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Côte d'Ivoire

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Apr 2011 à 03:19

Côte d’ivoire: la société civile appelle au cessez-le-feu

Les troupes d'Alassane Ouattara sont entrées dans Abidjan et encerclent le clan Laurent Gbagbo. Ce dernier a été lâché par les 50.000 policiers et gendarmes de la ville et s'est retranché dans le palais présidentiel et dans la résidence de l'ancien président, gtardé par les forces spéciales de la Garde républicaine et les Cecos, les commandos de forces spéciales (le point de la situation ici). Les populations, elles, prises en étau, payent un lourd tribut à cette crise postélectorale.

"Nous ne souhaitons pas qu’un président élu démocratiquement soit finalement installé au pouvoir par les armes." Ainsi s’exprimait, ce jeudi, Patrick N’Gouan, coordinateur de la Convention de la société civile ivoirienne, lors d’une conférence de presse au siège du CCFD-Terre solidaire, à Paris. Ce militant des droits de l’homme est longuement revenu sur les racines de la crise postélectorale née des proclamations contradictoires des résultats de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. "Ce conflit n’a rien de religieux, de tribal ou d’ethnique : c’est un conflit d’intérêts politiques", a-t-il insisté, en évoquant la longue crise économique dans lequel le pays est plongé depuis 1979 et la "transition désordonnée" vers le multipartisme amorcée dans les années 1990.

Analysant l’offensive lancée par les combattants pro-Ouattara, Patrick N’Gouan a mis en garde contre les intentions de "forces armées dont on connaît mal les contours". "Nous ne voulons pas qu’Alassane Ouattara devienne otage des rebelles, qui ont pillé et commis tant de crimes, d’exactions depuis huit ans. Nous n’avons pas confiance en eux", a-t-il exposé. Avant de plaider pour "la nomination d’un premier ministre qui n’a pas été impliqué dans la belligérance" après le putsch manqué de 2002 qui s’est mué en rébellion, ce qui exclut Guillaume Soro, chef des Forces nouvelles. Aucun scénario de sortie de crise n’est à ses yeux crédible sans "le désarmement effectif des rebelles et le démantèlement des milices".

Dans l’immédiat, la Convention de la société civile ivoirienne appelle à un "cessez-le-feu immédiat". Elle exhorte aussi la mission des Nations unies en Côte d’Ivoire à protéger les populations civiles prises entre deux feux. "L’Onuci se contente trop souvent de venir a posteriori constater les dégâts et compter les morts, a déploré Patrick N’Gouan. Or son mandat lui permet de s’interposer pour protéger les civils."

Rosa Moussaoui

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Apr 2011 à 01:45

Côte d'Ivoire: l'ONU dénonce des exactions contre les civils

L'ONU a indiqué vendredi après-midi craindre de "graves violations des droits de l'homme" commises par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), les pro-Ouattara, en particulier dans l'ouest du pays. Les combats à l'arme lourde se poursuivent à Abidjan autour de la résidence du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo et du palais présidentiel. En parallèle, 500 étrangers ont été accueillis sur un camp de l'armée française. 

  • La bataille d'Abidjan se poursuit

"Ca n'arrête pas de tirer. Les hommes de Gbagbo résistent sur l'ensemble de leurs positions", a déclaré à l'AFP un habitant du secteur de la résidence de M. Gbagbo, dans le quartier de Cocody (nord). "On entend des coups très sourds d'artillerie, des (lance-roquettes) RPG-7, des mitrailleuses lourdes", a-t-il ajouté.

Les combats très intenses entre les militaires fidèles au président sortant et les Forces républicaines d'Alassane Ouattara, reconnu président par la communauté internationale, ont débuté hier soir dans le périmètre de la résidence de Laurent Gbagbo. Ce dernier devrait se trouver dans le palais présidentiel, selon l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire.

Les forces pro-Ouattara ont dit avoir pris au début des combats dans cette zone la télévision d'Etat RTI, symbole du régime. Les affrontements qui avaient démarré vers minuit continuaient aussi dans le quartier du Plateau, qui abrite le palais présidentiel et résonnait du fracas des détonations d'armes lourdes. La bataille d'Abidjan faisait rage au cinquième jour de l'offensive éclair du camp Ouattara vers le sud, qui s'est rendu maître de la quasi-totalité du pays quatre mois après le début d'une crise post-électorale ayant fait depuis fin novembre près de 500 morts, selon l'ONU.

  • Une suédoise de l'ONUCI tuée, les soldats français interviennent

Une Suédoise employée de l'ONU a été tuée jeudi soir à Abidjan par une balle perdue, a annoncé ce vendredi le ministère suédois des Affaires étrangères. Zahra Abidi, âgée de 34 ans, a été atteinte par une balle perdue alors qu'elle se trouvait à son domicile à Abidjan, où elle était employée par l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire

Ce jeudi matin, 500 étrangers ont été accueillis sur un camp des forces françaises. La veille, les soldats de la force Licorne (900 hommes) étaient intervenus à la suite de pillages dans un quartier sud de la ville habités par des ressortissants européens, notamment français, et qui abrite de nombreux commerces. Jeudi soir, les forces des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) ont pris le contrôle de l'aéroport d'Abidjan. Le commandant en chef de l'aéroport, qui avait 100 hommes sous ses ordres, a fait défection du camp du président sortant Laurent Gbagbo et remis le contrôle aux troupes de l'ONU.

  • Exactions contre les civils

Ces violences perpétrées par les forces pro-Ouattara auraient été enregistrées "en particulier dans les régions de Guiglo, Daloa à l'ouest", a détaillé le porte-parole du Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Rupert Colville. Ce dernier a ainsi évoqué des "pillages, des extorsions de fonds, des enlèvements, des arrestations arbitraires et des mauvais traitements de civils".

Appelant les forces en présence à la "retenue extrême", le porte-parole a affirmé: "Il y a eu un nombre d'informations durant la semaine: deux civils auraient été brûlés vifs par des miliciens pro-Gbagbo à Gagnoa (centre-ouest), divers autres civils tués à Abobo", un quartier d'Abidjan théatre d'affrontements entre partisans des deux camps ces dernières semaines.

Il a par ailleurs indiqué que des enquêtes indépendantes avaient été lancées dans le pays pour examiner ces violations des droits de l'homme, précisant que la Cour pénale internationale (CPI, dont le siège est à La Haye) était impliquée dans ce processus.

  • Inquiétudes sur le sort des réfugiés

Quatre mois après le début de la crise post-électorale, les affrontements ont fait au moins 470 morts et déplacé près d'un million de personnes, selon l'ONU, tandis que le Comité international de la Croix-Rouge parle de milliers de blessés. Les agences humanitaires se sont dites vendredi particulièrement inquiètes du sort des dizaines de milliers de déplacés qui ont trouvé refuge à la mission catholique de Duékoué.

"Selon un prêtre (de la mission, ndlr), la majorité des déplacés n'ont pas mangé depuis deux jours et quelque 80.000 rations alimentaires sont nécessaires d'urgence ainsi que des ustensiles de cuisine", a souligné une porte-parole de l'OIM, Jemini Pandya. Selon ce prêtre, il y a aussi un besoin urgent d'enlever des corps qui gisent dans les rues de la ville et à proximité de la mission.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Apr 2011 à 04:35

Côte d'Ivoire: Laurent Gbagbo résiste toujours

Les combats ont repris samedi matin après avoir fait rage vendredi à Abidjan entre les forces du chef d'Etat ivoirien sortant Laurent Gbagbo, qui s'accroche désespérément au pouvoir, et celles de son rival Alassane Ouattara. Le CICR a annoncé vendredi soir qu'au "moins 800" personnes ont été tuées dans des violences intercommunautaires mardi dans l'ouest.

Les Etats-Unis ont appelé vendredi soir la force française Licorne et celle de l'ONU (Onuci) à agir pour "protéger les civils et empêcher tout pillage". A Abidjan, la criminalité explosait à la faveur du vide sécuritaire. Lundi, les Forces républicaines, qui contrôlaient le nord du pays depuis 2002, ont lancé une foudroyante offensive vers le sud, pour mettre un terme à la crise née du scrutin présidentiel contesté du 28 novembre ayant fait, selon l'ONU, près de 500 morts, essentiellement des civils.

  • Gbagbo n'abdiquera pas

Les appels à quitter le pouvoir lancés à M. Gabgbo se sont multipliés vendredi et ce samedi matin, de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) au secrétaire général de l'ONU, à la France, aux Etats-Unis et à l'Union européenne. Mais un porte-parole de Laurent Gbagbo a répété que ce dernier n'"abdiquerait pas".

Au Plateau, quartier du palais présidentiel, les rafales de kalachnikov et les tirs d'arme lourde s'étaient succédé à un rythme soutenu, dont certains d'une très forte intensité faisaient trembler les murs des immeubles, ont constaté des journalistes de l'AFP. Les rues étaient désertes, les habitants restaient terrés chez eux. Même intensité des combats dans le quartier chic de Cocody (nord), dans un large périmètre proche de la résidence présidentielle et de la télévision d'Etat RTI et près du camp militaire d'Agban, dans le quartier voisin d'Adjamé.

Au soir du cinquième jour de l'offensive, le porte-parole du gouvernement de M. Gbagbo, Ahoua Don Mello, a affirmé que son camp avait repoussé l'offensive des "rebelles" et repris la télévision d'Etat RTI, tombée la veille. Le signal de la chaîne avait repris vendredi. Mais Laurent Gbagbo, au pouvoir depuis 2000, gardait le silence, et l'incertitude demeurait sur sa localisation et ses intentions.

  • 900 étrangers sous protection de la force Licorne

Alors que la ville avait été livrée à la violence et aux pillages, entre 800 et 900 ressortissants français et d'autres nationalités ont été accueillis depuis jeudi soir sur le camp de Port-Bouët de Licorne à Abidjan, a indiqué le porte-parole de la force Licorne à Abidjan, le commandant Frédéric Daguillon. "Il y a environ 400 Français mais aussi des Libanais, des Italiens, des Espagnols. Mais une évacuation n'est pas à l'ordre du jour, il s'agit d'une mise à l'abri", a-t-il ajouté. La France déconseille "formellement" les voyages en Côte d'Ivoire, et a porté l'effectif de Licorne à environ 1.100 soldats.

Une Suédoise employée de l'ONU a été tuée par balle jeudi soir à Abidjan, selon le ministère suédois des Affaires étrangères. A Yamoussoukro, capitale politique, un professeur français a été tué par balles dans son hôtel dans la nuit de jeudi à vendredi, sans que l'on sache si sa mort était liée aux combats dans le pays, ont indiqué des sources françaises.

  • Violences intercommunautaires dans l'ouest

Dans le même temps, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) citant des informations recueillies sur place annonçait depuis Genève qu'"au moins 800 personnes" avaient été tuées mardi 29 mars lors de violences intercommunautaires à Duékoué, dans l'ouest de la Côte d'Ivoire. "Il n'y a pas de doute qu'il s'est passé dans cette ville quelque chose d'ampleur sur quoi le CICR continue de récolter des informations", selon le CICR, précisant que les délégués de la Croix-Rouge avaient "eux-mêmes vu un très grand nombre de corps".

"Cet événement est particulièrement choquant par son ampleur et sa brutalité", s'est alarmé la chef de la délégation du CICR en Côte d'Ivoire, Dominique Liengme, citée dans le communiqué.

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Côte d’Ivoire : les tueries se succédent

La bataille d'Abidjan se poursuivait samedi en fin d'après-midi avec d'intenses tirs à l'arme lourde près des derniers bastions du président sortant Laurent Gbagbo, dont les forces ainsi que celles de son rival Alassane Ouattara sont accusées par l'ONU de massacres dans l'Ouest. 

  • 330 personnes tués à Duékoué

Selon la Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci), 330 personnes ont été tuées en début de semaine à Duékoué, dans l'ouest du pays, "la plupart" par des éléments des forces pro-Ouattara. Parmi ces 330 victimes, plus de 100 ont été tuées par des mercenaires de M. Gbagbo dans cette ville, avant qu'elle ne tombe mardi entre les mains des Forces républicaines de M. Ouattara, qui contrôlent la quasi-totalité du pays à l'exception de certains secteurs d'Abidjan après leur offensive lancée lundi. Il s'agit des tueries comptant parmi les plus graves depuis une décennie de crise politico-militaire.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), citant des informations recueillies sur place, a lui affirmé qu'"au moins 800 personnes" avaient été tuées mardi 29 mars lors de "violences intercommunautaires" à Duékoué. "Avant la prise de la ville, ce sont les miliciens et mercenaires qui se sont attaqués aux populations du Nord", c'est-à-dire "les dioulas (grand groupe ethnique du Nord ivoirien, majoritairement musulman) et les ressortissants d'Afrique de l'Ouest", a indiqué Guillaume N'Gefa, chef adjoint de la Division des droits de l'Homme de l'Onuci, citant des "rapports préliminaires".

  • Combats à l’arme lourde à Abidjan

A Abidjan, des tirs nourris d'armes lourdes, notamment de mortiers, ont été entendus samedi à la mi-journée dans le quartier du palais présidentiel après une nuit et une matinée relativement calmes, seulement trouées de tirs très sporadiques. En début d'après-midi, les détonations étaient plus lointaines.

Le palais présidentiel est l'un des derniers bastions des forces pro-Gbagbo dans Abidjan, la capitale économique où sont arrivés jeudi soir des combattants d'Alassane Ouattara, reconnu président par la communauté internationale, après avoir pris la quasi-totalité du pays en venant du Nord. D'intenses tirs à l'arme lourde étaient également entendus près du camp militaire d'Agban, dans le quartier d'Adjamé (nord), selon un journaliste de l'AFP.

  • Contre-attaque des pros Gbagbo

Le camp Gbagbo avait affirmé vendredi avoir repoussé une première offensive des forces de son rival sur le palais présidentiel et la résidence de M. Gbagbo à Abidjan, précisant avoir également repris le contrôle de la télévision d'Etat RTI. Le signal a été rétabli dès vendredi, et la chaîne diffusait des programmes anciens et un clip musical sur des images de campagne de M. Gbagbo. Samedi matin, des militaires fidèles au président sortant ont appelé à l'antenne de la RTI à la mobilisation des troupes pour la "protection des institutions de la République".

Dans ce "communiqué numéro 1 du PC du point d'appui", lu par un militaire accompagné d'une dizaine d'autres, ils demandent aux leurs de rejoindre cinq unités situées à Abidjan. Quant au président sortant, son entourage assure qu'il se trouve avec sa famille dans sa résidence de Cocody (nord de la capitale économique) et qu'il n'a nullement l'intention d'"abdiquer".

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  Citer Pedro Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Apr 2011 à 19:25
Alassane Ouattara tient la Côte d’ivoire…la chasse à l’homme peut commencer (1)

Epuration ethnique anti Wê à Duékoué, le témoignage d’un humanitaire de la région

Ce témoignage est celui d’un habitant de Duékoué exerçant dans l’humanitaire, qui pour des raisons évidentes, préfère garder l’anonymat. Mais qui s’engage sur l’honneur et se dit prêt à témoigner devant n’importe quelle juridiction à l’avenir. Une liste des morts et des disparus de Duékoué est déjà en train d’être constituée pour ce qui apparaît comme le massacre de plus forte ampleur dans l’histoire de la guerre en Côte d’Ivoire.

La prise de Duékoué a eu lieu le lundi 28 mars 2011 par les FRCI. Les journaux qui leur sont proches confirment bien cette date, dans leur parution de lundi et mardi. De même que l’intervention d’Alain Lobognon, porte parole de Soro. Une depêche de l’AFP est verifiable à ce sujet.

Pendant les combats entre les FDS et les pro-Ouattara qui ont lancé l’offensive de l’Ouest, il a pu y avoir des morts dans le quartier de KOKOMAN (Voir Nouveau Courrier d’Abidjan qui parlait de fumée dans ce quartier), où vivent de nombreux partisans de Ouattara. Ce quartier est donc le QG des rebelles iniltrés dans la ville qui lancent leurs attaques à partir de KOKOMAN.

Après la prise de la ville, les FDS ont replié sur Guiglo, en fin d’après-midi de lundi 28 mars 2011, laissant les populations aux mains des rebelles. A Guitrozon et Petit-Duékoué, toutes les populations se sont refugiées en brousse, fuyant d’éventuelles exactions. On se souvient de la centaine de victimes du 1er juin 2005, qui avaient été occasionnés par les mêmes rebelles de Soro. Il en est de même des populations des villages WE de DAHOUA, BAHE, PINHOU et GLAOU qui ont préféré fuir et qui sont à ce jour encore dans les campements.

Dans ces villages, seules les populations du Nord sont en place. Jusqu’à mercredi, la ville de Guiglo, coincée entre Blodequin (occupéepar les rebelles plusieurs jours auparavant) et Duékoué (occupée), et sans défense militaire aucune (les FDS ont décroché vers le SUD en passant par TAÏ) n’était pas prise par les FRCI, à la grande surprise des populations.

On le comprendra dans ce qui suit. Les FRCI tenaient aux massacres des populations du quartier CARREFOUR, soupçonné d’abriter un groupe d’auto défense. Les tueries ont eu lieu dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 mars 2011, dans le quartier “Diaye Bernard” communément connu sous le nom de “CARREFOUR”. En regardant une carte GOOGLE EARTH, on peut localiser ce quartier qui a accueilli près de 9 mille réfugiés, suite aux conflits de janvier 2011 à DUEKOUE. Il est situé à l’entrée de la ville de DUEKOUE, le long de l’axe ISSIA-DUEKOUE-MAN. Il est limité à l’EST (axe Duékoué-Issia) par une zone marécageuse qui donne sur la scierie NSD-THANRY et le camp de l’ONUCI.

A l’OUEST, le quartier est bordé par les marécages du GUEMON. Ce sont ces marécages qui isolent ce quartier du centre ville. Le NORD du quartier est traversé par la route non bitumée Duékoué-Bagohouo-Kouibly. Le Nord est donc en zone rebelle, puisque le poste FDS est implanté dans le quartier. Le sud du quartier est la voie bitumée ISSIA-DUEKOUE-MAN. Pour l’attaque de Duékoué, les rebelles sont arrivées par Guitrozon , en provenance de Man et de Bangolo. Une seconde colonne est arrivé par la voie Kouibly-Bagohouo-Duékoué.

L’objectif était de bien cerner la ville et neutraliser les postes de contrôle FDS. Un 3ème groupe s’est attaqué aux villages de l’axe DUEKOUE-ISSIA afin de tenir le stratégique pont de GUESSABO. Cela a si bien marché que les FDS n’ont pas pu replier par DALOA ou ISSIA comme cela se devait, mais pluôt par Guiglo, s’enfermant ainsi dans une souricière (Duékoué et blodequin occupés).

Ce qui les a obligé à descendre au Sud par la ville de TAÏ. La prise de GUESSABO a aussi empêché toute arrivée de renfort à partir de DALOA, ce pont étant le passage obligé de tout renfort, qu’il vienne de Yamoussoukro, Daloa, Issia ou Gagnoa. Une fois la ville conquise le lundi 28 mars, les pillages ont commencé dans la nuit du lundi et se sont poursuivis toute la journée du mardi 29.

Les populations étaient toutes terrées chez elles, les rebelles tirant pour couvrir leurs forfaits. Ainsi ont été pillés les hôtels Ermitage, Matchaix et Monhessea. Il en fut de même pour tous les domiciles des FDS (qui ont quitté la ville) et de tous les cadres proches de Gbagbo.

Au cours des combats, des véhicules appartenant au riche commerçant DEMBA, d’origine malienne ont été brûlés. Au moins 7 gros camions, communément appelés remorques et servant au transport de cacao. Dans des circonstances non encore élucidés, l’imam Konaté, connu pour ses efforts de paix et de rassemblement et proche des cadres LMP de la région et du ministre Issa Coulibaly Malick, ex-DNC de Gbagbo, a été tué à son domicile.

Dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 mars 2011, les rebelles ont bouclé le (carré du) quartier CARREFOUR. Il a suffit pour cela de se positionner tout le long de l’axe DUEKOUE-ISSIA (Au Sud) et d’occuper de la même façon le Nord du Quartier. les zones EST et Ouest étant marécageuses, donc peu propices à la fuite, quelques rebelles suffisaient à empêcher toute sortie du quartier. Le reste de la troupe pouvait donc investir le quartier et se livrer à l’exécution de tout mâle ne parlant pas malinké (ethnie du Nord de la CIV).

Les WE, autochtones de DUEKOUE ont donc été systématiquement massacrés, au seul motif de leur appartenance ethnique. En fait, une grande campagne d’intoxication avait fait croire que le quartier “CARREFOUR” abritait des combattants. Surpris de ne pas y trouver d’armes, les FRCI ont donc cru que celles-ci avaient été cachées. D’où la sélection des mâles à massacrer; Le CICR parle de 867 morts. Mais les disparus, les tués en brousse portent ce nombre à au moins 1200 personnes.

L’objectif est de modifier le rapport démographique et électoral en faveur du RDR, dans cette région stratégique et riche, mais où les conflits fonciers sont un grand souci pour les autorités politiques. Il convient de signaler que, devant l’ampleur des massacres et l’émoi créé, l’ONUCI s’est vue obligée de désarmer le samedi 2 avril 2011, à 15H, les rebelles postés au corridor de Guitrozon. “Pourquoi, tuez-vous tant de personnes?” s’est exclamé l’oficier marocain de l’ONUCI.

