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Qu'est ce qu'il se passe en Belgique ?

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: Qu'est ce qu'il se passe en Belgique ?
    Envoyé : 30 Jan 2011 à 18:39
Je démarre ce sujet dans le même esprit que ceux que Vladimir (entre autres) a lancé dans pour l'actualité française et celle internationale. J'ai parcouru les sujets déjà écrits et je n'en ai pas trouvé qui pouvait jouer ce rôle de débats. Si je me trompais, veuillez me le signaler, je me rendrais sur celui-ci pour discuter. Avec vous, j'espère.


Si je dois critiquer le niveau d'information que vous avez, permettez moi de vous dire qu'il est limité. Il y a quelques articles sympathiques de Françoise Germain-Robin de l'Huma, que je connais de manière indirecte via mon camarade et employeur irrégulier, le professeur universitaire Robert Halleux (directeur de recherche FNRS et à la tête d'un centre de documentation, le CHST). Il y a également quelques articles de mon cama Michel Collon, mais ils ne disent rien sur le rôle des forces révolutionnaires. Et encore moins les divers articles de la presse bourgeoise. Ce qui me choque le plus, c'est qu'il n'y a eu presque pas eu d'article qui traitait des élections de 2009 et de 2010, ce dont je vais tenter de remédier.


J'aimerai par ce post vous présenter la Belgique de ces dernières années et de les importantes évolutions qui se déroule, à deux niveaux : celle de sa situation politique (et de toutes les perspectives qu'elles présentent) et de mon parti, le Parti du Travail de Belgique (PTB). On peut résumer cela en situations objectives et situations subjectives.


D'abord, la Belgique d'aujourd'hui :
elle évolue très vite.
Economique, elle est touchée également par la crise. On l'a classe d'ailleurs comme 5ème pays à risque (au niveau européen, je pense). A la différence que l'austérité n'est pas encore présente du fait ... qu'il n'y a pas de gouvernement pour l'appliquer. Mais je reviendrais sur l'aspect politique plus loin.
La Belgique, malgré la désindustrialisation, reste une terre d'ouvriers. Je pense que la Flandre, comme la Wallonie, est fort comparable au Nord de la France. Bien que la Flandre soit plus riche économique, du fait de l'industrie chimique, des ports d'Anvers et de Zeebrugge ou encore de la sidérurgie près de Gand, qui brassent de larges pans de la classe ouvrière en Belgique, la Wallonie maintient un important centre industriel à Liège, sidérurgie et fabriques d'armes, ainsi qu'à Charleroi. Bruxelles, quant à elle, présente une importante industrie automobile et de sous-traitance. Bien sûr, ce secteur est en déclin, contre ce qu'on désigne comme "tertiaire".
Mais là, comme partout, les intérêts de postiers, d'infirmiers, d'enseignants et autres fonctionnaires (près de 20% des emplois en Belgique, un des taux les plus important d'Europe) rejoignent ceux des ouvriers de production, en se précarisant (exemple : harmonisation des statuts ouvriers-employés). Les immigrés, eux, se concentrent dans les grandes villes, surtout à Bruxelles, et vivent de petits boulots. La masse des chômeurs évolue aussi, plus de 800 000 (la Belgique comporte 10 millions d'habitants, dont 6-7 millions d'actifs), les emplois créés sont bien sûr en majorité des CDD et des mi-temps.
J'espère que c'est clair et que je vous éclaire, que vous ayez de bonnes données matérialistes et de classe.


Au niveau politique, c'est la fête !
Depuis 2007, elle est en crise constante. Depuis lors, il y a 3 gouvernements différents puis depuis avril 2010 ... plus de gouvernement. La Belgique va bientôt battre le record du monde du pays sans gouvernement, avec quelque que chose comme 280 jours (battant l'Irak occupé).
Comment ça se fait ? Vous savez que depuis les années'70, le pays est fédéral, il est séparé entre communauté néerlodophone et communauté francophone. Le résultat politique est que vous votez uniquement et seulement pour les politiciens de votre communauté selon l'endroit où vous vivez (en Afrique du Sud, on appelait ça l'apartheid). Un francophone ne peut pas voter pour un flamand et inversement. C'est très important comme donnée. Depuis lors, toutes les familles politiques sont scindés et les habitants d'une communauté sont dressés par leur politiciens contre l'autre communauté. Donc depuis les années'70, on construit deux sociétés dans un seul état : chaque communauté regarde sa propre TV, sa propre presse, son propre enseignement, ses transports en communs ... alors que l'ensemble des acquis sociaux ont été acquis nationalement. La sécurité sociale, les accord interprofessionnels, etc. ont été marqués par des syndicats qui restent nationaux (à ce sujet, ceux-ci organisent un des plus hauts taux de travailleurs syndicaux, soit 90%). Tout ce qui est économique est aujourd'hui l'enjeu du problème. La bourgeoisie d'une région plus riche s'oppose maintenant à l'autre. La sécurité sociale (pensions, chômage, allocations, etc..). est le terrain de bataille actuelle. Pour l'enseignement, aujourd'hui, un enfant flamand vaut mieux et est mieux traité qu'un enfant francophone. Maintenant, cela touche l'ensemble des travailleurs belges.
Comme je vous le montre, le problème n'est pas d'autre culturel, mais bien, et comme toujours économique. Dans l'Europe des régions, la bourgeoisie flamande s'est unie pour détruire l'état-nation et se débarrasser d'une région plus pauvre, comme elle se débarrasse de travailleurs excédentaires dans leurs entreprises. Alors que la Belgique aurait pu constituer un vrai laboratoire d'interculturalité, faisant de Bruxelles une capitale billingue, les politiciens des partis traditionnels se disputent pour savoir quel langue on parlera dans telle commune (municipalité) de la banlieue de Bruxelles.
A cause de qui en est-on arrivé là ? Dans les années'70 et '80, a grandi un grand parti nationaliste flamand, la Volksunie. En 2001, il implose. Le résultat est que ses cadres sont allés contaminer, par entrisme, les autres grands partis. En particulier, le CD&V, le grand parti-état social-chrétien, qui dirige les plus grosses centrales syndicales et mutuelles. L'aile droite des nationalistes se sont reformés dans un petit parti, la NVA, la Nouvelle-Alliance flamande. En 2007, alors qu'il ne pesait que 5% des électeurs, il se met en cartel avec le CD&V et est associé au gouvernement, qu'il rend ingérable. Lors des élections de juin 2010, son leader populaire, Bart de Wever, fait bondir ce parti avec près de 30% des voix, devenant le plus grand parti du royaume, porté majoritairement par les classes moyennes social-chrétienne et nationalistes (Vlaams Belang et Lijst De Decker). Désormais, ce parti a réussi à entrainer l'ensemble des partis flamands bourgeois dans une surenchère nationaliste, les séparant encore plus des partis francophones bourgeois, ceux-ci tentant de s'organiser en "front des francophones", poussé par la tendance libérale la plus réactionnaire (FDF). Les partis n'arrivent dés lors pas à composer une coalition qui puisse s'entendre.
Des élections anticipées sont proches et je ne manquerai pas de vous en faire part.

