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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Mar 2011 à 12:53

Libye : les fiches Wikileaks (Libya. The Wikileaks files)

31 mars 2011 à 12h29

Gouverner c'est prévoir !, dit la sagesse populaire ! Et ça serait quoi, le contraire de la sagesse ?

Bien évidemment, il était difficile de faire l'impasse sur les télégrammes rapportés par Wikileaks sur la Libye, où l'on constate que les diplomates américains ont bien fait leur travail, en relayant les informations collectées par leurs informateurs sur le terrain, notamment dans cette fameuse région de la Cyrénaïque, dont le centre est Benghazi.

Ces documents ont quelque chose à la fois de banal et d'impressionnant. Ce qu'ils révèlent, en tout cas, c'est que l'Administration américaine savait quasiment tout, à savoir que la région de Benghazi était un pôle de recrutement de jeunes Libyens pour le Djihad, notamment en Irak. Des jeunes naturellement farouchement anti-américains !

Sur un plan plus prosaïque, je suis allé sur le site natif de Wikileaks et ai récupéré ces fiches, qui se présentent sous la forme de quinze chapitres dont le premier (présenté ci-dessous sous la forme originale.) résume l'ensemble. C'est cet ensemble que je vous présente ci-dessous, tel que traduit par mes soins.

(…)

Wikileaks

15 items. Présentation de l'original de l'item 1. (Summary/Résumé

(…)

1.                                Résumé : Un témoin détenant la double nationalité américano-libyenne, qui visite régulièrement les membres de sa famille dans l'Est de la Libye, a récemment décrit pour nous les facteurs sociaux, politiques et économiques qui ont contribué à accroître la participation d'un nombre anormalement élevé de ressortissants originaires de l'Est de la Libye dans des "actes de martyre" ou d'autres opérations insurrectionnelles en Libye et en Irak. Une politique délibérée du gouvernement libyen, visant à maintenir l'Est du pays dans un état de pauvreté, de manière à restreindre les risques potentiels de voir s'y développer toute contestation politique dirigée contre le régime de Kadhafi, a contribué à entretenir le sentiment, parmi de nombreux jeunes de l'Est, qu'ils n'avaient rien à perdre en participant à des actes de violence extrémiste tant dans le pays qu'en Irak. La perspective d'une compensation financière pour les familles paupérisées (des martyrs) peut être une motivation, mais la fierté locale tenant au rôle historique de la Libye, notamment de l'Est, comme foyer de l'opposition aux forces d'occupation de toutes sortes est également un facteur important. Le fait que les mosquées de l'Est du pays sont plus nombreuses et plus éloignées (des centres névralgiques de l'Ouest ?), de même que des réseaux sociaux locaux assez denses, peuvent expliquer la difficulté, pour les services de sécurité gouvernementaux, de surveiller et contrôler les activités des imams radicaux aussi efficacement que dans d'autres parties du pays. Contrairement au reste du pays, les sermons des mosquées dans l'est de la Libye sont truffés d'une phraséologie exhortant les fidèles à soutenir le djihad en Irak et ailleurs par le biais d'une participation directe ou de contributions financières. Alors que des personnalités importantes du régime, y compris Saif al-Islam al-Kadhafi, semblent avoir reconnu que l'Est mériterait une attention accrue ainsi que plus d'investissements, la capacité manifestée par des imams radicaux, aux dires des témoins, pour propager des messages invitant la population à soutenir et à participer au , et ce, en dépit des efforts des organes de sécurité gouvernementaux, suggère que les affirmations de hauts fonctionnaires gouvernementaux, selon lesquels l'Est du pays serait sous contrôle, seraient manifestement exagérées. Fin du résumé

() »

Source : http://www.lepost.fr/article/2011/03/31/2451643_libye-les-fiches-wikileaks-libya-the-wikileaks-files.html

Je ne suis pas compétent pour vérifier cet articleConfused. L’important, c’est que son contenu m’arrange pas mal !LOL




Edité par babeuf - 31 Mar 2011 à 12:54
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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Mar 2011 à 15:49

La CIA serait présente sur le terrain en Libye

Selon le New York Times, des agents du renseignement américain auraient été envoyés il y a plusieurs semaines.

Source AFP

Des agents de la CIA sont déployés en Libye pour prendre contact avec la rébellion et guider les frappes de la coalition, a affirmé mercredi le New York Times, et la chaîne ABC a assuré que le président Barack Obama avait donné l'autorisation d'aider secrètement les rebelles. Sans réagir directement à ces informations, la Maison-Blanche a répété qu'il n'avait pas encore été décidé de fournir des armes à l'opposition combattant les forces du colonel Muammar Kadhafi.

Les éléments de la centrale américaine du renseignement, selon le New York Times, sont déployés "en petits groupes" depuis plusieurs semaines sur le terrain en Libye, avec pour mission d'établir des liens avec les rebelles et de déterminer les cibles des opérations militaires. De même source, "des dizaines de membres des forces spéciales britanniques et d'agents du service d'espionnage MI6 travaillent en Libye", en particulier pour recueillir des renseignements sur les positions des forces loyalistes. De son côté, ABC a affirmé que Barack Obama avait signé un mémorandum secret donnant le feu vert à des opérations clandestines afin "de contribuer à l'effort" en Libye.

Ce mémorandum, selon la même source, "évoque un certain nombre de façons d'aider l'opposition libyenne, autorise de l'aide dès maintenant et met en place le cadre d'activités plus soutenues à l'avenir". ABC a toutefois souligné que cette autorisation ne permettait pas aux forces clandestines d'armer les rebelles dans l'immédiat, mais ménageait la possibilité de le faire à l'avenir. Réagissant mercredi en fin d'après-midi à ces révélations, le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, a dit qu'il refusait "de s'exprimer sur des questions de renseignement". "Je répète ce que le président a dit hier (mardi) : aucune décision n'a été prise sur le fait de fournir des armes à l'opposition ou à quelque groupe que ce soit en Libye. Nous ne l'excluons pas, mais nous ne l'avons pas décidé. Nous examinons toutes les possibilités d'aider les Libyens", a-t-il indiqué dans un communiqué.



Edité par Fidelista - 31 Mar 2011 à 15:50
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Mar 2011 à 16:19

Libye : les reculades de la France

 

Dans le dossier libyen, Paris a dû, ces jours derniers, reculer sur deux sujets politiques majeurs:

 

- Le rôle de l'Otan. La semaine dernière encore, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé n'ont cessé d'affirmer que pilotage politique de l'intervention militaire serait assuré par le groupe de contact international établi à Londres mardi et non par l'Alliance Atlantique. En "off", les officiels français répétaient que l'Otan ne servirait qu'à vaguement "planifier" les frappes.

Mais, depuis, le son de cloche a changé. "Le choix des cibles, a lâché Alain Juppé mardi, c'est l'Otan" et donc pas le fameux groupe de contact dont on mesure chaque jour qu'il n'est qu'une coquille vide, un alibi. D'ailleurs, de l'aveu même d'Alain Juppé, ce groupe n'a pas encore de contours stable et le calendrier de ses réunions n'est pas encore établi...

 

Si l'on en croit notre consoeur du Washinton Post, Anne Applebaum (qui est très bien informée sur ces sujets), c'est Barack Obama qui a fait plier Nicolas Sarkozy sur le sujet. Il a menacé de retirer les troupes américaines de la coalition, si l'Otan ne prenait pas toute l'opération en charge, y compris le pilotage politique.

 

- Le Conseil National de Transition. On se souvient que, le 10 mars, Nicolas Sarkozy avait reconnu le CNT comme "le seul interlocuteur" politique de la France en Libye et qu'il avait décidé d'envoyer un "ambassadeur " à Benghazi. Seulement les partenaires de la coalition se méfient de ce groupe dont ils ignorent les contours exacts. A part le Qatar, dont Paris est très proche, aucune capitale n'a emboité le pas de la France.

 

Si bien qu'aujourd'hui Paris doit faire machine arrière. Il n'est plus question d'un "ambassadeur" (ce qui n'avait d'ailleurs juridiquement pas de sens) mais seulement d'un représentant de la France auprès de l'opposition. Et surtout, ce matin, lors d'une conférence de presse, le ministre de la Défense,  Gérard Longuet, a déclaré: "le CNT ne représente pas tout" et, prenant ses distances, il a jouté "nous disposons d'informations parcellaires" à son sujet. On est bien loin des embrassades sur le perron de l'Elysée. 

Source : http://globe.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/03/31/libye-les-reculades-de-la-france.html

Désolé Nicolas, t’en as pas une grosse !LOL





Edité par babeuf - 31 Mar 2011 à 16:20
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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Mar 2011 à 17:55

Un collaborateur de la CIA pour commander les rebelles libyens

 

Le Conseil National Libyen, l’organisation basée à Benghazi qui parle au nom des forces rebelles qui luttent contre le régime de Kadhafi, a désigné un collaborateur de longue date de la CIA pour diriger ses opérations militaires.

Le choix de Khalifa Hifter, un ancien colonel de l’armée libyenne a été signalé jeudi par McClatchy Newspapers, et le nouveau chef militaire a été interviewé par un correspondant d’ABC News dimanche soir.

Hifter, dont l’arrivée à Benghazi avait été rapportée pour la première fois le 14 mars par Al Jazeera, a fait l’objet le 19 mars d’un portrait flatteur dans le Daily Mail, un tabloïd britannique farouchement belliciste. Le Daily Mail présentait Hifter comme une des « deux étoiles militaires de la révolution » qui « est rentré récemment d’exil en Amérique pour apporter une certaine cohérence tactique aux troupes rebelles au sol. » Le journal n’évoquait pas ses liens avec la CIA.

McClatchy Newspapers a publié un profil d’Hifter ce dimanche. Intitulé Le nouveau chef rebelle a passé une bonne partie des 20 dernières années dans une banlieue en Virginie, l’article note qu’il avait été auparavant un officier supérieur du régime de Kadhafi jusqu’à « une aventure militaire désastreuse au Tchad à la fis des années 1980. »

Hifter avait ensuite rejoint l’opposition à Kadhafi puis finalement émigré aux États-Unis où il a vécu jusqu’à ces dernières semaines qui ont vu son retour en Libye pour prendre le commandement de Benghazi.

Le profil par McClatchy concluait, « Depuis son arrivée aux États-Unis au début des années 1990, Hifter a résidé dans une banlieue de Virginie aux environs de Washington DC. ». Il citait un ami qui « disait ne pas trop savoir comment Hifter subvenait à ses besoins, et qu’Hifter s’occupait d’abord d’aider sa grande famille. »

Pour ceux qui savent lire entre les lignes, c’est une indication à peine voilée du rôle d’Hifter en tant qu’agent de la CIA. Comment en effet, un ancien officier supérieur de l’armée libyenne a-t-il pu entrer aux États-Unis au début des années 1990, seulement quelques années après l’attentat de Lockerbie, puis s’installer près de la capitale fédérale, sans l’accord et l’aide active des services de renseignements US ? Hifter a vécu en fait pendant une vingtaine d’années à Vienna en Virginie, à seulement une dizaine de kilomètres du siège de la CIA à Langley.

La CIA était bien au courant des activités militaires et politiques d’Hifter. Un article du Washington Post du 26 mars 1996 parle d’une rébellion armée contre Kadhafi en 1996 et écrit son nom dans une transcription différente. L’article cité des témoins selon qui la rébellion a pour « chef le colonel Khalifa Iftar [et est] une organisation du type "contra" basée aux Etats-Unis et appelée Armée Nationale Libyenne. »

La comparaison est faite avec les forces terroristes "contra" financées et armées par le gouvernement des États-Unis dans les années 1980 contre les autorités sandinistes au Nicaragua. Le scandale Iran-Contra, qui avait secoué l’administration Reagan en 1986-87, concernait la mise au jour de ventes illégales d’armes US à l’Iran, dont le produit servait à financer les contras au mépris d’une interdiction par le Congrès. Les parlementaires démocrates avaient couvert le scandale et rejeté les appels à une procédure d’impeachment contre Reagan pour avoir financé les activités d’une illégalité flagrante ourdies par une brochette d’anciens agents des services secrets et de conseillers à la maison Blanche.

Un livre publié par Le Monde Diplomatique en 2001, Manipulations africaines, fait remonter la relation avec la CIA encore plus loin, en 1987, signalant qu’Hifter, alors colonel de l’armée de Kadhafi, avait été capture au Tchad où il combattait avec une rébellion soutenue par la Libye contre le gouvernement d’Hissène Habré, soutenu par les États-Unis. Il fit défection pour le Front National de Salut Libyen (FNSL), la principale force d’opposition à Kadhafi, qui avait le soutien de la CIA. Il organisa sa propre milice qui opéra au Tchad jusqu’à la déposition d’Hissène Habré en 1990 par Idriss Déby, son rival appuyé par la France.

Selon ce livre, « la force de Haftar, créée et financée par la CIA au Tchad, disparut dans la nature avec l’aide de la CIA peu de temps après le renversement du gouvernement par Idriss Déby. » Le livre cite aussi un rapport du service de recherche du Congrès daté du 19 décembre 1996, selon lequel le gouvernement des États-Unis apportait une aide militaire et financière aux membres du FNSL qui avaient été repositionnés aux États-Unis.

Ces informations sont accessibles à tous ceux qui se livrent à une recherche même superficielle sur Internet, mais elles n’ont pas été relayées par les médias contrôlés par les grands groupes, hormis une dépêche de McClatchy qui évite toute référence à la CIA. Les chaînes de télévision, trop occupées à faire l’éloge des "combattants de la liberté" de l’Est libyen, ne se sont pas fatiguées à signaler que ces forces étaient désormais commandées par un collaborateur de longue date des services de renseignements des États-Unis.

Pas plus que n’en ont tenu compte ceux qui parmi les libéraux ou la "gauche" s’enthousiasment pour l’intervention des Etats Unis et de l’Europe en Libye. Ils sont trop occupés à saluer l’administration Obama pour son approche multilatérale et « consultative » de la guerre, présumée être différente de l’approche unilatérale à la "cowboy" de l’administration Bush en Irak. Que le résultat soit le même - mort et destruction qui s’abattent sur la population, la souveraineté et l’indépendance d’un pays anciennement colonisé foulées aux pieds - ne signifie rien pour ces thuriféraires de l’impérialisme.

Le rôle de Hifter, présenté à juste titre il y a 15 ans comme le chef d’une "organisation du genre contra", montre quelles sont les véritables classes sociales à l’oeuvre dans la tragédie libyenne. Quelle que soit l’authenticité de l’opposition populaire qui s’est exprimée dans la révolte initiale contre la dictature corrompue de Kadhafi, la rébellion a été détournée par l’impérialisme.

L’intervention de l’Europe et des États Unis en Libye n’a pas pour but d’apporter la "démocratie" et la "liberté" mais d’installer au pouvoir des pantins de la CIA qui dirigeront le pays aussi brutalement que Kadhafi, tout en permettant aux puissances impérialistes de piller les ressources pétrolières du pays et de se servir de la Libye comme base d’opérations contre les révoltes populaires qui soufflent sur le Moyen Orient et l’Afrique du Nord.

Patrick Martin

Original : http://www1.wsws.org/articles/2011/...

Traduction : http://www.info-palestine.net/artic...



Edité par Fidelista - 31 Mar 2011 à 17:56
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Mar 2011 à 20:55

Mensonges pour la guerre (Rebelion)

 
Manuel Maestre URRUELA

Les médias occidentaux ont été les premiers à tirer sur la Libye. Sans surprise, c’est précisément leur rôle : servir d’avant-garde dans les raids sanglants des maîtres du monde. Dans un premier temps, ils propagent les arguments avancés pour justifier son agression militaire, puis masquer l’horreur de la guerre derrière un voile de mensonges et de petits euphémismes. Mission accomplie. La société ne réagit pas, est droguée.

Une première analyse des événements pousse à se méfier de la version officielle du conflit libyenne. Pour commencer, il s’agit d’un soulèvement armé. Rien à voir, donc, avec des manifestations plus ou moins pacifiques qui ont agité le monde arabe pour réclamer la démocratie et les droits sociaux. D’où viennent ces insurgés armés jusqu’aux dents, au point d’être en mesure de mettre en péril toute une armée régulière ? Qui sont ses chefs ? Quels sont ses objectifs ? Qui les prépare ? La réponse à ces questions fondamentales se posait sans toutefois atteindre l’opinion publique quand, de façon surprenante, la France n’a pas tardé à reconnaître les rebelles, de façon énigmatique comme les "seuls représentants légitimes du peuple libyen," en violation flagrante des principes fondamentaux de la diplomatie internationale. La chose a commencé à sentir mauvais.

Si en effet le seul but des puissances occidentales est de protéger la population civile, pourquoi n’ont elles pas encore examiné la proposition de médiation du Premier ministre turc, comme celle d’Hugo Chavez, y compris un cessez-le-feu, et que avait été accepté par Kadhafi ? Pourquoi seulement cibler leurs attaques contre les forces gouvernementales, facilitant ainsi la contre-offensive des rebelles ? Pourquoi se réunir à Londres pour décider de l’avenir du pays d’Afrique du Nord sans les Libyens ? Pourquoi, si le mandat de l’ONU discréditée a été limitée à l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne, maintenant ne renoncent-ils pas à armer les insurgés et ni même à une invasion terrestre ? Pourquoi des sanctions contre la Libye ne touchent-elles que l’une des deux parties en conflit, comme il a été démontré par l’annonce des États-Unis de fournir du pétrole aux rebelles ?

À ce stade, il est évident que le soulèvement armé en Libye a été concocté par les services de renseignement occidentaux, avec l’appui d’un groupe de politiciens locaux et les militaires ont renié le régime. Rien de bon ne peut être attendu d’un mouvement rebelle qui encourage les attentats contre leur propre pays, battant pavillon du roi Idris (le monarque féodal qui a donné les ressources naturelles libyenne aux puissances occidentales alors que son peuple languissait dans la pauvreté) et qui selon certaines sources indépendantes, ont ouvert le feu sur le convoi des citoyens marchant sur Benghazi pour exiger la cessation des hostilités et l’ouverture des négociations de paix.

Ne vous méprenez pas. Il n’y a pas la moindre preuve que les avions de Kadhafi bombardent la population civile, comme il n’y avait aucune arme de destruction massive en Irak. Peut-on encore douter que si ces preuves existaient, elles auraient été largement diffusées par les médias occidentaux ? D’autre part, peut-on douter que les gouvernements alliés auraient renoncé à l’usage de la force pour réprimer un soulèvement dans leur propre pays ? C’est une autre guerre par procuration des puissances impérialistes, qui vise à contrôler le pétrole et le gaz naturel en Libye, en plus de consolider ses intérêts géostratégiques dans la région.

Les requins du complexe militaro-industriel des États-Unis se frottent aussi les mains. Pour le seul premier jour da bombardement, 112 missiles Tomahawk ont été lancés, évalué à 56,9 millions de dollars. C’est le pétrole libyen qui va payer la facture de la guerre et la reconstruction d’un pays qui a également besoin de reconstituer ses arsenaux militaires. L’affaire est assurée, le massacre aussi. Alors que les porte-parole de l’OTAN ont déclaré par la suite que leurs bombes couteuses ne tuaient personne - quel gâchis ! - il est certain que les attaques alliées ont fait des dizaines de victimes. Quelle curieuse manière de protéger les civils.

Les doubles standards des leaders du monde libre est dégoûtant. Alors que pendant des décennies ils ont béni par leur passivité complice la répression impitoyable de ses alliés dans la région contre le peuple palestinien ou saharoui, après quelques semaines seulement d’un soulèvement factieux le prétexte a été trouvé pour concocter une croisade guerrière contre la Libye. Les mêmes qui ont armé Kadhafi lancent à présent des bombes sur Syrte et Sabha, et couvrent leurs partenaires corrompus troublés par les agitations sociales à Bahreïn, au Yémen et en Jordanie, et parrainent la transition en Egypte et en Tunisie afin de s’assurer que tout reste bien sous leur contrôle.

Les anciennes puissances coloniales impriment à nouveau l’empreinte de leurs bottes sur une Afrique souffrante. En réalité, elles n’ont jamais vraiment cessé. L’ombre d’intérêts douteux se cache derrière les innombrables conflits qui ont fait saigner le continent de l’Angola à la Somalie, du Rwanda, au Soudan, au Congo, au Sierra Leone ... La victime est aujourd’hui le pays avec le niveau de vie en Afrique et du monde arabe le plus avancé en ce qui concerne les droits des femmes. Les missiles de l’OTAN répandent la terreur en Libye. Il semblerait, ô ironie !, que c’est le seul moyen qu’a trouvé Barak Obama pour faire honneur à son prix Nobel de la Paix.

