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URSS et démocratie

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Bat le ouf allez vers le bas
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  Citer Bat le ouf Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: URSS et démocratie
    Envoyé : 23 Jan 2011 à 00:04
Bonjour à tous,

Je vais faire mes premiers pas dans ce forum avec un post d'allure polémique. Comprenez bien qu'il ne s'agit pas du tout pour moi de provoquer, j'essaie simplement de connaître vos positions.

Comme préalable, sachez que je n'ai pas la culture politique de beaucoup d'entre vous que j'ai pu lire ici, et quasiment aucune connaissance "alternative" de l'histoire de l'URSS. J'ai lu "Biographie à deux voix" de Ramonet sur Fidel, ce qui m'a fait prendre conscience du problème d'accès à une information libre dans nos sociétés.

Du coup, j'accepte volontiers l'idée que des calomnies aient été énoncées sur l'URSS. Notamment sur la prétendue inefficacité de l'économie planifiée.

Néanmoins certains points m'interrogent. L'impression que j'ai, est que la bureaucratie avait pris le pas sur la volonté des masses. L'éradication des soviets, le syndicalisme comme courroie de transmission, etc.
Quel est votre point de vue à ce sujet. Est ce de la diffamation, ou un fait que vous justifiez notamment par la situation internationale?


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DOXA allez vers le bas
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  Citer DOXA Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Jan 2011 à 15:13
Oui, la bureaucratie a fini par prendre le pas sur la volonté populaire, au travers de "réformes économiques" rétablissant graduellement le capitalisme sauvage tout en dérégulant la planification écononomique centrale garante des bons résultats économiques de l'Union Sovietique et de son développement égalitaire (répartissant la richesse produite entre tout les citoyens).

Edit : la bureaucratie sovietique pesait moins lourd que la française ou états unienne actuellement par exemple

Edité par DOXA - 23 Jan 2011 à 15:14
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AllXS allez vers le bas
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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Jan 2011 à 23:48
Ce n'est pas de la diffamation de dire qu'il y a toujours eu de très fortes bureaucraties locales et centrales en URSS. Des sociologues qui ont travaillé avec Marc Ferro ont montré que ces bureaucraties n'avaient toutefois pas de culture ni de pratique homogène, beaucoup étaient héritières des institutions d'ancien régime, et ce malgré les réformes en profondeur dans les années 1920

La diffamation, c'est à dire la dénonciation démagogique de l'URSS par les trotskistes, les sociaux-démocrates et l'extrême droite intervient en général quand il s'agit de nier les contradictions politiques qui ont existé entre les différentes factions du pouvoir central / local et les factions bureaucrates. Il y a plusieurs exemples de l'histoire soviétique qui montrent que le pouvoir central était le meilleur rempart contre la bureaucratie (ex : le plan anti-bureaucratique lancé par Staline notamment : voir l'historien Lars Lih sur cette question : http://www.communisme-bolchevisme.net/download/Le_combat_antibureaucratique_de_Staline.pdf

De très nombreux exemples montrent aussi que la population et les Soviets ont eu le soutien du pouvoir central contre les excès de la bureaucratie

Comme le disait DOXA plus haut, le pouvoir central a du ensuite s'allier à la bureaucratie économique sous Khrouchtchev vu le poids qu'ils avaient pris dans la pratique,  la perte d'influence du parti dès les années 60 et l'impossibilité pour lui d'assurer ses fonctions de contrôle politique d'antan (il y a eu un débat sur l'utilité des "bureaux politiques" dans les usines : c'est d'ailleurs une des premières occasions où Khrouchtchev se retrouvera en minorité dans le parti). La chute de son gouvernement s'explique surtout par l'échec de ses réformes de "décentralisation" du Plan (1958-62) qui ont été interprétés par le parti comme une délégation de pouvoir économique et une mise à mort des institutions locales du parti déjà affaiblies


Edité par AllXS - 24 Jan 2011 à 00:48
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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Rogue allez vers le bas
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  Citer Rogue Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Jan 2011 à 23:59
Salut ! Smile

Message posté par Bat le ouf


Du coup, j'accepte volontiers l'idée que des calomnies aient été énoncées sur l'URSS. Notamment sur la prétendue inefficacité de l'économie planifiée.