Alors, où sont les forces révolutionnaires en Belgique ?
Côté gauche radicale, la situation est différente dans les deux communautés.
En Flandre, le PTB (PVDA, Partij van de Arbeit, dernier parti national) fait l'unanimité. Des trotskistes de la LCR flamande (SAP) se sont même mis sur ces listes en juin dernier. Seul le petit LSP trotskiste se présente seul.
En Wallonie et Bruxelles, la situation politique a réduit les camps en deux : Front des gauches et PTB. C'est le même schéma qu'au Portugal, entre Bloc de Gauche contre PCP ou en Grèce, Synaspismos contre KKE. Le Front des gauches (composé pour les élections 2010) est une alliance entre 5 petits partis : le PC historique (non-unifié, la situation risque d'évoluer, à suivre ), deux partis trotskistes (PSL et LCR) et deux autres altermondialistes (CAP et Vélorution). Le petit groupuscule Bloc ML (15-20 personnes) a périclité en 3 groupes bruxellois.

Ces dernières années ont été marquantes pour l'évolution politique. Alors que les forces composantes le Front des gauches (non-unifiées avant 2010) sont restés stables, voire en déclin, le Parti du Travail n'a cessé de progresser. De moins de 2000 membres en 2006, il en rassemble 5 000 travailleurs flamands, wallons et bruxellois. Sans parler de ces mouvements de masse : ses 11 maisons médicales soignent 20 000 patients, son mouvement de jeunes organisent 700 étudiants, écoliers et jeunes de quartiers populaires, ses mouvements internationalistes, Intal et ICS (pro-cuba), 500 membres, etc.. Je pense qu'il est important de dire que c'est le seul parti qui a des cellules d'entreprises. Le travail dans les syndicats et dans le monde du travail est une des priorité.
Niveau élections, en 2009, le PTB gagne 30 000 voix et recueille 60 000 voix dans l'ensemble du pays. Mais c'est les élections en juin 2010 qui marque le coup : le PTB recueille plus de 100 000 voix, avec des pics de 10% dans des banlieues des grandes villes du pays et 4% à Liège et Anvers. Le seuil électoral pour avoir un député étant de 5%, un parti communiste n'a jamais été aussi prêt d'être franchi, ce qui est important là où il n'y a jamais eu de "communisme municipal" comme en France (malgré des députés communistes jusqu'en 1985). Le Front des gauches rassembla, quant à lui 20 000 voix, uniquement en Wallonie et à Bruxellois (surtout des électeurs du PC).

Je vais m'arrêter là et je vais continuer, si c'est possible, avec un post où je vais prendre à bras le corps la question du PTB et de sa tactique, qui n'ont pas été spécialement bien compris, semble-t-il par certains membres du forum.

Désolé d'avoir écrit autant, j'espère que cela vous a éclairé.
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  Citer Emile Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Jan 2011 à 09:06
Pour avoir suivi de très loin l'activité belge, je m'étonne que les Belges ne soient pas plus tôt descendus dans la rue. Ou alors me trompé-je.
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Jan 2011 à 12:44
Je vais essayer de définir la tactique du PTB depuis le début de la crise, en particulier depuis 2008 (à la suite de son dernier congrès) et tenter de ne pas être trop long. Je vais également mettre l'accent sur la remarque de Emile, car il est vrai qu'il n'y a pas eu énormément d'actions de masse, mais il y en a eu quelques-unes quand même. Si vous avez des interrogations, soumettez les, je ne pense pas à tout et je ne veux pas faire trop long.


A l'issu du 8ème congrès du parti en 2008 (je vous encourage à lire le discours du président, du moins les points mis en évidence : http://www.ptb.be/nieuws/artikel/discours-de-peter-mertens-au-meeting-de-cloture-du-congres-du-ptb.html), le parti a abordé un changement au niveau de sa tactique. Pour rappel, il y a une différence entre la stratégie (comment gagner la guerre ?) et la tactique (comment gagner la bataille ?).

Pour faire parenthèse sur ce point, il me semble nécessaire de savoir de quoi nous parlons : le ptb est un parti léninisme qui fonctionne grâce au centralisme démocratique et sur les principes du ML (et un petit peu de la pensée Mao ), qui veut le socialisme, en passant par la dictature du prolétariat. Rien n'a été remis en cause, que du contraire, on étudie bien plus MELS qu'avant ... et avec beaucoup plus de personnes ! Si vous ne vous fiez pas ce que je dis, vous pouvez très vérifier les textes du dernier congrès. L’article 29.11 des nouveaux statuts issus du 8ième congrès du PTB stipule : "Les principes idéologiques et organisationnels pour le travail de cadre ont été fixés au 5ième congrès du parti dans le manuel Parti de la Révolution." Et là, dans ce manuel, c'est la fête ! Et si vous doutez toujours, vous pouvez vous demander pourquoi le PTB signe toujours les communiqués internationaux des partis ouvriers et communistes. Et surtout pourquoi est-ce lui qui continue à organiser ces rencontres, à Bruxelles, depuis près de 20 ans ...
Les différences de tactiques touchent en pratique surtout deux choses :
1° notre profil : nous voulons être un parti accessible pour les larges masses, pas un petit groupuscule. Cela veut dire que nous nous exprimons dans la presse bourgeoisie et nous cherchons à le faire le plus possible. Pour pouvoir s'adresser aux masses nous devons appliquer le principe majeur qui est sorti de notre rectification : nous devons ECOUTER les gens et nous devons PARLER LA LANGUE DU PEUPLE.
2° Nous voulons être un parti de masse. Cela veut dire que nous avons accueilli dans nos rangs énormément de sympathisants. Ca ne veut pas dire qu'ils sont communistes, mais que ce sont des travailleurs avec un point de vue de classe ... et que c'est à nous de les former à l'étude du ML ! Notre parti doit servir à éduquer les masses. Nous n'en sommes plus à devoir unifier les ML, ce qui est fait depuis longtemps. En pratique, cela veut dire que notre parti comporte 3 niveaux de membres : consultatif (20 euros/an, invité 2x/an à une AG), organisé (1% du salaire au parti au minimum, réunion 1x/mois dans un groupe de base avec des ouvriers de son usine et des gens de sa commune) et militant (la norme, c-a-d qu'on donne au parti tout ce qu'on gagne en plus de qu'un ouvrier vit en moyenne, adapte sa vie selon le parti). C'est une lutte dans le parti pour que chaque camarade augmente sans cesse son niveau d'engagement, mais l'idée est d'être un parti où on fixe soi-même son niveau d'engagement.

Pour revenir à l'actualité, nous mettons, depuis 2009, en opposition les besoins réels des gens et les disputes superficielles des politiciens qui n'écoutent qu'eux-mêmes, soit ... le cirque politique.
Voici notre affiche du côté francophone à cette époque : http://www.google.be/imgres?imgurl=http://www.stopaucirquepolitique.be/uploads/pics/affiche_circus_fr_x.jpg&imgrefurl=http://www.stopaucirquepolitique.be/actualite/article/article/communique-de-presse-le-ptb-lance-stop-au-cirque-politique-lors-dun-congres-devant-1200-pers.html&usg=__eU1cbFtLZvQ1F0eAM47vSPcQ-KM=&h=325&w=230&sz=19&hl=fr&start=0&zoom=1&tbnid=oRNfBUJhhzw6SM:&tbnh=143&tbnw=102&ei=pZtGTfm-DoeUOuKYkKMC&prev=/images%3Fq%3Dcirque%2Bpolitique%26um%3D1%26hl%3Dfr%26client%3Dsafari%26sa%3DN%26rls%3Den%26biw%3D1327%26bih%3D672%26tbs%3Disch:1&um=1&itbs=1&iact=hc&vpx=127&vpy=49&dur=591&hovh=260&hovw=184&tx=127&ty=135&oei=iJtGTaHFL8GZOuOVnLIB&esq=7&page=1&ndsp=29&ved=1t:429,r:0,s:0
En juin dernier, nous avons appliqué le même type de slogan : "VOTEZ CONTRE ce cirque politique".
Si vous regardez les images de la manif SHAME, je reviendrais sur elle, vous ferez que ce terme fait réellement mouche auprès des gens qui en ont ral-le-bol de cette crise institutionnelle.
Depuis juin dernier, avec la crise, nous mettons notre priorité sur cette lutte, qui nous semble, d'après ce qu'on a pu comprendre et enquêter, être la priorité de l'ensemble des gens.

