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Migrations internationales

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Jul 2012 à 00:11

La flottille de solidarité avec les migrants prend le large

Palerme, envoyée spéciale. Magnifique goélette en bois, l’Oloferne a accosté hier matin dans le port de Palerme, pour la première escale du projet Boats 4 people. L'Humanité est présente sur ce bateau, pour la traversée de Palerme jusqu’à Monastir avec une arrivée prévue le 12 juillet.

« Ce projet est né il y a un an, pendant la crise libyenne, pour dénoncer les contrôles violents aux frontières, a rappelé Nicanor Haon, coordinateur du projet, ce matin lors d’une conférence de presse sur le bateau. L’arrivée en Sicile de l’Oloferne est symbolique : c’est ici que sont toujours enfermés des centaines de migrants arrivés par la mer et qu’ont été jugés les marins du Cap Anamur pour avoir sauvé des boat-people. »

Outre la fermeture des frontières de l’Union européenne, la flottille entend dénoncer la criminalisation des marins. « Il est scandaleux qu’il y ait des migrants qui meurt en mer parce qu’ils n’ont pas de visas et aussi parce que les règles très anciennes de sauvetage en mer ne sont pas respectés » souligne Violaine Carrère, membre du Gisti, qui a fait le trajet de Cecina à Palerme.

Parti le 2 juillet de Cecina en Italie, le voilier doit rejoindre Monastir en Tunisie le 12 juillet prochain. Si la météo le permet, l’Oloferne fera escale à Pantelleria, petite ile entre la Sicile et la Tunisie, sur la route migratoire. Outre les trois membres d’équipage, seront présents sur le bateau pour cette étape : les documentaristes français Joel Labat et Nathalie Loubeyre, deux journalistes et trois activistes, Nicanor Haon (Gisti), Anna Bucca (Arci) et Hamadi Zribi (activiste italo-tunisien).

Ce soir, une commémoration pour les migrants morts en mer se tiendra dans le port de Palerme.

  • Lire aussi :

Olivier Clochard, président du réseau Migreurop : « De plus en plus de migrants meurent aux portes de l’Europe »
Une flottille contre les naufrages
Le témoignage d'Abu Kurke Kebato, un des neuf survivants d’une odyssée mortelle dans laquelle 63 migrants périrent en Méditerrannée, il y a un an.

Texte et photos : Marie Barbier

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Jul 2012 à 23:07

Migrants : nouveau drame en Méditerranée

Cinquante-quatre émigrés, qui avaient quitté la Libye pour l'Italie sur un canot pneumatique, sont morts de soif près de la côte nord-africaine après quinze jours de dérive au cours desquels leur bateau s'est dégonflé, a annoncé mardi l'Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Le seul survivant, un Erythréen, a été secouru en état de déshydratation avancée par des garde-côtes tunisiens, alors qu'il s'agrippait à l'embarcation. L'homme a déclaré aux responsables du HCR que le bateau avait presque atteint la côte italienne lorsqu'il avait été éloigné par des vents violents avant de se dégonfler progressivement. Il ne transportait pas suffisamment d'eau et beaucoup de passagers ont commencé rapidement à souffrir de déshydratation. Beaucoup ont bu de l'eau de mer, ce qui n'a fait qu'augmenter leur soif, a-t-il ajouté.

Une porte-parole de l'Onu s'est interrogée sur l'absence de secours lors de la traversée. "Comment est-ce possible que dans une mer comme la Méditerranée, avec tous les chalutiers, les cargos et tous les autres bateaux, il n'y ait eu personne pour les secourir", a dit Laura Boldrini sur Sky TG24.

Selon le HCR, environ 170 personnes sont mortes cette année après avoir quitté la Libye pour rejoindre les côtes européennes. Quelque 1.300 immigrés ont réussi à atteindre l'Italie, et un millier d'autres sont arrivés à Malte.

Lire aussi :

Reportage : La flottille de solidarité avec les migrants prend le large
Les marins naufragés du droit en Méditerranée

Source


Les marins naufragés du droit en Méditerranée

Palerme (Italie), envoyée spéciale. L’obligation de porter secours en mer se heurte aux lois sécuritaires sur l’immigration. À bord de la flottille l’Oloferne, les ONG annoncent la mise en place d’une aide juridique pour les navigateurs.

Les lois de la terre contre les lois de la mer. Depuis la mise en place de politiques migratoires répressives par l’Union européenne, les lois terrestres entrent en contradiction avec les lois séculaires du sauvetage en mer. Au point que des marins ayant aidé des naufragés ont été poursuivis pour aide à l’immigration illégale. Les procès se comptent sur les doigts d’une main, mais ils ont une portée symbolique considérable.

« À chaque fois, la justice a rappelé le droit de la mer, c’est-à-dire l’obligation de prêter assistance à quiconque est trouvé en péril en mer, souligne Violaine Carrère, membre du Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti). Mais on peut comprendre que des pêcheurs se posent des questions avant de sauver des migrants, quand ils savent qu’ils peuvent aller en prison et se faire réquisitionner leur bateau. »

En 2009, la cour du tribunal d’Agrigente (Sicile) condamnait deux pêcheurs tunisiens, qui avaient porté secours à 44 migrants à bord d’une embarcation gonflable au large de Lampedusa, à trois ans et demi de prison, la confiscation du bateau et une amende de 440 000 euros pour résistance violente à une personne dépositaire de l’autorité publique et à navire de guerre. Les deux chalutiers avaient en effet forcé l’entrée du port de Lampedusa pour sauver les migrants. En septembre 2011, les pêcheurs seront relaxés, mais le mal est fait.

L’obligation de porter secours existe depuis les Phéniciens dans l’Antiquité. Au XXe siècle, les conventions internationales ont gravé dans le marbre ces règles ancestrales. « Tous les marins iront sauver des migrants, même si chacun a ses idées sur l’immigration, confirme Marco Tibiletti, capitaine de l’Oloferne qui transporte Boats 4 People (lire encadré). C’est une règle d’or en mer. Mais il est important de savoir ce qu’on risque… » Pour aider les marins à y voir plus clair, les ONG réunies au sein de Boats 4 People prévoient de mettre en place, à la rentrée de septembre, une aide juridique. « Nous allons discuter avec les syndicats pour proposer des permanences d’avocats dans les ports », explique Violaine Carrère. À terme, cette plate-forme pourrait aussi aider les marins poursuivis en justice.

Car le sauvetage n’est que le début d’un long processus. Une fois sauvés, où les migrants doivent-ils être débarqués ? Sur ce sujet, l’affaire Cap Anamur reste dans les mémoires des marins, et pas seulement palermitains. En 2004, les membres d’équipage de ce navire associatif sauvent 37 migrants prêts à sombrer dans les eaux internationales du canal de Sicile. Il attendra ensuite vingt et un jours, au bord des eaux territoriales italiennes, sans que l’Italie ne lui donne l’autorisation d’y entrer. Il finira par forcer le passage. Trois membres d’équipage seront poursuivis pour aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière. Ils seront relaxés après cinq ans de procédure.

L’an dernier, à la suite des printemps arabes, des histoires semblables ont été relevées par le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR). En juillet 2011, une centaine de migrants secourus par un navire espagnol de l’Otan ont passé cinq jours en mer tandis que l’Espagne, l’Italie et Malte refusaient tour à tour de les prendre en charge. C’est finalement la Tunisie qui acceptera de les accueillir. « Cette dispute a suscité la crainte qu’à l’avenir les navires de l’Otan soient plus réticents à porter secours à des immigrants », s’inquiète le HCR dans son dernier rapport.

La flottille a levé l’ancre. Le voilier l’Oloferne a quitté Palerme en direction de Monastir dimanche. Ses passagers (photographe, documentaristes, activistes italiens, tunisiens et français) devaient faire escale sur Pantelleria, petite île sur la route migratoire vers l’Europe. À la suite des printemps arabes, le Haut-Commissariat aux réfugiés estimait à 1 500 le nombre de morts ou disparus en Méditerranée. >> Lire notre reportage

Marie Barbier



Edité par T 34 - 11 Jul 2012 à 23:08
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Jul 2012 à 00:59

Veille macabre en Méditerranée

Alors que 54 migrants sont morts au large de l’Italie cette semaine, une plate-forme citoyenne vient d’être lancée sur Internet pour «documenter» au plus près ce type de drame.

Ils étaient cinquante-cinq à prendre la mer, un seul a survécu. Un nouveau drame s’est joué cette semaine, au cœur de la Méditerranée. Cinquante-quatre migrants, pour la plupart érythréens, sont morts de déshydratation en tentant de rejoindre l’Italie depuis la Libye. Un drame de plus, dans une longue liste, que s’efforce de suivre au plus près le site Internet baptisé Watch The Med. Lancé la semaine dernière par deux cartographes, initiateurs du projet Forensic Oceanography de l’université de Goldsmiths, à Londres, ce site entend « cartographier, presque en temps réel, les morts des migrants ainsi que les violations de leurs droits aux frontières maritimes de l’UE ». Concrètement, il s’agit de « documenter les incidents en mer, en puisant dans toutes les sources : images satellites, signaux de détresse envoyés par les gardes côtes, témoignages des marins ou des migrants eux-mêmes… ». L’idée a germé après la plainte déposée en avril contre l’armée française, accusée de ne pas avoir prêté assistance à un de ces « bateaux cercueils », qui avait fait alors 63 victimes (lire notre édition du 2 juillet). Ces migrants, partis de Tripoli, sont morts de faim et de soif en pleine Méditerranée, pourtant truffée de bateaux militaires. « Après avoir aidé à écrire ce rapport, nous avons eu le sentiment qu’il fallait inventer de nouveaux outils pour documenter et “spatialiser” les morts et les violations aux droits des migrants, explique Charles Heller, chercheur basé à Genève et un des initiateurs de cette « veille ». Cela peut permettre de fournir le degré de précision nécessaire à l’identification des responsables. » Financé par le projet de recherches de l’université de Goldsmiths, à Londres, et par la campagne Boats4people, Watch the Med compte aussi sur les volontaires et activistes internationaux pour réaliser cette « tour de contrôle civile ». Pour l’instant expérimental, le projet pourrait se pérenniser s’il trouve les financements suffisants.