Sarkozy et Cameron veulent aussi le leur.

http://www.rebelion.org/noticia.php...

 

Le hallali de « la communauté internationale » contre le peuple libyen

 

 
sergio

Le hallali de « la communauté internationale » contre le peuple libyen

Comment les pays de « l’organisation internationale » ( comprenez les Etats-Unis et des pays satellites, l’Angleterre et la France en tête) organisent à Londres, l’enfumage et la propagande généralisés pour prévoir le dépeçage en règle de la Libye de l’après-Kadhafi, que le matraquage officielle présente comme ça : « … notre intervention en Libye – affirment-ils en cœur – avait "empêché un massacre" » ; le massacre en question, si on se réfère aux guerres d’Irak et d’Afghanistan, n’a pas été empêché mais seulement différé, nuance ! ( bien que les bombardement de la coalition occidentale et la guerre civile qui ravage le pays, ont enclenché le décompte macabre ).

On n’oublie rien !

Combien de massacres (de femmes, d’enfants et de civils…) ont été commis par les troupes de la coalition internationale (sous la férule du commandement américain via l’OTAN), en particulier les troupes étasuniennes, anglaises et françaises dans les pays arabes et africains ?

Obama déclare : "Nous sommes en train de réussir notre mission"

Comme en Irak et en Afghanistan, monsieur le Président américain ? c’est pas très rassurant pour les Libyen(ne)s. La ratonnade fait rage, le mandat onusien n’était qu’un leurre ! le président étasunien, Obama, (il n’est pas inutile de rappeler qu’on lui a décerné (et il l’a accepté !) le « prix Nobel de la "paix" ») affirme publiquement (et le plus sérieusement du monde) : « … le droit des Etats-Unis à agir "quand leurs intérêts et leurs valeurs sont menacés". … » Vous lisez bien ! – quand leurs intérêts et leurs valeurs sont menacés –… Et dire que des naïfs (1) croyaient dur comme fer que les Etats-Unis, l’Angleterre et la France intervenaient pour une noble cause : « protéger les populations civiles libyennes de la folie meurtrière du dictateur Kadhafi ». Comme quoi ils peuvent aisément nous tromper et tromper tout le monde (tout le temps ? pas si sûr…).

L’annonce racoleuse (et en boucle sur tous les médias occidentaux durant toute la journée de mardi 29 mars 2011) : « … les représentants de plus de 40 pays et organisations internationales ( ???) se retrouvent mardi 29 mars à Londres pour tenter de jeter les bases de l’après-Kadhafi en Libye. … ». C’est confus à souhait, car si vous lisez bien cette annonce accrocheuse, il s’agit de représentants de pays ET d’organisations internationales…

Dans le lot des pays et organisations internationales, on dénombrera des doublons et des doubles casquettes (pour le "remplissage" il n’a rien de mieux), telle Hillary Clinton (secrétaire d’Etat américaine et "va-t-en guerre" de premier plan) et les chefs de la diplomatie des pays de l’OTAN (n’est-ce pas une organisation sous férule quasi exclusivement américaine) ? Le tandem, Cameron-sarkozy, est constitué de deux dirigeants européens "va-t-en guerre" inconséquents, qui entraînent dans leur sillage et vers une folie guerrière (le bourbier libyen) les chefs de la diplomatie des pays de l’Union européenne ; les chefs de la diplomatie des pays de l’Union européenne, et Cameron-sarkozy sont des dirigeants européens, c’est pas bien clair tout ça ! (surtout quand on sait que l’Allemagne, la Pologne et l’Italie – sans évoquer les pays nordiques – ont fait savoir qu’ils étaient contre l’intervention de « la coalition internationale » et franco-anglaise en particulier ; qu’ils n’approuvaient pas les frappes aériennes, et souhaitaient même obtenir (le plus rapidement possible) des éclaircissements sur les objectifs exacts et les limites de la résolution onusienne « 1973 » ).

Ensuite, il s’agit (pour la propagande occidentale) de faire du remplissage et d’étoffer « la coalition internationale » si désespérément limitée à quelques pays occidentaux, avec d’énigmatiques chefs de la diplomatie de nations arabes ? (à par le Qatar, qui sont-ils ?). On continue le remplissage… Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, c’est bien le minimum ! Il s’agit tout de même d’une résolution onusienne (bien qu’on sache dès à présent à quoi s’en tenir… la résolution onusienne « 1973 » n’était qu’un piètre alibi !), l’Organisation de la conférence islamique (quésaco ? une organisation islamique qui couvrirait des bombardements sous la férule d’une coalition quasiment occidentale ? C’est à peine croyable !), Ils citent à nouveau l’OTAN (des fois qu’on aurait oublié qu’ils l’avaient déjà cité auparavant ; on ne sait jamais ça peut marcher !), de même que le premier ministre du Qatar, le cheikh Hamad Ben Djassim Al-Sani, (le seul pays arabe présent à la réunion de « la communauté internationale occidentale », il ne faudrait surtout pas l’oublier !), et un représentant de la Ligue arabe (il s’agit pour la énième fois du Qatar ! le seul et unique pays arabe qui ose cautionner une telle mascarade).

Vive l’incertitude occidentale !

Pourquoi se donner tant de mal ? Officiellement il s’agit de se réunir à Londres pour mettre sur pied un comité de pilotage ( ???, décidément, on sort pas du jargon d’avionneur !), comprenant des pays arabes (un seul pays arabe, le Qatar… ), afin de proposer une vision politique et de coordonner les soutiens sur le long terme aux Libyens. Une vision politique (et les soutiens armés ? Pour les Libyens, quelques fusils, des lances roquettes et roquettes anti-chars… et pour les occidentaux, des armes performantes et ultra-sophistiquées (avions de chasse, porte-avions, navires de guerre, missiles, etc.) (2) qui leurs évitent des pertes humaines) aux Libyen(ne)s, sans demander leur avis ? Le CNT ne représente qu’une partie du peuple libyen ( vous reportez à l’excellent article paru sur le site « BELLACIAO » , « Libye : révolte populaire, guerre civile ou agression militaire ? » de P. Bardet ), que devient la mosaïque tribales (constituante) de la population libyenne ? Du floue, encore du floue, toujours plus floue !

En Tunisie, le mouvement révolutionnaire et pacifique a chassé le dictateur Ben Ali du pouvoir, et les réformes suivent leurs chemins (bien qu’il faille rester très vigilant).

En Egypte, le peuple a évincé le dictateur Moubarak, (mais il ne l’a pas chassé, puisque ce dernier est assigné à résidence dans son propre pays), sans que le système répressif (police politique) de l’ancien dictateur soit réellement démantelé (il serait même en train de se reconstituer). L’armée s’accroche mordicus au pouvoir, même si elle déclare qu’elle garantie la transition en "douceur" qui devrait s’opérer prochainement et qu’elle cédera les rênes du pouvoir au peuple égyptien dès que possible… Tout le monde sait qu’elle a de gros, de très gros intérêts financiers à préserver et qu’elle a joué (et joue encore) durant les évènements qui ont secoué l’Egypte un rôle très ambigu. Rien n’est arrêté en Egypte, le dictateur a été chassé mais la révolution reste à faire.

En Libye, le peuple a décidé (peut-être bien malgré lui ? de graves présomptions pèsent sur sarkozy) de se révolter armes au point ; il s’agit d’une guerre civile. Tout le monde sait qu’une guerre civile c’est le pire scénario qu’un peuple ait à endurer. De nombreux massacres serons probablement perpétués (de part et d’autre) et malgré les déclarations rassurantes ce conflit risque de durer longtemps. Contrairement aux affirmations des pays membres de « la coalition internationale occidentale », des troupes sont acheminées sur le sol libyen pour guider les missiles lors de bombardements, (de petits commandos assurent le guidage des missiles de « la coalition internationale » au moyen de rayon laser ou au moyen de balise-pastille genre GPS) des instructeurs épaulent les troupes anti-kadhafistes et assurent le renseignement ; il serait stupide de croire que l’Etat-major de « la coalition internationale » n’est pas envisagé de scénarios avec des troupes au sol.

On voit mal comment ce conflit pourrait ne pas dégénérer !

sarkozy et BHL, n’ont pas à se glorifier d’avoir déclencher une telle horreur. Il n’y a pas de quoi en être fier et encore moins d’essayer d’en tirer profit. Un tel comportement serait proprement infâme !

D’autres peuples du Proche-Orient ont choisi la révolte insurrectionnelle, espérons qu’ils choisiront (pour réaliser la transition) l’action pacifique, car les vautours de « la coalition occidentale » vous guettent et sont postés en embuscade. Il ne faut rien en attendre de bon !

Méfiez-vous chers peuples arabes, ils n’ont pas de bonne intention à votre égard. Vous le constaterez hélas assez vite (et malheureusement pour le peuple libyen) en Libye. Observez dans les jours prochains les évènements qui se dérouleront dans ce pays en proie aux pires tourments, et vous verrez que vos vrais amis ne sont pas ceux qui le proclament.

OUI A LA REVOLUTION PACIFIQUE, NON A LA GUERRE !

NOTES

1) L’un d’eux écrivait (suite à un article constitué de dépêches d’agences, « AFP » et « Reuters ») ce message pathétique : « … Je croyais que l’objectif de la coalition ( et le mandat donné par la résolution 1973 de l’ONU ) consistait à défendre des civils, pas à faire tomber le gouvernement ( ni d’ailleurs à soutenir militairement les rebelles ). Il s’avère qu’on nous a roulé dans la farine en nous vendant l’intervention comme l’établissement d’une NFZ afin d’emporter notre appui. En fait il y a clairement d’autres intérêts en jeu, je suis indigné d’avoir été trompé !… » Comme quoi, il ne faut absolument pas croire ce que déclarent publiquement (et repris par tous les médias aux ordres) Obama, Cameron et sarkozy… sont de fieffés menteurs ! 2) A lire de toute urgence, l’article de *Massimo ZUCCHETTI, (Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio) intitulé en français « Missiles cruise à l’uranium appauvri sur la Libye. » , le missile Tomahawk - garanti par l’OTAN pour ne tuer que des méchants ! - utilisé ces jours-ci contre la Libye, est un exemplaire de la classe Cruise (3 kg d’uranium appauvri par missile). Paru sur le site « Le Grand Soir » . *Professeur en « Installations nucléaires » au Polytechnique de Turin, titulaire des cours de « Sécurité et Analyses des risques » et de « Protection contre les Radiations ».

PS : où, le chef de guerre national (que dis-je international), sarkozy, passera ses prochaines vacances ? Certainement pas au Maroc, où il avait pourtant pris ses aises et ses pénates dans de luxueuses demeures, prêtées spécialement par le roi du Maroc lui-même (un dictateur n’est-il pas ?), alors que la grande majorité du peuple marocain vit sous le seuil de pauvreté... Dans ce pays, tenu d’une main de fer par sa majesté Hassan VI, les Sahraouis, après que l’armée de sa majesté ait commis de nombreuses exactions (depuis trente cinq ans) contre ce peuple, demandèrent à diligenter très rapidement des inspecteurs de l’ONU, pour réaliser une enquête sur lesdites exactions, mais que la France (en réalité sarkozy) s’empressa de bloquer et opposa fermement son veto. Deux poids deux mesures, sarkozy ? D’ailleurs en France, sarkozy est complètement carbonisé, et l’espoir renaîtrait grâce à la rumeur. De quelle rumeur s’agit-il ? sarkozy serait pousser vers la sortie… L’information est-elle fondée ? Si toutefois tel n’était pas le cas, nous suggérons « au nouveau chef de guerre mondiale », (s’il lui reste deux sous de bon sens ?) de démissionner illico presto ! Il libérerait le monde d’un poids insupportable, que celui-ci ne manquerait pas d’apprécier à sa juste valeur. Ce geste d’apaisement contribuerait fortement à renforcer la paix mondiale et le monde lui en serait éternellement reconnaissant. « sarkozy dégage ! » Ah, oui ! j’oubliai… on n’en pas vraiment le chemin, car (malheureusement) nous sommes entrés subrepticement en conflit majeur mondialisé (la fameuse « IIIème guerre mondiale »), aussi, chers amis compagnons et camardes, les agitateurs guerriers actuellement aux commandes de ce monde en folie, nous/vous obligerons à "choisir" leur camp. Soit, comme c’est le cas actuellement, ils entraîneront la majorité des occidentaux dans la folie meurtrière, nous obligeant à suivre sottement le troupeau des « va-t-en-guerre » de tous poils ; soit, comme c’est plus que probable, nous résisterons à l’ambiance fétide de la folie meurtrière mondialisée et nous nous organiserons pour lutter contre cette guerre mondiale qui ne dit pas encore son nom, autour de militants anti-conflit-mondialisés (que le camp des « va-t-en-guerre » de tous poils, ne manquera pas de taxer de "méchants pacifistes"), et comme je le signalai dans un précédent message, l’étiquette commode d’« extrémistes de gauche-anti-impérialiste », qui n’a pas réellement de sens, et qui a pour seul but d’éliminer tous les adversaires (en général des citoyen(ne)s qui désirent vivre en paix)du camp « va-t-en-guerre » de tous poils . Vous aurez compris qu’en attaquant un pays à faible potentiel militaire (en comparaison de la puissance de feu des membres de « la coalition internationale »), comme la Libye, il s’agit évidemment de « mise en bouche ». La folie meurtrière des membres de « la coalition internationale », élabore déjà l’attaque en règle des très probables « prochains pays sur la liste », qui seront très probablement, n’en doutons pas, (du moins dans un premier temps) encore des pays faiblement militarisés, puis viendra le tours des gros "morceaux" tels la Syrie ou l’Iran, et pourquoi pas la Russie (qui a compris quelque chose et accélère son armement) ou la Chine ?

Sait-on où tout ça s’arrêtera ?

La boite de pandore est ouverte, et pour (très) longtemps encore !


Le président chinois critique le recours à la force en Libye

Beijing, 30 mars (Xinhua-RHC).- Le Président chinois Hu Jintao a déclaré à propos de la situation actuelle en Libye, que l’histoire a démontré à plusieurs reprises que l’usage de la force ne résout pas les problèmes mais les rend plus compliqués.

Lors d’une réunion, aujourd’hui, avec son homologue français, Nicolas Sarkozy, Hu Jintao a souligné: « Seulement le dialogue et d’autres voies pacifiques peuvent offrir des solutions à des problèmes de ce genre ».

Le président français est arrivé à Beijing en fin de matinée pour assister à un séminaire sur le système monétaire international qui aura lieu demain à Nanjing.

D’autre part, les gouvernements d’Italie et de Norvège, deux pays membres de la coalition internationale qui bombarde la Libye, ont signalé, qu’ils étaient contre l’idée d’armer les opposants libyens, idée avancée par les Etats-Unis et la France pour précipiter la chute de Mouammar El Kadhafi.

Cette proposition a été évoquée hier lors de la conférence sur la nation arabe réalisée à Londres à laquelle ont participé des représentants de 36 pays et d’organisations telles que l’ONU, l’OTAN et la Ligue Arabe.

Le premier ministre britannique David Cámeron, a indiqué que son gouvernement ne rejette pas cette proposition bien que pour le moment aucune décision n’ait été prise.

Armer les opposants, serait une mesure « extrême et susceptible de diviser la communauté internationale » a estimé à Rome Maurizio Massari porte parole du Ministère Italien des Affaires étrangères.

Quant à Grete Faremo, ministre norvégienne de la Défense, elle a déclarée à la chaîne publique NRK: « Donner des armes aux opposants libyens n’est pas d’actualité ».

La veille, Mouammar El Kadhafi a envoyé une lettre aux leaders mondiaux dans laquelle il les accuse de massacrer des civils par leur alliance avec les opposants ; il a exigé qu’ils cessent les attaques brutales et injustes contre son pays.

Source

Les troupes gouvernementales libyennes reprennent le terminal d’exportation pétrolière de Ras Lanuf

Ras Lanuf, 30 mars (AFP-RHC).- Les troupes du leader libyen Mouammar El Kadhafi, ont repris le contrôle aujourd’hui du principal terminal d’exportation pétrolière de Ras Lanuf obligeant les opposants à abandonner leurs positions et à se replier vers Brega dans l’est du pays.

Le terminal de Ras Lanuf, situé à 370 kilomètres à l’ouest de Benghazi, et à 60 kilomètres environ du port pétrolier de Brega, avait été occupé le 27 mars par les opposants, qui ont profité des attaques aériennes de la coalition internationale contre les troupes du gouvernement.

Mardi les opposants libyens qui tentent depuis la mi-février de renverser Mouammar el Kadhafi, étaient arrivés à proximité de Syrte où ils ont été arrêtés par les troupes du gouvernement.

Ils ont dû reculer, sous le feu de l’artillerie lourde, pour la première fois depuis le 19 mars, jour où les attaques aériennes de la coalition internationale ont commencé.

Source

13 pays demandent un cessez le feu.
 

 

Plusieurs pays émergents d'Amérique latine et d'Asie se sont adressés jeudi au Conseil de sécurité de l'Onu afin d'obtenir un cessez-le-feu immédiat en Libye, rapportent les médias mexicains.

Dans le message transmis au représentant permanent de la Chine à l'Onu, Li Baodong, les pays signataires demandent la fin immédiate du bombardement de la Libye et le lancement de négociations entre le régime libyen et la rébellion.

Le Venezuela, Cuba, l'Equateur, la Bolivie, le Nicaragua, Saint-Vincent-et-les Grenadines, la Dominique, Antigua-et-Barbuda, la Cambodge, l'Indonésie, le Mali, la Guinée équatoriale et le Vietnam ont apposé leurs signatures au bas du document.

Le document a par ailleurs été approuvé par le Brésil, l'Inde et l'Afrique du Sud, membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu.

Entamé le 17 février, le soulèvement populaire contre le Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, a dégénéré en guerre civile faisant des milliers de victimes.

Le 17 mars, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution prévoyant la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye et autorisant le recours à la force pour protéger la population libyenne des troupes du colonel Kadhafi. La Russie s'est abstenue lors du vote.

Une opération internationale a débuté le 19 mars, associant les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, le Canada, l'Italie, l'Espagne, le Danemark et d'autres pays. Le 27 mars, le Conseil de l'OTAN a pris le commandement de l'opération militaire en Libye.

Source : Ria NOVOSTI


Vaticano denuncia muerte de civiles en bombardeos OTAN

 
Le vicaire apostolique Giovanni Innocenzo Martinelli à Tripoli dénonce la mort de 40 civils par les bombardements de l'OTAN et le bombardement de l'hôpital de Mizda.
 
 

Denuncian intromisión y suministro de armas EE.UU. a oposición libia

Miguel D''Escoto dénonce que les Etats-Unis livrent des munitions aux rebelles et dénonce l'hyprocrisie de la discussion sur le sujet car ils le font déja.

ONU: un arma mortal al servicio del imperio, D´Escoto

 

Oficializado por Gobierno libio nombramiento a D’Escoto en ONU

Afirma D'Escoto que Libia impulsará cese al fuego inmediato


 

Libye. L’idée d’armer les insurgés ne fait pas l’unanimité

La fourniture d’armes aux opposants libyens se heurte au refus de nombreux pays membres de la coalition internationale. Mardi à Londres, le groupe de contact (UE, Otan, États- Unis, ONU et certains pays arabes, sans l’Égypte absente) a affiché en paroles son unité face à Mouammar Kadhafi. Le dictateur libyen doit partir, lancent-ils. Mais comment ? C’est là où ça se corse. Sur le terrain, en effet, en dépit des frappes aériennes, les insurgés peinent à tenir leurs positions. « Rien n’était acquis », déplorait un diplomate à Londres. Kadhafi reste donc au centre du jeu. Pour dénouer le problème, Paris s’est dit prêt à discuter avec ses alliés d’une aide militaire aux insurgés. Cette solution, qualifiée de « mesure extrême » par l’Italie, se heurte à de nombreuses réticences. À commencer par le secrétaire général de l’Otan, le Danois Fogh Rasmussen, qui a estimé que l’opération en Libye avait été préparée pour protéger la population et non l’armer ! La Russie a mis en garde les Occidentaux contre l’armement des insurgés. Il en va de même de la Norvège, du Danemark et de la Belgique, pourtant membres de la coalition internationale. L’Allemagne et la Turquie, on le savait, sont opposés à toute intervention militaire. Enfin, le président chinois Hu Jintao, qui a reçu Nicolas Sarkozy en visite en Chine, a averti que « le but de la résolution (1973) est d’arrêter les violences et de protéger les civils », mais que « si les actions militaires apportent le désastre aux civils innocents et aggravent la crise humanitaire, cela pourrait violer l’esprit originel de la résolution du Conseil de sécurité ». Quant à Barack Obama, il entretient un flou savant sur la question. Il n’exclut pas d’armer les insurgés libyens, mais il ne dit « pas non plus que cela va se faire ». En fait, le Pentagone, qui a admis ne « pas savoir grand-chose » sur les rebelles libyens, suspecte la présence parmi eux de militants d’al-Qaida. C’est un fait admis, y compris par des observateurs de l’Otan : des éléments du GICL (Groupe islamique pour le combat et la libération, affilié à l’Aqmi) et du parti islamique Ouma combattent dans les rangs des insurgés. Au sein d’un mouvement aussi composite que le sont les « révolutionnaires » libyens, les islamistes n’ont en fait aucun mal à s’y mouvoir !