Depuis 7 mois, en effet, il n'y avait pas encore eu d'actions de masse.
Mais il y a eu la formation progressive d'un futur front social, contre les "fronts" communautaires, qui compte sur 5 piliers : celui des syndicats (les 3 syndicats nationaux sont unis sur cette question), celle des artistes (1500 ont signé une pétition), celle du monde associatif et progressiste, celle du monde académique et de professeurs d'unif et maintenant celui de la jeunesse (les syndicats étudiants et écoliers s'unissent et s'organisent contre ce cirque politique).
Ce front se lance, étape après étape, depuis vendredi 21/01, avec une soirée au théâtre du KVS à Bruxelles, sous le nom de "La division, pas en notre nom". Et a déjà annoncé de nouvelles dates pour s'intensifier. Je vous invite à visiter leur site : http://pasennotrenom.be/.
Dimanche passé, une action facebook a été tellement reprise par les médias et tellement populaire qu'elle a réuni 40 000 personnes dans les rues de Bruxelles ... alors qu'elle en attendait 4x moins !
D'autres actions sont maintenant en préparation et je ne manquerai pas de vous tenir au courant.
Il ne va sans dire que le parti met toutes ses forces dans la réussite de ce front, tel un allié de qualité que nous voulons être.
Voici une flashmob à l'université francophone de Bruxelles (ULB) en novembre dernier : http://www.google.be/imgres?imgurl=http://www.lesoir.be/zc/vignettes475x300/mediastore/_2010/novembre/hermes/ID2449061_17_flashmob_blairon_16312_014TUK_0.JPG.jpg&imgrefurl=http://www.lesoir.be/regions/bruxelles/2010-11-17/un-flashmob-contre-le-nationalisme-a-l-ulb-803930.php&usg=__IpTXUSP1evENwf0natLD5oTi2BI=&h=300&w=475&sz=44&hl=fr&start=0&zoom=1&tbnid=VTcoVvbHlagfDM:&tbnh=130&tbnw=188&ei=5IdGTd2_AZGdOtXe7coB&prev=/images%3Fq%3Dsamen%2Bulb%26um%3D1%26hl%3Dfr%26client%3Dsafari%26sa%3DG%26rls%3Den%26biw%3D1327%26bih%3D672%26tbs%3Disch:1&um=1&itbs=1&iact=hc&vpx=122&vpy=356&dur=1963&hovh=178&hovw=283&tx=196&ty=107&oei=5IdGTd2_AZGdOtXe7coB&esq=1&page=1&ndsp=25&ved=1t:429,r:13,s:0.

La situation évolue très vite, je vous tiendrai au courant. Posez tout type de questions, sans hésitations.
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Ecnaroui allez vers le bas
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  Citer Ecnaroui Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Jan 2011 à 16:56
Aucun des liens aboutit.
La libération de l’homme de l’homme est si impérieuse qu’on ne doit pas la laisser à ceux qui n’ont qu’un seul et unique crédo l’exploitation de l’homme par l’homme.
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  Citer Rogue Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Jan 2011 à 18:34
Salutations liégeoises, camarade !

Je vote pour vous depuis mes 18 ans ; je tiens à vous remercier pour votre boulot, et encore bravo pour votre dernier score électoral !

Juste une question/remarque qui n'est, en rien, une attaque

J'ai justement rencontré aujourd'hui un ancien de Comac (auquel mon frère est membre), et proche de votre parti. Nous ne comprenons pas très bien l'attitude du PTB concernant la manifestation.

J'ai reçu pas mal de mails concernant cette fameuse manifestation contre l'absence de gouvernement. J'ai ensuite suivi l'émission (RTBF ?) durant laquelle les membres des principaux partis se sont exprimés à ce propos (Didier Reynders, Philippe Moureaux, CDH, Ecolo, PTB, RWF), + quelques citoyens plutôt apolitiques... J'ai vraiment été atterré par ce que j'ai entendu.

Pour résumer : les partis flamingants savent qu'en posant des exigences parfaitement inacceptables aux partis wallons, ces derniers ne pourront décemment pas les accepter. Du coup, la situation est "paralysée". Et alors ? Les bus ne roulent-ils pas ? Les usines ont-elles arrêté de fonctionner ? Moi je préfère ne pas avoir de gouvernement que d'en avoir un qui va prendre toutes les "mesures d'austérités" antisociales qui sont actuellement de mise dans toute l'Europe. Évidemment, je préfèrerais que les communistes soient au pouvoir, mais on l'a vu en 2010, ces élections anticipées, en réponse à l'absence de gouvernement, profitent surtout aux partis fascistes flamands, qui peuvent ensuite déclarer, comme De Wever l'a fait sans surprise, que "la Belgique a failli" (et hop, encore des points pour lui en Flandre).

Alors au milieu de tout ça, quand je vois que la réaction de monsieur et madame tout-le-monde, apolitiques wallons, déclarer vouloir faire cette manifestation parce que "on en a marre de ne plus avoir de gouvernement", ça me file littéralement des ulcères. Quand on lui demande à quelle condition elle serait prête à vouloir ce gouvernement, cette brave étudiante reste tout simplement bouche bée ; tout ce qu'elle veut, c'est un gouvernement, n'importe quoi, n'importe qui, on s'en fout complètement, du moment qu'on entend plus à la radio : "ouh là là, la Belgique sans gouvernement, ça fait peur aux investisseurs étrangers".

Quant au monsieur qui a pris la parole, c'était encore pire. Il proposait un référendum national !!! Évidemment, si ce cher monsieur croit qu'on va poser la question "voulez-vous que la Belgique cesse d'exister", la majorité des belges votera non. Mais ce qu'on leur posera comme question, ce sera celle qui est à l'origine de nos problèmes communautaires, à savoir : "est-ce que la Flandre doit continuer ses transferts de capitaux vers la Wallonie (plus pauvre) ?" Et comme il y a deux fois plus de flamands que de wallons en Belgique, il faut pas être très malin pour connaitre l'issue du vote.

Tout ça pour dire que la plupart des participants à cette manifestations "pour un gouvernement", quand ils n'étaient pas patrons ou entrepreneurs (j'ai cru comprendre qu'il y en avait pas mal) ne savent tout simplement pas pourquoi ils manifestent, ils sont manipulés. En attendant, ils font le bonheur du nationalisme-fascisme flamand, qui rigole bien de voir des wallons pousser leurs propres partis à accepter n'importe quelle mesure antisociale.