Les chiffres de croissance que l'URSS connait durant les premiers plans quinquennaux sont, à ce niveau, très parlant. Ainsi, durant le premier plan quinquennal (1928-1933), alors que le monde tout entier subit la Grande Dépression, l'URSS affiche un taux de croissance de 21,6%, notamment grâce à une économie autarcique qui lui permet d'échapper aux effets de la crise mondiale.

A noter que sous Brejnev, l'URSS multiplie ses échanges internationaux avec les pays non-socialistes. Le but premier, qui était d'échanger que les excédents (notamment de bois), ne semblait pas une si mauvaise idée, et pourtant, cela a finalement contribué à rendre l'économie soviétique dépendante des marchés extérieurs, et donc, à faire entrer le pays dans le grand jeu incertain du capitalisme international (la vente de matières premières contre des biens de consommation étrangers peut s'avérer être extrêmement dangereux économiquement parlant : voir les pays de tiers-monde actuellement !)...

Ce petit encart sur l'économie est, je trouve, utile, dans le sens où il illustre aussi assez bien ce que DOXA dit plus haut.

En effet, la démocratie en URSS (du grec "pouvoir au peuple") n'avait de sens que dans la mesure où le peuple contrôlait à la fois les moyens de production ET les prises de décision politique au plus haut niveau possible (c'est-à-dire l'État). Quand ces deux conditions sont remplies, il devient alors possible de coordonner la production des différentes entreprises au niveau national et ainsi, d'échapper à la logique capitaliste de libre concurrence qui pousse à l'exploitation. C'est le grand but de l'économie planifiée.

Or, ce but est totalement raté si, comme dans mon exemple Brejnevien cité plus haut, un pays à l'économie planifiée s'ouvre aux marchés internationaux... Dans un tel cas, toutes les entreprises nationales se retrouvent en compétition avec des économies capitalistes => c'est le retour de la concurrence (à un niveau international, cette fois) et donc, de l'exploitation des travailleurs.

Dans le cas de l'URSS, le fait que de telles mesures ont pu être prises (si je ne me trompe pas, elles correspondent plus ou moins au 7ème plan quinquennal - 1960) démontre que "le peuple" était de plus en plus divisé entre, d'une part, une classe dirigeante qui ne connaissait pas ou mal les problèmes des travailleurs, et d'autre part, cette classe de travailleurs qui perdait petit-à-petit son pouvoir, puisque pas écoutée ou mal comprise de la classe dirigeante. De là, une confiance qui s'érode entre les dirigeants et le reste du peuple et une démocratie en péril...
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  Citer Rogue Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Jan 2011 à 00:49
Oups, j'ai fait un simultané avec AllXS. Tongue

Et puisqu'on parle bureaucratie, je rejoins ce que tu dis concernant les héritages d'institutions d'anciens régimes.

Je m'intéresse pour l'instant pas mal à l'histoire des pays des balkans au moyen-âge (oui, à priori rien à voir avec le communisme :P), or dans l'Atlas Historique de Perrin, concernant Constantinople au 15ème siècle, on peut y lire "énorme bureaucratie", "bureaucratie écrasante", tout cela comme si la bureaucratie avait été une tare d'une importance telle qu'elle justifie en partie la chute de l'Empire en 1453.

Or (comme dans le cas de l'URSS), ce serait négliger l'énorme pression qui pesait de toute part sur l'Empire, entouré d'ennemis, en état de guerre permanent, et dont la capitale avait été mise à sac par les occidentaux 2 siècles plus tôt. Et pourtant, malgré cela, l'Empire byzantin connaitra encore un peu avant sa chutte un pic culturel, dont la bureaucratie, témoignage du bon fonctionnement des institutions administratives, en est peut-être la preuve.

D'ailleurs, l'atlas semble confirmer lui-même ce que j'affirme puisque juste après, il explique que l'Empire Ottoman avait gardé la plupart des institutions grecques telles quelles, au point que les grecs eux-même continuaient à occuper les postes administratifs de l'Empire, et ce durant plusieurs siècles ! Comme quoi tout ce barda bureaucratique semble plus utile que l'on ne le voudrait, finalement... LOL

Non, franchement, je pense que la bureaucratie est un faux problème. Concernant l'URSS, elle sert surtout de moyen amusant à la clique capitaliste de se moquer de l'économie planifiée qui, c'est sûr, demande plus de papiers à remplir que la Grande Main Invisible d'Adam Smith qui arrange tout toute seule.

