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Monde Arabe en révolution

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Feb 2011 à 20:52

Les révolutions arabes, où est l’islamisme ?

 

Zhor Firar, Fouad Imarraine et Omar Mahassine

La révolution tunisienne et celle qui a cours en Égypte ont pris à contre-pied tout le monde, les chancelleries occidentales, les spécialistes du monde arabe, les médias et leurs envoyés spéciaux … On croyait que le peuple arabe était maintenu dans un coma profond et que les dictatures en place étaient inébranlables. Ces mêmes dictatures, que l’Occident soutient aveuglément, sont considérées comme le seul rempart contre l’islamisme. Alexandre Adler, essayiste français, a soutenu la dictature au détriment de la démocratie, au prétexte que le peuple arabe ne serait finalement pas assez civilisé pour accueillir la démocratie : « Non, à tout prendre, je préfère que les Frères musulmans soient cooptés par les militaires égyptiens qui gardent l’essentiel du pouvoir plutôt que de les voir gagner des élections libres, […] Je soutiens donc le maintien des dictatures les plus éclairées possibles – voir pas éclairées du tout – en Egypte et en Arabie saoudite plutôt que l’application, dans ces régions du monde, des principes démocratiques qui, dans l’immédiat, ne seraient que porteurs de désordres et de violence ».

Mais voilà, ce que viennent de faire les Tunisiens et les Egyptiens a bouleversé les préjugés simplistes, qui conçoivent la révolution arabe comme étant forcément fanatisée, encadrée par de dangereux islamistes ayant leurs couteaux entre les dents. Et brusquement, la révolte arabe est pacifique et ne demande rien d’autre que la liberté, la dignité, la justice et la démocratie.

Qui est, donc, à l’origine de ces soulèvements et de ces révoltes ? Les islamistes ? Les Frères musulmans ? Ou bien, tout simplement, le peuple. Le peuple qui n’en pouvait plus d’être soumis, torturé, exploité et humilié. Le peuple, et précisément, les jeunes cultivés, diplômés et pourtant frustrés car sans emploi, sans logement et sans perspective d’avenir.

Il est intéressant de soulever l’effervescence des faiseurs d’opinions de notre pays la France. Qu’est-ce que l’autre ? Un simple reflet, notre copie bien pâle ou encore l’injonction d’un devenir imposé par le Nord. Il n’est et ne devra-t- être que le reflet sinon gare, gare à quoi ? Gare à qui ? Au péril islamiste bien sûr. Hier les communistes et aujourd’hui le nouvel ennemi, l’Islam ou l’islamisme dirons les plus aux faits, les experts... Comment l’ennemi est construit, déconstruit, et reconstruit ; ceux sont là des questions qui méritent d’être posées.

Les pays arabo-musulmans ne méritent donc pas la démocratie, seule la dictature est capable de maintenir la paix dans cette région du monde. Les révolutions tunisiennes et égyptiennes seraient porteuses de désordres, de violence et de terrorisme.

Un discours sous jacent, qui ne dit pas son nom, désigne le monde arabe comme n’étant pas suffisamment mûr pour accueillir les idéaux universels. C’est assez incroyable d’entendre cela au vingt et unième siècle et de se dire que finalement l’agora n’est accessible qu’à une certaine élite. Nous sommes loin des idéaux du peuple, de son aspiration à plus de justice et de dignité.

Nous assistons à un tournant de l’histoire et les discours tenu par certains intellectuels laissent de marbre, tant ils balaient d’un revers de la main la question des droits fondamentaux, qui commence tout simplement par le fait de reconnaître à cet autre son droit à l’humanité. Comment peut-on aujourd’hui, dire tout et son contraire, être pour la démocratie dans le Nord mais pas dans le Sud, accepter des droits pour les uns et l’aliénation pour les autres ? Le droit à la dignité ne peut être monnayable ou à géométrie variable, en fonction d’intérêts économiques, politiques ou géostratégiques.

Depuis le 11 septembre, le concept d’ islamisme est devenu une arme psychologique et une propagande islamophobe utilisé afin de façonner l’inconscient des masses et de faire accepter leurs régimes autoritaires et leurs politiques d’humiliations. Le phénomène de l’islam politique, comme source de libération, a une histoire ancienne et inhérente à l’époque postcoloniale et à la reconstruction de l’identité du monde arabo-musulman.

En effet, la plupart des mouvements de résistance aux colonisations occidentales se référaient à l’islam. La question culturelle et identitaire a été très tôt un vecteur fondamental. Mehdi Elmandjra, explique : « […] le cas du Maroc, à la fin du 19e siècle, il y avait un mouvement moderniste Salafi qui venait pour dire que l’Islam est une religion dynamique, c’est à dire qu’il y a certaines constantes, mais qu’il y a une flexibilité énorme découlant de l’Ijtihad(la recherche). C’est ce mouvement qui a motivé la défense des Droits de l’Homme et la lutte contre l’impérialisme et le colonialisme. Il n’y aurait pas eu de libération sans l’Islam. Cet Islam libérateur qui régnait dans tous les mouvements nationalistes traduisait une culture d’émancipation. […] Cet Islam libérateur devenait ainsi aussi dangereux pour eux (le régime en place) qu’il l’a été lors de la période coloniale pour l’occupant. Par conséquent, ces régimes ont commencé à établir et à encourager des mouvements, des sectes, des traditions bref un Islam hermétique et archaïque. Mais on oublie souvent que l’Islam est libérateur. »

L’islamisme est le retour au référentiel islamique afin de trouver des solutions aux problèmes sociaux et politiques. Ce retour aux sources est producteur de sens et donc de résistance à tout système de domination. Mais, la propagande médiatique présente l’islamisme comme une menace imminente, comme une aberration contemporaine. Elle met tous les mouvements s’inscrivant dans le registre politique, avec l’islam comme référentiel, dans le même sac : celui du terrorisme en l’occurrence.

Si des groupes se revendiquent de l’islam comme base d’action politique, cela reste inscrit dans le registre de la revendication identitaire. Si le succès politique électoral a été manifeste un temps, il s’agissait avant tout d’une manifestation populaire de la revendication identitaire et culturelle. Aucun de ces mouvements ne s’est réveillé un matin en criant vengeance à l’Occident car il est l’Occident. Aucun des partis aujourd’hui au pouvoir ou en cours de visibilité politique n’a cédé à la tentation d’une éventuelle vengeance. Ils sont tous dans une vision du monde tenant compte de la pluralité, de la diversité. Mais leurs pluralités et leurs diversités ne seront pas forcément comme celles que nous revendiquons ici en Occident.

Nos démocraties restent perfectibles, nos diversités restent relatives, notre universalité est encore à développer. Mais combien de temps nous a-t-il fallu pour arriver là où nous sommes ? Combien d’échecs nous a-t-il fallu pour réussir ce que nous avons gagné ici en liberté ? Combien de sang versé pour écrire cette histoire avant de laisser place à de l’encre ? Combien d’armes a-t-il fallu avant de laisser place aux mots ? N’ont-ils pas le droit aux erreurs que nous avons commises pour arriver là où nous sommes ? Les événements de Tunisie et d’Egypte sont la démonstration que les forces politiques ont pris conscience de la complexité et de la particularité de leurs sociétés. Nous vivons un tournant historique pour revoir nos grilles de lecture de notre environnement immédiat et lointain.

Des mouvements islamistes n’ont fait que répondre au besoin d’une aspiration, à plus de liberté, d’être maître de son destin. Au nom d’une identité bafouée, d’un héritage culturel et scientifique sacrifié. Des mouvements se sont levés pour réclamer une rupture avec la culture dominante, imposée au nom du progrès. Un progrès, fruit d’une histoire perçue comme propre à l’Occident et non liée à leurs propres cultures, à leurs nations. Ces déchirures de l’histoire sont encore marquantes dans ces mouvements islamiques centrés alors sur l’identité. Seule l’identité pouvait encore soulever le peuple déçu par les promesses non tenues de l’indépendance, des peuples déçus par les promesses du matérialisme exclusif proposé à partir de l’Occident ou de l’Asie.

Le défi à relever est de savoir être dans une posture civilisationnelle, universaliste tout en tenant compte des particularismes. Mais cela est-il réaliste quand la gestion démocratique se pose dans les sociétés musulmanes où l’Etat de droit est absent, où l’alternance fait défaut, où la justice est bannie alors que toute l‘éthique islamique se déploie autour de ces principes ?

Ce qui importe, est que la révolution tunisienne réveille nos consciences au monde du possible. Si la société tunisienne se déclare musulmane, elle se pense déjà dans la pluralité de ses composantes. Nous sommes entrés dans une nouvelle phase de l’émancipation. Celle de se penser responsable de son destin, souverain de ses orientations, partenaire de son environnement.

Oui, l’islamisme a mis les sociétés musulmanes face à leurs responsabilités et à leur avenir, mais il ne pourra pas aller plus loin en tant qu’expression politique au regard des nouvelles réalités sociales des sociétés musulmanes. D’autres expériences vont éclore, après ce tournant entamé avec la révolution tunisienne et poursuivie par le peuple égyptien.

Oui, l’islamisme a réussi à mettre la question de l’identité et de la culture au centre des débats. Il a obligé le monde à débattre sur l’islam et les musulmans. Non, l’islamisme n’ira pas au-delà de son cycle.

L’expérience turque et iranienne et peut être tunisienne démontre que la question du religieux n’appartient pas exclusivement à un groupe mais à l’ensemble de la nation. Certes, il y a et il y aura des radicaux mais ils resteront minoritaires. Comme chez nous en Europe, le monde musulman sera dans l’obligation de composer avec toutes ses tendances, comme de par son passé, avant que la liberté de penser et de s’exprimer ne fût confisquée par des autorités politiques en manque de légitimité.

L’islamisme s’est inscrit dans un processus qui l’a précédé et qui lui succédera : processus de libération. Comme les guerres d’indépendance, il a joué son rôle de libération de toute domination. Aujourd’hui les soulèvements populaires ont franchi l’étape de la libération de la peur. Une peur entretenue au nom de la lutte contre les dangers de l’islamisme pour ne pas laisser les peuples souverains. Les révolutions égyptiennes et tunisiennes encore en marche ont démontré à la face du monde que les peuples ne renient rien à leurs références culturelles et religieuses et qu’ils retrouvent la dignité et le sens de la responsabilité dont on les a privés : pas de saccage, pas de crimes mais essentiellement des victimes de la répression.

L’islamisme s’il en est, se sait dans l’obligation d’une mutation profonde au point de disparaître en tant que tel. Le défi n’est plus la liberté d’être (bien que tout le monde arabe ne soit pas encore libéré de l’oppression) mais la responsabilité d’agir. Agir au moment où les idéologies d’Occident s’interrogent sur elles-mêmes.

Nos civilisations occidentales ne disparaissent pas, mais elles ne seront plus exclusives. Elles ont besoin des autres. L’Occident a franchi un cap. Il sort de son ethnocentrisme avec l’émergence d’autres puissances économiques. Il se rappelle à sa juste mesure, à son juste poids au milieu des autres.

Il ne s’agit plus de savoir qui va dominer le monde. Il s’agit de savoir comment préserver notre monde dans sa diversité. Le monde musulman est appelé au pupitre de l’Histoire pour entendre sa contribution. Telle est sa prochaine priorité dans son processus de libération.

Zhor Firar, Fouad Imarraine et Omar Mahassine

militants associatifs, centre Malcolm X http://www.centre-malcolmx.org/


La campagne occidentale anti-arabe ne fonctionne plus.

par Eduardo Febbro 

Toutes les versions de cet article : [Español]

Depuis environ une trentaine d’années, une campagne obstinée de dénigrement s’est consacrée à présenter l’Islam comme l’ennemi des valeurs occidentales. On a confondu une poignée de terroristes aliénés avec des millions d’individus.

Les démocrates arabes qui ont fait sauter la banque de l’autocratie et de la corruption à Tunis et en Egypte ont apporté une contribution inestimable à la connaissance humaine : ils ont démonté avec leur vigueur démocratique le profil de démon avec lequel la presse occidentale et les essayistes opportunistes avaient portraituré l’islam et le monde arabe musulman en général, et dans le même temps ils ont remis en question les intérêts stratégiques de la première puissance mondiale.

Depuis environ une trentaine d’années, une campagne de dénigrement obstinée s’est consacrée à présenter l’Islam comme un ennemi des valeurs occidentales, les Arabes comme une société d’individus hystériques et hors de l’histoire. Articles, reportages télévisés et essais s’acharnèrent sur un même thème : la peur de I’Islam, de l’islamisme, l’identification d’une religion avec le terrorisme de masse. Ils ont confondu une poignée de terroristes aliénés avec des sociétés civiles de millions d’individus. Ils ont fait abstraction de l’histoire du monde, du colonialisme. Ils ont laissé de coté l’influence des ressources pétrolifères dans l’expansion provoquée du fondamentalisme islamique ainsi que le rôle de la confrontation entre l’Est et l’Ouest dans l’instigation des extrémismes religieux en armes stratégiques.

De nombreux intellectuels modernes ont largement contribué à cet amalgame de mensonges et de peurs, adeptes qu’ils sont du fauteuil pivotant depuis lequel ils regardent le monde et projettent leurs choix idéologiques et leur sagacité sans se déplacer, sans connaître, la plupart du temps, cet être humain, ces gens, l’intimité des nations, leur histoire, les langues qui s’y parlent, les pratique confessionnelles en cours, la raison et les nuances des rites, la dimension historique de l’identité, le jeu pervers des luttes géopolitiques qui tracèrent la carte du Moyen Orient. La propagande s’est combinée à la réflexion. Pourtant, l’islamisme fondamentaliste tel que nous le connaissons aujourd’hui, précède la création de groupes tels que le Hamas, Al Qaida, le Hezbola et est même antérieur à la confrontation entre Israël et les fondamentalistes islamiques qui luttent pour la disparition d’un état juif. Le Hamas fut d’abord créé en 1987 comme mouvement de résistance islamique contre l’occupation israélienne du territoire de Gaza. Le Hezbola est né en 1982 contre l’occupation du Liban par les troupes israéliennes (1982). Le troisième, Al Qaida, est une émanation de la politique nord américaine en Asie centrale.

L’extrémisme islamique contemporain prit forme en 1953 avec le coup d’état contre le Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh. Elu deux ans auparavant avec l’appui du Front National, un groupe de patriotes progressistes, Mossadegh supprima les privilèges exorbitants dont jouissait la première entreprise mondiale d’exploitation d’hydrocarbures, la compagnie anglo-iranienne Oil, AIOC. Cette entreprise détenait le monopole de l’exploitation et de la vente du pétrole iranien et payait en contrepartie de maigres bénéfices à l’Etat iranien, tandis que la population vivait dans la pauvreté. Les Britanniques, dans leur empressement à renverser Mohammad Mossadegh, demandèrent sa coopération à Washington. Un émissaire du Secret Intelligence Service, Christopher Montague Woodhouse, convainquit la CIA de la nécessité d’éradiquer la triple menace que représente le nationalisme de Mossadegh, le puissant parti de la gauche iranienne, Tudeh, et l’ex Union Soviétique, pays frontalier de l’Iran. Les Etats Unis et la Grande Bretagne montèrent l’opération AJAX et renversèrent le régime de Mohammad Mossadegh avec l’aide d’un allié intérieur, le souverain iranien Mohammed Réza shah Pahlévi. La frustration nationale face à l’exploitation pétrolifère, la coopération du Shah d’Iran avec les spoliateurs d’hydrocarbures et l’instauration d’une tyrannie absolue qui écrasa le mouvement démocratique et laïc a donné vie et corps au fondamentalisme chiite, c’est à dire à l’aile droite extrémiste et nationaliste d’Iran. En 1979, l’Ayatollah Khomeyni s’appuya sur ce mouvement fondamentaliste pour lancer la révolution iranienne, dont la permanence forgea un fascisme religieux et fit de Téhéran un axe de la terreur. L’ex président nord américain Bill Clinton reconnut en l’an 2000 les conséquences néfastes de l’opération AJAX et présenta des excuses. Trop tard. Un autre monstre aux sinistres conséquences, lui aussi projeté et perpétré par Washington, était en train de s’alimenter en Asie centrale : le financement des secteurs les plus radicaux de l’Islam pour combattre l’invasion de l’Afghanistan par l’Union Soviétique. Les écoles coraniques du Pakistan (mères nourricières) furent financées par Washington pour préparer les “combattants de la liberté” inspirés de la version la plus extrême de la religion. La quasi-totalité des terroristes recherchés par les Etats Unis depuis les attentats du 11 septembre a été amenée par Washington au Pakistan en charters spéciaux durant les années 80. Ben Laden et les talibans afghans ont été des alliés intimes de cette stratégie, des soldats au service de la cause nord américaine qui plus tard ont fait volte-face.

La rivalité pour les hydrocarbures et les tactiques confessionnelles contre le communisme dessinèrent notre monde d’aujourd’hui. L’occident se lava les mains et salit le monde arabo-musulman d’une propagande impudique. Les musulmans devinrent rétrogrades, rigides, de dangereux fanatiques qui mettaient en danger l’identité et les valeurs de l’Occident. Telle a été l’influence de ce discours que la quasi-totalité des partis d’extrême droite qui remplissent les urnes du Vieux Continent a fait de la haine des musulmans son principal argument électoral. Et, cependant, ce ne sont pas les petits papiers sales de Wikileaks qui ont fait avancer l’histoire mais le peuple. Dans les révoltes de Tunis ou sur la place Tahrir du Caire on n’a pas vu de barbus agressifs, ni le Coran en arme : nous avons vu des démocrates qui luttaient pour la liberté, l’égalité, la juste redistribution des richesses et un meilleur futur. Nous avons vu des drapeaux égyptiens, des portraits d’Hosni Moubarak avec la moustache d’Hitler et des pancartes demandant qu’il s’en aille. En deux semaines, une partie du monde arabe bouleversa l’ordre préétabli du monde sans bombes ni attentats. Que diront les hérauts de l’effrayante différence, maintenant que cet autre si craint et dénigré met collectivement sa vie en jeu pour les valeurs sur lesquelles se base la culture politique occidentale ? Quel démon vont-ils inventer pour continuer d’avoir raison ? Ces progressistes de sociétés méprisées par la techno culture occidentale ont créé en une poignée de jours une des transformations majeures de l’histoire. Derrière leurs revendications il n’y a pas de démons fondamentalistes, mais des siècles d’oppression, de spoliation et de corruption. Quel que soit le cap de cette révolution nous devons à ces démocrates acharnés une démonstration unique, une gigantesque émotion, l’occasion de voir l’autre tel qu’il est, de le reconnaître, de palper ses rêves, qui sont aussi les nôtres. Nous avons vu l’histoire avancer devant nos yeux, nous avons la preuve que, par delà la culture, la langue et le Dieu auquel nous adressons nos prières, persiste en l’homme l’ambition de la liberté à laquelle il ne peut renoncer.