A Petit-Duekoué, le même samedi vers 14H, deux rebelles qui avaient abattu sommairement des villageois ont été abattus, après sommation, par l’ONUCI.

(via le blog de Théophile Kouamouo)

Comme on le voit donc, les massacres ne peuvent pas avoir commis par nulle autre force que celle des FRCI. Les organisations internationales doivent refuser de se discréditer. La prétendue découverte de charniers par les pro-Ouattara à l’Ouest est une façon de se sortir de cette mauvaise passe. A Abidjan et sur tout leur passage partout dans le pays, les pillages ont été systématiques dans les zones conquises par les FRCI. Tant que les FDS contrôlaient Cocody et Angré aucun pillage n’a été signalé. Mais SOCOCE, le plus grand Supermarché de Côte d’Ivoire vient d’être pillé, dès l’occupation des II Plateaux.



Alassane Ouattara tient la Côte d’ivoire…la chasse à l’homme peut commencer (2)

Pro-Ouattara/exactions: l’ONU inquiète

L`ONU a indiqué craindre des “graves violations des droits de l`homme” commises par les Forces républicaines de Côte d`Ivoire (FRCI), les pro-Ouattarra, en particulier dans l`ouest du pays.

“Nous disposons d`informations non confirmées faisant état de graves violations des droits de l`homme commises par les Forces républicaines de Côte d`Ivoire, les forces pro-Ouattarra”, a déclaré aux médias le porte-parole du Haut commissariat de l`ONU aux droits de l`homme, Rupert Colville.

Ces violences auraient été enregistrées “en particulier dans les régions de Guiglo, Daloa à l`ouest”, a-t-il détaillé. Le porte-parole a ainsi ESPACE PUBLICITAIRE évoqué des “pillages, des extorsions de fonds, des enlèvements, des arrestations arbitraires et des mauvais traitements de civils”.

Au quatrième jour d`une offensive éclair, les forces d`Alassane Ouattara, président reconnu par la communauté internationale après l`élection de novembre, ont pris le contrôle de quasiment tout le pays, à l`exception de bastions de fidèles de Laurent Gbagbo à Abidjan. Le porte-parole du Haut commissariat a appelé les forces en présence en Côte d`Ivoire à la “retenue extrême”, expliquant que les forces qui soutiennent M. Gbagbo continuent d`enfreindre les droits de l`homme.

Source: Le Figaro

LES ASSASSINATS CIBLÉS EUX AUSSI ONT DÉBUTÉ

Le village du Ministre Charles Blé Goudé Kpogrogbré (GUIBEROUA) a été totalement Brûlé par les Rebelles de Ouattara, on enregistre des épurations ethniques, des femmes violées et égorgées, jeunes et vieux tués. Le Bilan est Lourd et ce Bilan là est le Trophée de la Guerre de Ouattara et de ces Fans d’ici et d’ailleurs qui s’en réjouissent. (via)

Philippe Raymond, un français, proche de Gbagbo et militant pour la sortie de la Côte d’Ivoire de la zone franc CFA exécuté par les hommes de Ouatarra à Yamoussokro le 2 avril 2011.

Il s’agit de Philippe Raymond, professeur à l’INP-HB de Yamoussoukro. Il a été assassiné hier par les rebelles pro-ouattara qui occupent actuellement la ville de Yamoussoukro. Son seul crime, c’est d’être pro-Gbagbo. Dans la vidéo qui se trouve juste en-dessous, vous avez la raison pour laquelle il est jugé pro-Gbagbo et surtout la raison pour laquelle les hommes de Soro et de Ouattara ont jugé bon de mettre fin à sa vie, sans doute sur ordre de l’Elysée. C’était lors d’une émission à la RTI “Raison d’Etat” dans laquelle il avait dit sa part de vérité sur la situation en côte d’ivoire.

(via)

Enfin, extrait d’un mail reçu ce jour d’un informateur de l’intérieur :

[…] depuis hier dans les villes de Irié (vile du pdt du conseil constitutionnel ivoirien ) et Lakota : les personnes pro gbagbo duement listées ont été exécutees et leurs bien pillés. Ce même jour à Divo des personnes des personnes figurant sur une liste ont été exécutées par les hommes de Monsieur Ouattara. Le village du ministre en charge des handicapes du gvt Gbagbo a été pillé et ceux qui n’ont pu fuir executés. La suite pour demain” j’ajouterai que le gouvernement Gbagbo est multiethnique et que ça promet donc de beaux Oradours.

Chasse à l’homme des pro-Ouattara : partie 1


http://www.forum-unite-communiste.org/uploads/3/fuc_faceboock1.pdf
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Apr 2011 à 23:28

Côte d'Ivoire: le camp Ouattara accusé de massacres

Le camp d'Alassane Ouattara doit se défendre d'accusations de massacres dans l'ouest du pays. A suivre aussi le fil du jour.

Lundi, au lancement d'une offensive sur le Sud qui les a conduits en quelques jours jusqu'aux bastions du président sortant Laurent Gbagbo à Abidjan, les Forces républicaines (FRCI, pro-Ouattara) avaient attaqué la ville de Duékoué, carrefour stratégique de l'Ouest. Après de très durs combats, la ville tombait mardi aux mains des FRCI. Vendredi soir, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a créé un choc en annonçant, sur la base d'informations recueillies sur place, qu'"au moins 800 personnes" avaient été tuées à Duékoué dans cette seule journée. Il évoquait sans plus de précision des "violences intercommunautaires".

  • L'Onuci vise les "dozos"

L'ONG catholique Caritas a de son côté fait état d'"un millier" de tués ou de disparus, mais n'a pas désigné non plus de responsables. Mais samedi l'Opération de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci), qui reconnaît M. Ouattara et assure même la protection de son QG du Golf hôtel, a clairement accusé ses troupes. Si son premier bilan, qui devrait être revu à la hausse après l'enquête en cours, évoque "330 morts" de lundi à mercredi, dont 100 tués par des "mercenaires pro-Gbagbo", l'Onuci a affirmé que "la plupart" des victimes ont été "exécutées par les +dozos+ (chasseurs traditionnels du Nord) des FRCI".

La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) a "confirmé l'existence de massacres dans la ville de Duékoué", mais selon elle le total de "plus de 800 personnes exécutées" correspond aux exactions de quatre mois de crise post-électorale. "Nous avons des retours réguliers de nos sources que les exécutions se poursuivent", a souligné un responsable du bureau Afrique de la FIDH, Florent Geel.

  • Ouattara pointe les mercrenaires de Gbagbo

Gravement mises en cause, les forces pro-Ouattara ont assuré avoir tué "des miliciens et pas des civils". "Laurent Gbagbo avait plus de 800 mercenaires libériens et miliciens, souvent des jeunes de la région", a affirmé la porte-parole de M. Ouattara, Anne Ouloto. De nombreux témoignages ont fait état de tueries commises par des mercenaires libériens et des miliciens pro-Gbagbo dans la région au long de la crise post-électorale. A Duékoué, l'Onuci a d'ailleurs indiqué avoir découvert un puits dans le QG d'un chef milicien contenant "beaucoup de corps".

L'horreur des derniers jours dans la zone n'est cependant "pas une surprise", souligne Rinaldo Depagne, de l'organisation International Crisis Group (ICG). La région a été "infectée par la guerre civile au Liberia" voisin (1989-2003), rappelle-t-il. Des mercenaires libériens ont été recrutés par le camp Gbagbo et les rebelles (qui forment à présent le gros des FRCI) lors des combats de 2002-2003 qui ont abouti à la partition Nord-Sud de la Côte d'Ivoire. Et le "Grand Ouest" connaît depuis des années des violences intercommunautaires. S'opposent d'un côté les autochtones d'ethnie guéré (réputés pro-Gbagbo) et de l'autre les Ivoiriens du Nord et les Ouest-Africains, considérés comme pro-Ouattara, sur fond de conflits fonciers dans cette grande région cacaoyère.

Politiquement, l'effet des accusations contre le camp d'Alassane Ouattara, considéré à l'extérieur comme le président légitime, pourrait être dévastateur. "Ca risque de le discréditer", s'inquiète une source onusienne. "Ca va le suivre", prédit un humanitaire. La France et M. Ouattara ont appelé samedi à "la plus grande retenue" et à éviter "toute violence à l'encontre des civils".

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Côte d'Ivoire: Ouattara se défend, Sarkozy consulte

Dans L'Humanité, ce lundi 4 avril, le point complet sur le chaos en Côte d'Ivoire, entre la bataille d'Abidjan et les présomptions de massacres dans l'ouest du pays. Le décryptage de l'historienne Catherine Coquery-Vidrovitch: "C'est avant tout un conflit foncier". L'attitude de la France qui renforce sa force Licorne et tient l'aéroport d'Abidjan. Notre édito: "Toujours du sang!"

Suivez ici les événements de ce dimanche. La bataille d'Abidjan s'enlise. Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo résiste et mobilise autour de ses bastions, alors que son rival Alassane Ouattara fait face à des accusations de massacres de centaines de civils dans l'Ouest.

18 heures. Les premières évacuations d'étrangers fuyant le chaos ivoirien ont démarré à Abidjan, où l'armée française a pris le contrôle de l'aéroport de la ville livrée aux pillages et aux combats autour des derniers bastions du président sortant Laurent Gbagbo. Redoutant pour leur sécurité, 167 étrangers, dont des Français et des Libanais, ont quitté Abidjan pour Dakar, via Lomé, a indiqué à l'AFP le porte-parole de la force française Licorne, le commandant Frédéric Daguillon.

16 heures 30. La réunion sur la Côte d'Ivoire autour du président Nicolas Sarkozy a débuté, après l'arrivée à l'Elysée de Gérard Longuet, ministre de la Défense, et d'Edouard Guillaud, chef d'état-major des armées. Le Premier ministre François Fillon et le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé sont représentés par leurs directeurs de cabinet.

16 heures. Alassane Ouattara a démenti une nouvelle fois les accusations selon lesquelles ses partisans auraient participé au massacre de vendredi dans la ville de Duékoué, lors d'une conversation téléphonique avec Ban Ki-Moon a rapporté ce porte-parole. Il a déclaré qu'il avait demandé une enquête sur ces faits.

15 heures 20. L'assaut final des combattants pro-Ouattara contre le palais et la résidence présidentielle n'a toujours pas eu lieu. Des tirs sporadiques d'armes lourdes étaient entendus dimanche matin, notamment au Plateau, coeur du pouvoir, abritant le palais. On ne savait toujours pas avec certitude où se trouvait M. Gbagbo.

14 heures 30. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, demande au clan Ouattara de faire faire arrêter les massacres

13 heures. La télévision d'Etat ivoirienne contrôlée par le président sortant Laurent Gbagbo diffusait dimanche de violents messages contre la France. "Le génocide rwandais se prépare en Côte d'Ivoire par les hommes (du président français Nicolas) Sarkozy. Ivoiriennes, Ivoiriens, sortons massivement et occupons les rues", lançait un bandeau défilant. "L'armée française occupe l'aéroport Félix Houphouët-Boigny (d'Abidjan), nous sommes en danger", affirmait un autre bandeau.

Midi. Plus de 1500 étrangers, dont 700 Français, se trouvent sous la protection des forces françaises dans le camp Licorne.

11 heures 20. Nicolas Sarkozy tiendra "dimanche en milieu d'après-midi au Palais de l'Elysée, une réunion pour faire un nouveau point sur la situation en Côte d'Ivoire", a annoncé la présidence dans un communiqué.

9 heures. La France a dépêché 300 soldats supplémentaires en renfort en Côte d'Ivoire tandis que les forces françaises de l'opération Licorne ont pris le contrôle de l'aéroport international d'Abidjan, a annoncé dimanche à l'AFP le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major des armées à Paris.

8 heures 30. L'ONG Médecins sans frontières s'alarme du nombre de nouveaux blessés affluant dans les structures médicales de l'ouest du pays, signe que les "violences continuent dans la zone" six jours après le début de l'offensive des pro-Ouattara. "La situation reste extrêmement tendue et violente dans et autour de plusieurs villes de l’ouest", poursuit l'ONG, notamment à Danané, Man et Bangolo. "Le nombre de nouveaux blessés est extrêmement inquiétant et indique que des violences continuent dans cette zone. Les tensions intercommunautaires sont extrêmement vives et les violences sont présentes et graves", insiste le responsable des urgences de MSF, Renzo Fricke.

6 heures. Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo doit "se retirer immédiatement", a déclaré dimanche matin la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton. "Gbagbo pousse la Côte d'Ivoire vers l'anarchie", a-telle ajouté, soulignant la "grave préoccupation" de Washington face à la "situation dangereuse et qui se dégrade" dans ce pays ouest-africain, notamment les informations sur des massacres à grande échelle dans l'ouest.

5 heures. Le camp d'Alassane Ouattara, reconnu président ivoirien par la communauté internationale, doit se défendre d'accusations de massacres dans l'ouest du pays, un "Far West" déchiré par les violences depuis des années. Lire la suite ici...

Nuit de samedi à dimanche. A Abidjan, en soirée, la situation était redevenue calme. Les combats de la journée de samedi n'ont, semble-t-il, guère fait bouger les lignes. Le palais est l'un des derniers bastions des forces pro-Gbagbo dans la capitale économique. Quatre Casques bleus de l'Onuci ont été "grièvement blessés" samedi "dans les environs" du Plateau par des militaires de Laurent Gbagbo, selon la mission onusienne.

Le camp Gbagbo avait affirmé vendredi avoir repoussé une première offensive des forces de son rival sur le palais présidentiel et la résidence de M. Gbagbo, précisant avoir également repris le contrôle de la télévision d'Etat RTI. Le signal a été rétabli dès vendredi, et samedi matin des militaires fidèles au président sortant ont appelé à l'antenne à la mobilisation des troupes pour la "protection des institutions de la République". Un appel a aussi été lancé pour que les partisans de M. Gbagbo forment un "bouclier humain" autour de sa résidence. Quant au président sortant, son entourage assure qu'il se trouve avec sa famille dans sa résidence de Cocody (nord) et qu'il n'a nullement l'intention d'"abdiquer".

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Apr 2011 à 00:41

Côte d'Ivoire : l'Onu tire sur le palais présidentiel

La bataille d'Abidjan s'intensifie. Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo résiste et mobilise autour de ses bastions, alors que son rival Alassane Ouattara fait face à des accusations de massacres de centaines de civils dans l'Ouest. Selon François Danel, directeur général de l'ONG Action contre la faim (ACF), "des centaines de personnes ont été massacrées" fin mars à Duékoué, dans l'ouest du pays. Au cours d'une réunion à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a décidé "le regroupement sans délai" de tous les Français vivants à Abidjan. --> Revivez les événements de la journée de dimanche.

20h30. Les soldats français et les troupes de l'ONU conduisent des opérations militaires pour neutraliser les armes lourdes utilisées par les forces de Laurent Gbagbo contre la population civile et le personnel des Nations unies, a annoncé l'Elysée ce lundi soir. Des hélicos onisiens attaquent aussi, depuis 20h (heure française) un autre site. Il s'agirait du camp d'Akouédo. Par ailleurs, d'autres témoins font état de tirs dirigés vers le palais présidentiel et sur la résidence de Laurent Gbagbo. Dans un communiqué, l'Elysée indique que cette intervention répond à une requête du secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon, qui a sollicité l'aide de la France dans une lettre à Nicolas Sarkozy.

19h00. Selon la radio Europe 1, cinq personnes dont au moins deux Français ont été kidnappés vers 16h à l'hôtel Novotel  d'Abidjan.

17h30. Environ 250 étrangers ont quitté Abidjan ce lundi, indique l'armée française.

17h10. L'"offensive" des forces d'Alassane Ouattara contre les derniers bastions tenus à Abidjan par le président sortant Laurent Gbagbo a été lancée lundi, a affirmé le porte-parole de Guillaume Soro, Premier ministre d'Alassane Ouattara. "A 13H00 (locales et GMT), les mouvements ont commencé à travers quatre grands corridors. Nous sécurisons pendant notre passage. L'objectif, c'est de converger vers le Plateau (centre) et Cocody (nord). C'est l'offensive qui est lancée", a ajouté le porte-parole, Sidiki Konaté.

15h40. Les forces d'Alassane Ouattara sont en train de lancer l'offensive contre les troupes de son rival Laurent Gbagbo à Abidjan, selon Reuters.

14h20. La Commission européenne appelle Alassane Ouattara et le Laurent Gbagbo à "protéger les civils" et à tout faire pour éviter de faire basculer "davantage" leur pays dans la guerre civile.

14h00. Les forces armées fidèles au président sortant Laurent Gbagbo "assurent la sécurité des Français vivant en Côte d'Ivoire", a affirmé lundi la télévision d'Etat RTI contrôlée par M. Gbagbo alors que des "regroupements" de Français sont en cours à Abidjan.

12h50. Le regroupement des Français était en cours sur trois points de la capitale Abidjan, à savoir le camp militaire de Port-Bouët, l'ambassade de France et un hôtel du sud de la ville, a déclaré le ministère français des Affaires étrangères, Alain Jupé.

12h40. Le Premier ministre français François Fillon a déclaré, lors d'un déplacement en Allemagne, qu'il n'y aurait pas "pour le moment" d'évacuation des Français de Côte d'Ivoire, affirmant qu'on était toujours "dans une phase de regroupement". Interrogé par des journalistes sur la situation des Français de Côte d'Ivoire en marge d'une visite à Bückeburg en Basse-Saxe, le chef du gouvernement a déclaré: "On est toujours dans une phase de regroupement", avant d'ajouter: "On ne parle pas d'évacuation pour le moment".

12h20. L'état-major des armées françaises annonce l'envoi de 150 hommes supplémentaires pour protéger les civils. Ce renfort porte le contingent des forces françaises présentes dans le pays à 1 650 hommes.

10h30. Seuls quelques tirs sporadiques d'arme lourde étaient entendus lundi matin à Abidjan, ont rapporté des habitants et des journalistes de l'AFP. Dans le quartier du Plateau (centre), où se trouve le palais présidentiel, quelques tirs étaient entendus au loin. Des jeunes femmes et enfants se hasardaient dans les rues désertes pour aller chercher de l'eau, plusieurs secteurs subissant des coupures. A Cocody (nord), quartier résidentiel abritant la résidence présidentielle, même constat: "On a bien dormi. On n'a pas entendu grand chose à part quelques tirs sporadiques", selon un habitant.

9h30. Ally Coulibaly, ambassadeur de Côte d'Ivoire en France nommé par Alassane Ouattara, a estimé lundi que la Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) était aux "abonnés absents" lors des massacres signalés dans l'ouest du pays. "L'Onuci nous dit qu'il y a des massacres mais où l'Onuci était-elle ? L'Onuci n'était pas en place quand les forces républicaines sont arrivées, l'Onuci était aux abonnés absents, on ne peut pas après venir porter des accusations (...), chercher à ternir l'image du président Alassane Ouattara", a-t-il dénoncé sur la radio France-Info.

9h10. L'assistant du secrétaire général de l'ONU chargé des droits de l'homme, Ivan Simonovic, est à Abidjan pour "évaluer la situation générale" après le massacre à Duékoué de plusieurs centaines de personnes, a indiqué lundi la mission de l'ONU à Abidjan. A son arrivée dimanche, il "a exprimé sa vive préoccupation par rapport à la détérioration de la situation des droits de l'homme entachée de massacres à l'Ouest et de nombreuses exactions contre les populations civiles", selon un communiqué de la Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci).

2h30. Le chef de l'armée de Gbagbo, la général Mangou, a quitté l'ambassade sud-africaine (source diplomatique) et a rencontré le président sortant à sa résidence d'Abidjan.

1 heure. "Des centaines de personnes ont été massacrées" fin mars à Duékoué et les "exactions continuent", déclare François Danel, directeur général de l'ONG Action contre la faim. "Je confirme qu'il y a eu des massacres de centaines de personnes à Duékoué" entre le 27 et le 29 mars, a précisé M. Danel, après s'être rendu dimanche dans cette ville de l'ouest de la Côte d'Ivoire.

 


Edité par T 34 - 05 Apr 2011 à 23:17
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Apr 2011 à 17:06

Côte d'Ivoire: le PCF exige l'arrêt immédiat de l'engagement militaire français
05 04 11



En participant directement aux intenses combats militaires ivoiriens opposant Allassane Ouattara et Laurent Gbagbo
, la France choisit l'escalade, la politique de force et la guerre, en se masquant derrière une demande de l'ONU.
Rarement les Nations-Unies, dont la Charte bannit explicitement le recours à la force, auront été à ce point instrumentalisées pour tenter de justifier, depuis le début de la crise, le refus systématique et consternant d'une issue politique négociée qui restait possible malgré les difficultés.
Les Communistes français expriment leur grande inquiétude devant une situation aussi dangereuse pour le peuple ivoirien et pour toutes les personnes expatriées françaises et de toutes nationalités vivant en Côte d'Ivoire.
Le PCF exige l'arrêt immédiat de l'engagement militaire de la France. Les autorités françaises doivent provoquer une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, en présence de l'Union africaine, pour que soient définies les conditions d'un cessez-le-feu et d'un processus conduisant à une solution politique.

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Edité par T 34 - 06 Apr 2011 à 01:15
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Éditorial Par Jean-Emmanuel Ducoin

Toujours du sang !

