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Côte d'Ivoire

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    Envoyé : 11 Oct 2010 à 12:06


APPEL DU PCRCI AUX PEUPLES DE COTE D’IVOIRE A POURSUIVRE LE COMBAT POUR LE TRIOMPHE DE LA REVOLUTION DEMOCRATIQUE

La crise du système néocolonial en Côte d’Ivoire ne cesse chaque jour de s’approfondir. Le tissu économique est détruit jetant à la rue des milliers de travailleurs. Le chômage des jeunes, la misère, grandit. Le pouvoir politique est confisqué depuis 2005. La gabegie, le vol des deniers publics, la désorganisation des structures économiques et administratives, l’impunité des crimes politiques et économiques sont les traits saillants de la gestion du pouvoir par le Front Populaire Ivoirien (FPI). Pour les hauts bourgeois et l’impérialisme, l’issue de cette crise dans notre pays passe par des élections qu’ils tentent vainement d’organiser depuis octobre 2005, fin du mandat du FPI. Encore une fois, ces hauts bourgeois toutes tendances confondues, se sont mis d’accord pour tenir l’élection présidentielle le 31 octobre 2010. Les partis politiques des hauts bourgeois sont ainsi en campagne et appellent à voter pour leurs candidats et leurs programmes.

Le PCRCI, parti du prolétariat, décide de mettre à profit la présente période pour renouveler son appel aux ouvriers, paysans, fonctionnaires, petits commerçants, artisans, jeunes, à se prémunir contre la démagogie en continuant sans relâche leur combat pour une issue révolutionnaire à la crise politique, économique, sociale et spirituelle dans laquelle se trouve notre pays.

I NOUVEAU RISQUE DE BLOCAGE DU PROCESSUS ELECTORAL, RISQUE D’ELECTIONS «CALAMITEUSES» BAFOUANT L’EXPRESSION DE LA SOUVERAINETE POPULAIRE, RISQUE DE GUERRE CIVILE REACTIONNAIRE.

A peine la date du 31 octobre 2010 est fixée et validée par les hauts bourgeois et l’impérialisme que des manouvres sordides sont perceptibles tendant à un nouveau report. D’un côté l’on affiche comme les autres fois, une foi quasi certaine en cette date, comme l’indiquent les déclarations des candidats Laurent Gbagbo, Alassane Dramane Ouattara et Henri Konan Bédié, à la sortie du dernier CPC (Cadre Permanent de Concertation) tenu le 19 septembre 2010. De l’autre côté l’on entretient encore le flou. En effet le président de la république, à la sortie de ce même CPC, déclarait en substance que cette fois est la bonne, mais que si d’aventure il ya un report, ce ne serait pas pour des problèmes politiques. Comme les observateurs de la vie politique en Côte d’Ivoire peuvent le vérifier, c’est le même discours à chaque fois qu’une échéance est fixée pour les élections. On affirme que rien ne peut s’opposer à la tenue des élections, puis l’on prépare les esprits à un report et l’on reporte effectivement la date. En réalité les hauts bourgeois ont organisé depuis 2005, volontairement les reports successifs. L’élément nouveau à noter aujourd’hui c’est que les responsabilités du report sont plus clairement établies qu’auparavant. La refondation ou le camp présidentiel dont le principal parti politique est le FPI est à l’heure actuelle le leader du front de refus de l’élection présidentielle. Ce parti n’ira aux élections que s’il est sûr de les gagner. Au cas où il serait contraint d’y aller, ce parti a déjà organisé sa machine de répression pour se proclamer vainqueur et tenter de s’imposer par la force. Les Forces Nouvelles sont la deuxième force du front de refus de cette élection. Cette dernière force cache son jeu en prétextant qu’elle n’est qu’arbitre et que n’étant pas un protagoniste, elle n’est pas directement intéressée à la question de la date. A l’analyse, il apparait que les Forces Nouvelles ont plus intérêt à voir perpétuer la situation actuelle leur permettant de conserver leurs positions politiques, militaires, économiques et sociales acquises au lieu d’œuvrer pour une élection dont le résultat, quel qu’il soit, remettrait en cause leurs positions actuelles. Les autres composantes de la haute bourgeoisie ivoirienne, notamment celles constituant le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (R.H.D.P), proclament qu’elles veulent aller à l’élection présidentielle et aux autres élections le plus tôt possible. Mais, dans la réalité, elles ont une attitude de soutien objectif à ceux qui font obstacle à la tenue de l’élection présidentielle. Elles mettent tout en œuvre pour briser la mobilisation populaire contre le blocage du processus électoral. Le dernier cas le plus significatif de leur opposition à l’initiative populaire, fut le sabotage de la marche qui avait été programmée pour le 15 mai 2010. Elles préfèrent les négociations de coulisses avec leurs amis du camp présidentiel et des Forces Nouvelles. Elles font cependant croire aux masses exploitées et affamées qu’elles pourront arracher la tenue de l’élection présidentielle, qu’elles gagneront pour les sortir de la misère. En réalité les avantages pécuniaires qu’elles tirent de leur participation au gouvernement actuel, font qu’un report quelconque des élections n’est pas un grand préjudice pour elles. A moins d’un mois de ces élections, la liste électorale n’est pas encore affichée alors qu’elle doit l’être 45 jours avant la date. Les cartes d’identité et les cartes d’électeurs ne sont pas encore distribuées. Leur distribution, si elle a lieu coïnciderait avec les campagnes électorales, dans une atmosphère de vives tensions, propice au sabotage de l’opération. En outre la question de la sécurisation des sites et du démantèlement des milices reste entière. Comme indiqué plus haut, les hauts bourgeois, dans leur ensemble sont d’accord pour continuer dans la situation d’illégalité et d’indignité actuelle. Tout compte fait, la non tenue des élections ne gène pas fondamentalement les différents clans de la haute bourgeoisie ivoirienne. Dans ces conditions, on peut affirmer que le risque de report ou le risque d’élections calamiteuses bafouant la souveraineté populaire est grand. Si les élections ont lieu, dans quelles conditions de sécurité se dérouleront-elles pour permettre l’expression de la souveraineté populaire ? Le clan présidentiel dit qu’il est impossible qu’il perde les élections. Le RHDP dit la même chose de son côté. Le clan présidentiel disposant de l’armée et des milices encore en armes, menace tous ceux qui manifesteront contre « la république » au cours de ces élections et tous ceux qui contesteront les résultats qui le donnent vainqueur d’avance. Tout est réuni pour une nouvelle guerre réactionnaire entre fractions bourgeoises, guerre dont les conséquences seront une fois encore désastreuses pour les peuples.

II FACE AUX CONDITIONS D’ELECTION TELLES QUE DECRITES CI-DESSUS, QUELLES ATTITUDES LE PCRCI RECOMMANDE AUX MASSES POPULAIRES.

Les conditions décrites ci-dessus n’ont pas varié depuis 2007 et ont depuis longtemps été perçues telles quelles par le P.C.R.C.I. C’est pour cela que ce parti, dans une déclaration datée du 31 août 2010 et intitulée : « Face à l’aggravation de la crise politique et sociale, aux menaces sur les libertés et au blocage du processus électoral, une seule solution : un Gouvernement Révolutionnaire Provisoire (GRP) » a indiqué que « …. Le peuple doit savoir qu’il n’a pas d’intérêt à participer à des élections bâclées qui ne peuvent résoudre aucun problème. Le PCRCI invite les électeurs à ne pas participer au vote, en guise de protestation. Le PCRCI indique que la seule alternative permettant l’organisation d’élections démocratiques garantissant l’expression de la souveraineté populaire est d’engager dès maintenant la lutte pour la conquête d’un Gouvernement Révolutionnaire Provisoire ». Seul un tel gouvernement, issu des masses populaires en luttes, peut mettre en place une constitution démocratique, remplir les conditions pour des élections démocratiques et transparentes. Pourquoi le PCRCI invite-t-il les électeurs à ne pas participer au vote, en guise de protestation ? Plusieurs raisons déterminent notre position. D’abord, le P.C.R.C.I veut transformer en profondeur la société ivoirienne et non additionner des réformettes dans le cadre néocolonial actuel. Notre stratégie et nos tactiques sont de ce fait révolutionnaires et non réformistes. Ensuite, la situation internationale ainsi que la situation nationale sont favorables à la révolution. Notre conviction est qu’il n’est pas possible de sortir du système néocolonial actuel par des réformes. L’histoire des luttes des peuples du monde enseigne cela. Notre propre expérience en Côte d’Ivoire indique que la situation de domination impérialiste qui s’appuie sur un pouvoir extrêmement corrompu de hauts bourgeois ne peut permettre des élections assurant l’expression des travailleurs et du peuple. Les hauts bourgeois ont pillé les richesses nationales, constitué des trésors de guerre, affamé le peuple. Ils lui ont ôté sa dignité et lui ont imposé la corruption et la souillure. Dans ces conditions, notre tâche est de travailler à la révolutionnarisation de la société ivoirienne plutôt que de participer à des élections qui ne feront que maintenir le peuple sous la domination du pouvoir des pros impérialistes. La situation internationale est favorable au déploiement d’une vague de révolutions dans les différents pays de par le monde. La contre-révolution mondiale qui avait été activement préparée depuis la fin de la deuxième guerre mondiale a connu une issue victorieuse en 1991 avec la disparition de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (U.R.S.S), mais à la Pyrhus. Depuis environ une dizaine d’années, les ressources de la contre révolution sont épuisées. Le système capitaliste impérialiste mondial, qui avait proclamé sa victoire définitive, est installé dans une grave crise économique et financière dont tout indique qu’il ne sortira pas de si tôt. De façon logique, le système néocolonial dans son ensemble, celui de notre pays en particulier, connait une profonde crise politique, économique, morale et spirituelle. Face aux difficultés du système capitaliste impérialiste mondial, on observe que les forces révolutionnaires et progressistes sont ascendantes partout dans le monde. En témoignent la disparition de la plupart des régimes pro-étatsuniens d’Amérique Latine, les héroïques combats des peuples asiatiques contre les menées guerrières de la coalition impérialiste conduite par les Etats-Unis, la croissance continue de la résistance des peuples africains contre l’impérialisme et les pouvoirs corrompus à sa solde. Une des preuves de la croissance des luttes révolutionnaires en Afrique est le récent appel lancé par le Parti Communiste du Bénin à mettre en place un gouvernement de salut national dans ce pays en lieu et place de celui du président Boni Yayi. Quelle que soit l’issue de ce combat, l’appel en soi constitue un important événement témoignant des progrès des luttes révolutionnaires sur notre continent. Alors, si les situations nationales et internationales sont favorables à la révolution que les peuples doivent mener impérativement de toute leur force, pourquoi lançons-nous encore l’appel dans la même période à obliger le pouvoir actuel à organiser l’élection présidentielle ainsi que toutes les autres élections dont les préparatifs sont en cours depuis cinq ans ? La première raison, c’est qu’une grande partie du peuple est encore sous l’influence de la propagande selon laquelle les élections et en particulier celles prévues par l’Accord Politique de Ouagadougou (APO) sont la solution à la crise ivoirienne. Il est important que les peuples vérifient dans la pratique que les bourgeois ne sont pas prêts à aller à des élections transparentes et démocratiques. Et comme ces élections ne résoudront pas les problèmes, sauf le remplacement éventuel d’une équipe de hauts bourgeois pros impérialistes corrompus par une autre, les faits montreront plus que tout discours, la justesse de la voie révolutionnaire préconisée par le PCRCI. La deuxième raison, c’est que les hauts bourgeois ont mis à l’ordre du jour la lutte contre le déni de nationalité. En effet, en conditionnant l’attribution de la carte d’identité à l’inscription sur la liste électorale, la lutte pour une liste électorale n’excluant aucun ivoirien, en définitive la lutte pour des conditions d’élections démocratiques, devient une exigence de l’heure. Il faut indiquer que les ivoiriens sont privés de leur carte d’identité nationale depuis bientôt dix ans. En définitive, le PCRCI demande instamment aux peuples de s’abstenir de voter. Il leur demande de continuer le combat pour faire avancer la révolution.

III LA TACHE PRINCIPALE DE L’HEURE : FAIRE AVANCER LA REVOLUTION

Les masses populaires n’ont pas à se laisser démobiliser et endormir par les promesses de résoudre la crise actuelle grâce aux élections prescrites par l’APO. Comme nous l’indiquions plus haut, ces élections si elles ont lieu se termineront soit par une guerre réactionnaire, soit par le remplacement d’une clique de corrompus par une autre. Tout, au cours de cette campagne, indique la nature du pouvoir futur. Les pratiques de tous les candidats consistent en le développement de la corruption et de la souillure, les atteintes à la dignité des citoyens avec la distribution de quelques billets de 1000 F, le convoyage forcé de populations lors des manifestations politiques, où la démagogie et les promesses pompeuses font rage. Contre toutes ces pratiques portant atteinte à la dignité des peuples, faisant fi de l’exigence de probité et d’éthique, nous choisissons plutôt d’adopter une attitude assurant le mieux la possibilité de faire avancer la révolution par l’action des masses populaires. Il nous faut, en effet, travailler à faire avancer la révolution contre le pouvoir pro impérialiste corrompu de la haute bourgeoisie, contre les promesses d’élections non susceptibles d’assurer l’émancipation populaire, contre des propositions de réformes du pouvoir néocolonial réactionnaire et corrompu. Il nous faut, donc, lutter contre toutes les actions et propositions qui font rétrograder la révolution. Travailler à faire avancer la révolution aujourd’hui dans notre pays c’est surtout promouvoir l’idée des comités de luttes, c’est contribuer à faire de ces comités de lutte des réalités politiques dans notre pays, c’est se battre pour hisser ces comités au pouvoir d’Etat. Travailler à faire avancer la révolution c’est parler de Gouvernement Révolutionnaire Provisoire, de convocation d’une constituante et de République démocratique Indépendante et Moderne. C’est également prendre conscience, qu’avec un peuple conscient, mobilisé et organisé dans des comités populaires, guidé par un parti révolutionnaire, la victoire sur les forces réactionnaires de notre pays sera totale, décisive, et définitive.

