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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Mar 2012 à 19:14

100 000 manifestants au Bahrein : un printemps chasse l’autre

Par Louis Denghien, le 12 mars 2012 

Nous vous entretenons régulièrement des événements en cours au Bahreïn. Parce qu’ils ont une dimension géostratégique évidente, car c’est comme un front intérieur qui s’ouvre chez l’ »ennemi » pétro-monarchique. Une dimension morale aussi : la révolte chiite au Bahreïn est une sacrée pierre  dans le jardin des monarchies du Golfe qui dénoncent la répression en Syrie, et ont tout fait pour pousser Bachar vers la sortie, et le remplacer par des islamistes sunnites. Or, la révolte populaire menace aujourd’hui le Bahrein, un allié et un voisin du Qatar et de l’Arabie Séoudite, qui peuvent se trouver très rapidement menacés, eux aussi, par un nouveau printemps, ou un été, arabe (voir notre article « Et pendant ce temps-là au Bahrein, mis en ligne le 17 février).

Contestation d’une ampleur sans précédent

Car, depuis quelques semaines, et un an après le « Printemps de la Perle » qui a fait vaciller la dynastie sunnite en place, sauvée alors in extremis par l’armée séoudienne, la contestation de la « minorité majoritaire » chiite (70% des nationaux du royaume) prend de l’ampleur : vendredi 9 mars, le royaume a même connu la plus grande manifestation de son histoire. Des dizaines de milliers de personnes – 100 000 prétend l’opposition, une estimation confirmée par un reporter de Reuters – sont descendues sur la principale artère de la capitale Manama, et d’autres villes du Bahreïn ont connu des mouvements. Les manifestants répondaient à l’appel d’un dignitaire religieux chiite, cheikh Issa Kassim. Les banderoles dénonçaient la dictature de la dynastie al-Khalifa et réclamaient la libération des détenus politiques. Le cheikh Kassim a pris la parole pour dire que les manifestants ne transigeraient pas avec ces revendications. Des incidents avec les forces de l’ordre ont suivi, qui auraient duré une heure. D’autres incidents seraient intervenus dans un quartier de Manama et dans un village avoisinant. Le gros des manifestants s’est dispersé sans incident, mais le mouvement chiite a pris la mesure de sa force. D’autant que le même jour, un démonstration des partisans du pouvoir n’a réuni que quelques centaines de personnes ! Des milliers de personnes avaient déjà manifesté le 4 mars, réclamant ouvertement la chute de la dynastie au pouvoir.

"A bas les Khalifa !" : Manaa le 4 mars. Autant dire "à bas le al-Thani et les Séoud" !

Le mouvement, après une période d’atonie due à la répression, est reparti à la fin de l’année dernière. Le 24 janvier, notamment, une vague de manifestations a secoué le royaume-île. Puis, le 14 février, des heurts avaient opposé plusieurs milliers de manifestants qui tentaient d’investir la place centrale de Manama, haut-lieu de la révolte bahreinie de février 2011. Le 16, les troubles avaient touché plusieurs localités du royaume. Et le  20 février, des jeunes s’étaient encore affrontés aux forces de l’ordre, suite à la mort d’un jeune manifestant chiite qui s’était immolé par le feu pour des raisons politiques.

Trois semaines plus tard, le mouvement est plus fort et déterminé que jamais, et on se demande comment la monarchie des al-Khalifa, et surtout son protecteur séoudien – qui a laissé des troupes sur place -, peuvent réagir à plus ou moins brève échéance. On se doit se rappeler que par sa situation géographique, coincée entre l’Iran et l’Arabie Séoudite, le royaume du Bahrein est un baril de poudre, plus encore que de pétrole, géostratégique. Le royaume abrite une base navale américaine, alors que la tension demeure très vive entre Washington et Téhéran. Les monarques sunnites wahhabites ne peuvent rester sans réagir face à un mouvement qui peut s’étendre à une partie de l’Arabie Séoudite, qui a ses minorités chiites de plus en plus turbulentes elle aussi.

Les manifestants de Manama réclamaient la « démocratie« . Mais la démocratie au Bahrein, ça signifierait l’arrivée d’une majorité chiite au pouvoir, et un exemple angoissant pour le Qatar et l’Arabie Séoudite. Bref, ces deux royaumes et le Conseil de coopération du Golfe vont devoir se concentrer assez vite sur leurs propres affaires, après avoir échoué à subvertir la Syrie. La roue tourne, décidément.

Source

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Mar 2012 à 22:46
 
 
Combien émouvant est le fait que le premier anniversaire d’un vrai mouvement arabe pro-démocratie dans le golfe Persique - ensuite impitoyablement écrasé - tombe le 14 février, jour où la Saint-Valentin est célébrée en Occident. Tu parles d’une histoire d’amour vouée à l’échec...

Et comment Washington va-t-il honorer cette histoire d’amour tragique ? En reprenant les ventes d’armes à la dynastie sunnite al-Khalifa au pouvoir à Bahreïn.

Donc, pour récapituler, le président des États-Unis Barack Obama, a dit que le président syrien Bachar al-Assad devait « se retirer et permettre qu’une transition démocratique débute immédiatement », tandis que le roi Hamad al-Khalifa reçoit de nouveaux jouets pour sévir contre ses subversifs et pro-démocratiques sujets.

Obama souffre-t-il de dissonance cognitive ? Bien sûr que non. Après tout la Syrie est soutenue par la Russie et la Chine au Conseil de sécurité des Nations Unies, tandis que le Bahreïn accueille la Cinquième Flotte des Etats-Unis - défenseur du « monde libre » contre ces méchants Iraniens qui veulent fermer le détroit d’Ormuz.

Il y a un an, l’écrasante majorité de la population du Bahreïn - la plupart sont pauvres, des sujets chiites négligés et traités comme des citoyens de troisième classe, mais avec parmi eux des sunnites instruits - sont descendus dans les rues pour exiger de la dynastie Al-Khalifa un minimum de démocratie.

Tout comme la Tunisie et l’Egypte - et contrairement à la Libye et à la Syrie - le mouvement pro-démocratie à Bahreïn était purement local, légitime, non-violente et non contaminé par l’Occident ni infiltré par le Conseil de coopération du Golfe (CCG).

La réponse a été une répression des plus violentes, avec en plus une invasion de l’Arabie Saoudite dans les rues de Manama. Cela a été le résultat d’un accord tacite conclu entre la Maison des Saoud et Washington : nous vous fournissons une résolution de la Ligue arabe vous permettant d’aller à l’ONU, puis de lancer les bombardements humanitaires de l’OTAN sur la Libye, [et en échange] vous nous laissez tranquilles pour briser ce printemps arabe qui est un non-sens (voir : The US-Saudi Libya deal, 2 avril, 2011.)

L’administration Obama n’a pas éprouvé le besoin de faire main-basse sur la « célébration » de la mobilisation démocratique au Bahreïn par l’envoi d’un grand manitou du département d’Etat.

Tel que rapporté dans l’article le Gulf Daily News, la soi-disant « Voix du Bahrain » (plutôt la voix des al-Khalifa), le secrétaire d’Etat américain adjoint pour les affaires du Proche-Orient, Jeffrey Feltman, a prié le roi Hamad de « diminuer les tensions » - par « la libération des prisonniers politiques, un remaniement partiel du gouvernement et le retrait des forces de sécurité ».

Les demandes de Feltman doivent tenir de la schizophrénie, parce que les prisonniers politiques restent en prison, le remaniement ministériel est cosmétique et les forces de sécurité sont lancées au plus fort de la répression.

Feltman a déclaré que Washington privilégiait un « dialogue national », des solutions « made-in-Bahreïn », et ne voulait pas que des Etats étrangers « s’immiscent dans le processus ». Les Bahreïnis doivent-ils suivre le modèle NATO-GCC appliqué à la Syrie ?

Il a également déclaré : « Les Bahreïnis peuvent compter sur le soutien des États-Unis pour trouver un consensus sur la voie à suivre » et a loué la « sincérité » du prince héritier Salman, également commandant suprême adjoint et chef d’orchestre du dialogue national. Avec des amis comme ceux-ci, le mouvement pro-démocratie à Bahreïn n’a guère besoin d’ennemis.

C’est donc un message de Washington qui tient en peu de mots : faites en sorte que ces gens cessent tout ce bruit, et nous garderons notre base ici pour vous défendre, vous et vos cousins, ​​contre ces masses de pauvres.

La vie à Bahreïn est quelque chose de complètement différent. Ce que les médias américains dominants appellent un « émirat sous tension » est toujours sous une loi martiale de facto. Les manifestants pro-démocratie soit-disant « libérés » - des centaines - sont en fait toujours en prison. Human Rights Watch, à son crédit mais toujours en s’exprimant avec des pincettes, a dit : « Il y a eu peu de demande de comptes pour les actes de torture et les meurtres - des crimes dans lesquels est impliqué le Groupe de défense de Bahreïn ».

Il n’y a aucun compte du tout - en fait.

Anticipant une répression aggravée à l’occasion du premier anniversaire de l’insurrection, le ministère de la Santé a ordonné aux hôpitaux privés de fournir à l’appareil de sécurité le nom de chaque personne blessée. Des centaines de médecins et d’infirmières se voient reprocher d’avoir soigné des manifestants blessés, ont été arrêtés au cours des derniers mois.

L’armée a entouré de fils de fer barbelé tous les accès proches du rond-point Pearl - où le monument des manifestants a été rasé, la métaphore ultime d’une volonté démocratique brisée. Deux citoyens américains, Huwaida Arraf et Radhika Sainath, ont été récemment arrêtés à Manama lors d’une manifestation non-violente et pacifique. Ayat al-Qormozi a été emprisonné parce qu’elle a lu au rond-point Peral un poème critiquant le roi Hamad.

En novembre dernier, la Commission d’enquête indépendante au Bahreïn a accusé les al-Khalifa d’utiliser une « force excessive, y compris l’extorsion d’aveux par la torture sur les détenus ».

Fin janvier, Amnesty International a appelé à « enquêter et rendre compte sur plus d’une douzaine de décès suite à l’utilisation de gaz lacrymogènes » et a appelé Washington à « suspendre les transferts de gaz lacrymogènes et autres équipements anti-émeutes aux autorités de Bahreïn ».

Les forces répressives locales soutenues par l’Arabie saoudite ont souvent recours à des policiers anti-émeute d’origine pakistanaise - sans parler des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes fabriquées aux Etats-Unis et utilisés pour disperser toutes les manifestations anti-gouvernementales, même pacifiques. Des dizaines de personnes âgées et des enfants ont trouvé la mort par asphyxie après que les troupes du régime aient tiré des gaz lacrymogènes dans les zones résidentielles et même dans les maisons.

La répression, soutenue par les troupes de l’Arabie saoudite, a été jusqu’à s’attaquer à des femmes en deuil qui suivaient des cortèges funéraires de manifestants tués par l’appareil de sécurité des al-Khalifa.

Vous n’êtes pas contents ? Tout cela fait partie du « dialogue national » du prince hériter...

Pourtant, même avec une répression qui ne souffre aucun répit, des manifestations exigeant le départ des al-Khalifa ont lieu presque tous les jours. Cette revendication n’a jamais été une demande initiale du mouvement pro-démocratie, mais elle est maintenant reprise depuis l’invasion des troupes de l’Arabie saoudite.

Et pour prouver pour de bon que nous vivons dans un monde qui va dans le sens de ce que disaient les Monty Python, prenez note de cette interview du roi Hamad publié par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel.

Le roi du Bahreïn dit qu’il a demandé au Conseil de Coopération du Golfe d’envahir son pays en mars 2011 « pour protéger les installations stratégiques » - « au cas où l’Iran deviendrait plus agressif ». Téhéran n’avait absolument rien à voir avec les manifestations - provoquées par une monarchie sunnite qui traite la majorité absolue de ses sujets indigènes comme les Émirats arabes unis traitent leurs travailleurs immigrés sud-asiatiques.

Le roi a également déclaré que « nos femmes avaient très peur et il est du devoir d’un gentilhomme de protéger les femmes ». Peut-être, au lieu d’une invasion, de la torture, des meurtres et d’une répression sans répit, le roi aurait pu apaiser les « peurs de ses femmes » avec un don financé par l’État de sacs à main Louis Vuitton.

 Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007) et Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge. Son dernier livre vient de sortir ; il a pour titre : Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009).

Source : Info-Palestine

Dessin : Carlos Latuff

 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Mar 2012 à 19:30

Le Bahrein vacille… et fait trembler l’Arabie Séoudite

Par Louis Denghien, le 25 mars 2012 

Au Bahrein, manifestantes chiites équipés de lunettes anti-lacrymo

La tension ne baisse pas d’un cran au Bahrein, où deux manifestants chiites sont décédés, vendredi, suite à l’inhalation, jeudi 22 mars lors d’une manifestation réprimée, de gaz lacrymogène. C’est le parti Wefaq, principale expression politique de la majorité chiite du royaume sunnite, qui a annoncé le décès d’une femme et d’un jeune homme. Ce dernier participait à une manifestation à Chaharkan, au sud de la capitale Manama.

Louis XVI au Bahrein

Vendredi 23, de nouvelles manifestations ont eu lieu pour protester contre ces décès.  Comme les précédentes, elle ont dégénéré en affrontements avec la police. Le ministre de l’Intérieur a incriminé les manifestants, dont certains auraient lancé des cocktails Molotov, et se seraient livrés à des dégradations. De son côté, le Haut commissariat des droits de l’homme de l’ONU s’est ponctuellement désintéressé de la Syrie pour condamner l’ »usage disproportionné » de la force par les forces de l’ordre au Bahrein.

La manifestation monstre du 9 mars

La responsabilité de la violence est sans doute partagée, mais sa vraie source, on ne se lassera pas de l’écrire, se trouve dans la situation socio-politique de l’île-royaume : une monarchie semi-autocratique – sunnite – tentant de tenir à distance la grande majorité – chiite – de sa population, ce depuis des décennies. Or, à l’heure des chaîne satellitaires et d’internet, il est plus difficile de casser autoritairement le dynamisme d’un mouvement aussi puissamment enraciné dans la réalité sociale : les chiites réclament des réformes politiques leur donnant la représentativité auxquels ils ont droit, de par leur nombre (environ 70% des 700 000 citoyens bahreinis (immigrés non compris).

Manifestants bahreinis vers le 13 ou le 14 février

Le roi Hamad ben Issa al-Khalifa, qu’on crédite généralement d’une certaine bonne volonté réformatrice, est cependant prisonnier de son entourage familial et gouvernemental, tenté de s’en remettre, comme voici un an, au sabre du voisin et allié séoudien. Bref, le Bahrein semble avoir son Louis XVI pris entre une cour wahhabite, dont l’Autriche serait l’Arabie Séoudite, et un puissant mouvement populaire hésitant entre réforme et révolution, le tout sur fond de rivalité entre République islamique d’Iran et pétro-monarchies, de conflit géopolitique chiite-sunnite, avec « en prime » le conflit syrien en arrière-plan. Certes le roi avait annoncé, mardi 20 mars, sa volonté de poursuivre les réformes, et le parti Wefaq s’est dit prêt à entamer un dialogue politique, pourvu que celui-ci conduise à l’instauration d’une monarchie constitutionnelle, et d’une représentation équitable des chiites dans la vie politique du royaume.

