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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Jan 2013 à 20:06

Réfugiés de guerre Choucha ou le calvaire sans fin de ceux qui ont dû fuir la Libye

La fermeture programmée pour le printemps 2013 de ce camp dans le Sud tunisien inquiète les ONG. Le sort de centaines de migrants, déboutés du statut de réfugiés, reste incertain.

On les appelle les « oubliés » du camp de Choucha. Quelque 1 200 réfugiés, ayant fui la guerre de 2011 en Libye, vivent encore dans ces tentes plantées en plein désert, à quelques kilomètres de la frontière tuniso-libyenne. Ouvert par le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) début 2011, ce camp doit fermer au printemps prochain. « C’est un camp de transit, confirme Nabil Benbekhti, administrateur chargé de la protection au HCR en Tunisie. On ne peut pas les laisser éternellement dans le désert. » Une fermeture dénoncée par les ONG de soutien aux migrants qui s’interrogent sur le sort de ces réfugiés, une fois le camp fermé.

Des milliers de migrants, essentiellement des ressortissants d’Afrique subsaharienne qui travaillaient en Libye avant le conflit, sont passés par ce camp, dans des conditions très pénibles. « Le camp de Choucha se situe en plein désert, rappelle Médecins sans frontières dans un rapport publié en juin 2011. Les personnes sont exposées à des variations de températures extrêmes et à de fréquentes tempêtes de sable. La vie quotidienne y est extrêmement difficile. »

« On a trouvé une place pour la grande majorité des migrants passés par le camp », se félicite Nabil Benbekhti. Depuis deux ans, quelque 2 640 réfugiés ont été réinstallés dans des pays tiers. Restent plusieurs centaines de personnes, toujours dans le camp, au sort incertain et au statut ambigu.

D’abord les migrants qui ont obtenu le statut de réfugié, mais dont la réinstallation dans un pays tiers n’a pu aboutir. Ils seraient une centaine d’après le HCR. Une fois le camp fermé, ces réfugiés reconnus pourraient se retrouver en situation illégale, la législation tunisienne ne leur prévoyant aucun statut.

Le HCR assure être en discussion quotidienne avec le gouvernement transitoire pour leur définir un statut juridique stable : « On essaye d’imaginer une solution locale d’intégration en dehors du camp, explique Nabil Benbekhti. Il n’est pas question de les abandonner dans le désert. À la Tunisie maintenant de prendre sa part. » Une loi nationale sur l’asile serait en négociation. Une stratégie peu payante selon les ONG. « Le HCR tente de faire pression sur la Tunisie, analyse Nicanor Haon, du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux. Ils veulent externaliser la gestion des réfugiés mais ce n’est pas une priorité du gouvernement. Le risque, c’est que ce soit les migrants qui trinquent. »

Autre catégorie problématique, les migrants déboutés de leur demande d’asile. Ils sont 212 selon les derniers chiffres du HCR, en majorité des Tchadiens, Soudanais, Nigérians et Ivoiriens. Depuis le début du mois d’octobre, le HCR leur a coupé les vivres. « Notre responsabilité s’arrête à partir du moment où ces personnes ne sont pas réfugiées, explique Nabil Benbekhti. On ne met personne à la porte, mais la crise économique nous pousse à revoir notre politique d’assistance pour la concentrer sur les personnes sous notre mandat. » La fermeture des cantines a de lourdes conséquences pour les migrants, qui ont organisé, début novembre, des sit-in pour protester contre cette décision.

« Les conditions de vie dans le camp ont empiré, dénonce ainsi Bright Semson, Nigérian de vingt-huit ans, débouté du droit d’asile. Toutes les aides ont été coupées. Nous n’avons pas de nourriture alors que nous sommes vulnérables, il y a des femmes enceintes et des enfants parmi nous. » 182 mineurs vivent actuellement dans le camp de Choucha. Parmi eux, 73 ont moins de quatre ans. D’après les associations, on compte aussi dans le camp quelques mineurs isolés. « Le HCR et le gouvernement disent qu’ils n’ont pas d’argent. Mais ils n’ont qu’à demander à l’Otan, après tout, c’est à cause d’eux que tout a commencé », suggère Bright Semson.

Parmi les réfugiés, certains pensent déjà à prendre le large. Mais impossible pour eux de retourner en Libye. Outre la situation instable du pays, les conditions de vie des migrants – principalement subsahariens – y restent particulièrement difficiles. Un rapport récent sur ce sujet de la Fédération internationale des droits de l’homme raconte les « violations flagrantes et généralisées des droits humains fondamentaux dont sont victimes les immigrés, pris au piège de milices incontrôlées ».

Impossible aussi, disent les réfugiés, de rentrer au pays. « On nous a demandé de rentrer volontairement dans nos pays, mais on ne peut pas », explique ainsi Frédéric Tiare, migrant de trente-trois ans débouté du droit d’asile qui se dit « militant politique » en Côte d’Ivoire. Bright précise que les migrants sont « organisés » et prévoient des actions, sit-in ou manifestations pacifiques. Voire plus. « S’ils essayent de nous faire rentrer de force, ça sera sanglant », prévient Frédéric.

Reste une seule porte de sortie : la traversée de la Méditerranée vers l’Europe, comme l’ont fait de nombreux Tunisiens en 2011. « Dans ce cas-là, il y aura des morts, prédit Nicanor Haon. On parle d’un nombre ridicule de personnes, pourquoi des pays occidentaux ne peuvent-ils pas les accueillir ? » Le HCR argue, lui, que la crise malienne risque d’amener son lot de réfugiés qui devront être pris en charge. Une guerre chasse l’autre. Et son flot de réfugiés avec.

Marie Barbier

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 13 Jan 2013 à 20:39

Libye: Rome condamne l'attaque contre son consul à Benghazi

Le ministre italien des Affaires étrangères, Giulio Terzi, a "fermement condamné" dimanche l'attaque contre son consul perpétrée samedi soir à Benghazi (Libye), la qualifiant "de vil acte terroriste".

"Il s'est agi d'une tentative de déstabilisation des institutions de la nouvelle Libye", estime le ministre dans un communiqué, exprimant "sa condamnation la plus ferme" et "son plein soutien au parcours démocratique et de réformes engagé par les autorités de Tripoli, qui ont promis justice sur ce vil acte terroriste".

Le consul d'Italie à Benghazi? Guido De Sanctis, a échappé samedi à un attentat lorsque sa voiture blindée a été touchée par des tirs. Il circulait dans sa voiture à Benghazi lorsque les tirs ont eu lieu, mais personne n'a été blessé.

Selon le ministre, M. Guido De Sanctis est resté indemne "grâce au dispositif de sécurité qui le protégeait".

Cette attaque survient au lendemain d'une visite à Rome du président de l'Assemblée nationale libyenne Mohamed al-Megaryef et de la tenue du second forum italo-libyen, note également la Farnesina, le ministère italien des Affaires étrangères.

L'Italie, l'ancienne puissance coloniale, avait des rapports étroits avec Mouammar Kadhafi avant le soulèvement et l'intervention militaire occidentale qui ont entraîné sa chute et sa mort.

L'Italie est le principal investisseur étranger dans l'industrie énergétique libyenne. Elle a tenté au cours des derniers mois d'établir de bonnes relations avec les nouvelles autorités.

M. De Sanctis, 51 ans, est à Benghazi depuis le début de l'insurrection contre Kadhafi en février 2011. Il doit quitter la Libye pour rejoindre sa nouvelle affectation au Qatar la semaine prochaine.

Le 11 septembre dernier, des islamistes avaient mené une attaque contre le consulat américain à Benghazi, au cours de laquelle l'ambassadeur des Etats-Unis en Libye, Chris Stevens, et trois autres Américains avaient été tués.

Comme sous Kadhafi, on torture toujours en Libye

Plusieurs vidéos de tortures infligées à des partisans supposés de Mouammar Kadhafi sont sorties récemment sur Internet. Des images qui relancent, parmi les internautes libyens, la polémique sur les méthodes de leurs forces de sécurité.
 
Cette première vidéo est un témoignage diffusé le 20 décembre. L’homme qui parle, Ali Fezzani, a été arrêté à Benghazi après un attentat qui a coûté la vie, le 21 novembre dernier, à un responsable local de la sécurité nationale. Une attaque attribuée, comme souvent, à des pro-Kadhafi qui voudraient faire payer à la ville d’avoir lancé le mouvement de révolte contre l’ancien leader libyen.
 
Ali Fezzani nie sa responsabilité dans ce meurtre et jure, la main sur le Coran, que ses aveux ont été obtenus sous la torture.
 
 
La vidéo fait du bruit sur le Web libyen, à tel point que, lors de son déplacement à Benghazi le 21 décembre, le ministre libyen de la Justice a évoqué le cas d’Ali Fezzani et promis qu’une enquête serait ouverte pour savoir s’il a réellement été torturé.
 
Ce qui choque particulièrement les internautes, c’est que ce ne sont pas de simples miliciens mais les agents de la sécurité nationale qui torturent. Cette vidéo a même relancé un débat sur le recours à la torture en Libye. Les internautes ont ainsi ressorti des vidéos plus anciennes qui montrent des séances de torture conduites par des agents de la sécurité nationale, d'anciens soldats rebelles qui ont rejoint le ministère de l'Intérieur.
 
Cette vidéo, datée de décembre 2011 et tournée à Zwara, ville située à 120 kilomètres à l’ouest de Tripoli, a notamment beaucoup circulé. Elle montre un homme, en caleçon, entouré d’une dizaine de personnes, dont certains en uniforme, qui l'insultent, le traitent de "chien de Kadhafi" et le frappent jusqu'à ce qu'il perde connaissance.
 
Vidéo
 
Cette vidéo a eu une suite. Un mois plus tard, d’autres images ont été postées sur YouTube où l’on voit la victime, Mabrouk Salil, interviewée dans un jardin public de Zwara. Il explique dans cette vidéo avoir combattu pour Kadhafi pendant la révolution. Il ajoute avoir été battu lors de son arrestation, mais jure avoir été bien traité par la suite.
 
Vidéo
Selon beaucoup d’internautes libyens, la deuxième vidéo est une mise en scène organisée par les miliciens pour se dédouaner des accusations de torture dont ils font l’objet.
 
D’autres internautes tentent de faire campagne pour mettre un terme à ces pratiques. Une page Facebook intitulée “Arrêtons la torture” recense ainsi, photos et vidéos à l’appui, des cas de torture en Libye.
 
Nous n’avons pas fait cette révolution pour donner carte blanche aux miliciens"
Enas, 19 ans, est étudiante en médecine à Tripoli. Elle est membre du projet Libyablog, lancé par France 24 et RFI. Ella a publié la vidéo de torture à Zwara sur son blog dans un billet intitulé "Ceci n’est pas ma révolution !".
 
 
Cette vidéo n’est pas récente mais elle a été partagée à nouveau sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Je l’ai postée sur mon blog pour pouvoir évoquer la question de la torture, mais il y en a d’autres bien plus choquantes. Des amis ont relayé cette vidéo en disant : 'Au diable le 17 février !' [date du début du soulèvement en Libye, NDLR]. Un ancien détenu politique de la prison de Bouslim a même posté ce message : "Admirez les actes des nouveaux révolutionnaires !".
 
La réaction de mes amis à ces images m’a rendu triste, c’est pour cela que j’ai intitulé mon billet de blog "Ceci n’est pas ma révolution !". Beaucoup disent que ce genre d’agissements est normal durant une période de transition. Mais nous sommes presque deux ans après la révolution, il est temps que les choses changent. Ne pas dénoncer ces exactions équivaut à y participer à mes yeux. Nous n’avons pas fait cette révolution pour retomber dans la torture ou pour donner carte blanche aux miliciens. Si nous ne luttons pas contre ces actes, au moins en partageant l’information, ils redeviendront une pratique courante, comme sous Kadhafi.
 

LIBYE La sécurité, le casse-tête des nouvelles autorités

 
Comment désarmer les milices alors que certaines assurent la garde de bâtiments officiels et les patrouilles de quartier ? En attendant de trouver une solution, enlèvements, attaques et affrontements se multiplient dans le pays.

