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Migrations internationales

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 May 2011 à 23:22
L'OTAN laisse mourrir au moins 61 migrants en mer


 
Un bâteau avec 72 personnes à bords est parti de Tripoli vers Lampedusa le 25 mars et est resté 16 jours en mer après que le carburant se soit épuisé, ils n'avaient pas non plus d'eau et de nourriture. Il n'y a que 11 ou 9 survivants. A bord il y avait 47 éthiopiens, 7 nigérians, 7 érythréens, 6 ghanéens et 5 soudanais.
 
D'après ce qu'a indiqué Abu Kurke un des survivants au journal The Guardian tous les bâteaux n'ont pas répondus à leur appel en détresse ainsi qu'un hélicoptère qui serait français d'après The Guardian.
 
Finalement le 10 avril l'embarcation a touché terre près de Misrata.
 

Unidades europeas y de la OTAN dejan morir a 61 refugiados africanos



L'Otan aurait laissé mourir des migrants en pleine mer

Selon le quotidien britannique Le Guardian, des unités militaires de l'Union européenne et de l'OTAN auraient refusé de venir en aide un bateau transportant des migrants africains à la dérive au large de l'île italienne de Lampedusa le 25 mars dernier.

Bien que la garde-côte italienne ait pu être alertée et que le bateau chargé de migrants soit entré en contact avec un hélicoptère et un bâtiment de guerre de l'Otan, aucun effort n'a été mené pour recueillir ses occupants, écrit le Guardian. Sur les 72 personnes à bord, dont des femmes, des enfants en bas âge et des réfugiés politiques, qui fuyaient les combats en Libye, 61 sont mortes de faim ou de soif pendant les 16 jours où leur bateau a dérivé. Toujours selon Le Guardian, qui cite des rescapés, 47 Ethiopiens, sept Nigérians, sept Erithréens, six Ghanéens et cinq Soudanais se trouvaient à bord.

Le capitaine ghanéen du bateau dirigeait le navire vers Lampedusa, à 290 km au nord-ouest de Tripoli, mais au bout de 18 heures de mer, l'embarcation a connu des problèmes et perdu du carburant. Les migrants ont téléphoné à un prêtre érithréen se trouvant à Rome, lequel a contacté la garde-côte italienne. Un hélicoptère dont les pilotes portaient des uniformes a survolé un peu plus tard le bateau et largué des bouteilles d'eau et des paquets de biscuit, écrit le journal britannique. Les pilotes ont fait signe aux passagers qu'ils devraient rester dans cette zone le temps qu'un bateau vienne à leur secours, mais aucun navire ne s'est jamais présenté, lit-on dans l'article.

La porte-avion Charles-de-Gaulle n'aurait pas secouru les migrants

Le 29 ou le 30 mars, continue le quotidien britanique, le bateau de migrants a dérivé en vue d'un porte-avions de l'OTAN, et selon des survivants, deux avions ont décollé du pont et ont survolé à basse altitude le bateau, dont les passagers s'étaient dressés et brandissaient les deux bébés à bord. Cependant, affirme le Guardian, aucune aide n'est parvenue et les émigrants sont morts de faim et de soif l'un après l'autre. Lorsque, le 10 avril, le bateau à la dérive a échoué sur une plage près de Zlitane, dans les environs de Misrata dans l'Ouest libyen, seules 11 personnes à bord étaient encore en vie. L'une d'elles est morte peu de temps après avoir touché terre. Le Guardian écrit qu'après une enquête approfondie, il a conclu que le porte-avions en question était probablement le Charles-de-Gaulle, qui croise en Méditerranée. 

Contacté par le Guardian, un porte-parole de l’Otan a affirmé qu’aucun navire de leur organisation n’avait été mis au courant. Sinon l'un d'eux serait forcément allé les secourir, comme le droit international les y oblige. A Paris, l'état-major a démenti qu'un navire français ait été impliqué dans cette affaire. "Le Charles-de-Gaulle n'a été à aucun moment en contact avec ce type d'embarcation, ni aucun autre bâtiment français, compte tenu de sa position", a dit le porte-parole, Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major des armées.




Edité par T 34 - 13 May 2011 à 22:47
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 May 2011 à 03:43

Immigration: surenchère sécuritaire au Danemark

L'annonce des autorités danoises de rétablir les contrôles douaniers aux frontières a suscité l'indignation au Parlement européen, les députés appelant Copenhague à attendre l'avis de la Commission européenne avant d'agir.

"Nous appelons le gouvernement danois à attendre l'évaluation de la Commission européenne avant de prendre de nouvelles mesures", a déclaré le chef du groupe socialiste au Parlement européen, l'Allemand Martin Schulz. "Rétablir les contrôles aux frontières et restreindre la liberté de mouvement des citoyens européens est en train de devenir une nouvelle tendance en Europe pour les gouvernements libéraux et conservateurs à l'approche des élections", a-t-il dénoncé en allusion aux projets de réforme de l'espace Schengen poussés par la France et l'Italie. (à lire: l'Allemagne, la Grèce, Malte et les Pays-Bas intéressés par une révision de Schengen)

La Commission européenne a demandé hier aux autorités danoises des explications sur leur décision de restaurer les contrôles à leurs frontières. "La commission n'acceptera aucune remise en cause des principes de la libre circulation des biens et des personnes dans l'Union Européenne", a déclaré à l'AFP la porte-parole de l'exécutif bruxellois Pia Ahrenkilde Hansen.

Le Danemark a annoncé mercredi sa décision de rétablir "au plus vite" des contrôles douaniers aux frontières du Danemark. "Nous n'allons pas rétablir des contrôles des passeports et des personnes", a précisé jeudi à Bruxelles le ministre danois de l'Intégration, Soeren Pind. "Tout ce que nous avons décidé respectera les règles de Schengen", a-t-il dit, évoquant notamment "un travail des douaniers pour contrôler des véhicules qui semblent suspects".

La Commission plie face aux demandes franco-italiennes de révision de Schengen

Cecilia Malmström, commissaire européenne aux Affaires intérieures, a proposé mercredi une réforme des accords de Schengen visant à davantage de latitude dans le rétablissement des frontières nationales.

Les accords de Schengen, dispositif emblématique de la libre circulation des personnes en Europe, traversent une passe délicate. Cecilia Malmström, commissaire européenne aux Affaires intérieures, a dévoilé mercredi de nouvelles modalités d’application du dispositif de libre circulation. L’autorisation temporaire des contrôles aux frontières nationales pourra se faire dans deux nouveaux cas : lorsqu’un État est «défaillant» dans la protection de ses frontières et lorsque l’Union européenne (UE) est soumise à une «pression migratoire extraordinaire». Cette nouvelle orientation, qui restreint les accords en vigueur depuis maintenant seize ans, devrait aiguiller les débats lors du Conseil extraordinaire justice et affaires intérieures du 12 mai prochain et du Conseil européen du 24 juin.

Cecilia Malmström insiste : le recours à la fermeture des frontières doit bien rester «exceptionnel» et devra se faire avec l’accord de l’Europe. «La libre circulation des personnes entre les frontières européennes est une réalisation majeure qui ne doit pas être renversée, mais plutôt renforcée», a-t-elle 
assuré. Il n’empêche : cette décision traduit bien un aveu de faiblesse de l’UE, face au manque de solidarité entre États membres ces dernières semaines.

Les dissensions franco-italiennes du mois dernier ont tout fait basculer. La France n’avait pas hésité à bloquer le train des migrants tunisiens à la frontière, invoquant une menace à l’ordre public : le seul motif alors juridiquement acceptable. Schengen n’autorisait jusque-là le rétablissement des frontières internes qu’«en cas de menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure». Bruxelles acceptait, mais se montrait sceptique. Aux côtés de Silvio Berlusconi, le chef d’État français déclarait, le 26 avril dernier : «Nous voulons que Schengen vive mais, pour que Schengen vive, Schengen doit être réformé.» Ils ont été reçus cinq sur cinq par la Commission.

28 000 migrants tunisiens et libyens, c’est pourtant peu, comparé aux 100 000 immigrants que la France seule accueille légalement chaque année. Mais en faisant parler son langage aux chiffres, Nicolas Sarkozy se justifiait des décisions prises.

D’autres brèches apparaissent dans le dispositif de libre circulation. Plus à l’est, la Roumanie et la Bulgarie, pourtant membres de l’UE, peinent à intégrer cet espace. Les Pays-Bas, quant à eux, envisagent d’expulser les citoyens européens faisant des «demandes disproportionnées» au système de sécurité sociale néerlandais ou ayant commis des «délits très sérieux ou répétés». Le mythe de l’Europe forteresse s’effrite en externe, se fissure en interne.

Romain Zlatanovic

Source
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 May 2011 à 23:57

Les migrations, question mondiale

Gustave Massiah membre du conseil scientifique d'ATTAC

Au Forum Social Mondial de Dakar, en février 2011, sur l’île de Gorée, à quelques mètres de la maison des esclaves, des groupes de migrants des cinq continents ont adopté la Charte Mondiale des Migrants et des Diasporas. Ils ont notamment abordé trois questions : le respect des droits des migrants, les rapports entre migrations et développement, la gouvernance mondiale des migrations et la liberté de circulation. Dans le même temps, les insurrections révolutionnaires du Maghreb-Machrek ont dévoilé le rôle des dictatures, commanditées par l’Europe, dans le contrôle des flux migratoires.  N’oublions pas enfin que la question des migrations est instrumentalisée dans le débat politique des pays européens et particulièrement en France.

 Il est peu de questions qui soient aussi directement et étroitement liées à la mondialisation et qui soient au cœur du rapport entre la mondialisation et l’évolution de chaque société. Comment alors affirmer la volonté de participer à la construction d’un autre monde sans prendre en charge la question des migrations.

La première réponse est l’affirmation du respect des droits des migrants comme une partie du respect des droits de toutes et de tous. Cette égalité des droits ne concerne pas que les migrants. La remise en cause des droits d’une catégorie de la population finit toujours par s’étendre et par affaiblir les droits de tous. Elle prépare inéluctablement des situations sécuritaires et liberticides qui s’étendent avec la criminalisation de la solidarité.

 L’égalité des droits pour tous doit aussi être assurée entre les sociétés. Parmi les droits reconnus par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, figure en bonne place le droit de circuler librement, la liberté de circulation. Au lieu de cela, la chasse aux immigrés est devenue un sport national. L’armée campe aux frontières, l’Europe s’entoure de barbelés, les morts s’y accumulent. L’Europe se couvre de camps, de plusieurs centaines de camps de rétention.

 La deuxième réponse qui peut être apportée à la question centrale des migrations concerne la transformation des sociétés et du monde et renvoie à ce qu’on appelle pour simplifier le développement. En introduisant une relation exclusive avec les politiques migratoires et en leur subordonnant la coopération on achève de pervertir le sens du développement. A l’inverse des politiques de coopération, les migrants ont esquissé des réponses, partielles mais très intéressantes, à la conception dominante du développement. La coopération des migrants est inscrite dans une conception endogène du développement. Elle concerne au premier chef le développement local, la mobilisation de l'épargne domestique, la création de services locaux de proximité dans les villages et les quartiers, l'élévation du niveau de qualification et d'ouverture des groupes locaux. Elle met en avant le développement à la base et la participation.

 La question des migrations relève de ce que nous appellerons, faute de mieux, une gouvernance mondiale. Comme d’autres questions, notamment les questions écologiques, elle ne peut être traitée au niveau national, par chaque état, indépendamment des autres. La gouvernance mondiale des migrations pourrait être amorcée par une Conférence mondiale sur les droits des migrants et l’organisation des migrations par le droit international.

 Pour répondre aux politiques fondées sur la peur et l’humiliation il s’agit de produire de la dignité, de répondre à la revendication de dignité ; celle de la reconnaissance du rôle historique des migrants et celle de la lutte contre la régression de la société française et des sociétés européennes. Celle qui rappelle que la question des migrants et des étrangers est un des tous premiers défis de la civilisation moderne.

Gustave Massiah


Lampedusa Pour les migrants, l’expulsion, l’enfermement... ou la mort

Après les Tunisiens, ce sont désormais en majorité des migrants originaires d’Afrique subsaharienne qui, fuyant la guerre en Libye, ont trouvé «refuge» sur l’île italienne. Reportage aux frontières de l’Europe forteresse. Lampedusa, envoyée spéciale.