 

(1) watchthemed.crowdmap.com

Marie Barbier

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Aug 2012 à 02:39

D’Alger à Londres, via Paris l’itinéraire d’un sans-papiers

Envoyé spécial. Parti d’Algérie il y a maintenant près de huit ans, Saïd Aït Djaoud a connu le racisme et enchaîné les galères en France avant de prendre pied en Angleterre 
où il a désormais 
élu domicile.

Depuis quelques mois, le gouvernement de coalition que dirige le conservateur David Cameron a considérablement durci la politique d’immigration en Grande-Bretagne. Ce tour de vis visant les chercheurs d’asile n’aurait laissé que « peu de chances » à Saïd Aït Djaoud de s’installer un jour en Grande-Bretagne s’il avait dû le subir. « Je suis arrivé en Angleterre, il y a sept ans et demi, mais mon rêve était de vivre à Paris », raconte ce natif de Tizi Ouzou, âgé aujourd’hui de trente-deux ans. Jusqu’à son départ d’Algérie, Saïd a passé l’essentiel de sa vie à Alger, où il a toujours ses yeux noirs intenses tournés vers la Kabylie, celle de ses deux idoles, Lounis Aït Menguellet et Matoub Lounès, assassiné en 1998. Titulaire d’un diplôme de technicien en informatique, il travaille pour un laboratoire pharmaceutique comme gestionnaire de stocks. Au cours d’un voyage d’étude à Marseille, il prend congé de sa mission, et avec un visa de six mois en poche, il gagne la capitale française. « Les années 1990 ont été terribles. Aucune famille n’a été épargnée par le déchaînement de violences des islamistes. Nous avons tous été traumatisés. Par la suite, j’étais dans le noir, sans perspective. À vingt-trois ans je suis parti. »

À Paris, sa terre promise, c’est le cauchemar. Son visa expirant, Saïd finit par délaisser le réseau familial trop envahissant, il dort dans des entrées d’immeubles, un peu partout, fréquente assidûment les piscines, « pour pouvoir me doucher ». Il doit son salut pour survivre à un forain de la foire du trône où il est payé 40 euros de midi à minuit à fabriquer des confiseries. « C’était une vie de chien. Je me suis senti rejeté, humilié en France. Il y a du racisme. Toutes les portes étaient fermées. Au bout de neuf mois, j’ai compris, et de nouveau je suis parti. »

Saïd prend alors la direction de la gare du Nord, muni d’une fausse carte d’identité qu’il a acheté 50 euros par une filière clandestine à la Fourche, il passe sans difficulté la PAF qui l’a « regardé trois fois » puis arrive sans encombre et beaucoup de veine à Londres à bord de l’Eurostar. Il s’installe non loin du quartier grouillant de monde, et d’islamistes, Litlle Algiers, la petite Algérie, au cœur de Finsbury Park, au nord de Londres. Ce n’est pas son monde, il n’y reste que deux semaines, avant de dénicher, avec la complicité d’un ami, une chambre à East Croydon, dans la banlieue sud de Londres, où il réside désormais. Croydon qu’il a vu s’enflammer, avec inquiétude, l’an dernier, lors des émeutes.

Déraciné, maîtrisant mal la langue anglaise, il a été exploité par des petits patrons peu scrupuleux dans des coffe-shops. « C’est un Anglais, un traiteur de Fabboy, qui m’a mis le pied à l’étrier. C’était un autre monde. Il y avait du respect, des valeurs. Il a été réglo dans le travail. » D’un seul coup, l’horizon de Saïd s’est éclairci. Il obtient le précieux sésame, un titre de séjour temporaire. Depuis quelques mois, Saïd vit sur un petit nuage. Il décroche un emploi de serveur dans un café Arena vers Whitechapel, où il gagne 330 euros par semaine. Surtout il rencontre, « dans un bus », Elizabeth avec qui il se marie quelques mois plus tard. La jeune femme, comptable dans une entreprise de mobiliers, est nigériane de nationalité anglaise. Le mariage a été célébré à Alger, « pour montrer que ce n’est ni du business ni du pipeau », conformément aux exigences de la législation britannique. Dans deux ans, il obtiendra un visa illimité. « J’apprécie Londres, malgré sa froideur, ses opportunités qui vous donnent envie d’aller de l’avant. On ne te juge pas sur tes origines mais sur ton travail. » Ballotté entre plusieurs rives, Saïd fait le rêve, à voix haute, de revenir un jour parmi les siens dans cette Algérie dont il se tient sans cesse informé : « Les choses changent un peu là-bas, trop lentement à mon goût, alors pourquoi pas ? »

Bernard Duraud

Six migrants sauvés de l’asphyxie dans la remorque d’un camion

Six migrants érythréens, qui s’étaient cachés dans la soute de la remorque d’un camion dans le Pas-de-Calais, pour certainement passer en Angleterre, ont pu être sauvés de l’asphyxie ce week-end à proximité de Boulogne-
sur-Mer. Ils ont alerté les secouristes en appelant le numéro d’urgence européen 112, à l’aide de leur portable, à qui ils ont expliqué qu’ils se trouvaient à bord d’une remorque détachée de son camion après avoir roulé environ 
une heure et demie au départ de Béthune. Les forces 
de l’ordre, qui leur avaient demandé de taper sur les parois, ont pu les localiser avant qu’ils ne suffoquent grâce à la borne de téléphonie mobile qui a déterminé un périmètre de 3,5 kilomètres autour de Saint-Martin-Boulogne, 
près de Boulogne-sur-Mer. Ils ont été remis en liberté par 
le préfet, pour « ne pas ajouter un malheur à leur malheur », a déclaré ce dernier.

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Edité par T 34 - 08 Aug 2012 à 03:41
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Sep 2012 à 16:31

Madrid et Rabat contre les migrants

La garde civile a expulsé 83 clandestins d’un îlot situé à proximité du Maroc. Un nouvel épisode qui rappelle l’échec des politiques européennes du contrôle des frontières.

L’espoir d’atteindre l’Europe a pris fin, hier, au petit matin. La garde civile espagnole a procédé à l’expulsion des 83 migrants subsahariens qui avaient trouvé refuge depuis une semaine sur l’île de la Terre, un îlot de souveraineté espagnole, inhabité, et situé à une trentaine de mètres des côtes marocaines. Pendant plusieurs heures, les clandestins ont été transportés par bateau jusqu’au Maroc, où un important dispositif policier avait été déployé. Huit mineurs et deux femmes ont, quant à eux, été transférés dans l’enclave espagnole de Melilla, où ils devaient recevoir des soins. Les deux pays n’ont pas hésité à se féliciter de cette opération « modèle » qu’ils ont qualifiée de « succès ». Les autorités marocaines ont pourtant confié à l’AFP que deux migrants avaient été légèrement blessés. De son côté, le ministère espagnol de l’Intérieur a réfuté cette affirmation, en précisant : « La plupart des migrants ne voulaient pas aller au Maroc mais il n’a pas été nécessaire d’employer la force et il n’y a pas eu de débordement. » Rien qu’en juillet, Médecins sans frontières a soigné 156 sans-papiers, victimes d’agressions violentes de la part de la police marocaine, a rapporté, lundi, El Pais. Rabat n’a pas fait mention du sort réservé aux 73 migrants qui espéraient, via l’archipel des Alhucemas, désormais considéré comme une nouvelle porte d’accès à l’Europe, rejoindre l’Espagne. Ce nouvel épisode de l’immigration clandestine, après les nombreux naufrages ces dernières années au large des côtes des Canaries ou encore italiennes, témoigne, une fois de plus, des déséquilibres Nord-Sud qui poussent à l’exil, chaque année, des dizaines de milliers de personnes. Il révèle également l’échec de la politique européenne de durcissement des contrôles aux frontières qui, par là même, aggrave les dangers pour les migrants, contraints de s’en remettre aux mafias locales de l’immigration.

Cathy Ceïbe

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Sep 2012 à 22:48

Palerme Les enfants «boat people» soignent les blessures de l’exil

Les mineurs isolés étrangers arrivés en Sicile bénéficient d’une protection exemplaire. Reportage dans une communauté, où l’on découvre un autre visage de la politique d’immigration.

À première vue, cet appartement peint en jaune ressemble à un foyer ordinaire pour adolescents : au bout d’un couloir, la voix de Bob Marley crachote Iron, Lion, Zyon ; dans le salon, MTV diffuse en boucle des clips de hip-hop américain. Mais, à la différence d’un foyer lambda, les huit ados qui sont accueillis dans ces murs ont tous risqué leur vie pour se retrouver ici, dans la chaleur suffocante d’un appartement palermitain.

Depuis cinquante ans, l’église vaudoise (protestante) tient un centre diaconal à Palerme : écoles, centre de réinsertion et, depuis un an, accueil de mineurs migrants non accompagnés. Huit garçons entre dix-sept et dix-huit ans y sont pris en charge par cinq éducateurs et une assistante sociale. Au premier étage, ils partagent cinq chambres et une grande cuisine, dont les fenêtres s’ouvrent sur le superbe jardin de la communauté. Ils viennent du Bangladesh, d’Égypte, de Tunisie, du Ghana et du Bénin. Un concentré de la géopolitique mondiale. Les trois Égyptiens et le Tunisien rappellent que les révolutions arabes ont jeté sur la route de nombreux réfugiés. 56 000 sont arrivés en Italie en 2011, dont 7 750 enfants non accompagnés.

Mieux traités que leurs aînés (enfermés dans des centres d’identification et d’expulsion), ces mineurs bénéficient d’une prise en charge immédiate et complète : titre de séjour, apprentissage de la langue, formation professionnelle, assistance juridique et sociale, soins sanitaires, etc. Un paradis comparé à la France où il n’est pas rare que les mineurs arrivés après leurs dix-sept ans soient laissés dans des chambres d’hôtel sans activité ni éducateur ; quand ils ne vivent pas à la rue. « Ici, c’est impossible qu’un mineur dorme dehors, raconte Tania, l’assistante sociale. Dès que la police le voit, elle le prend en charge. Il est ensuite placé dans l’une des nombreuses communautés de la ville. »

Dans la cuisine, Walid et Abdou, tous deux égyptiens, préparent des spaghettis au thon et à la tomate. « La pasta ! » résument-ils en bon italien (elles seront parfaitement al dente). Presque tous ici parlent parfaitement la langue de Dante. Seul un Bangladais, arrivé en mai, utilise l’anglais pour se faire comprendre. Il ne veut pas raconter son histoire. « Trop difficile », murmure-t-il. Trop récent. Les autres, présents depuis plus longtemps, ont eu le temps « d’oublier le passé et de penser au futur », résume Antonella, l’une des éducatrices. Les histoires sont lourdes. En quelques heures passées avec eux, on les effleure à peine.

