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Chine

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Depuis le: 26 Sep 2007
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 30 Dec 2012 à 20:42
Selon l’OIT, les salaires chinois ont triplé en 10 ans
 

L’économie chinoise a une responsabilité envers elle-même mais aussi envers le monde

 

Quel que soit le côté duquel on observe les salaires dans les pays émergents, on ne peut que constater leur augmentation. En dépit la crise, mais avec des variations très disparates d’un pays à l’autre. Toujours est-il qu’ils augmentent.

Et ce phénomène crée un dilemme au patronat occidental : soit désinvestir, parce que produire dans ces pays augmente désormais le coût de production, soit continuer dans la voie de la délocalisation, car l’augmentation des salaires crée des besoins nouveaux et permet une hausse de la consommation.

L’exemple le plus frappant est encore une fois celui de la Chine, où les salaires ont triplé ces dix dernières années selon l’OIT (organisation internationale du travail). China Daily affirme d’ailleurs que les salaires continueront d’y augmenter l’an prochain à hauteur de 9 %. Or, l’évolution réelle a toujours été bien supérieure à ce qui avait été annoncé les années précédentes par la voie officielle. Les salaires chinois pourraient donc encore croître en 2013 bien au-delà des prévisions.

Au niveau mondial, les salaires moyens mensuels ajustés pour tenir compte de l’inflation – ce qu’on appelle les salaires moyens réels – ont augmenté globalement de 1,2 % en 2011. En raison de sa taille et de sa forte performance économique, la Chine a un poids considérable dans ce calcul du chiffre mondial. Si l’on omet la Chine, les salaires moyens réels n’ont augmenté que de 0,2 % au niveau mondial en 2011. Pékin contribue ainsi de manière tout à fait significative à la croissance annuelle moyenne des salaires révélée par l’OIT.

Les salaires des travailleurs chinois augmentent parce que les entreprises chinoises veulent garder leurs meilleurs talents… mais aussi parce que le gouvernement le veut. Il faut stimuler la demande intérieure si on veut tenir ferme le gouvernail de la croissance, même quand les exportations sont en légère baisse. C’est pourquoi les salaires qui augmentent le plus en Chine le sont sans les entreprises d’État.

Aujourd’hui, un travailleur chinois gagne entre 190 et 335 euros par mois, selon qu’il exerce son métier dans une entreprise publique ou privée. C’est peu par rapport aux quelque 2.000 euros des Français, mais si on compare cette somme au pouvoir d’achat réel, voici que ce salaire oscille entre 300 et 540 euros. Et l’écart des salaires entre la Chine et les pays occidentaux ne cesse de diminuer au fil des ans.

À ceux qui doutent des possibilités de l’Empire du milieu et des menaces que fait peser le « surcoût salarial », Louis Kuijs, directeur de projet au Fung Global Institute, un organisme de recherche spécialisée sur les économies asiatiques, répond que « la plus grande part des augmentations de salaire a été compensée par une hausse de la productivité des ouvriers chinois ». La productivité du travail a même augmenté plus vite que les salaires dans le delta de la Rivière des Perles (sud), au cœur de « l’usine du monde », d’après 200 entreprises interrogées au début de l’année par la banque Standard Chartered.

Jin Canrong travaille à l’Université du Peuple, à Beijing. Vice-recteur de l’Institut des relations internationales, il résume tous les défis auxquels la Chine est désormais confrontée : « progresser de manière stable est le fil rouge dont a besoin aussi la planète. Car l’Europe s’est éteinte. Je crois que le Japon va s’éteindre à son tour. La force motrice des États-Unis n’est pas terrible. La Chine, elle, persiste encore. Si les choses allaient mal en Chine, ce serait catastrophique. Par conséquent, l’économie chinoise a une responsabilité envers elle-même, mais aussi envers le monde. D’abord, il faut faire en sorte qu’elle ne déraille pas. Puis, elle doit maintenir sa force, son énergie. De la sorte, elle pourra apporter une grande contribution au monde ».

Capitaine Martin

Résistance (http://www.resistance-politique.fr/article-l-economie-chinoi...)

Patria socialismo o muerte

Quand vous dites l'Amérique vous pensez aux U$A, ça c'est la vieille Amérique. Moi je pense à la nouvelle Amérique: Cuba, Vénézuela, Bolivie, etc ☭ ★
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Jan 2013 à 20:58
 
 

Toutes les versions de cet article : [Español]

L’Irak, l’Afghanistan, la Palestine et la Libye sont en ruines, écrasés par les lourdes bottes de l’impérialisme occidental. Mais on nous dit, nous avons peur de la Chine.

Toutes les nations de l’Indochine ont été bombardées jusqu’à les renvoyer à l’âge de pierre, parce que les demi-dieux occidentaux n’étaient pas disposés à tolérer, et pensaient qu’ils ne devaient pas tolérer, ce que quelques-non-gens en Asie désiraient réellement ardemment. Viêt-Nam, Cambodge, Laos – des millions de tonnes de bombes lancées depuis les fameux B-52 , bombardements en piqué, et depuis des chasseur-bombardiers. Les bombes pleuvaient dans les champs assassinant des enfants, des femmes, et des buffles d’eau, des millions sont morts. Il n’y a pas eu d’excuses, la faute n’a pas été acceptée et il n’y a pas eu de compensation de la part des nations coupables.

L’Indonésie, leader du monde Non-aligné, avec un immense Parti Communiste constitutionnel, a été détruite par le coup d’ Etat de 1965, par l’alliance de gouvernements occidentaux, de militaires fascistes indonésiens et les élites du pays, ainsi que par des fanatiques religieux de la plus grande organisation musulmane, UN. Entre 2 et 3 millions de personnes sont mortes, y compris celles appartenant à la minorité chinoise. Professeurs, artistes, penseurs, tous assassinés ou étouffés. Dans ce cas, l’impérialisme a créé une nation soumise, presque dépourvue de base intellectuelle ; incapable même d’analyser sa propre chute.

Mais maintenant, on nous ordonne d’être conscients de l’ascension de la Chine.

L’ Amérique Latine : violée à plusieurs reprises, du Mexique à la République Dominicaine, de Cuba jusqu’à la Grenade, Panama, Haïti, Brésil, Argentine, Colombie et le Chili. Pendant des années, des décennies et des siècles. Presque tous les pays de l’Amérique Centrale et de l’Amérique du Sud, ainsi que des Caraïbes, ont été dévastés à un moment de leur histoire, par l’installation raciste et révoltante de la « Doctrine Monroe ».

Les récents putschs contre les gouvernements progressistes du Honduras et du Paraguay ont été mis en application sous le « doux leadership » du leader suprême libéral de l’Occident et « défenseur de la démocratie globale », le président Barack Obama.

Mais ils nous disent qu’il faut contenir la Chine ! Pas nous – pas l’Occident – mais la Chine.

Au Moyen-Orient, des royaumes et des émirats entiers jouent des coudes entre eux pour qui sera le collaborateur le plus servile des intérêts occidentaux, qui acceptera le plus de bases militaires des Etats-Unis d’Amérique (USA) sur son territoire, qui tuera, arrêtera ou torturera le plus de gens, opposants à la dictature globale de l’Occident.

Mais c’est la Chine, naturellement, qui met en danger de manière inacceptable le droit ancestral européen et usaméricain de régner sur le monde. Ou, pour être plus précis, le « danger » est partagé par la Chine, la Russie et l’Amérique Latine, trois lieux qui ont réussi à se libérer des chaînes occidentales et à avancer sur leurs propres chemins politiques, sociaux, culturels et de développement. Quels qu’ils soient, mais les leurs !

Mais la Chine c’est « pire », parce que ces popofs et latinos encore, ils ressemblent, au moins dans leur majorité, à des blancs. Mais imaginer que le pays le plus important du monde est fermement situé en Asie serait inimaginable, inacceptable et vraiment un sacrilège.

En Afrique, qui certes n’a pas beaucoup d’importance, dans l’état où elle est, aux yeux des multinationales et des gouvernements occidentaux, habitée par l’espèce la plus humble des « non-gens » (pour utiliser le lexique d’Orwell), d’immenses zones géographiques et culturelles ont été pillées, divisées, affaiblies, pratiquement annihilées. Des frontières ridicules ont été érigées, de grands leaders populaires comme Patrice Lumumba au Congo, ont été assassinés. Des assassins maniaques comme Paul Kagame y Museveni ont été entraînés dans et par l’Occident, armés et mis au pouvoir, ensuite ont été envoyés sur diverses missions ; pour piller et maintenir l’ordre pour le compte des intérêts occidentaux.

Le Congo a perdu environ 10 millions de personnes pendant le règne génocide du roi belge Léopold II (actuellement héros national de la Belgique, célébré par d’innombrables statues dans tout Bruxelles). Actuellement, il en perd un nombre similaire, tandis que les militaires protégés de Washington et de Londres au Rwanda et en Ouganda envahissent librement, renversent des gouvernements et pillent cette vaste nation voisine maltraitée.

La Somalie n’existe pratiquement plus, divisée par la force, et envahie régulièrement par des alliés de l’Occident, le Kenya et l’Éthiopie. Les Européens versent des déchets toxiques près de sa côte et ensuite se montrent indignés par la piraterie, une justification supplémentaire pour la militarisation continue de toute la région. L’« orgueilleuse Cuba africaine » – l’Érythrée – est torturée par des sanctions ; tandis que le pays/base militaire de Djibouti a été glorifié et gâté, transformé en symbole frustré et grotesque du militarisme français et US, de l’impérialisme occidental, dans la région où est né le genre humain.

En Afrique de l’Ouest, en Algérie, en Angola et en Namibie, au Congo et en Somalie, et dans des douzaines d’autres pays en Afrique, des dizaines de millions de personnes ont été massacrées par les impérialistes occidentaux aux XXe et XXIe Siècles. Et le compte horrible ne fut pas meilleur dans les temps précédents, avec un holocauste direct contre les populations natives, avec des génocides comme celui réalisé par les Allemands dans ce qui est maintenant la Namibie, avec l’esclavage, la torture, les viols et le mépris total pour les vies humaines non blanches.

Mais cela a-t-il permis que les nations occidentales soient plus humbles, réfléchies et apologétiques ? Existe-t-il au moins, un certain pathos de faute profonde qui cause un espoir de réconciliation globale ? Non, loin de cela ! Il n’y a pas de remords à Londres, à Paris, à Berlin, à Bruxelles et Washington, sur le territoire français, au Middle West ou au Sud des USA. Ou s’il existe, il est rassemblé dans de petites zones, surtout urbaines, coupées du courant dominant.

Mais ils accusent la Chine maintenant de « faire des affaires » avec des dictateurs africains ! Et l’appareil de propagande occidental, les médias d’information locaux, propriété et « formés » par l’Occident, fabriquent, gonflent et implantent la responsabilité de la Chine dans les cerveaux des gens dans le monde entier.

Par exemple, un accident minier en Zambie. Chaque fois qu’une compagnie chinoise est impliquée, la situation est exagérée jusqu’à prendre des proportions terribles. Le résultat est que des douzaines de personnes mortes à cause d’une négligence sont mises au même niveau que des douzaines de millions morts à cause de l’impérialisme sauvage occidental, la traite des esclaves, le colonialisme et le néo-colonialisme.

Les mêmes tactiques de propagande sont utilisées partout dans le monde. Par exemple, l’Institut Goethe de Jakarta, en Indonésie a, il n’y a pas longtemps, organisé une exposition de photos de travailleurs polonais à Gdansk dans des heurts avec la police, au temps de Solidarnosc. Où quelques personnes sont mortes. Mais l’Institut Goethe n’organise pas d’expositions commémorant les millions de communistes, d’athées, d’intellectuels et de chinois qui sont morts en 1965 et après en Indonésie ! C’est presque comme dire : « Voyez, ces 3 millions d’indonésiens ont eu à être sacrifiés, pour empêcher le scénario dans lequel 30 personnes sont mortes plus tard en Pologne ». Une logique intéressante. Mais, appuyée par des montagnes d’argent : cela fonctionne !

En Océanie – en Polynésie, Mélanésie et Micronésie – les britanniques, les usaméricains, les français, les espagnols, les allemands et d’autres maîtres coloniaux [hollandais, portugais, etc], ont écrasé et ensuite remodelé l’univers complexe qui jusque là appartenait aux personnes de haute lignée qui habitaient des dizaines de milliers d’îles, d’îlots et atolls du Pacifique Sud.

Les habitants locaux effectivement ont été mis en esclavage ; leurs royaumes, leurs entités géopolitiques ont été premièrement divisées en colonies et ensuite en Nations-États. Leurs leaders ont été assassinés, ignorés, menacés et finalement corrompus et achetés.

Les nations occidentales ont livré batailles pour les îles, ont réalisé des expériences nucléaires aux dépens des locaux, et ensuite ont inventé une soi-disant « doctrine de dissuasion stratégique », pour s’assurer qu’aucun bateau « ennemi », qu’aucune idée inadéquate ou idéologie anti-impérialiste n’entrerait dans cet univers terrible, qui s’étend sur une interminable aire d’eau.

Enfin ils ont construit des bases militaires immenses ; étasuniennes, britanniques et françaises ; ils ont déchargé toutes sortes de déchets toxiques et des atolls protégés comme Kwajalein, ont été transformés en terrains d’essais de missiles.

Déchets, radiation, mal-bouffe ; tout a conduit à d’innombrables urgences médicales qui ont pris une telle dimension que seuls le changement climatique et l’inévitable conséquence de l’augmentation du niveau de la mer ont pu être considérés de manière réaliste comme une menace majeure pour la survie des habitants et des États d’Océanie.

J’ai vécu dans le Pacifique Sud pendant plus de 4 ans, j’ai voyagé et j’ai travaillé dans tous les pays de la région, excepté à Nioué et Nauru. J’ai écrit au sujet de la lutte des insulaires qui habitent le Pacifique Sud dans mon essai « Océanie  » .

Plusieurs pays – le Kiribati, les Îles Marshall, les États Fédérés de la Micronésie, ainsi que différents îles et atolls qui appartiennent maintenant à d’autres États – deviennent rapidement inhabitables. L’eau de mer passe à travers leurs zones de basse altitude et la végétation meurt.

L’ Occident, responsable de la plupart de la contamination, de l’émission de dioxyde de carbone et du réchauffement climatique, n’a presque rien fait pour sauver ces pays de la disparition.

L’aide extérieure que donnent les Etats-Unis, l’U.E., l’Australie et la Nouvelle-Zélande, est souvent aussi nuisible que les gaz toxiques eux mêmes. On l’utilise d’habitude pour corrompre les fonctionnaires des administrations locales ; pour les promener en avion dans le monde, en enracinant la soi-disant « mentalité per-diem ». Soumis et corrompus, les gouvernants locaux ne demandent pas de vraie compensation ni de réelles solutions pour leurs pays qui souffrent. L’ « aide extérieure » est aussi utilisée pour payer des experts étrangers afin qu’ils visitent, « analysent » et écrivent d’innombrables et presque toujours inutiles rapports. Tout cela, seulement pour créer le sentiment que quelque chose est fait ; et pour s’assurer de ce qui ne sera jamais fait !

Les gens de l’Océanie ne veulent pas qu’on les déplace ; la majorité veut lutter pour la survie de leurs îles. J’ai parlé avec eux : à Kiribati, au Tuvalu, FSM, RMI et dans d’autres endroits. Mais l’Occident et les administrations locales insistent sur des projets stupides d’évacuation, pour de nombreuses mauvaises raisons.

A un certain moment, la Chine a commencé à aider, avec l’esprit d’internationalisme ; comme un pays socialiste doit le faire. Elle s’est mise à l’œuvre et a commencé à construire des écoles, des hôpitaux, des édifices gouvernementaux, des routes et des stades ; ainsi que des murs de protection et d’autres infrastructures lourdes pour défendre les zones peuplées en danger.

L’ Occident a attaqué tout de suite tous ces efforts, en injectant du nihilisme et rendant vil tout ce qui était pur et décent. La première étape de la propagande occidentale, la même qui a été utilisée en Afrique et dans d’autres endroits, fut une bordée de messages négatifs comme quoi la Chine « ne fait jamais quelque chose par altruisme » ; elle poursuit simplement ses propres intérêts ténébreux et ses intentions égoïstes.

Les constructions « philosophiques » et de propagande sont prévisibles et simples :

« Si nous sommes des ordures, si notre culture nous envoie piller et réduire le monde en esclavage, il faut convaincre l’humanité de ce que les autres ont la même essence que nous. De cette façon, ce que nous faisons ne sera pas considéré extraordinaire. Nous sommes tous humains, de toute façon ! »

Ce sont des ordures, bien sûr, et même des personnes comme Gustav Jung ont considéré la culture occidentale comme exceptionnellement agressive, une sorte de pathologie. Mais, comme des propagandistes occidentaux comme Joseph Goebbels et Rupert Murdoch l’ont souvent prouvé, si la propagande se répète mille fois et que nous corrompons et payons assez de sujets dans le monde entier pour qu’ils répètent ce que nous leur disons, les ordures deviennent des diamants reluisants de véracité, et éventuellement une indubitable sagesse commune.

Mais retournons à la Chine et à l’Océanie  :

Quand la guerre éclair pour discréditer la Chine n’a pas donné de résultat, ou tout du moins a échoué dans les pays qui bénéficiaient de l’aide chinoise, l’Occident a inventé une stratégie singulière : il est allé à Taipei et a commencé à « encourager » Taiwan pour qu’ «  il s’implique ». Les taïwanais étaient disposés et disponibles et ont commencé à offrir des pots-de-vin aux dirigeants de l’Océanie, en échange de la reconnaissance de Taiwan comme pays indépendant. Dès que Taiwan fut « reconnu », quelque chose que même les USA ou l’UE se refusent à faire, dans la plupart des cas la Chine fait des représailles en rompant les relations diplomatiques.

Et tel était, indubitablement, le plan des rusées et anciennes puissances coloniales.

Tandis que les pays qui n’ont pas abandonné la Chine, comme Samoa, ont obtenu leurs digues marines protectrices, stades et édifices du Parlement construits en solidarité et avec l’optimisme socialiste, des pays comme le Kiribati, un endroit que l’on pourrait facilement décrire comme l’un des vrais cas perdus de l’Océanie, ont été inondés du nihilisme infligé par Taiwan. L’argent est arrivé, mais pas jusqu’aux gens ; mais dans les poches profondes du gouvernement.

Tandis que de petits pays entiers de l’Océanie sont près de l’extinction, leurs dirigeants, en majorité éduqués et formés en Australie et aux USA, sont occupés en vendant leurs votes aux Nations Unies : en votant l’appui à l’occupation de la Palestine par Israël, l’appui aux invasions des USA dans le monde ou contre les résolutions écologiques qui pourraient avoir un effet positif direct sur la situation de leur propre pays.

« Un jour une équipe de la télévision israélienne m’a coincé », m’a raconté un prêtre dans la capitale des États Fédérés de la Micronésie (FSM). « Le public israélien voulait savoir : qui sont ces créatures qui votent constamment en appui à Israël, aux côtés des USA et contre tout le monde ? »

Eh bien : ce sont les mêmes qui reçoivent les cuirassés taïwanais et leurs équipages qui jouent les hymnes nationaux sur les plages, et défilent partout comme des maniaques, en levant des drapeaux !

***

Et, à propos, ceux qui pensent que la Chine ne peut pas agir avec altruisme, devraient lire Fidel Castro et ses mots reconnaissants et puissants, en décrivant comment Cuba a été sauvé par la nation chinoise, après l’attaque de démence de Gorbatchev et l’orgie alcoolique exaltée de Eltsine, encouragée par l’Occident, avec la destruction de l’URSS et quelques terribles années de pillage du monde sans opposition par l’Empire Occidental, en conséquence.

***

Quand les médias chinois m’interviewent, ils me posent souvent la même question : « Que peut faire la Chine pour apaiser l’Occident ? »

Et ma réponse est toujours la même : « Rien ! »

La propagande occidentale ne cherche pas objectivement à analyser la Chine ; elle ne cherche pas la bonne volonté de la Chine. Elle existe pour déformer et pour abîmer tout pays qui insiste sur son propre modèle de développement, pour servir son propre peuple au lieu de succomber docilement aux intérêts de l’Occident et à ceux des compagnies multinationales.

