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[Documentaire] Françafrique

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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: [Documentaire] Françafrique
    Envoyé : 27 Dec 2010 à 11:41

Impérialisme et néo-colonialisme





(1er Partie) - Françafrique - La "Raison d'Etat" :




Emission diffusé : France 2
Réalisé par : Patrick Benquet

Jeudi 09 décembre 2010
23h10 à 00h30
Durée : 80 min
Episode : 1/2


En 1960, les quatorze colonies françaises d'Afrique noire ont accédé à l'indépendance. Le général de Gaulle a confié alors à Jacques Foccart, secrétaire général de l'Elysée aux affaires africaines et malgaches, la mise en place d'un système connu sous le nom de «Françafrique», visant par tous les moyens politiques et économiques à garder le contrôle sur ces anciennes colonies françaises. Dans ce documentaire, des hommes en charge des plus hautes responsabilités officielles ou officieuses durant ces cinquante dernières années révèlent l'histoire tumultueuse d'un monde secret, où en dehors de tout contrôle parlementaire ou gouvernemental, tous les coups semblaient permis.






(2eme Partie) - Françafrique – L’Argent Roi :






Jeudi 16 décembre 2010
22h50 à 00h10
Durée : 80 min
Episode : 2/2

Il y a cinquante ans, en 1960, les quatorze colonies françaises d'Afrique noire deviennent indépendantes. Mais indépendance ne signifie pas liberté : le général de Gaulle confie à Jacques Foccart la mise en place d'un système qui vise à garder, par tous les moyens, le contrôle des anciennes colonies dont les matières premières sont vitales pour la France. Ce système va s'appeller la Françafrique. Pendant plus d'un an, Patrick Benquet a enquêté avec l'aide d'Antoine Glaser, spécialiste reconnu dans ce domaine. Leur travail montre qu'à travers les présidences successives qu'a connues la France, il existe une cohérence dans la politique française à l'égard de ses anciennes colonies.





La Françafrique
ou le système de contrôle des anciennes colonies françaises
 



Françafrique, c’est un documentaire édifiant sur les réseaux qui vont exister aux côtés des relations diplomatiques formelles dans le but de surveiller les pays africains après les indépendances. Intérêts économiques, politiques, enjeux financiers…Tout s’y mêle. Diffusé le jeudi 9 décembre dernier sur France 2, nous vous donnons l’occasion de revoir cette première partie La Raison d’Etat.

 



Il y a 50 ans, en 1960, les 14 colonies françaises d’Afrique noire devenaient indépendantes. Mais, indépendance ne signifie pas liberté : le général de Gaulle confie à Jacques Foccart la mise en place d’un système qui vise à garder, par tous les moyens, légaux et illégaux, le contrôle de nos anciennes colonies dont les matières premières sont vitales pour la France. Ce système va s’appeler la Françafrique.

 

Pendant plus d’un an, Patrick Benquet a enquêté avec l’aide précieuse d’Antoine Glaser, spécialiste unanimement reconnu dans ce domaine. Il montre dans ce film qu’à travers les présidences successives qu’avait connues la France, de droite et de gauche, les bouleversement mondiaux entraînés par la chute du mur du Berlin et la mondialisation, il existe une étonnante cohérence dans la politique française à l’égard de ses anciennes colonies.

Que tous les grands événements africains dont les Français gardaient le souvenir, le Biafra, les diamants de Giscard, l’action du mercenaire Bob Denard, les coups d’États à répétition, les assassinats politiques, l’affaire Elf et ses valises de billets, le licenciement de Jean-Marie Bockel…, étaient reliés par une logique implacable :

la mise en oeuvre d’une politique occulte dont la motivation principale était l’approvisionnement énergétique de la France, en particulier en pétrole.

 

Françafrique révèle un monde secret où, en dehors de tout contrôle parlementaire ou gouvernemental, tous les coups sont permis pour maintenir au pouvoir des chefs d’État africains dévoués à la France. Un monde ou des sommes d’argent colossales irriguent clandestinement des réseaux d’enrichissement personnel et de financements de partis politiques.

Le film donne la parole aux hommes de l’ombre, chefs des services secrets français, hommes de main au service de la République, baroudeurs du continent noir et à des acteurs historiques français qui ne s’étaient jamais exprimés : "Messieurs Afrique" de l’Élysée, ambassadeurs, ministre de la coopération, etc.

