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Syrie

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 Jun 2012 à 18:12

La déclaration soupçonnable de l’ONU sur la Syrie : un pays en état de guerre ou de guerre civile ?

 
 
Fida DAKROUB

Pendant que les Ponce Pilate du Conseil de sécurité se lavent les mains du sang de l’initiative de monsieur Kofi Annan, la frontière de la Syrie avec le Liban et la Turquie se transforme en un champs de bataille, où des milliers de combattants étrangers – venus d’Afghanistan, de Libye, de Bosnie, de Tchétchénie et des émirats et sultanats arabiques – s’infiltrent et se déploient tout au long de la frontière, appuyés par des milliers de mercenaires arabo-atlantiques.

Généralités

En effet, il devient de plus en plus clair que les maîtres de la guerre impérialiste contre la Syrie veulent, à tout prix, renverser le rapport de force établi en faveur du gouvernement syrien par suite à la chute de l’émirat islamiste de Baba Amr en mars dernier. Toutes les données du terrain, accumulées récemment, indiquent que la crise syrienne se dirige vers une exacerbation militaire menant certainement non à une guerre civile, comme le souhaitent les impérialistes, mais plutôt à l’écroulement du temple de Dagon [1] sur la tête de Samson et des Philistins à la fois.

De la déclaration soupçonnable de l’ONU

Finalement, après quinze mois de violences, de terrorisme et d’ingérences arabo-atlantiques dans les affaires internes de la Syrie, le secrétaire de l’ONU pour les affaires du maintien de la paix, monsieur Hervé Ladsous, a déclaré le 12 juin que la Syrie « est en état de guerre civile » [2].

Pourtant, avant de se laisser prendre par la « constatation glorieuse » de M. Ladsous, il sera mieux d’observer de près ses mots, pour dévoiler ce qui se cache et se prépare pour la Syrie dans les coulisses de l’ONU et de la Sainte-Alliance arabo-atlantique. D’ailleurs, vue de sa surface, la déclaration de M. Ladsous dément, finalement, la propagande arabo-atlantique qui nous éblouit, depuis quinze mois, par des mensonges concernant la nature pacifique et « transcendantale » des « moines-saints » de la prétendue « révolution » syrienne. Malheureusement, après tant de victimes et de sang coulé sur les chemins de la conjuration impérialiste contre la Syrie, l’ONU admet que le conflit se déroule « désormais » entre deux parties armées « des dents jusqu’aux talons ». Honnêtement, M. Ladsous mérite un grand merci de la part du peuple syrien pour sa « constatation glorieuse » ! Cependant, notre état d’exaltation ne tarde pas à s’évaporer, étant donné que tout sentiment d’extase est condamné par sa courte durée. Vue de son profond, cette déclaration cache de mauvaises intentions, et prépare pour des jours sanglants en Syrie.

Premièrement, nous devons partir du fait que depuis le début des violences, la position de l’ONU envers la Syrie était doutée ; et qu’à plusieurs reprises, le secrétaire général de l’ONU, monsieur Ban Ki-moon, a fait des déclarations biaisées concernant ce pays, surtout sa réaction envers les attentats terroristes qui avaient frappé au cœur de Damas. Malheureusement, même si ces attentats terroristes portaient les « empreints digitaux » d’Al-Qaïda [3], M. Ki-moon angélisait les groupes armés de l’ « opposition », qui terrorisaient les civiles, en les traitant d’abord comme « avant-garde » des « révolutions printanières », puis en diabolisant les forces de sécurité qui défendaient le pays contre l’infestation terroriste, enfin en incriminant le président Bachar al-Assad de tous les vices des fils d’Adam. Ainsi, monsieur le secrétaire général s’est précipité à la rencontre de la Sainte-Alliance dans sa campagne contre la Syrie.

Deuxièmement, les multiples visites en Syrie de l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe, monsieur Kofi Annan, et le déploiement des observateurs de l’ONU ont été utilisés de la part de la Sainte-Alliance dans le but d’atteindre un seul objectif : offrir aux groupes armés et aux combattants étrangers le temps nécessaire, dont ils avaient besoin, pour qu’ils pussent se réorganiser, s’armer – cette fois-ci lourdement – et s’infiltrer de nouveau dans le pays à travers la frontière avec le Liban et la Turquie. Il faut mentionner ici que le Nord du Liban s’est transformé récemment en une sorte d’émirat salafiste [4], fournissant les insurgés syriens d’un arrière-front sûr et sécurisé [5]. La preuve en est que depuis le cessez-le-feu du 12 avril, les groupes armés ont pris contrôle de grandes parties de la Syrie et du Nord du Liban, et ont réussi à y chasser l’armée syrienne et l’armée libanaise, comme l’a indiqué monsieur Hervé Ladsous [6]. En plus, maintenant que les groupes armés ont renforcé leurs rangs, appuyés par des milliers de terroristes et de mercenaires étrangers, la Sainte-Alliance et sa chouette [7], le Conseil national syrien (CNS), annoncent la mort de l’initiative de M. Annan, sans prendre la peine de l’ensevelir.

Troisièmement, le gouvernement syrien a exprimé son « étonnement » de la déclaration soupçonnée de M. Ladsous, et l’a considérée comme violation de la neutralité attendue des responsables de l’ONU. Un communiqué du ministère des Affaires étrangères a souligné que la Syrie avait attendu et attend des responsables de l’ONU de traiter avec objectivité et neutralité les derniers développements en Syrie notamment après le déploiement des observateurs internationaux dans la plupart des gouvernorats syriens : « Parler d’une guerre civile en Syrie ne s’harmonise pas avec la réalité et se contredit avec les orientations du peuple syrien, car ce qui se passe en Syrie est une guerre menée contre les groupes armés qui avaient choisi le terrorisme comme voix pour réaliser leurs buts et leur complot contre l’avenir du pays », précise le communiqué [8].

En tenant compte des trois points mentionnés ci-devant, la déclaration de M. Ladsous tombe sous le filet de soupçon.

À quoi bon ces niaiseries et ces mensonges officiels !

Vous connaissez suffisamment la propagande impérialiste pour saisir le ridicule de cette déclaration a priori hostile à la Syrie.

État de guerre ou état de guerre civile ?

En déclarant que la Syrie est en état de guerre civile, le secrétaire de l’ONU crée une image mensongère de ce qui se passe sur le terrain et vise à atteindre plusieurs objectifs :

premièrement, parler d’une guerre civile falsifie la réalité que la Syrie est en état de guerre contre les groupes terroristes d’Al-Qaïda et du wahhabisme ; jadis considérés comme l’ennemi le plus dangereux des puissances occidentales, aujourd’hui vus par ces même puissances comme des « messies sauveurs » des peuples arabes.

deuxièmement, l’emploi du terme « guerre civile » donne l’impression que le gouvernement syrien est tombé et que le régime s’est écroulé. En plus, cet emploi crée une sorte de panique parmi la population syrienne en prétendant que le pays se trouve désormais divisé et déchiré par des groupes belligérants : les « voyous » du régime, d’un côté, et les « saints » de l’opposition, de l’autre côté.

troisièmement, la déclaration de M. Ladsous nie à la Syrie son droit et son devoir – conformes à la loi internationale – à éradiquer le terrorisme et à faire face à la tuerie, à l’enlèvement, aux explosions et aux agressions contre les établissements étatiques et privés. Selon la loi internationale et l’entente initiale avec l’ONU le 19 avril 2012, il est du devoir des autorités syriennes « de faire face à ces crimes et d’imposer leur autorité sur tous les territoires syriens » [9] .

quatrièmement, cette déclaration offre à la Sainte-Alliance une excuse tant attendue pour intervenir militairement en Syrie sans revenir au Conseil de sécurité ; tout en justifiant son agression en déclarant que la situation en Syrie ressemble, du côté humanitaire, à celle de Bosnie dans les années 90. Ceci crée, en effet, un scénario hollywoodien qui permettrait à l’OTAN et à ses alliés arabiques – les monarchies despotiques obscurantistes de la péninsule Arabique – d’intervenir sous le prétexte douté de « Responsabilité de protéger » (R2P).

Tragiquement, l’application d’une telle responsabilité en Libye a entraîné à la démolition totale du pays et à son retour à l’âge de la pierre [10].

cinquièmement, dire que la Syrie est entrée en état de guerre civile vise d’une part à « démentir » le fait que la majorité du peuple syrien soutient son gouvernement dans sa guerre contre le terrorisme, et d’autre part à donner l’impression que les Syriens se déchirent par leurs appartenances ethniques, religieuses et confessionnelles ; ce qui préparerait au découpage de la Syrie en plusieurs États-Religions, États-Confessions et États-Ethnies.

sixièmement, en tenant compte des points mentionnés ci-devant, la Sainte-Alliance arabo-atlantique se trouverait libérée de toute obligation envers la loi internationale, et se donnerait le droit d’envoyer ses arsenaux et ses mercenaires directement aux groupes armés, sans craindre la « colère » de Zeus de l’ONU, monsieur Ban Ki-moon, sous prétexte que l’État syrien se serait écroulé, et que les « voyous » alaouites du régime auraient égorgé la majorité sunnite ; un scénario qui avait été bien joué en Somalie, en Bosnie et au Kosovo. A fortiori, les groupes armés ont déjà reçu, au cours des deux derniers mois, des armes modernes et sophistiquées, anti-char et anti-avion, ainsi que des batteries d’artillerie lourde, en provenance des monarchies obscurantistes arabiques et des puissances impérialistes, dans le but de détruire la suprématie de l’armée syrienne [11], ce qui permettrait aux groupes terroristes d’occuper et de maintenir des « zones libres » tout au long de la frontière avec le Liban et la Turquie, et à proximité des grandes villes, surtout aux rifs de Damas et d’Alep [12].

Nous trouvons utile d’ouvrir ici les parenthèses et de nous demander pourquoi la Sainte-Alliance arabo-atlantique n’applique pas sa « Responsabilité de protéger » (R2P) lorsqu’il s’agit de l’égorgement du peuple palestinien par la soldatesque israélienne ? Nous fermons les parenthèses.

La Syrie en état de guerre contre le terrorisme

Tout le monde sait maintenant qu’une nouvelle « Sainte-Alliance » a été conclue il y a déjà une quinzaine de mois entre l’impérialisme étasunien, le colonialisme européen, l’islamisme turc et l’obscurantisme arabique. Les principes divins d’une telle alliance ont été déjà appliqués dans la campagne arabo-atlantique contre la Syrie. L’âme éternelle de cette alliance de messies libérateurs c’est l’absolutisme arabique. En revanche toute la campagne politique et diplomatique, ainsi que l’armement des groupes terroristes et l’infiltration des milliers de mercenaires dans le territoire syrien se reposent sur les épaules des émirats et sultanats arabiques. Ajoutons à ces efforts de guerre, l’expulsion des ambassadeurs syriens des pays occidentaux [13], les sanctions économiques occidentales et arabiques contre le peuple syrien [14], les menaces d’intervention militaire, la propagande arabo-atlantique contre le gouvernement syrien, les attentats et les massacres terroristes contre les civils et les établissements de l’État, nous pourrions en citer encore des douzaines, sans parler des attaques terroristes contre les communautés minoritaires à l’instigation de l’agitation sectaire religieuse et confessionnelle, diffusée par les médias arabiques, tous ceux-ci constituent des actes de guerre contre la Syrie et le peuple syrien.

Dans ce contexte, Faisal al-Qudsi, fils de l’ancien chef d’État syrien Nazim al-Quds, affirme que les sanctions économiques ne touchent pas seulement le régime mais tout le pays : « Depuis avril, il n’y a plus de tourisme, cela représentait 15 % du PIB. Depuis novembre, les exportations de pétrole ont cessé, et cela représentait 30 % du PIB. À cause des sanctions sur les produits exportés par la Syrie, ces produits peuvent seulement être exportés en Jordanie, en Irak et au Liban » [15] , détaille dans une interview à BBC World Service.

Toutes les données mentionnées ci-devant indiquent que l’objectif principal de la Sainte-Alliance arabo-atlantique est de détruire la Syrie et de la découper en plusieurs pièces de puzzle ethnique et religieux.

Le sort du village de Macondo

Ceci dit, il nous reste à dire aux naïfs du monde arabe qui se laissent prendre comme des marionnettes aux mains des puissances impérialistes, qui croient et se font croire encore que le conflit en Syrie se déroule vraiment entre des messies libérateurs de la prétendue « révolution » syrienne et des démons du régime, nous leur disons : « Dormez-vous bien ! Ayez de beaux rêves ! Demain, vous vous rendrez compte avec Aureliano [16] que tout était prédit dans les parchemins de Melquiades [17], et que l’histoire du soi disant « Printemps arabe » était déjà écrite à l’avance dans les coulisses de l’impérialisme mondial ; vous comprendrez alors que votre propre histoire, faisant partie de l’histoire de l’humanité, s’achève là et avec vous ; c’est le sort du village de Macondo [18].

Fida Dakroub, Ph.D.

Pour communiquer avec l’auteure : http://bofdakroub.blogspot.com/

Docteur en Études françaises (UWO, 2010), Fida Dakroub est écrivaine et chercheure, membre du « Groupe de recherche et d’études sur les littératures et cultures de l’espace francophone » (GRELCEF) à l’Université Western Ontario. Elle est l’auteur de « L’Orient d’Amin Maalouf, Écriture et construction identitaire dans les romans historiques d’Amin Maalouf » (2011). Fida Dakroub est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.

Cet article a été publié initialement sur Mondialisation.ca

L’adresse url de cet article est : www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=31438

Droits d’auteurs Fida Dakroub, Mondialisation.ca, 2012

[1] Dagon est un important dieu des populations sémitiques du Nord-Ouest. Il est le dieu des semences et de l’agriculture et fut révéré par les anciens Amorrites, les habitants d’Ebla, d’Ougarit et fut un des dieux principaux des Philistins.

[2] Russia Today. ( 13 juin 2012). Syria now in state of civil war – UN. Récupéré le 13 juin 2012 de http://www.rt.com/news/syria-civil-war-un-669/

[3] Russia Today. (17 février 2012). Guns & Glory in Syria : Al-Qaeda, US recipe for disaster. Récupéré le 13 juin 2012 de http://www.rt.com/news/syria-opposition-al-qaeda-us-567/

[4] CBS News. (2 juin 2012). “Pro and anti-Syrian groups clash in north Lebanon”. Récupéré le 13 juin 2012 de http://www.cbsnews.com/8301-501713_162-57446010/pro-and-anti...

[5] Russia Today. (4 juin 2012). Clandestine intervention fuels Syrian conflict. Récupéré le 13 juin 2012 de http://www.rt.com/news/syria-intervention-don-debar-986/

[6] « Syria now in state of civil war – UN », loc. cit.

[7] Dans les croyances populaires, la chouette est, comme le hibou, un oiseau nocturne et inquiétant, qui porte malheur et annonce la mort, rend triste celui qui regarde dans son nid, hypnotise les promeneurs ou jette des sorts aux chasseurs.

[8] SANA. (13 juin 2012). Le ministère des AE : les déclarations de Ladsous sur une guerre civile en Syrie ne se conforme pas avec la réalité. Récupéré le 13 juin 2012 de http://www.sana.sy/fra/51/2012/06/13/424993.htm

[9] loc. cit.

[10] Russia Today. (19 octobre 2011). ‘NATO has bombed Libya back to Stone Age’. Récupéré le 14 juin 2012 de http://www.rt.com/news/nato-libya-machon-former-219/

[11] al-Akhbar. (8 juin 2012). سوريا | تحشيد دبلوماسي يمهّد لتصعيد ميداني تطال شظاياه شمال لبنانسوريا تودّع أنان : استعدادات لمواجهة دامية. Récupéré le 14 juin 2012 de http://al-akhbar.com/node/95024

[12] Hörstel, Christoph R. (14 juin 2012). Terror zone shift : Syrian insurgents ’try to set up new belt of strongholds’ (Op-Ed). Russia Today. Récupéré le 14 juin 2012 de http://www.rt.com/news/syria-insurgents-new-strongholds-757/

[13] Barluet, Alain. (30 mai 2012). Les Occidentaux expulsent les ambassadeurs syriens. Le Figaro. Récupéré le 14 juin 2012 de http://www.lefigaro.fr/international/2012/05/29/01003-201205...

[14] Le Monde. (19 février 2012). L’économie syrienne se désagrège sous l’effet des sanctions internationales. Récupéré le 14 juin 2012 de http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/02/19/l-eco...

[15] loc. cit.

[16] Dans « Cent ans de solitude » de Gabriel Garcia Marquez, Aureliano est le fils d’Aureliano Babilonia et de la tante de ce dernier, Amaranta Ursula. Il naît avec une queue de cochon. Laissé sans surveillance par son père suite au décès de sa mère en couche, il meurt très peu de temps après sa naissance dévoré par des fourmis.

[17] Dans « Cent ans de solitude » de Gabriel Garcia Marquez, Melquiades est un prophète gitan qui se lie d’amitié avec le premier Buendia. Ensemble ils cherchent la pierre philosophale. Melquiades est déclaré mort mais revient chez les Buendia où il écrit des parchemins. Il hante toujours la maison, et ses écrits racontent toute la malédiction des Buendia.

[18] Macondo est un village fictif dans le roman « Cent ans de solitude » de Gabriel Garcia Marquez. perdu quelque part dans une jungle de l’Amérique du Sud. Dans son isolement, Macondo vit au début dans un monde orienté vers la magie sous l’influence des gitans qui détiennent le savoir


La mission d’observateurs de l’ONU en Syrie est suspendue temporairement

Damas, 16 juin, (RHC).- Le général Robert Maud, le chef de la mission d’observation de l’ONU en Syrie, a annoncé à Damas, la suspension temporairement des travaux de celle-ci, suite au regain des actions militaires dans ce pays.

Il a précisé que la suspension sera analysée jour par jour et la reprise des opérations dépendra de la situation dans le pays.

Le militaire norvégien a signalé que le regain de la violence armée, entrave le travail des observateurs, l’appui à un dialogue entre les parties et les projets de stabilisation.

Le gouvernement syrien a fait savoir que les groupes armés ont renforcé leurs actions contre les forces de l’ordre, la population et les propriétés publiques et privées, avec l’appui des puissances occidentales.

Source

Mood suspend sa mission. Et après ?

Par Louis Denghien, le 17 juin 2012 

La mission du général Mood était vouée à l'échec, mais la Syrie devait néanmoins jouer le jeu

La décision annoncée samedi après-midi par le général Mood de suspendre « jusqu’à nouvel ordre » les déplacements des observateurs, qui resteront désormais dans leurs hôtels et quartiers, est une demi-surprise. Quelques heures plus tôt, dans une conférence de presse, le chef de la mission d’observation de l’ONU en Syrie avait déploré que ses casques bleus ne puissent exercer leurs attributions vu l’accroissement des violences, qu’il attribuait prudemment aux deux parties. Le ministère syrien des Affaires étrangères a dit comprendre la décision du général norvégien.

Un échec annoncé, mais une étape nécessaire

On l’a déjà dit, mais à partir du moment où l’opposition CNS/ASL, pour ne pas parler des islamistes les plus durs, restait accrochée à son objectif de renversement complet du régime et où ce dernier n’avait aucune intention de laisser les groupes armés étendre leur influence, le cessez-le-feu était condamné dès l’origine. Et, de fait, la proclamation de celui-ci, le 12 avril, n’a vu aucun arrêt des attaques des groupes d’opposition, et assez tôt le gouvernement a pu annoncer des centaines de violations de la trêve par l’ASL. Les embuscades, attentats, assassinats se sont poursuivis à un rythme de plus en plus soutenu, et l’armée, qui a perdu des centaines d’homme depuis deux mois, a dû riposter, et s’efforcer de maintenir l’autorité de l’État dans ses villes et ses provinces. Plus le temps passait, plus le cessez-le-feu tournait à la farce tragique. Fin mai, le massacre de Houla, dont l’ONU tarde toujours à attribuer la responsabilité, a servi de prétexte à l’ASL pour dénoncer un rêve jamais respectée par elle. Peu après, le 3 juin, dans un discours prononcé devant le nouveau parlement syrien, Bachar al-Assad sifflait, en quelque sorte, la fin de la récréation – ou de la fiction du cessez-le-feu – en disant que son pays était confronté à une vaste offensive terroriste, et que celle-ci serait combattue jusqu’à la victoire.

On résumera les réactions occidentales à cette annonce du général Mood par celle des États-Unis qui ont parlé de « moment critique » et ont annoncé de prochaines consultations avec ses alliés « sur les prochaines étapes à suivre pour la mise en oeuvre d’une transition politique menée par les Syriens« . On n’a pas encore de réaction russe ou chinoise, mais ce n’est pas cet épisode qui va dissuader Moscou d’organiser sa conférence internationale « rééquilibrée » sur la Syrie : le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s’est du reste entretenu du sujet avec Kofi Annan, selon un communiqué publié par le ministère russe des Affaires étrangères le 16 juin.

Certains parmi les habitués du site ont vu dès le départ dans la mission des casques bleus une manoeuvre des Occidentaux pour préserver les rebelles, en difficulté militaire, d’un désastre irrémédiable. Et sûrement les Euro-américains avaient la chose en tête. Oui, mais Russes et Chinois ont appuyé de leur côté le plan Annan pour couper l’herbe diplomatique sous le pied des Occidentaux, et tout à la fois montrer que le gouvernement syrien était prêt à jouer le jeu, et mettre l’opposition radicale au pied du mur. Moscou défend depuis des mois, au Conseil de sécurité notamment, l’idée – qui est une réalité objective – que l’opposition est responsable d’une grande partie de la violence. Elle a d’ailleurs réussi à le faire reconnaitre, dans les textes onusiens, à ses adversaires diplomatiques. Pour les Russes, la tentative d’application du plan Annan allait être une sorte de « leçon de choses » pour la communauté internationale, qui démontrerait que la mauvaise volonté n’était pas du côté où Washington et ses alliés le disaient. La démonstration n’a pas vraiment réussi, compte tenu du « bétonnage » de l’information occidentale par les milieux atlantistes, mais tout de même on a vu ceux-ci développer, au fil des dernières semaines, la thèse de la « guerre civile » menaçante en Syrie, ce qui équivalait à une reconnaissance implicite d’une réalité devenue incontournable : la présence de milliers de combattants armés résolus à ne laisser aucun répit au gouvernement.

Nous continuons de penser que Mood et ses hommes ne sont pas responsables des arrières-pensée des uns et des autres, et se sont efforcés honnêtement de remplir leur « mission impossible ». On a en tous cas pas de preuve flagrante du contraire.

Que va-t-il se passer ? Eh bien la lutte de l’armée contre les bandes va s’intensifier, avec de bonnes chances de succès. Il pourrait y avoir, dans cette lutte pour la destruction des groupes armés qui veulent le chaos s’ils ne peuvent avoir la victoire, de nouveaux succès comme celui de Haffé dans les jours à venir. Le tout étant que soient évitées au maximum les bavures sur les civils. Mais la Syrie ne peut décidément pas faire l’économie d’une victoire militaire décisive sur des forces qui sont dans une logique de révolution violente, et sont soutenues ouvertement par la Turquie et le Golfe, et à peine plus discrètement par l’axe Washington/Londres/Paris.

Source

Quien para el abuso imperial?

Qui arrête l'abus impérial ?
 


Edité par T 34 - 17 Jun 2012 à 20:47
Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 18 Jun 2012 à 19:35

Syrie : Le Frankfurter Allgemeine Zeitung confirme. Les rebelles sont responsables du massacre de Houla

 
 
Rainer Hermann

La presse française, ou des experts français comme l’ancien diplomate Ignace Leverrier qui tient le blog Un Oeil sur la Syrie sur le site du journal Le Monde, continue d’imputer aux troupes régulières et aux milices syriennes pro-Assad le massacre de Houla. Pourtant, en Allemagne, le journal Frankfurter Allgemeine Zeitung en donne une version très différente. Et depuis la parution de ce premier article signé Rainer Hermann, le site Medialens, équivalent britannique d’Acrimed, signale que la BBC est revenue en partie sur ses accusations. Cependant, le doute subsiste – Rainer n’est pas allé en Syrie lui-même disent ses détracteurs – Il revient donc sur son premier article et accentue la cohésion de son argumentation en répondant aux questions légitimes que ce massacre atroce et sa recension dans les médias suscitent. Nous relayons ici l’intégralité de son analyse, et saluons la continuité de son travail.

Encore une fois, il s’agit ici d’établir les faits les plus proches possible de la réalité vécue par les syriens afin de sauver la paix. Le peuple syrien a bien vu comme nous tous le résultat violent des ingérences au Kosovo, en Afghanistan, en Irak et en Libye. Le prétexte humanitaire servi aux médias masque mal la réalité du terrain et les intérêts en jeu : Ces interventions intéressées sont avant tout militaires et ne font que semer la mort et la destruction, toujours précédées puis accompagnées d’une propagande médiatique effrénée et partisane qui assomme les citoyens du monde entier. A Houla, la vérité n’est pas établie, et la division des membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU se retrouve dans les termes âprement discutés de ses déclarations successives à propos de ce massacre, porte ouverte à toutes les interprétations dont les médias ne se privent pas, comme le laisse aussi entrevoir l’auteur. Il est urgent de déposer les armes.

Syrie : Une élimination

paru dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 13 juin 2012

Traduction Corto pour ReOpen911

Le massacre de Houla marque un tournant dans le conflit syrien. Le public occidental accuse l’armée syrienne, en s’appuyant sur les observateurs des Nations-Unies. Cette version peut être mise en doute parce qu’elle repose sur des rapports de témoins oculaires. Selon elle, ce sont des civils insurgés sunnites qui ont été tués.

par Rainer Hermann

Le massacre de Houla a constitué un tournant dans le drame syrien. L’indignation mondiale a été énorme quand le 25 mai dernier, 108 personnes ont été tuées, dont 49 enfants. Des appels en faveur d’une intervention militaire se sont répandus pour mettre fin à l’effusion de sang, et en Syrie, la violence a dégénéré depuis, irrésistiblement. Presque unanimement, soutenue par les réseaux de diffusion d’information arabes et la visite des observateurs des Nations-Unies le jour suivant, l’opinion mondiale a accusé du massacre l’armée syrienne régulière et les milices de Schabiha proches du régime.

Le Frankfurter Allgemeine Zeitung a remis en question la semaine passée cette version basée sur des rapports de témoins oculaires. Il a informé que les civils tués étaient alaouites et chiites. Ils ont été tués à Taldou, une ville de la plaine de Houla, visée par des sunnites armés, pendant qu’autour de la localité des combats intenses avaient lieu pour contrôler des rues entre l’armée régulière et des unités de l’armée syrienne libre. Cette description a été reprise universellement par beaucoup de médias et a été rejetée par beaucoup [d’entre eux] comme peu digne de foi. A partir de là se posent quatre questions : Pourquoi à ce jour l’opinion mondiale suit-elle une autre version ? Pourquoi le contexte de la guerre civile rend-il plausible la version mise en doute ? Pourquoi les témoins [de cette version] sont-ils crédibles ? Quels autres faits soutiennent [cette] version ?

Premièrement, pourquoi à ce jour l’opinion mondiale suit-elle une autre version ? Les premiers mois du conflit, quand l’opposition n’était pas encore alimentée en armes et sans protection, toutes les atrocités mises sur le compte du régime étaient incontestées. On suppose donc que cette situation perdure. Et de plus, les médias d’Etat syriens ne jouissent plus d’aucune crédibilité. Depuis le début du conflit, ils utilisent « comme des moulin à prières » les formules toutes faites du style "groupes de terroristes armés". Ainsi personne ne les croit plus lorsque, pour une fois, c’est vraiment le cas. Ce sont les chaines satellitaires arabes Al Jazeera et Al Arabia qui a contrario sont devenues les médias grand-public. Elles appartiennent au Qatar et à l’Arabie Saoudite, deux Etats qui participent activement au conflit. Ce n’est pas sans raison que les allemands connaissent bien le dicton "à la guerre, c’est d’abord la vérité qui meurt".

Deuxièmement, pourquoi le contexte de la guerre civile rend-il plausible la version mise en doute ? Au cours des derniers mois, beaucoup d’armes ont été acheminées en contrebande vers la Syrie, les insurgés disposent depuis longtemps d’armes de moyen calibre. Chaque jour, plus de 100 personnes sont tuées en Syrie, les morts se tenant des 2 côtés de la balance. Les milices enrôlées sous la bannière de l’armée syrienne libre contrôlent les provinces d’Homs et Idlib en grande partie, et étendent leur domination à d’autres parties du pays. L’anarchie qui se répand a mené à une vague d’enlèvements criminels, en outre, elle exonère de devoir tenir une comptabilité publique [des victimes]. Tant celui qui parcourt Facebook que celui qui parle avec des Syriens connaît des histoires tirées du quotidien à propos de "nettoyages confessionnels", des gens qui sont tués seulement parce qu’ils sont Alaouites ou Sunnites.

La plaine d’Houla, principalement habitée par des Sunnites, qui se trouve entre la ville sunnite d’Homs et les montagnes alaouites, est chargée d’une longue histoire de tensions confessionnelles. Le massacre s’est produit dans Taldou, l’un des plus grands hameaux de Houla. Les noms des 84 civils tués sont connus. Il s’agit des pères, des mères et de 49 enfants de la famille al Sajjid et des deux branches de la famille Abdarrazzaq. Des habitants de la ville témoignent que les Alaouites tués sont des musulmans qui se sont convertis de l’Islam sunnite à l’Islam chiite. Eloignés de quelques kilomètres de la frontière libanaise, ils se rendent suspects de sympathies pour le Hezbollah détesté des sunnites. En outre, on compte parmi les victimes les membres qui résidaient à Taldou de la famille d’Abdalmuti Mashlab, député du parlement fidèle au régime.

Les appartements des trois familles se trouvaient dans différentes parties de Taldou. Les membres des familles ont été visés et tués à une exception près. Aucun voisin n’a été même simplement blessé. La connaissance des lieux était une condition préalable à ces "exécutions" bien préparées. L’agence de presse AP a cité l’unique survivant de la famille al Sajjid, Ali, un enfant de 11 ans, avec ces mots : « les auteurs étaient tondus et avaient de longues barbes ». Cela ressemble aux jihadistes fanatiques, pas aux milices de la Schabiha. Il a survécu parce qu’il a fait le mort et s’est enduit avec le sang de sa mère, a déclaré le jeune garçon.

Les rebelles sunnites mettent à exécution la "liquidation" de toutes les minorités

Dés le 1er avril, Mère Agnès-Mariam de la croix, du cloître jacobin ("Deir Mar Yakub") qui se trouve au sud d’Homs dans la localité de Qara, décrivait dans une longue lettre ouverte le climat de violence et de peur dans la région. Elle arrive à la conclusion, que les rebelles sunnites ont mis en oeuvre une liquidation graduelle de toutes les minorités ; elle décrit l’expulsion des chrétiens et des alaouites de leurs maisons par les rebelles, et le viol de jeunes filles qui sont remises aux mains des rebelles comme des "butins de guerre" ; elle a été témoin oculaire, lorsque des rebelles dans la rue Wadi Sajjeh, suite au refus d’un commerçant de fermer son magasin, le tuèrent dans un attentat à la voiture piégée, puis lorsque devant une caméra d’Al Jazeera ils déclarèrent que c’était le Régime qui avait commis cet acte. Enfin, elle décrit comment des rebelles sunnites bloquèrent dans le quartier de Khalidijah à Homs des otages alaouites et chrétiens dans une maison et comment ils la firent sauter, pour expliquer ensuite que c’était un crime atroce du régime.

Pourquoi les témoins oculaires syriens peuvent-ils dans ce contexte être considérés comme dignes de foi ? Parce qu’ils n’appartiennent à aucun camp du conflit, mais se trouvent entre les fronts. Ils n’ont aucun autre intérêt que de tenter encore d’arrêter l’escalade sans fin de la violence. C’est dans leur entourage que plusieurs personnes viennent juste d’être tuées. Et en conséquence, personne [parmi eux] ne va révéler son identité. Cependant, nous ne pouvons pas avoir la certitude que tous les détails se sont produits exactement comme ils sont décrits, à un moment où un contrôle indépendant de tous les faits sur place et dans leur déroulement n’est pas possible. Et bien que le massacre de Houla se soit produit selon la version décrite ici, aucune conclusion ne peut en être tirés pour d’autres atrocités. Comme par le passé au Kosovo, chaque massacre devra être examiné séparément après cette guerre.

Quels autres faits soutiennent cette version ? Le F.A.Z. n’a pas été le premier à informer d’une nouvelle version du massacre de Houla. Simplement, les autres rapports n’ont pu trouver leur place à contre courant des grands médias généralistes. Le journaliste russe Marat Musin (1), qui travaille pour la petite agence de presse Anna, s’était arrêté les 25 et le 26 mai dans Houla. Il a été en partie témoin oculaire, et a publié les déclarations d’autres témoins oculaires. En outre, le journaliste néerlandais indépendant spécialiste des questions arabes et vivant à Damas Martin Janssen a pris contact après le massacre avec le cloître jacobin à Qara, qui dans le passé a recueilli beaucoup de victimes du conflit et dont les nonnes se sacrifient dans leur action humanitaire.

Des rebelles ont décrit leur version du massacre à des observateurs des Nations-Unies

Les nonnes lui ont décrit comment, lors de ce 25 mai, plus de 700 rebelles armés, arrivés de Rastan, se sont emparés devant Taldou d’un poste de contrôle de l’armée, comment ceux-là après le massacre ont empilé les cadavres des soldats et des civils tués devant la mosquée, et comment ils ont raconté le jour suivant leur version du massacre prétendu de l’armée syrienne aux observateurs des Nations-Unies devant les caméras des télévisions favorables aux rebelles. Le secrétaire général des Nations-Unies Ban Ki-moon a annoncé le 26 mai lors du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, que les circonstances exactes n’étaient pas claires. Cependant les Nations-Unies furent quand même en mesure de déclarer "qu’il y a eu des tirs d’artillerie et de grenades. En outre, il y a eu d’autres formes de violence, parmi lesquelles des coups de feu à bout portant et des sévices sérieux".

Nous pouvons reconstituer le déroulement suivant des faits : après la prière du vendredi 25 mai, plus de 700 [rebelles] armés sous le commandement d’Abdurrazzaq Tlass et Yahya Yusuf, répartis en trois groupes qui venaient de Rastan, Kafr Laha et Akraba, ont attaqué trois postes de contrôle de l’armée autour de Taldou. Les rebelles bien supérieurs en nombre et les soldats (la plupart également sunnites) se sont livrés à des combats sanglants au cours desquels deux douzaines de soldats, principalement des engagés volontaires, ont été tués. Pendant et après les combats, les rebelles ont éliminé, aidés par des habitants de Taldou, les familles Sajjid et Abdarrazzaq. Celles-ci avaient refusé de se joindre à l’opposition.

Rainer Hermann

original : http://www.faz.net/aktuell/politik/arabische-welt/syrien-ein...

traduction : http://www.reopen911.info/News/2012/06/17/syrie-le-frankfurt...

Note de la rédaction :

(1) Le journaliste Marat Musin a aussi confirmé la présence d’officiers français sur le sol syrien, capturés par l’armée régulière et qui ont fait l’objet de négociations dont les termes sont restés secrets pour leur expulsion via le Liban.


Massacre de Houla : un journaliste de la grande presse allemande incrimine les rebelles sunnites

Par Louis Denghien, le 18 juin 2012 

C’est une pièce importante et peut-être décisive que vient de verser au dossier de la tuerie de Houla, le 25 mai, le journaliste Rainer Hermann, correspondant du grand quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung. Dans un premier article Hermann avait émis, sur la base de son enquête, l’hypothèse que les responsables de ce massacre de 108 personnes – dont 49 enfants – étaient des membres de groupes armés sunnites. Le journaliste suisse allemand, à qui des détracteurs ont reproché de ne pas s’être rendu sur place, a forgé sa conviction sur la base de témoignages d’habitants de Houla et du village voisin de Taldo, et sur le fait incontournable que les civils tués étaient membres des minorités alaouite et chiite, promises à l’extermination par les plus radicaux des insurgés sunnites qui composent le gros des « bataillons » de l’ASL. Cette conviction, Rainer Hermann vient, en partie pour répondre à ses critiques, de la réaffirmer dans un nouvel article plus étayé de la Frankfurter Allgemeine, et publié le 13 juin. Il ne sera pas facile de mette en doute cette version émise par un journaliste réputé pour sa connaissance des questions turque et arabe, et collaborateur (depuis 1998) d’un quotidien de référence allemand.
Des victimes alaouites, sympathisantes du régime et du Hezbollah
La thèse d’un massacre, puis d’une manipulation, commis par l’ASL, prend de plus en plus de consistance

En marge de ceci, qui n’est pas rien, l’alter-journaliste suisse Silvia Cattori donne sur son site, à partir d’une traduction de l’article de Hermann,  les précisions suivantes : à Taldo (ou Taldou), hameau voisin de Houla, et lieu de l’essentiel des tueries, on connait les identités de 84 victimes (dont les 49 enfants martyrs recensés) : tous appartiennent à deux familles, les al-Saijid et les Abdarrazzaq. Outre ces alaouites, qui ont « aggravé leur cas » aux yeux des tueurs islamistes par le fait qu’ils seraient passés du sunnisme au chiisme (dans sa version alaouite), on compte parmi les victimes des membres de la famille d’Abdalmuti Mashlab, député bachariste de la nouvelle Assemblée.

Silvia Cattori, traduisant l’article de Rainer Hermann, cite le témoignage de l’unique rescapé du massacre de Taldo, un enfant de 11 ans de la famille al-Saijid, Ali. Il a décrit les tueurs comme « tondus » et portant « de longues barbes« . La presse occidentale a aussitôt excipé de ce témoignage pour incriminer les sempiternels chabihas. Sauf que ce « look » – comme nous l’avons tout de suite fait remarquer – est d’avantage celui des radicaux islamistes.

Autre signe évident d’un règlement de comptes à caractère religieux sectaires, aucun habitant sunnite du village n’a été tué ou simplement agressé.

À noter que Rainer Hermann n’avait pas été le seul à mettre en cause la version quasi-officielle de l’affaire, du moins en Occident, et incriminant le régime, ses soldats ou ses milices. Le journaliste russe Marat Musin, de l’agence de presse russe Anna, a publié des témoignages oculaires accusant les rebelles, et récoltés lors de son passage à Houla les 25 et 26 mai. Et le journaliste néerlandais – habitant Damas – Martin Janssen a recueilli des informations allant dans le même sens auprès de religieuses chrétiennes du monastère Jacob de Qara ( ou Qarah, à une centaine de kilomètres au nord de Damas et à une cinquantaine au sud de Homs), refuge de nombreux civils de la région fuyant les troubles. Selon les religieuses, Houla-Taldo a été attaquée le 25 mai par 700 rebelles venus principalement de Rastan (ville située à mi-chemin de Homs et de Hama). Ceux-ci, au terme de violents combats avec des militaires défendant les accès sud de la ville, ont utilisé les cadavres de leurs victimes civiles et militaires pour une mise en scène macabre, qui a impressionné les premiers observateurs de l’ONU arrivés sur place, et quelque peu orienté le premier rapport onusien devant le Conseil de sécurité. Même si Ban Ki-moon, prudent, avait alors estimé que les circonstances du drame n’étaient pas claires, la grosse artillerie médiatique s’est aussitôt déchainée contre le gouvernement syrien.

Bref, les responsabilités de ce drame, présenté en France et ailleurs comme un nouveau « tournant » de la crise syrienne, et une nouvelle preuve du caractère « barbare » – pour parler comme Hollande et Fabius – du régime syrien, oui les responsabilités exactes de cette tuerie de civils désarmées ne sont plus douteuses. On verra si I-Télé ou L’Express se font l’écho de ce nouvel « éclairage »… En fait, c’est tout vu, la tactique, ou la praxis des médias en question consistant à « oublier » un temps des affaires devenues embarrassantes pour eux, quitte à les ressortir bien plus tard, quand la chose ne représente plus un enjeu. Il a fallu un « délai » avant que nos journalistes reconnaissent que les femmes et les enfants du charnier de Timisoara n’avaient pas été tuées par les sbires de Ceaucescu, ou que les bébés koweitiens sous couveuses n’avaient pas été débranchés par les soldats de Saddam Hussein…

Mais l’essentiel est ailleurs : des secteurs de plus en plus larges de l’opinion, occidentale et arabe, prennent conscience des mensonges des manipulateurs de l’ASL et de leurs relais journalistiques. La BBC, notamment, semble avoir évolué sur Houla. Et surtout, la direction russe est pleinement renseignée sur les tenants et aboutissants du drame de Houla. Et à partir de là, toutes les campagnes médiatico-diplomatiques de l’Ouest sont, de ce côté, nulles et non avenues !

 

Ci-dessous le lien vers le site de Silvia Cattori:
http://www.silviacattori.net/article3340.html

À propos des effectifs – et des pertes – de l’insurrection

Par Droits réservés, le 18 juin 2012 

Le n°2 du Parti social-démocrate turc formule des accusations graves - et chiffrées - à l'encontre d'Erdogan et de ses amis américains

L’OSDH et les « militants » censés témoigner de ce qu’ils voient indiquent à l’unisson que l’armée syrienne poursuit activement, ce lundi 18 juin, ses opérations cotre les positions insurgées à travers lE pays. Jusque-là, on est bien d’accord. Assez vite cependant, on se heurte au tropisme propagandiste de ces messieurs. Ainsi Reuters cite un  de ces « témoins militants », un certain Zaïd de Douma, qui prétend que lui et ses camarade ne peuvent même plus compter les morts « parce qu’il y a trop de blessés à soigner » du fait du pilonnage incessant des blindés, mortiers et hélicoptères du gouvernement. Ca n’empêche pas l’OSDH de parler de 23 morts – toutes tendances confondues – à travers tout le pays pour la matinée de lundi, ce qui relativise quelque peu le carnage décrit à Douma par le sieur Zaïd. Qui semble oublier que pour qu’une propagande soit vraiment efficace, elle ne doit pas recourir systématiquement – quotidiennement – à la surenchère et à l’hyperbole. Faute de quoi les « bombardements incessants« , les « très violents combats » et autres « massacres » virtuels finiront par faire bailler l’éditorialiste atlantiste le mieux disposé envers l’opposition syrienne.

ASL : bientôt la crise des effectifs ?

Sana rapporte que quatre terroristes – dont elle donne les noms – sont morts dans l’explosion apparemment prématurée de l’engin qu’ils tentaient de placer dans un véhicule, à Mohassan (province de Deir Ezzor). D’autre part une chaîne d’information arabe a annoncé la capture de pas moins de 400 insurgés à Douma, ce qu’il nous est impossible de vérifier. Et de son côté, le quotidien syrien al-Watan, cité par l’AFP, a indiqué dans son édition de lundi que des « centaines de terroristes » avaient été tués « ces trois dernières semaines aux portes de Damas« . Si c’est vrai, et si l’on ajoute les pertes subies par les insurgés dans la même période du côté de Lattaquié/Haffé, dans le secteur entre Idleb et la frontière turque, dans celui de Deir Ezzor, et aux frontières avec le Liban, il parait évident que l’ASL et les groupes armés de toute obédience payent le prix fort.

Justement, une question hante les esprits : combien sont-ils à l’heure qu’il est ces hommes armés, salafistes et/ou ASL, syriens ou étrangers ? « Des milliers » avons nous déjà écrit en regrettant de ne pouvoir être plus précis. Sans doute pas 10 000, mais quand même assez pour monter une opération importante comme à Houla, où jusqu’à 800 insurgés auraient participé à l’attaque des postes de l’armée – et plus tard au massacre d’une centaine de civils. Un responsable ASL rescapé de Bab Amr avait par ailleurs confié à une journaliste allemande qu’à Homs/Bab Amr, la brigade Farouq avait perdu 2 000 hommes, ce qui est possiblement exagéré. Bref, les insurgés, avec les incessants renforts étrangers transitant par la Turquie, le Nord Liban et l’Irak, ont sans doute pu maintenir assez longtemps des effectifs suffisants pour entretenir des dizaines de foyers principaux et secondaires d’insécurité. Il y a cependant des signes qu’un point de rupture pourrait intervenir bientôt dans l’ »effort de guerre » insurgé : l’armée a frappé fort depuis février, et plus encore depuis une quinzaine de jours.

Nous l’avons déjà écrit : une bonne part de l’activité des insurgés consiste en attentats à la bombe contre des institutions ou des positions de l’armée, en embuscades contre des véhicules, en assassinats ciblés. Pour faire ce genre de guerre, pas besoin d’effectifs pléthoriques, des petites équipes mobiles et formées suffisent.

Les accusations chiffrées de l’opposition turque

Quant aux contingents étrangers de l’insurrection, voici une indication qui vient d’un important dirigeant politique turc, donc assez bien placé pour apprécier cette question. Certes l’homme, Bülent Esinoglu, est le vice-président du Parti  républicain du Peuple  (CHP, social-démocrate), première formation parlementaire de l’opposition au gouvernement Erdogan et à sa politique syrienne. C’est néanmoins un responsable politique de premier plan, qui n’hésite donc pas à affirmer que la CIA a recruté pas moins de 6 000 mercenaires arabes, afghans et turcs pour le « front »  syrien. Esinoglu suppose à haute voix que l’illustre maison Blackwater, leader américain du marché de la guerre privée (qui a pratiquement « doublé » l’US Army en Irak), serait chargée du recrutement et de l’organisation de ces « affreux » à la sauce islamiste. Pour les donneurs d’ordre, le dirigeant travailliste turc ne fait pas dans l’allusion : « La guerre déclarée, par la Turquie, contre la Syrie, est dirigée par Washington et Tel-Aviv, qui ont transformé pratiquement l’armée turque en une armée de mercenaires, qui lutte pour de l’argent« .