Alice Fordham

Assis sur le canapé d'un salon modeste, Abdulqader Shaaban tend la photo de son frère mort, pour faire comprendre aux visiteurs en quoi il n'est pas comme tous ceux qui, par milliers, ont perdu la vie depuis un an dans cette ville de Libye. Ce cliché grand format, en couleurs, montre Omran Shaaban, 22 ans, un homme mince au regard froid, vêtu d'une veste en cuir noir, les bras croisés sur la poitrine, avec dans une main son pistolet, et dans l'autre, l'arme en plaqué or que portait Muammar Kadhafi le jour où il a été capturé, passé à tabac et tué.

Omran est considéré comme l'un des rebelles ayant débusqué le dictateur dans son ultime cachette (un tunnel de drainage des eaux), près de Syrte, le 20 octobre 2011. Le jeune homme est mort en septembre dernier des suites de ses blessures après avoir été enlevé, battu et sans doute torturé par des partisans de Kadhafi à Bani Walid, ville historiquement fidèle à l'ancien chef de l'Etat libyen.

Indignés, les sept frères d'Omran, soutenus par des milices et des hommes politiques locaux, ont organisé des manifestations et contribué à convaincre le Congrès général national (CGN), à Tripoli, de lancer une opération militaire à Bani Walid afin d'en finir avec les dernières poches de partisans de l'ancien régime et d'y désarmer les milices.

Au cours des combats qui s'en sont suivis en octobre, des dizaines d'hommes sont morts et des dizaines de milliers d'autres se sont enfuis. La majorité des hommes politiques et des combattants estime que l'opération était une nécessité et fut un succès (malgré d'importantes violations de leurs droits dénoncées par des habitants de Bani Walid). Mais pour beaucoup, cet épisode est surtout révélateur des difficultés auxquelles est confronté le nouveau gouvernement.

Près de deux ans après le début du soulèvement armé qui devait mettre à bas le régime de Kadhafi, les milices qui s'étaient alors formées pour le combattre semblent loin d'être véritablement intégrées aux forces nationales de sécurité, et certaines profitent du prestige considérable dont elles jouissent pour peser sur les décisions politiques et de sécurité face à un gouvernement balbutiant et fragile.

Des jeunes gens passionnés

Début novembre, quelques jours avant que les Shabaan ne nous racontent leur histoire, l'hôtel Rixos à Tripoli bruissait en fin de soirée des échanges entre deux groupes bataillant pour façonner l'avenir de leur pays : d'un côté les membres élus [le 7 juillet 2012] du CGN, de l'autre des dizaines de chefs de milices venus de tout le pays.

Les miliciens (des barbus en treillis, d'autres en tunique traditionnelle, et quelques rares en costume et transportant des mallettes remplies de leurs listes de doléances en plusieurs exemplaires) étaient réunis au rez-de-chaussée. Les politiques, eux, se trouvaient à l'étage, devant les tables dorées du café, plongés dans d'intenses discussions.

"Ces milices sont formées de jeunes gens passionnés, qui se sont retrouvés les armes à la main, et ils ont aujourd'hui le sentiment d'avoir remporté la victoire", estime Ahmed Langhi, un député de Benghazi, dans l'est du pays. "Ils ont le sentiment d'avoir le droit de décider du futur de la nation." En octobre, des manifestants, parmi lesquels des combattants rebelles, s'étaient massés devant un centre de conférences voisin où était réuni le Congrès, afin de protester contre la désignation au sein du nouveau gouvernement de plusieurs ministres ayant exercé des responsabilités sous Kadhafi.

Alors que la manifestation s'échauffait, des combattants, mais aussi des gardes gouvernementaux, se sont mis à tirer en l'air. Ces tirs n'ont pas fait de blessé, mais ils témoignent de la difficulté qu'ont les autorités à prendre des décisions susceptibles de mécontenter les milices. Les hommes politiques se sont émus de l'incident au point d'envisager de déplacer l'ensemble du gouvernement dans la petite ville d'Al-Bayda, moins accessible, à l'est de Benghazi. L'investiture du gouvernement a finalement eu lieu le 16 novembre dernier, et à une seule exception, tous les ministres controversés ont reçu l'aval de la Haute commission de l'intégrité.

A en croire Ahmed Langhi, 70 % des armes en circulation en Libye sont toujours aux mains des milices, et le député ne croit guère aux efforts du gouvernement de transition pour intégrer ces combattants, moyennant rémunération, aux services de sécurité des ministères de l'Intérieur et de la Défense. En payant ces hommes au lieu de négocier avec eux, les autorités centrales ont sapé leur propre pouvoir, juge-t-il.

"Nous n'avons rien contre les membres du gouvernement, mais quand ils se trompent, nous devons les arrêter", estime pour sa part Bashir Ragiab, un des participants en costume de la réunion des combattants, un homme excentrique aux yeux fous. Il dit être consultant pour une brigade aujourd'hui placée officiellement sous la tutelle du ministère de la Défense, et en appelle à la création d'un conseil de révolutionnaires qui aurait un droit de veto face au gouvernement. Par cet appel, Bashir Ragiab va plus loin que la plupart de ses pairs, et ces combattants n'ont d'ailleurs rien d'un groupe uni. Leurs demandes ont tendance à changer d'une semaine sur l'autre, et les hommes politiques semblent incapables de leur tenir tête, à moins qu'ils n'aient peur d'eux.

Un espace laissé vide par l'Etat

Hassan Al-Amin, un député de Misrata, assure que la division règne entre les brigades de sa ville. "Les vrais révolutionnaires veulent accepter le système démocratique, dit-il. Mais il y en a aussi qui poussent l'idée de liberté trop loin et font pression sur le gouvernement par la violence."

Les quatre mois qui se sont écoulés entre les élections, en juillet, et la formation du gouvernement, auront sans doute exacerbé les problèmes de sécurité et permis aux milices de gagner en puissance et en influence. Selon un expert en sécurité occidental, dans plusieurs villes du pays, ce sont encore bien souvent des milices indépendantes qui gardent les bâtiments et assurent les patrouilles de quartier.

"Elles occupent un espace laissé vide par l'Etat, mais elles fournissent aussi un service, et la population est donc prête à faire avec pendant quelque temps", analyse l'expert. Le gouvernement cherche "la carotte et le bâton dont il pourra user avec ces factions militaires, mais pour l'heure, il n'a ni l'une ni l'autre."

A Benghazi, où quatre Américains ont trouvé la mort en septembre dans un attentat contre leur consulat, le chef de la sécurité est un homme visiblement défait. Fawzi Wanis, qui appartient au Conseil suprême de la sécurité (CSS), un organe du ministère de l'Intérieur, a 16 000 hommes sous ses ordres - dont beaucoup ne sont pas formés. La situation dans la ville est de son propre aveu "désastreuse" et continue de se détériorer. "Je crois que le gouvernement va devoir mettre de l'ordre dans ses affaires. Le ministère de l'Intérieur n'est pas vraiment installé, il ne paie pas les salaires, ne fournit pas le matériel..."

Fawzi Wanis espère que le gouvernement va mettre sur pied une police plus efficace. Ensuite, explique-t-il, lui pourra reprendre son métier de directeur des télécommunications, comme avant la révolution. Certains combattants disent eux aussi avoir d'autres plans de carrière, mais ils reconnaissent avoir du mal à ne plus voir la violence comme une solution.

Début novembre, la rue Zawyia, dans le centre de Tripoli, a été le théâtre pendant 24 heures d'affrontements entre deux factions rivales du CSS qui ont alors mené leurs vendettas personnelles à coups d'armes lourdes et de course-poursuite dans les ruelles, pour finir par incendier une maison. Le lendemain, des jeunes hommes d'un des deux camps se sont rassemblés devant le bureau de poste qu'ils sont chargés de garder. Excités par l'effet de groupe, montrant fièrement les bandages sur leurs blessures, ils assurent ne pas avoir eu l'intention de tuer (ce qu'ils n'ont pas fait) mais ne pas vouloir non plus continuer éternellement d'assurer ces petits jobs de sécurité.

Leurs yeux s'éclairent au souvenir des combats de la veille, des tirs et du pillage qu'ils ont mené dans les locaux de leurs adversaires à la recherche de "trophées" rappelant l'ère Kadhafi. "On se serait cru au temps de la révolution, a dit l'un d'eux. Nous nous battions pour défendre nos droits."

Libye: le Premier ministre menace d'utiliser la force pour instaurer la sécurité
 

Le Premier ministre libyen Ali Zidan a menacé mercredi de recourir à la force pour rétablir l'ordre à la suite de mouvements de protestation ayant affecté le secteur pétrolier, principale ressource du pays, et des violences meurtrières dans la capitale.

"Je préviens les familles, les tribus, les régions que nous allons être contraints de prendre des mesures décisives, notamment l'usage de la force (. . . ) si la production de pétrole et la vie des Libyens" sont affectées, a affirmé Ali Zidan.

"Nous n'avons de fonds à dépenser que ceux issus des ressources pétrolières", a-t-il affirmé en marge d'une réunion du Conseil des ministres qu'il a interrompue pour s'adresser à la presse.

Il a déploré des pertes quotidiennes de 1,3 million de dinars libyens (1 M USD) en raison du blocage d'installations pétrolières.

Les installations pétrolières sont devenues la cible de mouvements de protestation depuis les élections de juillet et l'arrivée de nouvelles autorités élues. En l'absence d'une force de police ou armée, les nouvelles autorités peinent en effet à contrôler les groupes armés formés lors du conflit de l'an dernier.

"Nous allons être obligés, pour protéger l'Etat, de faire usage de la force et si l'on utilise la force il y aura des morts et des blessés ", a-t-il menacé, soulignant que "l'Etat ne peut être un Etat que par la fermeté".

Le Premier ministre a appelé aussi les citoyens à soutenir l'Etat, l'armée et la police pour asseoir leur autorité et réaliser les objectifs de la révolution qui a mis fin au règne de Mouammar Kadhafi.

Cette déclaration intervient à la suite d'une série d'actes de violence qui ont secoué Tripoli ces dernières 48 heures à la suite de la mort d'un trafiquant de drogue dans la zone de Fachloum, où les habitants avaient bloqué les routes et incendié un véhicule de la police.

Dimanche, une personne a été tuée lors d'une altercation entre trois personnes alors qu'un homme armé est mort lors d'accrochages avec une patrouille de la police ayant fait 5 blessés dont un grave.

 

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Jan 2013 à 19:28

Ouverture d’une enquête sur Amesys pour complicité de torture en Libye

Amesys, l’entreprise française qui a fourni à Kadhafi l’outil lui permettant d’espionner toutes les télécommunications de son pays, est poursuivie par des Libyens et des ONG (FIDH et LDH) pour complicité de torture. Malgré la réticence sensible du gouvernement, l’instruction peut enfin démarrer.

Un juge d'instruction va finalement pouvoir enquêter pour déterminer si la société Amesys, filiale de Bull, s'est rendue complice de torture en Libye. Ce n’était pas évident, car le parquet de Paris avait fait appel de la décision, prise en mai 2012, par une juge du pôle génocides et crimes contre l'humanité, d'enquêter sur les accusations de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) et la Ligue des Droits de l'homme (LDH) de complicité de torture contre Amesys.
Parallèlement, cinq victimes libyennes de torture se sont constituées parties civiles le 10 janvier et sont prêtes à venir témoigner devant le juge. "Elles avaient été arrêtées et torturées par le régime en place et leur arrestation était directement liée à leur surveillance par le système livré par Amesys" explique l’avocat Me Baudouin. En outre, six autres Libyens se sont constitués parties civiles et sont également disposés à être entendus, a dit à l'AFP leur avocat, Me William Bourdon, pour qui il est nécessaire que de nombreux témoins soient entendus en Libye.