Traduit de l’espagnol pour El Correo par : Thomas Solorzano.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Feb 2011 à 00:53
Jours de colère à Benghazi, Téhéran, Manama, Sanaa : des places Tahrir partout
 

Les peuples du monde arabo-berbéro-islamique sont tous en train de se réveiller, encouragés à relever la tête par les révolutions tunisienne et égyptienne. Les régimes qui les tiennent en cage ont, comme toujours et partout, les mêmes réponses : les tirs à balles réelles, l'envoi de bandes de tueurs déguisés en "contre-manifestants" et la dénonciation de la "main invisible" et "complot-tramé-par-les-puissances-étrangères-et-hostiles-à)-la-nation". En ce début de semaine, on compte 2 morts à Téhéran, 2 morts à Manama (Bahreïn) et une condamnation ubuesque en Syrie : une blogueuse de 19 ans fan de poésie a été condamnée à 5 ans de prison. Tal al-Mallouhi, petite-fille d'un ancien ministre, arrêtée en décembre 2009,  a été condamnée pour «divulgation d’information à un État étranger», en l’occurrence les USA. Quand on connaît les méthodes moukhabarat syrien, il est évident que la jeune fille a avoué tous ses horribles "crimes". Jeudi, une journée de la colère est appelée en Libye par un groupe créé sur Facebook, qui regroupe déjà 10 000 internautes. À Bahreïn, les manifestants qui occupent la Place de la Perle, rebaptisée place Tahrir, ont passé leur première nuit d'occupation. À Sanaa, le régime a pris les devants en faisant occuper la place Tahrir par ses partisans descendus en camions des montagnes.

IRAN

Lors de la journée de la colère organisée par le mouvement d'opposition iranien, deux manifestants ont été tués lundi à Téhéran : Saneh Jaleh (صانع ژاله) ans,  26 ans, étudiant aux Beau-Arts de Téhéran, Sunnite originaire du Kurdistan. Le régime s'est livré à une opération d 'intoxication à propos de sa mort, prétendant qu'il s'agissait d'un membres des milices du régime, les Bassidjis, et avait été tué par des "monafeghine" (hypocrites, terme utilisé pour désigner le groupe des Moujahidines du Peuple de Mariam Madjavi) et qu'il allait organiser les funérailles de ce "martyr". La deuxième victime s'appelait Mohammad Mokhtari, 22 ans.
 

 Saneh Jaleh. Les sbires du régime ont "kidnappé" son enterrement.



Mohammad Mokhtari

LIBYE

Quatorze blessés à Benghazi lors de manifestations

Des affrontements à Benghazi ont opposé les forces de l'ordre et des manifestants «saboteurs», selon un journal libyen.

Quatorze personnes ont été blessées mardi dans des affrontements à Benghazi en Libye entre des manifestants «saboteurs» et les forces de l'ordre, a rapporté mercredi un journal libyen. Citant le directeur de l'hôpital, le journal Quryna a affirmé que parmi les blessés figuraient «trois saboteurs et 10 membres des forces de l'ordre» sans donner de précision sur le quatorzième blessé. «Aucun d'eux n'a été grièvement touché», a-t-il ajouté.

Les forces de l'ordre étaient intervenues, selon le journal, pour mettre fin à des affrontements entre des partisans du leader libyen Mouammar Kadhafi et des «saboteurs» parmi des manifestants qui s'étaient rassemblés pour réclamer la libération d'un avocat représentant des familles de prisonniers tués en 1996 dans une fusillade dans la prison d'Abou Salim à Tripoli.

Des sources concordantes avaient auparavant indiqué que la police libyenne avait dispersé par la force dans la nuit de mardi à mercredi un sit-in contre le pouvoir à Benghazi, deuxième ville du pays, à 1.000 km à l'est de Tripoli. Peu après des centaines de partisans du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi ont défilé dans plusieurs villes du pays, a-t-on indiqué de même sources.

Ces manifestations interviennent avant une «journée de colère» libyenne prévue jeudi, selon des appels lancés sur Facebook. Sous le slogan «Révolte du 17 février 2011: pour en faire une journée de colère en Libye», un groupe Facebook, qui appelle à un soulèvement contre le régime de Mouammar Kadhafi, est passé de 4.400 membres lundi, à 9.600 mercredi matin.

Mardi, des membres des familles de prisonniers dans la prison d'Abou Salim se sont rassemblés devant un poste de police pour réclamer la libération de leur coordinateur, l'avocat Fethi Tarbel, selon le journal en ligne Al-Manara. Me Tarbel, dont les motifs de l'arrestation sont inconnus, a été libéré sous la pression des familles, selon le site du journal Quryna, proche de Seif Al-Islam, fils du colonel Kadhafi.

Source : AFP
 

BAHREÏN

 

MAROC

Appel du Mouvement du 20 février pour la dignité et la liberté

 
 
 


Edité par T 34 - 17 Feb 2011 à 01:27
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Le PCF, dans la révolution tunisienne

Le PCF, dans la révolution tunisienne Le député européen, et directeur de l’Humanité, 
Patrick Le Hyaric, les sénatrices Annie David et Odette Terrade, et Jacques Fath, chargé des relations internationales du PCF, se sont rendus, mercredi, à Tunis. La délégation a apporté son soutien aux acteurs de la révolution. Elle a rencontré, entre autres, le responsable du Parti communiste des Ouvriers de Tunisie, Hamma Hamami, le journaliste, Taoufik Ben Brik, l’avocate Radhia Nasraoui, l’Association tunisienne des femmes démocrates, le président de la ligue Tunisienne des droits de l’homme. «Nous avons trouvé un peuple lucide sur le processus qu’il a
enclenché, a déclaré Patrick Le Hyaric. (Il) a conquis 
la liberté d’expression (...) mais il (est) toujours en butte au système Ben Ali.»

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La révolution égyptienne et Israël (Electronic Intifada)

 

Ilan PAPPE

L’opinion qui prévaut en Israël est que si elles réussissent vraiment, les révolutions égyptiennes et tunisiennes sont une mauvaise chose pour Israël, une très mauvaise chose. Les arabes éduqués — qui ne sont pas tous habillés comme des "islamistes", qui, pour un bon nombre d’entre eux, parlent parfaitement bien l’Anglais et qui expriment leur aspiration à la démocratie de manière tout à fait raffinée et sans recourir à la rhétorique "anti-occident" sont mauvais pour Israël.

Les images d’armées arabes qui ne tirent pas sur les manifestants sont aussi mauvaises pour Israël que toutes ces autres images qui ont ému et enthousiasmé tant de personnes dans le monde et même en occident. Cette réaction unanime est aussi mauvaise, très mauvaise. Cela fait ressembler l’occupation israélienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza et sa politique intérieure d’apartheid aux actions d’un régime "arabe" typique.

Dans un premier temps, personne n’a su ce que les officiels israéliens pensaient. Dans une première déclaration pleine de bon sens à ses collègues, le premier ministre Benjamin Netanyahu a demandé à ses ministres de ne pas commenter en public les événements en Egypte. Pendant un court instant on a pu penser qu’Israël abandonnait le rôle de voisin voyou pour redevenir ce qu’il avait toujours été : un visiteur ou un résident permanent.

Il semble que Netanyahu a été particulièrement embarrassé par les commentaires malheureux prononcés sur la situation par le Général Aviv Kochavi, le chef des services secrets israéliens. Cet expert galonné des affaires arabes a affirmé avec force à la Knesset que le régime de Mubarak était aussi solide et fort que jamais. Mais Netanyahu n’a pas été capable de se taire longtemps. Et quand la langue du leader s’est déliée, tout le monde s’y est mis. Et en écoutant leurs remarques, on se disait que, en comparaison, les commentateurs de Fox News étaient une bande de hippies pacifiques, adeptes de l’amour libre des années 1960.

La substance du discours israélien est simple : Ceci est une révolution du genre de celle d’Iran soutenue par Al Jazeera et que le président étasunien Obama, qui est une nouveau Carter, et le reste du monde sous le choc laissent stupidement se développer. Les fers de lance de l’interprétation israélienne sont les anciens ambassadeurs israéliens en Egypte. Toute leur frustration d’avoir été enfermés dans un appartement d’une tour du Caire se répand maintenant comme la lave d’un volcan inextinguible. Leurs propos peuvent se résumer aux paroles de l’un d’entre eux, Zvi Mazael qui a dit sur la chaîne 2 de la TV israélienne le 28 janvier : "Tout ceci est mauvais pour les Juifs ; très mauvais."

En Israël, bien sur, quand on dit "mauvais pour les Juifs" on veut parler des Israéliens - mais on veut dire aussi que ce qui est mauvais pour Israël est aussi mauvais pour les Juifs du monde entier (bien que le contraire ait été amplement prouvé depuis la création de l’état).

Mais ce qui est vraiment mauvais pour Israël, c’est la comparaison. Indépendamment de la manière dont tout cela va finir, cela met en lumière les mensonges et les fausses allégations d’Israël comme jamais auparavant. Le peuple d’Egypte mène une intifada pacifique et c’est le régime qui se livre à des violences meurtrières. L’armé n’a pas tiré sur les manifestants ; et même avant le départ de Mubarak, au bout de sept jours de protestation, le ministre de l’intérieur qui envoyait ses sbires attaquer violemment les manifestants a été renvoyé et sera sans doute jugé.

Oui, ils ont fait cela pour gagner du temps et essayer de persuader les manifestants de rentrer chez eux. Mais même cet événement, qu’on a déjà oublié, ne pourrait pas arriver en Israël. Israël est un lieu où tous les généraux qui ont donné l’ordre de tirer sur les manifestants palestiniens et juifs qui protestaient contre l’occupation sont maintenant en compétition pour la promotion au poste suprême de chef d’état major.

L’un d’entre eux, Yair Navey a donné l’ordre en 2008 de tirer sur tous les suspects palestiniens même s’ils se laissaient arrêter sans résister. Il n’est pas en prison ; mais la jeune femme, Anat Kamm, à l’origine des fuites au quotidien Haaretz qui ont révélé ces instructions encourt une peine de neuf années de prison. Aucun général israélien n’a passé un seul jour en prison pour avoir ordonné aux troupes de tirer sur des manifestants désarmés, des civils innocents, des femmes, des vieillards et des enfants. La lumière qui brille en Egypte et en Tunisie est si forte qu’elle éclaire aussi les aspects les plus sombres de la "seule démocratie du Moyen Orient."

Les arabes pacifiques et démocratiques (qu’ils soient ou non religieux) sont mauvais pour Israël. Mais peut-être que ces arabes étaient là tout le temps, pas seulement en Egypte mais aussi en Palestine. L’argument que les commentateurs israéliens martèlent avec insistance, comme quoi la question la plus importante serait les traité de paix avec l’Egypte, n’est qu’une diversion qui n’a quasiment rien à voir avec la puissante pulsion qui secoue le monde arabe dans sa totalité.

Les traités de paix avec Israël sont les symptômes de la corruption morale et non la maladie elle-même - c’est pourquoi le président syrien, Bashar Asad, qui est pourtant indubitablement un leader anti-israélien, n’est pas à l’abri de la vague de changement. Non, l’enjeu ici est l’idée mensongère qu’Israël est un îlot occidental, stable et civilisé perdu dans une mer de barbarisme islamique et de fanatisme arabe. Le "danger" pour Israël est que la carte ne change pas mais que la géographie change. Il demeurerait toujours un îlot mais un îlot de barbarisme et de fanatisme dans une nouvelle mer d’états démocratiques et égalitaires.

Depuis longtemps de larges sections de la société civile occidentale ne voient plus en Israël un état démocratique ; et il semble que maintenant des politiciens occidentaux au pouvoir pourraient se mettre à penser comme eux. Quelle place tient l’ancienne image d’Israël-état démocratique dans le maintien de sa relation privilégiée ave les USA ? Seul le temps nous le dira.

Quoiqu’il en soit, le cri qui s’élève de la place Tahrir du Caire nous prévient que la mythologie mensongère de la "seule démocratie du Moyen Orient", l’implacable fondamentalisme chrétien (beaucoup plus sinistre et corrompu que celui des Frères Musulmans), l’industrie cynique de l’armement qui profite de la guerre, le néo-conservatisme et le brutal lobbying ne garantiront pas indéfiniment la permanence de la relation privilégiée entre les USA et Israël.

Et même si cette relation se poursuit un certain temps, sa base est maintenant beaucoup plus fragile. Si on considère, à l’autre bout de l’échiquier, les persistantes puissances régionales anti-étasuniennes que constituent l’Iran, la Syrie et dans une moindre mesure la Turquie d’une part, et, de l’autre, le renversement des derniers dictateurs pro-étasuniens, on se rend compte que, même s’il dure, le soutien étasunien ne sera peut-être pas suffisant pour maintenir dans l’avenir un" état juif" raciste et ethnique au coeur d’un monde arabe en plein bouleversement.

Ca pourrait être une bonne nouvelle pour la communauté juive toute entière, et même pour les Juifs israéliens sur le long terme. Etre entouré de peuples épris de liberté, de justice sociale et de spiritualité, de peuples qui évoluent parfois sans encombres et parfois moins sereinement entre la tradition et la modernité, le nationalisme et l’humanisme, le capitalisme agressif de la globalisation et la survie au jour le jour, ne sera pas facile.

Cependant c’est une vision positive qui porte en elle l’espoir de changements similaires en Palestine. Elle peut provoquer la fin de plus d’un siècle de colonisation et de dépossession sioniste et amener une réconciliation équitable entre les victimes palestiniennes de ces politiques criminelles où qu’elles se trouvent, et la communauté juive. Cette réconciliation serait fondée sur le droit des Palestiniens au retour et tous les autres droits pour lesquels le peuple d’Egypte s’est si bravement battu au cours de ces 20 derniers jours.

Hélas, on peut faire confiance aux Israéliens pour ne pas manquer une occasion de ne pas faire la paix. ils crieraient au loup. Ils exigeraient et obtiendraient davantage d’argent des contribuables étasuniens pour mettre en place "les nouveaux développements". Ils interviendraient secrètement pour saboter et détruire toute transition vers la démocratie (vous souvenez-vous de la violence et de la cruauté avec laquelle ils ont réagi à la démocratisation de la société palestinienne ?) et ils se livreraient à une campagne islamophobe d’une envergure inégalée.

Mais qui sait, peut-être que les contribuables étasuniens ne bougeraient pas cette fois-ci. Et peut-être que les politiciens européens suivraient leurs opinions publiques et non seulement laisseraient l’Egypte se transformer radicalement, mais attendraient une évolution similaire d’Israël et de la Palestine. Dans un tel scénario, les Juifs d’Israël ont une chance de devenir partie intégrante du Moyen Orient au lieu d’être au Moyen Orient une pièce rapportée agressive issue de l’imagination égarée des sionistes.

Ilan Pappe est professeur d’histoire et directeur du European Centre for Palestine Studies à l’université d’Exeter. Son livre le plus récent est "Out of the Frame : The Struggle for Academic Freedom in Israel" (Pluto Press, 2010).

Pour consulter l’original :
http://electronicintifada.net/v2/ar...
http://countercurrents.org/pappe140...

Traduction : D. Muselet

Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Feb 2011 à 23:44
Entretien avec Mohamed Hassan : Où va l’Égypte ? Où va le monde arabe ?
 
Grégoire Lalieu
Michel Collon
 

Après la Tunisie, l’Égypte ! Sous la pression du peuple, le président Hosni Moubarak, accroché au pouvoir depuis trente ans, a finalement quitté son poste. Quels sont les enjeux de la révolution égyptienne ? Quel impact pour les États-Unis et Israël ? La chute du raïs va-t-elle favoriser la montée de l’islamisme comme le craignent la plupart des médias occidentaux ? Mohamed Hassan répond à ces questions.

 
 
Jusqu’il y a peu en Europe, beaucoup de citoyens pensaient qu’il serait difficile de faire tomber les dictatures arabes. Mais vous ne partagiez pas cet avis. Pourquoi ?
Durant les années 60, j’ai étudié en Égypte. Nous étions à l’époque trente mille étudiants étrangers venus d’Afrique, d’Inde ou même d’Indonésie, à profiter d’un programme d’éducation mis en place par Nasser quelques années auparavant. Je dirigeais le bureau des étudiants somalis et je me souviens que la plupart des Égyptiens moyens avaient beaucoup de sympathie pour nous car notre présence symbolisait la solidarité de l’Égypte avec l’Afrique : ils en étaient fiers !
En 2009, après trente ans d’absence, je décidai de retourner aux pays des pharaons. Dans l’avion, je discutai avec des journalistes égyptiens et leur fis part de mes inquiétudes : on m’avait dit que l’Égypte était devenu un État policier et que les arrestations étaient courantes. Mais les journalistes me rassurèrent, aussitôt prétendant que leur pays était une démocratie et qu’il n’y avait pas de craintes à avoir.
Arrivé au Caire, je fus impressionné de voir comment la ville s’était développée. Incroyable ! C’était devenu une ville immense, accueillant chaque jour deux mille nouvelles personnes. Je pris un taxi et me rendis dans les locaux de l’association que j’avais dirigée. J’y retrouvai une vieille connaissance égyptienne, Mohamed, avec qui nous prenions régulièrement le thé à l’époque et dont nous savions qu’il était en contact avec les services de renseignements. Je lui demandai quelle était la situation en Égypte. Il me répondit très en colère que ce pays était dirigé par des gangsters qui pillaient les richesses. Connaissant son passé dans les services secrets, je soupçonnai Mohamed de dire cela pour me tirer des vers du nez. « Tu peux parler, répondit-il. Tout le monde s’en fout ici. Les autorités ne contrôlent rien. Et ce bâtard, ajouta-t-il en désignant une photo de Moubarak accrochée au mur, il ne vit même pas au Caire, mais à Sharm el-Sheikh (une station balnéaire très prisée par les touristes). »
Je fus très surpris car je pensais que les gens n’osaient pas critiquer le régime dans cet État policier. Aussi, dans les jours qui suivirent, je questionnai les gens dans la rue, dans le bus, sur le marché, etc. Tous tenaient le même genre de propos : « Les dirigeants sont des voleurs, un jour on leur coupera les doigts ! ». J’en arrivai à la conclusion que l’Égypte était prête pour une révolution.
 
Vous dites que le pays était prêt voilà deux ans. Pourquoi la révolution éclate-t-elle aujourd’hui ?
L’élément déclencheur est le suicide de Mohamed Bouazizi, le jeune vendeur tunisien qui s’est immolé. C’est la goutte qui a fait déborder le vase. Pour les musulmans, le suicide est un péché car Allah vous a donné la vie et vous l’enlevez de vos propres mains. Mais Bouazizi est devenu un martyr car il représente toute la jeunesse du monde arabe qui vit dans des conditions difficiles. Sa mort a donc été un élément déclencheur non seulement pour la Tunisie mais aussi pour l’Égypte et d’autres pays de la région. Car les conditions sont les mêmes partout : une population très jeune mais sans avenir, une répression policière très forte, des élites corrompues…
Les jeunes Arabes ne se retrouvent pas dans ce système où ils ne peuvent même pas entrevoir un futur. A trente ans, beaucoup ne peuvent pas s’acheter de maison et doivent encore vivre avec leurs parents. D’autres essaient d’émigrer : soit ils perdent la vie en traversant la Méditerranée, cet immense cimetière, soit ils réussissent à gagner l’Europe mais sont traités comme des chiens.
Face à cette misère, vous trouvez dans les pays arabes une élite qui se la joue bling-bling, faisant du shopping dans des boutiques luxueuses, roulant dans des 4x4 dernier cri, se pavanant sur des yachts…
Jusqu’à maintenant, les pauvres ont survécu grâce à la solidarité entre eux. Vous ne voyez pas, comme dans mon pays, l’Éthiopie, des tas d’ONG occidentales distribuer du pain ou d’autres biens de première nécessité. Mais les contradictions dans la société étaient telles que le système devait éclater.
 