HASSANE ZERROUKY

 

 

Jamais je n'imaginais que ce déguisement de pleutre m'irais aussi bien !
 

Analyses sur les positions de la gauche sur la guerre en Libye.
 
 
 


60 partis communistes rejettent la guerre contre la Libye

Kadhafi déclare qu'il restera en Libye jusqu'à la fin
 

Kadhafi exhorte les dirigeants de la coalition occidentale de démisionner immédiatement de leurs charges pour arrêter le bain de sang et pour que leurs peuples élisent de nouveaux dirigeants respectueux des relations entre états.
 
 


 

 


Edité par T 34 - 03 Apr 2011 à 04:35
Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Apr 2011 à 03:19

 

  • Sur le terrain, le ministre des Affaires étrangères de Kadhafi fait défection

Au plan politique, le colonel Kadhafi a subi un grave revers avec la démission de son ministre des Affaires étrangères, Moussa Koussa, une des principales figures du régime, annoncée à son arrivée mercredi soir à Londres, après un bref séjour en Tunisie. Moussa Koussa est connu pour avoir activement participé ces dernières années au retour de la Libye dans le concert des nations fréquentables. Il avait été nommé ministre en mars 2009, après avoir été chef des services de renseignement de 1994 à 2009.

Les jours du régime libyen "sont comptés" après la démission mercredi du ministre des Affaires étrangères Moussa Koussa (d'après le gouvernement libyen pour des raisons de santé), a déclaré ce jeudi à la chaîne de télévision France 24 l'ancien ministre libyen de l'Immigration, Ali Errishi, qui a lui-même fait défection peu après le début du soulèvement populaire mi-février. "Il est l'un des conseillers en qui Kadhafi avait le plus confiance. C'est la fin du régime. Le règne brutal est sur le point de s'achever. Personne ne connaît le régime mieux que M. Koussa.... Désormais, il ne reste que Kadhafi et ses enfants", estime Ali Errishi.

  • L'OTAN prend la main

Ce jeudi matin, l'Otan a pris le commandement de toutes les opérations militaires menées en Libye. L'organisation succède ainsi à la coalition multinationale engagée depuis le 19 mars et lance officiellement "l'opération Protecteur" décidée dimanche soir par les pays de l'alliance. Sous l'autorité du grand quartier général allié en Europe, à Mons (sud de la Belgique), l'opération est dirigée du centre régional de commandement de l'Otan à Naples (sud de l'Italie) par le général canadien Charles Bouchard. Ce transfert à l'Otan permet aux Etats-Unis de se mettre en retrait, conformément aux voeux répétés de Barack Obama. Du moins en apparence...

  • Les services secrets occidentaux engagés en Libye

Sur le terrain, de "petits groupes" d'agents de la CIA sont déployés en Libye pour prendre contact avec la rébellion et guider les frappes de la coalition, a affirmé mercredi le New York Times. La chaîne ABC a assuré que le président Barack Obama avait donné l'autorisation d'aider secrètement les rebelles. De même source, "des dizaines de membres des forces spéciales britanniques et d'agents du service d'espionnage MI6 travaillent en Libye", en particulier pour recueillir des renseignements sur les positions des forces loyalistes. Réagissant à ces révélations, le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a dit refuser "de s'exprimer sur des questions de renseignement".

  • Les troupes pro-Kadhafi regagnent du terrain.

Le régime libyen a dénoncé le "soutien" militaire de la coalition internationale aux rebelles. Malgré la reprise des frappes aériennes dans la nuit de mercredi à jeudi sur la Libye à l'encontre des forces de Mouammar Kadhafi, l'avancée des insurgés a été stoppée puis inversée ces deux derniers jours par les forces du régime. Les loyalistes, revigorées par l'absence de frappes aériennes depuis plusieurs jours, ont repris mercredi matin le port pétrolier de Ras Lanouf et progressé vers Brega, à environ 80 km à l'ouest d'Ajdabiya. Ras Lanouf, à 370 km à l'ouest de Benghazi, avait été prise par les insurgés le 27 mars.

  • L'opposition appelle à l'aide

Pris sous d'intenses tirs de chars et d'artillerie, des centaines de rebelles paniqués ont dans un premier temps reflué vers Brega, une centaine de kilomètres plus à l'est.  A l'ouest de Syrte, les loyalistes ont à nouveau attaqué Misrata, à coups d'obus de chars et de roquettes, au lendemain d'une attaque qui a fait 18 morts selon la rébellion et un médecin.

Dans une conférence de presse à Benghazi, un porte-parole des rebelles a expliqué le retrait des insurgés par le fait qu'ils étaient confrontés à des milliers d'hommes, membres selon lui de la garde républicaine tchadienne. "La meilleure réponse était d'opérer un repli tactique", a ajouté le colonel Ahmad Bani, qui a par ailleurs nié catégoriquement que des éléments d'Al-Qaïda se trouvent dans les rangs des rebelles, comme l'a laissé entendre un chef militaire de l'Otan. Les rebelles réclamaient à cor et à cri la reprise des frappes aériennes internationales sur la route de Syrte, ville natale du colonel Kadhafi. "Nous voulons deux choses", a expliqué à l'AFP un combattant, Younes Abdelghaim, près de Brega, brandissant une kalachnikov et un drapeau français: "Que les avions bombardent les chars et l'artillerie lourde de Kadhafi, et qu'ils (la coalition) nous donnent des armes".

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Apr 2011 à 12:55

«  (…) Jusqu'ici, les responsables américains disent juger plutôt encourageant ce qu'ils ont appris sur les insurgés, et notamment leur engagement démocratique, mais certains « indices » signalant la présence d'ex-combattants d'al-Qaida parmi les insurgés méritent évaluation, a reconnu la secrétaire d'État Hillary Clinton.

Certains experts rappellent l'amère expérience de l'Afghanistan, où les États-Unis avaient armé les moudjahidin, qui ont plus tard contribué à la création du mouvement taliban, ennemi de l'Amérique. Mais le pouvoir américain, inquiet de la désorganisation des insurgés, parmi lesquels moins de mille auraient une expérience du combat selon une évaluation du New Yorker, semble envisager toutes les options pour faire chuter Kadhafi, afin d'éviter un embourbement de long terme pour la coalition. Dans un article de la radio Voice of America, le spécialiste du renseignement Gary Thomas a fait la liste des différentes formes que pourrait prendre une opération clandestine de la CIA: des actions « de propagande, de financement clandestin, de manipulation électorale, de fourniture d'armes et d'entraînement, et même une aide à un coup d'État ». »

Source : http://www.lefigaro.fr/international/2011/03/31/01003-20110331ARTFIG00814--benghazi-la-cia-a-etabli-le-contact-avec-les-rebelles.php

 




Edité par babeuf - 01 Apr 2011 à 12:55
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  Citer Fidelista Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Apr 2011 à 13:58

Des reportages indiquent que les services secrets français ont encouragé les protestations anti-Kadhafi

Par Alex Lantier
31 mars 2011

Des reportages sont apparus dans les médias européens prétendant que les efforts déployés par les services secrets français pour déstabiliser ou renverser le gouvernement libyen du colonel Mouammar Kadhafi auraient joué un rôle dans les protestations du mois derniers à Benghazi et qui ont finalement mené à la guerre en Libye.

Le Conseil national, un groupe rebelle libyen basé à Benghazi et dirigé par d’anciens responsables du régime, a réclamé des pouvoirs occidentaux un soutien militaire. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le gouvernement français du président Nicolas Sarkozy ont alors lancé une guerre contre la Libye le 19 mars.

Des allégations sur l’implication des services secrets français tournent autour d’un article du journaliste Franco Bechis publié le 23 mars dans le quotidien italien de droite Libero, et intitulé « ‘Sarko’ a manigancé la révolte libyenne. » Il met l’accent sur l’étrange affaire de Nouri Mesmari – ancien chef du protocole de Kadhafi qui s’était enfui à Paris en octobre – et affirme que Mesmari avait mis les fonctionnaires français en contact avec des officiers de l’armée et des activistes à Benghazi complotant contre Kadhafi.

Bechis s’appuie en grande partie sur des dépêches du portail français de l’intelligence économique Maghreb Confidential. Le 21 octobre de l’année dernière, Maghreb Confidential avait rapporté que le «  chef du protocole de Mouammar Kadhafi, Nouri Mesmari, [était] présentement à Paris après une escale en Tunisie. Normalement, Mesmari ne quitte pas son patron d’une semelle et donc des bruits courent qu’il pourrait avoir rompu ses relations de longue date avec le dirigeant libyen. »

Un influent réformateur pro libre-échange de l’élite dirigeante libyenne, Mesmari a joué un rôle crucial au sein du régime Kadhafi. Il a coordonné les visites en Libye des chefs d’Etat étrangers et leur utilisation de la flotte d’avions privés de la Libye. Il a aussi supervisé les versements d'argent de l’Etat aux enfants de Kadhafi qui sont devenus d’importants dirigeants d’entreprises en Libye en s’octroyant des  fonds de l’Etat.

Jeune Afrique, magazine d’informations français sur les affaires africaines, a observé que l’affaire Mesmari « alimente les rumeurs les plus contradictoires. Le ‘Guide’ [c’est-à-dire Kadhafi] aurait, dit-on, giflé et insulté Mesmari lors du sommet arabo-africain qui s’est tenu à Syrte les 9 et 10 octobre. Ce fut en tout cas la dernière apparition publique de l’intéressé avant que ne filtre, le 22 octobre, l’information selon laquelle il aurait fui pour la France. »

Le 18 novembre, Maghreb Confidential écrivait, « Les allées et venues de Nouri Mesmari ont suscité beaucoup de curiosité ces dernières semaines. Le chef du protocole de Mouammar Kadhafi qui semblait être le frère siamois du dirigeant libyen, s’était rendu en France fin octobre, en passant par la Tunisie. Officiellement, Mesmari, qui souffre d’une maladie chronique, était venu à Paris pour subir une intervention chirurgicale. Sa femme et sa fille lui avaient en effet rendu visite et résider un temps à l’Hôtel Concorde Lafayette de Paris. Il a été perdu de vue depuis. Mesmari qui voudrait prendre sa retraite est l’un des plus proches confidents de Kadhafi et connaît parfaitement tous ses secrets. »

Le même jour, Maghreb Confidential faisait état de pourparlers entre des opérateurs français et américains du marché du blé – dont France Export Céréales, FranceAgrimer, des managers de Soufflet, de Louis Dreyfus, de Glencore, de Cani Céréales, Cargill et Conagra – et les moulins d’Etat libyen. Ceux-ci incluaient le Moulin à farine national & Cie à Benghazi et la Compagnie des Moulins à farine & à Fourrage à Tripoli.

La classe dirigeante française était déterminée à développer sa part de marché en Libye. Avant la visite du 14-17 décembre – des banques française Crédit Agricole et Société Générale, les firmes d’ingénierie Alstom et Thales, le groupe Lafarge [matériaux de construction] –Maghreb Confidential écrivait : « Les firmes françaises sont déterminées à grimper dans la hiérarchie des partenaires commerciaux de la Libye. L’Italie est actuellement le numéro un, avec la Chine arrivant en deuxième position et la France loin derrière au sixième rang. »

Mais, selon Bechis, ces visites ont fourni un prétexte aux responsables de l’armée française pour sonder l’opposition des militaires libyens.

Fait intéressant, la visite du négoce du blé avait été initialement prévue en octobre, mais les fonctionnaires français l’avaient reportée à novembre, en mentionnant les grèves d’octobre dans les terminaux pétrolier en France. Ceci a signifié que la visite a eu lieu après la signature finale du 2 novembre de l’alliance militaire entre la Grande-Bretagne et la France, les deux principales puissances qui bombardent la Libye.

L’alliance franco-britannique comprenait un accord pour effectuer un long exercice de bombardement du 21 au 25 mars, portant le nom de code « Southern Mistral » (Mistral du Sud), et ressemblant au bombardement à longue distance de la Libye qui a débuté le 19 mars. L’opération a été annulée en raison du déclenchement de la guerre.

Selon le site Internet de l’armée de l’air française Southern Mistral, « La France et la Grande-Bretagne ont signé le 2 novembre 2010 des accords sans précédent sur la défense et la sécurité. L’opération franco-britannique Southern Mistral qui s’inscrit dans le cadre de ces accords devrait se dérouler du 21 au 25 mars 2011 sur plusieurs bases aériennes françaises. A cette occasion, les forces françaises et britanniques effectueront des missions aériennes de type COMAO (Composite Air Operation, [missions aériennes combinées]) et un raid aérien spécifique (Southern Storm, Tempête du Sud) en vue de délivrer une frappe conventionnelle à très longue distance. (Retraduit de l’anglais)

En commentant la visite de négoce du blé de novembre, Bechis écrit que « sur le papier, il s’agi[ssai]t d’une mission commerciale française pour essayer d’obtenir à Benghazi de juteux contrats. Mais, des militaires français se trouv[aient] aussi dans le groupe, déguisés en hommes d’affaires. A Benghazi, ils vont rencontrer, Abdallah Gehani, un colonel de l’aviation libyenne. Il est au-dessus de tout soupçon, mais l’ancien chef du protocole de Kadhafi a révélé qu’il était prêt à déserter et qu’il avait aussi de bons contacts dans les cercles dissidents tunisiens. L’opération est menée en grand secret, mais quelque chose filtre jusqu’aux hommes les plus proches de Kadhafi. Le colonel se doute de quelque chose. »

Le 28 novembre, Kadhafi a lancé un mandat d’arrêt international à l’encontre de Mesmari pour détournement de fonds et Mesmari a été arrêté le lendemain en France.

Lors de sa garde à vue, il aurait fourni des informations extensives sur la Libye au gouvernement français. Maghreb Confidential avait écrit le 9 décembre, « Craignant pour sa vie, Mesmari a demandé l’asile politique. Officiellement, la Libye affirme qu’il a détourné de l’argent. Jadis, un proche de Mouammar Kadhafi, il a été décrit comme le « WikiLeak libyen » en raison de tout ce qu’il sait sur le régime. S’attendant à ce que d’autres fassent défection, Tripoli a confisqué les passeports de plusieurs fonctionnaires, dont le ministre des Affaires étrangères, Moussa Koussa, qui fait également l’objet d’une enquête pour fraude. »

Mais, le 15 décembre, la cour d’appel de Versailles relâche Mesmari, en jugeant que sa détention était « irrégulière. » Après sa libération, Mesmari est descendu dans une sélection d’hôtels de luxe à Paris, sous la protection du gouvernement français.

Au cours du mois suivant, une série de fonctionnaires libyens ont été envoyés à Paris pour faire revenir Mesmari en Libye. Bechis écrit, « Le 16 décembre, c’est Abdallah Mansour, le chef de la télévision libyenne qui essaie. Les autorités françaises l’arrêtent dans le hall d’entrée de l’hôtel [Concorde Lafayette]. Le 23 décembre, d’autres Libyens arrivent à Paris : Farj Charrani, Fathi Boukhris et All Ounes Mansouri. » Ceux-ci seraient des membres du mouvement anti-Kadhafi lancé le 17 février à Benghazi.

En janvier, la situation devenait plus tendue en Libye alors que les protestations de la classe ouvrière s’étendaient partout dans le pays voisin, en Tunisie, en forçant le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali à démissionner le 14 janvier.

Le fils de Kadhafi, Moatassim, a passé une semaine à Paris en tentant en vain de convaincre Mesmari de revenir en Libye : « Moatassim Kadhafi, a quitté Paris bredouille le 5 février. Le fils de Mouammar Kadhafi qui séjournait depuis fin janvier à l’hôtel de luxe Bristol, n’a pas réussi à persuader Nouri Mesmarai de rentrer au pays. L’ancien chef du protocole de Kadhafi, Mesmari se trouvait officiellement à Paris pour des raisons médicales mais fut brièvement interpellé par les autorités françaises après le lancement du mandat d’arrêt international à son encontre. Tout en affirmant que ‘tout a à présent été résolu’, Mesmari semble peu disposé à rentrer sans disposer de ‘garanties’ à toute épreuve. »

Comme le régime Kadhafi prenait des mesures de sécurité de plus en plus extensives, il a arrêté l’homme nommé par Bechis comme le principal contact de la France à Benghazi, le colonel Abdallah Gehani. Le 27 janvier, Maghreb Confidential a rapporté, « Le général Aoudh Saati, chef du service de renseignement dans l’Est de la Libye (Benghazi), une région historiquement rebelle, a reçu l’ordre d’écraser toute manifestation de solidarité avec la révolution tunisienne. Le gouvernement central reproche à certains officiers de perdre trop de temps sur les réseaux sociaux de l’Internet qui ont tendance à propager des protestations. Plusieurs officiers ont été arrêtés, dont le colonel des forces aériennes Abdallah Gehani. »

Le 17 février, Maghreb Confidential a écrit, « Benghazi est depuis longtemps une épine dans le pied du colonel Kadhafi. La deuxième ville ‘égyptienne’ de la Libye est historiquement un foyer de la rébellion et elle est à la hauteur de sa réputation. Sur huit activistes arrêtés ces derniers jours, six appartiennent au mouvement du 17 février, nommé d’après la répression sanglante contre les manifestants anti-gouvernement à Benghazi du 17 février 2006. Ceux sont Farj Charrani, Fathi Boukhris, Ali Ounes Mansouri, Safiddin Hilal Sahrif, Jalal Kouafi et, bien sûr, [Jamal] Al Hajji »

Le commentaire de Bechis, « Mais c’était trop tard: Gehani avait déjà préparé une révolte avec les Français à Benghazi. »



Edité par Fidelista - 01 Apr 2011 à 13:58
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Apr 2011 à 14:24

Les « amateurs »Wink, malgré l’aide de leurs parrains, ont un coup de mou ».


Les insurgés libyens prêts à un cessez-le-feu conditionnel

Le vendredi 1er avril 2011 à 13h11

BENGHAZI, Libye (Reuters) - Les insurgés libyens sont prêts à conclure un cessez-le-feu sous conditions, notamment le retrait des forces de Mouammar Kadhafi des villes de l'ouest de la Libye, a déclaré vendredi le chef du Conseil national de transition.

Moustafa Abdeldjeïl a aussi réclamé la liberté d'expression pour les habitants de l'ouest du pays et le retrait des "mercenaires".

"Nous n'avons aucune objection à un cessez-le-feu mais à la condition que les Libyens dans les villes de l'Ouest jouissent d'une liberté totale d'expression de leurs opinions", a-t-il dit au cours d'une conférence de presse commune à Benghazi avec l'émissaire spécial des Nations unies en Libye, Abdelilah al Khatib.

Moustafa Abdeldjeïl a de nouveau réclamé des livraisons d'armes pour les insurgés au cas où les forces de Kadhafi ne cesseraient pas le combat.

Il a répété que les insurgés ne renonceraient pas à leur principale revendication au sujet du départ en exil de Mouammar Kadhafi et de sa famille.

Ibon Villelabeita au Caire; Bertrand Boucey pour le service français

Source : http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE7300AG20110401

 

 




Edité par babeuf - 01 Apr 2011 à 14:28
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Réflexions du compañero Fidel

 

LE MIEUX ET LE PLUS INTELLIGENT

 

 

Hier, pour des motifs d’espace et de temps, je n’ai dit mot du discours sur la guerre de Libye que Barack Obama a prononcé le lundi 28. Je disposais d’une copie de la version officielle distribuée à la presse par le gouvernement étasunien. J’avais souligné certaines choses. Je l’ai révisé et je me suis convaincu qu’il ne valait guère la peine de trop dépenser de papier à ça.

