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Nucléaire

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Sujet: Nucléaire
    Envoyé : 21 Jul 2008 à 19:01
France : rupture d'une canalisation sur un site nucléaire
 
 
PARIS, 18 juillet (Xinhua) -- Des rejets d'effluents liquides  uranifères ont été constatés suite à une rupture de canalisation  dans une usine franco-berge de fabrication de combustible du  groupe français Areva, situé à Romans-sur-Isère, dans la province  de Drôme, a annoncé vendredi l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN)  de la France dans un communiqué. 

     L'usine a informé l'ASN de cet incident jeudi vers 17H00, alors que ce dernier a immédiatement envoyé trois inspecteurs de sa  division de Lyon sur place pour examiner les circonstances de  l'événement ainsi que les mesures prises par l'exploitant, indique le communiqué. 

     Les inspecteurs ont relevé la non-conformité de cette  tuyauterie vis-à-vis des exigences de la réglementation applicable qui demandent une capacité de résistance aux chocs suffisants pour éviter leur rupture, selon la même source.  

     Il s'agit du deuxième incident du genre signalé en l'espace de  11 jours. Dans la nuit du 7 au 8 juillet, un accident s'est  produit sur le site nucléaire de la société Socatri, un réservoir  de la station de traitement des effluents uranifères ayant débordé dans sa cuve de rétention, ce qui a provoqué une pollution de  l'environnement.



Edité par T 34 - 27 Nov 2013 à 17:44
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Feb 2011 à 12:48

Le surrégénérateur à l'honneur

Le prix Enrico Fermi, la plus haute distinction scientifique attribuée par le ministère américain de l'Energie, a été décerné jeudi au physicien français Georges Vendryes et à son collègue américain Robert R. Wilson. C'est la première fois qu'un Français reçoit ce prix créé en 1954. Le Dr Georges Vendryes, soixante-quatre ans, qui est directeur délégué auprès de l'administrateur du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), s'est notamment distingué dans ses travaux sur le surrégénérateur français, dont il est le principal artisan.

Cette distinction survient au moment où certains, en France, parlent de renoncer aux surrégénérateurs.

 

Source : L’Humanité du 22 décembre 1984.



Edité par babeuf - 09 Feb 2011 à 12:48
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Mar 2011 à 16:07

L’Humanité - le 14 mars 2011

Drame au Japon : le soutien de la FNME-CGT au peuple et aux travailleurs

Le Japon vient d’être victime une nouvelle fois d’un séisme. Sa violence particulière a provoqué un tsunami dévastateur. Les informations dramatiques qui proviennent du Japon donnent à voir l’ampleur de la catastrophe dont nous ne mesurons pas encore toutes les conséquences. Une ville complète de 17 000 habitants a été rayée de la carte, et les autorités sont sans nouvelles de 10 000 habitants. Des destructions massives d’infrastructures (routes, ponts, bâtiments) ont eu lieu.

La FNME-CGT apporte son soutien à tous ceux qui vivent cette tragédie avec une pensée particulière pour les travailleurs du secteur de l’énergie qui sont aujourd’hui en première ligne pour garantir la sécurité des installations énergétiques et des personnes et assurer le mieux possible, dans des conditions extrêmement difficiles, la continuité de fourniture d’électricité au pays.

Notre première expression dans la période est le soutien aux salariés et au peuple japonais.

La FNME-CGT sera par ailleurs très vigilante et exigera que toutes les informations soient données, à tous les citoyens sur l’évolution de la situation dans les centrales nucléaires touchées par la catastrophe. Nous savons par expérience que les industriels japonais du secteur ont déjà tenté de minimiser les incidents et accidents par le passé. Ce n’est acceptable, ni au Japon, ni en France. L’information et la transparence doivent être de mise dans un secteur sensible comme l’industrie nucléaire. Il est nécessaire d’analyser les évènements qui se produisent et qui ne sont d’ailleurs pas terminés. L’analyse doit se faire de manière objective, scientifique, sérieuse et transparente afin d’en tirer tous les enseignements. La CGT s’est exprimée à maintes reprises pour exiger cette transparence, y compris récemment lors de la remise du rapport Roussely.

A l’heure actuelle, nous pouvons dire que si les réacteurs nucléaires semblent avoir résisté au séisme, certains d’entre eux par contre ont été fortement touchés par le tsunami. Cela a empêché le processus de refroidissement du cœur du réacteur. Ainsi, la chaleur dégagée a provoqué une production d’hydrogène à partir de l’eau, qu’il a fallu évacuer, ce qui a conduit aux explosions des bâtiments. Dans l’état actuel des informations, les enceintes de confinement seraient préservées.

Il semblerait également que la compagnie privée Tepco ait attendu la dernière limite pour noyer le cœur du réacteur en pompant l’eau de mer. En effet, si l’on noie le cœur d’une centrale celle-ci devient inutilisable.

Cela nous renforce dans notre conviction que les intérêts privés ne doivent pas intervenir dans les prises de décisions dont les impacts concernent toute la population.

Les enseignements de cet accident devront être tirés afin d’améliorer encore nos propres systèmes en France bien que les centrales françaises soient de technologie et de conception différentes que celles en cause au Japon, et qu’un séisme de magnitude 9 est, selon les sismologues, improbable en France.

Nous sommes conscients que la situation préoccupante du Japon a des répercussions en France. Il est donc plus que jamais nécessaire de poursuivre le débat sur l’énergie nucléaire, et les normes de sécurité ainsi que les conditions d’exploitation, afin que les citoyens, saisis de tous les enjeux, puissent se forger leur avis.

Cela renforce la conviction et les revendications de la FNME-CGT afin que la filière nucléaire soit renforcée avec un véritable contrôle démocratique par la maîtrise publique et un statut de haut niveau des travailleurs du secteur, à même d’assurer les conditions d’exploitation correctes du parc.

Cela conforte nos revendications en particulier par rapport aux salariés de la sous-traitance.

Cela conforte notre exigence de transparence et de débat dans ce secteur.

Dès aujourd’hui, la Fédération prend des contacts avec les syndicalistes japonais du secteur afin d’envisager avec eux les moyens les plus efficaces pour les assurer de son soutien et de son aide dans la période.

Communiqué de la Fédération Nationale Mines Énergie CGT

Le 14 Mars 2011

Source : http://www.humanite.fr/14_03_2011-drame-au-japon-le-soutien-de-la-cgt-au-peuple-et-aux-travailleurs-467497

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Mar 2011 à 00:33

Japon. Les antinucléaires fortement mobilisés

Accident%20nucléaire%20au%20Japon:%20Besson%20rassurant

De Greenpeace à Europe Écologie-les Verts, tous réclament l’abandon de la filière électronucléaire.

Sans surprise, les associations antinucléaires ont vivement réagi à l’accident qui se déroule dans la centrale de Fukushima au Japon. En France, Greenpeace, le réseau Sortir du nucléaire, les Amis de la Terre et Europe ­Écologie-les Verts (EELV) ont, à plusieurs reprises ce week-end, exigé que la filière soit abandonnée. Hier, à 18h 30, un rassemblement devait même avoir lieu sur l’esplanade du Trocadéro à Paris où une banderole proclamant «Le nucléaire tue l’avenir» devait être déployée. «Ce séisme dévastateur montre que le nucléaire est un colosse aux pieds d’argile», affirme le réseau Sortir du nucléaire, organisateur de la manifestation. L’association accuse EDF d’avoir «falsifié les données de ses centrales nucléaires pour ne pas supporter les travaux de mise aux normes trop onéreux». Pour sa part, Greenpeace, qui juge que «le mythe de la sûreté nucléaire est en question», n’hésite pas à comparer l’accident japonais à la catastrophe de Tchernobyl. Même ton alarmiste pour les Amis de la Terre qui parlent de «malédiction de l’atome» et qui estiment aussi que «soixante-cinq ans après Hiroshima et Nagasaki, un nouveau Tchernobyl menace aujourd’hui le Japon». La candidate à la candidature d’EELV, Eva Joly, évoque «une tragédie japonaise». Elle estime que le nucléaire est «un risque qui n’est pas utile». Le député de Gironde, Noël Mamère, qui réclame aussi un abandon de la filière, accuse «le lobby nucléaire français» de «n’avoir tiré aucune leçon». Pour sa part, le PS, par le truchement d’un communiqué de presse de sa secrétaire nationale à l’environnement, Laurence Rossignol, rappelle que «le risque zéro n’existe pas».

Du côté du gouvernement, le ministre de l’Industrie et de l’Énergie, Éric Besson, a estimé samedi qu’il s’agissait d’«un accident grave mais pas d’une catastrophe nucléaire». «Ça n’a rien à voir avec Tchernobyl», a-t-il insisté, affirmant qu’il fallait faire attention «à ne pas sonner un tocsin qui n’existe pas à l’heure où l’on parle». S’exprimant à l’issue d’une réunion avec l’ensemble des acteurs français de la filière et de la sûreté nucléaires, il a aussi assuré que «les centrales françaises ont été conçues en intégrant le risque sismique et le risque d’inondation». Avec sa collègue à l’Environnement, Nathalie ­Kosciusko-Morizet, il a aussi écarté dans l’immédiat tout risque pour la santé des populations résidant dans les territoires français de l’océan Indien.

Pierre-Henri. Lab.

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Edité par T 34 - 16 Mar 2011 à 00:34
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Mar 2011 à 01:31

Sarkozy accusé de "faire l'autruche" sur le nucléaire

Des écologistes et des responsables de la gauche se sont indignés mercredi des propos de Nicolas Sarkozy, qui a réaffirmé en conseil des ministres la "pertinence" du choix de l'énergie nucléaire pour la France.

"Une autruche dirige notre pays", a déclaré le président du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon, pour qui le chef de l'Etat "passe à côté du sens de l'événement que représente pour l'humanité tout entière le désastre au Japon".

De son côté, le Parti communiste appelle le gouvernement français à recenser les capacités hospitalières d'accueil de patients irradiés au Japon tant en lits qu'en logistique et compétences et de les mobiliser immédiatement. Il lui demande dans un communiqué d'évaluer les moyens de transports réquisitionnables pour l'évacuation de malades et de les mettre immédiatement au service du gouvernement Japonais.

Pour le réseau "Sortir du nucléaire", qui appelle à des "rassemblements solennels" dimanche pour rendre hommage aux victimes japonaises et réclamer la fin du nucléaire, les propos de Nicolas Sarkozy sont "scandaleux". "Ce sont les Français qui doivent aujourd'hui décider si la France doit ou non continuer de recourir à cette énergie hautement dangereuse qu'est le nucléaire, et pas un président en fin de quinquennat et à bout de souffle", déclare-t-il.

Plusieurs syndicats ont indiqué qu'ils participeraient aux rassemblements prévus par le réseau dimanche, contrairement aux partis politiques qui sont empêchés de toute manifestation publique en raison du premier tour des cantonales. A Paris, la manifestation est prévue devant l'Assemblée nationale. Une trentaine d'autres rassemblements sont prévus dans le reste de la France.

Le gouvernement a abandonné mercredi toute prudence oratoire face à l'ampleur de la menace nucléaire au Japon et reconnaît désormais la gravité d'une catastrophe potentiellement pire selon lui que celle de Tchernobyl en 1986. Mais dans le même temps, Nicolas Sarkozy a lancé en conseil des ministres un appel à la lucidité et au sang-froid en réaffirmant qu'il était convaincu de la pertinence des choix énergétiques de la France.

La plupart des mouvements écologistes réclament depuis plusieurs jours un référendum sur le nucléaire. "Sortir du nucléaire" exige dans l'immédiat la fermeture des 16 réacteurs nucléaires en service depuis plus de 30 ans en France et un plan de sortie du nucléaire.

Nucléaire La CGT et le PCF demandent plus de transparence

Europe Écologie-les Verts demande un référendum ; la CGT et le PCF réaffirment leur exigence d’une maîtrise publique.

En France, le débat sur l’avenir de la filière électronucléaire s’est poursuivi hier. Le député européen d’Europe Écologie-les Verts (EELV), Daniel Cohn-Bendit, et la secrétaire nationale de ce parti, Cécile Duflot, ont réclamé un référendum sur la sortie du nucléaire. Réagissant sur LCI, le député PS Jack Lang a déclaré ne «pas (être) contre», mais estime : «Encore faut-il que spécialistes, experts, responsables politiques puissent en discuter solidement et sérieusement…» Dans l’immédiat, l’ancien ministre a invité à «un peu de calme, un peu de responsabilité», car «c’est un sujet trop grave pour que ce soit source d’affrontements entre politiciens».

De son côté, la CGT énergie a apporté dans un communiqué son «soutien au peuple et aux travailleurs» japonais. Le syndicat, qui rappelle que par le passé les industriels du nucléaire japonais «ont déjà tenté de minimiser» des incidents, estime que «l’information et la transparence doivent être de mise dans un secteur aussi sensible». Une exigence valable, bien entendu, pour la France. La CGT juge enfin que la situation au Japon «renforce sa conviction et ses revendications afin que la filière nucléaire soit consolidée, avec un véritable contrôle démocratique, par la maîtrise publique et un statut de haut niveau des travailleurs du secteur». Dans un communiqué, le PCF formule des exigences similaires de transparence. Il exige l’audition par le Parlement de l’Autorité de sûreté nucléaire et de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. «L’acceptabilité sociale de la filière nucléaire nécessite que celle-ci reste plus que jamais dans le domaine public qui doit garantir la transparence, (...) la qualité de réalisation des installations et de leur exploitation», écrit le PCF.

