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Nucléaire

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Jul 2011 à 15:49

Nucléaire - Témoignage de M. Hirado NORIO technicien chaudronnier rédigé en 1996 (mort du cancer en 1997)

 
 
Hirado NORIO

Je ne suis pas militant contre les centrales nucléaires

J’ai travaillé pendant 20 ans dans des centrales nucléaires. Il y a toujours des polémiques sur les centrales nucléaires où les personnes disent qu’ils sont pour ou contre, ou alors que c’est dangereux ou pas.

Mais aujourd’hui, je veux simplement vous raconter ce qui se passe dans les centrales. Vous allez comprendre qu’il y a une grande différence entre la réalité et l’idée que vous en avez. Vous allez en même temps découvrir que les centrales nucléaires irradient (contaminent) tous les jours de plus en plus de personnes et sont à l’origine de discrimination

Vous allez certainement découvrir des choses que vous n’avez jamais entendues. S’il vous plaît, lisez mes textes jusqu’à la fin et réfléchissez par vous-même. Quand on parle des centrales nucléaires, beaucoup de gens parlent du plan de construction. Mais personne ne parle des travaux effectués. Sans connaître le chantier, on ne peut pas savoir la réalité des centrales.

J’ai fait ma formation de tuyauteur dans les ensembles industriels et les grandes usines chimiques. J’ai été embauché pour construire (participer à la construction des) les centrales nucléaires à la fin de mes vingtièmes années, puis j’ai longtemps travaillé comme chef de chantier. Je connais presque tout sur les centrales nucléaires, plus qu’un simple employé ne pourrait jamais savoir.

La sécurité, une perspective chimérique

L’année dernière, le 17 Janvier 1995, il y eut un grand tremblement de terre à Kobé. Et le peuple japonais a commencé à s’inquiéter si les tremblements de terre ne présentaient pas de danger pour les centrales nucléaires japonaises.

Résisteront-elles vraiment contre tous les tremblements de terre ? Ce n’est pas du tout sûr. Le gouvernement et les compagnies d’électricité soulignent que les centrales sont bien conçues et construites sur des sols bien stables. Mais c’est une perspective chimérique.

Le lendemain du séisme, je me suis rendu à Kobé. Les nombreuses relations entre les dégâts à Kobé et la problématique des centrales nucléaires m’ont dérouté. Jusqu’à ce jour, qui avait imaginé que les rails du Shinkansen et les poteaux de l’autoroute pourraient tomber ?

En général, nous imaginons que les constructions des centrales nucléaires, du Shinkansen ou des autoroutes sont soumises à des contrôles rigoureux de l’administration. Mais à Kobé, nous avons découvert des coffrages laissés dans les poteaux en béton du Shinkansen. Les armatures de l’autoroute avaient été mal soudées : (elles avaient été collées par le métal de la soudure mais les bords de l’armature eux-mêmes n’avaient pas été fusionnés). Elles ont toutes été disloquées avec le séisme.

Pourquoi une telle chose s’est-elle produite ? Parce qu’on a accordé trop d’importance au plan, au bureau, mais on a négligé la surveillance sur le chantier. Si ce ne fut pas la cause directe, on peut dire que cette négligence a provoqué l’ampleur de la catastrophe.

Les centrales nucléaires construites par des gens sans qualification

Comme pour les constructions de Kobé, il y a aussi trop d’erreurs humaines dans les centrales nucléaires. Par exemple, connecter des tuyaux en laissant des outils à l’intérieur. Il n’y a pas beaucoup d’ouvriers très compétents. Ils n’arrivent pas à suivre parfaitement un plan de construction bien conçu. Ce plan chimérique part de l’idée que ce sont des ouvriers experts qui le réalisent, mais nous ne nous sommes jamais posé des questions sur la qualité des ouvriers et leurs conditions de travail.

Pour les centrales nucléaires comme pour les autres chantiers, la main d’œuvre et même les inspecteurs sont constitués par des gens sans qualification suffisante. C’est compréhensible qu’un grave accident se produise dans les centrales nucléaires, les Shinkansen ou sur les autoroutes.

La conception du plan des centrales nucléaires est bien faite. Il y a de nombreuses mesures de protection et de secours de prises. S’il y a quelque chose qui fonctionne mal, ça s’arrête comme il faut. Mais ce n’est qu’au niveau du plan. Les travaux de construction mal faits fragilisent ce plan.

Par exemple, pour construire une maison, même si le plan est dessiné par un dessinateur de première qualité, si elle est construite par des charpentiers et des plâtriers qui ne sont pas compétents, on aura des fuites d’eau et des cloisons mal installées. Malheureusement cette maison ce sont les centrales nucléaires japonaises.

Avant, il y avait toujours un contremaître qu’on appelle « Boushin » pour superviser les travaux. Il avait encore plus d’expérience que le chef de chantier qui était moins âgé que lui. Le Boushin était fier de son travail et il considérait l’accident et la négligence comme une honte. Il savait bien sûr la dangerosité de l’accident.

Depuis environ 10 ans, il n’y a plus de manœuvres compétents. On ne demande aucune expérience au moment du recrutement. Les ouvriers sans compétence ne savent pas le danger de l’accident. Ils ne savent même pas quels sont les travaux non réglementaires et mal faits. C’est la réalité des centrales nucléaires japonaises.

Par exemple à la centrale de Fukushima de TEPCO, nous avons démarré la centrale en laissant un bout de fil de fer et on a échappé de peu à un grave accident qui aurait pu avoir une répercussion sur le monde entier. L’ouvrier savait qu’il avait fait tomber ce fil de fer mais il ne savait pas à quel point la conséquence de son acte était dangereuse. Dans ce sens, une centrale nucléaire toute neuve construite par ces gens incompétents est aussi bien dangereuse qu’une vieille centrale.

Depuis qu’il n’y a plus beaucoup d’ouvriers compétents, on a standardisé la construction des centrales. Ça veut dire qu’ils ne regardent plus le plan mais ils montent simplement des pièces préfabriquées en usine, en assemblant la pièce numéro 1 avec la pièce numéro 2 comme dans jeu de dominos. Alors ils ne savent plus ce qu’ils sont en train de construire et à quel point ces travaux doivent être précis. C’est une des raisons pour lesquelles le nombre d’accidents et de pannes augmente dans les centrales nucléaires.

Dans la centrale nucléaire, il y a aussi le problème de l’irradiation qui empêche de former les successeurs. Quand on travaille dans la centrale nucléaire, il fait très sombre et chaud et avec la protection c’est impossible de parler. Alors les ouvriers se communiquent par gestes. Comment peuvent ils dans ces conditions transmettre leurs savoir faire ? En plus, on envoie d’abord les gens compétents travailler et ils s’exposent très vite à la quantité de radioactivité annuelle autorisée et ne peuvent plus travailler, ça accentue encore l’incompétence des ouvriers.

Par exemple pour les soudeurs, ils fatiguent leurs yeux en travaillant. Après 30 ans, ils ne peuvent plus faire de travaux précis et ils ne trouvent plus d’embauche dans la pétrochimie. Et c’est comme ça qu’ils arrivent aux centrales nucléaires.
Vous avez peut-être une fausse image comme quoi les centrales nucléaires sont quelque chose de très sophistiqué. Mais ce n’est pas une construction aussi sûre qu’on l’imagine.

Je pense que vous avez bien compris pourquoi les centrales nucléaires sont construites par des gens incompétents et que ça ira de pire en pire.

Les contrôles et les inspecteurs d’apparence

Vous pensez peut-être que les contrôles rigoureux évitent des problèmes même si les ouvriers des chantiers ne sont pas assez compétents. Mais ces systèmes de contrôle sont encore problématiques. Pour les contrôles japonais, les inspecteurs viennent vérifier la construction déjà achevée. C’est la raison pour laquelle ça ne marche pas. Il faut venir regarder les travaux en cours, sur place.

Les inspecteurs doivent être spécialistes de la soudure s’ils sont les inspecteurs pour la soudure. Et ils doivent être capables de montrer le travail correct aux manœuvres, en disant : Non, il ne faut pas faire comme ça. Regardez comment je fais. S’ils ne savent pas comment faire les travaux, comment ils peuvent faire des contrôles corrects ? En l’état actuel, ils auditionnent l’entreprise qui a commandé la construction et celle qui l’effectue, et ils leur demandent de fournir les papiers nécessaires. Voilà le système de l’inspection aujourd’hui.

Il y a quelques années, on a eu des accidents dans les centrales nucléaires très souvent. Alors le gouvernement a décidé d’envoyer des conseillers de sécurité spécialisés dans chaque centrale nucléaire pour donner l’autorisation du démarrage après la construction ou du redémarrage après les contrôles réguliers. Je savais que ces conseillers ne connaissaient pas grande chose du nucléaire mais je n’imaginais pas à quel point.

Quand j’ai fait une conférence à Mito, il y a un homme du Ministère de la science et la technologie qui s’est présenté en public en disant : « Je me sens tellement mal à l’aise d’avouer ce fait, mais je ne connais rien du nucléaire », et il a continué : « De la peur d’être irradiés, les inspecteurs n’ont pas voulu travailler dans les centrales en marche. Comme on vient de supprimer des places dans le ministère de l’agriculture avec le remaniement gouvernemental, ils ont envoyé des fonctionnaires qui donnaient des conseils aux éleveurs du ver à soie ou de la sériole (poisson), sans aucune formation. Voilà pourquoi les conseillers qui n’y connaissent rien du tout, donnent l’autorisation du démarrage dans toutes les centrales. Le conseiller de la centrale de Mihama, contrôlait la qualité du riz jusqu’à il y a 3 mois ».

Cet homme a raconté une telle histoire en donnant les noms de ces conseillers. Est-ce que vous pouvez avoir confiance en l’autorisation de démarrage accordée par tous ces gens qui n’y connaissent rien ?

Quand il y a eu un grave accident dans la centrale de Fukushima de TEPCO qui a entraîné le démarrage du système de refroidissement de secours, le quotidien Yomiuri a publié un article « Le conseiller spécialisé n’a pas pu participer à l’équipe de la centrale ». Effectivement c’était le journal qui lui a appris la nouvelle de ce grave accident le lendemain matin. Pourquoi le conseiller n’était au courant de rien ? Parce que tous les gens de TEPCO savaient qu’il n’y connaissait rien du tout. Dans la pagaille totale, ils n’avaient pas le temps de lui expliquer de A jusqu’à Z. Donc l’équipe ne lui a même pas demandé de venir sur place.

Au-dessous de ces fonctionnaires irresponsables du ministère, dans la hiérarchie nucléaire, il y a le service de l’inspection nucléaire. Ce sont des gens du Ministère du Commerce et de l’Industrie qui ont pris leur retraite et sont embauchés dans ce service. Ils occupent des postes importants et enrichissent le service en demandant des contrats à des anciens subordonnés. Ils n’ont jamais travaillé dans ce domaine. Ils possèdent tous les pouvoirs sur l’inspection de la centrale nucléaire et on ne peut rien faire sans leur autorisation bien qu’ils n’y connaissent rien. Ils viennent au contrôle mais, bien sûr, ils ne font que regarder. Malheureusement, ils ont quand même un pouvoir colossal. Encore au-dessous de la hiérarchie, il y a les compagnies d’électricité et les trois fabricants de réacteurs nucléaires qui suivent : Hitachi, Toshiba et Mitsubishi. Moi, j’ai travaillé chez Hitachi. Après les fabricants, il y a encore des sous-traitants de la construction dont j’ai parlé tout à l’heure. Ca veut dire qu’au dessus des fabricants, ils ne sont pas compétents et au dessous des fabricants non plus, il n’y a pas beaucoup de gens compétents. C’est aussi pour cela que les compagnies d’électricité ne peuvent pas expliquer les détails au moment des accidents.

Je disais toujours, avant et après ma retraite, qu’il faut que ce soient des organismes compétents et indépendants qui s’occupent de l’inspection mais non pas des entreprises nationalisées ou des services où les anciens fonctionnaires du ministère travaillent. Et indépendants de l’influence du Ministère du Commerce et de l’Industrie qui préconise l’installation des centrales nucléaires. Je disais qu’il fallait réclamer toujours des conseillers qui ont de l’expérience et des inspecteurs qui contrôlent et expliquent sur le chantier pour trouver des mauvaises soudures ou des travaux mal faits. Mais jusqu’à aujourd’hui, rien n’a changé. Vous voyez à quel point les centrales nucléaires japonaises sont administrées avec irresponsabilité et approximation !

Le plan antisismique bâclé

Après le grand séisme de Kobé, on a très vite vérifié le plan antisismique de toutes les centrales nucléaires du Japon. Le résultat absurde publié en septembre 1995 disait que toutes les centrales résisteront aux tremblements de terre de n’importe quel niveau. Au moins pour celles dont je me suis occupé pour mon travail, les premières centrales nucléaires, on n’avait pas prévu le grand tremblement de terre. C’est aberrant de confondre les nouvelles et les vieilles centrales pour leur résistance contre les tremblements de terre, en disant de n’importe quel niveau. En 1993 quand il y a eu le séisme de degré 4, la centrale numéro 1 d’Onagawa s’est arrêtée automatiquement suite à l’augmentation subite de la puissance. C’était un accident très grave. Très grave parce que la centrale qui a été construite en 1984 pour que ça s’arrête à un degré de sismicité 5 s’est arrêtée avant d’atteindre le niveau. C’est comme si le blocage du frein a arrêté la voiture subitement sur l’autoroute sans appuyer sur le frein. Tohoku EPC ne reconnaît pas la gravité de la chose en disant « tant mieux si ça s’est arrêté ». Mais l’affaire n’est pas si simple. Si l’arrêt s’est effectué au degré 4 bien qu’il avait été conçu pour que ça s’arrête au degré 5, on ne peut pas nier la possibilité que ça ne s’arrête pas au degré 5. C’est un signe qu’il y a des choses qui ne fonctionnent pas comme prévu.

La centrale de Fukushima s’est arrêtée également d’une façon imprévisible au moment du séisme en 1987. Au Japon, il y a 10 centrales qui sont du même modèle. C’est vraiment terrifiant quand on pense au danger que les tremblements de terre présentent vis-à-vis des centrales nucléaires.

Le contrôle régulier est fait également par les gens incompétents

On arrête à peu près tous les ans les réacteurs pour procéder au contrôle régulier. Dans le réacteur nucléaire, la pression de l’eau chaude et de la vapeur monte de 70 à 150 atmosphères, mais ce n’est pas une simple eau chaude car la température monte jusqu’à 300°C, elle circule très vite et use les tuyauteries. Au moment du contrôle régulier, on ne peut pas éviter la nécessité de changer des tuyaux et des soupapes qui sont des fois usés jusqu’à la moitié de leur épaisseur. Mais l’irradiation accompagne inéluctablement cette procédure.

Le démarrage du réacteur émet plein de radioactivité et de radiations. Les gens qui y travaillent subissent des radiations. Avant de se rendre auprès du réacteur, ils se déshabillent et se mettent en combinaison de protection. Peut-être vous imaginez que cette combinaison protège le corps de la radioactivité mais en réalité, ce n’est pas le cas. La preuve, on place le radiamètre, sous la combinaison, sur le gilet. La combinaison de protection est un simple vêtement de travail qui sert à ne pas emporter la radioactivité à l’extérieur mais il ne protège pas les manœuvres de l’irradiation. Donc après le travail, ils doivent se mettre en slip pour vérifier s’ils ne sont pas contaminés. Si la radioactivité reste uniquement sur la peau, c’est ce qu’on appelle la contamination externe, on peut l’enlever presque entièrement avec la douche. Ils se lavent minutieusement jusqu’à ce qu’ils ne soient plus radioactifs avant de sortir dehors.

Les manœuvres mettent aussi des chaussures qui ont été préparées par l’entreprise mais on n’est pas sûr de trouver la bonne taille. Alors, leurs pas sont mal assurés. En plus ils doivent mettre un masque qui couvre la tête. Ils travaillent avec ces combinaisons et l’angoisse de la radioactivité. Pratiquement, personne ne peut faire de bon travail avec cet équipement. C’est complètement différent d’un chantier normal.

En plus, plus que 95% des personnes qui s’occupent de ce travail n’ont aucune expérience. Ce sont des agriculteurs et des pêcheurs désœuvrés en dehors de la saison. Ces gens qui n’ont pas d’expérience, travaillent sans savoir le danger que ça représente.

Par exemple, pour serrer une cheville avec un écrou, on dit au manœuvre « serrez la en diagonale, sinon ça fuit ». L’opération se déroule dans une zone de radiations contrôlée, un endroit très dangereux plein de rayonnements. Les manœuvres amènent le radiamètre. Mais comme la quantité de radiations varie d’une pièce à l’autre, la durée du temps acceptable en minutes change chaque fois.