Des faits difficilement contestables

Accablé face aux révélations d’une enquête du Wall Street Journal et du site Reflets puis enfoncé par l’enquête Au Pays de Candy de J.M. Manach d’Owni, Amesys avait finalement reconnu en septembre 2011 avoir signé quatre ans plus tôt avec Kadhafi un contrat qui "concernait la mise à disposition d'un matériel d'analyse portant sur une fraction des connexions internet existantes, soit quelques milliers", pour surveiller les terroristes et pédophiles. Seulement sur le manuel même fourni par Amesys, il est clairement écrit que l'outil Eagle permettait la surveillance des télécommunications "à l’échelle d’une nation".
La nomination d’un juge d’instruction prend d’autant plus d’importance que c’est un certain Ziad Takieddine qui a servi d’intermédiaire dès 2006 entre la France et la Libye avec la caution écrite d’un certain Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur et candidat à la présidentielle. Un autre juge d’instruction enquête d'ailleurs en marge de l’affaire Karachi à propos d’éventuels financements libyens de la campagne dudit Sarkozy à cette même période.
Fin 2008, l’outil est prêt et livré, en mars 2009, avec un mode d’emploi aussi instructif que compromettant pour Amesys. Voir l’excellente chronologie récapitulative de Reflets.

Kadhafi et son assassin

Une vraie tiédeur politique

Un peu plus de deux ans plus tard, Kadhafi était abattu, son régime renversé. Problème, des officiers de la DGSE étaient présents jusqu’en février 2011 pour assurer la formation et la maintenance de l’outil Eagle auprès des services secrets libyens. Soit après le commencement du "printemps arabe".  Serait-ce aujourd’hui l’explication de la réticence du gouvernement à se saisir du dossier ? Ou le Lobbying économique est-il trop lourd pour eux ? Le changement de majorité n’a pas décoincé la situation. Pourtant la députée PCF Jacqueline Fraysse avait interpellé le nouveau ministre des Affaires Etrangères dès l'été 2012, mais la réponse tardive avait été décevante : ce matériel, ayant permis la surveillance de toute une population, ayant conduit à l’arrestation d’opposant et parfois leur torture, n’est pas considéré comme une arme et donc n'est soumis à "aucun contrôle préalable à l'exportation". La députée EELV Isabelle Attard a renouvelé ce mardi les questions aux ministres de la Défense, et de l’Economie Numérique (qui s’occupe de la production et de la vente des Technologies de l'Information et de la Communication), sans réponse pour l’instant. Il serait pourtant urgent de légiférer, d'autant qu'Amesys a senble-t-il vendu le même outil Eagle au Maroc récemment.

Source

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Libye : Seif al-Islam Kadhafi comparaît devant la cour pénale

 
Assawra

Jeudi 17 janvier 2013 - Seif al-Islam, fils du défunt dictateur libyen Muammar Kadhafi, a comparu jeudi devant la cour pénale de Zenten (sud) pour avoir tenté de communiquer illégalement avec l’extérieur en juin, sa première comparution devant une juridiction libyenne, a indiqué le parquet. "La première audience du procès de Seif al-Islam Kadhafi (...) s’est tenue ce jeudi", a indiqué le porte-parole du bureau du procureur général libyen Taha Baraa, précisant que le prévenu est poursuivi pour "complicité dans l’échange d’informations et l’obtention de documents de nature à porter atteinte à la sécurité nationale".

L’audience était fermée à la presse.

Ce premier procès devant une cour libyenne est un signal fort de la Libye, qui dispute à la Cour pénale internationale (CPI) le droit de juger le seul fils de l’ancien dirigeant à être détenu dans le pays. Il est accusé d’avoir tenté d’échanger des informations lors de la visite d’une délégation de la CPI, le 7 juin 2012 à Zenten (180 km au sud de Tripoli), où il est détenu. L’équipe venue rencontrer Seif al-Islam à Zenten afin de préparer sa défense devant la CPI avait été incarcérée le 7 juin, et retenue près d’un mois par Tripoli qui les accuse d’avoir porté atteinte à la "sécurité nationale libyenne".

L’Australienne Melinda Taylor, qui travaille à la défense de Seif al-Islam, avait été accusée d’avoir apporté un stylo-caméra pendant sa visite et tenté de transmettre à Seif al-Islam une lettre codée de son ancien bras droit, Mohammed Ismaïl, l’un des hommes les plus recherchés par la justice libyenne. Le porte-parole du procureur a ajouté que "le procès a été ajourné au 2 mai 2013", expliquant ce report "par le souci d’informer l’équipe de la CPI qui a été libérée pour lui permettre d’être présente" et le besoin de "désigner un avocat à Seif al-Islam dans cette affaire".

Seif al-Islam est détenu à Zenten, à 170 km au sud-ouest de Tripoli, depuis son arrestation, en novembre 2011, par une brigade d’anciens combattants rebelles originaires de cette localité. Il fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI pour des crimes contre l’humanité commis pendant la révolte qui a provoqué la chute puis la mort de Muammar Kadhafi en 2011. Les autorités libyennes ont déposé le 1er mai une requête contestant la compétence de la CPI à poursuivre le fils du dictateur déchu ainsi que son ex-chef des renseignements, Abdallah al-Senoussi, 63 ans. Également recherché par la CPI pour crimes contre l’humanité, ce dernier avait été arrêté mi-mars en Mauritanie et remis le 5 septembre à la Libye, où il a été incarcéré.

(17 janvier 2013 - Avec les agences de presse)

Source : http://www.assawra.info/spip.php?article2086

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Les Européens invités à quitter Benghazi

 

Après Londres, Berlin et La Haye, qui ont 
appelé, le 24 janvier dernier, leurs ressortissants à quitter immédiatement Benghazi, théâtre 
de violences récurrentes, dont l’attaque, 
en septembre 2012, du consulat américain (quatre morts dont l’ambassadeur) et l’attentat manqué contre le consul italien le 12 janvier, Paris a également demandé à ses ressortissants de partir. Et cela en raison d’une « menace » visant les Occidentaux qualifiée d’« imminente » par Londres et jugée « suffisamment fiable » par le Quai d’Orsay. Réagissant à ces décisions, le vice-ministre libyen de l’Intérieur, Abdallah Massoud, a estimé que rien ne les justifiait. 
Pire, le 28 janvier, Londres récidivait, faisant 
état cette fois-ci de « menace potentielle » contre l’ambassade britannique à Tripoli. 
À son tour, British Petrolum a décidé de suspendre son programme de forage prévu 
en Libye en 2013. Benghazi, berceau de la révolte libyenne, s’est vidée des quelques milliers de ressortissants européens qui y vivaient.

Human Rights Watch passe au crible la poudrière régionale

Pour Peter Bouckaert, un des responsables de l’ONG américaine, le pillage des arsenaux libyens dont il a été témoin est la plus grande prolifération d’armes dans des mains « inconnues » jamais vue dans l’histoire des conflits modernes.

C’est un véritable cri d’alarme que lance Peter Bouckaert, directeur de la section urgences d’Human Rights Watch (HRW). « Je suis arrivé à Benghazi à la fin de février 2011, quelques jours à peine après le début de la révolution, et j’ai été sidéré par la quantité d’armes que nous avons trouvées dans les vastes arsenaux de Kadhafi. Un site ordinaire comprenait soixante-dix bunkers remplis jusqu’au plafond d’armes de guerre de toutes catégories, RPG, mitrailleuses, canons antiaériens, mines, obus de chars, pièces d’artillerie et des milliers de missiles sol-air capables d’abattre des avions de transport civil. C’était de loin le plus vaste arsenal de la région et il a été systématiquement pillé », explique-t-il dans Jeune Afrique du 21 janvier. « J’ai vu comment les entrepôts d’armes de la 32e brigade khamis, la force d’élite en ­Libye, ont été pillés par 18 camions (…) sans que personne ne les arrête », ajoute-t-il sur le site TSA daté du 24 janvier. Pour le responsable de HRW, qui cite de nombreux autres exemples, « c’est peut-être la plus grande prolifération d’armes dans des mains inconnues que nous ayons jamais vue dans l’histoire des conflits modernes, d’une échelle dix fois supérieure à ce qu’on a vu en Irak ». Ses interventions auprès du Conseil national de transition libyen afin qu’il prenne des mesures sont restées vaines. Et les puissances occidentales, États-Unis en tête ? « Ils n’étaient pas intéressés par la menace posée par la prolifération des armes ordinaires », dit-il, mais seulement par le vol des missiles sol-air.

Des milices incontrôlées

Outre les armes, « le principal défi, note-t-il, c’est le danger posé par des centaines de milices incontrôlées dans le pays, et le vide du pouvoir qui permet aux extrémistes de trouver refuge dans certaines des régions les plus reculées du pays ». Un vide de pouvoir qui fait qu’en Libye « le gouvernement continue de compter sur les milices indépendantes et lourdement armées (…) pour la sécurité ». Ainsi, faute d’une armée nationale, la sécurité des frontières avec l’Algérie a été confiée à l’ex-fondateur du Groupe islamique combattant libyen (GICL, branche libyenne d’al-Qaida) et ex-vice-ministre libyen de la Défense, Seddik Al Obeïdi, limogé 48 heures après la prise d’otages d’In Amenas. Ce sont ses hommes, des ex-djihadistes du GICL, qui sont chargés du contrôle de la frontière avec l’Algérie et le Mali.

Katibas ­surarmées

Aussi rien de surprenant que Mokhtar Belmokhtar et des chefs de l’Aqmi aient été vus en Libye faire leurs emplettes d’armes et que des islamistes ­libyens aient affirmé avoir fourni une « aide logistique » aux preneurs d’otages d’In ­Amenas situé à moins de 30 km de la ­Libye. Bien plus, selon le journal algérien Echorouk, citant les auditions de trois terroristes capturés par l’armée algérienne, ce sont les ex-rebelles de Zenten (Libye) qui ont livré des armes aux ravisseurs du site gazier. L’armement lourd dont ils disposaient provenait de Libye et non du Nord Mali, indiquent des sources sécuritaires citées par la presse algérienne.

Concernant le Mali, Peter Bouckaert est convaincu que l’introduction de ces puissantes armes « a complètement transformé le conflit dans le Nord Mali ». Présents au Nord Mali, les extrémistes libyens « ont contribué à y acheminer des armes après la chute du régime de Kadhafi », estime l’analyste Jaber Al Abidi. « François ­Hollande gère d’abord les ­effets pervers de la frappe de son prédécesseur sur les colonnes blindées de Kadhafi », explique Gilles Kepel dans le Monde du 18 janvier, laquelle, ajoute-t-il plus loin, « s’est traduite par l’implosion de ce pays en une myriade de factions locales, ethniques ou idéologiques, appuyées sur des katibas ­surarmées ».

Hassane Zerrouky

Siria, Libia, Yugoslavia, Irak: cómo decirse `de izquierda' y avalar las intervenciones imperiales


Edité par T 34 - 11 Feb 2013 à 00:48
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Le contagieux chaos libyen

La situation en Libye suscite toujours plus d’inquiétudes. Une réunion a eu lieu à Paris mardi sur le sujet.

Presque deux ans après le début de l’insurrection contre le régime de Mouammar Kadhafi, la « nouvelle Libye » tient plus du bourbier que de la démocratie. Mardi à Paris, lors d’une réunion ministérielle internationale, le gouvernement libyen a reconnu son incapacité à assurer la sécurité dans ce pays, devenu l’épicentre d’une dangereuse déstabilisation de toute la zone saharo-sahélienne. « Nous souhaitons que la communauté internationale nous aide à former des policiers, des militaires. Nous avons besoin de technologie pour contrôler nos frontières », a résumé le ministre libyen des Affaires étrangères, Mohamed Abdelaziz, tout en refusant le scénario d’une « présence de troupes étrangères » au sol. L’Allemagne, le Danemark, les Émirats arabes unis, l’Espagne, les États-Unis, l’Italie, Malte, le Qatar, le Royaume-Uni et la Turquie ont participé à cette conférence. L’UE, l’UA, l’ONU, le Conseil de coopération du Golfe, la Ligue arabe et Union du Maghreb arabe étaient aussi représentés. La France, en première ligne de l’intervention militaire, en 2011, s’est engagée à former plusieurs milliers de policiers et de militaires libyens. Livré aux milices, privé d’autorité centrale, le pays est devenu, après l’intervention de l’Otan pour renverser Kadhafi, un immense marché d’armes à ciel ouvert. Le pillage des arsenaux libyens a provoqué une dangereuse dissémination d’armes lourdes, de munitions, d’explosifs et même de missiles. C’est ainsi que les groupes rebelles ou djihadistes opérant au nord du Mali ont acquis une puissance de feu inédite. La grave crise qui déchire le Mali est donc une conséquence directe de la guerre de 2011 en Libye. Mais d’autres voisins de la Libye sont menacés. En Algérie, les auteurs de la spectaculaire attaque du site gazier de Tiguentourine ont bénéficié de complicités sur le sol libyen, où ils se sont procuré des armes auprès de « rebelles » de Zenten. Des « rebelles » armés et appuyés, en 2011… par les forces de l’Otan.