P.-H. L.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Mar 2011 à 00:11

Énergie : le besoin d’une maîtrise publique

Le débat ne peut en rester à un pour ou contre le nucléaire. Il doit aussi poser la question du qui et du comment.

Areva et EDF ont à nouveau dévissé hier à la Bourse de Paris. Le certificat d’investissement du premier a chuté de 9,6% lundi et de 8,89% mardi. L’action EDF a baissé de 2,42% hier et de 7,93% depuis le début de l’année. Les deux groupes subissent ainsi au niveau de leurs titres les effets du drame japonais, victimes pourtant d’une exposition financière qui, elle, ne doit rien à l’archipel mais plutôt à des choix politiques.

Sous Chirac, la loi du 9 août 2004 a en effet transformé le statut d’EDF d’Epic (établissement public industriel et commercial) en société anonyme. Une partie du capital a été introduite en Bourse le 21 novembre 2005 au prix de 32 euros par action et le titre EDF coté au CAC 40 depuis le 19 décembre 2005. Fin 2009, le capital du groupe était détenu à 84,8% par l’État, à 13,3% par le public (institutionnels et particuliers) en Bourse et à 1,9% par les salariés d’EDF.

Ce n’est là cependant qu’un aspect de la politique de déréglementation et de privatisation mise en œuvre par la droite française dans le cadre ultralibéral impulsé par l’Union européenne. Dans la période récente, le coup le plus grave a été porté lors du vote par le Parlement de la loi Nome sur l’organisation du marché de l’électricité, prévoyant la cession d’un quart de la production nucléaire historique d’EDF à ses concurrents durant quinze années. Le prix de cession de cette électricité sera fixé par le gouvernement puis par la commission de régulation de l’énergie. Nombre d’acteurs du secteur – au-delà des syndicalistes – craignent que ce prix soit inférieur au coût complet de production de l’énergie permettant à l’opérateur public de financer le renouvellement et le développement de ses installations. Ce qui aurait pour effet, d’une part, de permettre aux concurrents d’EDF de réaliser des marges confortables et indues et, d’autre part, de mettre en péril la sécurité des installations existantes.

Par ailleurs, fin février 2011, Nicolas Sarkozy a demandé à Areva de filialiser son activité dans les mines d’uranium sous prétexte d’« en assurer le développement». Là encore, on peut craindre que cette ouverture du capital à des intervenants privés n’accentue la prépondérance des critères financiers sur la gestion d’une activité capitale pour la filière mais également nécessitant une gestion du risque.

Pierre Ivorra

Editorial Par Patrick Apel-Muller

Une tragédie ajoutée au désastre

L’accident nucléaire japonais est déjà une catastrophe même si l’on n’en mesure pas encore l’étendue. Les autorités japonaises ne contrôlent plus la situation et l’annonce de tentatives désespérées de verser de l’eau par hélicoptère dans les piscines de refroidissement des réacteurs en évoque d’autres, tragiques, à Tchernobyl. Le parallèle est exagéré, mais il n’est plus hors de propos si les hypothèses pessimistes se confirment. Les niveaux de radioactivité enregistrés autour de la centrale de Fukushima attestent du drame des opérateurs présents sur les lieux. Des centaines de milliers de personnes réfugiées, des millions de sinistrés guettent avec angoisse la rose des vents. Pour l’heure, ils soufflent vers le large et éloignent le nuage radioactif. Mais demain ?

À l’heure qu’il est, l’urgence est d’apporter toute l’aide possible. Les pays qui maîtrisent l’énergie nucléaire civile s’y sont engagés. Le monde ne peut rester spectateur d’un désastre. Les citoyens eux-mêmes peuvent apporter leur pierre à l’œuvre de solidarité à laquelle les convie par exemple le Secours populaire français. Les leçons de ce qui ajoute une tragédie au désastre devront être tirées. Il est trop tôt aujourd’hui. Mais il n’est plus temps non plus de se contenter de pieuses résolutions. Oui, il faudra ausculter l’ensemble des centrales nucléaires françaises pour s’assurer que leur conception ne les rend pas fragiles face aux risques naturels. Bien sûr, ces constats devront être établis au grand jour et un débat public devra s’ouvrir. Mais il faudra bien briser les tabous dont nos gouvernants voudraient cerner le sujet. Est-il possible de laisser une technologie aussi sensible aux mains de multinationales ou de fonds d’investissement uniquement motivés par le profit ? L’obsession de rentabilité n’a pas épargné les sociétés privées japonaises en charge de ces secteurs. Elle a déjà été mise en cause dans des incidents moins sévères. Épargne-t-elle les logiques à l’œuvre en France, quand on voit le recours à une sous-traitance mal payée, mal formée et mal protégée pour la maintenance et l’entretien de nos installations ? L’obscur Lego construit par le président de la République autour de la filière nucléaire française ne la fragilise-t-il pas, et quelle inquiétude pouvons-nous nourrir en voyant des pétroliers – qu’on sait peu soucieux d’environnement – prendre pied dans l’énergie atomique ? Le fanatisme dérégulateur qui anime la Commission de Bruxelles ne poussera-t-il pas à la faute des opérateurs impliqués dans une concurrence sauvage ?

La maîtrise publique du secteur est impérative. Elle n’est pas suffisante si elle s’accompagne du goût du secret et de la morgue technocratique. La transparence n’est plus seulement une vertu trop rare ; elle est une exigence de sécurité. Il est bien tard pour que s’y convertissent ceux qui ont ourdi dans le secret des permis d’exploitation des gaz de schiste, dans le plus grand mépris de l’avis des populations… L’humanité doit faire face à un défi majeur : assurer le droit à l’énergie pour tous les habitants de la planète – sans quoi, nul développement n’est envisageable ; dépasser les sources carbone polluantes ; garantir la sécurité nucléaire et s’engager dans un effort titanesque pour mettre au point des énergies renouvelables et durables. Cela n’est pas compatible avec l’inextinguible gourmandise des marchés financiers. «Un atome peut tout dissoudre, un atome peut tout sauver», écrivait Gérard de Nerval. Il est temps de choisir la deuxième alternative.

Patrick Apel-Muller

Source

Nucléaire. Le PCF réclame un grand débat public national

« Au moment où une catastrophe nucléaire de grande ampleur se précise au Japon, je veux redire toute ma solidarité et le soutien des communistes français au peuple japonais», a déclaré Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, dans un communiqué rendu public hier. «Dans ce contexte, le PCF partage l’inquiétude des Françaises et des Français quant à leur propre sécurité, et chaque heure qui passe rend plus urgent un débat public national sur la politique énergétique. Ce débat doit être sérieux et conséquent. La catastrophe au Japon ouvre en grand le débat sur le nucléaire et intervient alors même que le réchauffement climatique et la raréfaction des ressources fossiles nécessitent par ailleurs la sortie des énergies carbonées. Je demande, au nom du PCF, l’organisation d’un grand débat public national 
qui contribuerait à fixer les conditions précises 
de la nécessaire évolution du mix énergétique, 
pour garantir en France et à l’échelle mondiale 
le droit à l’énergie pour tous dans les décennies 
à venir. Le PCF souhaite, d’ores et déjà, y contribuer et organisera en son siège national une grande initiative, le 29 mars prochain, intitulée: après 
la catastrophe nucléaire au Japon, quelle politique énergétique en France ?»

Source

Les réactions au débat sur le nucléaire en France

Marie-George Buffet, ancienne ministre, députée PCF de Seine-Saint-Denis : « La France compte 58 réacteurs nucléaires : 
le peuple doit disposer en toute transparence 
des informations les concernant. Il est urgent de sortir l’énergie des mains des marchands, elle doit 
redevenir la propriété de la nation, elle doit être maîtrisée et maîtrisable par son peuple. C’est à lui de décider 
de la suite de la politique à mettre en œuvre 
dans ce domaine pour renforcer la sécurité nucléaire, décider des investissements massifs dans 
les énergies renouvelables, le remplacement 
des sources carbonées. Le temps est venu d’un grand débat public, citoyen sur les enjeux et les choix 
de la politique énergétique. »

 Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche :

« Il serait criminel de nier que nous sommes 
directement interpellés. La France a plus de centrales nucléaires que le Japon. Enquêter sur leur sécurité 
est l’urgence mais il faut sortir de l’attitude de déni 
dans laquelle s’enferment ceux qui voudraient 
que tout continue comme avant. Sortir du nucléaire 
est un impératif. Cela demandera du temps. 
Raison de plus pour ne pas retarder les décisions.»

Roland muzeau, député PCF des Hauts-de-Seine :

«Il est tout à fait légitime de poser aujourd’hui la question de la sortie du nucléaire. La réponse, c’est tout autre chose, et elle devra avoir lieu à l’issue d’un débat national qui devra être attentif, citoyen et transparent.»

 Jean-Luc Bennahmias, vice-président du Mouvement démocrate :

«Ce qui se passe aujourd’hui dans l’archipel nippon 
peut demain très bien arriver en France ou en Europe. Il est urgent de fermer dès que possible les vieilles centrales et de cesser la mise en chantier des réacteurs type EPR.»

 Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République :

«Le gouvernement, plutôt que de défendre bec 
et ongles la filière nucléaire, ferait mieux de soumettre par référendum la question de savoir si la libéralisation doit être poursuivie ou si nous devons au contraire 
la confier de nouveau à un secteur public.»

La sûreté des centrales françaises va être revue

Le premier ministre a promis à l’Assemblée de tirer tous les enseignements de la catastrophe japonaise, tout en refusant de condamner le nucléaire. Mais pas un mot de la demande de la gauche d’un contrôle public à 100% sur la filière.

Lancé dès dimanche par les écologistes, qui ont aussitôt saisi l’occasion de relancer leur campagne pour la sortie du nucléaire en France, le débat politique sur l’avenir de cette source d’énergie dans l’Hexagone a rebondi mardi, avec la précipitation des événements à la centrale de Fukushima. Intervenant à l’Assemblée nationale lors de la séance de questions, où venait d’être observée une minute de silence en hommage aux victimes du séisme et du tsunami, le premier ministre a assuré que la France n’éludera «aucune des questions posées par cette catastrophe». Adressant d’abord un «message de solidarité, d’affection, de fraternité à la nation japonaise», François Fillon, évoquant «l’urgence nucléaire», a annoncé l’envoi de spécialistes de radioprotection, ainsi que des dispositions pour permettre le rapatriement des Français vivant au Japon. Les éventuelles retombées radioactives sur les territoires d’outre-mer ainsi qu’en France métropolitaine feront l’objet d’une surveillance renforcée.

S’agissant du débat sur la politique nucléaire de la France, le chef du gouvernement a appelé «à la responsabilité et à la retenue». Après le temps du «soutien» au peuple japonais, viendra celui du «retour d’expérience», a-t-il promis. «Il est tout aussi absurde d’affirmer que le nucléaire est condamné par cet accident que d’affirmer qu’il ne nous concerne pas», a clamé François Fillon.

«Nous devrons tirer tous les enseignements de cette catastrophe pour renforcer la sécurité de notre parc nucléaire», a-t-il déclaré. Un parc qui est d’ores et déjà, dit-il, «l’un des plus sûrs, des plus vérifiés, des plus transparents» au monde. Cependant, afin de savoir «à quelle force de tremblement de terre», «à quel niveau d’inondation» peuvent «résister» les 58 centrales nucléaires françaises, un contrôle de la sécurité dans chacune d’entre elles va être mis en œuvre. Ce «en toute transparence». Peu après, la ministre de l’Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, confirmait : «Nous reverrons toutes les centrales, une à une, pour que chacune puisse tirer les enseignements de Fukushima.»

Le chef du gouvernement a cependant évité de répondre à l’interpellation du député PCF Daniel Paul et du socialiste Jean-Marc Ayrault, qui ont réclamé une maîtrise totale du nucléaire français par le secteur public. Pour le parlementaire communiste, en effet, les inquiétudes de l’opinion «se nourrissent aussi des logiques de rentabilité qui affectent le secteur nucléaire, faisant craindre que la sécurité et la sûreté en subissent les conséquences». Il s’agit donc «que l’énergie sorte de la vision à court terme de la rentabilité financière et que cessent les politiques de privatisation et de déréglementation». «Une réunion est prévue à Bruxelles à ce sujet, la France pourrait porter cette demande», fait valoir le député, tout en appuyant «l’urgence d’un débat public, citoyen, sur les enjeux et les choix de la politique énergétique des années à venir». Le président du groupe socialiste, pour sa part, s’est prononcé pour «un moratoire» sur le développement des capacités nucléaires de la France. Du côté d’Europe Écologie-les Verts, enfin, le consensus sur la sortie du nucléaire s’est accompagné de l’expression de divergences sur les modalités. Alors que certains, Daniel Cohn-Bendit en tête, avaient plaidé lundi pour un référendum, le député Noël Mamère a fait savoir hier qu’il privilégiait le passage par une loi.