Ministri respondendas indigentias crescentes ministrorum crescentum crescunt (la bureaucratie grandit pour répondre aux besoins grandissants de la bureaucratie grandissante). Big%20smile
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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Jan 2011 à 01:20
Message posté par Rogue



je pense que la bureaucratie est un faux problème.


La bureaucratie est souvent mal définie, en particulier dans le cas Soviétique où de nombreuses structures étaient superposées parfois sans réelles hiérarchies administratives, d'où l'inefficacité, les ordres contradictoires entre bureaucraties qui ont parfois été interprétées comme du "sabotage" des objectifs politiques fixés par les pouvoirs centraux (ex: il y avait des structures doublons entre les administrations de l'Académie des Sciences et le comité technique chargé de la recherche et développement dans je ne sais plus quel ministère) ... les sociologues dont je parlais plus haut ont même été jusqu'à situer les pratiques bureaucratiques dans des domaines pourtant éloignés de la gestion courante, comme la recherche fondamentale par exemple (grand boom des "naukovedenie" après la réforme de l'Académie des Sciences dans les années 20. C'étaient des institutions chargées d'évaluer la productivité des programmes de recherches et de l'orienter sur des domaines prometteurs). Ces auteurs estiment que la "communauté scientifique" était constituée d'une grande majorité de "scientifiques bureaucrates" ... voila pour l'exemple précis

De manière générale il était difficile de distinguer les ordres politiques discrétionnaires de certaines bureaucraties de ceux qui dépendaient d'un ministère ou d'un comité d'Etat. Par exemple les directives mal ou pas du tout appliquées pendant la collectivisation agricole (voir l'historienne Lynn Viola qui a travaillé sur cette contradiction entre le pouvoir central et les bureaucraties locales pendant le début des années 30)


Edité par AllXS - 24 Jan 2011 à 01:34
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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  Citer Bat le ouf Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Jan 2011 à 15:48
Du coup comment voyez vous l'équilibre entre parti et organisations locales, type soviets? Et les syndicats doivent ils rester pour vous indépendants?
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  Citer AllXS Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Jan 2011 à 17:42
Il n'y a jamais de réponse institutionnelle toute faite à appliquer. L'organisation de communes / soviets à l'échelle locales et nationales n'est que le moyen de la souveraineté populaire.

A la seconde partie de ta question il faut rappeler que la conception anarcho-syndicaliste (ligne "proudhonienne" de la charte d'Amiens) ça a marqué historiquement à la fois l'autonomie par rapport aux partis politiques, mais ça s'est aussi traduit dans les faits une rupture avec le syndicalisme organisé à l'échelle internationale et le repli vers des luttes "économistes". Si on est fidèle aux positions de l'internationale syndicale rouge on est au contraire favorable à la politisation des syndicats, ne serait-ce que pour lutter contre la main-mise sociale-démocrate et libérale sur les syndicats, et contre la corruption des dirigeants syndicaux par le patronnat. 2 siècles d'histoires syndicales enseignent à mon avis qu'on peut être rester fidèle à cette position tout en ayant des statuts fédéraux qui insistent sur l'autonomie de la ligne politique locale dans une certaine mesure.
«Il est impossible d'en finir avec le capitalisme sans en avoir fini avec la social-démocratie dans le mouvement ouvrier.» (J. Staline : les Questions du léninisme, 1950)

