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Migrations internationales

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T 34 allez vers le bas
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: Migrations internationales
    Envoyé : 11 Nov 2010 à 17:53

Regard poussé sur le phénomène migratoire

 
Le 4è forum mondial sur la migration et le développement siège depuis lundi au Mexique. Son grand but ? Changer les conceptions actuelles sur l’immigration, considérée par nombreux gouvernements comme un problème, y compris comme une question de sécurité nationale et non pas comme l’exode des êtres humains qui cherchent l’opportunité qu’ils n’ont pas trouvée chez eux, en dehors de leurs frontières.

Un rapport de l’ONU rendu public en août révèle qu’il y a dans le monde 214 millions d’immigrants dont 49% sont des femmes. 6 sur 10 de ces immigrants résident dans des nations développées. La plupart d’entre eux viennent des pays pauvres et arriérés.

Le principal flux humain de la planète a comme point de départ l’Amérique Latine et les Caraïbes. Les États-Unis sont la destination finale. Le second provient de l’Afrique et vise l’Europe. Dans tous les cas, la tentative pour échapper à la misère et à l’exclusion de leurs pays d’origine est une motivation commune.

Malgré la crise économique globale, la tendance est à la hausse. Le cas du Mexique est un paradigme. Il s’agit non seulement du pays de la région ayant le plus grand nombre de personnes qui tentent de traverser la frontière. Il est aussi une sorte de pont que d’autres immigrants utilisent pour essayer de regagner coûte que coûte les États-Unis.

Conduire des gens de l’autre coté de la frontière est devenu une affaire juteuse qui génère- comme l’a fait savoir l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime organisé, 7 milliards de dollars par an, un chiffre bien supérieur aux revenus de la vente de marihuana ou de cocaïne en territoire étasunien.

La plupart de ceux qui tentent d’émigrer aux États-Unis, payent un trafiquant qui est appelé “pollero”. Les sommes apportées par cette affaire sont si importantes que le crime organisé s’est impliqué dans cette traite de personnes.

Cela augmente les risques pour les immigrants qui sont déjà dans une situation trop vulnérable, compte tenu du fait que ce voyage est hasardeux et qu’ils peuvent être victimes d’abus de la part des autorités corrompues. Les immigrants doivent affronter maintenant des enlèvements, des extorsions et au pire, la mort.

Tel est le cas survenu en août à Tamaulipas où 72 personnes de 5 pays ont été assassinées, soi-disant parce qu’elles n’avaient pas l’argent pour payer la rançon exigée par un groupe de trafiquants de drogues qui les ont interceptées.

La Commission mexicaine des Droits Humains a dénoncé le fait qu’entre septembre 2008 et février, 9 758 immigrants ont été enlevés par des groupes criminels. Dans certains cas, il a été prouvé la coopération de la police pour perpétrer le crime.

Le fait que ce 4è sommet mondial sur la migration soit organisé justement au Mexique est donc important. D’une part parce que c’est-là que le drame de millions d’être humains, poussés par la pauvreté à tenter un voyage rempli de souffrances, est vécu de la façon plus crue. Si ce voyage est réussi, il les conduira, aux Etats-Unis ou en Europe, où ils seront humiliés, maltraités, obligés à faire les travaux les plus durs en échange des salaires bien plus inférieurs à la moyenne nationale.

Cela, s’ils ne meurent pas dans la tentative ou qu’ils ne tombent entre les réseaux de la corruption, la prostitution ou le trafic de drogue, qui attendent blottis, sur le chemin pour tomber, tels des corbeaux sur leurs victimes.

Les politiques gouvernementales concernant les migrations sont mises en question au Forum Mondial de Mexico

Mexico, 10 novembre (RHC-PL). Au terme des premières journées du Forum Mondial sur Migration et Développement, les institutions de la société civile ont mis en question les opinions, les politiques et l’attitude des gouvernements sur ce sujet.

Tous les discours et les déclarations ont critiqué les courants anti- immigrants qui criminalisent les flux migratoires. Ils ont insisté sur le fait que la protection des immigrants ne figure pas dans les lois des pays récepteurs.

"Il y a une sorte de vague mondiale de xénophobie et de préjugés présente non seulement aux États-Unis, mais aussi en Europe et dans d’autres régions du monde- a déclaré le rapporteur spécial des Nations Unies pour les Migrations, Jorge Bustamante.

Il a signalé que la situation pour les immigrants va s’aggraver à court et moyen terme.

Pour sa part, le Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon, a envoyé un message à la réunion invitant les gouvernements à profiter du coté positif des migrations.

Les courants migratoires dans le monde ont diminué l’impact de la crise économique dans leurs pays d’origine et cela a été possible grâce aux envois d’argent des immigrants dont le montant a été de 316 milliards de dollars, et cela malgré une chute de 6%- souligne le message de Ban Ki Moon.

Il s’est également prononcé pour une migration légale, sûre et ordonnée.



Edité par T 34 - 15 Dec 2010 à 18:26
Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Nov 2010 à 17:57

Malte, l’île-prison

 

lundi 8 novembre 2010, par Anne Blanchier et Nathalie Bernardie-Tahir

Le site Internet de l’office de tourisme de Malte annonce sans détour : « Les îles maltaises seront une fête pour vos sens. L’avantage d’y séjourner est de vous permettre d’expérimenter plusieurs séjours en un ». C’est en effet ce que constatent les milliers de boat-people africains faisant route vers l’Italie et qui, depuis 2002, se fracassent sur les côtes maltaises. Ils ont été arrêtés, parqués dans des centres de détention ou de rétention (ouverts ou fermés). Pour ces migrants interdits d’Europe, Malte est devenue une prison à ciel ouvert.

Nathalie Bernardie-Tahir et Anne Blanchier sont géographes, respectivement professeure et doctorante à l’université de Limoges (UMR 6042 – Geolab).

Les photographies sont de Karim Tahir.

Un bus pour l’enfer

Le bus de la ligne 113 en direction d’Hal Far est presque complet lorsqu’il s’arrête pour laisser monter un passager d’origine africaine. Celui-ci s’approche du chauffeur pour lui demander un ticket. « Eh, tu vas où toi ? À l’aéroport hein ? s’esclaffe ce dernier, jetant un regard entendu aux autres passagers maltais. A Malte, les meilleurs immigrés sont ceux qui s’en vont.

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Dans le bus 113
Photo :  Karim Tahir

Ce chauffeur ne croyait pas si bien dire. Nombreux sont les migrants qui effectivement se rendent à l’aéroport. Il ne s’agit pas de l’aéroport international de Luqa auquel la mauvaise blague faisait implicitement référence, mais celui d’Hal Far, ancien aéroport militaire aujourd’hui désaffecté situé au bout du bout de l’île, terminus de la ligne 113 que l’on atteint après une bonne heure de voyage.

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Le site d’Hal Far

Hal Far n’est pas qu’un terminus de bus... C’est aussi là qu’échouent — après un long périple — les milliers d’Africains venus du Darfour, d’Erythrée, de Somalie ou du Nigeria, dans un « no man’s land » reconverti depuis quelques années dans « l’accueil » des migrants. Dans ce recoin difficile d’accès, au bord des pistes de l’aéroport abandonné et à quelques encablures de l’immense port franc de Marsaxlokk dont les milliers de conteneurs entreposés scintillent au soleil, pas moins de cinq centres ont été installés dans un rayon de quelques centaines de mètres : le centre fermé de Lyster Barracks (d’une capacité de 700 personnes) et quatre centres ouverts dont Tent village (un « village » de 35 tentes de l’armée installées sur des dalles de béton regroupant un millier de personnes, principalement des hommes), le hangar (un ancien hangar à avions militaires abritant 600 personnes, des hommes pour l’essentiel), un centre pour femmes célibataires (qui en compte environ 120) et un centre pour familles (environ 160 personnes), soit l’équivalent d’une petite ville de 3 000 habitants.

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Vivre dans un « conteneur »
Photo :  Ka. Ta.

Arrêtés dans les eaux territoriales maltaises par des patrouilles maritimes, ces migrants sont immédiatement emprisonnés dans l’un des trois centres fermés où ils peuvent rester jusqu’à 18 mois (d’après la loi maltaise), le temps que leur dossier de demande d’asile soit instruit [1].

Les témoignages sont unanimes : les conditions de détention sont épouvantables et profondément traumatisantes. À Lyster Barracks comme à Safi où hommes, femmes et enfants sont enfermés, soit dans d’immenses espaces pouvant regrouper plus d’une centaine de personnes, soit dans de minuscules cellules sombres, bondées et sans hygiène, d’où ils ne peuvent sortir que très rarement. Jusqu’à l’année dernière, l’ONG Médecins Sans Frontières était la seule habilitée à y travailler et y donner des soins. Après avoir dénoncé, en vain, le traitement inhumain réservé à ces migrants emprisonnés, MSF a décidé de cesser ses activités dans les centres fermés tout en rédigeant un rapport au vitriol intitulé « Not Criminals », où les témoignages des migrants alternent avec l’observation des personnels soignants sur les conditions inacceptables de la détention à Malte.

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Message de bienvenue
Photo :  Ka. Ta.

« En octobre, il a commencé à faire froid. Ma mère, ma tante et moi dormions sur deux matelas posés par terre, mais notre cellule était froide car une vitre de la fenêtre était cassée. Alors, j’ai décidé d’aller dormir avec deux autres Ethiopiens dans une pièce très petite qui n’avait pas de fenêtre, donc où il ne faisait pas si froid, mais qui était disposée à l’intérieur de l’espace des latrines. Pour aller d’une cellule à l’autre, il fallait marcher sur un sol toujours mouillé et puant. À la fin du mois d’octobre, je suis tombé malade avec une grosse infection pulmonaire. On m’a transporté à l’hôpital où je suis resté une dizaine de jours. Lorsque j’ai été guéri, j’ai pleuré car je ne voulais pas revenir en prison. Le centre est bondé, surpeuplé. Rien que dans notre espace, nous étions une centaine. Seulement deux fois par semaine, les lundis et mercredis, nous avions le droit de sortir et de jouer au foot pendant une quinzaine de minutes ». Extrait du rapport de MSF [2], ce témoignage est celui d’un enfant éthiopien de 9 ans, qui est resté deux mois et demi en détention.

Les migrants sont ensuite relâchés lorsque l’instruction de leur dossier est terminée : près de la moitié d’entre eux voient leur demande d’asile rejetée tandis que l’autre moitié, composée principalement de personnes provenant de la Corne d’Afrique, obtient soit le statut de réfugié (dans à peine 1 % des cas), soit plus largement celui de « protection subsidiaire » (subsidiary protection), qui apporte une protection à tous ceux dont on reconnaît que la vie est menacée dans leur région d’origine.

Pour autant, l’enfermement, paradoxalement, se prolonge, car après avoir connu le traumatisme des centres fermés, les migrants sont ensuite placés dans des centres dits « ouverts » ou « d’accueil », considérés par les autorités comme des lieux d’hébergement pour tous les immigrés, expulsables ou protégés, qui n’ont pas les moyens de se loger autrement.

La vie quotidienne au hangar

Ouvert en 2008, le hangar est le plus récent des centres d’hébergement. Il est entouré de hauts grillages surmontés de fils de fer barbelés. D’une superficie de moins d’un hectare, il regroupe plusieurs bâtiments, dont un situé à l’entrée réservé au personnel de surveillance, un autre dans lequel les migrants préparent à manger et un immense hangar en tôles blanchâtres autour duquel sont disposés une vingtaine de « conteneurs » (nom donné par les migrants à des structures métalliques préfabriquées utilisées dans les chantiers notamment). C’est là que vivent, survivent, se serrent et se désespèrent environ 600 personnes dans une promiscuité et une insalubrité insoutenables.

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Un des « villages » du hangar
Photo :  Ka. Ta.

Les migrants n’ont qu’un désir, montrer, raconter leur conditions de vie. Ahmed, 22 ans, vient de Somalie et nous invite dans son conteneur. Seize personnes vivent là, dans un espace d’environ 25 m2, percé de deux ou trois petites fenêtres qui éclairent faiblement les huit lits superposés. « Tu vois, c’est là tout ce que j’ai, soupire-t-il en nous montrant son lit, encombré de couvertures, de vêtements, de sacs, de paires de chaussures et d’un transistor. En ce moment, ça va encore, mais l’été, c’est terrible, la température monte parfois jusqu’à 50°C ! ». À l’extérieur, les violentes averses des dernières semaines ont laissé d’immenses flaques qui deviennent vite des cloaques où surnagent boîtes de conserve, paquets de cigarettes et emballages en plastique. L’image rappelle les bidonvilles des grandes villes du Sud. Mais il y a pire : le hangar.

C’est un imposant bâtiment blanc, dont la lourde porte coulissante de plus de dix mètres de hauteur est légèrement entrouverte. Dans cette cathédrale de tôles, à peine éclairée par un mince filet de lumière, 400 personnes s’entassent en lieu et place des anciens avions de la British Royal Air Force. Sur la grande dalle carrée de béton abîmé, près de 200 lits superposés se répartissent en plusieurs ensembles, comme les quartiers improvisés d’un village. Les plus chanceux sont ceux qui habitent dans les lits inférieurs, pouvant ainsi utiliser l’armature des lits supérieurs pour suspendre draps ou cartons, maigres protections contre le froid hivernal et les regards. Ceux qui habitent « à l’étage » n’ont rien pour se retrancher.