Dans le petit cimetière de Lampedusa, à côté des gigantesques caveaux italiens, douze croix sont plantées dans un carré de terre. De simples morceaux de bois, ornés de roses en plastique. « Ce sont des Tunisiens, explique une jeune femme toute de noire vêtue. Les Lampedusains ont mis les fleurs. » Les tombes indigentes et anonymes de douze migrants repêchés au large de l’île. Pour combien restés au fond de la Méditerranée ? Ils seraient 1 200 à être morts en mer depuis janvier, d’après les estimations du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). 1 200 corps engloutis par cette eau turquoise, qui hantent l’île comme des fantômes. Les touristes ont déserté les clubs de plongée, par peur de se retrouver face à leurs dépouilles.

Ceux qui sont arrivés vivants sur ce caillou de 20 kilomètres carrés au sud de la Sicile ne sont pas plus visibles. Les deux centres insulaires comptent un millier de « retenus ». Interdites à la presse, ces bases militaires retranchées aux extrémités de l’île cachent les migrants derrière de hautes barrières.

Loin de ces barbelés, la vie suit son cours à Lampedusa. Difficile d’imaginer que 35 000 migrants ont débarqué là depuis janvier. À peine quelques signes discrets en témoignent. La présence policière, par exemple, semble quelque peu disproportionnée pour les 5 000 habitants. Jour et nuit, l’île est quadrillée par des militaires et autres carabiniers. Il y a aussi ce cimetière de vieux bateaux, face au nouveau port. Des rafiots rouillés dont on se demande comment ils ont pu parcourir les quelque 150 kilomètres qui séparent Lampedusa de la Tunisie. Mais plus personne ne fait attention à ces vieilles carcasses.

Pour les associations en revanche, le rythme est effréné, car les arrivées de bateaux ne se sont pas taries. À environ quinze heures des côtés tunisiennes et trente-cinq de la Libye, Lampedusa se trouve à une position stratégique pour les vendeurs d’eldorado européen. Après les Tunisiens, ce sont désormais les Subsahariens (venus notamment de Somalie ou d’Érythrée) qui, fuyant la Libye, arrivent par milliers. « Malgré les discriminations, ils vivaient bien en Libye, travaillaient et ne voulaient pas partir, précise Rafaella Pascarella, du HCR. La guerre les a fait fuir à nouveau. » Avec la mer pour seule porte de sortie. Coût de la traversée : entre 300 et 1 200 euros. « Avant, c’était très difficile de trouver des bateaux, maintenant personne n’empêche plus ces traversées, raconte Francesca Zuccero, coordinatrice de Médecins sans frontières (MSF). Certains nous ont même dit qu’ils n’avaient rien payé pour venir. »

Ces bateaux libyens, plus grands que les embarcations tunisiennes, battent tous les records : l’un d’eux, la semaine dernière, comptait 800 passagers… Arrivés sur l’île, les migrants étaient épuisés par cette traversée périlleuse et souvent atteints d’hypothermie et de déshydratation. Alors que les bateaux tunisiens transportaient des jeunes hommes seuls, les associations voient débarquer de Libye beaucoup de femmes et d’enfants, et même des mineurs non accompagnés, souvent originaires du Mali. À peine arrivés, ces hommes, femmes et enfants sont conduits dans les centres de l’île pour y être « identifiés », avant d’être transférés vers d’autres camps, en Calabre ou en Sicile. « Ces gens qui travaillaient en Libye ont fui l’horreur. Ce sont donc des réfugiés et ils seront traités comme tels », a promis Roberto Maroni, ministre de l’Intérieur italien, numéro 2 de la Ligue du Nord, pourtant hostile à l’immigration.

Les Tunisiens n’ont pas cette chance-là. Les premiers arrivés ont certes bénéficié de laissez-passer européens, qui avaient suscité la colère de Paris. Mais le 5 avril, Tunisie et Italie ont signé un accord bilatéral au contenu secret. Seule information : les Tunisiens qui ne demandent pas l’asile sont désormais promis à l’expulsion immédiate. Pendant des semaines, les vols sont partis directement de Lampedusa, dans l’illégalité la plus complète, les Tunisiens n’ayant même pas le temps de faire appel contre la décision d’expulsion. Depuis quelques jours, les migrants sont transférés vers les centres d’identification et d’expulsion (CIE) à bord d’énormes bateaux de croisière.

« Tous souhaitent rester en Europe, témoigne Rafaella Pascarella. Pour la plupart, ils veulent rejoindre leur famille en France. » Signe de l’inefficacité d’une telle politique, les ONG de Lampedusa voient ces derniers jours revenir des Tunisiens expulsés il y a quelques semaines. Histoire de démontrer, n’en déplaise à l’Europe forteresse, qu’ils tenteront toujours leur chance. Au risque de se retrouver au cimetière de Lampedusa.

Des centres  sous tension

Quelque 1 000 migrants (dont environ 200 Tunisiens) sont actuellement enfermés sur l’île de Lampedusa au sein de deux centres dans lesquels les journalistes sont persona non grata. Mais les associations présentes témoignent des tensions qui y règnent. « Les Tunisiens sont très anxieux, explique Raffaella Pascarella, du Haut-Commissariat aux réfugiés. La procédure voudrait qu’ils restent 72 heures, mais certains sont là depuis la fin du mois d’avril. » La semaine dernière, plusieurs s’étaient blessés volontairement pour protester contre cet enfermement, l’un se tailladant une veine ; ils ont été aussitôt soignés et mis hors de danger. Mercredi matin, plusieurs ont entamé une grève de la faim. Depuis la signature d’un accord bilatéral avec la Tunisie, le 5 avril dernier, les Tunisiens qui ne demandent pas l’asile ont vocation à être expulsés.

Marie Barbier



La révolte oui, les réfugiés non!

Fernanda Marrucchelli membre de la Fasti

Les pays européens qui ont salué (avec quelques hésitations parfois) les « révolutions arabes » ont accueilli les migrants avec la logique habituelle qui les voit comme l’ennemi envahisseur et délinquant. Contraste évident avec les Tunisien-ne-s qui, eux, ont fait face à l’arrivée de 650 000 réfugiés venant de Libye avec dignité et sans emphase. La solidarité tout simplement. Quel contraste avec les indécentes gesticulations du ministre de l’Intérieur français, M. Guéant, et de ses acolytes italiens, qui ont mobilisé tout l’appareil politique, idéologique et militaire pour tout accueil. 650 000 en Tunisie. 20 000 entre la France, l’Italie et la Belgique. Cherchez l’erreur !

Fernanda Marrucchelli


Western Union, le scandale

Par Olivier Le Cour grandmaison Enseignant chercheur.

Ils ont des revenus inférieurs aux nationaux mais chaque mois ils envoient de l’argent à leurs familles restées au pays. Telle est la situation de beaucoup d’immigrés qui vivent en France.

En 2010, les sommes ainsi transférées se sont élevées, au niveau international, à 325 milliards de dollars selon la Banque mondiale, soit trois fois l’aide publique consentie par les États. En France, ces transferts sont de 8 milliards d’euros. Leurs destinations principales : le Maghreb et l’Afrique subsaharienne. Les tarifs pratiqués dans l’Hexagone sont parmi les plus élevés. Deux opérateurs dominent ce marché : Western Union et Money Gram. Des chercheurs américains estiment que des commissions de 12,5 % représentent entre 10 et 15 milliards de dollars par an ; au lieu de parvenir à leurs destinataires, ces derniers finissent en partie dans les caisses des sociétés spécialisées en transfert d’argent.

Que celles et ceux qui aspirent à remplacer Sarkozy en 2012 disent ce qu’ils comptent faire pour que cesse ce scandale. Il y a urgence, la vie de centaines de milliers de personnes dépend en partie de leur réponse.

Par Olivier Le Cour grandmaison


02/06/2011


Edité par T 34 - 02 Jun 2011 à 21:34
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Jun 2011 à 22:48

250 migrants portés disparus en mer

Entre 200 et 270 personnes ont été protées disparues après le naufrage d'un bateau en Méditerranée. Les migrants, ayant fui la Libye, étaient à bords de petits bateaux de pêche, le convoi transportait environ 800 personnes.

Les gardes-côtes tunisiens ont pu porter secours à 570 passagers. Mais ils estiment que les disparus sont vraisemblablement morts noyés dans la ruée provoquée par leur évacuation. Bousculades et mauvais temps ont fait chavirer plusieurs embarcations. Ces centaines de migrants avaient fui la Libye. Les bateaux ont fait naufrage au large des côtes tunisiennes, alors qu’il tentait de rejoindre l'Italie.
"L'alerte avait été donnée mardi soir pour le sauvetage des passagers, Africains pour la plupart, dont le bateau était tombé en panne à 20 miles au large des îles de Kerkennah", précise l’agence de presse Tunis Afrique Presse. Mais les opérations d'évacuation ont été retardées par les mauvaises conditions climatiques.

Mobilisation : face au traitement indigne infligé aux migrants issus des pays en révolution au sud de la Méditerranée et arrivés récemment à Marseille via l'Italie : Solidarité et régularisation ! RASSEMBLEMENT MARDI 31 MAI à 18h30 devant la préfecture (place Félix Barret) à Marseille  Collectif marseillais « Solidarité Migrants Méditerranée » Premiers signataires : Association des Tunisiens de France, Les Alternatifs, Alternative Libertaire, ATMF, CGT Educ'action, Collectif Solidarité Maghreb, FTCR, FSU, LDH, NPA, PCF, RESF…

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Des centaines de boat people meurent en Méditerranée
 

Le Gisti va déposer plainte contre l’OTAN, l’Union européenne et les pays de la coalition en opération en Libye

samedi 11 juin 2011

Face aux centaines de naufrages mortels en Méditerranée, peut-on se contenter de dénoncer le silence assourdissant dans lequel des vies disparaissent à nos portes ? Doit-on se résoudre à l’impuissance devant des politiques migratoires auxquelles on ne pourrait rien changer ? Ces noyé·e·s ne sont pas les victimes de catastrophes naturelles, mais de décisions politiques mises en œuvre par des exécutants dont les responsabilités doivent être pointées. Devant ces atteintes au droit le plus fondamental – le droit à la vie – il faut que des procédures soient engagées et que justice soit rendue. Il faut mettre fin à cette hécatombe.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a dénombré à la fin de mai quelque 1 500 victimes de noyade parmi les boat people qui, depuis février dernier, s’efforcent de gagner l’Europe à partir des côtes du Maghreb et du Machrek.

Ces drames ne font que s’ajouter à tous ceux qui se déroulent, dans l’indifférence, depuis plus de vingt ans ; Fortress Europe enregistre 17 317 décès documentés depuis 1988. Mais combien d’autres victimes invisibles de la politique européenne de lutte contre l’immigration qu’elle appelle illégale ?

De ces naufrages, des épaves transformées en cercueils flottants d’hommes, de femmes et d’enfants morts d’épuisement, de faim et de soif après de longues dérives en mer, l’opinion a pris l’habitude. Elle a pu croire à leur caractère inéluctable. Elle a pu ignorer que les équipements anti-migratoires de l’agence européenne Frontex étaient forcément les témoins de nombre de ces drames, en Méditerranée comme ailleurs…

Mais la donne a changé depuis qu’une coalition internationale et les forces de l’OTAN interviennent en Libye. Aujourd’hui, awacs, drones, avions, hélicoptères, radars et bâtiments de guerre surveillent tout ce qui bouge en Méditerranée. Ils ne peuvent pas ne pas voir les bateaux des exilés originaires d’Afrique subsaharienne qui cherchent à fuir la Libye. Ils ne peuvent pas ne pas voir lorsque, de Tunisie, du Maroc ou d’Algérie, des jeunes sans espoir s’entassent dans une embarcation fragile pour gagner l’Italie ou l’Espagne.

En n’intervenant pas, ils se rendent coupables de non-assistance à personne en danger. Ceci ne peut rester impuni.

Les États puissants de la planète se sont mobilisés militairement pour, disent-ils, empêcher le massacre de populations civiles et mettre en œuvre « la responsabilité de protéger » dont l’ONU est garante. Mais la responsabilité de protéger ne passe-t-elle pas aussi par le respect du droit maritime, des conventions internationales en matière de sauvetage en mer et des textes sur la protection des réfugiés ?

Nous ne pouvons plus contempler les images de corps ramenés à terre après des naufrages, ou apprendre par des survivants combien de personnes étaient à bord d’un bateau disparu en mer. Nous voulons savoir qui sont les responsables de ces morts : l’Union européenne ? l’agence Frontex ? l’OTAN ? les États de la coalition formée en Libye ?