L’ Occident essaie de détruire la Chine socialiste comme il a essayé de détruire le Viêt-Nam durant ce qu’on appelle en Asie « La guerre étasunienne ». De même qu’il a fait un effort terrible pour ruiner Moscou, immédiatement après la Révolution de 1917, jusqu’à la fin. Comme il a essayé de détruire tous les pays qui ont persisté dans leurs propres principes : Cuba, Égypte, Indonésie, Chili, Nicaragua, Érythrée et Iran avant le Shah, pour en nommer seulement quelques uns.

Certains, comme la Corée du Nord, ont été d’abord rasés et ensuite amenés aux extrêmes, les obligeant à se radicaliser pour après les ridiculiser et pour les exhiber sur les écrans de télévision comme un exemple monstrueux de pays gagá.

C’est évident ce que l’Occident veut faire avec la Chine, et ce n’est pas si différent de ses desseins lors de la « Guerre de l’Opium ». La scène parfaite serait une nation qui n’en est pas une, séparée et soumise, admiratrice d’Occident. Le meilleur gouvernant serait une espèce de Eltsine chinois disposé à trahir, à dépecer le pays, à l’ouvrir aux oligarques et aux intérêts étrangers, à annuler toutes les aspirations sociales et à attaquer avec des bombes le Parlement plein de représentants du peuple qui croient encore au socialisme.

Alors nous pourrions « faire des affaires avec la Chine », et lui donner un plein appui idéologique et de propagande.

***

Mon conseil habituel aux médias chinois est : « Utilisez les chiffres ! Les chiffres sont avec vous ! »

Mais il semble que l’équipe de propagande de la Chine n’est pas à la hauteur des apparatchiks occidentaux.

La Chine est trop timide, trop molle, comme l’est en réalité tout le monde, en comparaison de ces gangsters politiques et économiques occidentaux.

Avec une série de coups fatals, l’Occident peut bombarder un pays, empoisonner ses habitants avec de l’uranium appauvri, imposer des sanctions qui tuent des centaines de milliers de femmes et d’enfants sans défense, ensuite recommencer à bombarder le lieu, l’envahir, le piller et s’assurer que ses propres entreprises gagnent des milliers de millions de dollars dans un processus de reconstruction qui ne montre en réalité aucun résultat concret.

Une attitude semblable ne peut être comparée à aucune ; ni à la Chine ni à l’Union Soviétique, qui s’est toujours assurée de que ses États satellites avaiient des niveaux de vie supérieurs à ceux de Moscou.

***

Si la Chine ne le fait pas, je le ferai brièvement. Utilisons des chiffres et montrons au monde, notamment à ces citoyens occidentaux « préoccupés » de comment va réellement la Chine. Comparons. Et faisons-le sur une base par tête, l’unique chemin juste.

Combien de gens ont été assassinés par l’Occident au-delà de ses frontières depuis la Deuxième Guerre mondiale dans le Monde Arabe, en Asie Pacifique, en Afrique, en Amérique Latine, en Océanie ?, en réalité presque partout. J’ai calculé, et mon calcul a minima est entre 50 et 60 millions. Plus de 200 millions dans des actions indirectes.

La Chine, quelques milliers de personnes dans son invasion punitive et erronée du Viêt-Nam, après que le Viêt-Nam ait libéré le Cambodge des Khmers Rouges. Mais c’est le pire que la Chine ait fait ! Et elle s’est rapidement retirée. Et n’a jamais bombardé le Viêt-Nam jusqu’à le renvoyer à l’âge de pierre !

Par conséquent, supposons que l’invasion chinoise a coûté 10 000 vies, l’Occident a tué au moins 5 000 fois plus gens que la Chine. Simples mathématiques : non ?

Combien de gouvernements ont été renversés par l’Occident, y compris ceux qui ont été choisis dans des processus démocratiques soigneux et enthousiastes ? Je n’ai pas la patience de les mentionner tous : Nicaragua, Chili, Brésil, République Dominicaine, Indonésie, Iran, Zaïre, Paraguay et des douzaines d’autres. On a simplement détruit tout gouvernement qui n’était pas approuvé par les entreprises et hommes politiques occidentaux.

La Chine : zéro. L’Occident a réellement donné de grandes leçons de démocratie au monde !

Mais continuons nos comparaisons.

  • Qui utilise son veto contre les résolutions des Nations Unies sur la Palestine et d’autres sujets internationaux cruciaux ?
  • Qui se place en dehors de la portée des tribunaux internationaux de justice, en menaçant même d’envahir la Hollande dans le cas où on fait comparaitre ses citoyens devant la cour internationale de La Haye ?
  • Qui est le plus grande contamineur, par tête ? La Chine n’est même pas comparable avec les nations scandinaves, et elle devient la deuxième menace écologique, après les USA, seulement si on raisonne en valeurs absolues, une manière très étrange d’utiliser les statistiques. Pour utiliser la même logique, on finirait par dire que : « il y a plus de personnes qui fument en France qu’à Monaco ».

Même l’ex vice-président des USA, Al Gore, dont on ne peut pas dire qu’il soit un amoureux de la Chine, a écrit que la Chine a des lois de protection environnementale plus dures que les Etat-Unis d’Amérique.

Mais revenons à la défense, cette « menace » que la Chine, à ce qu’on suppose, porte au reste de monde.

Selon l’Institut international de recherches pour la paix de Stockholm (l’Annuaire SIPRI 2012), avec une population de 315 millions, les USA investissent (officiellement) près de 711 milliards de dollars dans des dépenses militaires. Beaucoup d’analystes insistent sur le fait que le chiffre est en réalité 1 billion [million de millions] de dollars ; d’autres disent que le montant est même supérieur à cela, mais il est incalculable à cause d’une interaction opaque et complexe entre le gouvernement US et le secteur privé. Mais basons-nous sur les chiffres officiels et acceptons, comme argument, le calcul le plus bas de 711 milliards de dollars.

Les proches alliés des USA sont aussi tous des grands dépensiers ; tous acquièrent ardemment leurs bombes nucléaires, missiles et avions de chasse : le Royaume-Uni avec 63 millions de personnes dépense 62,7milliards de dollars pour la « défense ». La France avec 65 millions de personnes, dépense 62,5milliards. Le Japon avec 126 millions, débourse 59,3 milliards de dollars, bien qu’officiellement il n’ait même pas d’armée. Deux des alliés les plus proches de l’Occident au Moyen-Orient, sont encore plus radicaux :

L’ Arabie Saoudite avec une population de 28 millions dépense 48,2 milliards de dollars, et Israël avec une population de seulement 8 millions, dépense 15 milliards de dollars, un montant proportionnellement similaire.

La Chine, le pays le plus habité du monde, avec 1 ,347 milliard de personnes, dépense 143 milliards de dollars, à peu près autant que le Royaume-Uni et la France réunis : mais avec une population à plus défendre 10 fois supérieure !

Par tête, les Etat-Unis d’Amérique dépensent en défense plus de 21 fois plus que la Chine. Le Royaume-Uni plus de 9 fois et l’Arabie Saoudite plus de 16 fois.

Et il faut se demander : De qui se « défendent » la France et le Royaume-Uni ? Peut-être être de l’Andorre, de Monaco ou de l’Irlande ? Ou peut-être encore de ce morceau lointain de l’Europe, l’Islande ?

A l’inverse, la Chine, qui a été attaquée à plusieurs occasions ; fut occupée, colonisée et pillée par des puissances occidentales, en particulier par le Royaume-Uni et la France (dont la barbarie du pillage de Pékin fut légendaire), et fait face à des centaines de bombardiers stratégiques et de missiles nucléaires, pointés depuis les bases d’Okinawa et de Guam, par les flottes US de la région et depuis les bases des ex colonies voisines d’Asie centrale de l’ancienne Union soviétique.

Les USA, en défi à la constitution des Philippines, mènent des exercices militaires sur la base Clark et dans d’autres installations militaires sur le territoire de leur ancienne colonie. Il a une forte présence militaire en Corée du Sud, à seulement quelques pas de la Chine, et fait des propositions ouvertes et dissimulées au Viêt-Nam, essayant, étrangement, de louer certains de leurs anciennes bases, qui ont été utilisées pour la dernière fois pendant la guerre contre eux. Et ce n’est pas un secret que la Mongolie est maintenant l’une des alliées les plus inconditionnelles des occidentaux, avec des milliers de kilomètres d’une longue frontière avec la Chine.

Qu’est-ce qui justifie des dépenses militaires si différentes entre l’Occident et la Chine ?

La réponse est : Rien ! Comme dans le cas de la « Doctrine Monroe » l’Occident n’a pas besoin de justifications ridicules. Sa présomption de supériorité raciale et culturelle, non exprimée mais assumée, semble suffire pour faire taire tous les sceptiques et critiques intérieurs.

Les élites, « intellectuels » et médias de la plupart du monde ont été entraînés et payés s’agenouiller et baisser la tête devant cette farce évidente mais indubitable.

Que suis-je entrain de faire ? Formuler ces questions est non seulement considéré comme inacceptable en Europe et aux Etats-Unis : c’est insolent !

Et la Chine, souvent victime d’agressions occidentales, se trouve maintenant sur la défensive, accusée de « démontrer son pouvoir », malgré son budget de défense disproportionnellement bas et presque sans histoires d’invasions et d’impérialisme.

***

La Chine représente une menace, tandis qu’elle se positionne épaule contre épaule avec la majorité des nations progressistes latinoaméricaines et avec la Russie, bloquant des résolutions de l’ONU faites pour ouvrir la porte à l’invasion occidentale de la Syrie.

Aux yeux du régime occidental, la tentative d’empêcher une invasion équivaut à un crime suprême, presque similaire au terrorisme. Les pays qui représentent un obstacle sont vilipendés, en utilisant la propagande la plus virulente.

Il faut rappeler que la même rhétorique fut utilisée par l’Allemagne nazie, pendant la guerre. Membres de toute la résistance, guérilleros et forces d’opposition étaient traités de terroristes. Et qui peut oublier les graves insultes réservées aux nations qui allaient être attaquées ? Ou à l’Union soviétique qui a affronté les nazis et fini par les battre !

Selon mes investigations dans la région, les forces occidentales entraînent non seulement l’ « opposition syrienne », mais aussi les djihadistes et mercenaires saoudiens et qataries, dans des lieux dénommés « camps de réfugiés » en Turquie, près de Hatay, et dans la base de la force aérienne US dans l’Adana.

Mais qui pardonnera à la Chine, la Russie et à l’Amérique Latine qui essaient d’empêcher un autre scénario horripilant dans le style libyen ?

Et après, nous avons, ces Îles Spratly, cette prouesse de la propagande occidentale.

Les îles Spratly pourraient être en réalité l’unique preuve que la Chine est entrain de « montrer son pouvoir », ou qu’elle est disposée à défendre ses intérêts.

Le gouvernement des Philippines, une ex colonie US, est à l’avant-garde des fermes critiques dirigées contre la Chine.

Je me suis entretenu avec des universitaires philippins, d’importants experts à Manille, et j’ai réussi à interviewer plusieurs d’entre eux.

Les opinions étaient en général similaires, résumées par Roland G. Simbulan, chercheur et professeur d’Études de Développement et d’Administration Publique à l’Université des Philippines, qui a expliqué :

« En parlant franchement, ces Îles Spratly ne sont pas importantes pour nous. Ce qui arrive est que nos élites politiques sont évidemment encouragées par les USA pour provoquer la Chine, et il existe aussi une grande influence des militaires étasuniens sur nos forces armées. Je dirais que les militaires philippins sont très vulnérables à ce type d’ « encouragement ». Par conséquent les USA nourrissent constamment ces attitudes antagoniques. Mais continuer avec ce type d’attitude pourrait être désastreux pour notre pays. Avant tout, nous sommes tout près de la Chine, géographiquement et en général ».

Au Viêt-Nam, les Etats-Unis exploitent clairement des rivalités anciennes, créant une inimité entre deux États socialistes.

***

Et ensuite le sujet des droits de l’homme.

A nouveau comparons.

Il y a plus de gens dans les prisons aux USA qu’en Chine. Pas seulement plus, mais incomparablement plus.

Selon le Centre International d’Études Pénitentiaires, les Etats-Unis d’Amérique ont plus de personnes en prisons, que toute autre partie du monde : 730 pour 100 000 habitants ! Sur 221 pays et territoires dont des données ont été obtenues, la Chine se trouve à la 123ème place, avec 121 prisonniers pour 100 000 habitants. Six fois moins que les USA, et même moins que le Luxembourg (qui occupe la 120ème place avec 124 prisonniers pour 100 000 habitants) ou l’Australie (qui occupe la 113ème avec 129 prisonniers pour 100 000 habitants).

C’est un fait connu qu’aux USA nombre de prisons sont privatisées et qu’on gère les prisonniers en réalité comme main d’œuvre gratuite ou bon marché. Si ce n’est pas une violation des droits de l’homme, maintenir des millions de personnes en prisons pour des délits de peu d’importance, seulement pour remplir les coffres d’entreprises privées : qu’est-ce qui l’est ?

La torture est acceptée et utilisée par les interrogateurs US par tout dans le monde.

La Chine exécute encore plus de personnes qu’aux USA, même sur la base par habitant, ce qui est déplorable, mais la quantité d’exécutions diminue en Chine, car le nombre de crimes punis de mort se réduit.

Mais tandis que la peine capitale en Chine est fréquemment mentionnée en référence avec les violations des droits de l’homme, rarement l’on signale que les USA réalisent des exécutions extrajudiciaires dans différentes parties du monde, dont l’Afghanistan et le Pakistan, etc. où ils utilisent des drones, pour attaquer arbitrairement des présumés terroristes, y compris des femmes et des enfants.

Et le dernier argument de propagande, le Tibet ? Si nous comparons la situation à celle des territoires régis par des alliés occidentaux, comme l’Indonésie et l’Inde, nous arrivons à des conclusions très inconfortables.

Le régime de l’Inde au Cachemire peut être décrit seulement comme une vraie boucherie ; le régime indonésien chez les Papou, avec plus de 120 000 morts (un calcul a minima) ne se ne se différencie en rien d’un génocide.

Mais l’Inde et l’Indonésie ne sont jamais été décrites comme des nations qui devraient changer leur histoire de violations brutales des droits de l’homme. On ne décrit pas non plus les nations occidentales en fonction de leurs innombrables crimes contre l’humanité sur tous les continents.

Les droits de l’homme sont il valables seulement pour ceux qui vivent à l’intérieur d’un pays ? Ne sont-ils pas « humains », les 50, 60 ou 200 millions que l’Occident a assassinés, surtout dans des pays pauvres ?

Il est ridicule d’affirmer que le racisme ne joue pas un rôle dans la façon de montrer la Chine.

J’ai les amis, qui sont par ailleurs des hommes et femmes sensés et progressistes, qui, quand la Chine est mentionnée, n’écoutent plus et commencent à crier : « Non, je ne veux pas aller dans ce pays. C’est terrible ! »

Des communistes, des socialistes, ou des capitalistes, la réussite des nations asiatiques ne se prend jamais à la légère en Occident.

Qui pourra oublier les sarcasmes et la « méfiance » dirigés vers le Japon quand il a dépassé, économiquement et socialement la majorité des nations européennes. Et jusqu’à présent, quand quelqu’un mentionne que Singapour a beaucoup d’indicateurs sociaux qui sont meilleurs que ceux de l’Australie, il est immédiatement reçu par des arguments détournés, dirigés vers la ville-État tropicale.

Singapour et le Japon sont de fidèles alliés occidentaux et des économies de marché hautement développées intégrées dans le système capitaliste mondial.

La Chine est différente. Elle développe son propre modèle ; elle ouvre et crée son propre chemin à travers un territoire inconnu. Elle n’est pas disposée à se soumettre aux des ordres des autres. Elle est trop grande, sa culture est trop ancienne.

Dans le passé, comme le Japon, la Chine s’était fermée, vivant en son propre domaine, jamais agressive envers les autres, et sans ambitions expansionnistes.

Les occidentaux sont arrivés et l’ont obligée à s’ouvrir. Ce qui est survenu ensuite furent des bains de sang et des tromperies, de la confusion et une longue période d’humiliation nationale et de marasme.

Ensuite est venue la lutte pour l’indépendance et la révolution. Non sans difficultés, ni sans problèmes, mais la Chine a recommencé à grandir, elle a commencé à se mettre debout, éduquant son peuple, fournissant logement et santé aux pauvres.

Elle a suivi son propre chemin ; un mode complexe d’équilibre entre sa propre culture et les conditions mondiales, entre le socialisme et la réalité capitaliste qui domine le monde.

Elle a subi quelques revers mais a connu bien d’autres réussites. Et en réalité, elle n’a pas réellement « grandi » ; elle a seulement commencé à récupérer sa juste place dans le monde, un endroit qui lui a été refusé durant tant de temps, après des années de pillage et d’invasions affaiblissantes.

C’est en général une nation bénigne habitée par gens de bon cœur. Presque tous ceux qui connaissent la Chine sont d’accord.

Mais c’est aussi une nation extrêmement déterminée et orgueilleuse. Elle est savante et cherche l’harmonie, est toujours disposée au compromis.

Essayer de la coincer, de la provoquer, de l’attaquer, serait inique, presque suicidaire. Cette fois la Chine ne cédera pas, pas quand cela relève de sujets essentiels. Elle est encore fraîche, la mémoire de ce qui est arrivé quand elle l’a fait.

L’ Occident, figé par la crainte qu’ il pourrait perdre les privilèges du dictateur, fait l’impensable : mettre une barre en fer dans la bouche du dragon. Ici en Asie, les dragons sont respecté et aimées, ce sont des créatures mythiques de grande sagesse et pouvoir.

Mais les dragons peuvent aussi être cruels quand se brise la bonne volonté et les envahisseurs menacent de dévaster la nation.

La Chine grandit et essaie de comprendre le monde, d’interagir avec lui. Son peuple s’enthousiasme pour ce qu’il voit ; il veut gagner des amis.

L’ Occident joue l’antagonisme : recommence à provoquer une course aux armements, utilise la propagande la plus virulente, corrompt des nations entières en Asie et en Océanie pour qu’elles adoptent une position anti-Chine.

Il est compréhensible que l’Occident n’ait pas sacrifié ces millions de personnes, partout dans le monde, seulement pour abandonner son contrôle dictatorial et exclusif du pouvoir. Il n’a pas détruit de douzaines de pays qui cherchaient la liberté, n’a pas bombardé de dizaines de millions des personnes, pour céder maintenant.

A l’avenir on ne peut pas exclure un affrontement, et qui sera le coupable est évident.

La Chine n’abandonnera pas son chemin. Il n’y aura pas de Eltsine chinois. Après s’être montrée ferme, la Chine fournit un exemple au monde.

Au moment où j’écris ces mots, l’Amérique Latine résiste et gagne. La Russie résiste tandis qu’elle cherche sa propre direction. Les autres peuvent si joindre. L’ Afrique rêve de résistance, mais n’ose pas encore ; elle est encore trop blessée. Les pays arabes osent, mais n’ont pas encore décidé dans quelle direction orienter leurs rêves.

Mais le mécontentement augmente avec les bottes qui écrasent la liberté. Et la Chine n’est pas celle qui les chausse.

L’irrationalité et le racisme de l’Occident peuvent être contre-productifs.

Andre Vltchek pour CounterPunch

Titre original  : «  What’s the Big Deal ? The Irrational, Racist Fear of China  »

CounterPunchhttp. USA, 4 - 6 janvier 2013

Traduit pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo. Paris, le 9 janvier 2013

Andre Vltchek, romancier, cinéaste et journaliste d’investigation. Il a couvert des guerres et des conflits dans des douzaines de pays. Son livre sur l’impérialisme occidental au Pacifique Sud s’intitule «  Océania  ». Son livre provocateur sur l’Indonésie post Suharto et son modèle fondamentaliste de marché s’intitule «  Indonésie : The Archipelago of Fear  ». Il a récemment produit et dirigé le documentaire Rwandan Gambit, de 160 minutes sur le régime pro occidental de Paul Kagame et son pillage de la République Démocratique du Congo, et One Flew Over Dadaab sur le plus grand camp de réfugiés du monde. Après avoir vécu de nombreuses années en Amérique latine et en Océanie, Vltchek vit et travaille actuellement dans l’est de l’Asie et en Afrique.
 


Edité par T 34 - 16 Jan 2013 à 14:04
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La Chine amplifie les réformes dans le système de santé au bénéfice du peuple

Beijing, 8 janvier (RHC-PL)- Le ministre chinois de la Santé, Chen Zhu, a annoncé que 95% de la population rurale de ce pays sera couverte par une assurance médicale, grâce à un nouveau système de coopérative  établi à cette fin.