Je me suis rappelé ce que m’avait raconté Carter – quand il nous a rendu visite en 2002 – sur la sylviculture aux USA, car il possède une plantation familiale en Georgia. À cette visite-ci, je lui ai posé à nouveau des questions sur cette plantation et il m’a confirmé qu’il semait des pins séparés par une distance de trois mètres sur deux, soit mille sept cents arbres par hectare, et qu’on les récolte tous les vingt-cinq ans. J’ai lu voilà bien des années que le papier de la livraison dominicale du New York Times exigeait l’abattage de quarante hectares de forêt. On comprendra dès lors mon souci d’économiser du papier…

Bien entendu, Obama est un excellent enfileur de grands mots et de belles phrases. Il pourrait gagner sa vie à écrire de contes pour enfants. Je connais son style parce que la première chose de lui que j’ai lue et soulignée avec respect, bien avant qu’il n’accède à la présidence, est son livre Les Rêves de mon père, ce qui m’a permis de constater que son auteur savait choisir le mot exact et la phrase idoine pour forcer la sympathie des lecteurs.

J’avoue ne pas avoir apprécié sa tactique du suspense et sa façon d’occulter ses idées politiques à lui jusqu’au bout. J’avais fait un effort spécial pour ne pas aller chercher au dernier chapitre ce qu’il pensait de différentes questions qui sont à mon avis cruciales en cette étape de l’histoire humaine. J’étais convaincu que la profonde crise économique, les dépenses militaires colossales et le sang jeune versé par son prédécesseur républicain l’aideraient à battre son adversaire à la présidence malgré les énormes préjugés raciaux de la société étasunienne. J’étais conscient qu’il courait le risque d’être éliminé physiquement.

Pour des raisons de politicaillerie traditionnelle qui coulent de source, il était allé quêter, avant les élections, les voix des anticubains de Miami, dirigés pour la plupart par des réactionnaires nostalgiques de Batista qui ont converti les USA en une république bananière où la fraude électorale a déterminé rien moins que le triomphe de W. Bush en 2000 et écarté un futur Prix Nobel, Al Gore, le vice-président de Clinton et candidat à la présidence.

Un sens de la justice  élémentaire aurait dû conduire le président Obama à rectifier les conséquences du procès infâme qui a abouti à l’incarcération inhumaine, cruelle et particulièrement injuste des cinq patriotes cubains.

Son message sur l’État de l’Union, ses discours au Brésil, au Chili et en El Salvador, la guerre de l’OTAN en Libye m’ont contraint à souligner son discours sur la Libye encore plus abondamment que son autobiographie.

 Qu’est-ce qu’il y a de pire dans ces déclarations et comment expliquer les quelque deux mille cinq cents mots que contient la version officielle ?

Sur le plan intérieur, sa carence totale de réalisme place son heureux auteur aux mains de ses pires adversaires qui souhaitent l’humilier et se venger de sa victoire électorale de novembre 2008. La punition qu’ils lui ont infligée fin 2010 ne leur suffit pas.

Sur le plan extérieur, le monde a mieux pris conscience de ce que le Conseil de sécurité des Nations Unies, l’OTAN et l’impérialisme yankee signifient pour de nombreux peuples.

Je vais être aussi bref que j’ai promis. Pour commencer, Obama a commencé par affirmer que les troupes étasuniennes « étaient en train de freiner le dynamisme des Talibans en Afghanistan et de traquer Al-Qaeda à travers le monde entier ».

Et d’ajouter presque aussitôt : « Des générations durant, les États-Unis d’Amérique ont joué un rôle unique en tant que bastion de la sécurité mondiale et défenseur de la liberté humaine. »

Une vérité dont – tous les lecteurs le savent – peuvent attester les Cubains, les Latino-Américains, les Vietnamiens et bien d’autres.

Après une profession de foi aussi solennelle, Obama consacre une bonne partie de son temps à parler de Kadhafi, de ses horreurs et des motifs pour lesquels les États-Unis et leurs « alliés les plus proches – le Royaume-Uni, la France, le Canada, le Danemark, la Norvège, l’Italie, l’Espagne, la Grèce et la Turquie, tous pays qui se sont battus à nos côtés durant des décennies […] ont décidé d’assumer leurs responsabilités de défendre le peuple libyen. »

Et d’annoncer un peu plus loin :

« …l’OTAN a pris le commandement pour faire appliquer l’embargo sur les armes et la zone d’interdiction aérienne ».

            Puis il confirme les objectifs de la décision :

« Par suite de cette transition à une coalition plus vaste basée sur l’OTAN, les risques et les coûts de cette opération pour nos militaires et les contribuables étasuniens se réduiront significativement. 

            « Je tiens donc à être clair à l’adresse de ceux qui doutaient de notre capacité à mener cette opération : les États-Unis d’Amérique ont fait ce que nous avions dit que nous ferions. »

            Il distille ensuite ses obsessions sur Kadhafi et révèle les contradictions qui l’agitent :

            « …Kadhafi n’a pas encore abandonné le pouvoir, et tant qu’il ne le fera pas, la Libye restera un danger.

[…]

            « Il est vrai que les États-Unis ne peuvent pas utiliser leur armée partout où il y a une répression. Et, compte tenu des coûts et des risques d’une intervention, nous devons toujours soupeser nos propres intérêts et la nécessité d’une action.

[…]

            « La tâche que j’ai assignée à nos forces – protéger le peuple libyen […] – est en accord avec un mandat de l’ONU et avec un appui international.

            Et puis, son obsession, encore et toujours :

« Si nous nous efforcions de renverser Kadhafi par la force, notre coalition se scinderait. Pour remplir cette mission, nous devrions envoyer des troupes étasuniennes à terre ou risquer de tuer de nombreux civils depuis les airs.

[…]

« …nous sommes pleins d’espoir en l’avenir de l’Iraq. Mais le changement de régime a coûté huit années, des milliers de vies étasuniennes et iraquiennes et presque trois milliards de dollars. »

Quelques jours après le début des bombardements de l’OTAN, on a appris qu’un chasseur-bombardier étasunien avait été abattu. Une nouvelle qu’une source a confirmée ensuite. Des paysans, en voyant descendre un parachute, ont fait ce qu’on fait par tradition en Amérique latine : ils se sont approchés pour prêter secours, le cas échéant. Nul ne pouvait savoir comment ils pensaient. C’étaient vraisemblablement des musulmans, des gens qui faisaient produire la terre et qui ne pouvaient pas être partisans des bombardements. Soudain, un hélicoptère est apparu pour récupérer le pilote et leur a tiré dessus, blessant grièvement l’un d’eux et ne les tuant pas tous par miracle. Les Arabes, on le sait, sont traditionnellement hospitaliers envers leurs ennemis, les logent sous leur propre toit et se retournent pour ne pas savoir par où ils repartent. Ni un lâche ni un traître ne représente jamais l’esprit d’une classe sociale.

Seul un Obama pouvait nous débiter la curieuse théorie qui apparaît à un moment donné de son discours :

« Il y aura toutefois des occasions où, même si notre sécurité n’est pas directement menacée, nos intérêts et nos valeurs le seront. […] …nous savons qu’on réclamera souvent l’aide des États-Unis, comme la nation la plus puissante du monde.

« En ces cas, nous ne devons pas avoir peur d’agir, mais le poids de l’action ne doit pas retomber uniquement sur les États-Unis. Au contraire, tout comme nous le faisons en Libye, notre tâche est de mobiliser la communauté internationale en vue d’une action collective. […]

« Tel est bien le genre de leadership dont nous faisons preuve en Libye. Bien entendu, même si nous agissons dans le cadre d’une coalition, les risques de n’importe quelle action militaire seront élevés. On a pu constater ces risques quand un de nos avions a eu des ratés en survolant la Libye. Or, quand un de nos aviateurs a sauté en parachute, dans un pays dont le dirigeant a si souvent satanisé les États-Unis, dans une région qui a eu des relations si difficiles avec notre pays, cet Étasunien n’a pas rencontré d’ennemis, au contraire, il a été accueilli par les gens à bras ouverts. Un jeune Libyen venu le secourir lui a dit : "Nous sommes vos amis. Nous sommes si reconnaissants envers ces hommes qui protègent notre ciel."

« Cette voix n’est rien que l’une des nombreuses voix dans une région où une nouvelle génération refuse de se voir dénier ses droits et ses chances plus longtemps.

« Ce changement compliquera toutefois le monde pendant un temps. Le progrès sera inégal, et le changement surviendra différemment dans les différents pays. Il y a des endroits, comme l’Égypte, où ce changement nous encouragera et rehaussera nos espoirs. […]

Tout le monde sait que Moubarak a été l’allié des États-Unis. Quand Obama s’est rendu à l’Université du Caire en juin 2009, il ne pouvait ignorer qu’il avait volé des milliards de dollars à l’Égypte.

Mais Obama poursuit son récit émouvant :

« …nous nous félicitons que l’histoire se soit mise en branle au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, et que les jeunes soient à l’avant-garde. En effet, partout où les gens rêvent d’être libres, ils trouveront un ami dans les États-Unis. Somme tout, c’est cette foi, ce sont ces idéaux qui sont la vraie aune du leadership étasunien.

« …notre puissance à l’étranger s’enracine dans notre puissance à domicile. Et notre étoile polaire doit toujours être la suivante : la capacité de notre peuple à donner tout son potentiel, à faire des choix judicieux à partir de ses propres ressources, à amplifier la prospérité qui est à la source de notre pouvoir et à vivre les valeurs qui nous sont si chères.

[…]

« […] Regardons l’avenir pleins de confiance et d’espoir non seulement en notre pays, mais en tous ceux qui languissent après la liberté dans le monde entier. »

            À lire cette histoire à dormir debout, je me suis souvenu du Tea Party, du sénateur Bob Menéndez et de l’illustre représentante Ileana Ros, la « grande méchante louve », qui narguait la loi pour continuer de séquestrer le petit Cubain, Elián González, et qui est maintenant rien moins que la présidente de la commission des Relations extérieures de la Chambre des représentants des États-Unis !

            Kadhafi se tue à répéter qu’Al-Qaeda lui fait la guerre et envoie des combattants contre son gouvernement, parce qu’il a appuyé la guerre antiterroriste de Bush.

            Al-Qaeda a eu par le passé d’excellentes relations avec les services secrets étasuniens dans la lutte contre les Soviétiques en Afghanistan et on connaît long sur les méthodes de travail de la CIA.

            Que se passerait-il si les dénonciations de Kadhafi étaient vraies ? Comment Obama expliquerait-il au peuple étasunien qu’une partie de ces armes de combat terrestre tombent aux mains des hommes de Bin Laden ?

            N’aurait-il pas été mieux et plus intelligent de promouvoir la paix en Libye, au lieu de fomenter la guerre ?

 

 

Fidel Castro Ruz

Le 31 mars 2011

19 h 58

Source


La doctrine Obama de la guerre (Il Manifesto)

 

Manlio DINUCCI
 
Dans un discours à la nation, lundi soir à Washington, le président de Etats-Unis a exposé, en référence à la Libye, ce que le New York Times définit comme la « doctrine Obama ». Voici, en synthèse, ses point fondamentaux :

1) « Pendant des générations, les Etats-Unis d’Amérique ont joué un rôle unique d’ancre de la sécurité mondiale et de défenseur de la liberté humaine ». Obama se pose ainsi dans la continuité d’une politique qui, rien que dans les 50 dernières années, a vu les USA amener le monde au bord de la catastrophe, en fabriquant 70mille armes nucléaires (par rapport aux 55mille de l’URSS) ; faire une série de guerres (Vietnam, Golfe persique, Balkans, Afghanistan, Irak, etc.), coups d‘Etat et opérations secrètes (Iran, Guatemala, Indonésie, Chili, Nicaragua, etc.).

2) « Je n’hésiterai jamais à employer notre force militaire rapidement, décisivement et unilatéralement pour défendre notre peuple, nos alliés et intérêts fondamentaux : dans ce but nous poursuivons al Qaeda partout où elle essaie de mettre les pieds, et nous continuons à combattre en Afghanistan ». La guerre en Afghanistan est ainsi motivée, en d’autres termes, avec le même argument que celui qu’avait employé le président Bush sur la nécessité d’une guerre continue pour poursuivre l’obscur ennemi terroriste qui « se cache dans les angles les plus sombres de la terre ».

3) « Nous sommes naturellement réticents à employer la force, mais quand nos intérêts et nos valeurs sont en jeu, nous avons la responsabilité d’agir ». C’est ainsi qu’est justifiée l’intervention en Libye, où « pendant plus de quatre décennies le peuple a été dominé par un tyran, Muhamar Kadhafi ». On n’explique pas, par contre, pourquoi il y a moins de deux ans, le 21 avril 2009, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton déclarait officiellement : « Nous apprécions profondément les relations entre États-Unis et Libye, et désirons ardemment les développer ». L’épisode rappelle celui d’il y a vingt ans, quand Saddam Hussein, d’abord allié des USA contre l’Iran de Khomeiny, devint subitement un odieux tyran contre qui les Usa partirent en guerre. Et aujourd’hui, comme alors, les « intérêts et valeurs » sont mis en jeu quand entre en jeu la possession du pétrole.

4) « Le rôle de l’Amérique (USA, NDT) sera limité : nous n’enverrons pas de troupes terrestres en Libye ». Les Etats-Unis ont déjà suivi cette voie en Irak, « mais le changement de régime a requis huit années, des milliers de vie américaines (étasuniennes) et irakiennes, et une dépense de presque mille milliards de dollars : c’est quelque chose que nous ne pouvons pas nous permettre de répéter en Libye ». La leçon irakienne enseigne donc aux USA de ne pas s’embourber, seuls ou presque, dans une guerre de longue durée, comme le fut celle du Vietnam. D’où la conclusion.

5) « Les Etats-Unis, étant la nation la plus puissante du monde, seront souvent appelés à l’aide. Mais le leadership américain (étasunien) n’est pas simplement d’aller seuls et prendre toute la charge sur nos épaules. Le véritable leadership est de travailler avec les alliés, de façon à ce qu’eux aussi portent leur part du poids et payent leur part des coûts ». Ceci, souligne Obama, « est le type de leadership que nous avons montré en Libye ». Le passage du commandement des Etats-Unis à l’OTAN (toujours sous commandement Usa), qui advient officiellement aujourd’hui, implique que « le risque et le coût de l’opération seront réduits significativement pour les militaires et les contribuables étasuniens ». Par contre, ils augmenteront significativement pour les militaires et les contribuables des pays alliés, Italie (et France, NdT) comprise(s). Il reviendra aux alliés d’envoyer des troupes terrestres en Libye, dans une guerre épuisante de type irakien conduite sous leadership étasunien.

Edition de mercredi 30 mars 2011 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/30-Marzo-2011/art11.php3

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


Le vice premier ministre Britannique préfère al Qaïda à Kadhafi

 
Mounadil

Nick Clegg n’est pas exactement n’importe qui puisque, chef du parti Libéral Démocrate britannique, il occupe la fonction de vice premier ministre au service de Sa Majesté la reine Elizabeth II. Il est donc ce qu’on appelle une grosse pointure de la coalition au pouvoir à Londres.

On n’avait pas trop entendu Nick Clegg s’exprimer à propos de la Libye. C’est maintenant chose faite à l’occasion d’un discours prononcé à Mexico où il se trouve en visite officielle.

Et Clegg a reconnu publiquement que le résultat de l’agression militaire contre la Libye à laquelle participe son gouvernement pourrait bien se terminer par l’instauration de ce qu’il appelle un régime islamiste radical en cas d’éviction du colonel Kadhafi.

Quand Nick Clegg pense extrémisme, il fait explicitement référence à l’Iran, ce qui témoigne d’une confusion complète car il aurait dû dire radical comme l’Arabie Saoudite ou les pétromonarchies de la péninsule arabique. Ou encore comme le régime que les Américains ont mis en place en Irak. Oui, mais tous ces gouvernements sont des alliés de la Grande Bretagne et à ce titre ne sauraient être qualifiés de radicaux ou extrémistes.

Les femmes n’ont pas le droit de vote en Arabie Saoudite ? Pas le droit de passer le permis de conduire ? C’est ce que M. Clegg doit appeler une saine modération parce qu’en Grande Bretagne, depuis que les femmes ont des droits, tout va mal comme on ne le sait que trop bien.

Ce qui pend au nez des Libyens, quoique les choses ne sont pas encore complètement jouées, c’est en fait un régime de type saoudien qui mêle brigade des mœurs, libéralisme économique et alliance avec les puissances de « l’axe du bien ».

Je n’ai pas pu m’empêcher de m’étonner de l’argumentation de Nick Clegg qui dit que « Ce n’est pas à nous de choisir le gouvernement libyen ni même le système de gouvernement en Libye » mais qui pense quand même qu’il revient à la Grande Bretagne et à ses alliés de sommer M. Kadhafi de quitter le pouvoir dans son pays.

Clegg reconnaît que la Libye pourrait devenir un Etat islamiste radical si Kadhafi est renversé. Par Jason Groves, Daily Mail (UK) 30 mars 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

La Libye pourrait devenir un Etat islamique du type iranien après le renversement du colonel Kadhafi, a déclaré hier Nick Clegg.

Dans son premier grand discours de politique étrangère depuis le début de l’intervention militaire en Libye, le vice premier ministre a écarté toute forme de « détournement de la mission » qui amènerait l’Occident à influencer le mode de gouvernement du pays. M. Clegg a dit qu’il maintiendrait ce point de vue même s’il signifie la création d’un régime islamiste radical à proximité de l’Europe.

S’exprimant pendant une visite à Mexico, M. Clegg, dont le parti s’était farouchement opposé à la guerre en Irak, a insisté pour dire que l’intervention militaire en Libye était juste. Mais il a admis que l’issue en Libye était ‘incertaine’ et a averti qu’il y aurait des ‘échecs et des conséquences’ en cours de route.

Il a affirmé qu’après la guerre en Irak, l’Occident devait agir avec “humilité et réalisme’ par rapport à ce qu’il pouvait réussir. Il a ajouté : ‘Nous devons être clairs sur ce qu’il est juste pour nous de faire et ce que nous sommes capables de faire. ‘Ce n’est pas à nous de choisir le gouvernement libyen ni même le système de gouvernement en Libye. C’est l’affaire du peuple de Libye. Ce que nous pouvons faire aujourd’hui en Libye, c’est prévenir le déploiement par un dictateur de forces militaires meurtrières contre des civils.’

Une source de haut niveau du parti Libéral Démocrate explique que M. Clegg a accepté que le vide politique qui suivra le départ de Kadhafi puisse aboutir à la création d’un régime islamique radical, vu que les institutions politiques séculières du pays sont ‘très faibles’ après 40 années de dictature. Mais cette source précise que M. Clegg trouvait le régime de M. Kadhafi si abominable que le ‘pari’ en valait la peine. Elle ajoute : ‘Nous avons actuellement en poste un fou qui a commis la pire des atrocités terroristes sur le sol britannique, alors sommes-nous prêts à prendre les paris sur qui prendra la suite ? Oui.’

L’idée que des forces britanniques puissent être mises en danger en Libye simplement pour permettre la création d’un Etat islamique hostile inquiétera les faucons du gouvernement, dont le ministre des finances George Osborne et le ministre de l’éducation, Michael Gove. Elle mettra aussi en colère Israël et ses puissants alliés en Occident.

M. Clegg a également dit hier aux journalistes qu’il était réticent à ce que Kadhafi se voie accorder un sauf conduit pour quitter la Libye parce qu’il voudrait que le tyran ‘affronte la justice’ soit devant un tribunal en Libye soit devant le tribunal pénal international de La Haye.

Soure : Mounadil Djazaïri


L’OTAN prend le contrôle total des opérations contre la Libye

Bruxelles, 31 mars (AP-RHC).- L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord a indiqué qu’elle a assumé le commandement de toutes les opérations aériennes internationales contre la Libye, qui étaient coordonnées par les Etats-Unis depuis le 19 mars dernier.

Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen a indiqué que son organisation a pris, seule, le contrôle de toutes les opérations aériennes contre la Libye, aujourd’hui à 6 heures du matin et qu’elle dispose des moyens nécessaires pour conduire l’opération « Protecteur Unificateur »qui inclut des bombardements et l’embargo d’armes.

Par ailleurs les opposants libyens ont tenté sans succès de reprendre la ville côtière de Brega de laquelle ils avaient été expulsés la veille par les troupes gouvernementales.

À Londres le Secrétaire au Foreing Office William Jeg , a confirmé que le ministre libyen des Affaires étrangères Moussa Kussa, n’a reçu aucune offre d’immunité de la justice britannique, suite à son arrivée dans le pays européen, où il a annoncé sa démission.

Les médias de New- York indiquent que l’ex ministre nicaraguayen des Affaires étrangères Miguel D’Escoto, désigné représentant de la Libye à l’ONU, a dénoncé que cette organisation s’est transformée en une arme mortelle au service de l’empire étasunien.