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  Citer Bat le ouf Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Jan 2011 à 12:08
Je comprends ce que tu veux dire. J'ai quand même dans l'idée que les syndicats peuvent servir d'alerte, notamment dans le cas d'incompréhension des travailleurs à propos de choix du parti. D'autant que dans une société communiste le risque pour eux de se faire infiltrer par les libéraux est assez faible...
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  Citer Vladimir Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Jan 2011 à 13:28
Ce n'est pas faux. Ça devrait être aussi une façon de faire barrage à la bureaucratisation du Parti. Comme le dit AIIXS, en régime capitaliste, il faut une proximité politique entre le syndicat et le Parti ou au moins que les militants du Parti cherchent à appliquer, quand ils le peuvent, la ligne du Parti au sein du syndicat. La distinction Parti/syndicat est évidemment nécessaire, c'est ce qui nous distingue des anarcho-syndicalistes. Comme on dit, le Parti est l'épée, et le syndicat le bouclier, ce qui implique tout de même qu'ils travaillent ensemble. Par exemple seul le syndicat peut organiser une grève général, ce qui est plutôt utile pour une révolution. Mais par contre en régime socialiste, est-ce qu'on peut encore parler d'appliquer "la ligne du parti" dans le syndicat ?


Ce n'est pas bien de lire le profil des autres ! Pas bien du tout !! C'est mieux de créer un autre forum dissident comme un hypocrite.
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  Citer Bat le ouf Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Feb 2011 à 17:49
Tout à fait d'accord avec toi Vladimir...
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Bat le ouf allez vers le bas
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  Citer Bat le ouf Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Feb 2011 à 09:28
Je vais relancer un peu ce topic.

Concernant la démocratie dans un régime communiste, pensez vous qu'il soit légitime qu'une même personne reste longtemps à la tête du parti, et puisse donc garder ce grand pouvoir?
Je veux parler par exemple de Staline en URSS. Mais aussi, un exemple que je connais mieux celui de Castro à Cuba, voire celui de Chavez qui a fait changer (démocratiquement c'est un fait) la constitution pour pouvoir rester.
Je suis conscient des avancées historiques qu'ont réalisées Castro d'une part (un tel niveau de développement humain dans une île pauvre des caraïbes) et Chavez d'autre part (avec la mise en place d'un vrai programme socialiste de redistribution des terres).
Mais je m'interroge sur l'opportunité d'une telle personnalisation du régime.
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Vladimir allez vers le bas
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  Citer Vladimir Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Feb 2011 à 11:33
Je pense que ça dépend tout simplement des situations. Il y a quelques années encore, Fidel disait qu'un révolutionnaire n'abandonne jamais son poste, il voulait dire par là qu'il n'avait pas l'intention de quitter le pouvoir. Mais comme tu peux le voir, il a quand même renoncé à ses fonctions en raison de sa santé. Aucun autre dirigeant d'envergure historique ne l'a fait à ma connaissance.
Ce n'est pas bien de lire le profil des autres ! Pas bien du tout !! C'est mieux de créer un autre forum dissident comme un hypocrite.
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maarnaden allez vers le bas
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  Citer maarnaden Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Feb 2011 à 11:44
Tant que quelqu'un est efficace et adéquat à la fonction qu'il occupe, pourquoi cesser de lui accorder sa confiance ? Quand un délégué du personnel est efficace et au service de ses collègues, ceux-ci votent pour lui et le reconduisent tant qu'il fait l'affaire... il me semble que ça doit être valable pour tous types de dirigeants... on (= la base) les garde tant qu'ils font correctement leur travail, on les dégage (ou ils partent) quand ce n'est plus le cas... gardons nous d'avoir sur la notion de dirigeant une approche anarchiste (le "chef" est mauvais par nature)...
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Feb 2011 à 13:58

Dans l'histoire du camp socialiste et des organisations communistes, les dirigeants ont, en dépit des aléas de l'existence, de la vieillesse, de la maladie, trop souvent eu du mal à abandonner la réalité du pouvoir pour devenir des « sages » écoutés. De ce point de vue, l’évolution de Fidel Castro est exemplaire. Le changement de personne semble se faire sans trop de problème. Même s’il n’est plus directement à la « tête » de Cuba, Fidel est toujours très écouté.

On retrouve la même tendance lourde dans le « monde libre » : il existe des  «  professionnels » du pouvoir. Toutefois le capitalisme est plus subtil. Si l'argent -c'est-à-dire ceux qui le possèdent et le manipulent- garde la réalité du pouvoir, les hommes qui incarnent les différents types de société capitalistes s'adaptent mieux aux circonstances et aux mutations sociales et économiques.