  Dans une guerre civile, la victoire même est toujours une défaite. Les partisans d'Alassane Ouattara se souviendront-ils de cette évidence quand, dans quelques jours, quelques semaines, ils se partageront tous les postes qu'occupent actuellement les derniers fidèles de Laurent Gbagbo ? Poser cette question en ces heures absolument tragiques pour toute la Côte d'Ivoire peut paraître bien dérisoire - sauf à oublier que, au moment d'une victoire par les armes, quelle qu'elle soit, il convient toujours d'anticiper la suite des événements pour que des drames ne s'ajoutent pas aux drames. En effet, les jours qui viennent de s'enchaîner dans tout le pays et singulièrement à Abidjan, où se terre le président sortant, ont de quoi écourer tout humain digne de ce nom connaissant un peu la situation vécue par les Ivoiriens depuis une décennie au moins.  

Puisque ces temps-ci les armes ne veulent décidément pas se taire, cette confrontation horrible, avec ses meurtres aveugles et ses massacres de masse d'un côté comme de l'autre, aura des prolongements durables pour tous les Ivoiriens et au-delà. Comment oublier que l'effort multilatéral entrepris depuis 2003 avec l'ensemble des États africains a été réduit à néant depuis le dernier scrutin, alors qu'une solution politique de réconciliation était en marche ? En ce domaine, la lucidité est tout le contraire de la naïveté. Discrédité par ses actes de violences et par sa stratégie suicidaire (pour son peuple) du « seul contre tous les impérialistes », ce n'est pas prendre position pour Laurent Gbagbo que de rappeler comment et pourquoi les pressions de la « communauté internationale » l'ont poussé à un raidissement. Rappelons-nous par exemple que la « certification » de la victoire d'Alassane Ouattara par le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Côte d'Ivoire, le Sud-Coréen Choi Young-Jin, fut juridiquement ambiguë, puisque les Nations unies n'avaient pas sollicité une telle responsabilité et que cette « certification » fut prise au lendemain de la proclamation du Conseil constitutionnel donnant Laurent Gbagbo vainqueur. Beaucoup y ont vu la « main des Occidentaux ». Hélas, comment pouvait-il en être autrement ?

Après quatre mois d'une crise postélectorale qui ont laissé le pays exsangue et meurtri par les violences, Alassane Ouattara, ex-directeur Afrique du FMI, a donc pris le dessus, en s'appuyant en grande partie sur les combattants armés de l'ex-rébellion. D'ailleurs, histoire de se convaincre qu'il nous faut regarder cette guerre civile tout en complexité, ne nous étonnons pas que le chef de l'ONU, Ban Ki-Moon lui-même, ait exhorté hier Ouattara de prendre « des mesures contre les massacres » perpétrés par ses troupes. La raison est restée étrangère à ce conflit. Et autant le dire, les événements récents ne vont rien arranger. Encouragée par Nicolas Sarkozy en personne, la solution militaire est la seule en vigueur et lorsque nous avons appris, hier, que les forces françaises de l'opération « Licorne » avaient pris le contrôle de l'aéroport international d'Abidjan - comme au bon vieux temps - et que la France avait dépêché 300 soldats en renfort, nous nous sommes dit que ce symbole laisserait de nouvelles traces indélébiles.

 Tous ceux qui ont poussé dans la voie de la confrontation, au mépris de ses risques et de ses conséquences, portent d'ores et déjà une lourde responsabilité. Sur ces terres chargées d'histoires mémorielles, il n'y a rien de pire que le soupçon d'ingérence et de partialité.

Jean-Emmanuel Ducoin


 
En direct : Laurent Gbagbo négocie son départ
 
La bataille d'Abidjan, engagée le 31 mars au soir par les forces d'Alassane Ouattara, a changé de dimension avec l'entrée en scène lundi des Nations unies et de la France, plus de quatre mois après le début d'une crise post-électorale. Paris a indiqué que le départ du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo était imminent et que des négociations étaient engagées pour sa "reddition", au lendemain de frappes de la France et de l'ONU à Abidjan contre ses derniers bastions. (Retrouvez les événements d'hier)

17h20. La France exige que Gbagbo signe un document de renonciation au pouvoir, affirme Alain Juppé.

15h30. Le violent conflit en Côte d'Ivoire pourrait s'étendre à l'ensemble de l'Afrique de l'ouest, notamment au Liberia et au Burkina Faso, avertit le Haut commissaire de l'ONU pour les réfugiés Antonio Guterres.

15h10. La France est à "deux doigts" de convaincre Gbagbo de quitter le pouvoir affirme Alain Juppé. Le Premier ministre français François Fillon a déclaré que "deux généraux proches de l'ancien président" ivoirien Laurent Gbagbo étaient actuellement "en train de négocier les conditions d'une reddition".

14h15. Gbagbo "retranché" dans un "bunker" dans sa résidence (ONU)

13h45. "Nous avons demandé au général commandant l'Onuci un cessez-le-feu" (chef de l'armée de Gbagbo à l'AFP)

13h25. "Nous avons arrêté les combats" (chef de l'armée de Gbagbo, à l'AFP)

13h00. La Russie a dit "étudier la légalité" des frappes de l'ONU et de la France à Abidjan.

--> Le PCF exige l'arrêt immédiat de l'engagement militaire français

12h50. Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo se trouve mardi avec sa famille dans sa résidence d'Abidjan, qui est "en train d'être attaquée" par les forces d'Alassane Ouattara, a déclaré Alcide Djédjé, ministre des Affaires étrangères de Gbagbo, qui a fait défection.

12h40. Un important ministre de Gbagbo réfugié chez l'ambassadeur de France

12h00. Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, replié dans ses derniers bastions à Abidjan, "n'en est pas" à envisager "pour le moment" une reddition, a affirmé mardi à l'AFP le porte-parole de son gouvernement Ahoua Don Mello.

11h50. L'Onu fait état d'une situation humanitaire "absolument dramatique" à Abidjan.

11h30. Des dizaines de personnes ont trouvé la mort dans les combats à l'arme lourde qui se sont déroulés ces derniers jours dans la capitale économique ivoirienne Abidjan, indique le Haut commissariat de l'Onu aux droits de l'homme faisant état d'informations recueillies sur place.

9h30. Un gendarme français du GIGN assurant la protection de la résidence de l'ambassadeur de France à Abidjan a été blessé à la cuisse par des éclats de balle ou de roquette lundi soir, a-t-on appris mardi auprès de la gendarmerie à Paris.

8h30. Laurent Gbagbo "serait en négociations pour se rendre"affirme, sur RFI, Ally Coulibaly, l'ambassadeur de Côte d'Ivoire en France nommé par son rival Alassane Ouattara.

6h20. Des tirs à l'arme lourde étaient entendus mardi matin dans Abidjan, dans le quatier du Plateau où se trouve le palais présidentiel.

2h00. Le président Barack Obama exhorte le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo à respecter la volonté de ses compatriotes et à "cesser de revendiquer la présidence".

 

Côte d'Ivoire: la France entre dans le conflit

Il faut croire que le front libyen, avec ses « frappes ciblées » et ses premiers « dégâts collatéraux »,  ne suffisait plus à Nicolas Sarkozy. Voilà la France désormais ouvertement engagée dans la dangereuse confrontation armée qui déchire la Côte d'Ivoire (retrouvez les événements d'hier ici).

Ce lundi soir, des hélicoptères de la force française Licorne  et de la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) ont fait feu, à Abidjan,  sur le palais et la résidence du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, ainsi que sur les camps militaire d'Agban et d'Akouédo. « Nous avons lancé l'opération destinée à protéger les populations en mettant hors d'état de nuire les armes lourdes utilisées par les forces spéciales de Laurent Gbagbo contre les populations et contre les Casques bleus de l'ONU », a justifié le porte-parole de l'Onuci, Hamadoun Touré. Lequel invoque la résolution 1975 du Conseil de sécurité de l'ONU autorisant l'Onuci a faire usage de « tous les moyens nécessaires pour mettre en œuvre son mandat de protéger les civils (…) y compris pour prévenir l’usage d’armes lourdes ».

Cette intervention militaire, que laissait entrevoir le quasi doublement des effectifs de Licorne ces derniers jours et la prise de contrôle de l'aéroport d'Abidjan, résulterait d'une demande onusienne. Dans une lettre adressée dimanche à Nicolas Sarkozy, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki Moon, jugeait « urgent de lancer des opérations militaires nécessaires pour mettre hors d'état de nuire les armes lourdes qui sont utilisées contre les populations civiles et les Casques bleus ». Après avoir laissé faire, voir encouragé l'offensive armée des forces pro-Ouattara qui s'est traduite, à Duékoué, dans l'ouest du pays, par des massacres et de graves exactions sous l'œil impassible des casques bleus de l'Onuci, voici donc Nicolas Sarkozy et Ban Ki Moon soudainement très  préoccupés du sort des populations civiles...

Le but de l'opération semble bel et bien ailleurs. En visant le palais et la résidence présidentielle, ces forces prétendument « impartiales » offrent au camp Ouattara et au chef rebelle devenu Premier ministre, Guillaume Soro, l'appui militaire tant sollicité. Quitte à outrepasser un mandat qui ne prévoit pas, que l'on sache, l'élimination physique de Laurent Gbgabo. En s'accrochant au pouvoir, celui-ci porte une lourde responsabilité dans l'engrenage de violence qui meurtrit aujourd'hui la Côte d'Ivoire. Il n'est pas le seul. En fermant systématiquement, depuis quatre mois, la porte au dialogue, Alassane Ouattara, lui aussi, est comptable du chaos dans lequel le pays est aujourd'hui plongé.

Les combattants sur lesquels il s'appuie, issus des rangs des Forces nouvelles de Guillaume Soro, ne sont ni des enfants de chœur, ni des parangons de démocratie et de respect des droits humains. L'Onuci, nous confiait lundi le président du mouvement ivoirien des droits de l'homme, Me Drissa Traoré, a « failli à sa mission, depuis le début de la crise, en refusant de protéger les civils ». L'ex-puissance coloniale, la plus mal placée pour résoudre cette crise profonde, qu'on ne saurait résumer à un contentieux post-électoral, a elle aussi joué la carte aventureuse de la confrontation.

Il y a quelques semaines, lors de la visite Jacob Zuma, Nicolas Sarkozy souhaitait sur un ton railleur « bon courage » au président sud-africain, opposé à une intervention militaire et membre du panel de chefs d'Etat désigné par l'Union africaine pour tenter de dégager une solution pacifique. Le président français fait aujourd'hui le choix de mettre aux avant-postes de la confrontation armée une force à l'histoire lourde en matière de « protection des civils ». Le 9 novembre 2004, les soldats français de Licorne faisaient feu sur des manifestants  désarmés aux abords de l'Hôtel Ivoire, à Abidjan, faisant plusieurs dizaines de morts et des centaines de blessés.

Rosa MoussaouiSource



Edité par T 34 - 06 Apr 2011 à 01:41
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Apr 2011 à 19:34

Après la Libye, la Côte d’Ivoire

Laïcité:%20Copé%20évacue%20le%20débat%20en%20trois%20heures

 
Rosa Moussaoui

Il faut croire que le front libyen, avec ses « frappes ciblées » et ses premiers « dégâts collatéraux », ne suffisait plus au petit Bush d’opérette qu’est devenu Nicolas Sarkozy. Au nom du droit d’ingérence, voilà donc la France désormais ouvertement engagée dans la dangereuse confrontation armée qui déchire la Côte d’Ivoire.

Ce lundi soir, des hélicoptères de la force française Licorne et de la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (Onuci) ont fait feu, à Abidjan, sur le palais et la résidence du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, ainsi que sur les camps militaire d’Agban et d’Akouédo.

« Nous avons lancé l’opération destinée à protéger les populations en mettant hors d’état de nuire les armes lourdes utilisées par les forces spéciales de Laurent Gbagbo contre les populations et contre les Casques bleus de l’ONU », a justifié le porte-parole de l’Onuci, Hamadoun Touré. Lequel invoque la résolution 1975 du Conseil de sécurité de l’ONU autorisant l’Onuci a faire usage de « tous les moyens nécessaires pour mettre en œuvre son mandat de protéger les civils (…) y compris pour prévenir l’usage d’armes lourdes ».

Cette intervention militaire, que laissait entrevoir le quasi doublement des effectifs de Licorne ces derniers jours et la prise de contrôle de l’aéroport d’Abidjan, résulterait d’une demande onusienne. Dans une lettre adressée dimanche à Nicolas Sarkozy, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, jugeait « urgent de lancer des opérations militaires nécessaires pour mettre hors d’état de nuire les armes lourdes qui sont utilisées contre les populations civiles et les Casques bleus ».

Après avoir laissé faire, voire encouragé l’offensive armée des forces pro-Ouattara qui s’est traduite, à Duékoué, dans l’ouest du pays, par des massacres et de graves exactions sous l’œil impassible des casques bleus de l’Onuci, voici donc Nicolas Sarkozy et Ban Ki Moon soudainement très préoccupés du sort des populations civiles...

Le but de l’opération semble bel et bien ailleurs. En visant le palais et la résidence présidentielle, ces forces prétendument « impartiales » offrent au camp Ouattara et au chef rebelle devenu Premier ministre, Guillaume Soro, l’appui militaire tant sollicité. Quitte à outrepasser un mandat qui ne prévoit pas, que l’on sache, l’élimination physique de Laurent Gbgabo.

En s’accrochant au pouvoir, celui-ci porte une lourde responsabilité dans l’engrenage de violence qui meurtrit aujourd’hui la Côte d’Ivoire. Il n’est pas le seul. En fermant systématiquement, depuis quatre mois, la porte au dialogue, Alassane Ouattara, lui aussi, est comptable du chaos dans lequel le pays est aujourd’hui plongé. Les combattants sur lesquels il s’appuie, issus des rangs des Forces nouvelles de Guillaume Soro, ne sont ni des enfants de chœur, ni des parangons de démocratie et de respect des droits humains.

L’Onuci, nous confiait lundi le président du mouvement ivoirien des droits de l’homme, Me Drissa Traoré, a « failli à sa mission, depuis le début de la crise, en refusant de protéger les civils ».

L’ex-puissance coloniale, la plus mal placée pour résoudre cette crise profonde, qu’on ne saurait résumer à un contentieux post-électoral, a elle aussi joué la carte aventureuse de la confrontation. Il y a quelques semaines, lors de la visite de Jacob Zuma, Nicolas Sarkozy souhaitait sur un ton railleur « bon courage » au président sud-africain, opposé à une intervention militaire et membre du panel de chefs d’Etat désigné par l’Union africaine pour tenter de dégager une solution pacifique.

Le président français fait aujourd’hui le choix de mettre aux avant-postes de la confrontation armée une force à l’histoire lourde en matière de « protection des civils ». Le 9 novembre 2004, les soldats français de Licorne faisaient feu sur des manifestants désarmés aux abords de l’Hôtel Ivoire, à Abidjan, faisant plusieurs dizaines de morts et des centaines de blessés.

Rosa Moussaoui


Que les nègres qui ont applaudi le bombardement de la Libye soient heureux de voir la Côte d’Ivoire bombardée.

 
Komla KPOGLI

En Côte d’Ivoire, ce 04 avril 2011, Sarkozy et sa Licorne ont bombardé le palais présidentiel, la résidence de Gbagbo et les camps d’Agban et d’Akouédo ainsi que de nombreuses cibles civiles. L’ONU les a accompagnés dans cette opération. Il y a plusieurs africains qui s’indignent de cette agression militaire qui manifestement rappelle les temps de la conquête coloniale et de la pacification. Curieusement ces indignés ont été silencieux voire heureux de voir la Libye bombardée par la même France et ses partenaires. Lorsque nous avions écrit, réalisé des interviews sur la Libye, nous avions été moqués, injuriés voire méprisés. Nous étions traités de tous les noms d’oiseaux par nombreux africains qui voyaient en notre opposition au bombardement de la Libye un esprit buté, "insensible aux souffrances" d’un peuple et hostile aux idéaux de la démocratie et de la liberté. Or, les arguments qui fondent l’action de la France aujourd’hui en Côte d’Ivoire sont quasiment ceux qu’on a utilisé contre la Libye.

La France dit se donner la mission de protéger les populations civiles massacrées à" l’arme lourde". Elle dit qu’elle doit bombarder la Côte d’Ivoire afin de neutraliser cet arsenal et libérer le pays d’un" tyran, un fou et un sanguinaire" suivi de quelques "desperado" qui s’accrochent au pouvoir et qui ne laissent pas les rebelles marcher sur leur cadavre pour installer un nouveau Khalife plus docile à la place de Khalife. Exactement, la même rhétorique humanitaire qui a justifié depuis l’incessant bombardement de la Libye de Kadhafi qui n’a pas laissé les rebelles prendre sa place au nom de la démocratie telle que les Occidentaux la veulent pour nos peuples.

Les africains doivent ouvrir les yeux, car quand on ne veut pas lire l’histoire par soi-même, on se trompe souvent. Cette appréciation erronée fait qu’on adhère à des projets qui sont contre nos intérêts sans le savoir. On n’a pas de principe. Or, il nous faut poser des principes clairs et infranchissables. Autrement dit parvenir à l’idée simple qui peut être résumée de manière suivante : nous avons des problèmes en Afrique ? Oui ! Mais c’est à nous de les résoudre quel que prix que coûte la solution. Voilà la ligne que nous devons tracer. Elle doit être ferme et définitive. Ceci ne signifie aucunement être de mèche avec des tyrans ou des corrompus qui s’autoproclament dirigeants africains. Au contraire, c’est affirmer notre responsabilité face à l’histoire. C’est reprendre notre place d’acteurs déchus depuis les razzias négrières transatlantiques dans notre propre espace.

Sinon, une fois qu’on permet tacitement ou expressément aux Occidentaux d’intervenir comme ils l’ont fait en Libye, eh bien, on leur aura donné le feu vert pour qu’ils continuent leur agression en ciblant avec cynisme et arrogance les pays qu’ils souhaitent ravir voire conserver sous leur tutelle avec ce consentement tacite ou express donné au préalable.

Nous avons toujours dit qu’il arrivera un temps où les africains n’auront leurs yeux que pour pleurer et il semble que ce moment est arrivé. A force de paresse intellectuelle, de fausse analyse liée à celle-ci, de refuser de nous organiser, de casser toute dynamique constructive au sein de notre peuple, de refuser de soutenir la construction d’un leadership crédible et lucide, de s’opposer à la constitution de groupes organisés et soudés par une idéologie véritablement panafricaniste, nous sommes engagés sur la voix du retour dans les chaînes - qui en réalité n’ont jamais quitté nos pieds - , mieux nous allons disparaître. Lorsque par haine gratuite, par étroitesse d’esprit, par souci de sauver de petits intérêts on installe le vide au sein de notre peuple, on crée et entretient des querelles interpersonnelles et inter-claniques voire inter-ethniques de bas étage quelle surprise veut-on avoir lorsque dans notre faiblesse nous ne répondons pas aux agressions ? A force de renforcer par un nationalisme obtus et squelettique ce qu’on nomme pompeusement les Etats africains, inexistants en réalité - car étant des créatures coloniales issues du partage de l’Afrique en 1885 à Berlin - nous n’avons et n’auront aucune structure capable de jouer le rôle d’Etat qui protège notre peuple. Nous serons mangés crus par la meute de hyènes affamés et à la recherche de la proie facile. La Libye et la Côte d’Ivoire ne sont que les débuts de la reconquête pour laquelle les autres ont pris du temps pour développer la logistique.

Les africains croient que le monde est une vaste église où les peuples viennent s’embrasser. Il ne savent pas ou ne veulent pas savoir que "l’homme est un loup pour l’homme" et que chacun doit se munir de protection, surtout un peuple qui a été si longtemps victime de l’esprit de domination des autres. Les africains refusent de voir que le monde c’est la guerre, ils préfèrent jouer aux hommes de paix face à des sociétés rompues aux guerres coloniales et de rapines depuis des millénaires. Face à des peuples avides et égoïstes, armés et surarmés pour cause, l’attitude des africains équivaut à un suicide. Face à des peuples dotés de sophismes qui leur servent de justificatifs dans leurs opérations humanitaires de braquage à main armée de la planète qu’ils soumettent à leur seul et exclusif profit, les africains persistent dans la peau de bons agneaux adorant le doux Jésus et récitant doucereusement les sourates de Mahomet et la cantique des cantiques de Salomon.

Puisse cet épisode de cette Côte d’Ivoire où Sarkozy et ses Oncles Tom locaux en les personnes de Soro, Ouattara et tous ces arrivistes qui veulent monter sur la courte échelle pour avoir et conserver une ascension sociale, ouvrir les yeux et permettre à ceux qui dorment toujours de comprendre que le danger est à nos portes et que si nous ne prenons garde et travaillons autrement et vite à nous renforcer, nous disparaîtrons comme les Incas et autres Aztèques. Et ceci sans que la terre cesse de tourner autour du soleil.

Ceux qui nous ont razziés, colonisés, néocolonisés, pillés et humiliés ne dorment pas. Leur projet initial de "civiliser" l’Afrique en la dépouillant de tous ses biens n’est pas enterré avec l’illusion de la décolonisation. Bien au contraire ! Ils l’ont perfectionné et ils le réalisent sous des formes multiples sous les yeux des africains subjugués.