Rosa Moussaoui



Edité par T 34 - 19 Mar 2013 à 22:29
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Mar 2013 à 19:22

Libye : ce sont les rebelles qui bombardaient, pas Kadhafi

 


Simon de Beer

20 mars 2013

Article en PDF : Enregistrer%20au%20format%20PDF
 
Hélicoptères d'assaut MI-35 avec mitrailleuses et paniers de roquettes, avions de chasse Mig-23, voilà le genre d'arsenal avec lequel les rebelles libyens ont mené à bien leur « révolution démocratique ». Alors qu'il est désormais établi que Kadhafi n'a pas bombardé sa population, force est de constater que les rebelles ne se sont pas privés, de leur côté, de bafouer la « no-fly zone » imposée par l'ONU. Pire, ils ont reçu pour cela le soutien et la bénédiction de l'OTAN... Un « deux poids, deux mesures » qui en dit long sur nos soi-disants « guerres humanitaires ».

 

 

Six mille morts. Ce chiffre a fait le tour de médias. A l'époque, tous assuraient que Kadhafi avait fait bombarder la population libyenne, descendue pacifiquement dans la rue pour contester le pouvoir du dictateur en place depuis quarante ans. L'information était pour le moins peu fiable puisqu'elle ne provenait que d'un seul homme, un certain Ali Zeidan, porte-parole autoproclamé de la Ligue Libyenne des Droits de l'Homme et membre éminent de l'opposition. Aujourd'hui, Ali Zeidan occupe la fonction de Premier ministre libyen. Au sein du nouveau gouvernement, personne ne semble lui reprocher d'avoir provoqué, par ses mensonges, les bombardements de l'OTAN qui ont mené au renversement de Kadhafi.

Pourtant, Ali Zeidan n'a pas fait dans la dentelle. Loin des 6000 morts annoncés, on estime désormais que le nombre de victimes s'élevait en fait à environ 300 avant les bombardements de l'OTAN. Ces chiffres proviennent des rapports d'organisations respectables telles qu'Amnesty Internationale, Human Rights Watch et la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme. Ils constituent les seuls chiffres documentés que l'on ait et concordent avec ceux avancés par le gouvernement libyen au moment du conflit. Un nombre de morts particulièrement révélateur de l'hypocrisie des pays occidentaux puisqu'il est près de trois fois inférieur à celui des victimes de Moubarak en Egypte à la même époque. Une répression dont nos médias se gardèrent bien de révéler l'ampleur, et pour cause : du temps de Moubarak, l'Egypte était l'un des meilleurs alliés de l'Occident au Proche-Orient. La Libye de Kadhafi, en revanche, dérangeait par sa trop grande indépendance. Tout prétexte était donc le bienvenu pour justifier un changement de régime

Quant au fait que Kadhafi aurait « bombardé » la population libyenne, on sait désormais qu'il s'agit là aussi d'un médiamensonge. «  En dépit des informations transmises par certains médias, il n'a jamais été démontré que des avions ou des hélicoptères aient tiré sur les manifestants à Tripoli », assure Human Rights Watch. Par contre, les rebelles ont fait de leur côté usage d'avions de chasse et d'hélicoptères. En effet, à en croire un article du Figaro paru en septembre 2011, ils avaient à leur disposition dès le 14 mars – c'est-à-dire avant l'entrée en guerre de l'OTAN – des avions de chasse Mig-23 et au moins deux hélicoptères d'assaut MI-35. Ces derniers, surnommés « tanks volants » ou « Terminator », sont équipés de quatre mitrailleuses à l'avant et de paniers de roquettes sous les ailes. D'après Le Figaro, ils évoquent « la destruction et la mort  ». Les rebelles étaient donc lourdement armés, contrairement à ce que l'on dit généralement. Ils violaient en outre allègrement la résolution 1973 de l'ONU. Pire, ils le faisaient avec le consentement et la complicité de l'OTAN.

Aussi ne faut-il pas s'étonner si la Russie et la Chine se montrent aujourd'hui réticentes à l'idée de signer une quelconque résolution condamnant trop fermement la répression en Syrie. Ces deux pays savent bien que, en Occident, on hésitera pas une seconde à détourner le sens d'une telle résolution pour servir ses propres intérêts et, éventuellement, déclencher une nouvelle guerre. Une guerre qui, comme en Libye, risquerait fort de semer le chaos dans le pays voire d'embraser toute la région. « Deux ans après la révolution, la Libye n'a jamais fait aussi peur à ses voisins », écrivait récemment le journal Jeune Afrique. Un scénario qu'il est légitime de vouloir éviter pour le Moyen-Orient.

Source : michelcollon.info

Libye : ce sont les rebelles qui bombardaient, pas Kadhafi


 


Edité par T 34 - 03 Apr 2013 à 23:35
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Apr 2013 à 15:16

Pauvre Libye (The Independent)

 
 

L’avenir de la Libye s’annonce sombre et les médias s’intéressent à autre chose. Deux ans après l’intervention de l’OTAN, les milices continuent à semer la terreur dans le pays

Le second anniversaire de l’intervention de l’OTAN aux côtés des rebelles libyens contre Mouammar Kadhafi n’a quasiment pas été mentionné par les gouvernements et les médias étrangers qui s’inquiétaient tant pour la sécurité et les droits humains du peuple libyen en 2011. Cela ne devrait pas nous surprendre parce que la Libye actuelle est de toute évidence en train de se désagréger et que les Libyens sont devenus les proies des miliciens qui affirmaient autrefois vouloir les protéger.

Quelques uns des évènements qui ont eu lieu en Libye au cours des dernières semaines donnent un aperçu de la situation et valent d’autant plus la peine d’être mentionnés que la presse étrangère, qui autrefois s’entassait dans les hôtels de Benghazi et Tripoli, ne s’y intéresse pas. Par exemple, dimanche dernier, le secrétaire général du premier ministre Ali Zeidan a disparu de la capitale et semble avoir été enlevé. Il se peut que ce soit une mesure de rétorsion parce que les ministres ont dit que les milices agissaient en toute impunité. Le même jour, une milice a envahi le ministère de la justice pour exiger la démission du ministre après qu’il l’ait accusée de tenir une prison illégale.

La situation empire au lieu de s’améliorer. Le 5 mars, le parlement libyen s’est réuni pour décider si les Libyens qui avaient eu des fonctions officielles pendant les 42 ans de pouvoir de Kadhafi devaient être relevés de leurs fonctions. Cela inclurait même les dissidents de longue date qui ont joué un rôle de premier plan dans l’insurrection contre Kadhafi mais qui ont été ministres des dizaines d’années auparavant sous l’ancien régime. Les protestataires en faveur de cette purge étaient si menaçants que les membres du parlement ont été contraints de se réfugier dans les bureaux du service météorologique à l’extérieur de Tripoli où ils ont été attaqués par des hommes armés qui ont envahi le bâtiment déserté par la police. Des parlementaires ont été retenus en otage pendant 12 heures et d’autres ont bravé les balles pour s’enfuir.

Aux abords de Tripoli, la loi des milices est encore plus totale. Le reste du monde ne s’y intéresse que lorsqu’il y a des violences spectaculaires comme l’assassinat à Benghazi en septembre dernier de l’ambassadeur étasunien Chris Stevens par des milices djihadistes. Et si cet événement d’une violence extrême a reçu une telle couverture des médias étrangers, c’est pour la seule et unique raison que le parti républicain en a fait un cheval de bataille politique aux Etats-Unis. Mais l’ambassadeur et ses gardes ne sont pas les seuls étrangers à avoir été assassinés à Benghazi depuis le renversement de Kadhafi. Une association des droits de l’homme égyptienne a annoncé le mois dernier qu’un copte égyptien nommé Ezzat Hakim Attalah avait été torturé à mort dans la ville après avoir été détenu avec 48 autres commerçants dans le marché municipal de Benghazi.

Les organisations des droits humains décrivent la situation en Libye avec plus de sérieux et d’impartialité que les médias internationaux, à part quelques honorables exceptions. Comme c’est sa tradition, Human Rights Watch, qui est basé à New York, a diffusé le mois dernier un rapport documentant le nettoyage ethnique de la ville de Tawergha où 40 000 personnes ont été forcées de quitter leur maison et "ont été détenues arbitrairement, torturées et assassinées". La forte population noire de la ville a été accusée d’avoir soutenu Kadhafi par les milices de Misrata. Human Rights Watch a utilisé des images satellites pour montrer que la destruction de Tawergha a eu lieu principalement après la guerre de 2011 au cours de laquelle 1370 sites avaient été détruits ou endommagés. Fred Abrahams, un conseiller spécial de Human Rights Watch, a déclaré que les images par satellite confirment que "le pillage, les incendies, et les destructions systématiques étaient organisés et avaient pour but d’empêcher les habitants de revenir".

Le manque d’intérêt de la presse internationale offre un contraste flagrant avec sa couverture de la Libye pendant la guerre. Au printemps 2011, je faisais un reportage sur les combats autour de la ville de Ajdabiya au sud de Benghazi. Il y avait une ambiance de guerre bidon que ne reflétaient pas les reportages enthousiastes. A l’entrée sud de Ajdabiya, je me souviens avoir regardé avec amusement les équipes de télévision se positionner de telle sorte qu’on ne puisse pas se rendre compte qu’il y avait plus de journalistes que d’insurgés.

Je n’ai jamais vu de positions rebelles ni même de barrages rebelles sur les routes entre Ajdabiya et Benghazi, deux villes qui étaient dépendantes des frappes de l’OTAN pour leur défense. C’était certainement des unités rebelles braves et dévouées, comme l’ont dit les journalistes, mais les insurgés auraient été rapidement battus sans le soutien de l’OTAN.

Le fait que Kadhafi ait été renversé principalement par des forces étrangères a de grandes conséquences pour la Libye d’aujourd’hui. Cela explique que les insurgés, tout en croyant et affirmant que la victoire était leur oeuvre, se soient révélés trop faibles pour mettre en place quelque chose à la place de la version de nationalisme arabe de Kadhafi. Sans ce nationalisme arabe, il n’y a pas grand chose pour contrebalancer le fondamentalisme islamique ou le tribalisme.

Est-ce que cela a de l’importance ? Peut-être pas, car le nationalisme libyen a été discrédité aux yeux de beaucoup de Libyens par l’usage qu’en ont fait Kadhafi et sa famille.

La situation catastrophique qui est celle de l’Irak depuis 2003 se propage, sous des formes différentes, à d’autres pays arabes. Ils se rendent compte, comme les Irakiens, qu’il n’est pas possible de passer à un fonctionnement démocratique tant que les principales forces politiques ne sont pas d’accord sur les règles qui déterminent l’attribution du pouvoir.

L’auto-détermination nationale devrait être au coeur de tout nouvel ordre. Mais le problème des révoltes du printemps arabe, c’est qu’elles ont toutes été fortement dépendantes du soutien extérieur. Or, comme le montre ce qui arrive en Irak et en Libye, l’intervention étrangère est toujours intéressée. Les révolutionnaires de tous les pays recherchent l’aide étrangère, mais pour assurer le succès de leur entreprise sur le long terme, ils doivent y renoncer très vite. Et ils doivent construire un état de droit parce que, sinon, de nouveaux dictateurs s’imposeront.