Tous ont débarqué en bateau sur les côtes siciliennes ou lampedusaines. Walid et Abdou ont été envoyés par leurs parents qui ont dépensé des sommes folles (5 000 euros) pour payer une traversée sur des bateaux de pêcheurs surpeuplés. Mouheddine, arrivé il y a dix-huit mois de Zarzis, dans le sud de la Tunisie, n’a pas prévenu ses parents qu’il prenait la mer. Il les a appelés une fois dans le centre. Idriss, qui aura dix-neuf ans le 4 septembre prochain, n’avait à dire à personne qu’il prenait la route : sa grand-mère, qui l’élevait, était morte depuis des mois, ses oncles ne s’occupaient pas de lui. Il avait seize ans. Depuis le Bénin, il a d’abord rejoint le Niger, puis la Libye avant de « passer » sur un bateau.

Quand, en France, l’aide sociale à l’enfance limite les contrats jeunes majeurs, le centre vaudois de Sicile, lui, n’hésite pas à utiliser des prises en charge qui permettent d’accompagner ces jeunes après leur majorité. « Normalement, ils doivent partir à dix-huit ans, mais ce sont eux qui décident en accord avec leur juge, explique Antonella. Ils ne partiront que s’ils peuvent se prendre en charge tout seuls. »

Tous n’ont pourtant pas envie de rester en Italie. Assis sur le canapé du salon, Idriss regarde une série américaine. « Ici, on est comme à la maison, dit-il. Mais je ne savais pas qu’il y avait une crise économique en Europe. Donc, je serais peut-être obligé de repartir ailleurs pour trouver du travail. » La semaine prochaine, le jeune homme commence une formation en informatique. « Je n’avais pas l’intention de rester ici, en Italie », résume cet ado qui a fui les combats en Libye et les « roquettes de l’Otan envoyées n’importe où ». Le racisme aussi : sur son bras, des cicatrices témoignent d’un tabassage par les « rebelles ». Arrivé à Lampedusa, malade, il a immédiatement été transféré à l’hôpital de Palerme, puis pris en charge. Depuis sa majorité, il a un permis de séjour de dix ans.

Cette protection des mineurs isolés étrangers n’est pas généralisée en Italie. Dans un pays où « il existe une loi par église » d’après le dicton, la prise en charge est très inégale. Celle de ce centre sicilien pourrait ne plus durer très longtemps. Les fonds publics n’ont pas été versés depuis des mois. « Cela va se régler, assure, confiante, Tania, l’assistante sociale. Les mineurs migrants non accompagnés doivent être secourus, sinon ils seront en danger. » Un postulat loin d’être partagé par les autres pays européens.

Marie Barbier

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la noyade.....

Edité par T 34 - 09 Sep 2012 à 19:06
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Nouveau naufrage au large de Mayotte

Six personnes ont trouvé la mort et 27 sont portées disparues après le naufrage, samedi, d'une embarcation de Comoriens au large de Mayotte. Ce drame point une nouvelle fois l'urgence pour les autorités françaises et comoriennes de prendre à bras-le-corps le problème de l'immigration entre les deux archipels.

Selon la préfecture, 36 personnes avaient pris place à bord d'une embarcation partie vendredi soir de Domoni, sur l'île d'Anjouan, aux Comores, pour rejoindre l'île française. Après le naufrage du bateau -un "kwassa kwassa", pirogue à moteur qui navigue au ras des flots- à quelque 200 mètres du littoral de Petite Terre, six corps ont été repêchés. Il s'agit de cinq femmes et d'un enfant, a précisé le porte-parole de l'association "Espace Anjouan Mayotte pour l'harmonie et la concorde", Djaanfar Salim Allaoui.

Venant pour la plupart de l'île voisine d'Anjouan -distante d'environ 70 km-, ils sont plusieurs milliers, chaque année, à tenter de débarquer illégalement sur l'archipel pour travailler ou se faire soigner. Chaque année aussi, plusieurs centaines de personnes périssent en mer entre Anjouan et Mayotte faisant de cette partie de l’océan Indien l’un des plus grands cimetières marins.

Le dernier drame de ce type remonte à juillet, lorsqu'un autre "kwassa kwassa" en provenance de l'île d'Anjouan avait sombré, faisant 7 morts, 4 disparus et 13 rescapés. Djaffar Salim Allaoui a réitéré l'urgence pour les autorités françaises et comoriennes de prendre à bras-le-corps le problème de l'immigration entre les deux archipels. "On constate avec une vive douleur que les cortèges funèbres se poursuivent sans réaction de la part des pouvoirs français et comoriens sur les drames à répétition dans le bras de mer entre Mayotte et Anjouan. Tant que l'on n'aura pas mis en place une coopération policière et technique entre les deux pays, on continuera à s'indigner et à se révolter mais cela ne règlera en rien ces transports mortels d'êtres humains", a déclaré Djaffar Salim Allaoui.

Les conditions de rétention des clandestins dans l'unique centre de l'île, un bâtiment de 60 places à Pamandzi, constamment surpeuplé, sont également depuis des années l'objet de critiques des associations, qui le jugent indigne d'accueillir les clandestins. Une source gouvernementale avait annoncé en juillet qu'un second centre de rétention allait être construit "d'ici à fin 2014".

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Turquie : fin tragique de 58 migrants 

Cinquante-huit migrants clandestins, originaires d’Irak et de Syrie, ont trouvé la mort, hier, au large des côtes de l’ouest de la Turquie. Les sauveteurs sont néanmoins parvenus à secourir quarante-quatre migrants ainsi que le capitaine du navire et son second, qui ont été aussitôt placés en garde à vue. L’embarcation aurait sombré après avoir appareillé depuis la ville d’Ahmetbeyli, selon la chaîne CNN-Türk. Cette dernière a indiqué que l’embarcation avait pour destination finale le Royaume-Uni.

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Edité par T 34 - 09 Sep 2012 à 21:07
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Des vies sans valeur dans une Italie indifférente

 

Dans la nuit du 8 au 9 décembre, un homme dans la soixantaine d'origine égyptienne, surnommé Jimmy, est mort de froid dans les rues de Naples. Dans la matinée du 11 décembre, à Torvajanica, sur la côte romaine, on a trouvé dans une ferme abandonnée un corps calciné : selon la police, c'était celui d'une femme immigrée originaire d'un pays d'Europe orientale qui avait coutume de s'y réfugier. Dans la soirée du 11 décembre, un détenu marocain, en attente de jugement, se pend dans sa cellule de la prison de Catanzaro. Dans la nuit du 11 au 12 décembre, du côté de Prima Porta, en grande banlieue de Rome, deux hommes d'origine équatorienne, de 62 et 65 ans, meurent asphyxiés par le monoxyde de carbone dégagé par un brasero. Dans nuit du 12 au 13 décembre 13 et 12, une femme de 45 ans de nationalité chinoise est morte à son domicile de Peretola, en grande banlieue de Florence,  tuée elle aussi par le monoxyde de carbone, dégagé  cette fois par une bombonne de gaz.

Six morts violentes de personnes immigrées en si peu de jours n'est pas un fait anodin. C'est l'indice tragique d'un état de pauvreté et de marginalisation, qui est aggravée non seulement par la discrimination, mais aussi par la récession qui frappe de manière particulièrement impitoyable les derniers parmi les derniers. Pourtant, des incidents tels que ceux que j'ai décrits sont généralement traités par les médias avec la plus grande discrétion, relégués à des brèves dépêches d'agence, souvent ignorées, même par les journaux locaux. Dans ces cas, vous ne trouverez pas, bien mise en valeur dans la titraille, la référence à la nationalité des victimes, peut-être réduite à "ethnie" : cette règle ne s'applique que lorsque des immigrés sont accusés d'un crime petit ou grand, réel ou imaginaire.

Il y a, bien sûr, des exceptions. Par exemple, nous savons quelque chose de l'histoire de Jimmy, mort de froid à Naples,  grâce au fait que, trois jours après sa mort, on a évoqué son souvenir lors d'une conférence de presse de présentation des initiatives de la municipalité en faveur des SDF. Et si nous connaissons certains détails de sa biographie, c'est avant tout grâce à Fabrizio Geremicca, qui avait écrit une notice nécrologique le 11 décembre sur Corriere del Mezzogiorno.it, en lui réservant la pietas qu'il méritait, exprimées par des mots efficaces et respectueux:

"Comment se sont passées les dernières heures de Jimmy dans la nuit de Saint-Ambroise à l'Immaculée, fouetté par la pluie et le libeccio [vent violent de secteur Sud-Ouest,NdT],incapable de se mettre à l'abri parce qu'il ne tenait plus sur ses jambes depuis longtemps, personne ne pourra jamais le dire. S'il a glissé de l'étourdissement par l'alcool dans l'inconscience ou si, au contraire, il a revécu en un instant ses 60 ans de vie: l'Égypte de son enfance, le travail comme cuisinier sur un pétrolier, un fils dont il ne se rappelait même plus le visage, la solitude, l'amour pour Ylenia, qui est retournée il y a quelques années en Ukraine."

Le travail comme cuisinier à bord des pétroliers: ce détail suffit pour deviner une biographie et l'inexorable dégringolade sociale dans le pays qui ne peut être dit "d'accueil" que par sarcasme. Nous pouvons essayer d'imaginer la perte d'un emploi, le débarquement au port de Naples, le poids de la crise, de la stigmatisation et de la discrimination, la défaite et la honte à l'idée de rentrer défait au pays, donc la glissade vers l'alcool et la rue mais aussi les sursauts vitaux : l'amour d'Ylenia, elle aussi ravagée par l'alcool, que Jimmy venait voir tous les jours à l'hôpital où elle avait été admise. Il lui apportait, raconte une bénévole à Geremicca,  parfois une orangeade, parfois un biscuit, bref ce qu'il pouvait.