IV LA SANCTION DE LA FAILLITE DU POUVOIR : REALISER L’INSURRECTION POPULAIRE ET METTRE A L’ORDRE DU JOUR LA CONVOCATION D’UNE ASSEMBLEE CONSTITUANTE.

Le pouvoir de la refondation a fait faillite. Il n’a pas réussi, en dix ans d’existence, à mettre le peuple ivoirien sur la voie du développement. Il a détruit l’école, le système de santé, le peu d’infrastructures économiques qui existait. Il a détruit toute notion de valeur, de probité, d’éthique. Son principal succès c’est d’avoir réussi à ériger en modèles aux yeux de nombreuses personnes, les tricheurs, les voleurs, d’avoir amplifié les crimes politiques. Un de ses principaux succès, c’est aussi d’avoir favorisé l’enrichissement frauduleux d’une poignée d’arrivistes. Pour détourner les travailleurs et le peuple ivoirien des vrais problèmes qui l’empêchent de s’épanouir, le pouvoir de la refondation s’accroche depuis 10 ans, à l’idée de transformer des millions d’ivoiriens en apatrides. Dans l’hypothèse où la poussée révolutionnaire est insuffisante, les issues ci-après peuvent se présenter : (i) maintien au pouvoir de Laurent Gbagbo avec une élection tronquée, truquée ou sans élection ; (ii) arrivée au pouvoir du RHDP si Laurent Gbagbo échoue à truquer les élections et à se maintenir par la force ; (iii) survenance d’un coup d’état. N’importe quelle combinaison des groupes de hauts bourgeois au pouvoir aura, quand au fond, la même conséquence désastreuse pour le peuple. Pourquoi ? L’échec du pouvoir FPI n’est plus à démontrer. Les nouvelles promesses de Gbagbo et du FPI sont axées sur le tout sécuritaire et rien pour les libertés, l’économie et le social, en particulier pour le travail des jeunes. Il a réitéré cette option le vendredi 27 août 2010 à Divo lors de l’installation de la Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS III) en indiquant que cette compagnie doit « mater tous ceux qui contesteront la république ». C’est un autre signe que son pouvoir demeure incapable d’offrir le bien-être au peuple. C’est pourquoi, il ne peut qu’user de la matraque, du gaz lacrymogène, de la baïonnette et même des balles réelles contre le peuple. Quant au R.H.D.P, c’est le P.D.C.I d’Houphouët-Boigny, un temps détruit par Bédié, et en voie de reconstitution. Le bilan politique, économique, social et culturel du P.D.C.I est négatif, le peuple en a pris acte depuis longtemps. Le R.H.D.P veut néanmoins revenir au pouvoir avec les mêmes recettes, à savoir, la soumission totale à l’impérialisme, français en particulier, l’absence de liberté, une économie libérale au service exclusif du capital financier international. Au regard des contradictions opposant les différents groupes de hauts bourgeois, la probabilité est grande qu’il y ait des affrontements en cas d’élection ou non le 31 octobre prochain. L’impérialisme pourrait tirer prétexte de la situation créée pour perpétrer un coup d’Etat en s’appuyant sur un quarteron d’officiers ivoiriens. Le chaos souhaité par le pouvoir national chauvin de la refondation peut aller jusqu’au déclenchement d’une autre guerre civile réactionnaire. Quelle que soit la situation, la ligne de conduite des peuples doit obéir à un seul mot d’ordre qui est, nous le répétons, faire avancer la révolution. Cette démarche doit passer par la lutte pour l’obtention des cartes nationales d’identité, des cartes d’électeurs, des élections promises. Si les élections n’ont pas lieu aux dates convenues, toutes les institutions deviendraient illégitimes et les personnalités qui les incarnent seraient des parjures. Ils ne disposeraient plus d’aucune légitimité pour diriger la Côte d’Ivoire. Alors les masses devront exiger la démission des tenants du pouvoir. Quelles que soient la nature, l’ampleur et la durée d’un éventuel chaos provoqué par le FPI en vue de s’accrocher au pouvoir, nous devons continuer à faire avancer la révolution contre leur pouvoir failli, le pouvoir de la refondation, en avançant les mots d’ordre de constituante, de gouvernement révolutionnaire provisoire et de république démocratique indépendante moderne comme alternative à l’issue des hauts bourgeois. Même en cas de mise en place d’un nouveau pouvoir, un autre pouvoir de hauts bourgeois pros impérialistes, par le R.H.D.P, l’application stricte de notre mot d’ordre, faire avancer la révolution, empêchera ce nouveau pouvoir de remettre en cause les libertés que les luttes en cours auront permis de conquérir. Les masses populaires pourront alors continuer, sur une base élargie et avec plus de vigueur, leur combat pour la République Démocratique Indépendante Moderne. Des événements politiques importants vont certainement se produire avant, pendant et après le mois d’octobre 2010. Nous appelons les masses populaires à assumer leur propre histoire, à savoir se libérer du pouvoir de l’impérialisme et des hauts bourgeois, mettre en place un GRP, une constituante pour bâtir une république démocratique et moderne, la seule capable de satisfaire les préoccupations essentielles des peuples.

Le Comité Central, le 2 octobre 2010

SOURCE : http://www.revolutionproletarienne.com/

Edité par DOXA - 11 Oct 2010 à 17:14
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Côte d'Ivoire: deux "présidents"

Gbagbo proclamé président,Ouattara vainqueur pour l'ONU

Fort du soutien du chef de l'armée, le président sortant a été investi samedi à la tête de la Côte d'Ivoire, à l'issue d'une victoire électorale contestée par l'opposition et la communauté internationale.
Laurent Gbagbo, au pouvoir depuis 2000, a officiellement été investi samedi président de la République de Côte d'Ivoire, en dépit des protestations internationales.

La Côte d'Ivoire était hier soir à la croisée des chemins avec deux "présidents" rivaux, le sortant Laurent Gbagbo proclamé vainqueur de la présidentielle par le Conseil constitutionnel et Alassane Ouattara, reconnu par l'ONU et les Occidentaux comme légitimement élu.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, l'UE, la France et les Etats-Unis ont tour à tour félicité M. Ouattara "pour sa victoire". Ils ont demandé à M. Gbagbo de reconnaître sa défaite et de partir.

Mais au pouvoir depuis 2000, Laurent Gbagbo devait être investi dès samedi à 12H00 (locales et GMT).

Selon la télévision publique, les chefs militaires du pays lui ont fait "allégeance" dans la journée. "Nous sommes prêts à accomplir toutes les missions" qu'il nous confiera, a déclaré le chef d'état-major, le général Philippe Mangou.

M. Gbagbo a été proclamé président par le Conseil constitutionnel avec 51,45% des suffrages au second tour, le 28 novembre, contre 48,55% à son rival.

Le président du Conseil Paul Yao N'dré, l'un de ses proches, a invalidé les résultats provisoires donnés jeudi par la Commission électorale indépendante (CEI), qui créditaient l'ex-Premier ministre Alassane Ouattara d'une large victoire: 54,1% contre 45,9%.

Il l'a fait en "annulant" les votes dans une série de départements du nord, sous contrôle de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) depuis le putsch manqué de 2002, où selon le camp Gbagbo le scrutin avait été "frauduleux".

Le représentant de l'ONU en Côte d'Ivoire, Youn-jin Choi, l'a contredit. Il a assuré que le scrutin s'était "globalement déroulé dans une atmosphère démocratique" et que même si toutes les réclamations déposées par les pro-Gbagbo dans le nord étaient prises en compte, le résultat de la CEI "ne changerait pas".

La présidence ivoirienne n'a pas tardé à menacer d'expulsion le fonctionnaire onusien: "M. Choi se croit au-dessus du Conseil constitutionnel", a tonné Alcide Djédjé, conseiller de M. Gbagbo et ambassadeur ivorien aux Nations unies, l'accusant d'être "un agent de déstabilisation" encourageant aux "violences".

Mais le chef des Nations unies Ban Ki-moon a reconnu M. Ouattara comme vainqueur légitime, demandant "au président élu de travailler pour une paix durable, la stabilité et la réconciliation en Côte d'Ivoire".

Les quinze pays du Conseil de sécurité de l'ONU n'avaient cependant pas réussi à se mettre d'accord vendredi sur une déclaration conjointe sur la présidentielle en Côte d'Ivoire, qui pourrait intervenir samedi ou lundi, a indiqué un diplomate onusien.

Fort de ces soutiens, M. Ouattara, ex-vice-président du Fonds monétaire international (FMI) âgé de 68 ans, s'est présenté comme "le président élu de la République de Côte d'Ivoire".

Le chef des FN Guillaume Soro, Premier ministre depuis l'accord de paix de 2007, lui a aussi apporté son appui. Il a rejeté les résultats du Conseil constitutionnel, condamnant en particulier l'annulation de votes du nord.

Le président des Etats-Unis Barack Obama a félicité M. Ouattara "pour sa victoire" et appelé Laurent Gbagbo à "reconnaître et respecter" ce résultat. "La Côte d'Ivoire est désormais à la croisée des chemins", a-t-il souligné.

Après le chef de la diplomatie de l'Union européenne Catherine Ashton, le président français Nicolas Sarkozy a aussi demandé à M. Gbagbo de "respecter la volonté du peuple" et adressé "ses voeux chaleureux de plein succès" au "président élu" Alassane Ouattara.

En Côte d'Ivoire comme à l'étranger, beaucoup craignaient une explosion de violence après deux semaines de fortes tensions marquées par une série d'affrontements sanglants.

Des partisans d'Alassane Ouattara ont dressé des barricades jusqu'au cessez-le-feu nocturne et brûlé des pneus dans des quartiers populaires d'Abidjan, pour protester contre la proclamation de la victoire de Laurent Gbagbo. "On nous vole notre victoire!", criait l'un d'eux.

Mais à Yopougon (ouest), fief du chef de l'Etat sortant, ses inconditionnels ont exulté aux cris de "Gbagbo président".

"On s'en fout de l'ONU, on s'en fout des Blancs", lâchaient certains, alors que la rhétorique antifrançaise reprenait de la vigueur, dans les rues et à la télévision publique.

Elu en 2000 à l'issue d'un scrutin controversé dont avaient été exclus l'ex-président Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo était resté au pouvoir en 2005 après la fin de son mandat, en invoquant la crise née de la partition du pays.

Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Dec 2010 à 20:58

Côte d'Ivoire : la déchirure s'aggrave

Le Sud-Africain Thabo Mbeki poursuivait lundi une médiation quasi-impossible alors qu'avec deux présidents, deux Premiers ministres et bientôt deux gouvernements, l'abîme se creusait entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, chefs d'Etat revendiqués de la Côte d'Ivoire.

Le monde entier redoute un nouveau cycle de violences après des incidents meurtriers ces derniers jours. Cependant Abidjan reprenait peu à peu dans la matinée une activité normale. Les axes routiers étaient plus encombrés mais le déploiement de gendarmerie autour de la télévision publique rappelait les fortes tensions du moment. Seule bonne nouvelle pour les Ivoiriens: les frontières, notamment aériennes, fermées depuis jeudi par l'armée régulière dans la zone sud qu'elle contrôle, sont rouvertes depuis aujourd'hui. En revanche, l'incertitude plane sur le maintien ou l'arrêt du couvre-feu nocturne qui avait été instauré avant le scrutin présidentiel du 28 novembre, et qui était censé prendre fin à la même heure.

Envoyé par l'Union africaine, l'ex-président sud-africain Thabo Mbeki devait poursuivre sa visite. Mais ses efforts semblaient dans l'immédiat voués à l'échec, l'heure n'étant pas à la négociation pour les deux rivaux qui ont tour à tour prêté serment samedi. Fort du soutien de la communauté internationale, ONU en tête, M. Ouattara n'entend pas renoncer à la victoire qui lui était promise par les résultats de la Commission électorale indépendante (CEI), le donnant en tête avec 54,1% des suffrages. Mais M. Gbagbo, au pouvoir depuis dix ans, a ensuite été proclamé vainqueur par un Conseil constitutionnel acquis à sa cause, avec 51,45% des suffrages, moyennant l'invalidation de votes dans le nord aux mains de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) depuis le putsch manqué de 2002. Reconduisant le chef des FN Guillaume Soro au poste de Premier ministre qu'il occupe depuis l'accord de paix de 2007, M. Ouattara a formé dimanche son gouvernement avec ses alliés de l'ex-opposition.

Interrogé par Europe 1 sur le fait de savoir s'il était prêt à "déloger" Laurent Gbagbo, M. Soro, également titulaire du stratégique portefeuille de la Défense, a répondu: "s'il nous oblige, on n'aura pas d'autre choix", tout en plaidant pour une issue pacifique. "Il n'est pas question d'arriver à une partition de la Côte d'Ivoire", a-t-il aussi prévenu. Le président sortant a répliqué dès dimanche soir en nommant à son tour son Premier ministre, l'universitaire et économiste Gilbert Marie N'gbo Aké.