Se référant au refus de visa à l’ambassadeur libyen à l’ONU, Ali Treki, pour se rendre au siège du plus grand organisme international, Miguel D’Escoto a suggéré que ce n’était ni plus ni moins q’une coordination entre Washington et le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

 
Aboga Ecuador por instaurar comisión de paz para Libia


Courrez ! La protection des civils commence !
 
Nous laissons ici ces cadeaux du prix nobel de la paix, profitez en !
 


Dennis Kucinich dit que la guerre en Libye est inconstitutionelle
 


Edité par T 34 - 02 Apr 2011 à 01:04
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Apr 2011 à 15:45

L’OTAN vient au secours du « Guide » !LOL

Libye : bavure de l'Otan, 12 insurgés tués sur la route d'Ajdabiya

De nos envoyés spéciaux en Libye, Philippe de Poulpiquet et Thimotée Boutry | Publié le 2. avril 2011 à 11h11

Sur la route entre Ajdabiya et Brega (Libye), samedi matin. Quatre véhicules rebelles et une ambulance ont été touchés par un tir aérien de la coalition à 1 heure du matin. Cette première bavure a fait 12 morts, immédiatement enterrés près de leurs véhicules calcinés.

 

Comme l'ont constaté les deux envoyés spéciaux du Parisien-Aujourd'hui en France présents en Libye, une frappe de l'Otan a fait douze victimes dans les rangs des insurgés opposés au régime de Mouammar Kadhafi, dans la nuit de vendredi à samedi, sur la route entre Brega et Ajdabiya. 

 

L'incident s'est produit vers 1 heure du matin, dans une zone que l'Otan avait apparemment déconseillée aux rebelles.

 Alors que ces derniers quittaient leur position de Brega, en convoi, en se dirigeant vers Ajdabiya, des avions de l'Otan auraient d'abord tiré au canon en visant la route devant eux. Les insurgés auraient répondu en tirant en l'air, en criant «Allah Akbar» comme ils ont coutume de le faire. C'est alors qu'une autre frappe aérienne aurait atteint directement le convoi, les pilotes de l'Otan les ayant sans doute pris pour des soldats de Kadhafi. 

 

Comme l'ont constaté nos envoyés spéciaux, les 12 victimes ont été aussitôt inhumées, à proximité des restes calcinés de leurs cinq véhicules, quatre «pick ups» et une ambulance. Selon un militaire libyen du camp insurgé, les impacts laissés sur les véhicules et sur la route étaient similaires à ceux des canons à tir rapide équipant certains appareils de l'armée de l'air américaine

 

Peu après 11 heures, les troupes de Kadhafi ont commencé à tirer à l'artillerie lourde sur la zone de l'incident, obligeant les insurgés et les journalistes à se replier à 5 km de là. 

 

Source : http://www.leparisien.fr/intervention-libye/libye-bavure-de-l-otan-12-insurges-tues-sur-la-route-d-ajdabiya-02-04-2011-1390257.php

 

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Apr 2011 à 17:32

Apparemment, le père Kadhafi, n’est pas le seul à voir Al Qaeda à tous les coins de rue (ou de désert)Wink. J’ai trouvé ce genre d’articles dans plusieurs sites électroniques algériens.

EN PLUS D’UNE SURVEILLANCE AÉRIENNE DE LA FRONTIÈRE ALGÉRO-LIBYENNE

7000 gendarmes et 5 bataillons de l’ANP mobilisés

2 avril 2011

En prévision de la visite du chef de l’Etat, le dispositif sécuritaire a été renforcé.

Aux frontières algéro-libyennes, c’est l’alerte maximale et les forces de sécurité sont sur le pied de guerre. En plus d’une surveillance aérienne stricte et quasi quotidienne le long des 960 km de la frontière algérienne avec la Libye, on a appris de sources sécuritaires que l’alerte est maximale au niveau de cette région sud du pays. Nos sources indiquent, en effet, que pas moins de 7000 gendarmes du Groupement de la Garde frontière (GGF) ont été récemment dépêchés en renfort dans cette zone. Cela, ajoutent nos sources, en plus des 5 bataillons de l’Armée nationale populaire (ANP) qui y sont stationnés avec armes et bagages prêts à intervenir.

L’alerte est maximale surtout que le chef de l’Etat se rendra le 5 avril prochain à Tamanrasset. Il n’est donc pas question de laisser la moindre faille dans le maillage sécuritaire du Sud.

La situation demeure, en vertu de se qui se passe en Libye, très tendue au niveau de la bande frontalière algéro-libyenne. Des sources sécuritaires insistent sur le fait que l’Algérie subira les conséquences de la conjoncture actuelle. Des unités spéciales y sont aussi dépêchées.

Les forces aériennes dont des troupes héliportées survolent cette zone frontalière. L’objectif est d’empêcher toute tentative d’acheminement d’armes et d’infiltration des membres d’Al Qaîda au Maghreb. La nébuleuse a réussi à acquérir des armes lourdes et des missiles anti-aériens grâce à des insurgés libyens, ses nouveaux alliés.

Les achats s’effectuent avec l’argent des rançons versées dans ses caisses par des pays occidentaux dont la France. Al Qaîda vient de procéder à des recrutements massifs d’éléments qu’elle entraîne sur le territoire libyen. Si l’on venait, en plus, à procurer des armes aux rebelles libyens, une question qui divise l’opinion occidentale, Al Qaîda sera parfaitement ancrée dans la région durant des années. Et dans cette situation, tous les efforts de coopération consentis dans la lutte antiterroriste ne seront qu’un coup d’épée dans l’eau.

Dans ce contexte, le numéro trois de la nébuleuse, Abou Yahia Al Liby, avait promis une guerre contre le colonel El Gueddafi et faire de la Libye, après avoir échoué en Algérie, une terre de Djihad en comptant sur de nouvelles recrues. Mais ça ne sera certainement pas à partir du sol algérien où un dispositif sécuritaire hermétique et très mobile est en opération.

Le message est clair pour rassurer la population sur sa sécurité et la sensibiliser afin de maintenir le territoire hors de toute menace. Il faut être naïf pour croire que les visées d’Al Qaîda vont se limiter au territoire libyen. Bien sûr, c’est une étape dans la stratégie de cette organisation criminelle, déterminée à faire régner le chaos dans la région.

Ikram GHIOUA

 

Source : http://www.lexpressiondz.com/article/2/2011-03-24/87516.html

 

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Le collapsus de la diplomatie

Avec la déplorable décision prise par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, OTAN, Washington, Londres et Paris à la tête, de poursuivre les bombardements contre la Libye tant que le leader Mouammar El Kadhafi ne quittera pas le pouvoir, nous avons assisté au collapsus définitif de la diplomatie comme voie pour résoudre les contradictions entre les peuples et les nations.

La réunion des ministres des Affaires étrangères de 36 pays, a Londres, lors de laquelle ils ont décidé que le gouvernement libyen avait perdu toute légitimité et qu’il doit abandonner le pouvoir, est venue prouver que tout comme à la fin des deux guerres mondiales du siècle dernier, le monde peut être divisé selon le désir des puissants.

Le plus grave est sans doute que l’Humanité, qui s’était dotée, au terme de la seconde guerre mondiale, d’un mécanisme pour trouver des solutions aux problèmes internationaux, avec la création de l’ONU, sans avoir à les résoudre sur le champ de bataille, constate aujourd’hui avec tristesse, qu’à la fin tout à été un château de cartes.

Nous vous donnons quelques arguments qui le prouvent:
En tout premier lieu, le cas qui nous occupe n’est pas un conflit international, mais un problème interne, où des opposants et des forces loyales au gouvernement se disputent le pouvoir. Il est très important de le rappeler, car les discours ont trompé l’opinion. On a dit que les attaques de l’OTAN avaient pour but de protéger des civils innocents, mais en réalité cette alliance belliciste protège des bandes bien armées qui ont occupé des villages par la force, ayant recours pour ce faire aux armes à feu et qui ont été ensuite délogées par l’armée.

Il est vrai que des civils désarmés se sont retrouvés au milieu des échanges d’artillerie, mais ce n’est pas eux que les missiles et les bombes de l’OTAN défendent. Sinon, pourquoi sont-ils largués dans des zones urbaines, justement là où vivent ces gens-là ?

Ce que les envahisseurs sont en train de faire est de tendre un rideau de feu pour protéger les opposants et leur permettre d’avancer sur Tripoli, la capitale, ce qui signifie qu’ils ont pris partie. Ils donnent leur appui inconditionnel à l’une des parties, ce qui enlève complètement l’étiquette de mission humanitaire avec laquelle ont a prétendu justifier l’attaque.

En tout cas, pourquoi n’a-t-on pas agi avec la même énergie au Rwanda en 1994? Il y avait alors là bas, des troupes de l’ONU, mais les États-Unis, la France et la Grande Bretagne, comme par hasard, ont entravé leur mobilisation et ont donc permis la mort de 500 000 à un million de civils.

Pourquoi une zone d’exclusion aérienne et navale n’a pas été imposée à Israël après l’opération Plomb fondu qu’il a lancée contre la Bande de Gaza, opération qui a duré 25 jours entre décembre 2008 et janvier 2009 et au cours de laquelle plus de 1000 civils palestiniens pour la plupart des enfants et des femmes ont trouvé la mort?

Pourquoi n’interviennent-ils pas au Bahreïn, où il y a eu plus de morts que durant le conflit en Libye et ceux-ci, oui, étaient désarmés?

La réponse à de telles questions, l’a donnée le Président Barack Obama, lorsqu’il a dit, faisant référence à l’agression contre la Libye “ c’est ainsi que la communauté internationale doit agir, plus de nations, avec les Etats-Unis au centre, certes, mais pas seuls, toutes redoublant d’efforts, en train d’assumer leurs responsabilités". Voilà le monde qui nous attend.

La diplomatie? Il faudra la chercher dans des musées ou des bibliothèques pour des raretés juridiques obsolètes.

Source


Libye, la guerre secrète de la Cia

 

Manlio DINUCCI

« Alors que le président Obama a réaffirmé qu’aucune force terrestre américaine (étasunienne) ne participe à la campagne de Libye, des groupes d’agents de la Cia opèrent en Libye depuis plusieurs semaines » : révélations hier du New York Times. Les agents, dont le nombre est inconnu, sont ceux qui « avaient déjà travaillé à la centrale de l’agence d’espionnage à Tripoli » et d’autres arrivés plus récemment. Kadhafi avait autorisé la CIA et d’autres agences étasuniennes, en 2003, à opérer en Libye pour contrôler qu’il avait bien renoncé à son programme nucléaire militaire et transférer hors du pays des instruments et projets pour la bombe. Ces agences mêmes ont ensuite « renoué leurs liens avec les informateurs libyens », quand « il y a plusieurs semaines, le président Obama a secrètement autorisé la Cia à fournir des armes et autres formes de soutien au rebelles libyens ».

Les groupes de la Cia -qui opèrent en Libye dans le cadre d’une « force ombre » dont font partie des agents britanniques et autres, véritables « troupes terrestres ombre », en contradiction avec la Résolution 1973- ont deux tâches. Avant tout, « contacter les rebelles pour comprendre qui sont leurs leaders et groupes d’appartenance ». L’amiral James Stavridis, qui commande les forces étasuniennes et OTAN en Europe, a déclaré, dans une audition au Sénat, que des indices existent d’une présence Al Qaeda parmi les forces anti-Kadhafi. Il convient donc de fournir armes et entraînement aux groupes fiables, c’est-à-dire utiles aux intérêts des Etats-Unis et de leurs principaux alliés (France et Grande-Bretagne), à l’exclusion de ceux qui n’offrent pas de garanties suffisantes. La France s’est déjà déclarée disponible à fournir des armes et, pour l’entraînement, des forces spéciales britanniques sont déjà en Libye.

En même temps, les agents étasuniens et alliés ont la mission de fournir aux pilotes des bombardiers les coordonnées de objectifs à frapper, surtout dans les zones urbaines, qui sont signalés avec des pointeurs laser portables. Les données transmises par les agents sont alors intégrées à celles recueillies par les avions espions de divers types (Global Hawk, U-2, Jstars, Rc-135) qui depuis des semaines, avant les attaques aériennes et navales, ont survolé en continu la Libye pour repérer les objectifs. Particulièrement important le rôle des Global Hawk, les avions télécommandés qui décollent de Sigonella (Sicile), dont les informations sont transmises au centre de commandement. Celui-ci envoie les données à un avion Awacs, venant de Trapani (Sicile), qui les transmet aux pilotes des bombardiers. Prêts à partir aussi les Predator, les drones utilisés en Afghanistan et au Pakistan, armés de missiles. L’enquête du New York Times montre ainsi que les préparatifs de guerre avaient commencé bien avant l’explosion du conflit intérieur et avant l’attaque USA/OTAN, et que les opérations guerrières ne sont pas seulement ce qui apparaît aujourd’hui à nos yeux. On ne sait pas si l’Italie aussi (et la France, NDT) fait partie de la force ombre qui opère en Libye. Mais le président Obama, en exprimant au président Napolitano et au premier ministre Berlusconi sa profonde appréciation pour « l’appui résolu aux opérations de la coalition en Libye », reconnaît la « compétence » de l’Italie dans la région. Indubitable compétence, acquise depuis que les troupes italiennes, il y a un siècle, en 1911, débarquèrent à Tripoli.

Edition de vendredi 1er avril 2011 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/Quotidian...

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


Mgr Martinelli, évêque de Tripoli : « 40 civils tués par les raids aériens de l’OTAN »

 

Francesca Pilla

NAPLES - Dans la nuit de mercredi à jeudi les raids aériens sur Tripoli ont causé la mort d’au moins 40 civils : le général canadien Charles Bouchard en est parfaitement au courant tandis qu’il se prépare à la conférence de presse de la base Jfc (Joint Force Allied , NdT) à Bagnoli (Naples). C’est aussi aujourd’hui (jeudi 31 mars 2011, NdT) qu’arrive dans ses mains la direction unique de l’opération « Protecteur Unifié » qui passe sous commandement OTAN ; mais le militaire, qui a une longue arrière derrière lui, sait que le monde lui demandera des comptes sur les victimes, femmes et enfants (et hommes, NdT) ensevelis sous les décombres d’un immeuble écroulé. Et même si les bombardements étaient sous contrôle de la coalition des volontaires, conduite par USA, France et Grande-Bretagne, l’OTAN ne peut pas faire mine de rien. Mais cette fois, celui qui hausse le ton sur les dommages collatéraux des attaques aériennes qui devraient avoir un objectif « humanitaire », n’est pas un membre du régime Kadhafi, mais bien l’évêque de Tripoli, monseigneur Giovanni Martinelli : « Les raids dits humanitaires -a-t-il déclaré très tôt dans la matinée- ont fait des dizaines de victimes parmi les civils dans certains quartiers de Tripoli. J’ai recueilli divers témoignages de personnes dignes de foi à ce sujet. En particulier, dans le quartier de Buslim, à cause des bombardements, une habitation civile s’est écroulée en provoquant la mort d’au moins 40 personnes ».

Bouchard arrive avec 15 minutes de retard dans une petite salle de conférence installée, d’après le commandement OTAN, à la hâte ces derniers jours. De Bruxelles aussi les media internationaux, en vidéoconférence, piaffent d’impatience et font pression pour savoir la vérité, mais les hauts gradés freinent des quatre fers : « Le général a très peu de temps et ne peut répondre qu’à 5 questions de Bruxelles, et 3 ici à Naples ». Tactique qui cache mal l’intention de concéder aussi peu d’informations que possible.

Bouchard parle d’abord de l’opération, explique que le passage de pouvoir s’est réalisé sans problèmes, qu’en quelques heures ont déjà été accomplies « plus de 90 actions » de bombardement, parce que l’Alliance peut compter sur « plus de cent avions de combat et de soutien et sur une douzaine entre bâtiments navals et sous-marins ». Le général souligne que l’objectif est celui de faire respecter l’embargo d’armes et la zone d’exclusion aérienne, et rappelle ainsi à plusieurs reprises, comme il l’avait fait mardi (29 mars 2011, NdT) de cette même base militaire, que la mission de son commandement était de protéger la population civile. Les questions de la salle cependant lui rappellent les 40 morts, un journaliste américain (étasunien) lit les déclarations de Martinelli : « S’il est vrai que les bombardements semblent ciblés -a déclaré l’évêque de Tripoli- il est tout aussi vrai qu’en frappant des objectifs militaires, qui se trouvent au milieu de quartiers civils, on touche aussi la population ». « Nous mènerons une enquête dans la chaîne de commandement pour voir s’il y a des preuves, nous sommes en train d’enquêter sur ce qui s’est passé », est la réponse expéditive du général qui dit être au courant de l’épisode ; et que l’OTAN « est en train d’enquêter » pour vérifier si ses forces sur le terrain sont impliquées ou non. Puis Bouchard dont le visage ne trahit aucune émotion se disculpe à la Ponce Pilate : « Nous avons pris le commandement complet des opérations seulement à 6 heures du matin, heure Greenwich. Nous sommes en train de prendre tous les aspects au sérieux, mais l’opérativité totale de l’OTAN n’était pas encore activée au moment des faits ; nous vous informerons quand l’enquête sera terminée ».

En réalité, cette fois, qu’il y ait eu un massacre de civils est une chose assez claire pour tout le monde, il ne s’agit pas des cent personnes décédées, de la propagande, au début de l’attaque, du régime Kadhafi (à propos desquels l’auteur ne donne cependant aucune source certifiant la propagande, NdT), et arrivent après les 11 victimes de Tajoura et les 17 blessés de ces jours derniers à Dita, sur la route de Misurata, quand un autre hôpital a été touché (selon un reportage de Euronews) (sources à chercher, NdT) Mais à ce propos, même l’amiral Giampaolo Di Paola, président du comité militaire de l’OTAN, n’a pas voulu faire de commentaires, pratiquant la même attitude que Bouchard, de renvoi de la responsabilité sur d’autres : « L’OTAN n’a pris le total commandement des opérations qu’à 8 heures (locales ; remarquable marque d’indépendance par rapport au commandement étasunien -de protection- unifié(e)… NdT). Mais c’est un fait que jusqu’à présent les attaques contre les civils viennent du régime de Kadhafi ». De Naples enfin arrive aussi l’avertissement à Kadhafi et à ses soutiens : « Je conseille vivement aux assaillants de se désister et de se retirer immédiatement, sinon ils paieront les conséquences de leurs actions », dit le commandant de l’opération Protecteur Unifié, en partant à toute allure.

Edition de vendredi 1er avril de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/Quotidian...

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio.

Notes de la traductrice.

(1) Voir : http://www.jfcnaples.nato.int/defau... , et en particulier en cliquant sur Missions, http://www.jfcnaples.nato.int/milit... détails de quelques opérations passées et photos des assassins potentiels (stipendiés par nos impôts).


Démocratie humanitaire contre pétrole : Les Libyens ont-ils le choix ?

 

Chems Eddine CHITOUR

« Ubi Solitudinem faciunt pacem appelant »
« Où ils font un désert, ils disent qu’il est donné la paix »
Tacite (Vie d’Agricola,30)

Mardi 29 mars s’est tenue à Londres une réunion du groupe de contact au chevet de la Libye. L’Occident annonce que les pays arabes ont assisté, parlant des familles princières du Qatar et des Emirats qui représentent 300 millions d’Arabes. L’Union Africaine, la Russie, l’OCI n’ont pas voulu venir entériner un scénario écrit avant. Alain Juppé a déploré l’absence de l’Afrique. « Les participants, nous dit-on, ont convenu d’établir un Groupe de contact sur la Libye. Le Qatar est le seul pays arabe, avec les Emirats arabes unis, à participer aux opérations en Libye. Mardi matin, Mouammar Kadhafi a exhorté dans un message ce groupe de contact à mettre fin à l’ « offensive barbare » contre son pays, la comparant aux campagnes militaires de Hitler en Europe. Peine perdue, Le groupe de contact est chargé du pilotage politique du conflit. Le choix des cibles en Libye ne va pas être de la responsabilité du groupe de contact créé mardi mais de celle de l’Otan. La conférence a fixé trois missions au groupe de contact : - « assurer le leadership et la direction politique d’ensemble des efforts internationaux, » - « fournir une plateforme en vue de coordonner la réponse internationale sur la Libye ; » - « fournir un espace commun au sein de la communauté internationale pour des contacts avec les parties libyennes ».