D'où ma question : est-ce bien judicieux que le PTB montre son soutient à une telle manifestation ? Je suis parfaitement conscient que le PTB est un peu mal pris dans cette histoire, mais l'attitude visant à discréditer les partis wallons sous prétexte qu'ils n'arrivent pas à un accord me semble opportuniste. Je sais que nos socialistes ne défendent nos acquis sociaux que face aux revendications des fascistes flamands, mais pour une fois qu'ils le font...
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  Citer Ecnaroui Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Jan 2011 à 19:10
L'absence de gouvernement devient, effectivement, une tarte à la crème dont se repaissent les faiseurs d'obscurantismes politique de tous poils. Car enfin la machine de production Belge continue de "tourner" pour le plus grand bonheur de ses "propriétaires-actionnaires".
Il apparait au grand jour que les élites de tous les pays sont confrontées à une situation qui devient  particulièrement ingérable.
D'un coté elles apportent la preuve qu'un gouvernement ou absence de gouvernement n'est, en fait, que le relai des patrons.
D'un autre coté elle font la démonstration, bien involontaire, que le système d'exploitation capitaliste est parvenu a se "passer" totalement de la démocratie parlementaire pour son fonctionnement ordinaire.

La parade (y'en a d'autres soyons-en persuadés) des vrais gouvernants consiste à amener le débat sur ... précisément.... l'absence quasi totale de débat économique, démocratique, etc pour obtenir un rejet massif des voix dissonantes comme, par exemple, le combat du camarade Erve.
La libération de l’homme de l’homme est si impérieuse qu’on ne doit pas la laisser à ceux qui n’ont qu’un seul et unique crédo l’exploitation de l’homme par l’homme.
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Feb 2011 à 01:58
Avant d'intervenir, par rapport aux liens que j'ai mis, j'ai remarqué qu'ils sont caduques. Il doit y avoir un truc que je ne saisis pas, j'utilise bien la touche pour les liens (que je met dedans). Mais si vous voulez les voir, faites copier/coller, ils sont bons dans ce cas. Savez-vous d'ailleurs comment mettre des images ?

A mon camarade français Ecnaroui d'abord (avant mon cama Rogue, qui comprendra la raison ).
Je suis globalement assez d'accord avec ton analyse, en particulier sur la démonstration du capitalisme qui se passe de la démocratie parlementaire, qui permet à ce que, en Belgique, beaucoup de gens se rendent compte de la supercherie et manifestent un ral-le-bol (d'où le succès du terme "cirque politique"). J'espère qu'en France ou ailleurs, les camarades n'arriveront jamais à devoir parler que de communautaire, comme on en est arrivé en Belgique, et de continuer à mener les revendications économiques de la classe ouvrière dans la presse et le débat, comme ça devrait être le cas.


Rogue, quelques récapitulatifs et recontextualisation, si tu le veux bien.

Comac a réussi à passer sur Controverse, l'émission politique du dimanche matin sur RTL, une semaine avant la manif SHAME. Tu peux d'ailleurs voir l'intervention d'Aurélie Decoene, qui représentait, ici : http://www.chengetheworld.org/fr/index.php?op=articles&task=verart&aid=1092. Tu auras compris ce que ce n'était pas elle, la brave étudiante que tu as entendu à la radio.
Sur la manif SHAME, plusieurs choses.
D'abord, les organisateurs. Je t'appelle vraiment à avoir de l'indulgence. Ce sont des jeunes, qui n'ont jamais eu aucune formation politique, qui ont spontané lancé cette affaire, ne les prenons pas sur ce qu'ils ne sont pas. Leur bonne volonté est, au final, à féliciter, avant tout autre chose. La manif ensuite. Je pense que tu as eu une vision extrêmement réduite de cette manif. Dommage si tu n'as pas pu y aller, on avait mobilisé en masse avec Comac, le parti et les différents fronts écoliers et étudiants avec lesquels nous travaillons.
Sur le message politique, il ne faut pas se leurrer encore une fois : quand ils réclament un gouvernement, c'est dans l'exigence simple et naïve de réclamer que les politiciens fassent tout simplement un gouvernement. Il ne faut pas croire que quand les manifestants réclamaient un gouvernement, ils réclamaient aussi l'austérité (même si c'est ça que le nouveau gouvernement apportera). Juste que, naïvement les politiciens se bougent pour résoudre les problèmes, bref faire ce qui est sensé être leur boulot. Ce mouvement est très spontané et les messages politiques sont très légers : nous aurions fait une grosse erreur de ne pas nous plonger dans le magnifique débat politique que cette manif offrait. Il aurait été particulièrement gauchiste de laisser le terrain aux fascistes, aux royalistes et à la droite catholique francophone, nostalgique de son hégémonie culturelle.
Sur la composition de la manif, la manif a regroupé énormément de gens qui ne font jamais manifesté, soit beaucoup de citoyens lambdas, des familles et des travailleurs qui tiennent à des notions de solidarité, qu'il ne faut pas mépriser. Je suis vraiment très étonné que tu aies compris qu'il y a beaucoup de patrons. As-tu entendu que la FEB (MEDEF belge) appelait à y manifester ? Seul deux patrons qui ont lancé un tout petit groupe facebook de 500 membres (MISS Belgique) étaient visibles.
Quand à la récupération nationaliste-flamande, je trouve que tu met peu de distances entre la crédibilité de ce que dis Bart de Wever et la réalité sur le terrain. T'attendais-tu à ce qu'il loue les louanges de cette manifestation ? Il a simplement repris les résultats d'une enquête proche de son parti qui indiquait qu'il y a avait 45% de Bruxellois (rien à foutre des néerlandophones de Bruxelles, c'est comme si ils étaient tous francophones .. pas billingue ou quoi, comme une race qu'on définit) et 35% de Wallons, donc 80% de francophones contre 20% de flamands. Evidemment, on va dire qu'il y a eu d'autres enquêtes, dont une qui disaient que le taux de flamands étaient de 45% à la manif ...

Ce qui me choque dans ce que tu dis, c'est que tu t'en tiens juste au schéma que le fédéralisme bourgeois nous a donné : les partis wallons qui se défendent et les partis flaminguants contre nous. Mélenchon tombe dedans, comme ce courant de la gauche wallonne (particulièrement à Liège, à la FGTB) qu'on désigne comme le renardisme ou le régionalisme wallon. C'est à dire la volonté d'opposer le peuple wallon, historiquement de gauche et républicain, contre les flamands, de droite catholiques et royalistes. Et de nier par la même occasion tous les progressistes en Flandre et d'englober tous les flamands en une seule identité, ouvriers et patrons ensemble, tous avec De Wever, contre les ouvriers wallons et leur dirigeants ... PS.
Je pense que tu devrais vraiment te méfier de ce courant d'idées. Est-ce qu'on peut dire que tous les partis flamands, qui ont surenchérient au nationalisme de la NVA, représentent réellement les ouvriers flamands, de la même manière que les partis bourgeois le font dans toute autre "démocratie" bourgeoise représentative ? Car on sait bien que si la démocratie était directe, nous serions au pouvoir. Avec ce raisonnement, je trouve que tu condamnes l'ensemble des Flamands, comme on pourrait condamner l'ensemble des syndicalistes de la CSC, car ils sont sous égide social-chrétienne. Il faut continuer à mener le débat et à gagner les masses et les ouvriers à nos thèses politiques. Lénine, dans "la maladie infantile du communisme, le gauchisme", posait la question : doit-t-on travailler dans les syndicats réactionnaires ? La réponse est OUI. Sinon, on abandonnera les larges masses de la société à nos adversaires de classe.