Quant à la famille équatorienne,  nous pouvons imaginer sa vie à partir des quelques détails fournis par la presse : les deux hommes plus âgés, peut-être des frères, probablement des amis, le fils de l'un des deux, âgé de vingt-cinq ans, aujourd'hui hospitalisé dans un état grave, une jeune femme, peut-être sa femme, et deux petites filles, dont une de quatre ans, à ce que l'on sache ... Nous pouvons les voir entassés dans cette "maison" au rez-de-chaussée, quelques mètres carrés dans l'obscurité occupés par cinq ou six lits. Les deux plus vieux résignés au destin de déclassement social, comme disent les sociologues, habituellement réservé aux migrants et le couple, en revanche, ayant encore l'espoir d'une promotion ou au moins d'un avenir moins sombre ; et enfin les petites filles inconscientes, comme tous les enfants, et heureuses du peu que chaque jour offre.

En l'absence d'information, nous ne pouvons rien supposer, par contre, sur la femme chinoise morte asphyxiée à son domicile et de celle d'Europe de l'Est, carbonisée dans une tentative de rendre moins mordant le froid d'une nuit polaire sur la côte romaine. Et nous savons très peu de choses du "détenu marocain" qui a été une fois une personne et a rejoint les rangs de ceux qui se sont ôté la vie dans les prisons italiennes surpeuplées et cruelles : 59 depuis le début de 2012, selon
“Ristretti Orizzonti” ("Horizons restreints"). Sur lui, on ne peut qu'imaginer le harcèlement subi en prison, la désolation et le désespoir, peut-être même la panique claustrophobe devenue souffrance quotidienne, encore plus pénible pour quelqu'un qui était parti hardiment en mer à la recherche d'un espace existentiel plus large que celui du village de la province de Settat ou peut-être de Beni Mellal, qui sait, où il était né.

Nous ne pouvons qu'imaginer. Nous ne pouvons pas savoir, parce que les vies des migrants sont les plus insignifiantes parmi les vies des sans nom, de sorte que leurs morts sont légères comme une plume. La diversité des personnes d'origine immigrée, on le sait, est généralement enfermée dans la catégorie stigmatisante des "extra-communautaires" (même si elles proviennent d'un pays de l'UE) ou - le cas échéant, et c'est souvent le cas – de "clandestins". Ainsi, pour en rester au jeu médiatique : en quelques jours six personnes de la catégorie des "extra-communautaires" sont mortes d'une mort violente ; comment l'information aurait-elle réagi si dans ce court laps de temps, six personnes tout autant inconnues du grand public, mais appartenant à la catégorie des entrepreneurs ou des hauts dirigeants étaient mortes de mort violente ?

Source: http://temi.repubblica.it/micromega-online/vite-senza-valore-nell%E2%80%99italia-indifferente/
Date de parution de l'article original: 14/12/2012

 

Osons savoir, le site internet et le webdoc pour tout savoir des migrations

Ce mardi, journée internationale des migrants. L'Humanité.fr vous fait découvrir Osons-savoir.com, plateforme documentaire consacrée aux migrations et son web-doc De l'autre côté. Rencontre avec...

Jérémy Cheong Chi Mo, co-auteur et concepteur d'Osons savoir et du web-documentaire De l'autre côté, dont l'Humanité.fr est partenaire.

Quel est l'objectif du site et de ce web-documentaire?

Jérémy Cheong Chi Mo. La plateforme a été créée pour médiatiser les opinions et les analyses pas assez ancrées dans le débat public, pour donner la parole à la société civile, aux associations et organisations non-gouvernementales, aux chercheurs.

 

Pourquoi avoir appelé la plateforme Osons savoir?

Jérémy Cheong Chi Mo. L'idée de cet outil est née progressivement entre 2004 et 2008. C'était l'époque des policiers qui se postaient à la sortie des écoles pour appréhender les enfants et leurs parents en situation irrégulière. Il y a eu en contrepoint le travail de terrain remarquable de Réseau éducation sans frontière (RESF), puis, les discours et la politique du chiffre de Nicolas Sarkozy.

 

Toutes ces actualités ont bien sûr été traitées, mais ils nous a alors semblé qu'il y avait un manque de connaissance et d'informations pour alimenter le débat public. Surtout, il y a un manque de confrontation sur les enjeux des migrations. On en reste trop souvent au débat technique alors que le sujet relève de choix politiques. Mais comment les comprendre si l'on ne parle pas des flux migratoires, de la gestion du développement, des raisons qui poussent à émigrer, des accords passés entre l'Italie et la Libye de Kadhafi pour bloquer les migrants en Afrique, des conséquences des contrôles aux frontières. Le débat politique en France se cantonne à conserver un carcan idéologique, à une vision nationale, voire nationaliste des choses. Surtout, à une vision très occidentale. On ne parle pas de cet aspect de la mondialisation que sont les migrations. On n'évoque que très rarement les questions de développement. Toutes ces informations existent pourtant. Nous les avons regroupées pour éclairer le débat sur les migrants. 

D'où ces web-documentaires thématiques?

Jérémy Cheong Chi Mo. Le film documentaire est le fil rouge de la plateforme. Il offre une forme narrative principale et forte. La plateforme propose d'autre part une base d'articles et de publications pour approfondir les connaissances. Tous ces outils sont à disposition. Notre souhait est que les gens s'en emparent pour le faire vivre.

  • A consulter:

Osons savoir, le site

De l'autre côté, le webdoc

Source


Edité par T 34 - 01 Jan 2013 à 19:00
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Jan 2013 à 19:35

Comme un lion : quand les lions du Sénégal rencontrent le lion de Peugeot.

 
 

Coïncidence ou symptôme, en même temps que l’actualité militaire, l’actualité culturelle tourne notre attention vers l’Afrique et les diverses exploitations dont elle fait l’objet. Sombras, d’Oriol Canals, donnait un visage aux immigrés africains venus récolter les fruits en Catalogne ; Paradis : amour attire l’attention sur l’exploitation des beach boys kenyans par des Européennes d’âge mûr en mal d’amour ; et, en même temps qu’Aujourd’hui nous guide dans Dakar, Comme un lion, de Samuel Collardey, traite encore d’un autre genre d’exploitation, au Sénégal et ailleurs : le trafic des jeunes Africains qui rêvent de devenir footballeurs professionnels.

Il s’agit donc d’un film réaliste, mais sans rien de pédagogique ni de misérabiliste : nous voyons vivre les villageois de Pout, avec ses femmes aux robes colorées et majestueuses, et ses gamins qui, dès qu’ils en ont l’occasion, poussent le ballon dans les rues (l’école en plein air, avec ses dizaines d’enfants agglutinés autour de l’unique maître, montre bien qu’ils n’ont rien à attendre d’une promotion par les études). Nous verrons même fonctionner une assemblée de femmes, sous l’arbre aux palabres, réunies pour décider de la gestion de la tontine. En effet, le jeune héros, Mitri, a été remarqué par un recruteur camerounais, qui demande, pour l’envoyer dans un club français, 5 millions de francs CFA (un peu moins que l’équivalent en Anciens Francs). La grand-mère de Mitri qui, même en vendant son unique bien, le verger dont les fruits la font vivre, n’a pu réunir cette somme, va donc avoir recours à la tontine : ses associées acceptent de lui attribuer, non seulement les cotisations du mois (tontine rotative) mais même le fonds permanent (tontine par accumulation).

Mitri va donc pouvoir réaliser son rêve, mais il sait qu’il se charge en même temps d’une lourde responsabilité : avec ses premiers salaires, il devra rembourser cette dette à la communauté villageoise. Mais il va vite déchanter : à Paris, les douaniers découvrent qu’il n’a pas tous les papiers requis ; l’intermédiaire qui se charge du groupe de jeunes joueurs africains lui évite l’expulsion immédiate, mais, ne sachant que faire de lui, il le conduit, sous prétexte d’essais, dans un stade vide, où il l’abandonne, tel un Petit Poucet. Mitri va donc mener une vie de SDF, sans rien avoir à manger.

Mais Collardey ne veut pas "désespérer Billancourt". Mitri, conformément aux recommandations de sa grand-mère, n’oublie pas ce qu’il est : le rituel des prières lui permet de garder ses structures, et il va sauter, plein d’énergie, sur toutes les occasions qui se présentent, et s’y accrocher : aidé par une Africaine, il entre dans le circuit de l’aide sociale et se retrouve dans un foyer à Montbéliard, où des tests d’orientation en feront un apprenti-serveur malgré lui. Mais Montbéliard se trouve tout près de Sochaux, avec qui il forme le FC Sochaux-Montbéliard ! Mitri ne tarde pas à s’introduire, au culot, dans les entraînements d’une petite équipe de jeunes. Commence alors une belle histoire entre l’orphelin et l’entraîneur dur à cuire qui va décider de lui donner sa chance.

On retrouve ici le schéma de Welcome, le film de Philippe Lioret, qui dénonçait les conditions de vie dans la "jungle de Calais" et le "délit de solidarité", mais il est débarrassé de ses scories sentimentales : l’entraîneur n’est pas en instance de divorce, et Mitri ne veut pas rejoindre une amoureuse menacée d’un mariage forcé. Si Mitri joue contre la montre, c’est que sa grand-mère lui réclame l’argent de la tontine, qu’elle doit déjà rembourser. Cependant, comme dans Welcome, l’aîné va se reconnaître dans le jeune : le rêve brisé de l’entraîneur, chassé du club de Sochaux pour son indiscipline et devenu, comme son père, ouvrier chez Peugeot, va revivre grâce à Mitri.

Bien sûr, c’est une success story, et le happy end, avec l’entrée enivrante sur le stade de Bonal, sous le tonnerre des applaudissements, est vraiment trop beau. Mais, d’une part, Collardey s’inspire de l’histoire d’un joueur africain de Sochaux, et, d’autre part, il suit la ligne humaniste du Ken Loach de Looking for Eric et de La Part des anges : une fois qu’on a dénoncé les injustices sociales (la privatisation des services publics anglais, l’acharnement de la justice contre les petits délinquants et l’impunité des vrais malfrats en col blanc, ou l’exploitation des Africains), pourquoi écraser le héros ? on est reconnaissant au cinéaste de nous laisser sur une note d’espoir.