Patrick Cockburn,

The Independent

Pour consulter l’original : http://www.independent.co.uk/voices/comment/libyas-future-lo...

Traduction : Dominique Muselet

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Apr 2013 à 15:07

ONU : Les armes libyennes alimentent les conflits en Syrie et au Mali

 
 
 
Mourad Arbani

Un rapport d’experts du Conseil de sécurité de l’ONU relève que ”les armes, en provenance de la Libye, interviennent, de manière destructrice, dans les conflits, au Mali, en Syrie, et dans d’autres pays, et alimentent les réserves des extrémistes et des bandes criminelles, dans la région”.

Les experts onusiens qualifient la Libye comme le principal exportateur d’armes dans la région depuis 2011 date du déclenchement du soulèvement, en Libye, qui a entraîné la chute du régime de Mouammar Kadhafi. Alors que les nouvelles autorités libyennes peinent à élargir leur pouvoir à travers l’ensemble du territoire de la Libye.

Toujours selon le même rapport, les forces de sécurité libyennes n’ont pas la compétence suffisante, d’autant plus que les miliciens, issus des ex-combattants, au sein de l’opposition anti-Kadhafi, ont toujours de l’influence dans le pays.

A la lumière des conclusions des experts de l’ONU, il y a des cas confirmés et des cas en cours d’examen, qui montrent comment des convois clandestins, en provenance de la Libye, bafouent ces sanctions, et parviennent, dans une douzaine de pays.Ces convois comprennent des armes lourdes et légères, des systèmes anti-aériens, des munitions, des explosifs et des mines.

Mourad Arbani

http://www.algerie1.com/actualite/onu-les-armes-libyennes-al...

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L'intervention au Mali derrière l'attentat contre l'ambassade de France en Libye

L'ambassade de France à Tripoli a été visée ce mardi par un attentat à la voiture piégée qui a blessé deux gendarmes français. L'attaque n'a pour l'heure pas été revendiquée, mais l'intervention militaire de la France au Mali contre les islamistes armés a été qualifiée d'agression par la mouvance djihadiste.

L'attentat a été commis vers 7 heures (6 heures de France). Le souffle des explosions de deux voitures piégées garées devant l'ambassade a provoqué l'effondrement partie du mur d'enceinte ainsi que d'une partie de la façade du bâtiment de deux étages situé dans une rue étroite. Deux gendarmes ont été blessés. "Cet attentat aurait pu être absolument un carnage", a expliqué à BFM-TV Laurent Fabius, en route pour Tripoli. "Il s'en est fallu de quelques minutes. Si le personnel avait été effectivement là, ça aurait été un drame épouvantable", a ajouté le ministre des Affaires étrangères.

Lutte contre le terrorisme

Si les auteurs de l'attentat ne sont pas connus, la présidence de la République française a déjà accrédité la thèse d'une répercussion de l'intervention française au Mali contre les islamistes armés le 11 janvier dernier. "Cet acte vise, à travers la France, tous les pays de la communauté internationale engagés dans la lutte contre le terrorisme", explique l'Elysée dans un communiqué. Laurent Fabius a par ailleurs annoncé le renforcement de la sécurité des intérêts au Moyen-Orient et dans le Sahel et l'envoi à Tripoli d'une équipe du GIGN, le groupe d'intervention de la gendarmerie nationale.

L'attaque de l'ambassade française à Tripoli intervient au lendemain du vote quasi unanime (les députés Front de gauche se sont abstenus) du Parlement en faveur de la prolongation de l'intervention française au Mali. Une intervention au Mali qui, aux dires de Laurent Fabius lundi soir, a renforcé "de façon singulière la puissance d'influence de la France". Si 500 hommes ont déjà été rapatriés, un millier d'entre eux doivent rester à terme en soutien de la force de l'ONU. Paris va donc rester impliquer à moyen terme au Mali.

Les menaces d'AQMI

Trois mois après le début de l'opération Serval au Nord-Mali, l'attentat de Tripoli ne surprend pas Patrick Haimzadeh. "L'intervention au Mali a radicalisé les positions" des salafistes libyens, estime ce spécialiste de la Libye sur France Info. Vendredi dernier, Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) avait menacé la France de représailles: "Repousser l'agression de la France est une obligation pour chaque musulman, pas seulement pour Al Qaïda", a dit un porte-parole d'Aqmi sur Twitter.

Attentat à Tripoli: la Libye toujours plus déstabilisée

Deux ans après le début de l’insurrection contre le régime de Mouammar Kadhafi, les autorités libyennes sortent un peu plus amoindries de l'attentat qui a partiellement détruit l'ambassade de France ce mardi matin à Tripoli.

Le ministre de l'Intérieur, Achour Chwayel, a beau annoncé, peu après cet attentat à la voiture piégée qui a blessé deux gendarmes, que "le dispositif de sécurité a été renforcé autour des établissements et intérêts français (...) ainsi que des ambassades et représentations diplomatiques étrangères". Sa déclaration n'a que peu de poids alors que le dispositif de sécurité autour de l'ambassade de France a totalement failli. Le ministre l'a reconnu en faisant état de l'ouverture d'une "enquête pour déterminer où étaient les gardes (libyens) chargés de la surveillance de l'ambassade au moment de l'explosion".

La France forme des policiers libyens

Plus globalement, l'attaque de ce mardi matin décrédibilise un peu plus le gouvernement libyen en place. Pour Patrick Haimzadeh, spécialiste de la Libye inettrogé sur France Inter, "l'Etat libyen est faible. Ses forces de sécurité sont embryonnaires et noyautées dès le début par des groupes salafistes et anti-occidentaux. L'appareil sécuritaire est donc faible."

Mi-février dernier, à Paris, lors d’une réunion ministérielle internationale, le gouvernement libyen a reconnu son incapacité à assurer la sécurité dans ce pays, devenu l’épicentre d’une dangereuse déstabilisation de toute la zone saharo-sahélienne. « Nous souhaitons que la communauté internationale nous aide à former des policiers, des militaires. Nous avons besoin de technologie pour contrôler nos frontières », a résumé le ministre libyen des Affaires étrangères, Mohamed Abdelaziz, tout en refusant le scénario d’une « présence de troupes étrangères » au sol. La France, en première ligne de l’intervention militaire, en 2011, s’est engagée à former plusieurs milliers de policiers et de militaires libyens.

Les crises en Libye et au Mali s'entremêlent

Livré aux milices, privé d’autorité centrale, le pays est devenu, après l’intervention de l’Otan pour renverser Kadhafi, un immense marché d’armes à ciel ouvert. Le pillage des arsenaux libyens a provoqué une dangereuse dissémination d’armes lourdes, de munitions, d’explosifs et même de missiles. C’est ainsi que les groupes rebelles ou djihadistes opérant au nord du Mali ont acquis une puissance de feu inédite. La grave crise qui déchire le Mali est donc une conséquence directe de la guerre de 2011 en Libye. Mais d’autres voisins de la Libye sont menacés. En Algérie, les auteurs de la spectaculaire attaque du site gazier de Tiguentourine ont bénéficié de complicités sur le sol libyen, où ils se sont procuré des armes auprès de « rebelles » de Zenten. Des « rebelles » armés et appuyés, en 2011… par les forces de l’Otan.

S.G. avec Rosa Moussaoui

Un terrible effet collatéral de la guerre de l’Otan

Moins de sept mois après la mort de l’ambassadeur 
des États-Unis à Benghazi, à la suite d’une attaque d’Ansar Chariâa de Mohamed Al-Zahaoui, force est 
de constater que l’attentat ayant ciblé l’ambassade de France intervient dans le contexte d’un pays qui n’arrive pas à tourner la page de l’après-Kadhafi. Certes, 
un Congrès national (parlement) a bien été élu au suffrage universel en juillet 2012. Un premier ministre, Moustapha Abou Chagour, est désigné par le Congrès national 
en septembre. Mais, début octobre, il est renversé par 
un parlement qui lui préfère Ali Zeidan, opposant en exil, qui forme un gouvernement de 32 membres. Pas moins. Le nouveau premier ministre, qui se fixe pour tâches 
de relancer la machine économique et rétablir la sécurité, est vite confronté aux réalités d’un pays socialement et politiquement fragilisé, où les rivalités et tensions tribales et religieuses structurent le champ politique, et où des milices surarmées, dont certaines comme Ansar Chariâa, ont pignon sur rue. Début janvier, le consul d’Italie à Benghazi échappe à un attentat. Plusieurs officiers libyens sont assassinés. Des mausolées de saints soufis sont dynamités par les salafistes armés. Avec, en arrière-plan, ces menaces récurrentes de séparatistes de la région pétrolière de Benghazi ou des Toubous du Sud libyen. 
Plus encore, même si l’ex-djihaddiste et ex-membre 
d’al-Qaida parrainé par le Qatar, Abdelhakim Belhadj, 
a renoncé à son poste de gouverneur de Tripoli, créant un parti, le Mouvement islamique libyen pour le changement (Milc), ses hommes, au nombre de plusieurs centaines, tiennent encore des pans entiers de la capitale. Tandis que ses deux compagnons et anciens membres du Groupe islamique des combattants libyens (Gicl, branche libyenne d’al-Qaida), Ismaïl Sallabi à Benghazi et Abdelhakim Al-Assadi à Derna, sont toujours présents politiquement et militairement. Et ce, sans compter le fait que la Libye est devenue un arsenal à ciel ouvert, 
où des groupes djihadistes viennent faire tranquillement leurs emplettes, conférant au djihadisme une dimension régionale du Maghreb au Sahel. Une situation qui n’est pas sans nous surprendre, nous qui avions alors, 
à contre-courant de médias français très alignés, alerté dans ces colonnes sur les conséquences du soutien de l’Otan à une rébellion très investie dès le départ 
par différents groupes islamistes.

Hassane Zerrouky



Edité par T 34 - 30 Apr 2013 à 23:03
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 May 2013 à 22:24

Des ministères pris d’assaut

Alors qu’ils se revendiquent de la loi sur l’exclusion des anciens du régime Kadhafi, les miliciens islamistes armés semblent viser les dirigeants d’un pays en proie à la violence.

Rien ne va plus en 
Libye. Moins d’une semaine après l’attentat ayant ciblé le 23 avril l’ambassade de France à Tripoli, deux sièges de ministères sont assiégés par des groupes armés d’obédience islamiste. Le 28 avril, plusieurs dizaines d’hommes à bord de pick-up lourdement armés, venues surtout de Misrata, assiègent le ministère des Affaires étrangères, pour exiger l’application de la loi d’exclusion en cours d’examen par le Congrès national (Parlement), un texte visant à épurer l’administration des fonctionnaires (42 postes clés sont visés par une liste) ayant servi l’ancien régime. Et les miliciens menaçaient même d’étendre leur action s’ils n’obtenaient pas satisfaction. Le même jour, des officiers de police ont envahi à deux reprises le ministère de l’Intérieur pour réclamer des augmentations de salaire et des promotions. Le 29, le ministère des Finances est brièvement occupé par les mêmes groupes. Mardi, à bord d’une vingtaine de pick-up armés de mitraillettes ou de canons antiaériens et des lance-roquettes, un groupe d’islamistes encercle le ministère de la Justice pour réclamer l’exclusion des anciens collaborateurs du régime Kadhafi. « Le siège des ministères des Affaires étrangères et de la Justice se poursuit et sera maintenu jusqu’à ce que nos revendications soient entièrement satisfaites », a réitéré Aymen Mohamed Aboudeina, membre de la Coordination des partisans de l’exclusion politique des anciens collaborateurs de Kadhafi.

Affrontements tribaux

La pression de ces milices sur le gouvernement et le Parlement intervient dans un contexte d’escalade des violences où le nouvel État n’est pas en capacité d’assurer la moindre autorité. Depuis lundi, l’ouest du pays est le théâtre d’affrontements tribaux. Les villes de Tiji et Nalout, à 200 km au sud-ouest de Tripoli, sont le théâtre de combats à l’arme lourde entre milices rivales. Dans le sud, plus d’une centaine de prisonniers de droit commun se sont évadés dans la nuit de lundi à mardi d’une prison à Sebha (800 km au sud de Tripoli). Enfin, les attaques contre les services de sécurité ont repris dans l’est du pays.