J'espère que ce que je tente de dire est clair. Je pense qu'on doit savoir se mouiller dans l'actualité politique la plus mise en avant, même si ce n'est pas une lutte dans une entreprise.

Bien à vous, les cama !
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  Citer Rogue Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Feb 2011 à 15:17
Message posté par Erve

Tu peux d'ailleurs voir l'intervention d'Aurélie Decoene. [...] Tu auras compris ce que ce n'était pas elle, la brave étudiante que tu as entendu à la radio.

Tout-à-fait. L'étudiante dont je parlais était présente à cette émission (on la voit dans cet extrait mais elle ne prend pas la parole). Je ne visais donc pas Aurélie Decoene (désolé si je n'ai pas été très clair).

Concernant la manifestation, j'apprécie ton éclairage. N'y ayant pas participé, je ne me suis basé que sur les mails que j'ai reçu, le site de la manifestation et les émissions TV. J'apprécie généralement les (trop rares) interventions du PTB, même si j'ai été un peu déconcerté par cette émission dont j'avais perdu les références (et dont tu m'as envoyé un extrais - je t'en remercie).

Pour la forme, tout d'abord, je suis tout à fait d'accord avec toi : laisser cette manifestations aux bourgeois aurait été une grave erreur. Je crois aux partis. Mais pour avoir moi-même participé à l'organisation de diverses manifestations (dans le cadre plus limité de celui de l'enseignement musical), je me méfie grandement le la récupération à laquelle de tels mouvements sont sujets lorsque ses participants n'ont pas une vision très claire, pas seulement de ce qu'ils ne veulent pas, mais surtout de ce qu'ils veulent à la place. Et donc, ce n'est pas par mépris que je dis avoir été très sceptique devant les déclaration des deux citoyens apolitiques, auquel on a d'ailleurs donné presque 2 fois plus de temps de parole qu'à Aurélie Decoene ; il s'agissait sans doute d'une manœuvre réussie de propagande médiatique.

Sur le fond, tout le monde est d'accord : le problème communautaire flamands/wallons en Belgique n'est que l'éternelle rivalité droite/gauche bourgeoise à laquelle on donne une forme de conflit nationaliste pour passer sous silence la véritable question : celle de la répartition des richesses. C'est à partir d'ici que, une fois n'est pas coutume, j'ai trouvé Philippe Moureaux (PS) bien plus convaincant dans le débat. Parce que c'est justement les désaccords sur cette question (transferts de capitaux de la Flandre vers la Wallonie) qui font que le gouvernement ne se forme pas. Évidemment qu'on ne peut pas mettre tous les flamands dans un même grand panier appelé NVA. Cependant, ce serait aussi ridicule de nier que le parti nationaliste flamand a largement gagné les élections en Flandre, et que EUX, tu peux être sûr, n'en ont rien à foutre d'une quelconque solidarité.

Et du coup, on en vient à l'énorme contradiction qui m'avait un peu dérangé : d'un coté, vous voulez montrer que les flamands, ce ne sont pas uniquement le parti fasciste pour lequel ils ont voté. Ok, on est bien d'accord là-dessus. Mais en même temps, vous dénoncez l'absence de gouvernement ; gouvernement dont vous seriez de toute façon exclus, et qui serait donc uniquement composé de partis capitalistes bourgeois...

Ils veulent galérer entre eux, qu'il galèrent ! Aucune mesure d'austérité ne peut être prise, et à chaque nouvelle élection anticipée, le PTB gagne des voix. C'est bon pour nous, ça, non ? Voilà pourquoi je ne me suis pas vraiment reconnu quand Aurélie Decoene disait que "les citoyens sont en colère"...

Mais bon, c'est plus un détail qu'autre chose. J'apprécie le travail du PTB ; je regrette juste qu'il soit boycotté par les médias, mais ça ne devrait plus être le cas très longtemps...


Edité par Rogue - 01 Feb 2011 à 15:20
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  Citer Vladimir Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Feb 2011 à 01:10
@Erve : Pourrais-tu me dire quel est le poids électoral du "Front des gauches" par rapport au PTB. Pourquoi ne participez-vous pas au Front des gauches, et comment voyez-vous le "Front de gauche" français ? (je pose ces questions par curiosité, je soutiens plutôt ce que fait le PTB).



Edité par Vladimir - 02 Feb 2011 à 01:11
Ce n'est pas bien de lire le profil des autres ! Pas bien du tout !! C'est mieux de créer un autre forum dissident comme un hypocrite.
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Feb 2011 à 11:29
@Vladimir :

Juin 2010 : PTB/PVDA = 101 000 voix (1,78% au niveau national), Front des gauches = 20 000 voix (0,32%).
Je te donne les pourcentages nationaux, mais ils ne représentent pas bien la réalité. Le PTB (PVDA est le nom du parti en Flandre) s'appuie sur des très bon scores dans les banlieues de Bruxelles (Molenbeek, Schaerbeek, Saint-Gilles), d'Anvers (Deurne, Hoboken), Gand (Assenede, dont la commune de Zelzate qui fait 21% niveau local) et surtout Liège (Herstal 10%, Seraing 7% et l'ensemble des communes proches autour de 5%). Plus les grandes villes de Anvers et Liège, elles-mêmes qui font 4%. Le FdG ne se présente uniquement qu'en Wallonie et Bruxelles, c'est une donnée importante. Rares sont les endroits où ils dépassent les 2 ou 3%, juste là où le PC historique a ses "bastions" habituels. Si tu veux plus de détails, niveau élections, je suis ouvert.

Le PTB ne fait pas partie du FdG pour plein de raisons.
La première, et non la moindre, est l'idéologie. J'appuie particulièrement sur la ressemblance, surtout pour les cama d'autres pays, en Grèce ou au Portugal, entre un parti communiste implanté dans les masses, qui fonctionne via le centralisme démocratique et une sorte d'assemblage des groupes de la "petite gauche" radicale. Le FdG est en soit mené principalement par des trotskistes, qui veulent l'unité de la gauche, pour faire plaisir à leur électorat de bobos, et qui savent qu'ils ne sont pas capable de construire d'eux-même un grand parti. Le PC histo a une place importante dans le front, c'est lui qui fournit l'ensemble de l'électorat et le gros des membres (quoique l'activisme se trouve plus du côté trotskiste). J'estime personnellement qu'ils sont le dindon de la farce du front des gauches. Deux générations s'opposent dans ce vieux parti : les "jeunes" (classes moyennes, profil gauche d'écolo) et les "vieux" qui sont des ouvriers trop attachés à leur parti pour le quitter, ce sont ceux-là qui sont intéressants. Le KP en Flandre ne se présente plus et appelle à chaque élection à voter pour nous. Le PC espagnol (grosse minorité d'espagnols en Belgique, surtout parmi les ouvriers liègeois et carolo) ainsi que les exilés chiliens le font aussi. Je pense, et je parle en mon nom, qu'il serait temps que le PC rejoigne le PTB, et s'ils veulent continuer à se présenter, qu'ils mènent campagne sur les listes du PTB (comme la SAP trotskiste en Flandre).
Comme tu le vois électoralement parlant, les jeux sont faits. Le PTB ne va pas intégrer un front dont il représente le quadruple des voix à lui seul. D'autant plus, que le PTB construit son propre sigle, le sigle "PTB" revient quelque chose de reconnu pour les grandes masses, on va pas le saborder alors qu'il nous a fallu autant de temps pour le faire connaitre.
Tu remarqueras évidemment que le nom "Front des gauches" est un pur copier/coller du FdG français, il ne vient pas d'une réelle volonté du peuple, de la gauche ou même des syndicalistes.