Ce n’est pas la première fois que des révoltes populaires éclatent dans le monde arabe. Mais elles ont toujours été réprimées jusqu’ici. Comment expliquer qu’elles débouchent sur des révolutions aujourd’hui ?
Un poète tunisien a dit il y a longtemps : si le peuple veut vivre ne fût-ce qu’un jour, tout peut arriver. Le peuple peut dormir paisiblement pendant des centaines d’années. Mais s’il désire vivre, même une seule minute, rien ne pourra l’arrêter.
C’est ce qui arrive maintenant. Il n’y a pas d’explications scientifiques. Aucun historien ne pourrait dire pourquoi cela se produit précisément aujourd’hui. Si c’était possible, l’ennemi qui ne voulait pas accorder sa liberté au peuple égyptien aurait été en mesure de prévoir ces événements et aurait tout fait pour empêcher cela.
Comme vous le soulignez, des révoltes spontanées ont régulièrement éclaté et elles ont toujours été réprimées. Mais toutes ces révoltes sont des rivières qui, avec le temps, ont fini par former un fleuve de contestation insurmontable.
De plus, il faut voir le contexte particulier du monde. Lénine a dit qu’à la différence des tortues, l’être humain ne vit pas des centaines d’années. Par conséquent, il faut analyser l’histoire de l’humanité par décennies. Et le monde a beaucoup changé ces dix dernières années.
 
La crise économique est un facteur important ?
Il y a en effet une grave crise capitaliste, le déclin des puissances occidentales et le passage d’un monde unipolaire dominé par Washington à un monde multipolaire avec l’ascension des pays émergents. Cependant, la faiblesse des États-Unis n’est pas si nouvelle. Le véritable changement, c’est que l’image des États-Unis dans le monde reflète cette faiblesse aujourd’hui. En effet, il n’y a pas que la force économique ou militaire. Il y a aussi l’impact psychologique de l’image que donne une puissance comme les États-Unis. Cette domination culturelle et intellectuelle est très importante.
Après l’effondrement de l’Union soviétique, il y a eu une offensive orchestrée par des intellectuels US tels que Francis Fukuyama avec La fin de l’Histoire ou Samuel Huntington avec Le choc des civilisations. Cette offensive a instauré une véritable terreur intellectuelle sur le reste de la planète en prétendant que l’Occident était devenu le maître du monde.
 
Comment cette image de toute puissance de l’Occident a-t-elle été brisée ?
Tout d’abord, il y a la guerre en Afghanistan. Je me souviens en 2001, en pleine affaire des courriers piégés à l’anthrax : des journalistes de CNN interviewaient un ministre taliban. C’était un vieil homme, assez arriéré, avec un turban, une grosse barbe, etc. Un journaliste survolté lui demanda si son pays était responsable des attaques à l’anthrax. Le vieil homme éclata de rire : il ne comprenait rien et ne savait même pas ce qu’était l’anthrax ! Mais la télévision US était pourtant en train de présenter cet homme modeste comme un dangereux terroriste ! Avec ce genre de scénario ridicule, les États-Unis ont envahi l’Afghanistan. Mais cette guerre s’est révélée être un fiasco et l’image de superpuissance de l’Occident en a pris un sacré coup.
L’autre élément très important est la résistance irakienne. Les États-Unis ont été incapables de contrôler le pays et leur déroute militaire face aux résistants a fait passer le baril de pétrole de 30 à 75 dollars en peu de temps. Cette hausse soudaine a rapporté beaucoup d’argent dans les caisses des pays producteurs de pétrole. Endettés à cause des programmes de la Banque mondiale et du FMI, ces pays ont pu effacer leur ardoise et retrouver une certaine indépendance.
Les campagnes militaires en Afghanistan et en Irak sont donc des échecs. L’usage brutal de la force a ouvert les yeux des populations arabes : il n’y a que les fous et les peureux qui tuent de cette manière. Cette violence aveugle n’a donc fait que renforcer la résistance à l’impérialisme. De plus, il y avait une théorie disant que l’armée US était capable de mener cinq guerres en même temps : deux conflits majeurs et trois de niveau moyen. Les résistances afghane et irakienne ont montré au reste de la planète que tout cela était faux. Ce n’était que de la terreur intellectuelle.
 
L’évolution des technologies de l’information a-t-elle également joué un rôle important ?
Tout à fait. Les réseaux sociaux sur Internet ont permis aux manifestants de s’organiser malgré la répression policière. Mais l’élément principal selon moi est l’émergence de médias d’information tels qu’Al Jazeera. La domination médiatique de l’Occident est brisée et le fossé qui séparait autrefois les élites et les peuples occidentaux des populations du Tiers-Monde n’est plus si grand. Aujourd’hui, des jeunes étudiants latinos ou arabes reçoivent une meilleure information que leurs camarades d’Occident. L’accès à la télévision s’est démocratisé et des chaines locales diffusent dans la langue des citoyens du Tiers-Monde. C’est très important car le contrôle de l’information est un élément-clé dans les conflits.
Mussolini est le premier à avoir utilisé un média d’information comme arme de guerre. Dans les années 30, la radio italienne diffusait des programmes en langue arabe à destination des colonies contrôlées par les Alliés. Cette radio invita même le mufti de Jérusalem pour servir la propagande fasciste. Ensuite, les Britanniques réalisèrent l’utilité de ce concept et créèrent la BBC internationale, qui diffusait des programmes dans plusieurs langues. Petit à petit, les médias occidentaux se sont imposés comme les maîtres du marché de l’information et ont pu déverser leur propagande au reste de la planète.
Mais aujourd’hui, les populations du Sud ont leurs propres médias. Ce développement a également permis de démocratiser l’information et la culture uniquement accessibles par les livres autrefois. Cela a donc réduit d’une certaine manière le fossé entre les différentes classes sociales.
Autre conséquence : le niveau de conscience politique des citoyens arabes est devenu très élevé. Les gens n’ont plus peur, ils s’organisent et descendent dans la rue. Normalement, par temps de paix, ça peut prendre des années pour que les consciences s’éveillent. Mais en période de crise, les choses s’accélèrent. Il y a quelques semaines, alors qu’ils réclamaient la démission de Moubarak, les Égyptiens ont organisé la marche du million au Caire. Savez-vous d’où cela vient ? De la marche du million organisée en 1995 par le militant Louis Farrakhan aux États-Unis pour attirer l’attention des politiques sur la situation des afro-américains. C’est un clin d’œil, un message envoyé au président Obama pour qu’il comprenne que le niveau de conscience politique des Égyptiens est très élevé.
 
L’Égypte de Moubarak était un pilier essentiel de la politique US au Moyen-Orient. Ce pilier est peut-être en train de s’effondrer et d’autres pourraient suivre dans la région. Pensez-vous que les États-Unis étaient préparés à de tels changements dans le monde arabe ?
L’impérialisme US est déconnecté de la réalité. Il vit dans le monde magique de Disney où tout est beau et tout lui réussit. Il n’avait pas pu prévoir la débâcle afghane et irakienne et pensait pouvoir enchaîner avec l’Iran. Un autre exemple : la Chine planchait depuis un moment pour mettre au point un tout nouveau modèle d’avion de combat très sophistiqué. Selon ses informations, le Pentagone estimait que Pékin maitriserait la technologie nécessaire pour faire aboutir ce projet d’ici une quinzaine d’années. Il y a quelques mois, le secrétaire US à la Défense, Robert Gates, s’est rendu en voyage officiel à Pékin. Vous savez comment sont les Chinois : très polis ! Aussi, à l’arrivée de leur hôte sur le tarmac de l’aéroport, ils ont préparé un cadeau de bienvenue et fait décoller devant les yeux ébahis du secrétaire le fameux avion de combat !
 
Pourquoi les chancelleries occidentales semblent avoir été tant surprises par les révolutions arabes ?

Lors de mon voyage en Égypte en 2009, j’ai été très frappé par l’important dispositif de contrôle policier qui entourait les ambassades occidentales. Dans le bar de l’hôtel où je séjournais, j’ai fait la connaissance de diplomates britanniques. Lorsque la glace était rompue, je leur ai demandé que signifiait tout ce dispositif autour des ambassades. Ils ont rigolé et m’ont répondu : « Mr. Mohamed, vous touchez le point sensible. Nous avons l’impression de vivre dans un zoo. On nous a dit que le peuple égyptien était dangereux et on a donc placé nos ambassades dans des cages ! En fait, au nom de la lutte contre le terrorisme, nos mouvements sont très limités. Notre gouvernement et le gouvernement égyptien nous empêchent de rencontrer les gens du peuple. »
Ces diplomates étaient donc incapables de se faire une idée correcte de la société égyptienne et ne recevaient que des informations positives du gouvernement de Moubarak. Ca m’a rappelé le livre La Tragédie et les leçons du Viêt Nam de Robert McNamara. McNamara fut le meilleur statisticien de l’histoire des États-Unis. Il a fait de la Ford Motor Company l’une des plus importantes sociétés du monde. Il a ensuite été ministre sous Kennedy puis sous Johnson.
McNamara raconte dans son livre comment, durant la présidence de Johnson, les États-Unis disposaient de milliers d’experts au Sud-Viêtnam pour assister le gouvernement. Tous les jours, il recevait des rapports de ces experts disant que tout allait bien. En tant que statisticien, McNamara suspectait que la probabilité de recevoir 100% de rapports positifs sur la situation au Sud-Viêtnam n’était pas réaliste. Il décida donc de réunir à Honolulu ces experts, diplomates, officiers et agents de la CIA qui tous les jours lui envoyaient des rapports. Une semaine plus tard, quand les experts furent retournés, McNamara reçut des rapports fort différents : « Les Viêt-Cong sont en danger, nous avons besoin de plus de renforts et d’assistance dans le Sud ! ». McNamara s’est donc rendu sur place pour tirer tout cela au clair. En fait, les diplomates et les agents US avaient l’habitude d’écrire leurs rapports vers dix heures du matin, après avoir pris un bon petit-déjeuner, fait une partie de tennis et bu un grand verre de whisky. Leurs rapports ne témoignaient pas de la situation objective sur place, mais de leur désir de bien-être personnel et de leur incompétence.
Les diplomates britanniques que j’avais rencontrés étaient un peu dans la même situation. Ils n’avaient aucune idée de la réalité sur place alors que moi-même, en une semaine, j’avais compris que la société égyptienne était sur le point d’exploser.
 
La chute de Moubarak risque-t-elle de favoriser la montée de l’islamisme en Égypte ?
On parle beaucoup des Frères musulmans en effet. Cependant, non seulement Moubarak n’était pas le rempart qui a permis de contenir la tendance islamiste. Mais la confrérie était aussi une pièce essentielle dans la dictature du raïs.
De 1956 à 1970, Gamal Abdel Nasser a dirigé l’Égypte avec un programme socialiste, faisant de nombreuses réformes. Il a par ailleurs réprimé la confrérie des Frères musulmans et commis des erreurs à leur encontre. A l’époque, l’Égypte était proche de l’Union soviétique. A la mort de Nasser, Anouar el-Sadate prit la tête du pays et se rapprocha progressivement des États-Unis. Il adopta une politique économique libérale et se soumit aux intérêts US au Moyen-Orient, enterrant la hache de guerre avec Israël.
Cependant, l’héritage de Nasser était encore très fort en Égypte. C’était un obstacle pour Sadate qui voulait suivre les préceptes de la Banque Mondiale et brader les entreprises publiques au profit de compagnies privées. Le nouveau président égyptien devait donc se débarrasser de ceux qui revendiquaient encore la politique de Nasser. Moubarak à l’époque a eu un rôle bien particulier. Il avait pour mission de former des gangs et de les armer à travers les services secrets pour combattre les nasséristes et les communistes. Mais la répression ne suffisait pas. Il fallait aussi combattre l’héritage de Nasser sur plan idéologique.
Sadate a utilisé la religion pour cela. D’une part, toute une série d’informations ont été révélées sur la répression de Nasser contre les Frères musulmans. Et l’agenda de ces révélations n’était pas un hasard selon moi. D’autre part, Sadate s’est présenté comme un homme de Dieu, un musulman dévoué. Il a introduit de nombreuses mesures pour consolider l’importance de la religion dans la société égyptienne. Par exemple, faire lire des versets du Coran avant le journal télévisé. Sadate a également libéré les Frères musulmans qui étaient emprisonnés.
L’idée que la dictature égyptienne était nécessaire pour contenir la montée de l’islamisme est donc fausse. L’islamisme était en fait une pièce essentielle du système. Il permettait de justifier l’État-policier que soutenait l’Occident.
 
Pourtant on présente souvent les Frères musulmans comme le principal parti d’opposition en Égypte.
C’est faux. Les Frères musulmans étaient en fait le seul parti acceptable pour le régime égyptien. S’ils étaient vraiment dangereux, la dictature de Moubarak ne les aurait pas tolérés. Or, les Frères musulmans ont même été à plusieurs reprises autorisés à siéger au parlement. Dans une dictature, vous n’acceptez pas votre ennemi. Ce n’est pas comme les communistes ou les islamistes qui étaient bannis en Tunisie. Les Frères musulmans représentent l’autre face du système totalitaire soutenu par l’impérialisme. Leur programme socio-économique n’est d’ailleurs pas progressiste. Ils prônent un capitalisme débridé, la libre entreprise, se sont déjà opposés à des mouvements d’ouvriers ou de paysans… Bref, la ligne parfaite pour permettre à l’impérialisme de continuer à exploiter l’Égypte.
 
N’y a-t-il donc pas de forces d’opposition capables de guider la révolution en Égypte ?
Nous avons vu qu’il y avait beaucoup de similitudes en Tunisie et en Égypte sur les raisons qui ont poussé le peuple à se soulever. Il est intéressant aussi de remarquer les interactions entre ces mouvements. Si la révolution tunisienne n’avait pas eu de répercussions dans le monde arabe, elle aurait pu être isolée et réprimée. Mais la révolution tunisienne a encouragé le peuple égyptien à se soulever et parallèlement, la révolution égyptienne a affaibli les éléments réactionnaires qui voulaient étouffer la révolution en Tunisie.
Il y a cependant une grande différence entre ces deux mouvements. Selon moi, la révolution tunisienne est mieux organisée. Notamment du fait que les partis d’opposition ont beaucoup appris de leur expérience dans la clandestinité. Même en prison, l’opposition s’est organisée et les forces contre-révolutionnaires ne peuvent pas la diviser aujourd’hui.
C’est différent pour l’Égypte. Les nasséristes et les communistes n’ont pas eu autant de patience que leurs homologues tunisiens et représentent seulement un petit segment de la population. Les Frères musulmans n’incarnent pas une véritable opposition et ne représentent pas non plus une grosse partie de la société. Enfin, les médias occidentaux ont beaucoup parlé de Mohamed El Baradei. Mais cet homme a vécu la plupart de son temps entre deux aéroports et n’a aucune base sociale en Égypte. Personne ne le connaît dans le pays, hormis sa femme et ses collègues ! 
 
Comment pourraient évoluer les choses alors ?
La seule institution organisée est l’armée. Tout dépend d’elle maintenant.
 
Mais l’armée était proche de Moubarak. Et elle est financée par les États-Unis. Peut-on attendre de réels changements de cette institution ?
L’armée n’est pas un corps homogène. Tout comme dans la société égyptienne, vous trouvez dans l’armée différentes tendances. Et le corps de cette institution est composé d’Égyptiens venant du peuple. Ils ne veulent plus de la dictature. De plus, les révolutionnaires qui ont mis fin à la monarchie égyptienne en 1952 étaient des officiers de l’armée, ne l’oublions pas.
Les proches de Moubarak ne représentent qu’une minorité au sein de l’armée. Maintenant que le dictateur est tombé, la Constitution va être modifiée pour autoriser tous les partis politiques qui le souhaitent à participer aux prochaines élections. Nous allons voir quelles forces vont émerger.
 
Que peut faire Washington pour défendre ses intérêts en Égypte maintenant ? Financer les groupes politiques favorables aux intérêts US dans un système démocratique ? La National Endowment for Democracy, une officine de la CIA, a pratiqué cela en Yougoslavie et en Amérique latine. Et cette organisation finançait des groupes d’opposition en Égypte déjà sous Moubarak.
Le Moyen-Orient est tellement important d’un point de vue stratégique que la politique des États-Unis dans la région est la répression. Et le principal allié pour servir cette politique est l’Etat-policier. Washington n’a donc pas besoin de groupes d’opposition politique. Il lui faut une dictature absolue.
Cependant, ce système de domination est en banqueroute à cause du niveau de conscience des citoyens arabes. L’Occident a prétendu apporter la démocratie mais il a porté au pouvoir des voleurs corrompus, des fascistes qui ont opprimé le peuple. Cette démocratie n’a aucun sens car elle repose sur un mensonge.
C’est pourtant un outil essentiel de la politique US. Après la Deuxième Guerre mondiale, quand les États-Unis sont devenus la première puissance, le diplomate George F. Kennan a écrit un article qui allait avoir un impact énorme sur la politique étrangère de son pays. Kennan expliquait que les États-Unis représentaient 6% de la population mondiale mais consommaient 50% des richesses de la planète. L’objectif était de creuser d’avantage ce fossé ! Selon Kennan, les droits de l’homme et la démocratie n’étaient pas une préoccupation première pour les États-Unis. Mais si un gouvernement révolutionnaire émergeait quelque part et menaçait les intérêts US, Washington devait intervenir en utilisant les droits de l’homme et la démocratie comme prétexte. 
C’est la politique étrangère des États-Unis. S’ils se souciaient vraiment de la démocratie, ils interviendraient immédiatement en Arabie Saoudite. Mais ce n’est qu’un prétexte et les populations arabes ne sont pas dupes. Les États-Unis n’ont que deux options au Moyen-Orient : imposer des dictatures ou partir.
 
Moubarak était aussi un allié important d’Israël. Quel pourrait être l’impact de sa chute pour ce pays ?
L’Égypte a d’importantes réserves de gaz. Et Israël est le pays qui profite le plus de ces richesses, payant le gaz moins cher que le prix du marché. Il a développé un réseau très important qui dépend de l’approvisionnement égyptien. Israël a procédé à des simulations ces derniers jours pour pallier à une coupure éventuelle de cet approvisionnement. Mais sur le long terme, si un nouveau gouvernement égyptien revoyait cet accord, ce serait très difficile pour l’État hébreux.
De plus, l’enjeu palestinien n’est pas résolu. Les dirigeants égyptiens, depuis Sadate, ont conclu une alliance avec Israël. Mais le peuple égyptien, lui, est contre l’occupation et solidaire des Palestiniens. N’importe quel gouvernement démocratique qui représenterait un tant soi peu les aspirations du peuple égyptien ne maintiendrait pas cette relation avec Israël.
 
Cela aurait aussi un impact sur la politique des États-Unis au Moyen-Orient ?
Tout à fait. En 1973, la guerre de Kippour opposa l’Égypte et la Syrie à Israël et se solda par la défaite des troupes arabes. A la suite du conflit, un accord de paix fut signé entre l’Égypte et Israël et cet accord constitua l’un des principaux piliers de la politique US au Moyen-Orient. C’était une stratégie d’Henry Kissinger : la paix entre l’Égypte et Israël a permis de liquider la question palestinienne et de briser l’unité des pays arabes. Selon moi, cet accord est fini. Les États-Unis ont perdu l’Égypte avec la chute de Moubarak et les rapports de force vont changer dans la région.
 