Les chiites ont d’autant moins tendance à baisser le ton que leur mouvement, un an après la répression – à forte participation séoudienne – de leur première révolte (le « Printemps de la Perle » de février 2011), a montré sa force : le 9 mars, à Manama, des dizaines de milliers de personnes, peut-être cent-mille, ont participé à ce qui reste à ce jour comme la plus grande manifestation de l’histoire du Bahrein, des rassemblements de moindre ampleur ayant lieu simultanément dans d’autres localités (voir notre article « 100 000 manifestants au Bahrein : un printemps chasse l’autre », mis en ligne le 12 mars). Reparti en décembre, le mouvement chiite n’a cessé de gagner en ampleur depuis, avec une accélération en février-mars, pour l’anniversaire du premier mouvement.

A Manama, le 22 février

L’Arabie Séoudite « contaminée »

Naturellement, cette effervescence bahreinie risque de compliquer considérablement les plans géopolitiques des monarchies soeurs (et voisines) du Qatar et de l’Arabie Séoudite regardant la Syrie. Car armer et organiser les combattants anti-Bachar, c’est coûteux et dangereux, mais jouable, à condition que ne s’ouvre pas un nouveau front au sein même du sanctuaire du Golfe. Or, et c’est une nouveauté dans la nouveauté, le mouvement de contestation chiite du Bahrein semble faire tâche d’huile en Arabie Séoudite, et plus seulement dans les districts orientaux du pays à majorité chiite : des manifestations, d’ampleur certes plus modestes qu’au Bahrein, ont en effet eu lieu ces derniers jours à Abha (dans l’ouest, à une centaine de kilomètres de la frontière yéménite et à 400 kilomètres environ au sud de La Mecque), suite à la mort d’une étudiante et l’avortement d’une autre par la police. Et À Arrar dans le Nord, sur la frontière irakienne, un homme du nom de Rouedi s’est immolé par le feu en une inquiétante réminiscence, pour la monarchie wahhabite, du précédent tunisien. Il y a une agitation endémique depuis quelques semaines dans le bastion historique du salafisme et de la théocratie wahhabite. Le 2 mars, par exemple, à l’occasion de la prière du vendredi, une petite manifestation est partie d’une mosquée de Ryad : une première locale. Autre « syndrome syrien », une pétition sur Facebook en faveur du droit de manifester avait recueilli début mars 17 000 signatures. Comme au Bahrein, les opposants actifs, principalement chiites, réclament eux aussi des droits.

Certes, l’appareil militaro-policier est puissant, mais, comme au Bahrein, la répression ne peut être qu’un palliatif : le royaume compte 2 millions de chiites – sur 22 millions environ de Séoudiens (compte non tenu de 5, 5 millions de travailleurs immigrés)  – concentrés dans l’est, dans les zones les plus riches en pétrole, justement.

Le gouvernement de Ryad dénonce les manipulations iraniennes de ses chiites, et il est certain que Téhéran n’est pas fâché de voir se développer pareille épine dans le pied de son principal rival dans la région. Mais, bien plus que l’Iran, l’Arabie Séoudite doit faire face à cette contestation des équipes en place qu’elle a tellement encouragée chez son ennemi syrien, au point ces derniers temps de lui faire la guerre par ASL interposée. Or la philosophie politique ultra-conservatrice et immobiliste du royaume interdit à son équipe dirigeante de lâcher le moindre lest politique : il n’y a pas de Gorbatchev possible au pays du wahhabisme. Les manifestations sont du reste interdites. C’est pourquoi, une révolution, ou même une évolution, démocratique chez le voisin bahreini serait perçue comme une menace mortelle. Ajoutons que sur leur frontière sud, au Yémen, les dirigeants séoudiens ne peuvent ignorer la monté en puissance de groupes se réclamant carrément d’al-Qaïda, dont les principes directeurs sont rien moins que favorables à la dynastie Al Séoud, accusée à assez juste titre de collusion avec l’ennemi américain, et aussi de passivité face à l’ennemi sioniste.

L’histoire pourrait bien s’accélérer au pays de l’islamisme pro-américain. Et le roi Abdallah, qui avait cru pouvoir surfer sur les difficultés de l’ennemi syrien, se voir un jour forcé de rappeler ses mercenaires de Syrie pour faire face à ses propres contestataires !

Awwaniya, est de l' Arabie Séoudite, le 3 mars...

Autres manifestations d'opposition séoudiennes...

... courant mars

Ci-dessous lien vers  un reportage de la télévision syrienne sur les manifestations en Arabie Séoudite, puis au Bahrein :

http://www.youtube.com/watch?v=KhksyDxBLL4&feature=share

Un autre reportage – avec carte – sur le mouvement de contestation à Qatif, sur la côte est, tout près du Bahrein – et pas très loin du Qatar (ces 2 liens ayant été sélectionnées par Cécilia :

http://www.youtube.com/watch?v=DlIQNB8Glf8&feature=share

Un autre lien sur les manifestations en Arabie : les mêmes images mais, à partir de 3’30, interview (en arabe) d’un opposant séoudien exilé à Londres, Fouad Ibrahim : celui-ci critique la position du gouvernement ainsi que le silence total des médias, notamment étrangers. Il pense que le gouvernement ne peut plus arrêter les manifestations malgré les fatwas les interdisant.

http://www.youtube.com/watch?v=wVDapGgeHGw&feature=related

 

Bahrein : manifestations sous
silence médiatique

Dalia Gonzalez Delgado

QUI a entendu parler de manifestations au Bahrein ? Très peu de gens, certainement. Et la petitesse de ce pays ne saurait justifier ce silence. Aujourd’hui dans le monde moderne, la maxime est connue que… « ce qui n’apparaît pas dans les médias, n’existe pas ». Ces mêmes médias qui avivent et amplifient ce qui se passe en Syrie, adoptent en revanche un mutisme injustifié lorsqu’il s’agit de remettre en question l’attitude des alliés des États-Unis, en l’occurrence la monarchie du roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa.

Et les médias qui osent faire état de la situation dans ce pays parlent d’une simple confrontation entre chiites et sunnites. Mais, même s’il est vrai que les musulmans chiites de Bahreïn, royaume dirigé par la famille sunnite des Kahlifa, représentent 70% de la population, l’essence des protestations n’est ni sectaire ni religieuse.

Depuis plus d’un an, les principales revendications des manifestants étaient associées à l’emploi, à la lutte contre la pauvreté et à d’autres aspects sociaux. La perspective est laïque et pacifique. « Ni chiites ni sunnites, juste Bahreinis », lancent-ils depuis le début des manifestations.

Les autorités ont répondu aux actions de protestation par une répression violente. Le 14 février 2011 restera gravé dans les mémoires comme le jour où les troupes d’Arabie saoudite ont envahi le pays, par la chaussée du roi Fahd, qui relie les deux pays, pour « aider » à écraser les révoltes.

La police a utilisé contre les manifestants du feu réel, des matraques, des gaz lacrymogènes et des pistolets. D’après des activistes présents sur les lieux, la cruauté était telle qu’on a même empêché les blessés de se rendre à l’hôpital.

En raison du silence médiatique, il est difficile de savoir vraiment ce qui se passe dans ce pays. Pourquoi ne pas déférer ce cas au Conseil de sécurité de l’ONU ? Pourquoi la Ligue arabe n’envoie-t-elle pas une mission d’observateurs ? Pourquoi n’exigent-ils pas la démission du roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa, comme ils le font pour le président syrien Hafez el-Assad ?

L’analyste Pepe Escobar estime que c’est le résultat d’un accord tacite conclu entre la Maison des Saoud et Washington.

« Vous envahissez le Bahrein et nous vous procurerons une résolution arabe permettant d’aller à l’ONU et ensuite de procéder au bombardement humanitaire de l’OTAN contre la Libye ».

Deux sources diplomatiques des Nations unies l’ont confirmé au Asia Times Online. Par ailleurs, c’est la secrétaire d’État US Hillary Clinton qui a donné le feu vert pour l’invasion du Bahrein par l’Arabie saoudite.

Un autre exemple de la politique de double standard des États-Unis : « Fais ce que je dis et pas ce que je fais ».

L’activiste Maryam al-Khawaja du Centre bahreïnite pour les droits de l’Homme, a critiqué les ventes d’armes occidentales au Bahrein.

Au cours des dix dernières années, les États-Unis ont vendu à ce pays des armes pour plus de 1,4 milliard de dollars. Le Bahrein est aussi concerné par un Programme d’entraînement militaire (IMET), et il a signé un accord de ventes de matériel militaire pour un montant de 53 millions de dollars.

Pourquoi ce petit pays occupant une île reliée à l’Arabie est-il si important pour Washington ?

Les États-Unis ont proclamé en 2002 ce royaume comme « un allié non membre de l’OTAN très important ». En mars 2008, le régime des al-Khalifa est devenu le premier pays arabe à avoir dirigé des manœuvres militaires navales conjointes avec les États-Unis. Ce n’est pas pour rien que la 5e Flotte a son siège au Bahrein, et que ce pays sera le point central de toute action militaire future des USA dans le Golfe. Rappelons que le Bahrein a déjà accordé de l’aide logistique en tant que base militaire pour les guerres en Irak, et qu’il a appuyé les missions en Afghanistan.

Autrement dit, l’empire ne peut s’offrir le luxe de perdre le Bahrein.



Edité par T 34 - 06 Apr 2012 à 20:49
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Apr 2012 à 05:20

La tension monte à Bahreïn avant le Grand Prix de F1

L'opposition chiite au Bahreïn profite de la présence de journalistes sportifs du monde entier, à la veille des essais du Grand prix de Formule 1, pour donner de la voix. Des affrontements ont opposé dans la nuit de mercredi à jeudi manifestants et policiers dans de nombreux villages de Bahreïnn malgré de nombreuses arrestations préventives.

Les heurts, parfois violents, se sont produits à la suite d'appels sur les réseaux sociaux à "trois jours de colère" coïncidant avec les trois jours de la course, lancés par un mouvement d'opposants baptisé les "Jeunes du 14 février". Des centaines de manifestants se sont rassemblés à l'entrée de villages chiites autour de Manama, criant des slogans hostiles au pouvoir. "Le peuple veut le chute du régime", ou encore "A bas Hamad", ont-ils crié en référence au roi Hamad ben Issa Al-Khalifa.

Les forces de l'ordre ont utilisé des bombes lacrymogènes et des bombes détonantes pour les disperser. Les manifestants ont répliqué par des jets de cocktails Molotov. "Le village de Sanabès (près de Manama) a connu les affrontements les plus violents", a indiqué l'un des témoins, Mohamed Jassem, assurant que la police a tiré avec des cartouches de chevrotine, blessant de nombreuses personnes.

  • Mesures de sécurité ou "répression à titre préventif"

Les mesures de sécurité ont été particulièrement renforcées autour de cet évènement sportif dont la tenue en pleins troubles politiques a été critiquée par des organisations des droits de l'Homme. Mercredi, des centaines de Bahreïnis avaient déjà manifesté malgré l'arrestation de dizaines d'animateurs des protestations "à titre préventif". Dans un communiqué, le ministère de l'Intérieur confirme, précisant que les arrestations ont visé "des personnes responsables de violences et d'atteintes aux biens privés et publics".

Au printemps 2011, en raison des révoltes, le Grand Prix de Formule 1 de Bahreïn avait été annulé. La semaine dernière, la Fédération internationale de l'automobile avait confirmé sa décision de maintenir  la course, malgré les réserves des écuries. Interrogé par l’Equipe, Eric Boullier, le patron de l’équipe Lotus se désengage : « La présence du F1 Circus à Bahreïn va forcément changer un peu la donne, elle peut générer certains troubles. Mais je pense que la situation est sous contrôle et qu'il y aura la sécurité nécessaire pour ce genre d'événement. La F1 est un sport, même s'il y a un business autour, et on a 20 courses à faire dans l'année. Il y a un tournoi de golf en ce moment à Bahreïn, et on ne leur demande pas si c'est éthique ou pas. »

Bahreïn est la seule monarchie du Golfe où les chiites sont majoritaires. La répression du mouvement de contestation de février à mars 2011 avait fait 35 morts, dont cinq sous la torture, selon une commission d'enquête indépendante. Amnesty International parle de 60 morts depuis le début de la contestation, les manifestations anti-gouvernementales ayant repris en juin après la levée de l'état d'urgence, malgré la répression.

Source

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Les combats au Bahreïn recouverts par le bruit des moteurs

La contestation tente de se faire entendre au Bahreïn, alors qu’aujourd’hui débutent les premiers tours de roue du Grand prix de F1. Les affrontements violents entre opposition et forces de l’ordre restent bien loin du circuit.

Et c’est globalement tout ce qui importe aux nombreux journalistes du monde entier qui ont fait le voyage dans cette monarchie du Golfe : les manifestants vont-ils perturber le grand concert des moteurs ? Il ne semblerait pas. Malgré tous leurs efforts, les opposants restent bien loin du strass et des paillettes de la course.

Après les dizaines d’arrestations préventives, les forces de l’ordre étouffent les manifestations à coups de chevrotine et gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes, faisant de nombreux blessés. Les manifestants ripostent à coup de cocktail molotov. Ils répétaient "Le peuple veut la chute du régime", "A bas Hamad" ben Issa Al-Khalifa, le roi de Bahreïn, et brandissaient des portraits du militant chiite emprisonné Abdel Hadi al-Khawaja, en grève de la faim depuis le 8 février.

Les manifestations ont pour bit de "faire parvenir aux participants au GP un message sur les violations des droits de l'Homme à Bahreïn", explique un porte-parole du mouvement d’opposition du collectif des "Jeunes du 14 février". Des manifestations nocturnes se sont déroulées loin du circuit de Sakhir, au sud de Manama, où les essais ont débuté vendredi pour la course qui se court dimanche. Des manifestants ont cependant brièvement interrompu la circulation sur certaines routes menant de Manama au circuit à l'aide de pneus enflammés, selon des témoins.

Vendredi matin, la police a intensifié sa présence entre l'aéroport et le circuit. Le collectif des "Jeunes du 14 février" a appelé à "trois jours de colère" coïncidant avec le Grand Prix, sous le slogan "Non à la Formule de sang".

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Bahrein : course au-dessus d’un volcan

Par Louis Denghien, le 21 avril 2012 

Manifestation anti-Grand Prix à Isa, près de Manama, le 18 avril

Le royaume du Bahrein s’invite de nouveau dans l’actualité arabe et internationale. A l’occasion il est vrai d’un événement sportif considérable : le Grand Prix de Formule 1 qui s’y déroule à partir de demain dimanche, sur le circuit de Sakhir. Un événement dont le gouvernement monarchique autoritaire sunnite, allié du Qatar et de son puissant voisin séoudien, comptait bien faire une vitrine internationale. Mais, pour les mêmes raisons d’exposition médiatique exceptionnelle, l’opposition, c’est-à-dire la majorité chiite, en lutte de plus en plus active, depuis le début de l’année, pour réclamer des droits et une représentation proportionnelle à son importance démographique (70% de la population  autochtone du Bahrein), est redescendue en masse dans les rues de Manama et d’autres villes de l’île-royaume.