Il est utile que chacun prenne connaissance d’une information qui circule en Italie à propos des révélations sur l’implication des services de renseignement français à la planification de l’insurrection anti-Kadhafi en Cyrénaïque et sur la présence des forces spéciales anglo-américaines dès le début de la rébellion, sinon plus tôt. Publiée le 23 mars par la presse de Berlusconi, qui démontre comment la « révolte populaire » contre Kadhafi a été orchestrée par Paris depuis le mois d’octobre. Le quotidien Libero, citant des documents confidentiels de renseignement français (obtenus par le renseignement italien) et basés sur les rapports dans le bulletin diplomatique Maghreb Confidentiel, raconte comment l’homme le plus digne de confiance du colonel, son chef de protocole, Nouri Masmari, l’a trahi après s’être réfugié à Paris le 21 octobre 2011 » (1)

« Mesmari arrive à Paris le lendemain, 21 octobre. Quand arrive la nouvelle que Mesmari a demandé officiellement l’asile politique à la France, le 23 décembre d’autres Libyens arrivent à Paris. Ce sont Farj Charrant, Fathi Boukhris et All Ounes Mansouri. Nous les connaîtrons davantage après le 17 février : parce que ce sont justement eux, avec Al Hadji, qui vont mener la révolte de Benghazi contre les miliciens du colonel. (...) À la mi-janvier, la France a dans les mains toutes les clés pour tenter de renverser le colonel. Mais il y a une fuite. Le 22 janvier, le chef des services secrets de Cyrénaïque, un fidèle du colonel, le général Aoudh Saaiti, arrête le colonel d’aviation Gehani, référant secret des Français depuis le 18 novembre. Mais c’est trop tard : Gehani a déjà préparé la révolte de Benghazi, avec les Français. » (2)

Trois pays mènent la danse : Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France.. De plus, Franco Frattini, le ministre italien, a indiqué que l’Italie présenterait son plan mardi à Londres lors de la réunion prévue du groupe de contact politique sur la Libye. « Nous avons un plan et nous voulons voir si cela pourrait devenir une proposition italo-allemande. Le projet prévoit un cessez-le-feu garanti par L’ONU, des consultations larges avec les nombreuses tribus libyennes et « un couloir humanitaire permanent sur lequel nous travaillons déjà avec le gouvernement turc ». (2)

Pourquoi l’Union africaine n’a pas assisté à la réunion de Londres ?

C’est là où on voit toute la duplicité des pays occidentaux qui ont tout fait pour que l’Union africaine ne puisse pas faire rencontrer les protaganistes bien avant la réunion du Conseil de sécurité ; déjà on se souvient que Hugo Chavez le président vénézuélien, avait une proposition qui a été traitée par le mépris. La dernière proposition de l’Union africaine de la semaine dernière où elle demandait aux deux protagonistes de venir à Addis-Abeba a été torpillée indirectement : le Conseil de transition, création de la France et de la Grande- Bretagne, n’a pas donné suite. La réaction de l’Afrique est admirablement analysée par la contribution suivante. Nous lisons : « Face à la déroute des loyalistes et au risque géopolitique sur le Sahel, l’Union africaine s’est finalement décidée à bouger et agir afin de se réapproprier l’initiative sur les conflits en Afrique (...) Au terme de la réunion de vendredi dernier à Addis-Abeba, l’Union africaine a adopté une feuille de route de sortie de crise proposée aux deux parties libyennes et acceptée par les partisans de Kadafi. (...) Dans cette perspective, Jean Ping a animé, samedi dernier [le 26 mars (Nda) au Caire, une conférence de presse conjointe avec le secrétaire général de la Ligue arabe. Ping a indiqué avoir présenté les propositions de l’UA concernant la crise en Libye à la Ligue arabe. Il a précisé que l’UA avait élaboré une feuille de route et formé un groupe de contact composé de 5 chefs d’Etat qui s’est réuni le 19 mars pour coordonner les positions et examiner le document soumis. Il était prévu que le groupe de contact se rende le 20 mars, de Nouakchott à Tripoli, et le 21 de Tripoli à Benghazi, a-t-il dit avant de souligner la nécessité d’obtenir une autorisation pour se déplacer en Libye après adoption, le 20 mars, de la décision par le Conseil de sécurité. Une autorisation qui a d’ailleurs été refusée, a-t-il tenu à ajouter. » (3)

« Selon le texte final de la réunion d’Addis-Abeba, les représentants libyens « ont formellement réitéré leur acceptation inconditionnelle » de ce plan, se disant prêts « à oeuvrer à un cessez-le-feu crédible et effectif » avec la mise en place « d’un mécanisme de surveillance et de vérification », précise le communiqué de l’UA. Cette « feuille de route » se veut « à la fois réaliste et adéquate », « dans le respect de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale de la Libye et dans celui des aspirations légitimes du peuple libyen », selon l’UA. Elle doit aboutir à « la mise en place et la gestion d’une période de transition [...] qui devra déboucher sur l’élection d’institutions démocratiques ». Pour l’UA, la résolution de la crise doit nécessairement s’inscrire dans le cadre de la légalité internationale ». Pour M.Messahel, il est important que les Africains et les Arabes « s’approprient » leurs crises pour « aller au plus vite vers un règlement ». « La crise libyenne est une affaire interne et c’est aux Libyens de trouver eux-mêmes le règlement. »(3) « Au moment où l’Union africaine tente de désamorcer une crise qui risque de perdurer et de menacer la stabilité de tous les pays du Sahel, l’Europe développe un double langage qui, d’une part, soutient l’initiative africaine et, d’autre part, prépare une autre proposition politique de nature à torpiller tout effort de règlement de la crise qui risque de perdurer et qui menace toute la bande sahélo-saharienne. (...) Si les Occidentaux se sont mobilisés pour accélérer le changement politique en Libye, ce n’est pas par philanthropie ni par amour du peuple libyen  ». (3)

«  En Palestine et au Sahara occidental, les peuples sous occupation coloniale subissent la répression et toutes les privations sans que l’Occident mobilise son armada pour les libérer. Il est évident que l’Occident défende ses intérêts. Cependant, cette intervention militaire directe a créé une situation à risque pour les pays du Sahel. La guerre civile en Libye est un terreau favorable pour l’Aqmi qui s’y incruste pour s’armer et se renforcer. (...) De nombreuses personnes ont pris des armes de guerre en Libye pour les vendre à Al Qaîda au Maghreb islamique (Aqmi) » présente dans de nombreux pays sahéliens dont le nord du Mali, affirme Abdoulsalam Ag Assalat. « Ces armes lourdes vont déstabiliser tout le Sahel. Aqmi sera de plus en plus maître de la région avec des tentations de jeunes Touareg d’intégrer ses rangs », avertit-il. L’arsenal ramené de Libye pour des combattants d’Aqmi comprendrait des missiles sol-air Sam7, et des roquettes anti-char RPG7. Aqmi a procédé ces dernières années à des enlèvements d’Européens, en exécutant certains. (...) Communauté nomade d’environ 1,5 million de personnes, les Touareg sont répartis entre le Niger, le Mali, l’Algérie, la Libye et le Burkina Faso. » (3)

L’Algérie sait que l’intervention occidentale en Libye constituera une menace directe à sa sécurité nationale dans la région du Sahel. Elle partage 970 km de frontière poreuse avec la Libye c’est de fait un nouveau front comme celui du Sahel qui s’ouvre à l’Est. Nous sommes aux premières loges de la déstabilisation Devant la boîte de Pandore ouverte par les Occidentaux qu’il ne sera pas facile de fermer. On apprend qu’un « ambassadeur » nommé par la France, est en voie de prendre ses fonctions à Benghazi. De plus, la France et la Grande-Bretagne comptent tordre le coup à la résolution de 1973 de l’ONU en envisageant d’armer le CNT. Ce n’est pas l’avis du secrétaire général de l’Otan qui est opposé à l’idée de fournir des armes aux insurgés libyens. L’Otan est « là pour protéger les populations, pas pour les armer », a estimé mardi le secrétaire général de l’Otan Anders Fogh Rasmussen, à l’issue d’une réunion internationale à Londres sur la Libye. Interrogé par Sky News sur la possibilité de fournir des armes aux opposants libyens combattant les forces loyales au colonel Muammar Kadhafi, le responsable de l’Alliance a répondu : « La résolution du Conseil de sécurité est très claire : elle exige l’imposition d’un embargo sur les armes. Nous sommes donc là pour protéger les populations et pas pour armer les populations ». L’approvisionnement en armes de la rébellion n’a « pas été discuté » lors de la réunion, a assuré le britannique William Hague, mais la France s’est déclarée prête à discuter avec ses alliés d’une aide militaire aux rebelles. « Ce n’est pas ce que prévoit la résolution 1973, ni la résolution 1970. » (4)

La mort en différé

On pousse des cris d’orfraie s’agissant de la radioactivité à Fukushima mais personne ne parle des bombes à l’uranium appauvri qui vont faire dans les années à venir la même hécatombe qu’en Irak avec les cancers, les leucémies, les maladies génétiques...qui passent par pertes et profits. Ces populations que l’on veut sauver des griffes du tyran Gueddafi vont mourir de mort lente « L’uranium appauvri a trouvé d’excellentes modalités d’utilisation dans le domaine militaire. S’il est traité de façon adéquate, l’alliage U-Ti (Uranium-Titane) constitue un matériau très efficace pour la construction de pénétrants à énergie cinétique, des barres métalliques denses qui peuvent perforer un blindage quand elles sont tirées sur celui-ci à vitesse élevée. (...) Considérons l’impact d’un missile Cruise Tomahawk qui porte 3 kg (meilleur cas) ou 400 kg (pire cas) d’uranium appauvri. L’impact produit un nuage de détritus de dimension variable, après combustion violente à environ 5000°C. Entre 500 à 1000 mètres de l’impact on peut respirer des nuages de densité suffisante pour causer des doses significatives, composées de particules qui ont une masse d’environ 0.6 à environ 5 nanogrammes (6-50x10-10gr.).  » (5)

«  On peut retenir que 25% environ des particules de diamètre aux alentours d’1 micron sont retenues pendant une longue période dans les poumons, tandis que le reste se dépose dans les voies aériennes supérieures, passe dans l’appareil digestif et de là est éliminé pour la plus grande part à travers les voies urinaires, alors que de petites parties vont s’accumuler dans les os. Les risques d’exposition à l’uranium appauvri de la population libyenne à la suite de l’utilisation de ce matériau dans la guerre de 2011 ont été évalués selon une approche la plus large possible. Dans le premier cas (meilleur cas), le nombre de tumeurs attendues est très exigu et absolument non significatif du point de vue statistique. (...) Dans le second cas (pire cas), par contre, nous sommes face à un nombre d’apparitions de tumeurs de l’ordre de plusieurs milliers. Celles-ci pourraient clairement être relevables à un niveau épidémiologique et posent, sans aucun doute, une forte préoccupation. Il est important, enfin, de recueillir des données et des études dans le domaine des effets des « nouvelles guerres » sur l’homme et l’environnement ; il faut montrer comment nos armes modernes, nullement chirurgicales, produisent des dommages inacceptables. (...) » (5)

L’avenir de la Libye

Voilà donc, le cadeau laissé aux Libyens loyalistes ou rebelles, une fois la Libye pacifiée et que les puits de pétrole auront change de main. Est-ce le chaos constructeur dont parlait Condoleezza Rice ? On peut se demander pourquoi cet acharnement de l’Occident à vouloir démocratiser à coup de missiles Cruise, Rafale, et Tornado. Est-ce uniquement pour les matières premières ? Ou est-ce aussi une croisade -le mot a été lâché par un ministre européen- Ou est-ce les deux ? On peut le penser quand on s’aperçoit par exemple que pour des raisons d’élection présidentielle, le débat sur la place à donner à l’Islam en France a provoqué un sursaut d’humanité des autorités religieuses dans un appel le lundi 28 mars : « (...) Que nous le voulions ou non, la guerre au Proche-Orient, et maintenant au Maghreb, sera toujours récupérée comme une ‘’croisade’’. Et cela retombe inévitablement sur les relations de convivialité que Chrétiens et Musulmans ont tissé et continuent de tisser au quotidien », soulignent les évêques d’Afrique du Nord dans un appel le lundi 28 mars en vue de trouver « une solution juste et digne pour tous » au conflit libyen  ».

El Gueddafi quittera le pouvoir mais rien ne sera jamais comme avant en Libye, l’Occident parti, les puits de pétrole pris définitivement en charge, les 40 tribus libyennes vont se déclarer une nouvelle guerre de cent ans, fruit des frustations de 40 ans de règne de la tribu des Gueddafa. Ce n’est certainement pas de ce Conseil de transition que naitra la Libye de demain ; il faut espérer que la situation ne se détériore pas au point de déborder au-delà des frontières créant, il faut bien le dire, un chaos destructeur dans une région qui a besoin de stabilité. Jusqu’à quand les puissances impériales avec leur complexe militaro-industriel continueront-elles à réduire en esclavage les peuples sous prétexte d’humanitaire dont on connaît les « bienfaits » ? Rony Brauman dit qu’ « il ne croit pas à la démocratie humanitaire ». Il a mille fois raison !!!

Il est hors de doute et malgré les démentis occidentaux en forme d’aveu, l’Islam le tiers exclus de la révelation abrahamique depuis ’l’invention du judéo-christianisme’ après l’aggiornamento de l’Eglise lors Vatican II, connaitra de plus en plus une diabolisation ; Après avoir rendu exsangue les pays anciennement colonisés en leur enlevant leurs ressources minières et pétrolières, il n’est pas exclus que dans ce XXIe siècle de tous les dangers se profilent même dans les pays occidentaux une ghettoïsation de ces citoyens qui ne veulent pas perdre leur identité religieuse. Un homme politique français propose de leur attribuer un croissant vert.

Pr Chems Eddine CHITOUR
Ecole Polytechnique enp-edu.dz

1. Franco Bechis : Comment Sarkozy a orchestré la révolte libyenne. Libero du 23 mars 2011 2.www.senenews.com/.../libye-litalie-... -

3. http://www.afriquejet.com/afrique-d... ;union-africaine-veut-se-reapproprier-et-regler-la-crise-libyenne-201103296844.html

4. Rasmussen : « L’Otan n’est pas là pour armer les populations » Le Point.fr - Publié le 29/03/2011

5. Massimo Zucchetti : Missiles Cruise à l’uranium appauvri sur la Libye. http://www.mondialisation.ca/index.... Le 28 mars 2011

Patria socialismo o muerte

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Pourquoi est-ce qu’on entend jamais parler du Sud de la Libye Par Uri Friedman


Si vous avez suivi les actualités en Libye, les foyers de la bataille entre les forces de Muamar Kadhafi, les combattant rebelles et les avions de guerre de la coalition vous sont probablement familiers désormais: Trípoli, Misrata, Sirte, Ras Lanuf , Brega, Ajdabiya, Bengasi. Tous ces villages et villes, comme cela peut se voir sur la carte, sont sur le côte nord de la Libye.

Ce qui nous a  poussé à nous  interroger : Qu’est-ce qui se passe exactement dans le sud de la Libye ?

La libye est un vaste pays avec une population réduite. Selon le Département d’Etat, 90% des Libyens vivent dans moins de 10% du territoire, principalement dans les centres urbains le long de la côte et spécialement dans les deux cités les plus grandes de Libye, Tripoli et bengasi. Là où la population est clairsemée, prévaut le désert. La sud de la libye est le hoggar, où on trouve des petits groupes nomades tribaux comme les Tebou et les touaregs.
Mais tandis que la majeure partie de l’action en Libye se déroule dans le nord, le sud connaît ses propres évolutions.Les connaître est indispensable pour avoir une vision correcte.

 Stockage de munition.
Lundi, des avions britanniques ont bombardé des bunkers de munitions dans la ville méridionale de Sebha , selon l’AFP. Le gouvernement libyen, qui contrôle cette ville, avait sensément  utilisé les bunkers pour approvisionner ses forces de sécurité au nord avec des  armes à feu, des fusées et de l’artillerie.

La préoccupation de l’Afrique
Alex de Waal, du Science Research Social Council, explique que les pays voisins comme le Níger, Tchad et le Soudan regardent avec attention les villes du sud de la Libye comme Sebha et Kufra, « parce que ces zones ont servi de base arrière  aux révoltes armées dans leurs pays, et les leaders rebelles résident encore là ». Les voisins du sud de la Libye sont sensés être préoccupés par le fait que Kadhafi arme ces leaders rebelles tandis que le pouvoir lutte pour se maintenir et aussi que ces rebelles locaux profitent du chaos en Libye pour mettre la main sur des armes.
 
Situation d’alerte pour les Réfugiés
Net a fait un reportage la semaine passée sur le fait que des milliers d’immigrants de l’Afrique sub-saharienne qui fuient l’invasion en Libye sont en déshérence  dans des villes comme Sebha sans aucune espérance de pouvoir franchir  la frontière.

La menace d’Al Qaeda
Catherine Herridge, de Fox News, se demande si « le sud de la Libye se convertira en aimant pour les groupes djihadistes » des affiliés du nord de l’Afrique à Al Qaeda, Al Qaeda du Maghreb Islamique (AQMI). L’analyste britannique Noman Benotman, un Libyen ex–djihadiste, a dit à  CNN qu’AQMI a traditionnellement été faible en Libye, mais qu’il y a eu 40 Libyens qui se sont joints au groupe dans les dernières années et que  deux membres d’AQMI Libye ont été impliqués dans une fusillade avec des forces libyennes de sécurité dans le sudoccidental la ville de Ghat, en janvier, conformément à une information que CNN n’a pas pu confirmer.

Retrait de Kadhafi
Des experts en intelligence du Proche Orient alertent sur le fait que la communauté internationale ne peut pas permettre que les forces de Gadafi « s’évanouissent dans le désert libyen du sud, en nous laissant avec un pays brisé »une menace latente.

The Atlantic Wire

traduction de Danielle Bleitrach


L'OTAN assassine 9 rebelles et 4 civils qui le célèbrait.
 

Camps de réfughiés en Libye
 
 


Edité par T 34 - 03 Apr 2011 à 03:31
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13 libyen "libérés" par l'OTAN
 

Libye: 13 morts dans une bavure de la coalition

L'ambulance gît sur le côté, comme un gros animal carbonisé. Les cinq voitures civiles sont détruites. Sur la route de Bréga, dans l'Est de la Libye, l'aviation de l'Otan a commis vendredi soir une terrible erreur de tir. Treize personnes, neuf combattants rebelles et quatre civils ont été tués: les insurgés étaient à bord de voitures, les quatre civils à bord d'une ambulance.

Il s'agit, selon des sources hospitalières dans la ville voisine d'Ajdabiya, de trois étudiants en médecine de Benghazi, volontaires pour soigner les victimes des combats, et du chauffeur de l'ambulance. Selon le déroulement des faits, reconstitué par l'AFP sur place et à Ajdabiya, tout serait parti d'un tir de joie, vers le ciel, d'un insurgé libyen. "L'un de nos hommes a tiré en l'air, après un raid de l'Otan contre les positions des hommes de Kadhafi. Il était heureux, ils avançaient sur Bréga", explique Issa Khamis, chargé à Ajdabiya de la coordination avec les autorités de la rébellion, à Benghazi. "Les avions ont vu des balles traçantes, ils ont certainement cru qu'on leur tirait dessus alors ils ont détruit le convoi", ajoute-t-il.

Samedi matin, la chaussée de l'unique route côtière reliant Benghazi à Brega, puis à Syrte, sur laquelle se concentrent les combats depuis deux semaines, était à l'emplacement du raid encore jonchée de terre, de roches, de débris de métal qui ont provoqué des crevaisons. De la fumée s'échappe encore de deux carcasses de voitures. "C'est un raid de l'aviation. J'en suis sûr à 100%" assure à l'AFP, dans l'hôpital d'Ajdabiya, le Dr Mohamad Ahmad. "C'était une erreur. Ces voitures étaient trop près des combats, tout près des lignes de Kadhafi. Et un soldat ou un civil mal entraîné a fait la bêtise de tirer en l'air".

A Ajdabiya, acquise à la cause de l'insurrection libyenne, pas une voix ne s'élève pour blâmer l'Otan et ses avions, sans lesquels les rebelles n'ont aucune chance face à l'armée de Tripoli. Pas même celle de Hussein Khadit, qui affirme être arrivé quelques minutes après la frappe aérienne et avoir vu les véhicules en flammes, sans pouvoir approcher à cause du brasier. "C'est une erreur des révolutionnaires. Pas des Américains. Ils ne pouvaient pas savoir. Ils ont cru qu'on leur tirait dessus, ils ont répliqué. C'est triste mais c'est normal", dit-il.