 
 
Que peut-il arriver dans le monde arabe maintenant ? Les révolutions vont-elles se limiter à l’Égypte et la Tunisie ?
Non. Des révoltes ont éclaté au Yémen où la chute d’Ali Abdullah Saleh, un autre dictateur pro-US, est inévitable. C’est un enjeu de taille pour l’Arabie Saoudite : si une révolution populaire éclate au Yémen, cela va porter le danger aux portes du royaume saoudien, le pire ennemi de la démocratie dans le monde arabe. L’Arabie Saoudite est un pays arriéré et le principal allié des États-Unis dans la région. La monarchie féodale craint les mouvements populaires. D’ailleurs, elle ne voulait pas que les États-Unis lâchent Moubarak. Lorsque l’administration Obama a annoncé sous la pression populaire qu’elle arrêterait de financer le régime de Moubarak, l’Arabie Saoudite a aussitôt répliqué qu’elle prendrait en charge ce financement. Elle voulait maintenir le dictateur à tout prix pour prouver que les révoltes ne mènent à rien.
Si les révolutions arabes devaient avoir un impact considérable en Arabie saoudite, les conséquences seraient énormes. En effet, le principal outil de domination de l’impérialisme US est le dollar. C’est très important car le pétrole est vendu en dollar. Mais un gouvernement démocratique et indépendant en Arabie Saoudite pourrait refuser d’utiliser cette monnaie. L’Iran a réalisé d’importants bénéfices en vendant son pétrole dans d’autres devises. Le dollar ne serait plus alors la monnaie de référence dans le monde, ce qui signerait la mort de l’impérialisme US.
Les États-Unis sont donc dans une mauvaise posture. Au Liban aussi, leur stratégie s’est effondrée. Il y avait une alliance avec les réactionnaires du pays, principalement des sunnites financés par l’Arabie Saoudite, pour contenir le mouvement de résistance du Hezbollah. Mais cette alliance a volé en éclats avec le scandale de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien chef de gouvernement, Rafiq Hariri. Un tribunal devait remettre ses conclusions dans lesquelles il incriminait des hauts membres du Hezbollah. Mais il s’est avéré que l’enquête était faussée par des objectifs politiques visant à affaiblir le mouvement chiite. Finalement, l’Arabie Saoudite, qui avait tenté une médiation pour calmer les choses, a jeté l’éponge. Le gouvernement libanais a été dissout et le Hezbollah est sorti renforcé, avec un de ses membres nommé premier ministre. C’est un échec pour Washington. Tous ses pions dans la région sont en crise.
 
Finalement, que nous apprennent ces révolutions ?
Les puissances néocoloniales ne comprennent pas que le monde a changé. On le voit en Côte d’Ivoire par exemple. Les États-Unis et la France veulent imposer Alassane Ouattara, une marionnette venue du FMI. Mais il n’a pas gagné les élections et la situation est bloquée. Les pays d’Afrique de l’Ouest devaient intervenir militairement pour le compte des puissances impérialistes mais les soldats africains ne veulent pas provoquer un nouveau bain de sang pour défendre les intérêts occidentaux. C’est la grande leçon : le niveau de conscience politique dans les pays arabes, en Afrique et dans tout le Tiers-Monde est beaucoup plus élevé maintenant. On ne peut plus tromper ces gens comme avant.
Je pense que dorénavant, la contradiction va se poser entre les puissances impérialistes et les pays du Sud. Autrefois, les puissances coloniales se déchiraient entre elles pour s’accaparer le gâteau du Tiers-Monde. Aujourd’hui, elles vont devoir négocier avec ces pays. L’hégémonie politique et économique de l’Occident touche à sa fin. Les États-Unis disposent de beaucoup de ressources dans leur propre pays et resteront une puissance régionale importante. L’Europe devra choisir : se soumettre encore plus à la puissance US ou devenir réellement indépendante. L’hégémonie idéologique de l’Occident aussi est révolue. Vous n’avez plus de grands philosophes comme Rousseau, Sartre, Camus, etc.
 
Il y a Bernard-Henri Lévy…
Voilà, vous avez mesuré toute l’ampleur du problème !
 
Merci à Investig'Action
Source: http://www.michelcollon.info/Entretien-avec-Mohamed-Hassan-Ou.html
Date de parution de l'article original: 16/02/2011
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Feb 2011 à 02:16

Vent de répression sur le Moyen-Orient

 
Les régimes en place au Bahreïn, en Libye et au Yémen ont choisi de réprimer sévèrement les manifestations de l'opposition réclamant un changement de pouvoir.

Deux morts à Manama, la capitale du Bahreïn. Des blessés aussi à Sanaa, au Yemen, lors des manifestations entre opposants au régime en place et les force de sécurité. Début de répression du "jour de colère" organisé ce jeudi par les opposants de Khadafi en Libye. Les régimes en place ont choisi la manière forte pour ne pas suivre la voie de l'Egypte et de la Tunisie.

  • Yémen. Cinq personnes ont été blessées ce jeudi à Sanaa lors de violents heurts entre manifestants et partisans du pouvoir qui se poursuivent depuis cinq jours. Les manifestants, des étudiants pour la plupart, estimés à quelque 2.000 personnes, ont été attaqués dès leur sortie du campus par des partisans du Congrès populaire général (CPG), armés de gourdins et de pierres. Les forces de sécurité ont tiré en l'air pour tenter de séparer les deux parties. Au moins dix étudiants avaient été blessés mercredi lors d'affrontements similaires. Les heurts avec les partisans du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 1978, ont lieu pour la cinquième journée consécutive à Sanaa, où les étudiants et des militants de la société civile manifestent quotidiennement pour réclamer la chute du régime.

 

  • Bahreïn. Deux manifestants bahreïnis sont décédés ce matin des suites de leurs blessures, portant à quatre morts le bilan de l'assaut durant la nuit des forces de sécurité contre les protestataires à Manama. Les forces antiémeutes ont dispersé dans la nuit de mercredi à jeudi des manifestants qui campaient dans le centre de Manama pour réclamer des réformes, faisant deux morts selon un premier bilan. Ces deux tués portent à six le nombre de chiites tués depuis le début du mouvement de contestation lundi, à l'initiative d'internautes qui ont appelé sur Facebook à des manifestations pour réclamer des réformes politiques et sociales, dans la foulée des soulèvements en Tunisie et en Egypte. Ce matin, les forces de sécurité étaient déployées sur les principales artères à Manama, armées et tendues. Des véhicules de police bloquaient également l'accès à la Place de la Perle. Les tentes qui y avaient été dressées et dans lesquelles les contestataires s'apprêtaient à passer une deuxième nuit quand ils ont été dispersés ont été démontées par les policiers.

 

  • Libye. D'après des témoins et des médias libyens, plusieurs centaines de personnes ont déjà affronté la police et des partisans de Mouammar Kadhafi dans la nuit de mardi à mercredi à Benghazi, la deuxième ville du pays située à un millier de kilomètres à l'est de Tripoli. Ces émeutes ont été déclenchées par l'arrestation d'un militant des droits de l'homme. Selon la chaîne de télévision Al Djazira, ainsi que des messages diffusés sur Facebook, deux personnes ont été tuées lors de manifestations à Al Baïda, à l'est de Benghazi. Cette information n'a pu être vérifiée. Des opposants au régime de Mouammar Kadhafi ont lancé un appel à manifester en Libye ce jeudi, qu'ils ont proclamé "jour de colère", dans l'espoir d'imiter les révolutions en Tunisie et en Egypte, deux pays voisins. Des organisations de défense des droits de l'homme ont cependant mis en garde contre le risque d'une féroce répression de la part des forces de sécurité dans un pays peu habitué à l'expression du mécontentement populaire. Au pouvoir depuis 1969, un record désormais en Afrique, Mouammar Kadhafi contrôle la Libye d'une main de fer.

Source

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Feb 2011 à 00:40

Moyen-Orient: une répression made in France et Angleterre

Les deux pays ont annoncé l'arrêt d'envoi de matériels de maintien de l'ordre aux régimes du Bahreïn et de Libye qui répriment dans le sang les manifestations des opposants aux pouvoirs en place.

La France a annoncé ce vendredi qu'elle avait suspendu la veille les exportations de matériel de sécurité à destination de la Libye et de Bahreïn, où la contestation contre les régimes en place s'est amplifiée ces derniers jours, faisant plusieurs morts parmi les manifestants. Paris suit ainsi de quelques heures la même décision que celle prise par l'Angleterre qui entend réexaminer les licences d'exportation d'armes vers le Bahreïn.

  • Usage excessif de la force pour Paris et Londres

Le gouvernement français réagit pour ces deux "clients" un peu plus vite qu'il ne l'avait fait pour la Tunisie de Ben Ali. Il avait fallu attendre le 14 janvier, soit trois semaines après le début de la Révolution de jasmin, pour que les livraisons de grenades lacrymogènes en provenance de l'hexagone et en direction des forces de répression du dictateur déchu, soient arrêtées. La suspension des autorisations d'exportation de matériel sécuritaire à destination de Bahreïn et de la Libye intervient un jour après que Paris a déploré "l'usage excessif de la force ayant entraîné plusieurs morts ainsi que de nombreux blessés" à Bahreïn, en Libye et au Yémen.

Même euphémisme du côté de l'Angleterre. Jeudi matin, son ministre britannique des Affaires étrangères William Hague avait appelé sans rire la police de Bahreïn à "faire preuve de retenue" et "encouragé" le régime de cette petite monarchie du Golfe à mener des réformes. Un peu plus tard, Alistair Burt, le secrétaire d'Etat chargé du Moyen Orient, a annoncé: "Nous n'autoriserons aucune exportation qui, d'après nos évaluations, pourrait provoquer ou prolonger des conflits régionaux ou internes, qui pourrait être utilisée pour faciliter la répression interne ou qui serait d'une quelconque manière contraire aux critères" définis par le Royaume Uni et l'Union européenne.

On se demande bien de quels critères il s'agit. Les matraques, gaz lacrymogène et autres instruments de police sont bien fabriqués pour maintenir l'ordre défini par le pouvoir en place, en l'occurrence l'ordre de régimes peu démocratiques.

  • Deux morts au Yémen

Ce vendredi, au Yémen, deux manifestants ont été tués et 27 autres blessés dans une attaque à la grenade contre un rassemblement antigouvernemental dans la ville yéménite de Taez, à 270 km au sud-ouest de Sanaa. La grenade a visé un rassemblement de milliers de personnes qui campaient, pour la septième journée consécutive, sur un carrefour de Taez rebaptisé "Place de la liberté", pour réclamer le départ du président Ali Abdallah Saleh.

Le reportage d'Euronews
 
  • Quatre morts à Bahreïn

A Bahreïn, plusieurs milliers de chiites se sont rassemblés ce vendredi pour enterrer trois des leurs, tués lors d'une répression ordonnée par la famille régnante pour tenir en échec une vague de manifestations inspirée par l'Egypte. Quatre manifestants ont été tués et 231 autres blessés jeudi lors d'une intervention de la police anti-émeute, venue disperser des militants rassemblés place de la Perle, dans le centre de Manama. Il y a eu des dizaines d'arrestations.

 

  • Au moins 16 morts en Libye

En Libye, trois détenus ont été tués par les forces de sécurité alors qu'ils tentaient de s'évader de la prison d'El-Jedaida, près de Tripoli. Les comités révolutionnaires, pilier du régime libyen, ont menacé les "groupuscules" manifestant contre Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis plus de 40 ans, d'une riposte "foudroyante", alors que la répression de la contestation a fait au moins 16 morts depuis mardi. Les manifestations, dont celui de jeudi qui répondait à un appel sur internet à une "journée de la colère", ont été violemment réprimés notamment à Benghazi, la deuxième plus grande ville du pays et bastion de l'opposition, et Al-Baïda, toutes deux situés sur la côte, à l'est de Tripoli. Des protestations ont eu lieu également à Tobrouk, près de la frontière égyptienne. Des manifestants ont incendié un local des comités révolutionnaires et détruit un monument représentant le "livre vert", condensé de la pensée politique du Guide de la révolution et une sorte de Constitution instituant la "Jamahiriya" ou le pouvoir des masses.



Edité par T 34 - 19 Feb 2011 à 00:41
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  Citer Vladimir Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Feb 2011 à 01:46

Bahreïn, une vidéo horrible :



Edité par T 34 - 19 Feb 2011 à 20:38
Ce n'est pas bien de lire le profil des autres ! Pas bien du tout !! C'est mieux de créer un autre forum dissident comme un hypocrite.
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Feb 2011 à 02:26

La colère des peuples arabes ne retombe pas

Au Yémen, en Libye et à Bahreïn, au moins seize personnes auraient été tuées en vingt-quatre heures lors de mouvements sociaux et politiques qui se structurent et sont désormais quotidiens.

Un tourbillon de colère, soulevé par les révolutions tunisienne puis égyptienne, va-t-il balayer une partie des potentats du monde arabe ? De la Libye au Yémen en passant par le petit royaume de Bahreïn, le vent de la protestation politique et sociale ne faiblit pas. Face à cette situation, les pays touchés par ce qui pourrait s’apparenter à une véritable vague révolutionnaire ont choisi la manière forte.

 Vingt-cinq personnes ont été blessées, hier à Sanaa

En l’espace de vingt-quatre heures, au moins seize personnes auraient été tuées : dix en Libye, quatre à Bahreïn et au moins deux au Yémen. Dans ce dernier pays, vingt-cinq personnes ont été blessées, hier à Sanaa, lors des répressions violentes des rassemblements en faveur de réformes démocratiques et sociales. Selon l’opposition chiite bahreïnienne, une soixantaine de personnes sont portées disparues.

Au Yémen, les heurts entre les opposants et les partisans du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 1978, se produisent quotidiennement depuis cinq jours. Hier dans la capitale, près de 2 000 manifestants, essentiellement des étudiants rassemblés sur le campus universitaire, ont été attaqués par des membres du Congrès populaire général (CPG), armés de gourdins et de pierres. Parallèlement, l’armée se déployait à Aden, principale ville du sud du pays et autre foyer de contestation, où deux protestataires ont trouvé la mort mercredi.

«Nous voulons le changement et l’obtenir de la même façon que les Égyptiens et les Tunisiens», a expliqué un étudiant de Sanaa. Le Yémen est un pays très pauvre. Quarante pour cent des 23 millions de Yéménites vivent avec moins de 2 dollars par jour.

À Bahreïn, l’armée semblait décidée à rétablir l’ordre. Des dizaines de blindés étaient positionnés aux abords de la place de la Perle à Manama. L’armée bahreïnienne avait annoncé avoir pris toutes les mesures «préventives et fermes pour rétablir l’ordre et la sécurité» après avoir violemment maté (quatre morts) une manifestation. Les contestataires demandaient la démission du premier ministre, le cheikh Khalifa Ben Salman Al Khalifa, qui gouverne le pays depuis son indépendance en 1971, et qui par ailleurs n’est autre qu’un oncle du roi Hamad Ben Issa Al Khalifa. À la suite à cette répression, l’opposition chiite a réclamé la démission du gouvernement.

À Tripoli, la situation semblait calme malgré un appel des internautes à une «journée de colère». Mais des sites d’opposition basés à l’étranger, comme Quryna, évoquaient des «affrontements violents» à Benghazi, deuxième ville du pays, à 1 000 km à l’est de Tripoli, faisant «six morts jusqu’ici» et trente-cinq blessés. Selon ces sources, quatre autres personnes ont été tuées mercredi soir dans la ville d’Al Baïda.

La France a déploré «l’usage excessif de la force ayant entraîné plusieurs morts ainsi que de nombreux blessés». De son côté, le PCF a condamné «la politique de répression brutale choisie par des régimes incapables d’entendre leur propre peuple, et en particulier la jeunesse de leur pays».

Damien Roustel

Les mouvements populaires dans le monde arabe (suite)

Le peuple arabe est en mouvement. Il exprime sa colère face aux pouvoirs corrompus de leurs pays.  En Algérie et au Yémen, en Libye et à Bahreïn le mouvement pour la liberté et contre la vie chère s’approfondit et s’élargit à une grande partie de la population. Ces mouvements sociaux et politiques font face à une répression sans merci de la part du pouvoir dans chacun des pays concernés. Les réponses qui leurs sont opposées vont des menaces d’interdiction de grèves, de tergiversations pour la libération de prisonniers politiques à la répression sanglante. Mais ces peuples résistent, recherchant  leur chemin vers la liberté et la justice sociale, ils continuent leur combat:

Tunisie: Le nouvel ambassadeur français à Tunis, appelé à "dégager"

 

Après plusieurs semaines de calme, Tunis a renoué samedi les rassemblements: environ 15.000 personnes ont défilé dans la capitale pour défendre la laïcité et 3.000 se sont rassemblées devant les grilles de l'ambassade de France.

Ces milliers de Tunisiens ont manifesté samedi devant l'ambassade de France à Tunis pour réclamer le départ de Boris Boillon,  pour "son manque de diplomatie" et "son agressivité" lors d'une rencontre jeudi avec la presse. Pour lire la suite+vidéo cliquez ici:

Algérie : Le centre d'Alger quadrillé par la police, un député gravement blessé

Des policiers algériens ont encerclé samedi environ un millier de protestataires qui tentaient de prendre part à une manifestation s'inspirant des mouvements de révolte qui secouent le monde arabe.

Des manifestants, qui scandaient "Algérie, libre et démocratique!", ont été réprimés par les forces de l'ordre à proximité de la place du 1er-Mai, où la marche de protestation devait débuter à 11h00. Ils ont été amenés ensuite dans la cour d'un ensemble d'immeubles résidentiels où ils ont été encerclés par des centaines de membres de forces de l'ordre. Lire la suite

Libye : Kadhafi confronté à une contestation sans précédent

Le dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 40 ans, fait face à un mouvement de contestation sans précédent dans l'est du pays qui a d'ores et déjà fait plus de quarante morts et plusieurs blessés.

"Les forces spéciales qui sont loyales à Kadhafi se battent toujours désespérément pour prendre le contrôle et pour gagner du terrain et les gens se battent contre elles rue après rue", a raconté Mohammed, un habitant de Benghazi, la deuxième ville du pays. Lire la suite

Bahreïn : La police relève l'armée qui se retire des rues de Manama

Soldats et véhicules blindés ont quitté samedi la place de la Perle à Manama, la capitale de Bahreïn, quelques heures après un appel au dialogue lancé par le roi Hamad Ibn Issa al Khalifa.

L'opposition exigeant que l'armée retourne dans ses casernes avant d'envisager toute discussion avec le pouvoir, le prince héritier, le cheikh Salman ibn Hamad al Khalifa, a annoncé que les militaires avaient reçu l'ordre de regagner leurs casernements et que la police allait se charger du maintien de l'ordre. Lire la suite 

Mauritanie : manifestations contre le manque d'eau et la hausse des prix

Des manifestations contre le manque d'eau et la hausse des prix dans la ville mauritanienne de Vassala (sud-est), frontalière avec le Mali, ont été sévèrement réprimées hier par les forces de l'ordre, a affirmé aujourd'hui un parti d'opposition.

Dans cette ville moyenne, "des populations manifestant contre le manque d'eau et la hausse des prix ont fait face à la répression...Lire la suite

Yémen: un étudiant tué dans des heurts avec des partisans du régime

Un étudiant a été tué par balle et cinq autres ont été blessés dans des heurts samedi avec des partisans du régime autour de l'Université de Sanaa. Lire la suite

A lire aussi   Moyen-Orient: une répression made in France et Angleterre

A. S. avec les agences

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Feb 2011 à 18:24

Les protestations se poursuivent dans plusieurs pays arabes

 
Libye, 18 février (RHC).- Des dizaines de morts et de blessés ont eu lieu au Bahreïn, en Jordanie, au Yémen, en Oman et en Libye, suite à la répression policière contre des manifestants anti gouvernementaux.

En Libye, deux personnes sont mortes à Qubah et 25 à Benghazi, lorsque des policiers et des partisans du Président Mohamar El Kadhafi ont attaqué les manifestants.