Le printemps de retour et le temps qui se gâte

Vendredi 10 000 manifestants se sont rassemblées dans un quartier de la capitale Manama, dans le but d’atteindre le rond-point qui a servi de « place Tahrir » locale lors du printemps bahreini de février 2011, encore appelé « révolution de la Perle« , réprimé comme on sait par le pouvoir aidé de contingents séoudiens et d’autres monarchies du Golfe.. La police, recrutée en partie parmi les immigrés, a tenté de disperser les rassemblements à la grenade lacrymogène. De leur côté, certains manifestants ont riposté au cocktail Molotov. Ce samedi des représentants de l’opposition ont annoncé la mort d’un manifestant.

Depuis, la tension demeure. Elle n’a, à vrai dire, jamais cessé depuis plusieurs mois, les manifestations, certaines de très grande ampleur (voir notamment notre article « 100 000 manifestants au Bahrein : un printemps chasse l’autre », mis en ligne le 12 mars), ponctuant régulièrement l’actualité politique de ce royaume à direction sunnite et à population majoritairement chiite, de régime pas vraiment démocratique, géographiquement coincé entre les deux ennemis héréditaires que sont l’Arabie séoudite et l’Iran, et politiquement aligné sur Ryad, Doha et les Américains.

Le roi Hamad ben Issa al-Khalifa, et son oncle et Premier ministre le très autoritaire et pro-séoudien Khalifa ben Salman al-Khalifa, ont voulu donc s’offrir une opération de relations publiques – et de redorage de blason – de première classe en organisant cette prestigieuse compétition de formule 1. Las, la politique et le peuple se sont invités à la fête qui semble gâchée sinon compromise : déjà deux membre de l’équipe Force India ont décidé de rentrer en Grande-Bretagne après avoir assisté de très près aux violences de Manama.

Des représentants de l’opposition chiite, dont certains ont tenu une conférence de presse, ont assuré qu’ils n’appelleraient pas à des manifestations d’ampleur ce samedi, sans exclure que se produisent des rassemblement spontanés. Certains ont donné un bilan des diverses manifestations ayant troublé la semaine dernière dans plusieurs villages : 54 blessés. et 95 arrestations. Ils ont aussi exprimé leur inquiétude quant à l’état de santé d’une des figures de l’opposition bahreinie, le militant Abdoulhadi al Khawadja, condamné à la prison à perpétuité pour son militantisme qui observe une grève de la faim depuis… 70 jours. D’autres groupes d’opposants, comme le collectif de « la Révolution du 14 février » (en référence au soulèvement chiite de l »an dernier) a appelé les Bahreinis à manifester entre le 20 et 22 avril, de façon à perturber le déroulement de la compétition. Et de son côté, le principal parti d’opposition, al-Wefaq, annonce une semaine de manifestations non stop. Et la crise s’internationalise doucement : le leader chiite irakien Moktada Sadr a appelé au boycott du Grand Prix.

La situation est, de fait, de plus en plus explosive et tourne à la confrontation non seulement politique mis communautaire : début avril, un attentat avait blessé sept policiers dans un village chiite, ce qui a aussitôt déclenché des heurts entre plusieurs centaines de civils sunnites et chiites. Selon Amnesty International, 60 personnes sont mortes victimes de la répression depuis la reprise des manifestations, en juin  dernier.

En ce qui concerne la compétition, elle est maintenue, et le patron de la F1, le businessman britannique Bernie Ecclestone, a même jugé « absurdes » les supputations de la presse à ce sujet. Dans l’immédiat, le site informatique du Grand Prix a déjà été piraté par des cyber-opposants – pas syriens cette fois. On ne s’étonnera pas qu’une institution malgré tout liée au monde anglo-saxon préfère faire l’autruche en la circonstance  : mais l’année dernière, les mêmes causes avaient entraîné l’annulation du Grand Prix de F1 par les autorités.

Bernie Ecclestone, sujet anglais, patron du Grand Prix, sosie d'Andy Warhol et bonne incarnation du double langage et du cynisme occidentaux vis-à-vis du monde arabe

Ils se peut que les bolides foncent librement à Saqhir, mais en attendant le Bahrein se retrouve médiatisé comme rarement auparavant et pas vraiment pour des raisons sportives et touristiques : ce samedi, par exemple, la chaîne I-Télé a consacré autant de temps, dans une de ses éditons, aux manifestations du Bahrein qu’aux soubresauts de la crise syrienne. Et le problème ne se pose pas qu’aux seuls dirigeants du royaume : le puissant voisin et protecteur séoudien, qui entretient toujours des troupes sur place, surveille de très près l’évolution d’une situation qui le concerne directement, étant voisin immédiat du Bahrein, et étant confronté lui aussi à une révolte – de moindre ampleur- des minorités chiites de ses disctricts orientaux (2 millions de personnes en tout). Sur son flanc sud, le voisin yéménite ne se sort pas d’une guerre sanglante contre al-Qaïda. La pétro-monarchie la plus puissante – et la plus inféodée, avec le Qatar, aux Américains – du Golfe , et en conflit presqu’ouvert non seulement avec la Syrie mais l’Iran, n’a vraiment aucun intérêt à une « sortie de route » de ses cousins royaux du Bahrein ! Et le Godfather américain, qui y a installé le QG de sa Ve flotte, et se sert de l’île comme d’une vigie anti-iranienne, pas d’avantage.

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Bahreïn: affrontements nocturnes près du circuit de la F1

Des affrontements nocturnes entre manifestants et forces anti-émeutes ont eu lieu dans des villages chiites, non loin du circuit Sakhir où se déroulent ce samedi les qualifications pour le Grand Prix de Formule 1 de Bahreïn.

Selon des témoins, des dizaines de personnes ont manifesté à l'entrée de Karzakan, Al-Malikiyah, Dumistan et Sada, situés à quelques kilomètres du circuit, près de Manama. Des jeunes ont mis le feu à des pneus sur des routes jouxtant leurs villages et lancé des pierres et des cocktails molotov en direction des forces de sécurité, qui les ont dispersés à coups de gaz lacrymogènes et de bombes assourdissantes ont-ils rapporté.

La foule a scandé des slogans hostiles au gouvernement, répétant "A bas Hamad", en référence au roi de Bahreïn Hamad ben Issa Al-Khalifa, lors de ces manifestations qui ont lieu à l'appel du mouvement des "Jeunes du 14 février". Ce mouvement, un collectif radical, a appelé à "trois jours de colère" coïncidant avec le Grand Prix prévu dimanche, sous le slogan "Non à la Formule de sang".

Vendredi, au premier jour des essais libres, la police a dispersé par la force des milliers de manifestants anti-régime dans la région de Boudaya, à 4 km à l'ouest de Manama, selon l'opposition.

Les manifestations à répétition, à l'appel de l'oppostion chiite qui réclame des réformes constitutionnelles dans ce royaume dirigé par une dynastie sunnite, ont conduit à un renforcement de la sécurité autour du circuit de Sakhir. Malgré ces manifestations, le prince héritier, Salmane Ben Hamad Al-Khalifa, a écarté toute annulation du Grand Prix, comme cela avait été le cas l'an dernier en raison des troubles dans son pays.

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Edité par T 34 - 22 Apr 2012 à 04:33
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Bahreïn : la formule 1 au service de la tyrannie

 
 
Mohamed BELAALI

Dans « Répression et résistance à Bahreïn », nous avons écrit : « Le soulèvement populaire à Bahreïn est le produit de décennies d’injustices, d’oppression et d’humiliations. On peut le réprimer, voire l’écraser, mais il renaîtra, tel un phénix, de ses cendres. Car il est né et a grandi sur le sol du despotisme et de l’arbitraire » (1). Puisque cet arbitraire et ce despotisme perdurent, la résistance du peuple de Bahreïn se poursuit malgré une terrible répression. L’organisation du Grand Prix de Formule 1 dans ce petit royaume ne fait que renforcer la détermination « des révoltés de la Perle » à poursuivre le combat contre un régime suranné mais soutenu par les monarchies du Golfe et bien sûr par les États-Unis et l’Europe.

Le monument de la Perle, symbole de la résistance à la dictature des Al Khalifa, a été détruit. Il est remplacé par les chars de l’armée saoudienne qui encerclent toute la place. Les mosquées et les minarets n’ont pas échappé à cette folie destructrice. Les routes et les autoroutes de ce petit royaume sont littéralement quadrillées. Les forces antiémeutes, surarmées, sont omniprésentes et n’hésitent pas à tirer à balles réelles sur des manifestants pacifiques. Les commissariats de l’archipel sont transformés en centre de torture. Les tribunaux militaires jugent et condamnent des civils. Les blessés ne sont plus soignés au mépris de toutes les conventions internationales.

La dynastie des Al Khalifa, au pouvoir depuis plusieurs siècles, le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) dominé par l’Arabie Saoudite, l’impérialisme américain et européen sont satisfaits. Ils pensent que les aspirations du peuple de Bahreïn à la dignité et à la démocratie sont, comme le soulèvement qui les concrétise, définitivement enterrées. La dictature, les privilèges, les intérêts des uns et des autres sont sauvés. Il faut maintenant annoncer et exposer, à la face du monde entier, que la situation est normale et que l’émirat est un pays paisible. Le spectacle du Grand Prix de Formule 1 peut alors commencer. « Je connais les gens qui y vivent, c’est très calme et paisible » disait platement Bernie Ecclestone, homme d’affaires et patron de cette fameuse course. Le sport au service du despotisme !

L’exploitation politique du sport ne date évidemment pas d’aujourd’hui. L’Italie fasciste et l’Allemagne nazie, deux faces hideuses du capitalisme, ont déjà instrumentalisé cette activité pour donner une certaine légitimité à leur pouvoir. L’Italie mussolinienne (1934) et l’Allemagne hitlérienne (1936) avaient organisé respectivement la seconde Coupe du monde de football et les Jeux Olympiques. La FIFA, elle, avait confié l’organisation du « Mundial » de 1978 à l’Argentine de la junte militaire dirigée par le général Videla. Le grand Prix de F1 se déroulait régulièrement en Afrique du Sud en plein régime d’Apartheid. Le cas de Bahreïn s’inscrit donc dans cette « tradition » où l’activité sportive est utilisée par les pouvoirs pour asseoir leur domination de classe.

Pendant ce temps-là, dans l’indifférence quasi-générale, sans les médias occidentaux ni Al Jazeera, le peuple de Bahreïn poursuit son combat contre cette dictature d’un autre âge (2). Des manifestations quotidiennes sont organisées, dans des conditions difficiles, pour protester contre cette nouvelle humiliation que constitue le Grand Prix de Formule1ou comme l’appellent les bahreïnis « Formule du sang ». Samedi 21 avril 2012, les manifestants ont laissé un des leurs, tué par la police du pouvoir, s’ajoutant ainsi à la liste déjà longue des martyrs du peuple de Bahreïn. Pour prévenir toute contestation lors du Grand Prix, les autorités non seulement ont quadrillé tout le pays, mais ont procédé aussi à des dizaines d’arrestations des militants du mouvement de contestation (3). Le mutisme des médias bourgeois sur cette répression et cette résistance est édifiant. Il faut que la contestation du régime en place se passe à huis clos.

Le contraste entre le silence sur Bahreïn et l’hystérique propagande contre la Syrie par exemple de ces mêmes médias est éloquent. Il faut dire que les très « démocratiques » dynasties des Al Khalifa, des Al Saoud de l’Arabie Saoudite ou celle encore d’Al Thani du Qatar qui désirent ardemment installer la démocratie en Syrie, sont « nos amis » ; car elles nous sont totalement soumises. Il faut donc les protéger et les mettre à l’abri des tentations et des aspirations du peuple à la liberté et à la démocratie. Le CCG, l’impérialisme américain et européen savent pertinemment que la victoire du peuple sur la dictature dans un pays (Tunisie et Égypte), suscite d’immenses espoirs et encourage les autres peuples dans le monde arabe à se soulever à leur tour contre leurs propres tyrans.

Pendant que les émirs de Bahreïn assistent au spectacle de Formule 1, et les médias occidentaux sont occupés à transmettre les performances des pilotes du Grand Prix, un militant des droits de l’Homme, Abdel Hadi Al Khawaja, arrêté et condamné à la perpétuité est entre la vie et la mort. Il mène une grève de la faim depuis le 8 février 2012 contre sa détention arbitraire. Sa résistance et sa détermination sont celles de tout un peuple qui se bat quasiment seul contre une tyrannie soutenue par les monarchies du Golfe et par toutes les « démocraties » capitalistes.

Mohamed Belaali

(1) http://www.legrandsoir.info/Repression-et-resistance-a-Bahre...

(2) http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Crises/Afrique-du-Nord-Mo... Voir également les communiqués du Centre de Bahreïn pour les droit de l’Homme http://www.bahrainrights.org/en/node/5192

(3) http://af.reuters.com/article/sportsNews/idAFJOE83H03K201204...


Bahreïn : affrontements violents et escalade des manifestations pour la démocratie (The Independent)

 
 
 
Emily Dugan, David Tremayne

Des milliers de manifestants dans les rues après la découverte du corps criblé de balles d’un militant.

Hier, des foules de manifestants masqués ont lancé des cocktails molotov sur la police de Bahreïn qui a riposté par des gaz lacrymogènes, transformant les rues en champ de bataille à la veille du Grand Prix de Formule 1 que les manifestants qualifient d’événement à la gloire d’un gouvernement répressif. Environ 7000 marcheurs ont brandi des pancartes exigeant des réformes démocratiques tandis que la police brutalisait des manifestants.

Le gouvernement du Bahreïn a dépensé prés de £25 millions pour accueillir l’événement sportif dans l’espoir de montrer le retour à la normale dans ce royaume du Golf après les violentes répressions l’année dernière contre les manifestations du Printemps Arabe. Mais les images impressionnantes de fumées et de rues encombrées de débris risquent d’embarrasser Formule Un et les généreux sponsors de grandes marques.

Les manifestants ont été scandalisés par la mort d’un des leurs, dont le corps criblé de balles a été découvert sur le toit d’une maison tôt hier après des affrontements avec la police. Des militants de l’opposition ont déclaré que Salah Abbas Habib, 36 ans, faisait partie d’un groupe de manifestants qui ont été battus et subi des tirs par balles de la police, vendredi dans la village chiite de Shakhura, situé à environ 10km à l’ouest de la capitale, Manama. Le ministre de l’intérieur du Bahreïn a tenté de calmer la colère déclenchée par la mort en annonçant l’ouverture d’une enquête pour « homicide ». Le corps de M. Habib a été emporté vers un hôpital où les forces de sécurité empêchent la famille de s’en approcher.

La population à majorité chiite tente de briser le quasi monopole de pouvoir exercé par la minorité sunnite. Au moins 50 personnes ont trouvé la mort lors d’affrontements avec la police depuis février 2011, au cours de ce qui constitue la plus longue protestation de rues du Printemps Arabe. Le Royaume est dirigé par la dynastie sunnite al-Khalifa, qui possède les droits sur les courses de Formule 1 et qui entretient des liens très étroits avec l’Occident.