Lors d’une conférence sur le travail dans la santé publique en Chine,  le ministre  a déclaré que les mécanismes d’assistance seront améliorés et un contrôle sera renforcé pour éviter l’usage  non nécessaire des ressources , et soulager de cette façon le poids financier sur les patients.

La Commissionde Développement National et de Réforme du pays asiatique, a annoncé qu’à partir du 1er février prochain, le prix de quelques 400 médicaments sera baissé  de 15%, dont ceux qui soulagent les maladies respiratoires, les douleurs et les fièvres.

Une note officielle divulguée à Beijing, indique que la mesure touche 20 catégories de médicaments utilisés pour ces maux. Depuis 2011 les coûts des médicaments destinés à combattre le cancer, les maladies hématologiques   et nerveuses  ont  été baissés.

Source
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 11 Jan 2013 à 18:46

Bo Xilai entre les mains de la justice 

La commission centrale de contrôle de la discipline du Parti communiste chinois a annoncé hier que l’affaire Bo Xilai avait été déférée aux autorités judiciaires. Son procès pourrait intervenir avant la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire qui doit investir le prochain président, Xi Jinping. Exclu à l’automne de cette même Assemblée, Bo Xilai est accusé de corruption massive et d’abus de pouvoir. Sa femme, Gu Kailai, a d’ores et déjà été condamnée à la peine de mort avec sursis pour le meurtre d’un homme d’affaires britannique.

Source




Edité par T 34 - 17 Jan 2013 à 00:11
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Pic historique de pollution à Pékin

Malgré des progrès, la Chine n’en finit plus d’interroger son modèle de développement.

L’intense nuage qui surplombe Pékin est visible par satellite. Ces derniers jours, la pollution atmosphérique a atteint des niveaux records avec un indice 755 sur une échelle qui n’excède pas 500. Soit un niveau quarante-cinq fois supérieur aux normes définies par l’Organisation mondiale de la santé. Cette alerte à la pollution, qui touche dix-sept provinces, a suscité de nombreux débats sur Internet et dans les journaux questionnant une nouvelle fois le modèle de développement chinois basé sur une urbanisation galopante. L’objectif d’un taux d’urbanisation à 65 % en 2030 couplé à une consommation d’énergie provenant à 70 % de la combustion de charbon ne laisse pas d’interroger : « Il est urgent pour la Chine de réfléchir à comment mener ce processus (de développement – NDLR) sans que la qualité de vie urbaine soit compromise », écrit le Quotidien du peuple. La journaliste Wang Yongchen, cofondatrice de l’ONG Green Earth Volunteers, organise des marches hebdomadaires de sensibilisation liées à la pénurie d’eau au cœur de la capitale et estime que « le PIB reste la préoccupation première ». La question constitue-t-elle pour autant un nouveau réservoir de mobilisation politique ? Pékin, qui a longtemps estimé que l’environnement pouvait favoriser l’instabilité sociale, a multiplié les lois de prévention et s’est hissé au premier rang mondial des investisseurs en termes d’énergie verte. D’ici à 2020, la Chine prévoit de réduire son intensité en carbone de 40 à 45 %. Face à l’ampleur des problèmes, les énergies nouvelles se placent désormais au rang d’industrie stratégique et de nouveau moteur de croissance. Une urgence quand les particules nocives auraient fait 8 600 morts dans les quatre plus grandes villes du pays en 2012.

Lina Sankari




Edité par T 34 - 03 Feb 2013 à 01:41
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 06 Feb 2013 à 20:50

Chine-Japon : la stratégie de la tension

Une frégate chinoise aurait visé un bâtiment nippon, la semaine dernière au large des îles contestées Senkaku-Diaoyu, en mer de Chine méridionale. Depuis plusieurs semaines, les postures guerrières se multiplient.

Entre démonstrations de force et posture nationaliste, la Chine et le Japon n’en finissent plus de multiplier les démarches guerrières au large des îles contestées de mer de Chine méridionale. Mardi, le ministre japonais de la Défense affirmait qu’une frégate chinoise aurait visé un bâtiment de la marine nippone à l’aide d’un radar de contrôle de tir afin de l’immobiliser. Selon Itsunori Onodera, un hélicoptère militaire aurait subi le même sort.  « Se servir de ce type de radar est tout à fait anormal, a-t-il commenté, et cela pourrait créer une situation très dangereuse à la moindre erreur ».  L’ambassadeur chinois à Tokyo a par ailleurs été convoqué au ministère des Affaires Etrangères afin de s’expliquer après l’incursion de bateaux gouvernementaux chinois autour des îles Senkaku-Diaoyu, inhabitées mais nationalisées par Tokyo en septembre. Face aux récurrentes irruptions de navires ou d’avions chinois, le Japon a annoncé qu’il constituerait une force spéciale de 600 hommes et 12 navires dans le but de surveiller les îles.

Fortement dépendantes, les deux premières économies d’Asie ne peuvent pourtant se permettre de voir le conflit autour de ce chapelet d’îles dégénérer malgré leur potentiel en hydrocarbure, la réserve de pêche et la voie maritime essentielle qu’elles constituent. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires Etrangères, Hua Chuning, assurait que les deux pays devaient « surmonter les difficultés » et « éliminer les perturbations ». En ne se privant toutefois pas de rappeler que son voisin devait regarder « son histoire et la réalité en face » en référence au passé expansionniste du Japon qui mena au désastre à l’aube de la Seconde guerre mondiale.

Ce nouvel incident intervient au moment où Shinzo Abe, le nouveau premier ministre conservateur japonais, considéré comme un faucon, multiplie les déclarations provocatrices à l’égard de la révision de la Constitution pacifique et de l’augmentation des budgets militaires. « Les provocations se poursuivent à l’encontre des terres, eaux et airs appartenant à notre pays, ainsi que vis-à-vis de sa souveraineté », a –t-il déclaré, samedi. Avant de poursuivre sur un ton martial : « je suis déterminé à rester en première ligne devant vous tous et à affronter la crise qui est là, pour protéger à tout prix la vie de nos populations et des biens ainsi que les terres, l’espace aérien et les eaux territoriales de notre pays ». Si Shinzo Abe dépeint un Japon menacé, la Chine n’est pas en reste. Le journal chinois, Global Times, assurait récemment qu’un « dérapage militaire est maintenant plus que probable. Il faut nous préparer au pire ».

  • Lire aussi :

Mer de Chine : Washington prend parti pour le Japon
"Ces îles appartiennent à la Chine". Une tribune de Song Tao, Vice-Ministre chinois des Affaires étrangères
Chine : regain de tensions nationalistes autour des îles

Lina Sankari

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 Feb 2013 à 17:43

Chine: le géant Foxconn ouvre la porte aux syndicats

La direction de ce groupe géant, sous-traitant d’Apple en Chine, a annoncé l’organisation d’élections 
du personnel à bulletin secret. Une première pour des ouvriers inégalement rompus au droit du travail. 

L’ère de la maturité ? Le géant taïwanais Foxconn, sous-traitant d’Apple ou de Nokia qui emploie 1,2 million de salariés en Chine, devrait organiser des élections du personnel à bulletin secret, qui permettraient de voir les ouvriers représentés au sein des instances syndicales. « Tout le monde peut présenter sa candidature pour être représentant syndical », a ainsi indiqué un porte-parole de Foxconn. Une première quand, pour l’heure, les syndicats sont contrôlés par la direction et les gouvernements locaux.

Négociations collectives

Après les vacances du Nouvel An lunaire, l’ensemble des salariés pourrait élire 18 000 commissions syndicales, un président ainsi que les vingt membres de la direction de la Fédération chinoise des commissions syndicales de Foxconn pour un mandat de cinq ans. Cette annonce ouvre à terme la voie à des négociations collectives dans une entreprise où le salaire mensuel moyen avoisine les 200 euros pour dix heures par jour et six jours par semaine, sans compter les heures supplémentaires. De telles négociations pourraient également avoir des conséquences positives pour les ouvriers occidentaux.

Autant dire une petite révolution pour le premier employeur privé du pays, théâtre régulier de grèves, de suicides et d’émeutes, et où les conditions de travail déplorables et les méthodes de gestion quasiment militaires sont le lot quotidien. Une contestation redoutée par Pékin qui tente, depuis des années, de favoriser les augmentations de salaires et les lois sur le travail afin, d’une part, de légitimer son assise, et d’autre part, de favoriser la consommation intérieure afin de réorienter une économie essentiellement tournée vers l’exportation. La décision de Foxconn intervient après un audit commandité par Apple à la Fair Labor Association qui pointait la sous-représentation des ouvriers au sein des instances représentatives.

Une petite révolution pour le premier privé

En 2010, Foxconn avait déjà concédé une augmentation des salaires de 70 %, tout en ouvrant de nouveaux sites vers le centre ouest de la Chine. Au cœur de ces provinces moins développées, les jeunes ouvriers migrants, fraîchement débarqués de la campagne, étaient également moins payés et moins rompus à la valorisation de leurs droits que leurs lointains collègues de la rivière des Perles, moteur de l’essor économique du pays sous Deng Xiaoping. L’apparition de syndicats n’aurait donc pas le même retentissement sur l’ensemble du territoire. Pour nombre de jeunes ouvriers migrants habitués à changer régulièrement d’entreprise et à signer des contrats sans en connaître le contenu, les syndicats entameraient un long travail de sensibilisation au droit du travail. « Foxconn n’est pas la première entreprise qui essaye de mettre en place des “élections démocratiques”. Elles ont toutes capté l’attention internationale au moment des élections mais sans aboutir à rien », met en garde Anita Chan, professeur au centre de recherches sur la Chine contemporaine de l’université de Sydney.

14. C'est le nombre de mois de salaire qu'il faut à un ouvrier chinois de Foxconn pour se pasyer un IPhone 5, sorti des chaînes de fabrication de l'usine.

  • A lire aussi:

Le système Foxconn mis en pièce

Travail des mineurs, Appel a une application pour ça

Lina Sankari



Edité par T 34 - 10 Feb 2013 à 23:20
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 10 Feb 2013 à 23:29

La Chine devient la première nation commerçante du monde, devant les Etats-Unis

 
La Chine a dérobé aux Etats-Unis le titre de première nation commerçante du monde (somme des importations et exportations) pour l’année dernière. Une étape importante de la Chine dans son défi de se positionner devant les Etats-Unis. Ceux-ci dominent les marchés depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, selon l’agence Bloomberg.
 
Les importations et exportations américaines ont représenté l’année dernière 3.820 milliards de dollars (2.860 milliards d’euros), tandis que celles de la Chine ont atteint 3.870 milliards de dollars. Par ailleurs, la Chine présentait en 2012 un excédent commercial d’environ 231 milliards de dollars, contre 728 milliards de dollars pour les Etats-Unis.

« La Chine est rapidement devenue le partenaire commercial bilatéral le plus important pour beaucoup de pays dans le monde », explique l’économiste Jim O’Neill de Goldman Sachs. « À ce rythme, beaucoup de pays européens vont davantage faire du commerce avec la Chine qu’avec d’autres partenaires européens d’ici la fin de cette décennie. »

Les Chinois ont commencé à se tourner vers le commerce et les investissements à l’étranger vers la fin des années 70, après des décennies d’isolement sous le régime de Mao Tsé-Toung. Le résultat se traduit par une croissance économique annuelle de 9,9 % en moyenne entre 1978 et 2012. Ce qui explique le titre de la Chine en 2009 de plus grand exportateur au monde, tandis que les Etats-Unis étaient les plus gros importateurs.

L’économie américaine reste néanmoins deux fois plus importante que l’économie chinoise. Le produit intérieur brut américain avait atteint 15.000 milliards de dollars en 2011, alors que le PIB de la Chine était de 7.300 milliards de dollars.

Volumen comercial chino supera al de Estados Unidos

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Feb 2013 à 18:11

La Chine condamne les sanctions irrationnelles des Etats- Unis contre ses entreprises

Beijing, 13 février (RHC- Telesur)- Le gouvernement de Beijing a averti les Etats- Unis, que les sanctions imposées récemment contre plusieurs entreprises chinoises à cause de ses présumées relations d’affaire avec l’Iran, vont nuire aux relations bilatérales.

La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying,  a dénoncé que la mesure étasunienne est une grave violation des normes des relations internationales et cause des dommages aux intérêts du pays asiatique sur le  plan commercial et économique.

Beijing a exigé aussi des Etats- Unis   qu’ils corrigent immédiatement leur politique erronée et qu’ils révoquent les sanctions irrationnelles envers les entreprises et des particuliers.

Lundi dernier, Washington a imposé des sanctions à un chef d’entreprise et à quatre compagnies chinoises, avec comme argument qu’ils avaient vendu des articles interdits dans les lois de Contrôle des Armes et de l’Administration des Exportations étasuniennes, à l’Iran.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 15 Feb 2013 à 21:00

Copies à la chinoise

La Chine de la démesure n’en finit pas de nous surprendre. Quant aux parvenus chinois qui consacrent des sommes folles à des réalisations frisant souvent le ridicule, 
ils nous étonnent. Grave. Les Chinois sont passés maîtres dans l’art de 
la copie mais l’époque des sacs Vuitton, des montres et même des œuvres du célèbre musée de Madrid, le Prado, relève désormais du petit boulot. Le temps des châteaux et jardins français reproduits 
à l’identique n’étonne 
plus personne comme 
la reconstitution de caves accueillant les grands crus bordelais. Depuis peu, les riches promoteurs chinois sont passés à une vitesse supérieure dans la course à la copie chère dans différents domaines techniques et aussi dans la reproduction d’une bourgade autrichienne au trottoir près, d’un village des Alpes suisses sous la neige ou encore d’un quartier bourgeois de Londres enveloppé dans le traditionnel brouillard britannique. Les responsables de ces juteuses opérations assurent que l’objectif vise à faciliter la découverte des villages et des paysages du bout du monde. Ils oublient de préciser que le droit d’entrée s’élève à 20 euros, une somme considérable pour l’immense majorité des Chinois. Les quelques millions de nouveaux riches y trouveront, peut-être, 
du plaisir. Quant aux autres, un milliard et des broutilles, ils ont bien d’autres chats – ou chiens – à s’occuper. 
Les parvenus chinois, sous la faucille et le marteau 
ou pas, continueront 
à dilapider des fortunes colossales. 
Ils ne pourront jamais en finir avec la véritable richesse de la Chine : 
sa culture fine, délicate, enracinée dans des siècles de réflexion, de douleurs, de méditation. Au fil des siècles, la Chine a donné à connaître ses intelligences, ses découvertes, 
sa créativité, ses sciences, ses arts multiples. 
La mondialisation du fric 
au service du mauvais goût va provoquer des dégâts dans l’empire du Milieu. Mais il n’a pas d’avenir. 
L’Art chinois, oui.

José Fort



Edité par T 34 - 28 Feb 2013 à 18:34
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Mar 2013 à 14:05

Chine: Xi Jinping arrive au pouvoir

La nouvelle équipe dirigeante de la République populaire de Chine va être officiellement nommée par le Congrès qui s'ouvre ce mardi à Pékin, avec à sa tête, Xi Jinping. Portrait du nouveau président chinois, fils d’un dirigeant historique qui, après avoir supporté de plein fouet les affres de la Révolution culturelle, s’est imposé surtout depuis 2007.

Ce qu’on a connu avant tout de Xi Jinping, c’est son passé de jeune instruit, envoyé à la campagne durant la Révolution culturelle, comme des millions d’adolescents de son âge. Les télévisions de Chine passent en boucle des reportages sur l’exil du futur dirigeant. Né en 1953, dans le Shaanxi, il est le fils de l’ancien vice-premier ministre Xi Zhongxun, héros de la révolution chinoise, dont sa critique du Grand Bond en avant lui vaut d’être limogé en 1962. Le jeune Xi subit de plein fouet la répression qui frappe son père. Une expérience éprouvante qui ne remet pas en cause son engagement politique. Après avoir essuyé neuf refus, Xi Jinping est admis dans les rangs du Parti. Sa carrière débute réellement en 1979, à la direction générale de la commission militaire centrale. Le fils de Xi Zhongxun y renforce ses réseaux au sein de l’armée. Ce qui peut expliquer qu’hier il a également pris la tête de la commission militaire, quand son prédécesseur Hu Jintao avait dû patienter deux ans avant que Jiang Zemin passe le relais.

Ecuries d'Augias

En pleine période d’expansion économique de la Chine, il est nommé à la direction de provinces côtières stratégiques comme le Fujian, le Zhejiang puis ­Shanghai. Il y nettoie quelques écuries d’Augias et s’engage dans la lutte anticorruption. Il tance les cadres du Parti en les appelant à « contrôler épouses, enfants, proches, amis et collaborateurs ».

Dès 2007, après son passage éclair à Shanghai, il connaît une ascension fulgurante. Il est promu membre du comité permanent du bureau politique et vice-président de la République en mars 2008. Assurant dans la foulée la direction de l’École centrale du PCC, il remet au goût du jour les cours de marxisme-léninisme et déplore que « certaines personnes entrent aujourd’hui au Parti non parce qu’elles croient au marxisme mais parce que devenir cadres leur procure des avantages personnels ».

Talents de communication

S’il montre des talents de communication en acceptant volontiers de poser avec des agriculteurs de l’Iowa ou en assistant à un match de basket américain, il sait faire face aux critiques de l’Occident. Il y a trois ans, au Mexique, Xi Jinping avait fermement répliqué : « Certains étrangers au ventre repus et qui n’ont rien de mieux à faire nous montrent du doigt. Premièrement, la Chine n’exporte pas la révolution ; deuxièmement, elle n’exporte pas la famine et la pauvreté, et troisièmement, elle ne se mêle pas de vos affaires. »

Patria socialismo o muerte

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La Chine planche sur son avenir

La 12e Assemblée populaire nationale s’ouvre aujourd’hui à Pékin. Elle devra valider les choix économiques et politiques du dernier congrès et fixer le cap pour cinq ans.

Àun tournant de son développement économique, la Chine ouvre aujourd’hui sa 12e Assemblée populaire nationale (APN). C’est sans conteste l’événement politique le plus important depuis la tenue du XVIIIe Congrès du Parti communiste chinois puisque les 2 987 membres de la nouvelle instance devront valider les choix faits en novembre dernier, discuter du rapport de travail du gouvernement et examiner le rapport sur le plan du développement économique et social ainsi que les budgets central et locaux. Au cours de cette session, Xi Jinping et Li Keqiang seront officiellement investis président et premier ministre. Techniquement, les députés se sont réunis hier afin d’élire le présidium et fixer le programme de cette session de douze jours et demi. Conformément à l’impulsion donnée par Xi Jinping, le Quotidien du peuple annonce que l’APN devrait amplifier le « développement de la politique de réforme et d’ouverture de la Chine ».

Symboliquement, le nouveau président avait effectué l’un de ses premiers déplacements dans le sud de la Chine, à Shenzhen, moteur du développement économique, mais des questions demeurent sur les réformes sociales alors que le pays est traversé par de multiples tensions. « La Chine doit relever un défi énorme, urgent mais inévitable : le piège du revenu intermédiaire, problème qui se pose quand un pays à revenu intermédiaire est incapable de se transformer en nation à revenu élevé en raison de problèmes qui entravent le développement, tels que la distribution inéquitable des revenus et une disparité excessive des revenus », indique l’agence Chine nouvelle. Alors que les indicateurs sociaux sont extrêmement mauvais, Pékin regarde avec inquiétude les statistiques de la Banque mondiale qui indiquent que « parmi les 101 pays et régions qui ont atteint le stade de revenu intermédiaire dans les années 1960, seuls 13 ont réussi à éviter le piège du revenu intermédiaire jusqu’en 2008 ». Outre la redistribution sociale, c’est sur l’éducation et l’innovation que devraient se concentrer les efforts d’un pays qui tente de modifier son modèle de développement industriel basé sur les exportations.

Lina Sankari

Patria socialismo o muerte

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Le guojinmintui : nouvel épisode du débat en Chine sur l’opposition entre propriété privée et d’État

 

Article extrait d'Etudes marxistes (revue théorique du Parti du travail de Belgique) repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La crise économique mondiale[1] qui a débuté par le krach américain des subprimes en 2007 a porté un coup dur à l’économie privée chinoise, particulièrement à sa composante orientée à l’exportation. Toutefois, en comparaison, les entreprises appartenant à l’État en Chine ont fait preuve d’une rentabilité élevée depuis la restructuration stratégique de l’économie d’État lancée lors de la 4e session plénière du 15e Comité central du Parti communiste chinois (PCC), en 1999. Ces derniers temps, dans bien des cas, les entreprises appartenant à l’État ont repris des entreprises privées dans des fusions ou acquisitions. Les efforts de réorganisation de l’industrie houillère et l’application du paquet d’incitatifs de 4 000 milliards de yuans (soit 586 milliards de dollars) après le début de la crise actuelle ont déclenché en Chine un large débat sur le sujet du guojinmintui parmi les intellectuels, les hommes d’affaires et les officiels du parti et de l’État. « Guojinmintui » signifie littéralement un secteur d’État en expansion et un secteur privé en contraction.