A l'étranger, la crise actuelle inspire toujours une "grande inquiétude", selon l'expression employée par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. Les deux institutions s'interrogeaient sur l'opportunité de continuer à aider le pays "dans un contexte d'incertitude et de tension qui se prolongent". 

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  Citer DOXA Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Dec 2010 à 14:12


RESULTATS DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE EN COTE D’IVOIRE : OUI AU RESPECT DE LA VOLONTE POPULAIRE, NON A LA GUERRE CIVILE REACTIONNAIRE!

Après dix ans de crise socio politique, entrainant une paupérisation généralisée des masses populaires, après cinq ans de tergiversations, l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire s’est enfin tenue. Au vu des chiffres officiels, la participation a été forte (83% au premier tour et autour de 81% au second tour). Les résultats publiés par la Commission Electorale Indépendante et validés par l’ONUCI attribuent 54,10% des suffrages à Alassane Ouattara et 45,90% à Gbagbo Laurent. Le Conseil Constitutionnel annulant injustement les élections dans 7 départements vient de déclarer Gbagbo Laurent vainqueur. Notre observation nous permet de noter qu’Alassane Ouattara a eu la faveur des électeurs. Les arguments avancés par la « majorité présidentielle » soutenant Laurent Gbagbo et tentant de contester ces résultats manquent de consistance. Le Conseil Constitutionnel n’a pas été juge des élections mais partisan de Laurent Gbagbo. Nous reviendrons très prochainement sur les désaccords des protagonistes autour des résultats.

Ainsi, la lutte électorale pour la présidentielle a pris fin avec la victoire logiquement déclarée d’Alassane Ouattara. Mais le refus des résultats des urnes par Laurent Gbagbo a pour conséquence l’existence de deux présidents de la république « investis » et deux gouvernements. La menace d’affrontements jusqu’au déclenchement d’une guerre civile réactionnaire est réelle.

Le PCRCI est convaincu qu’une guerre civile serait désastreuse parce qu’elle ne ferait qu’aggraver la situation des masses populaires et du pays dans son ensemble et d’accentuer la domination impérialiste. Il est de la plus grande importance que tout soit mis en œuvre pour que la volonté populaire soit acceptée par tous les protagonistes. Pour sa part, le PCRCI s’emploiera à faire en sorte de contribuer à conjurer la guerre civile réactionnaire qui se profile à l’horizon. C’est le lieu d’indiquer que toute action allant dans le sens de la division des peuples de Côte d’Ivoire, dans le sens de l’incitation à la haine tribale, raciale et xénophobe doive être proscrite et combattue.

Pour l’heure, le plus important et le plus urgent est de tout faire pour amener les uns et les autres à la compréhension de la nécessité de respecter la volonté majoritairement exprimée dans les urnes le 28 novembre dernier et éviter ainsi une guerre civile réactionnaire.

Pour ce faire, le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire appelle les peuples de Côte d’Ivoire à dire non à l’imposture, non à la guerre civile réactionnaire et à l’aventure. Il les appelle à mettre en place des comités de luttes contre l’imposture et l’incitation à la guerre civile réactionnaire. Il leur demande d’emprunter la voie pour un avenir meilleur, celle consistant à faire avancer la révolution qui est à même de réconcilier les Ivoiriens les uns avec les autres.

Fait à Abidjan, le 6 décembre 2010.

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

Edité par DOXA - 07 Dec 2010 à 14:13
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  Citer Pedro Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Dec 2010 à 23:10
Il y a aussi ça :

Déclaration - Résultats de l’élection présidentielle en Cote d’Ivoire : le conseil constitutionnel n’a pas dit le droit

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Comme nous l’écrivions dans notre déclaration datée du 6 décembre 2010, « … Le Conseil Constitutionnel n’a pas été juge des élections mais partisan de Laurent Gbagbo ». Avant d’analyser les résultats provisoires issus des urnes tels que proclamés par la commission électorale Indépendante (CEI) d’une part et d’autre part la décision du Conseil Constitutionnel, organe chargé de donner les résultats définitifs, nous résumons en quelques lignes les accords politiques signés entre les deux clans des hauts bourgeois, les houphouétistes de Ouattara et Bédié et les refondateurs de Gbagbo Laurent, sous la houlette de l’impérialisme international en particulier de l’impérialisme français.
Les accords de Linas Marcoussis signés en 2003 à Paris, sur les conseils de l’impérialisme français ont contraint les deux clans des hauts bourgeois ivoiriens à partager le pouvoir avec la participation des rebelles qui se sont trouvés du coup légitimés. Ce processus conduira avec les résolutions successives à mettre la Côte d’Ivoire sous la surveillance de l’ONU, ôtant ainsi à notre pays sa souveraineté nationale. A l’heure actuelle, plus de 10 000 soldats étrangers sont présents sur le sol ivoirien avec un contingent de l’armée française de plus de 900 hommes. Cet accord et les accords suivants, signés à Accra, Pretoria, Ouagadougou, ont défini le cadre des élections et les contorsions politico-juridiques à faire à savoir : la conservation en l’état d’une constitution antidémocratique et confligène qui a conduit à la guerre. Les accords de Pretoria en particulier ont prévu la certification des élections par l’ONU, plaçant ainsi la Côte d’Ivoire sous une sorte de protectorat ONUSIEN qui ne dit pas son nom. Les accords n’abrogent pas explicitement la constitution, mais comportent des clauses qui remettent en cause des dispositions de la constitution et du code électoral. Les protagonistes ont tous fait semblant de ne pas voir cette superposition de normes juridiques. Ceux qui se lamentent aujourd’hui sur les atteintes à la souveraineté doivent savoir qu’ils sont complices de ces atteintes. Lorsque des accords signés sous les auspices de l’ONU et revêtus de la signature du président de la république, sont opposés à des dispositions constitutionnelles et que les constitutionnalistes du pouvoir ne disent rien il devient, après coup, difficilement défendable d’évoquer la souveraineté. D’ailleurs, une des dispositions de l’actuelle constitution monarchiste ne donne-t-elle pas le pouvoir au président de la République de prendre des décisions au-dessus de la constitution ? Le président de la république a signé pour que la certification soit au-dessus de la décision du conseil constitution, c’est cela la réalité. Chaque fraction de hauts-bourgeois ivoiriens, celle de Gbagbo compris, comptait au final sur l’arbitrage favorable des puissances impérialistes par le truchement des fonctionnaires de l’ONU. Celles-ci ont choisi d’appuyer le camp Ouattara.
L’expression massive des peuples de Côte d’Ivoire lors de l’élection présidentielle constitue une sanction contre le jeu de cache-cache sur leur dos, mais aussi le signe de leur volonté de mettre fin à la crise due aux politiques pro-impérialistes des hauts bourgeois. Le taux de participation au 1er tour, le 31 octobre a été de 84 %. Les suffrages exprimés au premier tour sont les suivants : 1,7 millions de voix pour Gbagbo Laurent, 1,4 millions pour Ouattara Alassane, et 1,1 millions pour Konan Bédié. Lors du 1er tour, les résultats cumulés dans les régions du nord et du centre (Savanes, Vallée du Bandama, Worodougou) sont les suivants : Gbagbo Laurent 53 000, Ouattara Alassane 476 000, Konan Bédié 130 000. Ces résultats ont été acceptés par tous, déclarés par la CEI, proclamés par le conseil constitutionnel et certifiés par l’ONU.
Au 2ème tour, comme au premier tour, des empêchements de vote, des affrontements ont eu lieu dans certains bureaux de vote dans ces régions du nord et du centre, mais aussi dans les régions du centre ouest et de l’ouest. Ces bureaux de vote en cause dans toutes ces régions ont été identifiés par les observateurs électoraux et les agents de l’ONUCI. Le lundi 29 novembre 2010, tous les protagonistes ont déclaré que malgré ces cas, le scrutin reflétera globalement l’expression de la volonté populaire.
Contre toute attente, la proclamation des résultats provisoires par la CEI est bloquée par les représentants de Gbagbo jusqu’à ce que le délai imparti à la CEI soit épuisé, soit jusqu’au mercredi 1er décembre 2010 à minuit. Alors entre en jeu le Conseil Constitutionnel qui proclame à peu près les mêmes résultats détaillés que la CEI, résultats du reste conformes aux résultats du premier tour, mais invalide tous les votes des trois régions du nord et du centre ci-dessus mentionnés au motif qu’il y a eu « empêchement de vote, violence, affrontements, bourrage des urnes, etc.). En l’espace d’une journée, notre juge des élections a pu examiner les 20 000 procès verbaux et a pu analyser les contentieux dans tous les bureaux de vote des 3 régions mentionnées (plus de 2 500 bureaux de vote) et conclure à leur annulation. Rappelons qu’au 1er tour, Ouattara seul a distancé Gbagbo, de plus de 400 000 voix dans ces trois régions. Curieusement le Conseil Constitutionnel donne Gbagbo vainqueur au 2ème tour après invalidation des 400 000 voix.
Non ! Le juge des élections n’a pas dit le droit, il n’a pas défendu l’expression de la volonté populaire fondement des élections démocratiques. Le FPI a organisé l’invalidation des résultats du Nord et du centre, a organisé le blocage des travaux de la CEI pour la rendre forclose. Comptant sur le fait que le verdict du Conseil Constitutionnel est sans appel, il l’a actionné pour attribuer la victoire à Laurent Gbagbo, réalisant ainsi un hold-up électoral. Une institution de la république qui ne respecte pas la volonté populaire et qui est au service d’un camp dans une élection ne peut mériter respect même si elle se nomme conseil constitutionnel.
L’évocation de la souveraineté par ceux qui bradent la souveraineté n’est qu’un prétexte pour maintenir frauduleusement Gbagbo au pouvoir contre la volonté populaire. Le pouvoir de Gbagbo est un des symboles de la négation de la souveraineté de la Côte d’Ivoire en dépit des affirmations contraires des tenants de ce pouvoir. Il a été acquis en octobre 2000 grâce à l’appui du gouvernement français. Entre 2003 et maintenant Gbagbo a signé en vertu du fameux article 48 à relents monarchistes de la constitution des accords qui nient la constitution, qui mettent le conseil constitutionnel lui-même sous les ordres du secrétaire général de l’ONU. Il est difficile de vouloir s’accrocher à la souveraineté après l’avoir bradé.
Sous le pouvoir Gbagbo, l’essentiel de l’économie ivoirienne (électricité, eau, gaz, transports, imports-exports, pétrole) est aux mains des entreprises impérialistes, françaises en particulier, en vertu de contrats léonins. L’impérialisme français a simplement décidé de changer de pion. C’est ce qui explique qu’il mobilise en ce moment la « communauté internationale » pour « défendre la souveraineté populaire » en Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara est le nouveau pion préféré dans l’espoir que la réunification des partis politiques houphouétistes ramènera la stabilité propice aux affaires.
Le Parti Communiste Révolutionnaire appelle les peuples à dire non à l’imposture de Laurent Gbagbo, non aux violences postélectorales attisées par le camp Gbagbo, violences qui ont déjà fait des dizaines de morts. Il les appelle à se mobiliser contre la guerre réactionnaire qui se profile à l’horizon, contre l’immixtion des puissances impérialistes. Le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire estime que c’est la seule voie pour faire des pas décisifs vers le pouvoir du peuple, socle d’une république démocratique indépendante et moderne.
Abidjan le 9 décembre 2010

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire


*********

Bon, qu'on me traite d'anti-envérisme primaire et pourquoi pas de gbagboïsme, ma foi, moi je trouve étrange que des "marxiste-léninistes" fassent de la comptabilité électorale (type "Lors du 1er tour, les résultats cumulés dans les régions du nord et du centre (Savanes, Vallée du Bandama, Worodougou) sont les suivants : Gbagbo Laurent 53 000, Ouattara Alassane 476 000, Konan Bédié 130 000") sans même voir ni savoir que le vote dans ces régions arriérées d'Afrique est totalement ETHNO-FÉODAL : les chefaillons de village font allégeance à un candidat et font voter tout le village pour celui-ci. Au final les allégeances politiques recoupent les ensembles ethniques, et tout dépend à qui les potentats régionaux-ethniques vont eux-mêmes faire allégeance. C'est comme ça que fonctionne la Françafrique, comme ça que les Houphouët, les Biya, les Bongo et autres Eyadéma ont tenu 30 voire 40 ans.
En plus, les Nord est aux mains des ouattaristes des Forces nouvelles, dont on connaît les innombrables exactions pendant la guerre (passées sous silence par la propagande françafricaine, contrairement à celles des "patriotes" pro-Gbagbo). Bon, on pourra me rétorquer que le Sud est tenu par l'armée fidèle à Gbagbo...

Ce que je veux dire, sans être pro-Gbagbo (un social-populiste bourgeois et mafioso), c'est que le fait à noter est que son parti, le FPI, est peut-être le seul à avoir dépassé cet ethno-féodalisme pour rassembler sur une véritable ligne politique, aussi pourrie soit-elle. Il a fait 46% (on ne va pas contester une commission internationale indépendante quand même Pinch) mais il vient d'un groupe ethnique (krou) qui fait 10%... Donc déjà il a dépassé l'"arithmétique ethnique-régionale". Il est surtout l'élu d'Abidjan, grande métropole industrielle et portuaire, et de ces grandes villes similaires du Sud : populaires et dés-ethnicisées. Il a des partisans de toutes les "ethnies" : un Mamadou Koulibaly, un Idriss Ouattara (rien à voir avec Alassane, président des "agoras et parlements populaires", un concept sur lequel celui qui a des éléments est le bienvenu...), un Affi N'Guessan moitié burkinabé (bizarre pour un xénophobe...).