Avant de rentrer au chantier, on explique aux ouvriers le travail d’aujourd’hui et la durée de ce travail décidée en fonction de la quantité autorisée journalière d’irradiation. S’ils vont travailler au chantier où on peut rester 20 minutes, on leur donne une minuterie qui sonne au bout de 20 minutes en disant « Vous devez sortir quand ça sonne ». Mais ils ne sont pas munis d’une montre car elle serait polluée par la radioactivité. Ils doivent donc deviner le temps restant. C’est comme ça qu’on les envoie au travail.

Là-bas, ils n’arrivent pas à se concentrer pour serrer la cheville car ils se demandent toujours combien de temps est déjà passé. Est ce que c’est 10 minutes ? Ou peut-être déjà 15 minutes ? Ils ont très peur de l’alarme de la minuterie, cela les fait plus que sursauter. Le bruit de l’alarme est assez fort pour rendre tout pâle quelqu’un qui ne l’a pas jamais entendue. Quand ça sonne, ils ont déjà reçu une irradiation équivalente à des dizaines de radiographies. C’est bien normal qu’ils ne puissent pas fournir des prestations assez correctes comme tout simplement serrer des chevilles en diagonale. Pouvez-vous imaginer les conséquences ?

Le déversement de radioactivité dans la mer

Le contrôle régulier se fait souvent en hiver. Mais à la fin du contrôle, on verse dans la mer des tonnes d’eau contaminée par la radioactivité. Honnêtement, il n’y a pas beaucoup de poissons pêchés en bordure des îles nipponnes que l’on peut manger sans craindre le risque de la contamination radioactive. La mer du Japon est déjà contaminée par la radioactivité.

Ce n’est pas uniquement au moment du contrôle régulier que l’on effectue le rejet d’eau irradiée dans la mer. Pour baisser la température que la centrale dégage, au Japon, on utilise l’eau de la mer. Elle devient de l’eau chaude qui contient de la radioactivité. Ainsi on rejette des tonnes d’eau par minute à la mer.

Même s’il y a des accidents dans les centrales nucléaires, les états déclarent immédiatement qu’il y n’a aucun problème. D’ailleurs, les compagnies d’électricité essayent de les cacher. Avec la population japonaise très peu sensible à ce sujet, la mer du Japon se pollue sans cesse. On lave d’abord les vêtements de protection couverts de radioactivité à l’eau. On la déverse également dans la mer. La quantité de la radiation mesurée à l’orifice d’évacuation est très élevée. Savez-vous que des sites d’élevage de poisson se trouvent à proximité ? Ainsi, les gens qui cherchent la nourriture de bonne qualité doivent être intéressés par la sûreté des centrales nucléaires. Si on n’agit pas tout de suite, on ne pourra plus trouver de poissons qui ne sont pas contaminés.

Il y a quelques années, à l’exposé du procès qui demandait l’arrêt de la centrale de Shiga dans la préfecture d’Ishikawa, une vieille colporteuse de 80 années toute déconcertée, a raconté cette histoire. « Je ne connaissais rien de la centrale nucléaire jusqu’à maintenant. Mais aujourd’hui, une jeune dame qui était toujours fidèle a refusé mes algues. Elle m’a dit Je suis désolée mais je ne peux plus acheter vos algues. La centrale de Shiga a démarré aujourd’hui. Je ne connaissais rien au nucléaire, mais maintenant je sais ce que c’est. Qu’est ce que je vais devenir alors ? » Même aujourd’hui, on continue de polluer la mer du Japon sans que vous le sachiez.

Le plus horrible, c’est l’irradiation interne (la contamination)

Dans le bâtiment de la centrale, tout devient radioactif et émet des radiations. Parce que les radiations peuvent traverser même une paroi de fer d’une grande épaisseur. Les radioéléments qu’on reçoit sur la peau, la contamination externe c’est horrible, mais le pire c’est la contamination interne.

Par exemple, la poussière. Une simple poussière qui se trouve n’importe où devient radioactive dans une centrale nucléaire à cause de la radioactivité qu’elle reçoit. Le fait d’inspirer cette poussière radioactive par le nez ou la bouche, c’est de la contamination interne. En faisant le nettoyage dans la centrale, on est exposé le plus, au danger de la contamination interne. Avec cette contamination interne on reçoit les radiations de l’intérieur du corps c’est beaucoup plus dangereux que l’irradiation externe, car le corps est en contact direct avec la source des radiations.

Les radioéléments sont évacués du corps au bout de environ 3 jours par la voie transpiratoire et urinaire. Mais pendant ces 3 jours, ils restent dans le corps. En plus, quand on parle d’élimination, c’est un langage humain, il en reste toujours un peu, et ça c’est très dangereux. Même si ce sont des petites quantités à la fois, elles s’accumulent dans le corps.

Vous devez le savoir, si vous avez déjà visité une centrale nucléaire, c’est très bien nettoyé où il y a des accès au public. Peut-être le guide vous a même vanté « regardez, comme c’est propre ». Mais c’est bien normal. Ça serait dangereux s’il y avait de la poussière radioactive dans l’air.

Moi, j’ai développé un cancer à cause de la contamination interne que j’ai reçu plus que cent fois. Quand le docteur m’a diagnostiqué un cancer, j’avais très peur. Mais je me suis rappelé ce que ma mère disait toujours « rien est plus grand que la mort ». Ca m’a donné envie de faire quelque chose. Alors, j’ai décidé de mettre au jour tout ce que je connais des centrales nucléaires.

Rien à voir avec le chantier normal

La radioactivité s’accumule. Même si ce sont des petites quantités, si vous travaillez 10 ans dans une centrale, vous accumulez la radioactivité de 10 ans et c’est très dangereux. Le règlement pris par le gouvernement exige de ne pas dépasser la limite de 50 millisiverts (mSv) par an. Cela veut dire que l’on peut tout faire si on respecte cette limitation.

Par exemple, les travaux au moment du contrôle régulier demandent environ 3 mois. Donc on divise la limite de 50 mSv par cette durée des travaux pour avoir la limite autorisée journalière. Mais, dans un endroit où il y a beaucoup de radiations, on ne peut travailler que 5 à 7 minutes par jour. On ne peut pas faire grand chose avec si peu de temps. Alors on rassemble les temps de travail sur 3 jours ou une semaine afin de travailler 10 ou 20 minutes de suite, bien que ce soit une méthode inadmissible. Au moins, si les ouvriers savaient qu’il y a un grand risque de leucémie ou du cancer… Mais les compagnies d’électricité n’avertissent d’aucun de ces risques.

Une fois, une grande vis qui se trouvait sur le réacteur s’est desserrée quand la centrale nucléaire était en plein fonctionnement. Comme la centrale émet une colossale quantité de radioactivité en état de marche, on a préparé 30 personnes pour serrer une seule vis. Ils ont fait la queue devant la porte. Ils devaient courir jusqu’à la vis qui se situait à environ 7 mètres de là. Après 3 secondes, l’alarme sonnait. Il y eu même des ouvriers qui ont passé tout leur temps ouvrable en cherchant la clé. Finalement, ça a coûté 4 millions de yens, l’équivalent de salaire de 160 personnes, pour faire uniquement quelques tours de vis.

Vous vous demandez peut-être pourquoi on n’a pas arrêté la centrale pour serrer la vis. Mais la compagnie d’électricité veut l’éviter autant que possible car l’arrêt d’une journée de la centrale lui cause des milliards de perte. La radioactivité est quelque chose de très dangereux, mais pour l’entreprise, l’intérêt financier passe avant la sécurité humaine.

Le lavage de cerveau « absolument sûr » qui dure 5 heures

Les gens qui travaillent où il y a de la radioactivité s’appellent les ouvriers nucléaires. Au Japon, 270.000 personnes ont déjà travaillé comme ouvriers nucléaires, dont la plupart dans les centrales nucléaires. Ainsi, 90.000 personnes y travaillent aujourd’hui. Tous ces gens assurent le fonctionnement des centrales nucléaires, comme le contrôle régulier qui a le lieu une fois par an, en subissant de la radioactivité.

Avant de commencer à travailler dans les centrales nucléaires, on donne aux ouvriers 5 heures de cours de formation sur la sécurité face aux radiations. Le but de ces cours est tout d’abord d’atténuer leur angoisse. On ne leur dit jamais qu’il y a des dangers. L’Etat surveille la quantité de la radioactivité et donc il n’y a pas de danger, « les anti-nucléaires parlent du risque de cancer et de la leucémie à cause de la radioactivité mais ce sont que des gros mensonges, si on respecte bien les normes imposées par le gouvernement il n’y a aucun problème ». Un tel lavage de cerveau dure 5 heures.

Les compagnies d’électricité procèdent à ce lavage de cerveau également avec les gens qui habitent à côté des centrales. Elles font venir les personnes connues pour faire des conférences, elles donnent des cours de cuisine, ou insèrent des encarts publicitaires imprimés en couleur dans les journaux. Peut-être les accidents dans les centrales angoissent les habitants, mais grâce à toutes ces propagandes de l’Agence de sécurité nucléaire, ils ne peuvent pas penser autrement que « nous ne pouvons pas nous passer du nucléaire pour avoir suffisamment d’électricité ».

Moi-même, pendant presque 20 ans en tant que responsable de terrain, j’ai procédé au lavage des cerveaux, une plus grande manipulation mentale que celles d’Asahara et d’Oume, vis à vis des ouvriers. Je ne sais pas combien de personnes j’ai tué. Il y a des gens qui me demandent si les ouvriers ne sont pas inquiets. Mais comme ils ne sont pas avertis des dangers de la radioactivité ou de la contamination, la plupart ne sont pas inquiets. Ils ne pensent même pas que c’est à cause de leur travail dans les centrales, quand ils tombent malades. Tous les ouvriers sont irradiés quotidiennement. Le travail des responsables consiste de cacher cette réalité à ceux-ci et à l’extérieur de la centrale. Si les ouvriers ou même n’importe qui s’inquiète du problème de l’irradiation, vous n’êtes pas digne d’être responsable sur place. Ainsi, sont les conditions de travail dans les centrales nucléaires.

J’ai exercé un tel travail longtemps. Il m’arrivait souvent que je ne pouvais plus le supporter sans aide de l’alcool et j’en buvais de plus en plus. Ainsi, je me posais souvent des questions. Pourquoi, et pour qui, il faut vivre des jours plein de mensonges ? Au bout de 20 ans, je me suis aperçu que mon corps lui même était déjà gravement détruit par les radiations.

Qui va sauver les ouvriers du nucléaire ?

Une fois, dans la centrale de Fukushima de TEPCO, un ouvrier s’est blessé gravement le front avec un polissoir automatique. Comme il saignait beaucoup, on a appelé l’ambulance pour l’emporter à l’hôpital de toute urgence. Pourtant, ce blessé était plein de radioactivité. TEPCO s’est tellement précipité qu’ils n’ont pas ôté ses combinaisons de protection ni l’ont lavé à l’eau. Les secouristes connaissant peu de la contamination radioactive, alors ils l’ont fait entrer dans l’hôpital sans enlever la radioactivité. Les secouristes ont été contaminés, l’ambulance a été contaminée, le docteur et les infirmières ont été contaminés, et les clients de l’hôpital ont été contaminés, et ils sont sortis de l’hôpital avec de la radioactivité... Cet événement a pris une telle ampleur qu’il a mis une ville entière dans la panique. Ils voulaient tout simplement sauver aussi vite que possible un homme qui portait une grande blessure. Mais comme la radioactivité ne se voit pas, personne n’a eu le temps de penser à la contamination radioactive. Avec une seule personne, c’était déjà une grande panique. Si un grand nombre d’habitants devenait contaminé par la radioactivité à cause d’un grave accident, qu’est ce que ça pourrait donner ? Pouvez-vous l’imaginer ? Vous devez vous sentir concerné. Il s’agit de tout le monde au Japon.

L’accident de la centrale Mihama a été une mauvaise surprise

J’ignore si vous ne le savez pas ou si vous n’êtes pas simplement intéressés, mais les centrales nucléaires japonaises ont déjà connu plusieurs accidents qui doivent faire peur à tout le monde. Ils pourraient être équivalents à ceux de Three Mile Island et de Tchernobyl. Par exemple, en 1989 dans la centrale de Fukushima Daïni, la pompe de recyclage a volé en éclats. C’était un accident qui n’était jamais été arrivé dans le monde jusqu’à alors.

Ainsi, l’accident de la centrale de Mihama de la compagnie de l’électricité du Kansai en 1991, avec l’éclatement d’une canalisation, a été un accident très grave. Il a rejeté une énorme quantité de radioactivité directement dans l’air et dans la mer.

L’accident de Tchernobyl ne m’a pas beaucoup surpris. En construisant des centrales nucléaires, je savais qu’on ne peut pas éviter une telle catastrophe. « Par hasard, c’est arrivé à Tchernobyl. Par hasard, ce n’est pas arrivé au Japon ». C’est ce que j’ai pensé. Mais au moment de l’accident de Mihama, la peur a fait flageoler mes jambes et je ne pouvais pas me lever de ma chaise.

On peut dire que cet accident a été très grave car on a dû démarrer le système de refroidissement de secours à la main. Ce système de refroidissement est le dernier rempart pour protéger la sécurité de la centrale nucléaire. Si ce système ne marche pas, il ne reste plus rien à faire. Cet accident où il a fallu utiliser le système de refroidissement de secours est pour moi comme un autocar qui roule à 100km par heure sur l’autoroute avec 120 millions personnes à bord, dont le frein de service ne fonctionne pas, ni le frein à main, et enfin on réussit à l’arrêter en le précipitant contre le rocher.

Au moment de l’accident, l’eau radioactive qui se trouvait dans le réacteur s’est échappée dans la mer et on était sur le point que le cœur se retrouve à sec. Toutes les soupapes de sécurité, autrement dit les innombrables mesures de précautions dont le Japon était fier, n’ont pas donné suffisamment d’effet et un autre Tchernobyl aurait pu se produire à 0,7 seconde près. Heureusement, un ouvrier expérimenté était là, bien que ce fut le samedi. Le système d’arrêt automatique n’ayant pas fonctionné, c’est lui qui a jugé la gravité de la situation et arrêté manuellement le réacteur. Ainsi, on a échappé de justesse à un grave accident qui aurait pu concerner le monde entier. On peut dire que tous les japonais, ou même, tous les humains ont eu vraiment de la chance ce jour-là.

Cet accident a été causé par une mauvaise installation d’une des entretoises qui sert à tenir les milliers de tuyaux d’un diamètre de 2mm pour qu’ils ne se touchent pas à cause de la vibration. C’était un défaut de construction. Cet accident a en même temps dévoilé l’incertitude des contrôles systématiques, car personne n’a remarqué cette mauvaise installation pendant plus de 20 ans. On s’est également aperçu que les ouvriers du chantier pratiquaient des choses que le concepteur n’a jamais pu imaginer comme : si c’est trop long on le coupe, si c’est trop court on l’allonge.

L’accident de Monju

Le 8 décembre 1995 à Kouga du département de Fukui, il y a eu un accident grave, une fuite de sodium dans le surrégénérateur de Monju, du Centre de recherche des réacteurs et des combustibles nucléaires. Ca faisait déjà plusieurs fois qu’on avait des accidents à Monju. D’ailleurs, on m’a appelé au chantier de Monju, 6 fois, car mes anciens subordonnés y sont devenus directeurs ou superviseurs ou ouvriers de la construction de Monju et ils m’appelaient chaque fois qu’ils avaient des problèmes. A l’époque, j’avais déjà pris ma retraite, mais je ne pouvais pas laisser tomber car je savais que même un seul accident est inacceptable dans les centrales nucléaires.

Un jour, on m’a donc demandé de venir au chantier de Monju, car ils n’arrivaient pas à emboîter les tuyaux. En arrivant, j’ai bien constaté que tous les tuyaux qui sont préfabriqués comme ceux qui sont faits sur commande étaient de la bonne taille et installés en respectant le plan. Mais ils ne pouvaient tout de même pas les emboîter. J’ai beaucoup réfléchi mais je n’arrivais pas à trouver la cause. En cherchant toute la nuit, j’ai enfin compris. Monju était construit par plusieurs fabricants comme Hitachi, Toshiba, Mitsubishi et Fuji. Et chaque fabricant employait des normes de plan différentes.

Pour dessiner les plans, chez Hitachi où j’ai travaillé, on négligeait moins que 0,5mm. Mais chez Toshiba et Mitsubishi, on l’arrondissait à la valeur supérieure. Et chez Nihongenken on arrondissait à la valeur inférieure. Ce n’est que 0,5mm, mais quand il y a 100 fois, ça fait une grande différence. C’est pour cela qu’on ne pouvait pas emboîter les tuyaux bien que tous respectaient le plan.
Comme ça n’allait pas, on leur a fait refaire des pièces. C’était le prestige du pays qui était en jeu. Pour ça, on ne dépensait jamais trop d’argent.
Pourquoi une telle chose est arrivée ? Parce que chaque entreprise gardait ses savoir-faire et ses propres informations. Ils n’ont pas discuté pour se mettre d’accord sur la façon de traiter ces 0,5mm, pour garder leurs secrets. Je suppose aussi qu’ils n’ont rien non plus discuté sur le thermomètre qui a été la cause directe de l’accident de 1995.