De la fumée noire s’élevait hier des barricades de pneus enflammés dans les villages à majorité chiite alors que les manifestations contre le régime se poursuivaient. Dans le village de Diraz, dans le nord-ouest, des milliers ont marché en protestation de la mort de M. Habib. Certaines des manifestations les plus virulentes se sont déroulées dans un quartier proche de son domicile, près d’al-Bilad al-Quadeem.

Des dizaines de véhicules blindées étaient positionnées le long de l’autoroute qui mène à la piste de course à l’extérieur de la capitale pour tenter d’épargner l’événement sportif. Des équipes ont été aperçues en train d’arracher des affiches décrivant les tueries lors du soulèvement, affiches qui avaient été posées de chaque côté de l’autoroute principale de Manama, empruntée par les équipages de F1 et les fans.

Sur la piste de course elle-même, des gardes armés assuraient la sécurité 24/24h. Les pilotes ignorent tout des événements à l’extérieur. Lorsqu’on lui a demandé ce qu’il pensait de la mort d’un manifestant, Sebastien Vettel a répondu : « c’est la première fois que j’en entends parler. Je ne sais pas ce qui s’est passé, alors il est difficile de faire un commentaire. »

Lorsqu’on a demandé au pilote britannique de F1, Lewis Hamilton, quel était son message pour les fans au Moyen Orient, il a ignoré les manifestations en déclarant : « j’apprécie beaucoup tout ce soutien et j’espère qu’ils seront nombreux ce week-end. »

Le Centre pour les Droits de l’Homme de Bahreïn a rapporté hier que des manifestants avaient été gravement blessés au cours des affrontements de vendredi et samedi avec la police, dont certains souffraient de blessures à la tête et de membres brisés. Ils affirment qu’un manifestant, Mohammed Hassan, 26 ans, a été battu et arrêté vendredi soir et n’a pas droit à un avocat. Après avoir été emmené à l’hôpital Salmaniya, il semblerait qu’il soit en prison. Les organisateurs pensent qu’il a été ciblé pour son apparition le mois dernier à la télévision US dans l’émission Dan Rather Reports.

Le Dr. Jasim Husain, ancien député du principal parti d’opposition Al Wefaq, qui a démissionné en signe de protestation contre les événements de l’année dernière, a dit que la mort de M. Habib révélait de « graves problèmes » au sein des services de sécurité, et a averti que son enterrement pourrait donner lieu à de nouvelles protestations. Cependant, malgré les violences du gouvernement contre les manifestants, il croit que la course de F1 devrait se poursuivre. « L’annulation de la compétition ne ferait que renforcer les extrémistes du régime qui en profiterait pour renforcer le répression. »

Tandis qu’un groupe de manifestants se rassemblaient hier devant le siège de F1 à Londres pour protester contre la tenue de la compétition à Bahreïn, la famille du dissent Abdulhadi al-Khawaja qui poursuit une grève de la faim depuis deux mois, a déclaré que ce dernier n’avait peut-être plus que quelques heures à vivre.

Emily Dugan, David Tremayne

http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/violent-...

traduction « attendons que Reporters Sans Frontières appelle au boycott des JO de Bahreïn » par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles (ce petit brin de cynisme qui fait tout son charme)

Bahreïn : la formule 1 au service de la tyrannie
 

 

Bahrein: le Grand prix de la honte pour la Formule 1

Le roi de Bahreïn a exprimé sa reconnaissance ce dimanche soir au monde de la Formule 1 pour l'organisation dimanche du Grand Prix. C'est le moins qu'il pouvait faire à l'intetion de ce sport capable de regarder ailleurs alors que, en parallèle à la course, les manifestations parfois violentes d'opposants chiites réclamant des réformes de fond étaient réprimées par le pouvoir en place.

Le roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa s'est dit "reconnaissant" aux organisateurs du GP d'avoir "assuré que ce grand événement se tienne dans l'esprit communautaire de fête que la Formule 1 représente". Non sans ironie, il a souligné "clairement (mon) engagement personnel aux réformes et à la réconciliation dans notre grand pays. La porte reste ouverte pour un dialogue sincère" entre les Bahreïnis. 

Toute la semaine, les autorités ont soutenu que les incidents étaient et ont tenté de minimiser leur impact sur le GP, après l'annulation de la course l'an dernier en raison des troubles.

La place de la Perle bouclée

Quelques incidents ont été signalés après la fin de la course hors du circuit de Sakhir. Selon des témoins, des dizaines de personnes ont été empêchées par la police de marcher vers la place de la Perle, dans la capitale Manama, épicentre de la contestation de l'année dernière. Des jeunes ont tenté de couper la route reliant le circuit de Sakhir à Manama avec des pneus en flammes et d'autres se sont heurtés à policiers dans certains villages chiites, selon d'autres témoins.

Le mouvement des "Jeunes du 14 février", un collectif radical, a appelé à manifester et à marcher sur la Place de la perle, interdite aux manifestations. Les forces de sécurité ont été déployées depuis la matinée, notamment sur la route menant au circuit de Sakhir situé au sud de la capitale. Elles ont dégagé la route un moment bloquée par les manifestants.

Monarchie constitutionnelle

Les chiites, majoritaires, demandent une monarchie constitutionnelle véritable, avec un Premier ministre choisi parmi la majorité au Parlement. Après l'annonce samedi par l'opposition d'un mort, le premier dans des manifestations liées au Grand Prix de F1, de nouveaux affrontements, parfois violents, ont éclaté dans la nuit dans des villages chiites.

Par ailleurs, un militant, Mohammed Hassan, a été arrêté et "torturé" pour avoir accompagné des journalistes lors de manifestations dans un village chiite, a dénoncé dimanche l'ONG locale Bahrain Center for Human Rights.

Selon une commission indépendante, la répression de la révolte en février/mars 2011 avait fait 35 morts, dont quatre sous la torture. Amnesty International estime pour sa part que 60 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement.

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Edité par T 34 - 27 Apr 2012 à 19:58
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 24 Apr 2012 à 16:31

La révolution interdite

La pétromonarchie qui réprime dans le sang depuis des mois le soulèvement de sa population a pu organiser sans critique occidentale son Grand Prix de Formule 1 sous la protection des chars.

Comment les habitants de Bahreïn pourraient-ils se plaindre ? Le roi Hamad Ben Isa al-Khalifa, leur souverain 
autodésigné démocratiquement (sentence royale qui vaudrait pour toute la descendance), n’a-t-il pas exprimé sa reconnaissance au monde de la Formule 1 pour l’organisation, dimanche, du Grand Prix malgré la multiplication des manifestations de l’opposition qui réclame des réformes de fond ?

Il est vrai que Bahreïn n’est pas la Syrie et que la répression qui touche les opposants, qualifiés « d’opposition chiite », ne semble guère émouvoir les capitales occidentales. L’année dernière déjà, alors que nombre de pouvoirs dans les pays arabes étaient ébranlés par les révoltes populaires, les monarchies pétrolières du Golfe réagissaient. En lien avec l’Otan, via Washington et 
Paris, elles disaient leur soutien aux rébellions, surtout quand elles s’armaient. En Libye d’abord, en Syrie ensuite. Le Qatar mettait à disposition sa chaîne satellitaire Al Djazira. Mais surtout, l’Arabie saoudite envoyait ses chars à 
Bahreïn, où, selon la terminologie employée, la révolte n’était pas celle du peuple mais chiite.

«Non à la formule du sang»

Et voilà les blindés de sa majesté qui empruntent le pont reliant la pétromonarchie à Manama. Durs intérêts ! Dans la région, ce pont est appelé le « pont Johnnie Walker », du nom de la célèbre marque de whisky, alcool interdit en Arabie saoudite mais autorisé à Bahreïn. Un pont emprunté tous les week-ends par les moralistes saoudiens, peu dérangés par les blindés qui ont attendu un début de semaine pour pénétrer en territoire étranger, pour ne pas perturber les libations voilées.

Pas suffisant pour autant pour masquer les revendications d’une population, il est vrai à majorité chiite et dominée par une caste se réclamant du sunnisme. Des revendications qui se sont exprimées avec une nouvelle force ces derniers jours alors que devait se dérouler le Grand Prix de Formule 1. Le mouvement des « Jeunes du 14 février » a ainsi appelé ses partisans à manifester dans leurs villages, parallèlement à la course, et à participer à une marche vers la place de la Perle, à Manama, où est née la contestation en février 2011. De jeunes protestataires ont réussi à bloquer brièvement des routes en mettant le feu à des pneus ou à des bennes à ordures. Dans certains villages comme Malkiya, Karzakan, Sadad et Damistan, des manifestants ont brandi des banderoles proclamant « Non à la formule du sang », le slogan d’une campagne de « trois jours de colère » lancée par le mouvement des « Jeunes du 14 février ».

«Le peuple veut la chute du régime»

En revanche, samedi, la police a réussi à bloquer les accès au centre de Manama pour empêcher une manifestation prévue le soir pour réclamer la libération d’Abdel Hadi al-Khawaja, un militant condamné à la prison à vie et en grève de la faim depuis plus de deux mois.

Alors que des ONG se sont inquiétées de son état de santé, le ministère de l’Intérieur a assuré, dimanche, sur son compte Twitter, qu’il était « en bonne santé ». Par ailleurs, un militant, Mohammed Hassan, a été arrêté et « torturé » pour avoir accompagné des journalistes lors de manifestations dans un village chiite. Vendredi, de nouvelles manifestations avaient été organisées, à l’appel de l’opposition, qui réclame des réformes constitutionnelles. Les jeunes répétaient « Le peuple veut la chute du régime », « À bas Hamad Ben Isa al-Khalifa », et brandissaient des portraits du militant chiite emprisonné Abdel Hadi al-Khawaja, en grève de la faim depuis le 8 février.

Le roi Hamad Ben Isa al-Khalifa, qui devait assister à la course, s’est dit « reconnaissant » aux organisateurs du Grand Prix automobile d’avoir « assuré que ce grand événement se tienne dans l’esprit communautaire de fête que la Formule 1 représente ». Mais, a-t-il ajouté, « je tiens à souligner clairement mon engagement personnel aux réformes et à la réconciliation dans notre grand pays. La porte reste ouverte pour un dialogue sincère ». Voilà les manifestants rassurés. Le souverain a mis la gomme, fourni le pétrole, accueilli ses invités, évité tout dérapage et nettoyé ses écuries sans Augias.

Le Qatar et le pétrole 

Le fonds souverain Qatar Holding, contrôlé par le riche émirat gazier du Golfe, détient 3 % du capital de Total. Christophe de Margerie, son PDG, s’en est réjoui dans un entretien au quotidien qatarien Al-Sharq, y voyant un « progrès positif ». À la mi-mars, 
le quotidien économique français les Échos avait rapporté 
que cet émirat du Golfe, champion du gaz naturel liquéfié, avait pris depuis l’été 2 % du capital de Total, devenant ainsi l’un des grands actionnaires de la plus grosse société française. Le Qatar, qui entretient de bonnes relations avec Paris, a récemment renforcé ses participations dans les fleurons économiques français, avec une prédilection pour le luxe, le sport et les médias.

Pierre Barbancey

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Des milliers de personnes exigent au Barhein la libération des prisonniers politiques

Manama, 30 avril (RHC).- Des milliers de manifestants ont exigé  devant la Cour d’Appel du Bahreïn, la mise en liberté d’activistes politiques chiites.

La Cour d’appel a ordonné l’ouverture d’un  nouveau procès contre les accusés.

Répondant à l’appel de l’Association des Jeunes du Bahreïn  pour les Droits de l’Homme et du Parti El-Wefaq, le plus important parti d’opposition, des milliers de personnes ont réclamé justice pour les opposants détenus.

La manifestation a eu lieu parallèlement à la séance qui s’est tenue aujourd’hui pour réviser la cause de 13 opposants et défenseurs des droits de l’homme condamnés pour avoir participé aux émeutes contre la monarchie d’ Al-Khalifa,  en février et  mars 2011.

Plusieurs marches ont été réalisées par les chiites, qui sont majoritaires, pour exiger la liberté de ces activistes politiques emprisonnés pour s’être opposés au régime dominé par la minorité sunnite.

Les manifestants ont lancé des cocktails Molotov, ont  incendié des pneus en réponse à la répression policière.



Edité par T 34 - 11 May 2012 à 02:14
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 May 2012 à 02:46
 
 
Depuis la révolte de la population de Bahreïn le 14 février 2011, pas un jour ne se passe sans manifestation contre le régime, qui conserve le soutien de l’Occident – entre autres par des livraisons d’armes. Activiste des Droits de l’homme, Maryam al-Khawaja reste cependant optimiste. Entretien.

En février 2011, Maryam al-Khawaja était fortement engagée dans l’insurrection populaire à Bahreïn. Entre-temps à la tête de Bahreïn Center for Human Rights (BCHR), elle est interdite de retour chez elle et effectue un périple pour dénoncer le silence de l’Occident sur les atteintes aux Droits de l’homme dans son pays. Maryam al-Khawaja a témoigné devant les Nations Unies, le Congrès américain et le Parlement européen.

Les médias ne parlent pas de Bahreïn. La révolte y est-elle aussi importante que celles d’Égypte et de Tunisie  ?

Maryam al-Khawaja. Bahreïn a connu les plus grands mouvements de protestation du Printemps arabe. D’après des sources de l’opposition, une des manifestations a rassemblé 400 000 personnes, sur une population de 600 000 à 700 000 habitants, hors travailleurs migrants. Ce qui veut dire que, à l’échelle de la population égyptienne, cela correspond à 40 millions de manifestants…

Pourquoi les gens sont-ils descendus dans la rue  ?

Maryam al-Khawaja. Le roi de Bahreïn avait promis en 2001 une monarchie constitutionnelle, un vrai Parlement et une Constitution approuvée par le peuple et le gouvernement. Or, en 2002, il a créé une Constitution unilatérale confirmant son règne et instaurant un Parlement sans aucun pouvoir législatif. En 2011, encouragée par les révoltes arabes, la population a pu ouvertement exiger une nouvelle Constitution, réellement représentative cette fois, un vrai Parlement, la liberté et le respect des Droits de l’homme. Cette dernière exigence était plus que légitime vu que, depuis 2007, la torture a de nouveau été pratiquée à Bahreïn, tout comme les arrestations totalement arbitraires. Après août 2010, diverses expéditions punitives ont eu lieu, lors desquelles environ 500 personnes ont été arrêtées. Cet événement a été un des déclencheurs les plus importants de la rébellion. Lorsque, dans la rue, la police antiémeutes et l’armée ont commencé à tirer sur les gens, l’exigence d’une nouvelle Constitution s’est muée en lutte contre le régime afin de le renverser.

Vous décrivez la révolution à Bahreïn comme prodémocratique, or nombre d’observateurs parlent d’une révolte chiite contre une monarchie sunnite…

Maryam al-Khawaja. C’est effectivement ainsi que le présente le gouvernement. C’est l’éternel « diviser pour régner ». Diviser le peuple pour le détourner du constat qu’il n’a qu’un seul ennemi commun : le gouvernement. Depuis le début des protestations, autant de chiites que de sunnites ont été arrêtés. Au début de la révolution, le premier prisonnier politique a été un sunnite. Il y a également des chiites qui continuent à soutenir le gouvernement qui, grâce entre autres à ce soutien, reste confortablement en place. Et des sunnites qui ont été arrêtés ont été torturés à cause de leur opposition au gouvernement.