Cinq kilomètres après l'emplacement du tir sur le convoi civil, une position entière de l'armée de Tripoli a effectivement été détruite vendredi soir par les chasseurs-bombardiers de l'Otan. Une équipe de journalistes de l'AFP a compté samedi matin, dispersés dans les dunes, sept cadavres de soldats libyens, dont certains atrocement déchiquetés. Près de l'amas de ferraille noirci qui fût l'un de leurs pick-ups, le cratère d'une bombe: cinq mètres de diamètre, deux de profondeur.

 

Libye: combats sur le terrain, tractations en coulisse

Le gouvernement libyen a rejeté vendredi soir l'offre de cessez-le-feu des insurgés, jugeant leurs conditions inacceptables, tandis que la coalition internationale poursuivait ses raids aériens sur fond de manœuvres diplomatiques. En France, un sondage affirme que deux tiers des Français soutiennent l'intervention en Libye.

S'exprimant à l'issue d'un entretien avec un émissaire de l'Onu, le président du Conseil national de transition (CNT) mis sur pied par les rebelles à Benghazi, a proposé de suspendre les opérations militaires à condition que Mouammar Kadhafi quitte le pays et que ses forces se retirent des localités qu'elles contrôlent. "On nous demande de quitter nos propres villes (...) Si cela n'est pas de la folie pure, je ne m'y connais pas", a déclaré Moussa Ibrahim, porte-parole du gouvernement.

  • A l’ouest, Misrata assiégié

Selon les rebelles de Misrata, dernière grande ville de l'Ouest aux mains des insurgés, à 200 km à l'est de Tripoli, le siège des forces gouvernementales s'est fait plus intense vendredi. "Ils ont utilisé chars, roquettes, obus de mortier pour bombarder la ville aujourd'hui. C'étaient des bombardements au hasard et très intense. On ne reconnaît plus la ville. Les dégâts sont indescriptibles", a déploré un porte-parole joint par téléphone. Ces informations n'ont pu être vérifiées. Tripoli ne permet pas aux journalistes de travailler librement à Misrata.

  • A l’est, les rebelles se réorganisent

Sur le front Est, les rebelles ont acheminé du matériel lourd et d'anciens officiers s'efforcent d'organiser les insurgés afin de reprendre l'initiative. Ils espèrent reprendre le port pétrolier de Brega, passé alternativement dans l'un et l'autre camp ces dernières semaines et où des combats se poursuivent. Personne ne peut encore prétendre contrôler la ville, disent-ils. Des avions l'ont survolée vendredi et des explosions ont retenti dans leur sillage. Malgré les frappes aériennes des Occidentaux, les insurgés de l'Est n'ont pas réussi à conserver les positions qu'ils avaient conquises.

Les dirigeants de l'insurrection saluent l'enthousiasme des "chebab", mais la désorganisation de ces jeunes volontaires les handicape lourdement. La situation semble pourtant évoluer. Des officiers libyens ayant fait défection organisent les troupes rebelles, des armes lourdes sont acheminées vers le front et un point de contrôle interdit le passage aux jeunes dépourvus d'armes. Cette nouvelle approche doit encore prouver son efficacité, après la déroute subie cette semaine par les rebelles, qui ont perdu en deux jours les 200 km de route côtière qu'ils avaient gagnés à partir de Brega les deux jours précédents.

  • Bombardements et tractations

Les forces de la coalition ont bombardé vendredi soir "des cibles civiles et militaires" à Khoms et à Arroujban, des localités situées respectivement à une centaine de km à l'est de Tripoli et 190 km au sud-ouest. Les raids occidentaux n'ont pour le moment pas suffi à mettre fin aux combats ni au régime de Kadhafi et on parle de plus en plus de contacts secrets entre Tripoli et les capitales occidentales.

De source gouvernementale britannique, on indique que Mohamed Ismaïl, conseiller de Saïf al Islam, fils aîné du dirigeant libyen, a rendu visite à des proches à Londres et que la Grande-Bretagne "a saisi l'occasion pour lui adresser des messages très fermes à propos du régime de Kadhafi". Le ministre libyen des Affaires étrangères, Moussa Koussa, a fait défection à Londres mercredi. En France, les familles de victimes de l'attentat contre le DC10 d'UTA, qui avait fait 170 morts au-dessus du Niger en 1989, réclament l'audition de l'ancien chef des renseignements libyens.

"Certains chefs d'Etat et de gouvernement d'Europe ont pris la tête d'une croisade contre une nation arabe musulmane. Ça vous rappelle quelque chose? (...) C'est un crime contre l'humanité", s'est indigné déclaré Moussa Ibrahim, porte-parole du gouvernement libyen, s'adressant à la presse. Selon lui, six civils ont été tués et des dizaines d'autres ont été blessés jeudi après un raid dans un village proche de Brega, dans le golfe de Syrte.

  • 2/3 des Français favorable à l’intervention en Libye

66% contre 34% des personnes sondées par IFOP pour Ouest France dimanche approuvent l'intervention des forces occidentales en Libye. Ce consensus dans l'opinion, inchangé par rapport à une étude comparable réalisée la semaine dernière, se manifeste dans un contexte de début de conflit, sans qu'aucun mort n'ait été relevé dans le camp français, souligne l'institut de sondage. La proportion des Français se disant "tout à fait" ou "plutôt" favorable à cette intervention a progressé de 30 points depuis le début du mois, avant le déclenchement de l'opération "Harmattan". "A l'époque, l'opinion publique adoptait donc une posture totalement opposée et apparaissait très rétive à une intervention", écrit l'Ifop.

Source

Libye: les opposants à la remorque de l'OTAN

Les insurgés libyens massés autour du port pétrolier de Brega se préparaient jeudi à lancer une contre-offensive contre l'armée de Mouammar Kadhafi, qui a repris depuis trois jours sa progression dans l'est de la Libye.

"C'est le début de la fin pour le régime de Kadhafi", a expliqué, très confiant, Moustafa Gheriani, le porte-parole des insurgés, à Benghazi, capitale de la Cyrénaïque et fief de l'insurrection. Mais le chef d'état-major de l'armée américaine ne partage pas cet avis. "Nous avons assez sérieusement dégradé les capacités militaires (de Kadhafi). Nous avons réduit ses forces de 20 à 25%. Cela ne signifie pas qu'il soit proche de la rupture du point de vue militaire, parce que ce n'est pas le cas", a expliqué l'amiral Mike Mullen.

  • Pas d'armes aux insurgés

Sur le terrain, la contre-attaque des forces de l'opposition reste très tributaire des frappes aériennes de la coalition internationale à l'encontre des troupes de Mouammar Kadhafi. Jeudi, la Royal Air Force britannique a fait savoir qu'elle concentrait ses attaques sur les positions gouvernementales autour de Misrata, à 220 km à l'est de Tripoli.

Elle reste aussi en attente de livraisons d'armes de la part de la coalition. Cette question n'est pas "pas à l'ordre du jour", a répliqué Gérard Longuet hier. Ce d'autant plus qu'elle divise les pays qui prennent part aux frappes aériennes. L'Otan, qui a concrètement pris jeudi le commandement des opérations, a ainsi souligné qu'elle entendait faire appliquer strictement la résolution de l'Onu imposant un embargo sur les armes destinées à la Libye. "Nous sommes là-bas pour protéger le peuple libyen, pas pour lui donner des armes", a dit à Stockholm son secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen. La Russie et la Turquie se sont elles aussi prononcées contre des livraisons d'armes.

  • Des troupes occidentales sur le terrain

Alors que l'idée de livrer des armes aux rebelles est évoquée par Washington, Paris et Londres, des responsables américains ont déclaré que Barack Obama avait autorisé la CIA, les services secrets, à mener des opérations clandestines pour appuyer les insurgés. Selon des experts, des membres des forces spéciales seraient sur le terrain pour aider les avions alliés à localiser et à frapper leurs cibles. A Paris, le ministre de la Défense, Gérard Longuet a affirmé que la France n'avait pas déployé de troupes au sol. Les opposants à Kadhafi disent ne rien savoir de la présence de soldats étrangers et reconnaissent qu'un trop net engagement des Occidentaux pourrait nuire à leur crédibilité.

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Edité par T 34 - 03 Apr 2011 à 04:39
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Les bombardements de l’OTAN continuent contre la Libye

Tripoli, 2 avril (RHC).- La télévision officielle de la Libye a annoncé que des avions des forces de l’OTAN ont bombardé de nouveaux objectifs civils et militaires dans le pays.

Les attaques ont été faites dans l’est du pays dans les villes de Khoms et Rejbane dans le but d’aider les opposants armés et d’arrêter l’offensive des troupes loyales au président libyen Mouammar El Kadhafi.

La presse de ce pays arabe a accusé les forces des Etats-Unis et de l’OTAN, d’être des ennemis capitalistes coupables de crimes contre l’humanité.

L’OTAN a admis avoir fait 74 attaques aériennes contre la Libye et a expliqué que l’exécution de ces actions est protégée par la résolution 1973 du Conseil de Sécurité de l’ONU pour que s’accomplisse la zone d’exclusion aérienne, l’embargo des armes et la supposée protection des civils.

Dans l’est, le site pétrolier de Brega a été la scène de combats intenses entre l’armée et les opposants armés. Ces derniers ont proposé un cessez le feu sous certaines conditions qui ont été refusées par Tripoli, considérant que c’était une ruse des opposants.
Moussa Ibrajim, porte parole de Mouammar El Kadhafi, a signalé que le gouvernement n’abandonnera pas les villes reprises et a indiqué qu’il est toujours prêt pour la paix et le dialogue.

Le porte parole a affirmé que 6 civils sont morts, victimes des bombardements de la coalition contre Buargub, petit village près de Brega, et maintenant le chiffre des morts parmi la population se monte à plus de 150.

Par ailleurs le ministre des Affaires étrangères d’Allemagne, Guido Westerwelle, a déclaré que la situation en Libye, ne peut être résolue par les moyens militaires et a souligné qu’il peut y avoir seulement une solution politique

Le Conseil National des opposants en Libye a mis comme conditions au cessez le feu, le retrait des troupes gouvernementales de villes telle que Misurata et le départ du pays du président et de sa famille.
Durant une conférence de presse à Benghazi, un des leaders de l’opposition a demandé des armes à l’OTAN pour continuer d’affronter les troupes gouvernementales.

Pendant ce temps, la presse indique l’échec des conversations entre un envoyé spécial à Londres du gouvernement de Mouammar El Kadhafi et les autorités de Grande Bretagne, pour la possible recherche d’une solution stratégique de la crise politique en Libye.
Par ailleurs, les ministres des Affaires étrangères de Chine et d’Allemagne, durant une rencontre à Beijing, ont demandé que de nouvelles démarches soient réalisées pour obtenir une solution politique au conflit en Libye.

La veille, le vicaire apostolique à Tripoli, Yiovani Inocenzo Martineli, a dénoncé que plus de 40 civils sont morts dans la capitale de la nation arabe par les attaques aériens des Etats-Unis et deses alliés européens.

Source

Le Venezuela dénonce que l’agression en Libye a pour but de contrôler le pétrole

Caracas, 2 avril (RHC-DPA).- Le ministre vénézuélien de l’Energie Electrique, Alí Rodríguez, a dénoncé l’attaque de la coalition impériale en Libye qui a pour but de contrôler le pétrole et expose l’OPEP, Organisation des Exportateurs de Pétrole à de graves dangers.

Ali Rodriguez a signalé que la Libye était un des pays qui s’opposait conjointement avec le Venezuela, au dialogue entre les producteurs et les consommateurs de l’énergie.

Il a souligné que l’OPEP court des risques depuis sa création en 1960, car les Etats-Unis ne pouvaient pas tolérer que des pays du Tiers Monde s’unissent et puissent imposer leur volonté dans le domaine du pétrole.

Il a alerté sur le fait que le collapsus de l’OPEP serait un revers catastrophique pour la souveraineté des pays pétroliers et auraient une répercussion au-delà de l’hydrocarbure.

 


Italie : Quand la guerre devient « culture de la défense »

Alors que l’Italie participe à la guerre en Libye, cinquième en deux décennies (après le Golfe persique, le Balkans, l’Afghanistan et l’Irak) arrive au Sénat, après avoir été approuvée par la Chambre des députés, la proposition de loi « pour la promotion et la diffusion de la culture de la défense ».

La phrase obligée ajoutée au titre -« à travers la paix et la solidarité »- ne change pas la substance : toutes les guerres désormais sont de « peacekeeping » (maintien de la paix NdT) et « humanitaires ».

La finalité de la loi est de « rendre les citoyens conscients des politiques de sécurité et de défense de la nation et de l’action des Forces armées » et de faire en sorte que « les administrations publiques promeuvent des initiatives sur les thèmes concernant la culture de la défense », dans les écoles surtout, dans le cadre de la « Journée du souvenir des militaires et civils tombés dans les missions internationales pour la paix » (12 novembre). A cette fin on institue, auprès du Ministère de la défense, le « Comité pour la culture de la défense ».

La loi, depuis le 30 mars à la commission défense du Sénat, est le produit d’une large entente multipartisan (Pd, Idv, Pdl, Lega).

Comme l’a souligné l’on. Federica Mogherini Rebesani (Pd) le 7 mars à la Chambre, elle offre « l’opportunité de combler une apparente, grave et fausse opposition entre la culture de la défense et la culture de la paix et de la solidarité, de dépasser un lieu commun qui veut opposer aujourd’hui le monde et l’action militaire à ce que nous appellerons en simplifiant le pacifisme ».

Ces pacifistes « simplifiés » qui sont aujourd’hui dans la rue contre la guerre n’ont pas dépassé le « lieu commun »

Manlio Dinucci

Edition de samedi 2 avril 2011 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


Libye, la guerre secrète de la Cia

 

Manlio DINUCCI

« Alors que le président Obama a réaffirmé qu’aucune force terrestre américaine (étasunienne) ne participe à la campagne de Libye, des groupes d’agents de la Cia opèrent en Libye depuis plusieurs semaines » : révélations hier du New York Times. Les agents, dont le nombre est inconnu, sont ceux qui « avaient déjà travaillé à la centrale de l’agence d’espionnage à Tripoli » et d’autres arrivés plus récemment. Kadhafi avait autorisé la CIA et d’autres agences étasuniennes, en 2003, à opérer en Libye pour contrôler qu’il avait bien renoncé à son programme nucléaire militaire et transférer hors du pays des instruments et projets pour la bombe. Ces agences mêmes ont ensuite « renoué leurs liens avec les informateurs libyens », quand « il y a plusieurs semaines, le président Obama a secrètement autorisé la Cia à fournir des armes et autres formes de soutien au rebelles libyens ».

Les groupes de la Cia -qui opèrent en Libye dans le cadre d’une « force ombre » dont font partie des agents britanniques et autres, véritables « troupes terrestres ombre », en contradiction avec la Résolution 1973- ont deux tâches. Avant tout, « contacter les rebelles pour comprendre qui sont leurs leaders et groupes d’appartenance ». L’amiral James Stavridis, qui commande les forces étasuniennes et OTAN en Europe, a déclaré, dans une audition au Sénat, que des indices existent d’une présence Al Qaeda parmi les forces anti-Kadhafi. Il convient donc de fournir armes et entraînement aux groupes fiables, c’est-à-dire utiles aux intérêts des Etats-Unis et de leurs principaux alliés (France et Grande-Bretagne), à l’exclusion de ceux qui n’offrent pas de garanties suffisantes. La France s’est déjà déclarée disponible à fournir des armes et, pour l’entraînement, des forces spéciales britanniques sont déjà en Libye.

En même temps, les agents étasuniens et alliés ont la mission de fournir aux pilotes des bombardiers les coordonnées de objectifs à frapper, surtout dans les zones urbaines, qui sont signalés avec des pointeurs laser portables. Les données transmises par les agents sont alors intégrées à celles recueillies par les avions espions de divers types (Global Hawk, U-2, Jstars, Rc-135) qui depuis des semaines, avant les attaques aériennes et navales, ont survolé en continu la Libye pour repérer les objectifs. Particulièrement important le rôle des Global Hawk, les avions télécommandés qui décollent de Sigonella (Sicile), dont les informations sont transmises au centre de commandement. Celui-ci envoie les données à un avion Awacs, venant de Trapani (Sicile), qui les transmet aux pilotes des bombardiers. Prêts à partir aussi les Predator, les drones utilisés en Afghanistan et au Pakistan, armés de missiles. L’enquête du New York Times montre ainsi que les préparatifs de guerre avaient commencé bien avant l’explosion du conflit intérieur et avant l’attaque USA/OTAN, et que les opérations guerrières ne sont pas seulement ce qui apparaît aujourd’hui à nos yeux. On ne sait pas si l’Italie aussi (et la France, NDT) fait partie de la force ombre qui opère en Libye. Mais le président Obama, en exprimant au président Napolitano et au premier ministre Berlusconi sa profonde appréciation pour « l’appui résolu aux opérations de la coalition en Libye », reconnaît la « compétence » de l’Italie dans la région. Indubitable compétence, acquise depuis que les troupes italiennes, il y a un siècle, en 1911, débarquèrent à Tripoli.

Edition de vendredi 1er avril 2011 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/Quotidian...

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio




Edité par T 34 - 03 Apr 2011 à 20:54
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Chine : les Occidentaux devraient renoncer à leur idée de dominer le monde…

Voilà que plus de 10 jours se sont écoulés, depuis les attaques militaires lancées contre la Libye par les troupes alliées de France, de Grande-Bretagne, des Etats-Unis et d’autres pays. Selon des reportages, les civils libyens subissent des pertes en vies humaines de plus en plus importantes et les moyens d’existence deviennent très difficiles dans la zone de guerre.

L’objectif initial de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité de l’ONU était d’endiguer la violence et de protéger les civils.

Mais selon les statistiques d’un organisme de l’ONU, au moins plus de 300 000 personnes se sont déjà enfuies de ce pays. Les foules de réfugiés en provenance de Libye constituent un lourd fardeau pour les pays environnants de la Libye et une tâche très dure pour l’aide humanitaire internationale. Dans ce cas-là, comment est-il question de protéger les intérêts des civils ?

En fait, le mot d’ordre de protection des intérêts des civils a été utilisé par les pays occidentaux pour protéger leurs intérêts d’Etat. Ce qui reflète le fait que les dirigeants de pays occidentaux estiment toujours que ce monde devrait être dominé par eux. Du fait de cette idée de prédominance, la France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et d’autres pays occidentaux ont choisi de lancer des attaques contre la Libye.

Cette fois-ci, face à la Libye, la plupart des pays occidentaux semblent être unis. Les dirigeants des pays occidentaux n’ont pas changé leur idée selon laquelle ce monde devait être dominé par eux. Cette idée, qui était la leur, n’a pas changé du fait des changements de la situation internationale, du fait de l’élargissement de leurs différends.

De ce fait, pour juger l’évolution de la situation libyenne, l’important est non seulement de voir combien de temps Mouammar Kadhafi pourra tenir, mais aussi de voir si cette idée de pays occidents face à ce monde peut changer ou non.

L’histoire a prouvé plus d’une fois que l’emploi de la force des armes ne fera que compliquer les choses. Les pays occidentaux comprennent très bien la gravité de ce problème. Mais s’ils ne rejettent pas leur idée de dominer le monde, le règlement des différends par la voie pacifique, par le dialogue, n’a aucun sens.

A l’heure actuelle, il est possible que la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU soit réellement appliquée pour rétablir la situation normale en Libye. Si les pays occidentaux peuvent pleinement respecter l’indépendance, la souveraineté, l’unification et l’intégrité territoriale de la Libye, et s’ils tiennent pleinement compte du désir des pays arabes et du désir de la communauté internationale, il est possible de pousser les parties concernées à cesser le feu pour éviter l’escalade de la force et éviter de plus grandes catastrophes humanitaires.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne


Libye : la coalition redoute l’infiltration par al-Qaida Par Georges Malbrunot

 
Un rebelle à Benghazi, jeudi. Opposés de longue date au régime de Kadhafi, Darnah et Benghazi sont en fait des bastions de l’islamisme radical. Crédits photo : ANDREW WINNING/REUTERS

. Dans cet article Georges Malbrunot(grand reporter au Figaro) manifeste quelques inquiétudes sur qui sont les insurgés. A ce propos je vous recommande également la lecture de ce texte d’un gradé de l’armée française ( l’odyssée de l’impasse ) dans lequel  il met de nombreuses réserves dont celle-ci :’ En l’occurrence, l’acteur terrestre auquel la coalition s’associe de fait est bien peu connu et semble très éloigné de la sophistication des forces occidentales« .  Notons qu’aujourd’hui le Pentagone a annoncé que décidelmment l’opération avait un coût trop élevé, il en abandonnait les frais à l’OTAN, vu l’empressement général cela  veut dire aux Français et aux Britanniques. Soit pour nous Français 6 millions d’euros par jour, six fois plus qu’en Afghanistan qui nous coûte « seulement » un million d’euros par jour.