Dans n’importe quel ensemble industriel, on installe le même type de thermomètre dans les tuyauteries. Mais je n’ai jamais vu de thermomètre qui était aussi long que celui de Monju. Je suis sûr qu’il y avait quelqu’un qui avait remarqué que c’était dangereux au moment de la construction. Mais il n’a rien dit car ce n’était pas son entreprise qui s’en occupait et il n’en était pas responsable.
Le fabricant du surrégénérateur était formé d’une équipe composite comme le Centre de recherche, lui même était une équipe composite des compagnies d’électricité. Dans une condition pareille, l’accident est inéluctable. Je ne vois pas comment ça ne pouvait pas arriver.

Ce qui est encore incroyable, c’est que le gouvernement ne le reconnaît toujours pas comme un accident bien que ça a été un accident très grave. Il a expliqué que « il y a eu un phénomène » comme pour l’accident de la centrale de Mihama. Peu après l’accident de Monju, j’ai été appelé par le Conseil Général de Fukui. Dans le département, on compte 15 réacteurs nucléaires. Ce sont les députés du parti Libéral-Démocrate qui les ont acceptés et je leur disais toujours « S’il y a un accident, ce sera de votre faute. Ceux qui étaient contre le nucléaire ne sont pas responsables ». Et bien cette fois-ci, ils m’ont demandé conseil en disant « Cette fois, on a décidé de se battre contre le Centre de recherche. On ne peut plus fermer les yeux ».

Je leur ai dit d’abord « C’est un accident. Il ne faut pas se laisser duper par le mot phénomène ». A la télévision, au moment du compte rendu fait par le Centre de recherche au Conseil Général, le porte-parole du Centre a employé le mot « le phénomène de cette fois-ci », et aussitôt un député a crié « Non, c’est un accident ! ». Mais, si on n’avait rien dit, le Centre et le gouvernement l’auraient passé comme un simple phénomène. Non seulement les riverains, mais aussi tout le monde doit faire attention à ce mot qui présente les choses à la légère. Les peuples comprennent les choses d’une façon complètement différente selon qu’on dit un accident ou un phénomène. C’est parce que le gouvernement joue avec les mots que le peuple japonais n’est pas sensible au risque d’accident nucléaire, c’est une tromperie.

Le plutonium japonais dans les armes nucléaires françaises ?

Le plutonium qu’on utilise dans le surrégénérateur de Monju est extrait, sur commande du Japon, à partir du recyclage effectué en France. Le recyclage du combustible nucléaire consiste à extraire du plutonium des déchets d’uranium, déjà brûlés dans les centrales. Le plutonium est une matière que l’on peut produire uniquement de manière artificielle.

A Monju, on utilise environ 1,4 tonnes de plutonium (à la fois dans le réacteur). La bombe de Nagasaki contenait environ 8kg de plutonium. Alors, combien de bombes nucléaires peut-on produire à partir du plutonium de Monju ? Le plutonium est une matière très dangereuse qui est capable de provoquer le cancer des poumons à partir de quantités très faibles. Sa demi-vie radioactive est de 24.000 ans, presque l’éternité (pour nous). C’est ainsi que l’on a choisi le mot Pluton : le nom du roi des Enfers, pour sa racine. On a bien raison de le considérer comme la matière la plus dangereuse du monde.

Mais combien de gens savent qu’il y a une grande probabilité pour que le plutonium japonais ait été utilisé dans les essais nucléaires français effectués dans le Pacifique Sud jusqu’en 1995 ? Dans le centre de recyclage français, ils ne distinguent pas le plutonium destiné aux armes nucléaires du plutonium à utiliser dans les centrales. C’est donc quasiment sûr que du plutonium japonais a été utilisé dans les essais nucléaires.

C’est la raison pour laquelle le gouvernement japonais ne pouvait pas déclarer ouvertement son opposition contre les essais nucléaires français. Si le Japon voulait arrêter la France, c’était très facile. Il lui suffisait de renoncer au contrat de recyclage. Mais il n’en a rien fait.

Le marché du recyclage nucléaire prend la deuxième place dans l’ensemble des transactions commerciales entre ces deux pays. A quoi cela sert de crier « non aux essais nucléaires » sans savoir cette réalité ? Le Japon avance son statut de seul pays irradié. Mais nous avons certainement contribué indirectement à irradier les habitants de Tahiti et à contaminer l’Océan Pacifique.

La communauté internationale a déjà abandonné le plutonium. Il n’y a que le Japon qui persiste à essayer de produire de l’électricité avec une matière si dangereuse. Ils essaient maintenant d’utiliser le combustible MOX, mélange d’uranium et de plutonium, dans les réacteurs ordinaires. Mais c’est excessivement dangereux, c’est un peu comme brûler de l’essence dans un chauffage à fioul. Les centrales n’ont pas été conçues pour brûler du plutonium. La fission nucléaire du plutonium dégage beaucoup plus d’énergie que celle de l’uranium. C’est pour cette raison qu’on l’utilise pour fabriquer la bombe atomique.

Le Japon est un pays qui ne possède pas beaucoup de ressources énergétiques naturelles. Mais cela ne justifie pas une telle erreur. Si l’on n’arrête pas les centrales nucléaires, si l’on n’abandonne pas le plutonium, le nombre des gens irradiés va augmenter partout dans le monde.

Le Japon qui n’ose pas interrompre le projet

Dans le monde, le temps de l’énergie nucléaire est bientôt terminé. En février 1996, les Etats-Unis ont déclaré leur projet de diminuer le nombre de centrales nucléaires américaines de moitié d’ici 2015. Le président a également ordonné d’arrêter l’extraction du plutonium. Il est si redoutable qu’ils ont arrêté même les recherches scientifiques.

Les Etats-Unis, comme l’Angleterre et l’Allemagne, ont déjà arrêté les centrales surrégénératrices où l’on brûle du plutonium comme celle de Monju. L’Allemagne a stoppé celle qu’elle avait achevée (Kalkar) et a construit un parc de loisir (Wunderland) à la place. La plupart des pays ont renoncé car ils ont compris que c’est impossible de produire de l’électricité à partir du plutonium. Le gouvernement japonais doit savoir qu’il a commis une erreur. Mais il n’a pas encore abandonné le plutonium. Il a même annoncé la reprise du projet.

Pourquoi le Japon n’abandonne pas ? Parce que c’est un pays qui n’a pas assez de courage pour interrompre les projets déjà votés. C’est vraiment dangereux, mais je peux vous donner beaucoup d’exemples montrant ce caractère du gouvernement.
La politique nucléaire du Japon est vraiment mal organisée. Le gouvernement n’a pas réfléchi aux conséquences. Il espérait toujours que la situation s’arrangerait avec le temps. Il était toujours irresponsable dans ses décisions. Des décennies sont déjà passées, et il n’a même pas trouvé de solution pour traiter ses déchets nucléaires.

Un autre problème : auparavant, il y avait toujours beaucoup d’étudiants dans le domaine de l’énergie nucléaire. Désormais, les jeunes ne choisissent plus cette spécialité, qui a disparu de presque toutes les universités, comme de l’Université de Tokyo. Les étudiants ne veulent même plus faire de recherche fondamentale dans ce domaine.

Ainsi les laboratoires de recherche d’Hitachi et Toshiba ont été réduits par trois. Ils se consacrent plus pour la recherche sur les turbines à gaz de la cogénération, des réacteurs plus efficaces pour produire de l’électricité et de l’eau chaude en même temps. Même les fabricants commencent à abandonner le nucléaire.

Mr Takehisa Shimamura, ancien chef du Centre du nucléaire, a publié un livre intitulé « Le sermon du nucléaire ». Il y écrit : « Le gouvernement japonais s’amuse à justifier ses actes du passé sans réfléchir. Ce n’est pas qu’il n’y a pas assez d’électricité. C’est qu’il possède trop d’uranium et de plutonium inutiles, l’uranium et le plutonium qu’il n’a pas osé refuser. Et maintenant, pour prouver qu’il ne produit pas des armes nucléaires, il construit de plus en plus de centrales, la démonstration de l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire ». Je pense qu’il décrit très bien la nature de ce pays.

On ne peut ni démonter, ni démolir

La première centrale nucléaire commerciale au Japon a démarré en 1966 dans la commune de Tokaido, dans le département d’Ibaraki. C’était un réacteur anglais d’une puissance de 160 mégawatts. Depuis, des centrales américaines ont été installées, et le Japon s’est même mis à construire ses propres centrales. Actuellement, 51 centrales nucléaires fonctionnent dans ce petit pays, la plus grande étant de 1.350 mégawatts.

On les a mises en route sans savoir concrètement comment les démonter ni les démolir, ni comment traiter leurs déchets. Le réacteur en acier, bien que d’une grande épaisseur, se fragilise à cause des quantités colossales de radioactivité, on les avait donc construites pour une exploitation de 10 ans, après quoi le démantèlement et la démolition étaient prévus. Mais en 1981, on s’est aperçu que les plans de démantèlement et de démolition de la centrale nucléaire de Fukushima, qui avait alors fonctionné 10 ans, n’étaient pas du tout réalisables. Le Parlement a même discuté sur le fait que ce réacteur ne pouvait plus résister aux rayonnements ionisants.

A l’époque, j’ai participé aussi à la recherche de solutions. Nous avons tous les jours étudié différents modes de démolition. Mais nous avons seulement compris que, pour démonter et démolir cette centrale nucléaire pleine de radioactivité, des dépenses représentant plusieurs fois le budget de sa construction seraient nécessaires, et qu’une irradiation trop importante des ouvriers serait inévitable. Car on ne peut travailler que quelques dizaines de secondes près du réacteur si l’on veut respecter la norme.

Tout est réalisable sur le papier, mais concrètement, les ouvriers doivent tout faire à la main, avec l’irradiation que cela implique. On ne peut donc rien faire avec cette radioactivité, ni démonter, ni démolir la centrale. Certaines personnes parlent d’envoyer des robots, mais les nombreuses recherches n’ont pas encore réussi à produire des robots qui ne se dérèglent pas à cause de la radioactivité.
Finalement, concernant la centrale de Fukushima, on a conclu que la démolition était irréalisable. Le fabricant américain qui a vendu cette centrale a envoyé des ouvriers au Japon, et il les a fait réparer le réacteur en les exposant à des quantités de radioactivité inimaginables par rapport à la norme japonaise. Aujourd’hui, cette centrale fonctionne toujours.

Alors qu’on avait prévu de l’utiliser 10 ans, elle a déjà fonctionné plus de 30 ans. Au Japon, il y a 11 centrales que l’on exploite toujours malgré leur vieillissement, cela m’inquiète beaucoup.

Le réacteur nucléaire de 100 kilowatts destiné à la recherche s’est arrêté suite à une fuite de radioactivité dans l’Université Industrielle Musashi à Kawasaki, dans le département de Kanagawa. On estime qu’il aurait fallu 2 milliards de yens pour la réparation et 6 milliards de plus pour le démantèlement. Le budget annuel de l’Université ne suffit même pas pour la démonter. Ils sont donc obligés de l’arrêter et l’entretenir jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de radioactivité.
Si cela avait été un grand réacteur de 1.000 mégawatts, on n’aurait vraiment rien pu faire.

La surveillance et l’entretien après la fermeture

Pourquoi on ne peut pas démonter une centrale nucléaire ? Comme elle fonctionne avec de l’eau et de la vapeur, on ne peut pas la laisser sans entretien après l’arrêt. Elle se rouillerait très vite et il y aurait des fuites de radioactivité par des trous. Un seul démarrage avec du combustible nucléaire suffit pour polluer la centrale. Et une fois polluée, on ne peut plus la laisser se reposer, ni la démonter, ni la démolir.

Il y a beaucoup de centrales nucléaires qui ont été fermées dans des pays développés. Elles sont fermées car ils ne peuvent pas les démonter ni les démolir. Fermer une centrale nucléaire, ça veut dire qu’on arrête de produire de l’électricité et qu’on retire le combustible. Mais il y a encore beaucoup de choses à faire.

Actuellement, le Japon compte 54 réacteurs nucléaires pour produire de l’électricité, 51 en fonctionnement et 3 en construction. Il y en a plusieurs qui sont trop dangereux pour continuer à les exploiter. Il ne faut pas oublier les réacteurs pour la recherche possédés par des universités et des entreprises. Donc dans tout le Japon, il y a 76 réacteurs, de 100 kilowatts à 1.350 mégawatts.

Mais je me demande si les compagnies d’électricité vont continuer à surveiller sérieusement les centrales fermées qui ne produisent plus d’électricité ni d’argent. D’un autre côté, elles cherchent à construire de nouvelles centrales et à agrandir celles qui sont déjà construites. Par exemple, elles veulent ajouter un 5ème réacteur sur le site de Hamaoka qui se trouve sur un endroit très dangereux par rapport à la faille qui provoque souvent des tremblements de terre dans la région de Tokai. A Fukushima, elles ont ajouté un nouveau réacteur sur le terrain de football. Pour des nouvelles installations, elles veulent construire des centrales à Makimachi dans le département de Nigata, Ashihama du Mie, Kaminoseki du Yamaguchi, Suzu du Ishikawa, et Ooma et Toudu d’Aomori. Elles envisagent d’avoir de 70 à 80 réacteurs d’ici 2010. J’ai peur que mes mots soient brutaux mais je n’arrive pas à m’empêcher de penser que ce pays est devenu fou.

Bientôt, la fermeture des vieilles centrales nucléaires va sûrement venir. C’est un grand problème. Imaginez des centrales nucléaires fermées qui apparaissent partout dans le Japon dans l’avenir assez proche. Vous ne pensez pas que c’est non seulement inquiétant mais macabre ?

Les déchets nucléaires qu’on ne sait même pas traiter

Il faut aussi parler des déchets nucléaires qu’on produit chaque fois qu’on fait tourner les réacteurs, ça veut dire tous les jours. En parlant déjà des déchets nucléaires de faible activité, il y en a 800.000 fûts dans le Japon. On utilise le mot faible mais il y en a qui sont tellement forts en radioactivité qu’on peut recevoir la dose létale en restant uniquement 5 heures à côté.

Depuis le démarrage de la première centrale nucléaire au Japon jusqu’en 1969, dans toutes les centrales, on mettait tous les déchets nucléaires dans des fûts et les jetait dans les mers à proximité. A l’époque, c’était normal. Quand je travaillais dans la centrale de Tokai du département d’Ibaraki, les sous-traitants emportaient les fûts en camion et ils les jetaient au large de Chiba en bateau.

Mais justement c’est avec cette histoire que j’ai commencé à douter qu’il y a quelque chose qui n’est pas clair dans les centrales nucléaires. Les fûts métalliques se rouillent au bout de 1 an dans la mer. Je me suis demandé ce qui se passerait avec les déchets nucléaires qui étaient dans les fûts et les poissons qui habitent dans la mer.

Maintenant, on rassemble les déchets nucléaires à Rokkasyo dans le département d’Aomori. Ils prétendent surveiller 3 millions de fûts de déchets nucléaires pendant 300 ans. Mais je me demande déjà s’il existe le fût qui fait de l’usage pendant 300 ans. Et durera-t-elle aussi cette entreprise sous-traitante pendant si longtemps ? Qui peut assurer tous ces problèmes ?

Et puis, parlons des déchets nucléaires de haute activité. C’est le déchet qui reste après l’extraction du plutonium du combustible usé. Le Japon commande cette extraction à l’Angleterre et à La France. En 1995 la France a retourné 28 barres de déchets de haute radioactivité. Ce sont des mélanges de déchets de haute radioactivité et de verre enfermés dans un container métallique. J’ai entendu que le fait de rester 2 minutes à côté de ce container suffit pour tuer quelqu’un. Le gouvernement dit qu’il va garder ces barres fortement radioactives pendant 30 ou 50 ans tout en les refroidissant à Rokkasyo du département d’Aomori et les transporter quelque part ailleurs pour les enfouir en profondeur. Quelque part qu’il ne sait pas encore où ça pourrait être. Dans tous les autres pays, ils planifient l’enfouissement des déchets nucléaires de haute radioactivité, mais il y en a aucun qui l’a déjà accompli. Personne ne connaît la solution.

Pour le bâtiment de la centrale nucléaire elle même, le gouvernement japonais envisage de la fermer hermétiquement pendant 5 ou 10 ans et l’enterrer en dessous du terrain où la centrale a été, après l’avoir démolie en petits morceaux et mis en fûts métalliques. C’est un projet très optimiste mais la démolition d’un seul réacteur donnera des dizaines de milliers de tonnes de déchets plein de radioactivité. Comment peut-on trouver la place pour tous ces déchets dans un pays où on manque même de place pour jeter les ordures ménagères ? En tout cas, c’est bien clair que le Japon sera encombré de déchets nucléaires un jour. Il faut faire quelque chose. Il faut qu’on arrête les centrales nucléaires aussi vite que possible.