Les alliés du gouvernement sont devenus particulièrement sectaires. Voyez les réseaux sociaux : les remarques les plus fanatiques proviennent des partisans du régime. Les insurgés, eux, rejettent en masse le sectarisme. C’est un bon signe, même si nous ne savons pas combien de temps cela va encore durer.

Un des aspects les plus choquants de la répression a été les agressions policières à l’encontre des médecins. Ceux qui soignaient des manifestants blessés ont été arrêtés et poursuivis.

Maryam al-Khawaja. Ils ont finalement été libérés sous la pression de la communauté internationale. Mais la procédure judiciaire est toujours en cours. Le gouvernement les poursuit parce qu’ils ont été témoins de crimes du régime. Les médecins ont assisté aux assassinats, ils sont bien informés sur la situation. Le 17 février, suite à une attaque contre des manifestants, le gouvernement leur a même interdit de passer avec leurs ambulances sur la place de la Perle (la place du centre de la capitale Manamah devenue le symbole de la résistance, NdlR). Les médecins ont été très choqués que le gouvernement les surveille aider les blessés et évacuer les morts. Les médecins ont alors également manifesté pour exiger la démission du ministre de la Santé. Le problème est qu’à Bahreïn il n’est pas question d’un système judiciaire indépendant : les juges sont nommés et payés par le roi. Tout le régime est basé sur les décisions d’une infime minorité.

Bahreïn semble avoir complètement disparu des préoccupations occidentales.

Maryam al-Khawaja. Pourtant, les assassinats se poursuivent. Depuis le 14 janvier, pas un seul jour ne se passe sans manifestation. Les médias occidentaux ont simplement décidé de ne plus les couvrir. Pour pas mal de gens, il est important que la révolution échoue. L’intérêt géopolitique de ce pays et de l’Arabie saoudite joue là un rôle très important. Ce qui explique le silence des médias et de la communauté internationale sur ce qui s’y déroule réellement. Même le rapport de la Commission d’enquête indépendante de Bahreïn — dites : commission d’enquête de la royauté — admet que des crimes sont commis. Et ces crimes sont entre autres perpétrés par l’usage systématique de la torture et de la violence envers les manifestants. Dans un monde juste, ce devrait être au roi de s’insurger contre ces crimes.

Vous avez rencontré la ministre américaine des Affaires étrangères Hillary Clinton pour lui demander de condamner fermement la répression à Bahreïn. Quelle a été sa réponse  ?

Maryam al-Khawaja. Je lui ai également demandé de mettre un terme aux livraisons d’armes à Bahreïn. Je n’ai pas vraiment reçu de réponse. Elle m’a juste dit : « Merci d’être venue » et « je vous comprends. » Mais tant les États-Unis que la France continuent à approvisionner le Bahreïn en armes. Le Parlement européen a appelé à mettre un terme à ces livraisons, mais les gouvernements concernés ne s’en sont pas souciés. Le Congrès américain a bloqué un contrat d’armement de 53 millions de dollars avec Bahreïn. Le gouvernement Obama a alors scindé celui-ci en contrats plus petits, de moins d’un million, sur lesquels le Congrès n’a rien à dire. Tout peut donc se dérouler sans encombres. C’est vraiment lamentable de la part d’un pays qui prétend défendre la démocratie et les Droits de l’homme…

Les gouvernements occidentaux critiquent la Russie parce qu’elle livre des armes à la Syrie, mais ils font exactement pareil avec Bahreïn. C’est deux poids deux mesures.

Les États-Unis affirment qu’ils soutiennent le Conseil de coopération du Golfe (CCG, organisation régionale regroupant six pays) et le gouvernement de Bahreïn afin d’enrayer l’influence de l’Iran dans la région...

Maryam al-Khawaja. Il ressort d’innombrables rapports du gouvernement de Bahreïn que l’Iran n’a rien à voir avec les manifestations. Mais, vu les conséquences de la politique menée par l’Occident, le peuple pourrait bien aller demander l’aide de l’Iran, parce qu’il ne voit plus d’autre issue. L’Occident récolte donc exactement le contraire de son objectif. Il affirme vouloir restreindre l’influence de l’Iran, mais, par sa politique, il précipite la population de Bahreïn dans les bras iraniens.

Qu’en est-il des pays européens  ?

Maryam al-Khawaja. L’Europe n’entreprendra rien qui puisse aller à l’encontre des intérêts des États-Unis. Dans la plupart des endroits, il nous a été signifié que ce sont les États-Unis qui mènent la danse et que l’Europe ne veut pas s’en mêler. C’est particulièrement décevant.

L’Occident n’évoque pas non plus les troupes saoudiennes stationnées sur le territoire de Bahreïn.

Maryam al-Khawaja. Il s’agit des troupes du CCG, une union politico-économique des monarchies arabes du Golfe. La plupart des troupes proviennent en effet d’Arabie saoudite, mais aussi du Qatar et des Émirats arabes unis. Aux dires d’Hillary Clinton, les États-Unis soutiennent leur présence. Le silence est ainsi imposé à la communauté internationale.

Pourquoi le gouvernement saoudien s’oppose-t-il à la révolution au Bahreïn  ?

Maryam al-Khawaja. La plupart des monarchies du Golfe partent du principe que, si le Bahreïn tombe, les autres monarchies suivront. Elles craignent un effet domino. L’Arabie saoudite sait aussi que, si un régime démocratique vient au pouvoir à Bahreïn, celui-ci ne sera certainement pas son allié et qu’elle perdrait un ami dans la région.

Quels sont intérêts de l’Occident à Bahreïn  ?

Maryam al-Khawaja. L’Occident a des intérêts dans tous les CCG et particulièrement en Arabie saoudite à cause du pétrole. Les États membres du CCG sont aussi leurs meilleurs clients en matière d’armement. Comme je l’ai déjà évoqué, l’Occident poursuit ses ventes d’armes à Bahreïn. La Cinquième flotte américaine y a également sa base. Les intérêts occidentaux sont donc importants.

Un régime démocratique serait-il par définition moins pro-occidental et pro-Saoudien  ?

Maryam al-Khawaja. Il ne resterait certainement pas un allié des Saoudiens puisqu’il existe de longue date des problèmes entre les habitants de Bahreïn et le gouvernement saoudien. Les habitants savent ce que le peuple saoudien doit subir de son propre gouvernement et que le gouvernement saoudien porte nombre d’atteintes aux Droits de l’homme.

Mais un régime démocratique ne serait pas nécessairement moins pro-occidental. La population n’a jamais considéré la présence de la Cinquième flotte des États-Unis comme un problème. Ce qu’elle veut, c’est arracher au gouvernement ses droits de base. Mais, vu la politique actuellement menée par l’Occident, la population de Bahreïn s’oriente de moins en moins vers celui-ci. Le fait que la famille royale de Bahreïn ne doive pas payer la moindre conséquence des permanentes violations des Droits de l’homme rend en quelque sorte l’Occident complice de ce qui se joue. Surtout parce qu’il poursuit ses livraisons d’armes. Si cela continue ainsi, nous nous retrouverons dans une situation où les gens affirmeront fermement que, lorsqu’ils seront au pouvoir, la Cinquième flotte devra déguerpir.

À part mettre un terme aux livraisons d’armes, que peut faire l’Occident  ?

Maryam al-Khawaja. Réagir diplomatiquement. Nous n’avons encore à aucun moment entendu de déclaration d’indignation lorsque nous avons dénoncé les violations des Droits de l’homme à Bahreïn. Cette indignation devrait pourtant être le strict minimum. Une autre étape serait de convoquer le Conseil des Droits de l’homme des Nations Unies. Cela a eu lieu pour les autres pays du Printemps arabe, mais pas pour Bahreïn.

Vu le manque de soutien international, n’êtes-vous pas gagnée par le pessimisme quant à l’avenir du mouvement  ?

Maryam al-Khawaja. Les gens ont osé descendre dans la rue pour exiger le changement et la démocratie. C’est une première victoire qui, en soi, mérite d’être fêtée. Et la population est extrêmement déterminée  ; le changement à Bahreïn est donc inéluctable. La seule question est quand.

Source : Solidaire

 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Jun 2012 à 16:44
Bahreïn: plongée dans un pays interdit

De Stéphanie Lamorré et Mathieu Goasguen – ARTE GEIE / Premières Lignes TV – France 2012

Depuis un an, une insurrection démocratique remplit chaque jour les rues d’un pays où personne ne va, Bahreïn, le pays oublié du printemps arabe. Cette île, petite monarchie du Golfe Persique de 600 000 habitants, est fermée aux journalistes.

Pour réaliser ce tournage, Stéphanie Lamorré est restée dans la clandestinité, aux côtés du ceux qui se battent pour la démocratie, face à une répression quotidienne, violente, implacable.
Pour le reste du monde, Bahreïn est un pays riche, moderne, en plein essor. En réalité, la monarchie sunnite du roi Al Khalifa est une dictature pratiquant la torture, les arrestations arbitraires, la discrimination à l'égard d'une population chiite à plus de 75%. L’élite est sunnite.

Bahreïn est avant tout un satellite de l’Arabie Saoudite et un allié occidental. Au printemps 2011, lors du début du soulèvement, l’armée saoudienne a envoyé ses chars à Bahreïn pour rétablir l’ordre.
Depuis maintenant un an, chaque jour, des femmes et des hommes de toutes les générations défient le pouvoir de Manama pour demander plus de démocratie. Une population opprimée dans l'indifférence.

 
 


Edité par T 34 - 15 Jun 2012 à 14:47
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Jun 2012 à 19:58

Bahreïn: Le chef du principal mouvement de l’opposition blessé par des balles en caoutchouc

 

Les forces de sécurité bahreïnies ont tiré des balles en caoutchouc vendredi pour disperser une manifestation non-autorisée du Wefaq, le principal mouvement de l'opposition chiite, dont plusieurs figures ont été blessées, a annoncé le groupe.

Le secrétaire général (du mouvement) Cheikh Ali Salman a été blessé par des balles en caoutchouc à une épaule et au dos quand les forces de sécurité ont tiré sur une manifestation pacifique à Bilad al-Qadeem", à trois kilomètres de la capitale, a expliqué le Wefaq dans un communiqué.

Deux autres figures de l'opposition chiite, Jawad Fairouz et Hassan al-Marzouq, ont également été blessées.

"Les forces de sécurité ont assiégé la zone, pourchassé les citoyens avec brutalité, les passant à tabac et tirant sur eux", a dénoncé le communiqué.

Selon des témoins, la police a fait usage de gaz lacrymogènes, de bombes assourdissantes, de balles en caoutchouc et de chevrotine pour disperser les manifestants, faisant plusieurs blessés.

Jeudi soir, le ministère de l'Intérieur avait annoncé avoir rejeté une demande d'autorisation de manifester dans cette zone déposée par le Wefaq, expliquant que ce rassemblement menaçait la sécurité et les intérêts du peuple et prévenant que les contrevenants auraient à rendre des comptes.

Les petites manifestations sporadiques se sont multipliées dans les villages chiites autour de Manama depuis que la dynastie sunnite au pouvoir a mis fin en mars 2011, avec l'aide de ses puissants voisins, à un mouvement de contestation animé par les chiites, majoritaires dans la population.

Selon l'organisation Amnesty International, au moins 60 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations en février 2011.

Bahreïn: des leaders de l'opposition blessés lors d'une manifestation

MANAMA, Bahreïn - La police antiémeute de Bahreïn a tiré des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes et des balles en caoutchouc vendredi pour disperser une manifestation dans la capitale, blessant le chef du principal courant politique chiite du pays, a annoncé l'opposition.

Le secrétaire général du parti chiite Al-Wefaq, le cheikh Ali Salman, a déclaré à l'Associated Press qu'il avait été atteint à l'épaule et au dos par une bombe lacrymogène ou une grenade assourdissante lors de la manifestation à Manama après la grande prière du vendredi. Il avait des marques rouges sur sa peau, mais ne semblait pas avoir été grièvement blessé.

Ali Salman a déclaré qu'il était à la tête d'un groupe d'une quarantaine de personnes qui se dirigeaient vers la manifestation quand ils sont arrivés face à des policiers, qui leur ont ordonné de se disperser en commençant à tirer dans la foule.

Un autre chef de l'opposition, Hassan al-Marzooq, a été touché au cou par une balle en caoutchouc, selon un communiqué du parti Al-Wefaq. Il a été transporté dans un hôpital privé de la capitale pour être soigné.

Selon M. Salman, les chefs de l'opposition ont été visés de façon intentionnelle, pour la première fois depuis les manifestations contre la monarchie à Bahreïn.

«Ces nouvelles violations vont compliquer nos efforts vers la réconciliation et un dialogue constructif, a dit M. Salman. Nous maintenons nos demandes démocratiques et nos appels aux principes universels des droits de la personne par le biais de nos rassemblements pacifiques. C'est le droit du peuple.»

Le royaume de Bahreïn est le théâtre de manifestations quasi quotidiennes depuis 16 mois. Les manifestants de la majorité chiite demandent à la monarchie sunnite de leur accorder plus de droits et de libertés politiques.

Les dirigeants du pays bénéficient du soutien crucial de l'Arabie saoudite, mais font l'objet de pressions des États-Unis pour rouvrir le dialogue avec l'opposition. Une nouvelle initiative du gouvernement en ce sens devrait être annoncée bientôt.

Les groupes de l'opposition avaient demandé la permission de manifester vendredi mais ne l'ont pas obtenue. Ils ont tout de même tenté de marcher vers une mosquée chiite historique, déclenchant un affrontement de plusieurs heures avec la police. En plus des leaders politiques blessés, plusieurs personnes ont été incommodées après avoir inhalé des gaz lacrymogènes, selon Al-Wefaq.

Les forces de sécurité avaient fermé les routes menant au lieu de la manifestation. Les manifestants ont réagi en allumant de petits incendies le long de la route.

Bahreïn: Neuf médecins condamnés en appel à la prison

Une cour d'appel du Bahreïn a réduit ce jeudi les peines de prison prononcées en première instance contre neuf médecins condamnés pour leur rôle dans les manifestations contre le régime monarchique en 2011. Neuf autres médecins ont également été acquittés dans cette affaire qui a suscité une vive indignation de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l'homme.

En septembre, un tribunal militaire avait condamné les médecins à des peines de prison allant de 5 à 15 ans de prison notamment pour occupation d'hôpital, incitation à renverser la monarchie et possession d'armes. Ali al Ekri, ancien praticien de haut rang à l'hôpital Salmaniya à Manama, a été condamné ce jeudi en appel à cinq ans de prison. Sept autres médecins ont été condamnés à des peines allant d'un mois à un an de réclusion. Cinq seront libérés, ayant déjà purgé leur peine en détention provisoire.

