Forum Unité Communiste Page d'accueil
  Sujets actifs Sujets actifs
  FAQ FAQ  Rechercher dans le Forum   Calendrier   Inscription Inscription  Connexion Connexion
Accueil Forum Accueil Forum > Pour s'informer, notre sélection d'articles > International

Monde Arabe en révolution

 Répondre Répondre Page  <1234 11>
Auteur
Message
  Sujet Recherche Sujet Recherche  Options des sujets Options des sujets
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Feb 2011 à 01:43
Égypte-monde arabe, la troisième vague
 
 

« Allons enfants de la patrie, le jour de gloire est arrivé ! » En ce 14 juillet, les habitants sont réveillés par la radio au son de La Marseillaise. Dans les rues, les gens se précipitent et crient « Vive la République, mort au roi ! » Ils ne savent pas encore que le souverain et une partie de sa famille ont été exécutés. Le soir, devant l’ambassade américaine, le grand poète Abdelwahhab Bayati déclame un poème, Fanfare pour les héros :

 « Dans ma patrie le soleil se lève

 Et les fanfares résonnent pour les héros.

 O bien-aimée, réveillez-vous,

 Car nous voici libres comme le feu,

 Libres comme l’oiseau et comme le jour. »

Bagdad, 1958. L’armée vient de prendre le pouvoir, mais on est loin d’un coup d’Etat traditionnel. Les foules qui défilent montrent un soutien massif au nouveau régime et l’isolement de la monarchie pro-occidentale installée par les baïonnettes britanniques au lendemain de la première guerre mondiale. A l’époque, la France et le Royaume-Uni s’étaient partagé le Proche-Orient, traçant dans le vif des frontières improbables. Pour Paris, le mandat sur ce qui deviendra le Liban et la Syrie ; pour Londres, le contrôle de la Palestine, de la Transjordanie et de l’Irak. Dans les années 1930, puis, à nouveau, après la seconde guerre mondiale, de puissants mouvements nationalistes s’organiseront dans ces pays contre la mainmise coloniale. La révolution irakienne de 1958 marque le point culminant de cette vague qui va secouer le Proche-Orient et le Maghreb, avant de se briser sur la défaite arabe face à Israël en juin 1967.

A cette première vague succédera une seconde, caractérisée avant tout par des coups d’Etat militaires et par l’entrée du monde arabe dans une période de stagnation profonde, qu’est en train d’ébranler le mouvement inauguré par les Tunisiens en ce début d’année 2011.

La première vague, donc, a été marquée par la prise du pouvoir au Caire, le 23 juillet 1952, des « officiers libres » dirigés par Gamal Abdel Nasser. Plusieurs événements ponctuent cette période : la révolution algérienne, déclenchée le 1er novembre 1954 ; l’accession du Maroc et de la Tunisie à l’indépendance ; de puissantes manifestations contre le régime du roi Hussein en Jordanie ; des mouvements sociaux et des tentatives de coups d’Etat en Arabie saoudite. A partir du Caire, la radio La Voix des Arabes galvanise ces mouvements, qui débouchent en 1958 sur la création de la République arabe unie (RAU) regroupant l’Egypte et la Syrie. Puis, le 14 juillet, des officiers renversent la monarchie irakienne. En 1962, le même scénario qu’en Irak se déroule au Yémen, tandis que s’intensifie la lutte contre les Britanniques autour d’Aden et de ce qui deviendra le Yémen du Sud.

Cette vague va s’accompagner d’une volonté de récupérer les richesses nationales, contrôlées par l’étranger. Nasser nationalise la Compagnie du canal de Suez en juillet 1956 ; si la tentative de prise du contrôle du pétrole par le pouvoir de Mossadegh en Iran a échoué à la suite de son renversement en 1953 par un coup d’Etat orchestré par Washington et Londres, la revendication du contrôle de l’or noir s’étend et se renforce.

Cette vague, profondément nationaliste, va se heurter à un rejet, non seulement des puissances coloniales traditionnelles, mais des Etats-Unis, qui, certes, ne sont pas mécontents des difficultés françaises ou britanniques, mais n’acceptent pas la volonté d’indépendance des nouveaux régimes et, surtout, leur refus de s’engager dans des pactes antisoviétiques. Malgré certaines fluctuations, Washington va combattre ces aspirations et devenir la cible des nationalistes, qui se rapprochent de Moscou. Des études historiques ont montré à la fois cette crainte permanente de l’Union soviétique de la part des Occidentaux, qui voient partout au Proche-Orient la « main de Moscou », et le peu de réalité d’une telle peur, dont les conséquences seront pourtant désastreuses, car elle amènera les Occidentaux à tout faire pour affaiblir les mouvements nationalistes, y compris en aidant les mouvements islamistes les plus réactionnaires.

Sur les événements de cette année 1958 – renversement de la monarchie irakienne, débarquement militaire des Etats-Unis au Liban, intervention des parachutistes britanniques en Jordanie – et la mauvaise lecture qu’en font les Occidentaux, on lira Wm. Roger Louis et Owen Roger (sous la direction de), A Revolutionary Year : The Middle East in 1958, I. B. Tauris, Londres, 2002.

Cette vague, nous l’avons dit, se brisera sur la guerre de juin 1967. Les raisons de cet échec sont multiples : interventions occidentales ; incapacité des nouveaux régimes à engager leur pays sur la voie du développement économique ; autoritarisme grandissant au nom de la dénonciation de la « démocratie parlementaire », qui s’accompagne d’une mise au pas des syndicats, d’un système de parti unique, de limitations grandissantes de la liberté d’expression (pour un bilan rapide du nassérisme, lire « Nasser, quarante ans après »).

La deuxième vague de changement va être le contrecoup de la défaite de 1967. Prise du pouvoir du Baas à Bagdad en 1968, de Hafez El-Assad en Syrie en 1970, de Kadhafi en Libye et de Nemeiry au Soudan en 1969 ; au Yémen du Sud, devenu indépendant en novembre 1967, l’aile marxiste du Front de libération nationale triomphe en juin 1969. Ailleurs, les pouvoirs conservateurs se consolident, que ce soit en Arabie saoudite ou au Maroc. Cette période est aussi marquée par le début de l’infitah (ouverture) économique et l’abandon de toute recherche d’une voie socialiste dans le développement. En revanche, elle va voir la récupération par tous les pays de leurs richesses pétrolières, le plus souvent à travers des nationalisations. L’Arabie saoudite en sera la première bénéficiaire, accroissant son rôle régional au détriment de ses rivaux.

D’autre part, ces richesses récupérées se révèleront être plus une malédiction pour ces pays qu’un moyen efficace de développement. 

Cette période 1967-2010 est caractérisée par :

  •  l’enracinement de pouvoirs autoritaires, républicains ou monarchiques, qui ne supportent, au mieux, qu’une opposition officielle ;
  •  une limitation constante des droits individuels, des droits du citoyen, non seulement à l’expression, mais aussi à une vie digne face à l’arbitraire et à un appareil policier et judiciaire aux ordres ;
  •  une économie accaparée par une petite minorité qui s’enrichit à l’ombre des pouvoirs et l’aggravation des inégalités et de la pauvreté;
  •  la poussée démographique, due notamment à une transition démographique retardée (mais qui est maintenant largement amorcée), voit arriver sur le marché du travail des millions de jeunes sans perspectives, sinon l’émigration vers le Golfe ou vers l’Europe ;
  •  le maintien de l’occupation de la Palestine et de l’oppression des Palestiniens et la paralysie des pouvoirs en place face aux assauts israéliens, notamment contre Gaza durant l’hiver 2008 (l’interdiction de toute manifestation en faveur des Palestiniens durant ces événements est caractéristique de cette politique, et de la peur des régimes de voir ces manifestations se retourner contre eux). Les régimes perdent ainsi le bénéfice du discours nationaliste de lutte contre l’ennemi israélien, dont ils apparaissent de plus en plus complices ;
  • une entrée dans la mondialisation de l’information, à travers les chaînes satellitaires comme Al-Jazira et ensuite Internet.

On ne sait jamais pourquoi les révolutions éclatent à un moment donné. Les ingrédients décrits ci-dessus sont présent depuis des années, et pourtant l’étincelle est venue, comme souvent, d’un incident « mineur », d’un jeune homme qui s’est sacrifié et qui a, de manière inattendue, rallié les Tunisiens de diverses origines sociales et politiques. Les chaînes satellitaires, en rapportant en direct ces événements, ont rendu palpable dans tout le monde arabe ce qui apparaissait encore impossible quelques semaines auparavant : les régimes en place ne sont pas éternels, ils peuvent être renversés. Désormais, un air de liberté souffle sur le monde arabe (lire « De la Tunisie à l’Algérie, un air de liberté », La Valise diplomatique, 28 janvier 2011).

Il est trop tôt pour savoir jusqu’où il s’étendra et quels seront les régimes qu’il emportera. Mais on peut déjà présumer qu’il ne sera plus possible pour ceux-là de diriger comme avant, ni de maintenir très longtemps cette « exception arabe » dans le monde. Et les déclarations du roi Abdallah d’Arabie saoudite ou de Mahmoud Abbas en faveur du président Moubarak n’y changeront rien.

Mais les défis à venir ne sont pas minces : allier démocratie, droits de la personne, justice sociale et développement économique sera une tâche ardue, qui nécessitera sûrement de nombreuses luttes.

 
Source: http://blog.mondediplo.net/2011-01-30-Egypte-monde-arabe-la-troisieme-vague
Date de parution de l'article original: 30/01/2011
 

Le roi de Jordanie destitue le gouvernement.
 



Edité par T 34 - 02 Feb 2011 à 02:41
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Feb 2011 à 03:20

La France devait bien livrer des grenades à Tunis

Le gouvernement avait donné son accord pour des livraisons de grenades lacrymogènes le jour-même où Ben Ali fuyait la Tunisie.

Le gouvernement français avait bien donné le 12 janvier son accord pour des livraisons de grenades lacrymogènes à la Tunisie, alors que la répression de manifestations contre le régime de Zine ben Ali durait depuis presque un mois.

François Fillon reconnaît, dans un courrier envoyé au président du groupe socialiste à l'Assemblée Jean-Marc Ayrault, que la France avait bien donné son accord le 12 janvier pour des livraisons de grenades lacrymogènes à la Tunisie. Le Premier ministre précise dans sa lettre qu'elle n'ont finalement pas été livrées.

En effet, le 14 janvier, quelques heures avant que le président Zine ben Ali quitte la Tunisie, les douaniers de l'aéroport de Roissy ont retenu les colis et interrogé leur hiérarchie, explique le chef du gouvernement.

"L'administration des douanes a interrogé le ministère des Affaires étrangères afin d'établir si, compte tenu du pays de destination, l'avis sans objection formulé par ce ministère devait ou non être considéré comme maintenu", explique François Fillon dans sa lettre, envoyée en réponse .

Ce n'est que le 18 janvier, quatre jours après le départ de Zine ben Ali, que la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie a définitivement suspendu les autorisations officielles de livraison de grenades à la Tunisie.

Le 11 janvier à l'Assemblée nationale, à la veille d'autoriser cette livraison de grenades, Michèle Alliot-Marie avait proposé l'aide de la France au régime ben Ali pour la maîtrise des manifestations qui avaient déjà fait de nombreux morts depuis décembre.

Ces propos ont suscité une vive polémique par la suite et Michèle Alliot-Marie a assuré que la coopération policière avec Tunis avait été toujours été exclusivement "institutionnelle".

Source


Les vacances douteuses de Michèle Alliot-Marie en Tunisie

Alliot-Marie%20a%20profité%20du%20savoir-faire%20de%20Ben%20Ali%20pour%20ses%20vacances

Le Canard enchaîné de ce mercredi matin croit savoir que Michèle Alliot-Marie a été invitée par un riche Tunisien proche du clan Ben Ali lors de ses dernières vacances de Noël.

La ministre des Affaires étrangères aurait profité du jet privé et de l'hôtel d'Aziz Miled, un riche homme d'affaires tunisien très lié à l'ancien régime. En compagnie de son conjoint, Patrick Ollier, lui-même ministre chargé des Relations avec le Parlement, ainsi que des membres de leur famille, elle aurait joint Tunis à la ville de Tabarka à bord de cet avion de luxe, pour séjourner dans l’hôtel appartenant à Aziz Miled. Présenté comme ami de longue date de la ministre par l'hebdomadaire, Aziz Miled est aussi proche de Belhassen Trabelsi, beau-frère de l'ex-président Zine el Abidine Ben Ali.

Un proche de Belhassen Trabelsi

Mardi soir, le cabinet de la ministre des Affaires étrangères a répondu: "Il est vrai que Michèle Alliot-Marie, après avoir pris un vol commercial de Paris à Tunis, a ensuite pris un avion privé pour Tabarka. C'était à l'invitation de Aziz Miled, un ami depuis plusieurs années, qui est le propriétaire d'une compagnie aérienne appelée Nouvelair... En aucun cas, il ne s'agissait d'une faveur du clan Ben Ali, (…) Aziz Miled n'est pas un membre du clan Ben Ali. Il s'est fait prendre par un membre de la famille Trabelsi (la famille de la femme de l'ex-président, ndlr) 20% de ses parts dans la compagnie aérienne ainsi que la présidence de cette société." Proche ou pas du clan Ben Ali, l'homme d'affaires a en tous cas vu ses avoirs gelés par les autorités suisses en tant qu'associé de Belhassen Trabelsi. Le Quai d'Orsay ne fait pas mention de l'hôtel dans lequel aurait séjourner la ministre. Mais le Canard enchaîné indique aussi avoir cherché en vain à savoir qui avait réglé la facture de l'hôtel de Tabarka. "Elle a été réglée par Mme Alliot-Marie et sa famille", a répondu une source proche du ministère.

Cette révélation survient trois semaines après la proposition faite par Michèle Alliot-Marie devant l'Assemblée nationale d'une coopération sécuritaire renforcée avec le régime Ben Ali qui menait une féroce répression contre les premières manifestations de ce qui allait devenir la Révolution de Jasmin. Elle arrive au lendemain de l'aveu du Premier ministre François Fillon que le gouvernement français avait bien donné le 12 janvier son accord pour des livraisons de grenades lacrymogènes à la Tunisie, dans un courrier envoyé au président du groupe socialiste à l'Assemblée Jean-Marc Ayrault.

Source

Tunisie: Michèle Alliot-Marie dans la tourmente

Suite aux révélations du Canard enchaîné, la ministre des Affaires étrangères assure qu'elle ne démissionnera pas.

Michèle Alliot-Marie a récusé ce mercredi midi les "mensonges" du Canard enchaîné et assure qu'elle ne démissionnerait pas sur des "choses fausses". La ministre des Affaires étrangères réagissait ainsi à l'article de l'hebdomadaire paru ce matin dévoilant que son voyage en Tunisie avait été en grande partie pris en charge par un homme d'affaires tunisien, Aziz Miled, réputé proche du clan Ben Ali. La chef de la diplomatie française se retrouve à nouveau en difficulté sur le dossier tunisien. Le 11 janvier dernier à l'Assemblée nationale, elle avait proposé une coopération policière renforcée au régime de l'ex-président, alors que les manifestations se multipliaient en Tunisie.

Le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault a estimé mercredi auprès de l'AFP que Michèle Alliot-Marie s'était "totalement disqualifiée" avec "son voyage en Tunisie" et qu'elle n'avait donc "plus sa place au gouvernement". Sur RTL ce matin la première secrétaire du PS Martine Aubry a jugé que ce serait "grave" s'il s'avérait que le propriétaire du jet emprunté était bien un proche du clan Ben Ali: "D'abord, quand on est dans un gouvernement, on n'a pas à utiliser des moyens privés."

En réponse à ses critiques, Patrick Ollier, époux de Michèle Alliot-Marie qui a lui-même profité des vacances en Tunisie, est monté en première ligne ce matin. Aziz Miled est "une victime" du clan Ben Ali, a expliqué le ministre chargé des relations avec le Parlement sur RTL. "Certainement il connaissait le président Ben Ali, mais il a construit sa fortune de ses propres mains" et a été "spolié" par les Trabelsi qui lui ont "pris 20% de sa compagnie" aérienne.

Michèle Alliot-Marie a aussi été placée sur la sellette par Jean-Marc Ayrault concernant des "livraisons de matériel de police, avec des grenades lacrymogènes, y compris quand il y avait déjà des morts en Tunisie". "Elle ne nous a pas dit la vérité". L'information a été confirmée par le Premier ministre François Fillon lui-même.



Edité par T 34 - 03 Feb 2011 à 00:31
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Feb 2011 à 20:27

Les prix du pétrole montent en flèche suite à la situation en Egypte

New York, 1 février, (AFP-RHC).- Les prix du pétrole ont connu une nouvelle hausse ce lundi. Les manifestations populaires en Egypte ont fait monter le baril à son coût le plus élevé de ces deux dernières années à la Bourse de New York. Il a dépassé les 92 dollars et à Londres, plus de 100 dollars.

L’Egypte est certes une petite productrice de brut mais elle occupe une position clé dans le transit du pétrole.

"Environ un million de barils de brut transitent chaque jour par le Canal de Suez, en provenance de la région du Golfe et en direction de la méditerranée. Un oléoduc achemine 1,1 millions de barils par jour.

La crainte que les troubles s’étendent à d’autres pays producteurs contribue aussi à cette hausse des prix.

Source

Los comunistas en medio de las masas revolucionarias árabes

El Partido Socialista Yemenita (PSY) dirige la lucha del pueblo contra la dictadura pro imperialista
El Partido Comunista libanés (PCL) y sus juventudes en marcha el pasado 30 de enero en Beirut contra la subida de los precios
En la Bagdad mártir solidaridad con la Revolución egipcia a la sombra del Ché Guevara
 Los comunistas en la marcha en Jordania contra el régimen pro imperialista que ha derribado al gobierno aunque no todavía al régimen

 La Unión de la Juventud Democrática, juventudes del Partido Comunista egipcio (PCE) luchando contra el régimen pro imperialista en el distrito Abadin de El Cairo estos días

 El dirigente del Partido Comunista de los Obreros de Túnez Hammadi en medio de las masas
 El Partido Comunista sirio de Bagdach integra el Frente Patriótico Nacional junto con el Baas en el gobierno para defender el único país árabe progresista y antiimperialista

Otra imagen de un acto de masas del PCS
 


Edité par T 34 - 02 Feb 2011 à 23:43
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Feb 2011 à 00:31

Editorial par Maurice Ulrich

Le poids des mots

Il est des tours ou détours du langage qui, consciemment ou non, en disent long sur ce qu’on ne veut pas dire. Ainsi, dimanche, au 13 heures de TF1, cette formule de Claire Chazal : «Le soulèvement populaire a déjà fait une centaine de morts en cinq jours.» Hier, une dépêche de l’AFP : «Une semaine après son lancement, la révolte a fait au moins 125 morts». Mais, voyons, ce ne sont pas le soulèvement ou la révolte qui ont fait des morts, les exactions 
de pillards peut-être, mais essentiellement les tirs de la police. C’est la répression qui a fait des morts. Nicolas Sarkozy, dimanche, devant les pays africains, d’une manière bien plus calculée sans doute, évoquait 
«la violence qui ne mène nulle part, d’où qu’elle vienne».

Ce que tout cela traduit, c’est l’embarras 
du monde capitaliste et des puissances qui, depuis des décennies, ont soutenu sans faille les régimes autoritaires et corrompus de la région, dont l’Égypte est un maillon fort, aidée financièrement, économiquement, militairement, stratégiquement par les États-Unis, par Israël, par la France. Et l’on s’aperçoit maintenant que ces pays n’étaient pas vraiment «démocratiques» ? On se pince un peu le nez, mais on ne souhaite qu’une chose : pas trop de vagues, pas trop de changements. L’Europe, hier, par la voix de la responsable de sa diplomatie, Catherine Ashton, appelait les autorités égyptiennes à faire preuve de «retenue» et à «aller de l’avant 
de manière pacifique sur la base d’un dialogue sérieux 
et ouvert avec les partis d’opposition et tous les éléments 
de la société civile». Mais c’est le départ immédiat d’Hosni Moubarak que la rue réclame, quand ce dernier, en guise de changement, n’a nommé de nouveaux ministres issus de l’armée que pour s’assurer du soutien de cette dernière au cas où…

Ce que les pays dominants souhaitent, c’est tout simplement ce que résume la formule célèbre du Guépard. Que les choses changent pour que tout continue comme avant. Car ce qui se passe en Égypte, après la Tunisie, n’ébranle pas seulement le monde arabe. À Davos, les «élites» du monde globalisé étaient préoccupées par l’Égypte et une montée de «l’instabilité stratégique» avec ses conséquences. C’est aussi leur ordre économique qui est mis en cause. Si des millions d’Égyptiens vivent avec moins de deux dollars par jour, cela ne signifie pas, au contraire, que l’économie du pays est en panne. Avec une croissance annuelle de 5 % sur la base des réformes menées ces dernières années, l’Égypte était considérée par la finance internationale comme un bon élève. Mais à quel prix ? Le Monde écrivait hier, dans la suite des discussions de Davos : «Si la révolte des Égyptiens doit beaucoup à un régime politique sclérosé, autoritaire et brutal, elle s’explique aussi par un type de développement marqué du sceau d’une terrible inégalité sociale.» C’est pourtant bien de ce régime que s’accommodaient jusqu’alors, et s’accommodaient est un euphémisme, les «élites globalisées». Le capitalisme, quand il est contraint de composer avec les exigences démocratiques, n’est pas démocratique pour autant. 
La preuve par les marchés : dès hier matin, l’agence 
de notation financière Moody’s baissait la note 
de l’Égypte, comme a été baissée, dès la semaine dernière, la note de la Tunisie.

Mais voilà. Le peuple égyptien va être aujourd’hui en grève générale et une manifestation géante va avoir lieu. C’est peut-être un tournant, et chez tous les démocrates l’inquiétude le dispute à l’espoir.

Ce qui se passe 
en Égypte, après 
la Tunisie, n’ébranle pas seulement 
le monde arabe. 
On en était préoccupé à Davos.

Maurice Ulrich


 

Patrick Le Hyaric: l’Europe doit condamner « sans retenue » les attaques de M. Moubarak contre son peuple

Je condamne avec force les violentes charges portées par les partisans de M. Moubarak et sa police secrète contre les manifestants au Caire. Plusieurs chaînes de télévision internationales ont fait éclater la vérité sur l’existence de policiers en civil encerclant les manifestants. Personne ne peut croire que ceux-ci aient agi sans avoir reçu d’ordre pour le faire. Ainsi, à peine 24 heures après une tentative désespérée de convaincre son peuple de le garder encore quelques mois, il semblerait que M. Moubarak jette ses dernières forces dans un combat contre son peuple en provoquant le chaos et la guerre civile. Ce sont de nouveaux crimes commis contre le peuple égyptien par M. Moubarak et son entourage.

Au moment même où se déroulent ces violences d’État, nous sommes en débat au Parlement européen sur la situation dans la méditerranée en présence de Mme la baronne Ashton. Malheureusement, la ministre des Affaires étrangères de l’Union européenne n’a pas eu un mot de soutien clair au peuple tunisien et au peuple égyptien. Pas un mot pour condamner les attaques des sbires de M. Moubarak contre les populations égyptiennes qui manifestent chaque jour pacifiquement. Une nouvelle fois, elle s’est contentée d’appeler à « la retenue », mettant dos à dos les oppresseurs  et les opprimés.

C’est totalement inacceptable, c’est très en retrait de ce que dit en ce moment même par exemple la diplomatie allemande et le président des États-Unis. La démocratie et la liberté sont des valeurs universelles. Le président égyptien est lâché par son peuple mais aussi par de nombreux pays à travers le monde.

Tout devrait être fait pour protéger le peuple égyptien et lui permettre de s’exprimer librement, de choisir sa voie d’un changement démocratique sans manœuvre extérieure.


Egypte: Nicolas Sarkozy à la traîne des Américains

La%20révolte%20égyptienne%20embarrassante%20pour%20Sarkozy

Le président français a appelé ce mercredi midi Hosni Moubarak à s'engager "sans tarder" à une transition politique. Soit trois jours après l'administration américaine.