Il y a environ 5 ans, j’ai été faire une conférence sur mon travail à Hokkaido. Quand j’ai dit « on va continuer à surveiller les déchets nucléaires pendant 50 ans ou 300 ans », une collégienne a levé sa main. Elle a crié « J’ai une question. En parlant de la surveillance des déchets qui dure 50 ou 300 ans, est ce que c’est vous qui allez le faire ? Non, ce n’est pas vous, les adultes d’aujourd’hui, c’est nous, la prochaine génération, et les générations qui suivent. Mais nous, nous n’avons pas envie de le faire ! » Est-ce que quelqu’un peut donner une réponse à cette fille ?

Quand on dit « surveiller 50 ans ou 300 ans », peut-être ça vous donne l’impression que tout sera fini au bout de ces durées. Mais s’il y a toujours des centrales nucléaires qui fonctionnent, ce sont des 50 ans et 300 ans qui se renouvellent pour toujours.

L’irradiation et la discrimination affreuse des habitants

Le gouvernement et les compagnies d’électricité ont menti pendant des dizaines d’années en disant que les centrales nucléaires japonaises n’avaient jamais émis de radioactivité à l’extérieur. Mais depuis quelque temps, ils ne peuvent plus continuer leurs mensonges.

Il y a de la radioactivité qui sort des cheminées très hautes des centrales nucléaires. Très précisément, c’est la compagnie qui la rejette volontairement. Comme elle la rejette 24 heures sur 24, les habitants à côté prennent de la radioactivité tout au long de l’année.

J’ai reçu une lettre d’une jeune femme de 23 ans. J’ai vu des traces de larmes sur l’enveloppe. Elle m’a écrit « J’ai trouvé un travail à Tokyo et rencontré un homme. Nous nous sommes fiancés et nous avons déjà fini la pré-cérémonie du mariage avec la famille. Mais il a subitement rompu nos fiançailles. Il m’a expliqué que ce n’est pas du tout de ma faute et il aimerait bien aussi se marier avec moi. Mais ses parents se sont aperçus que j’ai grandi à Atsuga dans le département de Fukui et qu’il y a plus d’enfants leucémiques à côté des centrales nucléaires. Comme ils n’ont pas envie d’avoir leur petit enfant leucémique, ils ne sont plus d’accord avec notre mariage. Dites-moi, pourquoi je dois subir une telle chose ? ». Qui a droit de faire vivre un tel drame à cette jeune femme ? En plus, je connais plein d’autres histoires pareilles.

Cette histoire n’est pas arrivée à côté d’une centrale nucléaire. Elle est arrivée à Tokyo. Est ce que vous pouvez approuver sans aucun souci le mariage entre un homme qui a déjà travaillé dans les centrales nucléaires avec votre fille ou la femme qui a vécu à côté d’une centrale nucléaire comme elle avec votre fils ? Les jeunes doivent également se sentir concernés car vous pouvez très bien tomber amoureux de quelqu’un d’irradié. Je sais qu’en parlant de cette discrimination, je pourrais provoquer encore plus de discrimination. Mais il faut que je vous informe. Pour les gens qui sont déjà opposés aux centrales nucléaires, j’aimerais bien que ce problème soit un de leurs arguments et pas seulement parce qu’ils ont peur des accidents. Ce n’est pas seulement la Nature et la santé humaine que les centrales nucléaires détruisent, elles détruisent aussi le cœur des hommes.

Puis-je avoir des enfants ?

Pour finir, je vous raconte une histoire qui m’a beaucoup choqué. Une histoire qui m’est arrivée au cours d’une conférence organisée par le syndicat des instituteurs à Kyowa de Hokkaido qui se situe à côté de la centrale Tomari. Je ne manque pas d’en parler chaque fois. J’aimerais bien que vous vous rappeliez de cette histoire même si vous oubliez les autres.

La conférence a eu lieu le soir. Il y avait environ 300 personnes, à peu près moitié de parents et moitié d’instituteurs et professeurs. Mais il y avait aussi quelques collégiens et lycéens car ils pensaient que les centrales nucléaires sont des problèmes de leur génération et pas seulement ceux des adultes.
Une fois que j’ai eu fini mon discours, j’ai demandé s’il y avait des questions. Une fille de deuxième année de collège a levé sa main en pleurant et elle s’est exprimée :

« Vous, les adultes qui se sont réunis ce soir, vous êtes tous des menteurs et des hypocrites. Je suis venue ici aujourd’hui pour voir quelle tête vous faites. Les adultes d’aujourd’hui, notamment ceux qui sont là, vous êtes toujours en train de faire semblant d’agir pour les enfants pour tous les choses. Le problème des pesticides, les terrains de golf, les centrales nucléaires. Moi, je vis à Kyowa juste à côté de la centrale de Tomari. Je reçois de la radioactivité sans cesse. J’ai lu qu’à Sellafield en Angleterre, à côté de l’usine nucléaire, il y a plus d’enfants leucémiques qu’ailleurs. Moi, en tant que fille, je rêve de me marier un jour. Est ce que je peux avoir des enfants ? »

Cette fille a demandé en pleurant aux 300 adultes qui se trouvaient devant elle. Mais personne ne pouvait lui répondre.

Elle a continué : « Si vous savez que les centrales nucléaires sont dangereuses, pourquoi vous n’avez pas manifesté au moment de la première construction ? Pourquoi vous ne manifestez que maintenant ? En plus, vous avez même laissé construire le deuxième réacteur. Je préfère ne pas avoir d’électricité qu’avoir la centrale nucléaire ». Justement, le deuxième réacteur de la centrale Tomari venait d’entamer sa mise en route.

« Je ne comprends pas pourquoi vous faites cette conférence si tard. Si j’étais un adulte qui avait des enfants, j’arrêterais la centrale même au risque de ma vie ». Elle a ajouté en pleurant « Maintenant avec le deuxième réacteur, je reçois 2 fois plus de radioactivité. Mais je n’abandonnerai pas Hokkaido ».

Je lui ai demandé si elle avait déjà confié son inquiétude à sa mère ou à son professeur. Elle m’a répondu « Je sais que ma mère et mon professeur sont ici aujourd’hui. Je ne leur ai jamais posé des questions. Mais entre les filles de la ville on en parle tout le temps qu’on ne peut pas se marier ni avoir des enfants ».
Les professeurs n’étaient pas au courant que leurs élèves ressentaient une telle inquiétude.

Ce ne sont pas uniquement les 8 ou 10 km de rayon autour de la centrale qui sont concernés. Beaucoup de collégiens et lycéens ressentent la même chose dans la zone des 50 ou 100 km autour de la centrale. J’aimerais bien que vous pensiez toujours à ces jeunes.

On ne peut jamais être en sécurité si la centrale nucléaire ne disparaît pas.

J’espère que vous avez bien compris ce qu’est une centrale nucléaire, en lisant ce texte.

Certainement, l’accident grave de Tchernobyl a aussi effrayé beaucoup de Japonais. Mais j’imagine que beaucoup de gens, surtout ceux qui habitent au loin, dans les grandes villes, ont peur de manquer d’électricité si on ferme les centrales nucléaires.

Mais c’est le résultat des propagandes qu’ils font en dépensant beaucoup d’argent. « Les centrales nucléaires, c’est une utilisation pacifique de l’énergie atomique » « Vous n’avez pas besoin d’avoir peur. Les accidents n’arriveront jamais dans les centrales nucléaires japonaises » « Le Japon manque de sources d’énergie. Les centrales nucléaires nous sont indispensables ». Ce sont des propagandes du gouvernement et des compagnies d’électricité. Et la réalité, comme l’accident de Monju, ils essayeront toujours de la cacher.

C’est bien vrai que les centrales nucléaires produisent de l’électricité. Mais j’ai constaté en travaillant 20 ans, avec mes yeux et même avec mon corps qu’elles fonctionnent toujours en irradiant les ouvriers. Et puis les gens qui habitent à côté souffrent, en se débattant entre ceux qui sont pour et contre avant l’installation, et en étant irradiés et discriminés après la construction. Vous ne devez pas croire qu’un accident dans une centrale nucléaire ne provoque pas des terribles conséquences, ni qu’il n’y a pas de problème si jamais l’accident arrive, ni que c’est une utilisation pacifique !

Non, tout cela n’est pas vrai. Ce n’est pas pacifique s’il y a des ouvriers qui meurent à cause de l’irradiation, comme moi, et des gens qui souffrent à côté des centrales. En plus, il ne faut pas confondre la sûreté et la sécurité. S’il y a des centrales nucléaires, il n’y a plus rien de sûr.

En plus, même si le nucléaire produit de l’électricité en ce moment, l’entretien des déchets nucléaires pour des dizaines de milliers d’années demandera une énorme quantité d’électricité et de pétrole. C’est sûr que ça demandera plus d’énergie qu’on en a produit jusqu’à maintenant grâce au nucléaire. D’ailleurs, ce sont nos descendants qui seront obligés d’entretenir toutes les centrales fermées et leurs déchets.

Pour toutes ces raisons, je vous demande de regarder le visage de vos enfants et vos petits-enfants tous les matins, et réfléchir si le Japon peut continuer à construire des centrales nucléaires. Ce n’est pas uniquement le risque de l’accident, mais il y a aussi le risque du tremblement de terre. Le désastre irrémédiable va arriver si on continue ainsi. Je veux que vous sachiez cette réalité.

Je manifeste pour ne plus construire de centrales nucléaires. Je suis contre les nouvelles installations de centrales nucléaires avec conviction. Et je pense qu’il faut arrêter celles qui sont en fonctionnement.

Tant que les centrales nucléaires existeront, la tranquillité n’existera pas sur la Terre.

Laissons la Terre jolie pour nos enfants.

Hirado NORIO

Ce texte est paru dans La Gazette Nucléaire n°260 qui encourage la reproduction de ses articles.

Traduction du Japonais en Français effectuée par Tomomi DUFILS en avril 2011

Patria socialismo o muerte

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 04 Aug 2011 à 17:18

Contre le nucléaire militaire au Mégajoule : commémoration d’Hiroshima

 
 
Collectif Anti-Nuke-Leyre

LE 6 août à 11h aura lieu Au Barp (Gironde) une marche pacifiste contre le nucléaire militaire.

Nous sommes un collectif de citoyens et d’associations qui refusent la loi du silence.
Nous sommes réunis ici ce jour en tant que citoyens du Monde pour commémorer Hiroshima et Nagasaki et informer sur la finalité des études et des expériences qui vont être développées au laser Mégajoule.

Ici vont être inventées de nouvelles armes de destruction massive pour de nouvelles guerres.

La fin de la guerre froide a posé un sacré problème au lobby militaro industriel : « au secours, on n’a plus d’ennemis ! Il faut trouver une solution ! » Alors Georges W Bush a eu l’idée géniale de lancer le lendemain du 11 septembre la guerre éternelle contre le terrorisme. Chaque pays, chaque être humain est potentiellement terroriste. Pour ces nouvelles guerres, le budget du Pentagone pour l’armée Etasunienne a augmenté de 67% en 10 ans pour une dépense de 1.300 Milliards de dollars, soit 130 Milliards par an à comparer aux 5 milliards de dollars que coûterait par an l’éradication de la faim dans le Monde.

La fin de la guerre froide offrait pourtant une chance historique à l’humanité de se débarrasser des armes nucléaires.

Deux traités internationaux ont été signés par la France :

Le premier traité porte sur la non-prolifération des armes nucléaires en 1968. Les Etats non nucléaires renonçaient à l’arme nucléaire avec en contrepartie deux engagements :

- premièrement, les États nucléaires s’engageaient à aider les Etats renonçant à ces armes à acquérir les technologies nucléaires

- deuxièmement, les Etats nucléaires promettaient de négocier la fin de la course aux armes nucléaires et l’élimination de leurs arsenaux nucléaires. L’article VI indique « qu’il doit exister l’obligation de poursuivre de bonne foi les négociations qui devront aboutir à une conclusion conduisant à un désarmement nucléaire sous tous ses aspects et ceci sous un strict et réel contrôle international ».

Le deuxième traité porte sur l’interdiction complète des essais nucléaires. Pour les pays qui n’appartiennent pas au club des 5 puissances nucléaires, cela signifie bien l’arrêt du tout programme militaire, en revanche pour les Etats du « club nucléaire », cette signature a été associée à l’acceptation de recherches en laboratoire. Cela signifie donc le maintien des armes existantes, éventuellement le développement d’un nouveau type d’armes nucléaires.

Les expériences qui impliquent des micro explosions thermonucléaires ainsi que la manipulation de matériaux radioactifs sensibles (plutonium, uranium 235 enrichi, etc.) violent totalement l’esprit et les textes de ces traités qui ont été signés en notre nom. Deux sites dans le Monde vont poursuivre cette course vers la mort : le N.I.F. aux USA et Mégajoule en France.

La mission première du laser Mégajoule est claire. Je cite la page d’accueil du site Internet du CEA, Direction des applications militaires : « Le Centre d’études scientifiques et techniques d’Aquitaine a pour mission première d’assurer l’architecture industrielle des armes de la force de dissuasion ». La propagande saupoudre de civil en argumentant sur les retombées technologiques, mais la finalité est bien de perfectionner les armes existantes et d’en créer de nouvelles. Vont travailler ici des scientifiques de très haut niveau qui seraient mieux employés au service de la communauté internationale pour contrôler le processus de désarmement nucléaire, de décontamination des régions irradiées, de participer au démantèlement des centrales nucléaires et au traitement des déchets dont on ne sait toujours pas se débarrasser.

L’arsenal nucléaire militaire mondial a déjà de quoi détruire plusieurs fois notre planète, mais Mégajoule développera de nouvelles têtes nucléaires, dont les têtes nucléaires océaniques qui doivent équiper le nouveau missile d’attaque M51 testé au Centre d’Essai des Landes et lancé par les sous-marins d’attaque nucléaire.
Mégajoule va activer la conception d’armes nucléaires de quatrième génération du fait du lien étroit créé entre les laboratoires de recherche et leurs applications militaires. Ainsi, les recherches sur l’antimatière ou sur l’hydrogène métallique (probablement l’explosif le plus puissant qu’il soit possible de concevoir) seraient possibles grâce au laser Mégajoule. Cette simple possibilité constitue une véritable provocation pour les États de faible niveau technologique.

Mégajoule mettra également au point de nouvelles armes nucléaires dites « banalisées » utilisées sur les champs de bataille, contre les populations civiles ou lancées à partir de drones contre des objectifs précis. Et comme ces armes sont banalisées puisqu’elles peuvent être sous forme de bombe, d’obus, de roquette, de balle ou de mine, leur dissémination est favorisée et leur utilisation est à la portée de toute personne ou tout Etat ayant les moyens de s’en procurer. Elles comportent de l’uranium appauvri ou enrichi, un déchet nucléaire hautement toxique qui empoisonne l’environnement pour plusieurs milliards d’années et provoque chez les populations agressées une multiplication des cancers, des leucémies, de malformations congénitales monstrueuses et, conséquence la plus grave et irréversible, la modification du patrimoine génétique. Depuis 1991, un crime contre l’humanité commis par des états voyous et terroristes se déroule silencieusement à une échelle qui dépasse les pires cauchemars.

Une nouvelle guerre nucléaire a donc commencé : ces armes ont été utilisées en Yougoslavie, pendant la Guerre du Golfe, en Afghanistan et contre les populations civiles en Irak comme dans la ville de Fallujah. La pollution radiologique qui a déjà atteint une vingtaine de pays voisins est en train de s’étendre à tout l’hémisphère Nord, et contaminera bientôt l’ensemble de la planète. Les micro-particules, propagées par les vents et la pluie sur des centaines de kilomètres, contaminent les sols, les fleuves et les nappes phréatiques, la végétation, les animaux et toute la chaîne alimentaire. Si les armes à l’UA ne déclenchent pas de champignon atomique, elles provoquent au moins autant de dégâts.

Les premières paroles d’une femme irakienne qui vient d’accoucher ne sont pas : « c’est une fille ou un garçon ? », mais « mon bébé est-il normal ? ». En outre, les anomalies génétiques s’aggravant d’une génération à l’autre, il faudra plusieurs décennies avant de mesurer l’atteinte du génome. Un afghan a dit : « S’ils nous avaient tués une fois, cela serait moins grave... mais... ils vont continuer de nous tuer pendant des générations »

L’usage militaire de l’UA est un débouché idéal pour l’industrie nucléaire qui se débarrasse ainsi de déchets dont le stockage est très coûteux, d’autant que la demi-vie de l’uranium appauvri est de 4,5 milliards d’années (l’âge de la terre !). Les populations victimes des bombardements sont condamnées à vivre durant toute leur vie dans un environnement de plus en plus radioactif. Et elles sont trop démunies pour se faire traiter ou soulager leurs douleurs.