Pour éviter de nous retrouver tous au cimetière qu’on nous aménage, vivement un sursaut africain !

Komla KPOGLI
04 avril 2010
http://lajuda.blogspot.com/


Presidente de Costa de Marfil niega estar negociando su salida

ONU informa la rendición de las tropas de Gbagbo ante los cascos azules

UE impone más sanciones contra Gbagbo y Costa de Marfil



Edité par T 34 - 07 Apr 2011 à 00:54
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Apr 2011 à 02:05

Sarkozy donne un coup de canif dans sa ligne de non-intervention

L'intervention militaire française à Abdijan marque un nouvel épisode dans l'histoire passionnelle et conflictuelle entre Paris et son ancienne colonie ivorienne, et semble démentir la nouvelle ligne de la France sur un continent dont elle disait ne plus vouloir être le gendarme.

Les rapports entre l'ancienne métropole et la Côte d'Ivoire, longtemps sa vitrine de l'ouest africain, s'étaient beaucoup dégradés depuis l'arrivée au pouvoir de Laurent Gbagbo en 2000. En 2002, Gbagbo et ses partisans avaient reproché au président français Jacques Chirac (1995-2007) de ne pas lui avoir apporté son soutien, alors qu'il était victime d'une tentative de putsch qui avait abouti à une partition de fait du pays, dont tout le nord était tombé aux mains de rebelles. La tension avait atteint son paroxysme en novembre 2004, avec un bombardement de l'aviation ivoirienne causant la mort de 9 soldats français à Bouaké (centre), des affrontements à Abidjan entre armée française et manifestants ivoiriens, dont au moins 57 avaient été tués, et le départ précipité de près de 8.000 ressortissants français.

Les relations s'étaient peu à peu réchauffées après l'arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, qui misait sur les élections de fin 2010 pour engager une normalisation.

Pour la première fois depuis 2004, l'armée française est en première ligne: sa force Licorne est entrée en action lundi soir aux côtés de l'ONU pour attaquer les derniers bastions du pouvoir de Laurent Gbagbo et y détruire les armes lourdes "utilisées contre la population civile". Pour plusieurs analystes, cette implication militaire pose la question de la ligne politique française en Afrique, avec laquelle le président Nicolas Sarkozy prônait une "relation décomplexée", assurant que Paris ne serait plus le gendarme du continent. "Le message est totalement brouillé. Encore récemment, Nicolas Sarkozy affirmait que l'ancienne puissance coloniale était la moins bien placée pour intervenir dans son ancien pré carré", affirme Antoine Glaser, auteur de Sarko en Afrique.

Lors du sommet Afrique-France de juin 2010 à Nice ou plus récemment lors de ses voeux aux forces armées le 4 janvier, le président français a assuré que "les soldats de la France" n'avaient "pas vocation à s'ingérer dans les affaires intérieures de la Côte d'Ivoire". Défendant cette ligne de non ingérence, le président se retranchait derrière l'Union africaine ou sous le parapluie de l'ONU. Mais pour Antoine Glaser, "tant qu'il y aura une présence militaire dans un pays africain, il y aura une ambiguité".

Illustration de cette ambiguité pour les experts: la France ferme en 2009 sa base permanente d'Abidjan, mais maintient des troupes dans le pays à travers la force Licorne. Or cette force est placée sous mandat de l'ONU, mais reste sous commandemant français. Pour Richard Banegas, professeur de sciences politiques à l'université de Paris I, "la politique africaine de la France, notamment en matière d'ingérence armée, est une succession de non-choix, d'ajustements en fonction d'enjeux immédiats, sans ligne claire, sans débat public". "Après 2004, la France était sur une position de retrait. En participant à ces frappes alors que l'Onuci aurait pu le faire, elle va compliquer sa relation avec les autres pays africains", dit-il. Il souligne que l'argument de "protection des civils", avancé par la France et l'ONU pour justifier leur intervention, est très critiqué dès lors qu'il est utilisé seulement contre le camp Gbagbo et n'a pas permis d'empêcher des massacres imputés dans l'ouest aux troupes pro-Alassane Ouattara.

Le politologue Michel Galy estime pour sa part que "l'armée française court le risque de se voir qualifiée juridiquement de complice de crimes de guerre". "Mais la crainte immédiate, souligne-t-il, c'est le risque de représailles contre les Français qui vivent à Abidjan".

Source


Côte d'Ivoire: la France entre dans le conflit

« Des tirs, des maisons qui brûlaient, on s’est enfuies »

Tempo (Liberia), correspondance. Face à l’offensive déclenchée par les forces armées d’Alassane Ouattara dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, 112 000 Ivoiriens ont trouvé refuge au Liberia depuis décembre. Au poste frontière de Tempo, tous témoignent de violences et de massacres. 

Ils arrivent par centaines, traversant sans relâche la rivière qui sépare la Côte d’Ivoire du sol libérien. Le petit poste frontière de Tempo, au nordest du Liberia, est devenu ces dernières semaines un des principaux points de passage des réfugiés ivoiriens. Sur la berge, la plupart des nouveaux arrivants ont fui Duékoué, ville conquise le 29 mars par les Forces républicaines d’Alassane Ouattara, le président ivoirien reconnu par la communauté internationale. Hébert Dehi est arrivé la veille à Tempo, après trois jours de marche en brousse. Terrorisé, il craint pour sa famille restée sur place. « Ma femme, ma mère et mes quatre enfants se sont réfugiés à la mission catholique. Moi j’étais sorti de la maison quand les combats ont commencé, donc je n’ai pas pu m’enfuir avec eux. C’est la catastrophe là-bas, il faut nous aider. Il faut que l’ONU intervienne pour faire cesser cela », supplie-t-il. Plusieurs organisations internationales ont accusé les Forces républicaines d’Alassane Ouattara d’avoir commis des massacres lors de la conquête de Duékoué. La Croix-Rouge annonçait vendredi un bilan de 800 morts dans des « violences intercommunautaires ». L’ONG catholique Caritas estime pour sa part qu’il y aurait un millier de morts et disparus. L’Onuci, la force de l’ONU en Côte d’Ivoire, ne comptabilise quant à elle que 330 morts dans son « bilan provisoire ». Mais elle tient les miliciens pro-Ouattara pour responsables de la plupart des décès, les mercenaires pro-Gbagbo ayant de leur côté perpétré une centaine d’assassinats.

BEAUCOUP DE FAMILLES DÉCHIRÉES

Les réfugiés, eux, ont parfois du mal à faire la différence entre les hommes des deux camps. Tous parlent de « rebelles », mais certains n’arrivent pas à savoir pour quel président ils se battent. Marinette, dix-sept ans, a fui Duékoué plusieurs jours avant l’offensive des forces pro-Ouattara. Le jour de son départ, la ville était tenue par des mercenaires pro-Gbagbo. « J’étais en classe avec ma soeur, raconte-t-elle. Notre école est située à la sortie de Duékoué, un peu en hauteur. Tout d’un coup, on a entendu des tirs, puis on a vu des maisons brûler. Je ne sais pas qui combattait. On s’est tout de suite enfuies, on n’a même pas cherché à retrouver nos parents. » Aujourd’hui réfugiée à Tempo, elle ne sait pas où se trouvent ses proches. Dans leur fuite, beaucoup de familles se retrouvent ainsi déchirées. À Janzon, un autre village frontalier, une femme arrive de Guiglo, une ville ivoirienne conquise par les forces pro-Ouattara. Épuisée après une journée de marche, elle s’effondre en larmes au milieu de ses proches : elle a égaré son fils lors de sa fuite. Près d’elle, Julien Tiléhi est désemparé. Originaire de Toulepleu, ce planteur de cacao a conduit une quarantaine de personnes à travers la brousse jusqu’au village de Janzon. Aujourd’hui, il ne sait comment subvenir à leurs besoins. « Le chef du village nous a prêté l’école, mais il n’y a rien à boire ni à manger ici, c’est trop pauvre. Les villageois essaient de nous aider, mais nous sommes trop nombreux », se désole-t-il. Bourgade d’un millier d’habitants, Janzon accueille désormais plus de 7 000 réfugiés.

 L’IMPATIENCE DES IVOIRIENS DE RETOURNER CHEZ EUX

Depuis le début de la crise, les Libériens font preuve d’une solidarité remarquable. Malgré leurs faibles moyens, ils partagent avec les Ivoiriens leurs maisons, leurs récoltes et leur eau. « J’ai été moi-même réfugié en Côte d’Ivoire pendant la guerre civile au Liberia. Je ne peux pas leur fermer la porte aujourd’hui », témoigne ainsi Samuel Leaman, un habitant de Butuo. À ses côtés, Valence Bogou, un réfugié de vingt-deux ans, espère rentrer au plus vite chez lui. « J’ai voté, j’ai fait mon devoir de citoyen. Peu m’importe que ce soit Gbagbo ou Ouattara qui gagne, je veux juste que la paix revienne », assure le jeune homme. Alors que nous discutons, une clameur s’élève soudain au loin. Dans un brouhaha de cris et de chants, une centaine de réfugiés se sont mis à danser et à s’embrasser sur la place du marché. « Gbagbo a quitté le pouvoir, ils l’ont dit à la radio ! », crient des vendeuses. Pendant une heure, les réfugiés de Butuo vont croire que la guerre est finie. Mais ce n’était qu’une rumeur, la radio n’annonçait en fait que la prise – temporaire — de la RTI, la télévision d’État, par le camp Ouattara. Cette explosion soudaine de joie témoigne de l’impatience des Ivoiriens de retourner chez eux, dans un pays enfin débarrassé de ses querelles intestines.   

AMÉLIE CANO

Source

En direct : Laurent Gbagbo a résisté à l'assaut

La bataille d'Abidjan, engagée le 31 mars au soir par les forces d'Alassane Ouattara, a changé de dimension avec l'entrée en scène lundi des Nations unies et de la France, plus de quatre mois après le début d'une crise post-électorale. Paris a indiqué que le départ du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo était imminent et que des négociations étaient engagées pour sa "reddition", au lendemain de frappes de la France et de l'ONU. 

20h00. Les forces pro-Ouattara se sont repliées. Laurent Gbagbo refuse toujours de se rendre.

16h00. Le président sortant ivoirien Laurent Gbagbo, dont la résidence est assiégée par les troupes de son rival Alassane Ouattara à Abidjan, continuait mercredi de négocier sa reddition avec des représentants étrangers, a annoncé un porte-parole des Nations unies.

15h45. L'ONG Action contre la faim (ACF) va acheminer entre mercredi et vendredi 24 tonnes de matériel et d'aide humanitaire dans l'ouest du pays. L'ONG craint "une tragédie humanitaire et un risque important d'épidémie" dans cette région troublée.

15h30. Les conditions de la reddition de Laurent Gbagbo ont été fixées par le président Alassane Ouattara et non par la France, affirme le chef de la diplomatie, Alain Juppé.

15h15. Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a annoncé mercredi qu'il voulait ouvrir une enquête sur des "massacres commis de façon systématique ou généralisée" en Côte d'Ivoire.

15h00. Les tirs à l'arme lourde ont cessé à la mi-journée à Abidjan, après l'assaut des forces d'Alassane Ouattara contre le palais et la résidence où se trouve le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo. Les combats avaient débuté dans la matinée dans ces deux secteurs.

--> A lire : le reportage de notre correspondante au Libéria : Depuis décembre, 112 000 Ivoiriens ont trouvé refuge au Liberia

13h00. L'Union européenne a annoncé sa décision d'imposer de nouvelles sanctions à l'encontre du gouvernement "illégitime" de Laurent Gbagbo en raison "de la gravité de la situation" en Côte d'Ivoire. L'UE a décidé notamment d'interdire l'achat d'obligations et de titres ainsi que l'octroi de prêts au gouvernement de M. Gbagbo, a indiqué l'UE dans un communiqué.

12h30. Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé et le ministre de la Défense Gérard Longuet seront auditionnés jeudi par la commission des Affaires étrangères du Sénat sur la situation en Côte d'Ivoire et en Libye. L'audition ouverte à la presse aura lieu à 10H00, salle Medicis. Les deux ministres ont été déjà auditionnés mardi par l'Assemblée nationale. En parallèle, la France indique ne pas être impliquée dans l'assaut donné à la résidence de Laurent Gbagbo par les forces d'Alassane Ouattara.

11h10. Échec des discussions sur la reddition de Gbagbo, selon une source gouvernementale française

10h30. Les forces d'Alassane Ouattara sont parties "chercher" dans sa résidence d'Abidjan le chef d'Etat sortant Laurent Gbagbo, qui refuse toujours de se rendre, a annoncé un porte-parole de ces forces. "On va sortir Laurent Gbagbo de son trou et le remettre à la disposition du président de la République", a indiqué Sidiki Konaté, porte-parole de Guillaume Soro, le Premier ministre de M. Ouattara. Auparavant, des tirs à l'arme lourde ont commencé à être entendus près de la résidence et du palais.

8h45. Un groupe d'hommes politiques camerounais ont lancé mardi sur internet une pétition contre "l'impérialisme mondial" en Côte d'Ivoire, dénonçant l'intervention de la France et de l'ONU. "Une nouvelle guerre colonialiste a commencé en Côte d’Ivoire", écrivent les auteurs de la pétition. Selon eux, "il se déroule" en Côte d'Ivoire "une tragédie ourdie par (Nicolas) Sarkozy et la fumeuse communauté internationale". "C’est un acte purement criminel. Les bandits de la communauté internationale ont élaboré, depuis longtemps, un plan visant la recolonisation pure et simple de notre continent. Car notre bois, c’est pour eux! Notre café, c’est pour eux! Notre cacao, c’est pour eux! Notre uranium, c’est pour eux! Notre pétrole, c’est pour eux! Bref, nos richesses, c’est pour eux!", poursuit le texte. "Nous devons faire comprendre au terrorisme d’Etat international, qu’en attaquant la Côte d’Ivoire, il a déclaré la guerre à tous les peuples africains", affirment-ils dans la pétition.

8h30. Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo refusait toujours mercredi matin de reconnaître sa défaite malgré l'écroulement de son régime et la demande de cessez-le-feu de son armée, sonnée par des frappes de la France et de l'ONU avant l'avancée des forces d'Alassane Ouattara. Alors que la France et l'ONU exigent qu'il signe un document dans lequel il renonce au pouvoir et reconnaît son rival comme président, M. Gbagbo a averti qu'il n'en était pas question. "Je ne reconnais pas la victoire de Ouattara. Pourquoi voulez-vous que je signe ça ?", a-t-il lancé mardi soir lors d'un entretien sur la chaîne française LCI. "Nous avons demandé à l'ONU de lui garantir son intégrité physique, ainsi qu'à sa famille (...) et d'organiser les conditions de son départ. C'est la seule chose qui reste à négocier désormais", a affirmé Alain Juppé à la radio française France Info.

Mardi 5 avril

22h00. Les Nations unies estiment à "plusieurs centaines" le nombre de personnes qui ont péri dans des massacres la semaine dernière à Duékoué, dans l'ouest de la Côte d'Ivoire où a été découvert un charnier contenant 200 corps.

21h20. Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo a déclaré qu'il ne reconnaissait pas la victoire de son rival, Alassane Ouattara, rejetant ainsi une demande de Paris en ce sens, dans un entretien avec un journaliste de la chaîne française LCI enregistré à 19H30. "Je ne reconnais pas la victoire de Ouattara. Pourquoi voulez-vous que je signe ça ?", a déclaré Laurent Gbagbo, à qui la France et l'ONU demandent, selon Paris, de signer un document dans lequel il renonce au pouvoir en Côte d'Ivoire et reconnaisse Alassane Ouattara comme président du pays. "Si je reconnaissais la victoire de Ouattara, ça se saurait", a-t-il ajouté.

21h00. Un "arrêt des combats" est constaté à Abidjan, à la suite d'un appel au cessez-le-feu du camp du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, mais des "tirs sporadiques de la part de groupes de jeunes" subsistent, a indiqué la mission onusienne. "Il y a un arrêt des combats mais il y a des tirs sporadiques de la part de groupes de jeunes qui ne font pas partie des FDS (armée pro-Gbagbo) ni des Forces républicaines (d'Alassane Ouattara)", a déclaré le porte-parole de la Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) Hamadoun Touré.

20h00. Les proches Laurent Gbagbo pourraient être accueillis par d'autres pays africains, a estimé le ministre de la Défense, Gérard Longuet. "Il y a de très nombreux pays africains qui sont prêts à accueillir d'autres frères africains, quelles que soient leurs erreurs", a-t-il dit, interrogé par la presse à l'issue de son audition à l'Assemblée nationale.

17h20. La France exige que Gbagbo signe un document de renonciation au pouvoir, affirme Alain Juppé.

15h30. Le violent conflit en Côte d'Ivoire pourrait s'étendre à l'ensemble de l'Afrique de l'ouest, notamment au Liberia et au Burkina Faso, avertit le Haut commissaire de l'ONU pour les réfugiés Antonio Guterres.

15h10. La France est à "deux doigts" de convaincre Gbagbo de quitter le pouvoir affirme Alain Juppé. Le Premier ministre français François Fillon a déclaré que "deux généraux proches de l'ancien président" ivoirien Laurent Gbagbo étaient actuellement "en train de négocier les conditions d'une reddition".

14h15. Gbagbo "retranché" dans un "bunker" dans sa résidence (ONU)

13h45. "Nous avons demandé au général commandant l'Onuci un cessez-le-feu" (chef de l'armée de Gbagbo à l'AFP)

13h25. "Nous avons arrêté les combats" (chef de l'armée de Gbagbo, à l'AFP)

13h00. La Russie a dit "étudier la légalité" des frappes de l'ONU et de la France à Abidjan.

--> Le PCF exige l'arrêt immédiat de l'engagement militaire français

12h50. Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo se trouve mardi avec sa famille dans sa résidence d'Abidjan, qui est "en train d'être attaquée" par les forces d'Alassane Ouattara, a déclaré Alcide Djédjé, ministre des Affaires étrangères de Gbagbo, qui a fait défection.

12h40. Un important ministre de Gbagbo réfugié chez l'ambassadeur de France

12h00. Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, replié dans ses derniers bastions à Abidjan, "n'en est pas" à envisager "pour le moment" une reddition, a affirmé mardi à l'AFP le porte-parole de son gouvernement Ahoua Don Mello.

11h50. L'Onu fait état d'une situation humanitaire "absolument dramatique" à Abidjan.

11h30. Des dizaines de personnes ont trouvé la mort dans les combats à l'arme lourde qui se sont déroulés ces derniers jours dans la capitale économique ivoirienne Abidjan, indique le Haut commissariat de l'Onu aux droits de l'homme faisant état d'informations recueillies sur place.

9h30. Un gendarme français du GIGN assurant la protection de la résidence de l'ambassadeur de France à Abidjan a été blessé à la cuisse par des éclats de balle ou de roquette lundi soir, a-t-on appris mardi auprès de la gendarmerie à Paris.

8h30. Laurent Gbagbo "serait en négociations pour se rendre"affirme, sur RFI, Ally Coulibaly, l'ambassadeur de Côte d'Ivoire en France nommé par son rival Alassane Ouattara.

6h20. Des tirs à l'arme lourde étaient entendus mardi matin dans Abidjan, dans le quatier du Plateau où se trouve le palais présidentiel.

2h00. Le président Barack Obama exhorte le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo à respecter la volonté de ses compatriotes et à "cesser de revendiquer la présidence".

Source
 
 
 


Edité par T 34 - 07 Apr 2011 à 23:12
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Pedro allez vers le bas
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  Citer Pedro Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Apr 2011 à 00:11
"Des dizaines de personnes ont trouvé la mort dans les combats à l'arme lourde"

230 dizaines : http://directscoop.net/2011/04/05/alerte-au-moins-2307-civils-tues-et-de-nombreux-blesses-par-les-bombardements-des-forces-francaises-et-de-louci/

Bon admettons qu'il y ait un peu de propagande là dedans... J'ai tendance à croire plus proche de la vérité une agence de presse indépendante panafricaine, que les médias françafricains.