Les initiateurs de ce débat sont les élites de droite qui sont des partisans convaincus du fondamentalisme du marché et acquièrent une influence sans cesse croissante en Chine. Dans le débat, la quasi-totalité d’entre eux identifie la réforme au recul de l’économie d’État. Cette idée, répandue par divers canaux, gagne tellement en force et en influence qu’elle a fini par être largement acceptée par des intellectuels, des hommes d’affaires, des médias et même d’importants fonctionnaires du gouvernement. Le débat s’est intensifié lorsque des officiels de l’État s’y sont joints et ont tenté de prendre la défense du guojinmintui, et quand des intellectuels de gauche ont répondu en critiquant les accusations portées contre l’économie d’État.



À l’instar des précédents, ce nouveau débat sur la structure de la propriété n’est pas qu’académique. Il reflète et influence la lutte des classes en Chine. Il se centre sur la question de savoir si la Chine doit et peut adhérer au système économique socialiste. En outre, il touche également à la nature et à la position des entreprises chinoises appartenant à l’État et à l’orientation future de la réforme de la Chine. Il s’agit donc d’un débat entre les nouveaux groupes d’intérêt constitués au cours de la réforme. On s’attend à ce que sa conclusion affecte le degré auquel la Chine pourra préserver le socialisme à l’avenir.

La malédiction de la droite : le guojinmintui est tout sauf acceptable



Le nouveau débat sur la structure de la propriété depuis 2009 a été ouvert par les élites de droite dans les universités. Dans cette section, nous présentons un résumé des arguments et positions avancés par la droite.



Primo, la droite prétend que le guojinmintui est un fait établi. Lors du forum académique organisé en novembre 2009 par l’institut Unirule des sciences économiques, qui est financé par la Fondation Ford et constitue le groupe de réflexion non gouvernemental le plus influent de Chine sur le plan de l’économie, le président de son comité académique, Shuguang Zhang, a prétendu de façon désapprobatrice que le secteur d’État s’étendait des branches à monopole naturel vers les domaines concurrentiels[2].



Secundo, le guojinmintui marquerait un pas en arrière, car il trahirait le but originel de la réforme : le passage à l’économie de marché. Dans une pure économie de marché, les entreprises devront être toutes propriété privée et opérer pour le profit. Les entreprises appartenant à l’État sont nées de la théorie marxiste qui se basait sur la vision personnelle de Marx. Les entreprises appartenant à l’État, inspirées de Marx, de la période qui a suivi la Seconde Guerre mondiale ont finalement échoué[3]. Deping Hu a accusé le guojinmintui d’être un reliquat de l’héritage féodal[4]. L’extension du marché, déclarait-il, devrait être considérée comme l’indicateur clef du succès ou de l’échec de la réforme économique[5].



Tertio, les entreprises appartenant à l’État seraient caractérisées par un monopole administratif et un monopole sur les ressources, tous deux incompatibles avec la concurrence en marché libre et elles ont gagné ainsi des profits monopolistes. Zhigang Yuan, doyen de l’École d’économie de l’université Fudan de Shanghai, a accusé les entreprises appartenant à l’État de générer d’énormes profits grâce à leur monopole sur les facteurs de production et leur contrôle des secteurs en amont tels l’électricité et les transports[6]. De nombreux entrepreneurs privés bien connus se sont plaints de ce que les entreprises appartenant à l’État avaient fait perdre aux entreprises privées les meilleures opportunités de profit.



Quarto, le guojinmintui aurait des effets néfastes sur l’ensemble de l’économie. La quasi-totalité des intellectuels de droite décrit les entreprises appartenant à l’État comme gérées par des officiels ou des bureaucrates, alors que les entreprises privées seraient dirigées par les masses. De la sorte, ils remplacent l’opposition entre entreprises appartenant à l’État et entreprises privées par une opposition entre gouvernement et masses et, en outre, ils accusent les entreprises appartenant à l’État d’envahir le terrain des investissements et des opportunités de profit de l’économie privée. Par exemple, Jinglian Wu, un membre bien connu de la Commission permanente de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), a fait référence à des secteurs dans lesquels les entreprises appartenant à l’État occupaient une position dominante en les qualifiant de capitalisme de copinage, avec des pouvoirs politique, économique et de parti intégrés[7]. D’autres ont accusé les entreprises appartenant à l’État d’être des groupes d’intérêt particulier ou des groupes de capital de pouvoir[8].



Depuis longtemps, les élites de droite réclament inlassablement, et particulièrement dans cette relance du débat, que les entreprises appartenant à l’État se retirent des branches compétitives afin de réorienter la réforme du marché à l’opposé du guojinmintui. Siwei Cheng et Mengfu Huang, deux vice-présidents de la Commission permanente de l’Assemblée nationale populaire, ont répété que le 15e Congrès national du PCC avait déjà clairement limité la portée des entreprises appartenant à l’État à certaines branches en rapport étroit avec la prospérité nationale et les moyens d’existence du peuple[9]. D. Li, membre de la Commission de la politique monétaire de la Banque centrale chinoise a suggéré que, durant l’après-crise, la Chine poursuive son travail de réforme et résolve directement le problème du guojinmintui en privatisant les entreprises appartenant à l’État[10]. Jingyuan Kong, directeur général du département de la réforme du système économique à la Commission nationale de développement et de réforme[11], a insisté sur la nécessité, pour une économie axée sur le peuple, de constituer la partie principale de l’économie, identifiant donc implicitement « axée sur le peuple » et « privée »[12].



Le discours officiel : le guojinmintui est un phénomène temporaire ; la politique chinoise de développement de l’économie de marché demeure inchangée



La diffusion par les médias des accusations manipulées provenant des gens de droite a amené bien des gens à remettre en question la raison d’être des entreprises appartenant à l’État. Par conséquent, les officiels du gouvernement ont commencé à répondre aux critiques formulées contre le guojinmintui.



La première réponse, c’est que la perception d’une tendance au guojinmintui n’est pas fondée en fait. Lors du Forum 2009 des économistes chinois, Jiantang Ma, directeur du Bureau national de la statistique, a présenté les données reprises sous le tableau 1.



Tableau 1. Indicateurs de la structure de la propriété : 2005-2009[13]

Indicateurs

Type
d'entreprise

Années

2005

2006

2007

2008

2009

Nombre
d'entreprises

P.E./H.E.

27477

24961

20680

21313

20510

(10,11) 

(8,27)

(6,14)

(5,00)

(4,72)

N.P.E.

244358

277000

316088

404800

413854

(89,89)

(91,73)

(93,86)

(95,00)

(95,28)

Privé

123820

149736

177080

245850

256031

(45,55)

(49,59)

(52,58)

(57,70)

(58,94)

Production industrielle brute en valeur
(en 100 millions de yuans)

P.E./H.E.

83749,92

98910,45

119685,65

143950,02

146630

(33,28)

(31,24)

(29,54)

(28,34)

(26,74)

N.P.E.

167869,58

217678,51

285491,48

363498,23

401681,42

(66,72)

(68,76)

(70,46)

(71 ,66)

(73,26)

Privé

47778,2

67239,81

94023,28

136340,33

162026,18

(18,99)

(21,24)

(23,21)

(26,88)

(29,55)

Actifs totaux
(en 100 millions de yuans)

P.E./H.E.

117629,61

135153,35

158187,87

188811,37

215742,01

(48,05)

(46,41)

(44,81)

(43,78)

(43,70)

N.P.E.

127154,64

156061,16

194849,5

242494,18

277950,85

(51,95)

(53,59)

(55,19)

(56,22)

(56,30)

Privé

30325,12

40514,83

53304,95

75879,59

91175,6

(12,39)

(13,91)

(15,10)

(17,59)

(18,47)

Profits totaux
(en 100 millions de yuans)

P.E./H.E.

6519,75

8485,46

10795,19

9063,59

9287,03

(44,04)

(43,51)

(39,75)

(29,66)

(26,89)

N.P.E.

8282,79

11018,98

16359,99

21498,78

25255,19

(55,96)

(56,49)

(60,25)

(70,34)

(73,11)

Privé

2120,65

3191,05

5053,74

8302,06

9677,69

(14,33)

(16,36)

(18,61)

(27,16)

(28,02)

Impots totaux
(en 100 millions de yuans)

P.E./H.E.

5387,37

6428,4

7785,54

8504,09

-

(48,50)

(46,26)

(43,68)

(38,10)

N.P.E.

5719,98

7467,93

10039,93

13816,18

-

(51,50)

(53,74)

(56,32)

(61,90)

Privé

1715,38

2420,43

3494,27

5502,37

-

(15,44)

(17,42)

(19,60)

(24,65)

Nombre annuel moyen de personnes employées
(par 10 000 personnes)

P.E./H.E.

1874,85

1804

1742,99

1794,1

1803,37

(27,19)

(24,52)

(22,13)

(20,30)

(20,42)

N.P.E.

5021,11

5554,43

6132,21

7043,53

7027,85

(72,81)

(75,48)

(77,87)

(79,70)

(79,58)

Privé

1692,06

1971,01

2252,91

2871,89

2973,34

(24,54)

(26,79)

(28,61)

(32,50)

(33,67)

Sources: Statistiques du Département de l’industrie et des transports, Bureau national de statistique de la Chine, 2009 ; Bureau national de statistique de la Chine, 2010.



Comme le montre le tableau 1, pendant la période de 2005 à 2009, les parts des entreprises P.E. et P.H. dans le nombre total des entreprises, la valeur brute de la production industrielle, les actifs totaux, les bénéfices totaux, les taxes totales et l’emploi dans son ensemble ont continué à décliner, alors que les parts des entreprises privées et de celles n’appartenant pas à l’État ont augmenté substantiellement. Jiantang Ma a suggéré que c’était la capacité des entreprises, au lieu de la composition de la structure de propriété, qui devrait constituer la cible essentielle de la réorganisation des entreprises et de la reconstruction industrielle en Chine[16]. Plus tard, la même année, il insistait en disant que les données de la recension nationale ne montraient aucune preuve de guojinmintui, bien qu’il admît que ce phénomène était présent dans les années 2008 et 2009[17]. En 2010, Qizheng Zhao, porte-parole du CC du PCC, mettait le doigt sur le fait que les entreprises privées atteignaient un taux de croissance plus élevé que les entreprises appartenant à l’État et les entreprises contrôlées par l’État, mesuré en termes des taux de croissance de la valeur industrielle ajoutée (18,7 % contre 6,9 %), des actifs totaux (20,1 % contre 14 %), du nombre des travailleurs (5,3 % contre 0,8 %) et des bénéfices totaux (17,4 % contre − 4,5 %). En s’appuyant sur ces comparaisons, il qualifiait l’inquiétude concernant le guojinmintui de bruit hautement trompeur propagé par les médias[18].



En outre, il n’y a pas de preuves suffisamment fortes de ce que le guojinmintui aurait été adopté par le gouvernement en tant que stratégie à long terme ou objectif politique. Des études de cas montrent que la plupart des cas éminents d’expansion de l’économie propriété d’État obéissent aux règles du marché, en dépit de leur contexte gouvernemental ou lié au Parti. La politisation des questions économiques est déraisonnable. Par exemple, Dongjing Wang, doyen du Département des sciences économiques de l’école du Parti du Comité central du PCC, prétendait que, dans le cas du Shandong Iron and Steel Group (groupe sidérurgiste du Shandong), qui avait repris la Rizhao Iron and Steel Mill (aciérie), propriété du privé, cette dernière était plus qu’heureuse — plutôt que forcée — d’avoir accepté l’offre, parce qu’elle avait été au bord de la faillite en raison de la chute du prix de son stock excédentaire de minerai de fer ainsi qu’en raison de problèmes liés à l’environnement[19]. Ping Chen, professeur de sciences économiques à l’Université de Pékin, a fait remarquer que la faillite d’East Star Airlines, société privée, était un phénomène normal dans une économie de marché et qu’elle n’avait rien à voir avec le guojinmintui. Cela reflétait simplement le fait que les gouvernements et les banques de tous les pays tendaient à aider les grosses sociétés[20]. Le gouvernement n’a jamais eu l’intention d’exclure les entreprises privées, mais espérait les voir devenir plus fortes.



De plus, la propriété d’État ainsi que les entreprises appartenant à l’État ne sont pas l’apanage des pays socialistes ni spécifiques à la Chine. Au contraire, elles existent dans de nombreux pays d’économie de marché. Xiaonan Ji, qui préside la commission de contrôle des plus grosses entreprises appartenant à l’État du Conseil d’État chinois, a déclaré que le secteur de l’État avait un rôle à jouer dans la réforme de la Chine en direction du marché et dans son processus de rattrapage, de même que dans l’amélioration du mécanisme de contrôle macroéconomique et l’équilibrage des relations entre la réforme, le développement et la stabilité[21]. À l’université Tsinghua, Angang Hu a défendu l’idée que les conditions nationales de la Chine faisaient que les entreprises appartenant à l’État devraient croître ; il serait difficile pour la Chine de rattraper les pays développés en s’appuyant sur les seules entreprises privées.



Bien que les officiels de l’État partagent nombre d’avis communs à propos de l’importance des entreprises appartenant à l’État, il existe également de profonds désaccords sur la façon de reconstruire stratégiquement les entreprises appartenant à l’État à l’avenir en vue de promouvoir le développement économique. Xiaonan Ji a suggéré que les entreprises appartenant à l’État ne devraient pas être fragmentées et transférées à des entreprises privées, sinon la base économique du socialisme à caractéristiques chinoises, dont le pilier est la propriété publique, serait menacée, ce qui aboutirait à une ultime privatisation. En lieu et place, afin que les importantes entreprises appartenant à l’État puissent avoir des investisseurs diversifiés, une meilleure structure de gouvernance des sociétés et une amélioration des mécanismes d’opération, elles devraient être transformées en entreprises par actions au sein d’un holding d’État. Le gouvernement devrait suivre le mécanisme du marché en favorisant les opérations de fusion et d’acquisition d’entreprises appartenant à l’État[22]. Toutefois, Dongjing Wang a affirmé que les entreprises appartenant à l’État devraient progressivement se retirer des secteurs concurrentiels[23].

Les réponses de la gauche : Le guojinmintui représente la direction du socialisme



Afin de répondre aux critiques des élites de droite sur le guojinmintui et à l’appel en faveur d’un retrait complet de l’économie d’État des secteurs concurrentiels, bien des économistes marxistes des universités chinoises et certains faisant partie des « nouvelles gauches » de la Chine avancent les arguments suivants.



Premièrement, le guojinmintui est une caractérisation fausse des changements dans l’économie chinoise ; au contraire, l’actuel problème en Chine est le guotuiminjin — un secteur privé en expansion et un secteur d’État en contraction. Rui Liu, de l’École des sciences économiques de l’Université du peuple de Chine (Renmin), a fait remarquer que, bien que de multiples indicateurs aient montré que les entreprises appartenant à l’État devenaient plus fortes, leurs parts étaient en déclin manifeste. Au contraire, les chiffres des entreprises privées ont augmenté tant en quantité qu’en pourcentage[24]. Yu Zhang de l’université Renmin a également fait remarquer que ce qui existait actuellement était une tendance opposée au guojinmintui. Si la part de l’économie de propriété publique continue à diminuer, le rôle dominant de la propriété publique et de l’économie propriété d’État sera sapé et, à son tour, le système socialiste sera finalement détruit[25].



Deuxièmement, les élites de droite ont — ouvertement et intentionnellement — interprété faussement l’esprit des documents officiels du gouvernement central, semant la confusion dans les concepts de la propriété d’État et de la propriété privée dans le but de déclencher des conflits entre le gouvernement et la masse du peuple. Xiaolin Xia, un chercheur de la NDRC[26], a fait remarquer qu’il n’était pas question dans aucune résolution émanant du 15e Congrès national du PCC d’approuver l’abandon par les entreprises appartenant à l’État des secteurs compétitifs. Selon Xia, certains économistes, de même que des dirigeants du Parti et de l’État, manipulaient les idées dans les documents du gouvernement central afin de légitimer leur propre intention de privatiser l’économie, ce qui illustrait que la diversification idéologique au sein du PCC et du gouvernement s’était déjà manifestée ouvertement[27]. Xincheng Zhou, de l’École du marxisme à l’université Renmin a expliqué clairement que la malédiction des gens de droite contre l’économie propriété d’État n’était destinée qu’à justifier leurs propres intérêts dans la privatisation[28].



Troisièmement, il est fallacieux d’exagérer le monopole de l’économie propriété d’État. Yu Zhang a affirmé que le monopole était une conséquence inévitable du degré croissant de socialisation de la production ; il n’y avait pas de relation directe entre les entreprises appartenant à l’État et le monopole. Au contraire, le monopole était plus répandu dans l’économie privée. Sur base de données pertinentes, il a montré que les profits générés par les entreprises appartenant à l’État résultaient de l’ajustement structurel et de l’innovation institutionnelle de l’économie propriété d’État, et non de positions de monopole. Si les entreprises appartenant à l’État avaient reculé, il aurait été bien plus probable que le capital monopoliste transnational en serait venu à dominer les ressources domestiques et les marchés de la Chine[29]. Xincheng Zhou a lui aussi critiqué les gens de droite pour avoir semé la confusion entre le pouvoir de contrôle des entreprises appartenant à l’État et des positions monopolistes, et il a fait remarquer que la dimension n’était pas en soi constitutive de monopole. Le pouvoir de contrôle de l’économie propriété d’État permet à la Chine de se maintenir dans la concurrence internationale ; de grandes et fortes entreprises appartenant à l’État assurent la base économique du socialisme chinois. C’est pourquoi la propriété d’État est considérée comme le pilier du socialisme chinois[30]. Songlin Yang, chercheur au Center for Chinese Global Affairs (CCGA) de l’Université de Pékin (PKU), a fait remarquer que, vers 2007, les entreprises appartenant à l’État étaient concentrées surtout dans le tabac, la pétrochimie, l’eau, la distribution d’électricité et de chaleur et les industries de fabrication de moyens de transport. La part des entreprises appartenant à l’État dans les secteurs concurrentiels a été réduite. Entre-temps, des entreprises privées et étrangères ont déjà occupé la part dominante dans les secteurs de la construction et de l’immobilier, de même que dans le secteur tertiaire, excepté la finance, les services postaux, les télécommunications, les chemins de fer et les transports. Puisque des secteurs différents diffèrent par leur environnement de marché et leurs exigences en ressources, il est impossible pour les entreprises appartenant à l’État de concurrencer les firmes privées et de les évincer de l’accès aux ressources et aux marchés[31]. Pour des secteurs stratégiques d’une importance primordiale pour la sécurité nationale et qui ont un pouvoir monopoliste naturel, ce qui importe n’est pas l’existence d’un monopole, mais la question de savoir qui le contrôle[32].



Quatrièmement, il est faux de prétendre que l’économie propriété d’État est inefficiente. De nos jours cependant, la thèse de l’inefficacité de l’économie d’État est largement acceptée. Cette affirmation se base sur deux idées maîtresses : primo, sans droit à la propriété clairement défini, les entreprises appartenant à l’État sont certaines de souffrir de problèmes de principal-agent[33] et de gaspillage de ressources ; secundo, avec des contraintes budgétaires peu contraignantes, les managers des entreprises appartenant à l’État prendront des décisions inefficientes. Fusheng Xie répond que ces problèmes existent aussi au sein des firmes capitalistes et qu’ils sont inévitables dans la division sociale du travail dans une économie de marché[34]. Guoguang Liu a fait remarquer que, comparée à l’économie privée, l’économie propriété d’État était plus à même d’améliorer la performance macroéconomique. L’économie propriété d’État peut mieux favoriser la croissance économique et assurer la sécurité de l’emploi de même que le bien-être social. Les problèmes de la stimulation et des contraintes budgétaires peuvent être résolus dans l’économie propriété d’État, tout aussi bien que dans l’économie privée. La baisse de rentabilité des entreprises appartenant à l’État due aux coûts élevés qu’elles ont endossés dans le processus de la réforme sociale est temporaire et peut être inversée par une politique, sans modifier la structure de propriété[35].