Nicolas Sarkozy a exprimé son souhait que l'Egypte s'engage dans une transition politique "sans tarder" et "sans violence". Et encore, avec des mots très choisis, en espérant qu'un "processus de transition concret s'engage sans tarder et permette de répondre au désir de changement et de renouvellement exprimé avec force par la population".

Le président de la République s'exprimait via un communiqué à l'issue du conseil des ministres. Son "appui aux aspirations des Egyptiens pour une société libre, démocratique et diverse" est arrivé une vingtaine d'heures après l'intervention de Barack Obama. Mercredi soir, le président  américain appelait à une transition politique "pacifique" et qui "commence maintenant". Il y a trois jours, sa Secrétaire d'Etat Hillary Clinton parlait déjà de transition démocratique.

La prise de position du chef de l'Etat français relance la polémique sur son manque de réactivité face aux changements en Tunisie puis en Egypte, ainsi que sur son suivisme vis-à-vis de Washington. "Les Etats-Unis demandent le départ de Moubarak de façon assez explicite, Sarkozy a tendance à penser que ce n'est pas très digne", commente-t-on à Paris. La France dit qu'il faut que Moubarak prépare dès maintenant la transition et son passage de relais. Ce n'est pas tout à fait la même chose".

Source


Edité par T 34 - 03 Feb 2011 à 22:41
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Feb 2011 à 19:26

Le monde arabe: des changements, des craintes, des espoirs

L’immolation par le feu du jeune tunisien, Mohamed Bouazizi à la mi décembre, victime de la brutalité policière a été le détonateur qui a fait éclater la colère accumulée durant des décennies de pauvreté, de mécontentement et de frustrations dans le Nord de l’Afrique où les choses changent depuis lors à une vitesse surprenante.

Des sociétés inamovibles pendant de longues années, ont soudain largué les amarres et ont renversé en quelques jours, le régime de Zine el Abidine Ben Ali, en Tunisie, assiègent Hosni Moubarak en Egypte et ont provoqué des transformations radicales en Jordanie et au Yemen.

Le Président yémenite Ali Abdullah Saleh, qui tentait de modifier la Constitution pour perpétuer sa famille au pouvoir, a annoncé la veille, devant le Parlement qu’il ne se présentera pas aux élections et ne désignera pas son fils comme son héritier.

En Jordanie le roi Abdalah II a dissout son gouvernement, il a nommé un nouveau Premier ministre et a demandé la formation d’un autre cabinet, dans une tentative pour freiner « l’effet Tunisie » sur cette monarchie.

Le point commun entre ces 4 pays est leur alliance stratégique avec les États-Unis, où la situation crée de l’insomnie. Les experts de la Maison Blanche essaient de voir comment ils s’en sortent de ce carrefour, en choisissant le chemin qui leur cause le moins de dommages.

L’idéal pour Washington serait de gagner du temps, pour organiser le départ de Moubarak du Caire et de Saleh du Yemen et les remplacer par des hommes de leur confiance et promouvoir les changements nécessaires pouvant garantir que tout va rester pareil, sur le plan géopolitique, dans cette région, stratégique pour les Etats-Unis et l’Union Européenne.

Au centre de l’orage, ne l’oublions pas, se trouve Israël, à la sécurité duquel les États-Unis accordent la priorité.

Le gouvernement de Benjamin Netanyahou a d’ores et déjà lancé des signaux d’alarme, et il a de quoi s’inquiéter. L’Egypte est vital pour la politique anti palestinienne de Tel Aviv, en particulier pour le maintient de l’inhumain blocus de la Bande de Gaza, où plus d’un million et demi de personnes survivent au milieu de grandes pénuries.

Qui plus est, le Caire est l’un des principaux fournisseurs de gaz naturel d’Israël, auquel il assure 40% de la consommation de cette ressource énergétique: 1 400 millions de mètres cubes, de telle sorte que la crise égyptienne est bien plus qu’un mal de tête pour le pays sioniste. Il devient un problème de sécurité nationale, qui pourrait être à l’origine d’une vaste campagne médiatique, qui est en marche, pour convaincre le monde qu’une « grande révolution islamique » dont le but serait de semer la zone d’états « dangereux » au style iranien.

De façon consciente ou non, beaucoup de médias, des agences de presse et des transnationales de l’information acceptent cette version, qui pourrait cacher une intention bien précise: sataniser le mouvement de protestations sociales, le masquer en le présentant comme une conspiration politico théocratique et justifier ainsi une intervention pour « sauver » la planète de ce risque imminent.

Il faut tenir bien compte de ce que le chef de l’état israélien, Shimon Pérez, a dit en défendant Moubarak: “une oligarchie fanatique religieuse n’est pas meilleure que le manque de démocratie ».

D’autres font peur en brandissant la corde du pendu et en signalant que les accords de Camp David et même la sécurité dans le Canal de Suez seraient en grave danger.

Comme vous avez pu le constater, il y a beaucoup de problèmes à régler. Les spécialistes de la Maison Blanche, le Pentagone et leurs alliés européens ne dorment pas, en dessinant la politique qu’ils essaieront d’imposer en fonction de la nouvelle réalité qui se fraie un chemin dans le monde arabe, où, quoi qu’ils fassent, les choses ne seront plus comme auparavant.

Source

Egypte : Le complot des Forces noires, contre les peuples !

 

D.Benchenouf

Ne nous y trompons pas ! Le retournement de la situation en Égypte, au cours de ces dernières heures, où on a vu des populations « civiles » venir soutenir le président Moubarak et son régime, procède d’une partition de haute facture, composée par ceux qui tiennent le monde entre leurs mains, et jouée par des virtuoses de la manipulation planétaire.

Il y a quelques heures seulement, pour tous les observateurs politiques, la chute et le départ du président egyptien n’était plus qu’une question de jours, voire d’heures.

Le sursaut stupéfiant du peuple égyptien n’a laissé aucun doute sur la suite des évènements, y compris parmi les chefs d’état des grandes puissances eux-mêmes.

Mais c’était oublier les immenses répercussions, au niveau régional, et même mondial, que cette révolution aurait provoquées, s’il elle avait été menée jusqu’à son aboutissement.

Les Forces noires occupées à leurs calculs, ont été prises au dépourvu...

Tout le monde, et particulièrement nous, les peuples arabes et musulmans, ou les deux à la fois, savions que la chute de Moubarak aurait entraîné, à terme, plus ou moins court, celle de tous les despotes arabes, sans aucune exception, et l’avènement, pour nous, d’une ère nouvelle, non pas de régression obscurantiste, comme le rabâchent sans discontinuer tous ceux qui utilisent cet épouvantail, pour une raison ou une autre, mais enfin la renaissance tant attendue, un éveil des masses, pour une réelle démocratie, dans de véritables États de Droit, des républiques sociales, ou des monarchies réellement parlementaires.

Mais cela aurait été aussi, pour Israël, non seulement la perte d’une carte maîtresse, dans sa politique régionale et arabe, et surtout pour son principal objectif de ses futures frontières, une vraie catastrophe, et un avenir incertain, pour cet État, qui a bâti sa présence sur la manipulation et le complot permanent.

Israël prépare, en effet, depuis des années, en douceur lorsque cela est destiné à la consommation occidentale, et avec une extrême brutalité pour ce qui concerne les Palestiniens, son projet, qui n’en est plus qu’à ses dernières finitions, d’un État avec des frontières définitives. Non pas celles des lignes de 1967, mais du mur qu’il est en train d’achever.

Toutes les vaines tractations, et autres négociations toutes vouées à l’échec avant même qu’elles ne soient entamées, n’avait pour seul but que de faire illusion, jusqu’au fait accompli, jusqu’à l’achèvement du mur, et le ralliement des quelques gouvernements occidentaux qui renâclent encore, bien timidement il faut croire, à cette monstrueuse idée.

Un autre projet secret d’Israël, ou censé l’être, et qui changera notablement la donne stratégique dans toute la région du Moyen-Orient sera la séparation définitive, et consacrée, du Kurdistan irakien du reste de l’Irak. Un futur Kurdistan souverain, qui s’accaparera de larges territoires pétrolifères, en plus du fait que la plus grosse réserve prouvée en Irak, se trouve entre Irbil et Halabja, en plein Kurdistan.

Des milliers d’ »experts » israéliens se trouvent déjà au Kurdistan, depuis des années, dont la vraie mission est de préparer le séparatisme, et l’avènement d’un Etat kurde totalement inféodé à Israël.

Ce sont ces « experts » qui ont encadré les opérations d’exploitation et d’exportation de pétrole kurde, contre la volonté du gouvernement irakien.

Des milliers de Kurdes se trouvent, en ce moment même en Israël, sous divers motifs, mais qui, dans la réalité, sont préparés pour l’opération de démembrement de l’Irak.

Et dans ces deux grands projets d’Israël, ainsi que dans une politique globale de contrôle de la situation, le Président Moubarak était une pièce maitresse, avec le Roi d’Arabie Saoudite, le Roi de Jordanie, en plus des nombreux figurants que sont presque tous les autres rois et présidents des pays arabes.

C’est pour cela, malgré l’exécrable publicité qu’ils lui avaient faite en s’exprimant contre son départ, qu’Israël n’a pu s’empêcher de jeter des cris d’orfraie, à l’idée que Moubarak puisse être éjecté, ainsi, avant la mise en place d’un plan « B ». Parce que cela aurait eu un effet dominos, sur tous les alliés d’Israël, qui tiennent d’une main de fer tous leurs peuples. Et il ne faut pas être particulièrement perspicace, lorsqu’on connait, un tant soit peu, le monde arabe, pour savoir que la chute de Moubarak aurait été d’une gravité incalculable pour Israël, puisqu’elle aura perdu, en une seule fois, tous ses gardes-chiourme.

Pendant ces journées héroïques, de la révolution de Jasmin, puis de la révolution du « million », puisque c’est ainsi que les Égyptiens ont qualifié leur propre soulèvement, sans doute en comparaison avec la révolution algérienne, dont ils disent qu’elle est la révolution du million de martyrs, tous les peuples arabes, les peuples qui leur sont apparentés, même s’ils ne sont pas arabes, comme les berbères d’Afrique du Nord, et les peuples musulmans, chiites ou sunnites, attendaient tous la chute du tyran égyptien, pour se lever simultanément, en une sorte de déferlante, pour balayer leurs régimes corrompus et criminels.

Effet dominos...

En Algérie, tout particulièrement, une lourde ambiance de révolution imminente a vissé tous les gens, jusqu’aux enfants, devant leur poste télé.

Le compte à rebours avait commencé, en réalité, partout où les peuples de cette grande région subissaient le joug d’oligarchies brutales et voraces. Même en Lybie, où le « Guide » avait mis en place un vaste plan mi-corruption des masses, mi-représsion préventive, un vent de liberté avait commencé à soulever le sable du désert. Au point où ce président échappé d’un cirque avait imposé un couvre-feu, et procédé à des dizaines d’arrestations spectaculaires, au même moment où il tentait de relancer une contre-révolution en Tunisie.

Un autre rôle du Président égyptien, d’une extrême importance, aurait fait défaut à la stratégie des « Forces noires », si ce dernier était tombé.

Ce rôle, où il était un acteur de premier plan, notamment grâce à la prestigieuse institution islamique « El Azhar », liée intimement au pouvoir égyptien, consistait à attiser la haine entre musulmans sunnites et chiites. Le besoin de maintenir vivace, et mortelle, la haine séculaire entre les musulmans orthodoxes, et les musulmans dits schismatiques, a été très payant non seulement pour les monarchies du golfe, qui ont pu ainsi occuper leurs sujets dans la haine irraisonnée du « mécréant » qu’était le chiite, et de se prémunir ainsi de la contagion révolutionnaire iranienne, mais surtout pour les Forces noires qui ont pompé sans aucun problème, des décennies durant, des fortunes inestimables de cette région. Au moment où les peuples musulmans des deux bords se perdaient en malédictions mutuelles, les uns contre les autres.

Lorsque le besoin s’est fait ressentir d’attiser ces braises qui commençaient à se refroidir, et presque à s’éteindre, du conflit sanglant entre ces deux grands courants de l’Islam, les « Forces noires » n’ont pas hésité à créer une grosse farce sunnite, si elle n’était tragique, qui s’appelle « Al Qaida », et dont la mission principale, en plus d’aviver la vindicte contre les Chiites, était de faire le plus de victimes possible parmi eux. Simple à vérifier, il suffit de faire la comptabilité meurtrière d’Al Qaida, pour découvrir que les trois-quarts de ses victimes sont des musulmans Chiites. Les attaques contre les « mécréants » et les « croisés » sont destinés à noyer la baleine.

J’ai voulu revenir, de façon presque anecdotique, sur ces quelques données souterraines de la stratégie des « Forces noires », pour permettre à ceux qui n’en ont pas connaissance, de faire une lecture plus appropriée des évènements qui se déroulent, en ce moment même en Égypte, et où va se jouer la suite de la partition qui a été écrite pour étouffer les cris de colère de peuples entiers.

Comment s’est passée la réaction ?

Rarement dans l’histoire des peuples, le mot « réactionnaire », aura été investi, avec un tel réalisme, de son véritable sens.

La révolution de Jasmin et celle du « million », quoiqu’en disent les observateurs politiques qui se spécialisent dans la lecture de l’après coup, pour pontifier avec des airs de Monsieur Sait-tout, ont pris de court tous les gouvernements, et toutes les officines, y compris le plus redoutable et le plus informé d’entre eux tous, l’un des principaux outils des « forces noires », le Mossad.

Personne ne s’attendait, même si une vague impression de catastrophe flottait dans l’air, que des peuples aussi paisibles, et qu’ils croyaient définitivement soumis, au point où en Tunisie, le Président Benali préparait sa propre succession par son épouse, et que le Président Moubarak avait quasiment désigné son fils pour lui succéder, allaient se soulever contre les deux régimes parmi les plus policiers, et les plus brutaux de monde.

Puis, après l’immolation par le feu d’un citoyen tunisien, presque un fait divers pour le régime, mais qui a été ressenti jusqu’aux tréfonds du peuple tunisien, parce qu’il exprimait tout le désespoir de ce peuples opprimé, ce fut une colère de la rue tunisienne qu’on n’avait jamais connue, qui allait monter crescendo, jusqu’à arriver à son paroxysme. Jusqu’à une implication de tout un peuple. On dit aujourd’hui que ce sont les Américains qui avaient demandé à l’armée tunisienne de ne pas ouvrir le feu sur les manifestants. Cela est possible. Mais rien ne dit que si cela n’avait pas été le cas, l’armée tunisienne ne se serait pas rangée du côté de son peuple. Et rien ne nous dit que l’attitude des Américains n’avait pas été dictée par des considérations purement stratégiques. Il n’en demeure pas moins que le peuple tunisien s’est libéré sans l’aide de personne, si ce n’est celle de toute l’opinion publique mondiale, qui a beaucoup compté, puisqu’elle a empêché le bain de sang.

Ce fut le signal pour tous les peuples qui vivaient dans des conditions similaires. C’est à dire tout le Maghreb, et tous les pays Arabes. Le président libyen ne s’y est pas trompé, lui qui a condamné le soulèvement populaire en Tunisie, et qui a tenté de le contrecarrer, avec une promptitude qui en dit long sur son inquiétude.

Israël, la face visible des Forces noires...

Alerté par ses mentors israéliens, le président égyptien tenta de prendre les devants, en s’assurant de la fidélité de l’armée, et du soutien des Américains, mais aussi de toutes les démocraties occidentales.

Les premiers à lui apporter leur soutien, parce que la rue égyptienne, et internet surtout, donnaient des signes d’énervement au sein de leurs propres populations, furent l’Algérie et la Lybie, qui voulaient exorciser la menace, et toutes les monarchies du Golfe, qui offrirent leurs bons services, les seuls qu’ils peuvent rendre, en arguments sonnants et trébuchants.

Israël, comme à son habitude, dont l’efficacité et certains moyens de persuasion ne sont plus à démontrer, se fit un devoir d’infléchir la position américaine, par trop laxiste, à son goût, et qui faisait la part trop belle aux peuples arabes, au détriment de leurs gardes-chiourme.

On ne sait pas comment les choses se sont faites, mais il ne fait plus de doute que le président américain a reçu des injonctions, voire une sommation, de revoir sa copie. Et il a obtempéré.

Pour Israël, ne serait-ce qu’à court-terme, il n’était pas question que Moubarak soit jeté comme un malpropre, à l’instar de Benali. Cela aurait eu un effet immédiat sur tous les pays « amis », dont nul n’ignore que les peuples haïssent profondément Israël, pour tout ce qu’il a fait subir au peuple palestinien.

Israël a exprimé, presque publiquement, son intention d’empêcher que de nouvelles situations, qui menaceraient sa « stabilité », puissent s’installer dans la région. Sans que les « Forces noires » puissent en contrôler le déroulé. Et il ne faut pas être particulièrement perspicace pour imaginer que toutes les monarchies arabes, ainsi que la Lybie, l’Algérie et le Maroc, ont dû peser de tout leur poids, avec leur ami israélien, pour contraindre le Président Obama à mettre un bémol à son enthousiasme. Et comme de bien entendu, qui dit pression d’Israël, lorsqu’elle est majeure et intransigeante, dit aussi celle des lobbies américains les plus puissants, ceux qui sont le fondement même des « Forces noires », avec Israël.

Le fait que le président américain soit resté plus de trente minutes avec Moubarak laisse comprendre qu’il n’était plus question de préparer un départ imminent, mais de gérer une prise en main adéquate de la révolution, pour la neutraliser, et avoir le temps de dévier le cours de la contestation vers un exutoire contrôler. Un « statu quo ante », pour le moins.

Le fait d’avoir préparé Souleiman à la succession de Moubarak, un homme très « sûr « , un pro-israélien pur beurre, le grand patron des services secrets égyptiens, qui n’a jamais déçu Israël, ni encore moins représenté la moindre menace pour lui, n’était plus une garantie suffisante.

Trop d’inconnues subsistaient, trop d’impondérables, notamment celle d’un El Baradei dont on avait appris qu’il avait eu des contacts avec les Frères musulmans, et l’intrusion soudaine de ceux-ci sur la scène, après qu’ils aient observé une réserve très prudente, trop prudente pour Israël, qui voyaient en eux, les organisateurs souterrains de la révolte.

Et donc, au moment où la suite des évènements ne faisait plus de doute, la contre-révolution se mit en place, en un temps record.

A la veille de la manifestation annoncée par l’opposition, qui appelait à un rassemblement d’un million de manifestants sur la place au nom prédestiné de « Libération »(Ettahrir), tous les trains, les autobus et les taxis collectifs, à destination du Caire et d’Alexandrie, furent immobilisés. Pour empêcher ce rassemblement, et le tourner en dérision, puisque tout a été fait pour qu’il ne dépasse pas le nombre de quelques milliers.

Malgré cela, et malgré toutes les autres méthodes pour empêcher le succès de cette manifestation, l’objectif des organisateurs fut largement dépassé, puisque le nombre d’un million aurait été largement dépassé.

La contre manifestation « spontané » pour le « Raïs » bien-aimé...

Puis, avant même que le « Raïs » ne fasse son discours, la machine se mit en branle. Tous les transports publics furent mobilisés, pour aller racoler, souvent avec des promesses mirifiques, mais aussi avec de petites sommes d’argent, dans toute la campagne environnante, des ouvriers agricoles journaliers, qui chômaient bien plus qu’ils ne travaillaient, dont personne ne s’était soucié auparavant, et qui végétaient dans des conditions infra-humaines, puis, dans tous les quartiers misérables de la ville, des chômeurs de toute sorte, des chiffonniers, qui se comptent en dizaines de milliers dans la seule ville du Caire, et tous les laissés-pour compte, complètement ahuris que les représentants de l’Etat lui même, viennent leur demander de soutenir le Pharaon en personne, contre les « ennemis du peuple égyptien », qui voulaient vendre le pays à Israël. Rien que cela !

Et bien sûr, pour encadrer toutes ces malheureuses victimes du régime égyptien, et qui allaient affronter leurs frères d’infortune, pour voler au secours de leur propre bourreau, les services qui ont été chargé de lancer la contre-révolution firent appel aux agents des sinistres « Moukhabarates », les services secrets égyptiens, dont la mission était de chauffer à blanc ces foules hébétées, à qui des portraits du Raïs et des drapeaux égyptiens avaient été distribués. Il faut savoir que les effectifs des Moukhabarates, permanents ou agents infiltrés parmi la population, sont plus de 500 000, pour la seule ville du Caire. Une ville peuplée de 17 millions d’habitants, sans compter tous ceux qui s’y rendent pour la journée, avant de rentrer dans leurs villages. Ce sont des dizaines de milliers de ces agents des Moukhabarates qui ont manifesté leur soutien au « Raïs » On rapporte même une scène de ces zélateurs du régime, et donc d’Israël, qui ont brûlé le drapeau d’Israël sur la place « Ettahrir ». Une grossière manipulation, pour tromper le petit peuple égyptien. Ou plutôt pour tenter de la tromper.

Et ainsi, de façon fulgurante, quelques heures seulement après le discours du Raïs, le monde entier, qui suivait la Révolution égyptienne en temps réel, fut-il surpris de voir surgir du néant, des milliers de contre-manifestants, qui étaient venus, selon la télévision égyptienne, de façon « spontanée », défendre leur « Raïs et leur pays, contre l’ »ennemi de l’extérieur », contre les « fanatiques islamistes », et même contre l’ »ennemi sioniste ». Des contre-manifestants tellement spontanés, qu’ils portaient tous les mêmes portraits, les mêmes drapeaux, qu’ils hurlaient les mêmes slogans.

Des manifestants tellement spontanés qu’ils s’attaquèrent violemment à tous les journalistes qui tentaient de les filmer ou de les prendre en photo. Parce que la pire chose qui pourrait gripper la machine de la contre-révolution, serait que les agents des Moukhabarates, que la population connait très bien, malgré leur statut d’agents secrets, soient reconnus dans les photos ou les reportages filmés des télévisions étrangères. Et que ces manifestants « spontanés » pour leur Raïs bien-aimé, s’avèrent ce qu’ils sont en réalité, des agents des Moukhabarates.

C’est pour cela que toutes les équipes de télés, et les photographes de presse ont été empêchés de faire leur travail, et qu’ils ont été contraints de se confiner dans leurs hôtels. C’est pour cela aussi, que parmi la foule des contre-manifestants, il y a de nombreux hommes masqués.

Algérie, Libye, petits trucs de compères...

La « Réaction » ne se sera donc pas faite attendre...

Logique, serait-on tentés de dire. Les « Forces noires » n’allaient pas accepter que la situation échappe à leur contrôle. Et leurs gardes-chiourmes qui se vautrent sur leurs trônes d’infamie, et qui saignent à blanc le bétail qui leur sert de peuple, avaient compris, avec la révolution de Jasmin, que s’ils ne réagissaient pas vite, très vite, ils seraient faits comme des rats, et très vite contraints d’aller rejoindre leur compère Benali, dans ce repaire de despotes déchus qu’est devenue l’Arabie Saoudite, jusqu’au jour, peut-être, où le peuple saoudien se lèvera aussi. Quand il comprendra enfin que sa servilité a été acheté, en bons dollars, comme on achète du bétail au souk du coin.

En Lybie, les milices de Khadafi sont en train de procéder à l’arrestation des tous les opposants potentiels, et le « Guide » a décidé, pour une énième fois, d’une distribution de grosses sommes d’argent aux populations. En veux-tu, en voilà ! Tant que tu courbes l’échine, et que tu baisses les yeux.

En Algérie, les généraux du DRS et les détenteurs des plus grosses fortunes, acquises à la faveur d’une incroyable gabegie, tentent de convaincre le Président Bouteflika de démissionner, pour raisons de santé. Une sorte de fusible qui arrêterait la propagation de la colère, serait-ce pour quelques mois, le temps de remettre des choses en ordre, de neutraliser les forces qui s’étaient organisées ces derniers mois, et qui menacent de constituer des centres de ralliement, pour des populations qui ne savent plus à quel saint se vouer, dans ce pays où tous les partis qui ont une existence officielle mangent au râtelier du régime, à l’exeption d’un seul parmi-eux, qui ne s’est pas compromis, mais qui été complètement neutralisé, « ghettoïsé » dans une seule région du pays, sérieusement infiltré.