C’est pourquoi le Gisti s’apprête à lancer - avec ceux qui voudront s’associer à cette démarche - une campagne de plaintes, sur la base d’éléments recueillis auprès de victimes et de témoins de ces drames. À l’heure des révolutions arabes, les États européens ne peuvent plus continuer à considérer les boat people comme des vies sans valeur. La Méditerranée doit cesser d’être le champ de bataille de la guerre aux migrants pour redevenir un espace de droits et de solidarités.

Communiqué du GISTI, 9 juin 2011

http://www.gisti.org/spip.php?article2304


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Nuda vita
Une brebis clandestine à Lampedusa
 

Il y avait aussi une brebis, avec les dix-neuf Tunisiens, dont six femmes et un enfant, débarqués à l’aube  à Lampedusa il y a quelques jours. On ignore si le doux animal avait été embarqué pour nourrir le petit pendant la traversée ou seulement comme souvenir du pays, comme l’auraient déclaré les Tunisiens. Il y a une troisième hypothèse que personne n’a avancée : que la brebis ait été destinée à être sacrifiée pour l’Aïd, la fête du sacrifice, justement.

 
Quoiqu’il en soit, il y a quelque chose d’évangélique dans cette image d’une petite communauté voguant sur les eaux de la Méditerranée avec un enfant et une brebis. C’est une parabole vivante qui met à nu l’absurdité des règlements qui prétendent enfermer les êtres humains à l’intérieur de clôtures nationales.  Alors que ce sont des raisons existentielles premières  qui poussent les gens vers un ailleurs pour se mettre à l’abri ou pour trouver un destin meilleur, ou « simplement » pour conquérir la liberté, dont celle de mouvement, conquise par une révolution.
 
 
Une fois arrivés à Lampedusa, les douze Tunisiens, les six Tunisiennes et l’enfant sont tous devenus nuda vita (vie nue*), comme la brebis, se retrouvant exposés à l’arbitraire de pouvoirs qui ont décidé de manière préventive qu’ils n’ont pas le droit d’avoir des droits.

Nous savons quel sort attend les Tunisiens humains : ils sont arrivés après le 5 avril, ils sont donc clandestins, passibles d’expulsion, précédée d’une période variable d’emprisonnement, d’arbitraire et de vexations. Après un séjour dans l’île, dans ce foutoir qu’on ose appeler centre d’accueil, ils seront déportés dans quelques camps défendus par des grilles et des barbelés en attendant d’être rapatriés. Peut-être tenteront-ils de s’enfuir, peut-être protesteront-ils contre les mauvais traitements, peut-être goûteront-ils aux matraques et lacrymos des forces de l’ordre.
 
La brebis extracommunautaire**, en revanche, a été immédiatement abattue, sans aucune hésitation. Les protestations des amis des bêtes ont été vaines. Les gazettes rapportent que « le protocole prévoit dans de tels cas l’abattage de l’animal après les analyses d’usage et la désinfection ». Notez ce langage : il n’est pas différent de celui qui est utilisé pour les humains, tout aussi clandestins que la brebis : »Les extracommunautaires de nationalité tunisienne…dans l’attente des décisions des autorités…après les vérifications d’usage… »
 
 Je ne sais pas si notre gentille brebis, amenée à émigrer clandestinement, avait un nom. Maintenant qu’elle a rejoint cette autre dimension dans laquelle plus personne, ni animal ni humain, ne peut être sacrifié, donnons-lui un nom pour l’honorer. Appelons-la Karima, Généreuse en arabe. Ce nom lui convient, qu’elle ait vraiment sauvé, grâce à son lait, la vie d’un bambin, qu’elle se soit prêtée à faire office de souvenir vivant du pays, ou, à son corps défendant, de bouc émissaire au sens propre (c’est ainsi que s’appelle aussi un personnage de mon roman Spelix. Storia di gatti, di stranieri e di un delitto[Spelix, Histoire de chats, d’étrangers et d’un délit], qui n’est pas une brebis, mais est également tunisienne : une coiffeuse tout aussi douce et généreuse).
 
Karima est emblématique de la hiérarchie de la domination : nous sommes tous sacrifiables à partir du moment où l’on a décidé que les animaux sont sacrifiables ; nous sommes tous marchandisables à partir du moment où l’on a décidé que les non-humains le sont. Dans la hiérarchie de la domination, elle occupait le dernier degré. La petite communauté tunisienne arrivée par la mer, qui avait exercé son pouvoir sur la brebis, s’est trouvée à son tour exposée à l’arbitraire du pouvoir.
 
Karima est non seulement l’emblème de la générosité et de la douceur, mais aussi du vivant sans défense et sacrifiable, que le sacrifice s’accomplisse sous forme de mise à mort ou d’expulsion, c’est-à-dire d’anéantissement d’un projet de délivrance.
 
Nous devrions faire quelque chose pour qu’il soit consenti à cet enfant et aux siens, arrivés sur les rives de l’espoir de manière aventureuse, de chercher un avenir meilleur sur ces rives.
 

NdT

* Vita nuda : concept de Walter Benjamin dans sa Critique de la violence, repris par Giorgio Agamben dans Homo sacer. Le pouvoir souverain et la vie nue. Les deux philosophes s’interrogent sur la sacralisation de la vie humaine dans les sociétés modernes, suspectée de servir de substitut à la croyance perdue en Dieu. Le caractère sacré de la vie - présenté aujourd'hui comme un droit universel - n'est qu'un assujettissement radical de l'humain à un souverain pouvoir de mort. Cette origine s'est actualisée avec une brutalité et une clarté inouïe dans la politique nazie. Selon Agamben, la vie nue est "l'objet d'une violence qui excède autant la sphère du droit que celle du sacrifice". Ainsi, le sacré est ramené dans la sphère biopolitique (néologisme créé en 1974 par Michel Foucault pour identifier une forme d'exercice du pouvoir qui porte, non plus sur les territoires mais sur la vie des gens, sur des populations, le biopouvoir).

** Traduction littérale du curieux terme italien désignant les ressortissants de pays n’appartenant pas à la « communauté », autrement dit l’Union européenne.

 
Traduit par  Fausto Giudice
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Jun 2011 à 19:38

Le réfugié: un problème en suspens

Par Tania Hernández
 
 L’un des drames que l’humanité n’a pas abouti à résoudre jusqu’à présent est celui de millions de personnes qui, à cause de la violence, de la discrimination ou de la persécution, entre autres, sont obligées de tout abandonner pour sauver leurs vies et celles de leurs proches.

altLes réfugiés, nom donné à ces personnes, sont des individus qui ont un état de vulnérabilité extrême, souvent avec de graves traumatismes physiques ou psychologiques. Très souvent, ils sont des survivants d’un massacre durant lequel ils ont vu mourir des êtres aimés.

Déracinés de leur  terre, privés de leurs possessions, s’ils en avaient, et parfois même de leurs identités, ils ont besoin de l’appui de gouvernements et institutions qui ne font pas toujours la part qui leur revient.

Antonio Guterres, Haut Commissaire de l’ONU pour les réfugiés, ,  a signalé qu’il existe un déséquilibre profond sur le plan international en matière d’appui à ceux qui ont été expulsés de leurs pays pour diverses raisons.

À l’occasion, hier de la Journée Mondiale des Réfugiés, Antonio Guterrez a précisé que 80% de ces personnes vivent dans des pays pauvres, qui sont ceux qui, généralement, leur ouvrent leurs portes.

Presque    44 millions d’êtres humains, la plupart des femmes, d’enfants ou de personnes âgées, ont ce statut dans tous les continents, nombreux d’entre eux devront vivre avec des séquelles le restant de leurs vies.

Dans notre région, la Colombie est le pays qui a la pire situation concernant les réfugiés avec plus de 4 millions de réfugiés à l’intérieur du territoire et presque un demi million à l’étranger, à cause du conflit armé, de la répression, de l’action des bandes qui sont la plupart des fois, au service des gros propriétaires terriens.

La plupart des réfugiés colombiens se trouvent au Venezuela ou en Equateur, qui sont les pays qui leur offrent une plus grande aide.

Avec la Colombie, la Somalie, le Soudan et la République Démocratique du Congo, concentrent la moitié des réfugiés.

La situation de millions de Palestiniens qui durant des décennies ont été expulsés de leurs territoires par Israël  est également très grave, comme celle des centaines de milliers de citoyens de la République  Arabe Sahraouie Démocratique, entassés dans des campements par le régime marocain. À cela viennent s’ajouter les réfugiés des guerres menées par les États-Unis en Irak ou en Afghanistan.

Ces derniers mois, les conflits et les affrontements en Tunisie, en Egypte et au Yémen, les bombardements de l’OTAN contre le peuple de la Libye dans le but de renverser le gouvernement ou le conflit contre la Syrie, organisé depuis l’étranger, ont provoqué aussi d’importants déplacements de la population.

   L’Humanité pourrait être confrontée en peu de temps, à une vague de réfugiés. Nous faisons référence à des populations entières qui devront quitter leurs foyers à cause du changement climatique, une réalité dont beaucoup de pays insulaires commencent à souffrir.

Comme l’a bien dit le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, la meilleure contribution qu’un pays peut faire aux réfugiés est de maintenir ouvertes leurs frontières, ce que font très souvent les nations pauvres ou la solidarité est encore un principe humanitaire en vigueur.

Contrairement, les riches, ferment leurs portes et durcissent leurs lois pour empêcher ainsi l’arrivée, ou pour expulser les victimes de conflits ou de désastres qu’ils ont, la plupart du temps, aidé à provoquer.

Source

Cuba a commémoré la Journée Mondiale du Réfugié

Par Reynaldo Henquen
 
La Havane, 21 juin, (RHC)- Alberto Aragón, membre du Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés a demandé une action plus résolue de la part de la communauté internationale en faveur des millions de personnes forcées à vivre dans d’autres pays à cause de guerres et d’invasions.

 Au cours d’une rencontre au siège de l’Association Cubaine des Nations Unies, à l’occasion de la Journée Mondiale du Réfugié, Alberto Aragón a relevé que cette demande obéit à des principes élémentaires de solidarité et d’humanisme, défendus par la Révolution et fréquemment ignorés par les grandes puissances capitalistes.

Il a indiqué qu’il existe dans le monde plus de 16 millions de réfugiés ou demandeurs de protection internationale et 27  millions d’autres déplacés de leurs pays.

Alberto Aragón a également relevé l’attitude de Cuba, qui, actuellement accueille 420 réfugiés de 9 pays et qui a donné protection à plus de 10 000 autres au cours de la dernière décennie, avec un accent particulier sur l’enseignement.  

43 millions de réfugiés dans le monde, le HCR évoque le cas sahraoui

dim, 19/06/2011

ALGER,19 juin 2011(SPS) - Plus de 80 % sur un total de 43 millions de réfugiés dans le monde se trouvent dans les pays en développement, a affirmé Abdelkrim Ghoul, représentant du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) à Alger.

Dans une déclaration  à la veille de la célébration de la Journée mondiale des réfugiés (20 juin), M. Ghoul a souligné que "plus de 80 % des réfugiés dans le monde se trouvent dans les pays en développement", rappelant que "durant les années 50, ils se trouvaient dans des pays européens".

Ces pays hôtes traitent "humainement" les réfugiés et leur assurent "la protection" nécessaire, a-t-il dit, soulignant que "cet humanisme est ancré dans les cultures de ces pays".

Actuellement, il existe 43 millions de réfugiés dans le monde, a rappelé le responsable onusien, indiquant que certains d’entre eux "sont réfugiés à long terme" citant, à titre d’exemple, le cas des réfugiés sahraouis qui dure depuis plus de 35 ans.

Il a, dans ce sens, précisé que le cas des réfugiés sahraouis comptait parmi "les plus anciens cas" dans le monde, rappelant qu’"ils ont fui leur territoire en 1975-1976".

Dans ce cadre, le représentant onusien a salué "l’action" du gouvernement et du peuple algériens, indiquant que le Croissant rouge algérien (CRA) accorde des aides humanitaires aux réfugiés sahraouis depuis 1975.

Depuis 1986, la communauté internationale apporte des aides humanitaires aux réfugiés sahraouis, a-t-il dit, rappelant le rôle du HCR qui assure la coordination générale concernant la mise en oeuvre des programmes d’aides humanitaires.

Le HCR assure son rôle en matière de protection et d’aides humanitaires aux réfugiés dans le monde conformément à la convention internationale de 1951 relative à la protection des réfugiés dans le monde.



Edité par T 34 - 22 Jun 2011 à 23:39
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Les « fantasmes sécuritaires » de l’Europe mettront-ils fin à la libre circulation ?

Le sommet européen des chefs d’État réunis à Bruxelles devrait rétablir les contrôles aux frontières intérieures de l’espace Schengen. D’après un rapport, des contrôles discriminatoires sont déjà en cours.