Edité par babeuf - 10 Feb 2011 à 14:01
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  Citer Bat le ouf Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Feb 2011 à 15:46
Mais si le système est bon, je veux dire qu'on l'a débarrassé des rapports de domination, pourquoi garder la même personne?
Bien sûr, on peut dire tant qu'elle fait l'affaire pourquoi pas? Mais cette idée de personnification du pouvoir me gêne quand même. Elle tend à mon sens à encourager la bureaucratie.
Je ne dis pas que le chef est mauvais par nature... Je trouve juste un peu louche que la même personne puisse être capable de répondre à toutes les situations. 
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taz allez vers le bas
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  Citer taz Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Feb 2011 à 20:51
Je pense que c'était pour éviter des génocides, des changements de pouvoir ou autres qui aurait causé la chute de l'Union Soviétique, après je ne connais pas assez bien l'histoire de l'URSS pour y mettre mon grain de sel, mais si on me contredis j'apprendrais quelque choses :)
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Rogue allez vers le bas
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  Citer Rogue Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Feb 2011 à 21:13
Je crois qu'il est tout d'abord nécessaire de savoir ce qu'on entend par "démocratie".

Si on se représente la société comme une sorte de pyramide, la "démocratie", telle qu'on se l'imagine en général, se résume à choisir, une fois tous les quatre ans, qui sera à la tête de cette pyramide. Point barre. Sans avoir le moindre pouvoir de décision aux échelons inférieurs, qui sont pourtant plus proches de la base, c'est-à-dire du peuple.

Exemple vécu : on veut faire construire un aéroport dans ma commune. Que peuvent faire concrètement les villageois, qui n'en veulent pas, pour empêcher cela ? Que dalle, à part espérer que quand on votera dans 4 ans, la tête de la pyramide change, et que ce changement se répercutera jusqu'en bas (et de la manière qu'on le souhaite, ce qui n'est pas garanti non plus)... bref, du foutage de g*****.

Ce système finit par dégouter les gens de la politique, puisqu'ils se rendent bien compte que finalement, on ne leur demande leur avis sur rien, à part pour cette chose, tous les quatre ans, dont ils ont la sensation qu'elle ne les concerne pas vraiment, et qui est pourtant bien le prétexte à cette "démocratie" tant adulée.

Pour un communiste, la vraie démocratie, avec un grand 'D', ne saurait provenir du haut de la pyramide, choisirait-on même qui y serait à la tête. La vraie démocratie ne peut que partir de la base ; c'est d'abord donner à chaque individu un pouvoir de décision sur ce qui le concerne directement, et ça commence notamment par son lieu de travail, vital pour lui, et sur lequel il passe le plus clair de son temps. Or, comble de l'ironie, c'est justement à cet endroit que cette démocratie est la plus bafouée en ce moment puisque le patron est comparable (propriété privée oblige) à un monarque absolu, plus ou moins éclairé.

Pour les communistes, les garants de la démocratie sont donc les comités populaires, les syndicats, les formes de démocratie directe (voir le nombre de référendums au Vénézuela, par exemple...), c'est-à-dire tous ces intermédiaires par lesquels on peut affirmer que c'est le peuple qui détient le pouvoir. Les capitalistes se moquent de cette conception parce que leur vision du pouvoir est archaïque : seul le Chef d'Etat peut l'exercer ; il suffit donc de le choisir pour pouvoir dire qu'on est en démocratie... on constate que c'est faux.

Enfin, dans un tel contexte où c'est le peuple qui détient le pouvoir, organiser des petites guéguerres de clan visant à déterminer qui de monsieur X ou de madame Y devra devenir Chef de l'État n'a aucun intérêt ; cette compétition politique malsaine est même contraire à la logique communiste, qui est de construire ensemble et pour tous.

N'est-ce d'ailleurs pas justement parce que le peuple détient le pouvoir par leur entremise qu'un Chavez ou un Loukachenko restent démocratiquement à la tête de leur État ? C'est un fait inconcevable pour l'oligarchie capitaliste qui, tout d'un coup privée de son arme médiatique dans ces pays, se rend compte qu'elle ne représente RIEN à part les intérêts de sa petite caste ; c'est pourquoi ils parlent de dictature. Un comble...


Edité par Rogue - 10 Feb 2011 à 21:33
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  Citer Bat le ouf Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Feb 2011 à 11:27
Message posté par Rogue

Je crois qu'il est tout d'abord nécessaire de savoir ce qu'on entend par "démocratie".

