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Comprendre la "révolution permanente"

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Vladimir allez vers le bas
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  Citer Vladimir Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: Comprendre la "révolution permanente"
    Envoyé : 25 Oct 2010 à 03:42

Comprendre la "Révolution permanente"

La Révolution permanente est une théorie développée par Trotsky considérant qu'il n'est pas possible d'atteindre le socialisme sans une révolution prolétarienne dans des pays avancés économiquement comme le Royaume-Uni, la France ou l'Allemagne. La Russie ne disposerait pas des bases économiques nécessaires à l'établissement du socialisme. Cette théorie a été combattue par Lénine lequel critiquait le fait que Trotsky minimisait le rôle de la paysannerie en Russie. La critique a été reprise par Staline, qui précisa la théorie du "socialisme dans un seul pays". On peut dire que les immenses progrès économiques de l'URSS jusque dans les années 1960 (sans compter les victoires militaires) ont totalement invalidé la théorie de Trotsky.

Trotsky résumait ainsi ses idées (postface au Programme pour la paix, 1922)

Nous avons répété plusieurs fois que la révolution prolétarienne ne peut s'épanouir victorieusement dans les cadres nationaux. Cette affirmation pourrait sembler à quelques lecteurs niée par l'expérience de près de cinq ans de notre République Soviétique. Mais cette conclusion n'est pas fondée. Le fait que le Pouvoir ouvrier ait pu se maintenir contre le monde entier, et dans un seul pays, d'ailleurs arriéré, témoigne des capacités colossales du prolétariat qui dans des pays plus avancés, plus civilisés, accomplirait des miracles. Mais, dans le sens politique et militaire, en tant que gouvernement, nous ne sommes pas arrivés à la formation d'un Etat socialiste, et même nous ne nous en sommes pas approchés (souligné par moi). La lutte pour la conservation du pouvoir révolutionnaire a provoqué un abaissement extraordi­naire des forces productives ; or le Socialisme n'est imaginable que par leur accroissement et leur épanouissement. [...] Tant que les autres États posséderont des gouvernements bourgeois, nous serons forcés, dans notre lutte contre l'isolement économique, de chercher des accords avec le monde capitaliste ; nous pouvons affirmer avec certitude que ces accords peuvent nous aider à panser nos plaies, à avancer quelque peu, mais l'élan grandiose de l'économie socia­liste en Russie ne sera possible qu'après la victoire du prolétariat dans les principales nations européennes.



Edité par Vladimir - 25 Oct 2010 à 03:43
Ce n'est pas bien de lire le profil des autres ! Pas bien du tout !! C'est mieux de créer un autre forum dissident comme un hypocrite.
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Emile allez vers le bas
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  Citer Emile Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Feb 2011 à 00:46
Il est bon pour le débat de renvoyer à l'ouvrage de Trotsky La révolution permanente et notamment le chapitre Qu'est-ce que la révolution permanente ? même si ce chapitre est quand même assez abstrait pour le lecteur lambda dans la mesure où ça renvoie sans cesse à des débats antérieurs et au reste du bouquin qu'il faut connaître.
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  Citer Vladimir Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Feb 2011 à 20:46

Effectivement mimil, c’est le cœur de la « révolution permanente » que Trotsy expose dans ce chapitre. Non seulement il reprend ce qu’il disait déjà depuis 1905 sans rien changer, mais en plus il continue d’utiliser sa théorie à une période si avancée du développement soviétique que cela en devient ridicule, et il continua jusqu’à sa mort.

Dans les premiers points de son développement, Trotsky rejette un concept avancé par Lénine depuis 1905 aussi (contre la « révolution permanente), celui de « dictature du prolétariat et de la paysannerie ». C’est-à-dire qu’il nie la conception de la dictature comme une alliance entre classes, ainsi que la dictature « démocratique » comme étape transitoire entre le tsarisme/kérenskisme et la révolution socialiste. Ce qui est intéressant, c’est que tout en le niant, il fait semblant d’y adhérer. Je cite : «Sans une alliance entre le prolétariat et la paysannerie, les tâches de la révolution démocratique ne peuvent pas être résolues ». Puis il la nie catégoriquement : « Entre le régime de Kerensky et le pouvoir bolchevique, entre le Kuomintang et la dictature du prolétariat, il n'y a, il ne peut y avoir aucun régime intermédiaire, c'est-à-dire aucune dictature démocratique des ouvriers et des paysans. » Dans le même temps, il sort un gros mensonge comme quoi « Lénine ne préjugeait pas quels seraient les rapports politiques réciproques du prolétariat et de la paysannerie à l'intérieur du bloc révolutionnaire », ce qui est totalement faux, d’autant plus que cette période, c’était la phase des « deux pouvoirs » (le gouvernement provisoire et les soviets).