Autre raison de soutenir ce film : Collardey, qui est né à Besançon (la patrie des Lip), nous emmène sur ses terres, celles du Doubs ; ce faisant, il rompt avec le narcissisme parisianiste qui étouffe bien souvent le cinéma français. Et on pourrait le situer dans une "école" de l’Est qui a déjà donné un film étonnant, Poupoupidou, tourné par G. Eustache-Mathieu dans ce Far-East qu’est Mouthe, la ville la plus froide de France, ou encore le réalisateur Gilles Perret qui, de Ma Mondialisation (en 2006) à Mémoires d’ouvriers (en 2011), raconte l’histoire ouvrière de cette région et, à travers elle, de la France.

Rosa LLORENS



Edité par T 34 - 13 Mar 2013 à 17:05
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Mahmoud Traoré Un migrant sénégalais raconte le chemin du «si j’avais su»

Dans un livre coécrit avec le journaliste Bruno Le Dantec, le jeune homme raconte son odyssée de trois ans pour rejoindre l’Europe. Récit d’une rencontre avec des collégiens montreuillois.

La cloche vient tout juste de sonner mais l’ambiance est déjà électrique dans la classe de cinquième C du collège Jean-Moulin de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Aujourd’hui, les élèves accueillent Mahmoud Traoré et Bruno Le Dantec, auteurs du livre Dem ak xabaar, partir et raconter, récit d’un clandestin africain en route vers l’Europe (1). On s’attend à un peu de cynisme et d’insolence de la part de ces ados de douze ans. Au contraire, ils sont visiblement intéressés, voire impressionnés par cette rencontre. « Bonjour Mahmoud ! » lancent-ils en chœur à leur arrivée. Dans le couloir, une élève confie à un autre : « Nous, on a une star dans notre classe ! » Nicolas Norrito, le professeur de français à l’origine de cette initiative, calme les esprits surchauffés. « C’est difficile pour eux de concevoir qu’un auteur de livre ne soit ni mort ni vieux », glisse-t-il en aparté.

Ni mort ni vieux, Mahmoud Traoré, trente et un ans, un peu surpris par cet accueil de star, explique son parcours aux élèves à l’aide d’une carte. C’est l’une des forces de ce livre témoignage : une cartographie intelligible et didactique, qui permet de suivre les étapes de cette odyssée de trois ans et demi pour rejoindre l’Europe. « Le trajet des pauvres », précise Bruno Le Dantec, journaliste marseillais, qui a recueilli et écrit le témoignage de Mahmoud. Parti du Sénégal en septembre 2002, le jeune homme traverse Mali, Burkina Faso, Niger, Libye, Algérie et Maroc avant de rejoindre enfin l’Espagne. Un vrai cours de géopolitique pour les élèves. La carte précise les centaines de kilomètres effectués en taxi-brousse, en quatre-quatre ou à pied. Au Maroc, Mahmoud, refoulé dans le désert par les gendarmes, refera trois fois, à pied, les 400 kilomètres qui le séparent de l’enclave espagnole Ceuta. Douze jours de marche à chaque fois. « Déjà pour aller au Carrefour je suis fatigué », soupire un élève, admiratif.

La sonnerie de la récréation retentit. Fascinés par ce qu’ils entendent, les élèves décident de rester. Les doigts se lèvent. Ils ont étudié une quinzaine de passages de l’ouvrage et préparé leurs questions. Ce qui a le plus marqué Mahmoud ? « Quand tu prends le chemin, tu es très motivé, raconte-t-il, puis tu rencontres des obstacles auxquels tu ne t’attends pas. À chaque étape, tu dois rassembler l’argent pour continuer. Tu te rends compte que ce n’est pas du tout ce que tu imaginais… Les migrants l’appellent le chemin du “si j’avais su”. » Un autre doigt se lève : « Pourquoi passer par le désert alors que vous auriez pu prendre l’avion ? » « Mon idée de départ était d’aller en Côte d’Ivoire pour trouver du travail. Mais la guerre a éclaté. J’ai croisé des migrants qui m’ont parlé de la Libye. Ça m’a donné envie d’aller là-bas. » La géopolitique, mais aussi les ressources dessinent le chemin de la migration, précise Bruno Le Dantec : « Le trajet le plus direct demande beaucoup d’argent, 2 500 euros pour aller à Ceuta ou aux Canaries. Mahmoud est parti de Dakar avec 70 euros en poche. »

Dans la nuit du 28 au 29 septembre 2005, Mahmoud Traoré participe, avec des centaines d’autres migrants, à l’assaut collectif des grillages de Ceuta. Les policiers espagnols tirent à balles réelles, faisant cinq morts et des dizaines de blessés. Fascinés, les ados interrogent Mahmoud sur sa blessure. « J’attendais en haut du grillage que la guardia civil s’en aille, je suis tombé et mon pied est resté coincé en haut. Avec l’adrénaline, je ne me suis pas rendu compte de la douleur tout de suite. »

« On pourrait faire un film avec votre histoire, s’exclame une élève, on gagnerait plein d’argent ! » Une autre : « On nous bassine avec les stars, mais vous êtes un vrai héros. Dans la cour, ils s’insultent de “sans-papiers” ou de “bledard”, ils ne savent pas ce qu’ils disent. »

« Mon histoire est celle de beaucoup d’Africains qui ont traversé l’Afrique pour arriver en Europe », modère Mahmoud Traoré. Les élèves ne réagissent pas, beaucoup sont issus de cette immigration africaine, mais ne connaissent pas le parcours de leurs parents. « L’histoire de l’immigration est peu connue, ajoute Bruno Le Dantec. On présente les clandestins comme une menace, comme s’ils allaient envahir l’Europe. Il est important que les gens sachent ce qui se passe vraiment. » Le professeur de français, Nicolas Norrito, précise : « Des gens passés par les filières clandestines, les élèves en connaissent tous, on est à Montreuil ! Ce sont des héros anonymes, des passeurs de mémoire. »

Les deux heures de cours touchent à leur fin. « Est-ce que vous conseilleriez cette aventure ? » demande un élève. « Si j’avais su que je resterais des jours sans manger dans le désert, je ne serais pas parti, répond Mahmoud Traoré. Aujourd’hui, mon petit frère veut faire la même chose que moi, je refuse. Ce livre est un message aux jeunes frères qui ont votre âge, sont au pays et veulent venir en Europe. Il faut qu’ils sachent comment le trajet se passe vraiment et que l’Europe, ce n’est pas le pays du miel. » Aujourd’hui régularisé, Mahmoud Traoré vit à Séville, en Espagne, où il termine une formation de menuisier.

 

(1) Dem ak xabaar, partir et raconter, récit d’un clandestin africain en route vers l’Europe, de Mahmoud Traoré et Bruno Le Dantec. Nouvelles Éditions Lignes, 23 euros.

Marie Barbier

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Jun 2013 à 21:53

63 morts en Méditerranée, une tragédie évitable

Hier, une plainte visant les armées française et espagnole a été déposée après le chavirage dramatique d’une embarcation pleine de migrants, en 2011, au large de la Libye.

Comment est-il possible de laisser dériver en pleine mer un zodiac chargé de 72 migrants (en majorité éthiopiens) alors que plusieurs navires et hélicoptères militaires de l’Otan connaissaient parfaitement sa position et sa situation de détresse ? C’est la question à laquelle vont devoir répondre les autorités françaises et espagnoles, saisies, mardi 18 juin, par une plainte avec constitution de partie civile par plusieurs associations d’aide aux migrants (Gisti, Migreurop, LDH, FIDH).

Les faits remontent au printemps 2011 : en pleine guerre civile libyenne, alors qu’une opération de l’Otan est déclenchée afin de chasser le colonel Kadhafi, un bateau chargé de réfugiés quitte Tripoli, en direction de l’Italie. Rapidement, les migrants perdent le contrôle du zodiac et commencent une lente dérive qui durera quinze jours. Ils lancent un appel de détresse qui sera renouvelé toutes les quatre heures pendant dix jours. Entre-temps, ils sont photographiés par un avion militaire français, ravitaillés en eau et en biscuits par un hélicoptère non identifié et croisent plusieurs bateaux militaires et civils. Mais aucun ne vient à leur secours. Lorsque le zodiac échoue enfin, pas très loin de son point de départ, on compte seulement 11 personnes rescapées, deux mourront peu de temps après. Une tragédie qui aura été fatale à 63 personnes au total. Et qui aurait pu être évitée, selon les associations.

D’ailleurs, en avril 2012, une première plainte pour non-assistance à personnes en danger avait déjà été déposée en France, mais le parquet avait classé l’affaire sans suite. « Le parquet a suivi l’avis du ministère de la Défense : l’armée française n’était pas là et, même si elle était là, sa responsabilité ne saurait être engagée car l’opération militaire relevait de l’Otan », rappelle Stéphane Maugendre, avocat français des parties civiles et président du Gisti. D’où le choix de lancer, aujourd’hui, une nouvelle procédure « en France et en Espagne, car nous sommes sûrs que le zodiac a croisé au moins un avion français et un bateau espagnol qui lui ont refusé toute assistance », explique Me Boye, l’avocat qui suivra cette plainte côté espagnol.

« J’ai pu obtenir l’asile aux Pays-Bas, mais, depuis cette traversée, j’ai des problèmes de santé, a témoigné hier Abu Kurke, Éthiopien de vingt-six ans et un des rares survivants de la tragédie. Pourquoi nous ont-ils abandonnés ? » Mussie Zerai, le prêtre érythréen qui avait recueilli les survivants, a sa réponse : c’est la politique migratoire européenne qui réduit les migrants à des « personnes à repousser, y compris lorsque leur vie est en danger », qui est responsable de ce drame.

Paolo Stuppia

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Lampedusa. "Le pape devrait agir sur les politiques migratoires des Etats du nord"

En visite sur l'île italienne de Lampedusa, le pape François a fustigé "l'indifférence" du monde au sort des migrants. Documentariste et auteur du webdoc Osons savoir sur les migrations en Méditerranée, Jérémy Cheong Chi Mo appelle le pape à faire pression sur les Etats pour changer de politique des flux migratoires.