Si on se représente la société comme une sorte de pyramide, la "démocratie", telle qu'on se l'imagine en général, se résume à choisir, une fois tous les quatre ans, qui sera à la tête de cette pyramide. Point barre. Sans avoir le moindre pouvoir de décision aux échelons inférieurs, qui sont pourtant plus proches de la base, c'est-à-dire du peuple.


Si cette intervention s'adresse à moi, je ne suis que déjà plus que convaincu par ce que tu dis. La "démocratie" bourgeoise ne m'intéresse pas. Mon post ne doit s'entendre que comme un questionnement sur la démocratie dans une société communiste.


Message posté par Rogue


Pour un communiste, la vraie démocratie, avec un grand 'D', ne saurait provenir du haut de la pyramide, choisirait-on même qui y serait à la tête. La vraie démocratie ne peut que partir de la base ; c'est d'abord donner à chaque individu un pouvoir de décision sur ce qui le concerne directement, et ça commence notamment par son lieu de travail, vital pour lui, et sur lequel il passe le plus clair de son temps. Or, comble de l'ironie, c'est justement à cet endroit que cette démocratie est la plus bafouée en ce moment puisque le patron est comparable (propriété privée oblige) à un monarque absolu, plus ou moins éclairé.

Pour les communistes, les garants de la démocratie sont donc les comités populaires, les syndicats, les formes de démocratie directe (voir le nombre de référendums au Vénézuela, par exemple...), c'est-à-dire tous ces intermédiaires par lesquels on peut affirmer que c'est le peuple qui détient le pouvoir.


Oui, mais il n'empêche que se pose le problème d'un secrétaire du parti.
Soit tu as une vision anarchiste, tu penses qu'il ne fait pas de partis, pas de politique générale, et que seuls les comités populaires ont du pouvoir. C'est une option.
Soit tu penses qu'il faut un parti pour donner une impulsion commune à la société. Alors, à mon sens, garder la même personne à la tête de ce dispositif pose le problème de la bureaucratie.



Message posté par Rogue


N'est-ce d'ailleurs pas justement parce que le peuple détient le pouvoir par leur entremise qu'un Chavez ou un Loukachenko restent démocratiquement à la tête de leur État ? C'est un fait inconcevable pour l'oligarchie capitaliste qui, tout d'un coup privée de son arme médiatique dans ces pays, se rend compte qu'elle ne représente RIEN à part les intérêts de sa petite caste ; c'est pourquoi ils parlent de dictature. Un comble...


Bien entendu pour Chavez (je ne connais pas la situation biélorusse pour en parler). Mais quel est l'intérêt pour la révolution, l'intérêt social que ce soit Hugo Chavez plutôt qu'un autre qui détienne (en partie) le pouvoir. Pourquoi ne pas imaginer une rotation à la tête des institutions? Est-il le seul au Vénézuela à soutenir le processus révolutionnaire? J'ai toujours du mal avec les hommes providentiels.


Edité par Bat le ouf - 11 Feb 2011 à 11:29
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zée allez vers le bas
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  Citer zée Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Feb 2011 à 16:14
Message posté par Bat le ouf


Oui, mais il n'empêche que se pose le problème d'un secrétaire du parti.
Soit tu as une vision anarchiste, tu penses qu'il ne fait pas de partis, pas de politique générale, et que seuls les comités populaires ont du pouvoir. C'est une option.
Soit tu penses qu'il faut un parti pour donner une impulsion commune à la société. Alors, à mon sens, garder la même personne à la tête de ce dispositif pose le problème de la bureaucratie.



Et pourquoi pas en plus des comités avoir un parlement ?
Quelle est la différence entre avoir un parti unique subdivisé en fractions au sein du parlement et pas de partis du tout mais des collectifs parlementaires dont la durée de vie ne serait que transitoire, c'est à dire relative à un projet de lois.
Moi en plus perso, je suis pour un comité suprême élu parmi les parlementaires par la base en plus de l'élection des parlementaires. 
De toute façon tout parti fera de l'émancipation du prolétariat l'instrument de sa propre domination. 
Et Dieu dans tout ça ?
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