On sait qu’Erdogan et l’AKP ont diligenté ces derniers mois une grand purge d’officiers au sein de l’armée turque, toujours dépositaire malgré son repli politique, d’une certaine tradition laïciste kémaliste. Peut-on dire pour autant que cette armée subit un processus d’islamisation sous la férule du gouvernement et avec l’appui bienveillant des Américains ? Les accusations d’Esinoglu sont récurrentes au sein de l’opposition turque, de gauche, de droite et d’ailleurs, unie par un rejet commun et sans ambigüité de la ligne Erdogan sur la Syrie. Par ailleurs, plus aucun média occidental ne fait semblant d’ignorer la présence dans les régions sud de la Turquie de centaines de volontaires islamistes internationaux. et l’on sait que l’ASL recrute tranquillement dans les camps de réfugiés syriens du Hatay – ils seraient 30 000 aux dernières nouvelles.

D’où Bülent Esinoglu tire-t-il ce chiffre de 6 000 volontaires-mercenaires ? Nous ne le savons pas, mais proférer une accusation aussi grave laisse supposer que le vice-président du CHP n’est pas « sans biscuits ».

Des "contractors" de Blackwater en Irak : un "professionnalisme" mis par la CIA et Erdogan au service de l'opposition syrienne ?

 

G20 : Face à Poutine, Obama a un difficile dossier à plaider, celui de sa politique

Par Louis Denghien, le 18 juin 2012 

Obama débarque au Mexique, avec ses préjugés sur la Syrie - et ses illusions sur la Russie

 

C’est ce lundi 18 juin que Barack Obama et Vladimir Poutine se rencontrent au Mexique pour discuter, en marge du sommet du G20, de la Syrie et de l’Iran, et aussi le déploiement du bouclier antimissile américain en Europe. Deux sujets -brûlants, surtout le premier vis-à-vis duquel Obama s’accroche à l’espoir de voir son interlocuteur évoluer, notamment dans le sens d’un lâchage de Bachar al-Assad. C’est un vain espoir, pour des raisons géostratégiques et aussi de crédibilité de la direction russe déjà évoquées sur ce site, mais les Américains, en mauvaise position en Afghanistan, décrédibilisés une fois de plus sur le dossier palestinien et incertains de l’évolution égyptienne, aimeraient se refaire une santé diplomatique sur le dos des Syriens et de là sur celui des Iraniens. Et Obama dont des porte-paroles ont fait croire que les dirigeants russes en étaient déjà à négocier une éviction de Bachar avec eux (voir notre article « France/Russie/Syrie : Fabius est-il sous cocaïne ? », mis en ligne le 15 juin) n’a pas été avare d’assurances à l’égard de Moscou, affirmant vendredi que Washington n’avait nullement l’intention de léser les intérêts de Moscou en Syrie.

On doute là encore que Poutine et Lavrov puissent se satisfaire des protestations de désintéressement démocratique et humanitaire d’une nation dont il ont eu l’occasion de voir, depuis une bonne dizaine d’années, les agissements en Afghanistan, en Irak, en Libye, et même, dans le pré carré ruse, les tentatives de déstabilisation en Ukraine et en Géorgie et dans certaines républiques musulmanes ex-soviétiques. Sans oublier l’avancée de l’OTAN – théoriquement sans raison sociale depuis l’effondrement de l’URSS –   jusqu’aux frontières baltes, polonaise, roumaine et bulgare ! Justement, à ce dernier sujet, le président russe avait réaffirmé publiquement son opposition, jeudi 14 juin, au déploiement du bouclier antimissile, se faisant même menaçant : « Tout ce qui pourrait conduire à dévaloriser notre capacité nucléaire stratégique entraînera inévitablement une réaction inappropriée« .

Dans l’immédiat, l’état-major russe a laissé entendre que deux navires de guerre russes allaient incessamment faire route vers le port syrien de Tartous, où se trouve la grande base militaire russe de Méditerranée.

Il parait que le conciliabule semi-privé de Poutine et d’Obama doit durer une heure et demie : c’est très largement suffisant pour que Poutine reprécise une nouvelle fois sa position inébranlable sur le refus de toute ingérence étrangère dans le processus politique en Syrie, et rappelle au président américain que la présentation de la crise par les Occidentaux est assez éloignée de ce que la Russie constate sur le terrain. En revanche, cela risque d’être insuffisant pour qu’Obama convainque Poutine, et de sa bonne foi, et de la nécessite de s’ »assouplir » sur la Syrie.

Source

Pilonnages & Bidonnages…

Par Guy Delorme, le 18 juin 2012 

Sur cette carte aérienne de Homs, publiée par le parlement européen le 4 février dernier, les zones tenues par les rebelles sont en ocre. Depuis , il ne doit plus guère rester que la "tache" d'al-Khaldeeye. Ca n'empêche pas un "militant" de dire à Reuters que "85%" de la ville sont bombardés le 17 juin !

Des bombardements sur les positions encore tenues par les insurgés se poursuivaient dimanche, selon l’OSDH, qui donne un bilan de 50 morts et de centaines de blessés pour la journée : les principales cibles des efforts de l’armée seraient Homs, les régions d’Idleb, d’Alep, de Hama et la périphérie de Damas. Un opposant raconte par téléphone au correspondant de Reuters à Amman que « 85% de Homs » serait soumis au pilonnage de l’artillerie et des mortiers des forces régulières : sauf que les rebelles ne contrôlent pas, et aujourd’hui moins encore qu’hier, 85% de la ville. Mais Reuters continue imperturbablement de recycler les dires, sans en changer une virgule, des opposants. On apprend ainsi que Bab Amr était le quartier de Homs « dont les habitants avaient été les premiers à prendre les armes ». Et voilà la brigade al-Farouq de l’ASL et ses épurateurs promus à la dignité d’habitants de Homs !

Reuters, l’OSDH et les « militants à portable » parlent aussi de l’occupation de Douma (nord-est de Damas) par des unités de la Garde républicaine, auxquelles s’opposerait courageusement l’ASL , et d’une grève de commerçants à Alep pour protester contre la répression. Ces histoires de grèves plus ou moins générales ressortent elles aussi à l’imagination propagandiste, jamais en défaut mais un peu répétitive à force, des opposants : quand on sait quel est le profil politique de la ville d’Alep, cette grève est hautement improbable.

Quant à la cinquantaine de morts, l’OSDH a fini par avouer que ses bilans recensaient comme victimes « civiles » des hommes armés tombés au combat.

Mort d’un « Tartarin » de l’ASL

De son côté l’agence syrienne Sana annonce ce lundi matin 18 juin qu’une nouvelle tentative d’infiltration depuis le Nord-Liban a échoué au sud de Talkalakh (sur la frontière libanaise et à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Homs) : un rebelle a été tué et d’autres blessés. Pour dimanche, Sana parle d’un accrochage entre militaires et terroristes dans le secteur de Deir Ezzor et à proximité de la frontière avec l’Irak, qui a tourné au désavantage des derniers : une vingtaine de RPG, une mitrailleuse lourde et même une mitrailleuse lourde anti-aérienne russe Douchka ont été récupérées. Autre accrochage à Anqaoui (secteur d’Idleb) : un terroriste tué et plusieurs autres blessés, pas de pertes chez les forces de l’ordre. Toujours dans ce secteur, sur la route Idleb-Harem (Harem est au nord d’Idleb, sur la frontière turque), un accrochage suivi semble-t-il de l’explosion d’une voiture piégée a entraîné la mort de deux représentants de l’ordre – un sergent et un simple soldat -, plusieurs activistes étant tués ou blessés dans l’incident. Sinon Sana signale ce dimanche de nombreuses opérations de désamorçage de bombes, et aussi l’enlèvement de cinq travailleurs à Tell Mnine dans l’agglomération de Damas.

Et encore, dimanche, l’adieu à vingt nouveaux « martyrs » des forces de l’ordre : un sous-lieutenant, deux adjudants-chefs, un adjudant, quatre sergents-chefs, trois sergents, trois conscrits, six policiers. L’armée et la police continuent de perdre une quinzaine de morts chaque jour à travers le pays, rythme qui reflète la monté en puissance des opérations et de l’armée et des activistes, ces derniers tentant de compenser une situation générale qui leur est de moins en moins favorable par un activisme désespéré.

Ajoutons que si Sana n’en dit rien, l’agence Arabi Press annonce le 14 juin la mort à Rastan d’un certain capitaine Ahmed Babouh, officier déserteur rallié à l’ASL. Ce Bahbou avait accédé à une notoriété éphémère en se faisant fort, quelque jours plus tôt, d’atteindre le palais présidentiel de Damas avec des missiles de type Sam2. Il faudra donc trouver un autre « opérateur ».

Source


Edité par T 34 - 18 Jun 2012 à 19:59
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 19 Jun 2012 à 16:02

Les navires de guerre russes se préparent à partir vers la Syrie

 
Plusieurs navires de guerre de la Flotte de la mer Noire de Russie sont prêts à partir pour la Syrie, a communiqué vendredi à ITAR-TASS une source à l’état-major interarmées.

« La mer Méditerranée se trouvant dans la zone de responsabilité de notre Flotte de la mer Noire, il est tout à fait possible qu’en cas de besoin, ses navires de guerre y partent pour protéger le centre d’appui logistique de la marine de guerre russe à Tartous, que la Russie prend à bail à la Syrie », a dit l’interlocuteur d’ITAR-TASS. /L

http://french.ruvr.ru/2012_06_16/Syrie-navires-de-guerre-rus...


G20 : Poutine n’a pas bougé, Obama sans doute un peu

Par Louis Denghien, le 19 juin 2012 

Une convergence de vue proclamée sur la Syrie : mais c'est plutôt Obama qui a rejoint Poutine que l'inverse

« Nous sommes d’accord pour dire que nous devons pouvoir constater la cessation des violences (en Syrie) »  : c’est ainsi que Barack Obama a voulu résumer la teneur de ses deux heures d’entretiens avec Vladimir Poutine lors du sommet du G20, lundi au Mexique. Et le président russe qui se tenait à ses côtés lors de la conférence de presse ne l’a pas démenti.Il a d’ailleurs pris aussi la parole pour indiquer que lui et son homologue américain avaient trouvé de « nombreux points communs » sur le dossier syrien. Et c’est d’une voix commune qu’ils prêchent pour une « solution politique » et se déclarent prêts à « travailler avec d’autres acteurs au niveau international » -à commencer par Kofi Annan – dans cette perspective.

Un peu plus concrètement, Vladimir Poutine a expliqué que seul un dialogue entre l’opposition et le gouvernement syriens pouvait résoudre la crise. Dans son article, Le Monde.fr note cependant que cette convergence affichée n’avait pas empêché une très évidente froideur entre les deux hommes, illustrée par le visage fermé et l’absence de regard l’un pour l’autre des deux hommes d’État.

La « ligne Poutine » inchangée

Alors que penser de cet accord russo-américain sur l’essentiel ? Dans sa brève – deux minutes et demie – intervention devant la presse, le président russe a en fait maintenu son approche du cas syrien : nécessité absolue d’un cessez-le-feu et de négociations entre le deux parties, et donc soutien au plan Annan, et rien qu’au plan Annan, refus de toute ingérence extérieure. Il n’a donc pas « bougé ». Le sort du président Bachar al-Assad a-t-il été évoqué ? Évidemment, mais là encore Poutine a dû s’en tenir strictement à sa « ligne » : c’est au peuple syrien de décider de qui doit le diriger, et pas à l’OTAN ou à des puissances étrangères. Une position de principe qui se retrouve d’ailleurs dans la déclaration commune des deux présidents  qui se disent donc  « unis dans l’idée que le peuple syrien devrait pouvoir choisir son avenir de façon indépendante et démocratique« .

À ce niveau des intentions, on ne s’étonnera pas qu’effectivement l’identité de vues soit proclamée : Obama est d’accord avec Poutine pour que cesse l’effusion de sang, et que la crise syrienne trouve enfin une conclusion heureuse. Mais à ce compte là, Poutine et Obama sont aussi certainement d’accord pour préférer, en général et officiellement, la paix à la guerre, la démocratie à la dictature et le beau temps à la pluie. Alors qu’est-ce qui – ou qui – a bougé au Mexique ?

On va sans doute nous décréter de parti pris, mais il nous semble que c’est Obama qui est venu, au moins ponctuellement, sur le terrain de Poutine : pas la moindre allusion cette fois à la possibilité d’une intervention militaire, par le biais du fameux chapitre VII de la charte ds Nations-Unies, connaissance implicite d’une responsabilité de l’opposition dans la violence, soutien réaffirmé au plan Annan, pourtant « dégommé » depuis des semaines par les politiques et médias américains. Pas d’allusion non plus à un départ de Bachar al-Assad.

Bref, les Américains, par tactique ou lassitude, semblent avoir mis un peu d’eau dans leur whisky impérialiste. Sans doute l’administration Obama, qu a bien d’autres soucis intérieurs – électoraux et économiques – a-t-elle pris acte de la solidité de la position sino-russe. Après tout la présence de Poutine – qui avait snobé le G8 – au G20 a coïncidé avec l’annonce de l’envoi deux navires de guerre russes à Tartous. Et puis même sur le plan diplomatique, Washington a d’autres chats à fouetter que l’épineux cas syrien : l’Iran, le bouclier antimissile et peut-être aussi l’Égypte.

Donc, il nous semble que c’est Obama, qui entend se consacrer à sa problématique réélection, qui a fait un bout de chemin vers Poutine, et non l’inverse. Maintenant le président ruse fera-t-il pression sur Bachar et son gouvernement pour que soit remis sur les rails le plan Annan. Peut-être, encore qu’on ne voit pas bien comment, à l’heure où l’armée syrienne est dans une « explication » peut-être décisive avec l’ASL et les groupes armés. Pour le reste, et en dehors de toute idéalisation des rapports internationaux, où l’amitié n’a que faire, la Russie, on le répète, n’a pas de solution de rechange à l’actuelle direction syrienne.

Nouveaux effets de manche français

Par Louis Denghien, le 18 juin 2012 

Bernard Valéro : assurer la continuité de la servilité atlantiste pendant l'alternance

Recalées au Conseil de sécurité, les puissances occidentales s’efforcent de relancer vaille que vaille leur guérilla diplomatique contre la Syrie, via le Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies actuellement réuni en session. Et parmi les Occidentaux, la France brase le plus d’air pour le quart d’heure : le représentant français dans cette instance, un certain Jacques Pellet, demande la saisine de la Cour pénale internationale afin qu’elle sanctionne le gouvernement syrien pur sa « barbarie« . Et M. Pellet d’égréner la litanie bien connue des péchés, non pas d’Israël, mais de la Syrie souveraine : « crimes contre l’humanité(…) crimes de guerre (…) horreur la plus totale, enfants torturés, exécutés, etc« .

La France atlantiste est également toujours magnifiquement représentée par Bernard Valero, porte-parole du Quai d’Orsay, aussi à l’aise sous Fabius que sous Juppé dans l’incantation anti-syrienne, et qui donc réclame le recours au chapitre  VII de la charte des Nations-Unies pour obliger le gouvernement de Damas à appliquer immédiatement – et unilatéralement – le plan de paix Annan (le dit chapitre VII prévoyant à l’encontre des « récalcitrants » des sanctions allant jusqu’à l’usage de la force.)

Le représentant français au Conseil des droits de l’homme s’engouffrait lui dans une brèche ouverte par le haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Navi Pilay, bien connue pour son hostilité au pouvoir syrien. Lors de l’ouverture de la session, Navi Pilay avait exhorté la communauté internationale à surmonter ses divisions pour mettre fin à la violence. Une violence sur l’origine de laquelle elle n’a pas de doute puisqu’elle a accusé une fois de plus l’État syrien de crimes contre l’humanité. Ce alors que la responsabilité de la tuerie de Houla, pour ne parler que de celle-ci, semble bien devoir être attribuée aux rebelles.

Tout ceci ne sera que de peu de conséquences pour la Syrie : les gesticulations à prétention humanitaire et à préoccupations géostratégiques n’abusent absolument plus la minorité de blocage sino-russe. Quant à la France, si « en voix » à l’ONU, elle ne peut ni ne veut participer à cette expédition militaire dont elle agite l’éventualité. Pose et jactance sous Sarkozy et Juppé, jactance et pose sous Hollande et Fabius, et toujours surtout, cet aveuglement volontaire sur les actes et les intentions profondes des gangs de fanatiques payés par le Qatar.

Cette distance entre le discours et les capacités de la France, qui n’a d’égale que la distance entre son discours formaté et la réalité de terrain, c’est tout ce que retiendront les historiens qui daigneront se pencher sur la misérable diplomatie de la France « sarkollandaise ». L’édtorialiste Louis Pauwels disait naguère :  « La France est une baudruche qui se dégonfle en faisant « cocorico » ! » Aujourd’hui la baudruche récite la déclaration des droits de l’homme.

Autour des 800 civils de Homs

Par Louis Denghien, le 19 juin 2012 

Une vue récente (16 juin) d'une mosquée d'un quartier encore disputé de Homs : l'ASL continue d'y pratiquer la prise d'otages "en grand"

Nous laissons de côté aujourd’hui les légendes urbaines et statistiques vaines de l’OSDH pour nous en tenir à la chronique des violences telle qu’elle est faite pour ces dernières 24 heures par l’agence syrienne Sana.

-À Alep, dans le quartier d’al-Azizieh, une bombe actionnée à distance a tué deux artificiers du génie et en a blessé deux autres ; selon Sana, les hommes du Génie ont été piégés par les activistes alors que précisément ils étaient en train de désamorcer un autre engin piégé.

-Près de la ville Talkalakh, sur la frontière du Nord-Liban, deux nouvelles tentatives d’infiltration de groupes armés ont été mises en échec, la première au niveau du pont Qmar à l’entrée sud de Talkalak, l’autre à hauteur du village d’al-Qseir : les insurgés qui n’ont pas été tués ou gravement blessés ont regagné le Liban.

-Dans la région de Deir Ezzor, près du village d’al-Qourieh (sud-est de Deir), une nouvelle attaque a coupé, dans la nuit de lundi à mardi, l’oléoduc qui avait déjà été frappé trois ou quatre jours plus tôt. Les autorités ont indiqué que l’oléoduc serait réparé d’ici quelques jours.

Il nous faut revenir brièvement à l’OSDH qui annonçait que pas moins de 28 membres des forces de l’ordre avaient trouvé la mort, lundi dans des combats dans la région de Deir Ezzor, près de la frontière irakienne. Sana ne dit rien de cela, alors qu’elle ne cache rien, a priori, de la mort au combat de « martyrs » de l’armée et de la police. Justement, ce mardi 19 juin, Sana rend compte, selon une triste habitude, des funérailles de soldats et de policiers tombés la veille : ils sont seize, un lieutenant-colonel, un aspirant, un sergent-chef, deux sergents, deux caporaux, sept appelés, un policier. Sana, contrairement à son habitude, ne précise pas le secteur où ils ont trouvé la mort, mais de toute façon il ne peut s’agir uniquement de la région de Deir. En revanche, Sana avait rendu compte d’un accrochage survenu dimanche dans les environs de cette ville, et qui se serait soldé par un échec sanglant des terroristes : s’agit-il de la même chose ? Et toujours pour dimanche et Deir Ezzor, l’agence officielle syrienne donnait les noms de quatre activistes tués alors qu’ils tentaient de piéger une voiture dans le village de Bousbeid.

Qui retient les femmes et les enfants d’al-Khaldeeye ?

Et puis une déclaration du ministère des Affaires étrangères est revenu sur l’affaire des  civils bloqués dans les secteurs de Homs encore tenus par l’ASL. Samedi 16 juin, l’OSDH avait demandé à Ban Ki-moon de faire cesser les bombardements de l’armée sur les secteurs d’al-Khaldeeye (nord de Homs), Jouret al-Chiyah (au sud-ouest du quartier précédent) et Qarabis où, affirmait l’officine proche du CNS, « 1 000 familles » étaient prises au piège des combats. Ce faisant, l’OSDH reprenait, en la déformant quelque peu pour les besoins de sa cause, l’appel lancée par une agence missionnaire du Vatican, la Fides, qui elle-même relayait l’appel au secours de 800 habitants  – et non pas les « mille familles » de l’OSDH – de ces quartiers, très essentiellement des femmes, des enfants et des vieillards impotents, appartenant à touts les communautés religieuses de la ville. Entre autres, la nouvelle avait suscité la « vive préoccupation » de Paris.

Eh bien le ministère syrien des Affaires étrangères s’est dit prêt à permettre l’évacuation de ces civils, précisant que des contacts avaient déjà été pris en ce sens avec les observateurs de l’ONU mais, selon cette source, les efforts de ceux-ci avaient été mis en échec par la mauvaise volonté des gens de l’ASL qui tiennent encore tout ou partie de ces quartiers. Sur quoi le gouvernement syrien se dit aujourd’hui prêt à permettre l’évacuation des civils et demande aux parties susceptibles d’avoir de l’influence sur les groupes armés de Homs de faire pression sur eux pour qu’ils laissent partir ces derniers habitants de quartiers dévastés et désertés. Le communiqué du ministère assure que le gouvernement apportera toute l’aide nécessaire à cette population.

Bref, l’OSDH affirme que les forces gouvernementales refusent de laisser évacuer des centaines de femmes et d’enfants, et le gouvernement affirme que ces pauvres gens sont victimes du jusqu’au boutisme des groupes armés. Mais qui, dans cette histoire, a besoin de boucliers humains ?

Nous ajoutons, pour rendre un peu moins abstraites ces informations sur la guerre anti-terroriste en cours, cette vidéo proposée par un de nos visiteurs, qui monte une longue colonne de l »armée syrienne faisant mouvement vers une zone de combat, avec des civils venus les soutenir. Propagande certes, mais document malgré tout que cette armée n’est pas affectée par une crise du moral…

SYRIE /L’armée Syrienne En Route Pour Lutter Contre Les Terroristes & Protéger La Population

http://www.youtube.com/watch?v=ARS2FA_w66I&feature=plcp

Des terroristes retiennent des centaines de civils en Syrie

Damas, 20 juin (RHC).- Des bandes armées terroristes retiennent plusieurs centaines de personnes dans la ville de Homs à 162 kilomètres de la capitale syrienne.

Malgré les démarches des autorités pour faire libérer les civils,  les groupes armés s’y refusent

La situation qui dure plusieurs jours, a été dénoncée par l’agence Fies du Vatican  qui a lancé un  appel aux opposants à éviter que 800 familles, dont des femmes, des enfants et des vieilles personnes soient pris comme otage.

Les autorités locales ont rendu responsable les terroristes de la vie de ces citoyens.

Ces dernières semaines des médias occidentaux et même des organismes internationaux ont accusé le gouvernement syrien d’être le responsable des actes de violence contre la population, se servant pour ce faire d’informations partialisées.

La veille le représentant de la Syrie auprès des institutions siégeant à Genève, Faisal Hamwi, a critiqué la Haute Commissaire aux Droits de l’Homme, Navi Pillay, qui ne s’est servie que des rapports  sans fondement pour s’attaquer à la Syrie. Il s’est dit surpris du fait que Navi Pillay n’ait fait aucune allusion jusqu’à présent, aux crimes commis par les bandes armées ou de leurs graves violations des droits de l’homme, dénoncées par la délégation syrienne.

Source

Haffé après la bataille…

Par Louis Denghien, le 19 juin 2012 

Un béret bleu onusien à Haffé

Infatigable collectrice d’informations et de vidéos généralement introuvables  sur les sites de nos grands médias français géopolitiquement corrects, notre amie Cécilia nous offre cette fois un diaporama de photos prises dans la ville de Haffé, après les violents combats qui se sont soldés, le 13 juin, par la fuite de l’ASL de cette ville située à une trentaine de kilomètres à l’est de Lattaquié. Le reportage photo est dû à l’équipe du journaliste Hussein Murtada, correspondant sur place de la chaîne de télévision iranienne de langue arabe al-Alam. Et de fait on voit assez souvent Hussein Murtada dans la série d’une soixantaine de photos prises soit dans la ville même, soit dans les alentours : Murtada manoeuvrant un RPG, occupant un abri individuel creusé dans le sol et abandonné par son « locataire » ASL, ou inspectant des immeubles dévastés.

Et puis aussi tout de même, pas mal de vues de la ville, où les traces des combats sont encore bien visibles : voitures carbonisés, immeubles à moitié détruits, ou en partie incendiés, stores criblés de balles. Et puis, c’est semble-t-il une spécialité des insurgés syriens, des tunnels de conception artisanale, dont on voit des accès.

Et encore des arsenaux récupérés sur l’ennemi ASL : RPG, fusils d’assaut,pistolets-mitrailleurs,  fusils mitrailleurs, fusils à pompe et munitions en pagaille. Plus les jumelles téléphones de campagne du parfait guérilléro, des explosifs et, semble-t-il, des générateurs. Plus aussi une veste de treillis frappé de l’écusson jordanien : hasard des « assortiments » ou fourniture récente « par qui de droit » ?

Rien de sensationnel ni de vraiment inédit dans ces photos « après la bataille », mais elles permettent de rendre moins abstraite cette bataille d’al-Haffé dont nous vous avons entretenu deux ou trois jours , et qui s’est étendue sur plus d’une semaine, se soldant comme on sait par un échec caractérisé de l’ASL qui a laissé dans l’affaire, outre des dizaines ou des centaine des siens, un peu de ce qui lui restait de prestige.

Les ex-occupants de Haffé, ceux qui n’ont été ni tués ni pris, se sont réfugiés dans le secteur montagneux plus au nord, qui touche à la frontière turque, distante de moins de 40 kilomètres de la ville. Selon les communiqués de l’OSDH, les rescapés de l’ASL étaient encore 200 au moment où ils ont évacué les lieux. Combien pourront regagner le sanctuaire qu’Erdogan met à leur disposition ? On imagine que l’armée est sur leurs talons, et leur a déjà coupé une partie de la retraite.

La vue de ces photos, qui évoquent celles prises à Homs/Bab Amr, nous rappellent qu’une fois la victoire militaire acquise contre ces bandes « islamo-otanesques », restera à assurer, outre la réconciliation des Syriens, la reconstruction d’une partie notable des villes, bourgs et infrastructures du pays. Certes, la Syrie serait fondée à demander des dommages de guerre à pas mal de nations étrangères, notamment le Qatar, très en fonds à ce qu’il parait , et qui a beaucoup « investi » en Syrie. Il est douteux que les potentats islamo-affairiste de Doha acceptent de payer. On espère en revanche que leurs mise de fond en Syrie sera perdue.

Ci-dessous le lien vers le reportage photo d’al-Alam :

 

L’énorme mensonge fondateur de Donatella Rovera

Par Droits réservés, le 19 juin 2012 

La dame d'Amnesty International reconnait tout au plus quelques "abus" de la part de l'ASL, des abus récents de surcroît : voici donc à l'intention de Donatella Rovera quelkques photos d'un "abus" de l'opposition...

... commis à Jisr al-Choughour par des rebelles conter plus de 100 policiers....

... ce dès le 6 juin 2011. Et on tient d'autres photos d'autres "abus", de Homs à Hama en passant par Houla, à la disposition de cette "chercheuse"

Le Point publie un entretien avec Donatella Rovera, une « chercheuse » affilée à Amnesty International, qui s’est rendue clandestinement en Syrie pour enquêter, précise-t-elle, dans 23 villes et villages. De ce voyage elle a tiré un rapport à charge de 70 pages contre le gouvernement, reprenant les habituelles accusations de tueries et de tortures, notamment d’enfants, regroupées sous l’appellation contrôlée et usuelle  » crimes contre l’humanité« . Dans l’entretien accordé au Point elle développe ces accusations, qu’elle tient, dit-elle, des habitants rencontrés.

Déni de réalité pur et simple

Encore une fois, on ne va pas peindre ici la réalité en rose, et les forces de l’ordre syriennes en bisounours. Il y a une âpre, longue et cruelle guerre de terrorisme et de contre-terrorisme – qui n’est pas la guerre civile. D’ailleurs, au contraire de pas mal de commentateurs et analystes, Donatella Rovera estime que la Syrie ne connait pas de guerre civile.

Ceci dit, les propos de Rovera sont d’une partialité, d’une mauvaise foi qui montre bien que sa démarche est avant tout militante. C’est particulièrement flagrant quand elle aborde la question d’éventuelles violences de l’opposition armée : elle nie que les groupes armés s’en prennent à des populations civiles, alors que tous les jours l’agence Sana, certes agence gouvernementale, donne les noms de civils abattus par des commandos.  Alors qu’à Houla – que Rovera se contente de citer brièvement sans s’appesantir sur l’affaire – on est clairement en face d’un massacre commis par les rebelles ASL contre des populations alaouites ! - ce qui n’empêche pas Rovera de nier tout caractère sectaire religieux aux violences en Syrie, ignorant non seulement Houla, mais l’épuration religieuse commise par les bandes ASL à Homs.

Certes, Donatella Rovera est bien obligée, pour conserver un minimum de crédibilité, de lâcher un peu de lest sur le sujet. À une question du Point sur ces violences de l’opposition elle répond : « Il y a clairement des abus commis par l’opposition armée« . Des « abus » ? Et les brigades d’exécution de Bab Amr, dont un des responsables vantait les exploits  voici mois à une journaliste du Spiegel (voir notre article « Der Spiegel a interrogé des rebelles-tortionnaires de Bab Amr », mis en ligne le 30 mars) ? Et l’épuration des chrétiens et des alaouites – et des sunnites modérés – dans des quartiers entiers de Homs ? Et le massacre d’une centaine de jeunes policiers à Jisr al-Choughour début juin 2011 ? Et celui d’autres policiers à Hama en juillet ? Et les décapitations, exécutions sommaires de militaires et de civils dont nous avons pu brièvement mettre en ligne les vidéos horribles ?

Apparemment, pour Donatella Rovera, connais pas ! Tout au plus reconnait-elle qu’on a vu certains soldats et chabihas être « battus« au moment de leur capture. « Battus« ? Abattus plutôt, et bien heureux étaient ceux qui étaient exécutés d’une balle, échappant ainsi aux décapitations à caractère religieux ! Donatella R. insiste sur le fait que les quelques « abus » reprochables à l’opposition sont d’ailleurs médiatisés par les opposants eux-mêmes, par le biais de vidéos diffusées sur la toile. C’est incontestable, sauf qu’il s’agit pour les « réalisateurs » de ces mini-reportages de se glorifier de leurs crimes, tant leur degré de  fanatisme est élevé. Voici quelques jours nous avons nous mêmes mis en ligne en illustration d’un article un de ces films de deux minutes – vite retiré par l’administration de YouTube -, montrant un homme accusé d’être un chabiha exécuté d’une ou deux balles, avant que ses meurtriers lui fassent exploser le crâne d’une rafale de fusil d’assaut, et s’exhibent le sourire aux lèvres, sans doute reflet de la satisfaction du « travail bien fait ».

Il est vrai que l’usage du mot « abus » par Donatella Rovera n’est pas innocent : il  incite à penser que les crimes des groupes armés sont l’exception qui confirmerait la règle d’une ASL respectueuse des droits  l’homme, totalement éloignée de toute terrorisme et dérive sectaire religieuse. Interrogée sur la présence de djihadistes étrangers en Syrie soulignée par « certains rapports« , la dame répond benoîtement qu’elle n’en a pas rencontrés. Mais elle reconnait qu’il y a des groupes armés de diverses obédiences, ce qui ruine sa fiction d’une ASL disciplinée et contrôlant son niveau de violence

Ayant ainsi évacué le problème, la « chercheuse » d’Amnesty peut conclure que, « pour l’instant« , les violences ente les deux camps ne sont pas comparables, le régime syrien ayant « le monopole de la violence » ! Un monopole à l’évidence bien ébréché depuis plus d’un an. Il faut vraiment être d’un aveuglement politique conséquent pour sortir de telles conte-vérités, en ce seizième mois de crise !

Amnesty au service de l’OTAN

Tout de même, dans cet entretien, Donatella Rovera nie que les enfants soient particulièrement visés par les forces de l’ordre, qui s’en prennent pour l’essentiel aux adultes. Une maigre concession à la réalité et l’objectivité au regard de l’énorme déni de réalité que nous venons d’évoquer.

Il est vrai que la dame ne fait pas dans le juste milieu : ainsi après avoir épinglé sans surprise l’attitude de la Russie et de la Chine, elle s’en prend à « la mauvaise volonté » des Occidentaux, leur reprochant de n’avoir pas agi au début de la crise. Et de vouloir encore donner du temps au plan Annan ! À aucun moment de l’entretien, Donatella Rovera ne prononce l’expression « intervention internationale« , mais on sent bien que ces deux mots lui brûlent les lèvres.

On notera, pour se consoler de tant d’arrogante mauvaise foi, que les réactions des lecteurs du Point sont nettement défavorables à Donatella et à son rapport orienté et falsificateur.

Après tout, Donatella R. ne serait pas la première « humaniste » à prêcher pour la guerre. Cette espèce malfaisante a pas mal proliféré, dans le sillage sanglant des Kouchner et BHL, depuis une bonne vingtaine d’années…

Donatella Rovera : on plaide pour les "droits de l'homme" et on travaille pour la propagande de guerre, l'ingérence et les Américains!

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Edité par T 34 - 20 Jun 2012 à 21:42
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 20 Jun 2012 à 21:44

Un sénateur étasunien se prononce pour l’utilisation de la force contre la Syrie

Washington, 19 juin, (RHC).- Le sénateur républicain John Mackein  a une nouvelle fois déclaré que les États-Unis devraient commander une alliance militaire pour renverser le gouvernement syrien.

Il a ajouté que l’opposition syrienne doit savoir que les États Unis  sont à ses cotés.

Il a critiqué la rencontre entre le président, Barack Obama, et son homologue russe lors du G20.

« La Russie n’appuiera jamais un changement de régime en Syrie »- a déclaré ce sénateur qui a admis l’appui de son gouvernement à l’opposition syrienne et qui a dit qu’il était insuffisant.

Les casques bleus restent en Syrie, Poutine reste sur ses positions

Par Louis Denghien, le 20 juin 2012 

Un shake-hands qui n'était décidément pas un "tope-là" russe aux desiderata américains

Les observateurs de l’ONU, que leur chef le général Mood a « mis en grève » voici 48 heures, vont néanmoins rester en Syrie. L’annonce en a été faite mardi soir 19 juin, au terme d’une réunion du Conseil de sécurité, par Hervé Ladsous, chef des opérations de maintien de la paix des Nations-Unies.Qui a précisé que leurs opérations de surveillance des violences – on n’ose plus dire du cessez-le-feu – demeuraient « suspendues » jusqu’à nouvel ordre. Dans l’immédiat, les bérets bleus vont donc rester à l’hôtel, le temps que soient définies de nouvelles « options pour le futur de leur mission » qui expire en principe le 20 juillet.

Un peu avant, le chef de la MISNUS, le général Robert Mood, avait rappelé devant le Conseil de sécurité que ses hommes avaient fait l’objet de « tirs directs » à au moins dix reprises. Par « tirs« , Mood entend peut-être aussi les attentats à la bombe : au début de la mission, le propre convoi du général avait fait l’objet à Deraa d’un attentat qui avait blessé plusieurs soldats syriens de son escorte. Le général onuso-norvégien a estimé néanmoins qu lui et ses hommes avaient « l’obligation morale » de rester en Syrie. Pour quoi faire ? Sans doute pour témoigner des violences et diverses violations des droits de l’homme ou des lois de la guerre. Mission qui conserve sa légitimité si Mood et ses subordonnés observent neutralité et objectivité, et ne se transforment pas en procureurs systématiques de l’armée et du gouvernement syriens, à l’image de leur « patron » Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU qui, mardi encore, émettait le souhait que les 15 membres du Conseil de sécurité s’unissent pour exercer une « pression continue » sur Damas afin de la forcer à appliquer le plan Annan. Et pas sur Ankara, Doha ou Ryad qui ont quand même une responsabilité assez directe dans le drame syrien, et une influence, disons très forte, sur l’ASL.

En fait, tout le monde revient au plan de paix d’Annan, de l’ONU (et pour mémoire, de la Ligue arabe) : les ingérents frustrés d’Occident qui n’ont pas les moyens juridiques – et pour certains, pas l’envie politique – de faire la guerre à la Syrie, et espèrent, de plus en plus vaguement, qu’un début d’application de ce plan donnera un peu de répit aux groupes armés en mauvaise posture, et un peu de temps au CNS pour résoudre ses divisions et lui donner – qui sait? – un peu de crédibilité. Et puis le bloc sino-russe qui a vu dans le plan le moyen de ligoter diplomatiquement et l’opposition syrienne et le front otanesque.

Puisque nous parlons des positions des uns et des autres grandes puissances, revenons au sommet du G20 au Mexique, où il a été pas mal question de la Syrie entre Obama et Poutine. Le premier a déclaré mardi que Russie et Chine étaient conscientes d’un risque de guerre civile en Syrie, « sans adhérer encore à un plan international pour renverser Bachar al-Assad« . On appréciera au passage  la désarmant transparence diplomatique du président américain !

Il a d’ailleurs raison : les Russes n’adhèrent pas encore à un tel plan. Tirant sa morale des entretiens du G20, Vladimir Poutine a dit avec la franche concision qu’on lui connait : « Nous pensons qu personne n’a le droit de décider pour d’autres pays qui devrait être au pouvoir ou pas ». Une sèche mise au point qui vaut pour un énième démenti aux spéculations des analystes et diplomates atlantistes.

Le Monde trouve de nouveaux mensonges et en recycle d’anciens

Par Louis Denghien, le 20 juin 2012 

Christophe Ayad, une figure de la désinformation bobo-atlantiste (parmi un certain nombre d'autres)

Le quotidien français naguère de « référence« , Le Monde, publie dans la rubrique Idées de son site un article récapitulatif de la situation actuelle en Syrie. C’est intéressant bien que largement mensonger, ou d’ailleurs intéressant car largement mensonger. En effet, l’auteur, Christophe Ayad, du service international du quotidien, donne à peu près l’état de l’analyse désormais faite par nos élites franco-mondialisée, au terme de 16 mois d’échecs diplomatique de l’Occident atlantisé, sur la crise.

S’abritant derrière une toute récente déclaration d’Hervé Ladsous, en charge à l’ONU des opérations de maintien de la paix, Ayad officialise en quelque sorte la guerre civile syrienne. Plus exactement, précise l’homme du Monde, il y a trois guerres civiles en une.

- d’abord une « guerre (du pouvoir) contre les civils« , ayant débuté en mars 2011. C’est l’occasion pour Christophe Ayad de recycler un des clichés favoris de la propagande anti-Bachar, auquel les journalistes français ne renoncent pas volontiers : celui des « manifestants à mains nues« . Ce cliché a certes correspondu à un réalité dans les tous premiers temps de la révolte, à Deraa notamment. Mais très vite, les manifestants ont été doublés par des extrémistes armés qui ont enclenché le cycle provocation-répression. Ayad dit que cette « révolution pacifique » se poursuit aujourd’hui dans tout le pays, et que la persistance de ces manifestations infirme la thèse du pouvoir syrien selon laquelle il n’est confronté qu’à des bandes armées. Car, écrit Ayad, « les Syriens ne veulent pas renoncer à ce qui fait l’essence même de leur révolution ».

Tiens donc ! On touche là à  ce que nous avons déjà appelé le « stalinisme bobo » : des milliers, voire, dans le meilleur des cas, des dizaines de milliers de manifestants aux slogans fleurant bon le sectarisme religieux – dont un grand nombre d’enfants en bas âge – représentent donc LES Syriens dans leur ensemble, qui sont tout de même la bagatelle de 23 millions ! Et dont des centaines  milliers ont à plusieurs reprises manifesté dans plusieurs villes leur soutien au gouvernement, sans que Christophe Ayad leur accorde la plus fugitive allusion. Si l’on est indulgent, on dira que le plumitif du Monde est tellement auto-formaté dan sa bonne conscience « citoyenne »qu’il ne se rend plus compte de ce qu’il écrit, ni des réalités du rapport de forces politique en Syrie !

-la deuxième guerre civile, il fallait bien qu’Ayad y vienne assez vite, c’est le « conflit inégal mais meurtrier » qui oppose depuis la fin de l’été l’ASL  à l’armée régulière. Réactivant le mythe biblique du David rebelle contre le Goliath gouvernemental, Christophe Ayad explique que si l’ASL n’est pas de taille à battre l’armée de Bachar, sa tactique de guérilla, son implantation et les armes « qu’elle commence à recevoir » inquiètent de plus en plus le régime…

Non, M. Ayed, l’ASL inquiète surtout – pour reprendre votre rhétorique – LES Syriens, qui perçoivent dans leur grande majorité les bandes rebelles comme des terroristes qui multiplient les attentats contre les personnes et les destructions des biens et infrastructures, et prennent des populations entières en otage comme à Homs. Quant aux (ex)actions des bandes armées elles ont commencé plus tôt que vous ne le dites : c’est le 6 juin 2011 qu’une troupe d’islamistes armés, qui ne se recommandaient pas encore de l’ASL, ont pris d’assaut un QG de la police à Jisr al-Choughour, massacrant au moins cent membres des forces de l’ordre. Et si la lutte est inégale entre les bandes et les militaires, c’est aussi que les premiers recourent souvent à la tactique de l’assassinat ciblé ou de l’embuscade contre le seconds.

Propagande invérifiable encore (et pour cause) que l’affirmation, empruntée prudemment à un service de l’ONU, selon laquelle les rebelles contrôlent « 40% » du territoire syrien : c’est l »habitude de l’OSDH de déclarer qu »une ville ou une région est sous contrôle de l’ASl, dès lors qu’une bande y a fait une apparition ponctuelle, avant de devoir s’éparpiller au premier retour offensif de l’armée. Au début de l’année, les médias français, Monde en tête, nous ont fait le coup, rappelez-vous, de l’ASL contrôlant toute la périphérie est de Damas, au point pratiquement d’assiéger Bachar dans son palais. Cette légende urbaine a duré 48 heures, mais manifestement elle fait encre rêver un Christophe Ayad !

Ce qui serait cruel, à cet égard, ce serait de se repasser le fil d’un an de dépêches OSDH/AFP, et d »articles du Monde : car on y lirait une suite ininterrompue de succès militaires de l’insurrection, transformant presque toutes les villes de Syrie en bastions, recrutant un flot continu de soldats dissidents, à se demander comment il subsiste un État et une armée syro-bachariste à l »heure actuelle !

-troisième conflit en cours en Syrie selon l’analyse ayadienne, « la guerre de tous contre tous » : là, le collaborateur du Monde vise les massacres de civils, commis d’un communauté à l’autre. Et là, bien sûr, Ayad sort de son chapeau la tuerie de Houla, en mai dernier, l’attribuant avec une tranquille assurance aux chabihas alaouites. Sait-il, ou feint-il d’ignorer, ce bourreur de crânes bobos, que pratiquement toutes les victimes de ce massacre appartiennent justement à des famille alaouites, et que même une famille était celle d’un député bachariste ? Que la télévision russe (qu’un Ayad, formé à la rude école gaucho-atlantiste de Libération, évidemment méprise statutairement) mais aussi un grand reporter de la Frankfurter Allgemeine Zeitung ont recueilli assez de témoignages et d’indices pour conclure à la responsabilité des miliciens islamistes, ASL ou pas, puisque même notre Ayad reconnait, avec ses mots de Tartuffe, « une grande autonomie des groupes » censés constituer cette ASL, et aussi une possible « infiltration » de celle-ci « par une composante djihadiste » (Que galamment ces choses-là sont dites !)

Bien-pensance géostratégique, déni de réalité, franc mensonges, mythes propagandistes, Le Monde sera toujours l Monde, et ses collaborateurs des collabos de l’OTAN ! Quand bien même ils auraient reçu, comme Cristoph Ayad, le prix Albert Londres (décerné par le gratin du journalisme français mainstream) Mais, au fond, c’est la réalité et l’avenir qui devraient fournir le meilleur démenti aux assertions de ces militants déguisés en journalistes.

Grégoire III catholique et syrien toujours

Par Droits réservés, le 19 juin 2012 

Grégoire III a donné à Benoit XVI une version "alternative" de la crise syrienne

À l’occasion du synode des métropolites (archevêques) de l’Église grecque catholique, dite encore « melkite », qui se tenait à Beyrouth, Mgr Grégoire III Lahham, patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, d’Alexandrie et de Jérusalem, a lancé, lundi 18 juin, un message clair de soutien à la Syrie telle qu’elle est et au processus de réforme initié par son président.

Agé de 78 ans, né à Damas, Grégoire III est patriarche de son Église depuis le 29 novembre 2000.  Cette dernière regrouperait 1 350 000 fidèles selon une estimation de 2005 : affiliée à Rome, elle est une des obédiences du catholicisme dit « oriental » et son siège est à Damas. Cette prise de position « pro-syrienne » n’a, il est vrai rien d’étonnant, Mgr Grégoire III étant à l’image de la communauté chrétienne syrienne qui n’est guère séduite (litote) par le radicalisme sunnite qui inspire l’essentiel de l »opposition armée et pas mal du CNS.

À Beyrouth, le patriarche d’Antioche « et de tout l’Orient » s’exprimait effectivement devant des dignitaires religieux catholiques venus de plusieurs pays arabes – outre la Syrie et le Liban, l’Égypte, la Palestine ou la Jordanie.