Donc voilà, c'est un réactionnaire bourgeois prétendument "de gauche" comme nos P"s" européens en sont remplis. Mais j'ai vraiment du mal à suivre le PCRCI dans son soutien à peine voilé à Ouattara... un pur élu du vote féodal, et de surcroît candidat des principaux impérialismes (France, UE en général, USA) et des principaux "groupements d'intérêts" mondiaux (FMI, ONU etc. - et de leurs valets type UA, CEDEAO). C'est dit...




Edité par Pedro - 13 Dec 2010 à 23:13
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Dec 2010 à 22:38

Au moins quatre morts lors d'affrontements à Abidjan

Jeudi s'annonce comme la journée de tous les dangers en Côte d'Ivoire: le camp d'Alassane Ouattara, l'un des deux présidents proclamés, prévoit de marcher sur la télévision d'Etat, faisant craindre un affrontement sanglant avec les forces de son rival Laurent Gbagbo.

Le Premier ministre de M. Ouattara, le chef de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) Guillaume Soro, veut se rendre à la RTI, la radio-télévision ivoirienne installée à Abidjan, avec son gouvernement et ses partisans pour y mettre en place un nouveau directeur général. Il s'agit pour eux de s'emparer d'un pilier du pouvoir du chef de l'Etat sortant Laurent Gbagbo: la RTI est, depuis l'éclatement de la crise née de la présidentielle du 28 novembre, tout entière dédiée à la défense du régime.

Vendredi, M. Soro et les siens comptent cette fois prendre possession de la "Primature", occupée par le Premier ministre du camp adverse, Aké N'Gbo. Ces bureaux sont voisins du palais présidentiel où siège M. Gbagbo, tandis que le camp Ouattara est retranché dans un grand hôtel.

Mais RTI et siège du gouvernement étant par nature des lieux ultra-stratégiques, une confrontation violente est à craindre entre partisans d'Alassane Ouattara et Forces de défense et de sécurité (FDS) loyales à Laurent Gbagbo. Déjà mercredi, plusieurs manifestants pro-Ouattara ont été blessés par balles dans la capitale politique Yamoussoukro (centre) quand les FDS ont voulu empêcher un défilé.

Alors que le chef de l'ONU Ban Ki-moon redoute un "retour à la guerre civile" dans ce pays coupé en un sud aux mains du camp Gbagbo et un nord FN depuis le putsch manqué de 2002, l'armée a averti qu'elle tiendrait les Nations unies, qui selon elle soutiennent la marche, pour responsables d'éventuelles violences.

M. Ouattara a été désigné vainqueur de la présidentielle par la commission électorale et reconnu président par une communauté internationale quasi-unanime. Mais le Conseil constitutionnel ivoirien, acquis au sortant, a invalidé ces résultats et proclamé la victoire de M. Gbagbo. Face à ce blocage lourd de menaces, le président de la Commission de l'Union africaine, Jean Ping, pourrait se rendre d'ici vendredi à Abidjan pour relancer les efforts de médiation.

Le fil de la journée.

14h20. Guillaume Soro, Premier ministre d'Alassane Ouattara, l'un des deux présidents ivoiriens proclamés, a exhorté jeudi la population à poursuivre sa "mobilisation" contre le régime de Laurent Gbagbo afin de prendre le contrôle de la télévision d'Etat.

13h10. Des éléments de l'ex-rébellion ivoirienne, protégeant le quartier général d'Alassane Ouattara à Abidjan, échangeaient jeudi des tirs nourris avec des forces fidèles à Laurent Gbagbo.

12h15. Quatre personnes ont été tuées par balles jeudi à Abidjan au moment où les forces de l'ordre dispersaient des manifestants partisans d'Alassane Ouattara qui voulaient marcher sur la télévision d'Etat ivoirienne, ont rapporté des journalistes de l'AFP et des témoins.

11h25. Une vingtaine d'ONG, qui estiment à "plusieurs dizaines" le nombre de morts depuis la présidentielle, exhortent jeudi les responsables ivoiriens à appeler "au calme" les partisans des deux présidents proclamés alors qu'une marche fait craindre des violences.

10h50. Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a prévenu jeudi qu'il engagerait des poursuites contre quiconque serait responsable de violences meurtrières.

10h30. Les forces de l'ordre fidèles à Laurent Gbagbo ont dispersé jeudi matin des manifestants qui voulaient marcher sur le siège de la télévision nationale à Abidjan, à l'appel du camp de son rival Alassane Ouattara, faisant au moins trois blessés

9h30. Le périmètre était hermétiquement bouclé par les forces de l'ordre loyales au président Laurent Gbagbo, jeudi matin à Abidjan, autour du siège de la télévision d'Etat ivoirienne

Patria socialismo o muerte

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  Citer Pedro Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Dec 2010 à 21:58
Tiken Jah voulait libérer les petits voleurs de la MACA... Hélas, aujourd'hui, il veut faire rentrer les grands voleurs de la OUAGA (connection)...

http://www.humanite.fr/16_12_2010-tiken-jah-fakoly-%C2%AB%C2%A0que-le-pouvoir-aille-%C3%A0-celui-qui-%C3%A9t%C3%A9-%C3%A9lu%C2%A0%C2%BB-460319
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Dec 2010 à 00:17

Côte d'Ivoire : pressions occidentales sur le président sortant

Alors que les dernières élections tenues dans des conditions suspectes au Burkina et en Guinée ont renforcé les partisans de la Françafrique, Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire a refusé de reconnaître la victoire du candidat de Nicolas Sarkozy Alassane Ouattara. Le conseil constitutionnel a attribué à Laurent Gbagbo 51,45 % aux élections 28 novembre.

Selon Dedy Seri, sociologue, membre de la coordination des intellectuels africains et des diasporas, et responsable de la doctrine au sein du Front populaire ivoirien (FPI) - le parti présidentiel -, des électeurs ont été empêchés de voter dans le nord du pays. Les votes à Paris ont été invalidés dans 28 bureaux à cause de troubles dans 8 bureaux, ce qui a contribué à compliquer le calcul des résultats. Le 1er décembre au soir, alors que les résultats n'étaient toujours pas connus Youssouf Bakayoko, le président de la commission électorale indépendante CEI (qui comprendrait un majorité de membres du RHDP et du Rassemblement des républicains) aurait subi de fortes pressions à quelques minutes de la forclusion de son mandat, c'est à dire juste avant que celle-ci soit légalement dessaisie au profit du conseil constitutionnel, ce qui l'aurait même conduit à tenter de proclamer des résultats dans des conditions douteuses. Puis le lendemain Bakayoko aurait été pris en otage à l'Hôtel du Golf, siège de l'opposant Ouattara,pour proclamer l'élection de celui-ci, au delà de la forclusion, alors que seul seul le conseil constitutionnel était désormais habilité à publier les résultats (cf la vidéo, la version des faits relatée là est différente de la présentation par Wikipedia et les médias dominants).

On notera d'ailleurs que le 8 décembre au conseil de sécurité de l'ONU (présidé par le Gabon ami de la France), la Russie a émis des doutes sur les conditions de la proclamation de la victoire de M Ouattara et sur la méthode de vérification adoptée par l'émissaire de l'ONU Choi Young-jin sur 20 000 procès verbaux.

Les deux candidats ont prêté serment le 4 décembre 2010, chacun de son côté, comme présidents de la Côte d'Ivoire. Dans les jours qui ont suivi, des violences ont éclaté entre les partisans de Laurent Gbagbo et ceux d'Alassane Ouattara, causant la mort de plus de 50 personnes selon l'ONU. Les Etats-Unis, l'Union européenne, l'ONU et la France ont menacé M. Gbagbo de sanctions. L'Union européenne a adopté un premier train de sanctions le 17 décembre.

Le quotidien ivoirien pro-Gbagbo Notre Voie du 9 décembre accusait l'Elysée de préparer l'assassinat de Laurent Gbagbo, tandis que, dans le quotidien burkinabe "Le Pays", du 16 décembre, l'avocat Me Vergès dénonçait l'ingérence française dans le processus électoral ivoirien. En réactions aux menaces formulées par Nicolas Sarkozy, le ministre de la Jeunesse, de l'Emploi et de la Formation professionnelle Charles Blé Goudé, a battu le rappel des troupes. Il a cependant souligné qu'il n'incitera pas ses partisans à s'attaquer aux forces internationales présentes dans le pays afin de ne pas donner à la France de prétexte pour intervenir militairement contre les patriotes ivoiriens. Gbagbo lui-même a exigé le départ des casques bleus et des forces françaises de l'opération Licorne en Côte d'Ivoire.

Après l'échec de sa médiation le 17 décembre le président de la commission de l'Union africaine, le gabonais Jean Ping s'est envolé directement pour Alger afin de discuter avec le président Abdelaziz Bouteflika de la mise en place d'une éventuelle force d'intervention de l'UA en Côte d'Ivoire. Les pays africains sont divisés : certains, le Nigeria en tête, voudraient une intervention militaire pour déloger Gbagbo du pouvoir, d'autres, comme l'Algérie, préfèreraint encore privilégier une solution diplomatique.

Le président de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick, a lancé un appel à Laurent Gbagbo, dimanche 19 décembre au soir à Bamako, pour qu'il accepte les résultats de l'élection présidentielle ivoirienne et "remette le pouvoir au gagnant". Le même jour place de la République à Paris des affrontements entre pro-Gbagbo et pro-Ouattara ont fait deux blessés. Parmi les personnalités françaises Henri Emmanuelli semble être parmi les derniers à défendre le point de vue de Laurent Gbagbo, alors que le Parti socialiste, autrefois ami du FPI, s'est progressivement rallié au point de vue majoritaire.

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Dec 2010 à 09:40
J'en sais rien lequel des deux est sorti premier des urnes. Ce qui est sûr c'est que l'un était l'instrument de la françafrique et l'autre est l'homme de paille du FMI et de l'impérialisme nord-américain !
Blanc bonnet, bonnet blanc, comme disait Jacques Duclos.
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  Citer Pedro Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Dec 2010 à 14:34
C'est plus compliqué que ça Jef. En résumé : au départ Ouattara est plutôt un proche des réseaux françafricains de droite, son parti le RDR est pratiquement calqué sur RPR ; Gbagbo est une proche du PS, malgré l'houphouétisme de beaucoup à Solférino. Konan Bédié, successeur d'Houphouët, était un incapable alcoolique. Donc en 99 (cohabitation), Jospin et Chirac font consensus pour un renversement militaire (général Gueï). Elections, Gueï joue les troubles fête, Ouattara est encore une fois exclu pour "nationalité douteuse", Gbagbo gagne.

Ensuite je ne sais pas exactement, mais il y a quelques évènements : le soutien du PS à Gbagbo n'est pas unanime et très solide, le PS qui perd de toute façon le pouvoir en avril 2002, Gbagbo qui lance une mise en concurrence internationale pour le port d'Abidjan... Les partisans de Gueï (Ouest) et de Outtara (Nord) s'unissent pour lancer un coup d'État : les partisans de Ouattara sont appuyés et entraînés au BURKINA de Compaoré, l'assassin de Sankara, Gueï est un ami de TAYLOR, le génocidaire libérien... Derrière tout ça, il y a la OUAGA CONNEXION : Compaoré, Taylor, Khadafi, et surtout les réseaux françafricains chiraquiens, les anciens réseaux FOCCART !!! http://www.evenement-bf.net/pages/dossier_1_151.htm

En septembre 2002 le coup d'État foire à Abidjan (Gueï meurt), mais la rébellion appuyée par le Burkina et le Libéria s'empare de 60% de pays. La France n'intervient que pour entériner le statu quo. La guerre qui suit recouvre la ligne de front franco-US en Afrique de l'Ouest, EXACTEMENT : les "rebelles" sont appuyés par Compaoré, Taylor au pouvoir au Libéria, et reçoivent l'appui des rebelles sierra-léonais, avec le sanguinaire SAM BOCKARIE. De son côté Gbagbo reçoit l'aide des "rebelles" libériens anti-Taylor, du gouvernement de Sierra-Leone (remis au pouvoir par l'armée anglaise), par sa femme évangéliste il a des liens avec les Églises américaines... Et Washington veut se venger de Chirac, infliger un "Irak" à la France... http://news.abidjan.net/documents/docs/Politique%20Africaine%20N%C2%B089%20-%20L%27ouest%20de%20la%20C%C3%B4te%20d%27Ivoire%20-%20un%20conflit%20lib%C3%A9rien.pdf

La suite des évènements, c'est qu'à partir de 2005 face à l'offensive chinoise en Afrique la France et les States se rapprochent. Taylor est viré etc. Les accords de Ouagadougou en 2007 font rentrer les "rebelles" (Soro) au gouvernement, et un consensus s'installe pour laisser la Côte d'Ivoire au "rassemblement des houphouëtistes" (Bédié + Ouattara) c'est à dire à la Françafrique.

C'est le scénario qui s'est ensuivi jusqu'ici... mais Gbagbo s'accroche. On ne sait pas quels soutiens il a (Chine ? en tout cas il a été reconnu par l'Angola, premier fournisseur de pétrole de la Chine) mais telle est la situation.

Voilà la situation.

En tout cas, et quitte à vous faire dégueuler un peu, j'ai un petit reportage qui illustre comment ça se passe dans le Nord aux mains de Forces "nouvelles" : une vraie garantie de scrutin serein et impartial...