Le sourire et l’élégance vestimentaire de Souleiman, l’un des six représentants assurant la liaison entre les immigrants du camp et les autorités, tranchent avec l’indignité du hangar. Ce Somalien de 24 ans explique : « Je suis de Mogadiscio où je vivais avec mes parents, mes trois frères et ma sœur. Mon père tenait un atelier de réparation mécanique. Un jour mon frère a reçu une balle alors qu’il marchait dans la rue et s’est retrouvé gravement handicapé. Mes parents m’ont alors incité à partir. Je ne voulais pas, je voulais rester avec eux et avec ma femme, mais ma mère m’a dit que je ne pourrais pas les aider en restant. Alors je suis parti, c’était le 2 avril 2008. J’ai traversé la Somalie, l’Ethiopie, le Soudan, le désert jusqu’en Libye (soit un périple de plus de 6 000 km). Puis j’ai tenté de traverser la Méditerranée une première fois pour gagner l’Italie. Nous sommes tombés en panne de fuel, nous avons alors dérivé pendant plusieurs jours, la moitié des hommes du bateau sont morts de soif et nous avons dû les jeter par dessus bord. Finalement, les courants nous ont rabattu vers les côtes tunisiennes où les survivants ont été secourus. Je suis resté entre la vie et la mort pendant trois semaines à l’hôpital. Quelque temps plus tard, je suis reparti en Libye et j’ai retenté ma chance en mer. Notre bateau a été repéré par des garde-côtes maltais et nous avons été placés en centre de détention. J’y suis resté emprisonné un an, puis on m’a emmené ici, au hangar ».

Les histoires que les migrants racontent ici sont toutes plus tragiques les unes que les autres. Tous ou presque sont des « miraculés de la vie », héros anonymes d’exploits surhumains. Ils ont surmonté le déracinement du départ, l’angoisse de l’inconnu, survécu au périlleux passage en Méditerranée, mais aussi à la faim, à la soif et à l’épuisement lors de la longue traversée du désert soudano-libyen, aux tabassages et rackets systématiques des trafiquants, des militaires et des policiers patrouillant dans le désert ou à Tripoli… Et enfin, les voilà relégués comme des criminels dans cet obscur hangar maltais. De quoi sombrer dans le désespoir le plus noir, voire perdre la raison, ce qui arrive de plus en plus fréquemment d’après le témoignage de médecins ou travailleurs sociaux de MSF qui recensent un nombre croissant de pathologies psychiatriques. ces migrants s’accrochent : Malte n’est qu’une épreuve supplémentaire à surmonter dans cette indicible odyssée.

A l’extérieur du hangar, tout est aussi indécent qu’à l’intérieur. Le dispositif sanitaire est constitué en tout et pour tout d’une trentaine de cabines individuelles en plastique grises et bleues qui servent de douche ou de WC pour les 600 personnes que compte le centre. Une rangée d’éviers crasseux est disposée le long d’un des murs du bâtiment en chantier abritant le « coin cuisine », nom très abusif donné à un petit espace d’environ 15 m2, percé d’ouvertures sans portes ni fenêtres où les migrants peuvent faire cuire leurs repas sur une dizaine de feux de cuisson installés sur un support en béton d’une saleté repoussante.

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La cuisine du hangar
Photo :  Ka. Ta.

« L’Europe fraternelle a fait naufrage ! »

« Ici, ce n’est pas l’Europe ! remarque amèrement Moussa, un Soudanais de 29 ans qui vit dans le hangar depuis plus d’un an. Ici, c’est comme en Afrique, c’est même pire car chez moi je vivais mieux. C’est fou, je suis parti pour pouvoir aider ma famille, eh bien c’est elle qui m’aide en m’envoyant un peu d’argent pour survivre ici, et encore, j’ai de la chance qu’elle puisse le faire ! ». Moussa est d’autant plus favorisé, qu’il fait partie de ceux qui gagnent le plus dans le centre : 130 euros par mois [3] au titre de la subsidiary protection qui reconnaît la nécessité d’une protection pour des personnes provenant de régions où leur vie est quotidiennement mise en danger. Pour autant, ce statut n’est qu’un pis aller pour les immigrés à qui il ne confère que quelques droits — en particulier celui de se soigner ou de travailler — … valables uniquement sur le territoire maltais où ils sont contraints de rester. Ainsi, l’obtention de ce statut, qui légalise et légitime la démarche des migrants, sonne paradoxalement le glas de leurs espérances en signant la fin du voyage et leur assignation définitive au territoire maltais.

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Le « sésame » maltais
Photo :  Ka. Ta.

Car Malte n’était pas au départ leur choix de destination, juste le résultat d’une erreur de navigation qui a fait dévier leur bateau de sa trajectoire italienne tendue vers Lampedusa. Kahzai, un Erythréen de 31 ans, raconte : « Quand les garde-côtes se sont approchés de notre bateau, on les a entendu parler une drôle de langue qui ressemblait à l’arabe. (le maltais est une langue assez proche de l’arabe dans sa syntaxe et son vocabulaire) Ils nous ont ensuite dit en anglais qu’ils étaient maltais, mais on ne savait pas ce que cela voulait dire, on n’avait jamais entendu parler de Malte avant ! ». Youssouf, Gambien d’origine, rajoute en souriant : « Malte, pour moi, c’était simplement le nom d’une bière locale ». Désormais, pour eux, Malte, c’est le hangar, c’est le symbole de la détention ou de la rétention, de la relégation et de l’exclusion, de l’irrespect des valeurs humaines élémentaires.

Car la vie à Malte pour un immigré africain relève de l’univers kafkaïen. L’emploi est rare dans cette île de 400 000 habitants où le marché du travail est très étroit. Tous les matins dès l’aube, nombre de migrants se rendent près du grand rond-point de Marsa (à trois quarts d’heure en bus du hangar) pour attendre les camionnettes des artisans, hôteliers, restaurateurs ou chefs de chantier qui viennent quotidiennement ici embaucher une main-d’œuvre à la journée. La plupart d’entre eux ne travaillent qu’épisodiquement, quelques jours par mois, ce qui est bien insuffisant pour payer un loyer et leur permettre de quitter des lieux comme le hangar.

Seulement, pour avoir le droit de bénéficier de l’accueil en centre ouvert et de l’allocation de 130 euros, ils doivent pointer trois fois par semaine là où ils sont hébergés. Ainsi, trois fois par semaine, les 600 personnes du hangar n’ont d’autre alternative que de faire la queue pendant plusieurs heures pour signer un registre, sous peine de perdre une partie de leur allocation. Trois jours par semaine, les migrants doivent donc choisir entre un pointage qui les empêchera de travailler ce jour-là, ou un travail qui, en les privant d’enregistrement, leur fera perdre 30 euros à chaque fois.

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« Registration day » : attendre des heures pour pointer, sans pouvoir travailler
Photo :  Ka. Ta.

La nasse maltaise se referme

« Cela fait maintenant un an et demi que je suis ici au hangar, sans que rien ne change… je n’en peux plus, je regrette d’être parti, et si on me proposait de revenir chez moi, j’accepterais tout de suite, avoue dans un souffle Salim, un Erythréen de 35 ans, qui observe, désabusé, la longue file d’attente qui s’est formée ce matin devant le bureau d’enregistrement du centre. Mais, je me suis renseigné, c’est impossible, rajoute-t-il, car les programmes de rapatriation excluent ceux qui, comme moi, ont un statut de subsidiary protection, au motif qu’un retour au pays mettrait notre vie en danger. L’Ethiopie et l’Erythrée se livrent une guerre continue depuis 1993 qui a fait jusqu’à présent plus de 100 000 morts.

La nasse maltaise se referme, l’île-terminus devient l’île-prison pour tous ceux et celles à qui l’on reproche seulement d’avoir osé fuir la violence, la terreur et la misère au prix d’un périple dantesque. Aucun avenir n’est possible pour eux sur cette île où ils ne voulaient pas venir mais qu’ils ne peuvent plus quitter, ni pour poursuivre leur route vers l’Europe, ni pour faire demi-tour. Cette situation ubuesque n’est pas le fait des autorités maltaises, qui ne font qu’appliquer une politique européenne visant à transférer aux territoires périphériques méditerranéens la fonction de « garde-frontière de l’Europe ». En 2002, l’UE a enjoint à Malte d’arrêter et d’enfermer tous les boat people repérés dans leurs eaux territoriales : résultat, les centres se sont multipliés, tous les anciens bâtiments d’Hal Far ont été réquisitionnés et réaffectés.

En 2009 et 2010, l’étau s’est un peu desserré. L’Ambassadeur de France à Malte, M. Daniel Rondeau, a proposé aux autorités maltaises d’accueillir en France deux cents de ces personnes migrantes. Portée par la France, cette initiative a fait quelques émules puisque d’autres Etats européens comme l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Luxembourg, la Roumanie se sont également engagés à recevoir quelques dizaines de migrants sur leur territoire. Malgré cela, l’avenir de tous ces migrants reste à l’image de ce qu’est ce hangar où l’Europe a sombré : obscur.

Notes

[1] Cette recherche a été menée en avril 2010. Depuis, avec la mise en œuvre de l’accord signé entre Berlusconi et Kadhafi qui externalise le contrôle des frontières du sud de l’Italie auprès des autorités libyennes, les arrivées de migrants à Malte se sont quasiment taries. Les deux centres fermés de Lyster Barracks et de Ta’Kandja se sont progressivement vidés depuis quelques mois, seul celui de Safi restait encore opérationnel en juin 2010 avec deux cents migrants toujours enfermés.

[2] « Not Criminals », rapport de MSF qui expose les conditions des migrants sans papiers et des demandeurs d’asile dans les centres de détention maltais, avril 2009. www.msf.org/source/countries...

[3] Le salaire mensuel net minimum à Malte est d’environ 500 euros. Source : Eurostat 2008.



Edité par T 34 - 11 Nov 2010 à 17:58
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Nov 2010 à 21:20

les gendarmes de l’Europe

Le réseau Migreurop a rendu public hier son deuxième rapport sur les frontières de l’Europe. En s’appuyant sur des enquêtes de terrain au Maroc, à Calais, en Pologne, en Roumanie ou encore à la frontière gréco-turque, ce rapport donne des exemples dramatiques des conséquences de la « guerre aux migrants » qui « implique un recul généralisé du droit protégeant les libertés et l’intégrité des personnes ». Migreurop dénonce notamment le processus d’« externalisation » par l’UE de sa politique migratoire qui contraint les pays tiers à devenir des gendarmes de l’Europe.

 


Edité par T 34 - 16 Nov 2010 à 20:29
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Dec 2010 à 20:37
 
 
 
Boat People  
 
La mort dans le Détroit de Gibraltar
 
 

Chaque jour des centaines d’Africains traversent ce détroit pour émigrer clandestinement vers l’Europe. Le Maroc laisse faire.


Tanger/Tarifa
Dans le patio numéro 2 du cimetière de Tarifa une corde tendue à la hâte sépare, à la gauche du visiteur, un lieu de sépulture pour les morts sans nom du reste du cimetière. Cette corde n’a d’autre rôle que d’éviter aux visiteurs de  piétiner ces sépultures qui ne portent aucun signe distinctif. Un modeste signe de respect pour les morts, dont la dernière demeure ne porte ni pierre tombale ni épitaphe et auxquels personne ne vient porter de fleurs. En ce lieu où siffle  sans un arrêt un vent marin, et d’où l’on a une vue imprenable sur l’Atlantique, rien n’indique que des êtres humains sont enterrés ici. À l’exception d’une planche tombée à terre qui rappelle  la présence d’un mort.  Seul un prénom est inscrit sur la planche, aucune date, tout juste: Mohammed.
 
 
Ceux qui sont enterrés ici ont été à un doigt de leur but final. C’est la dernière étape d’un périple de milliers de kilomètres qui se révèle fatale. La majorité d’entre eux vient du de l’Afrique du Nord-Ouest et du Maghreb. Plusieurs d’entre eux traversent le Sahara à pied: Ce sont des Africains noirs du Nigeria, du Ghana, de Sierra Leone, des pays où la guerre fait rage ou  dont la situation intérieure n’évolue pas. D’autres viennent  même d’Irak ou d’Afghanistan. D’une manière ou d’une autre, entassés dans des camions, des cargos rouillés ou confortablement installés dans un avion de ligne, ils réussissent à débarquer à  Tanger. Cette ville pittoresque, qui fut la capitale culturelle du Maroc, s’est transformée en plaque tournante pour les migrants qui font tout pour rejoindre l’espace Schengen.
 
De  Tanger on peut contempler, à travers le détroit de Gibraltar, la pointe sud de l’Espagne. L’Estrecho (Détroit), comme l’appellent les Espagnols, qui relie l’Atlantique a la Méditerranée, ne mesure pas plus de 15 kilomètres. Beaucoup trouvent la mort en traversant le Détroit. La mer ici est au moins aussi trompeuse que les passeurs qui promettent aux clandestins une traversée sans danger. Mais la majorité survit quand même à cet épisode de leur traversée vers l’Europe. Le détroit de Gibraltar s’est révélé l’une des brèches dans  la forteresse Europe. Une brèche qu’on ne peut tout simplement pas colmater. Cela est dû surtout à la mauvaise volonté mise par le Maroc à freiner le flux de réfugiés.



-Maman, où est-ce qu'on va, quand on meurt ?
- Ça dépend des courants, fils

 Juan Kalvellido

On a besoin des "moros"

Récemment, la Guardia Civil espagnole a arrêté, en une seule journée 567 sinpapeles (sans-papiers) qui ont débarqué sur la côte espagnole.  64 parmi eux ont emprunté un itinéraire plus long et plus dangereux. Ils ont été attrapés sur la plage Las Salinas de Fuerteventura, l’une des îles Canaries. La majorité d’entre eux semble provenir de Sierra Leone – à l’exception des six individus louches, sûrement des Marocains, qui les ont transportés sur trois barques minuscules. Le reste des clandestins capturés a emprunté le Détroit, 448 parmi eux ont débarqué directement à Tarifa. Sur les plages de l’extrême sud de l’Espagne continentale les surfeurs en attente de vents forts peuvent, souvent, voir ce qui se passe lorsque la mer est calme. Ceux qui conduisent les embarcations déchargent leur cargaison humaine tout près du rivage, parfois à quelques mètres de la plage. Parfois 60 personnes s’entassent dans un zodiac. Elles doivent traverser les derniers mètres à la nage ou en pataugeant dans l’eau. Car les conducteurs de ces barques n’accostent jamais. Dès qu’ils atteignent la plage, tout trempés, les arrivants s’enfuient en courant.
 