Rappel des faits:

Le pape François a célébré une messe devant 10.000 personnes dans le petit stade de Lampedusa, en hommage aux milliers de personnes mortes en tentant de traverser la Méditerranée. Ces derniers jours, les garde-côtes italiens et maltais ont sauvé plus de 800 migrants, venus pour l'essentiel de Libye.

Dans son homélie, le pape a fustigé l'indifférence face au sort des "immigrés morts en mer, sur ces bateaux qui, au lieu d'être un chemin de l'espérance, ont été une route vers la mort".  "Nous avons perdu le sens de la responsabilité fraternelle", "la culture du bien-être nous rend insensibles aux cris d'autrui (...) aboutit à une globalisation de l'indifférence", a-t-il poursuivi. S'il a appelé à "changer concrètement certaines attitudes", le pape ne s'attaque pas là aux politiques migratoires européennes, mais au comportement personnel: "Nous ne sommes plus attentifs au monde dans lequel nous vivons, nous n'avons plus soin de ce que Dieu a créé."

L'entretien:

Partagez-vous l'indignation du pape?

Jérémy Cheong Chi Mo. On peut la partager. Mais il aurait fallu que le pape aille plus loin: qu'il prenne appui sur cette indignation pour agir directement sur les politiques migratoires mises en place par les Etats du nord concernés par les arrivées de migrants. Depuis le tournage de notre documentaire et la mise en ligne de notre plateforme osonssavoir l'hiver dernier, rien n'a vraiment changé. Les Etats du nord de la Méditerranée font toujours pression sur les Etats africains pour bloquer les migrations. En Libye, un accord en ce sens entre le gouvernement italien et le Conseil national de résistance avaient déjà été trouvé alors que le pays était encore en guerre. Même chose avec le Mali. La situation n'a pas évolué. Les pays européens dictent toujours leurs décisions aux pays du sud.

 

Que faudrait-il faire?

Jérémy Cheong Chi Mo. Il faudrait mettre en pratique les préconisations formulées par Bertrand Badie, Guillaume Devin, Rony Brauman, Emmanuel Decaux  et Catherine Wihtol de Wenden dans Pour un autre regard sur les migrations. En clair, il faudrait une gouvernance mondiale des migrations, fondée non plus sur des décisions dictées au Sud par le Nord, mais sur une approche multilatérale pour réguler différemment les flux migratoires. Les pays du Nord ont besoin de ces flux. Des économistes ont chiffré le besoin de migrants à 300.000 personnes pour l'Europe. Il faudrait aussi prendre plus en compte les diasporas dans les politiques de développement. Il faudrait par ailleurs permettre une vraie mobilité pour le Sud, donc changer nos politiques de délivrance de visa. Laisser les gens venir en France permet de démitifier l'émigration vers le nord. C'est ce qui s'est passé pour les Tunisiens en 2011. Bon nombre sont repartis dans leur pays.

 

Il s'agit donc de dépassionner la question?

Jérémy Cheong Chi Mo.  Cela implique effectivement de ne plus jouer avec les peurs, mais d'envisager les migrations sous un angle multinational, avec de vrais partenariats entre pays impliqués. On ne considérerait dès lors plus les migrants comme une menace, mais comme des partenaires. Malheureusement, la situation est toujours bloquée.

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Claire Rodier : Le Juteux marché des migrants

 
 
 

450 milliards d’euros : c’est le chiffre d’affaires de la sécurité globale dans le monde. Claire Rodier, juriste, membre du Gisti, le groupe d’information et de soutien aux immigrés, et cofondatrice du réseau Migreurop, a consacré un ouvrage à la privatisation de la politique de migration [1].

Vous parlez de 450 milliards d’euros pour la sécurité globale. Comment expliquez-vous une telle somme ?

Dans beaucoup de pays, les budgets de l’armée ont diminué et, du coup, de nombreux militaires ont été mis au chômage, comme aux États-Unis mais aussi dans pas mal de pays industrialisés. Ces gens-là ont été récupérés par le privé dans une espèce de « mercenarisation » de la sécurité. Ça s’est beaucoup vu au moment de la guerre en Irak, où on comptait moins de militaires que de mercenaires privés, qui étaient souvent d’anciens militaires recrutés par des sociétés privées. Ces multinationales au fonctionnement très opaque opèrent dans le monde entier et leur chiffre d’affaires augmente de 10 à 12 % chaque année.

Parmi elles, la G4S, qui emploie 650 000 salariés, est le deuxième plus gros employeur privé au monde. Comme d’autres, elle a depuis une dizaine d’années investi le marché de la surveillance des frontières, de la détention des migrants et des expulsions.

Le contrôle des migrants est un métier d’avenir ?

Absolument. C’est un marché florissant qui remplit les poches des professionnels de la sécurité : les gestionnaires des centres de détention des migrants, les gardes ou escortes de ceux qu’on expulse, la surveillance des frontières politiques mais aussi les remparts anti-immigration qui prolifèrent depuis la chute du mur de Berlin.

Selon vous, il y a 18 000 km de murs dans le monde, où sont-ils ?

Un peu partout. Le dernier est en train de se monter tout le long de la frontière entre Israël et l’Égypte. Il a pour but d’empêcher les Africains d’arriver en Israël. Juste derrière lui, en plein désert, un camp est également en train de se bâtir. Avec ses 11 000 places de rétention, il sera le plus grand du monde.

Y a-t-il d’autres murs en construction ?

Aux murs existants – entre le Mexique et les États-Unis, entre le Bangladesh et l’Inde, entre le Zimbabwe et le Mozambique –, la Grèce veut ajouter le sien. Depuis 2011, elle le construit sans l’appui de l’Europe qui le jugeait inutile. Il se trouve à la frontière turque, au passage du fleuve Evros, s’étend sur une douzaine de kilomètres. Le premier mur européen a été construit à Melilla – enclave espagnole au Maroc – en 1995 et s’est renforcé au fil des années jusqu’en 2007. Le mur grec a d’ailleurs repris le même modèle. Ce sont des rangées successives de grillages très denses, très hautes, dotées de murs basculants pour piéger les migrants. S’il n’est pas totalement infranchissable, ce mur a quand même énormément réduit les passages par le détroit de Gibraltar.

Combien d’immigrants tentent leur chance chaque année ?

En 2010, la Commission européenne estimait à 800 000 le nombre d’entrées irrégulières dans l’Union européenne. Le nombre de migrants a triplé depuis les années soixante et correspond à 3 % de la population mondiale.

Et le nombre de morts ?

De 1993 à 2010, on a dénombré entre 16 000 et 20 000 morts aux frontières de l’Europe. Et encore s’agit il des seules données enregistrées. Il y en a évidemment plus. Au moins les deux tiers se noient en Méditerranée. Sur ses rives, on retrouve régulièrement des cadavres. Mais beaucoup meurent dans les déserts, en Algérie, en Libye. Ceux-là ne sont pas recensés.

Les frontières sont devenues artificielles et mouvantes en quelque sorte. On constate, en effet, une délocalisation des frontières. Aujourd’hui, la frontière sud de l’Europe, ce n’est plus l’Espagne et l’Italie, mais le sud du Maroc ou du Sénégal. Le contrôle se fait en amont des frontières physiques. L’Europe commence donc à Bamako.

À Bamako, et dans toutes les capitales qui ont un aéroport international. Des officiers de liaison, c’est-à-dire des policiers européens, agissent aux côtés des policiers locaux. Les contrôles se dématérialisent grâce à la technologie. Elle permet d’en bloquer certains, mais aussi de reconnaître ceux qui ne posent aucun problème, des Occidentaux en général, et de leur faciliter le passage des frontières. À Roissy, des bornes prennent les empreintes digitales. Il suffit de vous faire reconnaître et grâce à cette banque de données de « personnes fiables », on vous laisse passer sans avoir à faire la queue. Le monde est divisé entre gens qui circulent et gens qui ne circulent pas. En gros, ceux qui viennent des pays riches, pour qui le passage est facilité, et ceux qui viennent des pays pauvres, pour qui le passage est bloqué. Ces deux processus sont simultanés.

Donc tout ça est un énorme business.

C’est « aussi » un énorme business. Mon propos n’est pas de dire que la seule raison pour laquelle il y a des contrôles migratoires, c’est de faire des affaires. Mais je pense que depuis dix ou douze ans, ce volet-là est en train de prendre une place de plus en plus importante. Alors qu’on sait qu’il est vain de penser qu’on peut fermer hermétiquement les frontières, sauf à concevoir le monde comme un vaste apartheid. Les responsables politiques qui décident de mettre en place des contrôles migratoires et qui proclament « l’immigration zéro » n’y croient pas eux-mêmes. Il y a d’autres intérêts et les intérêts financiers font partie d’un ensemble.

Et Frontex ?

C’est autre chose que la G4S. Frontex est une agence créée en 2004 par l’Union européenne (UE), financée par des budgets publics votés par le Parlement, et qui a pour mission la coordination des opérations de surveillance des frontières par les États membres. Frontex signifie « frontière extérieure » de l’UE, c’est-à-dire les frontières terrestres, par exemple la Pologne, maritimes, par exemple la Grèce, mais aussi tous les aéroports. L’agence fonctionne avec une flotte et des équipements humains fournis par les États membres de l’UE. En 2010, elle disposait de 26 hélicoptères, 22 avions légers, 113 navires. Elle aura des drones bientôt. Officiellement, son rôle est de coordonner les contrôles frontaliers et de les rendre plus efficaces. Mais petit à petit, elle a pris de nombreuses de prérogatives et organise elle-même des opérations. Sorte de petite armée pour cette guerre que mène l’Europe contre les migrants, Frontex fait l’objet de nombreuses critiques formulées par les ONG, et aussi par le Parlement européen qui a souligné l’opacité de son fonctionnement. On ne sait pas exactement jusqu’où va sa mission, ce qu’elle a le droit de faire, et qui est responsable en cas d’incident – et il s’en est produit. Jusqu’à présent, il n’ y a eu aucune condamnation, même aucune possibilité de déposer des plaintes, parce qu’on ne sait pas devant quel tribunal ça serait possible. Quel est son budget ?