Du grain à moudre pour Amnesty

Cette vidéo montre comment les Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN) rendent la “justice à Touba sous le contrôle Guillaume Soro, premier ministre de Ouattara en république du Golf Hôtel (âmes sensibles, s’abstenir): Après avoir torturé et exécuté sommairement une dizaine de prétendus voleurs de moutons en public, le bourreau est félicité par le reporter qui a probablement réalisé ce film afin de terroriser les populations du nord, et rendre compte de la “bonne gestion” du pays aux cadres des forces nouvelles.

Ces atrocités ont été commises par les Forces Nouvelles seulement deux mois avant le premier tour des élections. Comment peut-on imaginer des élections libres dans un tel contexte, de surcroît sans isoloir ? Est-ce là la justice et la légitimité que la communauté internationale réserve aux Ivoiriens ? 

Voilà ce qui doit aussi inquiéter Amnesty international qui envoyait hier une dépêche à l’AFP : 

“Au moins 20 personnes ont été tuées dans des “incidents violents” en Côte d’Ivoire depuis le second tour de la présidentielle le 28 novembre, a annoncé lundi Amnesty International dans un communiqué.

L’organisation de défense des droits de l’Homme appelle “les forces de sécurité en Côte d’Ivoire à protéger les civils alors qu’au moins 20 personnes ont été tuées par balles dans des incidents violents après le second tour de l’élection présidentielle”.

Amnesty, qui s’appuie sur des témoignages, a recensé ces 20 morts à Abidjan et dans l’intérieur du pays, notamment dans l’ouest.”

Il est intéressant de constater qu’Amnesty appelle les Forces De Sécurité supposées pro-Gbagbo à défendre la population, et non pas les “Forces Nouvelles” pro-Ouattara. Peut-être qu’Amnesty a appris quel sort était réservé aux pauvres voleurs de moutons au nord de la Côte d’Ivoire ?


Il serait aussi souhaitable qu’Amnesty enquête sur les exactions dont été victimes les militants et scrutateurs LMP lors du second tour dans le nord de la Côte d’Ivoire (voir les témoignages en vidéo) et au centre (voir les témoignages en vidéo) pour constater combien les élections y ont été libres et démocratiques :

  • BOUAKE : Dars es SALEM : les soldats FAFN se sont rendus dans les bureaux de vote pour brutaliser les représentants du candidat LMP. C’est une situation qui s’est généralisée dans toute le ville de BOUAKE.
  • le QG de BAMARO à BOUAKE à été attaqué, tout à été emporté, pillé et volé, les membres du QG ont été menacés de mort.
  • BOUAKE : AIR France 1 : GBËKËKRO : DLC Mr BERTHE à été battu par les militants du RDR, les militants sont empêchés de voter.
  • BOUAKE : BELLEVILLE : le listing est arraché aux représentants LMP dans les bureaux de votes.
  • BOUAKE KONANKRO : EPP 1, 2, 3, les listing de CINQ bureaux de vote ont été arrachés par les soldats des FAFN et les militants du RDR.
  • ZIKISSO : GODIEKO : Représentant LMP Alain GNAKALA a été tailladé à la machette par un militant du RDR.
  • Koumassi / COLLEGE aliko : 21 bulletins de votes déjà cochés, les superviseurs empêchent les représentants LMP de vérifier les cartes d’électeurs.
  • SAMATIGUILA : Kélébadougou : les chefs et les notables sont installés dans les bureaux de votes et empêchent les militants LMP de prendre part au vote.
  • SAMATIGILA : tchessirika : le représentant LMP, Sindou Bamba a été attaqué en rentrant de Mafélé.
  • Samatiguila : banagro : les dozos dans les bureaux de votes empêchent les militants LMP de voter.
  • SEGUELA : MASSALA : accès aux bureaux de vote refusé aux représentants du candidat du LMP.
  • MONONGO : S /P KOLIA : le petit frère du chef du village supervise le vote et oblige les électeurs à voter pour le RDR avec l’accord des soldats FAFN.
  • KORHOGO : superviseurs du LMP ont été agressés dans TROIS centre de vote (Franco –Arabe, EPP Nalo Bamba, Nalo BAMBA) leurs motos ont été confisquées.
  • KORHOGO : aux alentours de midi le Directeur de Campagne COULIBALY MAMOUROU, et le ministre lanciné GON ont dû sous la menace du RDR se réfugier à L’ONUCI, les représentants du candidats du LMP ont été molestés et chassés des bureaux de votes, leurs motos ont été arrachées.
  • KANI : Collège Mawa Kone 2 : le RDR fait voter 200 personnes après 17H sans tenir compte des remarques des représentants LMP.
  • DALOA : niboua : les jeunes du RDR ont tué deux personnes dont un représentant des forces de l’ordre.
  • TORTYA : le DDC Koné Katina molesté et enlevé par les rebelles et pris en Otage dans leur camp.
  • KOUTO : KONE Doféré menacé de lynchage avec sa suite composée d’une soixantaine de personnes, à besoin d’escorte pour sortir de Kouto.

via criseivoirienne.livejournal.com

 

IL YA SEULEMENT DEUX MOIS, LES FAFN PROCEDAIENT A DES EXECUTIONS SOMMAIRES
C'EST DANS UN CLIMAT DE TERREUR QUE LES ELECTIONS ONT EU LIEU EN ZONE CNO
LA PREUVE EN IMAGES

 

 

 

 

 

 

 

 

Source


Quand aux articles postés ci-dessus, du PCRCI (parti frère du PCOF), c'est sans doute une nouvelle et supérieure étape du marxisme : le marxisme-léninisme-houphouëtisme-ouattarisme...

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  Citer Pedro Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Dec 2010 à 14:46

Les massacres à la machette, aux fusils sont perpétrés actuellement un peu partout dans le pays, par qui ? En tous cas les cibles sont jusqu’ici les sièges du FPI, les militants LMP. A Alépé le samedi où j’allais voter, j’ai eu une sacrée chance. Mon GBAKA n’a rien eu mais le Gbaka de 16 heures a vu ses passagers, des jeunes d’AKOURE et Oguedoumé et Montézo, tailladés à la machettes. Des villages sont incendiés; le papa de ta cousine C. a dû quitter son quartier sous la menace des bandes en machette parce qu’il est un responsable FPI; ta tante A. a vu sa voiture cabossée, pare-brise brisée, n’eut-été son sang froid qui l’a fait foncer dans la foule en arme…elle y serait restée…Elle avait eu le tort d’avoir à bord de sa voiture des affiches de GBAGBO… Voici la situation un peu. On dort à moitié, tout le monde est sur la qui-vive…

Extrait d’un mail, d’un membre de ma famille, témoignant  des élections certifiées par l’ONU en Côte d’Ivoire. Précisons tout de même que les localités en question dans ce témoignage sont situées dans une partie de la zone gouvernementale massivement favorable à Gbagbo et à moins de 50 km d’Abidjan, donc du siège de l’ONUCI…

A l’instar de  Bis Repetita, nous posons aussi la question suivante : Faut il appeler cela élections?

SOURCE : http://afrosapiens.akwedo.com/post/2164101821/les-massacres-a-la-machette-aux-fusils-sont


http://www.forum-unite-communiste.org/uploads/3/fuc_faceboock1.pdf
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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Dec 2010 à 15:38
Message posté par Pedro

C'est plus compliqué que ça Jef. En résumé : au départ Ouattara est plutôt un proche des réseaux françafricains de droite, son parti le RDR est pratiquement calqué sur RPR ; Gbagbo est une proche du PS, malgré l'houphouétisme de beaucoup à Solférino. Konan Bédié, successeur d'Houphouët, était un incapable alcoolique. Donc en 99 (cohabitation), Jospin et Chirac font consensus pour un renversement militaire (général Gueï). Elections, Gueï joue les troubles fête, Ouattara est encore une fois exclu pour "nationalité douteuse", Gbagbo gagne.

Ensuite je ne sais pas exactement, mais il y a quelques évènements : le soutien du PS à Gbagbo n'est pas unanime et très solide, le PS qui perd de toute façon le pouvoir en avril 2002, Gbagbo qui lance une mise en concurrence internationale pour le port d'Abidjan... Les partisans de Gueï (Ouest) et de Outtara (Nord) s'unissent pour lancer un coup d'État : les partisans de Ouattara sont appuyés et entraînés au BURKINA de Compaoré, l'assassin de Sankara, Gueï est un ami de TAYLOR, le génocidaire libérien... Derrière tout ça, il y a la OUAGA CONNEXION : Compaoré, Taylor, Khadafi, et surtout les réseaux françafricains chiraquiens, les anciens réseaux FOCCART !!! http://www.evenement-bf.net/pages/dossier_1_151.htm

En septembre 2002 le coup d'État foire à Abidjan (Gueï meurt), mais la rébellion appuyée par le Burkina et le Libéria s'empare de 60% de pays. La France n'intervient que pour entériner le statu quo. La guerre qui suit recouvre la ligne de front franco-US en Afrique de l'Ouest, EXACTEMENT : les "rebelles" sont appuyés par Compaoré, Taylor au pouvoir au Libéria, et reçoivent l'appui des rebelles sierra-léonais, avec le sanguinaire SAM BOCKARIE. De son côté Gbagbo reçoit l'aide des "rebelles" libériens anti-Taylor, du gouvernement de Sierra-Leone (remis au pouvoir par l'armée anglaise), par sa femme évangéliste il a des liens avec les Églises américaines... Et Washington veut se venger de Chirac, infliger un "Irak" à la France... http://news.abidjan.net/documents/docs/Politique%20Africaine%20N%C2%B089%20-%20L%27ouest%20de%20la%20C%C3%B4te%20d%27Ivoire%20-%20un%20conflit%20lib%C3%A9rien.pdf

La suite des évènements, c'est qu'à partir de 2005 face à l'offensive chinoise en Afrique la France et les States se rapprochent. Taylor est viré etc. Les accords de Ouagadougou en 2007 font rentrer les "rebelles" (Soro) au gouvernement, et un consensus s'installe pour laisser la Côte d'Ivoire au "rassemblement des houphouëtistes" (Bédié + Ouattara) c'est à dire à la Françafrique.

C'est le scénario qui s'est ensuivi jusqu'ici... mais Gbagbo s'accroche. On ne sait pas quels soutiens il a (Chine ? en tout cas il a été reconnu par l'Angola, premier fournisseur de pétrole de la Chine) mais telle est la situation.

Voilà la situation.


Merci pour ces informations. Petite synthèse de ce que dit la presse internationale et qui n'est pas traité dans les médias français :

1) La situation paraît bloquée pour Ouattara : une partie de ses électeurs du PDCI et des cadres houephouëtistes ont semble t'il rejoint les rangs de Gbagbo suite à la nomination de Soro (qui a conforté le discours nationaliste faussement "anti-néocolonial" de Gbagbo puisque Soro avait été imposé à Gbagbo par la France et les Etats-Unis après les élections de 2000). Ensuite pour répondre à la question de Pedro, Gbagbo est surtout soutenu par l'Angola et le Liban mais aussi, et c'est un fait nouveau depuis le sommet du G20 à Séoul, par les BRIC qui étaient tous présents lors de son investiture. Sans compter que la Chine, le Mexique, la Russie et le Brésil sont dans le Conseil de Sécurité, ce qui fait qu'Ouattara ne pourra sans doute pas compter sur une intervention soutenue par l'Onu. Déjà le 2 décembre puis il y a quelques jours la Russie a joué au siège vide, et les réunions suivantes ont été annulées.

2) A mon avis la France et les Etats-unis sont sur la même ligne, celle de l'intervention (malgré les déclarations de la France). J'ai du mal à comprendre ce que tu disais Pedro sur les contradictions inter-impérialistes en Côte d'Ivoire. La France et les US se sont toujours partagés les tâches de la gesiton néo-coloniale (accords Dawls-Foccard dans les années 60 jusqu'au coup d'Etat de 99, et l'organisation d'une partition en 2000 alors qu'il y avait en un processus de paix entre les chefs de guerres/factions politiques/ ethnies). A mon avis les impérialistes français sont divisés entre les sarkozystes pro-Ouattara (parce que pro-Américain en Afrique ?) et les pro-Gbagbo qui continuent de le soutenir pour les services qu'il pourrait encore rendre aux multi-nationales françaises (ex : Bolloré et les conseillers placés autour de Gbagbo comme Evanno). La différence entre les deux camps impérialistes français étant que les sarkozystes doivent prendre en compte la crédibilité internationale et s'inscrire dans un jeu d'alliance plus global, notamment en tenant compte de la position US. Quant aux Américains, difficile de comprendre leur position pro-Ouattara (surtout après un rapprochement demi-teinte avec Gbagbo début des années 2000), si ce n'est peut-être pour conforter leur position vis-à-vis des pays alliés dans la région et qui soutiennent Ouattara / s'opposent en façade à la Françafrique



voir ce qu'en dit wikileaks :

http://www.africa1.com/spip.php?article5785



Edité par AllXS - 24 Dec 2010 à 15:42
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Dec 2010 à 12:46

Côte d’Ivoire : la France pyromane ne doit pas jouer au pompier


L’association Survie rappelle que la France porte une grande responsabilité dans la crise qui secoue la Côte d’Ivoire depuis 8 ans. Malgré ce que prétendent l’ONU et les puissances occidentales, les conditions n’étaient pas réunies pour éviter une large fraude, particulièrement au Nord du pays. La seule issue semble désormais l’apaisement entre les deux camps et non l’affirmation de la victoire de l’un sur l’autre. La France doit procéder au retrait de son opération militaire au profit de troupes internationales sous commandement onusien.

