attend. Qu’il ne soit pas mort pour rien, pas plus que Lumumba, Nyobe, Biko et les autres.

Nous appelons des dirigeants sur le modèle de Sankara.
Sa vie, son passage élèvent notre niveau d’exigence quant à nos dirigeants.
A BAS LA FRANCAFRIQUE ! VIVE L’AFRIQUE LIBRE DIGNE ET SOUVERAINE.

Nous sommes Sankara
Nous sommes des héros qui ne demandons qu’à nous lever. Mais nous l’ignorons souvent.
Nous sommes africains.
Nous sommes l’Afrique.
A nous de nous lever et aux héros tombés sur le champ d’honneur de reposer en paix.
 
Vous pouvez signer l'appel pour la réouverture de l'enquète sur l'assassinat de Thomas Sankara, déjà signé par : José Bové, Tiken Jah Fakoly, Eduardo Galeano, Didier Awadi, Jean Ziegler, Guy-Patrice Lumumba, Sams’K Le Jah, Eric Toussaint, Alain Lipietz, Michel Collon, Nicole Kiil-Nielsen, entre plus de 4000 signature...
 
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Mar 2011 à 22:26

Burkina faso - La jeunesse se soulève

 

Harana Pare

 
 

La jeunesse se révolte au Burkina-Faso, depuis le début de la semaine qui s’achève, sans que les grands tambours occidentaux ne soufflent mot.

 
Plus que tout, les révoltes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient préoccupent ces grands canaux de la désinformation mondiale qui savent se taire sur les causes réelles et les vrais acteurs de ces contestations populaires que l’on cherche à désarmer et dont on sent des frémissements jusqu’en Afrique noire où les mécontentements se sont accumulés au fil des ans.
 
 
C’est déjà le cas au Burkina-Faso où à Koudougou, dans le centre-ouest, le décès d’un jeune (Justin L. Zongo) dans les locaux de la police a mis le feu aux poudres. Depuis lundi 21 février, la jeunesse est dans un état de révolte électrique dans la ville, où confrontée à la violence de la répression policière qui a fait de nombreux tués par balles dans ses rangs, elle a saccagé et mis le feu au siège du gouvernorat de la province. Sur place, les autorités locales s’employaient toujours à calmer l’inacceptable, par des mensonges et des omissions de responsabilités quant aux brutalités du régime Compaoré. Le bilan s’est alourdi : à ce jour, il est de 5 morts, en plus d’au moins, une centaine de blessés dont certains dans un état grave. La révolte fait tache d’huile. Elle s’étend désormais à Ouagadougou, la capitale ainsi qu’à d’autres villes de provinces comme Poa, Ouahigouya et autres.
 

Au-delà de tels symptômes éruptifs, la raison profonde de cette contestation de la jeunesse est évidente : depuis 1987, année de l’assassinat brutal de Thomas Sankara et de l’inversion réactionnaire du processus révolutionnaire décapité à gauche de la façon la plus sanglante et crapuleuse, le régime usé jusqu’à l’os par l’incurie, la corruption et toute une série de brutalités sans nom, se maintient malgré tout, grâce à la politique du bâton et de la carotte.
 

Dans ce contexte, les frustrations de la jeunesse et le délitement social généralisé se sont dangereusement accumulés. La base de cette accumulation est traversée par des courants inouïs d’hostilité souterraine qui, par moment, profitent d’évènement déclencheurs pour remonter à la surface sous forme de révoltes contre le régime qui caporalise l’Etat à son seul profit.
 
 
Et c’est le cas ici, où curieusement et sans surprise, les médias dominants français ou occidentaux et les antennes diplomatiques de toutes ces grandes « Démocraties », comme à leurs habitudes, quand il s’agit de défendre des intérêts concrets néocoloniaux et impérialistes, ne voient rien de ce qui se passe dans le pays. Ils sont juste atteints de cécité ou de myopie passagère qui les empêche de regarder en face, là où la vraie nature du régime Compaoré s’est toujours dévoilée. Un régime de tyrannie redoutablement efficace et missionné à défendre les intérêts stratégiques français en Afrique de l’Ouest. Et voilà pourquoi, on lui déroule à l’Elysée, le tapis rouge du sang de nos peuples.
 

Qu’il affame son peuple ou réprime sa jeunesse, n’est pas le principal ; ce qui importe est qu’il serve les intérêts néocoloniaux jusqu’à l’obsolescence de son pouvoir. En attendant, on se contente d’agiter, sous son nez, des hochets de principes d’ordre humanitariste qu’il sait compléter lui-même, pour faire bonne figure, par une série de mascarades électorales qui sauvent l’essentiel : 24 ans de tyrannie prédatrice, affairiste et protectrices des intérêts néocoloniaux.
 
 
Voilà pourquoi l’Occident et ses institutions du capitalisme mondialisé l’encensent, s’activent à le missionner en médiateur dans les crises et guerres civiles africaines que le néocolonialisme provoque et mène localement en sous-mains. Bref, la bonne affaire ! Voilà encore un Africain exceptionnel : une aubaine pour l’Occident mais un danger pour les peuples d’Afrique dont on assassine dans l’impunité les filles et fils gênants pour les intérêts occidentaux.

 
De ce point de vue, l’exceptionnalité de Blaise Compaoré dans les milieux néocoloniaux en Occident confirme sa stature de prédateur exceptionnel, adoubé par eux et reçu dans leurs loges, comme tant d’autres, en parfait négro-maçon et décorés à souhait de toutes sortes de breloques qui flattent l’infantilisme et perdent la tête et la raison à la fois.
 

Dans ces conditions, le système répressif qu’il met en branle régulièrement au Burkina-Faso, peut continuer à se déployer en toute impunité jusqu’au jour où il devra des comptes. En attendant, des familles pleurent actuellement, dans la douleur insupportable, la mort de leurs enfants : de jeunes manifestants simplement en colère contre l’avenir indigne et bouché qu’on leur projette.


Devant ces constats horribles, où est la presse française prompte à intoxiquer, hier sur le Rwanda et aujourd’hui sur la Côte d’Ivoire ? Mais cette question n’est pas une demande d’ingérence armée ou humanitaire-humanitariste dans les affaires africaines. Elle est plutôt une invitation à sortir du jeu des connivences d’intérêts ligués contre l’avenir des peuples d’Afrique et celui de leurs jeunesses.
 

A ce niveau, les silences, les amalgames, la confusion des genres et les manipulations médiatiques ou diplomatiques restent à l’évidence des signes d’accompagnement de la politique d’étouffement social que le régime Compaoré impose à tout un peuple. Grand ami africain de la France, Blaise Compaoré est depuis octobre 1987, l’épine dorsale de la Françafrique, après avoir décapité, le processus révolutionnaire du capitaine Thomas Sankara qui, on le sait, n’arrangeait pas les affaires du néocolonialisme franco-africain et de l’impérialisme.

 
Non content d’imposer la désespérance sociale aux Burkinabè, Blaise Compaoré est devenu aujourd’hui le cheval de Troie de la France dans la crise ivoirienne. Ancien putschiste armé contre la démocratie chez lui-même, il est missionné par Sarkozy pour défendre celle-ci en Côte d’Ivoire ; c’est-à-dire régler une crise d’élections formelles par les moyens de la guerre contre la volonté et la souveraineté de la nation, de l’Etat et des institutions ivoiriennes.


Une telle mission au contenu de classe les plus réactionnaires, si elle aboutissait, serait un précédent dangereux pour l’Afrique, en termes d’ingérences armées, occidentales, futures dans les affaires africaines. Les régressions politiques et sociales qui en résulteraient, conforteraient bien de convictions racistes qui, par clichés coloniaux et inepties culturelles occidentales, prétendent que « l’Afrique n’est pas encore rentrée dans l’Histoire. »
 
 
"La bonne blague pour justifier de nouvelles missions civilisatrices en Afrique !"
 
Bien sûr, ce jeu pervers auquel Blaise Compaoré se prête, vise deux objectifs politiques mesquins : faire diversion sur ses propres échecs à domicile et pérenniser dans le même mouvement, les intérêts de l’impérialisme français et occidental au Burkina-Faso, en Côte d’Ivoire et ailleurs dans la sous-région. Et il vaut mieux à ce niveau qu’il échoue. Sa réussite dans ce pari compromettrait gravement la paix et l’avenir commun de nos peuples.
 

Aussi, l’Afrique consciente des enjeux en cours à la responsabilité de rappeler à Blaise Compaoré qu’il ne peut continuer de se tromper de combat ; et c’est ce que lui dit la jeunesse burkinabè à Koudougou, à Ouahigouya, à Poa, à Ouagadougou malgré les balles assassines de sa police. Pour la énième fois, celle-ci tire sur la colère sociale à main nue, à un moment où il est plus qu’urgent pour le régime de se préoccuper de la question sociale en interne à domicile.
 

La jeunesse reste en droit de se dresser contre l’impunité, la corruption et l’affairisme clanique prédateur que son pouvoir a institués en système ; et qui le minent. Elle est en droit de rejeter le chômage et la précarité de masse qu’on lui propose comme plan d’avenir.
 
 
Aussi, l’intensification de la répression et la fermeture des école ou des universités, depuis le mardi 22 février, ne sauraient tenir lieu de réponses à cette jeunesse en quête de sens à sa vie, de réalisation de soi, de reconnaissance et d’émancipation par le travail, la culture… ; ni aux masses qui aspirent à l’accès aux soins de santé, à l’alimentation et à l’eau potable, à un système éducatif et scolaire désaliéné, à l’habitat décent et aux services publics de qualité, … ; en somme tout l’inverse de ce qu’elles vivent de nos jours.
 

Les fausses promesses faites, lors des mascarades électorales, n’y ont jamais rien changé. Dans la réalité, les travailleurs des villes et des campagnes rament à trouver des solutions aux problèmes de l’existence quotidienne : se nourrir, se loger, se soigner, se vêtir, se déplacer ou se cultiver tout simplement. A aucun de ces niveaux, le bilan du régime en place depuis 1987, n’est glorieux. Seules les couches dominantes qui accaparent les ressources par les moyens de l’Etat s’en sortent.
 