Son budget officiel s’élevait à 6,3 millions d’euros en 2005, il a été multiplié par quinze en sept ans. Au vu de ses activités, ce n’est d’ailleurs pas si énorme. Mais des sources annexes de financement s’y ajoutent. Combien ? Difficile à savoir, et on dirait que c’est fait pour. Une grande partie des activités du directeur de Frontex, qui est le même depuis la création de l’agence, consiste à faire l’interface entre les décideurs politiques et des entreprises privées, notamment des avionneurs et des boîtes spécialisées dans la technologie de pointe – radars, caméras sous-marines capables de repérer à distance les embarcations de migrants même très légères, même de nuit, même à 25 km… Parce que la sécurité est un « bien commun qui doit être partagé entre public et privé », aux dires d’un commissaire européen.

En 2004, a été créé un groupe de travail qui réunissait des responsables politiques européens, des entreprises privées (comme EADS, Sagem, Siemens, etc.) et des agences comme Frontex, pour décider des orientations à donner aux politiques migratoires en fonction d’une analyse des risques liés notamment au développement du terrorisme international post-11 Septembre. Ce groupe, dit Groupe de personnalités, a défini un programme de recherche financé par l’UE pour la sécurisation des frontières. Une fois le programme de recherche défini et adopté par le Parlement européen, les mêmes entreprises ont demandé à être financées pour développer des matériels adaptés à ces nouveaux besoins – qu’elles avaient contribué à définir. Ensuite, elles ont vendu les matériels mis au point grâce aux fonds européens alloués à cette recherche. Frontex joue un rôle important de go-between dans ce scénario.

Comment sont effectuées ces analyses de risques ?

Des agents se rendent dans les endroits dits « sensibles » et définissent l’évolution des routes migratoires. Ils disent par exemple « avant, les Afghans prenaient telle route, maintenant, ils se déplacent à tel lieu, c’est ici qu’il faut faire une opération de sécurisation de la frontière ».

C’est de l’espionnage, en fait ?

C’est de l’espionnage civil, une mission d’intelligence, qui sert ensuite à orienter les politiques, à envoyer des avions, des hélicoptères, bientôt des drones au-dessus des îles grecques, le nouveau point de passage important de migrants, à commander du matériel, justement à EADS, Thalès, Dassault, etc. Les sociétés européennes sont assez bien placées sur le marché mais il y a une concurrence étrangère, notamment américaine et israélienne, très performante en matière de surveillance des frontières.

On a l’impression que ça ne pourra jamais s’arrêter.

Comme je suis à peu près sûre qu’il n’y a pas de réelle volonté d’empêcher les gens de passer les frontières, effectivement, il n’y a pas de raison que ce système s’arrête. Et puis à ce jeu où le chat tire d’énormes profits, il n’a pas intérêt à éliminer la souris.

La question de l’utilisation de la frontière comme mode de domination est clairement explicitée dans votre travail.

Depuis le début des années 2000, l’UE pratique, dans sa politique de voisinage, la sujétion de pays qui sont à sa frontière extérieure pour qu’ils collaborent à la surveillance de ses frontières. D’un côté, les pays européens perpétuent un rapport de domination avec les voisins de l’Europe. De l’autre, pour ces pays voisins, l‘immigration devient un levier de négociation, voire une source de revenus. Ce nouveau lien de subordination se décline aussi de façon bilatérale, Espagne-Sénégal, Italie-Libye… l’UE en use par exemple avec les pays des Balkans.

En ce moment, on est en train de renvoyer des Kosovars en Serbie, des gens qui étaient venus en Europe dans les années 1990 au moment de la guerre, qui avaient obtenu l’asile en Allemagne et dans les pays du Nord notamment. En échange de la perspective de l’adhésion à l’Union, la Serbie accepte de récupérer ces gens qu’elle traite mal et qui se retrouvent ghettoïsés dans des camps – on appelle ça la « réadmission ». Ce négoce fonctionne avec à peu près tous les pays de la frontière.

Jusqu’ici le Maroc, qui est devenu un pays d’immigration alors qu’avant, c’était juste un pays par lequel transitaient les Africains vers l’Espagne et le reste de l’Europe, a résisté à ce chantage à la réadmission, il a su faire monter les enchères. Comme l’UE a besoin de sa collaboration, il a ainsi pu accéder à un statut qu’on appelle « statut avancé » qui lui permet d’émarger à des budgets européens, notamment en matière commerciale. En échange, le Maroc a accepté de mettre ses flics à disposition de l’Europe pour empêcher les migrants de franchir ses frontières …

Quand vous déclarez qu’il n’y a pas de vraie volonté d’empêcher les gens de franchir les frontières, que voulez-vous dire exactement ?

Je dis que les migrants irréguliers sont très utiles dans toutes les sociétés industrialisées et que celles-ci ne veulent pas se priver de ce volant de main-d’œuvre dont elles ont besoin. Emmanuel Terray appelle cela la « délocalisation sur place » : on utilise de la main-d’œuvre sans papiers, peu exigeante, qui ne se syndique pas, qu’on peut payer 3 € de l’heure et qui est sur place.

Parce que l’immigration légale, non seulement elle ne coûte pas d’argent mais en plus elle en rapporte, alors quel est l’intérêt à part le fric ? Faire plaisir à Madame Le Pen ?

Oui, l’aspect idéologique est très important. La peur de l’immigration, de l’étranger, c’est en tout cas un outil très facile à manier à des fins politiques, mais de très courte vue. Par exemple les Roms : ça ne sert à rien de les expulser – ils ont le droit, en tant qu’Européens, de revenir en France – mais c’est toujours assez bien de faire un petit coup d’expulsion pour donner l’impression qu’on est un ministre de l’Intérieur fort. De la même façon, le mur Mexique/États-Unis a coûté une fortune et les bilans de la Cour des comptes américaine disent qu’il n’est pas efficace. Qu’importe, on continue …

Et ça a continué sous Obama ?

Ça s’est renforcé. Sous son premier mandat, il n’y a jamais eu autant d’expulsions et il a mis plus d’argent que Bush dans le mur. Mais ça bouge : maintenant que les conservateurs semblent changer de position sur l’immigration, Obama annonce une opération de régularisation de sans-papiers de très grande ampleur.

On n’entend pas beaucoup de gens proposer des solutions.

Dans nos milieux, au Gisti, on se fait traiter d’idéalistes et de droits-de-l’hommistes. Ça ne me dérange pas de l’être, sauf que le raisonnement ne s’arrête pas là. Notre propos n’est pas seulement de dire : ce n’est pas bien de maltraiter les migrants. Même si c’est vrai, le problème n’est pas là. Et, personnellement, je n’ai pas d’empathie particulière, pas plus que d’antipathie d’ailleurs, pour les migrants. Le problème est dans notre rapport au monde qui est caricaturé par cette question de la frontière. Il est dans le fait qu’un petit nombre de gouvernants décide qui a l’autorisation de bouger et qui doit rester chez soi, et que cela paraît complètement normal. Et dans le fait qu’on considère cette ségrégation à l’échelle de la planète comme relevant de l’ordre des choses. On nous dit qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde : au nom de quoi nos sociétés auraient-elles légitimité à protéger leur position de nantis en renvoyant le reste du monde à sa misère ?

Y a-t-il des changements depuis Sarkozy ?

On note un petit assouplissement pour les étudiants, pour l’acquisition de la nationalité, mais aucune perspective de régularisation de sans-papiers comme on aurait pu l’attendre. Les dossiers individuels ne sont pas plus débloqués qu’avant. On enferme toujours des enfants dans des centres de rétention alors que Hollande avait promis qu’il ne le ferait plus. On atteint les 37 000 expulsions par an, c’est le « meilleur » chiffre qui a été réalisé depuis des années. Au début de l’année, Manuel Valls a même promis que ce chiffre ne diminuerait pas. Il voulait qu’on entende ce message : on fait aussi bien que la droite. On l’a compris.

Propos recueillis par la rédaction www.sinemensuel.com

[1Xénophobie Business de Claire Rodier, éd. La Découverte.




Edité par T 34 - 14 Jul 2014 à 15:38
Patria socialismo o muerte

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  Citer Résistance Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Nov 2014 à 19:26
Toujours plus de murs dans un monde sans frontière
 



La nuit des 8 et 9 novembre 1989 reste un symbole de liberté en Europe. À la stupeur du monde entier, le mur qui coupait Berlin en deux depuis vingt-huit ans se fissure. La fin du « rideau de fer », selon l’expression instaurée par Churchill lors de son discours à Fulton le 5 mars 1946 a nourri l’espoir de la fin des divisions entre les peuples.

Depuis, à l’heure de la mondialisation, de l’ouverture des frontières, de la libre-circulation, d’Internet, l’homme construit des dizaines de murs. Parfois longs de plusieurs milliers de kilomètres, barbelés ou électrifiés, atteignant parfois huit ou dix mètres de hauteur, à double paroi, gardés par des soldats, des caméras ou des drones de reconnaissance, souvent renforcés par des mines antipersonnel, les murs de séparation contemporains peuvent ne pas se montrer comparables dans leurs caractéristiques. Les plus fréquents relèvent du domaine sécuritaire, qu’il soit civil ou militaire. Ils ont été construits pour contenir l’immigration ou pour lutter contre la contrebande ou le trafic de drogue. Ils divisent les peuples et les cultures et ont pour point commun de ne jamais remplir totalement leur mission première.

Des milliers de kilomètres de frontières réputées infranchissables séparent aujourd’hui les États-Unis et le Mexique, l’Union européenne et l’Afrique (notamment entre l’Espagne et le Maroc, mais aussi tout le long des côtes méditerranéennes par une forme de blindage maritime, une mer blindée), l’Inde et le Bangladesh, l’Irak et l’Arabie saoudite, etc.

En avril 2002, le gouvernement d’Ariel Sharon a décidé de construire un mur continu le long de la Ligne verte, ligne d’armistice de 1949 et frontière établie en 1967. Les Israéliens parlent de « clôture de sécurité » ou de « barrière de séparation », ou encore de « barrière antiterroriste » ou de « mur de la honte ». Pour Alexandra Novosseloff, la construction de ce mur ne suscite aucun état d’âme : « c’est un fait qui ne fait même pas l’objet de débats dans la société. Les organisations non gouvernementales qui combattent son tracé ou ses conséquences humanitaires n’ont pas remis en cause son principe même. Israël veut matérialiser sa séparation d’avec son voisin. Construire le mur, c’est entamer une séparation définitive dont les gouvernements israéliens étaient déjà convaincus quand ils construisirent une barrière de sécurité autour de la bande de Gaza ». Pour les Palestiniens, la construction du mur confisque leurs terres, les exproprie. « Des plaintes sont régulièrement déposées auprès de la Cour suprême israélienne. Rarement celle-ci a invalidé le tracé initial du mur ou celui imposé par les faits. De façon paradoxale, sans les Palestiniens, leur main d’œuvre, leurs entreprises, leurs carrières, ce mur n’aurait jamais vu le jour. 26.000 Palestiniens sont employés à sa construction ! ».