Dans un entretien accordé début février au grand quotidien libanais – plutôt de tendance pro-Hariri et anti-syrien – L’Orient-Le Jour, le patriarche constatait que son pays était devenu l’otage des rivalités entre la Russie et les États-Unis. Et il se prononçait pour un changement interne en douceur, accompagné par Bachar. Sans doute un rien naïf, Grégoire III avait alors confié au journaliste Fady Noun que n’attendant rien des États-Unis, il mettait tous ses espoirs dans l’Europe, au nom du passé et du présent commun méditerranéen. Mais sans doute depuis le patriarche a-t-il eu le temps de revenir de ses illusions sur l’autonomie diplomatique des Européens par rapport aux Américains, et sur leur attachement à la cause des chrétiens d’Orient. Il est vrai que le chef spirituel reprochait déjà aux Européens de pousser les Syriens à la violence plutôt qu’au compromis. Aujourd’hui comme en février, Grégoire III préconise le dialogue entre Syriens, dans le respect du modèle laïc syrien.

Et il est quand même assez lucide sur la situation présente : en mai, dans un entretien accordé à un site catholique, il accusait les rebelles d’utiliser les catholiques comme boucliers humains face aux soldats de Bachar. Il dénonçait aussi les enlèvements nocturnes de fidèles et affirmait que la trêve était violée par les rebelles. Et affirmait ne pas croire à la responsabilité de l’armée dans la tuerie de Houla. Autant de réalités dont il a entretenu le pape Benoit XVI lors de l’entrevue que celui-ci lui a accordée le 15 mars. Le patriarche Grégoire III a notamment expliqué au souverain pontife que c’était aux Syriens seuls de trouver une solution quant à leur avenir. Benoit XVI l’a écouté attentivement.

Bref, le père spirituel des catholiques melkites est un vrai patriote syrien, modéré et partisan du dialogue entre ses compatriotes. Que n’écouteront donc jamais un Hollande, un Fabius, un Juppé.

Nouvel « assassinat à domicile » de général

Par Guy Delorme, le 20 juin 2012 

Outre les attaques contre les hommes - civils et militaires - la destruction et le sabotage des infrastructures syriennes est l'autre grand objectif des groupes islamo-otanesques : ici, fin mai 2012, les forces de l'ordre ont pu désamorcer à temps les explosifs placés sous le pont de Mahaja, dans la région de Deraa

 

Ce mercredi 20 juin, l’agence officielle syrienne Sana signale un accrochage entre militaires et insurgés à Rastane : plusieurs de ces derniers ont été tués ou blessés. Et parmi les morts figure un certain Youssaf al-Achtar, recherché depuis quelques temps pour des meurtres.

Un peu plus tard, on apprenait l’assassinat du général de division Ghassan Abou al-Daheb, mort dans l’explosion de sa voiture préalablement piégée, garée devant son domicile du quartier de Rokeneddine à Damas. Le général était le directeur de l’hôpital d’Harasta, dans la banlieue nord-est de la capitale. Pas loin d’une dizaine de généraux syriens ont été assassinés à ce jour par les radicaux, le plus souvent dans leur voiture de fonction.

Les généraux ne sont évidemment pas les seules victimes de ces tueurs : un civil de 39 ans, Abdel-Qaddous Jebarah, a péri dans l’attaque de sa maison, dans le secteur – à majorité chiite – de Sayyedeh-Zeined – de Damas. Son frère a également été grièvement blessé.

Sur la route Damas-Deraa, c’est un groupe de journalistes et de personnalités italiens qui a été pris pour cible, à hauteur de Kherbet-Gazaleh (à un vingtaine de kilomètres au nord de Deraa) : si aucun Italien n’a été touché, un capitaine de l’escorte a péri.

Dans le secteur de Homs, le pont emprunté par l’axe routier Homs-Messyiaf (cette dernière ville à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Homs), à hauteur de la localité de Marriamin, a été complètement détruit par une charge explosive. Du moins, pas de victimes.

Dans la région de Deir Ezzor, les installations pétrolières de Jessbeh ont fait l’objet d’une attaque d’insurgés : les vigiles ont refoulé les assaillant qui ont perdu des morts et des blessé, ainsi qu’une voiture chargée d’armes. Le 16 juin Sana avait rendu compte d’une autre attaque contre un site pétrolifère, dans le même secteur.

L’OSDH tente un « revival » de Bab Amr

L’OSDH prétend quant à elle que des combats ont repris à Homs, dans ce quartier de Bab Amr longtemps bastion de l’ASL et reconquis début mars par l’armée. Mais cela ressort plus à un effet de manche propagandiste qu’à un réalité militaire : une vingtaine d’activistes tirant quelques rafales dans une rue déserte de Bab Amr suffisent parfaitement à la propagande Rami Abdel Rahmane. Ce dernier parle aussi de combats à Tadamone, dans la banlieue sud de Damas, et de bombardements gouvernementaux sur le quartier d’Arbain à Hama, et aussi sur Rastan, ville située à équidistance de Hama et de Homs, et que l’opposition présente comme un de ses « bastions » militaires, alors que comme le plus souvent, elle n’infeste qu’une partie de la ville.

Enfin l’OSDH annonce de « lourdes pertes », ce mercredi matin, de l’armée dans le secteur de Lattaquié : « au moins 28 soldats », sans compter des prisonniers. L’OSDH parle aussi de six rebelles tués dans d’autres secteurs du pays. On a déjà dit que les bilans de l’OSDH étaient invérifiables et ressortaient d’avantage à la propagande qu’à l’information. On verra bien, de toute façon, combien de cercueils drapés de tricolore Sana dénombrera demain. Pour ce qui est de ce mercredi 20 juin, le nombre de militaires et policiers conduits à leur dernière demeure est de seize : un lieutenant, un sous-lieutenant, deux adjudants-chefs, deux sergents-chefs, un sergent, un caporal, sept soldats, un policier, tombés dans les secteurs d’Alep, d’Idleb et de Damas. Un employé civil et même un enfant ont été « intégrés » à ces obsèques militaires.

En ce qui concerne ces distorsions entre bilans OSDH et pertes réelles des forces de l’ordre, on peut parier sur le fait que face à leurs revers, les pro-rebelles tentent de prendre une revanche virtuelle par une propagande mensongère, ou au minimum outrancière.

Il s’agit là, faut-il le rappeler, d’un bilan comparé valable pour la mi-journée de mercredi, et sans doute aussi pour les dernières heures de mardi.

Il faut enfin noter que Reuters et l’AFP ont pris l’habitude de faire état des informations de Sana, certes dans une moindre mesure que celles de l’OSDH, mais il y a quand même un léger progrès de ce point de vue.

Source

La Jordanie malade de sa crise économique et de la crise syrienne

Par Louis Denghien, le 20 juin 2012 

Abdallah de Jordanie, photographié ici dans une vie antérieure, sans problèmes de voisinage avec la Syrie, et sans la grosse épine des Frères musulmans dans le pied...

L’AFP relaie ce mercredi 20 juin une information émanant du CNS, structure principale mais néanmoins contestée de l’opposition radicale, installée en Turquie : selon le CNS donc, le gouvernement jordanien vient de renforcer le contrôle de sa frontière avec la Syrie pour empêcher les infiltrations… de « partisans du régime de Bachar al-Assad » ! Qui, on l’imagine, ont l’intention de renverser le roi Abdallah avec l’aide des Frères musulmans locaux, première opposition au monarque hachémite !

On savait le CNS accroché à une tactique de communication des plus simples (et même simplistes) : systématiquement attribuer au gouvernement syrien les crimes et actions de l’opposition. C’était vrai pour la tuerie de policiers perpétrée par des islamistes à Jisr al-Choghour en juin 2011, transformée en mutinerie réprimée dans le sang, ou, plus récemment, pour les attentats à la voiture piégée de Dama et d’Alep, généreusement attribués aux services secrets syriens par les fabulateurs du CNS. Cette fois, si la frontière jordanienne, par où passent notoirement des rebelles et des armes pour gagner le gouvernorat syrien de Deraa, est surveillée par les autorités, c’est donc, dixit le CNS, pour parer aux infiltrations incessantes de moukhabarats et de chabihas. Ce alors que la Jordanie, théoriquement alignée sur Washington, Doha et Ryad, ne respecte pas dans les faits le blocus économique anti-syrien décidé par la Ligue arabe.

Cette interprétation du CNS est d’autant plus ubuesque que le 5 juin dernier, le correspondant de la chaîne américaine CNN en Turquie accusait le gouvernement jordanien de rien moins qu’un « crime contre l’humanité » (un délit qui tend apparemment à se généraliser à en croire la lecture de la presse) : les Jordaniens renverraient en Syrie des réfugiés politiques dès leur arrivée à l’aéroport d’Amman. Il est vrai que l’accusation de CNN n’était étayée que par un unique témoignage. Mais cette accusation a ensuite été relayée par des organismes pro-opposition syrienne.

Plus d’argent, et plus beaucoup de ressources politiques

Les estimations sur le nombre de réfugiés syriens en Jordanie tournent autour de5 à 6 000. Une charge supplémentaire pour un pays qui a dû par le passé accueillir pas mal de Palestiniens et d’Irakiens. Et dont la situation économique et sociale est loin d’être enthousiasmante. À court d’argent, et confronté à un lourd déficit budgétaire, le gouvernement doit procéder à des hausses d’impôts et de prix – sur les matières premières, l’électricité et certaines denrées. Des mesures d’urgence mais néanmoins contestées par l’opposition, c’est-à-dire les Frères musulmans, boostés par le succès de leurs homologue égyptiens. Et qui, accessoirement,  appuient naturellement le combat de leurs frères syriens.

Réagissant à l’annonce, fin mai, de ces hausses imminentes, le porte-parole de la Confrérie jordanienne les a qualifiées de « démarches très dangereuses susceptibles de provoquer la colère partout dans le pays« . Une colère que s’entendent à exploiter les Frères : si elle n’a pas été secouée comme d’autres par la houle du « Printemps arabe », la Jordanie est régulièrement le théâtre depuis janvier 2011 de manifestations de rue. Et des élections législatives sont prévues d’ici la fin de l’année, qui se feront selon une nouvelle loi électorale perçue par les Frères musulmans, sans doute pas à tort, comme concoctée spécialement contre eux.

Le Premier ministre jordanien, en poste depuis avril 2012, Fayez Tarawneh, doit se coltiner, outre l’agressivité des Frères musulmans, longtemps réprimés mais désormais interlocuteurs incontournables du roi, à des données sociologiques objectives préoccupantes :  un chômage réel frappant peut-être 30% de la population active, et évidemment plus élevé encore chez les moins de 30 ans, qui représentent 70% de la population. Un terreau idéal pour les révolutionnaires islamistes, en Jordanie comme en Égypte – ou d’ailleurs en Syrie. Et un casse-tête pour les réformateurs, Tarawneh n’était jamais que le quatrième chef de gouvernement depuis l’année dernière. Cette fois, le monarque a choisi un homme vraiment de son sérail, Tarawneh ayant exercé naguère les fonctions de Premier ministre, ministre de la Défense, ministre des Affaires étrangères et de… chef de la Cour. Autre aspect pas insignifiant de son CV, il a été, dans les années 90, ambassadeur aux États-Unis, où il a reçu par ailleurs sa formation d’économiste

Difficulté supplémentaire, et pas la moindre, pour le gouvernement, la ligne de fracture, vieille de quarante ans, entre les Jordaniens de souche et leurs compatriotes d’origine palestiniens chassés par les victoires israéliennes de 1948 et de 1967, cette ligne de fracture dont a longtemps joué le pouvoir royal tend à s’estomper face à l’universalité du mécontentement : les premiers sont surtout présents dans l’administration et les zones rurales, les autres dans les affaires et les villes. Mais tous ou presque désormais sont frappés à des degrés divers par la crise.

Les difficultés politico-commerciales avec la Syrie, point de passage obligé des échanges avec le nord de la région, la Turquie et l’Europe, n’ont rien dû arranger à la situation économique jordanienne. Le roi Abdallah a été un des premiers chefs d’État arabes a demander – plus poliment que d’autres – le départ de Bachar. Coincé entre les exigences des Américains, et d’autres alliés traditionnels et envahissants comme l’Arabie séoudite et le Qatar, et l’extrémisme de « ses » Frères musulmans, le souverain avait à vrai dire une très faible marge de manoeuvre diplomatique. Certains disent que c’est précisément sur le contre-exemple syrien qu’Abdallah et les siens comptent pour calmer les ardeurs de l’opposition.

Mais c’est essentiellement à ses protecteurs américano-golfistes – les Américain ont récemment déployé, pour le compte des Israéliens, des missiles Patriot à la frontière avec la Syrie – que le roi doit, pour l’heure, de n’avoir pas connu le sort de ses homologues républicains de Tunisie, d’Égypte ou du Yémen. Sa Majesté hachémite, contrairement à ses homologues séoudien ou qatari, formuler des voeux secrets pour le maintien de Bachar al-Assad à la tête de la Syrie !

Manifestation de soutien des Frères musulmans jordaniens à la révolte syrienne, à un poste-frontière : ceux-ci considèrent Abdallah comme leur Bachar...

 


Edité par T 34 - 20 Jun 2012 à 22:44
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Ron Paul versus Barack Obama : États-Unis, terre de contrastes…

Par Louis Denghien, le 21 juin 2012 

Rebelles à Idleb : la CIA va-t-elle leur imposer un permis à points sur l'utilisation de leurs armes ? Ou exiger d'eux un "engagement citoyen" à ne pas rejoindre al-Qaïda ?

Le New York Times indique dans son édition du 21 juin que des équipes de la CIA sont à pied d’oeuvre pour superviser la distribution à l’ASL des armes payées par le Qatar, l’Arabie séoudite, la Turquie et d’autres généreux donateurs étrangers. Les hommes de la centrale seraient là pour veiller à ce que ce matériel ne tombe pas dans les mains de groupes affiliés au réseau al-Qaïda.

Bref, l’administration Obama, qui s’efforçait de sauver la fiction de son non engagement en affirmant qu’elle ne livrerait à la rébellion que du matériel « non léthal » – en gros, des pansements et des téléphones satellitaires – coiffe de façon quasi-ouverte désormais l’aide militaire aux groupes armés qui ensanglantent la Syrie. Et, si l’on en croit le même article du New York Times, le gouvernement américain envisagerait sérieusement de fournir « à titre gracieux » les insurgés en photos satellite ou

Et ce sont les mêmes qui s’indignent de la livraison de matériel russe à l’armée syrienne !

Quant au souci affiché de ne pas équiper les hommes d’al-Zawahiri, il est des plus grotesques : les experts de la CIA n’ont aucune assurance de la destination finale de ces armes, ni de la fiabilité « idéologique » des groupes armés sur le terrain, au fort degré d’ »autonomie » – disons cela comme ça – par rapport à l’état-major ASL de Turquie. Par la force des choses, les Américains risquent bien de superviser en fait l’armement de la centrale djihadiste, dont le haut état-major américain a pourtant dénoncé publiquement la présence en Syrie ! On doit là incriminer, soit une incohérence de la direction américain, le gouvernement ne tenant pas compte des informations et mises en garde de l’armée ; soit un double langage, le Pentagone prenant position contre al-Qaïda « pour la galerie » américaine et internationale, et la Maison Blanche continuant à miser sur la déstabilisation terroriste du régime syrien, via l’ASL ou les bandes armées de toute obédience.I lest vrai aussi que la schizophrénie et l’inconséquence se retrouvent aussi chez les chefs militaires : le général Dempsey,  d’état-major de l’US Army, qui avait mis en garde Obazma et l’opinion américaine contre l’immixtion d’al-Qaïda en Syrie, est le même qui a déclaré que l’ »option militaire devait être envisagée » !

On peut aussi envisager que l’administration Obama, en situation d’échec prolongé sur le dossier syrien, n’ait plus vraiment de ligne directrice, et réagisse au jour le jour, tout en s’efforçant de « sauver sa face » diplomatique, ce en période électorale.

Ron Paul : la Syrie lui rappelle l’Irak, le Kosovo et la Libye

Mais malgré tout, tous les politiques américains ne sont pas formatés sur le modèle néoconservateur-sioniste. Et l’un des plus notables d’entre eux, Ron Paul, figure de la droite libertarienne, vient de le montrer, à propos de la Syrie. Réagissant à l’agitation belliciste qui a saisi les cercles politico-médiatiques – démocrates et républicains – de son pays suite à la tuerie de Houla, le représentant républicain – ô combien atypique – du Texas a pondu début juin un texte  – intitulé « Des tambours de guerre pour la Syrie ? » – où il met en doute la responsabilité de l’armée ou des miliciens bacharistes dans le massacre.

Ron Paul précise qu’il ne prétend pas détenir la vérité, mais il observe que de récents attentats à la bombe et attaques ont été perpétrés « par des rebelles armés ayant des liens avec al-Qaïda« . Du coup, écrit le représentant du Texas, avec ce qui est en jeu – une éventuelle implication américaine dans le conflit syrien – le bon sens commanderait d’attendre que soit menée une enquête complète sur Houla. « À moins, dit-il, que trouver la vérité compte moins que d’exciter l’émotion en faveur d’une attaque américaine« .

Et Ron Paul, il est vrai critique résolu et déjà chevronné de la politique fédérale, de remettre l’affaire syrienne en perspective : « Combien de fois, récemment, mensonges et exagérations ont été utilisés (par l’administration américaine) pour envoyer des troupes outre-Atlantique ? » Et Paul de remarquer qu’il n’y a pas fallu longtemps  Kadhafi a été accusé de préparer un génocide, et l’opinion sommée d’appuyer une intervention américaine en Libye. Ces affirmations, observe le représentant texan, se sont finalement avérées fausses, mais entre-temps Kafdhafi était mort et la Libye, ravagée par les bombardements et la guerre civile, était tombée aux mains de « bandits« . Bien sûr, Ron Paul fait aussi le rapprochement avec le conditionnement mensonger qui a conduit à l’agression de 2003 contre l’Irak. Mais aussi avec le Kosovo où là encore des accusations de « génocide », controuvées plus tard par les faits, ont permis à Bill Clinton de bombarder un allié traditionnel de la Russie et de se payer un nouveau point d’appui en Europe.

Ceci rappelé, Ron Paul revient à la Syrie et à Houla : il observe que les relations du massacre ont changé, partant de la thèse d’un bombardement de l’armée à la découverte que les victimes avaient tué de façon rapprochée, par balles ou à l’arme blanche. Puis il pose une question : »Personne ne nous a expliqué pourquoi les forces gouvernementales auraient pris le temps d’aller de maison en maison pour attacher les mains des victimes avant de les abattre, et puis ensuite se retirer de Houla et laisser ainsi aux rebelles le temps de collecter les éléments les plus horribles.

De Houla, Ron Paul revient à la politique américaine vis-à-vis de la Syrie, critiquant l’hypocrisie de l’administration Obama qui parle de son aide « non léthale » à la rébellion tout en facilitant le transfert à celle-ci des armes fournies par les monarchies du Golfe. Et il conclut son bref mais pénétrant article par cette mise en garde : « Nous sommes engagés sur une voie rapide vers la guerre en Syrie. Il est temps de mettre les freins ».

Qui peut entendre la voix de ce politique américain atypique, connu de l’opinion américaine pour ses candidatures à la candidature d’ »indépendant » à l’élection présidentielle (en 1988, 2008 et 2012) et sa dénonciation de l’emprise, fiscale et politique, de l’État fédéral sur la vie des Américains ? Pas vraiment le peuple américain de base, très ignorant et indifférent aux questions internationales, assez spontanément porté d’ailleurs à l’isolationnisme. Quant aux élites politico-médiatiques, elles sont structurellement sourdes ou hostiles à tout ce qui s’écarte de la doxa pro-israélienne et néoconservatrice. Tout le monde sait qu’il est pratiquement impossible, aux États-Unis, de prétendre à une carrière politique durable et de quelque portée si l’on n’est pas adoubé par l’AIPAC et le lobby sioniste.  Ron Paul, qui a eu un impact certain chez les Républicains en récoltant jusqu’à 25% des suffrages lors des primaires de 2008, et qui en2012 semble conserver une certaine popularité dans son parti, n’a cependant jamais pu vraiment jouer « dans la cour des grands »

Avant Ron Paul, un homme comme Pat Buchanan, porte-parole de la droite ou de l’extrême droite républicaine, mais hostile à l’influence israélienne – il avait un jour comparé le Congrès américain aux « territoires occupés » ! -, l’avait déjà éprouvé, se faisant marginaliser au sein de son parti – il avait pourtant été un conseiller écouté des présidents Nixon, Ford et Reagan – et n’obtenant que 0,4% des suffrages à la Présidentielle de 2000.

« Nul n’est prophète en son pays » dit un proverbe français : il est très regrettable, pour les Syriens, les Arabes en général et le peuple américain, que Ron Paul puisse être écouté et compris de si peu de ses compatriotes…


La CIA renforce son appui aux groupes terroriste en Syrie

Washington, 21 juin, (RHC).-Le New York Times a révélé qu’un groupe d’agents de la CIA fournit, dans le sud de la Turquie, des armements et des orientations aux groupes anti gouvernementaux en Syrie.

Un rapport publié par ce quotidien étasunien précise que les armes sont payées par les gouvernements de la Turquie, de l’Arabie Saoudite et du Qatar.

Le journal explique que les officiers de la CIA sur le terrain, reçoivent une information actualisée de la situation interne dans ce pays arabe et créent les conditions pour recruter des agents qui sont envoyés en territoire syrien.

The New Cork Times souligne que cette mission de la CIA est l’exemple le plus évident et détaillé de l’appui de Washington à la campagne militaire contre le président, Bashar Al Assad, et une tentative pour augmenter les pressions sur Damas.

Source

La Syrie rappelle l’ONU à certaines réalités

Par Droits réservés, le 21 juin 2012 

Bachar al-Jaafari, combattant de première ligne diplomatique

La Ligue arabe, dont on a une tendance irrépressible à oublier qu’elle parraine aussi le plan de paix défendu par Kofi Annan, est sortie de son silence pour réclamer un « nouveau mécanisme« , susceptible selon elle d’obliger « toutes les parties » à respecter enfin les dispositions du plan de paix, à commencer par le cessez-le-feu. Ahmed ben Elli, n°1 de la Ligue, qui s’exprimait ce jeudi 21 juin dans le cadre d’un entretien accordé à l’agence russe Interfax, n’a pas été jusqu’à décrire le mécanisme en question. Il s’agirait, ce qui est à peine moins vague, de « réviser » le mandat syrien de Kofi Annan.

Dans un registre plus concret, Ahmed ben Elli a exhorté la Russie à ne plus livrer d’armes au gouvernement syrien, car, dit-il, elles « aident à tuer des gens » et « cela doit cesser« . Il n’a apparemment pas mis en cause les livraisons d’armes, tout ce qu’il y a de plus officielles,  du Qatar et de l’Arabie séoudite. Ni d’ailleurs le fait que la Turquie abrite les commandos de l’ASL. Toutes choses qui, elles aussi, « aident à tuer des gens » et doivent donc cesser.

On notera, parce qu’on est comme malgré soi optimiste, que le bras droit de Nabil al-Arabi met quand même en cause les deux camps en ce qui concerne les violences. Il pouvait difficilement faire moins, s’adressant à des Russes qui ont imposé à la Ligue arabe et aux Occidentaux la reconnaissance de cette évidence – si longtemps niée par eux – de l’existence de groupes armés, et même d’un projet terroriste à l’oeuvre en Syrie, via al Qaïda.

Les vérités inaudibles de Bachar al-Jaafari

Restons dans la dimension internationale de la crise syrienne : mercredi 20, le représentant syrien aux Nations-Unies, Bachar al Jaafari, a mis en cause le rôle de « certains » membres du Conseil de sécurité. Ceux-ci, a dit al-Jaafari lors d’une conférence de presse, parient sur l’échec du plan Annan et voudraient à nouveau se ménager la possibilité d’une intervention militaire en invoquant le chapitre VII de la Charte de l’ONU, ultima ratio de la communauté internationale en cas de blocage diplomatique et de nécessité humanitaire. En l’occurrence, accuse le diplomate syrien, il s’agirait d’assurer à coups de bombardements, et sous le prétexte d’une urgence humanitaire, des « corridors » qui deviendraient autant de sanctuaires pour les bandes ASL.

Et pourtant, assure al-Jaafari, les membres du Conseil de sécurité sont parfaitement conscients de la réalité de la menace terroriste dans son pays. Dont les autorités, précise-t-il, ont remis aux membres du Conseil ainsi qu’aux responsables onusiens, une liste de noms de terroristes étrangers tués ou capturés sur le sol syrien. De fait, même un Ban Ki-moon a reconnu récemment cette réalité.

Des terroristes, Bachar al-Jaafari est passé à leurs soutiens, ces États du Golfe et la Turquie qu’il a nommément désignés : « Quelqu’un devrait ‘adresser à ces pays qui appuient les gangs terroristes parce qu cet état de fait est devenu flagrant« . Soulignant le risque d’extension du conflit syrien à toute la région, l’ambassadeur en appelé au sens des responsabilités des puissances occidentales.

Le délégué syrien a renouvelé l’adhésion, de son gouvernement au plan Annan, « irremplaçable« . Il a en outre qualifié d’ »équilibré » le communiqué du général Mood dans lequel celui-ci expliquait sa décision de suspendre provisoirement la mission de ses observateurs. Il a du reste exclu la possibilité d’un retrait définitif des casques bleus, s’appuyant sur des déclarations récentes du responsable onusien pour les opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous.

Et sur ce point, interrogé par un journaliste sur la nécessité, pour donner une vraie chance au plan Annan, que l’armée observe la première un cessez-le-feu unilatéral, al-Jaafari a eu assez beau jeu de rappeler que cette formule, expérimentée à compter du 12 avril, n’avait jamais marché, les groupes ne suspendant pas leurs attaques, et profitant de la trêve pour se renforcer en hommes et en arme.

Interrogé sur le sort des civils bloqués dans certains quartiers de Homs, Bachar al-Jaafari a protesté de la bonne volonté des autorités syriennes, et fustigé l’attitude des bandes armées qui, à Homs comme en d’autres endroits, utilisent les civils comme des « boucliers humains« .

Sur ces questions jointes du plan de paix, du terrorisme, de la protection des civils et de l’attitude de la communauté internationale, Bachar al-Jaafari a livré une analyse qui cerne d’assez près, croyons-nous, la réalité. Affirmant que la protection des civils syriens n’était pas la préoccupation fondamentale de « certains membres du Conseil de sécurité« , il a accusé ceux-ci de ne chercher « que le changement de régime politique en Syrie« . »Ces puissances, a-t-il poursuivi, veulent détruire l’État syrien ». Eh oui, M. l’ambassadeur, c’est à peu près ça. Mais ils ont du mal !

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Bilan d’une après-midi syrienne….

Par Guy Delorme, le 21 juin 2012 

Les quartiers de Homs encore tenus, au moins en partie, par les insurgés sont devenus autant de mini-villes fantômes. Les derniers civils encore pris dans ces souricières doivent en principe être évacués à partir de ce jeudi par La Croix Rouge internationale et le Croissant Rouge syrien

L »OSDH prétend toujours que 28 soldats ont péri dans des combats mercredi 20. Mais indique jeudi 21 que ces pertes ne concernent pas le seul secteur de Lattaquié, comme elle l’affirmait hier, mais aussi celui de Hama et d’Idleb. Le bilan d’une attaque contre une caserne de la région de Lattaquié est donc ramené par Rami Abddel Rahmane à « plusieurs soldats » tués. L’officine pro-CNS reconnait la mort de cinq rebelles dans ces combats de Lattaquié (dans le secteur dit de la Montagne des Kurdes). Sinon, elle parle toujours de combats à Homs, y compris à Bab Amr,  à Rastane, à Andane (près d’Alep), dans le quartier Tadamone de Damas, à Daël et Ibtaa (respectivement 10 et 15 kilomètres au nord de Deraa).

Encore 1 000 ou 2 000 insurgés à Homs ?

Du côté pro-gouvernemental, le site Syria Truth affirme que l’armée serait à la veille de lancer un assaut décisif contre le quartier homsi d’al-Khaldeeye et un ou deux autres le jouxtant. Syria Truth estime à près de 2 000 le nombre d’insurgés encore présents dans ces quartiers, et précise que ces effectifs seraient répartis entre deux « brigades« , l’une relevant d’un obédience wahhabite pro-séoudienne, et l’autre se réclamant carrément d’al-Qaïda. On est à peu près certain en tous cas que l’islamisme sunnite radical doit être le principal référent idéologique de ces hommes, sur lesquels ni le CNS ni sans doute l’état-major de l’ASL ne doivent exercer leur influence. Quoiqu’il en soit, l’armée aurait réuni près de 20 000 hommes pour cette explication finale.

C’est ce jeudi que le CICR, avec l’aide du Croissant Rouge syrien, devrait commencer l’évacuation de centaines de civils bloqués dans les secteurs disputés entrez l’armée et les insurgés. Cette évacuation a été rendue possible par la trêve qu’ont accepté d’observer les deux camps, selon des responsables de la Croix Rouge internationale.

Quant à Sana, on doit, par rapport à son bulletin de mi-journée de mercredi, ajouter les événements suivants :

-à Homs, dans les quartiers al-Qarabis, al-Kussur (nord), al-War (centre), Deir Balbé ont mené des perquisitions qui ont permis la découverte d’un certain nombre de caches d’armes. Parmi le « butin » figurent des obus thermiques anti-char, des fusils à lunette, des jumelles de visée nocturne. Précisons quand même que ce qui est souvent désigné, pour des raisons de commodité, comme un quartier n’a, dans la plupart des cas, pas l’importance administrative ni la superficie d’un arrondissement parisien et peut se réduire à quelques pâtés de maisons. Bref, al-Qarabis ou al-War ne sont pas l’équivalent de Bab Amr.

-à Hama, un accrochage avec un groupe armé dans le secteur d’al-Qossour (est de Hama) a occasionné plusieurs pertes côté insurgés, et la saisie de nombreuses armes. Toujours à Hama, cette fois dans le quartier Janoub al-Malaab, un autre groupe a été détruit.

-dans la province d’Idleb, à mi-distance des villages d’Ebline et de Balchoune, un accrochage a coûté la vie à quatre rebelles, deux membres des forces  l’ordre étant blessés.

-à Palmyre, deux activistes ont été arrêtés alors qu’ils transportaient 11 fusils automatiques dans un bus.

Les médias français insistent sur les lourdes pertes subies, ce mois-ci, par les forces gouvernementales. Mais il semble bien que celles des insurgés soient plus importantes encore. Et dans une guerre d’usure de ce genre, ce n’est évidemment pas la rébellion, même avec le renfort de centaines de djihadistes étrangers, qui peut gagner.

Amir Abdullahian: La Syrie fait face à une coalition internationale groupant 70 régimes politiques

Téhéran / Le ministre adjoint iranien des affaires étrangères pour les affaires arabes et africaines, Hussein Amir Abdullahian, a affirmé que la Syrie fait face à une coalition internationale groupant 70 régimes politiques qui représentant l'hypocrisie et le double critère, réitérant le soutien de l'Iran à la Syrie et à sa ligne résistante et sa condamnation des ingérences étrangères dans les affaires des pays de la région.

Dans une déclaration faite à Qom (sud de Téhéran), Abdullahian a souligné que les Etats-Unis, Israël et certains gouvernements arabes imaginaient que la Syrie chuterait dans trois mois mais en dépit de toutes les pressions exercées et les ingérences étrangères la Syrie a surmonté la crise et affronté la campagne qui vise son rôle géopolitique dans la région.

De même, il a qualifié de "faute stratégique" l'ingérence saoudienne dans les affaires internes bahreïniennes, ajoutant que l'Arabie Saoudite s'ingère aussi dans les affaires syriennes et soutient les groupes terroristes en armes et en argent pour attiser les troubles dans ce pays.



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Une désertion spectaculaire, mais exceptionnelle

Par Guy Delorme, le 22 juin 2012 

Le Mig 21 du colonel Merhi, sur un aérodrome jordanien : il ne reste que 500 et quelques appareils de combat à l'armée de l'Air syrienne...

L’OSDH, avec une précision qui traduit et trahit le bidonnage a fait savoir hier que les violences avaient fait depuis mars 2011 15 026 victimes. Et elle a dénombré pour la journée de jeudi 21 juin un « pic » de 168 victimes – 104 « civils« , 54 soldats et dix « rebelles« .

Sur ce dernier bilan redisons une énième fois que l’OSDH, hébergée à Londres par le gouvernement Cameron, dit et dénombre ce qu’elle veut, et qu’elle range – la choses est avouée par elle et signalée depuis peu par la presse – dans la catégorie « civils » des combattants non déserteurs de l’armée. Ce qui explique l’absurde disproportion entre les pertes des militaires loyalistes et celles des rebelles qu’on retrouve à chaque fois dans les bilans OSDH.

Concernant le bilan général, on appréciera aussi le grotesque de la précision, alors que le pays est, entre autres, « visité » par des centaines – au bas mot – de combattants étrangers : que deviennent statistiquement, d’un point de vue OSDH, tous ceux qui sont tués au combat ? Des civils syriens ? Enfin, 2 600 à 3 000 militaires et policiers y figurent à coup sûr, et un nombre indéterminé de civils tués par les rebelles. Et pour le reste, c’est l’inspiration propagandiste de Rami Abdel Rahmane et de ses amis opposants qui impose ses chiffres : on espère seulement qu’un jour ils publieront un liste de noms de victimes aussi complète et précise que leur bilan.

Voyons à présent la carte des violences version OSDH avant de la mettre en regard de celle établie par l’agence Sana. L’officine de l’opposition radicale signale des combats dans plusieurs localités de la province de Homs, de celle de Deraa – le nom de Inkhel est cité – et de celles d’Alep et d’Idleb. Plus, dans la région de Damas, à Douma. L’OSDH ne donne pas plus de précisions géographiques sur ces affrontements.

Sana de son côté, pour la journée du 21 juin, signale…

-À Alep, dans le quartier al-Cheiq-Maqsoud, la mort de deux activistes dans l’explosion prématurée d’une bombe qu’ils transportaient à moto, explosion qui a blessé quatre passants.

-Dans le gouvernorat d’Idleb, à Armanaz, un accrochage d’ampleur entre militaires et insurgés qui a fait chez ces derniers plusieurs morts et des dizaines de blessés, et deux morts et cinq blessés parmi les soldats.Et sur la route reliant Idleb à Harem (au nord, sur la frontière turque), des soldats s’en sont pris à des activistes qui posaient des explosifs : plusieurs de ces derniers ont été blessés.

-Dans le secteur de Hama, des tirs d’un groupe armé qui ont blessé trois habitants du quartier de Janoub al-Malaab. et l’incendie d’une usine de textiles, provoqué par un tir de roquette RPG. Et la découverte du cadavre de Mahmoud Yassine Hassani, un pharmacien, dans le village d’al-Kabarieh.

-À Damas, ou plutôt à Douma dans sa banlieue nord-est, l’assaut d’unités de l’armée contre plusieurs « repaires » de terroristes, dont « nombre d’entre eux » on été tués ou blessés.

Et, nous allions dire « bien sûr », Sana annonce que 19 nouvelles victimes militaires ont été conduites à leur dernière demeure : un général (Ghassan Abou al-Daheab, assassiné devant son domicile de Damas), un adjudant-chef, un adjudant, un sergent-chef, trois sergents, un caporal, onze conscrits. À qui s’ajoute un civil. Comme de coutume, ces militaires ont été tués la veille, mercredi 20 juin donc. Or l’OSDH donnait un bilan de 28 tués militaires « au moins » pour cette même journée : la différence, ou la distorsion, est d’un tiers environ.

L’ASL a gagné un pilote

Sinon le fait du jour, enfin celui de jeudi, est évidemment la dissidence, première du genre, d’un aviateur syrien : le colonel Hassan Merhi al-Hamadé posé vers 11 heurEs son Mig 21 sur la base militaire jordanienne Roi Hussein, à Mafraq à 80 kilomètres au nord-est d’Amman, demandant aussitôt l’asile politique qui lui a aussitôt été accordé. Les autorités syriennes ont reconnu le fait, qualifiant le colonel de « déserteur » et de « traitre à la nation« . Des négociations seraient en cours avec les autorités jordaniennes pour récupérer le Mig. Du côté de Washington, on s’est naturellement félicité de cette défection aérienne, prédisant que beaucoup suivraient. Du reste, l’ambassadeur américain à Damas (qui n’est plus à Damas) Robert Ford a publié sur Facebook un appel aux militaires syriens à suivre l’exemple glorieux du colonel Merhi.

Quant à nous nous constatons qu’il aura fallu 16 mois pour que l’armée de l’Air syrienne perde un pilote, voire un avion. À ce rythme, l’ASL n’est pas près de se constituer une force aérienne. Selon certaines sources, l’armée de l’Air syrienne disposerait de 435 avions de combat – plus 70 avions d’assaut ou chasseurs d’appui de l’infanterie et antichar -, de différents types Mig, le Mig 21 étant le modèle le plus ancien, et le Mig 29 le plus moderne. L’aviation syrienne est restée à ce jour discrète dans les combats contre les rebelles, se manifestant surtout par des interventions d’hélicoptères, même si quelques Mig 21 ont semble-t-il effectué récemment des vols de reconnaissance dans la région de Hama. Bien sûr, en termes de propagande, la défection du pilote n’est pas une bonne affaire pour le gouvernement. Mais elle n’est pas vraiment non plus une catastrophe.

C’est d’ailleurs le moment de rappeler qu’en dépit des fanfaronnades de l’OSDH, du CNS et de l’ASL, relayées aujourd’hui encore par l‘AFP qui parle sans le moindre élément de preuve de  la « désertion de dizaines de milliers de soldats » depuis l’année dernière, eh bien les forces armées syriennes n’ont pour l’essentiel pas succombé aux sirènes de l’opposition et de ses puissants amis : le « butin » de ceux-ci s’établit à trois ou quatre généraux, et deux ou trois colonels, dont l’un, Ryad al-Asaad, chef théorique de l’ASL, serait selon des sources convergentes en fuite en Bulgarie avec une partie de la caisse de son armée ! (On reviendra sur le sujet).

Et non seulement l’armée ne se délite pas, mais elle porte des coups plus sévères que jamais, ce mois-ci, aux bandes armées. Un pilote déserteur ne fera pas le printemps de l’ASL.

Lavrov : « Au moins la moitié des Syriens voient en Bachar leur avenir et leur sécurité »

Par Louis Denghien, le 22 juin 2012 

Décidément, quand on tend un micro à Sergueï Lavrov, il faut s'attendre à un très ferme "recadrage"

Suite à un entretien, mercredi20 juin, avec Kofi Annan, Hillary Clinton a annoncé que celui-ci allait proposer aux Russes une « nouvelle feuille de route pour une transition politique« . Fait notable, la secrétaire d’État américaine a précisé que cette démarche avait pour but d’augmenter la pression « pas seulement sur le régime Assad mais aussi sur l’opposition« .

Il n’y aura pas de scénario libyen en Syrie

On verra bien ce qu’en pensent les Russes mais pour l’heure, ceux-ci demeurent droits dans leurs bottes. Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré jeudi 21 juin sur les ondes de la radio Echo de Moscou que le départ volontaire de Bachar al-Assad du poste de président syrien était impossible, et il a qualifié les exigences des leaders occidentaux à ce sujet d’ »absurdes« .
« Le schéma voulant que le président Assad parte avant tout progrès vers la fin de la violence et le lancement d’un processus politique ne fonctionne pas depuis le début et est tout bonnement irréalisable, parce qu’il ne partira pas », a indiqué Sergueï Lavrov.
Selon le ministre, « il faut comprendre (…) qu’Assad a recueilli les suffrages d’au moins la moitié des Syriens qui, pour différentes raisons, voient en lui leur avenir et leur sécurité ». Et le chef de la diplomatie russe de répéter que Moscou n’admettrait pas l’application du scénario libyen en Syrie : « Dans le cas de la Syrie, le scénario libyen ne passera pas. Nous nous en portons garants. Aussi faut-il se mettre à la table des négociations. Nous devons obtenir un cessez-le-feu et faire en sorte que les parties adverses se mettent à négocier » a -t-il souligné.

Dans le cadre du même entretien, le ministre aexigé la présence de l’Iran à la prochaine conférence internationale sur la Syrie qui doit se tenir à Genève le 30 juin.Les Américains, a observé Sergueï Lavrov, soutiennent le principe de la participation d’acteurs extérieurs à la Syrie à cette réunion. Mais il faut, a-t-il souligné, que cette participation soit organisée de façon équitable. La Russie reconnait la légitimité de la présence à Genève de pays comme le  Qatar et l’Arabie séoudite, les Occidentaux doivent donc accepter celle de l’Iran.

Par ailleurs, Lavrov a réaffirmé que la Russie poursuivrait ses livraisons d’armes à la Syrie. Et à ce sujet, il est revenu, ce même jeudi 21 juin, sur l’affaire du cargo russe transportant notamment trois hélicoptères de combat vers la Syrie, et contraint de revenir à son port d’attache de Mourmansk après que le gouvernement britannique eut fait pression sur une compagnie d’assurance pour que celle-ci mette le navire en situation d’irrégularité en annulant sa police d’assurance. Lavrov a déclaré qu’en la circonstance le gouvernement Cameron avait défié le droit international : « Les sanctions de l’Union européenne ne font pas partie du droit international » a-t-il martelé, estimant que Londres s’était avancé « sur un terrain très glissant« . Et il a jugé cette cargaison « parfaitement légitime« . Lavrov a d’ailleurs laissé entendre qu’elle atteindrait ses destinataires : « Les contrats doivent être honorés » a-t-il conclu.

Où l’on voit – une fois de plus – que la Russie ne lâche rien – ni personne – sur le dossier syrien. L’impérialisme tranquille, sûr de lui et dominateur, de l’Occident américanisé, c’est bien fini.


A Homs les rebelles refusent de laisser partir les civils

Par Louis Denghien, le 22 juin 2012 

Évacuation de blessés de Bab Amr par le CICR et la Croix rouge, fin février : un scénario rendu possible par l'accord des autorités et celui de l'ASL. Qui quatre mois plus tard ne veut pas relâcher ses otages de fait...

Le ministère syrien des Affaires étrangères a accusé jeudi les groupes rebelles de Homs d’avoir fait capoter les négociations menées par le CICR et le Croissant Rouge syrien pour l’évacuation de plusieurs centaines de civils des quartiers encore disputés. « Ces gangs terroristes n’ont pas permis aux équipes de secours d’aller porter leur aide aux blessés, aux vieillards, aux femmes et aux enfants, ce qui montre leur vrai visage criminel » dit le communiqué. Qui ajoute que non seulement les représentants locaux de l’ASL se sont rétractés par rapport à leurs premiers engagements, mais que leurs hommes ont ouvert le feu sur deux équipes de la Croix Rouge et du Croissant Rouge.

Mauvaise volonté stratégique

En conséquence de quoi, le ministère syrien appelle le Secrétaire général de l’ONU (Ban Ki-moon), le haut-commissaire onusien aux droits de l’homme (Navi Pillay), la mission d’observation onusienne en Syrie (le général Robert Mood) à assumer leurs responsabilités et à exercer d’ »extrêmes pressions » sur ces bandes de Homs pour qu’elles se conforment aux exigences humanitaires qu’en l’occurrence le gouvernement syrien a clairement pris en compte, acceptant tout de suite le principe d’un accord négocié à ce sujet par le CICR avec les rebelles.

Ce vendredi, le représentant du programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD), Robert Watkins a constaté, dans un entretien accordé à Reuters, que la hausse de la violence rendait « extrêmement difficile » la présence des humanitaires sur le terrain. « L’aide humanitaire se poursuit cependant mais pas au rythme que nous avions espéré » a ajouté M.Watkins.

Voici deux semaines, le gouvernement syrien a accepté un renforcement de la présence sur son territoire des agences des Nations-Unies et d’ONG comme la Croix Rouge internationale. Suite à cet accord, l’ONU a ouvert ou va ouvrir des bureaux dans quatre villes « sensibles » : Deraa, Deir Ezzor, Homs et Idleb. Mais là aussi, on retombe sur le même problème que pour le cessez-le-feu ou l’ouverture d’un dialogue politique : la défaillance ou la mauvaise volonté manifeste de l’opposition radicale, en tous cas de ses représentants militarisés sur le terrain. Mais au fond, quand l’ASL refuse l’évacuation de centaine de femmes, d’enfants, de vieillards, de blessés d’al-Khaldeeye ou de quartiers mitoyens, ne joue-t-elle pas une des dernières cartes qui lui restent ? Ces civils en effet demeurent des otages pour elle, des boucliers humains. et aussi un instrument de propagande vis-à-vis de l’opinion étrangère, et singulièrement occidentale. À qui ses médias « omettent » de dire que si une grande partie de Homs s’est transformée en ville-fantôme, c’est bien parce que les habitants, alaouites, chrétiens, bien sûrs, mais aussi sunnites, ont fui le climat de terreur et de persécutions instauré par les fanatiques, de Bab Amr à al-Hamidiyeh en passant par Karm al-Zeitoun. Mais sans doute ces médias sont-ils réticents à prendre en compte ce genre de subtilité, qui contrarie leur schéma hollywoodien sur le drame syrien…

Source

26 partisans du régime massacrés à Alep, un avion turc disparu au large de la Syrie

Par Louis Denghien, le 22 juin 2012 

C'est un appareil turc de ce type qui a peut-être été abattu au large de la Syrie

C’est un nouvel exploit de ces bandes dont François Hollande, Laurent Fabius et quelques autres relativisent ou nient la férocité : ce vendredi 22 juin à Darat Izeh, dans la banlieue d’Alep, des hommes de l’opposition armée ont enlevé plusieurs dizaines de civils. Les corps mutilés d’au moins 26 d’entre eux ont été retrouvés peu après. C’est la thèse gouvernementale, diffusée notamment par la télévision syrienne.