Cette dernière trouvaille de pousser le président Bouteflika à une démission en douce, pour raisons de santé, devrait, selon les concepteurs de cette idée, dégonfler la colère populaire qui couve, et qui attend d’exploser, du jour au lendemain. Elle aurait le mérite, en plus de gagner quelques mois, de permettre à la famille Bouteflika de pouvoir partir paisiblement, ou de rester en Algérie, et de pouvoir jouir, sans être inquiétée, du butin faramineux qu’elle s’est constituée, depuis que le grand frère préside aux destinées de cette foule, ce ghachi, comme le président Bouteflika lui-même appelle le peuple algérien.

Et cette démission, aurait le mérite, par ailleurs, et surtout, de ne pas déranger la « grande bouffe » qui se prépare, pour le plan quinquennal qui va être lancé incessamment, et dont l’enveloppe est de 300 milliards de dollars.

Tout comme elle permettrait aux « Forces noires » de garder l’Algérie, cet important allié, dans le pré-carré des gardes-chiourmes. A fortiori que ce sont les généraux algériens qui gèrent la carte de l’AQMI, donc de la future politique américaine du Sahel, et de l’endiguement de la Chine, pour l’empêcher d’y prendre pied d’une façon qui menacerait les intérêts bien compris de qui on sait, et pour ne pas nous répéter indéfiniment.

Vers la naissance d’un Peuple du Monde...

Les mécanismes de la contre-révolution ont été activés. Ils sont multiples et complexes. Mais ils tendent tous vers un même objectif. Empêcher, coûte que coûte, les peuples arabes et musulmans d’entrer dans des logiques révolutionnaires. Et empêcher, par les mêmes mécanismes, une prise de conscience planétaire, des peuples du monde, sur la vraie nature des Forces noires, ces énergies mauvaises, occultes et toutes puissantes, dont les seules représentations visibles sont Israël, les grands groupes financiers multinationaux, et les cercles qui dirigent en sous-ordre les grandes « institutions » financières internationales, comme la Banque Mondiale, le FMI et l’OMC, les grandes banques de financement, entre bien d’autres.

Toutes ces constructions financières, et autres grands trusts qui ont fait main basse sur les méga industries, comme celles de l’armement, du pétrole et de ses dérivés, de l’industrie nucléaire, du médicament, des biotechnologies végétales et de tout ce qui représente le Grand Capital et le contrôle politique des populations, s’emboitent les unes dans les autres, pour former un ensemble monstrueux,, sous la direction de milieux occultes, qui décident de tout ce qui doit être, ou ne pas être, à une échelle planétaire. Ce sont ce que j’appelle les Forces noires.

Ce sont ces milieux qui ont décidé de siffler la fin de la partie en Égypte, et qui vont certainement mettre en branle tout un dispositif de réaménagements stratégiques.

Il ne leur coûte absolument rien de changer le personnel politique de leurs gardes-chiourmes. Il vont entreprendre des actions qui vont faire illusion, et qui vont faire croire aux peuples opprimés que des changements inespérés se sont produits dans leurs pays. Le personnel va être remplacé par un autre, plus présentable, moins brutal, dont le discours aura des intonations révolutionnaires, voire anti-impérialistes. Des grands leaders vont naître du néant, qui vont même s’attaquer à l’hégémonie des Américains, voire même à l’intransigeance d’Israël, mais qui seront, en réalité, les plus sûrs alliés des uns et de l’autre.

Mais tant va la cruche à l’eau...

Aujourd’hui, un autre contexte s’est mis en place. En lançant internet, ou du moins en acceptant qu’il soit vulgarisé à toute la planète, les Forces noires ne savaient pas qu’il allait devenir ce qu’ils est devenu aujourd’hui. Des effets « pervers » ont dévié la grosse manipulation de ses objectifs initiaux.

Et il n’est plus possible de faire marche arrière. Les peuples prennent conscience, chaque jour, que leurs intérêts sont intimement liés, où qu’ils se trouvent dans ce monde devenu trop étroit.

Ce n’est pas pour rien que Finkielkraut, pour ne pas le nommer, a qualifié Internet de « Grande poubelle ». Parce que ce moyen est celui qui va accélérer la libération des peuples, et qui va éclairer l’humanité entière, sur la vraie nature des Forces noires.

C’est pour cela, qu’instinctivement, dans le monde entier, hormis dans les castes qui se sustentent du sang de leurs semblables, où des os que leurs maîtres leur jettent, un formidable élan de sympathie est allé au peuple égyptien. Parce que nous commençons à apprendre, en marchant, que l’union entre tous les peuples de la terre sera notre seule planche de salut.

Soutenir le peuple égyptien, contre les Forces noires qui tentent de le réduire, et de le renvoyer à son statut d’esclave, est un acte de résistance.

C’est le moment, pour le peuple mondial de jouer pleinement son rôle.

L’heure a sonné, pour la Révolution de l’Homme, contre le Mal absolu.


L'Empire face à la forte vague de Révolutions populaires en Afrique du Nord

Les grandes puissances feraient mieux de se taire

 

par Jules Dufour
mubarak3.jpg
Photo : Le président égyptien, Moubarack

Les appels au calme adressés aux manifestants en Égypte par le président Obama et sa secrétaire d'État, Hilary Clinton, l'invitation qu'ils ont formulée au président égyptien de procéder à des réformes politiques et sociales « immédiates » et leur sommation de réfréner les forces de l’ordre et de l’armée sonnent faux dans la bouche de ces tenants de l'impérialisme. Les occupants de la Maison Blanche ont pris la parole « pour réclamer des réformes politiques «concrètes» et l'arrêt des violences ». « Je veux appeler très clairement les autorités égyptiennes à s'abstenir d'utiliser la violence contre les manifestants pacifiques», a déclaré le Président Obama, peu de temps après s'être entretenu, le 28 janvier dernier, par téléphone avec le président de l’Égypte (Les Égyptiens se soulèvent).
Figure 1. Place de la Libération, Le Caire, Égypte
4s9s.jpg

De son côté, Madame Clinton a invité M. Moubarak à « faire tout ce qui est en son pouvoir pour réfréner les forces de l'ordre »  alors que l’on a appris que les États-Unis et Israël collaboreraient étroitement avec le régime Moubarak dans la répression du soulèvement du peuple égyptien. Le Pentagone, lui, a invité l'armée à faire preuve de "retenue". (Égypte: au moins 20 morts, couvre-feu décrété, l'armée en renfort). Quelle hypocrisie de la part de ceux qui prônent le recours à la guerre pour régler les conflits qu’ils engendrent le plus souvent eux-mêmes! 

L’Union européenne vient de se joindre à ce concert de doléances en appuyant le « plan bien préparé » des Étatsuniens: « C’est pourquoi nous voulons une transition ordonnée vers des élections libres et équitables » (Reuters, 01/02/2011).

Le président Obama a aussi déclaré que «le peuple égyptien a des droits qui sont universels. Cela inclut le droit de se réunir pacifiquement, le droit à la liberté d'expression et à la possibilité de choisir son propre destin, cela relève des droits de l'homme », a-t-il insisté. Quand on sait que les États-Unis ont fortement appuyé, soutenu et financé le régime répressif de Moubarak au cours des trois dernières décennies et qu'ils ont armé ce pays sans compter en achetant ainsi la fidélité de ce régime, contre la volonté du peuple, on ne peut que mettre en doute fortement la valeur de ces propos.

Le fait de s’ingérer directement dans les affaires intérieures de l’Égypte en dit long sur l’importance stratégique que représente ce pays pour l’impérialisme américain dans cette région du monde. La perte du contrôle politique et économique de ce pays serait pour la Maison Blanche un élément de grande préoccupation pour les divers intérêts qu’ils détiennent dans ce territoire et dans la région ainsi qu’une grande appréhension concernant la sécurité d’Israël.

Ce qui se produit en Égypte risque d'arriver maintenant dans un très grand nombre de pays. La vague de la libération des peuples va se montrer encore plus forte jusqu’à prendre la forme d'un tsunami. Les citoyens ont maintenant la conviction que les pouvoirs usurpés, télécommandés et corrompus ont des pieds d'argile et que la force et l'énergie des peuples les feront tomber un jour ou l'autre. C'est ainsi que nous assistons à ce processus dans les pays arabes, mais il en sera de même dans tous les continents. Cette vague pourrait aussi frapper durement les pays riches dits démocratiques. Comme le prédisait si bien Ernesto Che Guevara dans un discours célèbre prononcé dans l’enceinte de l’Organisation des Nations Unies à New York en 1964 la révolte ou lutte révolutionnaire des peuples prendra la forme d’une vague qui ne s’arrêtera jamais:

« Dans les territoires des autres pays du monde qui luttent pour leur liberté, cela signifie toujours la même chose: L’image de ce que l’on peut acquérir au moyen de la lutte révolutionnaire, l’espoir d’un monde meilleur, l’image avec laquelle il vaut la peine de risquer sa vie, de se sacrifier jusqu’à la mort dans les champs de bataille de tous les continents du monde, non seulement en Amérique mais dans tous les pays du monde dans lesquels on fera une lutte révolutionnaire… cette vague de rancoeur agitée, de justice réclamée, de droits piétinés qui commencent à se lever dans les terres de l’Amérique latine, cette vague ne s’arrêtera jamais. Cette vague ira en s’accroissant chaque jour. Parce que cette vague la forment les plus nombreux, ceux qui sont majoritaires dans tous les aspects du terme, ceux qui accumulent avec leur travail les richesses, créent les valeurs, font rouler la roue de l’histoire et qui sortent maintenant du profond sommeil abrutissant dans lequel ils ont été plongés ». (1)

« Parce que cette grande humanité a dit «C’est assez» et s’est mise à marcher. Et sa marche, de géants, ne s’arrêtera pas tant qu’elle n’aura pas conquis la vraie indépendance pour laquelle plusieurs sont morts le plus souvent de façon inutile. Maintenant, de toute façon, ceux qui meurent, mourront comme ceux de Cuba, ceux de la Playa Giron, ils mourront pour leur indépendance vraie et irrévocable ».(2)

Il convient de rappeler également ces paroles du Che prononcées en 1960:

 «…tous les peuples du monde doivent s’unir pour acquérir ce qui est le plus sacré, soit la liberté, le bien-être économique et le sentiment de ne pas avoir de problèmes insolubles à régler…» (3)

Comment les principaux responsables de la situation politique, économique et sociale catastrophique qui affligent les Égyptiens peuvent-ils avoir la prétention de définir les actions à poser pour mettre un terme aux manifestations contre le pouvoir central en Égypte? Comment peuvent-ils oser faire semblant qu’ils ne sont en rien à l’origine de l’état d’oppression et de misère qui prévaut dans ce pays?

Le gouvernement au pouvoir depuis près de 30 ans a été grandement épaulé par les puissances occidentales le considérant comme celui pouvant apporter la stabilité requise pour la sauvegarde des intérêts des États-Unis, de l’Union européenne et d’Israël dans la région du Moyen-Orient.

I. L'aide des États-Unis fournie à l'Égypte

Selon les données rapportées par la Federation of American Scientists :

« entre les Accords de paix de Camp David en 1978 et l’An 2000 (l’année pour laquelle les chiffres les plus récents sont disponibles) les États-Unis ont apporté une aide aux forces armées égyptiennes pour la somme totale de 38 milliards de dollars. L’Égypte a ainsi reçu, chaque année, une aide de deux milliards de dollars dont 1.3 milliard sous la forme d’un financement extérieur pour la défense et environ 815 millions de dollars pour un fonds d’aide économique, la plaçant, après Israël, au second rang des pays  récipiendaires de l’aide militaire et économique régulière des États-Unis (tableau 1). De plus, en 1990, les Étatsuniens ont effacé une dette cumulée pour des dépenses militaires de ce pays de l’ordre de 7.1 milliards de dollars et ce pour compenser le coût engendré pour la participation de ce pays à l’Opération Desert Shield. De plus, L’Égypte a reçu, à chaque année, du Pentagone une aide pour l’achat d’équipements militaires non prévus totalisant des centaines de millions de dollars…» (FAS).

 

Tableau 1. Ventes d’armements aux pays en développement 2001-2009: Les principaux importateurs (suite)
crs-arms-sales-customers-02-09.jpg


Selon les données présentées par Agora Vox, le média citoyen, les cinq principaux pays exportateurs d’armements dans le monde, en 2004 sont, dans l’ordre : les USA, la Russie, la Grande-Bretagne, la France et Israël. Ces pays sont pourvus d’une industrie d’armement suffisamment importante et innovante pour pouvoir exporter leurs matériels. Les plus grands importateurs de leur production sont, depuis 2004, la Chine, l’Inde et l’Égypte (http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/bilan-des-ventes-d-armes-dans-le-2332). Entre 2001 et 2008, selon le Congressional Research Service du Congrès des États-Unis, l’Égypte se classait au 5ième rang parmi les dix principaux importateurs de matériel militaire dans le monde après l’Arabie saoudite, l’Inde, les Émirats arabes unis et la Chine et ce avec des dépenses totalisant 12.3 milliards de dollars ou 5% des achats mondiaux (http://fr.wikipedia.org/wiki/Industrie_de_l'armement).

II. Des relations étroites et de coopération avec l’Égypte pour la stabilité et la «paix» au Moyen-Orient

Selon le Département d’État :

« les États-Unis et l’Égypte entretiennent des relations étroites et amicales fondées sur des intérêts communs pour la stabilité et la paix au Moyen-Orient, le tout en revitalisant l’économie égyptienne, en renforçant les relations commerciales et en faisant la promotion de la sécurité régionale. Au cours des années, l’Égypte et les États-Unis ont travaillé ensemble de façon assidue pour développer les négociations de paix pour le Moyen-Orient, se faisant les hôtes de pourparlers de paix et de négociations dans le cadre de la Conférence économique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA). Des manoeuvres militaires multinationales, une aide américaine aux programmes de modernisation de l’arsenal militaire de l’Égypte … ainsi que la contribution de ce pays dans différentes opérations de maintien de la paix ont renforcé de façon continue les relations de coopération militaire américano-égyptiennes» (US Department of State).

On note aussi que « l’un des piliers importants des relations bilatérales repose sur l’aide des États-Unis pour la sécurité et l’économie de l’Égypte, aide qui s’est accrue de façon significative au moment de la signature du Traité de paix égypto-israélien en 1979. L’aide militaire des États-Unis à l’Égypte totalise plus de 1,3 milliard de dollars par année. En outre, l’Agence américaine pour le Développement international (USAID) a fourni plus de 28 milliards de dollars pour l’économie et le développement de l’Égypte depuis 1975. Au cours des premières années, l’aide était accordée pour la mise en place d’infrastructures, pour la santé, pour les denrées alimentaires et pour l’agriculture» (US Department of State).

L’Égypte a conclu le 24 décembre 2009 un marché en vue de l’acquisition de 24 avions de combat F-16, de l’entreprise américaine d’armement Lockheed Martin pour un montant de 3.2 milliards de dollars (24 avions de combat F-16 américains pour l’Égypte).

« Selon des informations persistantes, l’administration de l’ex-Président George Bush a refusé de vendre des avions F-16 ultramodernes à l’Égypte, du fait de la situation des droits de l’Homme et de la démocratie qui y prévaut, ainsi que pour préserver la suprématie militaire israélienne. L’Égypte possède des avions F-16 depuis 1982, et est entrée en possession de 220 appareils de ce type après des décennies où elle se ravitaillait principalement en armements soviétiques» (24 avions de combat F-16 américains pour l’Égypte).

III. La coopération militaire américaine avec l’Égypte aurait renforcé la sécurité régionale au Moyen Orient selon le Secrétariat d’État des USA

Selon les États-Unis, la coopération militaire étasunienne a contribué à la modernisation des forces armées de l’Égypte et a renforcé la sécurité régionale. Avec les programmes de financement des projets de la défense (FMF), les États-Unis ont fourni des chasseurs bombardiers F-4, des bombardiers F-16, des tanks M-60A3 et M-60A3 ainsi que des M1M1, ont armé des véhicules de transport pour le personnel, ont vendu des hélicoptères Apache, des missiles anti-aériens. de la surveillance aérienne et d’autres équipements. Les États-Unis et l’Égypte ont aussi participé à des manœuvres militaires, y compris le déploiement d’effectifs de combat américains. Au cours des années, l’Égypte a accueilli Operation Bright Star, une manœuvre militaire multilatérale conjointe…étant vue comme l’exercice le plus important dans la région Des unités de la VIIème Flotte utilisent fréquemment les ports égyptiens (U.S. Department of State. On peut donc comprendre que l’Égypte constitue un excellent marché pour les industries de guerre des États-Unis.


Conclusion

Les mouvements populaires de libération, dans plusieurs pays arabes, sont d’une grande signification au moment où les mesures de répression des peuples se sont intensifiées dans le contexte des pénuries causées par la crise économique mondiale et par une forte pression exercée, sous la commande des grandes puissances, pour la réduction des dépenses publiques en entraînant une nette détérioration des conditions de vie de la majorité.

L'invitation formelle adressée par Washington au président Moubarak de procéder à la tenue d'élections législatives est pour lui le moyen de s'assurer que les changements qui pourraient se produire ne viendraient pas modifier la trajectoire empruntée par le pays depuis près de trente ans. Selon Hilary Clinton, se faisant l’écho de la position de l’Administration Obama, « il y a nécessité d’une transition ordonnée pour que personne ne vienne combler un vide, pour qu’il n’y ait pas de vide, mais plutôt un plan bien préparé pour l’avènement d’un gouvernement démocratique participatif’» (Hetu, B., 2011, p. A2). Lire un gouvernement totalement soumis à l’ordre dicté par les États-Unis.  

Enfin, nous ne cesserons pas de le répéter, il revient au peuple égyptien de choisir la voie qui lui semble appropriée dans le contexte actuel pour répondre à ses besoins fondamentaux et rétablir un environnement de liberté, d’autonomie, de justice et de paix et ce à l’instar des autres peuples qui cherchent à se soustraire de l’emprise hégémonique des grandes puissances.



Notes :

(1) Traduit par l'auteur. Texte original en espagnol : «…los campos de otros países del mundo que luchan por su liberdad significando siempre lo mismo: La imagen de lo que se puede conseguir mediante la lucha revolucionaria, la esperanza de un mundo mejor, la imagen con la cual vale la pena arriesgar la vida, sacrificarse hasta la muerte en los campos de batalla de todos los continentes del mundo, no solamente en América sino en todos los países del mundo en que se creará una lucha revolucionaria…esa ola de estremecido rencor, de justicia reclamada, de derechos pisoteados que se empiezan a levantar por entre las tierras de Latinoamérica, esta ola ya no parará más. Esa ola irá crediendo cada dia que pase. Porque esa ola la forman los más, los mayotarios en todos los aspectos, los que acumulan con su trabajo las riquezas, crean los valores, hacen andar la rueda de la historia, y que ahora despiertan del largo sueño embrutecedor al que los sometieron.

(2) Traduit par l'auteur. Texte original en espagnol : « Porque esta gran humanidad ha dicho «Basta!» y ha hecho a andar. Y su marcha, de gigantes, ya no se detendrá hasta conquistar la verdadera independencia por la que ya han muerto más de una vez inutilmente. Ahora, en todo caso, los que mueran, morirán como los de Cuba, los de Playa Girón, morirán por su única, verdadera e irrenunciable independencia ». (http://www.youtube.com/watch?v=l1Z8NGYv3SE ).

(3) Traduit par l'auteur. Texte original en espagnol : « ...todos los pueblos del mundo deben unirse para conseguir lo más sagrado, que es la libertad, que es el bienestar económico, que es el sentimiento de no tener absolutamente ningún problema insolvable por delante...», le 30 de septembre 1960 (http://www.retoricas.com/2009/08/che-guevara-citas-y-discursos.html ).Traduction:

 

Références

BELLAVANCE, Joël-Denis. 2011. Tensions en Égypte: Ottawa appelle à la retenue. La Presse. Cyberpresse.ca. Le 28 janvier 2011. En ligne: http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-canadienne/201101/28/01-4364799-tensions-en-egypte-ottawa-appelle-a-la-retenue.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B4d_b4d_199693_accueil_POS5

CHOSSUDOVSKY, Michel. 2011. The Protest Movement in Egypt: "Dictators" do not Dictate, They Obey Orders. Montréal, Centre for Research on Globalization (CRG), le 29 janvier 2011. En ligne: http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=22993

CICARDI, Francesca. 2010. L’Egypte sous surveillance : quand l’exception devient la règle. Cafébabel.com. Le Magazine européen. Le 19 octobre 2010. En ligne: http://www.cafebabel.fr/article/35426/l-egypte-sous-surveillance-loi-d-urgence.html

EL-MALAWANI, Hania (AFP). 2011. Égypte: au moins 20 morts, couvre-feu décrété, l'armée en renfort. Le 28 janvier 2011. En ligne: http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gEHN_aKfduol3C9ap4D2CfyeblgQ?docId=CNG.6d89711dd32ac21c4b6ed357be8e3617.8d1

FEDERATION OF AMERICAN SCIENTISTS. Arms Sales Tables
U.S. Arms Clients Profiles—Egypt. En ligne: http://www.fas.org/asmp/profiles/egypt.htm

G. Philippe. 2005. Bilan des ventes d’armes dans le monde. Agoravox. Le 2 septembre 2005. En ligne: http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/bilan-des-ventes-d-armes-dans-le-2332

HETU, Bernard. 2011. La crainte américaine du vide. La Presse, le 31 janvier 2011, p. A2.

REUTERS. 2009. 24 avions de combat F-16 américains pour l’Egypte.

Ara.reuters. Le 30 décembre 2009. En ligne: http://www.gnet.tn/index2.php?option=com_content&task=emailform&id=10449&itemid=957

REUTERS. LE CAIRE. 2011. «Transition ordonnée». Le Journal de Québec, le 1er février 2011, p. 15.

SCHMIDT, Christophe. AFP-Washington. 2011. Obama fait pression sur Moubarak. Cyberpresse.ca. Le 28 janvier 2011. En ligne:http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/les-egyptiens-se-soulevent/201101/28/01-4364918-obama-fait-pression-sur-moubarak.phphtm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B4_manchettes_231_accueil_POS1    

U.S. DEPARTMENT OF STATE. 2010. Background Note: Egypt. Novembre 2010. http://www.state.gov/r/pa/ei/bgn/5309.htm

Sites Internet

Che Guevara citas y dicursos: http://www.retoricas.com/2009/08/che-guevara-citas-y-discursos.html

Che Guevara – Discurso Revolucionario.mp4: http://www.youtube.com/watch?v=mwfbfwdHylg

Federation of American Scientists: http://www.fas.org/

Industrie de l’armement: http://fr.wikipedia.org/wiki/Industrie_de_l'armement

 

  
Jules Dufour, Ph.D., est président de l'Association canadienne pour les Nations Unies (ACNU) /Section Saguenay-Lac-Saint-Jean, professeur émérite à l'Université du Québec à Chicoutimi,   membre du cercle universel des Ambassadeurs de la Paix, membre chevalier de l'Ordre national du Québec. Il est associé de recherche au CRM (Centre de recherche sur la Mondialisation).


Jules Dufour est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Jules Dufour publiés par Mondialisation.ca



Edité par T 34 - 03 Feb 2011 à 22:39
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Feb 2011 à 23:20
Quelques amis de Moubarak.
 


Edité par T 34 - 03 Feb 2011 à 23:56
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
Pedro allez vers le bas
Expulsé
Expulsé
Avatar
Ni-Ni

Depuis le: 18 Jun 2008
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 1034
  Citer Pedro Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Feb 2011 à 07:52

 

PRWC

 

Le Parti communiste des Philippines (CPP) et les forces révolutionnaires philippines expriment leur solidarité avec les Egyptien-ne-s dans leur lutte pour mettre un terme à la dictature féodale, soutenue par les USA depuis 30 ans, du régime de Moubarak.