La corruption, les assassinats extrajudiciaires, le clientélisme prédateur ont achevé de miner les institutions et de cadenasser nombres de consciences individuelles. La jeunesse, confrontée à la précarité et au chômage de masse, n’a plus foi en l’avenir. Au quotidien, les travailleurs des villes et des campagnes sont tenus à la gorge par les exigences des plans d’ajustement structurels imposés par le FMI. Dans ce décor de ruine, le régime continue de laminer et d’intimider une opposition politique éparpillée, tenue en cage par lui, ou acculée à jouer, pour l’extérieur, les rôle de faire valoir à une façade démocratique décrépie.
 

Derrière cette façade délavée, le régime, même usé jusqu’à l’os, conserve encore l’abominable énergie qui lui reste : celle des répressions brutales contre les travailleurs, les scolaires et les étudiants ou les opposants politiques ; bref, contre le peuple Burkinabè qui, face à un pouvoir socialement malfaisant, n’a jamais désarmé dans ses luttes pour l’émancipation.

Émeutes au Burkina-Faso

Burkina Faso : Koudougou à feu et à sang 

Cinq tués dans de violentes manifestations après la mort suspecte d’un élève 

Koudougou, la troisième ville du Burkina Faso, à 100 km à l’ouest de Ouagadougou, brûle depuis mardi. Des milliers de jeunes ont affronté jeudi la police. Bilan : cinq manifestants tués, de nombreux blessés graves, les locaux du gouvernorat et une douzaine de véhicules incendiés. À l’origine de cet accès de fièvre subit, la mort dans des conditions troubles, de l’élève Justin Zongo.

 

Situation quasi-insurrectionnelle à Koudougou et ses environs. Jeudi, deux élèves et un policier ont été tués à Poa et à Kindi, alors qu’au même moment les manifestants séquestraient les policiers de Réo, à une dizaine de kilomètres de Koudougou, d’où est parti, mardi, un vaste mouvement de contestation populaire suite à la mort «suspecte», dimanche, de l’élève Justin Zongo. Mercredi déjà, de violentes manifestations avaient opposé les forces de l’ordre à des milliers d’élèves et d’étudiants à Koudougou. Deux manifestants avaient été tués au cours des échauffourées qui ont fait de nombreux blessés de part et d’autre. Selon certains manifestants et des agents de santé, cités par le quotidien L’Observateur Paalga, la police aurait fait usage de balles réelles. Dans leur colère, les manifestants ont incendié une douzaine de véhicules appartenant à la police, à la gendarmerie et au gouvernorat de la région du Centre-Ouest dont ils ont réduit les bureaux en cendres.

Des versions contradictoires

À l’origine de cet accès de fièvre subit, la mort de Justin Zongo, décédé dans des conditions troubles. La famille du défunt, soutenue fortement par la rue, affirme que Justin Zongo a rendu l’âme suite aux sévices corporels que lui aurait fait subir la police. L’infortuné y avait été convoqué fin décembre début janvier, après la plainte déposée contre lui par Aminata Zongo, une de ses camarades de classe, avec qui il avait eu une altercation. La thèse de la bavure policière est formellement rejetée par les autorités locales qui évoquent plutôt la méningite, comme cause de la mort de Justin Zongo.

Dans un communiqué radiodiffusé mercredi, à l’issue de l’hebdomadaire Conseil de ministres, le gouvernement burkinabè a réaffirmé la thèse de la méningite et «condamné fermement ces actes de vandalisme». Il a invité les étudiants au calme et à la retenue tout en promettant que «des enquêtes seront diligentées avec la contribution de toutes les parties afin de situer les responsabilités pour une suite judiciaire». Ces appels au calme n’ont pas été entendus à Koudougou plus qu’ailleurs. L’embrasement a gagné d’autres villes dont notamment Ouagadougou et Ouahigouya, où des élèves ont investi les rues, obligeant le gouvernement à fermer les écoles jusqu’à lundi.

Leur presse (P. Boureima Salouka,
 Afrik.com),  25 février 2011.

Manifestations à Koudougou

La contagion gagne Ouagadougou, Ouahigouya, Poa…

À la suite du décès d’un élève, imputé par ses camarades et sa famille à la police, Koudougou a connu mardi et mercredi 48 heures de manifestations qui se sont soldées par des morts et plusieurs blessés. Hier la tension était retombée dans le chef-lieu de la région du Centre-Ouest (dont le gouvernorat a été incendié) tandis que la contagion semblait gagner d’autres localités du Burkina, dont Ouagadougou, Ouahigouya ou encore Poa, où un élève a été tué.

Deux élèves et un policier morts à Poa et à Kindi

Koudougou s’est réveillée hier jeudi dans une sorte de torpeur, provoquée, entre autres, par le décès de deux manifestants. Comme nous le disions dans notre édition d’hier, le bilan est très lourd. Si un calme précaire règne à Koudougou, la contestation a gagné les autres localités de la province, où des manifestations sont organisées par les scolaires. Des scolaires, touchés par balles réelles tirées par des policiers, sont morts à Poa et à Kindi.

On ne sait vraiment pas ce que les jours à venir nous réserveront, tant la tension est palpable. Les rencontres succèdent aux rencontres à la recherche de la formule magique pour éteindre l’incendie de la contestation scolaire. Les étudiants sont également dans une dynamique de concertation pour faire le point des dégâts dans leurs rangs. Ces dégâts, on s’en doute, sont essentiellement humains. Au niveau du CHR de Koudougou, on a enregistré 30 blessés pour la journée du mardi 22 février et 64 autres pour la journée du mercredi ; soit 94 en deux jours de fronde. Ces blessés sont majoritairement des élèves et des étudiants. Trois étaient dans un état critique et ont été évacués à Ouagadougou.

Comme on le sait déjà, deux manifestants ont trouvé la mort : il s’agit d’Assad Ouédraogo, né le 5 août 1993, élève en classe de 3e au lycée municipal, et d’un autre toujours gardé à la morgue et dont on ignore l’identité. Par ailleurs, parmi les évacués à Ouaga, un étudiant de 1re année d’économie à l’Université de Koudougou aurait succombé. On a appris que deux agents, blessés grièvement, ont été évacués à Ouagadougou. Calme à Koudougou certes, mais les autres localités de la province du Boulkiemdé ont pris le relais. Dans presque toutes les localités, les scolaires sont descendus dans les rues et se sont heurtés aux agents de sécurité.

Là aussi, le bilan est macabre : à Kindi (50 km de Koudougou), un élève du nom de Michel Bouda, 16 ans, de la classe de 4e, a succombé, touché par des balles en plein cœur. Un autre, Bougouma Kuilga, de la classe de 5e, a été blessé à la main et soigné sur place au CSPS de Kindi. En réplique, les élèves ont fait le tour de la ville, saccageant des maisons et brûlant les biens mobiliers et immobiliers des policiers.

Autre point chaud, Poa (25 km de Koudougou) : Là-bas, un écolier du CE2 qui traversait la route pour faire une commission a été touché par des balles et en est mort. Un commerçant de Poa a reçu trois balles au niveau des membres supérieurs et à la poitrine. Le policier qui a tiré a été pourchassé et lynché alors qu’il avait trouvé refuge dans la maison d’un agent de santé. À Réo (15 km de Koudougou), des manifestants ont incendié le commissariat de police et le haut- commissariat.

À Nandiala (25 km de Koudougou) et à Kokologho (55 km de Koudougou), des manifestations ont été organisées avec fort heureusement des bilans moins dramatiques. Espérons que les différentes médiations entreprises par les autorités de la place, les sages de Koudougou et les leaders d’opinion permettront d’éteindre cette crise qui commence à se généraliser et à prendre des proportions inquiétantes. Quand nous tracions ces lignes, la tension n’était pas totalement retombée dans ces localités, surtout à Kindi, où les manifestants étaient toujours dans la rue et se livraient à la destruction de certains biens publics et privés.

Cyrille Zoma

… à Ouagadougou

L’onde de choc

Les élèves de la capitale se sont joints au mouvement de protestation de Koudougou consécutif au décès de Justin Zongo. Hier, jeudi 24 février 2011, plusieurs dizaines de lycéens sont allés réclamer «Justice, vérité et égalité» à leur ministère de tutelle puis au palais de justice.

«Justice», «lumière», «vérité». Ce sont les mots qu’ont écrits à la craie sur le pavé de la cour et une partie de la terrasse du bâtiment abritant le ministère des Enseignements secondaire et supérieur et celui de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation les élèves qui ont envahi l’enceinte de leur ministère de tutelle hier, jeudi 24 février 2011, aux environs de 10 heures.

Auparavant, ils sont passés à la télévision nationale pour tenter de faire passer leur message. Ils sont même parvenus aux portes de l’immeuble abritant le ministère mais n’ont pas pu y pénétrer. Selon le directeur de la Communication et de la Presse ministérielle (DCPM) du ministère des Enseignements secondaire et supérieur, Aboubacar Sy, que nous avons joint au téléphone, les lycéens ont exigé de voir les ministres.

Ces derniers étant en réunion en ville, il aurait proposé aux manifestants de rencontrer leurs représentants en vue de recueillir leurs revendications afin de les transmettre à qui de droit. La désignation de ces représentants aurait été finalement réfutée par la foule réclamait haut et fort : «Vérité et justice». Les lycéens ont ensuite quitté le ministère pour prendre la direction du palais de justice.

Lorsque nous les avons rejoints sur l’avenue Kwame-N’Krumah à la devanture du palais, nous avons été littéralement assailli, chacun voulant placer un mot ou sa phrase choc. «Il faut l’écrire dans votre journal : si justice n’est pas rendue, nous allons nous rendre justice nous-mêmes», crie l’un d’entre eux. «Si la justice ne fait pas bien son travail, nous allons passer d’un État de droit à un État d’exception», renchérit un autre. Aux autorités administratives de la région du Centre-Ouest, les élèves entendent donner une leçon de biologie : «On n’a jamais vu la méningite en février. S’ils n’ont pas fait la 3e, qu’ils viennent nous voir nous leur expliquerons comment se manifeste la méningite.»

À vue d’œil, les manifestants venaient de différents établissements de la capitale, car rien qu’à regarder les uniformes, on pouvait distinguer, entre autres, des élèves du lycée technique de Ouagadougou (LTO), du lycée Philippe-Zinda-Kaboré (LPZK), et du lycée Bogodogo. «La lutte continue tant que justice n’est pas faite !», criaient-ils en quittant les lieux. Ambiance.