L’AFP parle elle d’une embuscade tendue à ces partisans du régime dans les alentours d’Alep. Une vidéo montre les cadavres entassés les uns sur les autres, baignant dans leur sang, certains portant des treillis militaires, d’autres vêtus simplement d’un t-shirt, à proximité d’une sorte de pick-up avec des impacts de balles dans sa portière. Tandis que le « cameraman » commente ainsi les images : « Voici les chabihas du régime d’Assad ! » Avec un tel commentaire, le crime est signé, par l’opposition armée. Pour l’heure les médias français sont plus discrets sur cette tuerie que sur celle de Houla, commise contre des partisans du régime et des alaouites et néanmoins généralement attribuée au régime et à ses miliciens. On verra les développements de l’affaire. Deux militaires auraient par ailleurs péri, selon l’OSDH, dans ce même secteur d’Alep. L’officine pro-CNS affirme que dix manifestants ont été tués lors des manifestations du vendredi à Alep. On notera que le correspondant de Reuters s’est empressée d’avaliser la thèse opposante que les 25 ou 26 personnes enlevées et tuées étaient des chabihas, histoire de rendre la tuerie plus « présentable ».

Militaires, miliciens ou civils, ces hommes ont été clairement tués par des insurgés. Le même jour, selon l’OSDH, l’opposition a rassemblé des milliers de manifestants à Alep, ville dont on doit rappeler qu’elle compte trois millions d’habitants. Quelle que soient les circonstances et les victimes de cette tuerie, elle ne devrait pas contribuer à accroître la popularité des extrémistes à Alep. On souhaite juste qu’elle n’engendre pas des représailles aveugles. En tous cas la nécessité absolue d’extirper les métastases ASL et autres  est confirmée, s’il en était besoin.

Un grave incident aérien syro-turc ?

L’autre fait militaire dominant de ce vendredi, c’est – peut-être – la disparition d’un avion militaire turc au-dessus de la Méditerranée orientale, non loin, affirme l’état-major turc, des côtes syriennes. Le contact avec l’appareil – un F4 de construction américaine – a été perdu peu avant midi (heure locale). Deux pilotes étaient à bord. L’appareil se serait abimé dans les eaux territoriales syriennes.  La chaîne arabe Almayadeen , mais aussi al-Jazeera et la chaîne russo-arabe RT ont indiqué que l’avion aurait été abattu par la DCA syrienne, et un autre aurait été moins gravement touché, en tous cas aurait pu regagner sa base. Bien entendu, dans un contexte aussi tendu que celui prévalant entre Ankara et Damas, la disparition inexpliquée de cet appareil pourrait accroître encore la tension entre les deux pays. Là encore, on n’en sait pas assez.

Ci-dessous la vidéo du massacre d’Alep :

 

La Syrie a abattu un avion de combat turc dans ses eaux territoriales

 
 
RT

La Syrie a confirmé avoir abattu un jet turc et, en réponse, la Turquie a déclaré qu’elle "prendrait les mesures nécessaires". La tension monte et une enquête va être diligentée.

L’agence syrienne étatique SANA rapporte qu’un porte parole de l’armée syrienne a annoncé qu’un objet volant non identifié avait violé l’espace aérien du pays et avait été abattu par l’artillerie anti-aérienne à un kilomètre de la côte du pays.

L’avion s’est révélé être turc et le problème a été réglé selon la loi syrienne a ajouté le porte parole.

Il a aussi déclaré que la Turquie et la Syrie avaient commencé une opération conjointe de sauvetage en mer. Le bureau du premier ministre turc avait annoncé plus tôt que la Syrie était derrière la disparition de l’avion.

"Selon les informations fournies par institutions concernées et par l’opération conjointe avec la Syrie de recherche et de sauvetage, il apparaît que notre avion a été abattu par la Syrie" a déclaré le bureau du premier ministre.

Le bureau précise que la Turquie est "déterminée" à prendre les mesures qui s’imposent dès que tous les détails de l’incident seront connus, selon Reuters. L’opération de recherche et de sauvetage est toujours en cours, selon le bureau.

Cette déclaration a été faite après un meeting de deux heures entre Erdogan, des membres de son cabinet et l’armée.

Les sauveteurs ont déjà trouvé un siège éjectable et un parachute dans la mer, mais il n’y a aucun signe de l’avion lui-même, a-t-on annoncé à la télévision turque.

Erdogan a dit aux reporters qu’il se savait pas encore si l’avion s’était écrasé ou s’il avait été abattu. Il n’a pas confirmé le fait que la Syrie se serait excusée d’avoir soi-disant abattu le jet.

Il y a eu des rapports contradictoires sur ce qui était arrivé aux pilotes de l’avion. Selon les sources de Marina Finoshina de RT, ils auraient été capturés mais les médias turcs ont dit qu’ils avaient été sauvés.

L’écrivain et universitaire Colin S. Cavell pense qu’il est peu probable que l’avion ait été en mission de reconnaissance, il s’agirait plutôt, selon lui, d’une provocation destinée à tester la réaction des forces de sécurité syriennes et leur capacité à protéger leurs frontières. Le Turquie en tant que membre de l’OTAN peut compter sur le soutien de l’alliance en cas d’attaque, dit-il.

"Le Phantom F-4 est utilisé par les Etats-Unis qui en fournissent à la Turquie et bien sur les Etats-Unis et la Turquie peuvent prétendre que la Syrie les a attaqués", a dit Cavell à RT. "Ils se serviraient sûrement de ce stratagème pour justifier une intervention de l’OTAN s’ils voulaient intervenir, mais je ne pense pas qu’ils vont faire appel à l’OTAN tout de suite."

Stephen Zunes, qui est professeur à l’université de San Francisco, croit que la Turquie essaie de trouver des moyens de soutenir indirectement l’opposition.

"Ce que la Turquie essaie de faire, très honnêtement, c’est de soutenir l’opposition pour faire tomber le régime —mais d’une manière qui limiterait le risque de se retrouver impliquée directement dans le conflit," a-t-il confié à RT.

Cependant, Zunes a aussi souligné que, dans la situation actuelle, ni la Turquie, ni la Syrie n’ont intérêt à ce que le conflit s’intensifie.

"Les deux camps ont intérêt à tenter de calmer la situation" a-t-il dit. "Par contre, il peut y avoir des puissances extérieures qui pensent avoir intérêt à envenimer la situation."

Pour consulter l’original : http://www.rt.com/news/turkish-plane-erdogan-statement-543/

Traduction : Dominique Muselet



Edité par T 34 - 23 Jun 2012 à 17:21
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Erdogan touché par la DCA syrienne ?

Par Louis Denghien, le 23 juin 2012 

Erdogan joue avec le feu - et avec la Syrie - depuis des mois : et le voilà arrivé à un instant critique de son poker menteur diplomatique

Des milliers, ou des dizaines de milliers de personnes – les deux formulations ont été utilisées presque simultanément par les agences françaises – ont manifesté à travers la Syrie contre le gouvernement  à l’occasion du traditionnel vendredi de mobilisation de l’opposition. Redisons que tout ça est bien possible mais le laconisme de la presse française à ce sujet témoigne assez que cette mobilisation était – au mieux – ordinaire, c’est-à-dire très limitée.

L’OSDH annonce un bilan de 96 morts pour vendredi. Parmi ceux-ci 26 pro-Bachar massacrés à Darat Ezzat près d’Alep, dont le statut n’est toujours pas vraiment défini : civils enlevés par des commandos selon le gouvernement, ou miliciens chabihas tombés dans une embuscade selon l’opposition ? C’est en tous cas clairement un nouveau « fait d’armes » des bandes armées.

Un avion de moins, ou de trop ?

Cependant, c’est toujours l’affaire du chasseur bombardier turc disparu en mer hier qui retient l’attention des commentateurs : une source militaire syrienne a confirmé vendredi soir à l’AFP que l’appareil turc avait été atteint par un coup au but de la défense anti-aérienne syrienne, sans que la nature du projectile soit précisée. L’avion s’est abimé en mer à une dizaine de kilomètres au large de Lattaquié. Un porte-parole (officieux) de l’armée a indiqué que les radars syriens avaient repéré vers 11 heures 40 (heure locale) une « cible non identifiée », en tous cas pas un appareil syrien. À la suite de quoi ordre a été donné d’ouvrir le feu. Un porte-parole, cette fois officiel, de l’armée syrienne a donné ce 23 juin les précisions suivantes : l’appareil non identifié a été touché alors qu’il survolait à basse altitude et à grande vitesse les eaux territoriales syriennes, à un kilomètre environ de la côte. Il s’est ensuite abimé en mer à une dizaine de kilomètres au large, et à hauteur de la localité d’Oum Touyour, à une quinzaine de kilomètres au nord de Lattaquié, et à une vingtaine de la frontière turque.

On est toujours sans nouvelles des deux hommes d’équipage, objets recherches conjointes d’unités navales turques et syriennes, confirmée tant côté turc que côté syrien.

Il ne s’agit donc pas vraiment d’une méprise, mais d’une réaction légitime et automatique de la défense d’un État souverain, d’autant plus légitime vu le contexte de tension, intérieure et extérieure, que connait le pays. Quant aux pilotes turcs, étaient-ils en mission de provocation, de « testing » des réactions syriennes ? S’étaient-ils à ce point égarés ? Le président turc Abdullah Gül a lui envisagé que le F4 a pu violer accidentellement l’espace aérien syrien en raison de sa vitesse. Oui, mais à ce compte-là, les violations seraient quotidiennes !

L’agence Sana ne fait pas états d’ »excuses » de Damas à Ankara, excuses qui avaient dans un premier temps été annoncées par Erdogan, avant qu’il semble se montrer plus évasif à ce sujet. Pour l’heure tout ce qui est sorti de la réunion de crise politico-militaire convoquée par le Premier ministre turc vendredi soir est le communiqué suivant : « La Turquie fera connaître son attitude définitive et prendra avec détermination les mesures qui s’imposent quand toute la lumière sera faite sur cet incident« .

Il est certain qu’Erdogan a subi là un camouflet, mineur mais symbolique, et ce qu’on ait du personnage, de son arrogance et de son anti-bacharisme rabbique a de quoi inquiéter a priori. Dans un ^passé récent, parce qu’un obus et quelques balles syriens avaient franchi, à la poursuite de bandes ASL, sa frontière, le Premier ministre turc avait agité le droit pour son pays de se défendre, avec l’appui de l’OTAN. Pour autant, nous n croyons toujours pas qu’Erdogan et son équipe ont les moyens, militaires et politiques, de leur bellicisme : un aventure armée, même appuyée diplomatiquement par Washington serait équivalent à une séance de roulette russe . Ce alors que plusieurs soldats turcs-, sur un autre front, viennent de tomber victimes de séparatistes kurdes. Et que nombre de politiques et de citoyens turcs ne sont pas d’accord avec la ligne anti-syrienne et pro-OTAN. Il est certain que l’homme voudra absolument sauver la face. Comment, cela demeure la question.

Kofi Annan pour une entrée de l’Iran dans le processus de paix

L’affaire a sûrement été évoquée au cours des entretiens du ministre syrien des Affaires étrangères,Walid al-Mouallem, avec son homologue russe Sergueï Lavrov, qui ont commencé vendredi 22 juin à Saint-Pétersbourg. Une chose est sûre :  Lavrov a indiqué ce même vendredi, dans un entretien accordé à la télévision Rossia 24, que son interlocuteur syrien lui avait proposé un retrait des troupes syriennes des villes, à condition qu’il soit « simultané » avec celui des groupes armés. Tout ceci relevant selon nous de l’utopie militaire et politique, mais nous sommes sur le terrain de intentions et gestes diplomatiques.

Sergueï Lavrov a par ailleurs informé Walid al-Mouallem des préparatifs de la conférence internationale de Genève sur la Syrie, dans laquelle la Russie est très impliquée. Sans surprise, les deux hommes se sont accordés sur le fait que cette réunion devait se pencher activement sur le problème du financement et de l’armement des groupes armés en Syrie ; le Qatar, l’Arabie séoudite et la Turquie, qui doivent participer à la conférence de Genève se retrouveraient sur la sellette. Pour équilibrer cette réunion, on sait que Moscou défend avec vigueur la participation de l’Iran, que rejette la troïka Washington/Londres/Paris. Reste que sur ce point Moscou vient de recevoir vendredi un appui de taille, celui de Kofi Annan : « L’Iran devrait faire partie de la solution en Syrie » a déclaré à Genève au cours d’une conférence de presse le promoteur du plan de paix, qui sait bien que le temps de l’unilatéralisme occidental est passé.

Avion turc : ce qu’on croit savoir, ce qu’on peut imaginer…

Par Louis Denghien, le 22 juin 2012 

On peut malheureusement soupçonner Erdogan du pire, à commencer d'irresponsabilité

En ce début de soirée du vendredi 22 juin, voilà ce qu’on sait – ou croit savoir – sur l’affaire  de l’avion d’attaque F4 turc disparu en mer vers midi (heure locale) au large du littoral syrien.

L’avion a bien été abattu par un missile sol-air syrien. Par erreur ou en réaction à une violation objective de l’espace aérien syrien ? Apparemment par erreur, puisque le Premier ministre turc Erdogan aurait annoncé en fin d’après-midi que les autorités syriennes avaient présenté au gouvernement turc des excuses « très sérieuses » pour l’incident, et même fait part de leur « grande tristesse » pour ce qu’elles reconnaissaient comme une « erreur« . C’est un éditorialiste du quotidien Habertürk qui a rapporté les propos d’Erdogan, sur la base d’une discussion informelle avec lui, et non d’une déclaration officielle. Mais cette version relayée par la BBC n’a finalement pas été confirmée officiellement pour l’heure par le Premier ministre turc. Ni d’ailleurs, à notre connaissance, par le gouvernement syrien.

On est toujours sûrs de rien

Le fait que des unités navales syriennes aient participé aux recherches des deux pilotes, conjointement avec des navires et des hélicoptères turcs – information confirmée par Erdogan lui-même – corrobore a priori cette thèse de la méprise reconnue.Toujours selon Erdogan, actuellement en visite au Brésil dans le cadre du sommet du G20, les deux pilotes seraient en vie. Même si en début de soirée on était toujours sans nouvelles d’eux. Selon certaines sources, ils seraient dans les mains des Syriens, mais là encore pas de confirmation, ni d’Ankara, ni de Damas.

Toujours est-il que l’incident était suffisamment grave pour que Recep Tayyep Erdogan, à peine rentré du Brésil, convoque en début de soirée une réunion gouvernementale de crise avec ses principaux ministres, le chef d’état-major de l’armée et le chef des services secrets. Connaissant l’extrême hostilité du chef du gouvernement turc à Bachar al-Assad, on a un peu de mal à penser qu’il pourrait se contenter d’excuses même officielles.

Des zones d’ombre subsistent, c’est le moins qu’on puisse dire. L’avion turc a-t-il été vraiment touché par erreur, ou abattu parce qu’il venait « tâter » les réactions syriennes ?  Bref est-ce bien un accident ou une réponse syrienne à une provocation ? Ou une réponse à une provocation qui serait maquillée d’un commun accord en méprise, pour stopper net une escalade ? Question provocation, la haine que porte Erdogan à Bachar al-Assad, sa mégalomanie évidente et le soutien assuré des Américains pourrait avoir poussé le dirigeant, empêtré dans la crise syrienne depuis son début, à un geste bravache.

D’un mal accidentel, un bien géostratégique ?

Si cette thèse était la bonne, Erdogan aurait certes pris une grave responsabilité, risquant un conflit ouvert. Et s’exposant, s’il en restait là et se contentait des excuses du gouvernement syrien, à une certaine perte de prestige personnel. Mais il n’aurait là que ce qu’il mérite depuis longtemps.

En ce qui concerne la Syrie, elle n’a certes pas vraiment intérêt, dans sa situation présente, à se mettre sur le dos une guerre, ou un début de guerre avec son voisin, brèche politique par laquelle tenteraient de s’engouffrer toute une confédération de puissances hostiles, qui cherchent un prétexte en ce sens depuis longtemps. Mais on peut penser qu’Erdogan, qui a déjà des problèmes sanglants avec « ses » Kurdes, n’ira pas très loin.

Et puis, d’un mal sort un bien : même si c’est par erreur, la Syrie vient de prouver en temps réel qu’elle a les moyens de faire du mal à ses ennemis, quand bien même ils disposent de moyens aériens modernes. Ce petit succès « technique » peut faire l’effet d’un stimulus moral à une nation qui se sent depuis trop longtemps assiégée et insultée, à commencer par le gouvernement turc qui héberge le CNS, les bandes ASL et les « spécialistes » occidentaux – CIA et autres – chargés d’encadrer tout ce beau monde et de l’aider à porter la mort et la désolation en Syrie. Il peut en tous cas contrebalancer la nouvelle de la défection d’un pilote syrien. Reste qu’il ne fait à aucun prix heurter le sentiment national du peuple turc, dont au moins une moitié ne soutient pas la politique agressive de son  dirigeant.

On peut aussi enfin parier sur la satisfaction des Russes, qui viennent en quelque sorte, même sans l’avoir voulu, d’adresser un avertissement à l’OTAN et en particulier aux Américains, qui ont fabriqué l’appareil abattu : le matériel qu’ils fournissent aux Syriens – au grand dam de l’axe Washington/Londres/Paris – est vraiment « performant »….

Un engin lance-missiles SAM 300 russe : c'est l'arme qui pourrait avoir abattu le F4 turc

 
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Syrie : Riyad prêt à financer les combattants anti-Assad

 
 
Ria Novosti

L’Arabie saoudite envisage de payer les salaires des combattants de la dénommée "Armée syrienne libre" (ASL) pour encourager les défections de l’armée régulière et intensifier la pression sur Damas, rapporte samedi sur son site le journal britannique The Guardian, citant des sources anonymes.

L’Arabie saoudite a déjà évoqué cette possibilité lors des négociations avec les Etats-Unis et certains pays arabes.

Fin mars, le ministre saoudien des Affaires étrangères Saoud al-Fayçal a déclaré que le royaume soutenait l’idée d’armer de l’opposition syrienne, cette dernière étant incapable de "se défendre sans armes".

Plus tôt dans la semaine, le quotidien américain New York Times, se référant aux sources anonymes au sein de l’administration américaine et aux employés des services de renseignement des pays arabes, a rapporté qu’une équipe de la CIA se trouvait dans le sud de la Turquie afin d’empêcher que les armes fournies à l’opposition syrienne ne tombent entre les mains des membres d’Al-Qaïda et d’autres extrémistes.

Selon le journal, les armes destinées à l’ASL, parmi lesquelles figurent des fusils d’assaut, des lance-grenades, des munitions et des armes antichars, sont transférées en Syrie à travers la frontière turque avec l’aide des Frères musulmans syriens. Les livraisons sont payées par la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar.

Depuis la mi-mars 2011, la Syrie est en proie à une vague de contestation du régime du président Bachar el-Assad. Selon les Nations unies, les affrontements ont déjà fait plus de 12.000 morts parmi les civils et les militaires. Un cessez-le-feu a été décrété dans le pays en avril dernier, en vertu du plan de paix formulé par l’émissaire spécial de l’Onu et de la Ligue arabe Kofi Annan. Toutefois, les parties en conflit font régulièrement état de nouveaux affrontements et victimes.

Source : RIANOVOSTI


 
Ce vendredi 22 juin à 11h58 précises, un avion de type F4 Phantom parti de la base aérienne d’Erhaç à Malatya (Est de la Turquie) a disparu en Méditerranée, au large des côtes syriennes.

 
Il aurait été abattu par la défense anti-aérienne syrienne au moment où celui-ci aurait franchi son espace aérien d’au moins un kilomètre.

La version syrienne des faits n’est pas dénuée de sens puisque l’épave de l’avion se trouve actuellement dans les eaux territoriales syriennes.

Autre détail important : l’avion de reconnaissance (et donc non équipé de missiles) aurait été abattu après qu'il ait disparu des écrans radars turcs. L'avion a probablement disparu parce qu'il aurait violé l'espace aérien syrien.

Par ailleurs, l’endroit où l’avion de reconnaissance turc a été abattu se situe aux confins de la frontière turque, dans les eaux qui font face à la ville turque de Samandag mais qui se situent à une jetée de pierre du village côtier syrien de Ras El Bassit.

D’autant que les pêcheurs et certains riverains de Samandag (ville turque majoritairement arabophone) disent avoir entendu trois déflagrations en provenance de la frontière.

Ces témoins « auditifs » ont d’abord pensé qu’il s’agissait de tirs entre soldats et rebelles syriens. Ce n’est qu’après avoir aperçu un zodiac des garde-côtes turcs et deux frégates en provenance de la base navale d’Iskenderun que les habitants de Samandag ont pensé à un « naufrage ».

De retour du sommet de Rio+20 au Brésil, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a convoqué vendredi soir, une réunion d’urgence dont le sujet principal devait être le « terrorisme séparatiste » et l'attaque menée par le PKK à Daglica dans la zone montagneuse de Hakkari.

Selon la chaîne turque NTV, l’état-major turc n’aurait pas soufflé mot sur les pertes humaines essuyées par son armée. Ainsi, pendant 2h10 minutes, le seul sujet de discussion aurait été la disparition du F4 et la responsabilité syrienne dans cette perte.

Dans un communiqué de presse très laconique émis à l’issue de la réunion de crise, le premier ministre Erdogan a confirmé que l'avion a été abattu par la défense syrienne. Il a par ailleurs annoncé que les recherches de l’épave sont menées conjointement avec les autorités syriennes et que « la Turquie fera connaître sa position finale une fois que toute la lumière aura été faite sur cette incident. »

Aucune information n’a été communiquée concernant le sort des deux pilotes qui se trouvaient à bord de l’avion abattu.

Entretemps, la plupart des analystes interrogés par les chaînes satellitaires turques tiennent un discours plus que dangereux, se référant à tous les articles de la charte des Nations Unies et de l’OTAN qui permettraient de contourner le véto sino-russe pour intervenir militairement en Syrie, expliquant que le « crime » commis par la Syrie est très grave et relève du « casus belli ».

Ils démentent, par ailleurs, les allégations de soutien militaire de la part de la Turquie aux insurgés syriens.

Sur ce dernier point, l’administration Erdogan et ses panégyristes médiatiques sont peu convaincants.

Rappelons d’abord quelques faits avérés :

- les Frères musulmans syriens et l’Armée syrienne libre (ASL) sont les invités de marque du gouvernement turc et les principaux acteurs pro-turcs de l’opposition syrienne.

- l’ASL dispose de camps d’entraînement dans la province turque du Hatay, à quelques kilomètres de l’endroit où l’avion turc est tombé.

- certains camps de réfugiés syriens sont utilisés comme couverture pour les insurgés syriens. Durant l’été dernier, des opposants syriens ont été arrêtés en territoire turc par les services secrets de la MIT pour avoir dénoncé le détournement des camps de réfugiés à des fins militaires notamment par des groupes djihadistes.

- l’ASL lance des attaques en territoire syrien depuis ses bases turques en s’infiltrant vers les provinces de Lattaquié et d’Idlib via le Djebel Zawiya. L’ASL revendique des attentats depuis le territoire turc. Des milliers de soldats et de civils syriens ont été tués dans ces attentats.

- tous les militants maghrébins d’Al Qaida capturés par l’armée syrienne et passés aux aveux parlent de la piste Istanbul-Antakya dans leur itinéraire vers le djihad en Syrie. Il est impossible que ces militants traversent toute la Turquie de haut en bas, rencontrent des insurgés syriens agissant sous contrôle de l’armée turque et franchissent une zone frontalière militarisée sans que les autorités turques ne soient au courant.

- le New York Times (article d’Eric Schmitt) du 21 juin évoque des opérations secrètes de la CIA qui coordonnerait le trafic d’armes en provenance des pays du Golfe avec l’aide des Frères musulmans syriens.

- dans une interview réalisée le même jour avec Reuters, le ministre US de la défense Leon Panetta a révélé que des militants d’Al Qaida actifs en Syrie étaient munis de MANPAD. Cet armement capable d’abattre des avions civils ou des hélicoptères proviendraient selon lui de l’ancienne armée libyenne. En même temps, des rumeurs circulent concernant l’arrivée dans les villes portuaires du Sud de la Turquie (Iskenderun) des bateaux remplis d’armes en provenance de Libye. A l’insu de l’armée turque ? Ces rumeurs sont invérifiables car la TSK n’a procédé à aucune saisie d’armes. En revanche, l’armée libanaise a effectué plusieurs prises, notamment la cargaison du Lutfullah II battant pavillon sierra-léonais avec une cargaison d’armes libyennes.

En 1998, l’armée turque avait menacé de marcher sur Damas en raison de la présence du leader kurde Abdullah Öcalan sur son territoire. En novembre 2011, elle a organisé des exercices de mobilisation baptisés « Yildirim » (la foudre) à ses frontières avec la Syrie. En mars dernier, un journal émirati rapportait que l’armée turque se préparait à entrer de 15 km en territoire syrien pour y créer une zone-tampon[1] Cette info avait auparavant été évoquée par Reva Bhalla le directeur de l’agence privée de renseignement américain STRATFOR.[2]

A l’aune de ces multiples indications concernant le bellicisme turc, Ankara semble mal placée pour accuser Damas de « menaces » et de « provocations ».

Finalement, que vaut une carcasse d’avion face aux milliers de victimes syriennes tombées sous les balles et les bombes des insurgés sponsorisés par Erdogan ?



Le 22 juin 2012
Bahar Kimyongür
Auteur de Syriana, la conquête continue, Ed. Investig’action et Couleur Livres, Charleroi, 2011
 
 
Notes :
[1] Thomas Seibert, “Turkey readies Syrian buffer zone plan”, The National, 22 mars 2012
[2] Câble Wikileaks relatif à un courriel de Reva Bhalla daté du 15 novembre 2011


Erdogan hausse le ton, et joue les Atatürk…

Par Louis Denghien, le 24 juin 2012 

Ahmet Davutoglu, compère d'Erdogan, veut porter l'affaire à l'OTAN, tandis que son patron tente une opération de politique intérieure de type "Union nationale"

Le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, a haussé le ton dimanche matin, en déclarant que l’avion F4 turc abattu vendredi au large des côtes syriennes par la DCA syrienne volait finalement dans l’espace aérien international, était isolé et non armé, effectuant une mission de routine de vérifications d’installations de radars au sol. Et face à ce qu’il définit donc comme une agression délibérée de Damas, la Turquie consulterait cette semaine – mardi 26 juin – ses partenaires de l’OTAN. Rappelant au passage que l’article 4 de la charte du pacte atlantique prévoyait qu’un membre agressé ou menacé pouvait réclamer une convocation du conseil supérieur de l’OTAN. De son côté, Recep Tayyep Erdogan a annoncé qu’il s’exprimerait sur cette affaire devant le parlement turc mardi prochain.

Une opération de politique intérieure ?

Le gouvernement turc joue donc l’escalade. C’était à vrai dire prévisible vu ce qu’on connait du caractère de M. Erdogan et des orientations de sa politique régionale. Cette affaire, qui a tout de même, quelle qu’en soit la genèse, constitué un camouflet à son orgueil, peut aussi être un moyen de ressouder autour celui une majorité de l’opinion turque sur le thème, toujours payant, du nationalisme. Ce alors que toute l’opposition parlementaire a toujours vertement critiqué la ligne syrienne d’Erdogan. Qui a d’ailleurs annoncé des consultations ce dimanche avec les chefs de cette opposition

On voit bien qu’Erdogan joue une carte de politique intérieure autant qu’internationale autour de cet avion abattu, alors que le gouvernement syrien, contrairement à ce qu’avait d’abord annoncé le chef du gouvernement turc, n’a pas présenté d’excuses, estimant qu’il avait été confronté à une provocation et à une violation caractérisée de son espace aérien. Cette opération de type « union nationale face à la Syrie » peut-elle marcher ? On verra. Cela dépend aussi du sort des deux pilotes turcs, dont on est toujours sans nouvelles, malgré de recherches conjointes des marines turque et syrienne. S’ils sont morts, il y a aura évidemment une sérieuse pomme de discorde entre les deux pays, et l’on peut compter sur Erdogan pour envenimer les choses.

On verra aussi ce que dit l’OTAN. Mais quand à ce qu’il pourrait faire, c’est à notre avis tout vu : que M. Erdogan roule des mécaniques à longueur de communiqués, abrite le CNS, l’ASL et les « Amis de la Syrie » sur son territoire, c’est une chose. Se lancer dans une guerre aux conséquences incalculables, alors que la Turquie est confrontée à un regain de la guérilla kurde, que l’Irak est en conflit latent avec Ankara, et que la Russie et l’Iran sont vigilants, c’en est une autre, et les pontes de l’OTAN en sont bien conscients, en dépit de leur jactance anti-Bachar.

Et puis, il faut quand même rappeler que depuis au moins un an, le gouvernement turc mène contre son voisin une guerre non déclarée, en hébergeant, encadrant et laissant armer les bandes qui vont semer la mort et la désolation en Syrie. Qui aurait eu, de ce point de vue, mille raisons de déclarer la guerre à son voisin ! Alors cet avion perdu ne représente pas le centième des dommages et torts faits par Erdogan aux Syriens.

La tension entre la Syrie et la Turquie connait un nouveau pic, c’est incontestable. Mais les deux pays ont un égal intérêt à calmer le jeu, en principe.

 

Il ne faudrait pas qu'un avion turc fasse oublier le fond des choses : l'hébergement, l'encadrement et l'arment des bandes ASL par la Turquie depuis un an

 

Le patron de l’OSDH reconnait que l’ASL ne commande à personne

Par Droits réservés, le 24 juin 2012 

Une des très rares apparitions d'Osama Ali Suleiman - alias Rami Abdel Rahmane -, patron de l'OSDH, protégé du gouvernement anglais et un des principaux responsables de la désinformation à sujet syrien

L’OSDH affirme qu’au moins 16 soldats ont péri très tôt ce dimanche 24 juin dans des combats entre Daret Azza et Atareb, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest d’Alep, et non loin de la frontière turque. Selon la même source partisane, « un certain nombre » de soldat sauraient fait défection dans cette même région. Mais rien n’est dit des pertes rebelles. C’est près de Daret Azza qu’ont été retrouvées voici 48 heures les corps de 25 ou 26 personnes, présentées comme des miliciens du régime par l’opposition, et comme des civils enlevés puis exécutés par de activistes par le gouvernement. Seuls les compte-rendus d’obsèques militaires de l’agence Sana peuvent confirmer ou invalider cette revendication, ce soir ou demain.

R. A. Rahmane : « Personne (et surtout pas l’ASL) ne contrôle rien » !

L’OSDH en revanche concède la mort de deux insurgés à Homs « à la périphérie » de Bab Amr, et d’un autre dans le secteur dit de la Montagne kurde, près de Lattaquié, déjà enjeu de combats ces derniers jours. Sinon l’officine de propagande du CNS, basée à Londres et protégée du gouvernement britannique, évoque le « pilonnage incessant » par l’armée de quartiers de Homs, Idleb, Deir Ezzor, Deraa et de la banlieue est de Damas. Et pour la journée de samedi, l’OSDH a dénombré 116 morts, dont de nombreux « civils » : mais tout le monde sait à présent, même la presse française, que sont comptabilisés comme civils dans ces bilans, des hommes armés mais n’ayant pas le statut de déserteur.

Dans une déclaration à l’AFP, où l’inconscience ne peut être que la seule alternative à l’hypocrisie, Rami Abdel Rahmane patron de l’OSDH  (dont le vrai nom serait Osama Ali Suleiman), dit déplorer qu’il soit devenu « normal » de comptabiliser 100 morts quotidiens ces derniers jours. Mais Rahmane/Suleiman en profite aussitôt pour fustiger « l’absence de décisions de la communauté internationale« . Et l’on sait bien quelle décision espèrent en vain un Rahmane et ses semblables depuis des mois. On relève cependant aussi cette déclaration en forme d’aveu du patron de l’OSDH : en Syrie, dit-il, « personne ne contrôle rien« . Évidemment, R.A. Rahmane pense là plus à ses amis du CNS et de l’état-major de la soi disant ASL qu’au gouvernement syrien qui lui se fait obéir de ses troupes. Par cette petite phrase, M. OSDH dit enfin une vérité que nous répétions ici depuis un certain temps : la direction, repliée en Turquie, de l’ASL n’a pas ou peu d’autorité sur les groupes armés, qui ont d’autres chefs, d’autres références idéologiques et religieuses, d’autres sources de financement. On aimerait, à ce sujet, avoir de nouvelles nouvelles du colonel Ryad al-Asaad, chef en titre de cette armée si peu syrienne et si peu libre, dont d’insistantes rumeurs disent, depuis une dizaine de jours, qu’il se serait enfui en Bulgarie avec la caisse de l’ASL.

Une colonne rebelle détruite

Pendant ce temps, que dit l’agence Sana ? Elle rend compte de la poursuite puis de l’interception, tôt ce matin semble-t-il, d’un convoi de rebelles, à l’est de Talbissa (ou Talbisah, à une petite dizaine de kilomètres au nord de Homs) : rattrapés, les rebelles ont été tous tués, et l’on peut estimer que cela représente un certain nombre de victimes car Sana parle de cinq voitures détruites et de deux autres capturées. Cela représente aussi un important butin : une mitrailleuse, des fusils d’assaut, 32 000 balles de fusil, des bandes de munitions pour mitrailleuse, des obus de mortier. Pas de pertes apparemment du côté des militaires.

Un autre groupe armé a été intercepté, hier soir ou ce matin, dans le secteur al-Quasayr, ville située à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Homs, près de la frontière libanaise : guidés par des habitants, les soldats ont capturé plusieurs activistes qui attaquaient le central téléphonique de la localité d’al-Ghassaniyah, au nord d’al-Qusayr, et en bordure du grand lac de Qattinah, très près de la frontière libanaise.

Et puis, dans la nuit de samedi à dimanche, une tentative d’infiltration de rebelles a été mise en échec par des policiers dans la petite ville-frontière (avec la Turquie) d’al-Yamamah, au nord de Lattaquié : selon la formulation habituelle de Sana, « nombre » de terroristes ont été tués ou blessés et les survivants ont regagné la Turquie. Mais « nombre de policiers » ont également été blessés.

Bref, l’OSDH peut bien publier des communiqués de victoire, les rebelles sont traqués partout, et le plus souvent défaits en rase campagne, en étant réduits à une guerre de coups de main et d’embuscades, certes coûteuse pour les forces de l’ordre, mais qui ne peut leur donner le moindre ascendant stratégique, alors que du fait de leurs effectifs somme toute réduits, les rebelles ont plus de mal à combler leurs pertes que l’armée régulière et les autres forces de sécurité.

Gouvernement syrien : des piliers et deux nouvelles têtes

Par Louis Denghien, le 23 juin 2012 

Un nouveau gouvernement, un nouveau parlement, une nouvelle constitution : des pas dans la bonne direction, au seul rythme rendu possible par la situation. Et tout le reste n'est que démagogie et irresponsabilité (calculées)...

Bachar al-Assad a donc formé, un mois et demi après les élections législatives, un nouveau gouvernement, dirigé par l’ex-ministre de l’Agriculture Riad Hijab. C’est évidemment un gouvernement taillé pour la gravité de l’heure, avec des fidèles issus du sérail bassiste. Et quand même un léger air de nouveauté et d’ouverture.

Les ministères-clés ne changent pas de titulaires : Walid al-Mouallem aux Affaires étrangères, le général Daoud Rajha à la Défense, Mohammad Ibrahime al-Chaar à l’Intérieur et Mohammad Jleilati aux Finances. Il y a quand même du nouveau symbolique : l’opposition modérée sera représentée par deux personnalités, Ali Haidar et Qadri Jamil, co-dirigeants du Front populaire pour le Changement et la Libération, coalition, créée en juillet 2011, de communistes et de nationalistes de gauche qui avaient accepté de participer aux élections législatives (voir nos articles « Désolé M. Juppé, Russes et Chinois ne veulent toujours pas de votre guerre ! » et « Et si on parlait un peu des législatives ? », mis en ligne le 27 avril et le 2 mai 2012). Ali Haidar, issu du PSNS  (nationaliste grand-syrien) a hérité d’un ministère de type nouveau et, si l’on peut dire, taillé pour mesure, celui des « Affaires de la Réconciliation nationale » : Ali Haidar, il n’est pas inutile de le rappeler, a perdu un fils dans les événements, assassiné le 2 mai dernier près de Hama par un groupe terroriste. Qadri Jamil, ex-communiste, est pour sa part nommé ministre du Commerce intérieur et de la Protection des consommateurs, ainsi que vice-Premier ministre pour les affaires économiques.

À ceux qui crieront à la « poudre aux yeux », ou au changement homéopathique, on répondra calmement que c’est tout de même la coalition d’ »Unité nationale » dirigée par le Baas qui a gagné la grande majorité des suffrages exprimés par 51,3% du corps électoral, et que la plupart des autres forces d’opposition – ne parlons évidemment pas du CNS ni des Frères musulmans – comme le CCCND n’ont pas voulu tenter leur chance. La présence au gouvernement de ces deux hommes politiques critiques de la gestion passée est quand même un avancée démocratique, comme l’ont été la nouvelle constitution post-article 8 ou la nouvelle loi sur les partis. Ce n’est pas assez ? Ce n’est déjà pas mal pour un pays sans tradition réelle de pluralisme « à l’occidentale », et soumis aujourd’hui aux pressions que l’on sait. Et c’est beaucoup mieux pour les Syriens que la charia, le sectarisme communautaire et les voitures piégées de l’opposition radicale !

Conférence de presse du Front populaire pour le Changement et la Libération, à Damas, le 19 avril dernier

Martyrs civils et militaires

Et puisqu’on parlait de l’opposition radicale, de son projet et de ses oeuvres, constatons que c’est un chiffre particulièrement élevé de « martyrs » qui ont été portés en terre ce samedi 23 juin. Pas moins de 67 selon Sana. Il est vrai que ce chiffre intègre 22 civils victimes des terroristes. S’agit-il des hommes massacrés vendredi à Darat Izeh (ou Darat Ezzat), à une trentaine de de kilomètres à l’ouest d’Alep ? On note que la très grande majorité de ces victimes civiles provient de la ville ou du gouvernorat de Hama. Soit à une centaine de kilomètres minimum au sud du lieu du drame. S’agissait-il de certains de ses fameux chabihas comme le prétend l’OSDH, venus en mission dans ce secteur très proche (une quinzaine de kilomètres à peine), là encore, de la frontière turque, par où s’infiltrent – ou se réfugient – en permanence les  bandes armées ? Sana continue de parler de civils, et même de femmes, d’enfants et de vieillards. Miliciens ou civils, ces hommes sont bien tombés victimes de semeurs de mort et de chaos hébergés et encadrés par l’actuel gouvernement Erdogan.

Pour les autres, 45 tout de même, tombés hier ou ce matin dans les environs de Damas, dans les gouvernorats de Homs, Idleb, Alep et Deraa, il s’agit de deux colonels, un  capitaine, un lieutenant, un sous-lieutenant, cinq adjudants-chefs, trois adjudants, deux sergents-chefs, six sergents, cinq caporaux, seize conscrits et trois policiers. Bien évidemment ces hommes ont pour la plupart péri dans des affrontements avec des groupes rebelles sur lesquels Sana, et on peut le regretter, ne s’étend pas.

Tout de même, l’agence de presse syrienne signale pour ce samedi la mort de plusieurs terroristes tués par l’explosion de la bombe qu’ils étaient en train de poser près d’un réservoir d’eau à al-Rosen, près de Talkalah, à l’ouest de Homs et sur la frontière du Nord-Liban. Ce genre d’ »accident » meurtrier semble assez fréquent chez les activistes qui n’ont pas tous apparemment le niveau de professionnalisme exigé par leurs activités (même si le réservoir a été mis hors d’usage). Par ailleurs un nouvel arsenal a été découvert dans le quartier d’al-Arba’ine de Hama.

Source


Edité par T 34 - 25 Jun 2012 à 16:45
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F4 turc abattu : Damas persiste et prouve

Par Louis Denghien, le 25 juin 2012 

Jihad Maqdissi : la Syrie a bien défendu un territoire "sacré" contre une intrusion effective

Les dirigeants turcs peuvent plaider la thèse de l’innocence frappée lâchement et sans sommation, et aller se plaindre au grand frère OTAN de cette traitrise, la Syrie n’en démord pas : le chasseur-bombardier F4 turc abattu par la DCA syrienne vendredi au large de Lattaquié a bien « violé la souveraineté syrienne« .

Abattu par un canon à portée limitée

C’est ce qu’a réaffirmé ce lundi 25 juin Jihad Maqdissi, porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères au cours d’une conférence de presse très courue. « L »avion militaire turc a violé l’espace syrien, les défenses aériennes syriennes ont riposté et l’appareil s’est abimé à l’intérieur des eaux territoriales syriennes. Ce qui s’est passé est une violation flagrante de la souveraineté syrienne » a donc résumé Jihad Maqdissi : on voit qu’Erdogan avait donc menti, au minimum en ce qui concerne les « excuses très sérieuses » formulées selon lui par Damas !

Mais le porte-parole syrien a donné quelques éléments à l’appui de la thèse défendue par le gouvernement : d’abord  les Syriens ignoraient la nature précise de la cible abattue, et donc la nationalité de l’ »OVNI ». Ensuite, celle-ci a été victime, non pas d’un missile sol-air, mais d’un classique « canon mitrailleur antiaérien« , dépourvu d’assistance radar. La nature des projectiles, indique Maqdissi, est indiquée par les impacts relevés sur des débris de l’appareil repêchés par des marins syriens, débris qui ont été remis aux officiers turcs. Or, la portée utile maximum de tels canons est de deux kilomètres et demi, ce qui laisse à penser que l’appareil turc, bien loin de voler innocemment dans l’espace aérien international  comme l’ont affirmé (avec un temps de retard) les dirigeants d’Ankara, était bien « en visite » chez le voisin.

Jihad Maqdissi après avoir communiqué ces éléments sur l’incident, a voulu en tirer une « morale ». Et une mise en garde à Erdogan et à son équipe qui accueillent les représentants de l’OTAN chez eux mardi : si cette réunion « vise à calmer la situation(…) nous leur souhaitons bonne chance. Mais si l’objectif est un agression, nous leur disons que le territoire, l’espace aérien et les eaux syriens sont sacrés pour l’armée syrienne« . « Tout comme le territoire turc est sacré pour l’armée turque » a ajouté le porte-parole syrien qui a tenu à réaffirmer que la Syrie « demeurait attachée aux relations de bon voisinage avec la Turquie » (un souvenir qui remonte à au moins un an et demi) et qu’elle n’avait donc « aucune intention belliqueuse envers le peuple et l’État turc« .

Un État turc dont l’incarnation politique du moment a cependant, selon Maqdissi, commis une provocation et un mensonge, notamment à travers les très récentes déclarations du chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, digne compère en la matière de Recep Tayyep Erdogan.

Cette mise au point du gouvernement syrien a été abondamment relayée, pour une fois, par les médias français, à hauteur, il est vrai, de la gravité de l’incident. Il semble bien que les deux pilotes turcs aient péri dans l’affaire…

Un succès « collatéral » et international de la DCA syrienne ?

Un spécialiste français reconnu des questions de défense et de géostratégie, Jean-Dominique Merchet, de l’hebdomadaire Marianne, a quant à lui déjà tiré un enseignement, sinon une morale de cet incident : pour lui, les responsables de l’OTAN vont y regarder à deux fois et même à trois avant de rééditer contre la Syrie une campagne de bombardements aériens du type Libye ou Irak. Et en effet, si un simple canon de DCA réussit à toucher un chasseur-bombardier, de type relativement ancien certes, mais néanmoins modernisé, qu’en sera-t-il des systèmes de missiles sol-air nettement plus sophistiqués dont dispose la défense aérienne syrienne ? Surtout les unités de lancement autonomes et mobiles, beaucoup plus difficiles à repérer pour les espions électroniques occidentaux, et « extrêmement nombreux » en Syrie, note Merchet. À quelque chose malheur est bon…

Un F4 "Phantom" turc au décollage : si un simple canon antiaérien syrien a pu en abattre un, quid des missiles sol-air ? (question à l'intention de l'état-major de l'OTAN)

 

Sur le « front » turc…

Par Louis Denghien, le 25 juin 2012 

Un général et trois colonels passés la semaine dernière en Turquie, autrement dit à l'ennemi...

Alors que les recherches pour retrouver les pilotes du F4 turc se poursuivent au large des côtes syriennes, une « source diplomatique européenne » citée par l’AFP prétend qu’un avion de sauvetage de l’armée turque a été « pointé« , vendredi ou samedi, par un système de défense sol-air syrien. Selon cette source, le pilote de l’appareil turc a été averti de ce « pointage » syrien par des appareils de détection embarqués. C’est le ministère turc des Affaires étrangères qui aurait rapporté l’incident à des diplomates européens lors d’une réunion d’urgence de l’OTAN, dimanche à Ankara.