La France et l’Italie ont-elles anticipé le vote par le sommet européen ce vendredi du rétablissement des contrôles aux frontières à l’intérieur de l’espace Schengen ? C’est ce qu’affirment deux associations, le Gisti et l’Anafé, qui ont réalisé une mission d’observation à la frontière franco-italienne, à la mi-avril.

La France et l’Italie sont alors dans une cynique partie de ping-pong avec les migrants tunisiens, arrivés depuis quelques semaines sur l’île de Lampedusa. C’est à qui récupérera la patate chaude… Le 5 avril, l’Italie marque un point en annonçant la délivrance de titres de séjour «à titre humanitaire» aux «citoyens de pays d’Afrique du Nord», leur permettant de se déplacer dans l’espace Schengen. Colère de la France qui accuse l’Italie de ne pas avoir contrôlé efficacement ses frontières externes et établit des critères supplémentaires, notamment de ressources, pour franchir la frontière entre les deux pays.

Le bouc émissaire est tout trouvé : « Il faut une révision en profondeur de notre dispositif de surveillance des frontières dans l’espace Schengen», déclare le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant. C’est ce à quoi devraient s’atteler aujourd’hui les chefs d’État et de gouvernement des vingt-sept pays de l’Union européenne réunis en sommet à Bruxelles. Si la crise grecque a quelque peu évincé le débat sur l’immigration, elle ne devrait pas empêcher l’ordre du jour de se tenir. Il est fort probable que le sommet adopte la proposition de la Commission européenne de rendre possible le rétablissement des contrôles aux frontières intérieures en cas de «défaillance» d’un pays membre, ou lorsqu’un pays sera soumis à une «pression migratoire forte et inattendue». Et ce, alors même que les Vingt-Sept font du surplace sur la définition d’un régime commun d’asile.

Cette remise en cause de l’espace Schengen n’est pas sans soulever de vives critiques. Pour le Réseau euroméditerranéen des droits de l’homme, les migrants risquent d’être les «grands perdants» de ce sommet européen. «Les textes fondateurs de l’Union européenne, qui posent le principe de la libre circulation entre les États membres, risquent-ils ainsi d’être remis en cause au gré des fantasmes sécuritaires de leurs dirigeants ? » s’interrogent le Gisti et l’Anafé. Lors des deux missions d’observation qu’elles ont organisées entre le 10 et le 18 avril à la frontière franco-italienne, les deux associations ont constaté la «multiplication des contrôles frontaliers non conformes aux règles fixées par le Code Schengen et à caractère ouvertement discriminatoire». Les deux associations menacent de saisir les instances européennes pour que soient sanctionnées ces infractions au droit communautaire.

Marie Barbier


Un nouveau tour de vis sécuritaire dans l'espace Schengen (PCF)

 
Le Conseil européen de Bruxelles vient de décider un nouveau tour de vis sécuritaire de l'espace Schengen. Les chefs d'États européens se sont donc rangés à la politique de Sarkozy et Berlusconi qui, face à l'arrivée de réfugiés tunisiens et libyens en Italie, avaient ordonné le rétablissement des frontières italo-française ; décidant, par là même, de mettre un terme à la liberté de circulation dans l'ensemble de l'espace européen.

En agissant ainsi, le gouvernement français aggrave son cas, lui qui déjà ne respecte même pas les accords « d'immigration choisie » de 2008 prévoyant 9000 visas par an aux demandeurs tunisiens.

Il est particulièrement scandaleux, à l'heure où les nations arabes s'émancipent des dictatures et s'engagent pour plus de démocratie et de justice, que l'Europe durcisse ses frontières et tarde autant à s'engager activement dans la coopération avec la Tunisie et l'Egypte en phase de transition et de reconstruction de leur pays. Oubliés les beaux discours présidentiels sur l'enjeu euro-méditerranéen!

L'argent dilapidé pour cause de guerre devrait plutôt être utile à la paix et à la coopération entre les peuples en faveur d'une politique commune euro-méditerranéenne. Cela devrait alors impulser le développement de relations économiques axés sur la valorisation des atouts des pays du sud et notamment la promotion de leurs capacité humaines.

Parti communiste français

Vendredi 24 juin 2011.



Edité par T 34 - 26 Jun 2011 à 20:26
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Les réfugiés ne se submergent pas l’Occident, par Tom Mellen

 

Les palestiniens constituent la première nation en nombre de réfugiés installés à l'étranger.

source : The Morning Star, 20 Juin 2011

traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société

Quatre réfugiés sur cinq atterrissent dans des pays pauvres d’après un rapport des Nations Unies démolissant le mythe « concernant les prétendus marées de réfugiés dans les pays industrialisés » publié aujourd’hui.

A part les 15,4 millions de réfugiés- 153 000 de plus depuis 2009- le rapport du Haut Commissaire des Nations Unies sur les Tendances Mondiales concernant les Réfugiés a également dénombré 27,5 millions de personnes déplacées et 85 000 demandeurs d’asile l’an dernier.

Au total, il y a 43,7 millions de personnes forcées au déplacement dans le monde.

Les palestiniens représentent un tiers de la population réfugiée mondiale- un total de presque 5 millions de personnes-, population dont une large partie a vécu toute sa vie dans des pays voisins du sien.

Les afghans représentent le second plus grand nombre de réfugiés, avec 3 millions, suivis par les irakiens, qui sont 1,6 millions, et les somaliens, avec 770 200.

Le Pakistan, l’Iran et la Syrie accueillent la plupart des réfugiés avec respectivement 1,9 millions et 1,1 millions de personnes.

S’exprimant à Rome, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, a dit : «  Des craintes concernant un flot supposé de réfugiés dans les pays industrialisés sont largement mélangées ou confondues avec les questions de migration.

« Pendant ce temps, c’est aux pays les plus pauvres qu’on laisse le fardeau. »

M. Guterres a signalé que sur le million de personnes qui ont fui la guerre en Libye depuis le début de l’année, seulement 2% sont arrivés en Europe. »

« Ce n’est tout simplement pas vrai que les réfugiés se déplacent en masse vers les pays riches a dit M. Guterres, ajoutant que les gouvernements occidentaux devraient négocier « un new deal dans le partage des responsabilités » avec le monde en développement.

L’adjoint au Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés, Alexander Aleinikoff, a prévenu que « les causes de déplacement ne disparaissent pas. »

« Depuis le début de l’année, nous avons vu des conflits en Afrique du Nord, en Côte d’Ivoire, en Syrie, au Soudan et dans d’autres lieu à travers le monde, qui ont provoqué la fuite de personnes confrontées à des situations dangereuses.

Parfois, il semble que les plus buryantes objections viennent des pays qui ne portent pas le fardeau le plus lourd. »

Le Pakistan a 710 réfugiés pour chaque dollar de son Produit Intérieur Brut par tête.

En revanche, l’Allemagne compte seulement 17 réfugiés pour chaque dollar de PIB par te^te, a dit le HCNUR.


La moitiés des réfugiés du monde fuient les guerres des Etats-Unis


Edité par T 34 - 28 Jun 2011 à 01:38
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Nouveau naufrage meurtrier de migrants à Lampedusa

Les garde-côtes italiens ont retrouvé les corps de 25 migrants africains à bord d'un bateau transportant un peu moins de 300 réfugiés arrivé lundi sur l'île de Lampedusa. Selon les passagers survivants, il s'agirait d'hommes adultes entassés dans la cale.

L'agence italienne Ansa explique que les victimes ont été tuées par les gaz d'échappement du moteur. Le parquet a ouvert une enquête pour trouver la cause précise de leur mort. Les premières vérifications confirmeraient l'asphyxie. Le bateau, qui avait quitté la Lybie depuis trois jours, transportait aussi 36 femmes et 21 enfants.

Les survivants, originaires notamment de Somalie, du Nigeria et du Ghana, sont "très éprouvés et choqués par ce qui s'est passé", a témoigné Tarek Brhane, un responsable de l'ONG Save The Children qui a pu s'entretenir avec eux: "Parmi les morts figurent certains de leurs amis et proches". En outre, "certains migrants nous ont raconté que les bombardements rendent toujours plus difficile leur vie en Libye mais aussi les départs et les déplacements vers les ports."
Dimanche soir, alors qu'il était à 35 milles (environ 65 km) des côtes de Lampedusa, le bateau en difficulté avait lancé un SOS. "Trois bateaux sont partis à leur secours", a raconté à l'AFP Cosimo Nicastro, porte-parole des garde-côtes. Vers minuit, le bateau est arrivé à 1 mille (près de 2 km) de Lampedusa, et notre équipage est monté à bord pour la manoeuvre d'accostage", a-t-il poursuivi. C'est alors que les garde-côtes ont fait leur macabre découverte.

1200 morts en mer selon le HCR

Ce genre d'accident est malheureusement récurrent, les bateaux utilisés par les passeurs sont souvent en très mauvais état et les conditions météos mauvaises. En avril, 250 migrants avaient trouvé la mort lors d'un naufrage au large de l'île. Ils seraient 1200 à avoir péri en mer depuis janvier, d’après les estimations du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

"Absence d'effort européen"

Un responsable du parti démocrate (gauche, opposition), Khalid Chaouki, a dénoncé "l'absence d'effort européen pour la protection de toutes les vies humaines alors que le bilan dramatique des morts en Méditerranée continue à s'alourdir". Des milliers de personnes fuyant la Libye, la plupart des travailleurs immigrés venant d'Afrique ou des réfugiés des conflits de la région, sont arrivés au cours des derniers mois à Lampedusa, une petite île à mi-chemin entre les côtes africaines et la Sicile.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Aug 2011 à 23:08

Piège mortel en mer pour 25 migrants

Coincés dans la cale d’un bateau, des hommes sont morts asphyxiés avant d’arriver à Lampedusa.

Une fin horrible. Un groupe de 25 jeunes hommes a été retrouvé sans vie au fond de la cale d’un bateau par des gardes-côtes italiens. Certains des cadavres étaient déjà en voie de décomposition. «Les victimes sont probablement décédées depuis au moins quarante-huit heures, vu l’état dans lequel ont été retrouvés les cadavres», 
a expliqué un médecin.

Apparemment originaires d’Afrique subsaharienne, ces hommes faisaient partie des quelque 300 migrants montés à bord d’une embarcation longue d’à peine 15 mètres. Partis depuis deux jours de Libye, ils espéraient atteindre l’île italienne de Lampedusa, porte d’entrée vers l’Europe. Coincés au fond du bateau, ils ne disposaient que d’une petite ouverture de 50 centimètres pour respirer. Selon l’agence de presse italienne Ansa, ils sont probablement morts d’asphyxie. D’après les premiers témoignages des rescapés, ils auraient été empêchés de sortir de leur souricière par les passagers du pont, en raison du manque d’espace sur le bateau.

Le bateau a été secouru à environ 65 kilomètres des côtes après avoir lancé un SOS à l’aide d’un téléphone portable. Le message n’évoquait pas le sort des passagers décédés… Les survivants, parmi lesquels se trouvent 36 femmes et 21 enfants, ont été placés dans des centres d’accueil sur l’île.

Le parquet d’Agrigente a ouvert une enquête. «Nous procéderons à des autopsies pour déterminer la cause précise de la mort, même si de premières vérifications montrent qu’elle a apparemment été causée par asphyxie», a affirmé le procureur, Renato Di Natale.

En avril dernier, 250 migrants avaient trouvé la mort lors d’un naufrage au large de l’île. Hier, à Bari, dans le sud de l’Italie, des demandeurs d’asile en colère contre la lenteur des procédures administratives ont affronté la police. Bilan : 30 blessés.

Damien Roustel

Source


 



Edité par T 34 - 29 Aug 2011 à 00:32
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Sep 2011 à 01:21

Le Parlement européen revoit à la hausse le budget de Frontex

Strasbourg a approuvé, hier, le principe d’un renforcement des moyens de Frontex, l’agence chargée de la sécurité des frontières de l’espace Schengen. Prétendant ainsi éviter toute entorse aux droits 
de l’homme, l’agence déclare vouloir se doter 
d’un «forum consultatif». Mais Marie-Christine Vergiat, 
députée européenne du Front de gauche opposée 
au projet, estime que les garanties en matière de droits de l’homme sont bien trop évasives.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Sep 2011 à 01:35

Lampedusa. Heurts entre la police et des immigrés tunisiens

 
 
Des heurts opposaient ce mercredi en milieu de journée des policiers en tenue antiémeute à quelques centaines d’immigrés tunisiens, qui manifestaient dans la petite île italienne de Lampedusa contre leurs conditions d’accueil, selon les médias italiens.