Au Bahreïn, des milliers de personnes ont assisté à l’enterrement de 3 manifestants qui sont morts jeudi lors des affrontements avec la police. La procession est devenue une manifestation contre la famille royale.

L’armée a tiré au Bahreïn contre des milliers de manifestants qui voulaient accéder à la place de la Perle, à Manama, blessant plusieurs d’entre eux.

Au Yémen, les protestations se sont poursuivies pour la 8è journée de suite. Les manifestants exigent la démission du président Ali Abdullah Saleh.

4 personnes sont mortes et 41 ont été blessées dans les villes yéménites d’Aden et de Taïz durant les manifestations qui ont été réprimées par la police avec des garrots, des bombes lacrymogènes et des décharges électriques.

En Jordanie, plus de 10 personnes ont été blessées à Amman lorsque des groupes pro gouvernementaux armés de bâtons en bois ont attaqué des centaines d’activistes et des croyants qui sont descendus dans les rues pour demander des réformes politiques après les prières traditionnelles dans la Mosquée d’Al Hussein.

En Iran, les manifestations étaient en faveur du gouvernement. En Egypte plus d’un million de personnes ont pris part à la prière musulmane du vendredi sur la Place Tahrir. Ils ont salué la première semaine du renversement de Moubarak et ont exigé au gouvernement militaire, d’accélérer les réformes et de combattre la corruption.

Source
 

 
 
 
 


Edité par T 34 - 22 Feb 2011 à 00:50
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Feb 2011 à 19:25

Les pays arabes sont secoués par des manifestations

Le Caire, 21 février, (RHC)- Les manifestations populaires se poursuivent dans des pays arabes du Moyen Orient et du Nord de l’Afrique où des affrontements violents ont fait des centaines de victimes dont plus d’une cinquantaine de morts en Libye.

« La Libye n’est ni l’Egypte ni la Tunisie » a signalé, sur un ton défiant Seif Al-Islam El-Khaddafi, fils du leader libyen voulant dire que la tentative de renverser le gouvernement déclencherait une guerre civile et une spirale de la violence pire qu’en Irak.

Au cours d’une intervention à la télévision, le fils de Muammar El-Khaddafi a reconnu que les affrontements à Benghazi et à Al-Bayda, dans l’Est de la Libye avaient fait au moins 100 morts.

Au Yémen, des milliers de personnes y compris des étudiants, des professeurs et des parlementaires se sont joints à une manifestation près de l’Université de Sanaa pour exiger la démission du président Ali Abdulah Saleh.

Les 11 jours consécutifs de manifestations avec des cris de « Va-t-en Ali » ou « le peuple veut le départ du régime » ont provoqué des heurts avec des sympathisants du gouvernement dans la capitale Sanaa ainsi qu’à Aden, Taiz et dans d’autres villes. Le bilan non officiel est de 25 morts et de 200 blessés.

Les manifestations en Jordanie et au Maroc se sont déroulées sans dénouements violents. Les manifestants exigent des réformes démocratiques, des changements de gouvernement et de meilleures conditions de vie.

Au royaume hachémite, le Roi Abdullah II a appelé l’Exécutif à appliquer des réformes réelles et rapides, à convoquer un dialogue large et à redoubler d’efforts contre le corruption afin d’apaiser le mécontentement populaire qui s’est étendu et qui provoque deS manifestations depuis plus d’un mois.

Source


Monde arabe journée très meurtière

Journée très meurtrière Tour d’horizon des foyers de manifestations qui secouent le Proche-Orient et le Maghreb.

YÉMEN. Des milliers de manifestants se sont massés hier sur une place devant l’université de Sanaa, foyer de la contestation dans la capitale, qu’ils ont rebaptisée place al- Tahrir (place de la Liberté), en référence au soulèvement en Égypte. Ce sit-in intervient au lendemain de la décision de l’opposition parlementaire de se joindre au mouvement de contestation du régime, mené jusqu’à présent principalement par des étudiants. À Aden, un manifestant a été tué par les forces de sécurité, portant à 12 le nombre de morts dans cette ville en moins d’une semaine. Le mouvement s’étend aussi au nord du pays.

BAHREÏN. Quelque 10 000 manifestants, dont 1 500 professeurs en grève, étaient encore réunis hier place de la Perle à Manama, pour réclamer un changement de gouvernement. Un manifestant chiite a succombé hier à ses blessures, portant à 7 le nombre des morts de la répression. Une grande marche de l’opposition est prévue aujourd’hui dans la capitale. Un opposant chiite, Hassan Moushaima, jugé par contumace pour avoir voulu renverser le gouvernement, a indiqué qu’il quitterait aujourd’hui Londres et reviendrait dans à Bahreïn.

MAROC. Cinq personnes ont trouvé la mort et 128 ont été blessées, dont 115 membres des forces de l’ordre, lors de troubles ayant suivi les manifestations qui se sont déroulées dimanche au Maroc, ont annoncé les autorités. Des troubles ont éclaté dans les villes de Tanger, Tétouan, Larache, Al Hoceima, Marrakech, Guelmin et Sefrou. « Les corps calcinés de 5 personnes ont été retrouvés à l’intérieur de l’une des agences bancaires incendiées par les fauteurs de troubles dans la ville d’Al Hoceima », au nord du pays, a indiqué le ministre de l’Intérieur Taib Cherkaoui, dans une déclaration à la presse. Selon le ministre, quelque 37 000 personnes ont participé aux rassemblements. 


Reportan crítica situación en Libia

Continúan las manifestaciones en Marruecos y Bahrein

TRÍPOLI, 21 de febrero.— Los manifestantes tomaron hoy el control de Benghazi, la segunda ciudad libia, tras seis días de una rebelión que dejó centenares de muertos en un país que, según el hijo de su máximo líder Muamar el Gadafi, si la violencia se incrementa estallaría una guerra civil, reportó DPA..

En%20la%20segunda%20ciudad%20libia,%20Benghazi,%20“los%20tanques%20se%20desplazan%20conducidos%20por%20civiles”.
En la segunda ciudad libia, Benghazi, “los tanques se desplazan conducidos por civiles”.

Las protestas llegaron el domingo a esta capital, donde la multitud saqueó por la noche las instalaciones de una televisión y una radio públicas.

Saif al Islam, hijo de Gadafi, reconoció en un discurso esta madrugada que en Benghazi "los tanques se desplazan conducidos por civiles" y que en Al Baida (este) "la gente tiene fusiles y numerosos depósitos de municiones fueron saqueados".

El líder libio apareció en la televisión estatal y dijo que está "en Trípoli y no en Venezuela", para desmentir rumores de que había abandonado el país.

La situación en Libia, un país petrolero, acrecentó los temores sobre el abastecimiento energético, y el barril de crudo se negociaba este lunes a 105 dólares, tope máximo desde septiembre del 2008.

Desde Rabat, Marruecos, AFP informó que cinco personas murieron y 128 resultaron heridas en disturbios que ocurrieron después de las manifestaciones pacíficas en varias ciudades.

Se reportó que 33 edificios públicos, 24 agencias bancarias, 50 comercios y edificios privados, así como 66 vehículos fueron incendiados el domingo.

El delegado del Frente POLISARIO en la provincia de Santa Cruz de Tenerife, España, Handi Mansur, aseguró que El Aaiún y otras ciudades del Sahara Occidental están "sitiadas" por las fuerzas de seguridad marroquíes, y afirmó que se está viviendo una situación de alerta "aplastante" dado el "brutal" despliegue militar.

En este sentido, añade que se palpa el "nerviosismo" de Marruecos porque "saben que la rebelión saharaui se puede levantar en cualquier momento", según ACN Press.

En Manama, la capital de Bahrein, AP informó que un grupo de manifestantes exigió la salida de toda la monarquía gobernante, como parte de sus demandas a cambio de poner fin a una ola de movilizaciones populares en el país, que ha durado una semana.

Al menos ocho personas han muerto y cientos resultaron heridas en los enfrentamientos en una nación pequeña, pero que tiene una importancia estratégica para Washington debido a que es base de la V Flota de la Armada estadounidense.

EFE informó desde El Cairo que el grupo ilegalizado islamista Hermanos Musulmanes, principal fuerza opositora en Egipto, anunció hoy la creación de un partido político, "Libertad y Justicia", en un comunicado de la oficina de su líder espiritual, Mohamed Badía.

 
En résumé, des manifestants libyeins ont pris des armes, dont des tanks. Les Bahreïnis manifestent contre la monarchie et les villes du Sahara Occidental sont sous état de siège, il y a eu aussi 5 morts après les manifestation au Maroc. Les  Frères Musulmans ont formés leur parti qui se nomme "Liberté et Justice".


Edité par T 34 - 26 Feb 2011 à 02:02
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Le Front populaire de libération de la Palestine condamne l'oppression et les violences contre les peuples Arabes et appelle à manifester un large soutien aux révolutions Arabes

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Le Front populaire de libération de la Palestine condamne l'oppression et les violences contre les peuples Arabes et appelle à manifester un large soutien aux révolutions Arabes

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Le Front populaire de libération de la Palestine a condamné les violences à grande échelle, l'oppression et les crimes contre les masses et peuples Arabes en Libye, au Bahreïn, au Yémen et partout ailleurs dans le monde Arabe, qui luttent pour conquérir leurs droits et leur dignité contre des régimes réactionnaires brutaux.

Le FPLP a exigé le 20 février un arrêt immédiat de la répression brutale et sanglante infligée par ces régimes, et a affirmé que garder le silence en face de ces crimes est une honte. Des centaines de manifestants ont été tués et des milliers blessés, a déclaré le Front, appelant toutes les organisations Arabes et internationales qui tiennent aux droits de l'Homme et à la dignité, et tous les médias Arabes et internationaux, à agir pour dénoncer cette réalité et diffuser des informations importantes sur les crimes qui sont commis dans ces pays Arabes contre notre peuple Arabe, et à mettre fin à tous ces massacres que l'on essaie de cacher aux peuples Arabes et du monde entier.

Le FPLP a souligné que la marche de la liberté, de la dignité et de la justice des peuples de la nation Arabe déclenchée par les révolutions d'Égypte et de Tunisie ne sera pas entravée par ces massacres commis par ces tyrans, et que le peuple ira de l'avant et atteindra ses buts de libération, de démocratie, de justice sociale et d'unité.





Edité par T 34 - 24 Feb 2011 à 01:23
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Les révoltes continuent de s’étendre dans la région malgré la répression

La dispersion de manifestations en Libye, au Yémen et à Bahreïn a fait des dizaines de morts. Après l’Algérie et le Maroc, la Jordanie, Oman et même Djibouti ou l’Irak sont touchés.

La manière forte. La Libye de Muammar Kadhafi, au pouvoir depuis quarante-deux ans, le Bahreïn du cheikh Khalifa ben Salman El Khalifa, oncle du roi nommé premier ministre il y a quarante ans, et le Yémen d’Ali Abdallah Saleh, président depuis trente-deux ans, ont tous les trois choisi de violemment réprimer les mouvements qui réclament tous les jours depuis près d’une semaine des réformes politiques et sociales, encouragés par les révolutions tunisienne et égyptienne. Selon l’organisation américaine non gouvernementale Human Rights Watch (HRW), des violences auraient fait au moins 24 morts depuis mardi soir en Libye, un pays où il est très difficile d’obtenir des informations.

Selon HRW, les forces de sécurité ont tiré sur la foule dans les villes d’Al-Baïda, Benghazi, Zenten, Derna et Ajdabiya. Les pires violences auraient eu lieu à Al-Baïda, à 1 200 km à l’est de Tripoli. Il y aurait de nombreux blessés par balles. Dans la capitale libyenne, des centaines de partisans du colonel Kadhafi ont défilé sur la place Verte, où le chef de l’État a fait une brève apparition pour saluer la foule. Des comités pro-Kadhafi ont annoncé une riposte « foudroyante ».

À Bahreïn, ce minuscule royaume pétrolier du Golfe, la monarchie sunnite a déployé l’armée dans la capitale, Manama, après l’intervention sanglante de la police anti-émeute. Quatre manifestants ont été tués et 231 blessés. « Un massacre » selon le dignitaire chiite le plus en vue de Bahreïn, le cheikh Issa Kassem.

Au Yémen, les affrontements continuaient malgré des annonces d’augmentation des salaires et la promesse du président Saleh de ne pas se représenter après la fin de son mandat en 2013. Hier, le jet d’une grenade dans la foule a fait deux morts et plusieurs dizaines de blessés à Taïz. À Aden, dans le sud du pays, trois manifestants antigouvernemenaux ont été tués et plusieurs dizaines blessés lors d’une fusillade, selon la chaîne de télévision Al Jazeera. La veille, ce sont déjà trois personnes qui y avaient été tuées et une vingtaine blessées par balles.

Outre ces trois pays, et l’Algérie et le Maroc, de nouveaux pays sont désormais touchés par cette vague de révoltes. Plusieurs milliers de mécontents s’étaient rassemblés hier à Djibouti, à l’appel de partis de l’opposition, pour protester contre le régime du président Ismaël Omar Guelleh. À Mascate, la capitale d’Oman, ce sont 300 personnes qui ont défilé pacifiquement pour demander des augmentations de salaire et des réformes politiques.

En Jordanie, 8 personnes ont été blessées hier à Amman lorsque des partisans du gouvernement ont attaqué une manifestation de plusieurs centaines de jeunes appelant à des réformes politiques. Dans le Kurdistan irakien, deux personnes ont été tuées et 47 blessées par balles à Souleimaniyeh. Près de 3 000 jeunes avaient accusé de « corruption » les deux partis traditionnels kurdes. La veille, au sud de Bagdad, un manifestant a été tué et 27 blessés lors de violentes protestations. Sans surprise, la France a déconseillé à ses ressortissants de se rendre dans la région.

DAMIEN ROUSTEL

Source


Editorial par Michel Guilloux

Le pain et la démocratie

Semaine après semaine, la place al- Tahrir (de la Libération) ne démérite pas de son nom. Hier encore, elle accueillait deux millions de personnes. Signe des temps, ce chiffre était livré par l’agence de presse officielle. Déjouant tous les discours des spécialistes de l’analyse en chambre, périmés à peine prononcés, le peuple égyptien témoigne de sa volonté de ne pas se faire voler sa révolution. Plus au fond encore, il démontre qu’il ne la considère pas comme close. À sa source en Tunisie, la revendication sociale en devient là un ferment essentiel. Les grèves se multiplient pour augmenter des salaires et dénoncer des directions d’entreprise corrompues et dictatoriales à leur échelle. Là comme au Caire, signe de l’ambivalence du cours des choses, l’armée déploie ses chars aux portes des usines, sans que cela n’empêche jusqu’à présent ces mobilisations qui réclament dans un même mouvement le pain et la démocratie.

Bahreïn, Oman, la Libye, Djibouti et même l’Irak… Une mèche a été allumée par l’impérialisme le plus sauvage pour les peuples de la planète. Son soutien aux régimes les plus autoritaires en échange de l’accès aux ressources pétrolières et gazières et aux bonnes affaires, financières, militaires ou immobilières, est mis en cause, si ce n’est menacé, selon les endroits. Certains pouvoirs réagissent avec une brutalité qui n’est jamais signe de force. D’autres tentent d’éteindre l’incendie, comme le royaume marocain qui, alors que dimanche sera jour de protestation, a injecté, comme par magie, un milliard quatre cents millions d’euros pour soutenir le prix du pain… En se jetant sur les denrées alimentaires, blé en tête, comme nouveau terrain de spéculation effrénée, les vautours des marchés contribuent à affamer ces peuples, en même temps qu’à tuer bon nombre d’exploitations paysannes en France. Seulement, la faim au ventre, et cela monte depuis plusieurs années, les émeutes débouchent sur la révolte de ceux qui n’ont rien à perdre parce qu’ils n’ont rien, même plus à manger pour eux et leurs enfants. Cela ne fait pas encore un projet politique, mais qui peut faire la fine bouche quand un peuple tente de réagir ou prend en main son destin ? Cela appelle une solidarité pleine et entière.

Dans ce contexte, le gouvernement français hiérarchise ses priorités. Après l’aumône de 350 000 euros d’aide à la Tunisie – à peine le prix d’un appartement en SCI –, il annonce ce vendredi qu’il « suspend l’exportation de matériel de sécurité » à destination de Tripoli et de Manama, qui peuvent donc réprimer jusqu’à extinction de leurs stocks. Quelques heures plus tard, le ministère de l’Économie se flatte d’un acte diplomatique fort : un accord signé avec l’Arabie saoudite pour éviter les doubles impositions en matière d’impôt sur le revenu, les successions et la fortune… Au plan des pays européens et de leurs institutions, la même ligne est suivie : faire payer doublement aux peuples la facture d’une crise qui, désormais, s’attaque avec brutalité aux comptes et dépenses nationaux. La théorie du « choc des civilisations », promue depuis vingt ans comme dérivatif des opinions aux conséquences de ces choix économiques et financiers, est sérieusement mise à mal ces jours-ci de l’autre côté de la Méditerranée. De ce côté-ci, le chef de l’État, en campagne pour sa réélection en 2012, aussitôt relayé par ses soutiens politiques et médiatiques, n’a pour seule priorité que de vouloir placer le débat sur le terrain nauséeux de la xénophobie et, c’est une constante, de la division des Français. Le mot réactionnaire prend ici tout son sens. 

MICHEL GUILLOUX

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Réflexions du compañero Fidel

 

LA DANSE MACABRE DU CYNISME

La politique de pillage imposée par les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN au Moyen-Orient est entrée en crise. Et cette crise est due, forcément, à la hausse des cours des céréales dont les retombées ont été plus fortes dans les pays arabes où la rareté de l’eau, les zones désertiques et la pauvreté du peuple généralisée contrastent avec les revenus très élevés des secteurs privilégiés liés aux énormes ressources pétrolières.

Alors que les prix des aliments ont triplé, les fortunes immobilières et les trésors de la minorité aristocratique se chiffrent à des billions de dollars.

Le monde arabe, de culture et de religion musulmane, s’est en plus senti humilié par la mise en place, à feu et à sang, d’un État qui n’a respecté aucune des obligations élémentaires ayant présidé à sa création dans le cadre de l’ordre colonial qui existait à la fin de la Deuxième Guerre mondiale et qui permit aux puissances victorieuses de fonder l’ONU et d’imposer les règles du jeu régissant le commerce et l’économie mondiaux.

La trahison de Moubarak à Camp David a empêché l’existence de l’État arabe palestinien visé dans les accords de l’ONU de novembre 1947, si bien qu’Israël est devenu une forte puissance nucléaire alliée des États-Unis et de l’OTAN.

Le complexe militaro-industriel étasunien a livré des dizaines de milliards de dollars tous les ans à Israël et même aux États arabes que celui-ci soumettait et humiliait.

Le génie s’est échappé de la bouteille, et l’OTAN ne sait pas comment le contrôler.

Il va s’efforcer de tirer le plus gros profit des regrettables événements libyens. Nul n’est capable de savoir actuellement ce qu’il se passe dans ce pays. L’Empire a fait publier par ses médias toutes sortes de chiffres et de versions, jusqu’aux plus saugrenus, afin de semer le chaos et la désinformation.

De toute évidence, une guerre civile se déroule en Libye. Pourquoi et comment a-t-elle éclaté ? Qui en paiera les conséquences ? L’agence Reuters, se faisant l’écho d’une banque japonaise bien connue, la Nomura, a signalé que les cours du pétrole pourraient battre tous les records :

« "Si la Libye et l’Algérie arrêtaient leur production pétrolière, les cours pourraient dépasser 220 dollars le baril, et l’OPEP verrait réduite sa capacité inutilisée à 2,1 millions de barils par jour, similaire aux niveaux de la guerre  du Golfe, et au record de 147 dollars le baril établi en 2008", a affirmé la banque dans une note. »

Qui pourrait payer des prix pareils? Quelles en seraient les conséquences en pleine crise alimentaire ?