Au cours de cette malheureuse journée, deux hommes ont été repêchés par la Guardia Civil  et transportés en toute hâte par hélicoptère à l’hôpital Punta Europa d’Algésiras, le port voisin. L’un d’eux s’était trouvé mal : épuisement, déficience cardiaque, il a succombé. L’autre a dû être soigné pour de graves brûlures, causées par le carburant que déversent les cargos en traversant le détroit. Il a survécu à ses blessures.
 
Comme nous l’avons déjà dit, tous les clandestins ne choisissent pas le plus court chemin. Certains ne veulent pas remettre leur destin entre les mains des passeurs. Par un mercredi de brouillard, 50 Africains ont débarqué  d’un bateau de pêche à Cap Gata à l’est d’Almería. Ils l’avaient volé à Melilla, l’une des deux enclaves espagnoles en Afrique du Nord, et avaient parcouru  160 kilomètres en Méditerranée. Quatre d’entre eux ont été repêchés sans vie par la Guardia.
 
Ce jour-là un jeune du nom d’Abdelfagour est mort à l’hôpital de Ceuta, l’autre enclave espagnole. Le jeune homme, âgé de 14 ans, était originaire de la ville marocaine de Tétouan, il avait réussi à traverser la frontière de l’enclave. Comme d’autres jeunes, il traînassait sur le port, en attendant une occasion de tenter sa chance. Cette chance s’est offerte à lui après une fiesta. Abdelfagour a dû se cacher dans un camion qui ramenait des cabines de spectacle vers  Algésiras. Il a été trouvé à demi-mort sur la plage de Chorillo sur la face sud de  Ceuta. Quelqu’un l’a transporté à l’hôpital où il a  lutté contre la mort pendant douze jours encore.
 
Plusieurs habitants de l’Espagne du Sud appellent l’Estrecho la plus "grande fosse commune de l’Europe". Le détroit de Gibraltar est l’une des routes maritimes les plus fréquentées au monde. Du haut des ponts des supertankers et des porte-conteneurs les zodiacs sont totalement invisibles. En quelques minutes, la mer peut passer d’un calme plat à des vagues de quatre ou cinq mètres de hauteur. Les moteurs des zodiacs peuvent tomber en panne, quelques-uns  sont si vieux  que le caoutchouc qui les revêt est devenu poreux. La mort prend son temps dans le Détroit. Au début c’est la soif, puis c’est l’insolation. Certains se noient, car ils tombent à l’eau après avoir perdu conscience.

Combien de personnes périssent, combien atteignent leur but? La Guardia Civil connaît seulement le nombre des clandestins morts ou  arrêtés. L’Association des travailleurs immigrés marocains d’Espagne pense qu’il y a beaucoup plus d’un millier de morts par an, un chiffre qui dépasse tous ceux des autres frontières de l’Europe. Mais ce ne sont que des estimations. Peut-être l’enquête du ministère espagnol des Affaires sociales et du Travail est-elle plus instructive, dans la mesure où elle reconnaît que tous les fermiers espagnols emploient des immigrés illégaux. L’Espagne a besoin de moros (Maures), dont les aïeuls ont importé en Europe leur culture et l’arithmétique. Ils sont aujourd’hui employés à cultiver les tomates.
 
Papa Isidoro est l’un de ceux qui aident les immigrants illégaux. Dans la rue d’Algésiras qui mène au port, ce Franciscain de l’Ordre de la Croix Blanche dirige, dans une demeure impeccable, un centre de conseil disposant d’une ambulance. Isidoro connaît mieux que personne les migrants et leurs problèmes. "Une fois qu’ils sont en Espagne", dit-il en souriant, "il y a presque toujours une solution pour leurs problèmes." Mais à condition qu’ils tombent sur lui. Isidoro se rend aux guichets de la Western Union pour encaisser les mandats des „sans-papiers“ de façon à ce qu’ils n’aient pas à donner leurs vrais noms. Tous ceux qui frappent à la porte de sa maison au numéro 7 du Paseo de la Conferencia  auront droit à un examen médical et à des vêtements secs. Plusieurs ne possèdent rien d’autre que les pantalons mouillés, la chemise et le blouson qu’ils portent. Lorsqu’il dit que les problèmes sont résolus dès que les migrants sont en Espagne, il veut dire qu’ils ont déjà franchi la frontière Schengen. Ensuite, il est facile de trouver un travail, d’entrer en clandestinité ou d’aller plus loin en Europe. "Tous ceux qui arrivent ici ont un point d’accueil - en Espagne, en Italie, en Allemagne …" Isidoro le sait par expérience.
 
En vertu des accords Schengen, l’Espagne s’est engagée à simplifier la procédure d’expulsion des immigrés illégaux. Les Marocains peuvent être refoulés immédiatement. Même avec le Nigeria, on a initié un „projet pilote“ pour le rapatriement des illégaux. Mais les cas d’expulsion d’Africains noirs sont très rares. Les autorités espagnoles trouvent des difficultés à entretenir des rapports sereins avec le Maroc. Le conflit ouvert à propos des droits de pêche envenime leurs relations. Malgré toutes ses déclarations, le voisin nord-africain ne se gêne pas pour résoudre ses problèmes de croissance démographique et de chômage sur le dos de la prospère Europe. Á la fin de l’été le ministre des Affaires étrangères espagnol Josep Piqué  a convoqué l’ambassadeur marocain à Madrid. Ce dernier s’est contenté d’envoyer son adjoint, qui s’est présenté avec 25 minutes de retard.

Le jour suivant, le ministère des Affaires étrangères marocain a publié un communiqué affirmant que l’Espagne " tend à simplifier  un problème complexe". Selon ce même communiqué, le Maroc a interné depuis janvier 2000 quelques 35 000 personnes qui tentaient d’émigrer vers l’Europe. 20 000 de leurs propres citoyens ont été retenus à la frontière du royaume, 15 000 Africains et Asiatiques ont été expulsés du pays.
 
La traversée de Tarifa vers à Tanger dure seulement 35 minutes par  jet-ferry rapide. Il y a à la Casbah des petits hôtels qui arborent des enseignes très significatives: Malaga, Hollande, Paris. Des Africains noirs se tiennent devant ces hôtels, d’autres flemmassent dans leurs chambres minuscules. Cafés et stations-services fourmillent de Noirs, qui espèrent trouver des routiers internationaux qui les emmènent ou cherchent des camions où se cacher. Dans un Magasin de Tanger on vend  des zodiacs et plein de cordes. Pourquoi tant de cordes?  "Pour qu’ils ne se jettent pas par-dessus bord, ils sont tellement nerveux", dit un certain Ahmed.

La police secrète ferme les yeux

Le différend entre l’Espagne et le Maroc s’est aggravé durant cet automne. Le roi du Maroc a accordé au quotidien Le Figaro une de ses rares interviews. Mohammed VI a pointé du doigt "les bandes mafieuses espagnoles”. Selon lui, elles sont plus riches que celle du Maroc. Des bateaux, plus rapides que ceux de sa propre marine, seraient vendus en Espagne, pas au Maroc. Il minimise le rôle de sa propre police. Quand un taxi veut faire le trajet Casablanca-Tanger, le chauffeur doit avoir une autorisation pour effectuer ce voyage. Chaque mouvement d’étrangers est noté. Les indics de la Sûreté (police secrète) ont des yeux partout. En échange de quelques dirhams, ils les ferment volontiers. Il n’échappe à aucun policier de Tanger qu’à la plage, au sud de la ville, le café Schengen ne manque jamais de clients. Le garçon du café dit, un peu hésitant : "Lorsqu’on travaille ici depuis un certain temps, on croirait qu’on n’a pas vraiment besoin de visa pour aller en Europe."

Mais l’Espagne ne contrôle pas totalement la situation, même sur son territoire souverain. On peut faire le trajet Tanger-Ceuta en une heure par taxi, en passant par la ville royale de Tétouan. L’enclave espagnole en Afrique du Nord est clôturée sur tout le perímetro, la frontière semi-circulaire qui la sépare du Maroc. C’est une double palissade de quatre mètres de hauteur, couronnée par des barbelés. Entre les deux palissades il y a une piste en béton, suffisamment large pour les véhicules de patrouille de la Guardia Civil. Des projecteurs et des vidéocaméras sont fixées à des poteaux très hauts. "Les clandestinos découpent un passage dans la clôture en deux minutes", déclare un porte-parole de la Guardia Civil, "Nous ne pouvons être aussi rapides à intervenir."
 
Tout le monde ici a "perdu" ses papiers. Ils prétendent tous venir de pays avec lesquels il n’existe pas d’accords de réadmission. Ceux qui acceptent de se laisser enregistrer sont bien traités et ont le droit de rester trois mois au centre d’internement. "Ensuite on émet un Expediente de Expulsión (arrêt d’expulsion) à leur encontre", explique Roberto Franca à l’Administration centrale de Ceuta, "cela signifie qu’ils doivent quitter le pays dans un délai de 40 jours." Les illégaux  n’attendent que ça. Leur notification d’expulsion en poche, ils ont tout le temps de disparaître et de poursuivre leur voyage en Europe jusqu’à la destination qu’ils ont choisie.
 
Source: http://www.zeit.de/2001/46/200146_gibraltar.xml?page=all&print=true
Date de parution de l'article original: 15/10/2001
Traduit par  Omar Khayyam
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Jan 2011 à 21:04
Athènes veut clôturer sa frontière avec la Turquie
 
La Grèce veut clôturer la majeure partie de sa frontière de 206 kilomètres avec la Turquie afin de freiner le flux incessant de réfugiés en provenance de Turquie, a indiqué le ministre grec de la Protection civile Christos Papoutsis, selon l'agence de presse grecque ANA.
"Nous comptons construire une clôture pour endiguer l'immigration illégale", a expliqué M. Papoutsis. La Grèce s'inspire ainsi du mur construit par les Etats-Unis à la frontière avec le Mexique. La position de la Commission européenne quant à ce plan n'est pas claire. L'Union européenne mène actuellement des négociations d'adhésion avec la Turquie. Plus de 80% des migrants illégaux présents en Europe entrent dans l'Union par la Grèce. Ils sont environ 300.000 à séjourner illégalement en Grèce, provenant essentiellement d'Afghanistan, d'Irak et de pays du Nord de l'Afrique. (VIM)
 
 



Edité par T 34 - 03 Jan 2011 à 22:38
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Jan 2011 à 18:42

L’économie des envois d’argent

Selon les chiffres officiels, les envois faits par les immigrants à leurs familles dans leurs pays d’origine durant 2010 ont augmenté à 440 milliards de dollars, ce qui signifie un flux financier considérable, mais aussi un masque sous lequel se cachent des problèmes structurels profonds qui doivent encore être résolus.

En Amérique Latine et les Caraïbes, c’est le Mexique le pays qui a le plus bénéficié de ces envois d’argent dont le montant s’élève à 22 milliards 600 millions de dollars. Il faut signaler qu’il s’agit là des données officielles qui figurent sur « l’Annuaire 2010 Migration et envois”, publié récemment par la Banque Mondiale.

Si l’on pouvait comptabiliser les envois faits par des voies non formelles, par des entreprises qui faussent leurs chiffres d’affaires, ou ceux qui sont remis en main propre, on découvrirait que les chiffres sont bien plus supérieurs.

Dans de petits pays, mais avec une grande activité migratoire comme le Salvador, entre janvier et novembre, près de 3 milliards 200 millions de dollars ont été reçus, au Guatemala, durant la même période, les envois ont atteint 3 milliards 778 millions.

Il faut signaler que dans ces deux pays centraméricains, jusqu’un tiers du total de la population, échappe à la pauvreté extrême et survivent grâce à ce flux monétaire qui est assujetti cependant à une grande instabilité.

Les envois dépendent dans une large mesure de la situation des immigrants. Les politiques de restriction appliquées tout au long de 2010 aux États-Unis, le principal pays récepteur des immigrants a aggravé la situation de milliers d’immigrants latino-américains. Le fait que chaque fois il y a plus de risques à courir durant la traversée du territoire mexicain et de la frontière avec les Etats-Unis a sans doute freiné l’immigration.

Comme nous le signalions avant, les envois d’argent cachent d’autres problèmes comme la pauvreté croissante et le chômage chez les jeunes et crée une fausse image de prospérité qui ne correspond point à la réalité de chaque pays.

C’est vrai qu’il s’agit de grandes sommes d’argent, mais leur utilisation n’implique pas un impact durable dans l’économie. On destine généralement ces sommes au paiement des dettes ou à l’achat des biens de consommation non productifs, de telle sorte que si une interruption se produit dans leur flux, les bénéficiaires se retrouveraient dans une situation très similaire à celle qu’ils avaient au début.

Il n’y a pas, généralement, des politiques gouvernementales pour encourager la création de petites entreprises, ou de coopératives ou des fonds d’investissement ou d’épargne ou la création ou le développement du patrimoine familier. À la longue, cet argent se dilue entre les filets du commerce, mais sans transformer la vie de leurs destinataires.

Ceux qui bénéficient notablement de ce flux croissant sont ceux qui opèrent ces envois, les banques, les bureaux de change et d’autres qui gagnent doublement: une commission pour leurs services et la différence au change entre le dollar étasunien ou l’Euro et les monnaies nationales.

Il s’agit la plupart du temps, des transnationales ayant leur siège aux États-Unis ou dont les capitaux sont d’origine étasunienne, ce qui signifie, à la longue qu’une partie importante des richesses générées par le travail des immigrants reste et grossit les finances de ce pays.