Vis-à-vis des cama français, je ne te cache pas que le PTB s'intéresse beaucoup plus à se rabibocher avec le PCF, qu'avec le Front de Gauche en général, ou le Parti de Gauche en particulier. Question de priorité. Il n'y a pas de point de vue officiel, ils sont considérés surtout comme les cama de France (l'URCF et le PRCF sont nos potes aussi, mais on veut avoir contact avec ceux qui luttent en France).
Maintenant, moi, je peux te donner mon avis.
Je pense que le Front de Gauche est quelque chose de positif, niveau électoral. J'ai eu beaucoup de plaisir à voir le PCF renouer avec le succès pour les régionales de l'année passée, et je parie que niveau moral, ça joue chez les militants et sympathisants. Je suis d'accord avec nombres de communistes au PCF qui pensent que Mélenchon est en train de vivre à leur dépend et de profiter de leur nombre et de leur structure. Je pense que c'est un danger et qu'il faut y faire attention. Mais il n'y a rien à faire, Mélenchon passe beaucoup trop bien dans les médias ! Ce mec sait bien parler, il est cohérant, il est structuré et le mec défend mieux les communistes et les pays progressistes mieux que n'importe quel autre dirigeant coco qui passe à la TV. On regarde beaucoup la TV française en Belgique. Pour ma part, je remercierais toujours Mélenchon d'avoir fait autant preuve de courage politique pour oser défendre la Chine durant les émeutes au Tibet en mars 2008, sur le plateau de Ruquier !
Mais bon, ce type est et reste un social-démocrate, de gauche, mais soc-dem quand même. Mais en cette époque, la "vraie" ou vieille soc-dém est dans le même camp que nous, je pense (défendre services publics par exemple). Je pense qu'il faut que le PCF lui impose de lui laisser gagner là et quand c'est possible, par exemple pour les cantonales, qui sont bientôt, je pense. Qu'il laisse le PCF gagné l'ensemble des postes et qu'il fasse campagne pour eux. Mais, le PCF ne doit pas se leurrer, Mélenchon est fait pour les présidentielles. Chassaigne est sympathique, je l'ai croisé à la fête de l'huma plusieurs fois, mais il ne faut pas se voiler la face.
Cela dit, je pense que la tâche des coco français est surtout de mener des luttes et de travailler, précisément via ces luttes, à un retournement idéologique dans le PCF même. Ce parti est un trop beau parti et avec trop de membres, dont trop de vrais communistes, pour être détruit.
Je salue ta curiosité et j'espère en profiter encore.

@Rogue :
je vois l'étudiante dont tu parles, il s'agit de Lien De Leenheer, co-initiatrice de Camping16, c'est ça ? Bah, on peut pas lui demander trop.
Je suis content qu'on soit d'accord pour l'essentiel, je vais d'ailleurs poster dans le sujet "Crise belge" un assez bon article du Télémoustique de cette semaine, une interview de Manuel Abramowicz, un politologue (très) progressiste, qui s'exprime sur la manif, je t'en conseille la lecture.
Sur la revendication de gouvernement, je pense qu'on est d'accord pour traduire ce slogan dans ce que veulent dire réellement les gens, soit dire "on veut que les politiciens fassent leur boulot" (Abromovisz est très intéressant à ce propos). Pour nous, exiger un gouvernement va juste dans le sens de dire (et tu le trouveras sur le site du ptb) :"Un gouvernement, pas n'importe lequel. On doit résoudre énormément de vrais gros problèmes, un gouvernement doit être formé pour le faire". C'est une question de cohérance politique. Mais évidement, on ne sera pas repris dedans et, évidement, le ptb le sait et sait bien aussi que ce sera un gouvernement d'austérité. Mais on doit savoir défendre une vision politique à portée de main pour les gens, tout en ayant en tête les réalités politiques. Et aussi savoir les écouter.
Pour les élections, oui, on gagnerait des voix supplémentaires avec de nouvelles, je le pense aussi. D'ailleurs, je pense qu'on va pas tarder à en annoncer de nouvelles bientôt. Je m'en réjouis car on réussira sûrement à enfin faire élire un parlementaire communiste. Mais en même temps, qui serions nous pour les travailleurs de ce pays si nous nous moquions de cette mauvaise affaire pour le pays ? Car le séparatisme ou le confédéralisme sont réellement à portée de main, et ce sera une bien mauvaise chose pour les acquis sociaux des travailleurs de Belgique. D'autant que des élections, ça coûte et je ne te cache pas que le PTB a dû se saigner aux quatre veines pour refaire une campagne, un an à peine après l'autre.
Rogue, j'aimerai te demander si tu connais le renardisme et si tu pouvais te positionner dessus.
Bien à toi, cama.

Edité par Erve - 02 Feb 2011 à 11:43
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  Citer Rogue Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Feb 2011 à 16:49
Message posté par Erve

Rogue, j'aimerai te demander si tu connais le renardisme et si tu pouvais te positionner dessus.

Eh, oh, tu me prends pour un nationaliste socialiste, ou quoi ? (national-socialisme ? Vous voulez dire la moustache ?) LOL

Blague à part...

Je me méfie toujours de ce genre de question parce que je sais que les communistes que nous sommes adorent jouer au jeu des catégorisations (que je trouve particulièrement détestable, voir inutile, mais c'est un avis tout à fait personnel).

En ce qui concerne le Renardisme...

Avec du recul, on va évidemment lui reprocher d'accorder une importance plus grande au soi-disant problème nationaliste (wallon) qu'à celui de la lutte des classes.

D'autre part, il est intéressant de constater que ce mouvement est né dans le début des années 60... c'est-à-dire au moment même où le renversement économique s'opère entre la Wallonie (dont l'industrie minière est en difficulté) et la Flandre (qui tire dorénavant l'économie Belge). Ce n'est sans doute pas un hasard.

Je pense, comme le dit d'ailleurs Losurdo, que beaucoup de communistes ont tendance à vouloir nier la question nationale, "administrativement-parlant". Dans le cas de la Belgique, il est un fait que l'État est fédéral, qu'il est composé administrativement de trois régions, et que la ghettoïsation de certaines de ces régions (et de leur population) va à l'opposé même de toute logique socialiste. Cette répartition inégalitaire de la richesse de l'Etat est, logiquement, une source de frustrations pour les gens, dont les revendications prennent souvent (et malheureusement, mais c'est un fait) un caractère nationaliste, somme toute compréhensible.

Je ne veux pas juger, comme le ferait un gauchiste, que ce mouvement serait plus dans le vrai ou dans le faux qu'un autre ; toutefois, je pense qu'il est pertinent de situer le Renardisme dans ce contexte-là.

Quant à la question que tu te poses surement de savoir si, des fois, je ne serais pas un peu nationaliste sur les bords... je te rassure tout de suite : je ne le suis pas (tout comme un palestinien peut défendre la cause palestinienne sans être nationaliste pour autant).