Les principaux leaders de l’OTAN jubilent. Le Premier ministre britannique, David Cameron – selon ANSA – « …a admis dans un discours au Koweït que les pays occidentaux avaient fait erreur d’avoir soutenu des gouvernements non démocratiques dans le monde arabe. » Félicitons-le du moins pour sa franchise.

Son collègue français Nicolas Sarkozy a déclaré : « La poursuite de la répression brutale et sanglante contre la population civile libyenne est répugnante. »

Le ministre italien des affaires étrangères, Franco Frattini, a jugé « crédible » la quantité de mille morts à Tripoli, et a parlé de "chiffres tragiques" et de "bain de sang".

Selon Hillary Clinton, le « bain de sang » est « absolument inacceptable » et « doit cesser ».

Pour Ban Ki-moon, « le recours à la violence dans ce pays est absolument inacceptable… le Conseil de sécurité agira en accord avec les décisions de la communauté internationale… nous envisageons une série de variantes. »

 En fait, ce qu’attend Ban Ki-moon, c’est qu’Obama dise le dernier mot.

Le président étasunien a parlé ce mercredi après-midi. Il a fait savoir que sa secrétaire d’Etat partirait en Europe afin de décider avec les alliés de l’OTAN des mesures à prendre. À le voir, on constatait qu’il ne voulait pas laisser filer l’occasion de se colleter avec le sénateur républicain d’extrême droite, John McCain, avec le sénateur pro-israélien du Connecticut, Joseph Lieberman, et avec les dirigeants du Tea Party, et de garantir son investiture par le Parti démocrate.

Les médias de l’Empire ont préparé le terrain en vue d’une action. Une intervention militaire en Libye n’aurait rien de surprenant, ce qui garantirait par ailleurs à l’Europe les presque deux millions de barils par jour de pétrole léger qu’elle importe, si des événements qui mettraient fin au leadership ou à la vie de Kadhafi n’intervenaient pas avant.

De toute façon, le rôle d’Obama est plutôt compliqué. Comment réagira le monde arabe et musulman si une telle équipée faisait couler à flot le sang libyen ? La vague révolutionnaire déclenchée en Égypte freinera-t-elle une intervention de l’OTAN en Libye ?

L’invasion de l’Iraq déclenchée par Bush sous de faux prétexte – mission remplie !  s’était-il exclamé – a coûté la vie à plus d’un million d’Arabes innocents.

Nul dans le monde n’acceptera jamais la mort de civils innocents, en Libye ou ailleurs. Je me demande : les États-Unis et l’OTAN appliqueront-ils un jour ce même principe aux civils désarmés que leurs drones et leurs soldats tuent tous les jours en Afghanistan et au Pakistan ?

C’est vraiment la danse macabre du cynisme !

 

 

Fidel Castro Ruz

Le 23 février 2011

19 h 42

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Edité par T 34 - 25 Feb 2011 à 00:12
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Égypte : les mouvements sociaux, la CIA et le Mossad

 

James Petras

Les mouvements de masse qui ont forcé le renvoi de Moubarak révèlent à la fois la force et les faiblesses des soulèvements spontanés.



D’une part, les mouvements sociaux ont démontré leur capacité de mobiliser des centaines de milliers, sinon des millions de personnes, dans une lutte soutenue et menée à bien, culminant par le renversement d’un dictateur et ce, d’une façon dont auraient été incapables – ou peu désireuses – les partis et personnalités d’opposition pré-existants.


D’autre part, vu l’absence de la moindre direction politique nationale, les mouvements n’ont pas été à même de prendre le pouvoir politique et de concrétiser leurs revendications, permettant ainsi au haut commandement militaire de Moubarak de s’emparer du pouvoir et de définir le processus de l’« après-Moubarak » et garantissant de la sorte le maintien de la subordination de l’Égypte aux États-Unis, la protection de la richesse illicite du clan Moubarak (70 milliards de dollars), la pérennité des nombreuses sociétés appartenant à l’élite militaire et la protection de la classe supérieure.


Les millions de personnes mobilisées par les mouvements sociaux en vue de renverser la dictature ont été efficacement exclues par la nouvelle junte autoproclamée « révolutionnaire » en définissant les institutions et mesures politiques, sans parler des réformes socioéconomiques nécessaires pour faire face aux besoins élémentaires de la population (40 % des Égyptiens vivent avec moins de 2 dollars par jour et le chômage des jeunes dépasse les 30 %). L’Égypte – comme c’est également le cas des mouvements estudiantins et sociaux populaires contre les dictatures de Corée du Sud, de Taiwan, des Philippines et de l’Indonésie – démontre que le manque d’organisation politique nationale permet aux personnalités et partis de l’« opposition » néolibérale et conservatrice de remplacer le régime. Ils se sont arrangés pour instaurer un régime électoral qui continuera à servir les intérêts impérialistes et à dépendre de l’appareil d’État existant tout en le défendant. Dans certains cas, ils remplacent les vieux copains de l’impérialisme par de nouvelles têtes. Ce n’est pas un hasard si les mass media encensent le caractère « spontané » des luttes (et non les revendications socioéconomiques) et confèrent un éclairage favorable au rôle de l’armée (sans considération pour les 30 ans durant lesquels cette dernière aura été le bastion de la dictature). Les masses sont encensées pour leur « héroïsme », la jeunesse de leur « idéalisme », mais on ne les propose jamais comme acteurs politiques centraux dans le nouveau régime. Une fois la dictature tombée, l’armée et les électoralistes de l’opposition ont « célébré » le succès de la révolution et se sont empressés de démobiliser et démanteler le mouvement spontané, afin de faire place nette pour des négociations entre les hommes politiques électoralistes libéraux, Washington et l’élite militaire dirigeante.


Alors que la Maison-Blanche peut tolérer, voire promouvoir les mouvements sociaux en évinçant (« sacrifiant ») les dictatures, elle a bel et bien l’intention de préserver absolument l’État. Dans le cas de l’Égypte, le principal allié stratégique de l’impérialisme américain n’était pas Moubarak, mais bien l’armée, avec laquelle Washington était en collaboration constante avant, pendant et après l’éviction de Moubarak, faisant ainsi en sorte que la « transition » vers la démocratie (sic) puisse garantir la poursuite de la subordination de l’Égypte à la politique et aux intérêts américains et israéliens dans le Moyen-Orient.


La révolte du peuple : les échecs de la CIA et du Mossad


La révolte arabe illustre une fois de plus les divers échecs stratégiques de la police secrète, des forces spéciales et des services de renseignement des appareils d’État américain et israélien, dont aucun n’a anticipé – pas plus qu’il n’est intervenu pour l’empêcher – la mobilisation réussie ni n’a influencé la politique de son gouvernement à l’égard de ses dirigeants/clients faisant l’objet d’attaques.


L’image que la plupart des auteurs, universitaires et journalistes projettent de l’invincibilité du Mossad israélien et de l’omnipotence de la CIA a été sévèrement mise à l’épreuve par leur échec – reconnu – à reconnaître la taille, la profondeur et l’intensité du mouvement de plusieurs millions de personnes décidé à évincer la dictature de Moubarak. Le Mossad, orgueil et joie des producteurs hollywoodiens, présenté comme un « modèle d’efficacité » par leurs collègues sionistes organisés, n’a même pas été capable de détecter la dimension d’un mouvement de masse dans un pays situé à la porte d’à côté. Le Premier ministre israélien Netanyahu a été choqué (et consterné) par la situation précaire de Moubarak et l’effondrement de son client arabe le plus important – en raison des renseignements déficients du Mossad. De même, Washington n’a absolument pas été préparé par les 27 services américains de renseignement et par le Pentagone, malgré leurs centaines de milliers d’agents payés et leurs budgets de plusieurs milliards de dollars, à l’imminence des soulèvements populaires de masse et des mouvements émergents.


Il convient de faire plusieurs observations théoriques. Le concept prétendant que des dirigeants très répressifs qui reçoivent des milliards de dollars en aide militaire et entretiennent près d’un million de policiers, de soldats et de paramilitaires sont les meilleurs garants de l’hégémonie impérialiste, s’est avéré faux. Tout aussi faux celui qui prétend que nouer d’importants liens à long terme avec de tels dirigeants dictatoriaux sauvegardait les intérêts impérialistes américains.


L’arrogance israélienne et la présomption de la supériorité organisationnelle, stratégique et politique des Juifs sur « les Arabes » ont été vilainement dégonflées. L’État israélien, ses experts, ses agents sous le manteau et ses universitaires de l’Ivy League ont été incapables de voir les réalités telles qu’elles se déroulaient, ignorants de la profondeur du mécontentement et dans l’impuissance à empêcher l’opposition de masse à leur client le plus précieux. Les publicistes d’Israël aux États-Unis, qui résistent rarement à l’occasion de mettre en exergue le « brio » des forces de sécurité israéliennes, que ce soit pour assassiner un dirigeant arabe au Liban ou à Dubaï ou pour bombarder un site militaire en Syrie, en sont restés tout un temps muets.
La chute de Moubarak et l’émergence possible d’un gouvernement indépendant et démocratique signifieraient qu’Israël pourrait perdre son principal « flic en service ». Un public démocratique ne coopérera pas avec Israël pour maintenir le blocus de Gaza – affamant les Palestiniens dans l’espoir de briser leur volonté de résistance. Israël ne pourra pas compter sur un gouvernement démocratique afin de soutenir ses vols de terres par la violence en Cisjordanie et son régime palestinien fantoche. Pas plus que les États-Unis ne pourront compter sur une Égypte démocratique pour soutenir leurs intrigues au Liban, leurs guerres en Irak et en Afghanistan ou encore leurs sanctions contre l’Iran. En outre, le soulèvement égyptien a servi d’exemple pour les mouvements populaires contre d’autres dictateurs clients des États-Unis : en Jordanie, au Yémen et en Arabie saoudite. Pour toutes ces raisons, Washington a soutenu la reprise du pouvoir par l’armée afin de modeler une transition politique en fonction de ses desiderata et de ses intérêts impérialistes.


L’affaiblissement du principal pilier du pouvoir impérialiste américain et du pouvoir colonialiste israélien en Afrique du Nord et au Moyen-Orient révèle le rôle essentiel des régimes qui collaborent à l’impérialisme.
Le caractère dictatorial de ces régimes est une résultante directe du rôle qu’ils jouent dans le maintien des intérêts impérialistes. Et les envois d’aide militaire importante qui corrompent et enrichissent les élites dirigeantes constituent les récompenses pour avoir été les collaboratrices bienveillantes des États impérialistes et colonialistes. Etant donné l’importance stratégique de la dictature égyptienne, comment expliquer l’incapacité des services de renseignement américains et israéliens d’anticiper les soulèvements ?
Tant la CIA que le Mossad ont collaboré étroitement avec les services de renseignement égyptiens et ont compté sur ces derniers pour leurs informations, écrivant même dans leurs propres rapports que « tout était sous contrôle » : les partis d’opposition étaient faibles, décimés par la répression et l’infiltration, leurs militants se languissaient en prison ou succombaient à des « crises cardiaques » provoquées par les « techniques d’interrogatoire » particulièrement dures. Les élections étaient manipulées de façon à élire des clients des États-Unis et d’Israël – pas de surprises démocratiques à l’horizon des court ou moyen termes.


Les services de renseignement égyptiens sont entraînés et financés par des agents israéliens et américains et ils sont bien préparés à suivre docilement la volonté de leurs maîtres. Ils étaient si enclins à tourner des rapports destinés à séduire leurs mentors qu’ils négligeaient le moindre compte rendu concernant l’agitation croissante, que ce soit dans la rue ou sur Internet. La CIA et le Mossad étaient si incrustés dans l’énorme appareil sécuritaire de Moubarak qu’ils étaient incapables de fournir toute autre information émanant des mouvements populaires naissants et décentralisés, lesquels étaient indépendants de l’opposition électorale traditionnelle qui, elle, était bel et bien « contrôlée ».


Quand les mouvements de masse extraparlementaires se sont précipités vers l’avant, le Mossad et la CIA ont compté sur l’appareil d’État de Moubarak pour en prendre le contrôle via l’opération typique du bâton et de la carotte : des concessions transitoires pour la forme et l’appel à l’armée, à la police et aux escadrons de la mort. Quand le mouvement est passé de dizaines de milliers de personnes à des millions, le Mossad et les principaux soutiens d’Israël au Congrès américain ont insisté pour que Moubarak « tînt bon ». La CIA en a été réduite à proposer à la Maison-Blanche des profils politiques de hauts responsables militaires dignes de confiance et de personnages politiques « de transition » malléables et susceptibles de marcher sur les traces de Moubarak. Une fois encore, la CIA et le Mossad ont démontré leur dépendance vis-à-vis de l’appareil de Moubarak sur le plan des renseignements à propos des gens qui pourraient constituer une alternative « viable » (proaméricaine et pro-israélienne), tout en ignorant les revendications élémentaires des masses. La tentative de coopter la vieille garde des électoralistes des Frères Musulmans via des négociations avec le président Souleymane a échoué, en partie parce que la Confrérie n’avait pas le contrôle du mouvement et parce qu’Israël et ses partisans aux États-Unis s’y sont opposés. En outre, la section des jeunes de la Confrérie a exercé des pressions afin que les Frères Musulmans se retirent des négociations.

 
L’échec des renseignements a compliqué les efforts de Washington et de Tel-Aviv en vue de sacrifier le régime dictatorial dans l’intention de sauver l’État : la CIA et le Mossad n’ont pas développé de liens avec les nouveaux dirigeants émergents. Les Israéliens n’ont pu trouver le moindre « nouveau visage » assuré d’une base populaire et désireux de servir de vulgaire collaborateur de l’oppression coloniale. La CIA s’est engagée entièrement dans l’utilisation de la police secrète égyptienne pour torturer des suspects (« interprétation exceptionnelle ») et dans l’organisation de la police des pays arabes voisins. Il en est résulté que tant Washington que Tel-Aviv ont toujours favorisé une prise de pouvoir militaire afin d’empêcher toute radicalisation supplémentaire.

 
En fin de compte, l’incapacité de la CIA et du Mossad à détester et empêcher la montée du mouvement démocratique populaire révèle la précarité des bases du pouvoir impérialiste et colonialiste. À long terme, ce ne sont pas les armes, les milliards de dollars, la police secrète ou les chambres de torture qui décident de l’histoire. Les révolutions démocratiques ont lieu quand la grande majorité d’un peuple se lève et dit « assez », s’empare des rues, paralyse l’économie, démantèle d’État autoritaire et réclame la liberté et des institutions démocratiques sans tutelle impérialiste ni soumission coloniale.
 

James Petras est professeur de sociologie émérite à la Binghamton University, New York. Il est l’auteur de 64 ouvrages publiés en 29 langues, de plus de 560 articles publiés dans des revues spécialisées, dont American Sociological Review, British Journal of Sociology, Social Research, Journal of Contemporary Asia et Journal of Peasant Studies. En tout, il a publié plus de 2000 articles. Son ouvrage le plus récent est War Crimes in Gaza and the Zionist Fifth Column in America (Atlanta:Clarity Pres 2010) (Crimes de guerre à Gaza et la cinquième colonne sioniste en Amérique).


Traduit de l'anglais par Jean-Marie Flémal

 



Edité par T 34 - 26 Feb 2011 à 00:55
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Feb 2011 à 00:36
Tandis que l'impérialisme prépare une intervention en Libye, les masses arabes et africaines poursuivent leurs révolutions
 
 
Tunisie : 100 000 manifestants dans la capitale éxigent la chute du gouvernement de transition de Ghannouchi, sbire de Ban Ali, au cri de "Révolution jusqu'a la victoire". Affrontement entre policiers et manifestants.
 
Egypte : Un million de manifestants sur la Place Tahrir éxigent la chute du gouvernement d'Ahmed Shafic, agent de la dictature de Moubarak.
 

Yémen : des dizaines de milliers participent à des oration collectives pour la chute du Tyran Ali Abdallah Saleh. Il y a des marches à Aden de milliers de personnes au cri de "Mort et honte aux traitres", "fidélité aux martyr" à Sanaa, Saada, Taez et Moukallah.
 

Djiboutti : (ce n'est pas un pays arabe mais africain situé face à la Péninsule Arabique) : 30 000 personnes éxigent la chute du tyran Isamel Omar Guelleh, marionette impérialiste de ce pays occupé par des bases françaises avec 3 000 légionaires et fusiliers marins et la base gringa de Camp Lemonnier qui organise des incursions militaires et attaques terroristes contre la Somalie et le Yémen.

 
Jordanie : grandes manifestations à Amman, Irbid et karak contre le régime pro-impérialiste
 
Palestine : les troupes israëliennes agressent une manifestation "de la colère" à Jalil (Hébron) causant 5 blessés.
 
Bahreïn : manifestation monstre à Manama contre la monarchie féodale des Al Khalifa dont l'apuis gringo vien d'être renopuvellé par l'amiral Mike Mullen, chef suprême des forces armées étasuniennes. cette monarchie a assassiné des dizaines de manifestants pacifiques sans que l'ONU-UE-USA aient fait autre chose que de l'apuyer sans aucune pudeur.
 
 Démocrates à Manama, Bahrein

Irak: Les masses se mobilisentr contre les autorités corrompues pro-impérialistes et contre l'occupation souffrant d'une répression de la part des forces de sécurité. Le 17 février 9 manifestants assassiné à Suleimaniya pour s'être opposé aux partis kurdes collaborationistes et 3 à Kut. le 25 février 15 manifestants assassinés dont 5 à Mossul, 2 à Hawija, 5 à Tikrit, 2 à Samarra et 1 dans le village kurde de Calar. Manifestations aussi à Bagdad, Faluja, Bassora, Di Qar, Diwaniya, Al Anbar, Saladino, Ramadi et Diala.
 
 
14 février sur la place Tahrir de Bagdad
 
 Marche à Suleimaniya

L'Otan terroriste peut-elle arrêter la vague révolutionnaire anti-impérialiste arabe et africaine en envahissant la Libye ou d'autres pays et en assassinant des millions de patriotes comme elle l'a fait en Irak ?
 
 
Yémen
 
Liban
 
Jordanie
 
 
 
Liban 1950


Edité par T 34 - 27 Feb 2011 à 00:37
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Feb 2011 à 02:21

Le printemps démocratique du monde arabe [Fil rouge]

Les peuples  du monde arabe sont en mouvement. Ils expriment leur colère face aux pouvoirs corrompus de leurs pays.  En Algérie et au Yémen, en Libye et à Bahreïn le mouvement pour la liberté et contre la vie chère s’approfondit et s’élargit à une grande partie de la population. Ces mouvements sociaux et politiques font face à une répression sans merci de la part du pouvoir dans chacun des pays concernés. Les réponses qui leurs sont opposées vont des menaces d’interdiction de grèves, de tergiversations pour la libération de prisonniers politiques en Egypte  à la répression sanglante Libye. Mais ces peuples résistent, recherchant  leur chemin vers la liberté et la justice sociale, ils continuent leur combat:

Nouvelle manifestation dispersée par les forces de l'ordre à Tunis

Les forces de l'ordre ont dispersé samedi après avoir tiré des gaz lacrymogènes environ 300 manifestants qui scandaient des slogans anti-gouvernementaux devant le ministère de l'Intérieur à Tunis.