Bref, il ne s’est rien passé, mais que ne feraient pas les milieux diplomatiques – et les médias – européens pour alourdir encore un peu le climat entre Ankara et Damas. Sur le plan diplomatique, le conseil de l’OTAN se réunira mardi à Bruxelles à la demande de la Turquie, pour examiner les suites à donner à l’incident. Le nouveau chef de la diplomatie française Laurent Fabius, décidément très à l’aise dans les habit d’Alain Juppé, a dénoncé ce lundi 25 juin un acte « inacceptable« , adoptant la version Erdogan de la destruction de chasseur-bombardier turc. Tout en ajoutant, sans apparemment se rendre compte qu’il se contredisait, qu’il y avait « plusieurs interprétations possibles » de l’incident. Parmi la meute des chiens qui aboient au passage de la caravane syrienne, osons dire que la France fait figure de roquet.

De son côté, le chef de la diplomatie européenne (et atlantiste) Catherine Ashton s’est dite « préoccupée » et a appelé la Turquie à faire preuve de modération dans sa réponse à la Syrie. À ce sujet, on ne sait pa à cette heure ce qui est sortie des consultations menées par Erdogan avec les dirigeants de l’opposition, unanimement hostiles jusqu’à présent à une logique de confrontation avec la Syrie. Nous avons écrit et répétons encore que nous ne croyons pas à une confrontation militaire de ce côté, l’enjeu étant trop politiquement risqué pour le pouvoir AKP , déjà embarqué ces jours-ci dans une escalade avec les séparatistes kurdes basés en Irak.

Il faut savoir aussi quel est l’impact de l’incident sur l’opinion turque. Un sondage publié vendredi 15 juin par un think tank de géostratégie turc a donné les résultats suivants :

-11,7% favorables à une intervention ;
-57% contre une intervention, dont 41,1% absolument opposés à une intervention et 15,9% considérant qu’une condamnation politique du régime syrien suffit (enquête réalisée du 5 mai au 5 juin auprès de 1 500 personnes). Il est bien sûr possible que l’affaire du F4, avec le risque que les deux pilotes ne soient pas retrouvés vivants, puisse faire bouger les lignes. Dans quelles proportions ?

Désertion de généraux et de colonels

On ne sait si cela s’inscrit dans une riposte propagandiste, mais l’agence de presse turque Anatolia a annoncé  l’arrivée en Turquie, dans la nuit de dimanche à lundi, d’un général syrien dont elle n’a cependant pas donné le nom ni les fonctions exactes. Anatolie prétend qu’il ‘agit du treizième général syrien à se réfugier de puis le début des événements. Le général aurait passé la frontière avec deux colonels, trente soldats et leurs familles, soit 196 personnes au total. Samedi 16 juin, Anatolia avait annoncé la défection d’un autre général, passé en Turquie lui aussi avec sa famille. Quelques jours plus tard, un autre général, accompagné de trois colonels, avait donné une conférence de presse en Turquie, sous le drapeau de l’opposition. Tout ce beau monde est hébergé, au moins dans un premier temps, dans le camp de Aypadin, réservé aux déserteurs. Début mars, quatre généraux étaient passés en Turquie, du moins selon des informations de provenance rebelle. Et jeudi 21, c’est un pilote qui, pour la première fois, avait posé son Mig21 en Jordanie. Anatolia chiffre à treize le nombre de généraux réfugiés en Turquie.

Y a-t-il un mouvement de dissidence de hauts gradés syriens, au seizième mois de crise ? La Turquie à notre connaissance n’a pas communiqué les noms de ces treize généraux. Il est certain que le Qatar et l’Arabie séoudite ne doivent pas ménager leur or et leurs promesses pour « travailler » les hauts-gradés jugés les plus « mûrs », leur faisant miroiter un avenir moins incertain pour eux  et leurs familles, et les Européens se montrant certainement « souples » sur des conditions d’asile politique.

Maintenant, il y a dans cette armée arabe syrienne de 300 000 hommes – plus au moins autant de réservistes – des centaines de généraux, et plus encore de colonels. Il y a visiblement une opération de démoralisation de l’institution militaire, verrou du régime, en cours. Rappelons quand même que l’agence Anatolia est clairement liée au pouvoir AKP, et soutient sa ligne pro-opposition syrienne. Dans un entretien accordé au quotidien marocain Le Soir, son directeur général, Kemal Oztürk, avait, par exemple, nié le caractère islamiste de l’AKP, le qualifiant sobrement de « plus grand parti de la majorité » des Turcs !

Quoi qu’il en soit, les officiers supérieurs passé à l’ennemi – car, dans les circonstance actuelles, il est difficile de considérer la Turquie d’Erdogan comme autre chose qu’un ennemi – tirent une deuxième balle dans le dos de leurs collègues assassinés depuis des mois par les bandes ASL basées en Turquie. Et bien sûr ils se rendent complices des meurtriers de près de 3 000 soldats, sous-officiers et officiers tombés à l’ennemi depuis le printemps 2011.

On leur souhait en tous cas bien du plaisir avec leur armée de rechange improbable, à fort recrutement fanatique et étranger, et à la structure hiérarchique plus virtuelle que jamais. Mais peut-être que ces généraux ne veulent plus se battre, même pour le Qatar et l’ASL…

Le Parti Communiste turc attribue au gouvernement Erdogan la responsabilité de l'incident de l'avion militaire turc
 
 

Ankara / Le parti communiste turc a estimé que le gouvernement du 1er ministre turc Raçab Tayyeb Erdogan assumait la responsabilité du crash de l'avion militaire turc sur les territoires syriens.

Dans un communiqué de presse publié aujourd'hui, le comité central du parti a qualifié de provocatrice cette violation de l'espace aérien syrien. "Cette violation est un jeu sale commis par le gouvernement turc avec l'appui d'Israël et des USA, s'ajoutant à d'autres mesures comme la fourniture d'armes et de fonds aux groupes armés en leur assurant d'abri sur les territoires turcs", lit-on dans le communiqué. 

Source

L’armée reçoit des coups et les rend

Par Guy Delorme, le 25 juin 2012 

12%20OUVRIERS

12 ouvriers d'une usine d'engrais de la région de Homs tués par des éléments de la brigade ASL al-Farouq à al-Bouwayda, début juin. Les soldats syriens combattent et parfois meurent pour mettre fin au "pan-terrorisme" qui frappe aussi les civils

L’OSDH et Sana sont d’accord pour signaler, dimanche 24 juin, de vifs combats à Deir Ezzor, la grande ville de l’Est syrien, sur l’Euphrate : l’OSDH y dénombre 16 victimes « civiles » – dont un enfant. Mais l’agence Sana annonce, elle, la mort de « dizaines de terroristes » au cours d’affrontements essentiellement survenus dans le quarter d’al-Jabileh. L’agence officielle syrienne donne quatre noms d’activistes, ayant sans doute rang de meneurs,  tués dans ces combats : Mahmoud al-Nayef, Nizam Rabih, Ali al-Daghim et Mohammad al-Abras.

On peut accorder une crédibilité à cette information dans la mesure où Sana – et certains ici s’en plaignent – est souvent assez « floue » sur les combats en cours, et les bilans de pertes, en tous cas celles des rebelles. L’affrontement de Deir semble avoir été d’une ampleur comparable à celle de l’attaque de l’ASL à Houla en mai, ou des combats pour Haffé, à l’est de Lattaquié, début juin..

Toujours à Deir Ezzor, Sana signale l’enlèvement par un groupe armé, dirigé par un certain Qaisser Hinqawi, du mufti de la ville, Abdel-Qader al-Rawi.

Autre affrontement ayant tourné au désavantage des insurgés dans le secteur d’Idleb, au carrefour Nahileh, sur la route reliant al-Mastoumeh à Ariha : une attaque contre un poste de l’armée s’est soldé par la mort de neuf activistes, et la capture de deux autres, deux soldats étant hélas tués, et trois autres blessés.

Rappelons qu’aux première heures de dimanche un convoi rebelle d’au moins sept véhicules avait été anéanti près de Talbissa, au nord de Homs.

Le mois le plus sanglant ?

L’armée on le voit donne des coups.  Et en reçoit toujours. 43 militaires ont été encore enterrés dimanche : un capitaine, trois adjudants-chefs, deux adjudants, un sergent-chef, treize sergents, deux caporaux, vingt-et-un conscrits.

Samedi 23 juin, c’étaient 45 militaires et policiers qui avaient été portés en terre. Et le comptage depuis le 15 juin donne un total, en intégrant les pertes recensées dimanche, de 186 militaires et policiers tués en service. Pour la première quinzaine de juin, le bilan s’établissait, d’après nos calculs, à environ 280 victimes militaires et policières. On en est donc aujourd’hui à près de 470 militaires et policiers tués depuis le 1er juin. Sans compter un chiffre de blessés certainement trois à quatre fois supérieur. Incontestablement, la machine à tuer s’est « emballée » ce mois-ci, en Syrie, le gouvernement ayant décidé de mener LA contre-offensive générale contre les bandes armées de toutes obédiences, et celles-ci, bénéficiant d’un armement plus performant, ayant tenté des opérations d’une envergure inusitée depuis les combats pour Bab Amr, notamment à Houla, Haffé et apparemment Deir Ezzor aujourd’hui. On notera que ces trois opérations se sont soldées par des échecs sanglants pour les rebelles.

N’oublions pas, encore une fois, qu’une part importante de ces pertes militaires ne sont pas causées par des combats « réguliers », mais par des embuscades, des attentats à la bombe et des assassinats, la plupart du temps d’officiers supérieurs, ciblés. N’oublions pas non plus que les pertes des bandes sont supérieures à celles de l’armée, même si l’OSDH s’efforce d’en camoufler l’ampleur en en rangeant un certain nombre dans la catégorie des « civils » tués – ce qu’elle semble faire encore pour les combats de dimanche à Deir Ezzor.

Oui, la Syrie telle qu’elle est perd beaucoup de « martyrs« . Mais elle bat partout les insurgés en « rase campagne », leur infligeant des pertes qu’ils auront de plus en plus de mal à combler. De toute façon, à ce stade, le gouvernement et l’armée ne faibliront pas, et l’ASL, ou ce qui en reste, devra choisir entre la reddition ou la destruction. Ou, c’est une option envisageable, la fuite en Turquie.

Un quotidien français s’interroge – enfin – sur la crédibilité de l’OSDH

Par Louis Denghien, le 25 juin 2012 

Au bout d'une quinzaine de mois d'exagérations et de bobards de guerre, cerains journalistes français se posent des questions sur la fiabilité de leur "fournisseur" et la qualité de ses "produits". Mieux vaut tard que jamais...

Le site du quotidien La Croix publie le 24 juin un article consacré à la couverture – française – des événements de Syrie qui fait date. On y trouve certes les critiques habituelles contre la politique de Damas vis-à-vis de journalistes étrangers. À ce sujet, sans nier la méfiance « atavique » du régime envers des médias qu’il soupçonne – à bon droit – d’hostilité systématique à son encontre, on dira que malgré tout, et même au plus fort de la crise, des journalistes ont pu entrer légalement en Syrie, par exemple Hala Jaber du Sunday Times, dès juin 2011, et d’autre encore (voir nos articles « Hala Jaber du Sunday Times : « Oui, il y a des terroristes islamistes en Syrie »" et « Pas de journalistes occidentaux en Syrie ? On en a quand même trouvé quelques uns », mis en ligne le 29 juin et le 5 août 2011). Et, bien sûr, ce mouvement s’est amplifié depuis un mois, dans le sillage de l’acceptation par Damas du plan de paix de Kofi Annan.

Les accusations précises de Fabrice Ballanche

Mas l’intérêt de l’article d’Agnès Rotival est ailleurs : dès la première ligne, elle aborde, seule de tous ses confrères français de puis longtemps, sur la nature et la fiabilité de l’Observatoire syrien des droits de l’homme qui, constate-t-elle, « s’est taillé une place démesurée« , reprenant ainsi les accusations de l’universitaire français Fabrice Ballanche, dont nous avons déjà relayé les analyses iconoclastes (voir notre article « L’universitaire F.Ballanche dit au Monde des vérités pas bonnes à entendre pour Alain Juppé, et bien d’autres », mis en ligne le 13 avril 2012 ). Ballanche, en effet, citée par la journaliste de La Croix, est très sévère pour l’OSDH dont il dit qu’il est financé par les médias panarabes du type al-Jazeera, et qu’il est ni plus ni moins « qu’un instrument de propagande favorable aux Frères musulmans syriens« .

Fabrice Ballanche, qui a quand même vécu dix ans en Syrie, pointe « l’incohérence » des chiffres avancés par l’officine de RamiAbdel Rahmane : « Les pertes de l’armée syrienne sont gonflées pour faire croire à la débandade, alors qu’il n’en est rien« . Et Ballanche de préciser son propos : « Lors du siège par l’armée de Haffé (début juin, près de Lattaquié), l’OSDH a écrit que l’ASL s’en était retirée pour protéger les civils. Or, il n’y avait déjà plus de civils. Les chrétiens avaient quitté les lieux depuis 20011, les sunnites et les alaouites avaient suivi ». Et bien sûr, ce qui est vrai de Haffé l’est, à une tout autre échelle, d’une large partie de Homs.

Mais, plus encore que l’OSDH qui est, après tout dans son rôle de propagandiste, Fabrice Ballanche s’en prend à la presse occidentale, française en particulier : « Personne ne questionne les sources de l’OSDH, sa façon de rapporter les faits« . Ce, estime-t-il à bon droit, en raison d’un « parti pris » (pro-opposition) de la « majorité » (litote et euphémisme) de la presse en Franc et aux États-Unis. Et là encore, Ballanche, interrogé par La Croix, donne un exemple archétypal de ce parti pris : « Pendant de jours, l’OSDH, relayé par les médias occidentaux, a tenu l’opinion publique en haleine sur le siège de Bab Amr à Homs, mais il n’a jamais mentionné les exactions et les assassinats d’alaouites par l’opposition dans cette région ».

La journaliste de La Croix pointe de son côté l’information « largement partisane » (formulation un peu jésuitique, si l’on peut se permettre) diffusée par les chaînes qatarie et séoudienne al-Jazeera et al-Arabiya, ce à des fins géopolitiques, pour brise l’axe Liban/Syrie/Iran. Et Agnès Rotivel de passer la parole au jésuite Paolo Dall’Oglio, clairement pas un thuriféraire de Bachar al-Assad – il a été récemment expulsé de Syrie – qui rappelle une évidence silenciée par la plupart des journalistes français : « Les informateurs syriens de ces chaînes sont des activistes révolutionnaires« .

Il y a d’autres choses intéressantes encore, d’autre spécialistes interrogés dans cet article qui sauve un peu l’honneur d’une corporation assez complètement « normalisée » idéologiquement. Un article qui n’est guère tendre non plus avec la propagande gouvernementale. Mais au moins il y a rééquilibrage de l’analyse.

Et puis, même, on a des informations exclusives – et pour cause – sur la personnalité de M. rami Abdel Rahmane : l’homme aurait donc 40 ans, serait un ex-entrepreneur sunnite exilé en Grande-Bretagne depuis 2000. Il travaillerait avec l’aide d’une traductrice. Encore Agnès Rotivel ne nous dit-elle rien de ses liens avec le Foreign Office britannique. Mais elle en dit toujours plus sur le sujet que Le Monde et Libération, de « bons clients » de R. A. Rahmane…

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Patria socialismo o muerte

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L’OTAN « s’écrase », Erdogan plastronne

Par Louis Denghien, le 26 juin 2012 

Fogh Rasmussen à Bruxelles le 26 juin : l'OTAN préfère manifestement montrer sa force pour ne pas s'en servir !

À Bruxelles, la réunion extraordinaire de l’OTAN a accouché, comme prévisible, de déclarations solennelles de condamnation de la Syrie et de soutien à la Turquie Erdogan. Le patron – ou plutôt le secrétaire général en titre – de l’Alliance atlantique, le Danois Anders Fogh Rasmussen a exprimé sa « très forte solidarité » à son pion turc et assuré que la grande famille de l’OTAN suivrait « de très près » les développements de la situation « à la frontière sud-est de l’OTAN« .

Reste que cette réunion convoquée  sous l’égide du désormais fameux article 4 de la charte de L’OTAN-  c’est la deuxième fois en 60 ans d’existence – n’a décidé d’aucune mesure coercitive particulière, Rasmussen n’évoquant notamment aucune réaction militaire, et se contentant d’appeler les autorités syriennes à tout mettre en oeuvre pour éviter de nouveaux incidents du type de celui ayant entraîné la destruction d’un chasseur-bombardier turc vendredi au large des côtes syriennes.

Bref cette montagne de 28 nations n’a accouché que d’une petite souris, un communiqué convenu de soutien à la Turquie. Erdogan va devoir apparemment s’en contenter. À moins bien sûr qu’aient été prises des décisions secrètes, portant sur aide affective mais discrète à l’allié dévoué des États-Unis – et d’Israël quoi qu’il en dise à son opinion – dans la région. Mais nous répétons que l’engagement de l’OTAN sur le « front syrien » sera toujours a minima – pour ne pas dire nul – pour des raisons qui tiennent à la fois à la diplomatie – opposition des russes et des Chinois, engagement possible de l’Iran, instabilité en Libye, en Égypte, au Yémen – et à la politique intérieure – méfiance, réticence ou franche hostilité des opinions publiques.

Ergogan fait déjà la guerre aux Syriens via l’ASL

Réduit à ses seules forces, Recep Tayyep Erdogan - qui à notre connaissance, n’a pas demandé le secours de l’OTAN quand les commandos israéliens ont tué, au printemps 2009, plusieurs Turcs participant à une flotille anti-blocus de Gaza – bombe le torse et hausse (encore) le ton : mardi, il a annoncé que l’armée turque était en train de « changer ses règles d’engagement » et répondrait désormais à toute violation de frontière terrestre, aérienne ou maritime de la part de son voisin, qualifiant au passage la destruction du F4 turc d’ »attaque lâche du régime al-Assad ». Un régime dont le Premier ministre turc assure qu’il est devenu « une menace claire et proche pour la sécurité de la Turquie comme pour son propre peuple« . Un peuple syrien qu’Erdogan considère, qu’on se rassure dans les chaumières de Deraa à Idleb, comme un « frère« , opprimé par un « dictateur sanguinaire et sa clique« , pour reprendre sa formulation plus digne d’un fanatique barbu que d’un dirigeant « islamiste modéré » exemplaire.

Certes, tout ceci sonne très « avant-guerre ». Sauf que la mobilisation n’est pas la guerre, et qu’Erdogan, en dépit de toutes ses poses et menaces, n’en est même pas à la mobilisation. La guerre, il en mène déjà une du reste contre les Kurdes à la frontière irakienne, son aviation ne s’étant pas gênée pour violer l’espace aérien irakien, certes démantelé par les Américains, à des fins de bombardements de camps du PKK. Et puis, c’est vrai et on ne le souligne pas assez, il sous-traite depuis un an une guerre contre les Syriens et leur gouvernement légitime à des bandes armés islamistes, celles de l’ASL qui se servent du territoire turc comme d’une base et d’un refuge gigantesque. De toute façon, le chef de l’AKP sait bien que sa marge de manoeuvre es réduite par l’Iran – qui a déjà proposé un mission de conciliation – et la Russie.

Cette guerre sous traitée à l’ASL est manifestement la seule intervention armée qui soit à la portée de M. Erdogan pour l’heure, mais elle est incontestablement meurtrière. C’est donc bien Erdogan « et sa clique » qui sont les agresseurs de la Syrie et donc constituent « une menace claire et proche » pour toute la région.

 

Ce capitaine de l'ASL, rencontré en Turquie en février 2012 par des journalistes pro-opposition, avait eu ce cri du cour : "Je me sens en sécurité qu'en Turquie" ! Depuis un an Erdogan fait la guerre aux Syriens par le biais des bandes armés. Une guerre qui leur a coûté bien plus que deux pilotes !

 

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Erdogan se cache derrière l’OTAN

Par Louis Denghien, le 26 juin 2012 

Erdogan rêve sans doute d'une Grande Turquie néo-ottomane, mais pour l'heure il a fait de la nation d'Ataturk une sorte de province de l'empire atlantiste dont il serait le gouverneur

Alors que se tient ce mardi à Bruxelles, à la demande de la Turquie, une réunion du conseil de l’OTAN, le gouvernement Erdogan, entretient un certain niveau de tension, accusant la DCA syrienne d’avoir pris pour cible un autre de ses appareils. Mais, le moins qu’on puisse dire, c’est que les autorités turques manquent de clarté, l’avion ayant d’abord, dans une première version, été juste « pointé » par un système de DCA – ce qu’auraient signalé des appareils de détection de l’appareil – puis, dans une dernière version, aurait carrément essuyé des tirs. La nature de ce deuxième appareil, chasseur-bombardier ou appareil de reconnaissance participant aux recherches des pilotes, a varié elle aussi au gré de communiqués ou articles de la presse turque. Quoi qu’il en soit, selon le porte-parole du gouvernement turc, l’état-major turc a aussitôt contacté les autorités syriennes et l’incident s’est clos.

Versions turques contradictoires

En revanche, le premier incident de vendredi n’est certes pas clos. Après la mise au point faite hier par le porte parole du ministère syrien des Affaires étrangères Jihad Maqdissi (voir notre article « F4 abattu ; Damas persiste et prouve », mis en ligne le 25 juin), Bulent Arinç, vice-Premier ministre turc, a qualifié lundi la destruction du chasseur-bombardier d’ »acte hostile au plus haut point« , et dit que son gouvernement envisageait sérieusement de couper ses exportations d’électricité vers la Syrie.

Notons que là encore que ces trois derniers jours, les responsables turcs se sont contredits, le président Gül concédant que le F4 turc pouvait avoir survolé par mégarde le territoire syriens pendant quelques minutes, et son Premier ministre Erdogan réaffirmant avec force que l’appareil avait été abattu dans l’espace aérien international, ce qui ne « colle » pas avec la portée maximum des classiques obus de DCA ayant touché l’avion selon Damas.

On remarquera encore, pour s’en étonner et s’en féliciter, qu’un média français bien formaté comme la chaîne I-Télé a  dans son édition nocturnes de lundi non seulement largement répercuté les arguments développés par Jihad Maqdissi, mais cité un expert russe selon qui le F4 turc survolait bien le territoire syrien afin de tester et découvrir le système de défense antiaérienne syrien dans la région. Igor Korotchenko, expert cité par l’agent russe RIA Novosti, reflète en effet l’avis de pas mal de ses collègues et compatriotes quand il estime que le but de la mission de vol était « de forcer les moyens de visée des batteries à se déclencher, d’activer les stations de radar, et peut-être de provoquer leur basculement en régime de combat« . L’AFP dans ses édition de ce mardi 26 juin se fait elle aussi largement l’écho de ces analyses russes.

Face aux bruits de bottes (des bottes virtuelles à notre avis) de l’OTAN, la Russie ne reste évidemment pas sans réaction : le vice-ministre des Affaires étrangères Alexandre Groutchko, en visite à Vienne lundi, a dit espérer que les représentants de l’Alliance atlantique ne prendraient aucune mesure susceptible d’aggraver la situation, à l’occasion de leur réunion de ce mardi à Bruxelles, jugeant « inquiétante » la démarche turque en la circonstance.

À ce stade, et à notre modeste niveau, nous estimons qu’à Ankara comme à Bruxelles, on gesticule et l’on gronde, guère plus fort à vrai dire que depuis des mois. Nous pensons même que le modeste canon anti-aérien syrien a donné à réfléchir à cette puissante coalition plus que jamais réduite à l’incantation et aux menaces verbales. Il est certain qu’Erdogan voudra marquer le coup pour son opinion publique, et que la Syrie peut s’attendre à des mesures de rétorsion économiques supplémentaires, qu’elles concernent l’approvisionnement en électricité ou un autre domaine. En tous cas ce que ne fera pas le gouvernement Erdogan, c’est fermer hermétiquement sa frontière, ce qui gênerait ses protégés de l’ASL !

De nouvelles bandes détruites….

Par Guy Delorme, le 26 juin 2012 

À Lattaquié, le responsable local du Baas au chevet des vainqueurs de Haffé

Sur le terrain, la lutte contre les bandes ne connait aucun répit. Notamment à Deir Ezzor où un convoi de cinq voitures transportant des insurgés et équipées de mitrailleuses lourdes – du type pick-up? – a été détruit lundi 25 juin dans le quartier de Chouhada. Tous les rebelles ont été tués et on ne doute pas que leur sacrifice leur vaudra d’être accueillis dans la colonne « civils tués » du prochain bilan OSDH. Par ailleurs Sana signale la mort, dimanche soir ou lundi, d’un responsable rebelle, Saleh al-Ghbeir, dans un accrochage avec les militaires, toujours dans le secteur de Deir. Dans un autre point de la ville une cache d’armes et de matériel de guerre a été découverte.

Sana signale un nouveau cas d’auto-destruction des artificiers de l’opposition radicale : quatre d’entre eux ont péri dans l’explosion sans doute involontaire de la voiture qu’ils venaient de piéger, à proximité d’un poste militaire dans la localité de Kafr Nobel, dans la région d’dleb. Aucun militaire n’a été touché.

Autre accrochage sanglant, lundi, pour les insurgés à Homs, plus précisément dans les quartiers de Jobar et d’al-Sultanyeh, un responsable d’un groupe, Radi al-Khaled, figurant parmi les tués ou les blessés capturés. À Homs, l’armée poursuit le lent mais sûr « grignotage » des positions rebelles. Homs où les rebelles retiennent toujours en otages de fait plusieurs centaines de femmes, d’enfant et de vieillards, en dépit des efforts du CICR et du Croissant Rouge syrien, et de l’accord des autorités pour leur évacuation. Mais les médias français semblent réticents à employer, dans ce cas précis, l’expression de « boucliers humains » dont ils sont par ailleurs si friands.

À Douma, ville de la banlieue nord-est de Damas où l’ASL a fait de fréquentes incursions, dix activistes dont des leaders, ont été tués suite à un intervention de l’armée.

Lundi encore, vingt nouveaux soldats et policiers ont été conduits à leur dernière demeure, portant le bilan des pertes pour le mois de juin à près de 500 morts. Et plus encore de blessés. Des blessés que le secrétaire général du Parti Baas pour Lattaquié, Mohammad Chreiteh, a symboliquement honorés au cours d’une visite à l’hôpital Zahi Azraq de la ville. Des hommes sans doute touchés dans les violents combats pour la reconquête du secteur de Haffé, à l’est de Lattaquié, et qui ont duré une grosse semaine, dans la première moitié du mois de juin. Des combats qui se sont soldés, ainsi qu’on sait, par une sévère défaite de l’ASL. Le sang syrien coule à flots, mais pas en vain, car l’ennemi reçoit des coups de plus en plus sévères lui aussi.

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Le partenariat OSDH/AFP & la réalité de terrain

Par Guy Delorme, le 26 juin 2012 

N'en déplaise à l'OSDH et donc à l'AFP, l'armée syrienne est toujours le roc sur lequel se brise les groupes armées, 15 mois après les premiers crimes de ceux-ci

Il suffit que M. Rami Abdel Rahmane, grand manitou de l’intox à thème syrien depuis 15 mois, déclare gravement que « pour la première fois »  l’armée utilise de « l’artillerie lourde » dans la grande banlieue de Damas – en l’occurrence Douma – et que ces affrontement interviennent non loin de bâtiments de la garde républicaine, pour que l’AFP titre sur de « violents combats près de Damas« , sous-entendant – sans oser développer, cependant – comme en février dernier que Bachar se retrouve  (une fois de plus) assiégé dans son palais. On peut dire, ou redire dans notre cas, que la complémentarité ente une officine de propagande syro-britannique comme l’OSDH et une grande agence de presse française comme l’AFP est « ‘exemplaire » – on peut même parler de « partenariat » !

Nouvelles destructions de bandes

Que dit Sana, au même moment, à propos des mêmes événements ? Ce matin, l’agence de presse syrienne signalait la mort de dix insurgés à Douma. Et cet après-midi elle parle de nouveaux accrochages dans ce secteur au nord-est de l’agglomération damascène : notamment un véhicule équipé d’une mitrailleuse lourde russe Douchka a été détruite et tous ses occupants tués. Comme en février dernier, les bandes peuvent s’infiltrer dans cette grande banlieue de Damas, mais confrontées à la riposte des militaires, dans une configuration de guérilla urbaine, et non plus d’embuscades ou d’assassinats, elle n’ont le choix qu’entre la destruction et la fuite. Et tout le reste n’est que communiqué conjoint de l’OSDH et de l’AFP.

Ce même mardi, dans une autre banlieue de la capitale, à al-Hamah, l’agence officielle syrienne signale d’autres accrochages sanglants. Des groupe armés avaient pris position sur un axe routier conduisant, via Wadi Barada (accès nord-ouest de Damas), vers les localités frontalières de Zabadani et de Madaya (à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Damas, et à une dizaine à peine de la frontière libanaise). Ce faisant, ils s’assuraient le contrôle, au moins intermittent, d’un axe utile à leurs réapprovisionnement en armes et en hommes depuis le Liban. Et accessoirement entretenaient un foyer d’insécurité à l’ouest immédiat de la capitale. L’opération lancée aujourd’hui par l’armée a déjà fait, selon le bulletin de Sana, des  dizaines de tués parmi les insurgés, un « grand nombre  » étant par ailleurs blessés et/ou capturés. Parmi eux, on ne s’étonnera pas d’apprendre la présence d’un grand nombre d’aspirant-djihadistes ressortissants de divers pays arabes, sans doute passés par le Liban. Côté militaire, cette opération de nettoyage a coûté la vie à quatre soldats, quinze autres étant blessés.

Sana rend compte d’un autre accrochage, survenu mardi matin sur une route dans le secteur d’Idleb, près de Khan Sebel : une colonne automobile rebelle qui avait commencé une attaque a été prise à parti et repoussée : plusieurs véhicules ont été détruits et leurs occupants tués. Pas de pertes militaires, semble-t-il.

Bref, pour les activistes le djihad syrien n’est pas une promenade de santé. Certes, beaucoup sont prêts à faire le sacrifice suprême, mais la route de Damas, n’en déplaise à l’affabulateur Rami Abel Rahmane, est longue, barré et sanglante.

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Sur un sondage, et l’opinion française en général…

Par Louis Denghien, le 26 juin 2012 

Enfants tués à Houla : les façonneurs d'opinion - et marchands d'intervention militaire - connaissent leurs "classiques" : c'est l'émotion et non l'analyse et la connaissanc des faits qui font les "bons" sondages...

Rien de tel que les sondage pour entretenir la flamme – et la fiction – de la mobilisation de l’opinion française – et des opinions européennes – en faveur de la cause sacrée de l’opposition syrienne. Une enquête menée par l’IFOP pour le site d’analyse néoconservateur français Atlantico indique 52% de nos compatriotes seraient très favorables (21%) ou plutôt favorables (31%) à une intervention militaire internationale, c’est-à-dire otanesque, en Syrie.

Le bellicisme ne progresse pas en France

Un résultat dont BHL aurait tort de se réjouir trop vite. Outre qu’il ne s’agit que d’un sondage, avec toute les réserves que suscitent ces enquêtes d’opinion  – et qu’ont ravivé de récentes élections présidentielles – on voit très vite qu’un tel résultat dot être relativisé à plusieurs égards.

D’abord, et en dépit d’un matraquage des esprits dont on ne trouve d’exemples comparables dans ce pays que lors de la première guerre du Golfe et de la crise yougoslave  – pour s’en tenir à des questions internationales – 48% des sondés demeurent hostiles (dont 22% de tout à fait hostiles) à ces soi disant croisades du Droit. Par ailleurs, dès lors qu’il s’agit d’une participation de la France à cette aventure, le pourcentage des va-t-en guerre tombe à 42%. Par ailleurs, par rapport à une précédente enquête IFOP sur le même thème, l’appui de l’opinion à une intervention même sous le pavillon onusien est en recul « sensible » (pour reprendre le mot de Guillaume Chevalier, ponte de l’IFOP) : 52% en juin, 58% en mai.

On constate cependant que, si l’on en croit ces enquêtes, le niveau d’adhésion global des Français à une opération contre la Syrie demeure nettement supérieur à celui qu’ils manifestaient vis-à-vis de la Libye (36% selon une enquête de mars 2011). Pas vraiment étonnant : le bourrage de crâne sur la Syrie a duré bien plus longtemps, et les images de manifestations et surtout de tueries attribuées à l’armée, et touchant des enfants, ont été déversées à flot continu, avec les commentaires qu’on sait. Puisqu’on parle pourcentages, nous estimons à moins de 5% les Français avertis que les victimes de Houla, pour reprendre un exemple récent et très médiatisé, appartenaient à la minorité alaouite et au camp pro-régime. Les médias mentent souvent « au premier degré », mais plus souvent encore par omission, quand un élément les gêne, et leurs mensonges – ou erreurs – sont rarement suivis de mea culpa.

Sans surprise, on constate que sympathisants UMP et PS sont les plus en pointe et à un niveau quasiment égal, pour l’interventionnisme – à hauteur de 60% environ. Ce sont ces soutiens des partis de gouvernement, interchangeables pour l’essentiel, qui constituent les gros bataillons des crédules et dupes de toutes les escroqueries géopolitiques de ces dernières années, de l’Irak à la Libye, en passant par la Yougoslavie et la Côte d’Ivoire. Un suivisme des média et des leaders politiques qui n’est tempéré que par la crainte d’une implication de la France dans une aventure incertaine, crainte puissamment réactivée par le fiasco afghan, et peut-être aussi quelque doutes sur la nouvelle Libye post-Kadhafi.

L’enquête de l’IFOP a été menée aussi à l’échelle des principales nations européennes, et l’on constate que si les Français sont un peu plus interventionnistes que les Allemands (45% dont 18% de tout à fait favorables) et les Italiens (43% dont 18% de tout à fait favorables) ils sont nettement distancés par les Espagnols : 65% de pro-intervention (dont 28% de tout à fait favorables) ! Les médias espagnols seraient-ils encore plus « otanisés » que leurs correspondant français ? La chose parait difficile !

Une réinformation « par le haut »

Pour en revenir à la France, on constate que le bombardement médiatique a une incontestable efficacité, mais que l’opinion génère paradoxalement ses « anticorps » par rapport à la propagande : au fond, un Français sur deux « ne marche pas dans la combine », pour une grande majorité par méfiance instinctive – et justifiée par l’expérience – vis-à-vis de l’ »information » distillée par les médias établis; et pour un petit minorité par esprit critique et meilleure connaissance du dossier.

Que faire ? Certains des amis d’Infosyrie veulent faire de la réinformation « à la base » par voie detacts ou de posts électroniques. Que mille fleurs s’épanouissent comme disait Mao Dze Dong, mais nous pensons quant à nous que c’est laboure la mer : les Français pour l’essentiel se moquent de la Syrie dont ils ignorent tout géographiquement et historiquement, et se méfient du Proche-Orient (effectivement) compliqué, nid de conflits inextinguibles, de la Palestine à L’Irak et à la Syrie, en passant par le Liban, les Kurdes et bientôt l’Égypte.

Nous pensons que la vraie mission d’Infosyrie et de se amis ou militants c’est d’informer la minorité de Francophones intéressés par ces questions. Notre site n’a certes pas l’influence d‘I-Télé, de BFMTV ou du Monde ou de Libération, mais enfin il est visité pas pas mal de curieux, dont des gens de médias, des analystes et des milieux diplomatiques. Apprendre ou confirmer à cette élite de fait que le discours dominant est assez largement biaisé, inexact, simpliste ou carrément mensonger, c’est là notre « cahier des charges ».

Pour le reste, c’est-à-dire l’opinion publique dans sa globalité, cela ne dépend pas de nous. Mais si des Fabrice Ballanche, des Gérard Chaliand, des Jean-Dominique Merchet, des Éric Zemmour, des Pierre Guerlain, des Frédéric Pichon, ou des Alain Corvez – toutes personnalités dont nous nous sommes efforcés de relayer les interventions – étaient plus souvent invité dans les grands médias français, l’opinion connaîtrait à coup sûr une évolution notable. Il y a moins de gens nativement bêtes ou méchants que d’ignorants – ou de naïfs car ignorants. Certains journaux comme Le Figaro et Valeurs Actuelles ont timidement commencé à prendre des libertés avec la doxa. Le problème demeurant que les grands médias audiovisuels sont « bétonnés » par des partisans de l’atlantisme, et que même une intervention brillante et étayée – et anti-désinformation – revêtira un caractère ponctuel, exceptionnel, alors que le discours anti-syrien est « mécanique » et quotidien. Or un mensonge mille fois répété devient une vérité révélée pour trop de gens ignorants, indifférents, pressés ou fatigués.

Au fond, c’est quand même la réalité qui demeure le meilleur appui de la Syrie telle qu’elle est : les barbus de l’ASL n’y font pas recette, et la région est lourde de crises, de la Tunisie aux pays du Golfe, en passant par la Libye, l’Égypte, le Yémen, le Kurdistan. Des foyers d’instabilité et de subversion islamiste radicale qui apporteront pas mal d’eau, à un débit de plus en plus fort, au moulin syrien !

Même manipulé, l'opinion se cabre toujours en définitive devant les réalités évidentes : elle ne veut plus que ses soldats soient sacrifiés en des combats douteux

 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 27 Jun 2012 à 21:30

Bachar parle de la guerre qu’il faut gagner et des réformes qu’il faut poursuivre

Par Louis Denghien, le 27 juin 2012 

« Nous vivons une véritable situation de guerre ! Toutes nos politiques et tous les secteurs doivent être mis au service de la victoire dans cette guerre !«   C’est l’essentiel de ce qu’il faut retenir de l’exposé fait par Bachar al-Assad aux ministres du nouveau gouvernement syrien, lors de leur première réunion officielle, mardi. À vrai dire, le président syrien parlait aussi à l’ensemble des Syriens, son allocution étant filmée par la télévision d’État. La fermeté du ton et la gravité du fond étaient dans le prolongement de sa dernière grande intervention publique, le 3 juin pour l’ouverture de la première session du nouveau Parlement : Bachar al-Assad avait alors déclaré sa détermination à écraser les terroristes « à n’importe que prix »".

Le président syrien a parlé de guerre, mais pas de « guerre civile » : les bandes armées, par leur extrémisme, leurs effectifs malgré tout réduits, et leur recrutement et soutiens ouvertement étrangers ne peuvent prétendre représenter une partie significative du peuple syrien. Par ailleurs, il peut y avoir chaque vendredi plusieurs milliers, voire dizaines de milliers, de manifestants anti-gouvernementaux à travers toute la Syrie, ils ne sont pas impliqués dans des actions de guerre, et ils ne sont qu’une frange marginale d’un peuple de 23 millions d’âmes.

La Syrie est donc confrontée à une guerre subversive, de mode terroriste et d’inspiration religieuse et étrangère. Et cette guerre-là est effectivement sanglante. L’OSDH donne un bilan truqué de 116 victimes pour la journée de mardi. Le bilan est truqué déjà en ce sens que l’officine propagandiste continue d’ »enrégimenter » post-mortem les combattants insurgés dans la colonne des « civils« , ce qui donne des différences ridiculement invraisemblables de 41 soldats tués pour seulement sept « rebelles« , alors qu’hier, rien qu’à Deir Ezzor des dizaines d’insurgés ont été tués, et bien d’autres encore à l’ouest de Damas : les 68 « civils » tués dénombrés hier par l’OSDH n’avaient sans doute pas d’uniformes, mais pour la plupart tenaient une arme au moment de leur mort. Tout récemment, un bon spécialiste comme Fabrice Ballanche soulignait pour le quotidien La Croix que l’OSDH gonflait les pertes de l’armée à des fins de propagande évidente. Et des journaux comme Le Point ont reconnu le tour de passe-passe statistique consistant à transformer des rebelles armés en « civils ».

Raid sanglant contre une chaîne syrienne

De vrais civils tués, il y en a cependant en Syrie, ainsi les sept membres de la télévision syrienne al-Ikhbariya, victimes d’une attaque contre leurs locaux de Damas, à l’aube de ce mardi. Le Point et Libération consacre un article à cet incident, mais on ne peut pas dire que le sort tragique des sept journalistes et employés d’al-Ikhbariya émeut plus que ça les chefs confrères français – rien chez les bobos d’I-Télé, par exemple. D’autres membres du personnel auraient été enlevés et les locaux de la chaîne ont été consciencieusement dévastés. On peut s’étonner que ceux-ci n’aient pas bénéficié d’une protection policière. La chaîne n’en continue pas moins d’émettre. Le ministre syrien de l’Information, Omrane al-Zohbi, s’est rendu sur les lieux : il s’en est pris notamment à la Ligue arabe, reliant cette attaque à la volonté de l’organisation pan-arabe sous influence qatarie de bloquer la diffusion des chaînes satellitaires syriennes.

On peut critiquer à bon droit l’information en Syrie, qui reflète exclusivement le point de vue gouvernemental. Mais c’est peu dire que des chaînes comme al-Jazeera ou al-Arabiya reflètent le point de vue des gouvernements du Qatar et de l’Arabie séoudite, pas vraiment des modèles de démocratie et de pluralisme. On pourrait du reste dire – et nous l’avons d’ailleurs dit à plusieurs reprises ici – que les chaînes occidentales sont elles aussi des chaînes – très grossièrement en ce qui concerne la Syrie – propagandistes. De toute façon, nous ne pouvons que reprendre à compte, nous qui ne sommes pas syriens, les accusations proférées par le ministre de l’Information : « Tout ceux qui incitent à la violence, tous ceux qui font campagne contre la Syrie, que ce soit des médias, des responsables ou le Conseil de sécurité, notamment ceux qui ignorent la présence d’hommes armés, assument l’entière responsabilité de  ce crime« . Et c’est vrai – pour nous en tenir à la France – qu’un ministre comme Fabius – pour ne citer que ce seul responsable politique – ou de journalistes comme ceux d’Europe 1, de L’Express, de BFMTV ou d’I-Télé – on s’arrêtera là – sont des alliés objectifs de ces commandos de tueurs et de destructeurs, dont ils passent sous silence les crimes, ou qu’ils maquillent en « combattants de la liberté« .

On constatera quand même que l’ensemble des médias français ont consacré des articles à cette agression , et reproduits les propos du ministre – est-ce là le reflet d’un vague mauvaise conscience professionnelle ?

La Syrie n’est décidément pas seule

Revenons un peu à Bachar, à ce qu’il a dit hier à ses ministres et à son peuple. Le président syrien a parlé de justice sociale, de nécessaire réforme administrative, de lutte accrue contre la corruption, d’investissements productifs et de soutien aux PME et PMI, de programmes de construction de logements et d’infrastructures, de politique financière et monétaire. Des préoccupations habituelles d’un président d’un pays ordinaire, qui cependant affronte un guerre qu’on lui impose, car l’opposition armée, qui est ultra-minoritaire, le serait encore plus sans l’aide active d’une bonne dizaine de puissances étrangères.

Et tout de même, a souligné Bachar al-Assad, dans cette guerre la Syrie n’est malgré tout pas seule : le chef de l’État a évoqué la consolidation des relations de la Syrie avec bien sûr la Russie et « les nations d’Orient » – Iran, Irak, Chine, Inde – mais aussi avec les pays de l’Amérique du Sud – majoritairement anti-ingérence avec notamment le Venezuela et le Brésil – et de l’Afrique, consolidation qui passe par la conclusion d’accords de coopération. « Le problème de la Syrie, a souligné Bachar, n‘est qu’avec l’Occident, alors que que la majorité des pays du monde a toujours voulu nouer des relations avec nous ».

En effet la Syrie n’est pas seule, étant devenue (bien malgré elle) l’enjeu majeur d’une nouvelle guerre froide opposant le bloc américano-occidental à tous ceux qui refusent  sa loi politique, militaire et économique. Et le navire syrien, on le voit bien à la faveur de cette longue et cruelle crise, dispose d’un vrai capitaine, qui tient fermement le cap, au milieu des tempêtes – réelles ou virtuelles.

Erdogan enterre la hache de guerre (mais n’en pense pas moins)

Par Louis Denghien, le 27 juin 2012 

Erdogan fait marche arrière en menaçant : une tactique empruntée aux cours de récréation

Nous l’avions bien dit, indifférents aux exégèses médiatiques et aux bruits de chenilles de chars se massant à la frontière : la Turquie, ou plutôt Erdogan, n’attaquera pas la Syrie, quelles que soient les accusations qu’elle ou il formule sur les responsabilités de son voisin dans la destruction d’un chasseur-bombardier F4 turc vendredi dernier. C’est Recep Tayyep Erdogan lui-même qui a mis fin à ce (faux) suspense ce mercredi 27 juin : « La Turquie, le peuple turc n’ont pas l’intention d’attaquer la Syrie » a déclaré le pourtant belliqueux Premier ministre turc au cours d’une cérémonie. M. Erdogan a ajouté que son pays ne montrait « aucune attitude hostile envers quelque pays que ce soit’.

Qui a commencé par être « hostile » ?

Son pays, sûrement, mais son gouvernement c’est moins évident. Il faut quand même répéter une fois encore, même si l’on se réjouit de cette désescalade verbale, que le gouvernement d’Erdogan a transformé la province frontalière turque du Hatay en base arrière et en sanctuaire de l’ASL . C’est avec l’assentiment des autorités d’Ankara que les bandes armées s’entraînent, s’équipent, recrutent dans les camps de réfugiés et parmi les volontaires islamistes étrangers sur le territoire turc ; c’est de celui-ci qu’ils partent pour mener leurs attaques et embuscades vers Alep, Idleb et Lattaquié, c’est là encore qu’ils viennent se réfugier en cas d’échec. C’est là enfin que se trouve l’état-major de l’ASL. C’est donc d’une attitude éminemment hostile que la Turquie d’Erdogan a fait preuve depuis au moins un an vis-à-vis de son ex-allié régional, c’est bien une guerre par procuration qu’elle mène contre lui.