Hyacinthe Sanou

… à Ouahigouya

Des élèves dans la rue

Les élèves des différents établissements secondaires de la ville de Ouahigouya ont déserté les classes la matinée du jeudi 24 février 2011 pour demander des éclaircissements sur les circonstances du décès de leur camarade Justin Zongo à Koudougou et celui des deux étudiants de la même ville. Ils exigent également la libération des élèves incarcérés par suite des différentes manifestations à Koudougou.

 

Rassemblés à la place de la nation, les frondeurs ont multiplié les va-et-vient entre la résidence du gouverneur de la région du Nord, le siège du conseil régional, la direction régionale de la police nationale, le commissariat central et la mairie de Ouahigouya. Multipliant les slogans liberté et justice, les jets de pierres, brûlant par–ci par-là des pneus sur certaines chaussées, les élèves ont fait le «chaud» une heure durant sans être inquiétés par les forces de sécurité.

Après avoir cassé les vitres de la guérite du conseil régional, certains se sont introduits dans l’enceinte de la direction régionale de la police du Nord, où ils ont essayé de défoncer les fenêtres du bâtiment principal, pendant que d’autres cassaient les ampoules et brûlaient des pneus devant et à l’intérieur. Un chauffeur de l’Administration conduisant un véhicule fond rouge, qui a voulu se frayer un passage dans la foule, a vu briser les vitres de son véhicule. Acculée, la police a dispersé les manifestants à coups de gaz lacrymogène.

Après cette sortie, la police s’est repliée, les laissant faire le pied de grue à la résidence du gouverneur puis devant le commissariat central. Ils sont revenus aux environs de 11 heures contraindre les commerçants en face de la place de la Nation à fermer boutique avant de se disperser. Il faut signaler que cette manifestation des élèves a fortement perturbé la cérémonie d’ouverture de l’atelier de validation du rapport provisoire du plan stratégique décennal de modernisation de l’État et de son premier plan d’action.

La cérémonie d’ouverture, qui était prévue pour 8h30 à la salle de conférences du conseil régional du Nord, n’a pu se tenir. Les autorités ont préféré éviter la confrontation en ne se présentant pas à la cérémonie. C’est finalement aux environs de 13 heures que le ministre Soungalo Ouattara est arrivé sur les lieux de la rencontre. Aux dernières nouvelles, les autorités locales auraient rencontré les responsables des élèves afin de calmer les esprits.

Emery Albert Ouédraogo 
Leur presse (L’Observateur Paalga), 24 février.

Manifestations d’élèves et d’étudiants à Koudougou: L’ANEB égrène un chapelet de revendications
 
 
(L'Observateur Paalga 01/03/2011)

A l’appel de l’Association nationale des étudiants du Burkina (ANEB), les étudiants et les élèves sont encore sortis nombreux, hier matin, pour réclamer vérité et justice pour Justin Zongo et les autres manifestants tués lors des affrontements des mardi 22 et mercredi 23 février 2011.

Dans une déclaration remise au secrétaire général du Boulkiemdé, l’ANEB a égrené un chapelet de revendications, puis les manifestants se sont dispersés dans le calme.

On peut d’ores et déjà se réjouir que cette manifestation se soit déroulée dans le calme. En effet, aucun incident n’a été déploré sur tout le trajet emprunté par les élèves et les étudiants. Cependant, durant la marche, les manifestants scandaient des slogans et brandissaient des pancartes hostiles au régime de Blaise Compaoré et aux autorités locales.

Dans les rangs, on a aperçu des responsables et militants locaux de l’UNDD. Cela n’a rien d’étonnant puisque Hermann Yaméogo, lors d’une conférence de presse tenue à Koudougou, le dimanche dernier, avait marqué sa solidarité avec la lutte des scolaires et étudiants et avait instruit les structures locales de son parti à se joindre à toute initiative qui viendrait à être organisée dans ce sens.

Au haut- commissariat, le président de l’ANEB, Francis Nikièma, a lu la déclaration avant de la remettre au secrétaire général de la province, Justin Omer Balima.

Dans cette déclaration, les manifestants ont reproché aux autorités d’avoir refusé de les écouter et de répondre par la répression qui n’a épargné les étudiants, ni les élèves ni toute la population. Une répression qui a coûté la vie à quatre élèves, un étudiant et un garagiste.

L’ANEB rend les autorités responsables des actes de violence et du climat délétère qui règne en ce moment à Koudougou. Elle dénonce les manœuvres dilatoires qui consistent à confier la recherche de solutions à un comité dit de sages.

L’ANEB a égrené un lot de revendications dont l’identification, l’arrestation, le jugement et la condamnation des commanditaires et meurtriers des élèves et étudiants, le respect strict des franchises scolaires et universitaires, le départ sans condition du campus du Service de sécurité universitaire (SSU), la prise en charge totale et immédiate de tous les blessés et la libération sans condition des manifestants détenus.

L’ANEB a indiqué qu’elle se battra pour que les assassins et les responsables répondent de leur forfaiture, même au prix de leur vie. Séance tenante, une grève de 72 heures, qui peut être renouvelée selon l’évolution de la situation, a été décrétée à compter d’hier lundi.

Le président de l’ANEB estime que le relèvement du gouverneur ne suffit pas. Pour lui, il faut arrêter et juger les auteurs et les commanditaires de la répression. Après avoir invité ses camarades à rester mobilisés, Francis Nikièma leur a demandé de rentrer calmement et d’être à l’écoute des mots d’ordre.

Le gouvernement engagé à un retour de la paix

Il nous est revenu que le comité de sages a tenu une rencontre le dimanche et aurait tenté, mais en vain, de faire avorter la marche sous le motif qu’une équipe gouvernementale devrait venir à Koudougou hier lundi dans l’optique d’une recherche de solution à la crise.

Effectivement cette équipe gouvernementale, engagée dans une dynamique de restauration et de recherche du calme et de la paix, a séjourné à Koudougou hier lundi. Elle était composée des ministres de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Jérôme Bougouma, de la Santé Seydou Bouda, de la Justice Jérôme Traoré et de la Sécurité Auguste Denise Barry.

L’équipe a présenté les condoléances gouvernementales à chacune des familles éprouvées par ces événements. Guidée par les autorités régionales, provinciales et communales, les quatre ministres se sont rendus au CHR de Koudougou où ils ont souhaité prompt rétablissement aux blessés.

La délégation s’est aussi rendue à ce que nous avions appris, dans certaines localités du Boulkiemdé, dont Poa et Kindi où des manifestations organisées par des scolaires, la semaine passée, ont connu des conséquences dramatiques. Nous avons également appris que, comme le gouverneur Seydou Banworo Sanou, le DR de la police nationale du Centre-Ouest, Alfred Bancé, a aussi été relevé de ses fonctions.

En outre, toujours hier lundi, une équipe de l’Association des municipalités du Burkina Faso (AMBF) s’est rendue à Koudougou où elle a fait la ronde pour présenter ses condoléances aux familles éplorées, réconforté les blessés et appelé au calme et à la retenue. En tout cas, toutes ces mesures et initiatives multiformes semblent porter leurs fruits, le calme revenant peu à peu à Koudougou.

Espérons que cette tendance se maintiendra, et que les revendications des étudiants et scolaires rencontreront des oreilles attentives et connaîtra un traitement diligent, car c’est de là-bas que peut venir le danger.

Cyrille Zoma
 

 

 
Vent de révoltes au Burkina Faso sauvagement réprimé
 
Thomas Sankara website
 
La mort d’un jeune collègien, Justin Zongo, à Koudougou, la ville du journaliste Norbert Zongo, a entrainé des manifestations de colères, sauvagement réprimés puisque l’on compterait 7 morts et une centaine de blessés. D’autre ville ont connu des manifestations, Ouagadougou, Ouhigouya.. notamment... et l’opposition vient d’appeler la population à se tenir prêt... Les manifestations risquaient de s’étendre et le pouvoir a donc fermé les établissements.. mais la situation reste explosive. Par ailleurs Les mouvement révolutionnaires qui affectent les pays arabes ne pouvaient rester longtemps sans avoir de répercussion au Burkina Faso, la pays de Thomas Sankara. Une page internet est née intitulée « Mouvement Blaise Compaore Doit Partir au Burkina Faso » est né rassemblant rapidement plusieurs centaines de personnes voir à l’adresse http://www.facebook.com/home.php?sk.... Nous vous proposons ci-dessous un article que nous venons de recevoir, des photos prises à la morgue mais aussi la déclaration des partis de l’opposition, deux déclarations issues de page du mouvement Blaise doit partir, et une déclaration issue du « réseau Barké ». La rédaction
 
 


Edité par T 34 - 03 Mar 2011 à 22:48
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  Citer Pedro Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Mar 2011 à 22:37
Énorme !

Rappelons les conditions dans lesquelles le sinistre Compaoré est arrivé au pouvoir : http://www.thomassankara.net/spip.php?article679

On y retrouvera le protagoniste d'un récent débat, où m'insulter a été (j'ai l'habitude) le dernier argument de ceux qui n'en ont aucun...


Edité par Pedro - 03 Mar 2011 à 22:44
http://www.forum-unite-communiste.org/uploads/3/fuc_faceboock1.pdf
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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Mar 2011 à 10:58
Message posté par Pedro

On y retrouvera le protagoniste d'un récent débat, où m'insulter a été (j'ai l'habitude) le dernier argument de ceux qui n'en ont aucun...
 
Tu peux faire autant de pirouette que tu veux, tu n'as toujours convaincu personne du bien fondé de tes positions à l'emporte pièce, et pourquoi nous devrions soutenir qui que ce soit en libye en l'absence de preuve que tu reste incapable de fournir.
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Mar 2011 à 11:26

Je crois que sur ce sur ce site, il faut publier des informations sourcées (dans la plupart des cas) et discuter sur le fond.

Dans ce monde virtuel, il faut éviter de trop se laisser guider par ses émotions même si on ne doit pas s’interdire d’être convivial.

A la table du bistrot du coin, ça passe ; sur le forum ça coince !