Une décision «injuste»

«C'est une décision injuste, ils sont innocents. Ils devraient plutôt poursuivre les autorités, pas ces médecins», a réagi Tewfik Dhaif, 53 ans, oncle de deux médecins condamnés jeudi. Pour les proches et les soutiens des médecins, ces derniers ont été condamnés pour avoir soigné des manifestants, essentiellement chiites, qui ont campé pendant un mois début 2011 au coeur de Manama. «La vérité c'est qu'aujourd'hui des médecins sont emprisonnés pour avoir soigné des blessés et pour avoir alerté la communauté internationale sur la répression du régime», dénonce Brian Dooley, d'Human Rights First.

En février et mars, dans le sillage des révolutions tunisienne et égyptienne, Bahreïn a été le théâtre d'un mouvement de contestation en majorité chiite contre la famille régnante sunnite Al Khalifa réprimé avec l'aide de troupes de pays voisins dont l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis. Les heurts ont fait 35 morts et de nombreux blessés.

Source
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Aug 2012 à 20:48

Entretien avec le militant des droits de l'Homme bahreini Ahmed al-Haddad: « L'Occident a par rapport au Bahreïn une politique du deux poids deux mesures »

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« L'Occident a par rapport au Bahreïn une politique du deux poids deux mesures »

Interview du militant de l'Organisation euro-bahreini de défense des droits de l'Homme, Ahmed al-Haddad, réalisée dans le cadre du Congrès Marx is muss de Berlin

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Q: Quels sont les rapports entre le mouvement de défense des droits de l'Homme au Bahreïn et d'autres mouvements internationaux ?

Au Bahreïn, nous connaissons encore des situations de violation des droits de l'Homme, des cas graves de tortures, des prisonniers politiques, des tribunaux militaires. Dans les deux dernières années, nous n'avons pas eu de relations directes avec d'autres mouvements pour les droits de l'Homme ou avec des mouvements politiques. Nous ne travaillons actuellement pas avec eux directement mais indirectement oui, nous conservons des liens. Dans la région du Golfe, nous avons des contacts en Arabie saoudite, en Oman et au Koweït.

Quelle est la condition des militants pour les droits de l'Homme en Arabie saoudite ?

On a interdit à certains de nos militants de voyager en Arabie saoudite. Nous avons aussi des militants aux quatre coins de l'Arabie saoudite qui se trouvent en prison en ce moment.

Les mouvements religieux jouent-ils un rôle dans les révoltes au Bahreïn ?

La religion n'a rien à voir avec quelque mouvement politique révolutionnaire que ce soit. Les mobilisations du 14 février 2011, les protestations, furent une révolution portant des revendications politiques et réclamant la démocratie, mais les médias et la presse occidentale ont défendu l'idée qu'il s'agissait d'un mouvement chiite, ce qui n'est pas le cas. Ils ont affirmé que l'opposition représentait un mouvement chiite se rebellant contre les sunnites, qu'il s'agissait d'une question communautaire, confessionnelle. Le prétendre, cela revient à défendre un point de vue selon lequel nous vivons un conflit entre deux confessions, entre chiites et sunnites, quand en réalité la majorité de la population voulait juste renverser le gouvernement.

Quelle est la composition des mouvements d'opposition au Bahreïn ?

Nous avons une majorité musulmane, des personnes d'autres confessions religieuses et des gens qui ne veulent absolument pas mélanger politique et religion des gens d'une gauche dont les dirigeants se trouvent naturellement en prison en ce moment.

Quel soutien vous apportent les mouvements européens ?

Nous avons besoin d'actions de la part des partis politiques d'Europe. Par exemple, nous avons rendu visite à Hollande en France parce que nous avons besoin de l'aide des mouvements et des partis européens. Nous savons qu'il existe des relations diplomatiques entre les gouvernements d'Europe et le gouvernement du Bahreïn, mais nous devons passer à l'action, par exemple ici en Allemagne. Il nous faut sensibiliser l'opinion publique parce que je crois que les gens peuvent prendre l'initiative et pousser le gouvernement allemand à faire pression sur le gouvernement du Bahreïn. Il nous faut également une initiative de soutien de la part des Nations unies. Nous comptons sur le soutien des mouvements de gauche, comme Die Linke ici, avec l'aide de camarades d'Espagne, de France et du Portugal, mais ce n'est pas suffisant. Il faut que la presse se focalise sur la situation au Bahreïn, mais cela n'a pas lieu parce que les unes sont remplies par le conflit en Syrie, alors que l'oppression vécue au Bahreïn est la même que celle endurée dans d'autres pays arabes.

Les mouvements de Bahreïn ont-ils une influence en Arabie saoudite ?

L'Arabie saoudite est intervenue au Bahreïn pour soutenir sa monarchie. Mais dans le même temps il existe des mouvements politiques en Arabie saoudite qui réclament la démocratie, des mouvements qui n'ont pas un fond religieux et qui ne se réduisent pas non plus à l'expression des revendications des divers groupes confessionnels. Hélas, on ne les voit ni dans la presse ni sur Internet, et ils deviennent des mouvements anonymes.

Vous avez des relations avec des mouvements en Syrie ?

Nous travaillons avec des observateurs pour les droits de l'Homme sur ce qui se passe en Syrie, à partir d'un point de vue de gauche, en tant que marxistes.

Que est le sens du soutien occidental au Bahreïn, et surtout des États-Unis et de l'OTAN, étant donné la place stratégique du Bahreïn ?

Les États-Unis ont par rapport au Bahreïn une politique du deux poids deux mesures dans laquelle entre également en jeu le pétrole : ils ne veulent pas perdre l'Arabie saoudite, leur allié dans la région. C'est pourquoi aux Nations unies ils prétendent qu'ils soutiennent la révolution au Bahreïn, mais ils n'ont publié qu'un seul communiqué officiel, extrait d'une intervention d'Obama.

Quelle est la position de l'Iran par rapport aux mouvements ?

Le gouvernement du Bahreïn affirme que les participants aux protestations conservent des relations et reçoivent des financements de l'Iran. C'est vrai que l'Iran soutient la révolution au Bahreïn, mais ils ont un programme politique très différent du nôtre et des positionnements qui ne concernent que les groupes confessionnels qu'ils souhaitent soutenir. Cela discrédite les mouvements du Bahreïn qui comptent sur la participation de toutes les confessions religieuses.

Quelle est la position de Al Jazeera, qui a critiqué récemment Nabil Rajab?

L'émission d'Al Jazeera en anglais est différente de celle d'Al Jazeera en arabe. La première soutient le printemps arabe. Mais quand on passe sur Al Jazeera en arabe, on ne montre plus les gens luttant au quotidien, manifestant, ils ne veulent pas parler des violations des droits de l'Homme qui se produisent dans des pays comme le Bahreïn. C'est pourquoi nous espérions qu'à travers les nouvelles que les Européens pouvaient recevoir via Al Jazeera en anglais, il y aurait pu avoir une mobilisation citoyenne en Europe, mais nous n'avons rien vu de cela. Et cependant, lorsqu'une seule nouvelle filtre par Al Jazeera en arabe, et que gens d'Egypte et du reste du monde arabe en prennent connaissance, ils nous expriment tout de suite leur solidarité.

 
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Bahreïn. Des dizaines de milliers de manifestants contre le gouvernement

 
01/09/2012

Des dizaines de milliers de personnes scandant des slogans hostiles au gouvernement et brandissant des photos de militants emprisonnés ont pris part vendredi à Bahreïn à la première manifestation autorisée de l’opposition depuis juin.

Aucun affrontement n’a émaillé cette marche de trois kilomètres organisée sur une autoroute à l’ouest de la capitale, Manama. Les manifestants arboraient des drapeaux bahreïnis et des portraits de militants des droits de l’homme et d’un des chefs de file de l’opposition, Nabil Radjab, appelant à sa libération.

Ce petit archipel du Golfe, qui est dirigé par une dynastie sunnite et abrite la Ve Flotte américaine du Golfe, est en crise depuis qu’une révolte menée par la majorité chiite du royaume réclamant plus de démocratie a éclaté il y a un an. Le gouvernement a dénoncé ce mouvement inspiré par le « printemps arabe » de l’an dernier, le qualifiant de sectaire et affirmant qu’il faisait partie d’un plan fomenté par l’Iran chiite pour dominer la région. Les chiites bahreïnis démentent être sous la coupe de Téhéran.

Cette manifestation organisée par plusieurs groupes d’opposition dont le plus important, Al Wefak, est la première depuis que le ministère de l’Intérieur a interdit en juin les marches menées par Al Wefak sous prétexte qu’elles se terminaient par des violences.

Depuis cette interdiction, les affrontements se sont poursuivis dans les villages chiites. Le 22 août, des manifestants ont lancé des bombes artisanales et des pierres sur la police au cours de l’enterrement d’un manifestant adolescent tué par la police la semaine précédente.

Les partis d’opposition réclament que le Parlement élu puisse établir les lois et former les gouvernements. De nombreux chiites se plaignent d’être politiquement et économiquement marginalisés, ce que dément le gouvernement.

Le royaume de Bahrein est au cœur d’un affrontement régional entre l’Iran et un axe Etats-Unis/Arabie saoudite. L’an dernier, Ryad avait envoyé des troupes appuyer le gouvernement de Manama, tandis que Téhéran soutient ouvertement la cause de l’opposition tout en jurant ne pas attiser la révolte.

Bahreïn: treize opposants écopent de lourdes peines de prison

 
04/09/2012
 

Une cour d'appel de Bahreïn a confirmé mardi de lourdes peines pour 13 opposants ayant joué un rôle de premier plan dans le soulèvement de 2011, un verdict renforçant la détermination de l'opposition à durcir la contestation.

Peu après l'annonce du verdict, des dizaines de jeunes gens ont mis le feu à des pneus à l'entrée de plusieurs villages chiites des environs de Manama en signe de protestation, ont indiqué des témoins.

Le tribunal a confirmé la prison à perpétuité pour sept opposants, tous chiites, reconnus coupables de "conspiration pour renverser le gouvernement", et pour certains "d'espionnage".

Parmi eux figure le militant des droits de l'Homme Abdel Hadi al-Khawaja, qui possède également la nationalité danoise et qui a mené jusqu'en mai une grève de la faim de 110 jours.

Le tribunal a également confirmé les peines allant de cinq à quinze ans de prison pour cinq autres opposants.

Les 13 militants, détenus depuis un an et demi, n'ont pas comparu devant la cour, selon des avocats de la Défense. Les forces de sécurité étaient déployées en force autour du tribunal pour empêcher toute manifestation.

Les 13 hommes ont le droit de faire appel auprès de la Cour suprême.

Sur son compte Twitter, le chef du puissant parti d'opposition chiite Al-Wefaq, cheikh Ali Salmane, a affirmé que la décision du tribunal "ne fera que renforcer la détermination du peuple à poursuivre son soulèvement jusqu'au bout".

"Tant que nos frères seront détenus, la crise se poursuivra", a-t-il ajouté, appelant à la libération inconditionnelle des chefs de l'opposition.

"Dictature"

Les partis d'opposition dont le Wefaq ont également publié un communiqué commun dénonçant "la dictature" à Bahreïn où l'impasse politique semble totale, la dynastie sunnite refusant toute concession sur le fond.

Amnesty International, dont un observateur a assisté au procès, a déploré une décision "scandaleuse", appelant les autorités à "libérer immédiatement et sans condition" les treize opposants.

"La décision de la cour porte un nouveau coup à la justice et montre une fois de plus que les autorités bahreïnies ne sont pas engagées sur la voie de la réforme, mais plutôt dans une logique vindicative", a affirmé Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe de l'organisation pour le Proche-Orient et l'Afrique du nord.

Le premier procès des opposants s'était déroulé en avril 2011 un mois après des manifestations de protestations de chiites, majoritaires à Bahreïn, qui demandent toujours une véritable monarchie constitutionnelle dans ce petit royaume du Golfe dirigé par une dynastie sunnite.

Parmi les personnes condamnées à la perpétuité figurent Hassan Mashaimaa, le chef du mouvement de l'opposition chiite Haq, Abdelwahab Hussein, chef du mouvement islamique chiite Wafa, et un autre militant membre du Haq, Abdeljalil al-Singace, qui souffre d'une paralysie des jambes.

Ibrahim Chérif, le chef sunnite du groupe Waëd, une formation de la gauche laïque, qui avait joué un rôle de premier plan dans le mouvement de protestation, est pour sa part condamné à cinq ans de prison.

Les treize militants, ainsi que huit autres opposants dont sept jugés par contumace, avaient été condamnés en juin 2011 par le tribunal d'exception pour complot contre le régime.

Le 30 avril 2012, la Cour de cassation a ordonné un nouveau procès en appel.

Les sept personnes jugées par contumace n'ont pas le droit de faire appel alors qu'un opposant condamné à deux ans de prison a été libéré après avoir vu sa peine réduite à six mois.

Le verdict de la cour d'appel intervient alors que la condamnation le 16 août d'un autre militant des droits de l'Homme, Nabil Rajab, à trois de prison ferme a déjà suscité des critiques des organisations de défense des droits de l'Homme et de pays occidentaux à l'égard du pouvoir bahreïni.

M. Rajab, qui dirige le "Bahrain Centre for Human Rights", était jugé pour sa participation à des manifestations non autorisées.

Source

Sept policiers inculpés pour torture à Bahreïn

 

Le procureur général de Bahreïn a inculpé sept policiers pour avoir torturé des médecins pendant les manifestations anti-gouvernementales du printemps 2011, a indiqué lundi un communiqué du gouvernement.

Deux des sept prévenus seront déférés devant la Haute cour criminelle pour avoir "torturé et menacé six médecins afin de leur extorquer des aveux", a indiqué le communiqué.

Les sept policiers sont des officiers gradés du ministère de l'Intérieur. Leur procès doit s'ouvrir le 1er octobre.

Poursuivis pour soutien au mouvement de contestation, 15 médecins et 5 membres du personnel médical de l'hôpital de Salmaniya à Manama ont affirmé avoir été torturés en détention.

Le 6 août, le chef des investigations au bureau du procureur, Nawaf Hamza, avait indiqué que l'enquête contre ces policiers avait été diligentée après une plainte des médecins.

Les plaignants ont dénoncé de mauvais traitements subis en détention. Ils ont été tous entendus par les enquêteurs et certains ont subi des examens médicaux pour déterminer la nature des sévices subis.

"Cette procédure confirme l'intention du gouvernement de Bahreïn de demander des comptes à tous ceux qui se sont rendus coupables de violations des droits de l'Homme et de dédommager les victimes", avait souligné M. Hamza.

Les autorités affirment vouloir mettre en application les recommandations d'une commission d'enquête indépendante qui avait conclu à un "usage excessif" de la force de la part de la police pendant les manifestations et demandé un meilleur respect des droits de l'Homme.

Une policière est déjà jugée pour avoir frappé la journaliste Naziha Saïd, de la chaîne France 24 alors qu'elle couvrait les manifestations. Les faits remontent au mois de mai 2011 lorsque la journaliste avait été convoquée par la police pour être interrogée sur ses liens avec la télévision Al-Manar, organe du Hezbollah chiite libanais.

Bahreïn est secoué depuis l'an dernier par un mouvement de contestation, animé par des chiites et réclamant une monarchie constitutionnelle dans ce petit royaume du Golfe à majorité chiite dirigé par une dynastie sunnite.