Il ne s’agit pas non plus de décourager les envois d’argent. Il s’agit de les utiliser comme un instrument pour le développement des plus pauvres. Ces envois sont le résultat du sacrifice des millions d’êtres humains qui ont quitté leurs pays fuyant la misère. Leur emploi ne doit donc pas être une froide reproduction du système qui est le coupable d’une telle tragédie.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Jan 2011 à 20:46
Mexique : 214 enlèvements massifs de migrants en 2010
 
On a rapporté 214 enlèvements massifs de migrants au Mexique en 2010 d'après Raúl Plascencia obudsman du Mexique. Entre avril et septembre 2010 on estime à 10 000 le nombres d'enlèvements de migrants. Quand on parle d'enlèvements massif il s'agit d'enlèvements pouvant aller jusqu'à 100 à 150 personnes. Une fois séquestrés les migrants doivent payer une rançon s'élevant entre 5000 et 15 000 dollars.
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 Jan 2011 à 01:34

Droit d’asile : la cour de Strasbourg met Dublin II sur la sellette

La condamnation de la Belgique, la semaine dernière, par la Cour européenne des droits de l’homme, a remis sur le devant de la scène l’iniquité de ce règlement.

Un arrêté, pris vendredi dernier par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), fait souffler un vent de panique sur l’Europe. Les juges ont condamné la Belgique à verser 20 000 euros de dédommagement à un demandeur d’asile afghan renvoyé en Grèce conformément au règlement européen dit Dublin II. Un néologisme barbare pour un règlement qui ne l’est pas moins.

Mis en place en 2003, Dublin II est officiellement destiné à « prévenir l’abus des procédures d’asile que constituent les demandes multiples ». Désormais, une demande d’asile ne pourra être déposée que dans un seul État de l’espace Schengen, le premier pays traversé. En conséquence, Dublin II prévoit le renvoi du demandeur vers le pays où il a été autorisé à entreprendre sa démarche. Un système facilité par la base de données Eurodac, regroupant les empreintes digitales de tout demandeur d’asile de plus de quatorze ans.

Ce règlement condamne les « Dublinés », comme on les appelle, à l’errance. Renvoyés vers la Grèce ou la Pologne (principales portes d’entrée de l’UE), ils repartent vers leur pays de destination où ils devront vivre six mois dans la clandestinité pour que ce dernier soit tenu pour responsable de leur demande d’asile. À Calais, pour échapper à Eurodac, des migrants n’hésitent pas à se brûler le bout des doigts.

Or, voici que la CEDH condamne la Belgique pour avoir appliqué ce règlement sans prendre en considération les risques de mauvais traitements et de renvoi dans son pays d’origine invoqués par ce demandeur d’asile afghan. La Cour a fondé sa décision sur le fait que les demandeurs d’asile sont systématiquement placés en détention en Grèce et souvent brutalisés par la police. En outre, le taux de reconnaissance du statut de réfugié y est proche de zéro. Le résultat ne s’est pas fait attendre : Danemark, Finlande, Allemagne, etc., les uns après les autres, les États européens suspendent les renvois de réfugiés vers la Grèce et traitent eux-mêmes les demandes d’asile, de crainte de se voir à leur tour condamnés en justice. En France, la Cimade a demandé l’arrêt immédiat des renvois vers la Grèce. Sans réponse pour l’instant.

Marie Barbier

Source

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Feb 2011 à 01:11
Libye : L'aveuglement de l'Europe a été criminel
 
 

Les États européens se sont montrés faibles et corrompus face à un Kadhafi prêt à ouvrir ses marchés et fermer ses frontières.

Les pays occidentaux, l’Europe en tête, semblent découvrir la barbarie du régime de Kadhafi. Les marques d’«indignation» se succèdent dans les ministères face à une répression «parfaitement inacceptable», les exhortations à «la fin immédiate» des violences se multiplient.

Seul l’appel euphémique de Katherine Ashton à «la retenue» de tous les Libyens nous rappelle l’aveuglement criminel de la politique entreprise par l’Europe avec son voisin libyen depuis 2003. Cette année-là, l’Italie et la Libye concluaient le premier d’une série d’accords visant à lutter contre la migration irrégulière. L’année suivante, tandis que cinq infirmières bulgares et un médecin palestinien étaient condamnés à mort après quatre ans de simulacre de procès en Libye, l’UE renonçait à faire de leur libération une condition à la levée de l’embargo sur les armes et permettait ainsi à l’Italie de livrer le matériel nécessaire au contrôle des frontières libyennes.

Depuis lors, des ONG, et singulièrement Human Rights Watch et Amnesty International, dénoncent le traitement inhumain réservé aux migrants en Libye. Enfermés pendant des mois, voire des années, maltraités, torturés, ou abandonnés en plein désert, ils sont des milliers à avoir subi le pire, sans que l’Europe n’y voit autre chose que son intérêt à ne plus en entendre parler.
 
Comme les pays dont sont ressortissants ces migrants, les Etats européens se sont montrés faibles et corrompus face à un Kadhafi prêt à ouvrir ses marchés et fermer ses frontières. L’Italie en premier chef, qui, depuis 2003, a renvoyé des milliers de migrants en terre libyenne avec une telle facilité depuis 2009 qu’elle envisageait même récemment pouvoir se passer désormais de Frontex (l’Agence européenne de contrôle des frontières extérieures de l’UE) – avant de se raviser face à l’arrivée de Tunisiens.
 

Des négociations opaques

Ces gouvernements européens, aujourd’hui ostensiblement scandalisés, négocient avec Kadhafi depuis 2008, dans la plus grande opacité, la conclusion d’un accord global qui comprendrait notamment l’engagement de la Libye à réadmettre ces migrants plus systématiquement. En vue d’y implanter une «zone de protection régionale» permettant de traiter sur place les requêtes des demandeurs d’asile que l’Europe ne peut plus souffrir, l’UE, comme l’OIM et le HCR, espéraient du leader libyen la ratification de la convention de Genève de 1951 sur le statut des réfugiés, sachant que Kadhafi est déjà appelé en Afrique « l’homme des traités » pour les avoir tous ratifiés sans en avoir respecté aucun.

En ce domaine pourtant, le chef de la Jamahiriya libyenne s’était montré transparent: il ne ratifierait pas la convention de Genève, ne reconnaissant tout simplement pas l’existence de réfugiés dans son pays et n’ayant aucune intention d’en prendre la charge. Peu importe, le HCR y était toléré depuis 1991 et légitimait, s’il en était besoin, de poursuivre les refoulements vers ce pays de facto considéré comme sûr pour les migrants.
 
Le fait que Kadhafi ait décidé en juin 2010 de fermer le bureau du HCR et l’ait enjoint de quitter le territoire n’a en rien modifié les projets européens d’externaliser davantage la gestion des migrants et le contrôle des frontières au-delà de la Méditerranée. D’ailleurs, l’absence d’accord de réadmission entre l’Union européenne et la Libye ne butait pas sur le manque de garantie en matière de respect des droits humains, comme le souhaiteraient certains membres du Parlement européen. La Libye est tout simplement trop chère, Kadhafi ayant réclamé à l’Europe des sommes astronomiques pour faire le travail qu’elle attendait de lui. Comme l’indiquent les documents de Wikileaks, les Libyens sont des «pirates» dans la négociation, aucune stratégie ne les guide davantage que de tirer profit de gouvernements prêts à offrir leur âme pour d’obscurs desseins, y compris celui de se débarrasser d’étrangers indésirables ou de prendre part à des marchés prometteurs – comme l’est celui de la sécurisation des frontières.

Kadhafi n’a jamais caché sa brutalité

L’opinion publique peut aujourd’hui mesurer, grâce à une attention médiatique sur ce pays – mais à quel prix! -, la violence démesurée inhérente au régime de Kadhafi. La soudaine prise de conscience des gouvernements européens est beaucoup moins crédible. A la différence de ses homologues, fussent-ils dictateurs, Kadhafi n’a jamais camouflé sa démesure ni son extrême brutalité. Le seul souvenir de son appel à la guerre sainte contre la Suisse lors de l’arrestation de son fils Hannibal pour coups et blessures contre deux employées en 2008 suffit à en convaincre. Un épisode parmi d’autres qui aurait dû justifier que l’Europe cesse de lui livrer des personnes vulnérables, c’est une évidence. Et cesse par la même occasion de feindre la dignité face à un allié sur lequel elle n’a jamais eu aucune prise, comme c’est encore le cas aujourd’hui. 

Jusqu’au-boutiste et fin stratège sur le plan interne comme international, Kadhafi a toujours su transformer ses défaites en victoires. Il n’a jamais perdu de bataille diplomatique vis-à-vis de l’Occident, y compris pendant dix ans d’embargo international achevés par des concessions conjoncturelles. En revanche, le «roi des rois d’Afrique», tel qu’il se fait nommer sur le continent, a échoué dans tous ses projets mégalomaniaques en Afrique et dans le monde arabe et c’est par ce peuple, le peuple libyen, qu’il sera mis fin à «son projet révolutionnaire».

Cette révolte du peuple libyen et la médiatisation de sa répression démesurée permettent aujourd’hui de révéler au grand jour le cynisme sans borne des gouvernants européens. Elles pourraient, on l’espère, amener les peuples européens à s’interroger sur le prix, payé par d’autres, de leur tranquillité.
 
Source: http://www.liberation.fr/monde/01012321777-l-aveuglement-de-l-europe-a-ete-criminel
Date de parution de l'article original: 24/02/2011
 
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Pourquoi l’Europe a peur des révoltes en Afrique du Nord ? Le spectre d’une Europe Noire (Counterpunch)

 

Behzad YAGHMAIAN
Quelles sont les raisons des différences de traitement médiatique entre les migrants Africains et les boat people vietnamiens ou les balseros cubains, qui justifient que l’on pourchasse et refoule les premiers alors que l’on compatit et accueille les seconds ? Dans le premier cas, il s’agit de populations fuyant une détresse économique et sociale générée par la main mise de l’Occident sur les richesses de leurs pays. Mais ça c’est la mondialisation, la marche du Monde vers le progrès, avec ses ratées, contre laquelle on ne peut rien. Dans le second, les populations fuient la guerre et les ravages provoqués par l’impérialisme Occidental qui n’admet pas que des gouvernements veuillent faire profiter de ces richesses à leurs concitoyens. Et contre ça on sait mettre en oeuvre d’énormes moyens, militaires et médiatiques. (NdT)

Les révoltes en Afrique du Nord sont célébrées par des millions de gens à travers le Monde mais envisagées avec peur et scepticisme en Europe. La chute des dictateurs Africains privera l’Europe d’alliés de choix dans sa lutte contre l’immigration clandestine. Le vide politique et l’instabilité sociale et économique qui en résultent créeront une nouvelle vague de migrants assez désespérés pour affronter la haute mer en direction des côtes européennes. La crise migratoire que l’Europe essaye d’endiguer depuis des années sera aggravée et l’Europe y répondra par une répression accrue ; une nouvelle crise humanitaire se prépare.

Anéantis par les guerres et la pauvreté, des milliers d’Africains quittent chaque année leurs foyers pour un long et pénible voyage vers le Nord. Arrivés au Maroc, en Tunisie ou en Libye, ils récupèrent de leur fatigue, paient des trafiquants d’hommes, et montent sur des embarcations légères en route vers l’Italie ou l’Espagne. Beaucoup meurent, victimes des vagues ou des tempêtes. Dans les grandes villes du continent, les survivants rejoignent alors l’armée des demandeurs d’asile et des sans-papiers.

Se débarrasser de ces migrants en les renvoyant dans leur pays d’origine, ou le dernier quitté avant d’entrer en Europe, s’est avéré impossible. La politique actuelle est donc d’empêcher les Africains d’atteindre l’Europe. Les gouvernements Européens ont ainsi établi des accords bilatéraux avec les dictateurs Nord Africains, les engageant comme gardes-frontières en échange d’aides financières.

Un accord bilatéral avec l’Italie prévoyait un soutien financier à Zine Al-Abidine Ben Ali en contrepartie de ses efforts pour interdire le passage de migrants Africains et le départ de Tunisiens vers l’Europe. La chute de Ben Ali a mis fin à cet accord. Il n’y a plus de contrôles aux frontières et 5.000 Tunisiens sont arrivés au port italien de Lampedusa. Bien qu’en plus petit nombre, des Egyptiens quittent leur pays et se dirigent vers l’Italie. Si l’Egypte demeure politiquement et économiquement instable, cela augmentera le nombre d’Egyptiens cherchant la survie en Europe.

En 2003, un accord entre l’Espagne et le Maroc prévoyait une coopération sans réserve des autorités Marocaines pour le contrôle des migrations en échange d’une aide de 390 millions de dollars. Deux ans après, en septembre 2005, les soldats Marocains et les gardes-frontières espagnols ouvraient le feu sur des centaines d’Africains qui essayaient d’entrer dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, tuant 11 migrants et en blessant beaucoup plus. Le mouvement de contestation en Afrique du Nord a déjà touché les rues du Maroc, et ici aussi le devenir de cet accord bilatéral pour endiguer l’émigration Africaine est en jeu.

Le plus notable de ces accords bilatéraux avec les dictateurs d’Afrique du Nord est le “Pacte d’Amitié“ signé entre l’Italie et la Libye le 30 août 2008. Les deux pays se sont engagés dans une coopération accrue pour “combattre le terrorisme, le crime organisé, le trafic de drogue et l’immigration clandestine“. Mouammar Kadhafi s’est engagé à empêcher les migrants Africains à quitter son pays pour l’Italie, et à réadmettre en Libye ceux qui auront été interceptés dans les eaux internationales. Record plafond pour ce service dont le prix atteint 5 milliards de dollars en investissements, et six patrouilleurs pour surveiller les passages maritimes entre l’Afrique et l’Europe.