 

Avec, par ordre d’apparition :

 

Maurice Delaunay

Formé à la Coloniale, l’École Nationale de la France d’Outre-mer, Maurice Delaunay fut le prototype de ces serviteurs de l’État qui ont géré l’empire africain sans état d’âme, justifiant les opérations illégales au nom de la " raison d’État ". Se définissant lui-même comme un homme de Foccart, il fut en charge de la grande répression des indépendantistes au Cameroun à la fin des années 50. Ambassadeur au Gabon à deux reprises, il organisa la montée au pouvoir d’Omar Bongo. Il géra depuis Libreville l’intervention française au Biafra. Il dirigea et protégea le mercenaire Bob Denard en particulier pour les opérations de déstabilisation au Bénin. Il fut le témoin des mouvements de fonds clandestins entre l’Afrique et les responsables français. Maurice Robert En tant que responsable du secteur Afrique, il fut l’homme de main de Jacques Foccart au sein du SDECE, les services secrets français.

 

De l’intervention de la France au Biafra à la déstabilisation de la Guinée ou du Bénin en passant par la mise au pouvoir de Bongo, il fut l’exécuteur en chef de la politique secrète de la France en Afrique. Débarqué des services secrets français, il fut immédiatement embauché dans les services de renseignements chez Elf et finira par être nommé ambassadeur au Gabon à la demande exprès d’Omar Bongo avant de terminer sa carrière de nouveau chez Elf.

 

André Lewin

Ambassadeur de France en Guinée de 1975 à 1979, il est la mémoire de la violente rupture entre le Général de Gaulle et Ahmed Sékou Touré et des tentatives de déstabilisation de ce pays par les services secrets français.

 

Bob Maloubier

Ancien responsable du service Action des services secrets français c’est lui qui organisa, à la demande de Jacques Foccart, la garde présidentielle du président gabonais Léon M’Ba, victime d’une tentative de coup d’État.

Il fut ensuite embauché par la compagnie Elf au Nigéria.

 

Jacques Pigot

Jacques Pigot a fait partie de ces hauts fonctionnaires que la France nomma pour encadrer les nouveaux présidents africains. Il passa 50 ans dans l’entourage direct du premier président gabonais Léon M’ba puis d’Omar Bongo.

 

Jacques Thiebaut

 Pilote d’avion, baroudeur au Gabon, il participa au ravitaillement en armes du Biafra en guerre contre le Nigéria, sous les ordres de Maurice Delaunay.

 

Martin Kirsch

 Il fut le "Monsieur Afrique" de Valéry Giscard d’Estaing de 1980 à 1981. Symbole de la continuité de la politique africaine, sa nomination avait été recommandée par Jacques Foccart.

 

Albin Chalandon

PDG d’Elf de 1977 à 1983, il conforta le rôle du Gabon comme premier fournisseur de pétrole de la France et entreprit de fructueuses négociations avec le Congo Brazzaville, pourtant dirigé par le procommuniste Denis Sassou Nguesso.

Il distribua généreusement les enveloppes pour le financement des campagnes électorales de tous les grands partis politiques aussi bien de droite que de gauche.

 

Jacques Salles

 Chef des services secrets français au Zaïre puis au Gabon, il eut à connaître de la décision française de renverser le président Bokassa. En poste à Libreville, il fut le témoin privilégié des manipulations électorales et des prodigalités financières corruptrices du président Bongo.

 

Jean-Pierre Cot

 Vingt deux ans avant Jean-Marie Bockel, Jean-Pierre Cot connaîtra la même mésaventure. Nommé en mai 1981 ministre de la Coopération par François Mitterrand, il prônait la transparence dans les relations avec l’Afrique et la fin des réseaux secrets. Il sera démissionné au bout de 20 mois et remplacé par Christian Nucci.

 

Pierre Marion

 Directeur de la DGSE de 1981 à 1982, il échoua dans sa tentative de nettoyer les services secrets français de l’influence des réseaux Foccart et des hommes de Elf.

Désavoué par le président Mitterrand qui l’avait nommé, il démissionna.