Il ne peut pas y avoir que quelques dizaines de morts. Les rares images rappellent Bagdad en 2003 :

http://www.croissancesaine.org/IMG/jpg/1302011118frappes_aeriennes_abidjan.jpg



Mieux, pour ce mec (nordiste mais pro-Gbagbo) retranché dans le palais présidentiel, c'est clairement l'armée BBR qui canarde et bombarde :
Les dépêches disent que ce n'est pas la France qui est derrière, que ce sont les combattants pro-Ouattara qui donnent l'assaut, qu'ils ont déjà d'ailleurs mis le pied dans notre cour. Je peux vous dire que tout est faux, puisque j'y suis: nous avons en face de nous l'armée française, le Bima, ou alors ce sont des Ivoiriens aux visages pâles et aux yeux bleus.



http://www.forum-unite-communiste.org/uploads/3/fuc_faceboock1.pdf
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Apr 2011 à 00:50

Editorial par Jean-Paul Piérot

Cela vaut bien une guerre

Comme au bon vieux temps de la Françafrique flamboyante, des réseaux Foccart à la complaisance vis-à-vis des massacreurs du Rwanda, Nicolas Sarkozy et son nouveau ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, renouent avec la politique de la canonnière. Faire oublier un temps le terrible bilan social du quinquennat, cela vaut bien une guerre, et puis une autre. Après Tripoli, Abidjan est à son tour dans le viseur de l’armée française qui se voit, une fois de plus, détournée de sa mission de défense nationale pour partir « en croisade », dixit Claude Guéant, sur le continent africain. Près de quatre ans après le discours de Dakar qui avait soulevé d’indignation toutes les consciences du Continent, Nicolas Sarkozy ne se contente plus d’affirmer que « l’homme africain « n’est pas assez entré dans l’histoire », il veut lui appliquer un traitement de choc, un cocktail d’obus de chars et de missiles tirés d’hélicoptères. Mais l’intention est pure, nous serinent les bonnes âmes de l’ordre néocolonialiste, puisqu’il s’agirait de protéger la population civile des tourments que lui fait subir un président battu qui s’accroche au pouvoir. Voilà pour la thèse officielle, la même invoquée en Libye, et il y a onze ans pour justifier les bombardements de Belgrade et mettre l’UCK à la tête du Kosovo. Protection des populations civiles ! Combien de crimes de guerre – contre les populations civiles – a-t-on commis en ton nom ? Nicolas Sarkozy joue au petit Bush, un triste rôle que ne veut plus tenir Barack Obama. Ce faisant, les responsables de cette aventure au lourd parfum néocolonial sont en passe de commettre une nouvelle faute en dressant les Ivoiriens les uns contre les autres, en divisant encore un peu plus un pays dessiné par la domination française. Au passage, le « choc des civilisations », cette dangereuse chimère en vogue chez les néoconservateurs américains, Nicolas Sarkozy tente de la mettre en scène à Paris avec le colloque de l’UMP sur l’islam. Semer la division en France ou en Afrique tourne à l’obsession. Résoudre la crise ivoirienne exige une intense activité diplomatique visant à apaiser, à faciliter la réalisation de compromis, de solutions vivables qui préservent l’avenir. Mais la diplomatie n’a plus guère cours à Paris, et le retour d’Alain Juppé au Quai d’Orsay n’a apporté aucun signe encourageant. Deux guerres en un trimestre, quel bilan pour un diplomate ! Ne nous berçons pas d’illusions. Les dirigeants français ne visent, à travers l’aventure ivoirienne, que le renforcement de la mainmise économique sur ce fleuron de l’empire néocolonial. La légitimité supposée ou contestée de Laurent Gbagbo et d’Alassane Ouattara pèse aussi peu que le respect des droits de l’homme au Gabon ou au Cameroun. « On chercherait à dresser les Africains contre les Français qu’on ne s’y prendrait pas autrement », s’inquiètent les intellectuels de Dakar. Le président de l’Union africaine, tonne : « Les pressions pour qu’Alassane Ouattara soit reconnu comme président de la Côte d’Ivoire ne sauraient impliquer une guerre, une intervention étrangère. » L’Afrique du Sud a raison de souligner que la résolution 1975 ne prévoyait nullement une intervention militaire. L’ONU, seule instance représentative des États du monde, est le jouet des grandes puissances de l’ordre dominant. En demandant l’intervention militaire de l’ancienne puissance coloniale dans la crise ivoirienne, Ban Ki-moon n’a pas grandi l’autorité des Nations unies. En ouvrant le feu à Abidjan, Nicolas Sarkozy se pose en suzerain d’un Alassane Ouattara condamné au mieux à apparaître comme un fantoche d’une France impérialiste et néocoloniale.

Jean-Paul Piérot

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Les seigneurs de guerre avancent masqués

Derrière l’appellation des Forces républicaines qui ont fait allégeance à Ouattara se cachent les ex-rebelles. Les seigneurs de guerre ivoiriens se sont recyclés au sein des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), nouvelle dénomination d’une armée se cherchant une légitimité. Elles regroupent les ex-Forces nouvelles (FN) et les Forces de défense et de sécurité (FDS) ralliés à Alassane Ouattara. Ce sont eux qui ont foncé sur Abidjan. La chute de Gbagbo est l’aboutissement d’un processus lancé en septembre 2002, lors d’une tentative de putsch militaire. Si celui-ci a échoué dans le sud du pays et à Abidjan en particulier, ses auteurs, dont la base arrière était le Burkina Faso, ont réussi à prendre le contrôle des grandes villes du Nord : Bouaké et Korhogo. Trois mouvements (MPIGO, MPCI et MJP) forment alors une coalition, appelée plus tard Forces nouvelles, son chef est Guillaume Soro, et son armée occupe 45 % du territoire ivoirien, le Sud étant tenu par les Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (Fanci). Pour certains, les rebelles ont mis les régions contrôlées sous coupe réglée. Dans l’ouest à Douékoué, les ex-rebelles se sont livrés la semaine dernière à un véritable carnage en tuant 800 personnes. Ce qu’a confirmé la FIDH. À Korhogo, le chef rebelle Martin Fofié Kouakou, ex-caporal de l’armée régulière, devenu « commandant », a été épinglé récemment par l’ONU pour « violations répétées des droits de l’homme et enrôlement des enfants soldats ». Accusé de massacres, il tente de redorer son blason en ouvrant de vastes chantiers de construction, financés par un impôt exorbitant. L’économie des chefs de guerre a tiré de juteux profits de l’exploitation et du trafic des ressources naturelles (cacao, coton, bois, or et diamants). Et jamais les exrebelles n’ont cessé de se réarmer. Désormais tous vont exiger de Ouattara leur juste récompense. Actuel premier ministre et ministre de la Défense de Ouattara, Guillaume Soro a été Premier ministre de Gbagbo entre 2007 et 2010. Cet ancien leader étudiant qui a connu la prison était apparu en 1999 aux côtés du général Robert Gueï lors d’un coup d’État, avant de prendre le parti de Ouattara à la suite de l’exclusion de ce dernier de l’élection présidentielle de 2000. Après le putsch de 2002, il devient secrétaire général des FN et l’un des principaux opposants à Gbagbo. Avatars du conflit ivoirien, les commandos invisibles. Ce sont des combattants issus des Forces nouvelles. Sont-ils infiltrés dans les quartiers pro-Ouattara pour harceler les forces loyalistes ? Ou combattent-ils comme certains d’entre eux l’ont dit, pour le compte d’« I. B. », Ibrahim Coulibaly. Cet ancien sergent-chef des forces armées ivoiriennes et responsable d’une autre tentative de putsch en 2003 s’affirme comme étant à la tête des Forces de défense et de sécurité impartiales (FDSI), la nouvelle appellation des commandos invisibles.

BERNARD DURAUD

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En direct: la situation sécuritaire et humanitaire se dégrade

Ce jeudi, Laurent Gbagbo résiste toujours. Ses derniers fidèles, lourdement armés, défendent le bâtiment où le président sortant est retranché dans son bunker (lire les événements de mercredi). Les négociations pour la rédition de Laurent Gabgbo sont au point mort. Les blindés de l'ONUCI et de la Force licorne ont refait leur appairion dans les rues d'Abidjan dans l'après-midi.

17h00. Les soldats de la force des Nations unies en Côte d'Ivoire, l'Onuci, encerclent, jeudi 7 avril, les derniers défenseurs du président sortant Laurent Gbagbo à Abidjan, a déclaré Gérard Longuet, le ministre français de la défense. "Des troupes qui dépendaient du pouvoir précédent font courir aux populations des risques majeurs, sans compter des bandes de pillards qui tirent de l'absence totale d'état de droit des opportunités personnelles", a ajouté le ministre.

16h15. "La précarité des conditions sanitaires (...) fait craindre une tragédie humanitaire et un risque important d'épidémie", selon Action contre la faim (ACF). Sur son site, l'ONG affirme: "Les affrontements ont déjà poussé près d’un million d’Abidjanais à fuir en dehors de la ville.  Aujourd’hui, l’insécurité et son corollaire, la paralysie de la plus grande ville de Côte d’Ivoire, font craindre une crise alimentaire et une propagation incontrôlable de l’épidémie de choléra déjà en cours à Abidjan. Elles entravent également l’action humanitaire dans l’ensemble du pays." Lire la suite...

16h00.Une partie de l'armement utilisé pour défendre la résidence présidentielle a été visée par des tirs français mercredi soir lors de l'exfiltration de l'ambassadeur du Japon qui résidait dans le secteur. La France a dit avoir "riposté" à des "tirs nourris des forces pro-Gbagbo". Mais selon une source militaire occidentale, durant près d'une heure et demie la France "a profité de l'occasion pour traiter un maximum d'objectifs de façon à réduire le potentiel de résistance de la résidence".

14h45. A lire:

"Les seigneurs de la guerre avancent masqués"

Derrière l’appellation des Forces républicaines qui ont fait allégeance à Ouattara se cachent les ex-rebelles. Les seigneurs de guerre ivoiriens se sont recyclés au sein des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), nouvelle dénomination d’une armée se cherchant une légitimité. Elles regroupent les ex-Forces nouvelles (FN) et les Forces de défense et de sécurité (FDS) ralliés à Alassane Ouattara. Ce sont eux qui ont foncé sur Abidjan. La chute de Gbagbo est l’aboutissement d’un processus lancé en septembre 2002, lors d’une tentative de putsch militaire. Lire la suite...

14h30. Une dizaine de véhicules blindés de la Mission de l'ONU (Onuci) et de la force française Licorne patrouillent à Abidjan dans le quartier du Plateau où se situe le palais du président sortant Laurent Gbagbo. Depuis le début de la bataille d'Abidjan il y a une semaine, ces patrouilles terrestres étaient très rares, ce quartier nord étant sous un étroit contrôle des militaires restés fidèles à M. Gbagbo.

14h00.Près de 1.100 étrangers dont de nombreux Français, ont quitté Abidjan depuis dimanche, en raison des combats et des pillages, pour être acheminés vers Dakar (Sénégal), Lomé (Togo) ou Accra (Ghana), selon le porte-parole de la force française Licorne. Avant les premiers départs, le Quai d'Orsay évaluait à 12.200 le nombre de Français dans le pays, dont 11.800 à Abidjan. Quelque 7.300 ont la double nationalité.

13h00. Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo reste retranché dans le bunker de sa résidence d'Abidjan alors que la situation sécuritaire se dégrade très rapidement dans la métropole ivoirienne.Après l'impasse politique et l'enlisement militaire, l'urgence humanitaire. La jadis prospère capitale économique est livrée aux pillards, les cadavres ne sont pas ramassés, le système de santé s'est effondré, l'eau et l'électricité sont souvent coupées et les réserves de nourriture baissent rapidement.

11h00. "Où cette confrontation va-t-elle nous mener?" Maître Drissa Traoré, président du Mouvement ivoirien des droits humains (Midh), alerte sur la tragédie humanitaire qui se noue actuellement en Côte d’Ivoire. Lire la suite ici...

9h00. Le président ivoirien sortant, Laurent Gbagbo, dispose encore d'"un petit millier" d'hommes à Abidjan, dont environ 200 à sa résidence, indique le ministre français de la Défense, Gérard Longuet. "Sur Abidjan, l'Onuci a environ 2.250 hommes, sur un effectif total en Côte d'Ivoire de 10.000. La France a porté ses effectifs Licorne à 1.700, les groupes tactiques du président Ouattara représentent environ 2.000 hommes", a-t-il détaillé devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat.

4h00. Le Japon salue l'action de la France et des Nations unies après l'intervention de la force française Licorne pour exfiltrer son ambassadeur de sa résidence à Abidjan où s'étaient introduits des miliciens favorables au président ivoirien sortant Laurent Gbagbo."Grâce à l'aide de l'armée française et des Nations unies, l'ambassadeur a été secouru avec sept autres collaborateurs", a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Tokyo. Un peu plus tôt, l'ambassade de France en Côte d'Ivoire avait indiqué que la force Licorne était intervenue mercredi soir "pour exfiltrer l'ambassadeur et ses collaborateurs de la résidence du Japon", sur les toits de laquelle "des miliciens pro-Gbagbo avaient installé des armes lourdes", "menaçant les ambassadeurs voisins et les populations civiles". L'ambassadeur Yoshifumi Okamura et ses collaborateurs ont été ensuite mis en sécurité au camp militaire français de Port-Bouët, dans le sud d'Abidjan.

2h00. La force française Licorne a de nouveau frappé dans la nuit des objectifs militaires à la résidence où se terre le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo. Face aux "tirs nourris des forces pro-Gbagbo, situées dans et autour de la résidence présidentielle" et "notamment dirigés" vers la résidence voisine de l'ambassadeur de France, "avec des intrusions", la force française a effectué des "tirs de riposte par hélicoptère", selon l'ambassade de France.

1h00. A Washington un responsable du département d'Etat avait indiqué que les diplomates indiens, israéliens et japonais en Côte d'Ivoire ainsi qu'une vingtaine de journalistes ont sollicité l'aide des Etats-Unis pour quitter Abidjan.

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"Où cette confrontation va-t-elle nous mener?"

Me Drissa Traoré, président du Mouvement ivoirien des droits humains (Midh), alerte sur la tragédie humanitaire qui se noue actuellement en Côte d’Ivoire. Retrouvez les événements de ce jeudi ici

Craignez-vous les conséquences, sur les civils, de cette offensive militaire ?

ME DRISSA TRAORÉ. Tout bombardement peut avoir des impacts sur les populations civiles. Nous craignons, bien sûr, que des civils soient touchés. Mais il est impossible, à ce stade, d’évaluer la situation : plus personne ne se hasarde dehors à Abidjan. Nous étions et restons opposés à tout recours à la force pour résoudre la crise ivoirienne. Jusqu’au bout, nous espérions que la raison l’emporterait, pour dégager une issue pacifique.

Comment jugez-vous les accusations de massacres visant les forces pro-Ouattara à Duékoué ?

ME DRISSA TRAORÉ. Pour l’heure, il nous est difficile d’identifier avec certitude les auteurs de cette tuerie. Très rapidement, la mission des Nations unies en Côte d’Ivoire ou la commission d’enquête internationale décidée par le Conseil des droits de l’homme devront mener des investigations. Duékoué était occupée par les forces pro-Gbagbo, avant de passer sous le contrôle des forces pro-Ouattara. En déterminant la date des décès, il sera possible de désigner les responsables de ce massacre.

Pourquoi l’Onuci n’a-t-elle pas protégé les civils à Duékoué ?

ME DRISSA TRAORÉ. Je le dis clairement : la mission des Nations unies en Côte d’Ivoire a failli à sa mission de protection des populations.

Si les allégations de violation des droits de l’homme visant les forces pro-Ouattara devaient être confirmées, quelles seraient les conséquences ?

ME DRISSA TRAORÉ. S’il est confirmé que les forces pro-Ouattara sont impliquées dans des violations des droits de l’homme, les coupables devront être sanctionnés. Alassane Ouattara doit s’engager, sans ambiguïté, à lutter contre l’impunité.

Quelles sont les conséquences, sur les civils, des combats à Abidjan ?

ME DRISSA TRAORÉ. Nous sommes très inquiets. Depuis le début de la crise post-électorale, les civils sont les premières victimes. Nous craignons donc les conséquences de cette offensive sur des populations civiles déjà très précaires, aujourd’hui privées de tout et obligées de se terrer. Cette offensive va forcément se traduire par un recul des droits de l’homme, avec des victimes civiles.

Ces élections devaient clore une décennie de crise politico-militaire…

ME DRISSA TRAORÉ. Les Ivoiriens espéraient sincèrement une sortie de crise. C’est la raison pour laquelle ils se sont massivement rendus aux urnes. Malheureusement, la mauvaise foi des acteurs politiques a totalement annihilé cette mobilisation populaire. Les populations se retrouvent prises entre deux feux. Alors que ce processus avait suscité un immense espoir de sortie de crise, il a finalement enclenché une crise plus grave encore.

Alassane Ouattara risque-t-il d’arriver à la tête d’un pays ingouvernable ?

ME DRISSA TRAORÉ. C’est un risque d’autant plus lourd que nous ne savons pas où cette confrontation armée peut mener le pays. Nous espérons que la Côte d’Ivoire saura sortir de cette crise réunifiée.

Certains évoquent des « violences intercommunautaires ». Est-ce votre lecture du conflit ?

 ME DRISSA TRAORÉ. Le conflit ivoirien n’est ni un conflit intercommunautaire, ni un conflit du Nord contre le Sud, ni un conflit opposant musulmans et chrétiens, ni un conflit ethnique. C’est un conflit qui prend sa source dans des problèmes politiques.

Toutes les parties ont recruté des mercenaires. La Côte d’Ivoire subitelle les répliques des confl its qui ont déchiré, avant elle, ses voisins ?

ME DRISSA TRAORÉ. Absolument. Les conflits dans les pays limitrophes ont favorisé la circulation d’armes et de professionnels de la guerre venus, par exemple, du Liberia.

Craignez-vous, pour les réfugiés qui ont fui le pays, une tragédie humanitaire ?

 ME DRISSA TRAORÉ. À l’intérieur comme à l’extérieur du pays, la tragédie humanitaire est déjà là. Ceux qui sont restés à Abidjan ne peuvent plus s’approvisionner. Les magasins sont pillés, saccagés. Des milliers de déplacés internes ne sont pas pris en charge. Ce drame humanitaire va s’approfondir si le conflit ne prend pas fin le plus vite possible.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR R. M

100 morts trouvés dans l'ouest de la Côte d'Ivoire.


Edité par T 34 - 08 Apr 2011 à 22:33
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Apr 2011 à 02:36

L'Afrique de l'Ouest craint les répliques du conflit ivoirien

Afflux, dans les pays voisins, de réfugiés fuyant les violences, circulation d'armes et de mercenaires profitant de frontières poreuses. La crise ivoirienne menace toute l'Afrique de l'Ouest, déjà fragilisée, de dangereuses répercussions.

« La prolongation du conflit en Côte d'Ivoire pourrait avoir un effet de déstabilisation majeure dans l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest. » C'est le diagnostic alarmiste émis mardi par le haut-commissaire de l'ONU aux réfugiés, Antonio Guterres.

Première source d'inquiétude, l'impact de la crise ivoirienne sur le fragile Liberia voisin, à peine relevé de quatorze ans d'une guerre civile qui a coûté la vie à 250 000 personnes avant de prendre fin en 2003. Le HCR évalue à 130 000 le nombre d'Ivoiriens ayant fui vers le comté de Nimba depuis le début des violences postélectorales. Cette région du nord du Liberia, souligne Antonio Guterres, a particulièrement « souffert durant la guerre civile ». Á l'est, le Ghana voit lui aussi affluer des milliers de réfugiés ayant besoin d'urgence de vivres, d'abri et de vêtements.

Populations en fuite

Parmi les populations cherchant à fuir les violences se trouvent de nombreux ressortissants ouest-africains qui travaillaient, jusque-là, en Côte d'Ivoire. Ainsi, à Zégoua, ville malienne proche de la frontière, près de 17 000 personnes venues de Côte d'Ivoire ont été enregistrées entre le 18 et le 31 mars, selon l'Agence malienne de presse. Parmi ces réfugiés, des Maliens, mais aussi des Sénégalais, des Guinéens, des Mauritaniens, des Ivoiriens, des Burkinabés, des Nigériens, des Ghanéens, des Gambiens, des Togolais, des Camerounais, des Centrafricains, des Libériens et des Bissau-Guinéens. Ce mouvement pourrait s'accélérer, en particulier en direction du Burkina Faso, dont trois millions de ressortissants travaillent en Côte d'Ivoire. Les voisins de la Côte d'Ivoire doivent faire face à ces déplacements de population dans un contexte de crise économique et sociale qui alimente, déjà, de vives tensions.

Autre source d'inquiétude : la circulation des armes et des mercenaires. S'il est beaucoup question, ces derniers jours, des mercenaires libériens recrutés par le camp Gbagbo, on se souvient moins que des milices avaient été envoyées en Côte d'Ivoire à partir de 2002 par le dictateur Charles Taylor pour appuyer la rébellion du Nord. « Nous sommes inquiets parce que, après la guerre de 2002 en Côte d'Ivoire, les mercenaires libériens sont revenus au pays, ont formé une faction, déclaré la guerre et pris des territoires », s'alarmait, le 23 mars dernier, le ministre libérien de l'Intérieur, Harrison Kenwea.

Circulation des armes

Entre les deux pays, la porosité des frontières est telle que les armes circulent librement. « Ce qui m'inquiète le plus, c'est qu'il n'y a pas eu de désarmement avant les élections en Côte d'Ivoire. J'ai peur que les armes ne retournent au Liberia », redoute la chef de la mission de l'ONU au Liberia (Minul), Margaret Loj. Ce serait une nouvelle manifestation de la « guerre nomade » décrite par le politologue Michel Galy. « Depuis 1989 se dessine un arc de crise allant de la Sierra Leone à la Côte d'Ivoire, avec des guerriers nomades passant d'un pays à l'autre », analyse-t-il. Avec, aujourd'hui, la menace d'une dangereuse résonance ouest-africaine.

Une enquête réclamée par la CPI

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a annoncé, hier, vouloir ouvrir une enquête sur des « massacres commis de façon systématique ou généralisée, » en Côte d'Ivoire. Selon l'ONU et plusieurs organisations internationales, la prise de Douékoué, à l'ouest, par les combattants des forces d'Alassane Ouattara s'est accompagnée de massacres de grande ampleur. Les bilans oscillent de 330 à un millier de « morts ou disparus ».