Le CPP a attentivement suivi les développements en Egypte et dans un certain nombre d'autres pays arabes où le malaise vaste et intense du Peuple contre des décennies de régime autoritaire féodal et la misère sociale ont récemment explosé. En Tunisie, les mobilisations de masse ont réussi à mettre un terme au régime à la main de fer, vieux de 23 ans de Ben Ali qui a pratiqué la répression sociale et politique et imposé les difficultés économiques sur les masses.

Plusieurs centaines de milliers d'Egyptien-ne-s se sont rassemblés pendant des jours sur la place de Tahrir du Caire pour exiger l'éviction immédiate du régime de Moubarak.

Les manifestations égyptiennes massives, qui ont commencé le 25 janvier dernier ont été provoquées par le mécontentement des masses contre les politiques pro-impérialistes, féodales, autoritaires, en faillite et anti-populaires du régime de Moubarak. Les Egyptien-ne-s ont longtemps subi l'oppression politique, les prix en hausse, la pauvreté généralisée et le chômage de masse, et réprimés par l'utilisation de la terreur, des lois d'exception, de la brutalité militaire et de la police secrète. Le CPP soutient les aspirations et la lutte nationale et démocratique des Egyptien-ne-s.

Le CPP condamne le régime de Moubarak et son parti au pouvoir pour avoir lancé ses forces de sécurité, ses agents fascistes et plusieurs milliers de contre-manifestants hier pour attaquer les manifestants anti-Moubarak. Hier, les forces fascistes montées sur chameau et à cheval ont chargé et fouetté les protestataires, lancé des pierres et tiré au pistolet sur eux. Au moins cinq manifestants ont été tués et plus de 600 blessés.

La contre-manifestation fasciste était une tentative du régime au pouvoir de présenter les manifestants anti-Moubarak comme seulement une fraction des Egyptiens. Par l'affichage de la violence fasciste pure, il a également essayé de dissuader les Egyptiens de rejoindre d'autres manifestations.

La tactique fasciste de la clique Moubarak est vouée à échouer. Elle reflète le désespoir du régime à se maintenir au pouvoir. Il est maintenant chancelant et s'approche de l'effondrement.

Le régime de Moubarak n'a pu persister pendant les trois dernières décennies, que par sa répression des Egyptiens par l'emploi de l'armée et de la police financée par les USA. Avec une subvention militaire annuelle de 2 milliards de $ des USA, ce régime unanimement détesté a été en seconde place seulement derrière Israel en recevant les plus grandes "aides étrangères" US. Sous Moubarak, l'Egypte a servi de paravent US-Israélien contre les Peuples palestinien et arabes.

Le CPP encourage les Egyptien-ne-s à consolider leurs rangs, à se préparer à de plus grandes difficultés et à de plus grands sacrifices, et à tâcher de persister et faire avancer leur lutte. Ils doivent tirer leur force de la justesse de leur cause afin de persévérer et remporter la victoire dans la lutte pour mettre un terme au régime fasciste US-Mubarak.

 

 

zone%20tempêtes

 

Solidarité internationaliste, Victoire au Peuple !

 

 

http://www.forum-unite-communiste.org/uploads/3/fuc_faceboock1.pdf
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Feb 2011 à 16:07
Tunisie, Égypte, Maroc
 

Ces « dictatures amies » (Medelu.org)

 

Ignacio RAMONET

Une dictature, la Tunisie ? L’Egypte, une dictature ? En voyant les médias se gargariser maintenant du mot "dictature" appliqué à la Tunisie de Ben Ali et à l’Egypte de Moubarak, les Français ont dû se demander s’ils avaient bien entendu ou bien lu. Ces mêmes médias et ces mêmes journalistes n’avaient-ils pas, durant des décennies, martelé que ces deux "pays amis" étaient des "Etats modérés" ? Le vilain mot de "dictature", dans le monde arabo-musulman, n’était-il pas exclusivement réservé (après la destruction de l’ "effroyable tyrannie" de Saddam Hussein en Irak) au seul régime iranien ? Comment ? Il y avait donc d’autres dictatures dans cette région ? Et nos médias, dans notre exemplaire démocratie, nous l’auraient-ils caché ?

Voilà, en tout cas, un premier dessillement que nous devons au peuple révolté de Tunis. Sa prodigieuse victoire a libéré les Européens de la "rhétorique d’hypocrisie et de dissimulation" en vigueur dans nos chancelleries et nos médias. Contraints de mettre bas les masques, ceux-ci font semblant de découvrir ce que nous savions depuis longtemps [1], que les "dictatures amies" ne sont que cela : des régimes d’oppression. En la matière, les médias n’ont fait que suivre la "ligne officielle" : fermer les yeux ou regarder ailleurs confirmant l’idée que la presse n’est libre qu’envers les faibles et les gens isolés. Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas eu l’aplomb d’affirmer, à propos du système mafieux du clan Ben Ali-Trabelsi, qu’en Tunisie, "il y avait une désespérance, une souffrance, un sentiment d’étouffement dont, il nous faut le reconnaître, nous n’avions pas pris la juste mesure" ?

"Nous n’avions pas pris la juste mesure..." En 23 ans... Malgré la présence sur place de services diplomatiques plus prolifiques que ceux de n’importe quel autre pays du monde... Malgré la collaboration dans tous les domaines de la sécurité (police, gendarmerie, renseignement...). Malgré les séjours réguliers de hauts responsables politiques et médiatiques qui y ont établi, de façon décomplexée, leur lieu de villégiature [2]... Malgré la présence en France de dirigeants exilés de l’opposition tunisienne maintenus à l’écart, comme des pestiférés, par les autorités françaises et quasiment interdits d’accès, pendant des décennies, aux grands médias... Ruine de la démocratie.

En vérité, ces régimes autoritaires ont été (et continuent d’être) complaisamment protégés par les démocraties européennes au mépris de leurs propres valeurs et au prétexte qu’ils constituaient des remparts contre l’islamisme radical [3]. Le même argument cynique utilisé, à l’époque de la guerre froide, par l’Occident pour soutenir des dictatures militaires en Europe (Espagne, Portugal, Grèce, Turquie) et en Amérique latine, en prétendant empêcher ainsi l’arrivée du communisme au pouvoir.

Quelle formidable leçon donnent les sociétés arabes révoltées à ceux qui, en Europe, ne les décrivaient qu’en termes manichéens : soit des masses dociles soumises à des satrapes orientaux corrompus, soit des foules hystériques possédées par le fanatisme religieux. Or voilà qu’elles surgissent soudain, sur les écrans de nos ordinateurs ou de nos téléviseurs (cf. l’admirable travail d’Al-Jazeera), préoccupées de progrès social, aucunement obsédées par la question religieuse, assoiffées de liberté, excédées par la corruption, détestant les inégalités et réclamant la démocratie pour tous, sans exclusives.

Loin des caricatures binaires, ces peuples ne constituent nullement une sorte d’ "exception arabe" mais apparaissent semblables, dans leurs aspirations politiques, au reste des sociétés urbaines modernes éclairées. Le tiers des Tunisiens et presqu’un quart des Egyptiens naviguent régulièrement sur Internet. Comme l’affirme Moulay Hicham El Alaoui : "Les nouveaux mouvements ne sont plus marqués par les anciens antagonismes comme l’anti-impérialisme, l’anti-colonialisme ou l’anti-sécularisme. Les manifestations de Tunis et du Caire ont été dépourvues de tout symbolisme religieux. C’est une rupture générationnelle qui réfute la thèse de l’exceptionnalisme arabe. De plus, ce sont les nouvelles technologies de communication de l’Internet qui animent ces mouvements. Ceux-ci proposent une nouvelle version de la société civile où le refus de l’autoritarisme va de pair avec le rejet de la corruption [4]."

Grâce notamment aux réseaux sociaux numériques, les sociétés, aussi bien en Tunisie qu’en Egypte, se sont mobilisées à très grande vitesse et ont pu bousculer les pouvoirs en un temps record. Avant même que les mouvements aient eu l’occasion de "mûrir" et de favoriser l’émergence en leur sein de dirigeants nouveaux. C’est une des rares fois où, sans leader, sans organisation dirigeante et sans programme, la simple dynamique de l’exaspération des masses a suffi à faire triompher une révolution.

C’est un instant fragile, et des puissances travaillent sans doute déjà, notamment en Égypte, à faire en sorte que "tout change pour que rien ne change", selon le vieil adage du Guépard. Ces peuples qui conquièrent leurs libertés doivent garder à l’esprit l’avertissement de Balzac : "On tuera la presse comme on tue un peuple, en lui donnant la liberté [5]." Les "démocraties de surveillance" sont infiniment plus habiles à domestiquer, en toute légitimité, un peuple que les anciennes dictatures. Mais cela ne justifie en rien le maintien de celles-ci. Ni ne doit ternir l’ardeur de mettre à bas une tyrannie.

L’effondrement de la dictature tunisienne a été si rapide que les autres peuples maghrébins et arabes en ont conclu que ces autocraties - parmi les plus anciennes du monde - étaient en réalité profondément vermoulues, et n’étaient donc que des "tigres en papier". La démonstration s’est encore vérifiée en Egypte.

D’où cette impressionnante levée des peuples arabes qui fait inévitablement penser à la grande floraison des révolutions à travers l’Europe de 1848, en Jordanie, au Yémen, en Algérie, en Syrie, en Arabie Saoudite, au Soudan et au Maroc.

Dans ce dernier pays, une monarchie absolue où le résultat des "élections" (toujours truquées) reste déterminé par le souverain qui désigne selon son bon vouloir les ministres dits « de souveraineté », quelques dizaines de familles proches du trône continuent d’accaparer les principales richesses [6]. Les câbles diffusés par WikiLeaks ont révélé que la corruption y atteignait des niveaux d’indécence faramineux, plus élevés que dans la Tunisie de Ben Ali, et que les réseaux mafieux conduisaient toujours au Palais. Un pays où la pratique de la torture est généralisée et le bâillonnement de la presse constant.

Pourtant, comme la Tunisie de Ben Ali, cette "dictature amie" bénéficie d’une très grande indulgence, dans nos médias et chez la plupart de nos responsables politiques [7]. Ceux-ci minimisent les signes qui montrent le début d’une "contagion" de la révolte. Déjà quatre personnes s’y sont immolées par le feu. Des manifestations de solidarité avec les révoltés de Tunisie et d’Egypte ont eu lieu à Tanger, à Fez et à Rabat [8]. Saisies de crainte, les autorités ont préventivement décidé de subventionner les denrées de première nécessité pour éviter des "révoltes du pain". D’importants contingents de troupes auraient été retirées du Sahara Occidental et acheminées à la hâte vers Rabat et Casablanca. Le roi Mohammed VI et quelques collaborateurs se seraient spécialement déplacés en France, le week-end du 29 janvier, pour consulter des experts en matière de maintien de l’ordre du ministère français de l’Intérieur [9].

Même si les autorités démentent ces deux dernières informations, il est clair que la société marocaine suit avec exaltation les événements de Tunisie et d’Egypte. Prête à rejoindre l’élan de ferveur révolutionnaire pour briser enfin le carcan féodal. Et à demander des comptes à tous ceux qui, en Europe, pendant des décennies, furent les complices des "dictatures amies".

Ignacio Ramonet

http://www.medelu.org/spip.php?arti...

[1] Lire, par exemple, Jacqueline Boucher, "La société tunisienne privée de parole", et Ignacio Ramonet, "Main de fer en Tunisie", Le Monde diplomatique, respectivement février 1996 et juillet 1996.

[2] Alors que Mohammed Bouazizi s’était immolé par le feu dès le 17 décembre 2010, que l’insurrection gagnait l’ensemble du pays et que des dizaines de Tunisiens révoltés continuaient de tomber sous les balles de la répression bénaliste, le maire de Paris, Bertrand Delanoé, et la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, trouvaient parfaitement normal d’aller fêter allégrement le réveillon en Tunisie.

[3] En même temps, et sans apparemment mesurer la contradiction, Washington et ses alliés européens soutiennent le régime théocratique et tyrannique de l’Arabie Saoudite, principal foyer officiel de l’islamisme le plus obscurantiste et le plus expansionniste.

[4] http://www.medelu.org/spip.php?arti...

[5] Honoré de Balzac, Monographie de la presse parisienne, Paris, 1843.

[6] Lire Ignacio Ramonet, "La poudrière Maroc", Mémoire des luttes, septembre 2008. http://www.medelu.org/spip.php?arti...

[7] De Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal, en passant par Dominique Strauss-Kahn qui possède un "ryad" à Marrakech, des dirigeants politiques français n’ont eu aucun scrupule à séjourner dans cette "dictature amie" durant les récentes vacances de fin d’année.

[8] El País, 30 janvier 2011 http://www.elpais.com/articulo/inte...

[9] Lire País, 30 janvier 2011 http://www.elpais.com/articulo/inte...

et Pierre Haski, "Le discret voyage du roi du Maroc dans son château de l’Oise", Rue89, 29 janvier 2011.

http://www.rue89.com/2011/01/29/le-...

 

Effet domino, par Tufan Selçuk, Turquie



Edité par T 34 - 04 Feb 2011 à 19:27
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Feb 2011 à 20:16

Comment Paris a soutenu la police égyptienne

Dans les coulisses de l’aide française à la « formation » de la police de Moubarak

À l’automne dernier, le ministère de l’Intérieur de Brice Hortefeux a organisé au Caire des stages pour former des policiers égyptiens à la « gestion des foules ». Le soutien de Paris à la dictature a été constant.

Du 10 au 16 octobre 2010, deux mois et demi avant le début de la révolte égyptienne, le ministère de Brice Hortefeux dépêche au Caire le commandant de police Pascal Comeau de la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) de Saint-Étienne et le capitaine Luc Brun de la DDSP de Metz afin de donner à des officiers de police égyptiens une formation à la « gestion des foules et des grands événements ». Une formation aux effets non contrôlés puisque, selon le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Navi Pillay, la « gestion des foules » à la mode Moubarak aurait fait plusieurs centaines de morts depuis le début des manifestations.

Cette assistance française à la police égyptienne n’est pas nouvelle. Du 16 au 26 septembre 2010, un stage s’est déroulé au Caire, encadré par la direction centrale de la police nationale française afin de donner à des agents égyptiens du groupe des opérations spéciales une formation aux techniques de filature. Selon le site Internet de l’ambassade de France au Caire « le stage, qui a alterné théorie et pratique avec des exercices diurnes et nocturnes, en zone urbaine, en lieu clos et infrastructures complexes, s’est déroulé de manière très professionnelle et dans un excellent esprit d’échange d’expériences ». Ce stage a été organisé à la demande d’un organisme public égyptien, l’ACA (Administrative Control Authority), rattaché au premier ministre et chargé de la lutte contre la corruption impliquant des agents publics.

La coopération franco-égyptienne sur ce sujet remonte à plus de dix années. Là aussi avec le succès que l’on connaît : le régime égyptien est, de l’avis de nombre d’ONG, l’un des plus corrompus qui soit. Le forcing des États-Unis, de l’Union européenne pour que Le Caire ouvre son économie aux investissements des multinationales a, depuis le début des années soixante-dix, été chèrement négocié par la grande bourgeoisie égyptienne et plus particulièrement par le cercle d’hommes d’affaires entourant les chefs de l’État successifs, qui, à l’occasion de privatisations, en ont largement tiré profit.

Cette coopération policière est d’ailleurs l’un des volets des accords de l’Union pour la Méditerranée conclus entre l’Europe et l’Égypte, mais aussi la Tunisie. C’est dans ce cadre que Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l’Intérieur, a accueilli place Beauvau, à Paris, en décembre 2008, la première réunion des directeurs généraux de police des pays européens et méditerranéens. Cette assistance ne relève pas seulement du bon voisinage, elle est l’expression du soutien politique des dirigeants européens, et particulièrement des Français, à des régimes oppressifs vis-à-vis de leurs peuples mais bienveillants à l’égard des intérêts occidentaux.

La France, pour sa part, a apporté quasiment jusqu’au dernier moment son soutien à la dictature de Moubarak. C’est ainsi que le 22 janvier 2011 Michèle Alliot-Marie, ex-ministre de l’Intérieur, devenue ministre des Affaires étrangères, en visite au Caire, assurait, en évoquant l’attentat criminel contre les coptes d’Égypte, que « c’est l’État égyptien, avec ses caractéristiques de démocratie et de tolérance », qui était visé par les auteurs de l’attentat. À cette date, 23 manifestants étaient déjà morts sous les coups ou les tirs d’une police égyptienne formée à la « gestion des foules ».

Hier, à la suite de Barack Obama, Nicolas Sarkozy a fait part de « son souhait qu’un processus de transition concret s’engage sans tarder ». Mais c’est une rupture que réclament les millions d’Égyptiens qui ont manifesté mardi dernier.

Pierre Ivorra

Source


Tunisie: le jet de MAM transportait aussi les Ben Ali

Le jet emprunté par Michèle Alliot-Marie et sa famille en vacances en Tunisie durant la Révolution de Jasmin était régulièrement utilisé par le clan Ben Ali.

L'avion emprunté par Michèle Alliot-Marie et sa famille en vacances en Tunisie entre Noël et Nouvel an, soit en pleines émeutes contre la dictature de Ben Ali, n'en finit pas de faire des escales à la rubrique "révélations. Mercredi, le Canard Enchaîné révélait que la ministre des Affaires étrangères avait bénéficié d'un vol intérieur à bord du jet privé d'un de ses amis, l'homme d'affaires tunisien Aziz Miled, proche du clan Ben Ali. Aujourd'hui, Mediapart affirme avoir recueilli des indices convergents montrant que l'avion appartenait bien au clan Ben Ali et qu'il aurait même pu servir au clan Ben Ali dans sa fuite vers l'Egypte dans la soirée du 14 janvier dernier. L'ex-président, qui s'est réfugié en Arabie Saoudite, ne s'y trouvait pas, mais Médiapart se demande si des membres du clan Ben Ali n'y avaient pas pris place.

Selon le site internet d'informations, le beau-frère de Zine el-Abidine Ben Ali était l'un des principaux utilisateurs de l'aéronef. Ce Bombardier Challenger immatriculé TS-IBT ne serait pas la propriété du seul Aziz Miled. "Officiellement, il appartient au groupe Nouvelair, fruit d'une fusion entre la compagnie éponyme de M. Miled et celle de Belhassen Trabelsi, Karthago Airlines, devenu PDG de la nouvelle entité", dit Médiapart. "D'après les relevés de l'office européen d'aviation EuroControl, le jet du scandale (...) est enregistré au seul nom de la compagnie Karthago Airlines, une société fondée par Belhassen Trabelsi, le beau-frère honni de Ben Ali, et pièce centrale du système de corruption tunisien."

II n'y a "rien de neuf dans les faits", a réagi le Quay d'Orsay. "Depuis le début, on dit que l'avion appartenait à la société Nouvelair dont Aziz Miled est fondateur et qui a été associé de force à Trabelsi", a-t-on ajouté. Michèle Alliot-Marie a expliqué mercredi qu'Aziz Miled était plutôt "une victime" du système de corruption du clan Ben Ali qu'un de ses proches.

A lire aussi: L'étonnante aide sécuritaire de la France au régime Ben Ali


MAM: comme un avion sans aile

Michèle Alliot-Marie a reconnu ce samedi avoir utilisé à deux reprises un jet privé lors des ses vacances controversées en Tunisie, lors de ses vacances familiales en pleine révolution de Jasmin.

La ministre française des Affaires étrangères, au coeur d'une vive polémique, a confirmé l'information donnée par le site internet du Nouvel Observateur mentionnant un second vol pris en Tunisie à bord du jet d'un proche du clan Ben Ali. Elle a déclaré à des journalistes, en marge d'une conférence sur la sécurité à Munich, qu'elle avait déjà parlé de ce second vol et a accusé ses adversaires politiques de manipulation et de mauvaise foi.

"J'ai dit au Grand Journal (de Canal+) commme j'ai dit à France 2 que j'avais effectivement, avec mes amis, dont M. Miled, fait d'autres excursions", a expliqué la ministre à des journalistes qui l'interrogeaient sur ce second vol. Parmi ces autres excursions, une seule, celle mentionnée par le Nouvel Observateur, a été effectuée en avion, a-t-elle ajouté.

Michèle Alliot-Marie avait déjà fait état d'un vol de 20 minutes, entre Tunis et la station balnéaire de Tabarka, à bord de l'avion de son ami Aziz Miled, un homme d'affaires tunisien. La ministre avait démenti en outre des informations présentant cet ami comme un proche du président déchu. A bord du même appareil, Michèle Alliot-Marie a effectué le 29 décembre un aller-retour vers Tozeur, dans le grand sud tunisien, écrit le Nouvel Observateur. Selon le site Mediapart, l'avion utilisé par la ministre appartenait au beau-frère de Zine Ben Ali, Belhassen Trabelsi, plutôt qu'à Aziz Miled. Le jet est enregistré au nom de la compagnie Karthago Airlines de Belhassen Trabelsi, qui a fusionné en 2008 avec la compagnie d'Aziz Miled, Nouvelair, écrit vendredi Mediapart. Selon l'historique des vols du jet que s'est procuré Mediapart, il a été utilisé le 14 janvier, soir de la fuite de Ben Ali, pour faire la liaison Tunis-Cagliari, en Sardaigne. La destination finale du jet ce soir-là n'est pas connue.

Michèle Alliot-Marie a exclu de démissionner et le Premier ministre François Fillon l'a assurée de toute sa confiance, dénonçant "une polémique politicienne". La ministre a expliqué que les mouvements en Tunisie, lorsqu'elle s'y trouvait, n'avaient pas l'ampleur de ceux qui ont conduit à la chute du régime Ben Ali: "Il y avait des mouvements, effectivement, un peu avant Noël. Cela dit, ces mouvements étaient extrêmement limités et apparaissaient comme des mouvements sociaux limités à une région qui avait des grosses difficultés économiques. C'est seulement après mon départ, et notamment avec la mort du jeune qui s'est immolé, que les mouvements ont éclaté. J'étais déja rentrée en France. Il est évident que s'il y avait eu des mouvements de cette nature, je ne me serais pas rendue en Tunisie. Je ne pense pas avoir commis particulièrement de faute", a t'elle affirmé, en insistant sur le fait que tous les frais de son voyage, effectué en compagnie de ses parents et de son compagnon, Patrick Ollier, également membre du gouvernement, avaient été réglés.

"En ce qui concerne les voyages, je les ai payés moi-même, pour toute la famille, et j'ai montré la facture. En ce qui concerne l'hôtel, comme je paye les voyages, ce sont mes parents qui ont payé l'hôtel. Je ne pense quand même pas qu'on va leur demander, à eux qui ont 92 ans, de produire les factures, surtout pour un hôtel dont les chambres, vous pouvez vérifier sur internet, coûtent entre 50 et 200 euros."

Michèle Alliot-Marie a estimé n'avoir rien à se reprocher et a dénoncé une exploitation politique. "Je n'ai rien fait de réprehensible sur le plan politique, sur le plan juridique et je pense aussi sur le plan moral", a-t-elle insisté.

Source


Edité par T 34 - 06 Feb 2011 à 03:17
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Feb 2011 à 02:33
La Révolution arabe de libération nationale continue d'avancer
 
 
Les forces révolutionnaires de gauche ont une rôle toujours plus grand dans la mobilisation des masses contre les dictatures et régimes pro impérialistes :
 
- Au Liban le parti communiste ont convoqué une rencontre de parti de gauche libanais qui affirme que le soulèvement des peuples arabes est une tentative de redessiner une nouvelle carte de la région opposé au projet impérialiste. Il alerte sur les complots des USA et de l'OTAN. Le 3 février des jeunes convoqués par l'Union de la Jeunesse Démocratique et l'Organisation Populaire Nassérienne face à l'ambassade d'Egypte à Beirout sont réprimés par la police avec dix blessés.

 
 Communistes, Nasséristes et progressistes à Beirout en solidarité avec le glorieux peuple égyptien.

- En Egypte la coalition de forces politiques démocratiques et de gauche égyptiennes ont appelées à redoubler la lutte. Le 4 février des centaines de milliers de personnes sont allées dans la rue dans les principales villes : Le Caire, Ismailia, Louqsor, Damiette, Assouan, Port Saïd, al-Mahalla, al-Zaqazig,...pour exiger le renversemenbt du régime pro-impérialiste apuyé par le gouvernement d'Obama, Israël et l'UE.
 Les masses égyptiennes le 4 février contre l'impérialisme et ses valets.