Naturellement, et c’est dans la nature mais aussi l’intérêt politique du personnage, le chef du gouvernement turc contrebalance ces propos apaisants par une mise en garde : son pays répondra « par la manière la plus forte » à toute provocation le visant, sans toutefois faire référence explicitement à la Syrie. Mardi, s’exprimant devant les députés turcs, Erdogan avait en revanche violemment attaqué le gouvernement syrien, qualifié de « dictature cruelle« , et menaçant de traiter comme une cible tout « élément militaire » qui poserait un problème de sécurité à la Turquie.

Qu’en pense l’opinion turque ? On  ne le sait pas, dans l’attente des sondages qui ne manqueront pas d’éclore à ce propos. Le grand quotidien Milliyet titre dans son édition de mercredi : « La Syrie est un ennemi de fait ». Mais ce journal populaire reflète-il l’opinion d’une majorité de Turcs, certainement blessés dans leur honneur national, mais quand même conscients des conséquences globalement négatives de la politique syrienne d’Erdogan ?

La Syrie, quoi qu’il en soit, est un ennemi qu’on hésite à attaquer : l’écho des tirs du canon antiaérien syrien résonne toujours dans les cerveaux des responsables et stratèges, turcs ou occidentaux. Dans un article publié ce 27 juin, l’AFP consulte quelques spécialistes  de la Turquie sur les suites possibles de l’incident aérien. Tous n’excluent pas des incidents de frontière, des « provocations« , mais comme le dit l’un d’eux, « de tels incidents auraient une portée limitée« . Le même analyste rappelant opportunément que la Turquie « héberge à sa frontière des rebelles syriens, dont les dirigeants de l’ASL« .

Le vendredi 22 juin constitue incontestablement un tournant dans le conflit syro-turc, et peut-être dans le conflit géopolitique global autour de la Syrie. Erdogan et l’OTAN ont été obligés de montrer qu’ils n’avaient pas les moyens ou l’envie de s’en prendre à la Syrie. Il est regrettable que deux aviateurs turcs soient (probablement) morts pour le démonter, mais combien de soldats et de civils syriens sont morts du fait de la complicité active d’Erdogan avec l’ASL et les djihadistes venus de Libye, de Tunisie et d’ailleurs ?

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Massacre de Houla : l’ONU « n’exclut aucune possibilité » dans les responsabilités

Par Louis Denghien, le 27 juin 2012 

Paolo Pinheiro, président de la commission d'enquête de l'ONU sur la violence en Syrie : il vient de reconnaître qu'à Houla les responsabilités sont au moins partagées, et incrimine même l'action de "groupes armés étrangers"

Les hommes de l’ONU viennent de trouver une nouvelle qualification  pour caractériser les violences en Syrie : celle-ci vit donc un « conflit armé non international ». On remarque que les experts mandatés par les Nations-Unies, qui se sont rendus en Syrie (avec l’accord de Damas) du 23 au 25 juin, évitent ainsi de recourir à l’expression, pourtant consacrée par nombre de médias occidentaux, de « guerre civile ». Nous sommes d’accord avec cette prudence sémantique, nous qui avons assez dit que la Syrie n’était pas en proie à un conflit entre deux parties importantes de la population, mais à une guerre subversive et terroriste d’ampleur.

Moyennant quoi le rapport remis mercredi aux dirigeants de l’ONU s’inquiète d’une augmentation de la « violence sectaire« , qu’elle soit dirigée contre des partisans ou des adversaires du gouvernement. Et il revient sur les habituelles accusations, à l’encontre de ce dernier, de tortures et de violences sexuelles sur les femmes et les enfants, accusations que leur systématisme rend à nos yeux peu crédibles, les rapports de ONU ayant eu jusqu’à présent une fâcheuse tendance à servir de relai à la propagande de l’OSDH et des militants de l’opposition radicale.

À Houla, du nouveau dans l’enquête onusienne

Tout de même, il y a, dans ce rapport, une évolution. En effet, le président de la commission d’enquête onusienne, le Brésilien Paulo Sergio Pinheiro, est revenu sur la sanglante tuerie de Houla-Taldo, le 25 mai dernier, où, selon les bilans admis, 108 civils, dont presqu’une moitié d’enfants, ont été massacrés. Les puissances occidentales et l’ONU, et avec eux presque tout le spectre médiatique, avaient tout de suite incriminé le régime, via d’abord ses soldats, puis ensuite ses miliciens, les fameux chabihas. Très vite cependant, les autorités avaient pu faire valoir que les victimes appartenaient à trois familles alaouites, dont l’une était même apparentée à un député pro-gouvernemental. Et des médias russes venus enquête sur place avaient diffusé des témoignages d’habitants du secteur incriminant les groupe armés islamistes de l’opposition.

La commission Pinheiro n’a pu se rendre à Houla pendant son séjour, mais dans son rapport, établi sur la base de témoignages recueillis, elle reconnait – enfin – que trois parties ont été impliquées dans ce drame : des « miliciens pro-régime » (chabihas ou autres), « des forces antigouvernementales qui voulaient accroître l’escalade de la violence » et « des groupes étrangers« . Certes, le rapport indique que les « forces loyales au gouvernement » pourraient être responsables « d’un grand nombre des morts« , mais c’est la première fois qu’un organisme onusien envisage, dans cette sanglante affaire, la responsabilité de groupes d’oppositions. Dont il admet qu’une partie est constituée d’effectifs étrangers – autrement dit « djihadistes » arabo-musulmans. C’est, en quelque sorte, un aveu dans l’aveu.

Oui, c’est vrai, les forces gouvernementales sont responsables d’un « grand nombre des morts » à Houla/Taldo. Pendant une bonne dizaine d’heure au moins elles ont résisté à une attaque de plusieurs centaines d’hommes (bien) armés – 800 a dit un porte-parole gouvernemental – les repoussant finalement après l’arrivée de renforts. Au cours de ces combats, les insurgés ont subi des lourdes pertes, mais ce sont là les seules « victimes » qu’on puisse attribuer, en l’état actuel de l’enquête, aux militaires syriens. On doit se rappeler que les autorités ont accusé les opposants restés sur place pour accueillir les premier casques bleus d’avoir ajouté les cadavres des ASL tués à ceux des civils massacrés pour « étoffer » le bilan, et son impact visuel (tous les corps étant enveloppés dans des linceuls blancs).

Les enquêteurs de l’ONU ont dû recueillir d’autres informations, d’autres témoignages que ceux émanant des inévitables « militants » de l’opposition. On peut penser aussi à des sources d’informations d’origine russes, qui ne recoupent pas vraiment les versions acceptées sans inventaire en Occident.

Maintenant se pose la question de l’honnêteté sinon des membres de la commission d’enquête, du moins des organes dirigeants de l’ONU : est-ce qu’un Ban Ki-moon, une Navi Pillay peuvent accepter de reconnaître officiellement une responsabilité des groupes armés anti-gouvernement dans cette tuerie de Houla, eux qui ont toujours plaidé à charge contre le pouvoir de Dama ?  On en parle certes moins – peut-être pour les raisons que nous évoquons plus haut – mais ce drame demeure un des enjeux importants de la guerre des propagandes qui fait toujours rage sur la Syrie.

Constatons tout de même qu’une commission d’enquête madatée par l’ONU vient de marquer ses distances, pour la première fois, d’avec la version assénée par le pôle politico-médiatique atlantiste. Et c’est déjà un événement en soi !

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Trois journalistes tombent martyrs dans l'agression terroriste contre le siège de la chaîne al-Ikhbaria 

Damas/ Un groupe terroriste armé a attaqué aujourd'hui à l'aube le siège de la chaîne syrienne al-Ikhbaria et les parties compétentes traquent les membres des groupes.

Les terroristes qui ont attaqué la chaîne syrienne avaient planté des engins explosifs dans le bâtiment pour tuer le nombre le plus grand des journalistes.

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En dépit de l'atrocité du crime commis par les terroristes et des tentatives de faire taire la voie de la Syrie, la chaîne al-Ikhbaria poursuit sa diffusion. En fait des martyrs sont tombés et d'autres personnes ont été blessées tandis que la salle de rédaction a été complètement détruite.

L'Union des Journalistes et le ministère de l'Information font part du martyre de trois collègues travaillant dans la chaîne à la suite de l'attaque terroriste barbare. 

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Al-Hamwi: la poursuite de la situation scandaleuse de l'action du conseil des droits de l'Homme pourraient pousser la Syrie à penser sérieusement à arrêter toute forme de coopération avec lui
 
 

Genève /  Le délégué de la Syrie auprès du bureau de l'ONU à Genève, Fayçal al-Hamwi, s'est retiré de la séance d'aujourd'hui du conseil des droits de l'Homme, consacré à l'examen d rapport sur le massacre d'al-Houla.

"La délégation de mon pays ne participera à cette séance en protestation contre la partialité et la politisation flagrante qui visent à porter atteinte à la Syrie, à son peuple, et au sang des martyrs", a précisé M. al-Hamwi.

Al-Hamwi a critiqué la situation scandaleuse de l'action du conseil, ses séances politisées et ses décisions infertiles.

"La poursuite de cette situation scandaleuse de l'action du conseil, ses séances politisées et ses décisions infertiles qui ne contiennent que les insultes, ainsi que les communiqués partiaux et non objectifs du bureau de la commissaire pourraient pousser la Syrie à penser sérieusement d'arrêter toute forme de coopération avec ces instances tant qu'elles sont incapables de donner des solutions constructives et objectives aux problèmes qui leur ont été confiés et tant qu'elle voient en un seul oeil les réalités dans le monde", a martelé al-Hamwi qui a ajouté que la Syrie évalue actuellement la situation politisée et sélective de ces instances et qu'elle prendra la décision qui convient à ses intérêts nationaux.

Il a fait noter que la Syrie a coopéré sérieusement avec la haute commissaire des droits de l'Homme, et les organisations et les instances internationaux ad hoc et donné des informations authentifiées sur ses efforts déployés pour assurer les aides médicales à tous ceux qui en ont besoin malgré le ciblage de 127 hôpitaux et centre médicaux par les groupes terroristes armés.

"La Syrie a éclairci d'une façon authentique l'emploi par les groupes terroristes armés des enfants comme boucliers humains, l'enlèvement des enfants pour exercer des pressions sur leurs familles et la subversion qui a visé l'infrastructure dans le pays, notamment les ponts, les chemins de fer et les oléoducs", a-t-il éclairci.

"Toute cette coopération n'a abouti qu'à davantage d'accusations partiales lancées par certains qui adoptent dans leurs rapports et communiqués ce qu'ils trouvent dans certains médias trompeurs tout en abandonnant les faits authentifiés par la Syrie", a-t-il poursuivi.

Il a fait noter que la Syrie a accueilli favorablement tous les efforts sincères pour l'aider à sortir de la situation actuelle, qu'elle coopérera avec tous les sincères qui les fournissent des visions et des solutions politiques constructives, et réitère son respect du plan de l'émissaire de l'ONU Kofi Annan", affirmant que la Syrie ne permettra pas aux groupes terroristes armés d'agresser les observateurs internationaux ou de les empêcher d'accomplir leurs mission.

"La Syrie est responsable de son peuple, de l'unité de sa terre et de la protection de tous ses citoyens sans distinction. Elle respecte leur droit à la vie conformément à la résolution 2042 du conseil de sécurité", a-t-il indiqué.

Passant à la question de l'armement des terroristes, Hamwi s'est interrogé: "est-t-il possible que ceux qui prétendent par hypocrisie être soucieux et tristes devant ce qui passe au peuple syrien sont eux qui arment les terroristes pour que ceux-ci visent les fils de ce peuple?".

Il a ajouté que s'ils sont vraiment sincères dans leurs prétentions, ils doivent arrêter leur conspiration et leur contribution à la tuerie des syriens appeler, dans le projet de résolution qu'ils préparent depuis plus d'un mois, au soutien du plan d'Annan et à l'arrêt de la violence commise par les groupes terroristes armés et inciter toutes les parties à entrer dans un dialogue national constructif.

Il a affirmé, enfin, que l'objectif essentiel de tout ce complot cosmétique contre la Syrie est de réaliser les désirs d'Israël en embrasant la sédition et la lutte entre les fils du peuple syrien et en la poursuite du chao et des conflits sanglants qu'avaient entraîné le soi-disant "printemps arabe" pour qu'Israël poursuit la colonisation dans les territoires arabes occupés et la judaïsation d'al-Qods occupé.

Pour sa part, le délégué de Venezuela au conseil des droits de l'homme a affirmé que ce sont les actes des groupes terroristes armés financés par les forces impérialistes qui poussent la Syrie vers le chao.


Il a exprimé la vive préoccupation de son pays devant les accusations lancées constamment au gouvernement syrien avec une négligence compète des actes des groupes terroristes armés commis dans le pays.


"Ont parle des solutions humaines mais leur but n'est que l'intervention militaire comme il était le cas en Libye", a souligné le délégué vénézuélien, appelant à l'adoption du dialogue entre toutes les parties syriennes pour le règlement de la crise syrienne.

 
Il a affirmé, enfin, le soutien de son pays au dialogue entre le gouvernement et le peuple syriens sans aucune ingérence de n'importe quelle force étrangère.

Comment – et avec qui – L’Express continue d’informer

Par Droits réservés, le 27 juin 2012 

Ziad Majed a "élevé" l'analyse politique au niveau de tract du CNS. C'est son droit ou sa spécialité, mais ceux qui le lisent s'exposent à ne pas comprendre la suite de l'histoire syrienne...

 

Le site de L’Express, un des journaux français les plus en pointe (en dépit d’une rude concurrence) dans la désinformation à sujet syrien depuis le début de la crise, vient de se surpasser – et, au regard de son « oeuvre passée », ce n’était pas gagné ! – en publiant un entretien avec un de ces chercheurs spécialisés en anti-bacharisme qui ont prospéré depuis 16 mois, au point qu’on peut dire que s’est créée une nouvelle discipline universitaire, sinon une profession.

Cette fois c’est un certain Ziad Majed, journaliste et politologue libanais – collaborateur au moins ponctuel du site socialo-atlantiste Médiapart, et accessoirement militant antisyrien libanais depuis au moins 2005 – qui s’y colle. De l’entretien qu’il accorde à L’Express il ressort pêle-mêle que la contestation antirégime gagne ces derniers jours comme un feu de forêt, le gouvernement ne contrôlant guère plus que 50% du territoire, et son armée se désintégrant sous l’effet de désertions croissante, à proportion que l’ASL se renforce, elle, en effectifs et surtout en discipline et en cohésion, et contrôle de ce fait « des pans de plus en plus nombreux du territoire« . Et, un  bonheur n’arrivant jamais seul, pendant ce temps la contestation civile ne faiblit pas et même s’étend, le nombre de manifestations étant passé, figurez-vous, entre janvier et mai de 600 à 900.

Quoi d’autre ? Oh, rien,  la routine : le régime aux abois fait preuve d’un « violence inouïe« , ses milices commettent des massacres, et s’acharnent particulièrement sur les « médecins, secouristes, étudiants et journalistes« . Tout ça pour empêcher l’irrésistible « révolution du peuple syrien« . Apparemment Ziad Majed a oublié de parler des femmes et enfants torturés-et-violés : sans doute le surmenage….

Dans ces conditions, conclut le « chercheur » Majed, « s’il est encore trop tôt pour parler de sa chute (au régime), il est certain qu’il ne pourra plus reprendre le contrôle du pays ». Amen !

Scoop : à Homs  l’armée ne contrôle plus que Bab Amr !

Bref, L’Express nous offre (une fois n’est pas coutume) en guise d’analyse un exercice de propagande pure, sortie brut de décoffrage d’un think tank haririste libanais, où les contre-vérités se marient harmonieusement avec les bobards « purs ». Un exemple, Majed nous explique que l’armée ne contrôle plus que deux quartiers à Homs, alors que  les rebelles, chassés comme on sait de Bab Amr et plus récemment d’al-Kussur  ne s’accrochent plus qu’à al-Khaldeeye et un bout d’al-Hameedeye ! Bref, la situation est rigoureusement l’inverse de ce que décrit notre spécialiste militant.

On ignore avec quelle satellite espion « citoyen », ou quelle chaîne d’arpenteur, le mirobolant chercheur libano-haririste a pu estimer « à vue de nez » que le régime ne contrôlait plus que 50% de son territoire national. Apparemment, il n’a pas entendu parler de la défaite de l’ASL à Haffé. En revanche, il a entendu des voix qui l’informaient que l’armée syrienne ne contrôlait plus Deir Ezzor, la grande ville de l’est du pays, ce que n’a pas osé écrire le pourtant très imaginatif Rami Abdel Rahmane dans le cadre des communiqués de l’OSDH !

C’est d’ailleurs un peu le problème : Ziad Majed a l’air de savoir plein de choses que ne connait pas R. A. Rahmane. Ce dernier aurait-il trouvé son maître en matière de bourrage de crânes occidentaux ?

La morale de cette histoire ?  Disons que si un Ziad Majed, qui mérite par ses talents de devenir chroniqueur permanent à al-Jazeera, raconte ces contes des mille et une nuits syriennes, c’est son droit et sa fonction de militant libanais antisyrien. Mais que L’Express, en ce seizième mois de crise, en soit encore à proposer en guide d’information à ses lecteurs ce brouet, ce tract de sous-stalinisme qataro-libanais, c’est un rien plus grave. Surtout à une heure où de plus en plus d’analystes, en Franc, remettent en cause les simplifications, les inexactitudes et les affabulations pures que la couverture médiatique crise syrienne a suscitées dans ce pays.

Cela fait quinze ou seize mois que, dans la Syrie virtuelle de  Riad Majed et de L’Express,  le régime syrien n’en finit pas de voir son armée se désintégrer, l’ASL étendre son influence, les villes syriennes se soulever les unes après les autres, Damas incluse, et Bachar et ses ministres se préparer à une fuite ou à une mort imminente. Seize mois ! Il serait peut-être temps de réveiller ces somnambules de leur rêve éveillé…. Cela dit, il parait que c’est dangereux.



Edité par T 34 - 28 Jun 2012 à 00:51
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Jun 2012 à 18:42

Syrie : Un avion turc abattu… implications et conséquences ?

 
Dr Amin Hoteit

Le Général Amin Hoteit conclut cette dernière analyse par une note d’espoir puisqu’il nous dit croire que, suite aux derniers développements internationaux, les gouvernements occidentaux choisiraient de tenir compte des réalités et admettraient qu’ils n’ont plus le leadership du monde ; ce qui devrait les amener à reconnaître les autres et à dialoguer avec eux sérieusement sans diktats ni arrogance. Gardera t-il cet espoir maintenant que Bruxelles a encore choisi de durcir ses sanctions contre la Syrie et a même estimé, hier, que les médias syriens incitaient « à la violence contre la population civile en Syrie » et servaient « d’instrument de propagande au régime » ? [1]. N’est-ce pas là une propagande institutionnalisée qui, après avoir couvert les terroristes sévissant en Syrie avec une cruauté qui dépasse l’entendement, a tenté d’étouffer la voix de tout un peuple qui refuse de plier ? Les politiciens de l’UE devraient être satisfaits, puisque le résultat de leurs efforts ne s’est pas fait attendre. Aujourd’hui et dès l’aube, les médias officiels syriens ont été pris pour cibles et des journalistes syriens ont été sauvagement torturés, avant d’être exécutés [2], pour avoir choisi de défendre leur patrie contre les média-mensonges ; arme redoutable et assassine au service de l’impossible hégémonie d’un Occident qui saccage volontairement ses propres valeurs et les chances de tous ses peuples pour un avenir meilleur. Désormais, il semble que l’un des moyens les plus efficaces pour assassiner une civilisation, quelle qu’elle soit, passe par l’assassinat de ses médias ! [Note de la traductrice, Mouna Alno-Nakhal]

Il ne fait aucun doute que l’avion turc, abattu par l’armée arabe syrienne et qui avait pénétré l’espace aérien syrien, ouvre la porte à une nouvelle étape de la guerre mondiale qui a lieu sur la scène syrienne ; étape dont la compréhension implique de revenir sur les derniers développements internationaux et les récentes déclarations occidentales concernant la Syrie et le Moyen-Orient dans son ensemble, avant de s’arrêter devant les implications et les conséquences d’un tel acte.

L’« opération de défense militaire », réussie par les forces armées syriennes de défense anti-aérienne, est arrivée suite à une série de prises de positions hostiles de l’Occident, dont la dernière en date fut l’incitation à la rébellion adressée par les États-Unis et la France à l’armée régulière syrienne, doublée d’une invitation à imiter la conduite d’un officier pilote qui a trahi sa patrie et s’est enfui à bord d’un MiG-21 pour devenir un agent mercenaire du renseignement britannique qui a organisé l’évasion et qui l’a réceptionné sur le territoire jordanien dès son arrivée.

Cette atteinte à la souveraineté de la Syrie par les avions turcs s’est produite après la fin des manœuvres dites de « l’aigle volant » à laquelle ont participé des forces arabes et de l’OTAN dans l’espace aérien turc, manœuvres que nous avions considéré comme un message menaçant la Syrie d’un quelconque acte d’agression ; de la même façon que nous avions interprété les manœuvres désignées par « le lion en alerte » qui se sont déroulées sur le sol jordanien sous la direction des USA et avec la participation de tous les pays qui influent ou sont influencés par la crise syrienne [3].

D’un autre côté, cette atteinte à la souveraineté de la Syrie a aussi été précédée de l’essai du missile balistique russe qui, comme nous l’avons déjà écrit [4], a véhiculé d’importants messages politiques et stratégiques confirmés par le mouvement de la flotte russe vers Tartous [port syrien], et aussi par les fermes déclarations de la Chine et de l’Iran rejetant toute intervention étrangère militaire ou non-militaire en Syrie. Ces prises de position se sont révélées identiques et concordantes avec celles avancées par Mr Poutine à Mr Obama, puis ont été confirmées par Mr Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, qui a opposé un refus catégorique - au risque de contrevenir aux usages diplomatiques – contre toute intervention militaire étrangère en Syrie avec ou sans résolution du Conseil de sécurité ; parce que c’est de la Syrie que démarrera le nouvel ordre mondial et que ces puissances ne permettront pas qu’une telle agression réussisse à transformer la Syrie en un espace stratégique pour occidentaux, comme le veulent les USA qui ont fait le projet d’un « Grand Moyen-Orient Américain ». La Syrie doit aller dans la direction qu’elle a choisie, et tenir la place voulue par son peuple, une place primordiale pour la région et pour la sauvegarde de ses droits au sein d’un « Moyen-Orient propriété de son peuple ».

C’est en partant de ce contexte que l’on peut comprendre l’opération de défense aérienne syrienne et saisir ses implications sur l’avenir. Nous commencerons par dire que si l’Occident dirigé par les USA a osé inviter à la rébellion une armée régulière contre son commandement, invitation odieuse et sans précédent, c’est parce qu’il continue de se croire l’unique décideur en ce monde ; celui qui ordonne ce que bon lui semble et exige d’autrui une stricte obéissance. Malgré tous ses échecs et toutes ses pertes au décours de ces deux dernières décennies, et en dépit du changement radical de l’environnement stratégique mondial, il semble qu’il soit incapable d’appréhender la nouvelle donne et s’accroche à ses prétendues prérogatives faisant de lui le « propriétaire et maître du monde ». C’est cette logique qui fait que les dirigeants Occidentaux s’autorisent à décider de la légitimité de tel dirigeant ou à retirer la légitimité de tel autre ; à envahir et à détruire le pays de leur choix ; à donner le signal de départ d’une révolution contre les autorités légitimes à tel ou tel peuple ; à ordonner à un dirigeant et même à un État de réprimer son peuple qui réclame liberté, justice et égalité entre les citoyens ; la conduite d’un dirigeant n’étant jugée qu’en fonction de sa soumission aux décisions de l’Occident.

C’est dans cet esprit arrogant et colonialiste que Colin Powell s’est rendu en Syrie pour dicter ses exigences en 2003. C’est dans ce même esprit que les USA et la France viennent d’inciter à la rébellion l’armée arabe syrienne en laissant entendre qu’ils étaient prêts à protéger les rebelles par une couverture aérienne confiée, en pratique, aux forces armées aériennes turques ; lesquelles ont vraisemblablement envoyé leurs avions pour tâter le pouls de l’armée arabe syrienne. La réponse de l’armée syrienne est venue toute aussi catégorique que celle prononcée diplomatiquement par le Président Bachar al-Assad en 2003 ; un coup de gâchette sans équivoque possible ; un missile qui abattu l’avion turc et, avec lui, la montagne de délires occidentaux.

Maintenant qu’un missile syrien fabriqué par les Russes a dessiné une identité et un commandement et a abattu un avion turco-otanesque, la scène se présente de la façon suivante :

1. La Syrie est fermement décidée à se défendre et à défendre sa souveraineté par tous les moyens dont elle dispose et ne pliera devant aucune forme d’intimidation ou de chantage. Elle dispose des forces nécessaires à son auto-défense ; la guerre menée contre elle jusqu’ici n’a nullement entamé ces forces et est restée sans aucune incidence sur ses décisions de contre offensive.

2. L’armée arabe syrienne qui ne cède pas sur ses valeurs, qui est disciplinée et cohérente, ne saurait être affectée par la trahison d’un faible perdant ou le prendre en exemple. Par conséquent elle ne se rendra, ni ne répondra à l’invitation de l’ennemi, mais continuera à « défendre la patrie » comme elle l’a toujours fait. D’où sa réponse éloquente à l’invitation de l’OTAN, dont la chute d’un de ses avions au fond de ses eaux territoriales a relevé le moral des Syriens et a conforté leur confiance en leur armée.

3. La zone d’exclusion aérienne rêvée par certains et telle qu’elle a eu lieu en 1991 lors de l’invasion américaine, les zones sécurisées par l’aviation otanesque, les couloirs humanitaires… ne peuvent se concrétiser. La défense anti-aérienne syrienne est prête, capable, et déterminée. Elle affrontera toute agression comme elle l’a fait pour l’avion turc, ce qui est très mauvais pour le moral de l’ « Armée Terroriste Libre » et le moral de ses hôtes !

4. Qu’un pilote syrien, traitre à sa patrie, se soit enfui est un fait exceptionnel qui ne peut servir de prétexte pour s’imaginer pouvoir négliger les principes de base respectés par l’armée syrienne depuis sa création : honneur, loyauté, patriotisme, et nationalisme. L’avion turc abîmé en mer a rapidement compensé la fuite de l’avion syrien volé, et s’il a été bénéfique pour le moral des syriens, il a plutôt sérieusement atteint celui des terroristes qui commettent leurs crimes en Syrie ; alors que le but recherché par l’opération turque était justement de le ramener au beau fixe une fois qu’il s’était retrouvé au plus bas, suite aux coups portés par les forces de sécurité syriennes.

5. L’usage d’un missile russe pour atteindre un avion turc agresseur, suivi du refus clair de la Russie de fournir une quelconque justification sur ses livraisons d’armes à la Syrie, signifient tout simplement la poursuite du soutien substantiel de la Russie et que c’est là une décision souveraine et indiscutable.

6. Le silence adopté par les politiciens occidentaux deux jours durant après la chute de l’avion, suivi de leurs déclarations confuses, montrent clairement leur stupéfaction incrédule devant l’événement. Il se peut qu’ils aient compté sur la reconnaissance par la Turquie de sa violation de l’espace aérien syrien et, par conséquent, sur le droit de la Syrie à la légitime défense pour justifier leur silence [même si nous savons que l’Occident ne se soucie guère du droit international lorsqu’il va à l’encontre de ses propres intérêts]. En réalité, la vraie raison de ce silence est le constat de la capacité et de la détermination syrienne et, par conséquent, de celle de ses alliés. D’une part, la Syrie peut se défendre en cas d’agression ; d’autre part, ils n’ont pas la capacité ou la volonté d’une confrontation directe bien que la Turquie ait demandé l’application du traité de l’OTAN censé « l’assister militairement contre la Syrie » ! C’est ainsi que ce silence s’est transformé en un message criant à la Turquie qu’elle se retrouverait seule en cas de confrontation. Dans cette optique, la situation ne devrait pas changer les positions de l’OTAN qui se réunit demain [26 juin : quatre jours après le clash] ; car si l’Occident avait eu l’intention de répondre à la demande de la Turquie, sa réunion aurait eu lieu dans les 24 heures !

7. La réponse sérieuse et décisive de la défense anti-aérienne syrienne va imposer à l’Occident de reconsidérer toutes ses prises de position et ses projets d’agression contre la Syrie principalement basés sur l’idée d’une intervention militaire, de soutien au terrorisme, et de rejet d’une solution pacifique ; alors qu’il sait parfaitement que s’il persiste dans cette voie, la Syrie s’éloignera très loin de sa sphère d’influence.

De tout ce qui précède, nous pouvons déduire que cette dernière opération à mis l’occident face à un dilemme. Soit il choisit l’escalade et risque la confrontation militaire, auquel cas nul ne sait jusqu’où elle le mènerait alors qu’il n’est pas prêt. Soit il reprend ses esprits, tient compte des réalités, admet que les temps ont changé et qu’il n’a plus le leadership du monde ; ce qui devrait l’amener à reconnaître les autres et à dialoguer avec eux sérieusement sans diktats ni arrogance.

Nous croyons que l’Occident tendra plutôt vers ce deuxième choix et que l’OTAN n’optera pas pour la réponse militaire ; ce qui permettrait, si les gouvernements occidentaux ont bien intégré les nouvelles donnes, d’ouvrir la voie de la solution pacifique recherchée par la Syrie et ses alliés. Dans le cas contraire, la confrontation ira vers l’escalade avec de plus en plus de pertes pour l’Occident, car la Syrie est déterminée à assurer la victoire pour son peuple qui soutient son gouvernement et ses autorités, même s’il doit payer le prix fort !

Dr Amin Hoteit 25/06/2012

Article traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal [Biologiste]

Article original : Al-thawra http://thawra.alwehda.gov.sy/_kuttab_a.asp?FileName=85697492...

[1] En Syrie, les médias sont pris pour cible http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/En-Syrie-... Extrait : « Les radios et télévisions publiques sont visées par les dernières sanctions européennes, Bruxelles estimant que ces médias incitaient "à la violence contre la population civile en Syrie" et servaient "d’instrument de propagande au régime" ».

NB : Alors que « La Croix » cite texto la phrase du ministre syrien de l’information : "Tous ceux qui incitent à la violence, tous ceux qui font campagne contre la Syrie, que ce soit des médias, des responsables ou le Conseil de sécurité (de l’ONU), notamment ceux qui ignorent la présence d’hommes armés, assument l’entière responsabilité du crime", a-t-il accusé ; il ne se gêne pas pour titrer : « Une annonce du gouvernement Syrien stipule que "tout ceux qui font campagne contre la Syrie", médias compris, doivent être "exécutés" !!!

[2] Attaque terroriste contre le siège d’Al-Ikhbariya, chaine officielle syrienne http://www.youtube.com/watch?v=JBuwkjsyC8g&feature=youtu...

[3] Syrie : Manœuvres militaires en Jordanie...simple message ou signes avant-coureurs d’une opération militaire conjointe de 19 pays http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=31...

[4] Syrie ou le message d’un missile russe… http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=31...

Le Docteur Amin Hoteit est libanais, analyste politique, expert en stratégie militaire, et Général de brigade à la retraite.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Jun 2012 à 22:02

Un gouvernement de transition… vers le chaos

Par Louis Denghien, le 28 juin 2012 

Les propositions de Kofi Annan sur un gouvernement de transition pêchent gravement par angélisme, s'il est sincère...

Alors que Bachar al-Assad réunissait symboliquement, mercredi 27 juin, son nouveau gouvernement, pour lui rappeler ainsi qu’aux Syriens que le pays était confronté à une guerre, Kofi Anna plaidait, selon des sources diplomatiques non identifiées (mais clairement occidentales), pour l’installation d’un gouvernement de transition comprenant des représentants de l’actuel gouvernement et des responsables de groupes d’opposition. Seraient exclus de ce cabinet d’union nationale les personnalités « dont la présence pourrait nuire à la transition, miner la crédibilité de ce (nouveau) gouvernement ou les efforts de réconciliation« . Cette précision suggère fortement que non seulement Bachar, mais ses ministres les plus en vue comme Walid al-Mouallem ou Ibrahim al-Chaar. La même source laisse entendre que cette solution aurait l’appui non seulement du groupe occidental du Conseil de sécurité, mais aussi de la Chine et de la Russie. Qui tous devraient en discuter lors de la réunion du Groupe d’action sur la Syrie, samedi prochain à Genève.

Irréaliste et irréalisable

Ces propositions sont contenues dans un texte intitulé « Lignes directrices et principes pour une transition« , adressé par Annan aux chefs des diplomaties des puissances convoquées à Genève. L’article de l’AFP reste d’ailleurs prudent, citant un « autre diplomate occidental » qui pense au contraire que « les Russes ne sont pas prêts à lâcher Assad ou à accepter des idées contraires à leurs intérêts« .

Et, c’est vrai que ces idées d’Annan, s’il les a affectivement formulées, ne font pas l’affaire des Russes qui savent très bien qu’une mise sur la touche d’Assad et des figures majeures de son gouvernement, à supposer qu’elle soit imposable aux Syriens, entraînerait la dislocation de l’État et, pour le coup, une vrai guerre civile à effets collatéraux régionaux. Donc, on est là, une fois de plus, dans un exercice de pression indirecte sur Moscou et Pékin. L’expérience a pourtant montré que la religion de ces deux capitales sur le dossier syrien – mais aussi sur l’attitude du groupe euro-américain – était faite, et ne bougerait plus. Ce même mercredi, l’ambassadeur russe aux Nations-Unies, Vitali Tchourkine, a d’ailleurs pris les devants en déclarant que les idées éventuellement présentées par M. Annan à Genève ne seraient pas automatiquement acceptées par les ministres des Affaires étrangères concernés.

Tout le monde, y compris Damas et ses alliés est d’accord pour une dédramatisation politique et militaire, pour un dialogue entre gens de bonne volonté. Mais, à l’évidence, le CNS aux mains des Frères musulmans et des puissances occidentales n’est pas de bonne volonté pacifique et réconciliatrice. Et il n’y a pas de raison que l’actuelle direction syrienne, qui a opéré des réformes politiques, tendu la main à l’opposition patriotique – au point d’accueillir deux de ses personnalités au gouvernement, et de laisser s’exprimer d’autres aux dernières législatives -, il n’y a pas de raison que cette direction, qui incarne très concrètement depuis des mois la lutte contre le terrorisme importé et la subversion politique et armée, laisse la place à une équipe imposée de fait par l’OTAN. Et non seulement, il n’y a pas de raison, mais au contraire, c’est le devoir de l’équipe actuelle de maintenir le cap, car toute démission entraînerait des conséquences dramatiques pour le peuple syrien.

Kofi Annan ne s’exprimant pas uniquement par diplomates occidentaux et anonymes interposés, relevons que l’émissaire de l’ONU pour la Syrie a publiquement réaffirmé son appui  de principe à un participation de l’Iran au groupe international sur la Syrie, appuyée par la Russie et refusée par les Occidentaux. L’Iran n’aura donc pas de représentants à Genève samedi, mais Kofi Annan a d’ores et déjà indiqué qu’il « rendrait compte » à Téhéran de la teneur des débats. On ne peut que saluer cette – timide – tentative d’émancipation d’un dirigeant de l’ONU – et d’en acteur primordial du dossier syrien – vis-à-vis de l’hégémonisme atlantiste. Mais il faudra évidemment aller plus loin dans cette direction, si l’on veut que le choses avancent.

Source


Moscou rappelle à l’ONU que l’opposition est ultra-violente

Par Guy Delorme, le 28 juin 2012 

Le dernier en date des attentats de Damas n'a détruit que des voitures

Alors que les groupes armés frappaient symboliquement à Damas les locaux de la chaîne télévisée al-Ikhbariah – attentat que les États-Unis ont condamné pour la forme – et qu’un nouvel attentat à la voiture piégée visant le palais de justice a fait trois blessés ce jeudi 28 juin dans le quartier d’al-Majeh de Damas, d’autres activistes affrontaient mercredi des adversaires plus dangereux que des journalistes ou des employés ou des passants.

-À Douma, au nord-est de l’agglomération damascène, un groupe armé a été intercepté, rue de Khorchid, et 13 de ses membres abattus : Sana donne les noms de deux d’entre eux.

-Dans le secteur d’Ibleb, près d’Ariha (à une quinzaine de kilomètres au sud d’Idleb), les militaires ont attaqué une bande qui barrait la route menant à la ville de Jisr al-Choughour (25 kilomètres à l’ouest d’Ariha), précisément à hauteur du village d’Ein al-Hamra : quatre activistes ont été tués, dont un certain Sattam Younes, déjà recherché, et d’autres blessés.

-À Deir Ezzor, où les affrontements se sont multipliés ces derniers jours, les forces de l’ordre ont poursuivi leurs opérations de nettoyage, perquisitionnant notamment dans le quartier de Mouwazzafin : plusieurs suspects ont été arrêtés et un grand nombre d’armes saisies. Lundi 25 juin, une colonne automobile rebelle avait été détruite dans le quartier de Chouhada (ou Souhada, partie occidentale de la ville). C’est sans doute ce qui autorise le CNS à ameuter aujourd’hui les médias sur un « génocide » en cours à Deir ! Nous ne saurions trop conseiller à ces messieurs de modérer leur utilisation de certains concepts, dans l’intérêt même de leur crédibilité résiduelle.

On attend le compte-rendu pour cette journée de jeudi. Mais on constate que Sana donne des indications assez précises sur les coups que l’armée inflige aux bandes ASL et/ou djihadistes, présentées invariablement comme conquérantes par la propagande directe de l’OSDH ou indirecte de trop de médias français.

Les Russes insatisfait d’un rapport onusien

En parlant de massacre, le ministère russe des Affaires étrangères a donné mercredi son sentiment sur le rapport de la commission d’enquête de l’ONU en Syrie rendu public le jour même et portant sur les violences, notamment à Houla-Taldo : eh bien les Russes considèrent que le dit rapport – qui a cependant, pour la première fois, envisagé une responsabilité de l’ASL et de « groupes étrangers » dans le carnage de Houla (voir notre article « Massacre de Houla : l’ONU « n’exclut aucune possibilité » dans les responsabilités », mis en ligne le 27 juin) ne rend pas compte de l’ampleur des violences perpétrées par les groupes armés qui « tuent et enlèvent des civils, des responsables, des hommes politiques et des dignitaires religieux » pour reprendre la formulation de Vassily Nebenya, directeur du département des droits de l’homme et de la coopération humanitaire au ministère. M. Nebenya a précisé à l’intention des fonctionnaires, souvent distraits, de l’ONU, que ces gangs étaient financés et armés à l’extérieur.

Une énième démonstration de ce que Moscou ne concède plus rien aux Occidentaux mais aussi aux pontes des Nations-Unies qui leur sont trop souvent soumis. La propagande atlantiste s’arrête décidément à la frontière russe !

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Avant Genève : la Russie ne veut pas du gouvernement de transition version Annan

Par Louis Denghien, le 28 juin 2012 

Sergueï Lavrov, imperturbable et efficace dégriseur de gouvernants occidentaux

Une fois de plus,le chef de la diplomatie russe, Sergueü Lavrov, fait montre de charité envers ses prochains (occidentaux) : il les dégrise très vite à chaque fois que leur imagination leur fait concevoir de déraisonnables espérances. Hier et aujourd’hui, les milieux diplomatiques et médiatiques d’Europe et d’Amérique (du Nord) fantasmaient sur une possible acceptation par les Russes d’un nouveau projet de Kofi Annan portant sur l’installation d’un gouvernement de transition « débarrassé » de Bachar et de ses principaux ministres (voir notre article « Un gouvernement de transition… vers le chaos », mis en ligne le 28 juin). Plan qui devait être présenté samedi à Genève aux participants de la réunion internationale – sous égide de l’ONU – sur la Syrie.

« La Syrie est notre amie »

Nous suggérions que c’était une espérance déraisonnable… Et ce jeudi 28 juin, à l’occasion d’un conférence de presse donnée à Moscou, Sergueï Lavrov a rudement douché une fois de plus les rêves éveillés des gouvernants et diplomates anglo-américano-français : « La Russie, dit-il (ou plutôt répète-t-il) ne peut soutenir et ne soutiendra pas une quelconque recette imposée de l’extérieur« . La « recette« , en l’occurrence, c’est le projet annanien de gouvernement de transition sans Bachar. Et enfonçant impitoyablement le clou, le premier diplomate de Vladmir Poutine a précisé : « Il n’y a pas de projet approuvé (pour la Conférence de Genève), les travaux sur un possible document final  se poursuivent ».

Le départ éventuel de Bachar ? Il « doit être décidé dans le cadre d’un dialogue syrien par le peuple syrien« , et « les acteurs extérieurs ne doivent pas dicter leurs recettes aux Syriens, mais ils doivent avant tout exercer une influence sur toutes les parties en Syrie afin de mettre fin aux violences« . Cette dernière remarque de S. Lavrov est-elle subliminalement destinée à Kofi Annan lui-même ?

Que les destinataires en soient M.Annan ou les représentants occidentaux, le message russe est clair comme de l’eau de roche, à 48 heures de la conférence de Genève : pas question de pousser – obliquement ou frontalement – Bachar al-Assad vers la sortie  - »il ne partira pas » avait déjà dit Lavrov voici une semaine.

Pas question non plus, mais là c’est un responsable du Service fédéral russe de coopération militaire, Alexandre Fontine, qui l’indique ce jeudi, d’interrompre  les livraisons d’armes russes à la Syrie : « La Syrie est notre amie, et nous remplissons nos engagements à l’égard de nos amis« . Et Fontine de traduire aussitôt cette déclaration de principe dans les faits : les trois hélicoptères d’attaque de type Mi-25 dont les Britanniques avaient stoppé l’acheminement en Syrie en faisant pression sur les assureurs du navire de transport russe, ces trois hélicoptères vont incessamment repartir vers leur destination première.

Mais qu’espèrent encore les Occidentaux ? Que Poutine va succomber à un cancer foudroyant ?

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Bandes armées : crimes & châtiments

Par Guy Delorme, le 28 juin 2012 

Ces tueurs ignorés puis excusés voire magnifiés par les médias de France et d'Occident n'auront droit à aucun sursis, aucun répit

On a pu lire sur le forum de ce site que l’armée syrienne ne combattait pas des combattants de la démocratie, encore moins des civils, mais des terroristes et des assassins. Ce n’est pas qu’une figure de style polémique, mais très souvent une réalité immédiate. Ainsi ce jeudi 28 juin un groupe terroriste a massacré, à al-Hosssen, dans la périphérie de Homs, a assassiné à son domicile Ahlam Ilad, professeur à la faculté du génie pétrochimique de l’université al-Baas de Homs. Avec ellle sont tombés sous les balles des assassins soutenus par MM. Hollande et Fabius, sa mère, son père et trois enfants de sa soeur. Ce n’est pas la première fois que des fanatiques prennent pour cible des cadres intellectuels de la société civile.

Toujours est-il que très vite alertés par les habitants du quartier, les forces de l’ordre sont arrivées sur les lieux accrochant la bande responsable, tuant dix d’entre eux, en blessant une vingtaine d’autres. Parmi les morts, au moins deux étrangers ressortissants d’autres pays arabes. En revanche, il n’a pas été possible de venger Samer Kurdi, tombé victime ce jeudi d’un attentat à la moto piégée qui visait le centre de recherches agricoles d’Idleb.

Dans un autre secteur des environs de Homs, à Taldaw, les forces de l’ordre ont abattu une figure de l’activisme local, Khaled Mohammad Walid Abdel Wahed.

À Deraa, plus exactement à Kafr Cham, plusieurs caches d’activistes a été prise d’assaut par l’armée, les militants étant arrêtés et de nombreuses armes saisies. Sana annonce que douze cadavres de terroristes, apparemment liquidés par des « confrères », avaient été découverts dans un de ces locaux. Toujours dans le secteur de Deraa, toujours ce jeudi, un groupe armé a été accroché à Kafr Nassej : cinq insurgés ont été tués, treize autres capturés.

C’est donc un minimum d’une cinquantaine d’hommes armés qui ont été mis hors de combat- tués, blessés, capturés- lors d’affrontements intervenus dans la première moitié de la journée, alors qu’aucune perte militaire ou policière n’est signalée. Hier, c’étaient au moins 17 terroristes qui étaient abattus, un nombre indéterminé étant par ailleurs blessés.

Quelques images d’un massacre passé inaperçu

Le mot « terroriste » est certes connoté, polémique diront certains. Pourtant comment qualifier autrement des auteurs patentés et infatigables d’attentats, d’assassinats ciblés et de massacres collectifs. À Houla la responsabilité de ces groupes n’est plus douteuse et les responsables de l’ONU sont obligés de « lâcher un minimum de lest » à cet égard (voir notre article « Massacre de Houla : l’ONU « n’exclut aucune possibilité dans les responsabilités », mis en ligne le 27 juin).