Des policiers équipés de casques et de boucliers matraquaient des immigrés qui se sont lancés d’une hauteur de 3-4 mètres dans une cour pour échapper aux coups de ces derniers, selon des images de la chaîne de télévision Sky TG-24.

La tension a grimpé ces derniers jours sur la petite île avec la présence de plus d’un millier d’immigrés tunisiens qui souhaitent être transférés dans des centres d’accueil en Italie mais devraient plutôt être rapatriés, en vertu d’un accord signé entre Tunis et Rome.

Un groupe d’entre eux a provoqué mardi après-midi un incendie qui a détruit trois bâtiments du centre d’accueil local et la tension a continué à grimper mercredi dans la matinée quand quelque 300 immigrés tunisiens ont défilé dans les rues de Lampedusa aux cris de « liberté, liberté ».

Les habitants de Lampedusa, excédés par la présence des immigrés, ont attaqué deux équipes de télévision, l’une de la chaîne publique RAI, l’autre de Sky TG-24, indique pour sa part l’agence Ansa. Certains des habitants ont également jeté des pierres aux immigrés qui ont riposté et ont menacé de faire exploser des bonbonnes de gaz, selon la même source.

Plus de 48 000 migrants illégaux venus de Tunisie ou de Libye sont arrivés depuis le début de cette année dans le sud de l’Italie après avoir traversé la Méditerranée dans des embarcations de fortune.

Ce n’est pas la première fois que le centre d’accueil de Lampedusa est le théâtre de tensions et de manifestations de la part des immigrés et des réfugiés protestant contre leurs conditions de rétention et la lenteur du transfert vers d’autres centres moins surpeuplés.

Italia: entrevista con Gabriele del Grande, periodista experto en inmigración, sobre los CIE
Photos et vidéo "La verdadera alarma en estos momentos son los Centros de Identificación y Expulsión ilegales"

Pruebas de régimen en Lampedusa

De Tripoli, Tunis, à… Pantin

Éditorial par Patrick Le Hyaric

A Pantin, au petit matin du 28 septembre dernier, le feu a brûlé la vie de sept jeunes gens de moins de trente ans réfugiés dans un bâtiment désaffecté. D’autres sont gravement blessés. Ils étaient Tunisiens, Libyens, Égyptiens. Passés par Lampedusa, bravant d’immenses obstacles, ils venaient de leur pays si longtemps privé de liberté, pillé, appauvri, sous la férule de dictateurs corrompus. Ils sont partis de chez eux pour aller « vers la ville lumière », croyant qu’ici les autorités nationales leur tendraient les mains au nom de leur prétendu soutien aux « révoltes arabes », au nom de la fraternité qu’ils peuvent lire en passant devant tous nos édifices publics. Ils n’ont trouvé que les contrôles policiers, l’errance de parc public en squat délabré, sans le minimum indispensable, sans l’eau pour se laver, les toilettes et de quoi manger. Du régime policier et la précarité de Tunis ou de Tripoli, ils sont passés à la précarité et à l’insécurité de Paris.

Ils venaient ici pensant trouver le moyen de rebondir dans leur vie, un meilleur avenir, avec quelquefois l’espoir d’accéder à une formation pour retourner au pays. Rien de tout cela n’est au rendez-vous. Sinon, ce mercredi 28 septembre, le feu qui a dévoré certains d’entre eux dans leur sommeil. Telle est la terrible réalité de « la solidarité à l’égard des peuples arabes en marche vers leur émancipation » affichée, la main sur le cœur, par nos gouvernants, sur toutes les chaînes de télévision ! Ils traitent leurs chiens avec plus d’égards ! Tel est ce monde, avec sa brutalité égoïste. Tels sont nos dirigeants, préoccupés à sauver les banques et un système financier qui mènent le monde à la faillite et les individus à la misère, quand des jeunes venus de Tunis, du Caire et d’ailleurs, brûlent dans le feu de leur indifférence. La Tunisie ou Égypte doivent accueillir depuis des semaines des « immigrés » Libyens sans moyens supplémentaires. Quelle solidarité organise l’Union européenne pour aider la Tunisie à faire face ? Aucune !

La solidarité consisterait à restituer l’argent volé par les dictateurs corrompus aux peuples qui les ont déchus grâce à la force de leur unité et de leur détermination. Elle consisterait à décider d’une sorte de « plan Marshall » pour aider ces pays à se redresser, à se relancer, à offrir un nouvel avenir à leur jeunesse. Pour cela, il conviendrait de mobiliser, dans une coopération mutuellement équilibrée et avantageuse, le secteur bancaire européen, la Banque centrale européenne. De promouvoir un crédit public à bas taux d’intérêt pour des investissements utiles socialement et écologiquement, pour des emplois stables, et le développement de la recherche, de l’éducation, de la culture sur les deux rives de la Méditerranée. Car il faut en finir avec le drame de la misère, à Tunis comme à Pantin.

La coopération internationale, l’impulsion d’un projet mondial de civilisation faisant prédominer les êtres humains et la nature s’impose de plus en plus comme une ambition universelle. Tout le contraire de la volonté de l’Union européenne et des États-Unis de transformer le monde arabe en une zone élargie de libre échange et de mise en concurrence des travailleurs manuels et intellectuels, pour en faire un terrain de la guerre inter-capitaliste afin d’exploiter la main d’œuvre, le climat, les plages, les ressources du sous-sol, les intelligences de ces pays. C’est le grand combat pour l’Humanité qui est engagé par les peuples. Il est vital !

Depuis des mois et des mois, une multitude de jeunes adolescents de quinze à dix-sept ans ; Indiens, Pakistanais, Maliens, Népalais… baptisés en nos contrées si civilisées du vocable « mineurs étrangers isolés » dorment sur des cartons dans les rues, dans les gares, au bord du périphérique, dans des conteneurs, dans quelques halls, ou, parfois, dans des églises ou mosquées. Eux aussi viennent ici, chassés par les implacables chenilles du bulldozer de la misère, après avoir pris tous les risques. Ils rêvaient d’atteindre l’Eldorado. Quelquefois ils trouvent ici la solidarité de citoyens et, fait remarquable, des personnels du tribunal pour enfants de Bobigny qui, sur leurs petits salaires, leur donnent de quoi manger un peu.

Mais le pouvoir égoïste et sa clique, qui ne connaissent rien de la misère et des contraintes de la survie, restent secs, sans cœur. Les moyens nationaux pour leur accueil se réduisent sans cesse et ce sont les collectivités locales, dans cinq ou six départements et notamment en Seine-Saint-Denis, qui sont mises à contribution. Il a fallu que le président du Conseil général se fâche pour qu’enfin un débat s’instaure. Il est de la responsabilité d’un État solidaire de créer les conditions d’un accueil digne de ces jeunes, d’impulser un grand plan de construction de logements sociaux, au lieu de livrer à la promotion immobilière privée des villes qui, comme Pantin, ont depuis longtemps consenti d’importants efforts en ce domaine.

Il faut cesser de diviser les citoyens et d’utiliser les jeunes immigrés pour de funestes opérations politiciennes, qui fleurent la nauséabonde odeur de la bête immonde qui rôde. Au-delà, l’immigration des jeunes mineurs et d’autres augmentera au fur et à mesure que croîtra la crise du capitalisme mondial et sa rapacité qui sème famine, misère, pauvreté, persécutions, guerre, et dérèglements climatiques. L’union des citoyens du monde contre ce système prédateur qui ne sert que quelques rapaces de la finance est à l’ordre du jour. En témoignent les émeutes de la famine, les mouvements arabes, les Indignés d’Europe, comme ces jeunes qui se baptisent « les occupants » de Wall-Street aux États-Unis.

De Tripoli au Caire, de Tunis, de Santiago du Chili, de Porto, d’Athènes, de Damas à… Pantin, c’est le même combat. La même unité populaire nécessaire pour substituer à la mondialisation pour la finance, une mondialisation de la justice, de l’égalité, de la liberté et de la démocratie. L’avenir est à penser ce nouveau monde… commun.

Patrick Le Hyaric

Source


África: migraciones de las que no se habla

 
 


Edité par T 34 - 19 Oct 2011 à 06:46
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Migrants en situation irrégulière: les parias de l'Europe

Selon un rapport publié lundi par l'Agence européenne pour les droits fondamentaux, les migrants en situation irrégulière en Europe sont davantage exploités sur leur lieu de travail et sont confrontés au manque d'accès aux services de base, notamment dans le domaine de la santé et de l'éducation.

"Nous employons les migrants en situation irrégulière comme travailleurs domestiques bon marché. Nous mangeons les fruits et les légumes qu'ils récoltent. Mais malgré leur contribution à nos sociétés, lorsqu'ils veulent accéder aux soins de santé ou aux services d'éducation, ou encore réclamer justice en cas d'abus, ils se retrouvent bien souvent face à une porte close ou, pire, sont expulsés", a affirmé Morten Kjaerum, directeur de l'Agence. "Les droits de l'homme s'appliquent à tous les humains. Et nous restons des êtres humains même si nous n'avons pas de passeport, de visa ou de permis de séjour", a insisté M. Kjaerum en présentant le "rapport sur les droits fondamentaux des migrants en situation irrégulière dans l'Union européenne".

Le rapport souligne notamment que l'accès aux soins de santé nécessaires pour les enfants et les femmes enceintes ainsi que les soins médicaux d'urgence ne sont généralement pas accessibles gratuitement aux migrants en situation irrégulière, comme c'est le cas pour les ressortissants du pays concerné.

L'obligation de produire des documents officiels, tels qu'un permis de séjour ou un certificat médical, empêchent souvent les enfants de migrants en situation irrégulière de s'inscrire dans les écoles publiques, déplore également le document qui dénonce les opérations de police à proximité des écoles ou des hôpitaux.

"Bien souvent dans l'incapacité de faire valoir leurs droits devant la justice", les migrants en situation irrégulière devraient pourtant bénéficier des mêmes droits que les nationaux, demande le rapport remis à la Commission européenne.

Bien qu’il n’existe aucune estimation du nombre de migrants en situation irrégulière présents dans l’UE, un récent projet financé par l’UE ("Clandestino") a estimé qu’il pourrait osciller entre 1,9 million et 3,8 millions de personnes.



 


Edité par T 34 - 15 Jan 2012 à 00:40
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Feb 2012 à 02:37
Les parents des disparus tunisiens : “Italiens, aidez-nous à retrouver nos enfants

Enrico Montalbano
Laura Verduci

Une délégation de parents de plus de deux cents jeunes Tunisiens partis vers l’Italie et ensuite disparus se trouve en Italie depuis samedi : “On veut comprendre”.

Une délégation de six personnes est arrivée de Tunisie en Italie le samedi 28 janvier. Ce sont les parents de quelques-uns de 200 jeunes Tunisiens partis en mars dernier sur quatre embarcations – le 1er mars, le 14 et deux autres le 29 – dont on a perdu toute trace. Certains d’entre eux ont téléphoné, disant être à peine arrivés ou réussir à voir la côte et les navires italiens. Puis, plus aucune nouvelle. Durant ces jours-là, il n’y a eu aucun avis de naufrage. Leurs parents manifestent depuis des mois en Tunisie pour demander qu’on leur donne des nouvelles plus sûres sur le sort de ces garçons. Le gouvernement tunisien a demandé au gouvernement italien de lui transmettre les empreintes digitales de toutes les personne identifiées comme tunisiennes et arrivées à cette période en Italie. Ces dernières semaines, d’importantes tractations sont en cours. Entretemps la délégation est venue en Italie avec l’intention de visiter certains centres de détention pour migrants, espérant retrouver des traces de leurs fils et frères.

La campagne "D'une rive à l'autre : des vies qui comptent-Où sont nos enfants ? " soutient l'appel des familles des Tunisiens perdus en mer dans les mois qui ont suivi la révolution.

Lisez l’ Appel pour les migrants tunisiens portés disparus
 
Source: http://www.ilmanifesto.it/attualita/notizie/mricN/6388/
Date de parution de l'article original: 31/01/2012
 

Plus de 1 500 réfugiés ont péri en Méditerranée

Selon le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), plus de 1 500 personnes se sont noyées ou ont disparu en tentant de traverser la Méditerranée en 2011, la plus meurtrière des mers pour les réfugiés l’an dernier. Plus de 58 000 personnes sont arrivées en Europe via la Méditerranée l’année dernière, un autre record. La plupart des réfugiés l’an dernier ont débarqué en Italie (56 000, dont 28 000 en provenance de Tunisie), Malte et la Grèce ayant reçu des groupes moins nombreux.