Revenons à l’intitulé « Unité communiste », il ne faut ni sous-estimer ni surestimer cet outil.Smile

 

Je suis peut-être naïf, mais je ne suis pas sûr qu'il y ait qu'une seule explication à la trahison du « meilleur ami » de Sankara...Confused



Edité par babeuf - 04 Mar 2011 à 11:26
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Mar 2011 à 02:54

Burkina Faso : La France doit cesser de soutenir un dictateur face à la révolte de son peuple !

 

Survie

 

Après 24 ans de dictature et d’impunité, l’explosion de colère de la jeunesse burkinabé face au régime de Blaise Compaoré s’étend à tout le pays. Les manifestations se multiplient et les symboles du pouvoir sont incendiés. En continuant à soutenir, à contrecourant de l’Histoire, un des dictateurs « amis de la France », la diplomatie française prend à nouveau le risque de se discréditer.

La mort, le 20 février à Koudougou, d’un collégien à la suite d’exactions policières, a mis le feu aux poudres : les jeunes se sont révoltés après les déclarations officielles attribuant le décès à une méningite. Depuis le 22 février, des manifestations violemment réprimées se succèdent dans la plupart des villes du pays, moyennes ou petites, et aujourd’hui dans la capitale. Ces répressions ont fait plusieurs morts. A Ouahigouya, Yako, Koupéla, Léo, Dori, Gourcy et ailleurs encore, les jeunes ont incendié les commissariats de police, parfois les locaux du parti au pouvoir et les bâtiments des autorités régionales.

Cette révolte est celle à laquelle est contraint un peuple qui ne croit plus en d’autres alternatives : arrivé au pouvoir par un coup d’Etat, Blaise Compaoré s’y maintient depuis 24 ans par des élections truquées. « Réélu » en novembre au terme d’un scrutin contesté, avec seulement 1,5 millions de voix (soit 80% des suffrages exprimés !) dans un pays qui compte 16 millions d’habitants, il entend désormais modifier la constitution pour pouvoir conserver son fauteuil indéfiniment. Aux côtés de Paul Biya, au pouvoir depuis 1982 ou de Denis Sassou Nguesso, il fait figure de doyen de la Françafrique, dépassant en longévité le régime d’un Ben Ali. Cet embrasement, que les structures politiques et syndicales ne parviennent pas à canaliser, est aussi le résultat logique est inéluctable de 23 ans d’impunité et de criminalité politique : assassinats politiques non élucidés (dont celui du journaliste Norbert Zongo en 1998), disparitions de dirigeants de syndicats étudiants, répression violente et systématique des manifestations étudiantes et lycéennes. Quant aux procédures judiciaires lancées par la famille du président Thomas Sankara pour connaître la vérité sur son assassinat en 1987, elles n’ont à ce jour connu aucune suite.

Les autorités françaises ont jusqu’à présent renouvelé sans cesse leur soutien à ce pouvoir criminel pour en faire un point d’appui de leur influence dans la région. Invité d’honneur de l’Elysée, le 14 juillet dernier, Blaise Compaoré accueille avec bienveillance les troupes d’élites françaises dépêchées dans la zone sous le prétexte de lutter contre AQMI , avec les résultats que l’on connait, et est sans cesse présenté par ses amis français comme un homme de paix dans la région. Pourtant, il est persona non grata en Côte d’Ivoire, suspecté d’avoir depuis toujours soutenu les rebelles aujourd’hui alliés à Alassane Ouattara, ce que les câbles de Wikileaks tendent à confirmer ; et au Tribunal spécial sur la Sierra Leone, le bureau du procureur a reconnu mercredi que tant Mouammar Kadhafi que Blaise Compaoré avaient soutenu Charles Taylor dans l’un des conflits les plus sanglants du continent. Quant à la Sécurité présidentielle qui orchestre depuis toujours la répression au Burkina, son chef, Gilbert Diendéré avait été décoré de la Légion d’honneur par Nicolas Sarkozy en 2008.

La jeunesse burkinabé démontre que les révolutions face aux dictateurs ne sont pas l’apanage du Maghreb et du Moyen-Orient et que la « théorie de la stabilité », que la France a toujours promue en soutenant sans complexe les pires dictatures du continent, est une impasse stratégique en plus d’être un crime politique intolérable. Du Congo-Brazzaville, où l’Elysée a également fait décorer de la Légion d’honneur le chef de la Sécurité le mois dernier, jusqu’à Djibouti, où les autorités répriment violemment les manifestations populaires depuis fin janvier, les peuples africains attendent de la France qu’elle cesse de mettre son « savoir-faire » au service des autocrates.

Source : Survie




Edité par T 34 - 17 Mar 2011 à 22:31
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Apr 2011 à 23:29
L'homme pas intègre a de gros problèmes !
 
Le Burkina en crise. Chronologie des évènements du 4 avril au 15 avril 2011

4 avril Les élèves de la ville de Dori ont manifesté toute la matinée dans la calme pour demander. On a noté une forte présence de forces de l’ordre tandis que les commerces avaient préféré fermer boutique.

On apprend qu’une jeune fille de 15 ans, Madina Bouda, atteinte par une balle perdu dans la nuit du 22 au 23, lors des sorties de militaires à été évacuée en France.

Blaise Compaoré a reçu les acteurs du monde de l’éducation, syndicats, parents d’élèves, ONG...

Ci-dessous un interview du responsable de l’ANEB à la sortie de la rencontre avec Blaise Compaoré

Les élèves et étudiants de Koudougou ont décidé une suspension de la grève en attendent le retour de leurs délégués de la rencontre avec Blaise Compaoré.

Les élèves de la ville de Po se sont mis en grève pour 48h pour soutenir leurs camarades de Tiébélé qui avaient manifesté le 1er avril.

Le chef de l’opposition Maitre Bénéwendé Sankara, accompagné de nombreux leaders de partis d’opposition ont organisé un point de presse. Ils ont accusé les rencontres de Blaise Compaoré de « manoeuvres dilatoires », s’étonnant que le chef de l’Etat ne s’intéresse pas aux manifestations d’élèves mais n’ait entamé des consultations qu’après les manifestations de militaires.

Les prêts promis aux commerçants dont les magasins ont été détruits par les militaires ont commencé à être distribués.

5 avril Les militaires de Fada N’Gourma ont ramené en prison le militaire qu’ils avaient sorti de force le 28 mars dernier.

Publication dans la presse d’un appel de la Coordination de lutte contre la vie chère et d’un appel de tous les syndicats pour journée de grève et de manifestation le 8 avril.

6 avril . Les appels se multiplient sur facebook pour un rassemblement place de la révolution.

Deuxième jour de grève pour les agents de la police municipale de Ouagadougou pour exiger de leur hiérarchie de meilleures conditions de vie et de travail. Une concertation a eu lieu le matin. Ils ont accepté de reprendre leur travail le 7 avril 2011 en attendant un examen sérieux de leurs revendications.

Simon Compaoré le maire de Ouagadougou qui avait été sévèrement battu par des militaires en colère dans la nuit du 29 au 30 mars a repris ses activités.

Manifestation des élèves de la ville de Boussé à 45km de Ouagadougou.

7 avril Les élèves du secondaire de Ouagadougou sont sortis nombreux pour manifester. Ils demandent la vérité et la justice après la mort d’une jeune fille, Madina Bouda, élève au lycée mixte de Gounghin à l’hôpital Necker en France où elle avait été évacuée. Cette jeune fille avait été touchée par une balle perdue lors de la sortie des militaires dans la nuit du 30 au 31 mars.

8 avril Journée de grève et de manifestations dans tout le pays. Une marée humaine a pris possession de Ouagadougou dans le calme.

 
 

Images Gabriel Kambou


Des dizaine de milliers de manifestants ont marché à Ouagadougou. Une foule compacte, déterminée a défilé sur plusieurs kilomètres clamant des mots d’ordre contre la vie chère, contre l’impunité et pour la justice. A l’issue de la manifestation le président de la Coalition contre la vie chère, Tolé Sagnon, a donné rendez-vous pour le 1er mai. Il a appelé la population à rester mobilisée ?

Sélection de photos de la manifestation de Ouagadougou

Pancarte Ouagadougou 8 avril 2011 (photo Amidou Kabré)
Ouagadougou Manifestation du 8 avril 2011 (photo Amidou Kabré)
Ouagadougou Manifestation du 8 avril 2011 (photo Amidou Kabré)
Pancarte Ouagadougou 8 avril 2011 (photo Sams’K Le Jah)
Pancarte Ouagadougou 8 avril 2011 (photo Sams’K Le Jah)
Ouagadougou Manifestation du 8 avril 2011 (photo Gabriel Kambou)
 
D’autres manifestations très importantes se sont déroulées à Bobo Dioulasso, Koudougou, et d’autres villes du Burkina. La RTB, la télévision nationale n’a montré que 30 secondes de la manifestation alors que chaines étrangères en ont souligné l’importante.

11 avril  : Des élèves incendient le siège du CDP

Le siège provincial du parti au pouvoir, le CDP (Congrès pour la démocratie et le progrès) brûlé, celui de l’Association de lutte contre les violences (ALCV) saccagé puis incendié, un face à face entre élèves et militants du CDP, de nombreux blessés, des pertes matérielles énormes, des tirs de sommation en l’air, des courses poursuites entre pandores et manifestants dans les artères de la ville... C’est le visage et le spectacle, qu’il a été donné de voir le 11 avril 2011 à Yako, chef-lieu de la province du Passoré (région du Nord). Tout cela a été l’oeuvre de scolaires mécontents.

14 avril  : Des coups de feu à la présidence du Faso selon des sources hier 14 avril

Des coups de feu tirés par des militaires étaient entendus ce jeudi soir à Ouagadougou dans l’enceinte de la présidence du Burkina Faso. Les tirs d’armes légères et d’armes lourdes provenaient de la caserne du régiment présidentiel.

15 avril  : Blaise Compaoré réfugié dans son village natal (Ziniaré) après des coups de feu à la présidence du Faso

Le président Blaise Compaoré aurait quitté le palais présidentiel pour se réfugier dans son village natal.

 
Je crois que c'est reparti !