 
Nasser est présent dans la lutte du peuple égyptien

- En Irak le 4 février des milliers de personnes ont manifestées dans les rues de Bagdad pour protester contre le gouvernement pro-impérialiste de Maliki.
 
- En Tunisie le Front du 14 Janvier formé par 10 organisations de gauche et démocratiques éxige la dissolution du parti de la dictature, le RCD, et de la police politique, la démission du gouvernement et la convocation immédiate d'un congrès national pour la défense de la Révolution.
 
- Au Soudan le Parti Communiste apuis la mobilisation convoquée par 5 organisations de jeunesse contre la dictature et en solidarité avec les peuples de Tunisie et d'Egypte. Les organisations sont Hope and Change, First Change, Resistance in the neighbourhood, Grifna et Youth for Change formé par des membres de la gauche radicale. Les consignes sont "Non aux frères musulmans", "A bas la dictature".

 
 Mobilisation à Khartoum des jeunes anti-impérialistes contre la dictature intégriste.
 
Le dirigeant du Parti Communiste Soudanais.

- Au Yémen du sud les masses manifestent à Aden et dans d'autres villes au cri de "Les corrompu et tyrans doivent s'en aller". Leur frère du nord à Sanaa marchent aussi contre la dictature pro-impérialiste.
 
 Le Che à la tête des masse anti-impérialiste à Sanna.
 
Les masses du sud du Yémen luttent pour restaurer leur République Populaire Démocratique avec Aden comme capitale.

- En Palestine le Front Démocratique de Libération de la Palestine (FDLP) déclare que "l'administration étasunienne et le gouvernement sioniste de Netanyahu pratiquent quotidiennement, en fonction de leurs intérêts traditionnels, une série de manœuvres pour bloquer et assimiler l'intifada des jeunes d'Egypte".
 
 Porte parole du FDLP

- En Algérie le Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme appuis les mobilisations contre le régime compradore et exploiteur et ses alliés incluant l'opposition ultralibérale du RCD et exige une république démocratique et populaire désirée par les masses comme décidé dans le Programme de Tripoli et dans le programme du Parti Communiste d'Algérie juste avant la proclamation de l'indépendance qui couta tant de sang.

- En Oman manifestation contre le régime.
- A Barhein concentration en apuis de la Révolution Egyptienne.
Bahrein
 Drapeau du Parti Communiste de Jordanie  dans les manifestation contre le régime pro-impérialiste.
 
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Feb 2011 à 19:04

Ce n’est pas l’Islam radical qui préoccupe les Etats-Unis, mais l’indépendance.

 

Noam CHOMSKY
La nature des régimes qu’ils soutiennent dans le monde arabe importe moins que leur contrôle. Les sujets sont ignorés jusqu’à ce qu’ils brisent leurs chaînes.

« Le monde arabe est en feu » annonçait al-Jazeera la semaine dernière, alors que partout dans la région, les alliés occidentaux « perdent rapidement leur influence ». L’onde de choc fut déclenché par le soulèvement en Tunisie qui renversa le dictateur soutenu par l’Occident, avec des réverbérations surtout en Egypte, où les manifestants ont submergé la police brutale du dictateur.

Certains observateurs ont comparé l’événement aux renversements des régimes du camp soviétique en 1989, mais les différences sont importantes. La plus importante est qu’il n’y a aucun Mikhail Gorbachev parmi les grandes puissances qui soutiennent les dictateurs arabes. Washington et ses alliés s’en tiennent au principe bien établi que la démocratie est acceptable à condition qu’elle soit conforme aux objectifs stratégiques et économiques : excellente en territoire ennemi (jusqu’à un certain point) mais à éviter dans nos chasses gardées sauf si elle est correctement contrôlée.

La comparaison avec 1989 est cependant valable dans un cas : la Roumanie, où Washington soutenait Nicolae Ceausescu, le plus brutal des dictateurs de l’Europe de l’est, jusqu’à ce que ce dernier devienne incontrôlable. Washington a ensuite salué son renversement tout en oubliant le passé. Le scénario est classique : Ferdinand Marco, Jean-Claude Duvalier, Chun Doo-hwan, Suharto et de nombreux autres gangsters utiles. Cela pourrait être aussi le cas avec Hosni Moubarak, tout en déployant les efforts habituels pour s’assurer que le régime qui succède ne s’éloigne pas trop d’un chemin tracé. Les espoirs semblent s’orienter vers le général Omar Suleiman, un fidèle de Moubarak, qui vient d’être nommé vice-président. Suleiman, qui a longtemps dirigé les services de renseignement, est détesté par le peuple en révolte presque autant que le dictateur lui-même.

Un refrain souvent entendu est que le risque posé par l’islamisme radical oblige à s’opposer (à contre-coeur) à la démocratie et ce pour des raisons pragmatiques. Si la formule mérite considération, elle est néanmoins trompeuse. La vraie menace est l’indépendance. Les Etats-Unis et leurs alliés ont régulièrement soutenu des islamistes radicaux, parfois pour éliminer la menace d’un nationalisme laïque.

Un exemple connu est celui de l’Arabie Saoudite, le centre idéologique de l’Islam radical (et du terrorisme islamiste). Un autre sur la longue liste est Zia ul-Haq, le plus brutal des dictateurs pakistanais et le préféré du Président Reagan, qui a mené un programme d’islamisation radical (financé par les Saoudiens).

« L’argument habituel constamment avancé dans le monde arabe et à l’extérieur est que tout va bien, que tout est sous contrôle, » dit Marwan Muasher, un ancien officiel Jordanien et actuellement directeur du centre d’études Middle East research for the Carnegie Endowment. « En suivant ce raisonnement, les forces retranchées rétorquent que les opposants et ceux à l’étranger qui exigent des réformes exagèrent la situation à l’intérieur. »

On peut ignorer l’opinion publique. Cette doctrine ne date pas d’hier et elle a été généralisée au monde entier, y compris à l’intérieur des Etats-Unis. Lorsque des troubles se produisent, quelques ajustements tactiques peuvent se révéler nécessaires, mais toujours avec l’idée de garder le contrôle.

Le mouvement démocratique en Tunisie était dirigé contre « un état policier, avec peu de liberté d’expression ou d’association, et de graves atteintes aux droits de l’homme », dirigé par un dictateur dont la famille était détestée pour sa vénalité. Ainsi s’exprimait Robert Godec, ambassadeur des Etats-Unis, dans un câble daté de juillet 2009 et diffusé par Wikileaks.

Ainsi, selon certains observateurs, « les documents (de Wikileaks) devraient rassurer l’opinion publique américaine que les dirigeants (US) sont effectivement conscients et qu’ils agissent » - et même que les câbles confirment tellement la politique des Etats-Unis que c’est à se demander si ce n’est pas Obama lui-même qui organise les fuites (selon Jacob Heilbrunn dans The National Interest ).

« L’Amérique devrait donner une médaille à Assange, » peut-on lire dans un titre du Financial Times, dans un article où Gideon Rachman écrit : « la politique étrangère des Etats-Unis apparaît comme éthique, intelligente et pragmatique... la position publique des Etats-Unis sur un sujet donné correspond en général aux positions privées. »

De ce point de vue, Wikileaks coupe l’herbe sous les pieds des « théoriciens du complot » qui émettent des doutes sur la noblesse des motivations proclamées par Washington.

Le câble de Godec confirme cette idée – à condition de ne pas creuser plus loin. Dans ce cas, comme l’analyste de la politique internationale Stephen Zunes l’a indiqué dans Foreign Policy in Focus, on découvre aussi, à-coté du câble de Godec, que Washington a fourni 12 millions de dollars d’aide militaire à la Tunisie. On découvre que la Tunisie était l’un des cinq bénéficiaires : Israël (de manière constante) ; deux dictatures du Moyen-orient, l’Egypte et la Jordanie ; et la Colombie qui détient le record en matière d’atteintes aux droits de l’homme et qui est aussi le premier bénéficiaire de l’aide militaire US sur le continent (américain - NdT).

La première pièce à conviction présentée par Heilbrunn est le soutien arabe à la politique des Etats-Unis contre l’Iran, révélé par les câbles. Rachman lui-aussi se saisit de cet exemple, à l’instar de la plupart des médias, tout en louant ces révélations encourageantes. Toutes ces réactions montrent à quel point la démocratie est méprisée dans les milieux éduqués. [selon Chomksy, ce sont les milieux "éduqués", ceux qui passent par le formattage du système éducatif, qui deviennent les piliers du système - NdT]

Aucune mention n’est faite de ce que pense la population – chose facile à vérifier. Selon un sondage de Brookings Institution rendu public au mois d’août, certains Arabes sont effectivement d’accord avec Washington et les commentateurs occidentaux pour qui l’Iran représente une menace : ils sont 10%. Par contraste, les Arabes qui considèrent que ce sont les Etats-Unis et Israël qui représentent la plus grande menace sont, respectivement, 77% et 88%.

L’opinion publique arabe est si hostile à la politique américaine qu’une majorité (57%) pensent que la sécurité régionale serait renforcée si l’Iran se dotait d’armes nucléaires. Néanmoins, « tout va bien, tout est sous contrôle » (selon l’expression de Muasher pour décrire cette illusion dominante). Puisque les dictateurs nous soutiennent, leurs sujets peuvent être ignorés – sauf lorsqu’ils brisent leurs chaînes. Dans ce cas, il faut procéder à un ajustement de politique.

D’autres documents semblent confirmer l’enthousiasme qui s’exprime autour de la noblesse supposée de Washington. En juillet 2009, Hugo Llorens, l’ambassadeur US au Honduras, a informé Washington d’une enquête de l’ambassade sur « les enjeux juridiques et constitutionnels autour du renversement le 28 juin du Président Manuel « Mel » Zelaya. »

L’ambassade a conclu qu’ « il ne fait aucun doute que l’armée, la Cour Suprême et le Congrès ont conspiré le 28 juin dans ce qui constitue un coup d’état illégal et anticonstitutionnel contre la branche exécutive du pouvoir ». Très admirable, sauf que le Président Obama a rompu avec pratiquement toute l’Amérique latine et l’Europe en soutenant le régime issu du coup d’état et en ignorant les atrocités qui ont suivi.

La révélation la plus remarquable de Wikileaks est peut-être celle qui concerne le Pakistan et qui a été examinée par l’analyste Fred Branfman dans Truthdig.

Les câbles révèlent que l’ambassade US était parfaitement consciente que la guerre US en Afghanistan et au Pakistan non seulement renforçait l’antiaméricanisme ambiant mais aussi « le risque d’une déstabilisation de l’état pakistanais » et celui du cauchemar absolu : que les armes nucléaires tombent entre les mains de terroristes islamistes.

Encore une fois, ces révélations « devraient rassurer l’opinion publique américaine que les dirigeants (US) sont effectivement conscients et qu’ils agissent » (selon Heilbrunn). Pendant ce temps, Washington avance à pas décidés vers un désastre.

Noam Chomsky

(traduction VD pour le Grand Soir, avec probablement les fautes et coquilles habituelles)

SOURCE : http://www.guardian.co.uk/commentis...




Edité par T 34 - 06 Feb 2011 à 22:50
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Feb 2011 à 22:50
Le président bolivien afirme que la lutte des peuples arabes est contre l'impérialisme

Le capitalisme agonise et la rébelion des peuples arabes est "contre l'impérialisme nord américain" afirme ce dimanche à Dakar le président bolivien Evo Morales à l'inauguration du Forum Socialk Mondial.

Le Forum Social Mondial, rencontre annuel antiglobalisation qui cette année coïncide avec les protestations populaires dans le Monde Arabe, commence aujourd'hui à Dakar avec une marche de dizaine de milliers de personnes.

"Cette lutte des peuples sera imparable, même si le gouvernement des Etats-Unis dépense des millions et des millions pour en finir avec ces mouvements sociaux, c'est sur que ceci ne va pas les arrêter", assure le président bolivien.
 

Peuples arabes. L’onde de choc s’amplifie

Pour contrer la contestation, les gouvernants multiplient les promesses…

Du Maroc au Yémen, en passant par l’Algérie, la Syrie ou la Jordanie, l’onde de choc tuniso-égyptienne secoue nombre de pays arabes. Chaque contestation s’exprime avec ses spécificités, mais sur fond de crise sociale. Au Maroc comme en Syrie, les appels à manifester passent notamment par Facebook. L’un de ces appels invitait vendredi et samedi les Syriens à se rassembler devant le Parlement, à Damas, pour réclamer des réformes et « mettre fin à l’état d’urgence et à la corruption ». La pauvreté touche 14 % des 22 millions de Syriens et le chômage 20 % de la population active. Le gouvernement a annoncé la création d’un « Fonds national pour l’aide sociale » de 250 millions de dollars et a augmenté de 72 % les allocations pour le chauffage pour les employés de la fonction publique et les retraités (2 millions de personnes). Au Maroc, un groupe de jeunes, via Facebook, a fixé au 20 février la tenue d’une « manifestation pacifique » pour une « large réforme politique ». Le texte demande aussi la démission de l’actuel gouvernement et la dissolution du Parlement. Pour désamorcer la protestation, le gouvernement maintient les subventions sur les produits de base afin d’éviter la flambée des prix. Dans la péninsule arabique, jeudi, le Yémen n’avait jamais connu une telle mobilisation populaire contre le régime de Ali Abdallah Saleh, un allié clé de Washington au pouvoir depuis trente-deux ans. L’opposition rassemblée veut «faire tomber un régime corrompu et tyrannique».

Le Front de l’action islamique (FAI), principale force d’opposition en Jordanie, ne vise pas, lui, un renversement du régime mais réclame des réformes politiques. Il a appelé à une nouvelle manifestation vendredi, à la suite de plusieurs autres rassemblements organisés ces derniers jours. En Algérie, Bouteflika n’en finit plus de multiplier les promesses : levée de l’état d’urgence en vigueur depuis dix-neuf ans et lutte contre la corruption, construction de logements, ou encore stabilisation des prix. L’opposition et la société civile, regroupées en une nouvelle coordination, n’en annoncent pas moins une marche à Alger, le 12 février, en faveur d’une démocratisation et d’«un changement du système». La Mauritanie ne fait pas exception : les autorités annoncent une baisse de 30% des prix de produits de première nécessité après des manifestations qui ont rassemblé plusieurs milliers de personnes à Nouakchott.

Dominique Bari



Edité par T 34 - 07 Feb 2011 à 00:34
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Feb 2011 à 16:14

L’émergence d’un Nouvel Ordre Mondial (Al Jazeera)

 

Mark LEVINE
Femmes en armes devant une des places principales de Téhéran au début de la révolution iranienne (Getty)
Si les révolutions de 2011 réussissent, elles créeront un système régional et mondial totalement différents.

Je me souviens bien de ces images, même si j’étais trop jeune pour en comprendre le sens politique. Elles étaient poignantes, ces photos du New York Times à Téhéran en pleine ferveur révolutionnaire à la fin de 1978 et début 1979. Il y avait plus que de l’exubérance dans ces pages, il y avait aussi la colère ; une colère alimentée par une ferveur religieuse qui semblait surgir d’une autre planète aux yeux de ce préadolescent américain « normal » à qui son père montrait le journal.

De nombreux commentateurs ont comparé l’Egypte à l’Iran d’il y a 32 ans, généralement pour nous mettre en garde contre une sorte de dictature islamiste qui foulerait aux pieds le traité de paix avec Israël, qui suivrait une politique antiaméricaine et qui priverait les femmes et les minorités de leurs droits (comme s’ils en avaient beaucoup sous la dictature de Moubarak).

Ces lignes ont été rédigées le 2 février, précisément la date anniversaire du retour d’exil de Khomeini à Téhéran. Il est clair que si la religion est un des fondements de l’identité égyptienne et que la brutalité et la corruption sous le régime du Chah font pâle figure en comparaison de Moubarak, les situations sont toutefois radicalement différentes sur le terrain.

Une révolte moderne et insensée

Ce qui suit résume plutôt bien les défis auxquels l’Egypte est confrontrée aujourd’hui :

« Ce n’est pas une révolution, pas dans le sens littéral du terme, où un soulèvement se produit pour redresser les torts. C’est une insurrection d’hommes aux mains nues qui veulent soulever un effroyable poids, le poids de tout un ordre mondial qui pèse sur chacun d’entre nous – mais plus précisément sur eux, ces... ouvriers et paysans aux frontières des empires. Il s’agit peut-être de la première grande insurrection contre les systèmes globaux, la forme de révolte la plus moderne et la plus insensée.

On peut comprendre les difficultés auxquelles sont confrontées les politiciens. Ils esquissent des solutions, qui sont plus faciles à trouver que ce que les gens disent... Toutes sont basées sur l’élimination du [président]. Que veulent les gens ? Ne veulent-ils vraiment rien de plus ? Tout le monde est bien conscient qu’ils veulent quelque chose de totalement différent. Et c’est pour cela que les politiciens hésitent à la leur offrir, d’où l’impasse actuelle. En effet, quelle place peut-on accorder, dans le cadre des calculs politiciens, à un tel mouvement, un mouvement traversé par le souffle d’une religion qui parle moins de l’au-delà que de transformation ici-bas ? » [traduction de la version anglaise - les puristes pardonneront au traducteur de n’avoir pas cherché la version originale]

Ceci n’a pas été écrit par un commentaire éclairé du présent, mais par le célèbre philosophe français Michel Foucault, à son retour d’Iran où il a pu constater de visu l’intensité de la révolution qui, à la fin de 1978, et avant le retour de Khomeini, semblait réellement annoncer l’avènement d’une nouvelle ère.

Après le détournement de la révolution par Khomeini, Foucault a essuyé de nombreuses critiques pour n’avoir pas prévu la suite des événements. Mais la réalité est que dans un moment de confusion où les chaînes des opprimés sont littéralement brisées, rien n’est prévisible. Foucault avait compris qu’il fallait précisément une certaine forme de « folie » pour oser tout risquer pour la liberté, non seulement contre le gouvernement mais contre le système global qui l’avait materné tout ce temps.

Il était clair par contre que les pouvoirs qui avaient le plus fermement soutenu le Chah, y compris les Etats-Unis, ont traîné les pieds pour soutenir les masses qui étaient en train de le renverser. Bien que cela ne soit pas la raison principale du détournement de la révolution réalisé par Khomeini, cela a certainement joué un rôle important dans la montée d’une force sociale militante et anti-américaine, aux conséquences désastreuses.

La rhétorique d’Obama a certes évolué plus rapidement en faveur du peuple égyptien que celle du président Carter envers les Iraniens il y a trente ans, mais son refus de demander la démission immédiate de Moubarak laisserait supposer que les Etats-Unis seraient satisfaits si Moubarak survivait aux protestations et mettait en oeuvre une transition « démocratique » qui laisserait intacts les intérêts américains.

Le souffle d’une religion

Foucault avait raison aussi lorsqu’il a attribué un rôle aussi important à la religion dans l’éclosion de la révolution – et il a lui-même vécu ce qu’il a appelé une « spiritualité politique ». Évidemment, le religion peut être définie de différentes manières. Le théologien protestant Paul Tillich l’a merveilleusement décrite comme ce qui englobe « la préoccupation ultime » d’une personne ou d’un peuple. De ce point de vue, il est clair que tous les Égyptiens sont aujourd’hui religieux.

Beaucoup de gens, y compris les dirigeants égyptiens, ont brandi la menace d’une mainmise des Frères Musulmans pour justifier la dictature en citant l’Iran comme un exemple historique. Mais la comparaison souffre à cause de nombreuses différences historiques. Les Frères Musulmans n’ont pas de dirigeant ayant la stature de Khomeini et ça fait des dizaines d’années qu’ils ont renié la violence. Il n’y a pas non plus un culte du martyr prêt à surgir de hordes de jeunes, comme ce fut le cas au cours de la Révolution Islamique. Plutôt que de tenter de prendre le contrôle du mouvement, qui à l’évidence ne l’aurait pas accepté, et même si les dirigeants voulaient profiter du moment, les Frères Musulmans sont probablement plus préoccupés à suivre le mouvement et à tenter d’y jouer un rôle que d’en prendre la direction.

Mais il est clair aussi que la religion constitue une part importante de la dynamique qui se développe. En fait, la photo la plus représentative de la révolution est peut-être celle des gens sur la place de la Libération en train de prier, encerclant littéralement un groupe de tanks qui avaient été envoyés sur place pour asseoir l’autorité du gouvernement.

Il s’agit là d’une image de l’Islam radicalement différente de celle que la plupart des gens ont l’habitude de voir, aussi bien dans le monde musulman que dans le monde occidental : un Islam qui s’oppose pacifiquement à la violence d’état ; une djihad pacifique (bien que ce soit déjà arrivé à d’innombrables reprises à travers le monde musulman, mais à une moindre envergure et sans la présence des médias internationaux pour en parler).

Une telle image, et sa signification, est une extension naturelle du symbolisme contenu dans l’auto-immolation de Mohamed Bouazizi, un acte de djihad qui a profondément remis en cause la violence extravertie des djihadistes et militants qui depuis des décennies, surtout depuis le 11/9, ont imposé une perception publique de l’Islam comme une forme de spiritualité politique.

Il est inutile de dire que des images plus récentes – celles d’une guerre civile au beau milieu de la place de la Libération – se substitueront aux précédentes. De plus, si la violence se poursuit et que certains manifestants égyptiens perdent leur discipline et se lancent dans une violence préméditée contre le régime et ses nombreux services, il ne faut pas de doute qu’ils offriront ainsi la « preuve » que les manifestants sont à la fois violents et organisés par les Frères Musulmans et autres « islamistes ».

Un menace plus grande que celle d’Al Qaeda

Tandis que le mouvement de protestation pacifique contre des régimes sur la défensive se développe, il faut souligner que jusqu’à présent Oussama Ben Laden et son adjoint, Ayman Al-Zawahiri, n’ont pas eu grand chose à voir dans cette affaire. Ce que ces derniers n’ont pas réussi à déclencher avec leur idéologie d’un retour aux sources, pur et mythique – et avec des kamikazes, des engins explosifs, et des avions transformés en missiles – un groupe de jeunes militants, disciplinés, réfléchis mais aux contours indéfinis, et avec des camarades plus expérimentés, « laïcs » et « religieux » ensemble (dans le mesure où ces termes ont encore un sens), a réussi avec un discours universel sur la liberté, la démocratie et les valeurs humaines – et une stratégie de dosage du chaos visant à renverser un des plus anciens dictateurs au monde.

Comme l’a résumé un chant en Égypte, sur l’air de « L’Islam est la solution » des islamistes, scandé par les manifestants, « la Tunisie est la solution ».

Pour ceux qui ne comprennent pas pourquoi le Président Obama et ses alliés européens ont eu tant de mal à se ranger aux côtés des forces de la démocratie, la raison est que la coalition des forces politiques et sociales derrière les révolutions en Tunisie et en Égypte – et peut-être ailleurs demain – constitue une menace bien plus grande au « système global », qu’Al Qaeda a juré de détruire, que tous les djihadistes d’Afghanistan, du Pakistan ou du Yémen.

Fous de rage

Tout gouvernement « du peuple », islamique ou laïc, se détournera des politiques néolibérales qui ont enrichi les élites régionales tout en enfonçant la moitié ou plus de la population sous le seuil de pauvreté de 2 dollars par jour. Ils refuseront de suivre les Etats-Unis ou l’Europe dans la guerre contre le terrorisme si cela signifie la présence massive de troupes étrangères sur leur sol. Ils ne seront plus passifs devant, ni ne soutiendront, l’occupation et le siège imposé par Israël dans le territoires palestiniennes occupées. Ils réduiront probablement les énormes sommes investies dans leurs armements qui servent avant tout à enrichir les fabricants d’armes occidentaux et à générer des gouvernements autoritaires, plutôt que d’apporter la stabilité et la paix dans leurs pays – et la région dans son ensemble.

Il chercheront, comme la Chine, l’Inde et d’autres puissances émergentes, à déplacer le centre de gravité de l’économie globale vers leur région, où la main d’oeuvre bon marché et éduquée concurrencera la main d’oeuvre plus chère et aussi plus réglementée de l’Europe et des Etats-Unis.