Ce nouveau rassemblement survient au lendemain de violents affrontements entre les forces de l'ordre tunisiennes et des groupes de manifestants qui avaient tenté de pénétrer dans le ministère et qui avaient incendié ou saccagé trois commissariats dans le centre.

Un important dispositif policier a rapidement dispersé les manifestants et demandait aux gens qui se trouvaient dans la rue de rentrer chez eux.

Plusieurs policiers en civil et portant des cagoules, avec des bâtons en bois, se sont lancés dans les rues perpendiculaires de l'avenue Habib Bourguiba où est situé le ministère de l'Intérieur, à la recherche de manifestants.

Un nombre important de voitures de police circulaient également dans le centre où l'entrée des rues était bloquée par des policiers.

La Turquie contre toute sanction à l'encontre de la Libye 

Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan s'est prononcé aujourd'hui contre toute sanction à l'encontre de la Libye, accusant les grandes puissances de «calculs» concernant les ressources pétrolières du pays. «Toute intervention rendra la situation encore plus difficile. Cela frapperait non pas le gouvernement mais le peuple libyen. Vous ne pouvez pas assurer la paix dans le monde en ayant recours à des sanctions à chaque incident», a déclaré le chef du gouvernement turc dans un discours télévisé à Istanbul.

 

Maroc: nouvelle constitution réclamée

Près d'un millier de personnes encadrées par un important dispositif sécuritaire se sont rassemblés aujourd'hui à Casablanca, au Maroc, pour revendiquer des "réformes politiques et une nouvelle constitution.

"La manifestation a commencé vers 15h00 (GMT) et il y aurait près d'un millier de personnes. La plupart des slogans appellent à des réformes politiques et une nouvelle constitution". "Nous voulons une nouvelle constitution", "Justice, dignité et liberté", "Ni parlement ni gouvernement", crient les manifestants qui étaient entourés d'un important dispositif sécuritaire.

Tunis: une manifestation réprimée

Les forces de l'ordre ont dispersé aujourd'hui après avoir tiré des gaz lacrymogènes environ 300 manifestants qui scandaient des slogans anti-gouvernementaux devant le ministère de l'Intérieur à Tunis. Ce nouveau rassemblement survient au lendemain de violents affrontements entre les forces de l'ordre tunisiennes et des groupes de manifestants qui avaient tenté de pénétrer dans le ministère et qui avaient incendié ou saccagé trois commissariats dans le centre.

Un important dispositif policier a rapidement dispersé les manifestants et demandait aux gens qui se trouvaient dans la rue de rentrer chez eux.  Plusieurs policiers en civil et portant des cagoules, avec des bâtons en bois, se sont lancés dans les rues perpendiculaires de l'avenue Habib Bourguiba où est situé le ministère de l'Intérieur, à la recherche de manifestants. Un nombre important de voitures de police circulaient également dans le centre où l'entrée des rues était bloquée par des policiers.

Bahreïn: un leader de l'opposition chiite rentre à Manama

Un leader en exil de l'opposition chiite de Bahreïn, Hassan Mashaimaa, a regagné samedi Manama sans être inquiété par les autorités

Les opposants libyens progressent sur le terrain 

Mouammar Kadhafi exhorte ses partisans à "triompher des ennemis", tandis que ses opposants progressent sur le terrain et que pressions et sanctions internationales contre le chef d'Etat libyen se multiplient.

"Nous combattrons s'ils le veulent", a déclaré vendredi le leader de 68 ans alors que l'est du pays est contrôlé par ses adversaires et que Tripoli est le théâtre d'affrontements. Des quartiers semblaient désormais aux mains des opposants dans la capitale qui a longtemps été considérée comme le bastion du régime, avec Syrte la ville natale du "Guide".

"On n'arrête pas d'entendre des coups de feu", a témoigné une habitante de la capitale libyenne.

"Je pense que la révolte a gagné Tripoli. Si vous al lez sur la place Verte, vous trouverez de nombreux partisans de Kadhafi. Mais dans d'autres lieux (de la capitale), il y a des manifestants anti-Kadhafi" a déclaré un habitant du centre-ville.

Des manifestants bloqués à Alger

Une centaine de manifestants pour un changement politique en Algérie ont été bloqués aujourd'hui par la police dès leur arrivée au lieu de rendez-vous dans le centre d'Alger. Le président du Parti pour la Culture et la Démocratie (RCD), le député Saïd Sadi, s'est retrouvé encerclé, avant même l'heure prévue du début de la marche, 11h00, par les forces de l'ordre sur la Place des Martyrs.

Les forces de l'ordre ont réussi à repousser vers le front de mer tout proche les partisans du RCD réunis sous la bannière de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), un mouvement né il y a un mois mais déjà scindé en deux.  Une vingtaine de partisans du président Abdelaziz Bouteflika sont apparus. Munis de portraits du dirigeant, ils scandaient son nom et affichaient une pancarte en arabe: "Les Algériens sont pro-Bouteflika, ils ne veulent pas de la Coordination des avides". La police placée entre les deux camps a empêché tout affrontement.

Libye: le régime arme des civils, selon des habitants de Tripoli
Le régime de Moammar Kadhafi arme ses partisans civils pour établir des points de contrôle et réprimer toute contestation, selon les témoignages d'habitants de Tripoli.

Le soulèvement populaire qui touche la Libye constitue le plus grand défi auquel est confronté Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans. Le dirigeant libyen a maintenu son contrôle dans la capitale en ayant recours à la violence contre les protestataires, mais les insurgés se sont emparés d'environ la moitié du littoral libyen.

Les forces pro-Kadhafi ont ouvert le feu sur des manifestants après la prière du vendredi. Le numéro un libyen a déclaré à ses partisans qu'il "ouvrirait les dépôts d'armes pour que tous les Libyens  soient armés".

Des habitants de Tripoli, joints samedi par téléphone depuis Le Caire, ont fait état sous couvert d'anonymat de camions patrouillant les rues avec à leur bord des civils soutenant le régime.

Libye : les forces pro-Kadhafi ouvrent le feu à Tripoli Au moins deux manifestants ont été tués vendredi à Tripoli dans des affrontements avec les forces de sécurité libyennes, a rapporté un habitant de la capitale de la Libye. Au 11e jour de la révolte sanglante contre le pouvoir chancelant de Kadhafi qui a accusé ses opposants d'être téléguidés par Al-Qaïda, les initiatives se multiplient : réunion de l'ONU, propositions de sanctions, d'embargo total et de mise en place d'une zone d'exclusion aérienne.

Tunisie : marée humaine dans les rues de Tunis  Plus de 100 000 Tunisiens, selon la police, ont réclamé vendredi le départ du gouvernement de transition dirigé par Mohammed Ghannouchi, devant la Kasbah, épicentre de la contestation, où de nouveaux cortèges de manifestants affluaient encore en début d'après-midi.

 

A. S. avec les agences

 
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Le cri "Hurriya" (liberté) retentit de la place Tahrir au camp de Shatila !

 

Franklin LAMB

Les échos du "Hurriya !" de la place Tahrir qui se répandent dans tout le Moyen Orient auront ou n’auront pas été la cause de ce qui se passe aujourd’hui dans l’état historiquement libéral du Wisconsin et dans d’autres endroits des USA, mais la plupart d’entre nous sommes d’accord pour dire que les révolutions tunisiennes et égyptiennes ont des répercussions larges et profondes et semblent prendre de plus en plus d’ampleur. Les camps de réfugiés palestiniens au Liban ne font pas exception.

Il est possible que tôt ou tard à peu près une demi douzaine de despotes arabes se retirent à contre coeur en Arabie Saoudite pour raisons médicales. Et même que des Saoudiens s’installent aux USA pour profiter des vastes propriétés qu’ils y possèdent, certaines se trouvant dans les quartiers occupés principalement par des Israéliens qui ont la double nationalité, quartiers dont le taux d’occupation augmente aussi drastiquement car beaucoup d’Israéliens ont l’impression que la prédiction de la CIA sur l’effondrement de leur occupation coloniale se concrétise.

D’autres sentent aussi l’inondation torrentielle se rapprocher, ce sont ceux qui s’étaient abrités sous les accords de 1978 de Camp David et son "bébé de Rosemarie", "le traité de paix" de 1979 qui a castré l’Egypte, trahi les Palestiniens et octroyé le leadership régional à Israël pour trois décennies. Il semble que la Maison Blanche soit prête à "renégocier" les accords de Camp David mais craigne, comme Israël, qu’ils ne soient gelés et indéfiniment suspendus pour ne pas dire complètement abandonnés dans les prochains mois. Cela est la conséquence du nouvel ordre qui est en train de se mettre en place et de la culture de la résistance qui gagne du terrain.

Des leaders israéliens paniqués et leurs supporters au Congrès s’affairent à convaincre les public étasunien de l’importance vitale et de l’économie financière que représentent les 3 milliards par an d’aides consenties à Israël pour sa sécurité lors de ces accords tout en sachant très bien que c’est le contraire qui est vrai. L’AIPAC (le lobby israélien aux USA, NdT) est monté à l’assaut des collines du Capitole cette semaine ainsi que de tous les leviers médiatiques pour sonner l’alarme avec son "Appel Urgent" ainsi rédigé : "Nous vous prions de faire signer par vos députés au Congrès une lettre à la secrétaire d’état Hillary Clinton qui demande instamment à toutes les branches du gouvernement étasunien de bien insister auprès des leaders potentiels de l’Egypte et des figures d’opposition sur l’importance des obligations internationales de l’Egypte et spécialement du traité de paix de Camp David avec Israël."

Hier seulement, le 18.2.2011, la délégation palestinienne à l’ONU, dans une rare manifestation de courage, sans doute due à la révélation par des documents palestiniens de leur duplicité et de leur trahison et aussi à cause de la place Tahrir, ont rallié les 130 membres de l’ONU qui soutenaient la résolution de UNSC et ont résisté à Barak Obama et l’ambassadeur Susan Rice qui voulaient leur faire renoncer à la modeste Résolution du Conseil de Sécurité qui condamnait les colonies israéliennes. Avant le vote, des menaces ont été proférées par la Maison Blanche à l’encontre du "Président" de l’AP, Mahmoud Abbas, pendant un coup de fil tendu du Président des USA et avant qu’Abass ait pu récupérer de cette première admonestation, il a reçu un second coup de fil de Hillary Clinton.

Les ambassadeurs anglais, russes et chinois faisaient partie de ceux qui se sont levés pour soutenir la résolution. Même si elle n’a pas été acceptée, elle n’en reste pas moins un exemple rare de solidarité du Conseil de Sécurité avec la Palestine avec ses 14 votes pour et un seul vote contre. Pour la 63ième fois, le veto étasunien a montré au peuple étasunien et au monde entier que, grâce aux pressions exercées par le Congrès, ce sont les colons israéliens qui vivent sur de la terre volée qui triomphent et non le peuple étasunien et ses valeurs qui se manifestent pourtant dans le fait que les USA et Israël récoltent un réveil arabe et islamique qui hâtera leur expulsion de la région. Quelques heures avant le vote courageux de l’ONU, le nouveau gouvernement provisoire du Caire a annoncé l’ouverture du passage de Rafah même si c’est encore de manière limitée.

Il se passe des tas de choses d’ordre symbolique. Qui aurait pensé que, juste après le départ de Mubarak, l’Egypte laisserait passer, pour la première fois depuis 1979, des navires de guerre iraniens à travers le canal de Suez ? Quand les bateaux iraniens arriveront à Port Said ils seront certainement accueillis et peut-être fêtés par les dockers et le peuple égyptien en dépit des menaces et revendications du ministre des affaires étrangères israélien Avigdor Lieberman selon lesquelles l’utilisation du canal international par l’Iran est "un acte d’hostilité" et "prouve que les Iraniens ont de plus en plus de toupet."

De nombreux Palestiniens dans les camps et les communautés du Liban, semblent, comme la plupart d’entre nous, être complètement fascinés par ce qui se passe. Une étude publiée par le Monde Arabe pour la Recherche et le Développement (AWRAD) le 2 février 2011 a montré que 74% des Palestiniens soutiennent les manifestations en Tunisie qui ont renversé le Président Zine El Abidine Ben Ali. Dans les camps libanais il semble que le soutien au réveil arabe augmente avec chaque nouvelle révolte dans la région.

Dans les camps, on croit, comme sans nul doute la plupart de ceux qui ont oeuvré pour les droits civils des Palestiniens au Liban, y compris plus de deux douzaines d’ONG locales et internationales et d’organisation issues de la société civile, que la force émanant de la place Tahrir permettra aux réfugiés palestiniens d’obtenir enfin le droit de posséder une maison et de travailler qui sont des droits élémentaires garantis à toute la communauté internationale et dont tous les autres réfugiés bénéficient de par la loi.

Ma meilleure amie au camp de Shatila, Zeinab al Hajj qui y est né, y a été élevée et y habite toujours est un exemple lumineux du nouveau leadership palestinien dans les camps de réfugiés du Liban. Il faut la voir accueillir les visiteurs occidentaux et les convertir rapidement à sa cause ! Se rendre au domicile de Zeinab qui lui sert aussi de bureau, pour l’écouter parler de l’urgente nécessité d’accorder aux Palestiniens les droits civils et expliquer pourquoi elle et ses amis pensent que le nouveau gouvernement mené par le Hezbollah, et inspiré lui aussi par la place Tahrir, tiendra ses engagements moraux, religieux, légaux et politiques et leur donnera le droit de travailler et de posséder un logement, est assez simple.

La famille Al Hajj qui compte 14 membres sur trois générations accueille toujours les visiteurs étrangers dans leur trois pièces avec sur le toit une terrasse qui surplombe le camps où certains des massacres les plus intenses ont eu lieu pas seulement pendant le massacre de Sabra et Shatila de 1982 mais aussi pendant les guerres contre les camps de 1985-88 quand les camps de Shatila et Burj Barajneh étaient promis à la destruction par des factions qui se vantent cependant aujourd’hui d’avoir épousé la cause palestinienne. D’ailleurs on trouve, rappel funèbre, les posters de certains de ceux qui ont donné l’ordre d’assassiner les hommes, les femmes et les enfants de Shatila pendant la regrettable "guerre des camps" placardés dans divers endroits du sud du camp de Shatila.

Bien sur ce n’était pas une "guerre des camps" au sens propre du terme mais plutôt une série d’attaques ponctuelles de 1985 à 1988 visant à assassiner des civils désarmés soit disant pour empêcher le retour de l’OLP d’Arafat jusqu’à ce que, Subli al-Tufayli qui était alors le porte parole du Hezbollah (et qui est devenu son secrétaire général en 1989-92) et d’autre personnalités interviennent et demandent au président Hafez Assad de Syrie de mettre fin aux meurtres en déclarant que le Hezbollah était prêt à envoyer des combattants pour défendre les camps palestiniens. On peur imaginer ce que ressentent aujourd’hui les familles palestiniennes, dont presque toutes ont perdu un parent tué par leurs voisins arabes, quand elles passent devant les visages au sourire amical de ces posters en conduisant leurs enfants à l’école. Voir leurs photos sur les murs soulève en elles la même colère que si elles voyaient des tasses à l’effigie d’Ariel Sharon et de Rafael Eitan dans le camp de Shatila.

Pour pouvoir s’asseoir là et écouter "Miss internationale", ses amis et ses parents âgés qui quand ils étaient enfants ont fait en une demi-journée le trajet entre Safed au nord de la Palestine et le Liban le 12 mai 1948, il suffit d’entrer dans le camp de Shatila par la porte sud et de marcher en diagonale à travers ce qui reste de l’hôpital Akka de la croix rouge palestinienne. Continuez vers le nord le long de la rue Sabra vers ce qui reste de l’ancien hôpital PRCS de Gaza. L’hôpital de Gaza a été, pendant les années précédent le départ de la résistance palestinienne en 1982, l’hôpital le mieux équipé et le mieux administré du Moyen Orient. Il a été bombardé, détruit et dépouillé de tout son équipement pendant la "guerre des camps" et l’enveloppe extérieure de l’hôpital sert maintenant d’abri à environ 1000 réfugiés qui s’entassent dans toutes les pièces, les entrées et les recoins, de la salle d’opérations à la morgue. Continuez plus au nord au delà du cimetière des martyrs où environ 1000 victimes non identifiées sont enterrées puis prenez la troisième allée à gauche, si étroite qu’elle n’a pas vu le soleil depuis 60 ans. Contournez les mares d’eaux usées et les ornières, regardez les douzaines de beaux enfant qui jouent, qui courent ou qui vont et viennent entre les deux écoles de l’UNWRA (Agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens) du camp, évitez les bicyclettes qui foncent et les Palestiniennes dignes malgré le stress, avec leurs sacs à provision, parfois en équilibre sur la tête, et leur bébé dans les bras et vous arriverez à une masure carrée couleur de cendre, sur votre gauche qui jouxte un abri au toit de zinc rouillé que les résidents du camp évitent. Personne ne veut plus aller dans l’abri parce que il y a 29 ans la famille al-Hajj avait autorisé ses voisins à se cacher dans leur abri pendant les massacres de 1982 pendant qu’eux-mêmes fuyaient vers l’est vers l’ambassade algérienne de l’époque par la route qui mène du camp de Shatila à l’aéroport - aujourd’hui l’hôtel de ville de la municipalité Hezbollah de Ghouberi.

Quand la famille Hajj est rentrée chez elle après le massacre, elle a appris que les 17 voisins qui s’étaient réfugiés dans son abri avaient été assassinés parce que les Israéliens avaient communiqué aux miliciens de la Phalange libanaise les cartes qui indiquaient la position des 11 abris. Zeinab qui avait 7 ans à l’époque se souvient qu’elle avait voulu rester dans l’abri au lieu de fuir parce qu’elle voulait jouer avec ses poupées et son amie Mona et que toutes les deux aimaient jouer dans leur "cachette". La totalité des 278 résidents du camp cachés dans les abris du camps de Shatila que les Israéliens avaient repérés a été assassinée sauvagement entre jeudi vers 6 heures du soir et vendredi vers minuit les 16 et 17 septembre 1982, à l’exception de 4 personnes.

La nuit dernière, tout en dégustant un délicieux bol de shorba palestinien brûlant préparé par Mme Hajj, nous avons parlé de ce que Zeinab et ses amis appellent "Le grand réveil arabe et palestinien". "Que se passe-t-il ? Est-ce possible que les victimes de Sykes-Picot* puissent être libérés maintenant et non pas dans un futur incertain ?" Suha, la soeur de Zeinab, qui est infirmière résidente a l’hôpital voisin de Bahman a demandé en faisant référence à Israël.

Certains espèrent que les soulèvements qui agitent le Moyen Orient inciteront les Palestiniens du Liban à se révolter à leur tout pour protester contre leur situation économique et sociale qui est pire que celle des pays qui se soulèvent actuellement. Si l’éruption a lieu, ce sera pour la liberté, la dignité et la justice. Des quantités de meetings et de débats ont lieu mais jusqu’à maintenant il n’y a pas encore de démonstrations de masse organisées, bien que le calme actuel puisse brusquement voler en éclats.

Les amis de Zeinab sont aussi très optimistes ces temps-ci sur la probabilité d’obtenir enfin quelques droits civils élémentaires. L’excitation croissante résulte de la certitude partagée par beaucoup de réfugiés des camps que la Tunisie, l’Egypte et peut-être toute la région va obtenir sa liberté mais provient aussi de l’espoir que suscite le nouveau gouvernement du Liban. L’échec du parlement, l’été dernier, à obtenir des améliorations significatives en matière de droit de travailler et du droit de posséder un logement a beaucoup déçu les réfugiés des camps mais le nouveau gouvernement leur a redonné espoir.