Pour la première fois de leur histoire, les citoyens ivoiriens ont voté dans une élection présidentielle véritablement pluraliste et ouverte. Malgré des conditions extrêmement défavorables, la participation fut massive. Mais depuis trois semaines, la Côte d’Ivoire est séquestrée par « deux présidents ». Tandis que l’un, Laurent Gbagbo, se crispe sur son pouvoir, la « communauté internationale » est en passe d’imposer l’autre,Alassane Ouattara, aux Ivoiriens.

Pour cerner l’immense responsabilité de la diplomatie française dans l’impasse que vit actuellement la Côte d’Ivoire, il est nécessaire de poser quelques jalons historiques.

À l’automne 2002, l’Élysée refuse l’application des accords de défense à une Côte d’Ivoire en proie à une rébellion armée approvisionnée par un pays voisin. Au contraire, un cessez-le-feu est imposé, entérinant la partition du pays.

En janvier 2003, lors des accords de Marcoussis, la diplomatie française impose l’entrée des rebelles dans le gouvernement ivoirien. À Abidjan, des manifestants refusent que les portefeuilles de la Défense et de l’Intérieur soient confiés aux rebelles, comme le prévoyait l’exécutif français.

En novembre 2004, un engrenage tourne au drame. Au cours d’une offensive aérienne de l’armée ivoirienne sur les zones rebelles, neuf soldats français de l’opération Licorne et un civil américain trouvent la mort. Craignant un putsch orchestré par l’armée française après qu’elle a détruit l’aviation militaire ivoirienne, des manifestants envahissent certains quartiers d’Abidjan.L’armée française tire sur des manifestants, faisant plus de soixante morts.

Les accords de Pretoria d’avril 2005 calquent la structure de la Commission Électorale Indépendante (CEI) sur le plan de table des négociations de Marcoussis, aboutissant à une surreprésentation des rebelles, assurant aux partis d’opposition une large majorité [1]. Dans la foulée, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) est créé à Paris, réconciliant deux anciens ennemis [2], Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara, autour d’un accord électoral destiné à assurer la victoire de l’un des deux sur Laurent Gbagbo. L’Union Européenne impulse, à travers les Nations Unies, un Programme d’Appui aux Processus Électoraux dont la CEI est le principal bénéficiaire. Le descriptif de ce programme [3] laissait déjà augurer un passage en force :

« Pour les prochaines échéances électorales, il est à prévoir que le problème de confiance se posera avec une acuité encore plus grande et exigera le recours à des pouvoirs décisionnels exceptionnels pour contrecarrer l’incapacité d’atteindre des consensus politiques en temps utile. »

Début 2007, depuis Ouagadougou, Michel de Bonnecorse, chef de la cellule africaine de l’Élysée sous Jacques Chirac, annonce que la fin de la rébellion n’est pas un préalable aux élections [4]. Quelques semaines plus tard, Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, leader de la rébellion, et Blaise Compaoré, président du Burkina, signent les accords de Ouagadougou : Guillaume Soro devient premier ministre. Fin 2007, un accord complémentaire a pour unique objet de confier à la société française Sagem Sécurité le volet technique de l’élaboration des listes électorales [5].

Ce 2 décembre 2010, le Conseil Constitutionnel ivoirien, essentiellement favorable à Laurent Gbagbo, constate l’expiration du délai imparti à la CEI pour annoncer les résultats provisoires. En effet, la CEI a échoué à trouver un consensus sur l’ampleur d’irrégularités dans le scrutin. Le président de la CEI Youssouf Bakayoko se rend alors au Golf Hôtel, où se trouvent déjà Henri Konan Bédié, Alassane Ouattara, Guillaume Soro, le représentant du secrétaire général de l’ONU et les ambassadeurs français et américain. Ces derniers lui promettent protection jusqu’à l’aéroport, en échange de la proclamation de résultats. Bakayoko annonce la victoire de Alassane Ouattara devant les caméras occidentales. Le lendemain, le Conseil Constitutionnel annonce l’invalidation du scrutin dans sept départements de la zone contrôlée par les rebelles et la victoire de Laurent Gbagbo.

Prétendre organiser une élection satisfaisante sans mettre fin à la partition du pays [6] était absurde. On s’étonne qu’aucune autorité internationale ne l’ait exigé sérieusement. Malgré les énormes moyens mis en œuvre, le scrutin n’a pas offert les garanties brandies par l’ONU.

Croire que l’élection présidentielle sortirait la Côte d’Ivoire de la crise était un leurre. Aucun des candidats du second tour ne sera capable à lui seul de guérir la société ivoirienne de ses plaies. Ni Alassane Ouattara, l’économiste libéral qui a fait carrière dans les grandes institutions financières internationales, l’adepte des privatisations, des coupes dans les budgets sociaux et autres plans d’ajustement structurel, l’ami très apprécié de l’Élysée. Ni Laurent Gbagbo, le socialiste devenu rapidement allié des grands groupes français, le nationaliste souvent - et sans doute volontairement - ambigu.

Il est urgent que les initiatives d’apaisement soient privilégiées [7]. Si la « communauté internationale » a une once de bon sens, c’est dans cette voie qu’elle doit pousser les acteurs de cette crise et non dans le refus de voir la réalité et dans l’illusion qu’on peut imposer une solution de force à un pays divisé. Le risque est de plonger la Côte d’Ivoire dans la violence.

Nous demandons que tout soit fait, à commencer par le retrait de l’opération Licorne au profit d’un renforcement de l’ONUCI, pour la réconciliation des Ivoiriens et non pour assurer la victoire d’un camp sur l’autre, ce qui serait lourd de menaces pour l’avenir de la Côte d’Ivoire.




[1] Par le jeu des alliances politiques, le président et trois des vice-présidents de la CEI sont favorables à Alassane Ouattara. Le quatrième vice-président est favorable à Laurent Gbagbo.

[2] Au milieu des années 90, la Cellule Universitaire de Recherche et de Diffusion des Idées du Président Henri Konan Bédié promeut l’ivoirité. Cette notion aux forts relents xénophobes fut instrumentalisée pour écarter Alassane Ouattara de la vie politique ivoirienne.

[3] Programmes d’Appui au Processus Électoral CIV-46362 (2006-2007, 58 millions de dollars) et CIV10-57717 (2008-2011, 75 millions de dollars) du Programme des Nations Unies pour le Développement.

[4] « Le but des pays raisonnables est qu’il y ait des élections libres et honnêtes en octobre [2007], ce qui donnera un président légitime qui sera soit élu, soit réélu, et c’est à ce président de mettre un terme à cette crise. »

[5] Le montant du contrat dépasse finalement les 200 millions d’euros. Filiale du groupe Safran, Sagem Sécurité est devenue Morpho.

[6] Les accords de Ouagadougou exigeaient le désarmement des rebelles et le rétablissement de l’État de droit sur tout le territoire. Sur la reconversion de la rébellion dans l’économie de guerre, consulter les rapports du groupe d’experts ad’hoc de l’ONU.

[7] Par exemple celle de la Convention de la Société Civile Ivoirienne. En outre, on attend la publication du rapport de la mission de Thabo Mbeki. Ce dernier avait contribué à faire retomber la pression après les événements de novembre 2004.



Edité par AllXS - 25 Dec 2010 à 12:47
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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  Citer DOXA Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Dec 2010 à 20:31
GBAGBO VEUT S’IMPOSER PAR LA VIOLENCE : LE PEUPLE DOIT S’UNIR POUR SE DEFENDRE

Laurent Gbagbo a perdu l’élection présidentielle du 28 novembre 2010, mais il s’entête à refuser de se plier à la volonté populaire. La tension est montée d’un cran puisque le peuple qui veut voir sa volonté mise en œuvre s’impatiente à juste titre. Les bénéficiaires du suffrage populaire s’apprêtent à prendre leurs responsabilités pour exercer pleinement leur pouvoir. Ils viennent de lancer un appel à ceux qui les ont portés au pouvoir afin qu’ils leur permettre de prendre possession des attributs du pouvoir d’Etat, notamment, la télévision publique et le siège du Gouvernement à partir du jeudi 16 décembre 2010.

Il est à souhaiter qu’après plus de deux semaines de réflexion depuis le 28 novembre, le camp Gbagbo soit revenu à de meilleurs sentiments pour accepter la volonté populaire telle qu’exprimée dans les urnes. Alors, la passation de flambeau entre les deux camps se fera sans affrontements violents. Les partisans d’Alassane Ouattara pourront célébrer tranquillement leur victoire et fêter sans entraves. Cette hypothèse relève bien entendu d’un grand optimisme et reste du domaine du souhaitable.

Dans le cas contraire, les affrontements seront inéluctables. Les forces armées s’affronteront et l’onde de choc de ces affrontements pourrait être ressentie au plus profond du peuple. Dans cette hypothèse, tous les efforts doivent être faits pour éviter que les différentes composantes du peuple ivoirien se fassent la guerre, s’entretuent. L’amplification des affrontements ne peut provenir que des partisans les plus belliqueux, généralement les miliciens de Gbagbo Laurent. Pour réduire les risques de survenance d’un tel scénario, il importe que certaines précautions soient prises. La meilleure précaution est de former dans les quartiers un front uni contre ceux qui veulent imposer Gbagbo Laurent en empruntant la voie de la violence en dépit de la volonté populaire largement exprimée contre lui. En général, les gens connaissent les tendances des uns et des autres dans les quartiers. Il faut alors savoir faire la part des choses. Gbagbo est certes un mauvais perdant, mais ce n’est pas une raison de prendre à partie tous ceux qui n’ont fait que voter pour lui même si ceux-ci continuent de tenir un discours affirmant qu’il est le « vainqueur » de l’élection présidentielle. Il faut également éviter à tout prix une guerre entre les nationalités ou entre les religions. Le débat politique arguments contre arguments est plutôt positif. Le front doit par contre être formé pour contrer les éléments violents. Il faut les identifier, les tenir à l’œil, les empêcher d’entrer en action et leur résister farouchement si d’aventure ils se faisaient menaçants.

Les tenants de la légitimité sont assez nombreux à l’heure actuelle pour faire front aux éléments ayant des pratiques fascistes, aux éléments déraisonnables qui croient encore pouvoir imposer Gbagbo au peuple ivoirien qui vient de le sanctionner. Les expériences qui ont déjà fait leurs preuves pour rendre difficilement pénétrables les quartiers et les tenir à l’abri des agresseurs de tout acabit doivent être utilisées et améliorées.

Fait à Abidjan, le 16 décembre 2010.

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire
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  Citer DOXA Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Dec 2010 à 21:10
Message posté par Pedro

Quand aux articles postés ci-dessus, du PCRCI (parti frère du PCOF), c'est sans doute une nouvelle et supérieure étape du marxisme : le marxisme-léninisme-houphouëtisme-ouattarisme...


Un peu de sérieux camarade pedro stp... Le PCRCI a appelé au boycott des ces "élections" et non pas à voter RDHP, lis les textes et analyses produites ces dernières années tu comprendra peut etre mieux leur position (qui peut paraitre ambigue quand on débarque c'est vrai, mais qui ne l'est pas en réalité). T'as réussi à inventer le marxisme-léninisme-maoïsme-gbagboïsme toi ?

Le PCRCI à très bien analysé le processus en cours en cote d'ivoire ces dernières années (c'est leur role de communistes ivoiriens entre autres choses n'est-ce pas), maintenant je vois pas comment on peut reprocher à un parti communiste dont les militants sont kidnappés, torturés et/ou massacrés depuis dix ans par les milices "patriotes" de gbagbo de souhaiter sa chute ainsi que celle de l'impérialisme français et de ses agents qu'ils soient fpi ou rdhp ? Et je répete : le PCRCI n'a jamais fait l'apologie des "forces nouvelles" comme tu semble le croire, il les considèrent comme réactionnaires au meme titre que les "forces de sécurité".

Le FPI à représenté un réel espoir pour les ivoiriens, c'était il y à déja longtemps, et je parle pas dans le vent le secgen du fpi est un ami de la famille... meme si on a pris quelques distances depuis.

Edité par DOXA - 25 Dec 2010 à 21:14
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  Citer Pedro Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Dec 2010 à 09:56
DOXA, j'avais lu la position du PCRCI à l'époque de la guerre civile et je lui reprochais simplement une mauvaise analyse de la situation d'un point de vue ML (puisqu'ils sont ML) : ils ne voyaient pas l'affrontement inter-impérialiste (Françafrique = "rebelles", USA = Gbagbo pour faire chier la France à l'époque de l'Irak) et caractérisaient la situation comme "2 fractions bourgeoises se disputant les faveurs de l'impérialisme français"... comme s'il était concevable que des bourgeoisies de caciques africains aient ce pouvoir !
Là maintenant, je trouve qu'ils vont beaucoup plus loin dans un discours exclusivement anti-Gbagbo, sans presque un mot pour les "rebelles" de Soro, leurs exactions, leurs soutiens françafricains... Ce qui m'a le plus fait bondir je l'ai dit, c'est quand ils égrennent comme "arguments" les scores de Ouattara dans tel et tel département du Nord... mais bordel ! 1°/ comment des communistes africains peuvent ignorer la manière dont se passent les élections là-bas, avec le chef de village qui fait voter tout le monde pour "son" candidat ? 2°/ comment peuvent-ils ignorer les conditions "particulières" (voir ci dessus) dans lesquelles s'est déroulé le scrutin au Nord ? Donc, c'est quoi cet argument ???