En bref, si les révolutions de 2011 réussissent, elles créeront un système régional et global totalement différent de celui qui a dominé la politique économique globale depuis des décennies, particulièrement depuis la chute du communisme.

Ce système pourrait apporter la paix et une relative égalité qui a globalement fait défaut jusqu’à présent – mais il ne le fera de manière significative qu’en érodant un peu plus la position des Etats-Unis et d’autres économies plus « développées » ou plus « avancées ». Si Obama, Sarkozy, Merkel et leurs collègues n’arrivent pas à se faire à l’idée d’un tel scénario, en soutenant les droits humains et politiques des peuples du Moyen orient et de l’Afrique du nord, ils finiront par se retrouver face à un adversaire bien plus rusé et redoutable qu’Al Qaeda : 300 millions d’Arabes en mouvement, fous de rage et qui disent « ça suffit ».

Mark LeVine

Mark LeVine is a professor of history at UC Irvine and senior visiting researcher at the Centre for Middle Eastern Studies at Lund University in Sweden. His most recent books are Heavy Metal Islam (Random House) and Impossible Peace : Israel/Palestine Since 1989 (Zed Books).

http://english.aljazeera.net/indept...

traduction VD pour la Grand Soir avec probablement les erreurs et coquilles habituelles

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Feb 2011 à 00:46

Des Tunisiens ravis de servir d’exemples à l’Égypte

La situation au Caire est attentivement suivie en Tunisie 
où les blogueurs, forts de leur expérience, prodiguent conseils et astuces 
aux Égyptiens 
pour mobiliser 
la jeunesse. Tunis, envoyé spécial.

Plusieurs blagues résument le sentiment des Tunisiens : «L’avion de Ben Ali en route vers Djedda s’est arrêté à Charm el-Cheikh au dernier sommet arabe pour prendre un nouveau passager», Hosni Moubarak, ou encore. «À Djedda, il y a encore de la place dans les hôtels pour les autocrates !» En tout cas, à Tunis, dans les cafés et les bars, face aux écrans de télé –Al Djazeera et sa concurrente Arabya– les Tunisiens ne ratent rien de ce qui se passe en Égypte. Les deux chaînes diffusent en direct du Caire, en continu, des images des manifestations, des interviews, des débats.

«Et dire qu’au début, on était juste contents de voir ces quelques courageux Égyptiens se rassembler devant l’ambassade de Tunisie au Caire pour exprimer leur solidarité avec nous», dit Mohamed, jeune fonctionnaire. «Personne n’imaginait que la petite Tunisie allait inspirer la grande Égypte. D’habitude, c’était l’inverse», dit Leila, étudiante en économie. Elle ne croyait pas si bien dire. Ici, on est convaincu que la jeunesse tunisienne, via Mohamed Bouazizi dont l’immolation a tout déclenché, a donné le feu vert à la révolte populaire égyptienne. Plusieurs rassemblements de jeunes Tunisiens, en majorité des étudiants, ont eu lieu devant l’ambassade d’Égypte à Tunis, brandissant des pancartes «Moubarak dégage». «C’est notre manière à nous de dire à nos frères égyptiens que rien n’est impossible.»

Les blogueurs tunisiens sont en pointe. Ils prodiguent des astuces à leurs homologues égyptiens, comme comment se protéger de la répression policière, inonder et déjouer la censure sur la toile, changer de codes le plus souvent possible, développer un système parallèle d’infos pour contrer le discours officiel. Pas de longues analyses, des messages courts, des mots d’ordre simples qui accrochent, des images légendées qui frappent, expliquent les blogueurs tunisiens. Entre blogueurs des deux pays, mais aussi avec le reste des pays du Maghreb, c’est un flot ininterrompu d’échanges. «De quoi donner le tournis à tous les censeurs de la planète», assure Farid, jeune enseignant. «Ben Ali, qui a tout verrouillé, s’est cassé les dents, pourquoi pas Moubarak ?», dit-il fièrement.

Petit bémol tout de même. Nombreux sont les Tunisiens qui s’inquiètent du poids de la confrérie des Frères musulmans égyptiens dans ce qui se passe en Égypte, contrairement à la Tunisie où les islamistes n’ont joué aucun rôle majeur. D’ailleurs, les «nahdhaouis» (membres d’Ennahda, islamiste) ne cachent pas leur satisfaction. Salah, ex-officier de police, cinquante-sept ans, viré des rangs des services de sécurité tunisiens en décembre 1987, un mois après l’arrivée au pouvoir de Ben Ali, pour sympathie islamiste, rencontré dans un café de la Medina, exulte. Cet homme, privé de droits civiques durant vingt-trois ans, après avoir purgé deux ans de prison, est convaincu que ce sont les «Frères qui vont avoir le dernier mot». Et pourquoi ce n’est pas le cas en Tunisie ? Réponse de Salah : «Chez nous, c’est différent. Ben Ali nous a laminés. Il faudra du temps pour reconstruire notre mouvement Ennahda. Avec le retour de cheikh Ghannouchi, on va s’y mettre, inch allah. On est de toute manière en contact avec nos frères égyptiens. Je ne peux pas vous en dire plus», dit-il en souriant.

Hassane Zerrouky

Source


L’Egypte émerge de son hibernation
 

Le dormeur se réveille (Counterpunch)

 

Rannie AMIRI
Le pauvres vont se soulever
Et prendre leur part
Les pauvres vont se soulever
Et prendre ce qui leur revient
Et finalement les tables se mettent à tourner
Et on parle de révolution

"Talking about a Revolution" de Tracy Chapman, 1988

Le géant égyptien endormi s’est finalement réveillé.

La nation arabe la plus peuplée - un bon 80 millions - a vécu une hibernation politique de 30 longues années.

Son profond sommeil a pris fin. Le règne de Hosni Mubarak va prendre fin, tôt ou tard, il sera chassé par une population rajeunie qui s’est débarrassée de sa chape d’apathie.

Après Israël, Egypte est le pays qui reçoit le plus d’aide des USA. A part ce qui est détourné les 1,5 milliards de dollars d’assistance annuelle ont été consacrés uniquement à l’armée et au développement de l’appareil de sécurité intérieur de Mubarak. Cela permettait finalement de garantir qu’après les accords de Camp David tout demeure comme Tel Aviv st Washington le voulaient.

En effet, les traités de paix qu’Israël a signés avec ses voisins à l’est et au sud lui ont permis de continuer d’opprimer et de contrôler les Palestiniens en toute impunité.

Prenez par exemple le siège inhumain et destructeur imposé à Gaza. Même les marchandises de première nécessité ne pouvaient pas pénétrer dans la petite enclave. (C’est le prix que les Palestiniens ont payé pour avoir tenu des élections démocratiques que le Hamas a gagnées.) L’Egypte, sans surprise, a imposé toutes les restrictions qu’on lui demandait d’imposer.

Quand Israël a lancé une campagne militaire criminelle contre la population misérable de Gaza en décembre 2008, l’Egypte encore s’en est fait le complice docile. Beaucoup de gens considèrent Mubarak comme le complice des crimes de guerre qui ont été commis. En gardant la frontière de Rafah scellée, il a empêché l’évacuation des personnes sous-alimentées et estropiées de la zone de guerre.

Bien que les Egyptiens aient peut-être ressenti un secret mécontentement à cette époque, la colère et la ressentiment engendrés par des décades de corruption et d’abus de pouvoir sont infiniment supérieurs. Le peuple ne supporte plus les lois d’urgence qui ont été mises en place et jamais levées depuis l’assassinat de Anwar Sadat en 1981, et qui interdisent toute forme de libre expression et de libre rassemblement. Elles permettent de garder en détention perpétuelle des personnes sans chef d’inculpation. Les civils arrêtés sont jugés par des tribunaux militaires à huis clos. Le régime est aussi connu pour l’impunité dont jouissent les policiers qui se livrent quotidiennement à des violences et des abus.

Le 30 janvier sur Meet the Press la secrétaire d’état Hillary Clinton a commenté le départ inévitable de Mubarak du pouvoir :

"Il faut que ce soit une transition ordonnée et pacifique vers une démocratie véritable, et pas, comme nous l’avons vu il y a deux ans en Iran, une fausse démocratie où vous avez eu une élection il y a 30 ans et puis les gens restent au pouvoir indéfiniment et sont de moins en moins à l’écoute du peuple."

L’Iran ? Ou l’Egypte ? Bien que l’Iran soit loin d’être parfait, il a tenu des élections infiniment plus crédibles que l’Egypte ne l’a jamais fait. Pourquoi ne pas mentionner la "fausse démocratie" égyptienne d’il y a seulement deux mois quand le Parti National Démocratique de Mubarak s’est approprié le nombre étonnant de 420 sièges sur les 518 sièges parlementaires (pendant que les Frères Musulmans passaient de 88 à un seul siège).

Ses paroles la trahissent de manière extrêmement révélatrice. Les USA ont toujours toléré le défaut de démocratie de l’Egypte de Mubarak y compris un parlement aux ordres et des élections où les candidats de l’opposition étaient soit bannis où incapables de se présenter à cause d’un avalanches d’obstacles bureaucratiques.

Comme il pensait que son fils Gamal lui succéderait, Mubarak n’a jamais nommé de vice-président en violation de la constitution égyptienne. Ceci jusqu’à la nomination hâtive du chef des services secrets Omar Suleiman à ce poste il y a quelques jours. Gamal s’est enfui depuis à Londres.

Dans les manifestations de jeudi, manifestations dont l’ampleur est sans précédent dans l’histoire de la moderne Egypte, les yeux du monde entier sont fixés sur la place de Tahrir au Caire. Les centaines de milliers de personnes qui y sont rassemblées ne demandent pas seulement le départ de Mubarak, elles exigent qu’il soit jugé. Elles pendent son effigie pour montrer au monde qui les regarde que les égyptiens ne se satisferont pas d’un remaniement symbolique du cabinet.

"Le Caire aujourd’hui c’est toute l’Egypte" a dit un égyptien. "Je veux que mon fils ait une meilleure vie et qu’il ne souffre pas comme j’ai souffert... Je veux avoir le sentiment que j’ai choisi mon président."

Le roi Abdallah de Jordanie, sentant la pression monter avec les manifestations qui ne cessaient pas, a renvoyé son cabinet. L’Autorité Palestinienne menée par le discrédité Mahmoud Abbas, a promis de tenir des élections municipales en Cisjordanie. L’insatisfaction arrive à son comble dans l’état du Bahrein, c’est le moins qu’on puisse dire. C’est vrai aussi du Yémen où le président Ali Abdullah Saleh, qui est au pouvoir depuis 32 ans, promet maintenant de ne pas se représenter. Quant aux Tunisiens ils ont déjà pris leur sort entre leurs mains.

Malgré tous les efforts de Mubarak, de l’Arabie Saoudite, des USA et d’Israël, le géant endormi s’est réveillé. Et les protestations de masse dont nous sommes témoins en Egypte aujourd’hui... ne sont encore qu’un bâillement.

Rannie Amiri

Pour consulter l’original : http://www.counterpunch.org/amiri02...

Traduction : D. Muselet


Las masas árabes siguen manifestando su solidaridad con la revolución egipcia

En Gaza, Palestina

2 de febrero: estudiantes se concentran en Ammán, Jordania, en solidaridad con el pueblo egipcio
En Ammán, Jordania

3 de febrero: cientos de estudiantes marchan en Gaza al grito de "Abajo Hosni Mubarak"
5 de febrero: Manifestación de masas en Ramallah, Cisjordania, Palestina, en apoyo al pueblo egipcio. Interviene el camarada Jalid Jarrar, miembro del Buró Político del FPLP.
 En Ramallah, Palestina

Varios miles de árabes y franceses solidarios manifiestan en solidaridad con el pueblo egipcio en París, Estrasburgo, Grenoble y Lyon en Francia. En Francia los manifestantes exhiben retratos del antiguo presidente egipcio Gamal Abdel Nasser.
 En París

6 de febrero: 1500 personas, árabes y belgas, manifiestan en Bruselas en apoyo a la revolución egipcia
Bruselas
 Los judíos progresistas en solidaridad en Bruselas con el pueblo egipcio

7 de febrero:  En un festival en Líbano en solidaridad con la Revolución y el pueblo egipcios el secretario general de Hezbollah Jeque Nasrallah declara al pueblo egipcio:"Lo que estais haciendo es grandioso e histórico para toda la región y vuestra victoria cambiará la historia de nuestros pueblos".
Jóvenes comunistas y nasseristas libaneses frente a la embajada egipcia en Beirut
 


Edité par T 34 - 09 Feb 2011 à 00:54
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Feb 2011 à 01:33

Les amis français des dictateurs arabes, suite

 

François Fillon a voyagé gratis en Egypte

Fillon%20a%20profité%20dun%20avion%20de%20Moubarak%20pendant%20ses%20vacances%20en%20Egypte

Après les voyages à l'œil de Michèle Alliot-Marie en Tunisie, le Premier ministre reconnaît avoir été hébergé en Egypte à Noël au frais du régime de Moubarak.

Sous la pression d'un article du Canard enchaîné à paraître demain mercredi, Matignon l'a reconnu. François Fillon a été hébergé par le gouvernement égyptien pendant ses vacances de fin d'année et a emprunté un avion "de la flotte gouvernementale" du pays pour une excursion.

En pleine tempête sur les vacances tunisiennes de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie, le Canard raconte que le Premier ministre français s'est rendu à Assouan fin décembre. C'est à cette occasion qu'il s'est rendu pour une excursion à Abou-Simbel, qui abrite deux temples de l'Egype antique, à bord d'un avion appartenant à Hosni Moubarak, poursuit le journal.

Dans un communiqué publié "dans un souci de transparence" avant même la parution en kiosques de l'hebdomadaire mercredi, Matignon apporte plusieurs "précisions" sur ce voyage, effectué du 26 décembre 2010 au 2 janvier 2011. "Le Premier ministre a été hébergé avec son épouse et ses enfants lors de ce séjour par les autorités égyptiennes. Le Premier ministre, toujours à l’invitation des autorités égyptiennes, a emprunté un avion de la flotte gouvernementale égyptienne pour se rendre d’Assouan à Abou Simbel où il a visité le temple. Il a également effectué une sortie en bateau sur le Nil dans les mêmes conditions", c'est-à-dire en tant qu'invité.

Pour ce qui est du voyage entre Paris et Assouan, c'est "un Falcon 7X" du gouvernement français qui a été utilisé comme le veut l'usage habituel pour le Premier ministre. "S’agissant d’un déplacement privé, son billet et celui des membres de sa famille lui sont facturés, sur ses deniers personnels, au tarif établi par l’armée de l’air, conformément à la règle qu’il s’est lui même fixée et qu’il applique à chaque déplacement privé", poursuit le comuniqué.

Cette révélation et la réaction des services du Premier ministre apporte un éclairage particulier sur le message de soutien de François Fillon à Michèle Alliot-Marie aujourd'hui. Devant les députés UMP réunis à l'Assemblée nationale, le Premier ministre a déclaré: "Je voudrais dire à Michèle tout mon soutien. Elle a le soutien du président de la République et du Premier ministre."


Tunisie. Michelle Alliot-Marie s’enfonce

Après Tabarka, la ministre des Affaires étrangères s’était rendue à Tozeur en jet privé.

«Quand je suis en vacances, je ne suis pas ministre des Affaires étrangères», s’est défendue, sans rire, 
Mme Alliot-Marie après que le site du Nouvel Observateur a fait de nouvelles révélations sur ses vacances tunisiennes. La ministre des Affaires étrangères et ses proches s’étaient rendus en jet privé, appartenant à l’homme d’affaires tunisien Aziz Miled, proche du président déchu Ben Ali, à 
Tozeur (Sud tunisien), et ce, afin d’éviter de traverser les villes en révolte. Elle avait jusque-là reconnu s’être rendue en avion avec son compagnon, le ministre des Relations avec le Parlement, Patrick Ollier, de Tunis à la station balnéaire de Tabarka fin 2010. Et pour convaincre de sa bonne foi, elle n’a alors rien trouvé de mieux qu’affirmer qu’Aziz Miled n’avait pas «mis son avion à (sa) disposition», avant de présenter l’homme d’affaires tunisien comme une «victime» du clan Ben Ali-Trabelsi ! Or, cet individu avait appelé Ben Ali à se présenter en 2014 et faisait partie des comités de soutien du président déchu. Quant aux députés de gauche qui ont appelé Nicolas Sarkozy à la 
limoger, ils ne peuvent ignorer que le chef de l’État savait où se rendait sa ministre des Affaires étrangères et, partant, qu’il aurait dû l’en dissuader !

H. Z.


Editorial par Jean-Emmanuel Ducoin

Briser la malédiction

Le cœur a sa géographie et son histoire – il a surtout ce bien commun sacré venu du fond des âges : la volonté d’émancipation des peuples… Alors que nous guettons tous ce point à l’horizon où les ombres s’estomperaient comme pour effacer les remords des âmes anciennes en révolutionnant aussi notre vision du monde, les Égyptiens, treize jours après le soulèvement populaire, s’interrogeaient toujours, hier, sur le sort d’Hosni Moubarak. Partira ? Partira pas ? Malgré la démission spectaculaire du bureau exécutif du parti au pouvoir en Égypte, le PND, le sort du raïs paraît plus que jamais scellé, à court ou moyen terme. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Cette révolte contre la dictature et la pauvreté, qui touche désormais l’ensemble des couches sociales, ne se contentera pas du seul départ – ô combien symbolique – de Moubarak. Malgré la censure, les intimidations et la répression sanglante, c’est de la chute du régime dans son ensemble qu’il est question. Peut-on, doit-on, d’ores et déjà, affirmer que la magnifique révolution égyptienne, quinze jours après celle qui a renversé Ben Ali en Tunisie et qui l’a inspirée, sortira victorieuse à coup sûr ? Comment en être certain ?

Chacun le sait, la poussée démocratique 
et authentiquement populaire des pays arabes bouscule des enjeux géopolitiques et historiques considérables, qui pourraient s’avérer aussi importants que la chute du mur en 1989. Il suffit de voir l’intenable posture d’équilibriste des États-Unis pour comprendre que même la Maison-Blanche navigue à vue, ménageant avec angoisse un camp puis l’autre, tout en négociant en coulisse pour promouvoir une «transition» adossée à l’armée… Et si tout le Moyen-Orient vacillait ? Et si le conflit israélo-palestinien changeait de base ? Étrangement, les principaux dirigeants occidentaux, qui n’ont pourtant que le mot «démocratie» à la bouche, se montrent réticents, voire opposés à l’idée d’un processus démocratique allant au bout. Les États-Unis, l’Union européenne et Israël ne se sont-ils pas montrés complices des dictatures arabes au point de les conforter, durant des décennies ?

À ce stade, une question inévitable se pose : 
faut-il avoir peur des Frères musulmans, peu nombreux au début de l’insurrection, invités officiellement à la table des négociations au Caire ? Doit-on croire, comme certains spécialistes le disent, qu’à la direction des Frères, une nouvelle génération issue des classes cultivées puisse contenir les velléités des conservateurs, toujours en position de force à la tête de la confrérie ? Une conviction nous embrasse. Et si les deux révolutions tunisienne et égyptienne nous annonçaient une grande nouvelle pour l’à-venir de la région ? À savoir qu’il existe bel et bien une issue pour sortir de la posture tragique dans laquelle tous les peuples se sentaient éternellement piégés : soit supporter des dictatures, soit accepter l’avènement de partis intégristes… Cette malédiction, «dictature contre intégrisme», est-elle sur le point d’être brisée ? Les intégrismes font leur lit quand la liberté reflue, pas quand elle est en pleine irruption !

Et pendant ce temps-là ? Après avoir humilié les Tunisiens, les agences de notation maintiennent leur pression sur l’Égypte. Deux d’entre elles viennent de dégrader sa note, regrettant «l’augmentation significative du risque politique». La libération des peuples n’est décidément pas l’affaire du capitalisme. La dictature de Moubarak, c’était du solide et même un modèle de «bonne gouvernance» pour le FMI. Mais l’émancipation humaine, voyez-vous, c’est bien trop dangereux…

Jean-Emmanuel Ducoin

Source
 



Edité par T 34 - 09 Feb 2011 à 23:06
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Feb 2011 à 17:35

Le Moyen-Orient n'a pas besoin de stabilité

Par emcee le vendredi 11 février 2011, 11:48 - Moyen Orient - Lien permanent

Voici, sans commentaire, la traduction du billet de Gideon Levy, The Middle East does not need stability, paru dans Haaretz

Cette soi-disant stabilité concerne des millions d'Arabes qui vivent sous le joug de régimes criminels et de tyrannies barbares.
Quand un blindé pénètre dans un quartier résidentiel, sème la terreur et la destruction, et que les gamins du quartier lui lancent des pierres, comment appelle-t-on cela? "Troubler la paix".
Et comment appelle-t-on l'incarcération de ces lanceurs de pierres qui permet aux blindés de poursuivre leur route sans encombre? "Rétablir l'ordre".


C'est ainsi que nous avons fabriqué une langue propre outrageusement aseptisée au service de notre seul et unique discours; c'est ainsi également que nous nous exprimons pour décrire la réalité en trompe l'œil dans laquelle nous vivons. Pendant ce temps, les blindés ne pénètrent plus dans les quartiers résidentiels ; l'ordre est maintenu sans eux d'une façon ou d'une autre dans les territoires. L'occupant opprime, la population occupée refoule ses impulsions et ses actes de résistance et tout reste dans l'ordre des choses – pour l'instant. La stabilité.

L'Egypte a également soudain osé " troubler la paix". La population, qui en a assez du gouvernement corrompu de son pays et qu'on l'empêche de s'exprimer, est descendue dans la rue. Emeutes. Le monde occidental, dont Israël, s'est crispé face à ce grand danger. – la stabilité au Moyen-Orient est sur le point d'être ébranlée.

Effectivement, il faut ébranler cette stabilité-là. La stabilité dans la région, une situation qu'occidentaux et Israéliens en sont venus à appeler de leurs vœux, signifie simplement maintenir le statuquo. Cette situation, si elle est jugée satisfaisante pour Israël et l'occident, est catastrophique pour les millions de gens qui doivent en payer le prix.

Maintenir la stabilité au Moyen-Orient signifie perpétuer la situation intolérable où quelque 2,5 millions de Palestiniens vivent privés de droits sous la coupe du gouvernement israélien. Et les quelques autres millions de Palestiniens réfugiés depuis la guerre de 1948 qui vivent dans des camps dans les pays arabes, où ils sont également privés de droits, d'espoir, de moyens de subsistance et de dignité.

Cette prétendue stabilité concerne des millions d'Arabes vivant sous le joug de régimes criminels et de tyrannies barbares. Dans la stable Arabie Saoudite, les femmes sont considérées comme les dernières des dernières, dans la stable Syrie, la moindre contestation est réprimée, dans les stables Jordanie et Maroc, l'enfant chéri de l'occident et d'Israël, les gens ne peuvent pas prononcer une seule critique contre le roi, même à l'occasion de discussions banales à une terrasse de café.

Cette stabilité tant souhaitée au Moyen-Orient signifie des millions de personnes pauvres et ignorantes en Egypte, pendant que les familles au pouvoir font la fête avec des milliards en banque. Elle signifie des régimes, dont l'essentiel du budget est outrageusement consacré à l'armée, et qui s'arment indéfiniment et inutilement pour préserver le régime, cela, aux dépens de l'éducation, de la santé, du développement et de la protection sociale. Cette stabilité signifie la passation du pouvoir de père en fils (et pas uniquement pour les monarchies) et des élections truquées où seuls les représentants des classes dirigeantes ont le droit de se présenter.
Elle induit des guerres inutiles, vaines, des guerres civiles et des conflits entre pays où les populations versent leur sang pour satisfaire les caprices et les pulsions mégalomanes de leurs dirigeants. Elle réprime la liberté d'expression l'autodétermination, et les luttes pour la liberté. Elle implique la faiblesse, le manque de croissance et de développement, l'absence de possibilités de réussite et pratiquement aucune aide sociale pour la population, dont la situation est atrocement stable. Dans la pauvreté et l'oppression, elle est stable.