En Europe, toute dispersion d’UA dans l’environnement est illicite. On trouve pourtant autour de nombreux sites nucléaires des taux de cancers et de leucémies anormalement élevés. A proximité d’ici, à Saugnac et Muret et Lugos ont été testées des armes à l’UA. Ne comptez pas sur un suivi sanitaire des populations voisines et des personnes impliquées dans ces tests : il n’y en a pas et il n’y aura jamais d’étude épidémiologique des conséquences du nucléaire. Il n’y en a pas eu après Tchernobyl et il n’y en aura pas après Fukushima puisqu’un accord que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a signé en 1959 lui interdit de traiter des conséquences des radiations sur la santé publique sans l’aval de l’Agence International de l’Energie Atomique. Ce véritable « crime contre l’humanité » se poursuit donc avec la complicité de l’Organisation des Nations Unies.

En France, les conséquences sanitaires et environnementales de Tchernobyl ont été étudiées et les conclusions diffusées par une organisation non gouvernementale de scientifiques. Or le premier devoir d’un état est d’assurer la sécurité physique des citoyens. Les programmes nucléaires civils et militaires sont décidés à l’Elysée depuis les années 60. Les choix énergétiques et stratégiques, notre santé et notre avenir sont dans le silence du secret défense. Aucun débat démocratique, on nous demande d’accepter et de subir.

Selon le droit international, ces armes sont illégales parce qu’elles infligent des maux superflus et des souffrances inutiles, qu’elles sont non discriminantes, qu’elles causent des atteintes graves et durables à l’environnement et demeurent meurtrières bien après la fin des conflits. Leur utilisation a été condamnée par une résolution des Nations Unies de 1996. De son côté, le Parlement européen a voté en 2001 un moratoire sur leur utilisation.

Avec l’utilisation de ces nouvelles armes, de plus en plus de régions de notre planète seront rayées de la carte, transformées en poubelles radioactives pour l’éternité, leurs populations condamnées à une mort lente et atroce et, finalement, la planète entière sera contaminée.

On nous organise un Monde où les marchandises, l’information, l’argent et…les nuages radioactifs circulent librement mais où les hommes sont parqués dans de plus en plus de frontière et mis en compétition entre eux.

Nous rêvons d’une autre planète.

Pour terminer je cite John Lennon :

Imaginez tous les gens partageant tout le Monde
On peut dire que nous sommes des rêveurs
Mais nous ne sommes pas les seuls
J’espère qu’un jour vous nous rejoindrez
Et que le Monde vivra uni

Patria socialismo o muerte

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Greenpeace et son « Stress Test » sondent les candidats sur le nucléaire

À huit mois des élections, Greenpeace lance le « Stress Test des candidats à la présidentielle». L’objectif de ce baromètre est de classer et d’interpeller les candidats déclarés ou potentiels, sur le devenir du nucléaire et des énergies alternatives.

L'organisation écologiste rend public lundi les résultats provisoires d'un "stress test" auquel elle a soumis 17 responsables politiques, du président sortant Nicolas Sarkozy au candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon, en passant par Frédéric Nihous, Dominique de Villepin ou Jean-Louis Borloo. La présidente du Front national, Marine Le Pen, n'a pas été sollicitée. Le baromètre classe les politiques, en 3 catégories, sur une échelle ascendante "rétrogrades-attentistes-engagés" à partir des propositions, interventions et points de vue des personnalités concernées. Les candidats qui n'ont pas apporté de réponses, sont classées, dans l'attente de leur réaction, dans la catégorie des "rétrogrades", précise l'organisation sur son site internet.

Au nombre des "engagés", Greenpeace plébiscite Eva Joly, candidate écologiste à la présidentielle, Philippe Poutou pour le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et Martine Aubry. L’organisation regrette qu'elle soit la seule à faire partie du groupe des « engagés » au PS. D’après son test la majorité des candidats à la primaire d'investiture socialiste appartiennent au "groupe des attentistes". "François Hollande, Ségolène Royal et les autres candidats socialistes se refusent encore à faire un choix clair en faveur d'un autre modèle énergétique", écrit Greenpeace.

Le nucléaire représente aujourd'hui en France 74% de la production d'électricité. François Hollande, favori des sondages pour la primaire socialiste, propose de réduire la part du nucléaire à 50% d'ici 2025. Martine Aubry est favorable à une sortie "à terme", mais ne donne pas d'échéance. Ségolène Royal propose pour sa part de sortir du nucléaire en "quarante ans".

Dans le groupe des « rétogrades » ont retrouve notamment François Bayrou et l'artisan du Grenelle de l'environnement Jean-Louis Borloo, qui n'ont pas répondu à Greenpeace. On y trouve aussi Nicolas Sarkozy qui écarte une sortie du nucléaire pour le moment.

À lire également: 

Le débat sur la sureté nucléaire en France doit se faire en associant les salariés (CGT)

Greenpeace lave le linge sale en famille

Justine Cohendet

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Edité par T 34 - 29 Aug 2011 à 23:50
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 31 Aug 2011 à 23:55

EPR de Flamanville : des malfaçons dans les constructions selon le "gendarme du nucléaire"

Nouvelle polémique autour du chantier du futur réacteur nucléaire EPR de Flamanville. L'Autorité de surêté nucléaire (ASN) a relevé ces derniers mois diverses malfaçons dans le gros oeuvre du futur réacteur, de nature, pour certaines, à "porter préjudice à la qualité finale des structures", note le Canard enchaîné de mercredi.

Selon l'hebdomadaire satirique, le "gendarme du nucléaire" a adressé à EDF, l'exploitant, "entre octobre 2010 et août 2011, quatre lettres au vitriol qui mettent en cause la qualité de plusieurs constructions vitales pour la sécurité du futur réacteur EPR", dont la construction est assurée par Bouygues. Les inspecteurs de l'ASN ont relevé des trous dans des piliers en béton ou des défauts dans les parois de piscines destinées à recevoir le combustible nucléaire irradié, affirme le journal.

"Les travaux béton visés par les lettres de l'ASN citées dans cet article sont encore en cours et n'ont même pas été réceptionnés par EDF", a précisé le ministère chargé de l'Industrie, de l'Energie et de l'Economie numérique. Les observations de l'ASN seront bien entendu prises en compte dans le cadre de ce chantier en cours", a-t-il réagit dans un bref communiqué.

L'ASN a confirmé l'envoi à EDF de "quatre courriers, dont deux sont des lettres de suite disponibles sur le site internet de l'ASN, les deux autres étant des courriers d'échanges techniques" consécutifs aux inspections régulières menées sur le site. L'autorité précise, dans son dernier courrier en date du 10 août, que certaines des malfaçons constatées sont de nature à "porter préjudice à la qualité finale des structures", selon des termes rapportés par l'hebdomadaire et confirmés par l'ASN.

"Les trous dans le béton, les nids de cailloux (zone manquant de ciment) au sens large, c'est une problématique courante du génie civil. EDF, en tant qu'exploitant, se doit de les identifier et de les réparer", souligne Simon Huffeteau, chef de la division de Caen à l'ASN. "Les réparations sont évidemment obligatoires", ajoute-t-il. EDF n'a pas souhaité faire de commentaire.

La semaine dernière, l'ASN avait indiqué avoir constaté des "écarts" et "faiblesses" lors d'une inspection du site de construction du réacteur EPR et demandé à EDF de "faire des efforts importants pour démontrer la qualité de la construction". La mise en service de l'EPR de Flamanville (Manche), le premier réacteur nucléaire de troisième génération, n'est plus attendue que pour 2016, avec deux ans de retard sur la date initiale, avait annoncé EDF fin juillet.

A lire également :
Flamanville. Le rapport de l’ASN qui accable Bouygues
Jack Tord « L’EPR, une opération commerciale »

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Sep 2011 à 22:45

EPR, d’inquiétants défauts de qualité

L’Autorité de sûreté du nucléaire alerte EDF sur des malfaçons sur le chantier de Flamanville, marqué par de mauvaises conditions de travail et de nombreux accidents.

Le chantier du futur réacteur nucléaire EPR à Flamanville n’en finit décidément pas de défrayer la chronique. En juin dernier, éclatait le scandale des conditions de travail sur ce chantier, où 3 800 personnes sont employées, dont un tiers d’étrangers souvent surexploités : dans un document révélé par l’Humanité, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) montrait comment Bouygues, maître d’œuvre, et ses sous-traitants dissimulaient une grande partie des nombreux accidents recensés sur le site. Début juillet, le parquet de Cherbourg ouvrait une enquête visant une société d’intérim soupçonnée «d’avoir détaché illégalement des intérimaires» à Flamanville pour Bouygues. Hier, c’est le Canard enchaîné qui faisait état de quatre courriers adressés par le «gendarme du nucléaire» à EDF, l’exploitant, entre octobre 2010 et août 2011, et mettant en cause la qualité des constructions. Les inspecteurs de l’ASN ont relevé des trous dans des piliers en béton ou des défauts dans les parois des piscines destinées à recevoir le combustible irradié. L’autorité précise que certaines de ces malfaçons sont de nature à «porter préjudice à la qualité finale des structures». Furax, Martin Bouygues a qualifié, hier, ces nouvelles révélations de «manipulation honteuse et scandaleuse». «C’est vrai qu’il y a des malfaçons, car c’est un prototype (…), mais elles sont reprises», assure-t-il. Du côté du ministère de l’Industrie, on affirme aussi que «les observations de l’ASN seront bien entendu prises en compte». EDF, pour sa part, est resté muet. Coordinateur des syndicats CGT sur le site de Flamanville, Jack Tord voit, lui, une cohérence entre ces affaires qui entachent le chantier : «Depuis le début, nous disons que la qualité de l’œuvre est induite par le niveau social du chantier. Il est impensable d’avoir un chantier de qualité s’il n’y a pas de règles sociales élevées, pour les conditions de travail, salariales. Comment accepter d’avoir un maître d’œuvre qui recourt à une sous-traitance que personne ne contrôle, avec 50% de la main-d’œuvre venant de l’Est qu’il traite comme un négrier ?»

Yves Housson

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 07 Sep 2011 à 16:00

L'enquête sur le nuage de Tchernobyl en France : un non-lieu au goût amer

Le non-lieu prononcé mercredi par la cour d'appel de Paris sur l'impact du nuage radioactif de Tchernobyl en 1986 en France a provoqué la colère en Corse, où l'augmentation du nombre des malades de la thyroïde avait explosé dans les années suivant la catastrophe.

La cour d'appel de Paris a décidé d'un non-lieu et mis fin à l'enquête ouverte en 2001 sur l'impact du nuage de Tchernobyl en France, a annoncé mercredi l'avocat Me Bernard Fau, l'avocat des parties civiles.

Vingt-cinq ans après, la justice accorde donc un non-lieu à l'ancien patron du Service central de protection contre les rayons ionisants (SCPRI) le Pr Pierre Pellerin, qui était le seul mis en examen pour "tromperie aggravée" en 2006 dans cette affaire.

"C'est un point final à ce dossier. L'association qui regroupe les victimes va se pourvoir en cassation contre cet arrêt pour avoir épuisé toutes les voies de recours", a dit Me Fau. "C'est une décision qui va laisser un goût amer du point de vue des victimes. Elle va également laisser un goût amer chez tous ceux qui, dans la société civile, ont attaché un intérêt à l'impact que peut avoir un nuage radioactif survolant un pays après une catastrophe nucléaire", a-t-il ajouté. "On peut regretter, certes après une procédure légitime et régulière, de ne pas avoir laissé la juge d'instruction achever elle-même l'instruction qu'elle avait commencée", a ajouté Me Fau.

Selon le parquet général, qui avait requis la fin de cette enquête, les analyses scientifiques versées au dossier s'accordent pour établir que la catastrophe nucléaire de 1986 n'a pas eu de conséquence sanitaire mesurable en France, en particulier aucun lien n'a été fait avec des maladies de la thyroïde.

 

Colère en Corse après le non-lieu dans l'enquête. "Avec ce non-lieu, on s'est moqué de nous", a déclaré le Dr Denis Fauconnier, généraliste aujourd'hui retraité, qui avait le premier souligné les retombées de la catastrophe sur la population insulaire. "Les dégâts provoqués, a-t-il ajouté, étaient connus au plus haut niveau de l'Etat. Je n'ai cessé depuis 1986 de réunir les preuves de la répercussion du passage du nuage radioactif sur la Corse, elles sont irréfutables".

Source


Nuage de Tchernobyl. La justice jette l’éponge

La cour d’appel de Paris a clos l’enquête sur l’impact sanitaire en France de la catastrophe de Tchernobyl. En colère, les parties civiles se pourvoient en cassation.

Circulez, il n’y a rien à voir ou plutôt plus rien à voir. La justice française vient de mettre fin à l’enquête commencée en 2001 sur l’impact de la catastrophe de Tchernobyl en France. La cour d’appel de Paris a en effet décidé de prononcer un non-lieu à l’encontre du professeur Pierre Pellerin. Ancien directeur du service central de protection contre les rayons ionisants, cet homme âgé aujourd’hui de quatre-vingt-sept ans avait été mis en examen en 2006 pour «tromperie aggravée». L’instruction avait estimé, à l’époque, que le scientifique avait sous-estimé les conséquences sanitaires en France de l’explosion de la centrale ukrainienne.

En prononçant ce non-lieu, la cour d’appel de Paris a suivi les réquisitions du parquet, qui avait également demandé la fin de l’enquête. Selon le ministère public, aucune étude ni avis scientifique versés au dossier n’ont permis d’établir un lien de causalité entre le passage du nuage radioactif sur le territoire national et d’éventuelles conséquences sanitaires sur la population. Les augmentations importantes de pathologies de la thyroïde observées, après 1986, dans les régions les plus exposées aux retombées radioactives, comme la Corse, seraient ainsi dues, selon une étude de l’Institut de veille sanitaire datant de 2006, à une amélioration des pratiques diagnostiquées.

Sans surprise, la décision de justice suscite la colère des parties civiles qui ont annoncé qu’elles allaient se pourvoir en cassation. «C’est une décision qui va laisser un goût amer du point de vue des victimes. Elle va également laisser un goût amer chez tous ceux qui, dans la société civile, ont attaché un intérêt à l’impact que peut avoir un nuage radioactif survolant un pays après une catastrophe nucléaire», a déclaré Me Bernard Fau, avocat de l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT) et de la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (Criirad), dont la plainte est à l’origine de l’enquête. Si le représentant des parties civiles admet que des raisons pouvaient justifier l’arrêt de cette enquête, il estime qu’il aurait été plus «satisfaisant» de voir la juge d’instruction décider de clore elle-même le dossier.

Sur le plan politique, Europe Écologie-les Verts (EELV) et le Parti de gauche ont dénoncé la décision de justice. Le parti de Jean-Luc Mélenchon déclare qu’il s’agit d’«un véritable scandale» tandis que Michèle Rivasi, députée 
européenne d’EELV, a estimé que «ce non-lieu est un non-sens». Quant à l’Assemblée de Corse, qui doit lancer une étude sur l’impact sanitaire de Tchernobyl dans l’île, elle a confirmé sa détermination à «établir la vérité».

Pierre-Henri Lab



Edité par T 34 - 09 Sep 2011 à 19:57
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Sep 2011 à 19:58

Nuage de Tchernobyl. « Cette décision est scandaleuse »

Josette Risterucci est présidente de la commission Tchernobyl de l’Assemblée 
de Corse.

L’Assemblée de Corse va lancer une étude sur les conséquences des retombées radioactives.

Comment réagissez-vous à la décision de la cour d’appel de Paris ?

Josette Risterucci. La décision de mettre fin à l’enquête sur l’impact sanitaire de Tchernobyl est scandaleuse. Elle n’honore pas la justice française. C’est la continuité du mensonge d’État intervenu 
il y a vingt-cinq ans au moment de la catastrophe de Tchernobyl. Déjà, le fait que Pierre Pellerin soit le seul à avoir été mis en examen dans ce dossier est scandaleux. Si l’ancien directeur du service central de protection contre les rayons ionisants porte sans doute une part de responsabilité, on ne peut que déplorer que les responsables politiques de l’époque qui ont pris la décision de nier les retombées radioactives et le risque qu’elles faisaient courir à la population n’aient jamais été inquiétés par 
la justice. Dans cette affaire, Pierre Pellerin était un fusible et le fusible n’a même pas sauté.

Cette décision peut-elle influer 
sur l’action de l’Assemblée de Corse dans ce dossier ?