L’anniversaire de la chute du mur donne chaque année lieu à de nombreux commentaires. Fin mai 2014, le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a affirmé « qu’il n’y aura plus jamais de mur de Berlin en Europe ». En 1989, la complexité et l’ampleur des phénomènes de la mondialisation ne s’étaient qu’en partie manifestées. Les années quatre-vingt-dix et plus encore le début du XXIème siècle ont montré la face cachée de ce phénomène : le terrorisme, l’immigration, les inégalités, la criminalité, l’exclusion sociale, les luttes sociales, la pauvreté, mais aussi la financiarisation de l’économie, les guerres commerciales et l’érosion des droits des travailleurs sont autant d’aspects qui ont marqué les des dernières décennies.

Les murs contemporains n’ont pas pour ambition de stopper les contacts avec les ressortissants de l’autre côté, comme c’était le cas du mur de Berlin. Ils se préoccupent d’enfermer dehors les indésirables. Il définit une communauté sociale et territoriale digne de protection et il définit également les catégories dangereuses dont il convient de se protéger. Il marque surtout un pouvoir de décision (décider de la séparation), un pouvoir de contrôle (contrôler le déplacement des autres) et un pouvoir de catégorisation (légitimer la séparation par la stigmatisation des réprouvés).

Dernières en date, les enclaves urbaines fortifiées (les barrios privados d’Amérique latine, ou quartiers résidentiels surveillés). Ces dispositifs qui ont tendance à se répandre dans le monde entier supposent l’anticipation permanente d’une menace extérieure qui appelle le déploiement de techniques d’inspirations militaire et technique pour contrôler un territoire privatisé. Au sein de ce territoire, un mode de gouvernance privé tend à se substituer au gouvernement public.

Les classes sociales s’isolent. Elles restent entre elles et n’ont même plus conscience d’être riches. Le Frankfurter Allgemeine Zeitung a montré à quel point en Allemagne, il est facile de ne pas se rendre compte qu’on fait partie des plus favorisés. Au quotidien, les classes sociales supérieures ne rencontrent en effet guère de personnes différentes d’elles. Et leurs amis et leurs connaissances ont au moins autant d’argent qu’elles.

On ne rêve pas d’être moins libre, plus pauvre, plus humilié, plus exploité, plus dominé, moins instruit… Pourtant, la précarité est déjà une réalité pour nombre de travailleurs, de privés d’emploi et de retraités, et la peur du déclassement n’a jamais été aussi prégnante chez les autres. Ceux qui pensaient qu’après 1989, après la désagrégation de l’URSS, c’était la fin de l’histoire ou dit autrement, la victoire définitive du capitalisme, commencent à déchanter. L’éternelle grande peur des possédants, des dominateurs cyniques, qui leur fait dire que tout doit changer dans l’univers de la finance pour que rien ne change dans l’univers capitaliste sont en train de prendre un coup derrière la tête.


Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-toujours-plus-de-murs-dans-un-monde-sans-frontieres-124917921.html



Edité par T 34 - 16 Dec 2014 à 02:43
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  Citer Résistance Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 May 2015 à 23:59
L’immigration, un génocide capitaliste
 



Les médias italiens annonçaient le 5 mai à cor et à cri que de très nombreux migrants étaient en passe de débarquer sur les côtes transalpines : ils étaient exactement 369 à Pozzallo, 496 à Palerme, 250 à Crotone, 194 à Catane, etc. C’étaient des hommes, des femmes, des enfants. Certains ont perdu la vie. Des milliers meurent ainsi chaque année en tentant de rejoindre l’Europe. Ils fuient la pauvreté et le pillage auxquels est soumise l’Afrique. Il est faux en tout cas de dire qu’ils sont en quête du « rêve européen ». Ils fuient simplement le cauchemar qu’est devenue leur terre. Ils prennent au passage les mêmes chemins que les immenses richesses qui ont été soustraites à leur propre pays. Il est surprenant en effet que l’Union européenne veuille bien faire main basse sur les ressources de l’Afrique tout en déclarant persona non grata tout migrant africain.

Le 19 avril, 900 personnes avaient déjà péri en Méditerranée. Cette tragédie faisait suite à une autre survenue trois jours plus tôt. Un demi-million de migrants pourraient tenter cette année la dangereuse traversée, estime l’Organisation maritime internationale (OMI), une organisation de l’ONU et 22.000 migrants seraient morts en tentant de rejoindre l’Europe depuis 2000 selon les estimations d’un rapport émanant de l’organisation internationale pour les migrations relatif aux mouvements de migration dans le monde. Qui est responsable ? Où sont les coupables ?

Les médias pointent du doigt les trafiquants ou les passeurs, parfaits dans leur rôle de boucs-émissaires. Mais ces morts atroces ne sont que le résultat direct de l’invasion en Libye, en 2011. Une intervention militaire au service du capital international, effectuée par l’OTAN avec le soutien de mercenaires infiltrés en Libye par les services secrets, tant étasuniens qu’européens. Une guerre que l’appareil médiatique soutint à l’époque corps et âme… Les mercenaires ont rapidement été baptisés rebelles. Ne combattaient-ils pas la dictature de Kadhafi ? L’Occident ne pouvait donc pas rester les bras croisés. Une intervention humanitaire s’imposait ; elle allait de pair avec une intervention militaire. La « démocratie » ne devait pas rester aux portes de la Libye…

On a un peu vite oublié que la Libye était du temps de Kadhafi l’un des pays africains au plus haut niveau de vie. Beaucoup de travailleurs étrangers, originaires d’autres contrées africaines, s’y installèrent pour travailler. À la veille de la guerre civile, la population libyenne avait accès, en majorité, aux équipements de santé et aux médicaments de base. En 2009, la Libye était classée en deuxième position du continent africain sur l’index du développement humain (IDH) des Nations Unies, qui a progressé de 0.741 en 2005 à 0.760 en 2011. Le gouvernement dispensait gratuitement les soins de base dans les hôpitaux et les dispensaires publics du pays, les principaux se situant à Benghazi et Tripoli. Par ailleurs, la Libye était parvenue en 2007 à une scolarisation universelle dans l’enseignement primaire, et présentait un taux d’inscription de 94 % dans le secondaire. Le taux moyen d’alphabétisation de la population s’élevait à 87 % (94 % des hommes et 78 % des femmes). Bien entendu, de nombreux progrès restaient à faire.

Il n’empêche que le pays a des avantages qui n’ont pas échappé au capital international. La Libye est le deuxième producteur de pétrole brut en Afrique après le Nigéria et l’Algérie. Elle dispose de la plus grande réserve de pétrole d’Afrique ; ses réserves sont estimées à 46,4 milliards de barils en 2011. Le pétrole libyen est de qualité, peu cher à produire et proche des centres de production. Kadhafi a jugé en 2009 que « la nationalisation [du secteur pétrolier NDLR] était un droit légitime », ce qui n’a pas manqué de susciter la crainte des sociétés installées en Libye. La Libye dispose également de réserves importantes de gaz naturel (1.548 m3).

Enfin, c’est en marge des explorations pétrolières des années cinquante que l’on découvrit d’immenses quantités d’eau emprisonnées dans quatre grands bassins sédimentaires, deux à l’est du pays (Sarir et Koufra) et deux à l’ouest (Murzuq et Hamadah), totalisant des réserves de 120.000 milliards de m3. Ces réserves d’or bleu constituent à côté de l’or une véritable manne pour ce pays recouvert à 90 % par un désert aride. Entre le dessalement de l’eau de mer qui coûte très cher et dépendant de la technologie étrangère, et le pompage de l’eau des nappes, il ne fallut pas longtemps à l’ancien dirigeant de la Jamahiriya pour choisir : les Libyens ont pompé l’eau située entre 500 et 800 mètres de profondeur comme ils pompent le pétrole et ce, grâce aux pétrodollars. Et, en lieu et place de déplacer des populations, quelque peu réticentes, des côtes vers les nappes aquifères, on décida  de leur acheminer l’eau grâce à des canalisations. La grande satisfaction apportée par ce projet de grande rivière artificielle, c’est qu’en plus d’apporter l’eau, elle a permis à la Libye d’être un pays phare en matière d’hydrologie, la rendant même à l’époque capable de vendre son expertise à d’autres pays.

Mais aujourd’hui, la Libye se décompose. Les rares structures politico-administratives mises en place après 2011 s’effondrent. La vie économique est à l’arrêt. L’une après l’autre, les grandes missions diplomatiques s’en vont, de même que l’ONU et nombre d’ONG. Tripoli, la capitale, et Benghazi et les grandes villes, celles qui hébergent la moitié d’une population de quelque sept millions d’habitants, sont le théâtre d’affrontements entre bandes armées rivales.  Enlèvements, assassinats, mélange fréquent de grand banditisme et de règlements de comptes politiques, le tout entrecoupé de bombardements d’artillerie.

La Libye a été victime des bombardements « humanitaires ». Cette guerre, appelons les choses par leur nom, n’a pas apporté la démocratie (qui l’eût cru ?). Elle a en revanche permis aux multinationales occidentales de modifier les termes de leurs contrats et de ne plus payer que des droits d’exploitation symboliques. Elle a également contribué à mettre en place un gouvernement fantoche pour créer une apparence de légalité au vol des ressources libyennes. L’agression occidentale a par conséquent toutes les apparences d’une guerre coloniale classique.

L’Union européenne a toujours les valeurs de démocratie, de tolérance, d’ouverture et de liberté. Or, il est possible de rendre toute idée, même la plus noble, absurde… quand il ne s’agit pas de la falsifier.


Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/limmigration-un-genocide-capitaliste/

Edité par T 34 - 28 May 2015 à 01:26
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