Leur zèle croissant se manifeste dans le militantisme qui gagne de plus en plus de jeunes Palestiniens, encouragés par leurs aînés parmi lesquels il y a beaucoup de héros de la résistance palestinienne, parfois honorés et parfois oubliés, qui pendant les 50 dernières années ont contribué à faire connaître la cause palestinienne dans le monde et à obtenir du soutien. Je dis cela pour faire honneur à tous ceux qui sont maintenant d’âge mûr et qui restent assis dans les camps sans rien avoir à faire d’autre que se souvenir et se demander ce qui n’a pas marché, tout en parlant des derniers développements comme les Documents palestiniens, tout ceux qui se sont battus si longtemps pour retourner en Palestine. Beaucoup d’entre eux ont connu l’époque qui a précédé celle où la sioniste en chef Golda Meir pouvait dire "il n’y a pas de peuple palestiniens" et où la plupart des médias rapportaient ses mensonges comme si c’était la vérité ; cette génération-là n’a jamais renoncé aux principes qui sous-tendaient la lutte du peuple palestinien pour la justice. J’ai rencontré récemment un habitant du camp de Shatila qui en 1950 à Gaza travaillait au Comité exécutif de la conférence des réfugiés. C’était 14 ans avant la fondation de l’OLP au Caire. C’était le Comité qui a conduit la premier conseil législatif de Gaza au début des années 1960, et qui a envoyé la première délégation de réfugiés à l’ONU en 1961.

Les camps du Liban sont pleins de héros vieillissants. Il faut compter au nombre de ces héros les milliers de mères qui ont souffert et ont tant fait pour leurs familles, leur cause et leur pays. Leur progéniture se presse dans les camps surpeuplés. Il y a un jeune Nelson Mandela au camp de Rashedeyeh près de Tyre. Une autre jeune que j’ai rencontré à Ein el Hewe ressemble comme deux gouttes d’eau à Dalal Moughiby. A Nahr al Bared, qui attend toujours d’être reconstruit après sa destruction en 2007, j’ai regardé un jeune Khalil al Wazir (Abu Jihad) parler de son espoir de raviver la résistance palestinienne jusqu’à la libération. Au camp de Wavall dans la Bekaa, j’ai passé une soirée avec un jeune qui paraissait être un nouveau Hassan Nasrallah et qui voulait ramener son peuple en Palestine.

Comme les rues du Caire, les camps du Liban commencent à retentir du cri "Hurriya !" Les camps ici ont donné naissance à de nouveaux leaders qui avec l’aide des anciens, vont s’assurer que le nouveau gouvernement respecte ses engagements de résistant et vote au parlement la liberté complète de travailler et annule la loi discriminatoire de 2001 qui criminalise la possession d’un logement par les Palestiniens.

On peut joindre Franklin Lamb à l’adresse : fplamb @ gmail.com

Pour consulter l’original : http://countercurrents.org/lamb2202...

Traduction : D. Muselet

note :

*Les accords Sykes-Picot, sont des accords secrets signés le 16 mai 1916, entre la France et la Grande-Bretagne (avec l’aval des Russes et des Italiens), prévoyant le partage du Moyen-Orient à la fin de la guerre (espace compris entre la mer Noire, la mer Méditerranée, la mer Rouge, l’océan Indien et la mer Caspienne) en zones d’influence entre ces puissances, dans le but de contrer des revendications ottomanes.

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La peur a changé de camp dans les pays arabes à régime autoritaire

De l’Arabie saoudite à l’Algérie, les pouvoirs en place prennent des mesures sociales d’urgence de peur d’être touchés par l’onde de choc révolutionnaire.

Comme le soulignait hier le politologue libanais Ghassan Salamé, «la peur a changé de camp» dans le monde arabe. Ce ne sont plus les peuples qui sont tétanisés par la répression, mais les rois, émirs et autres présidents à vie qui tremblent devant la colère des peuples. Et soudain, dans l’urgence, ils prennent des mesures bien tardives dans l’espoir de la calmer. La mesure la plus spectaculaire a été prise jeudi par le roi Abdallah d’Arabie saoudite, revenu en hâte dans son pays après trois mois d’absence. Il a débloqué 36 milliards de dollars pour aider les jeunes saoudiens à «trouver des emplois, se loger et se marier». Bien qu’il n’y ait pas encore eu de manifestations, la famille royale tremble à l’idée que l’Arabie saoudite puisse être contaminée par celles qui secouent le Bahreïn voisin. Le roi Abdallah s’est d’ailleurs entretenu jeudi soir avec Cheik Hamad Al Khalifa, émir de ce petit État de 750 000 habitants peuplé à 70% de chiites qui ne supportent plus le mépris et la discrimination dans tous les domaines que leur impose la dynastie sunnite. Les deux ont, en cœur, accusé l’Iran d’être derrière cette révolte et d’avoir des visées su l’île, qui a fait partie de la Perse jusqu’au XVIIIe siècle et qui est aujourd’hui reliée à l’Arabie par un pont de 26 kilomètres. Le roi d’Arabie est d’autant plus inquiet qu’il est entouré de pays où la contestation s’exprime avec plus ou moins de force : en Jordanie, les manifestations se succèdent pour exiger des réformes constitutionnelles, un Parlement réellement représentatif et la fin de la corruption. Au Yémen, les appels au dialogue du président Saleh et la baisse de 50% des taxes sur les salaires n’ont pas suffi à calmer la colère. En Irak, il y a eu des manifestations partout hier, malgré le déblocage par le gouvernement de 1 milliard de dollars pour l’aide alimentaire aux plus démunis. En Syrie, pays jusqu’ici épargné par la vague contestataire, Bachar Al Assad a mis lui aussi la main au portefeuille et débloqué 14 milliards de dollars pour créer un fonds social afin d’améliorer le sort de la population. En Algérie enfin, le président Bouteflika a levé jeudi un état d’urgence en vigueur depuis dix-neuf ans, ce qui lui a valu les félicitations d’Obama : «Il s’agit d’un pas positif qui montre que le gouvernement algérien écoute les revendications de son peuple. Nous attendons de nouveaux pas qui permettront aux Algériens d’exercer pleinement leurs droits universels», a dit le président américain. L’Algérie avait déjà pris des mesures fiscales pour faire baisser les prix des produits de première nécessité et promis la création de milliers d’emplois dans l’espoir de calmer une jeunesse qui désespère de l’avenir, comme le prouve la multiplication des immolations par le feu. Tous ces pays ont effectué des achats massifs de céréales pour faire face à la hausse de ce qui constitue la base de l’alimentation de leurs populations, alimentant par là même la spéculation. Ils ne semblent pas avoir compris que les peuples réclament, en plus du pain, la liberté.

Françoise Germain-Robin

Source


Révoltes dans les pays arabes, le fil du jour

Lâché par la communauté internationale et qualifié de "despote", le colonel Kadhafi était sommé dimanche en termes de moins en moins diplomatiques de partir, alors qu'une crise humanitaire commence aux frontières de la Libye et que la contestation ne faiblit pas dans le monde arabe.

Le leader libyen Mouammar Kadhafi s'accrochait au pouvoir à Tripoli, malgré la pression de la rue, les sanctions de l'ONU votées à l'unanimité samedi et les appels à la démission des Occidentaux. Sur place, l'opposition prépare un gouvernement de transition dans l'est de la Libye, au 13e jour d'une insurrection sans précédent.

Des personnalités anti-Khadafi forment un Conseil national. Des opposants à Mouammar Kadhafi ont annoncé dimanche à Benghazi, dans l'est de la Libye, la formation d'un Conseil national libyen qui, ont-ils souligné, n'est pas un gouvernement provisoire mais constitue la face politique du mouvement révolutionnaire. Un porte-parole de ce Conseil a exclu toute négociation avec le gouvernement du colonel Kadhafi. Les opposants au Guide libyen ont déclaré, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion consacrée à la formation du Conseil chargé de soutenir le mouvement révolutionnaire, le gouvernement provisoire annoncé par l'ancien ministre de la Justice, Moustafa Mohamed Aboud Adjleïl, relevait des "vues personnelles" de ce dernier.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décrété des sanctions contre le dirigeant libyen, sa famille et ses proches: gel de leurs avoirs à l'étranger, interdiction de voyager, embargo sur les ventes d'armes à la Libye. Il a aussi a considéré que "les attaques systématiques" contre les civils en Libye "peuvent être assimilées à des crimes contre l'humanité" et demandé la saisie de la Cour pénale internationale. La chancelière allemande Angela Merkel a appelé au départ du "despote", après les appels du président américain Barack Obama et français Nicolas Sarkozy. La Russie a pour sa part condamné l'usage de la force contre des civils.

Sur le terrain, l'opposition armée contrôle l'est du pays, où vivres et médicaments commencent à manquer, selon des témoignages recueillis par le Haut commissariat des réfugiés (HCR). Par ailleurs, d'intenses combats ont eu lieu dans l'ouest dans des villes autour de Tripoli où le colonel Kadhafi a demandé à ses partisans de se mobiliser y compris par les armes. Dans la capitale, les habitants vivent terrés, alors que des miliciens pro-Kadhafi patrouillaient dans la rue et que l'électricité a été coupée dans certains quartiers et que des tirs ont été entendus. Selon le Foreign Office, "la sécurité s'est détériorée à l'aéroport (de Tripoli) ces dernières heures et la situation sur la route de l'aéroport devient précaire". Mais pour Seif Al-Islam, un des fils du dirigeant libyen, la situation est "excellente" dans les trois-quarts du pays, quoiqu'il y ait une "volonté intérieure de changement".

Les manifestants semblaient contrôler dimanche la ville de Zawiyah près de Tripoli où ils ont manifesté par milliers contre le régime lors d'une visite de presse organisée par les autorités.

La France a suspendu les activités de son ambassade à Tripoli après l'évacuation de la totalité de son personnel diplomatique via un avion militaire qui a également rapatrié des ressortissants français et étrangers, a annoncé le ministère des Affaires étrangères.

Les violences en Libye, dont le nombre de victimes reste encore difficile à estimer, des sources parlant de plus d'un millier de morts, continuent de pousser les étrangers à fuir. Le HCR totalisait dimanche déjà près de 100 000 personnes, des travailleurs égyptiens et tunisiens principalement, aux frontières avec la Tunisie et l'Egypte, une situation qualifiée de "crise humanitaire" et nécessitant une aide internationale urgente. Evacuées par ferry, des milliers de personnes, toutes nationalités confondues, continuaient de fuir tirs, pillages et chaos. La Grèce a accueilli dimanche quelque 4.600 étrangers, majoritairement Chinois, portant à plus de 12.000 le nombre de personnes évacuées via ce pays.

Dans le monde arabe, le vent de contestation continue de se propager.

A Oman, une marche de chômeurs a pour la première fois dégénéré en violences.

En Tunisie, de nouvelles violences ont éclaté dimanche en début d'après-midi dans le centre de Tunis, au lendemain d'affrontrements ayant fait trois morts. Scandant des slogans hostiles au gouvernement de transition, les protestataires, rassemblés en petits groupes sur l'avenue Habib Bourguiba, épicentre des émeutes, tentaient d'avancer en direction du ministère de l'Intérieur et d'une rue adjacente où était positionné un blindé de la police. A lire : Marée humaine dans les rues de Tunis

En Irak, le Premier ministre Nouri al-Maliki a donné dimanche 100 jours à ses ministres pour faire leurs preuves, après des manifestations de colère vendredi et samedi dans les principales villes du pays contre l'incompétence du gouvernement.

Au Yemen, de véritables scènes de guerre ont été rapportées samedi à Aden, dans le Sud, faisant au moins trois morts. Le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, malgré la défection d'importants chefs tribaux, a toutefois affirmé dimanche son intention de défendre le "régime républicain" jusqu'à la "dernière goutte de (son) sang" et dénoncé un complot. Á lire : Défections au sein du régime

En Syrie, une page Facebook intitulée "la révolution syrienne contre Bachar al-Assad 2011" appelait à des manifestations dans toutes les villes syriennes à une date encore indéterminée.

Au Maroc, près de mille personnes encadrées par d'importantes forces de sécurité ont réclamé samedi à Casablanca des "réformes politiques et une nouvelle Constitution". -> Á lire : le pays aspire aussi à la démocratie

A Alger, une centaine de contestataires ont bravé un important dispositif policier pour tenter leur troisième marche en un mois en faveur d'un changement de régime.

Au Caire, près de 2.000 manifestants ont réclamé un nouveau gouvernement.

A Bahreïn, le "dialogue national" censé sortir le royaume de la crise, patine et l'opposition continue d'exiger la démission du gouvernement.

Au Qatar, un appel à l'éviction de l'émir Hamad ben Khalifa al-Thani, lancé sur Facebook, a rassemblé samedi plus de 20.000 sympathisants.

Au Koweït, un groupe d'opposition nouvellement formé a appelé à des réformes et l'émir cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah a annoncé des mesures sociales.

En Jordanie, l'opposition accuse le gouvernement de "manque de sérieux" dans les réformes, après la plus grande manifestation vendredi dans la capitale depuis début janvier.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Feb 2011 à 19:32

Les médias israéliens "craignent" la nouvelle Egypte (Al Jazeera)

 

Neve GORDON

Les médias israéliens présentent la démocratie égyptienne comme une menace, et un commentateur regrette même la fin de la colonisation.

Cela fait trois semaines que les médias israéliens s’intéressent tout particulièrement à l’Egypte.

Pendant toute la durée des manifestations aussi impressionnantes que sans précédent, on ne parlait pas quasiment que du soulèvement aux actualités de la télévision et les journaux consacraient la moitié de leurs pages d’informations et d’opinions aux événements en cours.

Mais, loin de l’excitation que ressentaient les autres pays en regardant l’histoire se faire, ici en Israël, et notamment à la télévision, l’anxiété dominait ; on avait le sentiment que les développements en Egypte étaient hostiles aux intérêts d’Israël. La révolution égyptienne, en d’autres termes, était une mauvaise nouvelle.

Il a fallu un moment aux experts "des affaires arabes" pour comprendre ce qui se passait. Au début du soulèvement, le refrain récurrent était "l’Egypte n’est pas Tunis".

Les commentateurs assuraient au public que l’appareil de sécurité égyptien était fidèle au régime et qu’en conséquence il y avait peu de chance que le président Hosni Mubarak soit renversé.

Le revirement des médias

Quand il est devenu évident qu’ils étaient dans l’erreur, la plupart des commentateurs ont fait comme le premier ministre Benyamin Netanyahu et se sont mis à reprocher au président Barak Obama de ne pas soutenir Israël. Le directeur des nouvelles de l’étranger d’une des chaînes a noté que "Le fait que la Maison Blanche autorise les manifestations est cause d’inquiétude ;" et l’analyste politique influent Ben Kaspit a dit qu’il regrettait le président George W. Bush.

"Nous nous souvenons avec nostalgie de l’année 2003 où George W. Bush a envahi et conquis l’Iraq" a écrit Ben Kaspit. "La Libye a immédiatement changé sa trajectoire et a rallié l’occident. L’Iran a suspendu son programme nucléaire. Arafat a été bridé. La Syrie tremblait de peur. Ce n’est pas que l’invasion de l’Iraq ait été une bonne décision (non, bien sur, l’Iran est le vrai problème, pas l’Iraq), mais au Moyen Orient celui qui ne se déplace pas avec une bonne batte de baseball à la main, en prend une sur la tête."

Les commentateurs israéliens sont peu clairs sur les chances de la démocratie égyptienne. Un journaliste explique que cela prend des années pour mettre en place des institutions démocratiques et pour que le peuple intériorise les modes de fonctionnement de la démocratie et Amir Hazroni de NRG a même écrit une ode à la colonisation :

"Quand on réfléchit à la raison pour laquelle les USA et l’occident ont perdu l’Egypte, Tunis, le Yemen et peut-être d’autres pays du Moyen Orient, on oublie une chose. Le péché originel a été commis juste après la seconde guerre mondiale quand il a été mis fin à une excellente forme de gouvernement qui protégeait la sécurité et la paix au Moyen Orient (et dans d’autres parties du Tiers Monde) sous la pression des USA et de l’union Soviétique... Plus de 60 ans se sont écoulés depuis que les états arabes et les pays d’Afrique ont été libérés du "joug colonial" mais il n’y a toujours pas d’université arabe, de scientifique africain, ou de produit de consommation du Moyen Orient qui ait marqué le monde."

La peur et les Frères Musulmans

Même si peu de commentateurs sont aussi réactionnaires que Hazroni, une perspective orientaliste colore toutes les discussions sur l’Egypte, perspective qui a pour effet de renforcer la peur de l’Islam déjà prégnante en Israël. L’islam politique y est constamment présenté et considéré comme une force menaçante et opposée à la démocratie.

C’est pourquoi, aux yeux des analystes israéliens, les manifestants -la génération Facebook et Twitter- sont dignes de sympathie mais aussi extrêmement naïfs. Tout le monde ici pense qu’il leur arrivera ce qui est arrivé aux intellectuels iraniens qui ont mené la lutte conte le Shah.

L’expert des "affaires arabes" de la deuxième chaîne a expliqué que : "Le fait qu’on ne voit pas les Frères Musulmans ne signifie pas qu’ils ne sont pas là," et un autre expert a demandé aux téléspectateurs de ne pas "se laisser induire en erreur par les paroles de Elbaradai Viennese, car derrière lui il y a les Frères Musulmans."

Selon ces oracles, les Frères Musulmans ont pris la décision tactique de ne pas distribuer de drapeaux islamiques et de ne pas prendre une part active aux manifestations. Un commentateur a déclaré que si les frères Musulmans gagnent, alors "les élections seront la fin du processus [démocratique] et pas le début," et un présentateur de la chaîne 10 a demandé à l’ancien ministre Binyamin ben Eliezer si "la personne qui pense : ’Quel bonheur, enfin une Egypte démocratique’ est naïve ?"

Le ministre a répondu : "Laissez-moi rire. Nous voulions une démocratie en Iran et une à Gaza. Pour penser cela il faut ignorer le fait que depuis dix ans, il y a un combat de géants entre les Sunnites et les Shiites qui a fait couler des tonnes de sang. Ceux qui parlent de démocratie en Egypte, ne sont pas conscients de la réalité dans laquelle nous vivons."

La menace démocratique

La réponse de Ben Eliezer est révélatrice, surtout parce qu’il est de notoriété publique qu’Israël soutenait le régime du Shah en Iran et ne s’est jamais montré un supporter particulièrement enthousiaste de la démocratie palestinienne. Le gouvernement israélien considère la démocratie au Moyen Orient d’abord et avant tout comme une menace aux intérêts d’Israël.

Dan Margalit, un commentateur connu, a clarifié ce point en expliquant qu’Israël n’est pas contre la démocratie dans les plus grands pays arabes, mais c’est simplement qu’il considère que les accords de paix avec l’Egypte sont plus importants.

Israël, il faut le dire, n’est pas le seul pays à avoir cette approche égoïste ; la plupart des pays occidentaux se plaignent sans arrêt du manque de démocratie dans le monde arabe tout en soutenant les dictateurs et en les aidant à rester au pouvoir. En français ce comportement à un nom : cela s’appelle de l’hypocrisie.

Neve Gordon est l’auteur de "l’occupation israélienne" et on peut le joindre grâce à son site web.

Pour consulter l’original : http://english.aljazeera.net/indept...

Traduction : D. Muselet


 


Edité par T 34 - 28 Feb 2011 à 23:39
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