Edité par T 34 - 15 Apr 2011 à 23:39
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Apr 2011 à 23:39

Burkina Faso: Compaoré limoge son gouvernement et le chef de l'armée

 
Mis à jour le 15.04.11 à 22h24

Le président burkinabé Blaise Compaoré a limogé vendredi son gouvernement, a annoncé la radio nationale au lendemain d'incidents au cours desquels des soldats avaient ouvert le feu aux abords du palais présidentiel à Ouagadougou, la capitale.

"Les secrétaires généraux des départements ministériels assurent l'expédition des affaires courantes", précise un communiqué diffusé à la radio nationale.

Le président Compaoré a également nommé le colonel Nabéré Honoré Traoré au poste de chef d'état-major général des armées en remplacement du général Dominique Djindjeré.

 
Burkina Faso: la mutinerie de gardes militaires semble prendre de l'ampleur

De The Associated Press – Il y a 2 heures

OUAGADOUGOU, Burkina Faso — Des soldats ont tiré en l'air, volé des voitures et pillé des magasins vendredi dans l'ouest et le centre de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, alors qu'un soulèvement des gardes militaires réclamant le versement d'une indemnité de logement prenait de l'ampleur, selon des témoins.

La situation était toutefois calme vendredi près du palais présidentiel où des tirs ont été entendus jeudi soir. Le président Blaise Comparoé ne se trouvait apparemment pas dans le complexe, a-t-on appris de source proche du dossier.

La mutinerie, qui a débuté dans deux casernes de la garde présidentielle, s'est propagée vendredi au Camp Lamizana dans l'ouest de Ouagadougou, et au Camp Guillaume Ouedraogo dans la partie centrale de la capitale.

Des pillages avaient eu lieu dans la nuit à Ouagadougou. Des soldats ont aussi pillé et brûlé les maisons de collaborateurs de Blaise Compaoré.

Dans un communiqué, le gouvernement a annoncé que des soldats protestaient pour obtenir notamment une indemnité de logement. Il a ajouté que le problème était en train d'être «réglé», et il a exprimé ses regrets pour toutes les souffrances subies pendant les manifestations.

Le colonel Moussa Cissé, porte-parole de l'armée, a affirmé qu'il n'y avait pas eu de victimes jusqu'à présent.

Youssouf Ouedraogo, un infirmier du principal hôpital de Ouagadougou, a affirmé que plusieurs personnes avaient été blessées par des balles et transportées à l'hôpital.

Jeudi soir, environ deux heures après le début de la fusillade vers 22hGMT, des tirs avaient également été entendus près de la station de radio d'État à Ouagadougou.

Ancien capitaine de l'armée, Blaise Comparoé est arrivé au pouvoir en 1987 lors d'un coup d'État sanglant et dirige depuis l'ex-colonie française. Il a été réélu en novembre dernier, mais cette présidentielle a été contestée par l'opposition.

Le Burkina Faso a été le théâtre de manifestations ces dernières semaines. Le 8 avril, la population était descendue dans les rues de Ouagadougou pour dénoncer la flambée des prix des aliments de première nécessité. En mars, des étudiants avaient incendié des bâtiments publics dans plusieurs villes pour protester contre la mort d'un jeune homme. Les autorités avaient affirmé qu'il avait succombé à une méningite, mais des rumeurs de mauvais traitements ont provoqué ces protestations, qui se sont soldées par six autres morts.

Le Burkina Faso, l'un des pays les plus pauvres du monde, arrive en fin de classement des pays, selon l'Indice de développement humain (IDH) des Nations unies, à la 161e place sur 169.

Au Burkina, le président Compaoré dissout le gouvernement
 
La grogne des militaires au Burkina Faso a donc entraîné la chute du gouvernement. Le chef d'état-major et le chef de corps de la garde présidentielle ont également été écartés. Le chef de l'Etat, Blaise Compaoré a pris cette décision après un nouveau mouvement de colère des soldats dont des éléments de sa propre garde présidentielle, jeudi soir. Des tirs à l'arme lourde ont retenti pendant plusieurs heures et ils se sont poursuivis dans la journée de vendredi.

L’information qui circulait dans tous les milieux officiels cet après-midi s’est confirmée : par un décret lu ce vendredi soir à la radio nationale le gouvernement du Premier ministre Tertius Zongo est dissous, tous les ministres sont renvoyés immédiatement et ce sont les secrétaires généraux des ministères qui vont assurer les affaires courantes en attendant la nomination d’un nouveau Premier ministre et d’un nouveau gouvernement.

C’est la première fois, depuis le retour à la vie constitutionnelle au Burkina en 1991 qu’un gouvernement est dissous, c’est la preuve que la crise est jugée suffisamment grave par Blaise Compaoré.

Le président burkinabé a par ailleurs procédé à deux changements majeurs au niveau de l’armée. En effet, le colonel majeur Honoré Traoré vient d’être nommé chef d’état-major général des armées en remplacement du général Dominique Djindjéré. Ce dernier avait été décrié par des militaires lors des concertations entre Blaise Compaoré et l’armée, il y a quelques jours. Honoré Traoré qui était jusque-là le patron du GCA (le Groupement central des armées) et c’est lui qui a géré à distance la première mutinerie.

Autre changement : le colonel Boureima Kéré prend la place du colonel Omer Batiolo comme chef des corps de la garde présidentielle. Jusque-là le chef des cabinets militaires du président burkinabé, le colonel Kéré s’est employé toute la nuit d’hier jeudi à faire entendre raison aux mutins qui s’étaient soulevés. Il est considéré comme quelqu’un assez populaire au sein des troupes de la garde présidentielle.



Edité par T 34 - 15 Apr 2011 à 23:40
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  Citer Pedro Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Apr 2011 à 00:34
Il est revenu à Ouaga. Fausse joie, le champagne a regagné la cave.
http://www.forum-unite-communiste.org/uploads/3/fuc_faceboock1.pdf
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Apr 2011 à 05:41

Explosions de colère au Burkina Faso

Mutinerie, mouvement étudiant, grève des magistrats : la présidence de Blaise Compaoré vacille.

Confronté depuis jeudi aux pillages et aux violences de soldats mutins qui ont provoqué la furie des commerçants de la capitale, à l’origine de la destruction d’une partie des bâtiments publics, le président du Burkina Faso a instauré un couvre-feu à Ouagadougou. Mais les incendies sont multiples.

Arrivé au pouvoir par un coup d’État en 1987, réélu avec plus de 80% des voix pour un mandat de cinq ans en novembre dernier, Blaise Compaoré affronte une contestation tous azimuts. Depuis le début de l’année, les militaires, les étudiants, les magistrats, les prisonniers et les opposants politiques expriment leurs colères.

La dernière en date a explosé au sein même de l’enceinte présidentielle. Exigeant le versement d’une indemnité de logement et alimentaire qui leur avait été promise, une partie de la garde présidentielle a fait entendre les armes. Le mouvement s’est étendu à trois camps militaires. «Nous avons trouvé de l’argent pour répondre à leurs attentes, donc ça doit être la fin du problème. Mais on ne sait jamais avec ces gamins», affirmait samedi une source militaire. C’était avant qu’une nouvelle mutinerie soit annoncée dans la garnison de la ville de Pô, où, hier, selon plusieurs témoignages, des tirs de militaires étaient toujours entendus, des soldats se livrant à des pillages. La dissolution du gouvernement du premier ministre Tertius Zongo et le limogeage du chef d’état-major des armées, n’ont pas fait redescendre la tension.

Depuis les manifestations étudiantes fin février, à Koudougou, pour le «respect des franchises scolaires et universitaires», sept personnes ont été tuées. Le mouvement s’est étendu aux lycées. Les magistrats sont en grève depuis le 23 mars. Ils protestent contre la libération de cinq militaires, condamnés pour viols. Enfin, la semaine dernière des milliers de personnes ont manifesté contre la vie chère et le pouvoir de Compaoré.

D. R.

Source

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 May 2011 à 03:52

La crise au Burkina : vers un second souffle de la révolte contre le régime ? Chronique des évènements au jour le jour du 18 avril 2011 au 1er mai 2011


Pour les chronologies des 2 précédentes semaines voir à http://www.thomassankara.net/spip.php?article1062

18 avril Alors qu’à Po on signale des négociations entre les militaires et les autorités, de nouvelles mutineries ont éclaté à Tenkodogo et à Kaya, où les gendarmes étaient de la partie, dans la nuit du 17 au 18. Les menaces des autorités selon lesquels les coups de feu seraient sanctionnés ne semblent pas freiner les militaires.

Selon l’AFP il y aurait 45 blessées par balle à Ouagadougou depuis le jeudi 7 avril.

Des appels à des manifestations continuent à être lancés sur des pages facebook notamment la page « Mouvement Blaise Compoaré doit partir » à http://www.facebook.com/home.php?sk=group_164052476977948&ap=1

Les élèves de la ville de Koudougou descendent de nouveau dans la rue incendiant de nouveaux bâtiments dont le siège du CDP. Ils demandent toujours vérité et justice pour justice Zongo, mais entendent aussi de protester contre les milices mis en place par le CDP. En effet dans la région, à Pouni zawara, le délégué des élèves à été passé à tabac en début mars. A Didyr, le lundi 11 avril, une assemblée générale des élèves a été sauvagement « réprimée » par une milice conduite par le maire adjoint CDP et le responsable local CDP de la commune de Didyr.

Les élèves de la ville de Ouahigouya décrète une grève illimitée

19 avril Luc Adolphe Tiao est nommé premier ministre. Journaliste de profession il a notamment dirigé la presse écrite les deux dernières années de la révolution avant d’être nommé directeur de Sidwaya en octobre 87, date de l’assassinat de Thomas Sankara où il restera jusqu’en 1990. Il occupé différents postes de responsabilité, souvent liés à la communication avant d’être nommé ambassadeur à Paris, son dernier poste.

Les militaires du régiment de sécurité présidentielle expliquent dans un communiqué publié par la Direction de la communication de la présidence du Faso qu’ils ont manifesté « pour réclamer le versement des arriérés de nos indemnités de logement et nos primes d’alimentation, retard dû aux lenteurs administratives ». Ils se déclarent satisfaits des propositions que leur a faites le commandant qu’ils se gardent bien de détailler, s’excusent pour les « pour les désagréments subis » et appellent les autres militaires à cesser leurs manifestations.

