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Bahreïn

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T 34 allez vers le bas
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Aug 2013 à 18:04

Bruxelles - Mercredi 14 août : Solidarité avec le peuple oublié du « printemps arabe »

 
 
Bahar KIMYONGUR

Tandis que les médias occidentaux s’échinent à trouver au microscope la moindre particule de favoritisme confessionnel dans une Syrie dotée pourtant des institutions les plus multiethniques et multiconfessionnelles de tout le monde arabo-musulman, les monarchies du Golfe, elles, s’en donnent à coeur joie dans la mise en application de l’apartheid confessionnel.

C’est le cas du Royaume de Bahrein, un micro-Etat pétrolier allié aux puissances occidentales et dont les exactions contre la population n’intéressent guère nos médias mainstream.

La dynastie régnante, Al Khalifa, est d’obédience wahhabite, un courant sunnite qui est l’un des plus puritains, violents et sectaires de l’Islam.

Venue du Najd, une région du centre de l’Arabie saoudite à la fin du XVIIIe siècle, la famille Al Khalifa s’est imposée par la terreur sur la population locale avec le soutien de la Couronne britannique soucieuse de limiter l’influence iranienne sur l’archipel.

Depuis, les Al Khalifa contrôlent tous les leviers du pouvoir.

Tant et si bien qu’aujourd’hui, à la tête de l’Etat bahreïnien, tout le monde s’appelle Al Khalifa : le roi, Hamad Ben Issa Al Khalifa, le premier ministre, Al Khalifa, le ministre des affaires étrangères, Al Khalifa, le ministre de l’information, Al Khalifa, le ministre de la culture, Al Khalifa, le ministre de l’intérieur, Al Khalifa, le ministre de la défense, Al Khalifa, le chef de l’armée, Al Khalifa, le commandant de la garde nationale, Al Khalifa, les conseillers du premier ministre pour la sécurité, Al Khalifa, le directeur de l’Agence de sécurité nationale, Al Khalifa, l’ambassadeur en poste en Angleterre, la puissance tutélaire, Al Khalifa, le président de la Cour suprême, Al Khalifa...

Les ennemis jurés des Al Khalifa : leur propre peuple, en particulier les chiites qui représentent plus de 70% de la population bahreïnienne.

Ces derniers subissent une ségrégation terrifiante. Comme l’a constaté l’euro-députée portugaise Ana Gomes, les chiites de Bahrein n’ont accès à quasi aucun travail dans l’administration, sont systématiquement discriminés à l’embauche et n’ont pas droit à un logement décent.

Des centaines d’entre eux sont poursuivis devant des tribunaux militaires, croupissent en prison et subissent la torture. Les ONG des droits de l’homme bahreïniennes dénombrent également plusieurs cas de disparitions forcées.

La haine des chiites est telle dans le Royaume de Bahreïn que le 14 mars 2011, les autres puissances anti-chiites régionales coalisées au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont envoyé leurs troupes pour mater la révolte avec le soutien tacite des Etats occidentaux. Bilan : une soixantaine de manifestants tués sur la place de la Perle dans la capitale Manama.

Depuis, un climat d’état d’urgence s’est installé dans le pays.

Après 30 mois de terreur d’Etat, les Al Khalifa ont trouvé un nouveau stratagème pour venir à bout de la contestation : marginaliser la majorité chiite par une politique des naturalisation massive de sunnites étrangers et par la déchéance de la nationalité pour les chiites jugés trop récalcitrants.

Ainsi, des milliers de réfugiés syriens ou d’immigrés jordaniens, yéménites et pakistanais de confession sunnite ont reçu la nationalité bahreïnienne ces dernières années.

Nombre d’entre eux ont été enrôlés dans la police ou l’armée pour mater la population chiite.

Malgré la répression, le mouvement populaire est demeuré résolument pacifique et uni au-delà des provocations sectaires du régime.

Ce 14 août, les révoltés du Bahreïn descendront massivement dans la rue pour manifester contre la dictature mafieuse des Al Khalifa à l’occasion du 42e anniversaire de l’Indépendance de Bahreïn, une fête célébrant le départ des troupes britanniques du pays mais ignorée par les Al Khalifa qui ont fixé la date de la fête nationale au 16 décembre, jour correspondant à l’intronisation de l’émir Issa Bin Salman Al Khalifa (1961).

La dynastie régnante a d’ores et déjà annoncé que tout rassemblement serait interdit.

Action de solidarité avec les révoltés de Bahrein

Mercredi 14 août à 12h, un groupe de militants pacifistes belges organisera un rassemblement devant l’ambassade de Bahreïn à Bruxelles pour exprimer sa solidarité avec la « Bahrein Tamarod », la révolte bahreïnienne.

Venez nombreux.