Rosa Moussaoui

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Cote d'Ivoire : Ouattara appelle à la réconciliation nationale

Pour la première fois devant les Ivoiriens depuis l'aggravation de la crise post-électorale, Alassane Ouattara a pris la parole, hier soir, pour appeler à la réconciliation de tous les Ivoiriens, faute d'avoir obtenu la reddition de son rival Laurent Gbagbo, qu'il veut soumettre à un blocus.

"J'invite tous mes compatriotes à s'abstenir de tout acte de vengeance", a-t-il aussi déclaré. "La Côte d'Ivoire est une et indivisible", a-t-il assuré, en s'engageant à être le président "de tous les Ivoiriens", qu'ils soient musulmans comme lui, chrétiens comme Laurent Gbagbo, ou d'une autre confession. Il a annoncé qu'"un blocus a été établi autour du périmètre" de la résidence présidentielle où Laurent Gbagbo "s'est retranché avec des armes lourdes et des mercenaires". L'objectif est "de sécuriser les habitants de ce quartier" d'Abidjan, a-t-il précisé dans ce discours télévisé. 

Il a indiqué avoir demandé aux responsables de ses forces "de prendre toutes les dispositions pour assurer le maintien de l'ordre et la sécurité des biens", ainsi que la liberté de mouvement dans le pays. "Le couvre-feu sera allégé à partir de vendredi 8 avril en vue de permettre un retour progressif à la normalité", a aussi annoncé Alassane Ouattara, en appelant de ses voeux une "reprise de l'activité économique".

Après l'impasse politique et l'enlisement militaire, Abidjan est confrontée à l'urgence humanitaire. Autrefois prospère, la ville est livrée aux pillards, les cadavres ne sont pas ramassés, le système de santé s'est effondré, l'eau et l'électricité sont souvent coupées et les réserves de nourriture baissent rapidement.

Lourdement armés, les fidèles de Laurent Gbagbo avaient réussi mercredi à repousser l'assaut des forces d'Alassane Ouattara, qui contrôlent désormais l'ensemble du pays. Laurent Gbagbo dispose encore d'"un petit millier" d'hommes à Abidjan, dont environ 200 à sa résidence transformée en bunker, selon le ministre français de la Défense, Gérard Longuet.

Mais au cours de leur progression rapide depuis le nord du pays, les combattants se réclamant d'Alassane Ouattara ont été accusés de crimes et de massacres à grande échelle, notamment dans la ville de Duekoué (ouest) où plusieurs centaines de personnes ont été tuées le 29 mars, selon diverses agences humanitaires. "La lumière sera faite sur tous les massacres et les crimes", a promis jeudi soir Alassane Ouattara. "Les auteurs des crimes seront sanctionnés", a-t-il insisté, demandant à ses troupes "d'être exemplaires dans leur comportement, de s'abstenir de tout crime, de toutes violences contre les populations ou de tout acte de pillage".

Par ailleurs, Alassane Ouattara veut faire rapidement redémarrer l'économie de la Côte d'Ivoire, premier exportateur mondial de cacao. "J'ai demandé que les sanctions de l'Union européenne sur le port d'Abidjan et San Pedro et sur certaines entités publiques du fait du régime illégitime de Laurent Gbagbo soient levées", a-t-il ainsi affirmé.

  • Des enquêteurs de l'ONU ont découvert plus de 100 corps ces dernières 24 heures dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire, a annoncé vendredi le Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, indiquant qu'il semblait s'agir de victimes de violences ethniques. "Plus de cent corps ont été trouvés ces dernières 24 heures dans trois endroits dans l'Ouest" de la Côte d'Ivoire, a déclaré un porte-parole du Haut commissariat, Rupert Colville, au cours d'un point de presse. Il a en outre précisé que ces assassinats semblaient avoir eu des mobiles "ethniques".

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« Alassane Ouattara est un instrument de Sarkozy »

L'économiste sénégalais Demba Moussa Dembele directeur du Forum africain des alternatives dénonce une offensive néocoloniale.

Comment réagissez-vous à l'engagement militaire de la France à Abidjan ?

Demba Dembele. Je le condamne. Avec la Libye et la Côte d'Ivoire, la France montre qu'elle agit comme une puissance impérialiste en Afrique. Depuis le début de la crise, elle s'est tenue aux côtés d'Alassane Ouattara. Les bombardements contre l'armée ivoirienne confirment que la force Licorne n'est pas neutre et qu'elle soutient Ouattara à 100 %.

Paris dit agir avec l'ONU en faveur des populations civiles.

Demba Dembele. Nicolas Sarkoy ne se soucie pas de la sécurité des civils ivoiriens ni de celle des civils libyens. Nous sommes face à des raisons de politiques internes et externes, à des positionnements géostratégiques. En Libye, c'est le pétrole. En Côte d'Ivoire, c'est le café, le cacao et le maintien de la Françafrique. C'est une occasion pour la France de la relancer après la perte, en 2002, de ce pays considéré comme le joyau de la couronne françafricaine. La défense des populations est un prétexte à destination de l'opinion publique française et internationale. Malheureusement, l'ONU est un instrument des puissances qui se prévalent de sa couverture pour intervenir dans les affaires des pays. La France, les États-Unis, la Grande-Bretagne traversent une crise sociale, économique et politique profonde. Les pays émergents, eux, redessinent la carte géostratégique. Les pays occidentaux cherchent à reconquérir du terrain. Pour la France, il s'agit de ses anciennes colonies. Alassane Ouattara est un instrument de cette offensive néocoloniale. Un otage aussi, car après l'intervention de Sarkozy, il ne pourra rien refuser à la France.

Quelles sont les issues à cette crise militaro-politique ?

Demba Dembele. La seule issue durable est la négociation politique. Ce que proposait l'Union africaine avec la nomination d'un haut représentant. Mais Ouattara, probablement sous la pression de Sarkozy, l'a rejetée. Pourtant, même si temporairement Ouattara prend le dessus militaire, avec l'aide de la France et de l'Onuci, sur le plan politique, ce sera l'impasse. Parce que beaucoup verront en lui l'homme installé par l'étranger.

Entretien réalisé par Cathy Ceïbe

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Le colonialisme sans voile est-il de retour ?

L’Amérique Latine s’interroge sur la Côte d’Ivoire

« Gbagbo n’est pas un putschiste »

Toutes les versions de cet article : [Español]

Le professeur ivoirien Sylvain Poosson signale que les médias occidentaux et surtout français délégitiment Laurent Gbagbo comme président parce qu’il a essayé de redessiner la politique économique, ce qui affecterait les intérêts de Paris.

Sylvain Poosson est professeur de Littérature Hispano-américaine et le directeur d’Études Internationales de l’Université de Hampton. Il est né en Côte d’Ivoire, où il a étudié, a exercé le journalisme et a partagé l’arrivée de la démocratie, au début des années 90. Bien qu’il soit loin, il sait analyser et connaît avec détails la réalité de son pays, qui dans les derniers mois lui a pris le sommeil : « Gbagbo a commis beaucoup d’erreurs. Mais il est le père de la démocratie, il a milité plus de vingt ans dans la politique de son pays et il a attendu un processus d’élections démocratiques pour accéder à la présidence. Il n’est pas un putschiste, il respecte les droits de son peuple. Ouattara est en revanche un personnage sans pitié et cupide qui ferait tout pour s’asseoir dans le fauteuil du pouvoir », a-t-il déclaré dans une conversation téléphonique où Página/12 l’a consulté sur son point de vue au sujet de la crise dans le pays africain.

Les médias occidentaux montrent un Laurent Gbagbo traqué et comptant les heures pour que les troupes de Ouattara, aidées par la France et l’ONU, l’arrachent du pouvoir. Qu’est-ce qui il y a de vrai dans cela ?

On voit que la communauté internationale ne le connaît pas. Gbagbo est capable de mourir là. Je ne crois pas qu’il se livre si facilement aux forces de Ouattara. Le sujet consiste en ce que l’information qui arrive sur le conflit est filtrée, en majorité, par la presse française, qui raconte l’histoire officielle. Mais il faut faire l’attention, surtout pour des sujets internationaux dans lesquels la France a des intérêts en jeu, la presse de son pays joue pour eux, presque comme si elle était son employée.

Pourquoi la France a-t-elle interféré en Côte d’Ivoire ?

L’un des points principaux de la plate-forme de Gbagbo pour les élections de novembre a été basé sur le fait de redessiner la politique économique du pays, qui affectait indéfectiblement la France et les affaires que ce pays a dans la nation africaine. 85 % des devises qui soutiennent l’économie de la Côte d’Ivoire est déposé dans des banques françaises. La France a 2 500 entreprises en Côte d’Ivoire et se partage avec l’Angleterre l’achat de la production de pétrole et de cacao – la base de l’économie ivoirine – de mon pays. La Côte d’Ivoire perçoit, par la vente de ces produits, 12 % des gains que génère la France avec leur revente. C’est la menace à laquelle s’affronte la France si Gbagbo continue dans la présidence. Quand il a été ministre de l’Économie – entre 1990 et 1993-, Ouattara s’est chargé de vendre toutes les entreprises publiques à des capitaux privés, en majorité étrangers. Paris en a énormément bénéficié.

Qu’est-ce que Gbagbo a fait pour changer cette réalité, pendant les dix ans où il a exercé la présidence ?

Il n’a pas pu faire beaucoup. Il a pris ses fonctions en 2000 et trois ans après les milices rebelles du nord du pays, avec armes et mercenaires du Burkina et l’appui caché de la France, ont essayé de renverser son gouvernement, en le tuant. Ouattara a appuyé ce coup d’Etat. Ils l’ont finalement laissé vivre, mais ils ont déclenché une guerre civile et ils ont versé le sang de centaines d’innocents. Le pays est resté divisé en deux : le nord, sous le commandement des rebelles, et le sud, avec Gbagbo, qui a fini par négocier le pouvoir complet. Il est resté à la présidence, mais il a nommé le leader des rebelles, Guillaume Soro, comme Premier ministre. Depuis ce temps-là, il n’a jamais plus pu avancer deux pas sans la menace de mettre à feu et à sang le pays. Il a perdu tout pouvoir.

Le mandat présidentiel de Gbagbo a pris fin en 2005. Pourquoi a-t-il retardé de cinq ans les élections ?

Il a commis des milliers d’erreurs comme président. Le principal est d’avoir permis que la corruption contamine chaque coin de son cabinet. Mais ce n’est pas lui qui n’a pas voulu que des élections aient lieu : c’était Soro, à travers la menace permanente de violence et ses efforts constants pour maintenir le pays séparé, qu’ils n’ont pas permis l’instauration d’une atmosphère propice pour les élections. À Soro et aux rebelles du nord, il leur convenait de se maintenir dans le pouvoir à cause des affaires illégales du trafic de cacao. Même en novembre 2010, Gbagbo a alerté sur l’impossibilité de réaliser des élections démocratiques, avec tant de violence dans les rues.

Pourquoi n’a-t-on pas encore pu définir le processus électoral du mois de novembre ?

Ouattara aurait gagné la présidence s’il n’avait pas tant maltraité la population. Les troupes rebelles ont tué et ont semé la peur pour qu’il parte de la présidence. Des femmes ont été violées ; des milliers d’ivoiriens ont été assassinés par ces bêtes, avec la permission de la France, pour effrayer les autres et pour gagner des votes. Les élections n’ont pas été libres et démocratiques. La Commission Électorale Indépendante qui a donné la victoire à Ouattara a 22 membres, dont 20 sont fidèles à Ouattara. Quand ces résultats préliminaires sont arrivés à la Cour suprême, cette autorité a considéré qu’il y avait des signes de fraude, mais elle n’a pas ordonné sa nullité ni la réalisation d’un nouveau scrutin.

Página 12. Buenos Aires, le 8 mars 2011.

Traduit de l’espagnol pour El Correo de : Estelle et Carlos Debiasi


On dénonce des massacres des deux camps
 

Cote d'Ivoire : situation calme à Abidjan

L'ambassade de France a affirmé que la résidence de l'ambassadeur avait été attaquée, pour la deuxième fois en moins de 48 heures, par des forces de Laurent Gbagbo. Information aussitôt démentie par le camp Gbagbo. Le président sortant, toujours retranché dans son bunker, n'a pas cédé un pouce de terrain vendredi, tandis que l'ONU qualifiait d'"horrifiantes" les informations sur la situation dans l'ouest du pays.

16h30. Les forces de l'ONU et de l'opération française Licorne étaint présentes dans le port d'Abidjan, au lendemain de la levée des sanctions de l'Union européenne, a annoncé à l'AFP une source française (opération Licorne) "On participe à la reprise de l'activité économique notamment au port, en liaison avec les autorités locales. Les Forces impartiales (mission onusienne Onuci et force française Licorne) sont présentes sur le port", a déclaré cette source. Ces forces "travaillent avec les services portuaires ivoiriens. Il y a eu une prise de contact ce matin avec les autorités du port dans le cadre de la réouverture" à venir du port", a-t-elle ajouté.

L'Union européenne a annoncé vendredi avoir levé ses sanctions à l'encontre de deux grands ports de Côte d'Ivoire, Abidjan et San Pedro, ainsi que contre plusieurs entreprises liées notamment au secteur du cacao, afin de soutenir Alassane Ouattara.

15h30. Les vols commerciaux ont repris à l'aéroport d'Abidjan samedi matin, a annoncé  une source militaire française (Force Licorne). "Ce matin, un vol d'Air France est arrivé. La reprise des vols commerciaux à l'aéroport d'Abidjan est effective", a déclaré cette source. La compagnie aérienne française Air France, qui avait dû suspendre ses vols le 1er avril en raison des troubles en Côte d'Ivoire, a repris vendredi sa desserte d'Abidjan, a annoncé samedi un porte-parole à l'AFP. "Nous avons repris la desserte d'Abidjan", a-t-il dit.

13h00. Sur le terrain, le calme régnait samedi matin à Abidjan après de violents combats la veille entre les forces d'Alassane Ouattara et celles restées fidèles à Laurent Gbagbo, dans le quartier de Cocody où ce dernier est toujours retranché. Aucun tir n'a été entendu dans la matinée de samedi dans le quartier de Cocody, autour de la résidence présidentielle où se trouve toujours le président sortant Laurent Gbagbo, et dans celui du Plateau, siège du palais présidentiel, ont indiqué des habitants.

"La matinée est calme", a dit un résident de Cocody tout en ajoutant: "les combats reprendront peut-être cet après-midi" dans ce quartier du nord de la capitale économique où se situent, outre la résidence présidentielle, le siège de la radio-télévision ivoirienne (RTI) et l'école de gendarmerie, tenues par les forces pro-Gbagbo.

Selon un habitant du Plateau, dans le centre, où est le palais présidentiel contrôlé également par les troupes pro-Gbagbo, "il n'y a pas eu de tirs ce matin. On voit les gens sortir des immeubles pour aller vers Marcory", un quartier du sud de la ville plus sécurisé. "Ils étaient coincés, ils cherchent maintenant à quitter le Plateau".

11h30. Un blindé des forces pro-Gbagbo a été détruit par les forces françaises, indique l'état major.

11h00. Le calme semble régner à Abidjan, notamment dans les quartiers de Cocody, autour de la résidence présidentielle du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, et du Plateau, siège du palais présidentiel.

10h45. Une opération de la force française Licorne pour évacuer du personnel diplomatique du quartier des ambassades à Abidjan a dû être annulée durant la nuit de vendredi à samedi en raison de conditions de sécurité insuffisantes, a indiqué samedi matin à Paris l'état-major des armées. L'opération avait été lancée samedi vers 03h00 "à la demande du gouvernement d'un pays allié" dont le nom n'a pas été précisé pour des raisons de sécurité. Le chef de mission a ensuite estimé que "les conditions de sécurité n'étaient pas suffisantes" et a décidé de l'annuler, a précisé le porte-parole de l'état-major, le colonel Thierry Burkhard. Les soldats français ont été la cible de tirs au cours de l'opération et les hélicoptères de Licorne ont détruit un véhicule blindé des forces pro-Gbagbo dans la zone des résidences diplomatiques, a-t-il précisé. Deux hélicoptères ont également été atteints par des tirs, sans gravité.

vendredi 8 avril

23h00. Les troupes fidèles à Laurent Gbagbo ont regagné du terrain à Abidjan et sont toujours en possession de chars ainsi que d'"armes lourdes", a indiqué le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU Alain Le Roy. Ils ne sont plus qu'à un kilomètre de l'hôtel dans lequel le président reconnu internationalement, Alassane Ouattara, a établi son quartier général, a souligné Alain Le Roy après une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la crise en Côte d'Ivoire. "Il est évident", a-t-il dit, que les soldats du camp Gbagbo "ont pris l'accalmie de mardi comme prétexte pour renforcer leurs positions". Ces troupes "ont toujours de nombreuses armes lourdes à disposition", a affirmé Alain Le Roy, qui a dit avoir vu des photos sur lesquelles apparaissent des chars, des lance-roquettes, des lance-grenades et des véhicules de transport de troupes.

22h00. Le gouvernement du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo "dément formellement" que ses forces aient attaqué vendredi la résidence de l'ambassadeur de France à Abidjan, a déclaré son porte-parole Ahoua Don Mello. "Nous démentons formellement l'attaque de la résidence de l'ambassadeur de France. Toutes les armes lourdes de la résidence du président Gbagbo (qui jouxte le bâtiment, ndlr) ont été détruites, eux-mêmes (les Français) l'ont affirmé. Ce sont des manoeuvres dilatoires pour attaquer (la télévision d'Etat) RTI qui vient de reprendre et la résidence du président Gbagbo", a ajouté le porte-parole.

21h00.  Dans l'ouest du pays, contrôlé par les forces d'Allassane Ouattara et où plusieurs organisations humanitaires ont dénoncé des massacres de centaines de personnes, les informations collectées par les enquêteurs de l'ONU sur les droits de l'homme sont "absolument horrifiantes", a déclaré à Genève le Haut commissaire aux droits de l'homme, Navi Pillay. "Au cours de la seule journée d'hier, ils ont trouvé 118 corps dans les trois villes de Duékoué, Bloléquin et Guiglo, dans l'ouest du pays", a indiqué Mme Pillay dans un communiqué. "Certaines des victimes semblent avoir été brûlées vives", a précisé son porte-parole. "La situation à Abidjan est également épouvantable", a déclaré Mme Pillay. Les agences de l'ONU ont demandé l'ouverture de couloirs humanitaires pour venir en aide aux populations fuyant les violences. A Duékoué, quelque 30.000 personnes, souvent affamées, s'entassent dans une mission catholique.

20h00. La résidence de l'ambassadeur de France à Abidjan située près de celle du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo a été vendredi la cible de tirs d'armes lourdes des forces pro-Gbagbo, a affirmé l'ambassade dans un communiqué. "Le 8 avril à 16 heures  la résidence de France située dans la commune de Cocody a été la cible de deux tirs de mortier et d'un tir de roquette à partir de positions tenues" par des éléments des forces armées toujours loyales à M. Gbagbo, indique l'ambassade. "C'est la deuxième fois en moins de 48 heures que cette emprise diplomatique fait l'objet d'une attaque délibérée", poursuit-elle

Mercredi soir, la résidence de l'ambassadeur de France avait été attaquée par les forces pro-Gbagbo à l'occasion de l'exfiltration de l'ambassadeur du Japon dont la demeure officielle est située à proximité.

"La France rappelle que conformément à la résolution 1975 du Conseil de sécurité de l'ONU, "les forces impartiales (mission onusienne ONUCI et force française Licorne)" sont en droit de mettre en oeuvre leur mandat afin de prévenir l'usage d'armes lourdes par toutes les parties du conflit", conclut l'ambassade de France.




Edité par T 34 - 10 Apr 2011 à 21:57
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Apr 2011 à 00:27

Barbouzeries franco-ivoiriennes

La France aurait appuyé le camp Ouattara dans la préparation de son offensive anti-Gbgabo. En formant des hommes, mais aussi en livrant illégalement des armes et des munitions.