En outre, le passage à la propriété privée est la cause fondamentale de l’inégalité croissante des revenus en Chine. Les élites droitières attribuent cette inégalité croissante à la naissance d’une classe élitiste au sein des entreprises monopolistes appartenant à l’État. Cette thèse est plus ou moins largement acceptée par le public. Toutefois, Guoguang Liu a montré que, bien qu’il fût indéniable qu’une classe spéciale existait dans l’économie propriété d’État, le problème résultait lui-même de la transition vers une économie de marché, plutôt que de facteurs inhérents au développement de l’économie propriété d’État en tant que telle. De larges différences de revenus étaient rares dans la période de l’économie planifiée, mais sont devenues très fréquentes précisément sous l’influence de l’idéologie et des mesures néolibérales, particulièrement en raison du retrait du contrôle étatique après la réforme fiscale qui eut lieu en Chine en 1994. Dans la transition de l’économie planifiée à l’économie de marché, certains directeurs corrompus d’entreprises appartenant à l’État commencèrent par créer le désordre dans les entreprises confiées à leur gestion et, ensuite, transférèrent au privé de la richesse appartenant l’État par des délits d’initiés. Une alliance malsaine entre des managers d’entreprises appartenant à l’État et certains dirigeants du Parti et de l’État a généré d’énormes bénéfices tirés de la privatisation frauduleuse d’entreprises appartenant à l’État au détriment des travailleurs[36]. En outre, presque tous les intellectuels de gauche attribuent l’inégalité dans le chuci fenpei — à savoir, la distribution du revenu à travers le marché — aux relations capital-travail ou à la disparité de la richesse détenue par différentes classes.



Cinquièmement, l’économie socialiste de marché de la Chine devrait conserver la propriété publique comme pilier tout en incorporant le développement de formes économiques multiples. Zhiyuan Cui, éminent intellectuel de la nouvelle gauche chinoise, de l’université Tsinghua, a affirmé que le codéveloppement des entreprises propriété d’État et des entreprises privées de façon mutuellement fructueuse était une description plus exacte de la réalité que l’expression guojinmintui. Inspiré par le socialiste libéral britannique James Meade, Cui a pris le « modèle de Chongqing[37] » en cours comme excellent exemple de codéveloppement et a affirmé qu’il favoriserait l’efficience dans tous les secteurs de l’économie, parce que la valeur conservée ou ajoutée des actifs appartenant à l’État tendait à soulager la surdépendance vis-à-vis des rentrées fiscales et de la dette nationale, ce qui encourageait les gens à se lancer dans les affaires et à créer de la richesse[38]. Yu Zhang a également déclaré que la montée de l’économie privée et le recul de l’économie d’État étaient en contradiction avec le système économique de base de la Chine et le but de la réforme des entreprises appartenant à l’État. Le problème économique actuel n’est pas le monopole, mais la taille relativement modeste des entreprises, la segmentation structurelle au sein des industries et le manque de compétitivité internationale. La concentration croissante du capital dans certains secteurs clefs et le renforcement des entreprises appartenant à l’État sont nécessaires pour relever le défi de la concurrence mondiale et pour protéger la sécurité économique nationale. Parmi d’autres intellectuels de gauche, Guoguang Liu a affirmé que le problème apparaissant actuellement était de savoir si oui ou non la part de la propriété publique était descendue à un point critique menaçant le système socialiste de la Chine. En outre, on défend l’idée que le but consistant à assurer, réaliser et développer la justice sociale et la stabilité devrait être intégré au développement de l’économie aux mains de l’État. Par conséquent, tant le gouvernement central que les gouvernements locaux devraient se charger du renforcement de plusieurs entreprises clefs appartenant à l’État. Chose plus importante encore, toutes des décisions concernant la réforme des entreprises appartenant à l’État devraient être contrôlées et supervisées par des assemblées nationales à tous les niveaux et incorporer davantage de participation publique. La Chine devrait utiliser la flexibilité de l’économie privée pour faciliter le développement de la productivité sociale, mais devrait également limiter sa nature exploiteuse et orienter son développement[39].



Sixièmement, lancer une fausse alerte au guojinmintui manifeste un pas vers la poursuite de la privatisation et vers l’abolition finale du système socialiste. Le débat acharné qui se déroule depuis 2007 autour du guojinmintui ne se confine pas aux milieux académiques et son but n’est pas d’améliorer l’économie socialiste de marché. Comme Yu Zhang l’a démontré, il révèle les positions de classe sous-jacentes. Les élites de droite avancent souvent des arguments contradictoires : si les entreprises appartenant à l’État ne sont pas performantes, on dit que c’est dû à un manque d’efficience allégué ; si elles se montrent performantes, c’est dû à la position monopoliste qu’elles occupent. On dit que les bas salaires des cadres supérieurs des entreprises appartenant à l’État sont la marque d’une insuffisance d’incitants et, dans le même temps, on critique les salaires élevés en prétendant qu’ils nuisent aux intérêts publics et qu’ils élargissent le fossé des revenus. Les acquisitions d’entreprises appartenant à l’État par des entreprises privées sont cataloguées comme un achèvement de la réforme, alors que les acquisitions d’entreprises privées par les entreprises appartenant à l’État sont considérées comme un échec de la réforme. Si les entreprises appartenant à l’État ne grandissent pas, on prétend qu’elles sont incapables de susciter une motivation suffisante et, une fois qu’elles prennent de l’expansion, on les accuse de se mettre dans le chemin de la croissance de l’économie privée. L’essentiel de ce qui sous-tend le débat sur le guojinmintui est de savoir si la Chine doit continuer à adhérer aux entreprises appartenant à l’État, au contrôle macroéconomique et à la promotion et au perfectionnement de la réforme de l’économie de marché correspondant à sa propre situation[40]. Xincheng Zhou a rappelé aux gens qu’ils devaient être conscients du but politique des opposants au guojinmintui, qui est de remplacer la propriété publique par la propriété privée en tant que pilier de l’économie nationale. En ce sens, le débat a trait directement à la perspective et au sort du développement social de la Chine, particulièrement de savoir si la Chine doit et peut adhérer au socialisme[41]. L’opposition au guojinmintui va à l’encontre de la constitution chinoise et de la voie socialiste. Son intention réelle est de s’exprimer en faveur de la classe capitaliste, d’abandonner la « pensée Mao Zedong » et la direction du PCC, de s’écarter du socialisme et de pousser la Chine plus loin encore sur une voie capitaliste[42].

Conviendrait-il d’abandonner ou d’améliorer les éléments socialistes de l’économie de marché ?



Bien que la crise montre que le fondamentalisme du marché libre pose problème à tous égards ou presque, pourquoi cette ligne de pensée peut-elle dominer l’enseignement de l’économie et les médias en Chine de façon plus générale et complète encore qu’auparavant ? Comment le débat actuellement en cours sur le guojinmintui affecte-t-il la politique actuelle et les changements à venir dans la structure de propriété ? La perspective du socialisme en Chine existe-t-elle toujours ? Examinons ces questions d’un peu plus près.



Les dirigeants chinois ont lancé la réforme vers l’économie de marché en 1978, dans le but annoncé de rajeunir le système socialiste. Les moyens adoptés sont principalement de développer des entreprises privées et d’attirer des investissements étrangers en accordant aux entreprises privées et étrangères des conditions exceptionnellement favorables, meilleures que celles octroyées aux entreprises appartenant à l’État. Afin de gagner du soutien au passage au marché, presque tous les groupes sociaux, y compris les cadres du Parti, les chefs de l’armée, les étudiants et les commerçants ont participé aux affaires, au début des années 1980. Dans le processus de démantèlement de l’économie planifiée, particulièrement dans la réforme des prix, dans la mise en place de marchés pour les capitaux et les terres et dans les réformes des entreprises appartenant à l’État, certains membres et cadres du Parti au sein des entreprises et des gouvernements ont commencé à accumuler du capital par des moyens légaux et illégaux à la fois. L’affaiblissement de la planification centrale a fait que l’économie nationale a dû s’appuyer de plus en plus sur l’expansion du marché et des incitants monétaires. En même temps, diverses contradictions apparaissant dans le processus de développement durent être résolues en approfondissant le passage au marché. De ce processus est née une nouvelle classe capitaliste composée principalement de propriétaires privés et de personnes ayant des relations étroites avec les pouvoirs politiques et économiques de même qu’avec les capitaux transnationaux. À mesure que la taille et la richesse de cette classe capitaliste émergente augmentaient, en même temps que son pouvoir, elle allait nécessairement exiger qu’on abandonnât au sein du système actuel les éléments socialistes qui pouvaient entraver la poursuite de l’accumulation de richesse[43]. Sous le prétexte de les « réformer », on a assisté à la marchandisation continue de l’éducation, des soins de santé, du logement et de la sécurité sociale, qui, dans le passé, appartenaient à la sphère publique et présentaient des caractéristiques socialistes.



Le but déclaré de la réforme était la création d’une économie socialiste de marché. Cependant, dans les années 1990, la question clef se modifia en transition vers une « économie de marché » en général et ceci devint le point de focalisation de discussions théoriques et de plans politiques. L’enjeu de ce glissement — le modèle économique résultant et sa nature — était absent des discussions, sciemment ou non. Les éléments socialistes de l’économie chinoise ont été réduits aux seules entreprises appartenant à l’État et au contrôle macroéconomique[44]. En fait, l’économie propriété d’État, en Chine, fut généralement considérée comme la base sur laquelle l’État pouvait guider le développement économique, mais elle ne fonctionna pas comme un modèle à suivre pour les autres parties de l’économie. Tant les discussions théoriques que la politique concrète désignent une économie de marché de style américain comme but de la réforme chinoise[45]. Comme l’enseignement de l’économie et l’économie nationale ont tous deux été accommodés à la sauce américaine, bien des économistes formés à l’économie néolibérale aux États-Unis ont été invités en Chine et se sont vu confier le pouvoir de réformer l’enseignement de l’économie dans les meilleures institutions universitaires. Leur promotion de l’économie néolibérale en Chine a non seulement marginalisé l’économie marxiste, mais elle a également formé une génération de jeunes intellectuels animés d’une foi aveugle dans le néolibéralisme. Dans ce climat néolibéral, l’inefficience des entreprises appartenant à l’État est devenue un article de foi qui a indirectement défié l’existence des éléments socialistes au sein de l’économie de marché. Pour rendre les choses pires encore, le concept du socialisme a été transformé en une série de concepts abstraits tels qu’« égalité » ou « équité ». La logique sous-jacente consiste à renforcer les traits capitalistes du passage au marché en noircissant le socialisme sur le plan théorique.



La structure économique est la base de la politique et de l’idéologie. Quand la propriété privée du capital aura dominé les ressources économiques, les changements dans la structure de propriété et dans la structure de classe se refléteront inévitablement aux niveaux théorique, idéologique et politique. Depuis 2004, la tendance à dénoncer la propriété publique et l’économie planifiée est devenue le cœur des débats théoriques et idéologiques. Les élites chinoises de droite ont déjà acquis une très grande expérience dans la transformation d’un thème en consensus public par les médias sous leur contrôle. De la sorte, elles peuvent exercer des pressions sur le gouvernement afin de remodeler une politique, comme l’a déjà illustré une série de débats : le débat sur le rachat d’entreprises appartenant à l’État par leurs cadres en 2004, le débat sur la néolibéralisation de l’enseignement chinois de l’économie en 2005, un autre sur l’orientation de la réforme chinoise en 2006, un autre encore pour savoir si le socialisme démocratique devait faire l’objet d’une réforme en 2007, ou encore le débat sur les valeurs universelles et la Charte 08 en 2008, etc. Le point essentiel de tous ces débats est de savoir si la Chine devrait renoncer au socialisme ou persévérer dans cette voie. Chacun de ces débats débuta comme une affaire de politique concrète et se développa en un débat sur les concepts fondamentaux du socialisme, jusqu’au point où les dirigeants du Parti et de l’État devaient mettre un terme à la discussion. En outre, les tentatives du Parti et du gouvernement de s’assurer suffisamment de soutien à la fois de la droite et de la gauche ont créé un décalage entre la rhétorique socialiste et les mesures capitalistes. Ce type d’expédient ouvre les portes à toutes les tendances idéologiques dénonçant le socialisme et proposant la privatisation.



L’actuel débat sur le guojinmintui révèle la continuation de la privatisation et la lutte des classes en cours en Chine. Le but de la droite consiste à influencer sur le plan théorique les décisions politiques au nom des intérêts capitalistes, de supprimer fondamentalement la propriété publique, de permettre potentiellement aux managers de détourner la richesse publique en privatisant les entreprises appartenant à l’État, de permettre aux capitaux transnationaux de contrôler l’économie chinoise et, finalement, d’abandonner l’économie qui est propriété de l’État — le dernier élément socialiste en Chine. Le débat actuel influence substantiellement la politique chinoise concernant la relation entre l’économie propriété d’État et l’économie privée. Par exemple, le 25 janvier 2010, la Commission de contrôle et d’administration des actifs de l’État (CCAAE) du Conseil des affaires de l’État ordonna à 129 entreprises centrales appartenant à l’État de restructurer leurs activités d’hôtellerie et de restauration ou même de quitter ce domaine dans un délai de trois à cinq ans. Le 18 mars 2010, la CCAAE requit de 78 entreprises centrales appartenant à l’État qui s’étaient lancées dans des affaires immobilières sans que ce soit leur secteur principal d’activité de quitter ce secteur une fois terminés leurs actuels projets de développement fonciers. Un document, Proposals of the State Council on Encouraging and Leading Private Investment to Develop Healthily (propositions du Conseil d’État afin d’encourager et amener les investissements privés à se développer sainement), a été rendu public le 13 mai 2010. Il résulte de ces propositions que le gouvernement agrandit la portée et la dimension des investissements privés, encourage et guide l’investissement privé dans les industries et infrastructures de base ainsi que dans les secteurs financiers et permet aux sociétés immobilières privées de bâtir des maisons à prix abordables, des unités publiques en location et autres programmes de logement dépendant de la politique.



Il est évident que, dans les conditions actuelles, le socialisme à caractéristiques chinoises tend à se développer en capitalisme. Au cours du développement de l’économie de marché en Chine, du fait que les intérêts économiques et le droit de s’exprimer se diversifient de plus en plus, il y aura d’autres débats théoriques et politiques sur la question de savoir si, oui ou non, la Chine devrait adhérer au socialisme. Les élites de droite créeront inévitablement de nouveaux thèmes pour proposer la poursuite de la privatisation. Toutefois, aussi longtemps que le PCC demeurera le parti au pouvoir, les acquis et la rhétorique du socialisme ne disparaîtront pas. Certains éléments socialistes fonctionnent toujours, telles des entreprises géantes appartenant à l’État, le système bancaire propriété d’État, la propriété publique des terres reprise dans la Constitution et la mise en place de plans économiques nationaux. En général, nous sommes relativement optimistes quant à la poursuite du développement de la structure de propriété en Chine. Sans changements politiques radicaux, la proportion de l’économie sous propriété de l’État restera relativement stable au fil du temps, en dépit de certaines fluctuations.



Primo, des cadres supérieurs du PCC ont compris la nécessité de maintenir au sein du système socialiste à caractéristiques chinoises le rôle dominant de l’économie propriété d’État. Par exemple, le vice-président Jinping Xi a fait remarquer que les entreprises propriété d’État étaient des forces solides pour bâtir une société modérément prospère à tous égards (Quanmian Jianshe Xiaokang Shehui), des piliers majeurs de la construction du socialisme à caractéristiques chinoises, une base importante dont le PCC peut conserver la direction, et un domaine important dans lequel les théories fondamentales du PCC peuvent être introduites et mises en pratique. En 2010, la 5e session plénière du 17e Comité central du PCC a décidé de garantir et d’améliorer les moyens d’existence du peuple et de transformer la voie du développement économique en tant qu’objectif central pour les cinq années à venir. En outre, cette session a réaffirmé que l’ébauche de système économique socialiste serait maintenue et améliorée. Au niveau politique, les forces motrices de la poursuite des réformes comprennent l’amélioration des conditions de vie des gens, le perfectionnement de l’actuelle structure de propriété et la résolution de divers conflits sociaux apparaissant dans le processus du rapide développement du marché. Sans la participation de l’économie propriété d’État, ces objectifs ne pourront être atteints. Lors de la 4e session de la 11e Assemblée nationale populaire, en 2011, Bangguo Wu, président du Comité permanent de l’ANP, a déclaré avec fermeté que la Chine n’adopterait pas un système de partis multiples qui gouverneraient en rotation ni non plus une pluralisation du dogme directeur. Il exclut la possibilité de séparer les pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire ou d’adopter un système bicaméral ou fédéral et il déclara clairement aussi que la privatisation n’est pas envisagée. Cette déclaration montre une fois de plus que le gouvernement chinois va continuer à insister sur ses caractéristiques socialistes.



Secundo, il est difficile de privatiser davantage encore l’actuelle économie propriété d’État. Des données financières montrent que les entreprises appartenant à l’État ont de très bonnes performances à tous égards, de sorte qu’il est ne serait pas praticable et serait non fondé de privatiser des entreprises appartenant à l’État. Ensuite, la plupart des entreprises appartenant à l’État existantes sont passées par l’introduction en Bourse ou sont d’une taille énorme. Leurs principales activités se situent dans des branches à capitaux ou à technologie intensifs. Quatre-vingts pour cent des avoirs de qualité des entreprises appartenant à l’État centrales sont concentrés dans des compagnies notées et sont d’une haute valeur de marché. Les échanges de droits de propriété des entreprises appartenant à l’État non notées doivent être menés sur un marché ad hoc, par enchères publiques. Il n’y a pas suffisamment de capital privé en Chine pour acheter ces entreprises appartenant à l’État. En dernière analyse, même depuis le débat en 2004 sur le rachat d’entreprises appartenant à l’État par leurs cadres, toute la société a été très réservée au sujet des manipulations complexes par lesquelles des managers des entreprises appartenant à l’État ont transformé des avoirs publics en avoirs privés.



En outre, les travailleurs des entreprises appartenant à l’État s’opposent fortement à la privatisation. Un événement paradigmatique a eu lieu en juillet 2009. Les travailleurs du groupe sidérurgique Tonghua Iron and Steel Group (TISG) ont lancé des protestations au niveau de l’entreprise contre le rachat de TISG par la société privée Jianlong Corporation. Pendant la grève, un groupe de travailleurs indignés a tabassé à mort certains cadres supérieurs désignés par Jianlong. Cet événement a forcé le gouvernement provincial de Jilin à annuler son plan initial de privatisation de TISG et a déclenché des mouvements hostiles aux privatisations dans d’autres parties du pays, ce qui, jusqu’à un certain point, a entravé la poursuite des privatisations des entreprises appartenant à l’État[46].



Par conséquent, si l’on considère la compétitivité des entreprises appartenant à l’État sur le marché et la résistance de plus en plus forte des travailleurs, il n’est plus si facile qu’auparavant pour les directeurs des entreprises appartenant à l’État de s’approprier les avoirs de l’État par le biais de la réforme de la propriété. Pendant ce temps, le nationalisme croissant rend difficiles les rachats par le capital transnational.



Tertio, le « modèle de Chongqing » est appuyé par des dirigeants de haut niveau du PCC. Depuis 2002, dans la ville de Chongqing, les huit sociétés d’investissement de l’État créées dans une restructuration sont arrivées à séparer des administrations gouvernementales les opérations des actifs d’État. Cela signifie que les opérations sur actifs d’État sont indépendantes des ordres administratifs gouvernementaux et ne sont pas garanties par le soutien financier du gouvernement. Cette politique se traduit par un équilibre entre les actifs et passifs à long terme, un équilibre entre les rentrées et les sorties de liquidités, de même qu’un équilibre entre input et production. De 2002 à la fin de 2009, la valeur des actifs productifs d’État au sein de la ville de Chongqing est passée de 170 à 900 milliards de yuans. L’augmentation de la valeur des actifs d’État de Chongqing permet au gouvernement de réduire les taux d’imposition, d’accroître les investissements dans l’enseignement et de réduire le loyer des terres. Ces développements prouvent bien les bénéfices d’un secteur propriété d’État dans une économie de marché.