Le cœur de la révolution permanente, sa définition, c’est ceci : « La révolution démocratique, au cours de son développement, se transforme directement en révolution socialiste et devient ainsi une révolution permanente. » Qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu’il ne faut pas passer par une étape de transition, par la « dictature démocratique du prolétariat et de la paysannerie » (c’est-à-dire une phase non-socialiste, où l’on cherche à établir le cadre démocratique contre l’autocratie), mais directement à une révolution « socialiste ». C’est ça, la « révolution permanente » : sans analyse véritable des contradictions, il faut faire « la révolution permanente », rester « pur ». C’est du gauchisme tout simplement.


Pour appuyer ses propos, et là c’est très intéressant, Trotsky pose une série de « conditions » : il faut que le prolétariat domine la paysannerie, qu’il y ait un parti « indépendant ». A la même époque, et en fait depuis 1905, Lénine pose cette alliance non pas sous une « condition », mais sous le signe de la « nécessité », c’est-à-dire une étape absolument nécessaire au succès de la révolution russe, sans quoi le prolétariat perdra la paysannerie (qui constituait 80% de l’armée rouge). Pour Lénine ce n’est pas une affaire de « conditions », mais de comment réaliser cette dictature démocratique du prolétariat et de la paysannerie. Trotsky pose ses « conditions » de petit bourgeois sans analyser la situation concrète.

Cela le mène à cracher sur les positions de la IIIème internationale, à critiquer « la décomposition du prolétariat dans les masses petites-bourgeoises », et ce qu’il fera plus tard, attaquer le Front populaire.

On voit donc que la « révolution permanente » est une question d’abord nationale, elle « commence sur le terrain national ». Avec Trotsky, on passe du coq à l’âne en transformant cette première définition de « révolution permanente » en « révolution internationale », ce qui lui permet de critiquer le « socialisme dans un seul pays ». De la même façon qu’il nie toute « étape » dans le processus national, il le fait aussi sur le plan international : tous les pays sont « mûrs » pour la révolution puisqu’on est dans une économie mondiale, et donc il n’y a pas besoin d’étape intermédiaire, « démocratique ». Bref, tous les pays peuvent déjà instaurer la « dictature du prolétariat », et ce même si le prolétariat ne représente que 0,3% de la population comme en Chine…

Enfin, il nie clairement le rôle de l’Union soviétique, seul pays socialiste au monde : l’Internationale ne doit surtout pas être une « arme auxiliaire » de l’URSS qui n’a pas de « rôle» particulier cars pas « d'avantages et de particularités spécifiques ». Pour l’Internationale communiste, la défense de l’URSS est fondamentale. Pour Trotsky, c’est du « messianisme national » (pour approfondir, on peut se reporter au sujet sur l’hitléro-trotskisme).

Dernier point, on croit souvent que « révolution  permanente » signifie « révolution internationale ». Nous avons déjà vu que c’est une question en fait beaucoup plus complexe, qui tient à l’analyse des rapports entre classes et non à l’internationalisme. En fait cette fable de la trahison de la révolution internationale, c’est Trotsky qui la fait courir lui-même comme dans le 14ème point de son chapitre où il évoque une « tentative désespérée pour unir la théorie du socialisme dans un seul pays à l'internationalisme marxiste ».

Pour résumer, la théorie de Trotsky, c’est du dogmatisme, de l’analyse dans le vent. Il ressort un vieux concept sorti une fois par Marx (révolution permanente), pour le déformer, l’adapter à ses schémas délirants, et en faire une théorie fondée sur du néant qui lui permette de critiquer ses adversaires sur une ligne clairement gauchiste. C’est en même temps la très grande force de la théorie de Trotsky : elle s’ancre dans le dogmatisme et en prenant le masque du léninisme devient une arme très efficace pour critiquer tout travail de construction socialiste. C’est facile de la démasquer, mais comme elle n’est fondée sur aucune réalité tangible, qu’elle n’a aucune valeur théorique, ça ne sert souvent à rien car ce n’est pas la raison de son existence. Sa raison d’être, c’est le travail contre-révolutionnaire.

 



Edité par Vladimir - 27 Feb 2011 à 20:47
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