Yves Housson

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Le Japon: le risque et le bon sens

Sans vouloir minimiser la gravité de la situation dans la centrale nucléaire de Fukushima, sérieusement endommagée par le séisme et le tsunami qui ont dévasté le nord-est du Japon la semaine dernière, il faut dire que plusieurs des grands médias occidentaux en profitent pour augmenter leurs ventes avec des gros titres plus sensationnalistes qu’objectifs.

Des expressions comme “terreur nucléaire”, « Apocalypse » ou « Cauchemar atomique » abondent dans les reportages sur la situation qui règne dans ce pays. L’achat massif de pastilles d’iode aux États-Unis en résulte et cela bien que les experts aient assuré qu’il n’y a aucune possibilité que les radiations arrivent jusque là.

Nous sommes tous d’accord sur le fait que la catastrophe survenue dans cette centrale nucléaire devrait conduire à un débat sérieux, profond et surtout serein, sur le modèle de développement et de consommation qui règne sur la planète et qui a été imposé par le système capitaliste et les nations industrialisées, ainsi que sur la nécessité d’aboutir à une relation plus harmonieuse et équilibrée entre notre espèce et la nature.

Aucune personne au monde, même en disposant de la technologie de pointe la plus moderne et sophistiquée, n’aurait pas pu prévoir le tremblement de terre de vendredi, l’un des plus puissants de l’histoire de l’humanité, qui a causé de graves dégâts au pays qui est pourtant le mieux préparé pour faire face à de tels phénomènes.

Nous tous, nous avons été frappés par les images dantesques de la dévastation, qui en quelques minutes à peine, ont fait le tour du monde.

Une fois ces premières impressions passées, le devoir des médias aurait dû être de donner des informations objectives sur le déroulement des événements, d’appeler à la solidarité internationale pour commencer le plus vite possible les travaux de reconstruction.

Les médias parlent à peine de la situation dramatique des dizaines de milliers de blessés et des sinistrés qui ont tout perdu et pour lesquels rien ne sera plus pareil. Les caméras, l’attention est centrée sur Fukushima où prétendument « un holocauste atomique » met aux aguets l’Humanité toute entière.

Le représentant de l’OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé en Chine, Michael O'Leary, a signalé qu’il n’y aucun indice ou preuve sur le fait que les radiations émises par cette centrale puissent avoir une extension significative à niveau mondial.

Il a assuré dans un communiqué, qu’il y a une invasion de textos sur Internet et d’autres médias sur une menace de radiation qui s’étend en Asie et bien au delà et il a demandé aux gouvernements et aux citoyens de mettre un frein à cette vague de rumeurs.

L’Humanité, il faut le dire, court un risque constant, mais non pas à cause de la situation dans la centrale de Fukushima, mais de milliers d’armes qui se trouvent dans des mains qui ont fait preuve tout au long de l’histoire, d’une grande irresponsabilité. Rappelons que c’est justement le Japon qui a été la cible du seul bombardement nucléaire jusqu’à maintenant.

Sans doute il faut réfléchir à la question : Est-ce qu'il convient ou non d’utiliser du matériel atomique pour produire de l’énergie électrique ? Mais à vrai dire ce serait illusoire et irresponsable de croire qu’il ne sera plus utilisé du jour au lendemain et surtout de s’y attendre.

Le changement vers une technologie plus sûre prendrait des années et des années et il faut dire que le premier pas dans cette direction n’a pas encore été fait.

Peut être que ce qui arrive à l’heure actuelle, est une occasion propice pour le faire.

La peur, cependant, n’est pas le meilleur argument pour contraindre les gouvernements, les responsables à prendre des décisions. Seul le bon sens peut nous aider à séparer, dans toute catastrophe, la part qui revient à la nature et la part qui revient au modèle de vie que nous nous sommes donnés. Seul le bons sens nous permettra d’avoir, comme le conseillait le philosophe médiéval Agustín de Hipona, la sérénité pour accepter ce que nous ne pouvons pas changer et le courage pour changer ce que nous sommes en mesure de changer et surtout la sagesse nécessaire pour comprendre la différence.

Source
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Mar 2011 à 16:56

Comprendre les raisons de l'accident nucléaire au Japon

Blog Économique et Social - Blog associé - Vendredi 18 mars 2011 à 15 h 01

Mauvaise estimation du risque sismique, technologie peu sûre, carburant dangereux, exploitant obscur de la centrale, seraient, pour le blog Économique et Social, les vraies causes d'un accident nucléaire à Fukushima.

 

La France étant un pays fortement nucléarisé, il est légitime de se demander quelles sont les raisons de l’échec cuisant du Japon sur le nucléaire et si ces raisons peuvent exister en France.

 

MAUVAISE PROTECTION CONTRE LES SÉISMES

 

La première chose qui choque c’est que la centrale de Fukushima était construite pour ne résister qu’à un séisme de magnitude 7. Or le séisme qui a eu lieu était de magnitude 8,9 ! Cela n’a l'air de rien, mais si l’on regarde la définition de la magnitude qui n’est pas linéaire, cela revient à avoir sous-estimé les séismes d’un facteur 80 environ. Il y a bien eu sous-estimation de la puissance possible des séismes dans cette région. Ce constat n’est pas nouveau déjà en 2006 : Ishibashi Katsuhiko faisait partie du comité d'experts établissant les normes sismiques des centrales nucléaires japonaises avait démissionné pour protester contre l’inconscience du comité. « À moins que des mesures radicales ne soient prises pour réduire la vulnérabilité des centrales aux tremblements de terre, le Japon pourrait vivre une vraie catastrophe nucléaire dans un futur proche. » Avait-il annoncé de manière presque prémonitoire dans un article daté du 11 aout 2007 dans l’Herald Tribune. Tout le monde à l’époque au Japon avait ignoré ses avertissements, il a finalement eu raison.

 

Son avertissement était pourtant basé sur des faits avérés : en aout 2005, un séisme avait affecté la centrale d'Onagawa (nord de Fukushima). Le pire est qu’il a eu raison bien avant 2011. Le 16 juillet 2007, un séisme de magnitude 6,8 a endommagé sérieusement la centrale de Kashiwazaki-Kariwa. De forts séismes ont eu lieu en mars 2007 puis en 2008.

 

Ishibashi Katsuhiko est sismologue et professeur à l'université de Kobe.

 

WikiLeaks révèle selon le quotidien britannique Telegraph que l'AIEA avait également averti le Japon en 2009 qu'un séisme important pouvait poser « un problème sérieux » à ses centrales nucléaires. Le gouvernement japonais n’avait pas réagit autrement qu’en créant une sorte de hot-line… Déjà en 2006 le gouvernement japonais s'était opposé à l'ordre d'un tribunal de fermer une centrale dans l'ouest en raison de sa résistance insuffisante à un séisme. L'Agence de sécurité nucléaire et industrielle Japonaise avait estimé que le réacteur était « sûr » et que « toutes les analyses sur sa sécurité avaient été effectuées de façon appropriée », indique le câble.

 

Rappelons que le sud de la France aussi est soumis aux séismes. Le 11 juin 1909, un séisme d’une magnitude 6 a été enregistré en France (séisme de Lambesc).

 

CHOIX D'UNE TECHNOLOGIE ÉCONOMIQUE, MAIS MOINS SURE

 

Le réacteur de Fukushima est un réacteur à eau bouillante contrairement à ceux de la France qui sont à eau pressurisée. La différence est essentielle, car dans le cas des réacteurs français il y a un circuit primaire et secondaire. Dans le cas de la centrale Fukushima, il n’y a qu’un seul circuit fermé de refroidissement.



 Ceci est moins cher car si cela évite la construction d’un circuit secondaire, mais également d’une tour de refroidissement. Cette dernière est remplacée par de l’eau de mer ce qui implique une installation en bord de mer. Bords de mer qui peuvent être frappés par des tsunamis. Dans de telles conditions, des systèmes techniques auraient dû être mis en place pour résister à une double catastrophe: séisme et tsunami.



 

Il est également clair que la centrale n’était pas protégée contre une double défaillance : coupure d’électricité et panne de générateur diésel. Ceci est tout à fait regrettable pour une centrale si dangereuse.

 

UN CARBURANT TOXIQUE

 

Le carburant du réacteur 3 est du MOX. Or ce combustible est une belle saleté. Composé d’uranium et de plutonium, issu de déchets nucléaires recyclés, le MOX considéré comme « bien plus réactif que les combustibles standards » par Jean-Marie Brom, ingénieur atomique, directeur de recherche au CNRS. « Le plutonium, qui n’existe pas à l’état naturel, est un poison chimique violent. Le mieux aurait été de ne pas en mettre du tout ». L’inhalation d’un micro-gramme de plutonium est suffisante pour provoquer un cancer du poumon !

 

Le MOX fut inventé dans les années 1960 et testé par les États-Unis qui le rejetèrent le considérant dangereux et peu rentable. À l’origine, le Japon avait prévu de fabriquer son propre MOX, mais des incidents à répétition dans son usine de fabrication avaient conduit le Japon à jeter l’éponge et un contrat de fourniture de MOX a été passé avec l’opérateur nucléaire français AREVA… Le MOX est produit par l’usine Mélox du site nucléaire de Marcoule dans le Gard qui produit 140 tonnes de MOX par an ! Sa construction fut décidée par Monsieur Jospin.

 

Le réacteur de troisième génération EPR que la France est en train de construire marche à l’uranium enrichi ou au MOX.

 

UN EXPLOITANT OPAQUE

 

Tepco est le quatrième producteur mondial d'électricité, jugé très efficace avec un taux de coupure parmi les plus faibles du monde. Pourtant, comme toutes les entreprises du secteur nucléaire du monde, reste très opaque dans sa gestion des risques. Accusés de fausses déclarations dans les rapports d'inspection gouvernementales avaient poussé la direction à démissionner en 2002. En 2007, la NISA, l'Agence de sureté industrielle et nucléaire, avait estimé à 97 incidents, dont 19 critiques, les accidents dissimulés aux autorités entre 1978 et 2002. Cette constatation concernait toutes les entreprises d’électricité japonaises, mais en particulier Tepco. En juillet 2007, le séisme avait provoqué un incendie et une fuite radioactive à la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande du monde et gérée par Tepco. Encore une fois l’entreprise est contestée pour avoir tardé à donner des informations précises sur les deux incidents. Enfin concernant le séisme de mars 2011, Tepco est encore critiqué : elle aurait refusé l’aide des américains le 12 mars pour finalement être acculée à la demander d’elle-même plusieurs jours plus tard. Cette attitude leur a valu une remarque acide du premier ministre japonais le 15 mars : « Alors que les explosions étaient filmées par toutes les télévisions, il vous a fallu plus d'une heure pour en informer le gouvernement ». Tout est dit. Le premier ministre a également reproché à Tepco d’avoir évacué très tôt ses employés de la centrale en ne laissant que les employés des filiales de Tepco gérer l’accident ! Il avait alors conclu : « Vous êtes les seuls face à ces problèmes. Quitter la centrale est impossible. Soyez prêts à tout. Si vous vous retirez maintenant, ce sera la fin de Tepco  »

 

Sur ce point, nous ne sommes manifestement pas mieux lotis. »

Source : http://www.marianne2.fr/Comprendre-les-raisons-de-l-accident-nucleaire-au-Japon_a203921.html?com

Je trouve certains points de ce texte partiaux notamment en ce qui concerne le MOX. Mais si je l’envoie c’est qu’il me semble intéressant.


Usine Melox, centre de fabrication du MOX.

« En France, le traitement des combustibles usés permet de récupérer ce plutonium et de le réutiliser dans les centrales sous la forme d'un nouveau combustible, appelé Mox. 850 tonnes de combustibles usés provenant des réacteurs d'EDF sont ainsi traités dans l'usine Cogema à La Hague, avec une production de l’ordre de 8 à 9 tonnes par an de plutonium. Ce dernier est utilisé sous forme d’oxyde de plutonium (O2Pu) pour la fabrication d’assemblages à base de Mox dans l’usine Melox de Cogema à Marcoule.

Le combustible Mox est utilisé dans les centrales EDF depuis 1987. Pour ne pas affecter le fonctionnement des réacteurs à eau pressurisée qui n'ont pas été initialement conçus pour le plutonium on n'introduit dans la charge de combustible que 30% d’assemblages Mox à côté de 70% d’assemblages traditionnels à l'uranium enrichi.

Aujourd'hui, 20 tranches 900 MW d’EDF sont autorisées à être chargées avec des combustibles Mox. Ce recyclage contribue ainsi à la production électrique d’origine nucléaire pour environ 7%, soit près de 30 TWhe par an. »

Source : http://www.cea.fr/defense/le_plutonium/a_quoi_sert_le_plutonium

Dans une certaine mesure, en France le recours aux filiales est de plus en plus fréquent.