Le 6 mai 2009, les gardes-frontières maritimes et la flotte d’Italie interceptèrent un bateau de migrant en haute mer et obligèrent les passagers à retourner en Libye. Le Ministre de l’Intérieur Italien Roberto Maroni salua cet acte comme un “jour historique“ dans la lutte contre l’immigration illégale. Parmi les passagers, il y avait des femmes et des enfants vulnérables, des malades, et des demandeurs légitimes d’asile ou de protection internationale. L’Observatoire des Droits de l’Homme a dénoncé de nombreux abus, violences physiques et torture, contre ces migrants de retour en Libye. Dans certains cas, les autorités Libyennes vendirent les Africains à des trafiquants d’hommes qui les gardèrent dans des prisons privées jusqu’à ce que leurs familles payent pour leur libération.

Les bouleversements politiques en Afrique du Nord menacent aussi le futur de ce “Pacte d’Amitié“. Mouammar Kadhafi a averti qu’il annulerait unilatéralement l’accord si les gouvernements Européens n’arrêtaient pas de critiquer la violente répression des manifestants Libyens. Ces derniers jours, les forces armées de Kadhafi ont tué des centaines de manifestants qui protestaient à travers le territoire Libyen contre son gouvernement. Le sort du dictateur Libyen reste inconnu.

Le 15 février, le Ministre de l’Intérieur Italien a demandé l’aide officielle de Frontex, l’agence Européenne de sécurité des frontières. Le 20 février, Frontex a déclenché l’opération conjointe “Hermes 2011“ en déployant en Italie et à Malte des moyens aériens et maritimes supplémentaires pour combattre le flux d’immigrés clandestins d’Afrique du Nord. (http://www.bruxelles2.eu/politique-...).

Mouammar Kadhafi arrivera peut-être à écraser le soulèvement par la force. La chute du dictateur porterait cependant un coup irrévocable à l’actuelle politique migratoire de l’Europe. La défection des seconds couteaux de l’Europe dans la lutte contre les migrations illégales débouchera sur des interventions ostensibles des gardes-frontières armés de l’Europe contre les migrants Africains en haute mer. Jusqu’où ira l’Europe pour interdire l’accès à ses frontières aux Africains ?

Behzad Yaghmaian

Source : http://www.counterpunch.org/behzad0...

Behzad Yaghmaian est professeur d’économie politique au Collège Ramapo du New Jersey, auteur de “Embracing the Infidel : Stories of Muslim Migrants on the Journey West“ et de “The Greatest Migration : a People’s Story of China’s March to Power“, à paraître. Il peu être joint à behzad.yaghmaian@gmail.com.

Traduction Laurent Emorine pour le Grand Soir


Le joker libyen : Le pacte entre Berlusconi et Kadhafi contre les migrants (Counterpunch)

 

James RIDGEWAY

Dimanche soir les combats se sont étendus à Tripoli et la deuxième plus grande ville de la nation semble être tombée entre les mains des opposants. Plus de 200 personnes ont été tuées et des centaines d’autres blessées par les forces de la sécurité, et le fils de Muammar Khadafi, Sayf Al-Islam a brandi la menace d’une guerre civile et a juré que le gouvernement ’se battrait jusqu’à la dernière balle pour rester au pouvoir."

Les manifestants libyens ont été entraînés par la vague de soulèvement qui traverse l’Afrique du Nord mais leur contestation a pour origine la profonde pauvreté, le chômage, et la répression politique exercée par un autre dictateur indéboulonnable. On ne peut pas encore savoir si la Libye réussira à changer les choses comme en Tunisie et en Egypte, mais les premiers signes semblent indiquer que, quelle que soit l’issue, le prix en vie humaines sera élevé.

Ce qui complique les choses en Libye c’est sa place particulière dans les affaires mondiales. Il n’y a pas si longtemps, c’était un état paria. Mais depuis le 11 septembre Kadhafi a regagné petit à petit les bonnes grâces des USA et de l’Europe grâce à son ralliement à la lutte contre le terrorisme, en coopérant à l’enquête de la bombe de Lockerbie, en attaquant sans merci Al Qaeda et en chassant des terroristes qu’il avait autrefois abrités. En même temps les vastes réserves en pétrole du pays lui ont permis de jouer un rôle toujours plus important dans la politique mondiale. La Libye a une relation particulièrement étroite avec son ancien maître colonial, l’Italie. Elle fournit actuellement 20% du pétrole italien et a investi des sommes considérables dans les infrastructures énergétiques de ce pays y compris dans le géant de l’énergie transnationale ENI.

En plus de leurs accords énergétiques, Berlusconi et Kadhafi se sont mis d’accord pour endiguer le flux croissant de migrants qui cherchent une vie meilleure en Europe. A ceux qui viennent d’Afrique du Nord s’ajoutent les milliers d’individus originaires des pays de la mer rouge comme l’Erythrée, le Soudan, la Somalie, etc... Leur point d’entrée est l’Italie et plus précisément la petite île de Lampedusa qui se trouve dans la Méditerranée à mi-distance de la Libye, la Tunisie et la Sicile.

En 2009 Qaddafi et Berrlusconi ont signé un accord qui est devenu central dans la lutte ouverte et souvent impitoyable contre les migrants : la Libye essayait de les empêcher de partir mais s’ils y parvenaient quand même l’Italie les renvoyaient sans leur laisser la possibilité de demander l’asile.

Human Rights Watch a dénoncé ces attaques contre les migrants dans un rapport détaillé appelé "Repoussés, maltraités : l’Italie renvoie par la force les migrants arrivés en bateau en quête d’asile politique et la Libye les brutalise. Voici un bref apercu des deux pays en pleine action :

La plus grande partie des abus que Human Rights Watch a répertoriés ont été perpétrés après des tentatives avortées de quitter la Libye. Un des migrants, "Pasteur Paul" (tous les noms ont été modifiés) un Nigérien de 32 ans, a relaté à Human Rights Watch les brutalités exercées contre lui par les Libyens qui avaient arrêté son bateau après son départ de la Libye le 20 octobre 2008 :

"Nous étions dans un bateau de bois et les Libyens se mirent à nous crier dessus d’un Zodiac [gonflable à moteur]. Ils nous criaient de retourner à terre. Ils n’arrêtaient pas de tirer sur nous et ils ont fini par atteindre notre moteur. Une personne est morte sous les balles. Je ne connais pas les hommes qui nous ont tiré dessus, mais c’étaient des civils, ils ne portaient pas d’uniforme. Ensuite un bateau de la marine libyenne est arrivé, ils nous ont attrapé et nous ont passé à tabac. Ils ont pris notre argent et nos portables. Je pense que le Zodiac travaillait avec la marine libyenne. La marine libyenne nous a ramené sur leur vaisseau et on nous a emmené au camp de déportation de Bin Gashir. Quand nous y sommes arrivés, on a tout de suite été passés à tabac. Ils ont battus certains des garçons jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus marcher."

Même sans tenir compte de la violence qui règne aujourd’hui en Libye, l’agitation en Tunisie a fait déferler une vague de 4 000 migrants tunisiens sur Lampedusa. Ils sont enfermés dans des camps de réfugiés en Italie ; mais si un nombre équivalent de migrants arrive de Libye, ils seront sommairement - et brutalement- renvoyés chez eux par la mer.

Dans le passé, Kadhafi a calmé l’agitation interne et a contrebalancé les violations de droits humains en distribuant davantage des revenus des profits énergétiques, tout en demandant aux USA et à l’Europe d’être indulgents avec leur nouvel "allié". Les gens de droite en particulier sont enclins à l’indulgence à son égard parce qu’il est un pilier de la lutte contre le terrorisme et qu’il lutte efficacement contre l’émigration qui constitue la question politique centrale des plateformes des partis de droite de tout le continent.

James Ridgeway est le rédacteur en chef de Unsilent Generation.

Pour consulter l’original : http://www.counterpunch.org/ridgewa...

Traduction : D. Muselet

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"L'invasion de l'Europe par bateaux est un fantasme"

Entretien avec Virginie Guiraudon, chercheuse au CNRS et à Sciences-Po Paris qui, alors que la droite alimente les peurs d’un débarquement d’immigrés sur les côtes européennes, réfute la possibilité d’un exode massif et analyse la crise des politiques migratoires.

Dès sa prise de fonction lundi, le nouveau ministre de l’Immigration, Claude Guéant, insistait sur la nécessité «de lutter contre l’immigration irrégulière qui, c’est un fait, (…) inquiète » les Français. La veille, Nicolas Sarkozy avait évoqué «des flux migratoires devenus incontrôlables» et une «Europe en première ligne». Qu’en est-il réellement ? Décryptage.

La crise en Libye alimente 
les craintes d’une arrivée massive 
de migrants en Europe. L’Italie 
parle de 300 000 arrivées. L’extrême droite française brandit le chiffre 
de 1,5 million. Quelle est la véracité de ces chiffres ?

Virginie Guiraudon. Ils sont complètement fantaisistes ! Aujourd’hui, aucune enquête ne permet de dire combien de gens vont émigrer. D’autant que le cas libyen est compliqué, car Kadhafi a toujours joué avec les chiffres en prétendant que les migrants en Libye voulaient traverser la Méditerranée. Pourquoi tous les Subsahariens voudraient-ils venir en Europe ? Ce sont des saisonniers, qui travaillent en Libye et qui retourneront sans doute chez eux.

 C’est encore différent de la Tunisie et des émigrés qui sont arrivés à Lampedusa ces dernières semaines…

Virginie Guiraudon. Oui, on a deux cas distincts. En Tunisie, l’amélioration de la situation n’est pas une garantie contre les migrations. On l’a déjà vu au Mexique : le développement amène souvent l’émigration. Ce ne sont pas les gens les plus pauvres qui migrent, mais ceux qui ont le bagage éducatif et psychologique pour le faire. Les projets de migrations peuvent être indépendants du changement de régime.

L’Europe a-t-elle les capacités 
pour absorber un nombre important de migrants sur son territoire ?

Virginie Guiraudon. Oui, parce que, même si l’Europe fait tout pour que ça n’arrive pas, ces scénarios sont déjà envisagés. Il existe des mécanismes d’entraide, comme le Fonds européen pour les réfugiés. Pour le moment, seulement 6 300 Tunisiens sont arrivés à Lampedusa, ce n’est rien ! Tous les ans, 1,5 million de migrants légaux arrivent en Europe. La vraie question, ce n’est pas pourquoi les Tunisiens viennent, mais pourquoi Berlusconi en parle ! Avec les élections en France et la montée de l’extrême droite, ces arrivées risquent d’être fortement instrumentalisées.

 L’UE est très divisée sur ces questions. Les pays riverains 
de la Méditerranée demandent 
une répartition des migrants. 
Une solidarité européenne 
peut-elle voir le jour ?

Virginie Guiraudon. Pour le moment, seulement un instrument financier a été mis en place, le Fonds européen pour les réfugiés, qui donne une somme symbolique aux pays qui les reçoivent. Il n’existe pas de solidarité active, chaque État essaye de renvoyer les étrangers dont il ne veut pas vers un autre pays, grâce au règlement de Dublin qui permet d’expulser un demandeur d’asile vers le premier pays européen traversé. À la faveur de cette «crise», la Commission européenne va peut-être proposer un nouvel instrument de «partage du fardeau».

 Quel pourrait être cet instrument ?

Virginie Guiraudon. Une répartition des personnes qui ne soit pas seulement financière. Mais ça suppose que les chefs d’État admettent qu’il s’agit d’une crise européenne. Si on considère que c’est une crise internationale, on laisse le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) et l’Office des migrations internationales (OMI) gérer. Ils sont spécialisés dans les mouvements de population et ils ont besoin de justifier leur utilité.

 Comment expliquez-vous 
une telle instrumentalisation 
de ces arrivées en Europe ?

Virginie Guiraudon. Ce n’est pas nouveau, mais de plus en plus de pays sont concernés. L’invasion de l’Europe par bateaux est un fantasme politique très utilisé par les droites européennes. Et dans beaucoup de pays, les gauches sont assez inaudibles sur ces questions. Ce silence laisse un boulevard à la droite. Sa politisation par les partis politiques et les médias en a fait une question saillante dans l’opinion, ça les encourage à privilégier cette thématique. En France, on a un cas exemplaire avec le Front national, seul parti en ordre de marche pour 2012, avec un candidat et un programme.

 Marine Le Pen propose 
de «repousser dans les eaux internationales les migrants 
qui voudraient entrer en Europe». 
Au-delà de son aspect inhumain, 
que penser de cette proposition ?

Virginie Guiraudon. Ça existe déjà ! C’est toute la logique des actions de Frontex. Cette agence européenne fonctionne avec des gardes nationaux qui vont dans les eaux territoriales des pays dits de transit ou d’origine pour empêcher les gens de partir. On les arrête avant leur départ pour qu’ils ne puissent pas être considérés comme des demandeurs d’asile.

 Ces politiques sont-elles efficaces ?

Virginie Guiraudon. Très peu de migrants arrivent par bateaux en Europe, mais la principale conséquence de cette politique est de dévier les flux. Les bateaux militaires et les murs ne font que changer les routes. Maintenant, les migrants passent par la terre, via la Turquie et la Grèce. Avec un effet pervers : ces routes sont dangereuses, avec de plus en plus de morts qui sont ensuite présentés comme des victimes prêtes à mourir pour rejoindre l’Europe. Or, pas du tout : ce ne sont pas des gens désespérés, ils ont un projet de vie construit. Ces flux pourraient être absorbés par le marché du travail. L’Europe va avoir besoin de compenser la baisse de sa population active et elle fait déjà appel à la main-d’œuvre étrangère pour cela, avec des besoins sectoriels assez précis : bâtiment, agriculture et tertiaire.

 À terme, les changements de régime des pays du Sud pourraient-ils modifier les flux migratoires ?

Virginie Guiraudon. À moyen terme, il peut y avoir des retours, par exemple des étudiants qui repartent en Tunisie. La dynamique n’est pas que politique, elle est aussi économique et sociale. Si l’avenir en Tunisie devient moins bouché, il y aura peut-être moins de départs. L’idée de la mobilité, d’imaginer un avenir meilleur ne touche ni les plus riches, qui sont contents de leur sort, ni les plus pauvres, qui sont immobiles. Ensuite, si on regarde l’évolution des flux, les Marocains, par exemple, vont désormais beaucoup plus au Canada et aux États-Unis, ils y sont mieux reçus qu’en Europe, où ils sont victimes de racisme et de discriminations.