Source


Edité par T 34 - 06 Feb 2012 à 01:04
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Apr 2012 à 23:49

Un adolescent pakistanais affamé  à mort par des passeurs en Grèce 

Un adolescent pakistanais a été affamé jusqu’à la mort en Grèce par un réseau de passeurs présumés 
qui le détenaient en réclamant une rançon à sa famille après son arrivée clandestine du Pakistan. 
Le jeune homme de dix-sept ans avait été découvert 
mort de faim en janvier sur un banc d’une banlieue populaire d’Athènes par des proches, prévenus 
par un membre du réseau. Selon l’enquête policière, 
il était détenu depuis octobre par huit compatriotes, 
qui l’avaient pris en charge à son arrivée en Grèce 
avec d’autres migrants irréguliers. Ses ravisseurs 
avaient d’abord réclamé à sa famille 5 500 euros 
pour le libérer, puis avancé une nouvelle demande de rançon une fois cette première somme versée.

Source

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Apr 2012 à 05:11

Des migrants abandonnés à en mourir en Méditerranée

Un an après la mort 
de 63 migrants au large de la Libye, quatre survivants mettent en cause l’armée française.

La traversée devait durer moins de vingt-quatre heures, elle s’est transformée en une épopée tragique de quinze jours durant lesquels soixante-trois hommes, femmes et enfants, abandonnés à la dérive, sont morts de faim et de soif. Un radeau de la Méduse en pleine mer Méditerranée, localisé par les autorités européennes et dérivant à quelques milles marins des flottes les plus sophistiquées au monde…

L’histoire commence dans la nuit du 26 au 27 février 2011. Depuis un mois, le chaos qui règne en Libye provoque un exode massif, les migrants subsahariens fuient le pays par centaine de milliers. Entre minuit et deux heures du matin cette nuit-là, un zodiac quitte Tripoli à destination de l’Italie. À son bord, soixante-dix hommes et femmes, âgés de vingt à vingt-cinq ans et deux bébés. Le lendemain, peu avant 17 heures, un avion de patrouille français prend une photographie de l’embarcation et la transmet aux garde-côtes italiens, accompagnée du positionnement du bateau. Dans la soirée, celui-ci est survolé par un hélicoptère, les migrants pensent être sauvés. Mais l’hélico repart. Il reviendra dans la nuit leur lancer de l’eau et des biscuits.

Le 28 mars, en début de matinée, le bateau tombe définitivement en panne de carburant. Une longue dérive de quatorze jours commence, tandis que les appels de détresse continuent d’être renouvelés toutes les quatre heures par les garde-côtes italiens. Au cinquième jour, les premiers décès surviennent. Après dix jours en mer, plus de la moitié des occupants du zodiac sont morts. Les migrants croisent alors un navire militaire. « Il y avait trente morts sur le bateau à ce moment, raconte Dan Haile Gebre, un survivant. Nous avons crié et leur avons montré les corps des bébés morts. Mais ils nous ont juste pris en photo. » Aujourd’hui encore, nul ne sait sous quel pavillon naviguait ce bateau. L’Otan, comme les troupes américaines et européennes présentes alors en Méditerranée, n’ont pas répondu aux sollicitations des ONG. Le 10 avril 2011, après quatorze jours de dérive dans la faim, la soif et l’odeur putride des cadavres, une tempête rejette le bateau sur la plage de Zliten, en Libye. Parmi les onze survivants, deux mourront dans les heures suivant leur débarquement, alors que les neuf autres seront placés en détention.

Quatre de ces survivants ont porté plainte hier en France pour non-assistance à personne en danger. Une plainte contre X qui met en cause l’armée française, à l’époque la plus importante au large de la Libye. « La France connaissait l’existence et la position de ce bateau, dénonce Stéphane Maugendre, président du Gisti et avocat des survivants. Quel que soit le lieu où se trouvaient les avions, bateaux et sous-marins français, le fait qu’ils n’aient pas dévié leur route constitue une non-assistance à personne en danger. » D’autres plaintes pourraient être déposées prochainement dans les pays concernés.

Marie Barbier

Source

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Apr 2012 à 20:30

Invitation à l’émigrant (Rebelion)

 
 
Koldo Campos Sagaseta

Chaque fois que le dénommé « premier monde » déverse quelque part sur une côte africaine ses résidus hautement toxiques, en plus des morts et des dégâts qu’il provoque et qu’il laisse en attente pour plus tard, il invite ceux qu’il tue et ceux qu’il contamine à émigrer vers l’Europe et les États-Unis.

Chaque fois qu’après avoir épuisé les ressources de leurs propres fonds marins les grandes puissances expédient leurs flottes de chalutiers épuiser celles des zones de pêche de la Somalie et d’autres pays, elles invitent les populations qu’elles ruinent et affament à émigrer vers leurs modernes et démocratiques nations.

Chaque fois que les intérêts du marché additionnent ou soustraient des profits, font sauter ou mettent en place des gouvernements, redessinent ou déplacent des frontières, ils invitent ceux qu’ils divisent ou tuent à émigrer vers leurs énormes et populeuses cités.

Chaque fois qu’au nom du progrès, par notre indifférence ou notre bulletin de vote, nous ruinons leurs campagnes, pillons leurs ressources minières, volons leurs richesses, nous invitons les populations que nous spolions de leurs biens et de leurs droits à émigrer vers l’appartement laissé inoccupé tout près du nôtre.

Que cela nous plaise ou non, ces personnes sont vos invités. Et comme à tout invité respectable, puisqu’ils viennent et s’assoient à notre table, je leur demande seulement d’avoir la sagesse qu’ici nous n’avons plus, d’avoir la dignité que nous avons perdue, la raison que nous continuons à dénier, peut-être l’amour capable de contrebalancer cette haine qui nous habite. Je demande seulement leur aide pour mettre à bas l’hypocrisie, juguler l’avarice, bannir la fraude, retrouver la morale, réinstaurer l’éthique ; je leur demande de nous apprendre à partager, à être nature… et surtout, imaginons que cela soit possible, je leur demande de ne pas venir chez nous tuer des éléphants. (1)

Koldo Campos Sagaseta Cronopiando

Rebelión http://www.rebelion.org/noticia.php?id=148170

(1) Évidente allusion à l’information récente suivante : Juan Carlos de Bourbon, Roi d’Espagne, s’est fracturé la hanche alors qu’il participait à un safari en Afrique et chassait l’éléphant. Coût minimum du dit safari : 36 000 euros. Pendant ce temps, l’Espagne est plongée dans une des pires crises sociales et économiques de son histoire.

Traduit par Manuel Colinas Balbona pour Le Grand Soir


La revanche des innommables de l'Histoire

Des harragas espagnols appréhendés à Oran Qui l’eût cru ?

 
 

Question : le mot “harraga” dit-il quelque chose aux lecteurs d’Espagne ? Réponse : rien du tout. En arabe marocain, c’est ainsi que l’on a surnommé les candidats africains à l’émigration vers l’Europe qui brûlent leurs documents d’identité avant de s’embarquer sur des pateras – ces barques à fond plat – pour rendre ainsi plus difficile leur rapatriement d’Europe, au cas où ils seraient pris par la police de Schengen. Mais dans l’Espagne post-coloniale, ils n’ont pas de nom, les médias les appellent simplement des « immigrants clandestins » ou « sans papiers ».

Jusqu’à ces derniers jours, le voyage de ces innommables se faisait toujours vers le Nord. Mais voilà que la crise économique qui accable l’Europe vient de nous apporter une nouvelle qui semble une revanche de l’histoire : le 17 avril dernier, le quotidien algérien Liberté a publié une brève sur quatre immigrants clandestins espagnols interceptés par les garde-côtes algériens. Cette fois-ci, le voyage allait du Nord vers le Sud. Ce qui est bizarre, c’est que l’événement s’est produit il y a presque un mois et qu’aucun journal, aucune chaîne de télévision, ni en Espagne ni dans le reste de l’Europe, n’ont diffusé l’information. Ont-ils honte ? Qui sait. Espérons que ça ira mieux pour ces quatre jeunes lors de leur prochaine tentative, qui sait vers l’Argentine, le Venezuela ou Cuba. Voilà l’info : 

Des harragas espagnols appréhendés à Oran. Qui l'eût cru ?

par Reguieg-Issaad, K., Liberté, Alger, 17/4/2012

L’information est de taille et ne passe pas inaperçue puisqu’il s’agit de harragas… espagnols qui ont été récemment appréhendés par les gardes-côtes algériens de la façade maritime ouest.

La crise économique mondiale qui frappe de plein fouet l’Espagne et certains pays européens a donné des idées à un groupe de quatre jeunes espagnols de chercher du travail sur les terres africaines. Et quoi de plus naturel que de tenter la traversée de la mer à contresens par ces mêmes jeunes qui n’ont pas réussi à obtenir le visa algérien.

C’est sur une embarcation que les harragas espagnols ont été interceptés, alors qu’ils tentaient de fouler le sol algérien. Ces jeunes ont été attirés par les débouchés de travail compte tenu de la présence à Oran de nombreuses sociétés espagnoles. Notre source affirme que les jeunes Espagnols, qui avaient perdu leur travail dans leurs sociétés en faillite, avaient introduit une demande (infructueuse) de visa d’entrée en Algérie.

Ils caressaient l’espoir de dégoter du travail au sein des entreprises espagnoles installées en Algérie, particulièrement à Oran, ajoute-t-on de même source. Cette dernière précise que les jeunes Espagnols appréhendés seront renvoyés dans leur pays d’origine.

Date de parution de l'article original: 14/05/2012

L’Equateur accueille une rencontre sur le trafic migratoire et la traite de personnes

Quito, 16 mai (RHC).- La première rencontre sur la Traite de personnes et le trafic illégal de migrants, genre, accès à la justice, droits de l’homme et politiques publiques, siège à Quito.

Le vice ministre de la Sécurité Intérieure, du Ministère équatorien de l’Intérieur, Javier Córdova a signalé que ce délit transforme les personnes en marchandises et que les victimes ne se reconnaissent pas comme telles à cause des menaces, de la peur ou les troubles psychologiques subis.

Le gouvernement de l’Équateur présentera à Genève son Rapport Périodique Universel, dans lequel il exposera les résultats des politiques sociales appliquées en faveur du respect des droits de l’homme.

L’Équateur fera aussi état de ses avancées dans la lutte contre la pauvreté, facteur essentiel pour garantir la pleine protection des garanties fondamentales comme le droit à l’alimentation, à la santé et à l’éducation.

L’Équateur présentera également les résultats des programmes qui lui ont permis de réduire de moitié le travail chez les enfants et d’augmenter la participation des femmes à la vie sociale, les changements introduits dans le système pénitencier, entre autres progrès.

Source


Edité par T 34 - 17 May 2012 à 22:02
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 May 2012 à 04:02
 
 
Envie d'un nouveau job ? Frontex, l'agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures, a annoncé qu'elle souhaitait recruter un officier aux droits fondamentaux. J'espère que le candidat retenu sera grassement rétribué. En effet, je ne connais pas d'organisme qui ait plus besoin que celui-ci de conseils sur comment se comporter avec des êtres humains en détresse.

 
Une étude annuelle sur “l'analyse des risques” publiée par Frontex révèle que celle-ci peine à faire la différence entre les humains et les objets inanimés. L'étude traite d'abord de la question des migrations puis passe à “d'autres questions illégales” comme les voitures volées ou la contrebande de cigarettes. Or, qualifier tous ces actes “d'illégaux” est absurde. Alors que la contrebande de tabac est illégale, fuir la pauvreté ou les persécutions ne l'est pas. Les migrants et les demandeurs d'asile se voient souvent contraints de voyager avec de faux documents d'identité mais cela ne constitue rien de plus qu'une infraction administrative.

C'est très éclairant de comparer cette étude avec les résultats d'une enquête récente menée par les 47 pays du Conseil de l'Europe.

Frontex nous informe qu'entre janvier et mars 2011 quelque 20'000 Tunisiens ont “débarqué” sur l'île de Lampedusa au large de la Sicile. Bien que l'agence ait reconnu l'existence de troubles civils au Maghreb à ce moment-là avec, “comme conséquence”, l'exil de bon nombre de Tunisiens, elle se contredit elle-même quelques lignes plus loin. “Le flux de migrants tunisiens qui a traversé la frontière illégalement et dont le motif principal était de nature économique avait comme destination finale la France”. C'est ce que dit l'étude et ajoute que le taux “d'identification” de Tunisiens “en situation irrégulière” était plus élevé en 2011 qu'en 2010.