La surprenante rapidité avec laquelle les forces armées pro-Ouattara ont pris le contrôle de la moitié sud de la Côte d'Ivoire s'expliquerait-elle par un appui militaire français bien antérieur aux bombardements des hélicoptères de « Licorne » ? On savait le Burkina Faso et le Nigeria impliqués, par l'envoi d'hommes, d'armes et de véhicules. Mais mercredi, le Canard enchaîné livrait des révélations troublantes sur l'aide française à la préparation de cette offensive. Un officier supérieur décrit comme « proche de l'Élysée » se serait réjoui, selon l'hebdomadaire satirique, de « notre efficacité dans l'organisation de la descente sur Abidjan ». Selon une autre source militaire citée par le Canard enchaîné, la France aurait offert aux Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), l'armée d'Alassane Ouattara, non seulement « des conseils tactiques » mais aussi « des munitions et des Famas (fusils d'assaut - NDLR) ». Dans la même veine, Jeune Afrique affirme que « des éléments des FRCI ont reçu une formation "opérations spéciales" au Burkina Faso et au Nigeria, avec des instructeurs américains et français ». « On nage en pleine Françafrique. Tout est bon pour défendre les intérêts des multinationales françaises », grince le député communiste Jean-Jacques Candelier. Si elles étaient confirmées, ces allégations mettraient en lumière une violation pure et simple de l'embargo sur les armes. Violation d'autant plus grave qu'elle serait le fait d'un protagoniste censé surveiller le respect de ce même embargo. Le 15 novembre 2004, le Conseil de sécurité de l'ONU adoptait la résolution 1 572 enjoignant les États à « prendre les mesures nécessaires pour empêcher la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects à destination de la Côte d'Ivoire, [.] d'armes et de tout matériel connexe, [.] ainsi que la fourniture de toute assistance, conseil ou formation se rapportant à des activités militaires ». La résolution 1 584, adoptée le 1er février 2005, chargeait l'Onuci et les forces françaises de « surveiller » cet embargo. Sans grand succès, puisque celui-ci a été violé de façon continue. Ainsi, dans un rapport rendu en 2009, le groupe d'experts sur la Côte d'Ivoire faisait observer : « Les parties au conflit demeurent assez lourdement armées pour engager des hostilités armées soutenues, et certaines même se réarment. »

 

Armes, diamants et cacao

Le même document décrivait, dans le nord de la Côte d'Ivoire, une économie « sous la coupe des chefs de guerre ». Avec des « commandants de zone » des Forces nouvelles « qui contrôlent et exploitent les ressources naturelles ». Ce comité s'inquiétait alors du « transfert systématique d'armes et de munitions vers le nord du pays, région contrôlée par les Forces nouvelles, qui pourrait être lié à la contrebande de cacao ». Ce rapport soupçonnait, enfin, des violations de l'embargo sur les diamants bruts ivoiriens, extraits et exportés illégalement via la Guinée. « Á la veille de l'élection présidentielle, une rébellion non désarmée occupait la moitié nord du pays », résume David Mauger, de l'association Survie. En notant que la publication du rapport annuel du groupe d'experts de l'ONU chargé de surveiller l'embargo sur les armes « reste bloquée ». De quoi nourrir les suspicions. Le Canard enchaîné affirme, de son côté, que des proches d'Alassane Ouattara seraient impliqués dans l'acheminement hors de la Côte d'Ivoire, en 2009 et 2010, de plusieurs tonnes d'or extrait des mines du Nord. « Sous couvert de véhicules de l'ONU », assure l'hebdomadaire.

Rosa Moussaoui

Source


Cote d'Ivoire : le quartier général de Ouattara attaqué

La bataille d'Abidjan a connu hier une nouvelle montée en puissance avec l'attaque contre le Golf Hôtel d'Abidjan, quartier-général d'Alassane Ouattara, par les hommes du président sortant Laurent Gbagbo. Son porte-parole, Ahoua Don Mello, a toutefois vivement démenti en soirée cette attaque. Les Casques bleus défendant le QG de Ouattara ont riposté.

  • Les avocats d'Alassane Ouattara exhortent Paris à "neutraliser" les forces pro-Gbagbo et demandent à l'Onu ainsi qu'à Paris de remettre le président sortant, Laurent Gbagbo, à la justice.
  • Hier, après une journée relativement calme à Abidjan, des tirs contre le Golf Hôtel, visant directement l'hôtel où sont retranchés Alassane Ouattara et son gouvernement, sont les premiers depuis le début de la crise post-électorale ivoirienne, il y a plus de quatre mois. "Nous sommes attaqués à l'arme lourde et légère. Ca fait trembler les murs, le personnel est en train d'être évacué dans les sous-sols", a déclaré un employé de l'hôtel. Selon plusieurs témoins, les tirs ont débuté avant 17h00 locales et se sont achevés peu après 18h00. Les Forces de défense et de sécurité (FDS, pro-Gbagbo) "sont en train de nous attaquer et nous essayons de les repousser", a indiqué un combattant des Forces républicaines de Ouattara. "Les tirs sont très, très proches. Des snipers ont tiré des rafales de kalachnikov. Les pro-Gbagbo nous attaquent sur tous les fronts", y compris depuis le bord opposé de la Lagune qui longe le Golf hôtel, a déclaré un résident du Golf hôtel.
  • Le porte-parole de Laurent Gbagbo, Ahoua Don Mello, a toutefois vivement démenti en soirée que cette attaque a été menée par ses forces: "C'est absolument faux. Il n'y a pas eu d'attaque du Golf", a-t-il dit, qualifiant l'incident d'"attaque imaginaire". "Le président Gbagbo appelle à la résistance contre les bombardements et les agissements de l'armée française en Côte d'Ivoire, car en définitive c'est l'armée française qui nous attaque", a par ailleurs indiqué Ahoua Don Mello. "Nos troupes sont en train de se reconstituer après avoir subi une attaque barbare des rebelles appuyés par l'ONU et Licorne", a-t-il ajouté.
  • Les Casques bleus défendant le QG de Ouattara ont riposté après cette attaque au mortier, a annoncé la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (ONUCI). "C'est venu de l'autre côté de la lagune (au sud de l'hôtel) et de la résidence du président Gbagbo (situé dans le même quartier de Cocody)", a déclaré Hamadoun Touré, porte-parole de l'ONUCI. "Conformément à leur mandat de protection de l'hôtel du Golf où se trouve le président Ouattara et son équipe, les Casques bleus ont riposté en ciblant l'origine des tirs venant de l'autre côté de la Lagune. Nous avons volontairement évité la résidence du président Gbagbo", a ajouté le porte-parole.

Les événements de samedi

  •  Les forces de l'ONU et de l'opération française Licorne étaint présentes dans le port d'Abidjan, au lendemain de la levée des sanctions de l'Union européenne, a annoncé à l'AFP une source française (opération Licorne) "On participe à la reprise de l'activité économique notamment au port, en liaison avec les autorités locales. Les Forces impartiales (mission onusienne Onuci et force française Licorne) sont présentes sur le port", a déclaré cette source. Ces forces "travaillent avec les services portuaires ivoiriens. Il y a eu une prise de contact ce matin avec les autorités du port dans le cadre de la réouverture" à venir du port", a-t-elle ajouté. L'Union européenne a annoncé vendredi avoir levé ses sanctions à l'encontre de deux grands ports de Côte d'Ivoire, Abidjan et San Pedro, ainsi que contre plusieurs entreprises liées notamment au secteur du cacao, afin de soutenir Alassane Ouattara.
  • Les vols commerciaux ont repris à l'aéroport d'Abidjan samedi matin, a annoncé  une source militaire française (Force Licorne). "Ce matin, un vol d'Air France est arrivé. La reprise des vols commerciaux à l'aéroport d'Abidjan est effective", a déclaré cette source. La compagnie aérienne française Air France, qui avait dû suspendre ses vols le 1er avril en raison des troubles en Côte d'Ivoire, a repris vendredi sa desserte d'Abidjan, a annoncé samedi un porte-parole à l'AFP. "Nous avons repris la desserte d'Abidjan", a-t-il dit.
  • Sur le terrain, le calme régnait samedi matin à Abidjan après de violents combats la veille entre les forces d'Alassane Ouattara et celles restées fidèles à Laurent Gbagbo, dans le quartier de Cocody où ce dernier est toujours retranché. Aucun tir n'a été entendu dans la matinée de samedi dans le quartier de Cocody, autour de la résidence présidentielle où se trouve toujours le président sortant Laurent Gbagbo, et dans celui du Plateau, siège du palais présidentiel, ont indiqué des habitants. "La matinée est calme", a dit un résident de Cocody tout en ajoutant: "les combats reprendront peut-être cet après-midi" dans ce quartier du nord de la capitale économique où se situent, outre la résidence présidentielle, le siège de la radio-télévision ivoirienne (RTI) et l'école de gendarmerie, tenues par les forces pro-Gbagbo. Selon un habitant du Plateau, dans le centre, où est le palais présidentiel contrôlé également par les troupes pro-Gbagbo, "il n'y a pas eu de tirs ce matin. On voit les gens sortir des immeubles pour aller vers Marcory", un quartier du sud de la ville plus sécurisé. "Ils étaient coincés, ils cherchent maintenant à quitter le Plateau".

 

  • Une opération de la force française Licorne pour évacuer du personnel diplomatique du quartier des ambassades à Abidjan a dû être annulée durant la nuit de vendredi à samedi en raison de conditions de sécurité insuffisantes, a indiqué samedi matin à Paris l'état-major des armées. L'opération avait été lancée samedi vers 03h00 "à la demande du gouvernement d'un pays allié" dont le nom n'a pas été précisé pour des raisons de sécurité. Le chef de mission a ensuite estimé que "les conditions de sécurité n'étaient pas suffisantes" et a décidé de l'annuler, a précisé le porte-parole de l'état-major, le colonel Thierry Burkhard. Les soldats français ont été la cible de tirs au cours de l'opération et les hélicoptères de Licorne ont détruit un véhicule blindé des forces pro-Gbagbo dans la zone des résidences diplomatiques, a-t-il précisé. Deux hélicoptères ont également été atteints par des tirs, sans gravité.
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Apr 2011 à 17:03

Côte d'Ivoire: arrestation du président sortant Gbagbo (médias)

Dossier

 

Le 11 avril 2011 à18 h 43

MOSCOU, 11 avril - RIA Novosti

 

Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, retranché dans sa résidence d'Abidjan, n'a pas été arrêté lundi par l'armée française, comme annoncé plus tôt, mais par les forces d'Alassane Ouattara, a précisé Jean-Marc Simon, l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire, selon les médias.

"Laurent Gbagbo a été arrêté par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI, pro-Ouattara) et conduit à l'Hôtel du Golf par les FRCI", a déclaré M.Simon devant les journalistes.

Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo et son épouse Simone sont arrivés à l'Hôtel du Golf, quartier général du camp d'Alassane Ouattara à Abidjan, peu après leur arrestation. Ainsi, l'ONUCI et la force Licorne française n'y auraient joué qu'un rôle de soutien.

L'ONU et la France ont dit avoir frappé depuis dimanche après-midi jusqu'au cœur de la nuit plusieurs sites stratégiques, dont la résidence où est retranché M. Gbagbo, pour "neutraliser les armes lourdes" du camp Gbagbo. Des hélicoptères français ont effectué lundi matin de nouveaux tirs dans la direction de la résidence de Laurent Gbagbo, quelques heures après une campagne de frappes menée avec l'ONU sur les bastions du président ivoirien sortant.

Laurent Gbagbo a perdu l'élection présidentielle de décembre dernier, mais refuse de céder le pouvoir à son rival heureux Alassane Ouattara. Depuis le mois de mars, M.Gbagbo s'est mis à utiliser des armes lourdes contre ses adversaires.

Source : http://fr.rian.ru/world/20110411/189133862.html

 

C’est juste ça un « rôle de soutien ».LOL




Edité par babeuf - 11 Apr 2011 à 17:03
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  Citer Pedro Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Apr 2011 à 17:17

 

Aujourd’hui, les forces impérialistes BBR de l’opération Licorne sont passées à l’offensive final pour déloger Laurent Gbagbo de son refuge.

Dans le même temps, les massacres commis dans l’Ouest par les Forces « républicaines » pro-Ouattara commencent à faire les choux gras dans la presse… y compris la presse à grand tirage de l’impérialisme bleu-blanc-rouge !

Sur la Toile, les sites pro-Gbagbo comme Résistances, Bis repetita ou encore DirectScoop s’en font l’écho, pour s’en réjouir mais aussi s’en étonner : « comment cela se fait-il ? Les médias de l’impérialisme, de la Françafrique, révèleraient donc les crimes de ses tirailleurs ? »

 

D’autant que de plus en plus, la web-presse fasciste (notamment catholique) s’en fait aussi la caisse de résonnance. Les massacres sont présentés comme « des massacres de chrétiens », par les « troupes musulmanes de Ouattara », représentant la « poussée islamiste vers le Golfe de Guinée », avec l’appui du « mondialisme Sarko-US ».

 

Absurdité suprême ! Ouattara est musulman, certes… comme bon nombre « d’amis de la France » comme Ben Ali, Moubarak, Mohamed VI ou Saad Hariri. Il n’a rien d’un djihadiste fanatique, agent d’Al-Qaïda… Et les massacres principaux auraient été commis dans l’Ouest du pays par des miliciens Dozo. Les Dozos sont une confrérie de chasseurs-guerriers traditionnels du Nord-ouest ivoirien, qui formaient une sorte de « corps mercenaire d’élite » des royaumes féodaux d’autrefois (Empire du Mali etc.). Les Peuples de la région ne sont en fait islamisés ou christianisés que très superficiellement : ils restent avant tout de religion traditionnelle communautaire-primitive. En Afrique, la mobilisation réactionnaire de masse se fait sur une base ethnoféodale, quasiment jamais sur une base confessionnelle religieuse.

 

Alors, que signifie ce buzz médiatique visant Ouattara ? Certes, on peut imaginer que le logiciel idéologique de la « base » d’extrême-droite soit perturbé : abreuvés d’islamophobie du matin au soir, voilà cette fois-ci que les « bons » sont dirigés par un musulman, contre un chrétien aux partisans majoritairement chrétiens (comme le sont la majorité des ivoirien-ne-s !). Mais il y a autre chose. En réalité, Gbagbo étant fini (au dernières nouvelles, les forces spéciales BBR l’auraient arrêté !), le 2e round commence.

Un 2e round, pour le PARTAGE DU BUTIN entre les « alliés » de la coalition anti-Gbagbo : d’un côté le bloc françafricain (impérialisme BBR et ses valets locaux), de l’autres les Anglo-saxons (Anglais, Américains etc.) et leur « pivot » régional, le Nigéria.

Eh oui ! N’oublions pas que ces deux blocs ont saigné l’Afrique en se livrant une guerre de 15 ans, de 1990 à 2005, et ne sont en « paix armée » que depuis le milieu des années 2000, face au nouveau venu chinois.

 

Dans cette nouvelle partie, Ouattara, formé à Philadelphie et ancien sous-directeur du FMI, bon anglophone, pourrait naturellement pencher du côté Anglo-saxon, bien qu’il soit aussi un ami personnel de Sarkozy et de toute une brochette de Françafricains.

Dans tous les cas, c’est un homme hautement éduqué, maîtrisant son sujet sur le plan économique, commercial international, diplomatique. Il n’a pas le profil habituel des satrapes de la Françafrique, soit purs produits de l’éducation française (comme Houphouët), soit soudards, militaires incultes ou obscurs bureaucrates faits rois… Il pourrait se montrer un interlocuteur difficile, voire versatile.

 

En réalité, les véritables relais de la Françafrique en Côte d’Ivoire sont :

1°/ le relais traditionnel de l’aristocratie Baoulé, dirigée par le « dauphin » d’Houphouët-Boigny, HENRI Konan Bédié, promoteur de l’ivoirité xénophobe mais rallié depuis 2005 à Ouattara dans le bloc anti-Gbagbo (RHDP) ;

2°/ les partisans de feu ROBERT Gueï, le putschiste de Noël 1999, sans doute derrière le coup d’Etat de septembre 2002 où il trouva la mort, fidèle serviteur d’Houphouët-Boigny et de la Françafrique, pour qui il organisa l’invasion du Libéria par les hordes de Charles Taylor et Prince Johnson ; ces milices se trouvent dans l’Ouest du pays, autour du pays Yacouba de Gueï. Les Yacoubas sont majoritairement animistes christianisés ;

3°/ la courroie de transmission du principal pivot de la Françafrique en Afrique de l’Ouest, le Burkina de Compaoré. Le Burkina est culturellement proche, non pas du pays dioula (Mandingue) de Ouattara, mais plutôt des populations voltaïques (comme les Sénoufos) du Nord-Est, majoritairement non-musulmanes. La courroie de transmission du « pivot » Compaoré est bien entendu GUILLAUME Soro, sénoufo catholique de la région de Korhogo. Soro, le général en chef des Forces « nouvelles » devenues « républicaines », qui tiennent la moitié Nord et Ouest du pays en coupe réglée depuis fin 2002…

En réalité, seul le Nord-Ouest de la Côte d'Ivoire est mandingue-dioula, musulman et massivement pro-Ouattara (issu d'une lignée aristocratique dioula, fondatrice de l'Empire de Kong).

 

Les choses apparaissent, maintenant, de manière beaucoup plus limpide ! L’impérialisme BBR et ses médias affidés savent bien que, Gbagbo éliminé, la nouvelle partie commence : même si la France aura joué le rôle militaire principal dans la liquidation de « l’homme des BRIC », maintenant le partager du butin va commencer avec les alliés (de circonstance) Anglo-saxons*. Cela apparaissait déjà, dans le Web d’extrême-droite (rappelons le une 100e fois : = porte-parole de l’impérialisme le plus réactionnaire), lorsqu’il était question d’une intervention de la CEDEAO (= du Nigéria) : la crainte se manifestait qu’une telle intervention (et élimination de Gbagbo par ce moyen) profite à 99% aux Anglo-saxons, et notamment que le (fraîchement découvert) pétrole offshore ivoirien ne tombe dans les mains de Shell et BP, les véritables maîtres de l’Etat nigérian.

 

Donc, l’on commence sans perdre de temps à isoler Ouattara dans « l’opinion publique » hexagonale, sur le thème d’un «soldat de l’islamisation de l’Afrique» derrière laquelle, bien entendu, il y a ces foutus Américains, qui « soutiennent l’islam partout où ça les arrange », sans aucune considération pour les Européens « aux premières loges »…

Le moment venu, il sera facile de justifier médiatiquement une élimination militaire de Ouattara par la coalition Soro (Compaoré) – Konan Bédié – milices pro-Gueï… tous chrétiens, et même bons catholiques romains (pas des évangélistes barjos comme Gbagbo et sa Simone) !!!

 

Avec la crise générale du capitalisme qui s’aggrave jour après jour, il ne faut se faire aucune illusion : la lutte la plus brutale pour le repartage impérialiste du monde ne fait que commencer, en particulier dans une région comme l’Afrique de l’Ouest où le pétrole commence à être découvert. Cette aggravation des luttes inter-impérialistes est totalement parallèle à la montée du fascisme et on pourrait presque dire, finalement, que scruter la presse fasciste est la meilleure boule de cristal pour anticiper les futurs développements de celle-ci.

Face à cela, affirmer un anti-impérialisme intransigeant (mais pas aveugle) et scientifique, sur le principe intangible LE CAMP DU PEUPLE EST NOTRE CAMP, est plus que jamais indissociable d’un combat antifasciste conséquent, et du combat pour la révolution socialiste en général !

 

[* On le voit déjà avec les dénégations du porte-parole ouattariste, Ali Coulibaly, sur le rôle de l'armée française dans la capture de Gbagbo : le camp Ouattara ne veut pas être l'obligé de la Françafrique !]

 

AfricaFistZm



 





Edité par Pedro - 12 Apr 2011 à 15:12
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Massacres en Côte d’Ivoire "libérée" par ses néocolonisateurs

 

Robert BIBEAU

Ils avaient cru (l’ONU et Sarkozy) qu’il suffirait de pointer du doigt celui qu’ils ne voulaient pas pour qu’aussitôt il s’éclipse et s’enfonce dans la forêt pour mourir. Mais l’ex-thuriféraire ne l’a pas entendu de cette manière ; il avait bien servis ses maîtres, croyait-il. Pourquoi être soudain répudié de façon si cavalière ? Et le roitelet défait de s’accrocher à son trône, surtout que les premiers rapports des observateurs africains le donnaient gagnant, le « roi Gbagbo ». C’est que les maîtres néo-coloniaux n’avaient pas révisé la copie de l’observateur Mbeki. Cela fait, le rapport était d’une toute autre teneur : le « bon » gagnant était désigné, alors que le « mauvais » perdant était accusé. Ce que M. Gbagbo ne savait pas, c’est que les trucs et les astuces qui l’avaient fait président pouvait servir tout autant à son congédiement (1).

Les seigneurs occidentaux se croient toujours maîtres de l’Afrique, ce continent exsangue, extorqué, saigné à blanc - par les capitalistes blancs - depuis les temps négriers jusqu’aux jours d’aujourd’hui. De leurs décrets ils commandent qui sera élu et qui sera battu aux élections « démocratiques » truquées. S’il faut quelques entorses à la vérité, qu’à cela ne tienne ! C’est pour le bien de ces pestiférés africains, ont-ils déclaré, hilares. Pauvre Afrique, toujours soumise à ces intrigues malodorantes que l’on nomme « les Droits de l’homme… blanc » ! À quand le droit des africains de gérer leur territoire, leur économie et d’élire qui bon leur semble ?

Mais si, moi citoyen français, je n’ai pas le droit d’élire qui bon me semble et de renverser mes exploiteurs par les urnes ou par ma révolte, pourquoi imaginer que ce droit soit accordé à l’africain ? « Tu as raison, mon frère noir, il n’y a aucun motif que sous ce système impérialiste où l’on ploie, toi et moi, j’aie des droits que tu n’as pas. Les riches noirs, blancs, jaunes ont tous les droits, les autres n’ont que leur force de travail à vendre et leurs chaînes à perdre. »

Mais Sarko ne rigole pas et nous verrons pourquoi : il joue sa peau Sarkozy, alors s’il faut « broyer du noir » pour se maintenir au pouvoir, quelques milliers de sacrifiés ce ne sera pas cher payer pour ce négrier recyclé.

Laurent Gbagbo, d’abord déclaré vainqueur puis perdant des élections ivoiriennes, aura résisté le temps de prendre la mesure de ses maîtres. Difficile pour lui d’accepter l’annonce « qu’il a fait son temps », et que son remplaçant, plus soumis, plus sadique, sera le nouveau président élu par la « communauté internationale ». Bien entendu que ses sbires et ses mercenaires libériens en font trop, massacrent trop, mutilent trop, mais tout cela la « communauté internationale » des riches et des puissants l’oubliera vite, même que quelques charniers pourront être cachés ou attribués au perdant… L’important c’est que l’homme choisi soit assis sur le trône pour le temps qu’il lui reste. Aucune illusion n’est permise, le précédent était un fier démocrate puis il devint un tortionnaire ; le tout récent héros vivra le même scénario : le sauveur Ouattara se retrouvera parjure le jour où il manifestera d’indécentes velléités d’indépendance. Ainsi va la vie en néo-colonie !