Mais il y a eu bien d’autres exactions commises avant Houla, par ces activistes présentés de façon quasi-pavlovienne comme des « résistants » par nos journalistes. Ainsi ce massacre de femmes et d’enfants commis en avril dernier à Hama et dont une vidéo est mise en ligne aujourd’hui par le site d’information russe Russia Today : les corps présentent pour la plupart des impacts de tirs rapprochés, d’autres sont en partie carbonisés. La vidéo est datée du 18 avril, soit six jours après l’entrée en vigueur toute théorique du cessez-le-feu voulu par Kofi Annan.

Bien sûr, personne en Occident n’aura eu connaissance de ce massacre–là, comme de nombreux autres perpétrés par les « gentils » du mauvais film atlantiste que nous jouent depuis des mois nos médias. Ce sont les auteurs de ce genre de forfaits que traquent les soldats et policiers de Syrie, beaucoup plus que des femmes, des enfants ou des pacifistes désarmés.

Ci-dessous le lien de la vidéo de Russia Today :

http://www.rt.com/news/syrian-family-massacre-rebels-936/



 

Comment la CIA (et les services turcs) arme l’ASL

Par Droits réservés, le 28 juin 2012 

Un RPG9 monté sur un véhicule de l'armée marocaine : un des derniers cadeaux des Séoud à l'ASL...

Que ferions-nous sans nos visiteurs et amis ? Eh bien nous passerions peut-être à côté d’un article comme celui que vient de signer Georges Malbrunot, le M. Syrie du Figaro. Le titre – « Comment la CIA contrôle la livraison d’armes aux rebelles » – résume assez la nouvelle tendance de la presse atlantiste française : la transparence tardive.

Rendons grâce à Malbrunot que nous avons souvent épinglé sur ce site, d’avoir su de temps à autres flirter avec l’objectivité, notamment en ce qui concerne les liens de l’ASL et du CNS avec les Frères musulmans et les services turcs, ou les vrais responsables de la mort du journaliste français Gilles Jacquier. Aujourd’hui, une petite quinzaine de jours après un article remarqué du New York Times sur le même sujet, Georges Malbrunot « révèle » un demi-secret de Polichinelle : la CIA supervise depuis le territoire turc les filières d’armes destinées à la rébellion. Des armes financées – comme nul n’en ignore mais comme le rappelle néanmoins le journaliste dès le début de son article – par les pays du Golfe.

collaboration américano-turque exemplaire dans la lutte pro-terroriste

Apparemment Malbrunot a rencontré récemment à Paris un certain Nasser, Syrien exilé et trafiquant d’armes  pour la rébellion syrienne islamiste. Celui-ci lui a fait un petit « topo » sur le modus operandi du ravitaillement de l’ASL. Selon lui, mi-mai, une quarantaine de dirigeants de l’ASL se sont rendus « discrètement » en Turquie pour y recevoir les cadeaux guerriers des Séoudiens et des Qataris. Toujours selon Nasser, qui était du voyage, ceux-ci consistaient essentiellement en roquettes de RPG9  (antichars légers) provenant d’un stock de l’armée séoudiennne. Ces roquettes ont ensuite « été acheminées par avion, jusqu’à l’aéroport d’Adana (à environ 150 kilomètres de la frontière syrienne, sur la côte méridionale turque) où la sécurité turque a surveillé les déchargements avant de savoir à qui ces roquettes allaient être destinées« . C’est là qu’intervient Nasser, qui explique aux barbouzes turques que la distribution allait être organisée « par des leaders traditionnels proches des insurgés, histoire d’éviter les dérives mafieuses ». Le statut précis de ces « leaders » – chefs religieux, chefs de clans, chefs militaires ? – n’est pas précisé.

Les Turcs rassurés, les armes sont convoyées (par voiture ?)  à travers la Syrie, jusqu’à Douma et Harasta, villes de la grande banlieue est de Damas où depuis le début de l’année des bandes font des incursions à chaque fois mises en échec par l’armée. Mais d’autres aussi sont expédiées à Zabadani, un autre fief précaire de l’ASL, adosse à la frontière libanaise, et à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Damas. Ou encore à Deraa, près de la frontière jordanienne, ou Idleb, non loin de la frontière turque.

Ce que ne dit pas Nasser, mais que confirme Malbrunot, c’est que les Turcs et les « leaders traditionnels » syriens exilés ne sont pas les seuls  à avoir « checké » la distribution. Reprenant les informations du New York Times, le journaliste du Figaro confirme que des agents de la CIA s’efforcent de vérifier que cet armement d’origine wahhabite ne tombe pas dans les mains des « mauvais » insurgés, les djihadistes à la al-Qaïda, qui inquiètent beaucoup Washington. Oui mais comment être sûr de la fiabilité atlantiste des destinataires ?  le NYT affirme que les localisations des dépôts d’armes et l’identité des destinataires « accrédités » sont débattus entre rebelles et agents de la CIA. Des rebelles qui font preuve à cet égard d’un pragmatisme digne d’éloges : « Nous discutons même avec les Turcs de cibles à frapper » explique benoîtement le sieur Nasser à Gorges Malbrunot. Avant d’ajouter que les représentants des « conseils militaires » de l’ASL établis en Turquie ont des relais dans chaque ville syrienne, du moins les plus « chaudes ».

La filière de Nasser n’est cependant pas la seule sur le « marché » : les Frères musulmans, qui contrôlent pour l’essentiel le CNS et aimeraient pouvoir faire de même avec l’ASL, ont mis sur pied leur propre réseau, à destination bien sûr de groupes leur ayant fait spécifiquement allégeance.

Qu’elles soient destinées aux ASL « pur sucre », ou groupes liés aux Frères et au CNS, ces armes ont la même finalité politique pour les fournisseurs et distributeurs séoudo-yankees : amener un tel niveau de pertes dans les rangs de l’armée régulière que celle-ci se délite sous le coup de désertions massives. Rien de surprenant, mais Malbrunot cite cette fois un diplomate français anonyme : « Les diplomates séoudiens nous répètent que tant que Bachar gardera une nette supériorité militaire sur ses ennemis, il n’aura aucun intérêt à négocier son départ ». Et de citer le précédent yéménite où le président Saleh s’est résigné à lâcher le pouvoir quand la puissance militaire des opposants a peu ou prou égalé celle de son armée.

Le plus classique - et rustique - RPG7 (et son projectile)...

... qui équipe déjà abondamment les bandes insurgées

La France humaniste et ses téléphones

Au fait, que font les Français, qui du temps de Sarkozy/Juppé avaient, si l’On en croit Le point et le Canard enchaîné, dépêché des gens de la DGSE en Turquie pour « conseiller » les aspirant terroristes ASL ? Eh bien pas grand chose, mais ce n’est pas faute d’avoir essayé. Malbrunot donne cette fois la parole à un activiste, Kamal : « Les Français aimeraient bien être dans la salle des opérations à Adana, mais les Turcs s’y opposent. À défaut d’armes qu’ils ne veulent pas livrer, que les Français nous donnent des équipements pour sécuriser les communications de nos combattants« . Une demande reçue cinq sur cinq par Laurent Fabius qui a annoncé voici quelques jours la livraison prochaine de téléphones satellitaires à la rébellion.

On a beau ne ruien vraiment apprendre de cet article, qui ne vaut que pour son caractère d’ »officialisation » vis-à-vis du public français de réalités jusques-là cachées, on reste rêveurs devant tant de cynisme : les semeurs de chaos et de mort ne se cachent plus vraiment. Mention spéciale, évidemment, pour la Turquie d’Erdogan dont résonnent encore les clameurs d’indignation pour son avion abattu. Un avion et deux pilotes perdus (pour avoir effectivement violé l’espace aérien syrien,) dans un plateau de la balance, des milliers de militaires, policiers et civils syriens tués par les armes, les munitions et les bombes venues de Turquie, dans l’autre plateau. Oui, il y a vraiment des obus de DCA syrienne qui se perdent !

Terminons sur une note optimiste, empruntée à la conclusion de l’article de Georges Malbrunot : »Mais le pari de renverser al-Assad est encore loin d’être gagné« . Ce serait assez notre avis…

Ci-dessous le lien vers l’article de G. Malbrunot :

http://www.lefigaro.fr/international/2012/06/27/01003-20120627ARTFIG00675-des-armes-antichars-aux-rebelles-syriens.php



Edité par T 34 - 29 Jun 2012 à 01:45
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Jun 2012 à 22:31

Syrie : Une Analyse Chinoise…

Comment ramener la Paix en Syrie ?...

Alors que la “Communauté Internationale”, c’est-à-dire la "Bande des Quatre" (US, Israël, GB, France) et ses seconds couteaux (pétromonarchies et autocraties de la région), n’arrêtent pas depuis des mois d’y organiser, armer, manipuler, le chaos et la guerre civile. Avec envoi de mercenaires et d’armes de tous calibres, pluies de dollars et d’euros en tous sens, trompettes et tambours de la propagande à rendre sourd…

C’est vouloir “faire passer un chameau par le chas d’une aiguille”.

Métaphore reprise par le caricaturiste Pang Li, dans le China Daily du 9 juin 2012.

La colombe de la Paix et le chameau Syrien formulant, déroutés ou angoissés, la même interrogation

Pang%20Li-China%20Daily-9-6-2012

 

Oui. Comment procéder ?...

Très simple, hurle, hystérise, la "Communauté Internationale" !

Exhibant ses récentes et nombreuses réalisations en ce domaine. Plastronnant, à son habitude, de fierté et de Bonne Conscience, jusqu’au Festival de Cannes :

Réduire le chameau en cendres ou en bouillie !…




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Le « gouvernement Annan de transition » est mort-né

Par Louis Denghien, le 29 juin 2012 

Hillary C. sera aujourd'hui en Russie dans le cadre d'une nouvelle mission impossible : sauver le gouvernement virtuel de transition imaginé paf Kofi Annan (et sans doutes d'autres...)

Les dernières déclarations du ministre russe des Affaires étrangères, 48 heures avant la réunion diplomatique internationale de Genève sur la Syrie ont « filé le blues » aux milieux diplomatiques et onusiens (voir notre article « Avant Genève : la Russie ne veut pas du gouvernement de transition version Annan », mis en ligne le 28 juin). Sergueï Lavrov a très clairement rappelé à ses interlocuteurs qu’il n’était pas question pour Moscou d’avaliser une ingérence, même diplomatique, même maquillée sous les couleurs d’un gouvernement de transition et d’union nationale, dans les affaires intérieures syriennes, et, plus concrètement d’appuyer un quelconque changement de gouvernement.

Rien de nouveau sous le soleil diplomatique russe (et chinois), mais les Occidentaux et leurs alliés du Golfe et de la Ligue arabe semblent avoir une capacité inépuisable à s’illusionner sur ce dossier. Si l’on devait faire, depuis un an, la somme des manoeuvres et effets d’annonce, au Conseil de sécurité ou dans les diverses coulisses diplomatiques, du camp pro-atlantiste, à propos de la Syrie et du départ de son président, avec le buzz médiatique qui en est résulté à chaque fois, ce serait assez pathétique : des flots d’arrogance et de menaces, puis de fausses promesses ou d’opérations de charme, qui toujours se seront brisés sur l’inébranlable position russe, complémentaire de l’inébranlable résistance, sur le terrain, de l’armée et du peuple syriens. En ce sens, on serait tenté de dire qu’en dépit de drames innombrables, la crise syrienne est exemplaire, qu’elle suggère qu’il y a malgré tout, et malgré le jeu implacable des rapports de forces, une morale internationale immanente. Pas celle que voudraient nous vendre les « révolutionnaires » syriens tendance Facebook, ou les éditorialistes connivents de France, de Navarre et d’Occident. Celle qui voit l’ingérence de puissances – et quelles puissances ! – étrangères impuissante, justement, à violer le principe de souveraineté nationale.

Pour en revenir à la réunion du 30 juin à Genève, des diplomates onusiens anonymes et démoralisés assuraient que sa tenue même était menacée du fait des prises de position de Lavrov dont ils affectent apparemment d’être surpris. Les mêmes mettent leurs derniers espoirs dans les entretiens que doit avoir ce vendredi à Saint-Pétersbourg Hillary Clinton avec son homologue russe. Dans le même but de sauvetage de son projet de gouvernement de transition, Kofi Annan, qui semble s’être clairement rangé dans le camp de l’ingérence, a convoqué ce même vendredi  Genève une réunion préparatoire de « hauts fonctionnaires » des puissances concernées.

Mais rien n’y fera : le « gouvernement Annan de transition » ira rejoindre dans les poubelles de l’histoire diplomatique les mirobolants plans concoctés naguère par les « Amis de la Syrie » et la Ligue arabe.

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Front intérieur : « à l’ouest rien de nouveau » (pour le moment)…

Par Guy Delorme, le 29 juin 2012 

Pas de procession de cercueils drapés de rouge, de blanc et de noir depuis le début de la semaine. Un répit qui s'explique peut-être par un changement de tactique militaire syrien. Ou un essoufflement des rebelles. Pourvu que ça dure...

L’OSDH définit aujourd’hui quatre pôles principaux de la violence en Syie, pratiquement toujours les mêmes : la banlieue est de Damas avec Douma, Deir Ezzor dans l’est, Idleb ou sa région dans le nord, et Homs, enfin deux ou trois quartiers, au centre. Homs où l’évacuation sanitaire de plusieurs centaines de civils – acceptée par le gouvernement – est toujours bloquée par le mauvais vouloir des groupes se réclamant de l’ASL. Dans ces secteurs et ailleurs, les divers types de violence auraient fait jeudi 28 juin, selon la même source opposante, « au moins 91 morts » dont 59 « civils« . Étant entendu que nombre de ces civils sont en fait des combattants non « enrégimentés » parmi les déserteurs de l’armée.

L’OSDH ne donne cependant pas plus de détails dont elle est d’ordinaire prolixe, se contentant de souffler à l’AFP que les villes ou secteurs cités sont « farouchement défendus » par les insurgés. Ca ne mange guère de pain…

Un répit dans les pertes militaires ?

Sans doute pour entretenir la flamme de la tension syro-turque, un chef de l’ASL a dénoncé le déploiement de « 170 blindés » syriens au nord d’Alep, c’est-à-dire tout près de la frontière turque. Ces blindés seraient concentrés à Moussalmieh au nord-est de la ville. Le « général » rebelle qui a contacté à ce sujet Reuters dit que si cette force est réunie c’est soit pour pour contrer un déploiement de forces turques à la frontière (des batterie de missiles sol-air), soit pour attaquer les points d’appui rebelles dans cette région nord d’Alep. Outre que « blindé » n’est pas automatiquement synonyme de « char lourd« , la présence d’éléments blindés n’a rien d’inhabituel dans un secteur toujours infesté par des groupes armés venus de Turquie. Reuters, prudemment, dit d’ailleurs que cette information n’est pas confirmée de « source indépendante ». Mais qu’est-ce qu’une source « indépendante » en la matière ? Sûrement pas l’OSDH.

De toute façon, et sauf incident ou provocation imprévus et graves, la Turquie d’Erdogan n’a pas l’intention de pratiquer l’escalade sans l’OTAN qui elle-même a déclaré forfait à Bruxelles. Les seuls soldats turcs tombés au combat ces jours-ci sont victimes des guérilléros du PKK : huit notamment le 26 juin, sur la frontière avec l’Irak.

L’agence syrienne Sana n‘est pour l’heure guère prolixe non plus sur les affrontements en cours, mais l’on devrait en savoir plus dans la journée. On peut cependant noter que le triste rituel des obsèques militaires semble marquer une « pause » : pas de cérémonie de ce genre, semble-t-il, depuis le lundi 25 juin. De fait, dans les compte-rendu militaires de Sana de ces derniers jours ne se trouvent mentionnés à notre connaissance que quatre soldats morts en opération le mardi 26 juin lors d’opérations de nettoyage dans un secteur à l’ouest de Damas. Or l’agence syrienne gouvernementale n’a jamais « manqué » une de ces cérémonies funèbres depuis le début des événement : cette régularité nous a d’ailleurs permis de fixer le montant global des pertes de l’armée et de la police à près de 500 morts pour juin, sans doute le mois le plus meurtrier à cet égard. De même, Sana, dans ses relations d’opérations et d’incidents, ne manque jamais de signaler le nom des « martyrs » militaires, donnant souvent leurs noms et leurs grades.

L’armée a-t-elle adapté ses tactiques en fonction de l’armement accru des rebelles, privilégiant l’utilisation de moyens lourds, n’envoyant l’infanterie qu’une fois l’ennemi suffisamment ébranlé ? Ou celui-ci a-t-il momentanément accusé le coup de ses lourdes pertes, limitant ses « activités » depuis quelques jours ?

Félicitons-nous de toute façon de cette « décrue » mais gardons à l’esprit que la lutte est loin d’être terminée que la procession de cercueils drapés de tricolore va reprendre, à un rythme on l’espère moins soutenu.

À Dmeneyh, l’armée a évité un nouvel Houla

Par Guy Delorme, le 29 juin 2012 

Présenté généralement en France comme un Robin des Bois anti-Bachar, Abdel Razzaq Tlass (ici photographié, au début de l'année, en train de menacer des coopérants iraniens désignés comme des "mercenaires armés") est un des chefs de la brigade al-Farouq, unité "d'élite" de l'ASl qui s'est rendue coupable de plusieurs massacres de civils à Homs, puis, après sa défaite de Bab Amr, dans les environs de cette ville

Alors qu’une dépêche du site pro-syrien Arabi Press, non confirmée par Sana ou les autorités militaires, fait état d’un grave revers subi par la brigade al-Farouq – la plus médiatisée depuis ses exploits de Bab Amr de toute l’ASL -, nous revenons sur une action récente de cette ‘ »unité pilote » de l’opposition armée. Pour ce faire, nous « empruntons » l’article de l’excellent site alter-mondialiste – et alter-médiatique – de la journaliste suisse indépendante Silvia Cattori. Dans cet article, Silivia Cattori revient sur une attaque lancée le 29 mai 2012 par la brigade al-Farouq contre le village de Dmeyneh (au sud de de Homs et à une douzaine de kilomètres d’al-Qusayr). S’appuyant sur des récits de témoins locaux, la journaliste peut décrire le modus operandi des insurgés, qui a dû pas mal se répéter ces dernières semaines, notamment à Houla-Taldo, trois jours plus tôt.

Happy end (de justesse)

Donc le 29 mai, à 5 heures du matin, les 3 000 habitants – majoritairement chrétiens – de Dmeyneh sont réveillés par des rafales et des cris de «  »Allah Akbar !« . Environ 500 hommes armés, selon un habitant, viennent d’investir le village de plusieurs côtés ; les soldats présents, inférieurs en nombre, se retranchent  dans un point et échangent pendant deux heures des tirs nourris avec les assaillants qui, au passage, s’en sont pris à l’église catholique locale. Entre-temps, des renforts de l’armée sont arrivés et finalement les extrémistes doivent évacuer les lieux, laissant vingt morts sur le terrain.

Telle la cavalerie du Far West, les renforts de l’armée sont arrivés sans doute à temps pour éviter que soit commis un nouveau massacre de type politico-communautaire, comme celui qui a été perpétré trois jours plu tôt par des groupes insurgés contre des familles alaouites à Houla-Taldo. Et c’est peu dire que les scénarii se ressemblent : une attaque massive d’activistes – plusieurs centaines assaillant des positions isolées de l’armée par plusieurs côtés ; une attaque qui vise aussi un village « communautairement incorrect », plutôt alaouite à Taldo, plutôt chrétien à Dmeyneh.

Au-delà de l’incident de Dmeneyh, Silvia Cattori remet les choses en perspective : l’ASL, et notamment la brigade al-Farouq de l’officier déserteur Abdel Razzaq Tlass s’est repliée, après son éviction de Homs et de Bab Amr, fin février, sur la ville d’al-Qusayr (ou Qusseir, à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Homs et à seulement une dizaine de la frontière libanaise).  Il est difficile de dire quels quartiers de cette ville d’environ 150 000 habitants (en temps normal) ces hommes armés – 2 000  ? -  contrôlent. Ils sont certainement établis en tous cas dans les environs de la ville, se construisant un sanctuaire adossé au Nord-Liban, base de ravitaillement et de renforts. Et base de départ de raids contre les villages mal pensants ou mal croyants. Ou même bien croyants selon les critères sectaires de l’ASL : des villageois sunnites voisins étaient venus se réfugier chez leurs compatriotes chrétiens de Dmeyneh pour fuir les raids de ces djihadistes repeints en démocrates de progrès par les journalistes bobos.

Si certaines informations, auxquelles nous faisions allusion plus haut, se confirment, la situation pourrait évoluer en défaveur de l’ASL dans cette région. Nous espérons en savoir bientôt d’avantage.

 
Mardi 26 juin, à Bruxelles, le Conseil de l'Atlantique Nord – la plus haute instance de commandement du bloc militaire de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique Nord), dominé par les États-Unis – doit aborder la question de la Syrie sous l'angle des clauses de son texte fondateur qui, tout au long de la dernière décennie, a été à l'origine de déploiements préliminaires de forces armées conduisant au déclenchement de guerres totales

 
Ce conseil est constitué des ambassadeurs des 28 États membres, représentant une population totale de 900 millions d'habitants. Ses membres fondateurs comptent trois puissances nucléaires – les USA, la France et l'Angleterre – dont la première s'est autoproclamée unique puissance militaire mondiale.
 
Jusqu'à la veille de cette réunion, l'OTAN devait examiner une requête de l'un de ses membres, la Turquie, de tenir des consultations conformément aux dispositions de l'Article 4 du Traité de l'Atlantique Nord, qui autorise tout État membre à appeler l'intégralité des membres de l'Alliance à répondre à ce qu'il considère comme une attaque contre sa sécurité et son intégrité territoriale.
 
Le 25 juin, trois jours après que le chasseur bombardier supersonique F14 eut été abattu au-dessus des eaux territoriales syriennes, la Turquie annonça qu'elle demanderait que l'alliance militaire en réfère à l'Article 5, lequel stipule que « toute attaque armée contre un ou plusieurs États membres en Europe ou en Amérique du Nord doit être considérée comme une attaque contre tous », les alliés de l'OTAN étant alors tenus de « porter assistance à la, ou aux parties ainsi attaquées, en engageant sur le champ, individuellement et en concertation avec les autres parties, toute action jugée nécessaire, y compris le recours à la force armée... »
 
L'Article 5 avait été invoqué en octobre 2001, pour la première et unique fois en date, et fonde toujours, depuis une dizaine d'années, le déploiement en Afghanistan de troupes des 28 États membres et de leurs 22 partenaires.
 
L’Article 4 fut invoqué pour la première fois le 16 février 2003, à nouveau par le Conseil de l'Atlantique Nord et à nouveau au sujet de la Turquie, à la veille de l'invasion anglo-américaine de l'Irak. Cela entraîna le déclenchement de l'Opération « Display Deterrence » [déploiement d'une force de dissuasion], et le déploiement en Turquie de cinq batteries de missiles d'interception 'Patriots' – trois allemandes et deux américaines – ainsi que de quatre appareils de surveillance aérienne AWACS [Airborne Warning and Control Systems : Systèmes aéroportés de Contrôle et d'Alerte], en conjonction avec le Système de Défense Aérienne Élargi Intégré de l'OTAN.
 
L'OTAN déploya, selon ses propres termes, « 1 000 techniciens spécialisés et extrêmement compétents » pour conduire l'Opération.
 
Les premiers avions AWACS arrivèrent le 26 février, et trois semaines plus tard l'invasion et le bombardement de l'Irak étaient lancés. Bien qu'il n'y ait eu à l'époque en Irak que 25 millions d'habitants, contre 70 en Turquie, et bien que l'armée turque ait été la plus formidablement équipée de la région – tandis que l'Irak sortait affaibli de huit années de guerre contre l'Iran dans les années 1980, de la campagne de bombardements des États Unis et de leurs alliés en 1991 et depuis, et de douze années de sanctions écrasantes, l'OTAN ne tarissait pas d'éloges sur l'Opération Display Deterrence, qui venait de « tester et prouver la capacité des forces de l'OTAN à répondre immédiatement et avec la force offensive appropriée, à une menace évoluant rapidement contre l'un des membre de l'Alliance ».
 
Dans quelle mesure un Irak aussi mortellement affaibli avait réellement pu représenter pour la Turquie « une menace évoluant rapidement », cela ne fut jamais précisé.
 
Les AWACS sortirent sur une centaine de missions et les batteries de Patriots allemandes furent notamment équipées de missiles Patriot Advanced Capability-2, « un missile plus moderne fourni par l'Allemagne » expliqua l'OTAN.
 
L'Opération prit fin le 3 mai, soit 65 jours après son déclenchement et 45 jours après le début de l'invasion de l'Irak. Pour donner une idée de ce que l'OTAN pourra déclarer à l'issue de cette réunion au sommet, l'Ambassadeur turc de l'époque, auprès de l'OTAN, déclara après avoir invoqué l'Article 4 : « Encore une fois, je tiens à témoigner de la sincère gratitude du peuple et du gouvernement turcs envers la solidarité dont l'Alliance a su faire preuve en renforçant la défense de mon pays en réponse à la dernière crise en Irak. Nous sommes convaincus que, à travers un déploiement d'une force de dissuasion aussi active et collective, l'OTAN a non seulement tendu la main et offert une aide infiniment appréciable à l'un de ses membres en grande difficulté, mais il a aussi prouvé une fois de plus sa crédibilité et sa pertinence, en tant que pierre de touche de la sécurité collective dans la zone Euro-Atlantique ».
 
La Turquie était alors, tout comme aujourd'hui, présentée comme la victime – « en grande difficulté » qui plus est – tandis que l'Irak, en état de siège et sur le point d'être anéanti, était considéré comme l'agresseur.
 
La population syrienne se trouve à l'heure actuelle dans la même position que l'Irak à l'époque, sauf que la Turquie est cette fois une nation quasiment trois fois plus grande. La Syrie est isolée et ses forces militaires sont dérisoires par rapport à celles de son voisin turc. Ce dernier peut en outre compter sur le soutien de 27 alliés, au nombre desquels la plupart des plus grandes puissances militaires du monde. Les États-Unis disposent déjà d'environ 90 bombes nucléaires tactiques B61 stationnées sur la base aérienne d'Incirlik, à 35 miles des côtes méditerranéennes de Turquie.
 
C'est en outre au moins la seconde fois depuis avril dernier que le Premier Ministre turc Recep Tayyip Erdogan demande l'activation de la clause d'assistance militaire mutuelle de l'article 5 – qui implique le déclenchement d'une guerre. La première ayant eu lieu plus de deux mois avant la destruction du chasseur bombardier turc survenue la semaine dernière.
 
Le 25 juin, le vice Premier ministre turc Bulent Arinc avait annoncé que sa nation « avait déposé auprès de l'OTAN toutes les demandes requises concernant l'Article 4 et l'Article 5 ».
 
Selon l'agence de presse Associated Press, il aurait ajouté : « Il est important de comprendre que, dans le cadre légal, nous userons bien évidemment jusqu'à la fin, de tous les droits que nous garantit le droit international. Cela inclut notamment l'auto-défense. Cela inclut aussi toutes les formes possibles de représailles. Cela inclut toutes les sanctions applicables à l’État agresseur en vertu du droit international. La Turquie ne négligera absolument rien en la matière... ».
 
Les États-Unis et l'OTAN avaient impérativement besoin d'un prétexte pour attaquer la Syrie, et la Turquie, seul membre de l'OTAN frontalier de la Syrie, a toujours été le prétexte idéal auquel recourir pour attaquer une nation arabe.
 
L’incident de vendredi dernier et la réunion de l'Otan qui y a fait suite, marquent le début du quatrième acte d'une tragédie que le reste du monde n'a que trop peu de temps pour empêcher.
 
 
 
Traduit de l'anglais par Dominique Arias.
 
Auteur de nombreux articles très documentés sur les activités militaires des Grandes Puissances occidentales à travers le monde, Rick Rozoff est chercheur et activiste, créateur de l'organisation Stop NATO.

Stop NATO : site et articles : http://rickrozoff.wordpress.com
 
Source originale : Global Research
 
Source : Investig'Action
 
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À Genève, Russes et Chinois veulent imposer leurs mots et leur calendrier

Par Louis Denghien, le 30 juin 2012 

William Hague et Sergueï Lavrov à Genève : le premier reconnait que les négociations avec le second seront "difficiles". What you expected, sir Hague ?

Prévue initialement pour la seule matinée de samedi, la réunion du Groupe d’action sur la Syrie devrait se prolonger cet après-midi. Impossible en effet de trouver un accord entre le bloc anti-syrien, majoriitaire mais impuissant, et le front pro-syrien sino-russe, minoritaire mais inébranlable dans son refus de tout changement politique imposé de l’extérieur aux Syriens.  Or tout tourne, à Genève, autour du désormais fameux – plus pour très longtemps à notre avis – projet de « gouvernement de transition » post-Bachar proposé voici 48 heures par Kofi Annan.

Ce « plan Annan bis » est pris par Moscou et Pékin pour ce qu’il est : une manière « soft » et détournée d’atteindre enfin le but de guerre de la diplomatie occidentale, le renversement du gouvernement en place. Mais même coloriée en initiative de paix et de réconciliation nationale, la ficelle était grosse, et dès la réunion préparatoire de vendredi, M.Annan a pu constater le blocage de la situation. Le cadre change, mais c’est bien une sorte de séance élargie du Conseil de sécurité qui se tient dans la ville suisse, avec pratiquement les mêmes acteurs, et les mêmes clivages fondamentaux.

Ce samedi matin, juste avant l’ouverture de la réunion, le chef de la diplomatie britannique William Hague, fidèle sinon brillant second de Hillary Clinton, ne cachait pas son pessimisme, estimant un accord « incertain » du fait de l’opposition de la Russie et de la Chine : « Nous ne sommes pas parvenus à un accord à l’avance avec la Russie et la Chine. Cela demeure très difficile et est-ce que cela sera possible, je ne le sais pas » a donc déclaré M. Hague tôt ce matin.

Vendredi après-midi Sergueï Lavrov recevait à Saint-Petersbourg Hillary Clinton pour préparer cette réunion de Genève. À l’issue de leurs entretiens, le ministre russe des Affaires étrangères avait, lui, fait preuve d’un certain optimisme, estimant que la rencontre de samedi pouvait constituer « un pas positif » dans l’élaboration d’un « consensus international« . Mais ce disant, S. Lavrov estimait avoir constaté une évolution dans la position américaine, Washington reconnaissant, par la bouche de Mme Clinton, que c’était aux Syriens seuls de décider de l’avenir de leur pays.

On pourrait dire que M. Lavrov se contente de peu, mais pour les Russes, depuis le début du débat international autour de la Syrie, les mots ont un sens et les formulations diplomatiques sont déterminantes. Déjà, Moscou a imposé aux Nations-Unies et aux Occidentaux la reconnaissance officielle de la responsabilité des groupes radicaux d’opposition dans la violence en cours, responsabilité  que l’Ouest a longtemps refusé de voir et de dénoncer. Cette bataille sur l’autodétermination des Syriens n’est donc pas que sémantique, elle est à finalité politique : la réforme en Syrie devra se faire selon un calendrier décidé à Damas entre gens de bonne volonté et à un rythme raisonnable, sans que Washington, Londres, Paris ou Doha puissent modifier le calendrier et les modalités de ce dialogue intersyrien.

Et c’est bien pourquoi, ni la Russie ni la Chine ne veulent tomber dans le piège – à vrai dire assez grossier – du « gouvernement de transition« , sans Bachar ni ses principaux ministres, concocté par Kofi Annan : vendredi à Moscou, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, et son homologue chinois avaient renouvelé l’opposition ferme de leurs pays à des solutions imposées par l’étranger en Syrie.

Et puis, pas de langue de bois diplomatique ici : Russes et Chinois savent bien que l’opposition CNS, protégée des Occidentaux, ne veut ni ne peut dialoguer avec l’actuel pouvoir syrien. À cause de son positionnement idéologique extrémiste, sous double influence de l’OTAN et des Frères musulmans. Et à cause l’absolue non crédibilité de ses « équipes », composées d’exilés professionnels et manipulés, et par ailleurs inconnus des Syriens. C’est donc avec des opposants non CNS, et disposés à reconnaître la légitimité internationale de Bachar al-Assad que peut s’esquisser un dialogue politique qui ne relève pas de la subversion intérieure et de l’ingérence étrangère.

L’inde et l’Indonésie en appui de la Russie,de la Chine et de la Syrie

Dans la position qui est la leur, Pékin et Moscou ont reçu le soutien d’un autre partenaire important du groupe des BRICS, l’Inde : recevant l’ambassadeur syrien à Delhi, Ryad Abbès, le secrétaire général du ministère indien des Affaires étrangères, Jay Singh, a déclaré que son pays appuyait le principe d’une solution politique à la crise syrienne, dans le refus  de toute ingérence. Et plus concrètement, M. Singh a réaffirmé la condamnation par l’Inde du terrorisme à l’oeuvre en Syrie. De son côté Ryad Abbès a fait à son hôte un résumé du point de vue de son gouvernement sur les événements en cours, sur lesquels à vrai dire les autorités indiennes  ont une regard assez différent de celui des Occidentaux : d’abord réalité économique, le groupe des BRICS a mué, sous l’effet de la question syrienne, en un front diplomatique de plus en plus cohérent. Autre BRICS, le Brésil a exprimé la même position.

Autre soutien à la ligne sino-russe, et ne provenant pas des BRICS, mais de la la grande nation musulmane du monde : le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono a dénoncé, vendredi, les ingérences étrangères dans les affaires intérieures syriennes et affirmé, sans la moindre once d’ambiguïté, le soutien de son pays à la position russe. Le chef de l’État indonésien, qui s’exprimait à Djakarta devant la Conférence pour le développement en Asie et dans le Pacifique a d’ailleurs indiqué que lui et Vladimir Poutine s’étaient mis d’accord à ce sujet lors du récent sommet du G20 au Mexique.

On voit, une fois de plus, qu’un vaste front diplomatique, anti-ingérence sur le principe, et anti-américain dans les faits, s’est mis en place via le drame syrien – front auquel il faut encore ajouter l’Iran, l’Afrique du Sud, certains pays arabe et latino-américains, plus d’ex-républiques soviétiques. Au fond, c’est une manière de « néo mouvement des non alignés » (sur Washington) qui est en train de se former, à partir du cas syrien.

Ceux qui ne voient pas, ou font semblant de ne pas voir, ce sont bien le médias formatés français : hier soir encore, I-Télé nous laissait croire à une acceptation russe du gouvernement Annan de transition, ce qui était démenti par de précédentes déclarations de Lavrov, et l’est aujourd’hui par le malheureux William Hague.

On se demande vraiment s’il y a encore une pensée construite dans ces salles de rédaction sous influence, ou si les journaliste et présentatrices ne se sont pas mis en mode de « pilotage automatique » politiquement correct, s’adaptant tant bien que mal et au jour le jour aux démentis qu’inflige la réalité à leurs « infos ». Enfin, nous, on ne se le demande plus depuis un certain temps…


Les rebelles décimés à Douma et à Deir vendredi

Par Droits réservés, le 30 juin 2012 

Bâtiment en feu à Homs vendredi : selon Sana il s'agit d'un arsenal clandestin de l'ASL, détruit par une explosion accidentelle

Des images de civils tués dans un quartier de Douma circulaient vendredi sur la toile, leur mort étant aussitôt attribuée par des opposants aux militaires syriens ou à leur artillerie. Difficile de trancher pour l’heure, les opposant excellant dans l’art de « récupérer » des cadavres à des fins de propagande, mais il est certains que depuis au moins trois jours, cette ville située au nord-est immédiat de Damas est un point chaud de l’affrontement entre militaires et activistes radicaux. Vendredi 29 juin, l’armée a poursuivi son offensive contre les positions rebelles dans cette ville. Sana publie ce qui ressemble à un communiqué de victoire : des dizaines d’activistes tués, plusieurs installations et locaux enlevés ou détruits, parmi lesquels des hôpitaux de campagne et même ce qui ressemble à un centre de détention. Sana donne le nom de trois des activistes tués, présentés comme des « chefs de groupe » : Hicham et Ratem Khbeibeh, Ahmad al-Qassir.

À Deir Ezzor, autre ville objet de combats ces derniers jours, un groupe circulant à bord d’un véhicule armé a été anéanti dans le quartier de Port Saïd. Sinon des individus présentés comme des chefs de groupes terroristes ont été arrêtés et des stocks d’armes et de munitions saisis à Hama.

À Homs, une explosion semble-t-il accidentelle survenue dans une cache d’armes des rebelles,dans le quartier d’al-Qarabit (ou Qarabees, centre-ouest) a tué tous les insurgés s’y trouvant. Et dans un autre quartier homsi – Jourat al-Chyah, nord-ouest de la ville -, un autre groupe a été accroché par les militaires, et son chef tué ainsi que plusieurs de ses subordonnés.

Pour les premières heures du samedi 30 juin Sana annonce la destruction d’une bande place d’Ariha à Idleb, et d’une autre à Hama, dans le quartier d’al-Hader al Saghir : dans ce dernier cas, l’agence syrienne donne le nom du chef du groupe, Firas Imad Tohemeh. De fait Sana donne de plus en plus souvent les identités des plus notoires des insurgés abattus, une indication de ce que les services de sécurité ont un fichier assez à jour de leurs adversaires radicaux.

Enfin une nouvelle voiture piégée – à hauteur de 500 kilos d’explosifs selon une source du génie militaire – a explosé à proximité du bâtiment de la Direction financière d’Alep,  ans le secteur de Jamiliyeh. Les dégâts sont logiquement importants, mais Sana ne parle pas de victimes.

Dernières saisies d'armes en date : l'armée syrienne a certainement récolté depuis des mois de quoi équiper cent-mille soldats supplémentaires...

... l'"argent de poche" alloué par le Qatar et le Golf à leurs protégés ASL est abondamment gaspillé !

 
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Le Parti communiste turc (TKP) dénonce les manoeuvres bellicistes du gouvernement Erdogan contre la Syrie

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Le Parti communiste turc (TKP) dénonce les manoeuvres bellicistes du gouvernement Erdogan contre la Syrie

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

L'abattage d'un avion de reconnaissance Turc sur l'espace aérien Syrien démontre l'ampleur des sales et sanglantes manœuvres du gouvernement AKP sous les auspices des États-Unis et d’Israël. Il ne s'agit pas de la première provocation du gouvernement AKP contre la Syrie. Des bandes armées sont entraînées sur le territoire turc, avec des armes fournies par des agents de la CIA et les autorités Turques.

Personne ne peut effacer, sous un discours d' « unité nationale », le fait qu'un avion de guerre volait dans un autre pays afin de récolter des informations pour les États-Unis et Israël.

Le gouvernement AKP est coupable. Et le crime ne peut pas être dissimulé par des cris de guerre et des déclarations inculpant la Syrie. Sur quelle base pouvez-vous les tenir pour responsable ? Vous voulez l'emporter en disant : 'Nous sommes en train de comploter contre votre pays, et vous osez défendre votre territoire' ?

Justice, droit et vérité sont des vertus humaines dont vous êtes loin. Ces valeurs autant que le droit international suffisent à placer le gouvernement AKP sur le banc des accusés. Il faut payer le prix de cette provocation. Erdogan doit démissionner.

Le Parti populaire républicain (CHP), qui se prétend être le principal parti d'opposition, ferait mieux de se taire. CHP critique l'AKP sur son bellicisme, et joue sur la corde d'un pseudo-héroisme en disant « si la patrie est en jeu, nous nous unirons » ; toutefois, ils doivent savoir que l'opération conduite avec l'aide des États-Unis et d’Israël est clairement une trahison.

Le Parti communiste de Turquie appelle le peuple à mettre en échec les plans du gouvernement, à faire taire les tambours de guerre et à tourner le dos aux vautours qui appellent à « donner une leçon à la Syrie ».


La Syrie rejette des solutions imposées depuis l’étranger

Damas, 30 juin (RHC-PL)- Le président de la Syrie,  Bashar al-Assad, a déclaré qu’un quelconque modèle provenant de l’étranger pour trouver une solution à la crise de violence que vit le pays est  inacceptable.

Durant une interview donnée à la Chaîne Quatre de la télévision  iranienne, Bashar- al-Assad a déclaré qu’il était inacceptable l’imposition d’un modèle qui ne soit pas syrien et national, qu’il provienne des superpuissances ou des nations amies. 

Il a insisté sur l’appui donné par Damas au plan de six points de l’envoyé spécial de l’ONU,  Kofi Annan et a souligné que certains pays occidentaux faisaient des affirmations fausses sur l’initiative pour justifier des résolutions contraires à son  pays.

Le ministre russe des Affaires étrangères,  Serguei Lavrov, a appelé la secrétaire d’Etat étasunienne  Hillary Clinton, à se réunir avec lui à Saint-Pétersbourg pour discuter du maintient et du renforcement de la mission des observateurs internationaux de l’ONU dans le pays arabe. 

Source


Edité par T 34 - 01 Jul 2012 à 20:34
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Lavrov : « L’accord de Genève n’exige pas le départ de Bachar » !

Par Louis Denghien, le 1 juillet 2012 

Hillary Clinton et Sergueï Lavrov à Saint-Petersbourg le 29 juin : la Russie est bien devenue, à la faveur de la crise syrienne, le "mâle dominant" de la diplomatie internationale

Le document signé samedi 30 juin à Genève n’impose rien ni personne au peuple syrien, il ne pose aucune condition politique préalable au processus de dialogue national, et n’exclue personne de ce processus. Par ailleurs, la Russie et la Chine s’opposeront à tout recours au chapitre 7 de la Charte des Nations-Unies, encore évoqué à Genève par les Occidentaux, et qui prévoit, dans les cas diplomatiques « limite », le recours à la force.

Voilà résumée l’interprétation de l’accord faite, au cours d’une conférence de presse tenue samedi soir, par Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe et véritable « meneur de jeu » des débats  à Genève. Naturellement, la Chine ne se démarque pas de ses alliés Russes : pour le ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi, le plan de transition présenté par Annan et approuvé le 30 juin par le Groupe d’action sur la Syrie « ne peut être que dirigé par les Syriens et doit être acceptable par toutes les parties importantes en Syrie. Des personnes extérieures ne peuvent pas prendre des décisions pour le peuple syrien« .

Hillary, Kofi, Sergueï et Bachar

S’il est une « partie importante » dan le conflit syrien, c’est bien Bachar al-Assad. Hier, Kofi Annan, interrogé sur son sort dans le cadre du processus de transition, s’est tenu dans un prudent flou diplomatique : l’avenir du président « sera l’affaire » des différents participants au dialogue. Certes, Annan a montré le bout de son nez, et de quel côté il penchait, en se fendant d’une petite phrase : « Je doute que les Syriens choisissent des gens ayant du sang sur les mains pour les diriger« .

Hillary Clinton a été moins « prudente » : « Assad doit partir » a-t-elle encore déclaré, dans une nouvelle tentative de faire passer un accord international quasiment dicté, dans ses termes comme dans ses conclusions, par la Russie, comme un succès des États-Unis et de leurs suiveurs européens.

Mais là encore, l’impitoyable Sergueï a bien mis les points sur le « i » : « Le document (signé à Genève) n’exige pas la démission de Bachar al-Assad. La version initiale du texte contenait une clause impliquant le départ des personnes qui « empêchaient la paix ». Cela est contraire à l’inclusivité (le principe de non exclusion) du processus politique en Syrie, ainsi qu’aux normes de la Charte des Nations-Unies sur la non-ingérence dans les affaires intérieures des États souverains. Cela n’est pas mentionné dans le document adopté aujourd’hui qui stipule que ce sont les Syriens qui doivent décider du sort de leur pays ». C’est clair, net, précis, au point qu’on se demande ce que peuvent encore raisonnablement espérer Hillary C. et ses petites mains Hague et Fabius, sinon  sauver ce qui leur reste de face…

Le CNS au pied du mur

Bref, quoi que proclame Hillary, et quoi qu’insinue Koffi, Bachar n’est pas près de partir : son départ n’a pas été évoqué à Genève, et il sera une « partie plus qu’importante » dans le processus de dialogue national. À supposer que ce dialogue s’engage. Car désormais, la balle est dans le camp des opposants, et le CNS, embourbé dans son jusqu’au boutisme, risque de ne pas être très à l’aise dans les semaines qui vont suivre. Soit il s’assoit enfin, cédant aux pressions  ses « employeurs » occidentaux, turcs et arabes, à la table des négociations, et ce faisant il se coupe de radicaux islamistes et des groupes armés ; soit, comme c’est plus prévisible, il trouve tous les prétextes pour persister dans son option révolutionnaire, et il va devenir embarrassant pour les Occidentaux et la Ligue arabe et, au minimum, il sortira sans bruit du jeu diplomatique, devenant un de ces gouvernements en exil perpétuel comme l’Histoire en a déjà connus, condamné à la sclérose et au rabougrissement.

On y verra bientôt plus clair de ce côté-là : une réunion d’une kyrielle de groupes d’opposition syriens, non CNS, doit bientôt se tenir au Caire sous l’égide de la Ligue arabe, afin de définir une plate-forme commune avec le CNS justement, lequel a beaucoup renâclé à ce premier « dialogue national » avec d’autres opposants. Cela nous promet des échanges intéressants, et certainement des claquement de porte.

Réquisitoire de Lavrov contre les groupes armés

On approche donc de l’heure de vérité pour ce nid de vipères qu’on appelle l’opposition radicale syrienne. Justement, dans sa conférence de presse conclusive, Sergueï Lavrov a eu des mots bien sentis : « Nous avons ce qu’il faut comme preuves que les groupes armés et ceux qui les financent ne respectent pas leurs engagements (vis-à-vis du plan Annan) et se comportent d’une manière telle qu’on ne peut assurer un contexte de sécurité, et par là même (ces groupes) forcent le gouvernement et les forces syriennes à riposter« .