21 avril Un nouveau gouvernement est rendu public. L’équipe passe de 38 à 29 membres. Aucune personnalité de l’opposition n’y est intégrée.

Le deux poids lourds sont des anciens de la révolution Arsène Ye Bongnessan, ministre d’Etat a été secrétaire général des CRD puis des CR après la mort de Sankara, et Djibril Bassolet était capitaine de gendarmerie. Il a été ministre de l’intérieur au plus fort du mouvement social après l’assassinat du journaliste Norbert Zongo. Il a depuis été formé à la diplomatie et revient d’une mission au Darfour.

Blaise Compaoré s’est réservé le poste de ministre de la Défense.

26 avril Le Chef de file de l’opposition Bénéwendé Sankara appelle, au nom de toute l’opposition, à un meeting le 30 avril pour demander la démission de Blaise Compaoré. Il annonce la mise en place d’un comité d’organisation regroupant 34 partis.

Les commerçants dont les boutiques avaient été vandalisés par les militaires les 13, 14 et 15 avril reçoivent des indemnisations.

27 avril A Koudougou, les commerçants, qui protestaient contre la décision du maire, Seydou Zagré, membre du parti au pouvoir, de fermer une quarantaine de boutiques pour non-paiement d’arriérés de taxes locales, ont ensuite été rejoints par des jeunes élèves.

Ils ont mis le feu au domicile du maire, a siège de l’EPDC, (Établissement public de développement communal) au siège de la police municipale, ainsi qu’à celui de l’établissement public communal pour le développement, chargé de la gestion du marché de la ville.

28 avril . Nouvelles mutineries cette fois des CRS de Ouagadougou, mais aussi de Bodo Dioulasso et Dédougou. Ils sont sortis pendant le couvre feu et ont tiré avec leurs armes. Le mouvement aurait touché les policiers des villes de Gaoua et Banfora.

Les policiers ont continué les mutineries dans la matinée notamment autour du commissariat central. Des négociations ont été engagées entre les mutins et des représentants des ministères des finances, de la sécurité et de la justice. Les policiers demanderaient la libération des policiers arrêtés à la suite des évènements de Koudougou, la mise en place effective d’un statut du policier dont on parle depuis 20 ans. Ils expriment aussi le ras le bol d’être les boucs émissaires dans des affaires dont ils ne sont pas à l’origine.

A l’issue d’une rencontre avec la coalition contre le vie chère et des syndicats, le Premier ministre annonce la suppression de la Taxe de Développement Communal, un des motifs de mécontentement de la population, une baisse de 10% de l’IUTS (impôt unique sur les traitements et salaires) , l’annulation de l’augmentation des prix des consultations dans les établissements sanitaires, mais aussi des subventions pour les produits de première nécessité.

A Koudougou, les commerçants ont de nouveau manifesté en ville. La ville ressemble à une ville morte car les commerçants ont fermé les boutiques. Ils réclament la baisse des loyers boutiques du marché central.

Blaise Compaoré annonce que les militaires ont promis de mettre fin à leurs mouvement de protestation après avoir reçu la promesse que des mesures seraient prises pour améliorer le logement, l’habillement et les allocations alimentaires des soldats.

29 avril . Manifestation des élèves du lycée professionnelle sous les mots d’ordre « Blaise dégage », avec sifflets et xlaxons.

A Manga, à une centaine de km au sud-est de la capitale, les élèves ont manifesté par solidarité avec une fillette blessée, deux jours plus tôt par la police. Ils ont mis le feu au commissariat de police. 10 élèves ont été blessés. Le maire de la commune voisine de Bindé qui se trouvait en réunion à proximité a lui aussi reçu une balle perdue, mais il se porte bien ce soir.

Le musicien Sams’K Le Jah annonce par la voix de son fan club que ses émissions de reggae sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. S’il ne donne pas de précision, compte tenu de la popularité de cette émission parmi la jeunesse et sa liberté de parole contre le régime on est amené à penser que le régime a fait pression sur le directeur de la radio Ouaga FM.

30 avril Le meeting des partis d’opposition organisé pour demander le départ de Blaise Compaoré a réuni environ 3000 personnes sur la place de la révolution. On notera la présence de Sams’K Le Jah et de Smockey, ce dernier ayant tenu sa promesse faite le 17 mars 2011 (voir la video de son intervention à à l’adresse http://www.thomassankara.net/spip.php?article1057 ) en tenant ostensiblement une pancarte « Blaise dégage ».

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Smockey avec les dirigeants de l’opposition et sa pancarte (photo Georges Kabore)

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« Justice pour Sankara » (photo Nignan Rodrigue)

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(photo Nignan Rodrigue)

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(photo Nignan Rodrigue)

A Ouagadougou, Amadou Maïga, 11 ans, élève de CM1 décrit comme brillant (il était le premier de sa classe), touché par une balle perdue alors qu’il était en train de réviser ses cours, est décédé dans la nuit du 29 avril. L’annonce de sa mort a provoqué la colère des élèves qui se sont rendus à la morgue de l’hôpital Yalgado et ont dressé pendant une heure quelques barricades.

1er mai Le CCVC (collectif contre la vie chère) qui rassembles les syndicats et des organisations de la société civile a tenu un meeting rassemblent 2000 personnes. Les orateurs ont déclaré avoir renoncé à une marche pour des questions de sécurité. Ils ont reconnu que le gouvernement avait fait quelques concessions mais ont appelé à poursuivre la lutte.



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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 May 2011 à 02:03
Burkina Faso : Koudougou la frondeuse
 

© RFI
Par RFI

« Nous ne serons jamais fatigués de manifester tant que justice ne sera pas faite », affirment les étudiants à Koudougou, à propos du décès de leur camarade Justin Zongo, en février dernier. Le calme est cependant revenu dans les rues de la troisième ville du pays. Chacun vaque à ses occupations. La mairie met l'accent sur le dialogue pour résoudre les conflits.

Koudougou est la ville d'origine du premier président du pays, Maurice Yaméogo. C'est aussi la ville du journaliste Norbert Zongo, assassiné en 1998. Un crime d'État qui a déclenché un immense mouvement de contestation, qui reste impuni encore aujourd'hui. Une impunité qui est au coeur de la crise et que dénoncent les habitants. 

Un habitant de Koudougou
Ici à Koudougou, on aime la vérité, on n'aime pas le mensonge ! On a tellement encaissé qu'à un certain moment, la moindre étincelle fait tout exploser. C'est pour ça qu'on dit "Koudougou-la-Frondeuse" !

À Koudougou-la-frondeuse, tout semble revenu à la normale. Il n'y a pas de couvre-feu comme à Ouagadougou. Les cours ont repris. Les commerces sont ouverts. Chacun vaque à ses occupations. Pourtant, on voit encore les stigmates des troubles passés : le gouvernorat et le siège de la police incendiés, quelques voitures calcinées, des traces de pneus brûlés sur la chaussée. La résidence du maire, Seydou Zagré, a été entièrement dévastée par les flammes.

 

« C'est sûr, ça fait mal, mais il faut tourner la page, dit-il, conciliant, avant d'ajouter : j'ai compris que l'homme lorsqu'il est fâché, il est capable de tout. Mais je pense que ce n'est pas par la violence que nous allons régler les problèmes, certes réels, du Burkina Faso, mais c'est en s'asseyant et en parlant ».

La mairie de Kougougou mène actuellement des concertations avec les commerçants, les élèves et les étudiants.
 

Un étudiant de Koudougou
On a voulu nous faire croire que notre camarade est mort d'une crise de méningite. Pourtant, nous savons bien qu'il a été battu par des policiers jusqu'à la mort !

L'impunité et la cherté de la vie alimentent la contestation en ville.

Dans le passé, Koudougou a hébergé plusieurs usines. Ancien syndicaliste de Faso Fani, François Sondo témoigne : « L'usine textile Faso Fani employait jusqu'à 1 000 personnes. Elle a fermé en 2001. D'autres usines ont été fermées depuis. Aujourd'hui à Koudougou, il y a beaucoup de chômage et les prix des biens de consommation ne cessent de grimper. Les gens ne s'en sortent pas ! »

________________

À consulter : Causes du décès de Justin Zongo : contradictions entre les autorités et la famille. Article LeFaso.net du 24/2/2011.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 May 2011 à 17:48

La colère monte au Burkina-Faso : Les lycéens solidaires avec la grève de leurs professeurs pour de meilleures conditions de travail descendent par milliers dans les rues de Ouagadougou

ouaga

La colère monte au Burkina-Faso : Les lycéens solidaires avec la grève de leurs professeurs pour de meilleures conditions de travail descendent par milliers dans les rues de Ouagadougou

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Ils étaient plusieurs milliers de lycéens et d'étudiants lundi 22 dans les rues de Ouagadougou pour exprimer leur solidarité avec leurs professeurs en grève depuis le jeudi 19 mai.

Les jeunes manifestants ont occupé plusieurs artères de la ville, brûlant des pneus et déployant banderoles et pancartes hostiles au ministre de l'Education Albert Ouedraogo.

Si des débordements ont été signalés, notamment au Ministère de l'Education où des vitres du bâtiment ont été brisés et les locaux mis sans dessus dessous, les jeunes lycéens burkinabés ont dans l'ensemble fait preuve d'une haute conscience politique.

Préoccupés par leur réussite scolaire, avec l'organisation imminente des premiers examens de fin d'année, les lycéens ont néanmoins fait le choix de la solidarité avec le corps enseignant, convaincus que leur avenir passe, à court et long-terme, par la satisfaction de leurs revendications.

Les deux principaux syndicats enseignants du secondaire, le SNESS (Syndicat national des enseignants du secondaire et du supérieur) et le SYNTER (Syndicat des travailleurs de l'éducation et de la recherche) avaient déposé en janvier 2011 une plate-forme revendicative qui n'a jusqu'ici reçu aucune réponse de la part du pouvoir.

Parmi les doléances des professeurs, les effectifs pléthoriques dans les classes, l'exploitation des enseignants et l'absence d'encadrement dans les examens nationaux, du BEPC au Baccalauréat. Les enseignants demandent un recrutement massif non seulement pour le corps enseignant mais également pour le personnel d'encadrement, ainsi que des augmentations de salaire, permettant de contre-carrer la dégradation de la qualité du service.