Josette Risterucci. La décision de la cour d’appel sera sans effet. Elle ne saurait remettre en cause notre détermination à faire toute la lumière sur les conséquences sanitaires des retombées radioactives en Corse. Pour y parvenir, la décision 
de créer une commission Tchernobyl a été prise, il y a cinq ans, sous la précédente mandature. La nouvelle majorité, à laquelle j’appartiens, 
a décidé de poursuivre. Les élus de toute tendance se sont beaucoup impliqués. Nous avons auditionné 
de nombreuses personnalités qualifiées. Ce travail a permis d’élaborer le cahier des charges d’une étude sur les retombées radioactives et leurs conséquences. La proposition de lancer un appel d’offres pour réaliser cette étude sera soumise à l’Assemblée de Corse lors de sa rentrée, en octobre prochain.

Qu’attendez-vous de cette étude ?

Josette Risterucci. Tout d’abord, 
les Corses ont droit à la vérité sur ce qui s’est passé. Ensuite, je ne suis pas juriste, mais peut-être que cette étude peut contribuer à relancer d’une manière ou d’une autre l’affaire sur le plan judiciaire. Enfin, cette étude pourra peut-être jouer 
un rôle sur le plan sanitaire.

Entretien réalisé par 
P.-H.L.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 12 Sep 2011 à 20:00

Un mort à Marcoule: la série noire continue pour la filière nucléaire française

Un mort et quatre blessés, dont un grave, c'est le bilan de l'explosion qui s'est produite ce lundi matin sur un site nucléaire à Marcoule, dans le Gard. L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) raconte que l'explosion s'est produite dans un four servant à fondre des déchets radioactifs métalliques de faible très faible activité. Elle assure qu'"il n' y a pas de rejets à l'extérieur de l'installation".

EDF en première ligne

Le site touché, Centraco (Centre de traitement et de conditionnement de déchets de faible activité), est exploité par la société Socodei, une filiale d'EDF. Un porte-parole d'EDF a affirmé qu'une personne était décédée dans un local situé à côté du four mais que la détonation était restée contenue dans ce dernier, sans faire exploser le bâtiment lui-même. Une personne est grièvement brûlée et est dans un état grave, a ajouté EDF, qui n'a pas pu fournir dans l'immédiat d'explication à l'explosion.

Socodei a déclenché son plan d'urgence conformément aux procédures, ajoute le communiqué de l'ASN, qui souligne avoir mobilisé sa division de Marseille et dépêché des inspecteurs à la préfecture et sur le site.

Les accidents se multiplient en France

La filière nucléaire française n'en finit pas d'enregistrer les incidents. Dernier en date avant l'accident de Marcoule: l’Autorité de sûreté du nucléaire avait alerté EDF début septembre sur des malfaçons sur le chantier de Flamanville, marqué par de mauvaises conditions de travail et de nombreux accidents. L'EPR, cette centrale nucléaire de troisième génération sur laquelle l'industrie nucléaire tricolore fonde tous ses espoirs, a bien du plomb dans l'aile. Dans un document révélé par l’Humanité en juin dernier, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) montrait comment Bouygues, maître d’œuvre, et ses sous-traitants dissimulaient une grande partie des nombreux accidents recensés sur le site. Début juillet, le parquet de Cherbourg ouvrait une enquête visant une société d’intérim soupçonnée «d’avoir détaché illégalement des intérimaires» à Flamanville pour Bouygues.

En juin dernier toujours, une série de dysfonctionnements inquiétants était révélée à la centrale de Paluel, en Haute-Normandie. Mediapart a ainsi listé des «fuites à répétition, rejets de gaz radioactif, déclenchements de balises d’alertes, contaminations de travailleurs». Plus globalement, l'ASN avait annoncé en mars 2011 que le nombre d'incidents et d'anomalies sur des centrales nucléaires en France avait doublé en dix ans. 1.000 incidents ont ainsi été comptablisés en 2010, pour la majeure partie sans importance. Seuls trois incidents de niveau 2 ont été recensés, "mettant en cause des défaillances importantes des systèmes de sécurité", selon l'ASN.

"La sureté ne s'accorde pas avec la recherche du profit"

Tous ces incidents mettent en lumière la privatisation rampante de la filière nucléaire et son corollaire,la recherche de rentabilité poru les actionnaires. Ce que dénonçait dans l'Humanité Michel Lallier, représentant la CGT au sein du Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN): "Pour la CGT, la recherche d’une sûreté maximale ne s’accorde pas avec la recherche du profit. Comment imaginer que des exploitants nucléaires puissent concilier le temps industriel, forcément long dans le nucléaire, avec la recherche du profit à court terme, si ce n’est précisément en réduisant les coûts d’exploitation et donc en économisant sur la maintenance et le personnel ? Avec, au bout de la chaîne, des risques accrus en matière de sûreté."

  • A lire:

Le communiqué de la CGT Mines-Énergie

La sureté des centrales française va être revue, assure Fillon

Quelle garantie pour assurer la sureté nucléaire?

"Ne pas se limiter au choix entre peste et choléra"

  • Sur l'EPR de Flamanville, à lire:

EPR de Flamanville: d'inquiétants défauts de qualité

Flamanville. Le rapport de l'ASN  qui accable Bouygues

"Tirons les leçons de l'EPR", par Jack Tord, coordinateur des syndicats CGT sur le chantier de l'EPR

Source


Grosse frayeur près du site nucléaire de Marcoule

L’explosion d’un four, hier, dans un centre de traitement de déchets faiblement radioactifs, près de Marcoule (Gard), a causé la mort d’un employé et en a blessé quatre autres. Aucune contamination n’a été détectée, affirment les autorités.

«C’est un accident industriel, pas un accident nucléaire», martèle un porte-parole d’EDF. En plus de faire un mort et quatre blessés, dont un grave, l’explosion, hier, d’un four dans un centre de traitement de déchets faiblement radioactifs a donné quelques sueurs froides aux autorités nucléaires.

Le drame s’est produit vers 12 h 15, dans le centre de traitement et de conditionnement des déchets de faible activité (Centraco), situé sur la commune de Codolet et proche du site nucléaire de Marcoule (Gard). Selon l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), l’explosion serait survenue «dans le four servant à fondre les déchets radioactifs métalliques de faible et très faible activité» (lire ci-dessous). L’autorité a aussitôt activé son organisation de crise… pour la suspendre quelques heures plus tard. Dès le milieu de l’après-midi, l’ASN annonçait ainsi que l’accident était «terminé». Précisant qu’il «ne comportait pas d’enjeu radiologique, ni d’action de protection des populations».

 Une radioactivité de «67 000 becquerels»

De fait, l’explosion n’a pas endommagé le bâtiment qui abritait le four. L’ASN affirme également que les quatre blessés «ne sont pas contaminés» et que «les mesures réalisées à l’extérieur du bâtiment par l’exploitant et les pompiers n’ont révélé aucune contamination». 
Selon Olivier Isnard, expert de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), le four contenait quatre tonnes de métal qui dégageaient une radioactivité de «67 000 becquerels», soit moins de 17 becquerels par kilo. «C’est très, très faible, sans aucune mesure avec ce qui est contenu dans un réacteur», souligne l’expert. À titre de comparaison, le corps humain a une radioactivité d’une centaine de becquerels par kilo. Une équipe de l’IRSN a été envoyée pour effectuer des prélèvements dans l’herbe, la terre et la poussière sur les voitures. Les résultats devaient être rendus hier soir. «Je ne m’attends pas à avoir un impact sur l’environnement», conclut Olivier Isnard.

Tout le monde ne partage pas cet avis rassurant. Beaucoup de responsables politiques ont saisi l’occasion pour dénoncer la filière nucléaire. De Jean-Luc Bennahmias (Modem), parlant d’«accident majeur», à Eva Joly (EELV), qui estime que 
«six mois après Fukushima, cet accident remet sur le devant de la scène le risque inacceptable que constitue le nucléaire pour la vie humaine». La Bourse a également été saisie d’effroi. Juste après l’annonce de l’explosion, le titre d’EDF a plongé de 6%.

Garder le « sens de l’urgence »

Avec un rare sens de l’à-propos, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a appelé hier, à Vienne, les pays à ne pas baisser la garde en matière de sûreté nucléaire. « Nous ne devons pas perdre notre sens de l’urgence », a déclaré Yukiya Amano, lançant, quelques minutes avant l’explosion de Marcoule, une semaine de réunions sur le sujet. « Il faudra des améliorations visibles et rapides dans la sûreté nucléaire, et pas seulement des bonnes intentions, pour restaurer la confiance dans cette énergie », a-t-il insisté

Laurent Mouloud



Edité par T 34 - 16 Sep 2011 à 00:14
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 Sep 2011 à 14:04

Souriez ! Vous êtes irradiés !!

 
 
Eva Wissenz

Devant mon étonnement face au silence des grands journaux français sur le débat de fond posé par le nucléaire, un ami me disait : "Mais ma chère, ne sais-tu pas que le seul pays qui compte en France, c’est la France ?"
Certes.
J’exagère à peine, silence n’est pas mutisme et il y a des articles, de temps à autres, sur le sujet... mais je n’ai tout de même pas le sentiment depuis Fukushima que les rédactions soient franchement mobilisées par la question à laquelle est quand même suspendu l’avenir de mes compères hexagonaux et européens.

43 des 54 réacteurs nucléaires japonais sont arrêtés et c’est ainsi que l’un des pays le plus technologiques, modernes, avancés et tout ce qu’on voudra, se trouve à côtoyer Cuba et sa pénurie d’énergie chronique, que Tokyo flirte avec Bamako et ses coupures d’électricité quotidiennes.
Est-ce possible ?
Oui, le Japon vit ce que tous les pays riches (ou presque) vivront à mesure que la déplétion du pétrole se fera plus sentir et/ou que flancheront des réacteurs nucléaires vieillissants. Oui, les Japonais apprennent les économies d’énergie et pourtant la question de l’énergie ne rejoint pourtant pas (encore) le cœur de nos débats.

Ce n’était qu’une dépêche AFP mais tout de même : 60 000 Japonais ont manifesté à Tokyo le 19 septembre dernier pour demander l’arrêt des centrales (source ici).

Et pour les en consoler, quoi de mieux qu’une bonne rigolade à laquelle le professeur Shunichi Yamashita, de l’université de Nagasaki, les invite dans la bonne ville de Fukushima. En effet, ce vénérable coquin a semble-t-il professé dans le colloque qu’il organisa mi-septembre, que l’irradiation relèverait de l’auto-suggestion et que la meilleure façon de s’en prémunir serait de... garder le sourire (ici) ! Les bras m’en sont déjà tombés il y a quelques jours avec l’EnviropigTM alors je reste sans voix. C’est Vassili Nesterenko qui doit se retourner de douleur dans sa tombe, lui qui consacra vingt ans de sa vie à étudier les conséquences de Tchernobyl sur les populations !

Et pendant ce temps, en Allemagne, une énorme nouvelle n’a pas encore percé le mur du Rhin (à part une mention dans L’Express et Les Echos) : Siemens, l’un des maousses géants du nucléaire, a annoncé qu’il n’investissait plus un euro dans cette industrie (article source en anglais ici). Ce n’est pas tout à fait rien.

Alors, nous autres en France, nous pouvons signer la pétition pour l’instauration d’un tribunal Russell (ici) qui se propose de juger les crimes nucléaires civils comme le fit le tribunal du même nom monté, entre autres, par Sartre et Russell en 1966 pour juger les crimes des USA au Viet-Nam. Comment fonctionna ce tribunal ? Je ne le sais pas encore. Quels en furent les effets ? Je ne sais pas. Mais nous sommes en France, on parle, on pétitionne, on signe et je n’ai que ça à vous mettre sous la main, pour l’instant.

Eva Wissenz www.naturalwriters.org


Éric Besson, un « nucléopathe » endoctriné, selon Eva Joly

La candidate à l’élection présidentielle d’Europe Écologie-les Verts, Eva Joly, a qualifié hier le ministre de l’Énergie, Éric Besson, de « nucléopathe » et de « nucléocrate endoctriné ». Ce dernier avait accusé Eva Joly de « mentir », ou de commettre une « faute professionnelle insensée quand elle affirme régulièrement que l’on peut remplacer le parc nucléaire existant par des parcs d’éoliennes».



Edité par T 34 - 23 Sep 2011 à 20:10
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  Citer Michel Côme Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Oct 2011 à 17:48


Au début de l'hiver 1959, les pluies torrentielles vinrent remplir pour la première fois le nouveau barrage de Malpasset, en amont de Fréjus, dans le sud de la France. Lorsque celui-ci céda soudainement, le 2 décembre 1959 à 21h13, près de 50 millions de mètres cubes d'eau déferlèrent, ravageant campagnes et villages jusqu'à la mer. On dénombra 423 morts. En Août 1979, la rupture d'un barrage à Morvi (en Inde) fit 15000 morts. Faut il sortir aussi de l’hydroélectrique ? Toutes les industries posent des problèmes d’environnement. L'industrie nucléaire pose des problèmes de sécurité et de déchets, c'est pour cela qu'il faut se donner les moyens de les résoudre. Il y a surement des progrès à faire, mais ce n’est pas en sortant du nucléaire. Il faut diminuer les risques et les déchets autant que possible. Peut être même que la recherche sur l'atome conduira vers d'autres technologies plus propres et plus sures. Mais ce n'est pas en arrêtant les centrales nucléaires qu'on donnera, à la recherche, les moyens d’avancer.

Un ensemble d’opinions plus ou moins homogène, de préjugés populaires ou singuliers, de présuppositions généralement admises, tendent à répandre la conviction qu’on peut résoudre nos problèmes en faisant des économies d’énergie. Je constate seulement, que le discours écolo dominant culpabilise le consommateur et prône l'austérité comme seule solution durable. L'argumentation repose sur la peur et l'angoisse de lendemains catastrophiques. Au contraire, je défends, l'idée que les problèmes rencontrés nous obligent à trouver des solutions techniques nouvelles. Je crois au progrès, aux vertus de la prospérité plutôt qu'à celles de l'austérité, au volontarisme plutôt qu'au renoncement. A supposer que les pays industrialisés aient encore les moyens de développer une politique de réduction des besoins énergétiques, à supposer qu'on arrive à diviser par 4 la consommation de la France , comme certains le croient, la production mondiale augmenterait toujours. Même en cas de récession générale pour cause de crise financière mondiale, la consommation augmente pour la Chine, l’Inde et le Brésil. Au lieu de vendre des TGV aux chinois, on pourrait essayer de leur refourguer des Grenelles, mais c’est un peu cynique, de la part des pays qui polluent depuis longtemps, d’aller donner des leçons de sobriété aux pays émergents.

 

Il ne faut pas faire de l’écologie une religion, il faut refuser « les dix commandements », le catéchisme de l’environnement. L’écologie, ce n’est pas la vertu qui rachète nos péchés, le sacrifice qui donne bonne conscience.



Edité par Michel Côme - 04 Oct 2011 à 18:28
On n'est jamais à l'abri d'un coup d'une taupe.
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Oct 2011 à 20:33

Areva victime de piratage depuis plus de 2 ans

Le groupe nucléaire français est en plein chamboulement. Voilà plus de deux ans que des pirates informatiques piochaient dans leurs servers d’échange d’informations.

Alors forcément, chez Areva, on assure que rien de grave n’a fuité, que les pirates n’avaient accès qu’à "des informations non critiques et pas des informations sensibles". Plus précisément, l’Expansion rapporte que les pirates ont infiltré un "réseau commun d’infrastructure, un réseau qui permet l’échange d’informations non critiques entre les différentes entités du groupe". « Notre réseau a effectivement été attaqué. Et nous avons, durant ces trois jours, renforcé nos mesures de sécurité" Areva avoue à demi-mots des préjudices « sur le plan stratégique ». Le groupe a prévu de porter plainte.

Derrière cet aveu peuvent se cacher deux scénarios très pessimistes. Le premier étant le vol pur et simple de technologies, on pense notamment à l’EPR. Le risque de perte de données militaires n’est pour l’heure pas évoqué. Mais on ose espérer que ces deux secteurs d’activités ont des systèmes d’informations hermétiquement séparés.
Mais l'affaire évoque aussi le Virus Stuxnet, qui avait en 2008 réussi à infecter le système de monitoring des infrastructures des centrales nucléaires iraniennes… Et qui était programmé pour faire ralentir les centrifugeuses permettant l'enrichissement de l'uranium. Ce système de gestion se nomme SCADA (Supervisory Control and Data Acquisition), et c’est le même qu’Areva a choisit pour la France.

Source


 


Edité par T 34 - 04 Oct 2011 à 02:21
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Oct 2011 à 00:36

"Menace réelle" de pannes d'électricité cet hiver en France

L'arrêt de réacteurs nucléaires allemands représente une "menace réelle" de pannes d'électricité cet hiver en France, avertit le cabinet de conseil Capgemini dans son étude annuelle sur l'énergie en Europe publiée mercredi.