Edité par babeuf - 18 Mar 2011 à 17:13
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Mar 2011 à 17:09
Très intéressant, cela démontre qu'il n'y a aucune fatalité dans les accidents !
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Mar 2011 à 17:53

Déclaration de la Cgt du 17 mars 2011 suite aux catastrophes au Japon

Les conséquences du tremblement de terre au Japon et du tsunami qui l’a suivi sont dramatiques. La population japonaise vit une catastrophe qui a peu de précédents. Les autorités font état d’un bilan provisoire de plusieurs milliers de victimes et de disparus. Des centaines de milliers de personnes sont sans toit. Les destructions de bâtiments publics et privés, d’infrastructures sont colossales, leurs conséquences sociales, économiques, environnementales et écologiques considérables.

La catastrophe naturelle se double désormais d’une catastrophe industrielle et nucléaire majeure.

La CGT a témoigné de son soutien et de sa solidarité au peuple et aux travailleurs japonais, au travers d’un message aux syndicats japonais. Elle appelle ses organisations à organiser des initiatives de solidarité via l’association «l’Avenir social».

Si nous nous inquiétons d’une situation qui est de plus en plus critique pour toute une population du fait des probables rejets radioactifs dans l’atmosphère. La CGT est d’abord préoccupée pour la santé des populations mais aussi des travailleurs des centrales concernées, ceux des services de secours et de leur capacité à assurer leur mission sur le long terme.

Cette catastrophe nucléaire qui provoque aussi en France et ailleurs une émotion forte, soulève de nouvelles interrogations légitimes et compréhensibles quant à la politique énergétique.

Les choix en la matière, qui se conçoivent sur des décennies, doivent être l’objet d’une réflexion démocratique permettant aux citoyens d’avoir tous les éléments d’information et d’appréciation pour des décisions rationnelles et réfléchies.

Si, dans aucun domaine de l’activité humaine on ne peut garantir un risque zéro, il est nécessaire de réduire au maximum le risque associé aux technologies. C’est un défi permanent.

Dans l’immédiat, la CGT demande un examen approfondi des systèmes de sécurité des centrales nucléaires françaises et des réacteurs en fonction sur les sous-marins et le porte-avions (organisation du travail compris), mené par l’autorité de sûreté nucléaire qui intègre l’expertise des agents et de leurs organisations syndicales.

La CGT exige par ailleurs l’application de garanties statutaires communes à tous les personnels travaillant sur les sites et réaffirme l’impérieuse nécessité d’assurer la construction et l’exploitation des centrales sous maîtrise publique.

La CGT continuera d’apporter sa contribution au débat public comme elle l’a toujours fait à partir des intérêts des salariés et de sa vision d’un développement humain durable.

 

Montreuil, le 17 mars 2011

Bernard Thibault écrit aux syndicats japonais

Chers Camarades,

C’est avec une immense tristesse et une profonde consternation que je suis les événements actuels qui frappent douloureusement le Japon. Le séisme, suivi d’un tsunami, a dévasté le nord est du pays et il semblerait que s’y ajoute aujourd’hui le danger – considérable – d’un accident nucléaire majeur.

Ces catastrophes portent un coup immense aux travailleurs et au peuple japonais, et leurs conséquences sur l’économie se font déjà sentir.

Le risque d’un accident nucléaire ajoute aux difficultés que doivent affronter les populations. Face à une situation aussi dramatique, il est vital que l’information soit transparente, et j’espère que les intérêts privés ne primeront pas sur le bien public.

Au nom de la CGT, de ses dirigeants, militants et adhérents, je vous prie de transmettre tout notre soutien et toute notre solidarité aux travailleurs et au peuple japonais en ces temps de détresse et d’incertitude.

Soyez assurés que toute la CGT continue de suivre les événements au quotidien. Notre association de solidarité, l’Avenir social, a d’ores et déjà créé un fonds de solidarité d’urgence et le moment venu, nous étudierons avec vous les modalités de mise en œuvre de cette solidarité.

Recevez, chers Camarades, mes salutations les plus fraternelles.

Bernard Thibault

Secrétaire général

 

Les messages de solidarité sont à adresser à :

Confédération des syndicats du Japon (RENGO)

Président : M. Nobuaki Koga, jtuc-kokusai@sv.rengo-net.or.jp

Confédération nationale des syndicats (Zenroren)

Président : M. Daikoku, zenintel@zenroren.gr.jp

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 21 Mar 2011 à 12:54

L’article donne le « mode d’emploi » pour construire une filière industrielle dans le cadre d’un régime capitaliste « conscient » et « patriote ».

L'avenir n'est plus au nucléaire mais bien aux énergies renouvelables. » : là, l’auteur tout content de son explication n’arrive pas à contenir son enthousiasme. Si le nucléaire représentait « l’avenir », cet « avenir »  a cohabité et cohabité avec le  « passé », les énergies fossiles… J

e ne crois pas non plus à la « peur de la concurrence » qui contredit la vision positive de l’auteur de la nationalisation d’EDF.

 

21 mars 2011

Pourquoi la France ne sera pas l'industrie photovoltaïque de demain

Francis Hildenbrand est Président du Syndicat National des Installateurs du Photovoltaïque (SYNAIP). Pour lui, la France est en train de rater son virage énergétique. Explications.

En 1946, EDF est nationalisée. L'Assemblée Nationale vote la loi de nationalisation du secteur de l'énergie. Le transport et la distribution de l'électricité deviennent publics.

Dans ce sillage, nombre de sociétés électriques sont devenues de grandes entreprises comme  Merlin Gerin ou Schneider Electric mais aussi de grands groupes de distribution électrique, tels Rexel ou Sonepar. Tous ces groupes sont aujourd'hui des leaders mondiaux de l'électricité. Sans la puissance publique qui a initié ce mouvement, ces groupes n'existeraient pas.

En  1963, EDF produit pour la première fois de l'électricité nucléaire. EDF met en service la centrale de Chinon, qui est la première centrale nucléaire exploitée sur le territoire français par EDF.


Il y a 50 ans, le 1er décembre 1958, plusieurs sociétés des groupes Schneider, Merlin-Guérin et Westinghouse créent Framatome qui nait donc d’un pari technologique (avec 4 personnes). Framatome va progressivement se développer en une société d’ingénierie nucléaire puis en société reconnue  mondialement pour ses réalisations.

Sa première commande date de septembre1961. Se profile alors un réel défi industriel que très peu de personnes croyaient Framatome capable de relever. Framatome et Creusot Loire avaient basé leurs prévisions les plus optimistes sur la construction d’une ou deux centrales par an et s’étaient équipés en conséquence, mais EDF demande en 1973 de quadrupler le nombre de centrales fournies annuellement. Ceci va entrainer un formidable pari.

Une évolution exemplaire à partir d’un pari technologique osé amènera donc un bureau d’ingénierie de taille très modeste à un groupe international renommé. En 35 ans, plus de 70 réacteurs seront mis en service. Framatome passe de 25 personnes en 1969 à 5000 en 1982.

Cette épopée extraordinaire fut le fruit d’un fabuleux effort commun. Les dirigeants d’EDF acceptèrent de déléguer le lotissement de la chaudière à l’industriel devenu partenaire. Enfin, il faut souligner le soutien sans faille des pouvoirs publics.

Citons les propos d’un dirigeant d’EDF qui écrivait : « Il a fallu courir les 24h du Mans en prenant le départ en 2CV pour finir dans la même voiture transformée en Ferrari pendant l’épreuve ». « Il faut méditer l’exemple de Framatome. Aujourd’hui, la gestion se limite au possible, la dimension de la conquête semble avoir disparu. Il y a 20 ans, des hommes se sont concentrés sur un immense effort commun pour rendre possible ce qui était souhaitable. »


L'avenir n'est plus au nucléaire mais bien aux énergies renouvelables. Nous en sommes exactement au même point qu’en 1946 ou en 1963, sauf qu’il s’agit aujourd’hui des énergies renouvelables.
Une filière des énergies renouvelables peut émerger. Elle peut devenir, dans 10 ou 15 ans, une référence mondiale. Mais pour cela, il faut le soutien sans faille des pouvoirs publics. Le pari engagé, il y a 50 ans pour le nucléaire, doit aujourd’hui être engagé pour les énergies renouvelables.

La stratégie des dirigeants d'EDF, aujourd'hui, n'est pas de partager cet effort, ni d'être une locomotive industrielle, mais bien de s'arroger tous les fruits que peuvent porter les énergies renouvelables. En faisant cela, EDF prive la France d'un secteur photovoltaïque de premier ordre.


EDF a choisi de sacrifier des milliers d'emplois d'installateurs photovoltaïques  ainsi que l'industrie naissante pour conserver sa position dominante et par peur de la concurrence. Le gouvernement par ses différents choix cautionne cette stratégie.  La catastrophe du Japon prouve l’aveuglement de nos dirigeants qui misent sur le tout nucléaire, sous-estimant les dangers potentiels, mais bien réels d’une telle stratégie.

Par Francis Hildenbrand

 

Source : http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/environnement-securite-energie-thematique_191/pourquoi-la-france-ne-sera-pas-l-industrie-photovoltaique-de-demain-article_59930/

 





Edité par babeuf - 21 Mar 2011 à 12:55
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  Citer Vladimir Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Mar 2011 à 01:12

"Il est impossible aujourd'hui de se passer du nucléaire"

LEMONDE.FR | 22.03.11 | 20h07

Marie-Claire%20Cailletaud,%20dirigeante%20de%20la%20CGT-Energie.

Marie-Claire Cailletaud, dirigeante de la CGT-Energie.LeMonde.fr

Tutu : Existe-t-il en France des salariés prêts à être envoyés "au charbon" en cas d'accident, comme à Fukushima ? Sont-ils volontaires ? Que risquent-ils ?

Marie-Claire Cailletaud : L'objectif, bien entendu, est de ne pas arriver dans des situations telles que celle que sont en train de vivre les Japonais. Il est bien évident que l'acceptabilité du nucléaire en France est due à sa maîtrise publique et qu'il faut absolument contrôler au maximum les risques induits par cette industrie. Par ailleurs, le retour d'expérience sera fait à partir de ce qui se passe au Japon pour améliorer le niveau de sûreté des centrales en France, sachant que nous considérons que les conditions de travail, l'organisation du travail des salariés font partie des conditions de sûreté.

Riri : On dit que certaines centrales françaises sont très vieilles et pourraient présenter des risques graves en cas de catastophes naturelles, qu'en pensez-vous ?

Marie-Claire Cailletaud : Ce que je dis par rapport à ces sujets, c'est qu'il faut se garder de tirer des conclusions hâtives de la situation au Japon. Il va être nécessaire de prendre le temps d'examiner précisément ce qui s'est passé, ainsi que l'enchaînement des événements. Concernant les centrales nucléaires en France, je rappelle que c'est l'Autorité de sûreté nucléaire (l'ASN) qui inspecte les centrales et qui leur donne ou non l'autorisation de fonctionner. C'est elle qui donne aussi la prolongation dans le cadre de l'allongement des durées de vie. L'existence d'une autorité de sûreté en France, indépendante, est une condition importante de l'existence d'une telle filière.

Jean-Claude : Combien gagne le personnel qui travaille dans les centrales nucléaires en France ? Quelle est leur espérance de vie ? Sont-ils plus exposés que d'autres ?

Marie-Claire Cailletaud : Les salaires varient principalement en fonction du poste occupé, de la responsabilité et, bien entendu, de l'astreinte – fonctionnement ou non en 3×8 –, etc. Il existe dans l'industrie nucléaire un facteur important que nous combattons farouchement : la sous-traitance. Les sous-traitants sont malheureusement les salariés les moins bien payés et les plus exposés. C'est un véritable problème, aussi bien vis-à-vis de ces salariés que vis-à-vis du fonctionnement et de la sûreté de la centrale plus généralement.

Roger31 :  A qui appartiennent les centrales nucléaires en France ? Qui est chargé de leur entretien ?

Marie-Claire Cailletaud : Les centrales nucléaires en France appartiennent à EDF. EDF en est l'exploitant, et il est responsable devant la loi de la sûreté. C'est lui qui doit assurer la maintenance et les conditions de travail du personnel dans ses centrales. A ce propos, nous devons faire le lien avec la loi NOME (nouvelle organisation du marché électrique) qui vient d'être votée au Parlement sous injonction gouvernementale.

Dans l'unique but de favoriser la concurrence sur l'électricité produite par les centrales nucléaires, cette loi va obliger l'opérateur public, EDF, à céder 25 % de sa production à ses concurrents. On imagine aisément que c'est autant d'imputation de ses moyens financiers, dont il a pourtant besoin pour entretenir et renouveler son parc. Ceux qui aujourd'hui s'inquiètent des conditions d'exploitation du nucléaire devraient s'associer à la CGT pour combattre cette loi et demander un réexamen compte tenu de la situation internationale.

Val : La sous-traitance vers des entreprises privées des sites nucléaire représente-t-elle un risque dans l'entretien des centrales ?