Entretien réalisé par 
Marie Barbier

Source

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Cuba signale à Genève que peu de progrès ont été faits dans la lutte contre le racisme

Genève, 3 mars, (PL-RHC) – Cuba a salué devant le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU la célébration de l’Année Internationale des Afro descendants mais elle a déploré que les progrès faits soient encore loin de combler les attentes de la Conférence de Durban.

Dans une intervention durant la 16e session du Conseil des Droits de l’Homme, le délégué cubain Luis Alberto Amorós a rappelé que Durban a marqué un jalon important dans la lutte pour l’égalité des droits entre tous les êtres humains.

Il a cependant rappelé que 10 ans après la rencontre de la ville de Durban, nous déplorons que les progrès faits en la matière ne comblent pas les attentes de la communauté internationale.

« Bien au contraire, de nouvelles formes de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d’intolérance, plu sophistiquées surgissent.

La création d’associations et de partis politiques avec une plateforme raciste, xénophobe et anti-immigrant persiste » -a-t-il ajouté.

Le diplomate a précisé qu’il est fort connu que, dans les pays du Nord riche et industrialisé, ce fléau se manifeste avec plus d’incidence et impunité.

Source
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Mar 2011 à 01:55

En Grèce, des sans-papiers en danger

À Athènes et à Salonique, 287 immigrés sans papiers ont entamé une grève de la faim il y a quarante-quatre jours pour réclamer leur régularisation. Près d’une centaine d’entre eux ont du être hospitalisés la semaine dernière.

Ils ont cessé de se nourrir il y a quarante-quatre jours. Pour leur régularisation et pour «une vie digne». À Athènes et à Salonique, 287 immigrés sans papiers ont entamé, le 25 janvier dernier, une grève de la faim qui met aujourd’hui leur vie en péril. La semaine dernière, 98 d’entre eux ont dû être hospitalisés et leur comité de soutien s’alarmait du risque de séquelles cardiaques et rénales irréversibles. Geste supplémentaire de désespoir face à l’intransigeance du gouvernement grec : lundi, ces grévistes de la faim ont cessé de prendre du sel et du sucre avec l’eau qu’ils boivent.

La plupart de ces hommes ont travaillé pendant de longues années comme ouvriers agricoles. Certains, parmi eux, sont devenus sans-­papiers après être tombés dans le chômage, la loi grecque soumettant l’obtention du permis de séjour au paiement de cotisations sociales.

« Nous ne voulons la perte d’aucune vie humaine», s’est défendu jeudi le ministre socialiste de la Justice et des Droits humains, Haris Kastanidis. En guise de «compromis», le gouvernement grec s’est dit prêt à accorder à ces grévistes de la faim un permis de séjour de six mois, délai au terme duquel leur situation serait réexaminée. Une proposition rejetée par les sans-papiers, qui demandent, avec l’appui de syndicats, une régularisation sans conditions.

Littéralement épuisés, les grévistes de la faim risquent des séquelles cardiaques et rénales irréversibles.

Kostas Tsironis/AP

Rosa Moussaoui.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Mar 2011 à 00:25

Lampedusa. Claire Rodier «Ces jeunes Tunisiens sont juste assoiffés de liberté»

L’arrivée de 8 000 Tunisiens 
sur les côtes italiennes a réveillé le mythe de « l’invasion migratoire ». Une enquête associative, à laquelle a participé Claire Rodier, éclaire sur les motivations de ces migrants et dénonce la vision eurocentrée des pays de l’Union.

Depuis un mois, l’arrivée de 8 000 Tunisiens sur les côtes italiennes déchaîne les commentaires. Des plus catastrophistes («flux migratoires incontrôlables», selon Nicolas Sarkozy) aux plus ignobles (la députée UMP Chantal Brunel proposant de les «remettre dans des bateaux»). Aujourd’hui, c’est au tour de la patronne du Front national, Marine Le Pen, d’instrumentaliser ces arrivées en se rendant sur l’île de Lampedusa. Face à ce déferlement politique et médiatique, le Réseau euroméditerranéen des droits de l’homme a diligenté une mission d’enquête pour étudier ce phénomène. Du 19 au 26 février, plusieurs associations françaises et tunisiennes se sont rendues en Tunisie et en Italie. Claire Rodier, de Migreurop, faisait partie de ces observateurs. De Zarzis à Lampedusa, elle raconte les raisons du départ des jeunes Tunisiens, les traversées tragiques et la difficile arrivée dans une Europe terrorisée par le mythe de l’invasion.

Que pensez-vous de la controverse européenne autour des questions migratoires ?

Claire Rodier. Nous assistons à une surenchère du rejet qui pose la question de notre rapport à la liberté des autres. Il faut savoir ce qu’on veut : est-ce qu’on préfère la démocratie, synonyme de mobilité, ou des régimes autoritaires qui interdisent à leurs ressortissants de partir ? Le besoin d’émancipation passe aussi par la traversée des frontières, mais la Tunisie ne va pas se vider ! Il est consternant de comparer la frilosité de l’Europe pour ces 8 000 personnes arrivées en Italie et son silence total sur la situation en Tunisie, où c’est par dizaines de milliers que les migrants arrivent de Libye. Sans être équipé, ce pays fait ce qu’il peut pour absorber les besoins du moment. Face à ces jeunes assoiffés de liberté, la seule réponse de l’Europe est de les traiter en agresseurs qu’il faut repousser. Cette mission a mis en lumière une vision extrêmement eurocentrée de la Méditerranée. Considérée comme une barrière ici, elle est vue comme un espace de partage du côté tunisien.

Beaucoup de rumeurs ont circulé 
sur les migrants de Lampedusa.
Avez-vous réussi à en savoir plus 
sur eux ?

Claire Rodier. Ce sont tous des jeunes, la moyenne a entre 20 et 35 ans, essentiellement des hommes. Des rumeurs persistantes affirmaient qu’ils avaient été manipulés, envoyés par le clan Ben Ali ou la Libye pour déstabiliser le gouvernement transitoire tunisien. Aucun élément n’a confirmé cette thèse. Personne ne s’est dit contre-révolutionnaire. Beaucoup de ces jeunes venaient de la région de Zarzis, dans le Sud tunisien, ils se connaissaient, habitaient les mêmes quartiers et étaient tous poussés par les mêmes motivations. Ce ne sont pas les plus miséreux qui partent. Beaucoup travaillaient ou étaient saisonniers et se sont retrouvés au chômage faute de touristes. Ils voulaient aller voir ailleurs, pas forcément de manière définitive. La plupart souhaitaient partir depuis longtemps, mais ne pouvaient pas à cause des contrôles et, surtout, du prix des visas (12 000 dinars, 6 000 euros à cause de la corruption). Le prix du passage était de 2 000 dinars, donc ils ont profité de l’opportunité et d’un concours de circonstance avec la disparition de la police et des contrôles frontaliers. Il y a eu aussi quelques départs spontanés. On a retrouvé en Calabre des jeunes partis sur un coup de tête. Quatre d’entre eux ont demandé à rentrer en Tunisie.

Lors de la traversée, l’un des bateaux, le Liberté 302, a chaviré. Certains ont parlé d’une attaque volontaire des garde-côtes tunisiens. Avez-vous pu enquêter sur ce naufrage ?

Claire Rodier. Nous avons recueilli beaucoup d’éléments, la thèse d’une attaque volontaire n’est pas vérifiée. Il s’agirait plutôt d’une manœuvre involontaire de la marine tunisienne. Elle a percuté ce bateau et il s’est cassé en deux. Il y avait 115 personnes à bord. On a retrouvé les corps de huit noyés et il reste environ 25 disparus. Ce qui est certain, en revanche, c’est que toute diligence n’a pas été de mise pour sauver les gens. Les rescapés disent que les secours ont mis énormément de temps à arriver et que les garde-côtes tunisiens n’étaient pas du tout pressés de lancer les bouées et les gilets de sauvetage. Sur les quatre petits Zodiacs à bord du bateau de la marine, un seul a été mis à flot. Une semaine après le drame, il n’y avait eu aucun contact des autorités avec les familles des victimes et les rescapés, personne d’interrogé, pas d’enquête déclenchée.

Quelle sera la politique migratoire
de la nouvelle Tunisie ?

Claire Rodier. Le représentant du ministère de l’Intérieur nous a laissé entendre qu’elle pourrait être dans la continuité. L’accord italo-tunisien sur les questions migratoires pourrait être renégocié, pas dans un sens plus favorable aux migrants mais avec plus d’exigences de la Tunisie pour les contreparties (aide au développement, visas, etc.).

Une arrivée massive de migrants 
en Europe est-elle plausible ?

Claire Rodier. Je ne vois pas sur quelle base on peut prédire des arrivées massives. L’OIM (Organisation internationale des migrations) a parlé de 1,5 million de migrants en Libye. Ça a été interprété comme si 1,5 million d’entre eux allaient venir en Europe, mais les étrangers de Libye n’ont pas comme premier souci de venir en Europe ! Qu’ils soient égyptiens ou tunisiens, la plupart aspirent à rentrer chez eux. Quant aux autres, ceux qui ont besoin de protection, je ne trouverais pas choquant que l’Europe les accueille, plutôt que de les redouter !

Entretien réalisé par Marie Barbier

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Apr 2011 à 02:36

Migration: l'Italie et la France font le blocus de la Tunisie

Après le mur de l'Atlantique, le mur de la Méditerranée. L'Italie et la France sont convenues ce vendredi de patrouiller ensemble au large des côtes tunisiennes pour contenir l'afflux de migrants vers l'Europe, a annoncé le ministre italien de l'Intérieur, Roberto Maroni. Cet accord constitue une première mesure d'apaisement entre les deux voisins européens face à l'arrivée d'immigrés tunisiens via l'île italienne de Lampedusa, qui a provoqué des tensions entre Paris et Rome.

"Afin d'inciter l'Union européenne à combattre l'immigration illégale, nous avons décidé en accord avec la France de mener des patrouilles communes le long des côtes tunisiennes pour stopper les départs depuis la Tunisie", a dit le ministre italien à l'issue d'une réunion à Milan avec son homologue français, Claude Guéant. Ce dernier, qui a fait du contrôle de l'immigration un de ses chevaux de bataille, s'est réjoui de l'accord intervenu. "Depuis le mois de janvier, plus de 25.000 Tunisiens sont arrivés sur les côtes italiennes", a-t-il dit. "Ni l'Italie ni la France n'ont vocation à accueillir ces immigrés (...) Ensemble, et avec une très étroite collaboration, on pourra résoudre cette situation." La surveillance commune des côtes tunisiennes devrait s'effectuer par le renforcement des moyens aériens et nautiques, a-t-il ajouté.

  • Apaisement sur le dos des clandestins

La France et l'Italie apaisent ainsi leurs différends apparus la veille concernant la gestion des migrants. Le gouvernement de Silvio Berlusconi, qui ne veut pas gérer seul l'afflux des réfugiés, a décidé jeudi d'accorder des permis de séjour provisoires aux migrants, ce qui leur permet, sous conditions, de se déplacer librement dans les pays européens de l'espace Schengen. Rome trouvait ainsi le moyen d'impliquer les autres pays européens dans la gestion de ces réfugiés, notamment la France, critiquée pour  raccompagner systématiquement les clandestins à la frontière italienne.

Claude Guéant expliquait ainsi jeudi que la France n'entendait pas "subir" un afflux d'immigrés clandestins en provenance du Sud méditerranéen et qu'elle refoulerait vers l'Italie les clandestins qui ne disposent pas des ressources nécessaires. En Italie, Roberto Maroni répliquait en estimant que Paris adoptait une attitude "hostile" à l'égard de Rome et agissait en infraction des accords communautaires européens. Vendredi, à Milan, les deux ministres ont trouvé un terrain d'entente.

  • Blocus des côtes tunisiennes

"La convention de Schengen sera strictement appliquée", a dit Claude Guéant, soulignant que seuls les immigrés présentant des ressources économiques suffisantes et des documents d'identité en règle seraient admis sur le territoire français. "Il revient à chaque pays de vérifier si ces conditions sont remplies", a-t-il ajouté.

La question de l'immigration figurera parmi les principaux dossiers à l'ordre du jour du sommet entre Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconio, le 26 avril à Rome. Depuis le début de l'année, selon les données du ministère italien de l'Intérieur, 25.867 migrants sont arrivés en Italie, dont une très large majorité de Tunisiens qui ont traversé la Méditerranée après le soulèvement contre le régime de Zine ben Ali.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Apr 2011 à 04:04

Désunion européenne face à l’afflux de migrants tunisiens

Le Conseil européen qui s’est tenu cette semaine pour régler le sort des milliers de migrants arrivés de Libye et 
de Tunisie s’est soldé sur un échec, qui ébranle l’accord de Schengen et la politique commune d’immigration.

L’arrivée de 25 800 migrants sur l’île de Lampedusa a mis en échec une Union européenne (UE) de 500 millions d’habitants. À Luxembourg, lundi, les ministres européens chargés de l’immigration ont été incapables de se mettre d’accord sur le sort des migrants débarqués depuis le début de l’intervention en Libye et de la révolution en Tunisie.

Lors de cette réunion, le ministre de l’Intérieur italien, Roberto Maroni a demandé aux autres pays «un partage du fardeau» que constituent, selon lui, des vagues d’immigrés déferlant sur ses côtes. Alliant la parole aux actes, ses services vont délivrer dès ce week-end des permis provisoires de séjour aux Nord-Africains arrivés entre le 1er janvier et le 5 avril, leur permettant, en vertu du principe de liberté de circulation, de se rendre en France, où beaucoup ont des proches.