A l'opposé, le rapport du Conseil de l'Europe explique comment certains des Tunisiens interviewés par son équipe étaient des conjoints de ressortissants de pays de l'UE notamment du Danemark et des Pays-Bas. Malgré cela ils n'étaient pas parvenus à franchir les frontières de manière légale. Cette information en dit long sur les allégations de Tunisiens en situation irrégulière en Europe. Les autorités de l'UE interdiraient-elles aux migrants de rejoindre leurs conjoints en Europe ?

Une fois encore, la question de Lampedusa est à l'agenda du Parlement européen cette semaine. Une délégation de MEP doit rendre compte d'une visite qu'elle a effectuée en novembre 2011 dans un centre de rétention de migrants à Lampedusa. Depuis cette visite, des corps sans vie de migrants ont été retrouvés dans des embarcations à destination de Lampedusa. Dans un autre cas, 74 Somaliens ont été détenus trois jours dans un bateau de pêche tunisien au large de Lampedusa avant d'être refoulés vers la Tunisie.


Chaque année depuis deux ans environ 2000 personnes perdent la vie dans l'espoir d'atteindre les côtes européennes. Au lieu de tenter de trouver une solution à cette tragédie humaine, les politiques jouent à se surpasser les uns les autres pour voir qui prendra les mesures les plus inhumaines envers les plus faibles. Marine Le Pen s'est rendue à Lampedusa en 2011 et cette visite était l'occasion rêvée de déclarer que “les responsables européens détournent les yeux en tentant de minimiser le risque de flux migratoires”. Cela nous montre à quel point Nicolas Sarkozy a tenté, ces derniers temps, de se forger une image d’extrémiste aussi forte que celle de sa rivale d'extrême-droite.

Les propos de Marine Le Pen ne sont pas cohérents. Loin de “détourner leur yeux” les dirigeants européens usent de méthodes brutales pour empêcher les migrants d'atteindre le sol européen. En février 2012, la Cour Européenne des Droits de l'Homme a rendu un jugement contre l'Italie sur une affaire dans laquelle 200 migrants avaient été interceptés en 2009 au large des côtes de Lampedusa et refoulés vers la Libye. La CEDH à Strasbourg a jugé que cette opération militaire violait une disposition sur les expulsions collectives ainsi qu'un article de la Convention Européenne des Droits de l'Homme qui interdit le renvoi de migrants dans leur pays d'origine s'il y a risque de mauvais traitement ou d'oppression.

Ces expulsions ont eu lieu alors que Mouhammar Kadhafi était encore au pouvoir. Aussi bien l'Italie que l'Union européenne étaient pleinement satisfaites de son rôle de sous-traitant de l'UE dans les affaires de migration et de droit d'asile. Le fait que le concept même d'asile ne soit pas reconnu dans le droit libyen et que M. Kadhafi n'ait jamais signé la convention de 1951, qui constitue la pierre angulaire du droit international sur les réfugiés, ne semble déranger ni Bruxelles ni Rome qui considèrent cela comme un problème mineur.

Maintenant que Kadhafi n'est plus, l'Italie souhaite que les “affaires habituelles” avec les autorités de Tripoli reprennent. Deux mois à peine après sa nomination (non élu) au poste de premier ministre, Mario Monti s'est précipité en Libye. Son souci principal était de s'assurer que les contrats passés entre les entreprises italiennes et le régime Kadhafi étaient toujours en vigueur. Mais il y a fort à parier que la question des migrations a également été soulevée. Le ministre italien de l'Intérieur était en déplacement en Libye le mois dernier.

Sauver des vies humaines n'est pas la priorité ce certains hauts dignitaires italiens. En mars 2011, on a laissé périr en Méditerranée 61 migrants qui tentaient de passer de la Libye à Lampedusa. Le député néerlandais Tineke Strik a mené sa propre enquête sur cet incident. Il déclare avoir été surpris par les gardes-côtes italiens qui ne se sentent en aucun cas concernés par ce qui est arrivé au bateau.

L’Italie n'est pas la seule à abuser du droit d'asile. En mars 2012, la Belgique a refoulé trois demandeurs d'asile vers la Syrie après avoir rejeté leur demande. (un groupe constitué d'un Irakien et de deux Syriens). Ces expulsions sont un pied-de-nez à l'Agence des Nations-Unies pour les réfugiés (l'UNHCR) qui exhorte à un arrêt des expulsions vers la Syrie tant que la situation ne s'améliore pas.

En négligeant les lois internationales, ce sont nos pays qui agissent de manière illégale et non pas les personnes qui tentent d'atteindre les côtes européennes.
 
 
 
Source originale : News Europa
Traduit de l'anglais par Carolina Badii pour Investig'Action
 
Source : Investig'Action
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Jul 2012 à 14:25

Aujourd'hui dans l'Humanité : "Nous n'étions plus des êtres humains"

Abu Kurke Kebato est l'un des survivants d'une odyssée mortelle dans laquelle 63 migrants, abandonnés pendant quinze jours au milieu de la Méditerranée, périrent. Réfugié au Pays-bas, il témoigne, en exclusivité dans l'Humanité, pour la première fois en France.

Éditorial par Jean-Paul Piérot : Dans l'indifférence

Au XXIe siècle, des êtres humains chassés de la terre où ils sont nés par la faim et la guerre meurent accrochés à leurs embarcations 
de misère dérivant sur la Méditerranée. En peignant le Radeau de la Méduse, Géricault avait fortement impressionné le public de son temps. 
Les radeaux de la Méduse d’aujourd’hui sombrent 
dans l’indifférence avec leurs cargaisons d’hommes, 
de femmes et d’enfants, échouent dans les douves 
de l’Europe forteresse, face au Nord qui se claquemure devant la détresse du Sud.

Le témoignage que nous livre ce jeune Éthiopien, aujourd’hui en sécurité aux Pays-Bas, 
est une sorte de récit d’un survivant de l’enfer, dont 
il s’est extirpé par sa seule volonté de survivre, sans que 
la flotte de l’Otan qui croisait alors au large de la Libye 
ne lui portât secours. C’est aussi un implacable réquisitoire contre l’hypocrisie d’une partie au moins 
des dirigeants européens, au premier rang desquels 
se distinguait l’ex-président français Nicolas Sarkozy, 
qui ont fait ou soutenu la guerre en Libye, officiellement pour protéger la population civile, et ont laissé des réfugiés se noyer par centaines.

Les Romains nommaient la Méditerranée Mare nostrum, c’est-à-dire notre mer à tous, qui relie 
le Nord et le Sud, l’Europe et l’Afrique. Du pont qu’elle fut de tout temps, elle est devenue un fossé où s’abîment des migrants sans papiers. Pour épouvantable qu’elle soit, la terrible aventure de Abu Kurke Kebato peut se décliner à des milliers de cas, de ces jeunes dont les vagues amènent les corps sans vie sur les plages du détroit de Gibraltar, sur les côtes des Balkans ou de l’Italie. Depuis 1993, on dénombre quelque 18 000 morts parmi ces Africains qui voulaient vivre un peu mieux mais qui furent contraints de mettre leur vie en jeu.

Les mouvements populaires antidictatoriaux qui se sont succédé dans plusieurs pays arabes, de l’hiver au printemps 2011, furent malheureusement accompagnés d’une augmentation du nombre de morts sur le chemin de l’Europe. 1 500 corps ont été repêchés aux abords des coques renversées des canots surchargés. Après avoir soutenu le dictateur Ben Ali jusqu’au bout, le gouvernement français a fermé ses portes à plusieurs milliers d’émigrés économiques tunisiens, comme il le fit peu après à l’encontre des immigrés qui voulaient fuir 
la Libye en pleine guerre.

Cette violence faite aux hommes est insupportable. Trop longtemps elle a été en quelque sorte légitimée par un discours officiel suintant la xénophobie et amalgamant l’immigration à l’insécurité. 
Il est aujourd’hui grand temps de tourner cette page sinistre des relations avec la rive sud de la Méditerranée, temps de renouer avec l’humanité. Dans ce domaine, les symboles sont forts, toute déclaration officielle n’assumant pas une rupture franche avec la politique incarnée par Claude Guéant ne peut qu’entretenir des incompréhensions. Manuel Valls serait bien inspiré 
d’en prendre la mesure.

Source

Une flottille contre les naufrages

Parti hier d’Italie, Boats 4 people naviguera jusqu’en Tunisie. L’Humanité sera du voyage.

L’idée a germé il y a un an, après les printemps arabes. La fin de la dictature en Tunisie et la guerre en Libye jettent sur des embarcations de fortune des dizaines de milliers de migrants en quête d’eldorado européen. Une hécatombe. Le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) estime à plus de 1 500 le nombre de noyés ou disparus dans la mer Méditerranée en 2011. Le précédent chiffre le plus élevé avait été observé en 2007, avec 630 morts ou portés disparus.

Pour dénoncer ce record et l’inertie des états membres de l’Union européenne, une coalition d’ONG africaines et européennes a mis en place l’opération « Boats 4 people ». « Pour une Méditerranée libre, solidaire et sans morts en mer », un voilier refait le trajet de ces migrants en leur rendant hommage à chaque escale. L’équipage est constitué de militants, parlementaires, artistes et journalistes. L’Humanité sera présente sur ce bateau du 7 au 12 juillet, pour la traversée de Palerme jusqu’à Monastir.

Hier, la flottille a largué les amarres du port italien de Cecina (Toscane), où l’équipage a participé aux Journées internationales antiracistes, pour rejoindre Palerme jeudi prochain. Après des manifestations contre l’enfermement des étrangers, le bateau rejoindra Monastir où se tiennent mi-juillet les journées de préparation du prochain Forum social mondial (en Tunisie, début 2013) et les journées internationales des peuples. L’occasion de consacrer une journée de réflexion à cette question des migrations avec débats et conférences. À l’ordre du jour notamment, la politique migratoire européenne ou encore les choix à venir pour les nouveaux gouvernements tunisiens et libyens sur les accords de réadmission. De retour en Italie, l’arrivée du bateau à Lampedusa coïncidera avec l’événement cinématographique Infestival consacré aux migrations.

M. B.

« Un corps sans nom devient un disparu »

Depuis 2008, les documentaristes Laetitia Tura et Hélène Crouzillat recueillent des témoignages, au Maroc et en Tunisie, sur les morts aux frontières. Leur film les Messagers devrait sortir en salles à la fin de l’année.

Comment en êtes-vous arrivées à travailler 
sur les migrants morts 
aux frontières ?

Hélène Crouzillat. En travaillant sur la mise à l’écart des migrants au Maroc. La mort était omniprésente. On a décidé 
de la documenter : que se passe-
t-il quand un migrant meurt ?

Laetitia Tura. Notre question est 
devenue : où sont les corps ? Rapidement, nous avons été confrontées à des témoignages d’exactions de la part 
des autorités marocaines et espagnoles. Des histoires éparpillées sur tout le territoire marocain qui laissent penser que ce ne sont pas des accidents ou des bavures. Un scénario revient régulièrement : des autorités 
en laissent couler certains et 
en sauvent quelques-uns.

Comment avez-vous enquêté ?

Laetitia Tura. Nous sommes allées chercher la parole auprès des premiers témoins, les migrants rescapés. Ce sont eux les messagers. Paradoxalement, ils participent aussi de cette fabrique des disparus. Par exemple en refusant parfois d’endosser la responsabilité de l’annonce de la mort à la famille, restée au pays.

Hélène Crouzillat. Tout est lié au fait que ces gens sont sans papiers. Cette première mise à l’écart politique conduit à la disparition physique. Ça commence par une disparition symbolique : le changement de nom pour « passer ». Or un corps sans nom devient un disparu.

Vous avez aussi rencontré les familles pour parler du deuil…

Hélène Crouzillat. Oui, ou plutôt de l’impossibilité du deuil. Les familles tunisiennes, qui ont perdu leurs enfants en 2011, attendent toujours. Ce sont des générations de vides qui sont créées avec des familles dans une détresse psychologique terrible. Qu’est-ce que cela va produire à l’échelle d’un pays sur un temps long ? C’est une question qui revient souvent dans notre film.

Laetitia Tura. En anthropologie, 
la sépulture caractérise l’humain, l’enterrement permet aux vivants 
de continuer à vivre. En France, nos monuments aux morts réintègrent les disparus dans 
la communauté humaine. 
Il n’y a pas de monument pour ces centaines de milliers de migrants… La Tunisie est 
le premier pays qui a reconnu le départ massif de ses ressortissants et a négocié avec l’Italie 
pour retrouver 198 disparus.

Que deviennent les corps ?