La vertueuse « communauté internationale » accepte que la passation des pouvoirs s’accompagne du massacre des fidèles de Gbagbo en attendant l’épuration qui va suivre… Vous vous rappelez le Rwanda. Beaucoup ont cru que tout cela était survenu par la faute du barbarisme de ces noirs sauvages, c’est qu’ils n’avaient pas repéré, se dissimulant derrière les pions noirs, les barbares maîtres blancs bien instruits des techniques de génocide, une spécialité de la maison « Les riches d’Occident, service sur commande et livraison armée »… sur les lieux de la tragédie.

Des éléments de la gauche française, toujours disposés à mystifier les choses, prétendent que : « Ce sont les Nations Unies et la France qui doivent répondre de la situation en Côte-d’Ivoire : elles ont échoué dans le désarmement et dans la pacification du pays ainsi que dans l’organisation d’élections libres et transparentes et maintenant elles sèment la haine et la zizanie entre les parties ».

Quelles billevesées ! De quel droit la France et les Nations Unies se sont-elles ingérées dans les affaires internes de la Côte-d’Ivoire à l’encontre de la Charte de l’ONU et de la volonté de la population ivoirienne ? Depuis quand les fauteurs de guerre ont-ils pour mission de pacifier un pays ? Depuis quand les vendeurs d’armes ont-ils pour mission de désarmer les belligérants ?

Quelle attitude néocoloniale ce gauchiste promeut-il envers le peuple souverain de la Côte-d’Ivoire ? Que font ces gauchistes ? Ils pleurent parce qu’un chacal à qui on avait confié le mandat de "désarmer" et de le "pacifier" puis d’organiser des élections "démocratiques bourgeoises libres " a mené son mandat à terme. En effet, une faction a refusé de désarmer voyant qu’elle serait la première sacrifiée (Gbagbo et consorts). Après avoir accepté de jouer le jeu de la fraude électorale, cette faction a découvert que l’on truquait les résultats mais, cette fois, en faveur de l’autre candidat. Laurent Gbagbo a donc répudié cette fraude démocratique bourgeoise puisqu’elle ne tournait pas à son avantage.

L’autre faction, désignée gagnante par la France (Ouattara et consorts), a aussitôt bombé le torse et demandé à ses maîtres de punir le récalcitrant qui refusait de se laisser écarter alors que le parrain des malfrats lui signifiait de s’en aller. Les deux gangs de truands se sont donc affrontés. Celui qui bénéficiait du soutien du parrain étranger l’a emporté. La « société civile ivoirienne » a bien peu à voir dans cette histoire d’un chef de bande remplacé par un autre chef de bande tout aussi malhonnête et vicieux mais d’allure plus moderne, et plus soumis ce pourquoi il a été désigné.

Et la gauche de s’empêtrer davantage dans ses analyses stéréotypées, éculées. Ainsi, alors que Sarko se comporte comme le chef d’une puissance impérialiste en déclin, au plus grand plaisir de sa classe capitaliste monopoliste nationaliste française, et qu’il intervient en Côte-d’Ivoire et en Libye de sa propre initiative pour défendre les quelques néo-colonies qu’il lui reste, tout cela en forçant quelque peu la main de son consort et concurrent américain, voilà qu’à gauche on lui ressert l’histoire du grand frère américain et du vassal parisien :

« La France officielle, sous influence étasunienne, a donc choisi la fuite en avant dans l’agression d’un pays souverain en proie à une guerre civile qu’elle a directement contribué à activer, à travers une politique néo-coloniale et partisane développée depuis bien des années. La crise ivoirienne n’est pas récente. Elle est particulièrement complexe et l’actuelle question de l’élection présidentielle contestée n’y représente qu’une étape, dans un pays coupé en deux camps. Entre ces deux camps, les États-Unis ont choisi en fonction de leurs démarches stratégiques, celui qu’avec leurs supplétifs, ils soutiennent. »

Messieurs, mesdames de la gauche parisienne, il n’y avait pas d’élection présidentielle contestée en Côte-d’Ivoire, il y a des impérialistes qui ont soufflé à l’oreille de leur poulain (Ouattara) qu’il devrait contester l’élection, ce qui leur fournirait le prétexte d’intervenir et de l’imposer au pays tout entier. Messieurs de la gauche Vous accréditez les mensonges de votre président, en êtes-vous conscients ?

Sachez que Sarkozy a capitulé, l’excité de l’Élysée s’est enfin rangé. Il a congédié son ministre des Affaires étrangères atlantiste-socialiste Kouchner et a rendu à la faction chiraquienne de son parti le pouvoir qui lui revenait de droit (Juppé le martyr chiraquien). Sarkozy s’est réconcilié avec l’autre moitié de son parti et mène ces guerres d’agression coloniale en Libye et en Côte-d’Ivoire afin de défendre les intérêts de la classe impérialiste française.

Messieurs dames de la gauche française, ce n’est pas Obama votre premier ennemi mais bien l’excité de l’Élysée et la classe qui l’a engendré. Mais comment aux prochaines élections présidentielles françaises truquées parviendrez-vous à châtier le chacal de l’UMP sans pour autant laisser se faufiler le loup « socialiste » du FMI ? Néo-colonialistes français, hors de Côte d’Ivoire !

Robert Bibeau

http://www.robertbibeau.ca/palestin...

(1) http://www.mondialisation.ca/index....


Côte d’Ivoire : des centaines de civils tués par les rebelles, selon les observateurs (The Guardian)

 

Des massacres ont été commis par les deux camps en présence dans le conflit en Côte d’Ivoire, selon l’ONG Human Rights Watch (HRW) (étrangement, le titre de l’article mentionne "les rebelles" pour aussitôt préciser "par les deux camps". NdT)

Leur rapport décrit une succession de morts et de destructions commis pas les forces rebelles qui ont balayé le pays et livrent des combats dans les rues d’Abidjan pour instaurer Alassane Ouattara à la présidence.

Alors qu’Ouattara, soutenu par l’ONU et la communauté internationale, se rapproche de la victoire, The Guardian a découvert les preuves d’atrocités commises par ses partisans. Les réfugiés qui ont traversé la forêt pour le Liberia voisin ont décrit des scènes d’enfants brûlés vifs au cours d’attaques de rebelles et des rues jonchées de cadavres.

HRW demande une enquête sur ces massacres effectuées aussi bien par les partisans d’Ouattara que ceux de Laurent Gbagbo qui a refusé de quitter le pouvoir après avoir perdu l’élection présidentielle en novembre.

Ces centaines de civils ont été tués par les partisans de Ouattara, selon le rapport de HRW. Il rapporte des exécutions sommaires de partisans présumés de Gbagbo, et des cas de viols massifs. Matt Wells, chercheur à HRW pour la Côte d’Ivoire a dit « Un village après l’autre, les forces d’Ouattara ont terrorisé les civils présumés partisans de Gbagbo, et en ont tué des centaines et violé des dizaines d’autres. En s’engageant à faire sortir la Côte d’Ivoire de sa longue crise, Ouattara doit garantir que les coupables de tels crimes seront trainés devant la justice ».

Les forces pro-Gbagbo ont aussi été accusées d’atrocités et auraient exécuté plus de 100 partisans présumés d’Ouattara lors de l’avance des rebelles.

The Guardian a passé une semaine dans la région frontalière entre la Côte d’Ivoire et le Liberia, et nous avons entendu des histoires d’attaques sauvages contre les civils. Nous avons aussi découvert que le recours de plus en plus fréquent à des mercenaires du Liberia qui sont apparemment recrutés par les deux camps.

Accroupis dans les buissons sur les berges de la rivière qui sépare le Liberia de la Côte d’Ivoire, deux jeunes Libériens en habits sales et en tongs acceptent d’être interviewés en échange d’un peu d’argent. Ils expliquent qu’ils viennent de rentrer après avoir passé 9 jours avec les rebelles pro-Ouattara, où on leur a ordonné de tuer « n’importe qui, tout le monde ».

Ils ont décrit des scènes barbares où ils ont encerclé un village dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire et, armés de machettes, ont tué tous ceux qu’ils croisaient. « la premier village où nous sommes entrés, la plupart des gens étaient sur la route. Nous les avons tués, en les taillant simplement avec nos machettes, » ont-ils dit.

Un des villages qu’ils affirment avoir attaqué est Blolequin. Les enquêteurs de l’ONU hier ont déclaré avoir trouvé plus de 100 cadavres à Blolequin et dans les environs. Certains paraissaient avoir été brûlés vivants et d’autres avaient été jetés dans un puits. L’ONU pense que les responsables pourraient être des mercenaires Libériens.

Toulépleu est un autre village que les deux mercenaires affirment avoir attaqué et où le HRW a découvert les traces d’un massacre. Un mercenaire raconte : « Il y avait tellement de cadavres à Toulepleu. Une pelleteuse est venue de Danane pour les enterrer. Les voitures ne pouvaient plus passer tellement il y avait des cadavres. Ca puait. »

A présent en sécurité dans un camp de transit au Liberia, les réfugiés qui ont fui Toulepleu racontent les horreurs. Ils ont décrit comment ils ont attrapé les membres de leur famille pour s’échapper sous un déluge de feu. Tous ceux qui n’ont pas réussi à partir ont été brûlés.

Tout en berçant ses cinq enfants dans la poussière à l’extérieur de la tente du Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies qui est la seule chose qui lui reste, Kuide Pehe Ferdinand décrit le chaos au moment de l’attaque. « J’avais trop d’enfants à sauver lorsque les rebelles ont attaqué. Nous avons essayé de les prendre tous, mais une de mes fillettes est handicapée et nous avons dû l’abandonner. Lorsque je suis retourné, il avaient brûlé la maison avec ma fillette à l’intérieur. »

La famille Audgines pleurait aussi la perte d’un proche, tué lorsque les rebelles ont mis le feu à leur maison. « Je n’arrive même pas à manger, tellement j’ai de la peine, » dit Rosaline, mère de neuf enfants, dont le vieux père fut brûlé vif. Elle a dit qu’elle n’a rien pu faire pour l’aider, tandis qu’il hurlait au milieu des flammes. Elle et ses enfants font partie des nombreux réfugiés du camp qui se sont rasés la tête en signe de deuil.

La Croix Rouge internationale est récemment entrée à Toulepleu et décrit une ville qui a été pratiquement totalement ravagée.

Le HRW a aussi rapporté des exécutions de personnes âgées qui n’ont pas réussi à s’échapper. Ils disent que les vieux ont été détenus captifs dans le village par les rebelles pro-Ouattara, et qu’au moins 30 ont été exécutés. Une femme de 67 ans du village de Doké a raconté à HRW que les combattants pro-Ouattara ont pris plusieurs prisonniers par jour – souvent des hommes et des femmes entre 60 et 80 ans – et les ont exécutés à bout portant.

Les forces pro-Ouattara nient avoir tué des civils lors de leur progression sur Abidjan, et accusant les soldats de Gbagbo. Ceux qui montaient la garde à la frontière près de Toe Town, à l’est du Liberia, étaient d’une humeur victorieuse lorsque nous les avons interviewés. Dans leurs treillis impeccables et leurs Ak47 au cou, ils se sont approchés de la barrière sur le pont qui sépare les deux pays.

« Je prie pour la démocratie en Côte d’Ivoire et pour que la volonté du peuple soit respectée, » dit « Angelou », leur commandant, en agrippant son arme. Pendant qu’il parlait, des coups de feu ont éclaté dans la forêt derrière lui et ses hommes. « Nous n’avons pas de problème avec les civils. Si quelqu’un a été tué, c’est parce qu’il portait une arme. S’il portait une arme, c’est que ce n’était pas un civil, mais l’ennemi. »

Le conflit menace de provoquer une crise humanitaire plus grave dans la région. Plus d’un million de personnes ont été déplacées à l’intérieur de la Côte d’Ivoire, et plus de 125.000 ont traversé la frontière vers le Liberia, un pays lui-même dévasté par 14 années de guerre civile. De nombreuses communautés Libériennes ont accueilli les réfugiés, mais ont à peine de quoi se nourrir, et on craint que la crise ne déstabilise la paix fragile du Liberia.

Tamasin Ford et Rachel Stevenson

http://www.guardian.co.uk/world/201...

Traduction « encore un truc que TF1 a oublié de mentionner » par VD pour le Grand Soir avec les fautes et coquilles habituelles





Edité par T 34 - 13 Apr 2011 à 01:54
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Editorial par Michel Guilloux

Éditorial : le faux-nez de la licorne

Laurent%20Gbagbo%20arrêté%20avec%20laide%20de%20la%20France

Le chanoine de Latran en rêvait, le chef de l’état l’a fait : la France sous son règne, il la veut désormais en fille aînée de l’OTAN. Certes, il consent à partager ce rôle en une position gémellaire avec le locataire du 10 Downing Street mais, depuis hier, champagne! On peut pavoiser à l’Élysée et laisser tomber le masque. Il y a quelques jours encore, Paris indiquait que « la France ne participe pas à l’assaut ». Hier, des «sources diplomatiques» faisaient savoir de même et sans rire à l’Agence France presse que les forces spéciales n’y étaient pour rien, tout le mérite de cet épilogue devant revenir aux hommes d’Alassane Ouattara. L’affreux Laurent Gbagbo est arrêté et c’est bien grâce à l’intervention de la force Licorne sous la bannière de l’ONU. Entre temps, plus de 500 000 ivoiriens croupissent, réfugiés, aux frontières du pays, la population d’Abidjan n’a plus à manger et, avis à qui serait tenté de choisir son «bon» et son «méchant» dans cette affaire, demeure le spectre du massacre de Duékoué. Une seule chose est certaine: Bolloré, Total, Bouygues et autres France Télécom peuvent respirer; comme le disait un politologue à un quotidien économique, voilà quelques jours, « les investisseurs français ont de beaux jours devant eux en Côte d’Ivoire ».

Ah, les beaux jours... En moins d’un mois, notre pays est engagé dans deux guerres. Ceux qui hier, y compris à gauche, soutenaient l’intervention du bras tricolore armé de l’atlantisme en Libye, commencent à trouver celle-ci plus embarrassante. Elle ne l’est pas moins que le risque d’enlisement de la première, décrétée pour faire passer au second plan la voix des peuples de Tunisie et d’Égypte. Le choix délibéré de donner la priorité au bombardement d’un régime à bout de souffle dans un pays où l’idée de nation fait moins florès que dans les autres de la région, a laissé toute latitude à la dégradation mortifère de la situation en Côte d’Ivoire, traînant depuis l’élection présidentielle. De quelle «légitimité» le nouvel homme fort d’Abidjan ainsi propulsé au pouvoir réel pourra-t-il jouir, dans son pays, aux divisions plus qu’explosives, comme dans la région, qui ne l’est pas moins? Là où la force de la politique devrait primer, le président de la République et ses amis du G8 ont délibérément opté pour la politique de la force.

Avec la Libye, l’Organisation des Nations Unies a réitéré le précédent de 1998 de la guerre atlantiste à la Serbie, au prétexte du Kosovo. Avec la Côte d’Ivoire, l’ONU ne sort pas grandie de devenir la chambre d’enregistrement des cibles de l’Empire et de l’un de ses deux chiens de garde. On mesure dans cette instance le poids non-négligeable de la France: négatif ici par contraste à la position prise en 2003 contre la guerre du pétrole en Irak. Pas plus que le pouvoir n’a daigné laisser débattre de ces questions un Parlement, pourtant fort majoritairement acquis à sa cause, il n’entend, avec ses «Alliés» laisser les Africains maîtres d’une histoire, dans laquelle, il est vrai, il estime qu’ils ne sont pas entrés. Le mépris dans lequel sont tenus les peuples comme leurs intellectuels ou leur instance de dialogue régional, l’Union africaine, en Libye comme en Côte d’Ivoire, ne restera pas sans trace; pas plus qu’il ne peut servir la moindre solution, politique comme humanitaire. De la Libye à la Côte d’Ivoire, on ne peut que persister à penser, avec Rony Brauman, que «Jamais des bombardements n’ont permis d’installer la démocratie ou de pacifier un pays». Qu’ils aient ou non le faux-nez d’une licorne.

La priorité au bombardement du régime à bout de souffle de Khadafi pour détourner l’attention des mouvements des peuples arabes a laissé toute latitude à la dégradation mortifère de la situation en Côte d’Ivoire.

Par Michel Guilloux

Source


Côte d'Ivoire: le gouvernement justifie son intervention

Après le Premier ministre François Fillon et son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé hier, deux autres poids lourds du gouvernement sont montés au créneau ce mardi matin pour justifier l'intervention des soldats français qui a rendu possible la capture de Laurent Gbagbo par les forces pro-Ouattara, lundi après-midi.

Le ministre de la Défense Gérard Longuet a indiqué ce mardi matin sur Europe 1: "La France voulait que l'affaire se dénoue tranquillement et que le président, qui a été battu (...) accepte sa défaite… La démocratie, c'est le succès des uns et c'est la défaite des autres. Tout cela doit se passer normalement, sans élimination physique."

En parallèle, le porte-parole du gouvernement, François Baroin, a estimé sur RTL que la France avait été "absolument remarquable et inattaquable" lors de son intervention et qu'elle "n'acceptera aucune leçon de morale de quiconque ni aucune leçon politique. Ce n'est pas la France qui a déposé Gbagbo, c'est le peuple ivoirien… Lorsque vous avez des armes lourdes qui se positionnent autour de la résidence présidentielle et qu'elles frappent les populations civiles, on est strictement, exclusivement dans l'application de la résolution 1975 des Nations Unies."

Le porte-parole du gouvernement a conclu son intervention: "Le départ de Gbagbo ne va pas nous faire verser une larme de crocodile. C'est une bonne nouvelle pour le peuple ivoirien" et pour "le processus démocratique en Afrique."

Ces affirmations n'ont pas dispersé les "doutes" exprimés par Roland Muzeau sur la non-participation des forces françaises à l'arrestation de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo. "On a été surpris d'entendre les dénégations concernant ce qui avait été publié en début de journée sur une possible participation des forces françaises", a déclaré le député PCF à l'issue d'une réunion des responsables parlementaires à Matignon autour de François Fillon sur la situation en Côte d'Ivoire, lundi soir. "On souhaite qu'on nous ait dit la vérité. Le doute est raisonnablement présent et nous espérons vivement que ce qui a été affirmé là par la voix du Premier ministre et des deux ministres (Alain Juppé et Gérard Longuet) ne soit pas démenti demain" par "des observateurs attentifs, ce qui porterait un coup à l'image de notre pays."

De son côté, le député PS François Lamy a, en lisant une intervention écrite, "pris acte des déclarations du Premier ministre selon lesquelles les forces françaises n'ont pas participé à l'arrestation de Laurent Gbagbo. Néanmoins des questions subsistent. Il appartiendra au président de la République d'y répondre dans les prochaines heures."

Source

 


Edité par T 34 - 19 Jun 2011 à 04:28
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Les liens familiaux de Ouattara avec les grands spéculateurs du cacao

 

Gnim Atakpama

Visage rond, chemises roses, yeux bleus, Anthony Ward, 51 ans, grand amateur des pistes de ski alpines, est considéré comme l’un des meilleurs traders de sa génération.

Au début des années 2000, alors que tous les analystes se montrent optimistes sur l’avenir de la Côte d’Ivoire après l’accession de Laurent Gbagbo au pouvoir, le fondateur de la société londonienne Armarajo est persuadé que le marché du cacao va se trouver en déficit…et se met à stocker dans des entrepôts européens des dizaines de milliers de tonnes de fèves. Deux ans plus tard, une rébellion éclate. Ward a 400 000 tonnes de cacao entre les mains. Il ne reste qu’à attendre le moment où les cours seront élevés pour les revendre et empocher un bonus considérable. Acquérant ainsi son surnom de « chocolate fingers ».


Huit ans plus tard, rebelote. Anthony Ward renouvelle son exploit. Quatre mois avant les élections ivoiriennes de 2010, tablant sur les difficultés politiques futures du pays, il achète d’un seul coup 240 000 tonnes de cacao qu’il revendra... la semaine dernière… juste avant l’offensive des forces rebelles du candidat malheureux à la présidentielle Alassane Ouattara contre le président Laurent Gbagbo. Le prix du cacao venait d’atteindre son plus haut sommet depuis 32 ans.


De quelle bonne fée dispose donc ce fils de militaire sans diplôme, converti dans le négoce international pour prévoir avec autant de justesse les évènements politiques en Côte d’Ivoire ?


Détail, son beau-père n’est autre qu’un certain... Ouattara, champion de la communauté euro-nord américaine ! Celui-là même qui a déclenché les deux guerres sans lesquelles le prix du cacao n’aurait aussi augmenté. Curieusement, on retrouve un autre proche du président de la communauté internationale à la tête de la direction Afrique d’Armajaro, un certain Loïc Folloroux, le fils de Dominique Nouvian, la deuxième épouse de…Ouattara ! Le monde est petit !

Source : Le gri-gri international

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