Le PCRCI je ne connais pas personnellement, mais je sais que c'est le "jumeau" du PCR "voltaïque" (qui a toujours rejeté le nom de fierté africaine Burkina Faso et préféré l'appelation coloniale de Haute-Volta). Le PCRV est un parti essentiellement de profs, d'intellectuels, sans vrai ancrage dans les masses. Il récitent dogmatiquement Hodja, d'une manière bornée qui les fait ressembler à des trotskistes. Ils ont eu une position très ambiguë sur Sankara, une position de trotskistes. Moi, si je fais mienne la critique maoïste de Sankara, je revendique d'avoir du mal avec ses assassins, qui se retrouvent largement derrière les "rebelles", que ce soit Compaoré, Taylor aujourd'hui en taule, les houphouëtistes et bien sûr les réseaux Chirac.

Je condamne totalement les exactions dont a pu faire l'objet le PCRCI, présent sans doute uniquement au Sud, sans quoi il aurait aussi fait l'objet des exactions des "rebelles". Mais je fais un constat : le ni-ni est périlleux dans une situation comme celle-là. On risque de ne pas se faire que des amis... Dans la mesure où la situation de la Côte d'Ivoire, à 60% contrôlée par les "rebelles" de Chirac-Compaoré et le reste par l'armée française et l'ONUCI-CEDEAO, s'apparente à une occupation.

Gbagbo est un salaud, oui. C'est un réformiste tout ce qu'il y a de plus bourgeois, avec des accents chauvins (qu'ils faut toutefois relativiser dans la situation d'un pays dominé). Survie (voir plus haut) ne le défend pas, et je suis globalement proche des analyses du Survie sur les question africaines.
Mais il ne faut pas oublier qu'en tant que communistes français, notre ennemi principal doit être la Françafrique ! Pour des communistes africains aussi d'ailleurs...
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  Citer Pedro Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Dec 2010 à 10:41
Je voulais aussi te demander, puisque tu connais bien la CI, ce qu'étaient ces "agoras et parlements populaires" dirigés par un certain IDRISS OUATTARA (étrange vu la description de fascistes anti-dioulas des "patriotes").

AllXS : je voulais dire, pendant la guerre civile 2002-2007. Là, la Françafrique (lire les analyses de Survie) c'était clairement les "Forces nouvelles" et les Américains soutenaient Gbagbo pour faire chier Chirac. C'était un front parmi d'autres, d'une grande guerre continentale pour le contrôle de l'Afrique, de la fin des années 80 au milieu des années 2000. Après la rupture, justement, du "pacte" de la guerre froide, où les Américains "sous-traitaient" à la France la défense du "monde libre" en Afrique.
Il y a eu le Libéria et la Sierra Leone : Françafrique = Taylor et RUF (rebelles sierra-léonais) ; Anglo-saxons = gouvernement sierra-léonais et rebelles libériens (LURD et MODEL). Résultat des courses, 400.000 mort-e-s et des milliers de mutilé-e-s.
Il y a eu bien sûr le Rwanda et le Burundi : Hutu = France, Tutsi = US. Il y a eu le Congo-Kinshasa avec d'abord la France soutenant Mobutu et les Américains Kabila, puis France = Kabila et "rebelles" soutenus pas le Rwanda et l'Ouganda = USA. Il y a eu le Congo-Brazza avec US = Lissouba et France = Sassou. Là, en Afrique équatoriale, on est à 6 millions de morts en comptant le Rwanda. A une époque, il y a eu aussi France = Soudan et US = rebelles chrétiens du Sud... Bref.

Tout ça s'est terminé au milieu des années 2000 avec l'arrivée massive de la Chine. Françafrique et Anglo-saxons se sont alors rabibochés. En CI ça a été les accords de Ouagadougou en 2007, par lesquels le "rebelle" Soro a été imposé comme PM à Gbagbo, et des élections avec victoire de Ouattara à la clé autrement dit, les Anglo-saxons ont laissé la CI à la France. Maintenant ils vont probablement envoyer leurs tirailleurs nigérians de l'ECOMOG, Nigeria totalement contrôlé par la Royal Dutch Shell.

Gbagbo est maintenant certainement soutenu par la Chine, car celle-ci est le moteur des BRIC (auxquels pourraient s'ajouter l'Afrique du Sud), l'Angola est son 1er fournisseur de pétrole etc. Le Liban, c'est parce que les libanais ont pris la place des expat's français après novembre 2004, et sont massivement pro-Gbagbo.

Il a aussi gardé quelques amis au PS. Et puis Evanno et Probst, deux françafricains (de droite) de première qui le soutiennent, représentent à mon avis eux-mêmes et un courant marginal des monopoles impérialistes BBR, qui a surtout intérêt à la stabilité : n'oublions pas que Gbagbo contrôle les ports et la CI "utile"... Ils savent aussi qu'à ce petit jeu les rivaux impérialistes de la France pourraient sortir gagnants. Pour eux (c'est explicite chez Probst et Evanno) la connerie c'était de virer Bédié en 99 (d'un commun accord Chirac-Jospin). Bolloré, il me semblait plutôt qu'il s'était fait niquer par Gbagbo sur des marchés publics, et que c'était une des raisons du coup d'Etat/rébellion de 2002...

Ce qui est sûr c'est que Gbagbo est un bourgeois national qui bouffe à tous les rateliers impérialistes, et qu'il est incapable par sa nature de classe de mener la guerre de libération anti-impérialiste qui s'impose. Mais ce sont les masses et en l'occurrence les masses ivoiriennes qui font l'histoire, pas Gbagbo.


Edité par Pedro - 26 Dec 2010 à 13:22
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  Citer Pedro Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Dec 2010 à 10:48
JE NE DIS PAS que je soutiens à 100% ce texte, mais il me semble utile au débat. L'UPC est le mouvement de l'insurrection au Cameroun dans les années 50-60, réprimée par une guerre d'extermination de l'aviation bleu-blanc-rouge (400.000 victimes http://www.lanuitrwandaise.net/documents/videos/la-guerre-revolutionnaire,161.html) :

Où en est la situation en Côte d’ivoire ?

Après un premier tour le 31 octobre 2010, le second tour du scrutin pour élire le Président de la République de Côte d’Ivoire a eu lieu le 28 Novembre2010. Les deux candidats à ce second tour étaient :

- d’une part Laurent Gbagbo, combattant de très longue date pour la démocratie et la justice sociale, président sortant élu en 2000 pour cinq ans, mais qu’une tentative de coup d’état perpétrée le 19 septembre 2002, foireuse mais non entièrement défaite, a empêché de diriger le pays dans la paix, et de mettre en application le programme que lui-même,  son parti le Front Populaire Ivoirien (FPI) et leurs alliés, avaient présenté au Peuple Ivoirien et qui avait valu à M. Gbagbo d’obtenir la confiance et les suffrages populaires.
- d’autre part Alassane Dramane Ouattara, ancien Directeur (Afrique) du Fonds Monétaire International (Fmi) à Washington dans les années 1980, et ancien Premier Ministre de M. Félix Houphouët-Boigny. Monsieur A.D. Ouattara était Directeur (Afrique) du FMI lorsque, dans la décennie 1980 notamment, cet organisme imposait à tous les pays africains dont le Kamerun, sans regrets ni remords, mais avec une arrogance cynique, les fameux « Plans d’Ajustement Structurel (PAS) » qui valurent au FMI le surnom mérité de « Fonds de Misère Instantanée » attribué par un économiste de talent.


La Marche vers l’élection présidentielle et les résultats
Qu’on soit ou non partisan de Laurent Gbagbo et son parti le FPI, qu’on les déteste ou qu’on les aime, on ne peut nier que la voie vers cette élection présidentielle n’a été ouverte que par des démarches qui, empreintes de patriotisme et de lucidité politique, ont conduit à l’Accord dit de Ouagadougou. Un tel accord était inimaginable en septembre 2002, au lendemain du Coup d’état foireux quoique non entièrement défait ; il était encore inimaginable quelques mois plus tard, lors du traquenard en forêt de Marcoussis, cyniquement monté par les néocolonialistes connus en Afrique et au-delà.

Or donc, les démarches qui ont rendu possible l’Accord de Ouagadougou furent un exemple extraordinaire de courage et de lucidité politiques et, en même temps, de patriotisme de la part de Laurent Gbagbo et ses amis et alliés, qui acceptèrent de former un gouvernement avec ceux là même qui avaient pris les armes contre eux. L’Accord de Ouagadougou a été scrupuleusement respecté et appliqué par Laurent Gbagbo et ses amis. Alors que, dans le même temps, les auteurs de la tentative de coup d’état foireuse quoique non entièrement défaite, ont, avec leurs sponsors, refusé jusqu’à ce jour, le désarmement prévu par l’Accord ! Pourtant, malgré ce fait fondamental, qu’aucun chef d’état au monde n’a jamais accepté depuis la nuit des temps, Laurent Gbagbo et ses amis ont accepté que l’élection présidentielle ait quand même lieu, en comptant sans doute sur la maturité et la lucidité du Peuple et un minimum de bonne foi de leurs compatriotes auteurs de la tentative de putsch .

Le 3 décembre 2010, le Conseil Constitutionnel de la République de Côte d’Ivoire, organisme qui, selon la Constitution ivoirienne, est juge d’un éventuel contentieux électoral, et a seul le pouvoir de proclamer en dernier ressort les résultats définitifs de l’élection du Président du pays, a déclaré Laurent GBAGBO élu, après examen de requêtes introduites au lendemain du scrutin et des résultats provisoires rendus publics par la Commission Electorale Indépendante (CEI). Signalons que la CEI, à la suite de ses résultats provisoires, avait déclaré Mr Ouattara élu.

Le spectre  des groupes qui réagissent depuis le 3 décembre 2010
A la suite de ces résultats officiels et définitifs légalement proclamés par le Conseil Constitutionnel, l’opinion africaine et mondiale a assisté et assiste à de nombreuses réactions. En dehors de la Côte d’Ivoire, s’est mise en mouvement pour soutenir A.D.Ouattara, une faune bigarrée où  se côtoient tout à la fois, une Union Africaine (UA) pourtant incapable depuis 10 ans, d’appliquer les dispositions de sa propre Charte (article 14 et autres) sur les coups d’état ; une Organisation des Nations Unies (Onu) qui, depuis 50 ans, ne souffle jamais un mot devant les centaines d’élections grossièrement truquées que de nombreux, trop nombreux dictateurs à travers l’Afrique et aussi en Asie, organisent à répétition ; une Union Européenne (UE) en majorité négrière et hypocrite mais toujours prompte à donner des leçons de morale, de droits de l’homme et de démocratie et patati et patata ; sans oublier un gouvernement américain irrésistiblement attiré par les perspectives pétrolières ouvertes par les récentes découvertes d’hydrocarbures en Côte d’Ivoire et au Ghana voisin.
Ce que tout ce monde veut, en dehors de l’UA, c’est imposer à la tête de la Côte d’Ivoire un Président et un gouvernement de béni oui oui qui, comme dans de nombreux pays africains, vont continuer à permettre l’exploitation séculaire des grandes richesses du pays, le blocage du développement des grandes potentialités qu’il recèle, et le maintien du Peuple et notamment la vaillante jeunesse  ivoirienne dans la misère et la pauvreté. Pour sa part, ce que l’UA veut, c’est que les Peuples Africains et en particulier la jeunesse de tout le Continent, oublient que l’Union Africaine est de plus en plus empêtrée dans la voie de l’impotence qui fut celle de la soi-disant Organisation de l’Unité Africaine (Oua) de 1963 à son autodissolution il y a bientôt 10 ans.
A propos de l’Onu, c’est un  devoir patriotique et panafricain le plus strict pour l’Upc, d’informer la jeunesse de tout le Continent, en rappelant à l’opinion africaine que :

1°) C’est cette même Onu qui se fit complice des néocolonialistes français en mars 1959 en refusant  la proposition raisonnable de l’Upc et des autres patriotes kamerunais, d’organiser avant la proclamation de l’indépendance, des élections générales sous la supervision de l’Onu puisque le Kamerun était un pays sous tutelle de l’organisation internationale ! Les néocolonialistes français ne voulaient pas de ces élections puisqu’ils savaient que  l’Upc aurait alors balayé leurs protégés. L’Onu suivit la position des néocolonialistes, ce qui accoucha du monstre politique que le Kamerun vit depuis 50 ans.

2°) C’est cette même Onu qui approuva de fait, en 1960-61, l’accord secret anglo-français de partage des zones d’influence dans  le Kamerun dit anglais et sabota ainsi la réunification de notre pays qui était un des points clés du programme nationaliste, ce qui se traduisit par le rattachement du « Northern Kamerun » au Nigéria à l’issue d’un scandaleux plébiscite où des dizaines de milliers de citoyens nigérians votèrent sans évidemment en avoir la qualité ni le droit. Tout ceci sans que l’Onu dise un seul mot de désapprobation.

3°) C’est cette même Onu qui, appelée au Congo en juillet 1960 par le gouvernement légitime et légal de Patrice Eméry Lumumba pour l’aider à mâter la rébellion katangaise, se fit plutôt le complice cynique de la neutralisation infâme de Lumumba, suivie de l’assassinat crapuleux de ce dernier et de ses compagnons Okito et Mpolo par le groupe de Mobutu, Tschombe, Munongo, Nendaka et d’autres. Dans ces actes odieux, l’Onu était évidemment de connivence avec  toutes les grandes puissances occidentales qui crient depuis le 3 Décembre 2010 contre Laurent Gbagbo et ses amis en Côte d’Ivoire. Et il faut dire clairement que si M. Ban Kin Moon, Secrétaire Général actuel de cette Onu, persiste dans la voie qu’il semble avoir décidé de suivre depuis quelques jours pour plaire aux ennemis de l’Afrique une fois encore coalisés, il ne sera pas facile pour lui d’échapper à la même fin que son prédécesseur Dag Hammarskjoeld en 1960 au Congo. Car il doit savoir qu’en Afrique, chez les Bantu, « les vivants et les morts nous observent et nous jugent » (Félix Roland Moumié).