En fait, à travers cette pression des milices armées, qui fragilise le processus de mise en place d’institutions (élection du CGN en juillet 2012 et formation d’un gouvernement en octobre), les milices islamistes chercheraient à contraindre à la démission plusieurs dirigeants libyens. Ainsi sont visés le premier ministre, Ali Zeidane, ancien diplomate sous Kadhafi, le président du parlement, Mohamed Megharief, ancien ambassadeur en Inde et qui a dirigé sous Kadhafi la Cour des comptes, et Mahmoud Djibril, chargé par Seif El Islam, le deuxième fils de Kadhafi, des réformes politiques et dont la coalition, l’Alliance libérale, est arrivée en tête du scrutin législatif, devançant la liste dirigée par les Frères musulmans de Abou Chougar, soutenue par le Qatar.

Hassane Zerrouky

Le risque de partition du pays s’accroît

Le siège armé des ministères libyens illustre la déliquescence d’un État, menacé d’une division en trois parties sur fond de rivalités tribales et de conflits avec des groupes islamistes.

En dotant le pays d’institutions – élection au suffrage universel du Congrès général national (CGN, Parlement) et formation d’un gouvernement –, les nouvelles autorités libyennes pensaient que le plus dur venait d’être fait. Le gouvernement du premier ministre, Ali Zeidane, qui s’est fixé pour tâche de jeter les bases d’un État transcendant les clivages tribalo-islamistes, de promouvoir la réconciliation nationale, la relance de la machine économique et le rétablissement de la sécurité en mettant fin à l’existence des milices armées, a vu son action contrariée par ces mêmes milices, lesquelles ont de fait pris en otages les institutions naissantes de la Libye post-Kadhafi.

Le siège actuel des ministères des Affaires étrangères et de la Justice par des groupes armés, et même du CGN (Parlement), illustre le désordre et la déliquescence dans lesquels le pays est plongé. Ainsi, en mars dernier, faisant fi des résultats du scrutin législatif de juillet dernier (60 % de participation) remporté par l’Alliance libérale de Mahmoud Djibril contre la liste menée par les Frères musulmans, des miliciens avaient envahi le CGN et menacé les députés s’ils n’adoptaient pas des lois allant dans le sens de leurs intérêts. Même le premier ministre, Ali Zeidane, a été menacé fin mars dans son propre bureau par des miliciens islamistes parce qu’il avait ordonné, sans succès, de faire évacuer plusieurs bâtiments officiels tenus par les milices armées de l’ex-membre d’al-Qaida et ex-gouverneur militaire de Tripoli, Abdelhakim Belhadj.

Pourtant, le nouveau gouvernement a bien tenté d’intégrer ces milices dans la nouvelle armée en construction contre de l’argent et autres avantages. Car ces milices font planer une menace de fragmentation du pays. Sous leur pression, dont celle d’Ansar Charia, l’Est pétrolier, la Cyrénaïque, a proclamé son autonomie l’an passé. Dans le Sud, également riche en ressources énergétiques, le chef des Toubous, Issa Abdelmajid Mansour, brandit régulièrement la menace séparatiste.

Les Berbères libyens du djebel Nefoussa, longtemps opprimés par le régime de Kadhafi qui leur interdisait même de s’exprimer dans leur langue, n’entendent pas se dissoudre dans une Libye arabo-islamiste en renonçant à leur identité. De fait, dans une Libye, devenue suite à l’intervention de l’Otan un arsenal à ciel ouvert où les milices locales et les djihadistes de tout poil font leurs emplettes, les risques de dislocation du pays sont plus présents que jamais.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 May 2013 à 18:50

Libye : adoption d’une loi controversée et siège de ministères levé

Sous la pression de milices armées qui faisaient 
le siège de deux ministères, l’Assemblée nationale libyenne a voté hier par 115 voix sur 157 le premier article d’une loi controversée qui exclut de la vie politique libyenne toute personne ayant occupé 
un poste de responsabilité sous le régime de Mouammar Kadhafi. Parallèlement, les hommes 
des milices qui cernaient les ministères ont annoncé qu’ils suspendaient leur mouvement.
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 May 2013 à 15:15

La sémantique libyenne

 

La sémantique qui a exprimé la situation en Libye n’a pas fini de mener à l’impasse cognitive. Au tout début, était cette « révolution » atypique que l’armada de l’OTAN faisait, quand les médias mettaient plutôt en scène des « révolutionnaires ».
Lors de la « victoire » et de la chute de Tripoli, le même décorum est servi à l’opinion internationale.
Le « nouveau pouvoir » à peine installé, les « révolutionnaires » sont passés de leur glorieux statut à celui de milices ou de groupes armés.

Inutile donc de chercher à comprendre le phénomène et de s’étonner que le « nouveau pouvoir » ne soit pas issu des « révolutionnaires » qui auraient fait la « révolution ».

Il serait impossible de se retrouver dans les subtilités qui ont accompagné toute la campagne libyenne, depuis la mobilisation des associations droitsdelhommistes, d’Al Jazeera et consorts, en passant par la résolution sur la « no fly zone », jusqu’à la destruction de Syrte et de Beni Walid. Il faut se contenter d’apprécier le traitement qui est fait des événements.

Aujourd’hui, il faudrait se faire à l’idée, malgré tout ce que l’on peut en penser, que la Libye (sic), c’est comme cela que l’on désigne le pouvoir dont l’autorité ne dépasse pas le perron de ses locaux, est « en butte aux milices armées ». Ici et là, sporadiquement, il est signifié que ces milices sont « issues de la révolution », sans préciser si elles en ont profité pour se constituer ou si elles l’ont faite. Admettons simplement qu’elles en sont « issues », ce qui est de toute manière une indéniable réalité. Sans la « révolution », elles n’auraient pas existé. Mais, peut-être qu’en réalité, le pouvoir n’est pas issu des milices et qu’il ne leur doit rien, même pas d’avoir figuré le peuple libyen « en armes », aux yeux du monde intoxiqué de propagande. Ce qui donne immédiatement l’explication qui met tout à plat.

Il y a, en vérité, d’un côté, un aréopage destiné à gouverner le pays, au moins à donner une légalité aux juteux contrats sur les hydrocarbures, de l’autre, ces non moins acteurs de la « révolution », par leur figuration au sol, qui veulent leur part du gâteau et, au milieu, un peuple qui n’a rien demandé, qui attend que le cataclysme qui s’est abattu sur lui se calme.

Deux pouvoirs règnent alors en maître, l’un au service du marché mondial, en tant que fiction politique représentative d’une souveraineté octroyée par la « communauté internationale » et l’autre, éclaté en une kyrielle de gangs qui pressurent et terrorisent les populations sous leur emprise.

De temps à autre, représentant la force militaire, ils rappellent au pouvoir « officiel », qui n’a pas d’armée, ce qu’il doit faire ou ne pas faire, lorsqu’ils estiment que cela peut leur porter préjudice. C’est ce qu’ils viennent de décider ces derniers jours en imposant le vote d’une loi qui exclu de la citoyenneté libyenne ceux qui avaient refusé que l’OTAN fasse sa « révolution » contre leur pays.

Leur maintien dans les institutions, qui leur rappellerait trop leur mauvaise conscience, ne pouvait être accepté. Coup sur coup, deux ministres, puisque faute de mieux c’est ainsi qu’il faut les désigner, celui de la Défense et celui de l’Intérieur ont demandé de démissionner. Ils ont dû finir par se rendre compte qu’il faut être ministre de quelque chose pour rester. Une autre turpitude de la sémantique en cours.

Ahmed Halfaoui

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 May 2013 à 19:04
2 ans après l'invasion, les réfugiés de Libye en Tunisie, dans l'incertitude sur leur sort, réclament leurs droits
 
 

Le camp de Choucha, mis en place dans le désert tunisien entre la ville de Ben Gardane et la frontière libyenne, qui est à 7 km,  devrait être fermé le 30 juin. Ce camp géré par le HCR, co-financé par le gouvernement italien a été conçu dès le départ comme un camp de transit, comme le répète Ursula Schulze Aboubacar, représentante du HCR en Tunisie. Ouvert en mars 2011, en pleine " urgence Afrique du Nord", il a accueilli des milliers de réfugiés en provenance de Libye, dont beaucoup d'Africains sub-sahariens, persécutés pendant la guerre parce qu'ils étaient considérés comme des collaborateurs et des mercenaires de Kadhafi.

Fichier:CampChouchaTunisie%201.jpg

La Libye, avant la guerre, était un pays où l'immigration économique en provenance de diverses  parties de l'Afrique, mais aussi du Moyen-Orient, était importante. Beaucoup d'immigrés s'étaient installés durablement en Libye, fondant des familles et pour cette raison, parmi les réfugiés de Choucha, il y a aussi de nombreux enfants d'immigrés. Néanmoins, beaucoup d'entre eux, par des grandes manœuvres logistiques réalisées de concert par le HCR, l'OIM et les ambassades des pays d'origine, ont été rapatriés dans ceux-ci, à travers le retour volontaire assisté.

Par ailleurs, environ 4000 personnes ont été reconnues dignes d'une protection humanitaire et la majorité a été acceptée dans un pays tiers dans le cadre de "l'initiative globale de réinstallation (resettlement)".  Pour moins d'une centaine de réfugiés (dont des mineurs non accompagnés et des familles avec petits enfants), en revanche, l'intégration se met en route sur place, en Tunisie, à Sfax, Médenine et Ben Gardane. Il s'agit de villes éloignées de Tunis, où l'atmosphère est fascinante pour les touristes, mais peut être hostile pour une minorité qui s'y établit.
 
Le HCR, pour sa part, insiste sur le fait que le recours la solution du resettlement dans des pays tiers était une mesure exceptionnelle justifiée par l'instabilité dans laquelle la Tunisie se trouvait suite à la révolution. En outre, cette mesure a été perçue par de nombreux migrants comme un stratagème, une voie préférentielle et pratique pour rejoindre l'Europe et les USA, en évitant l'exode risqué par voie maritime. Pour cette raison la date limite pour l'acceptation des transferts vers des pays tiers avait été fixée à novembre 2011.
 
 
"Il est temps", dit Ursula Schulze-Aboubacar, "que les réfugiés voient la Tunisie comme pays d'arrivée et non de transit, et qu'ils aident la Tunisie à construire une nouvelle page de la solidarité". C'est certainement une déclaration pleine d'espoir, mais qui cache une terrible vérité: les réfugiés ne sont pas libres de choisir et sont obligés, contre leur gré, de rester en Tunisie. Les réfugiés censés être intégrés sur place ne sont pas d'accord et ont commencé le 29 mars devant le bureau du HCR à Tunis un sit-in qui continue à ce jour. Leur demande est le transfert dans un pays sûr où il y a une loi sur le droit d'asile et où on leur reconnaisse le statut de réfugié. Ils croient que la Tunisie n'est pas encore prête à  accueillir les personnes qui ont droit à une protection et que, dans ce pays, et plus encore dans les villes où ils devraient se réinsérer, on perçoit un sentiment raciste contre les Noirs et des discriminations contre les chrétiens. Ils veulent pouvoir bénéficier du resettlement dans un pays tiers, plus sûr et accueillant qu'une Tunisie marquée par une forte instabilité politique et économique.

Ils réaffirment que leur vie était en Libye, qu'ils ne sont pas les migrants qui rêvent d'Europe, mais que la Tunisie ne peut pas offrir les conditions pour commencer une nouvelle vie. Le HCR, en revanche, estime que la Tunisie est ouverte à l'intégration, tant du côté de la société civile que du gouvernement. "Nous menons un effort commun pour faire de la Tunisie un pays d'accueil", explique la responsable, "j'admets que que le racisme et la violence existent, mais tout comme dans d'autres pays".