Je regrette de m'être fait, à mon avis, mal comprendre dans mon premier post (les débats sur internet ont tendance à souligner les désaccords ^^)... J'espère qu'on aura l'occasion de se rencontrer une fois à La Braise pour discuter plus facilement de tout ça ! Big%20smile

A bientôt, camarade !


Edité par Rogue - 02 Feb 2011 à 18:03
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Feb 2011 à 23:22
Oufti, je me disais pas que tu serais aussi dur avec le renardisme. Je parlerai plus de régionalisme, que de nationalisme (sans comparaison avec les nazis, évidemment). D'autant que c'est un courant politique très influent dans la gauche de la FGTB (les métallos particulièrement) et chez beaucoup de vieux du PC, en tout cas à Liège. J'ai donc une tendance à respecter d'office les cama qui sont influencés par ça, même si c'est un lien solide qui les poussent à se jeter dans les bras du PS.
Je suis d'accord avec toi sur le fait que les histoires de "question nationale" ne sont pas assez souvent posées. C'est peut-être pour ça que certains cama voient plus d'avenir avec une république wallonne, ou un rattachement à la France (bien plus minoritaire), puisque il y a une majorité de socialistes, de laïcs, de républicains, etc... et qu'ils voient les flamands, tout d'un coup tous unis socialement, derrière les valeurs catholiques, royalistes, de droite, etc. et ne voient pas, en Flandre, tout ce qui est progressiste, les luttes sociales, etc.. Parce que je trouve que si on met en avant que la Belgique est un état artificiel, on n'en fait bien moins pour montrer que depuis 180 ans, la classe ouvrière flamande et wallonne a construit une histoire commune de lutte, qu'il ne faut pas oublier.
Je t'en parlais parce que j'ai eu plusieurs discussions avec d'autres jeunes de Comac sur le sujet.

Pour les cama français (ou autres) qui se demande de quoi on parle,le Renardisme est un courant d'idées, majoritaire dans certaines centrales de la FGTB (syndicat socialiste, majoritaire chez les travailleurs francophones) et chez beaucoup qui se réclament de la gauche du PS, qui vient d'Andrée Renard, un grand leader de la FGTB, qui a dirigé plusieurs grandes grèves, dont celles de l'hiver 60-61 (qui ont quasi virée à l'insurrection). L'idée est d'envisager la scission de la Wallonie, sur base d'un certain régionalisme/nationalisme ... de gauche (!) et pour conserver (ou relancer, maintenant) le potentiel industriel wallon.

Je ne sais pas si tu connais et si tu lis Etudes marxistes (http://www.marx.be), mais l'avant-dernier numéro est sur le renardisme et le dernier sur la question nationale. J'ai tourné les pages, j'ai vu qu'on parlait de la Belgique socialiste, comme état prolétarien, je me réjouis de le lire.

Quand nous deux aurons plus de temps, on se fera avec plaisir, c'est sûr, je te relancerai.
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  Citer Pedro Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Feb 2011 à 00:08
"la classe ouvrière flamande et wallonne a construit une histoire commune de lutte"

Ils se sont aussi pas mal mélangés, quand même... Plus célèbre nationaliste flamand : LETERME, plus célèbre comique wallon : POELVOORDE...

Mais plus sérieusement, même s'il n'y a rien de comparable (on ne peut pas dire qu'une partie de la Belgique en "opprime" une autre), que pensez vous de cette phrase de Marx sur la Pologne "sans séparation de la Russie, il n'est pas possible de parler sérieusement de la moindre question sociale intérieure" ? Sans préjudice pour l'existence de la Belgique, qui a peut-être encore de beaux jours devant elle, c'est l'impression que j'ai, en plus subtil encore : tant qu'il y a cette question flamands/wallons, elle obnubile les gens et ils oublient tout, y compris des "petits" trucs, du genre des bourgeois francophones (socialistes, il est vrai) qui exploitent des prolétaires francophones et des bourgeois flamands (bons chrétiens, il est vrai) qui exploitent des prolétaires flamands...

Ou alors, quand ça les saoule... ils se jettent dans les bras de l'Etat belge, de la monarchie, manifestent pour "avoir un gouvernement", ce qui est leur droit et je comprends leur inquiétude (un jour les fonctionnaires ne vont plus être payés, les aides sociales plus versée), mais enfin, comme niveau de conscience révolutionnaire c'est vraiment faible du coup.


Edité par Pedro - 03 Feb 2011 à 00:11
http://www.forum-unite-communiste.org/uploads/3/fuc_faceboock1.pdf
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  Citer Pedro Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Feb 2011 à 00:31
Je précise que je ne suis absolument pas rattachiste... je suis plutôt pour détacher des bouts de l'entité "France", alors certainement pas pour en rattacher de nouveaux. Nous n'avons de toute façon pas assez de frites et de bière pour accueillir 4 millions de personnes en plus.
Plus sérieusement, une nation repose sur une histoire commune et la Wallonie n'a jamais fait partie de la France, sauf rapidement sous la Révolution et l'Empire.

Je me demande, simplement, s'il n'y a pas de position plus révolutionnaire que la défense de l'unité faite par le PTB... Une République confédérale socialiste ? (ou "des travailleurs" si vous craignez que "socialisme" fasse peur... ?) Des Républiques des travailleurs indépendantes, 3 voire 4 (avec les germanophones) dans l'amitié entre les peuples ?
http://www.forum-unite-communiste.org/uploads/3/fuc_faceboock1.pdf
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Feb 2011 à 09:18
"L'idée est d'envisager la scission de la Wallonie, sur base d'un certain régionalisme/nationalisme ... de gauche (!) et pour conserver (ou relancer, maintenant) le potentiel industriel wallon."

Bonne idée à condition de ne pas l'appliquer aux régions françaises !Wink
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Feb 2011 à 11:00
Salut les camas,

@Pedro :
j'apprécie ton exemple avec Poelvoorde et Leterme. Un humoriste flamand disait d'ailleurs que les flamands nous avaient envoyé les politiciens les plus nuls : Reynders, Onkelinks, etc.. (noms flamands).

Sur la phrase de Marx sur la Pologne "sans séparation de la Russie, il n'est pas possible de parler sérieusement de la moindre question sociale intérieure", je trouve qu'elle est juste dans son contexte, dans sa dialectique. A l'époque, la Pologne aspirait à l'émergence d'une bourgeoisie nationale et libéral, contre un pays immense et féodal, pilier de la réaction européen. Il me semble que Marx, et d'autres, voyaient en la "prison des peuples" l'ennemi n°1.

Quant à la manif, lis notre discussion entre Rogue et moi. L'aspect "monarchie" n'était pas aussi fort que ça dans cette manif. Quant au niveau de conscience révolutionnaire, je pense qu'il est devient de plus en plus fort. Mais cela dépend aussi de nous, on y travaille , mais c'est proportionnel à notre taille.

La question nationale ou de la forme de l'état la plus révolutionnaire n'est pas facile à déterminer. Mais si dans des pays comme l'Inde, comme la Russie ou comme la Chine, on veut ou on a tenté de construire le socialisme alors qu'il y avait des centaines d'ethnies différentes, et que en Belgique, où il n'y en a que 2 (et encore, comme tu le dis, on est bien mélangé !), on doit envisager la scission ou le confédéralisme pour y arriver, on aura loupé le coche de montrer à quel point les travailleurs n'ont pas de frontières (puisqu'on en aura créée une en plus) !