Marie-Claire Cailletaud : Le risque n'est pas lié directement au fait que le salarié est sous-traitant ou non, il est directement lié au statut du personnel, et donc aux conditions de travail de ces salariés qui sont souvent parfaitement scandaleuses. Il est également lié, bien entendu, au fait que les entreprises sous-traitantes doivent tirer sur les prix pour emporter les marchés. De ce fait-là, on peut dire que la sûreté n'a de poids que comparée aux profits que doit dégager l'entreprise. Mais cela s'applique également à EDF. On peut dire qu'il y a antagonisme d'intérêts entre rémunérer le capital privé et développer une politique industrielle au service de tous.

Joël57 : Aujourd'hui nous entendons deux sons de cloche, l'un nous dit que la France est à la pointe en matière de sûreté nucléaire, l'autre que nous nous voilons la face par excès de chauvinisme. Qu'en est-il réellement?

Marie-Claire Cailletaud : Je crois qu'il faut se garder, dans ce type de situation, de raisonner en tout ou rien. Il est bien évident que la situation française n'est pas comparable à celle du Japon. Néanmoins, personne, évidemment, n'est capable de garantir aujourd'hui qu'on est complètement à l'abri d'un accident. Le rôle d'une organisation syndicale comme la CGT est d'exprimer ce que vivent et ce qu'analysent les salariés qui travaillent dans le secteur. L'avis de ces salariés peut bien entendu être amené à être différent de celui d'une entreprise si celle-ci ne poursuit pas les mêmes objectifs.
Nous avons déjà depuis longtemps des revendications en termes de conditions de travail, d'organisation du travail, de remplacement du personnel et de la sous-traitance qui est une question extrêmement importante du point de vue humain et industriel. Nous réclamons un statut unique pour tous les salariés du secteur. Espérons que dans la période nous aurons plus de poids pour nous faire entendre.

Joël : Quelle est l'alternative crédible à l'énergie nucléaire aujourd'hui ? Existe-t-il des solutions permettant de se passer de cette énergie à court terme ?

Marie-Claire Cailletaud : Nous réclamons depuis longtemps déjà un débat autour des questions énergétiques. La question de l'énergie est une question centrale pour aujourd'hui et pour demain, pour plusieurs raisons. Tout d'abord, l'énergie est nécessaire au développement humain. Nous le voyons aujourd'hui : 2 milliards de personnes sur la planète en sont encore privées. Nous sommes également confrontés au problème de la raréfaction des ressources fossiles qui ont permis le développement des pays comme le nôtre.De plus, nous devons affronter la question essentielle du réchauffement climatique et de l'émission de gaz à effet de serre. Donc poser les questions énergétiques, c'est répondre à ces trois questions.

Nous estimons que la réponse doit prendre en compte toutes les énergies disponibles. C'est ce que nous appelons le "mix" énergétique. Ce "mix" énergétique doit être différent en fonction de la géographie des pays et de leur maîtrise technologique. Donc toutes les ressources vont devoir être utilisées. Les énergies renouvelables en font naturellement partie. Il faut accélérer la recherche, en particulier sur le photovoltaïque, qui a des marges de progression importantes, et développer une vraie filière. C'est une tout autre politique qui est menée en France aujourd'hui.

Rappelons que tant que nous ne saurons pas stocker l'électricité, les énergies renouvelables sont contraintes à être complétées par un autre mode de production d'électricité, souvent à base de thermique. Dans ce "mix", nous considérons que l'énergie nucléaire a toute sa place, mais pas dans n'importe quelles conditions. Il faut impérativement que ces décisions soient prises démocratiquement et de manière transparente et que le secteur énergétique reste sous maîtrise publique.

Jacques : L'ASN est-elle réellement independante? Comment est-elle financée?

Marie-Claire Cailletaud : L'ASN est une autorité complètement indépendante. Pour s'en convaincre, il suffit de lire le rapport Roussely, qui estime que ses exigences sont trop grandes par rapport à celles du marché. Les financements viennent de l'Etat. L'ASN s'appuie sur les travaux de l'IRSN. On peut voir le rôle que joue cette autorité pour donner toutes les informations sur la situation au Japon.

Josh : Tous ça ne nous dit pas clairement si vous pensez (ou non) que la France doit s'efforcer de sortir du nucléaire (ou non). Quelle est votre position exacte ?

Marie-Claire Cailletaud : La position de la CGT, très clairement, n'est pas pour une sortie du nucléaire. Il n'y a aucune ambiguïté là-dessus. En revanche, nous l'avons dit, pas à n'importe quelles conditions, sous maîtrise publique qui doit permettre une véritable appropriation sociale du secteur. Nous avons des propositions pour le permettre, avec des droits accrus d'intervention pour les salariés, mais aussi pour les citoyens.

Klutz : Au-delà de l'accident dramatique qui occupe malheureusement l'actualité, le problème des déchets reste l'autre problème majeur de l'industrie électro-nucléaire. Depuis près de soixante ans que la filière existe il n'a toujours pas été trouvé de solution pour gérer correctement ces déchets radioactifs. Comment se positionne votre syndicat sur cette question ?

Marie-Claire Cailletaud : Sur cette question, comme globalement, sur toutes les questions énergétiques. Il y a une question centrale qui est celle de la place de la recherche. Si l'on savait stocker l'électricité, le paysage énergétique en serait bousculé. Il faut donc accélérer la recherche sur le sujet.

Concernant le nucléaire, il faut bien sûr continuer et amplifier la recherche sur deux axes : la génération 4, qui est la génération qui permettra d'économiser l'uranium de telle sorte que son approvisionnement ne sera plus un problème ; et les déchets. La loi de 2006 permet d'envisager les trois pistes de recherche pour les déchets. Je me permettrai de dire au passage qu'il y a peu d'industries qui se soucient dès le départ de la sûreté et de la gestion des déchets qu'elles produisent. Il n'est bien entendu pas question de minimiser ce sujet, mais dans ce débat, il nous faut répondre à une question essentielle : est-ce que l'urgence, ce sont les émissions de CO2, et donc la sortie des ressources fossiles, ou non ?

Yvon : La première des mesures à prendre n'est-elle pas la renationalisation immédiate d'EDF ? La sécurité des Francais doit-elle être confiée aux mains du privé ?

Marie-Claire Cailletaud : C'est une très bonne question. La CGT parle de "pôle public de l'énergie". Ce concept que nous avons élaboré part de deux constats : d'abord, la propriété des entreprises n'est pas suffisante pour intervenir directement sur ses choix de gestion ;  ensuite, nous sommes face à un secteur qui a été profondément déstructuré par les différentes lois depuis 2000, et nous avons des entreprises à statuts différents, comme la privatisation de GDF-Suez. Pour cela nous développons un concept de pôle public qui non seulement s'attaque à la propriété des entreprises, mais ajoute la maîtrise publique en donnant des droits nouveaux aux salariés et aux citoyens, afin de permettre une véritable appropriation sociale du secteur.

Calie : On parle souvent de l'impossibilité de sortir du nucléaire en raison des besoins accrus en électricité. Parallèlement on constate l'essor sans fin de gadgets électriques, des éclairages publiques grandioses et des constructions toujours aussi énergétiquement peu efficientes. Ne faudrait-il pas déplacer le débat de la production à la consommation d'énergie?

Marie-Claire Cailletaud : Je suis entièrement d'accord sur le fait de revoir notre mode de consommation ainsi que nos modes de production. Bref, la façon dont nous nous développons. Nous devons faire des économies d'énergie. Cela nécessite par exemple d'avoir une politique d'isolation de l'habitat, de revoir tout l'urbanisme afin d'éviter des modes de déplacement très consommateurs d'énergie. Après, il faut poser la question de la société dans laquelle on veut vivre.

Est-ce qu'on souhaite avoir un pays qui conserve une industrie ou non ? Car quand on parle d'énergie et d'électricité, il faut parler avec des ordres de grandeur. Il est impossible aujourd'hui de se passer du nucléaire uniquement avec du renouvelable et des économies d'énergie. Cela impliquerait de réduire de 50 % notre consommation. La question qui se pose est de savoir où nous faisons ces réductions.

Une autre question qui se pose, et qui n'est pas anodine, est la question du prix. Quand on voit qu'en France 3,4 millions de foyers, soit 8 millions de personnes, sont en précarité énergétique, et que 100 000 personnes subissent tous les ans des coupures d'électricité et autant en gaz, on voit que la question du tarif et du droit à l'énergie n'est pas résolue en France.

Laurent G : Ne pensez-vous pas que le moment serait venu d'autoriser les habitants à créer leur propre énergie afin de sortir peu à peu d'un système nucléaire, qui produira un jour ou l'autre un grave accident en France ?

Marie-Claire Cailletaud : Je le redis : toutes les formes d'énergie sont à regarder, aussi bien en France que dans le monde. A des degrés divers, les modes de production d'énergie ont tous des avantages et des inconvénients, et c'est cela qu'il faut peser objectivement pour faire des choix. Développer l'éolien comme l'énergie solaire est nécessaire, mais on ne peut pas dire aujourd'hui qu'ils peuvent être à eux seuls notre moyen de nous fournir en électricité. Il faut développer également l'hydraulique, principalement au travers des stations de pompage (des "STEP") qui sont un moyen de stocker l'électricité.

Il faudra également regarder la question du charbon propre avec captage et stockage de CO2, mais qui pose également des problèmes d'acceptabilité pour injecter le CO2 dans le sous-sol. On peut imaginer également d'augmenter la desserte gaz pour une utilisation directe et, dans un ordre de grandeur moindre, utiliser des cycles combinés gaz qui peuvent démarrer facilement et effectuer un complément aux heures de pointe. Dans ce paysage énergétique, il ne paraît pas possible aujourd'hui d'exclure l'énergie nucléaire. La question est donc de la développer dans les meilleures conditions possibles.

Yoann O : D'où proviennent les combustibles, uranium et plutonium, utilisés dans les centrales nucléaires ?

Marie-Claire Cailletaud : L'uranium en particulier provient de mines à travers le monde. Par exemple du Niger. Les politiques menées par les multinationales, que ce soit pour l'extraction de l'uranium ou pour les autres ressources, sont bien souvent inacceptables. La possession des ressources énergétiques de la planète a souvent conduit, par le passé, à des guerres. Ce n'est pas fini. Nous voyons aujourd'hui les enjeux pour posséder le pétrole ou avoir le contrôle d'un pays par lequel passerait un gazoduc. Cette manière coloniale puis guerrière de s'approprier les ressources pour son propre développement n'est pas acceptable. C'est pour cela que nous proposons que les ressources fossiles soient considérées comme des biens publics mondiaux à gérer collectivement.

Cyril : Au niveau des nouvelles sources possibles d'énergie : quid du gaz de schiste ? Cela vous paraît-il être une perspective à étudier malgré l'opposition de certains écologistes (Fabrice Nicolino en tête) ?

Marie-Claire Cailletaud : L'arrivée du gaz de schiste bouleverse le marché du gaz. Pour exemple, les Etats-Unis, qui étaient importateurs de gaz, deviennent exportateurs. Ils exploitent le gaz de schiste d'une façon inacceptable qui cause des dégâts environnementaux très importants, comme la pollution des nappes phréatiques.

Chez eux, le problème se pose différemment, puisque le sous-sol appartient à la personne qui a le terrain. C'est ce qui a poussé à un développement rapide et peu regardant des conditions d'exploitation. Il ne serait donc pas question d'exploiter le gaz de cette façon-là en France. En revanche, il nous semble intéressant de savoir si nous possédons ou non du gaz de schiste. Cela ne peut se faire que par l'exploration. Cette exploration pourrait montrer que la question ne se pose même pas en France. Dans tous les cas, s'il devait y avoir une décision, elle ne pourrait être prise qu'avec les citoyens. C'est pour cela qu'il faudrait organiser des états généraux sur le sujet afin d'en débattre.

Mais nous voyons bien que le problème se pose différemment d'un pays à l'autre. Par exemple, la Chine a besoin d'apporter l'énergie à 1,4 milliard d'êtres humains, bientôt 2 milliards si, comme cela va être le cas, elle autorise les familles en ville à avoir un deuxième enfant. La Chine possède beaucoup de gaz de schiste. Alors, entre le nucléaire, le charbon, le gaz de schiste ?

Pierre S. : Pensez-vous que le CEA doit rester l'actionnaire majoritaire d'Areva plutôt qu'une participation directe de l'Etat ?

Marie-Claire Cailletaud : Le CEA est la propriété de l'Etat. Ce que nous réclamons, c'est une mise en cohérence de la filière industrielle nucléaire CEA-Areva-EDF, ce qui n'est pas du tout le cas aujourd'hui. Et ça, l'Etat peut le faire, puisqu'il a la main sur ces trois entreprises. Mais aujourd'hui, force est de constater qu'il ne joue pas son rôle et qu'il manque singulièrement de vision industrielle.

Aymeric B : N'est-il pas plus intéressant de développer la recherche sur la fusion nucléaire que de continuer sur celle de la fission?

Marie-Claire Cailletaud : La recherche sur la fusion est développée avec le projet ITER. Il me semble aujourd'hui qu'il ne faut négliger aucune voie de recherche compte tenu de la complexité des réponses à apporter dans le domaine énergétique.