Adresse de l’Ambassade du Royaume de Bahreïn :

Avenue Louise n°250

1050 Bruxelles

Pour toute info supplémentaire, veuillez contacter le numéro suivant : 0032 2 485 37 35 32

Source : Investig’Action- michelcollon.info

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  Citer Résistance Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Dec 2014 à 16:28
Bahreïn, le Printemps arabe oublié…





Il y a trois ans, le monde était confronté aux défis de ce qu’on a appelé le « Printemps arabe ». Personne alors ne semblait vraiment prêter attention à ce qui se passait à Bahreïn. Pourtant, tout comme au Caire ou à Tunis, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Manama, capitale d’un royaume d’à peine 750 km2, pour réclamer plus de démocratie et de droits. Mais contrairement à ce qui s’est passé dans d’autres pays arabes submergés par les vagues de protestation, la situation de Bahreïn a été passée sous silence. Personne, à l’exception de rares organisations non gouvernementales étrangères, n’a eu le courage et la volonté de dénoncer ce qui s’y passait. Aujourd’hui, le soulèvement de Bahreïn a fini par être oublié non seulement du monde occidental mais aussi du monde arabe. Ce micro royaume, de jure monarchie constitutionnelle et de facto quasi colonie de son puissant voisin saoudien, est la preuve du deux poids deux mesures de l’impact médiatique des émeutes populaires à travers le monde.

Bien que l’islam chiite soit religion d’État à Bahreïn, c’est la famille sunnite Al Khalifa, régnante depuis 1783, qui dirige souverainement le pays depuis l’indépendance acquise en 1971. Ceci pourrait suffire à expliquer pourquoi l’actuel roi est resté sourd aux revendications populaires des habitants de son royaume. Mais les raisons du désintérêt du monde libre pour la cause des Bahreinis sont autrement plus complexes. Bien entendu, le facteur religieux occupe une place prépondérante, notamment parce que les manifestations de 2011 sont le fruit des actions de l’opposition chiite, discriminée à bien des égards par le gouvernement et la bureaucratie en place. La dynastie régnante a même demandé, et obtenu, l’aide de ses alliés militaires dans le Golfe, lesquels sont intervenus prestement. Les citoyens n’ont pas plié. Pour autant, le pays a dû faire face à une recrudescence de manifestations, et ce en dépit des élections du 22 novembre 2014 qui n’ont fait qu’illustrer le fossé qui sépare les sunnites, minoritaires mais qui conservent l’essentiel du pouvoir des chiites, majoritaires mais peu représentés politiquement. Selon Nabil Rajab, opposant politique plusieurs fois arrêté, le combat ne s’arrêtera que lorsqu’il arrivera à ses fins. « Le 14 février 2011 (début des manifestations, NDLR), nous avons pris un aller simple pour la démocratie », proclame-t-il, précisant que chaque semaine, au moins 300.000 personnes se rassemblent encore. Non, la révolution n’est pas morte, comme pourrait le laisser croire le peu d’écho qu’on en fait.

En effet, pendant que la communauté internationale et les médias voyaient d’un bon œil les soulèvements salafistes au Maghreb et en Syrie, c’est un silence glacial qui a accueilli la révolte des Bahreïnis et la répression du pouvoir en place. Plus de trois ans après le soulèvement à Bahreïn et au-delà des annonces officielles mettant en avant des réformes, les autorités continuent de réprimer toute forme d’opposition ou d’expression divergente. On estime que plus de quatre-vingts manifestants sont morts à ce jour et que le nombre d’arrestations a atteint les 3.000. Pour un petit pays de 1,24 millions d’habitants, c’est un nombre très élevé.  

Récemment, Nabil Rajab a été convoqué puis arrêté pour expliquer « des tweets offensants ». Dans un de ses derniers, il a affirmé que d’anciens membres des services de sécurité du Bahreïn étaient partis se battre en Syrie, dans les rangs de l’État islamique. Il est étonnant de voir que l’arrestation du dissident n’a pas été plus relayée par les médias occidentaux, y compris les grandes chaînes audiovisuelles, comme un signe de soutien à toute liberté d’expression, et que l’attention des journalistes se soit focalisée sur les frappes aériennes et sur les apprentis djihadistes en partance pour l’Irak ou la Syrie. Du côté du gouvernement et des institutions internationales, c’est une fois de plus le grand silence. Aucun communiqué ne semble avoir été publié. Pourquoi les gouvernements européens n’apportent-ils pas un soutien politique à Nabil Rajab, un militant qui a soulevé une question importante sur l’origine et la montée de l’État islamique ? Pourquoi n’y a-t-il pas d’appui direct pour soutenir ces voix dissidentes qui se font arrêter dans des pays qui prétendent lutter contre l’État islamique, mais qui en contrepartie arrêtent toute personne qui remet en cause la logique de ce gouvernement ?

À ces questions, Nabil Rajab répond sans langue de bois. Selon lui, « la raison pour laquelle ce n’est pas relayé dans les médias est qu’ils appartiennent à des familles dirigeantes de nos régions ou à des dirigeants occidentaux qui veulent garder de bonnes relations avec les dictateurs avec qui ils font des affaires dans le pétrole, les armes, etc. ». Et de se dire « très attristé de la manière dont les gouvernements les ont abandonnés, ignorent leur combat pour la démocratie alors que l’on parle de l’Ukraine, de l’Iran, de la Syrie ». « Pourquoi eux et pas nous ? », s’interroge Nabil Rajab, disant avoir « les mêmes revendications » et « des valeurs communes avec l’Europe, et en particulier avec la France humaniste ? » Au grand dam du dissident bahreïni, l’histoire officielle de notre pays est décidément bien trompeuse.


Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-bahrein-le-printemps-arabe-oublie-125157277.html



Edité par T 34 - 08 Dec 2014 à 03:07
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