 

À l’heure où les Occidentaux s’interrogent sur l’opportunité d’armer les rebelles libyens, les principales agences de renseignement manquent d’informations sur l’infiltration, par des membres d’al-Qaida, de l’insurrection anti-Kadhafi. Devant le Sénat américain, l’amiral James Stavridis, commandant des Forces de l’Otan en Europe, vient d’évoquer «des soupçons» de présence djihadiste parmi les insurgés. «Nous devons être très vigilants quand on parle d’armer les rebelles , affirme au Figaro Mike Shereur, ancien haut responsable de la CIA en charge de la traque d’Oussama Ben Laden. Les Libyens ont été parmi les premiers à établir leur propre camp d’entraînement en Afghanistan au milieu des années 1980. Et, aujourd’hui, ils jouent un rôle important autour de Ben Laden, qu’il s’agisse d’Abou Yaya, le numéro 3 d’al-Qaida, ou d’Abou Laith, l’un des plus importants chefs militaires de l’organisation terroriste.»

Les Américains n’ignorent pas que la Libye a été l’un des principaux pourvoyeurs de moudjahidin étrangers en Irak. En décembre 2007, à Sinjar (nord de Bagdad), le Pentagone mit en effet la main sur 700 fiches décrivant les pays d’origine, motivations et itinéraires empruntés par chacun des djihadistes étrangers infiltrés dans le pays via la Syrie. Les conclusions du rapport Sinjar ne peuvent que nourrir l’inquiétude.

À l’époque, les Libyens constituaient le deuxième contingent djihadiste derrière les Saoudiens, avec 112 Libyens, soit près de 20 % des moudjahidins étrangers entrés en Irak au pic de la violence en 2006 et 2007. Loin devant les Algériens, les Syriens et les Yéménites.

Autre donnée alarmante: Darnah, un des fiefs de la rébellion contre Kadhafi, est la ville qui fournit le plus de djihadistes, devant Riyadh, la capitale saoudienne. Sur les 112 Libyens infiltrés dans l’ancienne Mésopotamie, 53 venaient de Darnah et 21 de Benghazi, la capitale de l’insurrection contre Tripoli. Enfin, les moudjahidins libyens étaient les plus déterminés à se transformer en kamikazes. 85% d’entre eux avaient délibérément choisi de mourir en martyr.

Vétérans afghans

 

Abou Abbas, Abou al-Walid ou Abou Bakar – leurs noms de guerre – s’étaient répertoriés comme «employé», «étudiant» ou «enseignant»: bref, ils étaient issus de toutes les strates de la société, comme ceux qui combattent aujourd’hui pour se libérer du joug de Kadhafi.

Opposés de longue date au régime de Tripoli, Darnah et Benghazi sont en fait des bastions de l’islamisme radical. Au milieu des années 1990, les deux villes ont été le théâtre de soulèvements intégristes extrêmement violents contre Kadhafi, qui dut recourir aux hélicoptères de combat pour soumettre les «barbus». Ces dernières années, la montée en puissance des Libyens dans le djihad mondial fut le résultat direct de l’adoubement donné par Ben Laden en novembre 2007 à la succursale libyenne d’al-Qaida: jama’ah al-libiyah al-muqatilah.

Beaucoup de Libyens ont très certainement péri en Irak, mais pas tous. L’un d’entre eux a encore été arrêté en fin d’année dernière lors du démantèlement d’une cellule d’al-Qaida à Bagdad. Les retours en Libye sont actuellement scrutés par les espions occidentaux, qui cherchent également à savoir combien de vétérans afghans combattent aujourd’hui avec la rébellion. L’un d’entre eux, Abdul Hakim al-Hasadi, s’est livré récemment à un journal italien. «Les membres d’al-Qaida sont de bons musulmans et luttent contre l’envahisseur», a déclaré ce moudjahidin de Darnah, rentré d’Afghanistan en 2002. Selon Il Sole/24 Ore, une radio de la ville diffuserait le message suivant: «Frères qui avez combattu en Irak et en Afghanistan, il est temps maintenant de défendre votre terre.»

«Il ne s’agit pas de commettre la même erreur qu’en Afghanistan», prévient un diplomate français, qui rappelle les livraisons d’armes américaines consenties aux djihadistes avant que ces derniers ne les utilisent contre leurs ex-alliés. En Libye, les sympathisants d’al-Qaida ont aujourd’hui tout intérêt à masquer leurs amitiés. Ils ont besoin des Occidentaux pour se débarrasser de Kadhafi et asseoir leurs positions. Un peu comme les rebelles chiites d’Irak, qui avaient accueilli à bras ouverts les soldats américains en 2003 afin que la démocratie leur donne le pouvoir. Avant de retourner ensuite leurs armes contre leurs libérateurs.


 



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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Apr 2011 à 15:03

Libye: Kadhafi pourrait disposer d'armes biologiques ou chimiques (Défense belge)

 

BRUXELLES, 4 avril - RIA Novosti

 

Le leader libyen Mouammar Kadhafi pourrait être en possession d'armes chimiques ou biologiques, a annoncé le ministre belge de la Défense Pieter De Crem dans une interview à la radio Bel RTL.

Évaluant la possibilité d'une guerre biologique, le ministre a indiqué: "Peut-être, ou chimique".

Selon M.De Crem, les forces de la coalition ont détruit une partie considérable des armements des troupes fidèles à Kadhafi. Toutefois, le ministre n'a pas exclu qu'"il (le régime de Kadhafi - ndlr) ait quand même en sa possession des moyens armés (…) dangereux, certainement pour sa propre population".

Le 17 mars, le Conseil de sécurité de l'Onu a adopté une résolution prévoyant la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye et autorisant le recours à la force pour protéger la population libyenne des troupes du colonel Kadhafi. L'opération internationale a débuté le 19 mars, en associant les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, le Canada, l'Italie, l'Espagne, le Danemark et d'autres pays. Le 27 mars, le Conseil de l'OTAN a pris le commandement de l'opération militaire en Libye.

Source : http://fr.rian.ru/world/20110404/189065227.html

 

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Edité par babeuf - 04 Apr 2011 à 15:03
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Apr 2011 à 23:03
Le Qatar fournira des armes à l'opposition libyenne.
 
 
La grande Bretagne donnera des équipements de télécommunications aux rebeles libyens
 
 
D'après Al Jazeira les Etats-Unis et la grande bretagne entainent, arment les rebelles libyens.
 
 
 
 


Edité par T 34 - 04 Apr 2011 à 23:43
Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Apr 2011 à 15:54

Le gouvernement libyen essaye de trouver une solution au conflit bien que les affrontements continuent

Tripoli, 4 avril (PL-RHC).- La chaîne Al Jazira du Qatar a indiqué que le gouvernement libyen a confirmé l’envoi d’un représentant en Europe pour discuter d’une solution à la crise dans ce pays.

Pour sa part, la télévision libyenne a indiqué que le vice-ministre d’Etat pour les Affaires Européennes et actuel ministre des Affaires étrangères en fonction, Abdul-Ati Al-Obeidi, a voyagé à Athènes pour proposer aux autorités grecques un plan afin de mettre un terme aux combats et aux agressions.

Abdul- Ati-Al-Obeidi a rencontré le premier ministre grec, George Papandreu, et le ministre des Affaires étrangères Dimitris Droutsas, qui ont déclaré qu’ils ont eu l’impression que les autorités de Tripoli cherchaient une solution sérieuse.

Le ministre libyen devrait se rendre à Malte et en Turquie à la recherche d’appui pour un arrangement.

Par ailleurs un rapport gouvernemental a indiqué que les opposants à Mouammar El Kadhafi, ont repris le contrôle de la ville de Brega avec l’aide des bombardements de l’OTAN.

En plus de l’appui de l’aviation de l’OTAN qui attaque les forces gouvernementales, les opposants ont été entraînés par des spécialistes étasuniens et égyptiens, ainsi que par des soldats déserteurs au maniement d’armes acquises par le biais de l’Egypte.

A Londres, le Chef de la Force Aérienne Royale britannique, Stephens Dalton, a déclaré que ses avions participeront au moins 6 mois aux opérations en vue du maintien de la zone d’exclusion aérienne en Libye.

Source
 


Un pilote aux commandes d’un avion militaire est un « civil », mais un enfant qui lance des pierres est un « terroriste »
 

 

Domenico LOSURDO
 
Image extraite du film « 1984 » de Michael Radford, d’après l’œuvre de George Orwell.
Les mots ont-ils encore un sens ? En lisant des articles sur la guerre de Libye dans la presse anglo-saxonne et italienne, Domenico Losurdo a été frappé par l’inversion des signifiés. La propagande de l’OTAN, comme celle imaginée par George Orwell dans son célèbre roman d’anticipation, passe d’abord par un grossier trucage sémantique.

En 1949, tandis que fait rage une guerre froide qui risque de se transformer d’un moment à l’autre en holocauste nucléaire, George Orwell publie son dernier livre et plus célèbre roman : 1984. Si le titre donne dans l’anticipation, la cible est clairement constituée par l’Union Soviétique, représentée comme le « Grand frère » totalitaire, qui rend vaine toute possibilité de communication, en subvertissant le langage et en créant une « novlangue » (newspeak), dans le cadre de laquelle tout concept se renverse en son contraire. En publiant son roman l’année même de la fondation de l’OTAN (l’organisation militaire qui prétendait défendre même la cause de la morale et de la vérité), Orwell apportait ainsi sa brave contribution à la campagne de l’Occident. Il ne pouvait certes pas imaginer que sa dénonciation allait se révéler beaucoup plus pertinente pour décrire la situation advenue, quelques années seulement après 1984, avec la fin de la Guerre froide et le triomphe des USA. De même que sa surpuissance militaire, la superpuissance multimédiatique de l’Occident ne semble pas non plus rencontrer d’obstacle : le renversement de la vérité vient s’imposer par un bombardement multimédiatique incessant et omniprésent, de caractère absolument totalitaire. C’est ce qui émerge clairement de la guerre en cours en Libye.

Guerre

En effet, est à l’œuvre ici le plus puissant appareil militaire jamais vu dans l’histoire ; à coup sûr, les victimes civiles des bombardements de l’OTAN ne manquent pas ; on utilise des armes (à l’uranium appauvri) dont l’impact est destiné à durer dans le temps ; dans le déchaînement des hostilités et dans la conduite des opérations militaires, outre les USA, se distinguent deux pays, la France et le Royaume-Uni, qui ont derrière eux une longue histoire d’expansion et de domination coloniale au Proche-Orient et en Afrique ; nous sommes dans une aire riche en pétrole et les experts et moyens d’information les plus autorisés sont déjà à l’analyse de la nouvelle organisation géopolitique et géo-économique. Et, cependant -nous assurent Obama, ses collaborateurs et ses alliés et subalternes - il ne s’agit pas de guerre, mais d’une opération humanitaire qui vise à protéger la population civile et qui en outre est autorisée par le Conseil de sécurité de l’ONU.En réalité, tout comme à l’égard de ses victimes, l’OTAN procède à l’égard de la vérité aussi de façon absolument souveraine. En premier lieu, il faut noter que les opérations militaires de l’0ccident ont commencé avant et sans l’autorisation de l’ONU. Dans le Sunday Mirror du 20 mars, Mike Hamilton révélait que depuis « trois semaines » opéraient déjà en Libye « des centaines » de soldats britanniques, encadrés dans un des corps militaires les plus sophistiqués et redoutés du monde (SAS) ; parmi eux se trouvaient « deux unités spéciales appelées "Smash" à cause de leur capacité destructive » [1]. Donc, l’agression avait déjà débuté, d’autant plus que collaboraient avec les centaines de soldats britanniques des « petits groupes de la CIA », dans le cadre d’ « une vaste force occidentale agissant dans l’ombre » voulue par « l’administration Obama » chargée, toujours « avant le déclenchement des hostilités le 19 mars », d’« approvisionner les rebelles et de saigner à blanc l’armée de Kadhafi » [2]. Il s’agit d’opérations d’autant plus remarquables qu’elles sont conduites dans un pays déjà fragile en lui-même à cause de sa structure tribale et du dualisme de longue date entre Tripolitaine et Cyrénaïque.

Deuxièmement, même quand ils s’adressent à l’ONU, les USA et l’Occident continuent à se réserver le droit de déclencher des guerres sans autorisation du Conseil de sécurité : c’est par exemple ce qui s’est produit en 1999 à l’occasion de la guerre contre la Yougoslavie et en 2003 pour la deuxième guerre contre l’Irak. Aucune personne censée ne qualifierait à présent de « démocratique » un gouvernement qui s’adresserait à son Parlement avec ce discours : je vous invite à me donner votre confiance, mais même sans votre confiance je continuerais à gouverner comme je considère que c’est le mieux… C’est dans ces termes que les USA et l’Occident s’adressent à l’ONU ! C’est-à-dire que les votes qui se déroulent au Conseil de sécurité sont régulièrement pervertis par le chantage constant auquel ont recours les États-Unis et l’Occident.Troisièmement : dès qu’ils ont eu arraché au Conseil de sécurité (grâce au chantage décrit ci-dessus) la résolution désirée, les USA et l’Occident se sont hâtés de l’interpréter de façon souveraine : l’autorisation d’imposer une zone d’exclusion aérienne en Libye devient de fait une autorisation d’imposer une sorte de protectorat.

Mais si puissant soit-il, l’appareil multimédiatique des agresseurs ne parvient pas à occulter la réalité de la guerre. Et pourtant, la novlangue s’obstine à nier l’évidence : elle préfère parler d’opération de police internationale. Mais il est intéressant de noter l’histoire de cette catégorie. Renouant avec la doctrine Monroe, qu’il a réinterprétée et radicalisée, en 1904 Theodore Roosevelt (président des États-Unis) théorise un « pouvoir de police internationale » que la « société civilisée » doit exercer sur les peuples coloniaux et qui, en ce qui concerne l’Amérique latine, revient aux États-Unis. Nous voici ramenés à la réalité du colonialisme et des guerres du colonialisme, à la réalité que la novlangue essaie de refouler.

Nous trouvons malheureusement au premier rang de la promotion de la novlangue et du renversement de la vérité le président de la République italienne, Giorgio Napoletano, plus éloquent que tout autre dans la démonstration que ce qui est en cours en Libye… n’est pas une guerre ! S’il laissait un tant soit peu ré-affleurer ses souvenirs de militant communiste, il comprendrait que le refoulement, tenté, de la guerre est en réalité une confession. Comme l’avait expliqué Lénine en son temps, les grandes puissances ne considèrent pas leurs expéditions coloniales comme des guerres, et cela non seulement à cause de l’énorme disproportion des forces entre les deux parties en présence sur le terrain, mais aussi parce que les victimes « ne méritent même pas l’appellation de peuples (les Asiatiques et les Africains seraient-ils peut-être des peuples ?) » [3]

Civils

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La guerre, soit l’opération de « police internationale », déchaînée contre la Libye vise à protéger les « civils » du massacre projeté par Kadhafi. Sauf que la novlangue est immédiatement démentie par les organes mêmes de la presse qui est engagée à la diffuser. Le Corriere della Sera du 20 mars affiche la photo d’un avion précipité en flammes dans le ciel de Bengazi. La légende de la photo et l’article qui la commente (de Lorenzo Cremonesi) expliquent qu’il s’agit d’un « chasseur » piloté par un des « pilotes les plus experts » à disposition des rebelles et qu’il est abattu par des « missiles terre-air de Kadhafi ». Loin d’être désarmés, les révoltés disposent d’armes sophistiquées et s’avèrent, de plus, assistés depuis le début par la CIA et autres services secrets, par « une ample force occidentale qui agit dans l’ombre » et par des corps spéciaux britanniques fameux ou redoutés à cause de leur « capacité destructive ». Serait-ce là les « civils » ? Maintenant, avec l’intervention d’une puissante force internationale, c’est plutôt le front d’en face qui s’avèrerait substantiellement désarmé.

Mais une réflexion ultérieure peut être opportune sur la catégorie dont nous discutons ici. Comme l’observe Avishai Margalit, un enseignant de l’Université hébraïque de Jérusalem, le gouvernement israélien inclut aussi le «  lancer de pierres » dans le compte officiel des « attaques terroristes hostiles ». Et - on le sait - contre les terroristes on ne peut pas s’arrêter à mi-chemin. Dans la plus éminente presse étasunienne (International Herald Tribune) nous pouvons lire le récit de « scènes exaspérantes de mort », qui s’avèrent « alors qu’un char d’assaut et un hélicoptère israélien ouvrent le feu sur un groupe de manifestants palestiniens, enfants compris, dans le camp de réfugiés de Rafah ». Oui, même un enfant qui jette des pierres contre l’armée d’occupation peut être considéré et traité comme un « terroriste ». Leah Tsemel, une avocate israélienne engagée dans la défense de Palestiniens, rapporte le cas d’« un enfant de dix ans tué près d’un check-point à la sortie de Jérusalem par un soldat à qui il avait simplement lancé une pierre » [4]. Ici la novlangue célèbre son triomphe : un pilote expert qui combat aux commandes d’un avion militaire est un « civil », mais un enfant qui lance des pierres contre l’armée d’occupation est clairement un « terroriste » !

Justice internationale

Si les champions de la lutte contre les enfants « terroristes » et palestiniens peuvent dormir tranquilles, ceux qui se rangent contre les « civils » à l’œuvre en Libye seront déférés à la Cour pénale internationale. Et les militaires et les hommes politiques qui commandent l’appareil militaire ne seront pas les seuls à risquer d’être déférés (et condamnés). Non, c’est un groupe beaucoup plus large qui est pris pour cible. Déjà dans The Guardian du 25 février Patrick Wintour et Julian Borger expliquaient : « Des officiers britanniques sont en train de contacter des personnels libyens de haut rang pour les mettre au pied du mur : abandonner Muhamar Kadhafi ou être jugés avec lui pour crimes contre l’humanité » [5]. En effet, sur ce point les gouvernants de Londres et occidentaux en général ne cessent d’insister. Ils considèrent la Cour pénale Internationale comme Cosa Nostra, c’est-à-dire comme un « tribunal » mafieux. Mais le point le plus important et le plus révoltant est ailleurs : ceux qui sont menacés d’être emprisonnés pour le reste de leur vie sont des fonctionnaires libyens, à qui n’est reproché aucun délit. C’est-à-dire qu’après être intervenus dans une guerre civile et l’avoir probablement attisée et en tous cas alimentée, après avoir lancé l’intervention militaire bien avant la résolution de l’ONU, Obama, Cameron, Sarkozy etc. continuent à violer les règles du droit international, en menaçant avec leur vendetta et leur violence de frapper, même après la fin des hostilités, ceux qui ne se rendent pas immédiatement à la volonté de puissance, de domination et de saccage exprimée par le plus fort. Et la novlangue aujourd’hui en vigueur transforme les victimes en responsables de « crimes contre l’humanité » et les responsables de crimes contre l’humanité en artisans de la « justice internationale ».

Pas de doute : en même temps qu’un appareil de destruction et de mort sans précédents dans l’histoire, c’est la novlangue qui fait rage aujourd’hui : c’est-à-dire le langage de l’Empire.

Domenico Losurdo

Professeur d’histoire de la philosophie à l’université d’Urbin (Italie). Il dirige depuis 1988 la Internationale Gesellschaft Hegel-Marx für dialektisches Denken, et est membre fondateur de l’Associazione Marx XXIesimo secolo. Dernier ouvrage traduit en français : Staline : histoire et critique d’une légende noire (Aden, 2011).

Traduction Marie-Ange Patrizio

[1] « Crack SAS troops hunt Gaddafi weapons inside Libya », par Mike Hamilton, Sunday Mirror, 20 mars 2011.

[2] « C.I.A. Agents in Libya Aid Airstrikes and Meet Rebels », par Mark Mazzetti et Eric Schmitt, The New York Times, 30 mars 2011.

[3] Lénine, Œuvres complètes, vol. 24, p. 416-17 de l’édition italienne.

[4] Sur tout cela voir Il linguaggio dell’Impero, par Domenico Losurdo, Laterza, Roma-Bari, 2007, chap. I, § 13

[5] « Libya : UK officials tell Gaddafi loyalists to defect or face war crimes trial », par Patrick Wintour et Julian Borger, The Guardian, 25 février 2011.


 


 



Edité par T 34 - 05 Apr 2011 à 23:25
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