Face à un gouvernement recherchant l'épreuve de force, les enseignants ont décidé le jeudi 19 mai de partir en grève jusqu'à satisfaction des revendications, mouvement reconduit lundi dernier.

Dans le même temps, les militaires de la Garde nationale sont également rentrés en conflit avec le gouvernement sur le paiement d'une « prime d'honneur » dont bénéficient déjà les membres de la Gendarmerie et de la Garde présidentielle.

Or, le gouvernement s'est chargé d'éteindre le feu dans les plus brefs délais la rébellion des forces armées en cédant à leurs réclamations, ce qui ne fait que redoubler la colère des enseignants et des lycéens dont les revendications n'ont jusqu'ici même pas été entendues.

Alors que la France s'est empressée de vouer aux gémonies le président légitime ivoirien Laurent Gbagbo, elle continue de soutenir le dictateur Blaise Compaoré, fidèle ami de la France, suspecté entre autres d'avoir assassiné le dirigeant révolutionnaire Thomas Sankara, et réélu « démocratiquement » en novembre 2010 avec 80,15% des voix.

La grève des enseignants burkinabés est un premier pas dans la remise en cause de la politique de ce gouvernement réactionnaire, elle a tout notre soutien.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Jun 2011 à 23:04

Ce président là, il faut qu'il parte, et il il partira

 

Burkina Faso. Ambiance de fin de règne au pays des hommes intègres

Le changement de gouvernement ne semble pas avoir apaisé le climat au Burkina Faso. Sur fond de contestation 
du régime, le pays reste en proie à des mutineries dans l’armée, à des mouvements sociaux et à des révoltes étudiantes.

Pas de retour à l’ordre dans les casernes burkinabées. Dimanche soir, des soldats tirant en l’air sont de nouveau descendus dans les rues de Tenkodogo (centre est), Kaya (centre nord) et Dori (à 265 km au nord de Ouagadougou), pour réclamer le versement d’indemnités. Trois personnes ont été touchées par des balles perdues à Dori, où la résidence du gouverneur aurait été pillée, selon un habitant cité par l’agence Reuters.

Depuis le mois de février, des mouvements de colère des militaires, parfois accompagnés de violences et de pillages, secouent le pays. Jusqu’à faire vaciller le régime lorsque, le 14 avril, les jeunes recrues de la garde présidentielle se sont mutinées à leur tour, contraignant Blaise Compaoré à fuir le palais présidentiel pour trouver refuge, durant quelques heures, dans son village natal de Ziniaré. Ces mutineries ont emporté le gouvernement de Tertius Zongo.

Climat délétère dans  les casernes

Son successeur, Luc Adolphe Tiao, ancien ambassadeur du Burkina Faso en France, a bien tenté de remettre de l’ordre dans la chaîne de commandement de l’armée. Sans parvenir à dissiper le climat délétère qui règne dans les casernes. «En apparence, ces mouvements de protestations des militaires semblent dépolitisés et anarchiques. Mais les soldats ont des revendications, décrypte Bruno Jaffré, biographe de Thomas Sankara. Ils reprochent par exemple à leur hiérarchie le détournement des primes des militaires ayant participé à des opérations de maintien de la paix sous l’égide de l’ONU.» Mais la colère des sans-grade de l’armée n’est pas la seule source d’inquiétude pour le régime de Ouagadougou, confronté depuis le début de l’année à une révolte étudiante et à des mouvements sociaux dans tous les secteurs. Vie chère, chômage de masse, explosion des inégalités, spectacle de la corruption attisent la colère, dans un pays placé au 161e rang mondial (sur 169) pour l’indice de développement humain. Et le contrecoup économique de la crise ivoirienne n’a rien arrangé.

 Un profond malaise démocratique

Le 23 mai dernier, plusieurs milliers d’étudiants défilaient dans les rues de Ouagadougou, au coude à coude avec les enseignants en grève pour des hausses de salaires. Le lendemain, plusieurs manifestants étaient blessés lors de violents heurts avec la police à Ouahigouya (180 km au nord de Ouagadougou), tandis que des élèves incendiaient le siège du parti présidentiel et la résidence de Blaise Compaoré à Gaoua (à 395 km à l’ouest de la capitale). Si la contestation prend un tour si violent, c’est qu’un profond malaise démocratique mine le pays. «Blaise Compaoré se comporte comme un grand timonier. Depuis un quart de siècle, les mêmes sont aux commandes. La jeunesse ne se sent pas représentée, elle est frustrée, exaspérée», résume Smockey, un rappeur apprécié de la jeunesse burkinabée. Avant de prédire : «Ce régime est à bout de souffle. C’est la fin. Malgré le changement de gouvernement, on sent une ambiance de fin de règne.» Malgré les promesses de «réformes» politiques, en effet, tous les ingrédients d’une crise de régime demeurent.

Le CDP accuse l’opposition de visées « putschistes »

Début mai, en réaction à un meeting lors duquel trente-quatre partis d’opposition ont demandé le départ de Blaise Compaoré, son parti, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), a accusé l’opposition de visées « putschistes ». Le président du CDP, Roch Marc Christian Kaboré, président de l’Assemblée nationale, appellait alors « tous les militantes et militants de la cause démocratique » à « faire échec à de telles conceptions qui font le lit de la régression démocratique ». Visé par la vague de contestation qui secoue le pays depuis fin février, le CDP dispose de 74 sièges sur 111 à l’Assemblée nationale. Il dirige plus de 80 % des 351 communes et contrôle la totalité des treize conseils régionaux du pays. « Le pouvoir est usé, les fondamentaux de la démocratie se sont effondrés, sans parler de la deliquessence de l’État, qui n’a plus d’autorité », analyse Me Benewende Sankara. Pour cette figure de l’opposition, « la transition et l’alternance démocratique sont des impératifs ».

Rosa Moussaoui

Burkina Faso. Crise de régime

Triomphalement élu en hiver... violemment contesté au printemps. Le président burkinabé Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 1987, remportait la présidentielle du 21 novembre 2010 avec 80,21 % au terme d’un scrutin entaché, selon l’opposition, de «graves irrégularités». Score soviétique et victoire en trompe-l’œil pour celui qui prônait «le changement dans la continuité : sur huit millions d’électeurs potentiels, seuls trois millions ont participé au scrutin. Le candidat à sa propre succession n’a réuni sur son nom que 1,3 million des voix. Cette messe électorale, célébrée par la «communauté internationale», Paris en tête, mais boudée par une majorité de la population, n’était pas de nature à désamorcer la crise latente qui mine le pays depuis de longues années. Au pays des hommes intègres, la fracture est profonde entre une classe politique rongée par la corruption et une population dont les conditions de vie se sont durement dégradées, comme partout en Afrique, avec l’envolée des prix des matières premières alimentaires. Derrière les mutineries que les concessions du pouvoir ne parviennent pas à endiguer se joue en fait une grave crise politique sociale. Le mouvement de révolte n’est pas parti des casernes, mais des lycées et des universités. Le 22 février, la ville de Koudougou s’embrasait, de violents affrontements opposaient les élèves aux forces de l’ordre, suite au décès du jeune Justin Zongo, mort dans d’obscures conditions après une interpellation. Toute une jeunesse s’est alors levée pour dénoncer la répression policière, le règne de l’impunité, les perspectives d’avenir bouchées par le chômage. L’affaire a aussi, sans nul doute, réveillé le souvenir douloureux d’une autre affaire Zongo. En décembre 1998, l’assassinat du journaliste d’investigation Norbert Zongo, surnommé «la voix des sans-voix», avait suscité une immense colère, sans que jamais justice n’ait été rendue. Presque un quart de siècle après l’assassinat de Thomas Sankara et le début de la «rectification» engagée par Blaise Compaoré pour tourner la page de la révolution, le Burkina Faso traverse une grave crise de régime. Avec un pouvoir incapable de répondre aux aspirations de la jeunesse burkinabée. Comme à Dakar, à Tunis ou au Caire, celle-ci rêve, tout simplement, d’une vie meilleure, d’une société libre et démocratique où chacun pourrait se projeter dans l’avenir.

R. M.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Jun 2011 à 04:43

Chronologie du 4 mai au 4 juin 2011 : Le Burkina entre chaos et mouvement social

La médiatisation de l’actualité au Burkina Faso fait la part belle aux militaires qui ne cessent de se mutiner, voir de piller. Pourtant la crise que traverse le pays est bien plus profonde même si,un régime arrivé au pouvoir par un coup d’Etat confronté à une telle révolte des militaires, ne semble vraiment plus crédible. Beaucoup de journalistes avaient pourtant attiré l’attention sur le fait que le président Blaise Compaoré, tout auréolé de son rôle de médiateur de paix dans la région devrait sans tarder se pencher sur la crise qui couvait dans le pays.

Quand au bon élève du FMI, certes il a été considéré comme tel. Mais comme partout ailleurs les recettes du FMI produisent la pauvreté. Mais maintenant qu’il promet à tout va pour calmer le mécontentement, c’est un cancre qu’il est devenu, déclenchant des vagues de grève souvent pour des questions de salaire.

Le pouvoir y reste très centralisé et personnalisé. Peu d’hommes politiques du pouvoir osent prendre des initiatives quand ils ne considèrent pas tout simplement que leur rôle consiste à flatter l’égo du président plutôt que de l’alerter sur les problèmes de fond.

Mais les gens qui dirigent ce pays n’ont-ils pas tout simplement perdu le sens de la réalité, de celle que vit le peuple burkinabè. Voudraient-ils prendre en compte le mécontentement des populations, le pourraient-ils ? C’est tout le système qu’il faut remettre sur pied. Alors qu’ils sont systématiquement détruits tout ce que la révolution avait construit et en premier lieu le respect de la chose publique et de l’intérêt commune, l’intérêt du pays.

Cette fois la crise est là et bien là. La situation est particulièrement grave. Blaise Compaoré a beau s’être attribué le poste de ministre d la Défense, se croyant sans doute seul à avoir une autorité sur les soldats, les mutineries ont repris, plus graves, occasionnant non seulement de nombreux pillages mais aussi des décès d’enfants et de citoyens à cause des balles perdues.