Bien que propriété d’État ne signifie pas nécessairement propriété socialiste, nous croyons que la propriété d’État est une forme que la propriété publique peut prendre. À présent, les travailleurs dans le cadre de la propriété d’État ne bénéficient pas seulement d’une meilleure situation, comme le montre l’incident de TISG, mais ils bénéficient également de meilleures rétributions. Comme on peut le voir dans le tableau 2, malgré l’impact de la crise économique, la rétribution par tête de 2008 à 2010 pour les salariés des unités non privées (danwei) est toujours plus élevée que celle de leurs homologues dans les unités privées. Selon cette perspective, bien que les rapports de production dans le secteur d’État puissent n’être pas fondamentalement différents de ceux du secteur privé (par exemple, tous deux adoptent certaines caractéristiques du fordisme), la propriété d’État apparaît plus intéressante pour les travailleurs au niveau de la distribution du revenu. Ces avantages devraient donc être préservés dans le cours de la réforme.



Tableau 2. Rétribution annuelle par individu parmi les salariés de divers types d’unités, dans les villes



Année

2008

2009

2010

Propriété d’État (yuans)

31 005

35 053

39 471

Propriété collective (yuans)

18 338

20 958

24 430

Propriété privée (yuans)

17 071

18 199

20 759

Sources : National Bureau of Statistics of China, 2010b[47], 2010c[48], 2011a[49], 2011b[50].



En outre, historiquement parlant, nationaliser et transformer une économie privée en économie propriété d’État s’avère l’une des façons les plus efficaces d’instaurer une économie publique. Si le pourcentage de l’économie chinoise en propriété d’État devait être inférieur à 15 %, il serait alors très malaisé de restaurer le socialisme en Chine, même pour un dirigeant qui y croirait. Par conséquent, la défense du guojinmintui par les intellectuels chinois de gauche vise effectivement à maintenir le système économique socialiste en Chine.



Il conviendrait également de noter que la propriété d’État n’équivaut pas à la propriété publique : sous certaines conditions seulement, la première peut se muer en la seconde. Parmi ces conditions figurent au moins les suivantes : 1) Sur le plan des rapports de production, les moyens de production devraient appartenir à la société et les gens devraient occuper des positions égales dans la propriété. Dans le processus concret du travail, il ne devrait pas y avoir d’antagonisme entre le capital et le travail. 2) Sur le plan du rapport de distribution au sein des entreprises, chaque travailleur, y compris les cadres d’entreprise, devrait n’être payé que sur base de son travail ; dans l’ensemble de la société, les profits et les gains des rentes différentielles résultant de la position monopoliste occupée par les entreprises appartenant à l’État devraient être distribués à tout le monde. 3) Sur le plan de la gestion et de la planification, l’État, responsable de l’économie nationale, devrait gérer les actifs propriété d’État selon la volonté de la société et leur faire représenter les intérêts partagés du peuple, qui devraient être prioritaires dans l’arbitrage entre divers types et tailles d’entreprises et entre des plans centraux et régionaux. Dans les entreprises individuelles, les travailleurs et autres personnes concernées peuvent participer à la gestion des entreprises de façon effective et démocratique.



Sous l’actuel régime de marché, comme les entreprises appartenant à l’État sont réformées et réorganisées, les salaires des managers de haut rang sont déterminés selon la valeur du marché, tandis que les travailleurs ordinaires doivent accepter des affectations de personnel et de travail sans les ajustements appropriés de rémunération, ce qui a contribué à l’élargissement du fossé des revenus au sein même des entreprises appartenant à l’État. Pendant ce temps, le système bureaucratique dans les entreprises appartenant à l’État est tellement hiérarchisé que les travailleurs ordinaires sont privés de leurs droits à participer et à s’exprimer. Il n’y a pas de différence substantielle entre le régime salarial dans les entreprises appartenant à l’État et le système du travail salarié des entreprises privées. Tous ces facteurs ont découragé la motivation des salariés des entreprises appartenant à l’État et ont donc eu un effet négatif sur l’efficience. En outre, les entreprises appartenant à l’État n’ont pas réalisé suffisamment de rentrées pendant des années ; le processus de la réforme zhuada fangxiao — maintenir les grandes entreprises sous propriété d’État tout en permettant aux petites entreprises d’être privatisées — a érodé la proportion de la main-d’œuvre travaillant pour les entreprises appartenant à l’État. Depuis que les réformes ont porté un coup au moral des travailleurs au sein des entreprises appartenant à l’État, qu’elles ont été incapables de fournir des avantages aux parties prenantes extérieures et qu’elles ont réduit la main-d’œuvre des entreprises appartenant à l’État, il est naturel que les réformes des entreprises appartenant à l’État obtiennent peu de soutien de la masse du peuple.



Sous le socialisme, il est nécessaire de réformer et de perfectionner le système de management de l’économie propriété d’État en fonction des exigences de la propriété publique : les revenus des entreprises appartenant à l’État doivent être soumis à l’État, les salaires des dirigeants des entreprises appartenant à l’État doivent être ajustés, la tendance consistant à rechercher des gains personnels dans la réforme des entreprises appartenant à l’État doit être interdite et, en particulier, il faut établir une démocratie économique au sein des entreprises appartenant à l’État. Ce n’est qu’en parcourant ces étapes que les entreprises appartenant à l’État pourront se muer en unités représentant réellement les droits et les intérêts des travailleurs. Toutes ces démarches reflètent également les exigences et les avantages du système socialiste. Il vaut la peine de faire remarquer ici que, dans un processus pratique empêtré dans la question de savoir si, oui ou non, il faut renoncer à l’ébauche de système économique socialiste, les confrontations entre pouvoirs économiques sont très réelles. Les études théoriques et la propagande sont importantes ; néanmoins, la rhétorique idéologique sera inutile si la campagne pour le socialisme n’a pas de pouvoir réel. Après l’aggravation de la crise capitaliste à l’échelle mondiale et l’éveil de la classe ouvrière chinoise et son niveau d’organisation en hausse, les changements dans les structures socioéconomiques chinoises pourraient éclairer la voie d’un avenir socialiste.



Fusheng Xie (xiefusheng(at)ruc.edu.cn) travaille à l’École d’économie, Université du peuple de Chine (université Renmin), à Pékin.

An Li (anl(at)econs.umass.edu) et Zhongjin Li (zhongjin(at)econs.umass.edu) travaillent au département d’Économie de l’Université du Massachusetts, à Amherst, aux États-Unis

 


Pour les notes de bas de page: cf http://www.marx.be/fr/content/études-marxistes-no-100

 
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 14 Mar 2013 à 19:22

La Chine s’engage dans la voie de la « démocratie consultative »

La réforme politique entend répondre à une société avide de débats et à un parti en crise de légitimité.

Il est de bon ton de dire que la réforme politique n’a pas connu d’avancées en Chine depuis les événements de Tian’anmen, en 1989. Ici et là, des expériences ont pourtant été menées, comme c’est le cas avec les élections municipales au suffrage direct au niveau des districts et avec la mise en place de la collégialité lors des nominations ou des prises de décisions politiques. Comme le note le journaliste du quotidien Wen Hui Bao, Zheng Ruolin, « cet exercice collectif du pouvoir permet de limiter les risques d’erreur, d’éviter les fautes graves. Il a aussi une conséquence importante : un président chinois a, dans les faits, beaucoup moins de pouvoir que son homologue américain ». Reste néanmoins la question d’un système de contrôle et de contre-pouvoir tangibles. Hier, Pékin affirmait vouloir franchir un nouveau pas en matière de réforme politique. Rejetant tout principe démocratique qui se voudrait universel, la Chine continue de prôner une lecture culturelle et historique des régimes démocratiques. Dans cette perspective, la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC) s’est néanmoins engagée à promouvoir la démocratie consultative.

« Elle intègre la consultation, la surveillance, la participation et la coopération ; combine étroitement les droits du peuple à rester informé, à participer, à exprimer les idées et à surveiller les affaires du gouvernement ; (elle) incarne les demandes intrinsèques de la démocratie socialiste et est conforme aux intérêts fondamentaux du peuple », a détaillé Yu Zhengsheng, président du 12e comité national de la CCPPC. Face à une société avide de débats et à un parti qui traverse une crise de légitimité du fait des tensions sociales ou des cas de corruption, le précédent président Hu Jintao avait déjà évoqué, lors du 18e Congrès du Parti communiste chinois, la nécessité d’ouvrir de « vastes consultations » sur les questions économiques, sociales et « d’intérêt vital des masses ». Selon la chercheuse Chloé Froissart, « dans une société idéalement pacifiée, la participation démocratique n’a pas pour finalité de faire émerger un pluralisme politique, mais au contraire d’aider le Parti à mieux refléter l’ensemble des intérêts divergents au sein de la société et à mieux synthétiser les contradictions sociales ».

Zeguo, un laboratoire  Le canton de Zeguo teste un processus de consultation d’un échantillon de la population depuis 2005. Les habitants ont pour charge de se prononcer sur différents projets d’urbanisme, question clé en Chine, qui provoquent des tensions. Outre la transparence de la décision, « les politiques publiques bénéficiant d’une mise en œuvre plus aisée (font que) les contestations sociales sont moins fréquentes », selon le chercheur Paul Charon.

Lina Sankari



Edité par T 34 - 09 May 2013 à 17:49
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 09 May 2013 à 17:22

La petite-fille de Mao est millionnaire

La présence de la petite-fille de Mao Tsé-toung sur une liste de millionnaires a déclenché jeudi en Chine des railleries dénonçant "l'hypocrisie" d'un régime qui continue officiellement à prôner l'idéal révolutionnaire du fondateur de la République populaire.

Kong Dongmei, une jeune quadragénaire, et son mari Chen Dongsheng figurent au 242e rang d'une liste de riches personnalités établie par un magazine financier chinois, New Fortune. Leurs avoirs sont estimés à 5 milliards de yuans (620 millions d'euros). Mme Kong est la petite-fille de Mao et de sa troisième épouse, He Zizhen. En 2001, elle avait ouvert une librairie à Pékin vantant la "culture rouge", celle de la cause révolutionnaire prolétarienne à l'origine de la fondation de la Chine communiste en 1949.

Mais de nombreux internautes ironisaient jeudi sur la fortune de Kong Dongmei, estimant qu'elle était bien loin de correspondre aux valeurs de désintéressement de la période maoïste. Ils ont aussi critiqué Mme Kong pour avoir apparemment violé la règle de l'enfant unique. Selon New Fortune, le couple aurait trois enfants. "Le président Mao nous avait conduit à l'éradication de la propriété privée, mais sa progéniture a épousé un capitaliste et violé la politique du planning familial", a écrit Luo Chongmin, un conseiller du gouvernement basé dans le sud-ouest du pays.

Cette controverse intervient alors que le célèbre cinéaste Zhang Yimou, l'un des principaux personnages culturels officiels de la Chine, est également accusé d'avoir violé à plusieurs reprises la politique draconienne de l'enfant unique. Le réalisateur d'"Épouses et concubines" aurait au moins sept enfants.

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 17 May 2013 à 19:11

Conditions de travail en Chine: la FIDH pointe la responsabilité des marques

 

La Fédération internationale des droits del'Homme (FIDH) publie un rapport sur les conditions de travail en Chine. Partis en compagnie de Carrefour, les enquêteurs de l’ONG dénoncent notamment le non-respect du temps de travail et les bas salaires chez les sous-traitants, mais pointent tout de même un mieux. Des conditions pourtant bien pires persistent chez les géants des nouvelles technologies, China Labor Watch a recensé trois défenestrations ces deux dernières semaines.

Si la FIDH est quelque peu optimiste, c’est qu’elle note que les travailleurs Chinois ont, depuis une dizaine d’années, de plus en plus conscience de leurs droits. Les jeunes s’expriment, se rassemblent, et les conflits sociaux se multiplient. Trois lourds problèmes persistent dans les usines néanmoins : l’absence de diversité syndicale, de trop faibles augmentations de salaires rapportées à l’inflation et le non respect du temps de travail.

« Dans toutes les usines visitées, les heures supplémentaires dépassaient largement le plafond fixé par la loi : le nombre d’heures hebdomadaires était en général de 60 heures par semaine et pouvait s’élever jusqu’à 80 heures hebdomadaires, alors que le droit du travail chinois prévoit un maximum de 44 heures par semaine et 36 heures supplémentaires par mois. »

La FIDH pointe ainsi le rôle des grandes marques qui s’approvisionnent en Chine. Elle incite à plus de transparence, à s’engager sur les rémunérations comme sur des inspections indépendantes et régulières chez les sous-traitants, mais aussi à ne pas menacer de délocaliser la production dans des pays encore moins régulés, comme les tristement d’actualité Bangladesh et Cambodge.

Le calvaire persiste chez Apple et Samsung

Les enquêteurs de la FIDH ne se sont malheureusement pas rendus dans les usines de nouvelles technologies. Les ouvriers qui construisent les smartphones dernière génération payent le prix cher de la lutte entre Apple et Samsung. Il y a deux semaines, deux ouvriers des chaines de montage de l’iPhone 5 se sont défenestrés dans l’usine Foxconn de Zhengzhou. Ils ont sauté du 12ème étage du dortoir, car Foxconn est allé jusqu’à installer des filets anti-suicide autour de ses usines pour empêcher les travailleurs de mettre fin à leur jour sur leur lieu de travail. Et mercredi, c’est chez Samsung qu’une femme a sauté du 7ème étage de l’usine.

Les conditions de travail chez ces constructeurs sont malheureusement bien pires que celles dénoncées par la FIDH. Rien qu’en matière de temps de travail, les ouvriers se voient imposer jusque 186 heures supplémentaires par mois. On est bien loin des 36 heures légales. Selon l’accablant rapport de China Labor Watch, Samsung abuse du travail d’adolescents, engagés directement à l’école, moins payés et résistants. Créant une forte discrimination salariale, les femmes et les employés plus âgés sont mis à l’écart à cause de la forte pénibilité. En outre, Samsung fait payer « une taxe » à ses salariés à l‘embauche.



Edité par T 34 - 20 May 2013 à 14:49
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 23 May 2013 à 20:06

Nouvelle hausse des salaires chinois

En 2012, le revenu moyen du privé a augmenté de 17,1 %. Reste l’objectif de réduction des écarts avec les provinces du centre.

Il fut évidemment quelques voix pour s’en émouvoir. L’an dernier, le Wall Street Journal, et l’ensemble de la presse libérale avec lui, regardait d’un œil inquiet la hausse des salaires en Asie. Les multinationales tentaient quant à elles de dénicher de nouveaux eldorados de production à bas coûts. En Chine, le mouvement de hausse des revenus se poursuit puisque le Bureau national des statistiques (BNS) annonce que le salaire moyen du secteur privé en milieu urbain a bondi de 17,1 % en 2012, après une hausse de 18,3 % en 2011. Le salaire annuel moyen vient ainsi s’établir à 28 752 yuans (3 650 euros) contre 46 769 yuans (5 900 euros) dans le secteur public dont les salaires ont pour leur part connu une hausse réelle de 9 %. Compte tenu de l’inflation, la hausse réelle se loge à 14 % et le léger ralentissement de la croissance – de 9,3 % en 2011 à 7,8 % en 2012 – « a provoqué un certain ralentissement de la hausse des salaires », note le BNS.

À Pékin, les dirigeants tablent toujours sur le concept de « société de moyenne aisance ». Selon les objectifs fixés lors du 18e congrès du Parti communiste chinois à l’automne dernier, la Chine entend atteindre un salaire annuel moyen par habitant de 7 800 euros dans les villes à l’horizon 2020. Soit une société où la prospérité est suffisante sans être insolente et où le modèle de croissance est basé sur la consommation intérieure qui ne pèse actuellement que 40 % du PIB. Restent les écarts de revenus persistants entre les régions. Dans les provinces côtières orientales, le salaire moyen du privé est de 31 579 yuans, contre 23 761 yuans dans les provinces du centre et de l’ouest. Pour réduire ces disparités, le Conseil des affaires d’État adoptait en février un programme de réduction des inégalités qui fixe l’objectif d’une augmentation du salaire minimum dans l’ensemble des provinces afin qu’il représente plus de 40 % du salaire moyen à l’horizon 2015.

La stratégie de l’État central de stimulation de la demande intérieure entend également développer une production de biens à haute valeur ajoutée afin de garantir l’indépendance nationale. Un mouvement notable quand, note l’Organisation internationale du travail, la part du travail dans la répartition de la valeur ajoutée a seulement crû de 1,2 % en 2011 à l’échelle mondiale. La part du capital dans le revenu, elle, ne connaît pas la crise.

Pékin s’ouvre en grand à l’inde  Les relations ne sont pas toujours au beau fixe entre Pékin et New Delhi. Aplanir les tensions grâce au commerce ? C’est une vieille antienne dont use le premier ministre chinois. En visite en Inde, 
Li Keqiang a dit sa volonté d’approfondir l’ouverture du marché chinois aux produits indiens afin de réduire le déséquilibre commercial. Et de ménager les humeurs du géant voisin qui enregistre un déficit commercial de 29 milliards de dollars en 2012.

Lina Sankari

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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 05 Jun 2013 à 23:16

Terrible accident industriel en Chine

Cent dix-neuf ouvriers ont été pris, hier, dans l’incendie d’un immense abattoir. Le bâtiment dérogeait vraisemblablement aux règles élémentaires de sécurité, malgré un renforcement de la loi depuis dix ans.

C’est au petit matin que le feu s’est déclaré. À 6 h 6, trois cents ouvriers avaient déjà pris leur poste au cœur de l’immense abattoir de la Jilin Baoyuanfeng Poultry Company, à Dehui, dans la province du Jilin (nord-est), qui emploie 1 200 personnes et se targue d’une production annuelle de 67 000 tonnes de produits de volaille. Cent dix-neuf personnes ont trouvé la mort dans cette catastrophe et cinquante-quatre auraient été blessées ; on ignore encore le nombre exact de personnes coincées dans l’usine. Des rescapés indiquent que la porte de l’usine était verrouillée au moment de l’incendie. « Quelqu’un a crié “sauve-qui-peut” et nous nous sommes immédiatement précipités vers la sortie. Soudain, les lumières se sont éteintes et l’atelier est devenu assez sombre », a indiqué, à l’agence de presse Xinhua, une ouvrière brûlée alors qu’elle tentait d’échapper aux flammes. Les pompiers ont, par ailleurs, indiqué que les efforts des secours avaient été compliqués par la structure même de l’usine en préfabriqué et l’exiguïté des sorties. La chaîne publique CCTV évoque une fuite d’ammoniac comme l’une des causes probables de l’accident. Dans une Chine à l’industrialisation fulgurante, la réglementation sur la sécurité est régulièrement renforcée et le nombre de décès au travail a baissé de 29,1 % depuis 2007.



Edité par T 34 - 13 Jun 2013 à 21:07
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 16 Jun 2013 à 17:37

Ce n’est pas la Chine qu’il faut craindre, mais l’Occident. (The 4th Media)

 
 

André Vltchek, natif de Léningrad (Saint-Pétersbourg) est un romancier, cinéaste, journaliste, photographe, conférencier international et analyste politique états-unien.
Il est interviewé sur la Chine, l’Amérique latine et l’impérialisme par Adam Chimienti, enseignant et doctorant à New York. (Note du GS).

Adam Chimienti : la croissance de la Chine, après 1978, est sans doute la plus grande réussite économique de l’histoire, sortir des centaines de millions de la pauvreté et leur donner accès à certaines infrastructures plus modernes et les technologies de pointe, le tout réalisé d’une manière largement pacifique, chose que ses partisans sont prompts à souligner. Cependant, beaucoup sont restés dans la pauvreté, tandis que la pollution et les inégalités sont devenus des problèmes majeurs. Comme l’Etat est étroitement impliqué dans cette remarquable transformation, qu’espérez-vous voir de la part du gouvernement chinois au niveau national au cours de la prochaine décennie ?

Andre Vltchek : Comme vous l’avez souligné, ce n’est pas seulement la croissance économique qui compte. Sortir des centaines de millions de la pauvreté est ce qui fait de la Chine un pays socialiste qui a réussi. Et c’est vrai pour la croissance économique qui n’est comparable qu’à celle de l’Union soviétique entre les deux guerres mondiales.

Plus la Chine remporte de succès, plus la propagande occidentale est virulente et pernicieuse. Son principal objectif est très clair : mettre dans l’esprit des gens à travers le monde que si la Chine réussit, c’est parce que ce n’est plus vraiment un pays socialiste. Et si elle est socialiste, alors elle échoue dans de nombreux domaines. La réussite d’une nation socialiste est le pire des scénarios pour les fabricants de l’hégémonie occidentale mondiale. Les propagandistes occidentaux préfèrent faire ressortir les inégalités et la pollution en Chine pour la discréditer.