 
L'embryon d'accueil en Tunisie proposé et imposé par le  HCR aux réfugiés expose ceux-ci à une série de risques, contre lesquels, par définition, ils devraient être protégés. Les réfugiés n'ont pas encore de reconnaissance juridique de leur statut par le gouvernement tunisien, d'où il suit qu'en l'état actuel des choses, un réfugié (et ses droits!) n'est pas défendable. Plusieurs ONG européennes soutiennent la protestation des réfugiés, affirmant leur droit à être transférés, et plus généralement, la liberté de mouvement.
 

 
Pour que l'intégration soit possible et acceptable en Tunisie, il faudrait avant tout une loi sur l'asile politique ; mais il faut prendre en considération qu'on est face à un État encore instable en attente d'une Constitution. Si une telle loi n'existe pas et ne verra  probablement pas le jour à court terme, comme la Constitution qui, après deux ans, est encore dans les limbes, les réfugiés ne peuvent même pas obtenir un document de séjour et de voyage, restant ainsi bloqués. Même si personne ne s'oppose à un accueil en Afrique et en Afrique du Nord, il est impossible de le concevoir en ces termes.
 
La Constitution en attente, sans grand espoir d'ententes  et d'accords depuis in bon moment, révèle l'état précaire de la protection des droits des Tunisiens comme des réfugiés. Le déni de la liberté de circulation s'applique à tous en Tunisie, à commencer par les pauvres. La possibilité de quitter le pays reste donc reléguée dans la sphère des privilèges. Les accords entre l'Italie et la Tunisie en matière de patrouilles et de contrôle de l'immigration essentiellement fondée sur des «dons» et des accords économiques (l'ancien ministre de l'Intérieur s'est rendu à Tunis il ya environ trois semaines) vont de pair avec les «aides» économiques des pays européens à l'intégration des réfugiés en Tunisie.
 

La protestation des réfugiés de Choucha prend alors les caractéristiques d'une demande plus large et plus complète. Le blocage des personnes en Tunisie, expression de politiques néo-impérialistes, qui relève de l'abus de pouvoir des dominants, concerne exactement de la même façon les réfugiés et les Tunisiens. Tous les éléments sont réunis pour une revendication transversale reconnaissant que réfugiés et Tunisiens ont des besoins proches et donc des intérêts communs, ce qui rendrait plus forte et solide une bataille pour les droits relatifs à l'immigration et à la protection internationale.
 
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Jun 2013 à 01:40

Fezzan libyen : répression des Noirs, impunité des djihadistes, et tractations françaises

Le 28 mai dernier, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui s'exprimait lors d'une visite au Niger où des kamikazes ont attaqué une mine d'uranium françaises la semaine dernière, a déclaré qu'il y avait des signes que le Sud de la Libye (le Fezzan) livré à l'anarchie devenait un refuge pour les groupes islamistes dans le Sahara et  a appelé les pays limitrophes africains à mener une action concertée dans cette zone (Reuters).

Sahelistan, le dernier livre de Samuel Laurent, un employé de sociétés privées qui fut pratiquement le seul Occidental en 2012 à sillonner le Fezzan libyen, décrit assez bien le chaos qui y règne sous les houlette des milices, et le nettoyage ethnique silencieux qui s'y déroule dans l'indifférence générale des médias occidentaux qui ont soutenu l'ingérence de Sarkozy contre le régime kadhafistes.

Notamment sur la base d'une enquête sur place et du témoignage de Douna, chef de la brigade 17.2 Gatrun rencontré en mai 2012 par le biais du beau-frère d'un assistant d'Abdejhakim Belhaj (ex gouverneur militaire de Tripoli), Laurent explique qu'alors que les Toubous (Africains noirs que les Libyens assimilent à des Tchadiens) ont participé à l'insurrection anti-Kadhafi (notamment la prise de la base militaire de Louer par le colonel Barca mi-juin 2011), ils ont été dénoncés comme complices de l'ancien régime par la tribu arabe des Ouled Slimane majoritaires à Sebha qui ont commis des exactions à leur égard. Après avoir mis à sac les casernes et saisi les armes, ils contrôlent Radio Sebha et en 2012 appellent régulièrement au "djihad contre les Toubous", pourtant musulmans comme eux, "avec une méthode et une rigueur qui rappellent la radio des Mille Collines au Rwanda" (p. 113). Le quartier Tayouri, bidonville sans eau courante ni électricité peuplé uniquement de civils toubous est régulièrement pris pour cibles par les canons et les mortiers des Ouled Slimane. A Zoufra près de la frontière égyptienne et soudanaise, les Toubous sont la cible de la tribu arabe des Zouayis (anciens alliés des Italiens à l'époque coloniale comme les Ouled Slimane, qui ont quitté la Libye lors de l'indépendance puis qui ont reconquis du pouvoir en Libye à partir des années 70). Les Ouled Slimane et les Zouayis, protégés par Kadhafi, ont joué les révolutionnaires à partir de 2011 tout en traficant (cigarettes, drogue, immigrants clandestins, contrefaçon) avec AQMI. Et cela avec la complicité du conseil national de transition libyen (gouvernement fantoche de la Libye porté à bout de bras par Bernard-Henry Lévy) qui nomma Abou Wahab Hassain Qaid, responsable de la sécurité de la frontière sud ... alors qu'il était le frère d'une étoile montante d'Al Qaida...

Samuel Laurent montre aussi comment les routes des trafics d'arme et de drogue passent désormais par la Libye du Sud où aucun contrôle n'existe. La dernière loi d'épuration des anciens kadhafistes votée sous la pression des milices islamistes assiégeant le parlement qui a conduit à la démission du ministre de l'intérieur et du président de l'assemblée nationale devrait continuer à affaiblir l'Etat central libyen lequel s'enferme dans le déni et n'a aucune chance de mettre fin aux trafics dans le sud du pays. Cette semaine le Premier ministre libyen, Ali Zeidan, a démenti que les auteurs des attentats au Niger soient venus de son pays.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Jun 2013 à 17:08
Une vingtaine de morts dans des affrontements à Benghazi
 
Pas moins de 25 personnes sont mortes samedi à Benghazi, dans l'est de la Libye, lors de violents heurts opposant d'ex-rebelles à des manifestants qui demandent leur retrait de la ville. Les protestataires souhaitent le retour de forces régulières.
 
Au moins 28 personnes ont été tuées et près de 60 autres blessées samedi à Benghazi dans des affrontements entre une brigade d'ex-rebelles et des manifestants "anti-milices", a indiqué à l'AFP une source médicale de cette ville de l'est libyen.

"Nous avons recensé jusqu'ici 28 morts et près de 60 blessés", a indiqué à l'AFP un médecin de l'hôpital al-Jala à Benghazi.

Un précédent bilan de l'hôpital faisait état de 11 morts et 30 blessés.

Selon un journaliste de l'AFP sur place, des dizaines de manifestants, dont certains armés, ont tenté samedi de déloger la brigade "Bouclier de Libye" de sa caserne, provoquant un affrontement entre les deux groupes.

Les protestataires affirment vouloir déloger les "milices" armées de leur ville, appelant les forces régulières à prendre le relais.

La brigade "Bouclier de Libye", formée d'ancien rebelles ayant combattu le régime de Mouammar Kadhafi en 2011, relève formellement du ministère de la Défense.

Les autorités libyennes, qui peinent à former une armée et une police professionnelles, ont régulièrement recours à ces ex-rebelles pour sécuriser les frontières ou s'interposer dans des conflits tribaux.

Le porte-parole de Bouclier de Libye, Adel Tarhouni, a fait état de son côté d'un mort et de sept blessés au sein de sa brigade.

M. Tarhouni a défendu "la légitimité" de sa brigade, affirmant qu'elle dépendait officiellement du ministère de la Défense.

Selon lui, il a d'abord eu une manifestation pacifique de plusieurs heures devant le QG de sa brigade, une ancienne caserne de l'armée de Kadhafi.

"La manifestation a été infiltrée par des hommes armés qui ont tiré sur nos locaux et ont jeté des Jelatina" (bombe artisanales), a-t-il expliqué à la chaîne de télévision, Libya al-Ahrar.

Ali al-Chikhi, porte-parole du chef d'état-major, a affirmé que Bouclier de Libye était "une force de réserve de l'armée libyenne" et que l'attaquer équivalait "à une agression contre une force légitime".

Le colonel al-Chikhi, cité par l'agence Lana, a qualifié de "très dangereuse" l'attaque contre la brigade, appelant toutes les parties à la retenue.

Dans la nuit de samedi à dimanche, le Premier ministre Ali Zeidan a annoncé que Bouclier de Libye avait quitté sa caserne et que l'armée régulière avait pris possession des lieux et contrôlait les armes lourdes qui s'y trouvaient.

Dans une déclaration à la télévision nationale, M. Zeidan a annoncé l'ouverture d'une enquête pour déterminer les responsabilités, tout en appelant toute les parties à la retenue.

En octobre, des habitants de Benghazi s'étaient déjà rebellés contre les milices, délogeant certaines d'entre elles de leurs bases.

Le nouveau pouvoir en Libye a échoué à désarmer et à dissoudre les groupes d'ex-rebelles qui font la loi dans le pays et tente de légitimiter certains d'entre eux malgré l'opposition d'une grande partie de la population.

Benghazi, la deuxième ville de Libye d'où était partie en 2011 la contestation qui a conduit à la chute du régime de Kadhafi, a été le théâtre ces derniers mois de plusieurs attaques contre des intérêts occidentaux et d'assassinats de responsables de la sécurité.

Pour le président tchadien, la Libye est au bord de l'explosion
 
Le président tchadien, Idriss Déby, livre un diagnostic alarmant sur la Libye dans un entretien au Figaro. "La Libye est au bord de l'explosion. Je n'ai pas du tout la solution, mais on ne peut pas regarder cette situation, la laisser évoluer et nous exploser à la figure. La communauté internationale doit aider les autorités légitimes de la Libye", déclare M. Déby.
 
"Tous les islamistes radicaux sont aujourd'hui en Libye", poursuit le président tchadien, pour qui les liens de ces groupes avec Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) ne font "pas de doute". "Hier, ils n'avaient pas de terrain, aujourd'hui, ils en ont un : c'est la Libye tout entière. Hier, ils n'avaient pas d'armes, maintenant, ils les ont toutes. Ils n'ont même pas besoin de fabriquer des trucs artisanaux. Hier, ils se cachaient. Aujourd'hui, ils s'affichent, et disent qu'ils imposeront la charia en Afrique", affirme M. Déby.
 
"LE TERRORISME PEUT FRAPPER QUAND IL VEUT"
 
"La communauté internationale doit se réveiller pour sauver la Libye, sinon tout ce que nous avons fait au Mali ne servira à rien", insiste-t-il. "La situation évolue de la façon la plus négative possible pour la Libye, mais aussi pour nous", constate-t-il encore. "Malheureusement, à l'horizon, je ne vois pas dans les trois ou quatre années à venir une Libye stabilisée, à moins d'un miracle (...) Le terrorisme peut frapper quand il veut, même au Tchad", dit-il.
 
Des soldats tchadiens sont intervenus aux côtés de l'armée française et d'autres pays africains pour chasser les groupes islamistes armés qui occupaient le nord du Mali.
 