Selon Amnesty International, 60 personnes ont été tuées depuis le début de ce mouvement.

Source


CNN a-t-il tenté d'étouffer un reportage sur le Bahreïn ?

 
La chaîne est accusée de censure par une de ses ex-journalistes, auteur d'un documentaire accablant sur la répression du printemps arabe dans le pays.
 

La chaîne de télévision CNN est suspectée d’avoir cherché à limiter la diffusion d’un reportage d’une de ses journalistes sur le printemps arabe au Bahreïn, sous pression des autorités de ce pays ami des Etats-Unis, rapporte le quotidien britannique The Guardian.

L’affaire remonte au début de l’année 2011, au début du mouvement des "printemps arabe" qui a enflammé plusieurs pays. Au mois de mars, CNN décide d’envoyer des journalistes pour réaliser un documentaire sur un pays, lui aussi touché par le mouvement de contestation, et très peu couvert par les médias occidentaux : le Bahreïn.

Un budget de 100.000 dollars

Et la chaîne voit gros : l’équipe, composée de quatre personnes, dirigée par Amber Lyon, est censée rester 8 jours sur place et dispose d’un budget de 100.000 dollars, une somme supérieure à la plupart des autres films du même format. Le documentaire, baptisé "iRevolution : Online Warriors of the Arab Spring" ("iRévolution : les guerriers en ligne du printemps arabe"), est censé notamment détailler l’utilisation des réseaux sociaux par les activistes.

Mais, au fur et mesure de leur enquête, toutes les personnes qui acceptent d’aider, ou même de parler, aux journalistes disparaissent ou refusent de les revoir. Que ce soient des opposants au régime, ou de simples "fixeurs". Ainsi, Saeed Ayyad, un médecin leur ayant servi de guide voit sa maison incendiée. A l’occasion d’un entretien avec Nabeel Rajab, un militant des droits de l’homme, l’équipe de CNN est elle-même interpellée et interrogée pendant six heures par un groupe d’hommes cagoulés qui effacent leurs photos. Peu de temps après, Nabeel Rajab était, lui, inculpé par un tribunal militaire pour des photos publiées sur Twitter.

Des preuves accablantes

Malgré tout, l’équipe commence, sur place, à travailler sur le montage et parvient même à terminer un segment de 13 minutes qui a depuis été mis en ligne sur You Tube. Ce long extrait comprend de nombreuses preuves des exactions commises par le régime comme les témoignages de Bahreïniens décrivant les tortures subies par des proches et surtout des images montrant les forces gouvernementales tirant sur des manifestants désarmés. Traumatisée par ce qu'elle à vu, et craignant pour la vie des personnes qu’elle a rencontrées, Amber Lyon veut, à son retour en avril 2001, immédiatement alerter l’opinion publique :

J’ai réalisé qu’il y avait une corrélation entre l’importance de l’attention médiatique que recevaient les activistes et la capacité du régime à les atteindre. Je me suis donc sentie obligée de montrer au monde ce à quoi nos sources, qui risquaient la vie pour nous parler, devaient faire face".

Dans les semaines qui suivent, la journaliste intervient ainsi à plusieurs reprises sur le plateau de CNN pour témoigner des brutalités policières ou encore raconter sa propre arrestation. Et, immédiatement, les premiers problèmes surgissent.

La journaliste est tout d'abord informée par plusieurs mails internes, auxquels le "Guardian" a eu accès, que son travail a fortement déplu au régime bahreïnien. "Nous faisons face à un retour de bâton du gouvernement du Bahreïn sur comment nous avons violé notre mission, etc", lui écrit ainsi au mois d’avril un des producteurs de la chaîne.

Des demandes de modifications

Puis, la pression sur la journaliste se fait plus insistante. Un producteur lui demande d’apporter plusieurs modifications à son reportage pour y inclure des déclarations du gouvernement du Bahreïn, affirmant que ses forces ne tirent pas sur des manifestants non armés ou encore précisant que Nabeel Rajab était coupable d’avoir truqué des photos. Une pression orchestrée, selon "The Guardian", par le gouvernement bahreïnien depuis les Etats-Unis grâce à une campagne de communication particulièrement bien orchestrée.

Le régime s’est en effet adjoint les services de plusieurs agences de communication et de lobbyistes réputés, comme Joe Trippi qui avait déjà travaillé avec le démocrate Howard Dean, ou la société Qorvis Communication, une agence de relations de presse disposant d’une branche spécialisée dans la restauration de la réputation des gouvernements. Au total, Bahreïn aurait dépensé plus de 32 millions de dollars en relations de presse depuis le mois de février 2011.

Le reportage d’Amber Lyon ne sera diffusé qu’une seule fois, le 19 juin 2011, et sur le seul réseau américain de CNN. Ce type de reportage, long et coûteux, sont pourtant normalement  automatiquement repris sur l’antenne de CNN International. En interne, de nombreux collègues s’interrogent et poussent Amber Lyon à demander des comptes. "Pourquoi CNNi ne diffuserait pas un documentaire sur le printemps arabe, peut-être l’une des plus grosses histoires de la décennie ? Curieux non ?", lui écrit ainsi l’un d’entre-eux.

La rumeur de censure se fait de plus en plus insistante, et commence même à fuiter à l’extérieure de CNN, comme en témoigne ce tweet du 18 novembre 2011 de Nicholas Kristof, journaliste du "New York Times", se demandant si Amber Lyon a fait l’objet d’intimidations.

 I wonder why CNN-Int still hasn't aired the #Bahrain iRevolution documentary by @amberlyon.Intimidation?

— Nicholas Kristof (@NickKristof) Novembre 18, 2011

Licenciée en mars 2012

La journaliste a, elle aussi, cherché à obtenir des réponses de la part de sa direction. En vain. Au mois de mars 2012, elle est finalement licenciée dans le cadre d’une réorganisation de la chaîne.

Depuis, Amber Lyon semble avoir repris sa liberté de parole. Au mois d’août, la journaliste s’est en effet exprimée sur l’affaire via son compte Twitter dans une série de trois messages. Dans le dernier, elle écrit : "la censure a eu un effet dévastateur sur mon équipe et sur les activistes qui ont risqué leur vie pour raconter cette histoire". Amber Lyon affirme que, le lendemain, son agent a reçu un appel de CNN la menaçant de poursuites si elle s’exprimait à nouveau sur l’affaire.

Depuis, CNN a consacré plusieurs reportages au Bahreïn. Mais, comme le souligne "The Guardian", "de tels reportages nécessitaient beaucoup plus de courage pour être diffusés dans la première moitié de l’année 2011, quand très peu de personnes étaient au courant de la brutalité" de la répression. De plus, poursuit le quotidien, "les reportages de CNNi sur la violence au Bahreïn ont un ton beaucoup plus modérés que ceux consacrés aux pays n’ayant pas les faveurs des Etats-Unis, comme l’Iran ou la Syrie."

Amber Lyon, de son côté, a reçu au mois d’avril dernier la médaille d’or du New York Festival's Best TV and Films pour son travail au Bahreïn. Des activistes ont également créé une page Facebook de soutien intitulée "Thank you Amber Lyon CNN reporter". La journaliste travaille actuellement à l’écriture d’un livre. Nabeel Rajad, lui, a récemment été condamné à trois ans de prison pour "manifestation illégale".

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Oct 2012 à 14:51

Bahreïn: Neuf médecins condamnés pour leur rôle dans la révolte de l'an dernier

 

La "justice" bahreïnie a confirmé ce lundi la condamnation de neuf médecins en raison de leur rôle dans la révolte qui a agité le pays l'an dernier, rapporte l'agence de presse BNA.

La cour de cassation a rejeté tous les pourvois de la défense et confirmé les condamnations allant de un à cinq ans d'emprisonnement, a déclaré l'avocat général Abdoul-Rahman al Sayed cité par BNA. En juin, la cour d'appel avait condamné Ali al Ekri, ancien chirurgien à l'hôpital Salmania à Manama, à cinq ans de prison. Huit autres peines de prison comprises entre un mois et trois ans avaient été prononcées. Neuf personnes avaient été acquittées.

«Nous n'avons pas bénéficié d'un procès équitable»

Le chirurgien orthopédique, qui avait été reconnu coupable, parmi d'autres charges, d'incitation à la haine et d'avoir appelé au renversement du pouvoir bahreïni, a déclaré ce lundi que cette décision de justice était politique. «Nous n'avons pas bénéficié d'un procès équitable (...) Nous pensons que nous sommes une carte que le gouvernement abat pour négocier avec l'opposition», a-t-il déclaré alors qu'il se trouvait dans la capitale.

Deux médecins condamnés à quinze ans de réclusion n'avaient pas contesté la décision. Ils semblent se cacher ou avoir quitté le pays. La dynastie sunnite des Khalifa au pouvoir à Bahreïn, a réprimé violemment au printemps 2011 un mouvement de contestation lancé par la majorité chiite qui demande des réformes démocratiques.

L'allié de Washington - la Ve flotte des Etats-Unis y est stationnée - avait instauré la loi martiale et reçu l'aide de troupes envoyées par son voisin saoudien. Des milliers de personnes avaient été arrêtées et des procès militaires institués. Mohamed al Maskati, président de l'Association des jeunes de Bahreïn pour les droits de l'homme, a souligné lundi que le verdict était définitif, mais que le roi pouvait toutefois accorder sa grâce. Washington et des associations de défense des droits de l'homme avaient critiqué la décision de justice rendue en juin, Amnesty International la qualifiant de «journée noire pour la justice».



Edité par T 34 - 05 Nov 2012 à 01:42
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Nov 2012 à 01:42

Bahreïn: les opposants au pouvoir interdits de manifestations


Les autorités bahreïnies ont annoncé mardi l'interdiction des manifestations. Cette prohibition survient après une série de protestations de l'opposition chiite dirigées contre le pouvoir, parfois émaillées de violences.

Dans un communiqué publié à l'aube, le ministre de l'Intérieur, cheikh Rached ben Abdallah Al Khalifa, a affirmé que cette décision a été prise dans le but de préserver "la paix civile" dans le petit royaume du Golfe dirigé par une dynastie sunnite.

Les autorités avaient refusé d'autoriser une manifestation d'Al-Wefaq, la formation chiite qui mène l'opposition dimanche soir près du village chiite d'Eker, dans les environs de Manama. Selon Al-Wefak, un "siège" est imposé à ce village par les autorités selon l'opposition depuis une attaque à la bombe qui avait tué un policier le 18 octobre.

Le mouvement d'opposition avait alors organisé, avec l'accord des autorités, un rassemblement près du village, au cours duquel des participants avaient notamment scandé "A bas Hamad", allusion au roi Hamad ben Issa Al Khalifa.

Mouvement de contestation

Les manifestations s'étaient intensifiées au cours des dernières semaines. Vendredi soir, la police avait notamment dispersé à coups de grenades lacrymogènes et de bombes assourdissantes des manifestants chiites réunis à Manama, à l'appel du collectif du 14 février, plus radical que l'opposition traditionnelle.

Bahreïn est secoué depuis l'an dernier par un mouvement de contestation, animé par des chiites, majoritaires dans le pays, qui réclament une monarchie constitutionnelle avec un Premier ministre issu de la majorité parlementaire. Selon la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), 80 personnes ont trouvé la mort depuis le début de la révolte.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Nov 2012 à 19:16

Une trentaine d’opposants au roi  de Bahreïn déchus de leur nationalité 

Human Rights Watch (HRW) a appelé jeudi Manama 
à revenir sur sa décision de déchoir de leur nationalité 31 Bahreïnis, dont deux ex-députés, pour « atteinte à la sûreté de l’État », prise en « violation » du droit international, selon cette ONG. La Déclaration universelle des droits de l’homme stipule que 
« toute personne a le droit à une nationalité » et 
que « personne ne peut être arbitrairement privé de 
sa nationalité », rappelle l’ONG. Bahreïn, petit royaume du Golfe à majorité chiite, dirigé par une dynastie sunnite, est secoué depuis février 2011 par un mouvement de contestation, mené par des chiites 
qui réclament une monarchie constitutionnelle avec un premier ministre issu de la majorité parlementaire.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Nov 2012 à 20:19

Dix-neuf opposants condamnés  à cinq ans de prison au Bahreïn

Dix-neuf chiites ont été condamnés hier au Bahreïn 
à cinq ans de prison pour tentative de meurtre 
contre des policiers dans le cadre du mouvement 
de contestation qui continue de secouer le petit royaume du Golfe. Les condamnés faisaient partie d’un groupe 
de 28 chiites poursuivis, dont neuf ont été acquittés hier. Selon l’acte d’accusation, ils étaient poursuivis pour avoir tendu des embuscades à des policiers 
et les avoir attaqués avec des cocktails Molotov 
en marge de manifestations les 23 et 30 décembre 
à Nouidrat, un village chiite près de Manama. 
La tension est vive au Bahreïn, où un adolescent 
chiite est mort vendredi après avoir été renversé 
par une voiture de la police. Au moins 80 personnes y ont trouvé la mort depuis le début de la révolte.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 Nov 2012 à 00:31

Bahreïn: 23 médecins condamnés à trois mois de prison


DUBAI - Un tribunal bahreïni a condamné mercredi 23 médecins à trois mois de prison chacun et acquitté cinq autres, jugés pour leur participation au mouvement de contestation de l'an dernier à Bahreïn, a annoncé le procureur général, Abderrahaman al-Sayyed.

Dans un communiqué, le procureur général a ajouté que les 23 condamnés avaient été laissés en liberté contre une caution de 200 dinars (527 dollars) et qu'ils pourraient interjeter appel contre ce jugement.

Les 28 médecins étaient poursuivis pour participation à des manifestations illégales lors de la contestation de février/mars 2011 ainsi que pour plusieurs délits et irrégularités (...), en violation des conventions et chartes internationales en matière de médecine, a-t-il indiqué.

Ils avaient comparu l'an dernier devant un tribunal d'exception sous le régime de l'état d'urgence, en vigueur pendant trois mois à Bahreïn après la répression de la contestation.

Leur affaire a été ensuite renvoyée devant le tribunal pénal.

Le 1er octobre, la Cour de cassation de Bahreïn a confirmé des peines de prison d'un mois à 5 ans pour neuf autres médecins et membres du personnel médical, faisant partie d'un groupe de 20 employés de l'hôpital public Salmaniya de Manama.

Ils étaient poursuivis pour soutien aux manifestants lors de la contestation. Ces employés avaient été condamnés par un tribunal spécial. Neuf ont été acquittés en appel et deux, qui sont en fuite, n'ont pas été rejugés.

Bahreïn est secoué depuis l'an dernier par un mouvement de contestation, animé par des chiites qui réclament une monarchie constitutionnelle dans ce petit royaume du Golfe à majorité chiite dirigé par une dynastie sunnite.

Selon la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), 80 personnes ont trouvé la mort depuis le début de la révolte.

Le ministère bahreïni de l'Intérieur a affirmé pour sa part que 700 personnes avaient été blessées, parmi lesquelles des officiers de police.