Laetitia Tura. Quand les embarcations coulent, des corps dérivent parfois vers les côtes. Les autorités doivent alors prendre en charge l’identification, ce qui est loin d’être toujours le cas. Souvent, les migrants ne savent pas dire ce qui a été fait aux corps.

Hélène Crouzillat. Théoriquement, chaque pays est outillé pour les identifier. Mais dans la réalité c’est autre chose… Le comité international de la Croix-Rouge dispose d’une méthodologie avec prise d’empreintes et photos, utilisée pour retrouver les disparus pendant la guerre en Bosnie. Ils commencent à réfléchir à un transfert de compétence, mais cela reste très embryonnaire.

La situation de ces migrants est-elle comparable à un conflit armé ?

Hélène Crouzillat. Les Occidentaux parlent beaucoup de la guerre faite aux migrants. Or la guerre désigne un conflit déclaré entre deux États. Ce n’est pas le cas ici. Et c’est sans doute pour cela que ce phénomène n’est pas identifié et reste dans le déni. Quand des autorités provoquent des naufrages, nous ne sommes pas face à des crimes de guerre, mais, a priori, face à des crimes contre l’humanité.

Des actions en justice sont-elles envisageables ?

Laetitia Tura. C’est très compliqué. Auprès de quelles juridictions porter plainte ? Les faits ont souvent eu lieu dans des eaux territoriales internationales, avec de nombreuses nationalités présentes…

Il existe quelques sépultures…

Laetitia Tura. Des petites croix en bois plantées dans des cimetières. Ceux-là sont enterrés et c’est 
déjà énorme. Ce sont souvent 
des entreprises individuelles. 
On a rencontré un homme 
à Zarzis, dans le sud de la Tunisie, qui a décidé de prendre en charge l’enterrement des quelques corps qu’il avait retrouvés sur la plage. Avec cette cérémonie symbolique, il a redonné une humanité à 
ces corps décomposés.

Comment les rescapés vivent-ils ?

Laetitia Tura. Certains décident de revenir au pays, d’autres s’enfoncent dans la folie. Très peu s’engagent sur un terrain militant. Ils veulent être entendus mais 
ne peuvent pas parler de ce qu’ils ont vécu. On ne les croit pas. Notre film est aussi un objet intermédiaire sur lequel ils peuvent s’appuyer pour être entendus. Le témoignage est 
une forme de réhabilitation.

Entretien réalisé par 
M. B.

Source

Olivier Clochard « De plus en plus de migrants meurent aux portes de l’Europe »

président du réseau Migreurop.

«Après les révolutions arabes au printemps 2011, on a comptabilisé au moins 1 500 migrants décédés dans des naufrages en mer Méditerranée alors qu’ils tentaient 
de rejoindre l’Europe. Si on compare avec l’histoire du Concordia (navire 
de croisière qui avait sombré au large de la Toscane en janvier 2012 faisant 32 morts – NDLR) qui avait défrayé 
la chronique, ces naufrages sont restés dans l’ombre, ignorés par les politiques et certains médias proches du pouvoir.

Nous avons voulu organiser une manifestation pour sensibiliser l’opinion et montrer les réalités cachées des parcours migratoires. Avec Boats 4 People, nous voulons alerter les médias et les responsables politiques. Car il est certain que 
le renforcement des contrôles migratoires, notamment depuis 
le sommet de Séville en 2002, 
n’a cessé d’accroître la dangerosité 
des routes et de conduire un nombre de plus en plus élevé de migrants 
à mourir aux portes de l’Union européenne. Les différents dispositifs mis en place par l’Europe pour 
“éviter une invasion” ne font 
que déplacer les flux migratoires. 
L’UE et sa politique d’externalisation des contrôles migratoires a une part 
de responsabilité dans ces drames.

Il faut rechercher les responsables 
et que la justice soit saisie. 
Il y a des cas de non-assistance 
à personne en danger et parfois 
une forme de criminalité, comme par exemple lorsque la police marocaine perce des Zodiac avec un couteau 
et laisse les gens dans l’eau... 
Cette criminalité n’est absolument pas condamnée. D’autant plus quand 
les autorités européennes ne cessent de solliciter la police marocaine pour les aider à lutter contre ces flux migratoires… »

Olivier Clochard

Source

« Nous n’étions plus des êtres humains »

Abu Kurke Kebato est l’un des neuf survivants d’une odyssée mortelle dans laquelle 63 migrants, abandonnés pendant quinze jours au milieu de la Méditerranée, périrent. Réfugié aux Pays-Bas, il témoigne pour la première fois en France.

Zweeloo, Pays-Bas, envoyée spéciale. Il parle d’une voix basse et douce. Son regard noir perçant braqué dans les yeux de son interlocuteur. Les faits remontent à plus d’un an, mais Abu Kurke Kebato se rappelle chaque minute de sa terrible odyssée. Du moins dans les premiers jours. Ensuite, son récit se fait plus confus, les souvenirs s’étiolent… À seulement vingt-quatre ans, cet Éthiopien a vécu l’horreur. « Nous n’étions plus des êtres humains », répète-t-il sans cesse. Ce sont surtout les morts qui viennent hanter ses nuits blanches. Abu est l’un des rescapés du « bateau cercueil », comme l’a surnommé le rapport que le Conseil de l’Europe a consacré à ce drame dans lequel soixante-trois migrants périrent en mars 2011.

En quête de « démocratie et de liberté »

Nous l’avons retrouvé dans la ville de Zweeloo, une grosse bourgade du plat pays hollandais, entourée de champs verts à perte de vue. Un peu à l’écart de la ville, une rue 
en impasse mène au centre 
d’accueil pour demandeurs d’asile. Des bâtiments gris d’un étage y hébergent les migrants dans l’attente de leur statut de réfugié. Déserte, une aire de jeux avec une table de ping-pong lui donne des allures de centre de vacances abandonné. Dans la chambre monacale qu’il partage avec sa femme, Saana, vingt ans, Abu Kurke Kebato tente de retrouver son humanité.

Février 2011, Benghazi. Le jeune homme et sa femme vivent depuis deux ans en 
Libye. Ils ont quitté l’Éthiopie quatre ans plus tôt en quête de « démocratie et de liberté ». Et rêvent d’Europe. En 2010, une première tentative pour traverser la Méditerranée a jeté Abu dans les geôles 
kadhafistes. Il en sort huit mois plus tard, avec les premières secousses de la révolution libyenne, et découvre une 
Libye plongée dans le chaos. Les migrants subsahariens, soupçonnés d’être des mercenaires de Kadhafi, sont en première ligne. « Des gamins tiraient à vue sur les Noirs, je ne pouvais plus mettre un pied dehors. » Moins d’un mois après sa sortie de prison, le jeune homme tente une nouvelle fois de rejoindre l’Europe, sans sa femme.

Un « petit canot pneumatique gonflable, sans doute guère plus long que sept mètres » : c’est ainsi que le rapport du Conseil de l’Europe décrit l’embarcation qui partira de Tripoli le 27 février, vers 2 heures du matin. 
72 personnes montent à bord, dont 20 femmes (certaines enceintes) et deux enfants en bas âge. « Les passeurs nous ont retiré nos sacs pour faire plus de place, se souvient Abu. On était les uns sur les autres. On criait : “Rendez-nous la nourriture !” mais ils ont ouvert le feu pour nous forcer à partir. » Après s’être dirigés vers Lampedusa pendant quinze à dix-huit heures, les migrants, perdus au milieu d’une mer mauvaise, envoient un 
signal de détresse au père Zérai. Ce prêtre érythréen, alors basé à Rome, prévient immédiatement les gardes-côtes italiens qui lancent un appel signalant un bateau en détresse (le plus haut degré d’urgence). Cet appel sera relayé toutes les quatre heures pendant dix jours, sans que personne n’intervienne.

Plusieurs heures après leur échange avec le père Zérai, un hélicoptère survole le navire. Abu lit le mot « army » sur le côté de l’appareil. Des militaires leur envoient des bouteilles d’eau et des biscuits et leur font signe qu’ils vont revenir. Effrayé, le capitaine du bateau (un migrant autodésigné) jette la boussole, le téléphone satellite et le GPS à la mer. Mais l’hélicoptère ne reviendra pas. Abu : « Encore aujourd’hui, je ne comprends pas pourquoi ils ont fait ça. Pourquoi ils nous ont laissé mourir. »

les passagers commencent à mourir de faim

Sans essence, le bateau commence sa longue dérive. La mer fait tanguer l’embarcation et trois personnes tombent à l’eau. « Les femmes pleuraient, certains priaient, tout le monde criait », se souvient Abu. Pris de panique, des hommes et des femmes se jettent à l’eau. Au cinquième jour, les passagers commencent à mourir de faim. Après dix jours en mer, il ne reste plus qu’une quarantaine de survivants. L’odeur nauséabonde contraint les passagers à mettre les cadavres à la mer. « Ce n’était pas facile, ils étaient nos amis, nos frères. » Seuls les corps des bébés restent à bord.

En pleine opération Unified Protector, de l’Otan en Libye, la Méditerranée est alors l’une des mers les plus surveillées au monde. Au bout du dixième jour environ, les migrants aperçoivent un navire militaire. Abu décrit « un immense bâtiment avec des avions et des hélicoptères sur le pont ». Deux avions survolent le bateau, les migrants se croient sauvés. « Certains ont sauté à la mer pour faire avancer le bateau, nous étions fous, raconte Abu. Moi, je tendais le corps d’un bébé mort à bout de bras pour qu’ils viennent nous sauver. » Mais le navire repart, sans leur venir en aide. Certains migrants ont vu des hommes sur le pont prendre des photos. Aujourd’hui encore, nul ne sait sous quel pavillon naviguait ce bateau. L’Otan, comme les troupes américaines et européennes présentes alors en Méditerranée, n’a pas répondu aux sollicitations des ONG ni du Conseil de l’Europe. Les migrants croiseront aussi plusieurs bateaux de pêche sans que ceux-ci ne leur portent secours.

Les dix survivants jetés en prison

Le navire continue de dériver au gré du courant et du vent. Pour survivre, les passagers boivent leur urine. Abu a gardé un tube de dentifrice, dont il absorbe une petite quantité chaque jour. Au quinzième jour, il ne reste plus que onze personnes à bord lorsque l’embarcation s’échoue sur une côte. « Nous pouvions à peine marcher pour sortir du bateau. Nous sommes tombés sur une poubelle et avons commencé à manger des détritus. » Une patrouille de police s’arrête. Les survivants pensent être à Malte. Mais les policiers parlent en arabe... Le bateau est revenu sur la côte libyenne, près de Ziltan, à 160 km de Tripoli.

« En nous voyant, les soldats ont eu peur. Nous étions complètement décharnés, notre peau partait en lambeaux, nous n’étions plus des êtres humains. » Les dix survivants sont jetés en prison, où l’un d’entre eux mourra faute de soins. Après avoir réussi à négocier leur libération, plusieurs rescapés se réfugient au camp de Choucha, en Tunisie. Abu et sa femme, pris en charge par des passeurs, sont mis dans un bateau... «Je ne voulais pas aller sur l’eau, se souvient Abu. Je hurlais, les soldats m’ont forcé... J’ai passé la traversée à pleurer. » Après quarante-huit heures, le bateau accoste à Lampedusa. Depuis l’Italie, le couple paye un passeur pour rejoindre l’Angleterre. « Nous sommes arrivés dans une gare, j’ai demandé à une dame si nous étions bien à Londres. Elle a ri et m’a répondu que nous étions à Amsterdam. »

Aujourd’hui, Abu arrive presque au terminus de son long voyage. Ultime rebondissement de son incroyable histoire : il y a trois mois, les Pays-Bas ont tenté de l’expulser vers l’Italie. Après la mobilisation d’ONG, le couple a finalement obtenu le statut de réfugié. Le 11 juillet prochain, il ira s’installer dans un appartement près de Rotterdam, payé par le gouvernement. Ensuite, Abu apprendra la langue, un métier et pourra commencer à oublier. Commencer à vivre.

Une plainte contre l’armée 

En avril dernier, quatre survivants du « bateau cercueil » 
(dont Abu Kurke Kabeto) ont porté plainte en France pour non-assistance à personne en danger. Une plainte contre X qui met en cause l’armée française, à l’époque la plus importante au large de la Libye. Le procureur de la République n’a pour l’instant donné aucune suite. « Dans quinze jours, si rien n’est fait, nous pourrons saisir le doyen des juges d’instruction », avertit Stéphane Maugendre, leur avocat. D’autres plaintes pourraient être déposées prochainement en Espagne et en Italie.

Marie Barbier

Source


Edité par T 34 - 06 Jul 2012 à 01:40
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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