La signification  profonde de toutes ces prises de position  sur la situation en Côte d’Ivoire, c’est la volonté farouche, jamais démentie depuis au moins 6 siècles, de poursuivre la domination de notre Continent, l’exploitation des peuples africains, l’écrasement de notre jeunesse dans la misère et la pauvreté tout en persistant dans des discours hypocrites sur « la lutte contre la pauvreté » avec la complicité de l’UA et des dictateurs qui pullulent en son sein.

Quelle position pour les patriotes militants africains ?
Face à la situation actuelle en Côte d’Ivoire, devant  les forces puissantes et farouchement déterminées à écarter du pouvoir les patriotes et toutes les forces dévouées au pays et à toute l’Afrique puis à les écraser ensuite, l’heure n’est plus aux attitudes à la Ponce Pilate, à la recherche des « nombreuses erreurs de Gbagbo et ses amis » (qu’elles soient réelles ou purement imaginaires) ; l’heure n’est pas aux attitudes de spectateurs se contentant de « compter les coups provenant de chaque camp ».
Car ne nous y trompons pas : ce qui se joue depuis 10 ans en Côte d’Ivoire et plus encore aujourd’hui, c’est l’avenir de tous nos pays, et de tout le Continent. Comme au Congo en 1960, comme au Kamerun en 1958-61, ce qui se joue, c’est la question de savoir si  oui ou non, des patriotes dans un pays africain, peuvent   prendre le pouvoir et engager ce pays dans la voie de la vraie libération, de la démocratie réelle, du progrès et de la justice sociale véritable et effective, la voie de la satisfaction progressive des aspirations du peuple de ce pays et de tous les peuples africains.
Au nom des upécistes, et convaincu d’exprimer le sentiment de l’ensemble des patriotes conscients de notre pays, le Bureau du Comité Directeur de l’Upc lance un
Appel Solennel à tous les militants progressistes, à tous ceux qui, en Afrique,  se reconnaissent dans les idéaux du  Panafricanisme Révolutionnaire, dans l’héritage historique toujours actuel légué par la multitude des grands héros africains du 20è siècle : Osagyefo Kwame Nkrumah,  Ruben Um Nyobe,  Didan Kimathy,  Barthélémy Boganda,  Ouezzin Coulibaly,  Patrice Lumumba,  Félix Roland Moumié, Ernest Ouandié, Amilcar Cabral, Eduardo Mondlane,  Samora Machel, Hoji ia Henda, Agostinho Neto, Oliver Tambo, Chris Hani, Cheick Anta Diop, Mongo Beti, etc,etc.
L’Upc  les adjure de prendre rapidement et clairement position sur la situation en Côte d’Ivoire, en soutenant Laurent Gbagbo et ses amis et camarades,  le candidat de La Majorité Présidentielle sortante ayant été légalement proclamé élu par le Conseil Constitutionnel de Côte d’Ivoire.
Depuis le Kamerun, l’Upc appelle spécialement toute la jeunesse à travers tout le Continent, et lui demande d’apporter son soutien multiforme, ferme et fraternel, à la vaillante jeunesse ivoirienne qui a déjà payé très cher son engagement patriotique depuis 8 ans, pour que triomphent les idéaux panafricains d’indépendance et de souveraineté  nationale, de démocratie et de justice sociale
. En 2011, des élections sont aussi attendues au Kamerun, en République Centrafricaine et ailleurs sur le continent. Les donneurs de leçons hypocrites de la soi-disant « Communauté Internationale » autoproclamée vont approuver avec cynisme et hypocrisie tous les tripatouillages déjà entamés auxquels vont se livrer les dictateurs corrompus accrochés parfois depuis plus de 30 ans au pouvoir. Ils enverront des « observateurs impartiaux et neutres, objectifs », qui s’enfermeront dans des hôtels de luxe de Douala, Yaoundé ou ailleurs, puis ils publieront des rapports selon lesquels « certes quelques irrégularités ont été enregistrées ; mais celles-ci sont restées limitées et mineures, et ne furent pas de nature à influencer sérieusement les résultats du  scrutin ». Puis la tragi-comédie reprendra pour 5 ans, 7 ans, 10 ans. L’UA se taira, comme d’habitude.
Aujourd’hui, malgré des difficultés et face à une situation très difficile pour le camp des patriotes véritables en Côte d’Ivoire, les choses ne sont pas confuses du tout. La situation est suffisamment claire pour que chaque Africain puisse se décider et prendre position.
C’est le camp de Laurent Gbagbo et ses amis et leurs alliés, qui incarne des perspectives de marche en avant du Peuple Africain de Côte d’Ivoire et notamment de sa jeunesse ; des perspectives de démocratisation continue du pays, pour laquelle le FPI et ses dirigeants ont vaillamment lutté et subi la répression pendant 30 ans. C’est le camp de Laurent Gbagbo qui représente en Côte d’Ivoire le potentiel le plus solide pour une politique de progrès et de justice sociale. C’est ce camp qui est le camp du vrai passé de lutte et de liberté de l’Afrique, d’un présent de dignité, et d’un futur de souveraineté véritable  de nos peuples et de notre continent : c’est le camp de l’honneur de l’Afrique.
Nous appelons la vaillante et intrépide jeunesse de tout le Continent, les femmes et les hommes de tous les médias d’Afrique, tous les Peuples Africains, à soutenir par tous les moyens à la disposition de chacun, le camp de Laurent Gbagbo et ses amis. Car c’est le camp de l’Afrique éternelle.


Douala, le 5 décembre 2010
Pour le Bureau du Comité Directeur de l’Upc


Docteur Samuel Mack-Kit         
Président de l’UPC    

Professeur Moukoko Priso
Secrétaire Général

Massongo Barnabé Melvin                
Président de la Xe Session                

Mang Louis Marie
Secrétaire de la Xe Session

Tchuanyo Martin                                        
Vice Président                                       

Ekoto Efa Christine
Secrétaire Nationale aux Relations Panafricaines et Internationales

"Laurent Gbagbo, combattant de très longue date pour la démocratie et la justice sociale"
Là c'est un peu idéaliste LOL... On voit qu'ils ne sont pas sur le terrain. Mais le principal n'est-il pas que l'UPC sait particulièrement bien ce qu'une guerre françafricaine veut dire ?

Sinon, pour T34, sais-tu ce que disent les médias "bolivariens" de tout ça ?


Edité par Pedro - 26 Dec 2010 à 18:18
http://www.forum-unite-communiste.org/uploads/3/fuc_faceboock1.pdf
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  Citer Pedro Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Dec 2010 à 14:16
"http://www.africa1.com/spip.php?article5785"

Juste pour dire que ça confirme mon impression que wikileaks sert l'impérialisme... Le "rôle" prétendu de Gbagbo dans la nomination de Villepin PM est absolument GROTESQUE, et du point de vue général (rapport de force entre un pays dominé et un pays impérialiste...) et du point de vue particulier : à cette époque Chirac n'appelait plus Gbagbo que "le connard".
Le jour où on verra des sous-préfets "présidents" africains désigner le Premier ministre en France, je crois qu'on aura tout vu...
A la rigueur, s'il y a une certaine sympathie de Villepin pour Gbagbo, on pourrait considérer Probst et Evanno comme des porte-paroles de la fraction villepiniste des monopoles.

Tout ça pour conclure que "cela fait douter les diplomates sur le fait que le président Gbagbo a respecté l’accord de paix d’Ouagadougou"... Euh... et les 10.000 ou 15.000 soudards de Soro, ils devaient pas désarmer ?

Edité par Pedro - 26 Dec 2010 à 14:17
http://www.forum-unite-communiste.org/uploads/3/fuc_faceboock1.pdf
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  Citer DOXA Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Dec 2010 à 21:03
Risque de guerre civile réactionnaire

Le spectre de la guerre civile réactionnaire plane à nouveau sur la Côte d'Ivoire. Les élections présidentielles qui viennent de s'y tenir n'ont pas permis de régler la question du pouvoir. Les deux candidats et leurs camps respectifs se proclament tous deux victorieux. Ces élections imposées par la communauté internationale et acceptées par le président sortant Laurent Gbagbo ne pouvaient se dérouler dans des conditions élémentaires de sérénité. Organisées dans un pays qui porte encore les stigmates de la division depuis 2002 et où stationnent encore des armées étrangères, en particulier la force française Licorne, elles ont été l'objet de nombreuses irrégularités. Gbagbo et le Conseil constitutionnel de Côte d'Ivoire ont beau jeu de contester les résultats dans la partie nord du pays où son rival a frôlé les 100 % dans de nombreux villages. Mais dans la région de "la boucle du cacao" et dans certains quartiers d'Abidjan, c'est l'inverse qui s'est produit. Les seules élections ne permettent de qualifier aucun des deux candidats.

L'isolement de Gbagbo

Certes, Laurent Gbagbo a dû faire face depuis son élection à la présidence en 2000 à de multiples attaques de ses rivaux et à l'hostilité de l'impérialisme français. Le fait qu'il ne fasse pas partie des réseaux de la Françafrique et qu'il le fasse savoir a pu nourrir quelques illusions chez les progressistes, en Côte d'Ivoire, en Afrique et dans le monde. Mais les déclarations tonitruantes et provocatrices ne fondent pas une politique populaire d'indépendance nationale. Tout au plus flattent-elles une partie de l'opinion publique, et en particulier la jeunesse, exaspérée par la présence obsédante des monopoles français et autres et de l'armée française en charge de leur protection. Car les discours n'ont pas été suivis d'actes concrets. Sur le plan économique, il a poursuivi le bradage des services publics et des secteurs les plus lucratifs aux multinationales françaises et internationales. Il a voulu jouer sur les contradictions inter-impérialistes, mais il a fini par mécontenter tout le monde. Surtout, une telle politique ne peut réussir que si elle prend appui sur les travailleurs et sur le peuple. Or, non seulement il a contribué à diviser le peuple en surfant sur le concept mortifère de "l'Ivoirité" initiée par l'ancien président Bédié, mais il a déchaîné ses sbires du FPI contre les véritables patriotes, contre tous ceux qui dénoncent la gabegie, la corruption et le népotisme, contre ceux qui dénoncent l'appauvrissement des travailleurs et les frasques de la bourgeoisie du cacao et du pétrole. Notre parti frère, le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d'Ivoire (PCRCI), pourtant légal, a été une des cibles privilégiées de cette répression : locaux dévastés, dirigeants molestés, emprisonnés et même liquidés. Dans les faits, L. Gbagbo n'a pas affaibli dans son pays l'impérialisme français. Il a contribué à diviser et à appauvrir les travailleurs ivoiriens. Il a ruiné les espoirs que certains mettaient en lui et même la plupart de ses amis du PS lui conseillent aujourd'hui de passer la main ou de s'entendre avec son rival.

Le soutien de la "communauté internationale" à Ouattara

Alassane Ouattara est le candidat rêvé pour l'impérialisme. Il a fait ses preuves. Haut fonctionnaire dans diverses instances internationales, il a été, entre autres, directeur du département Afrique au sein du FMI et, en tant que tel, chargé de l'élaboration et de l'application des "plans d'ajustement structurel" qui ont largement contribué à bloquer le développement des pays africains et à les ouvrir encore plus à l'appétit des monopoles. Le peuple ivoirien n'a pas oublié que son passage au poste de premier ministre d'Houphouët-Boigny a été marqué par une féroce politique d'austérité et des arrestations massives de syndicalistes ouvriers et étudiants ainsi que des opposants politiques. Choyé et conseillé par l'impérialisme américain, par la Françafrique et par les organismes financiers africains et internationaux, il a pris la tête d'une coalition hétéroclite avec le PDCI de Bédié, celui-là même qui lui avait interdit la nationalité ivoirienne et donc le droit de se présenter comme candidat. Aujourd'hui, il a été rejoint par Guillaume Soro, ex-premier ministre de Gbagbo et ancien chef de la rébellion des Forces nouvelles qui a coupé le pays en deux en 2002. Tout cet assemblage se réclame de l'héritage du "vieux" et a pris le nom de "Rassemblement houphouétiste pour la démocratie et la paix". La Commission électorale indépendante l'a proclamé vainqueur, relayée avec empressement par l'ONU, par les USA, par la France et par les pays de l'UE puis par la plupart des pays africains. Il y a quelque ironie à entendre un Bongo donner des leçons de démocratie aux candidats et vanter le déroulement des élections. Il est vrai que dans ce domaine, il s'y entend ! A l'heure où nous écrivons, beaucoup d'incertitudes et d'inconnues planent sur la situation réelle dans le pays. Pour notre Parti, aucun des candidats n'est à même d'assurer au peuple ivoirien un avenir de progrès social et d'indépendance nationale. Mais la condition première pour y parvenir est d'empêcher aujourd'hui le déclenchement de la guerre civile et l'explosion du pays. C'est pourquoi nous dénonçons les ingérences impérialistes et apportons notre soutien au peuple ivoirien et aux forces progressistes qui combattent la division et l'incitation à la guerre civile réactionnaire.

[Source : http://www.pcof.net/]
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