Cette région qui est riche en ressources naturelles et humaines, qui aurait pu prospérer au moins autant que l'Extrême-Orient, est restée stable depuis des décennies. Après l'Afrique, c'est la partie du monde la plus sous-développée.

C'est cette stabilité-là qu'apparemment nous voulons conserver; cette stabilité que les Etats-Unis veulent protéger, cette stabilité que l'Europe veut maintenir. Toute tentative d'ébranler cette stabilité est considérée comme un trouble de la paix - et ça, c'est mal, selon notre définition.
Mais souvenons-nous que quand Israël a été créé, cela s'est traduit par d'énormes perturbations dans la région – des perturbations qui ont énormément ébranlé sa stabilité et constitué le plus grand danger; mais c'était une juste perturbation, pour nous et pour l'occident. Le temps est venu aujourd'hui de troubler encore plus la paix, d'ébranler la stabilité vaine que connaît le Moyen-Orient.

Les populations de Tunis et d'Egypte ont ouvert la marche. Les Etats-Unis et l'Europe, après les bafouillages initiaux, ont vite repris leurs esprits. Ils ont réalisé finalement que la stabilité de la région n'est pas seulement injuste, mais elle est trompeuse: elle finira par être ébranlée.
Quand les blindés envahissent nos vies, il faut leur lancer des pierres; il faut anéantir cette stabilité exaspérante au Moyen-Orient.

''Gideon Levy est chroniqueur à Haaretz et fait partie du comité de rédaction du journal. Levy est entré au journal Haaretz en 1982, où il a été pendant quatre ans rédacteur en chef adjoint. %''%% Il écrit dans la rubrique hebdomadaire "Twilight Zone" du journal, qui couvre l'occupation israélienne en Cisjordanie et à Gaza depuis ces 25 dernières années, et rédige des articles de fons politiques pour le journal.%%% Il a publié en 2010 "The Punishment of Gaza".

Traduction emcee, des bassines et du zèle


Le monde arabe, Israël et la démocratie

par Akram Belkaïd

Il y a une bonne quinzaine d’années j’ai rédigé un texte à propos du lien tabou entre l’absence de démocratie dans le monde arabe et les intérêts stratégiques d’Israël. Cette analyse venait en réaction à une phrase que l’on entend presque toujours dès lors que l’on aborde la situation au Proche-Orient. « Israël est la seule démocratie dans la région » : voilà l’argument qui est censé faire taire tous ceux qui critiquent ce pays pour le sort qu’il inflige aux Palestiniens ». Le raisonnement est connu : Entouré de dictatures arabes hostiles, Israël mériterait le respect et l’indulgence tout en ayant le droit de se défendre par tous les moyens.

Dans mon texte, j’ai d’abord commencé par poser une simple question. Si Israël est une démocratie, pour qui l’est-elle ? Pour les Israéliens ? Assurément, même si on peut critiquer la militarisation de sa classe politique et le blocage de son système électoral qui fait que ce pays devient de plus en plus ingouvernable. Je n’ai aucun problème à reconnaître qu’Israël est, pour ses citoyens, une démocratie et un Etat de droit. Mais est-ce le cas pour les Arabes israéliens ? Pas sûr. Est-ce le cas pour les Palestiniens, qui sont, pour le moment et qu’on le veuille ou non, des Israéliens sans statut ni papiers : absolument pas.

Mais tel n’était pas l’objectif prioritaire de l’analyse. Dans cette opinion, j’ai essayé de mettre en lumière ce curieux paradoxe qui consiste à déplorer l’absence de démocratie dans le monde arabe sans vraiment soutenir le changement et sans avoir le courage d’avouer que cette même absence de démocratie a souvent fait l’affaire d’Israël. Et pour illustrer mon raisonnement, j’ai pris l’exemple de l’Egypte. Un cas concret qui est d’actualité comme le montrent les cris d’orfraie que poussent certains politiques et intellectuels français face à la perspective d’une chute du régime de Moubarak, un grand démocrate comme chacun le sait

Le raisonnement est très simple. Est-ce que le peuple égyptien aurait accepté les accords de Camp David s’il avait eu le droit de donner son avis et, surtout, si cet avis avait compté ? Peut-être que oui. Mais ce peuple aurait certainement imposé à ses dirigeants de l’époque une plus grande sévérité à l’égard d’Israël et, surtout une plus grande vigilance dans l’application d’un traité de paix qui, rappelons-le au passage, devait aussi conduire au règlement de la question palestinienne. C’était en 1978, et l’on attend toujours la naissance d’un Etat Palestinien... En réalité, c’est bien parce que Sadate était un dictateur qu’il a pu signer la paix contre l’avis de son peuple et d’une grande partie de la diplomatie égyptienne qui considérait que le raïs avait été trop vite et trop loin dans les concessions. Au passage, relevons que c’est aussi parce que les Jordaniens n’ont pas leur mot à dire que leur roi a signé la paix avec Israël. Là aussi, la dictature s’est avérée être bien utile pour Tel Aviv.

Autre question : imaginons aujou-rd’hui que l’Egypte devienne une démocratie où le peuple aurait son bulletin de vote à faire valoir ? Qui peut jurer qu’un référendum ne mènera pas à la remise en cause de ces accords de Camp David ? Il n’y a pas que les Frères musulmans qui sont hostiles à l’Etat hébreu ou qui sont solidaires de la cause palestinienne. C’est toute une société, y compris la haute bourgeoisie égyptienne, qui vit dans une drôle de schizophrénie. D’un côte, il lui faut assumer la paix avec Israël, de l’autre, elle se laisse aller parfois aux pires diatribes antisémites.

Pour autant, il y a très peu de risque que le peuple égyptien réclame une nouvelle guerre contre Israël. Bien au contraire, la liberté recouvrée le poussera plutôt à préserver cet acquis plutôt que de s’engager dans une aventure risquée. Cela devrait rassurer les charlatans médiatiques qui, à Paris, multiplient les circonvolutions pour nous expliquer sans paraître le faire que, finalement, il n’y a que la dictature qui convienne aux arabes.

On dit souvent que les démocraties ne se font pas la guerre. Pourquoi cette règle ne s’appliquerait-elle pas au monde arabe ? Débarrassés de Moubarak et de sa clientèle, les Egyptiens ont la possibilité de se choisir un gouvernement légitime. Ce dernier, répétons-le, ne va pas déclarer la guerre à Israël et je ne pense pas non plus qu’il remettra en cause Camp David. Mais si elles ne se font pas la guerre, les démocraties ne se font pas non plus de cadeaux. Plutôt que d’être un partenaire passif comme l’a été l’Egypte depuis 1978, ce pays pèsera donc de tout son poids pour que les droits des Palestiniens soient enfin respectés.

Israël devra donc composer de manière plus sérieuse avec Le Caire. C’est peut-être cette situation et la nécessité de garder de bonnes relations avec son voisin arabe qui obligera le gouvernement Netanyahou ou celui qui le suivra de faire enfin des concessions sérieuses à propos des Palestiniens. Une chose que personne, pas même les Etats-Unis, ne semblent capables aujourd’hui d’imposer. Voilà donc le fond du problème. Celles et ceux qui agitent le spectre de l’islamisme pour décrédibiliser une Egypte enfin libre le savent très bien. Ce n’est pas la paix et la sécurité d’Israël qui sont en jeu mais la pérennité de son intransigeance dans les négociations avec les Palestiniens.

Terminons enfin par cette précision. Le texte dont je fais mention au début de cette chronique n’a jamais été publié. Soumis aux pages opinions de la majorité des publications, il a été poliment rejeté y compris par un grand quotidien du soir dont un responsable m’avait expliqué, un peu gêné, qu’il y décelait un « propos provocateur ». A l’époque, internet n’existait pas et avec lui ses blogs et ses médias alternatifs. Il est heureux aujourd’hui que les révoltes arabes interviennent dans un contexte de réel pluralisme éditorial. La marge de manœuvre des chiens de garde médiatiques est largement réduite et c’est tant mieux.

Chronique du blédard publiée dans Le Quotidien d’Oran, Algérie, du jeudi 10 février 2011

* Akram Belkaïd.

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Feb 2011 à 04:16

Révolution égyptienne, l’exceptionnalisme israélien

 

Michel Warschawski

 

Quand on entend les réactions israéliennes à l’insurrection du peuple égyptien, l’aspect le plus frappant est l’abîme vertigineux existant entre ces réponses et celles du reste du monde. On dirait qu’Israël vit sur une planète totalement différente.

Que ce soit sincèrement ou hypocritement, il n’y a pas un seul dirigeant dans le monde à ne pas exprimer un soutien aux exigences des masses égyptiennes, et à ne pas critiquer (mollement ou durement) le fonctionnement du Président Moubarak au cours de ces trois dernières décennies. Non seulement le Président Obama mais aussi le porte-parole des républicains néolibéraux ont été contraints d’exprimer des doutes sur leur allié égyptien et de lui suggérer de partir et de faciliter la mise en œuvre de réformes politiques et sociales. Le monde entier comprend, ou tout au moins déclare, que Moubarak est le responsable de la rage justifiée de son peuple et qu’il doit rentrer chez lui ou, comme son collègue tunisien, s’exiler. Il n’y a qu’en Israël où les réactions sont différentes, à l’exact opposé, tant dans la rue que dans l’establishment.

Inquiétude et peur caractérisent la réaction de la rue israélienne. Les Israéliens soudain se souviennent qu’il existe un accord de paix entre Israël et l’Égypte, et que ce traité est un « atout stratégique », que le Président Moubarak est un allié important, et que la « paix froide » israélo-égyptienne a économisé des millions de dollars au ministère de la Défense d’Israël. De plus, si un citoyen israélien moyen peut encore accorder quelque crédit (limité) aux dirigeants arabes, surtout s’ils portent costume et cravate et parlent anglais correctement, les masses arabes, elles, lui font peur. À ses yeux racistes, les masses arabes sont à jamais passionnées, « incitées » et débordantes de haine pour tout ce évoque la culture (occidentale) et bien sûr, ces masses sont anti-israéliennes et antijuives. Les masses arabes constituent une menace stratégique et ne peuvent donc inspirer que la peur, et non l’empathie.

Et s’agissant de l’establishment d’Israël, avec tous ses instituts de Renseignements, il a complètement oublié que dans le monde arabe, il y a une chose qu’on appelle « la rue », qui est capable de parler, de crier, de se mobiliser et même de renverser des régimes. Il n’est pas surprenant, par conséquent, que cet establishment recherche frénétiquement « mais qui donc est derrière les manifestations » : les Frères Musulmans, Ben Laden, l’Iran... ? L’ancien chef du Service général de la sûreté, Avi Dichter, nous a même expliqué à la télévision que la surprise des autorités des Renseignements israéliens ne devait pas nous inquiéter... parce qu’ils ne possèdent pas les outils pour prédire les soulèvements populaires (il a même rappelé sans honte que lui et ses amis ne s’étaient pas attendus ni à la Première Intifada, ni à la Deuxième) ou les changements de régimes. L’aveu de l’ancien chef du SGS est, certes, encourageant, mais s’il en est ainsi, pourquoi devons-nous leur payer des salaires, et ne vaudrait-il pas mieux affecter les énormes budgets du poste Renseignements à ceux de l’Enseignement et du Logement public ?

A part l’échec de l’establishment israélien au niveau des Renseignements, sa réponse se caractérise par l’expression d’un chagrin profond devant la chute du dictateur égyptien, et même de la colère voyant qu’il n’a pas pris les décisions qui s’imposaient pour réprimer immédiatement les manifestants. L’ancien ministre Ben Eliezer ne comprend pas pourquoi son ami Moubarak n’a pas ordonné de tirer sur les manifestants (apparemment 300 morts, ce n’est pas assez pour l’ancien gouverneur militaire) ; Benjamin Netanyahu est en colère contre Obama - qu’il considère depuis longtemps comme un Président mollasson qui a abandonné la défense du monde libre et flirte avec l’Islam - qui s’est désolidarisé immédiatement de son allié égyptien et ne lui a pas apporté l’assistance nécessaire pour sauver son régime ; et Ehud Barak qui reste coi, car là encore il n’a rien compris à ce qui se passait, à l’opposé du Président Shimon Peres qui sait précisément ce qui n’a pas fonctionné et ce qui doit être fait.

Lors de la rencontre de Peres avec la Chancelière allemande Angela Merkel, cette semaine, celle-ci a, comme tous ses collègues européens, parlé du besoin de réformes, pendant que le Prix Nobel de la paix, Peres, lui, déclarait, « Le monde doit apprendre ce qui s’est passé à Gaza. La démocratie commence avec les élections, mais elle ne s’arrête pas aux élections. La démocratie, c’est la civilisation et si c’est le mauvais camp qui est élu, il conduit la démocratie à sa perte... Le monde a très bien vu ce qui est arrivé à Gaza quand il y a eu les pressions pour des élections démocratiques et que c’est un mouvement radical et dangereux qui s’est trouvé élu, ce qui n’a même pas permis un seul jour de démocratie pour les habitants de Gaza ».

Le monde, selon le Président israélien Shimon Peres : il y a un monde cultivé, dont fait partie Israël, qui mérite un régime et des élections démocratiques, et il y a un monde de ratés et d’ignorants qu’il ne faut pas laisser maître de son propre destin, et qui requiert une dictature pour l’arrêter de faire n’importe quoi. En réalité : le peuple cultivé israélien a démocratiquement élu un Lieberman et ses copains - des intellectuels vraiment cultivés. Nous espérons que le parlement égyptien qui sera élu lors d’élections démocratiques donnera au peuple égyptien des représentants plus dignes. Il est certain que les Égyptiens ne trouveront pas de responsables plus pathétiques que ceux que nous avons ici, en Israël.

Traduit de l'anglais par JPP

Source : Reineroro


Dans son dernier débat sur France 2, l’animateur Yves Calvi s’inquiétait de la montée possible de l’islamisme en Egypte et Tunisie. Nous allons voir pourtant que si nous laissons de côté les passions médiatiques pour analyser de manière rationnelle les contradictions entre l’Occident et le monde arabe, ces révolutions ne constituent pas une menace mais un exemple à suivre pour nous, Occidentaux. Nous avons la possibilité de construire un monde plus juste. Pourquoi en avoir peur ?

 
 
 
- Tiens chérie, tu regardes un film d’épouvante ? Ca a l’air effrayant !
- Mais non mon amour, c’est Yves Calvi qui parle des révolutions arabes dans Mots croisés.
 
 
Etonnant ! Ce lundi 07 février, l’émission Mots croisés, animée par Yves Calvi sur France 2, traitait des « révolutions arabes et nous ». Si personne n’a osé contester la légitimité des mouvements populaires qui embrasent la Tunisie, l’Egypte et d’autres pays de la région, l’animateur et certains de ses invités ont tout de même agité l’épouvantail islamiste, histoire de faire frissonner les téléspectateurs. On a ainsi évoqué la « crainte d’un scénario à l’iranienne », un « enthousiasme pour la liberté mais aussi des inquiétudes » ou bien encore « un soutien pas inconditionnel mais prudent ». Yves Calvi s’est également demandé avec beaucoup de style si la démocratie faisait « le jeu des barbus ». Mention spéciale enfin à Alain Finkielkraut qui, toujours égal à lui-même, a réussi à nous glisser « quelque chose qui irait plus dans le sens du choc des civilisations que dans le sens de l’instauration d’une démocratie visant à assurer à son peuple une vie digne et décente ».
 
Les Occidentaux doivent-ils craindre les révolutions arabes ? Le Proche, le Moyen-Orient, voir le monde, risquent-ils de plonger dans le chaos ? Des barbus fanatiques vont-ils partir, la burqa entre les dents, à l’assaut de notre Europe civilisée ? Pour répondre à ces questions, il faudrait commencer par analyser les contradictions profondes entre l’Occident et le monde arabe. Comme nous allons le voir, elles ne relèvent en rien d’un passionnel choc des civilisations, mais d’un système basé sur la recherche du profit maximum qui a conduit l’Occident à piller et oppresser les peuples arabes. Evidemment, Calvi et ses invités se gardent bien d’analyser ces mécanismes mais préfèrent extrapoler sur des peurs irrationnelles. C’est bon pour l’audimat. Ca permet aussi de continuer à asservir les sauvages et les barbus sans se remettre en question.


 
Le scénario à l’iranienne
 
A plusieurs reprises, la possibilité d’un scénario à l’iranienne a été évoquée durant l’émission. Et toujours en sous-entendant qu’il s’agissait de la pire issue possible pour la révolution égyptienne. C’est la magie du débat démocratique à la télévision : pas besoin de dire que l’Iran est le mal incarné, tout le monde le sait. Le débat peut ainsi se dérouler dans un périmètre implicitement convenu et acceptable.
 
Mais pourquoi un scénario à l’iranienne serait-il la pire des choses ? L’Iran est-il un pays dangereux ? A-t-il déjà attaqué un pays où qu’il soit dans le monde ? Jamais. En réalité, Yves Calvi pourrait plutôt demander si les Etats-Unis sont un pays dangereux. La réponse serait oui et non. Oui car l’Oncle Sam a mené plus d’offensives militaires que n’importe quel autre Etat de la planète.
Statistiquement, il y a donc plus de risques d’être attaqué un jour par les Etats-Unis que par l’Iran. Mais non, l’Oncle Sam n’est pas vraiment dangereux car depuis la Seconde Guerre mondiale, il n’a remporté aucun conflit armé si ce n’est l’invasion de la Grenade en 1983.
 
Comment expliquer alors cette diabolisation de l’Iran ? Peut-être parce que c’est une dictature islamique et que son président Ahmadinejad est un farouche antisémite. Le problème, c’est que tout cela est faux.
 
Tout d’abord, l’Iran est-il une dictature ? Evidemment, dans le périmètre convenu du débat télévisé, tout le monde est d’accord pour dire qu’Ahmadinejad a truqué les dernières élections. Mais une analyse un peu sérieuse de la situation en Iran et des sondages réalisés par un think tank de la famille Rockefeller (que l’on peut difficilement taxer de supporter inconditionnel d’Ahmadinejad) remettent en cause cette vérité acquise. Même si l’Etat islamique n’est pas un havre de libertés pour ses citoyens, il n’est pas l’horrible dictature qu’on essaie de nous faire croire.
 
L’Iran est-il néanmoins un bastion de l’antisémitisme ? N’importe qui peut se rendre dans ce pays du Moyen-Orient et discuter avec des membres de l’importante communauté juive qui y vit pour voir que cette affirmation est fausse. La communauté juive dispose même de représentants au parlement. En matière de dictature antisémite, on peut faire mieux. Le tout est de ne pas confondre l’opposition à la politique du gouvernement israélien avec la haine des juifs.
 
Reste que l’Iran est un Etat islamique. Mais s’agit-il vraiment d’un problème pour les Occidentaux ? Le royaume d’Arabie Saoudite est aussi un Etat islamique mais cela n’a jamais vraiment contrarié l’Occident. Au contraire, les Etats-Unis ont annoncé il y a quelques mois vouloir conclure avec ce pays une vente d’armes record se chiffrant à soixante milliards de dollars. Si l’islamisme représentait un réel danger pour l’Occident, l’administration de Barack Obama, prix Nobel de la paix, chercherait-elle à vendre aux Saoudiens des avions F-15 et des hélicoptères de combat pour un montant capable d’éradiquer la faim dans le monde ?
 
Notons également qu’en matière de dictature et d’antisémitisme, l’Iran n’a pas de leçons à recevoir de l’Arabie Saoudite : ce royaume féodal, anachronique, est régi par un système de monarchie absolue ; la famille royale monopolise les richesses du pays ; les manifestations y sont formellement interdites ; et les juifs n’ont pas le droit d’y exercer leur culte.
 
S’il voulait vraiment nous faire peur, Yves Calvi aurait donc évoqué un scénario à la saoudienne. Mais le fait est que les questions de la démocratie, de l’antisémitisme et de l’islamisme ne constituent pas vraiment le cœur du problème. Si l’Iran est le diable, c’est parce qu’il mène une politique indépendante des puissances occidentales. Et si on ne parle jamais de l’Arabie Saoudite, c’est parce que ce pays est un allié privilégié de Washington.

 

Les raisons de la colère
 
Nous touchons donc le cœur du problème. Si des gouvernements démocratiques devaient émerger dans le monde arabe, représentant réellement les aspirations des peuples, nous, Occidentaux, pourrions craindre en effet que ces gouvernements manifestent un certain ressentiment à notre égard. Pas parce que nous aurions en face de nous des fanatiques religieux, mais au contraire, des gens lucides qui pourraient nous en vouloir d’avoir imposé pendant des années des dictateurs violents et corrompus.
Par conséquent, si les Occidentaux veulent construire des relations justes et pacifiques avec le monde arabe, il ne faut pas attendre de ce dernier qu’il accepte d’avantage les dictateurs que nous lui choisissons. Il faut attaquer le problème à la racine, chez nous, en nous posant déjà la question : pourquoi devons-nous imposer des dictatures au Tiers-Monde pour défendre nos intérêts ? 
 
La réponse se trouve dans note système économique basé sur la course au profit maximum. En effet, dans le capitalisme libéral, les compagnies sont soumises à une concurrence sans merci. Dans cet univers impitoyable, il faut pouvoir réaliser un maximum de bénéfices pour ne pas être éliminé ou absorbé par les concurrents. C’est le sort réservé aux plus faibles qui disparaissent au profit de la formation de monopoles ou d’oligopoles. Ces mastodontes économiques détiennent réellement le pouvoir dans nos sociétés et se livrent à une compétition acharnée à l’échelle de la planète. Dans cette lutte sans merci, les grandes puissances capitalistes ont besoin pour leurs multinationales d’avoir un accès facile aux matières premières, d’exploiter une main d’œuvre bon marché, de trouver des débouchés pour les capitaux qu’elles accumulent et finalement, de contrôler les zones stratégiques pour le développement du commerce.
 
La domination des pays du Tiers-Monde a toujours permis aux puissances occidentales de rencontrer ces objectifs. C’est pourquoi elles sont hier parties coloniser les pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine. Et c’est pourquoi aujourd’hui, elles continuent d’asservir ces pays sous une forme moins crue mais tout aussi détestable, grâce notamment aux préceptes fumeux de la Sainte Trinité néolibérale : Banque Mondiale, FMI et OMC. Amen, l’Occident civilisé règne en maître.
 
Oui mais le problème, c’est que les sauvages et les barbus ne sont pas toujours disposés à nous laisser profiter pour trois fois rien de leur pétrole, de leurs minerais, de leur gaz ou de n’importe quelle autre chose avec laquelle nous pouvons faire de l’argent. Certains rechignent même à travailler dans des conditions exécrables pour deux dollars par jour et viennent encore se plaindre quand ils trouvent les produits que nous leur vendons trop chers.
C’est là que les dictateurs entrent en scène ! Logiquement, un gouvernement démocratique, représentant les intérêts de sa population, n’accepterait pas que des multinationales pillent les richesses de son pays et asservissent ses citoyens. Il a donc fallu placer à la tête de ces pays du Tiers-Monde des dirigeants corrompus, prêts à laisser nos multinationales se servir librement, pourvu que la patte soit graissée. Pour maintenir ce système en place et empêcher toute forme de contestation, les puissances occidentales ont financé l’appareil répressif des dictateurs. On comprend mieux maintenant pourquoi Michèle Alliot-Marie a proposé son soutien à Ben Ali lorsqu’il faisait tirer sur la foule.
 
Si vous avez du mal à croire à tout cela, observez un peu ce qui s’est passé ces dernières années. Les Etats-Unis et l’Europe ont remplacé Lumumba par Mobutu en Afrique, Allende par Pinochet en Amérique Latine, Mossadegh par le shah Mohamed Reza au Moyen-Orient. La liste est longue, mais ce n’est pas tout.

 

Des guerres économiques

Parfois, les puissances occidentales n’arrivent pas à placer tranquillement une marionnette à la tête d’un pays. Ou alors, le cheval sur lequel elles avaient misé décide de ne plus suivre les règles du jeu. Dans ces cas-là, l’Occident n’hésite pas à faire parler la poudre à canon. Les Etats-Unis sont des spécialistes en la matière. Leur économie reposant en grande partie sur le complexe militaro-industriel, faire la guerre est une activité très lucrative.
 