Edité par T 34 - 09 Jun 2013 à 17:12
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Jun 2013 à 16:54

Libye, on n’en finit pas encore

 
Ahmed HALFAOUI

« La vieille Libye me manque, la Libye qui sait pardonner, la Libye généreuse et unie » a dit, la larme à l’œil, Mohamed Al-Megaryef, le président de ce Congrès général national libyen, élu on ne sait comment et représentant on ne sait qui. Le monsieur a été contraint de démissionner par la force des armes. Les « révolutionnaires » ont jugé qu’il devait s’en aller, parce qu’avant de rejoindre la « révolution », il a occupé un poste sous Mouammar Kadhafi, tout comme ces membres du CNT qu’on nous a baladés durant des mois, de perron en perron de palais présidentiels, en tant que « représentants légitimes » du peuple libyen. Il s’en va en regrettant la vieille Libye. Celle d’avant l’OTAN, aurait-il dû préciser. Mais, il n’a pas osé le dire, car ce serait reconnaître qu’il a été berné par l’OTAN « révolutionnaire », qui organisait plutôt le chaos que la démocratie avec ses bombardiers, ses services secrets et ses forces spéciales. Voilà où nous en sommes et les « démocratiseurs » ont soit disparu, soit font comme s’ils n’y sont pour rien dans la tragédie qui frappe les Libyens. Plus d’un aimerait qu’ils reprennent leurs virées surmédiatisées avec les « thouar », ces "démocrates assoiffés de liberté », juste pour nous renseigner si ce sont les mêmes qu’ils ont exhibés devant les caméras, en tant que promesse d’une ère nouvelle versus la dictature. Mais on n’en est plus là. Il est aujourd’hui question de renvoyer l’OTAN terminer un travail qu’elle n’aurait pas fini. C’est François Hollande qui en parle. « C’était à la communauté internationale d’être beaucoup plus présente y compris par des forces sur place », dit-il. Pour le moment, il reste tout de même prudent. En tant que satellite, il ne peut trop s’avancer, même s’il entrevoit une opportunité. Il commence par une phrase devenue un classique du genre, quand il s’agit de se préparer à civiliser les indigènes. La voici : « Il y a des règles pour toute intervention française, nous, nous intervenons dans la légitimité que nous confèrent les résolutions de l’Onu et dans aucun autre cadre. » Pour ajouter : « Nous devons donc avec les autorités libyennes, et seulement elles, voir quelle coopération nous engageons pour mettre hors d’état de nuire ces groupes terroristes. » Ainsi, on y est pas encore, mais on y vient quand même. Comme pour le Mali, il suffirait que ce qui fait office d’autorité en Libye se manifeste en faveur de la chose. Sauf que le pari est plus risqué pour des « autorités », dont la CPI pense qu’elles « n’ont pas été en mesure d’obtenir le transfert de M. Kadhafi (Seif Al-Islam) à la garde de l’Etat ». L’intéressé est détenu par l’une des centaines de milices qui écument la Libye, exercent le véritable pouvoir et font régner leurs propres lois. De plus, elles symbolisent toujours la « révolution », tant les images de ces combattants – hilares tirant à tout-va sur on ne sait quoi, dont a été abreuvé durant des mois l’imaginaire de milliards de personnes – sont présentes. Il serait mal venu, en principe, de revenir les mater, même si cela serait bien de leur rappeler qui leur a fait leur « révolution ».

Libye : le carnage ne fait que commencer

 
 

Comme anticipé par les analystes avertis depuis le début de l’invasion en Libye, le pays va connaître un chaos à l’irakienne. Les « détériocrates » de tous bords rassuraient les nigauds qu’ils allaient leur offrir un nouvel Eldorado.

Avec la complicité des marionnettes qui, pourtant, étaient bien « nourries » sous la gouvernance de Kaddafi, les forces du mal otanesques, à leur tête un certain duo Sarko-Lévy, ont joué le jeu qui leur a été imparti, et ce, comme s’ils allaient jouir d’une nouvelle ère. Ces affamés de pouvoir ne se sont jamais souciés de l’avenir du peuple libyen, privilégiant seulement leurs vils intérêts, quitte à jouir d’un statut vassal. Maintenant que les nuages, qui ont quelque peu semé le doute se sont dissipés, le peuple libyen se trouve confronté à une autre réalité. Celle d’une nouvelle répression menée par les terroristes de l’OTAN en guise de diversion pour laisser le champ libre aux multinationales prédatrices pour pomper le pétrole libyen en toute quiétude. Récemment, lors d’une manifestation en Cyrénaïque, les participants pacifiques, parmi lesquels des activistes pour la démocratie (la vraie, pas celle des canons de l’Otan), se sont fait tirer dessus à la grenade et à la mitrailleuse lourde par des milices armées. L’information est passée mais a subi, toutefois, un léger changement. Les médias main-stream ont parlé d’affrontements entre manifestants et ex-miliciens. Rien de plus. Le bilan est lourd : entre 30 et 50 tués. Aucune indignation. Ni dans les colonnes de journaux, qui ont alimenté la campagne anti-Kadhafi, ni ailleurs. Les capitales occidentales et arabes, si promptes à condamner le moindre coup de matraque quand cela se passe dans un pays dirigé par un régime non-souhaité, n’ont soufflé aucun mot. Un média arabe pro-Nouvel ordre mondial est allé jusqu’à qualifier cet incident de « tentative de déstabilisation ourdie par des pro-Kadhafi ». Oubliant certainement, qu’à Benghazi, la grande ville de l’Est libyen, on n’a jamais aimé l’ex-colonel. C’est cela la Libye d’aujourd’hui, où le terme « démocratie » peut vous valoir une rafale de fusil d’assaut. C’est la Libye jetée en pâture au diktat des groupes armés et des milices. C’est la Libye voulue par Bernard Henry-Lévy et Sarkozy. Une Libye en pleine anarchie armée, un refuge pour al-Qaïda et les groupes terroristes activant au Sahel et un confetti de villes indépendantes à côté d’un pétrole coulant à flots, surveillé par des contractors payés au prix fort par les multinationales.

Dans ce contexte, rappelons également les 1 200 marines affectés de Malte à Benghazi pour soi-disant sécuriser les plateformes pétrolières et dont les médias à la botte n’ont jamais parlé. Ainsi, le carnage à l’irakienne ne fait que commencer, en attendant…un million de morts.

Chérif Abdedaïm



Edité par T 34 - 15 Jun 2013 à 00:51
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Jun 2013 à 19:43

Lourde atmosphère de guerre civile à Benghazi

Six soldats libyens ont péri vendredi soir et samedi dans des affrontements entre les forces spéciales et un groupe armé.

Elle était devenue, en 2011, la capitale de la rébellion anti-Kadhafi. Benghazi est désormais le symbole du chaos libyen et de la lutte que se livrent les milices et les forces de sécurité régulières. Vendredi soir et samedi dernier, six soldats des forces spéciales ont péri dans les violents affrontements qui les opposaient à un groupe armé. Dans un premier temps, l’armée a annoncé la mort de trois soldats à la suite de combats où des tirs de roquettes ont succédé aux échanges de coups de feu. Puis un officier a fait état d’une embuscade dans laquelle seraient tombés deux soldats finalement « égorgés ». Le mode opératoire désigne clairement les milices islamistes qui ont proliféré dans le sillage de la guerre de l’Otan en Libye, profitant des livraisons d’armes occidentales. Le porte-parole de la Chambre de sécurité mixte de Benghazi, Mohamed Hijazi, cité par l’AFP, impute de son côté ces attaques à des « bandes inconnues et masquées ».

Vendredi, avant que n’éclatent ces affrontements, une milice composée d’ex-rebelles, la première brigade d’infanterie, avait été chassée de son QG par des hommes se présentant comme des manifestants hostiles aux milices. Et la semaine dernière, des heurts sanglants avaient opposé une autre « brigade » islamiste aux anti-milices.

Après l’attaque du consulat américain qui a coûté la vie à l’ambassadeur Christopher Stevens, le 11 septembre 2012, ce nouvel épisode de violence illustre l’incapacité des autorités libyennes à assurer la sécurité dans un pays où, depuis 2011, les armes circulent en quantité massive. Ces violences confirment aussi l’échec de la stratégie consistant à confier à des « brigades » d’anciens rebelles le maintien de l’ordre public ou la sécurité des frontières. De l’aveu même du chef d’état-major par intérim, Salem Al Konidi, qui s’exprimait au moment des faits sur la chaîne de télévision Al Aseema, un « bain de sang » et une « catastrophe » sont à redouter à Benghazi.

100 000 armes Dans la Nature  Le quotidien algérien El Watan évalue à 100 000 le nombre d’armes en provenance des arsenaux libyens circulant aujourd’hui au Maghreb et au Sahel. Le journal se base sur « les rapports de sécurité qui ont permis de rédiger le dernier document des Nations unies publié le 9 avril ». « Plusieurs groupuscules armés alliés à Aqmi contrôlent désormais le plus important marché de trafic d’armes en provenance de Libye », affirme El Watan.

Rosa Moussaoui

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Jul 2013 à 21:22

Des réfugiés libyens refusent de quitter le camp de Choucha, en Tunisie 

Plusieurs centaines de réfugiés ayant fui le conflit 
en Libye, en 2011, ont refusé de quitter le camp 
de Choucha, dans le Sud tunisien, hier, à la date 
fixée par le Haut-Commissariat aux réfugiés 
de l’ONU. Privés d’eau et d’électricité, 
ils empêchaient toute tentative de démanteler 
leurs tentes. Environ 700 personnes, en majorité venues d’Afrique subsaharienne et victimes d’une chasse au faciès en règle par les nouvelles autorités libyennes, vivent encore dans ce camp.
 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Jul 2013 à 14:24

Libye : ces morts qui indiffèrent

 
 

Où sont-ils ces « amis du peuple libyen », ces patrons de presse et leurs reporters, ces ONG, qui se sont mobilisés des mois durant pour nous faire croire que les Libyens faisaient une « révolution » ? Où se terrent ces « analystes » de plateaux qui ont fourni au monde l’image de « révolutionnaires » épris de liberté, de démocratie et de justice ? Que peut dire, aujourd’hui, Barack Obama qui a lâché ses vassaux sur la Libye et les a aidés à la détruire, au nom de sa « libération » de la « dictature » de Mouammar Kaddafi ? Plus personne n’est là pour répondre de son crime ou de sa participation au crime. L’affaire a été pliée, on passe à autre chose, la Syrie.

Mais là-bas c’est plus coton que prévu. En Libye les « révolutionnaires » se disputent les lambeaux du pays ravagé par l’armada aéroportée de l’OTAN. Ils se coupent des morceaux de territoire, terrorisent, emprisonnent et tuent. Ces jours-ci les Zentanis et les Misratis s’entre-tuent pour le privilège de garder les infrastructures pétrolières. Les morts qui s’accumulent ne comptent pas. Personne ne s’attarde à leur chevet. Ils ne sont pas intéressants pour l’épopée « civilisatrice ». Quand on en parle c’est en passant, sans commentaires. Simple statistique qui illustre un article. Les milliers de prisonniers torturés par les milices, aussi, n’existent presque pas, sauf quand une ONG reconnue veut faire bonne figure, obligeant les Nations unies à se fendre d’un communiqué qui déplore les faits.

Le pouvoir issu de la « révolution no fly zone » n’en peut mais. A-t-il seulement été prévu pour diriger quoi que ce soit ? Nul doute que non, puisqu’il étale superbement sa nature de fiction politique héritée de ce CNT exhibé dans les capitales occidentales, le temps que les bombardements « chirurgicaux » fassent leur œuvre. C’est-à-dire fournir le tapis de cadavres sur lesquels vont s’avancer les « Thouars », drapeau d’Idriss au vent, jusqu’à ce jour où fut assassiné Kaddafi provoquant le rire carnassier de Hillary Clinton et de ses compères dans la prédation. Maintenant, peut-être, puisque la guerre que se mènent les hordes armées compromet quelque peu l’exploitation du pétrole, va-t-on assister à un retour des « amis ». Cette fois-ci, pour mettre tout le monde d’accord. Ce qui expliquerait ce silence sidéral sur la situation qui prévaut. Un appel éploré viendra certainement de ce pouvoir confiné dans ses quartiers à Tripoli, qui appellera à l’aide. Plus besoin ni de l’ONU et pas de risque de veto russo-chinois. Il s’agit d’une affaire qui relève de la « souveraineté » libyenne. Se concrétiseront alors les objectifs de la « révolution no fly zone ».

Reste à savoir jusqu’où l’OTAN laissera faire ceux à qui elle a fait croire qu’elle leur a réellement donné un pays. Possiblement, parce que la chose est dans l’air, il sera attendu que se fasse la partition de la Cyrénaïque, c’est-à-dire des gisements d’hydrocarbures, ce qui permettra de se débarrasser de quelques millions de Libyens qui prétendent à la manne. Ils n’auront qu’à se débrouiller avec ce qu’il leur restera comme désert à fructifier, s’ils le peuvent et s’ils arrivent à se mettre d’accord.

Nazim Rochd

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