Lors de l'Ecole Karl Marx, le week-end de formation de Comac, nous étudierons des classiques du ML pour pouvoir mieux répondre à cette question.

@Babeuf :
Et comment ! Que la France garde bien son centralisme. Votre pays s'est construit sur le capitalisme et a rompu avec tous les formes d'administration féodal, bien que certaines régions devraient être plus entendus (basque, corse, bretagne). Le pays est prêt pour le socialisme.
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Feb 2011 à 12:33

D’un regard extérieur j’ai observé la manif du 23 janvier comme l’expression de la volonté d’unité et de viabilité de la Belgique. Au-delà de la question gouvernementale.

A la fête de l’Huma j’ai discuté avec trois gars de la FGTB, deux d’entres eux étaient totalement dans le renoncement à l’unité wallons-flamands. Bien triste.

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Feb 2011 à 12:45
"A la fête de l’Huma j’ai discuté avec trois gars de la FGTB, deux d’entres eux étaient totalement dans le renoncement à l’unité wallons-flamands. Bien triste."

En effet, je suis bien triste... de ne pas les avoir rencontré !LOL
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Feb 2011 à 23:01
J'apporte à votre connaissance un sondage politique qui est sorti hier dans Vers l'Avenir, de Dedicaced Research. Avec 3-4% de marge d'erreur, sa fiabilité reste très relative. La comparaison se fait à partir des résultats des élections de juin 2010.

En gros, peu de choses bougent.
Le seul truc vraiment marquant, c'est en Flandre, avec les 5% que la NVA bouffent encore aux autres partis flamands qui essaient de l'imiter (CD&V, VB, Open VLD, LDD), sans que cela touche la gauche, qui ne surenchérit pas dans le discours nationaliste et qui gagnent 2% (SPa, Groen, PVDA).
En Communauté française (Wallonie et Bruxelles), le PS se renforce. Le CDH (ex-catholiques) perdent quelques plumes en faveur des autres grands partis francophones. A noter l'écrasement total du Parti Populaire, un petit parti (de type Ligue du Nord, voire UMP, droite radicale) qui avait réussi à faire un buzz aux dernières élections et à obtenir un député, créé par un riche avocat qui avait défendu les petits actionnaires de la banque publique, Dexia, détruite par la crise économique. Grâce à sa stupidité hilarante, il a réussi à se mettre à dos son co-président et surtout son unique député (et à perdre sa dotation avec). Ses 5% se répartissent entre le vieux FN et le petit parti rattachiste, Rassemblement Wallonie-France, sans qu'ils obtiennent un score significatif.

Le PTB-PVDA, quant à lui, progresse. Peu, mais tout de même.
En Wallonie, c'est le statu quo, soit 1,9%. Outre le fait de confirmer l'excellent score de juin dernier, ce qui est intéressant à noter, c'est que sur les 35% des électeurs qui se disent hésitants, 14% d'entre eux disent vouloir voter probablement pour le PTB, soit 2,8% des électeurs wallons. 1,9% + 2,8% = 4,7%. Soit de très bonnes perspectives. :-)
En Flandre, la progression est plus nette : de 1,4 à 1,9%. Je trouve que c'est une bonne chose que les résultats en Flandre rattrapent ceux de la Wallonie, pour l'équilibre.
C'est surtout à Bruxelles que les résultats sont intéressants. De 1,6%, le PTB-PVDA passe à 3,4%. Ce score rentre en compte avec ceux d'autres petits partis unitaires en progrès à Bruxelles, avec 10%.

Ce contexte joue aussi pour le Front des Gauches, bien que l'aspect social est important dans sa progression bruxelloise : de 0,8 à 2,3%. La progression wallonne est moindre, mais existante également : 0,8 à 0,9%.

De bonnes perspectives pour nous, qui pourraient nous profiter alors que le risque d'avoir de nouvelles élections anticipées est de plus en plus important, à quelques jours du record du monde du pays sans gouvernement (249 jours).
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Feb 2011 à 12:23
Trouvé dans la presse régionale et populaire (Sud-Presse), je trouve que cela montre l'état d'esprit qu'on retrouve au PC, encore pire, dans ses derniers "bastions".
Pour ma part, et en mon nom, je préconise l'exemple flamand : que les camarades du PC intègre les listes du PTB et que le PTB leur laisse des places de choix, comme cela a été fait avec la LCR flamande aux dernières élections (ainsi que le KP qui appelle depuis longtemps déjà à voter pour le PTB). Le Front des Gauches n'a pas d'avenir pour ceux qui veulent mener la lutte avec la classe ouvrière.

Où sont passés les communistes carolos ?

À Courcelles, le Front des Gauches veut perpétuer la tradition communiste locale. d. Gauvain
n.c.

Mardi 15 février 2011


Des élus communistes siègent au conseil communal de Courcelles depuis 1932. Prolongateur attitré de cette tradition locale, Robert Tangre y est conseiller de l’Union Communale Progressiste et Wallonne. Mais la popularité de cette formation agrégeant, autour du PC local, une série d’indépendants, s’effrite. “Dans les années 80, nous avions encore quatre conseillers. Je suis aujourd’hui le dernier... ” pose le presque septuagénaire. Il faut dire que les troupes peinent à rajeunir: la moyenne d’âge de la dizaine de militants venus appuyer la transformation de l’UCPW en “Front des Gauches-Courcelles ” dépasse largement les soixante ans. Et Robert Tangre lui-même, débonnaire instituteur à la retraite, à la barbe marxienne adorée dans les logements sociaux de la rue des Graffes et d’ailleurs, toujours là pour aider, peine à incarner ce renouvellement de la “gauche de la gauche ” qu’il appelle à cor et à cri.

Il en est conscient: “Devenir le Front des Gauches doit nous permettre de faire passer un message que certains Courcellois, avec le temps, ont oublié... ou bien qu’ils n’ont encore jamais entendu, dès lors que la population communale augmente: nous voulons leur montrer qu’il existe une alternative de gauche aux partis actuels. C’est valable au niveau fédéral, mais aussi au niveau local! ” plaide-t-il.

La fin d’une race?

Avec un enjeu: à Courcelles, en attendant, c’est de l’extinction d’une lignée séculaire, celle des conseillers communaux communistes, qu’il est question. Même si le conseil communal comptera deux sièges de plus, passant de 29 à 31, grâce à l’augmentation de la population courcelloise, la place de l’extrême gauche n’y est pas garantie... “Nous devrons aussi trouver, pour le coup, 31 candidats ”, souffle encore Robert Tangre. “Cela ne sera pas si facile...mais la transformation en Front des Gauches doit nous y aider! ”

L’initiative courcelloise découle d’une dynamique nationale, enclenchée lors des élections fédérales de juin 2010. Le Front des gauches (Robert Tangre en était la tête de liste au Sénat) y fédérait plusieurs petites formations (le Parti communiste, le Parti socialiste de lutte, Vélorution, etc.), et l’expérience n’a pas été trop négative, la liste unifiée tutoyant le pour-cent dans le Hainaut. L’expérience fédérale du Front des Gauches est donc appelée à connaître plusieurs déclinaisons locales, avec 2012 comme objectif. Mais l’extrême gauche, pour autant, ne rompt pas avec ses habituelles divisions. Le PTB reste en dehors du Front. Très fermement. Et plus loin que Courcelles, à Charleroi notamment, il est peu probable de voir une liste Front des Gauches participer au scrutin communal.
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