Washington a ainsi attaqué l’Irak en 2003 pour faire main basse sur son pétrole. Evidemment, le motif de cette guerre n’était pas avouable. Colin Powell a donc d’abord agité une petite fiole dans une conférence de presse, prétendant détenir la preuve irréfutable que Saddam Hussein disposait d’armes de destructions massives. Ensuite, quand le pot aux roses a été découvert, Washington a prétendu que le président irakien était connecté au réseau terroriste d’Al-Qaïda. Des personnes ayant quelques connaissances du monde arabe ont alors attiré l’attention des dirigeants US sur le fait que ce prétexte ne tenait pas la route lui non plus. Finalement, Georges W. Bush a pris une grande inspiration, posé son regard sur l’horizon et déclaré que les Etats-Unis attaquait l’Irak pour apporter la démocratie au peuple irakien. C’était l’argument imparable qui a permis à Bush d’envoyer de nombreux jeunes gens se faire tuer sur le front. La vérité, c’est que toutes les guerres sont économiques.
 
En effet, si Bush se souciait vraiment de la démocratie dans le monde, il ne lui était pas nécessaire de courir aussi loin qu’en Irak. Porter un peu d’attention aux paramilitaires colombiens qui assassinent des syndicalistes et des militants des droits de l’homme à quelque pas de chez lui aurait suffi. Si c’était déjà trop, il aurait pu au moins s’abstenir d’appuyer un coup d’Etat contre Manuel Zelaya, président démocratiquement élu du Honduras.
 
Le fait est que la démocratie n’a rien à voir dans tout ça et que pour les multinationales US, il était plus lucratif d’attaquer l’Irak qu’un pays économiquement soumis comme la Colombie. Tant pis pour les victimes des bombes au phosphore blanc interdites par les conventions internationales. Tant pis pour les personnes privées d’eau et d’électricité. Tant pis pour les cinq millions d’orphelins recensés en Irak en 2008. Les multinationales doivent faire du profit, et elles n’aiment pas qu’on leur résiste.
 
Autre guerre économique : l’Afghanistan. Officiellement, les Etats-Unis sont partis renverser le régime des Talibans parce qu’il soutenait Ben Laden. En réalité, le gouvernement afghan a proposé au lendemain du 11 septembre de faire juger l’ennemi public numéro 1 par un tribunal islamique, sur base des preuves que lui fournirait l’administration Bush. Evidemment, la démarche faisait couler le véritable objectif des Etats-Unis : se débarrasser d’un régime qu’ils avaient eux-mêmes porté au pouvoir quelques années auparavant mais qui refusait de laisser la compagnie texane Unocal développer un projet de pipeline dans le pays. Quand la marionnette n’obéit plus, les missiles pleuvent.

 

Notre révolution
 
Au regard de l’Histoire, de ces coups d’Etats que nous avons fomentés, de ces dictateurs que nous avons imposés et de ces bombes que nous avons larguées, nous devrions donc comprendre que les citoyens du monde arabe puissent nous en vouloir un petit peu !
 
Nous ne devons cependant pas craindre de voir la démocratie émerger en Tunisie, en Egypte ou dans d’autres pays de la région. D’abord parce que l’épouvantail islamiste qu’agite Yves Calvi est le produit-même de la dictature et de l’oppression qu’ont subies les populations musulmanes. Ensuite, parce que les contradictions profondes qui pourraient opposer l’Occident au monde arabe dépendent essentiellement d’un système d’exploitation que nous, Occidentaux, avons mis sur pied pour accaparer les richesses du Tiers-Monde. La pomme de la discorde a poussé dans notre jardin, à nous donc d’attaquer le problème à la racine.
 
Il ne faut pas voir les révolutions arabes comme une menace pour nos valeurs occidentales, mais au contraire, comme des opportunités pour construire des relations plus justes, basées sur le respect mutuel. Les révolutions arabes ne doivent pas nous inquiéter, elles doivent nous inspirer. Lorsque nous aurons décidé d’en découdre avec ce système basé sur la course au profit maximum, des relations justes et équitables pourront s’établir.
 
Invité sur le plateau de Mots Croisés ce lundi 07 février, Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, faisait profil bas devant la volonté farouche des peuples d’Egypte et de Tunisie d’en finir avec la dictature. Pourtant, ce sémillant « droits-de-l’hommiste » déclarait il y a cinq ans que les peuples du Sud n’étaient pas assez mûrs pour la démocratie. C’est faux et les peuples arabes nous l’ont assez prouvé ces derniers jours en risquant leur vie pour en finir avec la dictature. En réalité, c’est l’Occident et ses multinationales qui ne sont pas prêts à accepter la démocratie dans le monde arabe. Et l’Occident ne le sera pas tant qu’il n’aura pas entamé sa propre révolution démocratique, tant qu’il n’aura pas renversé ce système qui chaque jour creuse un peu plus le fossé entre les riches et les pauvres, oppresse les peuples et détruit la planète. D’ici là, vous pouvez compter sur Yves Calvi pour vous faire frissonner tard le soir.
 
 
 
 
 
 
 

Árabes de nacionalidad israelí en una protesta anterior a la caída de Mubarak frente a la embajada egipcia en Tel Aviv. Los retratos de Gamal Abdel Nasser han sido una constante en las recientes manifestaciones en los países árabes. (Getty Images)

 
 
 


Edité par T 34 - 12 Feb 2011 à 21:55
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Feb 2011 à 14:53
Gaza 11 février au soir
 
 




Edité par T 34 - 14 Feb 2011 à 16:19
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Feb 2011 à 18:45

Egypte : Et, le Soleil se leva !...

 

Georges STANECHY
« Chaque matin, pour gagner mon pain, je vais au marché où l’on vend des mensonges et plein d’espoir, je me range du côté des marchands… »
Jean-Luc Godard (1)

Et, le Soleil se leva !...

Cette image du splendide poème chanté par l’artiste québécois Richard Desjardins ne me quittait pas face à la joie du peuple Egyptien, à l’annonce de la démission du tyran qui l’opprimait dans la sauvagerie et la honte depuis plus de trente ans.

Dans sa chanson, Richard dénonce l’Empire qui surgit pour asservir un peuple. Avant de le spolier, le violenter, sous la menace, le chef de la soldatesque demande dans un mégaphone : « Qui est le chef ? Et, qu’il se lève ! »…

« Et, le Soleil se leva !… ».

Magnifique métaphore, pleine vérité. Le Temps, l’Histoire, triomphent toujours de la violence, de l’arrogance de ceux qui pensent que l’esclavage des peuples et nations est le privilège éternel du plus Fort.

100000000000014A000000DA68B0B962

L’aveu

Obama n’est jamais paru aussi pathétique que dans sa déclaration, prenant acte du renversement de son protégé. Je le regardais en direct sur une TV : visage fermé, élocution crispée, une tête d’enterrement ! En complet déphasage avec les propos qui se voulaient empreints de sympathie à l’égard de la nation Egyptienne rassemblée dans une immense allégresse. Les déclarations des pantins-vassaux européens, qui suivirent, ne valaient guère mieux.

Dans ce non-dit, lugubre, du président des USA : l’aveu…

D’une immense défaite pour l’Empire.

D’abord psychologique. Remettant en cause son emprise sur la région, fissurant toutes les dictatures installées par ses soins et ses armes. Jusqu’au bout, les USA, Israël, l’Europe, les occidentaux, ont essayé de sauver le dictateur, leur créature depuis des décennies. Souhaitant écraser la Révolution, ils voulaient faire tirer sur la foule, comme ils l’ont fait dans de multiples pays pour sauver les dictatures à leurs ordres.

Installant pour cela, en tant que vice-président, le tortionnaire de son régime sanguinaire, surnommé « Sheikh Al-Torture »… Un tueur sans état d’âme, réputé pour son “raffinement”. Se livrant, entre autres pratiques suaves pour terroriser davantage ses victimes lors d’interrogatoire qu’il lui arrivait de superviser personnellement, à l’exécution d’un détenu au préalable réduit en loque, par un coup de karaté …

Tirer sur la foule. Comme à Bangkok, il n’y a pas si longtemps. Comme ils l’avaient fait lors de la révolte des Mexicains rassemblés pacifiquement, en famille, sur la grande place de Tlatelolco. Des centaines de morts, disparus, suite à la fusillade de l’armée mexicaine, la nuit du 2 octobre 1968. (2)

En Egypte, les occidentaux avaient à leurs bottes tout l’appareil répressif, police et services secrets, la garde présidentielle, et l’armée de l’air. Ils n’ont pas réussi à faire adhérer l’armée de terre, à part quelques généraux, à leur projet. C’est ce qui a fait basculer la décision. Gênés aussi, les temps changent, que le reste de la planète les observe “à la fenêtre”, regardant jusqu’où leur cynisme allait les mener, grâce aux liaisons Internet difficile à censurer.

100000000000012C000000C67046E13B

Le déni

Bien sûr, perdre une bataille n’est pas perdre la guerre se disent les stratèges de l’Empire. Ils vont tout faire pour mettre en pratique ce qu’ils savent si bien faire, et qu’ils sont en train de programmer en Tunisie. Trois objectifs immédiats :

i) Conserver la politique étrangère et la défense nationale

Bloquer par tous les moyens une évolution politique similaire à celle de la Turquie, qui a réussi à conforter son régime parlementaire après avoir remis les militaires à leur juste place : celle des casernes. Leur rôle n’étant pas de gouverner. Car, ce n’est pas l’exemple Iranien qui leur fait peur, mais l’exemple Turc.

La Turquie, pays de 75 millions d’habitants en pleine croissance économique, s’émancipe de plus en plus. Faisant entendre sa voix et ses désaccords. Erdogan est le seul chef d’Etat à avoir, au sommet de Davos de 2009, dit publiquement ses quatre vérités à Simon Perez sur les crimes commis en Palestine…

On a vu aussi le courage des Turcs, lors du massacre de la Flottille de la Liberté apportant une aide humanitaire à la population de Gaza. Ils viennent de sortir un film sur ce crime contre l’humanité et acte de piraterie, non condamnés par l’ONU, qui connaît un succès international : Valley of the Wolves Palestine.

Une suite au célèbre film donnant lieu a une série TV, La Vallée des Loups en français, sur le comportement de la soldatesque occidentale en Irak avec, notamment, la condamnation d’une de leurs pratiques favorites le massacre des populations lors des mariages…

Films et séries, évidemment, censurés en Occident et dans les dictatures à son service.

Le dynamisme de leur industrie cinématographique produisant Films et séries TV à gros budgets, dont l’engouement dans les pays arabes et ailleurs est colossal, inquiète beaucoup les spécialistes de la désinformation. Il est le signe de l’indépendance ultime : celui de la réappropriation de sa Culture et de son Histoire. Allant à l’encontre des schémas de propagande et d’autosatisfaction de l’Empire.

Si cette attitude à la “de Gaulle” se généralisait au Moyen-Orient, cela va faire subitement beaucoup « d’indépendances » à gérer. Et, sombre perspective, annonciateur de la fin des multiples bases et centres de tortures occidentaux dans la région, couvrant les pillages…

Il est, en conséquence, vital, prioritaire, pour l’Empire de conserver à son seul usage les privilèges d’une authentique souveraineté de l’Egypte : la politique étrangère et les forces armées. Pour cela, truquer les élections en éliminant tous ceux qui ne voudraient pas souscrire à ses directives, prétendant affirmer une volonté d’autodétermination en politique étrangère et défense nationale.

Pour ce qui est de la prétendue aide et assistance militaire, d’environ 1,5 milliard de dollars chaque année (l’aide civile n’est que de 250 millions de dollars…), rappelons qu’elle retourne à son point de départ puisque les achats d’armes bénéficient aux industries de l’armement US. De plus, dans du matériel dépassé, obsolète, ou “bridé”, et largement tourné vers la répression, les performances du matériel livré, tant des forces terrestres qu’aériennes, étant contrôlées par Israël.

ii) Conserver la mainmise sur l’économie égyptienne

Le contrôle l’appropriation du système économique est un gage de servitude. L’Egypte la subit déjà. Elle va être renforcée : système bancaire et financier, services publics rentes de situation type télécoms, eau, transport, etc., investissements et industries de sous-traitance, avec interdiction d’accès aux hautes technologies dans tous les domaines, étant les principales orientations fixées.

Comme en Afrique du sud, où la chute de l’apartheid a permis la création d’une petite bourgeoisie, hormis les dignitaires politiques rapidement corrompus. Mais, le peuple Sud-Africain dans son immense majorité vivant dans la misère, encore spolié des gigantesques richesses minières du pays. Restant toujours la propriété des occidentaux, essentiellement par l’intermédiaire de groupes miniers canadiens ou australiens.

iii) Empêcher toute “épuration”

Ne pas toucher à l’infrastructure de l’appareil répressif. Eviter toute “vague” qui étalerait bien des secrets d’Etat. Imposer une ’commission de réconciliation’, comme les occidentaux l’ont imposée en Afrique du sud. Pour étouffer toute épuration, procès publics, nationalisations des biens spoliés, et condamnations de tous les tortionnaires, profiteurs, indics et ’collabos’ de la dictature. L’essentiel, dans ce type d’opération, de mascarade, n’étant pas la réconciliation nationale mais avant tout bloquer toute fuite démontrant l’implication des occidentaux dans la répression, son organisation, sa mise en place de moyens, ses conseils techniques et l’apport de ses spécialistes es-tortures.

10000000000001C20000012C7F488B0F

Tartuferie et Torture

Evidence : aucune remise en cause de la politique de l’Occident. Les médias de l’Empire, très réactifs à la suite du discours d’Obama, déballaient sans transition leur nouvel arsenal de propagande. Chantant les louanges d’Obama et de l’Occident des Lumières, qui grâce à leur patiente sollicitude avaient conduit les pays arabes à l’âge adulte, parvenant enfin à se libérer des dictateurs, et de leurs régimes corrompus, qu’ils s’étaient choisis…

Cynisme sans borne.

J’entendais sur une chaîne de TV un ’politologue-spécialiste du monde arabe” dire que cela allait faire tâche d’huile et s’étendre en Chine !... Apparemment, ce distingué ’expert-du-monde-arabe’, emporté dans sa fulgurante analyse se retrouvait en Asie, par vol sans escale, après avoir survolé la Jordanie, l’Arabie saoudite, le Yémen, les monarchies pétrolières d’opérette, les yeux fermés !... (3) Tout juste s’il n’allait pas se retrouver au Venezuela ou, encore, à Cuba.

On a beau se vouloir adepte du pacifisme et de la non-violence, sincèrement : il y a des paires de claques qui se perdent. Alors que l’écroulement de l’idéologie du Choc des Civilisations devrait emmener, immédiatement, les pays occidentaux à une profonde remise en cause de leur vision, de leur politique étrangère... C’est l’aveuglement impérial qui poursuit sa course, dans le mur. Cet obscurantisme, ce fanatisme, qui nous déconsidèrent aux yeux du reste de la planète.

Se posent en effet trois exigences, que notre tartuferie n’est plus en mesure de contourner :

1. Arrêter l’instrumentalisation des Droits de l’Homme et de La Dignité Humaine servant à couvrir nos crimes et complicités, mais en réaffirmer, en renforcer les obligations :=> Condamner la torture. Mettre au ban des nations, les régimes et les personnes qui l’organisent, la pratiquent. Les traduire devant le Tribunal International de la Haye pour crimes contre l’Humanité. Qui sont, rappelons-le, imprescriptibles !=> Condamner la pratique de l’internement de toute personne sans procès. Ce sont des milliers de personnes qui croupissent dans les geôles des dictatures, et entreprises coloniales occidentales de la Palestine à l’Afghanistan.=> Condamner l’enlèvement de tout national, quel qu’en soit le prétexte, jugé par des tribunaux qui ne sont pas de son pays pour des crimes réels ou supposés commis sur le territoire de sa nationalité. Guantanamo étant l’archétype de l’abjection pour l’Occident, quant à cette pratique banalisée.=> Interdire l’internement des enfants dans la stricte application de La protection des Enfants imposée par la charte de l’ONU. On parle des ’enfants soldats’, mais jamais des ’enfants emprisonnés’ pour fait de Résistance, aux dictatures, aux aventures coloniales, en Palestine, en Irak, en Afghanistan. Des milliers.

2. Condamner le racisme anti-arabe et l’islamophobie qui sont des instruments de propagande dans les pays occidentaux. Encouragés, bénéficiant de tous les moyens, dans tous nos médias, dans l’impunité absolue. Avec pour effet d’endoctriner les opinions publiques afin de camoufler nos soutiens aux dictatures et les pillages auxquels nous nous livrons dans leurs pays.

3. Revoir nos principes et actions diplomatiques qui soutiennent les régimes sanguinaires opprimant les populations civiles, sur tous les continents, dans des élections truquées dont toute opposition est bannie, si ce n’est sous forme de simulacre.

Mesures, principes et dispositions ne sont que chiffons de papier si nos propres dirigeants, responsables, politiques, économiques, n’ont aucune éthique.

Voir nos dirigeants, tous partis confondus, se rendre en vacances dans des dictatures, à l’invitation des tyrans pour être logés dans des palaces, en caravane, avec femme, concubines et courtisans est, non seulement, une honte, mais encore, un crime, du moins une complicité de crime. Se piquant de philosophie, de culture, d’art, de méditation, devant des monuments antiques, sachant qu’hommes, femmes, enfants, sont torturés, internés arbitrairement, pour s’être révoltés contre l’injustice dans le pays hôte.

Car, comme je ne manque pas de le répéter, à ce niveau de responsabilité :i) Soit, on ne le sait pas et c’est inadmissible, toutes les informations étant disponibles par de multiples canaux officiels et officieux. En ce cas là : on est un nul, un incompétent, dans l’exercice de ses fonctions.ii) Soit, on le sait et on fait semblant de ne pas le savoir et, en ce cas, on est aussi abject que les dictateurs sanguinaires qu’on cautionne.

Face à cette répugnante tartuferie, les Peuples de Tunisie, d’Egypte, viennent de nous donner une leçon de courage et d’éthique. Souhaitons qu’ils connaissent enfin la paix, la prospérité, l’épanouissement qu’ils méritent. Partageons leur joie.

Pour avoir évoqué la longe lutte du Peuple de l’Afrique du sud pour sa libération de l’apartheid, lutte se poursuivant plus souterraine pour la réappropriation de ses richesses nationales, je leur dédie l’émouvante chanson de Johnny Clegg, Asimbonanga. Dans cette chanson, il célèbre cette lutte universelle, la mémoire des principaux résistantes et résistants assassinés, souvent sous la torture : Steve Beko, Victoria Mxenge, Neil Aggett…

A la mémoire de Mohamed Bouazizi, de tous les Tunisiens, de tous les Egyptiens, et tous ces combattants de la liberté de par le monde, assassinés, torturés, humiliés, par les dictatures et les colonisateurs, avec la complicité de La Communauté Internationale.

Johnny Clegg chantant en zoulou :

Asimbonang ’umfowethu thina Laph’ekhona,
Laph’wafela khona

Notre frère n’est plus là
Là où il vivait Là où il est mort…

Georges STANECHY

(1) Phrase dite, dans son film Le Mépris, par Fritz Lang.

(2) Lire le poignant ouvrage, compilations de témoignages sur ce massacre : La Noche de Tlatelolco d’Elena Poniatowska, Ediciones Era, México D.F, 1971 (réédition 2001). Notons que son livre, extraordinaire d’émotion et de vérité historique, à ma connaissance n’a pas encore été traduit en français. Le niveau de carnage et de sauvagerie avait révolté la conscience du chef de la CIA au Mexique, Philip Agee. Pourtant, pas le genre « tendre ». A tel point qu’il s’est réfugié à Cuba et à passé le reste de sa vie à dénoncer les agissements assassins de l’Empire, malgré les menaces de mort pour lui et sa famille.

(3) Perles vues et entendues, entre autres, sur la chaîne française « i-télé »…



Edité par T 34 - 16 Feb 2011 à 20:52
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
T 34 allez vers le bas
Administrateur
Administrateur
Avatar

Depuis le: 26 Sep 2007
Pays: France
Status actuel: Inactif
Messages: 34611
  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Feb 2011 à 22:32
La révolution égyptienne vue du Venezuela
 
Inquiétudes pour nos frères arabes
 
Roberto Hernández Montoya
 

Lorsque le dictateur vénézuélien Marcos Pérez Jiménez fut déposé en 1958, presque tous les Vénézuéliens étaient d'une innocence téméraire. Mais pas le dirigeant Rómulo Betancourt. À peine revenu de son exil, il mit en œuvre un accord avec Washington bien facile á déduire de son comportement ultérieur, destiné á éviter un autre coup d'État impérial comme celui de 1948 contre le gouvernement de son parti social-démocrate Acción Democrática (AD).

Pérez Jiménez méprisait le peuple. Il s'est appuyé principalement sur la bourgeoisie et l'armée, qui finalement ne lui furent pas fidèles  et il fut renversé par une courageuse révolte civile et militaire assez semblable à l'égyptienne.

Pendant que le peuple célébrait son triomphe, les serviteurs de l'Empire opéraient rapidement et en cachette. Ni les militants d'AD ni le Parti Communiste du Vénézuéla n'affrontèrent le noeud de vipères avec la bourgeoisie et l'Empire.

À la fin de 1957, AD, le Parti social-chrétien Copei et l'Union Républicaine Démocratique signèrent ce qu'on appela le Pacte de New York, qui fut ratifié au Vénézuéla en 1958 par le “Pacte de Punto Fijo”. Les deux accords excluaient le PCV de toute participation au pouvoir. Comment ne pas penser que tout était déjá convenu avec Washington, où Betancourt avait résidé jusqu'á la fin de son exil ?

Betancourt remporta les élections de décembre 1958 et nous a tous trahis : il marchanda la révolution, qui avait coûté du sang, y compris celui de militants de son parti AD. Ceci provoqua une division de cette organisation entre une faction de droite et une faction de sa gauche, indignée par la trahison. En janvier 1959 triompha la Révolution cubaine, mais il était déjá trop tard pour les révolutionnaires vénézuéliens. Betancourt put faire du Vénézuéla le satellite principal de l'Empire de ce côté-ci du continent. La même chose pourrait se passer dans les pays arabes où les peuples se révoltent héroïquement ces jours-ci contre l'Empire.

Il y a quelques questions que je me pose devant certaines similarités inquiétantes avec l'actuel monde arabe. À la fin des années 50 il y avait dans notre Amérique quelques dictatures militaires, toutes imposées par l'Empire : Manuel Odría au Pérou, Gustavo Rojas Pinilla en Colombie, Marcos Pérez Jiménez au Vénézuéla, Fulgencio Batista à Cuba, Rafael Trujillo en République dominicaine, Alfredo Stroessner au Paraguay, Anastasio Somoza au Nicaragua. Ces deux derniers tombérent plus tard, mais les autres tombèrent en trés peu de temps, comme des dominos. Il y a des preuves d'intervention US  dans la chute de ces dictatures : ils ont tué Trujillo lorsqu'il refusa d'abandonner le pouvoir. Ils n'ont pas protégé Pérez Jiménez. Le soutien qu'ils apportèrent à Batista contre Fidel ne fut pas suffisant. Ils ne s'opposérent non plus à l'effondrement des autres. Lorsque les USA soutiennent vraiment un gouvernement, ils font tout pour le secourir : financement et entraînement de pantins, coups d'État, actions séparatistes et éventuellement des invasions, pour énumérer seulement une partie de leur arsenal politique. Ils ne firent rien de cela pour éviter la chute des dictatures latino-américaines de la fin des années 50.

Se passe-t-il la même chose dans les pays arabes ? Feront-ils à Moubarak ce qu'ils ont fait à Trujillo ?

Ces jours-ci sont, donc, décisifs pour l'avenir  du monde.

Source: http://aporrea.org/actualidad/a117722.html
Date de parution de l'article original: 15/02/2011
 
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
Haut de la page
 Répondre Répondre Page  <1234 11>

Aller au Forum Permissions du forum allez vers le bas

Powered by Flex Design® version v8m6r15
Copyright © 2001-2011 Flex Design

Cette page a été affichée en 1,398 secondes.