 

Jean-Christophe Mitterrand

 "Monsieur Afrique" de son père à l’Élysée, de 1986 à 1992, il hérita du surnom de "Papa m’a dit" auprès des chefs d’État africains.

 

Loïk Le Floch-Prigent

Président-directeur général d’Elf, du 28 juin 1989 au 3 août 1993, il fut l’instrument consentant du président François Mitterrand qui poursuivit la pratique des financements occultes des partis politiques par l’argent secret du pétrole. Dans le scandale de l’affaire Elf, il fut la victime collatérale de la tentative balladurienne de prise du pouvoir présidentiel.

Au nom de la raison d’État, il justifia les pratiques occultes de la compagnie pétrolière et en particulier le financement par Elf des guerres civiles au Congo Brazzaville et en Angola dans le cadre de la stratégie pétrolière de sa compagnie. Eva Joly Juge d’instruction de l’affaire Elf, elle démonta les mécanismes de la corruption et des financements occultes générés par l’argent du pétrole.

 

Robert Bourgi

Avocat d’affaires, conseiller personnel de plusieurs présidents du continent noir, il travailla dans l’ombre des relations franco-africaine d’abord pour Jacques Chirac et Dominique de Villepin puis pour Nicolas Sarkozy qu’il initia aux réseaux africains.

Se définissant lui-même comme le fils spirituel de Jacques Foccart, il est considéré aujourd’hui comme l’homme de plus influent des réseaux françafricains.

 

Michel de Bonnecorse

Ambassadeur dans plusieurs pays africains, il fut le conseiller aux affaires africaines de Jacques Chirac de 2002 à 2007. Pourfendeur des réseaux il assista à leur remontée en puissance après l’élection de Nicolas Sarkozy.

 

Dominique Pin

Adjoint de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire de 2002 à 2005, il fut ensuite directeur d’Areva au Niger.

 

François Stifani

Il est le Grand-maître de la Grande Loge nationale française qui procéda à l’intronisation d’Ali Bongo, fils d’Omar Bongo, comme Grand-maître de la Grande Loge gabonaise. Et en archives, apparaissent successivement : le Général de Gaulle, Pierre Guillaumat, Jacques Foccart, Ahmed Sékou Touré, Pierre Mesmer, Ahmadou Ahidjo, Félix Mounier, William Bechtel, Léon M’ba, Omar Bongo, le Colonel Benjamin Adekunlé, Valéry Giscard d’Estaing, René Journiac, Mathieu Kérékou, Bob Denard, Denis Sassou Nguesso, Jean-Bedel Bokassa, David Dacko, François Mitterrand, Guy Penne, Pascal Lissouba, Eduardo Dos Santos, Edouard Balladur, Philippe Jaffré, Roland Dumas, Bernard Kouchner, Laurent Gbagbo, Vincent Bolloré, Francis Bouygues, Félix Houphouët-Boigny, Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin, Jean-Marie Bockel, Alain Joyandet , Mamadou Tandja et Ali Bongo.





Cette enquête montre les relations financières et politiques nouées par l’impérialisme français avec les bourgeoisies africaines après la décolonisation.

La culpabilité de l'impérialisme français dans les massacres "inter ethniques" y apparaît sans fard, ainsi que le cynisme des politiciens bourgeois et de leurs hommes de main.

Après la fin du gaullisme et l’arrivée au pouvoir de la gauche, les rétro commissions de l’industrie pétrolière ont continué d’alimenter les caisses des partis bourgeois dans le cadre de la cohabitation.
Après l’affaire Elf, les méthodes ont changé mais le trafic d’influence se poursuit sous d’autres formes.

L’enquête développe notamment le thème du déclin de l’impérialisme français, y compris en face des bourgeoisies africaines corrompues, après la décolonisation, et surtout après la fin de l’hégémonisme russe et la chute du mur de Berlin.
Selon cette thèse, le rapport des forces s’est progressivement infléchi et les bourgeoisies africaines, dont les pays possédaient des ressources indispensables à l’impérialisme français comme le pétrole ou l’uranium, ont pu imposer leurs conditions en utilisant les contradictions internationales, voire les rivalités au sein de la bourgeoisie française.




Edité par AllXS - 27 Dec 2010 à 11:50
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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