En pleine croisade anti-immigration, le ministre français de l’Intérieur, Claude Guéant, est très vite monté au front contre cette décision. Quitte à fouler aux pieds le principe de libre circulation : comme l’Allemagne et l’Autriche, la France a menacé de fermer sa frontière. Et une circulaire du 6 avril incite les forces de l’ordre à vérifier que les Tunisiens arrivés d’Italie, même avec un titre provisoire, puissent justifier de leur identité et de ressources suffisantes. Dans le cas contraire, la France les expulsera, conformément à l’accord Schengen. Devant une telle opposition, son homologue transalpin, membre de la Ligue du Nord, a eu beau jeu de dénoncer «le manque de solidarité d’une Europe qui n’est réduite qu’à un espace géographique».

Cette résurgence des «égoïsmes nationaux» illustre «l’échec de la politique migratoire commune», d’après l’association France terre d’asile. Son directeur, Pierre Henry, regrette le constat établi par la commissaire européenne Cecilia Malmström, selon lequel «la politique d’accueil dépend des États et la solidarité ne se fait que sur la base du volontariat». Quant au mécanisme de protection créé en 2001 après les guerres des Balkans afin de distribuer la prise en charge des réfugiés entre les États en cas d’afflux massif de réfugiés, il n’est pas applicable aux Tunisiens, qui ne peuvent bénéficier d’un régime de protection internationale depuis la chute de Ben Ali.

«Cet affrontement entre Européens ressemble à un bal des hypocrites», juge l’eurodéputée Marie-Christine Vergiat (Front de gauche). Les ministres italiens et français «font monter les enchères pour alimenter des discours xénophobes liés à des enjeux de politique interne». Avant d’en appeler à la solidarité européenne, le gouvernement italien était, il est vrai, peu gêné d’assumer avec zèle la mission de contrôle extérieur des frontières extérieures de l’UE, avec l’aide bienveillante des régimes de Kadhafi et de Ben Ali. Et elle s’était bien abstenue d’apporter son soutien aux Afghans coincés entre l’Angleterre et la France, pour des raisons similaires.

Au milieu du dialogue de sourds au Luxembourg, la création d’une Europe forteresse est le seul consensus qui a émergé. L’agence Frontex, visant à améliorer le contrôle extérieur, devrait être renforcée par la dotation de fonds propres. Et, pour sauver la face, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a promis 140 millions d’euros d’aide supplémentaires à la Tunisie en échange d’une collaboration visant à faciliter la réadmission de sans-papiers. Encore un double langage, dénonce Marie-Christine Vergiat : «L’Europe dit vouloir aider la transition démocratique en Tunisie, mais d’un autre côté elle conditionne son aide à son rôle de garde-frontières de l’Europe. Et on la laisse se débrouiller avec 160 000 migrants venus de Libye en quelques jours.»

Là-bas, comme ici, le jeu de dupes des gouvernants européens se fait sur le dos des migrants. «À Vintimille (à la frontière entre la France et l’Italie), des centaines de Tunisiens sont pris au pige d’une souricière, ne pouvant ni avancer, ni reculer», raconte la déléguée générale de l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers, Brigitte Espuche. Ceux qui n’ont pas obtenu l’une des 150 places dans une ancienne caserne reconvertie en centre d’accueil (surnommé «le Sangatte italien») errent et dorment dans la rue en attendant d’obtenir leur permis temporaire. Côté français, les contrôles d’identité ont été renforcés dans les gares de Menton et de Nice, par la police nationale et la police des frontières avec l’aide de CRS, et ont parfois humilié les migrants. «Ce dispositif dissuasif, précise Brigitte Espuche, les encourage à passer la frontière par d’autres voies, ce qui les met en situation très dangereuse.»

Pierre Duquesne

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L’Union Européenne se divise sur la question des réfugiés (WSWS)

 

Martin Kreickenbaum

Le débarquement des réfugiés d’Afrique du nord sur l’île italienne de Lampedusa et à Malte a engendré une série de dissensions violentes entre les états membres de l’Union Européenne. Les autorités d’Italie et de Malte disent qu’elles sont débordées et ne peuvent pas prendre en charge 20 000 réfugiés et quelque et elles réclament l’aide des autres pays de l’UE.

Les gouvernements allemands et français notamment refusent d’accueillir des réfugiés et disent que l’Italie doit s’occuper elle-même de ce "problème". Le conflit s’est intensifié et la France a fermé sa frontière sud pendant le week-end pour empêcher les réfugiés nord-africains de passer en train d’Italie en France.

L’annonce, la semaine dernière, par le gouvernement de Berlusconi qu’il allait accorder des permis de résidence temporaire aux réfugiés tunisiens qui leur permettraient de voyager dans l’espace Schengen, a donné lieu à d’âpres discussions entre les ministres de la justice et de l’intérieur de l’UE réunis le 11 avril. Des interviews dans la presse des différents camps de la discorde ont mis de l’huile sur le feu. Les ministres de l’intérieur de la France, de l’Allemagne et de l’Italie se sont mutuellement accusé de violer la loi européenne et le Traité de Schengen.

Comme il n’a pas été possible d’aboutir à un accord, le ministre italien de l’intérieur Roberto Maroni membre de la Ligue du Nord raciste a menacé de quitter l’UE. Finalement on est arrivé à un consensus minimal sur le fait d’organiser des patrouille conjointes le long des côtes de la Tunisie et de prendre des mesures pour essayer d’arrêter le flux de réfugiés.

La controverse a été engendrée par l’arrivée depuis février de quelque 25 000 réfugiés dans la petite île de Lampedusa qui se trouve à seulement 100 kilomètres de la Tunisie. Ce sont principalement de jeunes tunisiens qui continuent de quitter leur pays depuis la chute du dictateur Ben Ali, car ils pensent n’y avoir aucun avenir. Ils n’ont pas confiance dans le gouvernement de transition et cherchent à échapper au chômage et aux conditions économiques catastrophiques. Ils profitent du fait que le gouvernement de transition tunisien se soit retiré temporairement de l’accord bilatéral avec l’Italie concernant le rapatriement des réfugiés et ait réduit les patrouilles de surveillance côtières.

Depuis le début, les autorités italiennes ont laissé se développer un drame humanitaire pour tenter d’empêcher l’arrivée d’autres réfugiés. Elles avaient d’abord refusé d’ouvrir le centre d’accueil de Lampedusa et avaient instauré l’état d’urgence sur l’île. Les réfugiés étaient obligés de camper dehors en plein air et dépendaient des habitants de l’île pour leur subsistance. En février les autres états membres de l’UE ont refusé d’accueillir des réfugiés d’Afrique du nord.

Les autorités italiennes ont alors procédé au transfert des réfugiés de Lampedusa dans des camps sur le continent. Le centre d’accueil de Lampedusa qui a été ouvert à ce moment-là est plein à craquer. Prévu pour accueillir 800 personnes, il héberge actuellement 2000 réfugiés sous bonne garde policière et militaire.

Les réfugiés sont une épine dans le pied du gouvernement italien parce qu’il a lancé une chasse aux sorcières contre les réfugiés pour détourner l’attention des coupes budgétaires et de la misère sociale en se servant des réfugiés comme boucs émissaires. Ces dernières années, la gouvernement de droite de Berlusconi a durci les lois contre l’immigration illégale et organisé une sorte de pogrom contre les Roms. Le gouvernement veut se débarrasser des réfugiés d’Afrique du Nord le plus vite possible. C’est pourquoi ils leur a accordé un permis de résidence temporaire - qui est valide dans tout l’espace Schengen (composé des 25 états de l’UE) et est l’équivalent d’un visa touristique- dans l’espoir que les Tunisiens vont se rendre principalement en France. Une grande partie des réfugiés parlent Français et ont de la famille ou des amis en France

Berlusconi et le gouvernement maltais font tous les deux pression sur la Commission de l’UE pour accélérer l’application d’une directive européenne de 2001 sur la protection temporaire qui stipule que tous les états de l’UE sont dans l’obligation d’accueillir des réfugiés en cas d’immigration massive. Aussi ce n’est pas par hasard que Maroni et Berlusconi parlent d’un "exode de proportion biblique" et d’un "tsunami humain" qui a envahi les côtes italiennes. Berlusconi a lancé à l’UE un appel au secours dramatique à la veille de la conférence des ministres de l’UE. Il a dit : "Soit l’Europe existe vraiment soit elle ne signifie rien. Et si elle ne signifie rien, alors il vaudrait mieux que nous suivions tous notre propre chemin et que chacun fasse sa propre politique en fonction de son propre ego."

Cependant la menace explicite d’avoir à affronter un nouveau test crucial pour l’Union Européenne n’a pas eu les effets escomptés. Au lieu de répondre par la solidarité, les états membres de l’UE ont annoncé qu’ils remettaient en place un contrôle de leurs frontières avec l’Italie. La présidente de la Commission pour la Justice et les Affaires Intérieures, Cecilia Malmström, n’a pas considéré que les conditions étaient remplies pour appliquer la directive de l’UE.

Le ministre français de l’intérieur, Claude Guéant, a donné des instructions à la police régionale pour remettre en place le contrôle des frontières avec l’Italie et ne laisser passer que les personnes possédant un passeport en règle et des ressources financières suffisantes. Il a justifié ces mesures en disant qu’ "il ne fallait donner l’impression que l’UE accueillait les immigrants clandestins." En France près de 3000 réfugiés ont déjà été arrêtés.

La ministre de l’intérieur autrichienne, Maria Fekter, a, dans des mêmes similaires, insisté sur le fait qu’il y aurait "un vaste effet d’appel" si "la nouvelle se répandait que l’Italie donnait des visas aux immigrants clandestins pour se débarrasser plus vite d’eux." Selon Fekter, l’arrivée des réfugiés d’Afrique du Nord "paverait le terrain de la criminalité."

La diffamation et la criminalisation des réfugiés, à qui on dénie le droit fondamental de voyager librement et d’être protégés de la persécution, de la pauvreté et de la misère, s’explique par des considérations de politique intérieure. La seule différence entre les rhétoriques des gouvernements de Berlusconi, Sarkozy et Merkel est une différence de niveau. Leurs discours occulte aussi les tensions importantes qui sont apparues dans l’UE avec la question des réfugiés. La solidité des principales règles qui concourent à l’unité de Europe est remise en question. Le rétablissement des contrôles aux frontières n’est qu’une expression symbolique de la montée des intérêts nationaux qui tend à séparer les états européens les uns des autres.

Bien que les permis de séjour temporaires que le gouvernement italien a délivrés aux réfugiés soient conformes au droit européen en vigueur, Guéant en France et le ministre allemand de l’intérieur, Hans-Peter Friedrich (Union sociale chrétienne, CSU) ont déclaré que les permis ne pouvaient pas être reconnus et ont accusé mensongèrement l’Italie de violer la loi.

En réponse, les contrôles aux frontières ont été remis en place non seulement en France mais aussi en Allemagne. Bien que les gouvernements des états fédéraux allemands ne soient pas responsables des frontières, le ministre de l’intérieur de la Bavière, Joachim Herrmann (CSU), et celui du Hesse, Boris Rhein (Christian Democratic Union, CDU), ont annoncé qu’ils allaient procéder à des contrôles aux frontières. Un expert CSU des affaires intérieures, Hans-Peter Uhl, a qualifié les actions du gouvernement italien de "violation flagrante du droit européen. Les Italiens légalisent des immigrés clandestins pour qu’ils puissent continuer leur voyage vers l’Allemagne et la France." Uhl a même suggéré de remettre en place le contrôle des avions en provenance d’Italie.

L’Allemagne et la France violent en toute connaissance de cause le traité de Schengen qui a été négocié en 1985 et adopté comme loi européenne en 1997. Il garantit la liberté totale de déplacement des citoyens européens et des immigrants qui ont des papiers en règle. Les contrôles aux frontières à l’intérieur de l’Europe ont donc été abolis et ne peuvent être réintroduits qu’en des circonstances exceptionnelles. Cela s’est produit ces dernières années lors de la coupe mondiale de football et la coupe européenne ainsi qu’avant les sommets du G8 de Gênes en 2001 et de Heligendamm en 2007.

Les habituelles réserves diplomatiques ont été abandonnées et les échanges verbaux se sont durcis. L’expert aux affaires intérieures du parti social démocrate (SPD), Birgit Sippel, a condamné l’attribution de permis de séjours comme étant une "tentative d’extorsion du gouvernement italien". Le vice-président du groupe parlementaire du CDU, Günter Krings, a même accusé le gouvernement italien d’utiliser des "méthodes de chantage dignes de la Mafia".

Maroni, le ministre italien de l’intérieur a réagi vivement en disant : "Nous avons demandé de la solidarité et on nous a répondu : débrouillez-vous ! Je me demande si cela a encore un sens de faire partie de l’UE. Il faut mieux être seul qu’en mauvaise compagnie."

Au premier abord, la férocité de la querelle peut sembler surprenante, car il s’agit "seulement" de 25 000 réfugiés. S’ils étaient répartis entre les 27 pays membres, cela ferait moins de 1000 réfugiés par pays. Mais Rome, Paris et Berlin ne s’intéressent pas au sort des réfugiés. Pour eux, il ne sont qu’un moyen d’entretenir le nationalisme et le chauvinisme.

A l’arrière-plan, se profile la division de l’Union Européenne, un processus que devient de plus en plus évident depuis la crise financière de 2008. L’accent mis sur les intérêts nationaux s’est encore renforcé avec la crise des dettes de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal. Le gouvernement allemand a seulement accepté le plan de sauvetage de l’euro et l’aide financière aux pays en difficulté parce qu’il a pu dicter ses conditions et imposer des plans d’austérité et des coupes budgétaires draconiens.

La hausse récente du taux d’intérêt de la Banque Centrale Européenne est aussi une exigence allemande. Cette hausse a augmenté la pression sur l’Espagne et l’Italie dont les économies vont souffrir en conséquence et elle pourrait aussi saper davantage la confiance dans leur solvabilité. Il ne faut pas s’étonner que la crise des réfugiés ait opposé les gouvernements allemands et italiens.