Pour autant, cette chronologie probablement incomplète montre que la crise s’étend dans d’autres secteurs de la société avec des mouvements de révolte contre les maires du parti au pouvoir dans de petites localités. Crise politique, crise de l’armée, mais aussi crise sociale car les grèves ont lieu dans de nombreux secteurs. Le mécontentement est d’autant plus grand que le pouvoir semble avoir cédé aux militaires, dès qu’ils ont sorti leurs armes, alors que les autres secteurs de la société se mobilisent depuis de nombreuses années avec leurs organisations syndicales.

Difficile de prévoir où tout cela mènera le Burkina Faso, mais ce qui est sur c’est que Blaise Compaoré est déconsidéré. « Le roi est nu » comme ont titré plusieurs journaux burkinabè.

Alors à tous ceux qui ont vanté son habilité, ses qualités d’hommes de paix, de négociateurs, etc... pourrez vous encore regarder le peuple burkinabè en face ? N’êtes vous pas en partie responsable de la situation actuelle pour avoir flatté ce président, pourtant si décrié chez lui, pour avoir fermé les yeux sur son passé, pourtant bien sombre ? Et ne venez pas nous dire que vous ne saviez pas. Notre site comme de nombreux autres regorgent d’informations sur votre champion.

Quant aux conseillers de Blaise Compaoré, vu le résultat de votre travail, nous espérons que vous rembourserez au peuple burkinabè les coquette sommes que vous avez perçues pour votre travail. Votre incompétence se mesure à l’ampleur de la crise actuelle, à moins que seul l’argent vous ait intéressé. Auquel cas c’est la prison pour escroquerie que vous méritez.

Bruno Jaffré


Le mercredi 4 mai 2011, les élèves de Ouahigouya sont sortis dans la rue pour réclamer une fois de plus vérité et justice pour leur camarade décédé, Justin Zongo. Au cours de leur manifestation aux cris de « Dirigeants incompétents, A bas ! », ils ont sérieusement perturbé la circulation, contraint commerces et banques à fermer et tenté d’incendier à nouveau le siège du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP parti au pouvoir). Le présdient des élèvs a réussi à éviter de justesse d’autres violences.

Des centaines d’élèves ont manifesté jeudi 5 mai à Ouagadougou afin de réclamer « justice » pour les victimes de la répression lors de manifestations populaires qui ont eu lieu depuis le 22 février.

11 mai 2011

  • Les agents des commissariats de Banh et de Titao dans la province du Lorum ont manifesté. Contre leurs supérieurs hiérarchiques accusés de mauvaise gestion des ressources humaines, matérielles et financières, la rétention de leurs indemnités de patrouilles, des frais de services payés et de supervision des journées nationales de vaccination et une gestion peu transparente des affaires du service.
  • Le personnel de l’Office National des Télécommunications(ONATEL) dont l’actionnaire principal est Maroc Telecom, a déclenché une grève illimitée pour demander de meilleures conditions salariales et indemnitaires. Le personnel a pris d’assaut la direction générale au centre ville de Ouagadougou où des barricades sont érigées avec des véhicules du service,ce qui bloque la circulation routière à ce niveau.

samedi 14 Mai

  • Des habitants du chef lieu de la commune rurale de Pissila on manifesté contre le maire CDP occasionnant de nombreux dégâts dans la ville Ils lui reprochent sa gestion personnelle et opaque des ressources de cette commune par le maire, issue du parti CDP a été imposée de force dans cette commune par la présence des forces de l’ordre pour l’installer comme maire. D’autres mouvements d‘humeur contre la maire sont signalés à Boussouma, proche de Kaya comme Pissila. - Les associations féminines de Ouagadougou ont damé le bitume pour rapprocher les filles et fils du Faso, le samedi 14 mai 2011. Plusieurs milliers de femmes ont manifesté pour demander la paix l’appel d’organisations de la société civile en présence de députées, ministres ou épouses de membres du gouvernement.
  • Les militaires de la garnison de Po sont sortis vers 15 heures (locales et GMT) et ont commencé à tirer en l’air. Ces nouveaux tirs surviennent un mois jour pour jour après la mutinerie de soldats de la garde présidentielle qui s’était ensuite étendue à plusieurs villes du pays et aux policiers. Le mouvement avait cessé après la satisfaction de leurs réclamations financières. Il semble qu’ils veuillent être rattachés au régiment de sécurité présidentielle ?
  • Les mineurs de la mine d’or de Kalsaka dans la région du Nord du Burkina Faso déclenchent une grève illimitée à l’appel du Syndicat des travailleurs de la géologie, des mines et des hydrocarbures (SYNATRAGMIH). Les travailleurs ont déposé une lettre de doléances portant sur huit points dont le reclassement du personnel et l’augmentation des salaires et la calcul des primes.

16 mai 2011

  • Les agents de la police municipale de Bobo-Dioulasso ont observé un arrêt de travail dans la pour exiger le départ de leur commissaire et l’amélioration de leurs conditions de travail.
  • levée du couvre feu
  • Fin de la grève à l’ONATEL après qu’un accord soit intervenu avec la direction. Les réseaux avaient subi de nombreuses perturbations.
  • - Benewendé Sankara, Chef de file de l’opposition, signe une déclaration dans laquelle il est stipulé que l’opposition acceptera de participer aux travaux du C.C.R.P. (Conseil consultatif sur les réformes politiques) à condition que la modification de l’article 37 ne soit pas à l’ordre du jour

17 mai 2011

  • Plusieurs centaines de personnes ont manifesté à la mairie de Bogodogo/ Ouagadougou pour des problèmes de lotissement.
  • Des affrontements ont opposé les communautés bwaba et mossi a solenzo a l’ouest du pays dans la boucle du mouhoun. On compte deux morts et plusieurs blessés. Le commissariat a été incendié. Un policier ayant traversé une procession de masque aurait été fouetté par les autochtones. Et le conflit aurait dégénéré. Les policiers se seraient rendus chez le chef coutumier et les jeunes ont alors mis à sac le commissariat. Des conflits sont latents entre les autochtones bwaba et les mossis venus s’installer.

19 mai 2011. 21 eme anniversaire de l’assassinat de l’étudiant Dabo Boukary par les forces de sécurité. Les étudiants ont organisé un meeting à l’appel de l’UGEB pour demander justice.

23 mai 2011 Grève des enseignants pour leurs indemnités et de meilleures conditions de travail. Les élèves des différents lycées de Ouagadougou sont sortis ce matin pour soutenir leur professeurs. Ils sont entrés dans dans le ministère de l’éducation qu’ils ont en partie saccagé.

23 mai – 24 mai Des coups de feu dans la nuit de lundi, provenant de l’intérieur du camp de la Garde républicaine située en plein cœur de Ouagadougou ! Les mutins demanderaient le départ de leur chef et l’amélioration des conditions de vie et de travail dont le paiement de « la prime des honneurs » que perçoivent leurs camarades de la Garde présidentielle.

24 mai. Les élèves poursuivent leurs manifestations.

27 mai. Un accord intervient entre les enseignants grévistes et le ministre des enseignements supérieurs et secondaires ?

30 mai 2011. Dans la nuit du 29 au 30 mai 2011, de nouvelles mutineries ont éclaté dans plusieurs villes de province, à Kaya, à Dori, à Koupéla, à Tenkodogo ou encore à Dédougou, des militaires ont tiré en l’air parfois à l’arme lourde blessant au moins quatre civils à cause de balles perdues. Les tirs auraient en certains endroits continué dans la journée.

1 juin 2011. Cette fois ce sont les militaires de Bobo Dioulasso qui sont sortis de leur caserne pour précéder à des tirs dans la nuit du 31 mai au 1 juin.

2 juin De nouveau les militaires de Bobo Dioulasso sont sortis dans la nuit du 1 au 2 juin et ont pillé semble-t-il de nombreux petits commerçants. Les commerçants ont manifesté leur mécontentement devant le camp militaire puis devant la mairie qu’ils ont incendiée. Ils sont même pillé la réserve du camp et ont vendu les denrées alimentaires au voisinage. La presse qui jusqu’ici semblait faire preuve de compréhension commence à donner des signes de mécontentement de leurs agissements.

3 juin Les soldats ont continué à piller durant la nuit. Les éléments du régiment de sécurité présidentielle sont descendus la veille à Bobo Dioulasso. Ils interviennent militairement contre les soldats mutins. Les habitants sont terrés chez eux.

4 juin La mutinerie semble avoir été maitrisé et le camp des mutins réoccupés après l’envoi sur place du régiment de sécurité présidentielle, mais aussi d’autres corps d’armée. On compterait plusieurs dizaine de blessés. 7 personnes auraient trouvé la mort au cours de l’opération, 6 militaires et une civile, selon les autorités. Selon une source hospitalière, citée par la BBC, il y a eu 18 blessés lors de cette opération, neuf militaires et neuf civils, ce qui porte à près de 60 le nombre de personnes blessées en deux jours à Bobo Dioulasso.

Pour la chronologie des évènements précédents aller à http://www.thomassankara.net/spip.php?article1065 

Source

La presión popular vence a la impunidad policial



Edité par T 34 - 01 Sep 2011 à 23:59
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Sep 2011 à 00:02

Trois policiers condamnés pour meurtre au Burkina Faso

Le procès des policiers accusés d'avoir porté des coups mortels à Justin Zongo s'est ouvert ce lundi, 8 mois après sa mort.

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Le procès des policiers accusés d’avoir donné la mort au jeune burkinabé Justin Zongo s'ouvre ce lundi à Ouagadougou. Les trois agents sont inculpés de coups mortels et complicité de coups sur le jeune homme, ils risquent jusqu'à 20 ans de prison.

La présumée victime est morte en février dans la ville de Koudougou. Les circonstances de la mort restent mystérieuses puisqu'il est mort après être sorti du commissariat où il était allé à la suite d'une interpellation.

Les explications du décès de la famille s'opposent à celles des autorités. Selon ces dernières, Justin Zongo serait mort d'une méningite alors que ses proches mettent en cause les mauvais traitements dont il a été l'objet et accusent les policiers de torture.

La mort du jeune homme avait déclenché une vague d'émeutes dans sa ville puis dans d'autres villes également. La répression a fait 6 morts.

 
Ils se sont pris 10 ans de prison

La presión popular vence a la impunidad policial



Edité par T 34 - 02 Sep 2011 à 00:03
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