Il y a à peine trois décennies, la Chine était très pauvre ; pauvre et largement inégalitaire. Ensuite, elle s’est lancée dans une croissance vertigineuse et la nation tout entière en a grandement bénéficié : Est et Ouest, les villes et les zones rurales. Certaines régions ont bénéficié plus que d’autres et plus rapidement, mais tout le monde en a bénéficié dans une certaine mesure non négligeable. La Chine est passée à une économie mixte, ce qui permet à certaines personnes de s’enrichir par le commerce et d’autres activités. Cela ne signifie pas, bien sûr, qu’elle a cessé d’être socialiste. Son développement est planifié. Toutes les industries clés sont entre les mains de l’Etat, ainsi que l’éducation et la défense.

En ce qui concerne la pollution, voilà une autre farce. Même l’ancien vice-président des Etats-Unis Al Gore a clairement admis dans son livre Une vérité qui dérange que la Chine pollue moins que les nations occidentales et qu’elle a des lois beaucoup plus sévères. Mais la propagande occidentale calcule en chiffres absolus, et non sur une base par tête d’habitant. Le volume par habitant est la seule façon honnête de calculer la pollution, et selon ce calcul, tous les pays de l’UE, pour ne pas mentionner les Etats-Unis, polluent plus que la Chine !

Il est également très utile de comparer les efforts environnementaux de la Chine avec d’autres pays ayant un niveau de développement similaire, comme l’Indonésie ou les Philippines. Alors que le chouchou turbo-capitaliste de l’Ouest, Jakarta [Indonésie], s’étouffe avec aucun moyen de transport public et presque pas de zones vertes, les grandes villes chinoises, dont Beijing, construisent des dizaines de lignes de métro ultra modernes et écologiques, des parcs et les lieux d’exercice physique gratuits pour leur citoyens. La Chine possède le réseau ferroviaire la plus rapide, la plus longue et la plus efficace au monde et le mode de transport inter-urbain le plus écologique. Elle interdit tous les modes de transport inefficaces comme les scooters, construit des pistes cyclables et des trottoirs énormes pour encourager la marche à pied et décourager l’usage des voitures.

Si vous allez dans les campagnes, même les villages les plus reculés ont des panneaux solaires et les infrastructures de base qu’on ne peut trouver que dans les pays riches.

Mais la propagande occidentale ne s’intéresse pas aux faits. Elle repose principalement sur un pilier : l’ignorance. Ceux qui visitent la Chine périodiquement (sauf s’ils sont payés pour ne pas voir et ne pas commenter) voient comment la réalité de la RPC (République Populaire de Chine – NdT) diffère de la propagande des médias de masse occidentaux.

AC : Beaucoup de savants occidentaux rejettent la rhétorique chinoise sur l’équilibre, l’harmonie et les avantages mutuels et considèrent la croissance de la Chine comme rongée par la corruption et les visées expansionnistes. Par ailleurs, Joseph S. Nye a récemment fait remarquer que la « puissance douce » (ie « soft power », le pouvoir par la culture et l’influence politique et économique - Ndt) de la Chine n’est pas efficace (du moins en dehors de l’Afrique et l’Amérique latine), car elle repose sur le contrôle de l’Etat et la propagande, plutôt que sur la libération du pouvoir de sa société civile. Comment pensez-vous que les dirigeants chinois les plus influents considèrent ces jugements ?

AV : Beaucoup de savants occidentaux sont formés et payés pour rejeter la vérité au sujet de la Chine, comme ils ont été payés pour déformer la vérité à propos de l’Union soviétique. Eduardo Galeano m’a un jour décrit ces gens : « On ne sait pas qui les paie, et ils ne le diront pas’.

Rappelez-vous que la « société civile » en Chine, Ukraine, Russie, Asie du Sud et de nombreux autres endroits, y compris au Venezuela et à Cuba, n’est qu’une couverture pour les groupes d’intérêts pro-occidentaux, souvent directement payés pour détruire les pays rebelles et les placer sous influence de l’Occident. Les ONG sont souvent synonymes d’organisations destructrices et entièrement financées par l’Ouest, visant à diviser et briser le pays. Et non seulement les ONG, bien sûr. Il suffit de faire quelques recherches simples sur des gens comme le Dalaï Lama ou Ai Weiwei - qui les paie, qui servent-ils ? Mais vous n’avez pas besoin d’aller très loin [l’interview se déroule en Amérique latine – précision du traducteur], il suffit de regarder les nombreuses ONG et « sociétés civiles » au Venezuela ou en Bolivie.

La corruption a en fait culminé avec le colonialisme et l’impérialisme occidental. Des nations entières et ses élites ont été contraints de collaborer avec les colonialistes. Comme un professeur à Cuzco, au Pérou, m’a dit une fois : « Avant que les Espagnols n’arrivent et nous dépouillent de tout, nous n’avions aucune idée de ce qu’étaient vraiment le vol, l’assassinat et la corruption. » La corruption est quelque chose que l’Occident soutient et même implante. Il suffit de lire John Perkins [les confessions d’un assassin financer - NdT], et comment lui et ses copains ont été formés par le département d’État des États-Unis pour noyer des pays comme l’Équateur et l’Indonésie dans une dette impossible à rembourser, en utilisant « l’argent, le sexe et l’alcool, » pour corrompre les gouvernements.

Dans le passé, la Chine a été ouverte par la force, pillée, violée et humiliée par les puissances occidentales. La corruption a été implantée. Elle se bat maintenant pour en finir avec ces habitudes imposées de l’extérieur. Soyons vraiment sérieux et examinons l’histoire. [Les Chinois appellent en fait la période 1839-1949, le siècle de l’humiliation (百年 国耻), en référence au traitement violent dont la Chine a souffert sous les puissances coloniales japonaises et occidentales.] Voulons-nous vraiment laisser une organisation basée à Berlin nous dire ce qu’est la corruption et comment elle est importante dans différents pays ? Si vous les laissez faire, ils vous diront que le Vietnam communiste est plus corrompu que la fasciste Indonésie – une idiotie complètement mal informée ! Il est temps que le monde utilise ses propres concepts et critères, en dehors de celles qui sont dictées par l’Occident. Il est temps de décoloniser nos esprits !

Pour prouver à quel point la propagande occidentale est malveillante et sélective, on nous parle de corruption uniquement à propos de la Chine, mais pratiquement jamais de la corruption vraiment terrible dans les pays que l’Ouest considère comme ses alliés, comme les Philippines, l’Inde, l’Indonésie, etc

Et que dire de la corruption en Occident même ? Qu’en est-il du néo-colonialisme, le pillage partout dans le monde, réalisé par les Etats-Unis et les pays européens ? Comme je le montre dans mon dernier livre, Conversation with Noam Chomsky, l’Occident a assassiné quelques 55 à 65 millions de personnes depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, depuis Hiroshima. Assassinées directement, plus des centaines de millions tués indirectement. Toute cette terreur était accompagnée par le renversement d’un grand nombre de gouvernements progressistes, le sabotage secret d’économies indépendantes, et le financement de gangsters les plus éhontés pour tuer des gens décents. N’est-ce pas le plus haut niveau de corruption ? Je veux en parler. Je veux qu’on en parle, de savoir si ces pays responsables de telles horreurs devraient même être autorisés à être membres de la communauté internationale, à moins qu’ils ne se repentent et se réforment entièrement, en jurant d’appliquer la transparence ! C’est de ça dont nous devrions discuter maintenant, pas de la corruption en Chine !

La propagande est presque risible. La propagande occidentale est beaucoup plus efficace et sophistiquée, elle s’appuie sur des siècles de contrôle violent sur le monde, elle fait partie du colonialisme. Après avoir vécu sur tous les continents, je crois que l’Occident est la zone géographique et culturelle la moins éclairée. Elle est pleine d’autosatisfaction et d’arrogance, mais complètement ignorante du reste de la planète qu’elle a ruiné et pillé pendant des siècles. Dans son dogmatisme et son pharisaïsme, elle ressemble aux Talibans, ses anciens alliés.

Les Chinois connaissent beaucoup mieux la culture occidentale, les différents systèmes économiques et les modes de vie, que ceux qui se reposent sur les médias occidentaux ne connaissent la Chine. A part les mensonges négatifs et insultants sur la Chine, les gens en Europe et même en Amérique latine (car ils passent encore par des sources d’information occidentales ) ne savent pratiquement rien sur la Chine. Il suffit d’effectuer un petit test concret : combien de personnes connaissez-vous avec un diplôme universitaire à Berlin, Rome, Caracas ou Quito qui pourraient nommer au moins un grand compositeur de musique chinois, ou un acteur d’opéra chinois, ou un poète contemporain. Et rappelez-vous que nous parlons sans doute de la plus grande culture sur terre ! Tout ce qu’ils connaissent, c’est Ai Weiwei, ce chouchou de la propagande occidentale, ainsi que différents fous religieux parrainés par l’Occident. C’est triste !

AC : Pouvez-vous comparer cette perception des élites occidentales avec l’absence de toute introspection véritable des dirigeants et élites américains sur le rôle de leur pays dans le monde, la doctrine du champ de bataille mondial, l’échec total sur les questions environnementales et l’économie durable, un gouvernement de plus en plus contrôlé par les entreprises via des interprétations officielles que les entreprises doivent être considérées comme des personnes à part entière [avec les mêmes droits - NdT], les banques qui prennent d’énormes risques et agissent en toute impunité, impunité garantie par les Etats-Unis et d’autres pays occidentaux, etc ?

AV : Bien sûr, c’est tellement évident. Mais tout d’abord, il ne s’agit pas uniquement des Etats-Unis, qui n’est rien de plus qu’une version vulgaire de la terrible culture coloniale européenne qui a assassiné des centaines de millions de personnes.

L’Occident étouffe le reste du monde économiquement, idéologiquement et culturellement. Plus il injecte du nihilisme, plus il rend impuissant, plus il lave de cerveaux, et plus il essaie de détruire et d’humilier et de discréditer ces grands et fiers pays qui s’opposent à son fascisme, y compris Cuba, le Venezuela et la Chine.

C’est une véritable approche de type mafieux, c’est du banditisme. Vous venez, vous violez, vous assassinez, vous pillez un village entier, une ville entière ... et puis vous commencez à prêcher sur les droits humains et la pollution.

AC : Au cours de ses 100 premiers jours, Xi Jinping a fait de la diplomatie l’axe principal de son mandat. Son premier voyage a été pour la Russie et il a beaucoup voyagé depuis. Il a également exprimé son grand estime pour le partenariat des BRICS, et promeut la coopération sur des projets plus importants. A votre avis, est-ce que la promotion par la Chine d’un monde multipolaire est un véritable objectif ?

AV : Oui, il est très sincère et très important. La Chine est très intéressée à forger des alliances au sein de l’Amérique latine, avec la Russie et, plus récemment encore avec l’Inde. Ce qui est, bien entendu, totalement discrédité en Occident.

Prenez l’Inde, par exemple. En fait, le premier pays visité par le Premier ministre Li Keqiang à son nouveau poste cette année fut l’Inde. On pourrait le considérer comme une main tendue à la deuxième nation la plus peuplée du monde. Alors que de nombreuses figures intellectuelles de premier plan en Inde ont adopté ce geste, certains médias pro-occidentaux ont immédiatement commencé à bombarder le public avec des titres comme ’peut-on faire confiance à la Chine ?’ Ils étaient clairement en phase avec la BBC et autres croisés de la propagande occidentale, qui affichent régulièrement des titres outrageusement racistes comme ’Peut-on respecter la Chine ?’

En fait, le 18 mai 2013, l’hebdomadaire « Economic & Political Weekly » en Inde a publié un commentaire brillant et révélateur d’Atul Bhardwaj, « La Relation Sino-Indienne », qui résume cette question dont nous débattons :

« L’Inde s’est piégée elle-même dans une matrice anti-chinoise mise en place par les Etats-Unis. Cela a conduit à une situation où l’armée est en train de hausser le ton pour avoir son mot à dire sur la politique intérieure et étrangère et exerce des pressions agressives sur le gouvernement civil. A moins que l’Inde n’abandonne ses aspirations à atteindre le statut de grande puissance et, au contraire, poursuive une politique étrangère qui s’appuie sur la coopération et les puissances asiatiques, elle continuera à servir de chair à canon pour les objectifs stratégiques de l’Occident. »

Mais le seul angle d’analyse autorisé par les grands médias (de masse) partout dans le monde est « Peut-on faire confiance à la Chine ? », tout comme, bien sûr, il est strictement interdit de se demander si tout être sain d’esprit doté d’une conscience peut vraiment faire confiance à l’Occident et ses alliés. (Est-ce que le Royaume-Uni doit être respecté, après avoir ravagé la moitié du globe en tant qu’empire et terrorisé en permanence le monde sous le commandement de son cher leader outre-atlantique ?)

Un monde multipolaire est essentiel pour la survie de l’humanité et la Chine le sait, elle comprend. Ceux qui ne le comprennent pas sont ceux qui font partie de l’Occident, ainsi que ceux que l’Occident a réussi à endoctriner.

L’alliance entre la Chine et la Russie est essentielle, car elle défend les faibles et sans défense à l’ONU et ailleurs. L’alliance entre la Chine et l’Amérique latine est absolument vitale pour tout changement positif dans le monde. Ce sont deux des plus grandes régions du monde qui résistent à l’hégémonie occidentale, deux régions du monde qui sont fiers de choisir leur propre voie. Dans le passé, les deux ont été violées et pillées, les deux ont été détruites pour des siècles à venir. Toutes deux ont une nature merveilleuse et paisible aujourd’hui. Elles doivent mieux se connaître et collaborer davantage pour défendre les intérêts des uns et des autres. Notre survie dépend désormais de cette coopération.

Mon collègue et ami en Chine, Hu Andy (rédacteur en chef du média progressiste April Media et ancien rédacteur en chef adjoint de China Daily) ont également voulu se prononcer sur ce point :

« Je ne connais personne au sein de la direction à Beijing qui croit ne serait-ce que vaguement au concept d’expansionnisme. Sur le plan diplomatique, la Chine se bat pour préserver ce qu’elle appelle « les opportunités de développement » depuis le soubresaut de 1989. En effet, tous ses efforts diplomatiques résultent et tendent vers cet objectif. De la même manière que la stabilité intérieure est importante pour le progrès, la stabilité régionale pour la Chine est essentielle pour le développement mutuel entre les peuples de l’Extrême-Orient. Pour un pays de 1,4 milliards de personnes qui possède des frontières avec quatre Etats nucléaires (Russie, l’Inde, le Pakistan, la Corée du Nord), un État défaillant (Afghanistan), un état qui échappe à tout contrôle (Mongolie) et un voisin socialiste avec qui elle a à la fois combattu avec et contre (Vietnam), le partenariat et la coopération ne sont pas seulement des stratégies, mais aussi une nécessité concrète. En d’autres termes, il serait impensable pour la Chine de ne pas favoriser de bonnes relations avec d’autres pays et soutenir un monde multipolaire ».

AC : Les « retournement » des Etats-Unis vers l’Asie est souvent présenté comme une sorte de nouvelle orientation générale de la politique étrangère de l’administration Obama. Elle s’accompagne d’une lutte de pouvoir sur les lignes maritimes et territoires insulaires en litige, et comporte, par exemple, un renforcement des relations entre les Philippines et l’armée américaine. Est-ce que Beijing croit dans les paroles conciliantes de l’administration Obama et le secrétaire d’Etat John Kerry lorsqu’il a employé le terme « relation spéciale » et a exprimé sa volonté de s’adapter à la grande montée en puissance de la Chine ?

AV : La terreur que l’Occident a répandu à travers le monde depuis des siècles est inimaginable.

La malveillance avec laquelle les États-Unis ont traité les asiatiques n’est comparable qu’à la hargne qu’ils ont montré pour les latino-américains.

L’administration Obama est aussi arrogante et violente que les administrations précédentes. Elle entraîne l’Asie au bord d’un énorme conflit, et certains disent à la Troisième Guerre Mondiale. Elle provoque et isole la Chine, la traite avec mépris, racisme et agressivité. Washington provoque ouvertement les conflits sur les îles Spratly, comme je l’ai expliqué dans « Comptes-rendus de Manille ». D’éminents universitaires là-bas m’ont expliqué que le conflit n’est pas naturel et a été implanté de l’étranger.

L’Occident en général, et les Etats-Unis en particulier, n’ont qu’un seul objectif en Asie. C’est le même objectif qu’ils ont eu tout au long des siècles passés : contrôler la région, l’exploiter, l’asservir.

La Chine est détestée principalement parce qu’elle est la seule puissance asiatique véritablement socialiste. Parfois, je pense qu’elle est détestée même par beaucoup de « progressistes » occidentaux parce qu’ils ont échoué dans leur propre pays, et qu’ils ne peuvent accepter que le plus grand pays asiatique soit réellement capable de construire son propre modèle socialiste, avec beaucoup plus de succès que ce qu’ils auraient pu rêver. Ne croyez pas qu’il n’existe pas de bonne dose de racisme dans tout cela. Un intellectuel occidental vivant au Venezuela, qui soutient pleinement El Proceso, [le modèle socialiste bolivarienne du Venezuela] m’a dit une fois : « Je déteste la Chine. » J’ai demandé : « Pourquoi ? Avez-vous déjà été là-bas ? » La réponse a été : « Non, et je ne veux jamais y aller ! Je déteste. » Cette personne est maintenant très influente, et je vais donc éviter de révéler son nom pour éviter tout embarras.

« Diviser pour régner », la vieille approche britannique, est pleinement mise en œuvre, par l’exploitation et l’alimentation d’anciennes rivalités comme celles entre l’Inde et la Chine, le Vietnam et la Chine, et le Japon et la Chine et la Corée du Nord. Et des rivalités nouvelles et ridicules comme celles entre les Philippines et la Chine sont fabriquées.

Les Latino-Américains savent très bien à quel point le colonialisme et le néo-colonialisme sont brutaux. Mais même les souvenirs les plus douloureux de l’impérialisme yankee du 20ème siècle ne pourront jamais rivaliser avec l’horreur que le continent asiatique a dû endurer et les actes de pure terreur venus de l’Ouest.

Ces millions brûlés vifs par les tapis de bombes sur le Vietnam, le Cambodge et le Laos. Ces civils tués dans les tunnels de la Corée du Nord. Des 2 à 3 millions d’Indonésiens (y compris ceux appartenant à la minorité chinoise) tués avec le plein appui de l’Occident en 1965, seulement parce que le pays voulait suivre sa propre voie, ce qui n’est pas sans rappeler le Chili d’avant 1973. Et ce génocide, cet assassinat en masse, était en fait un prélude à ce qui allait mis en œuvre plus tard au Chili et ailleurs. L’Indonésie continue d’être un formidable laboratoire, une expérience sur des êtres humains, qui sont entièrement dépouillés de culture, de lieux publics, en fait de tout ce qui est « public ».

En Asie, l’Occident soutient des dictatures les plus horribles, depuis les Khmers rouges jusqu’aux dictatures fascistes en Corée du Sud, Indonésie, Philippines, Thaïlande, etc

Est-ce que Beijing croit aux paroles conciliantes ? Alors que les États-Unis et le Royaume-Uni se mêlent dans les affaires intérieures de la Chine, du financement et de la formation d’une « opposition » chinoise, se livrent à un lavage de cerveau et d’endoctrinement de Chinois à travers la propagande la plus venimeuse, alors qu’ils tentent de briser la voie socialiste de la Chine et qu’ils poussent l’ensemble de la région vers la guerre ?

AC : Deux développements très importants au cours du 21e siècle sont les suivants : 1) la montée et l’intégration des pays d’Amérique latine, avec plusieurs pays de la région qui connaissent une croissance considérable et ce sous des gouvernements de gauche, avec une conscience sociale et 2) une Chine de plus en plus confiante et économiquement dynamique qui s’affirme dans la communauté internationale. Le rôle de la Chine en Amérique latine et en Afrique est difficile à saisir dans toute son ampleur et des universitaires et des journalistes interprètent souvent mal ces régions, et la Chine elle-même, comme des entités monolithiques. Ce qu’ils ne sont manifestement pas. Comment interprétez-vous la vitesse et l’ampleur de l’influence de la Chine dans ces régions dans leur ensemble ?

AV : C’est à l’évidence le pire scénario de cauchemar pour l’Occident. Et le meilleur qui puisse arriver aux deux régions du monde que vous avez mentionnées.

La Chine est une culture très ancienne et très paisible, dans son essence.