"Il existe une menace réelle sur la continuité de la fourniture électrique pendant l'hiver 2011-2012 et les hivers suivants car les pointes de consommation augmentent d'année en année", souligne la société française de services dans son "Observatoire européen des marchés de l'Energie" de 85 pages.

Exportatrice d'électricité durant presque toute l'année, la France est néanmoins importatrice lors des grands pics quotidiens l'hiver -notamment autour de 19H00.

Anticiper la consommation en même temps que la baisse de production

A cause du chauffage électrique, l'Hexagone est aussi le pays d'Europe dont la consommation augmente le plus par grand froid: pour chaque degré de température extérieure en moins, 2.300 mégawatts de puissance supplémentaire sont nécessaires, soit plus de deux réacteurs nucléaires, selon le transporteur d'électricité RTE.

"Les hivers froids, comme ça a été le cas l'hiver dernier, on a importé jusqu'à 8.000 mégawatts, essentiellement d'Allemagne. Or cette énergie ne sera plus disponible", dit à l'AFP Colette Lewiner, directrice internationale du secteur de l'énergie chez Capgemini.

L'Allemagne sera importatrice nette d'électricité cet hiver en raison de l'arrêt de huit de ses 17 réacteurs décidé au printemps dans la foulée de la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon.

"Est-ce que pour autant on aura des pannes, ce n'est pas sûr, heureusement. Ca va dépendre du froid, du fonctionnement des réacteurs nucléaires en France, qui s'est beaucoup amélioré, de la disponibilité des moyens de productions ailleurs, je pense par exemple que l'Allemagne fera plus tourner ses centrales à charbon", souligne l'experte.

Avant d'être contraint à d'éventuelles coupures maîtrisées, RTE peut encore recourir à des contrats d'effacement auprès de clients industriels ou lancer des appels au civisme comme c'est déjà le cas en Bretagne, une des régions les plus difficiles à alimenter en électricité.

"Mais on est dans un contexte qui est plus inquiétant", dit-elle, en soulignant que l'Allemagne et la Belgique sont avec la France les plus exposées.

RTE, en charge des lignes à haute tension, doit présenter son propre état des lieux sur cette question avant le 10 novembre, a-t-on appris auprès de la filiale d'EDF. Une étude au niveau européen de l'Association européenne des gestionnaires de réseaux (Entso-E) sera également présentée fin novembre.

 

Le budget chauffage-électricité des Français a bondi de 32% en 10 ans (INC)
Le budget moyen dévolu par les Français à l'électricité et au chauffage a bondi de 32% en 10 ans, passant de 115 euros par mois en 2000 à 150 euros en 2010, selon une enquête du magazine 60 millions de consommateurs de l'Institut national de la consommation (INC).
Le budget annuel est passé de 1.368 euros il y a dix ans à 1.806 euros l'an passé, selon l'étude.
La facture annuelle de chauffage peut varier du simple au double: 850 euros pour une maison avec une famille de cinq personnes chauffée au gaz, 1.400 euros au fioul et 1.600 euros pour le tout électrique, relève 60 millions de consommateurs.
Sur fond de hausse des dépenses des Français en énergie, le magazine, dans son édition de novembre, estime que le bilan pour les consommateurs de l'ouverture à la concurrence depuis 2007 sur le marché de l'énergie "n'est pas très brillant".
L'arbitrage entre les meilleures offres disponibles sur le marché ne permet d'économiser que 79 euros par an pour le gaz et 73 euros pour l'électricité, déplore "60 millions", qui fait également état d'une envolée des réclamations auprès d'EDF et GDF Suez, les ex-monopoles historiques.
Malgré l'ouverture à la concurrence il y a quatre ans, ceux-ci restent omniprésents sur leur créneau, avec plus de 94% de parts de marché pour EDF dans l'électricité et près de 91% pour GDF Suez dans le gaz.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Oct 2011 à 20:48

Explosion sur le site nucléaire de Marcoule : la Criirad porte plainte

 
 
AFP / 26 octobre 2011

la Criirad porte plainte

LYON - La Criirad a annoncé mercredi avoir déposé plainte contre la filiale d’EDF exploitant l’installation Centraco, lui reprochant d’avoir sous-évalué la radioactivité après l’explosion mortelle d’un four mi-septembre, sur le site nucléaire de Marcoule (Gard).

La Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) a déposé plainte auprès du TGI de Nîmes pour forte sous-évaluation de l’activité réelle des déchets radioactifs en cours de fusion.

L’irrégularité est manifeste, souligne la Criirad, selon laquelle soit la contradiction entre l’activité des déchets et les rayonnements qu’ils émettent a échappé à l’exploitant, traduisant un grave défaut de compétence, soit elle a été volontairement sous-évaluée.

Selon un communiqué de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) du 29 septembre, les vérifications ont démontré que le four contenait près de 500 fois plus de radioactivité que la Socodei, l’exploitant filiale d’EDF, ne l’avait déclaré initialement.

La plainte de la Criirad s’appuie également sur trois autres éléments : défaut de protection contre les risques d’explosion et de dissémination de substances radioactives suite à l’intervention directe des opérateurs sur le contenu du four, retard inacceptable dans la mise en oeuvre du confinement - plus d’1H40 - et défaut d’information du public.

L’association, qui avait annoncé fin septembre son intention de saisir la justice afin de sassurer que toutes les responsabilités sont bien recherchées et établies, a adopté cette décision à l’unanimité du conseil d’administration le 14 octobre.

Cette explosion avait fait un mort et quatre blessés, dont un très grave, le 12 septembre, dans l’installation Centraco à Codolet (Gard), près du site nucléaire de Marcoule. Elle avait été classée par l’ASN au niveau 1 (sur 7) de l’échelle internationale des événements nucléaires (INES).

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 01 Nov 2011 à 19:43
Puisqu'on vous dit que ce n'est pas dangereux le nucléaire !
 
Des pêcheurs argentins découvrent un poisson à trois yeux près d'une centrale nucléaire !
 
 
Selon la radio argentine Cadena 3, des pêcheurs ont attrapé le week-end dernier un poisson à trois yeux dans un lac de la province de Cordoba, en Argentine. Une nouvelle espèce ? Possible. Mais il peut y avoir une autre explication, plus inquiétante : ce lac accueille en effet les eaux de refroidissement d’une centrale nucléaire proche. L’activité aurait-elle ainsi pu créer un mutant ?
 

On sait que l’exposition à la radioactivité altère les cellules et modifie l’ADN des espèces vivantes, entraînant cancers et malformations. Mais ces derniers symptômes ont rarement pu être observés sur des animaux, la plupart des spécimens étant mort-nés ou ayant eu une très courte existence. Alors la découverte qui vient d’avoir lieu en Argentine fait penser qu’il s’agit de l’un des premiers cas de mutant retrouvé vivant et en « bonne santé »…

Cinq pêcheurs argentins de la province de Cordoba ont en effet fait une prise très étrange dans le lac Chorro de Agua Caliente : un tararira (Hoplias malabaricus) d’une taille habituelle (environ 50 cm), mais disposant de trois yeux ! Or le lac reçoit les eaux de refroidissement de la centrale nucléaire Embalse toute proche. Normalement, ces eaux n’entrent pas en contact avec les matières radioactives et ne peuvent donc être contaminées. Y a-t-il eu dysfonctionnement ? Et celui-ci est-il responsable de la mutation ? C’est la grande question à laquelle des études scientifiques vont maintenant tenter de répondre…

Quand la réalité rejoint la fiction

Un poisson à trois yeux pêché dans un lac radioactif, ça ne vous rappelle rien ? Ceux qui connaissent bien la série télévisée Les Simpson se souviendront certainement de Blinky, le fameux poisson orange à trois yeux qui fait sa première apparition dans le 4ème épisode de la saison 2 (intitulé « Sous le signe du poisson ») et qui deviendra ensuite l’emblème de la ville de Springfield (avant de ressurgir dans Futurama, l’autre série de Matt Groening). Il est attrapé par Bart et Lisa dans les eaux proches de la centrale nucléaire de M. Burns… une installation en piteuse état…

Que nous réserve la pollution de Fukushima ?

L’accident de Fukushima a provoqué une très forte contamination radioactive de l’Océan Pacifique : « Ce rejet radioactif en mer représente le plus important apport ponctuel de radionucléides artificiels pour le milieu marin jamais observé », a même indiqué l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Doit-on donc craindre de revoir bientôt des spécimens mutants comme en Argentine ? « Les concentrations ne devraient pas avoir d'impact en termes de radioprotection » sur les poissons vivant en haute mer. Toutefois, une « pollution significative de l'eau de mer sur le littoral proche de la centrale accidentée pourrait persister dans le temps »…

 
 


Edité par T 34 - 01 Nov 2011 à 19:44
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 02 Nov 2011 à 06:23

L’avenir énergétique mis en débat

 

Le Front de gauche propose d’organiser un référendum sur la sortie du nucléaire.

«Il n’y a pas de victoire de la gauche qui ne s’appuie sur un mouvement populaire et une dynamique d’union. Sur le nucléaire, l’élan populaire est désormais du côté de ceux qui en demandent la sortie », affirme sans ambages Karima Delli, députée européenne d’Europe Écologie-les Verts (EELV), qui croit savoir que la société a basculé avec la panne du système de refroidissement de la centrale de Fukushima au Japon. La sortie du nucléaire continue pourtant de diviser la gauche et « fait perdre de vue l’objectif commun : sortir des énergies carbonées », écrit Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle dans un courrier au socialiste François Hollande, à l’écologiste Eva Joly, à Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) et à Philippe Poutou (Nouveau Parti anticapitaliste). « Nous connaissons les risques et les servitudes liés à l’utilisation de l’énergie nucléaire. Nul parmi nous ne les nie. Nous pouvons tous également anticiper la raréfaction puis l’épuisement des ressources en énergies fossiles », écrit ainsi le coprésident du Parti de gauche dans sa lettre.

Si l’ex-porte-parole d’EELV, Laurence Vichnievsky, suggère un « grand débat citoyen » qui permette d’évoquer les alternatives à l’énergie nucléaire, Jean-Luc Mélenchon propose pour sa part un référendum : « Nous devons d’abord chercher ce qui peut unifier la société autour d’un intérêt général. Ce point de convergence c’est, je crois, la nécessité de sortir des énergies carbonées. Il est aujourd’hui partagé par tous. En prenant le problème posé par ce bout, on peut avancer. » Déjà inscrit dans le programme du Front de gauche, un tel référendum contraindrait les différentes parties à « proposer un scénario énergétique complet, avec son calendrier d’application et son mode de suivi et d’évaluation des résultats ». Et permettrait de sortir des crispations.

L. S.

Source

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 08 Nov 2011 à 20:10

Maltraitance des sous-traitants ?

Par Anne Salmon, professeur à l’université Paul-Verlaine de Metz (*).

Le nucléaire est régulièrement interrogé sous l’angle du traitement de ses déchets. Il faut aussi questionner la façon dont cette industrie traite 
le travail. L’attention se focalise à juste titre sur 
la sous-traitance, un point crucial.

Ainsi que l’expliquait, dès 2004, Nils Diaz, président de la commission de réglementation nucléaire des États-Unis, l’un des risques relève de la cascade d’intervenants et de l’attribution des responsabilités : «Quelqu’un aurait dû le faire. N’importe qui aurait pu le faire. Tout le monde pensait que quelqu’un d’autre le ferait. Finalement, personne ne l’a fait…» D’autres risques sont liés aux conditions dans lesquelles exercent les prestataires. Des recherches, notamment celles d’Annie Thébaud-Mony, soulignent les problèmes de santé de ces salariés souvent les moins protégés dans la nouvelle organisation du travail. Beaucoup se réclament de ce mot d’ordre : «Prestataires pas esclaves». Il renvoie à une dualité entre «préservés» et «exposés», statutaires et précaires, surveillants et sous-traitants. Cette bipartition a ses symboles : restaurant ou bus réservés aux uns et interdits aux autres, autant de marques de distinction qui fixent les cloisonnements, redoublant les inégalités de traitement et de droit.

Les salariés résistent au mouvement qui fragilise leurs solidarités : différenciation, individualisation, compétition, brouillage des repères causé par les réorganisations permanentes. Il n’en demeure pas moins que le corps social déstabilisé peut se trouver démuni face aux tensions exacerbées par le sentiment de perte de compétences chez ceux dont le travail a été externalisé et le sentiment d’injustice et d’absence de reconnaissance chez les sous-traitants. Certains techniciens d’EDF parlent de «désœuvrement préoccupé» pour qualifier ce rôle de supervision : on ne peut plus faire ce que l’on savait faire et il faut surveiller un travail dans un contexte organisationnel ne permettant pas toujours aux prestataires de faire aussi bien qu’ils aimeraient.

Il n’est pas certain que les dispositifs de contrôle qui permettent, en cas de manquement, d’imputer la responsabilité à tel ou tel salarié soient efficaces pour conforter les coopérations volontaires et la confiance. 
Il n’est pas certain non plus que le «bouclier moral» 
érigé par les directions puisse garantir à coup sûr 
le respect des normes, des procédures et la cohérence 
des opérations si le collectif de travail se voit amputé 
des conditions de sa propre réactivité face à l’imprévisible. En cette matière, les leviers ne sont ni la pure contrainte, ni la menace de sanction, ni la diffusion d’une éthique professionnelle sur papier glacé. Les recherches sur l’appropriation de ces discours par les salariés soulignent les limites de ces dispositifs technocratiques.

La question de la sous-traitance débouche sur des 
revendications spécifiques. Mais elle s’intègre 
aussi dans un système général de travail, ce qui 
empêche de dissocier les alertes croisées des 
salariés, qu’ils appartiennent ou non aux maisons 
mères. Cette dissociation risquerait de manquer la critique des vieilles recettes managériales et l’analyse 
de leurs effets sur les coopérations, la cohésion 
sociale, les capacités d’intégration et de régulation 
des collectifs dont dépendent la qualité du travail 
et, par contrecoup, la sécurité industrielle, certes dans 
le nucléaire, mais, à l’évidence, bien au-delà.

(*) Auteur de Moraliser le capitalisme ?, CNRS Éditions, 2009 ; 
les Nouveaux Empires ?, CNRS Éditions, 2011 ; le Travail sous haute tension, DDB, 2011.

Il n’est pas certain que le «bouclier moral» érigé par les directions puisse garantir à coup sûr le respect des normes.

Anne Salmon,

Source


Le nucléaire divise le PS et les écologistes

Europe Écologie-les Verts reste partagé entre ses exigences sur le nucléaire et son besoin d’obtenir du PS des circonscriptions.

Le torchon brûle-t-il en Europe Écologie-les Verts (EELV) et le PS après la déclaration de François Hollande sur le nucléaire affirmant : « Je suis pour la diminution de la part du nucléaire dans la production du nucléaire… mais je préserverai la construction d’un EPR (réacteur de troisième génération) » en cours de construction. La sortie immédiate du nucléaire étant présentée comme condition sine qua non d’un accord programmatique avec le PS, les dirigeants d’EELV ont vu rouge et « suspendu » les négociations en cours.

Déjà, la semaine dernière, la candidate à la présidentielle Eva Joly affirmait : « Il n’y aura pas d’accord sans sortie du nucléaire » et lancé un ultimatum pour que celui-ci soit conclu le 19 novembre, jour de réunion du conseil fédéral des écologistes. Seulement l’accord ne porte pas simplement sur le programme, il comprend aussi la possibilité pour EELV d’avoir, demain, un groupe à l’Assemblée nationale. Or, pour disposer des quinze députés indispensables à la constitution d’un groupe, EELV doit obtenir du PS la cession de certaines circonscriptions.

Est-ce la raison pour laquelle Pascal Durand, porte-parole d’EELV, semble mettre un bémol à l’idée de suspendre les négociations. « Les propos de Hollande nécessitent une explication… nous avons envie de continuer avec le PS. » Même si Eva Joly déclare ne pas vouloir troquer « ses convictions contre quelques circonscriptions », il est loin d’être sûr qu’elle soit suivie jusqu’au bout.

Les enjeux énergétiques de demain, donc la place du nucléaire, nécessite un débat d’une autre nature et d’une autre ampleur que des tractations entre partis avec circonscriptions à la clé. Dans ce cadre, la proposition de Jean-Luc Mélenchon aux forces de gauche de porter durant la campagne présidentielle « l’idée d’un référendum sur le nucléaire » prend son sens.

Max Staat



Edité par T 34 - 11 Nov 2011 à 02:56
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Accord EELV-PS: une tambouille électorale très radioactive

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Un passage biffé sous l'amicale pression d'Areva, des circonscriptions "gagnables" laissées aux candidats d'EELV qui font plus que débat localement au PS. L'accord électoral trouvé mercredi entre le Parti socialiste et Europe écologie les Verts en vue des présidentielles et de législatives de 2012 n'est peut-être pas tout à fait clôt. Les soubresauts de cette cuisine électorale envoient aux oubliettes tout débat de fond.