Pierre S. : L'Italie, le Danemark, l'Autriche n'ont pas de centrales nucléaires, l'Allemagne envisage de s'en passer. d'où vient votre acharnement à défendre cette filière ?

Marie-Claire Cailletaud : L'Allemagne envisage de se passer du nucléaire de façon particulièrement opportuniste en période électorale. D'ores et déjà, les industriels allemands annoncent qu'ils vont subir des coupures. D'autre part, l'Allemagne est un des pays les plus émetteurs de CO2. Cela signifie donc qu'on considère que la question posée par le réchauffement climatique, le problème des eaux, les migrations des populations et ce qui en découle est secondaire. Il y a fort à parier que l'Allemagne pourra profiter à tarif avantageux et grâce à la loi NOME de l'énergie nucléaire produite en France pour financer son industrie.

Pierre S. : Quelle est votre position vis-à-vis des populations qui refusent d'accueillir les sites d'enfouissement des déchets ultimes ? Sur le MOX, qui contient du plutonium extrêmement dangereux?

Marie-Claire Cailletaud : Je pense qu'il faut que les débats puissent se dérouler afin que les citoyens puissent s'approprier tous les enjeux des questions énergétiques.Il n'est bien entendu pas question d'imposer quoi que ce soit en ce domaine. Il est essentiel que ce soit le citoyen qui choisisse, et de manière démocratique. En revanche, il faut avoir conscience des conséquences de ces choix. Par exemple, est-ce que la Bretagne peut continuer à refuser l'implantation de moyens de production, c'est-à-dire qu'elle ne produit que 8 % de ce qu'elle consomme. Est-ce qu'elle peut continuer, de ce fait-là, à se désindustrialiser, puisque les entreprises ne peuvent pas s'implanter en Bretagne à cause de la fourniture en électricité.

Hervé : Seriez-vous prête à vivre à coté de tels sites ?

Marie-Claire Cailletaud : Mon souhait premier, c'est de vivre à côté de mon lieu de travail, de pouvoir y aller à pied, et de ne pas me "taper" une heure de bouchon dans les transports aller et retour tous les jours.

Alain Dumont : La quatrième génération n'est-elle pas un leurre, ce sont des réacteurs à neutrons rapides, technologie qui existe déjà et qui n'a pas fait ces preuves, ce sont les réacteurs Phénix et Superphénix qui ont été des gouffres financiers et qui n'ont jamais fourni d'électricité, sauf peut-être pour leur fonctionnement propre ?

Marie-Claire Cailletaud : Superphénix avait permis d'avoir une véritable avancée en termes de recherche sur le rapide. Je rappelle que c'était un réacteur de recherche et que les scientifiques qui ont travaillé dessus à l'époque sont unanimes pour dire que la décision politicienne de fermer ce réacteur nous a fait prendre quinze ans de retard dans ce domaine. C'est un formidable gâchis.

Joel : La sécurité de la filière nucléaire française est-elle supérieure à celle du Japon ?

Marie-Claire Cailletaud : Il faut être très prudent pour répondre à cette question, et il est nécessaire d'attendre le retour d'expérience sur ce qui s'est passé. En effet, aujourd'hui, beaucoup de questions se posent, même si l'événement subi était d'une ampleur exceptionnelle. Par ailleurs, l'opérateur privé Tepco est connu pour avoir falsifié par le passé des rapports pour cacher des incidents.

Aujourd'hui, au Japon, se déroule une polémique concernant le fait que Tepco aurait attendu avant de prendre la décision de noyer ses réacteurs, ce qui les rend inutilisables. Ce qui importe aujourd'hui, c'est de tirer les leçons de ce qui se passe, afin d'inspecter les cinquante-huit tranches nucléaires, mais également de mettre sur le tapis les conditions de travail et l'organisation du travail.

Chat modéré par Samuel Laurent
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Mar 2011 à 04:46

Le nuage radioactif sur la France ce mercredi

Le précédent du nuage radioactif de Tchernobyl n'incite pas à l'optimisme. Pourtant, l'Autorité de sureté nucléaire (ASN) se veut rassurant. Les masses d'air contaminées lors de l'accident nucléaire survenu au Japon à la centrale de Fukushima, qui arrivent mercredi en France métropolitaine, ne présentent a priori aucun risque pour la population française.

La Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité), organisation indépendante, partage d'ailleurs le même avis. La distance séparant la France et le Japon, via les océans Pacifique et Atlantique, soit environ 15.000 km, rendent le risque négligeable. Il ne pourra sans doute même pas être mesuré par les détecteurs tant les quantités d'éléments toxiques seront faibles et aucune précaution particulière n'est donc requise. La Criirad promet cependant de réaliser des analyses détaillées pour fournir des données précises.

L'organisation fondée après l'accident de Tchernobyl, en 1986, où la France avait nié à tort le risque du nuage contaminé, reste toutefois prudente. "Le passage des masses d'air contaminées sur la France ne doit pas générer trop d'inquiétude. Cependant, compte tenu du manque crucial de données, la Criirad est contrainte de laisser certaines affirmations au conditionnel. Ceci devrait pouvoir être corrigé très rapidement", écrit-elle.

L'ASN se montre en revanche catégorique. "Les masses d'air très faiblement contaminées, avec des niveaux de l'ordre de 1.000 à 10.000 fois inférieurs à ceux relevés suite à l'accident de Tchernobyl, devraient atteindre mercredi la France métropolitaine sans aucune conséquence sur la santé des personnes", écrit l'Autorité de sûreté nucléaire.

De son côté, Patrick Gourmelon, directeur de la radioprotection à l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), estime qu'il n'y a aucune précaution particulière à prendre. "Les enfants peuvent sortir, c'est inutile de se précipiter dans les pharmacies pour demander des comprimés d'iode, on peut consommer l'eau", a-t-il dit lundi à la presse. Les autorités assurent que le contrôle des produits frais en provenance du Japon est opérationnel, mais les importations de fruits, légumes et algues sont interrompues pour le moment. L'IRSN a rapporté lundi que les doses de radioactivité mesurées sur les passagers français rentrant du Japon étaient extrêmement faibles et sans conséquence sur leur santé. "Les doses sont extrêmement faibles (...), en tant que spécialiste, je peux vous dire qu'on ne s'attend pas à des conséquences sanitaires sur les personnes qui ont été mesurées".

Le rejet d'iode dans l'atmosphère constitue le risque sanitaire le plus important pour la population en cas d'accident nucléaire. Respiré ou avalé, ce dernier se fixe sur la glande thyroïde et peut entraîner l'apparition de cancer. Si la période radioactive de l'iode est de huit jours, le césium a une durée de vie de plus de trente ans.

A lire:

  • A voir: le système de surveillance officiel permettant de détecter instantanément l'augmentation de la radioactivité dans l'air est consultable sur le site internet de l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire). Cliquez ici ou sur l'image

Source

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Mar 2011 à 03:52

Un nuage sans danger pour la France

Le panache radioactif attendu aujourd’hui sur l’Europe est sans impact pour la santé.

L’image est impressionnante     mais, si le scénario     qu’elle dessine     se confirme, les Européens     peuvent être rassurés. Le panache     radioactif qui devrait     arriver aujourd’hui ou demain     au-dessus de la France est sans     danger pour la santé et pour     l’environnement, confirme     l’Institut de radioprotection et     de sûreté nucléaire (IRSN). Sa     modélisation du cheminement     du nuage depuis le 12 mars est     en ligne sur son site. Selon les     calculs opérés en fonction des     données connues (le Japon ne     les a pas toutes transmises), la     radioactivité résultant des rejets     des réacteurs de la centrale     de Fukushima s’est diluée au     fur et à mesure qu’elle a traversé     le Pacifique, les États-     Unis et enfin l’Atlantique.     Les concentrations attendues     de césium 137 dans l’air, en     France métropolitaine aussi     bien que sur les départements     d’outre-mer, sont ou seront     extrêmement faibles, assure     l’organisme public. À tel point     que les doses ne seront sans     doute détectables que par     des analyses en laboratoire,     dont les résultats ne seront     pas connus avant quelques     jours. L’institut a toutefois     mis en ligne un suivi en direct     des mesures récoltées dans les     principales villes par ses 170     balises d’alerte. Évaluées en     nanosieverts (0,000 000 1 mSv)     par heure, elles ne révélaient,     hier, aucun changement majeur.     À terme, l’IRSN s’attend     à des concentrations de césium     137 de l’ordre de 0,001 Bq/m3.     Soit 1 000 à 10 000 fois moins     que les valeurs mesurées dans     l’est de la France après l’accident     de Tchernobyl en 1986.            

MARIE-NOËLLE BERTRAND

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 25 Mar 2011 à 13:05

Je vais peut-être choquer les « puristes » mais il est parfois intéressant de lire ce qui se dit à droite.

Les leçons d'une catastrophe

Par Nicolas Dupont-Aignan le mardi 15 mars 2011, 11h41

La catastrophe nucléaire au Japon prouve une nouvelle fois qu’il n’est jamais bon d’occulter les débats sur les sujets graves.

Au moment où nos concitoyens s’inquiètent, je trouve stupide de refuser une vraie concertation nationale sur ce sujet clé pour notre avenir. Je ne partage pas le point de vue des écologistes, mais je pense les Français suffisamment mûrs pour pouvoir aborder toutes les questions.

Il ne s’agit pas, dans mon esprit, de se prononcer simplement sur le choix du nucléaire mais d’évoquer la question essentielle de la gestion des centrales nucléaires. Il y a quelques années en France, les centrales nucléaires étaient exploitées par une entreprise publique EDF/GDF. Le critère de rentabilité n’était pas le seul critère de gestion, la sûreté était à son maximum, la maintenance était correctement assurée et la confiance régnait.

Depuis l’ouverture du capital, il est de notoriété publique que la recherche de dividendes est le nouvel objectif central de la société. Il va de soi qu’EDF se préoccupe toujours et encore de sécurité. Mais il est évident aussi que des compromis se font, comme en témoignent les inquiétudes de certains salariés sur l’importance croissante de la sous-traitance. Tout cela n’est pas sain.

L’Etat est plus préoccupé de toucher les dividendes de sa participation majoritaire dans l’entreprise plutôt que de veiller au maintien d’une organisation publique exigeante.

On peut faire le choix du nucléaire à la condition bien sûr d’être irréprochable dans son suivi compte tenu des dangers qui existent.

L’exemple japonais révèle combien une entreprise privée est vite conduite à faire prendre des risques à l’ensemble de la collectivité. A l’inverse, l’exemple de Tchernobyl montre qu’un pays non démocratique peut conduire au risque identique par manque de transparence.

Voilà pourquoi, je maintiens que nous avions raison de nous opposer à la libéralisation du secteur de l’énergie en Europe qui a mis par terre une entreprise comme EDF/GDF qui réussissait à concilier une expertise exceptionnelle et une efficacité liée à l’effet d’échelle avec un contrôle de l’Etat rigoureux. Avec la scission avec GDF et l’ouverture du capital, le résultat est là déjà devant nous : - Augmentation ahurissante des tarifs de l’électricité et du gaz - Perte de contrôle de l’Etat sur la gestion des filières - Augmentation des dividendes versés d’ailleurs à l’Etat qui détient encore 80% d’EDF - Suspicion de la société civile à l’égard de la rigueur de l’entreprise.

Il est heureusement encore temps d’arrêter le processus. Mais pour cela, bien sûr, il faut s’exonérer des accords européens qui détricotent tous nos services publics.

L’énergie sera, à l’avenir, toujours plus rare et plus chère. Raison de plus pour ouvrir un grand débat dans notre pays sur la capacité de l’Etat, au nom du peuple, à s’assurer de la pérennité des investissements, de la sécurité des approvisionnements, de l’égalité des tarifs sur les territoires.

Seul un monopole public bien géré par une entreprise transparente et sous contrôle est en mesure de garantir ces exigences

Source : http://blog.nicolasdupontaignan.fr/post/Les-le%C3%A7ons-d-une-catastrophe




Edité par babeuf - 25 Mar 2011 à 13:05
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 26 Mar 2011 à 15:43

Dans les centrales françaises, le malaise de la « viande à radiations »

 

PAR ÉLODIE AUFFRAY

 

José Andrade, 48 ans, travaille depuis trente ans dans le nucléaire, à la centrale EDF de Cruas, dans le Sud-Est.

Il s'appelle pourtant lui-même un « enfant adopté » d'EDF: il fait partie de ces 20 000 salariés d'entreprises sous-traitantes auxquelles l'entreprise a recours pour ses activités nucléaires. Leur nombre égale aujourd'hui celui des agents titulaires.

Ce recours massif aux prestataires, leur précarité, ont été maintes fois dénoncés par les syndicats. Ces derniers jours, alors que le Japon se débat pour éviter la catastrophe nucléaire, ces alertes retrouvent un écho: la précarité de ces sous-traitants n'est-elle pas une menace pour la sûreté des centrales?