Alors que l’Afrique a été pillée pendant des siècles par les colonisateurs européens, tandis que les despotes comme le roi Léopold de Belgique massacraient des dizaines de millions d’Africains, tandis que les Britanniques avaient construit là-bas les premiers camps de concentration au monde, et que les Français et les Britanniques réduisaient des millions à l’esclavage, transformant des êtres humains en marchandises, se réservant le droit, en Afrique et au Moyen-Orient, de « bombarder ces nègres », selon les mots de David Lloyd George, premier ministre de l’Angleterre (1916-1922). Pendant ce temps, les Allemands et d’autres commettaient des génocides.

Dans le passé, la puissance bien plus avancée qu’était la Chine est arrivée en Afrique avec des navires chargés de cadeaux et de scientifiques. Ils ont atterri à plusieurs reprises sur la côte de ce qui est aujourd’hui le Kenya, ils ont échangé des cadeaux et ont documenté la vie des sociétés sur ces rivages, puis ils sont ensuite rentrés chez eux. Ils sont venus pour visiter et apprendre ! Une telle approche est inimaginable pour les puissances occidentales avides et despotiques.

AC : Plus précisément, la Chine est considérée comme une dangereuse menace, non seulement pour ce qui reste de l’hégémonie américaine, mais aussi aux anciennes colonies qui ont été victimes de la malédiction de détenir des ressources naturelles. Qu’en pensez-vous ?

AV : Je ne suis pas d’accord. Menace pour l’hégémonie occidentale, oui, certainement. Pas seulement pour l’hégémonie américaine, car les Européens, les Australiens et d’autres sont souvent encore plus violents que les Nord-Américains, particulièrement en Afrique. Mais pour les « anciennes colonies », certainement pas !

En ce moment, il y a deux génocides horribles qui se déroulent, autour des ressources naturelles. Un se déroules dans la République démocratique du Congo pour le coltan, les diamants, l’uranium et l’or. Le Rwanda et l’Ouganda sont en train de piller le Congo pour le compte des entreprises et des gouvernements occidentaux. Entre 6 et 10 millions de personnes sont déjà mortes. Il s’agit du plus gros bain de sang depuis la terreur américaine en Asie du Sud-Est. Il s’agit d’une affaire purement occidentale ! J’ai travaillé 4 ans sur le sujet et mon film Rwandan Gambit vient d’être achevée. Je connais donc bien le sujet.

En tant qu’expert sur l’Indonésie, je sais aussi ce qui se passe en Papouasie. Là, l’Occident soutient pleinement l’occupation indonésienne, le massacre de masse de la population locale, et bien sûr, l’horrible pillage. Encore une fois, ce sont les entreprises occidentales et les intérêts occidentaux qui sont impliqués.

Malédiction ou non, ceux que vous avez défini comme les « anciennes colonies », ont besoin des revenus de leurs ressources naturelles. Mais ils ont besoin d’un bon accord commercial, un accord honnête et juste.

De ce que j’ai vu en Afrique et ailleurs, c’est certainement ce qu’ils obtiennent de la part de la Chine. On y trouve de nouvelles infrastructures, des écoles, des centres de santé, etc

AC : Beaucoup de groupes environnementaux et autochtones dans les pays d’Amérique du Sud comme l’Équateur, le Pérou et la Bolivie considèrent l’engagement chinois comme un développement potentiellement dévastateur. Ils craignent que le rôle de la Chine comme partenaire majeur dans le commerce et le développement des infrastructures provoquera inéluctablement la corruption au niveau local et national. Pourtant, les entreprises chinoises démontrent une capacité à tout au moins prendre en considération les préoccupations locales. Comme quelqu’un qui a passé beaucoup de temps à couvrir l’Amérique latine et les populations les plus marginalisées, que pensez-vous de ces craintes et des tentatives de la Chine de maintenir des relations qui profitent à toutes les parties concernées ?

AV : Oui, c’est toujours « potentiel ». cependant , toutes ces craintes au sujet de la Chine ne sont jamais fondées sur quelque chose de rationnelle, de documentée, ou fondée. C’est génial la façon dont la propagande occidentale parvient à diaboliser le pays le plus peuplé du monde simplement par la spéculation.

J’ai écrit à ce sujet plus tôt cette année. Je vois la peur de la Chine comme irrationnel et souvent ouvertement raciste.

En Amérique latine, je vois souvent que la seule raison pour laquelle il y a de la peur est à cause de ce qui est dit dans les médias, et les médias sont souvent financés et contrôlés par l’Occident. Il faut que nous ayons peur de la Chine, parce que la Chine est une nation asiatique et malgré le fait que l’Amérique latine a été violée, pillé et massacrée par l’Europe et les États-Unis, il y en a encore qui pensent, aussi incroyable que cela puisse paraître, que l’Europe et États-Unis sont toujours moralement dignes pour gouverner le monde.

J’ai vu la Chine en action en Océanie, en Afrique et ailleurs. J’ai toujours été impressionné. Les Chinois ont un cœur, un cerveau et une discipline.

Permettez-moi de partager avec vous une histoire qui s’est passée en Afrique. Une société d’État chinoise [entreprise d’État] a construit une route entre Nairobi et la côte. J’y suis allé en voiture là-bas avec mon bon ami, un député local, et nous avons parlé aux travailleurs. Ils aimaient tous la Chine et ont dit « ils ont été traités pour la première fois comme des êtres humains, par des étrangers. Ils étaient payés 3 fois plus que ce qu’ils attendaient, mais ce n’était pas ça. Ils n’ont pas été réprimandés ou punis, on leur a plutôt expliqué les choses, ils ont été formés. Mais quelqu’un a contacté les médias locaux et un barrage habituel d’attaques a suivi. Savez-vous de quoi les ingénieurs et les travailleurs chinois ont été accusés, entre autres choses ? D’éviter les services de prostituées locales ! Aux yeux de la propagande occidentale et de ses collaborateurs, la Chine ne peut tout simplement rien faire correctement.

Il suffit de lire Les Veines ouvertes de l’Amérique latine d’Eduardo Galeano et de comparer cela aux actions concrètes de la Chine. Avez-vous réellement peur des Chinois, ou cette peur vient-elle d’ailleurs ?

AC : Patrick Bond, professeur sud-africain et auteur de Politics of Climate Justice, a écrit plus tôt cette année, « le modèle destructeur de l’environnement, orienté vers le consumérisme, sur-financé, un modèle de mal développement déstabilisateur du climat des pays du BRICS fonctionne très bien pour les profits des sociétés, mais le modèle génère des crises pour 99% de la population et pour la planète. » Il a également écrit un article avec Khadija Sharife, un journaliste sud-africain d’enquête, qui a soutenu qu’ « Au lieu de soutenir la Banque du Sud du défunt Hugo Chavez, une stratégie financière véritablement contre-hégémonique aurait été préférable pour les BRICS. L’idée a été repoussée, car les élites BRICS veulent apparemment une institution sans traces d’idéaux de développement plus progressistes. » Votre réaction à ces accusations ?

AV : Nous voulons tous vivre dans un monde idéal, n’est-ce pas ? Mais parfois nous devons prendre en considération la nature humaine.

Le BRICS n’est pas une entité monolithique. L’Inde est une partie féodale, semi-fasciste du monde, elle est impitoyable. La Chine est un pays socialiste, peu importe ce que dit la propagande occidentale. Le Brésil essaie d’en être un, tout en cherchant à apaiser ses puissantes élites. L’Afrique du Sud cherche sa propre voie et je crois qu’il va le trouver, bientôt. La Russie a un cœur socialiste mais une économie capitaliste.

J’ai admiré Hugo Chavez depuis le début. Je soutiens son approche dans de nombreux domaines, y compris la Banque du Sud. Mais je soutiens également le socialisme pragmatique à la chinoise. Je voudrais combiner les deux idées, comme je voudrais voir la Chine et l’Amérique latine devenir deux grands alliés, et offrir une source d’inspiration au reste du monde.

AC : Je ne sais pas si vous connaissez bien le gouvernement de Correa mais il y a eu une réduction impressionnante du taux de chômage et du taux de pauvreté, un certain nombre de projets de travaux publics, des investissements considérables dans les programmes sociaux, l’éducation et la santé. Mark Weisbrot, Vandana Shiva et d’autres économistes et des commentateurs de gauche ont fait les éloges du leadership de Correa et de sa gestion habile de l’économie. Jayati Ghosh, un économiste indien, a même demandé à The Guardian, « L’Equateur serait-il l’endroit le plus radical et passionnant sur la terre ? » Toutefois, l’évaluation sur le terrain parmi les écologistes, autochtones et des groupes de gauche est tout à fait différente, avec beaucoup ici qui font valoir que Correa a abandonné ses promesses et a effectivement nié certains des aspects les plus progressistes de la Constitution de 2008. Bien qu’il semble qu’il y aura toujours ce conflit entre la croissance et l’environnement, pensez-vous qu’il y a une façon d’équilibrer ces objectifs et d’offrir aux communautés présents dans les zones d’extraction, une place à la table des négociations ?

AV : Je suis conscient de ce dilemme. Correa est une figure internationale extrêmement importante et une source d’inspiration pour beaucoup. D’une part, je suis entièrement d’accord que les communautés dans les zones d’extraction doivent toujours être consultées et leurs intérêts pris en considération. Le socialisme, c’est le gens. D’autre part, je crois aussi qu’il y a des moments où les intérêts personnels, et même régionaux, doivent être sacrifiés pour le bien commun – celui du pays tout entier ou de l’ensemble d’un continent. Atteindre l’équilibre est toujours très difficile.

Andre Vltchek, interviewé par Adam Chimienti.

Traduction « si avec ça, je n’obtiens pas un billet pour la Chine, je veux bien devenir Dalaï-Lamiste » par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles

SOURCE : http://www.4thmedia.org/2013/05/29/it-is-not-china-that-should-be-fear...


La economía de China se duplicará en el transcurso de tan solo nueve años
 

 

Rodrigo



Edité par T 34 - 25 Jul 2013 à 18:02
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  Citer T 34 Citer  RépondreRéponse Lien Direct à ce Post Envoyé : 28 Jul 2013 à 15:37

Récit de voyage subjectif (Mai 2012)

CHINE : La longue marche
 
C’était une traversée politique de la République populaire : Hongkong, Shenzhen, Guangzhou (Canton), Guilin, Kunmin, Xian, Yan’an, Nanjing (Nankin), Shanghai et pour finir Beijing (Pékin). « Neues Deutschland (le journal La nouvelle Allemagne) vous invite à refaire 78 ans après la Longue marche et à découvrir vous-même le chemin accompli par la Chine au cours d’une « nouvelle longue marche » pour devenir une puissance économique dominante. » promettait le prospectus du tour operator. Pour nous y préparer nous avions lu le légendaire article de Perry Anderson « Deux révolutions. » Il y compare le bilan historique des bouleversements vécus en Chine et en Union soviétique. et conclut : «  Si aucun évènement n’a autant marqué le 20ème siècle que le projet porté par la révolution russe, le 21ème, lui, portera l’empreinte des retombées de la révolution chinoise.»
Devant nous s’étalent la variété et les immenses contradictions d’un gigantesque pays : la Chine, avec ses cinq millénaires de civilisation et d’histoire et pour finir : le processus chinois d’apprentissage politique.
 
Le départ, à Hong Kong, a été horrible. Le guide local ne se présente pas sous son nom chinois, mais dit s ‘appeler « Stanley ». Le quartier chic sur la montagne couverte de forêts, et les quartiers populaires dans cette mer exiguë de gratte-ciel, sans un arbre. Ce qui domine, c’est le sentiment d’être à l’étroit.
 
Lorsqu’on entre en République populaire, on se demande qui, après la phase  « One country, two systems » transformera l’autre : Hong Kong la capitaliste va-t-elle l’emporter sur le projet socialiste de la République populaire , ou bien l’inverse ? Au poste-frontière de Shenzhen nous sommes accueillis par le « Camarade Chen », notre guide en République populaire, qui recevra dans chaque ville l’aide d’un guide local. « : Welcome in socialist China. » Et pendant des heures nous traversons un alignement sans fin d’usines et de logements. C’est donc ici que sont fabriqués, à l’intention du marché mondial, nos ordinateurs portables et nos iPads , dans les usines de Foxconn et Cie ?
 
Dns notre hôtel de Canton, nous apprenons par hasard, à la lecture du « China Daily », une nouvelle historique : pour la première fois, en République populaire, 51% de la population habite en ville. Impossible de ne pas voir la puissante poussée urbaine. On distingue les diverses vagues d’urbanisation : les immeubles de six étages, en partie construits autour de cours intérieures, de la phase collectiviste ; puis ceux des années 70, qui en comptent 20 ; et enfin les gratte-ciel de l’époque récente. Pour un occupant des rangées de maisons mitoyennes berlinoises, ce n’est à première vue guère plaisant. Toutefois, si tous les habitants de ces villes-dortoirs vivaient dans des pavillons ou des maisons mitoyennes, à quel mitage n’assisterions-nous pas ?
 
La principale contradiction chinoise réside sûrement dans le rapport défavorable entre les ressources limitées du pays (notamment en ce qui concerne les surfaces cultivables) et la taille de la population (1,4 milliard d’habitants). La réforme agraire égalitaire effectuée après 78, qui prévoyait une terre par famille, a créé de très petites exploitations. Lorsque nous avons traversé le pays en bus, nous n’avons vu que de petits champs, pas de pâturages bovins, pas de tracteurs - mais beaucoup de travail effectué à la main. Jusqu’ici, la Chine a réussi à nourrir sa propre population. Toutefois, comme la population urbaine croît, ainsi que son niveau de vie, il faut accroître la productivité à la campagne - l’une de gigantesques tâches auxquelles est confrontée la République populaire, d’autant plus que la motorisation réduit les surfaces cultivables.
 
Les villes débordent de vie. Notre première rencontre avec la vie nocturne a lieu à Canton, au bord de la Rivière des Perles : musique en abondance, clubs, de la musique et beaucoup d’érotisme. On pourrait presque oublier que nous sommes dans un pays en développement. Moi qui ai travaillé huit ans en Afrique (au Zimbabwe) m’en aperçois rapidement à la vue de l’importance de l’économie informelle : partout, le soir, ces étals volants où l’on vend tout ce qui peut flatter le palais. Le matin, à de nombreux coins de rue, les kiosques à bicyclette où des écoliers (ces derniers portent généralement un uniforme) se dépêchent d’acheter leur petit déjeuner. Partout des retraités, armés de balais en paille de riz, maintiennent les rues dans un état de propreté impeccable.
 

Kitsch Mao No. 12, par Feng Zhengjie, acrylique sur toile, 2002

 

Cinq mille ans de civilisation

Comme dans plusieurs autres localités, nous retrouvons dans la vieille ville de Shanghai l’ancienne Chine, qu’on n’a pas « réhabilitée », avec ses temples et ses pagodes, ses maisons de thé et le féerique Jardin Yu, et de là on aperçoit les gratte-ciel, « l’ouvre-bouteille » (centre financier mondial) ; une symbiose réussie du neuf et de l’ancien, semble-t-il. Toutefois nous trouvons les traces bien reconnaissables laissées par la colonisation : en traversant l’ancienne concession française nous observons une noce, la mariée passe en long voile blanc devant de lourds bâtiments coloniaux. Serait--on toujours entiché de culture occidentale ? ou à nouveau entiché, après l’échec de la Révolution culturelle ?
 
Les temples - nous dit-on - sont souvent utilisés aussi bien par les confucéens que les taoïstes et les bouddhistes. Étonnant pour nous autres Occidentaux, qui sommes habitués depuis des siècles aux controverses et guerres de religion. Ajoutons-y la pensée dialectique propre au taoïsme, que Bertolt Brecht mentionnait dans le « Buch der Wendungen (Livre des Retournements).» Une familiarité presque séculaire ferait-elle partie de l’héritage culturel ? Quel cadeau de l’histoire !
 
Remarquons cependant que cette république « vénère» un peu trop l’empereur. Peut-être faut-il comprendre : « Nous sommes fiers de notre histoire et nous efforçons d’édifier un socialisme à visage chinois. Mais pour cela nous avons besoin du vaste horizon temporel auquel nous a accoutumé notre longue histoire. »
 
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La politique en Chine

C’est à Yan’an, terme de la Longue marche, et base politique et militaire du PC chinois de 1938 à 1947, qu’Edgar Snow avait interviewé Mao Ze Dong (Tse Toung) pour son ouvrage de référence « Roter Stern über China (Une étoile rouge sur la Chine ») » - une interview restée célèbre. Devant les habitations troglodytes, des masses de jeunes touristes chinois, déployant des drapeaux rouges avec faucille et marteau se font tirer le portrait, iPads en main, devant les cavernes « primitives », où les vétérans de la révolution chinoise vivaient et élaboraient leurs stratégies socialistes après la Longue marche. Mais on voit aussi en contrebas, au bord du Fleuve jaune, une ville de plus de 2,5 millions d’habitants, propre et moderne. Quel saut quantique si l’on repense à la pauvreté de l’époque, quand la Chine était occupée et plus pauvre que l’Inde. Peu près notre passage s’est ouverte une nouvelle liaison ferroviaire rapide avec Xian, la vieille ville impériale au centre de la Chine.
 
La Professeure Sun Jin Song de Beijing, au cours de l’entretien qu’elle nous a accordé, n’a pas fait que citer des succès (en 1949 l’espérance de vie des 450 millions de Chinois était de 30 ans, aujourd’hui elle s’élève à 73 ans pur une population de 1,4 milliard ), elle a aussi pointé des problèmes : la Chine n’est pas patiente ; la rapide transition d’une économie agricole à une société crée des problèmes qui ne se bornent pas à l’écologie. Il faut trouver une « voie chinoise » pour intégrer ouvriers et paysans dans les villes. Ainsi le nouveau plan quinquennal prévoit-il la construction de 32 millions de logements sociaux pour ceux qui ne peuvent se loger eux-mêmes.   Les tendances à la privatisation de la propriété rurale n’ont pu jusqu’ici s’imposer au Congrès du peuple. Sun précise que le rôle joué par le marché dans la solution aux problèmes sociaux continue d’être violemment combattu. les dirigeants eux-mêmes ont cédé à la fascination pour la richesse et le luxe occidentaux (« Avoir des sacs Vuitton pour montrer qu’on n’est plus des pauvres »). Le contrôle exercé sur le secteur financier est une grande conquête, en particulier face à la crise ; il n’existe encore en Chine aucune banque entièrement privée, seulement des « joint ventures». Mais le plus important  reste le contexte international: la Guerre froide a toujours des retombées et menace de repartir. Les USA ont voulu contraindre la Chine à une course aux armements. « Certes : « Nous ne serons plus jamais désarmés comme durant les 100 dernières années !»
 
Les discussions entre membres du groupe, à 80% des ex-citoyens de la RDA, étaient intéressantes. Pourquoi la Chine peut-elle poursuivre le processus d’apprentissage que a RDA a si piteusement interrompu ? Quelqu’un a répondu que « la RDA avait toujours été un simple jouet de l’URSS. »
 
Instructives aussi les réactions des voisins, amis et camardes à notre retour : d’un côté un vif intérêt, une grande curiosité, et de l’autre des relents de guerre froide (Une dictature ! Une dictature !), couplés en partie avec un sentiment occidental de supériorité (notre modèle démocratique est valable partout) ou des craintes d’ordre économique (« nous ne pouvons pas concurrencer la Chine, la mondialisation a un effet boomerang ! »)
 
Si réjouissant que soit le passage d’un monde unipolaire à un monde multipolaire, la Chine reste une grosse contradiction : elle se trouve face à de gigantesques défis. Réussira-t-elle à terme à chevaucher le tigre capitaliste tout en corrigeant les polarisations sociales induites par les mécanismes du marché ?
 
Source: http://www.lunapark21.net/
Date de parution de l'article original: 01/10/2012
Traduit par  Michèle Mialane
 
Chine : Bo Xilai mis en examen 
 
Le dirigeant chinois déchu Bo Xilai, dont la chute spectaculaire avait ébranlé le pays l’an dernier, a été mis en examen, jeudi, pour corruption et abus de pouvoir. C’est l’un des plus vastes scandales politiques en Chine depuis des décennies. Ancien responsable du Parti communiste dans la ville de Chongqing (Sud), Bo avait fait l’objet d’une enquête pour corruption après la révélation de l’implication de son épouse dans une affaire de meurtre. Bo n’est plus apparu en public depuis plus d’un an et il est détenu dans un lieu tenu secret. Son procès aura peut-être lieu cette semaine.
 


Edité par T 34 - 28 Jul 2013 à 16:00
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