Ceux qui font le frais de ce conflit sont en dernier ressort les réfugiés d’Afrique du nord. Ils sont catalogués comme "réfugiés économiques" qui n’ont aucun droit d’être en Europe. Pendant que les gouvernements européens s’accusent réciproquement de violer la loi, ce sont les droits fondamentaux à la protection et la sécurité des réfugiés qui sont violés.

Le secrétaire d’état au ministère italien des infrastructures, Roberto Castelli, un membre de la Ligue du Nord, a même dit qu’il préférerait que l’on "coule" les bateaux des réfugiés "en leur tirant dessus" parce que "tout était permis lorsqu’il s’agissait d’empêcher une invasion". Castelly faisait référence au premier ministre espagnol José Luis Zapatero qui avait ordonné que l’on tire sur des immigrants.

Pendant ce temps, le gouvernement de Berlusconi a tenté de conclure un nouvel accord bilatéral avec le gouvernement de transition de Tunisie. Le 5 avril, il a été convenu que l’Italie lui fournirait 300 millions d’euros d’aide pour les contrôles à la frontière ainsi que des bateaux de patrouille et des véhicules tout terrains.

Cependant cet accord ne concerne que les réfugiés de Tunisie qui sont arrivés en Italie après le 5 avril et pas les 23 000 et quelque immigrants Tunisiens qui sont déjà en Italie.

Comme la Tunisie est elle-même devenue la destination des réfugiés de la Libye et en a accueilli au moins 200 000, cet accord a rencontré une grande résistance populaire. Le président du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, Abdeljelil Bedoui, a dit : "Nous avons demandé aux autorités de ne pas se soumettre aux diktats des autorités italiennes, mais d’attendre et de refuser le rapatriement en masse des immigrants contrairement à ce qui avait eu lieu avec l’accord de réadmission que l’Italie avait signé avec le dictateur Ben Ali et qui ne respectait pas les droits humains."

Le président de la Commission européenne quant à lui a augmenté la pression sur le gouvernement tunisien. A une réunion, mardi dernier à Tunis avec le premier ministre Beji Caid Essebsi, il a demandé aux autorités tunisiennes de prendre des mesures globales pour arrêter l’émigration vers l’Europe. Il a aussi exigé que la Tunisie rapatrie les réfugiés. Barroso a menacé de ne pas leur accorder les 400 millions d’euros d’aide si la Tunisie ne coopérait pas.

L’intervention de Barroso avait pour but principal d’atténuer les violents conflits que la question des réfugiés génère dans l’Union Européenne et qui sont devenus de la dynamite politique.

Le différent sur la question des réfugiés a finalement abouti à un consensus dans les domaines où les intérêts nationaux n’étaient pas en jeu, les domaines qui concernaient le souci commun d’arrêter l’immigration. Les gouvernements de Berlusconi et de Sarkozy se sont mis d’accord pour organiser ensemble des patrouilles le long des côtes tunisiennes. De plus la mission de Frontex sera élargie en Méditerranée. Les ministres de l’intérieur de l’UE n’ont pas mentionné le fait que depuis le début de l’année 600 réfugiés se sont noyés en essayant de traverser la Méditerranée. Ni les 560 personnes qui ont quitté la Libye en bateau il y a quelque temps et qui n’ont pas donné signe de vie depuis.

Martin Kreickenbaum

Pour consulter l’original : http://www.wsws.org/articles/2011/a...

Traduction : D. Muselet


"Golpe constitucional" en la UE



Edité par T 34 - 20 Apr 2011 à 02:41
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Paris et Rome pour un retour des contrôles aux frontières


Sarkozy%20veut%20remettre%20en%20cause%20les%20accords%20de%20Schengen

La France et l'Italie sont favorables à "des modifications" au traité de Schengen, "dans les circonstances exceptionnelles" actuelles, a déclaré mardi le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, lors d'un sommet avec le président Nicolas Sarkozy.

"Dans des circonstances exceptionnelles, nous croyons tous les deux qu'il doit y avoir des modifications au traité de Schengen sur lesquelles nous avons décidé de travailler ensemble", a déclaré M. Berlusconi, lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet. Silvio Berlusconi a annoncé que lui-même et Nicolas Sarkozy avaient envoyé une lettre conjointe au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pour demander "une plus grande collaboration" des autres pays européens avec les pays de la rive sud de l'UE. Ces pays "ne peuvent être laissés seuls", a-t-il dit. La lettre, dont le texte a été distribué à la presse à l'issue du sommet, précise que ce rétablissement doit être envisagé "en cas de difficultés exceptionnelles dans la gestion des frontières extérieures communes, dans des conditions à définir". "La principale priorité pour l'Union européenne est de trouver très rapidement un accord global avec ses voisins du Sud de la Méditerranée", poursuit le texte. Les deux dirigeants demandent également que les "mécanismes de solidarité financière" à l'égard des Etats accueillant les immigrés doivent être "renforcés", tout en jugeant "fondamental" que "l'UE réalise un régime d'asile européen commun".

Le président français rencontrait aujourd'hui à Rome le chef du gouvernement italien pour tenter d'apaiser les tensions nées entre France et Italie sur le dossier des immigrés tunisiens, la Libye et les acquisitions d'entreprises françaises dans la péninsule. La France "ne veut pas suspendre Schengen" mais "revoir les clauses de sauvegarde dans des situations particulières", a assuré Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy. L'Italie est favorable à une sorte de "contrôle technique" pour déterminer à quel point le traité est adapté aux réalités actuelles, a indiqué le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini

Le 17 avril, Paris avait suscité la colère de Rome en suspendant la circulation des trains depuis la ville italienne de Vintimille vers la France, estimant qu'un train avec à bord des manifestants voulant accompagner des immigrés tunisiens posait un risque pour l'ordre public. La France est irritée par l'Italie qui a décidé d'octroyer des permis de séjour de six mois aux plus de 20.000 Tunisiens arrivés sur ses côtes depuis janvier pour qu'ils puissent rejoindre "amis et parents" en France et ailleurs en Europe.

 

  • France et Italie veulent créer de "grands groupes"

 

Silvio Berlusconi a par ailleurs déclaré que la France et l'Italie avaient "le souhait commun" de créer de "grands groupes" alors que le français Lactalis a annoncé le lancement d'une OPA sur Parmalat que le chef du gouvernement italien ne considère pas comme "hostile". Au cours d'une conférence de presse à l'issue d'un sommet avec le président français Nicolas Sarkozy, M. Berlusconi a évoqué le "souhait commun" des deux pays "d'arriver à créer de grands groupes internationaux franco-italiens, italo-français, qui puissent bien se porter face à la concurrence globale". Le chef du gouvernement italien a par ailleurs indiqué qu'il ne considérait pas que l'offre de Lactalis soit "hostile" et qu'il espérait que les "entreprises italiennes" puissent faire des "propositions" afin que l'offre "n'arrive pas à son terme" et qu'un accord soit trouvé pour que les Italiens prennent une participation.

 

La%20réforme%20du%20traité%20de%20Schengen%20à%20la%20sauce%20Sarko-Berlusconi



Edité par T 34 - 27 Apr 2011 à 21:40
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La tragédie des réfugiés africains en Italie.

 

Robert BIBEAU

Les plus pauvres d’entre les pauvres marchent à travers le désert en remontant le continent africain, traversent la mer et vont squatter les pauvres italiens, voilà en résumé le drame des réfugiés africains.

Nous sommes au sud de l’Italie, dans les Pouilles et en Calabre, pays aux paysages magnifiques, brûlés par le soleil d’avril une contrée d’une grande beauté et d’une grande détresse humaine, frappée depuis le XIXe siècle par la misère, le chômage, la famine et l’exploitation éhontée de la paysannerie italienne que Mussolini avait promis de (protéger ou épargner ou sauver) mais qu’il a abandonnée à la mafia et à la Cosa Nostra. Alors, les paysans et leurs familles en perdition ont abandonné cette terre de richesses spoliées (vignes, oliviers, élevage) et de labeur ingrat et ils sont remontés vers le nord de l’Italie servir de main d’œuvre bon marché. Ou encore, ils ont quitté ce pays qu’ils aimaient pour migrer dans toutes les grandes villes d’Amérique et d’Océanie où ils ont formé des ghettos d’immigrés décriés et exploités.

Il y a aujourd’hui deux fois plus d’italiens hors d’Italie que les soixante-cinq millions d’italiens en mère-patrie. Est-ce normal ? Oui, en société impérialiste décadente cela est inévitable, c’est la raison pour laquelle ce monde impérialiste doit être détruit, et qu’un autre monde est requis.

Était-ce une misère inéluctable due à l’hyper croissance démographique, à la déchéance sociale et à la décroissance économique italienne ? Nullement ! La croissance démographique y a chuté rapidement quand la misère a bouleversé la région. L’Italie est un pays riche à la population instruite et ingénieuse, bien industrialisée au Nord et à Naples, la métropole du sud. L’Italie est une puissance impérialiste qui exporte ses capitaux et délocalise ses usines vers les pays pauvres d’Asie, néo-colonisés, afin d’exploiter encore davantage le prolétariat de ces régions, quitte à laisser les italiens mourir de faim ; les profits maximums sont les seuls aliments des requins de la finance italienne.

Mais voilà, la nature a horreur du vide. Puisque les impérialistes italiens vident l’Afrique de ses richesses, y dépouillant la population désoeuvrée et démunie, et puisqu’ils vident les campagnes de Calabre de ses habitants, alors les pauvres de Tunisie, du Mali et de la Libye remontent la filière aurifère et de l’or noir jusqu’au nord, là où le capital mal acquis s’accumule dans les banques des marquis de la finance.

Les africains, migrants de grands chemins, tels des gitans modernisés, victimes terrorisées des passeurs cupides et meurtriers, bénéficiant de la complicité des riches européens avides de cette main d’œuvre bon marché, se mettent en route par déserts et par bateaux jusqu’en Calabre où, pauvres parmi les pauvres, ils sont tout de même moins démunis que ceux qui sont demeurés au pays.

Ils sont par milliers les tunisiens libérés de Ben Ali ; par milliers les ressortissants émancipés de la révolte égyptienne trahie ; par milliers les délestés de Libye ; par milliers les victimes des changements de la garde impérialiste des sous-fifres nord-africains abjects ; par milliers ces sacrifiés prenants le risque de se noyer pour quitter leurs pays pas encore libérés ; par milliers ceux qui aspirent à s’installer au prix de leur vie dans les cases délaissées des villages de Calabre et des Pouilles abandonnés, qu’ils font renaître de leur labeur et du cri de leurs enfants déracinés.

Les pauvres du tiers monde prennent ainsi la place des pauvres de notre monde, obligés eux aussi de fuir la crise universelle récurrente et inéluctable de ce système international moribond que nous ne devrions pas laisser perdurer.

À quand la grande libération qui fera en sorte que chacun pourra vivre et prospérer dans sa patrie émancipée, car cette terre pourrait tous nous supporter si seulement les richesses et les moyens de leur production appartenaient à ceux qui les ont créés ? Un autre système social est souhaité.

Robert Bibeau


Un informe demuestra que los inmigrantes aportan mas de lo que reciben en España

08/05/2011
 
En 72 heures 900 immigrants coulent dans deux naufrages en tentant de franchir la Méditerrannée.
 


Edité par T 34 - 08 May 2011 à 23:39
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 May 2011 à 01:16

Des bateaux de clandestins arrivés à Lampedusa

Les 500 passagers d'un bateau chargé de réfugiés de Libye, qui s'était échoué pendant la nuit près du port de l'île de Lampedusa (Italie), ont été secourus ce dimanche, selon le porte-parole des garde-cotes italiens.

"Nous avons réussi à sauver tous les passagers. Nous pensons qu'il n'y a pas de victime", a déclaré le porte-parole, Vittorio Alessandro. Quelques-uns des réfugiés ont été légèrement blessés et ont été hospitalisés.

L'embarcation a heurté des rochers à l'approche du port de la petite italienne, située au sud de la Sicile, semant la panique parmi les passagers, pour la plupart des travailleurs migrants d'Afrique sub-saharienne et d'Asie qui travaillaient en Libye ainsi que des femmes et des enfants. Les gardes-côtes sont immédiatement intervenus pour repêcher les passagers qui s'étaient jetés à l'eau et secourir ceux qui étaient restés à bord. Les images télévisées ont montré des scènes dramatiques de réfugiés agrippés à des cordes pour remonter du bateau de pêche rouillé vers le rivage, et des hommes qui plongent pour les aider.

Vittorio Alessandro, a affirmé à l'AFP que le bateau se dirigeait vers Malte, escorté par les gardes-côtes maltais, mais avait finalement été dérouté pour prendre la direction de l'Italie. "Alors qu'il s'approchait du port de Lampedusa, il a viré soudainement vers des rochers. Il y avait une énorme panique à bord", a-t-il dit.

Dimanche, un autre bateau transportant quelque 800 migrants était arrivé à Lampedusa, premier port face aux côtes nord-africaines. Samedi, des centaines de réfugiés fuyant la Libye et voyageant à bord de deux bateaux avaient déjà débarqué sur l'île de Lampedusa. 655 personnes, dont 82 femmes et 21 enfants, étaient à bord d'un premier bateau et 187, dont 19 femmes et un enfant, à bord du second, un bateau de pêche rouillé et surchargé.

Des milliers de réfugiés sont arrivés ces dernières semaines à Lampedusa. Il s'agit soit de Tunisiens, quittant leur pays pour chercher un travail en Europe, le plus souvent en France, soit de réfugiés fuyant la Libye, pour la plupart des migrants venus d'Afrique sub-saharienne et d'Asie du Sud-Est.

 
En 72 heures 900 immigrants coulent dans deux naufrages en tentant de franchir la Méditerrannée.
 
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