« La conception de nos centrales est sûre. Mais si vous maltraitez les gens qui y travaillent, vous fabriquez des bombes à retardement », tranche José Andrade, qui file la métaphore : « En tant qu'enfant adopté, je ne supporte pas de ne pas avoir le même traitement que les enfants naturels »,dénonce ce représentant du personnel, l'un des rares dans la sous-traitance nucléaire.

Les sous-traitants du nucléaire s'occupent surtout, à plus de 80%, de la maintenance, notamment lors des «arrêts de tranche», ces périodes d e trois semaines où les réacteurs sont mis à l'arrêt pour changer le combustible.

Ce besoin saisonnier est d'ailleurs ce qui justifie, pour EDF, le recours à la sous-traitance. Il n'est « pas nouveau, ajoute Philippe Druelle, directeur-adjoint à la production nucléaire. Depuis le démarrage du parc, dans les années 1980, nous faisons appel aux mêmes entreprises qui ont construit nos centrales. Elles les connaissent donc bien et sont bien placées pour en faire la maintenance. »

Lors des arrêts de tranche, les « nomades du nucléaire », comme ils sont parfois surnommés, parcourent des milliers de kilomètres, d'une centrale à l'autre, dans des conditions difficiles: quand les agents EDF, amenés eux aussi à participer à ces opérations, voient déplacements, frais d'hôtel et repas pris en charge, ces sous-traitants n'ont parfois qu'une soixantaine d'euros pour tout couvrir, et un kilomètre remboursé 23 centimes.

« Certains emmènent la caravane et dorment sur le parking », raconte Laurent Langlard, porte-parole de la fédération CGT des mines et de l'énergie. Le syndicaliste fait toutefois la part entre « ceux qui travaillent pour des négriers » et ceux qui sont satisfaits de leur sort social.

Travaillant au plus près des réacteurs, ces « précaires du nucléaire » sont aussi davantage exposés aux radiations. Ils prennent «80% des doses», selon José Andrade. D'où le sentiment chez ces sous-traitants d'être de la « viande à radiations ». Leur suivi médical n'est pas assuré par la médecine du travail interne à EDF, spécialisée, mais par la médecine du travail classique. Même Claude Birraux, député UMP réputé ardent défenseur du nucléaire et de l'excellence de la filière française, se « pose la question » du suivi médical de ces travailleurs, qui est « peut-être à revoir ».

La « gestion de la dose » -surveiller qu'un travailleur ne soit pas exposé à plus de 20 millisieverts par an- est aussi du ressort des entreprises sous-traitantes. « Il y a aussi une dose-vie, qui s'accumule tout au long de votre carrière », détaille José Andrade. « Quand vous êtes dosé, quand l'entreprise voit que vous vous approchez du seuil autorisé, elle peut réfléchir à la façon dont elle va vous éjecter quand le contrat signé avec EDF arrive à terme », accuse-t-il.

A la précarité sanitaire s'ajoute la précarité des contrats. A chaque renouvellement de marché, l'entreprise risque de s'en voir préférer une autre. En 2008, pour obtenir la reprise par le nouveau sous-traitant des 110 salariés de l'ancien, José Andrade a participé, avec huit autres, à une grève de la faim de dix jours, pic d'un conflit de six mois. Victoire au bout du compte, une première.

Depuis 1997, EDF a mis en place une charte avec les organisations représentatives des entreprises prestataires. « Elle précise nos exigences et nos devoirs, détaille Philippe Druelle. Si nous voulons avoir des entreprises qui forment leurs employés, nous nous sommes engagés à ne pas passer des contrats au coup-par-coup mais pour des longues durées, six ans en moyenne ».

Reste que les syndicats ne sont pas les seuls à s'inquiéter de la précarité des sous-traitants et du contrôle de leurs activités dans les centrales. Début janvier, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) annonçait qu'elle passerait en revue la question sociale, pour vérifier « si les conditions organisationnelles ne mettent pas l'intervenant dans une situation qui augmente les risques d'erreur ».

Dans son rapport 2009, le « gendarme du nucléaire » pointe aussi des dysfonctionnements: lors d'un contrôle inopiné le 29 mai 2009, pendant un arrêt de tranche à la centrale de Dampierre-en-Burly, l'ASN a connaissance de « la non-réalisation d'une opération de maintenance sur le groupe motopompe 1 RCV 003 PO par la société sous-traitante de l'entreprise prestataire qui en était chargée, bien que les documents relatifs à cette intervention aient été remplis et indiquent le contraire ».

Trois semaines plus tard, contrôle inopiné de l'Autorité: ses inspecteurs jugent la surveillance effectuée par le site « défaillante », « alors même que le prestataire était sujet à une surveillance renforcée par EDF du fait de multiples écarts relevés lors de ses interventions dans les centrales nucléaires d'EDF en 2007 et en 2008 ».

« C'est un cas très ponctuel, il s'agissait du comportement d'un agent, défend Philippe Druelle. D'ailleurs, l'entreprise était sous surveillance et ce sont nos systèmes de contrôle qui ont détecté cette erreur. C'est nous qui avons informé l'ASN. »

José Andrade abonde pourtant: « Quand on supprime trois postes d'agent EDF, il n'y a qu'un poste de sous-traitant pour les remplacer, avec un objectif: réaliser la prestation en un temps donné. Il y a donc deux solutions: soit vous faites des heures supplémentaires non payées, soit vous bâclez le travail et vous faites une fausse déclaration. Alors que le b-a-ba de la sûreté nucléaire, c'est: " j'ai fait ce que j'ai écrit, j'ai écrit ce que j'ai fait ". Car il faut une traçabilité en cas d'incidents.»

Autre problème pointé par la CGT: la « perte de maîtrise par EDF » de l'intégralité du processus. « On n'est plus capable de contrôler le travail fait par des entreprises privées dans nos centrales. Par exemple, des robinetiers, il n'y en a plus à EDF. Si bien que, quand un robinet est changé, on ne peut même pas savoir s'il a été monté à l'envers », fustige Laurent Langlard.

L'ASN se pose apparemment la même question. Elle examinera ainsi si l'entreprise « garde en interne un volume de compétences suffisant pour conserver la maîtrise [de la sûreté nucléaire] et assurer la responsabilité de l'ensemble de la sûreté ».

A EDF, on minimise: « Chaque année, l'ASN pointe les points positifs, et les progrès à faire», dit Philippe Druelle. « Il n'y a pas de remise en cause du recours à la sous-traitance, mais nous tirons les conséquences de tous les événements », promet-il.

Source : http://canaille-le-rouge.over-blog.com/article-securite-dans-le-nucleaire-debat-de-societe-69962912.html 



Edité par babeuf - 26 Mar 2011 à 15:45
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Mar 2011 à 18:49

Sécurité nucléaire, les risques de la dérégulation, par Gilles Balbastre

 source :  PCF Bassin d’Arcachon

Il n’a pas fallu attendre longtemps pour que la catastrophe de Fukushima, au Japon, déclenche en France un débat sur la pertinence et l’avenir de l’atome. Faut-il ou non sortir du nucléaire, faut-il ou non un référendum sur la question, faut-il ou non développer les énergies renouvelables ?

Qu’importe à la presse l’importance du débat : l’émotion suffit à légitimer son inscription en tête des priorités politiques. Subordonner la vie démocratique au rythme des catastrophes et des faits divers est un procédé à double tranchant. Il peut conduire à une délibération informée sur l’avenir énergétique d’un pays, mais aussi au vote d’une loi sécuritaire. Par exemple, un « débat » sur la récidive lancé à l’été 2007 après l’enlèvement d’un garçonnet à Roubaix par un pédophile préluda à l’adoption d’une législation liberticide.

Au nombre des arguments sur l’avenir du nucléaire avancés par la plupart des protagonistes de cette controverse – politiques, éditorialistes, experts -, un a manqué à l’appel : la dérégulation du marché de l’électricité, entreprise en France et en Europe depuis une vingtaine d’années.

Le processus débute en juin 1996 avec la directive européenne ouvrant le marché de l’électricité à la concurrence pour les professionnels. Il se poursuit par la loi du 10 février 2000, votée par le Parlement à majorité socialiste, qui transpose la directive de 1996, puis par la loi d’août 2004 qui privatise partiellement Electricité de France (EDF).

Enfin, la loi sur la nouvelle organisation du marché de l’électricité (NOME) de novembre 2010 oblige EDF à céder à ses concurrents une partie de sa production. Entre-temps, une deuxième directive européenne, lancée lors du Conseil européen de Barcelone de mars 2002 et approuvée par le premier ministre et le président de la République française de l’époque, MM. Lionel Jospin et Jacques Chirac, ouvre à la concurrence la fourniture d’électricité au consommateur.

Les conséquences de la disparition du monopole de service public d’EDF sont loin d’être négligeables tant pour les usagers – hausse incessante des prix, dégradation du service – que pour les salariés et, finalement, pour la sûreté des centrales nucléaires.

Etablissement public transformé en société anonyme en 2004 et coté en Bourse, ce « service public » doit désormais rémunérer ses actionnaires.

De ce débat-là, peu ont entendu parler.

Premier producteur mondial privé d’électricité, le propriétaire de la centrale de Fukushima, Tokyo Power Electric Company (Tepco), a falsifié des rapports d’inspection de réacteurs nucléaires durant plusieurs décennies pour couvrir près de deux cents incidents dans les centrales de Fukushima et de Kashiwazaki-Kariwa.

Les circonstances particulières de l’accident survenu au Japon – un tremblement de terre suivi d’un tsunami – focalisent l’attention sur la fiabilité technologique de la production nucléaire. Or la sûreté de cette industrie ne dépend pas uniquement, comme l’avancent souvent ses opposants, d’une technique plus ou moins efficiente.

Elle repose aussi sur la qualité de la tâche effectuée par les salariés qui y travaillent. Ainsi, pour M. Michel Lallier, représentant de la Confédération générale du travail (CGT) au Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité du nucléaire et ancien secrétaire du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de la centrale de Chinon, la sûreté de la production de l’électricité issue du nucléaire repose sur trois piliers : technologique, social, humain. « Comme pour un tabouret à trois pieds : si vous mettez à mal un de ses pieds, le tabouret ne tient plus vraiment, et les deux autres peuvent céder. C’est ce qui arrive aujourd’hui dans les centrales nucléaires (…)


Des dangers liés à l’énergie ou aux irresponsables qui la contrôlent ? par Marianne Lamiral

source : Lutte Ouvrière

La catastrophe de la centrale de Fukushima, au Japon, relance l’inquiétude sur les dangers de l’énergie nucléaire, et plus précisément sur les dangers dérivant d’un accident dans une centrale et l’impréparation des responsables pour y faire face.

Depuis une cinquantaine d’années qu’existe l’industrie nucléaire, un certain nombre de risques liés à son exploitation sont connus, ainsi que les moyens d’y faire face, du moins pour la plupart d’entre eux, le problème du traitement des déchets nucléaires n’étant toujours pas résolu. En principe, toutes les mesures de sécurité devraient être correctement respectées pour empêcher au maximum que se produise un accident et, si cela arrive quand même – toute activité humaine comportant des risques -, en limiter les conséquences dramatiques à court et long terme.

En principe donc, car dans la réalité on est loin du luxe de précautions que devrait nécessiter cette industrie encore mal maîtrisée. La centrale de Fukushima a révélé que, pour faire des économies de-ci de-là, les responsables ne tiennent pas compte des avertissements sur les risques sismiques, rognent sur les protections des centrales en limitant le nombre de coffrages de ciment, sur l’installation des systèmes de refroidissement ou sur l’entretien courant. Plus que l’énergie nucléaire en elle-même, c’est l’irresponsabilité de ceux qui la gèrent, qu’il s’agisse d’entreprises privées, nationalisées ou d’État, comme à Tchernobyl, qui mène à la catastrophe.

Ce n’est pas là seulement le propre de l’énergie nucléaire. Le charbon a tué, et continue de tuer en Chine, en Afrique du Sud, mais aussi dans des pays riches comme les États-Unis et le Canada ; des dizaines de milliers de mineurs sont morts dans des catastrophes, ou à petit feu parce qu’ils ont été atteints de silicose. Le pétrole aussi a son lot d’accidents et de marées noires, comme récemment celle de BP dans le golfe du Mexique. Ces énergies fossiles ont aussi des conséquences à long terme sur l’avenir de la planète, étant à la source du réchauffement climatique. Quant à l’énergie hydraulique, que l’on nous présente comme « propre », elle comporte aussi le risque de rupture de barrages, comme celui de Malpasset en France dans les années cinquante, avec la dévastation de toute une vallée.

Une catastrophe dans une mine ou sur un puits de pétrole peut déjà avoir des conséquences à grande échelle. Mais c’est sans doute encore plus vrai avec l’énergie nucléaire. Non seulement les travailleurs ou la population locale peuvent en être victimes, mais une vaste zone de la planète peut être contaminée, comme l’a montré l’explosion de la centrale de Tchernobyl. Et cette contamination, qui plus est, est là pour des siècles.