Lobbying actif du groupe Areva

Areva a jeté volontairement de l'huile sur le feu en faisant savoir qu'il était intervenu auprès du Parti socialiste pour enlever un paragraphe consacré au Mox (combustible obtenu en recyclant du plutonium issu des déchets de combustibles usagés) et ce après la signature de l'accord par Martine Aubry (PS) et Cécile Duflot (EELV)! Le porte-drapeau de la filière nucléaire française est passé par Bernard Cazeneuve, député-maire de Cherbourg (Manche), donc élu proche de l'usine de retraitement de La Hague, afin que le Mox ne soit plus condamné à disparaître, comme il l'était dans la première version de l'accord.

Areva a fait valoir les conséquences en terme d'emplois: près de 5.000 personnes travaillent sur le site de La Hague (Manche) et quelque 1.300 dans l'usine Melox, qui produit le combustible recyclé Mox à Marcoule (Gard). Areva estime que 14.000 emplois dépendent au total de ces sites, dont 10.000 dans le Cotentin. Bernard Cazeneuve, nommé ce mercredi matin parmi les quatre porte-paroles de la campagne de François Hollande, semble donc avoir oeuvré dans le sens d'Areva.

EELV demandent des clarifications

"Des textes modifiés après accord, on a rarement vu ça !", s'est insurgé devant la presse Pascal Durand, porte-parole d'EELV. Jacques Archimbaud, l'un des négociateurs du mouvement, a précisé pour sa part que le texte validé par Mmes Aubry et Duflot avait été "lu et relu ligne par ligne" par les deux camps et que "les mots ont été pesés minutieusement". Le député EELV Noël Mamère s'est montré encore plus véhément: "Si le PS, sous la pression d'Areva et du lobby nucléaire, décide de changer d'avis, cela va changer la donne pour nous et on ne peut pas construire l'avenir et un pacte majoritaire avec des gens qui renient leur parole".

Le conseiller de Cécile Duflot, Jean-Vincent Placé, a pondéré ces critiques en expliquant que l'accord "n'est pas non plus une Bible. Nous pouvons discuter de la précision, si précision il doit y avoir. Nous le ferons dans les jours qui viennent", a-t-il poursuivi, mettant l'intervention d'Areva sur le compte du "lobbying" habituel de la filière nucléaire. L'accord doit être avalisé par le Conseil fédéral d'EELV samedi.

Le PS demande du temps

Le paragraphe incriminé "ne fait pas l'objet d'un désaccord" entre les deux partis, a assuré à l'AFP Benoît Hamon, le porte-parole du PS, mais "d'une différence d'interprétation". Il a donc été "retiré de l'examen du Bureau national", ce "le temps de clarifier l'interprétation qu'on en faisait avec nos partenaires". Les négociateurs socialistes Guillaume Bachelay et Michel Sapin vont "en reparler avec leurs partenaires d'EELV".

Delanoë et Collomb contre l'accord. Le maire de Paris Bertrand Delanoë a dénoncé des "parachutages" et des "tripatouillages" dans un accord qui réserve 60 circonscriptions aux écologistes, et qui a été validé mardi soir par 33 voix contre cinq par le bureau national du PS, dans une ambiance tendue. En cause, l'annonce de la candidature de Cécile Duflot dans la 6e circonscription, à cheval sur les XIe et XXe arrondissements, détenue depuis 2002 par la socialiste Danièle Hoffman-Rispal. Cette dernière a annoncé sur le site de L'Express qu'elle se battra pour conserver son siège contre un parachutage "inacceptable et immoral". Même réaction à Lyon où le maire PS Gérard Collomb n'entend pas céder la première et la neuvième circonscription à des candidats écologistes.

MOX : les diktats des lobbyistes tournent-ils à la farce ?

 
 
babelouest

Les collusions des gens de droite avec les groupes industriels font partie du paysage politique : chacun en a l’habitude. C’est d’autant plus logique, que des dirigeants de grands groupe font la navette entre le public et le privé : ce qu’on appelle le pantouflage. Souvent, il s’agit des lauréats des Grandes Écoles, comme on les appelle : les X-Ponts, les X-Mines, les Énarques, toutes gens qui se serrent les coudes.

Or hier, le site Médiapart nous a révélé qu’un accord, signé après d’âpres discussions entre Martine Aubry et Cécile Duflot, a été modifié après cette signature sur l’insistance de Henri Proglio, le patron d’EDF. C’est la version modifiée, et donc non valable, qui a été apportée au bureau du PS pour approbation.

De quoi parlait le paragraphe retiré du texte ?

- Une reconversion à emploi constant de la filière du retraitement et de fabrication du MOX, et des moyens de stockage des différents types de déchets notamment le laboratoire de Bure, en centres d’excellence du traitement des déchets et du démantèlement.

En somme, il s’agissait d’acter la mort de la filière MOX, ce mélange entre de l’uranium ordinaire et du plutonium extrait des déchets des centrales. Car le plutonium, plutôt à usage militaire en raison de sa dangerosité, se forme naturellement en petites quantités dans les centrales de production électrique. Malgré tout, à force ce métal est trop produit, et c’est une façon de le recycler. Dans une centrale où il est réutilisé, il s’en dégrade un peu, mais à partir de l’uranium il s’en reforme d’autre, un peu moins. On ne peut pas s’en débarrasser malgré ce recyclage qui coûte très cher. Deux usines en France produisent ce MOX : La Hague, très connue pour ses départs de convois de déchets qui retournent après traitement dans les pays d’origine, et Marcoule, qui en fait un peu aussi. Jusqu’à présent le Japon en achetait un peu, entre autres pour le réacteur 3 de Fukushima Daiichi. Bien entendu, c’est fini.

Quels pouvaient être les prétextes de Proglio, pour se prévaloir de mettre le hola à l’arrêt de la filière ? Cela mettrait au chômage deux millions de personnes. Il a probablement beaucoup gonflé les chiffres. D’autant que ces personnes pourraient être employées dans la mise en place accélérée d’autres sources d’énergie, plus propres, entraînant beaucoup moins de pertes de transport puisque situées plus facilement près des lieux d’utilisation. Actuellement, un dixième de la production est dissipée par effet Joule dans les réseaux électriques.

Hypothèse : EDF n’a pas intérêt à voir les écologistes réussir à se constituer un groupe parlementaire à l’Assemblée.

En tout cas, cela confirmerait que vis-à-vis du PS les Grands Corps ont autant d’influence que vis-à-vis de la droite. Et que voter Hollande ou Sarkozy ou Le Pen au second tour aboutirait au même résultat qu’actuellement. Chacun sait ce qu’il en est de la Grèce et de l’Italie : désormais, sauf si tous les citoyens se ressaisissent, c’est notre tour, une fois les élections passées.

Tout le monde est libre de son choix : maintenant on sait ce que, de toute façon, il ne faut pas faire.


PS-EELV: le Mox ne pose plus de problème pour 2012

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La fuite nucléaire du Mox a été réparée et l'accord électoral est scellé. C'est ce qu'assurent en coeur le Parti socialiste et Europe écologie les Verts ce jeudi après-midi via un communiqué en guise d'explication de texte cosigné par Michel Sapin (PS) et Jean-Vincent Placé (EELV), qui ne fachera plus personne.

Le Parti socialiste, qui avait biffé de l'accord toute référence à l'arrêt de la filière de retraitement et de production du combustible, obtient gain de cause. Les emplois dans les deux sites de production, La Hague et Marcoule, sont donc préservés. Mais pour un temps seulement, celui de la prochaine mandature. Les écologistes trouvent eux aussi satisfaction en voyant écrit noir sur blanc la diminution de cette activité à moyen terme. "Il est prévu dans l'accord, que la part du nucléaire dans la production d'électricité en France passera à l'horizon 2025 de 75% à 50 %. En conséquence et concomitamment avec cette diminution, la quantité de combustible nécessaire à l'approvisionnement des centrales en activité sur notre territoire, ainsi que les besoins de retraitement de ces combustibles se poursuivront mais diminueront. C'est pourquoi il est prévu d'accompagner cette évolution progressive,  d'un plan de reconversion permettant de maintenir le nombre d'emplois, par la mise en oeuvre de centres d'excellence du traitement des déchets et du démantèlement."

Le communiqué espère mettre fin à la cacophonie en affirmant: "Tel est la lettre et l'esprit de l'accord que nous avons conclu. Toute autre interprétation ne saurait prévaloir." Mais rien n'est moins sûr. Car au-delà de l'anecdote de cette cuisine électorale, le question de fond demeure sur le nucléaire et l'avenir de la filière française."Le PS et François Hollande restent dans une logique de relance de la croissance et de la production. Nous, nous portons un modèle qui tend vers la sobriété, la protection des ressources et donc la sortie du nucléaire", souligne Pascal Durand, porte-parole d'EELV. Mais là encore, les deux partis ont préféré esquiver le débat pour éteindre l'incendie.

Lire le communiqué PS-EELV

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Edité par T 34 - 18 Nov 2011 à 14:49
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Nov 2011 à 18:03

Alchimie

Si les alchimistes ont d’une manière générale échoué 
à changer le plomb 
en or, les écologistes ont réussi pour partie à changer le plutonium en circonscriptions. Il est sans doute bien légitime, voire salutaire de débattre de l’avenir énergétique de la France et donc du nucléaire, mais en faire une monnaie d’échange, dans une négociation au sommet entre chefs de parti, ce n’est peut-être pas la manière la plus démocratique dont 
on puisse rêver, comme la meilleure voie pour faire 
de la politique «autrement» 
et avec les citoyens. 
D’autant que 
cet accord, qu’on 
le dise apocalyptique ou minimaliste, 
ne nous dit en rien 
de combien de poireaux et de carottes, biologiques bien sûr, les écologistes ont payé ce qui risque bien d’être un alignement sur ce qui se dessine actuellement de la politique du PS au nom de la rigueur et quelle que soit la manière dont il présente le plat. Rien d’étonnant alors si la droite en fait ses choux gras. Le parc 
de réacteurs de 2025 et le tout-nucléaire c’est important, mais tout pour les marchés, 
c’est maintenant.

Maurice Ulrich

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Nov 2011 à 18:40

Areva va supprimer 1.300 postes en Allemagne-Spiegel

Areva envisage de supprimer 1.300 postes en Allemagne en réaction à la décision de Berlin de sortir du nucléaire d'ici à 2022, rapporte l'hebdomadaire Der Spiegel.

Le spécialiste français du nucléaire devrait annoncer ces suppressions de postes en décembre, ajoute le journal sans citer de sources.

Le Figaro a rapporté en octobre qu'un plan stratégique actuellement en préparation chez Areva qui sera présenté début décembre se traduirait par 3.000 à 4.000 suppressions d'emplois.

La société compte près de 48.000 salariés, dont 30.000 en France et 5.700 en Allemagne.

Une porte-parole d'Areva s'est refusé à tout commentaire samedi.


L’emploi sous tension chez Areva 

Après les révélations sur les suppressions d’emplois en Allemagne, le gouvernement tente de rassurer sur les effets de la stratégie financière qu’il impose au groupe.

«Je ne pense pas qu’il puisse y avoir en France, en ce moment, des suppressions d’emplois chez Areva », a déclaré hier Éric Besson, ministre de l’Industrie, sur LCI. Par ailleurs, il n’a pas démenti une information du magazine allemand Der Spiegel publiée samedi, selon laquelle Areva va supprimer 1 300 emplois en Allemagne et fermer deux sites. L’hebdomadaire a précisé qu’Areva devrait rendre publique ces décisions le 13 décembre à Paris, à l’occasion de la présentation de son plan stratégique. La direction du groupe a déjà fait part de son intention de fermer le site de Dessel, en Belgique.

Né en 2001 de la fusion de la Cogema et de Framatome, Areva est à 87 % dans le giron public, avec pour principaux actionnaires le commissariat à l’Énergie atomique (73 %) et l’État (10,2 %), et est présent sur toute la filière, de la production d’uranium au traitement des déchets en passant par la construction de réacteurs.

Le plan stratégique qui sera présenté par le nouveau président du directoire d’Areva, Luc Oursel, le 13 décembre, visera à mettre en œuvre les orientations fixées par le gouvernement, stipulées dans une lettre envoyée à la direction du groupe et signée par le ministre des Finances, François Baroin, et révélée par le site Internet Owni. Dans ce texte, Nicolas Sarkozy et son équipe demandent au directoire d’atteindre « une marge opérationnelle à deux chiffres », très élevée, « le plus rapidement possible ». Il est également vivement suggéré d’envisager la « cession de la participation d’Areva » dans le groupe minier Eramet ainsi que l’ouverture du capital de sa filiale minière.

Intervenant dans le débat sur l’avenir du nucléaire en France, à la suite des ratés de l’accord conclu entre le PS et Europe Écologie-les Verts, le comité européen d’Areva, représentant les salariés du continent du groupe, dans un communiqué publié jeudi dernier, indique, particulièrement à l’adresse de sa direction et du gouvernement : « Nous ne voulons pas être vendus à la découpe ni démantelés, ni considérés comme des charges financières et des chiffres. Nous ne serons pas la variable d’ajustement qui vise à assurer une rentabilité à deux chiffres pour les actionnaires (demandée par l’État et qui semble avoir oublié la dimension sociale et humaine du groupe). (…) Nous déplorons tous la financiarisation et la profitabilité indécente qui se profilent sur notre activité. » Les enjeux sont ainsi clairement définis.

Pierre Ivorra



Edité par T 34 - 23 Nov 2011 à 21:52
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 22 Nov 2011 à 20:02

Le double langage de Nicolas Sarkozy sur le nucléaire civil

Le président de la République s'est positionné ce mercredi en défenseur de la filière nucléaire française. Mais son gouvernement, principal actionnaire d'Areva, pousse le groupe à améliorer sa rentabilité, avec des suppressions d'emplois à la clé. Décryptage.

Nicolas Sarkozy n'est pas candidat à sa succession. Mais il fait campagne et est prêt à saisir toutes les boulettes de ses concurrents pour en tirer avantage. La preuve avec le nucléaire. Le président de la République est revenu sur l'accord électoral PS-EELV et la question de l'avenir de la filière nucléaire française, ce mardi, en marge de sa visite à Toulouse pour le cinquantième anniversaire du Centre national d'études spatiales (CNES).

Nucléaire = progrès pour Sarkozy

Prompt à tous les raccourcis, le chef de l'Etat a affirmé: "J'ai la tristesse d'entendre de plus en plus de discours remettant en cause l'idée même du progrès, y compris dans des domaines jusqu'à présent incontestés de notre pays, qui faisaient l'objet d'un consensus politique entre la gauche et la droite", comme s'il y avait eu un débat public sur la place du nucléaire dans notre pays. "Comment comprendre autrement la remise en cause de notre programme nucléaire? C'est un sujet grave, car il implique la remise en cause d'un secteur industriel tout entier, ainsi que des centaines de milliers d'emplois", a-t-il déclaré, en guise de hors d'œuvre à sa visite de vendredi à l'usine d'enrichissement d'Areva du Tricastin, qui fournit un des composants du Mox.

2900 suppressions d'emploi chez Areva?

Affirmant que "le rôle d'un chef d'Etat, c'est de protéger les intérêts stratégiques d'un pays sur le long terme, que ça soit pour le spatial, que ça soit pour le nucléaire", Nicolas Sarkozy a pour autant éviter de parler du plan social qui s'annonce chez Areva, dont l'Etat contrôle 87%. Ce plan social, attendu dans un mois mais éventé ce matin par l'AFP, qui prévoirait de supprimer 2.700 à 2.900 emplois, dont 1.000 à 1.200 en France, a été démenti en urgence par la direction du groupe nucléaire. Le président du directoire 'Areva, Luc Oursel, est même convoqué mercredi par François Baroin, ministre des Fiannces en charge du dossier.

Baroin veut une "marge opérationnelle à deux chiffres"

Il n'empêche. Dans une lettre de François Baroin adressée à Luc Oursel et rendue récemment publique par Owni, le ministre des Finances demande bel et bien au groupe d'atteindre "une marge opérationnelle à deux chiffres", avec des cessions de participations et des rationalisations.

Avant la fuite du jour rendue publique par l'AFP, le Figaro avait rapporté en octobre que le plan stratégique se traduirait par 3.000 à 4.000 suppressions d'emplois. La semaine dernière, l'hebdomadaire allemand Der Spiegel écrivait qu'Areva envisageait de supprimer 1.300 postes en Allemagne en réaction à la décision de Berlin de sortir du nucléaire d'ici à 2022.

François Baroin a beau affirmé ce mardi que "l'Etat est attentif à l'impact sur l'économie réelle du ralentissement économique, de ce qui se passe dans la zone euro ; l'Etat n'acceptera pas que les ajustements économiques, les plans stratégiques d'une entreprise où l'Etat se trouve en position d'actionnaire se fasse au détriment de l'emploi", les nuages s'accumulent bien sur la filière française du nucléaire.

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