En 2012, deux policiers et deux ressortissants asiatiques ont été tués, et 456 policiers blessés, dont 56 grièvement, a déclaré mercredi le ministre de la Justice, cheikh Khaled Ben Ali Al-Khalifa, cité par l'agence officielle Bna.

En outre, la police a saisi depuis le début de l'année 14.022 cocktails Molotov et 336 bonbonnes de gaz qui devaient servir à des attaques, a-t-il ajouté dans cette déclaration faite un an après la publication le 23 novembre 2011 d'un rapport d'une commission d'enquête indépendante sur la répression de la contestation.

Cette Commission d'enquête indépendante, présidée par Chérif Bassiouni, un juriste de renommée internationale, avait dénoncé notamment un usage excessif et injustifié de la force de la part des autorités lors de la répression des manifestations chiites de l'an dernier.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Mar 2013 à 12:08

Bahreïn, la dictature « excusée »

 
 
 

Les gouvernements occidentaux couvrent de silence l’intervention militaire de l’Arabie saoudite qui, en mars 2011, a tenté d’étouffer la révolte populaire de Bahreïn. Comme si les valeurs démocratiques qui légitiment la protestation et même la révolte violente en Libye ou en Syrie ne comptaient pas vraiment lorsqu’elles sont portées par un mouvement majoritaire et pacifiste, mais qui a le mauvais goût de remettre en cause une dynastie de la péninsule arabique.

A dix ans d’écart, la famille régnante à Bahreïn, les Al-Khalifa a infligé au petit archipel qu’elle contrôle deux flashs d’espoirs intenses de libéralisation, promptement enterrés par les retours de bâton d’un absolutisme meurtrier.

Le mois de février 2001 avait vu, tout d’abord, le peuple de Bahreïn ratifier à plus de 98 % le texte d’une Charte d’action nationale, dont les termes en partie négociés établissaient le caractère démocratique du système politique national, la séparation des pouvoirs et la suprématie de la souveraineté populaire. Le nouvel émir cheikh Hamad bin Issa Al-Khalifa semblait ainsi tourner la page de vingt-cinq années de plomb, d’exils politiques, de tortures et de meurtrières répressions.

La voie paraissait ouverte pour l’élection d’un parlement représentatif et de plein exercice, ainsi que pour une vertueuse dynamique de réconciliation nationale. Mais l’émir allait, un an plus tard exactement, doucher l’enthousiasme en se proclamant roi et, surtout, en imposant par des voies anticonstitutionnelles une « nouvelle Constitution » à sa main, avec notamment un parlement aux prérogatives infimes... et dont il entendait nommer la moitié des quatre-vingt membres (1).

Bahreïn est alors devenu, année après année, l’objet d’un contrôle politique, social, professionnel, médiatique et électronique de plus en plus serré. Le gouvernement royal s’exposait à la réprobation d’une part croissante de la population en laissant courir la corruption et parader en toute impunité les tortionnaires. Il encourageait la ségrégation à l’encontre de la majorité chiite, et multipliait également les naturalisations expresses d’affidés pakistanais, yéménites, jordaniens, tous sunnites comme la dynastie régnante et recrutés pour étoffer sans cesse la police, les services de renseignement, l’armée et l’appareil judiciaire finement soumis (2).

Au fil des années et des reniements démocratiques d’un gouvernement dont la plupart et les principaux ministres appartiennent à la famille Khalifa, l’opposition « légale », celle qui acceptait d’inscrire son action dans le cadre d’une monarchie constitutionnelle a vu se développer une opposition parallèle plus radicale et des revendications notamment républicaines.

Cette bipolarisation affaiblit l’opposition, car elle élargit les marges de manœuvre de la famille Khalifa ainsi que celle de la partie sunnite de la société qui demeure convaincue qu’elle a plus à gagner à défendre privilèges et discrimination « confessionnelles » (3) qu’à adopter la voie d’un compromis historique. Mais elle met aussi en évidence le caractère ultra minoritaire du régime, puisque le seul principal parti de l’opposition « légalement déclarée », Al-Wifaq, recueillait lors des dernières élections d’octobre 2010 64 % des suffrages populaires du pays, malgré l’enrôlement des nouveaux naturalisés et l’inscription électorale de sunnites saoudiens aux racines bahreïniennes miraculeusement exhumées.

Mais cette écrasante victoire n’a été récompensée que par dix-huit des quarante sièges électifs en raison d’un découpage, qu’Al-Wifaq dénonçait dans la mesure où il imposait jusqu’à six fois plus de suffrages pour l’élection d’un de ses députés que pour celle d’un représentant des zones sunnites du sud du pays.

Moins de quatre mois plus tard, le 14 février 2011, le mouvement démocratique célébrait le dixième anniversaire de l’adoption de la Charte nationale en rejoignant l’éruption des révolutions arabes.

La réponse des autorités fut terrible, police et mercenaires tirant à balles réelles sur les manifestants et renouant avec des pratiques de torture un temps abandonnées. La mort de sept manifestants, la montée de slogans en faveur de la république, le forum permanent bientôt dressé par les manifestants sur la symbolique place de la Perle, le New York Times rendant compte de la dimension « étonnante » du rassemblement de « 100 000 manifestants au sein d’une nation de seulement 500 000 citoyens », convainquirent le roi Hamad de libérer une partie des manifestants arrêtés, de déplorer « la mort de fils précieux » et de confier au prince héritier Salman, à l’image modérée, la tâche d’engager le dialogue avec l’opposition légalisée.

Le 3 mars, palais et « représentants de la société civile » convenaient de l’ouverture d’un dialogue national, dont l’opposition souhaitait voir les modalités et les conclusions bénéficier de garanties internationales. Le prince Salman rendit public le 13 mars un « agenda de dialogue » incluant un parlement élu de pleines prérogatives, un gouvernement représentatif de la volonté populaire, un découpage électoral équitable, la lutte contre la corruption, la remise à plat des politiques de naturalisations et d’utilisation des biens d’état ainsi que la recherche de mesures d’apaisement des tensions confessionnelles.

Mais la question cruciale demeurait le désir de l’opposition, pour qui le dialogue devait déboucher sur la désignation d’un gouvernement intérimaire, l’élection d’une assemblée constituante et la promulgation d’une constitution démocratique.

Et c’est à ce point que l’assemblage des deux pièces d’un puzzle simple — l’injonction d’une Arabie saoudite exaspérée par le spectacle d’un désordre démocratique à ses portes et le rejet fondamental par les élites sunnites de toute remise en cause de leur confortable domination — a fait basculer le pays, avec la proclamation soudaine d’un « état de sécurité », où forces policières et militaires reçurent, le 14 mars, le renfort d’une longue colonne de blindés saoudo-émiratis et de quelques 4 000 soldats, intervenant au nom d’un « bouclier du Golfe » dressé face à un complot allégué de l’Iran.

Les violations des droits humains se multiplient depuis ce jour, avec un bilan à la mi-novembre 2012 qui s’établit, pour l’opposition, à quatre-vingt deux morts, dont neuf enfants, victimes de tirs, de coups, de tortures mais aussi d’asphyxie lors des multiples assauts nocturnes menés contre les domiciles des protestataires.

Pour la première fois, des femmes ont été détenues, torturées, condamnées, abusées sexuellement et élevées au rang de « martyres ».

Des imputations extrêmement graves de torture sont formulées à l’encontre des quatrième et cinquième fils du roi Hamad, MM. Nasser et Khaled Al-Khalifa. Le premier, président du Comité olympique national et nommé à tout juste 24 ans colonel commandant de la garde royale, a mis en garde sportifs et opposants à la télévision : « Bahreïn est une île, on ne peut s’en échapper. Et chacun devra rendre des comptes. » Il est accusé d’avoir pratiqué des pendaisons par les pieds, un viol par objet et des tortures électriques sur au moins trois personnalités de l’opposition.

Abdulhadi Al-Khawaja, le directeur pour le Moyen-Orient de Front Line, l’organisation irlandaise de défense des défenseurs des droits humains, représente l’un des tout premiers symboles internationaux de résistance inflexible à l’absolutisme tortionnaire. M. Cherif Bassiouni, le président désigné par le roi à la tête d’une commission d’enquête indépendante (CEIB), a vu en M. Al-Khawaja un « prisonnier de conscience ».

Quant à M. Nabil Rajab, le très respecté président du Centre bahreïnien des droits de l’Homme (BCHR) et secrétaire général adjoint de la FIDH, il a également été arrêté, en juillet 2012, et condamné le 12 décembre 2012 à deux ans de prison.

La CEIB, critiquée par l’opposition, a produit un document (4) détaillé renvoyant largement dos à dos les parties répressives et réprimées. Mais elle a aussi fourni une intéressante chronologie des événements et décrit la façon dont les manifestants détenus ont été cagoulés, fouettés, frappés, menacés de viol, violés, soumis à des tortures électriques et contraints de signer de multiples aveux. Elle a dénoncé la démolition de trente mosquées et lieux de prière chiites et identifié « au moins » cinq décès sous la torture. Enfin, elle a conclu à l’absence de preuve d’ingérence iranienne.

Quant au roi Hamad, il s’était engagé, au terme de la présentation solennelle des conclusions de la commission, en novembre 2011, à en suivre les recommandations. Un an après, le suivi établi par l’Observatoire bahreïnien des droits humains et par l’ONG Project on Middle East Democracy ne recense que trois réalisations, pour vingt-six recommandations (5).

Le 7 janvier 2013, notamment, la Cour de cassation a rejeté les recours de treize protestataires emprisonnés, dont M. Aldulhadi Al-Khawaja et M. Ibrahim Sharif, secrétaire général sunnite du parti de la gauche légale, Waad, condamnés initialement par des tribunaux militaires à des peines de cinq à vingt-cinq ans d’emprisonnement pour « appartenance à des groupes terroristes visant au renversement du système de gouvernement ».

Les argumentaires distribués à la presse et aux chancelleries par le gouvernement et une palette d’organisations, qui n’ont de non gouvernemental que le nom, visent à convaincre que le régime actuel constitue un moindre mal et qu’il ne refuse pas les changements, même si ceux-ci sont lents. Pourtant, tous les chemins offerts à l’opposition majoritaire aboutissent au statu quo, ainsi qu’à la reproduction du système oppressif. Que ce soit les offres épisodiques de « dialogue » qui n’engagent pas à grand chose en l’absence d’objets négociés, ou « la paix », comprise notamment comme l’interdiction de manifester pacifiquement hors des quartiers pauvres chiites pour « ne pas porter atteinte à l’image du pays », « le respect de la légalité », taillé en pièces par le gouvernement lui-même, et, surtout, la primauté de « la stabilité, prérequis de tout progrès » et faux nez permanent du maintien de l’absolutisme.

A Bahreïn, la monarchie peut ignorer sereinement les cent soixante-seize recommandations en matière de droits humains qui lui ont été présentées en septembre 2012 par les Nations unies, à Genève, sans trop craindre que le Conseil de sécurité n’adopte jamais la moindre résolution contraignante à son encontre.

La politique officielle bénéficie d’une exceptionnelle tolérance des trois membres permanents occidentaux du Conseil de sécurité. Le Royaume-Uni, ainsi, s’enthousiasme à l’occasion pour les courageux efforts de démocratisation d’un roi qui a été invité, avec son fils Nasser, au jubilé de la reine ; Paris reçoit en catimini le souverain qui a fait l’acquisition de « la demeure privée la plus chère de la capitale » (6) et semble peiner à rompre avec une politique de coopération qui incluait la fourniture du fameux « savoir-faire français » en matière de maintien de l’ordre.

Quant aux Etats-Unis, ils soufflent le chaud et le tiède en alternant, depuis l’ère Obama, des déclarations d’adhésion aux dynamiques démocratiques et un complet soutien au régime qui accueille le commandement avancé du Centcom ainsi que l’état-major de la Ve flotte. Le département d’Etat, qui exige de l’opposition qu’elle participe au rite, vide de contenu et d’horizon du « dialogue » royal, a tout de même salué la Déclaration de principes de non-violence des six principales organisations politiques légales, adoptée le 7 novembre 2012.

Une déclaration qui prolonge l’adoption, un an plus tôt, par cinq de ces organisations, du document de Manama, une ébauche de plateforme politique fondée sur les principes démocratiques votés dans la Charte nationale de 2001. Des principes qui imposent une stricte séparation des pouvoirs ainsi que la fin de la ségrégation religieuse, les garanties d’un Etat de droit (droit de manifestation, liberté d’expression et de presse), un découpage équitable pour des élections, dont gouvernement et parlement monocaméral seraient l’émanation.

Le pouvoir cherche aussi à inscrire ce conflit dans un affrontement entre chiites et sunnites, une vision largement propagée par l’Arabie saoudite et les émirats du Golfe. A Bahreïn, l’emblématique cheikh Abdelatif Al Mahmud, leader du très sunnite Rassemblement de l’unité nationale, voit dans la montée des demandes démocratiques un complot des chiites, dont les « propositions hystériques » ont été heureusement défaites puisqu’elles dépassaient les revendications matérielles pour s’aventurer dans les domaines « de la Constitution, de l’organisation de l’Etat et d’autres thèmes politiques » (7), des ambitions s’apparentant, selon lui, à celles d’un coup d’Etat (Lire aussi « Silence sur Bahreïn », blog Nouvelles d’Orient du Monde diplomatique, 13 avril 2011).

Pour le cheikh, les chiites bahreïniens se divisent en trois catégories : les hostiles qui « veulent anéantir, ou au moins affaiblir les sunnites pour usurper leur citoyenneté », une petite frange locale d’opportunistes, qui attendent de voir qui va l’emporter, et un troisième groupe, évalué à 20 % de l’ensemble, « loyal au souverain et au pays ».

Une situation jugée assez inquiétante pour justifier la création de sortes de « rassemblements » citoyens de ceux qui, « craignant pour leur richesse et leur honneur », se mobilisent pour « répandre la paix civile et la coopération et éviter tout désordre ».

A la généralisation et la radicalisation partielle des demandes démocratiques répondent ainsi les politiques jusqu’au-boutistes de la plupart des familles régnantes et des classes privilégiées qui les soutiennent. Un verrouillage global, cartellisé, qui ne peut qu’ouvrir la voie à un accroissement des tensions politiques au sein des monarchies du Golfe.

Marc Pellas

Source : Le monde diplomatique http://www.monde-diplomatique.fr/2013/02/PELLAS/48721

Notes :

(1) Lire « Bahreïn, un simulacre de démocratie », Le Monde diplomatique, mars 2005

(2) Sur ce que l’opposition a qualifié de « coup d’état démographique », lire « “Bandargate” et tensions confessionnelles », blog Nouvelles d’Orient, octobre 2006.

(3) Dont un état des lieux très complet a été dressé dès mai 2005 par l’International Crisis Group, Bahrain’s sectarian challenge.

(4) Lire « Report of the Bahrain independent commission of inquiry » (PDF), décembre 2011.

(5) Site Pomed, novembre 2012.

(6) A Paris VIIe, pour 66 millions d’euros. Lire « Comment l’émir du Bahreïn a acheté pour 66 M€ l’hôtel des petites sœurs de Marie », Le Parisien, 13 février 2011.

(7) Site Ash-Sharq Al-Awsat, 20 mars 2011, cité par la BBC.
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