Tout cela devrait inciter les responsables à un redoublement de prudence. Mais dans ce système, le pouvoir de décision est entre les mains de ceux qui ont des capitaux et qui, pour cette raison, se permettent de faire ce qu’ils veulent dans ce qu’ils considèrent être leur « propriété », même si les enjeux vont bien au-delà, ce que montre la catastrophe de Fukushima. Plus encore que le danger du nucléaire, c’est le danger qu’il y a à laisser la gestion de la société entre les mains de « décideurs » pour qui seul compte le critère du profit et sur lesquels la population n’a aucun contrôle. Laisser en place ces gens-là, en qui on ne peut mettre aucune confiance, c’est leur laisser le pouvoir de mettre en péril l’avenir de la planète.

Marianne LAMIRAL

Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 29 Mar 2011 à 19:40

L’insecurité nucleaire mondiale

 
desobeissant

L’insecurité nucleaire mondiale

Le capitalisme nihiliste ou quand la negation de l’humain entraine la catastrophe menant a sa propre perte,massacre silencieux en preparation :

Mise à jour n°119 (lundi 17h31)

Du plutonium a été détecté dans le sol à cinq endroits de la centrale, selon Tepco rapporté par l’agence Kyodo.

http://www.pauljorion.com/blog/?p=22645

lundi 28 mars 2011

Printemps nucléaire

Les chose commencent à sérieusement se gâter du plutonium sa balade sur le sol de la centrale...

http://debord-encore.blogspot.com/2...

Lors des bribes du debat tragique sur le nucleaire,nous apprennons a fuir au plus vite les pluies concentrées de radioactivité,venant des zones contaminées (fiction Thema Arte). Les nuages et orages vont donc devenir notre cauchemar.

La Criirad fait bien d’insister sur le fait que c’est un nuage en continu qui va passer sur la France, puisque la pollution qui part aujourd’hui du Japon est pour nous dans une douzaine de jours...comme pour tout l’hemisphere nord.

Un excellent documentaire sur le nucléaire en France, plus particulièrement de sa sous-traitance.

A voir ! (Documentaire réalisé avant la catastrophe)

http://videos.arte.tv/fr/videos/ras...

A noter qu’un des sous-traitants en charge explique bien que lui payé au smic et avec des conditions de travail médiocres explique bien qu’en cas d’accident nucléaire il y réfléchirait à deux fois avant d’aller offrir sa vie pour des gens d’une qu’ils l’ont méprisés et de deux qui l’ont déclenchés par leur imprudence contre laquelle les employés de base ne cessent de mettre en garde.

On le comprend.

Ce reportage est aussi excellent tant il explique bien vu d’un coté des exécutants des effets de la sous-traitance, que l’on connait dans le reste de l’industrie mais qui dans le cas du nucléaire sont inacceptables.

Et mieux encore, ce reportage étant antérieur à la catastrophe japonaise il est édifiant de voir les employés expliquer exactement les mêmes "manquements" qui sont aujourd’hui reprochés à TEPCO.

http://sciencepourvousetmoi.blogs.n...

Vu le sort reservé aux liquidateurs de Tchernobyl, comme aux travailleurs du nucleaire,plus personne ne veut donner sa vie pour sauver une centrale nucleaire en perdition,et cela n’est dans aucun plan d’urgence des nucleocrates.

Plans d’urgence qui tous ne sont prevus que pour des incidents niveau 4 maximum (Canard Enchainé p.4),au dela c’est l’inconnue totale, et c’est ce qui arrive a Fukushima.

Les pretendus experts ont decreté que l’industrie nucleaire etait archi sure et donc qu’une catastrophe etait impossible, donc inutile de prevoir des stocks,des abris,des secours,des combinaisons pour haute radiations,type militaire, pour des catastrophes niveau 5,6,7 etc..

Ce dedain generalisé de la realité comme des humains et de la nature,est le mythe funebre de l’industrie nucleaire mondiale,industrie fasciste.

Pour la première fois, Tepco a demandé « l’appui » d’EDF, Areva et le CEA (Commissariat à l’Energie Atomique),alors que ceux ci sont aussi demunis pour faire face .Le bricolage ultime ne peut cacher la totale perte de controle,a quand l’aveu public en direct et l’abandon de cette filiere imposée de force.

La seule solution connue a ce jour,le caisson etanche gigantesque,semble toujours repoussée et ne peut etre imposée que par une instance internationale type ONU,autorité inexistante .

Les peuples doivent imposer une alternative immediate ou subir.

Le desarroi des victimes japonaises est visible par le monde entier qui decouvre medusé l’inconscience des responsables au Japon et ailleurs.

Populations abandonnées et ignorées :

....Aujourd’hui le principal crime du gouvernement et des classes dirigeantes au Japon est de refuser de dire à la population qu’il faut quitter la zone contaminée, y compris probablement Tokyo...

http://www.matierevolution.fr/spip....

Nous decouvrons a nos depends,que meme a des milliers de km,« Nous sommes tous des Japonais ».

vers une désobéissance mondiale

vendredi 25 mars 2011

Avertissement :Tout actionnaire du nucléaire est un futur LIQUIDATEUR VOLONTAIRE !

Le drame du Japon, c’est D’ABORD AUX JAPONAIS RICHES d’EN PAYER LE PRIX !

IL FAUT RENVERSER L’EMPEREUR, ETABLIR UNE REPUBLIQUE, VIRER CE GOUVERNEMENT D’INCAPABLES ET DE CRIMINELS ECOLOGIQUES. IL FAUT UN GOUVERNEMENT DE DELEGUES REVOCABLES !

Et DIVISER PAR DEUX LA CONSOMMATION DES JAPONAIS !!!!

IL FAUT ENVOYER LES ACTIONNAIRES DE TEPCO RÉPARER LES DEGATS à Fukushima !

il y a besoin de MANOEUVRES CONDAMNES A LA MORT ! Ce sont les ACTIONNAIRES qu’il faut envoyer crever !!!.....

http://revolisationactu.blogspot.co...

Les politiciens,militaires, financiers, journalistes etc.. ; champions et promoteurs du nucleaire sont priés de participer au nettoyage sur le principe pollueur payeur...et l’annonce de la nationalisation de Tepco n’y change rien...

Quand aurons nous le courage de dire tout ça et le reste dans les telés mensonges ?

SANS GREVE GENERALE MONDIALE ILLIMITEE DES TRAVAILLEURS DU NUCLEAIRE POUR IMPOSER UN FONCTIONNEMENT SUR,CONTROLE ET ELABORE PAR LES TRAVAILLEURS,afin d’organiser la fermeture generale, ça continuera jusqu’a la catastrophe totale.

L’occupation de l’AIEA a Vienne et la divulgation de tous les rapports secrets serait un bon debut.

Le blocage prolongé des centrales par les populations locales solidaires des travailleurs et d’abord des precaires nomades,comme a Cruays en 2008, resté ignoré par les medias jusqu’a peu, est la forme de lutte a promouvoir partout.

En attendant que ça s’organise,il nous reste juste la rue.....

Patria socialismo o muerte

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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Mar 2011 à 17:43

Areva suspendu à la Bourse de Paris

La rédaction avec Anthony Morel - radiobfm.com, le 31 mars 2011

 

Le groupe nucléaire français vient de lancer jeudi la transformation de ses certificats d'investissement en actions ordinaires.

 

En fait, Areva va devenir une entreprise presque comme les autres. Le groupe va transformer des certificats d'investissements, qui sont des sortes d'action sans droit de vote, en actions ordinaires, cotées en Bourse.

Moins de 4 % de capital

Une action pour un certificat, qui pourront être normalement vendues sur les marchés et donnent le droit à leur titulaire de participer à l'assemblée générale et de voter.

Pour autant, le groupe reste contrôlé en quasi-totalité par la puissance publique : l'opération concerne moins de 4 % du capital, et c'est le Commissariat à l'énergie atomique - qui possède déjà 73 % d'Areva - qui va acquérir les certificats et former les actions.

Nouvelle augmentation de capital ?

Tout cela intervient en pleine crise nucléaire japonaise, mais à écouter un expert, le groupe travaillait sur le sujet depuis l'arrivée d'Anne Lauvergeon. Le fonds souverain du Koweït, détenteur de près de 5 % du groupe, avait exigé, pour entrer au capital, qu'Areva soit coté avant le 30 juin.

D’après les spécialistes, cette opération ouvre clairement la voie à une nouvelle augmentation de capital, et donc à l'arrivée de sources de financement supplémentaires pour les lourds investissements d'Areva.


Pour certains, la gestion du nucléaire par la société Tepco, avec son PDG moins réactif que l'empereur du Japon, ne semble pas servir de leçon…Unhappy

 




Edité par babeuf - 31 Mar 2011 à 17:43
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  Citer Guests Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Apr 2011 à 13:06

Le 31 mars 2011 à 18h17

Des robots pour les centrales nucléaires ? pas si facile…

Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences

Les robots peuvent-ils remplacer les Hommes pour intervenir après un accident dans une centrale ? Oui, nous explique Michel Chevallier, directeur d’Intra, un GIE qui conçoit des engins télécommandés de ce genre. Mais eux aussi sont limités par la radioactivité…

Autour de la centrale de Fukushima, des hommes prennent actuellement des risques graves pour réparer, refroidir, déblayer… La radioactivité est telle qu’ils ne peuvent travailler longtemps et plusieurs de ces « liquidateurs », comme étaient appelées ces équipes à Tchernobyl, ont été fortement irradiés. Alors, pourquoi pas des robots ? Il existe des engins spécialement conçus pour intervenir en milieu où la radioactivité est trop forte pour les humains.

En France, le GIE Intra a été créé en 1988 par Areva, le CEA et EDF pour concevoir et mettre en œuvre des engins capables de ce genre de prouesses. Le catalogue est maintenant riche d’une quinzaine de matériels, qui vont du robot téléguidé au poste de commande blindé, en passant par des camions ou des grues pilotables à distance. Aucun n’est un robot autonome capable de prendre des initiatives et les engins mobiles ne sont que des systèmes télécommandés munis de caméras.

Que pourraient-ils faire à Fukushima ? Ces robots ont bien failli partir pour le Japon mais les responsables de la centrale n’en ont pas voulu. Michel Chevallier, directeur d’Intra, nous explique comment ces robots sont conçus et à quoi ils peuvent servir. Leurs limites : ils sont – eux aussi – sensibles à la radioactivité et la télécommande pose problème à l’intérieur des bâtiments.

Futura-Sciences : Pour quels types de missions sont prévus les engins que vous proposez ? Et pourquoi n’ont-ils pas pris le chemin de Fukushima ?

Michel Chevallier : Les engins que nous proposons sont conçus pour des missions précises. À partir de ce cahier des charges, soit nous adaptons des matériels qui existent déjà, soit nous concevons des engins tout à fait nouveaux. Dans le cas de la centrale japonaise de Fukushima, nous ignorions les conditions, les besoins exacts, quel travail serait demandé aux engins. Les responsables japonais ont jugés inadaptés les matériels de notre catalogue actuel.

Que peuvent-ils faire dans une centrale accidentée ?

Michel Chevallier : Les engins intervenant à l’extérieur sont des robots chenillés et des engins de travaux publics. Les robots sont équipés d’un bras télémanipulateur, de caméras et d’instruments de mesure (température et radioactivité). Ils peuvent réaliser des prélèvements, ramasser des débris… Grâce à la liaison radio, ils peuvent être opérés à 5 kilomètres, ou plus avec relais. Nous avons également des engins de travaux publics : des camions-bennes et des grues. Ils peuvent être télécommandés depuis un poste blindé.

Vos robots sont aussi capables de s’introduire dans un bâtiment contaminé. Que peuvent-ils faire ?

Michel Chevallier : Les engins d’intérieur résistent à de fortes doses de radioactivité gamma. Ils sont entourés d’un blindage et leur électronique est « durcie », au sens où elle est conçue pour résister à des radiations. Ils ont de bonnes capacités de franchissement d’obstacles. Ces engins d’intérieur peuvent monter ou descendre un escalier ou progresser dans un milieu difficile. Ils portent un bras manipulateur et des instruments de mesure. Ils peuvent par exemple ramasser un objet ou manœuvrer une vanne.

Quelles sont leurs limites ?

Michel Chevallier : C’est la commande par l’opérateur humain. À l’intérieur d’un bâtiment, les ondes radio passent mal et on ne peut pas utiliser cette technique. Tous nos engins d’intérieur sont donc filoguidés, avec un câble de 300 mètres. C’est leur limite principale car l’opérateur se trouve donc assez près du secteur d’intervention.

Des progrès sont-ils à espérer ?

Michel Chevallier : Comme vous le voyez, les deux principaux problèmes sont la tenue aux radiations et la transmission à l’intérieur des bâtiments. Nous travaillons actuellement pour progresser dans ces domaines. On peut améliorer le durcissement de l’électronique, améliorer les capacités des relais. Par ailleurs, nous travaillons actuellement à la mise au point de drones volants en mode stationnaire qui serviraient à l’inspection des lieux.

Source : http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/robotique/d/des-robots-pour-les-centrales-nucleaires-pas-si-facile_29209/





Edité par babeuf - 01 Apr 2011 à 13:06
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