Et Lavrov, décidément très inspiré par le sujet (fondamental, il est vrai) d’ajouter : « Certains groupes armés et les milieux qui les parrainent exercent des provocations dans le but de semer la violence, et il y a à cet égard des faits connus des médias, y compris occidentaux et américains, qui sont arrivés dans plusieurs villes et villages, il y a des attaques contre les bâtiments et les institutions publics et privés, et contre les forces de l »ordre« , ajoutant que nombre de ces agressions avaient un arrière-plan confessionnel. Et il a évidemment pointé le fait que ces gags recevaient, dans l’illégalité internationale la plus complète, des armes, ce qui de fait les encourageait à persévérer dans leurs pratiques sanglantes. Un certain nombre d’oreilles qataries , séoudiennes et turques (arrêtons-nous là) ont dû siffler.…

Le chef de la diplomatie russe a donné du reste un exemple de ces méfaits des bandes radicales relié à l’actualité en cours : il a en effet accusé l’ASL d’entraver à Homs les tentatives du CICR d »évacuer des centaines de civils coincés dans des quartiers encore tenus par les insurgés

Où l’on constate – une énième fois – que le analyses de la Russie coïncident assez largement avec celles de la Syrie légale et réelle. La plupart des participants à la réunion de Genève devraient se retrouver bientôt à New York afin d’appuyer au Conseil de sécurité le plan adopté le 30 juin. Une formalité là encore, et le fait que ce soient les Américains qui aient demandé cette convocation n’empêchera pas que ce sont les Russes qui décideront du contenu de la résolution qui sera alors discutée.

Si la Syrie doit globalement une fière chandelle à la Russie, la Russie, elle, doit à la Syrie d’avoir confirmé son statut de « supergrand », de retour pour de bon sur la scène internationale, pour le plus grand déplaisir de l’empire atlantiste.

Source


Genève : un accord de principe – sur des principes russes

Par Louis Denghien, le 30 juin 2012 

À Genève, Sergueï Lavrov a été le vrai maître du jeu, imposant ses mots d'ordre et un calendrier qui laisse à Bachar la réalité du pouvoir et de la légiitimté

Ainsi que l’a annoncé en début de soirée de ce 30 juin Kofi Annan, les États réunis à Genève dans le cadre du Groupe d’action sur la Syrie sont parvenus finalement à un accord sur les principes d’un processus de transition politique « dirigé par les Syriens » et qui passerait par la constitution d’un gouvernement d’union nationale, réunissant des représentants de l’actuel gouvernement et des membres de l’opposition. Le sort de Bachar al-Assad dans ce cadre n’a pas été précisé par Kofi Annan.

Un accord sur des fondamentaux sino-russes

L’émissaire de l’ONU et auteur, ou promoteur, du projet de gouvernement de transition débattu à Genève se retranche derrière une pétition de principe, vague et consensuelle : « C’est au peuple de parvenir à un accord politique« . Mais il ajoute que « le temps presse« . Annan a quand même annoncé que les différents camps en présence allaient lui envoyer des représentants pour entamer des discussions. Car, insiste Kofi Annan, « le dialogue doit être résolu par un dialogue et des négociations pacifiques« . Au passage tout de même le groupe d’action sur la Syrie demande des réformes constitutionnelles et des élections « libres et justes » : un désaveu implicite des réformes, pourtant historiques dans leur principe, initiées par Bachar al-Assad, et aussi des législatives tenues en mai, malgré le début d’ouverture pluraliste qui les a malgré tout caractérisées.

Que penser alors de cet accord, où la Russie et la Chine se sont donc entendus avec leurs adversaires occidentaux ? Qu’il porte sur des principes, et des principes pas nouveaux, qui étaient déjà contenus dans les différents « plans » concoctés par la Ligue arabe fin 2011 et début 2012. Et auxquels s’étaient opposés, au Conseil de sécurité, la Russie et la Chine. Alors quelles différences entre ces plans là et l’accord de Genève ?

-Début 2012 la Ligue arabe avait, entre autres, proposé le retrait de Bachar, le gouvernement devant être symboliquement assumé par son vice-président, chargé de conduire des négociations avec l’opposition en vue d’un gouvernement de transition. Le départ du président était alors réclamé sur tous les tons par les Clinton, Juppé, Hague.

-La Ligue arabe et les Occidentaux avaient longtemps fait porter la responsabilité des violences sur le seul gouvernement syrien et ses forces de l’ordre.

-Les Occidentaux parlaient d’intervention militaire, de « couloirs humanitaires« . Ils instituaient une structure radicale, à domnation islamiste, le CNS, repré »sentant légitime et quasi-exclusif du peuple syrien.

Les Russes, entraînant les Chinois, se sont constamment opposés à ces lectures de la crise syrienne, à ces revendications d’ingérence, à ces pressions, économiques, diplomatiques et militaires. Ils ont imposé à l’ONU et aux membres occidentaux du Conseil de sécurité la reconnaissance de responsabilités partagées dans le climat de violence. Ils ont tout récemment mis en cause les bandes armées et les nations étrangères qui les arment, les financent et les hébergent.

Surtout ils ont imposé, rejoints par de  nombreux pays, et l’accord de Genève le reflète, le principe fondamental de l’autodétermination du peuple syrien et de la souveraineté de la nation et de l’État syriens. Et le refus donc de l’ingérence, des pressions, directes et indirectes  en vue d’un renversement du gouvernement de Damas.

Ils ont patiemment « tricoté » – qu’on excuse la trivialité de notre métaphore – un nouveau cadre politique et même psychologique das lequel ils ont objectivement « emmailloté » les Occidentaux : ce sont leurs principes et fondamentaux, beaucoup plus que ceux des Américains, des Britanniques, des Français qui ont inspiré cette conférence de Genève. Et d’ailleurs ils inspiraient largement les six points du plan de paix Annan présenté au printemps. Et le Qatar, présent à Genève, qui défendait ouvertement l’armement des bandes rebelles, et une révolution sanglante, a été désavoué de fait.

Bachar, incarnation incontournable du principe de réalité

Voilà pour les principes – qui sont globalement, répétons-le, des principes de non ingérence et de dialogue national défendus inlassablement par les diplomaties russe et chinoise. Et quid de leur application concrète, de leur traduction en faits politiques syriens ? Nous ne sommes pas des diplomates de arrière, mais voilà ce que nous pensons.

-Le CNS refusera toujours de s’asseoir à une table de négociations avec l’actuel gouvernement, à cause de sa radicalité même, et du fossé sanglant qu’il a grande partie creusé. Et si certains éléments s’engageaient malgré tout, cédant aux pressions de leurs appuis occidentaux, dans des ébauches de discussion, ils seraient désavoués par les plus radicaux. Et ce qui est vrai d’une bande de politiciens comme les hommes du CNS, l’est évidemment encore plus des fanatiques à Kalashnikov et RPG présents sur le terrain, et presque tous dans une logique de guerre sainte contre le pouvoir et les minorités religieuses. Et tout le monde est bien conscient de cela,en tous cas l’administration russe.

Celle-ci parie à notre avis sur l’incapacité profonde du CNS à représenter un interlocuteur valable dans un processus de dialogue inter-syrien. Et parie encore, comme Bachar après tout, sur un « détachement » des modérés de cette opposition exilée.

-Certains amis d’Infosyrie, un peu « nerveux » (on les comprend) s’inquiètent déjà d’un lâchage des Russes, ou craignent qu’ils se soient fait embobiner par Hillary Clinton et Kofi Annan. Allons donc ! Croit-on que Poutine et Lavrov aient oublié en 24 heures leurs analyses et prises de position de ces derniers mois ? Moscou n’entend pas lâcher la Syrie, c’est-à-dire, concrètement, Bachar al-Assad et le pouvoir politique qu’il représente. Pas tant pour la base de Tartous ou les ventes d’hélicoptères ou de Migs que pour stopper la subversion atlantiste et son grignotage du monde arabe, que pour défendre l’Iran ami. Pour défendre aussi son rôle de géant renaissant, dont la crédibilrté, bafouée de quelle façon par l’OTAN en Libye, se joue aujourd’hui en Syrie. Et puis aussi, la Russie a pris, de fait, dans cette affaire, la tête d’une nouvelle croisade des non alignés, elle a fédéré les opposants au Nouvel Ordre mondial occidental.

-Le lâchage de Bachar ? ll n’en est tout simplement pas été question à Genève même si évidemment une Hillary Clinton n’a pas renoncé à ce rêve géostratégique. Voici quelques jours Sergueï Lavrov, le vrai maître du jeu à Genève, avec son homologue chinois, le disait ouvertement : le départ de Bachar est « impossible« . Impossible politiquement, géopolitiquement, éthiquement aussi, le gouvernement de la Syrie ne se décidant pas à Washington, Bruxelles ou Doha. Et en appuyant le principe d’un gouvernement d’union, les Russes consacrent internationalement, d’une certaine façon, la légitimité politique du gouvernement en place.

Bref Russes et Chinois, qui n’ont cessé, contrairement aux Occidentaux, de soutenir le plan Annan, sont dans leur logique quand ils approuvent un accord qui, au niveau des principes, reflètent leurs prises de positions de toujours sur le dossier syrien. Ils ont lié les Occidentaux dans cette logique de négociation et de respect de la souveraineté populaire et nationale. L’accord ne demande pas le départ de Bachar, lequel départ ne pourra, selon l’esprit et la lettre du plan Annan, se faire que si une majorité de Syriens, par le jeu d’élections, le demandaient. On est très loin de cette éventualité.

Les modalités d’applications de cet accord sur un gouvernement de transition sont, nous osons le dire, toujours aussi utopiques, irréalisables politiquement. Nous pensons que Lavrov et Poutine le savent très bien. Il leur importait d’imposer à leurs adversaires leurs principes et leurs calendrier – un  calendrier qui reste, et pour cause, très flou. Ils ont obligé les Américains et leurs suiveurs à renoncer officiellement à leur préalable de départ de Bachar. Celui-ci, quoiqu’il arrive, va continuer à incarner la légitimité internationale de son pays. Un pays qu’il devra purger des bandes responsables de 80 ou 90% des malheurs de la Syrie. Mais ceci est une autre histoire.

Hillary Clinton, qui doit quand même s’efforcer de sauver la face de l’administration Obama, a estimé que cet accord ouvrait « la voie à l’ère post-Assad« . La secrétaire d’État US prend, ou feint de prendre, ses désirs pour des réalités. C’est plutôt, à notre humble avis, une ère « post-atlantique » qui s’ouvre, pour la Syrie et le reste du monde. Et de même que nous avions prédit naguère que Bachar survivrait à Sarkozy, nous disons qu’il survivra à Obama, ou même à Mitt Romney.

L’insurrection continue d’encaisser des coups sévères.

Par Guy Delorme, le 1 juillet 2012 

Les hommes de l'ASL peuvent prendre la pose (ici début juin dans les environs d'Idleb) ils n'en reçoivent pas mois, depuis deux ou trois semaines, des coups très sévères. Le point de rupture est-il proche ?

 

La lutte contre les bandes, dont la destruction est plus que jamais un enjeu majeur de la sortie de crise, s’est poursuivie dans l’après-midi de samedi.

-Dans le gouvernorat d’Idleb, zone frontalière avec la Turquie particulièrement sensible, les militaires ont traqué un groupe terroriste dans les fermes des environs de la ville, arrêté dix activistes et confisqué des armes et des munitions. Dans un autre point de la périphérie d’Idleb, un autre groupe armé a été intercepté : nombre d’insurgés ont été tués et blessés, parmi lesquels Youssef Abdo Bakkour, plus particulièrement connu des « services compétents« .

Les forces de l’ordre se sont également accrochées avec un autre groupe armé qui procédait à couper la route Idleb/Harm (ou Harem ou Haram, sur la frontière turque) : quatre terroristes ont été tués et d’autres ont été blessés.

Un peu plus tard, toujours dans le secteur d’Idleb, un groupe armé a été intercepté à proximité du carrefour de Hich au sud de Maaret al-Nu’man (trente kilomètres au sud d’Idleb) : l’incident a causé nombre de tués et blessés parmi les terroristes et causé la destruction de leurs véhicules. Une source  émanant des autorités du gouvernorat d’Idleb a indiqué que parmi les terroristes tués figurent Khaled Maarouf, Hussein Ghazi, et une autre personne surnommée « Abou Hamzeh ».

Dans le même secteur, et à peu près au même moment, les forces de sécurité se sont accrochées avec un groupe qui avait ouvert le feu sur des civils entre Maaret al’Nu’man et Saraqeb (à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Maaret al-Nu’man) ; tous les éléments du groupe ont été tués, et Sana fournit les noms de plusieurs d’entre eux : Radad al-Khalouf, Mahmoud Qittaz, Mahmoud Tnari et Mahmoud Hassoune.

À Jabal al-Zaouyeh, plus précisément à proximité du village d’al-Mozeh, plusieurs membres d’un groupe armé ont été tués et blessés.

Terminons-en (provisoirement) avec les opérations dans la région d’Idleb : à  Bdama (près de Jisr al-Choughour et donc de la frontière turque), la confrontation s’est une nouvelle fois terminée au désavantage des insurgés ; une source officielle a indiqué que l’accrochage avait coûté la vie à un grand nombre de terroristes et avait fait nombre de blessés parmi eux ; six terroristes de ce groupe ont été arrêtés.

-À Deir Ezzor, de nouveaux accrochages samedi après-midi (ou soir) sont intervenus dans les quartiers d’al-Hamidyeh (centre-ouest d la ville) et d’al-Aridi : selon Sana, des « dizaines » d’insurgés ont été tués, et plusieurs véhicules, certains équipés de mitrailleuses lourdes, ont été détruits.

-Dans le secteur de Lattaquié, plus précisément du côté d’al-Haffé (ou Haffé, vingt kilomètres à l’est de Lattaquié), théâtre de violents et longs combats voici trois semaines, une base rebelle a été prise d’assaut dans le village de Babna : outre nombre d’armes et de munitions, et des vivres, les soldats ont mis la main sur un hôpital de campagne de l’ASL.

Si l’on ajoute ces actions à celles menées dans la matinée de samedi, on constate que l’armée a infligé, notamment dans le gouvernorat d’Ibled ainsi qu’à Douma et à Deir Ezzor, des coups très sensibles aux bandes :  le bilan des pertes insurgées pour ce samedi 30 juin peut s’établir, à la lecture des différents communiqués de Sana, à un minimum de 150 à 200 tués ou capturés. Et le niveau de perte annoncé pour les précédents jours était assez comparable.

Quid des pertes de l’armée ?

En revanche, on constate que l’agence officielle syrienne ne rend plus compte depuis plusieurs jours des obsèques de militaires et de policiers tombés en service. Le dernier article à ce sujet remonte au lundi 25 juin. Et la dernière mention de pertes remonte au mardi 26 juin : cinq soldats tués (et une quinzaine blessés) dans les opérations de nettoyage dans le environs nord-ouest de Damas. Est-ce à dire que Sana a renoncé à rendre compte de ces manifestations funèbres qui par leur caractère fréquent (tous les deux jours environ) et l’importance des pertes mentionnés (pas loin de 500 soldats et policiers tués, d’après notre décompte, pour tout le mois de juin, ce qui fait de celui-ci le plus sanglant peut-être depuis le début des violences) ont un effet démoralisant sur la population et l’armée ? Il est vrai que l’OSDH a toujours publié des bilans exagérés et déséquilibrés à cet égard, dans un but évident de propagande. Et du reste, on a cru constater des communiqués et bilans moins triomphants de la part de cette officine, ces jours derniers.

Pour autant, des soldats et policiers continuent de tomber en Syrie, même si en employant cette fois tous ses moyens, et en adoptant sans doute une tactique plus prudente, l’armée a dû limiter ses pertes. Nous pensons néanmoins que le gouvernement doit continuer à faire preuve de la transparence qui a été la sienne jusqu’à maintenant, dans ce triste domaine.

L’ASL dans ses oeuvres

Une chose est sure, la lutte pour l’éradication de ces bandes doit se poursuivre jusqu’à ce qu’elles perdent leurs capacités de nuisance actuelle. Notre amie Cécilia nous a adressé une vidéo, heureusement brève, illustrant ce que ces fous furieux de Dieu sont capables de faire subir à leurs adversaires : ici un soldat tombé entre leurs mains, à qui ses bourreaux, avant probablement de le tuer, enfoncent une rangers dans la bouche, avec les commentaires suivants : « C’est un repas de la part de cheikh Fadi (un responsable chiite syrien, récemment objet d’un attentat – raté), tout militaire, tout chabiha à Bachar recevra le même repas ! Espèce de chien, comme tu vois, Bachar ne peut rien faire pour toi ! »

À chien, chien et demi. Et contre ces chiens enragés, prêts à massacrer la moitié des Syriens au nom de leur vision de l’Islam et de la justice, il n’y a d’autre attitude possible et morale qu’une lutte sans pitié.

Ci-dessous, la vidéo :

http://www.youtube.com/watch?v=L55QrfS3hAE&feature=player_embedded

Source


Syrie : le plan de transition est "trop vague" pour l'opposition

Plusieurs groupes de l'opposition syrienne ont rejeté dimanche le plan onusien de transition politique en Syrie approuvé samedi à Genève, qui ne réclame pas le départ du président Bachar al-Assad.

Haytham Maleh, un vétéran de l'opposition syrienne, a dénoncé dimanche "une perte de temps", promettant de ne pas s'asseoir à la même table que le président syrien ou des membres de son régime "assassin". Bassam Kodmani, porte-parole du Conseil national syrien (CNS), principal regroupement de l'opposition syrienne, a estimé que l'accord était "ambigu" et manquait d'un calendrier et d'une feuille de route pour son application. "Des éléments importants demeurent trop implicites et trop ambigus, et le plan trop vague pour entrevoir une action réelle et immédiate" a déclaré Bassam Kodmani à l'AFP.

Les chefs de la diplomatie du Groupe d'action pour la Syrie, qui regroupe les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et la Turquie, ont approuvé samedi un plan de transition politique, préparé par Kofi Annan, l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe. Mais le document final n'exige pas le départ de Bachar al-Assad, la Russie, allié fidèle de la Syrie, ayant insisté pour qu'il laisse la porte ouverte à une participation du président syrienne.

Moscou a refusé la formulation du texte permettant d'exclure "ceux dont la présence et la participation saperaient la crédibilité de la transition et mettraient en péril la stabilité et la réconciliation". Autrement dit, le président syrien, dont l'Occident et l'opposition syrienne réclament le départ comme préalable à une solution politique.

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Edité par T 34 - 02 Jul 2012 à 00:58
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L’OSDH tente de « babamriser » Douma

Par Guy Delorme, le 2 juillet 2012 

Accord de Genève ou pas, les combats contre les bandes se sont poursuivis dimanche 1er juillet. La banlieue est de Damas, un des poins chauds du moment, a été marqué samedi après-midi par un drame : selon la thèse mainstream, un obus tiré par l’armée a frappé le cortège funèbre d’un opposant à Zamalka (à moins de 5 kilomètres à l’est du centre de Damas), faisant de 30 à 40 tués selon les bilans avancés par les opposants. Une vidéo montre qu’il s’agit en effet de partisans de l’opposition avec leur drapeau. Mais naturellement, la guerre des interprétations fait rage sur la toile, les partisans du gouvernement – ou, comme c’est le cas du site Syrian Truth, opposants aux islamistes, à l’ASL et au CNS – parlent de l’explosion intempestive d’une voiture piégée, se basant sur le fait que le nombre élevé de victimes et la gravité des mutilations constatées sur les cadavres n’auraient pu être causées par un obus, mais plutôt par une charge d’au moins 100 kilos. D’autres « opposants aux opposants » parlent de montage vidéo associant deux événements. D’autres, opposants tout court, incriminent un missile tiré par un hélicoptère de combat. Pour autant, bien sûr, on ne peut écarter la thèse d’une bavure militaire, intervenue dans un contexte de guérilla urbaine.

Douma purgée du gros des rebelles

Présentée par la presse française comme un des bastions de l’opposition, Douma (à une dizaine de kilomètres au nord-est du centre de Damas)  est effectivement le théâtre de violents combats depuis plusieurs jours, combats qui ont semble-t-il côté des dizaines de combattants à l’ASL. L’OSDH parle  de 150 personnes tuées samedi et dimanche en Syrie, mais selon son habitude comptable, elle range parmi les civils des opposants morts les armes à la main. Et selon leur habitude, les agences de presse occidentale relaient ce trucage, et aussi, bien sûr, les exagérations des opposants : l’un d’eux dit à l’agence Reuters que Douma est « complètement détruite » et, dans un de ses communiqués, l’OSDH sonne le tocsin quant au sort d’une centaine de familles bloquées sans aide, ainsi que celui de « dizaines de blessés » laissés sans soin à la merci des militaires – combien de vrais civils parmi ceux-ci ?

Mais il faut savoir que la ville compte, selon les estimations, de 150 000 à 300 000 habitants en temps normal, et que les rebelles infiltrés ne sont tout au plus que quelques centaines. Ce qui signifie qu’ils ne contrôlent que des parties de la ville, qui n’est donc pas devenue intégralement un nouveau Bab Amr. « Contrôlaient » devrait-on dire plutôt : des source proches de l’opposition – invérifiables, nous l’admettons bien volontiers – reconnaissent un « retrait tactique » de l’ASL, évoquant pêle-mêle une offensive très violente de l’armée, l’épuisement des minutions, de lourdes pertes mais aussi la désorganisation et l’infiltration dans leurs rangs d’agents du régime.

Quoi qu’il en soit, l’armée a poursuivi dimanche sa traque des débris de l’ASL, saisissant notamment trois dépôts d’arme et de munitions.

Des combats seraient aussi intervenus, selon l’OSDH, à Jobar, (banlieue nord-est de Damas), et aussi à Hajar al Aswad, (à la sortie sud de l’agglomération damascène). Mais, encore une fois, c’est l’OSDH qui le dit. Relativement à Douma, l’agence officielle Sana se contentait, dimanche 1er juillet, de publier une déclaration du ministre de l’Électricité, Imad Khamis, selon laquelle les équipes de techniciens ont entrepris la remise en état des réseaux mis à mal par les destructions et sabotages, ce qu’on peut interpréter comme un signe de reprise en main du secteur.

Un char de l'armée dans une rue de Douma, à la mi-juin

Sinon l’OSDH reconnaissait la mort d’un insurgé dimanche à Deir Ezzor où depuis plusieurs jours des combats ont coûté des pertes sensibles aux bandes infiltrées dans cette grande ville de l’Est syrien. Et où Sana confirme la pousuite d’opérations dans les quartiers d’al-Hamydiya et d’al-Sheikh Miskeen.

Sana annonce encore la mort de deux terroristes dimanche à Tal Erin (20 kilomètres à l’est d’Alep) tués dans l’explosion de leur propre bombe. Et l’arrestation d’un responsable activiste à Hama.

Et à Homs, des combats se poursuivent contre les réduits de l’ASL, notamment à Jourat al-Chyah. Notre amie Cécilia nous fournit aujourd’hui deux vidéos émanant de combattants se réclamant du groupe Ibn Massoud de ASL (précisons qu’Ibn Massoud était l’un des compagnons du Prophète. Les vidéos sont datées du 27 juin. Dans l’une, les insurgés menacent Bachar, avertissant qu’ils ne sortiront jamais de Jourat al-Chyah (ouest de la ville), tout en accusant l’armée syrienne de sa destruction. Et dans l’autre, on les voit en train de tirailler contre les militaires. Qui, depuis le 24 juin, ont du néanmoins progresser dans leur grignotage des positions ennemies. Sana dit encore que dimanche « plusieurs terroristes » ont péri dans une nouvelle explision accidentelle de leur atelier de fabrication de bombes, à al-Khaldeeye

Ci-dessous, les vidéos :

http://www.youtube.com/watch?v=L04N43dRNb0&feature=relmfu

Des soldats meurent toujours

Nous nous étonnions du fait que Sana ne rende plus compte, depuis une semaine à présent, des obsèques de militaires et de policiers. Pourtant, hélas, il en tombe toujours. Le curieux étant que les télévisions syriennes continuent, elles, de tenir cette chronique. En témoigne cette autre vidéo de huit minutes, reportage de teneur patriotique sur les funérailles de différents « martyrs » organisées samedi 30 juin, à Tartous, Hassakeh, Qamichli, Hama, Homs, Alep, Hama, Soueida. Les noms et le rang des morts sont indiqués – avec  parfois leurs photos – et ces citations à l’ordre de la Nation  – plusieurs dizaines semble-t-il – alternent avec des témoignages de proches. Ainsi, un père dit que son fils a laissé cinq enfants, et demande qui va s’en occuper. Ainsi une femme dit qu’elle a six garçons et qu’elle est prête pour les donner pour la patrie. Et puis on a de brefs reportages sur les obsèques : l’occasion de constater qu’indépendamment des honneurs militaires, les défunts sont portés en terre par des foules nombreuses, scandant des slogans et agitant des drapeaux ou des portraits de Bachar. C’est bien cette « autre Syrie » dont nos médias font comme si elle n’existait pas, et qui existe pourtant, puisqu’elle souffre et proteste.

Ci-dessous la vidéo (merci encore à Cécilia)

http://www.youtube.com/watch?v=3J1-iai3SzQ&feature=youtu.be

 


Edité par T 34 - 02 Jul 2012 à 19:15
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 03 Jul 2012 à 19:45

Ce que la Syrie veut dire pour la Russie

 
 
Fida DAKROUB

Dans les derniers jours du sommet du G20, les responsables atlantiques semblaient vouloir encore une fois jouer la comédie sur la scène internationale, agir comme s’ils formaient le seul groupe de théâtre dans la ville, organiser des spectacles solo dans les couloirs du sommet, à Los Cabos, et présenter ainsi un monologue plus burlesque que les tirades d’Arnolphe [1].

Généralités

Qui n’en a pas suivi les déclarations concernant la Syrie en marge du sommet du G20 ? Qui n’a pas lu les analyses qui ont suivi ? Des analyses se sont fait jour sur le Web, interprétant les relations Moscou-Damas en présentant un discours médiatique déterminé par son point de départ ainsi que par son point d’arrivée. Des analystes, qui se veulent objectifs, interprètent la position de Moscou de la crise syrienne en tant qu’une position purement pragmatique, soumise aux prix d’échange et de négociation tels qu’ils sont déterminés au bazar des intérêts géopolitiques et stratégiques des grandes puissances. À plus forte raison, le point commun qui caractérise leurs analyses c’est qu’elles commencent par la même constatation – les Russes sont pragmatiques – et se terminent par la même conclusion – les Russes vendront le président syrien Assad une fois les Occidentaux et les Arabiques auront payé le prix demandé. Ainsi qu’en témoignent les analyses publiées sur le Web, qui répandent aussi, d’une manière sinistre, un état lugubre et cafardeux parmi les lecteurs, et attirent par conséquent les hiboux et les corbeaux de la région s’étendant du désert du Sinaï, au Sud, jusqu’au plateau d’Anatolie, au Nord.

Brouillage atlantique

Les sources d’information de telles analyses restent toujours les mêmes : les dirigeants et les responsables arabiques et atlantiques qui font souvent des déclarations soupçonnables, mais intentionnelles, concernant la Syrie. D’ailleurs, l’objectif de telles déclarations se précise en deux points : premièrement, démoraliser les masses et les forces qui soutiennent le gouvernement syrien, et qui se tiennent résistantes face à la propagande arabo-atlantique ; deuxièmement, perturber les relations diplomatiques Moscou-Damas.

À titre d’exemple, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré le 14 juin que Paris et Moscou avaient entamé des pourparlers concernant la période après-Assad [2] . Parallèlement, le porte-parole du département d’État américain, Mme Victoria Nuland, a annoncé pour sa part que Washington et Moscou « continuent des pourparlers concernant l’après-Assad » [3] . Ajoutons à ceux-ci les déclarations des chefs atlantiques au sommet du G20, à Los Cabos au Mexique. En marge du sommet, le président français, François Hollande, a affirmé que Moscou jouait « son rôle pour permettre la transition » en Syrie, impliquant le départ de Bachar al-Assad du pouvoir [4]. Branché sur la même prise électrique, le premier ministre britannique, David Cameron, ne voulant pas manquer la fête, a annoncé que le président russe, Vladimir Poutine, avait changé sa position et il voulait désormais le départ du président Assad : « la position du président Poutine devient explicitement claire, il ne veut plus Assad au pouvoir » [5], affirma-t-il.

Ainsi, partout aux capitales de la Sainte-Alliance arabo-atlantique, des prophètes et des messies clairvoyants se sont précipités à l’autel des médias de l’ordre pour annoncer la « Bonne nouvelle » au peuple syrien et aux Gentils des nations : le président russe, a exprimé son intention à abandonner le Satan de Damas et à se joindre à la Sainte-Alliance. Alléluia !

Comme d’habitude, suite à de pareilles prophéties, des analystes, des experts stratégiques et des gitans clairvoyants se sont avancés sur la scène pour prévoir, dans la boule de Cristal magique, la « chute inévitable » du président syrien, Bachar al-Assad.

« Cieux, écoutez ! terre, prête l’oreille ! car l’Éternel parle » [6] .

Pourtant, les déclarations de type commérage des chefs atlantiques ont été immédiatement rejetées par Moscou. Le président russe, Vladimir Poutine, a estimé que « personne n’avait le droit de décider pour d’autres pays qui devrait être au pouvoir ou pas » [7] . Il a ajouté : « il est important que la paix s’établisse et que le carnage s’arrête à la suite d’un changement de régime ; et si l’on arrive à un tel changement, il devra être achevé par des moyens constitutionnels (…) la majorité du peuple syrien ne veut pas le départ d’Assad » [8] . Pour sa part, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, a rejeté, de Bagdad, les déclarations atlantiques, et a confirmé que « Moscou ne discute pas un changement de régime, ni en approuvant des actions unilatérales au sein du Conseil de sécurité de l’ONU ni en participant à des conspirations politiques » [9] .

À quoi bon ces jeux enfantins performés sur la scène internationale par des chefs atlantiques ? et « de quel frivole soin mon esprit s’embarrasse ! » [10] .

Les constantes de la politique extérieure russe

Il est vrai que le « comportement » des nations, la Russie incluse, se mesure par leur pragmatisme ainsi que par leurs intérêts géopolitiques ; et que dans le jeu des nations, les principes et les amitiés permanentes n’ont pas de place ; pourtant, il est non moins vrai que ce même jeu de nations se détermine par des constantes et des variantes, qui à leur tour se soumettent à des déterminants géopolitiques, économiques et stratégiques.

Ceci dit, la position de Moscou de la crise syrienne se lit non en interprétant les prophéties des chefs atlantiques, mais plutôt en partant d’abord des constantes de la politique extérieure russe pour arriver ensuite à ses variantes. Précisons, ici, que la question des constantes qui peuvent exister dans la politique extérieure de telle ou telle nation ne doit être posée qu’avec beaucoup de circonspection, de sorte que toute prophétie ou clairvoyance quant à l’avenir sera évitée. Notons à ce propos deux éléments qui sont à la base de la politique d’une nation : « d’une part, ses ambitions en tant que société, qui tiennent elles-mêmes à sa composition sociale et à ses conceptions idéologiques ; d’autres part, le rapport de forces existant entre elle et les puissances qui sont ses concurrentes sur le plan régional ou sur le plan mondial. Ce rapport lui-même subit de constants changements en fonction des découvertes techniques et de l’évolution démographique qui caractérisent chaque époque » [11]. En prenant compte des points ci-devant, l’étude des relations Moscou-Damas abandonne le domaine de la clairvoyance pour se joindre au domaine de l’analyse objective.

Ce que la Syrie veut dire pour la Russie

Premièrement, en ce qui concerne les ambitions russes, il n’est plus secret que les Russes rêvent depuis des siècles d’arriver à des mers chaudes, sinon d’y avoir au moins un accès sûr et sécurisé [12]. Vue sa position géographique, le chemin le plus court menant à la Méditerranée, tout en partant de la Russie, passe par la Turquie. Évidemment, cette réalité géographique ne cache pas une certaine réciprocité : le chemin le plus court menant en Russie, tout en partant de la Méditerrané, passe aussi par la Turquie ; ce qui entraine à dire que le positionnement de la Turquie au sein de l’OTAN depuis l’après deuxième Guerre mondiale constitue une menace stratégique à la Russie, qui se trouve obligée de chercher un contrepoids sur la côte est de la Méditerranée, pour qu’elle ne soit pas d’abord bloquée voire assiégée, ensuite envahie par l’OTAN à travers la Turquie ; et pour qu’elle puisse enfin, le cas échéant, s’infiltrer au-delà de la « boucle » turque et contre-attaquer toute menace probable de la part de l’OTAN. Notons, ici, qu’à la fin des années quarante, l’Union soviétique se trouvait « assiégé » par un barrage de pays atlantiques et de régimes despotiques proaméricains qui bloquait sa côté sud. Ce barrage s’étendait de la France à l’Ouest jusqu’en Chine à l’Est. Au Moyen-Orient, le barrage américain comportait des dictatures militaristes, telles que la Turquie et le Pakistan, et des monarchies despotiques imposées par l’occupation franco-britannique au lendemain du démembrement de l’Empire ottoman en 1918 ; telles que, le royaume d’Irak, les émirats et sultanats arabiques, l’empire de Perse et le royaume d’Afghanistan. En Asie, la Chine de Tchang Kaï-chek était un satellite américain. Par contre, en 1947, les soviétiques ont trouvé en État hébreu leur « terre promise » ! Ce qui explique l’approbation par l’URSS du plan de partage de la Palestine de 1947 à l’ONU puis la reconnaissance quasi-immédiate de l’État d’Israël, en mai 1948. En plus, l’Union soviétique a même permis au jeune État hébreu « de s’imposer sur ses voisins arabes en lui fournissant d’importants armements durant la guerre de 1948-1949 » [13] . Par ailleurs, le rapprochement soviétique de l’État hébreu a créé, parmi les Arabes, de méfiances et de soupçons face aux Soviétiques.

Pourtant, la lune de miel entre le pays de kolkhoz et celui de kibboutz devrait arriver à sa fin. Le rapprochement d’Israël et des États-Unis et la dégradation des rapports entre soviétiques et Israéliens poussaient finalement Moscou, quelques années plus tard, à « repenser profondément sa politique moyen-orientale en établissant des liens avec les régimes nationalistes arabes » [14]. Dans les années soixante, la Syrie sous le commandement du parti Baath [15], offrait aux soviétiques un contrepoids idéal dans la région, après qu’ils avaient perdu leur influence en État hébreu. Les relations de coopération économique et militaire entre les deux pays se renforçaient progressivement avec l’arrivée au pouvoir du président Hafez al-Assad en 1970 [16], pour qu’elles deviennent plus tard stratégiques sous le mandat du président Bachar al-Assad ; de sorte que les Russes ne semblent point, sous n’importe quelle circonstance, prêts à abandonner leur allié stratégique à des moments aussi critiques que ceux présentés par la guerre arabo-atlantique contre la Syrie. La preuve en est qu’après seize mois de pressions et de « propositions » arabo-atlantiques envers Moscou, les Russes sont plus que jamais déterminés à s’opposer, par tout moyen possible, à toute tentative arabo-atlantique visant à renverser le régime Assad par la force militaire ; que cette force soit de l’extérieur ou de l’intérieur. À plus forte raison, chaque fois que les Atlantiques menacent d’intervenir militairement en Syrie, des navires de guerre russes se dirigent vers les côtes syriennes. Mentionnons ici que selon une source au sein de l’état-major de la marine russe, deux grands navires de débarquement, le Nikolaï Filtchenkov, le César Kounikov et un remorqueur SB-15 [17] , se dirigeront vers le port de Tartous en Syrie. Il s’agit, en effet, de deux navires de guerres amphibies avec des milliers de marins, a indiqué l’agence Interfax [18] En un mot, même si la Russie et la Syrie n’ont pas annoncé officiellement la formation d’un front uni, au model du Bloc socialiste à l’époque de la Guerre froide, il reste à prendre en considération que la collaboration entre les deux pays, concernant le conflit au Moyen-Orient, a atteint, effectivement, un niveau stratégique.

Notons, ici, que les Russes ont connu des situations pareilles où ils devaient s’allier à d’autres pays avec lesquels ils ne partageaient pas de frontières. L’exemple le plus pertinent, ici, c’est l’alliance franco-russe (1892 – 1917) face à la Triple alliance [19]. Les Russes visaient d’après cette alliance à éviter, à n’importe quel prix, de se trouver martelés par les ambitions expansionnistes du nouveau kaisar prussien, Guillaume II [20], qui avait mis fin à l’alliance des trois empereurs [21].

« Message » balistique Topol-M

Deuxièmement, il est vrai que la Russie, sous le mandat du président Boris Eltsine, a connu une période de souplesse discursive et de vulgarisation politique à l’américaine [22], mais cette période ne constitue qu’une variante limitée à un moment historique précis, celui de la chute de l’Union soviétique. Par contre, sous le mandat de Vladimir Poutine et de Dmitri Medvedev, le rapport de forces existant entre la Russie et ses concurrentes sur le plan régional et sur le plan mondial a subit de constants changements en faveur de Moscou, et cela en fonction de nouvelles découvertes et inventions techniques dans le domaine militaire. Ainsi qu’en témoigne le « message » balistique intercontinental envoyé récemment par Moscou aux capitales occidentales.

De surcroît, après plusieurs échecs, l’armée russe a réussi, le 23 mai, à lancer avec succès, un prototype d’un nouveau missile balistique intercontinental, selon le porte-parole des Troupes balistiques stratégiques russes (RVSN), Vadim Koval : « l’ogive d’essai a atteint ses cibles situées sur la péninsule du Kamchatka » [23] . Deux semaines plus tard, le 7 juin, les troupes RVSN ont effectué un autre tir d’essai réussi d’un missile balistique intercontinental RS-12M Topol. Le porte-parole a déclaré aussi aux journalistes que le missile avait atteint sa cible avec la précision requise.

D’ailleurs, ce qui caractérise le nouveau missile, ce sont les nouvelles technologies développées lors de la reproduction de missiles de cinquième génération ; ce qui réduit notablement les frais de sa création. Ce missile de 45 tonnes, à tête unique et à trois étages, a une portée maximale de 10, 000 km et peut transporter une ogive nucléaire de 550 kilotonnes [24] . L’accélération rapide de sa vitesse très élevée au moment de lancement lui permet d’atteindre une vitesse de 7320 m / s et à parcourir une trajectoire plate allant jusqu’à10, 000 km ; ce qui le rend effectivement imperceptible par les radars, et élimine par conséquent l’efficacité du système antimissile américain (ABM) [25]déployé en Europe et en Turquie. Le missile est aussi « blindé » contre toutes radiations, impulsions électromagnétiques (IEM) [26], ou explosions nucléaires à des distances dépassant 500 mètres ; en effet, le missile a été construit selon une technologie précise lui permettant de survivre toute sorte de frappe laser [27].

Il est clair d’emblée que le tir de missiles balistiques intercontinentaux russes a semé la confusion parmi les chefs de la Sainte-Alliance, qui ont bien décodé le message balistique de Moscou et en ont tiré la conclusion suivante : la position de Moscou de la crise syrienne, qu’elle soit au sein du Conseil de sécurité ou sur le champs de bataille, est une position ferme et sérieuse, reposant sur des constantes historiques et stratégiques bien déterminées, soutenues à leur tour par une puissance militaire réelle ; et non sur des « bargaining » au bazar des intérêts provisoires. En effet, le tir de missiles balistiques a levé les doutes et dissipé les délires concernant la puissance militaire russe.

Ainsi, après deux décennies d’hégémonie atlantique par suite au démembrement de l’Union soviétique et de la période de souplesse et de vulgarisation sous le mandat de Boris Eltsine, voici la Russie quittant la cour extérieure pour requérir sa place à l’intérieur du temple, couronnée par les dieux du Panthéon d’Agrippa [28].

Fida Dakroub, Ph. D

Pour communiquer avec l’auteure : http://bofdakroub.blogspot.com/

Cet article a été publié initialement sur Mondialisation.ca

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Droits d’auteurs Fida Dakroub, Mondialisation.ca, 2012

Docteur en Études françaises (UWO, 2010), Fida Dakroub est écrivaine et chercheure, membre du « Groupe de recherche et d’études sur les littératures et cultures de l’espace francophone » (GRELCEF) à l’Université Western Ontario. Elle est militante pour la paix et les droits civiques. Fida Dakroub est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.

[1] Dans « L’École des femmes » de Molière, Arnolphe emploie, dans ses nombreuses tirades, le champ lexical de l’amour – « amoureuse ardeur » – avec une aspiration à la noblesse des sentiments et qui, en même temps, est tourné en ridicule par la trivialité de ses préoccupations – la femme n’est qu’un objet « mariée à demi ».

[2] Press TV. (15 juin 2012). Russia denies entering talks on political transition in Syria. Récupéré le 20 juin 2012.

[3] loc. cit.

[4] L’Orient Le Jour. (21 juin 2012). Les forces syriennes essuient de lourdes pertes sans cesser la répression. Récupéré le 21 juin 2012.

[5] Russia Today. (20 juin 2012). Putin on Syria : No state can decide another’s government. Récupéré le 21 juin 2012 de http://www.rt.com/news/putin-g20-syria-assad-252/

[6] Essaïe, 1 :2.

[7] loc.cit.

[8] loc. cit.

[9] al-Akhbar. (14 juin 2012). Russia denies discussing post-Assad Syria. Récupéré le 20 juin 2012.

[10] Racine, Jean. Iphigénie, acte IV, scène VIII.

[11] Beloff, Max. (1953). Les constantes de la politique extérieure russe. In : Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 8e année, N. 4, 1953. pp. 493-497.

[12] Pendant des siècles, les tsars russes ont rêvé d’un accès maritime à la mer Méditerranée. La France, la Grande-Bretagne, et l’Empire ottoman craignaient que cette expansion mît en péril leurs intérêts dans la région. Le conflit a atteint son paroxysme avec la guerre de Crimée de 1853-1856. Environ 300 000 Russes sont morts dans les combats acharnés qui ont abouti à une perte militaire russe.

[13] Romeo, Lisa. (16 février 2012). Syrie et Russie : historique des relations de 1946 à 2012. Les clés du Moyen-Orient. Récupéré le 25 juin 2012.

[14] loc.cit.

[15] L’assistance économique de l’URSS se poursuit d’autant plus avec l’arrivée du parti Baath au pouvoir en 1963. Le nouveau régime instaure alors le « socialisme arabe » et se lance dans une importante réforme agraire et une lourde politique de nationalisation.

[16] Le 13 novembre 1970, Hafez al-Assad (1930-2000) prend le pouvoir en Syrie. Le nouvel homme fort du pays s’appuie également sur l’URSS pour asseoir son pouvoir et contrôler les fractions socialistes et communistes syriennes mais refuse toute forme d’ingérence dans les affaires internes du pays.

[17] Russia Today. (18 juin 2012). Russian warships ’ready to sail for Syria’. Récupéré le 21 juin 2012.

[18] L’Express. (18 juin 2012). Syrie : Moscou envoie deux navires de guerre vers sa base militaire de Tartous. Récupéré le 23 juin 2012.

[19] L’alliance franco-russe était d’abord un accord de coopération militaire signé entre la France et l’Empire russe qui fut en vigueur de 1892 à 1917. Cet accord stipulait que les deux pays devaient se soutenir mutuellement s’ils étaient attaqués par un des pays de la Triple Alliance (dite aussi Triplice : l’Empire allemand, l’Autriche-Hongrie et le Royaume d’Italie). Au sens large il s’agissait d’une coopération militaire, économique et financière entre les deux puissances.

[20] Le nouveau kaiser Guillaume II souhaitait avoir les mains plus libres et refusa de renouveler le traité de réassurance avec la Russie impériale, mettant fin à l’entente des trois empereurs que Bismarck avait toujours défendue, permettant aux grandes puissances d’éviter la guerre.

[21] L’entente des trois empereurs constitue le premier système d’alliances bismarckien entre 1871 et 1875 afin d’isoler diplomatiquement la France. Le chancelier Bismarck chercha donc à rapprocher l’empire allemand de l’Autriche-Hongrie et de la Russie.

[22] Le mandat du président Eltsine a été éclaboussé par une corruption importante au niveau national, des crises politiques qui se succédaient et une maladie qui le rongeait.

[23] RIA Novosti. (23 mai 2012). La Russie teste un nouveau missile intercontinental. Récupéré le 23 juin 2012

[24] Le Courrier du Vietnam.(8 juin 2012). La Russie teste avec succès un missile balistique intercontinental RS-12M Topol. Récupéré le 23 juin 2012.

[25] USA Today. (27 mai 2008). General says Russia will counter U.S. missile defense plans. Récupéré le 28 juin 2012.

[26] L’impulsion électromagnétique (IEM), plus connue sous le nom EMP de l’anglais « Electromagnetic pulse » désigne une émission d’ondes électromagnétiques brève et de très forte amplitude.

[27] Missile Threat. (n.d). SS-27. Récupéré le 28 juin 2012.

[28] Le Panthéon de Rome est un édifice religieux antique situé sur le Champ de Mars, bâti sur l’ordre d’Agrippa au Ier siècle (av. È. C.), endommagé par plusieurs incendies, et entièrement reconstruit sous Hadrien (IIe siècle È.C.). À l’origine, le Panthéon était un temple dédié à toutes les divinités de la religion antique. Il fut converti en église chrétienne au VIIe siècle.


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